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Liste
3651
p. 555-557
Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Début :
On connoit assez l'utilité d'un remede specifique pour quantité de maladies internes, connu [...]
Mots clefs :
Élixir d'or, Remède
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texteReconnaissance textuelle : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
On connoit affez l'utilité d'un remede fpecifi
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
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Résumé : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Le texte présente les 'Goutes du Général La Mothe', un remède reconnu pour traiter diverses maladies internes. Suite à un rapport favorable, le roi a accordé au Général La Mothe le secret de fabrication et une pension annuelle de 4000 livres. Par un brevet du 1er janvier 1730, le Général La Mothe a obtenu l'exclusivité de la fabrication, de la vente et de la distribution de ce remède. Les prix sont fixés à 2,5 livres pour une fiole d'élixir jaune et 20 livres pour une fiole d'élixir blanc. Le Général La Mothe réside Rue Saint Thomas du Louvre, à l'Hôtel d'Ufz, et ses bouteilles sont cachetées de ses armes. L'élixir d'or améliore la digestion, stimule la transpiration, rétablit les sécrétions et élimine les embarras du foie. Il traite des maladies comme l'apoplexie, la paralysie, la pleurésie, les coliques, l'asthme et les vapeurs. La dose recommandée varie de cinq à vingt-cinq gouttes. L'élixir blanc, avec des vertus similaires, est plus spécifique pour les maux vénériens, le scorbut, la goutte et le rhumatisme. La dose recommandée varie de dix à trente gouttes.
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3652
p. 129-132
ÉCOLE Royale Vétérinaire, établie à Lyon sous la direction de M. BOURGELAT, Ecuyer du ROI, & Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France.
Début :
LE Lundi, trente-un Janvier on a procédé dans l'Hôtel de l'Ecole Royale [...]
Mots clefs :
Hôtel de l'école royale vétérinaire, Cheval, Élèves
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE Royale Vétérinaire, établie à Lyon sous la direction de M. BOURGELAT, Ecuyer du ROI, & Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France.
ÉCOLE Royale Vétérinaire , établie à
Lyon fous la direction de M. BOURGELAT
, Ecuyer du ROI , & Correfpondant
de l'Académie Royale des
Sciences de France.
LE Lundi , trente- un Janvier on
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
a procédé dans l'Hôtel de l'Ecole Royale
Vétérinaire à la diftribution d'un
nouveau prix dont le Sujet concernoit
les parties extérieures du cheval & furtout
celles dont la connoiffance intéreffe
le plus , tels font les yeux , la
bouche , les nafeaux & c .
Cette diftribution a été faite felon
la forme obfervée lors de celle qui eut
lieu le 20 Decembre dernier. Dix- neuf
des Eléves ont encore concouru , après
que
les billets cachetés & contenant
cent quatre-vingt queſtions divifées
& reparties dans ces mêmes billets leur
ont été adjugés par le fort ; ils ſe font
mutuellement interrogés d'après les
queftions qu'ils avoient tirées, & le dixneuviéme
a répondu à celui des chefs
de brigade choifi & nommé pour concourir
encore avec lui.
L'Affemblée étoit nombreufe & compofée
de perfonnes diftinguées ; celles
qui dans la féance du 20 Décembre
avoient daigné juger des efforts des
Eléves ont prononcé pareillement dans
celle- ci .
Les fieurs d'Enguien de la Ville de
Lyon , & Bredin de la Ville d'Auxonne,
qui dans le précédent concours avoient
mérité le prix , ont foutenu leur répuMARS.
1763. 131
tation & ont acquis un nouveau droit
à l'eftime du public . Le premier a fait
une démonstration anatomique des parties
extérieures & intérieures du globe
fur les piéces même ; il a remporté le
prix.
Le fecond a eu à jufte titre le premier
Acceffit ; il a fait une démonſtration
très -claire & très -fimple de la connoiffance
de l'age du cheval par la dentition.
Les fieurs Detuncq , Eléve entretenu
par M. l'Intendant d'Amiens , & Bra
chet , Eléve entretenu par la Province
de Bugey , ont balancé longtemps les
voix pour le fecond Acceffit , qui a été
accordé au fieur Detuncq ; le fieur Brachet
a obtenu le troifiéme.
Quant au quatriéme on a été contraint
de faire tirer au fort les fieurs
Beauvais , Eléve entretenu par M. l'Intendant
d'Amiens , ( il avoit eu le premier
Acceffit , le 20 Décembre , ) &
Preflier , Eléve entretenu par M. l'Intendant
de Moulins , ( il avoit eu le
quatriéme ) le fort a favorifé le fieur
Bauvais qui l'a obtenu.
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Noms des Elèves qui ont concouru.
LES SIEURS ,
Didney. Vierville.
Rambert. Defchaux.
Saunier,
Detuncq.
Bloufard. Guilet.
Kamerlet. Rouffet.
Moret . Defaveniers
Preflier. Bauvais.
Gauthier. Pufenas.
Bredin. D'Enguien .
Brachet, interrogé par le fieur d'Enguien
Lyon fous la direction de M. BOURGELAT
, Ecuyer du ROI , & Correfpondant
de l'Académie Royale des
Sciences de France.
LE Lundi , trente- un Janvier on
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
a procédé dans l'Hôtel de l'Ecole Royale
Vétérinaire à la diftribution d'un
nouveau prix dont le Sujet concernoit
les parties extérieures du cheval & furtout
celles dont la connoiffance intéreffe
le plus , tels font les yeux , la
bouche , les nafeaux & c .
Cette diftribution a été faite felon
la forme obfervée lors de celle qui eut
lieu le 20 Decembre dernier. Dix- neuf
des Eléves ont encore concouru , après
que
les billets cachetés & contenant
cent quatre-vingt queſtions divifées
& reparties dans ces mêmes billets leur
ont été adjugés par le fort ; ils ſe font
mutuellement interrogés d'après les
queftions qu'ils avoient tirées, & le dixneuviéme
a répondu à celui des chefs
de brigade choifi & nommé pour concourir
encore avec lui.
L'Affemblée étoit nombreufe & compofée
de perfonnes diftinguées ; celles
qui dans la féance du 20 Décembre
avoient daigné juger des efforts des
Eléves ont prononcé pareillement dans
celle- ci .
Les fieurs d'Enguien de la Ville de
Lyon , & Bredin de la Ville d'Auxonne,
qui dans le précédent concours avoient
mérité le prix , ont foutenu leur répuMARS.
1763. 131
tation & ont acquis un nouveau droit
à l'eftime du public . Le premier a fait
une démonstration anatomique des parties
extérieures & intérieures du globe
fur les piéces même ; il a remporté le
prix.
Le fecond a eu à jufte titre le premier
Acceffit ; il a fait une démonſtration
très -claire & très -fimple de la connoiffance
de l'age du cheval par la dentition.
Les fieurs Detuncq , Eléve entretenu
par M. l'Intendant d'Amiens , & Bra
chet , Eléve entretenu par la Province
de Bugey , ont balancé longtemps les
voix pour le fecond Acceffit , qui a été
accordé au fieur Detuncq ; le fieur Brachet
a obtenu le troifiéme.
Quant au quatriéme on a été contraint
de faire tirer au fort les fieurs
Beauvais , Eléve entretenu par M. l'Intendant
d'Amiens , ( il avoit eu le premier
Acceffit , le 20 Décembre , ) &
Preflier , Eléve entretenu par M. l'Intendant
de Moulins , ( il avoit eu le
quatriéme ) le fort a favorifé le fieur
Bauvais qui l'a obtenu.
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Noms des Elèves qui ont concouru.
LES SIEURS ,
Didney. Vierville.
Rambert. Defchaux.
Saunier,
Detuncq.
Bloufard. Guilet.
Kamerlet. Rouffet.
Moret . Defaveniers
Preflier. Bauvais.
Gauthier. Pufenas.
Bredin. D'Enguien .
Brachet, interrogé par le fieur d'Enguien
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Résumé : ÉCOLE Royale Vétérinaire, établie à Lyon sous la direction de M. BOURGELAT, Ecuyer du ROI, & Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France.
Le 31 janvier 1763, l'École Royale Vétérinaire de Lyon, dirigée par M. Bourgélat, a organisé une compétition portant sur les parties extérieures du cheval, notamment les yeux, la bouche et les naseaux. Dix-neuf élèves ont participé, se posant mutuellement des questions. L'assemblée, composée de personnes distinguées, incluait les juges du concours précédent du 20 décembre. Les sieurs d'Enguien de Lyon et Bredin d'Auxonne, lauréats précédents, ont de nouveau excellé. D'Enguien a remporté le prix pour sa démonstration anatomique des parties extérieures et intérieures du globe oculaire. Bredin a obtenu le premier accessit pour sa démonstration sur la connaissance de l'âge du cheval par la dentition. Detuncq, élève de l'intendant d'Amiens, a remporté le second accessit, tandis que Brachet, élève de la province de Bugey, a obtenu le troisième accessit. Pour le quatrième accessit, Beauvais, élève de l'intendant d'Amiens, a été favorisé par le sort face à Préfier, élève de l'intendant de Moulins.
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3653
p. 129-132
ENIGME.
Début :
Voici deux soeurs des plus aimables, [...]
Mots clefs :
Rose et le lis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Voici deux foeurs des
plus aimables ,
Dont l'une eft Reine ,
Z l'autre Roys
Leurs appasfont divins ,
fi l'on en croit les
し
130 MERCURE
fables ,
Et fans eux , ou fans
leurs femblables
,
Vousquipouvez de bonne
foy
A mille coeurs donner la
loy ,
Jeunes beautez ( que de
deuil de larmes ! )
Vous n'auriez pas la
moitié de vos charmes
.
:
En faveur de leurs
grands attraits
GALANT . 131
On les aime par toute
terre ,
L'une furtout en France,
5 l'autre en Angleterre
,
Et ces Etats en ontgrand
nombre de
portraits
Des plus riches des
mieux faits.
Le Roy fe foûtient de
lui- même ,
Il eft grand , droit
vigoureux i
La Reine eft foible &
132 MERCURE
tendre , merite
qu'on l'aimes
Auffi fon air eft amoureux
:
Mais la belle a des gardes
Arme de bonnes hallebardes
,
Pour la défendre , ou la
vanger
De l'étourdi qui la veut
outrager.
Voici deux foeurs des
plus aimables ,
Dont l'une eft Reine ,
Z l'autre Roys
Leurs appasfont divins ,
fi l'on en croit les
し
130 MERCURE
fables ,
Et fans eux , ou fans
leurs femblables
,
Vousquipouvez de bonne
foy
A mille coeurs donner la
loy ,
Jeunes beautez ( que de
deuil de larmes ! )
Vous n'auriez pas la
moitié de vos charmes
.
:
En faveur de leurs
grands attraits
GALANT . 131
On les aime par toute
terre ,
L'une furtout en France,
5 l'autre en Angleterre
,
Et ces Etats en ontgrand
nombre de
portraits
Des plus riches des
mieux faits.
Le Roy fe foûtient de
lui- même ,
Il eft grand , droit
vigoureux i
La Reine eft foible &
132 MERCURE
tendre , merite
qu'on l'aimes
Auffi fon air eft amoureux
:
Mais la belle a des gardes
Arme de bonnes hallebardes
,
Pour la défendre , ou la
vanger
De l'étourdi qui la veut
outrager.
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3654
p. 129-132
RESPONSE.
Début :
Du bon Marot je tarirois le dire, [...]
Mots clefs :
Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE.
RESPONSE.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
Du bon Marot je tarirois
le dire ,
Du blond Phoebus j'épuiferois
la lyre.
130 MERCURE
1
Si prétendois répondre
doctement
Aux vers qu'avez envoyé
galament
Lorfque les miens à peine
aviez pu lire
De part S. Leu or dites
moy
beau Sire
Où tant puizés gente façon
d'ecrire ,
Gratieux tours badinages
charmans
.
Du bon Marot .
Moy qui ne fçai termes
GALANT. 131
qu'on doit élire
Du double mont ilfaudra
m'éconduire
Mais fi pouvez m'ap
prendre acortement
Comme dictez le tout
élegament
Bien chanterai cyl qui
mefceut inftruire
Du bon Marot.
ENVO Y.
Plutoft aurois pour vous
cotoïé le
Permeffe ,
J'ay differé par un af132
MERCURE
freux malheur,
Un innocent fouet poffedant
ma tendreſſe
Vient d'éprouver d'un
chat l'ame dure &
traitreſſes
Je ne vous dis plus rien ,
vous connoiffez mon
coeur ,
Fe cheriffois l'oyfeau , jugez
de ma douleur.
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Résumé : RESPONSE.
Un échange poétique admire le style de Marot, sa grâce et ses badinages. Le premier interlocuteur souhaite apprendre à écrire élégamment. Le second, empêché par un malheur, symbolise sa douleur par un chat blessant un innocent. Il laisse l'autre juge de sa tristesse.
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3655
p. 131-134
MORT.
Début :
Messire Eustache Titus, Marquis de Saint Simon, mourut le premier [...]
Mots clefs :
Marquis de Saint Simon, Régiment des gardes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
>
Meffire Euftache Titus
Marquis de Saint Simon
mourut le premier Septembre en fa maifon dans fa
fa 58 année , il étoit Capi-,
taine aux Gardes Françoifes
& Brigadier des Armées du
Roy , en l'année 1673. il
fut fait Lieutenant dans le
Regiment de Picardie ,
commandé par Mr le
Comte de la March. L'an.,
née fuivante, il entra dans ,
le Regiment aux Gardes
132 MERCURE
if
Françoifes & en 1689. il
fut fait Aide Major dans le
mefme Regiment , trois ans
aprés il monta à la Compa.
gnie. En 1704. pendant la
Campagne d'Hochefter
commanda dans Wolfach
qui étoit un poſte de confiance & des plus expoſez,
il fe conduifit dans cette
place avec tant de fageffe
& de prudence qu'il merita
l'eftime & l'approbation de
Mr le Maréchal de Villeroy
& de tous les Officiers Generaux de l'armée. A la fin
de la Campagne il fut fait
GALANT. 135
Brigadier des Armées du
Roy. Pendant le quartier
d'Hyver , l'Infanterie de
Tournay & des autres Garnifons voisines.
Le Marquis de Saint Simon étoit l'aîné de cette
Illuftre & ancienne Maiſon
妒
de Saint Simon qui tire fon
origine des Comtes de Vermandois. On peut voir le
Pere Anfelme fur cette
Maifon dans fon Hiftoire
Genealogique des grands
Officiers dela Couronne au
Chapitre des grands Louve.
tiers de France. Le Marquis
134 MERCURE
de Saint Simon laiſſe neuf
enfans. Le Roy en confi.
deration de fes grands fervices vient de donner au Marquis de Saint Simon fon fils
âgé de 19. ans , une Lieutenance dans le Regiment
de fes Gardes Françoifes.
>
Meffire Euftache Titus
Marquis de Saint Simon
mourut le premier Septembre en fa maifon dans fa
fa 58 année , il étoit Capi-,
taine aux Gardes Françoifes
& Brigadier des Armées du
Roy , en l'année 1673. il
fut fait Lieutenant dans le
Regiment de Picardie ,
commandé par Mr le
Comte de la March. L'an.,
née fuivante, il entra dans ,
le Regiment aux Gardes
132 MERCURE
if
Françoifes & en 1689. il
fut fait Aide Major dans le
mefme Regiment , trois ans
aprés il monta à la Compa.
gnie. En 1704. pendant la
Campagne d'Hochefter
commanda dans Wolfach
qui étoit un poſte de confiance & des plus expoſez,
il fe conduifit dans cette
place avec tant de fageffe
& de prudence qu'il merita
l'eftime & l'approbation de
Mr le Maréchal de Villeroy
& de tous les Officiers Generaux de l'armée. A la fin
de la Campagne il fut fait
GALANT. 135
Brigadier des Armées du
Roy. Pendant le quartier
d'Hyver , l'Infanterie de
Tournay & des autres Garnifons voisines.
Le Marquis de Saint Simon étoit l'aîné de cette
Illuftre & ancienne Maiſon
妒
de Saint Simon qui tire fon
origine des Comtes de Vermandois. On peut voir le
Pere Anfelme fur cette
Maifon dans fon Hiftoire
Genealogique des grands
Officiers dela Couronne au
Chapitre des grands Louve.
tiers de France. Le Marquis
134 MERCURE
de Saint Simon laiſſe neuf
enfans. Le Roy en confi.
deration de fes grands fervices vient de donner au Marquis de Saint Simon fon fils
âgé de 19. ans , une Lieutenance dans le Regiment
de fes Gardes Françoifes.
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Résumé : MORT.
Le texte relate la vie et la carrière militaire du Marquis de Saint Simon, Eustache Titus, décédé le 1er septembre à l'âge de 58 ans. Il occupa les postes de capitaine aux Gardes Françaises et de brigadier des armées du roi. Sa carrière militaire inclut des rôles dans le régiment de Picardie sous le commandement du Comte de la March, ainsi qu'aux Gardes Françaises, où il fut nommé aide-major en 1689 et monta en grade jusqu'à devenir capitaine de compagnie. En 1704, pendant la campagne d'Hochester, il commanda à Wolfach, un poste stratégique, et fut récompensé pour sa sagesse et sa prudence par le Maréchal de Villeroy et d'autres officiers généraux. À la fin de cette campagne, il fut promu brigadier des armées du roi. Le Marquis de Saint Simon était l'aîné d'une illustre famille descendant des Comtes de Vermandois. Il laissa neuf enfants. En reconnaissance de ses services, le roi accorda à son fils de 19 ans une lieutenance dans le régiment des Gardes Françaises.
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3656
p. 2027-2030
Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
Début :
Nous avons appris au Public dans le dernier Mercure, que l'Académie Françoise [...]
Mots clefs :
Sculpture, Ode, Académie française, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
Nous avons appris au Public dans le
nier Mercure , que l'Académie Franise
avoit adjugé cette année le Prix
de la Poësie , à une Ode de la composition
de M. Isnard , de l'Oratoire , Professeur
de Réthorique à Soissons . On
sera , sans doute , bien aise de trouver
Ici une idée de cette Piece , dont le Sujet
est : les Progrès de la Sculpture sous le Regne
de Louts LE GRAND .
Le Poëte s'adressant à la Sculpture
même , commence ainsi :
O Toy , dont le Ciseau Rival de Promethét ,
Anume le métal transformé sous tes doigts ,
Et fait sortir au Marbre à ma vûe enchantée ,
Les Dieux , les Héros et les Rois.
Quelle est de ton pouvoir l'agréable imposture !
Tantôt d'une Action retraçant la peinture ,
Tu fais mouvoir tous ses ressorts.
Tantôt , des passions Interprète sublime ,
Sur le docile airain ton Art qui les exprime ,
En allume en moi les transports.
Vien , dis- moi les progrès de tes sçavantes
veilles ,
Dis -moi qui t'a rendu cette antique splendeur ,
Qui d'un Regne fameux , le centre des merveilles,
Doit éterniser la grandeur.
Fiiij Sur
2028 MERCURE DE FRANCE
Sur les débris de Rome élevant son Empire ,
Un Vainqueur (a) odieux contre les Arts conspire
,
Tu suivis ses barbares Loix.
Mais affranchie (6 ) enfin du joug de l'ignorance,
Le Destin , pour ta gloire et celle de la France ,
Fait naître le plus grand des Rois.
Il étale ensuite en plusieurs strophes
les merveilles de la Sculpture perfectionnée
sous ce grand Prince , en retraçant
les Morceaux les plus exquis qui ont
été executez par ses ordres , et par les
plus celebres Auteurs qu'il nomme , à
la tête desquels est Girardon , souvent
répeté dans ce dénombrement. L'Auteur,
qui est Provençal , a marqué une attention
particuliere pour le fameux P. Puget
, son compatriote , qui fut lui - même
son modele , et fut préferé aux plus habiles
Sculpteurs d'Italie . Voici comment
il parle de ses deux plus beaux Ouvrages ,
Infortuné Milon , un piege inévitable ,
Triomphe de ta force et va livrer tes jours ;
La pitié m'interesse à ton sort déplorable ;
par
( a ) Arts anéantis depuis le sac de Rome
Alaric , la Sculpture Gotique , introduite , &c.
(b) La belle Sculpture recommence sous Franfois
I se perfectionne sous Louis XIV. ¿c.
Attends
SEPTEMBRE . 1733. 2029
Attends : je vole à ton secours ...
Aimable illusion ! plus mon oeil t'envisage ,
Plus mon coeur s'attendrit , et ta vivante image
Me transmet tes vives douleurs.
Tout parle , tout me touche en ce divin Modele,
LOUIS Seul put former une main immortelle ,,
Digne de peindre tes malheurs.
Est-ce assez ? Quel objet plus effrayant encore !!
Andromede périt : un Monstre la dévore ...
C'en est fait ; Destin rigoureux !
Mais non. Un demi - Dieu vient signaler son zele,,
Fend les Airs , la délivre , et ce Marbre fidele
Mieux que lui la rend à mes voeux.
L'Ode est suivie de cette Priere pour
LE ROY .
Grand Dieu , ce Roy selon ton coeur ,,
Epuisa les beaux Arts * à décorer tes Temples .
Et porta ses Sujets , par d'augustes exemples ,
A rendre hommage à ta grandeur ..
Du Prince héritier de son zele ,.
Récompense la pieté :
Statues des Apôtres , des Vertus , &c. de la
Chapelle de Versailles , et celles de Notre- Dame:
de Paris.
Fv Que
2030 MERCURE DE FRANCE
Que son Regne cheri de son Peuple fidele ,
Fasse encor le bonheur de la Postérité.
Excudent alii spirantia molliùs ara,
Vivos ducent de marmore vultus.
Virg. Æneid. L. VI.
nier Mercure , que l'Académie Franise
avoit adjugé cette année le Prix
de la Poësie , à une Ode de la composition
de M. Isnard , de l'Oratoire , Professeur
de Réthorique à Soissons . On
sera , sans doute , bien aise de trouver
Ici une idée de cette Piece , dont le Sujet
est : les Progrès de la Sculpture sous le Regne
de Louts LE GRAND .
Le Poëte s'adressant à la Sculpture
même , commence ainsi :
O Toy , dont le Ciseau Rival de Promethét ,
Anume le métal transformé sous tes doigts ,
Et fait sortir au Marbre à ma vûe enchantée ,
Les Dieux , les Héros et les Rois.
Quelle est de ton pouvoir l'agréable imposture !
Tantôt d'une Action retraçant la peinture ,
Tu fais mouvoir tous ses ressorts.
Tantôt , des passions Interprète sublime ,
Sur le docile airain ton Art qui les exprime ,
En allume en moi les transports.
Vien , dis- moi les progrès de tes sçavantes
veilles ,
Dis -moi qui t'a rendu cette antique splendeur ,
Qui d'un Regne fameux , le centre des merveilles,
Doit éterniser la grandeur.
Fiiij Sur
2028 MERCURE DE FRANCE
Sur les débris de Rome élevant son Empire ,
Un Vainqueur (a) odieux contre les Arts conspire
,
Tu suivis ses barbares Loix.
Mais affranchie (6 ) enfin du joug de l'ignorance,
Le Destin , pour ta gloire et celle de la France ,
Fait naître le plus grand des Rois.
Il étale ensuite en plusieurs strophes
les merveilles de la Sculpture perfectionnée
sous ce grand Prince , en retraçant
les Morceaux les plus exquis qui ont
été executez par ses ordres , et par les
plus celebres Auteurs qu'il nomme , à
la tête desquels est Girardon , souvent
répeté dans ce dénombrement. L'Auteur,
qui est Provençal , a marqué une attention
particuliere pour le fameux P. Puget
, son compatriote , qui fut lui - même
son modele , et fut préferé aux plus habiles
Sculpteurs d'Italie . Voici comment
il parle de ses deux plus beaux Ouvrages ,
Infortuné Milon , un piege inévitable ,
Triomphe de ta force et va livrer tes jours ;
La pitié m'interesse à ton sort déplorable ;
par
( a ) Arts anéantis depuis le sac de Rome
Alaric , la Sculpture Gotique , introduite , &c.
(b) La belle Sculpture recommence sous Franfois
I se perfectionne sous Louis XIV. ¿c.
Attends
SEPTEMBRE . 1733. 2029
Attends : je vole à ton secours ...
Aimable illusion ! plus mon oeil t'envisage ,
Plus mon coeur s'attendrit , et ta vivante image
Me transmet tes vives douleurs.
Tout parle , tout me touche en ce divin Modele,
LOUIS Seul put former une main immortelle ,,
Digne de peindre tes malheurs.
Est-ce assez ? Quel objet plus effrayant encore !!
Andromede périt : un Monstre la dévore ...
C'en est fait ; Destin rigoureux !
Mais non. Un demi - Dieu vient signaler son zele,,
Fend les Airs , la délivre , et ce Marbre fidele
Mieux que lui la rend à mes voeux.
L'Ode est suivie de cette Priere pour
LE ROY .
Grand Dieu , ce Roy selon ton coeur ,,
Epuisa les beaux Arts * à décorer tes Temples .
Et porta ses Sujets , par d'augustes exemples ,
A rendre hommage à ta grandeur ..
Du Prince héritier de son zele ,.
Récompense la pieté :
Statues des Apôtres , des Vertus , &c. de la
Chapelle de Versailles , et celles de Notre- Dame:
de Paris.
Fv Que
2030 MERCURE DE FRANCE
Que son Regne cheri de son Peuple fidele ,
Fasse encor le bonheur de la Postérité.
Excudent alii spirantia molliùs ara,
Vivos ducent de marmore vultus.
Virg. Æneid. L. VI.
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Résumé : Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
L'Académie Française a décerné le Prix de la Poésie à une ode de M. Isnard, professeur de rhétorique à Soissons. Cette œuvre, intitulée 'Les Progrès de la Sculpture sous le Règne de Louis le Grand', célèbre les avancées de la sculpture durant le règne de Louis XIV. L'ode décrit la sculpture comme capable de transformer le métal et le marbre en représentations divines et héroïques. Le poète mentionne les progrès de cet art sous Louis XIV et cite des sculpteurs célèbres comme Girardon et Puget. L'ode met en lumière des œuvres majeures commandées par le roi, telles que 'L'Infortuné Milon' et 'Andromède'. Le texte se conclut par une prière pour le roi, louant ses contributions aux arts et exprimant le souhait que son règne continue de bénéficier à la postérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3657
p. 123-127
« L'Observateur françois à Londres, ou Lettres sur l'état présent de l'Angleterre, [...] »
Début :
L'Observateur françois à Londres, ou Lettres sur l'état présent de l'Angleterre, [...]
Mots clefs :
Écho, Anglais, Musique, Punch, Maison, Répéter, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Observateur françois à Londres, ou Lettres sur l'état présent de l'Angleterre, [...] »
L'Obfervateur françois à Londres ,
Lettres fur l'état préfent de l'Angleterre
, relativement à fes forces , à fon
commerce & à fes moeurs , avec des
notes fur les papiers Anglois & des
remarques hiftoriques , critiques & po.
Fi
124 MERCURE DE FRANCE.
litiques de l'éditeur. A Londres & fe
trouve à Paris , chez Lacombe , rue
Chriſtine , près la rue Dauphine ; Didot
l'aîné , Libraire & Imprimeur , rue
pavée , au coin du quai des Auguf
ting.
Nous avons rendu compte dans le dernier
Mercure du numero premier de cet
ouvrage périodique. Les numeros 2 , 3
& 4 viennent de paroître , & prefentent
le même agrément , le même intérêt , la
même variété. Les Anglois prétendent
que nous n'avons pas de Mufique. Ils
croient en trouver la caufe principale dans
le génie de notre langue & dans la frivolité
de notre goût : cependant , fuivant le
témoignage d'un voyageur Anglois , qui
a vu exécuter à Lyon l'acte de Pygmalion
de M. Rouffeau , on peut faire de
bonne mufique fur des paroles françoiſes .
Selon lui les paroles & la mufique de ce
drame , qui font du même Auteur , font
également fublimes. Ce qui l'a frappé le
plus , eft l'expreffion du premier fentiment
qu'éprouve la ftatue c'eft celui de
fon existence . Dès qu'elle fe touche , elle
s'écrie : c'est moi ! Elle touche fon piedeftal
& dit ce n'eft pas moi ! Pygmalion la
preffe dans fes bras & elle s'écrie : c'eft
NOVEMBRE . 1776. 125
encore moi ! Cette manière naïve de peindre
eft fimple & néanmoins neuve & fublime
.
Un Gentilhomme a offert , pendant la
dernière courfe de chevaux de la Province
d'lorck , trois mille guinées d'un
cheval nommé l'Eclipfe & fa propofition
a été rejetée.
Rameau difoit , ( fans doute en plaifantant
) , qu'il mettroit en mufique , &
avec fuccès , la gazette d'Hollande . Des
membres de la fociété du Bill des droits
fe propofent de faire aujourd'hui la
même chofe en Angleterre . Leur projet
eft de mettre d'abord en vers une lettre
que leur a écrit un des membres les plus
celèbres de cettes fociété ; d'en faire enfuite
une chanfon fur un air très connu ,
afin que l'on puiffe chanter cette fublime
production du patriotifme dans toutes les
occafions intéreffantes .
Trois filous , qui avoient l'air d'honnêtes
gens , arrivèrent il y a quelques jours
dans une hôtellerie à Putney. Toutes les
chambres étoient occupées à l'exception
d'une feule qu'on leur donna . Ils demandèrent
un bol de punch , & pour qu'on
les fervit plus promptement , l'un d'eux
sefta fur l'efcalier & jura qu'aucun do-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE
meftique de la maifon n'y pafferoit que
lorfqu'on leur auroit apporté le punch :
tandis qu'on le préparoit , les deux autres
ouvrirent la porte de la chambre où
ils favoient que l'hôteffe ferroit fon argent,
crochetèrent l'armoire où il étoit enfermé
, y prirent environ 300 liv. fterlings
( 6750 liv. tournois ) , burent leur
punch, le payèrent & fortirent de la maifon
, fans qu'on pût fe douter de leur
larcin.
AWorkington , dans le Cumberland,
une mine de charbon ; s'eft tout-à - coup
enflammée & fon explofion à été fi forte
qu'elle s'eft fait entendre à fix lieues . Six
perfonnes y ont perdu la vie , quelquesunes
la vue , & plufieurs ont été bleffées.
Près de Rofneath , belle maifon de
campagne , à l'oueft d'un lac d'eau falée ,
qui fe perd dans la rivière de Clyde , à .
dix - fept milles au- deffous de Glafcow
il y a un écho très fingulier. Ce lac eft
environné de collines , dont quelques
unes font des rochers arides : les autres
font couvertes de bois . Quelques perfonnes
curieufes d'entendre l'écho célèbre
qui fe trouve dans ce lieu fauvage , y ont
mené unhomme qui fonnoit parfaitement
de la trompette il s'eft placé fur une poinNOVEMBRE.
1770. 127
te de terre , que l'eau laiffe à découvert ,
& s'étant retourné du coté du nord , il a
fonné un air & s'eft arrêté :auffitôt un écho
a repris l'air qu'il a répété très - diftin &tement
& très-fidélement , mais d'un ton
plus bas que la trompette. Quand cet écho
a ceffé , un autre écho ,d'un ton encore plus
bas , a répété le même air avec la même
exactitude : ce fecond a été fuivi d'un troifième
qui a été auffi fidèle que les deux autres
, à l'exception du ton qui étoit , à
l'égard du fecond , ce que celui- ci étoit
à l'égard du premier ; & l'on n'a plus rien
entendu . On a répété plufieursfois la même
expérience qui a toujours été également
heureuſe .
L'Obfervateur continue de nous faire
connoître les moeurs des Anglois , leurs
loix , leurs ufages , leur caractère , leurs
forces , leur génie , leurs finances , leur
littérature , leur commerce enfin ce
qui conftitue la Nation Angloife dans le
moral , le physique & le politique ; mais
il faut voir tout ceci dans l'ouvrage même
auffi inftructif qu'amufant.
Lettres fur l'état préfent de l'Angleterre
, relativement à fes forces , à fon
commerce & à fes moeurs , avec des
notes fur les papiers Anglois & des
remarques hiftoriques , critiques & po.
Fi
124 MERCURE DE FRANCE.
litiques de l'éditeur. A Londres & fe
trouve à Paris , chez Lacombe , rue
Chriſtine , près la rue Dauphine ; Didot
l'aîné , Libraire & Imprimeur , rue
pavée , au coin du quai des Auguf
ting.
Nous avons rendu compte dans le dernier
Mercure du numero premier de cet
ouvrage périodique. Les numeros 2 , 3
& 4 viennent de paroître , & prefentent
le même agrément , le même intérêt , la
même variété. Les Anglois prétendent
que nous n'avons pas de Mufique. Ils
croient en trouver la caufe principale dans
le génie de notre langue & dans la frivolité
de notre goût : cependant , fuivant le
témoignage d'un voyageur Anglois , qui
a vu exécuter à Lyon l'acte de Pygmalion
de M. Rouffeau , on peut faire de
bonne mufique fur des paroles françoiſes .
Selon lui les paroles & la mufique de ce
drame , qui font du même Auteur , font
également fublimes. Ce qui l'a frappé le
plus , eft l'expreffion du premier fentiment
qu'éprouve la ftatue c'eft celui de
fon existence . Dès qu'elle fe touche , elle
s'écrie : c'est moi ! Elle touche fon piedeftal
& dit ce n'eft pas moi ! Pygmalion la
preffe dans fes bras & elle s'écrie : c'eft
NOVEMBRE . 1776. 125
encore moi ! Cette manière naïve de peindre
eft fimple & néanmoins neuve & fublime
.
Un Gentilhomme a offert , pendant la
dernière courfe de chevaux de la Province
d'lorck , trois mille guinées d'un
cheval nommé l'Eclipfe & fa propofition
a été rejetée.
Rameau difoit , ( fans doute en plaifantant
) , qu'il mettroit en mufique , &
avec fuccès , la gazette d'Hollande . Des
membres de la fociété du Bill des droits
fe propofent de faire aujourd'hui la
même chofe en Angleterre . Leur projet
eft de mettre d'abord en vers une lettre
que leur a écrit un des membres les plus
celèbres de cettes fociété ; d'en faire enfuite
une chanfon fur un air très connu ,
afin que l'on puiffe chanter cette fublime
production du patriotifme dans toutes les
occafions intéreffantes .
Trois filous , qui avoient l'air d'honnêtes
gens , arrivèrent il y a quelques jours
dans une hôtellerie à Putney. Toutes les
chambres étoient occupées à l'exception
d'une feule qu'on leur donna . Ils demandèrent
un bol de punch , & pour qu'on
les fervit plus promptement , l'un d'eux
sefta fur l'efcalier & jura qu'aucun do-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE
meftique de la maifon n'y pafferoit que
lorfqu'on leur auroit apporté le punch :
tandis qu'on le préparoit , les deux autres
ouvrirent la porte de la chambre où
ils favoient que l'hôteffe ferroit fon argent,
crochetèrent l'armoire où il étoit enfermé
, y prirent environ 300 liv. fterlings
( 6750 liv. tournois ) , burent leur
punch, le payèrent & fortirent de la maifon
, fans qu'on pût fe douter de leur
larcin.
AWorkington , dans le Cumberland,
une mine de charbon ; s'eft tout-à - coup
enflammée & fon explofion à été fi forte
qu'elle s'eft fait entendre à fix lieues . Six
perfonnes y ont perdu la vie , quelquesunes
la vue , & plufieurs ont été bleffées.
Près de Rofneath , belle maifon de
campagne , à l'oueft d'un lac d'eau falée ,
qui fe perd dans la rivière de Clyde , à .
dix - fept milles au- deffous de Glafcow
il y a un écho très fingulier. Ce lac eft
environné de collines , dont quelques
unes font des rochers arides : les autres
font couvertes de bois . Quelques perfonnes
curieufes d'entendre l'écho célèbre
qui fe trouve dans ce lieu fauvage , y ont
mené unhomme qui fonnoit parfaitement
de la trompette il s'eft placé fur une poinNOVEMBRE.
1770. 127
te de terre , que l'eau laiffe à découvert ,
& s'étant retourné du coté du nord , il a
fonné un air & s'eft arrêté :auffitôt un écho
a repris l'air qu'il a répété très - diftin &tement
& très-fidélement , mais d'un ton
plus bas que la trompette. Quand cet écho
a ceffé , un autre écho ,d'un ton encore plus
bas , a répété le même air avec la même
exactitude : ce fecond a été fuivi d'un troifième
qui a été auffi fidèle que les deux autres
, à l'exception du ton qui étoit , à
l'égard du fecond , ce que celui- ci étoit
à l'égard du premier ; & l'on n'a plus rien
entendu . On a répété plufieursfois la même
expérience qui a toujours été également
heureuſe .
L'Obfervateur continue de nous faire
connoître les moeurs des Anglois , leurs
loix , leurs ufages , leur caractère , leurs
forces , leur génie , leurs finances , leur
littérature , leur commerce enfin ce
qui conftitue la Nation Angloife dans le
moral , le physique & le politique ; mais
il faut voir tout ceci dans l'ouvrage même
auffi inftructif qu'amufant.
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Résumé : « L'Observateur françois à Londres, ou Lettres sur l'état présent de l'Angleterre, [...] »
'L'Observateur françois à Londres' est une publication périodique qui traite divers aspects de l'Angleterre, incluant ses forces, son commerce et ses mœurs. Les derniers numéros de cette revue sont appréciés pour leur agrément et leur contenu varié. Le texte évoque la perception des Anglais sur la musique française, relatant l'impression d'un voyageur anglais lors d'une représentation de 'Pygmalion' de Rousseau à Lyon. Un incident est mentionné où un gentleman a tenté d'acheter un cheval nommé 'l'Éclipse' pour trois mille guinées, mais sa proposition a été rejetée. Par ailleurs, des membres de la société du Bill des droits envisagent de mettre en musique une lettre patriotique. Le texte rapporte également un vol dans une auberge à Putney et un accident minier à Workington. Un phénomène acoustique singulier près de Rosneath est décrit, où plusieurs échos successifs reproduisent fidèlement un air de trompette. La publication continue d'explorer les dimensions culturelles, légales et économiques de la nation anglaise.
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3658
p. 129-133
BOUQUET à Madame ***
Début :
Pour un Bouquet, vous ne sçauriez le refuser ! ayez donc / Je m'abandonne à mon zele indiscret, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Bonté, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET à Madame ***
Pour un Bouquet , vous ne
ſçauriez le refufer ! ayez donc
s'il vous plaiſt , la bonté de lire
T'hiſtoire de ce Bouquer.
Lejour de Saint François 4 .
