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1
p. 1376-1392
Anecdotes de la Cour de Philippe Auguste, [titre d'après la table]
Début :
Il vient de paroître un nouvel Ouvrage, en 3 vol. in 12. que nous avons [...]
Mots clefs :
Roger, Philippe Auguste, Cour, Roi, Anecdotes, Raoul, Amour, Roman, Coucy, Gloire, Coeur, Père, Alix de Rosoit, Champagne, Adélaïde, Nature, Sentiments
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texteReconnaissance textuelle : Anecdotes de la Cour de Philippe Auguste, [titre d'après la table]
L vient de paroître un nouvel Ouvrage
, en 3 vol. in 12, que nous avons
déja annoncé sous ce Titre : Anecdotes de
la Cour de Philippe - Auguste. Il se vend
à Paris , chez la veuve Pissot , au bout du
Pont-NeufQuai de Conti , à la Croix d'or.
Le prix est de 6 liv . broché.
Dans le temps que nous nous dispo-
II. Vol. sions
JUI N. 1733 .
1377
sions à donner un Extrait de cet Ouvrage
, nous avons reçû d'un Anonyme ,
celui que nous inserons icy .
Si l'accueil favorable que l'on fait à un
Ouvrage dès qu'il paroît , si le débit le
plus rapide étoient les Titres assurés de
son mérite , il seroit tres- inutile de parler
des Anecdotes de la Cour de Philippe-
Auguste; ce Livre joüit pleinement dès sa
naissance de ce double avantage.
Mais il arrive assez souvent que la
nouveauté éblouisse , sur tout dans un
genre d'écrire inconnu , et original ;
et que la curiosité , honteuse en quelque
façon , d'avoir d'abord été seduite
pour s'être trop livrée , se refroidisse
bien- tôt , si même elle ne dégenere
ou en mépris , ou en satire.
Icy , les applaudissemens universels de
la Cour , de la Ville , des Gens de Let
tres , des Judicieux Critiques , se son
réunis en faveur de ce dernier Ouvrage
de Mademoiselle de Lussan; et cette voix
ou plutôt cette clameur unanime con
tient les Personnes même de mauvaise
humeur , qui font toujours les difficiles ,
et qui peut- être ne soutiennent l'idée
qu'elles veulent donner de leur discer
nement et de leur bon goût , qu'en refusant
aux meilleures choses , d'un ton
11. Vol.
Fija sé1378
MERCURE DE FRANCE
severe, ou qu'en leur disputant, au moins
avec un scrupule affecté , les justes et
sinceres éloges , dont elles sont veritablement
dignes.
C'est beaucoup hazarder que d'oser
faire la planche d'un nouveau genre d'écrire
!L'autheur s'est ouvert des routes
peu connues , en liant à un fond d'Histoire
bien choisi , et tres convenable
des Episodes , qui sans sortir du vrai ton
historique , servent à rendre son sujet ét
plus interressant et plus instructif. Le
vrai et le vrai semblable se perdent dans
un mélange imperceptible ; et à la faveur
de cette liberté du Théatre Tragique ,
l'Autheur retranche d'un côté les longueurs
, les froideurs , les mauvais exemples
qui tiennent souvent à une histoire
exacte ; et de l'autre , il se ménage mille
beautez amenées , avec un art infini ,bien
jointes , par tout soutenuës ; elles naissent
les unes des autres , sans qu'on apperçoive
la chaîne ; et cela , par l'attention
qu'a euë l'Autheur de jetter à propos
les fonds éloignez des évenemens que
l'on voit se développer et éclore avec un
ordre admirable , et chacuns dans leurs
places naturelles. Aussi peut on dire
que la structure du corps de l'Ouvrage
est parfaite en son genre ; qu'elle ne pou-
-
II. Vol. voit
JUIN. 1379 1733.
voit être mieux proportionnée au dessein
, et qu'elle passera toujours pour un
modele.
Le sujet est pris dans les premieres années
du Regne de Philippe - Auguste ,
aussi surnommé le Conquerant. L'on sçait
ce que la France a dû à ce Monarque ; il
monta sur le Thrône à quinze ans , et dèslors
il entra avec tant de maturité dans
le Gouvernement , que les Historiens disent
de lui : Qu'il ne fut jamais jeune , et
que la sagesse l'avoit fait aller audevant
de Pexperience.
Les Grands Rois font les grands Hommes.
La Cour de Philippe en fut une
preuve : C'est dans les secrets et dans les
Evenemens de cette Cour si distinguée ,
que l'Autheur entre pour en faire connoître
la délicatesse et l'élevation . L'on
y voit des Héros qui ont réelement existé
; on les voit partagez entre la Gloire et
l'Amour ; mais dans le vrai, sans que rien
se ressente ni du Roman , ni de ses avantures.
Comme les interêts sont et multipliez
et variez , et relatifs tout ensemble
, le Titre d'Anecdoctes d'une Cour , où
l'Autheur puise ses sujets pour en former
un tout semble un Titre tiré du
fond même de ce qu'il traite. Il est bien
vrai que les plus grands jours viennent
>
II. Vol. Fiij fcap1380
MERCURE DE FRANCE
frapper Roger de Champagne , Comte
de Réthel , mais il s'en faut bien qu'il ne
les absorbe tous ; ils sont distribuez sur
beaucoup d'illustres sujets qui composoient
la Cour de Philippe : On les y voit
placez à des points de vûë tres- interessans
; et ils y représentent , avec un éclat
marqué , sur tout Raoul , Sire de Couci ,
marche de pair , d'un bout à l'autre avec
Roger de Champagne ; l'addresse de
l'Auteur à unir ces deux jeunes Héros par
les liens d'une amitié de l'ordre de celles
que les Anciens ont consacrées , et par
les prochains rapports des inclinations
propres des grands Hommes, fait paroître
Roger et Raoul comme ne faisant ensemble
qu'un coeur ,qu'une ame et qu'une
même vertu. Aussi sont - ils toujours
peints des mêmes couleurs , sans être
confondus ; et si Roger a quelques nuances
de plus , ce plus est presque insensible.
Alberic du Mez , Maréchal de France,
fils de Robert Clement , Gouverneur du
Roy et premier Ministre , le Comte des
Barres , connu sous le nom de Rochefort,
Grand Sénéchal , suivent de près les deux
premiers ; ils courent en tout genre les
mêmes Carrieres , et l'Autheur entrelasse
tellement tous leurs interêts , que
11. Vol. le
JUIN. 1733. 1381
le Lecteur toujours en attente , est sans
cesse dans l'impatience de voir les Eve
nemens qu'il ne peut deviner , mais qui
l'étonnent et le satisfont enfin par tout.
Si l'on voit en Hommes ce que la
Cour de Philippe avoit de plus considerable
, l'on y voit en Femmes ce qu'elle
avoit de plus distingué ; et ce qu'on vit
peut-être jamais de plus surprenant . Alix
de Rosoi , sa mere , la Comtesse de Rosoi
, Adelaide de Couci , fille d'Enguerrand
, surnommé le Grand , et soeur de
Raoul , Sire de Couci , Mademoiselle du
Mez , fille de Robert Clement , soeur
d'Alberic du Mez , tous deux Maréchaux
de France , dans un temps où cette Dignité
étoit unique ; toutes ces Personnes,
dont la beauté faisoit le moindre ornement,
jettent dans l'Ouvrage un inte
rêt infini:Elles étoient les premiers Partis
du Royaume , et les noeuds des plus belles
Alliances , où l'on pouvoit aspirer ;
mais les coeurs ne se commandent pas , et
leurs penchants ou leurs répugnances ,
que l'Autheur connoît à fond et sçait
manier d'une main de maître , lui ouvrent
un champ où il épuise les douceurs
, et les maux , les esperances et les
desespoirs de l'amour , sans avoir jamais à
rougird'en avoir flatté ses foiblesses.Quels
II. Vol.
Fiiij mor1382
MERCURE DE FRANCE
morceaux , quelles situations , quels coups
de Theatre ne pourroit- on pas rapporter,
si l'Analise de cet Ouvrage précis, et par
tout d'une chaleur égale , étoit possible !
mais il faut taire tout , ou tout rapporter
; ou plutôt il faut tout lire : Bien des
personnes relisent plus d'une fois , et se
rendent propre cet Ouvrage , après ne
Pavoir qu'emprunté pour l'essaier .
que
Tout le monde publie qu'on ne peut
mieux peindre les actions , elles sont dans
le naturel , et l'on diroit l'Autheur
en écrivant , coppie sur la nature même .
L'on vante sur tout ses carracteres , leur
variété , leur opposition , leur vérité , et
plus que tout le reste , leur consistance ;
ils ne se démentent pas . Qui a jamais
ressemblé à l'indomptable Enguerrand de
Couci , pere de Raoul , et d'Adelaide ?
L'on voit dans lui un vieux Seigneur
plein d'une ancienne probité , qui le rend
infléxible dans ses devoirs , immuable
dans sa parole , absolu dans sa famille
et incapable de pardonner une faute ; on
le craint , on l'estime , on le respecte , on
l'aime peut-être. Thibault de Champagne
, pere de Roger , ne ressemble ‘ en
rien à Enguerrand , et il est aussi Seigneur
, aussi droit , aussi maître , aussi
pere que lui ; on l'adore , mais par de
›
II. Vol. difJUIN.
1733. 1384
1
différens principes. Henry , oncle de Ro
ger , son Maître et son premier Conducteur
à la Guerre , placé vis - à - vis d'Enguerrand
, paroît son contraste , et l'Autheur
fait douter lequel l'emporte pour
le fond du mérite et de la vertu . Peut on
omettre le Portrait que le Vicomte de
Melun, Ambassadeur auprès de Fréderic,
fait à cet Empereur , du Maréchal du
Mez , Gouverneur de Philippe ? C'est l'éloge
du Vicomte d'avoir été l'ami du-
Maréchal ; mais que celui du Maréchal
est bien placé dans la bouche d'un homme
vertueux , qui l'avoit connu et péné
tré ! Le recit que fait le Vicomte de Melun
, et du caractere , et des maximes du
Maréchal , est l'abrégé le plus parfait des
grandes qualitez , comme des
sages Leçons
d'un vrai Gouverneur de Roy. Il
n'en faut pas davantage pour faire et un
grand Homme d'Etat , et un grand Monarque.
On comprend à peine comment
Autheur a pû resserrer ainsi toute l'éducation
Royale , et active et passive ;
mais Philippe a bien justifié que les impressions
qu'il avoit reçuës du Maréchal ,
toutes contenues dans ce petit Tableau
suffisoient pour rendre complette et la
gloire d'une telle instruction , et la gloire
d'une telle éducation ,
"
II. Vol. La Fy
384 MERCURE DE FRANCE
pre-
La même diversité de caracteres conserve
une égale beauté dans les Femmes.
Alix de Rosoi , et Adelaide de Couci
sont ce que leur sexe a de plus rare , de
plus accompli , de plus charmant ; la
miere plonge , par sa mort , Roger de
Champagne , dans le dernier excès de
douleurs ; eh ! comment n'y succombet-
il pas ? Quelques années après , la seconde
le captive au même point; elles ont
été toutes deux les seules qui ont successivement
trouvé la route de son coeur
elles y ont toutes deux regné souverainement
toutes deux , également vertueuses
, forment deux caracteres diamétralement
opposez . La Comtesse de
Rosoi , mere d'Alix , devenuë rivale de
sa fille , donne un spectacle étonnant.
L'on apperçoit dans elle le fond d'un riche
caractere , mais l'on ne s'attend pas
jusques à quel point son injuste passion
va le développer ou plutôt le défigurer !
Elle ne pousse pas le crime si loin qu'une
Phédre , mais elle la passe en addresse ,
en détours , en embuches , pour parvenir
à ses fins ; à quelles indignitez ne
descend- t- elle pas pour écarter à jamais
sa fille de Roger , et pour le raprocher
d'elle ? Après tant d'efforts , elle échouë ;
ses regrets , son desespoir , creusent son
II. Vol.
TomJUIN.
17336 1385
-
Tombeau ; elle meurt. Par quel art l'Au
theur fait il encore pleurer une mort
de cette nature ? C'est l'effet d'un repens
tir que l'on a rendu aussi touchant qu'il
est , et bien imaginé , et bien placé. Madame
de Rosoi expie , en mourant , les
cruels artifices du délire de son amour
et elle meurt vertueuse , parce qu'elle
meurt repentante ; sa vertu rachettée à
ce prix , ne la laissant plus voir que fort
à plaindre , elle emporte la compassion ,
qui efface tout autre sentiment.
و
Au milieu des agitations que l'amour
excite dans cette Cour aimable, Philippe
toujours égal à lui- même , toujours maî
tre des mouvemens de son coeur et de
son esprit , est attentif ou à parer les funestes
effets de cette dangereuse passion ,
ou à maintenir avec dignité le bon ordre,
en se prêtant aux grandes alliances qui
l'interessent, ou comme un Roy , ou comme
un Pere , ou même comme un ami
reconnoissant. Il sçait tout , mais il ne
paroît sçavoir que ce que son rang et sa
vertu lui permettent de regler par luimême.
Tel est le principe de ses bontez
pour Roger de Champagne , pour Adċlaide
de Couci , dont le mérite, la sages
se et la fermeté le touchent , pour Albe
ric du Mez , pour sa soeur, tous deux en
AI. Vol
Fvi fans
1386 MERCURE DE FRANCE
fans d'un Gouverneur , dont le souvenír
lui est si précieux ; il entre dans les établissemens
convenables , ausquels leurs
penchants semblent les disposer. Mais il
paroît toujours et par tout ignorer les
sentimens réciproques de Raoul de Couci
, et de Madame de Fajel , qu'un devoir
austere ne sçauroit approuver.
Ces attentions domestiques de Philip
pe , ne lui font rien perdre de celles qu'il
doit au bien de l'Etat et à sa gloire. Il esɛ
présent par d'autres lui - même, au Camp
que Hugues , Duc de Bourgogne , a assemblé
sous les Murs de Dijon ; il pénétre
ses projets au travers de cette Fête
Militaire , d'une simple ostentation exterieure
; il mesure ses forces. Si la Guerre
l'appelle , alors ceux que l'amour avoit
occuppez dans la Paix , n'écoutent plus
que la gloire. Philippe marche à leur
tête, tantôt contre le Comte de Flandres,
son oncle, son parrain et son tuteur,dont
il humilie l'orgueil , il réprime l'abus
qu'il avoit fait de toute sa confiance s
tantôt en Berri, contre Henry , Roy d'Angleterre
, et Richard , son fils ; il les divise,
il en triomphe; tantôt dans le Maine
et la Touraine , contre les mêmes Ennemis.
Si Philippe donne par hazard dans
une Ambuscade dangereuse , l'on trouve
II. Vela dans
JUIN. 1733. 1387
D
dans ce Roy un Soldat qui paye de sa
personne , et qui au péril de sa vie , seconde
le grand Senechal , à qui il venoit
de la devoir. S'il passe en Palestine , on le
voit le premier à l'assaut de la Ville d'Acre
, et il se signale sur ses Ramparts
comme le Vainqueur de Tyr , sar ceux
de cette Place de résistance. Enfin , l'Autheur
represente par tout Philippe , justifiant
des ses commencemens , les grandes
esperances qu'il remplit, en se rendant
de plus en plus digne des surnoms d'Auguste
et de Conquerant , qu'il sçut roujours
soutenir et au dedans , et au dehors.
Roger le suit de près ; c'est un de ceux
dont la prudence , et la valeur fondent
la confiance du Roy dans ses grands
projets. L'on voit Roger sous Henry de
Champagne , son oncle , faire l'apprentissage
de la guerre aux dépens du Com
te de Flandre. Quel maître , et quel disciple
! il conduit , et jette lui - même des
Troupes dans une Ville assiégée par le
Comte ; action inutilement tentée par
ses égaux. Il suit le Roy dans les guerres
du Berri er du Maine ; il se distingue par
tout , et peu s'en faut qu'il ne paye de sa
vie la gloire dont il se couvre à la prise
de Tours , où il est dangereusement bles-
II. Vol.
sé.
7388 MERCURE DE FRANCE
sé. Il passe avec Philippe en Palestine ;
lai et Raoul couvrent de leurs corps la
personne du Roy sur les murs de la Vild'Acre
, et si dans un péril commun
Raoul reçoit le coup mortel , qu'un Sarazin
portoit au Roy, Roger y étoit aussi
exposé que Raoul , et le hazard seul en
décide ; mais la séparation de ces deux
amis est le plus parfait triomphe de l'amitié;
qu'elle est touchante! Rien n'est au
dessus que les sentimens de Raoul, et l'étrange
présent dont il couronne son amour
pour l'infortunée Madame de Fajel.
Aucun Capitaine ne fait ombrage à
Roger du côté de la gloire des Armes ;
mais il est des personnes qui du côté de
l'amour ne lui trouvent pas assés de délicatesse
ces personnes d'un entêtement
chimerique en faveur des avantures romanesques
, voudroient voir Roger éteindre
de son sang la belle flame qu'Alix de
Rosoi avoit si bien allumée dans son coeur ;
elles ne peuvent voir mourir Alix et Ro
ger vivre encore ; elles ne lui pardonnent
pas son passage à un autre objet , quelque
charmant qu'il puisse être;mais l'Autheur
, dont les idées sont bien éloignées.
de tout ce qui ressent le Roman , n'écou
te et ne suit que les Loix de la nature.
