Résultats : 13 texte(s)
Détail
Liste
1
p. 734-742
CONTINUATION de l'Article de Guillaume Budé.
Début :
L'Auteur des Memoires ajoûte ce qui suit : Ces paroles (c'est-à-dire, ce [...]
Mots clefs :
Guillaume Budé, Ouvrages de Guillaume Budé, Auteur, Recueil, Ouvrages
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texteReconnaissance textuelle : CONTINUATION de l'Article de Guillaume Budé.
CONTINUATION de l'Article
de Guillaume Budé.
'Auteur des Memoires ajoûte ce qui
Lfuit : Ces paroles ( c'eft- à-dire , ce
que Budé avoit ordonné fur fon Enterrement
, ) ont fait naître dans l'efprit de
quelques-uns des foupçons contre la créan-
* ce , qui ont été fort augmentés par la Profeffion
ouverte que fa veuve alla faire du
Proteftantifme à Genève , avec une partie
de fes enfans. Mais d'autres , comme le
Pere Garaffe , ont pris fa défenſe fur cet
article ,
AVRIL. 1730. 735
rticle , outre qu'il paroît par fes Ecrits
qu'il étoit fort oppofé aux prétendus Ré-,
formateurs.
Son mariage ne fut pas fterile , puifqu'il
laiffa en mourant onze enfans , fept gar-
Cons & quatre filles . Sa veuve fe retira à
Genéve , comme je viens de le dire , avec
fes filles , & y embraffa la Religion Proteftante.
Un de fes fils ( Louis Budé ) s'y
retira auffi , & y fut Profeffeur en Langue
Hébraïque. Il publia une Traduction
Latine des Pleaumes avec des Notes , & il
auroit encore publié d'autres Ouvrages ,
s'il n'étoit mort fort jeune vers l'an 1550 .
( a )
Mathieu Budé , autre fils de Guillaume
,eft loué par Henri Etienne comme
un homme qui entendoit à fond la Langue
Hebraique.
Jean Budé , fon frere , fut un des trois
Députés que les Calviniftes envoyerent
en 1558. en Allemagne pour les affaires
de leur Eglife.
On dit deux chofes particulieres de
Guillaume Budé ; la premiere eft qu'il ne
voulut jamais fe laiffer peindre ce qui
a donné fujet à ces Vers d'Etienne Pafquier.
( a ) Colomies Gallia Orient, p. 15% -
E iiij Nec
1
736 MERCURE DE FRANCE
Nec voluit vivus fingi , pingive Budæus ,
Nec vatum moriens quæfiit elogia ;
Hunc qui tanta fuæ mentis monumenta reliquit
Externa puduit vivere velle manu .
La feconde eft qu'ayant voulu haranguer
Charles-Quint à ſon entrée à Paris ,
au mois de Janvier 1540. il demeura court ,
& ne pût achever fon difcours. L'Auteur
de fa vie ne dit rien de femblable.
Catalogue des Ouvrages de Guillaume Budé.
1. De ftudio bonarum Litterarum rectè &
commodè inftituendo Liber ad Franciſcum I.
Regem Galliarum.
نم
2. De Philologia libri duo ad Henricum
Aurelianenfem & Carolum Angolifmenfem ,
Francifci Regis filios. Ces deux Ouvrages
imprimés à Bâle en 1533. fe trouvent dans
le fecond Volume du Recueil de Crenius,
intitulé : Variorum Autorum Concilia ,
Studiorum Methodi . Rotterodami 1694. in-
4. Ils font peu lus ,
dit Louis
parceque ,
le Roi , peu de gens font capables de goûter
l'érudition de Budé , & que tout le
monde n'étant pas accoûtumé à fes manieres
de parler , on a de la peine à entrer
dans fa penfée , à moins que d'être
déja fçavant quand on fe met à cette lecture
, c'est- à-dire , pour parler en ftile
moins panégyrifte , parce qu'il y eft trop
obfcur.
3.
AVRIL. 1730. 737
3. De contemptu rerum fortuitarum Libri
tres ad Draconem Budaum fratrem. Parif.
1520. & 1526.in- 4. Item Argentorati 15-29.
Item Lugd. Bat. 1624. in- 16.
4. De Tranfitu Hellenifmi ad Chriftianifmum
Libri tres ad Francifcum Regem.
Parif. 1535. & 1556. in-fol.
Budé apprend dans cet Ouvrage à
paffer des Sciences profanes à la véritable
Philofophie , qui ne fe trouve que
dans la Doctrine celefte de Jeſus- Chriſt.
L
5. Epiftolarum Latinarum Libri V.
& Grecarum Liber unus. Parif. 1520. infol
. Item Bafilee 1521. in-4 . Les Lettres
Greques ont été imprimées féparément
à Paris 1550. in- 4. Item traduites en Latin
par Antoine Pichon . Paris 1574. in - 4 .
6. Ariftotelis & Philonis Judai Liber de
Mundo. Bafilea 1533 .
7. Plutarchi Liber de tranquillitate animi,
ad Fulium II. Pontificem Maximum.
8. Ejufdem de Fortuna Romanorum Liber
unus , & de Fortuna & Virtute Alexandri
Magni Libri duo.
9. Ejufdem de Placitis Decretifque Phi
lofophorum naturalibus Libri V.
10. Bafilii Magni Epiftola ad Gregorium
Nazianzenum de Vita in folitudine agenda.
Ces Traductions furent le premier
coup d'effai & le commencement des travaux
Litteraires de Budé ; elles furent fi
E v efti738
MERCURE DE FRANCE
eftimées , dit l'Auteur de fa vie , qu'on
auroit eu peine à l'en croire Auteur , s'il
p'eut donné dans la fuite d'autres preuves
plus confiderables de fon génie & de
fa capacité. Mais Nannius & Borremans
prétendent qu'il ne s'y eft appliqué qu'à
exprimer le fens de fon Auteur fans fe
mettre fort en peine de le fuivre mot pour
mot ; & M. Huet dit que pour avoir af
fecté le grand ſtile, & y avoir voulu faire
paroître une partie de fon érudition , il a
paffé pour un Paraphrafte , plutôt que
pour un veritable Traducteur ..
Tous les Ouvrages dont je viens de :
parler font contenus dans le premier Vo--
lume du Recueil des Oeuvres de Budé
publié à Bâle l'an 1557. en 4. volumes in--
fol. avec une ample Préface de Coelius .
fecundus Curion .
11. De Affe & partibus ejus Libri V..
Parif. 1516. 1524 , 1541. 1542. 1544.
in-fol. Item ab Autore noviffimè recogniti
& locupletati. Parifiis 1548. in- fol . Item
Venetiis 1522. in 4. Item Colonia 1528.-
in 8. avec l'Abregé de cet Ouvrage . Item
Lugduni 1542. & 1550. in 8. Budé prit
lui- même le foin de faire un Abregé de
fon Livre en François , & cet Abregé a
été imprimé plufieurs fois ; il eft cepen--
dant rare. Une Edition porte ce titre ::
Sommaire ou Epitome du Livre de . Affe
Par
AVRIL.: 1730. 739 .
も
perpar
Guillaume Budé, Paris 1522. in 8. Une
autre eft intitulée : Extrait on Abregé du
Livre de Affe , de feu M. Budé , auquel
les Monnoyes , Poids & Mefures anciennes
font réduites à celles de maintenant. Revû de
nouveau , corrigé & additionné. Paris 1550 .
in 12. Le Livre de Affe que l'Auteur de
fa Vie appelle Divinum Opus , fit beaucoup
d'honneur à Budé ; mais il fe trouva
un Italien qui lui contefta la gloire
d'avoir défriché le premier les matieres
épineufes des Monnoyes & des Mefures
des Anciens. Ce fut Leonard Portius qui
prétendit avoir cette gloire . Budé l'ayant
appris , en fut extrêmement irrité , & .
déclara hautement qu'il ne tenoit de
fonne ce qu'il avoit publié fur cette matiere
, & que Portius l'avoit pillé . Jean-
Lafcaris , qui étoit leur ami commun
empêcha que cette querelle n'allat plusloin
, & obtint de Budé , à force de prieres
, qu'il n'inferât point dans la feconde.
Edition de fon Livre le Difcours piquant
qu'il avoit compofé contre Portius . Budé
reconnut lui -même , quand fa premiere
colere fut paffée , qu'il avoit eu trop
d'emportement , c'est ce qui fit qu'il ne
voulut plus prendre d'interêt aux attaques
qui lui furent faites dans la fuite , &
qu'il fouffrit tranquillement que George.
Agricola s'attribuât telle part qu'il vou-
E vj droit
740 MERCURE DE FRANCE
droit de la gloire de fes découvertes .
Le Livre de Affe fait le fecond Volume
du Recueil des Oeuvres de Budé.
12. Annotationes in Pandectas priores &
pofteriores. Colonia 1526. in 8. Item Parif.
1532. 1536. 1556. in fol . It. Bafilea 15340
in 8. It. Lugduni 1551. & 1567. in 8 .
Les premieres Obfervations de Budé fur
les Pandectes parurent feules pour la premiere
fois en 1508. Antoine Auguftin ,
qui loue beaucoup cet Ouvrage par rapport
à l'érudition , n'en fait pas le même
cas par rapport à ce qui concerne le Droit.
13. Forenfia quibus vulgares & verè La
tina Furifconfultorum loquendi formula traduntur
, cum verborum forenfium indice. Parif.
1548. in fol. It. fans l'Index. Bafilea
in 8. Cet Ouvrage eft affez imparfait
& n'étoit pas encore en état de voir le
jour lorsque l'Auteur mourut.
Ces deux Ouvrages rempliffent le troifiéme
Volume du Recueil.
14. Commentarii Lingua Greca. Parif.
1529. in fol. Item Bafilea 1530. in fol. It.
ab Autore recogniti & aucti . Parif. 1548 .
in fol. Ft. Bafilea 1556. in fol . Ces Commentaires
font très - fçavans , & on y remarque
fans peine un travail immenfe &
une lecture prodigieufe ; mais après tour
ce n'eft qu'une maffe informe & indi
gefte , fans ordre & fans méthode..
Cet
AVRIL. 1730. 741
Cet Ouvrage termine le Recueil dont
il fait le quatriéme Volume. On a outre
cela de Budé
15. De l'Inftitution du Prince , par Guillaume
Budé , avec les Annotations de Jean
de Luxembourg, Abbé d'Yvri , de la Ri
vour& de Salmoify. La Rivour 1547. in
fol. Item Lyon in 4. La Rivour , où ce Livre
a été imprimé pour la premiere fois
eft une Abbaye en Champagne près de
Troyes. Ce n'étoit pas le talent de Budé
d'écrire en François ; fon ftile eft rude
obfcur & peur poli ; quoique fa Latinité
foit bien meilleure , quelques- uns y trou
vent cependant les mêmes défauts.
16. Ariftotelis Meteorologia , latinè versa.
Dans les Oeuvres de ce Philofophe.
17. Excepta de Venatione. A la fin du
Dictionnaire François- Latin de Jean Thier
ri. Paris. 1564. in fol.
18. Note in Ciceronis Epiftolas familia
res , dans l'Edition de Jean Thierri , cum
Scholiis ferè XXX. Doctorum Virorum. Parifiis
1557. in fol.
V.G. Budai Vita per Lud. Regium. Parif.
1577. in 4. It. dans le Recueil des
Opufcules de Louis le Roi. Paris 1571 .
in 4. Item dans le Recueil des Vies choifies
des Hommes illuftres , publiées par
Jean Bates. Londres 1682. in 4. It. parmi
les Vies des plus celebres Jurifconfultes
recueillies
742 MERCURE DE FRANCE.
recueillies par Fred.Jacques Leicker.Lipfia
1686. in 8.
de Guillaume Budé.
'Auteur des Memoires ajoûte ce qui
Lfuit : Ces paroles ( c'eft- à-dire , ce
que Budé avoit ordonné fur fon Enterrement
, ) ont fait naître dans l'efprit de
quelques-uns des foupçons contre la créan-
* ce , qui ont été fort augmentés par la Profeffion
ouverte que fa veuve alla faire du
Proteftantifme à Genève , avec une partie
de fes enfans. Mais d'autres , comme le
Pere Garaffe , ont pris fa défenſe fur cet
article ,
AVRIL. 1730. 735
rticle , outre qu'il paroît par fes Ecrits
qu'il étoit fort oppofé aux prétendus Ré-,
formateurs.
Son mariage ne fut pas fterile , puifqu'il
laiffa en mourant onze enfans , fept gar-
Cons & quatre filles . Sa veuve fe retira à
Genéve , comme je viens de le dire , avec
fes filles , & y embraffa la Religion Proteftante.
Un de fes fils ( Louis Budé ) s'y
retira auffi , & y fut Profeffeur en Langue
Hébraïque. Il publia une Traduction
Latine des Pleaumes avec des Notes , & il
auroit encore publié d'autres Ouvrages ,
s'il n'étoit mort fort jeune vers l'an 1550 .
( a )
Mathieu Budé , autre fils de Guillaume
,eft loué par Henri Etienne comme
un homme qui entendoit à fond la Langue
Hebraique.
Jean Budé , fon frere , fut un des trois
Députés que les Calviniftes envoyerent
en 1558. en Allemagne pour les affaires
de leur Eglife.
On dit deux chofes particulieres de
Guillaume Budé ; la premiere eft qu'il ne
voulut jamais fe laiffer peindre ce qui
a donné fujet à ces Vers d'Etienne Pafquier.
( a ) Colomies Gallia Orient, p. 15% -
E iiij Nec
1
736 MERCURE DE FRANCE
Nec voluit vivus fingi , pingive Budæus ,
Nec vatum moriens quæfiit elogia ;
Hunc qui tanta fuæ mentis monumenta reliquit
Externa puduit vivere velle manu .
La feconde eft qu'ayant voulu haranguer
Charles-Quint à ſon entrée à Paris ,
au mois de Janvier 1540. il demeura court ,
& ne pût achever fon difcours. L'Auteur
de fa vie ne dit rien de femblable.
Catalogue des Ouvrages de Guillaume Budé.
1. De ftudio bonarum Litterarum rectè &
commodè inftituendo Liber ad Franciſcum I.
Regem Galliarum.
نم
2. De Philologia libri duo ad Henricum
Aurelianenfem & Carolum Angolifmenfem ,
Francifci Regis filios. Ces deux Ouvrages
imprimés à Bâle en 1533. fe trouvent dans
le fecond Volume du Recueil de Crenius,
intitulé : Variorum Autorum Concilia ,
Studiorum Methodi . Rotterodami 1694. in-
4. Ils font peu lus ,
dit Louis
parceque ,
le Roi , peu de gens font capables de goûter
l'érudition de Budé , & que tout le
monde n'étant pas accoûtumé à fes manieres
de parler , on a de la peine à entrer
dans fa penfée , à moins que d'être
déja fçavant quand on fe met à cette lecture
, c'est- à-dire , pour parler en ftile
moins panégyrifte , parce qu'il y eft trop
obfcur.
3.
AVRIL. 1730. 737
3. De contemptu rerum fortuitarum Libri
tres ad Draconem Budaum fratrem. Parif.
1520. & 1526.in- 4. Item Argentorati 15-29.
Item Lugd. Bat. 1624. in- 16.
4. De Tranfitu Hellenifmi ad Chriftianifmum
Libri tres ad Francifcum Regem.
Parif. 1535. & 1556. in-fol.
Budé apprend dans cet Ouvrage à
paffer des Sciences profanes à la véritable
Philofophie , qui ne fe trouve que
dans la Doctrine celefte de Jeſus- Chriſt.
L
5. Epiftolarum Latinarum Libri V.
& Grecarum Liber unus. Parif. 1520. infol
. Item Bafilee 1521. in-4 . Les Lettres
Greques ont été imprimées féparément
à Paris 1550. in- 4. Item traduites en Latin
par Antoine Pichon . Paris 1574. in - 4 .
