Résultats : 21765 texte(s)
Détail
Liste
3801
p. 132-150
MORTS.
Début :
Frederic Guillaume III. du nom, Marquis de Brandebourg [...]
Mots clefs :
Brandebourg, Frédéric Guillaume III, Marquisat de Brandebourg, Concile de Constance, Transylvanie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
FredericGuillaumeIII.
du nom,Marquis de Bean.
debourg, grand Chambellan
& Electeur du saint
Empire Romain
,
Roy de
Prusse, Prince d'Orange
Duc de Magdebourg, Ju-,
liers, Cleves
,
Monts, Stetin,
Pomeranie, Cafubie
Vandalie, Silelie t
3
Crossen
& de Jargerndorff, Burgrave
de Nuremberg, Duc
de Rugie, Prince d'Halberftad
& de Minden.,
Comte de la Marche & de
Ravensperg,Seigneur de
Ravenstein
,
est more à
Berlin le 1y du mois de
Février de cette année. Il
estoit né l'an 1657. &: avoit
épousé en premières nop.
ces l'an 1679. le 23.Aoust
ElizabethHenrietteLandgrave
de Hesse Cairel fille
deGuillaumeVII Landgrave
de Hesse Cassel, ôc
de Hedwige SophiePrincesse
Electorale &de Brandebourg
: & en sécondés
nopces l'an 1684. le6Octobre
l felon Moniteur de
fainte Marthe dans son Europe
vivanteselon Monsieur
d'Osier dans l'un de
ses Manuscrits) le 2.6. Septembre,
Sophie Carherine
fille d'Ernest-Auguste Duc
de Brunswick Evesque
d'Osnabrucg
,
puis Duc
d'Hanover
, & de Sophie
Princesse Palatine Electoraletance
de Madame. Du
second lit est venu Frederic-
Guillaume Prince Electoral
de Brandebourg, né
le4.Aoust l'an 1688. qui
devient par la mort de son
pere Roy de Prusse & Electeur
de Brandebourg. llcft
marié & a des ensansàqui
il fait porter le titre de
Prince d'Orange à cause de
sa prétention à la Principauté
d'Orange, comme
èftint héritier de Guillaume
III. Prince d'Orange
Jnort en 1702.
La Maison de Brandebourg
est tres-noble, quoyque
les sentimens de son
origine soient partagez entre
les Autheurs, l'on ne
laisse pas de remarquer des
Princes de distinction de
cette Maison depuis près
de six siecles
)
c'est pourquoy
nous éviterons d'ennuyer
le Lecteur en rapportant
les premiers de
ceux de cette Maison, &
nous nous contenterons,
pour satisfaire sa curiosité
de dire que FrédéricIV.
acheta de* l, 'Empereur Sigifmond
de la Maison de
Luxembourg, leMarquisat
de Brandebourg 400000.
florins,ilen sur inverti au
Concile de Confiance llan
1417. & c'cft depuis cetems
que
que la Maiiort des Comtes
de Zollern est en possession
du Marquisat de Brandebourg,
& depuis lequel
elle s'estdivisee en différentes
branches; & afin de
donner une idéegenerale
de l'estat de cette Maison
nous remarquerons que
Georges-Guillaume Marquis
& Electeur de Brandebourg
,mort l'an 1656;
(selon Messieurs Scevole
de sainte Marthe dans son
Estat de l'Europe, & selon
Morery l'an 1640. ) & qui
eut beaucoupde parc aux
affaires d'Allemagne dans
le dix-septiéme
siecle.fils
de l'Electeur Jean -
Sigismond
,
qui introduisit la
doctrine de Calvin dans ses
Estats vers l'an 1614. que
ses Successeurs ont suivie,
&qui mourut l'an 1619.&
d'Anne filleaisnée d'Albert-
Frederic Duc de Pruss(
ed,'o&ù de Marie de Cleves,
vient la Prusse que
l'Electeur de Brandebourg
possede)laissa d'Elizabeth-
Charlotte Comtesse Palatine
du Rhin,fille de Frédéric
IV.EledleurPala-'
tin ,
plusieurs enfants.
1. Frédéric-Guillaume qui
fuit. z, Louise-Charlotte de
Brandebourg Duchesse de
Curlande
,
née le 3. Seprembre1617.
épousa le 30
Septembre 1645. Jacques
Duc deCurlande. 5. Hect
wigeSophie
,
née le 14.
Juillet 1623femme deGuillaume
VII. Landgrave de
Hesse-Cassel. 4. & Jean-
Sigismond mort en enfant
ce. « 1 Frederic-Guillaume Marquis
Electeur de Brandebourg,
épousa le 7. Dec
cembre 1646. Loüise Henriette
de Nassau Princesse
d'Orange, fîile du Prince
Frederic
-
Henry,ôc d'Amelie
Comtesse de Solms.
Cette Princesse estant morte
le 15. Juin 1667. il épousa
à Berlin ensecondes nopces
le 25 Juin 1668 Dorothée
DuchessedHolface-
Glucfbourg, & de Sophie-
Hedwige Duchesse de Saxe-
Lavembourg.
Du premier lit font venus
I. Charles-Emilie Marquis
de Brandebonrg né Je
6. Février 1655. 2.Frédéric
Guillaume qui vient de
mourir. 3. N. fille née le
15?. Novembre 1664 4
Louis. Leopold Margrave
de Magdebourg, né l'an
1666 qui épousa l'an 1680.
Loüise Charlotte de Radzewil
Princesse fort riche
en Pologne, fille du Prince
Bogellas Gouverneur de
Prusse pour l'Eleéteur.
Du second lit font venus
1. Philippe-Guillaume
né le 19. May 1669. & baptiséle
9. Juin. 1. Albert-
Frederic né le 14. Janvier
1671.. 3.Chriftien-Louis
né le 14. May 1677.4 M'ai.
rie - Emilie née le 16. Novembre
1670. & mariée le
26 Juin 1689. avec Maurice
- Guillaume Duc de Saxe.
Zeilt
,
elle estoit veuve
de Charles Duc de Mekclbourg
- Guftraw qu'elle a-
Voitépouséle8. AoLift1687,
sans enfans. y. Elizabeth-
Sophie de Brandebourg , née le 16. Mars 1674. &
mariée le 19. Avril 169u
avec Frederic-CasimirKeU
ter Duc de Curlande & de
Semigall en Livonie dont
il a eu Frédéric- Guillaume
J •
Kelter Ducde Curlande &
de Semigall.
, mort le 20•
Février 1711. qui avoic epousé
le 13Novembre 17iola
PrincesseAnne fille unique
du Czar Jean Grand
Duc de Moscovie.
J'ay dit cy- dessus que la'
Maison de Brandebourg
ffioir divisée en plusieurs
branches, desquelles il n'y
en a plus que trois qui subsistent,
qui font l'aisnée
celles des Marquis de Ba,-
reith ou deCulembach
)
ôc
les Marquis de Brandebourg-
Anspach.
Celles des Marquis de
Culembach a pour tige
Christian Marquis de Culembach
& de Bareith fils
de Jean - Georgçs Electeur
de Brandebourg, & d'Elizabeth
fille de Joachim-
Ernest Duc d'Anhalc sa
troisiéme femme
,
lequel
laissaErmanAuguste mort
l'an 1651qui de Sophie
Marquise de Brandebourg
a laisse Chrestien,Ernest
Marquis de Brandebourg-
Bareith ou de Culembachoù
il reifde,jie le 1 7.Juik letc 1644,&quia épouse en
en premieres nopees le 19.
Oaobrc: 1661. Ertrude. Sophie
Duchesse de Saxe fille
de l'Electeur Jean-Georges
II. du nom, & de Magdelaine
- Sibille Marquise
de Brandebourg, &en fécondésSophie-
Loüise Du
cJaefle deWirtemberg: du
fecond lit sont venus Chreflienne-
Ebradc,Eleonore-
Magdelaine, George-GuiL
laumené en 1678.
La branche des Marquis
de Brandebourg-AnC.
pach a pour tige Joachim-
Ernest fils du mesme JeanGeorges>&
de sa troisiéme
femme.CeJoachim Erneü
aeu de Sophie deSolms
Albert quis'est marié deux
fois: la prcmiere le n.
Aoust 1642. avec Loüise-
Henriette Duchesse de
Wirtemberg,&la seconde
avec Marguerite
-
Sophie-
Comtessed'Ortingen. Du
premier lit il n'a eu qu'une
fille, & du second est
neentrautresenfansJean-
Frederic l'an 1654. Marquis
dé Brandebourg- Anspach,
qui a cpoufe Jeanne Elizabeth
de Bade-DourlÀc,de
laquelle il a Chriftian- Alberty
Dorothée
- Fridericque,
& Georges -
Frideric9
& n'en a point de Leonor.
Ermude-Loüise de Saxe-
Eifenac sa seconde femme.
Reste prefentemenc à faire
remarquer que l'Elec^
teur de Brandebourg est
le plus puissant -& le plus
riche de tous les Electurs,
il l'on en excepte le Roy
de Bohême
,
qu'il est Luthérien
comme nous l'avons
dit cy dessus
,
qu'il
fait sa residence à Berlin
:OÙ il tientune nombreuse
Cour, & qu'il est le [epr
tiéme aux Assemblées Imperiales.
LePrince Abaffi quidemeuroit
à Vienne en Austriche,
y mourut le premier
de ce mois, âgede trencesix
ans. Ila elle enterre
sansaucune pompe. L'Empereurpere
de l'Archiduc
l'yavoie fait venir, où il
luy donnoitune pension de
10000florins qui ne fervoient
que pour sa subsstance
& avec laquelle il
vivoit commeun particulier.
Ce Prince estoitfilsà
Michel Abaffi Prince de
Tranfilvanie, Comte de
Siculer
,
nommé par le
Grand Seicrneur Souverain
de la Principauté de Trartfilvanie
l'an 1661.& petitfils
d'un Magistrat de la
VilledHermànftade , ca^
pitale de cette Principaux
cc. Ce Prince avoit succedé
à Chimâin Janos qui
défit en bataille Jacob
Comte de Barclay, lequel
avoit esté nommé Prince
en 1658. & qui avoit fiiccedé
au Comte Redey- Ferents
nommé par le Turc
la melme année, la Principautédé
Tranfilvaniectf
sur les confins de Hongrie.
FredericGuillaumeIII.
du nom,Marquis de Bean.
debourg, grand Chambellan
& Electeur du saint
Empire Romain
,
Roy de
Prusse, Prince d'Orange
Duc de Magdebourg, Ju-,
liers, Cleves
,
Monts, Stetin,
Pomeranie, Cafubie
Vandalie, Silelie t
3
Crossen
& de Jargerndorff, Burgrave
de Nuremberg, Duc
de Rugie, Prince d'Halberftad
& de Minden.,
Comte de la Marche & de
Ravensperg,Seigneur de
Ravenstein
,
est more à
Berlin le 1y du mois de
Février de cette année. Il
estoit né l'an 1657. &: avoit
épousé en premières nop.
ces l'an 1679. le 23.Aoust
ElizabethHenrietteLandgrave
de Hesse Cairel fille
deGuillaumeVII Landgrave
de Hesse Cassel, ôc
de Hedwige SophiePrincesse
Electorale &de Brandebourg
: & en sécondés
nopces l'an 1684. le6Octobre
l felon Moniteur de
fainte Marthe dans son Europe
vivanteselon Monsieur
d'Osier dans l'un de
ses Manuscrits) le 2.6. Septembre,
Sophie Carherine
fille d'Ernest-Auguste Duc
de Brunswick Evesque
d'Osnabrucg
,
puis Duc
d'Hanover
, & de Sophie
Princesse Palatine Electoraletance
de Madame. Du
second lit est venu Frederic-
Guillaume Prince Electoral
de Brandebourg, né
le4.Aoust l'an 1688. qui
devient par la mort de son
pere Roy de Prusse & Electeur
de Brandebourg. llcft
marié & a des ensansàqui
il fait porter le titre de
Prince d'Orange à cause de
sa prétention à la Principauté
d'Orange, comme
èftint héritier de Guillaume
III. Prince d'Orange
Jnort en 1702.
La Maison de Brandebourg
est tres-noble, quoyque
les sentimens de son
origine soient partagez entre
les Autheurs, l'on ne
laisse pas de remarquer des
Princes de distinction de
cette Maison depuis près
de six siecles
)
c'est pourquoy
nous éviterons d'ennuyer
le Lecteur en rapportant
les premiers de
ceux de cette Maison, &
nous nous contenterons,
pour satisfaire sa curiosité
de dire que FrédéricIV.
acheta de* l, 'Empereur Sigifmond
de la Maison de
Luxembourg, leMarquisat
de Brandebourg 400000.
florins,ilen sur inverti au
Concile de Confiance llan
1417. & c'cft depuis cetems
que
que la Maiiort des Comtes
de Zollern est en possession
du Marquisat de Brandebourg,
& depuis lequel
elle s'estdivisee en différentes
branches; & afin de
donner une idéegenerale
de l'estat de cette Maison
nous remarquerons que
Georges-Guillaume Marquis
& Electeur de Brandebourg
,mort l'an 1656;
(selon Messieurs Scevole
de sainte Marthe dans son
Estat de l'Europe, & selon
Morery l'an 1640. ) & qui
eut beaucoupde parc aux
affaires d'Allemagne dans
le dix-septiéme
siecle.fils
de l'Electeur Jean -
Sigismond
,
qui introduisit la
doctrine de Calvin dans ses
Estats vers l'an 1614. que
ses Successeurs ont suivie,
&qui mourut l'an 1619.&
d'Anne filleaisnée d'Albert-
Frederic Duc de Pruss(
ed,'o&ù de Marie de Cleves,
vient la Prusse que
l'Electeur de Brandebourg
possede)laissa d'Elizabeth-
Charlotte Comtesse Palatine
du Rhin,fille de Frédéric
IV.EledleurPala-'
tin ,
plusieurs enfants.
1. Frédéric-Guillaume qui
fuit. z, Louise-Charlotte de
Brandebourg Duchesse de
Curlande
,
née le 3. Seprembre1617.
épousa le 30
Septembre 1645. Jacques
Duc deCurlande. 5. Hect
wigeSophie
,
née le 14.
Juillet 1623femme deGuillaume
VII. Landgrave de
Hesse-Cassel. 4. & Jean-
Sigismond mort en enfant
ce. « 1 Frederic-Guillaume Marquis
Electeur de Brandebourg,
épousa le 7. Dec
cembre 1646. Loüise Henriette
de Nassau Princesse
d'Orange, fîile du Prince
Frederic
-
Henry,ôc d'Amelie
Comtesse de Solms.
Cette Princesse estant morte
le 15. Juin 1667. il épousa
à Berlin ensecondes nopces
le 25 Juin 1668 Dorothée
DuchessedHolface-
Glucfbourg, & de Sophie-
Hedwige Duchesse de Saxe-
Lavembourg.
Du premier lit font venus
I. Charles-Emilie Marquis
de Brandebonrg né Je
6. Février 1655. 2.Frédéric
Guillaume qui vient de
mourir. 3. N. fille née le
15?. Novembre 1664 4
Louis. Leopold Margrave
de Magdebourg, né l'an
1666 qui épousa l'an 1680.
Loüise Charlotte de Radzewil
Princesse fort riche
en Pologne, fille du Prince
Bogellas Gouverneur de
Prusse pour l'Eleéteur.
Du second lit font venus
1. Philippe-Guillaume
né le 19. May 1669. & baptiséle
9. Juin. 1. Albert-
Frederic né le 14. Janvier
1671.. 3.Chriftien-Louis
né le 14. May 1677.4 M'ai.
rie - Emilie née le 16. Novembre
1670. & mariée le
26 Juin 1689. avec Maurice
- Guillaume Duc de Saxe.
Zeilt
,
elle estoit veuve
de Charles Duc de Mekclbourg
- Guftraw qu'elle a-
Voitépouséle8. AoLift1687,
sans enfans. y. Elizabeth-
Sophie de Brandebourg , née le 16. Mars 1674. &
mariée le 19. Avril 169u
avec Frederic-CasimirKeU
ter Duc de Curlande & de
Semigall en Livonie dont
il a eu Frédéric- Guillaume
J •
Kelter Ducde Curlande &
de Semigall.
, mort le 20•
Février 1711. qui avoic epousé
le 13Novembre 17iola
PrincesseAnne fille unique
du Czar Jean Grand
Duc de Moscovie.
J'ay dit cy- dessus que la'
Maison de Brandebourg
ffioir divisée en plusieurs
branches, desquelles il n'y
en a plus que trois qui subsistent,
qui font l'aisnée
celles des Marquis de Ba,-
reith ou deCulembach
)
ôc
les Marquis de Brandebourg-
Anspach.
Celles des Marquis de
Culembach a pour tige
Christian Marquis de Culembach
& de Bareith fils
de Jean - Georgçs Electeur
de Brandebourg, & d'Elizabeth
fille de Joachim-
Ernest Duc d'Anhalc sa
troisiéme femme
,
lequel
laissaErmanAuguste mort
l'an 1651qui de Sophie
Marquise de Brandebourg
a laisse Chrestien,Ernest
Marquis de Brandebourg-
Bareith ou de Culembachoù
il reifde,jie le 1 7.Juik letc 1644,&quia épouse en
en premieres nopees le 19.
Oaobrc: 1661. Ertrude. Sophie
Duchesse de Saxe fille
de l'Electeur Jean-Georges
II. du nom, & de Magdelaine
- Sibille Marquise
de Brandebourg, &en fécondésSophie-
Loüise Du
cJaefle deWirtemberg: du
fecond lit sont venus Chreflienne-
Ebradc,Eleonore-
Magdelaine, George-GuiL
laumené en 1678.
La branche des Marquis
de Brandebourg-AnC.
pach a pour tige Joachim-
Ernest fils du mesme JeanGeorges>&
de sa troisiéme
femme.CeJoachim Erneü
aeu de Sophie deSolms
Albert quis'est marié deux
fois: la prcmiere le n.
Aoust 1642. avec Loüise-
Henriette Duchesse de
Wirtemberg,&la seconde
avec Marguerite
-
Sophie-
Comtessed'Ortingen. Du
premier lit il n'a eu qu'une
fille, & du second est
neentrautresenfansJean-
Frederic l'an 1654. Marquis
dé Brandebourg- Anspach,
qui a cpoufe Jeanne Elizabeth
de Bade-DourlÀc,de
laquelle il a Chriftian- Alberty
Dorothée
- Fridericque,
& Georges -
Frideric9
& n'en a point de Leonor.
Ermude-Loüise de Saxe-
Eifenac sa seconde femme.
Reste prefentemenc à faire
remarquer que l'Elec^
teur de Brandebourg est
le plus puissant -& le plus
riche de tous les Electurs,
il l'on en excepte le Roy
de Bohême
,
qu'il est Luthérien
comme nous l'avons
dit cy dessus
,
qu'il
fait sa residence à Berlin
:OÙ il tientune nombreuse
Cour, & qu'il est le [epr
tiéme aux Assemblées Imperiales.
LePrince Abaffi quidemeuroit
à Vienne en Austriche,
y mourut le premier
de ce mois, âgede trencesix
ans. Ila elle enterre
sansaucune pompe. L'Empereurpere
de l'Archiduc
l'yavoie fait venir, où il
luy donnoitune pension de
10000florins qui ne fervoient
que pour sa subsstance
& avec laquelle il
vivoit commeun particulier.
Ce Prince estoitfilsà
Michel Abaffi Prince de
Tranfilvanie, Comte de
Siculer
,
nommé par le
Grand Seicrneur Souverain
de la Principauté de Trartfilvanie
l'an 1661.& petitfils
d'un Magistrat de la
VilledHermànftade , ca^
pitale de cette Principaux
cc. Ce Prince avoit succedé
à Chimâin Janos qui
défit en bataille Jacob
Comte de Barclay, lequel
avoit esté nommé Prince
en 1658. & qui avoit fiiccedé
au Comte Redey- Ferents
nommé par le Turc
la melme année, la Principautédé
Tranfilvaniectf
sur les confins de Hongrie.
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, électeur du Saint-Empire Romain, prince d'Orange, et détenteur de nombreux autres titres. Il est mort à Berlin le 1er février. Né en 1657, il avait épousé en premières noces Élisabeth-Henriette, landgrave de Hesse-Cassel, en 1679, et en secondes noces Sophie-Charlotte, fille d'Ernest-Auguste, duc de Brunswick et électeur de Hanovre, en 1684. De ce second mariage est né Frédéric-Guillaume, prince électoral de Brandebourg, qui devint roi de Prusse et électeur de Brandebourg à la mort de son père. La Maison de Brandebourg, bien que son origine soit débattue, est reconnue pour sa noblesse et ses princes distingués depuis près de six siècles. Frédéric IV acheta le marquisat de Brandebourg en 1417. La famille s'est divisée en plusieurs branches, dont trois subsistent : celle des marquis de Bareith ou de Culembach, celle des marquis de Brandebourg-Ansbach, et l'aînée. Le texte mentionne également la mort du prince Abaffi à Vienne, à l'âge de trente-six ans, sans pompe funèbre. Il était fils de Michel Abaffi, prince de Transylvanie, et petit-fils d'un magistrat de la ville de Hermannstadt.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3802
p. 133-154
L'INTERPRETE GALANT. Nouvelle.
Début :
Il est des filoux qu'on ne peut haïr ; on doit même sçavoir [...]
Mots clefs :
Interprète, Excellence, Lettre, Ambassadeur, Plaisir, Héros, Honneur, Roi de Perse, Ambassadeur du roi de Perse, Dames, Orient, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'INTERPRETE GALANT. Nouvelle.
L'INTERPRETE GALANT ,
Nouvelle.
Il eſt des filoux qu'on ne
peut hair ; on doit même ſça134
MERCURE
voir bongré à celuy qui cherche
depuis deux mois àmeri
ter l'altime de Mademoiselle
Lheritier connue ſous le nom
de Thelefille , & par les jolies
choſes qu'ellea donnéesau pu
blic. Les AcademiesdePadoüc
& de Toulouſe luy ont envoyé
avec diſtinction des Let
tresd'Academiciene , quiren
dent ſon fortglorieux. Un inconnu
ſous le nom de M. de
Courpuis qui a voyagé pandant
plus de dix ans dans l'Aſie
, luy a écrit depuis fix femaines
deux Lettres accompagnéesde
petits preſens qu'-
GALANT. 135
elle a reçus comme envoyez
de la partde l'Ambaſſadeur du
Roy de Perſe , & certifiez du
feing contrefait de M. de
Courpuis , Interprete& Secre
taire de ſon Excellence ,&ancien
amy de Mademoiselle
Lheritier , qui feroit fort aife
de ſçavoir à qui elle a l'obli
gation&des Preſents ,&des
Lettres galantes que le faux de
CCoouurrppuuiiss lluuyy a écrites de la
part du Seigneur Ochus. La
premiere Lettre commencée
en ſtile Perfan eft datée du fix
Fevrier. Voicy ce qu'elle con
tient.
136 MERCURE
MADEMOISELLE,
Que la prunellede mesyeux
foit le centierde vos pieds . &
que vôtre renommée brille &augmente
de jour en jour , ainsi que
fait tous les ans le Soleil dansſa
course.
Le grand Sophi , monfouverain
Seigneur&Maistre, ayant
entendu de toutes parts de magnifiques
recits de Loüis leGrand vôtre
Roy , m'a envoyé l'enfeliciter
, &luy rendre les témoignages
d'eftime que meriteſon long
glorieux Regne , &luy en
Souhaiter
GALANT. 157
fouhaiter une longue continuation.
Il m'a chargé de plus de faire
choifir les meilleurs Peintres de
Paris pour avoir les Portraits de
toutes les Dames qui s'ysignalent
par les talens de leur efprit ; il a
déja les Portraitsde feu Meſdames
de la Suſe ,de Villedieu ,des
Houtieres ,&de Mademoiselle
de Scudery , & il attend avec
impatience le vôtre ,Mademoifelle,
&ceux de Mesdames Da
cier , Barbier , &de Mademoifelle
des Houlieres ; ces Tableaux
feront honorez de fiecle en fiecle
dans la Galerie des Sophis , dont
Mars 1715 .
M
138 MERCURE
les fujets naiſſent toûjours avec
une eſtime infinie pourlesMuses.
Lefucre &le caffé étant en
usage chez les Européens comme
chez les Perfans ,j'ay efperé que
vous voudriez bien , Mademoi
felle, en accepter de la part du
plus humble du plus obéiffant
de tous vos ferviteurs ,
Ochus ,Ambaffadeur
duRoy dePerfe.
Par Monseigneur Ochus , de
Courpuis , Interprete
tairedefon Excellence.
Secre-
Mademoiselle Lheritier qui
ne manque à rien , remercia
par lePoëme qui fuit: leCour
GALANT. 139
rier de M.de Courpuis s'engagea
à repaſſer dés le lendemain
chez elle ſur les dix heures
du matin , parce que fon
Maiſtre tres occupé aux dépêches
de Monseigneur Ochus,
ne pourroit pas venir luy même
apprendre le ſort de laLettre
de fon Excellence.
AU ROY DE PERSE.
Augustesouverain des climats
que l'Aurore
Seme defes premiers rubis ,
Lorsquefousfes pompeux habits,
De mille feux divers Phorifon
elte dore
Mij
140 MERCURE
Succeffeur du vaillant Cirus ,
Honneur de l'Orient ; ô Ciel le
puis -je croire?
Quoy mes foibles talens , grand
Roy,voussont connus ;
Du Trône où vous brillez environné
de gloire
Dois-je meflatterpuißant Roy ,
Que vous daignez penseràmoy.
Ilest vray que l'amour que j'ay
pour la Science
Qu'à tout autre plaisir mon coeur
Sçait preferer ,
Peut me permettre d'esperer
La glorieuse bienveillance ,
Dont voſtre ame fublime a daigné
m'honoreri
GALANT. 141
Cettegrande ame encoreafçu confiderer-
Le zele vif , ardent , plein de
tendreffe
Qui m'anime fans cefße
Pour ce Roy modele des Rois ,
Dont nos heureux climats fuivent
les douces loix ;
Heros par fes exploits , comme
par sa fageffe ,
Etqui lefrontornédes couronnes
de Mars
د
1
- Fait triompherla Paix ,les Misſes,&
les Arts ;
Je meflatte donc que le zele,
Que pour un tel Heros mon coeur
fit toûjours voir,
142 MERCURE
Et l'amour ardent &fidele
me fait en tous lieux honorer Quime
le fçavoir ,
Seuls ontformépour moyquelque
bruitpropre àplaire
AuRoy leplusfameuxque l'Orient
reveres
Ces deux justes penchants que
j'ayrecen desCieux
Uniſſent monnomàvosyeux ,
Avecceux deces Heroines ,
Dont les Vers font fi gracieux ,
Dont les lumieres ſont divines .
Daignant ainſi m'unir aux Saphos,
auxCorinnes,
Grand Roy, que vous rendez
mon deftin glorieux
GALANT. 143
Vous, illuftres Dacier, Barbier,
erdes Houlieres, 1
Pour vos doctes pinceaux quelles
riches matieres,
Parun rare avantage on verra
nos portaits
Dansle magnifiquePalai.
D'unRoy de qui leDiademe
Eclate dans tout l'Univers :
Mon eſprit enchantéde cethonneurSuprême
,
6 Vafaire mille efforts divers
Pour s'éleverfans ceffeau-dessus
de luy-même
Et tracerparde brillans traits
De ce Roy genereux l'auguste
bienveillance
:
144 MERCURE
Etla magnificence.
Oüy digne poffeffeur du Trône de
Cirus,
Quand vostre Ambaßadeur ,
tres galant Ochus ,
le
M'enaauurrooiitt uunnppeeuuffaaiirt accroire,
Ma Lyre avec éclat racontant
voſtre Histoire
Fera voiraux mortels parde nobles
accens ,
Que dans le divin art des Filles de
Memoire,
Onaugmentebienſes talens ,
Alors qu'on a cuëilly les doux
fruits de laGloire.
Le faux de Courpuis informé
que fon jeu n'avoit pas
déplû
GALANT. 145
déplû à Mademoiselle Lheritier
, s'en eſt attiré un Remerciment
par les vers qu'elle fir ,
aprés avoir receu de fa partun
ſecond Preſent avec la Lettre
ſuivante datée du deuxiémo
MarsDS
MADEMOISELLE
Il est bien juste quefon Excellencefoit
des premiers à vous affurer
qu'on trouve mille beautez
dans lePoëme que vous avezfait
pour le Roy de Perfe ; il s'écria
dés queje luy en eut rendu leſens
en Perfan. O Kaia verras miris
Mars 1715 . N
146 MERCURE
fordhain Brux gonce , Klos
triſnil hinius s'Rein di Perſas ,
paroles qui veulent dire : O fille
vertueuſe& ſcavantequi connoiſſez
comme moy , la puif.
fance& les belles qualitez du
Monarque qui gouverne le
vaſte Empire des Perſes: Il me
commanda dans le même inftant
de le traduire à la lettre en
Perfan, diſantqu'il n'auroit rien
manqué au plaisir que vous luy
avezfait , si vous euffiez bien
voulu le traduire vous-même ,
vous dont la connoissance pour
toutes les Langues est telleque les
Académies étrangeresſeſontfait
GALANT. 147
honneur de vous donner le premier
rang entre ceux qu'ony reçoit
; c'estfans doute dans vostre
bel ouvrage , Mademoiselle, que
fonExcellence a trouvé des lumieres
& des inſtructions pour
complimenter Loüis le Grand; car
dés qu'il vit ce Heros , il le reconnut
aux traits dont vous l'avez
deſigné dans vostre Poëme,
ſaiſi d'admiration àſa vûë ,
il s'humilia devant luy , en couurantfes
yeux ébloüis de l'éclat
qui l'environnoit : il finit fon
Compliment en difant que l'heritier
du Roy de Perſe luy envieroit
le plaifir &l'honneur qu'ilavoit
Nij
48 MERCURE
d'avoir été nommé Ambafſſadeur
auprés d'un Prince qui ſurpaße
tout ce que nos peres ont vû de
plus grand deplus magnifique.
Ce Compliment , que la verité
foûtient , a plû àtoute la Cour ,
&eft au gré de toutes les perfonnes
qui en ont connoiffance. Son
Excellence, Mademoiselle, vous
prie de vouloir bien accepter la
caßette qui vousferapreſentée de
Sapart par l'Envoyé que vous
depute,MADEMOISELLE,
Vostre tres-humble & tresobéiſſant
ferviteur de Cour-
-puis , Interprete& Secretaire
de Monseigneur Ochus.
GALANT. 149
On ne doute pas que MademoiselleLheritier
deſabusée
de tout ce que le faux Interprete
luy a voulu faire croire ,
& du Roy de Perſe , &de ſon
Ambaſſadeur , n'ait fait malgré
les innocentes ſupercheries
du faux de Courpuisl, o
Poëme qui fuit en fa faveur ,
affectant neanmoins toûjours
la même credulité , & pour
joüer juſqu'à la fin le même
rôlle , elle l'a donné ſous le
nom de l'Ambaſladeur duRoy
de Perfe.
Niij
150 MERCURE
A L'AMBASSADEUR
OCHUS .
Ambaſſadeur du Roy leplus
puiffant d'Afie
Habile &genereux Ochus
Malgré tout le plaisir dont mon
ame estfaifie
Fay l'esprit interdit ,confus:
Etje nepuis qu'à peine exprimer
maſurpriſes
Neferois-je point de mépriſe
Si j'allois aujourd'huy croire de
bonne foy ,
Que le fameux Sopbi ſucceſſeur
deCambife
GALANT. 131
Si gratieusement s'aviſe
De penser quelquefois à moy :
Quoy donc le Souverain de vostre
vafte Empire ,
Sçauroit que dansParis Thelefile
respire ,
Aimant l'Histoire&lePlan
De Perfepolis, d'Ispahan :
Maispour ſçavoir enfin ce qu'il
faut quej'enpense ,
DaignezbientoftSeigneurOchus,
Par l'honneurde vostre prefence ,
Eclaircir monfort là deſſus ;
Et de grace daignez de plus
Montrer vos Lettres de creance ;
Vous écrivez d'un tourſi rempli
d'éloquence ,
Niiij
152 MERCURE
Que vous féduiriez aiſement
Uncoeur lemien remmoins
que le
pli de défiances
Mais enfin ce tour fi charmant ,
Soi qu'iill vienne d'Ochus , ou
d'une amic illuftre ,
Del'Orient a tout le fre
O vousdonc qui joignez à defi
doux encens
Encor de gratieux preſens ,
Paroiffezànos yeux , calmez la
Faloufie
Ou de l'Europe , ou de l'Afie ;
Ab que l'une des d'ux enviera
vos talens.
La Cafferte que le faux de
Courpuis avoit envoyée avec
1
GALANT. 153
fa ſeconde Lettre fut annoncée
dés le même jour aux meilleures
amies de Mademoiselle
Lheritier , &toutes furent invitées
de venir dés le lende
main partager avec elle les
choſes rares qu'elle pouvoit
contenir ; chacune à ſon gre
s'y deſtina un bijoux , ou en
bague , ou en Croix ; les rubis
&les perles étoient leurs moindres
eſperances , & Mademoifelle
Lheritier qui affura àtou
tes les Dames qui entroient
chez elle , qu'elle avoit une
caffette tres lourde à partager
avec elles ; leur fit enfin ſervir
154 MERCURE
un bon ambigu , oùla caffette
devenuë pâté de canards d'Amiens
, étoit en beau point de
vûë , ſur un ſurtout , au milieu
de la table ; on avoit faim , &
tous dirent d'une voix queM.
de Courpuis faifoit fes preſents
tres à propos ; les Dames
opinerent , & affurerent
toutes que le faux de Courpuis
étoit preſent; celuyqu'elles
nommerent ne s'en défendit
point trop ; on bût à fa
ſanté , on le remercia , & on
l'aſſura fort que pareilles fupercheries
Leroient toujours
bien receuës.
Nouvelle.
Il eſt des filoux qu'on ne
peut hair ; on doit même ſça134
MERCURE
voir bongré à celuy qui cherche
depuis deux mois àmeri
ter l'altime de Mademoiselle
Lheritier connue ſous le nom
de Thelefille , & par les jolies
choſes qu'ellea donnéesau pu
blic. Les AcademiesdePadoüc
& de Toulouſe luy ont envoyé
avec diſtinction des Let
tresd'Academiciene , quiren
dent ſon fortglorieux. Un inconnu
ſous le nom de M. de
Courpuis qui a voyagé pandant
plus de dix ans dans l'Aſie
, luy a écrit depuis fix femaines
deux Lettres accompagnéesde
petits preſens qu'-
GALANT. 135
elle a reçus comme envoyez
de la partde l'Ambaſſadeur du
Roy de Perſe , & certifiez du
feing contrefait de M. de
Courpuis , Interprete& Secre
taire de ſon Excellence ,&ancien
amy de Mademoiselle
Lheritier , qui feroit fort aife
de ſçavoir à qui elle a l'obli
gation&des Preſents ,&des
Lettres galantes que le faux de
CCoouurrppuuiiss lluuyy a écrites de la
part du Seigneur Ochus. La
premiere Lettre commencée
en ſtile Perfan eft datée du fix
Fevrier. Voicy ce qu'elle con
tient.
136 MERCURE
MADEMOISELLE,
Que la prunellede mesyeux
foit le centierde vos pieds . &
que vôtre renommée brille &augmente
de jour en jour , ainsi que
fait tous les ans le Soleil dansſa
course.
Le grand Sophi , monfouverain
Seigneur&Maistre, ayant
entendu de toutes parts de magnifiques
recits de Loüis leGrand vôtre
Roy , m'a envoyé l'enfeliciter
, &luy rendre les témoignages
d'eftime que meriteſon long
glorieux Regne , &luy en
Souhaiter
GALANT. 157
fouhaiter une longue continuation.
Il m'a chargé de plus de faire
choifir les meilleurs Peintres de
Paris pour avoir les Portraits de
toutes les Dames qui s'ysignalent
par les talens de leur efprit ; il a
déja les Portraitsde feu Meſdames
de la Suſe ,de Villedieu ,des
Houtieres ,&de Mademoiselle
de Scudery , & il attend avec
impatience le vôtre ,Mademoifelle,
&ceux de Mesdames Da
cier , Barbier , &de Mademoifelle
des Houlieres ; ces Tableaux
feront honorez de fiecle en fiecle
dans la Galerie des Sophis , dont
Mars 1715 .
M
138 MERCURE
les fujets naiſſent toûjours avec
une eſtime infinie pourlesMuses.
Lefucre &le caffé étant en
usage chez les Européens comme
chez les Perfans ,j'ay efperé que
vous voudriez bien , Mademoi
felle, en accepter de la part du
plus humble du plus obéiffant
de tous vos ferviteurs ,
Ochus ,Ambaffadeur
duRoy dePerfe.
Par Monseigneur Ochus , de
Courpuis , Interprete
tairedefon Excellence.
Secre-
Mademoiselle Lheritier qui
ne manque à rien , remercia
par lePoëme qui fuit: leCour
GALANT. 139
rier de M.de Courpuis s'engagea
à repaſſer dés le lendemain
chez elle ſur les dix heures
du matin , parce que fon
Maiſtre tres occupé aux dépêches
de Monseigneur Ochus,
ne pourroit pas venir luy même
apprendre le ſort de laLettre
de fon Excellence.
AU ROY DE PERSE.
Augustesouverain des climats
que l'Aurore
Seme defes premiers rubis ,
Lorsquefousfes pompeux habits,
De mille feux divers Phorifon
elte dore
Mij
140 MERCURE
Succeffeur du vaillant Cirus ,
Honneur de l'Orient ; ô Ciel le
puis -je croire?
Quoy mes foibles talens , grand
Roy,voussont connus ;
Du Trône où vous brillez environné
de gloire
Dois-je meflatterpuißant Roy ,
Que vous daignez penseràmoy.
Ilest vray que l'amour que j'ay
pour la Science
Qu'à tout autre plaisir mon coeur
Sçait preferer ,
Peut me permettre d'esperer
La glorieuse bienveillance ,
Dont voſtre ame fublime a daigné
m'honoreri
GALANT. 141
Cettegrande ame encoreafçu confiderer-
Le zele vif , ardent , plein de
tendreffe
Qui m'anime fans cefße
Pour ce Roy modele des Rois ,
Dont nos heureux climats fuivent
les douces loix ;
Heros par fes exploits , comme
par sa fageffe ,
Etqui lefrontornédes couronnes
de Mars
د
1
- Fait triompherla Paix ,les Misſes,&
les Arts ;
Je meflatte donc que le zele,
Que pour un tel Heros mon coeur
fit toûjours voir,
142 MERCURE
Et l'amour ardent &fidele
me fait en tous lieux honorer Quime
le fçavoir ,
Seuls ontformépour moyquelque
bruitpropre àplaire
AuRoy leplusfameuxque l'Orient
reveres
Ces deux justes penchants que
j'ayrecen desCieux
Uniſſent monnomàvosyeux ,
Avecceux deces Heroines ,
Dont les Vers font fi gracieux ,
Dont les lumieres ſont divines .
Daignant ainſi m'unir aux Saphos,
auxCorinnes,
Grand Roy, que vous rendez
mon deftin glorieux
GALANT. 143
Vous, illuftres Dacier, Barbier,
erdes Houlieres, 1
Pour vos doctes pinceaux quelles
riches matieres,
Parun rare avantage on verra
nos portaits
Dansle magnifiquePalai.
D'unRoy de qui leDiademe
Eclate dans tout l'Univers :
Mon eſprit enchantéde cethonneurSuprême
,
6 Vafaire mille efforts divers
Pour s'éleverfans ceffeau-dessus
de luy-même
Et tracerparde brillans traits
De ce Roy genereux l'auguste
bienveillance
:
144 MERCURE
Etla magnificence.
Oüy digne poffeffeur du Trône de
Cirus,
Quand vostre Ambaßadeur ,
tres galant Ochus ,
le
M'enaauurrooiitt uunnppeeuuffaaiirt accroire,
Ma Lyre avec éclat racontant
voſtre Histoire
Fera voiraux mortels parde nobles
accens ,
Que dans le divin art des Filles de
Memoire,
Onaugmentebienſes talens ,
Alors qu'on a cuëilly les doux
fruits de laGloire.
Le faux de Courpuis informé
que fon jeu n'avoit pas
déplû
GALANT. 145
déplû à Mademoiselle Lheritier
, s'en eſt attiré un Remerciment
par les vers qu'elle fir ,
aprés avoir receu de fa partun
ſecond Preſent avec la Lettre
ſuivante datée du deuxiémo
MarsDS
MADEMOISELLE
Il est bien juste quefon Excellencefoit
des premiers à vous affurer
qu'on trouve mille beautez
dans lePoëme que vous avezfait
pour le Roy de Perfe ; il s'écria
dés queje luy en eut rendu leſens
en Perfan. O Kaia verras miris
Mars 1715 . N
146 MERCURE
fordhain Brux gonce , Klos
triſnil hinius s'Rein di Perſas ,
paroles qui veulent dire : O fille
vertueuſe& ſcavantequi connoiſſez
comme moy , la puif.
fance& les belles qualitez du
Monarque qui gouverne le
vaſte Empire des Perſes: Il me
commanda dans le même inftant
de le traduire à la lettre en
Perfan, diſantqu'il n'auroit rien
manqué au plaisir que vous luy
avezfait , si vous euffiez bien
voulu le traduire vous-même ,
vous dont la connoissance pour
toutes les Langues est telleque les
Académies étrangeresſeſontfait
GALANT. 147
honneur de vous donner le premier
rang entre ceux qu'ony reçoit
; c'estfans doute dans vostre
bel ouvrage , Mademoiselle, que
fonExcellence a trouvé des lumieres
& des inſtructions pour
complimenter Loüis le Grand; car
dés qu'il vit ce Heros , il le reconnut
aux traits dont vous l'avez
deſigné dans vostre Poëme,
ſaiſi d'admiration àſa vûë ,
il s'humilia devant luy , en couurantfes
yeux ébloüis de l'éclat
qui l'environnoit : il finit fon
Compliment en difant que l'heritier
du Roy de Perſe luy envieroit
le plaifir &l'honneur qu'ilavoit
Nij
48 MERCURE
d'avoir été nommé Ambafſſadeur
auprés d'un Prince qui ſurpaße
tout ce que nos peres ont vû de
plus grand deplus magnifique.
Ce Compliment , que la verité
foûtient , a plû àtoute la Cour ,
&eft au gré de toutes les perfonnes
qui en ont connoiffance. Son
Excellence, Mademoiselle, vous
prie de vouloir bien accepter la
caßette qui vousferapreſentée de
Sapart par l'Envoyé que vous
depute,MADEMOISELLE,
Vostre tres-humble & tresobéiſſant
ferviteur de Cour-
-puis , Interprete& Secretaire
de Monseigneur Ochus.
GALANT. 149
On ne doute pas que MademoiselleLheritier
deſabusée
de tout ce que le faux Interprete
luy a voulu faire croire ,
& du Roy de Perſe , &de ſon
Ambaſſadeur , n'ait fait malgré
les innocentes ſupercheries
du faux de Courpuisl, o
Poëme qui fuit en fa faveur ,
affectant neanmoins toûjours
la même credulité , & pour
joüer juſqu'à la fin le même
rôlle , elle l'a donné ſous le
nom de l'Ambaſladeur duRoy
de Perfe.
Niij
150 MERCURE
A L'AMBASSADEUR
OCHUS .
Ambaſſadeur du Roy leplus
puiffant d'Afie
Habile &genereux Ochus
Malgré tout le plaisir dont mon
ame estfaifie
Fay l'esprit interdit ,confus:
Etje nepuis qu'à peine exprimer
maſurpriſes
Neferois-je point de mépriſe
Si j'allois aujourd'huy croire de
bonne foy ,
Que le fameux Sopbi ſucceſſeur
deCambife
GALANT. 131
Si gratieusement s'aviſe
De penser quelquefois à moy :
Quoy donc le Souverain de vostre
vafte Empire ,
Sçauroit que dansParis Thelefile
respire ,
Aimant l'Histoire&lePlan
De Perfepolis, d'Ispahan :
Maispour ſçavoir enfin ce qu'il
faut quej'enpense ,
DaignezbientoftSeigneurOchus,
Par l'honneurde vostre prefence ,
Eclaircir monfort là deſſus ;
Et de grace daignez de plus
Montrer vos Lettres de creance ;
Vous écrivez d'un tourſi rempli
d'éloquence ,
Niiij
152 MERCURE
Que vous féduiriez aiſement
Uncoeur lemien remmoins
que le
pli de défiances
Mais enfin ce tour fi charmant ,
Soi qu'iill vienne d'Ochus , ou
d'une amic illuftre ,
Del'Orient a tout le fre
O vousdonc qui joignez à defi
doux encens
Encor de gratieux preſens ,
Paroiffezànos yeux , calmez la
Faloufie
Ou de l'Europe , ou de l'Afie ;
Ab que l'une des d'ux enviera
vos talens.
La Cafferte que le faux de
Courpuis avoit envoyée avec
1
GALANT. 153
fa ſeconde Lettre fut annoncée
dés le même jour aux meilleures
amies de Mademoiselle
Lheritier , &toutes furent invitées
de venir dés le lende
main partager avec elle les
choſes rares qu'elle pouvoit
contenir ; chacune à ſon gre
s'y deſtina un bijoux , ou en
bague , ou en Croix ; les rubis
&les perles étoient leurs moindres
eſperances , & Mademoifelle
Lheritier qui affura àtou
tes les Dames qui entroient
chez elle , qu'elle avoit une
caffette tres lourde à partager
avec elles ; leur fit enfin ſervir
154 MERCURE
un bon ambigu , oùla caffette
devenuë pâté de canards d'Amiens
, étoit en beau point de
vûë , ſur un ſurtout , au milieu
de la table ; on avoit faim , &
tous dirent d'une voix queM.
de Courpuis faifoit fes preſents
tres à propos ; les Dames
opinerent , & affurerent
toutes que le faux de Courpuis
étoit preſent; celuyqu'elles
nommerent ne s'en défendit
point trop ; on bût à fa
ſanté , on le remercia , & on
l'aſſura fort que pareilles fupercheries
Leroient toujours
bien receuës.
Fermer
3803
p. 132-160
Premier Article des Morts, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à plusieurs Articles de Morts, sur la plûpart desquels [...]
Mots clefs :
Abbé de la Fay, Villeneuve, Philippe Verheyen de Verrebroucq, Docteur, Abbé de la Ferté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premier Article des Morts, [titre d'après la table]
Je patTe à plusieurs Articles
de Morts, sur la plûpart desquels je ne m'étendray point,
l'ouverture des deux Acade-
mies Royales, d'après Pâques,
m'ayant mené trop loin.
Mr le Brun de Villeneuve,
Cadet dans le Regiment des
Galliotes a
esté blesse à la désense de Mortagne. Il est mort
de ses blessures. Il n'avoit encore fait que deux Campagnes,
& n'estoitâgé que de 20. ans.
Ilestoit fils de Mr le Brun Auditeur des Comptes, petit neveu de feu l'illustre Mr le Brun
premier Peintre du Roy,&
petit-fils defeu Mr~Quinaut
Auditeur des Comptes,& l'un
des quarante de l'Académie
Françoise. Il y a
lieu de croire
qu'il auroit pouffé loin lardeur
de son courage, s'il n'estoit
pas mort dans un âge si peu
avancé.
Dame Anne de Villers, epouse de Mre Loüis Girard de la
Cour des Bois, Chevalier Marquis du Tilhay, Doyen des
Maistres des Requestes, & auparavant Veuve de Mre Pierre
Girardin Conseiller & Secretaire du Roy, est morte âgée
de 86. ans.
Mre NicolasEdouard Olier,
Chevalier Seigneur de Maisons, Verneül
)
&c. Doyen des
Conseillers au grand Canseil.
*
Mre Charles Comte du Liscoëc, Chevalier Seigneur de la
Planche, Capiraine des CentSuisses de S. A. R Monsieur le
Duc d'Orleans,est aussi decedé.
Cette Charge a
esté donnée à
Mr D
le Marquis de Nancré:
Dame Catherine Amelot,
Sœur de Mr le President Amelot,& Veuve de Mre Louis de
Haussonville, Comte deVaubecourt., & Lieutenant General desArméesdu Roy.
jf Dame Marguerite de Marescot
)
épouse de Mre François de Baussan
,
mourut le
F 22.. Avril aulïi chrestienne-
ment qu'elle avoir vêcu. Elle
estoit fille de Mre Michel de
Marescot, Chevalier Seigneur
de Thoiry & autres lieux,
Conseiller d'Etat & Maistre
des Requestes
,
& de Dame
Adrienne de Maupeou d'Ablege,. parente de MelaChanceliere. M' de Baussan son époux a
servi long temps avec
honneur, & ne s'estretiré qu'à
cause de l'incommodité de ses
blessures. Il est frère puisné de
feu Mr de BaussanMaistre des
Requestes, & de Mr l'Abbé de
Baussan
,
tous fils de Mr de
Baussan Conseiller d'Etat, &
mort Intendant d'AICice'Coufin germain de feu Mr le Chancelier le Tellier;j de son allianceavec la deffuntesontnésMr
r
de BaussanConseiller de,la
Quatrième des Enquestes fort
distingué dans sa Chambre,
& Mr de Baussan Ecuyer du
Roy. La famille de cette Da-
; me est originaire d'Italie, étai
bhc en France depuis long-
,
temps, & une branche de celle
, du Cardinal Marescotti si recommandable dans le Sacré
ô College; elle est alliée aussi bien
r
que celle de Baussan à plusieurs
autres de la Robe des plus,il-
lultres ;
elle laisse trois freres,
dont l'aîné est Mr de Marescot
,
Chevalier Seigneur de
Toiry & Maréchal des Logis
general de la Cavalerie de France & Chevalier de S. Louis, &
Mrs les Abbez de Marescot,
dont la vie ca exemplaire.
Mrc Louis de Lestrade, Chevalier Seigneur dudit lieu,
Lieutenant général des Armées
du Roy, Lieurenanr des Gardes du Corps de S. M. Gouverneur de Landrecies, & Chevalier de S. Louis.
Je ne puis m'empêcher de
m'étendre davantage sur les
deux Articles suivans.
Mre N. de Chapuys-larFay
,
Prestre Docteur de la
Maison & Societé de Sorbonne,estmortàNevers dansun
âge peu avancé.Ilestoit fils de
feu Mr de Chapuis de la Fay,
Conseiller au Prcfidial de Lyon
& frere de Mr de la Fay, qui.
a
la même Charge à la Cour
des Monnoyes, de Mr de Vaudragon, quia long temps servi en qualité de Capitaine de
Dragons, & de Me la ComteLTe de Souvigny, & proche
-
parent de Mr de Fenoil Maître
de$Requcftçs. Mrl'Abbéde
la Fay avoir cite pendant huit
ou neu f
ans Obeancierde S.
Just
,
c'est à dire Chef de la
premiere Collégiale de Lyon,
& en cette qualité Orateur de
l'Eglise de la même Ville. Il
avoit succedé à Mr Jeannon,
& il eut pour successeur Mr
l'Abbé Rambaut Champrenard Grand
-
Vicaire de Nevers, Mr l'Abbé de la Fay luy
ayant remis cette dignité pour
un Prieuré aux Portes de Nevers, où ila passé le reste de sa.
vie. Mr de la Fay avoir eilé
Prieur de Sorbonne pendant
la Licence, & il avoit même
emporte le Priorat sur Mr
Maigrot aujourd'huy Eveque
de Conon
,
& qui faisoit sa
Licence avecluy, & que l'on
proposoit pour cette Charge.
Mr Philippe Verhcyen de
Verrebroucq Docteur en Medecine
,
Professeur Royal en
Anatomie & en Chirurgie,est
,
mort à Louvain à la 62année
f
de son âge.Saréputation étoit
celebre dans tous les Pays ou
l'on cultive les Lettres. Aprés
I avoir étudié pendant deux an-
;
nées les Humanitez dans le
College de la Sainte Trinité à
Louvain, il étudia laPhiloso-
phic,dans
---------
le fameux College
de Lille, où il fit de si grands
progrés, qu'il emporta le premier Lieu en 1677. dans l'examen général qui sesit des quatre célébrés Collèges de cette
Université. Il avoir projette de
s'attacher ensuite à la Theologie
;
mais la Providence qui
avoir resolu de faire rendre à
l'étude de la Medecine l'hon-
,
neur qui luy estdû, luy inCpiaj
ra le dessein de s'yattacher. Car
au commencement de ses études Theologiques, une grande
inflammation sur l'os de la
jambe qui fut suivie de la gan-
grene
,
ayant mis les Chirurgiens dans la necessité de la
£«uper, il se vit par là moins
propre pour l'état Ecclesiastique, ce qui luy fit tourner ses
veuës vers la Medecine, où il
fitbientôt de si rapides progrés,quelorsqu'il en discouroit avec les autres, il sembloit
plûtost leur Maistre que leur
Confrere ;
enfin aprés avoir
passé par toutes les épreuves
necessaires, & subi les plus rigoureux examens ausquels,
ainsi que disent les Actes de la
Faculté
J
il répondit merveilleusementbien,ilpritledegré
de Licentié en l'année 1681.
ce nouveau titre futpourJIi.i
unaiguillonpour avancer dans
la connoissance de son Art, &
pour n'oublier rien afinde s'yj
perfectionner
; & lpfeu Roy
d'Espagne informé de fou merite & de son érudition, jc|
fie Professeur d'Anatomie en
1.688.&yajoûtaen1692.une!
ProfessiondeChirurgie; itmeritoicbien cec emp
toy
,
ritoit puMque biencetemploy,puisque
l'année suivante (1693.)il donna au public l'ouvrage si estimé, & qui a pour titre dnatar
m'a corporis humani. Il a décrit
avec tant deprécision dans ce
- Livre
Livre toutesles parues du corps
humain, & il en a
si bien expliqué toutes les fonctions, que
toutes les Facultez de Medecine répanduës dans l'Europe,
luy enécrivirent des Lettres de
felicitation, & l'ouvrage a
esté
si estimé
,
qu'on l'a traduit en
Langue Allemande en plusieurs
Cours d'llemagne; &pour
donner enfin plus de poidsau
nouveau Professeur, on luy
; confera en iCle Grade de
Docteur. Alors s'appliquant
uniquement à sa profession, &
negligeant mesme toutes ses
autres affaires, il s'attacha si
fort aux dlff-câions Anatomiques pour se rendre utile
au public, que les siennes ont
toujours eu sur beaucoup d'autres, l'avantage d'une grande
exactitude, soit dans la dissection, soit dans l'adresse à la
faire, soit dms la clarté avec
laquelle il expliquoit chaque
partie dissequée
,
& il est mort
dans le temps qu'il se preparoit
à donner au public un second
tome, ou un supplement à son
Anatomie du corps humain;
& cet ouvrage dont la composition a
fort contribué à
abreger ses jours, paroîcra
bien tôt. Les ouvrages d'Anatomie, ne sont pas les seuls
dont il ait enrichi la Republique des Lettres dans ses heures
de loisir, il a
publié divers traitez pleins d'érudition. Au commencement qu'il s'attacha à la
Medecine, il publia un traité
des Fiévres, ensuite un Abregé
de Theorie
-
pratique, & tout nouvellement un traité sur le
moyen de conserver la fanté,
qui paroîtra bien-tôt. Il y parle avec solidité de l'usage ou
de l'abus des choses non naturelles. Mr Verheyen n'estoit
I
pas seulement sçavant Mede-
cin; il estoit aussiungrand serviteur de Dieu Il ne manquoit
jamais les Fêtes & Dimanches
d'assister à
rous les Offices de
sa Paroisse d'une manicre édisiante.Il prévenoitrout le monde par des offices d'amitié, il
avoic de tres bas sentimens de
soy-même; & il s'estoit si fort
rempli du mépris du monde,
& du neant & de la vanité de
tout ce qu'il contient, que
pour tout testament il n'a
laisséque ces paroles écrites de
sa main en Latin: Philippe Verbeyen Docteur fjr Professeur en
Medecine, a
voulu que lapartie
matertelle de sa perjonne fut cachée dans ce cimetiere
i
de crainte
que ses cendresnecontribuassentà
la profanation de l'Eglise. La Fa.
cu l
te de Medecine a
fait
a
joûter à cette humble& modeste
Epitaphe, celle ci
:
Cygît Mr
Verheyen l'honneur dela Medecine
,
& par sa mort toute la
Medecine est éplorée:Jacet
Verheyen bonor Medicinæ
,
ipso
jaccnte tristantur Medici.Toutes
les Facultez de Medecine des
Pays Bas, ont fait faire pour
luy des Services magnifiques.
a, Je ne puis m'empêcher de
vous parler encore des Morrs
suivantes, N iij
LeR.P.enDieuN.Petit,
Abbé de la Ferté, & en cette
qualité General d'une Congregation particuliere de l'Ordre
deCîteaux, & qui a
fous sa
dépendance plusieurs Maisons
&Abbayes de l'Ordre,est mort
dans son Abbayeâgé de prés
de90. ans. Il estoit de Dijon,
& d'une ancienne famille, dont
estoit déja sorti feu Mr Petit
Abbé & General de Cîteaux,
avant Mr l'Archer qui l'est à
present. La memoire de Mr
l'Abbé de la Ferté y
fera longtemps en benediction; il a
fait
des biens considerables à cette
Maison,tant par l'état où il\'$
mise, que par les acquifitiçyns
qu'il y a
faites: en effet
)
la Maison est une des plus belles Maisons Religieuses qu'on puiffc
voir. Il y a
surtout une court
que l'Abbé, dont je vous apprens la mort y a
faitfaire,
qui est tres- belle, tant à
cau se
de son étenduë
,
qu'à cause de
l'étenduë de pays qu'elle dé-.^
couvre. M. Petit succeda en
cette Abbaye à Mr Bouchu,
frerede Mr le PremierPresident de Dijon
,
qui fut élû
Abbé de Clervaux, & qui quit.Iita la Ferté, quoy que premiere,
Fille de Cîteaux, & par consequent d'un rang superieur i
pour l'Abbaye de Clervaux.
