Résultats : 7 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 46-47
Remarques curieuses. [titre d'après la table]
Début :
Ils commencerent ce jour là à se servir de Carosses ; [...]
Mots clefs :
Carosses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques curieuses. [titre d'après la table]
Ils commencerent ce
jour là à ſe ſervir de Caroffes
; & comme il falloit
que la Lettre du Roy leur
Maiſtre fuſt toujours plus
élevée qu'eux , ils firent
accommoder une planche
au deſſus de leur teſte
pour la placer. Ils faifoient
ofter , & remettre
cette planche lors
qu'ils changeoient de Cade
Siam.
47
roffe .
jour là à ſe ſervir de Caroffes
; & comme il falloit
que la Lettre du Roy leur
Maiſtre fuſt toujours plus
élevée qu'eux , ils firent
accommoder une planche
au deſſus de leur teſte
pour la placer. Ils faifoient
ofter , & remettre
cette planche lors
qu'ils changeoient de Cade
Siam.
47
roffe .
Fermer
2
p. 132-145
Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant arresté que ces Ambassadeurs feroient leur entrée [...]
Mots clefs :
Roi, Carosses, Ambassadeurs, Madame la Dauphine, Duc de La Feuillade, Maison, Paris, Maison, Valets, Rois, Entrée publique à Paris, Maison de Rambouillet, Siam, Storf, Compliment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Le Roy ayant arreſté
que ces Ambaſſadeurs feroient
leur entréeà Paris
le 12. du mois paffé , ils
furent conduits à Ramboüillet,
qui eft une Maifon
fort agréable au bout
du Fauxbourg S.Antoine.
C'eſt en ce lieu là qu'on
va ordinairement recevoir
les Ambaſſadeurs des
Rois , & ceux des Souverains
qui font traitez comme
Teſtes couronnées.
Outre les Caroffes du
2
de Siam.
13
Roy , de Madame la Dauphine
, de Monfieur , de
- Madame , & des Princes
& Princeffes du Sang , il y
en eut beaucoup d'autres
qu'envoyerent pluſieurs
Perſonnes de marque , qui
font obligées à la Couronne
de Siam , comme
Ms de Chaumont , de
Lionne , de Choiſy , les
Jefuites , & les Miffionnaires
des Miffions Etrangeres
. Ceux de M'leMaréchal
Duc de la Feüilla
134 Voyage des Amb.
de, & de M² de Bonneüil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, s'y joignirent , &
tout cela faifoit environ
foixante Caroffes à fix
chevaux. Vous pourriez
eftre ſurpriſe de n'en point
trouver de Monfeigneur
le Dauphin parmy ce
grand nombre , ſi vous
ignoriez que ce Prince eft
fervy par les Officiers du
Roy , & qu'il n'a point
d'autre Maiſon . Il y avoit
dans chaque Caroffe de
de Siam.
135
ceux qui en avoient en
voyé, un Ecuyer, ou quelque
autre Gentilhomme
- de la Maiſon. A meſure
i que ces Caroffes arrive-
- rent, tous les Ecuyers en
defcendirent , & furent
el preſentez par Mr Storf
aux Ambaſſadeurs.Ils leur
firent tous compliment
en peu de paroles de la
part de leurs Maiſtres, ou
or de leurs Maiſtreffes . Le
20 premier Ambaſſadeur ré-
{ pondit à tous , & quoy
9
136 Voyage des Amb.
qu'il n'euſt que des remer
ciemens à faire, onremarqua
qu'il y avoit quelque
choſe de different dans
tout ce qu'il dit. Tous les
complimens finis , M² le
Duc de la Feüillade arriva
avec les Caroffes du Roy,
de Madame la Dauphine,
de Monfieur& de Madame.
Il eſtoit accompagné
de pluſieurs Valets de
pied de Sa Majefté , &
d'un grand nombre des
fiens , avec une fort belle
deSiam.
137
ne Livrée & toute neuve. Il
al
01
y avoit auffi deux de ſes.
Caroffes remplis de Genan
tilshommes. Il fit unCompliment
fort court aux
Ambaſſadeurs fur leur
heureux Voyage , & fur
la joye qu'il avoit d'avoir
eſté nommé pour les redcevoir.
A quoy le premier
Ambaſſadeur répondit
Quesa valeur esſon me..
rite avoient paßé jusques
en Alie , &qu'onysçavoit
les victoires qu'il avoit
M
D
138 Voyagedes Amb.
2
remportées contre les Turcs.
On monta enfuite en Caroffe.
Le premier Ambaffadeur
fut placé dans le
fond de celuy du Roy
avec M. de la Feuillade ,
M.de Bonncüil & M.Storf
ſe mirent vis à vis d'eux.
Les deux autres Ambaffadeurs
eftoient dans le
Caroſse de Madame la
Dauphine avecM.Giraut,
les Mandarins dans ceux
de Monfieur & de Madame
, & les Secretaires &
deSiam
139
Valets de Chambre des
Ambaſſadeurs dans plufieurs
autres Caroffes. Le
Roy en avoit auffi envoyé
매 pour leurs Valets , & ces
e, Carroffes qui n'avoient
pourtant pointles Armes.
I de Sa Majesté , marche--
frent à la teſte de tout. Ils.
k furent ſuivis de douze
Trompetes du Royà che
val , qui precederent tous
☑les Carroffes dont je viens
de vous parler . On paffa
☆ par le Faux- bourg , & la
aa
Miy
140 Voyage des Amb.
Porte Saint Antoine. On
traverſa la rue du mefme
nom juques au Cimetiere
S. Jean , par lequel
on ſe rendit dans la ruë
de la Verrerie. On vint
enfuite par cellesde laFerronnerie
, de S. Honoré ,
& de l'Arbre-fec . On paffa
fur le Pont- neuf , &
dans la ruë Dauphine, &
l'on gagna la ruë de Tournon
où eſt l'Hostel des
Ambaſſadeurs. La foule
ſe trouva fi grande dans
de Siam. 141
On tout ce paffage , & il y avoit
ſur tout une fi grande
quantité de Caroffes
ad que les rues en estoient
bordées de chaque coſté ;
nt deforte que ceux des Amer.
baffadeurs ne pouvant
4, paffer , eſtoient ſouvent
af arreſtez pendant des
& quart- d'heures , & meſme
& des demy-heures entieres .
r. Ils reconnurent dans leur
les route les Dames qui ae
voient bien voulu leur
ns donner le plaifir de mon142
Voyage des Amb.
ter à cheval devant eux à
Berny, & ils les ſalüerent
d'un air qui marquoit la
joye qu'ils avoient de les
revoir Enfin aprés avoir
fait cette longue marche,
ils arriverent à l'Hoſtel
des Ambassadeurs. M le
Duc de la Feuillade les
accompagna juſque dans
leur Chambre , & n'eut
qu'une converſation fort
courte avec eux , aprés
quoy il les quitta. Ils l'accompagnerentjuſqu'àfon
deSiam. 143
es
רוז
Carofse , & fe retirerent
ſans vouloir voir perfonne.
Quoy que l'uſage ſoit
de détrayer les Ambaſsadeurs
des Rois dont les
Etats font hors de l'Europe
, & dene traiter que
| trois jours ceux des Rois
nos voiſins , on fuivit l'un
al & l'autre uſage pour les
Ambassadeurs de Siam
For car bien qu'ils euſsent eſté
Je
Cu
Ori
Siam,
traitez tous les jours par
A l'ordre & aux dépens de
Sa Majefté depuis leur
144 Voyage des Amb.
débarquement à Breſt , les
Pourvoyeurs du Roy ne
laiſscrent pas de fournir
eux-meſmes tout ce qui
eſtoit neceſsaire pour
leur traitement, pendant
les trois premiers jours
qui ſuivirent leur Entrée,
& M² de Chanteloup,
Maistre d'Hoſtel de quartier
, & un des Controleurs
de la Maiſon du
Roy auſſi de quartier
vinrent tous les matins
pendant ces trois jours,
faire
deSiam.
145
It faire là-deſsus ce qui estoit
de leur Charge.
que ces Ambaſſadeurs feroient
leur entréeà Paris
le 12. du mois paffé , ils
furent conduits à Ramboüillet,
qui eft une Maifon
fort agréable au bout
du Fauxbourg S.Antoine.
C'eſt en ce lieu là qu'on
va ordinairement recevoir
les Ambaſſadeurs des
Rois , & ceux des Souverains
qui font traitez comme
Teſtes couronnées.
Outre les Caroffes du
2
de Siam.