6. Ariftotelis & Philonis Judai Liber de
Mundo. Bafilea 1533 .
7. Plutarchi Liber de tranquillitate animi,
ad Fulium II. Pontificem Maximum.
8. Ejufdem de Fortuna Romanorum Liber
unus , & de Fortuna & Virtute Alexandri
Magni Libri duo.
9. Ejufdem de Placitis Decretifque Phi
lofophorum naturalibus Libri V.
10. Bafilii Magni Epiftola ad Gregorium
Nazianzenum de Vita in folitudine agenda.
Ces Traductions furent le premier
coup d'effai & le commencement des travaux
Litteraires de Budé ; elles furent fi
E v efti738
MERCURE DE FRANCE
eftimées , dit l'Auteur de fa vie , qu'on
auroit eu peine à l'en croire Auteur , s'il
p'eut donné dans la fuite d'autres preuves
plus confiderables de fon génie & de
fa capacité. Mais Nannius & Borremans
prétendent qu'il ne s'y eft appliqué qu'à
exprimer le fens de fon Auteur fans fe
mettre fort en peine de le fuivre mot pour
mot ; & M. Huet dit que pour avoir af
fecté le grand ſtile, & y avoir voulu faire
paroître une partie de fon érudition , il a
paffé pour un Paraphrafte , plutôt que
pour un veritable Traducteur ..
Tous les Ouvrages dont je viens de :
parler font contenus dans le premier Vo--
lume du Recueil des Oeuvres de Budé
publié à Bâle l'an 1557. en 4. volumes in--
fol. avec une ample Préface de Coelius .
fecundus Curion .
11. De Affe & partibus ejus Libri V..
Parif. 1516. 1524 , 1541. 1542. 1544.
in-fol. Item ab Autore noviffimè recogniti
& locupletati. Parifiis 1548. in- fol . Item
Venetiis 1522. in 4. Item Colonia 1528.-
in 8. avec l'Abregé de cet Ouvrage . Item
Lugduni 1542. & 1550. in 8. Budé prit
lui- même le foin de faire un Abregé de
fon Livre en François , & cet Abregé a
été imprimé plufieurs fois ; il eft cepen--
dant rare. Une Edition porte ce titre ::
Sommaire ou Epitome du Livre de . Affe
Par
AVRIL.: 1730. 739 .
も
perpar
Guillaume Budé, Paris 1522. in 8. Une
autre eft intitulée : Extrait on Abregé du
Livre de Affe , de feu M. Budé , auquel
les Monnoyes , Poids & Mefures anciennes
font réduites à celles de maintenant. Revû de
nouveau , corrigé & additionné. Paris 1550 .
in 12. Le Livre de Affe que l'Auteur de
fa Vie appelle Divinum Opus , fit beaucoup
d'honneur à Budé ; mais il fe trouva
un Italien qui lui contefta la gloire
d'avoir défriché le premier les matieres
épineufes des Monnoyes & des Mefures
des Anciens. Ce fut Leonard Portius qui
prétendit avoir cette gloire . Budé l'ayant
appris , en fut extrêmement irrité , & .
déclara hautement qu'il ne tenoit de
fonne ce qu'il avoit publié fur cette matiere
, & que Portius l'avoit pillé . Jean-
Lafcaris , qui étoit leur ami commun
empêcha que cette querelle n'allat plusloin
, & obtint de Budé , à force de prieres
, qu'il n'inferât point dans la feconde.
Edition de fon Livre le Difcours piquant
qu'il avoit compofé contre Portius . Budé
reconnut lui -même , quand fa premiere
colere fut paffée , qu'il avoit eu trop
d'emportement , c'est ce qui fit qu'il ne
voulut plus prendre d'interêt aux attaques
qui lui furent faites dans la fuite , &
qu'il fouffrit tranquillement que George.
Agricola s'attribuât telle part qu'il vou-
E vj droit
740 MERCURE DE FRANCE
droit de la gloire de fes découvertes .
Le Livre de Affe fait le fecond Volume
du Recueil des Oeuvres de Budé.
12. Annotationes in Pandectas priores &
pofteriores. Colonia 1526. in 8. Item Parif.
1532. 1536. 1556. in fol . It. Bafilea 15340
in 8. It. Lugduni 1551. & 1567. in 8 .
Les premieres Obfervations de Budé fur
les Pandectes parurent feules pour la premiere
fois en 1508. Antoine Auguftin ,
qui loue beaucoup cet Ouvrage par rapport
à l'érudition , n'en fait pas le même
cas par rapport à ce qui concerne le Droit.
13. Forenfia quibus vulgares & verè La
tina Furifconfultorum loquendi formula traduntur
, cum verborum forenfium indice. Parif.
1548. in fol. It. fans l'Index. Bafilea
in 8. Cet Ouvrage eft affez imparfait
& n'étoit pas encore en état de voir le
jour lorsque l'Auteur mourut.
Ces deux Ouvrages rempliffent le troifiéme
Volume du Recueil.
14. Commentarii Lingua Greca. Parif.
1529. in fol. Item Bafilea 1530. in fol. It.
ab Autore recogniti & aucti . Parif. 1548 .
in fol. Ft. Bafilea 1556. in fol . Ces Commentaires
font très - fçavans , & on y remarque
fans peine un travail immenfe &
une lecture prodigieufe ; mais après tour
ce n'eft qu'une maffe informe & indi
gefte , fans ordre & fans méthode..
Cet
AVRIL. 1730. 741
Cet Ouvrage termine le Recueil dont
il fait le quatriéme Volume. On a outre
cela de Budé
15. De l'Inftitution du Prince , par Guillaume
Budé , avec les Annotations de Jean
de Luxembourg, Abbé d'Yvri , de la Ri
vour& de Salmoify. La Rivour 1547. in
fol. Item Lyon in 4. La Rivour , où ce Livre
a été imprimé pour la premiere fois
eft une Abbaye en Champagne près de
Troyes. Ce n'étoit pas le talent de Budé
d'écrire en François ; fon ftile eft rude
obfcur & peur poli ; quoique fa Latinité
foit bien meilleure , quelques- uns y trou
vent cependant les mêmes défauts.
16. Ariftotelis Meteorologia , latinè versa.
Dans les Oeuvres de ce Philofophe.
17. Excepta de Venatione. A la fin du
Dictionnaire François- Latin de Jean Thier
ri. Paris. 1564. in fol.
18. Note in Ciceronis Epiftolas familia
res , dans l'Edition de Jean Thierri , cum
Scholiis ferè XXX. Doctorum Virorum. Parifiis
1557. in fol.
V.G. Budai Vita per Lud. Regium. Parif.
1577. in 4. It. dans le Recueil des
Opufcules de Louis le Roi. Paris 1571 .
in 4. Item dans le Recueil des Vies choifies
des Hommes illuftres , publiées par
Jean Bates. Londres 1682. in 4. It. parmi
les Vies des plus celebres Jurifconfultes
recueillies
742 MERCURE DE FRANCE.
recueillies par Fred.Jacques Leicker.Lipfia
1686. in 8.
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Résumé : CONTINUATION de l'Article de Guillaume Budé.
Guillaume Budé, érudit et humaniste français, a laissé des instructions pour son enterrement qui ont suscité des soupçons sur sa foi. Sa veuve et certaines de ses filles se sont converties au protestantisme à Genève. Cependant, des défenseurs comme le Père Garaffe ont contesté ces accusations, affirmant que Budé était opposé aux réformateurs. Budé a eu onze enfants, dont sept garçons et quatre filles. Louis Budé, l'un de ses fils, est devenu professeur de langue hébraïque à Genève et a traduit les Psaumes en latin. Mathieu Budé était également reconnu pour sa maîtrise de l'hébreu. Jean Budé, un autre fils, a été député des calvinistes en Allemagne en 1558. Deux anecdotes notables concernent Budé : il a refusé de se faire peindre et a échoué à terminer un discours devant Charles Quint en 1540. Budé est l'auteur de plusieurs ouvrages importants, dont 'De studio bonarum litterarum' et 'De Philologia'. Ses écrits, bien que riches en érudition, sont souvent jugés obscurs et difficiles d'accès. Il a également traduit des œuvres de Platon et de Plutarque, et a écrit sur les monnaies, les poids et les mesures antiques, ce qui lui a valu des controverses avec des érudits comme Leonard Portius. Ses 'Annotationes in Pandectas' et 'Commentarii Linguae Graecae' sont également notables, bien que critiqués pour leur manque de méthode. Budé a également travaillé sur des commentaires linguistiques et des annotations juridiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 742-743
« De Imitatione Christi Libri quatuor, Versibus Heroïcis, traducti à Domino Du Quesnay [...] »
Début :
De Imitatione Christi Libri quatuor, Versibus Heroïcis, traducti à Domino Du Quesnay [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Imitatione Christi Libri quatuor, Versibus Heroïcis, traducti à Domino Du Quesnay [...] »
De Imitatione Chrifti Libri quatuor , Verfibus
Heroicis , traducti à Domino Du Quef
nay de Boifguibert , in Suprema Rationum
Regiarum Curia cognofcendis Rationibus:
Prafecto. Parifiis , Typis Langlois. 1729..
in 8. pages 281 .
Nous ne parlerons point du fond de
cet Ouvrage qui eft affez connu du Public
, nous remarquerons feulement que
M. du Quefnay paroît ne s'être point
éloigné du fens de fon Original ; fon ftile
eft auffi fimple que le fujet le demande
ayant même employé la plus grande partie
des termes du pieux Auteur de l'Imitation
. Une chofe qui paroîtra peu ordinaire
, ou plutôt toute finguliere , c'eft que
l'Approbation même de cet Ouvrage eft
en Vers . On ne fera peut - être pas fâché de
fçavoir enquels termes l'Approbation d'un
Docteur de Sorbonne , & Cenfeur Royal
eft conçûë en ſtile poëtique : la voici ::
Inclyta juffa fequor dum Regia figna tenentis
Bis duo perlegi Libros , unumque Volumen ,.
Quod dedit alma manus , docta & pia Carmine
gråndi
Heroum , nomen verò eft , IMITATIO CHRISTI
Incorrupta fides , morum præceptio ſancta ,
In
AVRIL. 1730.
743
நில
In quo fplendefcunt , dignum prælo , ut fit in
ævum .
Datum in Sorbona , anno
Domini 1729. A. Le Moine & c..
Heroicis , traducti à Domino Du Quef
nay de Boifguibert , in Suprema Rationum
Regiarum Curia cognofcendis Rationibus:
Prafecto. Parifiis , Typis Langlois. 1729..
in 8. pages 281 .
Nous ne parlerons point du fond de
cet Ouvrage qui eft affez connu du Public
, nous remarquerons feulement que
M. du Quefnay paroît ne s'être point
éloigné du fens de fon Original ; fon ftile
eft auffi fimple que le fujet le demande
ayant même employé la plus grande partie
des termes du pieux Auteur de l'Imitation
. Une chofe qui paroîtra peu ordinaire
, ou plutôt toute finguliere , c'eft que
l'Approbation même de cet Ouvrage eft
en Vers . On ne fera peut - être pas fâché de
fçavoir enquels termes l'Approbation d'un
Docteur de Sorbonne , & Cenfeur Royal
eft conçûë en ſtile poëtique : la voici ::
Inclyta juffa fequor dum Regia figna tenentis
Bis duo perlegi Libros , unumque Volumen ,.
Quod dedit alma manus , docta & pia Carmine
gråndi
Heroum , nomen verò eft , IMITATIO CHRISTI
Incorrupta fides , morum præceptio ſancta ,
In
AVRIL. 1730.
743
நில
In quo fplendefcunt , dignum prælo , ut fit in
ævum .
Datum in Sorbona , anno
Domini 1729. A. Le Moine & c..
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Résumé : « De Imitatione Christi Libri quatuor, Versibus Heroïcis, traducti à Domino Du Quesnay [...] »
Le texte décrit une édition de l'œuvre 'De Imitatione Chrifti Libri quatuor, Verfibus', traduite par le seigneur Du Quefnay de Boisfugubert. Publiée à Paris en 1729 par Langlois, cette édition comprend 281 pages. La préface met en avant la fidélité de Du Quefnay au texte original et son utilisation d'un style simple avec de nombreux termes du texte source. Une particularité de cette édition est l'approbation rédigée en vers. Cette approbation, signée par un Docteur de Sorbonne et Censeur Royal, loue l'intégrité et la sainteté des préceptes moraux de l'œuvre, la jugeant digne d'être imprimée pour l'éternité. L'approbation est datée de 1729 et signée par A. Le Moine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 743-744
Supplement à la Méthode pour apprendre l'Ortographe, [titre d'après la table]
Début :
SUPPLEMENT à la Méthode pour apprendre l'Ortographe par Principes sans [...]
Mots clefs :
Méthode pour apprendre l'Orthographe, Orthographe
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texteReconnaissance textuelle : Supplement à la Méthode pour apprendre l'Ortographe, [titre d'après la table]
SUPPLEMENT à la Méthode pour apaprendre
l'Ortographe par Principes fans
fçavoir le Latin , & fans être obligé d'étudier
de mémoire , avec la Clef pour l'en--
feigner , ou Avis aux Maîtres de l'Art ,
par M. Jacquier ; le prix eft de trente
fols, broché , & de quatre livres relié avec
la Méthode..Vol . in 8. de 170. pages . A
Paris , chez Nicolas le Clerc , rue de la
Vieille Bouclerie , Jacques Joffe , rue S. Fac
ques , Le Gras , au Palais , & la Veuve
Piffot , à la defcente du Pont- Neuf, 1730.
Ce Supplement contient en abregé 10
les principales définitions de la Méthode ,,
& le chiffre qui eft au- deffus du reglet à
la fin de chaque définition , eft le nombre
qu'il faut chercher dans la Méthode
pour en voir les exemples , l'explication
& ce que l'on a retouché .
2° Une Méthode aifée & facile pour
conjuguer toute forte de Verbes par le
moyen d'une feule Clef..
3 Une Clef pour enfeigner l'Ortogra
phe , ou Avis aux Maîtres de l'Art.
49 Une Lifte de mots , avec une Mé--
thode
744 MERCURE DE FRANCE
thode pour les bien prononcer & orto
graphier avec principe .
Un Abregé très - utile pour n'être pas
obligé d'étudier de mémoire.
L'Auteur ajoute que comme on eft obligé
de dire pourquoi on écrit toutes les
Lettres qui ne fe prononcent pas , ou qui
n'ont pas un fon propre , on en viendra
aifément à bout par le moyen de la Table
qu'il a dreffée en cherchant les Lettres qui
ne fonnent point , ou qui ont un fon qui
ne leur eft pas propre.
Nous avons parle en fon tems de la Méthode
même dont on vient de donner ce
Supplement nous pouvons dire aujourd'hui
qu'elle a eu tout le fuccès poffible
dans la Pratique , & que c'eft avec beaucoup
de raifon que M. de Fontenelle en
a prévû l'utilité dans l'Approbation dont
il a honoré ce Livre.
l'Ortographe par Principes fans
fçavoir le Latin , & fans être obligé d'étudier
de mémoire , avec la Clef pour l'en--
feigner , ou Avis aux Maîtres de l'Art ,
par M. Jacquier ; le prix eft de trente
fols, broché , & de quatre livres relié avec
la Méthode..Vol . in 8. de 170. pages . A
Paris , chez Nicolas le Clerc , rue de la
Vieille Bouclerie , Jacques Joffe , rue S. Fac
ques , Le Gras , au Palais , & la Veuve
Piffot , à la defcente du Pont- Neuf, 1730.