Octobre
,
ر une Dame d'un
1
130 MERCURE
rang & d'un merite diftingué
étant à ſa Terre aux environs
de Paris ,yreceut un nombre
deBouquets de pluſieurs perfonnes
de confideration. Un
honneſte homme qu'elle honorede
ſon eſtimen'ayant pas
voulu laiſſer paffer la fefte de
de certe Dame , ſans luy donner
des marques de fa recon.
noiſlance & de fon refpect ,
luy preſenta auſſi unbouquet ,
&yjoignit ces vers.
GALANT. 131
BOUQUET
à Madame ***
Je m'abandonne à mon zele
indifcret,
C'eſt aßez admirer vos charmes
enfecret.
Il est tems qu'à mon tourj'en celebre
lagloire.
Olympe ,je veux en ce jour
1
Où l'on s'empreſſe à vous faire
fa cour
Sur mes jeunes rivaux remporter
la victoire.
Esperer de vous plaire en vous
offrant desfleurs
132 MERCURE
Est un objet qu'en vain l'on se
propose,
Vous effacez par vos belles cou .
leurs
Et la blancheur du lys
de la rose.
l'éclat
Ces ornements pour vous mesem
b'ent fuperflus ,
Mais peindre au naturel vos aimables
vertus
Eſt un projet plus raisonnable.
Montrons de vos deffeins la con
duite admirable ,
Ce fond de pieté , cette bonté de
moeurs ,
Quifous fes douces loix affujettin
Les coeurs.
GALANT. 133
Cet air vif&brillant , cette ame
noble fiere
Que vostre illuftre Epoux poffede
toute entiere
Et qui ſur ſes devoirs reglant
tous fes defirs,
Dans un heureux repos jouit des
vrais plaiſirs .
MaMuse n'oferoit en dire davantage
,
Pour la premierefois qu'elle vous
rend hommage.
ſçauriez le refufer ! ayez donc
s'il vous plaiſt , la bonté de lire
T'hiſtoire de ce Bouquer.
Lejour de Saint François 4 .
Octobre
,
ر une Dame d'un
1
130 MERCURE
rang & d'un merite diftingué
étant à ſa Terre aux environs
de Paris ,yreceut un nombre
deBouquets de pluſieurs perfonnes
de confideration. Un
honneſte homme qu'elle honorede
ſon eſtimen'ayant pas
voulu laiſſer paffer la fefte de
de certe Dame , ſans luy donner
des marques de fa recon.
noiſlance & de fon refpect ,
luy preſenta auſſi unbouquet ,
&yjoignit ces vers.
GALANT. 131
BOUQUET
à Madame ***
Je m'abandonne à mon zele
indifcret,
C'eſt aßez admirer vos charmes
enfecret.
Il est tems qu'à mon tourj'en celebre
lagloire.
Olympe ,je veux en ce jour
1
Où l'on s'empreſſe à vous faire
fa cour
Sur mes jeunes rivaux remporter
la victoire.
Esperer de vous plaire en vous
offrant desfleurs
132 MERCURE
Est un objet qu'en vain l'on se
propose,
Vous effacez par vos belles cou .
leurs
Et la blancheur du lys
de la rose.
l'éclat
Ces ornements pour vous mesem
b'ent fuperflus ,
Mais peindre au naturel vos aimables
vertus
Eſt un projet plus raisonnable.
Montrons de vos deffeins la con
duite admirable ,
Ce fond de pieté , cette bonté de
moeurs ,
Quifous fes douces loix affujettin
Les coeurs.
GALANT. 133
Cet air vif&brillant , cette ame
noble fiere
Que vostre illuftre Epoux poffede
toute entiere
Et qui ſur ſes devoirs reglant
tous fes defirs,
Dans un heureux repos jouit des
vrais plaiſirs .
MaMuse n'oferoit en dire davantage
,
Pour la premierefois qu'elle vous
rend hommage.
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3659
p. 128-132
NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
Début :
Les Conferences entre les Ministres des Alliez sont plus frequentes [...]
Mots clefs :
Archiduc, Régiment, Catalogne, Utrecht, Flandre, Conférence, Traité de la Barrière, Électeur de Brandebourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
NOUVELLES
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
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Résumé : NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Europe. Les conférences entre les ministres des Alliés, incluant ceux de France, d'Angleterre, des États Généraux et de l'Archiduc, se sont multipliées. Les États Généraux des Pays-Bas ont approuvé le traité de la Barrière et de la Succession à la Couronne de la Grande-Bretagne. L'évacuation de la Catalogne est en cours de régulation. À Tournay, le régiment saxon de Seckendorf, sous commandement anglais, a reçu l'ordre de se retirer, mais attend les instructions de La Haye. Les troupes danoises au service de l'Angleterre se sont rassemblées à Vilvorde pour retourner dans leur pays, suite à un rappel du roi du Danemark. À Liège, les troupes de l'Électeur de Brandebourg ont refusé de servir jusqu'au paiement de leurs arriérés, se barricadant aux portes d'Auroix et de Sainte-Marguerite. Enfin, des troupes de Maubeuge et de Condé ont surpris un poste près d'Ath, capturant quatre-vingts fantassins d'un régiment de l'Archiduc.
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3660
p. 86-91
SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Début :
Muses, sur la lyre éclatante, [...]
Mots clefs :
Gérone
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
SURLAPRISE
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
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Résumé : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Le poème 'SURLAPRISE de Girone' du Duc de N. célèbre les exploits militaires d'un héros lors du siège de Girone. Le texte met en lumière la bravoure et les stratégies employées pour vaincre la ville, malgré ses défenses imposantes et les obstacles naturels comme les fleuves en crue. Animé par un ardent désir de victoire, le héros surmonte tous les défis, y compris les fortifications. Girone, après une résistance acharnée, finit par se rendre, reconnaissant la supériorité de l'adversaire. Le poème souligne la clémence et la générosité du vainqueur, comparées à celles de son père, soulignant ainsi les qualités de leadership et de miséricorde du héros. Le texte se termine par des vœux pour un avenir glorieux du héros, espérant qu'il continuera à servir et à protéger l'Empire ibérique, tant en temps de guerre qu'en temps de paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3661
p. 535-540
Refléxions diverses, [titre d'après la table]
Début :
CINQUIÈME feüille des Réfléxions diverses: Nous sommes la cause de [...]
Mots clefs :
Réflexions diverses, Défauts, Loi de l'honneur, Calomnie, Femmes, Générosité
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texteReconnaissance textuelle : Refléxions diverses, [titre d'après la table]
CINQUIEME feüille des Réfléxions
diverses : Nous sommes la cause de la plupart des deffauts du sexe.
Cet Ouvrage est gouté de plus en plus,
et se fait lire avec plaisir.
Pour ce qui regarde la probité, dit l'Au
teur , pag.70. notre foiblesse est puissamment soutenue par les Loix de l'honneur,
qui sont très-séveres pour nous. Unhom
me qui médit , qui calomnie , ou qui
trompe , se perd absolument dans le mon
de ; il ne peut le faire si adroitement
qu'il ne soit décrié sans retour. Obligé
même quelquefois à payer de sa person
ne , il en devient plus circonspect à s'é
carter. Il n'en est pas ainsi des femmes
nous avons attaché leur honneur à des
circonstances fort singulieres , qui sont
toutes differentes ; elles pensent avoir
tout fait quand elles se gardent de ce côté
là , ou qu'elles sauvent les apparences , ce
qui leur est assez facile dans des conjonc
ture , où elles n'ont que faire d'un tiers ;
du reste elles peuvent tromper, calom
nier , mentir impunément. On rejette
tout sur leur foiblesse; c'est un sexe délicat
qui est aussi excusable de ne pas suivre les
devoirs d'une exacte probité , que de ne pou
voir agir avec force , on porter
fardeaux.
de pesan's
Fiij L'ex
$36 MERCURE DE FRANCE
L'experience nous apprend queles femmes peuvent non-seulement supporter la
fatigue et le travail , mais qu'elles sont
capables , aussi-bien que nous , de courage , de fermeté , de force d'esprit et de
valeur. Combien d'Héroïnes n'a - t-on
pas vû dans tous les siecles ? combien de
Princesses qui ont gouverné avec sagesse
et avec prudence ? nous voyons tous les
jours des femmes parmi nous qui se tirent d'elles-mêmes de l'état de non- chalance et de molesse , où notre prévention
les place , et qui y réussissent aussi - bien
et quelquefois mieux que les hommes
dans les choses qu'elles entreprennent ,
&c.
>
Ala page 74 , J'ai connu dans les Païs
- Etrangers une Dame de distinction
d'un esprit et d'un caractere fort doux
qui vivoit tranquillement en Province
avec un mari qu'elle aimoit beaucoup ;
elle eut le malheur de plaire à un homme de cette espece , qui n'oublia rien
pour la séduire et la brouiller avec son mari , sans en pouvoir venir à bout. A la fin
il s'avisa d'inspirer de la jalousie au mari
et de lui faire donner des avis secrets , qui
mirent la division dans le ménage.Il conduisit les choses de maniere que la femme
fut maltraitée. Il lui offrit ses services. Elle
s'en-
MARS. 1732. SST
s'enfuit avec lui , et se porta ensuite contre son mari à des extrémités que je ne
rapporte pas ,
&c.
La sixième REFLEXIONest la Générosité.
La véritable Générosité , dit l'Auteur ,
Ignore les vains détours; elle ne prévient
que par le zele et ne s'annonce que par
les bienfaits ; on nepeut imaginer de plaisit plus délicat que celui d'un homme généreux , qui découvre une occasion de
faire du bien; il la saisit avec le même
empressement qu'un avare rechercheroit
un trésor ; rien ne lui coute , lorsqu'il s'agit d'obliger ; soins , peines , richesses , il
employe tout pour tirer un ami d'embar
ras , &c.
Il n'appartient pas à un esprit médiocre d'être véritablement généreux ; il në
connoît pas assez le prix des belles ac
tions , pour en faire son unique objet i
quelques bonnes que puissent être ses intentions , il entre toujours quelque chose
de vulgaire dans le systême de sa condui
te ; son jugement n'est jamais assez déterminé sur le choix des différentes démarches qu'il doit faire , et souvent il se laisse entraîner au faux éclat , qui ébloüit le
commun des hommes. Delà vient que certaines gens font toujours entrer quelques
circonstances désagréables dans les serviF iiij ces
538 MERCURE DE FRANCE
ces qu'ils rendent; ils ne vont jamais jusqu'aubout de bonne grace, ils y mêlent ordinairement quelques reproches ou quelques réfléxions , qui marquent de l'inquiétude ou de la répugnance , ils ne sça- vent ce que c'est que de prévenir , ils se
font presser et prier , ou bien ils veulent
assujettir ceux qu'ils obligent , et prennent de ces airs d'empire qui caractérisent les petites gens dans la prosperité .
C'est ainsi que les gens médiocres ne
fontjamais rien qui se soutienne ; si ces
obstacles ne les arrêtent, ils donnent dans
d'autres travers , qui ne sont pas moins
blâmables , ce seront quelquefois des fantaisies de vouloir servir tout le monde,
Ils s'interessent pour le premier venu sans
choix et sans réfléxion, ou répandent leur
hien mal à propos , leurs libéralitez n'ont
pour objet que des bouffons , des courtisanes ou des flateurs ; ce n'est pas là être
généreux , c'est être foible ; dupe ou dérangé.
Si l'on aime mieux les services que la
maniere dont ils sont accordez , on n'a
qu'à mettre ces sortes de gens dans le cas
d'en rendre qui puissent briller et faire de l'éclat dans le monde ; on ne sera pas refusé ; mais s'il s'agit d'obliger dans le silence, leur dureté se fait sentir et dévoile.
leur
MARS. 1732.
leur caractere. Comme ils croyent leur
réputation suffisamment établie par le
bruit qu'ils ont eu soin de faire , ils ne
s'embarassent pas du jugement d'un par
ticulier , qui ne peut balancer la voixpu
blique qu'ils pensent avoir pour eux,
Il y a des gens rusez qui sçavent mettre
à profit tous les services qu'ils rendent ;
on peut compter sur leurs offices , pourvû qu'on ait du crédit et de la protec
tion , des esperances de fortune , un nom
ou une réputation qui puisse relever la
leur ; mais ils ne sçavent ce que c'est que
de s'empresser pour des personnes inutiles à leurs interêts.
D'autres encore plus déraisonnables
sont à craindre par les services qu'ils
n'ont pas rendus ; si on ne veut les avoir
pour ennemis , il faut ignorer leur conduite , quelque peu obligeante qu'elle ait
été ; dès que vous les démêlez , ik met
tent tout en usage pour la justifier, mensonges , médisances , calomnies ; ils n'ou
blient rien pour couvrir leurs procedez ,
qu'ils voudroient se cacher à eux-mêmes.
Ce n'est pas toûjours l'avarice ou l'intérêt qui empêchent les hommes d'être
généreux. Il y a des naturels insensiblesqui verroient périr tous leurs concitoyens
sans se donner le moindre mouvement
Ev pour
540 MERCURE DE FRANCE
pour les secourir; d'autres ne connoissent
personne lorsqu'il s'agit de troubler leur
repos , ou d'interrompre leurs plaisirs ; ils
rapportent tout à eux- mêmes; les interêts les plus pressans d'un ami , ne les détourneront pas d'un Spectacle, d'une promenade ou d'un, amusement frivole ; les
besoins les plus touchans des personnes
qu'ils connoissent ne balanceront pas
f'envie qu'ils ont d'augmenter un Equipagé, d'acquerir un Meuble, ou un Bijou.
Pour voir ces sortes de caracteres sortir
de leur indolence , il faut qu'ils soient à
leur tour dans quelques besoins pressans,
alors ils sont actifs et animez , on ne les
reconnoît plus.
diverses : Nous sommes la cause de la plupart des deffauts du sexe.
Cet Ouvrage est gouté de plus en plus,
et se fait lire avec plaisir.
Pour ce qui regarde la probité, dit l'Au
teur , pag.70. notre foiblesse est puissamment soutenue par les Loix de l'honneur,
qui sont très-séveres pour nous. Unhom
me qui médit , qui calomnie , ou qui
trompe , se perd absolument dans le mon
de ; il ne peut le faire si adroitement
qu'il ne soit décrié sans retour. Obligé
même quelquefois à payer de sa person
ne , il en devient plus circonspect à s'é
carter. Il n'en est pas ainsi des femmes
nous avons attaché leur honneur à des
circonstances fort singulieres , qui sont
toutes differentes ; elles pensent avoir
tout fait quand elles se gardent de ce côté
là , ou qu'elles sauvent les apparences , ce
qui leur est assez facile dans des conjonc
ture , où elles n'ont que faire d'un tiers ;
du reste elles peuvent tromper, calom
nier , mentir impunément. On rejette
tout sur leur foiblesse; c'est un sexe délicat
qui est aussi excusable de ne pas suivre les
devoirs d'une exacte probité , que de ne pou
voir agir avec force , on porter
fardeaux.
de pesan's
Fiij L'ex
$36 MERCURE DE FRANCE
L'experience nous apprend queles femmes peuvent non-seulement supporter la
fatigue et le travail , mais qu'elles sont
capables , aussi-bien que nous , de courage , de fermeté , de force d'esprit et de
valeur. Combien d'Héroïnes n'a - t-on
pas vû dans tous les siecles ? combien de
Princesses qui ont gouverné avec sagesse
et avec prudence ? nous voyons tous les
jours des femmes parmi nous qui se tirent d'elles-mêmes de l'état de non- chalance et de molesse , où notre prévention
les place , et qui y réussissent aussi - bien
et quelquefois mieux que les hommes
dans les choses qu'elles entreprennent ,
&c.
>
Ala page 74 , J'ai connu dans les Païs
- Etrangers une Dame de distinction
d'un esprit et d'un caractere fort doux
qui vivoit tranquillement en Province
avec un mari qu'elle aimoit beaucoup ;
elle eut le malheur de plaire à un homme de cette espece , qui n'oublia rien
pour la séduire et la brouiller avec son mari , sans en pouvoir venir à bout. A la fin
il s'avisa d'inspirer de la jalousie au mari
et de lui faire donner des avis secrets , qui
mirent la division dans le ménage.Il conduisit les choses de maniere que la femme
fut maltraitée. Il lui offrit ses services. Elle
s'en-
MARS. 1732. SST
s'enfuit avec lui , et se porta ensuite contre son mari à des extrémités que je ne
rapporte pas ,
&c.
La sixième REFLEXIONest la Générosité.
La véritable Générosité , dit l'Auteur ,
Ignore les vains détours; elle ne prévient
que par le zele et ne s'annonce que par
les bienfaits ; on nepeut imaginer de plaisit plus délicat que celui d'un homme généreux , qui découvre une occasion de
faire du bien; il la saisit avec le même
empressement qu'un avare rechercheroit
un trésor ; rien ne lui coute , lorsqu'il s'agit d'obliger ; soins , peines , richesses , il
employe tout pour tirer un ami d'embar
ras , &c.
Il n'appartient pas à un esprit médiocre d'être véritablement généreux ; il në
connoît pas assez le prix des belles ac
tions , pour en faire son unique objet i
quelques bonnes que puissent être ses intentions , il entre toujours quelque chose
de vulgaire dans le systême de sa condui
te ; son jugement n'est jamais assez déterminé sur le choix des différentes démarches qu'il doit faire , et souvent il se laisse entraîner au faux éclat , qui ébloüit le
commun des hommes. Delà vient que certaines gens font toujours entrer quelques
circonstances désagréables dans les serviF iiij ces
538 MERCURE DE FRANCE
ces qu'ils rendent; ils ne vont jamais jusqu'aubout de bonne grace, ils y mêlent ordinairement quelques reproches ou quelques réfléxions , qui marquent de l'inquiétude ou de la répugnance , ils ne sça- vent ce que c'est que de prévenir , ils se
font presser et prier , ou bien ils veulent
assujettir ceux qu'ils obligent , et prennent de ces airs d'empire qui caractérisent les petites gens dans la prosperité .
C'est ainsi que les gens médiocres ne
fontjamais rien qui se soutienne ; si ces
obstacles ne les arrêtent, ils donnent dans
d'autres travers , qui ne sont pas moins
blâmables , ce seront quelquefois des fantaisies de vouloir servir tout le monde,
Ils s'interessent pour le premier venu sans
choix et sans réfléxion, ou répandent leur
hien mal à propos , leurs libéralitez n'ont
pour objet que des bouffons , des courtisanes ou des flateurs ; ce n'est pas là être
généreux , c'est être foible ; dupe ou dérangé.
Si l'on aime mieux les services que la
maniere dont ils sont accordez , on n'a
qu'à mettre ces sortes de gens dans le cas
d'en rendre qui puissent briller et faire de l'éclat dans le monde ; on ne sera pas refusé ; mais s'il s'agit d'obliger dans le silence, leur dureté se fait sentir et dévoile.
leur
MARS. 1732.
leur caractere. Comme ils croyent leur
réputation suffisamment établie par le
bruit qu'ils ont eu soin de faire , ils ne
s'embarassent pas du jugement d'un par
ticulier , qui ne peut balancer la voixpu
blique qu'ils pensent avoir pour eux,
Il y a des gens rusez qui sçavent mettre
à profit tous les services qu'ils rendent ;
on peut compter sur leurs offices , pourvû qu'on ait du crédit et de la protec
tion , des esperances de fortune , un nom
ou une réputation qui puisse relever la
leur ; mais ils ne sçavent ce que c'est que
de s'empresser pour des personnes inutiles à leurs interêts.
D'autres encore plus déraisonnables
sont à craindre par les services qu'ils
n'ont pas rendus ; si on ne veut les avoir
pour ennemis , il faut ignorer leur conduite , quelque peu obligeante qu'elle ait
été ; dès que vous les démêlez , ik met
tent tout en usage pour la justifier, mensonges , médisances , calomnies ; ils n'ou
blient rien pour couvrir leurs procedez ,
qu'ils voudroient se cacher à eux-mêmes.
Ce n'est pas toûjours l'avarice ou l'intérêt qui empêchent les hommes d'être
généreux. Il y a des naturels insensiblesqui verroient périr tous leurs concitoyens
sans se donner le moindre mouvement
Ev pour
540 MERCURE DE FRANCE
pour les secourir; d'autres ne connoissent
personne lorsqu'il s'agit de troubler leur
repos , ou d'interrompre leurs plaisirs ; ils
rapportent tout à eux- mêmes; les interêts les plus pressans d'un ami , ne les détourneront pas d'un Spectacle, d'une promenade ou d'un, amusement frivole ; les
besoins les plus touchans des personnes
qu'ils connoissent ne balanceront pas
f'envie qu'ils ont d'augmenter un Equipagé, d'acquerir un Meuble, ou un Bijou.
Pour voir ces sortes de caracteres sortir
de leur indolence , il faut qu'ils soient à
leur tour dans quelques besoins pressans,
alors ils sont actifs et animez , on ne les
reconnoît plus.
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Résumé : Refléxions diverses, [titre d'après la table]
Le texte extrait des 'Réflexions diverses' aborde principalement les défauts attribués au sexe féminin et la véritable générosité. L'auteur observe que les lois de l'honneur imposent aux hommes une rigueur qui les dissuade de médire, calomnier ou tromper, sous peine de perdre leur réputation. En revanche, les femmes sont jugées selon des critères plus indulgents, leur permettant de tromper, calomnier ou mentir sans conséquence majeure, leur faiblesse étant souvent excusée. L'auteur conteste les préjugés en soulignant que les femmes sont capables de courage, de fermeté et de valeur. De nombreuses héroïnes et princesses ont gouverné avec sagesse, et des femmes modernes réussissent aussi bien que les hommes dans leurs entreprises. Le texte raconte également l'histoire d'une dame distinguée séduite par un homme malintentionné, menant à une rupture conjugale et à des extrémités regrettables. La sixième réflexion traite de la générosité. La véritable générosité se manifeste par des bienfaits sans détours. Les esprits médiocres ne parviennent pas à être véritablement généreux, mêlant souvent des reproches ou des réflexions négatives à leurs services. Ils peuvent être intéressés, faibles ou déraisonnables, craignant ceux à qui ils n'ont pas rendu service. Certaines personnes utilisent les services rendus pour leur propre profit, tandis que d'autres, insensibles ou égoïstes, ne secourent les autres que lorsqu'elles sont elles-mêmes dans le besoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3662
p. 129-136
Prises d'Habits, par Mlles de Druy, [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye un Article que je n'ay pû vous envoyer [...]
Mots clefs :
Habit, Chanoinesse, Mlles de Druy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prises d'Habits, par Mlles de Druy, [titre d'après la table]
Je vous envoye un Article
que je n'ay pû vous envoyer
plutoft , parce que je ne viens
que d'eftre informé de ce qui le
regarde.
Le 13. Decembre Miles de
Druy ,prirent l'Habit de Chanoineffes dans l'Abbaye de
130 MERCURE
Poulangy en Champagne ,
Diocefe de Langres. Elles font
filles de feu Mr le Marquis de
Druy, & de Dame Henriette
de Saulx de Tavanes. It eftoit
Major de la Gendarmerie
Charge qu'il avoit plû au Roy
de créer en fa faveur. Il fut tué
à la Bataille de la Marſaille en
Piémont. C'eftoit un homme
d'un merite au- deffus du comfoit pour ce qui regarde mun ,
la Profeffion des Armes , l'ufage du monde & les Sciences.
Le Roy même le traitoit avec
diftinction , & le confideroit
beaucoup. Il eftoit frere de Mr
1
GALANT 131
le Comte de Druy, Leutenant
de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps , Lieutenant
general des Armées de Sa Majefté , &Commandant aujour
d'huy les Troupes qui font à
Luxembourg & dans le Pays
de Treves. Je ne vous diray'
rien de la Maifon de ces deux
Chanoineffes qui eft affez connue. LaCeremonic fut faitepar
Mrl'Evêque Duc de Langres ,
&par Me l'Abbeffe , fœur de
Mr le Maréchal de Choifeul.
L'Affemblée fut tres nombreufe & tres illuftre , plufieurs
perfonnes de la Nobleffe de
-
132 MERCURE
IS
Lorraine , de Bourgogne &
de Champagne , s'eftant trouvées à cette Ceremonie , du
nombre defquelles étoient M'S
&Mes de Vaudemont , de Levy , de Pezeux , de Chaſtellux ,
de Rennepont , de Salles , de
Briaille , & de Montendre. Les
perfonnes de la famille de ces
deux jeunes Dames qui y affiffterent , furent M° la Marquife
de Druy leur mere , Mr l'Abbé de Druy Elû des Etats de
Bourgogne , leur oncle , M'le
Comte du Montal frere deleur
mere , Mlle du Montal auffi
fœur uterine , & Mlle de Druy
GALANT 133.
de Courcelle autre fœur. Il y
avoit foixante couverts dans la
grande Salle de l'Abbaye , tant
pour les Dames Chanoineffes ,
que pour toutes les perfonnes
de qualité qui fe trouverent
cette Ceremonie. Toute cette
Illuftre Affemblée alla dans
l'Eglife par ordre. Mr le Comte du Montal donnoit la main
à Mlle de Druy l'aînée , fa
foeur Mr l'Abbé de Druy
leur oncle , la donnoit à la cadette , nominée Mlle de Vitry,
pour la diftinguer de fon aînée.
LeR. P. Gonin Preftre de l'Oratoire & Superieur du Semi-
134 MERCURE
›
naire de Dijon , fit un fort
beau Sermon. Cette Ceremonie fe fait felon l'ancien uſage
de la Maiſon. Les Chanoineffes qui fe font recevoir , quittent les habits du fiecle , &
tefte nuë avec un cierge à la
main, elles viennent demander
de l'eau à M' l'Evêque & àM°
l'Abbeffe , qui eft à coté de ce
Prelat. Onleur couppe unpeu
de cheveux, & enfuite on les
coëffe comme les autres Dames , à la referve que le petit
voile nommé le Mari , eft
blanc. Mr de Langres leur fit
une Exhortation des plus élo-
*
GALANT 135
quentes. Ces jeunes Demoifelfelles fe firent admirer par leur
modeftie & par leur bonne grace. Elles font belles & ont beaucoup d'efprit. Elles ont eſté
bien élevées foit chez M° leur
mere , foir dans la celebre Abbaye de Farmoutier.
On nereçoit dans l'Abbaye
de Poulangy que des Filles de
qualité ; elles font des vœux
commé les autres Religieufes ;
elles font habillées de nair , &
elles ont chacune leur Prebende , & leurs appartemens feparez dans l'enceinte de la Maifon qui eft affez connuë par la
136 MERCURE
quantité de Filles de diſtinction
qu'elle renferme & par ſon antiquité , & plus encore par la
fageffe.
que je n'ay pû vous envoyer
plutoft , parce que je ne viens
que d'eftre informé de ce qui le
regarde.
Le 13. Decembre Miles de
Druy ,prirent l'Habit de Chanoineffes dans l'Abbaye de
130 MERCURE
Poulangy en Champagne ,
Diocefe de Langres. Elles font
filles de feu Mr le Marquis de
Druy, & de Dame Henriette
de Saulx de Tavanes. It eftoit
Major de la Gendarmerie
Charge qu'il avoit plû au Roy
de créer en fa faveur. Il fut tué
à la Bataille de la Marſaille en
Piémont. C'eftoit un homme
d'un merite au- deffus du comfoit pour ce qui regarde mun ,
la Profeffion des Armes , l'ufage du monde & les Sciences.
Le Roy même le traitoit avec
diftinction , & le confideroit
beaucoup. Il eftoit frere de Mr
1
GALANT 131
le Comte de Druy, Leutenant
de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps , Lieutenant
general des Armées de Sa Majefté , &Commandant aujour
d'huy les Troupes qui font à
Luxembourg & dans le Pays
de Treves. Je ne vous diray'
rien de la Maifon de ces deux
Chanoineffes qui eft affez connue. LaCeremonic fut faitepar
Mrl'Evêque Duc de Langres ,
&par Me l'Abbeffe , fœur de
Mr le Maréchal de Choifeul.
L'Affemblée fut tres nombreufe & tres illuftre , plufieurs
perfonnes de la Nobleffe de
-
132 MERCURE
IS
Lorraine , de Bourgogne &
de Champagne , s'eftant trouvées à cette Ceremonie , du
nombre defquelles étoient M'S
&Mes de Vaudemont , de Levy , de Pezeux , de Chaſtellux ,
de Rennepont , de Salles , de
Briaille , & de Montendre. Les
perfonnes de la famille de ces
deux jeunes Dames qui y affiffterent , furent M° la Marquife
de Druy leur mere , Mr l'Abbé de Druy Elû des Etats de
Bourgogne , leur oncle , M'le
Comte du Montal frere deleur
mere , Mlle du Montal auffi
fœur uterine , & Mlle de Druy
GALANT 133.
de Courcelle autre fœur. Il y
avoit foixante couverts dans la
grande Salle de l'Abbaye , tant
pour les Dames Chanoineffes ,
que pour toutes les perfonnes
de qualité qui fe trouverent
cette Ceremonie. Toute cette
Illuftre Affemblée alla dans
l'Eglife par ordre. Mr le Comte du Montal donnoit la main
à Mlle de Druy l'aînée , fa
foeur Mr l'Abbé de Druy
leur oncle , la donnoit à la cadette , nominée Mlle de Vitry,
pour la diftinguer de fon aînée.
LeR. P. Gonin Preftre de l'Oratoire & Superieur du Semi-
134 MERCURE
›
naire de Dijon , fit un fort
beau Sermon. Cette Ceremonie fe fait felon l'ancien uſage
de la Maiſon. Les Chanoineffes qui fe font recevoir , quittent les habits du fiecle , &
tefte nuë avec un cierge à la
main, elles viennent demander
de l'eau à M' l'Evêque & àM°
l'Abbeffe , qui eft à coté de ce
Prelat. Onleur couppe unpeu
de cheveux, & enfuite on les
coëffe comme les autres Dames , à la referve que le petit
voile nommé le Mari , eft
blanc. Mr de Langres leur fit
une Exhortation des plus élo-
*
GALANT 135
quentes. Ces jeunes Demoifelfelles fe firent admirer par leur
modeftie & par leur bonne grace. Elles font belles & ont beaucoup d'efprit. Elles ont eſté
bien élevées foit chez M° leur
mere , foir dans la celebre Abbaye de Farmoutier.
On nereçoit dans l'Abbaye
de Poulangy que des Filles de
qualité ; elles font des vœux
commé les autres Religieufes ;
elles font habillées de nair , &
elles ont chacune leur Prebende , & leurs appartemens feparez dans l'enceinte de la Maifon qui eft affez connuë par la
136 MERCURE
quantité de Filles de diſtinction
qu'elle renferme & par ſon antiquité , & plus encore par la
fageffe.
Fermer
Résumé : Prises d'Habits, par Mlles de Druy, [titre d'après la table]
Le 13 décembre, deux sœurs, filles du défunt Marquis de Druy et de Dame Henriette de Saulx de Tavanes, entrèrent dans l'abbaye de Poulangy en Champagne, diocèse de Langres. Leur père, Miles de Druy, Major de la Gendarmerie, fut tué à la bataille de la Marsaille en Piémont. Reconnu pour son mérite, il était consulté par le roi et était frère du Comte de Druy, Lieutenant général des Armées du Roi. La cérémonie, présidée par l'Évêque Duc de Langres et l'Abbesse, sœur du Maréchal de Choiseul, rassembla de nombreux nobles de Lorraine, Bourgogne et Champagne. Les familles présentes incluaient les Vaudemont, de Lévy, de Péseux, et autres. La famille des jeunes femmes comprenait la Marquise de Druy, l'Abbé de Druy, le Comte du Montal, Mlle du Montal et Mlle de Druy de Courcelle. La cérémonie suivit l'ancien usage de la maison, où les nouvelles chanoinesses quittent les habits du siècle et demandent de l'eau à l'Évêque et à l'Abbesse. Elles furent ensuite coiffées d'un petit voile blanc. L'Évêque de Langres leur adressa une exhortation. Les jeunes femmes, admirées pour leur modestie et leur grâce, reçurent une éducation soignée auprès de leur mère et à l'abbaye de Faremoutiers. L'abbaye de Poulangy accepte uniquement des filles de qualité, qui prononcent des vœux et portent des habits noirs avec des prébendes et des appartements séparés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3663
p. 2453-2459
Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes illustres &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République [...]
Mots clefs :
Hommes illustres, Histoire des hommes illustres, République des Lettres, Académie, Mémoires, Eusèbe Renaudot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes illustres &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire
des Hommes Illuftres , dans la République
des Lettres , avec un Catalogu: raisonné de
leurs Ouvrages , tom . 12. vol. 8. de 405
pages , fans les Tables. A Paris, chez Briaffon
, rue S. Jacques , à la Science. 1730 .
La premiere Table de ce Volume indique
les Noms des Sçavans au nombre de
34. qui en font le fujet , & que nous rapporterons
icy, pour la fatisfaction de ceux
qui ne font pas à portée de voir le Livres
même , & qui ne fe déterminent pour
Facquerir qu'après quelque inftruction.
Benoit Bacchini , Jean de Barrus , Char
les Cefar Baudelot de Dairval, Jean Bau-'
douin , Jacques Boileau , François Bofquet,
Jean de la Cafa , Ferone Colonna , Diego
Fiij de
2434 MERCURE DE FRANCE
de Couto , Jean Devaux , Michel- Ange
Fardella , Michel Fofcanni , Pierre Franeius
, Adam Fumano , Jean Guiddiccione ,
Jan Guintier', Nicolas Henrion , George-
Mathias Koenig , Jean - Marie Lancifi ,
Pierre de Marca , Guill. Maffien , Jean'
Menofius, Daniel- Guill. Mollerus , Etienne
Morin , Louis Morin , André Morofini ,
Louis Nogarola , Pierre Paaw , Ifaac la
Peyrere , Roger de Liles , Eufebe Renaudot,
Marc- Antoine Coccius , Sabellicus - Martin
Schoockius , Jean- François Simon .
L'Article qui concerne Eufebe Renau
dot nous ayant paru l'un des plus curieux
& des mieux remplis , nous le prefenterons
icy à nos Lecteurs , tel que
l'Editeur des Mémoires l'a publié , &
nous prendrons la liberté de fuppléer à
quelques omiffions , &c.
Eufebe Renaudot naquit à Paris le 20
Juillet 1646. & fût l'aîné de quatorze
freres ou foeurs , fon pere après avoir
acquis beaucoup de réputation dans la
pratique de la Medecine , mourut en
1679. premier Medecin de Monſeigneur
le Dauphin.
Il entra à l'âge de onze ans au College
des Jéfuites , où il fit fes Humanitez ;
& paffa enfuite à celui d'Harcourt ; pour
y faire fa Philofophie , dont il foûtint publiquement
des Théfes en Grec & en Latin
C
鹰
NOVEMBRE. 1730. 2455
tin , qui firent beaucoup d'honneur au
College & à l'Ecolier.
pren
On croit que l'envie de pouffer les étu
des bien au - delà du terme , qu'y mettent
ordinairement les gens du monde , fut le
feul motif qui l'engagea pour lors à
dre l'habit Ecclefiaftique ; car il ne fongea
jamais , ni à entrer plus avant dans les
Ordres , ni à prendre des dégrez en Sorbonne
, ni même à fe charger d'aucun Bé,
nefice.
Il fe livra donc par choix & par gout
l'Etude de la Théologie la plus profon
de , où négligeant de fuivre les fentiers
communs de l'Ecole , il fe jetta d'abord
dans la connoiffance des Langues Orien
tales , qui lui fût fi utile dans la fuite.
L'Emploi de premier Medecin , que
fon pere exerçoit auprès de Monfeigneur,
le produifit de bonne heure à la Cour, où
il acquit une politeffe & des manieres
aifécs , qui accompagnent rarement les
études férieufes. M. le Duc de Montaufier
, & M. Boffuet lui accorderent leur
eftime dès qu'ils le connurent. M. Colbert,
M.de Seignelay & M.de Croiffy l'honorerent
d'une amitié finguliere. Le Prince
de Condé , & les deux Princes de Conti ,
fes neveux , lui donnerent leur confiance,
& l'admirent à leur familiarité. Le Roy,
même trouva bon que fes Miniftres lui
Fiiij com
2456 MERCURE DE FRANCE
communicaffent certaines affaires , & luf
fent fes Mémoires au Confeil.
En 1689. l'Academie Françoiſe le choifit
pour y remplacer Monfieur Doujat, &
deux ans après , c'est- à- dire en 1691. il fue
reçu à l'Academie des Infcriptions , à la
place de M. Quinault , mort dès l'an
1688.
En 1700. il accompagna à Rome M. le
Cardinal de Noailles , & entra avec lui
dans le Conclave . Clement XI . qui y fur
élu , prévenu depuis long-temps fur fon
mérite , lui donna dès les premiers jours
de fon Pontificat , des marques publiques
de fa confidération : Il l'engagea à refter
à Rome , fept ou huit mois encore après
le départ du Cardinal . Outre les Audiances
réglées qu'il avoit au Palais , Sa Sainteté
ordonna qu'il y fut admis toutes les
fois qu'il le préfenteroit , grace des plus
diftinguées , & qui n'avoit encore été accordée
à aucun François . Il lui donna pendant
fon féjour à Rome un Prieuré en
Bretagne , que l'Abbé Renaudot eut de
la peine à accepter , s'en deffendant fur le
plan de vie qu'il avoit pris. Mais l'empreffement
du Pape , la modicité du revenu
& l'efpece d'ordre qu'il reçut de la
part du Cardinal de Noailles , furmonte--
rent fa délicateffe fur l'acceptation de ce
Benefice.
Lorf
NOVEMBRE . 1730. 2457-
Lorfqu'il fut parti de Rome , le Grand
Duc ayant fçû qu'il prenoit la route de
Florence , envoya fort loin au-devant de
lui , le retint dans fon Palais un mois entier
, pendant lequel il fut reçu à l'Academie
de la Crufca , & après l'avoir char
gé de riches prefents de Litterature , il lui
donna des Félouques pour le ramener à
Marſeille.
4. L'Académie des Infcriptions avoit
éprouvé un grand changement en fon
abfence. Quand il partit, elle n'étoit com--
pofée que de huit perfonnes , dont les
conferences ne demandoient prefque aucune
préparation . A fon retour il trouva
ce nombre augmenté jufqu'à quarante
par le Reglement de 1701. qui donnoit
d'ailleurs une face toute nouvelle aux
exercices de l'Académie. Il fut un des
Anciens qui accepta le plus volontiers la
reforme , & un des plus exacts à en remplir
dans la fuire les devoirs , comme il
paroît par les Mémoires qu'il compoſa
jufqu'à l'année 1711. où il demanda le
Titre de Veteran , pour ne plus s'occuper,,
du moins effentiellement , que des ma
tieres de la Religion ..
