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Détail
Liste
1
p. 146-164
Détail curieux, contenant tout ce qui s'est passé en Sorbonne lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles a esté receu Proviseur de cette Societé. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à un Article bien digne de la curiosité publique, [...]
Mots clefs :
Sorbonne, Cardinal de Noailles, Doyens, Faculté, Recteur, Église, Maison, Université, Docteurs, Société
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texteReconnaissance textuelle : Détail curieux, contenant tout ce qui s'est passé en Sorbonne lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles a esté receu Proviseur de cette Societé. [titre d'après la table]
Je paffe à un Article bien
digne de la curiofité publique ,
& de l'attention de ceux qui le
liront. Il eft de la nature de
ceux dont on ne parle pas fouvent , parce qu'il ſe paſſe preſque toûjours un grand nom-
GALANT 147
bre d'années d'un de ces Articles à l'autre. Vous y trouverez quantité de faits hiftoriques
tres- curieux , & fept Difcours
differens prononcez dans la
même Affemblée , dans lef
quels vous trouverez un tour
finguliet , & beaucoup de finéffe d'efprit. Enfin ce font de
ces fortes de Difcours qui réveillent l'attention , qui inſtruifent les Lecteurs de beaucoup
de chofes qui regardent le Ceremonial , & dont on parle fi
rarement qu'on doit avoir toû
jours beaucoup d'empreffement pour les lire.
Nij
148 MERCURE
Vous avez fçû que les Docteurs de la Maifon & Societé
de Sorbonne avoient au mois
de Mars nommé d'un confentement unanime Monfieur le
Cardinal de Noailles Archevêque de Paris pour leur Provifeur , à la place de feu Mr
F'Archevêque de Reims . Le
neuvième du mois paffé cette
nomination fut folemnellement confirmée dans la grande Salle des Actes de la même Maifon. Le Recteur de
l'Univerfité , invité quelques
jours auparavant par des Députez de ladite Societé , s'y
*
GALANT 149
rendit fur les quatre heures
aprés midy , accompagné des
trois Doyens des Facultez , des
quatreProcureurs des Nations,
du Syndic , du Greffier de l'Univerfité & de fes autres Offciers. L'Archidiacre &le Chan--
celier de l'Eglife de Paris s'y
trouverent pareillement felon
l'ancien ufage. L'Affemblée fut
des plus nombreuſes. Outre
les Docteurs de la Maifon dont
il ne manqua que les malades
& ceux qui font abfens , un
tres grand nombre de Mrs de
Noftre-Dame & de l'Univerfité fe firent un plaifir d'y avoir
N iij
150 MERCURE
place. Au fond de la Salle , devant un grand Bureau eftoient
rangez onze fieges de front.
Le Recteur de Univerfité
eftoit au milieu , ayant à fa
droite l'Archidiacre, le Chancelier de l'Eglife de Paris , le
Doyen de la Faculté de Medecine , & les Procureurs des Nations de Picardie & d'Allema→
gne. Sur les cinq autres Sieges.
a fa gauche cftoient les Doyens
de Theologie , & des Droits ;
les Procureurs des Nations de
France & de Normandie &
le Syndic de l'Univerfité. Le
Greffer avoit unBureau fepa-
GALANT 151
ré vis - à- vis le Recteur.
37 Mr Vivant l'aîné, Chanoine
de Nôtre Dame & Docteur de
la Maifon de Sorbonne , fit
l'ouverture. Il adreffa la parole au Recteur , fur quoy l'Archidiacre fit fes proteftations
à l'ordinaire , ce qui n'empêcha point l'Orateur de continuër. Il fit un éloge achevé de
Monfieur le Cardinal. La pieté,
la vigilance , la ſcience , la fermeté, & la fuperiorité d'efprit
de cé Prelat furent mifes dans
leur jour , par les traits de la
plus vive éloquence. La netteté de la compofition fut foûteN iiij
152 MERCURE
nuë par une prononciation naturelle & diftincte. Les loüanges de feu Mr de Reims , ne
furent pas oubliées. Enfin les
Auditeurs eurent lieu d'être
pleinement fatisfaits , puifqu'il
leur fut aifé d'entendre , defuivre & de retenir tout le Dif
cours.