Ce Supplement contient en abregé 10
les principales définitions de la Méthode ,,
& le chiffre qui eft au- deffus du reglet à
la fin de chaque définition , eft le nombre
qu'il faut chercher dans la Méthode
pour en voir les exemples , l'explication
& ce que l'on a retouché .
2° Une Méthode aifée & facile pour
conjuguer toute forte de Verbes par le
moyen d'une feule Clef..
3 Une Clef pour enfeigner l'Ortogra
phe , ou Avis aux Maîtres de l'Art.
49 Une Lifte de mots , avec une Mé--
thode
744 MERCURE DE FRANCE
thode pour les bien prononcer & orto
graphier avec principe .
Un Abregé très - utile pour n'être pas
obligé d'étudier de mémoire.
L'Auteur ajoute que comme on eft obligé
de dire pourquoi on écrit toutes les
Lettres qui ne fe prononcent pas , ou qui
n'ont pas un fon propre , on en viendra
aifément à bout par le moyen de la Table
qu'il a dreffée en cherchant les Lettres qui
ne fonnent point , ou qui ont un fon qui
ne leur eft pas propre.
Nous avons parle en fon tems de la Méthode
même dont on vient de donner ce
Supplement nous pouvons dire aujourd'hui
qu'elle a eu tout le fuccès poffible
dans la Pratique , & que c'eft avec beaucoup
de raifon que M. de Fontenelle en
a prévû l'utilité dans l'Approbation dont
il a honoré ce Livre.
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Résumé : Supplement à la Méthode pour apprendre l'Ortographe, [titre d'après la table]
Le document décrit un supplément à la 'Méthode pour apprendre l'Ortographe par Principes' de M. Jacquier, publié en 1730 à Paris. Ce supplément est disponible en version brochée à trente sols ou reliée à quatre livres. Il contient les principales définitions de la méthode, avec des références aux exemples et explications dans la méthode principale. Le supplément inclut également une méthode simplifiée pour conjuguer les verbes, une clé pour enseigner l'orthographe, et une liste de mots avec des indications pour leur prononciation et orthographe correctes. L'auteur met en avant l'avantage de cette méthode, qui évite l'apprentissage par cœur en expliquant la présence de certaines lettres non prononcées. La méthode a été bien reçue, notamment par M. de Fontenelle, qui en a souligné l'utilité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 744-749
Le Belier, Conte, [titre d'après la table]
Début :
LE BELIER, Conte. Par M. le Comte Antoine Hamilton. A Paris, ruë S. Jacques [...]
Mots clefs :
Conte, Prose, Prince, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Belier, Conte, [titre d'après la table]
LE BELIER , Conte. Par M. le Comte
Antoine Hamilton. A Paris , rue S. Facques
, chez F. Fr. Joffe 1730. in 12. de
330. pages.
Dans un Avis au Lecteur , le Libraire
s'exprime ainfi La profonde érudition
du Comte Antoine Hamilton , la délica
teffe de fon génie & la douceur de fes
moeurs l'ont rendu également cher aux
Sçavans & aux gens du monde. Un grand
Seigneur
AVRIL 1730. 749
Seigneur François ayant pris alliance dans
fa Maiſon , occafionna fes premiers voyages
à la Cour de France. Les Revolutions
d'Angleterre fous Jacques II . y fixerent
prefque fon féjour . Les Traductions des
Contes Perfans , Arabes & Turcs étoient
entre les mains de toutes les Dames de la
Cour & de la Ville ; il railloit les premieres
fur l'attachement qu'elles avoient pour
une lecture fi peu inftructive , mais avec
les ménagemens convenables pour ne pas
bleffer leur amour propre. Un jour on le
défia de faire quelque chofe dans le goût
de ces Ouvrages ; le Comte Hamilton ,
dont le génie pouvoit tout ce qu'il vouloit
, fit voir en peu de jours qu'il fçavoit
badiner avec les Mufes .
Madame la Comteffe de G ... fa foeur ,
avoit acquis depuis quelque tems une
mazure , avec un affez petit terrain , dans
le Parc de cette Maifon Royale qui fait
l'admiration de tout l'Univers , cette mazure
, qu'on nommoit Moulineau , devint
un lieu charmant par les foins vigilans ,
la magnificence & le goût de la Comteffe
de G ... on changea le nom de Moulineau
en celui de Ponthalie. C'eft à l'occafion
de l'étimologie de Ponthalie que,
le
Comte Antoine a fait le Belier ; il y a mille
petits faits déguifés dans cet Ouvrage
qu'il faut laiffer demafquer à qui le pourra
746 MERCURE DE FRANCE
ra; quand on ne devineroit rien , le Conte
n'en feroit pas moins bon ; l'Auteur fçait
badiner legerement , louer avec délicateffe
& critiquer finement.
Ce Manufcrit m'étant tombé dans les
mains ( c'eſt toujours le Libraire qui parle)
j'ai crû que le Public me fçauroit bon gré
de lui donner un Ouvrage qui dans fon
genre n'en a point de fuperieur , felon le
fentiment des gens de goût que j'ai con- .
fultés ,& s'il a le même fuccès que les Mé
moires du Comte de Grammont , qui font du
même Auteur , & le feul Ouvrage qui ait
encore paru de lui imprimé ( c'eft encore
le Libraire qui parle ) je ne ferai point
trompé dans mes efperances.
Dans ce Conte dont les 39. premieres
pages font en Vers , après une Deſcription
de Moulineau , on trouve ce Portrait :
Mais de ces lieux tout l'ornement
Etoit certaine jeune Armide ,
Faite par tel enchantement ,
Que fes regards portoient fans guide
Au fonds des coeurs l'embrafement ;
L'aimer pourtant étoit folie ,
Car l'infenfible Nymphe Alie ,.
Bien loin de vouloir fecourir
Ne cherchoit qu'à faire mourir ;
Tout l'art du Druide ſon Pere
Et
AVRIL. 1730. 747
Et fes enchantemens divers
S'étoient épuisés pour en faire
La merveille de l'Univers.
Depuis ce tems-là chaque Belle
A fuivi ce brillant modele ;
Mais nos modernes Déités
Heritieres de fes beautés ,
"
Et de fa fraîcheur immortelle ,
Par malheur ont emprunté d'elle
Les rigueurs & les cruautés.
Mille Amans : Ciel + quelle foibleflet
Surs de mourir , vouloient la voir ;
La fage & prudente vieilleffe
Y venoit languir fans efpoir ,
Et la floriffante jeuneffe
N'en avoit pas pour juſqu'au foir ;
Rien n'échapoit à la tigreffe ,
Tous les lieux d'alentour étoient tendus de nair
Et l'on voyoit périr fans ceffe
Quelqu'Amant
fec que la tendreffe
Avoit réduit au defefpoir.
Avant de quitter la Poëfie pour prendre
la Profe , l'Auteur fait cette tranfition .
Mais changeons de ftile , il eft tems
Que votre oreille ſe repoſe
Et que les vulgaires accens
Qui
748 MERCURE DE FRANCE
Qui chantoient les évenemens
Faffent place à la fimple Profe.
Le Cheval aîlé court les champs ,
Se cabre , & prend le frein aux dents,
Lors d'une main trop incertaine
Un Auteur par de vains élans ,
'Au milieu des airs fe
promene ;
Mais quand fous quelque efpece vaine à
Réduit au trot il bat des flancs ,
Et bronche au milieu de la Plaine
Il est tout des plus fatiguans.
Un Lecteur qui le fouffre à peine ,
S'endort fur fes pas chancelans ,
Et quels que foient leurs ornemens
Dans un récit de longue haleine
Les vers font toujours ennuyans.
Chez l'importune Poëfie
D'un Conte on ne voit
pas
la fin ;
Car quoiqu'elle marche à grand train ,
A chaque moment elle oublie
Ou fes Lecteurs ou fon deffein
Et fans fe douter qu'elle ennuye
Elle va l'Hiperbole en main ,
Orner un Palais , un Jardin ,
Ou relever en broderie
Tout ce qu'elle trouve en chemin.
Pour donner un petit échantillon de
cette Profe , nous tranfcrirons ici la Déclaration
AVRIL 1730. 749
claration du Prince de Noify à Alie , dont
les Portraits feroient dignes du pinceau de
l'Albane , par le charme & les graces que
l'habile Ecrivain a fçû leur donner .
>> Si vous n'êtes pas la Reine des Dieux
» ou la Mere des Amours, lui dit - il, apre-
» nez moi , je vous prie , qui eft la mortelle
» qui a tant d'éclat & tant de majefté , pour
» n'adorer plus qu'elle fur la terre. Et
» vous , lui répliqua Alie , fi vous n'êtes
» point un de ces Amours dont vous ve-
» nez de parler , qui pouvez- vous être ?
» Mais qui que vous foyez , non -feule-
» ment je reçois vos hommages , mais je
» vous promets de n'en recevoir jamais
» d'autres , pourvû que vous ne foyez pas
» le Prince de Noify ...Le Prince dit tout
» ce que l'amour refpectueux & le plus.
» tendre infpire dans ces occafions ; & la
» belle Alie tout ce que l'innocence dans
» un coeur extrêmement attendri permet
» de répondre,
Antoine Hamilton. A Paris , rue S. Facques
, chez F. Fr. Joffe 1730. in 12. de
330. pages.
Dans un Avis au Lecteur , le Libraire
s'exprime ainfi La profonde érudition
du Comte Antoine Hamilton , la délica
teffe de fon génie & la douceur de fes
moeurs l'ont rendu également cher aux
Sçavans & aux gens du monde. Un grand
Seigneur
AVRIL 1730. 749
Seigneur François ayant pris alliance dans
fa Maiſon , occafionna fes premiers voyages
à la Cour de France. Les Revolutions
d'Angleterre fous Jacques II . y fixerent
prefque fon féjour . Les Traductions des
Contes Perfans , Arabes & Turcs étoient
entre les mains de toutes les Dames de la
Cour & de la Ville ; il railloit les premieres
fur l'attachement qu'elles avoient pour
une lecture fi peu inftructive , mais avec
les ménagemens convenables pour ne pas
bleffer leur amour propre. Un jour on le
défia de faire quelque chofe dans le goût
de ces Ouvrages ; le Comte Hamilton ,
dont le génie pouvoit tout ce qu'il vouloit
, fit voir en peu de jours qu'il fçavoit
badiner avec les Mufes .
Madame la Comteffe de G ... fa foeur ,
avoit acquis depuis quelque tems une
mazure , avec un affez petit terrain , dans
le Parc de cette Maifon Royale qui fait
l'admiration de tout l'Univers , cette mazure
, qu'on nommoit Moulineau , devint
un lieu charmant par les foins vigilans ,
la magnificence & le goût de la Comteffe
de G ... on changea le nom de Moulineau
en celui de Ponthalie. C'eft à l'occafion
de l'étimologie de Ponthalie que,
le
Comte Antoine a fait le Belier ; il y a mille
petits faits déguifés dans cet Ouvrage
qu'il faut laiffer demafquer à qui le pourra
746 MERCURE DE FRANCE
ra; quand on ne devineroit rien , le Conte
n'en feroit pas moins bon ; l'Auteur fçait
badiner legerement , louer avec délicateffe
& critiquer finement.
Ce Manufcrit m'étant tombé dans les
mains ( c'eſt toujours le Libraire qui parle)
j'ai crû que le Public me fçauroit bon gré
de lui donner un Ouvrage qui dans fon
genre n'en a point de fuperieur , felon le
fentiment des gens de goût que j'ai con- .
fultés ,& s'il a le même fuccès que les Mé
moires du Comte de Grammont , qui font du
même Auteur , & le feul Ouvrage qui ait
encore paru de lui imprimé ( c'eft encore
le Libraire qui parle ) je ne ferai point
trompé dans mes efperances.
Dans ce Conte dont les 39. premieres
pages font en Vers , après une Deſcription
de Moulineau , on trouve ce Portrait :
Mais de ces lieux tout l'ornement
Etoit certaine jeune Armide ,
Faite par tel enchantement ,
Que fes regards portoient fans guide
Au fonds des coeurs l'embrafement ;
L'aimer pourtant étoit folie ,
Car l'infenfible Nymphe Alie ,.
Bien loin de vouloir fecourir
Ne cherchoit qu'à faire mourir ;
Tout l'art du Druide ſon Pere
Et
AVRIL. 1730. 747
Et fes enchantemens divers
S'étoient épuisés pour en faire
La merveille de l'Univers.
Depuis ce tems-là chaque Belle
A fuivi ce brillant modele ;
Mais nos modernes Déités
Heritieres de fes beautés ,
"
Et de fa fraîcheur immortelle ,
Par malheur ont emprunté d'elle
Les rigueurs & les cruautés.
Mille Amans : Ciel + quelle foibleflet
Surs de mourir , vouloient la voir ;
La fage & prudente vieilleffe
Y venoit languir fans efpoir ,
Et la floriffante jeuneffe
N'en avoit pas pour juſqu'au foir ;
Rien n'échapoit à la tigreffe ,
Tous les lieux d'alentour étoient tendus de nair
Et l'on voyoit périr fans ceffe
Quelqu'Amant
fec que la tendreffe
Avoit réduit au defefpoir.
Avant de quitter la Poëfie pour prendre
la Profe , l'Auteur fait cette tranfition .
Mais changeons de ftile , il eft tems
Que votre oreille ſe repoſe
Et que les vulgaires accens
Qui
748 MERCURE DE FRANCE
Qui chantoient les évenemens
Faffent place à la fimple Profe.
Le Cheval aîlé court les champs ,
Se cabre , & prend le frein aux dents,
Lors d'une main trop incertaine
Un Auteur par de vains élans ,
'Au milieu des airs fe
promene ;
Mais quand fous quelque efpece vaine à
Réduit au trot il bat des flancs ,
Et bronche au milieu de la Plaine
Il est tout des plus fatiguans.
Un Lecteur qui le fouffre à peine ,
S'endort fur fes pas chancelans ,
Et quels que foient leurs ornemens
Dans un récit de longue haleine
Les vers font toujours ennuyans.
Chez l'importune Poëfie
D'un Conte on ne voit
pas
la fin ;
Car quoiqu'elle marche à grand train ,
A chaque moment elle oublie
Ou fes Lecteurs ou fon deffein
Et fans fe douter qu'elle ennuye
Elle va l'Hiperbole en main ,
Orner un Palais , un Jardin ,
Ou relever en broderie
Tout ce qu'elle trouve en chemin.
Pour donner un petit échantillon de
cette Profe , nous tranfcrirons ici la Déclaration
AVRIL 1730. 749
claration du Prince de Noify à Alie , dont
les Portraits feroient dignes du pinceau de
l'Albane , par le charme & les graces que
l'habile Ecrivain a fçû leur donner .
>> Si vous n'êtes pas la Reine des Dieux
» ou la Mere des Amours, lui dit - il, apre-
» nez moi , je vous prie , qui eft la mortelle
» qui a tant d'éclat & tant de majefté , pour
» n'adorer plus qu'elle fur la terre. Et
» vous , lui répliqua Alie , fi vous n'êtes
» point un de ces Amours dont vous ve-
» nez de parler , qui pouvez- vous être ?
» Mais qui que vous foyez , non -feule-
» ment je reçois vos hommages , mais je
» vous promets de n'en recevoir jamais
» d'autres , pourvû que vous ne foyez pas
» le Prince de Noify ...Le Prince dit tout
» ce que l'amour refpectueux & le plus.
