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Détail
Liste
1
p. 13-34
Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Début :
Les Ambassadeurs estoient encore à deux lieuës de cette grande [...]
Mots clefs :
Douai, Roi, Ville, Ambassadeurs, Pièces, Repaire, Monsieur de Pommereuil, Alliance, Dames, Fonderie, Jésuites, Spectacle, Entrée, Canon, Renommée
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texteReconnaissance textuelle : Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Les Ambaſſadeurs eſtoient
encore à deux lieuës de cette
grande Ville , lors qu'ils en
rencontrerent la Cavalerie ,
qui avoit fait tout ce chemin
pour leur faire plus d'honneur.
Ils entrerent par la porte
Nôtre- Dame qui eſt deſtinée
pour les Entrées folemnelles
que les Rois & les Princes
Souverains font en cette
Ville-là. Les Gardes à cheval
t
14 IV. P.du Voyage
de Made Pommereuil qui en
eſt Gouverneur , precedoient
leurs Carroffes , & les ruës étoient
de chaque côté bordées
de l'Infanterie de la Garnifon
, & d'un fort grand Peuple.
Les feneftres eſtoient auſſi
emplies des perſonnes les
plus diftinguées . Auſſi - tôt
qu'ils furent deſcendus à
l'Hôtel qui leur avoit eſté
preparé pour leur logement ,
Mª de Pommereuil alla leur
rendre viſite avee l'Estat Major.
Il leur preſenta les Magiftrats
, & tous les Corps , &
r
M Becquet premierConfeil,
desAmb. de Siam. 15
ler , Penſionnaire de la Ville,
leur parla en ces termes .
MESSEIGNEVRS,
Les ordres qui nous ont esté don
nez de la part du Roy, pour rendre
à vos Excellences les honneurs qui
font dûs aux Ambaſſadeurs d'un des
plus grands Monarques de l'Asie,
ont esté prévenus par nos defirs.
Nos volontez estoient déja diſposées
à nous acquitter de ces devoirs
, & nous pouvons dire avec
verité que jamais nous n'avons
executé aucun commandement avec
tant de zéle , que nous obéiſſons à
celuy qui nous a esté fait de venir
vous faire les offres de nos tréshumbles
services. Le bonheur que
16 IV. P. du Voyage
nous recevons aujourd'huy, ne s'efacera
jamais de nostre memoire ,
& l'agreable rencontre de voir en
nos jours les Ambaſſadeurs d'un fi
grand Roy honorer cette ville de
leur prefence, nous apporte une joye
incroyable , fur tout lors que nous
faiſons reflexion que le sujet qui
les amene en ce pays, estpour confirmer
l'alliance & l'amitié contraétée
entre deux fi puiſſans Princes,
Loüisle Grand & le Roy de Siam.
Ceseroit en vain que nous taſcherions
de faire icy leur éloge, puisque
nous sçavons que la Renommée a
publié dans toute la terre leurs heroiques
exploits. Mais comme elle
avoit des choses toutes merveilleu-
Ses à dire de nostre invincible Mo
narque, nous craignons qu'elle n'ait
oublié de faire connoistre que leRoy,
1
des Amb de Siam. 17
aprés avoir porté par toutses armes
victorieuses , en de-çà & au de-là
du Rhin , dans les Alpes & les Pyrenées
, & s'estre rendu maistre des
Villes & Fortereſſes que l'on croyoit
imprenables, aprés avoir vaincu les
Saiſons, porté par tout la terreur, &
foudroyé les plus belliqueuses Nations
de l'Univers, s'est enfin vaincusoy
-mesme, au milieu defes triomphes,
rendant àses ennemis des Places
qu'ils ne pouvoient esperer de
prendre par laforce de leurs armes,
pour donner la Paix à toute l'Europe.
C'est en cela principalement
qu'on le reconnoist digne du nom
de Grand , que d'un commun confentement
tout le monde luy a donné.
Vous avez vû , Meſſeigneurs,
ce grand Monarque, vous avez vi
fité une partie deses Conquestes
18 IV. P. du Voyage
la Renommée n'a- t- elle pas estéfidelle
enfes rapports ? Ne pouvezvous
pas dire ce que diſoit la Reine
de Saba , après avoir efté viſiter
le Roy Salomon , Verus eft fermo
quem audivi in terra mea ? Ne
jugez-vous pas que toutes les Puiffances
du monde doivent rechercherfon
alliance ? Nous ne doutons
point que le Roy voſtre Maistre ne
taſche de perpetuer dansses fucceffeurs
celle qui vient d'eftre contractée
avec ce grand Prince. Cefont,
Meſſeigneurs, les souhaits que font
vos trés-humbles & trés-obéiſſans
Serviteurs, qui vous prient d'agréer
les Vins de la Ville qui vous font
presentez
L'Ambaffadeur répondit que
des Amb. de Siam. 19
tout ce qu'ils avoient vû de la
grandeur de la puiſſance du
Roy , leur avoit fait connoître
la verité de ce qu'ils en avoient
oüy dire ; que ſi ſes Conquêtes
leur caufoient de l'étonnement ,
la magnificence de Versailles ,
leur avoit paru extraordinaire ;
qu'ils n'avoient rien vû de plus
beau , & qu'ils remercioient
Mrs de Ville de tous les honneurs
qu'ils leur faisoient ainfi
que de leurs prefens.
L'Univerſité les harangua
en Latin , & leur fit connoî--
tre ce que c'eſt que ce Corps,
celebre. L'Ambaſſadeur don-
Bij
20 IV. P. du Voyage
na ce foir-là pour mot , tant
qu'il triomphera je me réjoüiray.
Il ſemble que M de Pommereuil
ne parleroit pas autrement
luy-meſme , puiſqu'il
aime fort la Muſique & les
Violons, avec leſquels il ſemble
ſe rejoüir tous les jours
de la grandeur de Sa Majefté.
Comme la Ville eſt fort grande
, ils eurent le ſoir tant de
Dames à les voir fouper, qu'il
n'y eut point de place pour
les Hommes . MF de Por
mereüil leur envoya des Violons,
avec beaucoup d'autres
Inſtrumens , & pluſieursMu
des Amb . de Siam. 21
ſiciens , parmy leſquels il y
en avoit qui ont eſté Pages
de la Muſique du Roy. L'entretien
des Dames & cette
Muſique leur ſervit de divertiſſement
pendant le Repas .
Le lendemain à ſept heures
du matin , ils trouverent les
trois Carroffes de Mr de
Pommereuil qui les
doient. Ils allerent avec luy
à la fonderie , où M² Keller
avoit preparé une fonte, elle
eſtoit de quatre pieces de 24.
& de deux de 16. livres. En
attendant que le metal fuft
tout à fait preſt à couler , on
atten22
IV. P. du Voyage
leur fit voir la maniere dont
fe font les moules , que M
Fleury Controlleur de l'Artil
lerie leur expliqua. L'Ambaffadeur
examina longtemps la
partie du moule qui ſert à faire
une groffe Maffelette, au bout
de la culafſſe de la piece , comme
on les fait àDoüay , & fe
fit expliquer tout ce qui la
expliquer
regarde. Enfuite M, Fleury
les mena au Moulin à ſcier
les pieces. C'eſt une machine
fort curieuſe , pour faire voir
la maniere dont l'on forme
les boutons des pieces dans
cesMaſſelettes , cequ'ils trou
des Amb. de Siam. 23
verent fort extraordinaire. Ils
dirent qu'ils avoient du Canon
chez eux , mais qu'il n'estoit ny
fi beau nyde mesme , & que la
matiere dont on le faisoit , étoit
neantmoins meilleure. Ils demanderent
enfuite comment
on faiſoit des figures ſur les
culaſſes comme des Lions , &
pour le leur faire entendre, on
les mena aux pieces où les
Repareurs travaillent , dont
ils furent fort fatisfaits. Ils
firent prendre les meſures ,&
les proportions de toutes les
pieces , & apres avoir veu les
Allefoirs , ils demanderent à
24 IV. P. du Voyage
د
voir un noyau , ſe faiſant
auſſi expliquer comment il ſe
portoit dans le moule , &puis
ils allerent voir couler les fix
pieces dont je viens de parler.
De la Fonderie on les
mena voir l'Arsenal , où il y
a quantité d'équipages d'Artillerie
dans les Magazins
couverts , qu'ils examinerent
fort , mais ſur tout un Pont
de cuivre qu'ils admirerent ,
&dont ils ſe firent expliquer
l'uſage; puis ils entrerent dans
les Cours , leſquelles font toutes
pleines de Canons , de
Mortiers , & de Pierriers de
toutes
des Amb. de Siam. 25
toutes les manieres , dont ils
firent prendre auſſi les proportions.
On peut dire qu'ils ont
vû à Doüay , generalement
tout ce que l'on peut voir
dans les Arcenaux. Il y avoit
trois cens Canons , Mortiers
& Pierriers , & une ſi
grande quantité de Bombes,
qu'ils ne pouvoient ( dirent
- ils ) affez admirer leMiniſtre
qui a ſoin de la Guerre ,
voyant dans tant de Places non
feulement dequoy les deffendre ſi
elles estoient attaquées , & des
munitions pourſoûtenir les plus
C
26 IV. P.du Voyage
longs Sieges, mais encore dequoy
fournir des Armées entieres , qui
voudroient aller affieger les plus
fortes Villes , on soumettre
des Provinces. Ils ajoûterent
, que ce qui les ſurprenoit,
estoit qu'il falloit que ce Ministre
donnaſt ſes foins à toutes
ces choses dans ſes momens perdus
, puiſqu'il en avoit beaucoup
d'autres àfaire qui n'estoient pas
moins importantes. Comme
ils appliquoient tout au Roy,
&avec juſte raiſon , ils firent
tomber le bon état de tout
ce qu'ils avoient remarqué ,
fur le grand difcernement de
des Amb. de Siam. 27
Sa Majeſté dans le choix de
fes Miniſtres .
De l'Arcenal on les mena
dans la Baterie de l'école des
Cadets d'Artillerie & des Canonniers
où l'on tira. Ils virent
emporter pluſieurs blancs
par les uns & par les autres ,
ce qui leur donna beaucoup
de plaifir. Ils admirerent l'adreſſe
& la promptitude que
tous ces Cadets firent voir
dans cet Exercice , ainſi qu'à
charger & à nettoyer le Canon.
Ils virent jetter pluſieurs
Bombes qui creverent fort à
propos , & vifiterent enfuite
Cij
28 IV. P. du Voyage
les dehors de la Place. L'a
présdînée ils allerent voir le
Fort de l'Eſcarpe , où M, du
Repaire qui en eſt Gouverneur
, les reçût au bruit du
Canon, avec les Officiers Majors
de la Place. La Garniſon
étoit ſous les Armes. Lorfqu'ils
eurent fait le tourde ce
Fort ,M, du Repaire les pria
d'entrer chez lui pour ſe chaufer
, à cauſe que le temps
eſtoit affez froid ce jour- là.
