Résultats : 21765 texte(s)
Détail
Liste
3601
p. [9]36-937
« DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
Début :
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
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3602
p. 748-749
Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbé de la Grive, Auteur du nouveau Plan de [...]
Mots clefs :
Plan de Paris, Villages, Châteaux, Marne, Vincennes, Torcy
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
L'Abbé de la Grive , Auteur du nouveau
Plan de Paris , en six feuilles , vient
de mettre au jour la seconde feuille de
sa Carte des environs de Paris , qui comprend
AVRIL. 1731. 749
prend le cours de la Marne jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et
Châteaux détachez , depuis le Château
de Vincennes jusques à Torcy , d'Occident
en Orient , et depuis la Forêt de
Livri jusqu'aux Bois de S. Martin en Brie,
du Nord au Midi , avec les Chemins qui
communiquent des uns aux autres. Le
tout levé sur les lieux et détaillé de sorte
qu'on y reconnoît distinctement les Plans
des belles Maisons comprises dans cette
étenduë. Elle se vend chez l'Auteur , Cloître
S. Benoît. Il donnera la troisiéme feuille
qui comprendra le côté de la Brie à la fin
de cette année.
Plan de Paris , en six feuilles , vient
de mettre au jour la seconde feuille de
sa Carte des environs de Paris , qui comprend
AVRIL. 1731. 749
prend le cours de la Marne jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et
Châteaux détachez , depuis le Château
de Vincennes jusques à Torcy , d'Occident
en Orient , et depuis la Forêt de
Livri jusqu'aux Bois de S. Martin en Brie,
du Nord au Midi , avec les Chemins qui
communiquent des uns aux autres. Le
tout levé sur les lieux et détaillé de sorte
qu'on y reconnoît distinctement les Plans
des belles Maisons comprises dans cette
étenduë. Elle se vend chez l'Auteur , Cloître
S. Benoît. Il donnera la troisiéme feuille
qui comprendra le côté de la Brie à la fin
de cette année.
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Résumé : Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
En avril 1731, l'Abbé de la Grive a publié la seconde feuille de sa Carte des environs de Paris, couvrant la Marne jusqu'à cinq lieues de la ville. Elle inclut 57 villages et détaille les chemins et maisons de Vincennes à Torcy et de la Forêt de Livry aux Bois de Saint-Martin-en-Brie. La troisième feuille, sur la Brie, sortira fin 2023.
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3603
p. 2452-2453
Livres nouveaux à Paris, chez BRIASSON.
Début :
Histoire des Rois de Pologne, et du Gouvernement de ce Royaume ; où l'on trouve un détail [...]
Mots clefs :
Histoire, Comédie
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texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux à Paris, chez BRIASSON.
Livres nouveaux à Paris , chez BRIASSON.
Histoire des Rois de Pologne , et du Gouvernement
de ce Royaume ; où l'on trouve un détail
très- circonstancié de tout ce qui s'est passé
de plus remarquable sous le Regne de FREDERIC
AUGUSTE, et pendant les deux derniers interregnes,
par M *** 4 vol. in 12. Amsterdam, 1734.
Le cinquiéme volume sous presse , contiendra
'Histoire de ce qui s'est passé depuis la Diette
de Convocation , jusques à l'Election du Roy
STANISLAS , et jusques à présent.
Mémoires très- fideles et très- éxacts des ExpéditionsMilitaires
qui se sont faites en Allemagne,
en Hollande et ailleurs depuis le Traité d'Aixla
- Chapelle jusques à celui de Nimegue , ausquels
on a joint la Relation de la Bataille de Senef, par
M. le Prince , et quelques autres Mémoires sur
les principales actions qui se sont passées pendant
cette guerre , in 12. 2. vol. 1734.
Le Droit de a Nature et des Gens , ou Systême
general des Principes les plus importans
de la Morale , de la Jurisprudence et de la Politique
, traduit du Latin de Puffendorf , avec les
Notes de M. de Barbeyrac , nouvelle Edition
très-augmentée , in 4. 2. vol. Amsterdem, 1734.
Refléxions sur la Poësie en general , sur l'Eglogue
, la Fable , l'Idylle , la Šatyre , l'Ode , et
sur les autres petits Poëmes , &c. suivies de trois
Lettres sur la décadence du Goût en France ,
M. R. D. S. M. in 8. La Haye , 1733 .
par
Memoire
NOVEMBR E. 1733. 2453
Mémoire de ce qui s'est passé sur Mer pendant
de 1688. jusqu'à 1697. entre la France
et Angleterre , par M. Burchett , in 12. Londres
, 1732.
la guerre
Continuation de l'Histoire du Parlement de
Bourgogne , depuis 1649. jusqu'en 1733. avec
les Armes et Blasons des Présidens et autres Of
ficiers de ce Parlement , in fol. Dijon , 1733 .
Nouvelle Histoire de la Ville de Tournus , et
de l'Abbaye de S. Filibert , avec une Table Chro
nologique , les preuves de l'Histoire , et le Pouil
lé des Bénefices et l'Histoire des Comtes de Châlons
, de Mâcon et des Sires de Baugé , avec figures
, 4. 2. vol . Dijon , 1735 .
in
Recherches interessantes sur l'Origine , la Formation
, &c. des Vers tuyau , qui infectent
les Vaisseaux et les Digues de Hollande , par
M. Massuet, avec figures , in 12. Amsterd. 1733 .
Traitez Géographiques et Historiques pour
faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte ,
cueillis par M. de la Martiniere , in 12. 2 , vol .
La Haye.
rc-
Nouvelle Dissertation sur les paroles de la
Consécration de l'Eucharistie , avec une Lertre
de M. l'Abbé Dugué , in 8. 1733.
Les Quatre- Semblables , Comédie, par M. Dominique
, in 12. 1733.
Le Bouquet , Comédie , par Mrs Romagnesi
et Riccoboni , 1733-
On trouve chez le même Libraire toutes sortes
de Livres , tant de France , que des Pays étrangers .
Histoire des Rois de Pologne , et du Gouvernement
de ce Royaume ; où l'on trouve un détail
très- circonstancié de tout ce qui s'est passé
de plus remarquable sous le Regne de FREDERIC
AUGUSTE, et pendant les deux derniers interregnes,
par M *** 4 vol. in 12. Amsterdam, 1734.
Le cinquiéme volume sous presse , contiendra
'Histoire de ce qui s'est passé depuis la Diette
de Convocation , jusques à l'Election du Roy
STANISLAS , et jusques à présent.
Mémoires très- fideles et très- éxacts des ExpéditionsMilitaires
qui se sont faites en Allemagne,
en Hollande et ailleurs depuis le Traité d'Aixla
- Chapelle jusques à celui de Nimegue , ausquels
on a joint la Relation de la Bataille de Senef, par
M. le Prince , et quelques autres Mémoires sur
les principales actions qui se sont passées pendant
cette guerre , in 12. 2. vol. 1734.
Le Droit de a Nature et des Gens , ou Systême
general des Principes les plus importans
de la Morale , de la Jurisprudence et de la Politique
, traduit du Latin de Puffendorf , avec les
Notes de M. de Barbeyrac , nouvelle Edition
très-augmentée , in 4. 2. vol. Amsterdem, 1734.
Refléxions sur la Poësie en general , sur l'Eglogue
, la Fable , l'Idylle , la Šatyre , l'Ode , et
sur les autres petits Poëmes , &c. suivies de trois
Lettres sur la décadence du Goût en France ,
M. R. D. S. M. in 8. La Haye , 1733 .
par
Memoire
NOVEMBR E. 1733. 2453
Mémoire de ce qui s'est passé sur Mer pendant
de 1688. jusqu'à 1697. entre la France
et Angleterre , par M. Burchett , in 12. Londres
, 1732.
la guerre
Continuation de l'Histoire du Parlement de
Bourgogne , depuis 1649. jusqu'en 1733. avec
les Armes et Blasons des Présidens et autres Of
ficiers de ce Parlement , in fol. Dijon , 1733 .
Nouvelle Histoire de la Ville de Tournus , et
de l'Abbaye de S. Filibert , avec une Table Chro
nologique , les preuves de l'Histoire , et le Pouil
lé des Bénefices et l'Histoire des Comtes de Châlons
, de Mâcon et des Sires de Baugé , avec figures
, 4. 2. vol . Dijon , 1735 .
in
Recherches interessantes sur l'Origine , la Formation
, &c. des Vers tuyau , qui infectent
les Vaisseaux et les Digues de Hollande , par
M. Massuet, avec figures , in 12. Amsterd. 1733 .
Traitez Géographiques et Historiques pour
faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte ,
cueillis par M. de la Martiniere , in 12. 2 , vol .
La Haye.
rc-
Nouvelle Dissertation sur les paroles de la
Consécration de l'Eucharistie , avec une Lertre
de M. l'Abbé Dugué , in 8. 1733.
Les Quatre- Semblables , Comédie, par M. Dominique
, in 12. 1733.
Le Bouquet , Comédie , par Mrs Romagnesi
et Riccoboni , 1733-
On trouve chez le même Libraire toutes sortes
de Livres , tant de France , que des Pays étrangers .
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Résumé : Livres nouveaux à Paris, chez BRIASSON.
Le document énumère des livres récemment publiés et disponibles chez le libraire Briasson à Paris. Parmi les ouvrages, 'Histoire des Rois de Pologne, et du Gouvernement de ce Royaume' en quatre volumes relate les événements sous le règne de Frédéric Auguste et les deux derniers interrègnes, avec un cinquième volume en préparation couvrant les événements jusqu'à l'élection du roi Stanislas. 'Mémoires très-fidèles et très-exacts des Expéditions Militaires' décrit les campagnes militaires en Allemagne, en Hollande et ailleurs entre les traités d'Aix-la-Chapelle et de Nimègue, incluant la bataille de Senef. Le document mentionne également des traductions et des éditions augmentées, comme 'Le Droit de la Nature et des Gens' de Puffendorf, traduit par Barbeyrac. D'autres publications incluent des réflexions sur la poésie, des mémoires sur les événements maritimes entre la France et l'Angleterre, des histoires du Parlement de Bourgogne, et des recherches sur divers sujets historiques et scientifiques. Le libraire propose aussi des comédies et des traités géographiques et historiques pour faciliter la compréhension de l'Écriture Sainte.
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3604
p. 128-129
ENVOY pour la mesme.
Début :
Pour te donner los condignes de Toy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY pour la mesme.
E N VOY
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
pour
la meſme
.
Pour te donner los condignes
de Toy ,
Certes te duit meilleur
GALANT . 129
Poëte
que
moy
Mefme
Marot
n'eft
pour
ce trop habile
;
Carpour
louer
ta Muſe
fi gentille
,
Tant de merite , un esprit
tout charmant ,
Meffer Phoebus le peut
feul dignement.
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3605
p. 2028-2029
LOGOGRYPHE.
Début :
Hermaphrodite & marchant sur trois piés [...]
Mots clefs :
Automne
3606
p. 128-129
LE FAINEANT.
Début :
Il faut être bien fou, pour voir le Grand . . . Sophy, [...]
Mots clefs :
Fainéant
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texteReconnaissance textuelle : LE FAINEANT.
LE FAINEANT..
Ilfaut être bien fou , pour voirle
Grand Sophy,
Derisquer le courroux d'un orage
qui cingle ,
Se voirperir en Mer ,fansfauver
une épingle ,
Etfaire avec Neptuneun fi triſte
défi
L'esprit &l'industrie en tout tems
m'ont . ſuffi ,
Je dors dans tous les lits , quand
ilsferoient fans tringle ,
Etfans m'embarraßer des docu
-ments de • : Zuingle ,
Je nefonge qu'à ceux de feu Pillot
Bouffi :
GALANT. 129
lequot
que j'
Héquoi, vous voudriezmes amis,
allaffe ,
M'affligerde n'avoirpour lit qu'une
paillaffe ,
Et pour toute boiſſon levinle plus
ginguet?
Quandje sçaurois trouvermafortuneà
Ligourne ,
Je vis commeje puis , &nargue
du trinquet ,
Bien ou mal , c'est ainsi chaquejour
quej enfourne.
Ilfaut être bien fou , pour voirle
Grand Sophy,
Derisquer le courroux d'un orage
qui cingle ,
Se voirperir en Mer ,fansfauver
une épingle ,
Etfaire avec Neptuneun fi triſte
défi
L'esprit &l'industrie en tout tems
m'ont . ſuffi ,
Je dors dans tous les lits , quand
ilsferoient fans tringle ,
Etfans m'embarraßer des docu
-ments de • : Zuingle ,
Je nefonge qu'à ceux de feu Pillot
Bouffi :
GALANT. 129
lequot
que j'
Héquoi, vous voudriezmes amis,
allaffe ,
M'affligerde n'avoirpour lit qu'une
paillaffe ,
Et pour toute boiſſon levinle plus
ginguet?
Quandje sçaurois trouvermafortuneà
Ligourne ,
Je vis commeje puis , &nargue
du trinquet ,
Bien ou mal , c'est ainsi chaquejour
quej enfourne.
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3608
p. 108-110
AUTRE.
Début :
Six Lettres font mon nom ; devinez, je vous prie, [...]
Mots clefs :
Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Six Lettres font mon nom , devinez , je vou pric ,
A ma couleur , en quel canton ,
Je nais , et d'où je suis sortie ,
Pour paroître en bonne maison ,
Combinez -moi de toute sorte ,
Par haut , ou par bas , il n'importe ,
Voici ce que je fournirai.
D'abord je vous rappellerai ,
JANVIER. 1734 109
Un Prince fameux dans l'Histoire ,
Qui de plus d'un François a fait l'heur et l
gloire ,
Et battu dans divers combats ,
Sçut conquerir de grands Etats.
Un grand esprit rempli de gloire ,'
L'art d'un mortel , lequel sans boire ;
Traverse un Fleuve sans Batteau ,
Un Métail , sans lequel ni le bon , ni le beau ,
Ne se voit nulle part, pas même chez un Prince?
Un timide animal , lequel en sa Province ,
Engendre un animal guerrier ;
Un grain qui plaît à cette bête ;
Un bruit qui fait mal à la tête
Et tres-capable d'effrayer ,
Soit dans la paix , soit dans la guerre ,
Fâcheux sur Mer , plus que sur terre ;
Le mal d'un Chien , qu'on nomme fou ,
Et qu'on craint plus qu'un Loup garou ;
Le nom d'une Ville d'Affrique :
Morceau d'instrument de Musique ;
Un cours parfait du blond Phoebus ,
Qui courant du Verseau jusques au Capricor
ne ,
Consomme un certain temps , pour atteindre à
la borne
Cherchez , comme on cherche un Rebus.
En moi l'on trouve un mot , en tout Pays conforme
>
Fiij Qui
110 MERCURE DE FRANCE
Qui conclud en latin un argument en forme.
P. M. L. M. D. S. Y.
Six Lettres font mon nom , devinez , je vou pric ,
A ma couleur , en quel canton ,
Je nais , et d'où je suis sortie ,
Pour paroître en bonne maison ,
Combinez -moi de toute sorte ,
Par haut , ou par bas , il n'importe ,
Voici ce que je fournirai.
D'abord je vous rappellerai ,
JANVIER. 1734 109
Un Prince fameux dans l'Histoire ,
Qui de plus d'un François a fait l'heur et l
gloire ,
Et battu dans divers combats ,
Sçut conquerir de grands Etats.
Un grand esprit rempli de gloire ,'
L'art d'un mortel , lequel sans boire ;
Traverse un Fleuve sans Batteau ,
Un Métail , sans lequel ni le bon , ni le beau ,
Ne se voit nulle part, pas même chez un Prince?
Un timide animal , lequel en sa Province ,
Engendre un animal guerrier ;
Un grain qui plaît à cette bête ;
Un bruit qui fait mal à la tête
Et tres-capable d'effrayer ,
Soit dans la paix , soit dans la guerre ,
Fâcheux sur Mer , plus que sur terre ;
Le mal d'un Chien , qu'on nomme fou ,
Et qu'on craint plus qu'un Loup garou ;
Le nom d'une Ville d'Affrique :
Morceau d'instrument de Musique ;
Un cours parfait du blond Phoebus ,
Qui courant du Verseau jusques au Capricor
ne ,
Consomme un certain temps , pour atteindre à
la borne
Cherchez , comme on cherche un Rebus.
En moi l'on trouve un mot , en tout Pays conforme
>
Fiij Qui
110 MERCURE DE FRANCE
Qui conclud en latin un argument en forme.
P. M. L. M. D. S. Y.
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3609
p. 764-766
PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
Début :
Feu M. Roüillé de Messay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçû le noble [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Prix, Prix de l'Académie royale des sciences, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
PRIX propofe par l' Academie Royale des
Sciences. , pour l'année 1732 .
F
Eu M. Rouillé de Mellay , ancien Confeiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
deffein de contribuer au progrès des Sciences & à
l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
l'Academie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui feront diftribuez à ceux qui , au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réuffi fur deux differentes fortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans fon Teftament , & dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Siftême
général du Monde , & l'Aftronomie Phyſique..
Ce Prix devroit être de deux mille liv . aux termes
du Teſtament , & ſe diſtribuer tous les ans、
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans afin de le rendre
plus confiderable , & il fera de 2.500 liv.
Les fujets du fecond Prix regardent la Navigation
& le Commerce.
,
Il ne fe donnera que tous les deux ans , & fera
de deux mille livres.
L'Académie fe conformant aux vûës & aux intentions
du Tefta teur ,propofe pour Sujet du premier
Prix , qui tombe dans l'année 1732 .
Quelle est la caufe Phyfique de l'inclinaison
des Plans , des Orbites , des Planettes , par rapport
au Plan de l'Equateur de la révolution du
Soleil autour de fon Axe , & d'où vient que es
Inclinaisons de ces Orbites font differentes ensr'elles..
Les
AVRIL. 1730. 76.5
Les Savans de toutes les Nations font invitez
à travailler fur ces fujets , & même les Affociez
Etrangers de l'Académie. Elle s'eft fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui compoferont font invitez à écrire en
François ou en Latin , mais fans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront, & l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits foient fort lifibles,
fur-tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvra
ges , mais feulement une Sentence ou Devife. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un
Billet féparé & cacheté par eux , où feront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez &
leur adreffe , & ce Billet ne fera ouvert par l'Académie
, qu'en cas que la Piece ait remporté le
Prix .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adrefferont
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie, ou les lui feront remettre entre
les mains . Dans ce fecond cas , le Secretaire
en donnera en même -tems,à celui qui les lui aura
remis ,fon Recepiffé , oùì fera marquée la Sentence
de l'Ouvrage & fon numero,felon l'ordre ou lo
tems dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne feront reçûs que jufqu'au premier
Septembre 1731. exclufivement.
L'Académie à fon Affemblée publique d'après
Pâques 1732. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y aun Recepiffe du Secretaire pour la Piéce
qui aura remporté le Prix ,le Tréforier de l'Académie
délivrera la fomme du Prix à celui qui
Jui rapportera ce Récepiffé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité. S'il
766 MERCURE DE FRANCE
S'il n'y a pas de Récepiffé du Secretaire , le-
Tréforier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui fe fera connoître , ou au Porteur d'une.
Procuration de fa part.
MONSIEUR BERNOULLI , Profeffeur en Mathématique
à Bále , aremporté le Prix de 1730..
Sciences. , pour l'année 1732 .
F
Eu M. Rouillé de Mellay , ancien Confeiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
deffein de contribuer au progrès des Sciences & à
l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
l'Academie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui feront diftribuez à ceux qui , au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réuffi fur deux differentes fortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans fon Teftament , & dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Siftême
général du Monde , & l'Aftronomie Phyſique..
Ce Prix devroit être de deux mille liv . aux termes
du Teſtament , & ſe diſtribuer tous les ans、
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans afin de le rendre
plus confiderable , & il fera de 2.500 liv.
Les fujets du fecond Prix regardent la Navigation
& le Commerce.
,
Il ne fe donnera que tous les deux ans , & fera
de deux mille livres.
L'Académie fe conformant aux vûës & aux intentions
du Tefta teur ,propofe pour Sujet du premier
Prix , qui tombe dans l'année 1732 .
Quelle est la caufe Phyfique de l'inclinaison
des Plans , des Orbites , des Planettes , par rapport
au Plan de l'Equateur de la révolution du
Soleil autour de fon Axe , & d'où vient que es
Inclinaisons de ces Orbites font differentes ensr'elles..
Les
AVRIL. 1730. 76.5
Les Savans de toutes les Nations font invitez
à travailler fur ces fujets , & même les Affociez
Etrangers de l'Académie. Elle s'eft fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui compoferont font invitez à écrire en
François ou en Latin , mais fans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront, & l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits foient fort lifibles,
fur-tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvra
ges , mais feulement une Sentence ou Devife. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un
Billet féparé & cacheté par eux , où feront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez &
leur adreffe , & ce Billet ne fera ouvert par l'Académie
, qu'en cas que la Piece ait remporté le
Prix .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adrefferont
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie, ou les lui feront remettre entre
les mains . Dans ce fecond cas , le Secretaire
en donnera en même -tems,à celui qui les lui aura
remis ,fon Recepiffé , oùì fera marquée la Sentence
de l'Ouvrage & fon numero,felon l'ordre ou lo
tems dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne feront reçûs que jufqu'au premier
Septembre 1731. exclufivement.
L'Académie à fon Affemblée publique d'après
Pâques 1732. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y aun Recepiffe du Secretaire pour la Piéce
qui aura remporté le Prix ,le Tréforier de l'Académie
délivrera la fomme du Prix à celui qui
Jui rapportera ce Récepiffé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité. S'il
766 MERCURE DE FRANCE
S'il n'y a pas de Récepiffé du Secretaire , le-
Tréforier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui fe fera connoître , ou au Porteur d'une.
Procuration de fa part.
MONSIEUR BERNOULLI , Profeffeur en Mathématique
à Bále , aremporté le Prix de 1730..
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Résumé : PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
En 1730, M. Rouillé de Mellay, ancien conseiller au Parlement de Paris, a légué un fonds à l'Académie Royale des Sciences pour créer deux prix annuels afin de promouvoir les sciences et l'utilité publique. Le premier prix, doté de 2 500 livres tous les deux ans, concerne le système général du monde et l'astronomie physique. Pour 1732, le sujet proposé est l'inclinaison des plans et des orbites des planètes par rapport à l'équateur du Soleil. Le second prix, de 2 000 livres également tous les deux ans, porte sur la navigation et le commerce. L'Académie invite les savants de toutes les nations à soumettre leurs travaux en français ou en latin, anonymement et accompagnés d'une devise. Les œuvres doivent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1731. Le prix sera décerné lors de l'assemblée publique d'après Pâques 1732. Si un reçu est fourni, le trésorier remettra la somme au porteur du reçu. Sinon, le prix sera remis à l'auteur ou à son représentant. En 1730, M. Bernoulli, professeur de mathématiques à Bâle, a remporté le prix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3610
p. 2434-2436
Elemens de Géométrie, &c. [titre d'après la table]
Début :
ELEMENS DE GEOMETRIE, avec un abregé d'Arithmetique et d'Algebre, dédiez [...]
Mots clefs :
Géométrie, Arithmétique, Algèbre, Trigonométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Elemens de Géométrie, &c. [titre d'après la table]
ELEMENS PE GEOMETRRIE , avec un
abregé d'Arithmetique et d'Algebre , dédiez à l'Université de Paris , par M. Rivard. A Paris , rue S. Jacques, chez Clande Jombert et Henry , vis-à -vis S. Yves ,
1732. 400 pag. in quarto.
Get Ouvrage renferme deux Parties ,
dont la premiere est un abregé d'Arith
métique et d'Algebre ; et la seconde, qui
est la principale , sont les Elemens de
Géométrie , ausquels on a ajouté un Trai
té de Trigonométrie rectiligne. L'Auteur
ayant souhaité le dédier à l'Université
de
NOVEMBRE 1731 243¶
de Paris , M. le Recteur l'a fait examiner
par quelques Professeurs de Philosophie
qui en ont rendu un témoignage fort
avantageux , comme on le peut voir par
par une conclusion du Tribunal de l'U
niversité , que l'on trouve imprimée après
le Privilege. M. Grandin , Professeur de
Philosophie , au College de Navarre, qui
est un de ceux qui avoient été priez
d'examiner l'Ouvrage , a envoié à l'Auteur l'Approbation suivante.
Les connoissances qu'on veut donner
Lesprit , doivent être précédées de tout ce qu'el
Les supposent , pour être comprises dans toute
leur étendue. L'ordre et la nettetési néces
saire en tout genre , le sont plus particuliere
ment , quand il s'agit de Géométrie. C'est
dans un fécond enchaînement de propósi
tions , clairement énoncées , que consiste tou
te la difficulté et tout le prix des Elemens de
Géométrie. L'Auteur de cet Ouvrage m'a pa
rú avoir disposé ces Elemens de maniere que
ce qu'ilpresente d'abord mene naturellement
Lesprit à Pintelligence de ce qui suit.
Il a écarté ce qui peut être suppléé , il æ
passé du simple au composé , et il s'est atta
ché à suivre cet ordre naturel , qu'on recher
che avectant d'ardeur depuis plus d'un sié
cle.Les Mathematiques font aujourd'hui une
partie si commune et si necessaire de la PhyF iiij sique,
2436 MERCURE DE FRANCE
sique , qu'on ne sçauroit trop en recommander l'étude à la jeunesse. On ne peut aussi
marquer trop de reconnoissance aux per
sonnes habiles , qui prennent la peine d'en
faciliter l'entrée. A Paris ce premier jour d'Août 1732.
Signé M. GRANDIN.
abregé d'Arithmetique et d'Algebre , dédiez à l'Université de Paris , par M. Rivard. A Paris , rue S. Jacques, chez Clande Jombert et Henry , vis-à -vis S. Yves ,
1732. 400 pag. in quarto.
Get Ouvrage renferme deux Parties ,
dont la premiere est un abregé d'Arith
métique et d'Algebre ; et la seconde, qui
est la principale , sont les Elemens de
Géométrie , ausquels on a ajouté un Trai
té de Trigonométrie rectiligne. L'Auteur
ayant souhaité le dédier à l'Université
de
NOVEMBRE 1731 243¶
de Paris , M. le Recteur l'a fait examiner
par quelques Professeurs de Philosophie
qui en ont rendu un témoignage fort
avantageux , comme on le peut voir par
par une conclusion du Tribunal de l'U
niversité , que l'on trouve imprimée après
le Privilege. M. Grandin , Professeur de
Philosophie , au College de Navarre, qui
est un de ceux qui avoient été priez
d'examiner l'Ouvrage , a envoié à l'Auteur l'Approbation suivante.
Les connoissances qu'on veut donner
Lesprit , doivent être précédées de tout ce qu'el
Les supposent , pour être comprises dans toute
leur étendue. L'ordre et la nettetési néces
saire en tout genre , le sont plus particuliere
ment , quand il s'agit de Géométrie. C'est
dans un fécond enchaînement de propósi
tions , clairement énoncées , que consiste tou
te la difficulté et tout le prix des Elemens de
Géométrie. L'Auteur de cet Ouvrage m'a pa
rú avoir disposé ces Elemens de maniere que
ce qu'ilpresente d'abord mene naturellement
Lesprit à Pintelligence de ce qui suit.
Il a écarté ce qui peut être suppléé , il æ
passé du simple au composé , et il s'est atta
ché à suivre cet ordre naturel , qu'on recher
che avectant d'ardeur depuis plus d'un sié
cle.Les Mathematiques font aujourd'hui une
partie si commune et si necessaire de la PhyF iiij sique,
2436 MERCURE DE FRANCE
sique , qu'on ne sçauroit trop en recommander l'étude à la jeunesse. On ne peut aussi
marquer trop de reconnoissance aux per
sonnes habiles , qui prennent la peine d'en
faciliter l'entrée. A Paris ce premier jour d'Août 1732.
Signé M. GRANDIN.
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Résumé : Elemens de Géométrie, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Éléments de Géométrie', un ouvrage publié en 1732 par M. Rivard et dédié à l'Université de Paris. Cet ouvrage se divise en deux parties : un abrégé d'arithmétique et d'algèbre, et une section principale sur les éléments de géométrie, incluant un traité de trigonométrie rectiligne. L'ouvrage a été examiné par des professeurs de philosophie de l'Université de Paris, qui ont rendu un témoignage favorable. M. Grandin, professeur de philosophie au Collège de Navarre, a approuvé l'ouvrage, soulignant l'importance de l'ordre et de la clarté dans l'enseignement de la géométrie. Il a noté que l'auteur a structuré les éléments de manière à guider naturellement l'esprit du lecteur du simple au composé, suivant un ordre naturel recherché depuis plus d'un siècle. L'étude des mathématiques est considérée comme essentielle pour la physique et doit être recommandée à la jeunesse. L'approbation de M. Grandin est datée du 1er août 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3611
p. 124-127
A Paris le ... 1717.
Début :
Madame de Châteautiers disoit avant hier au Regent chez [...]
Mots clefs :
Régent, Abbé, Duchesse, Billet, Ignorance, Injustice, Défauts, Historiens, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Paris le ... 1717.
AParis le ...
1717.
Madame de Châteautiers diſoit
avanthier au Regent chez MADAME
, combien Madame la Duchefſe
de Vantadour ſe loüoit de lui :
Jefais , luit dit le régent , tous les
plaisirs queje puis, &je ne laiſſepas
de faire beaucoup deMécontens ; Μ.
l'Abbé de Saint Pierre , qui étoit
préſent , dit , que Titus étoit dans
le même cas : Je ſçail'Histoire de
Titus , auſſibien que vous , dit le
Regent , &je n'ai vû nulle parts .
que personneſeſoit jamais plaint de
eet Empereur. Madame la Du-
CHESSE arriva , & l'affaire de Titus
en demeura là ; Mais le lendemain
M. l'Abbé de Saint Pierre
écrivit à Madame de Châteautiers
le Billet ſuivant .
Titus aimé des Bons,fut hai des Injustes.
DE JUILLET.
125
Ne conviendrez-vous pás , Madame
, que la pluſpart des hommes
ignorent le nombre& la grandeur
de leurs déffauts , le nombre .
&la grandeur des bonnes qualitez
des autres; qu ils ignorent une partie
de ce qu'ils doivent , & qu'ils
demandent plus qu'il ne leur eſt
dû..
Or , il eſt impoſſible que cette
ignorance fi commune , ne faffe
dans leMonde une quantité prodigieuſede
perſonnes injustes, c'eſt
laNature de l'homme : Et comme
la Nature eſt la même dans tous
les Païs & dans tous les Tems ,
pourriez -vous douter , Madame ,
qu'il n'yût autant de Gens injuſtes
à Rome du tems de-Titus , qu'il y
en a préfentement à Paris.
८
Ne conviendrez -vous pas encore
, Madame , qu'il eſt impoſſible
de contenter tous les jours beaucoup
d'Injuſtes , ſans faire tous les
joursbeaucoup d'Injustices ; & qu'il
eſt de même impoffible de faire
justice , en leur faifant rendre cese
Liij
126 LE MERCURE
qu'ils refuſent , ou en leur refuſant -
ce qu'ils demandent,ſans les rendre
mécontens.
Je ſoûtiensdonc toûjours , Madame,
que ſi Titus a été auſſi bon
&auſſi juſte qu'on le dit , il eſt
impoſſible qu'il n'ait été hai de tous
les Injuſtes qui avoient à faire à
lui . Or, je vous ſupplie , Madame,
ai je beſoin du témoignage desHiftoriens
, pour prouver une choſe
qui ne peut pas avoir été autrement
? Ai -je beſoin du témoignage
de Suetone , pour perfuader que
Titus étoit quelques fois trompé
par ſes Miniſtres ? Je dirai plus:Titus
feroit, fort mal loüé , ſi l'on
pouvoit dire de lui , qu'il fût aimé
des Injuſtes; cette loiüange n'apartient
qu'à Noron : Le mécontentement
des injuftes fait la gloire
d'un bonPrince : Ainſi , je ferois
fort affligé , ſi le Regent ne faiſoit
pas un aſſes grand nombrede nécontens
; & j'efpere bien que la
Poſterité dira un jour de lui, ce que
je vous diſois hier de Titus ...
DE JUILLET. 127
Philippe aimédes Bons, fut hai des
Injustes.
27. Fevrier 17170 .
1717.
Madame de Châteautiers diſoit
avanthier au Regent chez MADAME
, combien Madame la Duchefſe
de Vantadour ſe loüoit de lui :
Jefais , luit dit le régent , tous les
plaisirs queje puis, &je ne laiſſepas
de faire beaucoup deMécontens ; Μ.
l'Abbé de Saint Pierre , qui étoit
préſent , dit , que Titus étoit dans
le même cas : Je ſçail'Histoire de
Titus , auſſibien que vous , dit le
Regent , &je n'ai vû nulle parts .
que personneſeſoit jamais plaint de
eet Empereur. Madame la Du-
CHESSE arriva , & l'affaire de Titus
en demeura là ; Mais le lendemain
M. l'Abbé de Saint Pierre
écrivit à Madame de Châteautiers
le Billet ſuivant .
Titus aimé des Bons,fut hai des Injustes.
DE JUILLET.
125
Ne conviendrez-vous pás , Madame
, que la pluſpart des hommes
ignorent le nombre& la grandeur
de leurs déffauts , le nombre .
&la grandeur des bonnes qualitez
des autres; qu ils ignorent une partie
de ce qu'ils doivent , & qu'ils
demandent plus qu'il ne leur eſt
dû..
Or , il eſt impoſſible que cette
ignorance fi commune , ne faffe
dans leMonde une quantité prodigieuſede
perſonnes injustes, c'eſt
laNature de l'homme : Et comme
la Nature eſt la même dans tous
les Païs & dans tous les Tems ,
pourriez -vous douter , Madame ,
qu'il n'yût autant de Gens injuſtes
à Rome du tems de-Titus , qu'il y
en a préfentement à Paris.
८
Ne conviendrez -vous pas encore
, Madame , qu'il eſt impoſſible
de contenter tous les jours beaucoup
d'Injuſtes , ſans faire tous les
joursbeaucoup d'Injustices ; & qu'il
eſt de même impoffible de faire
justice , en leur faifant rendre cese
Liij
126 LE MERCURE
qu'ils refuſent , ou en leur refuſant -
ce qu'ils demandent,ſans les rendre
mécontens.
Je ſoûtiensdonc toûjours , Madame,
que ſi Titus a été auſſi bon
&auſſi juſte qu'on le dit , il eſt
impoſſible qu'il n'ait été hai de tous
les Injuſtes qui avoient à faire à
lui . Or, je vous ſupplie , Madame,
ai je beſoin du témoignage desHiftoriens
, pour prouver une choſe
qui ne peut pas avoir été autrement
? Ai -je beſoin du témoignage
de Suetone , pour perfuader que
Titus étoit quelques fois trompé
par ſes Miniſtres ? Je dirai plus:Titus
feroit, fort mal loüé , ſi l'on
pouvoit dire de lui , qu'il fût aimé
des Injuſtes; cette loiüange n'apartient
qu'à Noron : Le mécontentement
des injuftes fait la gloire
d'un bonPrince : Ainſi , je ferois
fort affligé , ſi le Regent ne faiſoit
pas un aſſes grand nombrede nécontens
; & j'efpere bien que la
Poſterité dira un jour de lui, ce que
je vous diſois hier de Titus ...
DE JUILLET. 127
Philippe aimédes Bons, fut hai des
Injustes.
