Résultats : 21765 texte(s)
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Liste
3851
p. 123-124
Nouveau Traité pour servir l'Instruction des nouveau Convertis, & à la Conversion de ceux qui sont encor dans l'ignorance. [titre d'après la table]
Début :
Si vous avez des Amis qui ayent besoin de quelque [...]
Mots clefs :
Vérités catholiques, Religion, Livre, Instruction, Nouveaux convertis, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Traité pour servir l'Instruction des nouveau Convertis, & à la Conversion de ceux qui sont encor dans l'ignorance. [titre d'après la table]
Si vous avez des Amis qui
ayent befoin de quelque éclairciffement
fur les Veritez de nộ-
F 2
·124
MERCURE
tre Religion, vous leur pouvez
indiquer un Livre qui a paru depuis
peu , & qui leur fera d'une
grande utilité. Son Titre eft, Nouveau
Traité, pour fervir à l'Inftruction
des Nouveaux Convertis , &
àla Converfion de ceux qui font encore
dans l'Ignorance . Il eft fait par
Monfieur l'Abbé Quentin , Predicateur
de Sa Majeſté , & Autheur
d'une Theologie en François
qu'on eftime fort . Tous
ceuxqui l'ont leu , le regardent
comme un Ouvrage tres- propre
à éclairer & à affermir les Nouveaux
Catholiques par fa briéveté,
fa clarté, & fa force.
ayent befoin de quelque éclairciffement
fur les Veritez de nộ-
F 2
·124
MERCURE
tre Religion, vous leur pouvez
indiquer un Livre qui a paru depuis
peu , & qui leur fera d'une
grande utilité. Son Titre eft, Nouveau
Traité, pour fervir à l'Inftruction
des Nouveaux Convertis , &
àla Converfion de ceux qui font encore
dans l'Ignorance . Il eft fait par
Monfieur l'Abbé Quentin , Predicateur
de Sa Majeſté , & Autheur
d'une Theologie en François
qu'on eftime fort . Tous
ceuxqui l'ont leu , le regardent
comme un Ouvrage tres- propre
à éclairer & à affermir les Nouveaux
Catholiques par fa briéveté,
fa clarté, & fa force.
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Résumé : Nouveau Traité pour servir l'Instruction des nouveau Convertis, & à la Conversion de ceux qui sont encor dans l'ignorance. [titre d'après la table]
Le livre 'Nouveau Traité' de l'Abbé Quentin, prédicateur du roi, vise à instruire les nouveaux convertis au catholicisme. Approuvé pour sa brièveté, clarté et force persuasive, il éclaire et renforce la foi des lecteurs sur les vérités religieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3852
p. 2253-2254
Catalogue de differens Ecrits, [titre d'après la table]
Début :
CATALOGUE des differens Ecrits, contenus dans les VIII Volumes des Ouvrages [...]
Mots clefs :
Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, Catalogue
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texteReconnaissance textuelle : Catalogue de differens Ecrits, [titre d'après la table]
CATALOGUE des differens Ecrits, contenus
dans les VIII Volumes des Ouvrages
de M. l'Abbé de S. Pierre , de l'Académie
Françoiſe ,
2254 MERCURE DE FRANCE.
Françoiſe , imprimés à Roterdam , chés Beman
, &qui ſe vendent à Paris , chés Briaffon
, Libraire , ruë S. Jacques. Brochure in-
12. de 24 pages , 1744.
dans les VIII Volumes des Ouvrages
de M. l'Abbé de S. Pierre , de l'Académie
Françoiſe ,
2254 MERCURE DE FRANCE.
Françoiſe , imprimés à Roterdam , chés Beman
, &qui ſe vendent à Paris , chés Briaffon
, Libraire , ruë S. Jacques. Brochure in-
12. de 24 pages , 1744.
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3853
p. 119-120
« On écrit d'Amsterdam, que M. Bourguet a donné chez François l'Honoré des [...] »
Début :
On écrit d'Amsterdam, que M. Bourguet a donné chez François l'Honoré des [...]
Mots clefs :
Roi, Académie, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit d'Amsterdam, que M. Bourguet a donné chez François l'Honoré des [...] »
On écrit d'Amsterdam , que M. BonrgHtt
a donné chez François l'Honoré des
Lettres Philosophiques fur la, forrmtion
des Sels & Crystaux , & fur la génération
& le mécanisme organique des Plantes &c
des Animaux , à l'occaíion de la pierre
Belemnitc & de la pierre Lenticulaire,
a.vec un Mémoire fur la Théorie de U
terre. Ces quatre Lettres font adressées à
Ifl. J. Scheuchzer. .
M. Durand, au Collège de Gresham à
Londres , Membre de la Société Royale ,
a composé & distribué {'Histoire de l'Or
& de FArgent, extraite de Pline le Natu
raliste , L. j j. avec un suplément à l'hil*
toire de l'Or, Vol- in folio.
Le Sieur Cbevillard, Généalogiste du
Roy , Çhronologiste & Historiographe
dç France s qualitez qui lui furent.acçordées
par Lettres du Grand Sceau du 19-
C i. F v) Fevrisno
MERCURÉ DE FRANCE:
Février, i 691. ) mourut en cette Ville té;
28 Décembre dernier, âgé de 73 ans moins
trois mois , fa veuve continue de vendre
les Cartes de Chronologie & d'Armoiries*
publiées par ion mari , en fa même de-»
-nieure au coin de ki rué neuve Notre-Dame^.
Si ses deux fils qui ont déja donné au Pu
blic plusieurs Ouvrages , continuent 1»
Profession de leur pere , & demeurent
Faîne , fur le Petit Pont, au Nom de Jésus ,
& le-cadet , rué, neuve Notre-Dame ,
ProvijienCf.. '•' ' • ' - •
Jean Baptiste Henry da Troussée de
Valincour, Secrétaire General de la Ma
rine , l'un des Quarante de l' Académie
Françoise , & Honoraire de l' Académie
Roy-ale des Sciences-, ci-devant Secrétairede
la Chambre ôc du Cabinet du Roy ,
mourut le y . de ce mois âgé de 77. ans».
a donné chez François l'Honoré des
Lettres Philosophiques fur la, forrmtion
des Sels & Crystaux , & fur la génération
& le mécanisme organique des Plantes &c
des Animaux , à l'occaíion de la pierre
Belemnitc & de la pierre Lenticulaire,
a.vec un Mémoire fur la Théorie de U
terre. Ces quatre Lettres font adressées à
Ifl. J. Scheuchzer. .
M. Durand, au Collège de Gresham à
Londres , Membre de la Société Royale ,
a composé & distribué {'Histoire de l'Or
& de FArgent, extraite de Pline le Natu
raliste , L. j j. avec un suplément à l'hil*
toire de l'Or, Vol- in folio.
Le Sieur Cbevillard, Généalogiste du
Roy , Çhronologiste & Historiographe
dç France s qualitez qui lui furent.acçordées
par Lettres du Grand Sceau du 19-
C i. F v) Fevrisno
MERCURÉ DE FRANCE:
Février, i 691. ) mourut en cette Ville té;
28 Décembre dernier, âgé de 73 ans moins
trois mois , fa veuve continue de vendre
les Cartes de Chronologie & d'Armoiries*
publiées par ion mari , en fa même de-»
-nieure au coin de ki rué neuve Notre-Dame^.
Si ses deux fils qui ont déja donné au Pu
blic plusieurs Ouvrages , continuent 1»
Profession de leur pere , & demeurent
Faîne , fur le Petit Pont, au Nom de Jésus ,
& le-cadet , rué, neuve Notre-Dame ,
ProvijienCf.. '•' ' • ' - •
Jean Baptiste Henry da Troussée de
Valincour, Secrétaire General de la Ma
rine , l'un des Quarante de l' Académie
Françoise , & Honoraire de l' Académie
Roy-ale des Sciences-, ci-devant Secrétairede
la Chambre ôc du Cabinet du Roy ,
mourut le y . de ce mois âgé de 77. ans».
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Résumé : « On écrit d'Amsterdam, que M. Bourguet a donné chez François l'Honoré des [...] »
Le texte évoque plusieurs événements et publications scientifiques et littéraires. À Amsterdam, M. BonrgHtt a présenté des Lettres Philosophiques sur la formation des sels et cristaux, ainsi que sur la génération et le mécanisme organique des plantes et des animaux, en étudiant la pierre Belemnitique et la pierre Lenticulaire. Ces lettres, adressées à M. J. Scheuchzer, incluent un mémoire sur la théorie de la Terre. Par ailleurs, M. Durand, membre de la Société Royale et professeur au Collège de Gresham à Londres, a composé et distribué une Histoire de l'Or et de l'Argent, extraite de Pline le Naturaliste, avec un supplément sur l'histoire de l'Or. Le texte mentionne également le décès de Jean Baptiste Henry de Valincour, Secrétaire Général de la Marine et membre de l'Académie Française, survenu le 7 février à l'âge de 77 ans. De plus, il note le décès du Sieur Chevillard, généalogiste du Roi, chronologiste et historiographe de France, survenu le 28 décembre précédent à l'âge de 73 ans moins trois mois. Sa veuve continue de vendre les cartes de chronologie et d'armoiries publiées par son mari.
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3854
p. 135-136
Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Début :
Toutes les Gazettes font mention dans l'article de Londres [...]
Mots clefs :
Charges, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Toutes les Gazettes font
mention dans l'article de
Londres , de la diftribution
des Charges que S. M. B. a
faite en faveur de ceux
qu'il lui a plû en revêtir.
C'eſt un chapitre ſur lequel
on ne peut dire que ce que
l'on trouve imprimé partout
, & dont les lecteurs
pourront , s'ils le jugentà
136 MERCURE
propos , s'inſtruire amplement
dans toutes les Gazettes
, où ils en trouveront
undétailſuffiſant.
mention dans l'article de
Londres , de la diftribution
des Charges que S. M. B. a
faite en faveur de ceux
qu'il lui a plû en revêtir.
C'eſt un chapitre ſur lequel
on ne peut dire que ce que
l'on trouve imprimé partout
, & dont les lecteurs
pourront , s'ils le jugentà
136 MERCURE
propos , s'inſtruire amplement
dans toutes les Gazettes
, où ils en trouveront
undétailſuffiſant.
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3855
p. 135-136
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
L'éloignement d'un Auteur ne manque guéres, Monsieur, d'être préjudiciable à l'impression [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
L'éloignement d'un Auteur ne manque guéres,
Monsieur, d'être préjudiciable à l'impression
de ses ouvrages. Je m'en suis ap-
perçu en parcourant les deux Brochures
intitulées Systême du vrai bonheur, & Ess.i
sur la perfection, que j'ai reçues seulement
y ai trouxé des
de purs quelques jouts.
136 MERCURE DEFRANCE.
erreurs typographiques, qui pourroient
faire croire que le François est une langue
tout-à-fait étrangere pour moi, & dont
quelques-unes forment des contrefens des-
agréables. Telles sont dans l'Essai sur la
perfection, p. 9. prince, pour principe,
Cencore cela est- il aisé à redresser,) mais
surtout. pr. 66 sujet de ceite sorte de désordre
pour exemt de, &c. compenser, pour com-
poser, p. 78. ce qui me paroit aise de prou-
ver, pour ce qu'il &c. C'est le premier
coup d'oeil qui m'a découvert ces fautes;
& j'en trouverois sans doute, si je faisois-
une lecture attentive de ces deux Ecrits.
Comme vous avez eu la bonté, Monsieur,
d'en parler dans un de vos derniers Mer-
cures de l'année passée, oserai- je vous
prier de. placer à la fin de quelqu'un de
ceux qui parcissent actuellement ce mo: de
lettre, où je serai ravi qu'on croye en mê-
me tems les afsurances de la considération
distinguée avec laquelle j'ai l'honneur-
d'être ,.
FORMEY.
Berlin le 14. Mars 1752.
L'éloignement d'un Auteur ne manque guéres,
Monsieur, d'être préjudiciable à l'impression
de ses ouvrages. Je m'en suis ap-
perçu en parcourant les deux Brochures
intitulées Systême du vrai bonheur, & Ess.i
sur la perfection, que j'ai reçues seulement
y ai trouxé des
de purs quelques jouts.
136 MERCURE DEFRANCE.
erreurs typographiques, qui pourroient
faire croire que le François est une langue
tout-à-fait étrangere pour moi, & dont
quelques-unes forment des contrefens des-
agréables. Telles sont dans l'Essai sur la
perfection, p. 9. prince, pour principe,
Cencore cela est- il aisé à redresser,) mais
surtout. pr. 66 sujet de ceite sorte de désordre
pour exemt de, &c. compenser, pour com-
poser, p. 78. ce qui me paroit aise de prou-
ver, pour ce qu'il &c. C'est le premier
coup d'oeil qui m'a découvert ces fautes;
& j'en trouverois sans doute, si je faisois-
une lecture attentive de ces deux Ecrits.
Comme vous avez eu la bonté, Monsieur,
d'en parler dans un de vos derniers Mer-
cures de l'année passée, oserai- je vous
prier de. placer à la fin de quelqu'un de
ceux qui parcissent actuellement ce mo: de
lettre, où je serai ravi qu'on croye en mê-
me tems les afsurances de la considération
distinguée avec laquelle j'ai l'honneur-
d'être ,.
FORMEY.
Berlin le 14. Mars 1752.
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3856
p. 2459-2460
Prix de l'Academie de Bordeaux &c. [titre d'après la table]
Début :
On a vû dans les Gazettes d'Hollande le Programme suivant, de l'Académie de Bourdeaux, [...]
Mots clefs :
Académie de Bordeaux, Auteur, Isaac Sarrau de Boynet, Circulation de la sève dans les plantes, Prix, Dissertation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Academie de Bordeaux &c. [titre d'après la table]
On a vu dans les Gazettes d'Hollande le Programme
suivant , de l'Académie de Bourdeaux
qu'on nous prie de donner ici avec quelques éclair
Cissemens fournis par le P.S. J. Auteur de la Dissertation
dont il est fait mention .
L'Académie assemblée le 8. Septembre 1733 %
présents Messieurs , & c. Après qu'il a été vérifié
( a) que le véritable Auteur de la Dissertation
Sur la Circulation de la séve dans les Planes,
couronnée et imprimée sous le nom de M. de la
Baisse , a déja remporté trois Prix en differentes
années . Vû la déliberation ( 6 ) du 29. Avril 1717--
par laquelle il est statué , qu'un même Auteur ne
(a) L'Auteur s'est découvert lui-même en décla→
vant qu'il ne prétendoit point au Prix.
(b) Cette Déliberation n'a point été notifiée à
l'Auteur , comme elle lefut à M. de Mairan. 1
F vj pourra
2460 MERCURE DE FRANCE
pourra obtenir que trois Prix , et que M. le Secretaire
sera chargé de prier ceux qui se trouveront
dans le cas , de ne plus travailler pour le concours .
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti l'Auteur
cy-dessus , lorsqu'il eut remporté le troisiéme
Prix dans la même forme que le fut M. de
Mairan (a) en 1717. l'Académie a déliberé que
la Médaille d'or décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix à distribuer le 25. Août 1734
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui
qui expliquera avec le plus de probabilité la dureté
, la molesse et la fluidité des corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier May Prochain inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé -
et cacheté , la même Sentence , avec son nom ,
ses qualitez et sa demeure d'une façon qui ne
puisse pas former d'équivoque.
Les Paquets seront a franchis de port et adressez .
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues, ou au sieur Brun, Imprimeur de l'Académie
, rue Saint James. Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie.
(a) M: de Mairanfut priê de ne plus concourir
et reçû Académicien , et l'on n'a pas même répandu
à l'Auteur sur ce qu'il demandoit s'il pouvoit
seulementprétendre à ce titre.
suivant , de l'Académie de Bourdeaux
qu'on nous prie de donner ici avec quelques éclair
Cissemens fournis par le P.S. J. Auteur de la Dissertation
dont il est fait mention .
L'Académie assemblée le 8. Septembre 1733 %
présents Messieurs , & c. Après qu'il a été vérifié
( a) que le véritable Auteur de la Dissertation
Sur la Circulation de la séve dans les Planes,
couronnée et imprimée sous le nom de M. de la
Baisse , a déja remporté trois Prix en differentes
années . Vû la déliberation ( 6 ) du 29. Avril 1717--
par laquelle il est statué , qu'un même Auteur ne
(a) L'Auteur s'est découvert lui-même en décla→
vant qu'il ne prétendoit point au Prix.
(b) Cette Déliberation n'a point été notifiée à
l'Auteur , comme elle lefut à M. de Mairan. 1
F vj pourra
2460 MERCURE DE FRANCE
pourra obtenir que trois Prix , et que M. le Secretaire
sera chargé de prier ceux qui se trouveront
dans le cas , de ne plus travailler pour le concours .
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti l'Auteur
cy-dessus , lorsqu'il eut remporté le troisiéme
Prix dans la même forme que le fut M. de
Mairan (a) en 1717. l'Académie a déliberé que
la Médaille d'or décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix à distribuer le 25. Août 1734
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui
qui expliquera avec le plus de probabilité la dureté
, la molesse et la fluidité des corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier May Prochain inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé -
et cacheté , la même Sentence , avec son nom ,
ses qualitez et sa demeure d'une façon qui ne
puisse pas former d'équivoque.
Les Paquets seront a franchis de port et adressez .
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues, ou au sieur Brun, Imprimeur de l'Académie
, rue Saint James. Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie.
(a) M: de Mairanfut priê de ne plus concourir
et reçû Académicien , et l'on n'a pas même répandu
à l'Auteur sur ce qu'il demandoit s'il pouvoit
seulementprétendre à ce titre.
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Résumé : Prix de l'Academie de Bordeaux &c. [titre d'après la table]
Le 8 septembre 1733, l'Académie de Bordeaux a examiné une dissertation sur la circulation de la sève dans les plantes, couronnée et imprimée sous le nom de M. de la Baisse. L'auteur avait déjà remporté trois prix, mais cette information ne lui avait pas été notifiée comme elle l'avait été à M. de Mairan. L'Académie a décidé de réserver la médaille d'or pour un nouveau prix, destiné à celui qui expliquera la dureté, la molesse et la fluidité des corps. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1734. Chaque dissertation doit inclure une sentence, et l'auteur doit fournir un billet cacheté avec la même sentence, son nom, ses qualités et sa demeure. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou à M. Brun, imprimeur de l'Académie.
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3857
p. 2033-2034
« Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Début :
Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...]
Mots clefs :
Docteur, Public, Principes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Guillaume Cavelier , Pierre- François Giffart ,
Libraires , rue S. Jacques , et Pierre Prault , aussi
Libraire , sur le Quay de Gesvres , viennent
de mettre en vente un Ouvrage intitulé : OBSERVATIONS
importantes sur le Manuel des Ac-
COV
2034 MERCURE DE FRANCE
couchemens , &c. traduites du Latin de M. Henry
Deventer , Docteur en Medecine , et augmentées
de Reflexions sur les points les plus interessans , par
Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt ,Docteur en la
même Faculté; in 4. de 432.P. sans les Préfaces et
P'Epitre Dédicatoire à M. Chicoyneau , premier
Médecin du Roy. Planches détachées XL .
Nous avons reçû une Lettre dattée de Paris ,
du 5 Juin , par laquelle la Personne qui l'écrit ,
après avoir parlé de la nécessité et des avantatages
de la memoire , sur tout à l'égard des
Gens de Lettres , nous prie de publier ce
qu'elle contient , qui consiste principalement à
engager les Sçavans de vouloir nous marquer les
differens moyens qu'on peut mettre en pratique
ou qu'ils ont eux - mêmes mis en usage pour la
cultiver , la conserver et pour prévenir ce qui
pourroit l'affoiblir. Nous ferons avec plaisir part
au Public de ce qu'on écrira sur ce sujet , qui
n'a pas encore parû dans ce Journal.
Le sieur Royllet , Ecrivain Juré , et de la Societé
des Arts , demeurant à Paris , rue de la
Verrerie , qui a donné au Public un Traité des
Principes de l'Ecriture, va encore donner un autre
Traité des Principes de l'Arithmétique , Changes
Etrangers , Compres à parties doubles Arbitrages
, &c. Il fera des Demostrations gratis ,
sur l'une et l'autre matiere , les Mardis de chaque
Semaine.
Libraires , rue S. Jacques , et Pierre Prault , aussi
Libraire , sur le Quay de Gesvres , viennent
de mettre en vente un Ouvrage intitulé : OBSERVATIONS
importantes sur le Manuel des Ac-
COV
2034 MERCURE DE FRANCE
couchemens , &c. traduites du Latin de M. Henry
Deventer , Docteur en Medecine , et augmentées
de Reflexions sur les points les plus interessans , par
Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt ,Docteur en la
même Faculté; in 4. de 432.P. sans les Préfaces et
P'Epitre Dédicatoire à M. Chicoyneau , premier
Médecin du Roy. Planches détachées XL .
Nous avons reçû une Lettre dattée de Paris ,
du 5 Juin , par laquelle la Personne qui l'écrit ,
après avoir parlé de la nécessité et des avantatages
de la memoire , sur tout à l'égard des
Gens de Lettres , nous prie de publier ce
qu'elle contient , qui consiste principalement à
engager les Sçavans de vouloir nous marquer les
differens moyens qu'on peut mettre en pratique
ou qu'ils ont eux - mêmes mis en usage pour la
cultiver , la conserver et pour prévenir ce qui
pourroit l'affoiblir. Nous ferons avec plaisir part
au Public de ce qu'on écrira sur ce sujet , qui
n'a pas encore parû dans ce Journal.
Le sieur Royllet , Ecrivain Juré , et de la Societé
des Arts , demeurant à Paris , rue de la
Verrerie , qui a donné au Public un Traité des
Principes de l'Ecriture, va encore donner un autre
Traité des Principes de l'Arithmétique , Changes
Etrangers , Compres à parties doubles Arbitrages
, &c. Il fera des Demostrations gratis ,
sur l'une et l'autre matiere , les Mardis de chaque
Semaine.
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Résumé : « Guillaume Cavelier, Pierre-François Giffart, Libraires, ruë S. Jacques, et Pierre Prault, aussi [...] »
Le texte annonce la vente d'un ouvrage intitulé 'Observations importantes sur le Manuel des Accouchements', traduit du latin par Henry Deventer, Docteur en Médecine, et augmenté de réflexions par Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt, également Docteur en Médecine. L'ouvrage est publié par Guillaume Cavelier et Pierre-François Giffart, libraires rue Saint-Jacques, et Pierre Prault, libraire sur le Quay de Gesvres. Il contient 432 pages, sans les préfaces et l'épître dédiée à M. Chicoyneau, et inclut 40 planches détachées. Une lettre datée du 5 juin de Paris discute de l'importance de la mémoire, particulièrement pour les gens de lettres, et invite les savants à partager les moyens qu'ils utilisent pour cultiver, conserver et protéger leur mémoire. Le journal s'engage à publier ces contributions. Enfin, le texte mentionne le sieur Royllet, Écrivain Juré et membre de la Société des Arts, résidant rue de la Verrerie à Paris. Royllet a publié un traité sur les principes de l'écriture et prévoit de publier un autre traité sur les principes de l'arithmétique, les changes étrangers, les comptes à parties doubles et les arbitrages. Il offrira des démonstrations gratuites sur ces sujets les mardis de chaque semaine.
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3858
p. 1605-1607
« Livres de Medecine que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques, à Paris, a nouvellement [...] »
Début :
Livres de Medecine que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques, à Paris, a nouvellement [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Livres de Medecine que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques, à Paris, a nouvellement [...] »
Livres de Medecine que Cavelier , Lië
braire , rue S. Jacques , à Paris , a nouvellement
reçûs de différens Païs. ·
Gouraigne ( Hug. ) Tractatus de Febribus
juxta circulationis leges , in 12. Monf
pelii 1730.
Manne ( Fr. ) Obfervation de Chirurgic
au fujet d'une playe à la tête , avec fracas
dans le crane , avec des Obfervations
des Sçavans confultés par l'Auteur -
à ce fujet , in 12. Avignon 1729.
Juncker ( Jo. ) Confpectus Chemiæ Theoret
Practicæ in forma Tabularum reprefentatus
, Dogmatibus Becheri &
Stahlii. in 4. Hala Magd. 1730.
Vaillant ( Sebaft. ) Botanicon Parifienfe
ou Dénombrement
des Plantes qui ſe
trouvent aux environs de Paris , avec
les figures deffinées par Aubinet , fol.
Amft. 1727.1
Hoffmanni ( Frid. ) Medicina Rationalis
fyftematica , quo Philofophia corporis
F- v hu- -
>
1606 MERCURE DE FRANCE
humani vivi & fani ex folidis Phyfico
Mecanicis & Anatomicis principiis methodo
planè demonftrativa . 4. vol . in-
4. Venetiis 1730.
Luifini ( Ant. )Aphrofidiacus, five de Lue
Venerea , vel Morbo Gallico , cum Præ
⚫fatione Boerhaave. in fol . 2. vol. Lug.
Bat. 1728.
Glandorpii ( Mat. ) Opera omnia , Speculum
Chirurgorum , in quo quid in vul
nere faciendum pertractatur , methodus
medendæ Paronychiæ , de Polypo
narium , Gazophylacium Polyplufium
fonticularum . in 4. Londini 1729.
Aurelianus ( Caelius ) de morbis acutis &
chronicis , cum animadverfionibus ab
Almelovun in 4. Amft. 1722.
Allen Synopfis univerfa Medicine Practicæ
, five Doct . virorum , de morbis
eorum quæ caufis ac remediis judicia.
Editio 3. auctior & emendatior , in 8 .
Amft: 1729.
Ruifch. ( Frid . ) Curæ renovate , feu Thefaurus
Anatomicus poft curas pofteriores
novus. in 4. fig. Amft . 1728 .
De la Digeftion & des maladies de l'eftomac
, fuivant le fiftême . de la trituration
& du broyement. Nov. Edition
contenant la Réponse à M. Sylva , cinq
Lettres fur la revulfion , la faignée &
le kermes mineral & les maladies.des
"
yeux
JUILLET. 1730. 1607
C
yeux &c. par M. Hecquet . 2. vol . in
12. Paris , chez Cavelier 1730. Tome
premier contient 619. pages , le Tome
fecond 630. fans la Préface & l'explication
des termes de Medecine & de
Phyfique .
Les Wetsteins & Smith , Libraires à Amf
terdam , ont achevé la magnifique impreffion
que les Antiquaires attendoient
avec une extrême impatience. C'eft la riche
Defcription du Cabinet de Médailles du
Prince de Saxe Gotha , publiée par M.
Chriftian Sigifmond Liebe ; elle eft intitulée
GOTHA NUMARIA fiftens
Thefauri Fredericani Numifmata antiqua
aurea , argentea , area , ea ratione defcripta,
utgenerali coram notitia exempla fingularia
fubjunguntur , Autore Chriftiano Sigifmundo.
Liebe. Accedunt ex Andrea Morellii ſpecimine
univerfa rei Numaria antiqua excerpta
, & Epiftola tres Ez. Spanhemii , quibus
rariores ejufdem Thefauri Numi illuftrantur ..
1730. in fol.
braire , rue S. Jacques , à Paris , a nouvellement
reçûs de différens Païs. ·
Gouraigne ( Hug. ) Tractatus de Febribus
juxta circulationis leges , in 12. Monf
pelii 1730.
Manne ( Fr. ) Obfervation de Chirurgic
au fujet d'une playe à la tête , avec fracas
dans le crane , avec des Obfervations
des Sçavans confultés par l'Auteur -
à ce fujet , in 12. Avignon 1729.
Juncker ( Jo. ) Confpectus Chemiæ Theoret
Practicæ in forma Tabularum reprefentatus
, Dogmatibus Becheri &
Stahlii. in 4. Hala Magd. 1730.
Vaillant ( Sebaft. ) Botanicon Parifienfe
ou Dénombrement
des Plantes qui ſe
trouvent aux environs de Paris , avec
les figures deffinées par Aubinet , fol.
Amft. 1727.1
Hoffmanni ( Frid. ) Medicina Rationalis
fyftematica , quo Philofophia corporis
F- v hu- -
>
1606 MERCURE DE FRANCE
humani vivi & fani ex folidis Phyfico
Mecanicis & Anatomicis principiis methodo
planè demonftrativa . 4. vol . in-
4. Venetiis 1730.
Luifini ( Ant. )Aphrofidiacus, five de Lue
Venerea , vel Morbo Gallico , cum Præ
⚫fatione Boerhaave. in fol . 2. vol. Lug.
Bat. 1728.
Glandorpii ( Mat. ) Opera omnia , Speculum
Chirurgorum , in quo quid in vul
nere faciendum pertractatur , methodus
medendæ Paronychiæ , de Polypo
narium , Gazophylacium Polyplufium
fonticularum . in 4. Londini 1729.
Aurelianus ( Caelius ) de morbis acutis &
chronicis , cum animadverfionibus ab
Almelovun in 4. Amft. 1722.
Allen Synopfis univerfa Medicine Practicæ
, five Doct . virorum , de morbis
eorum quæ caufis ac remediis judicia.
Editio 3. auctior & emendatior , in 8 .
Amft: 1729.
Ruifch. ( Frid . ) Curæ renovate , feu Thefaurus
Anatomicus poft curas pofteriores
novus. in 4. fig. Amft . 1728 .
De la Digeftion & des maladies de l'eftomac
, fuivant le fiftême . de la trituration
& du broyement. Nov. Edition
contenant la Réponse à M. Sylva , cinq
Lettres fur la revulfion , la faignée &
le kermes mineral & les maladies.des
"
yeux
JUILLET. 1730. 1607
C
yeux &c. par M. Hecquet . 2. vol . in
12. Paris , chez Cavelier 1730. Tome
premier contient 619. pages , le Tome
fecond 630. fans la Préface & l'explication
des termes de Medecine & de
Phyfique .
Les Wetsteins & Smith , Libraires à Amf
terdam , ont achevé la magnifique impreffion
que les Antiquaires attendoient
avec une extrême impatience. C'eft la riche
Defcription du Cabinet de Médailles du
Prince de Saxe Gotha , publiée par M.
Chriftian Sigifmond Liebe ; elle eft intitulée
GOTHA NUMARIA fiftens
Thefauri Fredericani Numifmata antiqua
aurea , argentea , area , ea ratione defcripta,
utgenerali coram notitia exempla fingularia
fubjunguntur , Autore Chriftiano Sigifmundo.
Liebe. Accedunt ex Andrea Morellii ſpecimine
univerfa rei Numaria antiqua excerpta
, & Epiftola tres Ez. Spanhemii , quibus
rariores ejufdem Thefauri Numi illuftrantur ..
1730. in fol.
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Résumé : « Livres de Medecine que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques, à Paris, a nouvellement [...] »
Le document énumère des livres de médecine récemment reçus par Cavelier, libraire à Paris. Les ouvrages couvrent divers sujets tels que les fièvres, les blessures à la tête, la chimie, la botanique, la médecine rationnelle, la syphilis, la chirurgie, et les maladies aiguës et chroniques. Les auteurs mentionnés incluent Gouraigne, Manne, Juncker, Vaillant, Hoffmann, Luifini, Glandorpii, Aurelianus, Allen, et Ruifch. Les livres proviennent de plusieurs villes européennes comme Avignon, Halle, Amsterdam, et Londres, et ont été publiés entre 1722 et 1730. Le document cite également une édition révisée d'un ouvrage sur la digestion et les maladies de l'estomac par M. Hecquet, publiée en 1730. De plus, il fait référence à une riche description du Cabinet de Médailles du Prince de Saxe Gotha, publiée par Christian Sigismond Liebe, avec des contributions d'Andrea Morellii et Ez. Spanhemii.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3859
p. 755-758
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçû le noble [...]
Mots clefs :
Académie, Sciences, Prix, Navigation, Astronomie, Tremblement de terre, Médecin, Manuscrit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences , pour l'année 1733.
Eu M. Rouillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrés des Sciences , et
Putilité que le Public en doit retirer , a legué à
P'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets qu'il a
indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde et l'Astronomie Phisique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter
mes du Testament , et se distribuer tous les ansi
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , il sera de z çoo. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
& le Commerce,
E vj II
756 MERCURE DE FRANCE.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000. livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix , qui tombe dans l'année 1733 .
Quelle est la meilleure maniere de mesurer
sur Mer le chemin ou le sillage du Vaisseau ,
indépendamment des observations astronomiques.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez
étrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils.
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles ,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algébre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
,
mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un.
Billet séparé , et cacheté par eux ,
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez
et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par
l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
où seront avec.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas , le Secretaire
en donnera en même tems à celui qui les lui aura.
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre
ou lé tems dans lequel il aura été reçû ,
Les
AVRIL:
1731. 757
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1732. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'aprés
Pâques 1733. proclamera la Piece qui aura remporté
ce Prix..
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé . Il n'y aura à cela. ~
Inulle autre formalité.
Sil n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
M. Bouguer, Hidrographe du Roi , au Croisie
en Bretagne , a remporté le Prix de 1731 .
On a reçû par un Bâtiment Anglois arrivé depuist
peu à Genes , des Lettres de S. Christoval de la
Laguna , Capitale de l'Isle . Tenerife , l'une des
Isles Canaries , dattées du 8. Decembre dernier ,
qui portent en substance que le 30. du mois
de Novembre précedent , on avoit ressenti deux
violentes secousses de Tremblement de terre dans
l'Isle Graciosa , située à l'Orient ; qu'à peine eurent-
elles cessé , que la terre s'étoit ouverte en
cinq endroits differens , qu'il en étoit sorti des
tourbillons de flammes , mêlez de pierres calcinées
et de matieres bitumeuses , que le feu s'étant
communiqué aux habitations , elles avoient été
réduites en cendres en moins d'une demie heure ;
que
le premier Decembre vers les neuf heures du
foir , ces Gouffres avoient cessé de jetter du feu
mais que le 2. l'embrasement avoit recommencé
avec tant de violence, que les maisons épargnées
par le premier , avoient été détruites , et que le
vent ayant porté le feu dans une grande Forêt.
voisineelle bruloit encore au départ des Lettres;
que
78 MERCURE DE FRANCE
que le 6. un nouveau Tremblement de terre s'étoit
fait sentir à la pointe Occidentale de l'Isle de
Tenerife , qu'il s'étoit fait une ouverture dans une
Plaine située à dix lieues de la Ville Capitale de
PIsle ; que ce Gouffre s'étant agrandi les jours
suivans , une petite Montagne qui étoit sur le
bord , avoit été ébranlée et étoit tombée dedans,
et qu'il continuoit de sortir beaucoup de fumée
de cette ouverture .
On écrit de Rome , que la Princesse Giustiniani
étant dangereusement malade , sa Famille avoit
fait venir de Bologne le Docteur Pozzi , celebre
Medecin , qui lui avoit ordonné un Bain d'huile,
cette Dame l'a pris deux fois , et la petite Verole
qui étoit presque rentrée , a cû son progrès ordi,
naire , desorte qu'elle est presentement hors de
danger .
des Sciences , pour l'année 1733.
Eu M. Rouillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrés des Sciences , et
Putilité que le Public en doit retirer , a legué à
P'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets qu'il a
indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde et l'Astronomie Phisique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter
mes du Testament , et se distribuer tous les ansi
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , il sera de z çoo. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
& le Commerce,
E vj II
756 MERCURE DE FRANCE.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000. livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix , qui tombe dans l'année 1733 .
Quelle est la meilleure maniere de mesurer
sur Mer le chemin ou le sillage du Vaisseau ,
indépendamment des observations astronomiques.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez
étrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils.
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles ,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algébre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
,
mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un.
Billet séparé , et cacheté par eux ,
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez
et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par
l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
où seront avec.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas , le Secretaire
en donnera en même tems à celui qui les lui aura.
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre
ou lé tems dans lequel il aura été reçû ,
Les
AVRIL:
1731. 757
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1732. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'aprés
Pâques 1733. proclamera la Piece qui aura remporté
ce Prix..
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé . Il n'y aura à cela. ~
Inulle autre formalité.
Sil n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
M. Bouguer, Hidrographe du Roi , au Croisie
en Bretagne , a remporté le Prix de 1731 .
On a reçû par un Bâtiment Anglois arrivé depuist
peu à Genes , des Lettres de S. Christoval de la
Laguna , Capitale de l'Isle . Tenerife , l'une des
Isles Canaries , dattées du 8. Decembre dernier ,
qui portent en substance que le 30. du mois
de Novembre précedent , on avoit ressenti deux
violentes secousses de Tremblement de terre dans
l'Isle Graciosa , située à l'Orient ; qu'à peine eurent-
elles cessé , que la terre s'étoit ouverte en
cinq endroits differens , qu'il en étoit sorti des
tourbillons de flammes , mêlez de pierres calcinées
et de matieres bitumeuses , que le feu s'étant
communiqué aux habitations , elles avoient été
réduites en cendres en moins d'une demie heure ;
que
le premier Decembre vers les neuf heures du
foir , ces Gouffres avoient cessé de jetter du feu
mais que le 2. l'embrasement avoit recommencé
avec tant de violence, que les maisons épargnées
par le premier , avoient été détruites , et que le
vent ayant porté le feu dans une grande Forêt.
voisineelle bruloit encore au départ des Lettres;
que
78 MERCURE DE FRANCE
que le 6. un nouveau Tremblement de terre s'étoit
fait sentir à la pointe Occidentale de l'Isle de
Tenerife , qu'il s'étoit fait une ouverture dans une
Plaine située à dix lieues de la Ville Capitale de
PIsle ; que ce Gouffre s'étant agrandi les jours
suivans , une petite Montagne qui étoit sur le
bord , avoit été ébranlée et étoit tombée dedans,
et qu'il continuoit de sortir beaucoup de fumée
de cette ouverture .
On écrit de Rome , que la Princesse Giustiniani
étant dangereusement malade , sa Famille avoit
fait venir de Bologne le Docteur Pozzi , celebre
Medecin , qui lui avoit ordonné un Bain d'huile,
cette Dame l'a pris deux fois , et la petite Verole
qui étoit presque rentrée , a cû son progrès ordi,
naire , desorte qu'elle est presentement hors de
danger .
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
En 1733, l'Académie Royale des Sciences annonça deux prix, financés par un legs de M. Rouillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris. Le premier prix, doté de 2 000 livres tous les deux ans, portait sur le système général du monde et l'astronomie physique. Le second prix, également de 2 000 livres, concernait la navigation et le commerce. Pour l'année 1733, le sujet du second prix était la meilleure manière de mesurer sur mer le chemin ou le sillage d'un vaisseau, indépendamment des observations astronomiques. L'Académie invita les savants de toutes les nations à soumettre leurs travaux, en français ou en latin, sans obligation de langue. Les auteurs devaient utiliser une devise anonyme et pouvaient inclure un billet cacheté avec leur identité, à ouvrir en cas de victoire. Les œuvres devaient être soumises au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1732. Le prix serait attribué lors de l'assemblée publique après Pâques 1733. En 1731, M. Bouguer, hydrographe du Roi, avait remporté le prix. Par ailleurs, des lettres de Tenerife rapportaient des tremblements de terre et des éruptions volcaniques dans les îles Canaries. À Rome, la princesse Giustiniani, soignée par le docteur Pozzi, était hors de danger après avoir contracté la petite vérole.
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3860
p. 134-138
LE MAUVAIS MENAGE. Bouts-Rimez du Mois precedent. Par Mr Daubicourt.
Début :
Cette Femme est, dit-on, paisible Tourterelle, [...]
Mots clefs :
Femme, Guenuche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MAUVAIS MENAGE. Bouts-Rimez du Mois precedent. Par Mr Daubicourt.
LEMAUVAIS MENAGE.
Bouts-Rimez du Mois
precedent.
ParMrDaubicourt.
Cette Femme est, dit-on,
paisibleTourterelle,
EtJonjeune Mariparoît
unvray Mouton.
Ce n'estrienmoins, l'un
estétourdi Haneton,
L'autre , vive & legere
autantqu'une
Hirondelle.
La Femme toûjoursparle
&parle en Perroquet.
LeÎMoéarliaquisouvent a Linote,
Fait un bruit. C'est un
train
>
la Servante en
marmote,
Se chamaillant, ils font
abboyerleur roquet,
Aleur exemple on voit le
Singe&la Guenuche.
Faire entr'euxchaque
jour des chamaillis
nouveaux.
Il vont dans L'écurie,
èfrayentles Chevaux,
Etfontfuïrsurles toits
Sansonet&Guenuche.
Pendant ce tintamarre à
quoy pense le Chat,
Ilsautesur le croc, sepend
auxGelinotes.,
Puis dans un bacquet
d'eau tombantsurdes
Barbotes,
Enpêcheune&lagruge ,
ensuite ilchasse un Rat.
On crie aufeu, l'onvient,
pour lors ,
vache &
genisse
Toutestpillé, dindons ,
canars,poule,poulet,
Vn Soldatpar la queuë
entraînantun Mulet,
Veut le faire aprés luy,
marcheren Ecrevisse.
Ainsisur nosEpoux tirant
la Beccassine , Chacuncroit avoir droit
de plumerle Pigeon,
En tel ménageenfin, l'on
mangeoitl'Elturgeon,
L'onymange à present à
peineune Sardine.
Bouts-Rimez du Mois
precedent.
ParMrDaubicourt.
Cette Femme est, dit-on,
paisibleTourterelle,
EtJonjeune Mariparoît
unvray Mouton.
Ce n'estrienmoins, l'un
estétourdi Haneton,
L'autre , vive & legere
autantqu'une
Hirondelle.
La Femme toûjoursparle
&parle en Perroquet.
LeÎMoéarliaquisouvent a Linote,
Fait un bruit. C'est un
train
>
la Servante en
marmote,
Se chamaillant, ils font
abboyerleur roquet,
Aleur exemple on voit le
Singe&la Guenuche.
Faire entr'euxchaque
jour des chamaillis
nouveaux.
Il vont dans L'écurie,
èfrayentles Chevaux,
Etfontfuïrsurles toits
Sansonet&Guenuche.
Pendant ce tintamarre à
quoy pense le Chat,
Ilsautesur le croc, sepend
auxGelinotes.,
Puis dans un bacquet
d'eau tombantsurdes
Barbotes,
Enpêcheune&lagruge ,
ensuite ilchasse un Rat.
On crie aufeu, l'onvient,
pour lors ,
vache &
genisse
Toutestpillé, dindons ,
canars,poule,poulet,
Vn Soldatpar la queuë
entraînantun Mulet,
Veut le faire aprés luy,
marcheren Ecrevisse.
Ainsisur nosEpoux tirant
la Beccassine , Chacuncroit avoir droit
de plumerle Pigeon,
En tel ménageenfin, l'on
mangeoitl'Elturgeon,
L'onymange à present à
peineune Sardine.
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Résumé : LE MAUVAIS MENAGE. Bouts-Rimez du Mois precedent. Par Mr Daubicourt.
Le texte 'Lemauvais ménage' illustre un désordre domestique à travers des métaphores animalières. Une femme, initialement comparée à une tourterelle paisible, et son mari, décrit comme un jeune mouton, se révèlent différents. L'homme est un étourdi hanneton, tandis que la femme est vive et légère comme une hirondelle. La femme parle sans cesse comme un perroquet, et le mari, semblable à un linot, fait souvent du bruit. Leur servante marmonne, et les disputes quotidiennes effraient les chevaux et font fuir les chats sur les toits. Pendant ce chaos, le chat chasse les rats, provoquant une panique générale. Les animaux de la ferme, comme les vaches et les poules, sont perturbés. Un soldat tente de faire marcher un mulet à la manière d'une écrevisse. Les époux se disputent pour des droits sur un pigeon, et leur situation financière semble s'être dégradée, passant de la consommation d'esturgeon à celle de sardines.