Ils y trouverent Madame &
Mademoiselle du Repaire ,
Madame la Baronne deQuincy
, & pluſieurs autres Fem
desAmb. de Siam, 29
mes de qualité. Aprés un
moment de converſation auprés
du Feu , on fervit une
Collation magnifique , & les
Dames ſe mirent à table avec
les Ambaſſadeurs . M² du Repaire
dit, qu'à cause du froid,
il falloit commencer par les Vins
de Liqueur. Son avis fut ſuivi,
& l'on en bût de pluſieurs
fortes. L'Ambaffadeur ayant
trouvé mademoiselle du Repaire
fort belle , luy dit que
fi elle vouloit aller à Siam , il
avoit un Fils qui pourroit estre
un jour grand Seigneur,&que
fi elle l'épouſoit , elle ne devoit
Ciij
30 IV. P. du Voyage
point craindre la pluralité des
Femmes , parce qu'elle estoit affez
belle pour empêcher que fon
Fils ne vouluſt en avoir d'autres
. Comme les Jefuites de
Doüay les attendoient , ils
fortirent peu de temps aprés,
& ne parlerent pendant tout
le chemin que de l'agreable
Collation qu'ils venoient
de faire . Eſtant arrivez chez
ces Peres , ils furent conduits
dans une grande falle , où il
y avoit quantité de Voix &
d'Inſtrumens . Voicy le Spectacle
qui leur fut donné.
desAmb. de Siam. 31
PREMIERE ENTRE'E .
Le Genie de la France tâ
choit d'attirer le Genie de Siam
à faire une Alliance avec Loüis
leGrand.
SECONDE ENTRE'E .
L.. Renommée & la Gloire
Denoient étaler les grands exploits
de ce Heros, dont ils faisoient connoiſtre
la pieté , &la valeur qui
luy ont justement acquis le nom
de Grand.
TROISIEME ENTREE
1
Le Genie de Siam charmé de
Eiiij
32 IV. P. du Voyage
ce recit , témoignoit la paſſion
qu'il avoit de ſe voir entre les
Alliés d'un Monarque ſi puiffant,
dont l'amitié devoit eſtre ſi
honorable , & fi utile àſa Nation
.
QUATRIEME ENTREE.
LesGenies de ces deux grands
Royaumes applaudiſſoient à cette
Alliance , & invitoient les Peuples
à donner des marques de leur
joye.
Aprés ce divertiſſement, on
conduiſit les Ambaſſadeurs
dans le Refectoire , où il y a
T
des Amb. de Siam.
33
voit une grande collation preparée
, mais celle de Mdu
Repaire estoit ſi recente , qu'il
leur fut impoffible de manger
autant qu'ils l'auroient voulu
pour repondre à l'empreſſement
que ces Peres avoienr de
les regaler. Les Ambaſſadeurs
leur dirent en s'en retournant,
qu'ils avoient connu par le divertiffement
qu'ils leur venoient de
donner ce qu'ils n'ignoroient pas
déja , sçavoir qu'ily avoit peu de
perſonnes quifuſſent auffi capables
qu'eux de bien élever la jeuneſſe.
Lorſqu'ils furent arrivez chez
cux, on leur vint demander
34 IV. P. du Voyage
l'ordre , & ils donnerent pour
Mot , aux amis je fournis du
bruit , aux ennemis la mort,parce
que Doüay ayant des fonderies
de Canon , cette Villelà
en fournit aux autres . Aprés
trois grands Repas qu'ils avoient
faits ce jour-là , la
complaiſance les obligea encore
à ſe mettre à table pour
fouper , afin de ne pas renvoyer
les Dames qui estoient
venuës pour les voir.
encore à deux lieuës de cette
grande Ville , lors qu'ils en
rencontrerent la Cavalerie ,
qui avoit fait tout ce chemin
pour leur faire plus d'honneur.
Ils entrerent par la porte
Nôtre- Dame qui eſt deſtinée
pour les Entrées folemnelles
que les Rois & les Princes
Souverains font en cette
Ville-là. Les Gardes à cheval
t
14 IV. P.du Voyage
de Made Pommereuil qui en
eſt Gouverneur , precedoient
leurs Carroffes , & les ruës étoient
de chaque côté bordées
de l'Infanterie de la Garnifon
, & d'un fort grand Peuple.
Les feneftres eſtoient auſſi
emplies des perſonnes les
plus diftinguées . Auſſi - tôt
qu'ils furent deſcendus à
l'Hôtel qui leur avoit eſté
preparé pour leur logement ,
Mª de Pommereuil alla leur
rendre viſite avee l'Estat Major.
Il leur preſenta les Magiftrats
, & tous les Corps , &
r
M Becquet premierConfeil,
desAmb. de Siam. 15
ler , Penſionnaire de la Ville,
leur parla en ces termes .
MESSEIGNEVRS,
Les ordres qui nous ont esté don
nez de la part du Roy, pour rendre
à vos Excellences les honneurs qui
font dûs aux Ambaſſadeurs d'un des
plus grands Monarques de l'Asie,
ont esté prévenus par nos defirs.
Nos volontez estoient déja diſposées
à nous acquitter de ces devoirs
, & nous pouvons dire avec
verité que jamais nous n'avons
executé aucun commandement avec
tant de zéle , que nous obéiſſons à
celuy qui nous a esté fait de venir
vous faire les offres de nos tréshumbles
services. Le bonheur que
16 IV. P. du Voyage
nous recevons aujourd'huy, ne s'efacera
jamais de nostre memoire ,
& l'agreable rencontre de voir en
nos jours les Ambaſſadeurs d'un fi
grand Roy honorer cette ville de
leur prefence, nous apporte une joye
incroyable , fur tout lors que nous
faiſons reflexion que le sujet qui
les amene en ce pays, estpour confirmer
l'alliance & l'amitié contraétée
entre deux fi puiſſans Princes,
Loüisle Grand & le Roy de Siam.
Ceseroit en vain que nous taſcherions
de faire icy leur éloge, puisque
nous sçavons que la Renommée a
publié dans toute la terre leurs heroiques
exploits. Mais comme elle
avoit des choses toutes merveilleu-
Ses à dire de nostre invincible Mo
narque, nous craignons qu'elle n'ait
oublié de faire connoistre que leRoy,
1
des Amb de Siam. 17
aprés avoir porté par toutses armes
victorieuses , en de-çà & au de-là
du Rhin , dans les Alpes & les Pyrenées
, & s'estre rendu maistre des
Villes & Fortereſſes que l'on croyoit
imprenables, aprés avoir vaincu les
Saiſons, porté par tout la terreur, &
foudroyé les plus belliqueuses Nations
de l'Univers, s'est enfin vaincusoy
-mesme, au milieu defes triomphes,
rendant àses ennemis des Places
qu'ils ne pouvoient esperer de
prendre par laforce de leurs armes,
pour donner la Paix à toute l'Europe.
C'est en cela principalement
qu'on le reconnoist digne du nom
de Grand , que d'un commun confentement
tout le monde luy a donné.
Vous avez vû , Meſſeigneurs,
ce grand Monarque, vous avez vi
fité une partie deses Conquestes
18 IV. P. du Voyage
la Renommée n'a- t- elle pas estéfidelle
enfes rapports ? Ne pouvezvous
pas dire ce que diſoit la Reine
de Saba , après avoir efté viſiter
le Roy Salomon , Verus eft fermo
quem audivi in terra mea ? Ne
jugez-vous pas que toutes les Puiffances
du monde doivent rechercherfon
alliance ? Nous ne doutons
point que le Roy voſtre Maistre ne
taſche de perpetuer dansses fucceffeurs
celle qui vient d'eftre contractée
avec ce grand Prince. Cefont,
Meſſeigneurs, les souhaits que font
vos trés-humbles & trés-obéiſſans
Serviteurs, qui vous prient d'agréer
les Vins de la Ville qui vous font
presentez
L'Ambaffadeur répondit que
des Amb. de Siam. 19
tout ce qu'ils avoient vû de la
grandeur de la puiſſance du
Roy , leur avoit fait connoître
la verité de ce qu'ils en avoient
oüy dire ; que ſi ſes Conquêtes
leur caufoient de l'étonnement ,
la magnificence de Versailles ,
leur avoit paru extraordinaire ;
qu'ils n'avoient rien vû de plus
beau , & qu'ils remercioient
Mrs de Ville de tous les honneurs
qu'ils leur faisoient ainfi
que de leurs prefens.
L'Univerſité les harangua
en Latin , & leur fit connoî--
tre ce que c'eſt que ce Corps,
celebre. L'Ambaſſadeur don-
Bij
20 IV. P. du Voyage
na ce foir-là pour mot , tant
qu'il triomphera je me réjoüiray.
Il ſemble que M de Pommereuil
ne parleroit pas autrement
luy-meſme , puiſqu'il
aime fort la Muſique & les
Violons, avec leſquels il ſemble
ſe rejoüir tous les jours
de la grandeur de Sa Majefté.
Comme la Ville eſt fort grande
, ils eurent le ſoir tant de
Dames à les voir fouper, qu'il
n'y eut point de place pour
les Hommes . MF de Por
mereüil leur envoya des Violons,
avec beaucoup d'autres
Inſtrumens , & pluſieursMu
des Amb . de Siam. 21
ſiciens , parmy leſquels il y
en avoit qui ont eſté Pages
de la Muſique du Roy. L'entretien
des Dames & cette
Muſique leur ſervit de divertiſſement
pendant le Repas .
Le lendemain à ſept heures
du matin , ils trouverent les
trois Carroffes de Mr de
Pommereuil qui les
doient. Ils allerent avec luy
à la fonderie , où M² Keller
avoit preparé une fonte, elle
eſtoit de quatre pieces de 24.
& de deux de 16. livres. En
attendant que le metal fuft
tout à fait preſt à couler , on
atten22
IV. P. du Voyage
leur fit voir la maniere dont
fe font les moules , que M
Fleury Controlleur de l'Artil
lerie leur expliqua. L'Ambaffadeur
examina longtemps la
partie du moule qui ſert à faire
une groffe Maffelette, au bout
de la culafſſe de la piece , comme
on les fait àDoüay , & fe
fit expliquer tout ce qui la
expliquer
regarde. Enfuite M, Fleury
les mena au Moulin à ſcier
les pieces. C'eſt une machine
fort curieuſe , pour faire voir
la maniere dont l'on forme
les boutons des pieces dans
cesMaſſelettes , cequ'ils trou
des Amb. de Siam. 23
verent fort extraordinaire. Ils
dirent qu'ils avoient du Canon
chez eux , mais qu'il n'estoit ny
fi beau nyde mesme , & que la
matiere dont on le faisoit , étoit
neantmoins meilleure. Ils demanderent
enfuite comment
on faiſoit des figures ſur les
culaſſes comme des Lions , &
pour le leur faire entendre, on
les mena aux pieces où les
Repareurs travaillent , dont
ils furent fort fatisfaits. Ils
firent prendre les meſures ,&
les proportions de toutes les
pieces , & apres avoir veu les
Allefoirs , ils demanderent à
24 IV. P. du Voyage
د
voir un noyau , ſe faiſant
auſſi expliquer comment il ſe
portoit dans le moule , &puis
ils allerent voir couler les fix
pieces dont je viens de parler.