Depuis ce temps là
,
ce digne
Abbé a
fait presque toûjours
une residence continuelle dans
son Abbaye, & il n'en sortoit
jamais que pour des affaires indispensables
,
& qui demandoient absolument sa presence. Son assiduité au Chœur, &
à
tous les exercices de sa Regle,
quoy que chargé d'un grand
nombre d'affaires par rapport
aux Maisons qui dépendoient
de luy
,
estoit édisiante, ses
mœurs étoient douces, & po-
lies, ses manieres simples&
sans faste & sa vie des plus
communes;car quoyquel'Abbé delaFerté air pour sa Mmse particuliere 15. mille livres
de revenu,& qu'ordinairement
ces Mrs mangent en leur particulier,celuy dont je vousapprens la mort, n'a jamais voulu user d'aucune distinction
,
& mangeoit ordinairement an
Refectoir à la teste de sa Cornmunauté. Il disoit souvent qu'il
touchoit au terme de sa vie,
& depuis une tres grande ma'!'
ladie qu'il eut, il n'y a pas encore un an, & dont on ne
croyoit pas qu u put revenir,
il disoittoujours qu'il avoit
reçûResponsum mortis
3
quoy
qu'ilparût assez rétabli de cette premiere maladie. Il a
esté
véritablement pleuré dans son
Abbaye, tous les Religieux le
regardoient comme leur véritable pere, & il y en avoit peu
à qui il n'eut donné le saint
Habit de son Ordre. Il estoit
luy-mesmeProfex de sa Maison, & en avoit eu les principaux emplois avant giie d'y
estre élevé sur le trône Abbatial. Il y
avoit reçu Dom de
Montjournal,qui eut l'Abbaye
de S. Sulpice il y a
deux ans,
& qui vient de luy succeder;
&ily avoit aussireçu Dom
Languet à qui le Roy vient de
donner l'Abbaye de S. Sulpice
,
vacante par réleétion de Dom
de Montjournal à celle de la
, Ferté, & il l'avoit fait Prieur
1
de la Fertédepuis quelques années. L'Abbaye de la Fertéest
dans le Diocese de Châlons en
Bourgogne
-
de mesme que
celle de Cîteaux
,
dont elle c11
premiere Fille.
MreArmand Marquis, de
Vassé
,
Baron de la Rochema- *
bile, Seigneur de Balon, Vida-
me du Mans, Gouverneur du
Chasteau Royal du Plessis lez
Tours, Colonel d'un Regiment de Dragons,&Brigidier
des Armées du Roy, est more
à
la fin du mois d'Avril âgé de
16. ans & dix mois, laissant
posterité de Dame N. de
Beringhen. A
Dame Marie Herbin, épouse de Mre Jean-BaptisteChevatier, Conseiller de la Grand'-
Chambre.
<*-
j
- Mre Pierre du Cambout,
Duc deCoislin, Pair de France,
est mort sans laisserposterité
de feuë Dame N. d'Alegre
1
A
âgé d'environ 56. ans. Il a
cltc
inhumé aux Nouvelles Catholiques. Il estoit de l' Académie
Françoise. Mr de Metz est son
heritier. Il donne deux cens
mille francs qu'ilprétendoit
avoir de Me la Duchesse de
Sully, qu'elle avoit eus de trop
à son Mariage
3
& il les lubtlituë aux petits cnfans de Me la
Maréchale de Rochefort.
Mre Bernard Pinon, Seigneur de Monhucher, Corseiller de la Grand' Chambre
est aussi decedé. Cette mort a
fait monter MrdeCastagneres
de Chasteauneuf à la Grand'-
Chambre.
Dame Marie de Paris, épou
le de Mre Hierôme le Feron
Seigneur d'Orville & de Louvres en Parisis
,
Conseiller de
la Grand'Chambre, est aull
decedée.
Dame Marie-Anne Fermé,
épouse de Mre Louis,Chevalier Seigneur de Montgeroust,
&c. President en la seconde
Chambre des Enquestes du
Parlement, est morte âgée de
24.ans.
Mre Charles de la Boutiere
Chevalier Seigneur de Chagny, l'Esperviere, Maistre de
Requestes, est mort sans poste
rité de feuë Dame N. le
Maître.
Dame Marie de Cosse,Veuve de MreCharles de la Porte
Duc de la Meilleraye, Pair,
Maréchal, & Grand-Maître de
l'Artillerie de France, Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General pour S. M. de
la Haute & Basse Bretagne, &
Gouverneur des Villes de Nantes &deBrest,estmorteen sa
89année, sans laisser de posterité. Son Corps a
esté inhumé
auxCelestins dans la Chapelle
d'Orleans.
-
DileMarie-Loiïife-Gabriellc
deChoiseul fille de feu Mre
Cesar-Auguste Duc de Choiseul
,
Pair de France
,
Chevalier des Ordres du Roy, & de
Loüise-Gabrielle de la Baume
le Blanc de la Va lliere, sa premiere femme, cft morte sans
a
llianceâgée de 2.7. ans
de Morts, sur la plûpart desquels je ne m'étendray point,
l'ouverture des deux Acade-
mies Royales, d'après Pâques,
m'ayant mené trop loin.
Mr le Brun de Villeneuve,
Cadet dans le Regiment des
Galliotes a
esté blesse à la désense de Mortagne. Il est mort
de ses blessures. Il n'avoit encore fait que deux Campagnes,
& n'estoitâgé que de 20. ans.
Ilestoit fils de Mr le Brun Auditeur des Comptes, petit neveu de feu l'illustre Mr le Brun
premier Peintre du Roy,&
petit-fils defeu Mr~Quinaut
Auditeur des Comptes,& l'un
des quarante de l'Académie
Françoise. Il y a
lieu de croire
qu'il auroit pouffé loin lardeur
de son courage, s'il n'estoit
pas mort dans un âge si peu
avancé.
Dame Anne de Villers, epouse de Mre Loüis Girard de la
Cour des Bois, Chevalier Marquis du Tilhay, Doyen des
Maistres des Requestes, & auparavant Veuve de Mre Pierre
Girardin Conseiller & Secretaire du Roy, est morte âgée
de 86. ans.
Mre NicolasEdouard Olier,
Chevalier Seigneur de Maisons, Verneül
)
&c. Doyen des
Conseillers au grand Canseil.
*
Mre Charles Comte du Liscoëc, Chevalier Seigneur de la
Planche, Capiraine des CentSuisses de S. A. R Monsieur le
Duc d'Orleans,est aussi decedé.
Cette Charge a
esté donnée à
Mr D
le Marquis de Nancré:
Dame Catherine Amelot,
Sœur de Mr le President Amelot,& Veuve de Mre Louis de
Haussonville, Comte deVaubecourt., & Lieutenant General desArméesdu Roy.
jf Dame Marguerite de Marescot
)
épouse de Mre François de Baussan
,
mourut le
F 22.. Avril aulïi chrestienne-
ment qu'elle avoir vêcu. Elle
estoit fille de Mre Michel de
Marescot, Chevalier Seigneur
de Thoiry & autres lieux,
Conseiller d'Etat & Maistre
des Requestes
,
& de Dame
Adrienne de Maupeou d'Ablege,. parente de MelaChanceliere. M' de Baussan son époux a
servi long temps avec
honneur, & ne s'estretiré qu'à
cause de l'incommodité de ses
blessures. Il est frère puisné de
feu Mr de BaussanMaistre des
Requestes, & de Mr l'Abbé de
Baussan
,
tous fils de Mr de
Baussan Conseiller d'Etat, &
mort Intendant d'AICice'Coufin germain de feu Mr le Chancelier le Tellier;j de son allianceavec la deffuntesontnésMr
r
de BaussanConseiller de,la
Quatrième des Enquestes fort
distingué dans sa Chambre,
& Mr de Baussan Ecuyer du
Roy. La famille de cette Da-
; me est originaire d'Italie, étai
bhc en France depuis long-
,
temps, & une branche de celle
, du Cardinal Marescotti si recommandable dans le Sacré
ô College; elle est alliée aussi bien
r
que celle de Baussan à plusieurs
autres de la Robe des plus,il-
lultres ;
elle laisse trois freres,
dont l'aîné est Mr de Marescot
,
Chevalier Seigneur de
Toiry & Maréchal des Logis
general de la Cavalerie de France & Chevalier de S. Louis, &
Mrs les Abbez de Marescot,
dont la vie ca exemplaire.
Mrc Louis de Lestrade, Chevalier Seigneur dudit lieu,
Lieutenant général des Armées
du Roy, Lieurenanr des Gardes du Corps de S. M. Gouverneur de Landrecies, & Chevalier de S. Louis.
Je ne puis m'empêcher de
m'étendre davantage sur les
deux Articles suivans.
Mre N. de Chapuys-larFay
,
Prestre Docteur de la
Maison & Societé de Sorbonne,estmortàNevers dansun
âge peu avancé.Ilestoit fils de
feu Mr de Chapuis de la Fay,
Conseiller au Prcfidial de Lyon
& frere de Mr de la Fay, qui.
a
la même Charge à la Cour
des Monnoyes, de Mr de Vaudragon, quia long temps servi en qualité de Capitaine de
Dragons, & de Me la ComteLTe de Souvigny, & proche
-
parent de Mr de Fenoil Maître
de$Requcftçs. Mrl'Abbéde
la Fay avoir cite pendant huit
ou neu f
ans Obeancierde S.
Just
,
c'est à dire Chef de la
premiere Collégiale de Lyon,
& en cette qualité Orateur de
l'Eglise de la même Ville. Il
avoit succedé à Mr Jeannon,
& il eut pour successeur Mr
l'Abbé Rambaut Champrenard Grand
-
Vicaire de Nevers, Mr l'Abbé de la Fay luy
ayant remis cette dignité pour
un Prieuré aux Portes de Nevers, où ila passé le reste de sa.
vie. Mr de la Fay avoir eilé
Prieur de Sorbonne pendant
la Licence, & il avoit même
emporte le Priorat sur Mr
Maigrot aujourd'huy Eveque
de Conon
,
& qui faisoit sa
Licence avecluy, & que l'on
proposoit pour cette Charge.
Mr Philippe Verhcyen de
Verrebroucq Docteur en Medecine
,
Professeur Royal en
Anatomie & en Chirurgie,est
,
mort à Louvain à la 62année
f
de son âge.Saréputation étoit
celebre dans tous les Pays ou
l'on cultive les Lettres. Aprés
I avoir étudié pendant deux an-
;
nées les Humanitez dans le
College de la Sainte Trinité à
Louvain, il étudia laPhiloso-
phic,dans
---------
le fameux College
de Lille, où il fit de si grands
progrés, qu'il emporta le premier Lieu en 1677. dans l'examen général qui sesit des quatre célébrés Collèges de cette
Université. Il avoir projette de
s'attacher ensuite à la Theologie
;
mais la Providence qui
avoir resolu de faire rendre à
l'étude de la Medecine l'hon-
,
neur qui luy estdû, luy inCpiaj
ra le dessein de s'yattacher. Car
au commencement de ses études Theologiques, une grande
inflammation sur l'os de la
jambe qui fut suivie de la gan-
grene
,
ayant mis les Chirurgiens dans la necessité de la
£«uper, il se vit par là moins
propre pour l'état Ecclesiastique, ce qui luy fit tourner ses
veuës vers la Medecine, où il
fitbientôt de si rapides progrés,quelorsqu'il en discouroit avec les autres, il sembloit
plûtost leur Maistre que leur
Confrere ;
enfin aprés avoir
passé par toutes les épreuves
necessaires, & subi les plus rigoureux examens ausquels,
ainsi que disent les Actes de la
Faculté
J
il répondit merveilleusementbien,ilpritledegré
de Licentié en l'année 1681.
ce nouveau titre futpourJIi.i
unaiguillonpour avancer dans
la connoissance de son Art, &
pour n'oublier rien afinde s'yj
perfectionner
; & lpfeu Roy
d'Espagne informé de fou merite & de son érudition, jc|
fie Professeur d'Anatomie en
1.688.&yajoûtaen1692.une!
ProfessiondeChirurgie; itmeritoicbien cec emp
toy
,
ritoit puMque biencetemploy,puisque
l'année suivante (1693.)il donna au public l'ouvrage si estimé, & qui a pour titre dnatar
m'a corporis humani. Il a décrit
avec tant deprécision dans ce
- Livre
Livre toutesles parues du corps
humain, & il en a
si bien expliqué toutes les fonctions, que
toutes les Facultez de Medecine répanduës dans l'Europe,
luy enécrivirent des Lettres de
felicitation, & l'ouvrage a
esté
si estimé
,
qu'on l'a traduit en
Langue Allemande en plusieurs
Cours d'llemagne; &pour
donner enfin plus de poidsau
nouveau Professeur, on luy
; confera en iCle Grade de
Docteur. Alors s'appliquant
uniquement à sa profession, &
negligeant mesme toutes ses
autres affaires, il s'attacha si
fort aux dlff-câions Anatomiques pour se rendre utile
au public, que les siennes ont
toujours eu sur beaucoup d'autres, l'avantage d'une grande
exactitude, soit dans la dissection, soit dans l'adresse à la
faire, soit dms la clarté avec
laquelle il expliquoit chaque
partie dissequée
,
& il est mort
dans le temps qu'il se preparoit
à donner au public un second
tome, ou un supplement à son
Anatomie du corps humain;
& cet ouvrage dont la composition a
fort contribué à
abreger ses jours, paroîcra
bien tôt. Les ouvrages d'Anatomie, ne sont pas les seuls
dont il ait enrichi la Republique des Lettres dans ses heures
de loisir, il a
publié divers traitez pleins d'érudition. Au commencement qu'il s'attacha à la
Medecine, il publia un traité
des Fiévres, ensuite un Abregé
de Theorie
-
pratique, & tout nouvellement un traité sur le
moyen de conserver la fanté,
qui paroîtra bien-tôt. Il y parle avec solidité de l'usage ou
de l'abus des choses non naturelles. Mr Verheyen n'estoit
I
pas seulement sçavant Mede-
cin; il estoit aussiungrand serviteur de Dieu Il ne manquoit
jamais les Fêtes & Dimanches
d'assister à
rous les Offices de
sa Paroisse d'une manicre édisiante.Il prévenoitrout le monde par des offices d'amitié, il
avoic de tres bas sentimens de
soy-même; & il s'estoit si fort
rempli du mépris du monde,
& du neant & de la vanité de
tout ce qu'il contient, que
pour tout testament il n'a
laisséque ces paroles écrites de
sa main en Latin: Philippe Verbeyen Docteur fjr Professeur en
Medecine, a
voulu que lapartie
matertelle de sa perjonne fut cachée dans ce cimetiere
i
de crainte
que ses cendresnecontribuassentà
la profanation de l'Eglise. La Fa.
cu l
te de Medecine a
fait
a
joûter à cette humble& modeste
Epitaphe, celle ci
:
Cygît Mr
Verheyen l'honneur dela Medecine
,
& par sa mort toute la
Medecine est éplorée:Jacet
Verheyen bonor Medicinæ
,
ipso
jaccnte tristantur Medici.Toutes
les Facultez de Medecine des
Pays Bas, ont fait faire pour
luy des Services magnifiques.
a, Je ne puis m'empêcher de
vous parler encore des Morrs
suivantes, N iij
LeR.P.enDieuN.Petit,
Abbé de la Ferté, & en cette
qualité General d'une Congregation particuliere de l'Ordre
deCîteaux, & qui a
fous sa
dépendance plusieurs Maisons
&Abbayes de l'Ordre,est mort
dans son Abbayeâgé de prés
de90. ans. Il estoit de Dijon,
& d'une ancienne famille, dont
estoit déja sorti feu Mr Petit
Abbé & General de Cîteaux,
avant Mr l'Archer qui l'est à
present. La memoire de Mr
l'Abbé de la Ferté y
fera longtemps en benediction; il a
fait
des biens considerables à cette
Maison,tant par l'état où il\'$
mise, que par les acquifitiçyns
qu'il y a
faites: en effet
)
la Maison est une des plus belles Maisons Religieuses qu'on puiffc
voir. Il y a
surtout une court
que l'Abbé, dont je vous apprens la mort y a
faitfaire,
qui est tres- belle, tant à
cau se
de son étenduë
,
qu'à cause de
l'étenduë de pays qu'elle dé-.^
couvre. M. Petit succeda en
cette Abbaye à Mr Bouchu,
frerede Mr le PremierPresident de Dijon
,
qui fut élû
Abbé de Clervaux, & qui quit.Iita la Ferté, quoy que premiere,
Fille de Cîteaux, & par consequent d'un rang superieur i
pour l'Abbaye de Clervaux.
Depuis ce temps là
,
ce digne
Abbé a
fait presque toûjours
une residence continuelle dans
son Abbaye, & il n'en sortoit
jamais que pour des affaires indispensables
,
& qui demandoient absolument sa presence. Son assiduité au Chœur, &
à
tous les exercices de sa Regle,
quoy que chargé d'un grand
nombre d'affaires par rapport
aux Maisons qui dépendoient
de luy
,
estoit édisiante, ses
mœurs étoient douces, & po-
lies, ses manieres simples&
sans faste & sa vie des plus
communes;car quoyquel'Abbé delaFerté air pour sa Mmse particuliere 15. mille livres
de revenu,& qu'ordinairement
ces Mrs mangent en leur particulier,celuy dont je vousapprens la mort, n'a jamais voulu user d'aucune distinction
,
& mangeoit ordinairement an
Refectoir à la teste de sa Cornmunauté. Il disoit souvent qu'il
touchoit au terme de sa vie,
& depuis une tres grande ma'!'
ladie qu'il eut, il n'y a pas encore un an, & dont on ne
croyoit pas qu u put revenir,
il disoittoujours qu'il avoit
reçûResponsum mortis
3
quoy
qu'ilparût assez rétabli de cette premiere maladie. Il a
esté
véritablement pleuré dans son
Abbaye, tous les Religieux le
regardoient comme leur véritable pere, & il y en avoit peu
à qui il n'eut donné le saint
Habit de son Ordre. Il estoit
luy-mesmeProfex de sa Maison, & en avoit eu les principaux emplois avant giie d'y
estre élevé sur le trône Abbatial. Il y
avoit reçu Dom de
Montjournal,qui eut l'Abbaye
de S. Sulpice il y a
deux ans,
& qui vient de luy succeder;
&ily avoit aussireçu Dom
Languet à qui le Roy vient de
donner l'Abbaye de S. Sulpice
,
vacante par réleétion de Dom
de Montjournal à celle de la
, Ferté, & il l'avoit fait Prieur
1
de la Fertédepuis quelques années. L'Abbaye de la Fertéest
dans le Diocese de Châlons en
Bourgogne
-
de mesme que
celle de Cîteaux
,
dont elle c11
premiere Fille.
MreArmand Marquis, de
Vassé
,
Baron de la Rochema- *
bile, Seigneur de Balon, Vida-
me du Mans, Gouverneur du
Chasteau Royal du Plessis lez
Tours, Colonel d'un Regiment de Dragons,&Brigidier
des Armées du Roy, est more
à
la fin du mois d'Avril âgé de
16. ans & dix mois, laissant
posterité de Dame N. de
Beringhen. A
Dame Marie Herbin, épouse de Mre Jean-BaptisteChevatier, Conseiller de la Grand'-
Chambre.
<*-
j
- Mre Pierre du Cambout,
Duc deCoislin, Pair de France,
est mort sans laisserposterité
de feuë Dame N. d'Alegre
1
A
âgé d'environ 56. ans. Il a
cltc
inhumé aux Nouvelles Catholiques. Il estoit de l' Académie
Françoise. Mr de Metz est son
heritier. Il donne deux cens
mille francs qu'ilprétendoit
avoir de Me la Duchesse de
Sully, qu'elle avoit eus de trop
à son Mariage
3
& il les lubtlituë aux petits cnfans de Me la
Maréchale de Rochefort.
Mre Bernard Pinon, Seigneur de Monhucher, Corseiller de la Grand' Chambre
est aussi decedé. Cette mort a
fait monter MrdeCastagneres
de Chasteauneuf à la Grand'-
Chambre.
Dame Marie de Paris, épou
le de Mre Hierôme le Feron
Seigneur d'Orville & de Louvres en Parisis
,
Conseiller de
la Grand'Chambre, est aull
decedée.
Dame Marie-Anne Fermé,
épouse de Mre Louis,Chevalier Seigneur de Montgeroust,
&c. President en la seconde
Chambre des Enquestes du
Parlement, est morte âgée de
24.ans.
Mre Charles de la Boutiere
Chevalier Seigneur de Chagny, l'Esperviere, Maistre de
Requestes, est mort sans poste
rité de feuë Dame N. le
Maître.
Dame Marie de Cosse,Veuve de MreCharles de la Porte
Duc de la Meilleraye, Pair,
Maréchal, & Grand-Maître de
l'Artillerie de France, Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General pour S. M. de
la Haute & Basse Bretagne, &
Gouverneur des Villes de Nantes &deBrest,estmorteen sa
89année, sans laisser de posterité. Son Corps a
esté inhumé
auxCelestins dans la Chapelle
d'Orleans.
-
DileMarie-Loiïife-Gabriellc
deChoiseul fille de feu Mre
Cesar-Auguste Duc de Choiseul
,
Pair de France
,
Chevalier des Ordres du Roy, & de
Loüise-Gabrielle de la Baume
le Blanc de la Va lliere, sa premiere femme, cft morte sans
a
llianceâgée de 2.7. ans
Fermer
Résumé : Premier Article des Morts, [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs décès notables de personnalités issues de diverses sphères de la société. Parmi les défunts, on compte Mr le Brun de Villeneuve, cadet dans le Régiment des Galliotes, mort à 20 ans après avoir été blessé à la bataille de Mortagne. Il était le fils de Mr le Brun, Auditeur des Comptes, et le petit-neveu de l'illustre Mr le Brun, premier Peintre du Roi. Dame Anne de Villers, épouse de Mr Louis Girard de la Cour des Bois, Chevalier Marquis du Tilhay, est décédée à 86 ans. Elle était également veuve de Mr Pierre Girardin, Conseiller et Secrétaire du Roi. Mr Nicolas Édouard Olier, Chevalier Seigneur de Maisons et Verneuil, Doyen des Conseillers au Grand Conseil, est également mentionné parmi les défunts. D'autres personnalités notables incluent Mr Charles Comte du Liscœc, Capitaine des Cent-Suisses de S.A.R. Monsieur le Duc d'Orléans, remplacé par Mr le Marquis de Nancré, et Dame Catherine Amelot, sœur de Mr le Président Amelot et veuve de Mr Louis de Haussonville, Comte de Vaubecourt. Dame Marguerite de Marescot, épouse de Mr François de Baussan, est décédée à 86 ans. Elle était la fille de Mr Michel de Marescot, Chevalier Seigneur de Thoiry, Conseiller d'État et Maître des Requestes. Le texte mentionne également Mr Louis de Lestrade, Lieutenant Général des Armées du Roi et Chevalier de S. Louis, ainsi que Mr N. de Chapuys-la-Fay, Prêtre Docteur de la Maison et Société de Sorbonne. Mr Philippe Verheyden de Verrebroucq, Docteur en Médecine et Professeur Royal en Anatomie et en Chirurgie, est décédé à Louvain à 62 ans. Le R.P. en Dieu N. Petit, Abbé de la Ferté, est mort à près de 90 ans. Mr Armand Marquis de Vassé, Colonel d'un Régiment de Dragons et Brigadier des Armées du Roi, est décédé à 16 ans et 10 mois. Parmi les autres défunts, on trouve Mr Pierre du Cambout, Duc de Coislin et membre de l'Académie Française, mort à environ 56 ans sans postérité, et Mr Bernard Pinon, Seigneur de Monhucher et Conseiller de la Grand' Chambre. Enfin, Dame Marie de Paris, épouse de Mr Jérôme le Feron, Seigneur d'Orville et de Louvres en Parisis, est également mentionnée. Le texte ajoute également les décès de Dame Marie-Anne Fermé, épouse de Mre Louis, Chevalier Seigneur de Montgeroust, décédée à 24 ans, et de Mre Charles de la Boutiere, Chevalier Seigneur de Chagny et Maître de Requestes, mort sans postérité. Dame Marie de Cosse, veuve de Mre Charles de la Porte Duc de la Meilleraye, est décédée à 89 ans sans postérité. Enfin, Dile Marie-Louïfe-Gabriellc de Choiseul, fille de feu Mre Cesar-Auguste Duc de Choiseul, est décédée sans alliance à l'âge de 27 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3804
p. 127-161
Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Début :
Vous voyez par cette Ode les choses generales qui sont [...]
Mots clefs :
Chancelier, Grand Ministre, Emplois, Conseiller, Procureur du roi, Zèle, Altesse royale, Charges, Auguste monarque, Souverain, Armée, Règne, Négociations, Louanges, Chancellerie, Moeurs, Maladie, Chrétien, Éloge funèbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Vous voyez par cette Ode
les chofes generales qui font
venues à la connoiffance de
M' Magnin, & qui n'ont efté
ignorées prefque de perfonne.
Il y en a tant d'autres à
dire dans une vie auffi longue
Liiij
128 MERCURE
& auffi illuftre qu'a efté celle
de ce Grand Miniftre , que
ma Lettre entiere ne fuffi
roit pas , fi je voulois entrer
en quelque détail des actions
remarquables qui luy ont
fait meriter l'admiration qu'il
s'eft attirée . Ainfi je vay
feulement vous rapporter la
fuite de fes Emplois , dans .
chacun defquels il a rendu
de grands & continuels fervices
à Sa Majefté & à l'Etat ..
Il fut Confeiller au Grand
Confeil en 1623. c'eſt à dire
que dés qu'il eut l'âge porté
par les Ordonnances pour
GALANT. 129
pouvoir adminiſtrer la Juſtice
, il fut pourveu de cette.
Charge . Comme il eftoit encore
jeune , il demeura huit
ans au Confeil . Sa prudence,
fa moderation & fon affiduité
dans un âge fi peu avancé,
firent juger dés lors de ce
qu'il feroit un jour. On vit
bien- toft des effets de cette
grande capacité , puis qu'il
fut enfuite Procureur du Roy
au Chaſtelet . Tout le monde
fçait que c'eft une Charge
qui demande un homme intelligent
, vif, & de probité.
Il eut plufieurs Commiflions
130 MERCURE
importantes ; & la maniere
dont il s'en acquitta
, ayant
fait connoître fon merite, il
fut quelque temps aprés Maî
tre des Requeftes , & le zele
qu'il continua de faire écla
ter dans cette Charge , le
fit nommer Intendant de Ju
ftice dans l'Armée d'Italie
puis Ambaffadeur auprés de
Leurs Alteffes Royales de Sa
voye. Comme les fervices
qu'il rendit en Italie font
connus , & que les Hiftoires
en font pleines, je ne vous en
diray rien.
A fon retour , le feu Ray
GALANT. 131
qui connoiffoit l'entiere application
qu'il avoit euë à
s'acquitter dignement de
tous ces Emplois, & qui voufoit
luy donner d'éclatantes
marques de la pleine fatisfaction
qu'il en avoit , l'honora
de la Charge de Secretaire
d'Etat, vacante par la démiſfion
de M' des-Noyers. Il eut
le Département de la Guerre
, & fervit dans cette Charge
d'une maniere fi utile à
PEtat , & fi agréable aux Generaux
& auxOfficiers, qu'on
luy remit bien - toft tout le
foin desAffaires de la Guerre.
1
132 MERCURE
Il entra enfuite dans le Con
feil , en qualité de Miniftre.
Sa prudence & fon zele ont
toûjours éclaté , pour tout ce
qui a regardé l'auguſte Monarque,
fous l'heureux Regne
duquel nous avons le bonheur
de vivre. Il a fervy ce
Prince pendant les temps les
plus difficiles, avec une fidelité
à l'épreuve de toutes choſes
, & la maniere dont il a
vefcu avec ceux qui s'écartoient
de ce qu'ils devoient
à leur Souverain , leur a toûjours
fait apprehender fes re
montrances. Lors qu'ils ont
GALANT. 133
1
voulu rentrer dans leur de
voir , ils ont tâché plufieurs
fois d'obtenir leur pardon
fon moyen , ne connoiffant
perfonne à qui l'on puft
confier fon honneur & fa vie
par
avec plus de feureté. Je ne
dois pas oublier icy.que pendant
les defordres de Guyenne
, le Roy qui le laiffa au--
prés de feu Monfieur le Duc
d'Orleans , luy donna pouvoir
de figner en ſon abſence
tout ce qui feroit reſolu
pour fon fervice , & qu'il eut
le mefme pouvoir pour le
fecours d'Arras, pendant que
134 MERCURE
les Ennemis eftoient devant
cette Place , le Roy eſtant
alors attaché au Siege de Stenay.
Comme il eftoit d'une
tres - grande importance à
l'Etat de conferver Arras , il
falloit y faire entrer du Secours
, & la Commiſſion de
ce fage & vigilant Miniſtre
fut ample pour tout ce qu'il
jugeroit neceffaire au bien
de la France. Il pourveut a->
vec tant de ponctualité & de
prudence aux preſſans befoins
des Affiegez & des Generaux
de l'Armée , que la
Place fut fecouruë , & les EnGALANT.
135
nemis défaits. Ses manieres
honneftes & obligeantes luy
avoient acquis dés ce tempslà
une eſtime ſi generale, que
pour en eftre convaincu ,ilne
falloit qu'entendre tous les
Officiers dont il avoit fi fouvent
les interefts entre les
mains. Il n'y en avoit aucun
qui ne fe loüaſt de ſa bonté,
& ce n'eftoit pas une petite
preuve de l'humeur bien fai
fante avec laquelle il eſtoit
né, que d'avoir pû contenter
tout le monde dans un cmploy
auffi difficile que le Département
de la Guerre. Ses
136 MERCURE
par
grandes qualitez luy avoient
fait meriter l'entiere confidence
de la ReineMere ,dont
il a receu de glorieuſes marques
par fon Teftament ,, &
les dernieres Actions de
fa vie. Cette Princeſſe avoit
de grandes lumieres, & le difcernement
jufte fur le vray
merite . Si les fecrets du Cabinet
n'eſtoient pas des miſteres
, qui ne peuvent eftre dévoilez
, & fur tout en France
depuis le Regne du Roy , que
nous verrions de fagès confeils
donnez par le grand Miniftre
dontje vous parle: Que
GALANT. 137
de zele pour la gloire de l'Etat
& du Roy, & que de bontez
pour fes Sujets ! Les évenemens
nous ont donné ſujet
d'en juger. Nous avons veu
les caufes qui les ont produits
, mais le refte eft impénetrable
, & ce font des fecrets
qu'on ne peut percer.
Si les Miniftres Etrangers qui
l'ont veu dans les Negotiations
, & ont connu la péne
tration de fon efprit , fa bonté
& fa juftice, vouloient parler
, la feule expofition de la
verité feroit fon Eloge , Si les
grands Sujets du Roy qu'il a :
Novembre 1685. MA
138 MERCURE
ramenez à leur devoir , fi fes:
Particuliers qu'il a fervis , fi
les Malheureux qu'il a ſecourus
, publioient tout ce qu'il
a fait en leur faveur , on n'entendroit
par tout que les
louanges de ce zelé & judicieux
Miniftre. Le Roy , qui
connoift mieux que perfonne
le merite des grandsHommes
de fon Royaume, & qui
n'ignoroit rien de tout ce
que je viens de vous dire ,
nomma Monfieur le Tellier
Chancelier & Garde des
Seaux de France , fur la fin de
l'année 1677. Ce choix fut ge
GALANT. 139
fut
neralement applaudy , & ne
pas moins à la gloire de
Sa Majeſté , qu'à l'avantage
de ce Miniftre. Quelque
temps aprés, M le Procureur
General prefenta fes Lettres
de Chancelier au Parlement,
afin qu'elles fuffent enregiſ
trées. Elles y furent leuës
tout haut , & receuës avec un
applaudiffement
qui ne fe
peut concevoir. Elles contenoient
les grands & importans
fervices que ce Miniftre
a rendus à l'Etat , en
Italie pendant le Regne du
feu Roy , en France pendant
Mij
140 MERCURE
la Regence , & enfuite fous
LOUIS le Grand . Parmy
tous les Eloges dont ces Let
tres eftoient remplies , il y
eſtoit expreſſément
marqué
,
Que par fesfoins & par fa prudence
, il avoit beaucoup fervy à
pacifier les Troubles de l'Etat. Mr
le Procureur General fit un
Elogè fort court de ce Miniftre
; mais il dit beaucoup
en peu de paroles , & fit voir
entr'autres chofes , Que M
le Tellier eftoit heureux , d'eftre
né avec toutes les qualitez qui
le rendoient recommandable; heu
reux d'avoir trouvé tant d'occa
GALANT. 141
.
fions de s'employer pour l'Etat ;
heureux de fe voir Chef d'une
Famille qui fecondoit fi bien fon
Zele dans les fervices qu'il ren--
doit inceffamment à ſon Prince ;
heureux d'avoir efté choify pour
remplir la Charge de Chancelier
de France , de l'avoir eftépar
un Roy , dont le juſte diſcernement
eft la marque la plus incontestable
du vray merite ; & heureux enfin
pardeffus toutes chofes , de s'eftre
montré digne des avantages qu'il
poffedoit. Il fut complimenté
de tous les Corps, & M¹ l'Ab
bé Fléchier qui porta la parole
pour l'Academie Fran142
MERCURE
çoiſe , fe fit admirer. Je ne
vous rapporteray point icy .
fon Difcours ; mais feulement
un endroit qui luy attira
beaucoup d'aplaudiffemens.
Il dit de la maniere du monde
la plus délicate , Que fi
M' le Tellier avoit confervé une
pénetration d'efprit , quiſembloir
ne devoir plus eftre de fon age
M de Louvois dés fon entrée
aux Affaires , avoit prévenu par
des connoiffances avantageuses ,
ce qu'il n'y avoit qu'une longue
experience qui luy duft faire acquerir.
M' le Tellier eut à peine !
GALANT . 143
commencé les fonctions de
fa Charge de Chancellier,
qu'il parut auſſi inſtruit des
Affaires de la Chancellerie,
& de tout ce qui les regarde
, que s'il'euft exercé toute
fa vie cette Charge de
Chef de la Juftice . Il s'attacha
fur tout à ſe garentir
des furpriſes , parce que
de grandes précautions , &
fans une application tresexacte
, on eft fouvent expofé
à fceller beaucoup de
chofes , qu'une fevere Juftice
, la Religion & les bonnes
moeurs , obligent à rejetfans
144 MERCURE
ter. Quoy qu'il fuft déja
d'un âge fort avancé , ſes
années ne luy ont point
fervy de pretexte pour fe
donner moins entier à toutes
les fonctions de fa Charhe.
Son efprit a eſté toûjours
égal , & quoy qu'il enviſageaft
fa mort comme
prochaine , & qu'il fuſt toûjours
preparé à la recevoir ,
il marquoit affez par une
heureufe tranquillité qu'il ne
l'apprehendoit pas. On ne
doit point en eftre furpris ,
puis qu'il avoit toûjours vêcu
avec beaucoup de moderation
,
GALANT. 145
deration , & qu'il avoit fait
connoiftre par toutes fes
actions , qu'il n'eftoit attaché
à la vie, qu'autant qu'elle
luy avoit fourny les occafions
de fervir l'Etat & fon
Souverain .
Prefque dans le mefme
temps qu'il fut attaqué de
la maladie dont il eft mort,
il feella ce fameux Edit ,
dont la poſterité n'entendra
parler qu'avec étonnemens
, & qui ouvre le chemin
du Ciel à tant d'Ames ,
à qui l'Herefie l'avoit fermé.
C'eſt ce qui a fait dire
Novembre
1685. N
146 MERCURE
à tout le monde , qu'aprés
avoir feellé cét Edit , M le
Chancellier pouvoit s'écrier
avec raiſon , comme fit S.
Simeon , lors qu'il eut veu
le Fils de Dieu entre fes
bras : Nunc dimittis fervum
tuum Domine. Si S. Simeon
n'avoit plus rien à defirer, M
le Chancelier n'avoit plus
rien à faire ; c'eſt à dire qu'aprés
s'eftre fervy du Sceau
que le Roy luy avoit confié
pour feeller le falut de
tant de milliers d'hommes .
il ne devoit plus rien feeller
, parce qu'il ne pouvoit
:
GALANT. 147
plus imprimer le facré dépoft
que Sa Majeſté luy avoit
remis entre les mains ,
fur aucune choſe qui puſt
eftre fi utile au Monde Chrêtien
. Il femble que Dieu ait
voulu luy donner cette fatisfaction
avant que de l'appeller
à luy , afin qu'il puft
voir les approches de la mort
avec joye , au lieu de les
regarder avec chagrin . S'il
n'avoit eu l'ame grande &
élevée , & s'il n'avoit eſté
preparé à tout comme le
Sage , il auroit fenty toutes
les craintes & tous les fre-
Nij
148 MERCURE
miffemens que donne ordinairemét
ce dernier paffage
,
à ceux qui font affurez qu'ils
n'ont plus que quelques
momens
à vivre , puis qu'il a
veu approcher
la mort , n'étant
point dans fon lit, ayant
le jugement
auffi libre que
s'il euft jouy d'une parfaite
.
fanté , & ne fentant prefque
point de mal. Ce fut ce qui
l'obligea
à demander
à Mª
Fagon , Premier
Medecin
de la feuë Reyne
à qui il fe
confioit
, S'il eftoit poffible
que
l'Ame fe feparaft
du Corpsfans
qu'onfentift plus de mal qu'iln'en
GALANT. 149
fouffroit. Cét habile Medecin
luy ayant fait connoiſtre par
un raiſonnement qui luy
fembla jufte , que cela fe
pouvoit faire , il n'en parut
ny plus agité ny moins tranquile
. Cependant l'eftat où
il fe trouvoit , eft un eſtat
bien plus violent que lors
qu'on eft accablé d'une forte
maladie . Quoy qu'elle
foit telle qu'elle falle croire
aux Medecins qu'on n'en
doit pas échaper , on n'eſt
point fi abfolument condamné
que ce Miniftre l'etoit.
Ainfi tant quo'n ne l'eft
Niij
150 MERCURE
,
point entierement , l'efpoir
qui refte & qui eft fi naturel
à tous les hommes , fait
voir de l'incertitude dans la
mort & en combat les
frayeurs. D'ailleurs l'abatement
où l'on eft dans une
maladie qui accable , empêche
qu'on n'envifage tout ce
que l'on en doit craindre ,
mais Mile Chancelier étant
dans l'eftat que je viens de
vous marquer , voyoit approcher
la mort avec toutés
Îes horreurs qui l'accompagnent
, & c'eft par la ferme.
té qu'il a fait paroiftre dans
GALANT. 151
ce terrible moment qu'il a
rendu fa mort auffi remarquable
que fa vie .Quoy qu'il
fuft fort affuré que la fin en
eftoit proche , iln'a pas laiſſé
de travailler en de certains
temps pour le bien de l'Etat,
& pour des Affaires aufquelles
il eft permis à un
Chreftien de penfer , lors
qu'il fçait qu'il va rendre
compte de toutes fes actions
. Sçachant un jour que
Madame la Chanceliere étoit
à l'Eglife , il dit , qu'elle
eftoit fans doute allé demander
à Dieu le retour de få fanté ,
N iiij
152 MERCURE
mais qu'elle feroit mieux de prier
pour fon falut . Il y penſoit
fans ceffe & difoit , qu'il avoit
peur d'eftre furpris , & de n'avoir
pas tout le jugement necef.
faire quand ce dernier inftant arriveroit.
Il dit à un de fes Amis
qui eft d'un âge fort
avancé & qui le vint voir
en cér eftat , qu'ilfe preparoit
autant qu'il pouvoit au paffage
qu'il alloit faire ; que peut estre
ce feroit bien- toft fon tour , t
qu'il devoit faire encore mieux
que luy. Quelques momens
avant qu'il mouruſt , comme
on le croyoit paffé , &
GALANT. 153
qu'il entendoit que chacun
difoit qu'il eftoit mort , il
prononça d'un air fort tranquille,
quelques paroles d'un
Pleaume , qui faifoient connoiftre
qu'il comprenoit ce
que l'on penfoit de luy . Une
fi jufte application eſt une
marque de l'habitude qu'il
s'eftoit faite d'une lecture fi
fainte. Ainfi il eft mort avec
la mefine tranquillité qu'il a
vêcu , & l'on a toûjours admiré
en luy une moderation
fans exemple , que la fortune
& les grands honneurs
ont efté incapables de cor
154 MERCURE
rompre. Aufſi a - t- il joüy en
mourant du feul avantage
qu'un homme auffi moderé
que luy pouvoit defirer
qui eft de fe voir heureux
dans fa pofterité , & de fçavoir
avant fon trépas le chagrin
que l'on auroit de fa
mort , puifque pendant fes
maladies precedentes
comme
dans cette derniere , le
Peuple eft venu plufieurs
fois en foule à fa porte demander
des nouvelles de fon
mal , & marquer par fes gemiffemens
& fes larmes , la
crainte qu'on avoit qu'il ne
GALANT. 155
1.
mouruft. C'eft un effet de
fa douceur , & de la patience
avec laquelle ce Miniſtre
écoutoit tous les particuliers
, & de l'attachement
qu'il avoit à leur rendre Już
ftice , & à examiner à fond
les affaires qui les regar
doient. Ses grandes charitez
ne contribuoient pas peu
auffi à la douleur de tant
d'ames affligées ; mais il feroit
bien difficile de les bien
mettre icy dans leur jour ,
puis qu'il pratiquoit ce que
' Ecriture enfeigne , & que
fa main gauche ne fçavoit
16 MERCURE
pas ce que fa droite faifoit.
En effet la plus part de ceux
qui recevoient
fes dons, ignoroient
à qui ils en eſtoient
obligez ; mais comme il eſt
difficile que les actions de
cette nature foient entie-
3
rement cachées,parce qu'on
ne peut foulager tant de
malheureux , fans fe fervir
de quelqu'un à qui l'on eft
obligé de fe confier ; il en
échape toûjours quelque
chofe , qui fait que les Inrereffez
penetrent ce qu'on
veut ofter à leur connoif
fance, Comme la vanité n'a
GALANT. 157
jamais rien pû fur l'efprit de
ce modefteMiniftre , & qu'il
fuyoit l'éclat dans les chofes
mefme où il pouvoit en fairé
paroiftre , il avoit quantité
de grandes qualitez &
de vertus cachées , qu'il a
toûjours taché de dérober
aux yeux du public . Je laiffe :
à ceux qui fe font chargez
de fon Eloge Funebre , non
feulement à les découvrir ,
mais à leur donner toute l'é
tendue que demandent de
fi glorieufes veritez . Elles
doivent eftre connues de
tout le monde , afin qu'elles
158 MERCURE
fervent d'exemple à ceux qui
font en eftat de pratiquer les
mefines vertus , & qui étant
entrainez par des panchans
contraires , ont de la peine à
y refifter. Mr le Chancelier
eft mort le 30. du mois d'Octobre
âgé de quatre -vingt
trois ans , aprés avoir donné
des marques d'une refignation
, & d'une fermeté d'ame
qu'il feroit difficile de
bien exprimer. La pieté de
toute fa Famille parut aufſi
en cette occafion , puis qu'avec
toute la pompe requife ,
& le refpect , l'humilité , &
GALANT. 159
la veneration que tous les
vrays Chreftiens doivent avoir
en ces rencontres là, elle
accompagna à pied le Saint
Sacrement, lors qu'on aporta
le Viatique à Mile Chancelier
, & le reconduifit juſqu'à
la Paroiffe , de forte que l'on
fut beaucoup édifié du trifte
éclat , & des manieres humbles
& devotes avec laquelle
cette Ceremonie ſe paſſa . Je
finis pour laiffer parler les
autres , puiſque dans les bornes
que je me fuis prefcrites ,
je n'aurois pas affez d'eſpace
pour ébaucher feulement
160 MERCURE
une vie qui a efté auſſi glorieufe
que longue.
ge
Le Roy qui eftimoit ce fa-
Miniitre , non feulement
à caufe des grands fervices
qu'il luy rendoit , mais encore
parce qu'il eftoit parfaitement
honnefte homme , a
fait voir avant fa mort combien
fa perte luy feroit fen .
fible . Si - toft que Sa Majeſté
en eut receu la nouvelle , Elle
témoigna à ſa Famille , avec
les manieres les plus obligeantes
, la part qu'elle prenoit
à fon déplaifir , & le cas
qu'Elle faifoit du merite de
GALANT. 161
-
feu M le Tellier , & de ce
qui reftoit de fon fang.
les chofes generales qui font
venues à la connoiffance de
M' Magnin, & qui n'ont efté
ignorées prefque de perfonne.
Il y en a tant d'autres à
dire dans une vie auffi longue
Liiij
128 MERCURE
& auffi illuftre qu'a efté celle
de ce Grand Miniftre , que
ma Lettre entiere ne fuffi
roit pas , fi je voulois entrer
en quelque détail des actions
remarquables qui luy ont
fait meriter l'admiration qu'il
s'eft attirée . Ainfi je vay
feulement vous rapporter la
fuite de fes Emplois , dans .
chacun defquels il a rendu
de grands & continuels fervices
à Sa Majefté & à l'Etat ..
Il fut Confeiller au Grand
Confeil en 1623. c'eſt à dire
que dés qu'il eut l'âge porté
par les Ordonnances pour
GALANT. 129
pouvoir adminiſtrer la Juſtice
, il fut pourveu de cette.
Charge . Comme il eftoit encore
jeune , il demeura huit
ans au Confeil . Sa prudence,
fa moderation & fon affiduité
dans un âge fi peu avancé,
firent juger dés lors de ce
qu'il feroit un jour. On vit
bien- toft des effets de cette
grande capacité , puis qu'il
fut enfuite Procureur du Roy
au Chaſtelet . Tout le monde
fçait que c'eft une Charge
qui demande un homme intelligent
, vif, & de probité.
Il eut plufieurs Commiflions
130 MERCURE
importantes ; & la maniere
dont il s'en acquitta
, ayant
fait connoître fon merite, il
fut quelque temps aprés Maî
tre des Requeftes , & le zele
qu'il continua de faire écla
ter dans cette Charge , le
fit nommer Intendant de Ju
ftice dans l'Armée d'Italie
puis Ambaffadeur auprés de
Leurs Alteffes Royales de Sa
voye. Comme les fervices
qu'il rendit en Italie font
connus , & que les Hiftoires
en font pleines, je ne vous en
diray rien.
A fon retour , le feu Ray
GALANT. 131
qui connoiffoit l'entiere application
qu'il avoit euë à
s'acquitter dignement de
tous ces Emplois, & qui voufoit
luy donner d'éclatantes
marques de la pleine fatisfaction
qu'il en avoit , l'honora
de la Charge de Secretaire
d'Etat, vacante par la démiſfion
de M' des-Noyers. Il eut
le Département de la Guerre
, & fervit dans cette Charge
d'une maniere fi utile à
PEtat , & fi agréable aux Generaux
& auxOfficiers, qu'on
luy remit bien - toft tout le
foin desAffaires de la Guerre.
1
132 MERCURE
Il entra enfuite dans le Con
feil , en qualité de Miniftre.
Sa prudence & fon zele ont
toûjours éclaté , pour tout ce
qui a regardé l'auguſte Monarque,
fous l'heureux Regne
duquel nous avons le bonheur
de vivre. Il a fervy ce
Prince pendant les temps les
plus difficiles, avec une fidelité
à l'épreuve de toutes choſes
, & la maniere dont il a
vefcu avec ceux qui s'écartoient
de ce qu'ils devoient
à leur Souverain , leur a toûjours
fait apprehender fes re
montrances. Lors qu'ils ont
GALANT. 133
1
voulu rentrer dans leur de
voir , ils ont tâché plufieurs
fois d'obtenir leur pardon
fon moyen , ne connoiffant
perfonne à qui l'on puft
confier fon honneur & fa vie
par
avec plus de feureté. Je ne
dois pas oublier icy.que pendant
les defordres de Guyenne
, le Roy qui le laiffa au--
prés de feu Monfieur le Duc
d'Orleans , luy donna pouvoir
de figner en ſon abſence
tout ce qui feroit reſolu
pour fon fervice , & qu'il eut
le mefme pouvoir pour le
fecours d'Arras, pendant que
134 MERCURE
les Ennemis eftoient devant
cette Place , le Roy eſtant
alors attaché au Siege de Stenay.
Comme il eftoit d'une
tres - grande importance à
l'Etat de conferver Arras , il
falloit y faire entrer du Secours
, & la Commiſſion de
ce fage & vigilant Miniſtre
fut ample pour tout ce qu'il
jugeroit neceffaire au bien
de la France. Il pourveut a->
vec tant de ponctualité & de
prudence aux preſſans befoins
des Affiegez & des Generaux
de l'Armée , que la
Place fut fecouruë , & les EnGALANT.
135
nemis défaits. Ses manieres
honneftes & obligeantes luy
avoient acquis dés ce tempslà
une eſtime ſi generale, que
pour en eftre convaincu ,ilne
falloit qu'entendre tous les
Officiers dont il avoit fi fouvent
les interefts entre les
mains. Il n'y en avoit aucun
qui ne fe loüaſt de ſa bonté,
& ce n'eftoit pas une petite
preuve de l'humeur bien fai
fante avec laquelle il eſtoit
né, que d'avoir pû contenter
tout le monde dans un cmploy
auffi difficile que le Département
de la Guerre. Ses
136 MERCURE
par
grandes qualitez luy avoient
fait meriter l'entiere confidence
de la ReineMere ,dont
il a receu de glorieuſes marques
par fon Teftament ,, &
les dernieres Actions de
fa vie. Cette Princeſſe avoit
de grandes lumieres, & le difcernement
jufte fur le vray
merite . Si les fecrets du Cabinet
n'eſtoient pas des miſteres
, qui ne peuvent eftre dévoilez
, & fur tout en France
depuis le Regne du Roy , que
nous verrions de fagès confeils
donnez par le grand Miniftre
dontje vous parle: Que
GALANT. 137
de zele pour la gloire de l'Etat
& du Roy, & que de bontez
pour fes Sujets ! Les évenemens
nous ont donné ſujet
d'en juger. Nous avons veu
les caufes qui les ont produits
, mais le refte eft impénetrable
, & ce font des fecrets
qu'on ne peut percer.
Si les Miniftres Etrangers qui
l'ont veu dans les Negotiations
, & ont connu la péne
tration de fon efprit , fa bonté
& fa juftice, vouloient parler
, la feule expofition de la
verité feroit fon Eloge , Si les
grands Sujets du Roy qu'il a :
Novembre 1685. MA
138 MERCURE
ramenez à leur devoir , fi fes:
Particuliers qu'il a fervis , fi
les Malheureux qu'il a ſecourus
, publioient tout ce qu'il
a fait en leur faveur , on n'entendroit
par tout que les
louanges de ce zelé & judicieux
Miniftre. Le Roy , qui
connoift mieux que perfonne
le merite des grandsHommes
de fon Royaume, & qui
n'ignoroit rien de tout ce
que je viens de vous dire ,
nomma Monfieur le Tellier
Chancelier & Garde des
Seaux de France , fur la fin de
l'année 1677. Ce choix fut ge
GALANT. 139
fut
neralement applaudy , & ne
pas moins à la gloire de
Sa Majeſté , qu'à l'avantage
de ce Miniftre. Quelque
temps aprés, M le Procureur
General prefenta fes Lettres
de Chancelier au Parlement,
afin qu'elles fuffent enregiſ
trées. Elles y furent leuës
tout haut , & receuës avec un
applaudiffement
qui ne fe
peut concevoir. Elles contenoient
les grands & importans
fervices que ce Miniftre
a rendus à l'Etat , en
Italie pendant le Regne du
feu Roy , en France pendant
Mij
140 MERCURE
la Regence , & enfuite fous
LOUIS le Grand . Parmy
tous les Eloges dont ces Let
tres eftoient remplies , il y
eſtoit expreſſément
marqué
,
Que par fesfoins & par fa prudence
, il avoit beaucoup fervy à
pacifier les Troubles de l'Etat. Mr
le Procureur General fit un
Elogè fort court de ce Miniftre
; mais il dit beaucoup
en peu de paroles , & fit voir
entr'autres chofes , Que M
le Tellier eftoit heureux , d'eftre
né avec toutes les qualitez qui
le rendoient recommandable; heu
reux d'avoir trouvé tant d'occa
GALANT. 141
.
fions de s'employer pour l'Etat ;
heureux de fe voir Chef d'une
Famille qui fecondoit fi bien fon
Zele dans les fervices qu'il ren--
doit inceffamment à ſon Prince ;
heureux d'avoir efté choify pour
remplir la Charge de Chancelier
de France , de l'avoir eftépar
un Roy , dont le juſte diſcernement
eft la marque la plus incontestable
du vray merite ; & heureux enfin
pardeffus toutes chofes , de s'eftre
montré digne des avantages qu'il
poffedoit. Il fut complimenté
de tous les Corps, & M¹ l'Ab
bé Fléchier qui porta la parole
pour l'Academie Fran142
MERCURE
çoiſe , fe fit admirer. Je ne
vous rapporteray point icy .
fon Difcours ; mais feulement
un endroit qui luy attira
beaucoup d'aplaudiffemens.
Il dit de la maniere du monde
la plus délicate , Que fi
M' le Tellier avoit confervé une
pénetration d'efprit , quiſembloir
ne devoir plus eftre de fon age
M de Louvois dés fon entrée
aux Affaires , avoit prévenu par
des connoiffances avantageuses ,
ce qu'il n'y avoit qu'une longue
experience qui luy duft faire acquerir.
M' le Tellier eut à peine !
GALANT . 143
commencé les fonctions de
fa Charge de Chancellier,
qu'il parut auſſi inſtruit des
Affaires de la Chancellerie,
& de tout ce qui les regarde
, que s'il'euft exercé toute
fa vie cette Charge de
Chef de la Juftice . Il s'attacha
fur tout à ſe garentir
des furpriſes , parce que
de grandes précautions , &
fans une application tresexacte
, on eft fouvent expofé
à fceller beaucoup de
chofes , qu'une fevere Juftice
, la Religion & les bonnes
moeurs , obligent à rejetfans
144 MERCURE
ter. Quoy qu'il fuft déja
d'un âge fort avancé , ſes
années ne luy ont point
fervy de pretexte pour fe
donner moins entier à toutes
les fonctions de fa Charhe.
Son efprit a eſté toûjours
égal , & quoy qu'il enviſageaft
fa mort comme
prochaine , & qu'il fuſt toûjours
preparé à la recevoir ,
il marquoit affez par une
heureufe tranquillité qu'il ne
l'apprehendoit pas. On ne
doit point en eftre furpris ,
puis qu'il avoit toûjours vêcu
avec beaucoup de moderation
,
GALANT. 145
deration , & qu'il avoit fait
connoiftre par toutes fes
actions , qu'il n'eftoit attaché
à la vie, qu'autant qu'elle
luy avoit fourny les occafions
de fervir l'Etat & fon
Souverain .
Prefque dans le mefme
temps qu'il fut attaqué de
la maladie dont il eft mort,
il feella ce fameux Edit ,
dont la poſterité n'entendra
parler qu'avec étonnemens
, & qui ouvre le chemin
du Ciel à tant d'Ames ,
à qui l'Herefie l'avoit fermé.
C'eſt ce qui a fait dire
Novembre
1685. N
146 MERCURE
à tout le monde , qu'aprés
avoir feellé cét Edit , M le
Chancellier pouvoit s'écrier
avec raiſon , comme fit S.
Simeon , lors qu'il eut veu
le Fils de Dieu entre fes
bras : Nunc dimittis fervum
tuum Domine. Si S. Simeon
n'avoit plus rien à defirer, M
le Chancelier n'avoit plus
rien à faire ; c'eſt à dire qu'aprés
s'eftre fervy du Sceau
que le Roy luy avoit confié
pour feeller le falut de
tant de milliers d'hommes .
il ne devoit plus rien feeller
, parce qu'il ne pouvoit
:
GALANT. 147
plus imprimer le facré dépoft
que Sa Majeſté luy avoit
remis entre les mains ,
fur aucune choſe qui puſt
eftre fi utile au Monde Chrêtien
. Il femble que Dieu ait
voulu luy donner cette fatisfaction
avant que de l'appeller
à luy , afin qu'il puft
voir les approches de la mort
avec joye , au lieu de les
regarder avec chagrin . S'il
n'avoit eu l'ame grande &
élevée , & s'il n'avoit eſté
preparé à tout comme le
Sage , il auroit fenty toutes
les craintes & tous les fre-
Nij
148 MERCURE
miffemens que donne ordinairemét
ce dernier paffage
,
à ceux qui font affurez qu'ils
n'ont plus que quelques
momens
à vivre , puis qu'il a
veu approcher
la mort , n'étant
point dans fon lit, ayant
le jugement
auffi libre que
s'il euft jouy d'une parfaite
.
fanté , & ne fentant prefque
point de mal. Ce fut ce qui
l'obligea
à demander
à Mª
Fagon , Premier
Medecin
de la feuë Reyne
à qui il fe
confioit
, S'il eftoit poffible
que
l'Ame fe feparaft
du Corpsfans
qu'onfentift plus de mal qu'iln'en
GALANT. 149
fouffroit. Cét habile Medecin
luy ayant fait connoiſtre par
un raiſonnement qui luy
fembla jufte , que cela fe
pouvoit faire , il n'en parut
ny plus agité ny moins tranquile
. Cependant l'eftat où
il fe trouvoit , eft un eſtat
bien plus violent que lors
qu'on eft accablé d'une forte
maladie . Quoy qu'elle
foit telle qu'elle falle croire
aux Medecins qu'on n'en
doit pas échaper , on n'eſt
point fi abfolument condamné
que ce Miniftre l'etoit.