Roger livré à toute l'horreur de sa perte
11. Vol. dans
JUIN. 1733. 1389
dans Alix, n'a plus rien qui l'attache à la
vie. Mais un Pere ; et quel Pere encore !
Un Pere dont il fait l'unique esperance ,
le conjure de vivre pour lui. Roger qui
ne peut ni vivre ni mourir , porte par
tout le trait dont il a été blessé ; et insuportable
à lui-même , il quitte à l'insçû
de tout le monde sa Patrie , alors trop pacifique,
pour aller chercher dans des Terres
Étrangeres des périls qui ne l'épargneront
pas. Il passe en inconnu , et sous
un nom emprunté , au service de Frédéric
, alors en guerre avec tous ses voisins;
mais les périls qu'il cherche ne sont pour
lui qu'une source de gloire . Sa valeur et
sa prudence se font jour , et font soupçonner
dans lui une naissance plus relevéc
que celle qu'il se donne ; il est découvert
, son Roy le reclame , son Pere
l'appelle ; Roger revient , et malgré la
dissipation d'un service tres agité pendant
plus de deux ans , Alix n'est pas effacée
de son coeur. Il semble que l'amour
veuille la lui rendre dans Adelaide de
Couci , dont les traits , la taille et le port
majestueux lui représentent en tout sa
chere Alix : Il s'y accoutume d'abord ,
sous le prétexte de cette parfaite ressemblance
; des difficultez insurmontables et
-pressantes viennent encore irriter l'amour
JI. Vol.
nais1390
MERCURE DE FRANCE
naissant de Roger ; il aime enfin , et il est
aimé. Que la folie du Roman condamne,
puisqu'il lui plaît, une telle conduite , li
sagesse de la nature l'approuvera toujours
et l'expérience de tous les hommes , de
tous les temps la justifiera , elle est dans
l'ordre du coeur humain .
Cet Ouvrage honore infiniment son
Autheur , et poussé au dégré de perfec
tion où on le voit , il doit l'honorer doublement
en faveur de son sexe. Que Madamoiselle
de Lussan rende , comme elle
a fait dans la vie de Madame de Gondés ,
la fidelle image du commerce des honnê
tes gens d'aujourd'hui , et cela sur le ton
de la bonne compagnie , c'est ce qu'on
pouvoit attendre de son esprit et d'un
long usage du monde. Que pour diver
tir són imagination avant que de divertir
celle des autres , elle lui ait donné
carriere dans ses Veillées de Thessalie, pour
instruire les jeunes personnes en les amu
sant ; c'est un utile et élégant badinage ,
digne d'occuper ses loisirs ; mais un Ŏuvrage
de la force de celui dont il s'agit
icy , monté sur le vrai ton héroïque , et
sur celui de la Cour , soutenu par un langage
digne de la noblesse des sentimens
qui y regne , il faut dans elle un grand
courage pour l'avoir entrepris , il faut
11. Vol.
qu'el
JUIN. 1733 . 1391
qu'elle soit bien supérieure à son sexe
pour l'avoir conduit et exécuté comme
elle l'a fait. De se former un systême nouveau
où l'Histoire, le Dramme, l'Epopée
se marient ensemble, et font un tout à la
faveur d'un langage propre de ces trois
genres. Langage vrai , tendre , disert¸
vigoureux, militaire , s'il le faut , et toujours
proportionné à l'objet present , c'est
quelque chose de tres - singulier. Le stile
en est élevé sans emphase , choisi sans recherche
et sans avoir rien de précieux ;
il plaira toujours tandis que bien d'au
tres Ecrits où l'on court après l'esprit ,
qu'on veut captiver dans des mots imaginez
pour lui , passeront peut- être .Quoique
l'Ouvrage soit plein d'esprit , il se
trouve tellement mêlé avec le sentiment,
qu'on croiroit qu'il n'a sa source que dans
le coeur. Les Dialogues y sont licz , leurs
passages si doux , si mesurez à la hauteur
de ceux qui parlent, que l'on diroit qu'ils
n'ont rien coûté à l'autheurs et que la
simple nature en a fait sans effort et sans
étude tous les frais , sur tout dans les endroits
qui tirent à conséquence , et qui
semblent décisifs : en vérité l'on voit des
Scenes dignes du grand Théatre , elles
sont si vivement écrites et renduës avec
tant de dignité et d'énergie , que la lettre
II. Vol. sup1392
MERCURE DE FRANCE
supplé à la représentation, et que le Lecteur
conçoit tout ce qui frapperoit un
Spectateur. Ceux qui ont crû que la Tragédie
en p ose pourroit avoir autant d'effet
qu'en Vers , trouveront dans les bel
les e frequentes Scenes de cet Ouvrage
qui semblent toutes appeller la Poësie ,
des raisons pour appuyer leurs sentimens.
Ainsi les Historiens , les Poetes , et Dramatiques
et Epiques , pourront y trouver
leur compte ; mais l'avantage général
qu'en peuvent tirer les Lecteurs de tout
Sexe et de tous Etats , capable de bien lire
et de bien entendre , regarde et l'esprit ,
et le coeur et les moeurs , également instruits
par cet Ouvrage , rempli des plus
grands principes en tout genre.
, en 3 vol. in 12, que nous avons
déja annoncé sous ce Titre : Anecdotes de
la Cour de Philippe - Auguste. Il se vend
à Paris , chez la veuve Pissot , au bout du
Pont-NeufQuai de Conti , à la Croix d'or.
Le prix est de 6 liv . broché.
Dans le temps que nous nous dispo-
II. Vol. sions
JUI N. 1733 .
1377
sions à donner un Extrait de cet Ouvrage
, nous avons reçû d'un Anonyme ,
celui que nous inserons icy .
Si l'accueil favorable que l'on fait à un
Ouvrage dès qu'il paroît , si le débit le
plus rapide étoient les Titres assurés de
son mérite , il seroit tres- inutile de parler
des Anecdotes de la Cour de Philippe-
Auguste; ce Livre joüit pleinement dès sa
naissance de ce double avantage.
Mais il arrive assez souvent que la
nouveauté éblouisse , sur tout dans un
genre d'écrire inconnu , et original ;
et que la curiosité , honteuse en quelque
façon , d'avoir d'abord été seduite
pour s'être trop livrée , se refroidisse
bien- tôt , si même elle ne dégenere
ou en mépris , ou en satire.
Icy , les applaudissemens universels de
la Cour , de la Ville , des Gens de Let
tres , des Judicieux Critiques , se son
réunis en faveur de ce dernier Ouvrage
de Mademoiselle de Lussan; et cette voix
ou plutôt cette clameur unanime con
tient les Personnes même de mauvaise
humeur , qui font toujours les difficiles ,
et qui peut- être ne soutiennent l'idée
qu'elles veulent donner de leur discer
nement et de leur bon goût , qu'en refusant
aux meilleures choses , d'un ton
11. Vol.
Fija sé1378
MERCURE DE FRANCE
severe, ou qu'en leur disputant, au moins
avec un scrupule affecté , les justes et
sinceres éloges , dont elles sont veritablement
dignes.
C'est beaucoup hazarder que d'oser
faire la planche d'un nouveau genre d'écrire
!L'autheur s'est ouvert des routes
peu connues , en liant à un fond d'Histoire
bien choisi , et tres convenable
des Episodes , qui sans sortir du vrai ton
historique , servent à rendre son sujet ét
plus interressant et plus instructif. Le
vrai et le vrai semblable se perdent dans
un mélange imperceptible ; et à la faveur
de cette liberté du Théatre Tragique ,
l'Autheur retranche d'un côté les longueurs
, les froideurs , les mauvais exemples
qui tiennent souvent à une histoire
exacte ; et de l'autre , il se ménage mille
beautez amenées , avec un art infini ,bien
jointes , par tout soutenuës ; elles naissent
les unes des autres , sans qu'on apperçoive
la chaîne ; et cela , par l'attention
qu'a euë l'Autheur de jetter à propos
les fonds éloignez des évenemens que
l'on voit se développer et éclore avec un
ordre admirable , et chacuns dans leurs
places naturelles. Aussi peut on dire
que la structure du corps de l'Ouvrage
est parfaite en son genre ; qu'elle ne pou-
-
II. Vol. voit
JUIN. 1379 1733.
voit être mieux proportionnée au dessein
, et qu'elle passera toujours pour un
modele.
Le sujet est pris dans les premieres années
du Regne de Philippe - Auguste ,
aussi surnommé le Conquerant. L'on sçait
ce que la France a dû à ce Monarque ; il
monta sur le Thrône à quinze ans , et dèslors
il entra avec tant de maturité dans
le Gouvernement , que les Historiens disent
de lui : Qu'il ne fut jamais jeune , et
que la sagesse l'avoit fait aller audevant
de Pexperience.
Les Grands Rois font les grands Hommes.
La Cour de Philippe en fut une
preuve : C'est dans les secrets et dans les
Evenemens de cette Cour si distinguée ,
que l'Autheur entre pour en faire connoître
la délicatesse et l'élevation . L'on
y voit des Héros qui ont réelement existé
; on les voit partagez entre la Gloire et
l'Amour ; mais dans le vrai, sans que rien
se ressente ni du Roman , ni de ses avantures.
Comme les interêts sont et multipliez
et variez , et relatifs tout ensemble
, le Titre d'Anecdoctes d'une Cour , où
l'Autheur puise ses sujets pour en former
un tout semble un Titre tiré du
fond même de ce qu'il traite. Il est bien
vrai que les plus grands jours viennent
>
II. Vol. Fiij fcap1380
MERCURE DE FRANCE
frapper Roger de Champagne , Comte
de Réthel , mais il s'en faut bien qu'il ne
les absorbe tous ; ils sont distribuez sur
beaucoup d'illustres sujets qui composoient
la Cour de Philippe : On les y voit
placez à des points de vûë tres- interessans
; et ils y représentent , avec un éclat
marqué , sur tout Raoul , Sire de Couci ,
marche de pair , d'un bout à l'autre avec
Roger de Champagne ; l'addresse de
l'Auteur à unir ces deux jeunes Héros par
les liens d'une amitié de l'ordre de celles
que les Anciens ont consacrées , et par
les prochains rapports des inclinations
propres des grands Hommes, fait paroître
Roger et Raoul comme ne faisant ensemble
qu'un coeur ,qu'une ame et qu'une
même vertu. Aussi sont - ils toujours
peints des mêmes couleurs , sans être
confondus ; et si Roger a quelques nuances
de plus , ce plus est presque insensible.
Alberic du Mez , Maréchal de France,
fils de Robert Clement , Gouverneur du
Roy et premier Ministre , le Comte des
Barres , connu sous le nom de Rochefort,
Grand Sénéchal , suivent de près les deux
premiers ; ils courent en tout genre les
mêmes Carrieres , et l'Autheur entrelasse
tellement tous leurs interêts , que
11. Vol. le
JUIN. 1733. 1381
le Lecteur toujours en attente , est sans
cesse dans l'impatience de voir les Eve
nemens qu'il ne peut deviner , mais qui
l'étonnent et le satisfont enfin par tout.
Si l'on voit en Hommes ce que la
Cour de Philippe avoit de plus considerable
, l'on y voit en Femmes ce qu'elle
avoit de plus distingué ; et ce qu'on vit
peut-être jamais de plus surprenant . Alix
de Rosoi , sa mere , la Comtesse de Rosoi
, Adelaide de Couci , fille d'Enguerrand
, surnommé le Grand , et soeur de
Raoul , Sire de Couci , Mademoiselle du
Mez , fille de Robert Clement , soeur
d'Alberic du Mez , tous deux Maréchaux
de France , dans un temps où cette Dignité
étoit unique ; toutes ces Personnes,
dont la beauté faisoit le moindre ornement,
jettent dans l'Ouvrage un inte
rêt infini:Elles étoient les premiers Partis
du Royaume , et les noeuds des plus belles
Alliances , où l'on pouvoit aspirer ;
mais les coeurs ne se commandent pas , et
leurs penchants ou leurs répugnances ,
que l'Autheur connoît à fond et sçait
manier d'une main de maître , lui ouvrent
un champ où il épuise les douceurs
, et les maux , les esperances et les
desespoirs de l'amour , sans avoir jamais à
rougird'en avoir flatté ses foiblesses.Quels
II. Vol.
Fiiij mor1382
MERCURE DE FRANCE
morceaux , quelles situations , quels coups
de Theatre ne pourroit- on pas rapporter,
si l'Analise de cet Ouvrage précis, et par
tout d'une chaleur égale , étoit possible !
mais il faut taire tout , ou tout rapporter
; ou plutôt il faut tout lire : Bien des
personnes relisent plus d'une fois , et se
rendent propre cet Ouvrage , après ne
Pavoir qu'emprunté pour l'essaier .
que
Tout le monde publie qu'on ne peut
mieux peindre les actions , elles sont dans
le naturel , et l'on diroit l'Autheur
en écrivant , coppie sur la nature même .
L'on vante sur tout ses carracteres , leur
variété , leur opposition , leur vérité , et
plus que tout le reste , leur consistance ;
ils ne se démentent pas . Qui a jamais
ressemblé à l'indomptable Enguerrand de
Couci , pere de Raoul , et d'Adelaide ?
L'on voit dans lui un vieux Seigneur
plein d'une ancienne probité , qui le rend
infléxible dans ses devoirs , immuable
dans sa parole , absolu dans sa famille
et incapable de pardonner une faute ; on
le craint , on l'estime , on le respecte , on
l'aime peut-être. Thibault de Champagne
, pere de Roger , ne ressemble ‘ en
rien à Enguerrand , et il est aussi Seigneur
, aussi droit , aussi maître , aussi
pere que lui ; on l'adore , mais par de
›
II. Vol. difJUIN.
1733. 1384
1
différens principes. Henry , oncle de Ro
ger , son Maître et son premier Conducteur
à la Guerre , placé vis - à - vis d'Enguerrand
, paroît son contraste , et l'Autheur
fait douter lequel l'emporte pour
le fond du mérite et de la vertu . Peut on
omettre le Portrait que le Vicomte de
Melun, Ambassadeur auprès de Fréderic,
fait à cet Empereur , du Maréchal du
Mez , Gouverneur de Philippe ? C'est l'éloge
du Vicomte d'avoir été l'ami du-
Maréchal ; mais que celui du Maréchal
est bien placé dans la bouche d'un homme
vertueux , qui l'avoit connu et péné
tré ! Le recit que fait le Vicomte de Melun
, et du caractere , et des maximes du
Maréchal , est l'abrégé le plus parfait des
grandes qualitez , comme des
sages Leçons
d'un vrai Gouverneur de Roy. Il
n'en faut pas davantage pour faire et un
grand Homme d'Etat , et un grand Monarque.
On comprend à peine comment
Autheur a pû resserrer ainsi toute l'éducation
Royale , et active et passive ;
mais Philippe a bien justifié que les impressions
qu'il avoit reçuës du Maréchal ,
toutes contenues dans ce petit Tableau
suffisoient pour rendre complette et la
gloire d'une telle instruction , et la gloire
d'une telle éducation ,
"
II. Vol. La Fy
384 MERCURE DE FRANCE
pre-
La même diversité de caracteres conserve
une égale beauté dans les Femmes.
Alix de Rosoi , et Adelaide de Couci
sont ce que leur sexe a de plus rare , de
plus accompli , de plus charmant ; la
miere plonge , par sa mort , Roger de
Champagne , dans le dernier excès de
douleurs ; eh ! comment n'y succombet-
il pas ? Quelques années après , la seconde
le captive au même point; elles ont
été toutes deux les seules qui ont successivement
trouvé la route de son coeur
elles y ont toutes deux regné souverainement
toutes deux , également vertueuses
, forment deux caracteres diamétralement
opposez . La Comtesse de
Rosoi , mere d'Alix , devenuë rivale de
sa fille , donne un spectacle étonnant.
L'on apperçoit dans elle le fond d'un riche
caractere , mais l'on ne s'attend pas
jusques à quel point son injuste passion
va le développer ou plutôt le défigurer !
Elle ne pousse pas le crime si loin qu'une
Phédre , mais elle la passe en addresse ,
en détours , en embuches , pour parvenir
à ses fins ; à quelles indignitez ne
descend- t- elle pas pour écarter à jamais
sa fille de Roger , et pour le raprocher
d'elle ? Après tant d'efforts , elle échouë ;
ses regrets , son desespoir , creusent son
II. Vol.
TomJUIN.
17336 1385
-
Tombeau ; elle meurt. Par quel art l'Au
theur fait il encore pleurer une mort
de cette nature ? C'est l'effet d'un repens
tir que l'on a rendu aussi touchant qu'il
est , et bien imaginé , et bien placé. Madame
de Rosoi expie , en mourant , les
cruels artifices du délire de son amour
et elle meurt vertueuse , parce qu'elle
meurt repentante ; sa vertu rachettée à
ce prix , ne la laissant plus voir que fort
à plaindre , elle emporte la compassion ,
qui efface tout autre sentiment.
و
Au milieu des agitations que l'amour
excite dans cette Cour aimable, Philippe
toujours égal à lui- même , toujours maî
tre des mouvemens de son coeur et de
son esprit , est attentif ou à parer les funestes
effets de cette dangereuse passion ,
ou à maintenir avec dignité le bon ordre,
en se prêtant aux grandes alliances qui
l'interessent, ou comme un Roy , ou comme
un Pere , ou même comme un ami
reconnoissant. Il sçait tout , mais il ne
paroît sçavoir que ce que son rang et sa
vertu lui permettent de regler par luimême.