De la Fonderie on les
mena voir l'Arsenal , où il y
a quantité d'équipages d'Artillerie
dans les Magazins
couverts , qu'ils examinerent
fort , mais ſur tout un Pont
de cuivre qu'ils admirerent ,
&dont ils ſe firent expliquer
l'uſage; puis ils entrerent dans
les Cours , leſquelles font toutes
pleines de Canons , de
Mortiers , & de Pierriers de
toutes
des Amb. de Siam. 25
toutes les manieres , dont ils
firent prendre auſſi les proportions.
On peut dire qu'ils ont
vû à Doüay , generalement
tout ce que l'on peut voir
dans les Arcenaux. Il y avoit
trois cens Canons , Mortiers
& Pierriers , & une ſi
grande quantité de Bombes,
qu'ils ne pouvoient ( dirent
- ils ) affez admirer leMiniſtre
qui a ſoin de la Guerre ,
voyant dans tant de Places non
feulement dequoy les deffendre ſi
elles estoient attaquées , & des
munitions pourſoûtenir les plus
C
26 IV. P.du Voyage
longs Sieges, mais encore dequoy
fournir des Armées entieres , qui
voudroient aller affieger les plus
fortes Villes , on soumettre
des Provinces. Ils ajoûterent
, que ce qui les ſurprenoit,
estoit qu'il falloit que ce Ministre
donnaſt ſes foins à toutes
ces choses dans ſes momens perdus
, puiſqu'il en avoit beaucoup
d'autres àfaire qui n'estoient pas
moins importantes. Comme
ils appliquoient tout au Roy,
&avec juſte raiſon , ils firent
tomber le bon état de tout
ce qu'ils avoient remarqué ,
fur le grand difcernement de
des Amb. de Siam. 27
Sa Majeſté dans le choix de
fes Miniſtres .
De l'Arcenal on les mena
dans la Baterie de l'école des
Cadets d'Artillerie & des Canonniers
où l'on tira. Ils virent
emporter pluſieurs blancs
par les uns & par les autres ,
ce qui leur donna beaucoup
de plaifir. Ils admirerent l'adreſſe
& la promptitude que
tous ces Cadets firent voir
dans cet Exercice , ainſi qu'à
charger & à nettoyer le Canon.
Ils virent jetter pluſieurs
Bombes qui creverent fort à
propos , & vifiterent enfuite
Cij
28 IV. P. du Voyage
les dehors de la Place. L'a
présdînée ils allerent voir le
Fort de l'Eſcarpe , où M, du
Repaire qui en eſt Gouverneur
, les reçût au bruit du
Canon, avec les Officiers Majors
de la Place. La Garniſon
étoit ſous les Armes. Lorfqu'ils
eurent fait le tourde ce
Fort ,M, du Repaire les pria
d'entrer chez lui pour ſe chaufer
, à cauſe que le temps
eſtoit affez froid ce jour- là.
Ils y trouverent Madame &
Mademoiselle du Repaire ,
Madame la Baronne deQuincy
, & pluſieurs autres Fem
desAmb. de Siam, 29
mes de qualité. Aprés un
moment de converſation auprés
du Feu , on fervit une
Collation magnifique , & les
Dames ſe mirent à table avec
les Ambaſſadeurs . M² du Repaire
dit, qu'à cause du froid,
il falloit commencer par les Vins
de Liqueur. Son avis fut ſuivi,
& l'on en bût de pluſieurs
fortes. L'Ambaffadeur ayant
trouvé mademoiselle du Repaire
fort belle , luy dit que
fi elle vouloit aller à Siam , il
avoit un Fils qui pourroit estre
un jour grand Seigneur,&que
fi elle l'épouſoit , elle ne devoit
Ciij
30 IV. P. du Voyage
point craindre la pluralité des
Femmes , parce qu'elle estoit affez
belle pour empêcher que fon
Fils ne vouluſt en avoir d'autres
. Comme les Jefuites de
Doüay les attendoient , ils
fortirent peu de temps aprés,
& ne parlerent pendant tout
le chemin que de l'agreable
Collation qu'ils venoient
de faire . Eſtant arrivez chez
ces Peres , ils furent conduits
dans une grande falle , où il
y avoit quantité de Voix &
d'Inſtrumens . Voicy le Spectacle
qui leur fut donné.
desAmb. de Siam. 31
PREMIERE ENTRE'E .
Le Genie de la France tâ
choit d'attirer le Genie de Siam
à faire une Alliance avec Loüis
leGrand.
SECONDE ENTRE'E .
L.. Renommée & la Gloire
Denoient étaler les grands exploits
de ce Heros, dont ils faisoient connoiſtre
la pieté , &la valeur qui
luy ont justement acquis le nom
de Grand.
TROISIEME ENTREE
1
Le Genie de Siam charmé de
Eiiij
32 IV. P. du Voyage
ce recit , témoignoit la paſſion
qu'il avoit de ſe voir entre les
Alliés d'un Monarque ſi puiffant,
dont l'amitié devoit eſtre ſi
honorable , & fi utile àſa Nation
.
QUATRIEME ENTREE.
LesGenies de ces deux grands
Royaumes applaudiſſoient à cette
Alliance , & invitoient les Peuples
à donner des marques de leur
joye.
Aprés ce divertiſſement, on
conduiſit les Ambaſſadeurs
dans le Refectoire , où il y a
T
des Amb. de Siam.
33
voit une grande collation preparée
, mais celle de Mdu
Repaire estoit ſi recente , qu'il
leur fut impoffible de manger
autant qu'ils l'auroient voulu
pour repondre à l'empreſſement
que ces Peres avoienr de
les regaler. Les Ambaſſadeurs
leur dirent en s'en retournant,
qu'ils avoient connu par le divertiffement
qu'ils leur venoient de
donner ce qu'ils n'ignoroient pas
déja , sçavoir qu'ily avoit peu de
perſonnes quifuſſent auffi capables
qu'eux de bien élever la jeuneſſe.
Lorſqu'ils furent arrivez chez
cux, on leur vint demander
34 IV. P. du Voyage
l'ordre , & ils donnerent pour
Mot , aux amis je fournis du
bruit , aux ennemis la mort,parce
que Doüay ayant des fonderies
de Canon , cette Villelà
en fournit aux autres . Aprés
trois grands Repas qu'ils avoient
faits ce jour-là , la
complaiſance les obligea encore
à ſe mettre à table pour
fouper , afin de ne pas renvoyer
les Dames qui estoient
venuës pour les voir.
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Résumé : Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam, escortés par la cavalerie et les gardes à cheval de Monsieur de Pommereuil, firent une entrée solennelle dans une grande ville par la porte Notre-Dame. Les rues étaient bordées de soldats et de spectateurs, tandis que les fenêtres étaient occupées par des notables. À leur arrivée à l'hôtel préparé pour leur logement, Monsieur de Pommereuil leur rendit visite avec son état-major et présenta les magistrats et divers corps, dont Monsieur Becquet, premier pensionnaire de la ville. Monsieur Becquet souligna les ordres du roi pour rendre les honneurs dus aux ambassadeurs d'un grand monarque asiatique et exprima la joie de la ville de les recevoir. Il rappela également les exploits héroïques du roi de France, notamment sa capacité à vaincre ses ennemis et à apporter la paix en Europe. L'ambassadeur de Siam répondit en affirmant que la grandeur et la puissance du roi de France, ainsi que la magnificence de Versailles, avaient confirmé les récits entendus. L'université les harangua en latin, et l'ambassadeur offrit un mot en latin sur la musique. Le soir, ils furent divertis par des dames et des musiciens envoyés par Monsieur de Pommereuil. Le lendemain, ils visitèrent la fonderie et l'arsenal, admirant les canons, mortiers et autres équipements militaires. Ils assistèrent également à une démonstration de tir à la batterie de l'école des cadets d'artillerie. Après une collation chez Monsieur du Repaire, ils furent invités par les Jésuites à un spectacle célébrant l'alliance entre la France et le Siam. Les ambassadeurs exprimèrent leur satisfaction et leur admiration pour l'éducation dispensée par les Jésuites.
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2
p. 43-48
Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Début :
Je suis venu ici, Monsieur, pour rendre compte à Monsieur [...]
Mots clefs :
Noyelle, Camp, Troupes, Chevaux, Douai
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Du Camp de Noyelle ce 7.
Fuiller.
Je fuis venu ici , Monfieur , pour rendre compte
à Monfieur le Maréchal
que fur l'avis qu'a cu Monfieur le Comte de Broglio
ce matin , que les ennemis
avoient détaché de leur
armée huit cent chevaux ,
pour attaquer un fourrage
qu'ils croyoient qu'il devoit faire avec la reſerve
entre Douay & Vitry , il eſt
forti ce matin avec mille
Dij
44 MERCURE
chevaux , aufquels il a fait
prendre des faulx , afin de
les mieux faire donner dans
le panneau , & a envoyé
trois cent chevaux pour
maſquer Douay , fans faire
femblant d'avoir aucune
troupe à fon flanc gauche,
& a toûjours tenu le refte
de ſes troupes en gros comme des fourrageurs. Les
ennemis qui étoient embufquez fur les derrieres ont
debufqué marchans en bataille leur ſeize troupes
front. Il les a laiffé venir juf- ›
ques à la portée d'une ca
de
1
GALANT.
45
rabine ; aprés quoy il s'eft
formé , & a marché à eux
l'épée à la main , a effuyé
leur feu de fort prés, & y
eft entré à grands coups d'épée , les a culbutez , fans
leur donner le temps de fe
rallier , les a fuivis , & fait
couper par des troupes qu'il
a envoyées s'emparer du
paffage de Crechin ; ce qui
les a rejettez du côté de
Couriere & de la Deule ,
où il s'en eft noyé plufieurs.
Comme j'avois perdu de
vûë Monfieur le Comte de
Broglio, je pouffai vers Cre-
46 MERCURE
chin avec cinquante maîtres. Je puis vous affurer
qu'il n'eft pas rentré dans
Doüay plus de cinquante
cavaliers , le reste ayant été
pris ou noyé. Quand je fuis
parti pour en venir rendre
compte à Monfieur le Maréchal , toutes nos troupes
`n'étoient pas encore arrivées : il y avoit déja prés :
de quatre cent prifonniers,
& autant de chevaux , du
nombre defquels étoit M.
de Saint Amour , Colonel
des Cuiraffier's,qui, je crois,
commandoit ce détache-
GALANT.