» tendre infpire dans ces occafions ; & la
» belle Alie tout ce que l'innocence dans
» un coeur extrêmement attendri permet
» de répondre,
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Résumé : Le Belier, Conte, [titre d'après la table]
Le texte présente le conte 'Le Bélier', écrit par le Comte Antoine Hamilton et publié à Paris en 1730. Le libraire met en avant l'érudition, le génie et les mœurs douces de Hamilton, qui lui ont valu l'estime des savants et des gens du monde. Après avoir voyagé en France et s'être installé en Angleterre, Hamilton s'est distingué par ses traductions de contes persans, arabes et turcs, très populaires à la cour. Un jour, défié de créer un ouvrage similaire, Hamilton compose 'Le Bélier' en quelques jours, démontrant ainsi son talent. L'histoire se déroule à Ponthalie, une propriété transformée par la Comtesse de G... à partir d'une ancienne masure appelée Moulineau. Le conte commence en vers, décrivant la beauté et les dangers de la jeune Armide, une nymphe cruelle qui attire les amants vers une mort certaine. Le texte passe ensuite à la prose, critiquant la poésie pour sa tendance à ennuyer les lecteurs dans les longs récits. Le conte inclut également des portraits charmants, comme celui du Prince de Noisy déclarant son amour à Alie. Le libraire espère que cet ouvrage connaîtra le même succès que les 'Mémoires du Comte de Grammont' de Hamilton.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 749-752
« NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
Début :
NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
NOUVELLE METHODE très - courte
& très-facile pour apprendre aux Enfans,
les premiers Principes de la Langue Latine
& de la Poëfie . A Paris , rue S. Jacques
, chez R. M. d'Espilly , in- 12 . de
261. pages. (
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire.
dc
750 MERCURE DE FRANCE
de France & de Bourgogne , contenant
un Journal de Paris fous les Regnes de
Charles VI. & de Charles VII . l'hiſtoire
du meurtre de Jean fans peur , Duc de
Bourgogne , avec les preuves &c. A Paris
, Quai de Conti & ruë S. Jacques , chez
Gandouin & chez Giffart 1729. 2. vol . in-
4. de plus de 800. pages les deux.
EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation
ordinaire aux femmes , où l'on
examine les Phénomenes , les retours , les
vices & la Méthode curative qui la concernent
, felon les loix de la Mechanique,
écrit en Anglois par M. Freind , & traduit
par M. de Vaux , Maître Chirurgien Juré
à Paris , & ancien Prevoft de fa Communauté.
Rue S. Jacques , chez Jacques Clouzier
1730. in- 12.
DISCOURS CRITIQUE fur la Tragédie
Françoife & fur l'habillement des
Acteurs , contenant quelques Remarques
particulieres fur la Tragédie Italienne ,
traduit de l'Italien , par M *** Ruë S.
Severin , chez Jacques Chardon 1730. bro--
chure in- 12.
LES CHARMES DE LA SOCIETE
DU CHRETIEN. Rue S. Jacques , chez
Jacques Etienne 1730. in- 12,
VOYA
AVRIL. 1730. 751
VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie
de Jefus, en Turquie , en Perfe, en
Armenie , en Arabie & en Barbarie. A
Paris , rue S. Severin , chez Jacques Vinsent
1730. in- 12, de 647. pages.
REFLEXIONS CRITIQUES fur le
Traité de l'ufage , des differentes faignées
principalement de celle du pied , en
forme de Lettres. A Paris , Quai des Auguftins
, chez Rollin , pere 1730, in- 12 , de
500. pages.
DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE
COMMERCE , contenant tout ce qui
concerne le Commerce qui fe fait dans
les quatre Parties du Monde , par Terre ,
par Mer , de proche en proche , & par
des voyages de long cours , tant en gros
qu'en détail &c. Tome III . pour fervir
de Supplement aux deux premiers Volumes
, compofé en partie fur les Mémoi-'
res de feu S. Jacques Savary des Bruflons
&c. & perfectionné par M. Philemon-
Louis Savary , Chanoine de l'Eglife Royale
de S. Maur des Foffez , fon frere. A Pa
ris , rue S. Jacques , chez Jacques Etienne
1730. in-folio..
CONFERENCE DE LA FABLE AVEC
L'HISTOIRE SAINTE , où l'on voit'
que
752 MERCURE DE FRANCE
que les grandes Fables , le culte & les mi-
Ateres du Paganiſme ne font que
des copies
alterées des Hiftoires , des Ufages &
des Traditions des Hebreux . Par M. de
Lavaur , Quai des Auguftins , chez André
Caillean 1730. 2. Vol. in- 12.
DESCRIPTION DE LA VILLE DE
LISBONNE , où l'on traite de la Cour ,
de la Langue Portugaiſe & des moeurs des
Habitans , du Gouvernement , des Revenus
du Roi & des Forces par Mer & par
Terre , des Colonies Portugaifes & du
Commerce de cette Capitale . Quay de
Gêvres , chez P, Prault 1730, in - 12,
SERMONS CHOISIS fur les Mifteres ,
la verité de la Religion , differens fujets
de la Morale Chrétienne &c. Ruë S.
Jacques , chez Mercier, pere , & N. Lottin
1730. in 12. Le fecond Vol. paroîtra
dans peu.
& très-facile pour apprendre aux Enfans,
les premiers Principes de la Langue Latine
& de la Poëfie . A Paris , rue S. Jacques
, chez R. M. d'Espilly , in- 12 . de
261. pages. (
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire.
dc
750 MERCURE DE FRANCE
de France & de Bourgogne , contenant
un Journal de Paris fous les Regnes de
Charles VI. & de Charles VII . l'hiſtoire
du meurtre de Jean fans peur , Duc de
Bourgogne , avec les preuves &c. A Paris
, Quai de Conti & ruë S. Jacques , chez
Gandouin & chez Giffart 1729. 2. vol . in-
4. de plus de 800. pages les deux.
EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation
ordinaire aux femmes , où l'on
examine les Phénomenes , les retours , les
vices & la Méthode curative qui la concernent
, felon les loix de la Mechanique,
écrit en Anglois par M. Freind , & traduit
par M. de Vaux , Maître Chirurgien Juré
à Paris , & ancien Prevoft de fa Communauté.
Rue S. Jacques , chez Jacques Clouzier
1730. in- 12.
DISCOURS CRITIQUE fur la Tragédie
Françoife & fur l'habillement des
Acteurs , contenant quelques Remarques
particulieres fur la Tragédie Italienne ,
traduit de l'Italien , par M *** Ruë S.
Severin , chez Jacques Chardon 1730. bro--
chure in- 12.
LES CHARMES DE LA SOCIETE
DU CHRETIEN. Rue S. Jacques , chez
Jacques Etienne 1730. in- 12,
VOYA
AVRIL. 1730. 751
VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie
de Jefus, en Turquie , en Perfe, en
Armenie , en Arabie & en Barbarie. A
Paris , rue S. Severin , chez Jacques Vinsent
1730. in- 12, de 647. pages.
REFLEXIONS CRITIQUES fur le
Traité de l'ufage , des differentes faignées
principalement de celle du pied , en
forme de Lettres. A Paris , Quai des Auguftins
, chez Rollin , pere 1730, in- 12 , de
500. pages.
DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE
COMMERCE , contenant tout ce qui
concerne le Commerce qui fe fait dans
les quatre Parties du Monde , par Terre ,
par Mer , de proche en proche , & par
des voyages de long cours , tant en gros
qu'en détail &c. Tome III . pour fervir
de Supplement aux deux premiers Volumes
, compofé en partie fur les Mémoi-'
res de feu S. Jacques Savary des Bruflons
&c. & perfectionné par M. Philemon-
Louis Savary , Chanoine de l'Eglife Royale
de S. Maur des Foffez , fon frere. A Pa
ris , rue S. Jacques , chez Jacques Etienne
1730. in-folio..
CONFERENCE DE LA FABLE AVEC
L'HISTOIRE SAINTE , où l'on voit'
que
752 MERCURE DE FRANCE
que les grandes Fables , le culte & les mi-
Ateres du Paganiſme ne font que
des copies
alterées des Hiftoires , des Ufages &
des Traditions des Hebreux . Par M. de
Lavaur , Quai des Auguftins , chez André
Caillean 1730. 2. Vol. in- 12.
DESCRIPTION DE LA VILLE DE
LISBONNE , où l'on traite de la Cour ,
de la Langue Portugaiſe & des moeurs des
Habitans , du Gouvernement , des Revenus
du Roi & des Forces par Mer & par
Terre , des Colonies Portugaifes & du
Commerce de cette Capitale . Quay de
Gêvres , chez P, Prault 1730, in - 12,
SERMONS CHOISIS fur les Mifteres ,
la verité de la Religion , differens fujets
de la Morale Chrétienne &c. Ruë S.
Jacques , chez Mercier, pere , & N. Lottin
1730. in 12. Le fecond Vol. paroîtra
dans peu.
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Résumé : « NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
En 1730 à Paris, plusieurs publications notables ont été éditées. Parmi elles, des ouvrages éducatifs comme 'NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfants les premiers Principes de la Langue Latine & de la Poëfie' par R. M. d'Espilly. Les 'MEMOIRES pour servir à l'Hiftoire de France & de Bourgogne' couvrent les règnes de Charles VI et Charles VII, ainsi que l'histoire du meurtre de Jean sans Peur, Duc de Bourgogne, et sont édités par Gandouin et Giffart. 'EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation ordinaire aux femmes' est un ouvrage médical traduit par M. de Vaux. Le 'DISCOURS CRITIQUE sur la Tragédie Françoise & sur l'habillement des Acteurs' est une traduction anonyme d'un texte italien. D'autres publications incluent 'LES CHARMES DE LA SOCIETE DU CHRETIEN', 'VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie de Jefus' en Turquie, Perse, Arménie, Arabie et Barbarie, et 'REFLEXIONS CRITIQUES sur le Traité de l'ufage des différentes faignées'. Le 'DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE COMMERCE' est un supplément compilé par Philemon-Louis Savary. 'CONFERENCE DE LA FABLE AVEC L'HISTOIRE SAINTE' de M. de Lavaur compare les fables païennes aux histoires hébraïques. Enfin, 'DESCRIPTION DE LA VILLE DE LISBONNE' traite de la cour portugaise, de la langue, des mœurs, du gouvernement et du commerce. Le texte mentionne également des 'SERMONS CHOISIS' sur divers sujets de morale chrétienne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 752-754
Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Début :
On croit devoir prévenir le Public au sujet d'un Ouvrage que l'on se propose [...]
Mots clefs :
Âme, Bêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Plan & Sommaire d'un Traité fur l'Ame
des Bêtes.
On croit devoir prévenir le Public au
fujet d'un Ouvrage que l'on fe propoſe
à mettre au jour , & qui a pour titre :
Nouveaux Effais fur l'ame des Bêtés
où l'on prétend établir d'une maniere
démonftrative que les Animaux n'ont
point
>
AVRIL 1730. 753
n'ont point d'ame capable de fentiment
& de connoiffance , mais qu'ils font de
purs Antomates ; on y prend occafion
d'établir , fuivant les plus évidens principes
de la Métaphyfique , la Nature de
la fubftance qui penfe, & d'entrer dans un
curieux détail fur des particularitez intereffantes
de l'Hiftoire des Animaux ; &
on entreprend d'expliquer tout ce que
l'on voit faire aux Bêtes de mieux concerté
, de plus impofant & de mieux imaginé
par une Mécanique fimple , aifée ,
naturelle & palpable dans le fyftême de
la Trituration ou de l'ofcillation des Parties
folides , adopté aujourd'hui de la plûpart
des Sçavans , & confiderablement
enrichi & perfectionné par les nouvelles
découvertes .
Voici en quatre Refléxions le réſultat
du Livre. 1 ° L'ame des Bêtes eft inutile
& c'eft multiplier les êtres fans neceffité
que de l'admettre. 20 Elle eft incompatible
avec les fonctions animales exercées
avec trop de conftance & d'uniformité ,
pour qu'il y préfide une ame variable de
fa nature , & toujours remuante . 30 Elle
paroît attaquer par plufieurs endroits la
Majefté fuprême , ainfi l'interêt de Dieu
s'y oppofe. 4° Elle eft contraire aux privileges
de l'homme , & détruit nos droits
fur les animaux ; c'eft pourquoi notre
F inte754
MERCURE DE FRANCE
interêt demande auffi qu'on lui refuſe
l'existence. Quand tout cela fera prouvé,
on fera peut-être plus de difficulté qu'on
ne fait d'ordinaire , de prendre le parti
de l'ame des Bêtes , & je me perfuade ,
dit M. Le Tellier , fils , Medecin de Peronne
, Auteur de ce ſyſtême , que l'on
aura quelque répugnance à demeurer dans
une opinion fi foiblement défendue
&
combattue avec tant d'avantage,
des Bêtes.
On croit devoir prévenir le Public au
fujet d'un Ouvrage que l'on fe propoſe
à mettre au jour , & qui a pour titre :
Nouveaux Effais fur l'ame des Bêtés
où l'on prétend établir d'une maniere
démonftrative que les Animaux n'ont
point
>
AVRIL 1730. 753
n'ont point d'ame capable de fentiment
& de connoiffance , mais qu'ils font de
purs Antomates ; on y prend occafion
d'établir , fuivant les plus évidens principes
de la Métaphyfique , la Nature de
la fubftance qui penfe, & d'entrer dans un
curieux détail fur des particularitez intereffantes
de l'Hiftoire des Animaux ; &
on entreprend d'expliquer tout ce que
l'on voit faire aux Bêtes de mieux concerté
, de plus impofant & de mieux imaginé
par une Mécanique fimple , aifée ,
naturelle & palpable dans le fyftême de
la Trituration ou de l'ofcillation des Parties
folides , adopté aujourd'hui de la plûpart
des Sçavans , & confiderablement
enrichi & perfectionné par les nouvelles
découvertes .
Voici en quatre Refléxions le réſultat
du Livre. 1 ° L'ame des Bêtes eft inutile
& c'eft multiplier les êtres fans neceffité
que de l'admettre. 20 Elle eft incompatible
avec les fonctions animales exercées
avec trop de conftance & d'uniformité ,
pour qu'il y préfide une ame variable de
fa nature , & toujours remuante . 30 Elle
paroît attaquer par plufieurs endroits la
Majefté fuprême , ainfi l'interêt de Dieu
s'y oppofe. 4° Elle eft contraire aux privileges
de l'homme , & détruit nos droits
fur les animaux ; c'eft pourquoi notre
F inte754
MERCURE DE FRANCE
interêt demande auffi qu'on lui refuſe
l'existence. Quand tout cela fera prouvé,
on fera peut-être plus de difficulté qu'on
ne fait d'ordinaire , de prendre le parti
de l'ame des Bêtes , & je me perfuade ,
dit M. Le Tellier , fils , Medecin de Peronne
, Auteur de ce ſyſtême , que l'on
aura quelque répugnance à demeurer dans
une opinion fi foiblement défendue
&
combattue avec tant d'avantage,
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Résumé : Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Le traité 'Nouveaux Essais sur l'âme des Bêtes' de M. Le Tellier, fils, médecin de Péronne, soutient que les animaux n'ont pas d'âme capable de sentiment et de connaissance, mais sont des automates. L'ouvrage utilise des principes métaphysiques pour analyser la substance pensante et les comportements animaux. Il explique les actions complexes des animaux par une mécanique naturelle, basée sur la trituration ou l'oscillation des parties solides, une théorie largement acceptée et enrichie par de nouvelles découvertes. Le livre conclut avec quatre réflexions principales : l'inutilité de l'âme des bêtes, son incompatibilité avec les fonctions animales, son opposition à la majesté divine et son contraire aux privilèges humains. L'auteur espère convaincre les lecteurs de rejeter l'idée de l'âme des animaux.
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7
p. 754-755
Histoire de l'Eglise de France, [titre d'après la table]
Début :
Le Pere Longueval, de la Compagnie de Jesus, a entrepris l'Histoire de l'Eglise [...]