Il mourut le Septembre 1720. épuifé
par de violens accès de colique & de fiévre
, qu'il avoit méprifez & même cachez
dans Fy
2458 MERCURE DE FRANCE
dans les commencemens. Il avoit alors
foixante & quatorze ans .
Il étoit d'un jugement net & folide, ſa
critique étoit sûre , exacte & d'un tour
aifé , & naturel , quoique méthodique &
preffante. L'aufterité de fes moeurs , loin
de le fequeftrer de la fociété civile , ne
fervoit qu'à le rendre plus cher & plus
défiré dans celle des gens capables & vertueux.
Il ne fe défendoit pas d'y être le
fléau des Efprits forts , des Eſprits vains ›
& des hypocrites , parce qu'il croyoit
qu'il étoit du bien public de les démafquer;
& perfonne n'étoit plus heureux à
leur appliquer, à chacun dans fon efpece,
ces qualifications , qui peignent les caracteres
d'après nature. Dans le commerce
de l'amitié,il étoit d'une tendreffe & d'une
fidelité à toute épreuve.
Sa piété marquée dans tous fes Ou
vrages , l'étoit encore bien plus dans fa
conduite. Il avoit d'abord eu un appar
tement à S. Denys , & puis à S. Germain
dés Prez , où fuivant les faifons , il ſe retiroit
le Samedy & la veille des grandes
Fêtes ,,
pour y affifter avec les Religieux
aux Offices du jour & de la nuit . Tous
les mois on diftribuoit chez lui des aumônes
confiderables, & perfonellement il ne
refufoit jamais un pauvre, ni ne le laiſſoir
aller fans lui avoir donné ces inftructions
&
NOVEMBRE . 1730. 2455
& ces avis , que les malheureux ne reçoivent
bien que de ceux qui foulagent leur
mifere.
Il a laiffe aux Benedictins de l'Abbaye
de S. Germain des Prez fa Biblioteque
qui étoit de 8 à 9000 volumes , avec les
Ouvrages manufcrits , dont le nombre
paffe de beaucoup celui des imprimez.
Nous venvoyons au mois prochain le Ca-.
talogue de fes Ouvrages , & c.
des Hommes Illuftres , dans la République
des Lettres , avec un Catalogu: raisonné de
leurs Ouvrages , tom . 12. vol. 8. de 405
pages , fans les Tables. A Paris, chez Briaffon
, rue S. Jacques , à la Science. 1730 .
La premiere Table de ce Volume indique
les Noms des Sçavans au nombre de
34. qui en font le fujet , & que nous rapporterons
icy, pour la fatisfaction de ceux
qui ne font pas à portée de voir le Livres
même , & qui ne fe déterminent pour
Facquerir qu'après quelque inftruction.
Benoit Bacchini , Jean de Barrus , Char
les Cefar Baudelot de Dairval, Jean Bau-'
douin , Jacques Boileau , François Bofquet,
Jean de la Cafa , Ferone Colonna , Diego
Fiij de
2434 MERCURE DE FRANCE
de Couto , Jean Devaux , Michel- Ange
Fardella , Michel Fofcanni , Pierre Franeius
, Adam Fumano , Jean Guiddiccione ,
Jan Guintier', Nicolas Henrion , George-
Mathias Koenig , Jean - Marie Lancifi ,
Pierre de Marca , Guill. Maffien , Jean'
Menofius, Daniel- Guill. Mollerus , Etienne
Morin , Louis Morin , André Morofini ,
Louis Nogarola , Pierre Paaw , Ifaac la
Peyrere , Roger de Liles , Eufebe Renaudot,
Marc- Antoine Coccius , Sabellicus - Martin
Schoockius , Jean- François Simon .
L'Article qui concerne Eufebe Renau
dot nous ayant paru l'un des plus curieux
& des mieux remplis , nous le prefenterons
icy à nos Lecteurs , tel que
l'Editeur des Mémoires l'a publié , &
nous prendrons la liberté de fuppléer à
quelques omiffions , &c.
Eufebe Renaudot naquit à Paris le 20
Juillet 1646. & fût l'aîné de quatorze
freres ou foeurs , fon pere après avoir
acquis beaucoup de réputation dans la
pratique de la Medecine , mourut en
1679. premier Medecin de Monſeigneur
le Dauphin.
Il entra à l'âge de onze ans au College
des Jéfuites , où il fit fes Humanitez ;
& paffa enfuite à celui d'Harcourt ; pour
y faire fa Philofophie , dont il foûtint publiquement
des Théfes en Grec & en Latin
C
鹰
NOVEMBRE. 1730. 2455
tin , qui firent beaucoup d'honneur au
College & à l'Ecolier.
pren
On croit que l'envie de pouffer les étu
des bien au - delà du terme , qu'y mettent
ordinairement les gens du monde , fut le
feul motif qui l'engagea pour lors à
dre l'habit Ecclefiaftique ; car il ne fongea
jamais , ni à entrer plus avant dans les
Ordres , ni à prendre des dégrez en Sorbonne
, ni même à fe charger d'aucun Bé,
nefice.
Il fe livra donc par choix & par gout
l'Etude de la Théologie la plus profon
de , où négligeant de fuivre les fentiers
communs de l'Ecole , il fe jetta d'abord
dans la connoiffance des Langues Orien
tales , qui lui fût fi utile dans la fuite.
L'Emploi de premier Medecin , que
fon pere exerçoit auprès de Monfeigneur,
le produifit de bonne heure à la Cour, où
il acquit une politeffe & des manieres
aifécs , qui accompagnent rarement les
études férieufes. M. le Duc de Montaufier
, & M. Boffuet lui accorderent leur
eftime dès qu'ils le connurent. M. Colbert,
M.de Seignelay & M.de Croiffy l'honorerent
d'une amitié finguliere. Le Prince
de Condé , & les deux Princes de Conti ,
fes neveux , lui donnerent leur confiance,
& l'admirent à leur familiarité. Le Roy,
même trouva bon que fes Miniftres lui
Fiiij com
2456 MERCURE DE FRANCE
communicaffent certaines affaires , & luf
fent fes Mémoires au Confeil.
En 1689. l'Academie Françoiſe le choifit
pour y remplacer Monfieur Doujat, &
deux ans après , c'est- à- dire en 1691. il fue
reçu à l'Academie des Infcriptions , à la
place de M. Quinault , mort dès l'an
1688.
En 1700. il accompagna à Rome M. le
Cardinal de Noailles , & entra avec lui
dans le Conclave . Clement XI . qui y fur
élu , prévenu depuis long-temps fur fon
mérite , lui donna dès les premiers jours
de fon Pontificat , des marques publiques
de fa confidération : Il l'engagea à refter
à Rome , fept ou huit mois encore après
le départ du Cardinal . Outre les Audiances
réglées qu'il avoit au Palais , Sa Sainteté
ordonna qu'il y fut admis toutes les
fois qu'il le préfenteroit , grace des plus
diftinguées , & qui n'avoit encore été accordée
à aucun François . Il lui donna pendant
fon féjour à Rome un Prieuré en
Bretagne , que l'Abbé Renaudot eut de
la peine à accepter , s'en deffendant fur le
plan de vie qu'il avoit pris. Mais l'empreffement
du Pape , la modicité du revenu
& l'efpece d'ordre qu'il reçut de la
part du Cardinal de Noailles , furmonte--
rent fa délicateffe fur l'acceptation de ce
Benefice.
Lorf
NOVEMBRE . 1730. 2457-
Lorfqu'il fut parti de Rome , le Grand
Duc ayant fçû qu'il prenoit la route de
Florence , envoya fort loin au-devant de
lui , le retint dans fon Palais un mois entier
, pendant lequel il fut reçu à l'Academie
de la Crufca , & après l'avoir char
gé de riches prefents de Litterature , il lui
donna des Félouques pour le ramener à
Marſeille.
4. L'Académie des Infcriptions avoit
éprouvé un grand changement en fon
abfence. Quand il partit, elle n'étoit com--
pofée que de huit perfonnes , dont les
conferences ne demandoient prefque aucune
préparation . A fon retour il trouva
ce nombre augmenté jufqu'à quarante
par le Reglement de 1701. qui donnoit
d'ailleurs une face toute nouvelle aux
exercices de l'Académie. Il fut un des
Anciens qui accepta le plus volontiers la
reforme , & un des plus exacts à en remplir
dans la fuire les devoirs , comme il
paroît par les Mémoires qu'il compoſa
jufqu'à l'année 1711. où il demanda le
Titre de Veteran , pour ne plus s'occuper,,
du moins effentiellement , que des ma
tieres de la Religion ..
Il mourut le Septembre 1720. épuifé
par de violens accès de colique & de fiévre
, qu'il avoit méprifez & même cachez
dans Fy
2458 MERCURE DE FRANCE
dans les commencemens. Il avoit alors
foixante & quatorze ans .
Il étoit d'un jugement net & folide, ſa
critique étoit sûre , exacte & d'un tour
aifé , & naturel , quoique méthodique &
preffante. L'aufterité de fes moeurs , loin
de le fequeftrer de la fociété civile , ne
fervoit qu'à le rendre plus cher & plus
défiré dans celle des gens capables & vertueux.
Il ne fe défendoit pas d'y être le
fléau des Efprits forts , des Eſprits vains ›
& des hypocrites , parce qu'il croyoit
qu'il étoit du bien public de les démafquer;
& perfonne n'étoit plus heureux à
leur appliquer, à chacun dans fon efpece,
ces qualifications , qui peignent les caracteres
d'après nature. Dans le commerce
de l'amitié,il étoit d'une tendreffe & d'une
fidelité à toute épreuve.
Sa piété marquée dans tous fes Ou
vrages , l'étoit encore bien plus dans fa
conduite. Il avoit d'abord eu un appar
tement à S. Denys , & puis à S. Germain
dés Prez , où fuivant les faifons , il ſe retiroit
le Samedy & la veille des grandes
Fêtes ,,
pour y affifter avec les Religieux
aux Offices du jour & de la nuit . Tous
les mois on diftribuoit chez lui des aumônes
confiderables, & perfonellement il ne
refufoit jamais un pauvre, ni ne le laiſſoir
aller fans lui avoir donné ces inftructions
&
NOVEMBRE . 1730. 2455
& ces avis , que les malheureux ne reçoivent
bien que de ceux qui foulagent leur
mifere.
Il a laiffe aux Benedictins de l'Abbaye
de S. Germain des Prez fa Biblioteque
qui étoit de 8 à 9000 volumes , avec les
Ouvrages manufcrits , dont le nombre
paffe de beaucoup celui des imprimez.
Nous venvoyons au mois prochain le Ca-.
talogue de fes Ouvrages , & c.
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Résumé : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes illustres &c. [titre d'après la table]
Le texte présente les 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', un ouvrage de 405 pages publié à Paris en 1730. Cet ouvrage liste 34 savants, dont Eufebe Renaudot est particulièrement mis en avant. Né à Paris le 20 juillet 1646, Renaudot était l'aîné de quatorze enfants. Son père, médecin du Dauphin, mourut en 1679. Renaudot entra au Collège des Jésuites à onze ans, puis au Collège d'Harcourt pour étudier la philosophie. Il se distingua par des thèses en grec et en latin. Renaudot choisit la vie ecclésiastique sans entrer dans les ordres ni prendre de bénéfices. Il se consacra à l'étude approfondie de la théologie et des langues orientales. Grâce à son père, il fréquenta la cour et acquit une politesse rare. Il fut estimé par des personnalités comme le Duc de Montausier, Bossuet, Colbert, et le Roi, qui lui confia certaines affaires. En 1689, il fut élu à l'Académie Française et en 1691 à l'Académie des Inscriptions. En 1700, Renaudot accompagna le Cardinal de Noailles à Rome et fut reçu en audience par le Pape Clément XI. Il reçut un prieuré en Bretagne et fut retenu par le Grand-Duc de Toscane à Florence. À son retour, il trouva l'Académie des Inscriptions réformée et augmentée. Renaudot accepta les réformes et continua ses travaux jusqu'en 1711. Il mourut en septembre 1720 à l'âge de soixante-quatorze ans, après avoir souffert de violentes coliques et fièvres. Renaudot était connu pour son jugement solide et sa critique précise. Sa piété et sa générosité étaient marquées par des aumônes régulières et des instructions aux pauvres. Il légua sa bibliothèque de 8 000 à 9 000 volumes aux Bénédictins de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
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3664
p. 125-136
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
FABLES nouvelles divisées en six Livres, avec des Notes, & un Discours [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
FABLES nouvelles divisées en six
Livres, avec des Notes, & un Discours
ſur la manière de lire les Fables , ou
de les réciter. Nouvelle édition , aug-
mentéedepluſieurs Piéces qui ne fe trou-
vent pas dans les précédentes. Par M.
l'Abbé Aubert. AParis , chez Duchesne,
Libraire , rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît , au Temple du
Goût , 1764 ; AvecApprobation & Pri-
vilège du Roi. Vol. in- 12 , petit format.
Le ſieur Duchesne ayant acquis l'E-
dition des Fables de M. l'Abbé Aubert ,
dont nous avons eu occafion de parler
plus d'une fois avec éloge , a cru , pour
la fatisfaction du Public
devoir y
ajouter l'Epitre que cetAuteuraadreſ
Fiij
1
126 MERCURE DE FRANCE .
ſée à l'Academie Françoiſe , en lui pré-
ſentant ſonRecueil , ainſi que les deux
contes Moraux qu'il a compoſés d'après
les Tableaux de M.Greuze,expofés au fa-
lon du Louvre en 1761 & 1763. Ces
additions ne peuvent que confirmer le
jugement favorable que le Public a déja
portédes talensde cet agréable fabuliſte.
NOUVEAU Recueil dePiéces enVers
& en profe ; à Paris , chez L. G.
de Hanfy, fils aîné , Libraire , Pont-
au-Change , à S. Nicolas , 1764 ; avec
Approbation & Privilége du Roi, Bro-
chure in- 12de210 pages; prix, I liv.
10 f. broché.
CE Recueil contient plus decentPié-
ces , laplupart en Vers. Ily a des Epi-
tres , des Elégies ,des Fables, des Chan-
fons , des Enigmes , des Bouquets , des
Epigrammes, des Allégories ,des Can-
tatilles ; en un mot des Piéces Fugiti-
vesdans tous les genres.
OBSERVATIONS fur le Livre de l'Ef-
prit des Loix , par M. Crevier : à Paris
chez Deffaint& Saillant , rue S. Jean
deBeauvais ; 1764; avec Approbation
&Privilége du Roi. Brochure ip-12.
3
FEVRIER. 1764.
127
M. Crevier nous apprend qu'après
avoir lû trois ou quatre fois le Livre de
M. de Montesquieu
,
il a mis par écrit
ſes Obſervations fur cet Ouvrage ; qu'il
a éxaminé curieusementl'érudition dont
M. de Montesquieu accompagne & rc-
léve le fond de ſa Doctrine , & qu'il y
a trouvé de grandes défectuofités. C'eſt
parlà qu'il commence la critique de l'EC
prit des Loix , diviſée en deux parties.
Dans l'une on montre les défauts d'exac-
titude dans les Faits hiſtoriques ; dans
l'autre les faux principes en matière de
Métaphyfique ,de Morale&deReligion.
DICTIONNAIRE portatifde Médeci
ne , d'Anatomie , de Chirurgie , de Phar-
macie, de Chymie , d'Hiſtoire naturelle ,
de Botanique & de Phyſique ; qui con-
tient les termes de chaque Art , leur
Etymologie,leurdéfinition & leur expli-
cation , tirésdes meilleurs Auteurs ; avec
un Vocabulaire grec & latin , à l'u-
fage de ceux qui liſent les Auteurs an
ciens ; Ouvrage utile à ceux qui prati--
quent les Arts , & néceſſaire aux Etu-
dians ; par Jean François Lavoifien , an-
cien Chirurgien des Hôpitaux des Ar-
mées du Roi , & Maître en Chirurgie
àEu. A Paris , aux dépens de P. Fr.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
Didot le jeune , quai des Auguſtins ;
1764 ; avec approbation & privilége
du Roi. 2 Vol. in-8°. reliés en un ſeul ,
dont le prix eſt de 5. liv.
On n'entreprend pas de former des
Médecins , des Chirurgiens , des Phar-
maciens , &c , par la lecture de ce Dic-
tionnaire ; on veut ſimplementles initier
au langage de ces Sciences. On veut
leur faire connoître l'étymologie des
termes , leurs définitions , &c ; ce que
perſonne n'avoit encore entrepris d'u-
ne façon auſſi complette.
MÉLANGE d'Hiſtoire Naturelle , par
M. A. D. Avocat en Parlement , & aux
cours de Lyon; à Lyon , chez Benoît
Duplain, rueMerciere, à l'Aigle, 1763 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
2 vol. in-8. petit format. Avec cette
Epigraphe : Quam magnificafunt opera
tua,Domine ! Omnia inſapientiafecifti;
impleta eft terra poſſeſſione tua. Pr. 103.
Les différentes piéces qui compoſent
ce Recueil , ont paru ſucceſſivement
dans les Ouvrages périodiques , ou ont
été lues dans différentes Académies de
l'Europe. On a raſſemblé en un ſeul
corps , ce qui étoit épars dansune infi-
nité de volumes. On y trouve pluſieurs
FEVRIER. 1764.
129
Mémoires de M. Linœus , ce fameux
Naturaliſte du Nord; les Géer, les Alt-
man , les Treffan , les Tozzetti & d'au-
tres Naturaliſtes avantageuſement con-
nus dans la République des Lettres ,
achevent de completter cette collec-
tion. L'Editeur n'a faitque corriger le
ſtyle de pluſieurs Mémoires qui avoien
beſoin de ce ſecours pour paroître en
Public.
ALMANACH de la ville de Lyon ,
pour l'année Biſſextile 1764 ; à Lyon
chez Aimé de Laroche , Imprimeur de
Mgr l'Archevêque & du Clergé , &c .
aux Halles de la Grenette ; 1764 ; Vol.
in-8°.
Cet Ouvrage eſt pourlavillede Lyon
&toutleGouvernement Lyonnois , ce
qu'eſt pour Paris le grand Almanach
Royal qui s'imprime avec tant de ſuc-
cès & une utilité ſi générale, chez Le-
breton , Syndicdes Libraires, ruede la
Harpe.
ORDRE chronologique des deuils de
Cour,avec un précis de la vie & des
ouvrages des Auteurs qui font morts
dans lecoursde l'année 1763 ; à Paris,
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
de l'Imprimerie de Moreau , rueGalan-
de , 1764; Brochure in- 16.
Pluſieurs perſonnes qui ont ſouſcrit
pour les Avis du deuil, ont defiré qu'on
leur donnat ,par forme de ſupplément ,
dans les derniers jours de Décembre ,
une récapitulation hiſtorique des Prin-
ces morts pendant le cours de l'année.
Cette idée en a fait naître une autre :
c'eſt d'ajouter à cette récapitulation le
nécrologe des perſonnes célèbres dans
les ſciences ou dans les arts , mortes
dans le même eſpace de temps , avec
un précis de lear vie & de leurs ou-
vrages. Des écrivains connus ſe ſont
chargés de veillerà la rédaction de ces
mémoires , qui ſe diſtribueront régu-
lièrement à la fin de chaque année.
On invite les Artiſtes à contribuer eux-
mêmes à ces honneurs rendus à leurs
confrères , en faiſant parvenir auBureau
les anecdotes dont ils auront connoif-
fance. Les perſonnes qui ne voudront
que les avis de deuil accoutumés , con-
tinueront à les recevoir pour le prixde
3 liv. par année & de 6 liv. francs de
port pour les Provinces. Celles qui de-
fireront la récapitulation hiſtorique des
deuils & le nécrologe des Artiſtes ,
payeront 6 liv. à Paris ,& dans les Pro
FEVRIER. 1764 .
131
vinces 9 liv.franc de port. On foufcrira
dorénavant pour les uns & pour les au-
tres , au Bureau général d'indication , à
Phôtel d'Aligre , rue S. Honoré. On a
donné cette année le précis de la vie de
MM. de Marivaux , Peffelier & Bou-
gainville.
:
M. de Garfault , Auteur du Nouveau
Parfait Maréchal , & Membre de la So
ciété Royale d'Agriculture de Paris ,
ayant deffiné dans le courant de plu-
fieurs années un grand nombre de plan-
tes d'après nature , ainſi que quantité
d'Animaux, s'eſt déterminé ſuivant les
Conſeils de M. de Juffieu , a faire graver
ce qui dans ces deux regnes ſe trouve
d'uſage enMédecine ; & afinde rendre
la matiére médicale parfaitement inf
tructive , il a ſuivi en entier celle deM.
Geoffroy comme étant une des meil
leures.
1
CE Recueil qui eſt in-8°. comment
ce donc par les figures des Plantes exo-
tiques ou étrangères ; enſuite viennent
les Plantes indigénes oude nos climats ,
& enfin les Animaux ; ce qui compoſe
730. Planches de cuivre gravées en taille
douce.
L'Auteur donne avis que l'on a comm
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
commencé à imprimer le tout , &qu'il
yen aura pluſieurs Exemplaires à vendre
dans le courant du mois de Mai 1764.
Le prix de l'Exemplaire eſt 48 livres ;
mais en attendant , les perſonnes qui dé-
fireront en avoir des premiers peuvent
s'adreſſer dès à préſent chez l'Auteur ,
rue S. Dominique près la rue S. Jac-
ques; &en donnant un Louis , qui eft
lamoitié du prix , il leur ſera livré une
reconnoiffance qu'ils rapporteront lors
de la vente , enpayantle reſtantdu prix.
LEMANUEL des Champs , ou recueil
choiſi , instructif & amusant de toutce
qui eſt le plus néceſſaire , & le plus
utile pour vivre avec aifance & agré-
ment à la campagne; par M. Chanval-
lon, Prêtre de l'Ordre de Malthe , à Pa-
ris , chez Lottin le jeune , Libraire , rue
Saint Jacques , vis-à-vis la rue de laPar-
cheminerie , 1764. avec Approbation &
Privilége duRoi.
- Cet ouvrage eſt diviſé en quatre Par-
ties. La premiere traite du potager , des
arbres fruitiers , de lataille, de lagreffe ,
de la culturedes fleurs ,des arbriffeaux ,
enfin du Jardin d'ornement. La deuxié-
me , des terreslabourables , des près, des
vignes , dela façon& qualités des Vins
FEVRIER. 1764.
133
de laBierre, du Cidre , de l'Hydromel ,
&c. des Bois , de la Chaffe & de la Pê-
che. La III. des Chevaux , des Bêtes à
cornes , des Bêtes à Laine ,des Volailles,
des Oiseaux ſauvages qui s'apprivoiſent
aiſément , des Mouches à Miel & des
Vers-à- Soie. La IV. & derniére partie ,
dela Cuiſine ,de laPâtiſſerie, des Confi-
tures ,des Liqueurs & autres choſes né-
ceffaires ouutiles pour l'ufage de la vie.
Le tout en un fort Volume in- 12. de
près de 600 pages , 1764. L'Auteur a
puiſédans les meilleurs Traités & les plus
étendus; & il a recueilli en un ſeulVo-
lume , l'eſſentiel & le plus intéreſſant à
ſcavoir, pour conduire avec ſuccès un
BiendeCampagne , & pour y vivre avec
aiſance& agrément. On remarque ici
quelques articles qui ne ſetrouvent point
dans laMaiſon ruſtique &dans les autres
Ouvrages les plus connus &les plus rée
pandus fur cette matière. Ce Livre peut
convenir à une infinitéde Perſonnes qui
au défaut d'étude , de faculté, ou de
temps , ne peuvent lire les Traités plus
étendus d'où il eſt tiré. L'Auteur nous.
paroît n'avoir rien ignoré , ni rien omis
de tout ce qui peut rendre ceRecueil
d'une utilité générale.
1.
134 MERCURE DE FRANCE.
Le même Libraire Lottin le jeune ,
propoſe au Public à un Rabais confidé-
rable les Livres ſuivans
Avril :
>
d'ici au 1.
ABREGE' Chronologique , ou Nou-
velles Annales de Paris contenant l'Hif-
toire de la ville de Paris avec ſes divers
accroiſſemens , &c. par Don Touffaints
Dupleffis , Religieux Benedictin de la
Congrégation de S. Maur ,Vol. in-4°.
(qui ſevend9 liv.) actuellement en feuil-
les à 3. liv. 10. f.
Chriftiani cordis gemitus , &c.; ou
gemiſſemens d'un cœur Chrétien , con-
tenant des Prieres tirées des Paroles &
remplies de l'eſprit des Saintes Ecritures
&des S. Peres par M. Hamon , 2 Vol.
in- 12. ( qui fontde 5 liv.) actuellement
les 2. Vol. en feuilles 25. f.
TRACTATUS de Sacramento Con-
firmationis par Vuitaſſe , 2 vol. in- 12 .
(qui font de 5 liv. ) actuellement les
2 vol en feuilles 25 f.
Ejufdem Tractatus de Ordine 2. Vol.
in- 12 ( qui ſont de 5 liv.) actuellement
les 2 Vol. à 25. f.
BREVIARIUM Ecclefiafticum , editi
jam Profpectus executionem exhibens, in
gratiam Ecclefiarum in quibus novafa-
FEVRIER. 1764.
135
cienda erit Breviariorum Editio , 2. forts
Volumes in-12. bien imprimés ( qui
font de 7. liv. ) actuellement les 2Vol.
en feuilles 2. liv. Le même Libraire vend
pluſieurs Livres à l'uſagedes Eccléfiafti-
ques ,& beaucoup d'Ouvrage de Piété.
ESSAI politique ſur la Pologne ; à
Varsovie , de l'Imprimerie de Pfombka;
& ſe trouve à Paris , chez Briaſſon ,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science ;
1764 ; brochure in- 12 .
Le Roi & fon Pouvoir , le Sénat &
les Miniſtres , l'Ordre Equeſtre & les
Officiers de la Couronne,lesAffemblées
politiques pendant le Règne , lesAffem-
blées dans l'Interrègne ; les Loix des Af
ſemblées civiles, la Milice & les forces
de la Pologne; les droits& les intérêts de
la République; laReligion ,les mœurs ,
le climat & les productions du Pays ,
forment les douze Chapitres de cette
Brochure , que les circonstances préſen-
tes rendent intéreſſante.
PROJET d'une École gratuite de
Sciences par toutes les Provinces du
Royaume , où tous les Citoyens , de
quelque ordre qu'ils foient, trouveront
les ſecours de l'éducation ; avec cette
136 MERCURE DE FRANCE.
Epigraphe : Quo femel eftimbuta recens
fervabit odoremtestadiu. Hor. Nouvelle
Edition ; par M. Fleury, ancien Profef-
feurRoyal de Mathématiques & de Gé-
nie ; en France , 1764 , brochure in- 12.
Ce Projet a trois parties. La première
développe les avantages qui réſulteront
de l'École projettée. La ſeconde indique
les moyens de remplirceProjet. La troi-
fiéme répond aux objections qu'entraî-
nenttoujours les nouvelles entrepriſes.
MES RÉCRÉATIONS , ou Recueilde
diverſes Pièces choifies ; à Amsterdam ,
& ſe trouve à Paris , chez Langlois
fils , rue de la Harpe , à la Couronne
d'or; 1763, brochure in- 12.
Pluſieurs petits Ouvragesde Poësie ,
tels que des Fables , des Odes , des
Rondeaux,des Chanſons, des Enigmes,
des Epitres , &c. quelques Ouvrages en
profe , & en particulier une Pièce de
Théâtre intitulée , la Réformatrice im-
prudente : voilà ce qui compofe cette
Brochure d'environ 150 pages.
FABLES nouvelles divisées en six
Livres, avec des Notes, & un Discours
ſur la manière de lire les Fables , ou
de les réciter. Nouvelle édition , aug-
mentéedepluſieurs Piéces qui ne fe trou-
vent pas dans les précédentes. Par M.
l'Abbé Aubert. AParis , chez Duchesne,
Libraire , rue S. Jacques , au-deſſous de
la Fontaine S. Benoît , au Temple du
Goût , 1764 ; AvecApprobation & Pri-
vilège du Roi. Vol. in- 12 , petit format.
Le ſieur Duchesne ayant acquis l'E-
dition des Fables de M. l'Abbé Aubert ,
dont nous avons eu occafion de parler
plus d'une fois avec éloge , a cru , pour
la fatisfaction du Public
devoir y
ajouter l'Epitre que cetAuteuraadreſ
Fiij
1
126 MERCURE DE FRANCE .
ſée à l'Academie Françoiſe , en lui pré-
ſentant ſonRecueil , ainſi que les deux
contes Moraux qu'il a compoſés d'après
les Tableaux de M.Greuze,expofés au fa-
lon du Louvre en 1761 & 1763. Ces
additions ne peuvent que confirmer le
jugement favorable que le Public a déja
portédes talensde cet agréable fabuliſte.
NOUVEAU Recueil dePiéces enVers
& en profe ; à Paris , chez L. G.
de Hanfy, fils aîné , Libraire , Pont-
au-Change , à S. Nicolas , 1764 ; avec
Approbation & Privilége du Roi, Bro-
chure in- 12de210 pages; prix, I liv.
10 f. broché.
CE Recueil contient plus decentPié-
ces , laplupart en Vers. Ily a des Epi-
tres , des Elégies ,des Fables, des Chan-
fons , des Enigmes , des Bouquets , des
Epigrammes, des Allégories ,des Can-
tatilles ; en un mot des Piéces Fugiti-
vesdans tous les genres.
OBSERVATIONS fur le Livre de l'Ef-
prit des Loix , par M. Crevier : à Paris
chez Deffaint& Saillant , rue S. Jean
deBeauvais ; 1764; avec Approbation
&Privilége du Roi. Brochure ip-12.
3
FEVRIER. 1764.
127
M. Crevier nous apprend qu'après
avoir lû trois ou quatre fois le Livre de
M. de Montesquieu
,
il a mis par écrit
ſes Obſervations fur cet Ouvrage ; qu'il
a éxaminé curieusementl'érudition dont
M. de Montesquieu accompagne & rc-
léve le fond de ſa Doctrine , & qu'il y
a trouvé de grandes défectuofités. C'eſt
parlà qu'il commence la critique de l'EC
prit des Loix , diviſée en deux parties.
Dans l'une on montre les défauts d'exac-
titude dans les Faits hiſtoriques ; dans
l'autre les faux principes en matière de
Métaphyfique ,de Morale&deReligion.
DICTIONNAIRE portatifde Médeci
ne , d'Anatomie , de Chirurgie , de Phar-
macie, de Chymie , d'Hiſtoire naturelle ,
de Botanique & de Phyſique ; qui con-
tient les termes de chaque Art , leur
Etymologie,leurdéfinition & leur expli-
cation , tirésdes meilleurs Auteurs ; avec
un Vocabulaire grec & latin , à l'u-
fage de ceux qui liſent les Auteurs an
ciens ; Ouvrage utile à ceux qui prati--
quent les Arts , & néceſſaire aux Etu-
dians ; par Jean François Lavoifien , an-
cien Chirurgien des Hôpitaux des Ar-
mées du Roi , & Maître en Chirurgie
àEu. A Paris , aux dépens de P. Fr.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
Didot le jeune , quai des Auguſtins ;
1764 ; avec approbation & privilége
du Roi. 2 Vol. in-8°. reliés en un ſeul ,
dont le prix eſt de 5. liv.
On n'entreprend pas de former des
Médecins , des Chirurgiens , des Phar-
maciens , &c , par la lecture de ce Dic-
tionnaire ; on veut ſimplementles initier
au langage de ces Sciences. On veut
leur faire connoître l'étymologie des
termes , leurs définitions , &c ; ce que
perſonne n'avoit encore entrepris d'u-
ne façon auſſi complette.
MÉLANGE d'Hiſtoire Naturelle , par
M. A. D. Avocat en Parlement , & aux
cours de Lyon; à Lyon , chez Benoît
Duplain, rueMerciere, à l'Aigle, 1763 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
2 vol. in-8. petit format. Avec cette
Epigraphe : Quam magnificafunt opera
tua,Domine ! Omnia inſapientiafecifti;
impleta eft terra poſſeſſione tua. Pr. 103.
Les différentes piéces qui compoſent
ce Recueil , ont paru ſucceſſivement
dans les Ouvrages périodiques , ou ont
été lues dans différentes Académies de
l'Europe. On a raſſemblé en un ſeul
corps , ce qui étoit épars dansune infi-
nité de volumes. On y trouve pluſieurs
FEVRIER. 1764.
129
Mémoires de M. Linœus , ce fameux
Naturaliſte du Nord; les Géer, les Alt-
man , les Treffan , les Tozzetti & d'au-
tres Naturaliſtes avantageuſement con-
nus dans la République des Lettres ,
achevent de completter cette collec-
tion. L'Editeur n'a faitque corriger le
ſtyle de pluſieurs Mémoires qui avoien
beſoin de ce ſecours pour paroître en
Public.
ALMANACH de la ville de Lyon ,
pour l'année Biſſextile 1764 ; à Lyon
chez Aimé de Laroche , Imprimeur de
Mgr l'Archevêque & du Clergé , &c .
aux Halles de la Grenette ; 1764 ; Vol.
in-8°.
Cet Ouvrage eſt pourlavillede Lyon
&toutleGouvernement Lyonnois , ce
qu'eſt pour Paris le grand Almanach
Royal qui s'imprime avec tant de ſuc-
cès & une utilité ſi générale, chez Le-
breton , Syndicdes Libraires, ruede la
Harpe.
ORDRE chronologique des deuils de
Cour,avec un précis de la vie & des
ouvrages des Auteurs qui font morts
dans lecoursde l'année 1763 ; à Paris,
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
de l'Imprimerie de Moreau , rueGalan-
de , 1764; Brochure in- 16.
Pluſieurs perſonnes qui ont ſouſcrit
pour les Avis du deuil, ont defiré qu'on
leur donnat ,par forme de ſupplément ,
dans les derniers jours de Décembre ,
une récapitulation hiſtorique des Prin-
ces morts pendant le cours de l'année.
Cette idée en a fait naître une autre :
c'eſt d'ajouter à cette récapitulation le
nécrologe des perſonnes célèbres dans
les ſciences ou dans les arts , mortes
dans le même eſpace de temps , avec
un précis de lear vie & de leurs ou-
vrages. Des écrivains connus ſe ſont
chargés de veillerà la rédaction de ces
mémoires , qui ſe diſtribueront régu-
lièrement à la fin de chaque année.
On invite les Artiſtes à contribuer eux-
mêmes à ces honneurs rendus à leurs
confrères , en faiſant parvenir auBureau
les anecdotes dont ils auront connoif-
fance. Les perſonnes qui ne voudront
que les avis de deuil accoutumés , con-
tinueront à les recevoir pour le prixde
3 liv. par année & de 6 liv. francs de
port pour les Provinces. Celles qui de-
fireront la récapitulation hiſtorique des
deuils & le nécrologe des Artiſtes ,
payeront 6 liv. à Paris ,& dans les Pro
FEVRIER. 1764 .
131
vinces 9 liv.franc de port. On foufcrira
dorénavant pour les uns & pour les au-
tres , au Bureau général d'indication , à
Phôtel d'Aligre , rue S. Honoré. On a
donné cette année le précis de la vie de
MM. de Marivaux , Peffelier & Bou-
gainville.
:
M. de Garfault , Auteur du Nouveau
Parfait Maréchal , & Membre de la So
ciété Royale d'Agriculture de Paris ,
ayant deffiné dans le courant de plu-
fieurs années un grand nombre de plan-
tes d'après nature , ainſi que quantité
d'Animaux, s'eſt déterminé ſuivant les
Conſeils de M. de Juffieu , a faire graver
ce qui dans ces deux regnes ſe trouve
d'uſage enMédecine ; & afinde rendre
la matiére médicale parfaitement inf
tructive , il a ſuivi en entier celle deM.
Geoffroy comme étant une des meil
leures.
1
CE Recueil qui eſt in-8°. comment
ce donc par les figures des Plantes exo-
tiques ou étrangères ; enſuite viennent
les Plantes indigénes oude nos climats ,
& enfin les Animaux ; ce qui compoſe
730. Planches de cuivre gravées en taille
douce.
L'Auteur donne avis que l'on a comm
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
commencé à imprimer le tout , &qu'il
yen aura pluſieurs Exemplaires à vendre
dans le courant du mois de Mai 1764.
Le prix de l'Exemplaire eſt 48 livres ;
mais en attendant , les perſonnes qui dé-
fireront en avoir des premiers peuvent
s'adreſſer dès à préſent chez l'Auteur ,
rue S. Dominique près la rue S. Jac-
ques; &en donnant un Louis , qui eft
lamoitié du prix , il leur ſera livré une
reconnoiffance qu'ils rapporteront lors
de la vente , enpayantle reſtantdu prix.
LEMANUEL des Champs , ou recueil
choiſi , instructif & amusant de toutce
qui eſt le plus néceſſaire , & le plus
utile pour vivre avec aifance & agré-
ment à la campagne; par M. Chanval-
lon, Prêtre de l'Ordre de Malthe , à Pa-
ris , chez Lottin le jeune , Libraire , rue
Saint Jacques , vis-à-vis la rue de laPar-
cheminerie , 1764. avec Approbation &
Privilége duRoi.
- Cet ouvrage eſt diviſé en quatre Par-
ties. La premiere traite du potager , des
arbres fruitiers , de lataille, de lagreffe ,
de la culturedes fleurs ,des arbriffeaux ,
enfin du Jardin d'ornement. La deuxié-
me , des terreslabourables , des près, des
vignes , dela façon& qualités des Vins
FEVRIER. 1764.
133
de laBierre, du Cidre , de l'Hydromel ,
&c. des Bois , de la Chaffe & de la Pê-
che. La III. des Chevaux , des Bêtes à
cornes , des Bêtes à Laine ,des Volailles,
des Oiseaux ſauvages qui s'apprivoiſent
aiſément , des Mouches à Miel & des
Vers-à- Soie. La IV. & derniére partie ,
dela Cuiſine ,de laPâtiſſerie, des Confi-
tures ,des Liqueurs & autres choſes né-
ceffaires ouutiles pour l'ufage de la vie.
Le tout en un fort Volume in- 12. de
près de 600 pages , 1764. L'Auteur a
puiſédans les meilleurs Traités & les plus
étendus; & il a recueilli en un ſeulVo-
lume , l'eſſentiel & le plus intéreſſant à
ſcavoir, pour conduire avec ſuccès un
BiendeCampagne , & pour y vivre avec
aiſance& agrément. On remarque ici
quelques articles qui ne ſetrouvent point
dans laMaiſon ruſtique &dans les autres
Ouvrages les plus connus &les plus rée
pandus fur cette matière. Ce Livre peut
convenir à une infinitéde Perſonnes qui
au défaut d'étude , de faculté, ou de
temps , ne peuvent lire les Traités plus
étendus d'où il eſt tiré. L'Auteur nous.
paroît n'avoir rien ignoré , ni rien omis
de tout ce qui peut rendre ceRecueil
d'une utilité générale.