27. Fevrier 17170 .
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3612
p. 110-113
Panegyrique de S. François d'Assise, &c. [titre d'après la table]
Début :
PANEGYRIQUE de S. François d'Assise, prononcé dans l'Eglise du grand Convent [...]
Mots clefs :
Saint François d'Assise, R. P. Poisson, Autorités, Discours
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texteReconnaissance textuelle : Panegyrique de S. François d'Assise, &c. [titre d'après la table]
P ANEGYRIQUE de S. François
d’Assisc, prononcé dans l’Eglise du grand
Convenr des R R. P P. Cordeliers de
Paris, le 4. Octobre 1732. Par le Par:
Poisson , Cardelier , Prédicateur ordinaire
_du Roy, Ex-DéfinitaurGeneral de tout l ‘Or
dre de -S. François , ancien Provincial, et
Premier Pare de la grande Province de Fmn
ce , eÿw‘. Brocñure in 4.. de 102. pages,
sans une Préface , qui en contient 12.. A
Paris, chez F- Joue , ruiSaint Iacqucs,
M. DCC. XXXIII, _
Si la grande réputation du R. P. Pois
1
son lui attira un nombreux Auditoire dans‘
l’Eglise où il prononça ce Panégyriquc,
il ne faut pas dourerque Pimpression de
cet Ouvrage , depuis refléchi et orné par‘
l'Auteur, nexcire les mêmes empresse
mcns pour sa lecture. Nous voudrions
bien pouvoir en donner un-Extrait; mais
c’est un Ouvrage si rempli et si étendu ,
ue cette entreprise nous portcroxtv 1n
gnilliblement ait-delà des bornes dans lcs
- e _ ' 1 quelles
J A NV I ER. i733. j n!
quelles nous sommes nécessairement res
serrez. ll est d'ailleurs de certaines pro
ductions qu’il est à propos de voir dans
leur entier , et qui ne peuvent que perg
dre par des Extraits. .
Comme le R. P. Poisson a parlé dans
son Discours le langage de l’Ectitu_re,'
' des Peres et des Ecrivains Ecclesiastiques,
et qu'il n’y a pas omis les autoriiez des
_ Auteurs Profanes _, des Poètes mêmes
‘Grecs et Latins , appuyé de cette expres
=sion de Tertullien : i‘ O testimauiu vari
tutis que upud Cbristiamarum ! iilpam eduomsaoniinaldetesfteanitre im
primer exactement toutes ces autoritez ,
qui en insttuisant, ne donnent pas un
‘petit ornement au corps de l’Ouv'ragv,
et marquent une prodigieuse lecture de
la part de l’Autcur. , .
î ' Cette Méthode, au reste, est justifiée
au long dans la Préface, et se trouve ici
bien differente de celle qui éroit en vos
gue il y a 150. ans. Elle consistoir, dit
u le P.Poisson, à faire un prétendu Sermon
n François d’un amas de Citations Grec
» ques ‘et’ Latines , cousuës presque sans
ndessein , avec quelques mots de notre
n Langue , qui croient la seule qiose que
n le Peuple pût en tendlre. Louons- 16s Ora
g Lia. de TestitrnvfnimwCwz. __ “
w ‘ F iuj acteurs
Q
‘tu. MERCURE DE FRANCE
nteurs qui ont banni ce mauvais goût.
n mais ce ne doit pas non-plus être à la.
nmode de ne mettre dans des Discours
n qu’en a ppelleEvangeliquegque des ph ra.
» sestoures languissanres, toutes vuides l,
n toutes moribondes , que de vaines iina
.3) ges , des raisonnemens énerver, des
a preuves froides, des comparaisons in
ca sipides. , ' .
Le sçavant Panegyriste est , comme
nous Pavons dit, bien éloigné de cette
maniere de prêcher ; on peut: dire en
gilet qu’en citant un si grand nombre
d’autoritez, il s’est parfaitement accom
modé au goût de ce Public éclairé , dont
il parle en ces termes. q _
_ n Il veut, ce Public,-que nous sçachions
o) si bien fondre nos études , qu'avec la
n substance et l’esprit des grands Ecri
r» vains, nous lui donnions des Périodes
» vivantes , des descriptions animées , des
"raisons solides , des preuves victorieu-_
s: ses , des autoritez respectables et‘ assor
Ÿties; il aime à trouver dans la force de
7’ nos Discours la garantie de notre capa:
9’ cire’ ,2‘: ne pouvoir nous soupçonner d'i
”_ gnorance, et nous regarderxjusques dans
ê’ la Chaire Evangelique , comme un Airain
D sonnant e: comme- une Cymbale retentir-q
v sante, 1. Corinrh. 15.2..
r _ , Enfin.
JANVIER. 173;.‘ tf3’
" Enfin il faut comîenir que tohuf ce Dis
cours, d’une pour ainsi-diraes,seiznonodnëld1ee étcee Fleëuv,eedste:
Litteratute , qui est si nécessaire à l’es:
prit pour produire quelque chose cle grand
et d’accompli, suivant la pensée et l'ex
Pression. d’un Ecrivain de l’Antiquité la
plus polie: Neque cunciperç , nm caler: par
tnm {ment patît, trin‘ iflgffili flumine Lit-_
ter-arum 1mm 4m.
d’Assisc, prononcé dans l’Eglise du grand
Convenr des R R. P P. Cordeliers de
Paris, le 4. Octobre 1732. Par le Par:
Poisson , Cardelier , Prédicateur ordinaire
_du Roy, Ex-DéfinitaurGeneral de tout l ‘Or
dre de -S. François , ancien Provincial, et
Premier Pare de la grande Province de Fmn
ce , eÿw‘. Brocñure in 4.. de 102. pages,
sans une Préface , qui en contient 12.. A
Paris, chez F- Joue , ruiSaint Iacqucs,
M. DCC. XXXIII, _
Si la grande réputation du R. P. Pois
1
son lui attira un nombreux Auditoire dans‘
l’Eglise où il prononça ce Panégyriquc,
il ne faut pas dourerque Pimpression de
cet Ouvrage , depuis refléchi et orné par‘
l'Auteur, nexcire les mêmes empresse
mcns pour sa lecture. Nous voudrions
bien pouvoir en donner un-Extrait; mais
c’est un Ouvrage si rempli et si étendu ,
ue cette entreprise nous portcroxtv 1n
gnilliblement ait-delà des bornes dans lcs
- e _ ' 1 quelles
J A NV I ER. i733. j n!
quelles nous sommes nécessairement res
serrez. ll est d'ailleurs de certaines pro
ductions qu’il est à propos de voir dans
leur entier , et qui ne peuvent que perg
dre par des Extraits. .
Comme le R. P. Poisson a parlé dans
son Discours le langage de l’Ectitu_re,'
' des Peres et des Ecrivains Ecclesiastiques,
et qu'il n’y a pas omis les autoriiez des
_ Auteurs Profanes _, des Poètes mêmes
‘Grecs et Latins , appuyé de cette expres
=sion de Tertullien : i‘ O testimauiu vari
tutis que upud Cbristiamarum ! iilpam eduomsaoniinaldetesfteanitre im
primer exactement toutes ces autoritez ,
qui en insttuisant, ne donnent pas un
‘petit ornement au corps de l’Ouv'ragv,
et marquent une prodigieuse lecture de
la part de l’Autcur. , .
î ' Cette Méthode, au reste, est justifiée
au long dans la Préface, et se trouve ici
bien differente de celle qui éroit en vos
gue il y a 150. ans. Elle consistoir, dit
u le P.Poisson, à faire un prétendu Sermon
n François d’un amas de Citations Grec
» ques ‘et’ Latines , cousuës presque sans
ndessein , avec quelques mots de notre
n Langue , qui croient la seule qiose que
n le Peuple pût en tendlre. Louons- 16s Ora
g Lia. de TestitrnvfnimwCwz. __ “
w ‘ F iuj acteurs
Q
‘tu. MERCURE DE FRANCE
nteurs qui ont banni ce mauvais goût.
n mais ce ne doit pas non-plus être à la.
nmode de ne mettre dans des Discours
n qu’en a ppelleEvangeliquegque des ph ra.
» sestoures languissanres, toutes vuides l,
n toutes moribondes , que de vaines iina
.3) ges , des raisonnemens énerver, des
a preuves froides, des comparaisons in
ca sipides. , ' .
Le sçavant Panegyriste est , comme
nous Pavons dit, bien éloigné de cette
maniere de prêcher ; on peut: dire en
gilet qu’en citant un si grand nombre
d’autoritez, il s’est parfaitement accom
modé au goût de ce Public éclairé , dont
il parle en ces termes. q _
_ n Il veut, ce Public,-que nous sçachions
o) si bien fondre nos études , qu'avec la
n substance et l’esprit des grands Ecri
r» vains, nous lui donnions des Périodes
» vivantes , des descriptions animées , des
"raisons solides , des preuves victorieu-_
s: ses , des autoritez respectables et‘ assor
Ÿties; il aime à trouver dans la force de
7’ nos Discours la garantie de notre capa:
9’ cire’ ,2‘: ne pouvoir nous soupçonner d'i
”_ gnorance, et nous regarderxjusques dans
ê’ la Chaire Evangelique , comme un Airain
D sonnant e: comme- une Cymbale retentir-q
v sante, 1. Corinrh. 15.2..
r _ , Enfin.
JANVIER. 173;.‘ tf3’
" Enfin il faut comîenir que tohuf ce Dis
cours, d’une pour ainsi-diraes,seiznonodnëld1ee étcee Fleëuv,eedste:
Litteratute , qui est si nécessaire à l’es:
prit pour produire quelque chose cle grand
et d’accompli, suivant la pensée et l'ex
Pression. d’un Ecrivain de l’Antiquité la
plus polie: Neque cunciperç , nm caler: par
tnm {ment patît, trin‘ iflgffili flumine Lit-_
ter-arum 1mm 4m.
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Résumé : Panegyrique de S. François d'Assise, &c. [titre d'après la table]
Le texte relate un panégyrique de Saint François d'Assise prononcé par le Père Poisson dans l'église des Cordeliers de Paris le 4 octobre 1732. Le Père Poisson, prédicateur ordinaire du roi et ancien Provincial de la grande Province de France, a attiré un large public grâce à sa réputation. L'ouvrage, publié en 1733, est une brochure de 102 pages sans préface, contenant 12 pages. Le Père Poisson utilise un langage ecclésiastique et cite des auteurs profanes, grecs et latins, justifiant cette méthode dans la préface. Il critique les sermons anciens, composés d'amas de citations sans cohérence, et les discours modernes trop languissants et vides. Le panégyrique est adapté au goût du public éclairé, qui apprécie des discours fondés sur des études solides, des descriptions animées, des raisons solides et des autorités respectables. Le discours est décrit comme un fleuve de littérature, essentielle pour produire des œuvres grandes et accomplies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3613
p. 118-119
EXPLICATION des Types & Legendes des Jettons frappez pour le premier Janvier 1724. dont la planche est ci à côté.
Début :
TRÉSOR ROYAL. LA figure d'un Fleuve, qui avec son [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION des Types & Legendes des Jettons frappez pour le premier Janvier 1724. dont la planche est ci à côté.
EXPLICATION Àes-'-f^^
Légendes des Jeitms fra-ffez
.jjnmìer Janvier 1714. dont la planche
est ci k côté.
A figure d'un Fleuve , qui: ^fciòrF
JL/ Urne répand des eaux dans un grarjttt
Ballin , Legende. Recipuqùe réfertqueí^ í
// rend ce qu'il refoit.
Parties Casvelibs.
Un grand Chesne qui laisse tomber
quantité de glands , Legende : Sic manet
immortale genus. C'est ainsi que fi ntc*
fimmortalise.
Chambre aux' Déni ers.
Un Arrosoir répandu fur de jeunes
Lauriers , Legende f Certior imbre. Cet»
j>lnye ajs-tre leur vie.
Bastimens du Roy.
Apollon bâti (Tant les murailles de ThebeS,
en joiiant de la Lyre , Légende r Saxa
aurita moventur. Les Pierres enundent ,
& se meuvent d'elles.mêmes.
ÛRD5-
^ANVIÊR uitç ïi*
ÒrûinAike DES GÒER.RïS.
La tête de Meduse representée sur un
Bouclier, Legende: Contra quid postent
ruentes ! Que fourroient contre elles les
efforts ennemis !
Extraordinaire des Guerres,'.
La Massiie d'Hercule. Legendes Etianw
que per otia terret. Elle inspire la órain*
te,' même dans son repos.
Marine.
Un Vaiíseau en plaine Mer conduit
par Jes étoiles de Castor & Pollux. Legen
de : Subamico íìdere tuta. Je vogue en
partitfins cet ajìre protetteur.
Galères.'
Des Òiíèaux de Proye qui semblent
r'égayer en volant sur une mer calme.
Legende : Discuntque pei otia bellutn.
ils apprennent la guerre dans le calmt
mime.
Légendes des Jeitms fra-ffez
.jjnmìer Janvier 1714. dont la planche
est ci k côté.
A figure d'un Fleuve , qui: ^fciòrF
JL/ Urne répand des eaux dans un grarjttt
Ballin , Legende. Recipuqùe réfertqueí^ í
// rend ce qu'il refoit.
Parties Casvelibs.
Un grand Chesne qui laisse tomber
quantité de glands , Legende : Sic manet
immortale genus. C'est ainsi que fi ntc*
fimmortalise.
Chambre aux' Déni ers.
Un Arrosoir répandu fur de jeunes
Lauriers , Legende f Certior imbre. Cet»
j>lnye ajs-tre leur vie.
Bastimens du Roy.
Apollon bâti (Tant les murailles de ThebeS,
en joiiant de la Lyre , Légende r Saxa
aurita moventur. Les Pierres enundent ,
& se meuvent d'elles.mêmes.
ÛRD5-
^ANVIÊR uitç ïi*
ÒrûinAike DES GÒER.RïS.
La tête de Meduse representée sur un
Bouclier, Legende: Contra quid postent
ruentes ! Que fourroient contre elles les
efforts ennemis !
Extraordinaire des Guerres,'.
La Massiie d'Hercule. Legendes Etianw
que per otia terret. Elle inspire la órain*
te,' même dans son repos.
Marine.
Un Vaiíseau en plaine Mer conduit
par Jes étoiles de Castor & Pollux. Legen
de : Subamico íìdere tuta. Je vogue en
partitfins cet ajìre protetteur.
Galères.'
Des Òiíèaux de Proye qui semblent
r'égayer en volant sur une mer calme.
Legende : Discuntque pei otia bellutn.
ils apprennent la guerre dans le calmt
mime.
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Résumé : EXPLICATION des Types & Legendes des Jettons frappez pour le premier Janvier 1724. dont la planche est ci à côté.
En janvier 1714, diverses légendes et figures sont illustrées. Un fleuve, représenté par une urne versant de l'eau dans un grand bassin, symbolise la réciprocité. Un chêne laissant tomber des glands illustre l'immortalité de la descendance. Un arrosoir arrosant de jeunes lauriers signifie que l'eau assure leur croissance. Apollon construit les murailles de Thèbes en jouant de la lyre, montrant que les pierres se meuvent d'elles-mêmes. La tête de Méduse sur un bouclier symbolise la défense contre les efforts ennemis. La massue d'Hercule inspire la crainte même dans son repos. Un vaisseau en mer, guidé par les étoiles de Castor et Pollux, indique une navigation protégée. Des oiseaux de proie volent sur une mer calme, apprenant la guerre dans le calme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3614
p. 127-130
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Début :
Je fuis d'abord un premier elemnt, [...]
Mots clefs :
Élément, Terre, Feu, Rime, Verre
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Parodie de la seconde
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Le poème énigmatique décrit les éléments nécessaires à la création et à la protection d'un verre. La terre, le feu, l'air, le fer et l'eau sont mentionnés. La terre forme le verre, le feu le transforme, l'air peut le briser, le fer le casse et l'eau le protège. Les devineurs n'ont pas identifié ces éléments.
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3615
p. 536-539
EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
Début :
Dom CLAUDE DE VIC, Religieux Benedictin de la Congrégation de [...]
Mots clefs :
Dom Claude Devic, Procureur général, Congrégation, Monastère, Pape Clément XI
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
EXTRAIT d'une Lettre de M... sur
la mort du R. P. Dom CLAUDE de Vic ,
Fun des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
CLAUDE DE VIC , Reli-
Dgieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , nâquit à Soréze, petite
Ville du Diocèse de Lavaur . Il n'avoit
que 17 ans lorsqu'il fit profession à Toulouse
, dans le Monastere de la Daurade
le 25 d'Octobre de l'an 1687. Il enseignoit
la Réthorique à l'Abbaye de S. Séver
, en Gascogne , dans un College que
les Religieux de ce Monastere y avoient
établi depuis quelques années , pour l'éducation
de la jeunesse de la Ville , lorsque
ses Supérieurs l'envoyerent à Rome
en 1701. pour y servir de Compagnon
au Procureur General de la Congregation.
Sa modestie , sa droiture , sa piété ,
SES
MARS. 1734. 537
ses manieres obligeantes , et son bon
coeur , qui le firent toujours aimef et estimer
en France , lui attirerent un tresgrand
nombre d'amis en Italie : Le Pape
Clement XI . et la Reine de Pologne Marie
Casimire l'honorerent en particulier
de leur bienveillance.
Il exerça avec succès en 1708. les fonc
tions de Vice -Procureur General , durant
l'absence de Dom Couillaume le Parre
Procureur General , que le Pape chargea
alors de reconduire en France , les six Religieuses
Françoises du S. Sacrement , que
la Reine de Pologne avoit appelées à Rome,
pour y fonder un Monastere de leur
Institut. Une des principales occupations
de Dom de Vic dans cette Ville , fut de
favoriser les études des Religieux de S.
Germain des Prez ses Confreres . Pour les
quels Ouvrages , il collationna plusieurs
Manuscrits du Vatican et des autres Bibliotheques
de Rome , et ausquels il
fournit divers autres Mémoires. Ce soin
ne l'empêcha pas de cultiver lui - même
les Lettres qu'il avoit aimées dès sa plus
tendre jeunesse , il traduisit , entr'autres
en latin , et augmenta la vie Françoise de
Dom Jean Mabillon , composée par Dom.
Thierri Ruinart ; il la fit imprimer à Padoue
en 1714. et la dédia à M. Aléxan-
Fv dr
*
$38 MERCURE DE FRANCE
dre Albani , neveu du Pape Clement XI.
et aujourd'hui Cardinal .
Il demanda de revenir en France, où il
fut rappellé en 1715 , dans le temps que
M. de la Berchere , Archevêque de Narbonne
, demandoit des Ouvriers au R. P.
General de la Congregation de S. Maur ,
pour l'Histoire de Languedoc. Il fut associé
pour cet ouvrage avec Dom Joseph
Vaissete , et ils ont travaillé depuis de
concert à cette Histoire , dont les deux
premiers volumes sont déja publics .
Dom Claude de Vic s'est employé à ce
travail autant que la foiblesse de son
temperamment peu robuste et diverses
Occupations , ausquelles il ne pouvoit se
refuser , le lui ont permis. Il étoit chargé
entr'autres , depuis plusieurs années de la
supériorité de divers Monasteres de Re
ligieuses que M. le Cardinal de Noailles,
Archevêque de Paris , et M. de Vintimille
du Luc , son successeur , lui avoient
confiée. Les bontez dont notre S. Pere le
Pape , Clement XII . heureusement regnant,
l'honoroit , avoient engagé depuis
peu ses Supérieurs à le nommer pour al
ler à Rome en qualité de Procureur General
de la Congrégation . Il se disposoit
à faire ce voyage au Printems prochain
lorsque la mort l'a enlevé le 23 Janvier
1734.
MARS. 1734- 539
734. dans le Monastere de S. Germain
des Prez , âgé de 64 ans accomplis.
la mort du R. P. Dom CLAUDE de Vic ,
Fun des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
CLAUDE DE VIC , Reli-
Dgieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur , nâquit à Soréze, petite
Ville du Diocèse de Lavaur . Il n'avoit
que 17 ans lorsqu'il fit profession à Toulouse
, dans le Monastere de la Daurade
le 25 d'Octobre de l'an 1687. Il enseignoit
la Réthorique à l'Abbaye de S. Séver
, en Gascogne , dans un College que
les Religieux de ce Monastere y avoient
établi depuis quelques années , pour l'éducation
de la jeunesse de la Ville , lorsque
ses Supérieurs l'envoyerent à Rome
en 1701. pour y servir de Compagnon
au Procureur General de la Congregation.
Sa modestie , sa droiture , sa piété ,
SES
MARS. 1734. 537
ses manieres obligeantes , et son bon
coeur , qui le firent toujours aimef et estimer
en France , lui attirerent un tresgrand
nombre d'amis en Italie : Le Pape
Clement XI . et la Reine de Pologne Marie
Casimire l'honorerent en particulier
de leur bienveillance.
Il exerça avec succès en 1708. les fonc
tions de Vice -Procureur General , durant
l'absence de Dom Couillaume le Parre
Procureur General , que le Pape chargea
alors de reconduire en France , les six Religieuses
Françoises du S. Sacrement , que
la Reine de Pologne avoit appelées à Rome,
pour y fonder un Monastere de leur
Institut. Une des principales occupations
de Dom de Vic dans cette Ville , fut de
favoriser les études des Religieux de S.
Germain des Prez ses Confreres . Pour les
quels Ouvrages , il collationna plusieurs
Manuscrits du Vatican et des autres Bibliotheques
de Rome , et ausquels il
fournit divers autres Mémoires. Ce soin
ne l'empêcha pas de cultiver lui - même
les Lettres qu'il avoit aimées dès sa plus
tendre jeunesse , il traduisit , entr'autres
en latin , et augmenta la vie Françoise de
Dom Jean Mabillon , composée par Dom.
Thierri Ruinart ; il la fit imprimer à Padoue
en 1714. et la dédia à M. Aléxan-
Fv dr
*
$38 MERCURE DE FRANCE
dre Albani , neveu du Pape Clement XI.
et aujourd'hui Cardinal .
Il demanda de revenir en France, où il
fut rappellé en 1715 , dans le temps que
M. de la Berchere , Archevêque de Narbonne
, demandoit des Ouvriers au R. P.
General de la Congregation de S. Maur ,
pour l'Histoire de Languedoc. Il fut associé
pour cet ouvrage avec Dom Joseph
Vaissete , et ils ont travaillé depuis de
concert à cette Histoire , dont les deux
premiers volumes sont déja publics .
Dom Claude de Vic s'est employé à ce
travail autant que la foiblesse de son
temperamment peu robuste et diverses
Occupations , ausquelles il ne pouvoit se
refuser , le lui ont permis. Il étoit chargé
entr'autres , depuis plusieurs années de la
supériorité de divers Monasteres de Re
ligieuses que M. le Cardinal de Noailles,
Archevêque de Paris , et M. de Vintimille
du Luc , son successeur , lui avoient
confiée. Les bontez dont notre S. Pere le
Pape , Clement XII . heureusement regnant,
l'honoroit , avoient engagé depuis
peu ses Supérieurs à le nommer pour al
ler à Rome en qualité de Procureur General
de la Congrégation . Il se disposoit
à faire ce voyage au Printems prochain
lorsque la mort l'a enlevé le 23 Janvier
1734.
MARS. 1734- 539
734. dans le Monastere de S. Germain
des Prez , âgé de 64 ans accomplis.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M... sur la mort du R. P. Dom CLAUDE DE VIC, l'un des Auteurs de l'Histoire de Languedoc.
Claude de Vic, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, naquit à Soréze dans le diocèse de Lavaur. À 17 ans, il entra au monastère de la Daurade à Toulouse en 1687. Il enseigna la rhétorique à l'abbaye de Saint-Sever en Gascogne avant d'être envoyé à Rome en 1701. Sa modestie, sa droiture, sa piété et son bon cœur lui gagnèrent l'amitié du Pape Clément XI et de la Reine de Pologne Marie Casimire. En 1708, il devint Vice-Procureur Général à Rome. Il soutint les études des religieux de Saint-Germain-des-Prés en collationnant des manuscrits et fournissant des mémoires. Il traduisit et augmenta la vie de Dom Jean Mabillon, publiée à Padoue en 1714. Rappelé en France en 1715, il collabora avec Dom Joseph Vaissete à l'Histoire de Languedoc, dont les deux premiers volumes furent publiés. Il supervisa également divers monastères de religieuses. Claude de Vic mourut le 23 janvier 1734 à l'âge de 64 ans au monastère de Saint-Germain-des-Prés.
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3616
p. 554-557
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Début :
Mr. Sicard, Medecin à Marseille, a découvert depuis quelques années un remede contre [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille;
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Le médecin marseillais R. Sicard a découvert un remède contre la goutte, une eau de couleur paille, efficace pour soulager et guérir rapidement les douleurs, notamment lors des crises aiguës. Ce remède fortifie la partie malade, dissout et élimine la matière goutteuse sans la répandre dans le sang. Il supprime également les symptômes associés comme la difficulté à respirer, les maux de tête, la rougeur du visage et la fièvre, sans nécessiter de jeûne ou de purgatif, à condition de suivre un régime frugal. L'illustre M. Didier, professeur de chimie à Montpellier, avait conclu en 1730 que seul un topique humoristique était utile contre la goutte. Sicard a trouvé ce topique après des recherches approfondies, bien que son efficacité soit limitée chez les goutteux avec des jambes enflées et hydropiques. L'application du remède consiste à imbiber un linge plié et appliqué sur la partie douloureuse avec une éponge trempée dans l'eau tiédie, en continu jusqu'à la cessation de la douleur. Ce remède, modéré en coût et disponible grâce à Sicard, pourrait être une véritable trouvaille pour le public.
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3617
p. 2006-2007
Avis qu'on nous prie d'inserer.
Début :
M. Chicoyneau, premier Médecin du Roy, sur la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre [...]
Mots clefs :
Médecin du roi, Chicoyneau, Poudre spécifique, Guérison, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis qu'on nous prie d'inserer.
Avis qu'on nous prie d'inserer.
M. Chicoyneau , premier Médecin du Roy,su
la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre
dre Spécifique , pour la guérison radicale des
Hémoroides , de quelque nature qu'elles soient ,
a confirmé le Privilege accordé par M. Chirac ,
son Prédecesseur.
Cette Poudre purifie le sang , appaise les inflammations , gonflemens et douleurs , ordinairement en à 6 prises ; facilite les Selles et les
Urines , n'a point de mauvais goût , et ne fait
aucune révolution. On peut vivre à son ordinai- re , vaquer à ses affaires , elle se conserve , et on
peut l'envoyer par tout,
Ilfaut s'addresser à Paris , au sieur de la Coste,
rue du Petit-Lyon , Fauxbourg S. Germain , chez
Mad. Frontier. Il donne les Frises cachetées , avec
un Paraphe et la maniere de les prendre. Il est le´
seul qui en a la distribusion. 3 liv. la Prise.
M. Chicoyneau , premier Médecin du Roy,su
la connoissance qu'il a des bons effets de la Poudre
dre Spécifique , pour la guérison radicale des
Hémoroides , de quelque nature qu'elles soient ,
a confirmé le Privilege accordé par M. Chirac ,
son Prédecesseur.
Cette Poudre purifie le sang , appaise les inflammations , gonflemens et douleurs , ordinairement en à 6 prises ; facilite les Selles et les
Urines , n'a point de mauvais goût , et ne fait
aucune révolution. On peut vivre à son ordinai- re , vaquer à ses affaires , elle se conserve , et on
peut l'envoyer par tout,
Ilfaut s'addresser à Paris , au sieur de la Coste,
rue du Petit-Lyon , Fauxbourg S. Germain , chez
Mad. Frontier. Il donne les Frises cachetées , avec
un Paraphe et la maniere de les prendre. Il est le´
seul qui en a la distribusion. 3 liv. la Prise.
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Résumé : Avis qu'on nous prie d'inserer.
M. Chicoyneau, Médecin du Roi, confirme l'efficacité de la Poudre Spécifique pour traiter les hémorroïdes. Elle purifie le sang, apaise les inflammations et facilite les selles et les urines. Six prises suffisent. La poudre est disponible à Paris chez le sieur de la Coste, rue du Petit-Lyon, Faubourg Saint-Germain, chez Madame Frontier. Prix : trois livres la prise.
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3618
p. 127-130
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
Début :
Jamais dans aucune famille [...]
Mots clefs :
Tison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
Parodie de la fécondé
Enigme, dont le mot
est le tison.
Personne ne l'a devinée;
car elle est plus indevinable
que belle.
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si fooevent
changé 5
Or devinez, donc quel
nom fai.
Ce rieft point le nom de
mafille.
La cendre est fille du
rifon,
Puisque tison engendre,
Forme la cendre
Dans le foyer, où le tison
Prendson nom.
Aîa mere perd le sien,
qu'ellepritnon d'un
pere.
La buche du tison est
mere,
Et prit son nom
Du bucheron.
C'efl un quidan bon compagnon,
Quibatise avec sacoi- 1gnée
Bûche
,
qui n'a ce nom
que quand elle est
formée.
Or tison est le petit-fils
D'un ayeul dont le nom fut pris
Nideson pere
Ni de sa mere;
Car l'arbre qui bûche
engendra,
Et la urre que pour
merea,
L'arbre qui terre ne se
nomme,
Prouve mon dire, g/
voila comme
BDChe, cendre, tison,
Terre, arbre, bucheron
Ont chacun leur nom en
partage.
L'as-tu deviné?non 3je
gage.
Enigme, dont le mot
est le tison.
Personne ne l'a devinée;
car elle est plus indevinable
que belle.
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si fooevent
changé 5
Or devinez, donc quel
nom fai.
Ce rieft point le nom de
mafille.
La cendre est fille du
rifon,
Puisque tison engendre,
Forme la cendre
Dans le foyer, où le tison
Prendson nom.
Aîa mere perd le sien,
qu'ellepritnon d'un
pere.
La buche du tison est
mere,
Et prit son nom
Du bucheron.
C'efl un quidan bon compagnon,
Quibatise avec sacoi- 1gnée
Bûche
,
qui n'a ce nom
que quand elle est
formée.
Or tison est le petit-fils
D'un ayeul dont le nom fut pris
Nideson pere
Ni de sa mere;
Car l'arbre qui bûche
engendra,
Et la urre que pour
merea,
L'arbre qui terre ne se
nomme,
Prouve mon dire, g/
voila comme
BDChe, cendre, tison,
Terre, arbre, bucheron
Ont chacun leur nom en
partage.
L'as-tu deviné?non 3je
gage.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
L'énigme poétique explore la transformation des éléments liés au feu. Elle décrit le tison comme un 'bon compagnon' issu de la bûche, fille du bûcheron. La cendre est la fille du tison, et la mère du tison perd son nom. L'énigme mentionne également la terre et l'arbre, et se conclut par une question rhétorique.
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3619
p. 127-131
CAPRICE comique.
Début :
On ne sçait pas en ce monde de qui l'on peut [...]
Mots clefs :
Araignées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CAPRICE comique.
CAPRICE
comique.
On ne sçait pas en ce
monde de qui l'on peut
avoir affaire, qui croiroit
que cent mille Araignées
eussent dans le ventre dequoi
faire unhabit d'étéà
telleDamequi s'évanouit
voyantune Araignée.
Les Araignées n'ont jamais
tapissé que les galetas
& les chambres des
Filosophes.Ellestapiseront
donc quelque jour
les apartemens des Rois.
Ne méprisons plus aucun
Animal en ce monde.
Je le répété, on ne
sçait pas de qui l'on peut
avoir affaire.
Voyantl'utilitéqu'on tire
D'un Insecte debasaloy,
Anulle ame vivante, un
sagenedoit dire,
Je n'aurai pasbesoin de
tOt.
Mais ce nieft pas d'aujourd'hui
,que nous avonsobligation
àArachné
, en apprenant aux
femmes à filer , elle les
detournoit au moins du
vice d'oisiveté; il est vrai
qu'elle a rendu les hommes
gourmans , en leur
apprenant à prendre des
Poissons à pleins filets.
Le beausecret que celui
qu'elle apprit a Vulcain.
Cefilet <£Arachné,filet
à prendre mouche,
Strutt de modele à Vul.'
cain9
Pour mailler ce filetd'airain,
QuipritMars &Venus
endormissursa couche
A propos d'Araignecs/'
on dit qu'Heliogabale avoit
ordonné qu'on ramassât
toutes les Araignées
qui estoient dans
Rome pour prouver par
làla grandeur dela Ville,
il ne prouvoit par là que
la petitesse de ses idées ;
on pourroit justifier ce
projet ridicule, en suposant
qu'il vouloit établir
une Manufacture de
foye0-
comique.
On ne sçait pas en ce
monde de qui l'on peut
avoir affaire, qui croiroit
que cent mille Araignées
eussent dans le ventre dequoi
faire unhabit d'étéà
telleDamequi s'évanouit
voyantune Araignée.
Les Araignées n'ont jamais
tapissé que les galetas
& les chambres des
Filosophes.Ellestapiseront
donc quelque jour
les apartemens des Rois.
Ne méprisons plus aucun
Animal en ce monde.
Je le répété, on ne
sçait pas de qui l'on peut
avoir affaire.
Voyantl'utilitéqu'on tire
D'un Insecte debasaloy,
Anulle ame vivante, un
sagenedoit dire,
Je n'aurai pasbesoin de
tOt.
Mais ce nieft pas d'aujourd'hui
,que nous avonsobligation
àArachné
, en apprenant aux
femmes à filer , elle les
detournoit au moins du
vice d'oisiveté; il est vrai
qu'elle a rendu les hommes
gourmans , en leur
apprenant à prendre des
Poissons à pleins filets.
Le beausecret que celui
qu'elle apprit a Vulcain.
Cefilet <£Arachné,filet
à prendre mouche,
Strutt de modele à Vul.'
cain9
Pour mailler ce filetd'airain,
QuipritMars &Venus
endormissursa couche
A propos d'Araignecs/'
on dit qu'Heliogabale avoit
ordonné qu'on ramassât
toutes les Araignées
qui estoient dans
Rome pour prouver par
làla grandeur dela Ville,
il ne prouvoit par là que
la petitesse de ses idées ;
on pourroit justifier ce
projet ridicule, en suposant
qu'il vouloit établir
une Manufacture de
foye0-
Fermer
Résumé : CAPRICE comique.
Le texte 'Caprice' explore de manière humoristique l'importance des araignées et leur utilité souvent sous-estimée. Il souligne l'imprévisibilité des interactions humaines et l'importance de ne pas mépriser aucun animal, même les plus modestes. Les araignées, souvent associées à des lieux humbles, pourraient un jour orner les appartements des rois. Le texte met en avant plusieurs utilités des araignées : elles peuvent enseigner le filage aux femmes, les détournant ainsi de l'oisiveté, et aux hommes, l'art de pêcher avec des filets. Il mentionne également le secret du filet d'airain révélé à Vulcain par Arachné, utilisé pour capturer Mars et Vénus. Enfin, le texte critique l'empereur Héliogabale pour avoir ordonné la collecte de toutes les araignées de Rome, non pour prouver la grandeur de la ville, mais pour démontrer la petitesse de ses idées. Ce projet pourrait toutefois être justifié par l'établissement d'une manufacture de soie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3620
p. 126-130
A Venise le 12. Novembre.
Début :
L'on a receu icy cette semaine des Lettres de M. le [...]
Mots clefs :
Général, Turcs, Venise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 12. Novembre.
AVenife le 12. Novembre.