13
Roy , de Madame la Dauphine
, de Monfieur , de
- Madame , & des Princes
& Princeffes du Sang , il y
en eut beaucoup d'autres
qu'envoyerent pluſieurs
Perſonnes de marque , qui
font obligées à la Couronne
de Siam , comme
Ms de Chaumont , de
Lionne , de Choiſy , les
Jefuites , & les Miffionnaires
des Miffions Etrangeres
. Ceux de M'leMaréchal
Duc de la Feüilla
134 Voyage des Amb.
de, & de M² de Bonneüil,
Introducteur des Ambaffadeurs
, s'y joignirent , &
tout cela faifoit environ
foixante Caroffes à fix
chevaux. Vous pourriez
eftre ſurpriſe de n'en point
trouver de Monfeigneur
le Dauphin parmy ce
grand nombre , ſi vous
ignoriez que ce Prince eft
fervy par les Officiers du
Roy , & qu'il n'a point
d'autre Maiſon . Il y avoit
dans chaque Caroffe de
de Siam.
135
ceux qui en avoient en
voyé, un Ecuyer, ou quelque
autre Gentilhomme
- de la Maiſon. A meſure
i que ces Caroffes arrive-
- rent, tous les Ecuyers en
defcendirent , & furent
el preſentez par Mr Storf
aux Ambaſſadeurs.Ils leur
firent tous compliment
en peu de paroles de la
part de leurs Maiſtres, ou
or de leurs Maiſtreffes . Le
20 premier Ambaſſadeur ré-
{ pondit à tous , & quoy
9
136 Voyage des Amb.
qu'il n'euſt que des remer
ciemens à faire, onremarqua
qu'il y avoit quelque
choſe de different dans
tout ce qu'il dit. Tous les
complimens finis , M² le
Duc de la Feüillade arriva
avec les Caroffes du Roy,
de Madame la Dauphine,
de Monfieur& de Madame.
Il eſtoit accompagné
de pluſieurs Valets de
pied de Sa Majefté , &
d'un grand nombre des
fiens , avec une fort belle
deSiam.
137
ne Livrée & toute neuve. Il
al
01
y avoit auffi deux de ſes.
Caroffes remplis de Genan
tilshommes. Il fit unCompliment
fort court aux
Ambaſſadeurs fur leur
heureux Voyage , & fur
la joye qu'il avoit d'avoir
eſté nommé pour les redcevoir.
A quoy le premier
Ambaſſadeur répondit
Quesa valeur esſon me..
rite avoient paßé jusques
en Alie , &qu'onysçavoit
les victoires qu'il avoit
M
D
138 Voyagedes Amb.
2
remportées contre les Turcs.
On monta enfuite en Caroffe.
Le premier Ambaffadeur
fut placé dans le
fond de celuy du Roy
avec M. de la Feuillade ,
M.de Bonncüil & M.Storf
ſe mirent vis à vis d'eux.
Les deux autres Ambaffadeurs
eftoient dans le
Caroſse de Madame la
Dauphine avecM.Giraut,
les Mandarins dans ceux
de Monfieur & de Madame
, & les Secretaires &
deSiam
139
Valets de Chambre des
Ambaſſadeurs dans plufieurs
autres Caroffes. Le
Roy en avoit auffi envoyé
매 pour leurs Valets , & ces
e, Carroffes qui n'avoient
pourtant pointles Armes.
I de Sa Majesté , marche--
frent à la teſte de tout. Ils.
k furent ſuivis de douze
Trompetes du Royà che
val , qui precederent tous
☑les Carroffes dont je viens
de vous parler . On paffa
☆ par le Faux- bourg , & la
aa
Miy
140 Voyage des Amb.
Porte Saint Antoine. On
traverſa la rue du mefme
nom juques au Cimetiere
S. Jean , par lequel
on ſe rendit dans la ruë
de la Verrerie. On vint
enfuite par cellesde laFerronnerie
, de S. Honoré ,
& de l'Arbre-fec . On paffa
fur le Pont- neuf , &
dans la ruë Dauphine, &
l'on gagna la ruë de Tournon
où eſt l'Hostel des
Ambaſſadeurs. La foule
ſe trouva fi grande dans
de Siam. 141
On tout ce paffage , & il y avoit
ſur tout une fi grande
quantité de Caroffes
ad que les rues en estoient
bordées de chaque coſté ;
nt deforte que ceux des Amer.
baffadeurs ne pouvant
4, paffer , eſtoient ſouvent
af arreſtez pendant des
& quart- d'heures , & meſme
& des demy-heures entieres .
r. Ils reconnurent dans leur
les route les Dames qui ae
voient bien voulu leur
ns donner le plaifir de mon142
Voyage des Amb.
ter à cheval devant eux à
Berny, & ils les ſalüerent
d'un air qui marquoit la
joye qu'ils avoient de les
revoir Enfin aprés avoir
fait cette longue marche,
ils arriverent à l'Hoſtel
des Ambassadeurs. M le
Duc de la Feuillade les
accompagna juſque dans
leur Chambre , & n'eut
qu'une converſation fort
courte avec eux , aprés
quoy il les quitta. Ils l'accompagnerentjuſqu'àfon
deSiam. 143
es
רוז
Carofse , & fe retirerent
ſans vouloir voir perfonne.
Quoy que l'uſage ſoit
de détrayer les Ambaſsadeurs
des Rois dont les
Etats font hors de l'Europe
, & dene traiter que
| trois jours ceux des Rois
nos voiſins , on fuivit l'un
al & l'autre uſage pour les
Ambassadeurs de Siam
For car bien qu'ils euſsent eſté
Je
Cu
Ori
Siam,
traitez tous les jours par
A l'ordre & aux dépens de
Sa Majefté depuis leur
144 Voyage des Amb.
débarquement à Breſt , les
Pourvoyeurs du Roy ne
laiſscrent pas de fournir
eux-meſmes tout ce qui
eſtoit neceſsaire pour
leur traitement, pendant
les trois premiers jours
qui ſuivirent leur Entrée,
& M² de Chanteloup,
Maistre d'Hoſtel de quartier
, & un des Controleurs
de la Maiſon du
Roy auſſi de quartier
vinrent tous les matins
pendant ces trois jours,
faire
deSiam.
145
It faire là-deſsus ce qui estoit
de leur Charge.
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passe le jour de leur Entrée publique à Paris, avec le compliment fait à M. de la Feuillade. [titre d'après la table]
Le roi a ordonné l'entrée des ambassadeurs de Siam à Paris le 12 du mois précédent. Ils ont été accueillis à Rambouillet, une résidence habituellement réservée aux ambassadeurs de haut rang. Leur cortège comprenait des carrosses du roi, de Madame la Dauphine, de Monsieur, de Madame, et de divers princes et princesses du sang, ainsi que des personnalités notables comme M. de Chaumont, de Lionne, de Choisy, les Jésuites, et les missionnaires des Missions Étrangères. Environ soixante carrosses à six chevaux, incluant ceux du maréchal Duc de La Feuillade et de M. de Bonneüil, ont accompagné les ambassadeurs. Notamment, aucun carrosse du Dauphin n'était présent, car ce dernier est servi par les officiers du roi et n'a pas de maison séparée. À leur arrivée, les écuyers et gentilshommes des maisons des envoyants ont présenté leurs compliments. Le Duc de La Feuillade, accompagné de valets de pied du roi et de nombreux laquais, a salué les ambassadeurs en soulignant la joie de les recevoir. Les ambassadeurs ont répondu en évoquant les victoires du roi contre les Turcs. Le cortège a ensuite traversé Paris, passant par divers quartiers et rues jusqu'à l'Hôtel des Ambassadeurs. La foule était si dense que les carrosses étaient souvent arrêtés. À leur arrivée, le Duc de La Feuillade a accompagné les ambassadeurs dans leur chambre et a eu une brève conversation avec eux avant de les quitter. Depuis leur débarquement à Brest, les ambassadeurs ont été traités quotidiennement, et les pourvoyeurs du roi ont assuré leur subsistance pendant les trois premiers jours suivant leur entrée à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 121-138
Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Début :
Reprenons maintenant, s'il vous plaît, Messieurs, la suite du [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Voyage, Madrid, Roi, Prince, Princesse, Palais, Sa Majesté, Officiers, Feu d'artifice, Dames, Carosses, Évêque, Balcons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Reprenons maintenant,
s'il vous plaît, Messieurs -
la suite du , voyage de la
Reine d'Espagne, que nous
laissâmes le mois passé à
Bayonne ,
d'où elle partit
le 4. pour se rendre à saint
Jean pied- de- port, où Son
Excellence M. le Prince de
Castiglionne
,
Viceroy de
Pampelune fut au devant
d'elle.