1.
134 MERCURE DE FRANCE.
Le même Libraire Lottin le jeune ,
propoſe au Public à un Rabais confidé-
rable les Livres ſuivans
Avril :
>
d'ici au 1.
ABREGE' Chronologique , ou Nou-
velles Annales de Paris contenant l'Hif-
toire de la ville de Paris avec ſes divers
accroiſſemens , &c. par Don Touffaints
Dupleffis , Religieux Benedictin de la
Congrégation de S. Maur ,Vol. in-4°.
(qui ſevend9 liv.) actuellement en feuil-
les à 3. liv. 10. f.
Chriftiani cordis gemitus , &c.; ou
gemiſſemens d'un cœur Chrétien , con-
tenant des Prieres tirées des Paroles &
remplies de l'eſprit des Saintes Ecritures
&des S. Peres par M. Hamon , 2 Vol.
in- 12. ( qui fontde 5 liv.) actuellement
les 2. Vol. en feuilles 25. f.
TRACTATUS de Sacramento Con-
firmationis par Vuitaſſe , 2 vol. in- 12 .
(qui font de 5 liv. ) actuellement les
2 vol en feuilles 25 f.
Ejufdem Tractatus de Ordine 2. Vol.
in- 12 ( qui ſont de 5 liv.) actuellement
les 2 Vol. à 25. f.
BREVIARIUM Ecclefiafticum , editi
jam Profpectus executionem exhibens, in
gratiam Ecclefiarum in quibus novafa-
FEVRIER. 1764.
135
cienda erit Breviariorum Editio , 2. forts
Volumes in-12. bien imprimés ( qui
font de 7. liv. ) actuellement les 2Vol.
en feuilles 2. liv. Le même Libraire vend
pluſieurs Livres à l'uſagedes Eccléfiafti-
ques ,& beaucoup d'Ouvrage de Piété.
ESSAI politique ſur la Pologne ; à
Varsovie , de l'Imprimerie de Pfombka;
& ſe trouve à Paris , chez Briaſſon ,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science ;
1764 ; brochure in- 12 .
Le Roi & fon Pouvoir , le Sénat &
les Miniſtres , l'Ordre Equeſtre & les
Officiers de la Couronne,lesAffemblées
politiques pendant le Règne , lesAffem-
blées dans l'Interrègne ; les Loix des Af
ſemblées civiles, la Milice & les forces
de la Pologne; les droits& les intérêts de
la République; laReligion ,les mœurs ,
le climat & les productions du Pays ,
forment les douze Chapitres de cette
Brochure , que les circonstances préſen-
tes rendent intéreſſante.
PROJET d'une École gratuite de
Sciences par toutes les Provinces du
Royaume , où tous les Citoyens , de
quelque ordre qu'ils foient, trouveront
les ſecours de l'éducation ; avec cette
136 MERCURE DE FRANCE.
Epigraphe : Quo femel eftimbuta recens
fervabit odoremtestadiu. Hor. Nouvelle
Edition ; par M. Fleury, ancien Profef-
feurRoyal de Mathématiques & de Gé-
nie ; en France , 1764 , brochure in- 12.
Ce Projet a trois parties. La première
développe les avantages qui réſulteront
de l'École projettée. La ſeconde indique
les moyens de remplirceProjet. La troi-
fiéme répond aux objections qu'entraî-
nenttoujours les nouvelles entrepriſes.
MES RÉCRÉATIONS , ou Recueilde
diverſes Pièces choifies ; à Amsterdam ,
& ſe trouve à Paris , chez Langlois
fils , rue de la Harpe , à la Couronne
d'or; 1763, brochure in- 12.
Pluſieurs petits Ouvragesde Poësie ,
tels que des Fables , des Odes , des
Rondeaux,des Chanſons, des Enigmes,
des Epitres , &c. quelques Ouvrages en
profe , & en particulier une Pièce de
Théâtre intitulée , la Réformatrice im-
prudente : voilà ce qui compofe cette
Brochure d'environ 150 pages.
Fermer
3665
p. *110-110
AUTRE.
Début :
A mon aspect, plus d'un mortel [...]
Mots clefs :
Port
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
A Mon aspect , plus d'un mortel
De ses malheurs croit voir le terme ;
Il rend graces aux Dieux , leur dresse maintAutel
Mon nom est assez court , cependant il renferme
>
Un Mets exquis , un Fleave , un Métal adoré
Et ce qui fait plaisir au Buveur altéré .
A Mon aspect , plus d'un mortel
De ses malheurs croit voir le terme ;
Il rend graces aux Dieux , leur dresse maintAutel
Mon nom est assez court , cependant il renferme
>
Un Mets exquis , un Fleave , un Métal adoré
Et ce qui fait plaisir au Buveur altéré .
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3666
p. 958
La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
Le 18 de ce mois, on remit au Theatre François la petite Comédie du feu sieur [...]
Mots clefs :
Nouveauté
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texteReconnaissance textuelle : La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Le 18 de ce mois , on remit au Theatre
François la petite Comédie du feu sieur
le Grand , Comédien , intitulée la Nouveauté
, laquelle fit beaucoup de plaisir.
On y voit une Scéne très originale et très
bien exécutée , entre le Sr Dufresne et la
Dile Quinaut sa soeur. C'est un essai pour
le projet d'un Opera sans paroles ; dans
le fragment dont il s'agit ici , on exprime
le sujet par l'action et le chant , en nom
mant seulement toutes les notes . Nous
avons parlé de cette Piéce au mois de
Janvier 17.7. pag. 14c.
François la petite Comédie du feu sieur
le Grand , Comédien , intitulée la Nouveauté
, laquelle fit beaucoup de plaisir.
On y voit une Scéne très originale et très
bien exécutée , entre le Sr Dufresne et la
Dile Quinaut sa soeur. C'est un essai pour
le projet d'un Opera sans paroles ; dans
le fragment dont il s'agit ici , on exprime
le sujet par l'action et le chant , en nom
mant seulement toutes les notes . Nous
avons parlé de cette Piéce au mois de
Janvier 17.7. pag. 14c.
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Résumé : La Nouveauté, Comédie, [titre d'après la table]
Le 18 du mois, la pièce 'La Nouveauté' de Le Grand a été jouée au Théâtre François. Elle a été bien accueillie par le public. La scène la plus remarquable, interprétée par Dufresne et sa sœur, la Dile Quinaut, est un opéra sans paroles. Les notes sont nommées à la place des mots. La pièce avait déjà été mentionnée en janvier 1777.
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3667
p. 1580
ENIGME.
Début :
Quoique mon secours soit vulgaire, [...]
Mots clefs :
Chaise de commodité
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Quoique mon secours soit vulgaire ;
Il n'en est pas moins salutaire ;
Celui qui me visite en mon apartement
Est fort sûr d'y trouver quelque soulagement ;
Et ce que l'on sçait être un devoir nécessaire ,
Commodément par tout sans moi ne se peur
faire.
Chez l'un et l'autre sexe on me croit si discrep
Que je suis le dépositaire
De ce qu'ils ont de plus secret ;
Aussi sçais - je si bien me taire ,
Qu'on me peut sûrement confier son affaire ;
Sans en avoir aucun regret.
Tel qui le plus m'abhorre et fuit mon voisinage ,
Ne peut me refuser l'hommage
Que l'on doit me rendre ; et pourquoi
Nature qui paroît si sage ,
A-t'elle imposé cette Loi ?
Consultés Hipocrate , il le sçait mieux que moi ,
Quoique mon secours soit vulgaire ;
Il n'en est pas moins salutaire ;
Celui qui me visite en mon apartement
Est fort sûr d'y trouver quelque soulagement ;
Et ce que l'on sçait être un devoir nécessaire ,
Commodément par tout sans moi ne se peur
faire.
Chez l'un et l'autre sexe on me croit si discrep
Que je suis le dépositaire
De ce qu'ils ont de plus secret ;
Aussi sçais - je si bien me taire ,
Qu'on me peut sûrement confier son affaire ;
Sans en avoir aucun regret.
Tel qui le plus m'abhorre et fuit mon voisinage ,
Ne peut me refuser l'hommage
Que l'on doit me rendre ; et pourquoi
Nature qui paroît si sage ,
A-t'elle imposé cette Loi ?
Consultés Hipocrate , il le sçait mieux que moi ,
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3669
p. 129
L'ANONIME que je voudrois bien connoître.
Début :
Monsieur, je vous fais part d'une avanture qui n'est [...]
Mots clefs :
Anonyme
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texteReconnaissance textuelle : L'ANONIME que je voudrois bien connoître.
L'A NON I M E
que je voudrois bien
connoîAtre.
, Monsieur,jevousfais
fart d'une avanture qui
ness pas fort plaisante
y mais c'est ce qu'il y a de
plus nouveau,&c.
que je voudrois bien
connoîAtre.
, Monsieur,jevousfais
fart d'une avanture qui
ness pas fort plaisante
y mais c'est ce qu'il y a de
plus nouveau,&c.
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3670
p. 1592
« OEUVRES mêlées de M *** contenant un Discours sur la fin qu'a eue Virgile [...] »
Début :
OEUVRES mêlées de M *** contenant un Discours sur la fin qu'a eue Virgile [...]
Mots clefs :
Virgile, Églogue, Paraphrases, Psaumes
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texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES mêlées de M *** contenant un Discours sur la fin qu'a eue Virgile [...] »
OEUVRES mêlées de M *** contenant
un Discours sur la fin qu'a eue Virgile
en composant ses Bucoliques , une
Traduction de ses Eglogues en Vers François
; un autre Discours sur les Régles de
l'Eglogue , des Paraphrases en Vers sur
les Pseaumes de David , et sur quelques
Chapitres des Proverbes de Salomon ; des
Lettres , des Epitres en Vers , des Refiéxions
Morales ; qu lques Odes , quelques
autres Pieces de Poësie , et pour fin , un
Traité sur la maniere de juger des Ouvrages
d'esprit. A Paris , chez Barrois
Quai des Augustins , Nully au Palais
Alix , ruë S. Facques 1733. vol. in 12 .
p . 42c.
un Discours sur la fin qu'a eue Virgile
en composant ses Bucoliques , une
Traduction de ses Eglogues en Vers François
; un autre Discours sur les Régles de
l'Eglogue , des Paraphrases en Vers sur
les Pseaumes de David , et sur quelques
Chapitres des Proverbes de Salomon ; des
Lettres , des Epitres en Vers , des Refiéxions
Morales ; qu lques Odes , quelques
autres Pieces de Poësie , et pour fin , un
Traité sur la maniere de juger des Ouvrages
d'esprit. A Paris , chez Barrois
Quai des Augustins , Nully au Palais
Alix , ruë S. Facques 1733. vol. in 12 .
p . 42c.
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Résumé : « OEUVRES mêlées de M *** contenant un Discours sur la fin qu'a eue Virgile [...] »
Le document compile diverses œuvres de M ***. Il inclut un discours sur la fin de Virgile, une traduction des Églogues de Virgile, des paraphrases des Psaumes de David et des Proverbes de Salomon, des lettres, des épîtres, des réflexions morales, des odes et un traité sur l'évaluation des ouvrages d'esprit. Publié à Paris en 1733 par Barrois, il compte 424 pages.
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3671
p. 1618
II.
Début :
Azile frais & pacifique, [...]
Mots clefs :
Ormeau
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texteReconnaissance textuelle : II.
I I.
Azile frais &
pacifique ,
Je refonne fouvent d'une tendre Muſique ,
Si l'on m'ôte un membre à trois pieds ,
Il me refte deux parts faciles à connoître :
Par l'une que de gens noyez !
Et pour l'autre combien qui s'expoſent à l'êtrel
Azile frais &
pacifique ,
Je refonne fouvent d'une tendre Muſique ,
Si l'on m'ôte un membre à trois pieds ,
Il me refte deux parts faciles à connoître :
Par l'une que de gens noyez !
Et pour l'autre combien qui s'expoſent à l'êtrel
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3672
p. 130
LETTRE à Mlle L. A. Le Mire, veuve J.
Début :
MADEMOISELLE, Je vois dans le Mercure de Mars que la [...]
Mots clefs :
Quadrature du cercle
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Mlle L. A. Le Mire, veuve J.
LETTRE à Mlle L. A. Le Mire, veuve J.
JE
MADEMOISELLE,
SNT
E vois dans le Mercure de Mars que
la Quadrature du cercle de M. le Chevalier
de Caufans y eft annoncée , & que
vous y avez fait une réponfe ; chofe fort
glorieufe à votre fexe en général , & à
vous , Mademoiselle , en particulier , je ne
manquerai pas de m'enrichir de cette piéce.
Je prens la liberté d'envoyer à M. de
Boiffy celle que j'ai faite à M. le Che
valier de Caufans , afin qu'elle vous parvienne
, & au public par la même voie
que j'ai appris la vôtre ; elle peut être
inferée toute entiere dans le Mercure , par
la précaution que j'ai prife de la faire trèscourte
, & à portée de toute perfonne de
bon fens. J'ai l'honneur d'être , &c..
parla
#
LIGER , Commis au
Bureau de la Guerre.
A Versailles , le 16 Mars 1755.
JE
MADEMOISELLE,
SNT
E vois dans le Mercure de Mars que
la Quadrature du cercle de M. le Chevalier
de Caufans y eft annoncée , & que
vous y avez fait une réponfe ; chofe fort
glorieufe à votre fexe en général , & à
vous , Mademoiselle , en particulier , je ne
manquerai pas de m'enrichir de cette piéce.
Je prens la liberté d'envoyer à M. de
Boiffy celle que j'ai faite à M. le Che
valier de Caufans , afin qu'elle vous parvienne
, & au public par la même voie
que j'ai appris la vôtre ; elle peut être
inferée toute entiere dans le Mercure , par
la précaution que j'ai prife de la faire trèscourte
, & à portée de toute perfonne de
bon fens. J'ai l'honneur d'être , &c..
parla
#
LIGER , Commis au
Bureau de la Guerre.
A Versailles , le 16 Mars 1755.
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Résumé : LETTRE à Mlle L. A. Le Mire, veuve J.
La lettre, datée du 16 mars 1755, est adressée à Mlle L. A. Le Mire, veuve J. Elle mentionne la publication de la 'Quadrature du cercle' de M. le Chevalier de Caufans dans le Mercure de Mars. L'auteur exprime sa fierté pour la réponse de Mlle Le Mire et annonce l'envoi de sa propre réponse à M. de Boiffy pour publication. La lettre est signée par Liger, commis au Bureau de la Guerre.
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3673
p. 114-115
ENIGME.
Début :
Je suis jeune & suis vieux, car le monde est mon pere. [...]
Mots clefs :
Almanach
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E fuis jeune & fuis vieux , car le monde cft
JE mon pere.
Au ourd'hui je fuis doux , le lendemain mauvais .
On me vend & revend ; je ne fçais pas , je ſçais ;
Je ne fuis bon à rien , & je fuis néceffaire .
Mon corps eft bien fouvent plutôt mince qu'épais ,
Quoique je fois carré de taille.
Je porte un habit bleu ; je meurs quand je renais
་
E
JANVIER. 1743. iis
Et je ne fuis & ne ferai jamais
Annoncé que par la canaille .
E fuis jeune & fuis vieux , car le monde cft
JE mon pere.
Au ourd'hui je fuis doux , le lendemain mauvais .
On me vend & revend ; je ne fçais pas , je ſçais ;
Je ne fuis bon à rien , & je fuis néceffaire .
Mon corps eft bien fouvent plutôt mince qu'épais ,
Quoique je fois carré de taille.
Je porte un habit bleu ; je meurs quand je renais
་
E
JANVIER. 1743. iis
Et je ne fuis & ne ferai jamais
Annoncé que par la canaille .
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3674
p. 2454-2455
Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, recommença ses Séances le Vendredy [...]
Mots clefs :
Séance, Assemblée, Rivières, Instrument, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
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Résumé : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Le 13 novembre 1733, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres reprit ses séances avec une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Bose rendit hommage à feu M. de Caumartin, évêque de Blois. L'Abbé de Rosnel discuta du renouvellement de l'usage de couronner les poètes avec une couronne de laurier. M. Freret présenta une dissertation sur la chronologie chinoise, démontrant que les temps historiques de cette nation ne remontent pas au-delà de la vocation d'Abraham, en accord avec la chronologie biblique. Le 14 novembre, l'Académie Royale des Sciences tint également une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. Cassini parla des travaux pour décrire une ligne perpendiculaire au méridien passant par l'Observatoire Royal de Paris. M. Jussieu aborda les causes des maladies populaires lors des basses eaux des rivières. M. de la Condamine présenta un instrument pour observer la variation de l'aiguille aimantée en mer. M. Pitot améliora son instrument pour mesurer la vitesse des courants des rivières et du sillage des vaisseaux. Enfin, M. Dufay lut un mémoire sur l'électricité des corps. Des extraits de ces mémoires furent publiés dans les premiers volumes du Mercure de décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3675
p. 750-751
« On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
Début :
On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...]
Mots clefs :
Florence, Cardinal, Traduction italienne, Comédies, Prélat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
On nous écrit de Florence , qu'on va
bien- tôt donner au Public le second Tome
, in folio , del nuovo Vocabolario della
Crousca. L'Imprimerie établie à Urbain ,
par les soins du Cardinal Annibal Albani ,
continue à donner au Public des Ouvrages
considerables ; on imprime actuellement
une Traduction Italienne , in Verso
sciolto , des Comédies de Terence , par
M. Fortiguerra , dont on loue beaucoup
Fexactitude et l'élegance. Le même Prélat
avoit été chargé par Clement XI . d'exè
traire de la grande collection des Actes.
d'Angleterre par Rimer , tout ce qui pouvoit
être favorable , ou seulement avoir
quelque rapport au S.Siege , et d'y ajoûter
qé ,
AVRIL. 17312 731
quelques Notes. Cet Ouvrage est achevé
, et on assure qu'il ne tardera pas
voir le jour.
bien- tôt donner au Public le second Tome
, in folio , del nuovo Vocabolario della
Crousca. L'Imprimerie établie à Urbain ,
par les soins du Cardinal Annibal Albani ,
continue à donner au Public des Ouvrages
considerables ; on imprime actuellement
une Traduction Italienne , in Verso
sciolto , des Comédies de Terence , par
M. Fortiguerra , dont on loue beaucoup
Fexactitude et l'élegance. Le même Prélat
avoit été chargé par Clement XI . d'exè
traire de la grande collection des Actes.
d'Angleterre par Rimer , tout ce qui pouvoit
être favorable , ou seulement avoir
quelque rapport au S.Siege , et d'y ajoûter
qé ,
AVRIL. 17312 731
quelques Notes. Cet Ouvrage est achevé
, et on assure qu'il ne tardera pas
voir le jour.
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Résumé : « On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
En avril 1731, la publication du second tome du Vocabolario della Crusca est annoncée. L'imprimerie d'Urbain, dirigée par le Cardinal Annibal Albani, imprime une traduction italienne des comédies de Térence par M. Fortiguerra. Albani a également achevé un ouvrage sur les Actes d'Angleterre, commandé par Clément XI, qui sera bientôt publié.
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3676
p. 1606-1607
DEUXIÈME ENIGME.
Début :
Je suis d'une taille fort fine, [...]
Mots clefs :
Papier
3677
p. 958-959
Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Début :
Le 19, on représenta la Tragédie de Britannicus et les Folies amoureuses. La Dlle [...]
Mots clefs :
Comédie, Tragédie, Iphigénie, Britannicus, Mademoiselle Connell
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Le 19 , on représenta la Tragédie de
Britannicus et les Folies amoureuses .LaDlle
Conel , jeune personne fort bien faite
pleine d'agremens , qui a déja joué quantité
de Rôles en Bourgeoisie , mais qui
n'étoit jamais montée sur aucun Theatre
public , fut fort aplaudie dans le rôle de
Junie et dans celui d'Agathe.
MAY. 1734. 959
Ĺë 20 , on joù la Comédie du Philo
sophe marié,dont le Sr de Montmenil templit
le principal rôle avec aplaudissement,
à la place du Sr Quinaut , qui a de nouveau
quitté la Comédie."
Le 24 la nouvelle Actrice fut encore
fort aplaudie dans la Tragédie d'Iphigenie
et dans la Comédie du Florentin. Elle oüa
dans la premiere le rôle d'Iphigenie, cesse
dans l'autre celui d'Hortense.
Britannicus et les Folies amoureuses .LaDlle
Conel , jeune personne fort bien faite
pleine d'agremens , qui a déja joué quantité
de Rôles en Bourgeoisie , mais qui
n'étoit jamais montée sur aucun Theatre
public , fut fort aplaudie dans le rôle de
Junie et dans celui d'Agathe.
MAY. 1734. 959
Ĺë 20 , on joù la Comédie du Philo
sophe marié,dont le Sr de Montmenil templit
le principal rôle avec aplaudissement,
à la place du Sr Quinaut , qui a de nouveau
quitté la Comédie."
Le 24 la nouvelle Actrice fut encore
fort aplaudie dans la Tragédie d'Iphigenie
et dans la Comédie du Florentin. Elle oüa
dans la premiere le rôle d'Iphigenie, cesse
dans l'autre celui d'Hortense.
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Résumé : Nouvelle Actrice, [titre d'après la table]
Du 19 au 24 mai 1734, plusieurs pièces furent représentées. Mademoiselle Conel fut applaudie pour ses rôles de Junie dans 'Britannicus', d'Agathe dans 'Les Folies amoureuses', d'Iphigénie dans 'Iphigénie' et d'Hortense dans 'Le Florentin'. Le 20 mai, Monsieur de Montmenil joua le rôle principal dans 'Le Philosophe marié'.
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3678
p. 766-767
SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
Début :
Les Etats Generaux de Bearn, toujours attentifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou [...]
Mots clefs :
Académie des sciences et des beaux-arts de Pau, Prix, Richesses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
SUJET propofe par l'Academie des
Sciences & des beaux Arts , établie à
Pau , pour le Prix de l'année 1730..
Es Etats Generaux de Bearn , toujours atten-
Ltifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou
quelque ornement à la Province , ont bien voulu
concourir au zéle des Meffieurs qui ont formé
PAcadémie , en contribuant avec eux d'une fomme
annuelle, aux frais neceffaires pour l'entretien
de cet établiffement. Cette liberalité a engagé
Meffieurs de l'Académie à employer une partic
de cet argent à un prix qu'ils donnent chaque
année .
Ce Prix eft une Médaille d'or , où font gravées
d'un côté les Armes de a Province , & de l'auere
, la Deviſe de l'Académie. On le deftine pour
l'année 1730. à une piece en Vers , dont le fujer
fera cette penfée :
Le mépris des Richeffes eft le plus folide
de tous les Tréfors.
On laiffe le genre de Poëfie au choix des
Auteurs.
Les perfonnes de tout fexe, de toute condition,
& de tous les Pais , pourront prétendre au Prix
qui fera donné pendant le mois de Novembre
prochain.
L'Académie voulant ignorer les noms des Auteurs
AVRIL. 2730. 767
reurs dont les Ouvrages auront été jugez les
moins dignes ; on les avertit de mettre une Sen.
tence au bas de leur Piece , & leur nom féparé--
ment dans un billet cacheté , fur le dos duquel
ils mettront auſſi la même Sentence;par ce moyen
on trouvera d'abord le billet où fera le nom de:
l'Auteur, & loin d'en ouvrir aucun autre ,, on les
brûlera tous en public ..
Comme il faut un certain temps pour examiner
les Ouvrages , les Auteurs feront tenus de les
remettre avant la fin d'Octobre 1730. Ceux qui
n'arriveront pas dans le tempe marqué, ne feront
pas reçûs .
On pourra adreffer les Ouvrages à M.de Courreges
, Secretaire de l'Académie , ou à quelqu'autre
des Académiciens ; & on aura foin d'affranchir
les Paquets qu'on envoyera par la Pof
te ; fans, quoi ils ne feront point retirez..
Sciences & des beaux Arts , établie à
Pau , pour le Prix de l'année 1730..
Es Etats Generaux de Bearn , toujours atten-
Ltifs à ce qui peut procurer quelque utilité ou
quelque ornement à la Province , ont bien voulu
concourir au zéle des Meffieurs qui ont formé
PAcadémie , en contribuant avec eux d'une fomme
annuelle, aux frais neceffaires pour l'entretien
de cet établiffement. Cette liberalité a engagé
Meffieurs de l'Académie à employer une partic
de cet argent à un prix qu'ils donnent chaque
année .
Ce Prix eft une Médaille d'or , où font gravées
d'un côté les Armes de a Province , & de l'auere
, la Deviſe de l'Académie. On le deftine pour
l'année 1730. à une piece en Vers , dont le fujer
fera cette penfée :
Le mépris des Richeffes eft le plus folide
de tous les Tréfors.
On laiffe le genre de Poëfie au choix des
Auteurs.
Les perfonnes de tout fexe, de toute condition,
& de tous les Pais , pourront prétendre au Prix
qui fera donné pendant le mois de Novembre
prochain.
L'Académie voulant ignorer les noms des Auteurs
AVRIL. 2730. 767
reurs dont les Ouvrages auront été jugez les
moins dignes ; on les avertit de mettre une Sen.
tence au bas de leur Piece , & leur nom féparé--
ment dans un billet cacheté , fur le dos duquel
ils mettront auſſi la même Sentence;par ce moyen
on trouvera d'abord le billet où fera le nom de:
l'Auteur, & loin d'en ouvrir aucun autre ,, on les
brûlera tous en public ..
Comme il faut un certain temps pour examiner
les Ouvrages , les Auteurs feront tenus de les
remettre avant la fin d'Octobre 1730. Ceux qui
n'arriveront pas dans le tempe marqué, ne feront
pas reçûs .
On pourra adreffer les Ouvrages à M.de Courreges
, Secretaire de l'Académie , ou à quelqu'autre
des Académiciens ; & on aura foin d'affranchir
les Paquets qu'on envoyera par la Pof
te ; fans, quoi ils ne feront point retirez..
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Résumé : SUJET proposé par l'Academie des Sciences & des beaux Arts, établie à Pau, pour le Prix de l'année 1730.
En 1730, l'Académie des Sciences et des Beaux-Arts de Pau lance un concours annuel avec le soutien financier des États Généraux de Béarn. Une médaille d'or est offerte pour récompenser l'œuvre poétique la plus méritante sur le thème 'Le mépris des richesses est le plus solide de tous les trésors'. Les participants peuvent choisir le genre poétique de leur œuvre, et toute personne, indépendamment de son sexe, condition ou pays d'origine, est éligible. Les candidatures doivent être soumises avant la fin octobre 1730. Pour préserver l'anonymat, les auteurs doivent inclure une sentence au bas de leur œuvre et leur nom dans un billet cacheté avec la même sentence. Les billets non ouverts seront brûlés en public. Les œuvres peuvent être envoyées au secrétaire de l'Académie, M. de Courreges, ou à tout autre académicien, avec une mention d'affranchissement pour les paquets postaux.
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3679
p. 124-125
LOGOGRYPHE.
Début :
Je ne suis Ange, esprit, homme, ni diable, [...]
Mots clefs :
Pentecôte
3680
p. 2436-2437
Calendrier perpetuel, &c. [titre d'après la table]
Début :
CALENDRIER PERPETUEL ou Almanach de Cabinet. Outre les jours de la [...]
Mots clefs :
Calendrier perpétuel, Almanach de cabinet, Fêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Calendrier perpetuel, &c. [titre d'après la table]
CALENDRLER PERPETUEL ou Almamach de Cabinet. Outre les jours de la
Semaine et les Fêtes du mois qui sont
marqués avec plusieurs petites Notes
convenables , ce Calandrier marque encore exactement , pendant dix années
les Lunaisons : Exemple, au mois de Janvier de l'année 1735. la Lune sera nouvelle le 24 , à 2 heures , 9 min. du matin ;
son premier quartier arrivera le 31, à 8 h.
54 m. du soir. Ainsi des autres.
Comme aussi la Lettre Dominicale ,
l'Epacte , les Fêtes Mobiles , Rogations ,
les 4 Temps et les Eclipses du Soleil et de
la Lune.
Ce Calendrier est tres- simple dans sa
construction ; on peut s'en servir sans ancun mouvement , il sera à la portée de
toutes personnes qui sçauront seulement
lire , étant aussi intelligible que les Almanachs journaliers.
Il se débitera le 28 Decembre de la presente
NOVEMBRE. 1732 2437
sente année 1732. chez la veuve Spé , ruë
S. Jacques , vis- à- vis les Mathurins.
Semaine et les Fêtes du mois qui sont
marqués avec plusieurs petites Notes
convenables , ce Calandrier marque encore exactement , pendant dix années
les Lunaisons : Exemple, au mois de Janvier de l'année 1735. la Lune sera nouvelle le 24 , à 2 heures , 9 min. du matin ;
son premier quartier arrivera le 31, à 8 h.
54 m. du soir. Ainsi des autres.
Comme aussi la Lettre Dominicale ,
l'Epacte , les Fêtes Mobiles , Rogations ,
les 4 Temps et les Eclipses du Soleil et de
la Lune.
Ce Calendrier est tres- simple dans sa
construction ; on peut s'en servir sans ancun mouvement , il sera à la portée de
toutes personnes qui sçauront seulement
lire , étant aussi intelligible que les Almanachs journaliers.
Il se débitera le 28 Decembre de la presente
NOVEMBRE. 1732 2437
sente année 1732. chez la veuve Spé , ruë
S. Jacques , vis- à- vis les Mathurins.
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Résumé : Calendrier perpetuel, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un calendrier perpétuel, ou Alma-mach de Cabinet, incluant jours de la semaine, fêtes mensuelles et phases lunaires pour dix ans. Par exemple, en janvier 1735, la lune sera nouvelle le 24 et son premier quartier le 31. Il marque aussi la lettre dominicale, l'épacte, les fêtes mobiles, les rogations, les quatre temps et les éclipses. Simple et accessible, il sera vendu le 28 décembre 1732 chez la veuve Spé, rue Saint-Jacques.
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3681
p. 960-961
« LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
Début :
LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...]
Mots clefs :
Intérêts des puissances d'Europe, Abbé Pascoli, Grammaire Turque
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texteReconnaissance textuelle : « LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES
DE L'EUROPE , fondez sur les Traitez
conclus depuis la Paix d'Utrecht inclu
sivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulieres , par M. Rousset ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de Berlin , 2. vol. in 4. Cet Ouvrage
s'imprime par Souscription , à la Haye
chez Adrien Moetjens. On trouve le Programe chez les principaux Libraires ; ont
recevra les Souscriptions jusqu'au dernier
d'Avril de cette année. L'Ouvrage entier
sera livré dans neuf mois. On payera pour
le papier ordinaire un Ducat en souscrivant , et autant en recevant les deux volumes ; pour le grand papier 8. Florins
et autant en recevant l'Exemplaire.
Lrs-
MAY. 1732. 961
LES VIES DES PEINTRES , Sculpteurs es
Architectes modernes. Par M.l'Abbé Pas-"
coli. Tome I. in 4. On y trouve les Vies"
de 40. Maîtres habiles. A Rome , &c. Lesecond volume paroîtra bien-tôt.
GRAMMAIRE TURQTE , ou Méthode
courte et facile pour apprendre la LangueTurques avec un Recueil des Noms , des
Verbes et des manieres de parler les plus
necessaires à sçavoir avec plusieurs
Dialogues familiers. A Constantinople a
1730. in 4. pp. 194
DE L'EUROPE , fondez sur les Traitez
conclus depuis la Paix d'Utrecht inclu
sivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulieres , par M. Rousset ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de Berlin , 2. vol. in 4. Cet Ouvrage
s'imprime par Souscription , à la Haye
chez Adrien Moetjens. On trouve le Programe chez les principaux Libraires ; ont
recevra les Souscriptions jusqu'au dernier
d'Avril de cette année. L'Ouvrage entier
sera livré dans neuf mois. On payera pour
le papier ordinaire un Ducat en souscrivant , et autant en recevant les deux volumes ; pour le grand papier 8. Florins
et autant en recevant l'Exemplaire.
Lrs-
MAY. 1732. 961
LES VIES DES PEINTRES , Sculpteurs es
Architectes modernes. Par M.l'Abbé Pas-"
coli. Tome I. in 4. On y trouve les Vies"
de 40. Maîtres habiles. A Rome , &c. Lesecond volume paroîtra bien-tôt.
GRAMMAIRE TURQTE , ou Méthode
courte et facile pour apprendre la LangueTurques avec un Recueil des Noms , des
Verbes et des manieres de parler les plus
necessaires à sçavoir avec plusieurs
Dialogues familiers. A Constantinople a
1730. in 4. pp. 194
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Résumé : « LES INTERESTS PRESENS DES PUISSANCES DE L'EUROPE, fondez sur [...] »
Le texte présente trois ouvrages distincts. Le premier, 'Les intérêts présents des puissances de l'Europe, fondez sur les Traitez conclus depuis la Paix d'Utrecht inclusivement, et sur les preuves de leurs prétentions particulières', est écrit par M. Rousset, membre de la Société Royale des Sciences de Berlin. Cet ouvrage en deux volumes est imprimé par souscription à La Haye chez Adrien Moetjens. Les souscriptions sont acceptées jusqu'au 30 avril 1732, et la livraison complète est prévue dans neuf mois. Le coût pour le papier ordinaire est d'un Ducat à la souscription et autant à la réception des deux volumes, tandis que pour le grand papier, le prix est de 8 Florins à la souscription et autant à la réception. Le second ouvrage mentionné est 'Les Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes modernes' par l'Abbé Pascoli. Le premier tome, en format in-4, contient les biographies de 40 maîtres renommés. Il est disponible à Rome et le second volume est annoncé pour une prochaine publication. Enfin, le texte décrit une 'Grammatique Turque', ou méthode pour apprendre la langue turque, publiée à Constantinople en 1730. Cet ouvrage inclut un recueil de noms, de verbes et d'expressions nécessaires, ainsi que plusieurs dialogues familiers. Il est imprimé en format in-4 et compte 194 pages.
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3682
p. 52-54
LES VENDANGES. Sur le mesme air.
Début :
I. Couplet. Dans la vigne à Glaudine [...]
Mots clefs :
Vendanges, Vendangeurs
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texteReconnaissance textuelle : LES VENDANGES. Sur le mesme air.
LES VENDANGES.
Surlemesne air.
I. Couplet.
Dans la vigne ri.Glaudine
Les Vendangeursy vont,
On choisit à la mine
Ceux qui vendangeront.
yîux Vendangeurs qui
brillent
Ony donne le pas:
Les autresygrapillent,
MaisnjJ-verkdangentpas.
1 I. Couplet.
Sur la fin de l'Automne
Vint un joli vieillard,
Si la vendange est bonne
J'en veux:avoirmafart.
Cette prudente fille
Luyrespondit tout bas,
Vieux Vendangeur graplie,
Mais ne vendangepas.
Aux vignes de Cithere,
Parmy les raisins doux,
Ejf maintegrape amere,
Nevnouc¿sté.z/fez.., point peur
Ce pourunefille
Est un grand embarras;
LMaaipslnusejvaeanedfarnagpeiplleas
Mais ne vendange pas
Surlemesne air.
I. Couplet.
Dans la vigne ri.Glaudine
Les Vendangeursy vont,
On choisit à la mine
Ceux qui vendangeront.
yîux Vendangeurs qui
brillent
Ony donne le pas:
Les autresygrapillent,
MaisnjJ-verkdangentpas.
1 I. Couplet.
Sur la fin de l'Automne
Vint un joli vieillard,
Si la vendange est bonne
J'en veux:avoirmafart.
Cette prudente fille
Luyrespondit tout bas,
Vieux Vendangeur graplie,
Mais ne vendangepas.
Aux vignes de Cithere,
Parmy les raisins doux,
Ejf maintegrape amere,
Nevnouc¿sté.z/fez.., point peur
Ce pourunefille
Est un grand embarras;
LMaaipslnusejvaeanedfarnagpeiplleas
Mais ne vendange pas
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Résumé : LES VENDANGES. Sur le mesme air.
Le texte relate une scène de vendanges où certains vendangeurs, appelés 'grapilleurs', ne participent pas réellement. Un vieillard souhaite aider, mais une jeune fille prudente lui répond qu'il grappille sans vendanger. Les vignes de Cythère produisent des raisins doux et des grappes amères. La jeune fille exprime son embarras face à cette situation.
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3683
p. 2606-2608
Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
Début :
On distribuë depuis peu un Almanach de Cabinet, gravé, qui a pour titre : [...]
Mots clefs :
Almanach, Cabinet, Gens d'affaires, Marchands, Négociants
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texteReconnaissance textuelle : Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
On distribue depuis peu un Almanach
de Cabinet , gravé , qui a pour titre :
Almanach fixe , mobile , perpetuel , dedié
24
OCTOBRE . 1731. 2607
>
à Monseigneur le Dauphin . Cet Almanach
est fort curieux et des mieux inventés
; il est fixe par lui- même , mobile
par un simple mouvement , et perpetuel
dans toute son étenduë ; son invention
est toute nouvelle et presque inconnuë ;
il est d'une grande commodité pour les
Gens d'Affaires » pour les Marchands
Negocians , et generalement pour toutes
sortes de Personnes . En faisant les Retrogradations
des révolutions portées sur
l'Almanach , et observant la même disposition
établie , on levera les difficultez
qui pourroient se rencontrer , tant dans
les dattes des Pieces de procedures , que
pour les dattes qui interessent differens
Particuliers dans leurs affaires ; on voit
toute la disposition de l'Almanach en
face , sans le détacher de sa place ; on y
trouve Pâques , les Fêtes Mobiles , et les
Lunes à perpetuité ; on voit dans quel
signe du Zodiaque est la Lune tous les
jours de l'Année aussi à perpetuité , avec
les differentes qualitez des signes à la tête
de chaque Mois ; enfin , on y trouve
tous les arrangemens nécessaires pour
rendre un Almanach perpetuellement
utile . On a mis aussi sur chaque Colonne
et Table , les Instructions utiles pour
s'en servir avec des exemples qui y sont
Fiiij rap2608
MERCURE DE FRANCE
il
rapportés pour en faciliter l'intelligence ;
la petite manoeuvre de cet Almanach ne
consiste qu'à tirer une fois le Ruban d'en
bas d'une ligne dans chaques années communes
, et deux fois dans les Années Bissextiles.