Ainfi tant quo'n ne l'eft
Niij
150 MERCURE
,
point entierement , l'efpoir
qui refte & qui eft fi naturel
à tous les hommes , fait
voir de l'incertitude dans la
mort & en combat les
frayeurs. D'ailleurs l'abatement
où l'on eft dans une
maladie qui accable , empêche
qu'on n'envifage tout ce
que l'on en doit craindre ,
mais Mile Chancelier étant
dans l'eftat que je viens de
vous marquer , voyoit approcher
la mort avec toutés
Îes horreurs qui l'accompagnent
, & c'eft par la ferme.
té qu'il a fait paroiftre dans
GALANT. 151
ce terrible moment qu'il a
rendu fa mort auffi remarquable
que fa vie .Quoy qu'il
fuft fort affuré que la fin en
eftoit proche , iln'a pas laiſſé
de travailler en de certains
temps pour le bien de l'Etat,
& pour des Affaires aufquelles
il eft permis à un
Chreftien de penfer , lors
qu'il fçait qu'il va rendre
compte de toutes fes actions
. Sçachant un jour que
Madame la Chanceliere étoit
à l'Eglife , il dit , qu'elle
eftoit fans doute allé demander
à Dieu le retour de få fanté ,
N iiij
152 MERCURE
mais qu'elle feroit mieux de prier
pour fon falut . Il y penſoit
fans ceffe & difoit , qu'il avoit
peur d'eftre furpris , & de n'avoir
pas tout le jugement necef.
faire quand ce dernier inftant arriveroit.
Il dit à un de fes Amis
qui eft d'un âge fort
avancé & qui le vint voir
en cér eftat , qu'ilfe preparoit
autant qu'il pouvoit au paffage
qu'il alloit faire ; que peut estre
ce feroit bien- toft fon tour , t
qu'il devoit faire encore mieux
que luy. Quelques momens
avant qu'il mouruſt , comme
on le croyoit paffé , &
GALANT. 153
qu'il entendoit que chacun
difoit qu'il eftoit mort , il
prononça d'un air fort tranquille,
quelques paroles d'un
Pleaume , qui faifoient connoiftre
qu'il comprenoit ce
que l'on penfoit de luy . Une
fi jufte application eſt une
marque de l'habitude qu'il
s'eftoit faite d'une lecture fi
fainte. Ainfi il eft mort avec
la mefine tranquillité qu'il a
vêcu , & l'on a toûjours admiré
en luy une moderation
fans exemple , que la fortune
& les grands honneurs
ont efté incapables de cor
154 MERCURE
rompre. Aufſi a - t- il joüy en
mourant du feul avantage
qu'un homme auffi moderé
que luy pouvoit defirer
qui eft de fe voir heureux
dans fa pofterité , & de fçavoir
avant fon trépas le chagrin
que l'on auroit de fa
mort , puifque pendant fes
maladies precedentes
comme
dans cette derniere , le
Peuple eft venu plufieurs
fois en foule à fa porte demander
des nouvelles de fon
mal , & marquer par fes gemiffemens
& fes larmes , la
crainte qu'on avoit qu'il ne
GALANT. 155
1.
mouruft. C'eft un effet de
fa douceur , & de la patience
avec laquelle ce Miniſtre
écoutoit tous les particuliers
, & de l'attachement
qu'il avoit à leur rendre Już
ftice , & à examiner à fond
les affaires qui les regar
doient. Ses grandes charitez
ne contribuoient pas peu
auffi à la douleur de tant
d'ames affligées ; mais il feroit
bien difficile de les bien
mettre icy dans leur jour ,
puis qu'il pratiquoit ce que
' Ecriture enfeigne , & que
fa main gauche ne fçavoit
16 MERCURE
pas ce que fa droite faifoit.
En effet la plus part de ceux
qui recevoient
fes dons, ignoroient
à qui ils en eſtoient
obligez ; mais comme il eſt
difficile que les actions de
cette nature foient entie-
3
rement cachées,parce qu'on
ne peut foulager tant de
malheureux , fans fe fervir
de quelqu'un à qui l'on eft
obligé de fe confier ; il en
échape toûjours quelque
chofe , qui fait que les Inrereffez
penetrent ce qu'on
veut ofter à leur connoif
fance, Comme la vanité n'a
GALANT. 157
jamais rien pû fur l'efprit de
ce modefteMiniftre , & qu'il
fuyoit l'éclat dans les chofes
mefme où il pouvoit en fairé
paroiftre , il avoit quantité
de grandes qualitez &
de vertus cachées , qu'il a
toûjours taché de dérober
aux yeux du public . Je laiffe :
à ceux qui fe font chargez
de fon Eloge Funebre , non
feulement à les découvrir ,
mais à leur donner toute l'é
tendue que demandent de
fi glorieufes veritez . Elles
doivent eftre connues de
tout le monde , afin qu'elles
158 MERCURE
fervent d'exemple à ceux qui
font en eftat de pratiquer les
mefines vertus , & qui étant
entrainez par des panchans
contraires , ont de la peine à
y refifter. Mr le Chancelier
eft mort le 30. du mois d'Octobre
âgé de quatre -vingt
trois ans , aprés avoir donné
des marques d'une refignation
, & d'une fermeté d'ame
qu'il feroit difficile de
bien exprimer. La pieté de
toute fa Famille parut aufſi
en cette occafion , puis qu'avec
toute la pompe requife ,
& le refpect , l'humilité , &
GALANT. 159
la veneration que tous les
vrays Chreftiens doivent avoir
en ces rencontres là, elle
accompagna à pied le Saint
Sacrement, lors qu'on aporta
le Viatique à Mile Chancelier
, & le reconduifit juſqu'à
la Paroiffe , de forte que l'on
fut beaucoup édifié du trifte
éclat , & des manieres humbles
& devotes avec laquelle
cette Ceremonie ſe paſſa . Je
finis pour laiffer parler les
autres , puiſque dans les bornes
que je me fuis prefcrites ,
je n'aurois pas affez d'eſpace
pour ébaucher feulement
160 MERCURE
une vie qui a efté auſſi glorieufe
que longue.
ge
Le Roy qui eftimoit ce fa-
Miniitre , non feulement
à caufe des grands fervices
qu'il luy rendoit , mais encore
parce qu'il eftoit parfaitement
honnefte homme , a
fait voir avant fa mort combien
fa perte luy feroit fen .
fible . Si - toft que Sa Majeſté
en eut receu la nouvelle , Elle
témoigna à ſa Famille , avec
les manieres les plus obligeantes
, la part qu'elle prenoit
à fon déplaifir , & le cas
qu'Elle faifoit du merite de
GALANT. 161
-
feu M le Tellier , & de ce
qui reftoit de fon fang.
Fermer
Résumé : Emplois, services & mort de Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Michel Le Tellier, ministre distingué, a connu une carrière riche en responsabilités et en honneurs. En 1623, il débuta comme conseiller au Grand Conseil. Par la suite, il occupa les postes de Procureur du Roi au Châtelet, Maître des Requêtes, Intendant de Justice en Italie, et Ambassadeur auprès des Altesses Royales de Savoie. À son retour, il fut nommé Secrétaire d'État chargé de la Guerre, où il se démarqua par son efficacité. Il devint ministre et servit loyalement le roi durant des périodes tumultueuses, jouant un rôle clé dans la défense de la Guyenne et d'Arras. Sa gestion du Département de la Guerre fut particulièrement saluée. En 1677, il fut promu Chancelier et Garde des Sceaux de France, une nomination unanimement applaudie. Le procureur général et l'abbé Fléchier vantèrent ses qualités, son esprit perspicace, et ses services rendus en Italie, en France durant la régence, et sous Louis XIV. Malgré son grand âge, Le Tellier continua à exercer ses fonctions avec zèle. Il signa l'Édit de Fontainebleau peu avant son décès, survenu paisiblement le 30 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Respecté pour sa modération et sa vertu, il fut pleuré par le peuple et sa famille, qui soulignèrent ses services et son intégrité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3805
p. 2458
Prix de la Sosieté [sic] des Arts &c. [titre d'après la table]
Début :
La Societé des Arts differera jusqu'au retour de S. A. S. Monseigneur le Comte de Clermont, [...]
Mots clefs :
Société des arts, Comte de Clermont, Prix, Assemblée, Mémoires, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de la Sosieté [sic] des Arts &c. [titre d'après la table]
La Societé des Arts differera jusqu'au retouf
de S. A. S Monseigneur le Comte de Clermont,
son Protecteur , l'Assemblée publique , qu'elle
devoit tenir immédiatement après la S. Martin
de cette année 1733. Elle avertit qu'à l'égard des
deux Prix qu'elle devoit distribuer dans la même
Assemblée , quoique dans les Memoires qui
ont concouru pour ces Prix , il y ait beaucoup
de choses aussi utiles que curieuses , et qui prouvent
le zele et la capacité de leurs Auteurs ,
elle n'y a trouvé neanmoins rien d'assez
nouveau ou d'assez bien developpé pour mériter
de remporrer les Prix proposez , et qu'ainsi
elle recevra encore jusques au premier
Mars 1734. non seulement les mêmes Memoires
augmentez ou éclaircis par des figures
exactes ( qui manquent à la plupart ) mais même
les Memoires nouveaux qui lui seront envoyez
, soit sur les Sujets compris dans le Programme
, soit sur d'autres Sujets , pourvû qu'ils
puissent contribuer à la perfection des Arts , et
qu'elle ne distribuera les Prix que dans l'Assemblée
d'après Pâques de l'année. 1734.
de S. A. S Monseigneur le Comte de Clermont,
son Protecteur , l'Assemblée publique , qu'elle
devoit tenir immédiatement après la S. Martin
de cette année 1733. Elle avertit qu'à l'égard des
deux Prix qu'elle devoit distribuer dans la même
Assemblée , quoique dans les Memoires qui
ont concouru pour ces Prix , il y ait beaucoup
de choses aussi utiles que curieuses , et qui prouvent
le zele et la capacité de leurs Auteurs ,
elle n'y a trouvé neanmoins rien d'assez
nouveau ou d'assez bien developpé pour mériter
de remporrer les Prix proposez , et qu'ainsi
elle recevra encore jusques au premier
Mars 1734. non seulement les mêmes Memoires
augmentez ou éclaircis par des figures
exactes ( qui manquent à la plupart ) mais même
les Memoires nouveaux qui lui seront envoyez
, soit sur les Sujets compris dans le Programme
, soit sur d'autres Sujets , pourvû qu'ils
puissent contribuer à la perfection des Arts , et
qu'elle ne distribuera les Prix que dans l'Assemblée
d'après Pâques de l'année. 1734.
Fermer
Résumé : Prix de la Sosieté [sic] des Arts &c. [titre d'après la table]
La Société des Arts a reporté l'assemblée publique prévue après la Saint-Martin 1733 en attendant le retour du Comte de Clermont, son protecteur. Les mémoires soumis pour les deux prix à attribuer contenaient des informations utiles mais manquaient de nouveauté ou de développement. La Société accepte de recevoir jusqu'au 1er mars 1734 les mêmes mémoires améliorés ou éclaircis par des figures exactes, ainsi que de nouveaux mémoires sur les sujets du programme ou d'autres sujets pertinents. Les prix seront distribués lors de l'assemblée suivant Pâques en 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3806
p. 2466
LOGOGRYPHE.
Début :
Dans le coeur des Mortels, Lecteur, je prends naissance ; [...]
Mots clefs :
Courage
3807
p. 134
« La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...] »
Début :
La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...]
Mots clefs :
Cuisinière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...] »
La Cuisiniere Bourgeoise suivie de
l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent
des dépenses de maisons, contenant
la maniere de dissequer, connoître & ser-
vir toutes sortes de viandes: Tom. 2. A
Paris, chez Guillyn, Quai des Augustins
du côté du Pont Saint Michel, au lys
d'or, 1752.
Le premier volume de cet Ouvrage a
réussi: le fecond est d'un usage encore
plus général. Je me suis attaché, dit l'au-
teur, à simplifier les methodes, & à ré-
duire en quelque sorte an niveau des cui-
sines bourgeoises, des apprêts qui ne sem-
bloient devoir être réservés qu'aux Cu-
sines opulentes. Si le coup d'oeil & le goûc
y perdent quelque chose, sa santé y ga-
gnera, & le Boutgeois aura le plaisit de
jouir de la diversité des mets a peu de
frais.
l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent
des dépenses de maisons, contenant
la maniere de dissequer, connoître & ser-
vir toutes sortes de viandes: Tom. 2. A
Paris, chez Guillyn, Quai des Augustins
du côté du Pont Saint Michel, au lys
d'or, 1752.
Le premier volume de cet Ouvrage a
réussi: le fecond est d'un usage encore
plus général. Je me suis attaché, dit l'au-
teur, à simplifier les methodes, & à ré-
duire en quelque sorte an niveau des cui-
sines bourgeoises, des apprêts qui ne sem-
bloient devoir être réservés qu'aux Cu-
sines opulentes. Si le coup d'oeil & le goûc
y perdent quelque chose, sa santé y ga-
gnera, & le Boutgeois aura le plaisit de
jouir de la diversité des mets a peu de
frais.
Fermer
3808
p. 134
« OEUVRES de feu M. Cochin, Ecuyer, Avocat au Parlement, contenant le recueil [...] »
Début :
OEUVRES de feu M. Cochin, Ecuyer, Avocat au Parlement, contenant le recueil [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES de feu M. Cochin, Ecuyer, Avocat au Parlement, contenant le recueil [...] »
OEUVRES de feu M. Cochin, Ecuyer,
Avocat au Parlement, contenant le recueil
de ses Mémoires & Consultations,
Tome II. A Paris, chez de Nully, Li-
braire, Grande Salle du Palais, du côté
de la Cour des Aydes, à l'Ecu de France.
& à la Palme 1752. Vol. in-4°. qui se
vend relié en veau 10 liv. ainsi que le 1er
Tome.
On a joint à la fin de ce second Volu-
me les décisions de la plus grande partie
des affaires contenues dans les Tomes i & z
de ces Ouvrages; ce qui les fera rechercher
de plus en plus, ce nouveau Volume con-
tient de très-belles causes & un nombre de-
Gonsultations fort scavantes, le 3e Tome
est sous la Presse.
Avocat au Parlement, contenant le recueil
de ses Mémoires & Consultations,
Tome II. A Paris, chez de Nully, Li-
braire, Grande Salle du Palais, du côté
de la Cour des Aydes, à l'Ecu de France.
& à la Palme 1752. Vol. in-4°. qui se
vend relié en veau 10 liv. ainsi que le 1er
Tome.
On a joint à la fin de ce second Volu-
me les décisions de la plus grande partie
des affaires contenues dans les Tomes i & z
de ces Ouvrages; ce qui les fera rechercher
de plus en plus, ce nouveau Volume con-
tient de très-belles causes & un nombre de-
Gonsultations fort scavantes, le 3e Tome
est sous la Presse.
Fermer
3809
p. 138
ÉNIGME.
Début :
Nous naissons dans les bois ; un arbre est notre père ; [...]
Mots clefs :
Paire de sabots
3810
p. 120
« Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Début :
Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...]
Mots clefs :
Roi, Gouvernement de Verdun, Lieutenant général des armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Le Roy a donné le
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
Fermer
3811
p. 116
Nouvelle Edition des Oeuvres de S. Jerôme, &c. [titre d'après la table]
Début :
S. EUSEBII HIERONYMI Stridonensis Presbyteri Opera, in X. Tomos distributa. [...]
Mots clefs :
Saint Jérôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Edition des Oeuvres de S. Jerôme, &c. [titre d'après la table]
S. Eusnnrr HLERONYMI Stridonensis
Prcsbyreri Opera,în X. Tomos disrrï-j
bura. Post Monachorum 0rd. S. Benecf.’
è Congreg. S. Mauri recensionem , de-j
nuô ad Manuscr. Codices Romanes,
Ambrosianos , Veronenses , 23cc. 'castigata,l*
8Ce. Opera et Studio DoMmrcr VAL;
LARSII, Veronensis Preslàyrerï : ô em fe
tenribus aliis in eadem Civirate ireraris
_ et præcipué MARCH Scivmns MAFÏ-‘EJO.
Vemtm, M. DC c. xx x1 r: Fer Petrum
Antonium Ber/mm et ïaoabumVallarsiùme
Le Titre qu’on vient de lire est à la.
tête d’une' petite Brochure de 1€. page:
in S qui nous esr envoyée d*’Italie, et
qui contient en Langue Italienne le Plan.
d'une nouvelle Édition qu’on prépareä.
vVerone des Oeuvres de S. J crôme. PIANO
dfima nuer/d Ediziqne che si e’ akxzim di
mtte le Opçre di S. Gimlnma. On ne peut
qu’avoir très-bonne ojinion dîme pa
reille entreprise , quan on a vû dans le
Praxpectus‘ tout le détail sur lequel roule ‘
son execution.
Prcsbyreri Opera,în X. Tomos disrrï-j
bura. Post Monachorum 0rd. S. Benecf.’
è Congreg. S. Mauri recensionem , de-j
nuô ad Manuscr. Codices Romanes,
Ambrosianos , Veronenses , 23cc. 'castigata,l*
8Ce. Opera et Studio DoMmrcr VAL;
LARSII, Veronensis Preslàyrerï : ô em fe
tenribus aliis in eadem Civirate ireraris
_ et præcipué MARCH Scivmns MAFÏ-‘EJO.
Vemtm, M. DC c. xx x1 r: Fer Petrum
Antonium Ber/mm et ïaoabumVallarsiùme
Le Titre qu’on vient de lire est à la.
tête d’une' petite Brochure de 1€. page:
in S qui nous esr envoyée d*’Italie, et
qui contient en Langue Italienne le Plan.
d'une nouvelle Édition qu’on prépareä.
vVerone des Oeuvres de S. J crôme. PIANO
dfima nuer/d Ediziqne che si e’ akxzim di
mtte le Opçre di S. Gimlnma. On ne peut
qu’avoir très-bonne ojinion dîme pa
reille entreprise , quan on a vû dans le
Praxpectus‘ tout le détail sur lequel roule ‘
son execution.
Fermer
Résumé : Nouvelle Edition des Oeuvres de S. Jerôme, &c. [titre d'après la table]
Une brochure italienne annonce une nouvelle édition des œuvres de saint Jérôme, supervisée par Domenico Vallarsi et March Scipion Mafuccjo à Vérone. Cette édition, basée sur divers manuscrits, inclut les Codices Romanes, Ambrosianos et Veronenses. Le projet est salué pour sa rigueur et son soin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3812
p. 134-135
« TRAITÉ de la vente des immeubles par décret, avec un recueil des Edits, [...] »
Début :
TRAITÉ de la vente des immeubles par décret, avec un recueil des Edits, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ de la vente des immeubles par décret, avec un recueil des Edits, [...] »
TRAITÉ de la vente des immeubles
par décret, avec un recueil des Edits,
Déclarations & Reglemens des Couis-
souveraines sur ce sujet. Nouvelle Edi-
tion, revûë, corrigée & augmeniée,
PAL. M. Louis. de Hericourt, Avocat
MAI. 1752. 135
au Parlement. A Paris, chez la Veuve Ca-
velter, rue Saint Jacques, au Lys d'or,
& au Palais chez de Nully, à l'Ecu de
France & à. la Palme, 1752, Volume
in-4°. relié en veau 12. liv.
par décret, avec un recueil des Edits,
Déclarations & Reglemens des Couis-
souveraines sur ce sujet. Nouvelle Edi-
tion, revûë, corrigée & augmeniée,
PAL. M. Louis. de Hericourt, Avocat
MAI. 1752. 135
au Parlement. A Paris, chez la Veuve Ca-
velter, rue Saint Jacques, au Lys d'or,
& au Palais chez de Nully, à l'Ecu de
France & à. la Palme, 1752, Volume
in-4°. relié en veau 12. liv.
Fermer
3813
p. 2032-2033
LIVRES que Cavelier, Libraire à Paris, ruë S. Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
Début :
Plutarchi vitae Parallelae cum singulis aliquot graecè et latinè ; adduntur variantes Lectiones ; [...]
Mots clefs :
Remèdes, Guérir, Medicina, Tractatus, Latin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRES que Cavelier, Libraire à Paris, ruë S. Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
LIVRES que Cavelier , Libraire à
Paris , rue S. Jacques , a nouvellement
reçûs des Pays Etrangers.
Plutarchi vita Parallelæ cum singulis aliquot
græcè et latinè; adduntur variantes Lectiones;
recensuit Aug. Bryanus , Gr . Lat. 5. vol. in 4.
Londuni , 1729. Carta Imperiali.
MEMOIRES Secrets de la Cour de France , conte
nant les Intrigues du Cabinet pendant la Minorité
de Louis XIV . 3. volumes in 12.
Amst. 1733.
> NOVA Acta Eruditorum anno 1732 in
Lipsia.
4.
Gebaveri ( Georg . Christ . ) Anthologicarum
Dessertationum Liber , et Collegiorum Lipsiensium
Historia , in 8. Lipsia , 1733 .
Heisenii ( Henr. ) Oratio de Eloquentia vet.
Germanorum
, in 4. Brema , 1732.
RAV. ( Just. ) Philosophia Lactantii , in 8 .
Jena , 1733.
HEINNECCII ( Got. ) Fundamenta Stili Cultioris
, regulis perspicuis adornata , in 8. Lipsia
1733.
Bose ( Mat. ) Comment. in Eclipsim Terra
13. Maii 1733. in 4. Lipsia , 1733 .
DICTIONAIRE Médical , contenant la Méthode
la plus recevable pour connoître et guérir
les Maladies par des Remedes simples , &c.
On y a joint la Maladie des Chevaux , avec
les Remedes propres à les guérir , par I. G.
Docteur en Médecine. 2. vol . in 12. Bruxelles
, 1733.
DOUGLAS ( Jac. ) Descriptio Peritonæi et Membrana
Cellolaris , ex Anglico Latinè , versa.
cura
SEPTEMBRE . 1733 2033
cum Annotationibus Heisferi , in 8. Helmsfadii
, 1733 .
LILUM Lapideum , ex Commentatione Jo . Harembergi
, cum Fig. in 4. 1729.
BRUNKMANNI ( Fr. ) de Lapidibus Odoratis ,
in 4. Fig. Volfembutella , 1719 .
STENTZELII ( God . ) Medicina Theoretico
Practica , in 8. Francofurti , 1732.
Ejusd. Texicologia Pashologico - Medica ,
sive de venenis , in 4. Visemberga , 1733 .
STAHLII ( Georg ) . Experimenta, Observationes,
Animadversiones 300. Numero , Chimica et
Physicæ in 8. Berolini , 1731.
ADOLPHI ( MIC . ) Tractatus de Fontibus quibusdam
Soteriis , in . 8. Lipsia , i - 33.
HAHN ( Got. ) Variolarum Antiquitates , in 4.
Briga , 1733-
BELLINI ( Laur. ) de Urinis et Pulsibus Sangui
guinis Missione , Febribus , Capitis - Pectoris
que Morbis , cum Præfatione Boerhaave ,
in 4, Lipsia , 1731.
ALBERTI ( Mic. ) Tractatus de Hæmorrhoidi
bus , in 4. Hala , 1722.
Ejusd. Jurisprudentiæ Medicæ , Tomus tertius
, novis casibus Forensibus et Clinicis lo
cupletatus , in 4. Scheuberga , 1733 , N. B. en.
Allemand.
JUNCSTER ( Jo. Methodo Stahliana , Conspec
tus Medicina , Chirurgie , Therapiæ Formus
larum et Chemiæ , 5. vol . in 4. Hala.
Paris , rue S. Jacques , a nouvellement
reçûs des Pays Etrangers.
Plutarchi vita Parallelæ cum singulis aliquot
græcè et latinè; adduntur variantes Lectiones;
recensuit Aug. Bryanus , Gr . Lat. 5. vol. in 4.
Londuni , 1729. Carta Imperiali.
MEMOIRES Secrets de la Cour de France , conte
nant les Intrigues du Cabinet pendant la Minorité
de Louis XIV . 3. volumes in 12.
Amst. 1733.
> NOVA Acta Eruditorum anno 1732 in
Lipsia.
4.
Gebaveri ( Georg . Christ . ) Anthologicarum
Dessertationum Liber , et Collegiorum Lipsiensium
Historia , in 8. Lipsia , 1733 .
Heisenii ( Henr. ) Oratio de Eloquentia vet.
Germanorum
, in 4. Brema , 1732.
RAV. ( Just. ) Philosophia Lactantii , in 8 .
Jena , 1733.
HEINNECCII ( Got. ) Fundamenta Stili Cultioris
, regulis perspicuis adornata , in 8. Lipsia
1733.
Bose ( Mat. ) Comment. in Eclipsim Terra
13. Maii 1733. in 4. Lipsia , 1733 .
DICTIONAIRE Médical , contenant la Méthode
la plus recevable pour connoître et guérir
les Maladies par des Remedes simples , &c.
On y a joint la Maladie des Chevaux , avec
les Remedes propres à les guérir , par I. G.
Docteur en Médecine. 2. vol . in 12. Bruxelles
, 1733.
DOUGLAS ( Jac. ) Descriptio Peritonæi et Membrana
Cellolaris , ex Anglico Latinè , versa.
cura
SEPTEMBRE . 1733 2033
cum Annotationibus Heisferi , in 8. Helmsfadii
, 1733 .
LILUM Lapideum , ex Commentatione Jo . Harembergi
, cum Fig. in 4. 1729.
BRUNKMANNI ( Fr. ) de Lapidibus Odoratis ,
in 4. Fig. Volfembutella , 1719 .
STENTZELII ( God . ) Medicina Theoretico
Practica , in 8. Francofurti , 1732.
Ejusd. Texicologia Pashologico - Medica ,
sive de venenis , in 4. Visemberga , 1733 .
STAHLII ( Georg ) . Experimenta, Observationes,
Animadversiones 300. Numero , Chimica et
Physicæ in 8. Berolini , 1731.
ADOLPHI ( MIC . ) Tractatus de Fontibus quibusdam
Soteriis , in . 8. Lipsia , i - 33.
HAHN ( Got. ) Variolarum Antiquitates , in 4.
Briga , 1733-
BELLINI ( Laur. ) de Urinis et Pulsibus Sangui
guinis Missione , Febribus , Capitis - Pectoris
que Morbis , cum Præfatione Boerhaave ,
in 4, Lipsia , 1731.
ALBERTI ( Mic. ) Tractatus de Hæmorrhoidi
bus , in 4. Hala , 1722.
Ejusd. Jurisprudentiæ Medicæ , Tomus tertius
, novis casibus Forensibus et Clinicis lo
cupletatus , in 4. Scheuberga , 1733 , N. B. en.
Allemand.
JUNCSTER ( Jo. Methodo Stahliana , Conspec
tus Medicina , Chirurgie , Therapiæ Formus
larum et Chemiæ , 5. vol . in 4. Hala.
Fermer
Résumé : LIVRES que Cavelier, Libraire à Paris, ruë S. Jacques, a nouvellement reçûs des Pays Etrangers.
Le document énumère des livres récemment reçus par Cavelier, libraire à Paris, en provenance des Pays Étrangers. Parmi ces ouvrages figurent des biographies parallèles de Plutarque en grec et en latin, révisées par Aug. Bryanus, ainsi que les 'Mémoires Secrets de la Cour de France' relatant les intrigues pendant la minorité de Louis XIV. La liste inclut également les 'Nova Acta Eruditorum' de 1732, une dissertation de Georg. Christ. Gebaveri, et une oraison de Henr. Heisenii sur l'éloquence des anciens Germains. Des travaux sur la philosophie, la médecine, et les sciences naturelles sont également présents, tels que 'Philosophia Lactantii' de Just. Rav, 'Fundamenta Stili Cultioris' de Got. Heinneccii, et un 'Dictionnaire Médical' incluant des remèdes pour les chevaux. Des ouvrages sur l'anatomie, la minéralogie, et la toxicologie sont mentionnés, comme ceux de Jac. Douglas, Jo. Harembergi, et God. Stenzelii. Enfin, des traités sur la chimie, la variole, et les maladies spécifiques sont listés, incluant des travaux de Georg. Stahlii, Got. Hahn, et Laur. Bellini.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3815
p. 122-123
Turquie.
Début :
L'Envoyé du Roy de Perse à Constantinople, eut audience du Grand [...]
Mots clefs :
Perse, Grand vizir, Troupes, Roi de Perse, Géorgie, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Turquie.
Turquie.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
Fermer
Résumé : Turquie.
En Turquie, l'envoyé du roi de Perse a rencontré le Grand Visir à Constantinople pour protester contre l'entrée des troupes ottomanes en Géorgie et dans d'autres provinces persanes. Le Grand Visir a justifié cette occupation par la nécessité de contrer l'avancée des troupes russes. Il a assuré que les troupes ottomanes ne se retireraient que lorsque le roi de Perse serait sous la discrétion du sultan et n'aurait plus de liens avec la Russie. L'armée ottomane, dirigée par Hassan, Eacha de Bagdad, a pris les villes de Schirmanshah et Hamedan sur la route d'Ispahan. Une autre armée de 40 000 hommes, commandée par le Bacha de Basra, a pénétré en province de Schiwan et se prépare à assiéger Erivan après avoir pris Gangia. Une troisième armée, dirigée par Achmet Bacha, opère en Géorgie et avance vers la capitale perse. L'armée de l'usurpateur Miry Mamouth est estimée à 30 000 hommes. Des rapports indiquent que des troupes ottomanes en Géorgie ont été attaquées par les forces persanes, qui ont pris l'avantage et repoussé les Turcs vers Tiflis. À Constantinople, le Divan a décidé de déclarer la guerre à la Russie. Une armée de 120 000 hommes, renforcée par 45 000 Tartares, se prépare sous le commandement du Grand Visir. Gianum Coggia, en grande faveur à la Porte, dirige les affaires de la marine et est admis au Divan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3816
p. 91-92
« Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Début :
Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...]
Mots clefs :
Gérone, Magasins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Ivos Troupes ont ejlemijcs
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
Fermer
3817
p. 2456-2457
PREMIERE ENIGME.
Début :
On peut sans déroger avec art me construire ; [...]
Mots clefs :
Verre à boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE ENIGME.
PREMIERE ENIGME.
ON peut fans déroger avec art me conftruire
;
Brûlant quand on me fait, il faut encor me
cuire ;
Avant qu'on me touche du doigt,
On fouffle , enfin , je deviens froid ,
Et même plus froid qu'une fouche ;
J'ai très fouvent le pied plus petit que la bou
che ,
Comme un Cameleon je change de couleur ;
Sans crainte des jaloux , je donne avec douceur
Un baiſer amoureux à la fage Climene ,
Je la foulage dans fa peine ,
Je recommence au gré de fon defir ,
Et je fuis infenfible à ce charmant plaifir.
Dans
OCTOBRE 17258 2457
Dans un combat , je brille & je me fait en
tendre ;
Par accident , par divertiffement ,
On me détruit impitoyablement ;
Mais comme le Phénix , je renais de ma cen
dre.
ON peut fans déroger avec art me conftruire
;
Brûlant quand on me fait, il faut encor me
cuire ;
Avant qu'on me touche du doigt,
On fouffle , enfin , je deviens froid ,
Et même plus froid qu'une fouche ;
J'ai très fouvent le pied plus petit que la bou
che ,
Comme un Cameleon je change de couleur ;
Sans crainte des jaloux , je donne avec douceur
Un baiſer amoureux à la fage Climene ,
Je la foulage dans fa peine ,
Je recommence au gré de fon defir ,
Et je fuis infenfible à ce charmant plaifir.
Dans
OCTOBRE 17258 2457
Dans un combat , je brille & je me fait en
tendre ;
Par accident , par divertiffement ,
On me détruit impitoyablement ;
Mais comme le Phénix , je renais de ma cen
dre.
Fermer
3818
p. 2610-2611
LETTRE écrite par M. de Milhau, Creole de Cayenne, au sujet de l'Histoire Naturelle de cette Isle.
Début :
Si un Auteur est obligé de rendre compte au Public de ses ouvrages, à [...]
Mots clefs :
Cayenne, Histoire naturelle, Colonie, Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. de Milhau, Creole de Cayenne, au sujet de l'Histoire Naturelle de cette Isle.
LETTRE écrite par M. de Milhau¸
Creole de Cayenne , au sujet de l'His
toire Naturelle de cette Isle.
MONSIEUR
Si un Auteur est obligé de rendre
compte au Public de ses ouvrages , à
plus forte raison celui qui fournit les
Memoires d'une Histoire ainsi , pour
répondre à votre Lertre , et pour n'être
point obsedé par des reproches continuels
, je me vois obligé de déclarer que
je n'ai jamais eu aucune connoissance de
tout ce que le R. P. Labat nous dit , touchant
l'Histoire Naturelle de Cayenne
dans son troisiéme Volume de la Guinée
qui est pourtant écrit sur la foy de mes
Memoires , à ce qu'il prétend. Je n'ay
garde , Monsieur , d'avouer comme mon
propre bien , une chose dont je pourrois
être démenti à chaque moment par
mes Compatriotes et je vous pro ·
teste que je n'ay fourni sur ce qui regarde
cette Colonie , que ce qui est rapporté
depuis son premier établissement ,
jusqu'à present. Pour ce qui est de son
Gouvernement Ecclesiastique et Miire
,
de l'Administration de la Justice
NOVEMBR E. 1731. 2611
tice , de son Commerce du Domaine
du Roy , et des moeurs des Sauvages
, quelqu'un trouve que sur ces
Chefs j'aye alteré la verité , et n'aye pas
écrit avec toute l'éxactitude possible
je suis en état de me défendre ; aussi
n'ay-je garde de soûtenir rien contre mon
propre sentiment , et je ne suis point
sensible au titre honorable de Botaniste .
que me donne le R. P. Labat . Je diray
comme vous , Monsieur , que je n'ay
jamais eû aucune connoissance de tout
ce qui est dit de l'Histoire Naturelle
dont il fait pourtant une exacte Descrip
tion sur la foy de mes Memoires. Je suis
surpris que ,
les ayant eûs dans vos mains
avant que ce Livre parût , vous n'ayez
pas été plus porté à me rendre Justice ;
personne ne pouvoit mieux me la rendre.
J'ay l'honneur d'être très - parfaitement
& c.
Creole de Cayenne , au sujet de l'His
toire Naturelle de cette Isle.
MONSIEUR
Si un Auteur est obligé de rendre
compte au Public de ses ouvrages , à
plus forte raison celui qui fournit les
Memoires d'une Histoire ainsi , pour
répondre à votre Lertre , et pour n'être
point obsedé par des reproches continuels
, je me vois obligé de déclarer que
je n'ai jamais eu aucune connoissance de
tout ce que le R. P. Labat nous dit , touchant
l'Histoire Naturelle de Cayenne
dans son troisiéme Volume de la Guinée
qui est pourtant écrit sur la foy de mes
Memoires , à ce qu'il prétend. Je n'ay
garde , Monsieur , d'avouer comme mon
propre bien , une chose dont je pourrois
être démenti à chaque moment par
mes Compatriotes et je vous pro ·
teste que je n'ay fourni sur ce qui regarde
cette Colonie , que ce qui est rapporté
depuis son premier établissement ,
jusqu'à present. Pour ce qui est de son
Gouvernement Ecclesiastique et Miire
,
de l'Administration de la Justice
NOVEMBR E. 1731. 2611
tice , de son Commerce du Domaine
du Roy , et des moeurs des Sauvages
, quelqu'un trouve que sur ces
Chefs j'aye alteré la verité , et n'aye pas
écrit avec toute l'éxactitude possible
je suis en état de me défendre ; aussi
n'ay-je garde de soûtenir rien contre mon
propre sentiment , et je ne suis point
sensible au titre honorable de Botaniste .
que me donne le R. P. Labat . Je diray
comme vous , Monsieur , que je n'ay
jamais eû aucune connoissance de tout
ce qui est dit de l'Histoire Naturelle
dont il fait pourtant une exacte Descrip
tion sur la foy de mes Memoires. Je suis
surpris que ,
les ayant eûs dans vos mains
avant que ce Livre parût , vous n'ayez
pas été plus porté à me rendre Justice ;
personne ne pouvoit mieux me la rendre.
J'ay l'honneur d'être très - parfaitement
& c.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. de Milhau, Creole de Cayenne, au sujet de l'Histoire Naturelle de cette Isle.
M. de Milhau, un Créole de Cayenne, répond à une lettre concernant l'Histoire Naturelle de Cayenne. Il nie avoir fourni des informations sur ce sujet au Père Labat, contrairement à ce que ce dernier affirme dans son troisième volume sur la Guinée. Milhau précise qu'il n'a rapporté que des faits relatifs à la colonie depuis son établissement jusqu'à présent. Il reconnaît avoir reçu des critiques sur divers aspects, tels que le gouvernement ecclésiastique et militaire, l'administration de la justice, le commerce, le domaine royal et les mœurs des sauvages. Cependant, il se défend en affirmant qu'il n'a rien écrit contre ses propres convictions. Milhau exprime également sa surprise que la personne à qui il a fourni ses mémoires n'ait pas pris sa défense avant la publication du livre du Père Labat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3819
p. 134-136
LETTRE A M. ***
Début :
Monsieur, la découverte du moyen de convertir le fer en acier, annoncée [...]
Mots clefs :
Découverte, Acier, Fer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. ***
METALLURGIE.
LETTRE A M. ***
Onfieur , la découverte du
moyen
Mdeconvertirle fet en acier annon
cée dans les ouvrages périodiques , fáit y
fans contredit , beaucoup d'honneurà l'anteur
; elle lui affure un droit bien légiti
me fur la reconnoiffance de tout bon citoyen
, parce que l'avantage qui doit en
refulter pour le public eft infiniment audeffus
de celui que l'auteur peut avoir envifagé
pour lui- même. Pofe croire qu'en'
lui rendant en mon particulier toute la
juftice qu'il mérite du côté des fentimens
& du génie , il ne trouvera pas mauvais
fi je ne regarde pas fa découverte comme
nouvelle. Il y a plus de vingt- cinq ans
qu'elle a été faite pas un nommé Sebaſtien
Florès , fameux Serrurier de Madrid ,' qui
par ordre du Confeil de commerce en fit
l'expérience en préfence de deux députés ,
qui avoient pris la précaution de faire ap
pliquer une marque particuliere fur la barre
de fer , dont Florès fit une barre d'acier.
J'ignore les raifons qui ont pu empêcher
le miniftere Efpagnol de favorifer une fi
belle & fi avantageufe mutation , d'autane ?
AVRIL. 1755. 135
plus que Florès s'obligeoit d'établir l'acier
à un tiers meilleur marché que les '
étrangers , au moyen de l'exemption géné
rale de tous droits qu'il demandoit pour
vingt ans. Je ne fuis pas mieux inftruit
fi Florès dût cette découverte au feul has
zard , ou à des expériences déterminées
au fujet , ou enfin à la confidence de quelque
ouvrier plus habile que lui . L'inven
tion de différentes machines jufqu'alors in
connues , pourroit , ce me femble , lui faire
attribuer , avec quelque justice , celle du
fecret en queſtions Quoiqu'il en foit , je
n'ai nulle intention de porter la moindre
atteinte à la réputation d'homme de génie
que fe fait notre bon patriote : il a pût
ignorer que Florès l'avoit devancé ; celuici
peut avoir été à fon tour , & tous les
deux peuvent cependant être créateurs de
leur ouvrage mais quand cela ne feroit pas,
il leur reftera toujours une bonne portion
de l'eftine publique. Le grand maître de
langue que nous avons en France pour les
muets petd- il rien, de fon mérite pour fe
fervir d'une méthode ( qu'il a peut-être
perfectionnée ) dont le Journal de Tre
voux fit honneur en 1701 , d'abord â M.
Wallis , Profeffeur de Mathématiques yra
Oxford & enfuite à M.: Amman , Méder«
cin Hollandois ? ll étoit fans doute bien
t
136 MERCURE DE FRANCE.
flateur pour ces deux fçavans , de voir leur
art annoncé fous le titre de Nouvelle méthode
; il y avoit cependant cent cinquante
ans que le Pere Ponce Bénédictin Efpagnol
, l'avoit trouvée & mife heureufe
ment en pratique , tant pour la parole que
pour l'écrituren Ceft donc toujours un honneur
que de faire revivre des fciences ou
des arts ignorés de nos jours , & il eſt d'autant
plus grand & plus folide , à propor
tion de l'avantage que la nation retire de
ces découvertes, 16 Jibi 497 1
530
J'ai l'honeur d'être , &c.
De Rouen , co 26 Février asshd
LETTRE A M. ***
Onfieur , la découverte du
moyen
Mdeconvertirle fet en acier annon
cée dans les ouvrages périodiques , fáit y
fans contredit , beaucoup d'honneurà l'anteur
; elle lui affure un droit bien légiti
me fur la reconnoiffance de tout bon citoyen
, parce que l'avantage qui doit en
refulter pour le public eft infiniment audeffus
de celui que l'auteur peut avoir envifagé
pour lui- même. Pofe croire qu'en'
lui rendant en mon particulier toute la
juftice qu'il mérite du côté des fentimens
& du génie , il ne trouvera pas mauvais
fi je ne regarde pas fa découverte comme
nouvelle. Il y a plus de vingt- cinq ans
qu'elle a été faite pas un nommé Sebaſtien
Florès , fameux Serrurier de Madrid ,' qui
par ordre du Confeil de commerce en fit
l'expérience en préfence de deux députés ,
qui avoient pris la précaution de faire ap
pliquer une marque particuliere fur la barre
de fer , dont Florès fit une barre d'acier.
J'ignore les raifons qui ont pu empêcher
le miniftere Efpagnol de favorifer une fi
belle & fi avantageufe mutation , d'autane ?
AVRIL. 1755. 135
plus que Florès s'obligeoit d'établir l'acier
à un tiers meilleur marché que les '
étrangers , au moyen de l'exemption géné
rale de tous droits qu'il demandoit pour
vingt ans. Je ne fuis pas mieux inftruit
fi Florès dût cette découverte au feul has
zard , ou à des expériences déterminées
au fujet , ou enfin à la confidence de quelque
ouvrier plus habile que lui . L'inven
tion de différentes machines jufqu'alors in
connues , pourroit , ce me femble , lui faire
attribuer , avec quelque justice , celle du
fecret en queſtions Quoiqu'il en foit , je
n'ai nulle intention de porter la moindre
atteinte à la réputation d'homme de génie
que fe fait notre bon patriote : il a pût
ignorer que Florès l'avoit devancé ; celuici
peut avoir été à fon tour , & tous les
deux peuvent cependant être créateurs de
leur ouvrage mais quand cela ne feroit pas,
il leur reftera toujours une bonne portion
de l'eftine publique. Le grand maître de
langue que nous avons en France pour les
muets petd- il rien, de fon mérite pour fe
fervir d'une méthode ( qu'il a peut-être
perfectionnée ) dont le Journal de Tre
voux fit honneur en 1701 , d'abord â M.
Wallis , Profeffeur de Mathématiques yra
Oxford & enfuite à M.: Amman , Méder«
cin Hollandois ? ll étoit fans doute bien
t
136 MERCURE DE FRANCE.
flateur pour ces deux fçavans , de voir leur
art annoncé fous le titre de Nouvelle méthode
; il y avoit cependant cent cinquante
ans que le Pere Ponce Bénédictin Efpagnol
, l'avoit trouvée & mife heureufe
ment en pratique , tant pour la parole que
pour l'écrituren Ceft donc toujours un honneur
que de faire revivre des fciences ou
des arts ignorés de nos jours , & il eſt d'autant
plus grand & plus folide , à propor
tion de l'avantage que la nation retire de
ces découvertes, 16 Jibi 497 1
530
J'ai l'honeur d'être , &c.
De Rouen , co 26 Février asshd
Fermer
Résumé : LETTRE A M. ***
La lettre discute de la découverte d'un procédé pour convertir le fer en acier, attribuée à un inventeur contemporain. L'auteur reconnaît l'importance de cette découverte pour le public, mais conteste sa nouveauté. Il affirme que ce procédé a été développé plus de vingt-cinq ans auparavant par Sébastien Florès, un serrurier de Madrid. Florès avait démontré cette méthode devant des députés du Conseil de commerce espagnol et proposé de produire de l'acier à un coût inférieur à celui des étrangers, en échange d'une exemption de droits pendant vingt ans. La lettre mentionne également l'invention de machines inconnues jusqu'alors, potentiellement attribuées à Florès. L'auteur admire le génie de l'inventeur contemporain tout en reconnaissant les contributions antérieures de Florès. La lettre se conclut par une réflexion sur l'honneur de redécouvrir des sciences ou des arts oubliés et sur les avantages que la nation en retire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3820
p. 120-122
« Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Début :
Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...]
Mots clefs :
Maître des comptes, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Louis Frezon ancien
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
Fermer
Résumé : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
En février 1711, plusieurs personnalités sont décédées. Louis Frezon, Maître des Comptes, est mort le 1er février à un âge avancé. Jean François du Tillet, Chevalier Seigneur de Lannes, est décédé sans descendance le 9 février à 66 ans. Nicolas Charles César de Costentin, Chevalier Marquis de Néry, est mort le 14 février. Jean Baptiste Coquebert, Seigneur de Montbret et Maître des Comptes, est décédé le 17 février.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3821
p. 134-136
« RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
Début :
RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Compagnie de Jésus, Avignon, Épître, Recueil, Naissance, Collège, Chansons, Intermède, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
RECUEIL de Poësies sur la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
Fermer
3822
p. 540-542
« JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Début :
JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...]
Mots clefs :
Journal littéraire, Promenade, Eaux minérales, Livre de Job, Recueil, L'état des morts et des ressuscitants, Nouvelles littéraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
JOURNAL LITTERAIRE , année 1730 ,
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
Tome 16. premiere et seconde Partie. A
la Haye, che Gosse et Neaulme , in 12 .
嘿
Ce Journal , dont il nous est tombé
quelques Volumes entre les mains , se.
soûtient toujours avec la même réputa
tion. Nous donnerons une légere idée de
leur contenu , à mesure qu'il en paroîtra,.
sur tout , pour les titres des ouvrages qui
ne sont guére connus en France.
PROMENADES d'Ariste et de Sophie , ou
Instructions galantes et sérieuses pour
une
MARS. 1732. 341
unejeune Demoiselle qui veut entrer dans
le monde. Par M. L. A Amsterd. chezH.
du Sauzet. 1730. 318 pages in 12.
LA CONNOISSANCE des Eaux Minérales
d'Aix-la- Chapelle , de Chaud-Fontaine et
de Spa , par leurs véritables principes
envoyée à un ami. Par W. Chronet , Docteur en Médecine , seconde édition. A
Liége , chez François- Alexandre Barchon,
an Pui en Gerardrie. 1729. in 8. 96 pag.
LE LIVRE DE JOB , traduit en François,
sur l'Original Hebreu , avec des Notes
Litterales pour éclaircir le Texte. Par
Théodore Crinsoz. A Roterdam , chez
Abraham Acher. 1729. in 4. de 148 pag.
sans l'Avertissement et la Préface.
RECUEIL DE LITTERATURE de Philosophie et d'Histoire. A Amsterd. chez F.
Honnoré. 1730, in 12. de 167 pages , sans
la Table.
TRAITE DE L'ETAT DES MORTS et des
Ressuscitans. Par Th. Burnet , Docteur et
Professeur en Théologie , et Maître de la
Chartreuse de Londres; traduit du Latin.
Par M. Jean Bion , Ministre de l'Eglise
F vj An
542 MERCURE DE FRANCE
Anglicane. A Roterdam , chez Jean Hof
bout, 1731. in 12. de 285 pages.
Les Nouvelles Litteraires de ce xvi* vol.
nous apprennent ( Art. de Vienne ) , que
les Antiquaires de l'Empereur promettent de donner incessamment une Edition
exacte du fameux Cabinet des Médailles
des Chartreux de Rome, acquis par S.M.I.
Les Planches excelleront pour la gravûre
et seront bien au dessus de celles que les
Chartreux avoient déja données dans lesquelles il y avoit des fautes si visibles, que
les moindres connoisseurs , sans voir les
Médailles , pouvoient s'en appercevoir.
L'explication des Figures , dont on a
orné une Edition des œuvres de M. de
Fontenel , faite à la Haye , occupe une
place considérable dans ces Nouvelles , er
mérite l'attention des Lecteurs intelligens.
On imprime à la Rochefoucault, en in 80 , chez
la veuve Débrouée ; Un Traité de l'humilité, aveg
an autre , de la Soumission respectueuse que les
Domestiques doivent avoir pour leurs Maitres , et
du Retour de tendresse des Maîtres à l'égard de
leurs Domestiques. Par M. Roubauld , Abbé de
S. Léonard , près la Ro
Fermer
Résumé : « JOURNAL LITTERAIRE, année 1730, Tome 16. premiere et seconde Partie. [...] »
Le 'Journal Littéraire' de 1730, Tome 16, publié à La Haye par Gosse et Neaulme, présente divers ouvrages récents. Parmi eux, 'Promenades d'Ariste et de Sophie', un guide pour jeunes demoiselles, publié à Amsterdam en 1730. 'La Connaissance des Eaux Minérales' de W. Chronet, une seconde édition sur les eaux thermales, est publiée à Liège en 1729. 'Le Livre de Job' traduit en français par Théodore Crinsoz est publié à Rotterdam en 1729. Un 'Recueil de Littérature de Philosophie et d'Histoire' est publié à Amsterdam en 1730. 'Traité de l'État des Morts et des Ressuscitans' de Th. Burnet, traduit par Jean Bion, est publié à Rotterdam en 1731. Les nouvelles littéraires annoncent une future édition du 'Cabinet des Médailles des Chartreux de Rome' et une explication des figures dans une édition des œuvres de Fontenelle. Enfin, un traité sur l'humilité et la soumission respectueuse des domestiques par l'Abbé Roubauld est en cours d'impression à La Rochefoucault.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3823
p. 130-132
Ambassadeurs nommez par le Roy, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Comte de Cheverny, Fils de feu Mr de Monglas, [...]
Mots clefs :
Comte de Cheverny, Chevalier, Ambassadeur du Danemark, Envoyé extraordinaire, Sagesse, Marquis de Feuquieres, Ambassadeur extraordinaire, Abbé Morel, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ambassadeurs nommez par le Roy, [titre d'après la table]
M ' le Comte de Cheverny,
GALANT. 131
Fils de feu M ' de Monglas ,
Chevalier des Ordres du
Roy, & Maistre de la Garderobe
de Sa Majeſté , a eſté
nommé Ambaffadeur
en
Dannemarc. Vous le connoiſſez
, & je vous parlay de
luy , lors qu'il fut choisi pour
eftre Envoyé Extraordinaire
auprés de l'Empereur. Ces
deux Emplois font les premiers
qu'il ait eus , & il en tire
d'autant plus de gloire , que
qui commence par là à entrer
dans les Affaires , doit
avoir donné de grandes preuves
de fon efprit , de fa fagef
132 MERCURE
fe, & de fa conduite .
Mi le Marquis de Feuquieres
a efté aufli nommé Ambaffadeur
Extraordinaire en
Eſpagne . Il eft d'une naiſſance
diftinguée , & a tres bien
fervy en plufieurs occafions.
Mr l'Abbé Morel , qui a
efté Envoyé Extraordinaire
vers les Princes d'Italie , &
qui s'eft aquité avec fuccez
de plufieurs importantes Négotiations,
va remplir le Pofte
d'Envoyé Extraordinaire auprés
de Sa Majesté Imperiale,.
en la place de M² le Comte
de Cheverny .
GALANT. 131
Fils de feu M ' de Monglas ,
Chevalier des Ordres du
Roy, & Maistre de la Garderobe
de Sa Majeſté , a eſté
nommé Ambaffadeur
en
Dannemarc. Vous le connoiſſez
, & je vous parlay de
luy , lors qu'il fut choisi pour
eftre Envoyé Extraordinaire
auprés de l'Empereur. Ces
deux Emplois font les premiers
qu'il ait eus , & il en tire
d'autant plus de gloire , que
qui commence par là à entrer
dans les Affaires , doit
avoir donné de grandes preuves
de fon efprit , de fa fagef
132 MERCURE
fe, & de fa conduite .
Mi le Marquis de Feuquieres
a efté aufli nommé Ambaffadeur
Extraordinaire en
Eſpagne . Il eft d'une naiſſance
diftinguée , & a tres bien
fervy en plufieurs occafions.
Mr l'Abbé Morel , qui a
efté Envoyé Extraordinaire
vers les Princes d'Italie , &
qui s'eft aquité avec fuccez
de plufieurs importantes Négotiations,
va remplir le Pofte
d'Envoyé Extraordinaire auprés
de Sa Majesté Imperiale,.
en la place de M² le Comte
de Cheverny .
Fermer
Résumé : Ambassadeurs nommez par le Roy, [titre d'après la table]
Le Comte de Cheverny est nommé Ambassadeur en Dannemarc et Envoyé Extraordinaire auprès de l'Empereur. Le Marquis de Feuquieres devient Ambassadeur Extraordinaire en Espagne. L'Abbé Morel remplace le Comte de Cheverny comme Envoyé Extraordinaire auprès de l'Empereur. Ces nominations soulignent les compétences et les services des nommés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3824
p. 962-965
Essay de Poësie, Ode, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAY DE POESIES, de M. Desterlin de Sainte-Palaye. A Paris, ruë Gist le Coeur, [...]
Mots clefs :
Ambition, Ode, Terre, Guerre, Horreurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay de Poësie, Ode, &c. [titre d'après la table]
ESSAY DE POESIES , de M. Desterlin de
Sainte - Palaye. A Paris , ruë G : st le Coeur,
chez Ant. de Houqueville, 1733. Brochure
in 12. de 61 pages.
Cet E say , que le Lecteur intelligent
ne prendra nullement pour un Essay ,
contient des Pseaumes , des Odes , des
Sonnets ; Epîtres , Epigrames , &c. Pour
donner une idée de cet Ouvrage, voici un
morceau que nous prenons au hazard :
ODE
Sur l'Ambition.
Source féconde d'injustice ,
Redoutable Divinité ,
Qui veux de nous en Sacrifice ,
Nos jours et notre liberté ;
Du faux honneur dont tu te pares ,
Et de tes maximes barbares ,
Serons nous long - temps les jouets ?
Que tu rends d'ames malheureuses !
nos
MAY.
1733. 968
Nos miseres les plus affreuses .
Sont l'ouvrage de tes forfaits.
Pour te fuir , l'équitable Astrée ,
Se bannit de ces tristes lieux ;
La terre de sang alterée ,
La fit retirer dans les Cieux .
L'aimable Paix et la Justice ,
Fuyant le tumulte et le vice ,
Abandonnerent les Mortels.
Quelles fureurs étoient les nôtres !
Armez les uns contre les autres ;
Nous ensanglantions tes Autels.
Quelle erreur ! follement avides ,
De la suprême autorité ,
Nous armons nes bras parricides ,
Pour nous ravir la liberté.
La force , jointe à l'injustice ,
L'aveuglement et le caprice ,
Sont les seuls qui reglent les rangs ;
Et l'on voit d'heureux témeraires ,
Charger de fers leurs propres freres ,
Pour n'étre plus que leurs tyrans,
潞
Laisse les Indiens tranquilles
Fou984
MERCURE DE FRANCE :
Fougueux Vainqueur de Darius ;
Pourquoi par des tributs serviles .
Veux -tu deshonorer Porus ?
Tiran , que dévore l'envie ,
Quoi ! toute la Perse asservie ,
"A ton orgueil ne suffit pas !
Veux-tu des horreurs de la guerre
Remplir le reste de la terre ,
•
Et dompter tous les Potentats &
Acheve , cruelle Déesse •
De porter par tout ta fureur ;
Que tous les Peuples soient sans cesse
Remplis de trouble et de terreur.
Etends par tout ta tyrannie.
Des fiers peuples de l'Ausonie ,
Fais des Maîtres de l'Univers :
Toi , Rome , tremble pour toi - mêmes
Du haut de ta grandeur suprême .
Je te vois tomber dans les fers.
逛
Divinité des plus sinistres ,
Les chutes des plus grands Etats ,
De tes sanguinaires Ministres
Ne sont pas les seuls attentats.
De la plus injuste victoire ,
Als se font un sujet de gloire
Рома
MAY. 1733.
968
Four insulter à nos malheurs ;
Et nous les voyons dans leur rage
Appeller du nom de courage ,
Les plus exécrables fureurs.
装
Que n'ose pas un coeur perfide ,
Dans ses transports ambitieux ?
Ciel quel horrible parricide !
Quel Spectacle frappe mes yeux !
Je vois tout un peuple infidele ,
Sur les pas sanglans d'un Rebelle ,
Se livrer aux plus noirs projets ,
O succès plus noir que le crime !