Aprés qu'il eut fini , le Recteur propofa le fujet de l'Af
femblée. L'Archidiacre l'interrompit pour réiterer encore
fes proteftations , & le Syndic
de l'Univerfité proteſta reciproquementcontre l'interrup
tion de l'Archidiacre. Tout ce
GALANT 153
fes
Ceremonial eft de l'ancien ufage. Le Difcours du Recteur
fut tel qu'on le devoit attendre d'un homme confommé
dans l'éloquence qu'il a profeffée long- temps avec éclar.
Ses expreffions furent de la
Latinité le plus pure
penfées les plus délicates , l'ordre & le tour qu'il donna à
tout ce qu'il dit parut plein
d'efprit & de jufteffe. Il commença par les louanges de la
Maifon de Sorbonne. Il s'étendit fur l'efprit de fimplicité
& de defintereffement qui
yregne aujourd'huy comme
154 MERCURE
dans les temps de fon Inftitu
tion. Il fit voir que les Docteurs de cette Societé fe confacroient tous felon leurs talens differens , au fervice de
l'Eglife & du Public. Les uns
à compofer des Livres , les au
tres à refoudre les Cas , les autres à diriger les confciences ,
ceux-là à élever une infinité de
pauvres Ecoliers pour lesquels
ils prodiguent tous leurs biens
& tous leurs foins , & tous à
veiller continuellement à la
confervation de l'ancienne &
pure Doctrine. Il dit qu'il eftoit
important dedonner à de fidi-
GALANT 155
gnes Ouvriers un Provifeur
fous la protection duquel ils
continuaffent leurs travaux en
fûreté. Il paffa enfuite à l'éloge
de Mr de Reims dernier Provifeur. Ille reprefenta comme
une des plus vives lumieres de
l'Eglife , le Deffenfeur des Loix
Canoniques, &l'ennemi de la
fourberie & des flatteurs. Il
parla de tous fes beaux Reglemens pour fon Dioceſe , & de
fes fçavantes Ordonnances. Il
dit que ce Prelat avoit efté dans
l'Eglife , ce que fon illuftre pere Mr le Chancelier le Tellier
& Mr de Louvois fon frere ,
156 MERCURE
que
avoient efté dans les premiers
Emplois de l'Etat. Il s'étendit
enfuite fur les louanges de
Monfieur le Cardinal. Il dit
la Sorbonne n'avoit pas eu
longtemps à delibererfur le choix
qu'elle avoit àfe faire d'un nouveau Provifeur. Que l'affabilité
de ce Prelat , fes manieres aimablese bienfaifantes avoient attiré
furluy lesfuffrages de tant d'bommes de Lettres , bien plus fortement que la confideration de fa
haute naiffance &defes éminentes dignitez. Quefon éducation
prife dans le fein de l'Univerfué
avoit eftéfortifiée par la pratique
GALANT 157
affiduë de toutes les vertus convenables àfonétat; & quefes mœurs
irreprochables ,fon zele ardent
éclairé l'avoientélevéfurle Siege
le plus important de l'Eglife de
France. Comme Mrle Recteur
eft du Dioceſe de Chalons, il ne
pût s'empêcher de parler de ce
que la charité de Monfieur le
Cardinal , luy fit faire eſtant Evêque de cette Ville. La maladie fe mit entre les prifonniers
de la Bataille de Fleurus , qui
eftoient en fort grand nombre
à Chalons. Monfieur le Cardinal ne ceffoit de les voir &
de les affifter en perfonne , il
158 MERCURE
en tomba malade fa dangereufement qu'on le crut mort. Ce
fic eft à prefent ancien , mais
Mr le Recteur luy donna un
tour nouveau qui plut extrêmement.
Mt Pirot le Chancelier parla
enfuite avec la facilité qui luy
eft fi connue.Il nommatous les
Provifeurs que la Sorbonne a
cus ; fçavoir quinze Cardinaux,
autant d'Archevêques ou Evêques, &il fit voir que Monfieur
le Cardinal étoit le feul qui cuft
efté en même temps Proviſeur
de Sorbonne, Cardinal, Archevêque, &Archevêque de Paris.
GALANT 159
Les uns eftoient Cardinaux ,
mais ils n'eftoient pas Archevêd'autres eftoient Archevêques ,
mais ils n'eftoient pas Car
dinaux & d'autres n'estoient
qu'Evêques & Cardinaux. Il raporta fort à propos l'exemple
de l'Eglife de Sarragoffe en Efpagne , & cita avec la Doctrine
ordinaire , un Concile tenu à
Troyes. Il s'étendit ſur la naiffance illuftre de Monfieur le
Cardinal , & fic efperer aux
Docteurs de Sorbonne qu'ils
feroient protegez en tout à
caufe du credit que Son Eminence a l'honneur d'avoir au-
160 MERCURE
prés du Roy. Il finit par quelques proteftations contre le
premier falut fait au Recteur,
de méme qu'avoit fait l'Archidiacre.