Si les Curieux vont chez l'Auteur
pour en prendre connoissance
les satisfera autant qu'il lui sera possible ,
et ceux qui trouveront quelques difficultés
à proposer , l'Auteur en profitera
avec docilité . Il se vend chez Girard de
la Motte , Marchand Epicier , cour et ruë
Abbatiale de S. Germain des Prez , au
Fasmin fleury , et chez M. de la Motte x
au College de Reims , à Paris.
de Cabinet , gravé , qui a pour titre :
Almanach fixe , mobile , perpetuel , dedié
24
OCTOBRE . 1731. 2607
>
à Monseigneur le Dauphin . Cet Almanach
est fort curieux et des mieux inventés
; il est fixe par lui- même , mobile
par un simple mouvement , et perpetuel
dans toute son étenduë ; son invention
est toute nouvelle et presque inconnuë ;
il est d'une grande commodité pour les
Gens d'Affaires » pour les Marchands
Negocians , et generalement pour toutes
sortes de Personnes . En faisant les Retrogradations
des révolutions portées sur
l'Almanach , et observant la même disposition
établie , on levera les difficultez
qui pourroient se rencontrer , tant dans
les dattes des Pieces de procedures , que
pour les dattes qui interessent differens
Particuliers dans leurs affaires ; on voit
toute la disposition de l'Almanach en
face , sans le détacher de sa place ; on y
trouve Pâques , les Fêtes Mobiles , et les
Lunes à perpetuité ; on voit dans quel
signe du Zodiaque est la Lune tous les
jours de l'Année aussi à perpetuité , avec
les differentes qualitez des signes à la tête
de chaque Mois ; enfin , on y trouve
tous les arrangemens nécessaires pour
rendre un Almanach perpetuellement
utile . On a mis aussi sur chaque Colonne
et Table , les Instructions utiles pour
s'en servir avec des exemples qui y sont
Fiiij rap2608
MERCURE DE FRANCE
il
rapportés pour en faciliter l'intelligence ;
la petite manoeuvre de cet Almanach ne
consiste qu'à tirer une fois le Ruban d'en
bas d'une ligne dans chaques années communes
, et deux fois dans les Années Bissextiles.
Si les Curieux vont chez l'Auteur
pour en prendre connoissance
les satisfera autant qu'il lui sera possible ,
et ceux qui trouveront quelques difficultés
à proposer , l'Auteur en profitera
avec docilité . Il se vend chez Girard de
la Motte , Marchand Epicier , cour et ruë
Abbatiale de S. Germain des Prez , au
Fasmin fleury , et chez M. de la Motte x
au College de Reims , à Paris.
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Résumé : Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
Un nouvel Almanach de Cabinet, intitulé 'Almanach fixe, mobile, perpétuel', a été récemment distribué. Dédié à Monseigneur le Dauphin, cet ouvrage est décrit comme très curieux et bien conçu. Il est fixe par nature, mobile par un simple mouvement, et perpétuel dans son étendue. Cet Almanach est particulièrement utile pour les gens d'affaires, les marchands, les négociants, et diverses personnes. Il permet de résoudre les difficultés liées aux dates des pièces de procédure et aux affaires personnelles. Il affiche la disposition des Pâques, des fêtes mobiles, et des lunes à perpétuité, ainsi que le signe zodiacal de la Lune chaque jour de l'année, avec les qualités des signes à la tête de chaque mois. Des instructions et des exemples facilitent son utilisation. La manipulation de l'Almanach consiste à tirer un ruban une fois par an pour les années communes et deux fois pour les années bissextiles. L'auteur invite les curieux à le consulter pour toute difficulté. L'Almanach est disponible chez Girard de la Motte, Marchand Epicier, cour et rue Abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, au Fasmin Fleury, et chez M. de la Motte au Collège de Reims, à Paris.
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3684
p. 129-131
RÉPONSE.
Début :
J'avouë que ceux qui ne sont curieux que d'avantures [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
REPONSE.
J'avoue que ceux qui
ne font curieux que d'avantures
plaisances ne -
trouveront pas icy leur
conte; mais ceux qui
font simplement curieux
se contentent du nouveau
pourvu qu'il foit
vrai; ilyena même qui
se contentent encore à
moins &qui veulent du
nouveau quand il ne seroit
nivrainiplaisant.
Je mets ici vostre Lettre
,
pardonnez si j'enay
retranché ce qui estoit le
plus agréablement écrit.
C'estoit des Porrraits &
je ne veux designer personne
, c'estoit des préjugez
censez; mais je ne
veux que rapporter des
faits, je ne dois rien deviner
, ni en histoires,
ni en politique.
J'avoue que ceux qui
ne font curieux que d'avantures
plaisances ne -
trouveront pas icy leur
conte; mais ceux qui
font simplement curieux
se contentent du nouveau
pourvu qu'il foit
vrai; ilyena même qui
se contentent encore à
moins &qui veulent du
nouveau quand il ne seroit
nivrainiplaisant.
Je mets ici vostre Lettre
,
pardonnez si j'enay
retranché ce qui estoit le
plus agréablement écrit.
C'estoit des Porrraits &
je ne veux designer personne
, c'estoit des préjugez
censez; mais je ne
veux que rapporter des
faits, je ne dois rien deviner
, ni en histoires,
ni en politique.
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Résumé : RÉPONSE.
Le texte distingue les lecteurs selon leurs attentes. Ceux qui cherchent des aventures plaisantes seront déçus. Les curieux et ceux acceptant des informations nouvelles, même moins plaisantes, seront satisfaits. L'auteur rapporte des faits, sans deviner ni en histoires ni en politique, après avoir supprimé les portraits et préjugés d'une lettre reçue.
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3685
p. 125-127
AUTRES BOUTS RIMEZ Du Mercure précedent, remplis par Mr d'Aub***
Début :
Je te plaisois Iris à vingt-cinq ans, à trente [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES BOUTS RIMEZ Du Mercure précedent, remplis par Mr d'Aub***
AUTRES
BOUTS RIMEZ
Du Mercure précèdelit,
remplispar Mr
d?Aub***
Jeteplaisois Iris À<vingtcinq
ans,à trente
Tu m'as souffert encor
mêmejusqua quarente
Pour'quelques ans de plus
quel caprice estle tien
Tu reprends donc ton
coeur & tu me rends
le mieil:
jetesçaisquarenteans,
je rien ayquecinquante.
Tu devrais bienm'aimer
du moins jujquà
Soixante
L'âge passe, dit-tu, l'on
veutjouirdu sien
Dequoi Ioâtras-tu., ta
beautévient à rien
Faisons mieux> par raison
,
prévenons les
septante
Soyonssimples Amis ; on
peut l'estre à nonante
Une amitiésolide à tout
âge ejiun bien
cOIG?:s avjjiconfiants
re/un Aveugle~&son
chien
BOUTS RIMEZ
Du Mercure précèdelit,
remplispar Mr
d?Aub***
Jeteplaisois Iris À<vingtcinq
ans,à trente
Tu m'as souffert encor
mêmejusqua quarente
Pour'quelques ans de plus
quel caprice estle tien
Tu reprends donc ton
coeur & tu me rends
le mieil:
jetesçaisquarenteans,
je rien ayquecinquante.
Tu devrais bienm'aimer
du moins jujquà
Soixante
L'âge passe, dit-tu, l'on
veutjouirdu sien
Dequoi Ioâtras-tu., ta
beautévient à rien
Faisons mieux> par raison
,
prévenons les
septante
Soyonssimples Amis ; on
peut l'estre à nonante
Une amitiésolide à tout
âge ejiun bien
cOIG?:s avjjiconfiants
re/un Aveugle~&son
chien
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3686
p. 112-114
Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
Début :
REFLEXIONS sur differens Sujets de Physique, de Guerre, de Morale, [...]
Mots clefs :
Réflexions, Ignorance, Progrès, Révolutions, Théorie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
REFLEXIONS sur differens Sujets de
Physique , de Guerre, de Morale , de Critique, d'Histoire , de Mathematique , &c.
Ouvrage Periodique , par M. de ....
le prix est de 4. sols petite brochure de
14. pagès in 8. AParis , chez F. le Breon , Quay de Conty , à l'Aigle d'or 1731.
Cette premiere feuille ne contient encore rien de ce que l'Auteur fait esperer.
C'est un Discours Préliminaire qui peut
servir dePréface à tout l'ouvrage Periodique qu'on annonce , et cet ouvrage de la
maniere dont on nous dit qu'il sera dispoSC
JANVIER. 1732. 113
sẽ et varié , pourra être utile et agréable.
Son But principal , dit- on , est l'utilité
des gens de Guerre. Un Officier dans une
Garnison , ou dans un Quartier , a bien
des heures de loisir qu'il ne sçait à quoi
employer , &c. Il ne faut pas s'étonner de
cette attention de l'Auteur pour les Offi
ciers ; il se déclare lui même homme de
Guerre; du reste il ne veut pas être connu.
Quoiqu'il en soit on peut attendre quel--
que chose de bon de l'execution de ce projet, s'il est vrai que de tous les Sujets par
ticuliers,contenus dans chaque feuille , distribuée toute sles semaines, il ne doit y en
avoir aucun qui nepuisse contribuer à polir l'esprit , à foriner le jugement , ou à redresser le cœur..
La troisiéme feuille est intitulée, Sur les
Sciencesqui conviennent à chaque Profession
commence ainsi,
2
La nécessité de s'intruire est commune:
à tous les hommes : ils naissent dans une
ignorance si profonde de toutes choses ,
qu'il n'y a que des soins continuels et une
application suiviequi puissent leur procurer les connoissances qui leur sont necessaires. Je suppose qu'on fût en France 30 .
ou 40. ans sans instruire la jeunesse , il n'y
a pas de doute qu'elle se reduiroit au même
pointe F. Y
114 MERCURE DE FRANCE
point d'obscurité , où sont à present l'E
gypte et la Grece, autrefois si Aleurissantes.
Uneinterruption de quelques années peutdétruire les progrès de plusieurs Siécles.
Dès que le malheur des tems où l'indolence des Peuples fait cesser leurs études et
leur application , ils retombent dans le
même état d'ignorance d'où leur travail
les avoit tirés.
Ces mêmes revolutions arrivent de tems:
en tems en particulier , à l'égard de cerraines professions; dès que l'émulation ou
la pratique en sont interrompues , elles
tombent dans une langueur qui approche
de l'extinction. Il y a 30. ou 40. ans que
la Sculpture fleurissoit parmi nous , à present nous n'avons personne qui remplace
les Pugets et les Girardons ; la Science de
la Guerre se neglige et s'oublie peu à peu.
Il est à souhaiter que la paix ne finisse
point; mais si elle cessoit dans 20.ans, lorsque tous les bons Officiers seront morts ou
décrepits , avec quelle ignorance ne feroiton pas la Guerre dans les premieres Campagnes , malgré les secours qu'on a dans
les bons livres que nous avons sur cette
matiere ? Le nombre des jeunes Officiers
qui s'appliquent veritablement à la theorie est si petit , qu'une grande armée ne s'en ressentiroit presque pas.
Physique , de Guerre, de Morale , de Critique, d'Histoire , de Mathematique , &c.
Ouvrage Periodique , par M. de ....
le prix est de 4. sols petite brochure de
14. pagès in 8. AParis , chez F. le Breon , Quay de Conty , à l'Aigle d'or 1731.
Cette premiere feuille ne contient encore rien de ce que l'Auteur fait esperer.
C'est un Discours Préliminaire qui peut
servir dePréface à tout l'ouvrage Periodique qu'on annonce , et cet ouvrage de la
maniere dont on nous dit qu'il sera dispoSC
JANVIER. 1732. 113
sẽ et varié , pourra être utile et agréable.
Son But principal , dit- on , est l'utilité
des gens de Guerre. Un Officier dans une
Garnison , ou dans un Quartier , a bien
des heures de loisir qu'il ne sçait à quoi
employer , &c. Il ne faut pas s'étonner de
cette attention de l'Auteur pour les Offi
ciers ; il se déclare lui même homme de
Guerre; du reste il ne veut pas être connu.
Quoiqu'il en soit on peut attendre quel--
que chose de bon de l'execution de ce projet, s'il est vrai que de tous les Sujets par
ticuliers,contenus dans chaque feuille , distribuée toute sles semaines, il ne doit y en
avoir aucun qui nepuisse contribuer à polir l'esprit , à foriner le jugement , ou à redresser le cœur..
La troisiéme feuille est intitulée, Sur les
Sciencesqui conviennent à chaque Profession
commence ainsi,
2
La nécessité de s'intruire est commune:
à tous les hommes : ils naissent dans une
ignorance si profonde de toutes choses ,
qu'il n'y a que des soins continuels et une
application suiviequi puissent leur procurer les connoissances qui leur sont necessaires. Je suppose qu'on fût en France 30 .
ou 40. ans sans instruire la jeunesse , il n'y
a pas de doute qu'elle se reduiroit au même
pointe F. Y
114 MERCURE DE FRANCE
point d'obscurité , où sont à present l'E
gypte et la Grece, autrefois si Aleurissantes.
Uneinterruption de quelques années peutdétruire les progrès de plusieurs Siécles.
Dès que le malheur des tems où l'indolence des Peuples fait cesser leurs études et
leur application , ils retombent dans le
même état d'ignorance d'où leur travail
les avoit tirés.
Ces mêmes revolutions arrivent de tems:
en tems en particulier , à l'égard de cerraines professions; dès que l'émulation ou
la pratique en sont interrompues , elles
tombent dans une langueur qui approche
de l'extinction. Il y a 30. ou 40. ans que
la Sculpture fleurissoit parmi nous , à present nous n'avons personne qui remplace
les Pugets et les Girardons ; la Science de
la Guerre se neglige et s'oublie peu à peu.
Il est à souhaiter que la paix ne finisse
point; mais si elle cessoit dans 20.ans, lorsque tous les bons Officiers seront morts ou
décrepits , avec quelle ignorance ne feroiton pas la Guerre dans les premieres Campagnes , malgré les secours qu'on a dans
les bons livres que nous avons sur cette
matiere ? Le nombre des jeunes Officiers
qui s'appliquent veritablement à la theorie est si petit , qu'une grande armée ne s'en ressentiroit presque pas.
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Résumé : Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'REFLEXIONS sur differens Sujets de Physique, de Guerre, de Morale, de Critique, d'Histoire, de Mathematique, &c.' est une publication périodique parue à Paris en 1731. Elle vise principalement à être utile aux militaires, notamment aux officiers en garnison ou en quartier, qui disposent de temps libre. L'auteur, un homme de guerre souhaitant rester anonyme, publie chaque semaine des feuilles abordant divers sujets pour enrichir l'esprit, former le jugement et redresser le cœur. La troisième feuille, intitulée 'Sur les Sciences qui conviennent à chaque Profession', insiste sur l'importance de l'instruction continue pour éviter l'ignorance. L'auteur cite l'exemple de l'Égypte et de la Grèce, où l'interruption des études a conduit à une perte de connaissances. Il souligne également le déclin de la sculpture et de la science de la guerre en France. L'auteur espère une paix durable mais craint que, en cas de guerre, celle-ci soit menée avec ignorance en raison du manque de jeunes officiers formés à la théorie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3687
p. 110-112
« HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
Début :
HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...]
Mots clefs :
Compagnie de Jésus, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
HISTOIRE de l'Empire des Chérifs
en Afrique, sa Description Géogra-..
phique et Historique ; la Relation de la
prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es
pagne , avec l'abrégé de la Vie de M. de
Sancta Cruz , & c . ornée d'un Plan tresexact
de la Ville d'Oran , et d'une Carte
de l'Empire des Chérifs . Par M. . . chez
Prault , Quai de Gévres , 1733. 2 vol. in
12.
HISTOIRE des Découvertes et Conquêtes
des Portugais dans le nouveau
mons
JANVIER 1734:
Monde , avec des figures en taille - douces
Par le R. P. Joseph- François l' Affitau , de
la Compagnie de Jesus . A Paris , chez
Saugrain pere, Quay des Augustins , et Jean-
Baptiste Coignard fils , rue S. Jacques , 20
vol. in 4.
HISTOIRE D'OSMAN , premier du nom ,
Empereur des Turcs , et de l'Impératri
ce Aphendina - Astuda. Par Madame de
Games ; chez le même, 2. vol.in 12. 1734.
HISTOIRE D'ESTEVANILLE GONZALES
surnommé le Garçon de bonne humeur,
tirée de l'Espagnol . Par M. le Sage. Chez
le même. 1734. in 12.
LES PETITS SOUPERS DE L'ETE',ou Avantures
Galantes , avec l'origine des Fées.
Par Madame Durand. 1733. chez le mê
me. in 12.
: DE LA CONNOISSANCE et de l'amour de
N. S. Jesus Christ. Par le R. P. J. B. de
Bélingan , de la Compagnie de Jesus . A
Paris , quay des Augustins , chez Roslin
fils. 1734. in 12.
TRAITE' du vrai mérite de l'Homme
considéré dans tous les âges , et dans toutès
les conditions; avec des Principes d'é-
F iiij ca
112 MERCURE DE FRANCE
ducation , propres à former les jeunes gens
à la vertu. Chez Saugrain , au Palais.
1734. in 12.
RE'FLEXIONS instructives et morales
sur l'Apocalypse. Par M.l'Abbé Genreau,
Curé de N. D. de Dijon . A Paris , ruë
S. Severin , chez d'Houri. in 12. de 636
pages.
PENSE'ES MORALES ET CHRE'TIENNES
sur le Texte de la Genéze , dédiées à M.
le Duc d'Orleans . Par M.l'Abbé le Mere.
A Rouen , chez Charles Frrrand , ruë et
vis- à- vis S.Lo. 1733. 2 vol.in 12. de plus
de 1000 pages.
en Afrique, sa Description Géogra-..
phique et Historique ; la Relation de la
prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es
pagne , avec l'abrégé de la Vie de M. de
Sancta Cruz , & c . ornée d'un Plan tresexact
de la Ville d'Oran , et d'une Carte
de l'Empire des Chérifs . Par M. . . chez
Prault , Quai de Gévres , 1733. 2 vol. in
12.
HISTOIRE des Découvertes et Conquêtes
des Portugais dans le nouveau
mons
JANVIER 1734:
Monde , avec des figures en taille - douces
Par le R. P. Joseph- François l' Affitau , de
la Compagnie de Jesus . A Paris , chez
Saugrain pere, Quay des Augustins , et Jean-
Baptiste Coignard fils , rue S. Jacques , 20
vol. in 4.
HISTOIRE D'OSMAN , premier du nom ,
Empereur des Turcs , et de l'Impératri
ce Aphendina - Astuda. Par Madame de
Games ; chez le même, 2. vol.in 12. 1734.
HISTOIRE D'ESTEVANILLE GONZALES
surnommé le Garçon de bonne humeur,
tirée de l'Espagnol . Par M. le Sage. Chez
le même. 1734. in 12.
LES PETITS SOUPERS DE L'ETE',ou Avantures
Galantes , avec l'origine des Fées.
Par Madame Durand. 1733. chez le mê
me. in 12.
: DE LA CONNOISSANCE et de l'amour de
N. S. Jesus Christ. Par le R. P. J. B. de
Bélingan , de la Compagnie de Jesus . A
Paris , quay des Augustins , chez Roslin
fils. 1734. in 12.
TRAITE' du vrai mérite de l'Homme
considéré dans tous les âges , et dans toutès
les conditions; avec des Principes d'é-
F iiij ca
112 MERCURE DE FRANCE
ducation , propres à former les jeunes gens
à la vertu. Chez Saugrain , au Palais.
1734. in 12.
RE'FLEXIONS instructives et morales
sur l'Apocalypse. Par M.l'Abbé Genreau,
Curé de N. D. de Dijon . A Paris , ruë
S. Severin , chez d'Houri. in 12. de 636
pages.
PENSE'ES MORALES ET CHRE'TIENNES
sur le Texte de la Genéze , dédiées à M.
le Duc d'Orleans . Par M.l'Abbé le Mere.
A Rouen , chez Charles Frrrand , ruë et
vis- à- vis S.Lo. 1733. 2 vol.in 12. de plus
de 1000 pages.
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Résumé : « HISTOIRE de l'Empire des Chérifs en Afrique, sa Description Géographique [...] »
Le document recense des publications historiques et littéraires parues entre 1733 et 1734. Parmi elles, 'Histoire de l'Empire des Chérifs' décrit la géographie et l'histoire de cet empire africain, ainsi que la prise d'Oran par Philippe V, roi d'Espagne. Cet ouvrage inclut un plan détaillé de la ville d'Oran et une carte de l'Empire des Chérifs. 'Histoire des Découvertes et Conquêtes des Portugais dans le nouveau monde', écrit par le Père Joseph-François Lafitau, est illustré de figures en taille-douce. Le document mentionne également des biographies comme 'Histoire d'Osman, premier du nom, Empereur des Turcs' par Madame de Gamès, et 'Histoire d'Estevanille Gonzales surnommé le Garçon de bonne humeur' traduit par M. le Sage. Des œuvres littéraires et morales sont également listées, telles que 'Les Petits Soupers de l'Été' par Madame Durand. Des traités éducatifs et religieux comme 'Traité du vrai mérite de l'Homme' et 'Réflexions instructives et morales sur l'Apocalypse' par l'Abbé Genreau sont également présents. Enfin, le document liste des œuvres de réflexion morale et chrétienne, comme 'Pensées morales et chrétiennes sur le Texte de la Genèse' dédiées au Duc d'Orléans.
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3689
p. 131-134
Copie d'une lettre de Mr le Chevalier de Langon, à Monsieur le C. de ...
Début :
Nous amenasmes le 12. du mois d'Avril à Alicante un Vaisseau [...]
Mots clefs :
Alger, Alicante, Turc, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre de Mr le Chevalier de Langon, à Monsieur le C. de ...
Copie d'une Lettre de Mr le
Chevalier de Lançon
3
à
Monsieur leC. de
Nousamenafmes leIL.
du moisd'Avril à Alicante
- un Vaisseau d'Algerjnous
l'avions pris cette nuit- la
à quinze lieuës au Sudeft
.d'Alicante, la CaintcCathe.
-
rine en deux heures de
chasse futà bord; ilvoulut
nous faire croire qu'il eftoic
Anglois. Après bien de
mauvaisdifeours nous le
reconnufmes Turc a l'honneur
qu'il nous fit de nous
rendre vingt coups de canon
pour un que nous luy
avions tiré
>
& toute la
mousqueterie à la portée
du pirtoletjontirasur luy,
& en trois heures il fut rasé
de tous Tes masts. Ce suc
alors que nos deux Vaif-
[caux avancèrent à cinq
heures du matin, il leur tira
par honneur cinq à six
coups en amenanr pavillon.
Il couloit bas d'eau;
il y a eu cent quarre-vingc
dix hommes tuez, & cenc
foixanre trois pris ecflaves,
&vingt six bleaez, laplut.
part mortellement. Trente
six Chrestiens ont recouvré
leur liberté. Le
Rais, & son fils ont ellé
tuez;il estoithomme ri,
che & de consideration
parmi ceux. qui ont commandé
leurs escadres.
,
Le Vaisseau s'appelle Me-
.{àliina,percé pour quarante
six canons, nen ayant
que quarante montez; il
n'avoit pas son équipage
ordinaire, qui estoit de
quatre cens cinauante a
Anne
cinq cens hommes. Nous
n'y avons perdu que sepc
hommes,& vingt blessez,
dont sept le font morcellement.
On doit admirer la modeflie
de Mr le Chevalier
de Langon qui a fait l'action
,
& qui n'a pas dit un
mot de luy.
Chevalier de Lançon
3
à
Monsieur leC. de
Nousamenafmes leIL.
du moisd'Avril à Alicante
- un Vaisseau d'Algerjnous
l'avions pris cette nuit- la
à quinze lieuës au Sudeft
.d'Alicante, la CaintcCathe.
-
rine en deux heures de
chasse futà bord; ilvoulut
nous faire croire qu'il eftoic
Anglois. Après bien de
mauvaisdifeours nous le
reconnufmes Turc a l'honneur
qu'il nous fit de nous
rendre vingt coups de canon
pour un que nous luy
avions tiré
>
& toute la
mousqueterie à la portée
du pirtoletjontirasur luy,
& en trois heures il fut rasé
de tous Tes masts. Ce suc
alors que nos deux Vaif-
[caux avancèrent à cinq
heures du matin, il leur tira
par honneur cinq à six
coups en amenanr pavillon.
Il couloit bas d'eau;
il y a eu cent quarre-vingc
dix hommes tuez, & cenc
foixanre trois pris ecflaves,
&vingt six bleaez, laplut.
part mortellement. Trente
six Chrestiens ont recouvré
leur liberté. Le
Rais, & son fils ont ellé
tuez;il estoithomme ri,
che & de consideration
parmi ceux. qui ont commandé
leurs escadres.
,
Le Vaisseau s'appelle Me-
.{àliina,percé pour quarante
six canons, nen ayant
que quarante montez; il
n'avoit pas son équipage
ordinaire, qui estoit de
quatre cens cinauante a
Anne
cinq cens hommes. Nous
n'y avons perdu que sepc
hommes,& vingt blessez,
dont sept le font morcellement.
On doit admirer la modeflie
de Mr le Chevalier
de Langon qui a fait l'action
,
& qui n'a pas dit un
mot de luy.
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Résumé : Copie d'une lettre de Mr le Chevalier de Langon, à Monsieur le C. de ...
Le chevalier de Lançon rapporte une bataille navale près d'Alicante. La nuit du 11 avril, un vaisseau algérien a été capturé à quinze lieues au sud-est d'Alicante. Après une chasse de deux heures, le vaisseau, d'abord prétendu anglais, a été identifié comme turc après avoir riposté par vingt coups de canon. En trois heures, le vaisseau ennemi a été désarmé de tous ses mâts. À l'aube, il a tiré cinq à six coups de canon en signe d'honneur avant de se rendre. Le bilan humain est lourd : 190 hommes tués, 363 esclaves capturés, 26 blessés, dont la plupart sont morts. Trente-six chrétiens ont recouvré leur liberté. Le Rais et son fils, des figures respectées, ont été tués. Le vaisseau, nommé Mehaliina, était équipé pour quarante-six canons mais n'en avait que quarante montés. Son équipage comptait entre 450 et 500 hommes. Les pertes françaises se sont limitées à sept hommes tués et vingt blessés, dont sept grièvement. Le chevalier de Lançon est loué pour sa modestie, n'ayant pas mentionné son rôle dans l'action.
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3691
p. 120-124
« AH ! QUEL CONTE ! Conte politique & astronomique, qui a pour épigraphe : O [...] »
Début :
AH ! QUEL CONTE ! Conte politique & astronomique, qui a pour épigraphe : O [...]
Mots clefs :
Conte politique, Conte astronomique, Amour, Prince, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « AH ! QUEL CONTE ! Conte politique & astronomique, qui a pour épigraphe : O [...] »
AH ! QUEL CONTE ! Conte politique &
aftronomique , qui a pour épigraphe : 0
quantum eft in rebus inane ! Perfe. A Bruxelles
, chez les freres l'affe , Libraires. On
le trouve à Paris , chez Lambert.
EXTRAIT OU PRÉCIS.
Il paroît que ce conte eft une fuite
du Sopha ; on y voit un Sultan toujours
bête , interrompre fon Vifir toujours fpirituel.
Ce Miniftre , pour fervir fon Maître
felon fon goût , ou fuivant fa portée , lui
raconte des faits très- abfurdes ; mais pour
plaire au public François , il les accompagne
de réflexions très- ingénieufes , dont
ils ne font que le prétexte : s'il en étoit
fouvent un peu plus fobre , avec moins
d'efprit il amuferoir peut- être davantage .
Schezaddin Telaïfe , Souverain d'Ifma ,
eft le héros du conte dont je vais donner
l'extrait. Ce Prince , quoique fort jeune
& fort aimable ( ce font les expreffions
de l'auteur) , s'obftinoit à vivre dans le célibat
malgré les voeux de fes fujets , &
dans l'indifférence malgré les defirs de fes
fujettes. Soit qu'il eût l'efprit gâté par la
lecture des romans , ou qu'il fût né romanefque
, il croyoit qu'une véritable paffion
eft toujours prédite à notre coeur par
des événemens finguliers ; il étoit perfuadé
qu'on
JANVIER. 1755. 125
qu'on n'aime point , lorfque dès la premiere
vûe on ne fe fent point entraîné par
un penchant irrésistible , & que toutes les
fois qu'on s'engage hors de ce cas , on fe
donne un ridicule d'autant moins pardonnable
, que l'on n'en eft pas dédommagé
par les plaifirs. Une Fée , auffi jolie que
coquette , voulut avoir la gloire de le détromper.
Pour y réuffir plus fûrement , elle
eut recours au miniftere des fonges : ellemême
fe plaça la nuit à côté du Prince
endormi , afin de les mieux diriger , &
d'être mieux à portée de s'affurer & de
jouir de fon triomphe.
Un premier rêve offrit à Schezaddin les
traits d'une nimphe piquante , qui lui fit
des agaceries fi vives que fon ame en fut
échauffée , & que le plaifir la difpofa par
degrés à recevoir l'impreffion de l'amour.
Tout ou rien , ( c'eſt le nom de la Fée )
dans un nouveau fonge , fe préfenta ellemême
dans toute fa beauté à Schezaddin ;
fes charmes le toucherent fi fort qu'il fe
réveilla vraiment amoureux d'elle fans la
connoître. Il découvre fon état à Taciturne
fon confident , homme froid &
cauftique , plus bleffé des travers des femmes
, qu'il n'étoit fenfible à leurs agrémens.
Ce favori combla fon amour , &
l'ofe traiter de vifionnaire ; mais la chi-
F
122 MERCURE DE FRANCE,
mere eft bientôt réalifée. La Fée fait annoncer
fon retour au Roi d'Ifma. Comme
elle avoit un palais voifin des Etats de
ce Prince , il s'y rendit avec une cour
nombreuſe : l'agréable furprife ! il reconnoît
dans la Fée la feconde beauté qu'il
a vûe en fonge , & dont il chérit l'image.
Il prend cette rencontre pour un coup du
deftin , qui le force d'aimer ; fon ardeur en
redouble ; le Roi paffe de l'indifférence à
la paffion la plus violente , & la Fée , du
fein de la coquetterie , à l'amour le plus
vrai. Leur bonheur eft parfait ; mais il eſt
bientôt troublé par l'imprudence de Tour
ou rien. Dans un de ces momens où les
amans fe difent tout , même ce qu'ils ont
le plus d'intérêt à fe cacher , l'indifcrette
Fée avoua à Schezaddin que l'amour qu'il
avoit elle étoit moins l'ouvrage de la
pour
deftinée que celui de fon adreffe , & lui
raconta les moyens qu'elle avoit employés
pour le féduire.
L'amour propre du Prince fut bleffe
de la fupercherie , il la regarda moins
comme l'effet d'une tendreffe ingénieufe
que comme une mauvaiſe plaifanterie
& comme un ridicule qu'elle vouloit lui
donner, Le feu de fon amour s'éteignit
par degrés. Comme il redoutoit le pouvoir
de la Fée , il n'ofa pas la quitter brufJANVIER.
1755. 123
quement ; il prit le parti détourné de l'obliger
elle-même à le congédier à force de
froideurs , de caprices extravagans , & de
jaloufies ridicules il y réuffit à la fin.
Tout ou rien excédée , rompit avec lui
& lui dit en le quittant , d'un ton ironique
, que puifqu'il ne pouvoit aimer fans
ce coup de foudre qui arrive fi rarement ,
elle tâcheroit d'obtenir du deftin qu'il le
lai procurât , & que le choix qu'il lui feroit
faire le couvrît d'autant de gloire
qu'il devoit le combler de plaifir. Schezaddin
alarmé du perfiflage de Tout ou
rien , voulut lui répondre ; mais il fe fentit
enlever du palais de la Fée , & fe
tetrouva en peu d'inftans dans le fien .
Quelques jours après la nuit le furprit
dans une forêt avec Taciturne ; comme ils
étoient embarraffés du chemin qu'ils tiendroient
, ils virent tout à coup fortir du
fein de la terre une prodigieufe quantité
de flambeaux allumés. Malgré leur étonnement
ils fuivirent la route que ces flambeaux
leur traçoient , & qui les conduifit
à une grande falle de verdure ; elle étoit
éclairée par plus de fix mille luftres de
diamant ,, qui pendoient aux branches des
arbres . Une fymphonie raviffante s'y faifoit
entendre ; ils y virent ce qu'ailleurs
ón n'a jamais vû , des grues en habit de
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
bal , des oifeaux qui battoient la meſure ,
& qui chantoient entre leurs dents , une
autruche mâle en perruque quarrée , une
autruche femelle en chauve - fouris , qui
avoit le vifage couvert de mouches & de
rouge ; une jeune oye en domino couleur
de rofe , dont le premier regard fubjugua
le Roi ; un dindon mufqué , frifé ,
qui lui donnoit la main , & qui danfa
un menuet avec elle. Mais le plus furprenant
eft le récit des exploits d'une tête à
perruque , qui conduifoit une armée , dont
elle étoit le Général , & devant qui rien
ne réſiſtoit : étonné de ces merveilles , je
m'arrête là.
On promet la fuite qui eft fous preſſe.
Ce n'eft ici qu'un léger extrait des quatre
premieres parties . Je crois qu'il doit fuffire
pour faire voir que l'auteur de ce
conte en a parfaitement rempli le titre &
l'épigraphe.
aftronomique , qui a pour épigraphe : 0
quantum eft in rebus inane ! Perfe. A Bruxelles
, chez les freres l'affe , Libraires. On
le trouve à Paris , chez Lambert.
EXTRAIT OU PRÉCIS.
Il paroît que ce conte eft une fuite
du Sopha ; on y voit un Sultan toujours
bête , interrompre fon Vifir toujours fpirituel.
Ce Miniftre , pour fervir fon Maître
felon fon goût , ou fuivant fa portée , lui
raconte des faits très- abfurdes ; mais pour
plaire au public François , il les accompagne
de réflexions très- ingénieufes , dont
ils ne font que le prétexte : s'il en étoit
fouvent un peu plus fobre , avec moins
d'efprit il amuferoir peut- être davantage .
Schezaddin Telaïfe , Souverain d'Ifma ,
eft le héros du conte dont je vais donner
l'extrait. Ce Prince , quoique fort jeune
& fort aimable ( ce font les expreffions
de l'auteur) , s'obftinoit à vivre dans le célibat
malgré les voeux de fes fujets , &
dans l'indifférence malgré les defirs de fes
fujettes. Soit qu'il eût l'efprit gâté par la
lecture des romans , ou qu'il fût né romanefque
, il croyoit qu'une véritable paffion
eft toujours prédite à notre coeur par
des événemens finguliers ; il étoit perfuadé
qu'on
JANVIER. 1755. 125
qu'on n'aime point , lorfque dès la premiere
vûe on ne fe fent point entraîné par
un penchant irrésistible , & que toutes les
fois qu'on s'engage hors de ce cas , on fe
donne un ridicule d'autant moins pardonnable
, que l'on n'en eft pas dédommagé
par les plaifirs. Une Fée , auffi jolie que
coquette , voulut avoir la gloire de le détromper.
Pour y réuffir plus fûrement , elle
eut recours au miniftere des fonges : ellemême
fe plaça la nuit à côté du Prince
endormi , afin de les mieux diriger , &
d'être mieux à portée de s'affurer & de
jouir de fon triomphe.
Un premier rêve offrit à Schezaddin les
traits d'une nimphe piquante , qui lui fit
des agaceries fi vives que fon ame en fut
échauffée , & que le plaifir la difpofa par
degrés à recevoir l'impreffion de l'amour.
Tout ou rien , ( c'eſt le nom de la Fée )
dans un nouveau fonge , fe préfenta ellemême
dans toute fa beauté à Schezaddin ;
fes charmes le toucherent fi fort qu'il fe
réveilla vraiment amoureux d'elle fans la
connoître. Il découvre fon état à Taciturne
fon confident , homme froid &
cauftique , plus bleffé des travers des femmes
, qu'il n'étoit fenfible à leurs agrémens.
Ce favori combla fon amour , &
l'ofe traiter de vifionnaire ; mais la chi-
F
122 MERCURE DE FRANCE,
mere eft bientôt réalifée. La Fée fait annoncer
fon retour au Roi d'Ifma. Comme
elle avoit un palais voifin des Etats de
ce Prince , il s'y rendit avec une cour
nombreuſe : l'agréable furprife ! il reconnoît
dans la Fée la feconde beauté qu'il
a vûe en fonge , & dont il chérit l'image.
Il prend cette rencontre pour un coup du
deftin , qui le force d'aimer ; fon ardeur en
redouble ; le Roi paffe de l'indifférence à
la paffion la plus violente , & la Fée , du
fein de la coquetterie , à l'amour le plus
vrai. Leur bonheur eft parfait ; mais il eſt
bientôt troublé par l'imprudence de Tour
ou rien. Dans un de ces momens où les
amans fe difent tout , même ce qu'ils ont
le plus d'intérêt à fe cacher , l'indifcrette
Fée avoua à Schezaddin que l'amour qu'il
avoit elle étoit moins l'ouvrage de la
pour
deftinée que celui de fon adreffe , & lui
raconta les moyens qu'elle avoit employés
pour le féduire.
L'amour propre du Prince fut bleffe
de la fupercherie , il la regarda moins
comme l'effet d'une tendreffe ingénieufe
que comme une mauvaiſe plaifanterie
& comme un ridicule qu'elle vouloit lui
donner, Le feu de fon amour s'éteignit
par degrés. Comme il redoutoit le pouvoir
de la Fée , il n'ofa pas la quitter brufJANVIER.
1755. 123
quement ; il prit le parti détourné de l'obliger
elle-même à le congédier à force de
froideurs , de caprices extravagans , & de
jaloufies ridicules il y réuffit à la fin.
Tout ou rien excédée , rompit avec lui
& lui dit en le quittant , d'un ton ironique
, que puifqu'il ne pouvoit aimer fans
ce coup de foudre qui arrive fi rarement ,
elle tâcheroit d'obtenir du deftin qu'il le
lai procurât , & que le choix qu'il lui feroit
faire le couvrît d'autant de gloire
qu'il devoit le combler de plaifir. Schezaddin
alarmé du perfiflage de Tout ou
rien , voulut lui répondre ; mais il fe fentit
enlever du palais de la Fée , & fe
tetrouva en peu d'inftans dans le fien .