Sa Majesté y arriva le
soir du 4, s'y reposa un jour,
& ensuite continua [on
voyage à Roncevaux, ou
, elle arriva à neufheures du
soir, se plaisant beaucoupà
voyager de nuit & aux
flambeaux. Elle a eu heureusement
une huitaine de
jours de printemps. Le Prince
de Castiglionne, le Marquis
de sensaCruz,Majordome
Major, eurent l'honneur
de l'escorter avec toute
la Noblesse de Navarre,
qui avoit été au devant de
Sa Majesté jusqu'aux confins
du Royaume. Aprés
l'avoir laissée un peu reposer,
on fit la fonction de
prendre possession de sa
Personne Royale, & de la
faire servir par les Officiers
que le Roy lui avoit envoyez.
Ensuite M. de Medina-
Celi lui presenta le joyau de
la part du Roy; & M.de
Castiglionne s'étant mis à
genoux, lui presenta le bâton
de commandement,
en lui disant qu'il n'en avoit
aucun où étoit Sa Majesté,
& qu'il la supplioit d'ordonner
ce quelle avoit agréable
qu'ilfît pour son fervice.
Sa Majesté lereçut,
le tint un moment, & lui
dit cet mots que j'entendis
distinctement en Italien:
Le Roy, Monseigneur, a rendu
justiceàvôtre mérité;connoissant
votre fidelité pour son
service, & ce quevous avez
souffertàceJujet,son autorité
ne peut être en de meilleures
mains,&je ne puis rien faire
qui luisoitplus agreable,que de
vous la remettre toute entiere.
Son Excellence, un genou
en terre, reprit le bâton
& le baisant, dit à la.
Reine, qu'il lui rendoit tréshumbles
graces de l'honneur
que Sa Majesté lui faisoit,
qu'il n'étoit né que
pour mourir & sacrifier sa
vie pour le Roy & pour elle.
Le lendemain la Reine
continua si marche à Subiry.
C'est un Palais magnifique
qui est au Lieutenant
de Roy de Pampelune. Sa
Majesté y reposa à merveille
: mais presque toute sa
fuite dormit sur de la paille.
Son Excellence eut le même
sort que moy ,
& nous
ne nous deshabillâmes pas.
Le lendemain elle prit le
chemin dePampelune. Le
Conseil Royal l'attendoit
aux Capucins, qui n'en est
qu'à une trés petite distance.
Aprés lui avoir rendu
l'hommage&baisé la main,
elle passa outre par un chemin
qui la conduisit à la
Tacconnoire, pour entrer
par la grande porte, qui
répond à la rue principale,
qui étoit toute illuminée,
avec des arcs de triomphe
trés-magnifiques; & dans
cette ruë, & toutes les autres
par où Sa Majesté devoit
passer, les balcons étoient
remplis des Dames
de la Ville & de la Province,
qui s'étoient trouvées à
Pampelune pour cette entrée.
Quoy qu'elle Ce Se de
nuit, il sembloit que ce fût
en plein jour, par la quantité
innombrable d'illuminations.
Les salves d'artillerie
de lacitadelle, lamousqueterie
de toute la garnison
dans tous les postes,
l'acclamation des peuples
crians
,
Viva Dona Isabella
Farnesioviva : tout cela ne
cessa point,& la Reine en
tra dans son Palais avec ce
grand fracas, dont s'étant
un peu reposée, elle passa
dans une gallerie qui répond
sur la cour du Chl.
teau, où il y avoir un trèsbeau
feu d'artifice. Tous les
Gardes du Corps nouvellement
vêtus, qui avoient
é1térpresens à sron entrée au
Palais
, avec tous les Offiiers
de la garni£àn richement
vécus, ne quitterent
point la place tant que ta
Reine assista à ce feu, qui
dura une grosse demi-heure
; à quoy elle parut prendre
beaucoup de plaisir.
Ensuite elle fut se reposer,
& le lendemain il y
eut une trés belle mascarade
acheval, qui mit pied
à terre sous les balcons de
la Reine. Ils dévoient faire
un ballet devant Sa Majesté
: maiscomme elle
voulut aller au Te Deum à
l'Eglise Cathedrale, cela
fut differé à une autre heure.
A son retour au Palais,
elle eut la patience de se
laisser baiser la main par
toutes les Dames dela ville,
ensuite par le Conseil, puis
par l'Evêque & tous les
Chanoines, que l'on nommoit
l'un après l'autre par
leurs nom, tous les Superieurs
des Convens, les Officiers
de la garnison, avec
le Gouverneur. Cette fonction
fut assez longue:mais
Sa Majeste n'en parut pas
fatiguée. Le soir un crésbeau
feu d'artifice finit
cette seconds nuit, avec
une mascarade de routes
fortes d'animaux à cheval,
chacun tenant un papier
de musique, escortant un
chariot de triomphe qui
portoit quantité de joüeurs
d'instrumens & de petits
enfans qui chantoienttrésagreablement
les louanges
de la Reine fous ses balcons.
Sa Majesté parut tréssatisfaite
de cette soirée.
Le 15. on la regala d'une
autre mascarade magnifique,
d'un tre's- beau feu
d'artifice, avec une course
de taureaux, que ia Reine
avoit beaucoup d'envie de
voir. Ce sur par où l'on finit
la troisiéme journée.
Le 15. elle partit de Pampelune
,
après avoir renvoyé
la suite qu'elle avoit
amenée de Parme, à la reserve
de la Princesse de
Piombino
-
A son départ l'Evêque
de Pampelune lui presenta
deux mille écus pour les
distribuer aux pauvres. La
Princesse des Ursins étoit
partie le 19. pour aller l'attendre
à Xadraquez. Sur
ces avis le Roy alla le vingtdeux
au foir avec le Prince,
en deux carosses differens,
à Nôtre- Dame d'Atocha.
Le Prince prit les
devans, & ayant mis pied
à terre, il vint ouvrir la portiere
au Roy& après avoir
fait ensemhle leurs prières
dans la tribune, le Prince
alla au Buen-Retire prendre
congé des Infans Don
Philippe & Don Ferdinand
ses freres. Le 13. le Roy ôc
le Prince partirent en deux
carosses separez pour aller
à Alcala, quoique le temps
fût trés-froid& qu'il tombât
une grande abondance
de neige. Le 14. le Roy
partit avec le Prince, & il
entra sur le midià Guada.
laxara,ou la Reine arriva
sur les quatre heures du
soir;&quelque temps aprés,
le Patriarc he des Indes
fit la ceremonie du mariage,
en presence de tous
les Grands d'Espagne qui
s'y étoient rendus. Le Jo5
au foir ils baiserent la main
à la Reine, & ils se rangerent
en deux files, pendant
que les Magistrats de la
ville & d'autres personnes
de diftinaion qui y étoient
accouruës baiserent aussi
la main à Sa Majesté. Le
26. le Roy & la Reine vinrent
à Alcala. Le27. ils arrivèrent
en cetteville,à
travers une grande foule
de carosses & de gens qui
s'étoient avancez sur leur
route, sans qu'il arrivât aucun
desordre, nonobstant
les mauvais chemins & la
grande quantité de neige.
Leurs Majestez entrerent
par la porte d'Alcala, aux
acclamations du peuple,
& allèrent par le Pardo
à Nôtre- Dame d'Atocha,
Où le Te Deum fut chanté
? par la Musique de la Chapelle
,& aprés Elles vinrent
au Palais. Le 28. & le29.le
Roy, la Reine & le Prince
~-allèrent auBuen-Retiro vi-
! siser les deux Infans. Ils y
retournerenr le 30. & en-j
fuite la Reine admit les Dames
de la Cour àlui baiser
la main. Durant ces jourslà
les Conseils
,
les Minie.
tres & les Magiftracs de la
ville lui rendirent les mêmes
devoirs. Hier Leurs
Majestez & le Prince allerent
encore au Buen-Reciro,
& on a fait durant ces
quatre jours des illuminations
par toute la ville. Le
Roy a nommé à l'Archevêché
de Tolede D. Franeifeo
Valero & Lossa,Evêque
de Badajoz. On a appris
que quand la Reine arriva
riva à Xadraquez - elle y
trouva la Princesse des Urfins
qui l'y attendoit. La
Reine entra dans sa chambre,
oùcette Princesse la
suivit, & elle eut un entretien
avec Sa Majesté, après
lequel la Princesse se retira
à son appartement. La Reine
sortit bientôt après, ôc
fit appeller le Lieutenant
general Amezaga, Commandant
des Gardes du
Corps qui l'escortoient
auquel elle donna ordre,
parécrit de faire partir la
Princesse des Ursins avec
deux Officiers & cinquante
gardes, pour la conduire
en France.
s'il vous plaît, Messieurs -
la suite du , voyage de la
Reine d'Espagne, que nous
laissâmes le mois passé à
Bayonne ,
d'où elle partit
le 4. pour se rendre à saint
Jean pied- de- port, où Son
Excellence M. le Prince de
Castiglionne
,
Viceroy de
Pampelune fut au devant
d'elle.