47
ment, & quatorze Officiers,
Monfieur Speligny , Colonel Houffard , doit y avoir été tué , fon cheval
cent
s'étant rendu , à ce qu'a dit
Monfieur de Saint Amour,
bien avant qu'il ait été
pris. Ce détachement étoit
compofé de quatre
Cuiraffiers de l'Empereur ,
de deux cent Drrgons ,
& deux cent Houflards ;
le tout de troupes choifies , leſquelles avoient ordre d'entreprendre quelque chofe avant de revenir. Mon frere le Comte
48 MERCURE
& moy fommes en bonne
fanté. Monfieur le Maréchal rend compte à la Cour
de cette affaire.
On attend des memoires d'Espagne , qui retardent jufqu'au mois
prochain l'article qu'on
a promis de Monfieur
de Vendôme
Fuiller.
Je fuis venu ici , Monfieur , pour rendre compte
à Monfieur le Maréchal
que fur l'avis qu'a cu Monfieur le Comte de Broglio
ce matin , que les ennemis
avoient détaché de leur
armée huit cent chevaux ,
pour attaquer un fourrage
qu'ils croyoient qu'il devoit faire avec la reſerve
entre Douay & Vitry , il eſt
forti ce matin avec mille
Dij
44 MERCURE
chevaux , aufquels il a fait
prendre des faulx , afin de
les mieux faire donner dans
le panneau , & a envoyé
trois cent chevaux pour
maſquer Douay , fans faire
femblant d'avoir aucune
troupe à fon flanc gauche,
& a toûjours tenu le refte
de ſes troupes en gros comme des fourrageurs. Les
ennemis qui étoient embufquez fur les derrieres ont
debufqué marchans en bataille leur ſeize troupes
front. Il les a laiffé venir juf- ›
ques à la portée d'une ca
de
1
GALANT.
45
rabine ; aprés quoy il s'eft
formé , & a marché à eux
l'épée à la main , a effuyé
leur feu de fort prés, & y
eft entré à grands coups d'épée , les a culbutez , fans
leur donner le temps de fe
rallier , les a fuivis , & fait
couper par des troupes qu'il
a envoyées s'emparer du
paffage de Crechin ; ce qui
les a rejettez du côté de
Couriere & de la Deule ,
où il s'en eft noyé plufieurs.
Comme j'avois perdu de
vûë Monfieur le Comte de
Broglio, je pouffai vers Cre-
46 MERCURE
chin avec cinquante maîtres. Je puis vous affurer
qu'il n'eft pas rentré dans
Doüay plus de cinquante
cavaliers , le reste ayant été
pris ou noyé. Quand je fuis
parti pour en venir rendre
compte à Monfieur le Maréchal , toutes nos troupes
`n'étoient pas encore arrivées : il y avoit déja prés :
de quatre cent prifonniers,
& autant de chevaux , du
nombre defquels étoit M.
de Saint Amour , Colonel
des Cuiraffier's,qui, je crois,
commandoit ce détache-
GALANT.
47
ment, & quatorze Officiers,
Monfieur Speligny , Colonel Houffard , doit y avoir été tué , fon cheval
cent
s'étant rendu , à ce qu'a dit
Monfieur de Saint Amour,
bien avant qu'il ait été
pris. Ce détachement étoit
compofé de quatre
Cuiraffiers de l'Empereur ,
de deux cent Drrgons ,
& deux cent Houflards ;
le tout de troupes choifies , leſquelles avoient ordre d'entreprendre quelque chofe avant de revenir. Mon frere le Comte
48 MERCURE
& moy fommes en bonne
fanté. Monfieur le Maréchal rend compte à la Cour
de cette affaire.
On attend des memoires d'Espagne , qui retardent jufqu'au mois
prochain l'article qu'on
a promis de Monfieur
de Vendôme
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Résumé : Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Le 7 [mois indéterminé], depuis le Camp de Noyelle, un rapport militaire informe Monsieur le Maréchal des actions du Comte de Broglio contre les ennemis. Ce matin, Broglio a appris que les ennemis avaient envoyé huit cents chevaux pour attaquer un convoi de fourrage près de Douay et Vitry. Il a renforcé ses troupes à mille chevaux, armés de faux, et a envoyé trois cents chevaux pour masquer Douay, feignant de n'avoir aucune troupe à son flanc gauche. Les ennemis, embusqués à l'arrière, ont débusqué en formation de bataille. Broglio les a laissés approcher à portée de tir, puis a chargé à l'épée, dispersant les ennemis sans leur laisser le temps de se rallier. Il a poursuivi les fuyards et a coupé leur retraite vers Crechin, les repoussant vers Couriere et la Deule, où plusieurs se sont noyés. L'auteur, ayant perdu de vue Broglio, s'est dirigé vers Crechin avec cinquante maîtres. Moins de cinquante cavaliers ennemis sont rentrés à Douay, le reste étant capturé ou noyé. Au moment de son départ pour informer le Maréchal, environ quatre cents prisonniers et autant de chevaux avaient été capturés, incluant le Colonel des Cuirassiers Saint Amour et quatorze officiers. Le détachement ennemi était composé de quatre cents Cuirassiers de l'Empereur, deux cents Dragons et deux cents Houzards. Le Maréchal rend compte de cette affaire à la Cour. Des mémoires d'Espagne sont attendus, retardant l'article promis de Monsieur de Vendôme jusqu'au mois prochain.
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3
p. 117-120
NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Début :
La tranchée a esté ouverte devant Douay hier au soir [...]
Mots clefs :
Flandre, Douai, Prince Eugène, Retranchement
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
NOUVELLES
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
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Résumé : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Le 15 août 1711, un rapport depuis le camp de Hefnain-Lietard mentionne que la tranchée devant Douai a été avancée à soixante toises du chemin couvert. Deux attaques ont été menées à Douai, l'une à la porte Notre-Dame et l'autre à la porte Morelle. Une troisième attaque a réussi au sort d'Escarpe sans pertes majeures. Un capitaine du régiment de Lanoy a été tué, et deux lieutenants, un sous-lieutenant et un ingénieur ont été blessés. Les travaux ont été réalisés sans alerter l'ennemi. La garnison de Douai étant faible, une attaque vigoureuse est prévue avant le 26 août. Le Prince Eugène a tenté des mouvements près d'Orchies et de la Deulle pour perturber les opérations, mais sans succès. Il menace d'attaquer pour forcer l'abandon du siège, mais les troupes sont prêtes à le repousser.
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4
p. 121-123
Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
Début :
Fort de Scarpe. Le 15. 2. bataillons de Picardie. Le [...]
Mots clefs :
Douai, Fort de Scarpe, Bataillons, État des troupes
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texteReconnaissance textuelle : Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
But des troupes de l'armée
qui doivent avoir la tête
de la tranché de la ville de
Doiiay & dufort de Scarpt.
Fort deScarpe.
Le 15. 2..
bataillons dePicardie.
Le 16. 3. bataillons de Pi.
cardie..
Le 17. 1. dePiemont.
Le 18.1. de Piemont.
Le
1 9. 3. de Piémont
Le 10,1. du Roy.
Le11. 1. du Roy.
Le 21. 3.duRoy.
Le 2. 3. 4. du Roy.
Le 14. le Maine.
Le 15.le Maine.
1 Le 16. Meuse, *
Les Gardes Françoises &
Suiffes.
Le 16. Gardes de Cologne,
Le 17. Navarre.
,
Le 18. Champagne..
Le 19.Bourbonnois.
Le10.Broïïes.
Le21.Royal.
Le 11. Poitou.
.;
*
Le 13.Lionnois.
- Le 14. Touraine.
Le 15. Gondrin.
>
Le 26. la Reine.
qui doivent avoir la tête
de la tranché de la ville de
Doiiay & dufort de Scarpt.
Fort deScarpe.
Le 15. 2..
bataillons dePicardie.
Le 16. 3. bataillons de Pi.
cardie..
Le 17. 1. dePiemont.
Le 18.1. de Piemont.
Le
1 9. 3. de Piémont
Le 10,1. du Roy.
Le11. 1. du Roy.
Le 21. 3.duRoy.
Le 2. 3. 4. du Roy.
Le 14. le Maine.
Le 15.le Maine.
1 Le 16. Meuse, *
Les Gardes Françoises &
Suiffes.
Le 16. Gardes de Cologne,
Le 17. Navarre.
,
Le 18. Champagne..
Le 19.Bourbonnois.
Le10.Broïïes.
Le21.Royal.
Le 11. Poitou.
.;
*
Le 13.Lionnois.
- Le 14. Touraine.
Le 15. Gondrin.
>
Le 26. la Reine.
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Résumé : Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
Du 14 au 26, l'armée française déploie diverses troupes pour atteindre la tête de la tranchée de Douai et le fort de Scarpe. Les bataillons de Picardie, du Piémont, du Roi, du Maine, de la Meuse, les Gardes Françaises, les Suisses, les Gardes de Cologne, de Navarre, de Champagne, de Bourbonnais, de Bretagne, du Royal, de Poitou, de Lionnois, de Touraine, de Gondrin et de la Reine sont mobilisés à plusieurs reprises.
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5
p. 163-170
Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Début :
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron le 5. [...]
Mots clefs :
Douai, Prince Eugène, Villars, Flandre, Tournay
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Extrait deplusieurs lettres de
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
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Résumé : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Au début août, les armées du Prince Eugène et du Maréchal de Villars se préparent en Flandres. L'armée du Prince Eugène, plus nombreuse, se déplace et renforce des positions stratégiques. Les députés des États Généraux ont donné carte blanche au Prince Eugène, mais lui ont demandé d'éviter une bataille à Malplaquet. Les troupes du Prince Eugène se préparent à attaquer des positions françaises, notamment le château du Forêt et les retranchements près de Doüay, mais ces attaques n'ont pas encore eu lieu. La cavalerie ennemie effectue des raids pour se ravitailler, et des ingénieurs ennemis sont arrêtés en tentant de rejoindre Doüay. Le Maréchal de Villars, bien retranché, avance vers les retranchements de Pont-à-Rache et prépare des travaux de siège. La garnison de Doüay, bien que renforcée, manque de vivres.
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6
p. 261-265
Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Début :
La nuit du 14 au 15. le Regiment des Gardes [...]
Mots clefs :
Camp, Douai, Scarpe, Siège, Expédition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Du Camp d'Henin-Lietard
ce 18. AOUst.171Zr.