Tel est le principe de ses bontez
pour Roger de Champagne , pour Adċlaide
de Couci , dont le mérite, la sages
se et la fermeté le touchent , pour Albe
ric du Mez , pour sa soeur, tous deux en
AI. Vol
Fvi fans
1386 MERCURE DE FRANCE
fans d'un Gouverneur , dont le souvenír
lui est si précieux ; il entre dans les établissemens
convenables , ausquels leurs
penchants semblent les disposer. Mais il
paroît toujours et par tout ignorer les
sentimens réciproques de Raoul de Couci
, et de Madame de Fajel , qu'un devoir
austere ne sçauroit approuver.
Ces attentions domestiques de Philip
pe , ne lui font rien perdre de celles qu'il
doit au bien de l'Etat et à sa gloire. Il esɛ
présent par d'autres lui - même, au Camp
que Hugues , Duc de Bourgogne , a assemblé
sous les Murs de Dijon ; il pénétre
ses projets au travers de cette Fête
Militaire , d'une simple ostentation exterieure
; il mesure ses forces. Si la Guerre
l'appelle , alors ceux que l'amour avoit
occuppez dans la Paix , n'écoutent plus
que la gloire. Philippe marche à leur
tête, tantôt contre le Comte de Flandres,
son oncle, son parrain et son tuteur,dont
il humilie l'orgueil , il réprime l'abus
qu'il avoit fait de toute sa confiance s
tantôt en Berri, contre Henry , Roy d'Angleterre
, et Richard , son fils ; il les divise,
il en triomphe; tantôt dans le Maine
et la Touraine , contre les mêmes Ennemis.
Si Philippe donne par hazard dans
une Ambuscade dangereuse , l'on trouve
II. Vela dans
JUIN. 1733. 1387
D
dans ce Roy un Soldat qui paye de sa
personne , et qui au péril de sa vie , seconde
le grand Senechal , à qui il venoit
de la devoir. S'il passe en Palestine , on le
voit le premier à l'assaut de la Ville d'Acre
, et il se signale sur ses Ramparts
comme le Vainqueur de Tyr , sar ceux
de cette Place de résistance. Enfin , l'Autheur
represente par tout Philippe , justifiant
des ses commencemens , les grandes
esperances qu'il remplit, en se rendant
de plus en plus digne des surnoms d'Auguste
et de Conquerant , qu'il sçut roujours
soutenir et au dedans , et au dehors.
Roger le suit de près ; c'est un de ceux
dont la prudence , et la valeur fondent
la confiance du Roy dans ses grands
projets. L'on voit Roger sous Henry de
Champagne , son oncle , faire l'apprentissage
de la guerre aux dépens du Com
te de Flandre. Quel maître , et quel disciple
! il conduit , et jette lui - même des
Troupes dans une Ville assiégée par le
Comte ; action inutilement tentée par
ses égaux. Il suit le Roy dans les guerres
du Berri er du Maine ; il se distingue par
tout , et peu s'en faut qu'il ne paye de sa
vie la gloire dont il se couvre à la prise
de Tours , où il est dangereusement bles-
II. Vol.
sé.
7388 MERCURE DE FRANCE
sé. Il passe avec Philippe en Palestine ;
lai et Raoul couvrent de leurs corps la
personne du Roy sur les murs de la Vild'Acre
, et si dans un péril commun
Raoul reçoit le coup mortel , qu'un Sarazin
portoit au Roy, Roger y étoit aussi
exposé que Raoul , et le hazard seul en
décide ; mais la séparation de ces deux
amis est le plus parfait triomphe de l'amitié;
qu'elle est touchante! Rien n'est au
dessus que les sentimens de Raoul, et l'étrange
présent dont il couronne son amour
pour l'infortunée Madame de Fajel.
Aucun Capitaine ne fait ombrage à
Roger du côté de la gloire des Armes ;
mais il est des personnes qui du côté de
l'amour ne lui trouvent pas assés de délicatesse
ces personnes d'un entêtement
chimerique en faveur des avantures romanesques
, voudroient voir Roger éteindre
de son sang la belle flame qu'Alix de
Rosoi avoit si bien allumée dans son coeur ;
elles ne peuvent voir mourir Alix et Ro
ger vivre encore ; elles ne lui pardonnent
pas son passage à un autre objet , quelque
charmant qu'il puisse être;mais l'Autheur
, dont les idées sont bien éloignées.
de tout ce qui ressent le Roman , n'écou
te et ne suit que les Loix de la nature.
Roger livré à toute l'horreur de sa perte
11. Vol. dans
JUIN. 1733. 1389
dans Alix, n'a plus rien qui l'attache à la
vie. Mais un Pere ; et quel Pere encore !
Un Pere dont il fait l'unique esperance ,
le conjure de vivre pour lui. Roger qui
ne peut ni vivre ni mourir , porte par
tout le trait dont il a été blessé ; et insuportable
à lui-même , il quitte à l'insçû
de tout le monde sa Patrie , alors trop pacifique,
pour aller chercher dans des Terres
Étrangeres des périls qui ne l'épargneront
pas. Il passe en inconnu , et sous
un nom emprunté , au service de Frédéric
, alors en guerre avec tous ses voisins;
mais les périls qu'il cherche ne sont pour
lui qu'une source de gloire . Sa valeur et
sa prudence se font jour , et font soupçonner
dans lui une naissance plus relevéc
que celle qu'il se donne ; il est découvert
, son Roy le reclame , son Pere
l'appelle ; Roger revient , et malgré la
dissipation d'un service tres agité pendant
plus de deux ans , Alix n'est pas effacée
de son coeur. Il semble que l'amour
veuille la lui rendre dans Adelaide de
Couci , dont les traits , la taille et le port
majestueux lui représentent en tout sa
chere Alix : Il s'y accoutume d'abord ,
sous le prétexte de cette parfaite ressemblance
; des difficultez insurmontables et
-pressantes viennent encore irriter l'amour
JI. Vol.
nais1390
MERCURE DE FRANCE
naissant de Roger ; il aime enfin , et il est
aimé. Que la folie du Roman condamne,
puisqu'il lui plaît, une telle conduite , li
sagesse de la nature l'approuvera toujours
et l'expérience de tous les hommes , de
tous les temps la justifiera , elle est dans
l'ordre du coeur humain .
Cet Ouvrage honore infiniment son
Autheur , et poussé au dégré de perfec
tion où on le voit , il doit l'honorer doublement
en faveur de son sexe. Que Madamoiselle
de Lussan rende , comme elle
a fait dans la vie de Madame de Gondés ,
la fidelle image du commerce des honnê
tes gens d'aujourd'hui , et cela sur le ton
de la bonne compagnie , c'est ce qu'on
pouvoit attendre de son esprit et d'un
long usage du monde. Que pour diver
tir són imagination avant que de divertir
celle des autres , elle lui ait donné
carriere dans ses Veillées de Thessalie, pour
instruire les jeunes personnes en les amu
sant ; c'est un utile et élégant badinage ,
digne d'occuper ses loisirs ; mais un Ŏuvrage
de la force de celui dont il s'agit
icy , monté sur le vrai ton héroïque , et
sur celui de la Cour , soutenu par un langage
digne de la noblesse des sentimens
qui y regne , il faut dans elle un grand
courage pour l'avoir entrepris , il faut
11. Vol.
qu'el
JUIN. 1733 . 1391
qu'elle soit bien supérieure à son sexe
pour l'avoir conduit et exécuté comme
elle l'a fait. De se former un systême nouveau
où l'Histoire, le Dramme, l'Epopée
se marient ensemble, et font un tout à la
faveur d'un langage propre de ces trois
genres. Langage vrai , tendre , disert¸
vigoureux, militaire , s'il le faut , et toujours
proportionné à l'objet present , c'est
quelque chose de tres - singulier. Le stile
en est élevé sans emphase , choisi sans recherche
et sans avoir rien de précieux ;
il plaira toujours tandis que bien d'au
tres Ecrits où l'on court après l'esprit ,
qu'on veut captiver dans des mots imaginez
pour lui , passeront peut- être .Quoique
l'Ouvrage soit plein d'esprit , il se
trouve tellement mêlé avec le sentiment,
qu'on croiroit qu'il n'a sa source que dans
le coeur. Les Dialogues y sont licz , leurs
passages si doux , si mesurez à la hauteur
de ceux qui parlent, que l'on diroit qu'ils
n'ont rien coûté à l'autheurs et que la
simple nature en a fait sans effort et sans
étude tous les frais , sur tout dans les endroits
qui tirent à conséquence , et qui
semblent décisifs : en vérité l'on voit des
Scenes dignes du grand Théatre , elles
sont si vivement écrites et renduës avec
tant de dignité et d'énergie , que la lettre
II. Vol. sup1392
MERCURE DE FRANCE
supplé à la représentation, et que le Lecteur
conçoit tout ce qui frapperoit un
Spectateur. Ceux qui ont crû que la Tragédie
en p ose pourroit avoir autant d'effet
qu'en Vers , trouveront dans les bel
les e frequentes Scenes de cet Ouvrage
qui semblent toutes appeller la Poësie ,
des raisons pour appuyer leurs sentimens.
Ainsi les Historiens , les Poetes , et Dramatiques
et Epiques , pourront y trouver
leur compte ; mais l'avantage général
qu'en peuvent tirer les Lecteurs de tout
Sexe et de tous Etats , capable de bien lire
et de bien entendre , regarde et l'esprit ,
et le coeur et les moeurs , également instruits
par cet Ouvrage , rempli des plus
grands principes en tout genre.
Fermer
Résumé : Anecdotes de la Cour de Philippe Auguste, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Anecdotes de la Cour de Philippe-Auguste' a été publié en trois volumes in-12 et est disponible à Paris chez la veuve Pissot. L'auteur, Mademoiselle de Lussan, a reçu des éloges de la cour, de la ville, des gens de lettres et des critiques pour son innovation de mêler histoire et épisodes fictifs. Le récit se déroule durant les premières années du règne de Philippe-Auguste, surnommé le Conquérant, qui monta sur le trône à quinze ans et montra une grande maturité dans le gouvernement. L'ouvrage explore les secrets et événements de la cour de Philippe-Auguste, mettant en scène des héros réels partagés entre gloire et amour. Les personnages principaux incluent Roger de Champagne, Comte de Réthel, et Raoul, Sire de Couci, dont l'amitié est mise en avant. D'autres figures notables comme Alberic du Mez, Maréchal de France, et le Comte des Barres sont également présents. Les intrigues amoureuses et les alliances politiques sont détaillées avec précision, sans tomber dans le romanesque. Les femmes de la cour, telles qu'Alix de Rosoi et Adelaide de Couci, ajoutent un intérêt supplémentaire avec leurs beautés et leurs intrigues. Philippe-Auguste lui-même est dépeint comme un souverain maître de ses émotions, attentif aux affaires de l'État et à sa gloire. Il mène des campagnes militaires contre divers ennemis, comme le Comte de Flandres et le Roi d'Angleterre, et se distingue par son courage et sa stratégie. L'auteur a su créer des personnages variés et consistants, chacun avec des traits distincts et des oppositions marquées. Le récit est structuré de manière à maintenir l'intérêt du lecteur, avec des événements imprévus et des développements logiques. L'ouvrage est salué pour sa fidélité à la nature et la vérité de ses descriptions. Le texte relate également les exploits et les amours de Roger, connu pour sa prudence et sa valeur, qui sert fidèlement le roi et se distingue dans diverses batailles. Son amitié avec Raoul est soulignée, ainsi que son amour pour Alix de Rosoi. Après la mort d'Alix, Roger trouve un nouvel amour en la personne d'Adélaïde de Couci. L'ouvrage est loué pour son style élevé et son langage approprié aux sentiments nobles, combinant esprit et sentiment de manière naturelle et efficace.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1392-1399
Systême Chronologique sur les trois Textes de la Bible, &c. [titre d'après la table]
Début :
ON VIENT de publier la premiere Partie d'un Ouvrage dédié et présenté au [...]
Mots clefs :
Histoire, Empire d'Assyrie, Rois, Babyloniens, Déjocès, Hérodote, Mèdes, Antiquités, Déluge, Cyrus, Bible
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Systême Chronologique sur les trois Textes de la Bible, &c. [titre d'après la table]
ON VIENT de publier la premiere Partie
d'un Ouvrage dédié et présenté au
Roy par l'Auteur , sous les auspices de
M. le Cardinal de Fleury , qui est intitulé
: SYSTEME CHRONOLOGIQUE sur les
trois Textes de la Bible ; sçavoir , l'Hebren
le Samaritain et le Grec , avec l'Histoire
des anciennes Monarchies expliquée et rétablie
, par M. Michel , de Toul. Cette
premiere Partie sera suivie d'une seconde
qui comprendra les Antiquitez Egyptiennes
, Phéniciennes , &c.
II. Vol. II
JUIN. 1733. 1393
Il est glorieux à l'Auteur d'avoir conçû
la vaste idée de réünir en un Corps
les Antiquitez de toutes les Nations , après
en avoir expliqué les points les plus obscurs
, conformement aux Historiens sacrez
et profanes . Cet Ouvrage plein d'érudition
, est écrit avec méthode et se
lit avec autant d'utilité que de plaisir ;
il développe avec beaucoup de clarté
toutes les difficultez qui empêchoient que
l'on ne fit tous les progrès que l'on désiroit
pour la connoissance parfaite de
l'Histoire,parce qu'il réunit avec les Elemens
, toute la Science des Antiquitez ,
ainsi il servira infiniment aux personnes
de l'un et de l'autre Sexe qui se livrent à
l'étude de l'Histoire ancienne pour parvenir
à la moderne.
2
Avant que de s'engager dans l'Histoire
, M. Michel établit une Chronologie
depuis la Création du monde jusqu'à
I'Empire de Cyrus , qui est le terme des
difficultez Chronologiques ; il fait cinq
intervales ; il a suivi l'Hébreu et le Samaritain
, avant le Déluge ; et depuis le
Déluge le Samaritain et les Septante
jusqu'à la sortie d'Egypte ; depuis cette
sortie jusqu'à la fondation du Temple
il compte 680 ans , et prouve son calcul
par le Livre des Juges, et le premier
II.Vol. des
1294 MERCURE DE FRANCE
des Rois , par S Paul , par les Historiens
Egyptiens , et par des observations Astronomiques
; il a dressé le se intervale
sur les Livres des Rois et des Paralipomenes
, jusqu'à l'Empire de Cyrus.
Il passe ensuite à l'origine et à l'établissement
des Monarchies, et il insinuë que
le premier gouvernement des hommes
fur celui des Peres de famille , qui s'unirent
pour former de plus grandes socié
et choisirent entr'eux les plus sages
pour gouverner , mais à cause des divisions
qui pouvoient naitre dans ce Gouvernement
de plusieurs , toute l'autorité
fut confiée à un seul ; et c'est cet état
Monarchique que l'Auteur regarde comme
le plus parfait , parce qu'il approche
le plus du premier modele , qui est celui
de Dieu , dans le gouvernement de l'Univers.
Après l'origine des Monarchies suit
l'histoire des Babyloniens.M. Michel leur
donne l'Antiquité sur tous les Peuples ,
et se fonde sur ce que le Païs de Babylone
fut le premier habité , et que Nembrod
, par qui les dominations ont été
établies , y regna ; sentiment qui est appuyé
par l'Ecriture. Il veut que l'usage
des Lettres ait passé des Babyloniens aux
Juifs par Abraham , et prétend que les
II. Vol. dix
JUIN. 1733- 1395
dix Rois Babyloniens , avant le Déluge ,
sont les dix Patriarches depuis Adam jusqu'à
Noé , et pour accorder la longue durée
du regne de ces Rois avec l'Ecriture ,
il veut que la révolution d'un jour ait
été comptée pour une année ; ce qu'il
prouve par le témoignage de plusieurs
Anciens.
Il reprend l'histoire des premiers Babyloniens
dépuis le Déluge , et continuë
la posterité de Noé par ce Patriarche ,
après avoir prouvé qu'il est le même
que Bel. Il lui attribue la fondation de
Babylone , et y fait regner Nembrod , auquel
succedent deux Dynasties de Rois
Caldéens et Arabes ; il fait passer la Monarchie
des Babyloniens aux Assyriens ,
après la conquête qu'en fit Ninus.
L'Auteur qui s'étend sur l'histoire des
premiers Assyriens , réunit ingénieusement
les sentimens de tous les Anciens ,
dans les passages qui scnbloient contradictoires,
et supplée par d'heureuses conjectures
, quand l'antiquité ne lui fournit
pas assez de monumens et de preuves,
Après 40 Rois Assyriens , il met la décadence
de l'Empire d'Assyrie sous Thonos
Concoleros , à qui les Grecs ont donné
le nom de Sardanapale , mais il ne fait
point périr ce Prince dans l'embrasement
J
II. Vol. de
1356 MERCURE DE FRANCE
"
de Ninive , il veut , au contraire , qu'il
soit mort de vieillesse dans la Cilicie , et
lui donne un Successeur à Ninive du
nom de Ninus. C'est ce Prince à qui Jonas
prêcha la pénitence, et l'Auteur prou .
ve par ce Prophete , que Ninive ne fut
point alors détruite , et que la revolte
des Babyloniens et des Medes ne fit qu'affoiblir
l'Empire d'Assyrie , sans le détruire.