Sa Majesté y arriva le
soir du 4, s'y reposa un jour,
& ensuite continua [on
voyage à Roncevaux, ou
, elle arriva à neufheures du
soir, se plaisant beaucoupà
voyager de nuit & aux
flambeaux. Elle a eu heureusement
une huitaine de
jours de printemps. Le Prince
de Castiglionne, le Marquis
de sensaCruz,Majordome
Major, eurent l'honneur
de l'escorter avec toute
la Noblesse de Navarre,
qui avoit été au devant de
Sa Majesté jusqu'aux confins
du Royaume. Aprés
l'avoir laissée un peu reposer,
on fit la fonction de
prendre possession de sa
Personne Royale, & de la
faire servir par les Officiers
que le Roy lui avoit envoyez.
Ensuite M. de Medina-
Celi lui presenta le joyau de
la part du Roy; & M.de
Castiglionne s'étant mis à
genoux, lui presenta le bâton
de commandement,
en lui disant qu'il n'en avoit
aucun où étoit Sa Majesté,
& qu'il la supplioit d'ordonner
ce quelle avoit agréable
qu'ilfît pour son fervice.
Sa Majesté lereçut,
le tint un moment, & lui
dit cet mots que j'entendis
distinctement en Italien:
Le Roy, Monseigneur, a rendu
justiceàvôtre mérité;connoissant
votre fidelité pour son
service, & ce quevous avez
souffertàceJujet,son autorité
ne peut être en de meilleures
mains,&je ne puis rien faire
qui luisoitplus agreable,que de
vous la remettre toute entiere.
Son Excellence, un genou
en terre, reprit le bâton
& le baisant, dit à la.
Reine, qu'il lui rendoit tréshumbles
graces de l'honneur
que Sa Majesté lui faisoit,
qu'il n'étoit né que
pour mourir & sacrifier sa
vie pour le Roy & pour elle.
Le lendemain la Reine
continua si marche à Subiry.
C'est un Palais magnifique
qui est au Lieutenant
de Roy de Pampelune. Sa
Majesté y reposa à merveille
: mais presque toute sa
fuite dormit sur de la paille.
Son Excellence eut le même
sort que moy ,
& nous
ne nous deshabillâmes pas.
Le lendemain elle prit le
chemin dePampelune. Le
Conseil Royal l'attendoit
aux Capucins, qui n'en est
qu'à une trés petite distance.
Aprés lui avoir rendu
l'hommage&baisé la main,
elle passa outre par un chemin
qui la conduisit à la
Tacconnoire, pour entrer
par la grande porte, qui
répond à la rue principale,
qui étoit toute illuminée,
avec des arcs de triomphe
trés-magnifiques; & dans
cette ruë, & toutes les autres
par où Sa Majesté devoit
passer, les balcons étoient
remplis des Dames
de la Ville & de la Province,
qui s'étoient trouvées à
Pampelune pour cette entrée.
Quoy qu'elle Ce Se de
nuit, il sembloit que ce fût
en plein jour, par la quantité
innombrable d'illuminations.
Les salves d'artillerie
de lacitadelle, lamousqueterie
de toute la garnison
dans tous les postes,
l'acclamation des peuples
crians
,
Viva Dona Isabella
Farnesioviva : tout cela ne
cessa point,& la Reine en
tra dans son Palais avec ce
grand fracas, dont s'étant
un peu reposée, elle passa
dans une gallerie qui répond
sur la cour du Chl.
teau, où il y avoir un trèsbeau
feu d'artifice. Tous les
Gardes du Corps nouvellement
vêtus, qui avoient
é1térpresens à sron entrée au
Palais
, avec tous les Offiiers
de la garni£àn richement
vécus, ne quitterent
point la place tant que ta
Reine assista à ce feu, qui
dura une grosse demi-heure
; à quoy elle parut prendre
beaucoup de plaisir.
Ensuite elle fut se reposer,
& le lendemain il y
eut une trés belle mascarade
acheval, qui mit pied
à terre sous les balcons de
la Reine. Ils dévoient faire
un ballet devant Sa Majesté
: maiscomme elle
voulut aller au Te Deum à
l'Eglise Cathedrale, cela
fut differé à une autre heure.
A son retour au Palais,
elle eut la patience de se
laisser baiser la main par
toutes les Dames dela ville,
ensuite par le Conseil, puis
par l'Evêque & tous les
Chanoines, que l'on nommoit
l'un après l'autre par
leurs nom, tous les Superieurs
des Convens, les Officiers
de la garnison, avec
le Gouverneur. Cette fonction
fut assez longue:mais
Sa Majeste n'en parut pas
fatiguée. Le soir un crésbeau
feu d'artifice finit
cette seconds nuit, avec
une mascarade de routes
fortes d'animaux à cheval,
chacun tenant un papier
de musique, escortant un
chariot de triomphe qui
portoit quantité de joüeurs
d'instrumens & de petits
enfans qui chantoienttrésagreablement
les louanges
de la Reine fous ses balcons.
Sa Majesté parut tréssatisfaite
de cette soirée.
Le 15. on la regala d'une
autre mascarade magnifique,
d'un tre's- beau feu
d'artifice, avec une course
de taureaux, que ia Reine
avoit beaucoup d'envie de
voir. Ce sur par où l'on finit
la troisiéme journée.
Le 15. elle partit de Pampelune
,
après avoir renvoyé
la suite qu'elle avoit
amenée de Parme, à la reserve
de la Princesse de
Piombino
-
A son départ l'Evêque
de Pampelune lui presenta
deux mille écus pour les
distribuer aux pauvres. La
Princesse des Ursins étoit
partie le 19. pour aller l'attendre
à Xadraquez. Sur
ces avis le Roy alla le vingtdeux
au foir avec le Prince,
en deux carosses differens,
à Nôtre- Dame d'Atocha.
Le Prince prit les
devans, & ayant mis pied
à terre, il vint ouvrir la portiere
au Roy& après avoir
fait ensemhle leurs prières
dans la tribune, le Prince
alla au Buen-Retire prendre
congé des Infans Don
Philippe & Don Ferdinand
ses freres. Le 13. le Roy ôc
le Prince partirent en deux
carosses separez pour aller
à Alcala, quoique le temps
fût trés-froid& qu'il tombât
une grande abondance
de neige. Le 14. le Roy
partit avec le Prince, & il
entra sur le midià Guada.
laxara,ou la Reine arriva
sur les quatre heures du
soir;&quelque temps aprés,
le Patriarc he des Indes
fit la ceremonie du mariage,
en presence de tous
les Grands d'Espagne qui
s'y étoient rendus. Le Jo5
au foir ils baiserent la main
à la Reine, & ils se rangerent
en deux files, pendant
que les Magistrats de la
ville & d'autres personnes
de diftinaion qui y étoient
accouruës baiserent aussi
la main à Sa Majesté. Le
26. le Roy & la Reine vinrent
à Alcala. Le27. ils arrivèrent
en cetteville,à
travers une grande foule
de carosses & de gens qui
s'étoient avancez sur leur
route, sans qu'il arrivât aucun
desordre, nonobstant
les mauvais chemins & la
grande quantité de neige.
Leurs Majestez entrerent
par la porte d'Alcala, aux
acclamations du peuple,
& allèrent par le Pardo
à Nôtre- Dame d'Atocha,
Où le Te Deum fut chanté
? par la Musique de la Chapelle
,& aprés Elles vinrent
au Palais. Le 28. & le29.le
Roy, la Reine & le Prince
~-allèrent auBuen-Retiro vi-
! siser les deux Infans. Ils y
retournerenr le 30. & en-j
fuite la Reine admit les Dames
de la Cour àlui baiser
la main. Durant ces jourslà
les Conseils
,
les Minie.
tres & les Magiftracs de la
ville lui rendirent les mêmes
devoirs. Hier Leurs
Majestez & le Prince allerent
encore au Buen-Reciro,
& on a fait durant ces
quatre jours des illuminations
par toute la ville. Le
Roy a nommé à l'Archevêché
de Tolede D. Franeifeo
Valero & Lossa,Evêque
de Badajoz. On a appris
que quand la Reine arriva
riva à Xadraquez - elle y
trouva la Princesse des Urfins
qui l'y attendoit. La
Reine entra dans sa chambre,
oùcette Princesse la
suivit, & elle eut un entretien
avec Sa Majesté, après
lequel la Princesse se retira
à son appartement. La Reine
sortit bientôt après, ôc
fit appeller le Lieutenant
general Amezaga, Commandant
des Gardes du
Corps qui l'escortoient
auquel elle donna ordre,
parécrit de faire partir la
Princesse des Ursins avec
deux Officiers & cinquante
gardes, pour la conduire
en France.