L'on a receu icy cette femaine
des Lettres de M. le
General Delphini , par la voye
d'Ottrante, datées deGlimini le
19. Septembre , il mande que
fa fanté ferétabliſſant & ayant
cu avis que Napoli de Malvoifie
, fe défendoit encore
il fe difpofoit à porter du
fecours à cette Place , qu'il
mettroit inceffamment à la
GALANT. 127
voile avec les quatre Vaiſſeaux
& tous les fiens , à l'exception
de deux de ces Vaiffeaux qui
ne pouvoient plus fervir ; que
les Turcs avoient fait paſſer
25. à 30000. hommes dans
l'Ile de Sainte Maure , pour
en faire le Siege ; que quatre
galeres s'en étoient approchées
yavoient jetté du monde , en
forte que la Garnifon eftoit de
mille hommes environ ; que
les Turcs n'avoient point encore
leur canons , & qu'il lâcheroit
avant fon départ les
Galeres , tant pour jetter de
nouveaux fecours dans la Pla-
Liiij
128 MERCURE
ce,s'il eftoit poffible d'y réüffir ,
que pour incommoder les
affiegeans. Il y a de l'apparence
que ce General n'aura pas
voulu eftre fpectateur de la
prife de cette Place & qu'il
prend le prétexte d'aller fecourir
Napoli de Malvoific , car
je le crois trop fage pour rifquer
de combattre contre la
Aotte des Turcs beaucoup
fuperieure à la fienne .
L'ona auffi receu des Lettres
de Dalmatie du 16. Septembre
; elles portent que nonobftant
la chute des neiges ,
les Turcs fe raffembloient de
GALANT. 129
nouveau dans l'Albanic , & du
cofté de Narenta , qu'il paroiffoit
qu'ils avoient deffein de
faire quelque fiege , & le Grand
Vifir avoit fait étrangler le Pacha
qui avoit levé celuy de
Siga .
Un Courrier arrivé de Vienne
Mercredy , a apporté le
traité d'engagement de M. le
Comte de Schulembourg, auquella
République a enfin accordé
les 10000. fequins qu'il
demandoit pour entrer à fon
fervice. Comme ce n'eft pas
icy l'ufage de donner une fi
groffe fomme , on luy a donné.
plufieurs Charges pour avoir
130 MERCURE
un prétexte de le faire , & il
fera Maréchal General des Débarquements,
& General d'Artillerie.
Tout fon commandement
fe réduira à deffendrela
Villede Corfou , fi la guerre
continuë.
-
Le Senat a pris la réſolution
de rappeller les bannis
moyennant une certaine fomme
proportionnée à leurs facultez
, & l'on a éleu unMagif.
trat pour regler cette fomme.
On reprendra la fuite des
Nouvelles dans un autre en- .
droit de ce Volume.
L'on a receu icy cette femaine
des Lettres de M. le
General Delphini , par la voye
d'Ottrante, datées deGlimini le
19. Septembre , il mande que
fa fanté ferétabliſſant & ayant
cu avis que Napoli de Malvoifie
, fe défendoit encore
il fe difpofoit à porter du
fecours à cette Place , qu'il
mettroit inceffamment à la
GALANT. 127
voile avec les quatre Vaiſſeaux
& tous les fiens , à l'exception
de deux de ces Vaiffeaux qui
ne pouvoient plus fervir ; que
les Turcs avoient fait paſſer
25. à 30000. hommes dans
l'Ile de Sainte Maure , pour
en faire le Siege ; que quatre
galeres s'en étoient approchées
yavoient jetté du monde , en
forte que la Garnifon eftoit de
mille hommes environ ; que
les Turcs n'avoient point encore
leur canons , & qu'il lâcheroit
avant fon départ les
Galeres , tant pour jetter de
nouveaux fecours dans la Pla-
Liiij
128 MERCURE
ce,s'il eftoit poffible d'y réüffir ,
que pour incommoder les
affiegeans. Il y a de l'apparence
que ce General n'aura pas
voulu eftre fpectateur de la
prife de cette Place & qu'il
prend le prétexte d'aller fecourir
Napoli de Malvoific , car
je le crois trop fage pour rifquer
de combattre contre la
Aotte des Turcs beaucoup
fuperieure à la fienne .
L'ona auffi receu des Lettres
de Dalmatie du 16. Septembre
; elles portent que nonobftant
la chute des neiges ,
les Turcs fe raffembloient de
GALANT. 129
nouveau dans l'Albanic , & du
cofté de Narenta , qu'il paroiffoit
qu'ils avoient deffein de
faire quelque fiege , & le Grand
Vifir avoit fait étrangler le Pacha
qui avoit levé celuy de
Siga .
Un Courrier arrivé de Vienne
Mercredy , a apporté le
traité d'engagement de M. le
Comte de Schulembourg, auquella
République a enfin accordé
les 10000. fequins qu'il
demandoit pour entrer à fon
fervice. Comme ce n'eft pas
icy l'ufage de donner une fi
groffe fomme , on luy a donné.
plufieurs Charges pour avoir
130 MERCURE
un prétexte de le faire , & il
fera Maréchal General des Débarquements,
& General d'Artillerie.
Tout fon commandement
fe réduira à deffendrela
Villede Corfou , fi la guerre
continuë.
-
Le Senat a pris la réſolution
de rappeller les bannis
moyennant une certaine fomme
proportionnée à leurs facultez
, & l'on a éleu unMagif.
trat pour regler cette fomme.
On reprendra la fuite des
Nouvelles dans un autre en- .
droit de ce Volume.
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3621
p. 126-128
AIR NOU[VE]AU.
Début :
Je ne doute point, Madame, que toutes ces Piéces / Si l'Hyver vous tenez vos passions secretes, [...]
Mots clefs :
Hiver, Printemps, Oiseaux, Empire amoureux, Destin
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texteReconnaissance textuelle : AIR NOU[VE]AU.
Je ne doute point , Madame
, que toutes ces Piéces
ne vous donnent une
eftime particuliere pour les
Mufes Touloulaines . Il y a
beaucoup de feu , & un tour
fort naturel, dans ce qui part
Y
21.
2
publiez
au Prin =
#
discret-tes tes Pour
n
+
sirs contraire
o
GALANT. 127
d'elles ; & j'efpere que de
temps en temps je pourray
vous procurer le plaifir de
voir leurs productions .
En voicy une d'un de nos
Illuftres en Mufique. Quand
elle n'en feroit pas , vous l'aimeriez
par la beauté des paroles.
AIR NOUEVAU.
STPH
Il Hyver vous tenez vos paſſions:
fecretes,
Vous les publicz au Printemps.
Petits Oyfeaux, quand vous estes
contens,
Vos ardeurs nefont plus difcretes.
Pour moy, dans l'Empire amoureux
Liiij
128 MERCURE
Je meplains du Destin à mes defirs
contraire;
Mais fi j'estois heureux ,
Je fçaurois bien metaire.
, que toutes ces Piéces
ne vous donnent une
eftime particuliere pour les
Mufes Touloulaines . Il y a
beaucoup de feu , & un tour
fort naturel, dans ce qui part
Y
21.
2
publiez
au Prin =
#
discret-tes tes Pour
n
+
sirs contraire
o
GALANT. 127
d'elles ; & j'efpere que de
temps en temps je pourray
vous procurer le plaifir de
voir leurs productions .
En voicy une d'un de nos
Illuftres en Mufique. Quand
elle n'en feroit pas , vous l'aimeriez
par la beauté des paroles.
AIR NOUEVAU.
STPH
Il Hyver vous tenez vos paſſions:
fecretes,
Vous les publicz au Printemps.
Petits Oyfeaux, quand vous estes
contens,
Vos ardeurs nefont plus difcretes.
Pour moy, dans l'Empire amoureux
Liiij
128 MERCURE
Je meplains du Destin à mes defirs
contraire;
Mais fi j'estois heureux ,
Je fçaurois bien metaire.
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Résumé : AIR NOU[VE]AU.
L'auteur admire les pièces des Muses Touloulaines pour leur style naturel et leur intensité. Il souhaite partager régulièrement leurs œuvres. La lettre présente 'Air Nouveau', une pièce musicale louée pour sa musique et ses paroles. Cette œuvre compare les passions humaines aux saisons et exprime une plainte contre le destin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3622
p. 128-132
« MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...] »
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...]
Mots clefs :
Provence, Histoire, Généraux d'armée, Parlement, Oratoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...] »
MEMOIRES pour servir à l'Histoire
de plusieurs hommes illustres de Provence.
A Paris, chez Claude Herissant fils
rue neuve Notre-Dame, 1752, un vo-
lume in 12.
Le Pere Bougerel, de la sçavante &
polie Congrégation de l'Oratoire, a en-
trepris, & fini l'Histoire des hommes Il-
lustres de Provence. Il a détaché de ce
grand Ouvrage quelques morceaux fi
exacts & si curieux, qu'ils font vivement
souhaiter la publication du reste.
Pierre Puget, le plus grand Sculpteur
qu'ait eu la France, est le premier dont
on voit l'Histoire., dans le volume
que nous annonçons. M. de Louvois
le pressant un jour de lui dire ce qu'il
souhaitoit qu on lui donnât pour les sta-
tues qu'il feroit pour le Roi, Puget
lui demanda une somme très-considéra-
MARS. 1752.
119
ble; le Roi nen donne pas davantage à
ses Généraux d'Armée, dit le Ministre.
J'en conviens, répliqua Puget, mais le
Roi n'ignore pas qu'il peut trouver facile-
ment des Généraux d'Armée dans ce nom-
bre prodigieux d'excellens Officiers qu'il
a dans ses troupes; mais qu'il n'est pas-
en France plusieurs Pugets.
Jean de Pontevès, Comte de Garces,
dont la vie suit celle de Puget, a été un
des plus grands hommes de guerre qu'ait
produit la Provence. A l'âge de vingt-
quatre ans, il sauva cette Province atta-
quée par Charles-Quint. Pour ôter à ce
Prince le moyen de subsister, il prit un
flambeau, mit le feu à ses bleds & à ses
fourages, fit défoncer ses tonneaux d'hui-
le & de vin, & abattre ses moulins:
exemple qui fut heureusement suivi par
toute la Province. Les soldats manquant
ainsi de tout, & mourant de faim, se jet-
terent dans les vignes, & mangerent avec
tant d'avidité des raisins qui n'étorent pas
encore mûrs, que la dissenterie fit périr la
moitié del'Armée. L'Empereur pour sauver.
le reste, fut obligé de se retirer à la hâte.
Louis Duchesne, Président à Mortier
au Parlement de Provence, fut un des
plus grands Magistrats de son tems, &
rendit des services essentiels à la Couron-
Ev
130 MERCURE DEFRANCE.
ne, du tems de la Ligue. Nous avions, dit
M. Duvair, dans le parc de notre justice
un grand chêne sacré, plein de révérence,
plein de religion, semblable à celui que
décrit le Poete:
Qialis frugifero quercus sublimis in agro,
Exuvias veteres, populi sacrataque gestans
Dona Ducum,
Simon Duperrier est le plus célebre
Avocat qu'ait eu le Parlement de Proven-
ce. L'attention de son pere pour son édu-
cation fut poussée jusques là, qu'il ne vou-
lût louer qu'à des Libraires les boutiques
qui tenoient à sa maison, dans la vue
que son fils s'y arrêtant, il prît du goût
pour les Lettres.
Le Chevalier l'aul, qui devint Vice-Ami-
ral de France, naquit singulierement. Un
bateau allant de Marseille au Château d'If,
au mois de Décembre 1597, fut battu
d'une si violente tempête, quon appré-
henda pour la vie de tous ceux qui y
étoient embarqués; mais suttout pour cel-
le d'une blanchisseusse, fort avancée dans
sa grossesse. Cette femme fut en effet si
effrayée, qu elle accoucha du Chevalier
Paul.
Baltazat de Vias fut très-bon Poëte latin,
Astronome & Antiquaire. Jean Bertet,
MARS. 1752.
131
Jésuite, fut connu par son érudition, par
sa connoissance des Langues, & par des
Poësies latines, françoises, italiennes
espagnoles & Provençales. Louis Ferrand,
réussit dans la controverse. Le Pere An-
toine Pagi devint célebre par la critique
qu'il fit des Annales de Baronius. Son Ne-
ven le Pere François Pagi, a fait une His-
toire des Papes.
Jean Gilles a beaucoup réussi dans la
musique d'Eglise. M. de Berthier, Evêque
de Rieux, témoin du succès qu'il avoit
eu à l'ouverture des Etats du Languedoc
en 1697, voulut lui procurer la Maîtrise
de Saint Etienne de Toulouse. Il en écri-
vit au Chapitre qui venoit de disposer de
cette Place, en faveur d'un autre Musi-
cien nommé Farmelli; celui-ci instruit de
toui ce qu on écrivoit en faveur de Gilles,
poussé par une générosité dont on n'a pas
d'exemples, partit sur le champ de Tou-
louse pour Montpellier, presenta à Gilles
qu'il n avoit jamais vu, la démission de sa
place, & lui fit tant d'instance qu'il le dé-
termina à l'accepter. La délicatesse, de
conscience de ce Musicien étoit si grande,
qu'il faisoit dire des Messes le lendemain
des grandes fêtes, & des processions, où
il avoit fait exécuter sa musique, pour
tâcher d'appaiser le Seigneur, a cause des
Fvj
132 MERCUREDE FRANCE.
irrévérences & des scandales ausquels il
craignoit d'avoir donné lieu en ces oc-
casions.
Claude Terrein possédoit les Belles-
Lettres & les Beaux Arts, & une grande
connoissance des monumens antiques. Jean
Pierre Gibert fut un homme très-ver-
tueux, & un des plus grands Canonistes
du Royaume.
Jean-Baptiste Massillon, le plus grand
Prédicateur du siécle, écrivoit au Pere de
Sainte Marthe, Général de l'Oratoire: je
considere que je ne suis dans la Congré-
gation que pour être utile; & comme
mon talent & mon inclination m'éloi-
gnent de la Chaire, j'ai cru qu'une Phi-
solophie ou une Théologie me convien-
droient mieux.
de plusieurs hommes illustres de Provence.
A Paris, chez Claude Herissant fils
rue neuve Notre-Dame, 1752, un vo-
lume in 12.
Le Pere Bougerel, de la sçavante &
polie Congrégation de l'Oratoire, a en-
trepris, & fini l'Histoire des hommes Il-
lustres de Provence. Il a détaché de ce
grand Ouvrage quelques morceaux fi
exacts & si curieux, qu'ils font vivement
souhaiter la publication du reste.
Pierre Puget, le plus grand Sculpteur
qu'ait eu la France, est le premier dont
on voit l'Histoire., dans le volume
que nous annonçons. M. de Louvois
le pressant un jour de lui dire ce qu'il
souhaitoit qu on lui donnât pour les sta-
tues qu'il feroit pour le Roi, Puget
lui demanda une somme très-considéra-
MARS. 1752.
119
ble; le Roi nen donne pas davantage à
ses Généraux d'Armée, dit le Ministre.
J'en conviens, répliqua Puget, mais le
Roi n'ignore pas qu'il peut trouver facile-
ment des Généraux d'Armée dans ce nom-
bre prodigieux d'excellens Officiers qu'il
a dans ses troupes; mais qu'il n'est pas-
en France plusieurs Pugets.
Jean de Pontevès, Comte de Garces,
dont la vie suit celle de Puget, a été un
des plus grands hommes de guerre qu'ait
produit la Provence. A l'âge de vingt-
quatre ans, il sauva cette Province atta-
quée par Charles-Quint. Pour ôter à ce
Prince le moyen de subsister, il prit un
flambeau, mit le feu à ses bleds & à ses
fourages, fit défoncer ses tonneaux d'hui-
le & de vin, & abattre ses moulins:
exemple qui fut heureusement suivi par
toute la Province. Les soldats manquant
ainsi de tout, & mourant de faim, se jet-
terent dans les vignes, & mangerent avec
tant d'avidité des raisins qui n'étorent pas
encore mûrs, que la dissenterie fit périr la
moitié del'Armée. L'Empereur pour sauver.
le reste, fut obligé de se retirer à la hâte.
Louis Duchesne, Président à Mortier
au Parlement de Provence, fut un des
plus grands Magistrats de son tems, &
rendit des services essentiels à la Couron-
Ev
130 MERCURE DEFRANCE.
ne, du tems de la Ligue. Nous avions, dit
M. Duvair, dans le parc de notre justice
un grand chêne sacré, plein de révérence,
plein de religion, semblable à celui que
décrit le Poete:
Qialis frugifero quercus sublimis in agro,
Exuvias veteres, populi sacrataque gestans
Dona Ducum,
Simon Duperrier est le plus célebre
Avocat qu'ait eu le Parlement de Proven-
ce. L'attention de son pere pour son édu-
cation fut poussée jusques là, qu'il ne vou-
lût louer qu'à des Libraires les boutiques
qui tenoient à sa maison, dans la vue
que son fils s'y arrêtant, il prît du goût
pour les Lettres.
Le Chevalier l'aul, qui devint Vice-Ami-
ral de France, naquit singulierement. Un
bateau allant de Marseille au Château d'If,
au mois de Décembre 1597, fut battu
d'une si violente tempête, quon appré-
henda pour la vie de tous ceux qui y
étoient embarqués; mais suttout pour cel-
le d'une blanchisseusse, fort avancée dans
sa grossesse. Cette femme fut en effet si
effrayée, qu elle accoucha du Chevalier
Paul.
Baltazat de Vias fut très-bon Poëte latin,
Astronome & Antiquaire. Jean Bertet,
MARS. 1752.
131
Jésuite, fut connu par son érudition, par
sa connoissance des Langues, & par des
Poësies latines, françoises, italiennes
espagnoles & Provençales. Louis Ferrand,
réussit dans la controverse. Le Pere An-
toine Pagi devint célebre par la critique
qu'il fit des Annales de Baronius. Son Ne-
ven le Pere François Pagi, a fait une His-
toire des Papes.
Jean Gilles a beaucoup réussi dans la
musique d'Eglise. M. de Berthier, Evêque
de Rieux, témoin du succès qu'il avoit
eu à l'ouverture des Etats du Languedoc
en 1697, voulut lui procurer la Maîtrise
de Saint Etienne de Toulouse. Il en écri-
vit au Chapitre qui venoit de disposer de
cette Place, en faveur d'un autre Musi-
cien nommé Farmelli; celui-ci instruit de
toui ce qu on écrivoit en faveur de Gilles,
poussé par une générosité dont on n'a pas
d'exemples, partit sur le champ de Tou-
louse pour Montpellier, presenta à Gilles
qu'il n avoit jamais vu, la démission de sa
place, & lui fit tant d'instance qu'il le dé-
termina à l'accepter. La délicatesse, de
conscience de ce Musicien étoit si grande,
qu'il faisoit dire des Messes le lendemain
des grandes fêtes, & des processions, où
il avoit fait exécuter sa musique, pour
tâcher d'appaiser le Seigneur, a cause des
Fvj
132 MERCUREDE FRANCE.
irrévérences & des scandales ausquels il
craignoit d'avoir donné lieu en ces oc-
casions.
Claude Terrein possédoit les Belles-
Lettres & les Beaux Arts, & une grande
connoissance des monumens antiques. Jean
Pierre Gibert fut un homme très-ver-
tueux, & un des plus grands Canonistes
du Royaume.
Jean-Baptiste Massillon, le plus grand
Prédicateur du siécle, écrivoit au Pere de
Sainte Marthe, Général de l'Oratoire: je
considere que je ne suis dans la Congré-
gation que pour être utile; & comme
mon talent & mon inclination m'éloi-
gnent de la Chaire, j'ai cru qu'une Phi-
solophie ou une Théologie me convien-
droient mieux.
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3623
p. 124-129
LETTRE DU PAPE AU ROY D'ESPAGNE.
Début :
La Lettre du Pape au Roy d'Espagne, touchant l'entreprise / Tres-Cher Fils en Jesus-Christ, Salut & Bénédiction Apostolique. [...]
Mots clefs :
Vaisseaux de guerre, Flotte, Gloire, Consistoire, Cardinaux, Église romaine, Combats, Douleur, Discours, Réputation, Guerre sacrée, Conseillers, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU PAPE AU ROY D'ESPAGNE.
A Lettre du Pape au Roy d'Efpagne
, touchant l'entreprife formée
fur le Royaume de Sardaigne , eft une
piéce trop importante pour ne lui pas
donner place ici,
LETTRE
DU PAPE AU ROY D'ESPAGNE .
RES-CHER FILS EN JESUS-CHRIST,
Salut de Bénédiction Apoftolique .
Comme Nous ne doutions nullement des
affûrances que Vêtre Majesté Nous avoit
données plus d'unefois , que les Vaiſſeanx
de guerre que Nous Vous avions demandex
inftamment & que Vous faifiez
équiper , etoient deftinez pour fecourir
puiffamment la Flote Chrêtienne centre
les Turcs : Dans cette perfuafion &
pour contribuer à vôtre gloire , Nous en
fimes d'abord part en Confiftoire à nos vénérables
Freres les Cardinaux de la Samte
Eglife Romaine ; de même que ce qui
Nous fut mandé enfuite de vôtre part ;
D'OCTOBRE. 125
que ces Vaiffeaux avoient mis à la voile ,
pour aller en Levant & foutenir la Canfe
commune , comme Vous Nous aviez
fouvent promis. Nous enfumes d'autant
plus perfuadez , que Nous le fouhaitions
avec ardeur , ayant en avis que cette Flor
te , quoi qu'elle eût défendu vaillamment
la Caufe du Nom Chrêtien , attendoit
avec impatience l'arrivée de ces Waiffeaux
Auxiliaires ; fe trouvant fort fatiguée
par les Combats fanglans donneX
dernierement dans l'Archipel.
que
Votre Majesté peut donc juger de la
furprise de la douleur que Nous ont
caufe les bruits répandus depuis peu 3 que
vos Vaiffeaux n'avoient pas pris la route
Vous Nous aviez marquée , mais une
autre directement contraire à vos promeffes
; en forte que la Religion Orthodoxe
n'en pouvoit efperer aucun fecours , mais
aucontraire,avoit tout fujet d'en craindre
des fuites trés dangerenfes..
Nous avoüons bien , que jufqu'à préfent
Nous avons tâché d'adoucir la douleur
que Nous avons eue de cette Nouvelte
, en ne croyant pas qu'il fallut encorey
ajouter une entiere foi ; quoi qu'elle fut
confirmée par les difcours & les plaintes,
dě plufieurs ; parce que Nous l'envifa-
Lii
126
LE MERCURE
gions comme une chofe directement contraire
à vôtre grande pieté , à la foi de
vos promeffes , & même au devoir d'un
Roy Catholique , dans un tems où l'Eglife
fe trouve dans un fi grand danger.
>
Mais,comme le bruit commun , répandu
de tous côtez fur cette affaire , Nous
fait craindre › que par les artifices de
quelques perfonnes , Vous n'ayez étéentrainé
malgré Vous & contre vôtre inclination
dans ce nuifible & dangereux
deffen , qu'on dit même que Vous avez
déja fait éclater ; nôtre fincère & paternelle
Charité envers Vous , ne nous permet
pas de nous taire , dans un auffi grand
péril non feulement de vôtre Réputation ,
mais même de vôtre Ame : Car , qui ne
voit quel compte vous auriez à rendre
an Roy des Roys , & quelle tache ce feroit
à votre Reputation , fi vos Confeillers
avoient étécapables d'extorquer de
Vous , que Vous abandonnaffiez la Cauſe
commune ; que Vous ne fiffiez aucune attention
aux périls de la Religion Chrêtienne
; & que Vous oubliant Vous-même,
Vous portaffiez ailleurs les Troupes
& les Armes deftinées à une Guerre
Sacrée , à la defenfe de la Sainte Egli
fe ; & que Vous ne gardaffiez pas la Foi
D'OCTOBRE. 127
que Vous Nous avez fi ſouvent promiſe ,
on plûtôt à Dieu qui ne peut être moqué
, & au Nom duquel Nous avons reçû
vos promeffes ? Ces Confeillers s'attireroient
les effets terribles de la Vengeance
Divine , fi fous prétexte de quelques
offenfes , on pouez par des interêts
particuliers , ils avoient donné à V. M.
de fi pernicieux confeils , pour ternir la
gloire de vôtre Nom Royal , éluder les
foins & les efforts de notre fonction Pafte
rale pour la défenfe du Nom Chrêtien z
& lequel enfin Dieu , terrible envers les
Roys de la Terre , ne permettroitpas qu'il
demeurât impuni.
Quelles affenfes, en effet , vos Miniftrespourroient-
ils rapeller , pour Vous
confeiller de les préferer à la Caufe de
Dien ? Quelles raifonsfauroient-ils alleguer
, qui dûffent être préferées au Bien
de la Religion Catholique , à l'avancement
de la Gloire de Dieu , & aux urgentes
néceffitez de la République Chrêtienne
? Pourroient- ils prendre pourprétexte,
queJESUS - CHRIST leur eût en quelque
chofe manqué de Foi , ou qu'il leur
eût fait quelque injustice , pour foutenir.
qu'on pourroit auffi lui manquer de Foi ,
& abandonner la défenfe de fon Nom
Liiij
LE MERCURE
& de fes Droits , à laquelle ils étoient
obligez ?
Nous prions donc trés inftamment V.
M. & la conjurons au nom du Seigneur,
comme Nous vous l'avons déja repréſenté
librement , mais avec une affection paternelle
, quefuivant votre équité & vôtre
prudence finguliere , Vous faffiez de
férienfes réflexions fur les dangers de la
République Chrétienne , de l'Eglife &
de la Religion ; & que Vous veuilliez
Nous écouter , Nous qui Vous tenons
lien de Pere, qui Vous aimons tendrement
& qui vous donnons de veritables &fam
lutaires confeils , plûtôt que ces Fils de
défiance , qui ne fongent qu'aux choſes.
de la Terre , & qui ne souhaitant
pas tant vôtre grandeur qu'à s'acquérir
de la louange , Vous infpirent des deffeins
avantageux en aparence ; mais ,
trés-pernicieux en effet ; & que vous préniez
une réfolution , qui Vous faifant
laiffer les chofes dans le même état où elles.
étoient , ou fi l'on y a aporté quelque
changement , les rétabliſſant dans l'état
•ù elles étoient auparavant , mette vôtre
gloire & votre confcience à couvert , contribue
à la Tranquillitépublique , & prévienne
enfin les plaintes de tous les gens
de bien.
D'OCTOBRE. 1.2.9
Notre vénérable Frere Pompée , Archevêque
de Neo - Cefarée ( Andrinople
) nôtre Nonce auprès de Vous , Vous
en dira davantage fur ce sujet ; & Nous
Vous prions de vouloir toûjours l'écouter
favorablement , fuivant vôtre coûtume.
Cependant , Nous ne cefferons de prier
Dieu , entre les mains de qui font les
coeurs des Roys , qu'il donne à nos paroles
ànos avertiffemens , la force de fléchir
l'efprit de V. M. & lui faire former
des deffeins qui n'arrêtent point le cours,
des Bénédictions Célestes fur Vous , mais
qui puiffent Vous les attirer de plus en
plus , au bonheur continuel de Votre
Royaume : Et pourgage de notre Charité
Pontificale , Nous Vous donnons très- affectueufement
nôtre Benediction Apoftolique.
Donnè à Rome à Sainte Marie.
Majeure ,fous le Seau du Pécheur , le 25 .
Août de l'An 1717 , & de nôtre Pontificat
le 17.
, touchant l'entreprife formée
fur le Royaume de Sardaigne , eft une
piéce trop importante pour ne lui pas
donner place ici,
LETTRE
DU PAPE AU ROY D'ESPAGNE .
RES-CHER FILS EN JESUS-CHRIST,
Salut de Bénédiction Apoftolique .
Comme Nous ne doutions nullement des
affûrances que Vêtre Majesté Nous avoit
données plus d'unefois , que les Vaiſſeanx
de guerre que Nous Vous avions demandex
inftamment & que Vous faifiez
équiper , etoient deftinez pour fecourir
puiffamment la Flote Chrêtienne centre
les Turcs : Dans cette perfuafion &
pour contribuer à vôtre gloire , Nous en
fimes d'abord part en Confiftoire à nos vénérables
Freres les Cardinaux de la Samte
Eglife Romaine ; de même que ce qui
Nous fut mandé enfuite de vôtre part ;
D'OCTOBRE. 125
que ces Vaiffeaux avoient mis à la voile ,
pour aller en Levant & foutenir la Canfe
commune , comme Vous Nous aviez
fouvent promis. Nous enfumes d'autant
plus perfuadez , que Nous le fouhaitions
avec ardeur , ayant en avis que cette Flor
te , quoi qu'elle eût défendu vaillamment
la Caufe du Nom Chrêtien , attendoit
avec impatience l'arrivée de ces Waiffeaux
Auxiliaires ; fe trouvant fort fatiguée
par les Combats fanglans donneX
dernierement dans l'Archipel.
que
Votre Majesté peut donc juger de la
furprise de la douleur que Nous ont
caufe les bruits répandus depuis peu 3 que
vos Vaiffeaux n'avoient pas pris la route
Vous Nous aviez marquée , mais une
autre directement contraire à vos promeffes
; en forte que la Religion Orthodoxe
n'en pouvoit efperer aucun fecours , mais
aucontraire,avoit tout fujet d'en craindre
des fuites trés dangerenfes..
Nous avoüons bien , que jufqu'à préfent
Nous avons tâché d'adoucir la douleur
que Nous avons eue de cette Nouvelte
, en ne croyant pas qu'il fallut encorey
ajouter une entiere foi ; quoi qu'elle fut
confirmée par les difcours & les plaintes,
dě plufieurs ; parce que Nous l'envifa-
Lii
126
LE MERCURE
gions comme une chofe directement contraire
à vôtre grande pieté , à la foi de
vos promeffes , & même au devoir d'un
Roy Catholique , dans un tems où l'Eglife
fe trouve dans un fi grand danger.
>
Mais,comme le bruit commun , répandu
de tous côtez fur cette affaire , Nous
fait craindre › que par les artifices de
quelques perfonnes , Vous n'ayez étéentrainé
malgré Vous & contre vôtre inclination
dans ce nuifible & dangereux
deffen , qu'on dit même que Vous avez
déja fait éclater ; nôtre fincère & paternelle
Charité envers Vous , ne nous permet
pas de nous taire , dans un auffi grand
péril non feulement de vôtre Réputation ,
mais même de vôtre Ame : Car , qui ne
voit quel compte vous auriez à rendre
an Roy des Roys , & quelle tache ce feroit
à votre Reputation , fi vos Confeillers
avoient étécapables d'extorquer de
Vous , que Vous abandonnaffiez la Cauſe
commune ; que Vous ne fiffiez aucune attention
aux périls de la Religion Chrêtienne
; & que Vous oubliant Vous-même,
Vous portaffiez ailleurs les Troupes
& les Armes deftinées à une Guerre
Sacrée , à la defenfe de la Sainte Egli
fe ; & que Vous ne gardaffiez pas la Foi
D'OCTOBRE. 127
que Vous Nous avez fi ſouvent promiſe ,
on plûtôt à Dieu qui ne peut être moqué
, & au Nom duquel Nous avons reçû
vos promeffes ? Ces Confeillers s'attireroient
les effets terribles de la Vengeance
Divine , fi fous prétexte de quelques
offenfes , on pouez par des interêts
particuliers , ils avoient donné à V. M.
de fi pernicieux confeils , pour ternir la
gloire de vôtre Nom Royal , éluder les
foins & les efforts de notre fonction Pafte
rale pour la défenfe du Nom Chrêtien z
& lequel enfin Dieu , terrible envers les
Roys de la Terre , ne permettroitpas qu'il
demeurât impuni.
Quelles affenfes, en effet , vos Miniftrespourroient-
ils rapeller , pour Vous
confeiller de les préferer à la Caufe de
Dien ? Quelles raifonsfauroient-ils alleguer
, qui dûffent être préferées au Bien
de la Religion Catholique , à l'avancement
de la Gloire de Dieu , & aux urgentes
néceffitez de la République Chrêtienne
? Pourroient- ils prendre pourprétexte,
queJESUS - CHRIST leur eût en quelque
chofe manqué de Foi , ou qu'il leur
eût fait quelque injustice , pour foutenir.
qu'on pourroit auffi lui manquer de Foi ,
& abandonner la défenfe de fon Nom
Liiij
LE MERCURE
& de fes Droits , à laquelle ils étoient
obligez ?
Nous prions donc trés inftamment V.
M. & la conjurons au nom du Seigneur,
comme Nous vous l'avons déja repréſenté
librement , mais avec une affection paternelle
, quefuivant votre équité & vôtre
prudence finguliere , Vous faffiez de
férienfes réflexions fur les dangers de la
République Chrétienne , de l'Eglife &
de la Religion ; & que Vous veuilliez
Nous écouter , Nous qui Vous tenons
lien de Pere, qui Vous aimons tendrement
& qui vous donnons de veritables &fam
lutaires confeils , plûtôt que ces Fils de
défiance , qui ne fongent qu'aux choſes.
de la Terre , & qui ne souhaitant
pas tant vôtre grandeur qu'à s'acquérir
de la louange , Vous infpirent des deffeins
avantageux en aparence ; mais ,
trés-pernicieux en effet ; & que vous préniez
une réfolution , qui Vous faifant
laiffer les chofes dans le même état où elles.
étoient , ou fi l'on y a aporté quelque
changement , les rétabliſſant dans l'état
•ù elles étoient auparavant , mette vôtre
gloire & votre confcience à couvert , contribue
à la Tranquillitépublique , & prévienne
enfin les plaintes de tous les gens
de bien.
D'OCTOBRE. 1.2.9
Notre vénérable Frere Pompée , Archevêque
de Neo - Cefarée ( Andrinople
) nôtre Nonce auprès de Vous , Vous
en dira davantage fur ce sujet ; & Nous
Vous prions de vouloir toûjours l'écouter
favorablement , fuivant vôtre coûtume.
Cependant , Nous ne cefferons de prier
Dieu , entre les mains de qui font les
coeurs des Roys , qu'il donne à nos paroles
ànos avertiffemens , la force de fléchir
l'efprit de V. M. & lui faire former
des deffeins qui n'arrêtent point le cours,
des Bénédictions Célestes fur Vous , mais
qui puiffent Vous les attirer de plus en
plus , au bonheur continuel de Votre
Royaume : Et pourgage de notre Charité
Pontificale , Nous Vous donnons très- affectueufement
nôtre Benediction Apoftolique.
Donnè à Rome à Sainte Marie.
Majeure ,fous le Seau du Pécheur , le 25 .
Août de l'An 1717 , & de nôtre Pontificat
le 17.
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3624
p. 976-979
Mort de M. de Valbonnays, sçavant, &c. [titre d'après la table]
Début :
Jean-Pierre Moret de Bourchenu, Marquis de Valbonnays, Seigneur de Peyre, S. Jean d'Autaveon [...]
Mots clefs :
Valbonnais, Grenoble, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de M. de Valbonnays, sçavant, &c. [titre d'après la table]
Jean- Pierre Moret de Bourchenu , Marquis de
Valbonnays , Seigneur de Peyre , S. Jean d'Autaveon
, &c. Premier Prefident de la Chambre des
Comptes de Dauphiné , & Académicien Correrpondant
honoraire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres , mourut à Grenoble le
2. Mars 1730. dans fa 79e année , étant né le
23. Juin 1651. fes qualitez du coeur & de l'efprit,
fon amour pour les Lettres , l'application continuelle
qu'il avoit donnée pendant toute la vie à
P'étude , même depuis qu'il avoit eu le malheur.
de perdre la vue , & les differens Ouvrages qu'il a
compofez
M A Y. 1730 . 977
compofez, lui avoient acquis une très - grande réputation.