Pour fixer le démembrement de cer
Empire , l'Auteur se sert de plusieurs
monumens constans ; entr'autres de la
durée de l'Empire d'Assyrie jusqu'à Teutame
, sous qui est placé le Siége de
Troye ; la suite des successeurs de Teutame
, la décadence de l'Empire d'Assyrie
, marquée par tous les Anciens , sous
l'Archontat d'Ariphron , la prédication
'de Jonas.
Il donne une suite des Rois Assyriens
depuis le second Ninus , successeur de
Sardanapale , jusqu'à Assarhadon , qui
réunit Babylone à son Empire . C'est sous
ce Prince qu'il place l'histoire de Judith,
et son sentiment paroît très- conforme à
la vérité. Après avoir répondu à quelques
objections que l'on pouvoit lui faire
, il prouve qu'Assarhadon est Nabuchodonosor
, que Déjoces est Arphaxad
II. Vol. que
JUIN. 1733 1397
NC
que l'histoire de Judith arriva durant
la minorité du Roy Manassés , et sous la
regence du grand Prêtre Eliacim . Alors
Judith étoit âgée de 26 ou 27 ans. Il rejette
le sentiment de ceux qui lui en
donnent 66 , parce qu'il ne croit pas ,
avec raison qu'une femme à cet âge puisse
donner de l'amour ; il fait finir l'Empire
d'Assyrie à Chiniladon , et prétend
que c'est le dernier Sardanapale dont
parle l'histoire , qui se brûla dans son Palais
; et comme il avoit prouvé par Jonas
que Ninive n'avoit point été détruite
sous Thonos - Concoleros , il se sert de
plusieurs passages des Proj hetes pour en
narquer la destruction du temps de
Chiniladon. Des ruines de l'Empire de
• Ninive s'éleverent deux Empires colla-
$ teraux, des Babyloniens et des Médes .
IS
0
L'Auteur commence par celui des Babyloniens
, fondé par le pere de Nabuchodonosor
le Grand ; il fait voir que les
E Interpretes de la Bible n'ont pû concilier
la datte de Daniel et de Jeremie pour
la prise de Jerusalem ; parce qu'ils n'ont
pas fait attention au temps où les Babytpoansiens
et les Juifs commençoient leur
année . Après avoir rapporté l'histoire de
Nabuchodonosor et de ses successeurs
jusqu'à Balthasar , il prétend que ce der-
II. Vol. nier
1398 MERCURE DE FRANCE
nier Prince a eu le nom de Nabonid , de
même que Darius le Méde ; et il fait voir
que pour avoir confondu les deux Princes
de ce nom , on n'a pû concilier les
passages des Anciens. Ce qu'il dit de Darius
, que Cyrus associa à son Empire ,
après la prise de Babylone , éclaircit beaucoup
l'histoire de ces deux Princes.
L'Auteur finit par l'histoire des Médes
qui se gouvernerent par leurs Loix jusqu'à
Déjoces , sous la souveraineté des
Rois d'Assirie , qui prenoient aussi le titre
de Rois des Médes , comme Rois de
ces deux Nations ; c'est ainsi qu'il accorde
Hérodote et Crésias , avec l'Ecriture .
Il prétend que Déjoces , qui est l'Apandas
de Ctesias , n'a regné que 22 ans , et
que c'est le dénouement d'une difficulté
qu'Hérodote fait naitre touchant les 128
ans de la domination qu'il attribuë aux
Médes dans toute l'Asie ; quoiqu'il en
compte 150 depuis Déjoces jusqu'à Cyrus
; car ces 22 ans qu'Hérodote retranche
, ne peuvent être attribués à la domination
des Scythes , puisqu'elle fut de
28 ans, selon Hérodote,qui les comprend
dans cette durée de 128 ans , mais ils doivent
finir avec le regne de Déjoces , qui
ne regna que sur la Médie , selon Hérodote
; au lieu que Phraortes , son fils
1
II. Vol. soumit
JUIN. 1733 1399
soumit toute l'Asie . L'Auteur a ajoûté
un Canon Chronologique des Histoires
dont il a traité , avec un Catalogue des
anciens Auteurs qu'il a citez , et l'Edition
de leurs Ouvrages.
On ne doute pas que la seconde partie,
qui comprendra le reste des Antiquitez ,
et que l'Auteur continuera de fai e imprimer
à ses frais , ne soit reçue du public
avec autant de satisfaction.
Ce Livre se trouve à Paris , chez Musier
, fils , Libraire , sur le Quai et au coin
de la rue des grands Augustins , à la Minerve
, 1733. in 4. de 378 pag sans l'Epître
au Roy , la Préface , le Canon Chronologique
, le Catalogue des Auteurs
citez , & c. Le prix est de 6 liv . broché.
d'un Ouvrage dédié et présenté au
Roy par l'Auteur , sous les auspices de
M. le Cardinal de Fleury , qui est intitulé
: SYSTEME CHRONOLOGIQUE sur les
trois Textes de la Bible ; sçavoir , l'Hebren
le Samaritain et le Grec , avec l'Histoire
des anciennes Monarchies expliquée et rétablie
, par M. Michel , de Toul. Cette
premiere Partie sera suivie d'une seconde
qui comprendra les Antiquitez Egyptiennes
, Phéniciennes , &c.
II. Vol. II
JUIN. 1733. 1393
Il est glorieux à l'Auteur d'avoir conçû
la vaste idée de réünir en un Corps
les Antiquitez de toutes les Nations , après
en avoir expliqué les points les plus obscurs
, conformement aux Historiens sacrez
et profanes . Cet Ouvrage plein d'érudition
, est écrit avec méthode et se
lit avec autant d'utilité que de plaisir ;
il développe avec beaucoup de clarté
toutes les difficultez qui empêchoient que
l'on ne fit tous les progrès que l'on désiroit
pour la connoissance parfaite de
l'Histoire,parce qu'il réunit avec les Elemens
, toute la Science des Antiquitez ,
ainsi il servira infiniment aux personnes
de l'un et de l'autre Sexe qui se livrent à
l'étude de l'Histoire ancienne pour parvenir
à la moderne.
2
Avant que de s'engager dans l'Histoire
, M. Michel établit une Chronologie
depuis la Création du monde jusqu'à
I'Empire de Cyrus , qui est le terme des
difficultez Chronologiques ; il fait cinq
intervales ; il a suivi l'Hébreu et le Samaritain
, avant le Déluge ; et depuis le
Déluge le Samaritain et les Septante
jusqu'à la sortie d'Egypte ; depuis cette
sortie jusqu'à la fondation du Temple
il compte 680 ans , et prouve son calcul
par le Livre des Juges, et le premier
II.Vol. des
1294 MERCURE DE FRANCE
des Rois , par S Paul , par les Historiens
Egyptiens , et par des observations Astronomiques
; il a dressé le se intervale
sur les Livres des Rois et des Paralipomenes
, jusqu'à l'Empire de Cyrus.
Il passe ensuite à l'origine et à l'établissement
des Monarchies, et il insinuë que
le premier gouvernement des hommes
fur celui des Peres de famille , qui s'unirent
pour former de plus grandes socié
et choisirent entr'eux les plus sages
pour gouverner , mais à cause des divisions
qui pouvoient naitre dans ce Gouvernement
de plusieurs , toute l'autorité
fut confiée à un seul ; et c'est cet état
Monarchique que l'Auteur regarde comme
le plus parfait , parce qu'il approche
le plus du premier modele , qui est celui
de Dieu , dans le gouvernement de l'Univers.
Après l'origine des Monarchies suit
l'histoire des Babyloniens.M. Michel leur
donne l'Antiquité sur tous les Peuples ,
et se fonde sur ce que le Païs de Babylone
fut le premier habité , et que Nembrod
, par qui les dominations ont été
établies , y regna ; sentiment qui est appuyé
par l'Ecriture. Il veut que l'usage
des Lettres ait passé des Babyloniens aux
Juifs par Abraham , et prétend que les
II. Vol. dix
JUIN. 1733- 1395
dix Rois Babyloniens , avant le Déluge ,
sont les dix Patriarches depuis Adam jusqu'à
Noé , et pour accorder la longue durée
du regne de ces Rois avec l'Ecriture ,
il veut que la révolution d'un jour ait
été comptée pour une année ; ce qu'il
prouve par le témoignage de plusieurs
Anciens.
Il reprend l'histoire des premiers Babyloniens
dépuis le Déluge , et continuë
la posterité de Noé par ce Patriarche ,
après avoir prouvé qu'il est le même
que Bel. Il lui attribue la fondation de
Babylone , et y fait regner Nembrod , auquel
succedent deux Dynasties de Rois
Caldéens et Arabes ; il fait passer la Monarchie
des Babyloniens aux Assyriens ,
après la conquête qu'en fit Ninus.
L'Auteur qui s'étend sur l'histoire des
premiers Assyriens , réunit ingénieusement
les sentimens de tous les Anciens ,
dans les passages qui scnbloient contradictoires,
et supplée par d'heureuses conjectures
, quand l'antiquité ne lui fournit
pas assez de monumens et de preuves,
Après 40 Rois Assyriens , il met la décadence
de l'Empire d'Assyrie sous Thonos
Concoleros , à qui les Grecs ont donné
le nom de Sardanapale , mais il ne fait
point périr ce Prince dans l'embrasement
J
II. Vol. de
1356 MERCURE DE FRANCE
"
de Ninive , il veut , au contraire , qu'il
soit mort de vieillesse dans la Cilicie , et
lui donne un Successeur à Ninive du
nom de Ninus. C'est ce Prince à qui Jonas
prêcha la pénitence, et l'Auteur prou .
ve par ce Prophete , que Ninive ne fut
point alors détruite , et que la revolte
des Babyloniens et des Medes ne fit qu'affoiblir
l'Empire d'Assyrie , sans le détruire.
Pour fixer le démembrement de cer
Empire , l'Auteur se sert de plusieurs
monumens constans ; entr'autres de la
durée de l'Empire d'Assyrie jusqu'à Teutame
, sous qui est placé le Siége de
Troye ; la suite des successeurs de Teutame
, la décadence de l'Empire d'Assyrie
, marquée par tous les Anciens , sous
l'Archontat d'Ariphron , la prédication
'de Jonas.
Il donne une suite des Rois Assyriens
depuis le second Ninus , successeur de
Sardanapale , jusqu'à Assarhadon , qui
réunit Babylone à son Empire . C'est sous
ce Prince qu'il place l'histoire de Judith,
et son sentiment paroît très- conforme à
la vérité. Après avoir répondu à quelques
objections que l'on pouvoit lui faire
, il prouve qu'Assarhadon est Nabuchodonosor
, que Déjoces est Arphaxad
II. Vol. que
JUIN. 1733 1397
NC
que l'histoire de Judith arriva durant
la minorité du Roy Manassés , et sous la
regence du grand Prêtre Eliacim . Alors
Judith étoit âgée de 26 ou 27 ans. Il rejette
le sentiment de ceux qui lui en
donnent 66 , parce qu'il ne croit pas ,
avec raison qu'une femme à cet âge puisse
donner de l'amour ; il fait finir l'Empire
d'Assyrie à Chiniladon , et prétend
que c'est le dernier Sardanapale dont
parle l'histoire , qui se brûla dans son Palais
; et comme il avoit prouvé par Jonas
que Ninive n'avoit point été détruite
sous Thonos - Concoleros , il se sert de
plusieurs passages des Proj hetes pour en
narquer la destruction du temps de
Chiniladon. Des ruines de l'Empire de
• Ninive s'éleverent deux Empires colla-
$ teraux, des Babyloniens et des Médes .
IS
0
L'Auteur commence par celui des Babyloniens
, fondé par le pere de Nabuchodonosor
le Grand ; il fait voir que les
E Interpretes de la Bible n'ont pû concilier
la datte de Daniel et de Jeremie pour
la prise de Jerusalem ; parce qu'ils n'ont
pas fait attention au temps où les Babytpoansiens
et les Juifs commençoient leur
année . Après avoir rapporté l'histoire de
Nabuchodonosor et de ses successeurs
jusqu'à Balthasar , il prétend que ce der-
II. Vol. nier
1398 MERCURE DE FRANCE
nier Prince a eu le nom de Nabonid , de
même que Darius le Méde ; et il fait voir
que pour avoir confondu les deux Princes
de ce nom , on n'a pû concilier les
passages des Anciens. Ce qu'il dit de Darius
, que Cyrus associa à son Empire ,
après la prise de Babylone , éclaircit beaucoup
l'histoire de ces deux Princes.
L'Auteur finit par l'histoire des Médes
qui se gouvernerent par leurs Loix jusqu'à
Déjoces , sous la souveraineté des
Rois d'Assirie , qui prenoient aussi le titre
de Rois des Médes , comme Rois de
ces deux Nations ; c'est ainsi qu'il accorde
Hérodote et Crésias , avec l'Ecriture .
Il prétend que Déjoces , qui est l'Apandas
de Ctesias , n'a regné que 22 ans , et
que c'est le dénouement d'une difficulté
qu'Hérodote fait naitre touchant les 128
ans de la domination qu'il attribuë aux
Médes dans toute l'Asie ; quoiqu'il en
compte 150 depuis Déjoces jusqu'à Cyrus
; car ces 22 ans qu'Hérodote retranche
, ne peuvent être attribués à la domination
des Scythes , puisqu'elle fut de
28 ans, selon Hérodote,qui les comprend
dans cette durée de 128 ans , mais ils doivent
finir avec le regne de Déjoces , qui
ne regna que sur la Médie , selon Hérodote
; au lieu que Phraortes , son fils
1
II. Vol. soumit
JUIN. 1733 1399
soumit toute l'Asie . L'Auteur a ajoûté
un Canon Chronologique des Histoires
dont il a traité , avec un Catalogue des
anciens Auteurs qu'il a citez , et l'Edition
de leurs Ouvrages.
On ne doute pas que la seconde partie,
qui comprendra le reste des Antiquitez ,
et que l'Auteur continuera de fai e imprimer
à ses frais , ne soit reçue du public
avec autant de satisfaction.
Ce Livre se trouve à Paris , chez Musier
, fils , Libraire , sur le Quai et au coin
de la rue des grands Augustins , à la Minerve
, 1733. in 4. de 378 pag sans l'Epître
au Roy , la Préface , le Canon Chronologique
, le Catalogue des Auteurs
citez , & c. Le prix est de 6 liv . broché.
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Résumé : Systême Chronologique sur les trois Textes de la Bible, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Système Chronologique sur les trois Textes de la Bible' (hébreu, samaritain et grec), rédigé par Michel de Toul et dédié au roi sous les auspices du Cardinal de Fleury. La première partie, publiée en juin 1733, traite des antiquités bibliques et des anciennes monarchies. Une seconde partie sur les antiquités égyptiennes et phéniciennes est annoncée. Michel de Toul vise à réunir les antiquités de diverses nations en expliquant les points obscurs conformément aux historiens sacrés et profanes. L'ouvrage est structuré avec méthode et érudition, facilitant la compréhension des difficultés historiques et des éléments des antiquités. L'auteur établit une chronologie depuis la Création du monde jusqu'à l'Empire de Cyrus, divisée en cinq intervalles. Il utilise les textes hébreu et samaritain avant le Déluge, et les textes samaritain et des Septante jusqu'à la sortie d'Égypte. Il calcule 680 ans entre la sortie d'Égypte et la fondation du Temple, en se basant sur divers textes bibliques et observations astronomiques. Michel de Toul explore ensuite l'origine et l'établissement des monarchies, suggérant que le premier gouvernement des hommes était celui des pères de famille, qui choisissaient les plus sages pour gouverner. Il considère le gouvernement monarchique comme le plus parfait, rapprochant le plus du modèle divin. Le texte détaille également l'histoire des Babyloniens, considérés comme le premier peuple, en se fondant sur des références bibliques et historiques. Il attribue aux Babyloniens l'usage des lettres, transmis aux Juifs par Abraham, et identifie les dix rois babyloniens avant le Déluge aux dix patriarches depuis Adam jusqu'à Noé. L'ouvrage continue avec l'histoire des Assyriens, après la conquête babylonienne par Ninus. Michel de Toul s'appuie sur divers monuments et témoignages anciens pour reconstruire cette période, en résolvant les contradictions et en comblant les lacunes par des conjectures. L'auteur traite ensuite de la décadence de l'Empire assyrien sous Thonos Concoleros, identifié comme Sardanapale, et de la destruction de Ninive sous Chiniladon. Il explore également les empires babylonien et mède, en conciliant les dates de Daniel et Jérémie pour la prise de Jérusalem et en clarifiant les règnes de Nabuchodonosor et Darius. Le livre se conclut par un canon chronologique et un catalogue des anciens auteurs cités, et est disponible à Paris chez Musier, fils, libraire. La seconde partie, à paraître, couvrira le reste des antiquités et sera également imprimée aux frais de l'auteur.
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3
p. 1399-1402
Table Chronologique de l'Histoire Universelle, &c. [titre d'après la table]
Début :
TABLES CHRONOLOGIQUES de l'Histoire universelle, par M. l'Abbé Lenglet du [...]