Fermer
Résumé : Suite du Voyage de la Reine d'Espagne jusqu'à son arrivé à Madrid. [titre d'après la table]
Le texte décrit le voyage de la Reine d'Espagne depuis Bayonne jusqu'à Madrid, en passant par plusieurs étapes significatives. Le 4, la Reine quitta Bayonne pour Saint-Jean-Pied-de-Port, où elle fut accueillie par le Prince de Castiglione, Viceroy de Pampelune. Elle continua ensuite vers Roncevaux, accompagnée par des dignitaires navarrais. À Roncevaux, elle reçut un joyau du Roi et le bâton de commandement du Prince de Castiglione, qu'elle lui rendit par la suite. La Reine séjourna à Subiry dans un palais somptueux, mais choisit de dormir sur de la paille. Elle arriva à Pampelune le lendemain, où elle fut accueillie par le Conseil Royal et des festivités, incluant des feux d'artifice et une course de taureaux. Le 15, elle quitta Pampelune après avoir distribué des aumônes. En parallèle, le Roi et le Prince se rendirent à Notre-Dame d'Atocha, puis à Alcalá et Guadalajara, malgré des conditions météorologiques difficiles. Le Patriarche des Indes célébra leur mariage en présence des Grands d'Espagne. Le 26, le Roi et la Reine arrivèrent à Alcalá, et le 27, ils entrèrent à Madrid sous les acclamations du peuple. Ils assistèrent au Te Deum à Notre-Dame d'Atocha avant de se rendre au Palais. Les jours suivants, ils visitèrent le Buen Retiro et reçurent les hommages des dignitaires. Le Roi nomma Don Francisco Valero y Losada à l'archevêché de Tolède. À Xadraquez, la Reine rencontra la Princesse des Ursins et ordonna son renvoi en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 1730
« Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Début :
Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Ouvrages, Vernis, Martin, Lambris, Carosses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Le sieur Martin l'aîné , qu'on peut dire avoir considerablement, enrichi les
beaux Arts en Europe , en imitant et
surpassant même à beaucoup d'égards
les plus beaux Ouvrages en Vernis unis
et de relief , de la Chine et du Japon
donne avis au Public , que pour s'accommoder au tems et aux personnes qui ne
veulent pas faire une grande dépense , il
entreprend des Lambris , Frises , Plafonds , impressions , bronzures , peintures ordinaires , generalement toutes sortes
de Vernis , et autres Ouvrages au prix
courant , pour décorer les Appartemens ,
d'un goût nouveau agréable , avec figures de relief et de diverses couleurs.
Il entreprend aussi des Carosses en beau
vernis en avanturine , &c. les fait peindre et dorer , et garantit la dorure des
injures du tems. Le tout à un prix rai- sonnable.
,
Sa demeure est toujours grande ruë da
Fauxbourg S. Denis , chez la veuve Rivet, près la Grille
beaux Arts en Europe , en imitant et
surpassant même à beaucoup d'égards
les plus beaux Ouvrages en Vernis unis
et de relief , de la Chine et du Japon
donne avis au Public , que pour s'accommoder au tems et aux personnes qui ne
veulent pas faire une grande dépense , il
entreprend des Lambris , Frises , Plafonds , impressions , bronzures , peintures ordinaires , generalement toutes sortes
de Vernis , et autres Ouvrages au prix
courant , pour décorer les Appartemens ,
d'un goût nouveau agréable , avec figures de relief et de diverses couleurs.
Il entreprend aussi des Carosses en beau
vernis en avanturine , &c. les fait peindre et dorer , et garantit la dorure des
injures du tems. Le tout à un prix rai- sonnable.
,
Sa demeure est toujours grande ruë da
Fauxbourg S. Denis , chez la veuve Rivet, près la Grille
Fermer
Résumé : « Le sieur Martin l'aîné, qu'on peut dire avoir considerablement enrichi les [...] »
Le sieur Martin l'aîné, célèbre pour ses œuvres en vernis imitant celles de la Chine et du Japon, propose désormais des prix plus accessibles. Il offre des lambris, frises, plafonds, impressions, bronzures, peintures et autres types de vernis pour décorer les appartements. Il décore également des carrosses en vernis, avec options de peinture et de dorure garantie. Sa résidence est rue du Faubourg Saint-Denis, chez la veuve Rivet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 1023-1025
Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Début :
Le 3 de ce mois, le Marquis de Rosignan, Ambassadeur ordinaire du [...]
Mots clefs :
Roi, Ambassadeur, Duchesse d'Orléans, Comte, Duc, Reine, Duchesse de Bourbon, Prince de Guise, Princesse de Conty, Carosses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
E3 de ce mois , le Marquis de Rosignan
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
Fermer
Résumé : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Le 23 mai, le Marquis de Rosignan, ambassadeur du Roi de Sardaigne, fit son entrée publique à Paris. Le Maréchal d'Etrées et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, l'accueillirent au couvent de Picpus. La procession, organisée avec précision, comprenait les carrosses de l'Introducteur et du Maréchal, suivis par ceux des membres de la famille royale et des dignitaires, puis les trois carrosses de l'ambassadeur. À son arrivée à son hôtel, l'ambassadeur reçut des compliments de représentants du Roi, de la Reine et de Madame la Duchesse d'Orléans. Le 5 mai, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent l'ambassadeur à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. Les Gardes Françaises et Suisses étaient sous les armes lors de son passage. Après l'audience royale, l'ambassadeur fut reçu par la Reine et le Dauphin, puis par Mesdames de France. Il fut ensuite reconduit à Paris avec les cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 207-213
DE PARIS, le 8 Mars.
Début :
Charlotte-Godefride-Elisbeth de Rohan-Soubise, Princesse de Condé, mourut, [...]
Mots clefs :
Princesse de Condé, Décès, Prince de Soubise, Vertus, Corps embaumé, Cortège funéraire, Carosses, Couvent, Religieux, Prières, Deuil, Assemblée générale du Clergé de France, Archevêque, Audience du roi, Conseiller d'État, Ministre, Cérémonies, Assemblée du Clergé, Don, Société royale de Londres, Élection, Tremblements de terre, Ouragan, Capitaine, Irlande, Garnison, Officiers, Chevaliers, Gardes suisses, Ile de Mann, Combat, Anglais, Pondichéry, Blessés et morts, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 8 Mars.
DE PARIS , le 8 Mars.
Charlotte - Godefride - Elifabeth de Rohan - Soubife,
Princeffe de Condé , mourut, a l'Hôtel de
Condé , la nuit du Mardi au Mercredi
dernier ,
dans le vingt- uniéme jour de fa maladie , &
la vingt
- troiliéme année de fon âge. Cette Princeffe
étoit fille de Charles de Rohan , Prince de
Soubife
,
Maréchal deFrance, Pair du Royaume,
Capitaine-
Lieutenant
des Gendarmes de la garde
duRoi ,
Gouverneur
de Flandre & du Hainault;
& d'Anne-Marie Louife de la Tour d'Auvergne,
Princellede Bouillon. Elle avoit été mariée le
Mai
137532
à Louis -Jofeph de Bourbon-Condé
3
208 MERCURE DE FRANCE.
Prince du Sang , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi , & Gouverneur de la Proviuce de Bourgogne,
Elle a eu de ce mariage , N. de Bourbon-
Condé , Duc de Bourbon , né le 13 Avril 1756 ;
Marie de Bourbon- Condé, née le 16 Février 1755,
morte le 22 Juin 1759 ; & Mademoiſelle de
Bourbon- Condé , née le ƒ Octobre 1757.
Cette Princeffe réunifloit toutes les vertus Chrétiennes
& Morales : fon caractère doux & affable ,
lui avoient gagné l'affection de toutes les perfonnes
qui avoient l'honneur de l'approcher :
elle eſt univerſellement regrettée . Les pauvres
pleurent amérement , en elle , une mere & une
amie , que leurs voeux n'ont pu leur conferver.
Le corps de cette Princefle , après avoir été
embaumé , a été expofé pendant un jour furune
eſtrade , éclairée par un grand nombre de lumieres
, & tendue de noir. Il fut porté , le
8 de ce mois , au Couvent des Carmelites du
Fauxbourg Saint Jacques , pour y être inhumé. Le
cortége du Convoi étoit compofé de cent pauvres,
couverts de drap blanc , & tenant chacun un
flambeau ; des Officiers , des Suiffes , & des Valets
de chambre de la Princeffe , à cheval ; de cent
cinquante Valets de pied ; de trois caroffes drapés
, à fix chevaux , harnachés & caparallonnés
de noir , qui étoient remplis par les Ecuyers , les
Gentilshommes , & les Femmes de chambre ; &
de trois caroffes à huit chevaux . Dans le premier,
étoit l'Archevêque de Bordeaux , portant le coeur,
le Curé de Saint-Sulpice , le Confeffeur , & les
Aumôniers de la Prince ffe. Dans le fecond , étoit
le
corps de la Princelle . Dans le troifiéme , étoit
Mademoiſelle de Sens , avec la Princeffe de Marfan,
Chanoineffe de Rémiremont ; la Dame d'honneur
de Ma lemoiſelle de Sens , & les Dam's attachées
à la Princeffe défunte. Lorsqu'on fut aur
AVRIL. 1760. 209
Carmelites , le corps fut defcendu du caroffe par
huit Valets de Chambre , & porté fous le portique
intérieur de l'Eglife , où les Religieufes , tenant
chacune un cierge à la main , étoient rangées
à droite & à gauche , avec trente Eccléfiaftiques
, le Supérieur de la Maiſon à leur tête.