Les trois Doyens des Facultez & les quatre Procureurs des
Nations en donnant leurs fuf.
frages , ajoûtérent chacun un
éloge de Monfieur le Cardinal.
Celuy de Theologie témoigna
la reconnoiffance de la Faculté ·
envers S, E. à cauſe de la protection dont elle l'honore >
& qu'elle employe les Docteurs
lors qu'elle a beſoin de fecours pour le gouvernement
GALANT 161
A
d'un fi grand Dioceſe. Celuy
des Droits à caufe que Monfieur le Cardinal a bien voulu
eftre Docteur honoraire de fa
Faculté. Celuy de Medecine
promit que la Faculté épuiferoit les fecrets de fon Art, afin
que Son Eminence joüît long .
temps du Titre de Provifeur
de Sorbonne.
le
Le Procureur de la Nation
de France felicita la Sorbonne
fur fon nouveau choix par
concours & les fuffrages unanimes de tous les Docteurs qui
avoient pû fe rendre à l'Affemblée , où s'eftoient trouvez
Avril 1710.
O
162 MERCURE
deux Archevêques & fix Eveques , & par la fatisfaction que
que Son Eminence en avoir
témoignée ; celuy de Picardie
affura la Sorbonne que fon
nouveau Proviſeur luy donneroit fon attention. Que fa vie
laborieuſe & ennemie des plaifirs luy ménagoit du temps
pour fournir à tous fes Emplois ; celuy de Normandie dit
qu'il venoit moins pour don
donner fon fuffrage que pour
applaudir à la fageffe de la Sorbonne.Que cette Societé ne fe
trompoit jamais , &que le Public eftoit d'autant plus con-
GALANT 103
tent de fon choix , qu'il avoit
prévû qu'elle le feroit , & qu'il
aimoit generalementMonfieur
le Cardinal ; celuy d'Allema
gne témoigna la reconnoiffance de fa Nation pour les feCours que Monfieur le Cardinal accorde charitablement à
une partie de ceux qui la compofent. Ces fept diſcours furent les uns plus longs les autres plus courts , mais tous d'u
ne Latinité exquife & d'une
grande fineffe d'efprit. Le
Recteur aprés avoir recueilli
les voix conclut felon la coû
tume , fans qu'il y euft de proOij
164 MERCURE
teftation & d'interruption
digne de la curiofité publique ,
& de l'attention de ceux qui le
liront. Il eft de la nature de
ceux dont on ne parle pas fouvent , parce qu'il ſe paſſe preſque toûjours un grand nom-
GALANT 147
bre d'années d'un de ces Articles à l'autre. Vous y trouverez quantité de faits hiftoriques
tres- curieux , & fept Difcours
differens prononcez dans la
même Affemblée , dans lef
quels vous trouverez un tour
finguliet , & beaucoup de finéffe d'efprit. Enfin ce font de
ces fortes de Difcours qui réveillent l'attention , qui inſtruifent les Lecteurs de beaucoup
de chofes qui regardent le Ceremonial , & dont on parle fi
rarement qu'on doit avoir toû
jours beaucoup d'empreffement pour les lire.
Nij
148 MERCURE
Vous avez fçû que les Docteurs de la Maifon & Societé
de Sorbonne avoient au mois
de Mars nommé d'un confentement unanime Monfieur le
Cardinal de Noailles Archevêque de Paris pour leur Provifeur , à la place de feu Mr
F'Archevêque de Reims . Le
neuvième du mois paffé cette
nomination fut folemnellement confirmée dans la grande Salle des Actes de la même Maifon. Le Recteur de
l'Univerfité , invité quelques
jours auparavant par des Députez de ladite Societé , s'y
*
GALANT 149
rendit fur les quatre heures
aprés midy , accompagné des
trois Doyens des Facultez , des
quatreProcureurs des Nations,
du Syndic , du Greffier de l'Univerfité & de fes autres Offciers. L'Archidiacre &le Chan--
celier de l'Eglife de Paris s'y
trouverent pareillement felon
l'ancien ufage. L'Affemblée fut
des plus nombreuſes. Outre
les Docteurs de la Maifon dont
il ne manqua que les malades
& ceux qui font abfens , un
tres grand nombre de Mrs de
Noftre-Dame & de l'Univerfité fe firent un plaifir d'y avoir
N iij
150 MERCURE
place. Au fond de la Salle , devant un grand Bureau eftoient
rangez onze fieges de front.