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3861
p. 92-96
« D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
Début :
D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...]
Mots clefs :
Ribagorce, Pièces de canon, Poudre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
D'autres Lettrés portent
qu'on avoit trouvé dans
cettePlace cinquante pieces
de canon de bronze,
plusieurs de fer, soixante
& dix milliers de poudre,
& une grande quantité de
provisions ; que les Troupes
Espagnoles ont pris à
discretion la Ville & le
Chasteau de Morella, sur
les confins du Royaume de
Valence &: de la Catalogne,
Graus
,
Benavari, &
le Chasteau de Miravet ;
& quelles avoient reduit à
l'obéïssance tout le Pays de
Ribagorça ; qu'on .avait
trouvé dans Morella sept
pieces de canon , quatre
Mortiers, cent barils de
poudre, quatre cent bonlets,
vingt-cinq caisses de
balles de fusils, trois cent
cinquanteFusils ouMousquets
,
des Bombes
, &
plusieursautresattirails de
guerre ;- que Mr le Maiv
quis de Valdecanas,aprés
avoir c18Ifé les Ennemis
detout le Pays de Ribagorça
, avoit passéla Ribagorçana&
défait dans la Conca
de Trems quinze cent
Miquelets quivouloient
s'opposer à son passage.
Que Mr de Vendosme
avoit donné les ordres pour
préparer toutes les clioÍès"
necessaires à un siege, &
qu'il devoit partir au plustost
pour aller joindre l'armée
où les recruës arrivoient
de toutes parts;
qu'on levoit plusieurs Regiments
nouveaux dont
l'un portera le nom de Piemont
& l'autre celuy de
Sicile; que Mr le Comte
d'Aguilar avoit donné les
ordres pour faire faire soixante
mille habits, un pareil
nombre de paires de
Souliers, autant de Bas &:
deChapeaux,&le double
de Chemises 6c de Cravates
; ôcque les Eglises, les
Communautez , - ôc les
Grands, faisoient à l'envides
dons gratuits à sa MajestéCatholique.
qu'on avoit trouvé dans
cettePlace cinquante pieces
de canon de bronze,
plusieurs de fer, soixante
& dix milliers de poudre,
& une grande quantité de
provisions ; que les Troupes
Espagnoles ont pris à
discretion la Ville & le
Chasteau de Morella, sur
les confins du Royaume de
Valence &: de la Catalogne,
Graus
,
Benavari, &
le Chasteau de Miravet ;
& quelles avoient reduit à
l'obéïssance tout le Pays de
Ribagorça ; qu'on .avait
trouvé dans Morella sept
pieces de canon , quatre
Mortiers, cent barils de
poudre, quatre cent bonlets,
vingt-cinq caisses de
balles de fusils, trois cent
cinquanteFusils ouMousquets
,
des Bombes
, &
plusieursautresattirails de
guerre ;- que Mr le Maiv
quis de Valdecanas,aprés
avoir c18Ifé les Ennemis
detout le Pays de Ribagorça
, avoit passéla Ribagorçana&
défait dans la Conca
de Trems quinze cent
Miquelets quivouloient
s'opposer à son passage.
Que Mr de Vendosme
avoit donné les ordres pour
préparer toutes les clioÍès"
necessaires à un siege, &
qu'il devoit partir au plustost
pour aller joindre l'armée
où les recruës arrivoient
de toutes parts;
qu'on levoit plusieurs Regiments
nouveaux dont
l'un portera le nom de Piemont
& l'autre celuy de
Sicile; que Mr le Comte
d'Aguilar avoit donné les
ordres pour faire faire soixante
mille habits, un pareil
nombre de paires de
Souliers, autant de Bas &:
deChapeaux,&le double
de Chemises 6c de Cravates
; ôcque les Eglises, les
Communautez , - ôc les
Grands, faisoient à l'envides
dons gratuits à sa MajestéCatholique.
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Résumé : « D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
Le texte décrit des opérations militaires et logistiques des troupes espagnoles. Des Lettrés ont découvert cinquante pièces de canon en bronze, plusieurs en fer, soixante-dix mille livres de poudre et des provisions dans une place. Les Espagnols ont pris Morella, son château, ainsi que Graus, Benavari, le château de Miravet et soumis le pays de Ribagorça. À Morella, ils ont trouvé sept pièces de canon, quatre mortiers, cent barils de poudre, quatre cents bonnets, vingt-cinq caisses de balles de fusils, trois cent cinquante fusils ou mousquets, des bombes et divers équipements. Le marquis de Valdecanas a chassé les ennemis de Ribagorça et vaincu quinze cents Miquelets dans la Conca de Trems. Le duc de Vendôme prépare un siège et doit rejoindre l'armée, où des recrues affluent. Plusieurs nouveaux régiments, dont Piemont et Sicile, sont levés. Le comte d'Aguilar a commandé la fabrication de soixante mille habits, paires de souliers, bas, chapeaux, ainsi que le double en chemises et cravates. Les Églises, communautés et grands personnages font des dons à Sa Majesté Catholique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3862
p. 127-131
« Vous ne me demanderez plus pourquoy Mr d'Ambruis aprés s'estre [...] »
Début :
Vous ne me demanderez plus pourquoy Mr d'Ambruis aprés s'estre [...]
Mots clefs :
Mr d'Ambruis, Réputation, Airs, Recueil, Couplets, Voix, Public, Basse, Chanter, Livres, Cadence, Mr Lambert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Vous ne me demanderez plus pourquoy Mr d'Ambruis aprés s'estre [...] »
Vous ne me demanderez
plus pourquoy M' d'Ambruis
aprés s'eftre acquis
tant de réputation par fes
beaux Airs , a negligé d'en
faire part au Public. Il vient
d'en donner un Recueil avec
leurs ornemens dans la me--
Eiij !
128 MERCURE
4
fure , & les ſeconds coupless
en diminution
,
meſurez
auſſi ſur la Baſſe continuë ,&
tres- propres pour ceux qui
veulent ſe perfectionner dans
l'Art de bien chanter , ou tou
cher ſur la partie pour l'accompagnement
de la voix
feule. Il a cru devoir cette fatisfaction
au Public , qui le
preſſoit depuis fort longtemps
de faire imprimer
quelques- uns de ſes Airs qui
couroient dans le monde fort
imparfaits , & fans leurs Baf
ſes naturelles. Ce Recueil
en contient beaucoup qui
GALANT. 129 .
ont merité une eſtime gené
rale . Mª d'Ambruis y en a
joint d'autres qui n'ont point
encore paru , & il les a accompagnez
de leurs ſeconds.
couplets en diminution , mefurez
pareillement ſur la Baſſe
continue. Il a mis à la fin un
Dialogue pour une Hautecontre
, un Deſſus , & une
Baſſe continue. On pourra
chaanntteerrlaBaſſe- contre quand
on voudra , & en ce cas on
pourra aufli chanter le Def
fus enTaille. Ceux qui fou.
haiteront ſe perfectionner
dans l'Art du Chant trou
130 MERCURE
veront de la fatisfaction dans
ce Livre , & fi l'on veut confulter
ce celebre Maiſtre , on
découvrira des facilitez qui
ne peuvent s'exprimer ſur le
papier. Il s'eſt ſervy en quelques
endroits de marques
particulieres au lieu de No.
res , pour les Ports de Voix,
Cadences épuisées , Cadences
en l'air , doubles Cadences
, flatemens , accens , ou
plaintes. Il promet dans peu
un autre Livre d'Airs à trois
parties chantantes , & d'au
tres Ouvrages. Ila dédié ce
luy- cy à l'Illuftre M Lam
GALANT. 131
,
bert , Maiſtre de Muſique de
la Chambre du Roy. Il en
fait l'éloge & avoue que
c'eſt dans la méditation de fes
Ouvrages , qu'il a puiſé les
connoiſſances qui l'ont fait
travailler fi heureuſement. Il
eſt aſſez rare qu'un habile
Homme veüille ceder à un
autre de meſme profeſſion,
& c'eſt ce qui fera eſtimerM
d'Ambruis autant que fes
beaux Airs , & ce qui luy a
peut- eſtre attiré ce Sonnet.
plus pourquoy M' d'Ambruis
aprés s'eftre acquis
tant de réputation par fes
beaux Airs , a negligé d'en
faire part au Public. Il vient
d'en donner un Recueil avec
leurs ornemens dans la me--
Eiij !
128 MERCURE
4
fure , & les ſeconds coupless
en diminution
,
meſurez
auſſi ſur la Baſſe continuë ,&
tres- propres pour ceux qui
veulent ſe perfectionner dans
l'Art de bien chanter , ou tou
cher ſur la partie pour l'accompagnement
de la voix
feule. Il a cru devoir cette fatisfaction
au Public , qui le
preſſoit depuis fort longtemps
de faire imprimer
quelques- uns de ſes Airs qui
couroient dans le monde fort
imparfaits , & fans leurs Baf
ſes naturelles. Ce Recueil
en contient beaucoup qui
GALANT. 129 .
ont merité une eſtime gené
rale . Mª d'Ambruis y en a
joint d'autres qui n'ont point
encore paru , & il les a accompagnez
de leurs ſeconds.
couplets en diminution , mefurez
pareillement ſur la Baſſe
continue. Il a mis à la fin un
Dialogue pour une Hautecontre
, un Deſſus , & une
Baſſe continue. On pourra
chaanntteerrlaBaſſe- contre quand
on voudra , & en ce cas on
pourra aufli chanter le Def
fus enTaille. Ceux qui fou.
haiteront ſe perfectionner
dans l'Art du Chant trou
130 MERCURE
veront de la fatisfaction dans
ce Livre , & fi l'on veut confulter
ce celebre Maiſtre , on
découvrira des facilitez qui
ne peuvent s'exprimer ſur le
papier. Il s'eſt ſervy en quelques
endroits de marques
particulieres au lieu de No.
res , pour les Ports de Voix,
Cadences épuisées , Cadences
en l'air , doubles Cadences
, flatemens , accens , ou
plaintes. Il promet dans peu
un autre Livre d'Airs à trois
parties chantantes , & d'au
tres Ouvrages. Ila dédié ce
luy- cy à l'Illuftre M Lam
GALANT. 131
,
bert , Maiſtre de Muſique de
la Chambre du Roy. Il en
fait l'éloge & avoue que
c'eſt dans la méditation de fes
Ouvrages , qu'il a puiſé les
connoiſſances qui l'ont fait
travailler fi heureuſement. Il
eſt aſſez rare qu'un habile
Homme veüille ceder à un
autre de meſme profeſſion,
& c'eſt ce qui fera eſtimerM
d'Ambruis autant que fes
beaux Airs , & ce qui luy a
peut- eſtre attiré ce Sonnet.
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Résumé : « Vous ne me demanderez plus pourquoy Mr d'Ambruis aprés s'estre [...] »
Le texte présente la publication d'un recueil d'airs par M. d'Ambruis, compositeur reconnu, incluant ornements et seconds couplets en diminution mesurés sur la basse continue. Ce recueil vise à aider ceux qui souhaitent se perfectionner dans le chant ou l'accompagnement vocal. Il répond à une demande publique pour des versions plus parfaites des airs. Le recueil comprend des œuvres déjà populaires et des pièces inédites, et se termine par un dialogue pour haute-contre, dessus et basse continue. Des marques spécifiques indiquent les ports de voix et les cadences. M. d'Ambruis prévoit d'autres publications, notamment un recueil d'airs à trois parties chantantes. L'ouvrage est dédié à M. Lambert, Maître de Musique de la Chambre du Roi, dont les œuvres ont influencé M. d'Ambruis. Un sonnet célèbre la générosité de M. d'Ambruis envers un collègue.
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3863
p. 2611-2616
Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Début :
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire Metallique des Pays-Bas, qui s'imprime à la [...]
Mots clefs :
Histoire métallique, Histoire civile, Histoire généalogique, Histoire ecclésiastique, Police, Église gallicane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
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Résumé : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Le document décrit un projet de souscription pour une œuvre intitulée 'Histoire Métallique des Pays-Bas', imprimée à La Haye. Cet ouvrage offre une histoire complète des XVII provinces des Pays-Bas, couvrant les aspects métallique, civil, militaire, ecclésiastique et généalogique. Il repose sur des sources historiques fiables et des documents authentiques, tels que les résolutions des États-Généraux, les statuts des villes, les chartes des églises et les mémoires généalogiques des familles illustres. L'auteur a également intégré un grand nombre de médailles rares et authentiques pour enrichir son travail. L'édition française de cette œuvre est proposée en cinq volumes in-folio, comprenant 675 feuilles de papier, 1945 médailles gravées et expliquées, ainsi que divers ornements. Le coût de la souscription est de 90 florins pour le petit papier et 135 florins pour le grand papier, à payer en quatre termes. Les deux premiers volumes sont prévus pour le 1er avril 1732, le troisième pour le 1er octobre 1732, et les deux derniers pour 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3864
p. 1755-1762
Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA Tomo III. An. 1710, Analecta de [...]
Mots clefs :
Manière de bien penser, Journalistes, Querelle littéraire, Rome, Mouvements du soleil, Académie royale des sciences de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
Fermer
Résumé : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Le texte compile des publications et événements littéraires et scientifiques entre 1705 et 1762. Parmi les ouvrages notables, les 'Analecta de calamitate Litteratorum' analysent la condition des littérateurs, tandis que le Marquis Orsi critique le 'Livre de la maniere de bien penser' du Père Bouhours. Les journaux littéraires comme le 'GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA' et le 'MERCURE DE FRANCE' rapportent diverses disputes littéraires et scientifiques, notamment celles concernant les 'Acta Passionis SS. Crescii' et les 'Vindicie del sig. Abate Giusto Fontanini'. Des publications historiques et artistiques sont également mentionnées, telles que l''Istoria della Republica di Venezia' de Pietro Garsoni et les 'Gemme Antiche figurate' de Domenico de Rossi. Des travaux scientifiques, comme la 'Relazione della linea Meridiana Oriszontale' tracée par Bianchini et Maraldi, sont détaillés. Le texte évoque aussi des événements culturels variés, comme la traduction des comédies de Terence par Fortiguerra et la recherche dans les synagogues des Juifs par les Ministres du Saint Office.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3865
p. 133-141
Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Début :
SIRE, Nous venons aux pieds du Trône de Vôtre Maj. [...]
Mots clefs :
Roi, Députés de la province du Languedoc, Députés, Discours, Languedoc, Ennemis, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Discours des Deputezde la Province
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
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Résumé : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Les députés de la province du Languedoc adressent un discours au roi pour exprimer leur loyauté et leur dévotion. Ils mettent en avant la fidélité de tous les sujets du roi, mais soulignent que le Languedoc se distingue par son zèle ardent envers la personne royale, son service et sa gloire. La province a toujours soutenu l'État, même dans les périodes difficiles, en mobilisant des ressources malgré les obstacles. Le discours évoque la nécessité d'une guerre contre les ennemis du roi, bien que menée à contrecœur, pour assurer la paix en Europe et le bien public. Les députés remercient Dieu d'avoir mis fin aux conflits et permis au roi de maintenir la paix grâce à ses victoires. Ils louent la sagesse du roi, qui privilégie la paix malgré les succès militaires, et son intervention en Espagne pour y instaurer la paix. Ils espèrent une paix durable et équitable, annonciatrice de prospérité et de justice. Enfin, les députés expriment leur confiance en la bonté paternelle du roi, qui remédiera aux maux causés par la guerre. Ils demandent l'annulation des dettes contractées pour le service du roi et la restauration des régions dévastées, espérant voir la province retrouver son éclat sous la bienveillance royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3866
p. 135-144
Mort de la Reine d'Espagne.
Début :
Marie-Loüise-Gabrielle de Savoye, épouse de Philippe V. du [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Philippe V, Maison de Savoie, Roi de Chypre, Duc de Savoie, Royaume, Prince Amédée, Venise, Sicile
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texteReconnaissance textuelle : Mort de la Reine d'Espagne.
Mort de la Reine d'Efpagne.
Marie- Loüife. Gabrielle
de Savoye , épouſe de Philippe
V. du nom, Roy d'Ef
pagne , mourut le quatorze
Fevrier 1714. Cette grande
& vertueufe Princeffe étoit
fille de Victor - Amé , fe
cond du nom , Roy de Si
cile & de Chypre , Duc de
Savoye , d'Aouft, Chablais,
&c. & d'Anne d'Orleans
Ducheffe de Valois. Elle
étoit née le 17. Septembre
136 MERCURE
1688. & fut mariée à Turin
par Procureur le onze
Septembre 1701. Elle laiffe
de fon mariage trois enfans
: Louis - Philippe d'Eſpagne,
Prince des Afturies ,
né le 25.
Philippe Infant d'Elpagne ,
né le 7. Juin 1712. Don Ferdinand
infant d'Eſpagne ,
né à Madrid le 23 Septembre
1713.
Août 1707. Don
La Maiſon de Savoye eft
trés-ancienne & trés - illuf
tre. Elle defcend de Berthold
ou Berold Marquis
d'Italie , premier Comte
dc
GALANT . 137
de Savoye & de Maurien
ne , qui étoit un Prince
Allemand , qui vint s'établir
à la Cour de Rodolphe
Roy de Bourgogne & de
Provence . Il fut fait Lieutenant
general de fon
Royaume , & les fervices
qu'il lui rendit furent recompenfez
par Rodolphe
de la Savoye & de la Maurienne
l'an 1000. Il mourut
Fan 1023. & Humbert ,
furnommé aux blanches.
mains , fon fils , lui fucceda .
De lui eft defcendu en ligne
directe , pendant le
Mars
1714.
M
138 MERCURE
cours de vingt - deux de
grez de generations , lc
Roy de Sicile , Duc de Savoye
, Victor - Amedée fecond
du nom , qui fe rencontre
le trente- troiſieme
Comte de Savoye depuis
Berthold , & le quinzieme
Duc depuis Amée huitić .
me , par
en fa faveur l'Empereur
Sigifmond
du Comté
de Savoye
en Duché
le dix - neuf
Fevrier
1416. Louis Duc de
Savoye
fon fils ayant époufé
en 1433. Anne de Ĉhypre
, fille de Janus Roy de
l'érection que fit
GALANT. 139
de pre-
Chypre , & de Charlotte de
Bourbon , leur a donné
droit fur ce Royaume
, &
en ont porté le titre de Rois
dans la fuite , & en ont pris
les armes au premier quartier
de leur éuffon ; ce qui
ne leur a fervi que
tention , par la raison que
Louis de Savoye , fon fecond
fils , frere d'Amedée
neuvieme , époufa Charlotte
, fille unique de Jean
fecond du nom , Roy de
Chypre , prit le titre comme
fon époufe de Roy de
Chypre
, qui lui apparte
Mij
140 MERCURE
para
noit : mais il lui fut difputé
par Jacques de Chypre fon
frere naturel , qui s'emdu
Royaume avec l'aide
du Soudan d'Egypte , &
de Marc Cornaro Gentilhomme
Venitien , qui lui
fit épouser fa fille , qui fur
adoptée par la Seigneurie
de Venife , qui lui conftitua
une grande dot. Jacques
étant mort à trente- trois
ans , laiffa fa femme enceinte
, & la declara pour
fon heritiere , en cas qu'elle
furvêquît au fruit qu'elle
portoit dans fes entrailles.
GALANT . 141
Elle accoucha d'un fils , qui
mourut deux ans aprés , &
par cette mort elle demeura
Reine de Chypre , protegée
de la Republique de
Venife, à laquelle elle abandonna
le
gouvernement
lui fit don de la couronne ,
& fe retira à Venife , où elle
paffa le refte de fes jours .
Tout ceci fe paffa au prejudice
de la Reine Charlotte
, qui fut contrainte de
fe retirer à Rome , où elle
mourut. Pendant la vie
voyant qu'elle ne pouvoit
rentrer dans les Etats , elle
142 MERCURE
fit don de fa couronne , en
prefence du Pape & des
Cardinaux , à Amedée IX.
du nom , fon beau - frere, & à
fes fucceffeurs Ducs de Savoye
; ce qui leur donna le
droit
inconteftable qu'ils
ont fur ce Royaume, & leur
fit avoir de grands differens
avec les Venitiens , qui furent
terminez par Selim ,
Empereur des Turcs , qui
s'empara de ce Royaume
en 1571.
Les Ducs de Savoye ont
pris le titre de Rois de Chypre
depuis ce temps , & auGALANT.
143
jourd'hui Sa Majesté Sicilienne
a un autre droit fur la
Sicile, en ce qu'il deſcend de
Catherine- Michelle d'Autriche
, fille du Roy d'Efpagne
Philippe II , qui épouſa
Charles Emmanuel Duc de
Savoye & Roy de Chypre ,
bifayeule de Sa Majeſté , &
foeur de Philippe III. Roy
d'Espagne , laquelle étoit,
grande-tante du Roy Charles
II . mort fans enfans , &
dont la fucceffion a troublé
toute l'Europe : mais prefque
toutes les conteſtations
touchát cette fucceffion ont
144 MERCURE
été reglées par le traité d'Utrecht
, & M. le Duc de Savoye
a eu pour les pretentions
le Royaume de Sicile ,
dont il a été facré & couronné
Roy à Palerme le 24.
Decembre
1713.
द Cette Maifon de Savoye
a eu de grands hommes
dans toutes les conditions
& s'eft divifée en quantité
de branches , d'une def
quelles defcend le Prince
Eugene de Savoye, qui a eu
beaucoup de part à toutes
les affaires du temps.
Marie- Loüife. Gabrielle
de Savoye , épouſe de Philippe
V. du nom, Roy d'Ef
pagne , mourut le quatorze
Fevrier 1714. Cette grande
& vertueufe Princeffe étoit
fille de Victor - Amé , fe
cond du nom , Roy de Si
cile & de Chypre , Duc de
Savoye , d'Aouft, Chablais,
&c. & d'Anne d'Orleans
Ducheffe de Valois. Elle
étoit née le 17. Septembre
136 MERCURE
1688. & fut mariée à Turin
par Procureur le onze
Septembre 1701. Elle laiffe
de fon mariage trois enfans
: Louis - Philippe d'Eſpagne,
Prince des Afturies ,
né le 25.
Philippe Infant d'Elpagne ,
né le 7. Juin 1712. Don Ferdinand
infant d'Eſpagne ,
né à Madrid le 23 Septembre
1713.
Août 1707. Don
La Maiſon de Savoye eft
trés-ancienne & trés - illuf
tre. Elle defcend de Berthold
ou Berold Marquis
d'Italie , premier Comte
dc
GALANT . 137
de Savoye & de Maurien
ne , qui étoit un Prince
Allemand , qui vint s'établir
à la Cour de Rodolphe
Roy de Bourgogne & de
Provence . Il fut fait Lieutenant
general de fon
Royaume , & les fervices
qu'il lui rendit furent recompenfez
par Rodolphe
de la Savoye & de la Maurienne
l'an 1000. Il mourut
Fan 1023. & Humbert ,
furnommé aux blanches.
mains , fon fils , lui fucceda .
De lui eft defcendu en ligne
directe , pendant le
Mars
1714.
M
138 MERCURE
cours de vingt - deux de
grez de generations , lc
Roy de Sicile , Duc de Savoye
, Victor - Amedée fecond
du nom , qui fe rencontre
le trente- troiſieme
Comte de Savoye depuis
Berthold , & le quinzieme
Duc depuis Amée huitić .
me , par
en fa faveur l'Empereur
Sigifmond
du Comté
de Savoye
en Duché
le dix - neuf
Fevrier
1416. Louis Duc de
Savoye
fon fils ayant époufé
en 1433. Anne de Ĉhypre
, fille de Janus Roy de
l'érection que fit
GALANT. 139
de pre-
Chypre , & de Charlotte de
Bourbon , leur a donné
droit fur ce Royaume
, &
en ont porté le titre de Rois
dans la fuite , & en ont pris
les armes au premier quartier
de leur éuffon ; ce qui
ne leur a fervi que
tention , par la raison que
Louis de Savoye , fon fecond
fils , frere d'Amedée
neuvieme , époufa Charlotte
, fille unique de Jean
fecond du nom , Roy de
Chypre , prit le titre comme
fon époufe de Roy de
Chypre
, qui lui apparte
Mij
140 MERCURE
para
noit : mais il lui fut difputé
par Jacques de Chypre fon
frere naturel , qui s'emdu
Royaume avec l'aide
du Soudan d'Egypte , &
de Marc Cornaro Gentilhomme
Venitien , qui lui
fit épouser fa fille , qui fur
adoptée par la Seigneurie
de Venife , qui lui conftitua
une grande dot. Jacques
étant mort à trente- trois
ans , laiffa fa femme enceinte
, & la declara pour
fon heritiere , en cas qu'elle
furvêquît au fruit qu'elle
portoit dans fes entrailles.
GALANT . 141
Elle accoucha d'un fils , qui
mourut deux ans aprés , &
par cette mort elle demeura
Reine de Chypre , protegée
de la Republique de
Venife, à laquelle elle abandonna
le
gouvernement
lui fit don de la couronne ,
& fe retira à Venife , où elle
paffa le refte de fes jours .
Tout ceci fe paffa au prejudice
de la Reine Charlotte
, qui fut contrainte de
fe retirer à Rome , où elle
mourut. Pendant la vie
voyant qu'elle ne pouvoit
rentrer dans les Etats , elle
142 MERCURE
fit don de fa couronne , en
prefence du Pape & des
Cardinaux , à Amedée IX.
du nom , fon beau - frere, & à
fes fucceffeurs Ducs de Savoye
; ce qui leur donna le
droit
inconteftable qu'ils
ont fur ce Royaume, & leur
fit avoir de grands differens
avec les Venitiens , qui furent
terminez par Selim ,
Empereur des Turcs , qui
s'empara de ce Royaume
en 1571.
Les Ducs de Savoye ont
pris le titre de Rois de Chypre
depuis ce temps , & auGALANT.
143
jourd'hui Sa Majesté Sicilienne
a un autre droit fur la
Sicile, en ce qu'il deſcend de
Catherine- Michelle d'Autriche
, fille du Roy d'Efpagne
Philippe II , qui épouſa
Charles Emmanuel Duc de
Savoye & Roy de Chypre ,
bifayeule de Sa Majeſté , &
foeur de Philippe III. Roy
d'Espagne , laquelle étoit,
grande-tante du Roy Charles
II . mort fans enfans , &
dont la fucceffion a troublé
toute l'Europe : mais prefque
toutes les conteſtations
touchát cette fucceffion ont
144 MERCURE
été reglées par le traité d'Utrecht
, & M. le Duc de Savoye
a eu pour les pretentions
le Royaume de Sicile ,
dont il a été facré & couronné
Roy à Palerme le 24.
Decembre
1713.
द Cette Maifon de Savoye
a eu de grands hommes
dans toutes les conditions
& s'eft divifée en quantité
de branches , d'une def
quelles defcend le Prince
Eugene de Savoye, qui a eu
beaucoup de part à toutes
les affaires du temps.
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Résumé : Mort de la Reine d'Espagne.
Marie-Louise-Gabrielle de Savoie, épouse de Philippe V d'Espagne, est décédée le 14 février 1714. Née le 17 septembre 1688, elle était la fille de Victor-Amédée II, duc de Savoie, et d'Anne d'Orléans. Elle s'est mariée par procuration à Turin le 11 septembre 1701 et a eu trois enfants : Louis-Philippe d'Espagne, né le 25 août 1707, Philippe d'Espagne, né le 7 juin 1712, et Ferdinand d'Espagne, né le 23 septembre 1713. La Maison de Savoie est une famille ancienne et illustre, descendant de Berthold, premier comte de Savoie et de Maurienne. Berthold s'est établi à la cour de Rodolphe, roi de Bourgogne et de Provence, et a été récompensé par Rodolphe en obtenant la Savoie et la Maurienne en l'an 1000. Victor-Amédée II, duc de Savoie, est le trente-troisième comte de Savoie et le quinzième duc depuis Amédée VIII. La Maison de Savoie possède également des droits sur le royaume de Chypre, acquis par le mariage de Louis de Savoie avec Anne de Chypre. Ces droits ont été confirmés par Catherine-Michelle d'Autriche, fille de Philippe II d'Espagne, et reconnus par le traité d'Utrecht. Victor-Amédée II a été couronné roi de Sicile à Palerme le 24 décembre 1713. La Maison de Savoie a produit de grands hommes dans diverses conditions et s'est divisée en plusieurs branches, dont descend le prince Eugène de Savoie.
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3867
p. 134-143
Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Début :
Pour connoître les moeurs, les goûts, les habitudes [...]
Mots clefs :
Mœurs , Habitudes , Peuples, Voyage, Palais, Dieux, Héros, Beauté, Festin, Divinité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Traduction d'unPoëme
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
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Résumé : Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Le texte est une traduction d'un poème anglais décrivant un bal organisé par un noble à Londres le 17 août 1713. Le poète souhaite découvrir les mœurs et les habitudes de divers peuples sans voyager. Le bal se déroule au palais de Daumont, où sont représentés des héros, des dieux, ainsi que des habitants du ciel, de la terre et des mers. Le poème mentionne plusieurs personnages mythologiques et divins, tels que Jupiter, Alecton, les Tritons, Amphitrite, Mars, Thétis, Diane et l'Amour. Mercure offre son éloquence à chaque beauté présente. Le bal rassemble princes, dieux, rois, démons, bergers, nymphes, géants et pygmées. Les invités, comme le sénateur, le médecin et une jeune beauté, adoptent des comportements et des apparences différents. Daumont, quant à lui, ne change pas d'apparence, contrairement à Jupiter qui se déguise sous l'empire d'une mortelle beauté.
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3868
p. 135-144
LA FONTAINE de Jouvence.
Début :
Jupiter qui de l'empirée [...]
Mots clefs :
Pluton, Neptune, Jeunesse, Fontaine de jouvence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FONTAINE de Jouvence.
LA FONTAINE
de Jouvence .
Jupiter qui de l'empirée
Avoit chaffé Saturne &
Rhée ;
Qui par un attentat doublement
criminel
S'étoit faifi fur eux du trôné
paternel ,
Et qui, fuivant le cours de
fa bonne fortune ,
136
MERCURE
Soûmettoit en tyran tout le
monde à fes loix ,
Se vit enfin forcé
par
ton & Neptune
Plu-
De le partager entre eux
trois.
Neptune pour fon lot cut le
fceptre aquatique
,
Et regna fur toutes les mers.
Pluton , content du fien ,
prit le titre emphatique
De grand Monarque des
enfers.
Jupiter , pour fon droit d'aîneffe
,
Eut le refte de l'univers ,
Et feignit même avec adref
Le De
GALANT. 137
De s'en voir fans chagrin
dépouillé des deux
tiers.
Cependant , en fecret outré
de cette perte ,
De ceux qui la caufoient il
vouloit
fe vanger
.
Mais quoy les attaque .
tous deux à force
ouverte
Il y trouvoit trop de danger.
Ainfi recourant à la rufe ,
Il flate Neptune , l'abuſe ,
Et , d'accord avec lui , fait
l'établiſſement
De laFontaine de Jouvence.
M Avril 1714.
138 MERCURE
Cette fource d'abord parut
fans
confequence ,
On s'en loua partout , &
l'on crut feulement
Que propice
à la race humaine
,
Il lui faifoit ce nouveau
don :
Mais elle étoit un fruit de
fon adroite haine ,
Il fe vangeoit par elle , &
par elle Pluton
Eût infenfenfiblement vû
ſaper & détruire
Le fondement de fon em.
pire ;
Car l'homme , quoique né
GALANT. - 139
נ
3
mortel ,
S'y dépouilloir de fa vieilleſſe
,
Et trouvoit dans fes eaux
une verte jeuneſſe
Qui le rendoit comme éternel
:
De forte qu'à la fin les droits
de ce Monarque
Se trouvant affoiblis par le
peu de mourans
Et par l'oifiveté de la fatale
barque ,
Il eût été facile au vainqueur
des Geans
De reprendre fur lui , fans
ſujets , ſans finance ,
Mij
140 MERCURE
Ce
que la feule violence
Avoit arraché de fa main.
Pluton détruit , Neptune
en vain
Eût voulu faire refiftance
;
Ses Monftres marins , fes
Tritons ,
Ses
rochers
menaçans , fes
abimes
profonds
L'auroient vû forcer de lui
rendre
Ces humides Eftats qu'ils
n'auroient pû défendre.
Mais Pluton s'étant apperçû
GALANT. 141
1
Du tort que fon Royaume
avoit déja reçû
De cette fameuſe fontaine
,
Confulta le prudent Minos.
Vôtre Majefté foûterraine ,
Répondit il en peu
mots ,
de
Sçait que jamais un Dieu
n'eft en droit de défaire
Ce qu'une autre Deïté
fait ,
Et qu'il peut feulement en
détruire l'effet ,
Ainfi pour vous tirer d'af
faire ,
142 MERCURE
Mon avis eft , grand Roy,
qu'il ſeroit à propos
De commettre au plus vîte
un dragon à la garde
De ces rajeuniffantes eaux.
Alors je ne crois pas que
quelqu'un fe hazarde
D'en approcher encor ;
la peur qu'on en
aura
Surmontera bientôt celle
de la vieilleſſe ,
Et quelque attrait qu'ait la
jeuneffe ,
Tel qui courroit aprés fur
ſes pas reviendra.
Ce confeil étoit falutaire ;)
GALANT.
143
Le fage Pluton le fuivit ,
Et les hommes enfin que la
frayeur faifit ,
Moururent comme à l'ordinaire.
Ce monftre affreux les fit
trembler
;
Les infirmitez du vieil âge
Leur parurent bien moins
funeftes que la rage ,
Et trouvant à s'en confoler
Par cette conduite prudente
1
I Qui fuit , ou que
les
ans ,
donnent
On les vit , même en che144
MERCURE
veux blancs ,
Sortir d'une façon riante
De la jeuneffe petulante.
Mais le beau fexe moins
poltron ,
Alla toûjours à la fontaine ,
Et de cet infernal dragon
Sans craindre la brûlante
haleine ,
Crut qu'il valoit autant s'expoſer
à perir ,
Que voir , même avant fon
autonne ,
Refroidir les amans que ſon
printemps lui donne ,
lui feul peut retenir.
de Jouvence .
Jupiter qui de l'empirée
Avoit chaffé Saturne &
Rhée ;
Qui par un attentat doublement
criminel
S'étoit faifi fur eux du trôné
paternel ,
Et qui, fuivant le cours de
fa bonne fortune ,
136
MERCURE
Soûmettoit en tyran tout le
monde à fes loix ,
Se vit enfin forcé
par
ton & Neptune
Plu-
De le partager entre eux
trois.
Neptune pour fon lot cut le
fceptre aquatique
,
Et regna fur toutes les mers.
Pluton , content du fien ,
prit le titre emphatique
De grand Monarque des
enfers.
Jupiter , pour fon droit d'aîneffe
,
Eut le refte de l'univers ,
Et feignit même avec adref
Le De
GALANT. 137
De s'en voir fans chagrin
dépouillé des deux
tiers.
Cependant , en fecret outré
de cette perte ,
De ceux qui la caufoient il
vouloit
fe vanger
.
Mais quoy les attaque .
tous deux à force
ouverte
Il y trouvoit trop de danger.
Ainfi recourant à la rufe ,
Il flate Neptune , l'abuſe ,
Et , d'accord avec lui , fait
l'établiſſement
De laFontaine de Jouvence.
M Avril 1714.
138 MERCURE
Cette fource d'abord parut
fans
confequence ,
On s'en loua partout , &
l'on crut feulement
Que propice
à la race humaine
,
Il lui faifoit ce nouveau
don :
Mais elle étoit un fruit de
fon adroite haine ,
Il fe vangeoit par elle , &
par elle Pluton
Eût infenfenfiblement vû
ſaper & détruire
Le fondement de fon em.
pire ;
Car l'homme , quoique né
GALANT. - 139
נ
3
mortel ,
S'y dépouilloir de fa vieilleſſe
,
Et trouvoit dans fes eaux
une verte jeuneſſe
Qui le rendoit comme éternel
:
De forte qu'à la fin les droits
de ce Monarque
Se trouvant affoiblis par le
peu de mourans
Et par l'oifiveté de la fatale
barque ,
Il eût été facile au vainqueur
des Geans
De reprendre fur lui , fans
ſujets , ſans finance ,
Mij
140 MERCURE
Ce
que la feule violence
Avoit arraché de fa main.
Pluton détruit , Neptune
en vain
Eût voulu faire refiftance
;
Ses Monftres marins , fes
Tritons ,
Ses
rochers
menaçans , fes
abimes
profonds
L'auroient vû forcer de lui
rendre
Ces humides Eftats qu'ils
n'auroient pû défendre.
Mais Pluton s'étant apperçû
GALANT. 141
1
Du tort que fon Royaume
avoit déja reçû
De cette fameuſe fontaine
,
Confulta le prudent Minos.
Vôtre Majefté foûterraine ,
Répondit il en peu
mots ,
de
Sçait que jamais un Dieu
n'eft en droit de défaire
Ce qu'une autre Deïté
fait ,
Et qu'il peut feulement en
détruire l'effet ,
Ainfi pour vous tirer d'af
faire ,
142 MERCURE
Mon avis eft , grand Roy,
qu'il ſeroit à propos
De commettre au plus vîte
un dragon à la garde
De ces rajeuniffantes eaux.
Alors je ne crois pas que
quelqu'un fe hazarde
D'en approcher encor ;
la peur qu'on en
aura
Surmontera bientôt celle
de la vieilleſſe ,
Et quelque attrait qu'ait la
jeuneffe ,
Tel qui courroit aprés fur
ſes pas reviendra.
Ce confeil étoit falutaire ;)
GALANT.
143
Le fage Pluton le fuivit ,
Et les hommes enfin que la
frayeur faifit ,
Moururent comme à l'ordinaire.
Ce monftre affreux les fit
trembler
;
Les infirmitez du vieil âge
Leur parurent bien moins
funeftes que la rage ,
Et trouvant à s'en confoler
Par cette conduite prudente
1
I Qui fuit , ou que
les
ans ,
donnent
On les vit , même en che144
MERCURE
veux blancs ,
Sortir d'une façon riante
De la jeuneffe petulante.
Mais le beau fexe moins
poltron ,
Alla toûjours à la fontaine ,
Et de cet infernal dragon
Sans craindre la brûlante
haleine ,
Crut qu'il valoit autant s'expoſer
à perir ,
Que voir , même avant fon
autonne ,
Refroidir les amans que ſon
printemps lui donne ,
lui feul peut retenir.
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Résumé : LA FONTAINE de Jouvence.
Le texte narre une légende concernant Jupiter, Neptune et Pluton. Après avoir renversé Saturne et Rhée, Jupiter partage le monde avec ses frères : Neptune reçoit les mers, Pluton les enfers et Jupiter le reste de l'univers. Insatisfait de cette répartition, Jupiter complote en secret pour se venger. Il crée la Fontaine de Jouvence avec Neptune pour affaiblir Pluton, car cette fontaine rend les hommes éternellement jeunes, réduisant ainsi le nombre de morts et affaiblissant l'empire de Pluton. Ce dernier, conscient du danger, consulte Minos qui lui conseille de placer un dragon pour garder la fontaine. La peur du dragon incite les hommes à accepter leur mortalité naturelle. Cependant, les femmes, moins effrayées, continuent de chercher la fontaine malgré le danger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3869
p. 135-144
Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à une Matiere bien differente, & qui regarde la [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Parlement, Pair de France, Grand-chambre, Premier président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Je paffe à une Matiere bien
differente , & qui regarde la
gloire d'un de vos Heros.
Vous attendez fans doute
que je vous parle de la reception de Mr le Maréchal de
Villars au Parlement, en qualité de Pair de France. Cette Ceremonie qui cft curieuſe par
elle- même, le doit eftre encore davantage lors qu'elle regarde un homme auſſi diſtingué & auffi aimé du Public
que ce Maréchal ; mais c'eſt
136 MERCURE
cet amour , & cette diftinction
quim'empêcheront de vous en
entretenir auffi au long que je
fouhaiterois, puifque l'affluence du monde eftoit telle ce
jour là à la Grand- Chambre ,
qu'il a efté tres - difficile de bien
voir & de bien entendre tout
ce qui s'y paffa. Ainfi j'ay licu
de croire que les rapports que
l'on m'en a faits peuvent n'eftre
pas tout à fait fidelles ; mais
comme il ne peut s'agir que de
quelques mots pour d'autres ,
je crois pouvoir rifquer à vous
envoyer l'Article que vous at
tendez. Je commence par les
GALANY 137
noms des perfonnes diftinguées qui fe trouverent ce jourlà à la Grand-Chambre. Monfieur le Duc ; Monfieur le Duc
du Maine ; Monfieur le Comte
de Toulouze ; Mr l'Evêque de
Langres;Mr l'Evêque de Laon;
& M les Ducs de Sully , de
Chevreufe , de Villeroy , de
Noailles , d'Aumont , & de
Charoft. Outre ces Princes &
ces Ducs qui prirent ce jour - là
Seance au Parlement , le nombre de ceux que la curiofité y
attira , ainfi que je vous l'ay
déja marqué, y fut fi grand dés
le matin , qu'il y a long- temps
Avril 1710. M
138 MERCURE
que l'on n'avoit vû un nombre fi prodigieux de perfonnes
dans un lieu fi peu ſpacieux.
Mr de Villars y vint dés ſept
heures du matin pour faluër
M's du Parlement à la manicre accoûtumée. Me la Prin .
ceffe Leon ; Me la Ducheſſe de
Villars , & plufieurs autres Dames eftoient dans la Lanterne,
Avant l'ouverture de l'Audiance , le premier Huiffier ,
qui tenoit la porte de la GrandChambre, appella Mr de Villars par fon nom ,
nom , & luy demanda s'il ne vouloit pas bien
remettre fon épée entre les
GALANT 139
mains de la Juftice ? A quoy
Mr de Villars répondit , qu'il
ne l'avoit jamais renduë à per
fonne ; mais qu'aprés tous les
pas qu'il avoit faits pour arri
ver aux honneurs dont le Roy
l'honoroit , une formalité d'ufage ne l'empêcheroit pas d'avancer , & à l'inftant fon Capitaine des Gardes donna l'épée
à l'Huiffier que fuivit ce Duc,
fe foutenant fur deux bequilles.
Dés que Mr de Villars fut
entré dans le Parquet , où il
eut de la peine à arriver , à caule
de l'affluence du monde , Mr
M ij
140 MERCURE
le Premier Prefident luy fit
prefter les fermens ordinaires,
aprés quoy on luy rendit fon
épée ; & fi toft qu'il eût pris
Seance , il luy adreſſa la parole, & luy dit:
MONSIEUR ,
Quelque peine que la Cour
fouffre de vous voir affifter àfon
Audiance incommodé comme vous
eftes , elle nepeut neanmoins s'empêcher de vous en feliciter, puifque chaque pas que vous faites
renouvelle en vostre memoire les
fignalez Services que vous avez
rendusau Roy& à l'Etat.
GALANT 141
Mrde Villars ayant falué Mr
le Premier Prefident , & tous
´M"
répondit.