La tête d'un Roy légitime ,
Tombe aux pieds des lâches Sujets
Des horreurs qu'enfante la Guerre ,
Périsse jusqu'au souvenir ;
Pour laisser respirer la Terre ;
Thémis et la Paix vont s'unir
Louis , guidé par la Prudence ,
Fera respecter sa Puissance ,
Jusqu'aux plus reculez Climats ;
ne prétend point d'autre titre ,
Que celui d'équitable Arbitre ,
Des différends des Potentats
Sainte - Palaye. A Paris , ruë G : st le Coeur,
chez Ant. de Houqueville, 1733. Brochure
in 12. de 61 pages.
Cet E say , que le Lecteur intelligent
ne prendra nullement pour un Essay ,
contient des Pseaumes , des Odes , des
Sonnets ; Epîtres , Epigrames , &c. Pour
donner une idée de cet Ouvrage, voici un
morceau que nous prenons au hazard :
ODE
Sur l'Ambition.
Source féconde d'injustice ,
Redoutable Divinité ,
Qui veux de nous en Sacrifice ,
Nos jours et notre liberté ;
Du faux honneur dont tu te pares ,
Et de tes maximes barbares ,
Serons nous long - temps les jouets ?
Que tu rends d'ames malheureuses !
nos
MAY.
1733. 968
Nos miseres les plus affreuses .
Sont l'ouvrage de tes forfaits.
Pour te fuir , l'équitable Astrée ,
Se bannit de ces tristes lieux ;
La terre de sang alterée ,
La fit retirer dans les Cieux .
L'aimable Paix et la Justice ,
Fuyant le tumulte et le vice ,
Abandonnerent les Mortels.
Quelles fureurs étoient les nôtres !
Armez les uns contre les autres ;
Nous ensanglantions tes Autels.
Quelle erreur ! follement avides ,
De la suprême autorité ,
Nous armons nes bras parricides ,
Pour nous ravir la liberté.
La force , jointe à l'injustice ,
L'aveuglement et le caprice ,
Sont les seuls qui reglent les rangs ;
Et l'on voit d'heureux témeraires ,
Charger de fers leurs propres freres ,
Pour n'étre plus que leurs tyrans,
潞
Laisse les Indiens tranquilles
Fou984
MERCURE DE FRANCE :
Fougueux Vainqueur de Darius ;
Pourquoi par des tributs serviles .
Veux -tu deshonorer Porus ?
Tiran , que dévore l'envie ,
Quoi ! toute la Perse asservie ,
"A ton orgueil ne suffit pas !
Veux-tu des horreurs de la guerre
Remplir le reste de la terre ,
•
Et dompter tous les Potentats &
Acheve , cruelle Déesse •
De porter par tout ta fureur ;
Que tous les Peuples soient sans cesse
Remplis de trouble et de terreur.
Etends par tout ta tyrannie.
Des fiers peuples de l'Ausonie ,
Fais des Maîtres de l'Univers :
Toi , Rome , tremble pour toi - mêmes
Du haut de ta grandeur suprême .
Je te vois tomber dans les fers.
逛
Divinité des plus sinistres ,
Les chutes des plus grands Etats ,
De tes sanguinaires Ministres
Ne sont pas les seuls attentats.
De la plus injuste victoire ,
Als se font un sujet de gloire
Рома
MAY. 1733.
968
Four insulter à nos malheurs ;
Et nous les voyons dans leur rage
Appeller du nom de courage ,
Les plus exécrables fureurs.
装
Que n'ose pas un coeur perfide ,
Dans ses transports ambitieux ?
Ciel quel horrible parricide !
Quel Spectacle frappe mes yeux !
Je vois tout un peuple infidele ,
Sur les pas sanglans d'un Rebelle ,
Se livrer aux plus noirs projets ,
O succès plus noir que le crime !
La tête d'un Roy légitime ,
Tombe aux pieds des lâches Sujets
Des horreurs qu'enfante la Guerre ,
Périsse jusqu'au souvenir ;
Pour laisser respirer la Terre ;
Thémis et la Paix vont s'unir
Louis , guidé par la Prudence ,
Fera respecter sa Puissance ,
Jusqu'aux plus reculez Climats ;
ne prétend point d'autre titre ,
Que celui d'équitable Arbitre ,
Des différends des Potentats
Fermer
Résumé : Essay de Poësie, Ode, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente l'ouvrage 'ESSAY DE POESIES' de M. Desterlin de Sainte-Palaye, publié à Paris en 1733. Cette brochure de 61 pages inclut divers genres poétiques tels que des Psaumes, des Odes, des Sonnets, des Épîtres et des Épigrammes. L'extrait fourni est une Ode sur l'Ambition, qui critique cette passion en la décrivant comme une source d'injustice et de malheur. L'Ambition pousse les hommes à se battre et à s'opprimer mutuellement, causant des misères humaines et la fuite des vertus comme la Paix et la Justice. L'Ode dénonce également les tyrans et les conquérants, tels qu'Alexandre le Grand, qui asservissent les peuples par l'envie et l'orgueil. Le texte se conclut par une réflexion sur les horreurs de la guerre et l'espoir de voir la Paix et la Justice triompher sous la guidance d'un souverain prudent et équitable, Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3825
p. 130-133
A MADEMOISELLE DE LU, Sur une Elogue qu'elle a faite. FABLE ALLEGORIQUE.
Début :
Je me flate que M. le Chevalier de Saint Jory ne / Un jour à la Table des Dieux, [...]
Mots clefs :
Muse, Parnasse, Berger, Amour, Apollon, Querelle, Lyre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE LU, Sur une Elogue qu'elle a faite. FABLE ALLEGORIQUE.
Je me flate que M. le Chevalier
de Saint Jory ne trouvera pas mauvais
que je revéle ici , qu'il eſt
l'Auteur de la piece ſuivante :
Sa modestie en pourra ſouffrir,mais
je ſuis perfuadé que quand il s'agit.
de piquer le goût du Lecteur , un
Ecrivainpériodique doit prendre un
peu ſur ſon compte certaines hardieſſes
, ſans lesquelles un Livre
comme le mien, ne pourroit fubfifter
long-tems . Il ſeroit à ſouhaiter
qu'on me fournit ſouvent de pareils
ſujets d'excuſe , je me chargerois
volontiers des réproches , pourvû
qu'il en revint debonnes piéces au
au Public.
DE JUILLET 131
A MADEMOISELLE
DELU ,
Sur une Eglogue qu'elle a faite.
FABLE ALLEGORIQUE.
Un jour à la Table des Dieux,
Onlût des Vers d'une Muse nouvelle
.
Ils parurent fi beaux à la Troupe
Immortelle,
Qu'on jugea qu'au Parnasse on ne rimoitpas
mieux.
Trop heureux , diſoit- on , & trop
digne d'envie ,
Le Berger qu'en ces Vers daigne
chanter Silvie?
Mais d'un Ouvrageſi parfait ,
D'où vient que l'Auteur &
l'Objet ,
Sous des noms empruntez se
cachent?
Je veux bien,dit l'Amour, qu'ils
Scachent ,
132
LE MERCURE
Quel'Amour l'utsigné, fi l'Amour
l'avoit fait:
Pourles punir , perçons ce Mistere
agréable.
Alors les condesſur la Table..
Chacun à reflechir defon mieux,travailla.
C'est celui-cy , c'est celle-là :
Onprend parti de la Voix & du
Ladispute s'allume, on s'obstine, on
Gefte,
conteste ,
Tel qui vouloit dire oùi , malignementdit
non ,
De ce nombrefut Apollon .
Enfin , de Lu, l'Amour tout en
colere,
Demande à parierque les Versfont
deVous.
Apollonfoûtient le contraire ;
Tout Rimeur est un peu jaloux ,
Je n'en connois point defincere.
La Querelle s'échauffe , on éleve la
Voix ;
1
On gage , on met au jeu la Lyre &
le Carquois ,
L'Amourgagna, Clio vous les avoit
vú faire. On
DE JUILLET. 133
Onfçait que le Dien de Cythere
N'estpas un modeste Vainqueur:
Allez , dit-il , d'un son moqueur
,
Allez, bel Apollon, réprendre chez
Admete
La panetiere & la boulete ,
Vous voilàfans emploi dans lefacré
Valon.
J'y suis ce que j'étois , répondit Apollon
;
Quoique ma Lyre t'appartienne,
J'irai men train , de Lu me prétera
lafienne..
Mais fil'Amour perdoit fon Carquois
&Ses Traits,
Errant à l'avanture
deformais ,
il . vivroit
Etsans Amis, &ſans Empire.
L'Amour un peu surpris , lui dit
d'un ton plus doux ,
Jepourrois à de Lu recourir , comme
vous ,
Elle a desyeux qui valent bien
SaLyre.
de Saint Jory ne trouvera pas mauvais
que je revéle ici , qu'il eſt
l'Auteur de la piece ſuivante :
Sa modestie en pourra ſouffrir,mais
je ſuis perfuadé que quand il s'agit.
de piquer le goût du Lecteur , un
Ecrivainpériodique doit prendre un
peu ſur ſon compte certaines hardieſſes
, ſans lesquelles un Livre
comme le mien, ne pourroit fubfifter
long-tems . Il ſeroit à ſouhaiter
qu'on me fournit ſouvent de pareils
ſujets d'excuſe , je me chargerois
volontiers des réproches , pourvû
qu'il en revint debonnes piéces au
au Public.
DE JUILLET 131
A MADEMOISELLE
DELU ,
Sur une Eglogue qu'elle a faite.
FABLE ALLEGORIQUE.
Un jour à la Table des Dieux,
Onlût des Vers d'une Muse nouvelle
.
Ils parurent fi beaux à la Troupe
Immortelle,
Qu'on jugea qu'au Parnasse on ne rimoitpas
mieux.
Trop heureux , diſoit- on , & trop
digne d'envie ,
Le Berger qu'en ces Vers daigne
chanter Silvie?
Mais d'un Ouvrageſi parfait ,
D'où vient que l'Auteur &
l'Objet ,
Sous des noms empruntez se
cachent?
Je veux bien,dit l'Amour, qu'ils
Scachent ,
132
LE MERCURE
Quel'Amour l'utsigné, fi l'Amour
l'avoit fait:
Pourles punir , perçons ce Mistere
agréable.
Alors les condesſur la Table..
Chacun à reflechir defon mieux,travailla.
C'est celui-cy , c'est celle-là :
Onprend parti de la Voix & du
Ladispute s'allume, on s'obstine, on
Gefte,
conteste ,
Tel qui vouloit dire oùi , malignementdit
non ,
De ce nombrefut Apollon .
Enfin , de Lu, l'Amour tout en
colere,
Demande à parierque les Versfont
deVous.
Apollonfoûtient le contraire ;
Tout Rimeur est un peu jaloux ,
Je n'en connois point defincere.
La Querelle s'échauffe , on éleve la
Voix ;
1
On gage , on met au jeu la Lyre &
le Carquois ,
L'Amourgagna, Clio vous les avoit
vú faire. On
DE JUILLET. 133
Onfçait que le Dien de Cythere
N'estpas un modeste Vainqueur:
Allez , dit-il , d'un son moqueur
,
Allez, bel Apollon, réprendre chez
Admete
La panetiere & la boulete ,
Vous voilàfans emploi dans lefacré
Valon.
J'y suis ce que j'étois , répondit Apollon
;
Quoique ma Lyre t'appartienne,
J'irai men train , de Lu me prétera
lafienne..
Mais fil'Amour perdoit fon Carquois
&Ses Traits,
Errant à l'avanture
deformais ,
il . vivroit
Etsans Amis, &ſans Empire.
L'Amour un peu surpris , lui dit
d'un ton plus doux ,
Jepourrois à de Lu recourir , comme
vous ,
Elle a desyeux qui valent bien
SaLyre.
Fermer
3826
p. 133-136
II. ENIGME.
Début :
D'un pere sedentaire étant fille ambulante, [...]
Mots clefs :
Montre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II. ENIGME.
II. ENIGME.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
Fermer
3827
p. 2440-2444
LETTRE et Discours sur les Paranymphes
Début :
Je vous envoye, Monsieur, un Discours, ou plutôt une petite Dissertation [...]
Mots clefs :
Paranymphes, Dissertation, Docteur, Discours, Pièce en latin, Université de Paris, Faculté des Arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE et Discours sur les Paranymphes
LETTRE et Discours sur les
Paranymphes
E vous envoye , Monsieur , un Discours , ou plutôt une petite Dissertation au sujet des Paranymphes. Je l'ai obtenu d'un Docteur de mes amis , qui l'a
prononcé il y a quelques jours dans les
Ecoles de Médecine à la suite d'un Dis- ,
cours oratoire sur la difficulté & les avantages de son Art. Celui qui regarde les
Paranymphes me paroît d'autant plus
propre à être publié , qu'il pourroit donner occasion à une plus grande recherche , dont le Public profiteroit : la chose
est de quelque conséquence , car faute de
bien entendre ce que c'est que Paranymphe , ceux qui se chargent de cette action , soit dans la Faculté de Théologie
soit dans celle de Médecine , se donnent
souvent la licence , pour réjouir les Auditeurs , de débiter des traits d'histoire
satyriques , et d'une médisance outrée
ce qui ne manque guéres de s'attirer réci
proquement des veritez choquantes qui
deviennent publiques , &c.
On
NOVEMBRE. 1732. 244
On dira peut peut-être être que cet Exercice n'est
institué que pour faire rire : ce seroit là
une belle institution ! Le veritable esprit
des Paranymphes est au contraire de loüer
les Licentiez , mais de les louer d'une
maniere enjouée et agréable qui puisse exciter de ces ris de satisfaction dignes des
gens sensez , et non de ces ris effrenez ,
que causent les sotises d'autrui , ou de ces
pensées boufonnes , qui ne devroient sortir que de la bouche des Histrions et des
Farceurs.
Je vous envoye cette Piéce en Latin
comme elle a été prononcée , crainte de
la rendre mal et de la gâter. Je crois qu'au
mot Limen mariti scandere , on pourroit
trouver l'origine du Proverbe sauter le
pas. Je suis , &c.
AParis , le 1. Septembre 1732.
Cogitanti mihi, clarissimi Licentiandi, quâ po- tissimum ratione susceptas Paranymphi partes
pro dignitate exequerer, non prudentius me actu
rum esse existimavi , quam si quæ fuerint ab
origine Paranymphi munia , curiosè perquiren- do , officii mei mentem perfectius intelligerem.
Apud Græcos acaruμpos ille vocabatur qui
magno rerum usu edoctus , addicebatur à Parentibus desponsatæ comes puellæ ; usquedum mariti limen scanderet. Fidus. et oculatus assidebat virgini , stabili connubio jam jam jungendæ , ipsam
2442 MERCURE DE FRANCE
samque blandè crudiebat quanta, quamque varia
præstare deberet officia; singulare illius erat mu
nus sapientibus dictis ipsi præscribere quid viro,
deberet ut uxor amica , quid liberis ut benigna
mater , quid familiæ ut sedula domina. Nec prius
benignis hujusmodi officiis certabat quam fidei
prudentiæque suæ commissum pignus in sponsi
manus deponeret.
A Græcis ad Romanos , à Romanis ad Patres
nostros , victoriæ legibus , fluxit illa consuetudo
quam adoptare , et retinere non dedignata est
antiquissima Parens , Parisiensis Universitas.
Hinc suus est Theologis,suus est Medicis Paranyinphus , adhoc institutus ut Licentiandos inter
et almam facultatem sponsalia quædam inducat.
Ut indissolubili fædere longis repetitisque comprobatos examinibus , cum Facultate suâ conjun- gat , ut deniquè ipsos nuptia i thalamo non indignos commendet. Errat igitur qui sibi persuaserit Paranymphi partes esse dicteriis unumquemque lacessere , mordaci dente carpere , so- lutos risus captare mimicis scurrilitatibus Audi- tores recreare , uno deniquè verbo Histrianiam agere , meminerint omnes me dignissimi
Ecclesiæ Parisiensis Cancellarii , qui ab Instituto
Paranymphicam actionem ipse peragebat , vices adimplere.
T
Quamquam satyrâ plurimum delectentur ho
mines , quanquam dicacitatis famam plurimi
sectentur , gravitate et dignitate plenam me personam gerere fas non est oblivisci. Laudator
non derisor Cathedram ascendi. Impium esset
eos collegas rubore suffundere quos summo prosequor honore , quos si reprehendere vellem nul- lis contaminatos vitiis reperirem , quos deniquè
lau
NOVEMBRE. 1732 2443
laudare et commendare dum meditor , suavissi
mis et integerrimis moribus imbutos , omni doctrinæ et eruditionis genere instructos , omnibus deniquè tum ingenii , tum animæ dotibus
longè lateque fulgentes facilè deprehendo.
Ergo nullus erit nigra loliginis succus , nulla
zrugo , hoc vitium procul ab fore verbis verè
promitto, &c.
,
L'université de Paris , et la Faculté des
Arts en particulier , ont fait une perte
considérable par la mort de M. Louis Benet , ci devant Recteur et actuellement Receveur General de l'Université
Professeur de Philosophie au College de Beauvais , arrivée à Fontainebleau le 12 .
de ce mois , d'une attaque d'apoplexie.
Il étoit fort distingué par son sçavoir et
par d'autres belles qualitez qui l'avoient
tendu cher à toute l'Université. Il en
avoit soutenu la premiere charge pendant près de trois années avec toute la dignité et tout le succès possible. A la sortie de son Rectorat , la Nation de Nor
mandie , dont il étoit Membre , l'élut en
1731. pour son Procureur par voye d'acclamation , qui est la plus honorable ;
cette Charge n'empêcha pas qu'à la mort
de M. le Vasseur , Receveur General ;
l'Université ne lui conférat encore celle
de l'administration generale de ses deniers.
2444 MERCURE DE FRANCE
niers. M. Benet avoit un talent merveilleux pour parler et pour écrire noblement et élégamment en Latin. Dans le
Recueil imprimé chez Thiboust en 1730.
intitulé : SELECTA Rectorum Universitatis
Parisiensis mandata , &c. Il y a de lui
cinq Mandemens qui furent admirez dans
le tems , et qui passeront sans doute à la
Posterité. Les sujets sont 1°. l'Arrivée de
la Reine à Paris. 2°. Le Rétablissement
de la santé du Roi. 3º La Naissance du
Dauphin. 4°. L'Anniversaire de la Naissance du Roi. 5. La Naissance du Duc d'Anjou.
Paranymphes
E vous envoye , Monsieur , un Discours , ou plutôt une petite Dissertation au sujet des Paranymphes. Je l'ai obtenu d'un Docteur de mes amis , qui l'a
prononcé il y a quelques jours dans les
Ecoles de Médecine à la suite d'un Dis- ,
cours oratoire sur la difficulté & les avantages de son Art. Celui qui regarde les
Paranymphes me paroît d'autant plus
propre à être publié , qu'il pourroit donner occasion à une plus grande recherche , dont le Public profiteroit : la chose
est de quelque conséquence , car faute de
bien entendre ce que c'est que Paranymphe , ceux qui se chargent de cette action , soit dans la Faculté de Théologie
soit dans celle de Médecine , se donnent
souvent la licence , pour réjouir les Auditeurs , de débiter des traits d'histoire
satyriques , et d'une médisance outrée
ce qui ne manque guéres de s'attirer réci
proquement des veritez choquantes qui
deviennent publiques , &c.
On
NOVEMBRE. 1732. 244
On dira peut peut-être être que cet Exercice n'est
institué que pour faire rire : ce seroit là
une belle institution ! Le veritable esprit
des Paranymphes est au contraire de loüer
les Licentiez , mais de les louer d'une
maniere enjouée et agréable qui puisse exciter de ces ris de satisfaction dignes des
gens sensez , et non de ces ris effrenez ,
que causent les sotises d'autrui , ou de ces
pensées boufonnes , qui ne devroient sortir que de la bouche des Histrions et des
Farceurs.
Je vous envoye cette Piéce en Latin
comme elle a été prononcée , crainte de
la rendre mal et de la gâter. Je crois qu'au
mot Limen mariti scandere , on pourroit
trouver l'origine du Proverbe sauter le
pas. Je suis , &c.
AParis , le 1. Septembre 1732.
Cogitanti mihi, clarissimi Licentiandi, quâ po- tissimum ratione susceptas Paranymphi partes
pro dignitate exequerer, non prudentius me actu
rum esse existimavi , quam si quæ fuerint ab
origine Paranymphi munia , curiosè perquiren- do , officii mei mentem perfectius intelligerem.
Apud Græcos acaruμpos ille vocabatur qui
magno rerum usu edoctus , addicebatur à Parentibus desponsatæ comes puellæ ; usquedum mariti limen scanderet. Fidus. et oculatus assidebat virgini , stabili connubio jam jam jungendæ , ipsam
2442 MERCURE DE FRANCE
samque blandè crudiebat quanta, quamque varia
præstare deberet officia; singulare illius erat mu
nus sapientibus dictis ipsi præscribere quid viro,
deberet ut uxor amica , quid liberis ut benigna
mater , quid familiæ ut sedula domina. Nec prius
benignis hujusmodi officiis certabat quam fidei
prudentiæque suæ commissum pignus in sponsi
manus deponeret.
A Græcis ad Romanos , à Romanis ad Patres
nostros , victoriæ legibus , fluxit illa consuetudo
quam adoptare , et retinere non dedignata est
antiquissima Parens , Parisiensis Universitas.
Hinc suus est Theologis,suus est Medicis Paranyinphus , adhoc institutus ut Licentiandos inter
et almam facultatem sponsalia quædam inducat.
Ut indissolubili fædere longis repetitisque comprobatos examinibus , cum Facultate suâ conjun- gat , ut deniquè ipsos nuptia i thalamo non indignos commendet. Errat igitur qui sibi persuaserit Paranymphi partes esse dicteriis unumquemque lacessere , mordaci dente carpere , so- lutos risus captare mimicis scurrilitatibus Audi- tores recreare , uno deniquè verbo Histrianiam agere , meminerint omnes me dignissimi
Ecclesiæ Parisiensis Cancellarii , qui ab Instituto
Paranymphicam actionem ipse peragebat , vices adimplere.
T
Quamquam satyrâ plurimum delectentur ho
mines , quanquam dicacitatis famam plurimi
sectentur , gravitate et dignitate plenam me personam gerere fas non est oblivisci. Laudator
non derisor Cathedram ascendi. Impium esset
eos collegas rubore suffundere quos summo prosequor honore , quos si reprehendere vellem nul- lis contaminatos vitiis reperirem , quos deniquè
lau
NOVEMBRE. 1732 2443
laudare et commendare dum meditor , suavissi
mis et integerrimis moribus imbutos , omni doctrinæ et eruditionis genere instructos , omnibus deniquè tum ingenii , tum animæ dotibus
longè lateque fulgentes facilè deprehendo.
Ergo nullus erit nigra loliginis succus , nulla
zrugo , hoc vitium procul ab fore verbis verè
promitto, &c.
,
L'université de Paris , et la Faculté des
Arts en particulier , ont fait une perte
considérable par la mort de M. Louis Benet , ci devant Recteur et actuellement Receveur General de l'Université
Professeur de Philosophie au College de Beauvais , arrivée à Fontainebleau le 12 .
de ce mois , d'une attaque d'apoplexie.
Il étoit fort distingué par son sçavoir et
par d'autres belles qualitez qui l'avoient
tendu cher à toute l'Université. Il en
avoit soutenu la premiere charge pendant près de trois années avec toute la dignité et tout le succès possible. A la sortie de son Rectorat , la Nation de Nor
mandie , dont il étoit Membre , l'élut en
1731. pour son Procureur par voye d'acclamation , qui est la plus honorable ;
cette Charge n'empêcha pas qu'à la mort
de M. le Vasseur , Receveur General ;
l'Université ne lui conférat encore celle
de l'administration generale de ses deniers.
2444 MERCURE DE FRANCE
niers. M. Benet avoit un talent merveilleux pour parler et pour écrire noblement et élégamment en Latin. Dans le
Recueil imprimé chez Thiboust en 1730.
intitulé : SELECTA Rectorum Universitatis
Parisiensis mandata , &c. Il y a de lui
cinq Mandemens qui furent admirez dans
le tems , et qui passeront sans doute à la
Posterité. Les sujets sont 1°. l'Arrivée de
la Reine à Paris. 2°. Le Rétablissement
de la santé du Roi. 3º La Naissance du
Dauphin. 4°. L'Anniversaire de la Naissance du Roi. 5. La Naissance du Duc d'Anjou.
Fermer
Résumé : LETTRE et Discours sur les Paranymphes
L'auteur adresse une lettre et un discours sur les paranymphes à un destinataire non nommé. Il envoie une dissertation sur les paranymphes, prononcée récemment par un docteur ami lors des écoles de médecine après un discours oratoire sur la médecine. L'auteur considère ce discours digne de publication, car il pourrait encourager des recherches bénéfiques pour le public. Il souligne que le rôle des paranymphes est souvent mal compris, ce qui entraîne des comportements inappropriés tels que des traits d'histoire satiriques et des médisances, provoquant des réactions publiques négatives. Le véritable esprit des paranymphes est de louer les licenciés de manière enjouée et agréable, suscitant des rires de satisfaction plutôt que des rires effrénés ou des pensées bouffonnes. L'auteur envoie la pièce en latin pour éviter toute déformation due à la traduction. Il mentionne également la mort de M. Louis Benet, ancien recteur et receveur général de l'Université de Paris, professeur de philosophie au Collège de Beauvais, survenue à Fontainebleau le 12 novembre 1732. M. Benet était distingué par son savoir et d'autres qualités qui l'avaient rendu cher à toute l'Université. Il avait soutenu la première charge de l'Université pendant près de trois années avec dignité et succès. Après son rectorat, il fut élu procureur par la Nation de Normandie en 1731 et reçut la charge d'administration générale des deniers de l'Université à la mort de M. le Vasseur. M. Benet possédait un talent remarquable pour parler et écrire noblement et élégamment en latin. Cinq de ses mandements, imprimés en 1730, furent admirés et sont destinés à passer à la postérité. Les sujets de ces mandements incluent l'arrivée de la Reine à Paris, le rétablissement de la santé du Roi, la naissance du Dauphin, l'anniversaire de la naissance du Roi, et la naissance du Duc d'Anjou.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3828
p. 116-120
Recueil de toutes les Inscriptions Grecques et Latines, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons reçu en même temps un autre Plan d'Ouvrage, qui s'imprimera [...]
Mots clefs :
Inscriptions grecques, Vérone, Maffei, Inscriptions latines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de toutes les Inscriptions Grecques et Latines, &c. [titre d'après la table]
Nous avons reçu en même temps un‘
Û i. \
“m9
J A‘ N ‘V I ’E'R_.‘. 173;. 1x7
autre Plan dbuvtage, qui sïmprimerz
aussi à Veronne, auquel toute la Répu
blique des Lettres doit prendre interêc.
Le Plan imprimé en Latin et en Italien
de 8. pages in 4. porte ce titre: Pnos
PECTUS Uniwrmlis CollectionisLatinamm,
Veterum, m: G mcarum, Ezbnimmm et Chris
iiamzrum Inscriptianum, que”; 720w: Vara
mnsis Sociaux totim Europe dam} ,.reiqne
antiquariz studjosi: homimbus exhibe; a0
prapanit.
M. le Marquîsfllatîci a entrepris ,ose-‘
Ion ce Programme, le Recueil le plus
étendu et le plus complet , qui air encore
paru de toutes les Inscriptions Grecques
et Latines qui ont été publiés.’ deuils.
plus de deux cent ‘ans dans differenees
collections , ausquelles il doit joindre un.
três- tend nombte däutres Inscriptions
dan-fics mêmes Langues , qui n'ont point:
encore été rendues publiques et qu’il a.
recueillies auec beaucoup de soin et de:
dépense depuis plus de vingt années.
Les Inscriptions déia publiées, seront
rangées dans ce nouveau Recueil _dan9
un meilleur ordre ue dans ceux de Grut
cer , de Fabteti ,et s autres Antiquaires;
et ce qui est plus iunportant, on fera un
choix de‘ ces Inscriptions, en teiettant
celles qui paraîtront fausses à Pillusrre
. ‘ " Éditeur
118 MERCURE DE FRANCE.’
Éditeur, et en rétablissant celles qui _,
après une exacte Critique , lui semblcq
ronr avoir été alterées.
Tous les Sçavans , les Antiquaires
sur tout , sont invitez à- concourir-à l'ac
complissement dâun si grand dessein, en
envoyant à M. le Marquis MalÏei des co
pies fideles des Inscriptions qu’ils possedent,
en indiquant les endroits d’où elles»
sont tirées , si mieux ils daiment les faire
imprimer eux-mêmes incessamment. On,
recel/ra aussi avec plaisir les conseils ce
les lumieres des Sçavans sur le même sujet.
Les Paquetsseront adressez par la Poste à‘
M. François Mnselli , Chanoine et Archi
prêgre de la Cathédrale, à Veronne. r‘
' Comme l'impression de cet Ouvrage,
ne sera commencée que dans dix-huit
mois, M. Mafliei pour Penrichir et pour
le perfectionner encore davantage ,.doit
employer ce iemps à parcourir difierenss
Pays pour faire des recherches , de nou
Vcllcs découvertes , Sec. e
Tout POuVrage contiendra 6. ou 7.
Volumes in-fblio, ersera enrichi de No
fcs , d’e'claircissemens , de Traductions et‘.
des autres accompagnemens qu’une telle
maticre peut exiger. Enfin , le sçavant Au.
1'681‘ publiera un Trait’: intitulé : Art!‘
Érztica Linemrin ,' dans lequel il rendra
- * - compte;
- JANVIER. 173;.‘ .119
compte des raisons qui Font déterminé â.
faire certains rerranchemens à Pêgard de
plusieurs Inscriptions qui vsc tnouvent"
dans les précedentes collections.
Nous avons parlé plus d’une fois de
M. le Marquis Maflci , et en dernier lier;
au suie: de son Histoire DiplarzmziqueN ou; .
sommes ravis d'illustrer. de nouveau no:
nte Journal de son nom par Fannona‘
ce d’un Ouvrage aussi importantque C51
' lui dont nous venons de parler. -
Un surcroît de satisfaction pour nous
est diapprendre que M. Maffei est actueL
lcment en France our la perfection de
son dessein. Un il ustre Magistrat nous
fait l'honneur de nous marquer qu’il {toit
à Aix au commencement de ce mois de
Janvier. Il trouvera sans doute à Paris
quelque Exemplaire d’un Ouvrage i-rn,
portant dans ce même genre, que-nous
devons ‘recevoir tous les’ jours dîAngle
terre. C’est le Recueil que M. Chisull ‘a '
fait imprimer , des Inscriptions Grecques
les plus anciennes et qui ont toutes pré
cedé le Christianisme sa connoissance , sous, lqeuiTitsroentdvecAnuNërsL
Qgrnïrs ASIATICÆ Chrirtianam Aeazm
antrcedentes , ex pcimaräitManumentir Gmp
ci: dirscripoe, , [mixé vars: , Nazisque et
Cammenmrii: iflpmmAræditMonumcn-g
‘ . t. “S
izo MERCURE ‘DE F RANC E.‘
‘tigmfldntyrannm. Par EDMUNDUM CHXSÜ LE
S. T. B. Londini , Typis Gul. Bawyer ,'
172.8. x. Vol. Inc-fil. pp. 207.. ‘ v
Û i. \
“m9
J A‘ N ‘V I ’E'R_.‘. 173;. 1x7
autre Plan dbuvtage, qui sïmprimerz
aussi à Veronne, auquel toute la Répu
blique des Lettres doit prendre interêc.
Le Plan imprimé en Latin et en Italien
de 8. pages in 4. porte ce titre: Pnos
PECTUS Uniwrmlis CollectionisLatinamm,
Veterum, m: G mcarum, Ezbnimmm et Chris
iiamzrum Inscriptianum, que”; 720w: Vara
mnsis Sociaux totim Europe dam} ,.reiqne
antiquariz studjosi: homimbus exhibe; a0
prapanit.
M. le Marquîsfllatîci a entrepris ,ose-‘
Ion ce Programme, le Recueil le plus
étendu et le plus complet , qui air encore
paru de toutes les Inscriptions Grecques
et Latines qui ont été publiés.’ deuils.
plus de deux cent ‘ans dans differenees
collections , ausquelles il doit joindre un.
três- tend nombte däutres Inscriptions
dan-fics mêmes Langues , qui n'ont point:
encore été rendues publiques et qu’il a.
recueillies auec beaucoup de soin et de:
dépense depuis plus de vingt années.
Les Inscriptions déia publiées, seront
rangées dans ce nouveau Recueil _dan9
un meilleur ordre ue dans ceux de Grut
cer , de Fabteti ,et s autres Antiquaires;
et ce qui est plus iunportant, on fera un
choix de‘ ces Inscriptions, en teiettant
celles qui paraîtront fausses à Pillusrre
. ‘ " Éditeur
118 MERCURE DE FRANCE.’
Éditeur, et en rétablissant celles qui _,
après une exacte Critique , lui semblcq
ronr avoir été alterées.
Tous les Sçavans , les Antiquaires
sur tout , sont invitez à- concourir-à l'ac
complissement dâun si grand dessein, en
envoyant à M. le Marquis MalÏei des co
pies fideles des Inscriptions qu’ils possedent,
en indiquant les endroits d’où elles»
sont tirées , si mieux ils daiment les faire
imprimer eux-mêmes incessamment. On,
recel/ra aussi avec plaisir les conseils ce
les lumieres des Sçavans sur le même sujet.
Les Paquetsseront adressez par la Poste à‘
M. François Mnselli , Chanoine et Archi
prêgre de la Cathédrale, à Veronne. r‘
' Comme l'impression de cet Ouvrage,
ne sera commencée que dans dix-huit
mois, M. Mafliei pour Penrichir et pour
le perfectionner encore davantage ,.doit
employer ce iemps à parcourir difierenss
Pays pour faire des recherches , de nou
Vcllcs découvertes , Sec. e
Tout POuVrage contiendra 6. ou 7.
Volumes in-fblio, ersera enrichi de No
fcs , d’e'claircissemens , de Traductions et‘.
des autres accompagnemens qu’une telle
maticre peut exiger. Enfin , le sçavant Au.
1'681‘ publiera un Trait’: intitulé : Art!‘
Érztica Linemrin ,' dans lequel il rendra
- * - compte;
- JANVIER. 173;.‘ .119
compte des raisons qui Font déterminé â.
faire certains rerranchemens à Pêgard de
plusieurs Inscriptions qui vsc tnouvent"
dans les précedentes collections.
Nous avons parlé plus d’une fois de
M. le Marquis Maflci , et en dernier lier;
au suie: de son Histoire DiplarzmziqueN ou; .
sommes ravis d'illustrer. de nouveau no:
nte Journal de son nom par Fannona‘
ce d’un Ouvrage aussi importantque C51
' lui dont nous venons de parler. -
Un surcroît de satisfaction pour nous
est diapprendre que M. Maffei est actueL
lcment en France our la perfection de
son dessein. Un il ustre Magistrat nous
fait l'honneur de nous marquer qu’il {toit
à Aix au commencement de ce mois de
Janvier. Il trouvera sans doute à Paris
quelque Exemplaire d’un Ouvrage i-rn,
portant dans ce même genre, que-nous
devons ‘recevoir tous les’ jours dîAngle
terre. C’est le Recueil que M. Chisull ‘a '
fait imprimer , des Inscriptions Grecques
les plus anciennes et qui ont toutes pré
cedé le Christianisme sa connoissance , sous, lqeuiTitsroentdvecAnuNërsL
Qgrnïrs ASIATICÆ Chrirtianam Aeazm
antrcedentes , ex pcimaräitManumentir Gmp
ci: dirscripoe, , [mixé vars: , Nazisque et
Cammenmrii: iflpmmAræditMonumcn-g
‘ . t. “S
izo MERCURE ‘DE F RANC E.‘
‘tigmfldntyrannm. Par EDMUNDUM CHXSÜ LE
S. T. B. Londini , Typis Gul. Bawyer ,'
172.8. x. Vol. Inc-fil. pp. 207.. ‘ v
Fermer
Résumé : Recueil de toutes les Inscriptions Grecques et Latines, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'un plan d'ouvrage à Vérone, destiné à la communauté des lettres. Ce plan, imprimé en latin et en italien, propose une collection d'inscriptions latines, grecques, égyptiennes et chrétiennes, visant à rassembler des contributions de toute l'Europe. Le Marquis Scipion Maffei entreprend un recueil des inscriptions grecques et latines publiées au cours des deux derniers siècles, ainsi que de nombreuses inscriptions inédites qu'il a collectées. Ce recueil sera organisé de manière rigoureuse, avec une sélection des inscriptions authentiques et la correction des erreurs. Les savants et antiquaires sont invités à contribuer en envoyant des copies d'inscriptions ou en les faisant imprimer eux-mêmes. Les paquets doivent être adressés à M. François Maffei à Vérone. L'impression débutera dans dix-huit mois, permettant à Maffei de poursuivre ses recherches. Chaque volume sera enrichi de notes, traductions et autres éléments nécessaires. Maffei publiera également un traité sur les critères de sélection des inscriptions. Le texte mentionne également la présence de Maffei en France pour perfectionner son ouvrage et signale la publication d'un recueil similaire par Edmund Chiswell à Londres, contenant des inscriptions grecques antérieures au christianisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3829
p. 116-121
L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
Début :
Quand tout ce qui part de l'Illustre Madame des Houlieres / L'Hyver suivy des vents, des frimats, des orages, [...]
Mots clefs :
Temps, Esprit, Hiver, Tombeau, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
uand tout ce qui part de
FIlluftre Madame des Houlieres neferoit pas d'une beauté achevée , la faifon où nous
fommes m'obligeroit à vous
envoyer le nouvel Idiile de fa
façonque vous allez lire.Ainfi
vous aurez tous fes ouvrages ,
répandus feparément dans mes
Lettres felon les temps qu'elle
en a bien voulu donner des
copies. Ce dernier cft adreflé à
GALANT, 117
M. Lucas. C'eft un homme
d'efprit & de merite fort connu
& eftimé des gens de Lettres,
& quia efté plufieurs années
Lieutenantgeneral de l'Admi
rauté de Normandie.
* thin
L'HYVER.
Idille de Madame des Houlieres , à Mr Lucas.
L'
'Hyver fuivy des vents ,
frimats , desorages ,
des
De ces aimables lieux trouble l'heureufe paix ;
Il a déja ravy par de cruels outrages
Ce que la Terre avoit d'attraits.
Quelles douloureufes images
Ledefordre qu'ilfait imprime dans
l'efprit!
r18
MERCURE
Helas ! ces Prez fans fleurs , ces
Arbres fansfeuillages ,
Ces Ruiffeaux glacez , tout nous
dit
Le temps fera chez vous de femblables ravages.
Commela terre nous gardons
Fufques au milieu del'Automne
Quelques - uns des appas que le
Printemps nous donne ,
L'Hyver vient-il , nous les perdons.
Pouvoir, Thréfors, Grandeurs, n'en
exemptent perfonne ;
On fe déguife en vain ces trifles
veritez ;
Les terreurs , les infirmitez ,
De la froide vieilleſſe ordinaires
compagnes,
Font fur nous ce que font les Autans irritez ,
Et la neige fur les Campagnes.
Encorfi comme les Hyvers
GALANT. 119
Dépouillent les Forefts de leurs
feuillages verds ,
L'âge nous dépouilloit des paffions
cruelles ,
Plus fortes à dompter que ne lefont
les flots,
Nous goufterions un doux repos
Qu'onnepeuttrouver avec elles.
Mais nous avons beau voir détrui
re par le temps
La plus forte fanté , les plus vifs
agrémens;
Nous confervons toujours nos premieres foibleffes.
L'Ambitieuxcourbéfous lefardeau
des ans ,
Dè la fortune encore écoute les promeffes ;
L'Avare enexpirant regrettemoins
Le jour
Que fes inutiles richeffes ,
301
Et quijeune adonné toutfon temps
à l'amour,
120 MERCURE
Unpied dans le Tombeau , veut encor des Maiftreffes.
Il refte dans l'efprit un gouft pour
les plaifirs ,
Prefqu'auffidangereux que leurplus
doux ufage.
Pour eftre heureux,pour eftrefage
Ilfautfçavoir donner un frein à
fes defirs.
Mieux qu'un autre , fage Timandre ,
De cet illuftre effort vous connoiffez
le prix.
Yous , en qui la nature a joint une
ame tendre
Avec undes plus beauxEfprits ;
Vous qui dans lafaifon desgraces &
des ris ,
Loin d'éviter l'Amour,faifiezgloire
d'en prendre,
Et qui par effort de raifon
Fuyez defesplaifirs la folle inquietude
Avant
GALANT. 121
Avant que l'arriere Saifon
Vous aitfaitreffentir tout ce qu'elle
a de rude.
FIlluftre Madame des Houlieres neferoit pas d'une beauté achevée , la faifon où nous
fommes m'obligeroit à vous
envoyer le nouvel Idiile de fa
façonque vous allez lire.Ainfi
vous aurez tous fes ouvrages ,
répandus feparément dans mes
Lettres felon les temps qu'elle
en a bien voulu donner des
copies. Ce dernier cft adreflé à
GALANT, 117
M. Lucas. C'eft un homme
d'efprit & de merite fort connu
& eftimé des gens de Lettres,
& quia efté plufieurs années
Lieutenantgeneral de l'Admi
rauté de Normandie.
* thin
L'HYVER.
Idille de Madame des Houlieres , à Mr Lucas.
L'
'Hyver fuivy des vents ,
frimats , desorages ,
des
De ces aimables lieux trouble l'heureufe paix ;
Il a déja ravy par de cruels outrages
Ce que la Terre avoit d'attraits.
Quelles douloureufes images
Ledefordre qu'ilfait imprime dans
l'efprit!
r18
MERCURE
Helas ! ces Prez fans fleurs , ces
Arbres fansfeuillages ,
Ces Ruiffeaux glacez , tout nous
dit
Le temps fera chez vous de femblables ravages.
Commela terre nous gardons
Fufques au milieu del'Automne
Quelques - uns des appas que le
Printemps nous donne ,
L'Hyver vient-il , nous les perdons.
Pouvoir, Thréfors, Grandeurs, n'en
exemptent perfonne ;
On fe déguife en vain ces trifles
veritez ;
Les terreurs , les infirmitez ,
De la froide vieilleſſe ordinaires
compagnes,
Font fur nous ce que font les Autans irritez ,
Et la neige fur les Campagnes.
Encorfi comme les Hyvers
GALANT. 119
Dépouillent les Forefts de leurs
feuillages verds ,
L'âge nous dépouilloit des paffions
cruelles ,
Plus fortes à dompter que ne lefont
les flots,
Nous goufterions un doux repos
Qu'onnepeuttrouver avec elles.
Mais nous avons beau voir détrui
re par le temps
La plus forte fanté , les plus vifs
agrémens;
Nous confervons toujours nos premieres foibleffes.
L'Ambitieuxcourbéfous lefardeau
des ans ,
Dè la fortune encore écoute les promeffes ;
L'Avare enexpirant regrettemoins
Le jour
Que fes inutiles richeffes ,
301
Et quijeune adonné toutfon temps
à l'amour,
120 MERCURE
Unpied dans le Tombeau , veut encor des Maiftreffes.
Il refte dans l'efprit un gouft pour
les plaifirs ,
Prefqu'auffidangereux que leurplus
doux ufage.
Pour eftre heureux,pour eftrefage
Ilfautfçavoir donner un frein à
fes defirs.
Mieux qu'un autre , fage Timandre ,
De cet illuftre effort vous connoiffez
le prix.
Yous , en qui la nature a joint une
ame tendre
Avec undes plus beauxEfprits ;
Vous qui dans lafaifon desgraces &
des ris ,
Loin d'éviter l'Amour,faifiezgloire
d'en prendre,
Et qui par effort de raifon
Fuyez defesplaifirs la folle inquietude
Avant
GALANT. 121
Avant que l'arriere Saifon
Vous aitfaitreffentir tout ce qu'elle
a de rude.
Fermer
Résumé : L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
Madame des Houlières adresse une lettre à Monsieur Lucas, lieutenant-général de l'Amirauté de Normandie, pour lui envoyer une idylle intitulée 'L'Hyver'. Elle le décrit comme un homme d'esprit et de mérite, reconnu dans les cercles littéraires. L'idylle 'L'Hyver' décrit les ravages de l'hiver, comparés aux effets du temps sur les êtres humains. L'hiver trouble la paix des lieux et ravage les attraits de la terre, tout comme le temps dénudant les forêts de leurs feuillages, comparé à l'âge qui dépouille les hommes de leurs passions. Personne n'est exempt des terreurs et des infirmités de la vieillesse, malgré les pouvoirs et les grandeurs. L'idylle conclut en soulignant que les hommes conservent leurs premières faiblesses, désirant toujours la fortune, les richesses ou les maîtresses, même face à la mort. Pour être heureux et sage, il faut savoir freiner ses désirs. Timandre est loué pour sa sagesse et sa maîtrise des plaisirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3830
p. 134-142
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du 5. Novembre 1712. écrite par le Tresorier de la Compagnie Angloise à M. l'Envoyé Extraordinaire Flvestel, qui est à Hambourg, recue le 24. Decembre.
Début :
Depuis ma précedente le Grand Visir a été deposé & banni ; [...]
Mots clefs :
Troupes, Armée, Aga, Vizir, Constantinople, Pologne, Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du 5. Novembre 1712. écrite par le Tresorier de la Compagnie Angloise à M. l'Envoyé Extraordinaire Flvestel, qui est à Hambourg, recue le 24. Decembre.
EXTRAIT
d'une Lettre de Conf
tantinople du 5. Novembre
1712. écrite par
le Treforier de la Compagnie
Angloife à M.
l'Envoyé Extraordinaire
Flveflel , qui eft
à Hambourg , recue le
24. Decembre.
Depuis ma
précedente
le Grand Vifir a été deposé
& banni ; le Grand
Seigneur
a declaré la
GALANT. ISS
guerre au Czar & enfermé
fes Ambaffadeurs
avec
les Otages
aux 7. Tours.
Il a auffi donné ordre
pour faire arrêter le Palatin
de Mafure
à Andrinople
, & le General
Goltz
Envoyé
Extraordinaire
du
Roi Augufte
y fera mené
d'icy pour luy tenir compagnie
.
Le Sultan ira luy- mefme
avec 300. mille hommes
obliger le Czar à
l'évacuation de la Polopeut
le
gne , & forcer
s'il
Roi Augufte
à en faire }
136 MERCURE
autant. Il prefte à Sa Majefté
Suedoife 600. mille
'
écus
, & envoye effectivement
cet argent à Bender
, le Grand Vifir a
preſent Solyman
Baſſa eſt
auffi grand Partiſan de
l'intereft Suedois , que le
précedent
l'a été de Mofcovite.
Le General Poniatouſki
, a eu une part confiderable
à ce changement
, dont il eut les affurances
il y a quelque tems
ce qui fe verifie maintenant.
Aujourd'huy on publie
les
GALANT . 137
les ordres par tout l'Empire
afin que les Troupes
fe rendent à Ifaachy
fur le Danube au mois de
Mars prochain ; Le Tartare
Han , ayant ordre
de faire fes courſes dans
la Moſcovie , dont vous
aurez bien- toft des nouvelles.
Les Lettres de Conftantinople
du 23. Novembre
confirment avec plus de
détail que l'Aga envoyé
en Pologne , avoit rapporté
que les Troupes
Fanvier 1713.
M
138 MERCURE
Moscovites n'eftoient pas
forties de Pologne , & que
dans le temps que les Ambaffadeurs
du Czar affuroient
qu'elles en étoient
forties ; elles y faifoient
le mefme defordre qu'auparavant
, & quelles achevoient
de ruiner le Royaume
par des logemens &
par des contributions exceffives
, que le Czar fourniffoit
de grands fecours
aux Ennemis du Roy de
Suede , leur envoyant des
Troupes , des munitions
de l'artillerie & des vivres.
GALANT. 139
Sur ce rapport il fut reſolu
aprés avoir aſſemblé le Divan
de declarer la guerre
au Czar , comme un frac
teur du traité favorable
la Porte lui avoit accordé
aprés la defaite de
Les troupes
, & que fes
que
Ambaffadeurs feroient remis
aux fept Tours , qu'on
y avoit auffi arrêté l'Envoyé
du Roi Augufte.
D'autres lettres portent
que l'Ambaffadeur Polonois
arrivé depuis peu de
la part de ce Prince &
des Senateurs de fon parti
Mij
140 MERCURE
craignoit d'efttre traité de
mefme que l'envoyé
, que
les queues de Cheval
avoient été exposées , &
que les ordres avoient été
envoyés dans toutes les
Provinces de l'Empire
Othoman , pour faire de
nouvelles levées & faire
mettre celles qui font fur
pied en eftat de marcher .
Que le Grand Seigneur
devoit partir dans peu
pour aller à Andrinople
& fe rendre à la principale
armée qu'il commandera
en perfonne , & qui doit
GALANT. 141
entrer enMofcovie ; que le
Roy de Suede commandera
l'autre pour agir contre
la Pologne , & obliger
les Polonois à reconnoiftre
le Roy Staniſlas pour
leur Souverain. Que le
Grand Seigneur avoit envoyé
douze cent bourſes
au Roy de Suede , afin
qu'il puft augmenter fes
troupes par de nouvelles
levées , & qu'on avoit depeſchéun
Courier au Kan
des Tartares , avec ordre
de tenir les troupes preftes
pour entrer en Moſcovie.
M iij
142 MERCURE
Ces mefmes lettres aflurent
que le Grand Vifir
avoit été convaincu d'avoir
eu plus d'efgard aux
interefts du Czar qu'à
l'honneur de l'Empire Othoman
& qu'il avoit été
relegué dans une Ile de
l'Archipel.
NOUVELLES
de Vifmar.
Les Lettres de Wilmar
portent qu'aprés la défaite
des Troupes Danoifes &
Saxones , le General Stenbock
laiffa rafraifchir fon
GALANT . 143
>
armée aux environs de
Gadebusch , & qu'enfuite il
eftoit venu à Vilmar pour
donner quelques ordres ;
il y a laiffé une garniſon
de trois mille hommes
quelques jours aprés il retourna
à fon armée qu'il
fit marcher vers la Trave,
qu'il avoit appris que trois
mille Dragons demontés
du renfort qu'il attendoit
de Suede , eftoient arrivés
aux environs de Vifmar , &
avoit envoyé des Pilotes
pour les amener à Travenunde
où ils ont debar144
MERCURE
quez ; d'autres lettres portent
qu'ils ont joint l'armée
, & qu'ils feront remontez
dans peu dans le
païs de Holſtein qui eft
fort abondant en Chevaux
. On mande de Roftock
du 2. Janvier que le
Lecours arrivé de Suede
confifte en cinq mille Cavaliers
tous Dragons , &
en deux mille Fantaffins .
Le General Steinbock a
envoyé ordre à quatre Regimens
qui eftoient cantonnés
prés de Stetin & à
un Bataillon Suedois qui
eftoit
GALANT . 145
eftoit à Tormingen dans
le Holften Ducal , de venir
joindre fon armée . La
nuit du premier au ſecond
de Janvier ce General fit
paffer la Trave à toute fon
armée , avec douze pieces
de Canon des Pontons &
tous les materiaux neceffaires
pour conftruire des
Ponts fur les rivieres du
Païs de Holſtein . Le deux
il fit avancer fon armée
vers Segeberg , Odeſlo &
Steinhors où l'on fit une
décharge general de l'artillerie
& de la Moufque-
Fanvier 1713 .
N
146 MERCURE
terie pour celebrer la Victoire
de Gadebuch : il
avoit fait un détachement
>
& qui pris les devants
s'empara des Magafins de
Segeberg & OldeЛlo , dont
une partie avoit été amenée
à l'armée avec le
Sieur Gericken Commiffaire
du Roi de Dannemarck
.
Danoife Sa Majefté
ayant appris que l'armée
Suedoife avoit paffé la
Trave , continua fa route
vers Copenhague & envoya
ordre aux troupes
1
GALANT. 147
du Païs de Jutland & du
refte du Royaume de Dannemarck
de fe mettre en
marche pour renforcer
fon armée , avec cinq mille
hommes qu'il a ordonné
de faire revenir de
Norwege.
Le General Steinbock
a envoyé de tous coſtez
des détachemens pour ef
tablir les contributions :
il a fait declarer au peuples
du Holftein que ne
pouvant fe difpenfer d'y
entrer fuivant les loix de
guerre , il les exhorte à la
Nij
148 MERCURE
fe tenir tranquilles , les affurant
qu'il aura foin d'empefcher
qu'on n'exerce
contre eux aucune hoftilité
, pourvu qu'ils payent
les contributions . On écrit
du Holftein que ce General
fait obferver à fes
troupes une exacte difcipline
, & qu'il a fait demander
au Holſtein -Danois
un million de Florins
de contributions
, quatrecent
vingt mille Florins au
Holftein Ducal , & trois
cens mille à cette Ville.
On efcrit de BrunfGALANT.
149
wich qu'il s'y eft tenu plufieurs
conferences entre
les Miniftres de l'Electeur
de Brandebourg , du Duc
de wolfenbutel , du Duc
d'Hanover & du Landgrave
de Heffe. Caffel pour
chercher les moyens de
terminer les troubles de
la baffe Allemagne . Que le
bruit court qu'ils ont refolu
de former une armée
de trente à quarante mille
hommes , qui fera employée
contre ceux qui
refuferont de confentir à la
Paix à des conditions rai
N iij
150 MERCURE
fonnables; qu'ils fe font feparés
à la referve du Comte
de Schonborn Miniftre
de l'Archiduc qui eft
refté icy , que les autres
font allé rendre compte
à
leurs Maiftres de ce qui
s'eft paffé aux Conferences.
Les Lettres de Berlin
du trois Janvier portent
que le Comte Flemming
General des troupes Saxones
, y eftoit arrivé ce jour
là du Holftein & qu'il
avoit eu audience de l'Electeur
de Brandebourg.
On mande de Dreide
GALANT . 151
que le Comte dewirzthumb
eftoit arrivé le 27. Decembre
; qu'il avoit quitté
le Roy Augufte fur la
Frontiere de Pologne , &
qu'il avoit ordre de faire
travailler aux recruês des
troupes Saxones principalement
de celles qui fe
font trouvées à la Bataille
de Gadebuch , & qui font
retournées en Pomeranie .
On efcrit de Varfovie du
21. Decembre qu'on y attendoit
le Roy Augufte le
26. où le 27. qu'on y avoit
publié depuis quelques
Niiij
152 MERCURE
jours par ordre de ce
Prince un Decret par lequel
le Roi Staniſlas ci devant
Palatin de Pofnanie ,
le Palatin de Kiovie , le
Prince Michel Vviefnowiefki
, le Prince Sapieha
Starofte de Bobruis , les Generaux
Grudzinski &
en
Smiegies xi , & plus de
cinquante autres nommés
dans ce Decret , fon cités
à comparoiſtre
perfonne à la Diete generale
dans fix femaines à
peine d'être declarez rebelles
, & de la confifcation
de leurs biens.
d'une Lettre de Conf
tantinople du 5. Novembre
1712. écrite par
le Treforier de la Compagnie
Angloife à M.
l'Envoyé Extraordinaire
Flveflel , qui eft
à Hambourg , recue le
24. Decembre.
Depuis ma
précedente
le Grand Vifir a été deposé
& banni ; le Grand
Seigneur
a declaré la
GALANT. ISS
guerre au Czar & enfermé
fes Ambaffadeurs
avec
les Otages
aux 7. Tours.
Il a auffi donné ordre
pour faire arrêter le Palatin
de Mafure
à Andrinople
, & le General
Goltz
Envoyé
Extraordinaire
du
Roi Augufte
y fera mené
d'icy pour luy tenir compagnie
.
Le Sultan ira luy- mefme
avec 300. mille hommes
obliger le Czar à
l'évacuation de la Polopeut
le
gne , & forcer
s'il
Roi Augufte
à en faire }
136 MERCURE
autant. Il prefte à Sa Majefté
Suedoife 600. mille
'
écus
, & envoye effectivement
cet argent à Bender
, le Grand Vifir a
preſent Solyman
Baſſa eſt
auffi grand Partiſan de
l'intereft Suedois , que le
précedent
l'a été de Mofcovite.
Le General Poniatouſki
, a eu une part confiderable
à ce changement
, dont il eut les affurances
il y a quelque tems
ce qui fe verifie maintenant.
Aujourd'huy on publie
les
GALANT . 137
les ordres par tout l'Empire
afin que les Troupes
fe rendent à Ifaachy
fur le Danube au mois de
Mars prochain ; Le Tartare
Han , ayant ordre
de faire fes courſes dans
la Moſcovie , dont vous
aurez bien- toft des nouvelles.
Les Lettres de Conftantinople
du 23. Novembre
confirment avec plus de
détail que l'Aga envoyé
en Pologne , avoit rapporté
que les Troupes
Fanvier 1713.
M
138 MERCURE
Moscovites n'eftoient pas
forties de Pologne , & que
dans le temps que les Ambaffadeurs
du Czar affuroient
qu'elles en étoient
forties ; elles y faifoient
le mefme defordre qu'auparavant
, & quelles achevoient
de ruiner le Royaume
par des logemens &
par des contributions exceffives
, que le Czar fourniffoit
de grands fecours
aux Ennemis du Roy de
Suede , leur envoyant des
Troupes , des munitions
de l'artillerie & des vivres.
GALANT. 139
Sur ce rapport il fut reſolu
aprés avoir aſſemblé le Divan
de declarer la guerre
au Czar , comme un frac
teur du traité favorable
la Porte lui avoit accordé
aprés la defaite de
Les troupes
, & que fes
que
Ambaffadeurs feroient remis
aux fept Tours , qu'on
y avoit auffi arrêté l'Envoyé
du Roi Augufte.