La nuit du 14 au 1 5. le
Regiment des Gardes ouvrit la tranchée devant
Dotiay en deux endroits;
l'attaque de la gauche est
appuyée à l'Inondation,
coupe laChaufféeS. Eloy,
& va regagner la tranchée
de la droite qui fut ouverte
a Sains &
poussee
cette nuic
jurqu'à soixante toises des
Palissades. Picardie ouvrit
la tranchée au Fort de
Scarpe, nous simesaussi
une fausse attaque à la
porte de Querchm, mais
les ennemis n'y tirerent pas
un coup; nous embrassons
aux deux - attaques de la
Ville la porte S. Eloy & la
porte Nostre-Damc avec
un Pont surla Scarpe pour
cbmmuniquerà l'attaque
du Fort; il n'y a
dans la
placeque 3000 fort hommes &
peu de munitions;il y ,
avoit eu 40 bataillons destinez au Siege, mais les
Troupes qui sont campées
depuis aussi sur le Canal de
la Deulc julquàl'Alainlur
la Scarpe font devenues
l'armée d'observation par
le mouvement que les ennemis ontfait glitst sont
avancez la droiteà Carvain
Epinoy, la gauche à
Hauteur de Vatines; de
forte quec'est la grande
Armée qui fait- le Siege)
nous avons 1G pieces de
canon qui tireront ce soir
a la Visse, ,&, 10; au Fort
avecdesMortiers.
On écrit de Lille du 20.
Aoust que le Prince Eugene
aquittélaresolution de
nous attaquer dans nos
retranchements & de fe-
:
courir Doüay, qu'il a
fait
ramener tous les Gabions
qui avoient esté destinez
pour cette expédition &
les a
fait conduire à Tlfle
pour sen servir dans le
¿
-que depuis le
1 7.
on tiroir en breche, que le
Fortde Scarpe
étoit le 18.
en feu, & quon ne croyoit
pas qu'il put encore durer
deux ou trois jours, que
r
le Prince Eugene a
envoyé
deux mille Cavaliers demonccz à Bethune, Aire &
S.
S. Venant en Garnison, la
maladie étant d'ans leurs
chevaux; dauttes Lettres
portent que l'armée des
Alliez devoit venir de Ribaucourt dans son Camp
de Seclin le 21 ou le 22,.
à caufc de la disette de fourages & d'eaux, que les
Députez estoient arrivez le
20. aumatinàLille,cequifaisoit croire que leur armée
neremerciepas longtemps à
Seclin
ce 18. AOUst.171Zr.
La nuit du 14 au 1 5. le
Regiment des Gardes ouvrit la tranchée devant
Dotiay en deux endroits;
l'attaque de la gauche est
appuyée à l'Inondation,
coupe laChaufféeS. Eloy,
& va regagner la tranchée
de la droite qui fut ouverte
a Sains &
poussee
cette nuic
jurqu'à soixante toises des
Palissades. Picardie ouvrit
la tranchée au Fort de
Scarpe, nous simesaussi
une fausse attaque à la
porte de Querchm, mais
les ennemis n'y tirerent pas
un coup; nous embrassons
aux deux - attaques de la
Ville la porte S. Eloy & la
porte Nostre-Damc avec
un Pont surla Scarpe pour
cbmmuniquerà l'attaque
du Fort; il n'y a
dans la
placeque 3000 fort hommes &
peu de munitions;il y ,
avoit eu 40 bataillons destinez au Siege, mais les
Troupes qui sont campées
depuis aussi sur le Canal de
la Deulc julquàl'Alainlur
la Scarpe font devenues
l'armée d'observation par
le mouvement que les ennemis ontfait glitst sont
avancez la droiteà Carvain
Epinoy, la gauche à
Hauteur de Vatines; de
forte quec'est la grande
Armée qui fait- le Siege)
nous avons 1G pieces de
canon qui tireront ce soir
a la Visse, ,&, 10; au Fort
avecdesMortiers.
On écrit de Lille du 20.
Aoust que le Prince Eugene
aquittélaresolution de
nous attaquer dans nos
retranchements & de fe-
:
courir Doüay, qu'il a
fait
ramener tous les Gabions
qui avoient esté destinez
pour cette expédition &
les a
fait conduire à Tlfle
pour sen servir dans le
¿
-que depuis le
1 7.
on tiroir en breche, que le
Fortde Scarpe
étoit le 18.
en feu, & quon ne croyoit
pas qu'il put encore durer
deux ou trois jours, que
r
le Prince Eugene a
envoyé
deux mille Cavaliers demonccz à Bethune, Aire &
S.
S. Venant en Garnison, la
maladie étant d'ans leurs
chevaux; dauttes Lettres
portent que l'armée des
Alliez devoit venir de Ribaucourt dans son Camp
de Seclin le 21 ou le 22,.
à caufc de la disette de fourages & d'eaux, que les
Députez estoient arrivez le
20. aumatinàLille,cequifaisoit croire que leur armée
neremerciepas longtemps à
Seclin
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Résumé : Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Le rapport militaire du 18 août 1712 décrit les opérations autour de Douai. La nuit du 14 au 15 août, le Régiment des Gardes a ouvert une tranchée devant Douai, coupant la chaussée Saint-Éloy et avançant jusqu'à soixante toises des palissades. Le régiment de Picardie a ouvert une tranchée au Fort de Scarpe, tandis qu'une fausse attaque a été menée à la porte de Querchm sans réponse ennemie. Les forces françaises ont encerclé les portes Saint-Éloy et Notre-Dame, avec un pont sur la Scarpe pour communiquer avec l'attaque du Fort. Douai compte 3000 hommes et peu de munitions. Initialement, 40 bataillons étaient destinés au siège, mais les troupes sont devenues l'armée d'observation en raison des mouvements ennemis. La grande armée française assiège Douai avec 16 pièces de canon et 10 mortiers. Un rapport du 20 août mentionne que le Prince Eugène a renoncé à attaquer les retranchements français et à secourir Douai. Le Fort de Scarpe était en feu le 18 août et ne pouvait tenir plus de deux ou trois jours. Le Prince Eugène a envoyé 2000 cavaliers à Béthune, Aire et Saint-Venant en raison de la maladie de leurs chevaux. L'armée des Alliés devait se déplacer de Ribaucourt à Seclin, mais la disette de fourrages et d'eau a retardé ce mouvement. Des députés sont arrivés à Lille le 20 août, suggérant que l'armée alliée ne resterait pas longtemps à Seclin.
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7
p. 294-305
Du Camp devant Douay.
Début :
Le Maréchal de Villars, a reglé que les Officiers Generaux [...]
Mots clefs :
Douai, Maréchal de Villars, Prince Eugène, Fort de Scarpe, Henin-Lietard, Lettres, Garnison, Canon, Coigny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp devant Douay.
:Douay*
'rC( < 'a
Le Maréchal de 'ViUart,.
a
reglé que les Officiers
Generaux monteraient la
tranchée selon leur anncienneté
,
ansi le Comte de
Gassion estant indisposé
,
Monsieur le Marquis d'Alegre a monté la tranchée
avec la Regiment des Gardes.
A l'attaque du Fort de
Scarpe,leComte d'Albertgoti montala tranchée avec
le Regiment de Picardie,
& elle fut poussée à trente
toises sans d'autre perte que d'un Valet d'Officier, les
deux nuits suivanteslatranchée fut pouffée jusqu'àla
contrescarpe
,
sans aucune
perte. La nuit du 17 au iS.-
a minuit on commença a
batre la Ville & le Fort avec
vingt
-
six pieces de canon
& des mortiers, & mettre
vingt autres pieces de cannonen batterie, les bombes
ont fait de grands ravages
dans le Fort le
1
8. ayant
mis le feu à l'Eglise & à
la maison du Gouverneur,
& aux Cazernes.
Les Lettres du 28assurent
qu'il, yavoit prés de quatre
cent malades & deux cent
portant les armes, pris dans
le Fort d'Escarpe, & dixhuit pieces de canon.
Que l'attaque de Saint
Eloy devenoit considérable
& qu'il y
avoit des batteries qui battoient en
brcche
; on avance fort à la
droite, ensorte que l'on espere que l'on aura la Place
vers le quatre ou le cinq.
Il y a
bien des malades.
Que le Maréchal deVillars
avoit marché à d'Henin
Lietard
,
à Levendrc entre
Doiiay & Bouchain:il a
marché depuis avec quinze
mille hommes à Ribaucourt
& y
fait des retranchements
Le Prince Eugene s'estoit
retiré à Marquese
,
derrier
Lille & avoit détaché foix
-
ante Mons.. Escadrons du costé de
Le Maréchal de ViH.ars
avoit détaché de son cofté
Monsieur de Coigny
,
avec
ses Dragons pour empecher
un Convoy qui vouloir cni
trer dans le Quednoy, pour
y porter des vivres & en retirer les canons que le Prince
Eugrne avoit à Landrecy.
Les Lettres de l'Armée
de Flandres du zi. Aouft5
portentqu'on coupa le 2. yla communication du Fory
avec la Ville où la Garnison
vouloit tacher de se retirer.
Il n'y avoit eû au Siege jusqu'a ce jour, que trois cent
hommes tuezou bltflfcz.
- On remarqua le vingtquatre ,que l'inondation se
perdoitd'elle-même dans les
terres ;
cependant comme
les Assiegez pouvoit lacher
de nouvelles caux,on acheva la coupure pour les faite
écouler. Le vingt
- quatre
ou le vingt
-
cinq on s'empara du chemin-couvert
du Fort, le même jour, on
fit une batterie pour battre
le Fort en breche
, on fie
jouër le 26 une mine qui fit
un si grand effet,que cinquan
te hommes qui estoient
en cet endroit furent presque tous accablez en mêmetemps, les grenadiers du
Regiment des Vaisseaux se
jetèrent]la bayonette au
bout du fusil dans le chemin
couvert ..& poursuivirent
les ennemisjusqu'à la seconde traverse
,
pour facvoriser les travailleursqui
firent un logementdans la
Place d'Armes. On continuoit de battre en breche
la Villeaussi bien que le
Fort, dont on commençoit
à combler le Fossé
: mais la
garnison craignant d'estre
emporté d'assaut batit la
chamade le vingt- sept.
Elle s'est renduë prisonniere de Guerre, & on a
accordé aux Officiers d'envoyer leurs bagages dans
quelqu'une de leurs Places,
de cinq cent hommes qui y
estoient il n'en reste que -
trois cent; on a
trouvé dans
le Fort dix huit pieces de
canon,&onad'abordouvert les éclusespour faire
couler les eaux, ce qui
faciliterabeaucoup l'attaque
delaVille. ",
Les ennemisqui depuis it. de cemoiscampoient
à Ribaucourt,avoient tfa;,
vailé sans relâche à preparer
des Gabions,desGlayes, des
Fascines & a
faire venir
cinquante pieces de. Canon
pour attaquer nosretran»
chementsjtnaisils n'avoient
encore rien entrepris, ou
avoir cru le 20 qu'ils. se re.
retireroient maison aprit
que ce n'estoit qu'un détachement qui marchoit du
cofté de Mons. La disette
de pain &de fourage étoit
toujours si grande dans
,
leur arméequ'ils- étoient
obligé d'aller sourager audelà de la Lis du costé
de Varneton. Néanmoins
aprés avoirplusieurs fois
reconnu lesretranchement
ils jugerent qu'ils ne pouvoient les attaquer sans exposer toute leur armée,b
25.ilsfirent défiler leurs
bagages & leur artillerie, le
foir ils. brûlèrent les grands
amas de facines, de clayes
&deGabions qu'ils avoient
préparez & le
-
2 5. toute
leur armée marcha & se retira entre Lille & Tournay.