MESSIEURS,
Je n'ay jamais mieux reffenty
qu'en ce jour , combien je fuis redevable aux bontez du Roy , qui
non content de m'avoir élevépar
degrez auxpremieres dignitez de
l'épée , vient enfin de mettre le
comble à ma gloire , en m'aſſociant
au premier Senat de l'Univers.
De fi grands biens-faits de l'a
part de Sa Majefté, aufquels mon
foible merite ne mepermettoit pas
142 MERCURE
de prétendre , demanderoient de la
mienne des remerciemens propor
tionnez ; mais ne trouvant point
de termes affez vifs , pour dignement exprimer l'excés de ma reconnoiſſance , je me renferme à
protefter icy dans le lieu de verité,
qu'avecjoyej'employeray les reftes
de ma vie , à rendre au Roy &
l'Etat les plus fidelles Services,
queje chercheray avec empreffement les occafions de marquer à
cette augufte Compagnie les fentimens de veneration & d'eftime ,
que je luy dois en general, & à
chacun de Meffieurs en particulier.
GALANT 143
Comme je n'ay pas prétendu vous envoyer un Article
entier & parfait de cette Ceremonie , je ne vous ay rien dit
de la lecture qui fut faite de
fes Lettres de Duc & Pair, &
je ne vous ay pas nommé le
Confeiller qui en fut le Rapporteur ; mais je dois vous dire
qu'aprés cette lecture , la Cour
ayant cfté aux opinions , Mr
de Villars fut reçû tout d'une
voix Pair de France.
On plaida enfuite quelques
Caufes de differentes natures ,
fuivant qu'il fe pratique ordinairement en de pareilles oc-
144 MERCURE
#
cafions , & ce nouveau Duc &
Pair de France , alla aux opinions avec la Cour..
differente , & qui regarde la
gloire d'un de vos Heros.
Vous attendez fans doute
que je vous parle de la reception de Mr le Maréchal de
Villars au Parlement, en qualité de Pair de France. Cette Ceremonie qui cft curieuſe par
elle- même, le doit eftre encore davantage lors qu'elle regarde un homme auſſi diſtingué & auffi aimé du Public
que ce Maréchal ; mais c'eſt
136 MERCURE
cet amour , & cette diftinction
quim'empêcheront de vous en
entretenir auffi au long que je
fouhaiterois, puifque l'affluence du monde eftoit telle ce
jour là à la Grand- Chambre ,
qu'il a efté tres - difficile de bien
voir & de bien entendre tout
ce qui s'y paffa. Ainfi j'ay licu
de croire que les rapports que
l'on m'en a faits peuvent n'eftre
pas tout à fait fidelles ; mais
comme il ne peut s'agir que de
quelques mots pour d'autres ,
je crois pouvoir rifquer à vous
envoyer l'Article que vous at
tendez. Je commence par les
GALANY 137
noms des perfonnes diftinguées qui fe trouverent ce jourlà à la Grand-Chambre. Monfieur le Duc ; Monfieur le Duc
du Maine ; Monfieur le Comte
de Toulouze ; Mr l'Evêque de
Langres;Mr l'Evêque de Laon;
& M les Ducs de Sully , de
Chevreufe , de Villeroy , de
Noailles , d'Aumont , & de
Charoft. Outre ces Princes &
ces Ducs qui prirent ce jour - là
Seance au Parlement , le nombre de ceux que la curiofité y
attira , ainfi que je vous l'ay
déja marqué, y fut fi grand dés
le matin , qu'il y a long- temps
Avril 1710. M
138 MERCURE
que l'on n'avoit vû un nombre fi prodigieux de perfonnes
dans un lieu fi peu ſpacieux.
Mr de Villars y vint dés ſept
heures du matin pour faluër
M's du Parlement à la manicre accoûtumée. Me la Prin .
ceffe Leon ; Me la Ducheſſe de
Villars , & plufieurs autres Dames eftoient dans la Lanterne,
Avant l'ouverture de l'Audiance , le premier Huiffier ,
qui tenoit la porte de la GrandChambre, appella Mr de Villars par fon nom ,
nom , & luy demanda s'il ne vouloit pas bien
remettre fon épée entre les
GALANT 139
mains de la Juftice ? A quoy
Mr de Villars répondit , qu'il
ne l'avoit jamais renduë à per
fonne ; mais qu'aprés tous les
pas qu'il avoit faits pour arri
ver aux honneurs dont le Roy
l'honoroit , une formalité d'ufage ne l'empêcheroit pas d'avancer , & à l'inftant fon Capitaine des Gardes donna l'épée
à l'Huiffier que fuivit ce Duc,
fe foutenant fur deux bequilles.
Dés que Mr de Villars fut
entré dans le Parquet , où il
eut de la peine à arriver , à caule
de l'affluence du monde , Mr
M ij
140 MERCURE
le Premier Prefident luy fit
prefter les fermens ordinaires,
aprés quoy on luy rendit fon
épée ; & fi toft qu'il eût pris
Seance , il luy adreſſa la parole, & luy dit:
MONSIEUR ,
Quelque peine que la Cour
fouffre de vous voir affifter àfon
Audiance incommodé comme vous
eftes , elle nepeut neanmoins s'empêcher de vous en feliciter, puifque chaque pas que vous faites
renouvelle en vostre memoire les
fignalez Services que vous avez
rendusau Roy& à l'Etat.
GALANT 141
Mrde Villars ayant falué Mr
le Premier Prefident , & tous
´M"
répondit.
MESSIEURS,
Je n'ay jamais mieux reffenty
qu'en ce jour , combien je fuis redevable aux bontez du Roy , qui
non content de m'avoir élevépar
degrez auxpremieres dignitez de
l'épée , vient enfin de mettre le
comble à ma gloire , en m'aſſociant
au premier Senat de l'Univers.
De fi grands biens-faits de l'a
part de Sa Majefté, aufquels mon
foible merite ne mepermettoit pas
142 MERCURE
de prétendre , demanderoient de la
mienne des remerciemens propor
tionnez ; mais ne trouvant point
de termes affez vifs , pour dignement exprimer l'excés de ma reconnoiſſance , je me renferme à
protefter icy dans le lieu de verité,
qu'avecjoyej'employeray les reftes
de ma vie , à rendre au Roy &
l'Etat les plus fidelles Services,
queje chercheray avec empreffement les occafions de marquer à
cette augufte Compagnie les fentimens de veneration & d'eftime ,
que je luy dois en general, & à
chacun de Meffieurs en particulier.
GALANT 143
Comme je n'ay pas prétendu vous envoyer un Article
entier & parfait de cette Ceremonie , je ne vous ay rien dit
de la lecture qui fut faite de
fes Lettres de Duc & Pair, &
je ne vous ay pas nommé le
Confeiller qui en fut le Rapporteur ; mais je dois vous dire
qu'aprés cette lecture , la Cour
ayant cfté aux opinions , Mr
de Villars fut reçû tout d'une
voix Pair de France.
On plaida enfuite quelques
Caufes de differentes natures ,
fuivant qu'il fe pratique ordinairement en de pareilles oc-
144 MERCURE
#
cafions , & ce nouveau Duc &
Pair de France , alla aux opinions avec la Cour..
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Résumé : Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception du maréchal de Villars au Parlement en tant que Pair de France. La cérémonie, bien que notable, est brièvement relatée en raison de l'affluence massive qui a rendu difficile l'observation et l'audition des événements. Plusieurs personnalités importantes étaient présentes, notamment des ducs et des évêques. Villars est arrivé tôt pour saluer les membres du Parlement. Lors de l'ouverture de l'audience, il a remis son épée à la justice, conformément à la tradition, avant de prendre sa place. Le Premier Président l'a félicité pour ses services rendus au roi et à l'État. Villars a répondu en exprimant sa gratitude envers le roi et en promettant de continuer à servir fidèlement. La Cour a ensuite unanimement accepté Villars comme Pair de France. Quelques affaires judiciaires ont été traitées après cette cérémonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3870
p. 981-991
Comédie du Muet, [titre d'après la table]
Début :
Le 18. Avril, les Comédiens François remirent au Théatre Le Muet, Comédie [...]
Mots clefs :
Théâtre, Muet, Comtesse, Chevalier, Baron, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comédie du Muet, [titre d'après la table]
E 18. Avril , les Comédiens François
remirent au Théatre Le Muet , Comédie
en cinq Actes & en Profe, attribuée
à M. de Palaprat ; nous diſons attribuée ,
parcequ'il convient tout au moins luimême
dans fa Préface de n'y avoir travaillé
qu'en fecond ; voici fes propres termes
: J'avoue que j'ai toujours eu pour cette
Comédie un veritable foible d'Auteur , auffi
grand que fije l'avois faite tout feul ; il ajoute
un peu plus bas , en parlant de Terence
: en lifant & en relifant fon Eunuque
avec mon cher affocié , nous nous trouvâmes
tous deux une égale envie d'accommoder
cette
Piéce à nos moeurs. Il avoue que le Titre
les embaraffat également
, & qu'ils 'convinrent
qu'il ne feroit pas fouffert ſur
notre Théatre ; il fallut donc en fubftituer
un autre qui eft celui du Muet ; M.
de Palaprat fe felicite de l'avoir imaginés
il est vrai qu'il s'en applaudit avec affez
de modeftie , on en peut juger par ces
mots :
982 MERCURE DE FRANCE
A
mots peut- être que fi j'avois pû retenir
qualque-tems la joye que je fentis d'avoir
falt cette découverte , quelque chofe de meilleur
auroit été inventé par mon camarade:
Jufques là , il paroît qu'il n'y avoit que
le titre qui embaraflat nos deux Auteurs;
mais les deffauts nombreux que l'Auteur
de la Préface en queftion remarque dans
l'original de cette Piéce , ne s'accordent
pas avec l'égale envie que font cher aſſocié
& lui eurent de l'accommoder à nos mærs.
Ce n'eft pas à nous de foufcrire au Procès
qu'ils font à un Auteur auffi refpectable
que Terence , procès qui ne laiffe pas
tre adouci par cette espece de réparation :
ce n'eft pas à Terence que je reproche ce deffaut
, c'est à fon fiecle .
d'ê-
Il est vrai que dans un fiecle tel que
le nôtre , où le Théatre eft fi épuré , on
n'auroit pas
beau jeu de mettre des Courtifannes
fur la Scene , comme la Thaïs
de l'Eunuque de Terence ; les Capitans rodomonts
& les Parafites en font également
bannis; une Efclave féduite par un préten
du Eunuque choqueroit les plus débauchés.
Ce font pourtant là les principaux
perfonnages de la Comédie d'après laquelle
a été faite celle du Muet , qu'eft- ce donc
qui a pû déterminer les deux Auteurs.
affociés à la mettre au Théatre rien n'a
pû les y porter que le noeud qui confifte
dansMAY.
1730. 983
dans une fuppofition de perfonnes . Revenons
au titre de Muet dont l'inventeur
tire tant de gloire dans la copie d'un original
fi contraire à nos moeurs. Ce font
des reflexions qu'on nous a communiquées
pour en faire part au Public.
Dans la feconde Scene du premier Acte
Frontin , Valet de Timante , qui tient lieu
du Phedre de l'Eunuque ; mais d'une maniere
accommodée à nos moeurs , dreffe
un vieux Ecumeur de mer à faire le perfonnage
de Muet , & lui trouve fi peu de
difpofition à s'en bien acquiter , qu'il devroit
le défier du fuccès. Il n'a pas expofé
dans la premiere Scene ce qui peut
avoir donné lieu à ce préfent fingulier
que 'Timante veut faire à la Comteffe.
Voici tout ce qu'il en dit , parlant à Simon
( c'eſt le nom du vieux Forban ) Et
ne t'aije pas dit que Timante s'eft mis en
tête d'avoir un Muet ? qu'il y a huit jours
que j'en cherchois un ? que , n'en trouvant
point , je me fuis avifé de me fervir de toi
à caufe que tu es nouveau débarqué de Sicile
, & que perfonne ne te connoît encore dans
Naples ? qu'enfin par fon ordre je t'ai fait
faire l'habit que tu portes ? Mais dans tout
cela il n'eft point parlé de la fingularité
du préfent , & ce ne fera qu'au fecond
Acte que les fpectateurs en feront inftruits
par ces paroles de Marine , Suivante de
la
984 7
·
que
MERCURE DE FRANCE
la Comteffe Bizarrerie, Ma Maitreffe
vent toûjours avoir dans fon Equipage quelque
chofe de fingulier ; elle eut d'abord un
More ; dès qu'elle vit qu'ils devenoient trop
communs , & la vanité d'en avoir avoit
paffe jufqu'aux Bourgeoises , elle n'en voulut
plus , & prit un petit Turc ; d'autres en
eurent , elle le quitta , préfentement elle s'eft
avifée d'avoir un muet à cause que perfonne
ne s'en fert. Voilà donc un titre de Comédie
fondé fur un perfonnage de nouvelle
fabrique
.
On pafferoit cette fingularité à M. Palaprat
, s'il en avoit fait tout l'ufage qu'il
femble promettre dans fa Préface . Voici
comme il s'explique : Cette idée me rit ; il
me fembloit qu'une jeune femme du monde
qui voudroit être fervie par un domestique
muet fourniroit des traits dans nos moeurs
& qu'un jeune homme éperduement amoureux
, obligé de faire le muet pour obtenirfa
Maitreffe , & de parler en même-tems pour
pas perdre , fe trouveroit dans des fituations
àfaire plaifir. La premiere de ces
deux Hypotheſes n'a pas lieu dans la Piéce
, & la Comteffe n'eft pas dans le cas
de fe faire fervir par des muets , c'est tout
ce qu'auroit pû faire la Thaïs de Terence.
ne
la
Voici une derniere remarque qu'on a
faite fur le Muet en queftion . Timante
pouvoit avoir promis ce préfent à la Comtelle
MAY , 1730. 985
teffe avant qu'il la crût infidele ; mais il
eft brouillé avec elle par la concurrence
d'un Rival qu'il croit qu'on lui préfere.
Frontin qui fouhaite qu'il ne la voye plus,
de peur qu'il ne foit desherité par fon
pere ,
devroit-il s'attacher à faire étudier
à Simon le Rôle de Muet ? il devroit au
moins remettre l'Ecole à une autre fois ;
& ce Muet eft fi peu de faifon , que ce
n'eft qu'à la fin du premier Acte que Timante
en parle à Frontin un peu plus fericufement,
Mais à propos , lui dit Frontin
, vous ne me dites pas ce que vous voulez
faire de ce muet que je vous ai arrêté ?
Voici la réponse de Timante : Je ne m'en
fuis pas fouvenu quand il en étoit tems ; ce
foir tu le meneras où je te dirai. Il eft vrai
qu'il lui a dit à la troifiéme Scene comme
par maniere d'acquit : Voila donc ce muet
dont tu m'as parlé. Il n'eft brouillé avec la
Comteffe que depuis un jour ; il y en a
huit qu'il a ordonné l'achat d'un muet ,
pourquoi ne s'eft- il pas fouvenu de l'envoyer
àfa Maitreffe quand il en étoit tems,
comme il vient de l'avouer ?
A ces petits inconveniens près , la
Piéce ne dément pas la réputation qué fes
deux Auteurs fe font acquife. En voici le
plan.
Le Baron d'Ortigni , pere de Timante &
du Chevalier , irrité contre ce premier
par
986 MERCURE DE FRANCE
par le refus qu'il a fait de la fille du Marquis
de Sarian , le veut desheriter & faire
époufer cette fille au Chevalier fon cadet,
c'est ce qui oblige Frontin à employer le
talent de tromper dont la nature Pa pourvû
; il fait tout ce qu'il peut pour détourner
Timante fon Maître de l'amour
qu'il a pour la Comteffe , amour qui lui
va coûter les grands biens que fou droit
d'aîneffe lui fait efperer. Ce Valet fidele
ne pouvant arracher du coeur de fon Maître
une paffion' fi nuifible , a recours à la
fourberie pour rendre du moins le Chevalier
auffi rebelle à fon pére que fon aîné
; le hazard y a déja travaillé. Le Chevalier
devenu amoureux d'une inconnue,
ne fe refufe pas ouvertement au projet
avantageux que fon formé pour
pere a
lui, mais il s'y dérobe , autant qu'il lui eft
poffible, par des défaites ou par des fuites
qui font un jeu théatral . L'inconnuë dont
il est devenu amoureux eft une Esclave
que
appellée Zaide , la Comteffe a connue
autrefois , & pour qui elle a pris
beaucoup d'amitié . La Comteffe en raconte
l'Hiftoire dès le premier Acte ; elle
a prié un Capitaine de Vaiffeau , Patron
de cette belle Efclave , de lui en faire préfent
; ce Capitaine lui a promis de l'envoyer
chez elle. Dans le tems qu'on la
conduit chez la Comteffe , le Chevalier
qui
MAY. 1730. 987
qui l'a déja vûë , la cherche avec empreffement
; un vieux oncle qui l'a arrêté en
chemin l'a empêché de la fuivre : il rencontre
Frontin à qui il en demande des
nouvelles ; quoiqu'il ne dife rien qui puiffe
défigner Zaïde , Frontin ne laiffe pas de
penetrer que ce nouvel objet de fon empreffement
eft cette même Efclave qu'on
vient d'introduire chez la Comteffe ; il
s'offre à favorifer l'amour du Chevalier
pour le rendre auffi coupable que fon
frere aîné aux yeux du Baron fon pere ; il
lui dit que fon aimable inconnue eft chez
la Comteffe ; il lui fait prendre les habits
du faux Muet que Timante envoye à cette
heure même à fa chere Comteffe ; il lui recommande
de bien faire le perfonnage de
Muet; le Chevalier lui promet tout , & va
prendre le nouvel habit fous lequel il doit
voir fa charmante inconnuë. Dans une autre
Scene du même Acte , Frontin parle ainſi
au Chevalier : Ce n'est pas tout ; depuis que
je me fuis avifé de vous faire muet , il m'est
venu dans l'efprit de me fervir de votre
muetifme , pour obliger votre pere à confentir
que vous époufiez Zaide . Ce ftratagême eft
fondé fur la credulité du Baron & fur
fon foible pour les forrileges.
Dans le troifiéme Acte , Frontin pour
mieux tromper le Baron , lui vient appren
dre
988 MERCURE DE FRANCE
dre que ce cher fils le Chevalier dont la
difparition l'allarme fi fort , n'a pas échapé
aux foins qu'il a pris de le chercher ,
& lui avoue ingénument , qu'après bien
des recherches il l'a enfin trouvé chez
la Comteffe , habillé d'une maniere extravagante
, éperduëment amoureux d'une
jeune Efclave , & fi amoureux qu'il en eft
devenu muet ; le crédule & fuperftitieux
Baron ne doute point qu'on n'ait jetté un
fort fur fon fils . Frontin contrefaifant toujours
le bon Valet , lui dit que cela pourroit
bien être , ou du moins que l'excès
de l'amour du Chevalier auroit bien pû
faire ce grand dérangement dans fon cerveau
; il lui confeille de confulter làdeffus
un celebre Medecin qui eft arrivé
depuis peu , & qu'il a connu autrefois ;
le Baron donne fans peine dans le panneau
. Frontin s'habille en Medecin , & lui
fait connoître que fon fils le Chevalier
étant devenu muet par un excès d'amour,
ne peut recouvrer la parole qu'en époufant
celle qui l'a mis dans un état fi déplorable.
Voilà precifément jufqu'où l'action
eft parvenuë vers la fin du troifiéme
Acte , auffi l'a - t'on trouvée un peu trop
avancée ; en effet, que refte-t'il pour remplir
les deux derniers Actes ? le voici en
peu
de mots ,
La
M A Y. 1730. 989
›
La Comteffe trouve le prétendu Muet
aux pieds de Marine , fa Suivante , pour
la remercier des bons offices qu'elle lui
promet de lui rendre dans fon amour ;
Zaïde eft préfente : Que vois-je ? dit - elle ,
Zaide en larmes; Marine effrayée ; le Muet
àfes pieds ; je n'en dois plus douter. Rentrez,
Marinesfaitesfigne à ce garçon de vous
fuivre; Zaide, demeurez avec moi . La Comteffe
dans une Scene qu'elle a avec Zaïde ,
ne peut lui arracher fon fecret , malgré
toutes les démonftrations d'amitié qu'elle
lui fait . Timante vient ; elle fe plaint à
lui du préfent dangereux qu'il lui a fait
de l'Esclave qu'elle vient de trouver aux
pieds de Marine & qui n'eft que trop
aimable aux yeux de Zaïde . Timante ne
comprend rien à tout cela : l'Efclave qu'il
á envoyé à la Comteffe ne reffemble nullement
au portrait avantageux que laComteffe
en fait. Frontin arrive : Timante l'in
terroge fur l'Esclave en queftion ; Frontin
foutient qu'il n'en a point envoyé d'autre
à la Comteffe que celui qu'il a acheté
fon ordre , & qu'il lui a montré ; mais par
malheur pour lui le premier Muet vient
pour quelque raifon que l'on n'explique
point ; c'eft apparemment pour demander
quelque argent que Frontin lui a promis
. Frontin ne fe deferre point ; & comme
il a le menfonge en main , il dit à fon
G Maître
;
par
990 MERCURE DE FRANCE
Maître , qu'ayant trouvé un Muet plus
joli que celui qu'il lui avoit d'abord fait
voir , il a crû qu'il feroit beaucoup plus
de plaifir à la Comteffe , en le troquant
contre ce vilain & vieux coquin . Ce dernier
étouffe de colere , & veut parler ;
Frontin lui coupe la parole , & dit à Timante
qu'il demande quelque argent ;
Timante pour l'appaifer donne dix piftoles
; Frontin en retient cinq ; cette friponnerie
gâte tout , & rend la parole au
Muet : Monfieur , dit- il à Timante , il en
retient la moitié.
Il eft tems de finir cette Differtation ,
Le Baron confent à donner Zaïde toute
Efclave,ou du moins toute inconuë qu'elle
eft à fon fils le Chevalier , ce qui prouve
que les deux derniers Actes font fuper-
Aus ,
, quoiqu'ils ne laiffent pas d'être remplis
de Scenes très - comiques. Les Auteurs
pouvoient même fe paffer de faire un dénouement
à la façon de Terence : le voici;
Simon qui a fait le premier perfonnage
de Muet eft reconnu par le Capitaine de
Vaiffeau pour Griffon le Sicilien , frere de
la nourrice de Zaïde ; une chaîne d'or
que ce même Griffon avoit donnée à
Frontin pour la vendre , eft reconnuë par
le Marquis de Sardan . Ah ! Zaïde , s'écrie
t'il vous êtes ma fille. Ce que Monfieur le
Capitaine me dit , le tems de votre prife ,
la
MAY. 1730. 991
la nourrice Espagnole , Griffon que voilà
cette chaine que je reconnois , tout me le confirme
, & plus que tout encore les fecrets
mouvemens de la nature qui s'élevent dans
mon coeur. Zaide vous êtes ma fille . Après
cette reconnoiffance , la Piéce fe dénoue
d'elle-même ; Timante prie fon pere de
vouloir le rendre heureux dans un jour
où tout le monde l'eft ; le Baron confent
à tout ; Timante & le Chevalier épouſent
ce qu'ils aiment. On pardonne à Frontin ,
& on lui accorde Marine qu'il demande
pour prix de fes heureufes fourberies.
remirent au Théatre Le Muet , Comédie
en cinq Actes & en Profe, attribuée
à M. de Palaprat ; nous diſons attribuée ,
parcequ'il convient tout au moins luimême
dans fa Préface de n'y avoir travaillé
qu'en fecond ; voici fes propres termes
: J'avoue que j'ai toujours eu pour cette
Comédie un veritable foible d'Auteur , auffi
grand que fije l'avois faite tout feul ; il ajoute
un peu plus bas , en parlant de Terence
: en lifant & en relifant fon Eunuque
avec mon cher affocié , nous nous trouvâmes
tous deux une égale envie d'accommoder
cette
Piéce à nos moeurs. Il avoue que le Titre
les embaraffat également
, & qu'ils 'convinrent
qu'il ne feroit pas fouffert ſur
notre Théatre ; il fallut donc en fubftituer
un autre qui eft celui du Muet ; M.
de Palaprat fe felicite de l'avoir imaginés
il est vrai qu'il s'en applaudit avec affez
de modeftie , on en peut juger par ces
mots :
982 MERCURE DE FRANCE
A
mots peut- être que fi j'avois pû retenir
qualque-tems la joye que je fentis d'avoir
falt cette découverte , quelque chofe de meilleur
auroit été inventé par mon camarade:
Jufques là , il paroît qu'il n'y avoit que
le titre qui embaraflat nos deux Auteurs;
mais les deffauts nombreux que l'Auteur
de la Préface en queftion remarque dans
l'original de cette Piéce , ne s'accordent
pas avec l'égale envie que font cher aſſocié
& lui eurent de l'accommoder à nos mærs.
Ce n'eft pas à nous de foufcrire au Procès
qu'ils font à un Auteur auffi refpectable
que Terence , procès qui ne laiffe pas
tre adouci par cette espece de réparation :
ce n'eft pas à Terence que je reproche ce deffaut
, c'est à fon fiecle .
d'ê-
Il est vrai que dans un fiecle tel que
le nôtre , où le Théatre eft fi épuré , on
n'auroit pas
beau jeu de mettre des Courtifannes
fur la Scene , comme la Thaïs
de l'Eunuque de Terence ; les Capitans rodomonts
& les Parafites en font également
bannis; une Efclave féduite par un préten
du Eunuque choqueroit les plus débauchés.
Ce font pourtant là les principaux
perfonnages de la Comédie d'après laquelle
a été faite celle du Muet , qu'eft- ce donc
qui a pû déterminer les deux Auteurs.
affociés à la mettre au Théatre rien n'a
pû les y porter que le noeud qui confifte
dansMAY.
1730. 983
dans une fuppofition de perfonnes . Revenons
au titre de Muet dont l'inventeur
tire tant de gloire dans la copie d'un original
fi contraire à nos moeurs. Ce font
des reflexions qu'on nous a communiquées
pour en faire part au Public.
Dans la feconde Scene du premier Acte
Frontin , Valet de Timante , qui tient lieu
du Phedre de l'Eunuque ; mais d'une maniere
accommodée à nos moeurs , dreffe
un vieux Ecumeur de mer à faire le perfonnage
de Muet , & lui trouve fi peu de
difpofition à s'en bien acquiter , qu'il devroit
le défier du fuccès. Il n'a pas expofé
dans la premiere Scene ce qui peut
avoir donné lieu à ce préfent fingulier
que 'Timante veut faire à la Comteffe.
Voici tout ce qu'il en dit , parlant à Simon
( c'eſt le nom du vieux Forban ) Et
ne t'aije pas dit que Timante s'eft mis en
tête d'avoir un Muet ? qu'il y a huit jours
que j'en cherchois un ? que , n'en trouvant
point , je me fuis avifé de me fervir de toi
à caufe que tu es nouveau débarqué de Sicile
, & que perfonne ne te connoît encore dans
Naples ? qu'enfin par fon ordre je t'ai fait
faire l'habit que tu portes ? Mais dans tout
cela il n'eft point parlé de la fingularité
du préfent , & ce ne fera qu'au fecond
Acte que les fpectateurs en feront inftruits
par ces paroles de Marine , Suivante de
la
984 7
·
que
MERCURE DE FRANCE
la Comteffe Bizarrerie, Ma Maitreffe
vent toûjours avoir dans fon Equipage quelque
chofe de fingulier ; elle eut d'abord un
More ; dès qu'elle vit qu'ils devenoient trop
communs , & la vanité d'en avoir avoit
paffe jufqu'aux Bourgeoises , elle n'en voulut
plus , & prit un petit Turc ; d'autres en
eurent , elle le quitta , préfentement elle s'eft
avifée d'avoir un muet à cause que perfonne
ne s'en fert. Voilà donc un titre de Comédie
fondé fur un perfonnage de nouvelle
fabrique
.
On pafferoit cette fingularité à M. Palaprat
, s'il en avoit fait tout l'ufage qu'il
femble promettre dans fa Préface . Voici
comme il s'explique : Cette idée me rit ; il
me fembloit qu'une jeune femme du monde
qui voudroit être fervie par un domestique
muet fourniroit des traits dans nos moeurs
& qu'un jeune homme éperduement amoureux
, obligé de faire le muet pour obtenirfa
Maitreffe , & de parler en même-tems pour
pas perdre , fe trouveroit dans des fituations
àfaire plaifir. La premiere de ces
deux Hypotheſes n'a pas lieu dans la Piéce
, & la Comteffe n'eft pas dans le cas
de fe faire fervir par des muets , c'est tout
ce qu'auroit pû faire la Thaïs de Terence.
ne
la
Voici une derniere remarque qu'on a
faite fur le Muet en queftion . Timante
pouvoit avoir promis ce préfent à la Comtelle
MAY , 1730. 985
teffe avant qu'il la crût infidele ; mais il
eft brouillé avec elle par la concurrence
d'un Rival qu'il croit qu'on lui préfere.
Frontin qui fouhaite qu'il ne la voye plus,
de peur qu'il ne foit desherité par fon
pere ,
devroit-il s'attacher à faire étudier
à Simon le Rôle de Muet ? il devroit au
moins remettre l'Ecole à une autre fois ;
& ce Muet eft fi peu de faifon , que ce
n'eft qu'à la fin du premier Acte que Timante
en parle à Frontin un peu plus fericufement,
Mais à propos , lui dit Frontin
, vous ne me dites pas ce que vous voulez
faire de ce muet que je vous ai arrêté ?
Voici la réponse de Timante : Je ne m'en
fuis pas fouvenu quand il en étoit tems ; ce
foir tu le meneras où je te dirai. Il eft vrai
qu'il lui a dit à la troifiéme Scene comme
par maniere d'acquit : Voila donc ce muet
dont tu m'as parlé. Il n'eft brouillé avec la
Comteffe que depuis un jour ; il y en a
huit qu'il a ordonné l'achat d'un muet ,
pourquoi ne s'eft- il pas fouvenu de l'envoyer
àfa Maitreffe quand il en étoit tems,
comme il vient de l'avouer ?
A ces petits inconveniens près , la
Piéce ne dément pas la réputation qué fes
deux Auteurs fe font acquife. En voici le
plan.
Le Baron d'Ortigni , pere de Timante &
du Chevalier , irrité contre ce premier
par
986 MERCURE DE FRANCE
par le refus qu'il a fait de la fille du Marquis
de Sarian , le veut desheriter & faire
époufer cette fille au Chevalier fon cadet,
c'est ce qui oblige Frontin à employer le
talent de tromper dont la nature Pa pourvû
; il fait tout ce qu'il peut pour détourner
Timante fon Maître de l'amour
qu'il a pour la Comteffe , amour qui lui
va coûter les grands biens que fou droit
d'aîneffe lui fait efperer. Ce Valet fidele
ne pouvant arracher du coeur de fon Maître
une paffion' fi nuifible , a recours à la
fourberie pour rendre du moins le Chevalier
auffi rebelle à fon pére que fon aîné
; le hazard y a déja travaillé. Le Chevalier
devenu amoureux d'une inconnue,
ne fe refufe pas ouvertement au projet
avantageux que fon formé pour
pere a
lui, mais il s'y dérobe , autant qu'il lui eft
poffible, par des défaites ou par des fuites
qui font un jeu théatral . L'inconnuë dont
il est devenu amoureux eft une Esclave
que
appellée Zaide , la Comteffe a connue
autrefois , & pour qui elle a pris
beaucoup d'amitié . La Comteffe en raconte
l'Hiftoire dès le premier Acte ; elle
a prié un Capitaine de Vaiffeau , Patron
de cette belle Efclave , de lui en faire préfent
; ce Capitaine lui a promis de l'envoyer
chez elle. Dans le tems qu'on la
conduit chez la Comteffe , le Chevalier
qui
MAY. 1730. 987
qui l'a déja vûë , la cherche avec empreffement
; un vieux oncle qui l'a arrêté en
chemin l'a empêché de la fuivre : il rencontre
Frontin à qui il en demande des
nouvelles ; quoiqu'il ne dife rien qui puiffe
défigner Zaïde , Frontin ne laiffe pas de
penetrer que ce nouvel objet de fon empreffement
eft cette même Efclave qu'on
vient d'introduire chez la Comteffe ; il
s'offre à favorifer l'amour du Chevalier
pour le rendre auffi coupable que fon
frere aîné aux yeux du Baron fon pere ; il
lui dit que fon aimable inconnue eft chez
la Comteffe ; il lui fait prendre les habits
du faux Muet que Timante envoye à cette
heure même à fa chere Comteffe ; il lui recommande
de bien faire le perfonnage de
Muet; le Chevalier lui promet tout , & va
prendre le nouvel habit fous lequel il doit
voir fa charmante inconnuë. Dans une autre
Scene du même Acte , Frontin parle ainſi
au Chevalier : Ce n'est pas tout ; depuis que
je me fuis avifé de vous faire muet , il m'est
venu dans l'efprit de me fervir de votre
muetifme , pour obliger votre pere à confentir
que vous époufiez Zaide . Ce ftratagême eft
fondé fur la credulité du Baron & fur
fon foible pour les forrileges.
Dans le troifiéme Acte , Frontin pour
mieux tromper le Baron , lui vient appren
dre
988 MERCURE DE FRANCE
dre que ce cher fils le Chevalier dont la
difparition l'allarme fi fort , n'a pas échapé
aux foins qu'il a pris de le chercher ,
& lui avoue ingénument , qu'après bien
des recherches il l'a enfin trouvé chez
la Comteffe , habillé d'une maniere extravagante
, éperduëment amoureux d'une
jeune Efclave , & fi amoureux qu'il en eft
devenu muet ; le crédule & fuperftitieux
Baron ne doute point qu'on n'ait jetté un
fort fur fon fils . Frontin contrefaifant toujours
le bon Valet , lui dit que cela pourroit
bien être , ou du moins que l'excès
de l'amour du Chevalier auroit bien pû
faire ce grand dérangement dans fon cerveau
; il lui confeille de confulter làdeffus
un celebre Medecin qui eft arrivé
depuis peu , & qu'il a connu autrefois ;
le Baron donne fans peine dans le panneau
. Frontin s'habille en Medecin , & lui
fait connoître que fon fils le Chevalier
étant devenu muet par un excès d'amour,
ne peut recouvrer la parole qu'en époufant
celle qui l'a mis dans un état fi déplorable.
Voilà precifément jufqu'où l'action
eft parvenuë vers la fin du troifiéme
Acte , auffi l'a - t'on trouvée un peu trop
avancée ; en effet, que refte-t'il pour remplir
les deux derniers Actes ? le voici en
peu
de mots ,
La
M A Y. 1730. 989
›
La Comteffe trouve le prétendu Muet
aux pieds de Marine , fa Suivante , pour
la remercier des bons offices qu'elle lui
promet de lui rendre dans fon amour ;
Zaïde eft préfente : Que vois-je ? dit - elle ,
Zaide en larmes; Marine effrayée ; le Muet
àfes pieds ; je n'en dois plus douter. Rentrez,
Marinesfaitesfigne à ce garçon de vous
fuivre; Zaide, demeurez avec moi . La Comteffe
dans une Scene qu'elle a avec Zaïde ,
ne peut lui arracher fon fecret , malgré
toutes les démonftrations d'amitié qu'elle
lui fait . Timante vient ; elle fe plaint à
lui du préfent dangereux qu'il lui a fait
de l'Esclave qu'elle vient de trouver aux
pieds de Marine & qui n'eft que trop
aimable aux yeux de Zaïde . Timante ne
comprend rien à tout cela : l'Efclave qu'il
á envoyé à la Comteffe ne reffemble nullement
au portrait avantageux que laComteffe
en fait. Frontin arrive : Timante l'in
terroge fur l'Esclave en queftion ; Frontin
foutient qu'il n'en a point envoyé d'autre
à la Comteffe que celui qu'il a acheté
fon ordre , & qu'il lui a montré ; mais par
malheur pour lui le premier Muet vient
pour quelque raifon que l'on n'explique
point ; c'eft apparemment pour demander
quelque argent que Frontin lui a promis
. Frontin ne fe deferre point ; & comme
il a le menfonge en main , il dit à fon
G Maître
;
par
990 MERCURE DE FRANCE
Maître , qu'ayant trouvé un Muet plus
joli que celui qu'il lui avoit d'abord fait
voir , il a crû qu'il feroit beaucoup plus
de plaifir à la Comteffe , en le troquant
contre ce vilain & vieux coquin . Ce dernier
étouffe de colere , & veut parler ;
Frontin lui coupe la parole , & dit à Timante
qu'il demande quelque argent ;
Timante pour l'appaifer donne dix piftoles
; Frontin en retient cinq ; cette friponnerie
gâte tout , & rend la parole au
Muet : Monfieur , dit- il à Timante , il en
retient la moitié.
Il eft tems de finir cette Differtation ,
Le Baron confent à donner Zaïde toute
Efclave,ou du moins toute inconuë qu'elle
eft à fon fils le Chevalier , ce qui prouve
que les deux derniers Actes font fuper-
Aus ,
, quoiqu'ils ne laiffent pas d'être remplis
de Scenes très - comiques. Les Auteurs
pouvoient même fe paffer de faire un dénouement
à la façon de Terence : le voici;
Simon qui a fait le premier perfonnage
de Muet eft reconnu par le Capitaine de
Vaiffeau pour Griffon le Sicilien , frere de
la nourrice de Zaïde ; une chaîne d'or
que ce même Griffon avoit donnée à
Frontin pour la vendre , eft reconnuë par
le Marquis de Sardan . Ah ! Zaïde , s'écrie
t'il vous êtes ma fille. Ce que Monfieur le
Capitaine me dit , le tems de votre prife ,
la
MAY. 1730. 991
la nourrice Espagnole , Griffon que voilà
cette chaine que je reconnois , tout me le confirme
, & plus que tout encore les fecrets
mouvemens de la nature qui s'élevent dans
mon coeur. Zaide vous êtes ma fille . Après
cette reconnoiffance , la Piéce fe dénoue
d'elle-même ; Timante prie fon pere de
vouloir le rendre heureux dans un jour
où tout le monde l'eft ; le Baron confent
à tout ; Timante & le Chevalier épouſent
ce qu'ils aiment. On pardonne à Frontin ,
& on lui accorde Marine qu'il demande
pour prix de fes heureufes fourberies.
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Résumé : Comédie du Muet, [titre d'après la table]
Le 18 avril, les Comédiens Français ont présenté au Théâtre Le Muet une comédie en cinq actes et en prose, attribuée à M. de Palaprat. Palaprat a reconnu dans sa préface avoir collaboré avec Terence en adaptant l'Eunuque aux mœurs contemporaines. Le titre a été changé en Le Muet pour des raisons de censure théâtrale. La pièce met en scène des personnages et des situations adaptées aux mœurs du temps. L'intrigue principale suit Timante, fils du baron d'Ortigni, qui refuse d'épouser la fille du marquis de Sarian. Le baron menace de déshériter Timante au profit de son cadet, le chevalier. Frontin, valet de Timante, tente de manipuler les événements pour favoriser son maître et semer la discorde entre le baron et le chevalier. Ce dernier tombe amoureux de Zaïde, une esclave connue de la comtesse. Frontin utilise la crédulité du baron pour le convaincre que le chevalier est devenu muet par excès d'amour pour Zaïde. Il se déguise en médecin pour conseiller au baron de laisser le chevalier épouser Zaïde. La comtesse découvre le chevalier déguisé en muet et le confond avec le véritable muet envoyé par Timante. Des quiproquos et des révélations mènent à la reconnaissance de Zaïde comme fille du marquis de Sarian. Finalement, Timante et le chevalier épousent celles qu'ils aiment, et le baron consent à ces unions. Frontin obtient le pardon pour ses actions et reçoit Marine en récompense de ses 'heureuses fourberies'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3871
p. 2254-2255
HISTOIRE des Hommes Illustres par les Médailles.
Début :
Pour répondre à l'accueil favorable que le Public continuë de faire à ce Journal, & pour le [...]
Mots clefs :
Médailles, Hommes illustres, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE des Hommes Illustres par les Médailles.
HISTOIRE des Hommes Illustres
par les Médailles.
Our répondre à l'accueil favorable que le Pu
blic continuë de faire à ce Journal , & pour le
rendre encore plus agréablement inſtructif , nous
avons projetté de donner une Hiſtoire ſommaire des
Hommes Illuftres , en l'honneur deſquels on a frappé
des Médailles ,depuis la renaiſſance des Lettres
juſqu'àpréſent.
Par le titre d'Hommes Illuftres , on entend ici
non-ſeulement les Rois, les Souverains & les Princes
les plus diftingués , les Princeſſes , mais encore
les Perſonnes de l'un & l'autre Sexe , qui auront excellé
en quelque genre que ce foit , particulierement
ceux &celles , qui auront cultivé les Sciences
& les Beaux - Arts .
Nous ne ferons graver aucune Médaille en Taille-
douce , dont nous n'aurons pas vu l'original ,
frappé dans le tems même , & dont la certitude ne
foit tout- à- fait incontestable .
Ainfi, on n'empruntera rien des Livres où ſe peuvent
trouver de pareilles gravûres , de Mezeray même
, encore moins du grand Recueil de Jacques de
Bie , où parmi pluſieurs Médailles vraies , il s'en
trouve beaucoup de ſuſpectes , d'autres viſiblement
fauſſes , & fabriquées dans des tems poſtérieurs .
L'exécution de ce Projet nous fera peut-être
moins difficile , par la quantité de Médailles , que
nous poſſedons déja , de la qualité dont il s'agit ici ,
OCTOBRE. 1744. 2255
&par les ſecours que nous nous promettons de la
part de pluſieurs perſonnes Curieuses , qui ont de
pareils Monumens , & dont nous nous ferons un
devoir& un plaiſir de citer les Cabinets
Nous commencerons par une Médaille de Fran
çois I, par la raiſon qui ſe préſente fi naturellement,
ce Grand Prince , outre ſes rares qualités du coeur
& de l'efprit , ayant été le Pere & le Reſtaurateur
des Lettres,& le magnifique Protecteur des Sçavans:
par les Médailles.
Our répondre à l'accueil favorable que le Pu
blic continuë de faire à ce Journal , & pour le
rendre encore plus agréablement inſtructif , nous
avons projetté de donner une Hiſtoire ſommaire des
Hommes Illuftres , en l'honneur deſquels on a frappé
des Médailles ,depuis la renaiſſance des Lettres
juſqu'àpréſent.
Par le titre d'Hommes Illuftres , on entend ici
non-ſeulement les Rois, les Souverains & les Princes
les plus diftingués , les Princeſſes , mais encore
les Perſonnes de l'un & l'autre Sexe , qui auront excellé
en quelque genre que ce foit , particulierement
ceux &celles , qui auront cultivé les Sciences
& les Beaux - Arts .
Nous ne ferons graver aucune Médaille en Taille-
douce , dont nous n'aurons pas vu l'original ,
frappé dans le tems même , & dont la certitude ne
foit tout- à- fait incontestable .
Ainfi, on n'empruntera rien des Livres où ſe peuvent
trouver de pareilles gravûres , de Mezeray même
, encore moins du grand Recueil de Jacques de
Bie , où parmi pluſieurs Médailles vraies , il s'en
trouve beaucoup de ſuſpectes , d'autres viſiblement
fauſſes , & fabriquées dans des tems poſtérieurs .