D'autres lettres portent
que l'Ambaffadeur Polonois
arrivé depuis peu de
la part de ce Prince &
des Senateurs de fon parti
Mij
140 MERCURE
craignoit d'efttre traité de
mefme que l'envoyé
, que
les queues de Cheval
avoient été exposées , &
que les ordres avoient été
envoyés dans toutes les
Provinces de l'Empire
Othoman , pour faire de
nouvelles levées & faire
mettre celles qui font fur
pied en eftat de marcher .
Que le Grand Seigneur
devoit partir dans peu
pour aller à Andrinople
& fe rendre à la principale
armée qu'il commandera
en perfonne , & qui doit
GALANT. 141
entrer enMofcovie ; que le
Roy de Suede commandera
l'autre pour agir contre
la Pologne , & obliger
les Polonois à reconnoiftre
le Roy Staniſlas pour
leur Souverain. Que le
Grand Seigneur avoit envoyé
douze cent bourſes
au Roy de Suede , afin
qu'il puft augmenter fes
troupes par de nouvelles
levées , & qu'on avoit depeſchéun
Courier au Kan
des Tartares , avec ordre
de tenir les troupes preftes
pour entrer en Moſcovie.
M iij
142 MERCURE
Ces mefmes lettres aflurent
que le Grand Vifir
avoit été convaincu d'avoir
eu plus d'efgard aux
interefts du Czar qu'à
l'honneur de l'Empire Othoman
& qu'il avoit été
relegué dans une Ile de
l'Archipel.
NOUVELLES
de Vifmar.
Les Lettres de Wilmar
portent qu'aprés la défaite
des Troupes Danoifes &
Saxones , le General Stenbock
laiffa rafraifchir fon
GALANT . 143
>
armée aux environs de
Gadebusch , & qu'enfuite il
eftoit venu à Vilmar pour
donner quelques ordres ;
il y a laiffé une garniſon
de trois mille hommes
quelques jours aprés il retourna
à fon armée qu'il
fit marcher vers la Trave,
qu'il avoit appris que trois
mille Dragons demontés
du renfort qu'il attendoit
de Suede , eftoient arrivés
aux environs de Vifmar , &
avoit envoyé des Pilotes
pour les amener à Travenunde
où ils ont debar144
MERCURE
quez ; d'autres lettres portent
qu'ils ont joint l'armée
, & qu'ils feront remontez
dans peu dans le
païs de Holſtein qui eft
fort abondant en Chevaux
. On mande de Roftock
du 2. Janvier que le
Lecours arrivé de Suede
confifte en cinq mille Cavaliers
tous Dragons , &
en deux mille Fantaffins .
Le General Steinbock a
envoyé ordre à quatre Regimens
qui eftoient cantonnés
prés de Stetin & à
un Bataillon Suedois qui
eftoit
GALANT . 145
eftoit à Tormingen dans
le Holften Ducal , de venir
joindre fon armée . La
nuit du premier au ſecond
de Janvier ce General fit
paffer la Trave à toute fon
armée , avec douze pieces
de Canon des Pontons &
tous les materiaux neceffaires
pour conftruire des
Ponts fur les rivieres du
Païs de Holſtein . Le deux
il fit avancer fon armée
vers Segeberg , Odeſlo &
Steinhors où l'on fit une
décharge general de l'artillerie
& de la Moufque-
Fanvier 1713 .
N
146 MERCURE
terie pour celebrer la Victoire
de Gadebuch : il
avoit fait un détachement
>
& qui pris les devants
s'empara des Magafins de
Segeberg & OldeЛlo , dont
une partie avoit été amenée
à l'armée avec le
Sieur Gericken Commiffaire
du Roi de Dannemarck
.
Danoife Sa Majefté
ayant appris que l'armée
Suedoife avoit paffé la
Trave , continua fa route
vers Copenhague & envoya
ordre aux troupes
1
GALANT. 147
du Païs de Jutland & du
refte du Royaume de Dannemarck
de fe mettre en
marche pour renforcer
fon armée , avec cinq mille
hommes qu'il a ordonné
de faire revenir de
Norwege.
Le General Steinbock
a envoyé de tous coſtez
des détachemens pour ef
tablir les contributions :
il a fait declarer au peuples
du Holftein que ne
pouvant fe difpenfer d'y
entrer fuivant les loix de
guerre , il les exhorte à la
Nij
148 MERCURE
fe tenir tranquilles , les affurant
qu'il aura foin d'empefcher
qu'on n'exerce
contre eux aucune hoftilité
, pourvu qu'ils payent
les contributions . On écrit
du Holftein que ce General
fait obferver à fes
troupes une exacte difcipline
, & qu'il a fait demander
au Holſtein -Danois
un million de Florins
de contributions
, quatrecent
vingt mille Florins au
Holftein Ducal , & trois
cens mille à cette Ville.
On efcrit de BrunfGALANT.
149
wich qu'il s'y eft tenu plufieurs
conferences entre
les Miniftres de l'Electeur
de Brandebourg , du Duc
de wolfenbutel , du Duc
d'Hanover & du Landgrave
de Heffe. Caffel pour
chercher les moyens de
terminer les troubles de
la baffe Allemagne . Que le
bruit court qu'ils ont refolu
de former une armée
de trente à quarante mille
hommes , qui fera employée
contre ceux qui
refuferont de confentir à la
Paix à des conditions rai
N iij
150 MERCURE
fonnables; qu'ils fe font feparés
à la referve du Comte
de Schonborn Miniftre
de l'Archiduc qui eft
refté icy , que les autres
font allé rendre compte
à
leurs Maiftres de ce qui
s'eft paffé aux Conferences.
Les Lettres de Berlin
du trois Janvier portent
que le Comte Flemming
General des troupes Saxones
, y eftoit arrivé ce jour
là du Holftein & qu'il
avoit eu audience de l'Electeur
de Brandebourg.
On mande de Dreide
GALANT . 151
que le Comte dewirzthumb
eftoit arrivé le 27. Decembre
; qu'il avoit quitté
le Roy Augufte fur la
Frontiere de Pologne , &
qu'il avoit ordre de faire
travailler aux recruês des
troupes Saxones principalement
de celles qui fe
font trouvées à la Bataille
de Gadebuch , & qui font
retournées en Pomeranie .
On efcrit de Varfovie du
21. Decembre qu'on y attendoit
le Roy Augufte le
26. où le 27. qu'on y avoit
publié depuis quelques
Niiij
152 MERCURE
jours par ordre de ce
Prince un Decret par lequel
le Roi Staniſlas ci devant
Palatin de Pofnanie ,
le Palatin de Kiovie , le
Prince Michel Vviefnowiefki
, le Prince Sapieha
Starofte de Bobruis , les Generaux
Grudzinski &
en
Smiegies xi , & plus de
cinquante autres nommés
dans ce Decret , fon cités
à comparoiſtre
perfonne à la Diete generale
dans fix femaines à
peine d'être declarez rebelles
, & de la confifcation
de leurs biens.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du 5. Novembre 1712. écrite par le Tresorier de la Compagnie Angloise à M. l'Envoyé Extraordinaire Flvestel, qui est à Hambourg, recue le 24. Decembre.
En novembre 1712, le Grand Vizir de l'Empire ottoman a été déposé et banni. Le Sultan a déclaré la guerre au Czar de Russie et a emprisonné les ambassadeurs russes ainsi que des otages dans les Sept Tours. Il a également ordonné l'arrestation du Palatin de Masurie à Andrinople et celle du général Goltz, envoyé extraordinaire du roi Auguste. Le Sultan prévoit de mener une armée de 300 000 hommes pour forcer le Czar à évacuer la Pologne et contraindre le roi Auguste à faire de même. Il a offert 600 000 écus au roi de Suède et a envoyé cet argent à Bender. Le nouveau Grand Vizir, Solyman Bassa, soutient les intérêts suédois. Le général Poniatowski a joué un rôle significatif dans ce changement politique. Des ordres ont été publiés dans tout l'Empire pour que les troupes se rendent à Isacli sur le Danube en mars 1713. Le Khan tartare a reçu l'ordre de faire des incursions en Moscovie. Des lettres confirment que les troupes russes n'ont pas quitté la Pologne et continuent de la ruiner par des logements et des contributions excessives. Le Czar fournit des secours aux ennemis du roi de Suède. Suite à ces rapports, le Divan a décidé de déclarer la guerre au Czar pour violation du traité. L'ambassadeur polonais craint d'être traité comme l'envoyé du roi Auguste. Des levées de troupes sont en cours dans tout l'Empire ottoman. Le Sultan se prépare à partir pour Andrinople et à commander l'armée en personne contre la Moscovie, tandis que le roi de Suède commandera une autre armée contre la Pologne pour y rétablir le roi Stanislas. Douze cents bourses ont été envoyées au roi de Suède pour augmenter ses troupes, et un courrier a été dépêché au Khan des Tartares pour se préparer à entrer en Moscovie. Le Grand Vizir a été relevé de ses fonctions pour avoir favorisé les intérêts du Czar au détriment de l'Empire ottoman.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3831
p. 132-140
Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Début :
Il s'agit de sçavoir si en 19. années Solaires [...]
Mots clefs :
Minutes, Heures, Temps, Journal des savants, Années solaires grégoriennes astronomiques, Mois lunaires astronomiques, Calendrier, Astronomes, Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Note fur le Journal des Scavans , par rapport à la con
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
Fermer
Résumé : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Le texte traite de la précision des calendriers et des observations astronomiques, en comparant les années solaires grégoriennes et les mois lunaires. Les réformateurs du calendrier ont noté que 235 mois lunaires dépassent 19 années solaires grégoriennes d'environ une heure et 58 minutes. M. Cassini a affiné cette estimation à une heure, 37 minutes et 38,52 secondes. Depuis Hipparque, les astronomes s'accordent sur cet excédent, avec des variations mineures. M. Touraine, auteur du 'Traité des Instructions du Calendrier universel', argue que cet excédent ne permet pas de donner une minute à chaque lune des 235 mois lunaires, car 117 minutes d'excédent ne suffisent pas pour être divisées entre 235 lunes. Le texte mentionne également des erreurs dans les nouvelles lunes placées en mai et juin 1711 par M. de Lieutaud, incluant une lunaison trop grande de 14 heures et 24 minutes, et une lunaison de 30 jours entiers, trois heures et six minutes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3832
p. 124-134
« TRAITÉ DES SENSATIONS, à Madame la Comtesse de Vassé, par M. l'Abbé de [...] »
Début :
TRAITÉ DES SENSATIONS, à Madame la Comtesse de Vassé, par M. l'Abbé de [...]
Mots clefs :
Condillac, John Locke, Idées, Sens, Muet, Sourd, Facultés, Opérations, Âme, Liberté, Esprit, Connaissances, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ DES SENSATIONS, à Madame la Comtesse de Vassé, par M. l'Abbé de [...] »
TRAITÉ DES SENSATIONS , à Madame
la Comteffe de Vaffé , par M. l'Abbé de
Condillac , de l'Académie royale de Berlin.
A Paris, chez Debure l'aîné , quai des Auguftins
, à S. Paul. 1754. 2. vol. in 12 .
Le deffein du Traité que l'on publie eft
proprement parler , une décompofition
de l'homme, dont on confidere féparément
JANVIER. 1755. 125
les fens , afin de diftinguer avec précifion
les idées qu'il doit à chacun d'eux ,
& d'obferver avec quel progrès ils s'inftruifent
, & comment ils fe prêtent des
fecours mutuels. Pour remplir cet objet ,
l'auteur de l'ouvrage que nous annonçons
imagine une ftatue organifée intérieurement
comme nous , & animée d'un efprit
privé de toute efpece d'idées. Il fuppofe
encore que l'extérieur tout de marbre ne
lui permet l'ufage d'autun de fes fens ,
& fe réfervé la liberté de les ouvrir , à fon
choix , aux différentes impreffions dont ils
font fufceptibles. C'eft pourquoi il a foin
d'avertir le lecteur de fe mettre à la place
de la ftatue qu'il fe propofe d'examiner.
Il veut qu'on ne commence d'exifter qu'avec
elle , qu'on n'ait qu'un feul fens quand
elle n'en a qu'un. Il ne faut acquerir que
les idées qu'elle acquiert , ne contracter
que les habitudes qu'elle contracte ; en
un mot il faut n'être que ce qu'elle eft.
Elle ne jugera des chofes comme nous ,
que quand elle aura tous nos fens & notre
expérience ; & nous ne jugerons comme
elle , que quand nous nous fuppoferons
privés de tout ce qui lui manque.
Ce font les expreffions de M. de Condillac,
à qui il a paru néceffaire de débuter par
cet avis , qui indique les moyens propres
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
à nous procurer l'intelligence de fon ou
vrage , autrement il avoue qu'on pourra
lui oppofer des difficultés fans nombre ::
en cas qu'elles ayent lieu , l'auteur nous
femble être en état d'en donner la folution
qu'on exigera de lui . Il a cru devoir commencer
par l'odorat , parce que c'eft de
tous les fens celui qui paroît contribuer le
moins aux connoiffances de l'efprit humain.
Les autres ont été fucceffivement
& comme par gradation , l'objet de fes recherches
, & après les avoir confidérées .
féparément , & enfemble , il a vû la ftatue
devenir un animal capable de veiller
à fa confervation.
?:
Le principe qui détermine le dévelop
pement de fes. facultés ,, eft Gmple. Les.
fenfations même le renferment ; car toutes
étant néceſſairement agréables ou defa
gréables , la ftatue eft intéreffée à jouir
des unes , & à fe fouftraire aux autres. Or
on fe convaincra que cet intérêt ſuffic
pour donner lieu aux opérations de l'entendement
& de la volonté. Le jugement
la réflexion , les defirs , les paffions , &c,
ne font que la fenfation même , qui fe
transforme différemment . Si l'on objecte
à M. de Condillac , que les bêtes ont des
fenfations , & que cependant leur ame n'eft
pas capable des mêmes facultés que celle
JANVIER. 1755. 127
de l'homme il répond que cela eft vrai ,
parce que l'organe du tact eft en elles moins
parfait, & par conféquent il ne sçauroit
être pour elles la caufe occafionnelle de
toutes les opérations qui fe remarquent en
nous . On dit la caufe occafionnelle , parce
que les fenfations font les modifications
propres de l'ame , & que les organes n'en
peuvent être que l'occafion. De là le Phi
lofophe doit conclure , conformément à ce
qui nous eft enfeigné par la foi , que l'a
me des bêtes eft d'un ordre effentiellement
différent de celle de l'homme . Car
ce feroit donner atteinte à la fageffe de
Dieu , que de croire qu'un efprit capable
de s'élever à des connoiffances de toute
efpece , de découvrir fes devoirs , de
mériter & de démériter , fût affujetti à
un corps qui n'occafionneroit en lui que
les facultés néceffaires à la confervation de
l'animal. L'auteur a donc jugé inutile de
fuppofer que l'ame tient immédiatement
de la nature toutes les facultés dont elle
eft douée. Les organes que nous recevons
de la nature fervent par le plaifir ou par
la douleur qu'ils communiquent , à nous
avertir de ce que nous devons rechercher ,
ou de ce que nous devons fuir. Mais elle
s'arrête là ; elle laiffe à l'expérience le foin
de nous faire contracter des habitudes , &
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
d'achever l'ouvrage qu'elle a commencé.
M. de Condillac fe flatte que cet objet eft
neuf, & penfe qu'il montre toute la fimplicité
des voyes de l'Auteur de la nature.
C'est une chofe digne , felon lui , d'admiration
, quand on réfléchir qu'il n'a fallu
que rendre l'homme fenfible au plaifir
& à la douleur , pour faire naître en lui
des idées , des defirs , des habitudes &
des talens de toute efpece. Il eft aifé de
fe repréfenter , par l'expofé de ce fyftême ,
les difficultés qu'il y a à furmonter pour
le développer dans toutes fes parties ; elles
n'ont pourtant point détourné l'auteur
d'en former l'entreprife . Comme nous ne
prétendons point fubftituer notre jugement
à celui du public , nous aimons mieux
nous repofer fur lui du foin de décider
fi M. de Condillac a parfaitement réuffi
dans l'exécution. Au refte il nous apprend
que ce Traité eft le réfultat des converfations
qu'il a eues avec feue Mlle . Ferrand ,
qui l'a éclairé de fes confeils fur les principes
, fur le plan , & fur les moindres détails
qui le compofent. Auffi l'auteur ne
borne-t- il pas fa reconnoiffance à prodi
guer fimplement les éloges dûs au mérite
de cette Demoifelle , que les qualités du
coeur & de l'efprit rendoient également eftimable
; il ſe fait encore un vrai plaifir de
JANVIER. 1755. 129
partager avec elle l'honneur de fon travail.
M. de Condillac , pour procéder avec
ordre dans l'examen métaphyfique des
fenfations divife le traité qui le concerne
en quatre parties. Il y fait voir
que le plaifir & la douleur qui en émanent,
font l'unique principe du développement
des facultés de l'ame , & de la variété
des opérations qui en dépendent , en l'appliquant
à chaque fens en particulier, dont
il analyfe les propriétés. Selon cette divifion
relative aux quatre points de vûe différens
, fous lefquels l'auteur confidere les
effets que ce développement produit , il
montre quels font les fens qui par euxmêmes
ne jugent pas des objets extérieurs ;
2 °. que le toucher eft le feul qui foit capable
d'en juger par lui -même ; 3 ° . comment le
toucher apprend aux autres fens à juger des
objets extérieurs. 4° . Il vient à l'obfervation
des befoins , de l'induſtrie , & des idées d'un
homme feul qui jouit de tous fes fens . Le but
général de cet ouvrage eft de ramener l'origine
des connoiffances humaines aux impreffions
primitives que les fens reçoivent
de la contemplation des objets extérieurs.
Il réfulté de là , qu'à l'égard de la génération
des idées , M. de Condillac ne penfe
pas autrement que M. Locke , qui a com-
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
battu avec tant de fuccès celles que les
Philofophes défignent fous le nom d'idées
innées. En effet , il eft bien difficile de ne
fe pas rendre aux raifons fenfibles que ce
célébre métaphyficien Anglois a apportées:
pour nous convaincre de l'impoffibilité où
ces idées font d'exifter originairement dans :
l'ame ce font des preuves qui égalent ,
pour ainfi dire , l'évidence des démonftrations
mathématiques . Au refte , s'il y a
quelque chofe qu'on puiffe defirer pour la
perfection de ce Traité des fenfations , ce ſeroit
quelquefois une plus grande précifion
dans des détails , fur lefquels il paroît que
Fauteur arrête trop long- tems fes lecteurs ;
mais après tout , cela ne doit pas être re
gardé comme un défaut dans une matiere:
fort abftraite par elle-même . M. de Condillac
a fenti de quelle importance il étoit
de fe faire bien entendre , afin qu'on entrâ
dans fes vûes en développant la connexion
de fes idées avec toute la clarté
dont les fujets métaphyfiques peuvent être
fufceptibles. Il mérite même un éloge , en
ce qu'il ne prend pas pour propofer fes
fentimens , ce ton de confiance & d'autorité
qui peut impofer d'abord , mais qui
ne fçauroit jamais perfuader quand il
n'eft pas foutenu de raifons convaincan¬
tes il y auroit de l'injustice à le placer
JANVIER. 1755. 131
dans la claffe de ces auteurs qui , prévenus
en faveur de leurs opinions , veulent
les faire recevoir à toute force , comme
des regles fixes & certaines , qui font feules
capables de nous diriger dans le chemin
de la vérité : il fçait trop que les raiſonne
mens métaphyfiques n'emportent pas toujours
avec eux tous les dégrés poffibles de
certitude ; conféquemment la prudence
exige de les ranger , pour la plupart , dans
l'ordre des conjectures & des probabilités.
C'eft auffi le parti qu'a pris M. deCondillac .
Pour mettre à portée de juger fûrement
de la folidité de fon fyftême , il faudroit
le fuivre dans toutes les conféquences qui
Fétabliffent , expofer l'enchaînement des
parties qui le lient , & en combiner les
différens rapports : ce qui demanderoit un
extrait dont l'étendue fort des bornes que
preferit un fimple précis ; c'eft pourquoi
nous fommes dans l'obligation de renvoyer
à la lecture de l'ouvrage même. Les perfonnes
qui aiment à refléchir fur leur inaniere
d'être , y pourront trouver de quoi
s'inftruire. M. de Condillac a cru devoir
joindre au traité dont nous venons de parler
, une differtation fur la liberté ,, comme
étant une fuite de la matiere qu'il a
difcutée . En effet , il ne pouvoit confidérer
les actions de la ftatue en queſtion :
Evj
132 MERCURE DE FRANCE..
fans remonter à leur principe , qui conduit
néceffairement à fçavoir comment elle
délibere & fe détermine dans le choix de
fes defirs. Il réfulte de là un examen ; 1 °. du
pouvoir qui conftitue la liberté , 2º . des
connoiffances que fuppofe l'exercice de ce
pouvoir , 3 ° . de celles qui font faire le
meilleur ufage de la liberté , enfin de la
dépendance qui ne lui eft pas contraire , &
par conféquent il s'agit de définir en quoi
cette liberté confifte ; ce font autant de
points qui fixent les recherches de M. de
Condillac. Il termine fon livre par une réponfe
où il fe juftifie d'un reproche qu'on
lui a fait fur ce que le projet exécuté dans
le Traité des fenfations , n'a pas le mérite
de la nouveauté , puifqu'il a déja été propofé
dans la lettre fur les fourds & les
muets , imprimée en 1751. Il convient que
l'Auteur de cette lettre propofe de décompofer
un homme ; mais il nous apprend
que cette idée lui avoit été communiquée
long- tems auparavant par Mile Ferrand . Il
ajoûte que plufieurs perfonnes fçavoient
même que c'étoit là l'objet d'un traité auquel
il travailloit ; & il infinue que l'Auteur
de la lettre fur les fourds & les muets
ne l'ignoroit pas. Cependant il avoue que
eet Auteur a pu regarder comme à lui cette
idée , à laquelle fes propres réflexions
JANVIER. 1755. 133
fuffifoient pour le conduire. Il paroît beaucoup
moins difficile à M. de Condillac
d'expliquer cette rencontre , que de dire
pourquoi ce fujet n'a pas été traité plutôt ;
il femble que la décompofition de l'homme
auroit dû s'offrir naturellement à l'efprit
de tous les Métaphyficiens. Quoiqu'il
en foit , on reconnoît que l'auteur de cette
lettre eft trop riche de fes propres idées ,
pour être foupçonné d'avoir befoin de celles
des autres ; on donne à cette occafion
des louanges à la beauté de fon génie . Enfin
M. de Condillac confent à fe déclarer
plagiaire , fi c'eſt l'être que de s'approprier
des idées dont on lui a abandonné l'ufage.
Au refte il fait remarquer que s'il a eu
à peu-près pour le fonds de fon travail le
même objet que l'Ecrivain célebre dont il
parle , il ne s'eft pas rencontré avec lui dans
la façon de le traiter & dans les obfervations
qui y tiennent. C'eft pour faciliter au
Lecteur les voies de la comparaifon , qu'il
a cru à propos de tranfcrire tout ce que
dit à ce fujet l'Auteur de la Lettre fur les
fourds & les muets.
PRINCIPES DISCUTÉS pour faciliter
l'intelligence des livres prophétiques ,
& fpécialement des pfeaumes , relativement
à la langue originale ; fuivis de plu134
MERCURE DE FRANCE.
feurs differtations fur les Lettres II , III ,
IV & V de M. l'Abbé de Villefroi , dans
lefquelles il eft traité de la conduite à
l'égard de fon Eglife depuis le commencement
du monde. A Paris , chez Simon ,
Imprimeur du Parlement , rue de la Har
pe , à l'Hercule ; & Cl . Hériffant , Librai
re-Imprimeur , rue neuve Notre Dame ;
1755 , quatre gros volumes in- 12 .
On trouvera dans le cours de cet ouvrage
, où l'on a déployé une érudition con
venable au fujet , des vûes nouvelles , dont
quelques- unes pourront paroître fingulie
res pour l'explication des livres prophéti
ques , & particulierement des pleaumes .
Si l'on ne demeure pas toujours d'accord
de la folidité des principes qu'on effaye
d'établir pour en développer le véritable
fens , on avouera du moins qu'il y a quel
ques interprétations qu'on a fçu préfenter
fous un afpect favorable .
la Comteffe de Vaffé , par M. l'Abbé de
Condillac , de l'Académie royale de Berlin.
A Paris, chez Debure l'aîné , quai des Auguftins
, à S. Paul. 1754. 2. vol. in 12 .
Le deffein du Traité que l'on publie eft
proprement parler , une décompofition
de l'homme, dont on confidere féparément
JANVIER. 1755. 125
les fens , afin de diftinguer avec précifion
les idées qu'il doit à chacun d'eux ,
& d'obferver avec quel progrès ils s'inftruifent
, & comment ils fe prêtent des
fecours mutuels. Pour remplir cet objet ,
l'auteur de l'ouvrage que nous annonçons
imagine une ftatue organifée intérieurement
comme nous , & animée d'un efprit
privé de toute efpece d'idées. Il fuppofe
encore que l'extérieur tout de marbre ne
lui permet l'ufage d'autun de fes fens ,
& fe réfervé la liberté de les ouvrir , à fon
choix , aux différentes impreffions dont ils
font fufceptibles. C'eft pourquoi il a foin
d'avertir le lecteur de fe mettre à la place
de la ftatue qu'il fe propofe d'examiner.
Il veut qu'on ne commence d'exifter qu'avec
elle , qu'on n'ait qu'un feul fens quand
elle n'en a qu'un. Il ne faut acquerir que
les idées qu'elle acquiert , ne contracter
que les habitudes qu'elle contracte ; en
un mot il faut n'être que ce qu'elle eft.
Elle ne jugera des chofes comme nous ,
que quand elle aura tous nos fens & notre
expérience ; & nous ne jugerons comme
elle , que quand nous nous fuppoferons
privés de tout ce qui lui manque.
Ce font les expreffions de M. de Condillac,
à qui il a paru néceffaire de débuter par
cet avis , qui indique les moyens propres
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
à nous procurer l'intelligence de fon ou
vrage , autrement il avoue qu'on pourra
lui oppofer des difficultés fans nombre ::
en cas qu'elles ayent lieu , l'auteur nous
femble être en état d'en donner la folution
qu'on exigera de lui . Il a cru devoir commencer
par l'odorat , parce que c'eft de
tous les fens celui qui paroît contribuer le
moins aux connoiffances de l'efprit humain.
Les autres ont été fucceffivement
& comme par gradation , l'objet de fes recherches
, & après les avoir confidérées .
féparément , & enfemble , il a vû la ftatue
devenir un animal capable de veiller
à fa confervation.
?:
Le principe qui détermine le dévelop
pement de fes. facultés ,, eft Gmple. Les.
fenfations même le renferment ; car toutes
étant néceſſairement agréables ou defa
gréables , la ftatue eft intéreffée à jouir
des unes , & à fe fouftraire aux autres. Or
on fe convaincra que cet intérêt ſuffic
pour donner lieu aux opérations de l'entendement
& de la volonté. Le jugement
la réflexion , les defirs , les paffions , &c,
ne font que la fenfation même , qui fe
transforme différemment . Si l'on objecte
à M. de Condillac , que les bêtes ont des
fenfations , & que cependant leur ame n'eft
pas capable des mêmes facultés que celle
JANVIER. 1755. 127
de l'homme il répond que cela eft vrai ,
parce que l'organe du tact eft en elles moins
parfait, & par conféquent il ne sçauroit
être pour elles la caufe occafionnelle de
toutes les opérations qui fe remarquent en
nous . On dit la caufe occafionnelle , parce
que les fenfations font les modifications
propres de l'ame , & que les organes n'en
peuvent être que l'occafion. De là le Phi
lofophe doit conclure , conformément à ce
qui nous eft enfeigné par la foi , que l'a
me des bêtes eft d'un ordre effentiellement
différent de celle de l'homme . Car
ce feroit donner atteinte à la fageffe de
Dieu , que de croire qu'un efprit capable
de s'élever à des connoiffances de toute
efpece , de découvrir fes devoirs , de
mériter & de démériter , fût affujetti à
un corps qui n'occafionneroit en lui que
les facultés néceffaires à la confervation de
l'animal. L'auteur a donc jugé inutile de
fuppofer que l'ame tient immédiatement
de la nature toutes les facultés dont elle
eft douée. Les organes que nous recevons
de la nature fervent par le plaifir ou par
la douleur qu'ils communiquent , à nous
avertir de ce que nous devons rechercher ,
ou de ce que nous devons fuir. Mais elle
s'arrête là ; elle laiffe à l'expérience le foin
de nous faire contracter des habitudes , &
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
d'achever l'ouvrage qu'elle a commencé.
M. de Condillac fe flatte que cet objet eft
neuf, & penfe qu'il montre toute la fimplicité
des voyes de l'Auteur de la nature.
C'est une chofe digne , felon lui , d'admiration
, quand on réfléchir qu'il n'a fallu
que rendre l'homme fenfible au plaifir
& à la douleur , pour faire naître en lui
des idées , des defirs , des habitudes &
des talens de toute efpece. Il eft aifé de
fe repréfenter , par l'expofé de ce fyftême ,
les difficultés qu'il y a à furmonter pour
le développer dans toutes fes parties ; elles
n'ont pourtant point détourné l'auteur
d'en former l'entreprife . Comme nous ne
prétendons point fubftituer notre jugement
à celui du public , nous aimons mieux
nous repofer fur lui du foin de décider
fi M. de Condillac a parfaitement réuffi
dans l'exécution. Au refte il nous apprend
que ce Traité eft le réfultat des converfations
qu'il a eues avec feue Mlle . Ferrand ,
qui l'a éclairé de fes confeils fur les principes
, fur le plan , & fur les moindres détails
qui le compofent. Auffi l'auteur ne
borne-t- il pas fa reconnoiffance à prodi
guer fimplement les éloges dûs au mérite
de cette Demoifelle , que les qualités du
coeur & de l'efprit rendoient également eftimable
; il ſe fait encore un vrai plaifir de
JANVIER. 1755. 129
partager avec elle l'honneur de fon travail.
M. de Condillac , pour procéder avec
ordre dans l'examen métaphyfique des
fenfations divife le traité qui le concerne
en quatre parties. Il y fait voir
que le plaifir & la douleur qui en émanent,
font l'unique principe du développement
des facultés de l'ame , & de la variété
des opérations qui en dépendent , en l'appliquant
à chaque fens en particulier, dont
il analyfe les propriétés. Selon cette divifion
relative aux quatre points de vûe différens
, fous lefquels l'auteur confidere les
effets que ce développement produit , il
montre quels font les fens qui par euxmêmes
ne jugent pas des objets extérieurs ;
2 °. que le toucher eft le feul qui foit capable
d'en juger par lui -même ; 3 ° . comment le
toucher apprend aux autres fens à juger des
objets extérieurs. 4° . Il vient à l'obfervation
des befoins , de l'induſtrie , & des idées d'un
homme feul qui jouit de tous fes fens . Le but
général de cet ouvrage eft de ramener l'origine
des connoiffances humaines aux impreffions
primitives que les fens reçoivent
de la contemplation des objets extérieurs.
Il réfulté de là , qu'à l'égard de la génération
des idées , M. de Condillac ne penfe
pas autrement que M. Locke , qui a com-
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
battu avec tant de fuccès celles que les
Philofophes défignent fous le nom d'idées
innées. En effet , il eft bien difficile de ne
fe pas rendre aux raifons fenfibles que ce
célébre métaphyficien Anglois a apportées:
pour nous convaincre de l'impoffibilité où
ces idées font d'exifter originairement dans :
l'ame ce font des preuves qui égalent ,
pour ainfi dire , l'évidence des démonftrations
mathématiques . Au refte , s'il y a
quelque chofe qu'on puiffe defirer pour la
perfection de ce Traité des fenfations , ce ſeroit
quelquefois une plus grande précifion
dans des détails , fur lefquels il paroît que
Fauteur arrête trop long- tems fes lecteurs ;
mais après tout , cela ne doit pas être re
gardé comme un défaut dans une matiere:
fort abftraite par elle-même . M. de Condillac
a fenti de quelle importance il étoit
de fe faire bien entendre , afin qu'on entrâ
dans fes vûes en développant la connexion
de fes idées avec toute la clarté
dont les fujets métaphyfiques peuvent être
fufceptibles. Il mérite même un éloge , en
ce qu'il ne prend pas pour propofer fes
fentimens , ce ton de confiance & d'autorité
qui peut impofer d'abord , mais qui
ne fçauroit jamais perfuader quand il
n'eft pas foutenu de raifons convaincan¬
tes il y auroit de l'injustice à le placer
JANVIER. 1755. 131
dans la claffe de ces auteurs qui , prévenus
en faveur de leurs opinions , veulent
les faire recevoir à toute force , comme
des regles fixes & certaines , qui font feules
capables de nous diriger dans le chemin
de la vérité : il fçait trop que les raiſonne
mens métaphyfiques n'emportent pas toujours
avec eux tous les dégrés poffibles de
certitude ; conféquemment la prudence
exige de les ranger , pour la plupart , dans
l'ordre des conjectures & des probabilités.
C'eft auffi le parti qu'a pris M. deCondillac .
Pour mettre à portée de juger fûrement
de la folidité de fon fyftême , il faudroit
le fuivre dans toutes les conféquences qui
Fétabliffent , expofer l'enchaînement des
parties qui le lient , & en combiner les
différens rapports : ce qui demanderoit un
extrait dont l'étendue fort des bornes que
preferit un fimple précis ; c'eft pourquoi
nous fommes dans l'obligation de renvoyer
à la lecture de l'ouvrage même. Les perfonnes
qui aiment à refléchir fur leur inaniere
d'être , y pourront trouver de quoi
s'inftruire. M. de Condillac a cru devoir
joindre au traité dont nous venons de parler
, une differtation fur la liberté ,, comme
étant une fuite de la matiere qu'il a
difcutée . En effet , il ne pouvoit confidérer
les actions de la ftatue en queſtion :
Evj
132 MERCURE DE FRANCE..
fans remonter à leur principe , qui conduit
néceffairement à fçavoir comment elle
délibere & fe détermine dans le choix de
fes defirs. Il réfulte de là un examen ; 1 °. du
pouvoir qui conftitue la liberté , 2º . des
connoiffances que fuppofe l'exercice de ce
pouvoir , 3 ° . de celles qui font faire le
meilleur ufage de la liberté , enfin de la
dépendance qui ne lui eft pas contraire , &
par conféquent il s'agit de définir en quoi
cette liberté confifte ; ce font autant de
points qui fixent les recherches de M. de
Condillac. Il termine fon livre par une réponfe
où il fe juftifie d'un reproche qu'on
lui a fait fur ce que le projet exécuté dans
le Traité des fenfations , n'a pas le mérite
de la nouveauté , puifqu'il a déja été propofé
dans la lettre fur les fourds & les
muets , imprimée en 1751. Il convient que
l'Auteur de cette lettre propofe de décompofer
un homme ; mais il nous apprend
que cette idée lui avoit été communiquée
long- tems auparavant par Mile Ferrand . Il
ajoûte que plufieurs perfonnes fçavoient
même que c'étoit là l'objet d'un traité auquel
il travailloit ; & il infinue que l'Auteur
de la lettre fur les fourds & les muets
ne l'ignoroit pas. Cependant il avoue que
eet Auteur a pu regarder comme à lui cette
idée , à laquelle fes propres réflexions
JANVIER. 1755. 133
fuffifoient pour le conduire. Il paroît beaucoup
moins difficile à M. de Condillac
d'expliquer cette rencontre , que de dire
pourquoi ce fujet n'a pas été traité plutôt ;
il femble que la décompofition de l'homme
auroit dû s'offrir naturellement à l'efprit
de tous les Métaphyficiens. Quoiqu'il
en foit , on reconnoît que l'auteur de cette
lettre eft trop riche de fes propres idées ,
pour être foupçonné d'avoir befoin de celles
des autres ; on donne à cette occafion
des louanges à la beauté de fon génie . Enfin
M. de Condillac confent à fe déclarer
plagiaire , fi c'eſt l'être que de s'approprier
des idées dont on lui a abandonné l'ufage.
Au refte il fait remarquer que s'il a eu
à peu-près pour le fonds de fon travail le
même objet que l'Ecrivain célebre dont il
parle , il ne s'eft pas rencontré avec lui dans
la façon de le traiter & dans les obfervations
qui y tiennent. C'eft pour faciliter au
Lecteur les voies de la comparaifon , qu'il
a cru à propos de tranfcrire tout ce que
dit à ce fujet l'Auteur de la Lettre fur les
fourds & les muets.
PRINCIPES DISCUTÉS pour faciliter
l'intelligence des livres prophétiques ,
& fpécialement des pfeaumes , relativement
à la langue originale ; fuivis de plu134
MERCURE DE FRANCE.
feurs differtations fur les Lettres II , III ,
IV & V de M. l'Abbé de Villefroi , dans
lefquelles il eft traité de la conduite à
l'égard de fon Eglife depuis le commencement
du monde. A Paris , chez Simon ,
Imprimeur du Parlement , rue de la Har
pe , à l'Hercule ; & Cl . Hériffant , Librai
re-Imprimeur , rue neuve Notre Dame ;
1755 , quatre gros volumes in- 12 .
On trouvera dans le cours de cet ouvrage
, où l'on a déployé une érudition con
venable au fujet , des vûes nouvelles , dont
quelques- unes pourront paroître fingulie
res pour l'explication des livres prophéti
ques , & particulierement des pleaumes .
Si l'on ne demeure pas toujours d'accord
de la folidité des principes qu'on effaye
d'établir pour en développer le véritable
fens , on avouera du moins qu'il y a quel
ques interprétations qu'on a fçu préfenter
fous un afpect favorable .
Fermer
Résumé : « TRAITÉ DES SENSATIONS, à Madame la Comtesse de Vassé, par M. l'Abbé de [...] »
Le 'Traité des sensations' de l'Abbé de Condillac, publié en 1754, vise à analyser les sens humains pour distinguer les idées qu'ils procurent et observer leur progression et interaction. Condillac imagine une statue dotée d'une organisation intérieure humaine mais dépourvue d'idées initiales, afin d'explorer comment elle acquiert des sensations et des idées en utilisant ses sens. Il commence par l'odorat, jugé le moins contributif aux connaissances humaines, et progresse vers les autres sens. Les sensations, agréables ou désagréables, motivent la statue à rechercher le plaisir et éviter la douleur, développant ainsi ses facultés mentales. Condillac réfute l'idée que les animaux, bien qu'ayant des sensations, possèdent les mêmes facultés que les humains. Il attribue cette différence à la moindre perfection de l'organe du toucher chez les animaux, concluant que l'âme des bêtes est essentiellement différente de celle de l'homme, conformément aux enseignements de la foi. Il affirme que les facultés de l'âme humaine se développent par l'expérience et l'habitude, et non par des idées innées. Le traité est structuré en quatre parties : l'analyse des sensations et leur rôle dans le développement des facultés de l'âme, l'importance du toucher dans le jugement des objets extérieurs, l'apprentissage des autres sens par le toucher, et l'observation des besoins et des idées d'un homme utilisant tous ses sens. Condillac se distingue par sa méthode prudente et réfléchie, évitant de présenter ses sentiments avec autorité, et reconnaît l'importance de la clarté et de la précision dans l'exposition de ses idées. Il inclut également une dissertation sur la liberté, examinant le pouvoir de la volonté et les connaissances nécessaires à son exercice. Condillac répond à des critiques sur l'originalité de son travail, admettant que l'idée de décomposer l'homme lui avait été communiquée par Mlle Ferrand, mais insistant sur l'originalité de sa méthode et de ses observations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3833
p. 133-144
MARIAGE.
Début :
Le 6. de ce mois M. le Comte du Brossay [...]
Mots clefs :
Mariage, Comte du Brossay, Fille naturelle, Duc de Bretagne, Barons de Montmartin, Députation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
JldARiAGE,
Le6.de cemoisM. le
Comte du Brossay ,frere
de M. le Marquis du Brosfay!
yéppufsLau châteaude
_Mau,ryo Madame la Mi rjqujfç 4eIfCh.ainelaye, de
lamaison de Sacour-Beldfoerrirere.
Elle étqit veuve Roumilly,MarquisdelaÇbaiiIP4c,
Gou.
verneur deFougerres, 6c estmereduMarquis de cc
moiselleRanchein,&
de
Madame la Duchesse de
Gévres.
-
M.le Comte duBrossay
s'appelleJoseph-Joachim
du Maz, maison trés-noble
très-ancienne sortie de
cellede Matsellon,quidans
tous les temps s'est distinguée
;
&sans entreprendre
den faire la genealogie,
je dirayfeulement que fous
les Ducs de Bourgogne elle
a donné un Jacques du Maz
grand Etendard de ce Duché,
dont les actions font
-écrites dans plusieurs histoires;
Ce fut lefils, de ce Jacques
qui ayant été envoyé
ambassadeur au Duc de
Bretagne par le Duc de
Bourgogne, quitta quelque
tems après le service
de ce Duc pour celui du
premier, qui le voulant établir
en Bretagne, le maria
à sa fille naturelle nommée
Madame de Baucours. Le
contrat qu'on garde dans
cette maison est trop singulier
pour nêtre pas mis
ici.
Je baille imd filleJeanne
U Terre & Seigneurie d
Broufiajy y gravée
,
à bonne
condition que je pourrons
quand je voudrons y hétreZ
{? hebergeZenpiesance.Depuis
ce temps cette maison
a eu de grandes alliances en
iBrctagne.
Ilya plus de cinq cens
ans qu'unGuyondeLaval-
Monmorency, dont la femme
étoit de la maison de
Matfellon
j te parconseqiUent
:partide. celle du
Mz) faisantson testament
pour partir pour la Terre
^ntCyii^Upue pour en êbe
lescxçcuceursl'Evê» s que
que de Rennes, l'Abbé
de Clermont prés Laval,
& Raoul du Maz & Geoffroy
de Monburchier
qualifiez désce , temps de
Chevaliers.
Cette maison, originaire
d'Anjou, y a long-tems
possedé la Terre de Durtal,
tombée à present dans
celle de Messieurs de la
Rochefoucault & celle de
la Vesousiere , ou dans le
bourg de Boirre. Leurs anciens
tombeaux y sont encore.
Le dernier qui fut
Seigneur de ces Terres étoit
Evêque de DolJ»t:ro
Sous Louis onze Jean
du Maz étoit Grand Maître
des. Eaux & Forêts de
France
,
Charge crés.,.confiderable
dans ce tempslà.
Cette maison a eu deux
branches en Bretagne;celle
de l'aîné, qui est celle du
Brossay.
Et celle des Barons de
Montmartin,Comte de
-
Terchands. Cette derniere
est distinguée, puis qu'ils
étoient Gouverneurs de
Vittray fous les Ducsde
Bretagne; Gouvernement
qu'ils rendirent quand cette
Terre tomba aux Ducs de
la Tremoille.
Les Comtes de Terchands
étoient Gentilshommes
de la Chambre
fous François Premier, & laBretagne honora Jean
du Maz de sa deputation
,
avec un de la maison de
Guemadeve, aux Estats generaux
de Blois.
, Depuis ils ont eu les
mêmes Charges fous Henry
quatre ,
qui les honoroit
si fort de ses bontez
) -
qu'on y conserveencore
des lettres de ce grand
Roy, dont l'intitulé estde sa
main en ces termesPourmon
amile BarondeMontmartin.
Cette maison a été de tous
les tems si attachée au Roy,
quesa devise est, Crains
Dieu,honore le Roy. Cequi
se voit encore écrit au château
de Terchands dans
tous les endroits les plus
remarquables.
Cette branche est finie;
la derniere femme de cette
maison étoit Elisabeth - de
Baumanoir. Lavardin, qui
il.eut que des filles, l'aînée
desquelles fut mariée à M.
le Comte de Marcé
)
de la
maison, de Goujon de la
Moussaye.
La seconde à M.le Comte
de Dussé Montgommery
y
dont étoit fille MadamelaComtesse
de Quinlin
, depuis Madame la
.CIonlteùè de Mortagne.
Il ne restedonc plus que
celledu Brossay, & sans
parler d'avantage, je irai
feulement que René du
Maz, ayeul de Messieursdu
BrofTayd'aujourd'iiui^mou;
rut Maréchal de Camp
après avoir été envoyé de la»
Reine Mcre en Angleterre,
où il étoit lorsque Charles
premier eut le cou coupé;
& avoit épousé Gillone de
la Marfelliere, fille de François
Marquis de ce nom, & de Françoised'Harcour,
soeur de M. le Marquis de
Beuvron, Gouverneur de
Rouën. l ',. Elle épousa en secondes
noces M. le Ducde Bouillon-
la-Marcq. Elle avoir
trois filles. L'aînée épousa
le Marquis de Coesquin,
la seconde le Marquis du
Brossay, dont nous parlons
; & la troisiéme le
Marquis du Bellay, & en
secondes noces M. le Presidentde
Thou,âmbaflàdeur
en Hollande.
René du Mazeut de
Gilonnede la Marselliere
Charlesdu Maz, qui épousaHelene
du Guesclin, de
la maison de(Bertranddu
GuesclinConnêtable sie
France,dont sont nez Monsieur,
le Marquis du Brossay
,quiaépousé Marie-
Yolande de la Baume de
la Valiere; & M.leComte
du Brossay, dont on vient
de parler. Leurs grandes
alliances, qui les font appartenir
àMessieurs d'Harcour,
de Matignon, de
Rieux &autres,ic le rang
queleur maisonatoujours
tcnuJeiïllreoagne, où les
Estats les onthonorez tant
de fois de leurs grandes
deputations , ne doivent
paspermettreàpersonne
d'en parlerautrement
Le6.de cemoisM. le
Comte du Brossay ,frere
de M. le Marquis du Brosfay!
yéppufsLau châteaude
_Mau,ryo Madame la Mi rjqujfç 4eIfCh.ainelaye, de
lamaison de Sacour-Beldfoerrirere.
Elle étqit veuve Roumilly,MarquisdelaÇbaiiIP4c,
Gou.
verneur deFougerres, 6c estmereduMarquis de cc
moiselleRanchein,&
de
Madame la Duchesse de
Gévres.
-
M.le Comte duBrossay
s'appelleJoseph-Joachim
du Maz, maison trés-noble
très-ancienne sortie de
cellede Matsellon,quidans
tous les temps s'est distinguée
;
&sans entreprendre
den faire la genealogie,
je dirayfeulement que fous
les Ducs de Bourgogne elle
a donné un Jacques du Maz
grand Etendard de ce Duché,
dont les actions font
-écrites dans plusieurs histoires;
Ce fut lefils, de ce Jacques
qui ayant été envoyé
ambassadeur au Duc de
Bretagne par le Duc de
Bourgogne, quitta quelque
tems après le service
de ce Duc pour celui du
premier, qui le voulant établir
en Bretagne, le maria
à sa fille naturelle nommée
Madame de Baucours. Le
contrat qu'on garde dans
cette maison est trop singulier
pour nêtre pas mis
ici.
Je baille imd filleJeanne
U Terre & Seigneurie d
Broufiajy y gravée
,
à bonne
condition que je pourrons
quand je voudrons y hétreZ
{? hebergeZenpiesance.Depuis
ce temps cette maison
a eu de grandes alliances en
iBrctagne.
Ilya plus de cinq cens
ans qu'unGuyondeLaval-
Monmorency, dont la femme
étoit de la maison de
Matfellon
j te parconseqiUent
:partide. celle du
Mz) faisantson testament
pour partir pour la Terre
^ntCyii^Upue pour en êbe
lescxçcuceursl'Evê» s que
que de Rennes, l'Abbé
de Clermont prés Laval,
& Raoul du Maz & Geoffroy
de Monburchier
qualifiez désce , temps de
Chevaliers.
Cette maison, originaire
d'Anjou, y a long-tems
possedé la Terre de Durtal,
tombée à present dans
celle de Messieurs de la
Rochefoucault & celle de
la Vesousiere , ou dans le
bourg de Boirre. Leurs anciens
tombeaux y sont encore.
Le dernier qui fut
Seigneur de ces Terres étoit
Evêque de DolJ»t:ro
Sous Louis onze Jean
du Maz étoit Grand Maître
des. Eaux & Forêts de
France
,
Charge crés.,.confiderable
dans ce tempslà.
Cette maison a eu deux
branches en Bretagne;celle
de l'aîné, qui est celle du
Brossay.
Et celle des Barons de
Montmartin,Comte de
-
Terchands. Cette derniere
est distinguée, puis qu'ils
étoient Gouverneurs de
Vittray fous les Ducsde
Bretagne; Gouvernement
qu'ils rendirent quand cette
Terre tomba aux Ducs de
la Tremoille.
Les Comtes de Terchands
étoient Gentilshommes
de la Chambre
fous François Premier, & laBretagne honora Jean
du Maz de sa deputation
,
avec un de la maison de
Guemadeve, aux Estats generaux
de Blois.
, Depuis ils ont eu les
mêmes Charges fous Henry
quatre ,
qui les honoroit
si fort de ses bontez
) -
qu'on y conserveencore
des lettres de ce grand
Roy, dont l'intitulé estde sa
main en ces termesPourmon
amile BarondeMontmartin.
Cette maison a été de tous
les tems si attachée au Roy,
quesa devise est, Crains
Dieu,honore le Roy. Cequi
se voit encore écrit au château
de Terchands dans
tous les endroits les plus
remarquables.
Cette branche est finie;
la derniere femme de cette
maison étoit Elisabeth - de
Baumanoir. Lavardin, qui
il.eut que des filles, l'aînée
desquelles fut mariée à M.
le Comte de Marcé
)
de la
maison, de Goujon de la
Moussaye.
La seconde à M.le Comte
de Dussé Montgommery
y
dont étoit fille MadamelaComtesse
de Quinlin
, depuis Madame la
.CIonlteùè de Mortagne.
Il ne restedonc plus que
celledu Brossay, & sans
parler d'avantage, je irai
feulement que René du
Maz, ayeul de Messieursdu
BrofTayd'aujourd'iiui^mou;
rut Maréchal de Camp
après avoir été envoyé de la»
Reine Mcre en Angleterre,
où il étoit lorsque Charles
premier eut le cou coupé;
& avoit épousé Gillone de
la Marfelliere, fille de François
Marquis de ce nom, & de Françoised'Harcour,
soeur de M. le Marquis de
Beuvron, Gouverneur de
Rouën. l ',. Elle épousa en secondes
noces M. le Ducde Bouillon-
la-Marcq. Elle avoir
trois filles. L'aînée épousa
le Marquis de Coesquin,
la seconde le Marquis du
Brossay, dont nous parlons
; & la troisiéme le
Marquis du Bellay, & en
secondes noces M. le Presidentde
Thou,âmbaflàdeur
en Hollande.
René du Mazeut de
Gilonnede la Marselliere
Charlesdu Maz, qui épousaHelene
du Guesclin, de
la maison de(Bertranddu
GuesclinConnêtable sie
France,dont sont nez Monsieur,
le Marquis du Brossay
,quiaépousé Marie-
Yolande de la Baume de
la Valiere; & M.leComte
du Brossay, dont on vient
de parler. Leurs grandes
alliances, qui les font appartenir
àMessieurs d'Harcour,
de Matignon, de
Rieux &autres,ic le rang
queleur maisonatoujours
tcnuJeiïllreoagne, où les
Estats les onthonorez tant
de fois de leurs grandes
deputations , ne doivent
paspermettreàpersonne
d'en parlerautrement
Fermer
Résumé : MARIAGE.
Le document présente la famille du Comte du Brossay, Joseph-Joachim du Maz, issue d'une maison noble et ancienne d'Anjou. La famille du Maz a joué des rôles significatifs dans l'histoire, notamment en Bourgogne et en Bretagne. Jacques du Maz, ancêtre de Joseph-Joachim, fut grand Etendard du Duché de Bourgogne. Son fils devint ambassadeur et se maria à une fille naturelle du Duc de Bretagne. La maison du Maz a établi de grandes alliances en Bretagne, notamment avec la famille Laval-Monmorency. Elle a possédé des terres comme Durtal, actuellement dans les domaines de la Rochefoucault et de la Vesousiere. Jean du Maz fut Grand Maître des Eaux et Forêts sous Louis XI. La famille a eu deux branches en Bretagne : celle du Brossay et celle des Barons de Montmartin, gouverneurs de Vitre sous les Ducs de Bretagne. Les Comtes de Terchands étaient Gentilshommes de la Chambre sous François Ier et Henri IV. La devise de la maison est 'Crains Dieu, honore le Roy'. La branche des Barons de Montmartin s'est éteinte avec Elisabeth de Baumanoir. René du Maz, aïeul des Comtes du Brossay actuels, fut Maréchal de Camp et épousa Gillone de la Marfelliere. Leur fils Charles du Maz épousa Hélène du Guesclin, issue de la maison de Bertrand du Guesclin. Les Comtes du Brossay ont des alliances prestigieuses, notamment avec les familles d'Harcour, de Matignon et de Rieux, et ont été honorés par les États de Bretagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3834
p. 133-144
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
M. le Comte de Poitiers a épousé Mademoiselle de Malause [...]
Mots clefs :
Roi, Branche, Bourbon, Aïeul, Comte, Fille, Duc, Marquis, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
M. le Comie de Poitiers
a épouseMademoiiette de
Malaufe, fille de feu Messire
Guy Henry de Bourbon
,Marquis de Malaufe,
mort en 1706. issu par divers
degrez de Charles de Bour
bon,fils naturel de Jean II.
du nom, Duc de Bourbon,
Pair, Connétable & Chambrier
de France, mort en
1487. & de Louise d'Albret.
On ne doic rien dire ici de
la naissance de Mademoifelle
de Malaule
;
le nom
de Boui bon qu'elle a l'honneur
de porter, étant celui
de la plus ancienne, de la
plus illustre & la plus puis,
tante Maison du monde.
Pour M. de Poitiers, il est
de la maison de Poitiers,
vue des plus anciennes &
des plus illustres du Royaume
, tant par les grandes
Terres quelle a possedées.
que par les grandes alliances;&
la branche de Vadans
dont il fort est établie
depuis longtemps en Franche-
Comté. Diane de PoU
tiers, Duchesse de Valentinois
,
maîtresse du Roy
HenryII. étoit de cette
maison & de la branche de
saint Valier, eteince depuis
long-temps.
M. le Marquis d'O,fils
deleilirc René-Claude
d'O, Marquis de Francon.
ville, Lieutenant général
des armées navales du Roy,
& premier Gentilhomme
de la chambre de M. le
Comte de Toulouse, & de
DameElisabeth Madelaine
de la Vergne- Guilleragues,
a epouse Anne-Louise de
Madaillan, Damoiselle de
Lassay,fille de M. Armand
de Madaillan de l'Esparre,
Marquis de Lassay au Maine
,
ci- devant Enleigne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, puis Lieutenant gérerai
pour Sa Majesté au
GouverGouvernement
de Bresse,
de Bugey,de Valromey ôc
deGex;& deJulielégitimée
de Bourb'on) fille naturelle
de Henry-Jules de
Bourbon, Prince de Condé
,
ayeul de Monseigneur
le Duc.
La maison d'O prend son
nom de la Terre d'O, ficuee
prés Argentan en Normandie.
Elle eIl: connuë depuis
plus de cinq cens ans, &
elle s'estalliée aux maisons
d'Harcourt, de Villiers
l'Isle-Adam,Lhospital. Vi,.
try Clermont,Tallard>
Angennes, Roucherollesy
ÔCC.
Pour celle de fadaillan;
elle est originaire deGuyenne3
& d'une Noblesse trés.
distinguée. Elle [e pretend
sortie de l'ancienne maisôn
des Madaillan, Sires del'Efparre,
de laquelle éraie Guillaume
de Madaillan
)
Sire
de l'Esparre, marié vers
Tan 1145. avec Marguerite
de Rochchoüard, fille
d'Aimery VIII. du nom,Vi.
comte de Rochechouard
Jo & de Marguerite de Limooges.
Messire Jean- Maurice
de la Tour d'A pcher,Com.
te de la Tour5 Baron de
Murat, ancien Capiraine
au regiment de Limolîn,
& Chevalrer de l'Ordre militaire
de saint Louisy a
époule DamoiselleClaude-
Catherine Sainror, fille de
Messire Nicolas Saintot,
Seigneur de Vemars, Inrroduéteur
des Ambassadeurs
,
Sc avant Maîtredes
Cérémonies de France
>
6c
de Dame Claudedel'Hle;,.
& petite-fille de Nicolas
Saintot
s
aussi Maicre des
Cérémonies de France. M.
le Comre dela Tour joinc
à son nom celui d'A pcher,
dont il elt obligé d'écarte-
1er les armes, en execution
du testament de Henry-
Louis Comre d'A pcher, son
oncle marernel, qui lui a
laisse des biens confiderables
à cette condidon. Il
porte des marques glorieuses
de son zele pour le fervice
du Roy,& il soûtienr
* avec honneur sa naissance,
qui est sans contredit une
des plus illustres, puis qu'il
prouve par des titres incorv;
testables
,
qu'Antoine Raimond
de la Tour, dit le
jeune, SeigneurdeMurât,
ion quatrième ayeul
,
étoit
frert pUloé d'Antoine dela
Toui dit l'aîné, Vicomte ,
de Turenne, aussiquatrième
ayeul de M. le Duc de
Bouillon & de feu M. le
Comte d'Auvergne,& né
commelui du mariage contracté
le 2.1. Octobre 1445.
par Agnes de la Tour, Seigneur
d'Oliergues, avec
Anne Roger, dite de Beaufort,
Comtesse de Beaufort,
& Vicomtesse de Turenne.