Le Partisan Jaquot
ayant joint vers Namur
le Partisan du Moulin
qui avoit 1 5 00. Chevaux,
marcha du costé d'Anvers
avec six pieces de Campagne & neufPontons.
Le Maréchal de Villars
a
envoyé le Marquis ..Je---
Coigny du cossé duQues-
- noy avec sa reserve de Dragons, sur lavis qu'il a eu
que le PrinceEugène hiioïc
marcher un détachement
de ce costé là pour tâcher
d'emmener à Mons 90.
piècesde gros Canons qui
font dansle Quesnoy.
Il est arrivé la semaine
passé àlaMonnoyede cette
Ville douze charettes venant de Brest chargées de
piastres & de lingots d'or
êc d'argent pour estre convertisenespeces
'rC( < 'a
Le Maréchal de 'ViUart,.
a
reglé que les Officiers
Generaux monteraient la
tranchée selon leur anncienneté
,
ansi le Comte de
Gassion estant indisposé
,
Monsieur le Marquis d'Alegre a monté la tranchée
avec la Regiment des Gardes.
A l'attaque du Fort de
Scarpe,leComte d'Albertgoti montala tranchée avec
le Regiment de Picardie,
& elle fut poussée à trente
toises sans d'autre perte que d'un Valet d'Officier, les
deux nuits suivanteslatranchée fut pouffée jusqu'àla
contrescarpe
,
sans aucune
perte. La nuit du 17 au iS.-
a minuit on commença a
batre la Ville & le Fort avec
vingt
-
six pieces de canon
& des mortiers, & mettre
vingt autres pieces de cannonen batterie, les bombes
ont fait de grands ravages
dans le Fort le
1
8. ayant
mis le feu à l'Eglise & à
la maison du Gouverneur,
& aux Cazernes.
Les Lettres du 28assurent
qu'il, yavoit prés de quatre
cent malades & deux cent
portant les armes, pris dans
le Fort d'Escarpe, & dixhuit pieces de canon.
Que l'attaque de Saint
Eloy devenoit considérable
& qu'il y
avoit des batteries qui battoient en
brcche
; on avance fort à la
droite, ensorte que l'on espere que l'on aura la Place
vers le quatre ou le cinq.
Il y a
bien des malades.
Que le Maréchal deVillars
avoit marché à d'Henin
Lietard
,
à Levendrc entre
Doiiay & Bouchain:il a
marché depuis avec quinze
mille hommes à Ribaucourt
& y
fait des retranchements
Le Prince Eugene s'estoit
retiré à Marquese
,
derrier
Lille & avoit détaché foix
-
ante Mons.. Escadrons du costé de
Le Maréchal de ViH.ars
avoit détaché de son cofté
Monsieur de Coigny
,
avec
ses Dragons pour empecher
un Convoy qui vouloir cni
trer dans le Quednoy, pour
y porter des vivres & en retirer les canons que le Prince
Eugrne avoit à Landrecy.
Les Lettres de l'Armée
de Flandres du zi. Aouft5
portentqu'on coupa le 2. yla communication du Fory
avec la Ville où la Garnison
vouloit tacher de se retirer.
Il n'y avoit eû au Siege jusqu'a ce jour, que trois cent
hommes tuezou bltflfcz.
- On remarqua le vingtquatre ,que l'inondation se
perdoitd'elle-même dans les
terres ;
cependant comme
les Assiegez pouvoit lacher
de nouvelles caux,on acheva la coupure pour les faite
écouler. Le vingt
- quatre
ou le vingt
-
cinq on s'empara du chemin-couvert
du Fort, le même jour, on
fit une batterie pour battre
le Fort en breche
, on fie
jouër le 26 une mine qui fit
un si grand effet,que cinquan
te hommes qui estoient
en cet endroit furent presque tous accablez en mêmetemps, les grenadiers du
Regiment des Vaisseaux se
jetèrent]la bayonette au
bout du fusil dans le chemin
couvert ..& poursuivirent
les ennemisjusqu'à la seconde traverse
,
pour facvoriser les travailleursqui
firent un logementdans la
Place d'Armes. On continuoit de battre en breche
la Villeaussi bien que le
Fort, dont on commençoit
à combler le Fossé
: mais la
garnison craignant d'estre
emporté d'assaut batit la
chamade le vingt- sept.
Elle s'est renduë prisonniere de Guerre, & on a
accordé aux Officiers d'envoyer leurs bagages dans
quelqu'une de leurs Places,
de cinq cent hommes qui y
estoient il n'en reste que -
trois cent; on a
trouvé dans
le Fort dix huit pieces de
canon,&onad'abordouvert les éclusespour faire
couler les eaux, ce qui
faciliterabeaucoup l'attaque
delaVille. ",
Les ennemisqui depuis it. de cemoiscampoient
à Ribaucourt,avoient tfa;,
vailé sans relâche à preparer
des Gabions,desGlayes, des
Fascines & a
faire venir
cinquante pieces de. Canon
pour attaquer nosretran»
chementsjtnaisils n'avoient
encore rien entrepris, ou
avoir cru le 20 qu'ils. se re.
retireroient maison aprit
que ce n'estoit qu'un détachement qui marchoit du
cofté de Mons. La disette
de pain &de fourage étoit
toujours si grande dans
,
leur arméequ'ils- étoient
obligé d'aller sourager audelà de la Lis du costé
de Varneton. Néanmoins
aprés avoirplusieurs fois
reconnu lesretranchement
ils jugerent qu'ils ne pouvoient les attaquer sans exposer toute leur armée,b
25.ilsfirent défiler leurs
bagages & leur artillerie, le
foir ils. brûlèrent les grands
amas de facines, de clayes
&deGabions qu'ils avoient
préparez & le
-
2 5. toute
leur armée marcha & se retira entre Lille & Tournay.
Le Partisan Jaquot
ayant joint vers Namur
le Partisan du Moulin
qui avoit 1 5 00. Chevaux,
marcha du costé d'Anvers
avec six pieces de Campagne & neufPontons.
Le Maréchal de Villars
a
envoyé le Marquis ..Je---
Coigny du cossé duQues-
- noy avec sa reserve de Dragons, sur lavis qu'il a eu
que le PrinceEugène hiioïc
marcher un détachement
de ce costé là pour tâcher
d'emmener à Mons 90.
piècesde gros Canons qui
font dansle Quesnoy.
Il est arrivé la semaine
passé àlaMonnoyede cette
Ville douze charettes venant de Brest chargées de
piastres & de lingots d'or
êc d'argent pour estre convertisenespeces
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Résumé : Du Camp devant Douay.
Le texte décrit des événements militaires impliquant le Maréchal de Villars et le Prince Eugène. Lors de l'attaque du Fort de Scarpe, le Comte d'Albert-Goti a mené le Régiment de Picardie sans subir de pertes significatives. Les bombardements sur la ville et le fort ont commencé le 17 août, causant des ravages importants. Le 28 août, de nombreux malades et soldats ainsi que dix-huit pièces de canon ont été capturés. Le Maréchal de Villars a déplacé ses troupes à Ribaucourt et construit des retranchements. Le Prince Eugène s'est retiré à Marquese, derrière Lille. Des escadrons ont été détachés pour empêcher un convoi de ravitailler le Quesnoy. Les lettres de l'Armée de Flandres du 21 août indiquent que la communication entre le fort et la ville a été coupée, avec seulement trois cents hommes tués ou blessés jusqu'alors. Le 24 août, l'inondation s'est résorbée, et les assiégés ont été contraints de se rendre le 27 août. La garnison, réduite à trois cents hommes, a capitulé. Dix-huit pièces de canon ont été trouvées dans le fort. Les ennemis, malgré leurs préparatifs, ont jugé les retranchements imprenables et se sont retirés entre Lille et Tournay. Le Partisan Jaquot a rejoint le Partisan du Moulin près de Namur et a marché vers Anvers. Le Maréchal de Villars a envoyé le Marquis de Coigny pour empêcher le Prince Eugène de déplacer des canons vers Mons. Douze charettes chargées de piastres et de lingots sont arrivées à la Monnoye de Quesnoy.
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8
p. 121-132
Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Début :
Nos pont sur l'avant-fossé commencez dés le 31. [...]
Mots clefs :
Turgis, Comte de Lionne, Pont, Radeau, Maréchal, Douai, Action, Tranchée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Au camp de Turgis ce 8. Sep?
rembre 1712.
Relation.
AM.le Comtede Lionne , premier
Ecuyer, &c.
31.
Nos ponts fur l'avantfoffé commencez dés le
Août, &fouventbrûlez par
les ennemis , ne purent êtro
achevez que le 7. à trois
heures aprés midy, & même affez imparfaitement :
mais M. le Maréchal de
Villars craignant que les
ennemis , qui les avoient
déja brûlez plufieurs fois ,
Sept. 1712.
L
122 MERCURE
jettant continuellement des
feux d'artifice ne les brûlaffent encore , & d'ailleurs
des ponts de efperant que
radeau pris aux ennemis à
Marchiennes nous feroient
de quelques fecours , ordonna l'attaque , dans le
moment que les Ingenieurs
affurerent que les quatre
de fafcines étoient en ponts
etat.
Elle fe fit par vingt compagnies de grenadiers , divifées en fix corps , foûtenues de dix autres compagnies. M. le Comte de Lef
GALANT. 123
par, Colonel de Bourdonnois , attaqua la demie-lune
de la droite , M. de Crecy
Brigadier marcha par les
deux ponts qui alloient au
chemin couvert , dix compagnies degrenadiers ayant
ordre de prendre à droite
& à gauche , & de s'étendre
vers les deux demi-lunes.
Le Prince d'Ifanghem ,
Maréchal de camp de tran
chée , devoit fe fervir des
deux ponts de radeau pour
aller à la demi-lune de la
gauche & au chemin couvert; & le Chevalier de BroLij
124 MERCURE
glio , Colonel de tranchée ,
devoit marcher à la gauche
de tout. M. de Valory,Lieu.
tenant general & commandant les Ingenieurs au fiege , ſe tint a la droite , M.
de Vieuxpont , Lieutenant
general de tranchée , donnant fes ordres aux deux
attaques de la droite. M. le
Maréchal de Villars étoit
dans le centre , où étoir M,
le Duc , & plufieurs Officiers generaux. M. le Maréchal de Montefquiou s'y
trouva auffi , M. d'Alber
gotty volontaire , M.de Sil
GALANT. 12f
Ty de même , auffi- bien que
M. de Belrieux Brigadier
d'infanterie , allerent à là
gauche , & y fervirent trésutilement.