Le Recteur de Univerfité
eftoit au milieu , ayant à fa
droite l'Archidiacre, le Chancelier de l'Eglife de Paris , le
Doyen de la Faculté de Medecine , & les Procureurs des Nations de Picardie & d'Allema→
gne. Sur les cinq autres Sieges.
a fa gauche cftoient les Doyens
de Theologie , & des Droits ;
les Procureurs des Nations de
France & de Normandie &
le Syndic de l'Univerfité. Le
Greffer avoit unBureau fepa-
GALANT 151
ré vis - à- vis le Recteur.
37 Mr Vivant l'aîné, Chanoine
de Nôtre Dame & Docteur de
la Maifon de Sorbonne , fit
l'ouverture. Il adreffa la parole au Recteur , fur quoy l'Archidiacre fit fes proteftations
à l'ordinaire , ce qui n'empêcha point l'Orateur de continuër. Il fit un éloge achevé de
Monfieur le Cardinal. La pieté,
la vigilance , la ſcience , la fermeté, & la fuperiorité d'efprit
de cé Prelat furent mifes dans
leur jour , par les traits de la
plus vive éloquence. La netteté de la compofition fut foûteN iiij
152 MERCURE
nuë par une prononciation naturelle & diftincte. Les loüanges de feu Mr de Reims , ne
furent pas oubliées. Enfin les
Auditeurs eurent lieu d'être
pleinement fatisfaits , puifqu'il
leur fut aifé d'entendre , defuivre & de retenir tout le Dif
cours.
Aprés qu'il eut fini , le Recteur propofa le fujet de l'Af
femblée. L'Archidiacre l'interrompit pour réiterer encore
fes proteftations , & le Syndic
de l'Univerfité proteſta reciproquementcontre l'interrup
tion de l'Archidiacre. Tout ce
GALANT 153
fes
Ceremonial eft de l'ancien ufage. Le Difcours du Recteur
fut tel qu'on le devoit attendre d'un homme confommé
dans l'éloquence qu'il a profeffée long- temps avec éclar.
Ses expreffions furent de la
Latinité le plus pure
penfées les plus délicates , l'ordre & le tour qu'il donna à
tout ce qu'il dit parut plein
d'efprit & de jufteffe. Il commença par les louanges de la
Maifon de Sorbonne. Il s'étendit fur l'efprit de fimplicité
& de defintereffement qui
yregne aujourd'huy comme
154 MERCURE
dans les temps de fon Inftitu
tion. Il fit voir que les Docteurs de cette Societé fe confacroient tous felon leurs talens differens , au fervice de
l'Eglife & du Public. Les uns
à compofer des Livres , les au
tres à refoudre les Cas , les autres à diriger les confciences ,
ceux-là à élever une infinité de
pauvres Ecoliers pour lesquels
ils prodiguent tous leurs biens
& tous leurs foins , & tous à
veiller continuellement à la
confervation de l'ancienne &
pure Doctrine. Il dit qu'il eftoit
important dedonner à de fidi-
GALANT 155
gnes Ouvriers un Provifeur
fous la protection duquel ils
continuaffent leurs travaux en
fûreté. Il paffa enfuite à l'éloge
de Mr de Reims dernier Provifeur. Ille reprefenta comme
une des plus vives lumieres de
l'Eglife , le Deffenfeur des Loix
Canoniques, &l'ennemi de la
fourberie & des flatteurs. Il
parla de tous fes beaux Reglemens pour fon Dioceſe , & de
fes fçavantes Ordonnances. Il
dit que ce Prelat avoit efté dans
l'Eglife , ce que fon illuftre pere Mr le Chancelier le Tellier
& Mr de Louvois fon frere ,
156 MERCURE
que
avoient efté dans les premiers
Emplois de l'Etat. Il s'étendit
enfuite fur les louanges de
Monfieur le Cardinal. Il dit
la Sorbonne n'avoit pas eu
longtemps à delibererfur le choix
qu'elle avoit àfe faire d'un nouveau Provifeur. Que l'affabilité
de ce Prelat , fes manieres aimablese bienfaifantes avoient attiré
furluy lesfuffrages de tant d'bommes de Lettres , bien plus fortement que la confideration de fa
haute naiffance &defes éminentes dignitez. Quefon éducation
prife dans le fein de l'Univerfué
avoit eftéfortifiée par la pratique
GALANT 157
affiduë de toutes les vertus convenables àfonétat; & quefes mœurs
irreprochables ,fon zele ardent
éclairé l'avoientélevéfurle Siege
le plus important de l'Eglife de
France. Comme Mrle Recteur
eft du Dioceſe de Chalons, il ne
pût s'empêcher de parler de ce
que la charité de Monfieur le
Cardinal , luy fit faire eſtant Evêque de cette Ville. La maladie fe mit entre les prifonniers
de la Bataille de Fleurus , qui
eftoient en fort grand nombre
à Chalons. Monfieur le Cardinal ne ceffoit de les voir &
de les affifter en perfonne , il
158 MERCURE
en tomba malade fa dangereufement qu'on le crut mort. Ce
fic eft à prefent ancien , mais
Mr le Recteur luy donna un
tour nouveau qui plut extrêmement.