L'exécution de ce Projet nous fera peut-être
moins difficile , par la quantité de Médailles , que
nous poſſedons déja , de la qualité dont il s'agit ici ,
OCTOBRE. 1744. 2255
&par les ſecours que nous nous promettons de la
part de pluſieurs perſonnes Curieuses , qui ont de
pareils Monumens , & dont nous nous ferons un
devoir& un plaiſir de citer les Cabinets
Nous commencerons par une Médaille de Fran
çois I, par la raiſon qui ſe préſente fi naturellement,
ce Grand Prince , outre ſes rares qualités du coeur
& de l'efprit , ayant été le Pere & le Reſtaurateur
des Lettres,& le magnifique Protecteur des Sçavans:
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3872
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LOGOGRYPHE.
Début :
Une étroite prison, à te parler sans feinte, [...]
Mots clefs :
Prunelle
3873
p. 136
« JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...] »
Début :
JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...]
Mots clefs :
Évêque de Nantes, Jubilé
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texteReconnaissance textuelle : « JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...] »
JUBILÉ Universel de l'année sainte,
avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque
de Nantes, l'ordre du Jubilé, &
ce que chacun sera obligé de faire pour
le gagner: les retraites des honimes & des
femmes pendant ledit temps, & les prieres
pour les Stations. ANantes, chez Josephl'a-
tar, Imprimeur duRoi, & de Monseigneur
l'Evêque, haute grand-rue, au coin de la
rue de Beau-Soleil, 1751.
On trouve chez le même Libruire, les
Instructions dogmatiques, historiques &
morales, sut. leAIndulgenees & sur le Ju-
bilé, imprimées par l'ordre de Monsei-
gneur l'Evêque de Nantes.
avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque
de Nantes, l'ordre du Jubilé, &
ce que chacun sera obligé de faire pour
le gagner: les retraites des honimes & des
femmes pendant ledit temps, & les prieres
pour les Stations. ANantes, chez Josephl'a-
tar, Imprimeur duRoi, & de Monseigneur
l'Evêque, haute grand-rue, au coin de la
rue de Beau-Soleil, 1751.
On trouve chez le même Libruire, les
Instructions dogmatiques, historiques &
morales, sut. leAIndulgenees & sur le Ju-
bilé, imprimées par l'ordre de Monsei-
gneur l'Evêque de Nantes.
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3874
p. 542-643
Société de Medecine, [titre d'après la table]
Début :
Les Amateurs de la Médecine, de la Phisique, de l'Histoire [...]
Mots clefs :
Société de médecine, Nouvelles littéraires, Correspondance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Société de Medecine, [titre d'après la table]
Les Amateurs de la Médecine, de la Phisique,
de
MARS, 1732. 543 de l'Histoire Naturelle , et de tout ce qui peut y
avoir quelque rapport , seront bien- aises d'ap
prendre qu'il s'est formé à Nuremberg une Société des plus habiles Médecins , qui par leurs
correspondances , qu'ils tâchent d'augmenter de
jour en jour , par toute l'Europe , s'occupent à
publier toutes les semaines une Feuille en latin ,
remplie des meilleures et des plus nouvelles Observations , Problêmes , Extraits , &c. à ce qui est relatif à ces Sciences. Ils y ajoutent de temps
en temps des Nouvelles Litteraires les plus inté
ressantes , pour ne rien négliger de ce qui pour-,
roit contribuer à établir une correspondance:
universelle , et par là à perfectionner de plus en
plus la connoissance de la Nature et de l'Art salutaire. On en voit un Volume entier , pour l'année 1731. qui contient so Feuilles, avec l'Extrait.
des articles , et un Indice des matieres. On a inseré au commencement de ce Tome , les deux
Consultations , publiées il y a plus d'un an , qui
donnent une idée parfaite du louable dessein des Membres de cette Société , tant pour
d'y pouvoir Souscrire , que pour ce qui regarde
l'Ouvrage méme. On trouve quelque Exemplaires de ce Volume , chez M. E. Neaulme ,
Utrecht , chez qui l'on peut faire tenir les Lettres
et autres Piéces sçavantes pour la Société de Nu-
, remberg.
de
MARS, 1732. 543 de l'Histoire Naturelle , et de tout ce qui peut y
avoir quelque rapport , seront bien- aises d'ap
prendre qu'il s'est formé à Nuremberg une Société des plus habiles Médecins , qui par leurs
correspondances , qu'ils tâchent d'augmenter de
jour en jour , par toute l'Europe , s'occupent à
publier toutes les semaines une Feuille en latin ,
remplie des meilleures et des plus nouvelles Observations , Problêmes , Extraits , &c. à ce qui est relatif à ces Sciences. Ils y ajoutent de temps
en temps des Nouvelles Litteraires les plus inté
ressantes , pour ne rien négliger de ce qui pour-,
roit contribuer à établir une correspondance:
universelle , et par là à perfectionner de plus en
plus la connoissance de la Nature et de l'Art salutaire. On en voit un Volume entier , pour l'année 1731. qui contient so Feuilles, avec l'Extrait.
des articles , et un Indice des matieres. On a inseré au commencement de ce Tome , les deux
Consultations , publiées il y a plus d'un an , qui
donnent une idée parfaite du louable dessein des Membres de cette Société , tant pour
d'y pouvoir Souscrire , que pour ce qui regarde
l'Ouvrage méme. On trouve quelque Exemplaires de ce Volume , chez M. E. Neaulme ,
Utrecht , chez qui l'on peut faire tenir les Lettres
et autres Piéces sçavantes pour la Société de Nu-
, remberg.
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Résumé : Société de Medecine, [titre d'après la table]
En mars 1732, une Société des Médecins a été fondée à Nuremberg. Composée d'experts en médecine et en sciences naturelles, cette société entretient une correspondance à travers l'Europe pour échanger des observations, des problèmes et des extraits relatifs à ces domaines. Elle publie chaque semaine une feuille en latin contenant des informations scientifiques et littéraires. Pour l'année 1731, un volume entier de ces publications est disponible, incluant un extrait des articles et un index des matières. Le volume commence par deux consultations publiées plus d'un an auparavant, qui expliquent les objectifs et les modalités de souscription à la société. Des exemplaires de ce volume sont disponibles chez M. E. Neaulme à Utrecht, qui sert également de point de contact pour les correspondances scientifiques destinées à la Société de Nuremberg.
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3875
p. 136-137
« ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...] »
Début :
ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...]
Mots clefs :
Musique théorique, Musique pratique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...] »
ELEMENS de Musique théorique &
pratique, suivant les principes de M. Rameau.
A Paris, chez David l'aîné, le Bre-
tan & Durand.
Cet Ouvrage, dont M. d'Alembert est
l'Auteur, & que le Public attendoit,
MARS. 1752.
13.7
nous a paru très-clair, très méthodique,
& renferme dans un petit volume un as-
sez grand nombre de choses. Nous en par-
lerons plus au long, mais nous croyons
devoir nous hâter de l'annoncer; il est à
la portée de ceux-mêmes qui n'ont aucu-
ne teinture de musique. Le prix est de
3 livres.
pratique, suivant les principes de M. Rameau.
A Paris, chez David l'aîné, le Bre-
tan & Durand.
Cet Ouvrage, dont M. d'Alembert est
l'Auteur, & que le Public attendoit,
MARS. 1752.
13.7
nous a paru très-clair, très méthodique,
& renferme dans un petit volume un as-
sez grand nombre de choses. Nous en par-
lerons plus au long, mais nous croyons
devoir nous hâter de l'annoncer; il est à
la portée de ceux-mêmes qui n'ont aucu-
ne teinture de musique. Le prix est de
3 livres.
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3876
p. 134-135
ENIGME.
Début :
Pour réussir dans l'art de me faire chercher, [...]
Mots clefs :
Imprimerie
3877
p. 122-123
MARIAGES.
Début :
Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville, Conseiller au Parlement, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte décrit le mariage de Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville et Conseiller au Parlement, avec Charlotte-Élisabeth Galant de Vienne. Fleuriau est le fils de Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau et Jeanne Gilbert. La mariée est la fille de Louis de Vienne et de la défunte Charlotte-Marguerite de Clerembaut. Plusieurs épithalames ont célébré cette union.
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3878
p. 134-135
« DICTIONNAIRE de Musique ; par J. J. Rousseau. A Paris, chez la veuve Duchesne, [...] »
Début :
DICTIONNAIRE de Musique ; par J. J. Rousseau. A Paris, chez la veuve Duchesne, [...]
Mots clefs :
J. J. Rousseau, Musique, Dictionnaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DICTIONNAIRE de Musique ; par J. J. Rousseau. A Paris, chez la veuve Duchesne, [...] »
DICTIONNAIRE de Mufique ; par J. J.
Rouffeau. A Paris , chez la veuve Duchefne,
Libraire , rue Saint Jacques , au temple
du goût ; 1768 : avec approbation & privilége
du Roi ; in- 4°.
Le public jouit enfin d'un livre utile
& piquant , après lequel il afpire depuis
DECEMBRE 1767. 135
>
long- temps. Nous croyons qu'il eft inutile
de faire obferver combien un ouvrage fur
la mufique , compofé par M. Rouffeau
doit être recherché. Mais , ce qui en augmente
le mérite , ce font différens traits
de critique fine & ingénieufe , répandus
dans le corps du dictionnaire. Nous donnerons
de temps en temps , dans les Mercures
fuivans , quelques- uns de ces morceaux
; en attendant nous confeillons à
nos lecteurs de lire les articles acteur
duo , expreffion , goût , licence , opéra
orcheftre , plain- chant , récitatif, fi , fon
unité de mélodie , voix ; ils y trouveront
de quoi s'inftruire & s'égayer en même
temps.
Rouffeau. A Paris , chez la veuve Duchefne,
Libraire , rue Saint Jacques , au temple
du goût ; 1768 : avec approbation & privilége
du Roi ; in- 4°.
Le public jouit enfin d'un livre utile
& piquant , après lequel il afpire depuis
DECEMBRE 1767. 135
>
long- temps. Nous croyons qu'il eft inutile
de faire obferver combien un ouvrage fur
la mufique , compofé par M. Rouffeau
doit être recherché. Mais , ce qui en augmente
le mérite , ce font différens traits
de critique fine & ingénieufe , répandus
dans le corps du dictionnaire. Nous donnerons
de temps en temps , dans les Mercures
fuivans , quelques- uns de ces morceaux
; en attendant nous confeillons à
nos lecteurs de lire les articles acteur
duo , expreffion , goût , licence , opéra
orcheftre , plain- chant , récitatif, fi , fon
unité de mélodie , voix ; ils y trouveront
de quoi s'inftruire & s'égayer en même
temps.
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Résumé : « DICTIONNAIRE de Musique ; par J. J. Rousseau. A Paris, chez la veuve Duchesne, [...] »
Le dictionnaire de musique de J. J. Rouffeau, publié à Paris en 1768 chez la veuve Duchefne, est loué pour sa critique fine et ingénieuse. Il est recommandé pour des articles tels que 'acteur duo', 'expression', 'goût', 'licence', 'opéra orchestre', 'plain-chant', 'récitatif', 'si', 'son' et 'unité de mélodie'.
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3879
p. 120-121
Epitaphe du Cardinal de Noailles, [titre d'après la table]
Début :
AD PEDES DEI-PARAE Quam semper religiosè coluerat. [...]
Mots clefs :
Épitaphe, Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris
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texteReconnaissance textuelle : Epitaphe du Cardinal de Noailles, [titre d'après la table]
Nous avons dir dans lé Journal du mois
de Mai 17 z?, que le 7. du même moisie
Cardinal de Noailles Archevêque dé Pari*
fut inhumé dans l' Eglise MtMopolitáirie ,
devant la ChapeUe de la sainte-Vierge-,
suivant qu'il l'avoit ordonné par son Testement.
Qn a depuis couvert d'un marbre
noir le lieu de son inhumation , & on a
gravé fur cc Marbre l'Epitaphe qui fait.
' JANFVÌER. i73<3«.
AD PEDES DEI-PAR*
Quam fimpir religiosè coluerat.
Hic Jacet,
Vt Testament» juftt ,
Iudovicus - AntoniUS De NoaiItLEsJ
S,R-E. Cardinalìs yjtrchiepifccpus Varifienfii*
Due S. Clodoaldi , far Francis. 1
Rfgii Ordinis S. Spiritus Cemmendater ;
Brovifor Sorbona i ac- RegU Navarrt Suptrion
Commiffi Jìbi gregis
Sullicitttdint Pastor , chantait Pater,
'-■ •-' • Moril'us , ferm»,
Domtti fus. berù prifofitus ,
Domus Domìni zelo accenfus ,
In eratione affiduns , in labore indefeffui*
In cuit n modéfiûs , in vi&ìi fimplex-
Sibi parcus , in esterai sanSr prùdigtts ,
A teneris ad fenium tqualis idemque ,
Stmper prudent , mitis pacifeus
t Vitatn tranfegit benefaciend».
Ecclefíam Pnrifienfem J
î> /■ Ahnii XXXIV. ?
. ■ ; Rcxtt , di.exit , excêíuit , omavh :
- i^Ejat beneficentiam hommes fi taceant
Hujus Basilics, lapides clamabunt :
Qbiit plenus dierum , omnibus flebilis ,
JJieMaii^. Ana Dni 1719 traits 78»
Viro MlSïRlCORDI
BivjnamMtpcriiorditmaPPrtcsr*.
de Mai 17 z?, que le 7. du même moisie
Cardinal de Noailles Archevêque dé Pari*
fut inhumé dans l' Eglise MtMopolitáirie ,
devant la ChapeUe de la sainte-Vierge-,
suivant qu'il l'avoit ordonné par son Testement.
Qn a depuis couvert d'un marbre
noir le lieu de son inhumation , & on a
gravé fur cc Marbre l'Epitaphe qui fait.
' JANFVÌER. i73<3«.
AD PEDES DEI-PAR*
Quam fimpir religiosè coluerat.
Hic Jacet,
Vt Testament» juftt ,
Iudovicus - AntoniUS De NoaiItLEsJ
S,R-E. Cardinalìs yjtrchiepifccpus Varifienfii*
Due S. Clodoaldi , far Francis. 1
Rfgii Ordinis S. Spiritus Cemmendater ;
Brovifor Sorbona i ac- RegU Navarrt Suptrion
Commiffi Jìbi gregis
Sullicitttdint Pastor , chantait Pater,
'-■ •-' • Moril'us , ferm»,
Domtti fus. berù prifofitus ,
Domus Domìni zelo accenfus ,
In eratione affiduns , in labore indefeffui*
In cuit n modéfiûs , in vi&ìi fimplex-
Sibi parcus , in esterai sanSr prùdigtts ,
A teneris ad fenium tqualis idemque ,
Stmper prudent , mitis pacifeus
t Vitatn tranfegit benefaciend».
Ecclefíam Pnrifienfem J
î> /■ Ahnii XXXIV. ?
. ■ ; Rcxtt , di.exit , excêíuit , omavh :
- i^Ejat beneficentiam hommes fi taceant
Hujus Basilics, lapides clamabunt :
Qbiit plenus dierum , omnibus flebilis ,
JJieMaii^. Ana Dni 1719 traits 78»
Viro MlSïRlCORDI
BivjnamMtpcriiorditmaPPrtcsr*.
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Résumé : Epitaphe du Cardinal de Noailles, [titre d'après la table]
En mai 1729, le Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris, fut inhumé dans l'Église Métropolitaine. Sa tombe, recouverte d'une dalle de marbre noir, porte une épitaphe gravée. Elle mentionne sa mort le 7 mai 1729 à 78 ans et ses vertus miséricordieuses et bienfaisantes.
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3880
p. 2032-2033
« Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Début :
Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Le premier de ce mois , les Comédiens
Italiens firent éclater leur joye pour la
Naiffance de Monfeigneur le Duc D'ANJou
, avec beaucoup de zele. On alluma
des Feux & on fit des Illuminations dans
les deux ruës où font les Portes de l'Hôtel
de Bourgogne ; ils donnerent gratisle
même jour à une nombreuſe Affemblée
, les trois Comédies des Payfans de
Qualité , du Triomphe de Plutus , & du
May , ornées de Divertiffemens qui fatisfirent
extrémement les Spectateurs. Le
feur Charpentier , excellent Joueur de
Mufette
SEPTEMBRE . 1730. 2033
Mulette , n'y contribua pas peu par les
differens Airs qu'il joüa.
Italiens firent éclater leur joye pour la
Naiffance de Monfeigneur le Duc D'ANJou
, avec beaucoup de zele. On alluma
des Feux & on fit des Illuminations dans
les deux ruës où font les Portes de l'Hôtel
de Bourgogne ; ils donnerent gratisle
même jour à une nombreuſe Affemblée
, les trois Comédies des Payfans de
Qualité , du Triomphe de Plutus , & du
May , ornées de Divertiffemens qui fatisfirent
extrémement les Spectateurs. Le
feur Charpentier , excellent Joueur de
Mufette
SEPTEMBRE . 1730. 2033
Mulette , n'y contribua pas peu par les
differens Airs qu'il joüa.
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Résumé : « Le premier de ce mois, les Comédiens Italien firent éclater leur joye pour la [...] »
Le 1er septembre 1730, les Comédiens Italiens célébrèrent la naissance du Duc d'Anjou. Des feux et des illuminations furent allumés dans les rues menant à l'Hôtel de Bourgogne. Ils offrirent trois comédies gratuites : 'Les Paysans de Qualité', 'Le Triomphe de Plutus' et 'Le May'. Les représentations incluaient des divertissements et des airs interprétés par Charpentier.
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3881
p. 2460-2461
Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente depuis peu une Estampe en hauteur, d'après le [...]
Mots clefs :
Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
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3882
p. 130-132
Séance publique de l'Académie Françoise.
Début :
Le 25 Août, Fête de S. Louis, l'Académie Françoise tint l'après-midi sa séance [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix, Poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Séance publique de l'Académie Françoise.
Séance publique de l'Académie Françoiſe.
LE25 Août , Fête de S. Louis , l'Acadé
mie Françoife tint l'après - midi fa féance
publique , dans laquelle elle diftribua le
prix d'Eloquence & le prix de Poëfie. Le
P. Guenard , Jefuite , demeurant à Pontà-
Mouffon , a remporté le premier prix.
Le ſecond a été adjugé à M. le Miere
qui a été couronné pour la troifiéme fois.
OCTOBRE. 1755 . 131
L'Académie ayant arrêté avec l'agrément
du Roi , de ne former qu'un prix
des trois fondations de M. de Balzac , de
M. de Clermont - Tonnerre , Evêque de
Noyon , & de M , Gaudron , ne donnera
chaque année qu'un prix qui fera alterna
tivement d'éloquence & de poëfie.
Voici le programme pour l'année pro→
chaine.
Le 25 du mois d'Août 1756 , fête de S.
Louis , l'Académie Françoife donnera un
prix d'éloquence , qui fera une médaille
d'or de la valeur de fix cens livres.
Elle propofe pour fujet : Jufqu'à quel'
point il convient de multiplier les Sociétés littéraires.
Il faudra que le difcours ne foit que
d'environ une demi - heure de lecture.
On ne recevra aucun difcours fans une
approbation fignée de deux Docteurs de
la Faculté de Théologie de Paris ,
réfidans actuellement .
&
Y
Toutes perfonnes , excepté les quarante
de l'Académie , feront reçues à compoſer
pour ce prix.
Les auteurs ne mettront point leur nom
à leurs ouvrages , mais ils y mettront un
paraphe , avec une fentence ou devife telle:
qu'il leur plaira.
Ceux qui prétendent aux prix , font:
E vj.
132 MERCURE DE FRANCE.
avertis que les piéces des auteurs qui ſe
feront fait connoitre , foit par eux - mêmes ,
foit par leurs amis , ne concourront point ;
& que Meffieurs les Académiciens ont
promis de ne point opiner fur les piéces
dont les auteurs leur feront connus .
Les auteurs feront obligés de faire remettre
leurs ouvrages avant le premier
jour du mois de Juillet prochain à M. Brunet
, Imprimeur de l'Académie Françoiſe ,
rue S. Jacques , & d'en affranchir le port :
autrement ils ne feront point retirés.
HISTOIRE générale & particuliere
de l'Aftronomie , par M. Eftève , de la Societé
royale des Sciences , de Montpellier.
3 vol. in- 12 . Prix 8 liv . A Paris , chez
Jombert , rue Dauphine , à l'image Notre-
Dame , 1755. Nous en rendrons compte
au plutôt.
LE25 Août , Fête de S. Louis , l'Acadé
mie Françoife tint l'après - midi fa féance
publique , dans laquelle elle diftribua le
prix d'Eloquence & le prix de Poëfie. Le
P. Guenard , Jefuite , demeurant à Pontà-
Mouffon , a remporté le premier prix.
Le ſecond a été adjugé à M. le Miere
qui a été couronné pour la troifiéme fois.
OCTOBRE. 1755 . 131
L'Académie ayant arrêté avec l'agrément
du Roi , de ne former qu'un prix
des trois fondations de M. de Balzac , de
M. de Clermont - Tonnerre , Evêque de
Noyon , & de M , Gaudron , ne donnera
chaque année qu'un prix qui fera alterna
tivement d'éloquence & de poëfie.
Voici le programme pour l'année pro→
chaine.
Le 25 du mois d'Août 1756 , fête de S.
Louis , l'Académie Françoife donnera un
prix d'éloquence , qui fera une médaille
d'or de la valeur de fix cens livres.
Elle propofe pour fujet : Jufqu'à quel'
point il convient de multiplier les Sociétés littéraires.
Il faudra que le difcours ne foit que
d'environ une demi - heure de lecture.
On ne recevra aucun difcours fans une
approbation fignée de deux Docteurs de
la Faculté de Théologie de Paris ,
réfidans actuellement .
&
Y
Toutes perfonnes , excepté les quarante
de l'Académie , feront reçues à compoſer
pour ce prix.
Les auteurs ne mettront point leur nom
à leurs ouvrages , mais ils y mettront un
paraphe , avec une fentence ou devife telle:
qu'il leur plaira.
Ceux qui prétendent aux prix , font:
E vj.
132 MERCURE DE FRANCE.
avertis que les piéces des auteurs qui ſe
feront fait connoitre , foit par eux - mêmes ,
foit par leurs amis , ne concourront point ;
& que Meffieurs les Académiciens ont
promis de ne point opiner fur les piéces
dont les auteurs leur feront connus .
Les auteurs feront obligés de faire remettre
leurs ouvrages avant le premier
jour du mois de Juillet prochain à M. Brunet
, Imprimeur de l'Académie Françoiſe ,
rue S. Jacques , & d'en affranchir le port :
autrement ils ne feront point retirés.
HISTOIRE générale & particuliere
de l'Aftronomie , par M. Eftève , de la Societé
royale des Sciences , de Montpellier.
3 vol. in- 12 . Prix 8 liv . A Paris , chez
Jombert , rue Dauphine , à l'image Notre-
Dame , 1755. Nous en rendrons compte
au plutôt.
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Résumé : Séance publique de l'Académie Françoise.
Le 25 août 1755, l'Académie Française a célébré la fête de Saint-Louis en attribuant le prix d'Éloquence et le prix de Poésie. Le Père Guenard, Jésuite de Pont-à-Mousson, a remporté le premier prix d'Éloquence, tandis que M. le Mière a obtenu le second prix d'Éloquence pour la troisième fois. L'Académie, avec l'accord du Roi, a décidé de fusionner les prix de Balzac, de Clermont-Tonnerre et de Gaudron en un seul prix alternant chaque année entre éloquence et poésie. Pour 1756, un prix d'éloquence sera attribué le 25 août sur le sujet 'Jusqu'à quel point il convient de multiplier les Sociétés littéraires'. Le discours doit durer environ une demi-heure et être approuvé par deux Docteurs de la Faculté de Théologie de Paris. Les participants, à l'exception des membres de l'Académie, doivent soumettre leurs œuvres anonymement, avec un paraphe et une devise, avant le 1er juillet 1755, chez M. Brunet, imprimeur de l'Académie. Les œuvres dont les auteurs sont connus ne seront pas acceptées.
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3883
p. 136-138
Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
C'est asseurement icy la place des Enigmes, ou elles [...]
Mots clefs :
Miroir, Spectre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
C'eſt affcurement icy la
place des Enigmes , ou elles
n'en doivent point avoir dans
ce volume ; mais un Mercure
fans
GALANT. 137
fansEnigmes,ne ſeroit pasbon
à jetter au feu. Donc en voi.
cy. Neanmoins avant qu'elles
paroiſſent ſur l'horiſon , il eſt
bon de vous dire que le mot
de celles du mois paffé étoit
le Miroir& le Sceptre , que les
noms de ceux qui les ont deviné
, font , la Poupée de la
Place Dauphine , l'aimable &
genereuſe Therele ,la belle
brune de la ruë Tibotaudé ,
Saint Alvar , le Marquis de
B. C. en amila , M Simon ,
le groscourtaut de la rue de la
Harpe , l'inconfolable brune
du Cloître S. Thomas du Lou
Octobre 1715.
M
138 MERCURE
vre , l'amant difcret ,&l'habile
Mendoce qui ſe pique de les
deviner routes , & n'en a pû
deviner qu'une.
place des Enigmes , ou elles
n'en doivent point avoir dans
ce volume ; mais un Mercure
fans
GALANT. 137
fansEnigmes,ne ſeroit pasbon
à jetter au feu. Donc en voi.
cy. Neanmoins avant qu'elles
paroiſſent ſur l'horiſon , il eſt
bon de vous dire que le mot
de celles du mois paffé étoit
le Miroir& le Sceptre , que les
noms de ceux qui les ont deviné
, font , la Poupée de la
Place Dauphine , l'aimable &
genereuſe Therele ,la belle
brune de la ruë Tibotaudé ,
Saint Alvar , le Marquis de
B. C. en amila , M Simon ,
le groscourtaut de la rue de la
Harpe , l'inconfolable brune
du Cloître S. Thomas du Lou
Octobre 1715.
M
138 MERCURE
vre , l'amant difcret ,&l'habile
Mendoce qui ſe pique de les
deviner routes , & n'en a pû
deviner qu'une.
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3884
p. 124-126
Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Début :
Sur la fin du mois passé une des Sultanes a mis au monde une Princesse, [...]
Mots clefs :
Ministre, Ministres, Sultane, Moscovie, Constantinople, Grand vizir, Grand seigneur
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Nouvelles de Constantinople du mois
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
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Résumé : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
En octobre 1723, une sultane a donné naissance à une princesse à Constantinople, célébré par des salves de canon. M. Gritti, nouveau bailli de Venise, est arrivé le 7 octobre à bord de deux galères. Il a été accueilli selon le cérémonial habituel et sera bientôt reçu par le Grand Visir et le Grand Seigneur. M. Emo, ancien bailli, a conduit M. Gritti au baillage de Venise à Peraj et l'a hébergé pendant trois jours avant de se retirer. Depuis août, il n'y a pas eu de nouvelles conférences entre les ministres de la Porte et le résident de Moscovie concernant les affaires de Perse. Le 17 janvier 1724, un ambassadeur de Tamas Chah, fils du Sophi, est arrivé à Constantinople après un retard de six mois. Il a été reçu par le Grand Visir pour demander du secours contre Miri-Mamouth. Les Turcs ont agi faiblement aux frontières en raison de divisions entre les commandants. Ibrahim Pacha a été déposé et remplacé par Ahmet Mehmet Pacha. Quelques seigneurs des peuples Abaza sont venus se mettre sous la protection de la Porte et servir d'otages. Les pluies fréquentes ont ramené les ministres des palais étrangers à Fera.
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3885
p. 544-546
CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Début :
Tout le Monde Litteraire est instruit du grand Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le [...]
Mots clefs :
Musei Florentini, Volumen
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texteReconnaissance textuelle : CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Tout le Monde Litteraire est instruit du grand
Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le
Titre de Museum Florentinum , lequel contiendra
la Description de tout ce qu'il y a de rare et
de veritablement curieux , soit pour l'antique ,
soit pour le moderne dans le Palais de S. A. S. le
Grand Duc de Toscane . Un Ecrit Latin qui
nous a été envoyé depus peu d'Italie , fait connoître
l'état présent de cette grande Entreprise
et les dispositions pour la suite. Nous croyons
que c'est faire plaisir aux Sçavans de le donner
ici dans les mêmes termes de l'Original.
CULTORIBUS ERUDITA ANTIQUITATIS
Auctores Elitionis Musei Florentini.
Mlumina,que GEMMAS ANTIQUAS
exhibent è Medicea præsertim Dactyliotheca ,
nostris sumptibus nuper Florentiæ in lucem edi-
USEI FLORENTINI priora duo VoMARS
1734. 545
ta , quum ab omnibus , qui hæc studia colunt ,
atque à Vobis , qui huic Operi , ut aiunt , subscribentes
, societatem nobiscum iniistis , non
probata solum , verum etiam humanissimo favore
, ac plausu excepta fuerint ; gratum , ut
decet , erga Vos animum nostrum , atque officii
plenum declarare cupientes , ultro nuntiamus
quod insequenti anno MDCCXXXIV . ejusdem
Operis Volumen III . duobus jam editis haud
dissimile , sive chartarum magnitudinem , sive
characterum , elegantiam , nitoremque , atque
operarum laborem spectare velitis , publici juris.
fier.
>
Complectitur hoc volumen CENTUм marmorea
Signa,sive STATUAS antiquas Regii Musei Magni
Ducis Etruriæ , eleganti ordine dispositas ; quas
Joannes Dominicus Campiglia summo studio
et diligentia delincavit , delectique in id opus
Chalcographi in æreis Tabulis Centum accuratissime
expresserunt. Ne quid etiam lucis , et
elegantiæ desit huic Operi , accedent ad singulas
Statuas OBSERVATIONES Cl. V. Antonii
Francisci Gorii , in patrio Gymnasio Florentino
Publici Historiarum Professoris.
Pretium , quo hoc III. Volumen prostabit ,
erit Scutorum Florentinorum sexdecim , nempe,
Paulorum CLXVIII. quod hi subibunt qui Societati
nomen suum dare noluerunt : Socii vero ,
quos nec plures , nec pauciores quam CCC. accipimus
, huic Volumini subscribentes , quarta
parte diminutum pretium persolvent , nempe
Scuta Florentina duodecim ; Paulos nimirum
CXXVI. Dummodo hanc pecuniæ summam
omni onere vacuam solvant , vel solvendam
Curent Florentiæ mense Martio insequentis anni
MDCCXXXIV. apud Typographum nostrum
Fran
546 MERCURE DE FRANCE
Franciseum Moücke ; qui dictam Sociorum
subscriptorum pecuniam accipiet , dabitque schedulam
pecuniæ datæ , et acceptæ pro syngrapha
seu cautione initæ nobiscum societatis , subscriptione
, et sigillo nostro munitam : quam postea
idem Socii referent , ut jam editum hoc Volumen
III. accipiant absque alia impensa : quæ
quidem Sociorum exemplaria curabimus ut optimè
sint impressa , itemque nitidissima , et absolutissima.
Ad hoc spondemus quod saltem
duobus mensibus anteaquam hoc Volumen in
lucem prodeat , proximo anno MDCCXXXIV.
id omnibus innotescet. Id ipsum quoque in-posterum
servabimus , monentes studiosos Viros, et
priscarum elegantiarum cultores quonam tempore
edituri simus cetera MUSEI FLORENTINI
Volumina , quæ jam enumeravimus atque descripsimus.
In votis quidem multo jam antea tempore ha
buimus ut id publice declararemus : sed quum
exteri Chalcographi præstantiores, quorum opera
uti voluimus , ( qui etiam ICONAS Pictorum
toto orbe celebrioruin , qui se -ipsos pinxerunt
extantque in regia Medicea Pinacotheca , æri
nunc incidunt ) serius , quam sperabamus , incisas
Statuas ad nos miserint , non nisi hoc ipso
tempore impensarum rationes inire potuimus, et
ad subscribendum huic Operi Socios invitare
qui quum id à nobis perhumaniter postularint
ipsis morem gerere , nec diutius hoc monitum
differre voluimus . Valete.
FLORENTIA Kal.Decembribus MDCCXXXIIE
Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le
Titre de Museum Florentinum , lequel contiendra
la Description de tout ce qu'il y a de rare et
de veritablement curieux , soit pour l'antique ,
soit pour le moderne dans le Palais de S. A. S. le
Grand Duc de Toscane . Un Ecrit Latin qui
nous a été envoyé depus peu d'Italie , fait connoître
l'état présent de cette grande Entreprise
et les dispositions pour la suite. Nous croyons
que c'est faire plaisir aux Sçavans de le donner
ici dans les mêmes termes de l'Original.
CULTORIBUS ERUDITA ANTIQUITATIS
Auctores Elitionis Musei Florentini.
Mlumina,que GEMMAS ANTIQUAS
exhibent è Medicea præsertim Dactyliotheca ,
nostris sumptibus nuper Florentiæ in lucem edi-
USEI FLORENTINI priora duo VoMARS
1734. 545
ta , quum ab omnibus , qui hæc studia colunt ,
atque à Vobis , qui huic Operi , ut aiunt , subscribentes
, societatem nobiscum iniistis , non
probata solum , verum etiam humanissimo favore
, ac plausu excepta fuerint ; gratum , ut
decet , erga Vos animum nostrum , atque officii
plenum declarare cupientes , ultro nuntiamus
quod insequenti anno MDCCXXXIV . ejusdem
Operis Volumen III . duobus jam editis haud
dissimile , sive chartarum magnitudinem , sive
characterum , elegantiam , nitoremque , atque
operarum laborem spectare velitis , publici juris.
fier.
>
Complectitur hoc volumen CENTUм marmorea
Signa,sive STATUAS antiquas Regii Musei Magni
Ducis Etruriæ , eleganti ordine dispositas ; quas
Joannes Dominicus Campiglia summo studio
et diligentia delincavit , delectique in id opus
Chalcographi in æreis Tabulis Centum accuratissime
expresserunt. Ne quid etiam lucis , et
elegantiæ desit huic Operi , accedent ad singulas
Statuas OBSERVATIONES Cl. V. Antonii
Francisci Gorii , in patrio Gymnasio Florentino
Publici Historiarum Professoris.
Pretium , quo hoc III. Volumen prostabit ,
erit Scutorum Florentinorum sexdecim , nempe,
Paulorum CLXVIII. quod hi subibunt qui Societati
nomen suum dare noluerunt : Socii vero ,
quos nec plures , nec pauciores quam CCC. accipimus
, huic Volumini subscribentes , quarta
parte diminutum pretium persolvent , nempe
Scuta Florentina duodecim ; Paulos nimirum
CXXVI. Dummodo hanc pecuniæ summam
omni onere vacuam solvant , vel solvendam
Curent Florentiæ mense Martio insequentis anni
MDCCXXXIV. apud Typographum nostrum
Fran
546 MERCURE DE FRANCE
Franciseum Moücke ; qui dictam Sociorum
subscriptorum pecuniam accipiet , dabitque schedulam
pecuniæ datæ , et acceptæ pro syngrapha
seu cautione initæ nobiscum societatis , subscriptione
, et sigillo nostro munitam : quam postea
idem Socii referent , ut jam editum hoc Volumen
III. accipiant absque alia impensa : quæ
quidem Sociorum exemplaria curabimus ut optimè
sint impressa , itemque nitidissima , et absolutissima.
Ad hoc spondemus quod saltem
duobus mensibus anteaquam hoc Volumen in
lucem prodeat , proximo anno MDCCXXXIV.
id omnibus innotescet. Id ipsum quoque in-posterum
servabimus , monentes studiosos Viros, et
priscarum elegantiarum cultores quonam tempore
edituri simus cetera MUSEI FLORENTINI
Volumina , quæ jam enumeravimus atque descripsimus.
In votis quidem multo jam antea tempore ha
buimus ut id publice declararemus : sed quum
exteri Chalcographi præstantiores, quorum opera
uti voluimus , ( qui etiam ICONAS Pictorum
toto orbe celebrioruin , qui se -ipsos pinxerunt
extantque in regia Medicea Pinacotheca , æri
nunc incidunt ) serius , quam sperabamus , incisas
Statuas ad nos miserint , non nisi hoc ipso
tempore impensarum rationes inire potuimus, et
ad subscribendum huic Operi Socios invitare
qui quum id à nobis perhumaniter postularint
ipsis morem gerere , nec diutius hoc monitum
differre voluimus . Valete.
FLORENTIA Kal.Decembribus MDCCXXXIIE
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Résumé : CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Le texte annonce la publication du 'Museum Florentinum', un ouvrage décrivant les objets rares et curieux du Palais du Grand Duc de Toscane. Un écrit latin récent d'Italie détaille l'état actuel de cette entreprise et les dispositions pour la suite. Les auteurs du projet, adressant les érudits, annoncent la publication du troisième volume en 1734. Ce volume contiendra cent statues antiques du Musée du Grand Duc, gravées par Giovanni Domenico Campiglia et imprimées par des chalcographes. Chaque statue sera accompagnée d'observations de Vincenzo Antonio Francesco Gori, professeur d'histoire à Florence. Le prix du volume sera de seize scudi florentins, avec une réduction pour les membres de la société de souscription. Les souscripteurs devront payer avant mars 1734 pour recevoir leur exemplaire. Les auteurs promettent de publier les volumes suivants selon un calendrier précis et invitent les érudits à souscrire à cet ouvrage.
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3886
p. 128-131
Lettre à l'Auteur du Mercure.
Début :
MONSIEUR, j'ai toujours eu des doutes obstinés, sur la possibilité où nous [...]
Mots clefs :
Cadavres, Maladies, Ouverture des cadavres, Abbé Raynal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à l'Auteur du Mercure.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
ONSIEUR , j'ai toujours eu des doutes
obftinés , fur la poffibilité où nous
fommes , de reconnoître infailliblement
par l'ouverture des cadavres , les caufes
éloignées & immédiates des maladies du
corps humain. M. l'Abbé Raynal votre prédéceffeur
, affure néanmoins dans le Mercure
de Septembre 1751 , pages 149 & fuivantes
, » que que les avantages qui résultent
» de l'ouverture des cadavres , foumettent
alors à l'examen des fens , la cauſe même
» qui avoit produit la maladie , &c n .
C'eft à l'occafion des obfervations Anatomiques
tirées de l'ouverture d'un grand
nombre de cadavres , propres à découvrir
les caufes des maladies , & leurs remedes ,
par M. Barrere , médecin à Perpignan , & c.
que M. l'Abbé Raynal , nous donne ce
moyen prefque comme certain de nous
inftruire fur cette matiere. J'ai parcouru
avec des yeux avides , & j'ai lu enfuite
avec toute l'application poffible le Livre en
queſtion , Edition de 1753 , mais je n'y ai
point trouvé ce que l'Auteur & M. l'Abbé
Raynal promettent. Si on nous eut promis
de nous montrer par l'ouverture des cadavres
les caufes certaines de la mort , au lieu
JUILLET. 1755- 129
de celles des maladies , on y auroit infiniment
mieux réuffi . En effet , Monfieur ,
qu'apperçoit-on dans la tête d'un homme
mort d'une fievre maligne , d'une phrénéfie
, d'une apoplexie & dans les maladies
caufées par de fortes paffions de l'ame.
Comme dans les fix premieres obfervations
de l'Auteur , on trouvera les vaiffeaux de
la dure-mere & ceux du cerveau , farcis &.
gorgés d'un fang épais & noirâtre , quelque
épanchement de férofités dans l'un ou
l'autre des ventricules , des grumeaux de.
fang caillé dans les finus , qu'on prend pour
des concrétions polipeufes ; il eft aifé de
fentir que ces accidens font plûtôt l'effet de.
la maladie , que fa caufe , & que ces,
mêmes effets font évidemment celle de la
mort. Un empiéme , des dépôts particu
liers dans le poulmon , & les ulcères qu'on
trouve dans l'ouverture des cadavres de
ceux qui font morts d'une de ces maladies.
de poitrine , n'annoncent pas la caufe qui
a produit ces défordres , mais feulement,
leurs effers , en faifant fuccomber le malade
à la force de ces accidens , lorfque la capacité
de la poitrine a été remplie par un
épanchement , qui a fuffoqué le malade ,
ou que fon poulmon a été fondu en partie ,
par d'abondantes fupurations , & c. Voilà
done encore des caufes de mort , & non de
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
maladies. Les eaux épanchées dans le ventre
d'un hydropique , font-elles la caufe de
l'hydropifie ; un abcès au foye fe produitil
de lui-même , pour caufer les accidens
qui font périr le malade , non fans doute ;
& quoiqu'on fçache en général que cet
abcès eft la fuite de quelque inflammation
locale ou générale de ce vifcère , on n'eſt
pas plus inftruit , fur ce qui a donné lieu à
cette inflammation , pour être en état de
l'attaquer dans fon principe , & de la prévenir
même afin d'éviter de bonne heure
les fuites funeftes qu'elle peut avoir.
En attendant , Monfieur , le grand ouvrage
que Monfieur Barrere doit publier ,
& dont celui qu'il a donné n'eft que l'efquiffe
, je perfifte toujoujours dans mes
doutes fur l'infuffifance de l'ouverture des
cadavres pour découvrir la caufe des maladies.
Je fouhaite ardemment qu'il réuffiſſe,
mais ce ne fera affurément pas comme il a
déja fait , en prenant les effets d'une maladie
pour fa caufe.
Je vous prie , Monfieur , d'inférer la
préfente dans un de vos Mercures , non
dans la vûe de diminuer en rien le mérite
de l'ouvrage de M. Barrere , mais feulement
pour convaincre de plus en plus le
public , qu'il eft des cauſes infenfibles de
maladies , que toute la fagacité de l'efprit
JUILLET. 1755. 1755 131
humain , ne fçauroit appercevoir , & que
dans bien des cas , l'Aphorifme d'Hippocrate
, fublatâ caufâ tollitur effectus, eft d'une
exécution impoffible.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Toulouſe , ce 25 Avril 1755 .
ONSIEUR , j'ai toujours eu des doutes
obftinés , fur la poffibilité où nous
fommes , de reconnoître infailliblement
par l'ouverture des cadavres , les caufes
éloignées & immédiates des maladies du
corps humain. M. l'Abbé Raynal votre prédéceffeur
, affure néanmoins dans le Mercure
de Septembre 1751 , pages 149 & fuivantes
, » que que les avantages qui résultent
» de l'ouverture des cadavres , foumettent
alors à l'examen des fens , la cauſe même
» qui avoit produit la maladie , &c n .
C'eft à l'occafion des obfervations Anatomiques
tirées de l'ouverture d'un grand
nombre de cadavres , propres à découvrir
les caufes des maladies , & leurs remedes ,
par M. Barrere , médecin à Perpignan , & c.
que M. l'Abbé Raynal , nous donne ce
moyen prefque comme certain de nous
inftruire fur cette matiere. J'ai parcouru
avec des yeux avides , & j'ai lu enfuite
avec toute l'application poffible le Livre en
queſtion , Edition de 1753 , mais je n'y ai
point trouvé ce que l'Auteur & M. l'Abbé
Raynal promettent. Si on nous eut promis
de nous montrer par l'ouverture des cadavres
les caufes certaines de la mort , au lieu
JUILLET. 1755- 129
de celles des maladies , on y auroit infiniment
mieux réuffi . En effet , Monfieur ,
qu'apperçoit-on dans la tête d'un homme
mort d'une fievre maligne , d'une phrénéfie
, d'une apoplexie & dans les maladies
caufées par de fortes paffions de l'ame.