Le fignal fut donné par
fix coups de canon de la
batterie du centre , &
toutes les têtes des grenadiers partirent , & empor
terent tout ce qui étoit devant elles : mais les ponts
de fafcines fe trouverent fi
mauvais , qu'à peine les
premieres compagnies avoient-elles paffe , que trois .
de ces ponts fondirent , en:
Lij
126 MERCURE
forte que le refte des grenadiers paffa dans l'eau juf
qu'aux épaules , & fans qu'-
aucun des travailleurs pût
fuivre pour faire le logement. L'extrême valeur des
grenadiers les foûtint , &
Meffieurs les Commandans.
des attaques differentes travaillerent fi vivement au
rétabliffement des ponts ,
qu'en moins d'une heure &
demie on en raccommoda
deux , & les travailleurs s'établirent fur les deux demilunes de la droite. Les ponts,
de radeau fur leſquels on ne
GALANT. 127
comptoit gueres , reüffirent
mieux , & ayant été jettez
dans des lieux où les ennemis ne craignoient rien ,
parce qu'ils étoient aſſurez qu'il n'y avoit pas de
ponts de fafcines , fe rendirent maîtres. avec peu de
peril de la grande demi- lune de la gauche. Nos grenadiers occuperent tous les
chemins couverts , & en
trerent dans la quatriéme
demi-lune qui eft entre le
chemin couvert & le rempart devant la breche , que
Ion prit , oùl'on tua tour ce
Liiij
128 MERCURE
qui défendoit cette demiJune.
Cette action , qui a été
trés vive , nous coûte quatre Capitaines de grena
diers , & environ deux cent
hommes tuez ou bleffez.
Cette perte eft mediocre
pour une auffi vigoureuſe
action : elle auroit encore
moins coûté fans le defor
'dre des ponts , qui a beaucoup retardé , & rendu le
logement plus difficile.
Nous fommes demeurez
maîtres des trois demi lu
nes & du chemin couvert
GALANT 129,
*
qui eft à la gauche. La breche au corps de la place eſt
trés - grande & trés- pratiquable , il n'y a entre nous
& cette breche que deux
trés petites demi - lunes ,
dont l'une a été prefque
abandonnée : ainfi nous avons lieu d'efperer que le
Comte d'Hompefche parlera bientôt.
M. le Maréchal de Vil
lars fe loue extrémement de
Meffieurs les Officiers generaux & particuliers qui
ant commandé dans les atcaques , de M. de Valory
130 43 MERCURE
Lieutenant general & commandant les Ingenieurs.
Meffieurs d'Albergotty ,
de Silly & de Belrieux , tous
volontaires , ont trés- bien
fait , & trés utilement fervi
aà la gauche.
A peine l'action étoit elle
finie , que M. le Maréchal
de Villars reçut divers cou
riers à la tranchée , qui luy
apprirent que l'armée ennemie paffoit l'Efcaut à Tournay le mêmejour, &paroif
foit vouloir marcher vers
Mons. Sur le champles ordres furent donnez pour
a
GALANT. 7131
*
fortifier par la plus grande
partie des troupes la tête
que nous avions déja vers
Valenciennes fous les ordres de Meffieurs de Saint
Fremont, de Coigny & de
Croiffy. M. le Maréchal a
laiffe le commandement
des troupes qui doivent
achever le fiege à M. d'Albergotty. Il nous paroît qu'
il a d'autres deffeins : il eft
parti en pofte ce matin ,
pour joindre la tête de fon
arméeée , que l'on dit devoir
paffer l'Escaut aujourd'hɩ i
même à Valenciennes.
132 MERCURE
Nous apprenons dans le
moment que la garniſon de
Douay s'eft rendue priſonniere de guerre
rembre 1712.
Relation.
AM.le Comtede Lionne , premier
Ecuyer, &c.
31.
Nos ponts fur l'avantfoffé commencez dés le
Août, &fouventbrûlez par
les ennemis , ne purent êtro
achevez que le 7. à trois
heures aprés midy, & même affez imparfaitement :
mais M. le Maréchal de
Villars craignant que les
ennemis , qui les avoient
déja brûlez plufieurs fois ,
Sept. 1712.
L
122 MERCURE
jettant continuellement des
feux d'artifice ne les brûlaffent encore , & d'ailleurs
des ponts de efperant que
radeau pris aux ennemis à
Marchiennes nous feroient
de quelques fecours , ordonna l'attaque , dans le
moment que les Ingenieurs
affurerent que les quatre
de fafcines étoient en ponts
etat.
Elle fe fit par vingt compagnies de grenadiers , divifées en fix corps , foûtenues de dix autres compagnies. M. le Comte de Lef
GALANT. 123
par, Colonel de Bourdonnois , attaqua la demie-lune
de la droite , M. de Crecy
Brigadier marcha par les
deux ponts qui alloient au
chemin couvert , dix compagnies degrenadiers ayant
ordre de prendre à droite
& à gauche , & de s'étendre
vers les deux demi-lunes.
Le Prince d'Ifanghem ,
Maréchal de camp de tran
chée , devoit fe fervir des
deux ponts de radeau pour
aller à la demi-lune de la
gauche & au chemin couvert; & le Chevalier de BroLij
124 MERCURE
glio , Colonel de tranchée ,
devoit marcher à la gauche
de tout. M. de Valory,Lieu.
tenant general & commandant les Ingenieurs au fiege , ſe tint a la droite , M.
de Vieuxpont , Lieutenant
general de tranchée , donnant fes ordres aux deux
attaques de la droite. M. le
Maréchal de Villars étoit
dans le centre , où étoir M,
le Duc , & plufieurs Officiers generaux. M. le Maréchal de Montefquiou s'y
trouva auffi , M. d'Alber
gotty volontaire , M.de Sil
GALANT. 12f
Ty de même , auffi- bien que
M. de Belrieux Brigadier
d'infanterie , allerent à là
gauche , & y fervirent trésutilement.
Le fignal fut donné par
fix coups de canon de la
batterie du centre , &
toutes les têtes des grenadiers partirent , & empor
terent tout ce qui étoit devant elles : mais les ponts
de fafcines fe trouverent fi
mauvais , qu'à peine les
premieres compagnies avoient-elles paffe , que trois .
de ces ponts fondirent , en:
Lij
126 MERCURE
forte que le refte des grenadiers paffa dans l'eau juf
qu'aux épaules , & fans qu'-
aucun des travailleurs pût
fuivre pour faire le logement. L'extrême valeur des
grenadiers les foûtint , &
Meffieurs les Commandans.
des attaques differentes travaillerent fi vivement au
rétabliffement des ponts ,
qu'en moins d'une heure &
demie on en raccommoda
deux , & les travailleurs s'établirent fur les deux demilunes de la droite. Les ponts,
de radeau fur leſquels on ne
GALANT. 127
comptoit gueres , reüffirent
mieux , & ayant été jettez
dans des lieux où les ennemis ne craignoient rien ,
parce qu'ils étoient aſſurez qu'il n'y avoit pas de
ponts de fafcines , fe rendirent maîtres. avec peu de
peril de la grande demi- lune de la gauche. Nos grenadiers occuperent tous les
chemins couverts , & en
trerent dans la quatriéme
demi-lune qui eft entre le
chemin couvert & le rempart devant la breche , que
Ion prit , oùl'on tua tour ce
Liiij
128 MERCURE
qui défendoit cette demiJune.
Cette action , qui a été
trés vive , nous coûte quatre Capitaines de grena
diers , & environ deux cent
hommes tuez ou bleffez.
Cette perte eft mediocre
pour une auffi vigoureuſe
action : elle auroit encore
moins coûté fans le defor
'dre des ponts , qui a beaucoup retardé , & rendu le
logement plus difficile.
Nous fommes demeurez
maîtres des trois demi lu
nes & du chemin couvert
GALANT 129,
*
qui eft à la gauche. La breche au corps de la place eſt
trés - grande & trés- pratiquable , il n'y a entre nous
& cette breche que deux
trés petites demi - lunes ,
dont l'une a été prefque
abandonnée : ainfi nous avons lieu d'efperer que le
Comte d'Hompefche parlera bientôt.
M. le Maréchal de Vil
lars fe loue extrémement de
Meffieurs les Officiers generaux & particuliers qui
ant commandé dans les atcaques , de M. de Valory
130 43 MERCURE
Lieutenant general & commandant les Ingenieurs.
Meffieurs d'Albergotty ,
de Silly & de Belrieux , tous
volontaires , ont trés- bien
fait , & trés utilement fervi
aà la gauche.
A peine l'action étoit elle
finie , que M. le Maréchal
de Villars reçut divers cou
riers à la tranchée , qui luy
apprirent que l'armée ennemie paffoit l'Efcaut à Tournay le mêmejour, &paroif
foit vouloir marcher vers
Mons. Sur le champles ordres furent donnez pour
a
GALANT. 7131
*
fortifier par la plus grande
partie des troupes la tête
que nous avions déja vers
Valenciennes fous les ordres de Meffieurs de Saint
Fremont, de Coigny & de
Croiffy. M. le Maréchal a
laiffe le commandement
des troupes qui doivent
achever le fiege à M. d'Albergotty. Il nous paroît qu'
il a d'autres deffeins : il eft
parti en pofte ce matin ,
pour joindre la tête de fon
arméeée , que l'on dit devoir
paffer l'Escaut aujourd'hɩ i
même à Valenciennes.
132 MERCURE
Nous apprenons dans le
moment que la garniſon de
Douay s'eft rendue priſonniere de guerre
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Résumé : Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Le 8 septembre 1712, au camp de Turgis, les ponts nécessaires à l'attaque furent achevés à trois heures de l'après-midi, mais de manière imparfaite. Le maréchal de Villars ordonna l'attaque, craignant que les ennemis ne détruisent les ponts. L'assaut fut mené par vingt compagnies de grenadiers, divisées en six corps, soutenues par dix autres compagnies. Les officiers, dont le comte de Lionne, le comte de Lef, le prince d'Isanghem, et le chevalier de Broglio, dirigèrent différentes sections de l'attaque. Malgré des ponts de fascines défectueux, les grenadiers prirent les demi-lunes et les chemins couverts. Les ponts de radeau, initialement sous-estimés, permirent de prendre la grande demi-lune de gauche. Cette action coûta la vie à quatre capitaines de grenadiers et environ deux cents hommes tués ou blessés. Les Français restèrent maîtres des trois demi-lunes et du chemin couvert à gauche. La brèche dans la place ennemie est grande et praticable. Le maréchal de Villars reçut des nouvelles de l'armée ennemie traversant l'Escaut à Tournai et se dirigeant vers Mons. Il renforça les troupes à Valenciennes et laissa le commandement du siège à M. d'Albergotty, partant lui-même pour rejoindre son armée. La garnison de Douai s'est rendue prisonnière de guerre.