Mt Pirot le Chancelier parla
enfuite avec la facilité qui luy
eft fi connue.Il nommatous les
Provifeurs que la Sorbonne a
cus ; fçavoir quinze Cardinaux,
autant d'Archevêques ou Evêques, &il fit voir que Monfieur
le Cardinal étoit le feul qui cuft
efté en même temps Proviſeur
de Sorbonne, Cardinal, Archevêque, &Archevêque de Paris.
GALANT 159
Les uns eftoient Cardinaux ,
mais ils n'eftoient pas Archevêd'autres eftoient Archevêques ,
mais ils n'eftoient pas Car
dinaux & d'autres n'estoient
qu'Evêques & Cardinaux. Il raporta fort à propos l'exemple
de l'Eglife de Sarragoffe en Efpagne , & cita avec la Doctrine
ordinaire , un Concile tenu à
Troyes. Il s'étendit ſur la naiffance illuftre de Monfieur le
Cardinal , & fic efperer aux
Docteurs de Sorbonne qu'ils
feroient protegez en tout à
caufe du credit que Son Eminence a l'honneur d'avoir au-
160 MERCURE
prés du Roy. Il finit par quelques proteftations contre le
premier falut fait au Recteur,
de méme qu'avoit fait l'Archidiacre.
Les trois Doyens des Facultez & les quatre Procureurs des
Nations en donnant leurs fuf.
frages , ajoûtérent chacun un
éloge de Monfieur le Cardinal.
Celuy de Theologie témoigna
la reconnoiffance de la Faculté ·
envers S, E. à cauſe de la protection dont elle l'honore >
& qu'elle employe les Docteurs
lors qu'elle a beſoin de fecours pour le gouvernement
GALANT 161
A
d'un fi grand Dioceſe. Celuy
des Droits à caufe que Monfieur le Cardinal a bien voulu
eftre Docteur honoraire de fa
Faculté. Celuy de Medecine
promit que la Faculté épuiferoit les fecrets de fon Art, afin
que Son Eminence joüît long .
temps du Titre de Provifeur
de Sorbonne.
le
Le Procureur de la Nation
de France felicita la Sorbonne
fur fon nouveau choix par
concours & les fuffrages unanimes de tous les Docteurs qui
avoient pû fe rendre à l'Affemblée , où s'eftoient trouvez
Avril 1710.