Mots clefs :
Église de France, Histoire de l'Église de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Eglise de France, [titre d'après la table]
Le Pere Longueval , de la Compagnie
de Jefus , a entrepris l'Hiftoire de l'Eglife
de France , depuis l'établiffement de
la Religion Chrétienne dans les Gaules
jufqu'à préfent. On trouvera dans cet Ouvrage
, qui contiendra douze Volumes
in- 4 . l'établiffement du Chriftianiſme dans
les Gaules , les Actes des Martyrs qui ont
quelque autenticité , la fondation de di ,
verfes Eglifes , la fucceffion de ceux de
leurs Evêques qui méritent par quelque
endroit d'être connus , une notice de tous
les Conciles des Gaules , les divers uſages
de la Difcipline , l'établiffement des Chapitres
& des Ordres Religieux , l'Abregé
de la Vie des S S. & des Grands-Hommes
qui ont illuftré l'Eglife de France , l'Hiftoire
des Herefies qui l'ont troublée , une
notion des Ouvrages faits dans les Gaules
en matiere de Religion , le tout lié dans
un
1
AVRIL. 1730. 755
Corps d'Hiftoire avec les Differtations
convenables. Les quatre premiers Volumes
qui conduifent jufqu'en 790. feront
en vente chez Simon dans quelques mois.
de Jefus , a entrepris l'Hiftoire de l'Eglife
de France , depuis l'établiffement de
la Religion Chrétienne dans les Gaules
jufqu'à préfent. On trouvera dans cet Ouvrage
, qui contiendra douze Volumes
in- 4 . l'établiffement du Chriftianiſme dans
les Gaules , les Actes des Martyrs qui ont
quelque autenticité , la fondation de di ,
verfes Eglifes , la fucceffion de ceux de
leurs Evêques qui méritent par quelque
endroit d'être connus , une notice de tous
les Conciles des Gaules , les divers uſages
de la Difcipline , l'établiffement des Chapitres
& des Ordres Religieux , l'Abregé
de la Vie des S S. & des Grands-Hommes
qui ont illuftré l'Eglife de France , l'Hiftoire
des Herefies qui l'ont troublée , une
notion des Ouvrages faits dans les Gaules
en matiere de Religion , le tout lié dans
un
1
AVRIL. 1730. 755
Corps d'Hiftoire avec les Differtations
convenables. Les quatre premiers Volumes
qui conduifent jufqu'en 790. feront
en vente chez Simon dans quelques mois.
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Résumé : Histoire de l'Eglise de France, [titre d'après la table]
Le Père Longueval, jésuite, rédige l'Histoire de l'Église de France, couvrant la période depuis l'établissement du christianisme dans les Gaules jusqu'à l'époque contemporaine. Cette œuvre, prévue en douze volumes in-4, inclut plusieurs éléments clés : l'établissement du christianisme dans les Gaules, les actes des martyrs authentifiés, la fondation de diverses églises, la succession des évêques notables, une notice des conciles des Gaules, les usages disciplinaires variés, l'établissement des chapitres et des ordres religieux, un abrégé des vies des saints et des grands hommes ayant illustré l'Église de France, l'histoire des hérésies ayant troublé l'Église, ainsi qu'une notion des ouvrages religieux produits dans les Gaules. L'ensemble sera structuré en un corps d'histoire avec les différentiations appropriées. Les quatre premiers volumes, couvrant la période jusqu'en 790, seront disponibles chez Simon dans quelques mois.
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8
p. 755-756
« On écrit de Bordeaux qu'il se débite dans cette Ville un Livre nouveau en deux [...] »
Début :
On écrit de Bordeaux qu'il se débite dans cette Ville un Livre nouveau en deux [...]
Mots clefs :
Paix, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Bordeaux qu'il se débite dans cette Ville un Livre nouveau en deux [...] »
On écrit de Bordeaux qu'il fe débite
dans cette Ville un Livre nouveau en deux
Vol. in 8. intitulé Mémoires de M. de la
Colonie , Maréchal de Camp des Armées
de l'Electeur de Baviere , où l'on voit tous
les évenemens de la Guerre depuis la Paix
de Rifwik jufqu'à la derniere Paix generale
, avec ce qui s'eft paffé en Italie &
en Efpagne , & un ample détail de la Bataille
de Belgarde contre les Turcs ; enfin
les avantures & les Combats particuliers
de l'Auteur. On affure que ce Livre eft
non-feulement curieux , mais que les gens
de guerre en peuvent tirer des inftructions
utiles , & que les autres Lecteurs y trou
veront dequoi fe fatisfaire.
On imprime à Zurich par foufcription ,
pour le prix de huit florins d'Allemagne
pour chaque Exemplaire , la Verſion Grecque
de l'Ancien Teftament , appellée des
Septante , en huit Volumes in 8. avec quelques
Differtations de l'Editeur , M. Bretinger
, fur l'Exemplaire du Vatican , fur
celui d'Alexandrie qu'il défendra contre.
Cafimir Oudin , & fur un Manufcrit des
Fij Pleau-
<
1
756 MERCURE DE FRANCE
Pleaumes qu'il croit égaler en Antiquité
les Exemplaires
dans cette Ville un Livre nouveau en deux
Vol. in 8. intitulé Mémoires de M. de la
Colonie , Maréchal de Camp des Armées
de l'Electeur de Baviere , où l'on voit tous
les évenemens de la Guerre depuis la Paix
de Rifwik jufqu'à la derniere Paix generale
, avec ce qui s'eft paffé en Italie &
en Efpagne , & un ample détail de la Bataille
de Belgarde contre les Turcs ; enfin
les avantures & les Combats particuliers
de l'Auteur. On affure que ce Livre eft
non-feulement curieux , mais que les gens
de guerre en peuvent tirer des inftructions
utiles , & que les autres Lecteurs y trou
veront dequoi fe fatisfaire.
On imprime à Zurich par foufcription ,
pour le prix de huit florins d'Allemagne
pour chaque Exemplaire , la Verſion Grecque
de l'Ancien Teftament , appellée des
Septante , en huit Volumes in 8. avec quelques
Differtations de l'Editeur , M. Bretinger
, fur l'Exemplaire du Vatican , fur
celui d'Alexandrie qu'il défendra contre.
Cafimir Oudin , & fur un Manufcrit des
Fij Pleau-
<
1
756 MERCURE DE FRANCE
Pleaumes qu'il croit égaler en Antiquité
les Exemplaires
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Résumé : « On écrit de Bordeaux qu'il se débite dans cette Ville un Livre nouveau en deux [...] »
À Bordeaux, un livre intitulé 'Mémoires de M. de la Colonie, Maréchal de Camp des Armées de l'Electeur de Bavière' a été publié. Cet ouvrage en deux volumes couvre les événements de la guerre depuis la paix de Ryswick jusqu'à la dernière paix générale, détaillant les conflits en Italie et en Espagne, ainsi que la bataille de Belgrade contre les Turcs. Il relate également les aventures et les combats particuliers de l'auteur, présenté comme un ouvrage curieux et utile pour les militaires, offrant des instructions précieuses et satisfaisant d'autres lecteurs. Par ailleurs, à Zurich, une version grecque de l'Ancien Testament, appelée des Septante, a été imprimée par souscription au prix de huit florins d'Allemagne par exemplaire. Cette édition en huit volumes in-octavo inclut des différentiations de l'éditeur, M. Bretinger, qui compare l'exemplaire du Vatican, celui d'Alexandrie, et un manuscrit des Sires de Pleau, qu'il estime égaler en antiquité.
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9
p. 756-758
Diverses Nouvelles Litteraires d'Italie, [titre d'après la table]
Début :
On nous écrit d'Italie du commencement de cette année les nouvelles Litteraires suivantes. [...]
Mots clefs :
Italie, Nouvelles littéraires d'Italie, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Diverses Nouvelles Litteraires d'Italie, [titre d'après la table]
On nous a écrit d'Italie du commencement
de cette année les nouvelles Litteraires
fuivantes.
On vient d'imprimer à Florence pour
la premiere fois Gli Commentari di Filippa
Nerli , qui commencent en 1290, & finiffent
en 1550. On y parle avantageufement
de la Maifon de Médicis ; cependant
en a jugé à propos de mettre Aufbourg
pour le lieu de l'impreffion , & cela , par
ce qu'on trouvoit quelque oppofition de
la part du Tribunal de l'Inquifition pour
la publication de cet Ouvrage.
que
Le Duc Marchefi vient de faire imprimer
à Naples dix Tragédies faintes , dont
il eft l'Auteur , & qu'il dédie à S. M. I.
elles roulent toutes fur les perfecutions
les Chrétiens eurent à fouffrir fous
les Empereurs Romains ; elles font écrites
en Vers , & compofent deux Volumes
in 4. avec des Vignetes au Frontifpice, &
à la tête de chaque Tragédie , gravées
fur les deffeins du fameux Solimene , Peintre
Napolitain ; les Choeurs de ces Tragédies
font en Mufique , & notés exactement
, de la façon des meilleurs Maîtres
d'Italie ; ce qui rend cet Quvrage un peų
cher. Matteo
AVRIL 1730. 757
#
Matteo Egizio , Sçavant de Naples , qui
s'eft acquis déja quelque reputation , vient
de donner au Public une Differtation fur
les Baccanales , à l'occafion d'un marbre
antique , orné d'un bas-relief , découvert.
dans le Royaume de Naples , & qui fe
voit actuellement à Vienne dans le Cabinet
de l'Empereur. On affure que cet Ouvrage
, quoique peu étendu , renferme
toute l'érudition & toutes les recherches
dont pareille matiere eft ſuſceptible.
Le celebre M. Fontanini , Archevêque
d'Ancyre , vient de publier une petite
Differtation au fujet de S. Pierre Orfeolus
premier Duc ou Doge de Venife , qui fe
fit enfuite Moine ; il y prouve fa Canonifation
& l'ancienneté de fon culte ; c'eſt
dans la vue d'engager la Congrégation
des Rites à en ordonner l'Office .
Le même M. Fontanini donnera dans
peu une nouvelle Edition fort augmentée
de fon Ouvrage fur l'éloquence Italienne.
. M. Argelati a enfin achevé fa nouvelle,
Edition de Mezzabarba fur les Médailles
Imperiales . Latines , avec des Notes & des
Additions; il fe prépare à donner tous les
Ouvrages de Sigonius. M. Muratori doit
les enrichir de Notes fçavantes , & y ajoûter
la Vie de l'Auteur . Mrs Biacca &
Echard donneront auffi leurs Remarques
&
758 MERCURE DE FRANCE
& des Differtations fur les matieres d'Antiquité
qui ont du rapport à cet Ouvrage.
M. Vignoli va fe mettre en état de donner
bientôt le fecond Tome d'Anaſtaſe le
Bibliothecaire.
de cette année les nouvelles Litteraires
fuivantes.
On vient d'imprimer à Florence pour
la premiere fois Gli Commentari di Filippa
Nerli , qui commencent en 1290, & finiffent
en 1550. On y parle avantageufement
de la Maifon de Médicis ; cependant
en a jugé à propos de mettre Aufbourg
pour le lieu de l'impreffion , & cela , par
ce qu'on trouvoit quelque oppofition de
la part du Tribunal de l'Inquifition pour
la publication de cet Ouvrage.
que
Le Duc Marchefi vient de faire imprimer
à Naples dix Tragédies faintes , dont
il eft l'Auteur , & qu'il dédie à S. M. I.
elles roulent toutes fur les perfecutions
les Chrétiens eurent à fouffrir fous
les Empereurs Romains ; elles font écrites
en Vers , & compofent deux Volumes
in 4. avec des Vignetes au Frontifpice, &
à la tête de chaque Tragédie , gravées
fur les deffeins du fameux Solimene , Peintre
Napolitain ; les Choeurs de ces Tragédies
font en Mufique , & notés exactement
, de la façon des meilleurs Maîtres
d'Italie ; ce qui rend cet Quvrage un peų
cher. Matteo
AVRIL 1730. 757
#
Matteo Egizio , Sçavant de Naples , qui
s'eft acquis déja quelque reputation , vient
de donner au Public une Differtation fur
les Baccanales , à l'occafion d'un marbre
antique , orné d'un bas-relief , découvert.
dans le Royaume de Naples , & qui fe
voit actuellement à Vienne dans le Cabinet
de l'Empereur. On affure que cet Ouvrage
, quoique peu étendu , renferme
toute l'érudition & toutes les recherches
dont pareille matiere eft ſuſceptible.
Le celebre M. Fontanini , Archevêque
d'Ancyre , vient de publier une petite
Differtation au fujet de S. Pierre Orfeolus
premier Duc ou Doge de Venife , qui fe
fit enfuite Moine ; il y prouve fa Canonifation
& l'ancienneté de fon culte ; c'eſt
dans la vue d'engager la Congrégation
des Rites à en ordonner l'Office .
Le même M. Fontanini donnera dans
peu une nouvelle Edition fort augmentée
de fon Ouvrage fur l'éloquence Italienne.
. M. Argelati a enfin achevé fa nouvelle,
Edition de Mezzabarba fur les Médailles
Imperiales . Latines , avec des Notes & des
Additions; il fe prépare à donner tous les
Ouvrages de Sigonius. M. Muratori doit
les enrichir de Notes fçavantes , & y ajoûter
la Vie de l'Auteur . Mrs Biacca &
Echard donneront auffi leurs Remarques
&
758 MERCURE DE FRANCE
& des Differtations fur les matieres d'Antiquité
qui ont du rapport à cet Ouvrage.
M. Vignoli va fe mettre en état de donner
bientôt le fecond Tome d'Anaſtaſe le
Bibliothecaire.
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Résumé : Diverses Nouvelles Litteraires d'Italie, [titre d'après la table]
En début d'année 1730, plusieurs publications littéraires ont marqué l'Italie. À Florence, les 'Commentari di Filippa Nerli', couvrant la période de 1290 à 1550 et favorables à la maison Médicis, ont été imprimés pour la première fois à Augsbourg en raison des oppositions du Tribunal de l'Inquisition. Le Duc de Modène a fait imprimer à Naples dix tragédies dédiées à Sa Majesté Impériale, illustrées par des gravures de Solimena et accompagnées de chœurs notés en musique. Matteo Egizio, un savant napolitain, a publié une dissertation sur les Bacchanales suite à la découverte d'un marbre antique à Vienne. L'archevêque d'Ancyre, M. Fontanini, a publié une dissertation sur Saint Pierre Orseolo et prépare une nouvelle édition de son ouvrage sur l'éloquence italienne. M. Argelati a achevé une nouvelle édition des 'Médailles impériales latines' de Mezzabarba et se prépare à publier les œuvres de Sigonius, enrichies de notes par M. Muratori. Enfin, M. Vignoli travaille sur le second tome d'Anastase le Bibliothécaire.
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10
p. 758-764
Rentrée des Académies.
Début :
L'Académie Royale des Belles-Lettres tint son Assemblée publique du semestre [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, Académie royale des sciences, Mémoires, Grecs, Langues orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rentrée des Académies.
Rentrée des Académies.
L'Académie Royale des Belles-Lettres
tint fon Affemblée publique du femeftre
de Pafques le 18. Avril. M. de Boze , Secretaire
perpetuel de cette Académie
ouvrit la féance par l'éloge de M. de Valbonais
, Premier Préfident de la Chambre
des Comptes de Grenoble , Corref
pondant honoraire ; & comme cet éloge
étoit compofé avec cette élegance & cette
précifion qui paroît dans tous les autres
M. l'Abbé Bignon fit remarquer ce qu'on
n'avoit point penfé , que M. de Boze n'avoit
reçû les Mémoires de la Vie de M.
de Valbonnais que fept ou huit jours auparavant
.