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9
p. 143-146
Du 19. Septembre 1712.
Début :
M. le Marquis de Saucourt est arrivé à Versailles avant [...]
Mots clefs :
Douai, Marquis de Saucourt, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Du 19. Septembre 1712.
Du 19. Septembre 17127
M. le Marquis de Sau
court eft arrivé à Verſailles
avant- hier au foir avec 20..
drapeaux qu'on a pris dans
Douay. L'armée étoit cam
pée à Prefeau , qui travailloit aux ouvrages pour le
144 MERCURE
fiege , où les Officiers ont
travaillé eux- mêmes. La
garniſon de Douay eſt allé
Beauvais attendre les or
dres de la Cour , pour les
Provinces où le Roy voudra lés envoyer.
Elle étoit compofée en
fortant de 1700. foldats, 250.
Officiers , 1200. bleffez ou
malades , plufieurs Officiers
generaux , & autres principaux Officiers, aufquels M.
le Maréchal a donné permiffion pour aller quelques
mois chez eux. Ona trouvé.
dans la place 200. milliers
de
GALANT. 145
de poudre, une nombreuſe
artillerie, &unetrés- grande
provifion d'avoine. M. le
Maréchal ayant inveſti le
Quesnoy le même jour que
Douay a demandé à capituler , a preffé tout ce qui
eft neceffaire pour l'ouver
ture de la tranchée.
L'armée ennemie a marché trés-vîte de l'Escaut à
Mons , & paffé même les
rivieres d'Ayne & de la
Trouille avec une precipitation qui marquoir un deffin de venir à nous. Elle
a fejourné deux jours , &
Sept. 1712.
N
146 MERCURE
nous à donné le temps de
raffembler les troupes qui
étoient devant Douay , &
perfectionner nos ouvra
ges , ainfi on croit qu'ils
nous laifferont faire cefiege
auffi tranquilement que ces
lui de Douay.
M. le Marquis de Sau
court eft arrivé à Verſailles
avant- hier au foir avec 20..
drapeaux qu'on a pris dans
Douay. L'armée étoit cam
pée à Prefeau , qui travailloit aux ouvrages pour le
144 MERCURE
fiege , où les Officiers ont
travaillé eux- mêmes. La
garniſon de Douay eſt allé
Beauvais attendre les or
dres de la Cour , pour les
Provinces où le Roy voudra lés envoyer.
Elle étoit compofée en
fortant de 1700. foldats, 250.
Officiers , 1200. bleffez ou
malades , plufieurs Officiers
generaux , & autres principaux Officiers, aufquels M.
le Maréchal a donné permiffion pour aller quelques
mois chez eux. Ona trouvé.
dans la place 200. milliers
de
GALANT. 145
de poudre, une nombreuſe
artillerie, &unetrés- grande
provifion d'avoine. M. le
Maréchal ayant inveſti le
Quesnoy le même jour que
Douay a demandé à capituler , a preffé tout ce qui
eft neceffaire pour l'ouver
ture de la tranchée.
L'armée ennemie a marché trés-vîte de l'Escaut à
Mons , & paffé même les
rivieres d'Ayne & de la
Trouille avec une precipitation qui marquoir un deffin de venir à nous. Elle
a fejourné deux jours , &
Sept. 1712.
N
146 MERCURE
nous à donné le temps de
raffembler les troupes qui
étoient devant Douay , &
perfectionner nos ouvra
ges , ainfi on croit qu'ils
nous laifferont faire cefiege
auffi tranquilement que ces
lui de Douay.
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Résumé : Du 19. Septembre 1712.
Le 17 septembre 1712, le Marquis de Saucourt a apporté à Versailles 20 drapeaux capturés à Douai. L'armée française, alors campée à Préfau, travaillait aux ouvrages de siège. La garnison de Douai, composée de 1 700 soldats, 250 officiers et 1 200 blessés ou malades, a été transférée à Beauvais en attendant les ordres de la Cour. La place forte contenait 200 milliers de poudre, une artillerie nombreuse et une grande provision d'avoine. Le Maréchal a accordé une permission de quelques mois à plusieurs officiers généraux et principaux officiers. Le même jour, la ville du Quesnoy a demandé à capituler, et les préparatifs pour l'ouverture de la tranchée ont été accélérés. L'armée ennemie a traversé rapidement l'Escaut, les rivières d'Ayne et de la Trouille, mais a fait une pause de deux jours, permettant aux troupes françaises de se préparer devant Douai. On espère que le siège du Quesnoy se déroulera aussi tranquillement que celui de Douai.
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10
p. 92-96
Nouvelles de Flandres.
Début :
Les lettres de Flandres du 8. Novembre portent que le [...]
Mots clefs :
Flandres, Troupes du roi de Prusse, Meurs, Douai, Le Quesnoy, Bouchain, Dunkerque
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
ouvelles de Flandres,
Les lettres de Flandres du
8. Novembre portent que
le Prince d'Hanalle, Commandant en chef les Troupes du Roy de Prusse, s'est
emparé de vive force de la
Ville de Meurs sur la Meuse,
qui est de la succession du
Prince d'Orange; les Hollandois y avoient fait mettre
des Troupes & avoir dit
qu'il regleroit certe succession à la paix; mais le
Roy de Prusses'enestrendu
maistre. Cet événement auquel on ne s'attendoit pas
à cause que son Altesse
Electorale avoit promis
d'attendre la decision de -la
Chambre Imperiale de
Wetzlar, causa icy beaucoup de surprise;mais comme on n'a pas jugé à propos de s'attirer de nouvelles
affaires, on est convenu par
provision que les Troupes
Hollandoises & celles de
Brandebourg seroient la
garde conjointement. Les
lettres du 10. assuurent que
les habitans de la Ville ont
presté fermentdefidelicé à
son Altesse Electorale.
On mande d'Ypres que
les Hollandois font travailleraux fortifications du
Fort de la Kenoque; on
travaille aussi à celles de
Doüay,duQuesnoy & de
Bouchain, & on y a
joute
de nouveaux ouvrages; on
travaille à remplir tous les
magazins des places frontières Se à
y
faire de grands
amas de foin & d'avoine.
On écrit de Dunkerque que
les Armateurs de la Ville
Qnt fait desprises sur les
Hollandois pour la valeur
de plus de cent mil écus,
& ils les ont amenées dans
le Port;si les vents avoient
été bons, ils en auroienc
fait du moins encore autant.
Les lettres de DunKerque
du quatorziéme Novembre
portent que le Duc dOrmond y
estoit arrivé le
onziéme; il visira les Fortifications de la Ville & de
la Citadelle, les Galères &
les Vaisseaux. Il est parti
avec un vent favorable sur
un Yacht magnifique pour
repasser en Angleterre,
Messire N. Marquis de
Chevry, mourut Te 16.
Novembre. Il estoit petit
fils de Monsieur de Chevry,
Controlleur general des
Finances, homme de beaucoup d'esprit, & qui avoit
rendu de grandsservices à
l'Etat;le deffuntestoit un
homme d'une probité &
d'une pieté parfaite, pere de
Madame la Duchesse de
Noirmoutier. Il s'estoit distingué dans le service de la
guerre dans ses premières
années à la cette d'un beau
Regiment
Les lettres de Flandres du
8. Novembre portent que
le Prince d'Hanalle, Commandant en chef les Troupes du Roy de Prusse, s'est
emparé de vive force de la
Ville de Meurs sur la Meuse,
qui est de la succession du
Prince d'Orange; les Hollandois y avoient fait mettre
des Troupes & avoir dit
qu'il regleroit certe succession à la paix; mais le
Roy de Prusses'enestrendu
maistre. Cet événement auquel on ne s'attendoit pas
à cause que son Altesse
Electorale avoit promis
d'attendre la decision de -la
Chambre Imperiale de
Wetzlar, causa icy beaucoup de surprise;mais comme on n'a pas jugé à propos de s'attirer de nouvelles
affaires, on est convenu par
provision que les Troupes
Hollandoises & celles de
Brandebourg seroient la
garde conjointement. Les
lettres du 10. assuurent que
les habitans de la Ville ont
presté fermentdefidelicé à
son Altesse Electorale.
On mande d'Ypres que
les Hollandois font travailleraux fortifications du
Fort de la Kenoque; on
travaille aussi à celles de
Doüay,duQuesnoy & de
Bouchain, & on y a
joute
de nouveaux ouvrages; on
travaille à remplir tous les
magazins des places frontières Se à
y
faire de grands
amas de foin & d'avoine.
On écrit de Dunkerque que
les Armateurs de la Ville
Qnt fait desprises sur les
Hollandois pour la valeur
de plus de cent mil écus,
& ils les ont amenées dans
le Port;si les vents avoient
été bons, ils en auroienc
fait du moins encore autant.
Les lettres de DunKerque
du quatorziéme Novembre
portent que le Duc dOrmond y
estoit arrivé le
onziéme; il visira les Fortifications de la Ville & de
la Citadelle, les Galères &
les Vaisseaux. Il est parti
avec un vent favorable sur
un Yacht magnifique pour
repasser en Angleterre,
Messire N. Marquis de
Chevry, mourut Te 16.
Novembre. Il estoit petit
fils de Monsieur de Chevry,
Controlleur general des
Finances, homme de beaucoup d'esprit, & qui avoit
rendu de grandsservices à
l'Etat;le deffuntestoit un
homme d'une probité &
d'une pieté parfaite, pere de
Madame la Duchesse de
Noirmoutier. Il s'estoit distingué dans le service de la
guerre dans ses premières
années à la cette d'un beau
Regiment
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le 8 novembre, le Prince d'Hanalle, commandant des troupes prussiennes, a pris la ville de Meurs sur la Meuse, appartenant à la succession du Prince d'Orange. Les Hollandais, qui avaient placé des troupes dans la ville et affirmé régler la succession à la paix, ont été surpris par cette action, l'Électeur ayant promis d'attendre la décision de la Chambre Impériale de Wetzlar. Pour éviter de nouveaux conflits, il a été convenu que les troupes hollandaises et celles de Brandebourg garderaient conjointement la ville. Les habitants de Meurs ont prêté serment de fidélité à l'Électeur. À Ypres, les Hollandais renforcent les fortifications du Fort de la Kenoque, ainsi que celles de Douai, du Quesnoy et de Bouchain, et constituent des réserves de foin et d'avoine dans les places frontalières. À Dunkerque, les armateurs ont capturé des navires hollandais pour une valeur de plus de cent mille écus. Le Duc d'Ormond est arrivé à Dunkerque le 11 novembre, a inspecté les fortifications et les vaisseaux, puis est reparti pour l'Angleterre. Le 16 novembre, Messire N. Marquis de Chevry est décédé. Petit-fils du Contrôleur général des Finances, il était connu pour son esprit et ses services à l'État, s'étant distingué dans le service de la guerre dans sa jeunesse.
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