O
162 MERCURE
deux Archevêques & fix Eveques , & par la fatisfaction que
que Son Eminence en avoir
témoignée ; celuy de Picardie
affura la Sorbonne que fon
nouveau Proviſeur luy donneroit fon attention. Que fa vie
laborieuſe & ennemie des plaifirs luy ménagoit du temps
pour fournir à tous fes Emplois ; celuy de Normandie dit
qu'il venoit moins pour don
donner fon fuffrage que pour
applaudir à la fageffe de la Sorbonne.Que cette Societé ne fe
trompoit jamais , &que le Public eftoit d'autant plus con-
GALANT 103
tent de fon choix , qu'il avoit
prévû qu'elle le feroit , & qu'il
aimoit generalementMonfieur
le Cardinal ; celuy d'Allema
gne témoigna la reconnoiffance de fa Nation pour les feCours que Monfieur le Cardinal accorde charitablement à
une partie de ceux qui la compofent. Ces fept diſcours furent les uns plus longs les autres plus courts , mais tous d'u
ne Latinité exquife & d'une
grande fineffe d'efprit. Le
Recteur aprés avoir recueilli
les voix conclut felon la coû
tume , fans qu'il y euft de proOij
164 MERCURE
teftation & d'interruption
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Résumé : Détail curieux, contenant tout ce qui s'est passé en Sorbonne lorsque Monsieur le Cardinal de Noailles a esté receu Proviseur de cette Societé. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination du Cardinal de Noailles au poste de Proviseur de la Maison et Société de Sorbonne. En mars 1710, les Docteurs de la Sorbonne ont unanimement choisi le Cardinal de Noailles pour succéder à l'Archevêque de Reims. Cette nomination a été confirmée solennellement le 9 avril 1710 dans la grande Salle des Actes de la Sorbonne. L'assemblée, présidée par le Recteur de l'Université, a réuni de nombreux Docteurs, ainsi que des représentants de Notre-Dame et de l'Université. L'Archidiacre et le Chancelier de l'Église de Paris étaient présents, conformément à l'ancien usage. Monsieur Vivant l'aîné, Chanoine de Notre-Dame, a ouvert la séance en élogeant le Cardinal de Noailles, mettant en avant sa piété, sa vigilance, sa science et sa supériorité d'esprit. Le Recteur a ensuite pris la parole pour louer la Sorbonne pour son esprit de simplicité et de désintéressement, et pour souligner l'importance de la nomination d'un Proviseur pour protéger les travaux des Docteurs. Le Chancelier Pirot a ensuite parlé, mentionnant les précédents Proviseurs de la Sorbonne et soulignant l'unicité du Cardinal de Noailles, qui cumule les titres de Cardinal, Archevêque et Proviseur. Les Doyens des Facultés et les Procureurs des Nations ont également exprimé leur soutien et leur reconnaissance envers le Cardinal, promettant leur dévouement et leur protection. Les discours, tous prononcés en latin, ont été marqués par une grande finesse d'esprit et une élégance rhétorique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2439-2440
« Le 10 Octobre, l'Abbé de Rohan Soubize, Pensionnaire au College du Plessis [...] »
Début :
Le 10 Octobre, l'Abbé de Rohan Soubize, Pensionnaire au College du Plessis [...]
Mots clefs :
Collège du Plessis, Université, Faculté, Abbé de Rohan
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texteReconnaissance textuelle : « Le 10 Octobre, l'Abbé de Rohan Soubize, Pensionnaire au College du Plessis [...] »
e 10 Octobre, l'Abbé de Rohan- Soubize , Pensionnaire au College du Ples
sis , où il étudie en Philosophie , supplia aux Mathurins en présence de la Faculté des Arts , ce qui se passa de cette
maniere. Après avoir fait quelques révérences au Recteur ( M. Piat pour la troisième année ) , et à la Faculté , il s'assit
dans un fauteuil , se couvrit , puis demanda à la Faculté une dispense d'écrire
les Cahiers qu'on dicte en Philosophie ; il
fit encore quelques révérences, et se retira. M. Pourchot , Syndic de l'Université ,
prit la parole , et après avoit fait l'éloge
de la Maison de Rohan , en particulier
celui du Cardinal Evêque de Strasbourg,
il requit que non- seulement on accordât avec distinction , et sans aucune forme de déliberation , la dispense demandée l'Abbé de Rohan , mais encore par
: * Terme usité dans l'Université pour signifier
la demande publique d'une dispense , d'une fa
Deur, &c.
Fvj
à
2440 MERCURE DE FRANCE
à son occasion , que les graces demandées par six autres Supplians fussent
accordées de la même maniere.
sis , où il étudie en Philosophie , supplia aux Mathurins en présence de la Faculté des Arts , ce qui se passa de cette
maniere. Après avoir fait quelques révérences au Recteur ( M. Piat pour la troisième année ) , et à la Faculté , il s'assit
dans un fauteuil , se couvrit , puis demanda à la Faculté une dispense d'écrire
les Cahiers qu'on dicte en Philosophie ; il
fit encore quelques révérences, et se retira. M. Pourchot , Syndic de l'Université ,
prit la parole , et après avoit fait l'éloge
de la Maison de Rohan , en particulier
celui du Cardinal Evêque de Strasbourg,
il requit que non- seulement on accordât avec distinction , et sans aucune forme de déliberation , la dispense demandée l'Abbé de Rohan , mais encore par
: * Terme usité dans l'Université pour signifier
la demande publique d'une dispense , d'une fa
Deur, &c.