Quelques jours après la nuit le furprit
dans une forêt avec Taciturne ; comme ils
étoient embarraffés du chemin qu'ils tiendroient
, ils virent tout à coup fortir du
fein de la terre une prodigieufe quantité
de flambeaux allumés. Malgré leur étonnement
ils fuivirent la route que ces flambeaux
leur traçoient , & qui les conduifit
à une grande falle de verdure ; elle étoit
éclairée par plus de fix mille luftres de
diamant ,, qui pendoient aux branches des
arbres . Une fymphonie raviffante s'y faifoit
entendre ; ils y virent ce qu'ailleurs
ón n'a jamais vû , des grues en habit de
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
bal , des oifeaux qui battoient la meſure ,
& qui chantoient entre leurs dents , une
autruche mâle en perruque quarrée , une
autruche femelle en chauve - fouris , qui
avoit le vifage couvert de mouches & de
rouge ; une jeune oye en domino couleur
de rofe , dont le premier regard fubjugua
le Roi ; un dindon mufqué , frifé ,
qui lui donnoit la main , & qui danfa
un menuet avec elle. Mais le plus furprenant
eft le récit des exploits d'une tête à
perruque , qui conduifoit une armée , dont
elle étoit le Général , & devant qui rien
ne réſiſtoit : étonné de ces merveilles , je
m'arrête là.
On promet la fuite qui eft fous preſſe.
Ce n'eft ici qu'un léger extrait des quatre
premieres parties . Je crois qu'il doit fuffire
pour faire voir que l'auteur de ce
conte en a parfaitement rempli le titre &
l'épigraphe.
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Résumé : « AH ! QUEL CONTE ! Conte politique & astronomique, qui a pour épigraphe : O [...] »
Le texte présente un conte politique et astronomique intitulé 'AH! QUEL CONTE!', publié à Bruxelles et disponible à Paris. Ce conte est la suite du 'Sopha' et met en scène un sultan stupide et son vizir spirituel. Le vizir raconte des faits absurdes au sultan, accompagnés de réflexions ingénieuses pour plaire au public français. Le héros du conte est Schezaddin Telaïfe, souverain d'Isma, un jeune prince aimable mais obstiné à vivre dans le célibat malgré les désirs de ses sujets. Influencé par des romans, il croit que l'amour véritable est prédit par des événements singuliers. Une fée, Tout ou rien, décide de le détromper en utilisant des songes pour le séduire. Dans ses rêves, Schezaddin rencontre d'abord une nymphe, puis la fée elle-même, ce qui le fait tomber amoureux. La fée se révèle ensuite au prince en chair et en os, et ils tombent amoureux. Leur bonheur est troublé lorsque la fée avoue à Schezaddin que son amour est le résultat de ses manipulations. Blessé dans son orgueil, le prince se montre froid et capricieux, forçant la fée à le quitter. Avant de partir, la fée lui promet de lui trouver un amour digne de lui. Quelques jours plus tard, Schezaddin se retrouve dans une forêt avec son confident Taciturne. Ils suivent une route tracée par des flambeaux et découvrent une clairière éclairée par des lustres de diamant, où ils assistent à des scènes surréalistes impliquant des animaux habillés et dansant. Le récit s'arrête là, promettant une suite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3692
p. 114-119
Poësies Spirituelles & Morales sur les plus beaux Airs de Musique Françoise & Italienne, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît un Ouvrage qui a pour titre, Poëses Spirituelles & Morales sur les plus [...]
Mots clefs :
Airs, Poésies spirituelles et morales, Recueil, Fables
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Poësies Spirituelles & Morales sur les plus beaux Airs de Musique Françoise & Italienne, [titre d'après la table]
Il paîoît un Ouvrage qni a pour titre ^
Pv'èsies Spirituelles & Murales fur les plut
beaux Airs de la Musique Françoise dr
Italienne* Premier Recueil , prix 6. livres
en blanc. A Paris chez. Guillaume Defprez^
Libraire , rué S. Jacques , à S. Prosper t
P h. N. Lottin , k la Vérité , & Guichard,
Marchand Papetier de la Musique du Roi,
rue' de l' Arbre-sec , derrière S. Germain
PAuxerroís ; c'est un in 4. gravé, grand
papier.
On s'est proposé dans ce Recueil de
donner un essai de l'ufage chrétien & rai
sonnable qu'on peut faire de la Musique.
Il commence par un Cantique affez étendu
sur les grandeurs de Dieu, dont la Musique
est du célèbre M. Defmarets , & la Poé
sie d'un grand Maître. On en peut juger
par les deux premières Strophes que nous
allons rapporter. Loin
^ Janvier. i7jo. u?
Loiri d'ici , profanes Mortels ,
Vous dont la main impie a dressé des Autels ,
A des Dieux impuissans que le crime a faic
naître,
Qu'aux accens de ma voix tout tremble eri
l'Univers,
Cieux , Enfers , Terre . Mers , c'est votre au-
: guste Maître >
Que je vais chanter dans mes Yers.
ft est, & par lui seul tout Etre a pris naissance!
Le néant existe à fa voix :
La Nature & les temps agissent par ses Loix j
Tout adore en tremblant fa suprême puissance-
Invisible & présent, • onfe prou ve en tous, lieux*
Il remplit la Terre; 8ç les Cieux i
Par lui tout femeut , tout respire ;
■ Sa durée est ls Eternité , >
£t ks bornes de son Empiro, ■. . •.
Sont celles de l'immensitéï
i i •■ .« • ^ ■. •' t.: • ' ... i
On trouve enfile- des Cantiques far les
Mystères de Nfrtte Seigneur , fur les Ver-<
tus & les Vices , & fur les quatre Fins da
Phomme, Çp_ Recueil renfertne tous les
sujets; d<} pjgfeá qau'on peut désire*. Qç y
tíouvç aussi 4'^utres Pietés que l'on pteut
appeller des Chansons Morales , & ' qui
peuvent servir dans des occasions où, le?*
premières, paroîtroi^ut peiit-êtEç trop feii
' * " F iiij rieutes".
v
ii 6 MERCURE DE FRANCE,
rieuses. Pour intéresser par la variété, on'
a recueilli près d'une centaine d'Airs fur
tous les differens caractères de la Musique.
Plusieurs Musetres , Airs de Violon , Pieces
de Clavecin de M. Couprin , Airs
Italiens & plusieurs doubles dans le gouc
de M. Lambert.
On espère que les personnes qui auront
de la voix seront bien aises qu'on leur
fournisse le moyen d'en faire un usage
Uíile , quand elles voudront elles-mêmes
prendre ce délassement ,. ou qu'elles no
poarront.le refuser a d'autres qui voudront
Its entendre chanter.
On a ajoûté à ce Recueil grand nom."
bre de Fables choisies, dans le gout de?
la Fontaine , fur les petits Airs & Vau
devilles les plus connus , avec une Basse
en Musette, qui. pourront servie au même
usage que les Chansons Morales dont on
vient de parler , mais qui font destinées
principalement à fournir aux Enfans un
amusement utile & convenable à leur âge:
nous en rapporterons deux pour servir
d'exemple.
L'tTTlLE ET IE BbAU.
Le Cerf se mirant dans Peau. Sur l' Air ;
Je fais souvent raisonner ma Muptie , 80
fur les Folies d'Espagne. r ;
Dans le Cristal d'une claire Fontaine ,
Un jeune Cerf se miroit autrefois i
JANVIER. I7jtí.: "Xi
II ne voyoit ses jambes qu'avec peine ,' ' . ■»
Charmé de voir la beauté de son Bois.
m
Soudain du Cor entendant le murmure ,
Prompt 8c leger, il fuit dans les Forêts »
Mais arrêté par fa belle ramure,
En expirant il pousse ces regrets.
SB
Le beau nous plaît & le bien nous ennuyé,,
l'un sert toujours , l'autre est souvent fatal *
Je méprisois ce qui sauvoit ma vie ,
J'aimois , helas ! ce qui fait tout mon mal.
La- Peur.
Les Oreilles du Lièvre. Sur l* Air : C'est
une Bouteille qui n'eut jamais ja pareille
De fa- corne un inconnu >.
Au Lion fit quelque peine.
Lion dit . que tour Cornu ,
Soit chassé de mon Domaine.
Depuis le Taureau jusqu'au Chevreau 2
Tout :*én va chercher pays nouveau. -
Le bruit en vent au Lièvre.
Qui de crainte en a la fievrej N
m
Ah /'dit-il . je fuis banni,
Tai deux cornes bien pareilles.
Ft
Ut MERCURE DE FRANCE; ^* 1
On lui dit en vain , nenni,
Ce ne sont que des oreilles.
II répond toujours , détrompei-vousí
Au gré des malins 8c des jaloux » .
Oreilles seront cornes ,
Voire cornes de Licornes.
Wt *■ -
C'est ainsi, quand on a peur,
Que tout se metamorpholej"
Un Buisson est un Voleur,
Uh Phantôme , ou pire chose,
Mais on fçait de même qu'à la Cour r
Un flateur fait prendre chaque jour >
Les Merles pour Corneilles,
Et pour cornes les Oreilles.
On promet de donner incessamment us
second Recueil de Fables dans le même
goût , & de les. réunir ensuite routes en
semble dans un petit volume avec les airs
notttz , afin qu'en puisse s'en servir plu*
commodément.
Sans vouloir prévenir le jugement
du FuHic , ce Recueil nous paroît être
un excellent' mélange de l'utile & de
l'agréab'e. Une pieté tendre & solide ,
la noblesse des pensées & des senti*
mens, le n^ïf des Fables, le choix. & la
Yarieté des Airs parfaitement assortis aux
, - parole*?
• M / »
JANVIER, 1730. ii9
paroles i tout invite également ceux qui
ne chetchent pas dans la Musique un vain
amusement ou un plaisir dangereux. On
n'a rien épargné pour leur plaire : la beauté
de ta Gravure & du papier , & la modi
cité du prix font assez voir que ceux qui
ont entrepris ce Recueil , n'ont eu en viic
311e Pavantage du Public.
Pv'èsies Spirituelles & Murales fur les plut
beaux Airs de la Musique Françoise dr
Italienne* Premier Recueil , prix 6. livres
en blanc. A Paris chez. Guillaume Defprez^
Libraire , rué S. Jacques , à S. Prosper t
P h. N. Lottin , k la Vérité , & Guichard,
Marchand Papetier de la Musique du Roi,
rue' de l' Arbre-sec , derrière S. Germain
PAuxerroís ; c'est un in 4. gravé, grand
papier.
On s'est proposé dans ce Recueil de
donner un essai de l'ufage chrétien & rai
sonnable qu'on peut faire de la Musique.
Il commence par un Cantique affez étendu
sur les grandeurs de Dieu, dont la Musique
est du célèbre M. Defmarets , & la Poé
sie d'un grand Maître. On en peut juger
par les deux premières Strophes que nous
allons rapporter. Loin
^ Janvier. i7jo. u?
Loiri d'ici , profanes Mortels ,
Vous dont la main impie a dressé des Autels ,
A des Dieux impuissans que le crime a faic
naître,
Qu'aux accens de ma voix tout tremble eri
l'Univers,
Cieux , Enfers , Terre . Mers , c'est votre au-
: guste Maître >
Que je vais chanter dans mes Yers.
ft est, & par lui seul tout Etre a pris naissance!
Le néant existe à fa voix :
La Nature & les temps agissent par ses Loix j
Tout adore en tremblant fa suprême puissance-
Invisible & présent, • onfe prou ve en tous, lieux*
Il remplit la Terre; 8ç les Cieux i
Par lui tout femeut , tout respire ;
■ Sa durée est ls Eternité , >
£t ks bornes de son Empiro, ■. . •.
Sont celles de l'immensitéï
i i •■ .« • ^ ■. •' t.: • ' ... i
On trouve enfile- des Cantiques far les
Mystères de Nfrtte Seigneur , fur les Ver-<
tus & les Vices , & fur les quatre Fins da
Phomme, Çp_ Recueil renfertne tous les
sujets; d<} pjgfeá qau'on peut désire*. Qç y
tíouvç aussi 4'^utres Pietés que l'on pteut
appeller des Chansons Morales , & ' qui
peuvent servir dans des occasions où, le?*
premières, paroîtroi^ut peiit-êtEç trop feii
' * " F iiij rieutes".
v
ii 6 MERCURE DE FRANCE,
rieuses. Pour intéresser par la variété, on'
a recueilli près d'une centaine d'Airs fur
tous les differens caractères de la Musique.
Plusieurs Musetres , Airs de Violon , Pieces
de Clavecin de M. Couprin , Airs
Italiens & plusieurs doubles dans le gouc
de M. Lambert.
On espère que les personnes qui auront
de la voix seront bien aises qu'on leur
fournisse le moyen d'en faire un usage
Uíile , quand elles voudront elles-mêmes
prendre ce délassement ,. ou qu'elles no
poarront.le refuser a d'autres qui voudront
Its entendre chanter.
On a ajoûté à ce Recueil grand nom."
bre de Fables choisies, dans le gout de?
la Fontaine , fur les petits Airs & Vau
devilles les plus connus , avec une Basse
en Musette, qui. pourront servie au même
usage que les Chansons Morales dont on
vient de parler , mais qui font destinées
principalement à fournir aux Enfans un
amusement utile & convenable à leur âge:
nous en rapporterons deux pour servir
d'exemple.
L'tTTlLE ET IE BbAU.
Le Cerf se mirant dans Peau. Sur l' Air ;
Je fais souvent raisonner ma Muptie , 80
fur les Folies d'Espagne. r ;
Dans le Cristal d'une claire Fontaine ,
Un jeune Cerf se miroit autrefois i
JANVIER. I7jtí.: "Xi
II ne voyoit ses jambes qu'avec peine ,' ' . ■»
Charmé de voir la beauté de son Bois.
m
Soudain du Cor entendant le murmure ,
Prompt 8c leger, il fuit dans les Forêts »
Mais arrêté par fa belle ramure,
En expirant il pousse ces regrets.
SB
Le beau nous plaît & le bien nous ennuyé,,
l'un sert toujours , l'autre est souvent fatal *
Je méprisois ce qui sauvoit ma vie ,
J'aimois , helas ! ce qui fait tout mon mal.
La- Peur.
Les Oreilles du Lièvre. Sur l* Air : C'est
une Bouteille qui n'eut jamais ja pareille
De fa- corne un inconnu >.
Au Lion fit quelque peine.
Lion dit . que tour Cornu ,
Soit chassé de mon Domaine.
Depuis le Taureau jusqu'au Chevreau 2
Tout :*én va chercher pays nouveau. -
Le bruit en vent au Lièvre.
Qui de crainte en a la fievrej N
m
Ah /'dit-il . je fuis banni,
Tai deux cornes bien pareilles.
Ft
Ut MERCURE DE FRANCE; ^* 1
On lui dit en vain , nenni,
Ce ne sont que des oreilles.
II répond toujours , détrompei-vousí
Au gré des malins 8c des jaloux » .
Oreilles seront cornes ,
Voire cornes de Licornes.
Wt *■ -
C'est ainsi, quand on a peur,
Que tout se metamorpholej"
Un Buisson est un Voleur,
Uh Phantôme , ou pire chose,
Mais on fçait de même qu'à la Cour r
Un flateur fait prendre chaque jour >
Les Merles pour Corneilles,
Et pour cornes les Oreilles.
On promet de donner incessamment us
second Recueil de Fables dans le même
goût , & de les. réunir ensuite routes en
semble dans un petit volume avec les airs
notttz , afin qu'en puisse s'en servir plu*
commodément.
Sans vouloir prévenir le jugement
du FuHic , ce Recueil nous paroît être
un excellent' mélange de l'utile & de
l'agréab'e. Une pieté tendre & solide ,
la noblesse des pensées & des senti*
mens, le n^ïf des Fables, le choix. & la
Yarieté des Airs parfaitement assortis aux
, - parole*?
• M / »
JANVIER, 1730. ii9
paroles i tout invite également ceux qui
ne chetchent pas dans la Musique un vain
amusement ou un plaisir dangereux. On
n'a rien épargné pour leur plaire : la beauté
de ta Gravure & du papier , & la modi
cité du prix font assez voir que ceux qui
ont entrepris ce Recueil , n'ont eu en viic
311e Pavantage du Public.
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Résumé : Poësies Spirituelles & Morales sur les plus beaux Airs de Musique Françoise & Italienne, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Poésies Spirituelles & Morales sur les plus beaux Airs de la Musique Françoise & Italienne', publié à Paris en 1730. Ce recueil, vendu 6 livres, est disponible chez Guillaume Defrez et d'autres libraires. L'objectif de l'ouvrage est de démontrer un usage chrétien et raisonnable de la musique. Il commence par un cantique sur les grandeurs de Dieu, avec une musique de Monsieur de Marets et une poésie d'un grand maître. Le recueil inclut divers cantiques sur des sujets religieux et moraux, ainsi que des 'chansons morales' pour des occasions moins solennelles. Il contient près de cent airs variés, incluant des musiques de Couperin, des airs italiens et des pièces pour clavecin. Le texte mentionne également l'ajout de fables choisies, similaires à celles de La Fontaine, adaptées à des airs connus, destinées à divertir les enfants de manière utile. Deux fables sont rapportées en exemple. Un second recueil de fables est promis, à réunir ensuite en un volume avec les airs notés. Le recueil est décrit comme un excellent mélange de l'utile et de l'agréable, destiné à ceux qui cherchent dans la musique un divertissement noble et moral.
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3693
p. 129-134
AVERTISSEMENT du Livre qui a pour titre La nouvelle Astrée.
Début :
Une Dame que la naissance & les biens de la [...]
Mots clefs :
Avertissement, La Nouvelle Astrée, Céladon, Honoré d'Urfé, Romans, Lire, L'Astrée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT du Livre qui a pour titre La nouvelle Astrée.
AVERTISSEMENT
du Livre qui a pour titre
La nouvelleAstrée.
Une Dame que la naissance & les biens de la fortune rendent moins recommandable que les qualitez personnelles, m'a donné sans y
penser, la premiere idée de ce petit ouvrage. Elle avoit oiiy dire qLi"-
une jeune personne,qui
veut avoir de l'esprit doit
lire & relire le Roman d'Aftrée ;,& cependant, malgré
sa préventionellen'avok
jamais pu aller jusqu'à la
findu premier volume. Les
Episodes continuels, l'affectation d'une vaine science dont elle ne s'imaginoit
pas avoir grand besoin,
l'estalage de la doctrine
profonde des anciens Druides, les Poësies frequen es1
ôc froides,tout cela l'avoit
assez rebutée pour ne pas
continuer une lecture qu'-
elle trouvoit ennuyeuse;
mais en mesme temps la
deffiance de coy-mesme qui'
accompagne d'ordinaire les
bons esprits,.luy faisoit croi-
reque l'approbation du public devoit prévaloir à son
sentiment particu lier, &
que l'ouvrage ne laissoit pas
d'être fort bon quoyqu'il ne
seust pas divertie. Elle me
fit l'honneur de m'en parler en ce fens- là,&je ne
fus pas de l'avis de sa modestie, persuadée que tout
ce qui lui avoir déplû dans
Astrée, devoit luy déplaire.
Je luy propose d'en oster
tous les deffauts qu'elle
avoic sentis par un bon
goust naturel
,
d'en faire un
petit Ouvrage de galante-1
rie champestre, d'en adoucir certains endroits un peu
libres, que la pudeur scrupuleuse de nostre siecle ne
sçauroit souffrir dans les Livres, de le purger de Theologie,dePolitique, de Mcdecine
,
de Poësie
;
d'en
esloigner rous les personnages inutiles
,
de n'y jamais perdre de veuë Astrée
& Celadon, & d'éviterpar
là l'écuëil de tous leslongs
Romans, où le Heros &
l'Heroïne ne passent sur la
scene que rarement;ce qui
empesche qu'onne s'affec-
tionneàla suite derleurs
avantures ;
leurs amis
,
&
leurs amies
,
qu'on n'aime
pas tant qu'eux;tenant ordinairement lestrois quarts
du Livre. Il a
fallu de plus
changer de stile,quoyqu'il
eust beaucoupde forcedans
l'original. Cent ans dans
une langue vivante, mettent tout hors de mode.J'ay
pourtant conservé certains
traits qu'on remarquera al:
fez aux mots antiques, &
encore mieux à la beauté
des sentimens. Un homme
de la condition de Monsieur
d'Ursé, ne pouvoir en avoir
que de fort nobles & de
forteslevez.
Voila, mon cher Lecteur, ce qui a
fait naistre la
petite histoire d'Astrée ôc
de Celadon. L'accuëil favorable que vous avez fait
à quelques bagatelles qui
me sont échappez, m'a enhardie à vousfairecepetit
present
;
il ne tiendra qu'à
vous devousenattirerbientost un autre
du Livre qui a pour titre
La nouvelleAstrée.
Une Dame que la naissance & les biens de la fortune rendent moins recommandable que les qualitez personnelles, m'a donné sans y
penser, la premiere idée de ce petit ouvrage. Elle avoit oiiy dire qLi"-
une jeune personne,qui
veut avoir de l'esprit doit
lire & relire le Roman d'Aftrée ;,& cependant, malgré
sa préventionellen'avok
jamais pu aller jusqu'à la
findu premier volume. Les
Episodes continuels, l'affectation d'une vaine science dont elle ne s'imaginoit
pas avoir grand besoin,
l'estalage de la doctrine
profonde des anciens Druides, les Poësies frequen es1
ôc froides,tout cela l'avoit
assez rebutée pour ne pas
continuer une lecture qu'-
elle trouvoit ennuyeuse;
mais en mesme temps la
deffiance de coy-mesme qui'
accompagne d'ordinaire les
bons esprits,.luy faisoit croi-
reque l'approbation du public devoit prévaloir à son
sentiment particu lier, &
que l'ouvrage ne laissoit pas
d'être fort bon quoyqu'il ne
seust pas divertie. Elle me
fit l'honneur de m'en parler en ce fens- là,&je ne
fus pas de l'avis de sa modestie, persuadée que tout
ce qui lui avoir déplû dans
Astrée, devoit luy déplaire.
Je luy propose d'en oster
tous les deffauts qu'elle
avoic sentis par un bon
goust naturel
,
d'en faire un
petit Ouvrage de galante-1
rie champestre, d'en adoucir certains endroits un peu
libres, que la pudeur scrupuleuse de nostre siecle ne
sçauroit souffrir dans les Livres, de le purger de Theologie,dePolitique, de Mcdecine
,
de Poësie
;
d'en
esloigner rous les personnages inutiles
,
de n'y jamais perdre de veuë Astrée
& Celadon, & d'éviterpar
là l'écuëil de tous leslongs
Romans, où le Heros &
l'Heroïne ne passent sur la
scene que rarement;ce qui
empesche qu'onne s'affec-
tionneàla suite derleurs
avantures ;
leurs amis
,
&
leurs amies
,
qu'on n'aime
pas tant qu'eux;tenant ordinairement lestrois quarts
du Livre. Il a
fallu de plus
changer de stile,quoyqu'il
eust beaucoupde forcedans
l'original. Cent ans dans
une langue vivante, mettent tout hors de mode.J'ay
pourtant conservé certains
traits qu'on remarquera al:
fez aux mots antiques, &
encore mieux à la beauté
des sentimens. Un homme
de la condition de Monsieur
d'Ursé, ne pouvoir en avoir
que de fort nobles & de
forteslevez.
Voila, mon cher Lecteur, ce qui a
fait naistre la
petite histoire d'Astrée ôc
de Celadon. L'accuëil favorable que vous avez fait
à quelques bagatelles qui
me sont échappez, m'a enhardie à vousfairecepetit
present
;
il ne tiendra qu'à
vous devousenattirerbientost un autre
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Résumé : AVERTISSEMENT du Livre qui a pour titre La nouvelle Astrée.
Le texte est un avertissement pour un livre intitulé 'La nouvelle Astrée'. L'auteur explique que l'idée de cet ouvrage lui a été inspirée par une dame aux qualités exceptionnelles. Cette dame avait entendu dire que 'Astrée' était un livre à lire pour acquérir de l'esprit, mais elle n'avait jamais pu aller au-delà du premier volume en raison de divers obstacles, tels que les épisodes continus, l'affectation de science, la doctrine profonde des anciens Druides, et les poésies fréquentes et froides. Malgré cela, elle croyait en la valeur de l'ouvrage grâce à l'approbation du public. L'auteur propose de corriger les défauts perçus dans 'Astrée' en créant un ouvrage de galanterie champêtre. Elle suggère d'adoucir certains passages trop libres pour la pudeur du siècle et d'éliminer les éléments de théologie, de politique, de médecine et de poésie. L'auteur souhaite également se concentrer sur les personnages principaux, Astrée et Celadon, pour éviter les écueils des longs romans où les héros apparaissent rarement. Le style a été modifié pour s'adapter à la langue contemporaine, tout en conservant certains traits et sentiments nobles de l'original. L'auteur espère que le lecteur appréciera cette nouvelle version, inspirée par l'accueil favorable reçu pour ses précédentes œuvres.
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3694
p. 130-135
Observations Anatomiques, qui regardent la santé, & qui font connoistre le mal que cause ordinairement l'excès du Vin. [titre d'après la table]
Début :
Voicy encore un Article qui regarde la santé. Il n'y [...]
Mots clefs :
Vin, Liqueur, Maladie, Opium
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texteReconnaissance textuelle : Observations Anatomiques, qui regardent la santé, & qui font connoistre le mal que cause ordinairement l'excès du Vin. [titre d'après la table]
Voicy encore un Article
qui regarde la fanté.
Il n'y a que des Beuveurs
déterminez qui puiffent lire
fans eftre effrayez les Obfervations Aftronomiques qui viennent d'eftre faites dans une des
plus grandes Villes du Royau-
GALANT 131
me, fur le corps d'un homme
mort , &qui avoit fait pendant
fa vie un ufage immoderé du
vin & des liqueurs fpiritueules.
Aprés avoir efté attaqué pendant deux années d'accés de
phrenefie tres-violens , il moufut d'un abcés au foye. On
l'ouvrit , & on trouva dans fa
tête &dans fonfoye de grands
defordres dont la caufe fut attribuée par les Medecins & les
Chirurgiens prefens à cette
operation , à l'uſage exceffifdu
vin & des liqueurs. Ceux qui
avoient eu foin de luy pendant fa maladie rapporterent
132 MERCURE
à cette occafion une circonf
tance qui ne doit pas eftre oubliée. Pendant fa maladie on
luy donnoit quelques teintures d'opium pour calmer les
infomnies fâcheufes qui accompagnoient fes accés de
phrenefic , & on obfervoit que
toutes les fois qu'on luy donnoit ces teintures avec de l'efprit de vin , loin d'eftre calmé,
il retomboit dans des accés encore plus violens , au lieu que
les teintures avec l'eau le calmoient & luy donnoient quelques heures de fommeil. Un
habile Medecin qui ſe trouva
GALANT 133
prefent à cette experience remarqua qu'on n'eſt pas affez
perfuadé du mauvais effet des
liqueurs fpiritueufes & même
de l'uſage immoderé du vin.
Prévenu en faveur de ces liqueurs qui flattent le gouft
oncroit prendre des forces &
de la vie en les prenant , & on
ne remarque pas qu'elles ne
paroiffent fortifier qu'en augmentant le reffort des fibres ,
& qu'elles l'augmentent quelquefois au point qu'elles les
rendent trop roides & même
quelquesfois offeufes ; qu'elles
épaiffiffent tous les fucs du
134 MERCURE
la
corps ; qu'elles les coagulent.
quelquefois jufqu'à les convertir en pierres , & que c'eſt par
là que ces liqueurs engendrent
goutte , la gravelle , la pierre , & qu'elles cauſent des vapeurs , des affections convulfives , des rhumatiſmes, des apoplexies & des paralyfies. Cela
fe prouve par experience. On
verfe de l'efprit de vin bien
rectifié fur la ferofité du fang ,
cette ferofité qui eft claire fe
grumelle auffi toft & fe caille
en une maſſe blanche , & elle
fe durcit peu à peu comme du
blanc d'œuf cuit , fi on la tient
GALANT 135
à une moyenne chaleur de digeftion. L'efprit de vin caille
la bile de la même maniere.
qui regarde la fanté.
Il n'y a que des Beuveurs
déterminez qui puiffent lire
fans eftre effrayez les Obfervations Aftronomiques qui viennent d'eftre faites dans une des
plus grandes Villes du Royau-
GALANT 131
me, fur le corps d'un homme
mort , &qui avoit fait pendant
fa vie un ufage immoderé du
vin & des liqueurs fpiritueules.
Aprés avoir efté attaqué pendant deux années d'accés de
phrenefie tres-violens , il moufut d'un abcés au foye. On
l'ouvrit , & on trouva dans fa
tête &dans fonfoye de grands
defordres dont la caufe fut attribuée par les Medecins & les
Chirurgiens prefens à cette
operation , à l'uſage exceffifdu
vin & des liqueurs. Ceux qui
avoient eu foin de luy pendant fa maladie rapporterent
132 MERCURE
à cette occafion une circonf
tance qui ne doit pas eftre oubliée. Pendant fa maladie on
luy donnoit quelques teintures d'opium pour calmer les
infomnies fâcheufes qui accompagnoient fes accés de
phrenefic , & on obfervoit que
toutes les fois qu'on luy donnoit ces teintures avec de l'efprit de vin , loin d'eftre calmé,
il retomboit dans des accés encore plus violens , au lieu que
les teintures avec l'eau le calmoient & luy donnoient quelques heures de fommeil. Un
habile Medecin qui ſe trouva
GALANT 133
prefent à cette experience remarqua qu'on n'eſt pas affez
perfuadé du mauvais effet des
liqueurs fpiritueufes & même
de l'uſage immoderé du vin.
Prévenu en faveur de ces liqueurs qui flattent le gouft
oncroit prendre des forces &
de la vie en les prenant , & on
ne remarque pas qu'elles ne
paroiffent fortifier qu'en augmentant le reffort des fibres ,
& qu'elles l'augmentent quelquefois au point qu'elles les
rendent trop roides & même
quelquesfois offeufes ; qu'elles
épaiffiffent tous les fucs du
134 MERCURE
la
corps ; qu'elles les coagulent.
quelquefois jufqu'à les convertir en pierres , & que c'eſt par
là que ces liqueurs engendrent
goutte , la gravelle , la pierre , & qu'elles cauſent des vapeurs , des affections convulfives , des rhumatiſmes, des apoplexies & des paralyfies. Cela
fe prouve par experience. On
verfe de l'efprit de vin bien
rectifié fur la ferofité du fang ,
cette ferofité qui eft claire fe
grumelle auffi toft & fe caille
en une maſſe blanche , & elle
fe durcit peu à peu comme du
blanc d'œuf cuit , fi on la tient
GALANT 135
à une moyenne chaleur de digeftion. L'efprit de vin caille
la bile de la même maniere.
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Résumé : Observations Anatomiques, qui regardent la santé, & qui font connoistre le mal que cause ordinairement l'excès du Vin. [titre d'après la table]
L'article examine les conséquences de l'abus d'alcool à travers le cas d'un homme décédé après des années de consommation excessive de vin et de liqueurs spiritueuses. Cet homme avait souffert de phrénésie violente et était mort d'un abcès au foie. Les médecins ont attribué ses troubles à l'alcoolisme et à une opération chirurgicale. Pendant sa maladie, l'administration d'opium avec de l'esprit de vin aggravait ses accès, tandis que l'opium dilué dans l'eau le calmait. Un médecin présent a souligné les dangers des liqueurs spiritueuses, souvent perçues à tort comme fortifiantes. Ces substances augmentent la rigidité des fibres corporelles, épaississent et coagulent les sucs, causant diverses maladies comme la goutte, la gravelle, les apoplexies et les paralysies. Une expérience a montré que l'esprit de vin rectifié solidifie le sang et la bile, confirmant ses effets délétères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3695
p. 132-138
NOUVELLES de Londres.
Début :
Il y a eu de grandes disputes dans la Chambre [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre haute, Parti des Whigs, Reine, Communes, Traité de paix, Parti des Tories, Aldermans, Conseil
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Londres.
NOUVELLES
de Londres.
Il y a eu de grandes dif
putes dans la Chambre
haute au ſujet de l'addreſſe
qu'on devoit prefenter à la
Reine pour la remercier de
fa harangue. Le Comte de
Milord Nottingham
Wharton , & Milord Cowper fuivis de quelques autres du parti des Whigs
propoſerent de lire & d'examiner auparavant les
Lettres écrites à la Reine
par les Eftats Generaux des
GALANT. 133
Provinces - Unies , & par le
Prince Eugene , de fe fervir de certaines expreffions
dans l'addreſſe , & de prier
fa Majesté de ne faire la
paix que de concert avec
les Alliez mais ces trois
propofitions furent rejettées à la pluralité de quatre vingt une voix contre
trente fix , il fut refolu de
prefenter une addreſſe à
peu près conforme à celle
des Communes. Deux jours
aprés les Communes préfenterent leur addreffe à la
Reine , qui leur tefmoigna
134 MERCURE
qu'elle en eftoit tres fatisfaite , & que la confiance
qu'ils avoient en elle produiroit de tres bons effets
pourle bien de fes fujets.
Quelques uns des Whigs
voulant faire une proteftation contre l'addreffe de
remercimentpreſentée à la
Reine , leur conduite obligea le Duc de Grafton , le
Comte de Torrington , le
Lord Herbert de Sherbury,
& quelques autres à ſe ſeparer d'eux.
Milord Maire a proposé
dans le commun Confeil ,
GALANT. 135
de prefenter une addreffe
à la Reine , pour la prier
de conclure au pluſtoft.la
paix. Le précedent Maire
& deux autres s'y oppoſerent : mais tous les autres
furent d'avis de la prefenter , on croit qu'ils feront
imitez par les autres Villes.
Le 28. Juin on propoſa
à la Chambre de preſenter
une addreffe à la Reine ,
pour la prier d'ordonner à
fes Plenipotentiaires de faire inferer dans le Traité
de paix , que les Alliez ſeront garands de la fuccef-
136 MERCURE
fion de la Ligne Proteftante dans la Maifon de Hanover : cette propofition
fut rejettée à la pluralité
de cent trenre voix contre
trente huit. Au contraire
la Chambre declara par
une reſolution expreſſe ,
qu'elle avoit une fi entiere
confiance à fa Majeſté ,
qu'elle nedoutoit pas qu'el
le ne prit toutes les mefures neceffaires pour affurer
cette fucceffion ›> que la
Chambre
la fouftiendra
contre ceux qui excitent
des factions au dedans , &
contre
GALANT. 137
contre fes Ennemis au dehors.
Le parti des Toris a entierement pris le deffus , &
celuy des Whigs diminuë
tous les jours , dix ou douze feigneurs l'ont abandonné auffi bien que plufieurs des plus confiderables Membres de la Chambre des Communes.
Milord Maire , les Aldermans , & le commun Confeil de cette ville , prefenterent le 25 Juin leur addreffe à la Reine , qui les receut , & leur refpondit tres
Fuillet 1712.
M
138 MERCURE
favorablement. Sa Majesté
fit Chevaliers les fieurs
Caff, Stuvart & Clark.
Leur cortege eftoit composé de cent trente carroffes , dans la plufpart def
quels il y avoit quatre perfonnes. Milord Maire invita à difner les Membres
du Confeil de la Reine ,
qui ſe rendirent la pluſpart
dans fa maiſon , où ils furent traitez magnifiquement.
GALANT. 139
N
de Londres.
Il y a eu de grandes dif
putes dans la Chambre
haute au ſujet de l'addreſſe
qu'on devoit prefenter à la
Reine pour la remercier de
fa harangue. Le Comte de
Milord Nottingham
Wharton , & Milord Cowper fuivis de quelques autres du parti des Whigs
propoſerent de lire & d'examiner auparavant les
Lettres écrites à la Reine
par les Eftats Generaux des
GALANT. 133
Provinces - Unies , & par le
Prince Eugene , de fe fervir de certaines expreffions
dans l'addreſſe , & de prier
fa Majesté de ne faire la
paix que de concert avec
les Alliez mais ces trois
propofitions furent rejettées à la pluralité de quatre vingt une voix contre
trente fix , il fut refolu de
prefenter une addreſſe à
peu près conforme à celle
des Communes. Deux jours
aprés les Communes préfenterent leur addreffe à la
Reine , qui leur tefmoigna
134 MERCURE
qu'elle en eftoit tres fatisfaite , & que la confiance
qu'ils avoient en elle produiroit de tres bons effets
pourle bien de fes fujets.
Quelques uns des Whigs
voulant faire une proteftation contre l'addreffe de
remercimentpreſentée à la
Reine , leur conduite obligea le Duc de Grafton , le
Comte de Torrington , le
Lord Herbert de Sherbury,
& quelques autres à ſe ſeparer d'eux.
Milord Maire a proposé
dans le commun Confeil ,
GALANT. 135
de prefenter une addreffe
à la Reine , pour la prier
de conclure au pluſtoft.la
paix. Le précedent Maire
& deux autres s'y oppoſerent : mais tous les autres
furent d'avis de la prefenter , on croit qu'ils feront
imitez par les autres Villes.
Le 28. Juin on propoſa
à la Chambre de preſenter
une addreffe à la Reine ,
pour la prier d'ordonner à
fes Plenipotentiaires de faire inferer dans le Traité
de paix , que les Alliez ſeront garands de la fuccef-
136 MERCURE
fion de la Ligne Proteftante dans la Maifon de Hanover : cette propofition
fut rejettée à la pluralité
de cent trenre voix contre
trente huit. Au contraire
la Chambre declara par
une reſolution expreſſe ,
qu'elle avoit une fi entiere
confiance à fa Majeſté ,
qu'elle nedoutoit pas qu'el
le ne prit toutes les mefures neceffaires pour affurer
cette fucceffion ›> que la
Chambre
la fouftiendra
contre ceux qui excitent
des factions au dedans , &
contre
GALANT. 137
contre fes Ennemis au dehors.
Le parti des Toris a entierement pris le deffus , &
celuy des Whigs diminuë
tous les jours , dix ou douze feigneurs l'ont abandonné auffi bien que plufieurs des plus confiderables Membres de la Chambre des Communes.
Milord Maire , les Aldermans , & le commun Confeil de cette ville , prefenterent le 25 Juin leur addreffe à la Reine , qui les receut , & leur refpondit tres
Fuillet 1712.
M
138 MERCURE
favorablement. Sa Majesté
fit Chevaliers les fieurs
Caff, Stuvart & Clark.
Leur cortege eftoit composé de cent trente carroffes , dans la plufpart def
quels il y avoit quatre perfonnes. Milord Maire invita à difner les Membres
du Confeil de la Reine ,
qui ſe rendirent la pluſpart
dans fa maiſon , où ils furent traitez magnifiquement.
GALANT. 139
N
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Résumé : NOUVELLES de Londres.