Mots clefs :
Histoire, Tables, Histoire ancienne, Histoire universelle, Nouvelle édition, Histoire profane, Étude de l'histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Table Chronologique de l'Histoire Universelle, &c. [titre d'après la table]
TABLES CHRONOLOGIQUES de l'Histoire
universelle , par M. l'Abbé Lenglet du
Fresnoy , nouvelle Edition. A Paris , ruë
S. Jacques , chez Osmont et Briasson , Libraires.
Ces Tables , au nombre de 4 , qui sonɛ
très- curieuses , et pour l'ordre et pour le
dessein , avoient déja paru en 1729. mais
elles sont fort augmentées dans cette nouvelle
Edition: On y trouve près de 60 articles
essentiels , que M. l'Abbé Lenglet a
joints à son premier travail . On peut
II. Vol. G même
10 MERCURE DE FRANCE
même dire que c'est le plus grand Ouvrage
de Gravûre de Lettres , qui se soit
fait jusqu'à present.
Ces Tables contiennent bien des choses
singulieres , tant pour l'arrangement
qu'elles ont , que pour l'usage qu'on en
peut faire dans l'étude de l'Histoire.Outre
la réunion de tous les sistêmes de
Chronologie , qui s'y trouvent sous un
même point de vûë , on a encore le plai
sir d'y voir l'ancienne Histoire prophane,
débarassée de toutes les difficultés de la
Chronologie , par l'Epoque commune de
la naissance de Jesus Christ.
Comme dans les Histoires modernes on
date après la naissance du Sauveur du
Monde , l'Auteur date dans l'Histoire
ancienne , avant l'an de J. C. ce qui établit
une clarté à laquelle on avoit , à
la verité , pensé , mais on n'y étoit pas encore
arrivé jusqu'à present.
Ainsi , qu'on suive pour l'Histoire sacrée
, tel systême de Chronologie que
l'on voudra , on le trouve rappellé dans
ces Tables. Mais comme les différences
de Textes , Hébreu , Samaritain et des
Septante , ne regardent que l'Histoire
Sainte, M. l'Abbé Lenglet se réduit pour
l'Histoire prophane à l'époque des tems,
avant , ou après Jesus-Christ ; par - là il
II. Vol. tient .
JUIN. 1733. 1401
tient une conduite uniforme , tant pour
l'Histoire ancienne , que pour l'Histoire
moderne .
Une chose qui distingue encore ces
Tables Chronologiques de toutes celles
qui ont paruës jusques icy , est, qu'en suivant
l'ordre dans lequel on a rangé toutes
les Histoires particulieres , on peut
non seulement en former un corps d'Histoire
universelle , mais même les étudier
toutes séparement ; c'est ce qui se peut
faire avec d'autant plus de facilité , que
l'Auteur indique à chaque nature d'His
toire , les Livres essentiels, pour s'en former
de justes idées pour l'Histoire générale
de chaque Nation , et pour les Regnes
les plus brillans , ou les Evenemens
les plus illustres de chaque Histoire particuliere
.
Enfin ces Tables sont conduites jusques
à ces derniers temps , et l'on n'oublie
pas même les Livres les plus modernes
qui en ont parlé ; ainsi elles peuvent
tenir lieu d'une méthode abrégée pour
étudier l'Histoire. Cependant M. l'Abbé
Lenglet ,, ppeeuu content de ce beau point
de vûë , qu'il nous présente , va donner
encore une Explication de ces mêmes Tables
, en un petit livre portatif , qui en
dévelopera le systême. Il y marquera
II. Vol.
Gij
même
1462 MERCURE DE FRANCE
même les endroits où il faut s'arrêter
dans l'étude de l'Histoire ancienne et
moderne. Il en fera connoître l'usage ,
et donnera en même temps des Supplé
mens d'articles considerables , qui n'ont
pû entrer dans ces Tables.
universelle , par M. l'Abbé Lenglet du
Fresnoy , nouvelle Edition. A Paris , ruë
S. Jacques , chez Osmont et Briasson , Libraires.
Ces Tables , au nombre de 4 , qui sonɛ
très- curieuses , et pour l'ordre et pour le
dessein , avoient déja paru en 1729. mais
elles sont fort augmentées dans cette nouvelle
Edition: On y trouve près de 60 articles
essentiels , que M. l'Abbé Lenglet a
joints à son premier travail . On peut
II. Vol. G même
10 MERCURE DE FRANCE
même dire que c'est le plus grand Ouvrage
de Gravûre de Lettres , qui se soit
fait jusqu'à present.
Ces Tables contiennent bien des choses
singulieres , tant pour l'arrangement
qu'elles ont , que pour l'usage qu'on en
peut faire dans l'étude de l'Histoire.Outre
la réunion de tous les sistêmes de
Chronologie , qui s'y trouvent sous un
même point de vûë , on a encore le plai
sir d'y voir l'ancienne Histoire prophane,
débarassée de toutes les difficultés de la
Chronologie , par l'Epoque commune de
la naissance de Jesus Christ.
Comme dans les Histoires modernes on
date après la naissance du Sauveur du
Monde , l'Auteur date dans l'Histoire
ancienne , avant l'an de J. C. ce qui établit
une clarté à laquelle on avoit , à
la verité , pensé , mais on n'y étoit pas encore
arrivé jusqu'à present.
Ainsi , qu'on suive pour l'Histoire sacrée
, tel systême de Chronologie que
l'on voudra , on le trouve rappellé dans
ces Tables. Mais comme les différences
de Textes , Hébreu , Samaritain et des
Septante , ne regardent que l'Histoire
Sainte, M. l'Abbé Lenglet se réduit pour
l'Histoire prophane à l'époque des tems,
avant , ou après Jesus-Christ ; par - là il
II. Vol. tient .
JUIN. 1733. 1401
tient une conduite uniforme , tant pour
l'Histoire ancienne , que pour l'Histoire
moderne .
Une chose qui distingue encore ces
Tables Chronologiques de toutes celles
qui ont paruës jusques icy , est, qu'en suivant
l'ordre dans lequel on a rangé toutes
les Histoires particulieres , on peut
non seulement en former un corps d'Histoire
universelle , mais même les étudier
toutes séparement ; c'est ce qui se peut
faire avec d'autant plus de facilité , que
l'Auteur indique à chaque nature d'His
toire , les Livres essentiels, pour s'en former
de justes idées pour l'Histoire générale
de chaque Nation , et pour les Regnes
les plus brillans , ou les Evenemens
les plus illustres de chaque Histoire particuliere
.
Enfin ces Tables sont conduites jusques
à ces derniers temps , et l'on n'oublie
pas même les Livres les plus modernes
qui en ont parlé ; ainsi elles peuvent
tenir lieu d'une méthode abrégée pour
étudier l'Histoire. Cependant M. l'Abbé
Lenglet ,, ppeeuu content de ce beau point
de vûë , qu'il nous présente , va donner
encore une Explication de ces mêmes Tables
, en un petit livre portatif , qui en
dévelopera le systême. Il y marquera
II. Vol.
Gij
même
1462 MERCURE DE FRANCE
même les endroits où il faut s'arrêter
dans l'étude de l'Histoire ancienne et
moderne. Il en fera connoître l'usage ,
et donnera en même temps des Supplé
mens d'articles considerables , qui n'ont
pû entrer dans ces Tables.
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Résumé : Table Chronologique de l'Histoire Universelle, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Tables Chronologiques de l'Histoire universelle' de l'Abbé Lenglet du Fresnoy, publié en 1729 et réédité, contient quatre tables notables pour leur ordre et leur utilité. Cette édition inclut près de 60 articles supplémentaires. Les tables sont considérées comme le plus grand ouvrage de gravure de lettres réalisé jusqu'alors. Elles présentent des éléments singuliers par leur arrangement et leur utilité dans l'étude de l'histoire. Elles réunissent tous les systèmes de chronologie sous un même point de vue et utilisent l'époque commune de la naissance de Jésus-Christ pour clarifier l'ancienne histoire profane. Pour l'histoire ancienne, les événements sont datés avant J.-C., tandis que pour les histoires modernes, ils le sont après la naissance du Sauveur. Les tables permettent de suivre divers systèmes de chronologie pour l'histoire sacrée et se concentrent sur l'époque des temps pour l'histoire profane. Elles distinguent les différences de textes hébreux, samaritains et des Septante. Une particularité des tables est qu'elles permettent de former un corps d'histoire universelle ou d'étudier chaque histoire particulière séparément. L'auteur indique les livres essentiels pour chaque nature d'histoire, facilitant ainsi l'étude de l'histoire générale de chaque nation et des règnes ou événements illustres. Les tables sont mises à jour jusqu'aux derniers temps et incluent les livres modernes, servant de méthode abrégée pour étudier l'histoire. L'Abbé Lenglet prévoit également de publier une explication de ces tables dans un petit livre portatif.
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4
p. 1402-1404
Nouvelle Edition de Sigonius à Milan, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons rendu compte dans le Journal de Novembre dernier, de l'entreprise [...]
Mots clefs :
Sigonius, Papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Edition de Sigonius à Milan, &c. [titre d'après la table]
Nous avons rendu compte dans le
Journal de Novembre dernier , de l'entreprise
d'une nouvelle Edition de toutes
les Oeuvres du sçavant Jesuite Charles
Sigonius , faite à Milan , par M. Argelati ,
Directeur de la Societé Palatine , Académie
célebre de cette Ville , sous les auspices
de l'Empereur , qui vient d'honorer
l'illustre Editeur de la qualité de Secretaire
de S. M. I. Nous venons de recevoir
un autre Imprimé Latin au sujet
de cette Edition , dans lequel M. Argélati
, après un petit Discours Préliminaire
, adressé à tous les Sçavans de l'Europe
, qui marque la grande part qu'a
eue à son travail M. Joseph- Antoine Saxi,
Préfet de la Bibliotheque Ambroisienne .
Notre Editeur, dis-je , rapporte deux Préfaces
du même M. Saxi , l'une sur tout
l'Ouvrage de Sigonius , intitulé de Regno
Italia , divisé en XX. Livres ; l'autre , sur
les cinq derniers Livres de cette Histoire.
Ces Préfaces se feront lire avec plaisir par
II. Vol. les
JUIN. 1733. 1403
les Connoisseurs , et avec profit de la
part de tous les Amateurs de l'Histoire
des personnes sur tout qui voudront
acquerir la nouvelle Edition de
Sigonius.
›
On en trouve déji les deux premiers
Volumes chez Debure le fils , Quay des Augustins
, à l'Image S. Germain , lequel
donne des Billets de Souscription . Cependant
l'impression est diligemment continuée
à Milan , et l'Ouvrage sera en
tout de cinq Volumes in folio. Voici les
conditions de la Souscription , énoncées
dans une feuille volante , imprimée en
Langue Italienne , qui nous est venuë séparément
de la part du Libraire , Joseph
Richini Malatesta , lequel se distingue
parmi ceux de sa Profession par de grandes
et heureuses Entreprises.
Pour le grand Papier.
Pour le premier Volume
Pour le second ,
48. liv.
Pour le troisième
24. liv.
Pour le quatriéme
*Pour le cinquième ,
›
28. liv .
28. liv.
24.
liv.
152.
liv.
II. Vol.
Giij Pour
1404 MER CURE DE FRANCE
Pour le petit Papier.
Pour le premier volume
divisé en deux Parties ,
37. liv. 10. s.
15. liv.
20. liv.
Pour le second ,
Pour le troisiéme ,
Pour le quatrième , 20. liv.
Pour le cinquième ,
12. liv. 10. S.
105.
liv.
Journal de Novembre dernier , de l'entreprise
d'une nouvelle Edition de toutes
les Oeuvres du sçavant Jesuite Charles
Sigonius , faite à Milan , par M. Argelati ,
Directeur de la Societé Palatine , Académie
célebre de cette Ville , sous les auspices
de l'Empereur , qui vient d'honorer
l'illustre Editeur de la qualité de Secretaire
de S. M. I. Nous venons de recevoir
un autre Imprimé Latin au sujet
de cette Edition , dans lequel M. Argélati
, après un petit Discours Préliminaire
, adressé à tous les Sçavans de l'Europe
, qui marque la grande part qu'a
eue à son travail M. Joseph- Antoine Saxi,
Préfet de la Bibliotheque Ambroisienne .
Notre Editeur, dis-je , rapporte deux Préfaces
du même M. Saxi , l'une sur tout
l'Ouvrage de Sigonius , intitulé de Regno
Italia , divisé en XX. Livres ; l'autre , sur
les cinq derniers Livres de cette Histoire.
Ces Préfaces se feront lire avec plaisir par
II. Vol. les
JUIN. 1733. 1403
les Connoisseurs , et avec profit de la
part de tous les Amateurs de l'Histoire
des personnes sur tout qui voudront
acquerir la nouvelle Edition de
Sigonius.
›
On en trouve déji les deux premiers
Volumes chez Debure le fils , Quay des Augustins
, à l'Image S. Germain , lequel
donne des Billets de Souscription . Cependant
l'impression est diligemment continuée
à Milan , et l'Ouvrage sera en
tout de cinq Volumes in folio. Voici les
conditions de la Souscription , énoncées
dans une feuille volante , imprimée en
Langue Italienne , qui nous est venuë séparément
de la part du Libraire , Joseph
Richini Malatesta , lequel se distingue
parmi ceux de sa Profession par de grandes
et heureuses Entreprises.
Pour le grand Papier.
Pour le premier Volume
Pour le second ,
48. liv.
Pour le troisième
24. liv.
Pour le quatriéme
*Pour le cinquième ,
›
28. liv .
28. liv.
24.
liv.
152.
liv.
II. Vol.
Giij Pour
1404 MER CURE DE FRANCE
Pour le petit Papier.
Pour le premier volume
divisé en deux Parties ,
37. liv. 10. s.
15. liv.
20. liv.
Pour le second ,
Pour le troisiéme ,
Pour le quatrième , 20. liv.
Pour le cinquième ,
12. liv. 10. S.
105.
liv.
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Résumé : Nouvelle Edition de Sigonius à Milan, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une nouvelle édition des œuvres de Charles Sigonius, réalisée à Milan par M. Argelati, directeur de la Société Palatine. Cette édition a été entreprise sous le patronage de l'Empereur, qui a récemment nommé Argelati Secrétaire de Sa Majesté Impériale. Un imprimé latin souligne la contribution de M. Joseph-Antoine Saxi, préfet de la Bibliothèque Ambroisienne. L'édition inclut deux préfaces de Saxi : l'une sur l'ouvrage 'De Regno Italia' de Sigonius, divisé en vingt livres, et l'autre sur les cinq derniers livres de cette histoire. Ces préfaces sont destinées à être appréciées par les connaisseurs et les amateurs d'histoire. Les deux premiers volumes sont disponibles chez Debure le fils, Quay des Augustins, à l'Image S. Germain, où les souscriptions sont acceptées. L'impression se poursuit à Milan, et l'ouvrage complet comportera cinq volumes in-folio. Les conditions de souscription sont détaillées dans une feuille volante imprimée en italien par le libraire Joseph Richini Malatesta. Les prix varient selon la qualité du papier et le volume, allant de 15 à 48 livres.
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5
p. 1404
« Debure, Libraire à Paris, dont nous venons de parler, vend aussi les 23. volumes [...] »
Début :
Debure, Libraire à Paris, dont nous venons de parler, vend aussi les 23. volumes [...]
Mots clefs :
Debure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Debure, Libraire à Paris, dont nous venons de parler, vend aussi les 23. volumes [...] »
Debure , Libraire à Paris , dont nous
venons de parler , vend aussi les 23. volumes
de la Collection des Historiens d'Italie
de M. Muratori , &c. et les trois
premiers volumes des Annales Francisquaines
de Wading , qu'on réimprime à
Rome , sous ce titre : Annales Minorum,
seu trium Ordinum à S. Francisco Institutorum
, Auctore A. R. P. Luca Waddingo
Hiberno , S. T. Lectore Jubilato et Ordinis
Chronologo. Editio secunda , locupletior
et accuratior , opere et studio R.P. Josesephi-
Maria de Fonteca , ab Ebora , &c.
Romæ , 1731 .
venons de parler , vend aussi les 23. volumes
de la Collection des Historiens d'Italie
de M. Muratori , &c. et les trois
premiers volumes des Annales Francisquaines
de Wading , qu'on réimprime à
Rome , sous ce titre : Annales Minorum,
seu trium Ordinum à S. Francisco Institutorum
, Auctore A. R. P. Luca Waddingo
Hiberno , S. T. Lectore Jubilato et Ordinis
Chronologo. Editio secunda , locupletior
et accuratior , opere et studio R.P. Josesephi-
Maria de Fonteca , ab Ebora , &c.
Romæ , 1731 .
Fermer
Résumé : « Debure, Libraire à Paris, dont nous venons de parler, vend aussi les 23. volumes [...] »
Le libraire Debure à Paris vend la Collection des Historiens d'Italie en 23 volumes par M. Muratori. Il propose aussi les trois premiers volumes des Annales Francisquaines de Wadding, réimprimés à Rome. Ces annales, intitulées Annales Minorum, sont écrites par le Révérend Père Luca Wadding, un Irlandais. La seconde édition, plus complète, a été réalisée par le Révérend Père José Maria de Fonteca et publiée à Rome en 1731.
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6
p. 1404-1408
Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Début :
Briasson, Acquereur du Traité de l'Opinion, a fait relier cet Ouvrage en dix [...]
Mots clefs :
Gilbert-Charles Le Gendre, Saint-Aubin-sur-Loire, Chevalier, Seigneur, Conseiller, Trésorier de France, Maître des requêtes, Cabinet du roi, Parlement, Jeton
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texteReconnaissance textuelle : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Briasson , Acquereur du Traité de l'Opinion
, a fait relier cet Ouvrage en dix
volumes. L'Auteur a trouvé bon d'être
nommé dans les nouveaux Frontispices.