La maison de la Tour prend
sonnom de la Terre de la
Tour, située à cinq ou six
lieuës de la ville de Clermont
en Auvergne.
-
L'histoire
généalogique en a
été donnée premierement
par le Sieur Juste,qui,quoy
qu'arraché à la maison de
Bouillon, ne laisse pas d'y
rapporter la branche des
Seigneurs de Murat, donc
est sorti M. le Comte de la
Tourqui donne lieu à cet
article. Le Sieur Baluze
qui depuis quelques années
nous a donné une nouvelle
histoire de cette maison , s'est dispensé d'y mettre
cette branche de Murât:
mais feu M.de Fourny étant
entierement convaincu de
la vérité de ce qui est ici
avancé, l'a deduite tout
au long avec les extraits
des tirres, dans son histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au chapitre des
Maréchaux de France.
MonsieurdeFourquieux,
Conseiller au Parlement
de Paris, & fils de Monsieur
le Procureur Gencral
de la Chambre des
Comptes, épousa ces
jours partez Mademoiselle
Hallé, qui est une
licheheritiere.
Monsieur Orseau des
Portes épousa derniere,
ment la troisiéme fille de
Monsieur de Vienne,
premier Valet de Chambre
du Roy,
a épouseMademoiiette de
Malaufe, fille de feu Messire
Guy Henry de Bourbon
,Marquis de Malaufe,
mort en 1706. issu par divers
degrez de Charles de Bour
bon,fils naturel de Jean II.
du nom, Duc de Bourbon,
Pair, Connétable & Chambrier
de France, mort en
1487. & de Louise d'Albret.
On ne doic rien dire ici de
la naissance de Mademoifelle
de Malaule
;
le nom
de Boui bon qu'elle a l'honneur
de porter, étant celui
de la plus ancienne, de la
plus illustre & la plus puis,
tante Maison du monde.
Pour M. de Poitiers, il est
de la maison de Poitiers,
vue des plus anciennes &
des plus illustres du Royaume
, tant par les grandes
Terres quelle a possedées.
que par les grandes alliances;&
la branche de Vadans
dont il fort est établie
depuis longtemps en Franche-
Comté. Diane de PoU
tiers, Duchesse de Valentinois
,
maîtresse du Roy
HenryII. étoit de cette
maison & de la branche de
saint Valier, eteince depuis
long-temps.
M. le Marquis d'O,fils
deleilirc René-Claude
d'O, Marquis de Francon.
ville, Lieutenant général
des armées navales du Roy,
& premier Gentilhomme
de la chambre de M. le
Comte de Toulouse, & de
DameElisabeth Madelaine
de la Vergne- Guilleragues,
a epouse Anne-Louise de
Madaillan, Damoiselle de
Lassay,fille de M. Armand
de Madaillan de l'Esparre,
Marquis de Lassay au Maine
,
ci- devant Enleigne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, puis Lieutenant gérerai
pour Sa Majesté au
GouverGouvernement
de Bresse,
de Bugey,de Valromey ôc
deGex;& deJulielégitimée
de Bourb'on) fille naturelle
de Henry-Jules de
Bourbon, Prince de Condé
,
ayeul de Monseigneur
le Duc.
La maison d'O prend son
nom de la Terre d'O, ficuee
prés Argentan en Normandie.
Elle eIl: connuë depuis
plus de cinq cens ans, &
elle s'estalliée aux maisons
d'Harcourt, de Villiers
l'Isle-Adam,Lhospital. Vi,.
try Clermont,Tallard>
Angennes, Roucherollesy
ÔCC.
Pour celle de fadaillan;
elle est originaire deGuyenne3
& d'une Noblesse trés.
distinguée. Elle [e pretend
sortie de l'ancienne maisôn
des Madaillan, Sires del'Efparre,
de laquelle éraie Guillaume
de Madaillan
)
Sire
de l'Esparre, marié vers
Tan 1145. avec Marguerite
de Rochchoüard, fille
d'Aimery VIII. du nom,Vi.
comte de Rochechouard
Jo & de Marguerite de Limooges.
Messire Jean- Maurice
de la Tour d'A pcher,Com.
te de la Tour5 Baron de
Murat, ancien Capiraine
au regiment de Limolîn,
& Chevalrer de l'Ordre militaire
de saint Louisy a
époule DamoiselleClaude-
Catherine Sainror, fille de
Messire Nicolas Saintot,
Seigneur de Vemars, Inrroduéteur
des Ambassadeurs
,
Sc avant Maîtredes
Cérémonies de France
>
6c
de Dame Claudedel'Hle;,.
& petite-fille de Nicolas
Saintot
s
aussi Maicre des
Cérémonies de France. M.
le Comre dela Tour joinc
à son nom celui d'A pcher,
dont il elt obligé d'écarte-
1er les armes, en execution
du testament de Henry-
Louis Comre d'A pcher, son
oncle marernel, qui lui a
laisse des biens confiderables
à cette condidon. Il
porte des marques glorieuses
de son zele pour le fervice
du Roy,& il soûtienr
* avec honneur sa naissance,
qui est sans contredit une
des plus illustres, puis qu'il
prouve par des titres incorv;
testables
,
qu'Antoine Raimond
de la Tour, dit le
jeune, SeigneurdeMurât,
ion quatrième ayeul
,
étoit
frert pUloé d'Antoine dela
Toui dit l'aîné, Vicomte ,
de Turenne, aussiquatrième
ayeul de M. le Duc de
Bouillon & de feu M. le
Comte d'Auvergne,& né
commelui du mariage contracté
le 2.1. Octobre 1445.
par Agnes de la Tour, Seigneur
d'Oliergues, avec
Anne Roger, dite de Beaufort,
Comtesse de Beaufort,
& Vicomtesse de Turenne.
La maison de la Tour prend
sonnom de la Terre de la
Tour, située à cinq ou six
lieuës de la ville de Clermont
en Auvergne.
-
L'histoire
généalogique en a
été donnée premierement
par le Sieur Juste,qui,quoy
qu'arraché à la maison de
Bouillon, ne laisse pas d'y
rapporter la branche des
Seigneurs de Murat, donc
est sorti M. le Comte de la
Tourqui donne lieu à cet
article. Le Sieur Baluze
qui depuis quelques années
nous a donné une nouvelle
histoire de cette maison , s'est dispensé d'y mettre
cette branche de Murât:
mais feu M.de Fourny étant
entierement convaincu de
la vérité de ce qui est ici
avancé, l'a deduite tout
au long avec les extraits
des tirres, dans son histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au chapitre des
Maréchaux de France.
MonsieurdeFourquieux,
Conseiller au Parlement
de Paris, & fils de Monsieur
le Procureur Gencral
de la Chambre des
Comptes, épousa ces
jours partez Mademoiselle
Hallé, qui est une
licheheritiere.
Monsieur Orseau des
Portes épousa derniere,
ment la troisiéme fille de
Monsieur de Vienne,
premier Valet de Chambre
du Roy,
Fermer
Résumé : Mariages. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs unions et lignées nobles françaises. Le Comte de Poitiers a épousé Mademoiselle de Malaufe, fille de feu Messire Guy Henry de Bourbon, Marquis de Malaufe, décédé en 1706. La famille de Malaufe descend de Charles de Bourbon, fils naturel de Jean II, Duc de Bourbon, et de Louise d'Albret. La maison de Poitiers est l'une des plus anciennes et illustres du royaume, possédant de grandes terres et des alliances prestigieuses. Diane de Poitiers, Duchesse de Valentinois et maîtresse du roi Henri II, appartenait à cette maison. Le Marquis d'O, fils de René-Claude d'O, Marquis de Franconville, a épousé Anne-Louise de Madaillan, Damoiselle de Lassay. Elle est la fille de M. Armand de Madaillan de l'Esparre, Marquis de Lassay, et de Julie, fille naturelle de Henry-Jules de Bourbon, Prince de Condé. La maison d'O, originaire de Normandie, est alliée à plusieurs familles nobles comme Harcourt et Villiers-l'Isle-Adam. La maison de Madaillan, originaire de Guyenne, revendique une noblesse distinguée et remonte à Guillaume de Madaillan, marié en 1145. Messire Jean-Maurice de la Tour d'Auvergne, Comte de la Tour et Baron de Murat, a épousé Damoiselle Claude-Catherine Sainctot. La maison de la Tour, située en Auvergne, est documentée par le Sieur Juste et le Sieur Baluze. Monsieur de Fourquieux, Conseiller au Parlement de Paris, a épousé Mademoiselle Hallé, héritière. Monsieur Orseau des Portes a récemment épousé la troisième fille de Monsieur de Vienne, premier Valet de Chambre du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3835
p. 133-144
Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Début :
Prince que de ses mains sacrées [...]
Mots clefs :
Paix, France, Deuil, Prince, Vie, Mort, Dauphin, Dauphine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
LedeüildelaFrance.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
',. - ODE.
Par Mr de la A/Lotte,
Pr INCE que de ses
'-
- mainssacrées*
A formé la Religion,
Loin de toy les douleurs
outrées,
* Le commencement de cette Odea,
tfté fait après la rr:Oi"t de-Madame la
Dauphine
,
& adressé à Monfeignsur
le Dauphin avantque la France ïetyt
f€Pdl4,
-. -
Fruits amers dela Passion.
Tes yeux pleuroient encore un Pere,
Et des jours d'une Epouse
chere
Tu viens devoir trancher
lefil
:
Mais de la Foy,sublime
Eleve
,1
-
Dans l'instant qui te les
enleve
,
Tu vois la fin de leurexil.
L'un & l'autre a
fourny
sa course,
Prescrite par l'ordre éternel
;
Tous deux rappelez à leur
source,
Dieu leur ouvre un sein
paternel.
Jamais nostre mort n'est
trop prompte,
Quand les jours que le Ciel
nous compte
A ses yeuxsontassez remplis;
Il mesure nos destinées,
Non, par le nombre des
annees, - Mais par les devoirs accomplis.
- Ainsi l'Auteur de ta naiC
sance,
L'amour del'Empire François,
Fuc- donné par la Providence
Pour modelle aux enfansdes Rois.
RefpeétueuxJfidele &tendre
,
Tous ses jours ont dû leur
apprendre
Ce qu'est un Pere cou1
ronné ;
D'un zele auiïï rare que
,
juste
, -
11cft long-tempsl'exemple
2uguffe
Et meurt , quand l'exem-
-
ple est donné.
Ainsi
-
cette Epousè cherie
Que
Que tu pris des mains de la
Paix,
A de sa nouvelle patrie,
Comblé les plus ardents
souhaits.
C'estoit sa tendresse feconde
Qui devoit enrichir le
monde
De Princes nez pour t'imiter.
Quel est l'éloge digne
d'elle?
Tes pleurs. Sa vie estassez
belle,
Puisqu'elle a
sçû les meriter.
Mais, cherPrince,si tli.
nous aimes,
Commande à
ton csr-u-r
-tes yeux;
Songes que par nos pertes
mesmes
Tu nous deviens plus précieux.
- Que pour nous ton amour
redouble;
A la nature qui Ce trouble,
Que cet amour fasse la Loy;
Un plus grand objett'inte-
-
resTe,
Craint en allarmantsa tendresse
, D'exposer ton Pere & ton
-
Roy. -
O Ciel! quelles plaintes
soudaines !
Quels cris ! tous les yeux
sonten pleurs!
Le fang s'est glacé dans
mes veines;
Je crains dapprendre nos
malheurs.
L'esperance est-elle ravie!
Te perdons-nous; & pour
ta vie
Fais-je icy des vœux superflus?
Aux larmes que je voy
répandre,
Prince,je le dois tendre;trop en-
Je te console, & tu n'es plus!
i
C'en est fait; une mort fatale
A l'Epouse a
rejoint l'Epoux;
Je voy la couche nuptiale
Se changer *
en tombeau pour
vous. Au séjour des divinesflâmes
Tandis que s'envolent vos a-pmes,
Vos cendres vont se réünir.
O ciel! eft- ce grace ou vengeance ?
Fil-ce hasterleurrécompense,
Ou te haster de nous punir?
Je le voy trop ta main severe
Punit notre indocilité ;
Tu nous reprends dans ta colere
,
Les dons que nous fit ta bonté;
Tu punis un peuple volage,
Vain des succès deson courage
Ou par les revers abbattu;
Un peuple, l'esclave duvice,
Qui pour tout reste de justice,
Sçait loüer encor la vertu.
Nous élevons presque des Temples
AuPrince que tu nous ravis,
Contents de loüer ses exemples,
Mieuxloüez s'ils'estoientsuivis.
L'humanité compatissante,
La justice perseverante,
Le zèle ardent de tes Autels.
Et cette active vigilance
D'un Prince qui croit laPuiC.
sance
Comtableauxbesoins desmortels.
Digne chef d'oeuvre de ~14
Grace!
Combiendevertusenluy feûtj
C'est en luyquepournostre
race
Devoit revivre son ayeul.
Jaloux d'un Heroisme utile,
Il eût pleuré le jour sterile
Que ses dons n'auroient pû
marquer. -
Prince; ainsi la Francetelouê,
Ainsi l'Univers l'en avouë ;
Je fais plus, j'oset'invoquer.
Ouy
,
sans qu'un miracle
m'atteste
Ta nouvelle félicité,
Je tecroy de la cour celestle
,
Sur la foy de ta Pieté.
Que là
,
notre interest t'inspire,
Faisque LOU I Sde cet empire
,
Soit encore long-temps l'appuy;
Obtienspqu'au gré de nostre en-
Dieumesme commande à la
Vie
-D'étendre ses bornes pour luy.
Soutiens nos prieres des tiennes;
De la Paix haste le lien:
Assez long-temps les mains
chrestiennes
Ontrespandu le sangchrestien.
Que la Paternelle tendresse
Pour tes fils encor t'interesse
C'estl'espoir d'un peuple allarmé:
Que tes vertus en eux renaissent
:
Et que pour t'imiter, ils croissent
Sous les yeux qui t'avoient formé.
Pour qui se r'ouvre encor la
tombe?
Chaque instant aigrit nostre
fort;
Avec les époux le fils tombe !
Arresteinsatiable Mort.
Ettoy qui rends les faits cé-
-
lebres
IVole
,
repands ces sons suncbres
Dont ma lire a
frappé les airs:
Que jusques aux dernieres races Cemonument denosdisgraces
Attendrissetout l'univers.
Fermer
Résumé : Le deüil de la France. ODE. Par Mr de la Motte.
Le poème 'LedeüildelaFrance' de Monsieur de la A/Lotte est écrit après la mort de Madame la Dauphine et adressé à Monseigneur le Dauphin, avant un malheur qui frappe la France. Le texte évoque la formation de la religion par des mains sacrées et l'absence de douleurs excessives. Le poème décrit la douleur du Dauphin, qui pleure encore son père et doit faire face à la mort de son épouse. Cependant, il entrevoit la fin de leur exil et leur retour à leur source divine. Dieu, selon le poème, mesure les destinées non par le nombre des années, mais par les devoirs accomplis. Le Dauphin est présenté comme un modèle pour les enfants des rois, respectueux, fidèle et tendre. L'épouse du Dauphin est décrite comme ayant comblé les souhaits de sa nouvelle patrie et possédant une tendresse féconde qui devait enrichir le monde de princes pour imiter le Dauphin. Le poète exprime sa douleur face à la perte du Dauphin et de son épouse, se demandant si l'espérance est ravie et s'il fait des vœux superflus. Le texte mentionne également la punition divine pour l'indocilité du peuple et la perte d'un prince vertueux. Le poète invoque le Dauphin pour qu'il intercesse auprès de Dieu afin que Louis règne encore longtemps et que la paix soit rétablie. Le poème se termine par une supplique pour arrêter la mort et pour que les vertus du Dauphin renaissent en ses fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3836
p. 137-149
Nouvelles de Hambourg.
Début :
Les Troupes Danoises qui reviennent des Pays bas sont arrivées [...]
Mots clefs :
Électeur, Elbe, Renforts, Varsovie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Hambourg.
Nouvelles de Hambourg.
Les Troupes Danoises
qui reviennent des Pays bas
sont arrivées dans le Duché
de Bremen, où elles se rafraîchissent,
elles doivent bientost
passer l'Elbe pour aller
camper du costé de Lubck
afin de s'opposer à , la diversion
que les Suedois pourroient
entreprendre de ce
costé là
, avec les renforts
qu'ils attendent de Suede ef)
Pomeranie. Le General Stein-
-
bek fait fortifier les retranchements
qu'il a fait faire à
Gardingas, ou il est campé,
il les a fair garnir de palissades
&de plusieursgrosses pieces
de Canon. Les Moscovites
ont tâchéd'occuper quelque
postes avantageux pool cou.
:
,
per la communication entre
laCavalerie Suedoise & l'Infanterie
; mais ils ont esté
repoussez avec pertediscontinuentà
faire des Ponts sur
les Marais, les Canaux,&c
les Fossez ,pour s'approcher
de Tommingen,afin de le
Bombarder. Les Suedois de
leurcosté prennent toutes les.
precaurions possibles
- pour
empêcher l'effet du Bombardement.
Cependant le Roy
de Dannemartk met les Duchez
de Holstein
,
& de
Steswick ,sous contribution,
& la Vdlc de Hufum a esté
obligée de payé huit mil écus.
Les Habitans de la Ville de
Gottorp n'ont pu encore
convenir de la Comme qu'on
leur demande
t
& ils craignentd'y
estre forcez par -
execution militaire. On assure
que le Comte de Steinbock
a fait quelques propositions
au Roy deDannemarck pour
uneSuspension d'Armes. Le
Colonel Meyer Danois
,
qui
avoic esté détaché avec Uf1
Corps de Troupes pour occuper
rifle de Heilighlandt,
y a débarqué ôc il espereen
chasser lesSuédois quis'y sont
retranchez en leur coupant
les vivres.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Comte
Amiral Thomsen avoit fait
voile avec une Escadre de
Fregattes pourcroiser & empêcher
le transport des Troupes
que les Suedois preparent
à Gortenbourg
, & qu'on
travailloit en diligence àéquiper
la Flote Danoise. D'autres
Lettres de Wismar du
zS. Mars portent qu'un parti
de la Garnison en avoit défait
un Moscovite composé d'un
Lieutenant, & de vingt-cinq
Cavaliers dont neuf avoient
estétuez,&le Lieutenant
qui lesCommandoit avec les
quinze autres amenez prisonniers
: qu'on attendoit de
jour en jour un renfort de
Suede que quelques Frégates
Danoises
,
parmi lesquelles
il y en avoit une qui portoit
Pavillon Moscovite, croisoient
devantStralzund,pour
empêcher qu'aucunBâtiment
pur y entrer ni en sortir.
On écrit de Varsovie que
quelques Officiers Turcs &
Tartares ennemis du Roy de
Suede,qu'on croit avoir été
gagnez voulurent le con-
Zt>raindre ,à partir avec une
escorte trop foible pour le
mettre en sureté. Il fut en
mesme temps averti que ces
Officiers vouloient le livrer
a ceux qui les avoient gagnez.
Ces avis l'obligerent à se retirer
à Warnitza
,
où il avoit
fait bastir une maison, autour
de laquelle il fit faire
des retranchements. On le
pressa de retourner à Bender,
pour se preparer à partir.
Mais ille rcfufa; disant qu'il
vouloit attendre la réponse
du Grand Seigneur,auquel
M
il avoir écrit. Ils resolurent
de l'attaquer avec un grand
,
nombre de Troupes.b Le
combat commença le 11.
Févriervers les dix heures du
matin; ce Prince donna des
marques d'une valeur extraordinaire
;mais lesretranchement
ayant été forcez il se
retira dans sa maison, où il
continua de se deffendre jusqu'à
ce que le feu y ayant été
mis, il sur obligé de se rendre,
ayant reçu deux ou
trois blessures. Il futconduit
à Bender, où il fut tres bien
reçu par le Seraskier & par
le
.leK-andciTartares, qui selon
les apparances
-
avoient été
trompez par quelque ordre
surprisousupposéduGrand
Seigneurauquelle Seraskier
avoïc envoyé un Courier,
pour lui rendre compte de ce
quis'étoitpassé. On assure
que le Roy de Suede avoit été
envoyé à Andrinople avec
une escorte, accompagné de
fcs deux Secreraires d'Etat,
-Ll-c doux Generaux &
de quarante autres de ses
gens, que l'on rassembloit
- tous les Suedois & Polonois
faits prisonniers, qui étoient
bien traitez: que cet évenement
n'avoir rien changé
aux dispositions des Turcs
pour faire la guerre aux
Moscovites: que le Hospodar
de Valaquie avoit ordre
de fournir mille chariots, &
celui de Moldavie deux mille;
& que le Sultandevoit partir
d'Andrinople à la fin de Mars
ou au commencement d'Avril
pour se rendre à Buba
& à Ifacki vers l'embouchure
du Danube.
On mande de Berlin que
l'Electeur de Brandebourg
fait de grands changemens
dans sa Cour, & parmi Tes
Officiers, qu'il a fait Maréchaux
de Camp Généraux le
Comte de Lothum & un
Prince de Holstein, outre
les deux faits par le feu Electeur
; que de douze Chambellans
qu'ilyavoit, il n'en retient
que quatre; qu'il a diminué
les appointemens de
ses Ministres dans les Cours
Etrangeres; & on dit qu'au
lieu d'Envoyez il ne veut plus
y avoir que des Residents.
On assuremême qu'il veut
faire donner à loü ge ou à
ferme toutes ses maisons de
plaisance excepté Oranjenbourg,
Potzdam, Coponik,
Wilsterhausen & celle de
Charlottenbourg qui estdestinéepourl'Electrice;
qtill
a écrit de sa main au President
Dankelman qui avoit
été disgracié par le feu Electeur,&
l'a déclaréson premier
Ministre; qu'il luy a
fait rendre tous ses biens
confisquez durant sa disgrace,
& qu'il a voulu le
charger de la Direction de
toutes ses principales JffJlres.
mais qu'il s'cft excusé de l'accepter,
promettant neannloins
de lefervir de tout [on
pouvoir de ses Conseils dans
tout ce qu'il lui ordonneroit.
Les Troupes Danoises
qui reviennent des Pays bas
sont arrivées dans le Duché
de Bremen, où elles se rafraîchissent,
elles doivent bientost
passer l'Elbe pour aller
camper du costé de Lubck
afin de s'opposer à , la diversion
que les Suedois pourroient
entreprendre de ce
costé là
, avec les renforts
qu'ils attendent de Suede ef)
Pomeranie. Le General Stein-
-
bek fait fortifier les retranchements
qu'il a fait faire à
Gardingas, ou il est campé,
il les a fair garnir de palissades
&de plusieursgrosses pieces
de Canon. Les Moscovites
ont tâchéd'occuper quelque
postes avantageux pool cou.
:
,
per la communication entre
laCavalerie Suedoise & l'Infanterie
; mais ils ont esté
repoussez avec pertediscontinuentà
faire des Ponts sur
les Marais, les Canaux,&c
les Fossez ,pour s'approcher
de Tommingen,afin de le
Bombarder. Les Suedois de
leurcosté prennent toutes les.
precaurions possibles
- pour
empêcher l'effet du Bombardement.
Cependant le Roy
de Dannemartk met les Duchez
de Holstein
,
& de
Steswick ,sous contribution,
& la Vdlc de Hufum a esté
obligée de payé huit mil écus.
Les Habitans de la Ville de
Gottorp n'ont pu encore
convenir de la Comme qu'on
leur demande
t
& ils craignentd'y
estre forcez par -
execution militaire. On assure
que le Comte de Steinbock
a fait quelques propositions
au Roy deDannemarck pour
uneSuspension d'Armes. Le
Colonel Meyer Danois
,
qui
avoic esté détaché avec Uf1
Corps de Troupes pour occuper
rifle de Heilighlandt,
y a débarqué ôc il espereen
chasser lesSuédois quis'y sont
retranchez en leur coupant
les vivres.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Comte
Amiral Thomsen avoit fait
voile avec une Escadre de
Fregattes pourcroiser & empêcher
le transport des Troupes
que les Suedois preparent
à Gortenbourg
, & qu'on
travailloit en diligence àéquiper
la Flote Danoise. D'autres
Lettres de Wismar du
zS. Mars portent qu'un parti
de la Garnison en avoit défait
un Moscovite composé d'un
Lieutenant, & de vingt-cinq
Cavaliers dont neuf avoient
estétuez,&le Lieutenant
qui lesCommandoit avec les
quinze autres amenez prisonniers
: qu'on attendoit de
jour en jour un renfort de
Suede que quelques Frégates
Danoises
,
parmi lesquelles
il y en avoit une qui portoit
Pavillon Moscovite, croisoient
devantStralzund,pour
empêcher qu'aucunBâtiment
pur y entrer ni en sortir.
On écrit de Varsovie que
quelques Officiers Turcs &
Tartares ennemis du Roy de
Suede,qu'on croit avoir été
gagnez voulurent le con-
Zt>raindre ,à partir avec une
escorte trop foible pour le
mettre en sureté. Il fut en
mesme temps averti que ces
Officiers vouloient le livrer
a ceux qui les avoient gagnez.
Ces avis l'obligerent à se retirer
à Warnitza
,
où il avoit
fait bastir une maison, autour
de laquelle il fit faire
des retranchements. On le
pressa de retourner à Bender,
pour se preparer à partir.
Mais ille rcfufa; disant qu'il
vouloit attendre la réponse
du Grand Seigneur,auquel
M
il avoir écrit. Ils resolurent
de l'attaquer avec un grand
,
nombre de Troupes.b Le
combat commença le 11.
Févriervers les dix heures du
matin; ce Prince donna des
marques d'une valeur extraordinaire
;mais lesretranchement
ayant été forcez il se
retira dans sa maison, où il
continua de se deffendre jusqu'à
ce que le feu y ayant été
mis, il sur obligé de se rendre,
ayant reçu deux ou
trois blessures. Il futconduit
à Bender, où il fut tres bien
reçu par le Seraskier & par
le
.leK-andciTartares, qui selon
les apparances
-
avoient été
trompez par quelque ordre
surprisousupposéduGrand
Seigneurauquelle Seraskier
avoïc envoyé un Courier,
pour lui rendre compte de ce
quis'étoitpassé. On assure
que le Roy de Suede avoit été
envoyé à Andrinople avec
une escorte, accompagné de
fcs deux Secreraires d'Etat,
-Ll-c doux Generaux &
de quarante autres de ses
gens, que l'on rassembloit
- tous les Suedois & Polonois
faits prisonniers, qui étoient
bien traitez: que cet évenement
n'avoir rien changé
aux dispositions des Turcs
pour faire la guerre aux
Moscovites: que le Hospodar
de Valaquie avoit ordre
de fournir mille chariots, &
celui de Moldavie deux mille;
& que le Sultandevoit partir
d'Andrinople à la fin de Mars
ou au commencement d'Avril
pour se rendre à Buba
& à Ifacki vers l'embouchure
du Danube.
On mande de Berlin que
l'Electeur de Brandebourg
fait de grands changemens
dans sa Cour, & parmi Tes
Officiers, qu'il a fait Maréchaux
de Camp Généraux le
Comte de Lothum & un
Prince de Holstein, outre
les deux faits par le feu Electeur
; que de douze Chambellans
qu'ilyavoit, il n'en retient
que quatre; qu'il a diminué
les appointemens de
ses Ministres dans les Cours
Etrangeres; & on dit qu'au
lieu d'Envoyez il ne veut plus
y avoir que des Residents.
On assuremême qu'il veut
faire donner à loü ge ou à
ferme toutes ses maisons de
plaisance excepté Oranjenbourg,
Potzdam, Coponik,
Wilsterhausen & celle de
Charlottenbourg qui estdestinéepourl'Electrice;
qtill
a écrit de sa main au President
Dankelman qui avoit
été disgracié par le feu Electeur,&
l'a déclaréson premier
Ministre; qu'il luy a
fait rendre tous ses biens
confisquez durant sa disgrace,
& qu'il a voulu le
charger de la Direction de
toutes ses principales JffJlres.
mais qu'il s'cft excusé de l'accepter,
promettant neannloins
de lefervir de tout [on
pouvoir de ses Conseils dans
tout ce qu'il lui ordonneroit.
Fermer
Résumé : Nouvelles de Hambourg.
Les troupes danoises, de retour des Pays-Bas, se sont installées dans le Duché de Bremen avant de traverser l'Elbe pour camper près de Lübeck. Cette manœuvre vise à prévenir une éventuelle diversion suédoise, renforcée par des troupes attendues de Suède et de Poméranie. Le général Steinbek a renforcé les retranchements à Gardingas avec des palissades et des canons. Les Moscovites ont tenté de couper les communications entre la cavalerie et l'infanterie suédoises, mais ont été repoussés. Les Suédois ont pris des mesures pour éviter un bombardement. Le roi de Danemark a imposé des contributions aux duchés de Holstein et de Schleswig. La ville de Hufum a payé huit mille écus, tandis que les habitants de Gottorp refusent de payer la somme demandée, craignant une exécution militaire. Le comte de Steinbock a proposé une suspension d'armes au roi de Danemark. Le colonel Meyer danois a débarqué à Heilighlandt pour chasser les Suédois retranchés. À Copenhague, l'amiral Thomsen a pris la mer avec une escadre pour empêcher le transport des troupes suédoises à Gortenbourg. La flotte danoise est en cours d'équipement. À Wismar, un parti de la garnison a défait un détachement moscovite. Des frégates danoises, dont une arborant le pavillon moscovite, croisent devant Stralzund pour bloquer les mouvements ennemis. À Varsovie, le roi de Suède, menacé par des officiers turcs et tartares, s'est retiré à Warnitza et a refusé de retourner à Bender. Après un combat, il a été capturé et conduit à Bender. Les Turcs continuent leurs préparatifs contre les Moscovites, rassemblant des chariots et des troupes. L'Électeur de Brandebourg a effectué des changements à sa cour, nommant de nouveaux maréchaux et réduisant les appointements des ministres. Il a rétabli le président Dankelman comme premier ministre, qui a refusé la direction des principales affaires mais a promis son soutien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3837
p. 116-130
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTEQUE ITALIQUE, ou Histoire Litteraire de l'Italie. May, Juin, [...]
Mots clefs :
Italie, Histoire littéraire, Journal de Venise, Académies d'Italie, Venise, Sciences, Journal des savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTEQUE ITALIQUE оц
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Fermer
Résumé : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une critique de l'ouvrage 'IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA' du Docteur Hiacinthe Gimma, publié en 1723 à Naples. Cet ouvrage, en deux tomes et 913 pages, couvre l'histoire littéraire de l'Italie depuis Adam jusqu'en 1723. Les critiques estiment que Gimma aurait mieux satisfait les savants en se concentrant sur une histoire méthodique des sciences et des arts en Italie depuis le quinzième siècle, plutôt que de publier un ouvrage trop chargé de détails inutiles. Cependant, ils reconnaissent la valeur de l'ouvrage pour ceux qui souhaitent connaître les avancées scientifiques et artistiques en Italie. L'ouvrage est divisé en 50 chapitres. Les 34 premiers forment le premier tome, qui traite des sciences et des arts jusqu'au quatorzième siècle. Le second tome couvre les trois derniers siècles, incluant les académies d'Italie, la philosophie moderne, la géographie, les mathématiques, la médecine, l'histoire naturelle, et les inventions italiennes. Les critiques mentionnent également l'existence de près de 500 académies en Italie, souvent dédiées à la poésie ou aux belles-lettres, et soulignent le rôle des femmes savantes comme la Comtesse Clelia Grillo-Borromée et la Princesse Therese Grillo-Pamfili. Le texte discute également de l'origine des journaux littéraires, soulignant une controverse entre la France et l'Italie. Traditionnellement, la France est créditée de l'invention des journaux littéraires avec le 'Journal des Sçavans' en 1665. Cependant, M. Gimma affirme que l'idée des journaux littéraires est apparue en Italie, à Venise, où des 'Nouvelles Littéraires' étaient distribuées sous forme de feuilles volantes appelées 'Gazettes' dès le XVIe siècle. Ces feuilles étaient manuscrites et dictées à plusieurs copistes. Le texte liste plusieurs journaux italiens publiés entre le XVIIe et le début du XVIIIe siècle. À Rome, le 'Giornale de Letterati' fut publié de 1668 à 1679, suivi d'une continuation jusqu'en 1681. À Parme, le P. B. Bacchini publia un journal de 1686 à 1690, puis à Modène de 1692 à 1697. Le P. Manzani publia un journal en latin à Parme en 1682. À Venise, le 'Giornale Veneto' dura de 1671 à 1689, et plusieurs autres journaux furent publiés, comme le 'Galleria di Minerva' à partir de 1696. En raison de la discontinuité ou des défauts de ces journaux, Apostolo Zeno et quelques savants créèrent un nouveau journal en 1710, qui fut continué avec succès. Ce journal fut ensuite dirigé par le P. Dom Pierre Catérino Zeno. L'Abbé Jérôme Leone publia également un supplément au journal de Venise, contenant des dissertations et autres pièces curieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3838
p. 1-8
2. Chansons nouvelles.
Début :
Qui se peuvent chanter separément, mais elles sont faites pour [...]
Mots clefs :
Vin, Amour, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : 2. Chansons nouvelles.
Chansonsnouvelles.
Quise peuvent chanter
separément, mais
, elles font faites pour
estre placées entre
les trois Couplets
qu'on a donnez dans
le mois precedent.
Onamisicy en petit
caractere ces trois
Couplets avec les
deux Chansons nouvelles,
dans l'ordre
où Ce doitchanter le
tout ensemble.
1. Couplet.
LE vin nousfait parler le
vinnousfait tairey
Lesilence à longs traits s'avale
avec levin, .,
Et le caquetse trouve au fond do
verre,
'Dés qu'on le voit on jaz.e comme
une commere
De la voisine & du voisin,
De la cousine & du cousin,
Dugalant homme&dufaquin,
iEt d'Alexandre
De Jupiter& de Catin.
Adieupudeur,adieu mystere, *
Viste, viste, viste,pourmefaire
taire,
Remplissezmon verre,
On ne dit motpendant qu'on boit,
L6vin m'afaitparler & le vin
,
I. m'a faittaire. CHANSON. LEvin endortl'amour,&
levin
le reveille.
L-icidas agitéd'une, aï
moureuseardeur,
Ne pouvoit s'endormir
sans vuider la hou.
teille,
Fdu le rend heureux;
il dortsur son bonheur.
A boire à cet ingrat dor.
meure
Le vin endort l'amour
& le vin le réveille.
2. Couplet. L E vin nous faitparler,& le
vin nous fait taire.
Lorsqu'à table un sçavantlar
perçoit à propos
jQuun esprit naturel va le con-
,
fondre,
S'il
y répont par boire, il hy
peut mieux répondre.
Maissi,buvant plus qu'il ne
faut,
'Vlflt prouverpar de grands
mots
Que les modernes font des sots
, pue les anciens sont sans defjÛftt,
Que tous les secrets du tres- haut ;S(}nt developpez. dans Hemere,
Viste, viste,viste , pour le faire
taire
Rempli(seX^fion verre.
Qu'il a d'espritpendant qu'il
boit, - Levin l'afaitparler d- le vist
lefait taire.
2. CHANSON.
L'Amour noUl fait
aimer, & l'amour
nousfaitboire.
Quon ait vû boire des
amans,
C'efl ce qu'on ne sçauroit
croire
Quand on a lû des T~-
mans: Mais ceux qui liront
no(Ire hTifioire
Pourront chanter à la
gloire
DesTirsisdece temps,
Des Ftits de ce temps,
Levin les fait atmer,&
l'amour les fait boire.
e- 1 t. -
3.
Çouplct. -
LE vin nous fait parler, & le
vin nous fait taire.
En silence une prude à petits
coups boira:
Mais si vous remplissezsouvent
son verre , La charité bien-tost émeut fit
bile amere:
Par zele pur elle dira,
Qu'en mariage celie-la. àson mary
rienn'apporta,
Que cependant ce mari-là
Tient <£tlle tout - 1 lebienqu'il
Pusqueparelle ille tira
D'un riche nobledont lepere.
rifle) viste , viste,pour la faire
taire,
Rempliffez^[on verre,
On ne méditpointquandonboit,
Le vin l'a fait parler &- le vis
l'a fait taire
Quise peuvent chanter
separément, mais
, elles font faites pour
estre placées entre
les trois Couplets
qu'on a donnez dans
le mois precedent.
Onamisicy en petit
caractere ces trois
Couplets avec les
deux Chansons nouvelles,
dans l'ordre
où Ce doitchanter le
tout ensemble.
1. Couplet.
LE vin nousfait parler le
vinnousfait tairey
Lesilence à longs traits s'avale
avec levin, .,
Et le caquetse trouve au fond do
verre,
'Dés qu'on le voit on jaz.e comme
une commere
De la voisine & du voisin,
De la cousine & du cousin,
Dugalant homme&dufaquin,
iEt d'Alexandre
De Jupiter& de Catin.
Adieupudeur,adieu mystere, *
Viste, viste, viste,pourmefaire
taire,
Remplissezmon verre,
On ne dit motpendant qu'on boit,
L6vin m'afaitparler & le vin
,
I. m'a faittaire. CHANSON. LEvin endortl'amour,&
levin
le reveille.
L-icidas agitéd'une, aï
moureuseardeur,
Ne pouvoit s'endormir
sans vuider la hou.
teille,
Fdu le rend heureux;
il dortsur son bonheur.
A boire à cet ingrat dor.
meure
Le vin endort l'amour
& le vin le réveille.
2. Couplet. L E vin nous faitparler,& le
vin nous fait taire.
Lorsqu'à table un sçavantlar
perçoit à propos
jQuun esprit naturel va le con-
,
fondre,
S'il
y répont par boire, il hy
peut mieux répondre.
Maissi,buvant plus qu'il ne
faut,
'Vlflt prouverpar de grands
mots
Que les modernes font des sots
, pue les anciens sont sans defjÛftt,
Que tous les secrets du tres- haut ;S(}nt developpez. dans Hemere,
Viste, viste,viste , pour le faire
taire
Rempli(seX^fion verre.
Qu'il a d'espritpendant qu'il
boit, - Levin l'afaitparler d- le vist
lefait taire.
2. CHANSON.
L'Amour noUl fait
aimer, & l'amour
nousfaitboire.
Quon ait vû boire des
amans,
C'efl ce qu'on ne sçauroit
croire
Quand on a lû des T~-
mans: Mais ceux qui liront
no(Ire hTifioire
Pourront chanter à la
gloire
DesTirsisdece temps,
Des Ftits de ce temps,
Levin les fait atmer,&
l'amour les fait boire.
e- 1 t. -
3.
Çouplct. -
LE vin nous fait parler, & le
vin nous fait taire.
En silence une prude à petits
coups boira:
Mais si vous remplissezsouvent
son verre , La charité bien-tost émeut fit
bile amere:
Par zele pur elle dira,
Qu'en mariage celie-la. àson mary
rienn'apporta,
Que cependant ce mari-là
Tient <£tlle tout - 1 lebienqu'il
Pusqueparelle ille tira
D'un riche nobledont lepere.
rifle) viste , viste,pour la faire
taire,
Rempliffez^[on verre,
On ne méditpointquandonboit,
Le vin l'a fait parler &- le vis
l'a fait taire
Fermer
Résumé : 2. Chansons nouvelles.
Le texte présente une série de chansons et de couplets centrés sur le thème du vin et ses effets. Il explique que les nouvelles chansons doivent être chantées séparément mais sont conçues pour être placées entre trois couplets publiés précédemment. Ces éléments sont imprimés en petit caractère dans l'ordre approprié pour être chantés ensemble. Le premier couplet décrit comment le vin fait parler et taire les gens, incitant à la conversation sur divers sujets, allant des voisins aux figures mythologiques comme Alexandre et Jupiter. Le vin est également présenté comme un moyen de faire taire les gens, car on ne parle pas pendant qu'on boit. La première chanson explore comment le vin endort et réveille l'amour, racontant l'histoire de Licidas, qui ne peut s'endormir sans boire et trouve le bonheur grâce au vin. Le deuxième couplet aborde la sagesse et la conversation à table, soulignant que boire peut aider à répondre à des propos savants, mais que boire excessivement peut conduire à des discours pompeux et sans fondement. La deuxième chanson parle de l'amour et du vin, notant que l'amour fait aimer et boire, et que les amants boivent ensemble. Le troisième couplet traite de la prudence et de la charité, décrivant comment une femme prude boit en silence, mais que remplir souvent son verre peut la faire parler amèrement sur son mariage et ses biens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3839
p. 133-149
NOUVELLES.
Début :
Les Lettres de Warsovie portent que les Troupes Moscovites sorties [...]
Mots clefs :
Moscovites, Varsovie, Suède, Vizir, Turquie, Vienne, Sicile, Prusse, Finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
Les Lettres de Warsovic
portent que les Troupes Moscovites
sorties de Pomeranie
marchent en trois Corps par
trois routes différentes;dont
l'un est commandé par le
Prince Dolherou l'aurre par
le Prince Repuin
,
& le troisiéme
par le General Baver.
Ils sont accompagnez par des
Commissaires pourempêcher
les desordres.
On mande de Moldavie
,
que le Roy de Suede, le Roy
Stanislas, & cous ceux de leur
parti, estoienc très bien traitez,
& que les Ambassadeurs
du Czar avoient esté renvoyez
à Constantinople,que
rArmeeOcromanceOoic tou-
-
jours campée auprès deChoczin,
que les Tartares se font
[ éloignez feulement de six
lieues3 pour la commodité
des sourages, qu'on travaille
toûjours en diligence aux Fortifications
de cette Place, & -rneme; à conftruirc des barfaques
pour y faire hiverner
unepartie de l'Armée
,
& le
reste en Moldavie, en Walaquic,
ôc au voisinage du Danube.
Les Lettres de'Turquie venues
par la voye de Walaquie
portent que le Grand Vizir
avoir dctlaré aux Ambassadeurs
Mascovites & Polonois,
qu'il n'y auroit point
de Paix iurqg-àce que leCzar
eue consenti à payer par an
quatre vingt milleflorins au
Kam des Tartares, ourre les
arrerages du tribut qu'il prétend
luy estre dûs, que la Pologne
ne cedeunepartiede la
basse Podolie, avec sept territoires
de l'Ukraine où les
Colaques qui ont pris le parti
du Roy de Suede vivoient
possiblement,queleRoy Sta-
11:11Js rentrera dans ses biens
& diolnircz) & que la Republique
promettra que s'il wurvit
au Roy Auguste, elle ne
prendra point d'autre Roy
que luy. Enfin qu on laissera
passer librement le Roy de
Suede par la Pologne, avec
une efeorte de six milleTurcs.
Ces Lettresajoûtent qu'encore
que la disposition des affaires
paroisse tres -
favorable
pour le Roy de Suede, ce
Prince souhaite fortement de
retourner dans les Etats, &
qu'il se mettra en chemin
aussi tost qu'ille pourra faire
avec seureté.
On mande de Hambourg
que la mortalité diminuë de
plus en plus en plus. Néanmoins
les Troupes Danoises
occupent encore le Posse de la
Montagne prés de cetteVille,
pour empêcher toute communication
avec le pays de
Hollfein,&leDuc deHanover
adenouveauinterdittouteommerce
avec Ces Etats,que le Baron
de Kartzvoch, Refidenc
de la Cour deVienne, fit fev
voir au Comte de Welling
que , cette Cour avoit fixé au
ij. Décembre le jour qu'on
devoir tenir àBrunswick une
Assemblée pour terminer à
lamiable les affaires du Nord,
& que les Suédois pourroient
y envoyer un Ministre, &
que la Ville de Tonningen
cliort réduite à lineextrême
necefficé, faute de vivres:
mais on assure que le Roy de
Dannemarck estoit disposé à
y laiflcr enrrer quelques provisions
,
qu'il avoit écrit au
Roy de Prussequ'ilconfentiroitc
à lever le Blocus & à
retirer ses Troupes, pourvû
qu'ildemeurât en possession
de cout le DuchédeSlefwick,
juiqu'à la fin de le Négociauon.
On écrit de Stokholm du 8.
Novembre que les deux mille
Moscovites qui estoient dans
la Ville d'Abo s'étoient retirez
à l'approche du Contre-
Amiral Taube avec des Galeres
, craignant qu'il ne mit des
Vaisseaux pour les couper, &
qu'après avoir visité Abo
,
il
estoit allé joindre la Flot c
Suedoise, qui croisoit de ce
coHé.là, qu'un renfort de
Troupes n'attendoit qu'un
vent favorable pour faire voile
vers la Finlandey qu'elles
seront commandées avec celles
quiy sont déja,par le General
Taube, ayant fous luy
les Majors Généraux Schommer
& Licben : que le General
Lubecker qui commandoit
cidevant en Finlande
,
avoit esté rappelle à
Stokolm
,
où il estoit arrivé,
& qu'on vouloit lay faire
rendre compte de laconduite
qu'il avoit tenue à la premiere
defeente que les Moscovites
avoient faue en Finlande.
Les Lettres de Vienne portent
que les Etats de la Basse
Autriche s'éstant assemblez
en cette Ville, le Cornee de
Zinzendorss, Chancelier dela
Cour, après leur avoir faitun
discours, leur demanda un
fubfidc de six cent milleflorins,
avec unerecrue de trois
mille trois cent Fantassins.,&
une autre de quatre cent foixante-
quatre Cavaliers , &
une de deux cent trente trois
Dragons, pour rendre complcts
les Ré giments de leur
répartition,qu'on avec envoyéoidre
au Prince Eugene
d'entrer en conference avec
le Maréchal de Villars.
Celles dePalerrae portent
que le Roy & ta Reine de Sicile
avoicnt reçûlesfournirions
& les compliments de toutes
lesVilles & des Principaux Seigneurs
Siciliens qu'ils avoienc
ICÇÛ avec beaucoup de bonté;
de forte que laNoblesse&les
Peuples estoient également
satisfaits, & que le Roy de
Sicile commençoit à s'iréformerdel'étatdesFinabcespour
les remettrern meilleur,
état & réformer ptafteurs
abus
,
qu'il travailloit avecune
application extraordinaire
à rétablir le bon ordre
dans le Gouvernement, ayant
déjà ordonné qu'on payât à
plusieurs perTonnes les fomnies
qui leur estoient dcûcs
par des Seigneurs qui refufoientde
les fatisfairc,qu'il avoit
recommandé aux Barons
de ne pas donner retraite dans
leurs Terres à des bandis &
àdes scelerats qui commettoient
plusieurs desordres *
fous peine d'en estre responsables.
On écrit de Londres que la
Reine avoit donne le Regiment
de Cavalerie du Lieutenant
General Langsdor au.
Brigadier Joceline
,
celuy
d'Infanterie du Colonel Durell
, au Brigadier Hams Hamilton
& celuy de ce dernier
au Colonel Chudleigh
que les Regiments de Popper,
d'Evans autres qui estoient
à la paye d'Angleterre , avoient esté réduits à la paye
d'Irlande
,
le Regiment de
Cavalerie de Mylord Vindlor
a esté caffé,mais il a encore fcRegiment chfCavalerie du
feu General Wood qui est en
Fiantes& quiavecceluy dq
General
General Lumley & celuy des
Gardes du Comte de Peterborough
,
font les seuls Regimens
de Cavalerie qui doivent
estre conservez à la paye Angloise
outre les Gardes du
Corps
,
qu'on avoit établi
cinq Commissaires ,qui sont
le Chevalier Guillaume Giffard,
les Sieurs Samuel Hunter,
Nicolas Roop ,Thomas
Coleby ,& Thomas Lèyron;
pour casser les Regiments de
Marine. La Compagnie de la
Mer du Sud à quatre Vaisseaux
chargez de toutes sortes
de Marchandises & prêts à
faire voile pour aller prendre
des Negres sur lacosted'Afrique&
les transporter à l'Amerique
Espagnole,suivant
le Contrat d'Assiento fait
avec l'Espagne.
On mande de Hollande
qu'on travaille à terminer les
difficultez qui empêchent la
conclusion de la Paix d'Espaavec
lePortugal &cetEtat,
& que les Ministres de Sa
Majesté Catholique ont eû
sur ce sujet deux conferences
à Rosendalavecl''Evêque de
Londres, que lesieur de Goflingarevint
de Frise le 5. Decembre,
à la Haye
,
il se prépare
à partir dans peu de
jours avec le sieur Buys, pour
leur Ambassade à la Cour de
France.
On écrit de Bruxelles que
les Regiments de Cavalerie
de Vander Nath & de Borle
cy-devant Wales quiestoient
à la solde Angloise
,
estoient
ePntrerzuau fSelrviTce dcu R.oy de
OnmandedeCologne qquuet
les partis Françoisfaisoient
des courses en ce pays lef..
quels avoient enlevé plusieurs
Marchands de Cologne qui
revenoienc de la foire de Bonne
avec leurs Marchandises.
Les Lettres de Strasbourg
portent, que le Maréchal de
Villarsen estoit parti le ij.
Novembre pour aller au
Fort Loüis,d'où il partit le29.
pour se rendre au Chasteau
de Rastat dans le Marquisat
de Bade
,
où il afriva àtrois
heures après midy
, pour y
traiter de la Paix Generale
avec le Prince EugenedeSavoye,
lequel y arriva le même
jour. Le Maréchal de Villars
alla le recevoir versJe haut
de l'escalier,où ils se presenterent
mutuellement les Seigneurs
qui les accompagnent,
& ensuite il leconduisitdans
sonappartement,d'où aprés
un quart-d'heured'entretien
le Prince Eugene conduisit à
son tour le Maréchal de
Villars dans sonappartement.
Les Conferences devoient
commencer dans peu ,
s'étant
déja de part & d'autre
communiqué leurs Pleinspouvoirs,
que les Troupes du
Roy, & celles des Ennemis
estoient en marche pour aller
prendreleurs quartiers d'hyver.
Les Lettres de Warsovic
portent que les Troupes Moscovites
sorties de Pomeranie
marchent en trois Corps par
trois routes différentes;dont
l'un est commandé par le
Prince Dolherou l'aurre par
le Prince Repuin
,
& le troisiéme
par le General Baver.
Ils sont accompagnez par des
Commissaires pourempêcher
les desordres.
On mande de Moldavie
,
que le Roy de Suede, le Roy
Stanislas, & cous ceux de leur
parti, estoienc très bien traitez,
& que les Ambassadeurs
du Czar avoient esté renvoyez
à Constantinople,que
rArmeeOcromanceOoic tou-
-
jours campée auprès deChoczin,
que les Tartares se font
[ éloignez feulement de six
lieues3 pour la commodité
des sourages, qu'on travaille
toûjours en diligence aux Fortifications
de cette Place, & -rneme; à conftruirc des barfaques
pour y faire hiverner
unepartie de l'Armée
,
& le
reste en Moldavie, en Walaquic,
ôc au voisinage du Danube.
Les Lettres de'Turquie venues
par la voye de Walaquie
portent que le Grand Vizir
avoir dctlaré aux Ambassadeurs
Mascovites & Polonois,
qu'il n'y auroit point
de Paix iurqg-àce que leCzar
eue consenti à payer par an
quatre vingt milleflorins au
Kam des Tartares, ourre les
arrerages du tribut qu'il prétend
luy estre dûs, que la Pologne
ne cedeunepartiede la
basse Podolie, avec sept territoires
de l'Ukraine où les
Colaques qui ont pris le parti
du Roy de Suede vivoient
possiblement,queleRoy Sta-
11:11Js rentrera dans ses biens
& diolnircz) & que la Republique
promettra que s'il wurvit
au Roy Auguste, elle ne
prendra point d'autre Roy
que luy. Enfin qu on laissera
passer librement le Roy de
Suede par la Pologne, avec
une efeorte de six milleTurcs.
Ces Lettresajoûtent qu'encore
que la disposition des affaires
paroisse tres -
favorable
pour le Roy de Suede, ce
Prince souhaite fortement de
retourner dans les Etats, &
qu'il se mettra en chemin
aussi tost qu'ille pourra faire
avec seureté.
On mande de Hambourg
que la mortalité diminuë de
plus en plus en plus. Néanmoins
les Troupes Danoises
occupent encore le Posse de la
Montagne prés de cetteVille,
pour empêcher toute communication
avec le pays de
Hollfein,&leDuc deHanover
adenouveauinterdittouteommerce
avec Ces Etats,que le Baron
de Kartzvoch, Refidenc
de la Cour deVienne, fit fev
voir au Comte de Welling
que , cette Cour avoit fixé au
ij. Décembre le jour qu'on
devoir tenir àBrunswick une
Assemblée pour terminer à
lamiable les affaires du Nord,
& que les Suédois pourroient
y envoyer un Ministre, &
que la Ville de Tonningen
cliort réduite à lineextrême
necefficé, faute de vivres:
mais on assure que le Roy de
Dannemarck estoit disposé à
y laiflcr enrrer quelques provisions
,
qu'il avoit écrit au
Roy de Prussequ'ilconfentiroitc
à lever le Blocus & à
retirer ses Troupes, pourvû
qu'ildemeurât en possession
de cout le DuchédeSlefwick,
juiqu'à la fin de le Négociauon.
On écrit de Stokholm du 8.
Novembre que les deux mille
Moscovites qui estoient dans
la Ville d'Abo s'étoient retirez
à l'approche du Contre-
Amiral Taube avec des Galeres
, craignant qu'il ne mit des
Vaisseaux pour les couper, &
qu'après avoir visité Abo
,
il
estoit allé joindre la Flot c
Suedoise, qui croisoit de ce
coHé.là, qu'un renfort de
Troupes n'attendoit qu'un
vent favorable pour faire voile
vers la Finlandey qu'elles
seront commandées avec celles
quiy sont déja,par le General
Taube, ayant fous luy
les Majors Généraux Schommer
& Licben : que le General
Lubecker qui commandoit
cidevant en Finlande
,
avoit esté rappelle à
Stokolm
,
où il estoit arrivé,
& qu'on vouloit lay faire
rendre compte de laconduite
qu'il avoit tenue à la premiere
defeente que les Moscovites
avoient faue en Finlande.
Les Lettres de Vienne portent
que les Etats de la Basse
Autriche s'éstant assemblez
en cette Ville, le Cornee de
Zinzendorss, Chancelier dela
Cour, après leur avoir faitun
discours, leur demanda un
fubfidc de six cent milleflorins,
avec unerecrue de trois
mille trois cent Fantassins.,&
une autre de quatre cent foixante-
quatre Cavaliers , &
une de deux cent trente trois
Dragons, pour rendre complcts
les Ré giments de leur
répartition,qu'on avec envoyéoidre
au Prince Eugene
d'entrer en conference avec
le Maréchal de Villars.
Celles dePalerrae portent
que le Roy & ta Reine de Sicile
avoicnt reçûlesfournirions
& les compliments de toutes
lesVilles & des Principaux Seigneurs
Siciliens qu'ils avoienc
ICÇÛ avec beaucoup de bonté;
de forte que laNoblesse&les
Peuples estoient également
satisfaits, & que le Roy de
Sicile commençoit à s'iréformerdel'étatdesFinabcespour
les remettrern meilleur,
état & réformer ptafteurs
abus
,
qu'il travailloit avecune
application extraordinaire
à rétablir le bon ordre
dans le Gouvernement, ayant
déjà ordonné qu'on payât à
plusieurs perTonnes les fomnies
qui leur estoient dcûcs
par des Seigneurs qui refufoientde
les fatisfairc,qu'il avoit
recommandé aux Barons
de ne pas donner retraite dans
leurs Terres à des bandis &
àdes scelerats qui commettoient
plusieurs desordres *
fous peine d'en estre responsables.
On écrit de Londres que la
Reine avoit donne le Regiment
de Cavalerie du Lieutenant
General Langsdor au.
Brigadier Joceline
,
celuy
d'Infanterie du Colonel Durell
, au Brigadier Hams Hamilton
& celuy de ce dernier
au Colonel Chudleigh
que les Regiments de Popper,
d'Evans autres qui estoient
à la paye d'Angleterre , avoient esté réduits à la paye
d'Irlande
,
le Regiment de
Cavalerie de Mylord Vindlor
a esté caffé,mais il a encore fcRegiment chfCavalerie du
feu General Wood qui est en
Fiantes& quiavecceluy dq
General
General Lumley & celuy des
Gardes du Comte de Peterborough
,
font les seuls Regimens
de Cavalerie qui doivent
estre conservez à la paye Angloise
outre les Gardes du
Corps
,
qu'on avoit établi
cinq Commissaires ,qui sont
le Chevalier Guillaume Giffard,
les Sieurs Samuel Hunter,
Nicolas Roop ,Thomas
Coleby ,& Thomas Lèyron;
pour casser les Regiments de
Marine. La Compagnie de la
Mer du Sud à quatre Vaisseaux
chargez de toutes sortes
de Marchandises & prêts à
faire voile pour aller prendre
des Negres sur lacosted'Afrique&
les transporter à l'Amerique
Espagnole,suivant
le Contrat d'Assiento fait
avec l'Espagne.
On mande de Hollande
qu'on travaille à terminer les
difficultez qui empêchent la
conclusion de la Paix d'Espaavec
lePortugal &cetEtat,
& que les Ministres de Sa
Majesté Catholique ont eû
sur ce sujet deux conferences
à Rosendalavecl''Evêque de
Londres, que lesieur de Goflingarevint
de Frise le 5. Decembre,
à la Haye
,
il se prépare
à partir dans peu de
jours avec le sieur Buys, pour
leur Ambassade à la Cour de
France.