Comme dans les fix premieres obfervations
de l'Auteur , on trouvera les vaiffeaux de
la dure-mere & ceux du cerveau , farcis &.
gorgés d'un fang épais & noirâtre , quelque
épanchement de férofités dans l'un ou
l'autre des ventricules , des grumeaux de.
fang caillé dans les finus , qu'on prend pour
des concrétions polipeufes ; il eft aifé de
fentir que ces accidens font plûtôt l'effet de.
la maladie , que fa caufe , & que ces,
mêmes effets font évidemment celle de la
mort. Un empiéme , des dépôts particu
liers dans le poulmon , & les ulcères qu'on
trouve dans l'ouverture des cadavres de
ceux qui font morts d'une de ces maladies.
de poitrine , n'annoncent pas la caufe qui
a produit ces défordres , mais feulement,
leurs effers , en faifant fuccomber le malade
à la force de ces accidens , lorfque la capacité
de la poitrine a été remplie par un
épanchement , qui a fuffoqué le malade ,
ou que fon poulmon a été fondu en partie ,
par d'abondantes fupurations , & c. Voilà
done encore des caufes de mort , & non de
F v
130 MERCURE DE FRANCE.
maladies. Les eaux épanchées dans le ventre
d'un hydropique , font-elles la caufe de
l'hydropifie ; un abcès au foye fe produitil
de lui-même , pour caufer les accidens
qui font périr le malade , non fans doute ;
& quoiqu'on fçache en général que cet
abcès eft la fuite de quelque inflammation
locale ou générale de ce vifcère , on n'eſt
pas plus inftruit , fur ce qui a donné lieu à
cette inflammation , pour être en état de
l'attaquer dans fon principe , & de la prévenir
même afin d'éviter de bonne heure
les fuites funeftes qu'elle peut avoir.
En attendant , Monfieur , le grand ouvrage
que Monfieur Barrere doit publier ,
& dont celui qu'il a donné n'eft que l'efquiffe
, je perfifte toujoujours dans mes
doutes fur l'infuffifance de l'ouverture des
cadavres pour découvrir la caufe des maladies.
Je fouhaite ardemment qu'il réuffiſſe,
mais ce ne fera affurément pas comme il a
déja fait , en prenant les effets d'une maladie
pour fa caufe.
Je vous prie , Monfieur , d'inférer la
préfente dans un de vos Mercures , non
dans la vûe de diminuer en rien le mérite
de l'ouvrage de M. Barrere , mais feulement
pour convaincre de plus en plus le
public , qu'il eft des cauſes infenfibles de
maladies , que toute la fagacité de l'efprit
JUILLET. 1755. 1755 131
humain , ne fçauroit appercevoir , & que
dans bien des cas , l'Aphorifme d'Hippocrate
, fublatâ caufâ tollitur effectus, eft d'une
exécution impoffible.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Toulouſe , ce 25 Avril 1755 .
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Résumé : Lettre à l'Auteur du Mercure.
L'auteur remet en question la capacité de l'autopsie à déterminer les causes des maladies humaines. Il conteste une affirmation de l'Abbé Raynal, publiée en 1751, selon laquelle l'ouverture des cadavres permet de découvrir les causes des maladies et leurs remèdes. Après avoir examiné le livre du médecin M. Barrere, il n'y a pas trouvé les informations promises. L'auteur soutient que les observations anatomiques révèlent souvent les effets des maladies plutôt que leurs causes. Par exemple, dans les cas de fièvre maligne, de phrénésie ou d'apoplexie, les autopsies montrent des vaisseaux sanguins obstrués ou des épanchements de sérum, qui sont des conséquences de la maladie. De même, les maladies pulmonaires ou les abcès au foie sont des effets plutôt que des causes. L'auteur exprime son scepticisme sur l'efficacité des autopsies pour découvrir les causes des maladies et souhaite que le public soit conscient des limites de cette méthode.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3887
p. 135-138
LA TESTE D'ASNE. CONTE.
Début :
U[N] paysan meschant & fin matois, [...]
Mots clefs :
Paysan, Village, Paris, Marchands, Marchandises, Têtes d'âne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA TESTE D'ASNE. CONTE.
LATESTED'ASNE.
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
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Résumé : LA TESTE D'ASNE. CONTE.
Un paysan naïf et curieux décide de visiter Paris pour la première fois. Émerveillé par la diversité des marchands et de leurs marchandises, il observe un homme qui ne vend rien de matériel. Intrigué, le paysan lui demande ce qu'il vend. Le marchand, amusé par la naïveté du paysan, répond qu'il vend des têtes d'âne. Le paysan, interprétant mal la réponse, conclut que le marchand fera fortune car il a beaucoup de têtes d'âne à vendre et qu'il ne les vend pas à crédit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3888
p. 135-139
De Toulouse. A M. LE COMTE de Fumel. Plainte de l'Amour sur la naissance du jeune Comte.
Début :
Comte, l'Amour à tire-d'aîle, [...]
Mots clefs :
Amour, Chagrin, Plainte, Enfant, Menace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Toulouse. A M. LE COMTE de Fumel. Plainte de l'Amour sur la naissance du jeune Comte.
DeToulouse. .-
A M. LECOMTE
deFumel. I k PUintt de Aironr surl*naissance
,
dnjet*neContre. *
> COmte, l'Amourà tid,
re-d'aile9
Plein de remord gJ de
fouet3
Revoie vers Paphos
oufin chagrin l'appelle
Pour y ne plusrevenir ici.
&air a retenti desa
1
plainte
Les prompts échos troublel
de crainte
Ont enfinrépété cecsi.
Cruel effetde mon ouvrages
Pui/fentf.1 la la
rage Ser.
Servir a fâmais mon
courroux
Contre un illufire hymen,
quefai rendu
trop doux.
A mongrand regret j'enruOlSna/
Itl re
Vn enfantplus beau que
le jour,
Que tout sempreffe a recoftnoltre
Et qu'on „ trouve déja
plus charmant que
l'Amour.
Quel outrage on mefaitr
nonje ne fraurois
feindre,
Cette erreur m'inquiète
elle fiait 9
malarmer,
Et jevais mefaireplus
craindre3
Qj£il ne ftaurasi faire aimer.
FVMELjje ris de
fin audace5
Ce petit Dieu fait au.
jourd'hui
Leschofisde mauvaifi
grâce.
t
Voyant une telle tnenace
Les Amours ne l'ont
poijitJuiviî
Ils jurent de changer de
maître
S'il ne calnme puasfiisse.n-
S'ils faifiient ce que je
vous diss
Vous pouvez, aisément
connoître
Qujls prefereroientvotre
fils.
A M. LECOMTE
deFumel. I k PUintt de Aironr surl*naissance
,
dnjet*neContre. *
> COmte, l'Amourà tid,
re-d'aile9
Plein de remord gJ de
fouet3
Revoie vers Paphos
oufin chagrin l'appelle
Pour y ne plusrevenir ici.
&air a retenti desa
1
plainte
Les prompts échos troublel
de crainte
Ont enfinrépété cecsi.
Cruel effetde mon ouvrages
Pui/fentf.1 la la
rage Ser.
Servir a fâmais mon
courroux
Contre un illufire hymen,
quefai rendu
trop doux.
A mongrand regret j'enruOlSna/
Itl re
Vn enfantplus beau que
le jour,
Que tout sempreffe a recoftnoltre
Et qu'on „ trouve déja
plus charmant que
l'Amour.
Quel outrage on mefaitr
nonje ne fraurois
feindre,
Cette erreur m'inquiète
elle fiait 9
malarmer,
Et jevais mefaireplus
craindre3
Qj£il ne ftaurasi faire aimer.
FVMELjje ris de
fin audace5
Ce petit Dieu fait au.
jourd'hui
Leschofisde mauvaifi
grâce.
t
Voyant une telle tnenace
Les Amours ne l'ont
poijitJuiviî
Ils jurent de changer de
maître
S'il ne calnme puasfiisse.n-
S'ils faifiient ce que je
vous diss
Vous pouvez, aisément
connoître
Qujls prefereroientvotre
fils.
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Résumé : De Toulouse. A M. LE COMTE de Fumel. Plainte de l'Amour sur la naissance du jeune Comte.
L'auteur adresse une lettre poétique à M. Lecomte de Fumel, exprimant des remords et une rage envers une union matrimoniale jugée trop douce. Il évoque la naissance d'un enfant décrit comme 'plus beau que le jour' et 'plus charmant que l'Amour', ce qui le préoccupe et l'inquiète. L'auteur craint que cet enfant ne devienne un rival en amour et que les Amours (les dieux de l'amour) ne changent de maître pour préférer le fils de M. Lecomte. La lettre se conclut par une menace implicite et une réflexion sur l'audace de cet enfant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3889
p. 966-971
SUITE de l'Extrait du second Tome de la Bibliotheque Italique.
Début :
Après ce que nous avons dit dans le Mercure du [...]
Mots clefs :
Bibliothèque italique, Histoire littéraire de l'Italie, Inscription, Maffei
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait du second Tome de la Bibliotheque Italique.
SUITE de l'Extrait du second Tome de
la Biblioth que Italique.
Après ce que nous avons dit dans le
Mercure du mois de Janvier dernier , au
sujet de l'Histoire Litteraire de l'Italie , par
le Docteur Hiancinthe Gimma. Nous
ne trouvons rien de plus curieux et de
plus digne de l'attention de nos Lecteurs
dans la suite de ce volume , que le grand
ouvrage du Marquis Scipion Maffeï. Il fait
le vii article du Journal, et porte le titre
qui suit.
ISTORIA DIPLOMATICA , che serve d'Introduzione all'Arte critica in tal Materia
con Racolta de Documenti non ancor divul--
gati, Cherimangono, in Papiro Egizio , &c.
c'est-à- dire , HISTOIRE DIPLOMATIQUE
pour servir d'introduction à l'Art critique sur cette matiere , avec un Recueil
de Documens , qui n'avoient pas éré publiez et qui subsistent encore en Papier
d'Egypte. DISSERTATION sur les premiers
habitans de l'Italie , faite à l'occasion de
cet ouvrage , dans laquelle on découvre
l'origine des Etrusques et des Latins, rec
un supplément qui contient la LETTRE à
Césarius expliquée , et quelques autres
monumens. Enfin l'ARC de Suse , avec
son Inscription , qui n'avoit pas encore
été
MAY. 1732. 967
été copiée. A Mantoüe , chez Tumermani, M.DCC. XXVI. in 4. de 338 pages pour
l'Ouvrage , et 22 pour l'Epître d'dicatoire , et la Table des deux premiers Livres , qui contiennent l'Histoire Diplo
matique.
La longueur de ce titre ne doit surprendre Personne. M. le Marquis Maffei
l'un des plus Illustres Membres de la République des Lettres , l'enrichit icy de
trois differens Ouvrages à la fois , et ces
Ouvrages ont chacun un mérite particu
lier. Le plus considérable est sans doute
celui qui concerne la Diplomatique , c'est
aussi le plus étendu , et sur lequel les Aureurs du Journal , dont nous rendons
compte, se sont le plus arrêtez. Il étoit
impossible de faire autrement , puisque
dans l'Histoire des Diplomes , M. Maffei
remonte jusqu'aux Juifs , aux Grecs et à
d'autres anciens Peuples , et qu'il descend
fort bas dans les siècles posterieurs , sans.
compter les differens genres de littérature
qu'il embrasse dans la même Histoire , et
qui y entrent naturellement.
Pour nous , qui sommes assujettis à certaines bornes , il nous suffira d'instruire
nos Lecreurs , avec le plus de briéveté que
nous pourrons , de ce que l'illustre Auteur a écrit dans l'un de ces trois Ouvra
ges
258 MERCURE DE FRANCE
ges, au sujet de l'Arc de Suse,élevé à l'honneur d'Auguste. C'est une matiere curieuse d'elle-même , et sur laquelle nous n'avions encore rien que de superficiel et
d'incertain.
On remarque d'abord qu'André Novager, Ambassadeur de Venise , auprès des
Charles V. alla à Suse , l'an 1524. Luc de
Holstein y alla centans après, et le P.Mabillon y passa dans son voyage d'Italie.
Ces trois Sçavans Antiquaires jugerent
que l'Inscription de ce Monument ne
pouvoit être déchiffré. Ce que Pierre Geofroi Nizzardo , Historien , en a pû coppier , a été inseré dans le Théatre des Etats
de Savoye, imprimé en Hollande. Mais les
Figures de l'un des côtez sont , dit- on
faites d'imagination ; l'Arc même y a été
défiguré , et quelques mots de l'Inscription n'y forment aucun sens raisonnable.
L'attention et l'exactitude de M. Maffei, ne laissent rien à désirer dans le des.
sein de ce beau Monument. L'Estampe
qu'il en donne est tres nette. Nous parlons après nos Journalistes , qui auroient
obligé bien du monde , s'ils avoient euxmêmes donné cette Estampe gravée dans
leur Journal , auquel cas nous aurions pû
les imiter, tous les Curieux n'étant pas à
portée de voir le Livre de M.Maffei.
114
M-A Y. 17325 969
Il n'y a , continuent-ils , que le côté ·
qui regarde le Septentrion , dont les Fi--
gures soient rongées. Les deux Faces op--
posées de l'Arc sont chargées au dessous .
des Inscriptions , de Figures en bas- reliefs , qui representent deux Sacrifices
solemnels.
Ces Sacrifices furentfaits apparemment,
le premier, quand on posa les fondemens
de l'Arc; le second, quand on l'eut achevé. Le Bas- Relief qui paroît sur le côté ·
méridional , semble marquer un Traité
d'Alliance.
Voicy l'Inscription telle que M. Maffei l'a déchiffrée et rétablie , en se servant
des Lettres qui sont visibles sur l'une des
Façades , pour les substituer à celles qui
manquent à l'autre. Les Inscriptions des
deux Façades disent absolument la même
chose, suivant M. Maffei. Qu'il nous soit
permis de mettre icy cette Inscription :
sans aucune distinction de lignes. Les Auteurs de la Bibliothèque Italique n'ayanɛ
donné là-dessus aucune instruction, nous
ne devinons pas si leur arrangement est
conforme à l'original , ou si l'Imprimeur :
a suivi seulement la forme de son papier,
&c.
IMP. CESARI AVGVSTO. DIVI. F.PONTI
FICI. MAXIMO. TRIBVNICIA, POTESTATE
s
XV
975 MERCURE DE FRANCE
XV. IMP. XIII. M. IVLIVS. REGIS. DONNE. F.
CO TIVS. PROEFECTVS, CIVITATVM. QUÆ.
SVBSCRIPTÆ. SVNT. SEG VIORVM. SEGVSINORVM. BELACORVM. CATVRIGym. MEDVLLORVM. TEBAVIORVM. ADANATIVM.
SAVINCANTIVM . EGDINIORVM: VEAMINIORVM. VENISAMORVM. IRIORVM. ESVBIAM
NIORVM. OVADIAVIVM. ET. CIVITATES
QVÆ SVB. EO. PRÆFECTO, FVERVNT.
Cette Inscription et les Bas- Reliefs ont
paru si considérables à M. Maffei , qu'il
a conseillé au Roy de Sardaigne , à qui
son Livre est dédié , de faire transporter
cę Monument à Turin , où les Sçavans ,
tant de la Ville, qu'Etrangers, pourroient
s'appliquer à en donner l'explication ; ce
qui pourroit servir à éclaircir l'Histoire ,
et la Géographie , et à donner l'intelli
gence de plusieurs endroits des Ouvrages
d'Auteurs anciens. Le Transport seroit ,
dit- il , d'autant plus facile que les Ro mains élevoient ces Edifices de telle maniere qu'on pouvoit les défaire et les refaire comme des Ouvrages mobiles, ou de
rapport. Ils faisoient pour cela tailler de
grandes Pierres , qui s'appliquoient parfaitement les unes aux autres, et se lioient
sans mortier par des Cloud; de fer , que
du plomb fondu autour , defendoit de la
roüille.
Nous
MAY. 1732 972
Nous avons crû , en donnant cette Inscription , devoir éviter la méprise de
PImprimeur de la Bibliotheque Italique ,
qui ignore , sans doute , que dans les Inscriptions Romaines , sur tout celles de ce
temps-là , cette Lettre U n'a jamais été
employée. Les Romains n'ont connu que
celle- cy V , tant pour la consonne , que
pour la voyelle. On est fort éloigné de
croire que M. le Marquis Maffei ait souffert une pareille inadvertance dans son
Livre.Cela seroit capable de détruire tout
sonsystême d'antiquité sur ce Monument,
&c.
Les Nouvelles Litteraires qui sont à la
fin de ce second Tome , apprennent , art.
de Venise , que le P. Dom Angelo Callogiera , Religieux Camaldule , y fait imprimer , sous le nom de Jean Angeli , et
sous la protection de M. Soranzo de Ris
Marin , un Journal Litteraire , qui pa--
roît tous les mois sous le titre de Gionarle d'Europa.
la Biblioth que Italique.
Après ce que nous avons dit dans le
Mercure du mois de Janvier dernier , au
sujet de l'Histoire Litteraire de l'Italie , par
le Docteur Hiancinthe Gimma. Nous
ne trouvons rien de plus curieux et de
plus digne de l'attention de nos Lecteurs
dans la suite de ce volume , que le grand
ouvrage du Marquis Scipion Maffeï. Il fait
le vii article du Journal, et porte le titre
qui suit.
ISTORIA DIPLOMATICA , che serve d'Introduzione all'Arte critica in tal Materia
con Racolta de Documenti non ancor divul--
gati, Cherimangono, in Papiro Egizio , &c.
c'est-à- dire , HISTOIRE DIPLOMATIQUE
pour servir d'introduction à l'Art critique sur cette matiere , avec un Recueil
de Documens , qui n'avoient pas éré publiez et qui subsistent encore en Papier
d'Egypte. DISSERTATION sur les premiers
habitans de l'Italie , faite à l'occasion de
cet ouvrage , dans laquelle on découvre
l'origine des Etrusques et des Latins, rec
un supplément qui contient la LETTRE à
Césarius expliquée , et quelques autres
monumens. Enfin l'ARC de Suse , avec
son Inscription , qui n'avoit pas encore
été
MAY. 1732. 967
été copiée. A Mantoüe , chez Tumermani, M.DCC. XXVI. in 4. de 338 pages pour
l'Ouvrage , et 22 pour l'Epître d'dicatoire , et la Table des deux premiers Livres , qui contiennent l'Histoire Diplo
matique.
La longueur de ce titre ne doit surprendre Personne. M. le Marquis Maffei
l'un des plus Illustres Membres de la République des Lettres , l'enrichit icy de
trois differens Ouvrages à la fois , et ces
Ouvrages ont chacun un mérite particu
lier. Le plus considérable est sans doute
celui qui concerne la Diplomatique , c'est
aussi le plus étendu , et sur lequel les Aureurs du Journal , dont nous rendons
compte, se sont le plus arrêtez. Il étoit
impossible de faire autrement , puisque
dans l'Histoire des Diplomes , M. Maffei
remonte jusqu'aux Juifs , aux Grecs et à
d'autres anciens Peuples , et qu'il descend
fort bas dans les siècles posterieurs , sans.
compter les differens genres de littérature
qu'il embrasse dans la même Histoire , et
qui y entrent naturellement.
Pour nous , qui sommes assujettis à certaines bornes , il nous suffira d'instruire
nos Lecreurs , avec le plus de briéveté que
nous pourrons , de ce que l'illustre Auteur a écrit dans l'un de ces trois Ouvra
ges
258 MERCURE DE FRANCE
ges, au sujet de l'Arc de Suse,élevé à l'honneur d'Auguste. C'est une matiere curieuse d'elle-même , et sur laquelle nous n'avions encore rien que de superficiel et
d'incertain.
On remarque d'abord qu'André Novager, Ambassadeur de Venise , auprès des
Charles V. alla à Suse , l'an 1524. Luc de
Holstein y alla centans après, et le P.Mabillon y passa dans son voyage d'Italie.
Ces trois Sçavans Antiquaires jugerent
que l'Inscription de ce Monument ne
pouvoit être déchiffré. Ce que Pierre Geofroi Nizzardo , Historien , en a pû coppier , a été inseré dans le Théatre des Etats
de Savoye, imprimé en Hollande. Mais les
Figures de l'un des côtez sont , dit- on
faites d'imagination ; l'Arc même y a été
défiguré , et quelques mots de l'Inscription n'y forment aucun sens raisonnable.
L'attention et l'exactitude de M. Maffei, ne laissent rien à désirer dans le des.
sein de ce beau Monument. L'Estampe
qu'il en donne est tres nette. Nous parlons après nos Journalistes , qui auroient
obligé bien du monde , s'ils avoient euxmêmes donné cette Estampe gravée dans
leur Journal , auquel cas nous aurions pû
les imiter, tous les Curieux n'étant pas à
portée de voir le Livre de M.Maffei.
114
M-A Y. 17325 969
Il n'y a , continuent-ils , que le côté ·
qui regarde le Septentrion , dont les Fi--
gures soient rongées. Les deux Faces op--
posées de l'Arc sont chargées au dessous .
des Inscriptions , de Figures en bas- reliefs , qui representent deux Sacrifices
solemnels.
Ces Sacrifices furentfaits apparemment,
le premier, quand on posa les fondemens
de l'Arc; le second, quand on l'eut achevé. Le Bas- Relief qui paroît sur le côté ·
méridional , semble marquer un Traité
d'Alliance.
Voicy l'Inscription telle que M. Maffei l'a déchiffrée et rétablie , en se servant
des Lettres qui sont visibles sur l'une des
Façades , pour les substituer à celles qui
manquent à l'autre. Les Inscriptions des
deux Façades disent absolument la même
chose, suivant M. Maffei. Qu'il nous soit
permis de mettre icy cette Inscription :
sans aucune distinction de lignes. Les Auteurs de la Bibliothèque Italique n'ayanɛ
donné là-dessus aucune instruction, nous
ne devinons pas si leur arrangement est
conforme à l'original , ou si l'Imprimeur :
a suivi seulement la forme de son papier,
&c.
IMP. CESARI AVGVSTO. DIVI. F.PONTI
FICI. MAXIMO. TRIBVNICIA, POTESTATE
s
XV
975 MERCURE DE FRANCE
XV. IMP. XIII. M. IVLIVS. REGIS. DONNE. F.
CO TIVS. PROEFECTVS, CIVITATVM. QUÆ.
SVBSCRIPTÆ. SVNT. SEG VIORVM. SEGVSINORVM. BELACORVM. CATVRIGym. MEDVLLORVM. TEBAVIORVM. ADANATIVM.
SAVINCANTIVM . EGDINIORVM: VEAMINIORVM. VENISAMORVM. IRIORVM. ESVBIAM
NIORVM. OVADIAVIVM. ET. CIVITATES
QVÆ SVB. EO. PRÆFECTO, FVERVNT.
Cette Inscription et les Bas- Reliefs ont
paru si considérables à M. Maffei , qu'il
a conseillé au Roy de Sardaigne , à qui
son Livre est dédié , de faire transporter
cę Monument à Turin , où les Sçavans ,
tant de la Ville, qu'Etrangers, pourroient
s'appliquer à en donner l'explication ; ce
qui pourroit servir à éclaircir l'Histoire ,
et la Géographie , et à donner l'intelli
gence de plusieurs endroits des Ouvrages
d'Auteurs anciens. Le Transport seroit ,
dit- il , d'autant plus facile que les Ro mains élevoient ces Edifices de telle maniere qu'on pouvoit les défaire et les refaire comme des Ouvrages mobiles, ou de
rapport. Ils faisoient pour cela tailler de
grandes Pierres , qui s'appliquoient parfaitement les unes aux autres, et se lioient
sans mortier par des Cloud; de fer , que
du plomb fondu autour , defendoit de la
roüille.
Nous
MAY. 1732 972
Nous avons crû , en donnant cette Inscription , devoir éviter la méprise de
PImprimeur de la Bibliotheque Italique ,
qui ignore , sans doute , que dans les Inscriptions Romaines , sur tout celles de ce
temps-là , cette Lettre U n'a jamais été
employée. Les Romains n'ont connu que
celle- cy V , tant pour la consonne , que
pour la voyelle. On est fort éloigné de
croire que M. le Marquis Maffei ait souffert une pareille inadvertance dans son
Livre.Cela seroit capable de détruire tout
sonsystême d'antiquité sur ce Monument,
&c.
Les Nouvelles Litteraires qui sont à la
fin de ce second Tome , apprennent , art.
de Venise , que le P. Dom Angelo Callogiera , Religieux Camaldule , y fait imprimer , sous le nom de Jean Angeli , et
sous la protection de M. Soranzo de Ris
Marin , un Journal Litteraire , qui pa--
roît tous les mois sous le titre de Gionarle d'Europa.
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Résumé : SUITE de l'Extrait du second Tome de la Bibliotheque Italique.
Le texte présente l'ouvrage du Marquis Scipion Maffei intitulé 'ISTORIA DIPLOMATICA', qui introduit l'art critique en matière diplomatique. Cet ouvrage rassemble des documents inédits conservés sur du papier égyptien et inclut une dissertation sur les premiers habitants de l'Italie, expliquant l'origine des Étrusques et des Latins. Il contient également un supplément avec la lettre à Césarius et d'autres monuments. L'ouvrage se termine par une description de l'arc de Suse, accompagné de son inscription, jamais copiée auparavant. Maffei explore l'histoire des diplômes en remontant jusqu'aux Juifs, aux Grecs et à d'autres anciens peuples, puis descend dans les siècles postérieurs. Il mentionne l'arc de Suse, érigé en l'honneur d'Auguste, et les tentatives de déchiffrement de son inscription par divers savants. Maffei fournit une estampe précise de ce monument et déchiffre l'inscription, suggérant au roi de Sardaigne de le transporter à Turin pour une étude plus approfondie. Le texte se conclut par une note sur les nouvelles littéraires, signalant la publication d'un journal littéraire à Venise par le Père Dom Angelo Callogiera.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3890
p. 136-141
EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
Début :
Tout ce qui regarde les choses necessaires à la vie & à la / Le Pere Sebastien, Mrs Homberg, Varignon, & des Billetes [...]
Mots clefs :
Surdité, Machines, Académie royale des sciences, Son
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
Tout ce qui regarde les chofes neceffaires à la vie & à la
fanté , ne pouvant eftre trop
connuës ; je dois vous entretenir encore de deux Articles
dont je vous ay déja parlé , afin
de vous faire voir le progrés
des chofes dont ces Articles
traitent ; le premier regarde la
furdité.
GALANT 137
EXTRAIT
Des Regiſtres de l'Academic
Royale des Sciences.
Le PereSebaftien , Mrs Homberg, Varignon , &des Billetes
qui avoient efté nomméz pour
examiner des Machines de Mr
du Guet qui augmente le fon qui
s'apliquent fous la Perruque des
Hommes , fous la Coiffure
des Femmes , à des Sieges , &
dont l'effet augmente à proportion de leur volume en ayant
fait leur raport , la Compagnie à
jugé qu'elles eftoient nouvelles
Février 1710. M
138 MERCURE
ingenieufes & utiles à ceux qui
entendent difficilement ou pour
entendrede plusloin. Fait à Paris
ce 6 ° May 1709.fignéFontenelle
Secretaire perpetuel de l'Academie Royale des Sciences.
Le Roy , eh confideration
de l'invention particuliere de
ces Machines qui fervent tresutilement à ceux qui ont l'ouye
dure , & intereffent ceux qui
font obligez de leur parler , le
Roy a accordé un Privilege
exclufifà Mr du Guet , &pour
vous marquer le progrés de
fes Machines , je vous envoye
GALANT 139
une Lettre qui a cfté adreffée
audit Sieur du Guet.
COPIE DE LA LETTRE
du Pere Damien , Capucin ,
Confeffeur des Capucines ,
écrite à M' du Guet,
Novembre 1709.
Le 10.
Il eft jufte Monfieur , que
pour vostre fatisfaction & pour
procurer au Public l'utilité du
Secret que vous avez pour foulager aux perfonnes fourdes la
difficulté qu'elles ont d'entendre ,
je vous rende compte du fuccés
que vous avez eu dans le MoMij
140 MERCURE
naftere de nos Meres Capucines
enlaperfonne de Sœur Marie de
Saint Louis de Boulainvilliers
qui fe trouve parfaitementfoulagée de fa Surdité par l'ufage de voftre Machine. Toute
la Communauté qui s'aperçoit
bien de ce fuccés fe loüe fort de ce
fecret & Madame de Boulainvilliers mere de cette Religieufe , fut furprife de ce que fa
fille entendoit beaucoup mieux
depuis quelques mois qu'elle ne
l'avoit veuë , elle approuva fort
cette Machine dont fa fille fe
trouvoitfibien; fi ce temoignage
que je rends à la verité vous
GALANT 141
peut eftre utile , fervez vous- en
j'en auray autant de plaifir
que vous à quije voudrois de tout
moncœurrendre d'autresfervices
eftant , Monfieur, voftre , & c
fanté , ne pouvant eftre trop
connuës ; je dois vous entretenir encore de deux Articles
dont je vous ay déja parlé , afin
de vous faire voir le progrés
des chofes dont ces Articles
traitent ; le premier regarde la
furdité.
GALANT 137
EXTRAIT
Des Regiſtres de l'Academic
Royale des Sciences.
Le PereSebaftien , Mrs Homberg, Varignon , &des Billetes
qui avoient efté nomméz pour
examiner des Machines de Mr
du Guet qui augmente le fon qui
s'apliquent fous la Perruque des
Hommes , fous la Coiffure
des Femmes , à des Sieges , &
dont l'effet augmente à proportion de leur volume en ayant
fait leur raport , la Compagnie à
jugé qu'elles eftoient nouvelles
Février 1710. M
138 MERCURE
ingenieufes & utiles à ceux qui
entendent difficilement ou pour
entendrede plusloin. Fait à Paris
ce 6 ° May 1709.fignéFontenelle
Secretaire perpetuel de l'Academie Royale des Sciences.
Le Roy , eh confideration
de l'invention particuliere de
ces Machines qui fervent tresutilement à ceux qui ont l'ouye
dure , & intereffent ceux qui
font obligez de leur parler , le
Roy a accordé un Privilege
exclufifà Mr du Guet , &pour
vous marquer le progrés de
fes Machines , je vous envoye
GALANT 139
une Lettre qui a cfté adreffée
audit Sieur du Guet.
COPIE DE LA LETTRE
du Pere Damien , Capucin ,
Confeffeur des Capucines ,
écrite à M' du Guet,
Novembre 1709.
Le 10.
Il eft jufte Monfieur , que
pour vostre fatisfaction & pour
procurer au Public l'utilité du
Secret que vous avez pour foulager aux perfonnes fourdes la
difficulté qu'elles ont d'entendre ,
je vous rende compte du fuccés
que vous avez eu dans le MoMij
140 MERCURE
naftere de nos Meres Capucines
enlaperfonne de Sœur Marie de
Saint Louis de Boulainvilliers
qui fe trouve parfaitementfoulagée de fa Surdité par l'ufage de voftre Machine. Toute
la Communauté qui s'aperçoit
bien de ce fuccés fe loüe fort de ce
fecret & Madame de Boulainvilliers mere de cette Religieufe , fut furprife de ce que fa
fille entendoit beaucoup mieux
depuis quelques mois qu'elle ne
l'avoit veuë , elle approuva fort
cette Machine dont fa fille fe
trouvoitfibien; fi ce temoignage
que je rends à la verité vous
GALANT 141
peut eftre utile , fervez vous- en
j'en auray autant de plaifir
que vous à quije voudrois de tout
moncœurrendre d'autresfervices
eftant , Monfieur, voftre , & c
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Résumé : EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
En février 1710, l'Académie Royale des Sciences a examiné des inventions de Monsieur du Guet visant à améliorer l'audition. Ces machines étaient conçues pour amplifier le son sous les perruques masculines et les coiffures féminines, ainsi que sur les sièges. Elles ont été jugées nouvelles, ingénieuses et utiles pour les personnes ayant des difficultés auditives. Le roi a accordé à Monsieur du Guet un privilège exclusif pour ces inventions. Une lettre du Père Damien, datée de novembre 1709, atteste du succès de ces machines, notamment auprès de la sœur Marie de Saint Louis de Boulainvilliers, dont la surdité a été soulagée. La communauté des Capucines et la mère de la religieuse ont également approuvé cette invention.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3891
p. 120-126
« Je vous envoye un Air que vous trouverez fort agréable, [...] »
Début :
Je vous envoye un Air que vous trouverez fort agréable, [...]
Mots clefs :
Air, Compositeurs, Dispute, Langue française, Art de chanter, Critiques, Syllabes, Observations, Mots
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye un Air que vous trouverez fort agréable, [...] »
Je vous envoye un Air
que vous trouverez fort:
agréable , fi vous confiderez
feulement le chant. Cepen
dant comme il n'eft pas tous
GALANT. 121
à fait régulier pour ce qui regarde
les paroles dans lef
quelles il faut obferver la
quantité , ce que ne font pas
beaucoup de Compofiteurs .
Cela a donné fujet à deux
Perfonnes de la Profeffion
d'en venir à une difpute , qui
pourra fervir d'inftruction
pour les autres. Aprés que
l'un d'eux eut chanté cét Air
felon l'intention de celuy qui
l'a compofé , l'autre mieux
inftruit des obſervations de
la Langue Françoiſe à l'égard
du chant , par le moyen du
Livre de l'Art de chanter de
Juin 1685.
L
122 MERCURE
M' de Bacilly qu'il a leu à
fond , ne manqua pas d'en
faire plufieurs Critiques fur
divers endroits. La premiere
eft fur le mot Finit , où l'Autheur
de l'Air a marqué expreffément
une maniere de
chanter qui rend la derniere
fyllabe de ce mot longue , &
elle le feroit en effet fans le
monofyllabe fuivant qui
joint au mot précedent , en
renverſe la quantité , de forte
que ce qui eftoit long devient
bref.C'eft ce que M' de
Bacilly a expliquéclairement
Page 24. de la Réponſe à la
GALANT. 123
2
Critique de fon Traité de l'Art
de bien chanter. En effet , il
n'y auroit pas de difference
entre le mot de Finift au fubjonctif,
& celuy de Finit à l'indicatif.
La feconde Critique
eft fur ces mots Fait languir
dont celuy de Fair fe jette fur
la premiere fyllabe de languir
fans la féparation néceffaire
de ces deux mots . Ainfi
· l'on trouve Fait lan comme con
fi c'eftoit le mefme mor : ce
qui eft une obfervation tresdélicate
, & dont le melme M
de Bacilly a donné plufieurs
exemples page 17 de la Ré-
L. ij.
124 MERCURE
ponſe à la Critique . La trojfiéme
eft fur ce Vers Fentrouveray
plus fur fon teint , dont
la cheute eft mal obſervée en
ce que le mot de Trouveray
paroift féparé du mot de
-Plus , ce quifait un méchant
effet , & la derniere eft la répetition
de ces mots , Que le
Printemps , laquelle arreftant
le fens des paroles fuivantes,
femble fe rapporter aux précedentes
, & faire entendre,
'en trouveray plus que le Prin
temps n'en trouve . Outre que
cette répetition eft inutile,
& fans au cune néceffité , ce
Fen
GALANT. 125
(
qui eft contre la regle quit
vent , que l'on ne répete
rien que fort à propos dans
les paroles qu'on chante.
Cette difpute le fit en preſence
de plufieurs Perfonnes
qui n'eftant pas de la Profef
fron , ny par confequent af
fez inftruits de ce qui regat ,
dele chant François , ne
fcetrent que décider , quoy
qu'ils euffent affez de lumic
re naturelle pour goûter les
raifons de celuy qui faifoit
cette Critique. Il fut réfolu
que M Lambert en feroit le
comme celuy qui Juge
L iij
126 MERCURE
poffe de fouverainement ce
bel Art , & de qui les Airs .
font à couvert de toute cenla
grande habitude:
fure
par
qu'il
a de
traiter
la
Langue
Françoife
, à laquelle
il fçait
donner
avec
une
entiere
jufteffe
le
chant
qui
luy
eſt
propre
felon
les
differens
mots
qu'il
doit
employer
. La
correction
de
cét
Air
eft
au
bas
,
&
l'on
pourra
voir
par
là ,
quel
des
deux
a raiſon
,
En
voicy
les
paroles
,
que vous trouverez fort:
agréable , fi vous confiderez
feulement le chant. Cepen
dant comme il n'eft pas tous
GALANT. 121
à fait régulier pour ce qui regarde
les paroles dans lef
quelles il faut obferver la
quantité , ce que ne font pas
beaucoup de Compofiteurs .
Cela a donné fujet à deux
Perfonnes de la Profeffion
d'en venir à une difpute , qui
pourra fervir d'inftruction
pour les autres. Aprés que
l'un d'eux eut chanté cét Air
felon l'intention de celuy qui
l'a compofé , l'autre mieux
inftruit des obſervations de
la Langue Françoiſe à l'égard
du chant , par le moyen du
Livre de l'Art de chanter de
Juin 1685.
L
122 MERCURE
M' de Bacilly qu'il a leu à
fond , ne manqua pas d'en
faire plufieurs Critiques fur
divers endroits. La premiere
eft fur le mot Finit , où l'Autheur
de l'Air a marqué expreffément
une maniere de
chanter qui rend la derniere
fyllabe de ce mot longue , &
elle le feroit en effet fans le
monofyllabe fuivant qui
joint au mot précedent , en
renverſe la quantité , de forte
que ce qui eftoit long devient
bref.C'eft ce que M' de
Bacilly a expliquéclairement
Page 24. de la Réponſe à la
GALANT. 123
2
Critique de fon Traité de l'Art
de bien chanter. En effet , il
n'y auroit pas de difference
entre le mot de Finift au fubjonctif,
& celuy de Finit à l'indicatif.
La feconde Critique
eft fur ces mots Fait languir
dont celuy de Fair fe jette fur
la premiere fyllabe de languir
fans la féparation néceffaire
de ces deux mots . Ainfi
· l'on trouve Fait lan comme con
fi c'eftoit le mefme mor : ce
qui eft une obfervation tresdélicate
, & dont le melme M
de Bacilly a donné plufieurs
exemples page 17 de la Ré-
L. ij.
124 MERCURE
ponſe à la Critique . La trojfiéme
eft fur ce Vers Fentrouveray
plus fur fon teint , dont
la cheute eft mal obſervée en
ce que le mot de Trouveray
paroift féparé du mot de
-Plus , ce quifait un méchant
effet , & la derniere eft la répetition
de ces mots , Que le
Printemps , laquelle arreftant
le fens des paroles fuivantes,
femble fe rapporter aux précedentes
, & faire entendre,
'en trouveray plus que le Prin
temps n'en trouve . Outre que
cette répetition eft inutile,
& fans au cune néceffité , ce
Fen
GALANT. 125
(
qui eft contre la regle quit
vent , que l'on ne répete
rien que fort à propos dans
les paroles qu'on chante.
Cette difpute le fit en preſence
de plufieurs Perfonnes
qui n'eftant pas de la Profef
fron , ny par confequent af
fez inftruits de ce qui regat ,
dele chant François , ne
fcetrent que décider , quoy
qu'ils euffent affez de lumic
re naturelle pour goûter les
raifons de celuy qui faifoit
cette Critique. Il fut réfolu
que M Lambert en feroit le
comme celuy qui Juge
L iij
126 MERCURE
poffe de fouverainement ce
bel Art , & de qui les Airs .
font à couvert de toute cenla
grande habitude:
fure
par
qu'il
a de
traiter
la
Langue
Françoife
, à laquelle
il fçait
donner
avec
une
entiere
jufteffe
le
chant
qui
luy
eſt
propre
felon
les
differens
mots
qu'il
doit
employer
. La
correction
de
cét
Air
eft
au
bas
,
&
l'on
pourra
voir
par
là ,
quel
des
deux
a raiſon
,
En
voicy
les
paroles
,
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Résumé : « Je vous envoye un Air que vous trouverez fort agréable, [...] »
Un désaccord oppose deux compositeurs au sujet d'un air musical. Le premier compositeur a composé un air apprécié mais présentant des irrégularités dans la quantité des syllabes des paroles. Monsieur de Bacilly critique cet air en se référant à l'Art de chanter, publié en 1685. Il relève plusieurs erreurs : la prononciation incorrecte du mot 'Finit', la mauvaise séparation des mots 'Fait languir', la mauvaise chute du vers 'Sentrouveray plus sur son teint', et la répétition inutile des mots 'Que le Printemps'. Cette dispute se déroule devant des non-spécialistes, qui reconnaissent la validité des arguments de Bacilly. Il est décidé que Monsieur Lambert, expert en chant et en langue française, évaluera l'air. Une version corrigée de l'air est fournie pour permettre de déterminer lequel des deux compositeurs a raison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3892
p. 139-144
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné par interim le commandement de l'armée [...]
Mots clefs :
Espagne, Armée de Catalogne, Royaume d'Aragon, Saragosse, Gouverneur, Grenadiers, Garnison, Prisonniers, Balaguer, Aragon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Espagne.
Le Roy a donné par interim le commandement de
l'armée de Catalogne au
Prince Tferclas de Tilly ,
& le commandement de
Sarragoffe & des armes du
Royaume d'Arragon qu'il
exerçoit , a efté donné au
Marquis de Valdecanas
Capitaine General , & la
charge de Lieutenant Colonel du Regiment de Salamanque qui eft en Sicile ,
à Don Miguel Carreno
Mij
140 MERCURE
Capitaine de Grenadiers.
On mande de Sarragoffe
que les Ennemis avoient
tenté pour la troifiéme fois
defurprendreCervera avec
deux mille hommes de
troupes reglées , & deux
mille Micquelers ou Soumettant. Le Gouverneur
en ayant efté informé fit
venir de Balaguerfix cents
Grenadiers , il fit faire un
fi grand feu de mouſqueterie & de canon , que
Ennemis furent contraints
de fe retirer en defordre, &
avec perte ; ils ont abanles
GALANT. 14Ï
donné leurs outils à remuer
la terre , & deux pieces de
canon qu'ils enclouerent
en fe retirant .
Les Lettres de Balaguer
& de Cervera portent qu'-
un Regiment Neapolitain
s'eftant pofté aux environs
de Gironne, le Gouverneur
› en ayant efté informé, fortit avec une partie de fa
garniſon , le défit entiere
ment.
Le Marquis de Valdecanas ayant appris que
quelques Volontaires avoient paffé l'Ebro , & s'a
142 MERCURE
vançoient vers Daroca ,
commanda, pour les couper , plufieurs partis , l'un
defquels conduit par Don
Manuel de faint Martin
Capitaine de Cavalerie, les
rencontra , & les défit ; il
fit plufieurs prifonniers, du
nombre defquels ca efté
leur chef Don Antonio
Biella.
On écrit des frontieres
d'Eftremadure que le Marquis de Bay avoit fait attaquer deux atalayas ou tours
fortifiez , par quelques
compagniesdeGrenadiers,
GALANT. 143
& qu'elles s'eftoient renduës fans faire aucune refiftance , que le Gouverneur de Campo Mayor y
ayant renvoyé de plus fortes garnifons , le Marquis
de Bay fit un détachement
fous les ordres de Don Melchior Cano Marefchal de
Camp qui les obligea à ſe
rendre prifonniers de guerre , & fit rafer les tours.