C'est Gilbert- Charles le Gendre , Marquis.
II. Vol.
de
JUIN. 1733. 1405
·
de S. Aubin sur Loire , cy - devant Maître
des Requêtes.
Il est fils de Charles le Gendre , Chevalier
Seigneur de S. Aubin sur Loire ,
Conseiller au Grand- Conseil , dont la
mort est marquée dans le Mercure du
mois d'Avril 1752.
Le grand- pere de Gilbert- Charles le
Gendre de S. Aubin , a été Charles le
Gendre , Chevalier , Seigneur de S. Aubin
sur Loire , Ecuyer Ordinaire de
Henriette d'Angleterre , premiere femme
de Philippe de France , Duc d'Orleans.
Son Bisaïeul a été Paul le Gendre ,
Chevalier Seigneur de S. Aubin sur Loire
, Maître d'Hôtel de Louis XIII. par
Brévet , signé Louis , et plus bas de Lomenie
, du 3. Février 1634. enregistré
en la Chambre aux Deniers le 14, des mêmes
mois et an. Son nom , ses qualitez
et ses armes se voyent dans son Epitaphe
, en l'Eglise de S. Pierre à Moulins.
Paul le Gendre de S. Aubin , Maître
d'Hôtel du Roy , étoit frere de Jacques
le Gendre , Chevalier Seigneur de Lormoy
, Conseiller d'Etat par Brévet du
15. Janvier 1626. La réception dudit
sieur le Gendre et sa prestation de serment
ès mains de M. d'Aligre , Chancelier
, est du 20. Janvier suivant.
II. Vol. Giiij Jacques
1406 MERCURE DE FRANCE
Jacques le Gendre de Lormoy , Conseiller
d'Etat , a laisé Paul le Gendre
Chevalier Seigneur de Lormoy , Secretaire
du Cabinet de Louis XIII. et de-
Louis XIV . et Maître des Requêtes , décedé
dans sa 96. année en 1713. Le feu
Roy , qui l'avoit vû à la Cour pendant
70. ans , l'appelloit le plus ancien de ses
Domestiques.
›
Il a été Pere de Gaspard - François le
Gendre , Maître des Requêtes et Inten- ,
dant des Generalitez de Montauban
d'Auch et de Tours , qui a deux fils
François-Paul le Gendre , Conseiller au
Parlement , et Leon le Gendre de Lormoy
, Mestre de Camp du Régiment Colonel
Géneral de la Cavalerie ou de la
Cornette Blanche.
Paul le Gendre de Lormoy , Secretaire
du Cabinet , a eu deux freres , Jacques
le Gendre , Chanoine de Notre- Dame de
Paris et Abbé d'Anzy le - Duc , décedé
en 1705. et Claude le Gendre , qui étant
Cornette dans le Mestre de Camp Géneral
de la Cavalerie , fut pris par les
Espagnols en 1655. et mourut à l'âge
de 17. ans de ses blessures. Il en est
parlé dans les Mémoires de Bussy sur
la Campagne de 1655. T. 2. in 4. p. 14.
Jacques le Gendre de Lormoy , Con-
II. Vol. seiller
JUIN. 1733
1407
seiller d'Etat , et Paul le Gendre de Saint
Aubin , Maître d'Hôtel du Roy , étoient
fils de Jean le Gendre , Chevalier , Contrôleur
Géneral de la Marine , qui fur
chargé par Henry IV. d'entendre les propositions
faites par Antoine Perez , Ministre
disgracié de Philippe II. aur sujet
de l'augmentation de la Marine en France.
On trouve plus anciennement Claude
le Gendre , Capinaine de so . Hommes
d'Armes en 1526. Pierre le Gendre , Chanoine
de Notre - Dame de Paris , reçû
Conseiller Clerc au Parlement en 1496.
et Pierre le Gendre , Chevalier , Seigneur
d'Alincourt, Trésorier de France et Géneral
des Finances , qui épousa en premieres
Nôces Jeanne Poncher , Soeur d'Etienne
Poncher , Evêque de Paris , puis Archevêque
de Sens , et en secondes Nôces Charlotte
Briçonnet. La premiere déceda sans
enfans ; la seconde n'eut que deux filles
qui moururent le même jour , ainsi que
M.de Thou l'a remarqué.Par ces deux Mariages
Pierre le Gendre, Trésorier de Fran
ce , fut beau frere et neveu de deux Premiers
Ministres.
›
Il y a dans le Cabinet du Roy , un Jetton
frappé aux Armes des le Gendre
qui sont d'azur à la face d'argent, accompagnée
de trois têtes de filles échevelées
11. Vol. d'or G V
1408 MERCURE DE FRANCE
* d'or. Il est écrit sur ce Jetton : Pietrc
le Gendre , Trésorier de France du Roy
Lois douzeïesme de ce nom. Dans plu
sieurs Cabinets de Curieux , on voit un
autre Jetton frappé aux mêmes Armes, sur
lequel il est écrit : P. le Gendre , Cheva
lier , Trésorier de France ; et au revers on
lit : Judica me Deus , et . discerne causam
meam. Ces Armes sont sculptées anciennément
sur une Porte de la Ville de
Magny, et à Paris , .aux Saints Innocents,
à la Chapelle du S. Sépulchre , en dehors.
La Terre de S. Aubin sur Loire , a été
érigée en Marquisat par Lettres du grand
Sceau , datées d'Avril 1717. registrées au
Parlement et à la Chambre des Comptes
de Bourgogne.
, a fait relier cet Ouvrage en dix
volumes. L'Auteur a trouvé bon d'être
nommé dans les nouveaux Frontispices.
C'est Gilbert- Charles le Gendre , Marquis.
II. Vol.
de
JUIN. 1733. 1405
·
de S. Aubin sur Loire , cy - devant Maître
des Requêtes.
Il est fils de Charles le Gendre , Chevalier
Seigneur de S. Aubin sur Loire ,
Conseiller au Grand- Conseil , dont la
mort est marquée dans le Mercure du
mois d'Avril 1752.
Le grand- pere de Gilbert- Charles le
Gendre de S. Aubin , a été Charles le
Gendre , Chevalier , Seigneur de S. Aubin
sur Loire , Ecuyer Ordinaire de
Henriette d'Angleterre , premiere femme
de Philippe de France , Duc d'Orleans.
Son Bisaïeul a été Paul le Gendre ,
Chevalier Seigneur de S. Aubin sur Loire
, Maître d'Hôtel de Louis XIII. par
Brévet , signé Louis , et plus bas de Lomenie
, du 3. Février 1634. enregistré
en la Chambre aux Deniers le 14, des mêmes
mois et an. Son nom , ses qualitez
et ses armes se voyent dans son Epitaphe
, en l'Eglise de S. Pierre à Moulins.
Paul le Gendre de S. Aubin , Maître
d'Hôtel du Roy , étoit frere de Jacques
le Gendre , Chevalier Seigneur de Lormoy
, Conseiller d'Etat par Brévet du
15. Janvier 1626. La réception dudit
sieur le Gendre et sa prestation de serment
ès mains de M. d'Aligre , Chancelier
, est du 20. Janvier suivant.
II. Vol. Giiij Jacques
1406 MERCURE DE FRANCE
Jacques le Gendre de Lormoy , Conseiller
d'Etat , a laisé Paul le Gendre
Chevalier Seigneur de Lormoy , Secretaire
du Cabinet de Louis XIII. et de-
Louis XIV . et Maître des Requêtes , décedé
dans sa 96. année en 1713. Le feu
Roy , qui l'avoit vû à la Cour pendant
70. ans , l'appelloit le plus ancien de ses
Domestiques.
›
Il a été Pere de Gaspard - François le
Gendre , Maître des Requêtes et Inten- ,
dant des Generalitez de Montauban
d'Auch et de Tours , qui a deux fils
François-Paul le Gendre , Conseiller au
Parlement , et Leon le Gendre de Lormoy
, Mestre de Camp du Régiment Colonel
Géneral de la Cavalerie ou de la
Cornette Blanche.
Paul le Gendre de Lormoy , Secretaire
du Cabinet , a eu deux freres , Jacques
le Gendre , Chanoine de Notre- Dame de
Paris et Abbé d'Anzy le - Duc , décedé
en 1705. et Claude le Gendre , qui étant
Cornette dans le Mestre de Camp Géneral
de la Cavalerie , fut pris par les
Espagnols en 1655. et mourut à l'âge
de 17. ans de ses blessures. Il en est
parlé dans les Mémoires de Bussy sur
la Campagne de 1655. T. 2. in 4. p. 14.
Jacques le Gendre de Lormoy , Con-
II. Vol. seiller
JUIN. 1733
1407
seiller d'Etat , et Paul le Gendre de Saint
Aubin , Maître d'Hôtel du Roy , étoient
fils de Jean le Gendre , Chevalier , Contrôleur
Géneral de la Marine , qui fur
chargé par Henry IV. d'entendre les propositions
faites par Antoine Perez , Ministre
disgracié de Philippe II. aur sujet
de l'augmentation de la Marine en France.
On trouve plus anciennement Claude
le Gendre , Capinaine de so . Hommes
d'Armes en 1526. Pierre le Gendre , Chanoine
de Notre - Dame de Paris , reçû
Conseiller Clerc au Parlement en 1496.
et Pierre le Gendre , Chevalier , Seigneur
d'Alincourt, Trésorier de France et Géneral
des Finances , qui épousa en premieres
Nôces Jeanne Poncher , Soeur d'Etienne
Poncher , Evêque de Paris , puis Archevêque
de Sens , et en secondes Nôces Charlotte
Briçonnet. La premiere déceda sans
enfans ; la seconde n'eut que deux filles
qui moururent le même jour , ainsi que
M.de Thou l'a remarqué.Par ces deux Mariages
Pierre le Gendre, Trésorier de Fran
ce , fut beau frere et neveu de deux Premiers
Ministres.
›
Il y a dans le Cabinet du Roy , un Jetton
frappé aux Armes des le Gendre
qui sont d'azur à la face d'argent, accompagnée
de trois têtes de filles échevelées
11. Vol. d'or G V
1408 MERCURE DE FRANCE
* d'or. Il est écrit sur ce Jetton : Pietrc
le Gendre , Trésorier de France du Roy
Lois douzeïesme de ce nom. Dans plu
sieurs Cabinets de Curieux , on voit un
autre Jetton frappé aux mêmes Armes, sur
lequel il est écrit : P. le Gendre , Cheva
lier , Trésorier de France ; et au revers on
lit : Judica me Deus , et . discerne causam
meam. Ces Armes sont sculptées anciennément
sur une Porte de la Ville de
Magny, et à Paris , .aux Saints Innocents,
à la Chapelle du S. Sépulchre , en dehors.
La Terre de S. Aubin sur Loire , a été
érigée en Marquisat par Lettres du grand
Sceau , datées d'Avril 1717. registrées au
Parlement et à la Chambre des Comptes
de Bourgogne.
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Résumé : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente la famille Le Gendre et ses membres notables. Briasson a publié le 'Traité de l'Opinion' en dix volumes, attribuant la paternité de l'œuvre à Gilbert-Charles Le Gendre, Marquis de Saint-Aubin-sur-Loire. Gilbert-Charles est le fils de Charles Le Gendre, Chevalier et Seigneur de Saint-Aubin-sur-Loire, décédé en avril 1752. Son grand-père, également nommé Charles Le Gendre, était Écuyer Ordinaire d'Henriette d'Angleterre. Paul Le Gendre, arrière-grand-père de Gilbert-Charles, fut Maître d'Hôtel de Louis XIII. Jacques Le Gendre, frère de Paul, occupa la fonction de Conseiller d'État. Paul Le Gendre de Lormoy, Secrétaire du Cabinet de Louis XIII et Louis XIV, décéda à l'âge de 96 ans en 1713. Il avait deux frères : Jacques, Chanoine de Notre-Dame de Paris, et Claude, mort à 17 ans en 1755. Jean Le Gendre, père de Jacques et Paul, fut Contrôleur Général de la Marine sous Henri IV. Le texte mentionne également des ancêtres plus lointains, tels que Claude Le Gendre, Capitaine en 1526, et Pierre Le Gendre, Trésorier de France. Les armes de la famille Le Gendre sont décrites et présentes sur divers objets et lieux. La terre de Saint-Aubin-sur-Loire fut érigée en marquisat en 1717.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1408-1412
QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Début :
Un Ecclésiastique de Province qui a été consulté sur le Chant Ecclesiastique [...]
Mots clefs :
Chant, Église, Églises, Musiciens, Plain-chant, Juges, Question
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texteReconnaissance textuelle : QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Un Ecclesiastique de Province qui a
été consulté sur le Chant Ecclesiastique
par
les Editeurs des nouveaux Bréviaires
de plusieurs Diocèses , où l'on s'interesse
à avoir un Chant exempt de fautes
cependant varié , nous a prié de publier
ce qui suit :
QUESTION touchant l'autorité des
Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Il y a dans l'esprit de plusieurs per-
II. Vol. sonnes
JUIN. 1733. 1409
sonnes des préjugez si profondément enracinez
en faveur de ce qu'on appelle
aujourd'hui Musiciens d'Eglise , qu'on
des peines infinies à les en faire revenir.
Ces personnes se reposent tellement sur
la capacité de ces sujets , qu'elles n'osent
jamais parler de Chant d'Eglise , Chant
Grégorien , Plain Chant , que selon
-
ce qu'elles leur en entendent dire. Comme
c'est une illusion , qui , quoique nouvelle
, peut avoir de grandes suites , j'ai
cru qu'il étoit nécessaire de présenter Requête
à Mercure , et de me servir de
sa médiation pour notifier au Public la
chose sur laquelle je demande le jugement
des Doctes. Ce n'est pas , Messieurs
que je comprenne tous les Musiciens dans
une même classe . J'en ai trouvé d'assez
équitables pour se rendre aux remarques
que je leur ai fait faire , et qui ont déclaré
qu'ils ne croyoient pas que la maniere
dont on leur donne connoissance
du Plain-Chant dans les Maîtrises out
Ecoles de Psallette , pendant leur jeunesse,
fut suffisante pour les faire regarder dans
la suite comme des Juges compétants sur
ces sortes de matieres. Je me trouve lié
le commerce de la vie avec un certain
nombre de personnes , dans la plupart
desquelles il a fallu détruire le préjugé
par
11. Vol. en G vj
1410 MERCURE DE FRANCE
en question . Cela s'est fait aisément à
l'égard du grand nombre qui est de bonne
volonté ; mais il en reste encore d'autres
à convaincre dont je n'espere en gagner
qu'un certain nombre, parce qu'il y
en aura encore quelqu'un qui voudra absolument
rester dans son sentiment. J'avoie
qu'un si petit objet étoit de trop
peu de conséquence pour mettre aux
champs le Messager des Muses ; mais
comme ce qui est arrivé ici , peut arriver
ailleurs , j'ai cru qu'il étoit bon d'avoir
là - dessus le sentiment des Connoisscurs.
Voici donc précisément le sujet
de la Question .
Si les Musiciens peuvent et doivent être
écoutez et suivis dans les raisonnemens qu'ils
tiennent sur le Plain- Chant ou Chants d'Eglise
? S'ils sont en état de raisonner et d'être
crus sur les manieres dont il est varié
dans les Eglises differentes ; et s'ils en sont
Fuges tout- à-fait compétants et irrefragables ?
S'il n'y a pas deux extrémitez à éviter :
l'une de ne les croire juges en rien ; l'autre de
les croire juges en tout ; et en quoi donc ils
peuvent être consultez , et écoutez.
Vos Journaux , Messieurs , sont dépositaires
des Remarques Critiques que les
mauvais raisonnemens qui ont été faits
sur cette matiere , ont attirés à leurs Au-
II. Vol. teurs
JUIN. 1733. 1411
•
teurs. ( a) Il n'y a pas jusqu'à l'Ombre de
M. Thiers , qui , sortie de son tombeau
les a montrés au doigt , lorsqu'elle a parlé
de ceux qui précipitent l'Office divin ,
soit parce que leur infirmité et leur âge
le leur fait toujours trouver trop long.
soit à cause que desservant deux Eglises
, ( b ) ils ne peuvent se deffaire , lorsqu'ils
sont au service de la Mere , de la
mauvaise habitude qu'ils ont contractée
à celui de la Fille. Il n'y a pas un an ,
qu'un Anonyme se plaignit encore dans
vos Journaux (c) de ceux qui se donnent
pour Maîtres , sans jamais avoir été Disciples.
Il semble par ce qu'il dit du Lieu
où les Fideles s'assemblent et sur le .
Nosce teipsum , qu'il ait eu en vûë de réprimer.
ceux qui sans aucune étude , ni
même aucune teinture du Chant , entre .
prennent de juger de sa composition avec
une confiance qui va jusqu'à vouloir
tourner en ridicule les plus magnifiques
expressions qui s'y trouvent. Telles sont ,
par exemple , celles de l'excellent Antiphonier
usité dans l'Eglise de Paris depuis
l'Episcopat de M. de Harlay ; entre
,
(a) Merc. Juin 1726. 1. vol. pag. 1177. Mer.
Août 1726. pag. 1739. 1747. 1759 .
(b) Merc. Juin 1731. 2. vol. pag. 1443
(c) Merc. de May 1732. pag. 907. et 908.