Fvj
à
2440 MERCURE DE FRANCE
à son occasion , que les graces demandées par six autres Supplians fussent
accordées de la même maniere.
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Résumé : « Le 10 Octobre, l'Abbé de Rohan Soubize, Pensionnaire au College du Plessis [...] »
Le 10 octobre, l'Abbé de Rohan-Soubize, étudiant en philosophie au Collège du Plessis, sollicita une dispense d'écrire les cahiers de philosophie auprès des Mathurins, en présence de la Faculté des Arts. Après avoir salué le Recteur, M. Piat, et la Faculté, il exposa sa demande. M. Pourchot, Syndic de l'Université, prit ensuite la parole. Il loua la Maison de Rohan, notamment le Cardinal Évêque de Strasbourg, et requit que la dispense soit accordée à l'Abbé de Rohan sans délibération. Il demanda également que les grâces sollicitées par six autres suppliants soient accordées de la même manière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2882-288[4]
« On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Début :
On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...]
Mots clefs :
Examen, Faculté, Bacheliers, Opérations chirurgicales, Vaisseau de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
On écrit de Londres , que le 8 de ce mois on
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
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Résumé : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Le 8 décembre 1733, une démonstration de nouvelles rames inventées a eu lieu à bord du vaisseau de guerre le Roebuck à Woolwich, en présence des commissaires de l'Amirauté. Ces rames visaient à permettre au vaisseau de virer de bord et de naviguer à trois quarts de lieue par heure en calme, mais l'expérience n'a pas atteint le succès escompté. M. Jean Kelly a traduit et adapté la comédie 'Le Philosophe marié' de M. des Touches, jouée avec succès au Théâtre Royal de Covent Garden à Londres. M. Crusius a publié en deux volumes les 'Vies des Poètes Latins', incluant des dissertations critiques et historiques sur les poètes et leurs œuvres, ainsi qu'une introduction sur l'origine et le progrès de la poésie. Une rectification a été apportée concernant une information publiée dans le Mercure de Novembre précédent. La Faculté de Médecine de Paris n'a pas supprimé l'examen de chirurgie. Selon le décret du 21 mars 1732, les bacheliers doivent effectuer les opérations chirurgicales lors de cet examen, qui se déroule la seconde année de licence. Un nouvel examen d'anatomie a également été instauré, où les bacheliers doivent disséquer et démontrer les parties du corps humain, cet examen se déroulant la première année de licence. Le Sr Neilson, Écossais, a été reçu à Saint-Cosme pour la guérison des hernies. Il réside rue Dauphine au Coq d'or à Paris et offre ses services aux personnes des provinces. Le Sr Moureau propose un remède pour guérir radicalement les rétentions d'urines causées par des carnosités ou callosités, sans inflammation. Il reçoit les patients rue neuve de Luxembourg, vis-à-vis le Couvent des Dames de l'Assomption de la rue Saint-Honoré, chez M. le Cor, Maître Charon. Le Sr Monreau, ferblantier, propose des machines pour empêcher la fumée des cheminées, qu'il appelle 'églises'. Il réside rue du Plessis, à côté d'un tourneur, dans une allée au rez-de-chaussée, avec sa boutique au coin du Marché au Pain.
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4
p. 230-231
DECRET DE LA FACULTÉ.
Début :
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales de Passy sont aujourd'hui [...]
Mots clefs :
Faculté, Eaux minérales, Qualités, Vertus, Maladies, Source
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texteReconnaissance textuelle : DECRET DE LA FACULTÉ.
DECRET DE LA FACULTÉ,
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales
de Paffy font aujourd'hui dans le même
état où elles étoient en 1720 , & qu'elles n'ont
rien perdu de leurs anciennes qualités ; que les
bruits de fources éteintes , de principes dénaturés,
& de vertus détruites , qui ont été femés dans
Paris ,font l'ouvrage de la prévention & de l'ignorance
, & que lefdites eaux ne peuvent que continuer
à être très- utiles dans les maladies d'embarras
& d'obftruction , caufées par l'épaiffiffement
des liqueurs , & la diminution du reffort des
folides.