Après avoir fait fes premieres études à
Notre-Dame de Grace en Forêt , où les PP. de
l'Oratoire ont un College , & y avoir foutenu des
Thefes generales de Philofophie à l'âge de 14.
ans, fes parens défererent à la paffion extrême qu'il
témoignoit de voyager , & l'envoyerent en Italie.
Malgré fa grande jeuneffe il voyagea en curieux
intelligent , à qui rien qui fût digne d'attention
n'échappoit. Il féjourna fix mois à Rome , & ce
féjour fuffit à peine pour remplir l'envie de voir
tout ce que cette Ville à de beau , & de s'y inftruire.
Il fut arrêté plus long-temps à Venife ,
parce que M. de S. André , premier Prefident du
Parlement de Grenoble , alors Ambaffadeur de
France auprès de la République de Venife , l'y
retint. Ce voyage ne fit qu'augmenter le gout
qu'il avoit de parcourir les Etats voisins . Sans
confulter fes parens , il s'échappa & paffa en Hollande
& de-là en Angleterre. Il ſe trouva au
Combat Naval qui fe donna entre les Flottes
d'Angleterre & de Hollande au mois de Juin
1672. Après ce petit effai qu'il voulut faire de la
guerre , il revint à Paris , y étudia en Droit & y
prit fes degrez. Mais l'étude des Mathématiques
prit facilement le deffus fur celle des Loix. Il en
prenoit des leçons affiduement de M. Ozanam
& lorfque,de retour en Dauphiné, il eut fuccedé à
M. fon pere dans fa Charge de Confeiller au Parlement
, il conferva tant de paffion pour cette
Science , qu'il engagea le même M. Ozanam , de
venir à Grenoble, où il refta deux ans. C'eſt à cette
trop grande application pour une étude auffi abftraite
qu'il faut attribuer en partie l'affoibliffement
de fes yeux. Il acheta en 1690. la charge
de Premier Prefident de la Chambre des Comptes,
qu'avoit occupé auparavant le celebre M. de Boif
hieu
978 MERCURE DE FRANCE
fieu , Auteur très-connu & très- verfé , principalement
dans les matieres d'Hiſtoire & de Jurifprudence
qui concernent le Dauphiné. L'accident
qui arriva quelques années après à M. de Valbonnays
, par l'extinction entiere de fa vûë , le
détermina à abandonner les Mathématiques , aufquelles
il ne pouvoit plus vacquer , & il fe livra
tout entier aux mêmes recherches par lefquelles
M. de Boiffieu s'étoit diftingué. C'eſt à ces Re--
cherches que nous devons les curieux Memoirespour
fervir à PHiftoire de Dauphiné , fous les
Dauphins de la Maifon de la Tour du Pin , qui
parurent la premiere fois en 1711.in. folio , &
furent réimprimez en 1722. en deux volumes
auffi in folio ; un autre Memoire pour établir la
Jurifdiction du Parlement & de la Chambre des
Comptes de la même Province fur la Principauté
d'Orange , avec les Preuves en 1714. Plufieurs .
Diflertations fur differens fujets d'antiquité , répandus
dans les Journaux de Trévoux , les Nouvelles
Litteraires & autres Ouvrages Périodiques ,
telles que font celles fur le Concile d'Epone , fur
Raimond du Puy , fur l'Arc de Triomphe d'O--
range , des Infcriptions de Lyon & de Ventavon,
le Sabat des Juifs , des Explications , des Paffages
d'anciens Auteurs , &c. Il avoit été admis dans
l'Académie de Lyon dès les commencemens de
fon inftitution ; mais ce qui l'a plus flatté , ce fut
la diftinction finguliere avec laquelle il fut nommé
en 1728. Académicien Correſpondant hono- :
raire de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , avec cette claufe particuliere que
cet exemple extraordinaire ne pourroit tirer
à conféquence. Il tenoit chez lui régulierement
deux fois la femaine des Conferences fur l'Hiftoi
re & la Litterature , & des Concerts , où tout ce
qu'il y avoit de perſonnes diftinguées à Grenoble,
Le
¥
MAY.
1730.
979
гов
liux
11-
ler
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ent
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Je
☛78 MERCURE DE FRANCE
Gew
mais
MAY. 1730. 979
fe faifoient un plaifir d'affifter. Il a donné par fon
Teftament de grandes marques de pieté & de liberalité
, foit envers les Hôpitaux de cette Ville ,
foit envers ceux qui lui étoient attachez . Il eſt
mort d'une rétention d'urine & a été enterré aux
Minimes de la Plaine. Il a laiffé pour fon principal
heritier M. Bailly , fon neveu , Confeiller
au Parlement , qu'il avoit fait recevoir dés 1728.
en furvivance de fa Charge de Premier Prefident
de la Chambre des Comptes.
Valbonnays , Seigneur de Peyre , S. Jean d'Autaveon
, &c. Premier Prefident de la Chambre des
Comptes de Dauphiné , & Académicien Correrpondant
honoraire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres , mourut à Grenoble le
2. Mars 1730. dans fa 79e année , étant né le
23. Juin 1651. fes qualitez du coeur & de l'efprit,
fon amour pour les Lettres , l'application continuelle
qu'il avoit donnée pendant toute la vie à
P'étude , même depuis qu'il avoit eu le malheur.
de perdre la vue , & les differens Ouvrages qu'il a
compofez
M A Y. 1730 . 977
compofez, lui avoient acquis une très - grande réputation.
Après avoir fait fes premieres études à
Notre-Dame de Grace en Forêt , où les PP. de
l'Oratoire ont un College , & y avoir foutenu des
Thefes generales de Philofophie à l'âge de 14.
ans, fes parens défererent à la paffion extrême qu'il
témoignoit de voyager , & l'envoyerent en Italie.
Malgré fa grande jeuneffe il voyagea en curieux
intelligent , à qui rien qui fût digne d'attention
n'échappoit. Il féjourna fix mois à Rome , & ce
féjour fuffit à peine pour remplir l'envie de voir
tout ce que cette Ville à de beau , & de s'y inftruire.
Il fut arrêté plus long-temps à Venife ,
parce que M. de S. André , premier Prefident du
Parlement de Grenoble , alors Ambaffadeur de
France auprès de la République de Venife , l'y
retint. Ce voyage ne fit qu'augmenter le gout
qu'il avoit de parcourir les Etats voisins . Sans
confulter fes parens , il s'échappa & paffa en Hollande
& de-là en Angleterre. Il ſe trouva au
Combat Naval qui fe donna entre les Flottes
d'Angleterre & de Hollande au mois de Juin
1672. Après ce petit effai qu'il voulut faire de la
guerre , il revint à Paris , y étudia en Droit & y
prit fes degrez. Mais l'étude des Mathématiques
prit facilement le deffus fur celle des Loix. Il en
prenoit des leçons affiduement de M. Ozanam
& lorfque,de retour en Dauphiné, il eut fuccedé à
M. fon pere dans fa Charge de Confeiller au Parlement
, il conferva tant de paffion pour cette
Science , qu'il engagea le même M. Ozanam , de
venir à Grenoble, où il refta deux ans. C'eſt à cette
trop grande application pour une étude auffi abftraite
qu'il faut attribuer en partie l'affoibliffement
de fes yeux. Il acheta en 1690. la charge
de Premier Prefident de la Chambre des Comptes,
qu'avoit occupé auparavant le celebre M. de Boif
hieu
978 MERCURE DE FRANCE
fieu , Auteur très-connu & très- verfé , principalement
dans les matieres d'Hiſtoire & de Jurifprudence
qui concernent le Dauphiné. L'accident
qui arriva quelques années après à M. de Valbonnays
, par l'extinction entiere de fa vûë , le
détermina à abandonner les Mathématiques , aufquelles
il ne pouvoit plus vacquer , & il fe livra
tout entier aux mêmes recherches par lefquelles
M. de Boiffieu s'étoit diftingué. C'eſt à ces Re--
cherches que nous devons les curieux Memoirespour
fervir à PHiftoire de Dauphiné , fous les
Dauphins de la Maifon de la Tour du Pin , qui
parurent la premiere fois en 1711.in. folio , &
furent réimprimez en 1722. en deux volumes
auffi in folio ; un autre Memoire pour établir la
Jurifdiction du Parlement & de la Chambre des
Comptes de la même Province fur la Principauté
d'Orange , avec les Preuves en 1714. Plufieurs .
Diflertations fur differens fujets d'antiquité , répandus
dans les Journaux de Trévoux , les Nouvelles
Litteraires & autres Ouvrages Périodiques ,
telles que font celles fur le Concile d'Epone , fur
Raimond du Puy , fur l'Arc de Triomphe d'O--
range , des Infcriptions de Lyon & de Ventavon,
le Sabat des Juifs , des Explications , des Paffages
d'anciens Auteurs , &c. Il avoit été admis dans
l'Académie de Lyon dès les commencemens de
fon inftitution ; mais ce qui l'a plus flatté , ce fut
la diftinction finguliere avec laquelle il fut nommé
en 1728. Académicien Correſpondant hono- :
raire de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , avec cette claufe particuliere que
cet exemple extraordinaire ne pourroit tirer
à conféquence. Il tenoit chez lui régulierement
deux fois la femaine des Conferences fur l'Hiftoi
re & la Litterature , & des Concerts , où tout ce
qu'il y avoit de perſonnes diftinguées à Grenoble,
Le
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MAY.
1730.
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☛78 MERCURE DE FRANCE
Gew
mais
MAY. 1730. 979
fe faifoient un plaifir d'affifter. Il a donné par fon
Teftament de grandes marques de pieté & de liberalité
, foit envers les Hôpitaux de cette Ville ,
foit envers ceux qui lui étoient attachez . Il eſt
mort d'une rétention d'urine & a été enterré aux
Minimes de la Plaine. Il a laiffé pour fon principal
heritier M. Bailly , fon neveu , Confeiller
au Parlement , qu'il avoit fait recevoir dés 1728.
en furvivance de fa Charge de Premier Prefident
de la Chambre des Comptes.
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Résumé : Mort de M. de Valbonnays, sçavant, &c. [titre d'après la table]
Jean-Pierre Moret de Bourchenu, Marquis de Valbonnays, naquit le 23 juin 1651 et décéda à Grenoble le 2 mars 1730 à l'âge de 79 ans. Il fut Premier Président de la Chambre des Comptes de Dauphiné et Académicien Correspondant honoraire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres. Sa réputation reposait sur ses qualités de cœur et d'esprit, ainsi que sur son amour pour les lettres et son dévouement à l'étude, même après avoir perdu la vue. Après des études initiales à Notre-Dame de Grâce en Forêt, où il soutint des thèses de philosophie à 14 ans, ses parents l'envoyèrent en Italie. Il séjourna à Rome et Venise, puis visita la Hollande et l'Angleterre, participant au combat naval entre les flottes d'Angleterre et de Hollande en juin 1672. De retour à Paris, il étudia le droit et se consacra principalement aux mathématiques sous la tutelle de M. Ozanam. En Dauphiné, il succéda à son père comme Conseiller au Parlement et continua ses études mathématiques, invitant même M. Ozanam à Grenoble. En 1690, il acheta la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes, précédemment occupée par M. de Boiffieu. Après avoir perdu la vue, il se consacra à l'histoire et à la jurisprudence du Dauphiné, publiant des mémoires sur l'histoire des Dauphins de la Maison de la Tour du Pin et sur la juridiction du Parlement et de la Chambre des Comptes sur la Principauté d'Orange. Il contribua également à divers journaux et ouvrages périodiques avec des dissertations sur des sujets d'antiquité. Il fut admis à l'Académie de Lyon et nommé Académicien Correspondant honoraire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres en 1728. Il organisait régulièrement des conférences sur l'histoire et la littérature, ainsi que des concerts chez lui. Il légua des marques de piété et de libéralité aux hôpitaux de Grenoble et à ses proches. Il mourut d'une rétention d'urine et fut enterré aux Minimes de la Plaine. Son principal héritier fut son neveu, M. Bailly, Conseiller au Parlement, qu'il avait fait recevoir en survivance de sa charge.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3625
p. 128-134
A MADAME D'USSÉ, Fille de M. de Vauban.
Début :
La Lettre en Vers que vous allez lire, est de l'illustre Madam / Quelqu'un qui n'est pas vostre Epoux, [...]
Mots clefs :
Époux, Raison, Jeunesse, Temps, Iris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME D'USSÉ, Fille de M. de Vauban.
La Lettre en Vers que vou
allez lire, cft de lillultre Ma illalre Pere.
dame des Houlieres,. Que pout
Elle papillonne toujours , roi-je vous dire de plus pout
94 ME RCURE
Mdifoitce grand bomme, rin
ne la corrige.
En attendant qu'un jour la tailan
la dirige;
Ele axroit grand befoin de quelgu
antre fecours.
Employtz tos les ttaits que foatnit
la Satyre
Contre wne ativite, qui dn matin
au foir
La fait conyir ,fantere rir.
Alfez imprndemment je lay premti
d'écrire;
Car quelle raion peut valoir
Conttc ap lkger defaut que la jeo.
neffe donnè,
Etqac je me connois perfonne
Quine vonlaft encore avoit.
Avecque quatorze ans écris far b
vilage,
lvons firoit beau voir prendre as air ferieux.ig0
GALANT. 95
X renverfeK, point lorde étably
par lufag.
Hés q9e peut on faire de mnieas
Que de folafhrer à voftre hze ?
Vous avez devant vous dix ans de
badinage.
Qu'ilne s'y mêle point de momens
ennuyenX.
Qu'entre les feux , les Ris ,séconle
ofe partage
Un temps f beau ,fprecieux,
Vows n'en aurcz que trop , belas 1
pour efre fage.
Tout bien confdert ,qu'ch-ce que
gate en vons
L'attivité qu'on vous reproche ?
Vofre fpris n'en el pas moins
doux.
Voiyeax n'en ble(lent pas , de moins
dangerenx coups
LInfenfible qui vons APproche.
Pous mene-toelle à ganche , os plus
loin qu'il ne fant
MEROVRE
Moins je trouve quun tel defaut
ofe lesagrémens que la natnytdon.
Par exemple voity der faiti
AeK conzus pour gu on sy fonit,
Les Zephirs, les Ruilfeans nn sar.
oftent jamais.
Parlear etrvité perdent ils lam
attraits?
Contre. elle p-il guelqu'un gu
gronde ,
Et voit on qu'on tronye .malvaš
Que ce Dieu que déja tboasfoarniAille fans cefle par le monde
Tioabler des ceurs lhurenfe paix!
Mais fans chercher f loin fani Tant de mifere,tt
Qocs cxemples d'attivind
Ne rencontrez, vons potnt dat
GALANT, 97
Il luy ficd bien, cn verile,
DE me propofer de vou s faire
Disleçons de tranguilittyo
Lny , gui foit n paix , foit en
Gonte moins le repos qe ne font les
Luy,guiprë/quefemblable à cei fers Paladins.i
Qui partouroient toute. la terte
Enleveà des Geans enuienx mae
tins
Nop de libertines Infantes,l
Mais en chemin faifant des Rlaces
tti mportant es ,sgnap ait
Qai de Theureufe. Francen árent
les deflins. atase A
Que far fes proccdez, Iris ,il refleEt quil nous dife un pèayil eroie
qe'ilfoit permjs sh
De confiderer com ne #p viceT
Ce counagensilant qi'ez luyle Ciel
Feurier 1692. E
MERCVRE
S quelqu' an pcat is'en plaindr
NO AVEC quelque jufice,usg
-9 ceneJont que nos Ennemis:
Comie la bonne foy dans mes dif.
Qh cours tolate,sRT934
sbdnte ne vous difimule pas E
Qoenfaivant mes confeils on peut
SAR faireun faux pas,ta"
Er que laffaire eft delicate.
font bons cependant;masjtate
E02 belle Iris
-b l.ne aur point qae je me fate,
2Le temps diminuèra leur prix.
*Ain qúand vos voudrez fuon
9i Regaidez-en totjours la datt.
al pe Pavis, la veille des Roi,
c4L'Anmil fex cens quatre:om
Temps ow par de feveres lois
-41ZEglife defend qu'os dpoufe
allez lire, cft de lillultre Ma illalre Pere.
dame des Houlieres,. Que pout
Elle papillonne toujours , roi-je vous dire de plus pout
94 ME RCURE
Mdifoitce grand bomme, rin
ne la corrige.
En attendant qu'un jour la tailan
la dirige;
Ele axroit grand befoin de quelgu
antre fecours.
Employtz tos les ttaits que foatnit
la Satyre
Contre wne ativite, qui dn matin
au foir
La fait conyir ,fantere rir.
Alfez imprndemment je lay premti
d'écrire;
Car quelle raion peut valoir
Conttc ap lkger defaut que la jeo.
neffe donnè,
Etqac je me connois perfonne
Quine vonlaft encore avoit.
Avecque quatorze ans écris far b
vilage,
lvons firoit beau voir prendre as air ferieux.ig0
GALANT. 95
X renverfeK, point lorde étably
par lufag.
Hés q9e peut on faire de mnieas
Que de folafhrer à voftre hze ?
Vous avez devant vous dix ans de
badinage.
Qu'ilne s'y mêle point de momens
ennuyenX.
Qu'entre les feux , les Ris ,séconle
ofe partage
Un temps f beau ,fprecieux,
Vows n'en aurcz que trop , belas 1
pour efre fage.
Tout bien confdert ,qu'ch-ce que
gate en vons
L'attivité qu'on vous reproche ?
Vofre fpris n'en el pas moins
doux.
Voiyeax n'en ble(lent pas , de moins
dangerenx coups
LInfenfible qui vons APproche.
Pous mene-toelle à ganche , os plus
loin qu'il ne fant
MEROVRE
Moins je trouve quun tel defaut
ofe lesagrémens que la natnytdon.
Par exemple voity der faiti
AeK conzus pour gu on sy fonit,
Les Zephirs, les Ruilfeans nn sar.
oftent jamais.
Parlear etrvité perdent ils lam
attraits?
Contre. elle p-il guelqu'un gu
gronde ,
Et voit on qu'on tronye .malvaš
Que ce Dieu que déja tboasfoarniAille fans cefle par le monde
Tioabler des ceurs lhurenfe paix!
Mais fans chercher f loin fani Tant de mifere,tt
Qocs cxemples d'attivind
Ne rencontrez, vons potnt dat
GALANT, 97
Il luy ficd bien, cn verile,
DE me propofer de vou s faire
Disleçons de tranguilittyo
Lny , gui foit n paix , foit en
Gonte moins le repos qe ne font les
Luy,guiprë/quefemblable à cei fers Paladins.i
Qui partouroient toute. la terte
Enleveà des Geans enuienx mae
tins
Nop de libertines Infantes,l
Mais en chemin faifant des Rlaces
tti mportant es ,sgnap ait
Qai de Theureufe. Francen árent
les deflins. atase A
Que far fes proccdez, Iris ,il refleEt quil nous dife un pèayil eroie
qe'ilfoit permjs sh
De confiderer com ne #p viceT
Ce counagensilant qi'ez luyle Ciel
Feurier 1692. E
MERCVRE
S quelqu' an pcat is'en plaindr
NO AVEC quelque jufice,usg
-9 ceneJont que nos Ennemis:
Comie la bonne foy dans mes dif.
Qh cours tolate,sRT934
sbdnte ne vous difimule pas E
Qoenfaivant mes confeils on peut
SAR faireun faux pas,ta"
Er que laffaire eft delicate.
font bons cependant;masjtate
E02 belle Iris
-b l.ne aur point qae je me fate,
2Le temps diminuèra leur prix.
*Ain qúand vos voudrez fuon
9i Regaidez-en totjours la datt.
al pe Pavis, la veille des Roi,
c4L'Anmil fex cens quatre:om
Temps ow par de feveres lois
-41ZEglife defend qu'os dpoufe
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Résumé : A MADAME D'USSÉ, Fille de M. de Vauban.
Dans une lettre en vers datée du 2 février 1692, un père s'adresse à sa fille, surnommée 'Iris', exprimant son inquiétude face à son activité incessante, qu'il compare à celle d'un papillon. Il reconnaît la difficulté de la corriger et son besoin d'aide. Le père critique cette activité, la décrivant comme allant du matin au soir, et faisant courir, chanter et rire sa fille. Il avoue ne pas avoir de raison valable pour lui reprocher ce défaut, soulignant que tout le monde en est pourvu. À quatorze ans, il aimerait la voir adopter un air plus sérieux. Il se demande ce qu'il peut faire de mieux que de la conseiller, notant qu'elle a devant elle dix ans de badinage sans moments ennuyeux, partageant son temps entre les feux, les rires et les seconds rôles. Il reconnaît que son esprit n'en est pas moins doux et ses coups pas moins dangereux. Il compare son activité à un infatigable qui la mène plus loin qu'il ne faut. Il mentionne que moins il trouve ce défaut agréable, plus il voit qu'il a des agréments que la nature donne, comme les Zéphyrs et les Ruisseaux. Il se demande si parler d'activité perd ses attraits et s'il y a quelqu'un qui gronde contre elle. Il évoque un Dieu qui troublerait la paix des cœurs sans cette activité. Le père conclut en suggérant que des leçons de tranquillité, comme celles des Paladins, seraient nécessaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3626
p. 124-130
Lettre de M. de Voltaire à M. Rousseau.
Début :
J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain : je vous [...]
Mots clefs :
Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Rousseau, Hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. de Voltaire à M. Rousseau.
Lettre de M. de Voltaire à M. Rouffeau.
J'ai reçu , Monfieur , votre nouveau
livre contre le genre humain : je vous
remercie . Vous plairez aux hommes à qui
vous dites leurs vérités , & vous ne les corrigerez
pas . Vous peignez avec des couleurs
bien vraies les horreurs de la fociété
humaine , dont l'ignorance & la foibleffe
fe promettent tant de douceurs. On n'a
jamais employé tant d'efprit à nous rendre
bêtes.
Il prend envie de marcher à quatre
pattes , quand on lit votre ouvrage , cependant
comme il y a foixante ans que j'en
ai perdu l'habitude , je fens malheureuſement
qu'il m'eft impoffible de la reprendre,
& je laiffe cefte allure naturelle à ceux
qui en font plus dignes que vous & moi.
Je ne peux non plus m'embarquer pour .
aller trouver les fauvages du Canada , premierement
, parce que les maladies aufquelles
je fuis condamné , me rendent un
OCTOBRE . 1755. 125
médecin d'Europe néceffaire. Secondément
, parce que les exemples de nos nations
ont rendu les fauvages prefque auffi
méchans que nous. Je me borne à être un
fauvage paisible dans la folitude que j'ai
choifie auprès de votre patrie , où vous
devriez être.
J'avoue que les Belles - Lettres & les
Sciences ont caufé quelquefois beaucoup
de mal. Les ennemis du Taffe firent de fa
vie un tiffu de malheurs ; ceux de Galilée
le firent gémir dans les prifons à 70 ans ,
pour avoir connu le mouvement de la
terre ; & ce qu'il y a de plus honteux , c'eft
qu'ils l'obligerent à fe rétracter.
Dès que vos amis eurent commencé le
Dictionnaire Encyclopédique , ceux qui
oferent être leurs rivaux , les traiterent de
Déiftes , d'Athées & même de J ..... Si j'ofois
me compter parmi ceux dont les travaux
n'ont eu que la perfécution pour récompenſe
, je vous ferois voir une troupe
de miférables acharnés à me perdre ,du jour
que je donnai la Tragédie d'Edipe , une
bibliothèque de calomnies ridicules contre
moi : un Prêtre ex-Jéfuite que j'avois fauvé
du dernier fupplice , me payant par des
libelles diffamatoires , du fervice que je
lui avois rendu ; un homme plus coupable
- encore , faifant imprimer mon propre ou-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
vrage du fiecle de Louis XIV. avec des
notes où la plus craffe ignorance débite
les impoſtures les plus effrontées ; un autre
qui vend à un Libraire une prétendue
Hiftoire univerfelle fous mon nom , & le
Libraire affez avide & affez fot , pour imprimer
ce tiffu informe de bévûes , de fauffes
dates , de faits & de noms eftropiés ,
& enfin des hommes affez lâches & affez
méchans pour m'imputer cette raplodie .
Je vous ferois voir la fociété infectée de
ce nouveau genre d'hommes inconnus à
toute l'antiquité , qui ne pouvant embraffer
une profeffion honnête , foit de laquais ,
foit de manoeuvre , & fçachant malheureufement
écrire , fe font des courtiers de la
littérature , volent des manufcrits , les défigurent
& les vendent.
Je pourrois me plaindre qu'une plaifanterie
faite il y a plus de trente ans fur le
même fujet , que Chapelain eut la bêtife
de traiter férieufement , court aujoud'hui le
monde par l'infidélité de l'infame avarice
de ces malheureux qui l'ont défigurée avec
autant de fottife que de malice , & qui au.
bout de trente ans vendent partout cet ouvrage
, lequel certainement n'eft plus le
mien , & qui eft devenu le leur, J'ajouterois
qu'en dernier lieu , on a ofé feuilleter
dans les archives les plus refpectables ,
OCTOBRE. 1755. 1.27
& y voler une partie des mémoires que j'y
avois mis en dépôt , lorsque j'étois Hiftoriographe
de France , & qu'on a vendu à
un Libraire de Paris le fruit de mes travaux.
Je vous peindrois l'ingratitude ,
l'impoſture & la rapine , me pourſuivant
jufqu'aux pieds des Alpes , & jufqu'au
bord de mon tombeau.
Mais , Monfieur , avouez auffi que ces
épines attachées à la littérature & à la réputation
, ne font que des fleurs en comparaifon
des maux qui de tous les tems ont
inondé la terre. Avouez que ni Cicéron ,
ni Lucrece , ni Virgile , ni Horace , ne furent
les Auteurs des profcriptions de Marius
, de Silla , de ce débauché d'Antoine ,
de cet imbécile Lépide , de ce tyran
fans courage Octave , furnommé fi lâchement
Augufte.
Avouez que le badinage de Marot n'a
pas produit la faint Barthelemi , & que la
Tragédie du Cid ne caufa pas les guerres
de la fronde. Les grands crimes n'ont été
commis que par de célebres ignorans . Ce
qui fait & ce qui fera toujours de ce monde
une vallée de larmes , c'eft l'infatiable
cupidité , & l'indomptable orgueil des
hommes , depuis Thamas Kouli-Kan , qui
ne fçavoit pas lire , jufqu'à un Commis
de la Douane qui ne fçait que chiffrer.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Les Lettres nourriffent l'ame , la rectifient ,
la confolent , & elles font même votre
gloire dans le tems que vous écrivez
contr'elles. Vous êtes comme Achille qui
s'emportoit contre la gloire , & le P.Mallebranche
dont l'imagination brillante écrivoit
contre l'imagination.
M. Chappuis m'apprend que votre fanté
eft bien mauvaife ; il faudroit venir la
rétablir dans l'air natal , jouir de la liberté,
boire avec moi du lait de mes vaches &
brouter des herbes.
Je fuis très -philofophiquement , & c.
LES OEUVRES de M. Coffin ancien Recteur
de l'Univerfité , & Principal du College
de Dormans - Beauvais , 2. vol. A
Paris , chez Defaint & Saillant , rue faint
Jean de Beauvais , & Thomas Hériffant ,
rue faint Jacques , 1755 .
Un homme zélé pour la gloire des Lettres
, & pour la mémoire de M. Coffin ,
vient de faire préfent au public de ce Recueil
, à la tête duquel il a mis l'éloge
hiftorique de l'Auteur par M. Langlet
Avocat au Parlement. Ce Recueil fait connoître
M. Coffin comme Auteur. On y
voit fes talens oratoires & poétiques ; l'éloge
hiftorique acheve , pour ainfi dire ,
cet homme illuftre , en préfentant le RecOCTOBRE.
1755 129
teur & le Principal . Cet éloge en mérite
lui-même de très- grands par l'élégance &
la vérité qui le caractérisent. Ce n'eft pas
un vain panégyrique appuyé fur des mots
vagues qui vont à tout, & qui ne prouvent
rien. C'eſt une louange propre fondée fur
des faits qui la conftatent. Voilà la meilleure
façon de louer , & peut être la ſeule
convenable. A l'égard du Recueil, nous en
rendrons compte inceffamment , il eft trop
précieux à la littérature pour n'être qu'annoncé.
CHYMIE MEDICINALE , contenant
la maniere de préparer les remedes
les plus ufités , & la méthode de les employer
pour la guérifon des maladies , z
vol . in- 12 . nouvelle édition * ; par M. Malouin
, Médecin ordinaire de Sa Majesté
la Reine , ancien Profeffeur de Pharmacie
en la Faculté de Médecine de Paris , de
l'Académie royale des Sciences , de la Societé
royale de Londres , Cenfeur royal
des livres , & nous ofons ajouter grand
guériffeur de profeffion , qui , felon nous ,
n'eft pas la moins recommandable de fes
* Nous l'avons annoncée d'avance dans le Mercure
d'Avril 1755 , pag. 99. Ceux de Septembre &
Octobre 1750 , ont fait mention de la premiere
édition, pag . 135 , & pag. 129.
F v
128 MERCURE DE FRANCE.
Les Lettres nourriffent l'ame , la rectifient ,
la confolent , & elles font même votre
gloire dans le tems que vous écrivez
contr'elles. Vous êtes comme Achille qui
s'emportoit contre la gloire , & le P.Mallebranche
dont l'imagination brillante écrivoit
contre l'imagination.
M. Chappuis m'apprend que votre fanté
eft bien mauvaife ; il faudroit venir la
rétablir dans l'air natal , jouir de la liberté,
boire avec moi du lait de mes vaches &
brouter des herbes.
Je fuis très-philofophiquement , &c.
LES OEUVRES de M. Coffin ancien Recteur
de l'Univerfité , & Principal du College
de Dormans - Beauvais , 2. vol . A
Paris , chez Defaint & Saillant , rue faint
Jean de Beauvais , & Thomas Hériffant ,
rue faint Jacques , 1755 .
Un homme zélé pour la gloire des Lettres
, & pour la mémoire de M. Coffin ,
vient de faire préfent au public de ce Recueil
, à la tête duquel il a mis l'éloge
hiftorique de l'Auteur par M. Langlet
Avocat au Parlement. Ce Recueil fait connoître
M. Coffin comme Auteur. On y
voit fes talens oratoires & poétiques ; l'éloge
hiftorique acheve , pour ainfi dire ,
cet homme illuftre , en préfentant le RecOCTOBRE.
1755 129
teur & le Principal . Cet éloge en mérite
lui-même de très- grands par l'élégance &
la vérité qui le caractérisent. Ce n'eft pas
un vain panégyrique appuyé fur des mots
vagues qui vont à tout, & qui ne prouvent
rien. C'est une louange propre fondée fur
des faits qui la conftatent. Voilà la meilleure
façon de louer , & peut être la ſeule
convenable. A l'égard du Recueil, nous en
rendrons compte inceffamment , il eft trop
précieux à la littérature pour n'être qu'annoncé.
CHYMIE MEDICINALE , contenant
la maniere de préparer les remedes
les plus ufités , & la méthode de les employer
pour la guérifon des maladies , 2
vol. in- 12 . nouvelle édition * ; par M. Malouin
, Médecin ordinaire de Sa Majesté
la Reine , ancien Profeffeur de Pharmacie
en la Faculté de Médecine de Paris , de
l'Académie royale des Sciences , de la Societé
royale de Londres , Cenfeur royal
des livres , & nous ofons ajouter grand
guériffeur de profeffion , qui , felon nous ,
n'eft pas la moins recommandable de fes
* Nous l'avons annoncée d'avance dans le Mercure
d'Avril 1755 , pag. 99. Ceux de Septembre &
Octobre 1750 , ont fait mention de la premiere
édition, pag. 135 , & pag. 129.
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
qualités. Nous le fçavons par notre propre:
expérience , & nous avons pour garand
la Cour ainfi que la Ville.
Ce livre utile fe vend chez d'Houry pe
re , rue de la Vieille Bouclerie. Il eft de :
pure pratique , & fait pour être confulté
de tout le monde . Il eft approuvé de la
Faculté & de l'Académie . Nous en parlerons
inceffamment plus au long , & avee
tout l'éloge que l'ouvrage & l'auteur méritent.
Nous nous contenterons de dire aujourd'hui
qu'aucun Médecin n'eft plus pénétré
de la vérité de fon art , ne l'a plus
approfondi , & ne l'exerce avec plus de
fageffe & de fuccès que M. Malouin. II
compte les fiens par les guérifons qu'il
opere , plus encore que par le nombre des
malades qu'il voit , & ce font là les vrais
fuccès.
J'ai reçu , Monfieur , votre nouveau
livre contre le genre humain : je vous
remercie . Vous plairez aux hommes à qui
vous dites leurs vérités , & vous ne les corrigerez
pas . Vous peignez avec des couleurs
bien vraies les horreurs de la fociété
humaine , dont l'ignorance & la foibleffe
fe promettent tant de douceurs. On n'a
jamais employé tant d'efprit à nous rendre
bêtes.
Il prend envie de marcher à quatre
pattes , quand on lit votre ouvrage , cependant
comme il y a foixante ans que j'en
ai perdu l'habitude , je fens malheureuſement
qu'il m'eft impoffible de la reprendre,
& je laiffe cefte allure naturelle à ceux
qui en font plus dignes que vous & moi.
Je ne peux non plus m'embarquer pour .
aller trouver les fauvages du Canada , premierement
, parce que les maladies aufquelles
je fuis condamné , me rendent un
OCTOBRE . 1755. 125
médecin d'Europe néceffaire. Secondément
, parce que les exemples de nos nations
ont rendu les fauvages prefque auffi
méchans que nous. Je me borne à être un
fauvage paisible dans la folitude que j'ai
choifie auprès de votre patrie , où vous
devriez être.
J'avoue que les Belles - Lettres & les
Sciences ont caufé quelquefois beaucoup
de mal. Les ennemis du Taffe firent de fa
vie un tiffu de malheurs ; ceux de Galilée
le firent gémir dans les prifons à 70 ans ,
pour avoir connu le mouvement de la
terre ; & ce qu'il y a de plus honteux , c'eft
qu'ils l'obligerent à fe rétracter.
Dès que vos amis eurent commencé le
Dictionnaire Encyclopédique , ceux qui
oferent être leurs rivaux , les traiterent de
Déiftes , d'Athées & même de J ..... Si j'ofois
me compter parmi ceux dont les travaux
n'ont eu que la perfécution pour récompenſe
, je vous ferois voir une troupe
de miférables acharnés à me perdre ,du jour
que je donnai la Tragédie d'Edipe , une
bibliothèque de calomnies ridicules contre
moi : un Prêtre ex-Jéfuite que j'avois fauvé
du dernier fupplice , me payant par des
libelles diffamatoires , du fervice que je
lui avois rendu ; un homme plus coupable
- encore , faifant imprimer mon propre ou-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
vrage du fiecle de Louis XIV. avec des
notes où la plus craffe ignorance débite
les impoſtures les plus effrontées ; un autre
qui vend à un Libraire une prétendue
Hiftoire univerfelle fous mon nom , & le
Libraire affez avide & affez fot , pour imprimer
ce tiffu informe de bévûes , de fauffes
dates , de faits & de noms eftropiés ,
& enfin des hommes affez lâches & affez
méchans pour m'imputer cette raplodie .
Je vous ferois voir la fociété infectée de
ce nouveau genre d'hommes inconnus à
toute l'antiquité , qui ne pouvant embraffer
une profeffion honnête , foit de laquais ,
foit de manoeuvre , & fçachant malheureufement
écrire , fe font des courtiers de la
littérature , volent des manufcrits , les défigurent
& les vendent.