À Londres, des débats politiques ont eu lieu au sein de la Chambre haute concernant une adresse de remerciement à la Reine pour son discours. Les Lords Nottingham, Wharton et Cowper, soutenus par d'autres Whigs, proposèrent d'examiner des lettres des États Généraux des Provinces-Unies et du Prince Eugène avant de rédiger l'adresse et de prier la Reine de ne pas faire la paix sans concertation avec les alliés. Ces propositions furent rejetées par 61 voix contre 41. Une adresse conforme à celle des Communes fut finalement présentée à la Reine, qui en fut satisfaite. Certains Whigs voulurent protester contre cette adresse, ce qui poussa plusieurs membres, dont le Duc de Grafton et le Comte de Torrington, à se séparer d'eux. Le Lord Maire proposa également de présenter une adresse à la Reine pour hâter la paix, mais cette proposition rencontra de l'opposition. Le 28 juin, une proposition de garantir la succession protestante dans la Maison de Hanovre par les alliés fut rejetée par 130 voix contre 38. La Chambre exprima sa confiance en la Reine et son soutien contre les factions internes et les ennemis extérieurs. Le parti des Tories a pris l'ascendant, tandis que celui des Whigs décline, plusieurs nobles et membres influents ayant quitté ce parti. Le Lord Maire, les Aldermen et le conseil communal présentèrent leur adresse à la Reine le 25 juin, qui les reçut favorablement et fit chevaliers les sieurs Cass, Stuart et Clark.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3696
p. 126-137
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ABRÉGÉ de l'Histoire Grecque, à l'usage des Colléges & de tous les lieux [...]
Mots clefs :
Prononciation, Tableaux, Ouvrages, Libraires, Étrangers, Grammaire, Honneur
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ABRÉGÉ de. l'Hiſtoire Grecque , à
l'uſage des Colléges & de tous les lieux
où l'on inſtruit la Jeuneſſe tant de l'un
1
NOVEMBRE. 1763. 187
que de l'autre féxe. In-12. Paris, 1763 .
Chez Nyon , Libraire , quai des Auguftins
, à l'Occafion. Prix , 2 liv. 10f..
ÉLOGE hiſtorique de M. le Cardinal
Paffionei , Secrétaire des Brefs &Bibliothécaire
du Siége Apostolique. In- 12 .
La Haye , 1763. Se trouve à Paris
chez le même Libraire. Prix , 1 liv.
10 f. broché.
TRAITÉ des Affections vaporeuſes
des deux féxes ; où l'on a tâché de joindre
à une théorie folide une pratique
füre , fondée fur des obſervations. Par
M. Pomme , fils , Docteur en Médecine
de l'Univerſité de Montpellier , Réfident
àArles en Provence. In-8°. Lyon,
1763. Chez Duplain , Libraire ,grande
rue Merciere , à l'Aigle ; & ſe trouve à
Paris chez Gogue , Libraire , quai des
Auguftins.
MÉDÉE à Jafon , après le meurtre
de ſes enfans , Héroïde .
SitMedeaferox.
Hor.
Suivie d'un Morceau tiré du Dante, Brochure
in-8 °. 1763. Chez les Libraires
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
1
qui débitent les Nouveautés. Nous rendrons
compte de ces deux Piéces qui
font honneur à leur Auteur.
LES VRAIS PRINCIPES de la Lecture,
de l'Orthographe &de la Prononciation
Françoiſe , ſuivis de différentes
Piéces de Lecture propres à donner des
notions ſimples & faciles fur toutes les
parties de nos connoiſſances. Ouvrage
utile aux Enfans , qu'il conduit par degrés
de PAlphabet à la connoiſſance
des régles de la Prononciation , de l'Orthographe
, de la Ponctuation , de la
Grammaire & de la Profodie Françoiſe
: principalement destiné aux Etrangers
auxquels on s'eſt proposé d'abréger
l'Etude de notre Prononciation ,par
une fuite de Tableaux rangés par ordre
alphabétique , dans lesquels on a écrit à
côté de chaque mot la manière dont
il doit être prononcé. Par M. VIARD ,
de l'Académie des Énfans. in 12à Paris,
1763 ; chez Nyon , Libraire Quai des
Augustins. Aumont , Libraire , Place
Mazarine. Brocas & Humblot, Libraires,
rue S. Jacques . Guillyn Libraire ,
Quai des Auguftins . Deſſaint - Junior ,
Libraire - Quai des Auguſtins. Vallat
la Chapelle , Libraire , au Palais , fur le
,
NOVEMBRE. 1763. 129
Perron de la Sainte Chappelle, Panckoucke
, Libraire , rue de la Comédie
Françoiſe.
Nous nous faiſons un plaifir d'an -
noncer cette excellente production ,
dont le titre ſeul pourroit ſervir d'Extrait.
L'Auteur , dans un avertiſſement ,
rend compte de la marche qu'il a ſuivie
dans ſon Ouvrage , & du but qu'il s'eſt
propoſé en le compoſant , & nous ofons
affurer qu'il l'a très- bien rempli. L'enfant
même le moins intelligent , peut
en très-peu de temps apprendre à lire
&dans ſes leçons qui pour l'ordinair e
ont une ſéchereſſe rebutante , il trouve
un agrément qui ne fait que l'encou-
- rager.
>
Nous n'entrerons point ici dans le
détail des procédés que M. Viard a
adoptés pour abréger à la perſonne
qu'il inſtruit les difficultés de la lecture.
Maître d'une Penſion connue depuis
longtemps ſous le titre d'Académie des
Enfans , il a été à même de bien voir
en quoi elles nuiſoient aux progrès de
ſes Elèves , & comment il ſeroit poffible
de rémédier au découragement
qu'elles leur inſpirent. C'eſt d'après les
réfléxions que ſes propres travaux lui
ont fait faire , qu'il a compoſé l'Ou-
1
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
vrage dont nous parlons ,& dontnous
faifons d'autant plus de cas , que tout
ce qui y est indiqué comme un moyen
d'inſtruction , paroît être le réſultat de
l'expérience la plus réfléchie.
De l'Alphabet l'Auteur paffe à l'afſemblage
des lettres. M. Viard a imaginé
des tableaux formés des fonsfimples
d'une conſonne & d'une voyelle ;
ces tableaux ſont ſuivis d'un autre tableau
de mots de deux fyllabes formés
de ces mêmes fons. Cette méthode
lui fert encore pour faire diftinguer
à fon Elève les fons formés d'une
voyelle & d'une confonne. Les différentes
leçons dont ils font le ſujet ,
étant auſſi ſuivies de tableaux de mots
de trois & de quatre ſyllables formés
de ces derniers fons & des précédens.
Ainfi paſſant fucceffivement à la combinaiſon
des différentes lettres , l'Elève
de M. Viard parvient à lire des phrafes
entières dans lesquelles cet Auteur a
fait entrer la plus grande partie des
mots qu'il lui avoit fait prononcer.
En poursuivant fon cours de lecture
M. Viard entre dans les principes généraux
de la Grammaire. Rien n'eſt
mieux imaginé que d'apprendre à lire
aux Enfans dans les élémens de leur'
NOVEMBRE. 1763. 131
langue & de commencer leur étude
par leur donner des régles de la prononciation
la plus correcte. Pour y
réuffir . M. Viard a fait ſuivre fon
Traité de la Grammaire d'une Profodie
françoife . Nous ne ferons point
l'éloge de cet excellent extrait de l'Ouvrage
de M. l'Abbé Dolivet fur cette
matière. Nous ajouterons ſeulement ici
qu'après avoir conduit fon Elève d'une
manière claire & rapide par tous les
degrès où il doit paffer avant que de
life courament , l'Auteur donne une
définition nette & précife des différens
arts & de toute la partie de nos
connoiffances ; qu'à l'aide de ces notions
un enfant peut orner fa mémoire
d'une infinité de chofes qui lui feront
auffi utiles qu'agréables. Cet Ouvrage
eſt terminé par l'allégorie des oiſeaux
du P. Brumoy , & les maximes en
vers de l'illustre Fenelon. Nous invitons
les Maîtres & Maîtreſſes & généralement
tous ceux qui font chargés
de l'éducation de la jeuneſſe , à fe procurer
ce Livre qui eſt ſans contredit
un des meilleurs qu'on ait fait en ce
gente ,& nous les afſurons qu'ils ne
peuvent faire une plus utile acquifition .
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
4
re ſe trouve auffi à Paris ,
Nyon , Libraire.
A MANALDINE , Libraire à Rome
iteur de la magnifique Edition des
Evres de Virgile avec la verſion ita-
Henne du célèbre P. Ambrogy nous
ayertit que pour contenter MM. les
Soufcripteurs à qui les Volumes de
Virgile paroiſſent trop minces , il a pris
le parti de diviſer 1 Enéïde en deux
Volumes , de forte que l'Ouvrage ne
ſera que de trois volumes au lieu de
quatre comme on l'avoit annoncé,
par ce nouvel arrangement l'on payera
en ſouſcrivant & en recevant le premier
volume 50 livres ; & 28 livres en
recevant le deuxième , & l'on diſtribuera
gratis le troifiéme. Les ſouſcriptions
ne feront ouvertes que juſqu'à
la fin de Décembre prochain ; & il
faudra que pour ce temps-là MM. les
Souſcripteurs donnent leurs noms pour
les faire imprimer à la tête du troifiéme
Volume. Après le mois de Décembre
ſuſdit , l'Ouvrage coûtera à
Rome 120 livres de France. On peut
ſouſcrire chez Durand, neveu , Libraire
rue S. Jacques. :
NOVEMBRE. 1763. 133
LETTRES ſur l'Origine de la Nobleſſe
Françoiſe. In- 12. 1763. Se vend
2 liv. broché & 2 liv. 10 f. rélié.
On trouve chez le même Libraire les
Livres fuivans :
RECUEIL de Queſtions propoſées à
une Société de Savans qui par ordre de
S. M. Danoise font le voyage de l'Arabie
, par M. Michaëlis , Conſeiller de
Cour de S. M. Britannique , Profeſſeur
en Philofophie & Directeur de la Société
Royale des Sciences de Gottingue ,
traduit de l'Allemand. Vol. in-8°. de
482 pages. Se vend 3 liv. 10 f.
JAC. REINBOLDI SPIELMANN ,
Phil . & Med. D. Chemiæ Botanic . reliquæque
Mater. Med. P. P. O. Capit.
Thomani Canon. Acad. Cæfar. II . C.
Regiæ Berolin. Elect. Mogunt. Sodalis
Collegii Regii Med. Nancejan. honor ,
memori Inſtitutions Chemiæ pralectionibus
Academicis adcommodata. I vol.
in-8°. Argentorati. Prix , 6 liv . relié.
On lui annonce de Turin un Ouvrage
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
On trouve auſſi chez Durand neveu
l'Hist. du Commerce & de la Navigation
, 1 vol. in-8. imprimé fur du grand
papier & exécuté avec beaucoup de
foin. Le Prix eſt de 6 liv. en blanc.
Le même Livre in-8. papier ordinaire
fe vend 5 liv. relié.
AVIS fur l'Inoculation de la Petite
Vérole, figné CANDIDE. Brochure de
31 pag. qui fe trouve chez P. F.
Didot le Jeune , Quai des Auguſtins ,
à S. Augustin , 1763 .
L'Auteur est un Médecin qui pour
nous, ſervir de ſes propres termes , ofe
hazarder cequ'il penfe , uniquement par
reconnoissance pour te Public qui s'intéreſſe
à la présente diſcuſſion.
- Il répond aux queſtions propofées
par le Parlement à la Faculté de Médecine
fur le fait de l'Inoculation de la
Petite Vérole . Et ſes réponſes ſoit négatives
, ſoit pofitives , font diametralement
oppoſées à tout ce qui a été écrit
& foutenu par les partiſans de l'Inoculation.
Il ne nous convientpas depren
NOVEMBRE. 1763. 135
dre un parti dans une querelle dont
l'objet eſt trop important pour ne la
regarder que comme une querelle littéraire
: ce que nous pouvons affurer
c'eſt que fi l'Auteur a la vérité de fon
côté , comme il s'en flatte ,jamais homme
ne l'a dite plus courageuſement.
On doit donner inceffament au Public
, la Bibliographie univerſelle , ou
le Catalogue général de tous les Livres ,
tant de France , que des pays Etrangers ,
qui ſe trouvent actuellement dans les
magaſins des Libraires de Paris , avec
leurs prix & la demeure des Libraires
qui les vendent. Le tout rangé par ordre
des matières dont ils traitent. Cet
Ouvrage aura 2. volumes in-8°. il eſt
fort utile aux gens de Lettres , aux Auteurs
, à tous les Etrangers & aux Libraires
mêmes. Comme l'on n'en tire
qu'un très-petit nombre d'Exemplaires ,
on prie les perſonnes qui voudront ſe le
procurer , de vouloir bien envoyer dès
à préſent leur adreſſe à Defpilly , Libraire
rue S. Jacques, à la Croix d'Or ,
chargé de la diftribution de cet Ouvrage.
Le prixde chaque volume pourra
être de 2. liv. 10 fols.
136 MERCURE DE FRANCE.
On trouve chez Tilliard , Libraire ,
quai des Auguſtins , à S. Benoît , quelques
Exemplaires d'une nouvelle Tragédie
en Anglois , intitulée Médea ,
donnée par M. Glover. Brochure in-4°.
de 98 pages , imprimée à Londres en
1762. fur du fort beau papier. Le Prix
eſt de 3 liv .
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
ABRÉGÉ de. l'Hiſtoire Grecque , à
l'uſage des Colléges & de tous les lieux
où l'on inſtruit la Jeuneſſe tant de l'un
1
NOVEMBRE. 1763. 187
que de l'autre féxe. In-12. Paris, 1763 .
Chez Nyon , Libraire , quai des Auguftins
, à l'Occafion. Prix , 2 liv. 10f..
ÉLOGE hiſtorique de M. le Cardinal
Paffionei , Secrétaire des Brefs &Bibliothécaire
du Siége Apostolique. In- 12 .
La Haye , 1763. Se trouve à Paris
chez le même Libraire. Prix , 1 liv.
10 f. broché.
TRAITÉ des Affections vaporeuſes
des deux féxes ; où l'on a tâché de joindre
à une théorie folide une pratique
füre , fondée fur des obſervations. Par
M. Pomme , fils , Docteur en Médecine
de l'Univerſité de Montpellier , Réfident
àArles en Provence. In-8°. Lyon,
1763. Chez Duplain , Libraire ,grande
rue Merciere , à l'Aigle ; & ſe trouve à
Paris chez Gogue , Libraire , quai des
Auguftins.
MÉDÉE à Jafon , après le meurtre
de ſes enfans , Héroïde .
SitMedeaferox.
Hor.
Suivie d'un Morceau tiré du Dante, Brochure
in-8 °. 1763. Chez les Libraires
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
1
qui débitent les Nouveautés. Nous rendrons
compte de ces deux Piéces qui
font honneur à leur Auteur.
LES VRAIS PRINCIPES de la Lecture,
de l'Orthographe &de la Prononciation
Françoiſe , ſuivis de différentes
Piéces de Lecture propres à donner des
notions ſimples & faciles fur toutes les
parties de nos connoiſſances. Ouvrage
utile aux Enfans , qu'il conduit par degrés
de PAlphabet à la connoiſſance
des régles de la Prononciation , de l'Orthographe
, de la Ponctuation , de la
Grammaire & de la Profodie Françoiſe
: principalement destiné aux Etrangers
auxquels on s'eſt proposé d'abréger
l'Etude de notre Prononciation ,par
une fuite de Tableaux rangés par ordre
alphabétique , dans lesquels on a écrit à
côté de chaque mot la manière dont
il doit être prononcé. Par M. VIARD ,
de l'Académie des Énfans. in 12à Paris,
1763 ; chez Nyon , Libraire Quai des
Augustins. Aumont , Libraire , Place
Mazarine. Brocas & Humblot, Libraires,
rue S. Jacques . Guillyn Libraire ,
Quai des Auguftins . Deſſaint - Junior ,
Libraire - Quai des Auguſtins. Vallat
la Chapelle , Libraire , au Palais , fur le
,
NOVEMBRE. 1763. 129
Perron de la Sainte Chappelle, Panckoucke
, Libraire , rue de la Comédie
Françoiſe.
Nous nous faiſons un plaifir d'an -
noncer cette excellente production ,
dont le titre ſeul pourroit ſervir d'Extrait.
L'Auteur , dans un avertiſſement ,
rend compte de la marche qu'il a ſuivie
dans ſon Ouvrage , & du but qu'il s'eſt
propoſé en le compoſant , & nous ofons
affurer qu'il l'a très- bien rempli. L'enfant
même le moins intelligent , peut
en très-peu de temps apprendre à lire
&dans ſes leçons qui pour l'ordinair e
ont une ſéchereſſe rebutante , il trouve
un agrément qui ne fait que l'encou-
- rager.
>
Nous n'entrerons point ici dans le
détail des procédés que M. Viard a
adoptés pour abréger à la perſonne
qu'il inſtruit les difficultés de la lecture.
Maître d'une Penſion connue depuis
longtemps ſous le titre d'Académie des
Enfans , il a été à même de bien voir
en quoi elles nuiſoient aux progrès de
ſes Elèves , & comment il ſeroit poffible
de rémédier au découragement
qu'elles leur inſpirent. C'eſt d'après les
réfléxions que ſes propres travaux lui
ont fait faire , qu'il a compoſé l'Ou-
1
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
vrage dont nous parlons ,& dontnous
faifons d'autant plus de cas , que tout
ce qui y est indiqué comme un moyen
d'inſtruction , paroît être le réſultat de
l'expérience la plus réfléchie.
De l'Alphabet l'Auteur paffe à l'afſemblage
des lettres. M. Viard a imaginé
des tableaux formés des fonsfimples
d'une conſonne & d'une voyelle ;
ces tableaux ſont ſuivis d'un autre tableau
de mots de deux fyllabes formés
de ces mêmes fons. Cette méthode
lui fert encore pour faire diftinguer
à fon Elève les fons formés d'une
voyelle & d'une confonne. Les différentes
leçons dont ils font le ſujet ,
étant auſſi ſuivies de tableaux de mots
de trois & de quatre ſyllables formés
de ces derniers fons & des précédens.
Ainfi paſſant fucceffivement à la combinaiſon
des différentes lettres , l'Elève
de M. Viard parvient à lire des phrafes
entières dans lesquelles cet Auteur a
fait entrer la plus grande partie des
mots qu'il lui avoit fait prononcer.
En poursuivant fon cours de lecture
M. Viard entre dans les principes généraux
de la Grammaire. Rien n'eſt
mieux imaginé que d'apprendre à lire
aux Enfans dans les élémens de leur'
NOVEMBRE. 1763. 131
langue & de commencer leur étude
par leur donner des régles de la prononciation
la plus correcte. Pour y
réuffir . M. Viard a fait ſuivre fon
Traité de la Grammaire d'une Profodie
françoife . Nous ne ferons point
l'éloge de cet excellent extrait de l'Ouvrage
de M. l'Abbé Dolivet fur cette
matière. Nous ajouterons ſeulement ici
qu'après avoir conduit fon Elève d'une
manière claire & rapide par tous les
degrès où il doit paffer avant que de
life courament , l'Auteur donne une
définition nette & précife des différens
arts & de toute la partie de nos
connoiffances ; qu'à l'aide de ces notions
un enfant peut orner fa mémoire
d'une infinité de chofes qui lui feront
auffi utiles qu'agréables. Cet Ouvrage
eſt terminé par l'allégorie des oiſeaux
du P. Brumoy , & les maximes en
vers de l'illustre Fenelon. Nous invitons
les Maîtres & Maîtreſſes & généralement
tous ceux qui font chargés
de l'éducation de la jeuneſſe , à fe procurer
ce Livre qui eſt ſans contredit
un des meilleurs qu'on ait fait en ce
gente ,& nous les afſurons qu'ils ne
peuvent faire une plus utile acquifition .
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
4
re ſe trouve auffi à Paris ,
Nyon , Libraire.
A MANALDINE , Libraire à Rome
iteur de la magnifique Edition des
Evres de Virgile avec la verſion ita-
Henne du célèbre P. Ambrogy nous
ayertit que pour contenter MM. les
Soufcripteurs à qui les Volumes de
Virgile paroiſſent trop minces , il a pris
le parti de diviſer 1 Enéïde en deux
Volumes , de forte que l'Ouvrage ne
ſera que de trois volumes au lieu de
quatre comme on l'avoit annoncé,
par ce nouvel arrangement l'on payera
en ſouſcrivant & en recevant le premier
volume 50 livres ; & 28 livres en
recevant le deuxième , & l'on diſtribuera
gratis le troifiéme. Les ſouſcriptions
ne feront ouvertes que juſqu'à
la fin de Décembre prochain ; & il
faudra que pour ce temps-là MM. les
Souſcripteurs donnent leurs noms pour
les faire imprimer à la tête du troifiéme
Volume. Après le mois de Décembre
ſuſdit , l'Ouvrage coûtera à
Rome 120 livres de France. On peut
ſouſcrire chez Durand, neveu , Libraire
rue S. Jacques. :
NOVEMBRE. 1763. 133
LETTRES ſur l'Origine de la Nobleſſe
Françoiſe. In- 12. 1763. Se vend
2 liv. broché & 2 liv. 10 f. rélié.
On trouve chez le même Libraire les
Livres fuivans :
RECUEIL de Queſtions propoſées à
une Société de Savans qui par ordre de
S. M. Danoise font le voyage de l'Arabie
, par M. Michaëlis , Conſeiller de
Cour de S. M. Britannique , Profeſſeur
en Philofophie & Directeur de la Société
Royale des Sciences de Gottingue ,
traduit de l'Allemand. Vol. in-8°. de
482 pages. Se vend 3 liv. 10 f.
JAC. REINBOLDI SPIELMANN ,
Phil . & Med. D. Chemiæ Botanic . reliquæque
Mater. Med. P. P. O. Capit.
Thomani Canon. Acad. Cæfar. II . C.
Regiæ Berolin. Elect. Mogunt. Sodalis
Collegii Regii Med. Nancejan. honor ,
memori Inſtitutions Chemiæ pralectionibus
Academicis adcommodata. I vol.
in-8°. Argentorati. Prix , 6 liv . relié.
On lui annonce de Turin un Ouvrage
intitulé : Réflexions ſur la théorie
-& la pratique de l'Education , contre les
Principes de M. Rousseau , par le P.
134 MERCURE DE FRANCE.
G. B. Imprimé à Turin chez les frères
Reycens & Guibert , Libraires , au coin
de la rue neuve à Turin. Vol . in-8. de
douze feuilles .
On trouve auſſi chez Durand neveu
l'Hist. du Commerce & de la Navigation
, 1 vol. in-8. imprimé fur du grand
papier & exécuté avec beaucoup de
foin. Le Prix eſt de 6 liv. en blanc.
Le même Livre in-8. papier ordinaire
fe vend 5 liv. relié.
AVIS fur l'Inoculation de la Petite
Vérole, figné CANDIDE. Brochure de
31 pag. qui fe trouve chez P. F.
Didot le Jeune , Quai des Auguſtins ,
à S. Augustin , 1763 .
L'Auteur est un Médecin qui pour
nous, ſervir de ſes propres termes , ofe
hazarder cequ'il penfe , uniquement par
reconnoissance pour te Public qui s'intéreſſe
à la présente diſcuſſion.
- Il répond aux queſtions propofées
par le Parlement à la Faculté de Médecine
fur le fait de l'Inoculation de la
Petite Vérole . Et ſes réponſes ſoit négatives
, ſoit pofitives , font diametralement
oppoſées à tout ce qui a été écrit
& foutenu par les partiſans de l'Inoculation.
Il ne nous convientpas depren
NOVEMBRE. 1763. 135
dre un parti dans une querelle dont
l'objet eſt trop important pour ne la
regarder que comme une querelle littéraire
: ce que nous pouvons affurer
c'eſt que fi l'Auteur a la vérité de fon
côté , comme il s'en flatte ,jamais homme
ne l'a dite plus courageuſement.
On doit donner inceffament au Public
, la Bibliographie univerſelle , ou
le Catalogue général de tous les Livres ,
tant de France , que des pays Etrangers ,
qui ſe trouvent actuellement dans les
magaſins des Libraires de Paris , avec
leurs prix & la demeure des Libraires
qui les vendent. Le tout rangé par ordre
des matières dont ils traitent. Cet
Ouvrage aura 2. volumes in-8°. il eſt
fort utile aux gens de Lettres , aux Auteurs
, à tous les Etrangers & aux Libraires
mêmes. Comme l'on n'en tire
qu'un très-petit nombre d'Exemplaires ,
on prie les perſonnes qui voudront ſe le
procurer , de vouloir bien envoyer dès
à préſent leur adreſſe à Defpilly , Libraire
rue S. Jacques, à la Croix d'Or ,
chargé de la diftribution de cet Ouvrage.
Le prixde chaque volume pourra
être de 2. liv. 10 fols.
136 MERCURE DE FRANCE.
On trouve chez Tilliard , Libraire ,
quai des Auguſtins , à S. Benoît , quelques
Exemplaires d'une nouvelle Tragédie
en Anglois , intitulée Médea ,
donnée par M. Glover. Brochure in-4°.
de 98 pages , imprimée à Londres en
1762. fur du fort beau papier. Le Prix
eſt de 3 liv .
LETTRE de M. l'Abbé AUBERT , à
M. DE LA PLACE , Auteur du
Mercure.
L'AUTEUR de CLOVIS , Pоёте Не-
roï- Comique en 3 volumes , que vous
avez annoncé , Monfieur , dans le Mercure
de Septembre , m'a fait l'honneur
de s'égayer à mes dépens , dans un épilogue
où il maltraite ſérieuſement MM.
de Voltaire , Piron , Greffet , Thomas ,
Mirabeau , Rousseau , & c. Je le remercie
de m'avoir mis en auffi bonne compagnie
; mais je crois devoir déſabuſer
les perſonnes qui liront ſon Poëme ,
d'une petite calomnie qui lui eſt échappée
à mon ſujet. » Aubert , dit-il ,
En fables inſtruiſoit ,
>> Se rendoit neuf , & voyant qu'il plaiſoit ,
>>>Tout uniment complimentoit ſa veine
Dans un Journal que lui-même faiſoit,
NOVEMBRE. 1763. 137
Cela eft faux : je ne fais point le Journal
dont cet Auteur veut parler. Il ſe
feroit épargné un menfonge , s'il avoit
confulté la France Littéraire ; il y auroit
vù que c'eſt M. de Querlon ſeul
qui compoſe les Affiches des Provinces,
Ouvrage périodique où mes Fables ont
été effectivement annoncées avec éloge
, mais auquel je n'ai aucune part , &
dont le travail eſt totalement étranger
à celui des Affiches de Paris , qui font
confiées à mes foins ,& dans leſquelles
je n'ai certainement jamais été
loué. Au refte , comme cet Auteur
écrit au fond de la Bretagne , ainfi
qu'il l'avoue lui-même , on peut lui
pardonner cette erreur ; mais ce qu'on
ne sçauroit guères excuſer , c'eſt le
ton d'aſſurance avec lequel il dit dans
ſa Préface que ſon Poëme n'eſt la fatyre
de personne.
J'ai l'honneur d'être &c.
Fermer
3697
p. 116-141
« Monsieur de Corneille ayant cessé de parler, Monsieur de Bergeret [...] »
Début :
Monsieur de Corneille ayant cessé de parler, Monsieur de Bergeret [...]
Mots clefs :
Académie française, Jean Racine, Jean-Louis Bergeret, Gloire, Roi, Parler, Corneille, Esprit, Discours, Vertus, Histoire, Rois, Protecteur, Nom, Paix, Ennemis, Lettres, Place, Royaume, Compagnie, Justice, Monde, Attention, Avantage, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur de Corneille ayant cessé de parler, Monsieur de Bergeret [...] »
Monfieur de Corneille ayant
ceffé de parler , Monfieur de Bergeret
prit la parole , & fit un difcours
trés - éloquent. Il dit , qu'il
GALANT. 117
avoit déia éprouvé plus d'une fois ,
que dés qu'on vouloit penser avec
attention à l'Academie Françoife,
l'imagination fe trouvoit auffitoft
remplie & étonnée de tout ce qu'il
ya de plus beau dans l'Empire des
Lettres , qu'eft un Empire qui n'est
borné ny par les Montagnes , ny
pariles Mers , qui comprend toutes
les Nations & tous les Sicles ; dans
lequel les plus grands Princes ont
tenu à bonneurs d'avoir quelque
place , & où Meffieurs de l'Acade ·
mie Françoife ont l'avantage de
tenir le premier rang. Que s'il entreprenoit
de parler de toutes les
fortes de merites , qui font la gloire
de ceux qui la compofent , il fentoit
bien que l'habitude de parler en public
, & d'en avoir fait le Miniftere
plufieurs années , en parlant
pour le Roy dans un des Parlemens
defon Royaume, ne l'empefcheroit
118 MERCURE
pas de tomber dans le defordre.
Enfuite il loüa Monfieur de Cordemoy
dont il occupe la Place
for ce qu'il avoit joint toutes les
vertus Morales & Chrétiennes
aux plus riches talens de l'efprit,
fur les grandes lumiéres qu'il
avoit dans la Jurifprudence, dans
la Philofophie , & dans l'Hiftoire ,
& fur tout for une certaine prefence
d'efprit qui luy eftoir particuliére
, & qui le rendoit capable
de parler fans préparation ,
avec autant d'ordre & de ne teté
qu'on peut en avoir en écrivant
avec le plus de loiſir . Il n'oublia
les beaux & fçavans Traitez
de Phyfique qu'il à donnez au
Public; & en parlant de fa grande
Hiftoire de nos Roys qu'on acheve
d'imprimer, il ajoûta, Que fifa
trop promte mort avoit laiffé ce
dernier Ouvrage imparfait , quoy
qu'ily manquaft pour eftre entier ,
pas
GALANT. 119
ilne manqueroit rien à la réputa
tion de l'Autheur ; qu'on eftimeroit
toûjours ce qu'il a écrit , & qu'on regreteroit
toujours ce qu'il n'a pas eu le
temps d'écrire.Cet Eloge fut fuivy
de celuy de Monfieur le Cardinal
de Richelieu , inftituteur de l'Academie
Françoife . Il dit , Que
non feulement, il avoit fait les plus
grandes chofes pour la gloire de
lEtat , mais qu'il avoit fait les
plus grands Hommes pour celebrer
perpetuellement cette gloire ; que
tous les Academitiens luy apartenoient
par le Titre mefme de la
naiſſance de l'Academie, & qu'ils
étoient tous comme la Pofteritefçavante
& Spirituelle de ce grand
Miniftre ; Que l'illuftre Chancelier
qui luy avoit fuccedé dans la
protection de cette celebre Compagnie
, auroit toûjours part à la
mefme gloire; & que parmy toutes
"
110 MERCURE
les vertus qui l'avoient rendu digne
d'eftre Chefde la Justice , on releveroit
toûjours l'affection particulie
re qu'il avoit enë pour les Lettres,
& qui l'avoit obligé d'eftre fimple
Academicien long tems avant qu'il
devinft Protecteur de l'Academie ;
ce qui luy étoit d'autant plus glorieux
, que ces deux titres ne pou
voient plus estre reünis dans une
Perfonne privée , quelque éminente
qu'elle fuft en Dignité , le nom de
Protecteur del' Academie étant devenu
comme un titre Royal , par la
bonté que le Roy avoit euë de le
prendre , & de vouloir bien en faveur
des Lettres , que le Vainqueur
des Roys & l'Arbitre de l'Univers,
fuft auffi appellé le Protecteur de
l'Academie Françoife. Le reste de
fon Difcours roula fous les merveilleufes
qualitez de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que tout ce
qu'il
GALANT. 121
cachoit
qu'il faifoit voir au monde n'eftoit
rien en comparaison de ce qu'il luy
; que tant de Victoire , de
Conqueftes , & d'Evenemens prodigieux
qui étonnoient toute la Terre,
n'avoient rien de comparable à
la fageffe incomprehenfible qui en
eftoit la caufe , & que lors qu'on
pouvoit voir quelque chofe des confeils
de cette Sageffe plus qu'humai
ne onfe trouvoit , pour ainsi dire,
dans une fi haute region d'esprit .
qu'on en perdoit la pensée , comme
quand on eft dans un air trop élevé ,
& troppur , on perd la refpiration.
Il ajoûta , Quefe tenant renfermé
dans les termes de l'admiration &
du filence , il ne cefferoit de fe taire
que pour nommer les Souveraines
Vertus qu'il admiroit ; une Prudence
qui penetroit tout , & qui étoit ellemefme
impenetrable ; une Justice
qui préferoit l'intereft du sujet à
Janvier 1685 .
A
F
122 MERCURE
celuy du Prince ; une Valeur qui prenoit
toutes les Villes qu'elle attaquoit
, comme un Torrent qui rompt
tous les obftacles qu'il rencontre ;
une Moderation qui avoit tant de
fois arrefté ce Torrent , &fufpendu
cet Orage ; une Bonté qui par l'entiere
abolition des Duels , prenoit
plus de foin de la vie des Sujets,
qu'ils n'en prenoient eux - mefmes ;
un Zele pour la Religion, qui faifoit
chaque jour de fi grands & de fi
heureux projets ; & que ce qui étoit
encore plus admirable dans toutes
ces Vertus fi differentes , c'eftoit de
les voir agir toutes ensemble , &
dans la Paix & dans la Guerre ,fansdifference
ny diftinction de temps.
Aprés une peinture fort vive des
grandes chofes que le Roy a faites
pendant la Paix , qui avoit
toûjours efté pour luy non feulement
agiffante , mais encore
GALANT. 123
victorieuſe , puis que par un
bonheur incomparable , elle n'avoit
pas arreſté fes Conqueftes ,
& que les trois plus importantes
Places du Royaume , & pour fa
gloire , & pour fa fûreté , Dunkerque
, Strasbourg , & Cazal
trois Villes qui font les Clefs de
trois Etats voifins , & dont la
Prife auroit fignalé trois Campagnes
, avoient efté conquifes
fans armes & fans Combats , il
dit, Qu'on avoit vû l'Europe entiere
conjurée contre la France , que
tout le Royaume avoit efté environné
d'Armées Ennemies & que
cependant il n'eftoit jamais arrivé
qu'un feul de tant de Genéraux
Etrangers euft pris feulement un
Quartier d'Hyver fur nos Frontie
res; Que tous ces Chefs Ennemis
Se promettoient d'entrer dans nos
Provinces en Vainqueurs & en Con-
,
F 2
124
MERCURE
quérans , mais qu'aucun d'eux ne
les avoit veües , que ceux qu'on y
avoit amenez Prifonniers ; que tous
les autres estoient demeure autour
du Royaume , comme s'ils l'avoient
gardé ,fans troubler la tranquilité
dont iljouiffoit , & que c'eftoit un
prodige inouy , que tant de Nations
jaloufes de la gloire du Roy , & qui
s'étoient affemblées pour le combatre
, n'eulent pû faire autre choſe
que de l'admirer
& d'entendre
d'affez loin le bruit terrible defes
Foudres , qui renverfoient les Murs
de quarante Villes en moins,
trente jours , & qui cependant par
une espece de miracle , n'avoient
point empefché que la voix des Loix
n'euft efté toujours entenduë ; toûjours
la Justice également gardée,
l'obeiffance rendue , la Difcipline
obfervée, le Commerce maintenu , les
Arts floriffans , les Lettres cultivées,
>
de
GALANT
. 125
le Mérite recompenfe , tous les Reglemens
de la Police generalement
executez ; & non feulement de la
Police Civile , qui par les heureux
changemens qu'elle avoit faits ,fembloit
nous avoir donné un autre Air
& une autre Ville ; mais encore de
la Police Militaire , qui avoit civilife
les Soldats,& leur avoit inspire
un amour de la gloire & de la difcipline
, quifaifoit que les Armées du
Roy étoient en mefme temps la plus
belle & la plus terrible chofe du
monde. Il finit en difant, Que c'étoit
une grande gloire pour un Prince
Conquerant, que l'onput dire de
Luy, qu'il avoit toûjours eu un efprit
de paix dans toutes les Guerres qu'il
avoit faites , depuis la premiere
Campagne jufqu'à la derniere , depuis
la Prife de Marfal jufqu'à
celle de Luxembourg ; Que cette
derniere & admirable Conquefte ,
F
3
126 MERCURE
qui en affurant toutes les autres, venoit
heureufement de finir la Guerreferoit
dire encor plus que jamais,
que le Roy étoit un Héros toûjours
Vainqueur & toûjours Pacifique ,puis
que non feulement il avoit pris cette
Place ,une des plusfortes du Monde,
&qu'il l'avoit prife malgré tous les
obftacles de la Nature , malgré tous
les efforts de l'Art , malgré toute la
refiftance des Ennemis ; mais ce qui
étoit encore plus, malgré luy - même:
Eftant certain qu'il ne l'avoit attaquée
qu'à regret , &aprés avoir
preßé long-temps fes Ennemis cent
fois vaincus , de vouloir accepter
Paix qu'il leur offroit , & de ne le
pas contraindre à fe fervir du Droit
des Armes ; de forte que par un évenement
tout fingulier , cettefameufe
Villeferoit toûjours pour la gloire du
Roy un Monument éternel , non feulement
de la plus grande valeur .
la
GALANT. 127
mais auffi de la plus grande modes
ration dont on euft jamais parlé.
Toute l'Affemblée fut tresfatisfaite
de ce Difcours,& Monfieurde
Bergeret eut tout lieu de
l'eftre des louanges qu'il reçûr.
Monfieur Racines , qui eftoit
alors Directeur de l'Académie ,
répondit à ces deux nouveaux
Académiciens au nom de la
Compagnie. Je tâcherois inutilement
de vous exprimer combien
cette Reponſe fut éloquente
, & avec combien de grace il
la prononça . Elle fut interrom
pue par des applaudiffemens fréquemment
reiterez ; & comme
il en employe une partie à élever
le mérite de Monfieur de Corneille
, il fut aiſé de connoiſtre
qu'on voyoit avec plaifir dans la
bouche d'un des plus grands
Maiftres du Theatre ; les louan-
F 4
128
MERCURE
ges de celuy qui a porté la Scene
Françoife au degré de perfection
où elle eft. Il dit d'abord , Que
l'Academie avoit regardé fa mort
comme un des plus rudes coups qui
La puft fraper ; Que quoy que depuis
un an une longue maladie l'euft
privée de fa présence , & qu'elle
euft perdu en quelque façon l'espérance
de le revoir iamais dans fes
Affemblées , toutefois il vivoit , &
que dans la Lifte où font les noms
de tous ceux qui la compofent , cette
Compagnie dont il eftoit le Doyen ,
avoit au moins la confolation de
voir immédiatement audeffous du
nom facré de fon augufte Protecteur,
le fameux nom de Corneille . Il fit
enfaite une peinture admirable
du defordre & de l'irrégularité
où fe trouvoit la Scene Françoife
, lors qu'il commença à travailler.
Nul gouft , nulle connoiffan
GALANT. 129
遂
ce des veritables beautez du Theatre.