On continuera , comme on a fait juſques à préfent
, de délivrer gratis, à Paffy , des eaux pour les
Malades qui font hors d'état de les payer, pourvû
qu'ils ayent un billet du Médecin , ou du Chirur
gien , ou du Curé de leur Paroiffe , qui conſtate la
maladie, & l'indigence de celui qui demande des
eaux,
Les eaux épurées de Paffy , qui ne font autre
choſe que celles des fources qui ont déposé leur
AVRIL. 1760 . 231
mars dans de grands vales où elles ont féjourné
longtemps , fe tranfportent partout , & fe confervent
toujours , pourvû qu'on ne les bouche pas ,
& qu'on fe contente de les couvrir d'une patte de
verre , ou d'un fimple papier.
Les eaux de la premiere & feconde fource , peuvent
aufli fe tranfporter , pourvû qu'elles ne foient
pas trop expofées au Soleil , & qu'elles foient
bien bouchées : elles fe confervent quatre à cinq
mois ; avantage que n'ont point les autres eaux
ferrugineufes dans lefquelles apparemment le
mars n'eft pas fi intimement uni avec les autres
principes qui les conftituent.
Les perfonnes qui ont befoin d'eau , font prices
de mettre par écrit de quelle forte ils en veulent ,
attendu que les Commiffionnaires fe trompent
fouvent , & prennent des eaux épurées pour des
eaux de la fource ; ou des eaux de la fource, pour
des eaux épurées.
La Faculté a jugé, que les nouvelles eaux minérales
de Paffy font aujourd'hui dans le même
état où elles étoient en 1720 , & qu'elles n'ont
rien perdu de leurs anciennes qualités ; que les
bruits de fources éteintes , de principes dénaturés,
& de vertus détruites , qui ont été femés dans
Paris ,font l'ouvrage de la prévention & de l'ignorance
, & que lefdites eaux ne peuvent que continuer
à être très- utiles dans les maladies d'embarras
& d'obftruction , caufées par l'épaiffiffement
des liqueurs , & la diminution du reffort des
folides.
On continuera , comme on a fait juſques à préfent
, de délivrer gratis, à Paffy , des eaux pour les
Malades qui font hors d'état de les payer, pourvû
qu'ils ayent un billet du Médecin , ou du Chirur
gien , ou du Curé de leur Paroiffe , qui conſtate la
maladie, & l'indigence de celui qui demande des
eaux,
Les eaux épurées de Paffy , qui ne font autre
choſe que celles des fources qui ont déposé leur
AVRIL. 1760 . 231
mars dans de grands vales où elles ont féjourné
longtemps , fe tranfportent partout , & fe confervent
toujours , pourvû qu'on ne les bouche pas ,
& qu'on fe contente de les couvrir d'une patte de
verre , ou d'un fimple papier.
Les eaux de la premiere & feconde fource , peuvent
aufli fe tranfporter , pourvû qu'elles ne foient
pas trop expofées au Soleil , & qu'elles foient
bien bouchées : elles fe confervent quatre à cinq
mois ; avantage que n'ont point les autres eaux
ferrugineufes dans lefquelles apparemment le
mars n'eft pas fi intimement uni avec les autres
principes qui les conftituent.
Les perfonnes qui ont befoin d'eau , font prices
de mettre par écrit de quelle forte ils en veulent ,
attendu que les Commiffionnaires fe trompent
fouvent , & prennent des eaux épurées pour des
eaux de la fource ; ou des eaux de la fource, pour
des eaux épurées.
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Résumé : DECRET DE LA FACULTÉ.
Le décret de la Faculté de 1760 atteste que les eaux minérales de Paffy conservent leurs qualités depuis 1720. Les rumeurs sur la perte de leurs vertus sont imputées à la prévention et à l'ignorance. Ces eaux sont efficaces pour traiter les maladies liées à l'épaississement des liquides et à la diminution de la sécrétion des solides. La Faculté continue de distribuer gratuitement des eaux aux malades indigents, sur présentation d'un billet médical ou ecclésiastique. Les eaux épurées de Paffy, provenant de sources ayant déposé leur sédiment dans des vallées, peuvent être transportées et conservées sans être bouchées hermétiquement, mais simplement couvertes d'une patte de verre ou d'un papier. Les eaux des première et seconde sources peuvent également être transportées, mais doivent être protégées du soleil et bien bouchées. Elles se conservent quatre à cinq mois, contrairement à d'autres eaux ferrugineuses. Les demandeurs doivent préciser par écrit le type d'eau désiré pour éviter les erreurs des commissionnaires.
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