Je pourrois me plaindre qu'une plaifanterie
faite il y a plus de trente ans fur le
même fujet , que Chapelain eut la bêtife
de traiter férieufement , court aujoud'hui le
monde par l'infidélité de l'infame avarice
de ces malheureux qui l'ont défigurée avec
autant de fottife que de malice , & qui au.
bout de trente ans vendent partout cet ouvrage
, lequel certainement n'eft plus le
mien , & qui eft devenu le leur, J'ajouterois
qu'en dernier lieu , on a ofé feuilleter
dans les archives les plus refpectables ,
OCTOBRE. 1755. 1.27
& y voler une partie des mémoires que j'y
avois mis en dépôt , lorsque j'étois Hiftoriographe
de France , & qu'on a vendu à
un Libraire de Paris le fruit de mes travaux.
Je vous peindrois l'ingratitude ,
l'impoſture & la rapine , me pourſuivant
jufqu'aux pieds des Alpes , & jufqu'au
bord de mon tombeau.
Mais , Monfieur , avouez auffi que ces
épines attachées à la littérature & à la réputation
, ne font que des fleurs en comparaifon
des maux qui de tous les tems ont
inondé la terre. Avouez que ni Cicéron ,
ni Lucrece , ni Virgile , ni Horace , ne furent
les Auteurs des profcriptions de Marius
, de Silla , de ce débauché d'Antoine ,
de cet imbécile Lépide , de ce tyran
fans courage Octave , furnommé fi lâchement
Augufte.
Avouez que le badinage de Marot n'a
pas produit la faint Barthelemi , & que la
Tragédie du Cid ne caufa pas les guerres
de la fronde. Les grands crimes n'ont été
commis que par de célebres ignorans . Ce
qui fait & ce qui fera toujours de ce monde
une vallée de larmes , c'eft l'infatiable
cupidité , & l'indomptable orgueil des
hommes , depuis Thamas Kouli-Kan , qui
ne fçavoit pas lire , jufqu'à un Commis
de la Douane qui ne fçait que chiffrer.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Les Lettres nourriffent l'ame , la rectifient ,
la confolent , & elles font même votre
gloire dans le tems que vous écrivez
contr'elles. Vous êtes comme Achille qui
s'emportoit contre la gloire , & le P.Mallebranche
dont l'imagination brillante écrivoit
contre l'imagination.
M. Chappuis m'apprend que votre fanté
eft bien mauvaife ; il faudroit venir la
rétablir dans l'air natal , jouir de la liberté,
boire avec moi du lait de mes vaches &
brouter des herbes.
Je fuis très -philofophiquement , & c.
LES OEUVRES de M. Coffin ancien Recteur
de l'Univerfité , & Principal du College
de Dormans - Beauvais , 2. vol. A
Paris , chez Defaint & Saillant , rue faint
Jean de Beauvais , & Thomas Hériffant ,
rue faint Jacques , 1755 .
Un homme zélé pour la gloire des Lettres
, & pour la mémoire de M. Coffin ,
vient de faire préfent au public de ce Recueil
, à la tête duquel il a mis l'éloge
hiftorique de l'Auteur par M. Langlet
Avocat au Parlement. Ce Recueil fait connoître
M. Coffin comme Auteur. On y
voit fes talens oratoires & poétiques ; l'éloge
hiftorique acheve , pour ainfi dire ,
cet homme illuftre , en préfentant le RecOCTOBRE.
1755 129
teur & le Principal . Cet éloge en mérite
lui-même de très- grands par l'élégance &
la vérité qui le caractérisent. Ce n'eft pas
un vain panégyrique appuyé fur des mots
vagues qui vont à tout, & qui ne prouvent
rien. C'eſt une louange propre fondée fur
des faits qui la conftatent. Voilà la meilleure
façon de louer , & peut être la ſeule
convenable. A l'égard du Recueil, nous en
rendrons compte inceffamment , il eft trop
précieux à la littérature pour n'être qu'annoncé.
CHYMIE MEDICINALE , contenant
la maniere de préparer les remedes
les plus ufités , & la méthode de les employer
pour la guérifon des maladies , z
vol . in- 12 . nouvelle édition * ; par M. Malouin
, Médecin ordinaire de Sa Majesté
la Reine , ancien Profeffeur de Pharmacie
en la Faculté de Médecine de Paris , de
l'Académie royale des Sciences , de la Societé
royale de Londres , Cenfeur royal
des livres , & nous ofons ajouter grand
guériffeur de profeffion , qui , felon nous ,
n'eft pas la moins recommandable de fes
* Nous l'avons annoncée d'avance dans le Mercure
d'Avril 1755 , pag. 99. Ceux de Septembre &
Octobre 1750 , ont fait mention de la premiere
édition, pag . 135 , & pag. 129.
F v
128 MERCURE DE FRANCE.
Les Lettres nourriffent l'ame , la rectifient ,
la confolent , & elles font même votre
gloire dans le tems que vous écrivez
contr'elles. Vous êtes comme Achille qui
s'emportoit contre la gloire , & le P.Mallebranche
dont l'imagination brillante écrivoit
contre l'imagination.
M. Chappuis m'apprend que votre fanté
eft bien mauvaife ; il faudroit venir la
rétablir dans l'air natal , jouir de la liberté,
boire avec moi du lait de mes vaches &
brouter des herbes.
Je fuis très-philofophiquement , &c.
LES OEUVRES de M. Coffin ancien Recteur
de l'Univerfité , & Principal du College
de Dormans - Beauvais , 2. vol . A
Paris , chez Defaint & Saillant , rue faint
Jean de Beauvais , & Thomas Hériffant ,
rue faint Jacques , 1755 .
Un homme zélé pour la gloire des Lettres
, & pour la mémoire de M. Coffin ,
vient de faire préfent au public de ce Recueil
, à la tête duquel il a mis l'éloge
hiftorique de l'Auteur par M. Langlet
Avocat au Parlement. Ce Recueil fait connoître
M. Coffin comme Auteur. On y
voit fes talens oratoires & poétiques ; l'éloge
hiftorique acheve , pour ainfi dire ,
cet homme illuftre , en préfentant le RecOCTOBRE.
1755 129
teur & le Principal . Cet éloge en mérite
lui-même de très- grands par l'élégance &
la vérité qui le caractérisent. Ce n'eft pas
un vain panégyrique appuyé fur des mots
vagues qui vont à tout, & qui ne prouvent
rien. C'est une louange propre fondée fur
des faits qui la conftatent. Voilà la meilleure
façon de louer , & peut être la ſeule
convenable. A l'égard du Recueil, nous en
rendrons compte inceffamment , il eft trop
précieux à la littérature pour n'être qu'annoncé.
CHYMIE MEDICINALE , contenant
la maniere de préparer les remedes
les plus ufités , & la méthode de les employer
pour la guérifon des maladies , 2
vol. in- 12 . nouvelle édition * ; par M. Malouin
, Médecin ordinaire de Sa Majesté
la Reine , ancien Profeffeur de Pharmacie
en la Faculté de Médecine de Paris , de
l'Académie royale des Sciences , de la Societé
royale de Londres , Cenfeur royal
des livres , & nous ofons ajouter grand
guériffeur de profeffion , qui , felon nous ,
n'eft pas la moins recommandable de fes
* Nous l'avons annoncée d'avance dans le Mercure
d'Avril 1755 , pag. 99. Ceux de Septembre &
Octobre 1750 , ont fait mention de la premiere
édition, pag. 135 , & pag. 129.
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
qualités. Nous le fçavons par notre propre:
expérience , & nous avons pour garand
la Cour ainfi que la Ville.
Ce livre utile fe vend chez d'Houry pe
re , rue de la Vieille Bouclerie. Il eft de :
pure pratique , & fait pour être confulté
de tout le monde . Il eft approuvé de la
Faculté & de l'Académie . Nous en parlerons
inceffamment plus au long , & avee
tout l'éloge que l'ouvrage & l'auteur méritent.
Nous nous contenterons de dire aujourd'hui
qu'aucun Médecin n'eft plus pénétré
de la vérité de fon art , ne l'a plus
approfondi , & ne l'exerce avec plus de
fageffe & de fuccès que M. Malouin. II
compte les fiens par les guérifons qu'il
opere , plus encore que par le nombre des
malades qu'il voit , & ce font là les vrais
fuccès.
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Résumé : Lettre de M. de Voltaire à M. Rousseau.
Dans une lettre adressée à M. Rouffeau, Voltaire exprime sa gratitude pour son ouvrage critique sur la société humaine tout en émettant des réserves sur la capacité des observations de Rouffeau à réformer les hommes. Voltaire souligne qu'il est impossible de revenir à un état primitif ou de s'exiler en raison de sa santé et de la corruption locale. Il évoque les persécutions subies par les intellectuels, citant Galilée et les ennemis du Tasse, ainsi que les difficultés rencontrées par les contributeurs de l'Encyclopédie, accusés de déisme et d'athéisme. Voltaire partage également ses propres expériences de calomnies et de plagiat, soulignant l'ingratitude et la malhonnêteté dans le milieu littéraire. Malgré ces épreuves, il affirme que les lettres et les sciences apportent plus de bien que de mal, contrairement aux crimes commis par des ignorants. Il souhaite un prompt rétablissement à Rouffeau et recommande les œuvres de M. Coffin, ancien recteur de l'Université. Le texte présente deux ouvrages. Le premier est un recueil des œuvres de M. Coffin, ancien recteur de l'Université et principal du Collège de Dormans-Beauvais, accompagné d'un éloge historique par M. Langlet, avocat au Parlement. Le second ouvrage est 'Chymie Médicale' de M. Malouin, médecin de la Reine et ancien professeur de pharmacie à la Faculté de Médecine de Paris. Ce livre, approuvé par la Faculté et l'Académie, détaille la préparation et l'emploi des remèdes les plus utilisés pour soigner les maladies. M. Malouin est loué pour sa maîtrise et ses succès dans l'art médical.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3627
p. 112-120
Ceremonies observées à la Reception de Monsieur de Bullion, dans la Charge de Prevost de Paris. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Marquis de Bullion, Fils de Mr de Bonnelles Commandeur [...]
Mots clefs :
Marquis, Ministre, Garde des sceaux, Promotion, Charges, Gouverneur, Éloge, Serment, Audience, Conseillers, Discours, Alliances, Palais
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonies observées à la Reception de Monsieur de Bullion, dans la Charge de Prevost de Paris. [titre d'après la table]
M' le Marquis de Bullion
, Fils de M ' de Bon- >
GALANT. 113
nelles Commandeur des Ordres
du Roy , & petit Fils de
M' de Bullion Miniftre d'E
tat Préfident au Mortier,,
Garde des Sceaux des Ordres
de Sa Majefté , & Sur- Intendant
des Finances de France,
ayant efté pourveu par le
Roy de la Charge de Prevoft
de Paris , alla au Palais avec
fes Gardes le 22. du dernier
mois. Il eftoit fuivy du Prevoft
de l'ifle, & du Lieutenant
de Robe courte avec leurs
Exempts & Archers , & ac--
compagné de M le Comed
de Chaſtillon , de Mfle Com
K
Juin 1685
114 MERCURE
te de Nonan , Sous Lieute
nant des Gendarmes du Roy,
de M' le Marquis de la Tournelle
, Gouverneur de Marſal,
de M' le Marquis de Treynel,
de M' le Marquis de Farvaques
, Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche , &
Comté de Laval, fon Frere , &
de plufieurs autres Perfonnes
de qualité. Il entra par la
grande Galerie , donna fon
Epée dans le Parquet des
Huiffiers
>
& eftant entré
dans la grande Chambre , il
prefenta fes Lettres de Proviion
à M' le Premier Préfi ,
GALANT. 115
par
le
dent , qui les fit lire
Greffier. M' Dorat quieftoit
ſon Rapporteur , fit dans fon
rapport l'Eloge de Mle Prevolt
& de fa Maiſon . Enfuite
M' de Bullion prefta le Serment,
aprés quoy on luyrendit
fon Epée, & on luy fit prendre
fa place au Banc des Sené
chaux & Baillifs du Royaume
dont il eft le premier.
Audience ,M' de Nefmond ,
quatrieme Préfident , & le
dernier de fervice à la Grand
Aprés
Chambre à qui cette commiffion
eft toujours donnée,
partis accompagné de : M
Kij
116 MERCURE
•
Godard & Fraguier , tous
deux Confeillers au Parlement
, pour aller l'inſtaler au
Chaftelet. Ils s'y rendirent
tous quatre dans le Caroffe de
M' de Bullion , accompagnez
des mefmes Gens à pied & à
Cheval , & trouverent à la
décente un des deux Lieute
nans Particuliers , avec les
Doyens des quatre Chambres.
Lors qu'ils furent dans
la Salle, de l'Audience , M le
Lieutenant Civil ſe leva, ainſi
que la Compagnie . Mle
Préfident de Nefmond prit
falplace fous le Dais , ayant
GALANT. 117
M's Godard & Fraguier de
l'un & de l'autre cofté, M le
Lieutenant Civil à fa droite,
mais fort éloigné , puis tous
les Confeillers du Chaftelet à
droite & à gauche . Mile Pre
yoft de Paris demeura fur les
degroz tefte nuë , vis-à - vis de
Mi le Préfident de Nefmond.
Alors M' Bignon Avocat du
Roy , fit un tres - beau Diſ
cours , par lequel il fit connoiftré
l'éminence de laChar
gede Prevolt, celuy qui en eft
pourveu eftant à la tefte de la
Nobleffe (de l'lfle de France,
Chef & Préfident du premier
118 MERCURE
Siege du Royaume. Il par
la de l'Illuftre Maifon de Bul
lion , qui a remply les prel
miers emplois de l'Etat je &
eft entrée dans des alliances
tres confiderables. Aprés
qu'il eut finy fon difcours,
Mrle Préfident prononça , &
fit prendre place à Mi le Pres
voft de Paris , entre M' Go.
dard & Mile Lieutenant Civil.
On plaida enfuite plufieurs
caufes dont M' le Préfident
de Nefmond qui prit
les Avis , prononça les Jugemens.
Cela fait , il quitta la
Chaife qu'il avoit occupée,
GALANT. 119
& y fit affeoir M de Bullion .
Ille mena dans toutes les autres
Chambres Civiles & Criminelles
du Chaftelet , fuivy
de la Compagnie , & le fit af.
feoir par tout dans la principale
place. J'ay oublié de
vous dire que M' de Bullion
eftoit vénu au Palais à Cheval
fuivant la coûtume , & que
ce Cheval appartient de droit
au Préfident qui fait l'Inſtallation
. Toutes ces Cerémonies
eftant achevées , M' le
Préfident , M' les Confeil
lers de la Cour , les Chefs
du Chafteler , oles . quatre
120 MERCURE
Doyens , Ms les Gens du
Roy , & plufieurs autres de
cette Compagnie , allerent dîner
chez M' de Bullion , qui
les regala fplendidement. Ily
eut deux Tables fervies dans
le mefme lieu , avec la mefme
fomptuofité. Plufieurs Dames
qui avoient efté auffi
conviées par Madame de
Bullion , furent fervies dans
un autre Appartement
.
, Fils de M ' de Bon- >
GALANT. 113
nelles Commandeur des Ordres
du Roy , & petit Fils de
M' de Bullion Miniftre d'E
tat Préfident au Mortier,,
Garde des Sceaux des Ordres
de Sa Majefté , & Sur- Intendant
des Finances de France,
ayant efté pourveu par le
Roy de la Charge de Prevoft
de Paris , alla au Palais avec
fes Gardes le 22. du dernier
mois. Il eftoit fuivy du Prevoft
de l'ifle, & du Lieutenant
de Robe courte avec leurs
Exempts & Archers , & ac--
compagné de M le Comed
de Chaſtillon , de Mfle Com
K
Juin 1685
114 MERCURE
te de Nonan , Sous Lieute
nant des Gendarmes du Roy,
de M' le Marquis de la Tournelle
, Gouverneur de Marſal,
de M' le Marquis de Treynel,
de M' le Marquis de Farvaques
, Gouverneur des Provinces
du Maine , Perche , &
Comté de Laval, fon Frere , &
de plufieurs autres Perfonnes
de qualité. Il entra par la
grande Galerie , donna fon
Epée dans le Parquet des
Huiffiers
>
& eftant entré
dans la grande Chambre , il
prefenta fes Lettres de Proviion
à M' le Premier Préfi ,
GALANT. 115
par
le
dent , qui les fit lire
Greffier. M' Dorat quieftoit
ſon Rapporteur , fit dans fon
rapport l'Eloge de Mle Prevolt
& de fa Maiſon . Enfuite
M' de Bullion prefta le Serment,
aprés quoy on luyrendit
fon Epée, & on luy fit prendre
fa place au Banc des Sené
chaux & Baillifs du Royaume
dont il eft le premier.
Audience ,M' de Nefmond ,
quatrieme Préfident , & le
dernier de fervice à la Grand
Aprés
Chambre à qui cette commiffion
eft toujours donnée,
partis accompagné de : M
Kij
116 MERCURE
•
Godard & Fraguier , tous
deux Confeillers au Parlement
, pour aller l'inſtaler au
Chaftelet. Ils s'y rendirent
tous quatre dans le Caroffe de
M' de Bullion , accompagnez
des mefmes Gens à pied & à
Cheval , & trouverent à la
décente un des deux Lieute
nans Particuliers , avec les
Doyens des quatre Chambres.
Lors qu'ils furent dans
la Salle, de l'Audience , M le
Lieutenant Civil ſe leva, ainſi
que la Compagnie . Mle
Préfident de Nefmond prit
falplace fous le Dais , ayant
GALANT. 117
M's Godard & Fraguier de
l'un & de l'autre cofté, M le
Lieutenant Civil à fa droite,
mais fort éloigné , puis tous
les Confeillers du Chaftelet à
droite & à gauche . Mile Pre
yoft de Paris demeura fur les
degroz tefte nuë , vis-à - vis de
Mi le Préfident de Nefmond.
Alors M' Bignon Avocat du
Roy , fit un tres - beau Diſ
cours , par lequel il fit connoiftré
l'éminence de laChar
gede Prevolt, celuy qui en eft
pourveu eftant à la tefte de la
Nobleffe (de l'lfle de France,
Chef & Préfident du premier
118 MERCURE
Siege du Royaume. Il par
la de l'Illuftre Maifon de Bul
lion , qui a remply les prel
miers emplois de l'Etat je &
eft entrée dans des alliances
tres confiderables. Aprés
qu'il eut finy fon difcours,
Mrle Préfident prononça , &
fit prendre place à Mi le Pres
voft de Paris , entre M' Go.
dard & Mile Lieutenant Civil.
On plaida enfuite plufieurs
caufes dont M' le Préfident
de Nefmond qui prit
les Avis , prononça les Jugemens.
Cela fait , il quitta la
Chaife qu'il avoit occupée,
GALANT. 119
& y fit affeoir M de Bullion .
Ille mena dans toutes les autres
Chambres Civiles & Criminelles
du Chaftelet , fuivy
de la Compagnie , & le fit af.
feoir par tout dans la principale
place. J'ay oublié de
vous dire que M' de Bullion
eftoit vénu au Palais à Cheval
fuivant la coûtume , & que
ce Cheval appartient de droit
au Préfident qui fait l'Inſtallation
. Toutes ces Cerémonies
eftant achevées , M' le
Préfident , M' les Confeil
lers de la Cour , les Chefs
du Chafteler , oles . quatre
120 MERCURE
Doyens , Ms les Gens du
Roy , & plufieurs autres de
cette Compagnie , allerent dîner
chez M' de Bullion , qui
les regala fplendidement. Ily
eut deux Tables fervies dans
le mefme lieu , avec la mefme
fomptuofité. Plufieurs Dames
qui avoient efté auffi
conviées par Madame de
Bullion , furent fervies dans
un autre Appartement
.
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Résumé : Ceremonies observées à la Reception de Monsieur de Bullion, dans la Charge de Prevost de Paris. [titre d'après la table]
En juin 1685, le Marquis de Bullion a été installé comme Prévôt de Paris. Fils du Commandeur des Ordres du Roi et petit-fils du ministre d'État et Garde des Sceaux, il a été nommé à cette charge par le Roi. Accompagné de personnalités de haut rang, il s'est rendu au Palais pour présenter ses lettres de provision au Premier Président et prêter serment. Il a ensuite pris place au banc des Sénéchaux et Baillifs du Royaume. Avec M. de Nesmond, quatrième Président, et deux conseillers au Parlement, il s'est dirigé vers le Châtelet pour son installation officielle. Après un discours de M. Bignon, Avocat du Roi, le Marquis de Bullion a pris sa place officielle. La cérémonie s'est achevée par un dîner somptueux organisé par le Marquis de Bullion, auquel ont participé divers dignitaires et dames invités par Madame de Bullion.
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3628
p. 128-137
« REFLEXIONS critiques sur les différentes Ecoles de Peinture par M. le Marquis [...] »
Début :
REFLEXIONS critiques sur les différentes Ecoles de Peinture par M. le Marquis [...]
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texteReconnaissance textuelle : « REFLEXIONS critiques sur les différentes Ecoles de Peinture par M. le Marquis [...] »
REFLEXIONS critiques sur les différentes
Ecoles de Peinture par M. le Marquis
d'Argens. AParis, chez Rollin, Gran-
gé, Bauche, fils 1752, un volume in-12.
L'Ouvrage que nous annonçons est
écrit facilement, & rempli de connois-
sances fort étendues sur la matière qui y
est traitée. On y voit nos Peintres mis en
parallele avec les Peintres réunis de toutes
les Ecoles, & l'emporter souvent sur
eux. Il se peut que l'amour de la Patrie
ait quelquefois séduit l'Auteur; mais on
est sur qu'il ne met point de politique
dans ses jugemens: il a toujours un air de
candeur, auquel on ne peut refuser sa
confiance. Les Artistes comparés sont, Ra-
phaël & le Sueur: Michel - Ange & le
Brun: Leonard de Vinci & Jean Cousin:
Jules-Romain& Fresninet : André-del-
.Sarto & Santerre: Michel Ange-des-Batai-
les & le Bourguignon : Pierre de Crotone
& Bon Boulogne: Carle-Marate & Louis
Boulogne : le Guaspre & Claude Lorrain:
Titien & Blanchard: Tintoret & Vanloo
le pere : Paul Veronese & la Fosse : Paluie
le vieux & Rigaud: Palme le jeune & Lar-
AVRIL.
1752.
129
giliere: le Corege & Mignard : le Parme-
san & Noel Coypel: Annibal Carache &
Parmesan: le Dominicain & Jouvenet:
Michel-Ange de Caravage & le Valen-
tin: Guide René & le Poussin; Lanfranc
& Vouet : Lalbane & Antoine Coy-
pel : Benedette & Desportes : Rubens
& le Moine : Krayer & le Puget : Rim-
brant & de Troye le pere: Tenieres &
Wateau.
Pour mettre nos Lecteurs à portée de
juger du style & de la sagacité de l'Auteur
des Réflexions, nous allons copier le pa-
rallele qu'il fait de Michel-Ange & de
le Brun: on trouvera la même précision,
le même goût, les mêmès nuances, les me-
mes contrastes dans les autres.
Michel-Ange montra dès sa tendre jeu-
nesse un grand amour pour le dessein, &
par les progrès rapides qu'il y fit, il don-
na des marques certaines des grandes cho-
ses qu'il exécuteroit un jour.
Le Brun fit paroître le même amoun
& la même disposition pour le desseini
dès ses premières années. Il fit, à l'âge de-
quinze ans, deux Ouvrages qui surpri-
rent tous les Peintres: l'un représentoit.
Flercule assommant les chevaux de Diome-
de, & l'autre étoit le portrait de son grandi
pere.
Ev
2009
130 MERCUREDE FRANCE.
Michel-Ange ayant acquis une grande
réputation se servit de l'amour que Lau-
rent de Médicis avoit pour les Arts, &
établit à Florence une Académie de Pein-
ture & de Sculpture, dans laquelle se for-
merent ensuite plusieurs habiles Peintres.
Le Brun employa le credit qu'il avoit
auprès de M. Colbert, & profita de l'en-
couragement que ce Ministre donnoit aux
Arts, non-seulement pour fonder l'Aca-
démie de Peinture & de Sculpture, d'où
sont sortis. tous les grands P'eintres que
la France a eu depuis, mais il établit une
seconde Académie à Rome.
Michel-Ange fut toujours brouillé avec
Raphael: ces deux grands hommes conçu-
rent l'un pour l'autre une jalousie éton-
nante.
Le Brun & le Sueur ne furent pas moins
opposés l'un à l'autre, que l'avoient été
ces deux illustres Italiens.
Michel Ange fut aimé non- seulement
de plusieurs grands Seigneurs, mais de
plusieurs Souverains, & de plusieurs Pa-
pes. Louis XIV. donna beaucoup de mar-
ques non-seulement de sa protection,
mais même de son amitié à le Brun.
Le Brun mourut dans un âge fort avan-
cé, estimé & honoré de tous ses Compa-
triotes. Michel-Ange finit sa carriere aussi
AVRIL. 1752.
131
glorieusement qu'il l'avoit commencée. Sa
gloire se conserva pure jusqu'à l'âge de
quatre-vingt-dix ans: il mourut à Rome,
où on lui fit des obseques superbes: le
Duc Côme de Médicis, enviant à cette
Ville les restes d'un aussi grand homme
que Michel-Ange, il le fit deterrer en se-
cret pendant la nuit, & le fit transporter
à Florence, où il fut enterré avec tous
les honneurs possibles, dans l'Eglise de
Sainte-Croix.
Michel-Ange avoit un génie vaste, ca-
pable d'exécuter les plus grandes compo-
sitions; c'est ce qu'on voit dans son Ou-
vrage du Jugement Universel, & dans ses
autres Tableaux qui sont dans la Chapelle-
du Pape.
La gallerie de Versailles, les batailles
d'Alexandre, les grands Tableaux dont
nos Eglises de Paris sont remplies, & qui
sont tous composés d'une maniere subli-
me, montrent assez qu'il n'y a jamais eu-
de Peintre qui l'ait emporté sur le Brun,
pour la grandeur du génie.
Michel-Ange est un des premiers Pein-
rres qui ait banni de l'Italie la petite ma-
niere ou les restes du gothique, dont
Raphael au commencement n'étoit pas
exempt. Le Brun changea la maniere de
son Maître Vouet, il sorvit beaucoup à
Fvj.
132 MERCURE DE FRANCE.
faire abandonner les teintes sanvages &
souvent frivoles, dont ce Peintre se set-
voit pour expedier promptement ses Ou-
vrages.
Michel-Ange a dessiné très-correcte-
ment, & de la plus grande maniere, ce-
pendant, au jugement même deM. dePile.
Il n'a pu joindre à ce grand goût la pureté &
l'elegance des contours, parce qu ayant re-
garde le corps humain dans sa plus grande
force, ou ayant peut- etre pousse trop loin son
imagination la-dessus, il a fait les membres
de ses Figures trop puissans, & chargè
comme on dit, son dessein: c'est ce qui a fait
dire à bien des Connoisseurs, que Michel-
* *
Ange étoit Sauvage.
Que ique la façon de dessiner de le Brun-
soit d'une grande maniere, ainsi que cel-
le de Michel-Ange, il est moins chargé ,
plus égal, plus gracieux que lui, cepen-
dant plus correct. Il seroit cependant à-
souhaiter que le Brun eut rendu quelque-
fois ses figures plus suelles.
Michel-Ange excelloit dans l'Anato-
mie; il entendoit parfaitement l'emboi-
ture des os, l'emmanchement des mem-
bres, les fonctions des muscles, & les dif-
férens mouvemens qu'ils font selon les
diverses attitudes, mais il marquoit si
fort toures les parties da corps, qu'il sem-
zed by Goog
AVRIL.
1752.
133
ble souvent n'avoir peint que des Ecor-
chés, ce qui devient desagreable à la vue.
Le Brun a connu parfaitement l'Anato-
mie, mais il a sagement senti que, de mê-
me que la Nature a mis sur les muscles
une peau qui les adoucit en les couvrant,
la Peintre doit de même ne les mar-
quer que jusqu'à un certain point, &
avoir surtout beaucoup d'égard à l'âge, à la
condition & au Sexe des figures qu'il peint.
Michel-Ange a entierement négligé la
couleur, & l'on peut dire hardiment qu'il
a ignoré tout ce qui dépend du coloris;
ses carnations dans les clairs sont couleur
de brique, & dans les ombres sont noi-
res, & si l'on dit que ce défaut doit être
attribué au tems & non pas à Michel-An-
ge, je reponds uniquement que c'est à Mi-
chel-Ange qu'il doit être imputé puisqu'il
n'en est pas de même des Ouvrages que
Frasebasti-del-Diombo a fait d'après les-
desseins de Michel-Ange, la couleur en
étant beaucoup meilleure, & tenant du
goût Vénitien; cependant ses tableaux
sont peints dans le même tems que ceux
de Michel-Ange, il n'ya rien à répondre à
cela que de mauvaises raisons: & de mau-
vaises raisons ne valent pas la peine d'être
re futées.
Le Brun a infiniment micux colore que
134 MERCUREDEFRANCE.
Michel-Ange, on peut dire qu'il y a peu
de Peintres de l'Ecole Romaine qui ayent
poussé la connoissance du coloris aussi loin
que lui. On voit deux tableaux de lui parmi
ceux qui sont exposés au Luxembourg,
dont la couleur est très-suave. Il y a une
sainte Famille, qui se soutiendroit auprès
de l'Ouvrage du Titien. Ceux donc, qui
très médiocres Connoisseurs en Peintu-
res, ont décidé hardiment que le Brun
avoit coloré d'une maniere grise, au-
roient du voir ses meilleurs Ouvrages, ou-
consulter des gens plus éclairés qu'eux,
qui les auroient instruit jusqu'à quel
point ils devroient blâmer le coloris de
le Brun. Car il faut convenir que dans
plusieurs de ses Ouvrages, il n est point
exempt de blâmeà plusieurs égards, ses
couleurs locales sont quelquefois trivia-
les, & il na point fait assez d'attention à
donner par cette partie le véritable carac-
tere à chaque objet. Il auroit été à sou-
haiter que le Brun, en revenant de Ro-
me, eût vu l'Ecole Vénitienne, ou la Fla-
mande: mais enfin, quoique son coloris
n'ait ni la vérité ni le brillant de celui
des grands Peintres de ces Ecoles, on ne
doit pas croire que dans les tableaux, où
il a voulu montrer la connoissance qu'il
on avoit, il n'y ait de trés-belles choses
AVRIL. 1752. 139
Il ne faut, pour s'en convaincre, que
jetter les yeux sur le magnifique tableau
du massacre des Innocens, que M. le Duc
d'Orseans conserve dans son Cabinet.
Les airs de tête de Michel-Ange sont
fiers & variés; ceux de le Brun sont no-
bles, expriment ce qu'il a voulu represen-
ter, & dépeignent bien les passions de
F'ame, mais ils sont moins variés que ceux
de Michel Ange. M. de Pile a judicieuse-
ment remarqué cette trop grande uni-
formité dans la maniere de peindreles pas-
sions de l'ame. Cette générale expression, dit
cet habile Critique, des passions de l'ame,
peut avoir lieu pour le dessein tant des Figu-
res que des airs de tênte que le Brun a repré-
sentés; car ils sont presque toujours les men-
mes, quoique d'un tres-beaux choix, ce qui
vient sans doute, ou d'avoir reduit la natu-
re a l'habitude qu'il avoit contractée, ou de
n'y avoir pas assez. considerè les diversitès
dont elle est susceptible, & dont les produc-
tions singulieres ne sont pas moins l'objet du
Peintre que les générales.
Si les expressions de le Brun sont trop
uniformes, & se ressentent de ce qu'on
appelle habitude & maniere: celles de
Michel-Ange sont souvent peu naturel-
les, & tiennent de cette maniere sauvage
qui regne par tout dans le dessein de ce
oogle
136 MERCUREDE FRANCE.
Peintre; elles sont cependant d'une gran-
de force.
Les Draperies de le Brun sont bien jet-
tées, flatans & marquans le noeud avec
délicatesse; elles péchent seulement en ce
qu'elles nont point l'agréable variété des
étoffes particulieres: celles de Michel-An-
ge ont non-seulement ce derniet défaut,
mais elles sont trop adhérentes.
Les tableaux de le Brun manquent quel-
quefois par le clair obscur, cependant il
en a connu l'absolue nécessité, & la mê-
me pratiquée dans ses plus grands Quvra-
ges, comme on le peut voir dans ses Ba-
tailles d'Alexandre & dans la famille de
Darius. Michel-Ange na pas eu une meil-
leure idée du clair obscur que du coloris,
& nous avons vu combien pen il a été ha-
bile dans cette partie.
Le génie élevé de Michel-Ange tom-
boit quelque fois dans des imaginations
outrées, bizares & même extravagantes;
c'est ce qu'on peut voir dans son Juge-
gement dernier, où il a mêlé la fable avec
les vérités de l'Evangile. Il est vrai qu'il
faut convenir que de quelque nature que
soient ses pensées, soit qu'elles soient sa-
ges, soit qu'elles soient outrées & biza-
res, elles ont toujours du grand.
Le Brun a. montré dans ses plus gran-
AVRIL. 1752.
137
des compositions, ainsi que dans ses plus
petites, un esprit élevé, mais solide, qui
n agit qu'avec réflexion; il n'a jamais rien
fait entrer dans les sujets qu'il a traités
que ce qu'il convenoit d'y mettre. Il n est
point de Peintre qui ait observé avee
plus de soin non-seulement le coustumé,
mais encore tout ce qui peut servir à faire
connoître le caractere, l'état, les fonc-
tions, & le Pays des gens qu'il réprésen-
toit; c'est ce qu'on voit avec un plaisir
toujours nouveau, dans la famille de Da-
rius, qu on doit regarder comme un des
plus beaux tableaux du monde, foit par
la composition qui en est sublime, soit
par la disposition qui en est excellente,
foit par le dessein qui est très-correct,
soit par les expressions qui sont ravissan-
tes, soit pat le clair-obscur qui y est très-
fagement en usage, soit même par la cou-
leur, qui quoiqu elle soit dans ce tableau la
derniere partie, & celle qui a le moin-
dre métite, doit cependant être admirée
dans plusieurs têtes & surtout dans celle
de la mere de Darius, & de la femme de
ce Prince; soit par le pinceau qui est lé-
ger & coulant; remarquons ici que ce-
lui de Michel Ange étoit dur & sec, & se
sentoit de la main du Sculpteur.
Ecoles de Peinture par M. le Marquis
d'Argens. AParis, chez Rollin, Gran-
gé, Bauche, fils 1752, un volume in-12.
L'Ouvrage que nous annonçons est
écrit facilement, & rempli de connois-
sances fort étendues sur la matière qui y
est traitée. On y voit nos Peintres mis en
parallele avec les Peintres réunis de toutes
les Ecoles, & l'emporter souvent sur
eux. Il se peut que l'amour de la Patrie
ait quelquefois séduit l'Auteur; mais on
est sur qu'il ne met point de politique
dans ses jugemens: il a toujours un air de
candeur, auquel on ne peut refuser sa
confiance. Les Artistes comparés sont, Ra-
phaël & le Sueur: Michel - Ange & le
Brun: Leonard de Vinci & Jean Cousin:
Jules-Romain& Fresninet : André-del-
.Sarto & Santerre: Michel Ange-des-Batai-
les & le Bourguignon : Pierre de Crotone
& Bon Boulogne: Carle-Marate & Louis
Boulogne : le Guaspre & Claude Lorrain:
Titien & Blanchard: Tintoret & Vanloo
le pere : Paul Veronese & la Fosse : Paluie
le vieux & Rigaud: Palme le jeune & Lar-
AVRIL.