On écrit de Bruxelles que
les Regiments de Cavalerie
de Vander Nath & de Borle
cy-devant Wales quiestoient
à la solde Angloise
,
estoient
ePntrerzuau fSelrviTce dcu R.oy de
OnmandedeCologne qquuet
les partis Françoisfaisoient
des courses en ce pays lef..
quels avoient enlevé plusieurs
Marchands de Cologne qui
revenoienc de la foire de Bonne
avec leurs Marchandises.
Les Lettres de Strasbourg
portent, que le Maréchal de
Villarsen estoit parti le ij.
Novembre pour aller au
Fort Loüis,d'où il partit le29.
pour se rendre au Chasteau
de Rastat dans le Marquisat
de Bade
,
où il afriva àtrois
heures après midy
, pour y
traiter de la Paix Generale
avec le Prince EugenedeSavoye,
lequel y arriva le même
jour. Le Maréchal de Villars
alla le recevoir versJe haut
de l'escalier,où ils se presenterent
mutuellement les Seigneurs
qui les accompagnent,
& ensuite il leconduisitdans
sonappartement,d'où aprés
un quart-d'heured'entretien
le Prince Eugene conduisit à
son tour le Maréchal de
Villars dans sonappartement.
Les Conferences devoient
commencer dans peu ,
s'étant
déja de part & d'autre
communiqué leurs Pleinspouvoirs,
que les Troupes du
Roy, & celles des Ennemis
estoient en marche pour aller
prendreleurs quartiers d'hyver.
Fermer
Résumé : NOUVELLES.
En Europe, plusieurs mouvements militaires et diplomatiques sont rapportés. En Pologne, les troupes moscovites, dirigées par les princes Dolherou, Repuin et le général Baver, avancent par trois routes distinctes. En Moldavie, le roi de Suède et Stanislas sont bien traités, tandis que les ambassadeurs du Czar ont été renvoyés à Constantinople. L'armée ottomane est stationnée près de Choczin, où des fortifications sont en construction pour l'hiver. En Turquie, le Grand Vizir informe les ambassadeurs moscovites et polonais que la paix ne sera possible que si le Czar paie un tribut annuel aux Tartares et que la Pologne cède une partie de la basse Podolie et de l'Ukraine. Stanislas récupérera ses biens et droits, et la Pologne ne choisira pas d'autre roi. Le roi de Suède pourra traverser la Pologne avec une escorte turque. À Hambourg, la mortalité diminue, mais les troupes danoises occupent encore des positions stratégiques. Le duc de Hanovre a interdit le commerce avec certains États. Le baron de Kartzvoch informe le comte de Welling que l'Autriche organise une assemblée à Brunswick pour régler les affaires du Nord. La ville de Tonningen est en difficulté, mais le roi de Danemark est prêt à envoyer des provisions. À Stockholm, deux mille Moscovites se sont retirés à l'approche du contre-amiral Taube. Des renforts suédois se préparent à rejoindre la Finlande. Le général Lubecker, ancien commandant en Finlande, a été rappelé à Stockholm pour rendre compte de sa conduite. À Vienne, les États de la Basse-Autriche ont voté un subside et des recrues pour compléter les régiments. Le maréchal de Villars et le prince Eugène de Savoie discutent de la paix générale. Les troupes françaises et ennemies se préparent à prendre leurs quartiers d'hiver. En Sicile, le roi et la reine ont reçu des fournitures et des compliments des villes et seigneurs siciliens. Le roi travaille à réformer les finances et à rétablir l'ordre. À Londres, la reine a redistribué plusieurs régiments de cavalerie et d'infanterie. Cinq commissaires ont été nommés pour casser les régiments de marine. La Compagnie de la Mer du Sud prépare des vaisseaux pour le commerce des esclaves en Amérique espagnole. En Hollande, des efforts sont en cours pour conclure la paix entre l'Espagne et le Portugal. Les ministres espagnols ont eu des conférences à Rosendal avec l'évêque de Londres. Le sieur de Gosling se prépare à partir pour une ambassade en France. À Bruxelles, les régiments de cavalerie de Vander Nath et de Borlecy sont passés au service du roi d'Espagne. En Cologne, des partisans français font des incursions et enlèvent des marchands. À Strasbourg, le maréchal de Villars et le prince Eugène de Savoie se sont rencontrés à Rastatt pour discuter de la paix générale. Les troupes françaises et ennemies se préparent à prendre leurs quartiers d'hiver.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3840
p. 1592-1608
PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
Début :
LE 11. du mois dernier, premier Mardy d'après la [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Assemblée publique, Compagnie, Carcinôme, Sang, Observations, Collique bilieuse, Rectum, Sphincter, Tumeur, Opération, Intestins, Prostate, Fistule anale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
PREMIRE ASSEMBLE'E PUBLIQUE
de l'Académie de Chirurgie.
Lay
E II. du mois dernier , premier Mard'après la Trinité , l'Académie.
Royale de Chirurgie , conformément à
ses Reglemens , tint une Assemblée publique dans la grande Sale de S. Côme.
Mr Maréchal et de la Peyronie , Premiers
Chirurgiens du Roy , et en cette qualité Présidens de l'Académie , n'ayant pû
s'y trouver , M. Petit le pere , présida
en qualité de Directeur.
M. Morand , Secretaire de l'Académie
fit l'ouverture de la Scénce par l'Histoire
de l'établissement de cette Societé. Il en
exposa le plan,, etet fit fit voir que le principal
objet de cette Compagnie é oit de perfectionner la Chirurgie par l'experience
et l'observation , en rassemblant tous les
faits de pratique qui seront communiquez par les Chirurgiens , tant du Koyaume que des Pays Etrangers.
..
11
JUILLET. 1732. r593 Il fit sentir ensuite que si pour éviter
la confusion , inséparable des nombreu
ses Assemblees , on avoit été obligé de
fixer le nombre des Académiciens ordi-.
naires à 70. cela n'empêchoit point
que tous les Mes. Chirurgiens de Paris
ne fussent veritablement du Corps de
P'Académie , puisqu'ils avoient tous le.
droit d'y prendre séance , lorsqu'ils auroient des Mémoires à lire , et que leurs
noms et leurs Ouvrages seroient imprimez sans distinction dans les Recueils
qu'on donneroit au Public.
Il ajoûta à l'occasion de certaines Critiques , qu'il suffisoit à cette nouvelle Acàdémie d'être protegée par le Roy et par
ses Ministres. Que d'ailleurs l'estime de
M.le Premier Medecin , le zele de Mies
Premiers Chirurgiens , l'Approbation de
ceux qui aiment le bien public , et lès .
Eloges de plusieurs Journalistes éclairez ,
la dédommageroient amplément de tous
les traits que l'ignorance ou l'envie роцvoient faire lancer contre elle.
M. Morand finit par une Réponse à
l'Auteur d'une These soutenue aux Ecoles de Medecine le 18. Mars dernier , dans
laquelle on avoit critiqué le Programe
publié par l'Académie sur une question
importante de Chirurgie.
C
1594 MERCURE DE FRANCE
Ce Discours , que le Public reçut favorablement , fut suivi de la lecture de
neuf Memoires ou Observations Chirurgicales. Les Chefs de l'Académie se sont
fait un devoir de témoigner leur zele.en
fournissant eux-mêmes une partie de ces
Memoires.
M. Maréchal envoya une Observation
des plus singulieres et dont voici le sujet.
Une Dame étoit sujette depuis plus de
quinze ans à des attaques de Collique
Bilieuse , et depuis dix ans , à de trèsgrandes difficultez d'aller à la selle.
Les douleurs étoient si insuportables ·
dans les derniers temps , que la Malade
ne pouvant garder aucune situation , se
roulant sur son plancher, &c. M. Maré
chal 'eut occasion de la voir dans cet état
déplorable ; et soupçonnant un ulcere
carcinomateux dans le Rectum , il mit le
doigt dans le fondement , et l'ayant
porté aussi , haut qu'il lui fut possible , il
sentit un corps étranger solide. C'étoit
une pierre d'un volume si considerable ,
qu'il fallut pour en faire l'extraction
non-seulement dilater l'Anus , mais encore l'inciser en plusieurs endroits. Il ne
falloit pas une main moins habile que
celle de M. Maréchal ,. pour réussir dans
une operation qui demandoit tant de
ména -
JUILLET. 1732. 1595
ménagement et de dexterité. Un mois
après la Malade fut parfaitement guérie.
On fit après la lecture d'un Memoire
envoyé par M. de la Peyronie. La Cure
dont ce Memoire contient le détail , prouve qu'un courage éclairé peut souvent trouver dans l'Art des ressources pour les'
maladies les plus desesperées.
Un homme âgé de 63. ans , étoit attaqué depuis près de trente , d'une Hernie
qu'il avoit jusqu'alors contenue avec succès , au moyen d'un Bandage ; mais ayant
négligé de s'en servir depuis deux ans ,
il tomba dans l'accident de l'étranglement. Il n'eut recours à M. de la Peyronie que le huitième jour de l'accident,
et quoiqu'alors l'augmentation considerable de la tumeur , sa tension et celle
de tout le ventre , la violence des dou
leurs , le hoquet , le poux concentré , la
lividité et pourriture , qui déja avoient
paru à l'extremité de la tumeur , et qui
permettoient la sortie des matieres fœcales ; quoique tous ces desordres annonÇassent une mort prochaine, M.de la Pey.
ronie espera assez du secours de la Chirurgie pour entreprendre l'Operation.
Ayant ouvert le sac hernaire dans toute
son étendue , il trouva six ou sept pou--
ces des Intestins grêles , entierement gangrencz
1595 MERCURE DE FRANCE
grenez et criblez de trous qui laissoient ·
sortir les mitieres focales. Il dilata l'anneau ; et après avoir tiré un peu les Intestins pour s'assurer du progrès de la
gangrene , il emporta toute la portion du
canal qui parut être gangrennée au point
de ne pouvoir être ranimée. Il fit ensuite
au Mezentere un pli ; de façon à boucher les deux bouts flotants de l'Intestin,
et par un point d'ég ille fait à ce pli ,
il assujettit les deux bouches du canal
intestinal. Il fit enfin avec les extrémi
tez du fil une anse qui resta au dehors
et servit à retenir vers le haut de la playe
l'ouverture de l'intestin ; précaution sans
laquelle cet intestin qui n'avoit contracté
aucune adherince aux environs de l'anneau, eût pû faire dans la cavité du ventre
un épanchement des matieres fœcales qui,
ût été mortel. On eut grand soin dans
les pansemens de leur laisser une issue libre.
Le 25 jour de l'Operation , le lien du Me,
zentere se sépara , et au bout de six se,
maines les excremens ne sortirent plus
avec la même abondance , le Malide en
ren lant une partie par les voyes ordi
naires. La playe n'a cependant êté entie,
rement cicatrisée qu'au bout de quatre
mois, et après que le Malade se fut ré.
duit à une nourriture très-legere et prise
en temps éloignez .
3
JUILLET. 1732. 1597
Cette maladie , toute fâcheuse qu'on
vient de la représenter , étoit encore compliquée d'un gonflement très- ancien et
très- considerable au Testicule , qu'on fut
obligé d'emporter , malgré la grosseur
du cordon spermatique qui avoit près
de deux pouces de diametre et dont l'engorgement se continuoit fort avant dans
le ventre. M. de la Peyronie lia le cordon
à la hauteur des anneaux , et il le coupa
un pouce au dessous. Cette premiere ligature,quoiqu'extrêmement serrée, s'étant
lâchée , et un champignon fort gros
et qui parossoit carcinomateux , s'étant
élevé de l'extremité du cordon coupé ,
il fit au bout de quelques jours une nou
-velle ligature, et emporta ce champignon.
Le 18mejour cette derniere ligature tomba et le cordon se dégorgea entierement
par la suppuration. M. de la Peyronie
fait observer que ce gonflement étoit la
suite d'une cause externe.
Les bornes d'un Extrait ne nous permettent point de faire mention du reste du
Memoire ni des excellentes Reflexions qui
le terminent. Nous avertirons seulement
qu'à l'égard de la gangrene de l'Intestin ,
M.de la Peyronie a plus d'une fois mis heureusement en pratique la Méthode qu'il expose. Il est même fait mention dans l'Histoire
1598 MERCURE DE FRANCE
toire de l'Académie Royale des Sciences ,
année 1723. des suites heureuses d'une
semblable Operation qu'il fit en 1712
M. Petit lût ensuite l'histoire d'une Fiştule au Périné , pour laquelle on avoit
fait deux fois , sans succès , l'opération
dans la Province , et qu'il a cependant
guérie radicalement , ayant reconnu ce qui
avoit empêché de réussir dans les deux
premieres opérations. La Fistule au Périné dont il s'agit , étoit la suite de l'ouverture d'un dépôt gangréneux , formé
en conséquence d'une retention d'urine.
M. Petit , en examinant le malade , observa que la partie antérieure de l'Anus
étoit aussi dure que les environs de la Fistule , et que la prostate étoit le centre
de la dureté, qui s'étendoir si avant, qu'a
vec le doigt mis dans le fondement, on ne
pouvoit en sentir les bornes. Il reconnut
par des sign's certains que cette dureté
avoit une cause vénérienne. Il reconnut
encore que le trou interne de la Fistule
étoit au delà du Sphincter , parce que le
malade , sans être averti du besoin d'u
riner , et sans faire aucun effort , rendoit
continuellement la plus grande partie de
ses urines par le trou de la Fistule , et
sans en rendre par la Verge , ou du moins
s'il urinoit par la Verge, c'étoit toujours
Yo-
JUILLET. 1732. 15999
*
volontairement, et lorsqu'il y étoit excité
par le résidu des urines 3 par cet examen
M. Petit comprit qu'il ne guériroit jamais cette Fistule , si avant que de faire
l'opération , il ne commençoit par dé--
truire le Virus Vénérien , et si en second
lieu , dans l'opération ( dont il décrit le
manuel ) il n'incisoit la Prostate , pour
comprendre dans l'incision , le trou interne de la Fistule. Il a agi en conséquence , et le malade a été parfaitement
guéri.
Ce Mémoire parut d'autant plus utile ,
que pour l'ordinaire dans le traitement
de la maladie , qui en fait le sujet , et qui
est fort commune , on ne fait point assezd'attention aux circonstances que M. Petit expose dans son observation , et qui
dans des cas semblables , déterminent la
seule voïe possible de guérison.
La quatriéme Observation est de M
Malaval , Vice - Directeur de l'Académie.
Un homme, âgé de 25 ans , fut, après de
vives douleurs , attaqué d'une Exortose
tres considérable, à la tête du Peroné. Cette
Exortose ayant paru dès son commencement tenir du Carcinome ; M. Malaval
sentit la nécessité d'amputer la Cuisse ;
cependantcommeil y avoit de justes soup
çons de Vérole , il fit , avant l'opération ;
passer
1600 MERCURE DE FRANCE
passer le malade par le grand remede , ce
qui calma beaucoup ses douleurs , et lui
fendit le sommeil qu'il avoit entierement
perdu. M. Malaval fit ensuite l'opération ; mais peu de jours après les élancemens , qui se firent sentir dans la plaïe
et la mauvaise qualité des suppurations ,
qui étoient de couleur verdâtre , confirmerent les craintes qu'il avoit d'abord
conçû au sujet du Levain Cancereux ; cependant après avoir donné des remedes
propres à corriger et à adoucir la Limphe , l'exfoliation de l'os se fit, et fut avec
assez de difficulté suivie de la Cicatrice:
Après 18 mois d'une assez bonne santé, le
malade fut attaqué d'une toux séche et
fréquente. Deux mois après , la fièvre
survint , avec un crachement de sang. Oir
employa , sans succès , les remedes qui
paroissoient les mieux indiquez. La fiés
vre, d'aiguë qu'elle étoit , devint lente ; l'enflure clemateuse ; et de suite tous
les signes de l'hydropisie de poitrine parurent. M. Malaval fit la ponction avec
le Troiscart, & tira environ trois pintes
d'une sérosité sanguinolente. La poitrine.
s'étant de nouveau remplie , il l'ouvrit
cette fois avec le Bistouri , et il évacua
deux pintes d'une sérosité . semblable à
la premiere , et à des Laveures de chair .
mal-
.
JUILLET. 1732. 1601
malgré tous ces secours , le malade mourut peu de jours après , et on trouva par
Fouverture du Cadavre que le Poulmon
éroit presque totalement osseux et carcinomateux.
: Cette observation donne lieu à M. Malaval de faire des réfléxions: 1 °. Sur ceque
le Levain carcinomateux attaque indifferemment toutes les parties : 20. Sur ce
qu'il est tres - difficile , pour ne pas dire
impossible , de détruire ce Levain , parvenu à un certain dégré: 3°. Sur ce que
la salivation que quelques Auteurs ont
vantée pour la guérison des Cancers, n'est
d'aucune ressource contre ce mal. Enfin
surce que dansles soupçons légitimes d'épanchement d'eau dans la poitrine , la
ponction qu'on n'entreprend que rarement , pourroit être plus fréquemment
employée.
Le Mémoirè suivant est de M. Houstet; il renferme plusieurs expérience qui
prouvent qu'il se trouve dans la Vessie des
Pierres situées de façon à ne pouvoir être
tirées, et qu'il est par conséquent plus avan- tageux d'abandonner que de s'opiniâtrer
à en faire l'extraction. Dans la premiere
de ces observations , M. Houstet rapporte qu'un homme , âgé de 76 ans , qui
Souffroit des douleurs très- vives au Périné
601 MERCURE DE FRANCE
riné , en conséquence de Pierre dans la
Vessie , le pressa de le tailler. Il fit l'opération au grand appareil , et elle fut treslaborieuse , tant à cause d'un gonflement
et d'une dureté extraordinaire à la Prostate , qu'à cause de deux Champignons et
de trois Pierres , dont il fallut faire l'extraction à differentes reprises. Quoi qu'il
sentit encore des Pierres ; il fit remettre
le malade au lit , dans la crainte de le
trop fatiguer ; mais malgré ce ménagement , le malade mourut le cinquiéme
jour de l'opération. A l'ouverture du Cadavre on observa entr'autres choses , que
le fond de la Vessie étoit parsemé dans
toute sa circonference de plusieurs embouchures , qui conduisoient dans des cavitez ou célules , dont le fond étoit beaucoup plus large que l'entrée. Plusieurs de
ces Célules ou Loges consenoient des Pierres parmi lesquelles on en distinguoit
trois , d'un volume médiocre , lisses et
polies , ayant quatre ou cinq facettes et
pareilles à celles qu'on avoit tirées dans l'opération.Ces Pierres étoient retenuës chacune dans leur cavité particuliere ; l'entrée de ces Célules étant fort étroite , et
les Pierres ne présentant qu'un de leurs
angles , ou une de leurs facettes , sans saillies ; il étoit , dit M. Houstot , impossible
JUILLET. 1732. 1603
ble de les charger, quoiqu'on put les toucher avec le bout des Tenettes.
Il rassemble à la suite de cette observation un grand nombre de faits , dont il a
eu connoissance , et qui tous se rapportent à l'impossibilité qu'il y a dans certains
cas , de charger et de tirer la Pierre ; soit
parce qu'elle se trouve engagée dans des
Loges ou prolongemens du Corps de la
Vessie , soit parce qu'elle est retenue par
des replis ou des brides de la membrane
interne.
Al'égard des Pierres Enkistées , du genre de celles dont il est question dans la
premiere observation , il pense que la Célule s'est formée d'abord , et qu'ensuite
quelque petit Gravier qui s'y est insinué,
y grossit et que la cavité de la Celule augmente à mesure ; ayant observé que ces
Célules ne succedent guéres qu'aux retentions d'urines , il les regarde comme des
especes de Hernies de la membrane interne de la Vessie , qui dans la dilatation ,
a forcé l'intervale des Fibres charnuës.
Il prétend que ces Vessies à célules , à
poches et à brides ne sont point si rares
qu'on l'avoit cru jusqu'à present. Il fonde
son sentiment sur ce qu'il a observé đans
T'ouverture d'un grand nombre de personnes mortes de maladie de Vessie; et il
conclud
1604 MERCURE DE FRANCE
conclud de ces observations que généralement dans toutes les opérations de la taille,
la prudence exige qu'avant que d'essayer
de charger et d'extraire la Pierre , on reconnoisse autant qu'il est possible, avec le
doigt , l'état de la Vessie. Si l'on trouve la
Pierre engagée dans quelque Kiste ou Célule , on doit tâcher de la déchatoner, s'il
est possible , avec le doigt ; mais si le
doigt ne peut y atteindre, ou si l'on trouve des obstacles insurmontables , le Chirurgien , sans fatiguer inutilement le malade , ou plutôt sans faire des tentatives
périlleuses, doit alors abandonner la Pierre, qui quelquefois se détache d'elle- même ,dans la suite des pansemens , tant
par la suppuration que par les injections
Long-temps continuces.
Ces observations ne sont point seulement curieuses , elles paroissent pouvoir
être d'une grande utilité , par les conséquences que l'Auteur en tire pour la
tique,
praLe sixième Mémoire est de M. Caumont. C'est une observation sur un écra
sement des doigts du milieu et annulaire
de la main , dont les deux dernieres phalanges étoient fracturées en plusieurs piéces , avec déplacement , les articulations
découvertes , dix lignes de l'extrêmité des
tendons
JUILLET. 1732 1605
tendons extenseurs déchirées et entierement emportées , enfin la peau détruite
depuis le milieu de la seconde Phalange ,
jusqu'à la racine de l'ongle.
M. Caumont n'espera pas d'abord
pouvoir conserver l'extrêmité de ces
doigts , ou du moins la mobilité de leurs
Phalanges. L' Anchilose étoit à craindre ,
et d'ailleurs une portion considérable des
tendons extenseurs ayant été emportée ,
et les bouts restans n'ayant pû être raprochez que jusqu'au bord des articulations,
il ne voyoit point à quoi ces bouts de tendons coupez pourroient s'attacher. Il pansa cependant si artistement cette playe ,
qu'il vit au bout de quelques jours s'élever sur la surface des os , une chair loüable et grenuë, qui couvroit les articulations. Les os fracturez se sont aussi consolidez , les articulations se sont raffermies
sans Anchiloses , la peau s'est cicatrisée
et ce qui paroît le plus remarquable à M.
Caumont, l'union de toutes ces parties
entr'elles , a fourni un point d'attache à
chaque tendon' ; de sorte que les mouvemens de fléxion et d'extension , s'exécutent aujourd'hui dans toutes ces Phalangés , presque avec la même liberté
qu'avant l'accident.
La septiéme observation roule sur une
G playe
150 MERCURE DE FRANCE
playe contuse au ply du bras , laquelle fut
accompagnée d'accidens très funestes . M.
Gravier , qui rapporte ce fait , fut obligé
de couper le tendon du Biceps à la fin du
corps charnu de ce muscle , et assés près
de son insertion au Radius. Ce tendon
avoit tellement souffert , qu'en l'emportant ainsi presque tout entier , on ne fit
guére que prévenir la séparation qui s'en
seroit faite naturellement par la mortification , s'il eut été permis de l'attendre. La
cure a été si heureuse , que malgré la perte du tendon du Biceps , le malade porte
l'avant bras dans le dernier dégré de fléxion et est capable des plus grands efforts.
Sur cela M.Gravier s'étonne que dans des
rapports faits en justice sur la piquure du
tendon , ou de l'Aponeurose du Biceps , à
P'occasion de la saignée on air quelquefois
décidé de l'invalidité du bras , sur la símple apparence des accidens qu'il rapporte.
Un Emphiseme de cause interne , fait le
sujet de la huitiéme observation , donnée
par M. Lombard. Une fille , âgée de six
ans et demi, fut attaquée d'une fluxion
de poitrine , qui fut suivie de la petite
Vérole ; mais quoique bien guérie , en
apparence, elle commença environ un an
après à devenir languissante, et à se plaindre de la poitrine , et au bout de quatre
mois
JUILLET. 17320 1607
mois il lui survint subitement une enAure considérable à la poitrine.
M. Lombard fut appellé , il trouva le
poux extrêmement foible , la respiration
lente et difficile, et l'enflure extrêmement
douloureuse ; il reconnut que cette enflute qui s'étoit étendue sur tout le bas-ventre , étoit un Emphiséme. Il conçut dèslors que la Plevre et lePoumon ayant contracté quelque adhérence , il s'y étoit pû
faire une suppuration , dont la suite avoit
été la destruction de la Plévre des muscles
intercostaux de la membrane interne du
Poumon , et l'ouverture de quelques Vé
sicules,ou de quelques Rameaux des Bronches , de sorte que l'air contenu dans le
Poumon, avoit pû s'infiltrer en partie danş
les Célules graisseuses , dans le tissu célulaire des muscles de l'extérieur de la poitrine,et delà dans toutes les Célules voisines
Dans cette idée , il se préparoit à faire
l'opération de l'Empiéme , en consultant
les signes qui pouvoient désigner l'endroit le plus convenable pour ouvrir la
poitrine ; mais l'oppression de la malade
augmenta si fort,qu'elle la suffoqua avant
qu'oncur pûemployer ce secours. Les conjectures de M. Lombard se trouverent en- tierement confirmées par l'ouverture du
Cadavre.c
V Gij Le
1608 MERCURE DE FRANCE
< و
Le neuvième et dernier Mémoire , est
une observation donnée par M.Chauvin,
sur une fracture du Crâne , suivie d'épanchement sur la dure-mere , et d'une fusée
purulente , pour laquelle il fut obligé de
faire une contre - ouverture ou trépan
éloigné de ceux qu'il avoit d'abord appliqué à l'endroit fracturé. M. Chauvin
sauva par cette manoeuvre l'application
d'un grand nombre de trepans. Les matieres épanchées ayant de la pente et l'issue libre , la dure- mere se recolla trespromptement à toute la portion de l'os ,
ou se trouvoit entre le premier et le second trépan , et il n'y cut d'autres exfoliations que celles qui arrivent ordinai
rement à la circonférence des trépans.
On nous pardonnera , sans doute , d'avoir donné un si long Extrait de ces observations. Rien de ce qui peut contribuer
à la conservation de la vie des hommes ,
ne nous paroît indifferent; du reste , c'est
au public à juger , par les Extraits que
nous venons de donner, si l'application
des Chirurgiens à enrichir leur Art de
semblables observations , n'est pas la réponse la plus solide qu'ils puissent faire
aux critiques qui ont parû contr'eux
de l'Académie de Chirurgie.
Lay
E II. du mois dernier , premier Mard'après la Trinité , l'Académie.
Royale de Chirurgie , conformément à
ses Reglemens , tint une Assemblée publique dans la grande Sale de S. Côme.
Mr Maréchal et de la Peyronie , Premiers
Chirurgiens du Roy , et en cette qualité Présidens de l'Académie , n'ayant pû
s'y trouver , M. Petit le pere , présida
en qualité de Directeur.
M. Morand , Secretaire de l'Académie
fit l'ouverture de la Scénce par l'Histoire
de l'établissement de cette Societé. Il en
exposa le plan,, etet fit fit voir que le principal
objet de cette Compagnie é oit de perfectionner la Chirurgie par l'experience
et l'observation , en rassemblant tous les
faits de pratique qui seront communiquez par les Chirurgiens , tant du Koyaume que des Pays Etrangers.
..
11
JUILLET. 1732. r593 Il fit sentir ensuite que si pour éviter
la confusion , inséparable des nombreu
ses Assemblees , on avoit été obligé de
fixer le nombre des Académiciens ordi-.
naires à 70. cela n'empêchoit point
que tous les Mes. Chirurgiens de Paris
ne fussent veritablement du Corps de
P'Académie , puisqu'ils avoient tous le.
droit d'y prendre séance , lorsqu'ils auroient des Mémoires à lire , et que leurs
noms et leurs Ouvrages seroient imprimez sans distinction dans les Recueils
qu'on donneroit au Public.
Il ajoûta à l'occasion de certaines Critiques , qu'il suffisoit à cette nouvelle Acàdémie d'être protegée par le Roy et par
ses Ministres. Que d'ailleurs l'estime de
M.le Premier Medecin , le zele de Mies
Premiers Chirurgiens , l'Approbation de
ceux qui aiment le bien public , et lès .
Eloges de plusieurs Journalistes éclairez ,
la dédommageroient amplément de tous
les traits que l'ignorance ou l'envie роцvoient faire lancer contre elle.
M. Morand finit par une Réponse à
l'Auteur d'une These soutenue aux Ecoles de Medecine le 18. Mars dernier , dans
laquelle on avoit critiqué le Programe
publié par l'Académie sur une question
importante de Chirurgie.
C
1594 MERCURE DE FRANCE
Ce Discours , que le Public reçut favorablement , fut suivi de la lecture de
neuf Memoires ou Observations Chirurgicales. Les Chefs de l'Académie se sont
fait un devoir de témoigner leur zele.en
fournissant eux-mêmes une partie de ces
Memoires.
M. Maréchal envoya une Observation
des plus singulieres et dont voici le sujet.
Une Dame étoit sujette depuis plus de
quinze ans à des attaques de Collique
Bilieuse , et depuis dix ans , à de trèsgrandes difficultez d'aller à la selle.
Les douleurs étoient si insuportables ·
dans les derniers temps , que la Malade
ne pouvant garder aucune situation , se
roulant sur son plancher, &c. M. Maré
chal 'eut occasion de la voir dans cet état
déplorable ; et soupçonnant un ulcere
carcinomateux dans le Rectum , il mit le
doigt dans le fondement , et l'ayant
porté aussi , haut qu'il lui fut possible , il
sentit un corps étranger solide. C'étoit
une pierre d'un volume si considerable ,
qu'il fallut pour en faire l'extraction
non-seulement dilater l'Anus , mais encore l'inciser en plusieurs endroits. Il ne
falloit pas une main moins habile que
celle de M. Maréchal ,. pour réussir dans
une operation qui demandoit tant de
ména -
JUILLET. 1732. 1595
ménagement et de dexterité. Un mois
après la Malade fut parfaitement guérie.
On fit après la lecture d'un Memoire
envoyé par M. de la Peyronie. La Cure
dont ce Memoire contient le détail , prouve qu'un courage éclairé peut souvent trouver dans l'Art des ressources pour les'
maladies les plus desesperées.
Un homme âgé de 63. ans , étoit attaqué depuis près de trente , d'une Hernie
qu'il avoit jusqu'alors contenue avec succès , au moyen d'un Bandage ; mais ayant
négligé de s'en servir depuis deux ans ,
il tomba dans l'accident de l'étranglement. Il n'eut recours à M. de la Peyronie que le huitième jour de l'accident,
et quoiqu'alors l'augmentation considerable de la tumeur , sa tension et celle
de tout le ventre , la violence des dou
leurs , le hoquet , le poux concentré , la
lividité et pourriture , qui déja avoient
paru à l'extremité de la tumeur , et qui
permettoient la sortie des matieres fœcales ; quoique tous ces desordres annonÇassent une mort prochaine, M.de la Pey.
ronie espera assez du secours de la Chirurgie pour entreprendre l'Operation.
Ayant ouvert le sac hernaire dans toute
son étendue , il trouva six ou sept pou--
ces des Intestins grêles , entierement gangrencz
1595 MERCURE DE FRANCE
grenez et criblez de trous qui laissoient ·
sortir les mitieres focales. Il dilata l'anneau ; et après avoir tiré un peu les Intestins pour s'assurer du progrès de la
gangrene , il emporta toute la portion du
canal qui parut être gangrennée au point
de ne pouvoir être ranimée. Il fit ensuite
au Mezentere un pli ; de façon à boucher les deux bouts flotants de l'Intestin,
et par un point d'ég ille fait à ce pli ,
il assujettit les deux bouches du canal
intestinal. Il fit enfin avec les extrémi
tez du fil une anse qui resta au dehors
et servit à retenir vers le haut de la playe
l'ouverture de l'intestin ; précaution sans
laquelle cet intestin qui n'avoit contracté
aucune adherince aux environs de l'anneau, eût pû faire dans la cavité du ventre
un épanchement des matieres fœcales qui,
ût été mortel. On eut grand soin dans
les pansemens de leur laisser une issue libre.
Le 25 jour de l'Operation , le lien du Me,
zentere se sépara , et au bout de six se,
maines les excremens ne sortirent plus
avec la même abondance , le Malide en
ren lant une partie par les voyes ordi
naires. La playe n'a cependant êté entie,
rement cicatrisée qu'au bout de quatre
mois, et après que le Malade se fut ré.
duit à une nourriture très-legere et prise
en temps éloignez .
3
JUILLET. 1732. 1597
Cette maladie , toute fâcheuse qu'on
vient de la représenter , étoit encore compliquée d'un gonflement très- ancien et
très- considerable au Testicule , qu'on fut
obligé d'emporter , malgré la grosseur
du cordon spermatique qui avoit près
de deux pouces de diametre et dont l'engorgement se continuoit fort avant dans
le ventre. M. de la Peyronie lia le cordon
à la hauteur des anneaux , et il le coupa
un pouce au dessous. Cette premiere ligature,quoiqu'extrêmement serrée, s'étant
lâchée , et un champignon fort gros
et qui parossoit carcinomateux , s'étant
élevé de l'extremité du cordon coupé ,
il fit au bout de quelques jours une nou
-velle ligature, et emporta ce champignon.
Le 18mejour cette derniere ligature tomba et le cordon se dégorgea entierement
par la suppuration. M. de la Peyronie
fait observer que ce gonflement étoit la
suite d'une cause externe.
Les bornes d'un Extrait ne nous permettent point de faire mention du reste du
Memoire ni des excellentes Reflexions qui
le terminent. Nous avertirons seulement
qu'à l'égard de la gangrene de l'Intestin ,
M.de la Peyronie a plus d'une fois mis heureusement en pratique la Méthode qu'il expose. Il est même fait mention dans l'Histoire
1598 MERCURE DE FRANCE
toire de l'Académie Royale des Sciences ,
année 1723. des suites heureuses d'une
semblable Operation qu'il fit en 1712
M. Petit lût ensuite l'histoire d'une Fiştule au Périné , pour laquelle on avoit
fait deux fois , sans succès , l'opération
dans la Province , et qu'il a cependant
guérie radicalement , ayant reconnu ce qui
avoit empêché de réussir dans les deux
premieres opérations. La Fistule au Périné dont il s'agit , étoit la suite de l'ouverture d'un dépôt gangréneux , formé
en conséquence d'une retention d'urine.
M. Petit , en examinant le malade , observa que la partie antérieure de l'Anus
étoit aussi dure que les environs de la Fistule , et que la prostate étoit le centre
de la dureté, qui s'étendoir si avant, qu'a
vec le doigt mis dans le fondement, on ne
pouvoit en sentir les bornes. Il reconnut
par des sign's certains que cette dureté
avoit une cause vénérienne. Il reconnut
encore que le trou interne de la Fistule
étoit au delà du Sphincter , parce que le
malade , sans être averti du besoin d'u
riner , et sans faire aucun effort , rendoit
continuellement la plus grande partie de
ses urines par le trou de la Fistule , et
sans en rendre par la Verge , ou du moins
s'il urinoit par la Verge, c'étoit toujours
Yo-
JUILLET. 1732. 15999
*
volontairement, et lorsqu'il y étoit excité
par le résidu des urines 3 par cet examen
M. Petit comprit qu'il ne guériroit jamais cette Fistule , si avant que de faire
l'opération , il ne commençoit par dé--
truire le Virus Vénérien , et si en second
lieu , dans l'opération ( dont il décrit le
manuel ) il n'incisoit la Prostate , pour
comprendre dans l'incision , le trou interne de la Fistule. Il a agi en conséquence , et le malade a été parfaitement
guéri.
Ce Mémoire parut d'autant plus utile ,
que pour l'ordinaire dans le traitement
de la maladie , qui en fait le sujet , et qui
est fort commune , on ne fait point assezd'attention aux circonstances que M. Petit expose dans son observation , et qui
dans des cas semblables , déterminent la
seule voïe possible de guérison.
La quatriéme Observation est de M
Malaval , Vice - Directeur de l'Académie.
Un homme, âgé de 25 ans , fut, après de
vives douleurs , attaqué d'une Exortose
tres considérable, à la tête du Peroné. Cette
Exortose ayant paru dès son commencement tenir du Carcinome ; M. Malaval
sentit la nécessité d'amputer la Cuisse ;
cependantcommeil y avoit de justes soup
çons de Vérole , il fit , avant l'opération ;
passer
1600 MERCURE DE FRANCE
passer le malade par le grand remede , ce
qui calma beaucoup ses douleurs , et lui
fendit le sommeil qu'il avoit entierement
perdu. M. Malaval fit ensuite l'opération ; mais peu de jours après les élancemens , qui se firent sentir dans la plaïe
et la mauvaise qualité des suppurations ,
qui étoient de couleur verdâtre , confirmerent les craintes qu'il avoit d'abord
conçû au sujet du Levain Cancereux ; cependant après avoir donné des remedes
propres à corriger et à adoucir la Limphe , l'exfoliation de l'os se fit, et fut avec
assez de difficulté suivie de la Cicatrice:
Après 18 mois d'une assez bonne santé, le
malade fut attaqué d'une toux séche et
fréquente. Deux mois après , la fièvre
survint , avec un crachement de sang. Oir
employa , sans succès , les remedes qui
paroissoient les mieux indiquez. La fiés
vre, d'aiguë qu'elle étoit , devint lente ; l'enflure clemateuse ; et de suite tous
les signes de l'hydropisie de poitrine parurent. M. Malaval fit la ponction avec
le Troiscart, & tira environ trois pintes
d'une sérosité sanguinolente. La poitrine.
s'étant de nouveau remplie , il l'ouvrit
cette fois avec le Bistouri , et il évacua
deux pintes d'une sérosité . semblable à
la premiere , et à des Laveures de chair .
mal-
.
JUILLET. 1732. 1601
malgré tous ces secours , le malade mourut peu de jours après , et on trouva par
Fouverture du Cadavre que le Poulmon
éroit presque totalement osseux et carcinomateux.
: Cette observation donne lieu à M. Malaval de faire des réfléxions: 1 °. Sur ceque
le Levain carcinomateux attaque indifferemment toutes les parties : 20. Sur ce
qu'il est tres - difficile , pour ne pas dire
impossible , de détruire ce Levain , parvenu à un certain dégré: 3°. Sur ce que
la salivation que quelques Auteurs ont
vantée pour la guérison des Cancers, n'est
d'aucune ressource contre ce mal. Enfin
surce que dansles soupçons légitimes d'épanchement d'eau dans la poitrine , la
ponction qu'on n'entreprend que rarement , pourroit être plus fréquemment
employée.
Le Mémoirè suivant est de M. Houstet; il renferme plusieurs expérience qui
prouvent qu'il se trouve dans la Vessie des
Pierres situées de façon à ne pouvoir être
tirées, et qu'il est par conséquent plus avan- tageux d'abandonner que de s'opiniâtrer
à en faire l'extraction. Dans la premiere
de ces observations , M. Houstet rapporte qu'un homme , âgé de 76 ans , qui
Souffroit des douleurs très- vives au Périné
601 MERCURE DE FRANCE
riné , en conséquence de Pierre dans la
Vessie , le pressa de le tailler. Il fit l'opération au grand appareil , et elle fut treslaborieuse , tant à cause d'un gonflement
et d'une dureté extraordinaire à la Prostate , qu'à cause de deux Champignons et
de trois Pierres , dont il fallut faire l'extraction à differentes reprises. Quoi qu'il
sentit encore des Pierres ; il fit remettre
le malade au lit , dans la crainte de le
trop fatiguer ; mais malgré ce ménagement , le malade mourut le cinquiéme
jour de l'opération. A l'ouverture du Cadavre on observa entr'autres choses , que
le fond de la Vessie étoit parsemé dans
toute sa circonference de plusieurs embouchures , qui conduisoient dans des cavitez ou célules , dont le fond étoit beaucoup plus large que l'entrée. Plusieurs de
ces Célules ou Loges consenoient des Pierres parmi lesquelles on en distinguoit
trois , d'un volume médiocre , lisses et
polies , ayant quatre ou cinq facettes et
pareilles à celles qu'on avoit tirées dans l'opération.Ces Pierres étoient retenuës chacune dans leur cavité particuliere ; l'entrée de ces Célules étant fort étroite , et
les Pierres ne présentant qu'un de leurs
angles , ou une de leurs facettes , sans saillies ; il étoit , dit M. Houstot , impossible
JUILLET. 1732. 1603
ble de les charger, quoiqu'on put les toucher avec le bout des Tenettes.
Il rassemble à la suite de cette observation un grand nombre de faits , dont il a
eu connoissance , et qui tous se rapportent à l'impossibilité qu'il y a dans certains
cas , de charger et de tirer la Pierre ; soit
parce qu'elle se trouve engagée dans des
Loges ou prolongemens du Corps de la
Vessie , soit parce qu'elle est retenue par
des replis ou des brides de la membrane
interne.
Al'égard des Pierres Enkistées , du genre de celles dont il est question dans la
premiere observation , il pense que la Célule s'est formée d'abord , et qu'ensuite
quelque petit Gravier qui s'y est insinué,
y grossit et que la cavité de la Celule augmente à mesure ; ayant observé que ces
Célules ne succedent guéres qu'aux retentions d'urines , il les regarde comme des
especes de Hernies de la membrane interne de la Vessie , qui dans la dilatation ,
a forcé l'intervale des Fibres charnuës.
Il prétend que ces Vessies à célules , à
poches et à brides ne sont point si rares
qu'on l'avoit cru jusqu'à present. Il fonde
son sentiment sur ce qu'il a observé đans
T'ouverture d'un grand nombre de personnes mortes de maladie de Vessie; et il
conclud
1604 MERCURE DE FRANCE
conclud de ces observations que généralement dans toutes les opérations de la taille,
la prudence exige qu'avant que d'essayer
de charger et d'extraire la Pierre , on reconnoisse autant qu'il est possible, avec le
doigt , l'état de la Vessie. Si l'on trouve la
Pierre engagée dans quelque Kiste ou Célule , on doit tâcher de la déchatoner, s'il
est possible , avec le doigt ; mais si le
doigt ne peut y atteindre, ou si l'on trouve des obstacles insurmontables , le Chirurgien , sans fatiguer inutilement le malade , ou plutôt sans faire des tentatives
périlleuses, doit alors abandonner la Pierre, qui quelquefois se détache d'elle- même ,dans la suite des pansemens , tant
par la suppuration que par les injections
Long-temps continuces.
Ces observations ne sont point seulement curieuses , elles paroissent pouvoir
être d'une grande utilité , par les conséquences que l'Auteur en tire pour la
tique,
praLe sixième Mémoire est de M. Caumont. C'est une observation sur un écra
sement des doigts du milieu et annulaire
de la main , dont les deux dernieres phalanges étoient fracturées en plusieurs piéces , avec déplacement , les articulations
découvertes , dix lignes de l'extrêmité des
tendons
JUILLET. 1732 1605
tendons extenseurs déchirées et entierement emportées , enfin la peau détruite
depuis le milieu de la seconde Phalange ,
jusqu'à la racine de l'ongle.
M. Caumont n'espera pas d'abord
pouvoir conserver l'extrêmité de ces
doigts , ou du moins la mobilité de leurs
Phalanges. L' Anchilose étoit à craindre ,
et d'ailleurs une portion considérable des
tendons extenseurs ayant été emportée ,
et les bouts restans n'ayant pû être raprochez que jusqu'au bord des articulations,
il ne voyoit point à quoi ces bouts de tendons coupez pourroient s'attacher. Il pansa cependant si artistement cette playe ,
qu'il vit au bout de quelques jours s'élever sur la surface des os , une chair loüable et grenuë, qui couvroit les articulations. Les os fracturez se sont aussi consolidez , les articulations se sont raffermies
sans Anchiloses , la peau s'est cicatrisée
et ce qui paroît le plus remarquable à M.
Caumont, l'union de toutes ces parties
entr'elles , a fourni un point d'attache à
chaque tendon' ; de sorte que les mouvemens de fléxion et d'extension , s'exécutent aujourd'hui dans toutes ces Phalangés , presque avec la même liberté
qu'avant l'accident.
La septiéme observation roule sur une
G playe
150 MERCURE DE FRANCE
playe contuse au ply du bras , laquelle fut
accompagnée d'accidens très funestes . M.
Gravier , qui rapporte ce fait , fut obligé
de couper le tendon du Biceps à la fin du
corps charnu de ce muscle , et assés près
de son insertion au Radius. Ce tendon
avoit tellement souffert , qu'en l'emportant ainsi presque tout entier , on ne fit
guére que prévenir la séparation qui s'en
seroit faite naturellement par la mortification , s'il eut été permis de l'attendre. La
cure a été si heureuse , que malgré la perte du tendon du Biceps , le malade porte
l'avant bras dans le dernier dégré de fléxion et est capable des plus grands efforts.
Sur cela M.Gravier s'étonne que dans des
rapports faits en justice sur la piquure du
tendon , ou de l'Aponeurose du Biceps , à
P'occasion de la saignée on air quelquefois
décidé de l'invalidité du bras , sur la símple apparence des accidens qu'il rapporte.
Un Emphiseme de cause interne , fait le
sujet de la huitiéme observation , donnée
par M. Lombard. Une fille , âgée de six
ans et demi, fut attaquée d'une fluxion
de poitrine , qui fut suivie de la petite
Vérole ; mais quoique bien guérie , en
apparence, elle commença environ un an
après à devenir languissante, et à se plaindre de la poitrine , et au bout de quatre
mois
JUILLET. 17320 1607
mois il lui survint subitement une enAure considérable à la poitrine.
M. Lombard fut appellé , il trouva le
poux extrêmement foible , la respiration
lente et difficile, et l'enflure extrêmement
douloureuse ; il reconnut que cette enflute qui s'étoit étendue sur tout le bas-ventre , étoit un Emphiséme. Il conçut dèslors que la Plevre et lePoumon ayant contracté quelque adhérence , il s'y étoit pû
faire une suppuration , dont la suite avoit
été la destruction de la Plévre des muscles
intercostaux de la membrane interne du
Poumon , et l'ouverture de quelques Vé
sicules,ou de quelques Rameaux des Bronches , de sorte que l'air contenu dans le
Poumon, avoit pû s'infiltrer en partie danş
les Célules graisseuses , dans le tissu célulaire des muscles de l'extérieur de la poitrine,et delà dans toutes les Célules voisines
Dans cette idée , il se préparoit à faire
l'opération de l'Empiéme , en consultant
les signes qui pouvoient désigner l'endroit le plus convenable pour ouvrir la
poitrine ; mais l'oppression de la malade
augmenta si fort,qu'elle la suffoqua avant
qu'oncur pûemployer ce secours. Les conjectures de M. Lombard se trouverent en- tierement confirmées par l'ouverture du
Cadavre.c
V Gij Le
1608 MERCURE DE FRANCE
< و
Le neuvième et dernier Mémoire , est
une observation donnée par M.Chauvin,
sur une fracture du Crâne , suivie d'épanchement sur la dure-mere , et d'une fusée
purulente , pour laquelle il fut obligé de
faire une contre - ouverture ou trépan
éloigné de ceux qu'il avoit d'abord appliqué à l'endroit fracturé. M. Chauvin
sauva par cette manoeuvre l'application
d'un grand nombre de trepans. Les matieres épanchées ayant de la pente et l'issue libre , la dure- mere se recolla trespromptement à toute la portion de l'os ,
ou se trouvoit entre le premier et le second trépan , et il n'y cut d'autres exfoliations que celles qui arrivent ordinai
rement à la circonférence des trépans.
On nous pardonnera , sans doute , d'avoir donné un si long Extrait de ces observations. Rien de ce qui peut contribuer
à la conservation de la vie des hommes ,
ne nous paroît indifferent; du reste , c'est
au public à juger , par les Extraits que
nous venons de donner, si l'application
des Chirurgiens à enrichir leur Art de
semblables observations , n'est pas la réponse la plus solide qu'ils puissent faire
aux critiques qui ont parû contr'eux
Fermer
Résumé : PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
Le 2 juillet 1732, l'Académie Royale de Chirurgie organisa une assemblée publique dans la grande salle de Saint-Côme. En l'absence des Premiers Chirurgiens du Roy, M. Petit le père présida en tant que Directeur. M. Morand, secrétaire de l'Académie, ouvrit la séance en retraçant l'histoire de la société, dont l'objectif principal est de perfectionner la chirurgie par l'expérience et l'observation. Il souligna que, bien que le nombre d'académiciens ordinaires soit limité à 70 pour éviter la confusion, tous les chirurgiens de Paris peuvent participer aux assemblées et voir leurs mémoires publiés. M. Morand répondit également à des critiques en affirmant que l'Académie est protégée par le Roy et ses ministres, et qu'elle bénéficie de l'estime de personnalités influentes. Il conclut par une réponse à une thèse critique publiée aux Écoles de Médecine. La séance fut suivie de la lecture de neuf mémoires ou observations chirurgicales. M. Maréchal présenta une observation sur l'extraction d'une pierre volumineuse du rectum d'une dame souffrant de coliques bilieuses et de difficultés à déféquer. L'opération, réussie grâce à l'habileté de M. Maréchal, permit à la patiente de guérir en un mois. M. de la Peyronie lut ensuite un mémoire sur la cure d'une hernie étranglée chez un homme de 63 ans. Malgré des complications graves, l'opération fut un succès, et le patient se rétablit après plusieurs mois. M. Petit lut l'histoire d'une fistule au périnée, guérie après deux tentatives infructueuses. Il identifia une cause vénérienne et effectua une opération réussie en détruisant le virus vénérien et en incisant la prostate. M. Malaval, Vice-Directeur, présenta une observation sur l'amputation de la cuisse d'un homme de 25 ans souffrant d'une exostose cancéreuse. Après une opération et des traitements, le patient mourut d'une hydropisie de poitrine. M. Houstet rapporta des expériences sur des pierres dans la vessie, soulignant qu'il est parfois préférable de ne pas tenter leur extraction. Il décrivit une opération complexe sur un homme de 76 ans, qui décéda malgré les efforts pour le soigner. M. Houstot décrivit des pierres retenues dans des cavités étroites de la vessie, rendant leur extraction difficile. Il observa que ces cellules se forment souvent après des rétentions d'urine et les compara à des hernies de la membrane interne de la vessie. Il recommanda de reconnaître l'état de la vessie avant toute opération et d'abandonner l'extraction de la pierre si des obstacles insurmontables sont rencontrés. M. Caumont rapporta une observation sur un écrasement des doigts, avec fractures multiples et tendons déchirés. Malgré les pronostics initiaux défavorables, les doigts guérirent, retrouvant leur mobilité grâce à une cicatrisation remarquable. M. Gravier décrivit une plaie contuse au bras, nécessitant la coupe du tendon du biceps. Le patient récupéra une bonne mobilité de l'avant-bras malgré la perte du tendon. M. Lombard présenta un cas d'emphysème chez une fille de six ans et demi, décédée avant qu'une opération puisse être réalisée. L'autopsie confirma ses conjectures sur la cause de l'emphysème. Enfin, M. Chauvin relata une fracture du crâne avec épanchement purulent, traité par une contre-ouverture éloignée du premier trépan, permettant une guérison rapide.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3841
p. 132-152
RÉPONSE de M. d'ALEMBERT à une Lettre imprimée de M. RAMEAU.
Début :
CEUX qui auront lu, Monsieur, mes Elemens de Musique, sur lesquels vous [...]
Mots clefs :
Accord, Musique, Proportions, Harmonie, Mélodie, Théorie, Proportion géométrique, Rapports géométriques, Mode, Mode mineur, Accords fondamentaux, Basse fondamentale, Encyclopédie, Principes mathématiques, Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. d'ALEMBERT à une Lettre imprimée de M. RAMEAU.
REPONSE de M. d'ALEM BERT
à une Lettre imprimée de M.
PAMEAU ( a ).
CFUX EUX qui auront lu , Monfieur , mes
Elemens de Mufique , fur lefquels vous
m'avez autrefois témoigné publiquément
votre reconnoiffance dans les termes
(a ) Cetre Lettre , qui a pour objet la critique
des articles FONDAMENTAL & GAMME de l'Encyclopédie
, par M d'Alembert , a paru en mème
temps que le Code de Mufique de M. Rameau.
MAR S. 1762. 133
les plus flateurs (b) , feront un peu furpris
que je fois forcé de me défendre aujourd'hui
contre vous- même. Cela me fera fi
facile, que j'ailong- tems balancé fije prendrois
ce parti , & que je ne m'y ferois jamais
déterminé fans l'attachement que
j'ai pour vous , & fans le defir que vous
marquez d'une réponse de ma part . Je lat
diviferai en plufieurs articles , relatifs aux
différens points fur lefquels vous m'attaquez
.
I. Non , Monfieur , l'Académie des
Sciences n'a point été compromife , com-.
me vous le prétendez , en approuvant ,
d'après mon rapport , les recherches vrai-
(b) Voyez le Mercure de Mai 1752 ; M. Rameau
s'y exprime ainfi , avec beaucoup d'éloges
que je fupprime : M. d'Alembert ... a cherché
dans mes Ouvrages ... des vérités a fimplifier ,
rendre plus familieres , plus luminenfes , & par
conféquent plus utiles au grand nombre ... Il n'a
pas dédaigné de fe mettre à la portée même des Enfans
... Enfin il m'a donné la confolation de voir
ajouter à la folidité de mes principes une fimplicité .
dont je lesfentois fufceptibles , mais que je ne leur
aurois donnée qu'avec beaucoup plus de peine , &
peut-être moins heureufement quelui ... Les fciences
& les arts ... hateroient réciproquement leurs
progrès , fi les Auteurs préférant l'intérêt de la vérité
à celui de l'amour-propre , les uns avoient la modeftie
d'accepter des fecours , les autres la générofité
d'en offrir. མ
134 MERCURE DE FRANCE.
ment neuves & utiles dont la théorie de
votre Art vous eft redevable ; mais elle
n'a point approuvé , & n'approuvera jamais
les efforts que vous avez faits depuis
, pour trouver le principe de la géométrie
dans le corps fonore.
Ce n'eft pas ma faute , fi vous n'êtes
pas encore défabufé des idées plus que
fingulières que vous avez fur ce fujet ,
& auxquelles vous convenez que je me
fuis conftamment oppofé. Le corps fonore
ne nous donne & ne peut nous donner
par lui-même aucune idée des proportions.
1 °. Parce que de votre propre aveu
(c ) on n'y entend point les Octaves ,
du fon fondamental 1 ; 2 °. parce qu'on
entend encore moins les fons des multiples
3 & 5 , qui ne font , felon vousmême
, que frémir fans réfonner ; 3 ° .
( & c'eft ici la raifon principale ) parce
que , quand on entendroit ces octaves
& ces fons des multiples ,le fens de l'ouie
ne peut en aucune manière nous donner
la notion de rapport & de proportion ,
que nous ne pouvons acquérir que par
la vue & par le toucher. Pour avoir une
idée nette des proportions & des rapy
(c) Voyez la Lettre de M. Rameau à M. Euler
fur l'identité des octaves.
MARS. 1762 . 135
,
ports , il eft néceffaire de comparer les
corps par ces deux derniers fens ; la perception
des fons n'y contribue abfolument
en rien , n'y ajoute rien , y eft totalement
étrangère . Pour tout dire en
un mot quand les hommes feroient
fourds , il n'y en auroit pas moins pour
eux , des rapports , des proportions, une
géométrie. En voila , Monfieur , plus
qu'il n'en faut fur ce fujet ; & les Mathématiciens
trouveront à coup
j'en ai encore trop dit.
sûr que
II . En comparant les fons à leur baffe
fondamentale , dont la découverte vous
eft due , Monfieur , vous avez donné
les moyens de fixer d'une manière plus
sûre & plus lumineufe les rapports de's
fons dans les différens genres de Mufi
que ; & c'est en ce fens que la Mufique
eft devenue par votre travail une fcience
plus géométrique , & à laquelle les principes
mathématiques peuvent être appli
qués avec une utilité plus réelle & plus
fenfible qu'ils ne l'ont étéjufqu'ici. Voilà
, Monfieur , ce que l'Académie a
prononcé d'après mon rapport ; mais
ne donnez pas à ces paroles une exten
fion qu'elles n'ont pas , & que cette
Compagnie défavoueroit , ou plutôt
qu'elle n'auroit pas befoin de délavouer.
136 MERCURE DE FRANCE :
La confidération des rapports eft
fans doute néceffaire à quelques égards
dans la Mufique pour la comparaifon
des fons entr'eux ; j'ai fait ufage moimême
des rapports , dans lathéorie du
tempérament & de l'altération des intervalles
; & je n'ai jamais rien avancé
de contraire à cet ufage ; j'ai même dit
expreffément dans l'endroit de l'Encyclopédie
que vous attaquez , que le calcul
( qui n'eft ( d ) autre chofe que l'art
de combiner & de trouver les rapports)
eft utile pour l'intelligence de certains
points de la théorie comme des rapports
entre les tons de la gamme & du tempérament
; mais j'ai dit au même endroit , &
s'il en eft befoin , je le répéte , que la
confidération des rapports eft illufoire
pour rendre raifon du plaifir que la Mufique
nous caufe. On peut en voir les
preuves , ( quoique fommairement expofées
) dans le Difcours préliminairę
qui eft à la tête de la nouvelle Edition
de mes Elémens de Mufique.
3
暑A l'égard des proportions, il eft certain
1 ° . que les proportions arithmétiques &
harmoniques , fi feuvent & fi gratuitement
employées par vous , font entiére-
( d ) Pag. 62. tom. VII.
MARS. 1762. 137
ment étrangeres , & par conféquent inutiles
à l'art mufical ; auffi n'en ai - je fait
abfolument aucun ufage dans mes Elémens
, quoique j'y rende raifon des mémes
faits pour l'explication defquels vous
avez eu recours à ces proportions .