L'Archevêque de Bordeaux , en camail & en
rochet , accompagné du Curé de S. Sulpice , en
étole , en préfentant le corps & le coeur de la
Princeffe aux Carmelites , leur fit un Difcours ,
auquel le Supérieur répondit : enfuite les Religieufes
commencèrent l'Office des Morts. Les
Prières finies , les huit Valets de Chambre portèrent
le corps près de la foife ; & l'y ayant
defcendu , le coeur fut pofé fur la croix du cercueil.
Mademoiſelle de Sens , qui menoit le deuil,
étoit en longue mante , dont la queue étoit portée
par fon Ecuyer. La Princeffe de Marfan ; la
Dame d'honneur de Mademoiſelle de Sens , &
les Dames de la Princefle défunte , étoient auffi
en mante.
Le 6 de ce mois , l'ouverture folemnelle de
l'Affemblée générale du Clergé de France , fe fit
dans l'Eglife des Grands-Auguftins , par la Mefle
du Saint- Elprit. L'Archevêque de Narbonne y
officia pontificalement . Le 9 , les Archevêques
de Narbonne , d'Auch & de Bordeaux , & les .
Evêques de Grenoble , d'Auxerre & du Puy , Préfidens
de l'Affemblée , avec les autres Prélats &
les Députés du fecond ordre , qui compofent cette
Affemblée allerent à Verfailles rendre leurs
respects au Roi. Ils s'affemblerent dans l'appartement
qui leur avoit été deſtiné ; & le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , étant
venu les prendre pour les préfenter à Sa Majefté
, ils furent conduits à l'Audience du Roi
avec les honneurs que reçoit le Clergé lorsqu'il
>
115 MERCURE DE FRANCE.
eft en Corps. Les Gardes du Corps étoient en
haye dans leur falle , & les deux battans des
portes étoient ouverts. L'Archevêque de Narbonne
harangua le Roi , après quoi il préfenta
les Députés à Sa Majefté. Ils eurent le même
jour audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin, & de Madame la Dauphine , étant préfentés
& conduits avec les mêmes honneurs .
Le 11 , le fieur Feydeau de Brou , Confeiller
d'Etat ordinaire , & au Confeil royal ; le Comte
de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat s
le fieur Trudaine , Confeiller d'Etat ordinaire , &
au Confeil royal , & Intendant des Finances ; le
fieur d'Ormeffon d'Amboile , Confeiller d'Etat &
Intendant des Finances ; & le fieur Bertin , Confeiller
ordinaire au Confeil royal , & Contrôleur
général des Finances , vinrent , en qualité de
Commiffaires du Roi , à l'Affemblée du Clergé ,
où ils furent reçus avec les cérémonies ufitées en
pareille occafion . Le fieur Feydeau de Brou, porta
la parole.
L'Alfemblée du Clergé ayant accordé unanimement
le don gratuit de feize millions , qui lui
avoit été demandé de la part du Roi ; fur le
compte que l'Archevêque de Narbonne en a rendu
à Sa Majefté , le Roi lui en a témoigné fa fatisfaction
par une Lettre remplie de marques de
bonté & d'affection pour le Clergé.
Le 24 du mois de Janvier , la Société royale
de Londres , élut , d'une commune voix , pour
Aflociés , le fieur de la Caille , de l'Académie des
Sciences , & Profefleur de Mathématiques au
Collège Mazarin ; & le fieur Pereire , Penfionnaire
du Roi , célèbre par fon art d'enfeigner à parler
aux muets de naiffance.
Les Lettres arrivées depuis peu de divers lieux
de la Syrie , confirment la nouvelle des trem
AVRIL. 1760. 211
blemens de terre réitérés qui ont détruit la plûpart
des Villes de cette contrée. Les deux principales
fecouffes fe font fait fentir le 30 Octobre
dernier , à trois heures trois quarts du matin ,
& le 25 Novembre , à fept heures & un quart du
foir. Les autres ont été en fi grand nombre, qu'on
ne put les compter. Tripoli de Syrie , n'eft plus
qu'un monceau de ruines , de même que Saphet ,
Napoulouſe , Damas , plufieurs autres Villes , &
ane multitude de bourgs & de villages.Il s'est fait,
à ce qu'on ajoute , près de Bulbec , dans la terre ,
une fente de plufieurs toifes de largeur , & de
vingt lieues de longueur.
On apprend d'Alquin , fous Vezelay, en Bourgogne
, qu'on y a effuyé , vers le milieu du mois
dernier , un furieux ouragan. Il a déraciné ou
brifé prèfque tous les arbres d'un bois de trentefix
arpens , auffi bien que ceux des campagnes
voifines. Le tremblement de terre du 20 Janvier,
s'y eft auffi fait fentir avec une violence particu
lière ; & il y caufa une très- grande frayeur.
Les nouvelles que l'on a reçues d'Angleterre
& d'Irlande , nous apprennent que le Capitaine
Thurot débarqua le 18 du mois dernier à Karickfergus
en Irlande. Le 21 , on attaqua Karickfergus
, qui fe défendit quelque temps ; mais le
Lieutenant- Colonel Jennings , le voyant prêt à
être forcé , rendit le Château ; & la garnifon fut
prifonnière de guerre. On a eu , à cette attaque ,
17 hommes tues , dont trois Officiers du Régiment
des Gardes Françoifes , les fieurs de l'Epinay
, de Novillard , & le Chevalier de Boillac ;
& environ trente hommes bleffés , du nombre
defquels font , le fieur Villepreaux , Capitaine
des Grenadiers au Régiment de Cambis , qui a
reçu un coup de fufil dans le bras , & le fieur
Flobert , Brigadier , commandant les troupes da
212 MERCURE DE FRANCE.
débarquement , qui a auffi été bleffé d'un coup
de feu à la jambe.
On a été retenu à Karickfergus jufqu'au 27 ,
par les vents contraires ; & la nuit du 27 au 28 ,
on a remis à la voile , avec des ôtages , pour 100
mille livres fterlin de contribution . Le 28 au matin
, on a été rencontré près de l'Ifle de Mann ,
par trois frégates Angloifes , de 36 canons chacune.
Le combat a été très-vif pendant plus d'une
heure ; mais les frégates , délemparées & percées
de coups de canon , fous l'eau , ont été obli
gées d'amener. Le fieur Thurot a été tué , dans le
combat . Les talens peu communs , l'expérience ,
& le courage de cet Officier , méritent les plus
grands regrets de notre part , & lui avoient acquis
l'eftime de nos ennemis même . Le fieur
Dars , Officier au Régiment des Gardes Françoi
fes , a aufli été tué. Le fieur Cavenac , Aidemajor
du même Régiment , a été bleflé à la
rête d'un coup de feu , que l'on croit n'être pas
dangereux. Le fieur Joft , Officier au Régiment
des Gardes Suiffes , a eu un bras emporté. Les
autres Officiers bleſſés font , le fieur de Brie , Capitaine
, le fieur Mafcle , Aide -major , & le fieur
Callale , Lieutenant au Régiment d'Artois. Les
fieurs de Garcin & de Brazide , Capitaines au Régiment
de Bourgogne , & le fieur Ollery , Lieutenant
dans les Volontaires étrangers.
On a appris depuis , par une Lettre , venant de
Ife de Mann , en datte du 2 Mars , que le
combat a commencé à fept heures du matin , &
n'a fini qu'à 9 heures & demie ; que M. Thurot ,
après avoir eu affaire à la premiere frégate Angloife
l'avoit forcée de fe retirer pour fe réparer ;
les deux autres font venues la remplacer , &
l'ont mis entre deux feux ; & que M. Thurot n'a
été tué , qu'après avoir tenté un nouvel abordage
que
AVRIL. 1760. 213
contre la premiere frégate , qui revenoit à lui,
après s'être réparée . On ajoute , que M. Thurot a
été enterré dans l'Iſle de Mann , par les Anglois ,
avec tous les honneurs militaires qu'ils ont cru
devoir à un homme dont la valeur , l'expérience ,
& l'humanité , n'ont point connu de bornes.