1752.
129
giliere: le Corege & Mignard : le Parme-
san & Noel Coypel: Annibal Carache &
Parmesan: le Dominicain & Jouvenet:
Michel-Ange de Caravage & le Valen-
tin: Guide René & le Poussin; Lanfranc
& Vouet : Lalbane & Antoine Coy-
pel : Benedette & Desportes : Rubens
& le Moine : Krayer & le Puget : Rim-
brant & de Troye le pere: Tenieres &
Wateau.
Pour mettre nos Lecteurs à portée de
juger du style & de la sagacité de l'Auteur
des Réflexions, nous allons copier le pa-
rallele qu'il fait de Michel-Ange & de
le Brun: on trouvera la même précision,
le même goût, les mêmès nuances, les me-
mes contrastes dans les autres.
Michel-Ange montra dès sa tendre jeu-
nesse un grand amour pour le dessein, &
par les progrès rapides qu'il y fit, il don-
na des marques certaines des grandes cho-
ses qu'il exécuteroit un jour.
Le Brun fit paroître le même amoun
& la même disposition pour le desseini
dès ses premières années. Il fit, à l'âge de-
quinze ans, deux Ouvrages qui surpri-
rent tous les Peintres: l'un représentoit.
Flercule assommant les chevaux de Diome-
de, & l'autre étoit le portrait de son grandi
pere.
Ev
2009
130 MERCUREDE FRANCE.
Michel-Ange ayant acquis une grande
réputation se servit de l'amour que Lau-
rent de Médicis avoit pour les Arts, &
établit à Florence une Académie de Pein-
ture & de Sculpture, dans laquelle se for-
merent ensuite plusieurs habiles Peintres.
Le Brun employa le credit qu'il avoit
auprès de M. Colbert, & profita de l'en-
couragement que ce Ministre donnoit aux
Arts, non-seulement pour fonder l'Aca-
démie de Peinture & de Sculpture, d'où
sont sortis. tous les grands P'eintres que
la France a eu depuis, mais il établit une
seconde Académie à Rome.
Michel-Ange fut toujours brouillé avec
Raphael: ces deux grands hommes conçu-
rent l'un pour l'autre une jalousie éton-
nante.
Le Brun & le Sueur ne furent pas moins
opposés l'un à l'autre, que l'avoient été
ces deux illustres Italiens.
Michel Ange fut aimé non- seulement
de plusieurs grands Seigneurs, mais de
plusieurs Souverains, & de plusieurs Pa-
pes. Louis XIV. donna beaucoup de mar-
ques non-seulement de sa protection,
mais même de son amitié à le Brun.
Le Brun mourut dans un âge fort avan-
cé, estimé & honoré de tous ses Compa-
triotes. Michel-Ange finit sa carriere aussi
AVRIL. 1752.
131
glorieusement qu'il l'avoit commencée. Sa
gloire se conserva pure jusqu'à l'âge de
quatre-vingt-dix ans: il mourut à Rome,
où on lui fit des obseques superbes: le
Duc Côme de Médicis, enviant à cette
Ville les restes d'un aussi grand homme
que Michel-Ange, il le fit deterrer en se-
cret pendant la nuit, & le fit transporter
à Florence, où il fut enterré avec tous
les honneurs possibles, dans l'Eglise de
Sainte-Croix.
Michel-Ange avoit un génie vaste, ca-
pable d'exécuter les plus grandes compo-
sitions; c'est ce qu'on voit dans son Ou-
vrage du Jugement Universel, & dans ses
autres Tableaux qui sont dans la Chapelle-
du Pape.
La gallerie de Versailles, les batailles
d'Alexandre, les grands Tableaux dont
nos Eglises de Paris sont remplies, & qui
sont tous composés d'une maniere subli-
me, montrent assez qu'il n'y a jamais eu-
de Peintre qui l'ait emporté sur le Brun,
pour la grandeur du génie.
Michel-Ange est un des premiers Pein-
rres qui ait banni de l'Italie la petite ma-
niere ou les restes du gothique, dont
Raphael au commencement n'étoit pas
exempt. Le Brun changea la maniere de
son Maître Vouet, il sorvit beaucoup à
Fvj.
132 MERCURE DE FRANCE.
faire abandonner les teintes sanvages &
souvent frivoles, dont ce Peintre se set-
voit pour expedier promptement ses Ou-
vrages.
Michel-Ange a dessiné très-correcte-
ment, & de la plus grande maniere, ce-
pendant, au jugement même deM. dePile.
Il n'a pu joindre à ce grand goût la pureté &
l'elegance des contours, parce qu ayant re-
garde le corps humain dans sa plus grande
force, ou ayant peut- etre pousse trop loin son
imagination la-dessus, il a fait les membres
de ses Figures trop puissans, & chargè
comme on dit, son dessein: c'est ce qui a fait
dire à bien des Connoisseurs, que Michel-
* *
Ange étoit Sauvage.
Que ique la façon de dessiner de le Brun-
soit d'une grande maniere, ainsi que cel-
le de Michel-Ange, il est moins chargé ,
plus égal, plus gracieux que lui, cepen-
dant plus correct. Il seroit cependant à-
souhaiter que le Brun eut rendu quelque-
fois ses figures plus suelles.
Michel-Ange excelloit dans l'Anato-
mie; il entendoit parfaitement l'emboi-
ture des os, l'emmanchement des mem-
bres, les fonctions des muscles, & les dif-
férens mouvemens qu'ils font selon les
diverses attitudes, mais il marquoit si
fort toures les parties da corps, qu'il sem-
zed by Goog
AVRIL.
1752.
133
ble souvent n'avoir peint que des Ecor-
chés, ce qui devient desagreable à la vue.
Le Brun a connu parfaitement l'Anato-
mie, mais il a sagement senti que, de mê-
me que la Nature a mis sur les muscles
une peau qui les adoucit en les couvrant,
la Peintre doit de même ne les mar-
quer que jusqu'à un certain point, &
avoir surtout beaucoup d'égard à l'âge, à la
condition & au Sexe des figures qu'il peint.
Michel-Ange a entierement négligé la
couleur, & l'on peut dire hardiment qu'il
a ignoré tout ce qui dépend du coloris;
ses carnations dans les clairs sont couleur
de brique, & dans les ombres sont noi-
res, & si l'on dit que ce défaut doit être
attribué au tems & non pas à Michel-An-
ge, je reponds uniquement que c'est à Mi-
chel-Ange qu'il doit être imputé puisqu'il
n'en est pas de même des Ouvrages que
Frasebasti-del-Diombo a fait d'après les-
desseins de Michel-Ange, la couleur en
étant beaucoup meilleure, & tenant du
goût Vénitien; cependant ses tableaux
sont peints dans le même tems que ceux
de Michel-Ange, il n'ya rien à répondre à
cela que de mauvaises raisons: & de mau-
vaises raisons ne valent pas la peine d'être
re futées.
Le Brun a infiniment micux colore que
134 MERCUREDEFRANCE.
Michel-Ange, on peut dire qu'il y a peu
de Peintres de l'Ecole Romaine qui ayent
poussé la connoissance du coloris aussi loin
que lui. On voit deux tableaux de lui parmi
ceux qui sont exposés au Luxembourg,
dont la couleur est très-suave. Il y a une
sainte Famille, qui se soutiendroit auprès
de l'Ouvrage du Titien. Ceux donc, qui
très médiocres Connoisseurs en Peintu-
res, ont décidé hardiment que le Brun
avoit coloré d'une maniere grise, au-
roient du voir ses meilleurs Ouvrages, ou-
consulter des gens plus éclairés qu'eux,
qui les auroient instruit jusqu'à quel
point ils devroient blâmer le coloris de
le Brun. Car il faut convenir que dans
plusieurs de ses Ouvrages, il n est point
exempt de blâmeà plusieurs égards, ses
couleurs locales sont quelquefois trivia-
les, & il na point fait assez d'attention à
donner par cette partie le véritable carac-
tere à chaque objet. Il auroit été à sou-
haiter que le Brun, en revenant de Ro-
me, eût vu l'Ecole Vénitienne, ou la Fla-
mande: mais enfin, quoique son coloris
n'ait ni la vérité ni le brillant de celui
des grands Peintres de ces Ecoles, on ne
doit pas croire que dans les tableaux, où
il a voulu montrer la connoissance qu'il
on avoit, il n'y ait de trés-belles choses
AVRIL. 1752. 139
Il ne faut, pour s'en convaincre, que
jetter les yeux sur le magnifique tableau
du massacre des Innocens, que M. le Duc
d'Orseans conserve dans son Cabinet.
Les airs de tête de Michel-Ange sont
fiers & variés; ceux de le Brun sont no-
bles, expriment ce qu'il a voulu represen-
ter, & dépeignent bien les passions de
F'ame, mais ils sont moins variés que ceux
de Michel Ange. M. de Pile a judicieuse-
ment remarqué cette trop grande uni-
formité dans la maniere de peindreles pas-
sions de l'ame. Cette générale expression, dit
cet habile Critique, des passions de l'ame,
peut avoir lieu pour le dessein tant des Figu-
res que des airs de tênte que le Brun a repré-
sentés; car ils sont presque toujours les men-
mes, quoique d'un tres-beaux choix, ce qui
vient sans doute, ou d'avoir reduit la natu-
re a l'habitude qu'il avoit contractée, ou de
n'y avoir pas assez. considerè les diversitès
dont elle est susceptible, & dont les produc-
tions singulieres ne sont pas moins l'objet du
Peintre que les générales.
Si les expressions de le Brun sont trop
uniformes, & se ressentent de ce qu'on
appelle habitude & maniere: celles de
Michel-Ange sont souvent peu naturel-
les, & tiennent de cette maniere sauvage
qui regne par tout dans le dessein de ce
oogle
136 MERCUREDE FRANCE.
Peintre; elles sont cependant d'une gran-
de force.
Les Draperies de le Brun sont bien jet-
tées, flatans & marquans le noeud avec
délicatesse; elles péchent seulement en ce
qu'elles nont point l'agréable variété des
étoffes particulieres: celles de Michel-An-
ge ont non-seulement ce derniet défaut,
mais elles sont trop adhérentes.
Les tableaux de le Brun manquent quel-
quefois par le clair obscur, cependant il
en a connu l'absolue nécessité, & la mê-
me pratiquée dans ses plus grands Quvra-
ges, comme on le peut voir dans ses Ba-
tailles d'Alexandre & dans la famille de
Darius. Michel-Ange na pas eu une meil-
leure idée du clair obscur que du coloris,
& nous avons vu combien pen il a été ha-
bile dans cette partie.
Le génie élevé de Michel-Ange tom-
boit quelque fois dans des imaginations
outrées, bizares & même extravagantes;
c'est ce qu'on peut voir dans son Juge-
gement dernier, où il a mêlé la fable avec
les vérités de l'Evangile. Il est vrai qu'il
faut convenir que de quelque nature que
soient ses pensées, soit qu'elles soient sa-
ges, soit qu'elles soient outrées & biza-
res, elles ont toujours du grand.
Le Brun a. montré dans ses plus gran-
AVRIL. 1752.
137
des compositions, ainsi que dans ses plus
petites, un esprit élevé, mais solide, qui
n agit qu'avec réflexion; il n'a jamais rien
fait entrer dans les sujets qu'il a traités
que ce qu'il convenoit d'y mettre. Il n est
point de Peintre qui ait observé avee
plus de soin non-seulement le coustumé,
mais encore tout ce qui peut servir à faire
connoître le caractere, l'état, les fonc-
tions, & le Pays des gens qu'il réprésen-
toit; c'est ce qu'on voit avec un plaisir
toujours nouveau, dans la famille de Da-
rius, qu on doit regarder comme un des
plus beaux tableaux du monde, foit par
la composition qui en est sublime, soit
par la disposition qui en est excellente,
foit par le dessein qui est très-correct,
soit par les expressions qui sont ravissan-
tes, soit pat le clair-obscur qui y est très-
fagement en usage, soit même par la cou-
leur, qui quoiqu elle soit dans ce tableau la
derniere partie, & celle qui a le moin-
dre métite, doit cependant être admirée
dans plusieurs têtes & surtout dans celle
de la mere de Darius, & de la femme de
ce Prince; soit par le pinceau qui est lé-
ger & coulant; remarquons ici que ce-
lui de Michel Ange étoit dur & sec, & se
sentoit de la main du Sculpteur.
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3629
p. 71-80
MORTS.
Début :
Poiter, Vice-Chambelan du Roy d'Angleterre, est mort à [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M 0 R T S.
Poiter, Vice-Chambelan
du Roy d'Angleterre,
estmort à S. Germain en
Lave dans sa 74e. année.
Il avoit eue envoyé du feu
Roy Jacques II. à Rome
lors de larevolution
-, ôc
ensuite Envoyéàla Cour
deFrance.• .:C,
Gillesd'Aligre,Chevalier
Seigneur deBoilkn*
dry,cy* devantConseiller
au Parlement, mourut le
12Avril âgé de 47.ans. Il
n'a point laissé de posterité
de Catherine Turgot
de S. Clair. **.
Charles le Royde Jumelles,
Marquis de Cerizy
, Chevalier de l'ordre
Militairede S. Louis,Mareschal
reschal desCamps & Armées
du Roy, mourutle
t.5. Avril. 'IlavoitcRé Envoyé
de SaMajelléattpré;
desCantons Suisses.
Marguerite le Tellier,
Epouse deLouis Nicolas
deNeusville,DucdeVilleroy
,Pair de France, Ca-.
pitaine desGardes duRoy,
LieutenantGeneral de les
> Armées, &au Gouverne-
,
ment de laVille de Lyon
&desProvincesdeLyonnois,
Forez ,& Beaujollois
, mourut le i-.Avril
dans sa 33°. année.Elle a
lailie deuxgarçons&deux
filles.
François le Fevre de
Caumartin, ChevalierSeigneur
de Mormant, mourur
sansalliancele24. Avril
âgéde 82. ans.
Laurent Berthemel
,Chevalier Seigneur deLagerk3e
de Moutreuil,
Maistre des Requestes
..,)
,mcurut aussi sansalliance
le 15.Avril.
Marie Barbe de la Croix
de Chevricr
, veuve de
Louis de Pontevez, Marquis
deBuous, Lieutenant
de Roy deProvence, mou- rutàApt en Provence le
a,~. Avrilâgée de 69. ans.
Mrle Marquis de Buous,
sonfils ,eîl Gouverneur
d'Apt, & Syndic de k*
Noblesse deProvence.
Marie-Claire deBretagne
, Abbesse de Malnouë
,
est morte âgée de
84. ans. Elle érait fille de
Claude deBretagne,Comte
de Vertus & deGoello,
Baron d'AvaLi-crour&d'lngrande
,Seigneurde Clisson
,&;Gouverneur d-z Rennes,morten 1637.
-
Jeanne-Phiberte Ca;
Hius de Pontcarré Epouse
d'Etienne Bochart, Chevalier
de Sarron ,
Presidentenla
premiereChambredesEnquêtes,
mourut
le premier Mayen sa41,
année. Elle estoit fille de
Mr de Pontcarré
, mort
Conseiller d'Honneur au
Partemenc,ôe soeur de Mr
de Pontcarré
,
premier ;
presidentau Parlement de
Itolien, & de Mr Camus
Durand
,
Conseiller au
Parlement.
La Princesse.,fille aînée
de Monsieurle Duc, de
Lorraine, nouvellement
pourvûë de l'Abbaye de
Remiremont
, mourut à
Luneville le 4. May. Son
Corpsaesté portéaux Cordeliers
de Nancy- dans le
Tombeau des Ducs de Lorraine.
r,* Marie Claude lePelletier
,
Epouse de Jacques-
Etienne Turgor, Chevalier
Seigneur de Soumont,
Bons, Ussy, Brucourt, &c.
Maistre des Requestes &
Intendant de la Generalité
de Moulins
, mourut
lej.Mjy.Elleelibir fille Je
MichellePelletier deSouzy,
Conseillerd'estat, &au,
Conseil Royal, & Directeur
General. des Fortifi-
-carions;& de feuë Marie,
GueNrin.."A ~oi sixc» Voisin,Epouse,
de Mr de Vaubourg,
Conseiller d'Estat,est mor-
,..te.!e Vendredy 8. du mois
de May agée de 44.ans
Elle estoit soeur de MrVoifin
Ministre&Secrétaire
d'Estat,& Mr de Vaubourg
est freredeMrDefmwcz,
aussiMinistre&
Controlleur General des
finances3& neveu de feu
iMrColbert. On peut juger
par là dans quelle agreable
situation se trouvoie
Me de Vaubourg
, mais son grand detac hement
des choses de ce
.monde & son austere pieté
larendoit peusensibleaux
biens, & aux honneurs.
Elleestoitmodeste auatnt
que vertueuse, & aussi aimée
de tout ceux qui la
connoissoient qu'elle aimoit
l^s pauvres pour qui
sa charitéestoit inépuisa-
ble. Me deVaubourg sa:C
se deuxenfants, un fils <3fc ;
une fille qui est veuve dtl
Mrle Marquis d'An gen>
ne,Brigadier des Armées
du Roy,eue'à:k'bataille
de Malplaquet.
Poiter, Vice-Chambelan
du Roy d'Angleterre,
estmort à S. Germain en
Lave dans sa 74e. année.
Il avoit eue envoyé du feu
Roy Jacques II. à Rome
lors de larevolution
-, ôc
ensuite Envoyéàla Cour
deFrance.• .:C,
Gillesd'Aligre,Chevalier
Seigneur deBoilkn*
dry,cy* devantConseiller
au Parlement, mourut le
12Avril âgé de 47.ans. Il
n'a point laissé de posterité
de Catherine Turgot
de S. Clair. **.
Charles le Royde Jumelles,
Marquis de Cerizy
, Chevalier de l'ordre
Militairede S. Louis,Mareschal
reschal desCamps & Armées
du Roy, mourutle
t.5. Avril. 'IlavoitcRé Envoyé
de SaMajelléattpré;
desCantons Suisses.
Marguerite le Tellier,
Epouse deLouis Nicolas
deNeusville,DucdeVilleroy
,Pair de France, Ca-.
pitaine desGardes duRoy,
LieutenantGeneral de les
> Armées, &au Gouverne-
,
ment de laVille de Lyon
&desProvincesdeLyonnois,
Forez ,& Beaujollois
, mourut le i-.Avril
dans sa 33°. année.Elle a
lailie deuxgarçons&deux
filles.
François le Fevre de
Caumartin, ChevalierSeigneur
de Mormant, mourur
sansalliancele24. Avril
âgéde 82. ans.
Laurent Berthemel
,Chevalier Seigneur deLagerk3e
de Moutreuil,
Maistre des Requestes
..,)
,mcurut aussi sansalliance
le 15.Avril.
Marie Barbe de la Croix
de Chevricr
, veuve de
Louis de Pontevez, Marquis
deBuous, Lieutenant
de Roy deProvence, mou- rutàApt en Provence le
a,~. Avrilâgée de 69. ans.
Mrle Marquis de Buous,
sonfils ,eîl Gouverneur
d'Apt, & Syndic de k*
Noblesse deProvence.
Marie-Claire deBretagne
, Abbesse de Malnouë
,
est morte âgée de
84. ans. Elle érait fille de
Claude deBretagne,Comte
de Vertus & deGoello,
Baron d'AvaLi-crour&d'lngrande
,Seigneurde Clisson
,&;Gouverneur d-z Rennes,morten 1637.
-
Jeanne-Phiberte Ca;
Hius de Pontcarré Epouse
d'Etienne Bochart, Chevalier
de Sarron ,
Presidentenla
premiereChambredesEnquêtes,
mourut
le premier Mayen sa41,
année. Elle estoit fille de
Mr de Pontcarré
, mort
Conseiller d'Honneur au
Partemenc,ôe soeur de Mr
de Pontcarré
,
premier ;
presidentau Parlement de
Itolien, & de Mr Camus
Durand
,
Conseiller au
Parlement.
La Princesse.,fille aînée
de Monsieurle Duc, de
Lorraine, nouvellement
pourvûë de l'Abbaye de
Remiremont
, mourut à
Luneville le 4. May. Son
Corpsaesté portéaux Cordeliers
de Nancy- dans le
Tombeau des Ducs de Lorraine.
r,* Marie Claude lePelletier
,
Epouse de Jacques-
Etienne Turgor, Chevalier
Seigneur de Soumont,
Bons, Ussy, Brucourt, &c.
Maistre des Requestes &
Intendant de la Generalité
de Moulins
, mourut
lej.Mjy.Elleelibir fille Je
MichellePelletier deSouzy,
Conseillerd'estat, &au,
Conseil Royal, & Directeur
General. des Fortifi-
-carions;& de feuë Marie,
GueNrin.."A ~oi sixc» Voisin,Epouse,
de Mr de Vaubourg,
Conseiller d'Estat,est mor-
,..te.!e Vendredy 8. du mois
de May agée de 44.ans
Elle estoit soeur de MrVoifin
Ministre&Secrétaire
d'Estat,& Mr de Vaubourg
est freredeMrDefmwcz,
aussiMinistre&
Controlleur General des
finances3& neveu de feu
iMrColbert. On peut juger
par là dans quelle agreable
situation se trouvoie
Me de Vaubourg
, mais son grand detac hement
des choses de ce
.monde & son austere pieté
larendoit peusensibleaux
biens, & aux honneurs.
Elleestoitmodeste auatnt
que vertueuse, & aussi aimée
de tout ceux qui la
connoissoient qu'elle aimoit
l^s pauvres pour qui
sa charitéestoit inépuisa-
ble. Me deVaubourg sa:C
se deuxenfants, un fils <3fc ;
une fille qui est veuve dtl
Mrle Marquis d'An gen>
ne,Brigadier des Armées
du Roy,eue'à:k'bataille
de Malplaquet.
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Résumé : MORTS.
Le texte évoque le décès de plusieurs personnalités françaises et anglaises au début du XVIIIe siècle. Poiter, Vice-Chambellan du roi d'Angleterre, est mort à Saint-Germain-en-Laye à l'âge de 74 ans. Il avait été envoyé par le roi Jacques II à Rome lors de la révolution, puis à la cour de France. Gilles d'Aligre, Chevalier et Seigneur de Boilkn, est décédé le 12 avril à 47 ans sans descendance. Charles de Jumelles, Marquis de Cerizy, Chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis et Maréchal des camps et armées du roi, est mort le 15 avril. Il avait été envoyé par Sa Majesté auprès des cantons suisses. Marguerite Le Tellier, épouse du Duc de Villeroy, est décédée le 1er avril à 33 ans, laissant deux garçons et deux filles. François Le Fèvre de Caumartin, Chevalier et Seigneur de Mormant, est mort sans alliance le 24 avril à 82 ans. Laurent Berthemel, Chevalier et Seigneur de Lagerk et de Moutreuil, Maître des Requestes, est décédé sans alliance le 15 avril. Marie Barbe de la Croix de Chevrières, veuve du Marquis de Buoux, est morte à Apt en Provence le 24 avril à 69 ans. Marie-Claire de Bretagne, Abbesse de Malnouë, est décédée à 84 ans. Jeanne-Philiberte Cailloux de Pontcarré, épouse d'Étienne Bochart, est morte le 1er mai à 41 ans. La Princesse, fille aînée du Duc de Lorraine, est décédée à Lunéville le 4 mai. Marie Claude Le Pelletier, épouse de Jacques-Étienne Turgot, est morte le 1er mai. Marie Anne Voisin, épouse de Mr de Vaubourg, est décédée le 8 mai à 44 ans. Elle était connue pour sa modestie, sa vertu et sa charité envers les pauvres, laissant deux enfants, dont un fils, Brigadier des Armées du roi, mort à la bataille de Malplaquet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3630
p. 532-544
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République [...]
Mots clefs :
Elena Cornaro Piscopia, Grecque, Valbonnais, Padoue, Catalogue, Épitaphe, Rigord, Docteur, Journal, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES pour servir à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , & c. Tome XIX . de 408.
pages . A Paris , chez Briasson , à la
Science , M. DCC . XXXII.
Dans ce nouveau Volume des Memoires
du R. P. Niceron , executé sur le
même plan de ceux qui ont precedé , on
trouve un abregé de la vie de XXIX.
Sçavans en divers genres d'érudition ,
avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages
, ce qui fait la matiere d'une lecture
également agréable et instructive ;
on en pourra juger par le nom et le
mérite de ces Sçavans , qui sont ainsi rangez
dans la Table qui suit le Frontispice
' du Livre .
Ambroise Camaldule , Marc Battaglini ,
Olans
MARS. 1733.
$33
Olaus Borrichius , fean de la Bruyere , Joachim
Camerarius, Herman Conringius, Jean
de Cordes , Helene Lucrece Cornara Piscopia
, Quinto Mario Corrado , Sébastien
Corrado , Pierre Danés , Antoine Faure
Claude Faure de Vaugelas , foachim Frideric
Feller , Nicodême Frischlin , Jacques
Goar, Hugues Grotius , Pierre Guilleband
Chrétien Huygens , Thomas James , Engelbert
Kaemfer , Martin Lippenius , Hippolyte
Jule Pilet de la Menardiere , François
de la Mothe le Vayer , Bernardin Ochin ,
Jean- Isaac Pontamus , Jean- Pierre de Valbonnais
, Degorée Whear , Guillaume Xi ,
lander.
Le plus ancien de tous ces Sçavans est
Ambroise Camaldule , qui étant né en
1378. mourut en l'année 1439. C'est aussi
l'un des plus recommandables par sa pieté
et par son Erudition.L'Article qui le concerne
est fort bien rempli , ct le Catalogue
de ses Ouvrages travaillé avec soin .
L'Article de Bernardin Ochin , mort
en 1564. est curieux dans son genre. Ce
Personnage est une espece de Problême,
parmi les Sçavans ; on peut en dire du
bien et du mal sans s'écarter de la verité.
Notre Editeur n'a rien oublié pour débrouiller
tout ce qui regarde Ochin , en
quoi on peut dire qu'il a réussi beaucoup
Fii mieux
634 MERCURE DE FRANCE
mieux que les Critiques qui l'ont precedé
, sans en excepter M. Bayle , qui dans
son Dictionnaire s'est fort égayé sur
son Chapitre. Au reste , loin qu'Ochin ait
été l'Instituteur des Capucins , selon l'erreur
de plusieurs Ecrivains , on soutient
ici qu'il n'entra chez eux qu'en l'année
1534. dans le temps que cette Réforme
de l'Ordre de S. François commençoit
à faire du bruit. On avertit en mêmetemps
que pour être bien et sûrement
instruit au sujet de cet Auteur , il ne
faut point se fier tout- à - fait à l'Ecrivain
des Annales des Capucins.
Parmi les plus modernes d'entre les
Sçavans , dont il est fait mention dans
ce Volume , il n'en est point dont l'Article
fasse plus de plaisir à lire que celui
de Jean Pierre Moret de Bourchenu , Marquis
de Valbonnais , né à Grenoble en
1651. et mort le 2. Mars 1730. Premier
Président de la Chambre des Comp-"
tes de Dauphiné. Il a tenu un rang considerable
dans la République des Lettres
et il l'a enrichie de plusieurs Ouvrages ,
dont le Catalogue paroît ici avec une
Critique exacte de la part de l'Editeur.
L'Article VIII . de ce Catalogue indique
une Lettre de notre sçavant Magistrat
sur une Epitaphe Grecque, inserée dans
les
MARS. 1733.
535
les Memoires de Trévoux, Décembre 1715.
page 2246. Cette Epitaphe , pour le dire
en passant et par occasion , est celle d'une
Dame Grecque , trouvée à Marseille il
y a déja bien des années , sur une petite
Colomne de Marbre blanc , que M. Rigord
, Subdelegué de l'Intendant de Provence
en cette Ville , fit enlever et placer
à l'entrée de son Cabinet. Il en envoya
peu de temps après une copie à
Paris à un de ses Amis , pour la communiquer
aux Antiquaires .
Cet Ami l'ayant examinée , il en envoya
une Explication à M. Rigord dans
ane Lettre qui fut imprimée dans le Journal
de Trévoux du mois d'Octobre 1714.
à laquelle les Auteurs du Journal donnerent
en même- temps une autre Expli
cation .
M. Rigord , de son côté , ayant trouvé
quelque difficulté dans ces deux Explications
, en proposa une autre dans une
Dissertation adressée à M.le PrésidentBon,
qui fut rendue publique dans le même
Journal , Juillet 1715 .
Ces differentes Explications réveillerent
l'attention de M. de Valbonnais , qui dans
une Lettre aussi adressée au Président
Bon , et imprimée dans le mois de Décembre
1716. du même Journal , prit le
Fiiij ton
536 MERCURE DE FRANCE
ton de Maître , et censurant tout ce qui
avoit parû sur ce sujet , donna sa propre
Explication de l'Epitaphe Grecque ,
Explication qui , pour ne rien dissimuler
, ne fut pas heureuse .
Car l'Auteur de la premiere Interpretation
dont le sens avoit paru le plus
naturel à M. Rigord , à M. Galland et
à d'autres Antiquaires distinguez , démontra
par une Lettre imprimée dans le
Mercure du mois d'Août 1721. que celle
de M. de Valbonnais étoit insoutenable,
en ce que , pour l'admettre , il falloit admettre
aussi un Paradoxe capable de ré
volter tous les Antiquaires , sçavoir que
du temps de Marseille Payenne , temps
de la composition de l'Epitaphe , la Langue
Grecque étoit éttangere dans cette
Ville , et qu'un Grec n'entendoit rien
dans la Langue qu'on y parloit ; à Marseille
Colonie Grecque , où l'on a trouvé
tant de Monumens Grecs , et où encore
aujourd'hui on reconnoît des traces
de son origine dans la Langue vulgaire
qu'on y parle , &c.
Il faut rendre ici justice à M. de Valbonnais
, qui ayant vécu encore près de
dix ans depuis la publication de cette Lettre
dans le Mercure , n'a pas jugé à propos
d'y répondre , plus amateur de la
verité
MARS. 1733 .
537
verité , qu'il avoit sans doute reconnue
la reflexion , qu'attaché à ses propres
sentimens.
par
Pour ne pas déroger à notre coûtume
, sans exceder les bornes qui nous sont
prescrites , nous employerons ici l'Article
entier qui précede celui de M. de Valbonnais
et qui regarde l'Illustre Lucrece Cornara,
prasuadez que tous nos Lecteurs , et
surtout les Dames , nous en sçaurons gré.
HELENE Lucrece Cornara Piscopia,
naquit à Venise le 5. Juin 1646. de Jean-
Baptiste Cornaro , Procurateur de Saint
Marc. Dès sa plus tendre Enfance elle
donna des marques de ce qu'elle devien
droit un jour. Jean - Baptiste Fabris , homme
docte , et ami de son pere , ayant remarqué
en elle des dispositions heureuses
pour les Sciences , l'engagea à s'y appliquer.
A peine avoit elle sept ans -
qu'on lui donna des Maîtres pour lui apprendre
la Langue Latine. Ce furent Jean
Valesio , Chanoine de S. Marc , et le Docteur
Bartolotti . Les progrès qu'elle fit
bien-tôt en cette Langue par leurs instructions
, déterminerent son Pere à lui
faire apprendre aussi la Langue Grecque.
Fabris lui en donna les premieres leçons;
mais étant mort peu de temps après , Loüis
Gradenigo , Préfet de la Bibliotheque pu-
Fy blique
$ 38 MERCURE DE FRANCE
blique de Venise , prit sa place et continua
ce qu'il avoit commencé.
La june Cornara apprit ces Langues
avec beaucoup de facilité, et passa ensuite
à l'Hébraïque , à la Grecque vulgaire , à
l'Espagnole et à la Françoise , dans lesquelles
elle ne fit pas de moindres progrès
, elle voulut aussi sçavoir quelque
chose de l'Arabe.
Lorsqu'elle fut suffisamment instruite
de ce côté là , on l'appliqua à la Philosophie
et aux Mathématiques , dans lesquelles
elle eut pour Maître Charles Ri
naldini , qui les professoit à Padoue , et
ensuite à la Théologie , dont Hipolite
Marcheti , Prêtre de l'Oratoire , lui donna
des leçons.
Cette science lui plut particulierement
et elle s'y rendit si habile , que l'on consulta
les plus habiles gens de la France
et de l'Italie , pour sçavoir si l'on pouvoit
lui donner les degrez du Doctorat
en Théologie ; quelques Italiens composerent
même des Dissertations pour prouver
que cela se pouvoit , et que ce n'étoit
pas une chose opposée au précepte de l'Apôtre,
qui deffend aux femmes de parler
dans l'Eglise Charles Rinaldini son
Maître de Philosophie , fut de ce nombre.
Mais quelques obstacles qui se rencontrerent
MARS. 1733. 539
trerent dans cette affaire , obligerent le
Pere de la jeune Cornara , qui souhaitoit
avec passion de voir sa fille honorée
d'un titre singulier , à renoncer à son
premier dessein et à se tourner du côté
de la Philosophie , où il esperoit trouver
moins d'oppositions.
Il songea donc alors à la faire recevoir
Docteur en Philosophie dans l'Université
de Padoüe ; l'exemple étoit nouveau.
On n'avoit point encore vû de
Fille élevée au Doctorat. On sçavoit bien
que sainte Gertrude parloit souvent des
Mysteres de la Religion dans des Assemblées
nombreuses , et que sainte Catherine
de Sienne avoit harangué un jour
le Pape en présence des Cardinaux ; mais
ces actions particulieres étoicnt quelque
chose de moins considerable que de donner
en forme le Bonnet de Docteur à
une Fille . Quelques inconveniens qu'il y
cût à craindre de celle - cy, on crut devoir
passer par- dessus. On marquà le jour pour
la leçon d'épreuve de Lucrece Cornara ,
qui aussi humble que sçavante , eut d'abord
de la peine à accepter l'honneur que
l'on vouloit lui faire , et ne se rendit
que par obéîssance pour la volonté de
son Pere.
Ce jour qui étoit le 25. Juin 1678 .
Fvj étant
$40 MERCURE DE FRANCE
étant venu , on s'assembla , non point
dans les Ecoles publiques , suivant la coûtume
mais dans une Chip lle de la Cathédrale
, dédiée à la Vierge , que l'on
crut plus propre à contenir l'affluence
du Monde que la nouveauté du Spectacle
sembloit devoir y attirer. Cornara
y fit un Discours très-sc vant et trèséloquent
sur un Texte d'Aristote , qui
mérita les applaudissemens de toute l'Assemblée
et reçut ensuite le Bonnet de
Docteur , avec toutes les ceremonies usitées
en cette occasion .
Cette action attira sur elle les
yeux de toute l'Europe , et depuis ce
temps là elle fut visitée par tous les Curieux
qui voyagerent en Italie.
Elle avoit déja été auparavant aggrégée
à plusieurs Académies comme à celles
des Infecondi de Rome , des Intronati
de Sienne , & c .
Plusieurs personnes de mérite la rechercherent
en mariage , mais elle avoit
fait voeu de virginité dès l'âge d'onze ans,
et elle persista toute sa vie , dans le dessein
de l'observer quoique ses paren en
eussent obtenu la dispense de Rome
pour l'engager à se marier Elle vouloit
même se retirer entierement du Monde ;
mais la répugnance que sa famille témoigna
MARS .