&
II. Vol. autres
1412 MERCURE
DE FRANCE
autres celle du Saule , Saule, quid me per
sequeris ? de la Conversion de S. Paul . Si je
voulois ajoûter quelque chose à ces remarques
, je ferois observer que ce seroi !
une chose inouie , que dans des Eglise
nombreuses de Chanoines qui ont un
Clergé subsidiaire , on proposât de diminuer
la Table des Chants Psalmodi.
ques, pour la rendre aussi simple et stérile
que celle des Eglises Monastiques,
La Monotonie convient aux Solitaires ;
mais une Eglise Cathédrale ne doit pas
se laisser mettre de niveau avec celle d'un
Monastere. C'est à quoi ne font pas at
tention ceux qui ne cessent de déclamer
contre la varieté et la richesse des Tables
Psalmodiques
d'Eglises Séculieres , Cathé
drales ou Collegiales
; et il leur sied trèsmal
de proposer d'un côté pour modele
de
la penurie Monastique
, tandis que
l'autre ils distribuent
à pleines mains un
Ecrit qui établit la difference
totale qui
doit étre entre le Clergé Séculier et l'état
des Moines.
Ce 3. May 1733 .
été consulté sur le Chant Ecclesiastique
par
les Editeurs des nouveaux Bréviaires
de plusieurs Diocèses , où l'on s'interesse
à avoir un Chant exempt de fautes
cependant varié , nous a prié de publier
ce qui suit :
QUESTION touchant l'autorité des
Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Il y a dans l'esprit de plusieurs per-
II. Vol. sonnes
JUIN. 1733. 1409
sonnes des préjugez si profondément enracinez
en faveur de ce qu'on appelle
aujourd'hui Musiciens d'Eglise , qu'on
des peines infinies à les en faire revenir.
Ces personnes se reposent tellement sur
la capacité de ces sujets , qu'elles n'osent
jamais parler de Chant d'Eglise , Chant
Grégorien , Plain Chant , que selon
-
ce qu'elles leur en entendent dire. Comme
c'est une illusion , qui , quoique nouvelle
, peut avoir de grandes suites , j'ai
cru qu'il étoit nécessaire de présenter Requête
à Mercure , et de me servir de
sa médiation pour notifier au Public la
chose sur laquelle je demande le jugement
des Doctes. Ce n'est pas , Messieurs
que je comprenne tous les Musiciens dans
une même classe . J'en ai trouvé d'assez
équitables pour se rendre aux remarques
que je leur ai fait faire , et qui ont déclaré
qu'ils ne croyoient pas que la maniere
dont on leur donne connoissance
du Plain-Chant dans les Maîtrises out
Ecoles de Psallette , pendant leur jeunesse,
fut suffisante pour les faire regarder dans
la suite comme des Juges compétants sur
ces sortes de matieres. Je me trouve lié
le commerce de la vie avec un certain
nombre de personnes , dans la plupart
desquelles il a fallu détruire le préjugé
par
11. Vol. en G vj
1410 MERCURE DE FRANCE
en question . Cela s'est fait aisément à
l'égard du grand nombre qui est de bonne
volonté ; mais il en reste encore d'autres
à convaincre dont je n'espere en gagner
qu'un certain nombre, parce qu'il y
en aura encore quelqu'un qui voudra absolument
rester dans son sentiment. J'avoie
qu'un si petit objet étoit de trop
peu de conséquence pour mettre aux
champs le Messager des Muses ; mais
comme ce qui est arrivé ici , peut arriver
ailleurs , j'ai cru qu'il étoit bon d'avoir
là - dessus le sentiment des Connoisscurs.
Voici donc précisément le sujet
de la Question .
Si les Musiciens peuvent et doivent être
écoutez et suivis dans les raisonnemens qu'ils
tiennent sur le Plain- Chant ou Chants d'Eglise
? S'ils sont en état de raisonner et d'être
crus sur les manieres dont il est varié
dans les Eglises differentes ; et s'ils en sont
Fuges tout- à-fait compétants et irrefragables ?
S'il n'y a pas deux extrémitez à éviter :
l'une de ne les croire juges en rien ; l'autre de
les croire juges en tout ; et en quoi donc ils
peuvent être consultez , et écoutez.
Vos Journaux , Messieurs , sont dépositaires
des Remarques Critiques que les
mauvais raisonnemens qui ont été faits
sur cette matiere , ont attirés à leurs Au-
II. Vol. teurs
JUIN. 1733. 1411
•
teurs. ( a) Il n'y a pas jusqu'à l'Ombre de
M. Thiers , qui , sortie de son tombeau
les a montrés au doigt , lorsqu'elle a parlé
de ceux qui précipitent l'Office divin ,
soit parce que leur infirmité et leur âge
le leur fait toujours trouver trop long.
soit à cause que desservant deux Eglises
, ( b ) ils ne peuvent se deffaire , lorsqu'ils
sont au service de la Mere , de la
mauvaise habitude qu'ils ont contractée
à celui de la Fille. Il n'y a pas un an ,
qu'un Anonyme se plaignit encore dans
vos Journaux (c) de ceux qui se donnent
pour Maîtres , sans jamais avoir été Disciples.
Il semble par ce qu'il dit du Lieu
où les Fideles s'assemblent et sur le .
Nosce teipsum , qu'il ait eu en vûë de réprimer.
ceux qui sans aucune étude , ni
même aucune teinture du Chant , entre .
prennent de juger de sa composition avec
une confiance qui va jusqu'à vouloir
tourner en ridicule les plus magnifiques
expressions qui s'y trouvent. Telles sont ,
par exemple , celles de l'excellent Antiphonier
usité dans l'Eglise de Paris depuis
l'Episcopat de M. de Harlay ; entre
,
(a) Merc. Juin 1726. 1. vol. pag. 1177. Mer.
Août 1726. pag. 1739. 1747. 1759 .
(b) Merc. Juin 1731. 2. vol. pag. 1443
(c) Merc. de May 1732. pag. 907. et 908.
&
II. Vol. autres
1412 MERCURE
DE FRANCE
autres celle du Saule , Saule, quid me per
sequeris ? de la Conversion de S. Paul . Si je
voulois ajoûter quelque chose à ces remarques
, je ferois observer que ce seroi !
une chose inouie , que dans des Eglise
nombreuses de Chanoines qui ont un
Clergé subsidiaire , on proposât de diminuer
la Table des Chants Psalmodi.
ques, pour la rendre aussi simple et stérile
que celle des Eglises Monastiques,
La Monotonie convient aux Solitaires ;
mais une Eglise Cathédrale ne doit pas
se laisser mettre de niveau avec celle d'un
Monastere. C'est à quoi ne font pas at
tention ceux qui ne cessent de déclamer
contre la varieté et la richesse des Tables
Psalmodiques
d'Eglises Séculieres , Cathé
drales ou Collegiales
; et il leur sied trèsmal
de proposer d'un côté pour modele
de
la penurie Monastique
, tandis que
l'autre ils distribuent
à pleines mains un
Ecrit qui établit la difference
totale qui
doit étre entre le Clergé Séculier et l'état
des Moines.
Ce 3. May 1733 .
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Résumé : QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Un ecclésiastique de province, sollicité par les éditeurs des nouveaux bréviaires de plusieurs diocèses pour ses réflexions sur le chant ecclésiastique, a décidé de publier ses pensées. Il s'interroge sur l'autorité des musiciens d'église en matière de chant grégorien ou plain-chant. Il observe que certaines personnes ont des préjugés en faveur des musiciens d'église, les considérant comme des juges compétents sans discussion. L'ecclésiastique souligne que cette illusion est récente mais pourrait avoir des conséquences importantes. Il a donc décidé de présenter une requête pour solliciter l'avis des doctes sur la question suivante : les musiciens peuvent-ils et doivent-ils être écoutés et suivis dans leurs raisonnements sur le plain-chant ou les chants d'église ? Sont-ils compétents pour juger des variations du chant dans différentes églises ? L'ecclésiastique met en garde contre deux extrêmes : ne pas croire les musiciens en rien ou les croire en tout. Il mentionne également des critiques passées dans les journaux concernant les mauvais raisonnements sur cette matière, y compris des remarques sur ceux qui précipitent l'office divin ou se donnent pour maîtres sans avoir été disciples. Il conclut en soulignant l'importance de la variété et de la richesse des tables psalmodiques dans les églises cathédrales, contrairement à la monotonie des églises monastiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 1413-1415
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
Début :
Vous voulez absolument que je vous donne des nouvelles de ce Pays-cy, [...]
Mots clefs :
Français, Suisse, Abbé, Mercure suisse, Muralt, Lettres sur les Anglais et les Français, France, Nouvelles littéraires, Bon sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
En mai 1733, un correspondant de Neufchâtel réfute les préjugés selon lesquels la littérature suisse serait négligée ou inférieure. Il compare ces préjugés à ceux existant envers les Orientaux et les Turcs, justifiés par une œuvre publiée dans le Mercure de France. Il espère qu'un jour, un apologiste défendra la Suisse contre ces mauvaises préventions. L'auteur mentionne la publication, depuis décembre 1732, du journal 'Mercure Suisse', contenant des nouvelles historiques, politiques, littéraires et curieuses. Il partage un extrait du Mercure Suisse de mars 1733, relatant une controverse littéraire de 1726. L'Abbé D... avait critiqué les 'Lettres de M. de Muralt' sur les mœurs des Français et des Anglais de manière impolie. Un Suisse, ami de M. de Muralt, avait répondu par une épigramme. L'auteur précise que cette épigramme ne vise pas tous les auteurs français, mais seulement ceux de la classe de l'Abbé D..., et que les Suisses savent distinguer les bons écrivains des mauvais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 1416-1417
EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
Début :
On a joüé depuis peu à Westminster et quelques autres lieux, les Tragédies [...]
Mots clefs :
Voltaire, Thieriot, Anglais, Brutus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
EXTRAIT d'une Lettre écrit
Londres , le premier Juin , concern
M. de Voltaire.
O
S
N a joué depuis peu à Westminste
et quelques autres lieux , les Trag
dis de Brutus et de Zaïre , en Françe
et en Anglois , devant leurs Majest
Britanniques et toute la Famille Royale
il y a eu toujours un grand concours, m
Brutus a eu beaucoup plus de succès , a
qui n'est pas étonnant , si l'on consider
que le sujet convient mieux au génie de
la Nation Angloise.
On vient de donner aussi la sixiém:
Edition Angloise de l'Histoire de Char
les XII. mais on s'est trop précipité,
car on sçait que la Compagnie des L
braires d'Amsterdam , imprime une nou
velle Edition Françoise de cet Ouvrage
corrigée par l'Auteur , avec beaucoup
d'Additions , et, sur tout avec les Ré
ponses de M. de Voltaire et d'un Officier
des Troupes Suedoises , aux Remarques
M. de la Montraye.
Des Libraires Anglois commenceront
dans deux ou trois jours à débiter en
François et en Anglois , les Lettres de
M. de Voltaire , écrites en 1727. elles
sont au nombre de 24. ellès contiennent :
II. Vol. l'Histoire
JUIN. 1733. 1417
L'Histoire de la Secte des Quaquers.
Des particularitez touchant plusieurs
Religions professées en Angleterre.
Des choses assez curieuses sur le Gouvernement
et sur le Commerce.
L'Histoire de l'Inoculation de la petite
verole.
Une Dissertation sur le Livre de l'Entendement
humain de Loke.
Quelques Dissertations sur la Philosophie
de Neuton .
Plusieurs Traductions en Vers François
des meilleurs endroits des Poëtes les plus
estimez d'Angleterre .
Une idée de leur Théatre Tragique
et Comique et de l'état où sont les Beaux
Arts et les Belles- Lettres , en ce Pays , par
comparaison à la France.
Il y a long- temps que ces Lettres
sont connuës en manuscrit ; c'est M. Tiriot
, ami de M. de Voltaire , qui est
l'Editeur de cet Ouvrage , attendu avec
impatience , et qui peut faire connoître
le génie Anglois , assez peu connu en
France jusqu'aujourd'hui .
Londres , le premier Juin , concern
M. de Voltaire.
O
S
N a joué depuis peu à Westminste
et quelques autres lieux , les Trag
dis de Brutus et de Zaïre , en Françe
et en Anglois , devant leurs Majest
Britanniques et toute la Famille Royale
il y a eu toujours un grand concours, m
Brutus a eu beaucoup plus de succès , a
qui n'est pas étonnant , si l'on consider
que le sujet convient mieux au génie de
la Nation Angloise.
On vient de donner aussi la sixiém:
Edition Angloise de l'Histoire de Char
les XII. mais on s'est trop précipité,
car on sçait que la Compagnie des L
braires d'Amsterdam , imprime une nou
velle Edition Françoise de cet Ouvrage
corrigée par l'Auteur , avec beaucoup
d'Additions , et, sur tout avec les Ré
ponses de M. de Voltaire et d'un Officier
des Troupes Suedoises , aux Remarques
M. de la Montraye.
Des Libraires Anglois commenceront
dans deux ou trois jours à débiter en
François et en Anglois , les Lettres de
M. de Voltaire , écrites en 1727. elles
sont au nombre de 24. ellès contiennent :
II. Vol. l'Histoire
JUIN. 1733. 1417
L'Histoire de la Secte des Quaquers.
Des particularitez touchant plusieurs
Religions professées en Angleterre.
Des choses assez curieuses sur le Gouvernement
et sur le Commerce.
L'Histoire de l'Inoculation de la petite
verole.
Une Dissertation sur le Livre de l'Entendement
humain de Loke.
Quelques Dissertations sur la Philosophie
de Neuton .
Plusieurs Traductions en Vers François
des meilleurs endroits des Poëtes les plus
estimez d'Angleterre .
Une idée de leur Théatre Tragique
et Comique et de l'état où sont les Beaux
Arts et les Belles- Lettres , en ce Pays , par
comparaison à la France.
Il y a long- temps que ces Lettres
sont connuës en manuscrit ; c'est M. Tiriot
, ami de M. de Voltaire , qui est
l'Editeur de cet Ouvrage , attendu avec
impatience , et qui peut faire connoître
le génie Anglois , assez peu connu en
France jusqu'aujourd'hui .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
Une lettre datée du 1er juin, adressée à Voltaire, relate des événements récents à Londres. Les tragédies 'Brutus' et 'Zaïre' ont été jouées à Westminster et autres lieux, en français et en anglais, devant la famille royale britannique. 'Brutus' a connu un plus grand succès, jugé approprié au goût national anglais. La sixième édition anglaise de l''Histoire de Charles XII' a été publiée, tandis qu'une nouvelle édition française, corrigée et augmentée par Voltaire, est en cours d'impression à Amsterdam. Cette édition inclut les réponses de Voltaire et d'un officier suédois aux remarques de M. de la Montraye. De plus, les libraires anglais prévoient de publier les lettres de Voltaire écrites en 1727, au nombre de 24. Ces lettres abordent divers sujets tels que l'histoire des Quakers, les religions en Angleterre, le gouvernement et le commerce, l'inoculation de la variole, des dissertations sur Locke et Newton, des traductions de poètes anglais, et une comparaison entre les arts et les lettres en Angleterre et en France. Ces lettres, connues en manuscrit, sont éditées par M. Tiriot, ami de Voltaire, et sont attendues avec impatience pour mieux connaître le génie anglais en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 1417-1418
Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les sieurs Josse et Beauche, Libraires à Paris, avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une [...]
Mots clefs :
Londres, Henriade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Les sieurs Josse et Beauche , Libraires à Paris ,
avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une
nouvelle Edition de la Henriade , avec des Va◄
riantes et un Essay sur la Poësie Epique de toutes
les Nations de l'Europe , composê originaire-
II. Vol.
ment
1418 MERCURE DE FRANCE
ment en Anglois , par M de Voltaire , traduit il
y a quelques années par M. l'Abbé des Fontaines,
et retravaillé tout de nouveau en François et
considérablement augmenté par l'Auteur même
de la Henriade. Cette Edition est la plus
complette de toutes celles qui ont paru jusqu'ici.
Ces Libraires continueront à donner
gratis cette nouvelle Edition , comme les précédentes
, à tous ceux qui avoient souscrit en France
pour l'Edition in 4. d'Angleterre , et qui n'ont
pas
voulu envoyer à Londres. Tous ceux qui
ont envoyé leur Souscription à Londres , ont
reçû ce Livre ; ceux q ont négligé de le recevoir
ont é é a mis et le seront encore à recevoir le
remboursement à Paris , chez les its Libraires ,
et recevront outre cela la présente Edition , en
attendant que la nouvelle Edition in 4 soit achevée
, laquelle on kur donnera encore gratis. Cette
grande dition in 4. n'a pû être achevée jusqu'à
present, 1. à cause des fréquents changemens
faits par l'Auteur 2 ° . A cause de la mort de
Vodman , qui en étoit chargé , et qui étoit en
possession des Planches.
avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une
nouvelle Edition de la Henriade , avec des Va◄
riantes et un Essay sur la Poësie Epique de toutes
les Nations de l'Europe , composê originaire-
II. Vol.
ment
1418 MERCURE DE FRANCE
ment en Anglois , par M de Voltaire , traduit il
y a quelques années par M. l'Abbé des Fontaines,
et retravaillé tout de nouveau en François et
considérablement augmenté par l'Auteur même
de la Henriade. Cette Edition est la plus
complette de toutes celles qui ont paru jusqu'ici.