Suivant les nouvelles apportées à l'Orient , de la
côte de Coromandel , il s'eft engagé le 10 Septembre
de l'année derniere , un combat très - vif
entre l'efcadre Françoife commandée par le fieur
Daché , & l'efcadre Angloife commandée par l'Amiral
Pocock. On n'a point encore de détail circonftancié
de cette action .
Les mêmes lettres ajoutent , qu'il y a eu le 30
Septembre , un combat entre les troupes Françoiles
& Angloifes , à Vandavachi , près d'Afcate ,
arente lieues de Pondichéri. Les Anglois étoient
20 nombre de dix - fept cens blancs , & de quatre
mille noirs . l'armée Françoiſe étoit de onze cens
blancs , commandée en l'abſence du fieur de Lalli
qui étoit à Pondichéri , par le fieur de Géoghégan
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Lalli.
L'affaire fur très-vive , & dura cinq heures . Les
François refterent enfin maîtres du champ de ba
taille.
Les Anglois ont eu 350 hommes de tués , & un
grand nombre de bleffés. On leur a fait cinq Officiers&
56 foldats prifonniers. On leur a pris quatre
piéces de canon , & deux chariots d'artillerie.
Notre perte n'a été que de 36 hommes tués , & de78 bleffés. Du nombre des premiers
, font , les fieurs Gineftoux
& de Gouyon
, Capitaines
dans le Régiment
de Lorraine
; & les Geurs de Main- ville & Papillaut
, le premier , Commandant
du
Bataillon de l'Inde , & le fecond
, Lieutenant
dans les troupes au fervice de la Compagnie
des
Indes.
Charlotte - Godefride - Elifabeth de Rohan - Soubife,
Princeffe de Condé , mourut, a l'Hôtel de
Condé , la nuit du Mardi au Mercredi
dernier ,
dans le vingt- uniéme jour de fa maladie , &
la vingt
- troiliéme année de fon âge. Cette Princeffe
étoit fille de Charles de Rohan , Prince de
Soubife
,
Maréchal deFrance, Pair du Royaume,
Capitaine-
Lieutenant
des Gendarmes de la garde
duRoi ,
Gouverneur
de Flandre & du Hainault;
& d'Anne-Marie Louife de la Tour d'Auvergne,
Princellede Bouillon. Elle avoit été mariée le
Mai
137532
à Louis -Jofeph de Bourbon-Condé
3
208 MERCURE DE FRANCE.
Prince du Sang , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi , & Gouverneur de la Proviuce de Bourgogne,
Elle a eu de ce mariage , N. de Bourbon-
Condé , Duc de Bourbon , né le 13 Avril 1756 ;
Marie de Bourbon- Condé, née le 16 Février 1755,
morte le 22 Juin 1759 ; & Mademoiſelle de
Bourbon- Condé , née le ƒ Octobre 1757.
Cette Princeffe réunifloit toutes les vertus Chrétiennes
& Morales : fon caractère doux & affable ,
lui avoient gagné l'affection de toutes les perfonnes
qui avoient l'honneur de l'approcher :
elle eſt univerſellement regrettée . Les pauvres
pleurent amérement , en elle , une mere & une
amie , que leurs voeux n'ont pu leur conferver.
Le corps de cette Princefle , après avoir été
embaumé , a été expofé pendant un jour furune
eſtrade , éclairée par un grand nombre de lumieres
, & tendue de noir. Il fut porté , le
8 de ce mois , au Couvent des Carmelites du
Fauxbourg Saint Jacques , pour y être inhumé. Le
cortége du Convoi étoit compofé de cent pauvres,
couverts de drap blanc , & tenant chacun un
flambeau ; des Officiers , des Suiffes , & des Valets
de chambre de la Princeffe , à cheval ; de cent
cinquante Valets de pied ; de trois caroffes drapés
, à fix chevaux , harnachés & caparallonnés
de noir , qui étoient remplis par les Ecuyers , les
Gentilshommes , & les Femmes de chambre ; &
de trois caroffes à huit chevaux . Dans le premier,
étoit l'Archevêque de Bordeaux , portant le coeur,
le Curé de Saint-Sulpice , le Confeffeur , & les
Aumôniers de la Prince ffe. Dans le fecond , étoit
le
corps de la Princelle . Dans le troifiéme , étoit
Mademoiſelle de Sens , avec la Princeffe de Marfan,
Chanoineffe de Rémiremont ; la Dame d'honneur
de Ma lemoiſelle de Sens , & les Dam's attachées
à la Princeffe défunte. Lorsqu'on fut aur
AVRIL. 1760. 209
Carmelites , le corps fut defcendu du caroffe par
huit Valets de Chambre , & porté fous le portique
intérieur de l'Eglife , où les Religieufes , tenant
chacune un cierge à la main , étoient rangées
à droite & à gauche , avec trente Eccléfiaftiques
, le Supérieur de la Maiſon à leur tête.
L'Archevêque de Bordeaux , en camail & en
rochet , accompagné du Curé de S. Sulpice , en
étole , en préfentant le corps & le coeur de la
Princeffe aux Carmelites , leur fit un Difcours ,
auquel le Supérieur répondit : enfuite les Religieufes
commencèrent l'Office des Morts. Les
Prières finies , les huit Valets de Chambre portèrent
le corps près de la foife ; & l'y ayant
defcendu , le coeur fut pofé fur la croix du cercueil.
Mademoiſelle de Sens , qui menoit le deuil,
étoit en longue mante , dont la queue étoit portée
par fon Ecuyer. La Princeffe de Marfan ; la
Dame d'honneur de Mademoiſelle de Sens , &
les Dames de la Princefle défunte , étoient auffi
en mante.
Le 6 de ce mois , l'ouverture folemnelle de
l'Affemblée générale du Clergé de France , fe fit
dans l'Eglife des Grands-Auguftins , par la Mefle
du Saint- Elprit. L'Archevêque de Narbonne y
officia pontificalement . Le 9 , les Archevêques
de Narbonne , d'Auch & de Bordeaux , & les .
Evêques de Grenoble , d'Auxerre & du Puy , Préfidens
de l'Affemblée , avec les autres Prélats &
les Députés du fecond ordre , qui compofent cette
Affemblée allerent à Verfailles rendre leurs
respects au Roi. Ils s'affemblerent dans l'appartement
qui leur avoit été deſtiné ; & le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , étant
venu les prendre pour les préfenter à Sa Majefté
, ils furent conduits à l'Audience du Roi
avec les honneurs que reçoit le Clergé lorsqu'il
>
115 MERCURE DE FRANCE.
eft en Corps. Les Gardes du Corps étoient en
haye dans leur falle , & les deux battans des
portes étoient ouverts. L'Archevêque de Narbonne
harangua le Roi , après quoi il préfenta
les Députés à Sa Majefté. Ils eurent le même
jour audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin, & de Madame la Dauphine , étant préfentés
& conduits avec les mêmes honneurs .
Le 11 , le fieur Feydeau de Brou , Confeiller
d'Etat ordinaire , & au Confeil royal ; le Comte
de Saint Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat s
le fieur Trudaine , Confeiller d'Etat ordinaire , &
au Confeil royal , & Intendant des Finances ; le
fieur d'Ormeffon d'Amboile , Confeiller d'Etat &
Intendant des Finances ; & le fieur Bertin , Confeiller
ordinaire au Confeil royal , & Contrôleur
général des Finances , vinrent , en qualité de
Commiffaires du Roi , à l'Affemblée du Clergé ,
où ils furent reçus avec les cérémonies ufitées en
pareille occafion . Le fieur Feydeau de Brou, porta
la parole.
L'Alfemblée du Clergé ayant accordé unanimement
le don gratuit de feize millions , qui lui
avoit été demandé de la part du Roi ; fur le
compte que l'Archevêque de Narbonne en a rendu
à Sa Majefté , le Roi lui en a témoigné fa fatisfaction
par une Lettre remplie de marques de
bonté & d'affection pour le Clergé.
Le 24 du mois de Janvier , la Société royale
de Londres , élut , d'une commune voix , pour
Aflociés , le fieur de la Caille , de l'Académie des
Sciences , & Profefleur de Mathématiques au
Collège Mazarin ; & le fieur Pereire , Penfionnaire
du Roi , célèbre par fon art d'enfeigner à parler
aux muets de naiffance.
Les Lettres arrivées depuis peu de divers lieux
de la Syrie , confirment la nouvelle des trem
AVRIL. 1760. 211
blemens de terre réitérés qui ont détruit la plûpart
des Villes de cette contrée. Les deux principales
fecouffes fe font fait fentir le 30 Octobre
dernier , à trois heures trois quarts du matin ,
& le 25 Novembre , à fept heures & un quart du
foir. Les autres ont été en fi grand nombre, qu'on
ne put les compter. Tripoli de Syrie , n'eft plus
qu'un monceau de ruines , de même que Saphet ,
Napoulouſe , Damas , plufieurs autres Villes , &
ane multitude de bourgs & de villages.Il s'est fait,
à ce qu'on ajoute , près de Bulbec , dans la terre ,
une fente de plufieurs toifes de largeur , & de
vingt lieues de longueur.