On mande d'Arragon
que Don Patricio Laules
Marefchal de Camp &
Commandant de Benavar
ri ayant efté informé que
144 MERCURE
14
les Volontaires & les Miquelets s'eftoient affemblez au nombre de huit
cens à deffein de le furprendre , fut à leur rencontre , les furprit , & les obligea de prendre la fuite avec
tant de précipitation que la
plufpart abandonnerent
leurs chevaux , dont on en
prit un grand nombre , il y
en eut plufieurs tuez &faits.
prifonniers.
d'Espagne.
Le Roy a donné par interim le commandement de
l'armée de Catalogne au
Prince Tferclas de Tilly ,
& le commandement de
Sarragoffe & des armes du
Royaume d'Arragon qu'il
exerçoit , a efté donné au
Marquis de Valdecanas
Capitaine General , & la
charge de Lieutenant Colonel du Regiment de Salamanque qui eft en Sicile ,
à Don Miguel Carreno
Mij
140 MERCURE
Capitaine de Grenadiers.
On mande de Sarragoffe
que les Ennemis avoient
tenté pour la troifiéme fois
defurprendreCervera avec
deux mille hommes de
troupes reglées , & deux
mille Micquelers ou Soumettant. Le Gouverneur
en ayant efté informé fit
venir de Balaguerfix cents
Grenadiers , il fit faire un
fi grand feu de mouſqueterie & de canon , que
Ennemis furent contraints
de fe retirer en defordre, &
avec perte ; ils ont abanles
GALANT. 14Ï
donné leurs outils à remuer
la terre , & deux pieces de
canon qu'ils enclouerent
en fe retirant .
Les Lettres de Balaguer
& de Cervera portent qu'-
un Regiment Neapolitain
s'eftant pofté aux environs
de Gironne, le Gouverneur
› en ayant efté informé, fortit avec une partie de fa
garniſon , le défit entiere
ment.
Le Marquis de Valdecanas ayant appris que
quelques Volontaires avoient paffé l'Ebro , & s'a
142 MERCURE
vançoient vers Daroca ,
commanda, pour les couper , plufieurs partis , l'un
defquels conduit par Don
Manuel de faint Martin
Capitaine de Cavalerie, les
rencontra , & les défit ; il
fit plufieurs prifonniers, du
nombre defquels ca efté
leur chef Don Antonio
Biella.
On écrit des frontieres
d'Eftremadure que le Marquis de Bay avoit fait attaquer deux atalayas ou tours
fortifiez , par quelques
compagniesdeGrenadiers,
GALANT. 143
& qu'elles s'eftoient renduës fans faire aucune refiftance , que le Gouverneur de Campo Mayor y
ayant renvoyé de plus fortes garnifons , le Marquis
de Bay fit un détachement
fous les ordres de Don Melchior Cano Marefchal de
Camp qui les obligea à ſe
rendre prifonniers de guerre , & fit rafer les tours.
On mande d'Arragon
que Don Patricio Laules
Marefchal de Camp &
Commandant de Benavar
ri ayant efté informé que
144 MERCURE
14
les Volontaires & les Miquelets s'eftoient affemblez au nombre de huit
cens à deffein de le furprendre , fut à leur rencontre , les furprit , & les obligea de prendre la fuite avec
tant de précipitation que la
plufpart abandonnerent
leurs chevaux , dont on en
prit un grand nombre , il y
en eut plufieurs tuez &faits.
prifonniers.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Le roi a nommé le Prince Tferclas de Tilly commandant par intérim de l'armée de Catalogne. Le Marquis de Valdecanas a été désigné Capitaine Général et commandant de Sarragosse et des armes du Royaume d'Aragon. Don Miguel Carreno a été nommé Lieutenant Colonel du Régiment de Salamanque en Sicile. À Sarragosse, les ennemis ont été repoussés après une attaque contre Cervera, abandonnant des outils et deux pièces de canon. À Balaguer et Cervera, un régiment napolitain a été défait par le gouverneur. Le Marquis de Valdecanas a vaincu des volontaires près de Daroca, capturant leur chef, Don Antonio Biella. En Estrémadure, le Marquis de Bay a pris deux tours fortifiées et contraint les renforts à se rendre. En Aragon, Don Patricio Laules a mis en fuite des volontaires et des miquelets, capturant plusieurs chevaux et faisant des prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3893
p. 109-116
Auteurs. [titre d'après la table]
Début :
Je fais de mon mieux (comme on voit) pour animer [...]
Mots clefs :
Auteurs, Chagriner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Auteurs. [titre d'après la table]
Je fais de mon mieux
( comme on voit) pour
animer les Auteurs. Tant
que j'auray de leurs ouvrages
,
j'en mettray
peu des miens dans mon
Livre. Nef1:-il pas julle
que jefasse les honneurs
de chez moy ?
Ouy, je feray toûjours
civilement les honneurs
de mon Livre; mais je
ne, poufferay pas la politesse
jusqu'afaire l'éloge
des Pieces que j'y placeray.
Je me fuis déjà déclaré
sur les louanges.
Il n'y a rien à gagner
en nous louant nous autres
Auteurs, celuyqu'-
on loüe croit que c'est
une dette qu'on luypaye:
nulle reconnoissance de
sa part, & vous vous
brouillez à coup sûravec
ses Confreres car chacun
,
--.,"'- roitqu'on luy détodo,&
leslouanges
qu'on ne luy donne pas,
& celles qu'on donne
aux autres. Pour me ménager
avec tous je feray
neutre. Nulle preference.
Mais,dira-t-on, placer
un ouvrage dans vostre
Recueil, c'est le préférer
àceluy que vous n'y placez
pas?
Consequence mal tirée,
mon choix prouvera
seulement que l'un
conviendra mieux que
l'autre aux sujets que
j'auray commence a traiter
dans le moment que
je recevray l'ouvrage.
Mais, dira-t-on,c'est à
vous de vous assujettir à
ce qu'on vous donne &
l'on entrevoit que vous
cherchez de mauvaises
exeuses pour refuser certains
ouvrages, sans ea
chagriner les Auteurs.
L'excuse peut estre
mauvaise,mais il est loüable
d'enchercher pour
ne chagriner personne.
N'approfondissez point
mes inrentions. Je prometsde
placer les bons
ouvrages, 6C je souhaite
que ceux qui en feront
de mauvais puissent se
flater que je les placeray
quand Foccadon s'en prefentera.
Dans le fond il se pourra
faire que les meilleurs ouvrages
ferontquelquefois
les moins convenables à
mon arrangement. Ils
seront ou trop longs ou
trop courts, ou trop gays
ou trop sérieux
5 peutêtre
même trop beaux
pour faire un bon effet
avec mes bagatelles. Je
pourray les placer une
autrefois dans un plus
beau jour.
Joignez à cela, que je
puis avoir des raisons particulières,
pour ne point
parler de quelque chose
ou de quelqu'un dans
certains endroits par rapport
à certainescirconstances.
Enunmotjepuis
avoir mille bonnes raisons
pour refuser une
bonne chose;mais je prévois
qu'un seul refus
pourra souvent me faire
plusieurs ennemis; c'est
le malheur de mon employ.
Ceux qui en ont
de plus grands ne peuvent
pas contenter tout
le monde, & je prouveray
sans sortir de ma petite
Sphere, qu'on ne
scauroitconcourir au
bien public sans chagriner
plusieurs particuliers.
( comme on voit) pour
animer les Auteurs. Tant
que j'auray de leurs ouvrages
,
j'en mettray
peu des miens dans mon
Livre. Nef1:-il pas julle
que jefasse les honneurs
de chez moy ?
Ouy, je feray toûjours
civilement les honneurs
de mon Livre; mais je
ne, poufferay pas la politesse
jusqu'afaire l'éloge
des Pieces que j'y placeray.
Je me fuis déjà déclaré
sur les louanges.
Il n'y a rien à gagner
en nous louant nous autres
Auteurs, celuyqu'-
on loüe croit que c'est
une dette qu'on luypaye:
nulle reconnoissance de
sa part, & vous vous
brouillez à coup sûravec
ses Confreres car chacun
,
--.,"'- roitqu'on luy détodo,&
leslouanges
qu'on ne luy donne pas,
& celles qu'on donne
aux autres. Pour me ménager
avec tous je feray
neutre. Nulle preference.
Mais,dira-t-on, placer
un ouvrage dans vostre
Recueil, c'est le préférer
àceluy que vous n'y placez
pas?
Consequence mal tirée,
mon choix prouvera
seulement que l'un
conviendra mieux que
l'autre aux sujets que
j'auray commence a traiter
dans le moment que
je recevray l'ouvrage.
Mais, dira-t-on,c'est à
vous de vous assujettir à
ce qu'on vous donne &
l'on entrevoit que vous
cherchez de mauvaises
exeuses pour refuser certains
ouvrages, sans ea
chagriner les Auteurs.
L'excuse peut estre
mauvaise,mais il est loüable
d'enchercher pour
ne chagriner personne.
N'approfondissez point
mes inrentions. Je prometsde
placer les bons
ouvrages, 6C je souhaite
que ceux qui en feront
de mauvais puissent se
flater que je les placeray
quand Foccadon s'en prefentera.
Dans le fond il se pourra
faire que les meilleurs ouvrages
ferontquelquefois
les moins convenables à
mon arrangement. Ils
seront ou trop longs ou
trop courts, ou trop gays
ou trop sérieux
5 peutêtre
même trop beaux
pour faire un bon effet
avec mes bagatelles. Je
pourray les placer une
autrefois dans un plus
beau jour.
Joignez à cela, que je
puis avoir des raisons particulières,
pour ne point
parler de quelque chose
ou de quelqu'un dans
certains endroits par rapport
à certainescirconstances.
Enunmotjepuis
avoir mille bonnes raisons
pour refuser une
bonne chose;mais je prévois
qu'un seul refus
pourra souvent me faire
plusieurs ennemis; c'est
le malheur de mon employ.
Ceux qui en ont
de plus grands ne peuvent
pas contenter tout
le monde, & je prouveray
sans sortir de ma petite
Sphere, qu'on ne
scauroitconcourir au
bien public sans chagriner
plusieurs particuliers.
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Résumé : Auteurs. [titre d'après la table]
Un auteur compile des œuvres d'autres écrivains dans son livre. Il s'engage à inclure les ouvrages des auteurs tout en restant neutre et sans préférence pour éviter les rivalités. Il explique que les louanges créent des dettes et des conflits, préférant ainsi ne pas en faire. Le choix des œuvres dépendra de leur pertinence par rapport aux sujets traités. Il reconnaît que refuser certains ouvrages peut chagriner les auteurs, mais il cherchera à atténuer ce désagrément par des excuses. Il espère que les auteurs de mauvais ouvrages comprendront ses refus. Des raisons particulières peuvent l'empêcher de traiter certains sujets ou personnes. Malgré ses efforts, il anticipe que des refus pourraient lui créer des ennemis, soulignant que même les tâches modestes peuvent susciter des mécontentements.
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3894
p. 137-144
ODE. Imitation de l'Ode sur les Conquêrans de Rousseau.
Début :
Homere, que le temps couronne ; [...]
Mots clefs :
Homère, Temps, Grecs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. Imitation de l'Ode sur les Conquêrans de Rousseau.
ODE.
Imitation de l'Ode surles
Conquêrans de Rousseau.
Homere
3 que le temps couronne;
Me lagloire dont tu jouis
> 'Et de l'éclat qui tenvironne,
JocrontnOUt toujours ébloüis.
Tes Trddwclurs te font l'Idole,
Du Culte honteux &frivole3
Dontils honorent tes Autels ;
Verrons nous toujours leurs Capriees
Te prophancr les sacrifices,
Qui ne font dus qe/aux Immortels
? m-
Le Pedant de ta. Poèsie
, Est charmé, ravy ,
transports;
A chaque pageilse recrie,
Quelle force
,
quellebeauté!
Cesimages font agréables
1 Ces comparaisons admirables,
Quelsfom,quelle fublimté !
C'fft ainji qu'un faux Sçavant
prouve
P~c danJ HomèreJeuIon trouve,
Tout cequidoiteifreimité.
m
Maisde quelque superbe titret
Dont,a tort,yo/Vhonoré,
Prénom laraisonpour arbitre
Lisons cet Ouvrage admiré.
Que vois-je!baetes- circonfiances , Faussesimages
J
négligences
3 Froids discoUrs sur grands mots
monte ;
Etrange beautéquisiforme
y
Souvent de l'ajfcmblage énorme>
D'un tas de ridiculitez
Sont-celày Tradufttice hAbile,
Ces grands modeléssivante%,
Voyons commnt, e de quel
flile (tf!
Vous nou; prouverez leurs beau-
Tant que nostre erreur vous
fécondé
Les Grecs font les Maîtres du
monde
Et leur éclat nous éblouit;
Mais au moindre txamenfuneftr,
Le marque tombe, Homcre rejle9
Et leCDivinÎsé-vanouit.
Mais je veux que de vojife
Homere
Lïouvrage doive eflre vanté
Quelque endroit moins digne de flaire
N'en pourr.-tpil être excepte?
Pas une injure,une épithete
-
Ces longs discours que l'on refête)
Ne pouront estre critiquez :
Etjusquau Bouclierd'Achille
Une admirationservile
Yferatrouver des beautek.
Quelapréventionnousquitte, ep la source de nos erreurs
Tendons juflice auyray merite
> Vans égard aux temps , aux
Auteurs.
* Réglonsnoussur cette maxime;
Nous devons aux Grecs de l'estime
:es 'r- temps grossiers parlent pour
eux;
.lt4aiscroyonsma!!.,rélesfuJfdgSJ
Que les beautrz de leurs ouvrages
Sont souvent des diffauts heureux.
Q14qy donc, les PerraultsquorJi méprije
Meferont honortr les Grecs,
Et toujours ma raison surprise
Leuradrejftra ses refpeclî
3 M'exttlfiant a chaque page Je , prodiguerois mon hommage
,
jétout ce quifort de leurs mains,
Etjepourroitforcer ma bouche,
A louerce * Herosfarouche
2
Digne du goustdesdnciens.
*Achille.
Commentateurs espritsvulgiires
, -:;esse de vous en orbuîllir,
C) ces Lauriers imaginaires
9nel'erreur vous afait cuëillir ;
!ugsinsense'{que mous esses
\Letemps chez nous fait les
Poëtes .- es ans vous cachent leurs
drffiuts.
! que la raisonvouséclairey
ZIes Auteurs quisçavent nous
plaire
Valent- ils mieux que des
Perrauts
En 11Jaln dans un amplevolumey
D'oouutrtargaesspPoorrtteez,aàel'xexcceèss,,
Vous mous flattez que vostre
plume
D'Houdart détruira, le succés; ( Che.-< lrry laraifonépurée,
* Marche dans larouteajifurée
, ]
Dont vous ignorez les flntifrs;
Le Patnajje prendsa querelle ,
Etffait malgrévofirefcquelle
Changervosmépris en Lauriers.
Imitation de l'Ode surles
Conquêrans de Rousseau.
Homere
3 que le temps couronne;
Me lagloire dont tu jouis
> 'Et de l'éclat qui tenvironne,
JocrontnOUt toujours ébloüis.
Tes Trddwclurs te font l'Idole,
Du Culte honteux &frivole3
Dontils honorent tes Autels ;
Verrons nous toujours leurs Capriees
Te prophancr les sacrifices,
Qui ne font dus qe/aux Immortels
? m-
Le Pedant de ta. Poèsie
, Est charmé, ravy ,
transports;
A chaque pageilse recrie,
Quelle force
,
quellebeauté!
Cesimages font agréables
1 Ces comparaisons admirables,
Quelsfom,quelle fublimté !
C'fft ainji qu'un faux Sçavant
prouve
P~c danJ HomèreJeuIon trouve,
Tout cequidoiteifreimité.
m
Maisde quelque superbe titret
Dont,a tort,yo/Vhonoré,
Prénom laraisonpour arbitre
Lisons cet Ouvrage admiré.
Que vois-je!baetes- circonfiances , Faussesimages
J
négligences
3 Froids discoUrs sur grands mots
monte ;
Etrange beautéquisiforme
y
Souvent de l'ajfcmblage énorme>
D'un tas de ridiculitez
Sont-celày Tradufttice hAbile,
Ces grands modeléssivante%,
Voyons commnt, e de quel
flile (tf!
Vous nou; prouverez leurs beau-
Tant que nostre erreur vous
fécondé
Les Grecs font les Maîtres du
monde
Et leur éclat nous éblouit;
Mais au moindre txamenfuneftr,
Le marque tombe, Homcre rejle9
Et leCDivinÎsé-vanouit.
Mais je veux que de vojife
Homere
Lïouvrage doive eflre vanté
Quelque endroit moins digne de flaire
N'en pourr.-tpil être excepte?
Pas une injure,une épithete
-
Ces longs discours que l'on refête)
Ne pouront estre critiquez :
Etjusquau Bouclierd'Achille
Une admirationservile
Yferatrouver des beautek.
Quelapréventionnousquitte, ep la source de nos erreurs
Tendons juflice auyray merite
> Vans égard aux temps , aux
Auteurs.
* Réglonsnoussur cette maxime;
Nous devons aux Grecs de l'estime
:es 'r- temps grossiers parlent pour
eux;
.lt4aiscroyonsma!!.,rélesfuJfdgSJ
Que les beautrz de leurs ouvrages
Sont souvent des diffauts heureux.
Q14qy donc, les PerraultsquorJi méprije
Meferont honortr les Grecs,
Et toujours ma raison surprise
Leuradrejftra ses refpeclî
3 M'exttlfiant a chaque page Je , prodiguerois mon hommage
,
jétout ce quifort de leurs mains,
Etjepourroitforcer ma bouche,
A louerce * Herosfarouche
2
Digne du goustdesdnciens.
*Achille.
Commentateurs espritsvulgiires
, -:;esse de vous en orbuîllir,
C) ces Lauriers imaginaires
9nel'erreur vous afait cuëillir ;
!ugsinsense'{que mous esses
\Letemps chez nous fait les
Poëtes .- es ans vous cachent leurs
drffiuts.
! que la raisonvouséclairey
ZIes Auteurs quisçavent nous
plaire
Valent- ils mieux que des
Perrauts
En 11Jaln dans un amplevolumey
D'oouutrtargaesspPoorrtteez,aàel'xexcceèss,,
Vous mous flattez que vostre
plume
D'Houdart détruira, le succés; ( Che.-< lrry laraifonépurée,
* Marche dans larouteajifurée
, ]
Dont vous ignorez les flntifrs;
Le Patnajje prendsa querelle ,
Etffait malgrévofirefcquelle
Changervosmépris en Lauriers.
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3895
p. 136-146
SEANCES PUBLIQUES De la Société littéraire d'Arras.
Début :
La Société littéraire d'Arras tint le 30. Mars 1754 son assemblée publique ordinaire [...]
Mots clefs :
Société littéraire d'Arras, Goût, Jugement, Atrébates
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texteReconnaissance textuelle : SEANCES PUBLIQUES De la Société littéraire d'Arras.
SEANCES PUBLIQUES
De la Société littératre d'Arrass
A Société littéraire d'Arras tint lezo
LMars 175 4. fon affemblée publique or
dinaire, dont M: Le Roux, Avochr , Directeurt
en exercices , fit l'ouverture par un diſcours
fur le jugement & far le goût , dans lequel
il établit les maximes fuivantes . » Les mê
» mes regles qui fervent à former le juge
»ment , font celles qui forment le goût
>>car le jugement & le goût ne font qu'un
5
AVRIL 1755. 137
même faculté de l'ame ; quand elle juge
» par fentiment & à la premiere impreffion
» que les chofes font , c'eft le goût ; quand
elle juge par raifonnement & fur des
principes dont elle tire des conféquen
» ces , c'est le jugement : ainfi , l'on peut
» dire que le goût eft le jugement de la
" nature , & que le jugement eft le goût
» de la taifon.
M. de Brandt de Marconne , nouvel affocié
, fit enfuite fonremerciment , auquel
le Directeur répondit au nom de la Société.
* gy & bingen .
M. Cauwer , Avocat , nommé à la députation
ordinaire des Etats d'Artois , lut un
mémoire , pour fervir à l'hiftoire de Mahaut,
Comteffe d'Artois, depuis la mort de
Robert II fon pere , tué en 1 302 , devant
Courtrai , jufqu'à celle de cette Princeffe ,
arrivée le 27 Octobre 1349. Ce mémoire
contenoit , parmi beaucoup de faits intéreffans
le détail des deux premiers procès
que Robert d'Artois , Comte de Beaumontle-
Roger , intenta à Mahaut fa tante , pour
la dépofféder du Comté d'Artois , dont il
Le prétendoit légitime héritier , étant fils
de Philippe d'Artois , mort avant Robert
II fon pere. La plupart des événemens rapportés
par M. Cauwet , étoient appuyés fur
des pieces authentiques , tirées du dépôt
2
138 MERCURE DE FRANCE.
des chartres d'Artois , qui fe confervé à
Arras dans l'ancien palais des Comtes de
cette Province , nommé la Cour- le- Comte.
M. Harduin , Avocat , Secrétaire perpétuel
de la Société , lut un mémoire tiré
des registres de la ville d'Arras , concernant
les cérémonies qui s'obfervoient fous
les Ducs de Bourgogne de la feconde race
, lorfque ces Ducs , en qualité de Comtes
d'Artois , ou les Rois de France , fouverains
de la Province , faifoient leur entrée
folemnelle dans cette ville . En décri
vant la réception qui fut faite à Iſabelle
de Portugal , Ducheffe de Bourgogne , au
mois de Janvier 1430 , M. Harduin parla
de l'Abbé de Lieffe , perfonnage fingulier ,
qui s'étoit trouvé fur le paffage de cette
Princeffe , pour lui faire des préfens , &
pour lui donner le ſpectacle des jeux auxquels
il préfidóit.
Cet Abbé de Lieffe s'élifoit tous les
ans par les Officiers du Bailliage , le
» Corps de Ville & la Bourgeoifie ; & on
»lui donnoit , pour ainfi dire , l'inveftiture
de fa charge , en lui remettant une
croffe d'argent doré , du poids de quatre
onces , qu'il étoit obligé de rendre
à la fin de fon exercice . On voit dans la
lifte de ces Abbés , des Officiers munici
paux & même un Gentilhomme ; mais le
AVRIL. 1795 139
choix tomboit pour l'ordinaire fur quel
» que Marchand ou Artifan . Sa principale
» fonction étoit de donner le Dimanche
» gras , avec fes fuppôts , qu'on appelloit
» Moines , un divertiffement public fur des
» échaffauds . Outre cela , pour entretenir
» une certaine amitié avec les villes voiff
» nes , on envoyoit l'Abbé de Lieffe & fa
» troupe aux jeux qui s'y faifoient , entre
lefquels on remarque la fête du Roi des
» Sots à Lille , & celle du Prince de Plaifan-
» ce à Valenciennes. Dans ces voyages que
» l'Abbé faifoit aux dépens de la ville d'Are
»
ras , il étoit accompagné de fon prédé
>> ceffeur & de quatre Echevins. On por-
» toit devant lui un étendart de foie rou
"ge , aux armes de l'Abbaye : il étoit auffi
» précédé de plufieurs tambours & trompettes
, & d'un Héraut vêtu d'une cotte
» d'armes de damas violet : à fa fuite mar
» choient fes pages & fes laquais.
M. Camp , Avocat & Echevin d'Arras ,
lut des recherches fur le commerce & les
manufactures des Atrebates , depuis les fiée
cles Gaulois , jufqu'à la defcente des Francs
dans les Gaules. Pour montrer l'ancien
neté de ces manufactures , il s'attacha d'a+
bord à établir celle de la ville d'Arras , que
Céfar , dans fes commentaires , appelle
Nemetocenna ou Nemetofena , nom compo
140 MERCURE DE FRANCE.
fé de Nemetos & de Sena , qui ne pouvoit
fignifier parmi les Gaulois , qu'un temple
de Druides ou de Druideffes , felon l'explication
de Fortunat , de Dom Bouquet ,
& de l'auteur de la Religion des Gaulois.
Après avoir prouvé par cette étymologie ,
que la ville d'Arras étoit anciennement
un lieu confacré à la religion , M. Camp
parla du culte particulier des Gaulois envers
Mercure , Dieu des Marchands , dont
le nom , fuivant les mêmes auteurs , eft
purement celtique , & il obferva que le
nom du village de Mercatel , près d'Arras ,
qui fe trouve rendu par Mercurii tellus ,
dans les anciens titres latins , nous offre
une étymologie celtique , relative au commerce
& au culte de Mercure parmi les
Atrébates .
M. Camp examina enfuite les divers
habillemens dont les Gaulois fe fervoient ,
particulierement les Druides & les nobles.
Il s'étendit principalement fur le Sagum
gaulois , dont les Romains adopterent l'ufage
& le nom depuis leur conquête . H
prouva , par le témoignage de plufieurs
hiftoriens , combien ces peuples eftimoient
les faies des fabriques d'Arras , & il en fit
remonter l'établiffement jufqu'avant leur
irruption dans les Gaules , fondé fur des
raifons tirées des auteurs & des loix RoAVRIL.
1755 14
maines. M. Camp paffa au détail des au
tres efpeces d'étoffes que les Atrébates fabriquoient
, & des teintures qu'ils y employoient.
Il commença par les Xérampelines
, Xerampelina veftes , que Suidas appelle
par excellence Atrebaticas veftes , &
dont les anciens nous défignent la couleur
par une compofition & un mêlange admirable
de teinture , inter coccinum & muriceum.
M. C. difcuta le paffage de Trebellius
Pollio touchant les faies & les draps
d'Arras , fi vantés par l'Empereur Gallien.
Il parla fort au long des birri de foye & de
laine , birri ferici , birri lane , que les Romains
mettoient au rang de leurs plus riches
parures. Il fit voir que les Atrébates
en fabriquoient de fi beaux , qu'on les recherchoit
à Rome avec empreffement . Il
expliqua ce que dit Flavius Vopifcus , in
Carino , des birri que les habitans d'Arras
& de Canyfium envoyoient à Rome , &
combattit le fentiment du Sr. Briffon , éleve
dans les manufactures de Beauvais , qui
par une lettre inférée dans le Mercure de
Février 1750 , a voulu perfuader qu'il
étoit fimplement queſtion , dans le paffage
de Vopifcus , d'habits militaires , qu'on
avoit demandés aux Atrébates . M. C. foutint
qu'on ne pouvoit interpréter ainfi ce
paffage , puifque Vopifcus , fe plaignant
142 MERCURE DE FRANCE.
•
des Romains de fon fiécle , qui fruftroient
Heurs héritiers légitimes pour enrichir les
gens de théatre , ajoute précisément que
cette manie de leur faire des prefens s'étoit
répandue dans tout l'empire , & que
ceux d'Arras & de Canufium leur envoyoient
en pur don des birri de leurs fabriques.
M. C.termina fa differtation par
des paffages de S. Jerôme , du concile de
Gangres , de S. Auguftin , & c. qui ache
vent de démontrer la fplendeur du commerce
& des manufactures des Atrébates ,
avant l'établiſſement de la monarchie françoiſe.
M. Enlart de Grandval , Confeiller au
Confeil provincial d'Artois , affocié de
l'Académie de Montauban , fit la lecture
d'un difcours préliminaire fur l'origine des
langues , & en particulier fur la langue
françoife , ce qui lui donna occafion de
parler ainfi de l'état des lettres & des ſciences
fous le regne de Louis XV . » Les fcien-
» ces & les arts ont été dans les derniers
» tems cultivés en France avec le fuccès le
» plus étonnant ...... Un poëme héroïque
, notre feul thréfor en ce genre , les
» odes d'un nouveau Pindare , fuivi d'un
» émule égal , ont perpétué jufqu'à nos
» jours la gloire des Mufes françoifes . Mais
duffions - nous céder la prééminence au
AVRIL. 1755. 143
fiécle précédent pour les belles lettres &
» les arts agréables , le nôtre l'emporte
»pour les fciences & les arts utiles . Un
" Roi , digne fucceffeur de Louis le Grand,
» a hérité de fon eftime pour les talens , &
a continué de répandre fur eux fes fe-
» cours & fes bienfaits. Nul objet d'étude
négligé fous fon regne , nul génie fans
récompenfe. Les mers ont vu fes vaif-
» ſeaux porter fous les deux pôles , & juf
» qu'aux extrêmités de l'Occident , non ,
» comme autrefois , les productions fura-
» bondantes de nos campagnes , ou les
» richeffes multipliées de nos manufactu-
» res , mais des Philofophes , des Aftrono-
»mes , qui à travers mille dangers de tou-
» te efpece , & dans des climats où le nom
» des fciences eft un nom inconnu , ont
été mefurer le ciel , & fixer la forme de
la terre. Un fluide merveilleux , une fubf-
»tance mystérieusement cachée dans le fein
» de la nature, & qui n'avoit permis que
des foupçons à la curiofité de nos ancêtres
, a perdu un fecret gardé depuis le
» jour de fa création , & s'eft dévoilée
malgré elle à nos regards plus fubtils &
» plus pénétrans . Chaque jour nous revele
» des myfteres ignorés de la plus fçavante
antiquité . Notre vûe , aidée du fecours
» de l'art , de ce tube admirable qu'elle
144 MERCURE DE FRANCE.
» doit au grand Newton , a franchi les bor
nes prefcrites à fes organes , & s'élan
nçant d'un côté dans les vaftes efpaces du
» firmament , y.va contempler à fon gré la
» ftructure , l'ordre & la marche de ces
» corps immenfes qui nous apprennent par
» de nouveaux fpectacles , à mieux con-
» noître la main qui les fit tandis que
» d'un autre côté , s'infinuant dans des
atômes imperceptibles , elle y découvre ,
elle y confidere un nouveau monde &
» de nouveaux habitans . Tout a cédé à nos
» efforts , à nos recherches , à nos difcuf-
» fions , &c.
M. l'Abbé Simon lut des réflexions fur
la complaisance , & prouva d'abord combien
elle eft , néceffaire dans toute fociété.
Il ne faut point , dit- il , étudier long-
» tems les hommes , pour appercevoir la
diverfité de leurs goûts & de leurs hu-
» meurs. Nous différons tous par mille en-
» droits de ceux avec qui nous avons à vivre
; l'expérience de tous les jours ne le
" prouve que trop , & nous ne pouvons
» prefque faire un pas dans le monde fans
» effuyer les plus fâcheufes contrariétés .
» Partons de ce principe . Nos caracteres
» nous mettant fans ceffe en oppofition les
» uns avec les autres , quelle fociété peut
» nous unir , fi la complaifance ne nous
rapproche ?
"
AVRIL. 1755. 145
rapproche ? Tranfportons dans le commerce
de la vie un homme inflexible
qui ne fcache ce que c'eft que de plier
» fon humeur dans l'occafion : quel perfonnage
y fera-t - il ? Comment, s'il eſt
» né taciturne , fe plaira - t-il avec des par-
"leurs infatigables ? Comment , fi c'eft un
nefprit fin & délicat , fupportera- t il tant
» de génies lourds & pefans , qu'il ren-
» contrera prefque à chaque pas ? Com-
» ment , s'il eſt enjoué , ſympatiſera - t - il
» avec un homme férieux , dont une couche
épaiffe de gravité obfcurcit toujours
» le vifage ? avec un cacochyme , un hy-
» pocondriaque , qui n'offrira à fes yeux
qu'un flegme rebutant , & dont le front
» couvert d'un deuil éternel , ne fe déride
jamais ? Si partifan des hautes fciences, il
» n'aime que les entretiens fublimes , com-
» ment pourra-t- il fe prêter à des converfations
puériles , &c? Incapable de transformer
fon inclination en celle des au-
» tres , également ennuyé & ennuyeux , il
» ne fera que porter en tous lieux la gêne
» & la contrainte.
10
33
22
→
Après quelques portraits détaillés , qui
firent fentir de plus en plus la néceffité de
la complaifance , M. l'Abbé S. eut foin de
précautionner les auditeurs contre l'abus
de cette qualité aimable & vertueufe. Il
G
146 MERCURE DE FRANCE.
attaqua ces perfonnes foibles , qui toujours
prêtes à recevoir les impreffions qu'on
veut leur donner , adoptent tour à tour
les fentimens les plus oppofés , femblables <
à l'écho , qui rend indiftinctement tous
les fons qu'on lui envoie. Il ne fe déchaîna
pas avec moins de force contre ceux
qui cachent les motifs les plus criminels
fous les dehors d'une complaifance affectée
; & il conclut fes réflexions par
mes fuivans. » CC''eeſftt aaiinnffii que le vice ;
» toujours odieux quand il paroît ce qu'il
les tereft
, fe montre fréquemment fous l'air
» de la vertu pour nous féduire plus fûre-
» ment ; c'eſt ainfi que la flaterie , la lâcheté
, la perfidie , l'injuftice n'emprun-
» tent que trop fouvent les livrées de la
complaifance , pour nous infpirer moins
» d'horreur. Arrachons -leur le voile ime
pofteur qui les couvre : point de moyen
plus infaillible pour les bannir à jamais
» de la fociété.
"
"
و ر
Cette féance fut terminée par deux épîtres
en vers de M. le Chevalier de Vauclaire
; l'une fur l'homme , & l'autre fur
le néant des richeffes.
Le mois prochain on inferera la feconde
feance , tenue le 22 Juin 1754.
De la Société littératre d'Arrass
A Société littéraire d'Arras tint lezo
LMars 175 4. fon affemblée publique or
dinaire, dont M: Le Roux, Avochr , Directeurt
en exercices , fit l'ouverture par un diſcours
fur le jugement & far le goût , dans lequel
il établit les maximes fuivantes . » Les mê
» mes regles qui fervent à former le juge
»ment , font celles qui forment le goût
>>car le jugement & le goût ne font qu'un
5
AVRIL 1755. 137
même faculté de l'ame ; quand elle juge
» par fentiment & à la premiere impreffion
» que les chofes font , c'eft le goût ; quand
elle juge par raifonnement & fur des
principes dont elle tire des conféquen
» ces , c'est le jugement : ainfi , l'on peut
» dire que le goût eft le jugement de la
" nature , & que le jugement eft le goût
» de la taifon.
M. de Brandt de Marconne , nouvel affocié
, fit enfuite fonremerciment , auquel
le Directeur répondit au nom de la Société.
* gy & bingen .
M. Cauwer , Avocat , nommé à la députation
ordinaire des Etats d'Artois , lut un
mémoire , pour fervir à l'hiftoire de Mahaut,
Comteffe d'Artois, depuis la mort de
Robert II fon pere , tué en 1 302 , devant
Courtrai , jufqu'à celle de cette Princeffe ,
arrivée le 27 Octobre 1349. Ce mémoire
contenoit , parmi beaucoup de faits intéreffans
le détail des deux premiers procès
que Robert d'Artois , Comte de Beaumontle-
Roger , intenta à Mahaut fa tante , pour
la dépofféder du Comté d'Artois , dont il
Le prétendoit légitime héritier , étant fils
de Philippe d'Artois , mort avant Robert
II fon pere. La plupart des événemens rapportés
par M. Cauwet , étoient appuyés fur
des pieces authentiques , tirées du dépôt
2
138 MERCURE DE FRANCE.
des chartres d'Artois , qui fe confervé à
Arras dans l'ancien palais des Comtes de
cette Province , nommé la Cour- le- Comte.
M. Harduin , Avocat , Secrétaire perpétuel
de la Société , lut un mémoire tiré
des registres de la ville d'Arras , concernant
les cérémonies qui s'obfervoient fous
les Ducs de Bourgogne de la feconde race
, lorfque ces Ducs , en qualité de Comtes
d'Artois , ou les Rois de France , fouverains
de la Province , faifoient leur entrée
folemnelle dans cette ville . En décri
vant la réception qui fut faite à Iſabelle
de Portugal , Ducheffe de Bourgogne , au
mois de Janvier 1430 , M. Harduin parla
de l'Abbé de Lieffe , perfonnage fingulier ,
qui s'étoit trouvé fur le paffage de cette
Princeffe , pour lui faire des préfens , &
pour lui donner le ſpectacle des jeux auxquels
il préfidóit.
Cet Abbé de Lieffe s'élifoit tous les
ans par les Officiers du Bailliage , le
» Corps de Ville & la Bourgeoifie ; & on
»lui donnoit , pour ainfi dire , l'inveftiture
de fa charge , en lui remettant une
croffe d'argent doré , du poids de quatre
onces , qu'il étoit obligé de rendre
à la fin de fon exercice . On voit dans la
lifte de ces Abbés , des Officiers munici
paux & même un Gentilhomme ; mais le
AVRIL. 1795 139
choix tomboit pour l'ordinaire fur quel
» que Marchand ou Artifan . Sa principale
» fonction étoit de donner le Dimanche
» gras , avec fes fuppôts , qu'on appelloit
» Moines , un divertiffement public fur des
» échaffauds . Outre cela , pour entretenir
» une certaine amitié avec les villes voiff
» nes , on envoyoit l'Abbé de Lieffe & fa
» troupe aux jeux qui s'y faifoient , entre
lefquels on remarque la fête du Roi des
» Sots à Lille , & celle du Prince de Plaifan-
» ce à Valenciennes. Dans ces voyages que
» l'Abbé faifoit aux dépens de la ville d'Are
»
ras , il étoit accompagné de fon prédé
>> ceffeur & de quatre Echevins. On por-
» toit devant lui un étendart de foie rou
"ge , aux armes de l'Abbaye : il étoit auffi
» précédé de plufieurs tambours & trompettes
, & d'un Héraut vêtu d'une cotte
» d'armes de damas violet : à fa fuite mar
» choient fes pages & fes laquais.
M. Camp , Avocat & Echevin d'Arras ,
lut des recherches fur le commerce & les
manufactures des Atrebates , depuis les fiée
cles Gaulois , jufqu'à la defcente des Francs
dans les Gaules. Pour montrer l'ancien
neté de ces manufactures , il s'attacha d'a+
bord à établir celle de la ville d'Arras , que
Céfar , dans fes commentaires , appelle
Nemetocenna ou Nemetofena , nom compo
140 MERCURE DE FRANCE.
fé de Nemetos & de Sena , qui ne pouvoit
fignifier parmi les Gaulois , qu'un temple
de Druides ou de Druideffes , felon l'explication
de Fortunat , de Dom Bouquet ,
& de l'auteur de la Religion des Gaulois.
Après avoir prouvé par cette étymologie ,
que la ville d'Arras étoit anciennement
un lieu confacré à la religion , M. Camp
parla du culte particulier des Gaulois envers
Mercure , Dieu des Marchands , dont
le nom , fuivant les mêmes auteurs , eft
purement celtique , & il obferva que le
nom du village de Mercatel , près d'Arras ,
qui fe trouve rendu par Mercurii tellus ,
dans les anciens titres latins , nous offre
une étymologie celtique , relative au commerce
& au culte de Mercure parmi les
Atrébates .
M. Camp examina enfuite les divers
habillemens dont les Gaulois fe fervoient ,
particulierement les Druides & les nobles.
Il s'étendit principalement fur le Sagum
gaulois , dont les Romains adopterent l'ufage
& le nom depuis leur conquête . H
prouva , par le témoignage de plufieurs
hiftoriens , combien ces peuples eftimoient
les faies des fabriques d'Arras , & il en fit
remonter l'établiffement jufqu'avant leur
irruption dans les Gaules , fondé fur des
raifons tirées des auteurs & des loix RoAVRIL.
1755 14
maines. M. Camp paffa au détail des au
tres efpeces d'étoffes que les Atrébates fabriquoient
, & des teintures qu'ils y employoient.
Il commença par les Xérampelines
, Xerampelina veftes , que Suidas appelle
par excellence Atrebaticas veftes , &
dont les anciens nous défignent la couleur
par une compofition & un mêlange admirable
de teinture , inter coccinum & muriceum.
M. C. difcuta le paffage de Trebellius
Pollio touchant les faies & les draps
d'Arras , fi vantés par l'Empereur Gallien.
Il parla fort au long des birri de foye & de
laine , birri ferici , birri lane , que les Romains
mettoient au rang de leurs plus riches
parures. Il fit voir que les Atrébates
en fabriquoient de fi beaux , qu'on les recherchoit
à Rome avec empreffement . Il
expliqua ce que dit Flavius Vopifcus , in
Carino , des birri que les habitans d'Arras
& de Canyfium envoyoient à Rome , &
combattit le fentiment du Sr. Briffon , éleve
dans les manufactures de Beauvais , qui
par une lettre inférée dans le Mercure de
Février 1750 , a voulu perfuader qu'il
étoit fimplement queſtion , dans le paffage
de Vopifcus , d'habits militaires , qu'on
avoit demandés aux Atrébates . M. C. foutint
qu'on ne pouvoit interpréter ainfi ce
paffage , puifque Vopifcus , fe plaignant
142 MERCURE DE FRANCE.
•
des Romains de fon fiécle , qui fruftroient
Heurs héritiers légitimes pour enrichir les
gens de théatre , ajoute précisément que
cette manie de leur faire des prefens s'étoit
répandue dans tout l'empire , & que
ceux d'Arras & de Canufium leur envoyoient
en pur don des birri de leurs fabriques.
M. C.termina fa differtation par
des paffages de S. Jerôme , du concile de
Gangres , de S. Auguftin , & c. qui ache
vent de démontrer la fplendeur du commerce
& des manufactures des Atrébates ,
avant l'établiſſement de la monarchie françoiſe.
M. Enlart de Grandval , Confeiller au
Confeil provincial d'Artois , affocié de
l'Académie de Montauban , fit la lecture
d'un difcours préliminaire fur l'origine des
langues , & en particulier fur la langue
françoife , ce qui lui donna occafion de
parler ainfi de l'état des lettres & des ſciences
fous le regne de Louis XV . » Les fcien-
» ces & les arts ont été dans les derniers
» tems cultivés en France avec le fuccès le
» plus étonnant ...... Un poëme héroïque
, notre feul thréfor en ce genre , les
» odes d'un nouveau Pindare , fuivi d'un
» émule égal , ont perpétué jufqu'à nos
» jours la gloire des Mufes françoifes . Mais
duffions - nous céder la prééminence au
AVRIL. 1755. 143
fiécle précédent pour les belles lettres &
» les arts agréables , le nôtre l'emporte
»pour les fciences & les arts utiles . Un
" Roi , digne fucceffeur de Louis le Grand,
» a hérité de fon eftime pour les talens , &
a continué de répandre fur eux fes fe-
» cours & fes bienfaits. Nul objet d'étude
négligé fous fon regne , nul génie fans
récompenfe. Les mers ont vu fes vaif-
» ſeaux porter fous les deux pôles , & juf
» qu'aux extrêmités de l'Occident , non ,
» comme autrefois , les productions fura-
» bondantes de nos campagnes , ou les
» richeffes multipliées de nos manufactu-
» res , mais des Philofophes , des Aftrono-
»mes , qui à travers mille dangers de tou-
» te efpece , & dans des climats où le nom
» des fciences eft un nom inconnu , ont
été mefurer le ciel , & fixer la forme de
la terre. Un fluide merveilleux , une fubf-
»tance mystérieusement cachée dans le fein
» de la nature, & qui n'avoit permis que
des foupçons à la curiofité de nos ancêtres
, a perdu un fecret gardé depuis le
» jour de fa création , & s'eft dévoilée
malgré elle à nos regards plus fubtils &
» plus pénétrans . Chaque jour nous revele
» des myfteres ignorés de la plus fçavante
antiquité . Notre vûe , aidée du fecours
» de l'art , de ce tube admirable qu'elle
144 MERCURE DE FRANCE.
» doit au grand Newton , a franchi les bor
nes prefcrites à fes organes , & s'élan
nçant d'un côté dans les vaftes efpaces du
» firmament , y.va contempler à fon gré la
» ftructure , l'ordre & la marche de ces
» corps immenfes qui nous apprennent par
» de nouveaux fpectacles , à mieux con-
» noître la main qui les fit tandis que
» d'un autre côté , s'infinuant dans des
atômes imperceptibles , elle y découvre ,
elle y confidere un nouveau monde &
» de nouveaux habitans . Tout a cédé à nos
» efforts , à nos recherches , à nos difcuf-
» fions , &c.