Ces Libraires continueront à donner
gratis cette nouvelle Edition , comme les précédentes
, à tous ceux qui avoient souscrit en France
pour l'Edition in 4. d'Angleterre , et qui n'ont
pas
voulu envoyer à Londres. Tous ceux qui
ont envoyé leur Souscription à Londres , ont
reçû ce Livre ; ceux q ont négligé de le recevoir
ont é é a mis et le seront encore à recevoir le
remboursement à Paris , chez les its Libraires ,
et recevront outre cela la présente Edition , en
attendant que la nouvelle Edition in 4 soit achevée
, laquelle on kur donnera encore gratis. Cette
grande dition in 4. n'a pû être achevée jusqu'à
present, 1. à cause des fréquents changemens
faits par l'Auteur 2 ° . A cause de la mort de
Vodman , qui en étoit chargé , et qui étoit en
possession des Planches.
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Résumé : Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Les libraires Josse et Beauche à Paris annoncent la publication d'une nouvelle édition de la 'Henriade' de Voltaire. Cette édition comprend des variantes et un essai sur la poésie épique de toutes les nations d'Europe, initialement écrit en anglais par Voltaire, traduit par l'abbé des Fontaines, et retravaillé par Voltaire. Elle est présentée comme la plus complète à ce jour. Les libraires offrent gratuitement cette nouvelle édition aux souscripteurs de l'édition in-4° anglaise qui n'ont pas envoyé leur demande à Londres. Ceux qui ont négligé de recevoir le livre à Londres peuvent le récupérer à Paris et recevront également cette nouvelle édition en attendant l'achèvement de la nouvelle édition in-4°, qui sera également offerte gratuitement. Les retards dans la publication de cette édition in-4° sont attribués aux fréquents changements apportés par l'auteur et au décès de Vodman, responsable des planches.
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11
p. 1418-1419
Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Début :
Un Particulier croit rendre service au Public, en proposant aux sçavans Méchaniciens, Horlogers [...]
Mots clefs :
Machine, Eau, Élever, Poids
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Un Particulier croit rendre service au Public ,
en proposant aux sçavans Méchaniciens , Horlologers
et autres Artistes , de composer une Machine
sur le modele des grosses Horloges , par
laquelle on puisse élever l'eau des puits , à la hauteur
que l'on pourra souhaiter ; ce qui s'executera
par le moyen des poids , dont les differentes
grosseurs feront élever plus ou moins d'eau ,
en y joignant les Pompes , soit aspirantes , soit
forcées. Cette eau pourra être distribuée dans
tous les lieux où l'on en aura besoin , et particulierement
dans les Jardins , tant à la Ville qu'à la
II. Vol. CamJUIN.
17336 1419
Campagne . Ceux qui auront trouvé et executé
cette Machine, pourront estimer la quantité d'eau
qu'elle élevera par proportion de la pesanteur
des poids , soit de plomb , scit de fer ou même
de pierre dure et pesante ; ils sont priez d'en
donner avis au Public , par la voye du Mercure
de France .
en proposant aux sçavans Méchaniciens , Horlologers
et autres Artistes , de composer une Machine
sur le modele des grosses Horloges , par
laquelle on puisse élever l'eau des puits , à la hauteur
que l'on pourra souhaiter ; ce qui s'executera
par le moyen des poids , dont les differentes
grosseurs feront élever plus ou moins d'eau ,
en y joignant les Pompes , soit aspirantes , soit
forcées. Cette eau pourra être distribuée dans
tous les lieux où l'on en aura besoin , et particulierement
dans les Jardins , tant à la Ville qu'à la
II. Vol. CamJUIN.
17336 1419
Campagne . Ceux qui auront trouvé et executé
cette Machine, pourront estimer la quantité d'eau
qu'elle élevera par proportion de la pesanteur
des poids , soit de plomb , scit de fer ou même
de pierre dure et pesante ; ils sont priez d'en
donner avis au Public , par la voye du Mercure
de France .
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Résumé : Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Un particulier propose de concevoir une machine pour élever l'eau des puits, inspirée des grandes horloges. Elle utiliserait des poids variés et des pompes pour réguler et distribuer l'eau dans divers lieux. Les inventeurs doivent estimer la quantité d'eau élevée en fonction du poids utilisé et informer le public via le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 1419
Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
Début :
On nous prie d'inserer ici, qu'on est surpris qu'y ayant dans le Royaume plus de dix mille [...]
Mots clefs :
Officiers comptables, Finances, Greffe, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
On nous prie d'inserer ici , qu'on est surpris
qu'y ayant dans le Royaume pius de dix mille
Officiers comptables , il ne se soit pas encore
formé une Compagnie pour composer un Ouvrage
sur la matiere des Finances , contenant ,
- sçavoir :
་
Les Edits de création de leurs Offices , à commencer
par les Gardes du Trésor Roya! jusqu'au
dernier Officier comptable , avec leurs Privileges
honorifiques et Exemptions ; de quelle maniere
leurs Receptions se doivent faire, tant à la Chambre
des Comptes , qu'au Bureau des Finances ,
leur place aux Compagnies , de- même qu'aux
Eglises , et generalement tout ce qui les concerne .
On trouvera au Greffe de la Chambre des
Comptes de Paris , presque toutes les Pieces nécessaires
pour composer cet Ouvrage , dont le
débit iroit à plus de dix mille Exemplaires . On
trouvera aussi au Greffe du Conseil , beaucoup
d'Arrêts , Reglemens , &c . à l'occasion des Offi
ciers des Finances.
qu'y ayant dans le Royaume pius de dix mille
Officiers comptables , il ne se soit pas encore
formé une Compagnie pour composer un Ouvrage
sur la matiere des Finances , contenant ,
- sçavoir :
་
Les Edits de création de leurs Offices , à commencer
par les Gardes du Trésor Roya! jusqu'au
dernier Officier comptable , avec leurs Privileges
honorifiques et Exemptions ; de quelle maniere
leurs Receptions se doivent faire, tant à la Chambre
des Comptes , qu'au Bureau des Finances ,
leur place aux Compagnies , de- même qu'aux
Eglises , et generalement tout ce qui les concerne .
On trouvera au Greffe de la Chambre des
Comptes de Paris , presque toutes les Pieces nécessaires
pour composer cet Ouvrage , dont le
débit iroit à plus de dix mille Exemplaires . On
trouvera aussi au Greffe du Conseil , beaucoup
d'Arrêts , Reglemens , &c . à l'occasion des Offi
ciers des Finances.
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Résumé : Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
Le texte souligne l'absence d'ouvrage sur les finances malgré plus de dix mille officiers comptables. Cet ouvrage devrait inclure les édits de création des offices, les privilèges, les procédures de réception et les aspects honorifiques. Les documents nécessaires se trouvent principalement au Greffe de la Chambre des Comptes de Paris et au Greffe du Conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 1419-1420
« L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...] »
Début :
L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...]
Mots clefs :
Académie des jeux floraux, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...] »
L'Académie des Jeux Floraux , établie à Toulouse
, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle
doit distribuer en l'année 1734. Qu'il faut respecter
le Jugement du Public , mais qu'il n'en faut
pas dépendre.
-II. Vol. Ов
1420 MERCURE DE FRANCE
On a inseré dans le Mercure de May , page
$49 . la démonstration d'un Problême de Navigation
. Il est bon qu'on sçache que cet Ouvrage
st de M. Montegut , Professeur Royal d'Hydrographie
à Bordeaux , et Membre de l'Académie
des Sciences de la même Ville.
, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle
doit distribuer en l'année 1734. Qu'il faut respecter
le Jugement du Public , mais qu'il n'en faut
pas dépendre.
-II. Vol. Ов
1420 MERCURE DE FRANCE
On a inseré dans le Mercure de May , page
$49 . la démonstration d'un Problême de Navigation
. Il est bon qu'on sçache que cet Ouvrage
st de M. Montegut , Professeur Royal d'Hydrographie
à Bordeaux , et Membre de l'Académie
des Sciences de la même Ville.
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14
p. 1420
Portrait gravé de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Début :
Le Portrait de Monseigneur le Dauphin, peint par M. Belle, de l'Académie Royale de Peinture, [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, M. Belle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait gravé de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Le Portrait de Monseigneur le Dauphin , peint
par M. Belle , de l'Académie Royale de Peinture,
paroit en Estampe pour la premiere fois , gravé
par le sieur J. Daulle , qui a très bien saisi et
conservé les graces de l'Original . Outre que cetre
Planche est fort belle par elle même , elle est encore
plus chere à toute la Nation , par l'auguste
Enfant qu'elle répresente.
Cette Estampe se vend chez le sieur Belle , à
l'entrée de la rue du Four , et chez la veuve Chereau
, ruë S. Jacques .
par M. Belle , de l'Académie Royale de Peinture,
paroit en Estampe pour la premiere fois , gravé
par le sieur J. Daulle , qui a très bien saisi et
conservé les graces de l'Original . Outre que cetre
Planche est fort belle par elle même , elle est encore
plus chere à toute la Nation , par l'auguste
Enfant qu'elle répresente.
Cette Estampe se vend chez le sieur Belle , à
l'entrée de la rue du Four , et chez la veuve Chereau
, ruë S. Jacques .
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15
p. 1420
Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
Début :
Sur la fin du mois dernier, on exposa successivement dans le grand Appartement du Roy au [...]
Mots clefs :
Appartement du roi, Henri III, Henri IV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
Sur la fin du mois dernier , on exposa successivement
dans le grand Appartement du Roy au
Château de Versailles , deux grands et magnifiques
Tableaux , qui doivent être placez, dans l'Eglise
des Grands Augustins de cette Ville , peints
par Mrs Venlo et de Troy , de l'Académie Royale
de Peinture. Le premier représente l'Institution
de l'Ordre du S. Esprit par Henry III. et l'autre
une Réception de Chevaliers du même Ordre
par Henry IV . Les figures sont grandes comme
le naturel. Le Roy , la Reine et toute la Cour , ont
paru fort satisfaits de ces deux grands Morceaux,
où , dans une très belle ordonnance , regne beaucoup
d'entente , de richesse , de noble simplicité ,
et de caracteres très - bien rendus , & c.
dans le grand Appartement du Roy au
Château de Versailles , deux grands et magnifiques
Tableaux , qui doivent être placez, dans l'Eglise
des Grands Augustins de cette Ville , peints
par Mrs Venlo et de Troy , de l'Académie Royale
de Peinture. Le premier représente l'Institution
de l'Ordre du S. Esprit par Henry III. et l'autre
une Réception de Chevaliers du même Ordre
par Henry IV . Les figures sont grandes comme
le naturel. Le Roy , la Reine et toute la Cour , ont
paru fort satisfaits de ces deux grands Morceaux,
où , dans une très belle ordonnance , regne beaucoup
d'entente , de richesse , de noble simplicité ,
et de caracteres très - bien rendus , & c.
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Résumé : Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
À la fin du mois dernier, deux tableaux ont été exposés au Château de Versailles. Réalisés par Venlo et de Troy, ils représentent l'Institution de l'Ordre du Saint-Esprit par Henri III et une Réception de Chevaliers par Henri IV. Le Roi, la Reine et la Cour ont apprécié ces œuvres, notées pour leur ordonnance, richesse et simplicité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 1420-1421
Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Début :
Le Marbre étant d'un très-grand usage dans l'Architecture et la Sculpture, et une matiere [...]
Mots clefs :
Marbre, Carrière, Vert, Blanc, Montagnes, Carrières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Le Marbre étant d'un très-grand usage dans
II. Vol. PAIJUIN.
1733- 1421
Architecture et la Sculpture , et une matiere
galement propre et solide à construire et à orer
les Edifices publics , les Temples et les Palais,
ous croyons faire plaisir à une infinité de gens
e leur apprendre qu'on vient d'ouvrir plusieurs
Carrieres infiniment abondantes , de très - beau
Marbre , d'un mélange de couleurs singulier , et
are dans sa disposition , qui prend un beau poli
t qui a le grain très -fin .
Ĉes Carrieres sont dans deux Montagnes de
Rouergue , situées au Lieu de Firmy , à quatre
seues de Rodez. Ces Montagnes peuvent contehir
400. arpens ;
leur élevation est d'environ 150.
oises . Elles ne produisent aucun arbuste mais
lles promettent de dédommager de leur stérilité
xterieure , par leur fécondité intarissable en
Marbre. On y en a déja découvert de plusieurs
ortes ; de verd- brun , de gris- verd , de gris-noir;
le noir- tacheté et veiné de blanc, de verd , mêlé
le violet ; de blanc , veiné de verd et de pluieurs
verds très beaux ; de blanc , avec de la
preche ou taches en guise de caillou , et veines
wertes. Les Ouvriers qui ont commencé à travailler
à cette Carriere , ne parlent que par excla- .
mation de la beauté et de la solidité du Marbre
qu'ils découvrent ; ils dirent n'en avoir jamais ,
vû de si beau . Comme la Carriere peut s'ouvrir
en bien des endroits differens , où le Marbre paroît
au -dehors , il y a apparence qu'on en trouvera
encore de plus rare . La Riviere du Lot , qui
porte bateau et qui n'est qu'à une lieue de la
Carriere , en rendra le transport facile par eau ;
à Cahors , à Toulouse , à Bordeaux , à Paris ,
&c. Les Curieux qui en souhaiteront des Blocs
ou des Ouvrages , pourront s'adresser chez M. de
Firmy , à Rodex.
II. Vol. PAIJUIN.
1733- 1421
Architecture et la Sculpture , et une matiere
galement propre et solide à construire et à orer
les Edifices publics , les Temples et les Palais,
ous croyons faire plaisir à une infinité de gens
e leur apprendre qu'on vient d'ouvrir plusieurs
Carrieres infiniment abondantes , de très - beau
Marbre , d'un mélange de couleurs singulier , et
are dans sa disposition , qui prend un beau poli
t qui a le grain très -fin .
Ĉes Carrieres sont dans deux Montagnes de
Rouergue , situées au Lieu de Firmy , à quatre
seues de Rodez. Ces Montagnes peuvent contehir
400. arpens ;
leur élevation est d'environ 150.
oises . Elles ne produisent aucun arbuste mais
lles promettent de dédommager de leur stérilité
xterieure , par leur fécondité intarissable en
Marbre. On y en a déja découvert de plusieurs
ortes ; de verd- brun , de gris- verd , de gris-noir;
le noir- tacheté et veiné de blanc, de verd , mêlé
le violet ; de blanc , veiné de verd et de pluieurs
verds très beaux ; de blanc , avec de la
preche ou taches en guise de caillou , et veines
wertes. Les Ouvriers qui ont commencé à travailler
à cette Carriere , ne parlent que par excla- .
mation de la beauté et de la solidité du Marbre
qu'ils découvrent ; ils dirent n'en avoir jamais ,
vû de si beau . Comme la Carriere peut s'ouvrir
en bien des endroits differens , où le Marbre paroît
au -dehors , il y a apparence qu'on en trouvera
encore de plus rare . La Riviere du Lot , qui
porte bateau et qui n'est qu'à une lieue de la
Carriere , en rendra le transport facile par eau ;
à Cahors , à Toulouse , à Bordeaux , à Paris ,
&c. Les Curieux qui en souhaiteront des Blocs
ou des Ouvrages , pourront s'adresser chez M. de
Firmy , à Rodex.
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Résumé : Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Le texte relate la découverte de carrières de marbre en Rouergue, près du lieu de Firmy, à environ seize kilomètres de Rodez. Ces carrières, situées sur deux montagnes stériles mais riches en marbre, s'étendent sur environ 400 arpents et atteignent une hauteur de 150 toises. Elles offrent une variété de marbres aux couleurs et motifs divers, incluant le vert-brun, le gris-vert, le gris-noir, le noir tacheté et veiné de blanc, ainsi que le blanc veiné de vert. D'autres nuances de vert et de blanc sont également présentes. Les ouvriers soulignent la beauté et la solidité du marbre extrait. La proximité de la rivière du Lot permet un transport aisé vers des villes comme Cahors, Toulouse, Bordeaux et Paris. Les personnes intéressées peuvent contacter M. de Firmy à Rodez pour obtenir des blocs ou des ouvrages en marbre.
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17
p. 1422-1423
« Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Début :
Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...]
Mots clefs :
Plans-reliefs, Durand, Dents, Bouteille, Plans
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le sieur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
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Résumé : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le texte présente plusieurs annonces professionnelles et informations diverses. Le sieur Garreau propose ses services en création de plans en relief représentant des maisons, parterres, jardins, villes et aspects de l'architecture civile et militaire. Il utilise des matériaux comme le bois, le carton ou la terre glaise et offre également des dessins pour diverses professions. Il réside au Collège de la Marche, Montagne Sainte-Geneviève. Une brochure de 1733 décrit des remèdes médicaux de M. Riario Lombardi, tels qu'un purgatif universel, un élixir, une huile de vie et de l'or potable. Ces remèdes sont disponibles à l'Hôtel d'Autriche, rue Saint-Benoît, Faubourg Saint-Germain, avec des prix variant de 50 sols à 20 livres. Le sieur Durand, expert en dentisterie, reçu à Saint-Côme, explique les causes de l'altération des dents, soit par carie, soit par ébranlement dû aux mauvais levains de l'estomac. Il a découvert une opiate salutaire qui conserve l'émail des dents, régénère les gencives et prévient le tartre. Cette opiate peut être envoyée dans les provinces éloignées sans perte de vertu. Les pots sont disponibles en différentes tailles. Le sieur Durand réside rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Tiroir, à la Coupe d'or, et est disponible pour des consultations matinales à domicile.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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