}
M. Hardion lut enfuite des Reflexions
fur les Choeurs de la Tragédie d'Andromaque
par Euripide , & après avoir remarqué
le bon ufage que les Anciens faifoient
de ces Choeurs qu'ils avoient l'art de lier
avec la Piece , par l'interêt que plufieurs
perfonnes devoient naturellement prendre
à l'action qui étoit repréſentée , puifqu'elle
étoit & publique & importante
it
AVRIL. 1730. 759
il condamne fans prévention un des
Choeurs de cette même Tragédie qui paroft
deplacé. Il prend même occafion des
endroits où Euripide s'éleve contre la Bigamie
, d'examiner fi l'ufage en étoit permis
à Athénes du tems de ce Poëte , &
fi lui- méme & Socrate n'avoient pas eu
deux femmes legitimes à la fois ; & après
avoir refuté le fentiment de ceux des Anciens
& des Modernes qui l'avoient crû ,
il décide pour la négative.
M. Fourmont l'aîné lut après une Differtation
dont l'objet étoit d'établir la neceffité
des Langues Orientales pour la
connoiffance de l'Hiftoire ancienne & de
Ja Mythologie ; cette propofition , pourvû
qu'elle ne foit pas generale , eft fans
doute très- vraye , & les Sçavans du dernier
Siecle , principalement le celebre
Bochart , en avoient déja fait un grand
ulage. Les Grecs qui nous ont tranſmis
prefque toutes les Fables que nous connoiffons
, tiroient leur origine des Colonies
Egyptiennes & Phéniciennes , qui
avoient apporté dans le Continent de la
Grece & dans les Ifles voifines leur Religion
& leur Langue , & il eft fûr , comme
l'a fouvent remarqué le fçavant Bochart
, que les Langues Phénicienne &
Egyptienne , mal entendues , ont donné
fouvent lieu aux Grecs de debiter des Fa-
Fj bles
760 MERCURE DE FRANCE
bles , c'est- à-dire , de fubftituer des idées
extraordinaires & merveilleufes à des
idées qui ne devoient préfenter rien que
de naturel ; delà , fans doute , l'origine
d'une infinité de fictions. Cependant les
Grecs & les Latins après eux ont debité
eux-mêmes de nouvelles Fables qui ne
paroiffent avoir aucun rapport avec les
Langues Etrangeres , & c'eft une diftinction
que ceux qui entreprennent de les
expliquer, ne doivent pas manquer de faire
; quoiqu'il en foit , M. Fourmont choifit
pour preuve de fa propofition deux
exemples finguliers , l'un de la Fable &
l'autre de l'Hiftoire. Le premier exemple
fut celui de la Fable des Gorgonnes , l'écueil
des Mythologues , & il fit voir qu'à
l'aide des Langues Orientales , elle étoit
fort intelligible , & ne renfermoit plus
aucunes de ces idées myfterieufes qui y répandent
tant d'obfcurité. Les noms des
trois Gorgonnes font ceux des trois Vaiffeaux
que Perfée prit vers les Syrtes de
l'Afrique fur Phoreys,& les Marchandifes
qu'il en rapporta marquent & Chrifaor ,
qui nâquit du fang de Meduſe , & cette
dent & cet oeil unique qu'on donna aux
trois Gorgonnes. Mais pour developer davantage
l'idée de cet Académicien , il faudroit
rapporter toutes les étimologies dont
il fit ufage , ce qui n'eft pas poffible fans
ا ع
AVRIL. 1730. 761
le copier entierement.
Le fecond exemple étoit tiré de la celebre
Infcription de Sardanapale , qu'on
regardoit comme fon Epitaphe , & dans
laquelle après avoir marqué que ce Prince
avoit bâti en un même jour les Villes
de Tarfe & d'Anchialé , on congédioit les
Lecteurs , en leur difant : Paffans, buvez,
mangez , réjouiffez -vous & faites l'amour,
ce qui paroiffoit entierement hors de propos
, & fort deplacé dans un endroit où
F'on venoit de parler de la conftruction
extraordinaire de deux Villes en un même
jour.
C'étoit cependant ainfi que tous les
Anciens avoient rapporté & expliqué
cette Infcription. Il paroiffoit auffi par
cette même Infcription que Sardanapale
étoit fils d'Araxindax , perfonnage toutà
- fait inconnu dans l'Antiquité ; mais.
M. Fourmont , en remettant cette Infcription
dans fa Langue originale , qui eft la
Chaldéenne , & en fubftituant aux trois
mots Grecs qui la terminoient , des mots
Caldéens , il en résulte un fens fort naturel,
qui eft queSardanapale avoit bâti les
deux Villes en queftion en un même jour,
qu'il avoit auffi fait conftruire un Pont
fur le Torrent qui couloit auprès , car
Arax , dans les Langues Orientales , fignifie
en general de l'eau , & il les avoit
Fv réellement
62 MERCURE DE FRANCE
réellement conftruites dans un efpace fi
court , qu'il y avoit mis jufqu'aux clôtures
& aux fermetures , ce que fignifient
les trois mots Chaldéens fubftituez aux
trois mots Grecs qui terminoient l'Inf
cription. Ainfi difparoiffent & le trait
déplacé de cette Infcription , & l'Ara
xindarax prétendu pere de Sardanapale.
M. de la Nauze termina l'Aſſemblée
par
la lecture de l'Hiftoire de Leandre &
de Hero. L'Auteur , après avoir démontré
que ce fait étoit revêtu de toutes les
preuves néceffaires pour le rendre certain,.
quoiqu'en ait dit un celebre Critique ,
qui le traite de pure fable , le raconta
d'une maniere fimple & naturelle , & fit
des Remarques critiques & judicieuſes.
fur les autres qui en avoient parlé. Il
prouva contre le fentiment de quelques
Sçavans , que les deux Epitres d'Ovide
fur ce fujet , étoient de ce Poëte , & contre
le celebre Scaliger , que le Mufée , qui
a compofé un petit Poëme ſur cet évenement
, n'étoit pas l'ancien Mufée , dont
les Ouvrages ne fubfiftent plus , & que
celui-cy , dont Tzetzés eft le premier qui
ait parlé , ne vivoit qu'environ vers le
IVe fiecle. M. de la Nauze fit enfuite uneexacte
Analyfe de ce Poëme & des deux
Heroïdes d'Ovide,
L'AAVRIL
1730. 763
1
L'Académie Royale des Sciences , tint
fon Affemblée publique le Mercredy 19 ,
Avril . M. de Fontenelle ouvrit la Séance
par l'Eloge de feu M. de Valincourt ,
Académicien Honoraire .
M. Caffini lût enfuite un Memoire contenant
les Obfervations qu'il a faites de
la Comete qui a paru l'année derniere
pendant près de cinq mois.
M. Geoffroi , le cadet , lût après cela
un Memoire de Chimie , contenant l'Analyfe
de prefque toutes les viandes qui
fervent à la nourriture des hommes ,
d'où il tire les Relations qu'ont entre
elles les quantitez des parties nourriffantes
que ces viandes produifent.
M. Dufay , lût auffi un Memoire qui
contient de nouvelles preuves de fon fentiment
fur l'Aiman , & donna les Méthodes
les plus fûres & les plus promp
tes d'aimanter les Aiguilles.
M. Juffieu , lût après cela un Memoire
fur la neceffité de continuer & d'augmen--
ter le commerce que les Botaniftes d'Eu
rope ont avec ceux des Indes , pour la
perfection de la Botanique & de l'Hif
toire Naturelle.
M. Duhamel finit la Seance par la
lecture d'un Memoire fur les Greffes des
Arbres ; il y examina les rapports de convenances
& de difconvenances que les
F vj Greffes
764 MERCURE DE FRANCE
Greffes doivent avoir avec les fujets lur
lefquels on les greffe.
On donnera des Extraits de ces Memoires.
L'Académie Royale des Belles-Lettres
tint fon Affemblée publique du femeftre
de Pafques le 18. Avril. M. de Boze , Secretaire
perpetuel de cette Académie
ouvrit la féance par l'éloge de M. de Valbonais
, Premier Préfident de la Chambre
des Comptes de Grenoble , Corref
pondant honoraire ; & comme cet éloge
étoit compofé avec cette élegance & cette
précifion qui paroît dans tous les autres
M. l'Abbé Bignon fit remarquer ce qu'on
n'avoit point penfé , que M. de Boze n'avoit
reçû les Mémoires de la Vie de M.
de Valbonnais que fept ou huit jours auparavant
.
}
M. Hardion lut enfuite des Reflexions
fur les Choeurs de la Tragédie d'Andromaque
par Euripide , & après avoir remarqué
le bon ufage que les Anciens faifoient
de ces Choeurs qu'ils avoient l'art de lier
avec la Piece , par l'interêt que plufieurs
perfonnes devoient naturellement prendre
à l'action qui étoit repréſentée , puifqu'elle
étoit & publique & importante
it
AVRIL. 1730. 759
il condamne fans prévention un des
Choeurs de cette même Tragédie qui paroft
deplacé. Il prend même occafion des
endroits où Euripide s'éleve contre la Bigamie
, d'examiner fi l'ufage en étoit permis
à Athénes du tems de ce Poëte , &
fi lui- méme & Socrate n'avoient pas eu
deux femmes legitimes à la fois ; & après
avoir refuté le fentiment de ceux des Anciens
& des Modernes qui l'avoient crû ,
il décide pour la négative.
M. Fourmont l'aîné lut après une Differtation
dont l'objet étoit d'établir la neceffité
des Langues Orientales pour la
connoiffance de l'Hiftoire ancienne & de
Ja Mythologie ; cette propofition , pourvû
qu'elle ne foit pas generale , eft fans
doute très- vraye , & les Sçavans du dernier
Siecle , principalement le celebre
Bochart , en avoient déja fait un grand
ulage. Les Grecs qui nous ont tranſmis
prefque toutes les Fables que nous connoiffons
, tiroient leur origine des Colonies
Egyptiennes & Phéniciennes , qui
avoient apporté dans le Continent de la
Grece & dans les Ifles voifines leur Religion
& leur Langue , & il eft fûr , comme
l'a fouvent remarqué le fçavant Bochart
, que les Langues Phénicienne &
Egyptienne , mal entendues , ont donné
fouvent lieu aux Grecs de debiter des Fa-
Fj bles
760 MERCURE DE FRANCE
bles , c'est- à-dire , de fubftituer des idées
extraordinaires & merveilleufes à des
idées qui ne devoient préfenter rien que
de naturel ; delà , fans doute , l'origine
d'une infinité de fictions. Cependant les
Grecs & les Latins après eux ont debité
eux-mêmes de nouvelles Fables qui ne
paroiffent avoir aucun rapport avec les
Langues Etrangeres , & c'eft une diftinction
que ceux qui entreprennent de les
expliquer, ne doivent pas manquer de faire
; quoiqu'il en foit , M. Fourmont choifit
pour preuve de fa propofition deux
exemples finguliers , l'un de la Fable &
l'autre de l'Hiftoire. Le premier exemple
fut celui de la Fable des Gorgonnes , l'écueil
des Mythologues , & il fit voir qu'à
l'aide des Langues Orientales , elle étoit
fort intelligible , & ne renfermoit plus
aucunes de ces idées myfterieufes qui y répandent
tant d'obfcurité. Les noms des
trois Gorgonnes font ceux des trois Vaiffeaux
que Perfée prit vers les Syrtes de
l'Afrique fur Phoreys,& les Marchandifes
qu'il en rapporta marquent & Chrifaor ,
qui nâquit du fang de Meduſe , & cette
dent & cet oeil unique qu'on donna aux
trois Gorgonnes. Mais pour developer davantage
l'idée de cet Académicien , il faudroit
rapporter toutes les étimologies dont
il fit ufage , ce qui n'eft pas poffible fans
ا ع
AVRIL. 1730. 761
le copier entierement.
Le fecond exemple étoit tiré de la celebre
Infcription de Sardanapale , qu'on
regardoit comme fon Epitaphe , & dans
laquelle après avoir marqué que ce Prince
avoit bâti en un même jour les Villes
de Tarfe & d'Anchialé , on congédioit les
Lecteurs , en leur difant : Paffans, buvez,
mangez , réjouiffez -vous & faites l'amour,
ce qui paroiffoit entierement hors de propos
, & fort deplacé dans un endroit où
F'on venoit de parler de la conftruction
extraordinaire de deux Villes en un même
jour.
C'étoit cependant ainfi que tous les
Anciens avoient rapporté & expliqué
cette Infcription. Il paroiffoit auffi par
cette même Infcription que Sardanapale
étoit fils d'Araxindax , perfonnage toutà
- fait inconnu dans l'Antiquité ; mais.
M. Fourmont , en remettant cette Infcription
dans fa Langue originale , qui eft la
Chaldéenne , & en fubftituant aux trois
mots Grecs qui la terminoient , des mots
Caldéens , il en résulte un fens fort naturel,
qui eft queSardanapale avoit bâti les
deux Villes en queftion en un même jour,
qu'il avoit auffi fait conftruire un Pont
fur le Torrent qui couloit auprès , car
Arax , dans les Langues Orientales , fignifie
en general de l'eau , & il les avoit
Fv réellement
62 MERCURE DE FRANCE
réellement conftruites dans un efpace fi
court , qu'il y avoit mis jufqu'aux clôtures
& aux fermetures , ce que fignifient
les trois mots Chaldéens fubftituez aux
trois mots Grecs qui terminoient l'Inf
cription. Ainfi difparoiffent & le trait
déplacé de cette Infcription , & l'Ara
xindarax prétendu pere de Sardanapale.
M. de la Nauze termina l'Aſſemblée
par
la lecture de l'Hiftoire de Leandre &
de Hero. L'Auteur , après avoir démontré
que ce fait étoit revêtu de toutes les
preuves néceffaires pour le rendre certain,.
quoiqu'en ait dit un celebre Critique ,
qui le traite de pure fable , le raconta
d'une maniere fimple & naturelle , & fit
des Remarques critiques & judicieuſes.
fur les autres qui en avoient parlé. Il
prouva contre le fentiment de quelques
Sçavans , que les deux Epitres d'Ovide
fur ce fujet , étoient de ce Poëte , & contre
le celebre Scaliger , que le Mufée , qui
a compofé un petit Poëme ſur cet évenement
, n'étoit pas l'ancien Mufée , dont
les Ouvrages ne fubfiftent plus , & que
celui-cy , dont Tzetzés eft le premier qui
ait parlé , ne vivoit qu'environ vers le
IVe fiecle. M. de la Nauze fit enfuite uneexacte
Analyfe de ce Poëme & des deux
Heroïdes d'Ovide,
L'AAVRIL
1730. 763
1
L'Académie Royale des Sciences , tint
fon Affemblée publique le Mercredy 19 ,
Avril . M. de Fontenelle ouvrit la Séance
par l'Eloge de feu M. de Valincourt ,
Académicien Honoraire .
M. Caffini lût enfuite un Memoire contenant
les Obfervations qu'il a faites de
la Comete qui a paru l'année derniere
pendant près de cinq mois.
M. Geoffroi , le cadet , lût après cela
un Memoire de Chimie , contenant l'Analyfe
de prefque toutes les viandes qui
fervent à la nourriture des hommes ,
d'où il tire les Relations qu'ont entre
elles les quantitez des parties nourriffantes
que ces viandes produifent.
M. Dufay , lût auffi un Memoire qui
contient de nouvelles preuves de fon fentiment
fur l'Aiman , & donna les Méthodes
les plus fûres & les plus promp
tes d'aimanter les Aiguilles.
M. Juffieu , lût après cela un Memoire
fur la neceffité de continuer & d'augmen--
ter le commerce que les Botaniftes d'Eu
rope ont avec ceux des Indes , pour la
perfection de la Botanique & de l'Hif
toire Naturelle.
M. Duhamel finit la Seance par la
lecture d'un Memoire fur les Greffes des
Arbres ; il y examina les rapports de convenances
& de difconvenances que les
F vj Greffes
764 MERCURE DE FRANCE
Greffes doivent avoir avec les fujets lur
lefquels on les greffe.