M. l'Abbé Simon lut des réflexions fur
la complaisance , & prouva d'abord combien
elle eft , néceffaire dans toute fociété.
Il ne faut point , dit- il , étudier long-
» tems les hommes , pour appercevoir la
diverfité de leurs goûts & de leurs hu-
» meurs. Nous différons tous par mille en-
» droits de ceux avec qui nous avons à vivre
; l'expérience de tous les jours ne le
" prouve que trop , & nous ne pouvons
» prefque faire un pas dans le monde fans
» effuyer les plus fâcheufes contrariétés .
» Partons de ce principe . Nos caracteres
» nous mettant fans ceffe en oppofition les
» uns avec les autres , quelle fociété peut
» nous unir , fi la complaifance ne nous
rapproche ?
"
AVRIL. 1755. 145
rapproche ? Tranfportons dans le commerce
de la vie un homme inflexible
qui ne fcache ce que c'eft que de plier
» fon humeur dans l'occafion : quel perfonnage
y fera-t - il ? Comment, s'il eſt
» né taciturne , fe plaira - t-il avec des par-
"leurs infatigables ? Comment , fi c'eft un
nefprit fin & délicat , fupportera- t il tant
» de génies lourds & pefans , qu'il ren-
» contrera prefque à chaque pas ? Com-
» ment , s'il eſt enjoué , ſympatiſera - t - il
» avec un homme férieux , dont une couche
épaiffe de gravité obfcurcit toujours
» le vifage ? avec un cacochyme , un hy-
» pocondriaque , qui n'offrira à fes yeux
qu'un flegme rebutant , & dont le front
» couvert d'un deuil éternel , ne fe déride
jamais ? Si partifan des hautes fciences, il
» n'aime que les entretiens fublimes , com-
» ment pourra-t- il fe prêter à des converfations
puériles , &c? Incapable de transformer
fon inclination en celle des au-
» tres , également ennuyé & ennuyeux , il
» ne fera que porter en tous lieux la gêne
» & la contrainte.
10
33
22
→
Après quelques portraits détaillés , qui
firent fentir de plus en plus la néceffité de
la complaifance , M. l'Abbé S. eut foin de
précautionner les auditeurs contre l'abus
de cette qualité aimable & vertueufe. Il
G
146 MERCURE DE FRANCE.
attaqua ces perfonnes foibles , qui toujours
prêtes à recevoir les impreffions qu'on
veut leur donner , adoptent tour à tour
les fentimens les plus oppofés , femblables <
à l'écho , qui rend indiftinctement tous
les fons qu'on lui envoie. Il ne fe déchaîna
pas avec moins de force contre ceux
qui cachent les motifs les plus criminels
fous les dehors d'une complaifance affectée
; & il conclut fes réflexions par
mes fuivans. » CC''eeſftt aaiinnffii que le vice ;
» toujours odieux quand il paroît ce qu'il
les tereft
, fe montre fréquemment fous l'air
» de la vertu pour nous féduire plus fûre-
» ment ; c'eſt ainfi que la flaterie , la lâcheté
, la perfidie , l'injuftice n'emprun-
» tent que trop fouvent les livrées de la
complaifance , pour nous infpirer moins
» d'horreur. Arrachons -leur le voile ime
pofteur qui les couvre : point de moyen
plus infaillible pour les bannir à jamais
» de la fociété.
"
"
و ر
Cette féance fut terminée par deux épîtres
en vers de M. le Chevalier de Vauclaire
; l'une fur l'homme , & l'autre fur
le néant des richeffes.
Le mois prochain on inferera la feconde
feance , tenue le 22 Juin 1754.
Fermer
Résumé : SEANCES PUBLIQUES De la Société littéraire d'Arras.
Le 17 mars 1754, la Société littéraire d'Arras organisa une séance publique dirigée par M. Le Roux, avocat et directeur en exercice. Il ouvrit la séance avec un discours sur le jugement et le goût, affirmant qu'ils sont une seule et même faculté de l'âme. M. de Brandt de Marconne, nouvel associé, exprima sa gratitude, à laquelle le directeur répondit au nom de la Société. M. Cauwer, avocat et député des États d'Artois, présenta un mémoire sur l'histoire de Mahaut, comtesse d'Artois, de 1302 à 1349. Ce mémoire détaillait les deux premiers procès intentés par Robert d'Artois contre Mahaut pour le comté d'Artois, soutenus par des documents authentiques des archives d'Artois. M. Harduin, avocat et secrétaire perpétuel de la Société, lut un mémoire sur les cérémonies observées sous les ducs de Bourgogne lors de leur entrée solennelle à Arras. Il décrivit la réception d'Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, en janvier 1430, et mentionna l'Abbé de Lieffe, chargé des divertissements publics. M. Camp, avocat et échevin d'Arras, présenta des recherches sur le commerce et les manufactures des Atrébates, depuis les siècles gaulois jusqu'à l'arrivée des Francs. Il souligna l'antiquité des manufactures d'Arras, mentionnées par César, et parla du culte de Mercure parmi les Gaulois. Il détailla divers tissus et teintures fabriqués par les Atrébates, appréciés à Rome. M. Enlart de Grandval, conseiller au Conseil provincial d'Artois, lut un discours préliminaire sur l'origine des langues, notamment la langue française, et parla de l'état des lettres et des sciences sous le règne de Louis XV. Il souligna les avancées scientifiques et les explorations menées sous ce règne. Enfin, M. l'Abbé Simon lut des réflexions sur la complaisance, nécessaire dans toute société pour rapprocher les individus malgré la diversité de leurs goûts et humeurs. Il mit en garde contre l'abus de cette qualité, qui peut masquer des vices comme la flatterie et la perfidie. La séance se conclut par la lecture de deux épîtres en vers de M. le Chevalier de Vauclaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3896
p. 124-136
AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Début :
Le nombre de ceux qui se convertissent augmente de jour / Enfin, de vos ames rebelles, [...]
Mots clefs :
Conversions, Calvinistes, Erreurs, Vérité, Poésie, Grâces, Seigneur, Clémence, Rayons, Orgueil, Mystères, Attaque, Sauveur, Âme, Sentiments, Enfer, Ennemis, Monarque, Piété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Le nombre de ceux qui fe convertiffent
augmente de jour en
jour , & il va fournir encore un
Jong Article à ma Lettre. Il doit
d'autant plus vous plaire que tous
les faits que je vous rapporte.
GALANT. T25
font faits veritables , & qu'on ne
fauroit douter que les Converfions
dont je vous parle , ne foient
finceres , puis qu'elles ne fe font
qu'aprés des Diſputes , à la fin
defquelles les Calvinistes les plus
obſtinez avoüent qu'ils font convaincus
de leurs Erreurs. Comme
la Poëfie infinuë la verité
d'une maniere agreable, il feroit
à fouhaiter qu'ils vouluffent lire
attentivement les Vers fuivans .
Ils ferviroient à leur faire voir
qu'il eft dangereux de confulter
fa raifon fur des мyfteres , où l'on
n'a befoin que du fecours de la
Foy.
F
3
126
MERCVRE
AUX NOUVEAUX
CONVERTIS.
O D E.
Enfin de vos ames re-
Ε
belles ,
La Grace a defillé lesyeux ;
Et rejoints au corps des Fidelles,
Vous rentrez au chemin des Cieux.
Beniffez le Seigneur , beniffez fa
clemence ,
Et de voftre bonheur immenfe ,
Gouftez les folides appas :
Mais n'oubliezjamais qu'aux routes
ineffables
De fes veritez adorables ,
C'est à la feule Foy de conduire vos
pas.
En vain la kaifon temeraire
GALANT
127
17
S'efforce de les concevoir ,
Plus luit le flambeau qui l'éclaire,
Plus il l'empefche de les voir.
Ainfi quand au matin le bel Aftre
du monde
Repand fa lumiere feconde
Sur les bords du moite élement,
De rayons éclatans plusfa tefte eft
parée ,
Au fortir de l'onde azurée ,
Plus ilcache à nos yeux les feux du
firmament.
Pleine de l'orgueil que luy donne
Son avantagefur les fens ,
Sans referve elle s'abandonne
Où fes efforts font impuiſſans ; }
C'est par cet attentat que toutes les
chimeres
Qui déshonorent nos mysteres
Ont pris naiffance dans fon fein.
Et c'est du fond obfcur de fes vaines
pensées
F4
128 MERCURE
Que de tant d'Erreurs infenfées,
Par tout s'eft répandu le tenebreux
effein.
Cefut elle dont l'arrogance ,
Plûtoft que de s'humilier ,
Nia que la divine Effence ,
Avec l'Homme pust s'allier ;
Que pourfouffrir la mort , l'Auteur
de la Nature
Ait jamais d'une Creature ,
Habité le fein maternel ;
Et que ce Fils aimable en qui noftre
ame efpere ,
L'image & la fplendeur du Pere,
Comme luy , foit immenfe , immuable
, eternel.
222P3)
C'est avec cette audace injufte
Quelle attaque encore en ce jour,
Des Myfteres le plus augufte ;
Et le chef d'oeuvre de l'amour ,
Toujours injurieufe à la Toute -puif
Lance ,
GALANT. 129
Elle s'oppose à la preſence
D'un mefme corps en divers lieux,
Et ne peut confentir qu'en fon Corps
veritable ,
Le Sauveurfe donne à fa Table,
dans le Ciel il regne
Pendant
que
glorieux.
Le coeur percé , les yeux en lar
mes
D'avoirfi longuement erré,
Venez aufeftin plein de Charmes
Que le Seigneur a preparé.
Lay - mefme il bannira vos doutes &
vos craintes ,
Et rendant vos ames plusfaintes,
Il vous accorderafa paix ;
Il vous affranchira de toutes vos foibleffes
,
Et vous comblera d'allegreffes
Que vos coeurs , loin de luy , ne con
nurent jamais.
F
130
MERCURE
Du Seigneur , la fimple figure
Vous a- t-elle purifiez ?
Une fi foible nourriture
Vous a- t-elle fortifiez ?
D'une mortelle erreur dés l'enfance
receuë ,
Voſtre ame enyvrée & deceuë ,
Put croire y trouver des appas ,
Elle pût impofer à fon defir avide ,
Mais non pas plus faine ou moins
vuide ,
Sortir de ce trompeur & frivolerepas.
Tel , quand d'une fiévre enfla
mée
Les fens font émus & troublez ;
Et que la force eft confumée
Par de longs accés redoublez ,
Le Malade afforbly , qu'une afpre
faim tourmente ,
Des mets qu'unSonge luy prefente,
GALANT. 131
Devore lefantôme vain ,
Et malgré leplaifir de fon coeur qui
Sommeille ,
Se trouve , dés qu'ilfe réveille ,
Preffé des mefmes maux , & de la
mefmefaim.
Là le Seigneur fe fait connos
tre
Aux Difciples qui l'ont aimé,
Et qui , de rejoindre leur Maître,
Se fentent le coeur enflammé.
C'est dans ce doux Banquet , où notre
ame ravie
Reprend une nouvelle vie ,
Et metfin à tousfes regrets ,
Que du divin Sauveur la tendreffe
ineffable ,
Parmy les douceurs de fa Table
Au fein de fes amis épanche ſes fecrets.
Il leur découvre de fon ame,
F 6
132
MERCURE
*
Tous les fentimens amoureux ,
Et quel eft l'excés de faflame
Pour le cher Objet deJes vaux i
Non content , leur dit - il , de luy
laiffer pour gage ,
Ou mafigure , ou mon image ,
Vain artifice de l'amour ,
Jay fcú , pourfatisfaire à mon ar
deur extréme ,
Dans fes mains me laiffer Moymesme
,
Avant
que de monter au celefte fejour.
Mais quelle lumiere brillante
S'épand dans le vague des airs,
Et quelle eft la douceur charmante
De ces melodieux concerts !
Autour du Redempteur je voy les
Choeurs des Anges ,
Qui font retentir fes loüanges
Parles plusfacrez de leurs chants;
Defa fidelle Epoufe ils celebrent la
gloire , l'Eglife.
GALANT.
133
Et cette éclatante victoirey
Qui dans fon heureux fein ramene
Les enfans.
Enfin le Dragon de l'abisme,
Difent- ils , eft remis aux fers ,
L'Erreur confufe de fon crime ,
Retombe au plus creux des En
fers ;
De tes Temples , Seigneur , les Mi.
niftres fidelles ,
De cent couronnes immortelles ,
Ont ceint leurfont victorieux :
Benyfoit àjamais le grand Dieu des
Armées ,
Qu'à jamais nos voix enflammées
Rempliffent de fa gloire & la Terre
& les Cieux.
Des Fils de ton Epoufe aimable.
Le plus grand & le plusfoumis ,
Dont la valeur incomparable
Adompté tousfes ennemis 5
134
MERCURE
Ce Roy qu'aux autres Rois tu donnes
Pour modelle
,
Et
que d'une main paternelle ,
Tu combles d'honneurs immortels,
Avec tant de chaleur & tant de vi-
-gilance
N'employa jamais fa puiſſance
Qu'à ramener les Tiens aux pieds
"
de tes Autels.
De ce Monarque magnanime,
Beny les glorieux projets ,
Et ce tendre amour qui l'anime
Pour le bonheur de fes Sujets.
Voy tes nouveaux Enfans , couvreles
de ton aifle ,
Conferve & réchauffe le zele
De leur naiffante pieté,
Etfay queparmy nous , fuivant tes
faintes traces ,
Un jour ils occupent les places ,
Qu'accorde à leur retour ton immen-
Je bonté...
GALANT .
135
>
Cette Ode eft de Monfieur
Perrault de l'Academie Françoife
, & fait voir le zele & la pieté
de fon Autheur. Cette mefme
pieté paroift dans un Poëme de
fix Chants , qu'il a donné depuis
peu au Public fous le Titre de
Saint Paulin Evefque de Nole. Il a
fait connoistre en le publiant que
les Ornemens de la Poëfie ne
font pas incompatibles avec des
Sujets de Devotion . L'Action de
Saint Paulin , qu'il a euë pour fon
principal objet , eft foûtenuë d'un
tour de Vers fi aifé , & les Defcriptions
qu'il y a mélées font fi
naturelles & fi vives , qu'on peut
dire que l'Esprit eft fatisfait en
mefme temps que le coeur fe fent
touché. Cet Ouvrage a eu l'approbation
des Connoiffeurs les
plus delicats , & tout le monde
convient qu'il eft du nombre de
136%/
MERCURE
ceux en qui l'on ne fçait ce que
l'on doit le plus admirer , ou la
beauté de la fortune , ou la dignité
de la matiere.
augmente de jour en
jour , & il va fournir encore un
Jong Article à ma Lettre. Il doit
d'autant plus vous plaire que tous
les faits que je vous rapporte.
GALANT. T25
font faits veritables , & qu'on ne
fauroit douter que les Converfions
dont je vous parle , ne foient
finceres , puis qu'elles ne fe font
qu'aprés des Diſputes , à la fin
defquelles les Calvinistes les plus
obſtinez avoüent qu'ils font convaincus
de leurs Erreurs. Comme
la Poëfie infinuë la verité
d'une maniere agreable, il feroit
à fouhaiter qu'ils vouluffent lire
attentivement les Vers fuivans .
Ils ferviroient à leur faire voir
qu'il eft dangereux de confulter
fa raifon fur des мyfteres , où l'on
n'a befoin que du fecours de la
Foy.
F
3
126
MERCVRE
AUX NOUVEAUX
CONVERTIS.
O D E.
Enfin de vos ames re-
Ε
belles ,
La Grace a defillé lesyeux ;
Et rejoints au corps des Fidelles,
Vous rentrez au chemin des Cieux.
Beniffez le Seigneur , beniffez fa
clemence ,
Et de voftre bonheur immenfe ,
Gouftez les folides appas :
Mais n'oubliezjamais qu'aux routes
ineffables
De fes veritez adorables ,
C'est à la feule Foy de conduire vos
pas.
En vain la kaifon temeraire
GALANT
127
17
S'efforce de les concevoir ,
Plus luit le flambeau qui l'éclaire,
Plus il l'empefche de les voir.
Ainfi quand au matin le bel Aftre
du monde
Repand fa lumiere feconde
Sur les bords du moite élement,
De rayons éclatans plusfa tefte eft
parée ,
Au fortir de l'onde azurée ,
Plus ilcache à nos yeux les feux du
firmament.
Pleine de l'orgueil que luy donne
Son avantagefur les fens ,
Sans referve elle s'abandonne
Où fes efforts font impuiſſans ; }
C'est par cet attentat que toutes les
chimeres
Qui déshonorent nos mysteres
Ont pris naiffance dans fon fein.
Et c'est du fond obfcur de fes vaines
pensées
F4
128 MERCURE
Que de tant d'Erreurs infenfées,
Par tout s'eft répandu le tenebreux
effein.
Cefut elle dont l'arrogance ,
Plûtoft que de s'humilier ,
Nia que la divine Effence ,
Avec l'Homme pust s'allier ;
Que pourfouffrir la mort , l'Auteur
de la Nature
Ait jamais d'une Creature ,
Habité le fein maternel ;
Et que ce Fils aimable en qui noftre
ame efpere ,
L'image & la fplendeur du Pere,
Comme luy , foit immenfe , immuable
, eternel.
222P3)
C'est avec cette audace injufte
Quelle attaque encore en ce jour,
Des Myfteres le plus augufte ;
Et le chef d'oeuvre de l'amour ,
Toujours injurieufe à la Toute -puif
Lance ,
GALANT. 129
Elle s'oppose à la preſence
D'un mefme corps en divers lieux,
Et ne peut confentir qu'en fon Corps
veritable ,
Le Sauveurfe donne à fa Table,
dans le Ciel il regne
Pendant
que
glorieux.
Le coeur percé , les yeux en lar
mes
D'avoirfi longuement erré,
Venez aufeftin plein de Charmes
Que le Seigneur a preparé.
Lay - mefme il bannira vos doutes &
vos craintes ,
Et rendant vos ames plusfaintes,
Il vous accorderafa paix ;
Il vous affranchira de toutes vos foibleffes
,
Et vous comblera d'allegreffes
Que vos coeurs , loin de luy , ne con
nurent jamais.
F
130
MERCURE
Du Seigneur , la fimple figure
Vous a- t-elle purifiez ?
Une fi foible nourriture
Vous a- t-elle fortifiez ?
D'une mortelle erreur dés l'enfance
receuë ,
Voſtre ame enyvrée & deceuë ,
Put croire y trouver des appas ,
Elle pût impofer à fon defir avide ,
Mais non pas plus faine ou moins
vuide ,
Sortir de ce trompeur & frivolerepas.
Tel , quand d'une fiévre enfla
mée
Les fens font émus & troublez ;
Et que la force eft confumée
Par de longs accés redoublez ,
Le Malade afforbly , qu'une afpre
faim tourmente ,
Des mets qu'unSonge luy prefente,
GALANT. 131
Devore lefantôme vain ,
Et malgré leplaifir de fon coeur qui
Sommeille ,
Se trouve , dés qu'ilfe réveille ,
Preffé des mefmes maux , & de la
mefmefaim.
Là le Seigneur fe fait connos
tre
Aux Difciples qui l'ont aimé,
Et qui , de rejoindre leur Maître,
Se fentent le coeur enflammé.
C'est dans ce doux Banquet , où notre
ame ravie
Reprend une nouvelle vie ,
Et metfin à tousfes regrets ,
Que du divin Sauveur la tendreffe
ineffable ,
Parmy les douceurs de fa Table
Au fein de fes amis épanche ſes fecrets.
Il leur découvre de fon ame,
F 6
132
MERCURE
*
Tous les fentimens amoureux ,
Et quel eft l'excés de faflame
Pour le cher Objet deJes vaux i
Non content , leur dit - il , de luy
laiffer pour gage ,
Ou mafigure , ou mon image ,
Vain artifice de l'amour ,
Jay fcú , pourfatisfaire à mon ar
deur extréme ,
Dans fes mains me laiffer Moymesme
,
Avant
que de monter au celefte fejour.
Mais quelle lumiere brillante
S'épand dans le vague des airs,
Et quelle eft la douceur charmante
De ces melodieux concerts !
Autour du Redempteur je voy les
Choeurs des Anges ,
Qui font retentir fes loüanges
Parles plusfacrez de leurs chants;
Defa fidelle Epoufe ils celebrent la
gloire , l'Eglife.
GALANT.
133
Et cette éclatante victoirey
Qui dans fon heureux fein ramene
Les enfans.
Enfin le Dragon de l'abisme,
Difent- ils , eft remis aux fers ,
L'Erreur confufe de fon crime ,
Retombe au plus creux des En
fers ;
De tes Temples , Seigneur , les Mi.
niftres fidelles ,
De cent couronnes immortelles ,
Ont ceint leurfont victorieux :
Benyfoit àjamais le grand Dieu des
Armées ,
Qu'à jamais nos voix enflammées
Rempliffent de fa gloire & la Terre
& les Cieux.
Des Fils de ton Epoufe aimable.
Le plus grand & le plusfoumis ,
Dont la valeur incomparable
Adompté tousfes ennemis 5
134
MERCURE
Ce Roy qu'aux autres Rois tu donnes
Pour modelle
,
Et
que d'une main paternelle ,
Tu combles d'honneurs immortels,
Avec tant de chaleur & tant de vi-
-gilance
N'employa jamais fa puiſſance
Qu'à ramener les Tiens aux pieds
"
de tes Autels.
De ce Monarque magnanime,
Beny les glorieux projets ,
Et ce tendre amour qui l'anime
Pour le bonheur de fes Sujets.
Voy tes nouveaux Enfans , couvreles
de ton aifle ,
Conferve & réchauffe le zele
De leur naiffante pieté,
Etfay queparmy nous , fuivant tes
faintes traces ,
Un jour ils occupent les places ,
Qu'accorde à leur retour ton immen-
Je bonté...
GALANT .
135
>
Cette Ode eft de Monfieur
Perrault de l'Academie Françoife
, & fait voir le zele & la pieté
de fon Autheur. Cette mefme
pieté paroift dans un Poëme de
fix Chants , qu'il a donné depuis
peu au Public fous le Titre de
Saint Paulin Evefque de Nole. Il a
fait connoistre en le publiant que
les Ornemens de la Poëfie ne
font pas incompatibles avec des
Sujets de Devotion . L'Action de
Saint Paulin , qu'il a euë pour fon
principal objet , eft foûtenuë d'un
tour de Vers fi aifé , & les Defcriptions
qu'il y a mélées font fi
naturelles & fi vives , qu'on peut
dire que l'Esprit eft fatisfait en
mefme temps que le coeur fe fent
touché. Cet Ouvrage a eu l'approbation
des Connoiffeurs les
plus delicats , & tout le monde
convient qu'il eft du nombre de
136%/
MERCURE
ceux en qui l'on ne fçait ce que
l'on doit le plus admirer , ou la
beauté de la fortune , ou la dignité
de la matiere.
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Résumé : AUX NOUVEAUX CONVERTIS. ODE.
Le texte relate une augmentation des conversions religieuses sincères, souvent précédées de débats où même les calvinistes les plus fermes reconnaissent leurs erreurs. L'auteur encourage les calvinistes à réfléchir sur des vers mettant en garde contre les limites de la raison face aux mystères de la foi. Un poème dédié aux nouveaux convertis célèbre la grâce divine qui les a conduits à la vérité et met en garde contre l'orgueil de la raison humaine, source d'erreurs et d'illusions. La conversion est perçue comme une libération des doutes, apportant paix et joie. La quête spirituelle est comparée à un malade affamé insatisfait, soulignant que Jésus se révèle à ceux qui l'aiment et les invite à partager son amour. Le texte loue également un roi qui utilise son pouvoir pour ramener ses sujets à la foi. Il mentionne une ode et un poème de Charles Perrault, membre de l'Académie Française. L'ode exprime le zèle et la piété de l'auteur, appelant à protéger et encourager la foi des jeunes générations. Le poème 'Saint Paulin Évêque de Nole' démontre que la poésie peut servir des sujets de dévotion, combinant élégance et descriptions vivantes pour toucher à la fois l'esprit et le cœur. Cette œuvre a été appréciée pour sa forme et la dignité de son sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3897
p. 131-144
LIVRES NOUVEAUX.
Début :
Il paroist un Livre intitulé Histoire du Dauphiné, où se [...]
Mots clefs :
Jésus, Concile, Peuple de Dieu, Grands hommes, Ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRES NOUVEAUX.
LIVRES NOUVEAUX.
Il paroist un Livre intitulé
Histoire du Dauphiné, ouse
trouve l'Histoiredes
Dauphins,&plusieurs faits
Historiques; diverses particularitez
sur les usages
duDruphiné & sur les
familles,tirez des Originaux
, avec les Généalogies
des plusillustres Maisons de
ce Pays-là, & une Carte
Géographique;orné de figures.
Par Mr de Valbonnay
,
premier Presidenc dela
Chambre des Comptes'
de Grenoble.
1. Ce Livre estin folio,&se
vend à Paris, chez Imbertde
Bats, ruë S. Jacques, à limage
S. Benoilt ; le prix est de
15 livres relié en veau.
Il paroistaussi depuis peu
un Livre intitulé, Paragrrase
sur leLivre de l'Ecclesiastique,
par MonsieurMénard Prieur
d'Aubort.
Pour donner quelque idée
de ce Livre
,
je vais ra pporter
icy quelques endroits de
la Préfacé.
L'Ecclesiastique a esté déclaré
Livre canonique del'EcritureSainte.
Le troisiéme
Concile de Carthage, dans
le Canon 41. le decret d'Eugene
IV. dans l'instruction
donnée aux Arméniens à
Florence aussi toit aprés; le
le Concile où se fit J'union
des Grecs
, reçu de toute
l'Eglise unanimement; le
Concile de Trente dans la
quatrième Session
, en onc
fait par leur décision un Article
de Foy, &c. 1
On ne doute point maintenant
que Jesus
,
fils de
Sirach, n'en foit l'Auteur,&
que ce ne foit celuy qui
estoie petit fils ouarrière
petit fils de Jesus ou de Josue
souverainPontifedesJuifs,j quirevint delacaptivitédeI
Babylone avec Zorobabel. 1
Quelques uns ont voulu
¡]ire que ce Jesus estoit un
des septante- deux Interpretés
que Ptolomée philadelphe
Roy d'Egypte fit venir
de Jerusalem à Alexandrie
pour traduire en Grec la
Bible Hebraïque) & en faire
un des plus beaux ornemens
de cette fameuse Bibliote-
,que, qui félon Aulugelle
estoie composée de sept
cents mille Volumes ; du
moins il est feur qu'il vivoic
en ce temps là.) & que son
nom se trouve parmi ceux
de cesillustres Traducteurs,
Quoi qu'il en loïc il composa
ce Livre en Hébreu,
-
qui estoitsa langue naturelle.
S. Jerôme assure,dans
laPréface du Livre des Proverbes
de Salomon, qu'il en
a veu un exemplaire; mais
cet exemplairene se trouve
plus, & nous l'avons seulement
en grec& en latin,&c.
Quoi que le stile de ce Livre
loit dur, les sujetsqui
y font traitez
,
font d'une
utilité merveilleuse ; cest
une Morale complette; on
y apprend tous les principes
de la veritablesagesse,
tous les devoirs de la Religion
j & tous ceux de la
vie civile; tout ce qu'on
doit à Dieu; tout çe qu'on
doit à son prochain; tout
ce qu'on se doit à foy même.
La pratique de toutes les
vertus depuis les plus grandes
jusqu'aux plus petites,
depuis celles qui nous portent
à Dieu & qui contribuent
à nofirc salut, jusqu'à
celles qui ne font que
purement politiques ou
ceconomiqucs.
- On y voit par tout des
i Sentences qui renferment.
en peu de mots tour ce qu'il
y a de plus essentiel dans la
Doctrine des moeurs ; des
exhortations qui pressent le
LeaeurJ qui le touchent &
qui le persuadent;des exemples
qui l'animent, ou qui
le confondent
,
& de ces
vrais éloges qui font les récompcnfcs
de la vertu ,
&
qui le persuadent. &c.
Comme cet Auteur ne
se contente pas de donner
les preceptes de sagesse à
1 ceux qu'it instruit
,
& qu'il
veut encore leur fournir des
exemples pour leur faire fuivre
par une sainte émulation
les règles qu'il leur prefcrir;
il en tired'excellens de l'Ecriture
sainteil leur propose
les plus grands hommes du
Peuple de Dieu pour modèles
,
& en lesleur proposant
il en sait le Panegyrique avec
tant d'éloqence, que jamais
ces Patriarches & ces
Prophetes si renommez dans
l'ancienne Loy, ne furent
louez plus magnifiquement-,
ni plus véritablementqu'ils
le sont icy. Ce sont des
Porrraits en grand, mais ce
sonc des Portraits fidcles ;
leurs vertus y sont mises
dans tout leur jour;
leur Religion y en:rcprcsensée
avec tour l'éclat de
leur zele; leur courage avec
tout la fermetéde leur coeur;
leur magnificence avec tout
ce quelle avoit de plus pompeux
& de plus riche; & leur
qualitcz héroïques avec toutes
les circonstances qui peuvent
relever la beauté de
leurs grandes avions. Il y
ramene ces fameux conducteurs
du Peuple de Dieu,
ces illustres deffenseurs d'ïsraël
, ces grands Sacrificateurs
du Seigneur. Ilyfait
- voitles grâces que ces grands
Hommes&ceserandsSaints
ontrcceus du Ciel. &c.
Voicy quelques unes des
Maximes dont cc Livre est
rempli.
Le caractère de la vraie
charité c'est d'cfûe vive &,,
prevenante; mais quoi
qu'elle doiveestre prompte
ellene doit pas êtreaveuglée;
il ne faut pas qu'elle se condusse
seulement par les lumières
de la foy ; mais encore
par celles de la rai son; il
faut qu'elle pese, qu'elle
consulte
,
qu'elle examine
ordinairement ce qu'ellefait,
de peur de favoriser le crime
au préjudice de l'innocence.
Le faux ami est plus vif
que *le verita ble
, car l'intcrest
qu'il a de tromper l'anime
plus que la simpleai-nitié
n'anime ordinairemenr.
Humiliez-vous, mais ne
ne vousavilissez pas; l'humilité
prudente & moderée
, nous éleve en nous
abaissantjmais celui qui s'abaisseplus
bas qu'il ne doit,
s'attire du mépris & le mérité.
Ne cachez point par
cet excèsd'humilité les talens
que vous avez receus ;
quand on peut estre urileaux
autres, il ne faut pas par
paresse se persuader qu'on
n'estbonàrien.
Si quelque grand Seigneurvousconvie
à sa table
, ne soyez nitrop libre.,
ni trop retenu; trop de liberté
marque peu de refpeét,
mais trop de retenue
marque peude confiance. Un
juste milieu vous fera aimer
des Grands; c'est à dire de
ceux qui ont l'ame grande
& le don du discernement.
Le mensonge est le premier
de tous les desordres
& le plus grand de tous les
maux,puisqu'il est opposé
directement a la venté) qui
eu le souverain bien.
Celui quiments'anéantir
,,.- carrien ne subsiste que par la
verité; & qui détruir la vérité
, se détruit soi-même
puisque l'homme n'existe y en
Dieu qu'autant qu'il est
vray ;c'està-dire qu'autant
qu'il aime laverité.
>
Ce Livre est in OCIAVO, 3C
se vend a Paris, chez Daniel
Jollet, au bout du Pont S.
Michel, du costé du Marché
neuf
, au Livre Royal
le prix estde 3. liv. 10. foisy
I.c:liécn veau.
Il paroist un Livre intitulé
Histoire du Dauphiné, ouse
trouve l'Histoiredes
Dauphins,&plusieurs faits
Historiques; diverses particularitez
sur les usages
duDruphiné & sur les
familles,tirez des Originaux
, avec les Généalogies
des plusillustres Maisons de
ce Pays-là, & une Carte
Géographique;orné de figures.
Par Mr de Valbonnay
,
premier Presidenc dela
Chambre des Comptes'
de Grenoble.
1. Ce Livre estin folio,&se
vend à Paris, chez Imbertde
Bats, ruë S. Jacques, à limage
S. Benoilt ; le prix est de
15 livres relié en veau.
Il paroistaussi depuis peu
un Livre intitulé, Paragrrase
sur leLivre de l'Ecclesiastique,
par MonsieurMénard Prieur
d'Aubort.
Pour donner quelque idée
de ce Livre
,
je vais ra pporter
icy quelques endroits de
la Préfacé.
L'Ecclesiastique a esté déclaré
Livre canonique del'EcritureSainte.
Le troisiéme
Concile de Carthage, dans
le Canon 41. le decret d'Eugene
IV. dans l'instruction
donnée aux Arméniens à
Florence aussi toit aprés; le
le Concile où se fit J'union
des Grecs
, reçu de toute
l'Eglise unanimement; le
Concile de Trente dans la
quatrième Session
, en onc
fait par leur décision un Article
de Foy, &c. 1
On ne doute point maintenant
que Jesus
,
fils de
Sirach, n'en foit l'Auteur,&
que ce ne foit celuy qui
estoie petit fils ouarrière
petit fils de Jesus ou de Josue
souverainPontifedesJuifs,j quirevint delacaptivitédeI
Babylone avec Zorobabel. 1
Quelques uns ont voulu
¡]ire que ce Jesus estoit un
des septante- deux Interpretés
que Ptolomée philadelphe
Roy d'Egypte fit venir
de Jerusalem à Alexandrie
pour traduire en Grec la
Bible Hebraïque) & en faire
un des plus beaux ornemens
de cette fameuse Bibliote-
,que, qui félon Aulugelle
estoie composée de sept
cents mille Volumes ; du
moins il est feur qu'il vivoic
en ce temps là.) & que son
nom se trouve parmi ceux
de cesillustres Traducteurs,
Quoi qu'il en loïc il composa
ce Livre en Hébreu,
-
qui estoitsa langue naturelle.
S. Jerôme assure,dans
laPréface du Livre des Proverbes
de Salomon, qu'il en
a veu un exemplaire; mais
cet exemplairene se trouve
plus, & nous l'avons seulement
en grec& en latin,&c.
Quoi que le stile de ce Livre
loit dur, les sujetsqui
y font traitez
,
font d'une
utilité merveilleuse ; cest
une Morale complette; on
y apprend tous les principes
de la veritablesagesse,
tous les devoirs de la Religion
j & tous ceux de la
vie civile; tout ce qu'on
doit à Dieu; tout çe qu'on
doit à son prochain; tout
ce qu'on se doit à foy même.
La pratique de toutes les
vertus depuis les plus grandes
jusqu'aux plus petites,
depuis celles qui nous portent
à Dieu & qui contribuent
à nofirc salut, jusqu'à
celles qui ne font que
purement politiques ou
ceconomiqucs.
- On y voit par tout des
i Sentences qui renferment.
en peu de mots tour ce qu'il
y a de plus essentiel dans la
Doctrine des moeurs ; des
exhortations qui pressent le
LeaeurJ qui le touchent &
qui le persuadent;des exemples
qui l'animent, ou qui
le confondent
,
& de ces
vrais éloges qui font les récompcnfcs
de la vertu ,
&
qui le persuadent. &c.
Comme cet Auteur ne
se contente pas de donner
les preceptes de sagesse à
1 ceux qu'it instruit
,
& qu'il
veut encore leur fournir des
exemples pour leur faire fuivre
par une sainte émulation
les règles qu'il leur prefcrir;
il en tired'excellens de l'Ecriture
sainteil leur propose
les plus grands hommes du
Peuple de Dieu pour modèles
,
& en lesleur proposant
il en sait le Panegyrique avec
tant d'éloqence, que jamais
ces Patriarches & ces
Prophetes si renommez dans
l'ancienne Loy, ne furent
louez plus magnifiquement-,
ni plus véritablementqu'ils
le sont icy. Ce sont des
Porrraits en grand, mais ce
sonc des Portraits fidcles ;
leurs vertus y sont mises
dans tout leur jour;
leur Religion y en:rcprcsensée
avec tour l'éclat de
leur zele; leur courage avec
tout la fermetéde leur coeur;
leur magnificence avec tout
ce quelle avoit de plus pompeux
& de plus riche; & leur
qualitcz héroïques avec toutes
les circonstances qui peuvent
relever la beauté de
leurs grandes avions. Il y
ramene ces fameux conducteurs
du Peuple de Dieu,
ces illustres deffenseurs d'ïsraël
, ces grands Sacrificateurs
du Seigneur. Ilyfait
- voitles grâces que ces grands
Hommes&ceserandsSaints
ontrcceus du Ciel. &c.
Voicy quelques unes des
Maximes dont cc Livre est
rempli.
Le caractère de la vraie
charité c'est d'cfûe vive &,,
prevenante; mais quoi
qu'elle doiveestre prompte
ellene doit pas êtreaveuglée;
il ne faut pas qu'elle se condusse
seulement par les lumières
de la foy ; mais encore
par celles de la rai son; il
faut qu'elle pese, qu'elle
consulte
,
qu'elle examine
ordinairement ce qu'ellefait,
de peur de favoriser le crime
au préjudice de l'innocence.
Le faux ami est plus vif
que *le verita ble
, car l'intcrest
qu'il a de tromper l'anime
plus que la simpleai-nitié
n'anime ordinairemenr.
Humiliez-vous, mais ne
ne vousavilissez pas; l'humilité
prudente & moderée
, nous éleve en nous
abaissantjmais celui qui s'abaisseplus
bas qu'il ne doit,
s'attire du mépris & le mérité.
Ne cachez point par
cet excèsd'humilité les talens
que vous avez receus ;
quand on peut estre urileaux
autres, il ne faut pas par
paresse se persuader qu'on
n'estbonàrien.
Si quelque grand Seigneurvousconvie
à sa table
, ne soyez nitrop libre.,
ni trop retenu; trop de liberté
marque peu de refpeét,
mais trop de retenue
marque peude confiance. Un
juste milieu vous fera aimer
des Grands; c'est à dire de
ceux qui ont l'ame grande
& le don du discernement.
Le mensonge est le premier
de tous les desordres
& le plus grand de tous les
maux,puisqu'il est opposé
directement a la venté) qui
eu le souverain bien.
Celui quiments'anéantir
,,.- carrien ne subsiste que par la
verité; & qui détruir la vérité
, se détruit soi-même
puisque l'homme n'existe y en
Dieu qu'autant qu'il est
vray ;c'està-dire qu'autant
qu'il aime laverité.
>
Ce Livre est in OCIAVO, 3C
se vend a Paris, chez Daniel
Jollet, au bout du Pont S.
Michel, du costé du Marché
neuf
, au Livre Royal
le prix estde 3. liv. 10. foisy
I.c:liécn veau.
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Résumé : LIVRES NOUVEAUX.
Le texte présente deux ouvrages récents. Le premier, 'Histoire du Dauphiné', est rédigé par Monsieur de Valbonnay, premier président de la Chambre des Comptes de Grenoble. Cet ouvrage couvre l'histoire des dauphins, divers faits historiques, les particularités des usages du Dauphiné, ainsi que les généalogies des familles illustres de cette région. Il inclut également une carte géographique. Le livre est en format folio et se vend à Paris chez Imbert de Bats, rue Saint-Jacques, à l'image Saint-Benoît, au prix de 15 livres relié en veau. Le second ouvrage est une 'Paraphrase sur le Livre de l'Ecclésiastique' par Monsieur Ménard, prieur d'Aubort. Ce livre, en format octavo, se vend à Paris chez Daniel Jollet, au bout du Pont Saint-Michel, au prix de 3 livres 10 sols relié en veau. L'Ecclésiastique est reconnu comme un livre canonique de l'Écriture Sainte, attribué à Jésus, fils de Sirach, petit-fils ou arrière-petit-fils de Jésus ou Josué, souverain pontife des Juifs. Le texte mentionne la traduction de la Bible hébraïque en grec par Ptolémée Philadelphe et indique que l'ouvrage est écrit en hébreu, bien que des exemplaires en grec et en latin existent. Le style du livre est dur, mais son contenu est d'une utilité morale complète. Il couvre les principes de la vraie sagesse, les devoirs religieux et civils, et la pratique des vertus. L'ouvrage contient des sentences, des exhortations, des exemples et des éloges qui encouragent la vertu. L'auteur utilise des exemples tirés de l'Écriture Sainte pour illustrer ses préceptes, louant les patriarches et prophètes avec éloquence. Le livre est rempli de maximes sur la charité, l'amitié, l'humilité, le comportement en société et la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3898
p. 58-73
Conte Arabe.
Début :
Le Calife Arbroun fut comparé par les Poëtes de son [...]
Mots clefs :
Calife, Arbre, Bague, Colère, Rire, Esprit, Mélancolie, Corneilles, Philosophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conte Arabe.
Conte Arab- e.
LECalise Arbroun fut
comparé par les Poëtes
seTon temps àun arbre
prodigieusement grand
qui estoit près de son
chasteau ; ses profondes
& vastes racines,c'estoit,
disoient-ils, la puissance
du Calife solidement cftablie;
la tigeeslevée de-,
cet arbre portoitjusquaux
nuës une teste superbe
,le Calife avoit
l'esprit sublime; la teste
de cet arbre étoit ornée
de fleurs & de fruits, ce
Calife estoit gracieux &
bienfaisant, en un mot il
n'avoitdedeffaut qu'une
noire melancolie
,
qui
obscurcissoit le brillant
de son esprit, mais pour
dissiper ces nuages melancoliques
il avoit fait
son amy dun Filosofe,
qui sçayoit égayer la Filosofie
par des morales
réjouissantes, &par de,.
foliescensées.
Le Calife Arbroun difoitque
l'esprit de Thomme
estant encore plus
maladif que son corps,
un bon Filosofe estoit
aussi necessaire auprès
d'un Princequ'un bon
Madecin.Unjour estant
ieui avec le Medecin de
-& melancolie câpres une
réverie profonde, & regardant
l'arbrequ'onluy
comparoit, il s'écria tout a-coup : Arbroun, Arbroun
, tu attristetes
amis parta melancolie,
comme cet arbre toufu
attriste cm. les ombrageant
les arbresqui l'environnent,
puis se tournant
vers le Filosofe:
Ecoute, amy,luy dit-il,
je te promets une bague
chaquefois que tu pourras
me faire rire. Bon,
reprit le Filosofe en secoüant
la teste, je ne gagneroispas
avec vousen
dix ans dequoy orner un
de mes doigts, j'auray
beau plaisanter vous ne
rirez jamais; ce fera quelquefois
ma faute,& quelquefois
la vostre
,
mais
vous jugerez de mes bons
mots selon vostre mauvaise
humeur, & je n'auray
poli-Lt de bague.