540 1733
permoigna
pour cette résolution , ne lui
mit pas de l'exécuter; elle se contenta donc
de faire des voeux simples de Religion , en
qualité d'Oblate, de l'Ordre de S Benoît ,
entre les mains de Corneille Codanini
Abbé de S. George , et de recevoir de lui
l'habit des Religieuses de cet Ordre , qu'el
le porta toujours depuis , sous ses habits,
séculiers.
Son attachement extraordinaire à l'étu
de , et particulierement à celle des Langues
Grecque et Hébraïque , affoiblir si
fort sa complexion , qui étoit déja foible
d'elle - même, qu'elle tomba dans une langueur
et dans differentes infirmitez , qui
la conduisirent peu à peu au tombeau.
Elle mourut le 25 Juillet 1604. dans la
38 année de son âge , et fut enterrée à
Sainte Justine de Padoue , avec cette Epitaphe.
D. O. M.
HELENA Lucretia Cornelia Piscopia
, Joan. Bapti te D Marci Procuratoris
Filia , que moribus et Doctrina supra sexum
, et Laurea ad memoriam Posteritatis.
insignis , privatis votis coram Cornelio Codanino
Abbate S. Georgii Majoris emissis,
S. Benedicti Institutum ab ineunte alate
complexa , et religiosè prosecuta , in Monachorum
$42 MERCURE DE FRANCE
chorum Conditorium ut vivens optaverat ,
post acerba fata , admissa est Monachis H.
M. PP. Anno D. 1684.
Les Académies dont elle étoit , s'empresserent
à lui faire des Pompes Funebres
, et l'on a sur ce sujet l'Ouvrage suivant
: Le Pompe Funebri celebrate da Signori
Academici Infecondi in Roma per la
morte dell' Illust. Sign. Elena Lucretia Cornara
Piscopia , Accademica detta linalterabile.
In Padoua 1685. infol.
Catalogue de ses Ouvrages.
1º . Lettera o vero colloquio di Christo nostro
Redentore all' Anima devota composta
dal R.P. D. Giovanni Lanspergio Cartusiano
in Lingua Latina Transportata poscia
in idioma Spagnuolo dal P. F. Andrea Capiglia
, Monaco della Certosa , Prior del
Paular: Or vien tradotte di Spagnulo in
Italiano dall' Ill. Sign . Elena Lucretia Cornara
Piscopia , In Venezia , 1673. in 24.
Cette traduction a été réimprimée dans le
Recueil suivant .
2º . Helena Lucretia ( que et Scholastica)
Cornelia Piscopia l'irginis pietate et eruditione
admirabilis Ordinis D. Benedicti privatis
votis adscripta Opera que quidem haberi
potuerunt. Parma 1688. in 8. pag. 310
Cette
MARS. 1733.
548
Cette Edition des Ouvrages de Cornara
donnée par Benoit Bacchini , qui a mis
la tête une vie fort ample de cette Sças
vante , est divisée en trois Parties ; la
premiere contient un Panégyrique Italien
de la République de Venise , tout
rempli de Fleurs et de Saillies Italiennes ,
et l'Explication de deux Problêmes de
Politique , aussi en Italien . On voit dans
la seconde , des Eloges Latins , en Stile
Lapidaire , de l'Empereur , du Roy de
Pologne , du Pape Innocent XI . &c. Enfin
la troisiéme renferme quelques Lettres
Latines et Italiennes de notre Sçavante
, ou qui lui ont été écrites , avec
la Traduction dont il est parlé cydessus.
C'est à cela que se termine tout le
contenu de ce Recueil . Le nom de Scholastique
, qu'elle porte dans le titre , lui
avoit été donné par l'Abbé Codadini, lorsqu'elle
fit ses voeux entre ses mains .
Voyez sa Vie par Benoît Bicchini , à la
tête de ses Oeuvres , et dans un Recueil
intitulé , Vita Selecta Vratislavia , 1711.
in 8. Sa Vie écrite en Italien pir Maximilien
Deza , et imprimée en 1617 Les
Pompes, funebres des Infecondi de Rome.
Gregorio Leti Italia Regnante; T. 4. p. 44 .
Nous ajoûterons , avec la permission
du
344 MERCURE DE FRANCE
du R. P. Niceron , que cette celebre Fille
étant aussi aggregée à l'Académie des Ricovrati
de Padoüe , on fit son Eloge dans
cette Académie , dans une Assemblée publique
à laquelle présida un illustre Acadé
micien François; sçavoir Charles Patin ,fils
du fameux Guy , Professeur en Medecine
dans l'Université de Padoüe et Chevalier
de S. Marc .
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , & c. Tome XIX . de 408.
pages . A Paris , chez Briasson , à la
Science , M. DCC . XXXII.
Dans ce nouveau Volume des Memoires
du R. P. Niceron , executé sur le
même plan de ceux qui ont precedé , on
trouve un abregé de la vie de XXIX.
Sçavans en divers genres d'érudition ,
avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages
, ce qui fait la matiere d'une lecture
également agréable et instructive ;
on en pourra juger par le nom et le
mérite de ces Sçavans , qui sont ainsi rangez
dans la Table qui suit le Frontispice
' du Livre .
Ambroise Camaldule , Marc Battaglini ,
Olans
MARS. 1733.
$33
Olaus Borrichius , fean de la Bruyere , Joachim
Camerarius, Herman Conringius, Jean
de Cordes , Helene Lucrece Cornara Piscopia
, Quinto Mario Corrado , Sébastien
Corrado , Pierre Danés , Antoine Faure
Claude Faure de Vaugelas , foachim Frideric
Feller , Nicodême Frischlin , Jacques
Goar, Hugues Grotius , Pierre Guilleband
Chrétien Huygens , Thomas James , Engelbert
Kaemfer , Martin Lippenius , Hippolyte
Jule Pilet de la Menardiere , François
de la Mothe le Vayer , Bernardin Ochin ,
Jean- Isaac Pontamus , Jean- Pierre de Valbonnais
, Degorée Whear , Guillaume Xi ,
lander.
Le plus ancien de tous ces Sçavans est
Ambroise Camaldule , qui étant né en
1378. mourut en l'année 1439. C'est aussi
l'un des plus recommandables par sa pieté
et par son Erudition.L'Article qui le concerne
est fort bien rempli , ct le Catalogue
de ses Ouvrages travaillé avec soin .
L'Article de Bernardin Ochin , mort
en 1564. est curieux dans son genre. Ce
Personnage est une espece de Problême,
parmi les Sçavans ; on peut en dire du
bien et du mal sans s'écarter de la verité.
Notre Editeur n'a rien oublié pour débrouiller
tout ce qui regarde Ochin , en
quoi on peut dire qu'il a réussi beaucoup
Fii mieux
634 MERCURE DE FRANCE
mieux que les Critiques qui l'ont precedé
, sans en excepter M. Bayle , qui dans
son Dictionnaire s'est fort égayé sur
son Chapitre. Au reste , loin qu'Ochin ait
été l'Instituteur des Capucins , selon l'erreur
de plusieurs Ecrivains , on soutient
ici qu'il n'entra chez eux qu'en l'année
1534. dans le temps que cette Réforme
de l'Ordre de S. François commençoit
à faire du bruit. On avertit en mêmetemps
que pour être bien et sûrement
instruit au sujet de cet Auteur , il ne
faut point se fier tout- à - fait à l'Ecrivain
des Annales des Capucins.
Parmi les plus modernes d'entre les
Sçavans , dont il est fait mention dans
ce Volume , il n'en est point dont l'Article
fasse plus de plaisir à lire que celui
de Jean Pierre Moret de Bourchenu , Marquis
de Valbonnais , né à Grenoble en
1651. et mort le 2. Mars 1730. Premier
Président de la Chambre des Comp-"
tes de Dauphiné. Il a tenu un rang considerable
dans la République des Lettres
et il l'a enrichie de plusieurs Ouvrages ,
dont le Catalogue paroît ici avec une
Critique exacte de la part de l'Editeur.
L'Article VIII . de ce Catalogue indique
une Lettre de notre sçavant Magistrat
sur une Epitaphe Grecque, inserée dans
les
MARS. 1733.
535
les Memoires de Trévoux, Décembre 1715.
page 2246. Cette Epitaphe , pour le dire
en passant et par occasion , est celle d'une
Dame Grecque , trouvée à Marseille il
y a déja bien des années , sur une petite
Colomne de Marbre blanc , que M. Rigord
, Subdelegué de l'Intendant de Provence
en cette Ville , fit enlever et placer
à l'entrée de son Cabinet. Il en envoya
peu de temps après une copie à
Paris à un de ses Amis , pour la communiquer
aux Antiquaires .
Cet Ami l'ayant examinée , il en envoya
une Explication à M. Rigord dans
ane Lettre qui fut imprimée dans le Journal
de Trévoux du mois d'Octobre 1714.
à laquelle les Auteurs du Journal donnerent
en même- temps une autre Expli
cation .
M. Rigord , de son côté , ayant trouvé
quelque difficulté dans ces deux Explications
, en proposa une autre dans une
Dissertation adressée à M.le PrésidentBon,
qui fut rendue publique dans le même
Journal , Juillet 1715 .
Ces differentes Explications réveillerent
l'attention de M. de Valbonnais , qui dans
une Lettre aussi adressée au Président
Bon , et imprimée dans le mois de Décembre
1716. du même Journal , prit le
Fiiij ton
536 MERCURE DE FRANCE
ton de Maître , et censurant tout ce qui
avoit parû sur ce sujet , donna sa propre
Explication de l'Epitaphe Grecque ,
Explication qui , pour ne rien dissimuler
, ne fut pas heureuse .
Car l'Auteur de la premiere Interpretation
dont le sens avoit paru le plus
naturel à M. Rigord , à M. Galland et
à d'autres Antiquaires distinguez , démontra
par une Lettre imprimée dans le
Mercure du mois d'Août 1721. que celle
de M. de Valbonnais étoit insoutenable,
en ce que , pour l'admettre , il falloit admettre
aussi un Paradoxe capable de ré
volter tous les Antiquaires , sçavoir que
du temps de Marseille Payenne , temps
de la composition de l'Epitaphe , la Langue
Grecque étoit éttangere dans cette
Ville , et qu'un Grec n'entendoit rien
dans la Langue qu'on y parloit ; à Marseille
Colonie Grecque , où l'on a trouvé
tant de Monumens Grecs , et où encore
aujourd'hui on reconnoît des traces
de son origine dans la Langue vulgaire
qu'on y parle , &c.
Il faut rendre ici justice à M. de Valbonnais
, qui ayant vécu encore près de
dix ans depuis la publication de cette Lettre
dans le Mercure , n'a pas jugé à propos
d'y répondre , plus amateur de la
verité
MARS. 1733 .
537
verité , qu'il avoit sans doute reconnue
la reflexion , qu'attaché à ses propres
sentimens.
par
Pour ne pas déroger à notre coûtume
, sans exceder les bornes qui nous sont
prescrites , nous employerons ici l'Article
entier qui précede celui de M. de Valbonnais
et qui regarde l'Illustre Lucrece Cornara,
prasuadez que tous nos Lecteurs , et
surtout les Dames , nous en sçaurons gré.
HELENE Lucrece Cornara Piscopia,
naquit à Venise le 5. Juin 1646. de Jean-
Baptiste Cornaro , Procurateur de Saint
Marc. Dès sa plus tendre Enfance elle
donna des marques de ce qu'elle devien
droit un jour. Jean - Baptiste Fabris , homme
docte , et ami de son pere , ayant remarqué
en elle des dispositions heureuses
pour les Sciences , l'engagea à s'y appliquer.
A peine avoit elle sept ans -
qu'on lui donna des Maîtres pour lui apprendre
la Langue Latine. Ce furent Jean
Valesio , Chanoine de S. Marc , et le Docteur
Bartolotti . Les progrès qu'elle fit
bien-tôt en cette Langue par leurs instructions
, déterminerent son Pere à lui
faire apprendre aussi la Langue Grecque.
Fabris lui en donna les premieres leçons;
mais étant mort peu de temps après , Loüis
Gradenigo , Préfet de la Bibliotheque pu-
Fy blique
$ 38 MERCURE DE FRANCE
blique de Venise , prit sa place et continua
ce qu'il avoit commencé.
La june Cornara apprit ces Langues
avec beaucoup de facilité, et passa ensuite
à l'Hébraïque , à la Grecque vulgaire , à
l'Espagnole et à la Françoise , dans lesquelles
elle ne fit pas de moindres progrès
, elle voulut aussi sçavoir quelque
chose de l'Arabe.
Lorsqu'elle fut suffisamment instruite
de ce côté là , on l'appliqua à la Philosophie
et aux Mathématiques , dans lesquelles
elle eut pour Maître Charles Ri
naldini , qui les professoit à Padoue , et
ensuite à la Théologie , dont Hipolite
Marcheti , Prêtre de l'Oratoire , lui donna
des leçons.
Cette science lui plut particulierement
et elle s'y rendit si habile , que l'on consulta
les plus habiles gens de la France
et de l'Italie , pour sçavoir si l'on pouvoit
lui donner les degrez du Doctorat
en Théologie ; quelques Italiens composerent
même des Dissertations pour prouver
que cela se pouvoit , et que ce n'étoit
pas une chose opposée au précepte de l'Apôtre,
qui deffend aux femmes de parler
dans l'Eglise Charles Rinaldini son
Maître de Philosophie , fut de ce nombre.
Mais quelques obstacles qui se rencontrerent
MARS. 1733. 539
trerent dans cette affaire , obligerent le
Pere de la jeune Cornara , qui souhaitoit
avec passion de voir sa fille honorée
d'un titre singulier , à renoncer à son
premier dessein et à se tourner du côté
de la Philosophie , où il esperoit trouver
moins d'oppositions.
Il songea donc alors à la faire recevoir
Docteur en Philosophie dans l'Université
de Padoüe ; l'exemple étoit nouveau.
On n'avoit point encore vû de
Fille élevée au Doctorat. On sçavoit bien
que sainte Gertrude parloit souvent des
Mysteres de la Religion dans des Assemblées
nombreuses , et que sainte Catherine
de Sienne avoit harangué un jour
le Pape en présence des Cardinaux ; mais
ces actions particulieres étoicnt quelque
chose de moins considerable que de donner
en forme le Bonnet de Docteur à
une Fille . Quelques inconveniens qu'il y
cût à craindre de celle - cy, on crut devoir
passer par- dessus. On marquà le jour pour
la leçon d'épreuve de Lucrece Cornara ,
qui aussi humble que sçavante , eut d'abord
de la peine à accepter l'honneur que
l'on vouloit lui faire , et ne se rendit
que par obéîssance pour la volonté de
son Pere.
Ce jour qui étoit le 25. Juin 1678 .
Fvj étant
$40 MERCURE DE FRANCE
étant venu , on s'assembla , non point
dans les Ecoles publiques , suivant la coûtume
mais dans une Chip lle de la Cathédrale
, dédiée à la Vierge , que l'on
crut plus propre à contenir l'affluence
du Monde que la nouveauté du Spectacle
sembloit devoir y attirer. Cornara
y fit un Discours très-sc vant et trèséloquent
sur un Texte d'Aristote , qui
mérita les applaudissemens de toute l'Assemblée
et reçut ensuite le Bonnet de
Docteur , avec toutes les ceremonies usitées
en cette occasion .
Cette action attira sur elle les
yeux de toute l'Europe , et depuis ce
temps là elle fut visitée par tous les Curieux
qui voyagerent en Italie.
Elle avoit déja été auparavant aggrégée
à plusieurs Académies comme à celles
des Infecondi de Rome , des Intronati
de Sienne , & c .
Plusieurs personnes de mérite la rechercherent
en mariage , mais elle avoit
fait voeu de virginité dès l'âge d'onze ans,
et elle persista toute sa vie , dans le dessein
de l'observer quoique ses paren en
eussent obtenu la dispense de Rome
pour l'engager à se marier Elle vouloit
même se retirer entierement du Monde ;
mais la répugnance que sa famille témoigna
MARS .
540 1733
permoigna
pour cette résolution , ne lui
mit pas de l'exécuter; elle se contenta donc
de faire des voeux simples de Religion , en
qualité d'Oblate, de l'Ordre de S Benoît ,
entre les mains de Corneille Codanini
Abbé de S. George , et de recevoir de lui
l'habit des Religieuses de cet Ordre , qu'el
le porta toujours depuis , sous ses habits,
séculiers.
Son attachement extraordinaire à l'étu
de , et particulierement à celle des Langues
Grecque et Hébraïque , affoiblir si
fort sa complexion , qui étoit déja foible
d'elle - même, qu'elle tomba dans une langueur
et dans differentes infirmitez , qui
la conduisirent peu à peu au tombeau.
Elle mourut le 25 Juillet 1604. dans la
38 année de son âge , et fut enterrée à
Sainte Justine de Padoue , avec cette Epitaphe.
D. O. M.
HELENA Lucretia Cornelia Piscopia
, Joan. Bapti te D Marci Procuratoris
Filia , que moribus et Doctrina supra sexum
, et Laurea ad memoriam Posteritatis.
insignis , privatis votis coram Cornelio Codanino
Abbate S. Georgii Majoris emissis,
S. Benedicti Institutum ab ineunte alate
complexa , et religiosè prosecuta , in Monachorum
$42 MERCURE DE FRANCE
chorum Conditorium ut vivens optaverat ,
post acerba fata , admissa est Monachis H.
M. PP. Anno D. 1684.
Les Académies dont elle étoit , s'empresserent
à lui faire des Pompes Funebres
, et l'on a sur ce sujet l'Ouvrage suivant
: Le Pompe Funebri celebrate da Signori
Academici Infecondi in Roma per la
morte dell' Illust. Sign. Elena Lucretia Cornara
Piscopia , Accademica detta linalterabile.
In Padoua 1685. infol.
Catalogue de ses Ouvrages.
1º . Lettera o vero colloquio di Christo nostro
Redentore all' Anima devota composta
dal R.P. D. Giovanni Lanspergio Cartusiano
in Lingua Latina Transportata poscia
in idioma Spagnuolo dal P. F. Andrea Capiglia
, Monaco della Certosa , Prior del
Paular: Or vien tradotte di Spagnulo in
Italiano dall' Ill. Sign . Elena Lucretia Cornara
Piscopia , In Venezia , 1673. in 24.
Cette traduction a été réimprimée dans le
Recueil suivant .
2º . Helena Lucretia ( que et Scholastica)
Cornelia Piscopia l'irginis pietate et eruditione
admirabilis Ordinis D. Benedicti privatis
votis adscripta Opera que quidem haberi
potuerunt. Parma 1688. in 8. pag. 310
Cette
MARS. 1733.
548
Cette Edition des Ouvrages de Cornara
donnée par Benoit Bacchini , qui a mis
la tête une vie fort ample de cette Sças
vante , est divisée en trois Parties ; la
premiere contient un Panégyrique Italien
de la République de Venise , tout
rempli de Fleurs et de Saillies Italiennes ,
et l'Explication de deux Problêmes de
Politique , aussi en Italien . On voit dans
la seconde , des Eloges Latins , en Stile
Lapidaire , de l'Empereur , du Roy de
Pologne , du Pape Innocent XI . &c. Enfin
la troisiéme renferme quelques Lettres
Latines et Italiennes de notre Sçavante
, ou qui lui ont été écrites , avec
la Traduction dont il est parlé cydessus.
C'est à cela que se termine tout le
contenu de ce Recueil . Le nom de Scholastique
, qu'elle porte dans le titre , lui
avoit été donné par l'Abbé Codadini, lorsqu'elle
fit ses voeux entre ses mains .
Voyez sa Vie par Benoît Bicchini , à la
tête de ses Oeuvres , et dans un Recueil
intitulé , Vita Selecta Vratislavia , 1711.
in 8. Sa Vie écrite en Italien pir Maximilien
Deza , et imprimée en 1617 Les
Pompes, funebres des Infecondi de Rome.
Gregorio Leti Italia Regnante; T. 4. p. 44 .
Nous ajoûterons , avec la permission
du
344 MERCURE DE FRANCE
du R. P. Niceron , que cette celebre Fille
étant aussi aggregée à l'Académie des Ricovrati
de Padoüe , on fit son Eloge dans
cette Académie , dans une Assemblée publique
à laquelle présida un illustre Acadé
micien François; sçavoir Charles Patin ,fils
du fameux Guy , Professeur en Medecine
dans l'Université de Padoüe et Chevalier
de S. Marc .
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Résumé : Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le Tome XIX des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres' du R. P. Niceron, publié en 1732 à Paris, présente des résumés biographiques de 29 savants de divers domaines, accompagnés d'un catalogue raisonné de leurs œuvres. Parmi les savants mentionnés figurent Ambroise Camaldule, Bernardin Ochin, et Jean-Pierre de Valbonnais. Ambroise Camaldule, né en 1378 et mort en 1439, est particulièrement recommandé pour sa piété et son érudition. L'article sur Bernardin Ochin, mort en 1564, est noté pour sa complexité et les divergences d'opinions qu'il suscite. Jean-Pierre de Valbonnais, né en 1651 et mort en 1730, est souligné pour ses contributions significatives à la République des Lettres. Le texte mentionne également une controverse académique concernant une épitaphe grecque trouvée à Marseille, à laquelle Valbonnais a participé. Le texte inclut également une biographie détaillée de Hélène Lucrece Cornara Piscopia, née en 1646 à Venise, qui a reçu un doctorat en philosophie à l'Université de Padoue en 1678. Elle était polyglotte et a traduit plusieurs œuvres. Cornara est décédée en 1684 et a été honorée par diverses académies. Par ailleurs, le texte traite de la vie et des œuvres d'une femme nommée Scholastique. Le nom de Scholastique lui a été donné par l'Abbé Codadini lors de ses vœux. Plusieurs sources documentent sa vie, notamment une biographie par Benoît Bicchini, publiée dans un recueil intitulé 'Vita Selecta Vratislavia' en 1711. Une autre biographie en italien a été écrite par Maximilien Deza et imprimée en 1617. Les pompes funèbres des Infecondi de Rome, décrites par Gregorio Leti dans 'Italia Regnante', volume 4, page 44, mentionnent également Scholastique. Le texte mentionne aussi que Scholastique était membre de l'Académie des Ricovrati de Padoue. Un éloge en son honneur a été prononcé lors d'une assemblée publique présidée par Charles Patin, fils du célèbre Guy Patin, professeur de médecine à l'Université de Padoue et chevalier de Saint-Marc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3631
p. 128-144
MORTS.
Début :
Messire Jean Jacques de Surbechk Lieutenant General [...]
Mots clefs :
Morts, Roi, Fille, Fils, Marquis, Parlement, Lieutenant, Armées, Comte, Veuve, Conseiller, Comte, Enfants
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT SO
Meffire Jean Jacques de
Surbechk Lieutenant Ge.
neral des armées du Roy ,
Colonel d'un Regiment
Suiffe , & Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis , mourut le 4. May.
Il eſtoit Suiffe & s'eſtoit attaché
au ſervice de la France
dés ſa jeuneſſe , il avoit
Epousé Marie Magdelaine
Chapelier , Soeur de feu
GALANTA 129
Claude Chapelier mort
Doyen de l'Eglife Colle
giale de S. Germain l'Au
xerrois , & fille de Henry
Chapelier Avocat General
de la Cour des Aydes , &
de Catherine Brice , il en
a laiffé pour fille Magde
laine Anne de Surbechk
marice le Fevrier 1708.
avec Charles Comte de Berenger
Colonel du Regi
ment de Bugey tué au fiége
de S. Venant le 24. Sep
tembre 1711. fils de Mr le
Comte de Guast Berenger
Lieutenant General des ar
mées du Roy.
:
130 MERCURE
Dame,Marguerite Pic
ques Veuve de , Mellire
François le Maye Confeil
ler au grandConfeil, mourut
fans enfans le 10. May,
elle efloit filled Olivier Picques
Ecuyer Secretaire, du
Roy ,& fon mary effoit
frere de Mrle Maye Confeiller
au Parlement , & fils
de François le Maye Con
ſeiller de la Cour des Aydes
, mort l'an 1677. d'u
ne Famille originaire de
Tours,
Meffire Jean Joſeph de
Montulé Conſeiller au ParGALANT.
In
lement , & Doyen de la
premiere des Requeſtes au
Palais , mourut le 10. May,
il eſtoit fils de François de
Montulé, Maire de la Ville
deNantes& Auditeur en la
Chambre des Comptes de
Bretagne,& de Marc Regnier
, & avoit pour frere
Antoine deMontulé Abbé,
mort depuis pluſieurs an
nées , & pour ſoeur Marie
Anne de Montulé mariée
Lan 1662. avec Gilles de
Boiſbaudry Seigneur de
Langan , il fut receu Con
ſeiller au Parlement de Pay
132 MERCURE
ris le 26. Juin 1671. & eſpous
fa en premiere nopce le
26. Juin 1672. Magdelaine
Charlot fille de Claude
Charlot Seigneur de Prince
Secretaire du Roy ,
d'Anne Aymeret de Ga
zeau , elle mourut fans enfans
, au mois de Juin 1674.
&il fe remaria avec Agnes
Bouvard fille de Michel
&1
06
Bouvard Seigneur de Fourqueux
Conſeiller au Parle
ment , & de Catherine
Leſné , & Soeur de Mrde
Fourqueux, Procureur Ge29b
neral de la Chambre desm
Jiey acului siдла эка
DOG GALANT5
-le.
Je
re
Comptes de ce dernier
mariage il a laiſſé pour en
fans , Auguſte Joſephide
Montulé, qui a embraſſé le
parti de l'Eglife & eft
Doyen de l'Egliſe de Beau- b
vais , & Jean Baptifte de
Montulé , reçû Conſeiller
au Parlement le 17.Mars,
3
Meſſire Estienne de laGal
ſte Mareſchal des camps &
armées du Roy , cy - devant
Lieutenant & Ayde Major
des Gardes de ſa Majesté ,
mourut le 13. May b
Dame Anne Pithou veu134
MERCURE
ve de Meffire Loüis Charles
de la Rochefoucault , Marquis
deMontendre, mourut
le 14. May. Elle estoit fille
de Pierre Pithou Conſeiller
au Parlement , & de Chreftienne
Loizel ,& mere de
Mr le Marquis de MontendreCapitaine
des Suiſſes de
feuMonſeigneur le Ducde
Berry , & de Mr le Comte
de Jarnac , voyez pour la famille
des Pithoux la genealogiequi
en eſt dreſſée dans
le Nobiliaire de Champagne
, dreſſé par ordre de Mr
de Caumartin Intendant à
GALANT.
135
-
Chaalons en 1667. pour la
genealogie de la maiſon de
laRochefoucault , l'hiſtoire
des grands Officiers de la
Couronnendalsport
Dame MargueriteMorin
Oveuve de MeſſireJean Comte
d'Eſtrées ,premier Baron
du Boulonois, Chevalier des
Ordres du Roy , Mareſchal
& Vice- Amiral de France ,
Viceroy de l'Amerique ,
Gouverneur des Ville &
Chaſteau de Nantes , &
Lieutenant general pour ſa
Majesté au Comté de Nantois,
mourutle,16. May âgée
)
٢٤٢ THAJAD
136TMERCUREM
defoixante quinze ans. Elle
eſtoit fille de Jacques Morin
Secretaire du Roy,& mai
ftre d'hostel ordinaire de fa
Majoſté,&d'Anne Yvelin ,
elle cut pour enfans Victor-
MarieComte d'Eſtrées ,
le 30.1 Novembre 1660 à
preſent Mareſchal deFrance,
Jean Abbé d'Eltrées ,
cy-devant Ambaſſadeur
Portugal, puis en Eſpagne ,
Prélat Commandeur Prélat
en
de
l'Ordre du S. Elprit , recey
le Janvier 1705 Marie-
Anne Catherine d'Eſtrées ,
mariée le 28. Novembre 1661
GALANT. 137
i à Michel François leTel
lier , Marquis de Courten
vaux , Colonel des Cent
Suiffes de la garde du Corps
du Roy; Marie Anne d'EC
trées,Religieuse à l'Aſſomption
, & Eliſabeth Roſalie
d'Eſtrées Demoiselle de
Tourpes. Voyez pour la genealogie
de la maiſon d'Eftées
l'hiſtoire des grands
Officiers de la Courone au
chapitre des Mareſchaux
de France & des grands
Maiſtres de l'artillerie.T
Meffire Jean-François de
Blanche fort , Chevalier
May 1714, 1.83 M
S MERCURE
I
Baron d'Afnois , Saligny ,
S.Germaindes Bois , &c.
Gouverneur pour le Roy de
la province & pays de Gex ,
mourut le 16. May.
! Il eſtoit fils de Roger de
Blanchefort , Baron d'Af
nois , Lieutenant Colonel
duRegiment deNavarre,&
Maref hal des camps & armées
du Roy , petit fils de
François de Blanchefort ,
Barond'Aſnois auffi Maref
chal de camp & armées du
Roy , & arriere petit fils
d'Adrien de Blanchefort
Baron d'Afnois, gentilhom,
GALANT
139
me de la chambre de Monſieur
le Duc d'Alençon ,
Gouverneur des villes de
Nevers & de faint Jean de
Lofne, meſtre de camp d'un
Regiment , & député de la
Nobleffe de Nivernois aux
Eftats generaux de Paris ,
en 1614. & de Henriette
de Salazar Dame d'Aſnois.
Pierre de Blanchefort , Baron
d'Aſnois ſon tris ayeul ,
de l'Ordre du Roy , gentilhomme
ordinaire de fa
chambre , & député de la
Nobleſſe de Nivernois &
Donziois aux Eftats gene-
Mij
140 MERCURE
de
raux de Blas l'an 1577.e
toit perit fils d'Antoine
Blanchefort ſeigneur de
Beauregard en Roliergue ,
que quelques curieux pré.
tendent eſtre frere puilné
de Jean de Blanchefort feigneur
de S. Clement ,& S.
Janurin,duquel defcendent
les Ducs de Leſdiguieres &
de Crequin Monfieur de
Blanchefort qui vient de
mourir avoit épousé le 27.
Janvier 1702. Gabrielle-
Charlotte Bruſlart , fille de
Roger de Bruflart Mar
quis de Sillery & de Puis
GALANTM 14
Geux, Chevalier des Ordres
du Roy , Lieutenant gene
ral de fes armées, Confeill
ler d'Estatordinaire d'épée,
& Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe, & deClaus
de Godet Dame de Renne
ville , dont il laiſſe un fils
unique tak toopub ans
Dame Susanne Guyonne
deCoëtlogon , veuve de
meffire Philippe - GuyMarl
quis de Coëtlogon , mous
rut le 22.May. 1σινο
abDame Eleonore du Gué,
veuve de meſſire Jean du
Noucy,ſeigneur del'Epine,
142 MERCURE
&c. Maistre des Comptes ,
mourut le 23 May âgée
de 95. ans. Elle estoit fille
de Gaspard duGué ſeigneur
de Bagnol , Treforier de
France à Lyon , tante de
Dreux Loüis du Gué , mort
Conſeiller d'Estat ordinai
re , pere de Mr du Gué de
Bagnol,receuConſeiller au
Parlement en 1703. & de
Madame la Comreffe de
Tillier. La famille de Mr
du Gué eft originaire de
Moulins en Bourbonnois,
& a donné pluſieurs Maif
tres des Requeſtes & Con
GALANT.
143
feillers au Parlement , un
Préfident des Comptes &
pluſieurs Maiſtres desCompres
à Paris витали
Mre Henry de Chaban
nes Marquis de Curton
ComtedeRochefort, mou
rut le 15. May. Il avoit ef
pouſé en premieres nopces
en 1680. Françoiſe deMontezun
de Baiſemeau ; & en
ſecondes en 1709. Catherine
Gasparde d'Eſcorailles
de Rouffil , Veuve de Sebastien
de Rofmadec Marquis
de Molac , & foeur de
feüe Madame la Duchefſe
144 MERCURE
de Fontanges. Il ne laiſſe
point d'enfans de ce dernier
mariage , mais du premier
il laiſſe entr'autres enfans
Mr le Marquisde Curton
marié en 1706. avec N.
Glueu, Veuve de Jacques
de Vaſſan Seigneur de la
Tournelle , Avocat Generalde
laChambre des Com .
ptes , & Françoiſe Gabriël
de Chabannes mariée le 2.
Juiller 1696. avec Jean Paul
de Rochechouard Marquis
de Faudras , aprés la mort
elle ſe fit Religieuſe aux
Benedictines de Montargis ,
ler . Otobre. 1701 .
Meffire Jean Jacques de
Surbechk Lieutenant Ge.
neral des armées du Roy ,
Colonel d'un Regiment
Suiffe , & Chevalier de
l'Ordre Militaire de Saint
Loüis , mourut le 4. May.
Il eſtoit Suiffe & s'eſtoit attaché
au ſervice de la France
dés ſa jeuneſſe , il avoit
Epousé Marie Magdelaine
Chapelier , Soeur de feu
GALANTA 129
Claude Chapelier mort
Doyen de l'Eglife Colle
giale de S. Germain l'Au
xerrois , & fille de Henry
Chapelier Avocat General
de la Cour des Aydes , &
de Catherine Brice , il en
a laiffé pour fille Magde
laine Anne de Surbechk
marice le Fevrier 1708.
avec Charles Comte de Berenger
Colonel du Regi
ment de Bugey tué au fiége
de S. Venant le 24. Sep
tembre 1711. fils de Mr le
Comte de Guast Berenger
Lieutenant General des ar
mées du Roy.
:
130 MERCURE
Dame,Marguerite Pic
ques Veuve de , Mellire
François le Maye Confeil
ler au grandConfeil, mourut
fans enfans le 10. May,
elle efloit filled Olivier Picques
Ecuyer Secretaire, du
Roy ,& fon mary effoit
frere de Mrle Maye Confeiller
au Parlement , & fils
de François le Maye Con
ſeiller de la Cour des Aydes
, mort l'an 1677. d'u
ne Famille originaire de
Tours,
Meffire Jean Joſeph de
Montulé Conſeiller au ParGALANT.
In
lement , & Doyen de la
premiere des Requeſtes au
Palais , mourut le 10. May,
il eſtoit fils de François de
Montulé, Maire de la Ville
deNantes& Auditeur en la
Chambre des Comptes de
Bretagne,& de Marc Regnier
, & avoit pour frere
Antoine deMontulé Abbé,
mort depuis pluſieurs an
nées , & pour ſoeur Marie
Anne de Montulé mariée
Lan 1662. avec Gilles de
Boiſbaudry Seigneur de
Langan , il fut receu Con
ſeiller au Parlement de Pay
132 MERCURE
ris le 26. Juin 1671. & eſpous
fa en premiere nopce le
26. Juin 1672. Magdelaine
Charlot fille de Claude
Charlot Seigneur de Prince
Secretaire du Roy ,
d'Anne Aymeret de Ga
zeau , elle mourut fans enfans
, au mois de Juin 1674.
&il fe remaria avec Agnes
Bouvard fille de Michel
&1
06
Bouvard Seigneur de Fourqueux
Conſeiller au Parle
ment , & de Catherine
Leſné , & Soeur de Mrde
Fourqueux, Procureur Ge29b
neral de la Chambre desm
Jiey acului siдла эка
DOG GALANT5
-le.