Les Autheurs auffi ignorans que
les Spectateurs. La plupart des Sujets
extravagans & dénue de vraifemblance.
Point de Moeurs , point
de Caracteres. La Diction encore
plus vicieufe que l'Action , & dont
les Pointes , & de miferables jeux
de mots, faifoient le principal ornement
. En un mot, toutes les Regles de
l'Art , celles mefme de l'honnefteté
& de la bienséance , violées . Il pourfuivit
en difant , Que dans ce Cahos
du Poëme Dramatique parmy
nous , Monfieur de Corneille , aprés
avoir quelque temps cherche le bon
chemin , & lutte contre le mauvais
goût de fon Siecle , enfin infpiré d'un
Genie extraordinaire , & aidé de la
lecture des Anciens , avoit fait voir
fur la Scene la Raifon , mais la Raifon
accompagnée de toute la pompe,
de tous les ornemens dont nôtre !
F
130
MERCURE
gue eft capable , accorde heureuſement
le Vrai-femblable & le Merveilleux,
& laiffe bien loin derriere
Luy tout ce qu'il avoit de Rivaux,
dont la plupart defefperant de l'atteindre,&
n'ofant plus entreprendre
de luy difputer le Prix , s'eftoient
bornez à combatre la Voix publique
déclarée pour luy , & avoient eſſayé
en vain par leur difcours & par
Leurs frivoles critiques , de rabaiffer
un merite qu'ils ne pouvoient égaler.
Il paffa de là aux acclamations
qu'avoient excité à leur naiffance
le Cid , Horace , Cinna , Pompée ,
& les autres Chef- d'oeuvres qui
les avoient fuivis , & dit , Qu'on
ne trouvoit point de Poëte qui eust
poffedé à la fois tant d'excellantes
parties , l'Art , laforce , le lugement
, & l'Efprit. Il parla de la
furprenantes varieté qu'il avoit
mellée dans les Caracteres , en
<
GALANT.
131
forte, que tant de Roys, de Princes,
& de Heros qu'il avoit repréfentez,
étoient toujours tels qu'ils devoient
estre , toûjours uniformes en euxmémes
, & jamais ne fe reffemblant
les uns aux autres ; Qu'il y avoit
parmy tout cela une magnificence
d'expreffion proportionnée aux Maitres
du Monde qu'ilfaifoit fouvent
parler , capable neanmoins de s'abaiffer
quand il vouloit , & de defcendre
jufqu'aux plus fimples naïvete
du Comique , où il eftoit encore
inimitable; Qu'enfin ce qui luy
étoit fur tout particulier , c'étoit une
certaineforce, une certaine élevatio,
qui en furprenant & en élevant ,
rendoit jufqu'à fes defauts , fi on luy
en pouvoit reprocher quelques uns,
plus eftimables que les vertus des
autres. Il ajoûta , Qu'on pouvoit le
regarder comme un Homme veritablement
népour lagloire de fon Païs ,
·
F 6
132 MERCURE
,
efme
comparable , non pas à tout ce que
Fancienne Rome avoit eu d'excellens
Tragiques , puis qu'elle confeffoit
elle-mefme qu'en ce genre elle
n'avoit pas efté fort heureuſe , mais
aux Efchiles , aux Sophocles , aux
Euripides , dont la fameuse Athenes
ne s'honoroit pas moins que des
Themiftocles , des Pericles , & des
Alcibiades , qui vivoient en me
temps qu'eux. Il s'étendit fur la juftice
la Pofterité rend aux
que
habiles Ecrivains , en les égalant
à tout ce qu'il y a de plus confiderable
parmy les Hommes , &
faifant marcher de pair l'excellent
Poëte & le grand Capitaine ; &
dit là deffus , Que le mefme Siecie
qui fe glorifioit aujourd'huy d'avoir
produit Auguste, ne fe glorifioit
guere moins d'avoir produit Horace
& Virgile ; qu'ainfi lors
ages fuivans on parleroit avec éton
que
dans les
GALANT.
133
nement des Victoires prodigieufes ,
& de toutes les chofes qui rendront
nostre fiecle l'admiration de tous les
fiecles à venir , l'illuftre Corneille
tiendroit fa place parmis toutes ces
merveilles ; que la France fe fouviendroit
avec plaifir quefous le
Regne du plus grand de fes Roys ,
auroit fleury le plus celebre de fes
Poëtes , qu'on croiroit mefme ajoûter
quelque chofe à la gloire de noftre
Augufte Monarque , lors qu'on diroit
qu'il avoit eftimé, qu'il avoit honoré
de fes bien faits cet excellent Genie;
que même deux jours avant la mort,
& lors qu'il ne luy reftoit plus qu'un
rayon de connoiffance , il luy avoit
´encore envoyé des marques de fa liberalité
; & qu'enfin les dernieres
paroles de Corneille avoient efté
des remercimens pour Louis LE
GRANDAprés
l'avoir loué fur d'autre
134
MERCURE
qualitez particulieres , fur fa probité
, fur fa piété , & fur l'efprit
de douceur & de déference qu'il
apportoit à l'Academie , ne fe
préferant jamais à aucun de fes
Confreres , & ne tenant aucun
avantage des aplaudiffemens qu'il
recevoit dans le Public Monfieur
Racines adreffa la parole à Monfieur
de Bergeret , & dit , Que fi
l'Academie Françoife avoit perdu
en Monfieur Cordemoy , un Homme
qui aprés avoir donné au Barreau
une partie de fa vie , s'eftoit depuis
appliqué tout entier à l'étude de
nôtre ancienne Hiftoire , elle luy avoit
choisi pour Succeffeur un Homme,qui
après avoir eftélong - temps l'organe
d'un Parlement celebre , avoit effé
appellé à un des plus importans Emplois
de l'Etat , & qui avec une
connoiffance exacte , & de l'Hiftoire
& de tous les bons Livres, luy apporGALAN
T.
135
toit encore la connoiffance parfaite
de la merveilleufe Hiftoire de fon
Protecteur , qui étoit quelque chofe
de bien plus utile , & de bien plus
confiderable pour elle ; queperfonne
mieux que luy ne pouvoit parler de
tant de grands évenemens , dont
les motifs & les principaux refforts
avoient efté fi fouvent confiez à fa
fidelité & à fa fageffe , puis que
perfonne ne fçavoit mieux à fond
tout ce qui s'eftoit paßé de memorable
dans les Cours Etrangeres , les
Traitez, les Alliances , & toutes les
importantes Négotiations , qui fous
le Regne de Sa Majesté avoient
donne le branle à toute l'Europe ;
que cependant , s'il falloit dire la
verité , la voye de la négotiation
étoit bien courte fous un Prince qui
ayant toujours de fon cofté la Puiffance
& la Justice , n'avoit befoin
pour faire executerfes volontez, que
136 MERCURE
de les declarer ; Qu'autrefois la
France trop facile à fe laiffer fur
prendre par les artifices de fes Voifins
, paffoit pour eftre auffi infortunée
dans fes Accommodemens, qu'elle
étoit heureufe redoutable dans la
Guerre ; Quefur tout l'Espagne ,fon
orgueilleufe Ennemie , fe vantoit de
n'avoir jamais figné, mefme au plus
fort de nos profperitez , que des Trai
tezavantageux, & de regagnerfou
vent par un trait de plume , ce qu'elle
avoit perdu en plufieurs Campagne
; que cette adroite Politique
dont elle faifoit tant de vanité, luy
étoit prefentement inutile ; que toute
l'Europe avoit veu avec étonnement
, dés les premieres démarches
du Roy , cette fuperbe Nation contrainte
de venir jufque dans le Louvre
reconnoître publiquement fon
inferiorité , & nous abandonner de
puis par des Traitez folemnels , tant
GALANT . 137
l'emde
Places fi famenfes , tant de grandes
Provinces, celles mefme dont les
Roys empruntoient leurs plus glorieux
Titres ; que ce changement ne
s'étoit fait , ny par une longue fuite
de Négociations traînées , ny par la
dexterité de nos Ministres dans les
Pais Etrangers, puis qu'eux - mefmes
confeffoient que le Royfait tout, voit
tout dans les Cours où il les envoye,
& qu'ils n'ont tout au plus que
barras d'y faire entendre avec dignité
ce qu'il leur a dicté avec fageffe
. Il s'étendit encore quelque
temps fur les louanges de ce
grand Monarque, avec une force
d'expreffion tres - digne de fa matiere.
Il dit , Qu'ayant refolu dans
fon Cabinet,pour le bien de la Chré
tienté , qu'il n'y euft plus de guerre,
il avoit tracé fix lignes , & les avoit
envoyées à fon Ambassadeur à la
Haye , la veille qu'il devoit partir
138
MERCURE
pour se mettre à la teste d'une de
fes Armées ; que là- deffus tout s'étoit
agité , tout s'étoit remué , &
qu'enfin, fuivant ce qu'il avoit prévú,
fes Ennemis aprés bien des Conferences
, bien des Projets , bien des.
Plaintes inutiles , avoient efté contraints
d'accepter ces mefmes Conditions
qu'il leur avoit offertes, fans
avoir pu avec tous leurs efforts , s'écarter
d'un feul pas du cercle étroit
qu'il luy avoit plû de leur tracer.
Il s'adreffa alors à Meffieurs de
l'Academie , & ce qu'il leur dit fut
fi vif & fi bien peint , que j'affoiblirois
la beauté de cette fin d'un
Difcours fi éloquent , ſi j'en retranchois
une parole . Voicy les
termes qu'il y employa .
Quel avantage pour tous tant
que nous fommes, Meffieurs , qui cha
eun felon nos differens talens avons
entrepris de celebrer tant de granGALANT.
139
des chofes ! Vous n'aurez point pour
les mettre en jour , à difcuter avec
des fatigues incroyables une foule
d'intrigues , difficiles à developer.
Vous n'aurez pas mefme à fouiller
dans le Cabinet de fes Ennemis .
Leur mauvaife volonté , leur impuiffance
, leur douleur eft publique
à toute la Terre. Vous n'aurez point
à craindre enfin tous ces longs détails
de chicanes ennuyeuſes , qui
fechent l'efprit de l'Ecrivain , &
qui jettent tant de langueur dans
la plupart des Hiftoires modernes,
où le Lecteur qui cherchoit desfaits,
ne trouvant que de paroles , fent
mourir à chaque pas fon attention,
&perd de vue lefil des évenemens,
Dans l'Histoire du Roy, tout rit,tout
marche , tout eft en action. Il ne
faut que le fuivre fi l'on peut, & le
bien étudier luy feul. C'est un enchaînement
continuel de Faits mer-
3
140 MERCURË
veilleux que luy mefme commence,
que luy- mefme acheve , auffi clairs ,
auffi intelligibles quand ils font executez
, qu'impenetrables avant l'execution
. En un mot , lé miracle fut
de prés un autre miracle . L'attention
eft toûjours vive , l'admiration
toûjours tenduë , & l'on n'eft
pas moins frapé de la grandeur &
de la promptitude avec laquelle fe.
fait la Paix , que de la rapidité
avec laquelle fe font les Conquêtes .
Cette réponſe de Monfieur Racine
fut fuivie de tous les applau
diffemens qu'elle méritoit . Chacun
à l'envy s'empreffa a luy
marquer le plaifir que l'Affemblée
en avoit reçu , & on demeura
d'accord tout d'une voix , que
le Sort qui l'avoit fait Directeur,
n'avoit point efté aveugle dans
fon choix , & qu'on ne pouvoit
parler plus dignement au nom
GALANT.
141
de l'illuftre Compagnie , qui recevoit
dans fon Corps les deux
nouveaux Académiciens.
ceffé de parler , Monfieur de Bergeret
prit la parole , & fit un difcours
trés - éloquent. Il dit , qu'il
GALANT. 117
avoit déia éprouvé plus d'une fois ,
que dés qu'on vouloit penser avec
attention à l'Academie Françoife,
l'imagination fe trouvoit auffitoft
remplie & étonnée de tout ce qu'il
ya de plus beau dans l'Empire des
Lettres , qu'eft un Empire qui n'est
borné ny par les Montagnes , ny
pariles Mers , qui comprend toutes
les Nations & tous les Sicles ; dans
lequel les plus grands Princes ont
tenu à bonneurs d'avoir quelque
place , & où Meffieurs de l'Acade ·
mie Françoife ont l'avantage de
tenir le premier rang. Que s'il entreprenoit
de parler de toutes les
fortes de merites , qui font la gloire
de ceux qui la compofent , il fentoit
bien que l'habitude de parler en public
, & d'en avoir fait le Miniftere
plufieurs années , en parlant
pour le Roy dans un des Parlemens
defon Royaume, ne l'empefcheroit
118 MERCURE
pas de tomber dans le defordre.
Enfuite il loüa Monfieur de Cordemoy
dont il occupe la Place
for ce qu'il avoit joint toutes les
vertus Morales & Chrétiennes
aux plus riches talens de l'efprit,
fur les grandes lumiéres qu'il
avoit dans la Jurifprudence, dans
la Philofophie , & dans l'Hiftoire ,
& fur tout for une certaine prefence
d'efprit qui luy eftoir particuliére
, & qui le rendoit capable
de parler fans préparation ,
avec autant d'ordre & de ne teté
qu'on peut en avoir en écrivant
avec le plus de loiſir . Il n'oublia
les beaux & fçavans Traitez
de Phyfique qu'il à donnez au
Public; & en parlant de fa grande
Hiftoire de nos Roys qu'on acheve
d'imprimer, il ajoûta, Que fifa
trop promte mort avoit laiffé ce
dernier Ouvrage imparfait , quoy
qu'ily manquaft pour eftre entier ,
pas
GALANT. 119
ilne manqueroit rien à la réputa
tion de l'Autheur ; qu'on eftimeroit
toûjours ce qu'il a écrit , & qu'on regreteroit
toujours ce qu'il n'a pas eu le
temps d'écrire.Cet Eloge fut fuivy
de celuy de Monfieur le Cardinal
de Richelieu , inftituteur de l'Academie
Françoife . Il dit , Que
non feulement, il avoit fait les plus
grandes chofes pour la gloire de
lEtat , mais qu'il avoit fait les
plus grands Hommes pour celebrer
perpetuellement cette gloire ; que
tous les Academitiens luy apartenoient
par le Titre mefme de la
naiſſance de l'Academie, & qu'ils
étoient tous comme la Pofteritefçavante
& Spirituelle de ce grand
Miniftre ; Que l'illuftre Chancelier
qui luy avoit fuccedé dans la
protection de cette celebre Compagnie
, auroit toûjours part à la
mefme gloire; & que parmy toutes
"
110 MERCURE
les vertus qui l'avoient rendu digne
d'eftre Chefde la Justice , on releveroit
toûjours l'affection particulie
re qu'il avoit enë pour les Lettres,
& qui l'avoit obligé d'eftre fimple
Academicien long tems avant qu'il
devinft Protecteur de l'Academie ;
ce qui luy étoit d'autant plus glorieux
, que ces deux titres ne pou
voient plus estre reünis dans une
Perfonne privée , quelque éminente
qu'elle fuft en Dignité , le nom de
Protecteur del' Academie étant devenu
comme un titre Royal , par la
bonté que le Roy avoit euë de le
prendre , & de vouloir bien en faveur
des Lettres , que le Vainqueur
des Roys & l'Arbitre de l'Univers,
fuft auffi appellé le Protecteur de
l'Academie Françoife. Le reste de
fon Difcours roula fous les merveilleufes
qualitez de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que tout ce
qu'il
GALANT. 121
cachoit
qu'il faifoit voir au monde n'eftoit
rien en comparaison de ce qu'il luy
; que tant de Victoire , de
Conqueftes , & d'Evenemens prodigieux
qui étonnoient toute la Terre,
n'avoient rien de comparable à
la fageffe incomprehenfible qui en
eftoit la caufe , & que lors qu'on
pouvoit voir quelque chofe des confeils
de cette Sageffe plus qu'humai
ne onfe trouvoit , pour ainsi dire,
dans une fi haute region d'esprit .
qu'on en perdoit la pensée , comme
quand on eft dans un air trop élevé ,
& troppur , on perd la refpiration.
Il ajoûta , Quefe tenant renfermé
dans les termes de l'admiration &
du filence , il ne cefferoit de fe taire
que pour nommer les Souveraines
Vertus qu'il admiroit ; une Prudence
qui penetroit tout , & qui étoit ellemefme
impenetrable ; une Justice
qui préferoit l'intereft du sujet à
Janvier 1685 .
A
F
122 MERCURE
celuy du Prince ; une Valeur qui prenoit
toutes les Villes qu'elle attaquoit
, comme un Torrent qui rompt
tous les obftacles qu'il rencontre ;
une Moderation qui avoit tant de
fois arrefté ce Torrent , &fufpendu
cet Orage ; une Bonté qui par l'entiere
abolition des Duels , prenoit
plus de foin de la vie des Sujets,
qu'ils n'en prenoient eux - mefmes ;
un Zele pour la Religion, qui faifoit
chaque jour de fi grands & de fi
heureux projets ; & que ce qui étoit
encore plus admirable dans toutes
ces Vertus fi differentes , c'eftoit de
les voir agir toutes ensemble , &
dans la Paix & dans la Guerre ,fansdifference
ny diftinction de temps.
Aprés une peinture fort vive des
grandes chofes que le Roy a faites
pendant la Paix , qui avoit
toûjours efté pour luy non feulement
agiffante , mais encore
GALANT. 123
victorieuſe , puis que par un
bonheur incomparable , elle n'avoit
pas arreſté fes Conqueftes ,
& que les trois plus importantes
Places du Royaume , & pour fa
gloire , & pour fa fûreté , Dunkerque
, Strasbourg , & Cazal
trois Villes qui font les Clefs de
trois Etats voifins , & dont la
Prife auroit fignalé trois Campagnes
, avoient efté conquifes
fans armes & fans Combats , il
dit, Qu'on avoit vû l'Europe entiere
conjurée contre la France , que
tout le Royaume avoit efté environné
d'Armées Ennemies & que
cependant il n'eftoit jamais arrivé
qu'un feul de tant de Genéraux
Etrangers euft pris feulement un
Quartier d'Hyver fur nos Frontie
res; Que tous ces Chefs Ennemis
Se promettoient d'entrer dans nos
Provinces en Vainqueurs & en Con-
,
F 2
124
MERCURE
quérans , mais qu'aucun d'eux ne
les avoit veües , que ceux qu'on y
avoit amenez Prifonniers ; que tous
les autres estoient demeure autour
du Royaume , comme s'ils l'avoient
gardé ,fans troubler la tranquilité
dont iljouiffoit , & que c'eftoit un
prodige inouy , que tant de Nations
jaloufes de la gloire du Roy , & qui
s'étoient affemblées pour le combatre
, n'eulent pû faire autre choſe
que de l'admirer
& d'entendre
d'affez loin le bruit terrible defes
Foudres , qui renverfoient les Murs
de quarante Villes en moins,
trente jours , & qui cependant par
une espece de miracle , n'avoient
point empefché que la voix des Loix
n'euft efté toujours entenduë ; toûjours
la Justice également gardée,
l'obeiffance rendue , la Difcipline
obfervée, le Commerce maintenu , les
Arts floriffans , les Lettres cultivées,
>
de
GALANT
. 125
le Mérite recompenfe , tous les Reglemens
de la Police generalement
executez ; & non feulement de la
Police Civile , qui par les heureux
changemens qu'elle avoit faits ,fembloit
nous avoir donné un autre Air
& une autre Ville ; mais encore de
la Police Militaire , qui avoit civilife
les Soldats,& leur avoit inspire
un amour de la gloire & de la difcipline
, quifaifoit que les Armées du
Roy étoient en mefme temps la plus
belle & la plus terrible chofe du
monde. Il finit en difant, Que c'étoit
une grande gloire pour un Prince
Conquerant, que l'onput dire de
Luy, qu'il avoit toûjours eu un efprit
de paix dans toutes les Guerres qu'il
avoit faites , depuis la premiere
Campagne jufqu'à la derniere , depuis
la Prife de Marfal jufqu'à
celle de Luxembourg ; Que cette
derniere & admirable Conquefte ,
F
3
126 MERCURE
qui en affurant toutes les autres, venoit
heureufement de finir la Guerreferoit
dire encor plus que jamais,
que le Roy étoit un Héros toûjours
Vainqueur & toûjours Pacifique ,puis
que non feulement il avoit pris cette
Place ,une des plusfortes du Monde,
&qu'il l'avoit prife malgré tous les
obftacles de la Nature , malgré tous
les efforts de l'Art , malgré toute la
refiftance des Ennemis ; mais ce qui
étoit encore plus, malgré luy - même:
Eftant certain qu'il ne l'avoit attaquée
qu'à regret , &aprés avoir
preßé long-temps fes Ennemis cent
fois vaincus , de vouloir accepter
Paix qu'il leur offroit , & de ne le
pas contraindre à fe fervir du Droit
des Armes ; de forte que par un évenement
tout fingulier , cettefameufe
Villeferoit toûjours pour la gloire du
Roy un Monument éternel , non feulement
de la plus grande valeur .
la
GALANT. 127
mais auffi de la plus grande modes
ration dont on euft jamais parlé.
Toute l'Affemblée fut tresfatisfaite
de ce Difcours,& Monfieurde
Bergeret eut tout lieu de
l'eftre des louanges qu'il reçûr.
Monfieur Racines , qui eftoit
alors Directeur de l'Académie ,
répondit à ces deux nouveaux
Académiciens au nom de la
Compagnie. Je tâcherois inutilement
de vous exprimer combien
cette Reponſe fut éloquente
, & avec combien de grace il
la prononça . Elle fut interrom
pue par des applaudiffemens fréquemment
reiterez ; & comme
il en employe une partie à élever
le mérite de Monfieur de Corneille
, il fut aiſé de connoiſtre
qu'on voyoit avec plaifir dans la
bouche d'un des plus grands
Maiftres du Theatre ; les louan-
F 4
128
MERCURE
ges de celuy qui a porté la Scene
Françoife au degré de perfection
où elle eft. Il dit d'abord , Que
l'Academie avoit regardé fa mort
comme un des plus rudes coups qui
La puft fraper ; Que quoy que depuis
un an une longue maladie l'euft
privée de fa présence , & qu'elle
euft perdu en quelque façon l'espérance
de le revoir iamais dans fes
Affemblées , toutefois il vivoit , &
que dans la Lifte où font les noms
de tous ceux qui la compofent , cette
Compagnie dont il eftoit le Doyen ,
avoit au moins la confolation de
voir immédiatement audeffous du
nom facré de fon augufte Protecteur,
le fameux nom de Corneille . Il fit
enfaite une peinture admirable
du defordre & de l'irrégularité
où fe trouvoit la Scene Françoife
, lors qu'il commença à travailler.
Nul gouft , nulle connoiffan
GALANT. 129
遂
ce des veritables beautez du Theatre.
Les Autheurs auffi ignorans que
les Spectateurs. La plupart des Sujets
extravagans & dénue de vraifemblance.
Point de Moeurs , point
de Caracteres. La Diction encore
plus vicieufe que l'Action , & dont
les Pointes , & de miferables jeux
de mots, faifoient le principal ornement
. En un mot, toutes les Regles de
l'Art , celles mefme de l'honnefteté
& de la bienséance , violées . Il pourfuivit
en difant , Que dans ce Cahos
du Poëme Dramatique parmy
nous , Monfieur de Corneille , aprés
avoir quelque temps cherche le bon
chemin , & lutte contre le mauvais
goût de fon Siecle , enfin infpiré d'un
Genie extraordinaire , & aidé de la
lecture des Anciens , avoit fait voir
fur la Scene la Raifon , mais la Raifon
accompagnée de toute la pompe,
de tous les ornemens dont nôtre !
F
130
MERCURE
gue eft capable , accorde heureuſement
le Vrai-femblable & le Merveilleux,
& laiffe bien loin derriere
Luy tout ce qu'il avoit de Rivaux,
dont la plupart defefperant de l'atteindre,&
n'ofant plus entreprendre
de luy difputer le Prix , s'eftoient
bornez à combatre la Voix publique
déclarée pour luy , & avoient eſſayé
en vain par leur difcours & par
Leurs frivoles critiques , de rabaiffer
un merite qu'ils ne pouvoient égaler.
Il paffa de là aux acclamations
qu'avoient excité à leur naiffance
le Cid , Horace , Cinna , Pompée ,
& les autres Chef- d'oeuvres qui
les avoient fuivis , & dit , Qu'on
ne trouvoit point de Poëte qui eust
poffedé à la fois tant d'excellantes
parties , l'Art , laforce , le lugement
, & l'Efprit. Il parla de la
furprenantes varieté qu'il avoit
mellée dans les Caracteres , en
<
GALANT.
131
forte, que tant de Roys, de Princes,
& de Heros qu'il avoit repréfentez,
étoient toujours tels qu'ils devoient
estre , toûjours uniformes en euxmémes
, & jamais ne fe reffemblant
les uns aux autres ; Qu'il y avoit
parmy tout cela une magnificence
d'expreffion proportionnée aux Maitres
du Monde qu'ilfaifoit fouvent
parler , capable neanmoins de s'abaiffer
quand il vouloit , & de defcendre
jufqu'aux plus fimples naïvete
du Comique , où il eftoit encore
inimitable; Qu'enfin ce qui luy
étoit fur tout particulier , c'étoit une
certaineforce, une certaine élevatio,
qui en furprenant & en élevant ,
rendoit jufqu'à fes defauts , fi on luy
en pouvoit reprocher quelques uns,
plus eftimables que les vertus des
autres. Il ajoûta , Qu'on pouvoit le
regarder comme un Homme veritablement
népour lagloire de fon Païs ,
·
F 6
132 MERCURE
,
efme
comparable , non pas à tout ce que
Fancienne Rome avoit eu d'excellens
Tragiques , puis qu'elle confeffoit
elle-mefme qu'en ce genre elle
n'avoit pas efté fort heureuſe , mais
aux Efchiles , aux Sophocles , aux
Euripides , dont la fameuse Athenes
ne s'honoroit pas moins que des
Themiftocles , des Pericles , & des
Alcibiades , qui vivoient en me
temps qu'eux. Il s'étendit fur la juftice
la Pofterité rend aux
que
habiles Ecrivains , en les égalant
à tout ce qu'il y a de plus confiderable
parmy les Hommes , &
faifant marcher de pair l'excellent
Poëte & le grand Capitaine ; &
dit là deffus , Que le mefme Siecie
qui fe glorifioit aujourd'huy d'avoir
produit Auguste, ne fe glorifioit
guere moins d'avoir produit Horace
& Virgile ; qu'ainfi lors
ages fuivans on parleroit avec éton
que
dans les
GALANT.
133
nement des Victoires prodigieufes ,
& de toutes les chofes qui rendront
nostre fiecle l'admiration de tous les
fiecles à venir , l'illuftre Corneille
tiendroit fa place parmis toutes ces
merveilles ; que la France fe fouviendroit
avec plaifir quefous le
Regne du plus grand de fes Roys ,
auroit fleury le plus celebre de fes
Poëtes , qu'on croiroit mefme ajoûter
quelque chofe à la gloire de noftre
Augufte Monarque , lors qu'on diroit
qu'il avoit eftimé, qu'il avoit honoré
de fes bien faits cet excellent Genie;
que même deux jours avant la mort,
& lors qu'il ne luy reftoit plus qu'un
rayon de connoiffance , il luy avoit
´encore envoyé des marques de fa liberalité
; & qu'enfin les dernieres
paroles de Corneille avoient efté
des remercimens pour Louis LE
GRANDAprés
l'avoir loué fur d'autre
134
MERCURE
qualitez particulieres , fur fa probité
, fur fa piété , & fur l'efprit
de douceur & de déference qu'il
apportoit à l'Academie , ne fe
préferant jamais à aucun de fes
Confreres , & ne tenant aucun
avantage des aplaudiffemens qu'il
recevoit dans le Public Monfieur
Racines adreffa la parole à Monfieur
de Bergeret , & dit , Que fi
l'Academie Françoife avoit perdu
en Monfieur Cordemoy , un Homme
qui aprés avoir donné au Barreau
une partie de fa vie , s'eftoit depuis
appliqué tout entier à l'étude de
nôtre ancienne Hiftoire , elle luy avoit
choisi pour Succeffeur un Homme,qui
après avoir eftélong - temps l'organe
d'un Parlement celebre , avoit effé
appellé à un des plus importans Emplois
de l'Etat , & qui avec une
connoiffance exacte , & de l'Hiftoire
& de tous les bons Livres, luy apporGALAN
T.
135
toit encore la connoiffance parfaite
de la merveilleufe Hiftoire de fon
Protecteur , qui étoit quelque chofe
de bien plus utile , & de bien plus
confiderable pour elle ; queperfonne
mieux que luy ne pouvoit parler de
tant de grands évenemens , dont
les motifs & les principaux refforts
avoient efté fi fouvent confiez à fa
fidelité & à fa fageffe , puis que
perfonne ne fçavoit mieux à fond
tout ce qui s'eftoit paßé de memorable
dans les Cours Etrangeres , les
Traitez, les Alliances , & toutes les
importantes Négotiations , qui fous
le Regne de Sa Majesté avoient
donne le branle à toute l'Europe ;
que cependant , s'il falloit dire la
verité , la voye de la négotiation
étoit bien courte fous un Prince qui
ayant toujours de fon cofté la Puiffance
& la Justice , n'avoit befoin
pour faire executerfes volontez, que
136 MERCURE
de les declarer ; Qu'autrefois la
France trop facile à fe laiffer fur
prendre par les artifices de fes Voifins
, paffoit pour eftre auffi infortunée
dans fes Accommodemens, qu'elle
étoit heureufe redoutable dans la
Guerre ; Quefur tout l'Espagne ,fon
orgueilleufe Ennemie , fe vantoit de
n'avoir jamais figné, mefme au plus
fort de nos profperitez , que des Trai
tezavantageux, & de regagnerfou
vent par un trait de plume , ce qu'elle
avoit perdu en plufieurs Campagne
; que cette adroite Politique
dont elle faifoit tant de vanité, luy
étoit prefentement inutile ; que toute
l'Europe avoit veu avec étonnement
, dés les premieres démarches
du Roy , cette fuperbe Nation contrainte
de venir jufque dans le Louvre
reconnoître publiquement fon
inferiorité , & nous abandonner de
puis par des Traitez folemnels , tant
GALANT . 137
l'emde
Places fi famenfes , tant de grandes
Provinces, celles mefme dont les
Roys empruntoient leurs plus glorieux
Titres ; que ce changement ne
s'étoit fait , ny par une longue fuite
de Négociations traînées , ny par la
dexterité de nos Ministres dans les
Pais Etrangers, puis qu'eux - mefmes
confeffoient que le Royfait tout, voit
tout dans les Cours où il les envoye,
& qu'ils n'ont tout au plus que
barras d'y faire entendre avec dignité
ce qu'il leur a dicté avec fageffe
. Il s'étendit encore quelque
temps fur les louanges de ce
grand Monarque, avec une force
d'expreffion tres - digne de fa matiere.
Il dit , Qu'ayant refolu dans
fon Cabinet,pour le bien de la Chré
tienté , qu'il n'y euft plus de guerre,
il avoit tracé fix lignes , & les avoit
envoyées à fon Ambassadeur à la
Haye , la veille qu'il devoit partir
138
MERCURE
pour se mettre à la teste d'une de
fes Armées ; que là- deffus tout s'étoit
agité , tout s'étoit remué , &
qu'enfin, fuivant ce qu'il avoit prévú,
fes Ennemis aprés bien des Conferences
, bien des Projets , bien des.
Plaintes inutiles , avoient efté contraints
d'accepter ces mefmes Conditions
qu'il leur avoit offertes, fans
avoir pu avec tous leurs efforts , s'écarter
d'un feul pas du cercle étroit
qu'il luy avoit plû de leur tracer.
Il s'adreffa alors à Meffieurs de
l'Academie , & ce qu'il leur dit fut
fi vif & fi bien peint , que j'affoiblirois
la beauté de cette fin d'un
Difcours fi éloquent , ſi j'en retranchois
une parole . Voicy les
termes qu'il y employa .
Quel avantage pour tous tant
que nous fommes, Meffieurs , qui cha
eun felon nos differens talens avons
entrepris de celebrer tant de granGALANT.
139
des chofes ! Vous n'aurez point pour
les mettre en jour , à difcuter avec
des fatigues incroyables une foule
d'intrigues , difficiles à developer.
Vous n'aurez pas mefme à fouiller
dans le Cabinet de fes Ennemis .
Leur mauvaife volonté , leur impuiffance
, leur douleur eft publique
à toute la Terre. Vous n'aurez point
à craindre enfin tous ces longs détails
de chicanes ennuyeuſes , qui
fechent l'efprit de l'Ecrivain , &
qui jettent tant de langueur dans
la plupart des Hiftoires modernes,
où le Lecteur qui cherchoit desfaits,
ne trouvant que de paroles , fent
mourir à chaque pas fon attention,
&perd de vue lefil des évenemens,
Dans l'Histoire du Roy, tout rit,tout
marche , tout eft en action. Il ne
faut que le fuivre fi l'on peut, & le
bien étudier luy feul. C'est un enchaînement
continuel de Faits mer-
3
140 MERCURË
veilleux que luy mefme commence,
que luy- mefme acheve , auffi clairs ,
auffi intelligibles quand ils font executez
, qu'impenetrables avant l'execution
. En un mot , lé miracle fut
de prés un autre miracle . L'attention
eft toûjours vive , l'admiration
toûjours tenduë , & l'on n'eft
pas moins frapé de la grandeur &
de la promptitude avec laquelle fe.
fait la Paix , que de la rapidité
avec laquelle fe font les Conquêtes .
Cette réponſe de Monfieur Racine
fut fuivie de tous les applau
diffemens qu'elle méritoit . Chacun
à l'envy s'empreffa a luy
marquer le plaifir que l'Affemblée
en avoit reçu , & on demeura
d'accord tout d'une voix , que
le Sort qui l'avoit fait Directeur,
n'avoit point efté aveugle dans
fon choix , & qu'on ne pouvoit
parler plus dignement au nom
GALANT.
141
de l'illuftre Compagnie , qui recevoit
dans fon Corps les deux
nouveaux Académiciens.
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Résumé : « Monsieur de Corneille ayant cessé de parler, Monsieur de Bergeret [...] »
Monsieur de Bergeret prononce un discours à l'Académie Française, soulignant la grandeur de cette institution qui attire les plus grands princes. Il rend hommage à Monsieur de Cordemoy, louant ses vertus morales et chrétiennes, ainsi que ses talents intellectuels. Cordemoy avait entrepris une grande histoire des rois de France, restée inachevée à cause de sa mort prématurée. Le discours est suivi d'un éloge du Cardinal de Richelieu, fondateur de l'Académie, célébré pour ses contributions à la gloire de l'État et son rôle de protecteur des lettres. Le roi est ensuite loué pour ses qualités exceptionnelles telles que la prudence, la justice, la valeur, la modération, la bonté et son zèle pour la religion. Ses actions pendant la paix et la guerre, notamment la conquête de places stratégiques sans combat et la gestion efficace du royaume malgré les menaces extérieures, illustrent ces vertus. Monsieur Racine, directeur de l'Académie, répond aux nouveaux académiciens en soulignant l'importance de Pierre Corneille pour le théâtre français. Racine décrit l'état chaotique du théâtre avant l'œuvre de Corneille, qui a introduit la raison et la vraisemblance sur scène, surpassant tous ses contemporains. Il compare Corneille aux grands tragiques de l'Antiquité et souligne son impact durable sur la littérature française. Le texte mentionne également la gloire de la France, qui se glorifie d'avoir produit des figures illustres comme Auguste, Horace et Virgile, et prédit que le siècle sera admiré pour ses victoires prodigieuses. Corneille est décrit comme une merveille parmi ces exploits. La France se souviendra avec plaisir que, sous le règne de Louis XIV, le plus célèbre de ses poètes a fleuri. Le roi a honoré Corneille de ses bienfaits, même deux jours avant sa mort, en lui envoyant des marques de libéralité. Les dernières paroles de Corneille ont été des remerciements à Louis XIV, qu'il a loué pour sa probité, sa piété et son esprit de douceur. Racine adresse ensuite la parole à Bergeret, soulignant que l'Académie française a perdu en Cordemoy un homme dédié à l'étude de l'histoire ancienne, mais a choisi un successeur compétent en Bergeret. Ce dernier, après avoir été l'organe d'un parlement célèbre et occupé un emploi important dans l'État, apporte à l'Académie une connaissance parfaite de l'histoire et des livres, ainsi que de l'histoire de son protecteur. Racine loue Bergeret pour sa connaissance des grands événements, des traités, des alliances et des négociations sous le règne de Sa Majesté. Racine mentionne également la supériorité de la France dans les négociations, contrastant avec les politiques passées où la France était souvent désavantagée. Il souligne que l'Espagne, autrefois orgueilleuse, a dû reconnaître publiquement son infériorité et abandonner des places et provinces importantes. Ce changement est attribué à la puissance et à la justice du roi, qui n'a besoin que de déclarer ses volontés pour les voir exécutées. Racine conclut en louant le roi pour sa résolution de mettre fin à la guerre et pour son habileté à tracer des lignes de paix que les ennemis ont dû accepter.
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3698
p. 129
ÉNIGME.
Début :
L'été comme l'hiver, vêtu légèrement, [...]
Mots clefs :
Danseur de corde
3699
p. 2437
« On débite pour l'année 1733. chez Armand, Libraire, ruë S. Jacques, à S. Benoît [...] »
Début :
On débite pour l'année 1733. chez Armand, Libraire, ruë S. Jacques, à S. Benoît [...]
Mots clefs :
Almanach ecclésiastique
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texteReconnaissance textuelle : « On débite pour l'année 1733. chez Armand, Libraire, ruë S. Jacques, à S. Benoît [...] »
On débite pour l'année 1733. chez Armand , Libraire , rue S. Jacques , à S. Benoît, une nouvelle Edition de l'Almanack
Ecclesiastique et Historique , tres- exactement corrigée , et considérablement augmentée de matieres tres- curieuses et tresutiles.
Ecclesiastique et Historique , tres- exactement corrigée , et considérablement augmentée de matieres tres- curieuses et tresutiles.
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3700
p. 1619
III.
Début :
Qu'on lise à l'ordinaire ou qu'on lise à rebours, [...]
Mots clefs :
Ève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
I I I.
U'on life à l'ordinaire ou qu'on life à
Q
rebours ,
Je fuis toûjours la même chofe.
Le genre humain me doit fes jours ,
Quoique de fon trépas je fois auffi la cauſe.
U'on life à l'ordinaire ou qu'on life à
Q
rebours ,
Je fuis toûjours la même chofe.
Le genre humain me doit fes jours ,
Quoique de fon trépas je fois auffi la cauſe.
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