Hé bien,reprit le Calife,
toutes les fois que
tu pourras me prouver
quec'est ma faute de n'avoir
pas ry - de tes plaisanteries
,
je te les paieray
-cimme bonnes, maisil
faudra me prouver par
raison que j'aurois deu
rire.Vous me reduisez
à l impossible, dit le Filosose,
je puis bien prouver
par raisonqu'un bon
motestraisonnable,mais
quand on pourroit prouver
qu'il estrisible
, on ne
prouvera pointàunhomme
qu'il a tort de n'en
pas rire. Voyons pourtant,
continualeFilosose,
sivous rirez de ceque
ma conté ce matin la fille
de chambrede cette
veuve, dont le mary
mourut hier, c'est la veuvede
vostre maistre
d'Hostel. Vous sçavez
qu'elle se picquoit d'estre
la plus tendre épouse du
pays,
pays, & par consequent
elle va te picquer d'estre
la plus affligée veuve qui
fut jamais. Hier après
avoir, en presence de sa
fille de chambre, épuisé
Ces larmes & sa douleur,
elle s'enferma seule pour
pouvoir en liberté laisser
reposer [on affliction &
estudierlerole d'affligée
qu'elle a resolu de soustenir.
Elle cherchedans
fan miroir tous les airs
& Les changements de
visage qui peuvent con^
venir aux larmes qu'elle
répandra; car elle compte
que les larmes ne luy
manqueront pas. De toutes
ces grimacesd'affliction
qu elle estudioit au
miroir, une entreautres
luy parut si plaisante à
elie-mesme,qu'ellene
put s'empescherd'enrire:
après avoir un peu
ri elle recommença son
estude,autregrimace qui
luy parut encore plus
plaifainte,illuyprit alors
des éclats de rire si violents
6c si continus que
je croy qu'elle rira tant
qu'elle fera veuve.
Ce recit accompagné
desgrimaces de la veuve
que contrefit le Filo-
(ose
,- ne fit pas seulement
sourciller le Calife.
- Le Filosofe bilieux
v&ifc.oillerreedeosut bpleicdqeubéoanus rmots ,onn'en rit point
il plaisante , de rage, Se
par de vives secoussesil
veut ébranler leCalife,
comme un voyageur alteré
qui voudroit atraper
une poire,s'efforce
d'ébranler à secousses reiterées
le poirier dont il
desire ardemment le
fruit; mais le Calife est
inebranlable, le Filosose
elt outré, & cette colere
outrée dans un Filosose
qui veut faire riredevoit
avoir son effet
, mais le
Califeenburità peine..,
Se faire sourire ne suffisoit
pas pour gagner la
bague.Dans le moment
une voléeouplustostune
épaissenuée de corneilles
vint se reposer sur ce
grand arbre à qui nous
avons comparé le Calife.
Je vishier ces mesmes,
corneilles,dit impromt tu
le Filosose
,
elles pense,
rent desesperer un brutal
distrait, qui voyant cette
nuéedetristes oiseaux
noircir les fruits & les
fleurs d'un si bel arbre,
s'irrita d'abord, & oubliant
que cette tige est
groilè comme une tour,
voulut dans son premier
mouvement secouer ce
gros arbre comme un
jeune poirier.
Imaginez-vous cet extravagantoccupé
du desir
defaire envoler ces
corneilles, transporté de
colere contre elles , il
redoubloit ses secousses
en se meurtrissant le dos
contrc le tronc de l'arbre,
comme nous voyons les
petitsenfans en colere,
frapper du poing la muraille
qui leur a fait une
bosse au front; le recit
que je vous fais n'est pas
riGble, mais je ne pûsjamais
m'empescher de rire
en voyant la chose en
original. Je croy que j'en
eusse ri comme toy, dit
le Calife, si je l'eusse veu.
Vous deviez donc rire
en me voyant en colere
vouloir pardes secousses
de plaisanteries reiterées
chasser de vostre teste les
noires corneilles,c'est-àdire,
les soucis &C les chagrinsqui
vous offuC.
quent. Je t'entens, dit le
Calife, en tirant de son.
doigt une bague, tu me
prouve que je devois rire
en voyant ta colere
,
ainsi
tu as gagné la bague..
C'est de ce conte qu'est
venu le ProverbeArabe
qui dit à propos des
grands,
grands Seigneurs, que
leur grandeur & leurs
soucis accablentde mélancolie,
Ils ontune volée
de corneillesdans la
iefle*
On
LECalise Arbroun fut
comparé par les Poëtes
seTon temps àun arbre
prodigieusement grand
qui estoit près de son
chasteau ; ses profondes
& vastes racines,c'estoit,
disoient-ils, la puissance
du Calife solidement cftablie;
la tigeeslevée de-,
cet arbre portoitjusquaux
nuës une teste superbe
,le Calife avoit
l'esprit sublime; la teste
de cet arbre étoit ornée
de fleurs & de fruits, ce
Calife estoit gracieux &
bienfaisant, en un mot il
n'avoitdedeffaut qu'une
noire melancolie
,
qui
obscurcissoit le brillant
de son esprit, mais pour
dissiper ces nuages melancoliques
il avoit fait
son amy dun Filosofe,
qui sçayoit égayer la Filosofie
par des morales
réjouissantes, &par de,.
foliescensées.
Le Calife Arbroun difoitque
l'esprit de Thomme
estant encore plus
maladif que son corps,
un bon Filosofe estoit
aussi necessaire auprès
d'un Princequ'un bon
Madecin.Unjour estant
ieui avec le Medecin de
-& melancolie câpres une
réverie profonde, & regardant
l'arbrequ'onluy
comparoit, il s'écria tout a-coup : Arbroun, Arbroun
, tu attristetes
amis parta melancolie,
comme cet arbre toufu
attriste cm. les ombrageant
les arbresqui l'environnent,
puis se tournant
vers le Filosofe:
Ecoute, amy,luy dit-il,
je te promets une bague
chaquefois que tu pourras
me faire rire. Bon,
reprit le Filosofe en secoüant
la teste, je ne gagneroispas
avec vousen
dix ans dequoy orner un
de mes doigts, j'auray
beau plaisanter vous ne
rirez jamais; ce fera quelquefois
ma faute,& quelquefois
la vostre
,
mais
vous jugerez de mes bons
mots selon vostre mauvaise
humeur, & je n'auray
poli-Lt de bague.
Hé bien,reprit le Calife,
toutes les fois que
tu pourras me prouver
quec'est ma faute de n'avoir
pas ry - de tes plaisanteries
,
je te les paieray
-cimme bonnes, maisil
faudra me prouver par
raison que j'aurois deu
rire.Vous me reduisez
à l impossible, dit le Filosose,
je puis bien prouver
par raisonqu'un bon
motestraisonnable,mais
quand on pourroit prouver
qu'il estrisible
, on ne
prouvera pointàunhomme
qu'il a tort de n'en
pas rire. Voyons pourtant,
continualeFilosose,
sivous rirez de ceque
ma conté ce matin la fille
de chambrede cette
veuve, dont le mary
mourut hier, c'est la veuvede
vostre maistre
d'Hostel. Vous sçavez
qu'elle se picquoit d'estre
la plus tendre épouse du
pays,
pays, & par consequent
elle va te picquer d'estre
la plus affligée veuve qui
fut jamais. Hier après
avoir, en presence de sa
fille de chambre, épuisé
Ces larmes & sa douleur,
elle s'enferma seule pour
pouvoir en liberté laisser
reposer [on affliction &
estudierlerole d'affligée
qu'elle a resolu de soustenir.
Elle cherchedans
fan miroir tous les airs
& Les changements de
visage qui peuvent con^
venir aux larmes qu'elle
répandra; car elle compte
que les larmes ne luy
manqueront pas. De toutes
ces grimacesd'affliction
qu elle estudioit au
miroir, une entreautres
luy parut si plaisante à
elie-mesme,qu'ellene
put s'empescherd'enrire:
après avoir un peu
ri elle recommença son
estude,autregrimace qui
luy parut encore plus
plaifainte,illuyprit alors
des éclats de rire si violents
6c si continus que
je croy qu'elle rira tant
qu'elle fera veuve.
Ce recit accompagné
desgrimaces de la veuve
que contrefit le Filo-
(ose
,- ne fit pas seulement
sourciller le Calife.
- Le Filosofe bilieux
v&ifc.oillerreedeosut bpleicdqeubéoanus rmots ,onn'en rit point
il plaisante , de rage, Se
par de vives secoussesil
veut ébranler leCalife,
comme un voyageur alteré
qui voudroit atraper
une poire,s'efforce
d'ébranler à secousses reiterées
le poirier dont il
desire ardemment le
fruit; mais le Calife est
inebranlable, le Filosose
elt outré, & cette colere
outrée dans un Filosose
qui veut faire riredevoit
avoir son effet
, mais le
Califeenburità peine..,
Se faire sourire ne suffisoit
pas pour gagner la
bague.Dans le moment
une voléeouplustostune
épaissenuée de corneilles
vint se reposer sur ce
grand arbre à qui nous
avons comparé le Calife.
Je vishier ces mesmes,
corneilles,dit impromt tu
le Filosose
,
elles pense,
rent desesperer un brutal
distrait, qui voyant cette
nuéedetristes oiseaux
noircir les fruits & les
fleurs d'un si bel arbre,
s'irrita d'abord, & oubliant
que cette tige est
groilè comme une tour,
voulut dans son premier
mouvement secouer ce
gros arbre comme un
jeune poirier.
Imaginez-vous cet extravagantoccupé
du desir
defaire envoler ces
corneilles, transporté de
colere contre elles , il
redoubloit ses secousses
en se meurtrissant le dos
contrc le tronc de l'arbre,
comme nous voyons les
petitsenfans en colere,
frapper du poing la muraille
qui leur a fait une
bosse au front; le recit
que je vous fais n'est pas
riGble, mais je ne pûsjamais
m'empescher de rire
en voyant la chose en
original. Je croy que j'en
eusse ri comme toy, dit
le Calife, si je l'eusse veu.
Vous deviez donc rire
en me voyant en colere
vouloir pardes secousses
de plaisanteries reiterées
chasser de vostre teste les
noires corneilles,c'est-àdire,
les soucis &C les chagrinsqui
vous offuC.
quent. Je t'entens, dit le
Calife, en tirant de son.
doigt une bague, tu me
prouve que je devois rire
en voyant ta colere
,
ainsi
tu as gagné la bague..
C'est de ce conte qu'est
venu le ProverbeArabe
qui dit à propos des
grands,
grands Seigneurs, que
leur grandeur & leurs
soucis accablentde mélancolie,
Ils ontune volée
de corneillesdans la
iefle*
On
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Résumé : Conte Arabe.
Le texte relate l'histoire du Calife Arbroun, comparé à un arbre majestueux dont les racines incarnent sa puissance, la tige élevée symbolise son esprit sublime, et les fleurs et fruits représentent sa grâce et sa bienfaisance. Cependant, Arbroun est tourmenté par une mélancolie profonde qui obscurcit son esprit. Pour y remédier, il s'entoure d'un philosophe chargé de le divertir et de dissiper ses sombres pensées. Un jour, en contemplant l'arbre qui le symbolise, Arbroun exprime sa tristesse et compare son ombre à celle de l'arbre. Il promet une bague au philosophe chaque fois qu'il parviendra à le faire rire. Le philosophe, sceptique, affirme que cela est impossible, car la mélancolie du Calife est profonde. Il raconte alors l'histoire d'une veuve hypocrite qui, malgré ses efforts pour paraître affligée, finit par rire en se regardant dans un miroir. Cependant, cette histoire ne parvient pas à faire rire Arbroun. Le philosophe, frustré, utilise une métaphore des corneilles qui noircissent les fruits de l'arbre, symbolisant les soucis du Calife. Il décrit un homme en colère tentant vainement de secouer un arbre pour chasser les corneilles, se blessant lui-même dans l'effort. Cette image finit par faire sourire Arbroun, qui reconnaît alors la justesse de la comparaison et offre une bague au philosophe. Cette anecdote a donné naissance au proverbe arabe selon lequel la grandeur et les soucis des grands seigneurs les accablent de mélancolie, symbolisés par une volée de corneilles dans la tête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3899
p. 136-161
MANIFESTE.
Début :
Il n'en est pas de même d'un Manifeste / Jacques troisiéme par la grace de Dieu Roy de la [...]
Mots clefs :
Sujets, Dieu, Lois, Prince, Gouvernement, Droit, Succession, Angleterre, Gouvernement, Jacques III, Lois fondamentales, Roi, Grande-Bretagne, Injustice, Peuples, Intérêt, Pays, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANIFESTE.
Il n'en eft
pas de même d'un Manifeſte
du Pretendant , qui a
été depuis peu imprimé
dans la ſuite des nouvelles
d'Amſterdam , & que je ne
donne ici que parce que je
ne le croy pas dans les
mains de tout le monde.
22
MANIFESTE
Jacques troiſieme , par
la grace de Dieu Roy de la
J
GranGALANT
. 137 า
Grande Bretagne, de France&
d'Irlande , Défenfeur
de la Foy ,&c. àtous Rois,
Princes & Potentats , & à
tous nos bien amez ſujets ,
Salut.
Dans une conjoncture
aufli extraordinaire & auſſi
importante , ou nôtre droit
hereditaire à la Couronne
d'Angleterre eſt trés injuf
tement violé , & où même
les Princes Souverains de
l'Europe ſont ſi fortement
intereſſez , nous ne pouvons
demeurer dans le filence ,
ſansmanquer àce qui nous
Dec. 1714. M
138 MERCURE
eſt dû , & à ce qui les regarden
- aab anchoros
Tout le monde ſçait que
dans la revolution de l'année
1688. la Monarchie Angloiſe
a été renversée
qu'on a commencé à y
jetter les fondemens d'un
Gouvernement Républi
cain, par le pouvoir ſouve
rain que le peuple s'eſt attribué
lors qu'il s'eft affemblé
fans aucune autorité ,
qu'il s'eſt érigé en Parlement
, & qu'il s'eft arrogé
le droit de depoſer & d'élire
ſes Rois, contre les loix
M
GALANT. 139
(
fondamentales du pays , &
au mépris des fermens les
plus folemnels dont les
Chrétiens ſoient capables
d'être liez. On ne peut auffi
ignorer ce que le feu Roy
nôtre pere,de gloricufe memoire
, a ſouffert par cette
injuſte & violente revolu-
Aprés la mort , la fucceffion
aux Couronnes que
le Prince d'Orange avoit
uſurpées nous étant acquiſe
legitimement ſuivant les
loix fondamentales de l'Ef
rat , nous reclamâmes nos
Mij
140 MERCURE
1
droits par notre Declaration
ſcellée de nôtre grand
ſceau , en datte du 8. Octobre
1701. & auflitôt qu'il
plut à la divine Providence
de nous mettre en état d'entreprendre
de les recouvrer
, nous y fimes toutes
nos diligences & nos juſtes
efforts , ſans qu'il ait rien
manqué de nôtre part d'où
l'on nous ait pû imputer le
mauvais ſuccés de cette expedition
og up
Ayant appris enſuite que
l'on negocioit la paix , &
que dans le traité qui étoit
GALANT. 141
fur le pointd'en être co clu
onn'avoit eu aucun égard
ànos droits , nous publiâ
mes nôtre proteſtation, da
tée de faint Germainen .
Laye le 25. Avril 1712. de la
maniere la plus folemnelle
& la plus aurentique que
l'état où nous étions alors
put nous le permettre ; foutenant
nôtre droit incontef
table à nos Couronnes , &
proteſtant contre tout ce
qui pourroit être ſtipulé
dans ledit traitéà nôtre prejudice
3. Quoyque nous ayons été
142 MERCURE
depuis ce temps- là obligé
de fortir de France , pour
nous retirer dans un pays
plus éloigné , nous n'avons
pas perdu devûë nosRoyaumes&
nos peuples , perſuadez
que tôt ou tard il plaira
àDieu de nous faire rendre
justice , & de ramener nos
ſujets à l'obeïſſance qu'ils
nous doivent , en nous rétabliffant
fur le trône de
nos peres ; & nous n'avons
enfin ceffé d'eſperer que ,
malgré la revolte declarée
des uns , & l'engagement
forcé des autres , le Dieu
GALANT . 143
des lumieres leur ouvriroit
les yeux , & les convain.
croit non ſeulementde l'injuſtice
évidente qui nous eſt
faite &à la Couronne, mais
encore des dangereuſes
conſequences qui en reſul
tent contr'eux-mêmes. Ce
n'eſt pas nôtre interêt ſeul
qui nous fait agir ; l'amour
naturel & inalterable que
nous avons pour nôtre peuple
eſt tel , que comme
nous n'avons pû voir fans
douleur leur fang & leurs
treſors prodiguez dans la
derniere guerre , en oppo
141 MERCURE
fition à nôtre droit indubi
table , auſſi nous ne pouvons
que reſſentir une extreme
affliction de ce qu'ils
ſe trouvent expoſez à être
afſujettis à un pouvoir ar
bitraire , & à devenir la
proye des étrangers
Outre que l'Electeur de
Brunſvvick eſt un des plus
éloignez de tous les parens
que nous avons,&par conſequent
un des derniers de
ceux qui peuvent , aprés
nous , pretendre ànosCou
ronnes ; il eſt d'ailleurs évi
dent que rien n'eſt plus
Ancon
GALANT.
145
contraire aux maximes de
l'Angleterre , que d'avoir
établi avec tant d'injuſtice
la fucceffion dans la Maiſon
d'un Prince qui eſt étranger
, puiſſant , & fi abfolu
dans ſes Eſtats , qu'il
n'y a jamais experimenté la
moindre contradiction de
la part de ſes ſujets : Prince
qui n'a aucune connoif
ſance de nos loix , de nos
coûtumes , de nos manieres,
de nôtre langue ; qui
de plus eſt ſoûtenu d'une
armée nombreuſe de ſes
propres ſujets , appuyé de
Dec. 1714 . N
146 MERCURE
l'aſſiſtance qu'un Eftat voi
fin eft obligé de lui donner
quand il le requerra , & favoriſé
de pluſieurs milliers
d'étrangers refugiez en Angleterre
depuis plus de
trente ans qui lui feront
dévoüez en toutes occafions.
১
De plus , que peuvent enviſager
nos ſujets, ſi ce n'eſt
des guerres&des diviſions
infinies qui s'enfuivront neceſſairement
du renverſement
d'une loy auſſi ſacrée
& auſſi fondamentale que
T'eſt celle du droit heredi
GALANT . 147
taire , lequel juſqu'ici s'étoit
toujours maintenu contre
les ufurpations même
qui avoient eu les plus
grands ſuccés,quelque longues
qu'elles euffent été
le gouvernement n'ayant
pû ſubſiſter en repos jufqu'à
ce qu'il eût été remis
fur ſes anciens & ſolides
fondemens ?
د
Que ſi l'on veut encore
confiderer le grand nom
bre de ceux dont les droits,
aprés nous & avant la Maiſon
d'Hanover , ſont auſſi
clairs & auſſi indubitables
Nij
148 MERCURE
1
que les nôtres même , ne
doit on pas penſer qu'ils ne
manqueront ni de volonté,
ni de puiſſace pour les faire
valoir chacun à leur tour ,
& pour ſuſciter une guerre
éternelle contre nos Royaumes
, qui ne manquera jamais
d'être accompagnée
d'une guerre civile , qui
fera la ſuite inévitable des
diviſions inteſtines dont ils
font agitez ?
Il n'eſt rien donc de plus
évident, que nos peuples ne
ſçauroient joüir d'une paix
&d'une felicité durable
1
GALANT.
149
qu'en rétabliſſant la fucceffion
dans la ligne directe ,
&en nous rappellant, comme
étant l'heritier immediat
& legitime , & le feul
Anglois de naiſſance qui
reſte de la Famille Royale.
C'eſt à quoy nous nous étions
attendu, par la raiſon
que c'eſt le veritable interêt
de la Grande Bretagne ,
&que nous avions lieu d'efperer
qu'une nation , qui ne
manque ni de ſageſſe ni de
prudence, pourvoiroit dans
une fi belle occafion à ſa
fûreté par nôtre rétabliſſe
Niij
150 MERCURE
ment , que nous aimions
mieux devoir à ſa bonne
volonté qu'à l'évenement
d'une guerre , dont la juftice
à nôtre égard n'auroit
pû nous conſoler des malheurs
qu'elle cauſeroit à nos
Royaumes.
Mais pourquoy riſquer
tous ces malheurs , quand
on a ſçû , ou qu'au moins
on a bien pû ſçavoir dans
toute la nation , les affurances
reïterées & irrevocables
que nous avons données,
fignées de nôtre main,
que des qu'il plairoit à Dieu
GALANT.
151
de nous rétablir ſur le trô-
()
ne, les loix du pays ſeroient
la regle de nôtre gouvernement
, que nous accorderions
une amniftie generale
à nos ſujets de tout ce
qui a été fait contre les
loix , & que nous donnerions
toute la fûreté & la
fatisfaction qu'ils pourroient
defirer pour la conſervation
de leur Religion ,
de leurs droits , libertez &
proprietez.
Cependant toutes ces
avances de nôtre part n'ont
ſervi de rien ; car aprés le
N iiij
152 MERCURE
decés de la Princeſſe nôtre
ſoeur. , dont les bonnes intentions
en nôtre faveur ,
qui nous étoient connues ,
& avoient cauſe nôtre inaction
pendant ces dernieres
années , n'ont pû être effectuées
par la ſurpriſe de
fa mort ; il est arrivé , con
tre nôtre attente ,
peuples , au lieu de profiter
de la favorable occaſion de
tout remettre dans l'ordre ,
&de concourir au veritable
intérêt du Royaume , en
nous rendant juſtice , & fe
la faiſant à eux-mêmes , ont
que nos
1
GALANIM 153
immediatement proclamé
pour leur Roy un Prince
étranger à nôtre préjudice ,
contre les loix fondamentales
dudroit hereditaire de
laCoutone,que nul acte ne
ſçauroit juſtement abroger.
L'injuſtice & la violence
étant donc ainſi venuë à
fon comble, nous avons crû
qu'il étoit de nôtre devoir ,
de nôtre honneur , & d'une
indiſpenſable obligation ,
par rapport à ce que nous
devons à nous - même , à
nôtre pofterité & à nos peuples
, d'employer tous nos
154
MERCURE
fur
efforts pour ſoûtenir nos
droits de la meilleure maniere
qu'il nous feroit poffible.
C'eſt pourquoy ,
le premier avis qui nous fut
donné de l'état des chofes ,
nous partîmes de nôtre refidence
ordinaire , pour
nous tranſporter en quelque
lieu de nos Estats, dans
le deſſein de nous mettre à
la tête de ceux de nos fideles
ſujets qui étoient difpoſez
à ſoûtenir nos droits ,
& à s'oppofer avec nous
contre toute forte d'invafion
étrangere : mais vouGALANT.
ISS
1
lant paſſer au travers de la
France pour nous aller embarquer
, non ſeulement
toute afſiſtance nous y a
été refulée ,à raiſon des engagemens
qu'on en avoit
pris dans le dernier traité
de paix ; mais on s'y eſt même
opposé à nôtre paſſage,
tellement que nous avons
été obligez de retourner
en Lorraine .
Dans un contretemps fi
affligeant , & au milieu des
obſtacles que nous avons
rencontrez de toutes parts,
nôtre confolation eſt que
156 MERCURE
nous avons au moins fait ce
que nous avonspû pour parvenir
à nos juſtes fins,& que
fur cela nous n'avons rien
à nous reprocher : mais
comme nôtre cauſe eſt celle
de la justice même , nous
eſperons que la Providence,
quand il en ſera temps,
nous donnera les moyens
de la ſoûtenir ; que Dieu
touchera enfin les coeurs de
nos ſujets d'un veritable repentir
de l'injure criante
qu'ils nous ont faite
qu'il les excitera à rentrer
dans leur devoir.
,
&
GALANT. 157
Que fi les affaires demeurent
dans une ſi mauvaiſe
ſituation,tous les Princes
& Potentats qui font à
preſent en paix,ne doiventils
pas faire de ferieuſes reflexions
ſur l'exemple dangereux
qu'ils ont devant les
yeux , & fur ce que pluſieursd'entr'euxontàcraindre
de l'union des forces de
l'Angleterre avec celles des
Estats de l'Electeur d'Hanover,
dont le pouvoir exorbitant
ne s'accorde gueres
aveclabalancede l'Europe,
pour laquelle ils ont com158
MERCURE
battu toute cette derniere
guerre. C'eſt donc avec
justice , & conformément
à leurs veritables interêts ,
que nous demandons , pour
le recouvrement de nôtre
droit , leur affiftance , que
leur honneur auſſi bien que
leur interêt les obligent de
nous accorder autant qu'il
leur fera poſſible.
2
Au reſte, dans cette triſte
conjoncture où tout nous
manque , ce qui ne peut
nous être ôté , c'eſt la liberté
avec laquelle nous
declarons à la face de touGALANT.
59
te la terre , que comme notre
droit eſt inalienable ,
auſſi ſommes nous refolu ,
avec l'aide de Dieu , de ne
jamais nous en départir
qu'avec la vie.
C'eſt pourquoy nous proteſtons
encore folemnellement
par ces preſentes , &
de la maniere la plus forte
qui nous eſt poſſible , contre
toute forte d'injuſtice
quelconque faite contre
nous , nos legitimes heritiers
ou ſucceſſeurs ; nous
refervant & conſervant
par ces preſentes ſignées de
,
160 MERCURE
nôtre main , & fcellées de
nôtre grand ſceau, tous nos
droits & pretentions , qui
demeurent & demeureront
dans leur pleine force : declarantque
ci aprés nous ne
croirons pas être reſponſables
devant Dieu , ni devant
les hommes , de toutes
les pernicieuſes conſequences
que cette nouvelle
ulurpation de nosCouronnes
pourroit attirer ſur nos
ſujets & fur toute la Chrétienté.
Donné à nôtre Cour
àPlombieres le vingt-neuviéme
jour d'Août mil ſept
cepr
GALANT. 161
cent quatorze , & de nôtre
Regne le treiziéme.
pas de même d'un Manifeſte
du Pretendant , qui a
été depuis peu imprimé
dans la ſuite des nouvelles
d'Amſterdam , & que je ne
donne ici que parce que je
ne le croy pas dans les
mains de tout le monde.
22
MANIFESTE
Jacques troiſieme , par
la grace de Dieu Roy de la
J
GranGALANT
. 137 า
Grande Bretagne, de France&
d'Irlande , Défenfeur
de la Foy ,&c. àtous Rois,
Princes & Potentats , & à
tous nos bien amez ſujets ,
Salut.
Dans une conjoncture
aufli extraordinaire & auſſi
importante , ou nôtre droit
hereditaire à la Couronne
d'Angleterre eſt trés injuf
tement violé , & où même
les Princes Souverains de
l'Europe ſont ſi fortement
intereſſez , nous ne pouvons
demeurer dans le filence ,
ſansmanquer àce qui nous
Dec. 1714. M
138 MERCURE
eſt dû , & à ce qui les regarden
- aab anchoros
Tout le monde ſçait que
dans la revolution de l'année
1688. la Monarchie Angloiſe
a été renversée
qu'on a commencé à y
jetter les fondemens d'un
Gouvernement Républi
cain, par le pouvoir ſouve
rain que le peuple s'eſt attribué
lors qu'il s'eft affemblé
fans aucune autorité ,
qu'il s'eſt érigé en Parlement
, & qu'il s'eft arrogé
le droit de depoſer & d'élire
ſes Rois, contre les loix
M
GALANT. 139
(
fondamentales du pays , &
au mépris des fermens les
plus folemnels dont les
Chrétiens ſoient capables
d'être liez. On ne peut auffi
ignorer ce que le feu Roy
nôtre pere,de gloricufe memoire
, a ſouffert par cette
injuſte & violente revolu-
Aprés la mort , la fucceffion
aux Couronnes que
le Prince d'Orange avoit
uſurpées nous étant acquiſe
legitimement ſuivant les
loix fondamentales de l'Ef
rat , nous reclamâmes nos
Mij
140 MERCURE
1
droits par notre Declaration
ſcellée de nôtre grand
ſceau , en datte du 8. Octobre
1701. & auflitôt qu'il
plut à la divine Providence
de nous mettre en état d'entreprendre
de les recouvrer
, nous y fimes toutes
nos diligences & nos juſtes
efforts , ſans qu'il ait rien
manqué de nôtre part d'où
l'on nous ait pû imputer le
mauvais ſuccés de cette expedition
og up
Ayant appris enſuite que
l'on negocioit la paix , &
que dans le traité qui étoit
GALANT. 141
fur le pointd'en être co clu
onn'avoit eu aucun égard
ànos droits , nous publiâ
mes nôtre proteſtation, da
tée de faint Germainen .
Laye le 25. Avril 1712. de la
maniere la plus folemnelle
& la plus aurentique que
l'état où nous étions alors
put nous le permettre ; foutenant
nôtre droit incontef
table à nos Couronnes , &
proteſtant contre tout ce
qui pourroit être ſtipulé
dans ledit traitéà nôtre prejudice
3. Quoyque nous ayons été
142 MERCURE
depuis ce temps- là obligé
de fortir de France , pour
nous retirer dans un pays
plus éloigné , nous n'avons
pas perdu devûë nosRoyaumes&
nos peuples , perſuadez
que tôt ou tard il plaira
àDieu de nous faire rendre
justice , & de ramener nos
ſujets à l'obeïſſance qu'ils
nous doivent , en nous rétabliffant
fur le trône de
nos peres ; & nous n'avons
enfin ceffé d'eſperer que ,
malgré la revolte declarée
des uns , & l'engagement
forcé des autres , le Dieu
GALANT . 143
des lumieres leur ouvriroit
les yeux , & les convain.
croit non ſeulementde l'injuſtice
évidente qui nous eſt
faite &à la Couronne, mais
encore des dangereuſes
conſequences qui en reſul
tent contr'eux-mêmes. Ce
n'eſt pas nôtre interêt ſeul
qui nous fait agir ; l'amour
naturel & inalterable que
nous avons pour nôtre peuple
eſt tel , que comme
nous n'avons pû voir fans
douleur leur fang & leurs
treſors prodiguez dans la
derniere guerre , en oppo
141 MERCURE
fition à nôtre droit indubi
table , auſſi nous ne pouvons
que reſſentir une extreme
affliction de ce qu'ils
ſe trouvent expoſez à être
afſujettis à un pouvoir ar
bitraire , & à devenir la
proye des étrangers
Outre que l'Electeur de
Brunſvvick eſt un des plus
éloignez de tous les parens
que nous avons,&par conſequent
un des derniers de
ceux qui peuvent , aprés
nous , pretendre ànosCou
ronnes ; il eſt d'ailleurs évi
dent que rien n'eſt plus
Ancon
GALANT.
145
contraire aux maximes de
l'Angleterre , que d'avoir
établi avec tant d'injuſtice
la fucceffion dans la Maiſon
d'un Prince qui eſt étranger
, puiſſant , & fi abfolu
dans ſes Eſtats , qu'il
n'y a jamais experimenté la
moindre contradiction de
la part de ſes ſujets : Prince
qui n'a aucune connoif
ſance de nos loix , de nos
coûtumes , de nos manieres,
de nôtre langue ; qui
de plus eſt ſoûtenu d'une
armée nombreuſe de ſes
propres ſujets , appuyé de
Dec. 1714 . N
146 MERCURE
l'aſſiſtance qu'un Eftat voi
fin eft obligé de lui donner
quand il le requerra , & favoriſé
de pluſieurs milliers
d'étrangers refugiez en Angleterre
depuis plus de
trente ans qui lui feront
dévoüez en toutes occafions.
১
De plus , que peuvent enviſager
nos ſujets, ſi ce n'eſt
des guerres&des diviſions
infinies qui s'enfuivront neceſſairement
du renverſement
d'une loy auſſi ſacrée
& auſſi fondamentale que
T'eſt celle du droit heredi
GALANT . 147
taire , lequel juſqu'ici s'étoit
toujours maintenu contre
les ufurpations même
qui avoient eu les plus
grands ſuccés,quelque longues
qu'elles euffent été
le gouvernement n'ayant
pû ſubſiſter en repos jufqu'à
ce qu'il eût été remis
fur ſes anciens & ſolides
fondemens ?
د
Que ſi l'on veut encore
confiderer le grand nom
bre de ceux dont les droits,
aprés nous & avant la Maiſon
d'Hanover , ſont auſſi
clairs & auſſi indubitables
Nij
148 MERCURE
1
que les nôtres même , ne
doit on pas penſer qu'ils ne
manqueront ni de volonté,
ni de puiſſace pour les faire
valoir chacun à leur tour ,
& pour ſuſciter une guerre
éternelle contre nos Royaumes
, qui ne manquera jamais
d'être accompagnée
d'une guerre civile , qui
fera la ſuite inévitable des
diviſions inteſtines dont ils
font agitez ?
Il n'eſt rien donc de plus
évident, que nos peuples ne
ſçauroient joüir d'une paix
&d'une felicité durable
1
GALANT.
149
qu'en rétabliſſant la fucceffion
dans la ligne directe ,
&en nous rappellant, comme
étant l'heritier immediat
& legitime , & le feul
Anglois de naiſſance qui
reſte de la Famille Royale.
C'eſt à quoy nous nous étions
attendu, par la raiſon
que c'eſt le veritable interêt
de la Grande Bretagne ,
&que nous avions lieu d'efperer
qu'une nation , qui ne
manque ni de ſageſſe ni de
prudence, pourvoiroit dans
une fi belle occafion à ſa
fûreté par nôtre rétabliſſe
Niij
150 MERCURE
ment , que nous aimions
mieux devoir à ſa bonne
volonté qu'à l'évenement
d'une guerre , dont la juftice
à nôtre égard n'auroit
pû nous conſoler des malheurs
qu'elle cauſeroit à nos
Royaumes.
Mais pourquoy riſquer
tous ces malheurs , quand
on a ſçû , ou qu'au moins
on a bien pû ſçavoir dans
toute la nation , les affurances
reïterées & irrevocables
que nous avons données,
fignées de nôtre main,
que des qu'il plairoit à Dieu
GALANT.
151
de nous rétablir ſur le trô-
()
ne, les loix du pays ſeroient
la regle de nôtre gouvernement
, que nous accorderions
une amniftie generale
à nos ſujets de tout ce
qui a été fait contre les
loix , & que nous donnerions
toute la fûreté & la
fatisfaction qu'ils pourroient
defirer pour la conſervation
de leur Religion ,
de leurs droits , libertez &
proprietez.
Cependant toutes ces
avances de nôtre part n'ont
ſervi de rien ; car aprés le
N iiij
152 MERCURE
decés de la Princeſſe nôtre
ſoeur. , dont les bonnes intentions
en nôtre faveur ,
qui nous étoient connues ,
& avoient cauſe nôtre inaction
pendant ces dernieres
années , n'ont pû être effectuées
par la ſurpriſe de
fa mort ; il est arrivé , con
tre nôtre attente ,
peuples , au lieu de profiter
de la favorable occaſion de
tout remettre dans l'ordre ,
&de concourir au veritable
intérêt du Royaume , en
nous rendant juſtice , & fe
la faiſant à eux-mêmes , ont
que nos
1
GALANIM 153
immediatement proclamé
pour leur Roy un Prince
étranger à nôtre préjudice ,
contre les loix fondamentales
dudroit hereditaire de
laCoutone,que nul acte ne
ſçauroit juſtement abroger.
L'injuſtice & la violence
étant donc ainſi venuë à
fon comble, nous avons crû
qu'il étoit de nôtre devoir ,
de nôtre honneur , & d'une
indiſpenſable obligation ,
par rapport à ce que nous
devons à nous - même , à
nôtre pofterité & à nos peuples
, d'employer tous nos
154
MERCURE
fur
efforts pour ſoûtenir nos
droits de la meilleure maniere
qu'il nous feroit poffible.
C'eſt pourquoy ,
le premier avis qui nous fut
donné de l'état des chofes ,
nous partîmes de nôtre refidence
ordinaire , pour
nous tranſporter en quelque
lieu de nos Estats, dans
le deſſein de nous mettre à
la tête de ceux de nos fideles
ſujets qui étoient difpoſez
à ſoûtenir nos droits ,
& à s'oppofer avec nous
contre toute forte d'invafion
étrangere : mais vouGALANT.
ISS
1
lant paſſer au travers de la
France pour nous aller embarquer
, non ſeulement
toute afſiſtance nous y a
été refulée ,à raiſon des engagemens
qu'on en avoit
pris dans le dernier traité
de paix ; mais on s'y eſt même
opposé à nôtre paſſage,
tellement que nous avons
été obligez de retourner
en Lorraine .
Dans un contretemps fi
affligeant , & au milieu des
obſtacles que nous avons
rencontrez de toutes parts,
nôtre confolation eſt que
156 MERCURE
nous avons au moins fait ce
que nous avonspû pour parvenir
à nos juſtes fins,& que
fur cela nous n'avons rien
à nous reprocher : mais
comme nôtre cauſe eſt celle
de la justice même , nous
eſperons que la Providence,
quand il en ſera temps,
nous donnera les moyens
de la ſoûtenir ; que Dieu
touchera enfin les coeurs de
nos ſujets d'un veritable repentir
de l'injure criante
qu'ils nous ont faite
qu'il les excitera à rentrer
dans leur devoir.
,
&
GALANT. 157
Que fi les affaires demeurent
dans une ſi mauvaiſe
ſituation,tous les Princes
& Potentats qui font à
preſent en paix,ne doiventils
pas faire de ferieuſes reflexions
ſur l'exemple dangereux
qu'ils ont devant les
yeux , & fur ce que pluſieursd'entr'euxontàcraindre
de l'union des forces de
l'Angleterre avec celles des
Estats de l'Electeur d'Hanover,
dont le pouvoir exorbitant
ne s'accorde gueres
aveclabalancede l'Europe,
pour laquelle ils ont com158
MERCURE
battu toute cette derniere
guerre. C'eſt donc avec
justice , & conformément
à leurs veritables interêts ,
que nous demandons , pour
le recouvrement de nôtre
droit , leur affiftance , que
leur honneur auſſi bien que
leur interêt les obligent de
nous accorder autant qu'il
leur fera poſſible.
2
Au reſte, dans cette triſte
conjoncture où tout nous
manque , ce qui ne peut
nous être ôté , c'eſt la liberté
avec laquelle nous
declarons à la face de touGALANT.
59
te la terre , que comme notre
droit eſt inalienable ,
auſſi ſommes nous refolu ,
avec l'aide de Dieu , de ne
jamais nous en départir
qu'avec la vie.
C'eſt pourquoy nous proteſtons
encore folemnellement
par ces preſentes , &
de la maniere la plus forte
qui nous eſt poſſible , contre
toute forte d'injuſtice
quelconque faite contre
nous , nos legitimes heritiers
ou ſucceſſeurs ; nous
refervant & conſervant
par ces preſentes ſignées de
,
160 MERCURE
nôtre main , & fcellées de
nôtre grand ſceau, tous nos
droits & pretentions , qui
demeurent & demeureront
dans leur pleine force : declarantque
ci aprés nous ne
croirons pas être reſponſables
devant Dieu , ni devant
les hommes , de toutes
les pernicieuſes conſequences
que cette nouvelle
ulurpation de nosCouronnes
pourroit attirer ſur nos
ſujets & fur toute la Chrétienté.
Donné à nôtre Cour
àPlombieres le vingt-neuviéme
jour d'Août mil ſept
cepr
GALANT. 161
cent quatorze , & de nôtre
Regne le treiziéme.
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Résumé : MANIFESTE.
Jacques III, se proclamant roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande, condamne la révolution de 1688 qui a renversé la monarchie anglaise et instauré un gouvernement républicain illégitime. Il affirme que, conformément aux lois fondamentales, la couronne lui revient légitimement après le traitement injuste infligé à son père. Jacques III rappelle ses déclarations de 1701 et de 1712, où il protestait contre les traités qui ignoraient ses droits. En exil, il aspire à restaurer son trône pour protéger son peuple des périls d'un pouvoir arbitraire et étranger. Il critique l'Électeur de Brunswick, le jugeant trop éloigné et ignorant des lois et coutumes anglaises, et prévient des conflits futurs si la succession héréditaire n'est pas rétablie. Jacques III soutient que la paix et la prospérité durables pour les peuples britanniques ne peuvent être atteintes qu'en rétablissant la succession dans la ligne directe et en le reconnaissant comme héritier légitime. Il promet de gouverner selon les lois du pays, d'accorder une amnistie générale et de garantir la sécurité religieuse et les libertés des sujets. Après la proclamation d'un prince étranger comme roi à la mort de sa sœur, Jacques III décide de défendre ses droits, malgré les obstacles rencontrés, notamment en France. Il appelle les princes et potentats européens à soutenir sa cause pour maintenir l'équilibre européen et déclare solennellement qu'il ne renoncera jamais à ses droits légitimes. Le document est daté du 29 août 1714.
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3900
p. 133
« M. Zappi Poëte célébre, a fait à l'occasion de la Victoire / Viva l'Augusto Carlo. Oppressa, e vinta [...] »
Début :
M. Zappi Poëte célébre, a fait à l'occasion de la Victoire / Viva l'Augusto Carlo. Oppressa, e vinta [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. Zappi Poëte célébre, a fait à l'occasion de la Victoire / Viva l'Augusto Carlo. Oppressa, e vinta [...] »
M. Zappi Poëte célébre , a fait à
l'occafion de la Victoire de Belgrade ,
un Sonnet en Italien qui eft ici fort .
eftimé : Il dédié à M. le Comte de
Gallas Ambaffadeur de l'Empereur à
Rome ; en voici une copie .
V
Iva t'Augusto CARLO. Oppreffa
, e vinta
Cadde Belgrado , e già la Croce adora :::
Bacia l'aurée Catene , ond' oggi è cinta ,
E del nuovo Signor fe fteffa onora .
Ma questo èpoco ; alle difefe accinta ,
Tutti i fuoi Regni fpopolò l'Aurora :
E già fugata , prigioniera , eftinta
Fu la grand' Ofte ; e questo è poco ancora .
Io del deftino apro i Volumi ; e leggi
Che del Barbaro Impero è già maturo
L'ultime eccidio , che nel Ciel fi trama :
E volgo il guardo inver Bizanzio , e
vergo
L'ombra di Conftantino , altaful muro ;
Che il Succeffore , dall' Auftria , afpet- .
ta , e chiama.
l'occafion de la Victoire de Belgrade ,
un Sonnet en Italien qui eft ici fort .
eftimé : Il dédié à M. le Comte de
Gallas Ambaffadeur de l'Empereur à
Rome ; en voici une copie .
V
Iva t'Augusto CARLO. Oppreffa
, e vinta
Cadde Belgrado , e già la Croce adora :::
Bacia l'aurée Catene , ond' oggi è cinta ,
E del nuovo Signor fe fteffa onora .
Ma questo èpoco ; alle difefe accinta ,
Tutti i fuoi Regni fpopolò l'Aurora :
E già fugata , prigioniera , eftinta
Fu la grand' Ofte ; e questo è poco ancora .
Io del deftino apro i Volumi ; e leggi
Che del Barbaro Impero è già maturo
L'ultime eccidio , che nel Ciel fi trama :
E volgo il guardo inver Bizanzio , e
vergo
L'ombra di Conftantino , altaful muro ;
Che il Succeffore , dall' Auftria , afpet- .
ta , e chiama.
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