On donnera des Extraits de ces Memoires.
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Résumé : Rentrée des Académies.
Le 18 avril 1730, l'Académie Royale des Belles-Lettres organisa une assemblée publique. M. de Boze, secrétaire perpétuel, débuta la séance par un éloge de M. de Valbonnais, Premier Président de la Chambre des Comptes de Grenoble. L'Abbé Bignon complimenta l'élégance et la précision de cet éloge, soulignant que M. de Boze avait préparé son discours en seulement sept ou huit jours. M. Hardion présenta ensuite des réflexions sur les chœurs de la tragédie 'Andromaque' d'Euripide, critiquant un chœur déplacé et discutant de la bigamie à Athènes. M. Fourmont l'aîné exposa une dissertation sur l'importance des langues orientales pour la compréhension de l'histoire ancienne et de la mythologie, illustrant ses propos avec des exemples comme la fable des Gorgonnes et l'inscription de Sardanapale. M. de la Nauze conclut l'assemblée par la lecture de l'histoire de Léandre et d'Héro, démontrant la réalité de ce fait et analysant les œuvres littéraires s'y rapportant. Le 19 avril 1730, l'Académie Royale des Sciences tint également une assemblée publique. M. de Fontenelle ouvrit la séance par un éloge de feu M. de Valincourt, académicien honoraire. Plusieurs mémoires furent lus, couvrant des sujets variés tels que les observations d'une comète, l'analyse des viandes, les propriétés de l'aimant, l'importance du commerce botanique avec les Indes et les techniques de greffe des arbres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 764-766
PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
Début :
Feu M. Roüillé de Messay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçû le noble [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Prix, Prix de l'Académie royale des sciences, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
PRIX propofe par l' Academie Royale des
Sciences. , pour l'année 1732 .
F
Eu M. Rouillé de Mellay , ancien Confeiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
deffein de contribuer au progrès des Sciences & à
l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
l'Academie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui feront diftribuez à ceux qui , au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réuffi fur deux differentes fortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans fon Teftament , & dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Siftême
général du Monde , & l'Aftronomie Phyſique..
Ce Prix devroit être de deux mille liv . aux termes
du Teſtament , & ſe diſtribuer tous les ans、
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans afin de le rendre
plus confiderable , & il fera de 2.500 liv.
Les fujets du fecond Prix regardent la Navigation
& le Commerce.
,
Il ne fe donnera que tous les deux ans , & fera
de deux mille livres.
L'Académie fe conformant aux vûës & aux intentions
du Tefta teur ,propofe pour Sujet du premier
Prix , qui tombe dans l'année 1732 .
Quelle est la caufe Phyfique de l'inclinaison
des Plans , des Orbites , des Planettes , par rapport
au Plan de l'Equateur de la révolution du
Soleil autour de fon Axe , & d'où vient que es
Inclinaisons de ces Orbites font differentes ensr'elles..
Les
AVRIL. 1730. 76.5
Les Savans de toutes les Nations font invitez
à travailler fur ces fujets , & même les Affociez
Etrangers de l'Académie. Elle s'eft fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui compoferont font invitez à écrire en
François ou en Latin , mais fans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront, & l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits foient fort lifibles,
fur-tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvra
ges , mais feulement une Sentence ou Devife. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un
Billet féparé & cacheté par eux , où feront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez &
leur adreffe , & ce Billet ne fera ouvert par l'Académie
, qu'en cas que la Piece ait remporté le
Prix .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adrefferont
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie, ou les lui feront remettre entre
les mains . Dans ce fecond cas , le Secretaire
en donnera en même -tems,à celui qui les lui aura
remis ,fon Recepiffé , oùì fera marquée la Sentence
de l'Ouvrage & fon numero,felon l'ordre ou lo
tems dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne feront reçûs que jufqu'au premier
Septembre 1731. exclufivement.
L'Académie à fon Affemblée publique d'après
Pâques 1732. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y aun Recepiffe du Secretaire pour la Piéce
qui aura remporté le Prix ,le Tréforier de l'Académie
délivrera la fomme du Prix à celui qui
Jui rapportera ce Récepiffé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité. S'il
766 MERCURE DE FRANCE
S'il n'y a pas de Récepiffé du Secretaire , le-
Tréforier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui fe fera connoître , ou au Porteur d'une.
Procuration de fa part.
MONSIEUR BERNOULLI , Profeffeur en Mathématique
à Bále , aremporté le Prix de 1730..
Sciences. , pour l'année 1732 .
F
Eu M. Rouillé de Mellay , ancien Confeiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
deffein de contribuer au progrès des Sciences & à
l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
l'Academie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui feront diftribuez à ceux qui , au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réuffi fur deux differentes fortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans fon Teftament , & dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Siftême
général du Monde , & l'Aftronomie Phyſique..
Ce Prix devroit être de deux mille liv . aux termes
du Teſtament , & ſe diſtribuer tous les ans、
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans afin de le rendre
plus confiderable , & il fera de 2.500 liv.
Les fujets du fecond Prix regardent la Navigation
& le Commerce.
,
Il ne fe donnera que tous les deux ans , & fera
de deux mille livres.
L'Académie fe conformant aux vûës & aux intentions
du Tefta teur ,propofe pour Sujet du premier
Prix , qui tombe dans l'année 1732 .
Quelle est la caufe Phyfique de l'inclinaison
des Plans , des Orbites , des Planettes , par rapport
au Plan de l'Equateur de la révolution du
Soleil autour de fon Axe , & d'où vient que es
Inclinaisons de ces Orbites font differentes ensr'elles..
Les
AVRIL. 1730. 76.5
Les Savans de toutes les Nations font invitez
à travailler fur ces fujets , & même les Affociez
Etrangers de l'Académie. Elle s'eft fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui compoferont font invitez à écrire en
François ou en Latin , mais fans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront, & l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits foient fort lifibles,
fur-tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvra
ges , mais feulement une Sentence ou Devife. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un
Billet féparé & cacheté par eux , où feront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez &
leur adreffe , & ce Billet ne fera ouvert par l'Académie
, qu'en cas que la Piece ait remporté le
Prix .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adrefferont
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie, ou les lui feront remettre entre
les mains . Dans ce fecond cas , le Secretaire
en donnera en même -tems,à celui qui les lui aura
remis ,fon Recepiffé , oùì fera marquée la Sentence
de l'Ouvrage & fon numero,felon l'ordre ou lo
tems dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne feront reçûs que jufqu'au premier
Septembre 1731. exclufivement.
L'Académie à fon Affemblée publique d'après
Pâques 1732. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y aun Recepiffe du Secretaire pour la Piéce
qui aura remporté le Prix ,le Tréforier de l'Académie
délivrera la fomme du Prix à celui qui
Jui rapportera ce Récepiffé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité. S'il
766 MERCURE DE FRANCE
S'il n'y a pas de Récepiffé du Secretaire , le-
Tréforier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui fe fera connoître , ou au Porteur d'une.
Procuration de fa part.
MONSIEUR BERNOULLI , Profeffeur en Mathématique
à Bále , aremporté le Prix de 1730..
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Résumé : PRIX proposé par l'Academie Royale des Sciences, pour l'année 1732.
En 1730, M. Rouillé de Mellay, ancien conseiller au Parlement de Paris, a légué un fonds à l'Académie Royale des Sciences pour créer deux prix annuels afin de promouvoir les sciences et l'utilité publique. Le premier prix, doté de 2 500 livres tous les deux ans, concerne le système général du monde et l'astronomie physique. Pour 1732, le sujet proposé est l'inclinaison des plans et des orbites des planètes par rapport à l'équateur du Soleil. Le second prix, de 2 000 livres également tous les deux ans, porte sur la navigation et le commerce. L'Académie invite les savants de toutes les nations à soumettre leurs travaux en français ou en latin, anonymement et accompagnés d'une devise. Les œuvres doivent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1731. Le prix sera décerné lors de l'assemblée publique d'après Pâques 1732. Si un reçu est fourni, le trésorier remettra la somme au porteur du reçu. Sinon, le prix sera remis à l'auteur ou à son représentant. En 1730, M. Bernoulli, professeur de mathématiques à Bâle, a remporté le prix.
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12
p. 766-767
SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
Début :
Les Etats Generaux de Bearn, toujours attentifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou [...]
Mots clefs :
Académie des sciences et des beaux-arts de Pau, Prix, Richesses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
SUJET propofe par l'Academie des
Sciences & des beaux Arts , établie à
Pau , pour le Prix de l'année 1730..
Es Etats Generaux de Bearn , toujours atten-
Ltifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou
quelque ornement à la Province , ont bien voulu
concourir au zéle des Meffieurs qui ont formé
PAcadémie , en contribuant avec eux d'une fomme
annuelle, aux frais neceffaires pour l'entretien
de cet établiffement. Cette liberalité a engagé
Meffieurs de l'Académie à employer une partic
de cet argent à un prix qu'ils donnent chaque
année .
Ce Prix eft une Médaille d'or , où font gravées
d'un côté les Armes de a Province , & de l'auere
, la Deviſe de l'Académie. On le deftine pour
l'année 1730. à une piece en Vers , dont le fujer
fera cette penfée :
Le mépris des Richeffes eft le plus folide
de tous les Tréfors.
On laiffe le genre de Poëfie au choix des
Auteurs.
Les perfonnes de tout fexe, de toute condition,
& de tous les Pais , pourront prétendre au Prix
qui fera donné pendant le mois de Novembre
prochain.
L'Académie voulant ignorer les noms des Auteurs
AVRIL. 2730. 767
reurs dont les Ouvrages auront été jugez les
moins dignes ; on les avertit de mettre une Sen.
tence au bas de leur Piece , & leur nom féparé--
ment dans un billet cacheté , fur le dos duquel
ils mettront auſſi la même Sentence;par ce moyen
on trouvera d'abord le billet où fera le nom de:
l'Auteur, & loin d'en ouvrir aucun autre ,, on les
brûlera tous en public ..
Comme il faut un certain temps pour examiner
les Ouvrages , les Auteurs feront tenus de les
remettre avant la fin d'Octobre 1730. Ceux qui
n'arriveront pas dans le tempe marqué, ne feront
pas reçûs .
On pourra adreffer les Ouvrages à M.de Courreges
, Secretaire de l'Académie , ou à quelqu'autre
des Académiciens ; & on aura foin d'affranchir
les Paquets qu'on envoyera par la Pof
te ; fans, quoi ils ne feront point retirez..
Sciences & des beaux Arts , établie à
Pau , pour le Prix de l'année 1730..
Es Etats Generaux de Bearn , toujours atten-
Ltifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou
quelque ornement à la Province , ont bien voulu
concourir au zéle des Meffieurs qui ont formé
PAcadémie , en contribuant avec eux d'une fomme
annuelle, aux frais neceffaires pour l'entretien
de cet établiffement. Cette liberalité a engagé
Meffieurs de l'Académie à employer une partic
de cet argent à un prix qu'ils donnent chaque
année .
Ce Prix eft une Médaille d'or , où font gravées
d'un côté les Armes de a Province , & de l'auere
, la Deviſe de l'Académie. On le deftine pour
l'année 1730. à une piece en Vers , dont le fujer
fera cette penfée :
Le mépris des Richeffes eft le plus folide
de tous les Tréfors.
On laiffe le genre de Poëfie au choix des
Auteurs.
Les perfonnes de tout fexe, de toute condition,
& de tous les Pais , pourront prétendre au Prix
qui fera donné pendant le mois de Novembre
prochain.
L'Académie voulant ignorer les noms des Auteurs
AVRIL. 2730. 767
reurs dont les Ouvrages auront été jugez les
moins dignes ; on les avertit de mettre une Sen.
tence au bas de leur Piece , & leur nom féparé--
ment dans un billet cacheté , fur le dos duquel
ils mettront auſſi la même Sentence;par ce moyen
on trouvera d'abord le billet où fera le nom de:
l'Auteur, & loin d'en ouvrir aucun autre ,, on les
brûlera tous en public ..
Comme il faut un certain temps pour examiner
les Ouvrages , les Auteurs feront tenus de les
remettre avant la fin d'Octobre 1730. Ceux qui
n'arriveront pas dans le tempe marqué, ne feront
pas reçûs .
On pourra adreffer les Ouvrages à M.de Courreges
, Secretaire de l'Académie , ou à quelqu'autre
des Académiciens ; & on aura foin d'affranchir
les Paquets qu'on envoyera par la Pof
te ; fans, quoi ils ne feront point retirez..
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Résumé : SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
En 1730, l'Académie des Sciences et des Beaux-Arts de Pau lance un concours annuel avec le soutien financier des États Généraux de Béarn. Une médaille d'or est offerte pour récompenser l'œuvre poétique la plus méritante sur le thème 'Le mépris des richesses est le plus solide de tous les trésors'. Les participants peuvent choisir le genre poétique de leur œuvre, et toute personne, indépendamment de son sexe, condition ou pays d'origine, est éligible. Les candidatures doivent être soumises avant la fin octobre 1730. Pour préserver l'anonymat, les auteurs doivent inclure une sentence au bas de leur œuvre et leur nom dans un billet cacheté avec la même sentence. Les billets non ouverts seront brûlés en public. Les œuvres peuvent être envoyées au secrétaire de l'Académie, M. de Courreges, ou à tout autre académicien, avec une mention d'affranchissement pour les paquets postaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 767-771
« On a appris de Londres, que le 8 Mars, on fit dans la grande Salle d'Apollon, près du Temple [...] »
Début :
On a appris de Londres, que le 8 Mars, on fit dans la grande Salle d'Apollon, près du Temple [...]
Mots clefs :
Métail, Estampes de Watteau, Ouvrages, Académie, Opération
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Londres, que le 8 Mars, on fit dans la grande Salle d'Apollon, près du Temple [...] »
On a appris de Londres , que le 8 Mars , on fit
dans la grande Salle d'Apollon , près du Temple
àl'i- Bar , l'ouverture d'une nouvelle Académie ,
mitation de l'Académie Françoife de Paris. On y
lut une Differtation fur la beauté de la Langue
Françoife , & fur l'utilité dont elle eft aux Anglois
qui l'ont apprife ; & un Poëme Burleſque ,
intitulé : La Tour de Babel.
De Petersbourg. M. Bayer a achevé une hiftoire
d'Edeffe , il a fort avancé celle de Syrie par
les Médailles ; & il conduit l'Hiftoire Ecclefiaftique
de la Chine & de l'Afie Septentrionale , jufqu'au
temps de l'arrivée des Miffionnaires en ce
Pais — là .
On apprend de Rome que le Comte Paffionci y
a fait
graver fur les deffeins du Comte Berardi ,
768 MERCURE DE FRANCE
un ancien Théatre , dont les reftes fubfiftent eneore
auprès de la Ville de Gabbio , dans l'Ombrie.
La Planche dédiée au Cardinal Ottoboni
contient le Profil de l'interieur de ce Théatre, tel
qu'il eft aujourd'hui. Il peut avoir environ 300
Palmes Romaines d'éténduë. On a mis au deffous
le Profil de l'interieur & de l'extérieur du
Théatre , tel qu'on a jugé à peu près , fur ce qui
refte , qu'il devoit être , lorfqu'il étoit entier , &
on y a ajouté le Plan , auffi dreffé par conjecture,
du premier & du fecond étage de l'Edifice , avec
le Profil des Chapiteaux des Colonnes, employées
pour
le foutenir.
El paroît depuis peu quatre Eſtampes d'après
les Tableaux du celebre Watteau ; fçavoir , un
Défilé , deffiné & gravé par le fieur Moyriau.
Le Sommeil dangereux , par le fieur Liotard.
Les Amuſemens de Ĉithere, par le fieur de Surugues.
Le Repas de Campagne , par le fieur Defplace.