Je
re
Comptes de ce dernier
mariage il a laiſſé pour en
fans , Auguſte Joſephide
Montulé, qui a embraſſé le
parti de l'Eglife & eft
Doyen de l'Egliſe de Beau- b
vais , & Jean Baptifte de
Montulé , reçû Conſeiller
au Parlement le 17.Mars,
3
Meſſire Estienne de laGal
ſte Mareſchal des camps &
armées du Roy , cy - devant
Lieutenant & Ayde Major
des Gardes de ſa Majesté ,
mourut le 13. May b
Dame Anne Pithou veu134
MERCURE
ve de Meffire Loüis Charles
de la Rochefoucault , Marquis
deMontendre, mourut
le 14. May. Elle estoit fille
de Pierre Pithou Conſeiller
au Parlement , & de Chreftienne
Loizel ,& mere de
Mr le Marquis de MontendreCapitaine
des Suiſſes de
feuMonſeigneur le Ducde
Berry , & de Mr le Comte
de Jarnac , voyez pour la famille
des Pithoux la genealogiequi
en eſt dreſſée dans
le Nobiliaire de Champagne
, dreſſé par ordre de Mr
de Caumartin Intendant à
GALANT.
135
-
Chaalons en 1667. pour la
genealogie de la maiſon de
laRochefoucault , l'hiſtoire
des grands Officiers de la
Couronnendalsport
Dame MargueriteMorin
Oveuve de MeſſireJean Comte
d'Eſtrées ,premier Baron
du Boulonois, Chevalier des
Ordres du Roy , Mareſchal
& Vice- Amiral de France ,
Viceroy de l'Amerique ,
Gouverneur des Ville &
Chaſteau de Nantes , &
Lieutenant general pour ſa
Majesté au Comté de Nantois,
mourutle,16. May âgée
)
٢٤٢ THAJAD
136TMERCUREM
defoixante quinze ans. Elle
eſtoit fille de Jacques Morin
Secretaire du Roy,& mai
ftre d'hostel ordinaire de fa
Majoſté,&d'Anne Yvelin ,
elle cut pour enfans Victor-
MarieComte d'Eſtrées ,
le 30.1 Novembre 1660 à
preſent Mareſchal deFrance,
Jean Abbé d'Eltrées ,
cy-devant Ambaſſadeur
Portugal, puis en Eſpagne ,
Prélat Commandeur Prélat
en
de
l'Ordre du S. Elprit , recey
le Janvier 1705 Marie-
Anne Catherine d'Eſtrées ,
mariée le 28. Novembre 1661
GALANT. 137
i à Michel François leTel
lier , Marquis de Courten
vaux , Colonel des Cent
Suiffes de la garde du Corps
du Roy; Marie Anne d'EC
trées,Religieuse à l'Aſſomption
, & Eliſabeth Roſalie
d'Eſtrées Demoiselle de
Tourpes. Voyez pour la genealogie
de la maiſon d'Eftées
l'hiſtoire des grands
Officiers de la Courone au
chapitre des Mareſchaux
de France & des grands
Maiſtres de l'artillerie.T
Meffire Jean-François de
Blanche fort , Chevalier
May 1714, 1.83 M
S MERCURE
I
Baron d'Afnois , Saligny ,
S.Germaindes Bois , &c.
Gouverneur pour le Roy de
la province & pays de Gex ,
mourut le 16. May.
! Il eſtoit fils de Roger de
Blanchefort , Baron d'Af
nois , Lieutenant Colonel
duRegiment deNavarre,&
Maref hal des camps & armées
du Roy , petit fils de
François de Blanchefort ,
Barond'Aſnois auffi Maref
chal de camp & armées du
Roy , & arriere petit fils
d'Adrien de Blanchefort
Baron d'Afnois, gentilhom,
GALANT
139
me de la chambre de Monſieur
le Duc d'Alençon ,
Gouverneur des villes de
Nevers & de faint Jean de
Lofne, meſtre de camp d'un
Regiment , & député de la
Nobleffe de Nivernois aux
Eftats generaux de Paris ,
en 1614. & de Henriette
de Salazar Dame d'Aſnois.
Pierre de Blanchefort , Baron
d'Aſnois ſon tris ayeul ,
de l'Ordre du Roy , gentilhomme
ordinaire de fa
chambre , & député de la
Nobleſſe de Nivernois &
Donziois aux Eftats gene-
Mij
140 MERCURE
de
raux de Blas l'an 1577.e
toit perit fils d'Antoine
Blanchefort ſeigneur de
Beauregard en Roliergue ,
que quelques curieux pré.
tendent eſtre frere puilné
de Jean de Blanchefort feigneur
de S. Clement ,& S.
Janurin,duquel defcendent
les Ducs de Leſdiguieres &
de Crequin Monfieur de
Blanchefort qui vient de
mourir avoit épousé le 27.
Janvier 1702. Gabrielle-
Charlotte Bruſlart , fille de
Roger de Bruflart Mar
quis de Sillery & de Puis
GALANTM 14
Geux, Chevalier des Ordres
du Roy , Lieutenant gene
ral de fes armées, Confeill
ler d'Estatordinaire d'épée,
& Ambaſſadeur extraordinaire
en Suiffe, & deClaus
de Godet Dame de Renne
ville , dont il laiſſe un fils
unique tak toopub ans
Dame Susanne Guyonne
deCoëtlogon , veuve de
meffire Philippe - GuyMarl
quis de Coëtlogon , mous
rut le 22.May. 1σινο
abDame Eleonore du Gué,
veuve de meſſire Jean du
Noucy,ſeigneur del'Epine,
142 MERCURE
&c. Maistre des Comptes ,
mourut le 23 May âgée
de 95. ans. Elle estoit fille
de Gaspard duGué ſeigneur
de Bagnol , Treforier de
France à Lyon , tante de
Dreux Loüis du Gué , mort
Conſeiller d'Estat ordinai
re , pere de Mr du Gué de
Bagnol,receuConſeiller au
Parlement en 1703. & de
Madame la Comreffe de
Tillier. La famille de Mr
du Gué eft originaire de
Moulins en Bourbonnois,
& a donné pluſieurs Maif
tres des Requeſtes & Con
GALANT.
143
feillers au Parlement , un
Préfident des Comptes &
pluſieurs Maiſtres desCompres
à Paris витали
Mre Henry de Chaban
nes Marquis de Curton
ComtedeRochefort, mou
rut le 15. May. Il avoit ef
pouſé en premieres nopces
en 1680. Françoiſe deMontezun
de Baiſemeau ; & en
ſecondes en 1709. Catherine
Gasparde d'Eſcorailles
de Rouffil , Veuve de Sebastien
de Rofmadec Marquis
de Molac , & foeur de
feüe Madame la Duchefſe
144 MERCURE
de Fontanges. Il ne laiſſe
point d'enfans de ce dernier
mariage , mais du premier
il laiſſe entr'autres enfans
Mr le Marquisde Curton
marié en 1706. avec N.
Glueu, Veuve de Jacques
de Vaſſan Seigneur de la
Tournelle , Avocat Generalde
laChambre des Com .
ptes , & Françoiſe Gabriël
de Chabannes mariée le 2.
Juiller 1696. avec Jean Paul
de Rochechouard Marquis
de Faudras , aprés la mort
elle ſe fit Religieuſe aux
Benedictines de Montargis ,
ler . Otobre. 1701 .
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès et biographies de personnalités françaises du début du XVIIIe siècle. Jean Jacques de Surbechk, lieutenant général des armées du Roy, colonel d'un régiment suisse et chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, est décédé le 4 mai. Né en Suisse, il a servi la France dès sa jeunesse et a épousé Marie Magdelaine Chapelier. Leur fille, Magdeleine Anne de Surbechk, est mariée à Charles Comte de Berenger, colonel du régiment de Bugey, tué au siège de Saint-Venant le 24 septembre 1711. Dame Marguerite Piques, veuve de Meffire François le Maye, conseiller au grand conseil, est décédée sans enfants le 10 mai. Elle était fille d'Olivier Piques, écuyer secrétaire du Roy, et son mari était frère de Mr le Maye, conseiller au Parlement. Jean Joseph de Montulé, conseiller au Parlement et doyen de la première des Requestes au Palais, est décédé le 10 mai. Fils de François de Montulé, maire de Nantes et auditeur à la Chambre des Comptes de Bretagne, il a laissé pour enfants Auguste Joseph de Montulé, doyen de l'Église de Beauvais, et Jean Baptiste de Montulé, conseiller au Parlement. Estienne de la Galste, maréchal des camps et armées du Roy, ancien lieutenant et aide-major des Gardes de sa Majesté, est décédé le 13 mai. Dame Anne Pithou, veuve de Meffire Loüis Charles de la Rochefoucault, marquis de Montendre, est décédée le 14 mai. Elle était fille de Pierre Pithou, conseiller au Parlement, et mère de Mr le marquis de Montendre et de Mr le comte de Jarnac. Dame Marguerite Morin, veuve de Meffire Jean Comte d'Estrées, premier baron du Boulonois, chevalier des Ordres du Roy, maréchal et vice-amiral de France, est décédée le 16 mai à l'âge de soixante-quinze ans. Elle a laissé pour enfants Victor-Marie Comte d'Estrées, maréchal de France, Jean Abbé d'Estrées, prélat commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, Marie-Anne Catherine d'Estrées, mariée à Michel François le Tellier, marquis de Courtenvaux, et Élisabeth Rosalie d'Estrées, demoiselle de Tourpes. Jean-François de Blanchefort, chevalier, baron d'Asnois, Saligny, Saint-Germain-des-Bois, gouverneur de la province et pays de Gex, est décédé le 16 mai. Fils de Roger de Blanchefort, baron d'Asnois, et petit-fils de François de Blanchefort, baron d'Asnois, il a épousé Gabrielle-Charlotte Bruslart, laissant un fils unique âgé de six ans. Dame Susanne Guyonne de Coëtlogon, veuve de Meffire Philippe marquis de Coëtlogon, est décédée le 22 mai. Dame Eleonore du Gué, veuve de Meffire Jean du Noucy, seigneur de l'Épine, maître des Comptes, est décédée le 23 mai à l'âge de 95 ans. Elle était fille de Gaspard du Gué, trésorier de France à Lyon, et tante de Dreux Louis du Gué, conseiller d'État ordinaire. Henry de Chabannes, marquis de Curton, comte de Rochefort, est décédé le 15 mai. Il a épousé en premières noces Françoise de Montezun de Baissemeau et en secondes noces Catherine Gasparde d'Escorailles de Rouffil, veuve de Sébastien de Rosmadec, marquis de Molac. Il a laissé plusieurs enfants de son premier mariage, dont le marquis de Curton et Françoise Gabrielle de Chabannes, mariée à Jean Paul de Rochechouard, marquis de Faudras.
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3632
p. 1617
IV.
Début :
Nous sommes quatre enfans d'une grande famille. [...]
Mots clefs :
Café
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
Ous fommes quatre enfans d'une grande
famille NOLLS No
Et nous nous paffons de nos foeurs ,
A notre tête eft la troifiéme fille ;
Et notre aînée a les feconds honneurs.
Celle qui de nous quatre a la taille plus grande
A la troifiéme place a foumis fa fierté ;
Et par diftinction la derniere demande ,
Un petit ornement fur fon chef ajoûté.
Nous compofons un tout : mettez-vous à fa
quête;
Et fi vous le trouvez , demandez - le d'abord ,
Pour vous guérir du mal de tête ,
Que vous aura caufé peut - être cet effort.
Ous fommes quatre enfans d'une grande
famille NOLLS No
Et nous nous paffons de nos foeurs ,
A notre tête eft la troifiéme fille ;
Et notre aînée a les feconds honneurs.
Celle qui de nous quatre a la taille plus grande
A la troifiéme place a foumis fa fierté ;
Et par diftinction la derniere demande ,
Un petit ornement fur fon chef ajoûté.
Nous compofons un tout : mettez-vous à fa
quête;
Et fi vous le trouvez , demandez - le d'abord ,
Pour vous guérir du mal de tête ,
Que vous aura caufé peut - être cet effort.
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3633
p. 129
« LETTRE d'un Curé de Paris à un de ses amis sur la suppression des bancs dans les [...] »
Début :
LETTRE d'un Curé de Paris à un de ses amis sur la suppression des bancs dans les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRE d'un Curé de Paris à un de ses amis sur la suppression des bancs dans les [...] »
LETTRE d'un Curé de Paris à un de ses
amis sur la suppression des bancs dans les
Eglises Paroissiales. A Paris chez Desprez,
& Cavelier, 1752. Brochure in-4 de 12-
pages.
L'Auteur de cette Leitre, dit pour la
conservation des bancs dans les Paroistes,
des choses qui nous ont paru très-fensées;
ce qu'il ajoute contre le trasic qu'on fait
des chaises dans les Eglises nous paroît si-
évident que nous ne doutons pas que le
Magistrat ne réprime un jout un abus qui
devient tous les jours plus criant. Un des
plus célèbres Prédicateurs de Paris n'a ja-
mais voulû permettre qu'on abusât de sa-
réputation pour encherir les places dans les
lieux où il prêchoit: il est honteux pour le
fiecle, qu on soit réduit à remarques certe-
pratique. comme une singularité.
amis sur la suppression des bancs dans les
Eglises Paroissiales. A Paris chez Desprez,
& Cavelier, 1752. Brochure in-4 de 12-
pages.
L'Auteur de cette Leitre, dit pour la
conservation des bancs dans les Paroistes,
des choses qui nous ont paru très-fensées;
ce qu'il ajoute contre le trasic qu'on fait
des chaises dans les Eglises nous paroît si-
évident que nous ne doutons pas que le
Magistrat ne réprime un jout un abus qui
devient tous les jours plus criant. Un des
plus célèbres Prédicateurs de Paris n'a ja-
mais voulû permettre qu'on abusât de sa-
réputation pour encherir les places dans les
lieux où il prêchoit: il est honteux pour le
fiecle, qu on soit réduit à remarques certe-
pratique. comme une singularité.
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3634
p. 128
LIVRE NOUVEAU.
Début :
Il paroist depuis peu un Livre nouveau qui a pour [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, La Nouvelle Astrée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU.
Ilparoist depuis peu un
Livre nouveau qui a pour
litre LuNouvelle Astrée. On
croit ne vous pouvoir donner une idée plus juste de
ce Livre, ny des motifs de
l'autheur que par l'Avertit
sement de l'autheur mefrpe
Ilparoist depuis peu un
Livre nouveau qui a pour
litre LuNouvelle Astrée. On
croit ne vous pouvoir donner une idée plus juste de
ce Livre, ny des motifs de
l'autheur que par l'Avertit
sement de l'autheur mefrpe
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3637
p. 2605-2606
« VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
Début :
VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...]
Mots clefs :
Calendrier chronologique et historique, Année bissextile, Naissances et morts, Rois, Reines, Princes, Princesses, Journal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
VERITABLE CALENDRIER CHRONOLO
GIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bi-
Fiij sextile
2606 MERCURE DE FRANCE
-
sextile 1732. changé et augmenté ; contenant
la connoissance des Temps , et les
plus curieuses Epoques continuées jusqu'à
la fin de l'Année 1731. Ensemble
les Naissances et Morts des Rois , Reines
, Princes et Princesses de l'Europe
&c. huitiéme Edition , enrichie de nouvelles
remarques et matieres variées , curieuses
et utiles. A Paris , chez Gissey ,
ruë de la vieille Bouclerie , au bas du Pon
S. Michel , à l'Arbre de Jessé,
L'Opinion avantageuse que l'on a de
ce petit Journal , nous dispense de rien
ajoûter à ce que nous en avons déja dit.
Nous ferons seulement observer que cette
nouvelle Edition est avantageusement
chargée et décorée de nombreuses Remarques
en tous Genres , curieuses , sçavantes
et utiles. On s'en appercevra d'abord
, en jettant les yeux sur les Naissances
ou Morts des Princes . A chaque
Article de Naissance d'un Roi , est jointe
la datte de son Couronnement , du nombre
de ceux qui l'ont précedé , de la Fondation
de sa Monarchie de son Mariage
, & c.
GIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bi-
Fiij sextile
2606 MERCURE DE FRANCE
-
sextile 1732. changé et augmenté ; contenant
la connoissance des Temps , et les
plus curieuses Epoques continuées jusqu'à
la fin de l'Année 1731. Ensemble
les Naissances et Morts des Rois , Reines
, Princes et Princesses de l'Europe
&c. huitiéme Edition , enrichie de nouvelles
remarques et matieres variées , curieuses
et utiles. A Paris , chez Gissey ,
ruë de la vieille Bouclerie , au bas du Pon
S. Michel , à l'Arbre de Jessé,
L'Opinion avantageuse que l'on a de
ce petit Journal , nous dispense de rien
ajoûter à ce que nous en avons déja dit.
Nous ferons seulement observer que cette
nouvelle Edition est avantageusement
chargée et décorée de nombreuses Remarques
en tous Genres , curieuses , sçavantes
et utiles. On s'en appercevra d'abord
, en jettant les yeux sur les Naissances
ou Morts des Princes . A chaque
Article de Naissance d'un Roi , est jointe
la datte de son Couronnement , du nombre
de ceux qui l'ont précedé , de la Fondation
de sa Monarchie de son Mariage
, & c.
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Résumé : « VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
Le document est un calendrier chronologique et historique pour l'année 1732, publié par Mercure de France. Il s'agit de la huitième édition, enrichie de nouvelles remarques et matières variées. Le calendrier couvre les événements notables jusqu'à la fin de l'année 1731, incluant les naissances et décès des rois, reines, princes et princesses d'Europe. Pour chaque naissance d'un roi, il mentionne la date de son couronnement, le nombre de ses prédécesseurs, la fondation de sa monarchie et son mariage, entre autres informations. L'édition est disponible à Paris chez Gissey, rue de la vieille Bouclerie, au bas du Pont Saint-Michel, à l'Arbre de Jessé. Le texte souligne l'opinion favorable dont jouit ce journal et met en avant les nombreuses remarques curieuses, savantes et utiles ajoutées dans cette nouvelle édition.
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3638
p. 129-130
« Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Début :
Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Aprés avoir promis le mois
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
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3639
p. 127-128
LOGOGRYPHE.
Début :
Les hommes tous les jours ressentent mes bienfaits, [...]
Mots clefs :
Pluie
3641
p. 2453-2454
« On apprend de Verone, que Jean Alb. Tumernani, Imprimeur, y va donner par Souscription, [...] »
Début :
On apprend de Verone, que Jean Alb. Tumernani, Imprimeur, y va donner par Souscription, [...]
Mots clefs :
Longin, Traité du sublime
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Verone, que Jean Alb. Tumernani, Imprimeur, y va donner par Souscription, [...] »
On apprend de Verone ; que
mernani , Imprimeur , y va donner par Souscription
, une belle Edition du Traité du Sublime
de Longin, en rec , en Latin , en Italien et en
Fiij Fran454
MERCURE DE FRANCE
François. Cette Edition sera in 4. grand papier
et à 4. colomnes. Le prix sera de 7. livres de
Venise , qui seront payées en souscrivant , et de
7. autres livres qui seront remises en recevant
P'Exemplaire.
mernani , Imprimeur , y va donner par Souscription
, une belle Edition du Traité du Sublime
de Longin, en rec , en Latin , en Italien et en
Fiij Fran454
MERCURE DE FRANCE
François. Cette Edition sera in 4. grand papier
et à 4. colomnes. Le prix sera de 7. livres de
Venise , qui seront payées en souscrivant , et de
7. autres livres qui seront remises en recevant
P'Exemplaire.
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3643
p. 1617-1618
Premier Logogryphe.
Début :
Six pieces composent mon tout, [...]
Mots clefs :
Apprêt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premier Logogryphe.
Premier Logogryphe.
SIX pieces compofent mon tout ,
Car j'en retranche une inutile .
Peut-être fi c'eft votre goût ,
De votre chef ai - je affermi l'azile.
Ma premiere piece de moins ,
Je fuis pour qui n'a rien unfecours favorables
Otez m'en une encor , je tends pour vos be
foins ,
Fii Si
1618 MERCURE DE FRANCE.
Aux Hôtes des Forêts un piege redoutable.
Si l'ortographe ici manque de bons témoins ,
Pour le fon elle eft veritable ;
Autre piece de moins , le vainqueur de la nuit,
Tous les jours chez moi prend naiffance ;
Otez m'en encore une , avec ce qui la fuit ,
J'appelle ou j'impofe filence ;
Allez enfin en certains lieux ,
Prononcer fortement ma derniere partie ,
Par l'offre d'un breuvage & fain & gracieux ,
On y viendra répondre à votre envie ,
Cette efpece d'Enigme eft neuve en bonne fois
Devinez- la , Lecteur , & pardonnez- la moi
SIX pieces compofent mon tout ,
Car j'en retranche une inutile .
Peut-être fi c'eft votre goût ,
De votre chef ai - je affermi l'azile.
Ma premiere piece de moins ,
Je fuis pour qui n'a rien unfecours favorables
Otez m'en une encor , je tends pour vos be
foins ,
Fii Si
1618 MERCURE DE FRANCE.
Aux Hôtes des Forêts un piege redoutable.
Si l'ortographe ici manque de bons témoins ,
Pour le fon elle eft veritable ;
Autre piece de moins , le vainqueur de la nuit,
Tous les jours chez moi prend naiffance ;
Otez m'en encore une , avec ce qui la fuit ,
J'appelle ou j'impofe filence ;
Allez enfin en certains lieux ,
Prononcer fortement ma derniere partie ,
Par l'offre d'un breuvage & fain & gracieux ,
On y viendra répondre à votre envie ,
Cette efpece d'Enigme eft neuve en bonne fois
Devinez- la , Lecteur , & pardonnez- la moi
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3644
p. 959-960
La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
Début :
LA PHYSIQUE SACRÉE, ou l'Histoire naturelle de la Bible [...]
Mots clefs :
Physique sacrée, Bible
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
LA PHYSIQUE SACRE'E , ou l'Histoire
naturelle de la Bible , traduite en François du Latin de M. Jean Jacq Scheuchzer,
Docteur en Medecine , Professeur de Methémathique à Zurich , &c. C'est un Livre qui s'imprime par Souscription à
Amsterdam , chez P. Scheuk et P. Mortier , en 8. vol. in folio , enrichi de plus
de 700. figures en Taille douce , &c.
Cet Ouvrage a déja paru en Latin , en
Allemand et en Hollandois ; l'Auteur y
examine en Physicien et en Critique , tous
Fij les
80 MERCURE DE FRANCE
les Passages de la Bible qui ont rapport
aux choses naturelles ; les figures , quoi.
que faites pour instruire , ne laissent pas
de plaire aux yeux par l'ingenieuse varieté des ornemens qui accompagnent chaque Planche , et par la délicatesse des
vures. Il y a déja plus de 400. Planches
gravées, et l'on croit que les Libraires rempliront leur engagement. Les Souscriptions seront ouvertes jusqu'au dernier
Juin prochain.
naturelle de la Bible , traduite en François du Latin de M. Jean Jacq Scheuchzer,
Docteur en Medecine , Professeur de Methémathique à Zurich , &c. C'est un Livre qui s'imprime par Souscription à
Amsterdam , chez P. Scheuk et P. Mortier , en 8. vol. in folio , enrichi de plus
de 700. figures en Taille douce , &c.
Cet Ouvrage a déja paru en Latin , en
Allemand et en Hollandois ; l'Auteur y
examine en Physicien et en Critique , tous
Fij les
80 MERCURE DE FRANCE
les Passages de la Bible qui ont rapport
aux choses naturelles ; les figures , quoi.
que faites pour instruire , ne laissent pas
de plaire aux yeux par l'ingenieuse varieté des ornemens qui accompagnent chaque Planche , et par la délicatesse des
vures. Il y a déja plus de 400. Planches
gravées, et l'on croit que les Libraires rempliront leur engagement. Les Souscriptions seront ouvertes jusqu'au dernier
Juin prochain.
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Résumé : La Physique Sacrée, &c. [titre d'après la table]
'La Physique Sacrée' est une œuvre traduite en français par Jean Jacques Scheuchzer, médecin et professeur de mathématiques. Imprimée à Amsterdam, elle comprend huit volumes in-folio avec plus de 700 illustrations. Scheuchzer y analyse les phénomènes naturels décrits dans la Bible. Les souscriptions pour l'achat sont ouvertes jusqu'au 30 juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3646
p. 1587-1588
L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
Début :
L'ART de se garantir des incommoditez du chaud, selon [...]
Mots clefs :
Incommodités, Chaleur, Rafraîchissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
L'ART de se garantir des incommoditez
du chaud, selon les principes de la Physique , de la Medecine, et de l'Economie.
Dépendance de la Physiqué utile de M. de
Vallange. A Paris , chez Ant. Gandeüiu ,
ruï Gist- le-Cœur , Alex. Mesnier , au Palais , et la V Pissat , Quay de Conty, 1732.
Brochure de 64 pages.
Nous n'avons garde de differer d'annoncer ce petit Ouvrage qui doit nous
préserver des ardeurs de la Canicule , et
sans doute des incommoditez qui en sont
inséparables , parmi lesquelles on desireroit fort que les Puces , &c. fussent comprises ; mais nous voyons à regret dès la
seconde page , que ce que l'Auteur a
imaginé pour garantir du froid , et que
nous avons annoncé sans perte de temps
l'hyver dernier , ne sera imprimé qu'à la
fin de l'Eté; nous prions donc M. de ValFiiij langes ,
1588 MERCURE DE FRANCE ANCE
langes , au nom du Public , de ne pas differer plus long-temps l'effet de ses promesses , qui doivent être secourables au
general et au particulier , à l'égal de la faim et de la soif.
L'Auteur parle au Chapitre 4 des Instrumens propres à rafraîchir l'Air ....
Pourquoi l'Eventail rafraîchit .... Pourquoi l'on souffle sur la soupe pour en
temperer la chaleur .... Pourquoi l'on
souffle dans les doigs pour les échauffer...
Pourquoi l'on souffle le chaud et le froid
en changeant la figure de la bouche.
Au 7me Chapitre , on y parle de divers Instrumens Ventilabres , Califilges
Eolie , &c. propres à chasser l'air chaud
des Appartemens .... Moyens d'empêcher que les Souris et les Rats , ou les
Araignées n'entrent dans la Chambre par
les Califuges ... Rafraîchissoirs d'Appartemens , &c. Lit nouveau , propre à
garantir des incommoditez du chaud et
du froid. Nous n'en dirons pas davantage , crainte d'impatienter nos Lecteurs ;
l'Auteur se contentant de promettre les
moyens qu'il propose pour tant de choses utiles ; sans compter l'Art de Rafraîchir le sang, qui est le dernier Article
de ce petit Ouvrage.
du chaud, selon les principes de la Physique , de la Medecine, et de l'Economie.
Dépendance de la Physiqué utile de M. de
Vallange. A Paris , chez Ant. Gandeüiu ,
ruï Gist- le-Cœur , Alex. Mesnier , au Palais , et la V Pissat , Quay de Conty, 1732.
Brochure de 64 pages.
Nous n'avons garde de differer d'annoncer ce petit Ouvrage qui doit nous
préserver des ardeurs de la Canicule , et
sans doute des incommoditez qui en sont
inséparables , parmi lesquelles on desireroit fort que les Puces , &c. fussent comprises ; mais nous voyons à regret dès la
seconde page , que ce que l'Auteur a
imaginé pour garantir du froid , et que
nous avons annoncé sans perte de temps
l'hyver dernier , ne sera imprimé qu'à la
fin de l'Eté; nous prions donc M. de ValFiiij langes ,
1588 MERCURE DE FRANCE ANCE
langes , au nom du Public , de ne pas differer plus long-temps l'effet de ses promesses , qui doivent être secourables au
general et au particulier , à l'égal de la faim et de la soif.
L'Auteur parle au Chapitre 4 des Instrumens propres à rafraîchir l'Air ....
Pourquoi l'Eventail rafraîchit .... Pourquoi l'on souffle sur la soupe pour en
temperer la chaleur .... Pourquoi l'on
souffle dans les doigs pour les échauffer...
Pourquoi l'on souffle le chaud et le froid
en changeant la figure de la bouche.
Au 7me Chapitre , on y parle de divers Instrumens Ventilabres , Califilges
Eolie , &c. propres à chasser l'air chaud
des Appartemens .... Moyens d'empêcher que les Souris et les Rats , ou les
Araignées n'entrent dans la Chambre par
les Califuges ... Rafraîchissoirs d'Appartemens , &c. Lit nouveau , propre à
garantir des incommoditez du chaud et
du froid. Nous n'en dirons pas davantage , crainte d'impatienter nos Lecteurs ;
l'Auteur se contentant de promettre les
moyens qu'il propose pour tant de choses utiles ; sans compter l'Art de Rafraîchir le sang, qui est le dernier Article
de ce petit Ouvrage.
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Résumé : L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
La brochure 'L'ART de se garantir des incommoditez du chaud, selon les principes de la Physique, de la Médecine, et de l'Économie' a été écrite par M. de Vallange et publiée à Paris en 1732. Cet ouvrage de 64 pages vise à protéger les lecteurs des désagréments de la chaleur estivale. L'auteur avait initialement promis des solutions contre le froid, mais celles-ci seront imprimées seulement à la fin de l'été. Le public est encouragé à presser l'auteur de tenir ses promesses. La brochure traite divers sujets, tels que les instruments pour rafraîchir l'air, l'utilisation de l'éventail, et les raisons pour lesquelles on souffle sur la soupe ou dans les doigts. Elle mentionne également des dispositifs comme les ventilabres et les califuges pour chasser l'air chaud des appartements, ainsi que des moyens de prévenir l'entrée des souris, rats et araignées. Un lit spécial est proposé pour se protéger du chaud et du froid. L'ouvrage se conclut par une promesse de moyens pour rafraîchir le sang.
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3648
p. 749-750
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Début :
Nous vous prions, Messieurs, de nous procurer quelque éclaircissement sur [...]
Mots clefs :
Évêque, Confesseur, Calendrier du Bréviaire, Église paroissiale, Traduction italienne, Prélat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons,
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Une lettre écrite à Soissons demande des éclaircissements sur un saint nommé Front. Ce saint est identifié comme évêque et confesseur dans le calendrier du Breviaire de Soissons, où il est commémoré le 25 octobre. Dans le diocèse de Soissons, un village nommé Neuilli possède une église paroissiale dédiée à ce saint. Pour éviter la confusion avec d'autres villages du même nom, ce village est souvent appelé Neuilli Saint-Front. L'auteur mentionne avoir vu le nom de ce saint dans d'autres calendriers, mais sous des formes différentes. Il espère que des érudits pourront fournir des informations plus précises, ce qui serait utile pour les personnes portant ce nom et souhaitant en savoir plus sur leur patron.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3649
p. 555-557
Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Début :
On connoit assez l'utilité d'un remede specifique pour quantité de maladies internes, connu [...]
Mots clefs :
Élixir d'or, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
On connoit affez l'utilité d'un remede fpecifi
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
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Résumé : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Le texte présente les 'Goutes du Général La Mothe', un remède reconnu pour traiter diverses maladies internes. Suite à un rapport favorable, le roi a accordé au Général La Mothe le secret de fabrication et une pension annuelle de 4000 livres. Par un brevet du 1er janvier 1730, le Général La Mothe a obtenu l'exclusivité de la fabrication, de la vente et de la distribution de ce remède. Les prix sont fixés à 2,5 livres pour une fiole d'élixir jaune et 20 livres pour une fiole d'élixir blanc. Le Général La Mothe réside Rue Saint Thomas du Louvre, à l'Hôtel d'Ufz, et ses bouteilles sont cachetées de ses armes. L'élixir d'or améliore la digestion, stimule la transpiration, rétablit les sécrétions et élimine les embarras du foie. Il traite des maladies comme l'apoplexie, la paralysie, la pleurésie, les coliques, l'asthme et les vapeurs. La dose recommandée varie de cinq à vingt-cinq gouttes. L'élixir blanc, avec des vertus similaires, est plus spécifique pour les maux vénériens, le scorbut, la goutte et le rhumatisme. La dose recommandée varie de dix à trente gouttes.
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3650
p. 129-131
« MEMOIRE sur les Manuscrits de M. Ducange. in 4o. 30 pages. [...] »
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MEMOIRE sur les Manuscrits de M. Ducange.
in 4o. 30 pages.
M. Ducange a été regarde jusqu'ici par
toute l'Eutopo comme un Historien cou-
F.
130 MERCURE DE FRANCE.
ronné, un Geographe exact, un Juriscon-
sulte profond, un Généalogiste éclairé,
un critique sage, un antiquaire scavant &
pleinement versé dans la connoisiance des
Médailles & des Inscriptions. Il scavoi:
presque toures les langues; il possedoit à
fond les Belles-Lertres, & il avoit puisé
dans un nombre infini de Manuscrits &
de piéces originales des connoissances sur
les moeurs & sur les usages des siecles les
plus obscurs. Les doctes préfaces de ses
Glossaires paro issoient une preuve de son-
génie Philosophique, & ce qu'on pouvoit
lire en leur genre de plus beau pour le
fond & pour le stile.
Lorsqu on portoit un jugement si favora-
ble du sçavoir de M. Ducange, on ne con-
noissoit peut-être que la moindre partie de
ses travaux. M. d'Aubigni, son neveu, à
force de dépenses, de soins & d'applica-
tion, est parvenu à rassembler les Manus-
crits épars de cet homme illustre & à les
mettre en ordre. Les titres seuls de ces
Manuscrits remplissent le Mémoire que
nous annonçons. S'ils n'étoient pas écrits
de la main même de l'Auteur, on ne pour-
roit pas se persuader qu'ils fussent de lui,
quoiqu'il y regne une érudition variée &
choisie qui ne pourroit pas être aisément.
d'un autit.
MAI. 1732.
131
Ces trésors sont heureusement tombés
dans des mains capables d'en rendre un bon
compte au public. C'est une nouvelle que
nous annonçons avec plaifir aux sçavans
de toutes les nations, aux François sur-
tout qui y ont un intérent particulier: pres-
que tous les Manuscrits de M. Ducange
ont pour objet l'Histoire de France.
in 4o. 30 pages.
M. Ducange a été regarde jusqu'ici par
toute l'Eutopo comme un Historien cou-
F.
130 MERCURE DE FRANCE.
ronné, un Geographe exact, un Juriscon-
sulte profond, un Généalogiste éclairé,
un critique sage, un antiquaire scavant &
pleinement versé dans la connoisiance des
Médailles & des Inscriptions. Il scavoi:
presque toures les langues; il possedoit à
fond les Belles-Lertres, & il avoit puisé
dans un nombre infini de Manuscrits &
de piéces originales des connoissances sur
les moeurs & sur les usages des siecles les
plus obscurs. Les doctes préfaces de ses
Glossaires paro issoient une preuve de son-
génie Philosophique, & ce qu'on pouvoit
lire en leur genre de plus beau pour le
fond & pour le stile.
Lorsqu on portoit un jugement si favora-
ble du sçavoir de M. Ducange, on ne con-
noissoit peut-être que la moindre partie de
ses travaux. M. d'Aubigni, son neveu, à
force de dépenses, de soins & d'applica-
tion, est parvenu à rassembler les Manus-
crits épars de cet homme illustre & à les
mettre en ordre. Les titres seuls de ces
Manuscrits remplissent le Mémoire que
nous annonçons. S'ils n'étoient pas écrits
de la main même de l'Auteur, on ne pour-
roit pas se persuader qu'ils fussent de lui,
quoiqu'il y regne une érudition variée &
choisie qui ne pourroit pas être aisément.
d'un autit.
MAI. 1732.
131
Ces trésors sont heureusement tombés
dans des mains capables d'en rendre un bon
compte au public. C'est une nouvelle que
nous annonçons avec plaifir aux sçavans
de toutes les nations, aux François sur-
tout qui y ont un intérent particulier: pres-
que tous les Manuscrits de M. Ducange
ont pour objet l'Histoire de France.
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