2º. On peut même fe paffer de la théorie
des proportions géométriques dans les
cas où la confidération des rapports géométriques
eft utile , c'eft-à-dire dans la
comparaifon des fons entr'eux ; la notion
de rapport qui eft moins compofée que
celle de proportion (e) , eft alors fuffifante
pour l'objet qu'on fe propofe , & vous
pouvez voir en effet , Monfieur , que
dans mes Elémens je n'ai eu befoin que
de la théorie des rapports fans avoir recours
à celle des proportions ; par la raifon
que j'ai cherché à fimplifier la théorie
le plus qu'il m'a été poffible , & à
n'emprunter du calcul que les notions les
plus indifpenfables.
Néanmoins dans les points de la théo
rie où la confidération des rapports géo-
(e ) Proportion géométrique eft une égalité entre
deux rapports géométriques ; rapport géométrique
eft la maniere dont une quantité en contient une
autre ; ainfi l'idee de proportion renferme au moins
trois quantités , au lieu que l'idée de rapport n'en
renferme que deux.
138 MERCURE DE FRANCE.
métriques doit être employée , je n'empêcherai
pas qu'on ne faffe auffi ufage
( quoique fans néceffité abfolue ) de la
théorie des proportions géométriques ;
mais à condition qu'on n'étendra pas ,
comme vous l'avez fait , la confidération
des proportions à d'autres objets , où elle
eft abfolument déplacée. C'eft cet abus
des proportions que j'avois principalement
en vue , comme il eft aifé de voir ,
pag. 62 du VII . vol. de l'Encyclopédie ,
quand j'ai dit que la confidération des
proportions géométriques , arithmétiques
& harmoniques , eft illufoire dans la
théorie de l'art mufical.
III . Votre Lettre me raffureroit , s'il
étoit néceffaire , fur la vérité de cette
affertion ; déjà vous convenez aujourd'hui
que vous avez employé les proportions
affez mal-à-propos , ( ce font
vos propres termes ) pour expliquer la
diffonance ; avec un peu de réflexion
vous conviendrez de même que vous
auriez pu vous en paffer dans l'explication
d'un grand nombre d'autres faits ;
comme je m'en fuis paffé dans mes Eléquoique
rédigés d'après vos principes
, mais à la vérité d'après vos principes
fimplifiés , dégagés de tout alliage,
& réduits à ce qu'ils contiennent felon
MARS. 1762. 139
moi , d'éffentiel & de vraiment folide.
J'ai donné dans cette nouvelle édition
, une manière très-fimple d'expliquer
le Mode mineur , fans avoir befoin
dufrémiffement des multiples , que
vous aviez employé jufqu'ici pour trou
ver l'origine de ce Mode ; vous dites
aujourd'hui que vous n'avez propofé
cette origine que comme indice ; & vous
prétendez dans votre Lettre en donner
une autre où j'avoue que je ne comprends
rien ; je ne fçais ce que c'eſt
qu'un principe qui s'en repofe fur fes
premiers produits , qui donne à les
premiers droits en harmonie, de forte que.
ce fe rend l'arbitre de la différence des
deux genres. Le langage des fciences ,
Monfieur , doit être plus fimple , plus
clair & plus précis. Celui que vous y
fubftituez ne peut je crois être goûté,
ou du moins célébré que par un feul
Ecrivain ; je veux parler d'un Journalifte
qui n'a pas la plus légère teinture ni
de mufique , ni de calcul , ni de beaucoup
d'autres chofes dont il décide , &
qui en attendant a déja prononcé ( à la
vérité tout feul ) que vous aviez raifon
contre moi.
IV. Vous faites dans votre Lettre de
140 MERCURE DE FRANCE .
nouveaux éfforts pour expliquer com
ment l'échelle diatonique du mode mineur
de la en defcendant , n'a ni diezes
ni bémols , quoiqu'elle ait deux diezes
en montant ; vous aviez dit dans votre
Mémoire préſenté à l'Académie , page
77, qu'il n'y avoit qu'unfeul moyen de
conferver en defcendant l'impreffion du
Mode mineur, fçavoir d'exclure fol de
l'harmonie , & de l'employerfimplement
pour le goût du chant. J'avois fuivi cette
idée , comme vous le pouvez voir à la
fin du chap. IX de la première Partie de
mes Elémens ; ce n'eft pas qu'elle ne
me paroiffe laiffer quelque chofe à defirer
, comme vous le pouvez voir encoré
par la note que j'ai ajoutée au même
endroit. Aujourd'hui vous femblez
abandonner cette explication , pour y
en fubftituer une autre qui fatisfera encore
moins les Philofophes ; vous faites
porter au fi de la baffe fondamentale
un fauffe quinte fa , parce que la fauſſe
quinte , dites-vous , eft prefcrite par l'ordre
même du même Mode. Mais on vous
demandera en premier lieu , pourquoi
l'ordre du Mode feroit- il troublé , fi on
mettoit en defcendant unfa dieze ? Ce
fa dieze ne fait que l'intervalle d'un fémiMARS.
1762. 141
ton avec le fol précédent , & celui d'un
ton avec le mi fuivant ; ainfi il n'y a
point de faut dans l'échelle , puifqu'il ne
s'y trouve point d'intervalle plus grand
que le ton. 2° . Pourquoi l'ordre du Mode
demande-t- il felon vous un fa naturel ,
puifque l'ordre du Mode , dans vos prin
cipes , n'eft déterminé que par la baffe
fondamentale , & que jamais la baffe
fondamentale primitive , ( tirée de la
réfonnance du corps fonore ) ne peut,
donner dans fon accord une fauffe
quinte ?
י י ז
ces
Permettez- moi d'ajouter une réfléxion
que prouvent , Monfieur
variations de votre part , dans la mar
nière d'expliquer le fait dont il s'agit &
quelques autres , finon que le principe.
de la baffe fondamentale ne vous a pas
toujours paru également lumineux à
vous-même , dans les différentes applications
que vous en avez faires ? Soyez
de bonne - foi là- deffus ou permettez
que d'autres le foient ; il vous, reftera
toujours affez de gloire dans l'ufage
que vous avez fait le premier de cette
bafe fondamentale pour éclaircir &
pour fimplifier la théorie & la pratique
de votre Art. 15 (1 )
V. Vous m'accufez fans fondement
142 MERCURE DE FRANCE .
*
d'avoir attribué l'accord de fixtefuperflue
, aux feuls Italiens. Je ne leur en ai
pas même attribué l'invention , ( comme
vous le prétendez ) parce que je n'en
ai point de preuves fuffifantes. J'ai dit
expreffément que vous aviez employé
cet accord dans vos Ouvrages ; mais j'ai
dit auffi , & cela eft vrai ) qu'il eft
pratiqué furtout par les Italiens ; c'eft
pour cela qu'on l'a nommé accord de
fixte Italienne. J'ai ajouté que cet accord
, pratiqué par vous-même
point que je fache , de baffe fondamentale
dans vos principes (f) ; vous
me répondez là-deffus des chofes où je
ne puis rien entendre , fi ce n'eft que
vous convenez que cet accord n'a point
en effet de pareille, baffe ; il eft vrai que
pour lever la difficulté , vous dites que
cet accord n'en eft pas un ; quel eft- il
n'a
(f)Un favant Italien , homme de beaucong
d'efprit , auffi verfé dans la Mufique & dans les
fciences exactes , que dans celles du Gouverne
ment , & qui occupe aujourd'hui avec la plus
grande diftinction la première place dans la Répu
biique , eft le premier qui m'ait fait cette objection
fur l'accord de fixte fuperflue , dès l'année
1752 où parut la première édition de mesElémens
de Mufique. Je ne pus alors trouver de réponſe à
l'objection , & depuis j'en ai cherché une inutile
ment.
MARS. 1762.
143
7
,
donc ? & pouvez-vous croire que perfonne
fe paye de cette défaite , lorfque
vous donnez une baffe fondamentale à
tous les autres accords ? Choififfez donc
ou de ranger , comme je l'ai fait cet
accord parmi les accords fondamentaux
, ( ce qui paroît d'autant plus indifpenfable
que vous-même vous n'attribuez
point à cet accord de renversement
poffible ) ; ou de convenir que la
baffe
fondamentale ne fatisfait point à
tout, puifqu'il y a un accord qui , felon
vous-même , n'a point de baffe fondamentale
. Ce petit inconvénient &
3 quelques autres moins confidérables
n'empêcheront
pas cette baffe d'être le
principe de l'harmonie & de la mélodie ,
comme le fyftême de la gravitation eſt
le principe de l'Aftronomie phyfique
quoique ce fyftême ne rende pas raifon
de tous les phénomènes qu'on obferve
dans le mouvement des corps céleftes.
A cette occafion vous accufez M ,
Rouffeau d'avoir affigné à l'accord de
quinte fuperflue des renverfemens , y
compris la note furnuméraire, Je ne
fais quel fondement peut avoir cette
imputation , car M. Rouffeau a dit expreffément
au mot ACCORD de l'En144
MERCURE DE FRANCE .
cyclopédie , en parlant de l'accord de
quinte fuperflue , que cet accord nefe
renverfe point , & il en donne les raifons
.
VI. C'eft une erreur , fi on vous en
croit , d'avoir dit , comme je l'ai fait
qu'il y a dix accords fondamentaux
lorfqu'il n'y en a , felon vous , que deux,
Ce langage me furprend , & je ne puis
croire que vous me faffiez férieufement
une pareille objection. J'appelle avec
vous accordsfondamentaux , ceux qui
peuvent fe trouver dans la baffe fondamentale
, & que vous y admettez vousmême
, Or ces accords Monfieur
vous le fçavez mieux que moi , font :
1°. L'accord parfait , majeur ou mineur
, ce qui fait deux.
2º. L'accord de dominante tonique
comme folfi réfa compofé d'une tierce
majeure fuivie de deux tierces mineures .
3. Les accords de dominante fimple
qui font au nombre de trois , celui qui
eft formé d'une tierce majeure entre
deux mineures , comme ré fa la ut ;
celui qui eft formé d'une tierce mineure
entre deux majeures , comme ut mifol
fi ; celui qui eft formé de deux tierces
mineures fuivies d'une tierce majeure ,
comme firéfa la.
4°.
MARS. 1762. 145
4°. L'accord de feptiéme diminuée
qui quoique dérivé de l'accord de dominante
& de fous -dominante du mode
mineur eft employé par vous - même
dans la baffe fondamentale.
5º. L'accord de grande fixte ou de
fous dominante , dont la fixte est toujours
majeure & la tierce majeure ou
mineure fuivant le Mode , ce qui fait
deux .
Comptez maintenant , Monfieur , &
vous trouverez neuf accords , qui de
votre propre aveu , peuvent être employés
dans la baffe fondamentale ; ajoutez
ici l'accord de fixte fuperflue qui ne
peut avoir de baffe fondamentale que
lui-même , ou qui du moins doit en
avoir une différente des neuf accords
nommés ci-deffus , & vous aurez dix
accords fondamentaux .
·
Il n'y a , dites-vous , que deux accords
fondamentaux. 1 °. Selon vous même
il y en auroit au moins trois ; l'accord
parfait , celui de feptiéme , & celui
de grande fixte ; & ne dites pas que ce
dernier eft dérivé de l'accord de feptiéme
; car dans vos propres principes ,
cette baffe fondamentale ut fa ut , dans
laquelle ut eft tonique & fa fous- dominante
, ne peut être changée en celle-ci
G
146 MERCURE DE FRANCE .
que
,
ut ré it , dans laquelle ut feroit tonique
, & ré dominante fimple. Il est vrai
dans quelques-uns de vos ouvrages,
vous avez paru dériver l'accord de fousdominante
, ou de grandefixte fa la ut
ré , de l'accord de feptiéme ré fa la ut
tandis que dans d'autres endroits vous
paroiffez dériver ce dernier accord du
premier , & ce me femble avec beaucoup
plus de raifon . Peut-être vos idées
n'ont- elles été jamais bien arrêtées fur
ce fujet ; je crois les avoir développées
& fixées .
2º. En admettant comme il eft néceffaire
ces trois accords fondamentaux
, il faut ajouter qu'ils forment trois
genres , dont le premier & le troifiéme
ont chacun deux efpécès , & dont le
fecond en a cinq , & que toutes ces
efpéces par conféquent fort ellesmêmes
autant d'accords fondamentaux,
puifque la dénomination du genre
convient toujours à l'espéce. Il faut de
plus remarquer que l'accord de fixte
fuperflue forme une claffe ou un genre
à part , foit qu'on doive le regarder
comme un accord fondamental , foit
qu'on doive le regarder comme ne l'étant
point , & comme ayant une baffe
fondamentale encore ignorée ou incertaine,
MARS. 1762. 147
VII. Dans l'article FONDAMENTAL
de l'Encyclopédie,j'ai propofé un grand
nombre d'accords , jufqu'ici non pra-
-tiqués , & fur lefquels j'ai exhorté les
Muficiens à faire des expériences , perfuadé
que je fuis des progrès confidérafi
ceux
bles
que l'art
peut
faire
encore
,
1
qui le cultivent veulent bien ne s'entêter
d'aucun fyftême & ne fe laiffer captiver
par aucune routine ; le plus fimple
de ces accords , & celui qui renferme
le moins de diffonances , ou plutôt
qui n'en renferme proprement aucune ,
favoir ut mi folut , vous déplaît par
cette feule raiſon , que ut faiſant réfonner
fol naturel , ce fol naturel feroit
diffonance avec fol ; mais 19. ne
-devroit - on pas même rejetter d'après
un pareil principe l'accord de quinte
fuperflue ut mi fol fi ré qui eft pour-
- tant en ufage ? 20. Ne devroit-on pas
même rejetter l'accord parfait ut mi fol
ut ; car mi fait auffi réſonner fol * qui
forme une diffonance avec fol ? 3° . La
réponse à votre objection est bien facile
! c'eft que la note qui ne fait que
réſonner étant comme étouffée par celle
qui eft frappée réellement , n'a point
d'effet fenfible. Vous êtes convenu ,
Monfieur , dans plufieurs endroits de
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
18
vos ouvrages , qu'il eft inutile de vous
rappeller,de ce pouvoir des harmoniques
pour étouffer les diffonances & pour
en diftraire l'oreille. Sur cela je renvoie
le Lecteur à la premiere partie de mes
Elémens , Chap VII , vers la fin , où je
ne parle que d'après vous.
En un mot , Monfieur , expliqueznous
1 °. pourquoi l'accord ut mifol
ut qui n'eft proprement que l'accord ut
mi fol & qui ne contient réellement
aucune diffonance , ne pourroit pas
être employé en certaines occafions ,
lorfqu'on emploie tous les jours l'accord
ut mi folfi ré, qui ajoute à l'accord
ut mi fol ou ut mi fol ut quatre diffonances
ut fi , ut ré , mi ré , fol ★ ré ?
2º, Pourquoi les accords que j'ai propofés
ou du moins quelques-uns de ces
accords ne pourroient pas être employés
malgré les diffonances qu'ils renferment
, lorfqu'on emploie tous les
jours en Mufique tant d'autres accords ,
comme les accords par fuppofition , où
les diffonances font fi multipliées ?
Pour moi , Monfieur , j'ofe croire que
l'Art ira peut-être un jour plus loin que
vous ne penfez. L'expérience m'a rendu
circonfpect fur les affertions en matière
de Mufique ; avant que d'avoir entendu
MARS. 1762: ·149
vos Opéras , je ne croyois pas qu'on pût
aller au- delà de Lully & de Campra ;
avant que d'avoir entendu la Mufique
des Italiens , je n'imaginois rien au -deffus
de la nôtre.
VIII. L'expérience de M. Tartini eft
atteſtée par d'autres perfonnes , qui même
lui en conteſtent la découverte ,comme
vous le verrez dans le Difcours préliminaire
de mes Elémens . Je l'ai d'ailleurs
faite moi-même à Lyon en 1756
avec plufieurs Muficiens habiles ; tous
ont reconnu le troifiéme fon dont il
s'agit ; on l'entend très- diftinctement
mais il faut pour en apprécier la valeur
des Artiſtes exercés ; & je crois qu'on
peut s'en rapporter fur cela à l'oreille
de M. Tartini , qui vaut bien celle d'un
autre.
Au refte quoique j'aie détaillé dans
l'Encyclopédie cette expérience comme
très-curieufe , & comme pouvant fervir
à la perfection de l'Art mufical , je n'en
ai tiré aucune conféquence contre vos
principes , auxquels en effet elle ne me.
paroît point contraire .
IX. C'eſt à la page 133 des Fêtes de
'Hymen , qu'il fe trouve plufieurs tierces
majeures de fuite ; 233 eft une faute
d'impreffion qu'il vous étoit aifé de cor-
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
riger. On trouve en effet en cet endroit
deux parties à la tierce majeure l'une de
l'autre durant un grand nombre de mefures
. Niez-vous le fait ? En convenezvous
? C'est ce que je n'ai pu démêler
dans votre réponfe . Quelque parti que
vous preniez , il reftera toujours certain
que vous avez fait chanter deux parties
pendant plufieurs mefures à la tierce majeure
l'une de l'autre , quoique ces deux
tierces majeures de fuite foient interdites
par tous les Muficiens & par vous- même.
Je n'ai point prétendu blâmer cette licence
; j'en ai feulement fait mention ,
pour montrer combien les licences font
fréquentes en Mufique , & par conféquent
combien on doit être circonfpect
foit à les blâmer fans reftriction , foit à
préfcrire des nouveautés qui peuvent
paroître contraires aux régles reçues .
X. Il ne faut pas , Monfieur, confondre
ces deux propofitions : la baffe fondamentale
eft le principe de la mélodie ;
& l'harmonie Suggére la mélodie. Je
conviens avec vous de la premiere de
ces propofitions , prife dans ce fens ,
qu'il n'y a point de bonne mélodie qui
ne foit fufceptible d'une harmonie régulière
, & qui n'ait fon fondement dans
cette harmonie. A l'égard de la feconde
MARS. 1762.; 151
propofition , je n'ai rien décidé , & j'air
propofé des doutes que vous ne levez
pás en m'objectant les bornes de mon
expérience , & en convenant que la
mélodie eft ce qui frappe principalement
l'homme borné ; car fi la mélodie étoit
toujours fuggérée par l'harmonie , il
vous refteroit à expliquer , Monfieur ,
comment tant d'oreilles bornées , peu
fenfibles à l'harmonie faute d'ufage &
d'exercice , le font pourtant beaucoup à
la mélodie ; & comment des perfonnes
nées avec un goût naturel compofent
même des chants agréables , fans avoir
la moindre teinture d'harmonie . *****
Auffi convenez-vous enfin dans votre
lettre , & même comme d'une chofe
dont il ne faut pas douter , que la
mélodie fuggére la baffe fondamentale ,
( & par conféquent l'harmonie ) mais
vous ajoutez que c'eft avec des reftrictions
; fi c'eft là votte dernier avis , je
n'aurai pas de peine à m'y rendre ; car
j'ai moi-même reconnu & annoncé ces
reftrictions dans l'Article FONDAMENTAL
de l'Encyclopédie , pag. 60 & 61 ,
où je crois avoir expofé d'une maniere
affez exacte , d'après vos principes mê
mes , les droits mutuels & l'influence
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
réciproque que la mélodie & l'harmonie
ont l'une fur l'autre .
[
›
Je me flatte , Monfieur , d'avoir fuffifamment
fatisfait à vos critiques au
moins à celles que j'ai compriſes ; mais
je me flatte auffi de vous avoir donné
des preuves fuffifantes de complaifance
& d'attachement , en vous répondant
une fois , & je crois par-là m'être acquis
le droit de garder déformais le filence.
J'ai l'honneur d'être , & c.
D'ALEMBERT.
N. B. Cette nouvelle édition , dont
on trouvera des exemplaires à Paris ,
chez Defaint & Saillant , & chez Duchefne
, eft augmentée , 1 °. d'un Difcours
préliminaire affez étendu fur la
Théorie de la Mufique. 2°. D'un grand
nombre de Notes nouvelles , miſes au
bas du Texte. 3 °. De plufieurs Additions
& améliorations dans le corps du Texte
même . 4°. De la Réponse d'une Lettre
de M. Rameau .
à une Lettre imprimée de M.
PAMEAU ( a ).
CFUX EUX qui auront lu , Monfieur , mes
Elemens de Mufique , fur lefquels vous
m'avez autrefois témoigné publiquément
votre reconnoiffance dans les termes
(a ) Cetre Lettre , qui a pour objet la critique
des articles FONDAMENTAL & GAMME de l'Encyclopédie
, par M d'Alembert , a paru en mème
temps que le Code de Mufique de M. Rameau.
MAR S. 1762. 133
les plus flateurs (b) , feront un peu furpris
que je fois forcé de me défendre aujourd'hui
contre vous- même. Cela me fera fi
facile, que j'ailong- tems balancé fije prendrois
ce parti , & que je ne m'y ferois jamais
déterminé fans l'attachement que
j'ai pour vous , & fans le defir que vous
marquez d'une réponse de ma part . Je lat
diviferai en plufieurs articles , relatifs aux
différens points fur lefquels vous m'attaquez
.
I. Non , Monfieur , l'Académie des
Sciences n'a point été compromife , com-.
me vous le prétendez , en approuvant ,
d'après mon rapport , les recherches vrai-
(b) Voyez le Mercure de Mai 1752 ; M. Rameau
s'y exprime ainfi , avec beaucoup d'éloges
que je fupprime : M. d'Alembert ... a cherché
dans mes Ouvrages ... des vérités a fimplifier ,
rendre plus familieres , plus luminenfes , & par
conféquent plus utiles au grand nombre ... Il n'a
pas dédaigné de fe mettre à la portée même des Enfans
... Enfin il m'a donné la confolation de voir
ajouter à la folidité de mes principes une fimplicité .
dont je lesfentois fufceptibles , mais que je ne leur
aurois donnée qu'avec beaucoup plus de peine , &
peut-être moins heureufement quelui ... Les fciences
& les arts ... hateroient réciproquement leurs
progrès , fi les Auteurs préférant l'intérêt de la vérité
à celui de l'amour-propre , les uns avoient la modeftie
d'accepter des fecours , les autres la générofité
d'en offrir. མ
134 MERCURE DE FRANCE.
ment neuves & utiles dont la théorie de
votre Art vous eft redevable ; mais elle
n'a point approuvé , & n'approuvera jamais
les efforts que vous avez faits depuis
, pour trouver le principe de la géométrie
dans le corps fonore.
Ce n'eft pas ma faute , fi vous n'êtes
pas encore défabufé des idées plus que
fingulières que vous avez fur ce fujet ,
& auxquelles vous convenez que je me
fuis conftamment oppofé. Le corps fonore
ne nous donne & ne peut nous donner
par lui-même aucune idée des proportions.
1 °. Parce que de votre propre aveu
(c ) on n'y entend point les Octaves ,
du fon fondamental 1 ; 2 °. parce qu'on
entend encore moins les fons des multiples
3 & 5 , qui ne font , felon vousmême
, que frémir fans réfonner ; 3 ° .
( & c'eft ici la raifon principale ) parce
que , quand on entendroit ces octaves
& ces fons des multiples ,le fens de l'ouie
ne peut en aucune manière nous donner
la notion de rapport & de proportion ,
que nous ne pouvons acquérir que par
la vue & par le toucher. Pour avoir une
idée nette des proportions & des rapy
(c) Voyez la Lettre de M. Rameau à M. Euler
fur l'identité des octaves.
MARS. 1762 . 135
,
ports , il eft néceffaire de comparer les
corps par ces deux derniers fens ; la perception
des fons n'y contribue abfolument
en rien , n'y ajoute rien , y eft totalement
étrangère . Pour tout dire en
un mot quand les hommes feroient
fourds , il n'y en auroit pas moins pour
eux , des rapports , des proportions, une
géométrie. En voila , Monfieur , plus
qu'il n'en faut fur ce fujet ; & les Mathématiciens
trouveront à coup
j'en ai encore trop dit.
sûr que
II . En comparant les fons à leur baffe
fondamentale , dont la découverte vous
eft due , Monfieur , vous avez donné
les moyens de fixer d'une manière plus
sûre & plus lumineufe les rapports de's
fons dans les différens genres de Mufi
que ; & c'est en ce fens que la Mufique
eft devenue par votre travail une fcience
plus géométrique , & à laquelle les principes
mathématiques peuvent être appli
qués avec une utilité plus réelle & plus
fenfible qu'ils ne l'ont étéjufqu'ici. Voilà
, Monfieur , ce que l'Académie a
prononcé d'après mon rapport ; mais
ne donnez pas à ces paroles une exten
fion qu'elles n'ont pas , & que cette
Compagnie défavoueroit , ou plutôt
qu'elle n'auroit pas befoin de délavouer.
136 MERCURE DE FRANCE :
La confidération des rapports eft
fans doute néceffaire à quelques égards
dans la Mufique pour la comparaifon
des fons entr'eux ; j'ai fait ufage moimême
des rapports , dans lathéorie du
tempérament & de l'altération des intervalles
; & je n'ai jamais rien avancé
de contraire à cet ufage ; j'ai même dit
expreffément dans l'endroit de l'Encyclopédie
que vous attaquez , que le calcul
( qui n'eft ( d ) autre chofe que l'art
de combiner & de trouver les rapports)
eft utile pour l'intelligence de certains
points de la théorie comme des rapports
entre les tons de la gamme & du tempérament
; mais j'ai dit au même endroit , &
s'il en eft befoin , je le répéte , que la
confidération des rapports eft illufoire
pour rendre raifon du plaifir que la Mufique
nous caufe. On peut en voir les
preuves , ( quoique fommairement expofées
) dans le Difcours préliminairę
qui eft à la tête de la nouvelle Edition
de mes Elémens de Mufique.
3
暑A l'égard des proportions, il eft certain
1 ° . que les proportions arithmétiques &
harmoniques , fi feuvent & fi gratuitement
employées par vous , font entiére-
( d ) Pag. 62. tom. VII.
MARS. 1762. 137
ment étrangeres , & par conféquent inutiles
à l'art mufical ; auffi n'en ai - je fait
abfolument aucun ufage dans mes Elémens
, quoique j'y rende raifon des mémes
faits pour l'explication defquels vous
avez eu recours à ces proportions .
2º. On peut même fe paffer de la théorie
des proportions géométriques dans les
cas où la confidération des rapports géométriques
eft utile , c'eft-à-dire dans la
comparaifon des fons entr'eux ; la notion
de rapport qui eft moins compofée que
celle de proportion (e) , eft alors fuffifante
pour l'objet qu'on fe propofe , & vous
pouvez voir en effet , Monfieur , que
dans mes Elémens je n'ai eu befoin que
de la théorie des rapports fans avoir recours
à celle des proportions ; par la raifon
que j'ai cherché à fimplifier la théorie
le plus qu'il m'a été poffible , & à
n'emprunter du calcul que les notions les
plus indifpenfables.
Néanmoins dans les points de la théo
rie où la confidération des rapports géo-
(e ) Proportion géométrique eft une égalité entre
deux rapports géométriques ; rapport géométrique
eft la maniere dont une quantité en contient une
autre ; ainfi l'idee de proportion renferme au moins
trois quantités , au lieu que l'idée de rapport n'en
renferme que deux.
138 MERCURE DE FRANCE.
métriques doit être employée , je n'empêcherai
pas qu'on ne faffe auffi ufage
( quoique fans néceffité abfolue ) de la
théorie des proportions géométriques ;
mais à condition qu'on n'étendra pas ,
comme vous l'avez fait , la confidération
des proportions à d'autres objets , où elle
eft abfolument déplacée. C'eft cet abus
des proportions que j'avois principalement
en vue , comme il eft aifé de voir ,
pag. 62 du VII . vol. de l'Encyclopédie ,
quand j'ai dit que la confidération des
proportions géométriques , arithmétiques
& harmoniques , eft illufoire dans la
théorie de l'art mufical.
III . Votre Lettre me raffureroit , s'il
étoit néceffaire , fur la vérité de cette
affertion ; déjà vous convenez aujourd'hui
que vous avez employé les proportions
affez mal-à-propos , ( ce font
vos propres termes ) pour expliquer la
diffonance ; avec un peu de réflexion
vous conviendrez de même que vous
auriez pu vous en paffer dans l'explication
d'un grand nombre d'autres faits ;
comme je m'en fuis paffé dans mes Eléquoique
rédigés d'après vos principes
, mais à la vérité d'après vos principes
fimplifiés , dégagés de tout alliage,
& réduits à ce qu'ils contiennent felon
MARS. 1762. 139
moi , d'éffentiel & de vraiment folide.
J'ai donné dans cette nouvelle édition
, une manière très-fimple d'expliquer
le Mode mineur , fans avoir befoin
dufrémiffement des multiples , que
vous aviez employé jufqu'ici pour trou
ver l'origine de ce Mode ; vous dites
aujourd'hui que vous n'avez propofé
cette origine que comme indice ; & vous
prétendez dans votre Lettre en donner
une autre où j'avoue que je ne comprends
rien ; je ne fçais ce que c'eſt
qu'un principe qui s'en repofe fur fes
premiers produits , qui donne à les
premiers droits en harmonie, de forte que.
ce fe rend l'arbitre de la différence des
deux genres. Le langage des fciences ,
Monfieur , doit être plus fimple , plus
clair & plus précis. Celui que vous y
fubftituez ne peut je crois être goûté,
ou du moins célébré que par un feul
Ecrivain ; je veux parler d'un Journalifte
qui n'a pas la plus légère teinture ni
de mufique , ni de calcul , ni de beaucoup
d'autres chofes dont il décide , &
qui en attendant a déja prononcé ( à la
vérité tout feul ) que vous aviez raifon
contre moi.
IV. Vous faites dans votre Lettre de
140 MERCURE DE FRANCE .
nouveaux éfforts pour expliquer com
ment l'échelle diatonique du mode mineur
de la en defcendant , n'a ni diezes
ni bémols , quoiqu'elle ait deux diezes
en montant ; vous aviez dit dans votre
Mémoire préſenté à l'Académie , page
77, qu'il n'y avoit qu'unfeul moyen de
conferver en defcendant l'impreffion du
Mode mineur, fçavoir d'exclure fol de
l'harmonie , & de l'employerfimplement
pour le goût du chant. J'avois fuivi cette
idée , comme vous le pouvez voir à la
fin du chap. IX de la première Partie de
mes Elémens ; ce n'eft pas qu'elle ne
me paroiffe laiffer quelque chofe à defirer
, comme vous le pouvez voir encoré
par la note que j'ai ajoutée au même
endroit. Aujourd'hui vous femblez
abandonner cette explication , pour y
en fubftituer une autre qui fatisfera encore
moins les Philofophes ; vous faites
porter au fi de la baffe fondamentale
un fauffe quinte fa , parce que la fauſſe
quinte , dites-vous , eft prefcrite par l'ordre
même du même Mode. Mais on vous
demandera en premier lieu , pourquoi
l'ordre du Mode feroit- il troublé , fi on
mettoit en defcendant unfa dieze ? Ce
fa dieze ne fait que l'intervalle d'un fémiMARS.
1762. 141
ton avec le fol précédent , & celui d'un
ton avec le mi fuivant ; ainfi il n'y a
point de faut dans l'échelle , puifqu'il ne
s'y trouve point d'intervalle plus grand
que le ton. 2° . Pourquoi l'ordre du Mode
demande-t- il felon vous un fa naturel ,
puifque l'ordre du Mode , dans vos prin
cipes , n'eft déterminé que par la baffe
fondamentale , & que jamais la baffe
fondamentale primitive , ( tirée de la
réfonnance du corps fonore ) ne peut,
donner dans fon accord une fauffe
quinte ?
י י ז
ces
Permettez- moi d'ajouter une réfléxion
que prouvent , Monfieur
variations de votre part , dans la mar
nière d'expliquer le fait dont il s'agit &
quelques autres , finon que le principe.
de la baffe fondamentale ne vous a pas
toujours paru également lumineux à
vous-même , dans les différentes applications
que vous en avez faires ? Soyez
de bonne - foi là- deffus ou permettez
que d'autres le foient ; il vous, reftera
toujours affez de gloire dans l'ufage
que vous avez fait le premier de cette
bafe fondamentale pour éclaircir &
pour fimplifier la théorie & la pratique
de votre Art. 15 (1 )
V. Vous m'accufez fans fondement
142 MERCURE DE FRANCE .
*
d'avoir attribué l'accord de fixtefuperflue
, aux feuls Italiens. Je ne leur en ai
pas même attribué l'invention , ( comme
vous le prétendez ) parce que je n'en
ai point de preuves fuffifantes. J'ai dit
expreffément que vous aviez employé
cet accord dans vos Ouvrages ; mais j'ai
dit auffi , & cela eft vrai ) qu'il eft
pratiqué furtout par les Italiens ; c'eft
pour cela qu'on l'a nommé accord de
fixte Italienne. J'ai ajouté que cet accord
, pratiqué par vous-même
point que je fache , de baffe fondamentale
dans vos principes (f) ; vous
me répondez là-deffus des chofes où je
ne puis rien entendre , fi ce n'eft que
vous convenez que cet accord n'a point
en effet de pareille, baffe ; il eft vrai que
pour lever la difficulté , vous dites que
cet accord n'en eft pas un ; quel eft- il
n'a
(f)Un favant Italien , homme de beaucong
d'efprit , auffi verfé dans la Mufique & dans les
fciences exactes , que dans celles du Gouverne
ment , & qui occupe aujourd'hui avec la plus
grande diftinction la première place dans la Répu
biique , eft le premier qui m'ait fait cette objection
fur l'accord de fixte fuperflue , dès l'année
1752 où parut la première édition de mesElémens
de Mufique. Je ne pus alors trouver de réponſe à
l'objection , & depuis j'en ai cherché une inutile
ment.
MARS. 1762.
143
7
,
donc ? & pouvez-vous croire que perfonne
fe paye de cette défaite , lorfque
vous donnez une baffe fondamentale à
tous les autres accords ? Choififfez donc
ou de ranger , comme je l'ai fait cet
accord parmi les accords fondamentaux
, ( ce qui paroît d'autant plus indifpenfable
que vous-même vous n'attribuez
point à cet accord de renversement
poffible ) ; ou de convenir que la
baffe
fondamentale ne fatisfait point à
tout, puifqu'il y a un accord qui , felon
vous-même , n'a point de baffe fondamentale
. Ce petit inconvénient &
3 quelques autres moins confidérables
n'empêcheront
pas cette baffe d'être le
principe de l'harmonie & de la mélodie ,
comme le fyftême de la gravitation eſt
le principe de l'Aftronomie phyfique
quoique ce fyftême ne rende pas raifon
de tous les phénomènes qu'on obferve
dans le mouvement des corps céleftes.
A cette occafion vous accufez M ,
Rouffeau d'avoir affigné à l'accord de
quinte fuperflue des renverfemens , y
compris la note furnuméraire, Je ne
fais quel fondement peut avoir cette
imputation , car M. Rouffeau a dit expreffément
au mot ACCORD de l'En144
MERCURE DE FRANCE .
cyclopédie , en parlant de l'accord de
quinte fuperflue , que cet accord nefe
renverfe point , & il en donne les raifons
.
VI. C'eft une erreur , fi on vous en
croit , d'avoir dit , comme je l'ai fait
qu'il y a dix accords fondamentaux
lorfqu'il n'y en a , felon vous , que deux,
Ce langage me furprend , & je ne puis
croire que vous me faffiez férieufement
une pareille objection. J'appelle avec
vous accordsfondamentaux , ceux qui
peuvent fe trouver dans la baffe fondamentale
, & que vous y admettez vousmême
, Or ces accords Monfieur
vous le fçavez mieux que moi , font :
1°. L'accord parfait , majeur ou mineur
, ce qui fait deux.
2º. L'accord de dominante tonique
comme folfi réfa compofé d'une tierce
majeure fuivie de deux tierces mineures .
3. Les accords de dominante fimple
qui font au nombre de trois , celui qui
eft formé d'une tierce majeure entre
deux mineures , comme ré fa la ut ;
celui qui eft formé d'une tierce mineure
entre deux majeures , comme ut mifol
fi ; celui qui eft formé de deux tierces
mineures fuivies d'une tierce majeure ,
comme firéfa la.
4°.
MARS. 1762. 145
4°. L'accord de feptiéme diminuée
qui quoique dérivé de l'accord de dominante
& de fous -dominante du mode
mineur eft employé par vous - même
dans la baffe fondamentale.
5º. L'accord de grande fixte ou de
fous dominante , dont la fixte est toujours
majeure & la tierce majeure ou
mineure fuivant le Mode , ce qui fait
deux .
Comptez maintenant , Monfieur , &
vous trouverez neuf accords , qui de
votre propre aveu , peuvent être employés
dans la baffe fondamentale ; ajoutez
ici l'accord de fixte fuperflue qui ne
peut avoir de baffe fondamentale que
lui-même , ou qui du moins doit en
avoir une différente des neuf accords
nommés ci-deffus , & vous aurez dix
accords fondamentaux .
·
Il n'y a , dites-vous , que deux accords
fondamentaux. 1 °. Selon vous même
il y en auroit au moins trois ; l'accord
parfait , celui de feptiéme , & celui
de grande fixte ; & ne dites pas que ce
dernier eft dérivé de l'accord de feptiéme
; car dans vos propres principes ,
cette baffe fondamentale ut fa ut , dans
laquelle ut eft tonique & fa fous- dominante
, ne peut être changée en celle-ci
G
146 MERCURE DE FRANCE .
que
,
ut ré it , dans laquelle ut feroit tonique
, & ré dominante fimple. Il est vrai
dans quelques-uns de vos ouvrages,
vous avez paru dériver l'accord de fousdominante
, ou de grandefixte fa la ut
ré , de l'accord de feptiéme ré fa la ut
tandis que dans d'autres endroits vous
paroiffez dériver ce dernier accord du
premier , & ce me femble avec beaucoup
plus de raifon . Peut-être vos idées
n'ont- elles été jamais bien arrêtées fur
ce fujet ; je crois les avoir développées
& fixées .
2º. En admettant comme il eft néceffaire
ces trois accords fondamentaux
, il faut ajouter qu'ils forment trois
genres , dont le premier & le troifiéme
ont chacun deux efpécès , & dont le
fecond en a cinq , & que toutes ces
efpéces par conféquent fort ellesmêmes
autant d'accords fondamentaux,
puifque la dénomination du genre
convient toujours à l'espéce. Il faut de
plus remarquer que l'accord de fixte
fuperflue forme une claffe ou un genre
à part , foit qu'on doive le regarder
comme un accord fondamental , foit
qu'on doive le regarder comme ne l'étant
point , & comme ayant une baffe
fondamentale encore ignorée ou incertaine,
MARS. 1762. 147
VII. Dans l'article FONDAMENTAL
de l'Encyclopédie,j'ai propofé un grand
nombre d'accords , jufqu'ici non pra-
-tiqués , & fur lefquels j'ai exhorté les
Muficiens à faire des expériences , perfuadé
que je fuis des progrès confidérafi
ceux
bles
que l'art
peut
faire
encore
,
1
qui le cultivent veulent bien ne s'entêter
d'aucun fyftême & ne fe laiffer captiver
par aucune routine ; le plus fimple
de ces accords , & celui qui renferme
le moins de diffonances , ou plutôt
qui n'en renferme proprement aucune ,
favoir ut mi folut , vous déplaît par
cette feule raiſon , que ut faiſant réfonner
fol naturel , ce fol naturel feroit
diffonance avec fol ; mais 19. ne
-devroit - on pas même rejetter d'après
un pareil principe l'accord de quinte
fuperflue ut mi fol fi ré qui eft pour-
- tant en ufage ? 20. Ne devroit-on pas
même rejetter l'accord parfait ut mi fol
ut ; car mi fait auffi réſonner fol * qui
forme une diffonance avec fol ? 3° . La
réponse à votre objection est bien facile
! c'eft que la note qui ne fait que
réſonner étant comme étouffée par celle
qui eft frappée réellement , n'a point
d'effet fenfible. Vous êtes convenu ,
Monfieur , dans plufieurs endroits de
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
18
vos ouvrages , qu'il eft inutile de vous
rappeller,de ce pouvoir des harmoniques
pour étouffer les diffonances & pour
en diftraire l'oreille. Sur cela je renvoie
le Lecteur à la premiere partie de mes
Elémens , Chap VII , vers la fin , où je
ne parle que d'après vous.
En un mot , Monfieur , expliqueznous
1 °. pourquoi l'accord ut mifol
ut qui n'eft proprement que l'accord ut
mi fol & qui ne contient réellement
aucune diffonance , ne pourroit pas
être employé en certaines occafions ,
lorfqu'on emploie tous les jours l'accord
ut mi folfi ré, qui ajoute à l'accord
ut mi fol ou ut mi fol ut quatre diffonances
ut fi , ut ré , mi ré , fol ★ ré ?
2º, Pourquoi les accords que j'ai propofés
ou du moins quelques-uns de ces
accords ne pourroient pas être employés
malgré les diffonances qu'ils renferment
, lorfqu'on emploie tous les
jours en Mufique tant d'autres accords ,
comme les accords par fuppofition , où
les diffonances font fi multipliées ?
Pour moi , Monfieur , j'ofe croire que
l'Art ira peut-être un jour plus loin que
vous ne penfez. L'expérience m'a rendu
circonfpect fur les affertions en matière
de Mufique ; avant que d'avoir entendu
MARS. 1762: ·149
vos Opéras , je ne croyois pas qu'on pût
aller au- delà de Lully & de Campra ;
avant que d'avoir entendu la Mufique
des Italiens , je n'imaginois rien au -deffus
de la nôtre.
VIII. L'expérience de M. Tartini eft
atteſtée par d'autres perfonnes , qui même
lui en conteſtent la découverte ,comme
vous le verrez dans le Difcours préliminaire
de mes Elémens . Je l'ai d'ailleurs
faite moi-même à Lyon en 1756
avec plufieurs Muficiens habiles ; tous
ont reconnu le troifiéme fon dont il
s'agit ; on l'entend très- diftinctement
mais il faut pour en apprécier la valeur
des Artiſtes exercés ; & je crois qu'on
peut s'en rapporter fur cela à l'oreille
de M. Tartini , qui vaut bien celle d'un
autre.
Au refte quoique j'aie détaillé dans
l'Encyclopédie cette expérience comme
très-curieufe , & comme pouvant fervir
à la perfection de l'Art mufical , je n'en
ai tiré aucune conféquence contre vos
principes , auxquels en effet elle ne me.
paroît point contraire .
IX. C'eſt à la page 133 des Fêtes de
'Hymen , qu'il fe trouve plufieurs tierces
majeures de fuite ; 233 eft une faute
d'impreffion qu'il vous étoit aifé de cor-
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
riger. On trouve en effet en cet endroit
deux parties à la tierce majeure l'une de
l'autre durant un grand nombre de mefures
. Niez-vous le fait ? En convenezvous
? C'est ce que je n'ai pu démêler
dans votre réponfe . Quelque parti que
vous preniez , il reftera toujours certain
que vous avez fait chanter deux parties
pendant plufieurs mefures à la tierce majeure
l'une de l'autre , quoique ces deux
tierces majeures de fuite foient interdites
par tous les Muficiens & par vous- même.
Je n'ai point prétendu blâmer cette licence
; j'en ai feulement fait mention ,
pour montrer combien les licences font
fréquentes en Mufique , & par conféquent
combien on doit être circonfpect
foit à les blâmer fans reftriction , foit à
préfcrire des nouveautés qui peuvent
paroître contraires aux régles reçues .
X. Il ne faut pas , Monfieur, confondre
ces deux propofitions : la baffe fondamentale
eft le principe de la mélodie ;
& l'harmonie Suggére la mélodie. Je
conviens avec vous de la premiere de
ces propofitions , prife dans ce fens ,
qu'il n'y a point de bonne mélodie qui
ne foit fufceptible d'une harmonie régulière
, & qui n'ait fon fondement dans
cette harmonie. A l'égard de la feconde
MARS. 1762.; 151
propofition , je n'ai rien décidé , & j'air
propofé des doutes que vous ne levez
pás en m'objectant les bornes de mon
expérience , & en convenant que la
mélodie eft ce qui frappe principalement
l'homme borné ; car fi la mélodie étoit
toujours fuggérée par l'harmonie , il
vous refteroit à expliquer , Monfieur ,
comment tant d'oreilles bornées , peu
fenfibles à l'harmonie faute d'ufage &
d'exercice , le font pourtant beaucoup à
la mélodie ; & comment des perfonnes
nées avec un goût naturel compofent
même des chants agréables , fans avoir
la moindre teinture d'harmonie . *****
Auffi convenez-vous enfin dans votre
lettre , & même comme d'une chofe
dont il ne faut pas douter , que la
mélodie fuggére la baffe fondamentale ,
( & par conféquent l'harmonie ) mais
vous ajoutez que c'eft avec des reftrictions
; fi c'eft là votte dernier avis , je
n'aurai pas de peine à m'y rendre ; car
j'ai moi-même reconnu & annoncé ces
reftrictions dans l'Article FONDAMENTAL
de l'Encyclopédie , pag. 60 & 61 ,
où je crois avoir expofé d'une maniere
affez exacte , d'après vos principes mê
mes , les droits mutuels & l'influence
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
réciproque que la mélodie & l'harmonie
ont l'une fur l'autre .
[
›
Je me flatte , Monfieur , d'avoir fuffifamment
fatisfait à vos critiques au
moins à celles que j'ai compriſes ; mais
je me flatte auffi de vous avoir donné
des preuves fuffifantes de complaifance
& d'attachement , en vous répondant
une fois , & je crois par-là m'être acquis
le droit de garder déformais le filence.
J'ai l'honneur d'être , & c.
D'ALEMBERT.
N. B. Cette nouvelle édition , dont
on trouvera des exemplaires à Paris ,
chez Defaint & Saillant , & chez Duchefne
, eft augmentée , 1 °. d'un Difcours
préliminaire affez étendu fur la
Théorie de la Mufique. 2°. D'un grand
nombre de Notes nouvelles , miſes au
bas du Texte. 3 °. De plufieurs Additions
& améliorations dans le corps du Texte
même . 4°. De la Réponse d'une Lettre
de M. Rameau .
Fermer
Résumé : RÉPONSE de M. d'ALEMBERT à une Lettre imprimée de M. RAMEAU.
Dans une lettre, M. d'Alembert répond à M. Pameau au sujet des articles 'FONDAMENTAL' et 'GAMME' de l'Encyclopédie. Il conteste l'approbation par l'Académie des Sciences des recherches de Pameau sur le principe géométrique dans le corps sonore, affirmant que les proportions doivent être perçues par la vue et le toucher. D'Alembert reconnaît les apports de Pameau à la géométrisation de la musique mais critique l'utilisation des proportions arithmétiques et harmoniques pour expliquer le plaisir musical. Il précise n'avoir pas utilisé ces proportions dans ses Éléments de Musique. Le débat entre les deux hommes porte sur les théories musicales et les proportions géométriques. D'Alembert préfère les rapports aux proportions pour leur simplicité et critique l'application excessive des proportions géométriques en musique. Il reproche à Pameau d'avoir mal utilisé les proportions pour expliquer la dissonance et d'avoir changé d'avis sur l'échelle diatonique du mode mineur. Concernant les accords musicaux, notamment l'accord de quarte superflue, d'Alembert propose deux solutions : reconnaître cet accord comme fondamental ou admettre que la basse fondamentale n'est pas universelle. Il réfute l'accusation d'avoir attribué l'accord de sixte ajoutée uniquement aux Italiens et énumère dix accords fondamentaux, contredisant l'affirmation qu'il n'en existe que deux. D'Alembert critique également l'aversion pour certains accords dissonants et mentionne des expériences musicales, comme celle de M. Tartini, pour illustrer la perception des harmoniques. Il distingue la base fondamentale de la mélodie de l'harmonie qui la suggère, tout en respectant les principes de son interlocuteur. Dans une lettre signée par D'Alembert, l'auteur exprime son désir de ne plus répondre aux questions posées, malgré ses précédentes démonstrations de complaisance et d'attachement. Il conclut en se disant honoré de cette correspondance. La lettre mentionne également la publication d'une nouvelle édition d'un ouvrage, disponible à Paris chez Defaint & Saillant et chez Duchefne, comprenant plusieurs ajouts et améliorations, notamment un discours préliminaire sur la théorie de la musique et une réponse à une lettre de M. Rameau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3844
p. 2459
« La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
Début :
La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...]
Mots clefs :
Faculté de médecine de Paris, Chirurgie, Examen, Bacheliers, Opérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
La Faculté de Médecine de Paris , toujours at
gentive au bien public , et dans la vûë de perfectionner
la Chirurgie en exerçant ses Eleves à la
pratique de cet Art , a jugé à propos de substi
tuer à l'examen de Chirurgie qu'elle faisoit subir
à ses Bacheliers , des Exercices sur l'Anatomie et
sur les Opérations Chirurgicales ; cet établissement
est porté par un Decret de la même Faculté
du 29. Septembre 1733. qui dit que nuls Bacheliers
ne pourront à l'avenir recevoir le degré de
Licence , s'il n'ont pendant le cours de deux années
qu'ils demeureront sur les bancs , executé
de leurs propres mains sur des cadavres , les dissections
anatomiques et les Operations de la
Chirurgie , en subissant devant toute la Faculté ,
un examen de sept jours consécutifs sur chacune
de ces matieres.
gentive au bien public , et dans la vûë de perfectionner
la Chirurgie en exerçant ses Eleves à la
pratique de cet Art , a jugé à propos de substi
tuer à l'examen de Chirurgie qu'elle faisoit subir
à ses Bacheliers , des Exercices sur l'Anatomie et
sur les Opérations Chirurgicales ; cet établissement
est porté par un Decret de la même Faculté
du 29. Septembre 1733. qui dit que nuls Bacheliers
ne pourront à l'avenir recevoir le degré de
Licence , s'il n'ont pendant le cours de deux années
qu'ils demeureront sur les bancs , executé
de leurs propres mains sur des cadavres , les dissections
anatomiques et les Operations de la
Chirurgie , en subissant devant toute la Faculté ,
un examen de sept jours consécutifs sur chacune
de ces matieres.
Fermer
Résumé : « La Faculté de Médecine de Paris, toujours attentive au bien public, et dans la vûë de perfectionner [...] »
En 1733, la Faculté de Médecine de Paris a réformé l'examen de chirurgie pour les bacheliers. Désormais, ils doivent réaliser des dissections et des opérations sur des cadavres durant deux années. Un examen de sept jours devant la Faculté est également requis pour obtenir la licence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3845
p. 965
« M. Wrist a donné dans ses Observations en 2. volumes [...] »
Début :
M. Wrist a donné dans ses Observations en 2. volumes [...]
Mots clefs :
M. Wrist, M. Eleazar Albin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Wrist a donné dans ses Observations en 2. volumes [...] »
M. Wrist a donné dans ses Observations en 2. volumes in 4. ornés de 40.
Planches , ce qui s'est présenté à lui de
plus curieux en Ouvrages de Peinture
de Sculpture et d'Architecture dans le
Voyage de France et d'Italie , qu'il fit
en 1720. 21. et 22. avec Mylord Parker, ›
fils du Comte de Macclesfield,
M. Eleazar Albin , qui a donné il y
a quelque temps une Histoire Naturelle :
des Insectes , a mis au jour depuis peu
une Histoire Naturelle des Oiseaux en
101. Planches gravées , où les figures
sont dessinées et enluminées d'après des
Oiseaux vivans ; les Planches sont accompagnées de Remarques sur chaque
Oiseau , dont le nom est marqué en
Anglois et en Latin. A Londres , chez
W. Innys , &c. 17:32. in 4
Planches , ce qui s'est présenté à lui de
plus curieux en Ouvrages de Peinture
de Sculpture et d'Architecture dans le
Voyage de France et d'Italie , qu'il fit
en 1720. 21. et 22. avec Mylord Parker, ›
fils du Comte de Macclesfield,
M. Eleazar Albin , qui a donné il y
a quelque temps une Histoire Naturelle :
des Insectes , a mis au jour depuis peu
une Histoire Naturelle des Oiseaux en
101. Planches gravées , où les figures
sont dessinées et enluminées d'après des
Oiseaux vivans ; les Planches sont accompagnées de Remarques sur chaque
Oiseau , dont le nom est marqué en
Anglois et en Latin. A Londres , chez
W. Innys , &c. 17:32. in 4
Fermer
Résumé : « M. Wrist a donné dans ses Observations en 2. volumes [...] »
M. Wrist a publié ses 'Observations' en deux volumes illustrés de 40 planches, décrivant les œuvres d'art observées en France et en Italie entre 1720 et 1722 avec Mylord Parker. M. Eleazar Albin a édité une 'Histoire Naturelle des Oiseaux' en 101 planches gravées, publiée à Londres en 1732 chez W. Innys.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3846
p. 2253
Oraison Funebre, [titre d'après la table]
Début :
ORAISON FUNEBRE de Madame Isabelle de Roye de la Rochefoucauld, Abbesse [...]
Mots clefs :
Isabelle de Roye de La Rochefoucauld, Reims, Église, Abbaye, Oraison funèbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Oraison Funebre, [titre d'après la table]
ORAISON FUNEBRE de Madame
Iſabelle de Roye de la Rochefoucauld, Abbeſſe
de l'Abbaye Royale de S. Pierre de Rheims,
prononcée dans l'Egliſe de la même Abbaye
le 16 Juin 1744 , par M. de Saulx, Docteur
en Théologie , Chanoine de l'Egliſe de
Rheims , & Principal du Collège de l'Univerſité
, à Rheims , chés François Jeunehomme
, Imprimeur , ruë des deux Anges.
Iſabelle de Roye de la Rochefoucauld, Abbeſſe
de l'Abbaye Royale de S. Pierre de Rheims,
prononcée dans l'Egliſe de la même Abbaye
le 16 Juin 1744 , par M. de Saulx, Docteur
en Théologie , Chanoine de l'Egliſe de
Rheims , & Principal du Collège de l'Univerſité
, à Rheims , chés François Jeunehomme
, Imprimeur , ruë des deux Anges.
Fermer
3847
p. 135
« TRAITÉ du pouvoir du Magistrat politique concernant les choses sacrées, traduit [...] »
Début :
TRAITÉ du pouvoir du Magistrat politique concernant les choses sacrées, traduit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ du pouvoir du Magistrat politique concernant les choses sacrées, traduit [...] »
TRAITÉ du pouvoir du Magistrat politique
concernant les choses sacrées, traduit
du latin de Grotius; Vol. in- 12 im-
primé à Londres, & se trouve à Paris,
chez G. Martin, Libraire rue S. Jacques.
C'est un Ouvrage important dont nous ren-
drons compte quelque jour.
concernant les choses sacrées, traduit
du latin de Grotius; Vol. in- 12 im-
primé à Londres, & se trouve à Paris,
chez G. Martin, Libraire rue S. Jacques.
C'est un Ouvrage important dont nous ren-
drons compte quelque jour.
Fermer
3848
p. 2457
DEUXIÈME ENIGME.
Début :
Quelquefois je suis mâle & quelquefois femelle ; [...]
Mots clefs :
Danseur de corde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME ENIGME.
DEUXIEME ENIG ME.
Uelquefois je fuis mâle & quelquefois
femelle ;
Je me foutiens en l'air fans le fecours de l'âile;
Sur un chemin blanchi mon pied eft à l'étroit,
Je vas ,je viens , je tourne & faute en affurance
,
Mais fi je ne marche bien droit ,
La chute tout à coup interrompt ma cadence.
Je procure un plaifir meflé d'émotion ;
Un utile tribut fait mon ambition :
Admirez le caprice où mon deftin me livre ;
Ce qui fait perir l'un , fert à me faire vivre.
Uelquefois je fuis mâle & quelquefois
femelle ;
Je me foutiens en l'air fans le fecours de l'âile;
Sur un chemin blanchi mon pied eft à l'étroit,
Je vas ,je viens , je tourne & faute en affurance
,
Mais fi je ne marche bien droit ,
La chute tout à coup interrompt ma cadence.
Je procure un plaifir meflé d'émotion ;
Un utile tribut fait mon ambition :
Admirez le caprice où mon deftin me livre ;
Ce qui fait perir l'un , fert à me faire vivre.
Fermer
3849
p. 135
« HISTOIRE Navale d'Angleterre, traduite de l'Anglois de Lediart. 3 Volumes [...] »
Début :
HISTOIRE Navale d'Angleterre, traduite de l'Anglois de Lediart. 3 Volumes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE Navale d'Angleterre, traduite de l'Anglois de Lediart. 3 Volumes [...] »
HISTOIRE Navale d'Angleterre, traduite
de l'Anglois de Lediart. 3 Volumes
in. - 4. chez le même Libraire.
de l'Anglois de Lediart. 3 Volumes
in. - 4. chez le même Libraire.
Fermer
3850
p. 135
« ELEMENS d'Hippiatrique, ou nouveaux principes sur la connoissance & la medecine [...] »
Début :
ELEMENS d'Hippiatrique, ou nouveaux principes sur la connoissance & la medecine [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ELEMENS d'Hippiatrique, ou nouveaux principes sur la connoissance & la medecine [...] »
ELEMENS d'Hippiatrique, ou nouveaux
principes sur la connoissance & la medecine
des chevaux, par M. Bourgelat, Ecuyer
du Roi. 2. Vol. in 8°. chez ie même Li-
braire.
principes sur la connoissance & la medecine
des chevaux, par M. Bourgelat, Ecuyer
du Roi. 2. Vol. in 8°. chez ie même Li-
braire.
Fermer