Ces Eftampes fe vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pillers
d'or , & chez le fieur Surugues , Graveur , ruë
des Noyers , vis - à- vis S. Yves . On trouve aufſi
chez les mêmes , toutes les Eftampes gravées
jufque à ce jour , d'après les Deffeins & Tableaux
de Watteau. On aura foin d'annoncer les morceaux
nouveaux à mesure qu'ils paroîtront.
On mande de l'Abbaye de Fontevraud que le
Frere Luc David , Récollet , de la Province de
Toulouze , de la Communauté de Brive , en bas
Limoufin étant arrivé au mois de Decembre
› y
dernier , après avoir vû & examiné avec les Medecins
& Chirurgiens de l'Abbaye des Religieufes
affligées par des Cancers adhérans & manifeftez >
&
AVRIL 1730. 769
& quelques-unes par des Tumeurs carcinomateu →
fes au corps
fiftuleux , il a fait fur fept perfonnes
des opérations très dangereufes , avec une adreffe
& un fuccès qui leur fait efperer une guérifon
radicale , leurs playes étant bien fermées. Son
habileté eft fort grande , tant par la maniere particuliere
dont il a fait fes Opérations , que par le
fecret qu'il poffede pour arrêter le fang dans un
inftant , & par la façon de fes appareils qu'il
leve fans caufer la moindre douleur dès le fecond
jour.
Le Frere Luc a fait en Poitou & en Anjou les
guérifons les plus furprenantes tant pour les Cancers
& autres Opérations , que pour les yeux ,
étant très -habile Oculifte , fur tout pour les Ca
taractes.
Nous n'avons appris que depuis peu la perte
qu'on a faite en Allemagne d'un illuftre Profeffeur
en Théologie, à Rintelen , & Sur- Intendant
des Eglifes de ce Pays- là,nommé Frederic- Guillaume
Bierling , mort âgé de 52 ans & quelques
mois , le 25 Juillet 1728. On a de lui des obfervations
fur la Genefe, & des Differtations fur les
Comtes de Schaumbourg,fur l'Ufage Politique de
la fuperftition, fur le Pyrrhoniſme historique, & c.
Le fieur de Renti a trouvé le fecret de compofer
un Métail , qui imite l'Or , & qui en conferve
toujours la couleur. Il eft très-coulant à la fonte
, fans être venteux , tres - maniable & forgéable;
il fouffre toutes fortes. de Soudures & eft trèsdoux
fous les Outils , enforte qu'on en peut
faire tous les Ouvrages qu'on fouhaite , & particulierement
de três - beaux Flambeaux, Girandoles
, Luftres , Surtous de Tables , Feux , & c . dont
le prix ne fe trouvera confiderable,qu'autant que
770 MERCURE DE FRANCE
fes Ouvrages feront recherchez par la Gravure
& Cizelure. On en tirera encore un grand avantage
par la diminution de la confommation des
Dorures , que les Ouvrages des autres Métaux
emportent , & qui ne font jamais auffi beaux que
celui-cy l'eft naturellement;l'Académie des Sciences
, qui a examiné ce métail , l'a fort approuvé,
&c. Le Roy a permis par Brevet audit de Renty
de fondre, faire travailler , vendre & débiter toutes
fortes d'Ouvrages dudit Métail de fa compofition
, qui imite l'Or , dans toutes les Villes du
Royaume , pendant le temps de quatre années
confécutives ; pendant lequel temps fait S. M.dé
fenfes à toutes perſonnes de l'y troubler ni donner
aucun empêchement , &C..
Maniere d'entretenir le nouveau Métail.
Il faut premierement faire fondre la cire ou
fuif , s'il y en a deffus , dans l'eau chaude ou devant
le feu, Peffuyer & bien frotter avec un linge.
net ; & pour remettre les piéces comme fortant:
du Magazin , il faut le frotter avec du tripoli &
de l'huile, avec le tripoli fec, le bien favoner avec
du Savon blan & de l'eau de Riviere chaude, enfuite
le bien effuier ; fi la piece n'eſt pas affez dorée
, il faut la mettre bouillir pendant trois ou
quatre minutes dans l'eau de Riviere , après l'effuier
parfaitement. Si la piece eft cizelée , fe fervir
d'une Broffe rude pour atteindre les fonds, en
fe fervant du tripoli à l'huile & du favon .
Le fieur de Renti donne avis que fa Manufac
ture, qui eft vis-à- vis la Comedie Erançoife , continue
avec beaucoup de fuccès , & qu'ayant ap→
pris que quelques perfonnes n'étoient pas affez
inftruites pour bien entretenir fon métail , pour
le conferver toujours beau & comme neuf, il prie
ceux
AVRIL. 1730.
771
ableri
Il n'eft plus de Printems pour moi.
M. L'AFFICH AR D , Chevalier de
l'Ordre Social. Autre
770 MERCURE
DE FRANCE
inftruites
pour
bien entretenir
fon métail
, pour
le conferver
toujours
beau & comme
neuf, il prie
ceux
AVRIL. 1730. 771
eux qui ont eu de fes Ouvrages , de faire obſerver
la maniere ci- deffus ; & fi on y trouve , par
ce moyen trop de façon , on peut l'entretenir
d'une maniére plus aifée en nétoiant lefdits Ouvrages
avec du Sablon fin ou Tripoli, & de la Liè
de Vin ou Vinaigre , &c. La piece étant bien effuiée
& frottée on la verra auffi belle que neuve
&fi l'on doute de ce que l'Auteur avance,il s'offre
de remettre tous les Ouvrages dans l'état cy-deffus
fans qu'il en coute rien à ceux qui en ont
acheté , que la peine de les faire porter chez lui..
Le fieur Dugeron , ancien Chirurgien d'armée
continue avec fuccès , de diftribuer fon remede
pour préferver les Dents de fe gâter & de tomber.
Il donne la maniere facile de s'en fervir , &
met fon nom & le prix fur fes Boëtes. Il en a depuis
quarante fols jufqu'à quatre liv . Sa demeure
eft à Paris , au grand Cloitre fainte Oportune.
dans la grande Salle d'Apollon , près du Temple
àl'i- Bar , l'ouverture d'une nouvelle Académie ,
mitation de l'Académie Françoife de Paris. On y
lut une Differtation fur la beauté de la Langue
Françoife , & fur l'utilité dont elle eft aux Anglois
qui l'ont apprife ; & un Poëme Burleſque ,
intitulé : La Tour de Babel.
De Petersbourg. M. Bayer a achevé une hiftoire
d'Edeffe , il a fort avancé celle de Syrie par
les Médailles ; & il conduit l'Hiftoire Ecclefiaftique
de la Chine & de l'Afie Septentrionale , jufqu'au
temps de l'arrivée des Miffionnaires en ce
Pais — là .
On apprend de Rome que le Comte Paffionci y
a fait
graver fur les deffeins du Comte Berardi ,
768 MERCURE DE FRANCE
un ancien Théatre , dont les reftes fubfiftent eneore
auprès de la Ville de Gabbio , dans l'Ombrie.
La Planche dédiée au Cardinal Ottoboni
contient le Profil de l'interieur de ce Théatre, tel
qu'il eft aujourd'hui. Il peut avoir environ 300
Palmes Romaines d'éténduë. On a mis au deffous
le Profil de l'interieur & de l'extérieur du
Théatre , tel qu'on a jugé à peu près , fur ce qui
refte , qu'il devoit être , lorfqu'il étoit entier , &
on y a ajouté le Plan , auffi dreffé par conjecture,
du premier & du fecond étage de l'Edifice , avec
le Profil des Chapiteaux des Colonnes, employées
pour
le foutenir.
El paroît depuis peu quatre Eſtampes d'après
les Tableaux du celebre Watteau ; fçavoir , un
Défilé , deffiné & gravé par le fieur Moyriau.
Le Sommeil dangereux , par le fieur Liotard.
Les Amuſemens de Ĉithere, par le fieur de Surugues.
Le Repas de Campagne , par le fieur Defplace.
Ces Eftampes fe vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pillers
d'or , & chez le fieur Surugues , Graveur , ruë
des Noyers , vis - à- vis S. Yves . On trouve aufſi
chez les mêmes , toutes les Eftampes gravées
jufque à ce jour , d'après les Deffeins & Tableaux
de Watteau. On aura foin d'annoncer les morceaux
nouveaux à mesure qu'ils paroîtront.
On mande de l'Abbaye de Fontevraud que le
Frere Luc David , Récollet , de la Province de
Toulouze , de la Communauté de Brive , en bas
Limoufin étant arrivé au mois de Decembre
› y
dernier , après avoir vû & examiné avec les Medecins
& Chirurgiens de l'Abbaye des Religieufes
affligées par des Cancers adhérans & manifeftez >
&
AVRIL 1730. 769
& quelques-unes par des Tumeurs carcinomateu →
fes au corps
fiftuleux , il a fait fur fept perfonnes
des opérations très dangereufes , avec une adreffe
& un fuccès qui leur fait efperer une guérifon
radicale , leurs playes étant bien fermées. Son
habileté eft fort grande , tant par la maniere particuliere
dont il a fait fes Opérations , que par le
fecret qu'il poffede pour arrêter le fang dans un
inftant , & par la façon de fes appareils qu'il
leve fans caufer la moindre douleur dès le fecond
jour.
Le Frere Luc a fait en Poitou & en Anjou les
guérifons les plus furprenantes tant pour les Cancers
& autres Opérations , que pour les yeux ,
étant très -habile Oculifte , fur tout pour les Ca
taractes.
Nous n'avons appris que depuis peu la perte
qu'on a faite en Allemagne d'un illuftre Profeffeur
en Théologie, à Rintelen , & Sur- Intendant
des Eglifes de ce Pays- là,nommé Frederic- Guillaume
Bierling , mort âgé de 52 ans & quelques
mois , le 25 Juillet 1728. On a de lui des obfervations
fur la Genefe, & des Differtations fur les
Comtes de Schaumbourg,fur l'Ufage Politique de
la fuperftition, fur le Pyrrhoniſme historique, & c.
Le fieur de Renti a trouvé le fecret de compofer
un Métail , qui imite l'Or , & qui en conferve
toujours la couleur. Il eft très-coulant à la fonte
, fans être venteux , tres - maniable & forgéable;
il fouffre toutes fortes. de Soudures & eft trèsdoux
fous les Outils , enforte qu'on en peut
faire tous les Ouvrages qu'on fouhaite , & particulierement
de três - beaux Flambeaux, Girandoles
, Luftres , Surtous de Tables , Feux , & c . dont
le prix ne fe trouvera confiderable,qu'autant que
770 MERCURE DE FRANCE
fes Ouvrages feront recherchez par la Gravure
& Cizelure. On en tirera encore un grand avantage
par la diminution de la confommation des
Dorures , que les Ouvrages des autres Métaux
emportent , & qui ne font jamais auffi beaux que
celui-cy l'eft naturellement;l'Académie des Sciences
, qui a examiné ce métail , l'a fort approuvé,
&c. Le Roy a permis par Brevet audit de Renty
de fondre, faire travailler , vendre & débiter toutes
fortes d'Ouvrages dudit Métail de fa compofition
, qui imite l'Or , dans toutes les Villes du
Royaume , pendant le temps de quatre années
confécutives ; pendant lequel temps fait S. M.dé
fenfes à toutes perſonnes de l'y troubler ni donner
aucun empêchement , &C..
Maniere d'entretenir le nouveau Métail.
Il faut premierement faire fondre la cire ou
fuif , s'il y en a deffus , dans l'eau chaude ou devant
le feu, Peffuyer & bien frotter avec un linge.
net ; & pour remettre les piéces comme fortant:
du Magazin , il faut le frotter avec du tripoli &
de l'huile, avec le tripoli fec, le bien favoner avec
du Savon blan & de l'eau de Riviere chaude, enfuite
le bien effuier ; fi la piece n'eſt pas affez dorée
, il faut la mettre bouillir pendant trois ou
quatre minutes dans l'eau de Riviere , après l'effuier
parfaitement. Si la piece eft cizelée , fe fervir
d'une Broffe rude pour atteindre les fonds, en
fe fervant du tripoli à l'huile & du favon .
Le fieur de Renti donne avis que fa Manufac
ture, qui eft vis-à- vis la Comedie Erançoife , continue
avec beaucoup de fuccès , & qu'ayant ap→
pris que quelques perfonnes n'étoient pas affez
inftruites pour bien entretenir fon métail , pour
le conferver toujours beau & comme neuf, il prie
ceux
AVRIL. 1730.
771
ableri
Il n'eft plus de Printems pour moi.
M. L'AFFICH AR D , Chevalier de
l'Ordre Social. Autre
770 MERCURE
DE FRANCE
inftruites
pour
bien entretenir
fon métail
, pour
le conferver
toujours
beau & comme
neuf, il prie
ceux
AVRIL. 1730. 771
eux qui ont eu de fes Ouvrages , de faire obſerver
la maniere ci- deffus ; & fi on y trouve , par
ce moyen trop de façon , on peut l'entretenir
d'une maniére plus aifée en nétoiant lefdits Ouvrages
avec du Sablon fin ou Tripoli, & de la Liè
de Vin ou Vinaigre , &c. La piece étant bien effuiée
& frottée on la verra auffi belle que neuve
&fi l'on doute de ce que l'Auteur avance,il s'offre
de remettre tous les Ouvrages dans l'état cy-deffus
fans qu'il en coute rien à ceux qui en ont
acheté , que la peine de les faire porter chez lui..
Le fieur Dugeron , ancien Chirurgien d'armée
continue avec fuccès , de diftribuer fon remede
pour préferver les Dents de fe gâter & de tomber.
Il donne la maniere facile de s'en fervir , &
met fon nom & le prix fur fes Boëtes. Il en a depuis
quarante fols jufqu'à quatre liv . Sa demeure
eft à Paris , au grand Cloitre fainte Oportune.
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Résumé : « On a appris de Londres, que le 8 Mars, on fit dans la grande Salle d'Apollon, près du Temple [...] »
Le texte présente plusieurs événements et découvertes dans divers domaines. À Londres, le 8 mars, une nouvelle Académie inspirée de l'Académie Française de Paris a été inaugurée. Lors de cette cérémonie, une dissertation sur la beauté et l'utilité de la langue française pour les Anglais a été lue, ainsi qu'un poème burlesque intitulé 'La Tour de Babel'. À Saint-Pétersbourg, M. Bayer a achevé une histoire d'Édesse et avancé celle de Syrie grâce aux médailles. Il travaille également sur l'histoire ecclésiastique de la Chine et de l'Asie septentrionale jusqu'à l'arrivée des missionnaires. À Rome, le Comte Passionei a fait graver les restes d'un ancien théâtre près de la ville de Gubbio en Ombrie. La planche dédiée au Cardinal Ottoboni contient le profil intérieur de ce théâtre, estimé à environ 300 palmes romaines. Quatre estampes d'après les tableaux de Watteau ont été publiées et vendues à Paris chez la veuve Chereau et le sieur Surugues. À l'Abbaye de Fontevraud, le Frère Luc David, Récollet, a effectué des opérations dangereuses sur des religieuses atteintes de cancers et de tumeurs, avec succès. Il est également réputé pour ses guérisons en Poitou et en Anjou, notamment pour les cataractes. En Allemagne, le professeur en théologie Frédéric-Guillaume Bierling est décédé à l'âge de 52 ans. Il a laissé des observations sur la Genèse et des dissertations sur divers sujets. Le sieur de Renty a découvert un métal imitant l'or, approuvé par l'Académie des Sciences. Le roi lui a accordé un brevet pour fabriquer et vendre des ouvrages en ce métal pendant quatre ans. Le texte décrit également la manière d'entretenir ce nouveau métal. Enfin, le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, distribue un remède pour préserver les dents, avec des prix variant de quarante sols à quatre livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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