On apprend d'Alquin , fous Vezelay, en Bourgogne
, qu'on y a effuyé , vers le milieu du mois
dernier , un furieux ouragan. Il a déraciné ou
brifé prèfque tous les arbres d'un bois de trentefix
arpens , auffi bien que ceux des campagnes
voifines. Le tremblement de terre du 20 Janvier,
s'y eft auffi fait fentir avec une violence particu
lière ; & il y caufa une très- grande frayeur.
Les nouvelles que l'on a reçues d'Angleterre
& d'Irlande , nous apprennent que le Capitaine
Thurot débarqua le 18 du mois dernier à Karickfergus
en Irlande. Le 21 , on attaqua Karickfergus
, qui fe défendit quelque temps ; mais le
Lieutenant- Colonel Jennings , le voyant prêt à
être forcé , rendit le Château ; & la garnifon fut
prifonnière de guerre. On a eu , à cette attaque ,
17 hommes tues , dont trois Officiers du Régiment
des Gardes Françoifes , les fieurs de l'Epinay
, de Novillard , & le Chevalier de Boillac ;
& environ trente hommes bleffés , du nombre
defquels font , le fieur Villepreaux , Capitaine
des Grenadiers au Régiment de Cambis , qui a
reçu un coup de fufil dans le bras , & le fieur
Flobert , Brigadier , commandant les troupes da
212 MERCURE DE FRANCE.
débarquement , qui a auffi été bleffé d'un coup
de feu à la jambe.
On a été retenu à Karickfergus jufqu'au 27 ,
par les vents contraires ; & la nuit du 27 au 28 ,
on a remis à la voile , avec des ôtages , pour 100
mille livres fterlin de contribution . Le 28 au matin
, on a été rencontré près de l'Ifle de Mann ,
par trois frégates Angloifes , de 36 canons chacune.
Le combat a été très-vif pendant plus d'une
heure ; mais les frégates , délemparées & percées
de coups de canon , fous l'eau , ont été obli
gées d'amener. Le fieur Thurot a été tué , dans le
combat . Les talens peu communs , l'expérience ,
& le courage de cet Officier , méritent les plus
grands regrets de notre part , & lui avoient acquis
l'eftime de nos ennemis même . Le fieur
Dars , Officier au Régiment des Gardes Françoi
fes , a aufli été tué. Le fieur Cavenac , Aidemajor
du même Régiment , a été bleflé à la
rête d'un coup de feu , que l'on croit n'être pas
dangereux. Le fieur Joft , Officier au Régiment
des Gardes Suiffes , a eu un bras emporté. Les
autres Officiers bleſſés font , le fieur de Brie , Capitaine
, le fieur Mafcle , Aide -major , & le fieur
Callale , Lieutenant au Régiment d'Artois. Les
fieurs de Garcin & de Brazide , Capitaines au Régiment
de Bourgogne , & le fieur Ollery , Lieutenant
dans les Volontaires étrangers.
On a appris depuis , par une Lettre , venant de
Ife de Mann , en datte du 2 Mars , que le
combat a commencé à fept heures du matin , &
n'a fini qu'à 9 heures & demie ; que M. Thurot ,
après avoir eu affaire à la premiere frégate Angloife
l'avoit forcée de fe retirer pour fe réparer ;
les deux autres font venues la remplacer , &
l'ont mis entre deux feux ; & que M. Thurot n'a
été tué , qu'après avoir tenté un nouvel abordage
que
AVRIL. 1760. 213
contre la premiere frégate , qui revenoit à lui,
après s'être réparée . On ajoute , que M. Thurot a
été enterré dans l'Iſle de Mann , par les Anglois ,
avec tous les honneurs militaires qu'ils ont cru
devoir à un homme dont la valeur , l'expérience ,
& l'humanité , n'ont point connu de bornes.
Suivant les nouvelles apportées à l'Orient , de la
côte de Coromandel , il s'eft engagé le 10 Septembre
de l'année derniere , un combat très - vif
entre l'efcadre Françoife commandée par le fieur
Daché , & l'efcadre Angloife commandée par l'Amiral
Pocock. On n'a point encore de détail circonftancié
de cette action .
Les mêmes lettres ajoutent , qu'il y a eu le 30
Septembre , un combat entre les troupes Françoiles
& Angloifes , à Vandavachi , près d'Afcate ,
arente lieues de Pondichéri. Les Anglois étoient
20 nombre de dix - fept cens blancs , & de quatre
mille noirs . l'armée Françoiſe étoit de onze cens
blancs , commandée en l'abſence du fieur de Lalli
qui étoit à Pondichéri , par le fieur de Géoghégan
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Lalli.
L'affaire fur très-vive , & dura cinq heures . Les
François refterent enfin maîtres du champ de ba
taille.
Les Anglois ont eu 350 hommes de tués , & un
grand nombre de bleffés. On leur a fait cinq Officiers&
56 foldats prifonniers. On leur a pris quatre
piéces de canon , & deux chariots d'artillerie.
Notre perte n'a été que de 36 hommes tués , & de78 bleffés. Du nombre des premiers
, font , les fieurs Gineftoux
& de Gouyon
, Capitaines
dans le Régiment
de Lorraine
; & les Geurs de Main- ville & Papillaut
, le premier , Commandant
du
Bataillon de l'Inde , & le fecond
, Lieutenant
dans les troupes au fervice de la Compagnie
des
Indes.
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 8 Mars.
Le 8 mars, Charlotte-Godefride-Élisabeth de Rohan-Soubise, princesse de Condé, est décédée à l'Hôtel de Condé à Paris à l'âge de vingt-trois ans après vingt-et-un jours de maladie. Elle était la fille de Charles de Rohan, prince de Soubise et maréchal de France, et d'Anne-Marie Louise de la Tour d'Auvergne, princesse de Bouillon. Mariée en mai 1753 à Louis-Joseph de Bourbon-Condé, prince du sang et gouverneur de Bourgogne, elle a eu trois enfants : Louis de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, né en 1756 ; Marie de Bourbon-Condé, née en 1755 et décédée en 1759 ; et Mademoiselle de Bourbon-Condé, née en 1757. La princesse était reconnue pour ses vertus chrétiennes et morales, ainsi que pour sa douceur et son affabilité, ce qui lui avait valu l'affection de tous. Les pauvres la pleuraient comme une mère et une amie. Son corps, après avoir été embaumé, a été exposé sur une estrade éclairée et tendue de noir avant d'être inhumé au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Le cortège funéraire comprenait cent pauvres, des officiers, des valets de chambre, et trois carrosses drapés de noir. L'archevêque de Bordeaux a prononcé un discours lors de la cérémonie, après quoi les religieuses ont commencé l'office des morts. La princesse de Marfan, Mademoiselle de Sens, et d'autres dames en deuil étaient présentes. Le 6 avril, l'assemblée générale du clergé de France s'est ouverte à l'église des Grands-Augustins. Le 9 avril, les prélats ont rendu visite au roi à Versailles. Le 11 avril, des commissaires du roi ont été reçus à l'assemblée du clergé, qui a accordé un don gratuit de seize millions au roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 193-195
De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Début :
Le 2 de ce mois, le sieur Tiepolo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, République de Venise, Maréchal de Biron, Carosses, Cortège, Famille royale, Comte, Marquis, Versailles, Audience du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
ARTICLE VII.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
Fermer
Résumé : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Le 7 octobre 1763, l'ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, fit son entrée publique à Paris. Accompagné par le maréchal de Biron et le sieur de la Live, il fut pris au Couvent des Picpus et se dirigea vers son hôtel dans un cortège ordonné. Ce cortège comprenait divers détachements du Guet à cheval, des carrosses de la famille royale, des nobles et des officiers, ainsi que les carrosses de l'ambassadeur et de son suite. À son arrivée, Tiepolo fut complimenté par des représentants du roi, de la reine, du dauphin, de la dauphine et de Madame Adélaïde. Le 4 janvier 1764, le prince de Marfan et le sieur de la Live conduisirent Tiepolo à Versailles pour sa première audience publique avec le roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les compagnies des Gardes Françaises et Suisses sous les armes. Dans la cour et sur l'escalier, les Gardes de la Porte, ceux de la Prévôté de l'Hôtel et les Cent-Suisses étaient également en position. Le maréchal de Luxembourg, Capitaine des Gardes du Corps, le reçut dans la Salle des Gardes. Après l'audience royale, Tiepolo fut conduit aux audiences de la reine, du dauphin et de la dauphine, puis à celle de Mesdames. Il fut ensuite reconduit à Paris dans les carrosses du roi et de la reine, avec les cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer