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19852
p. 2863-2864
LOGOGRYPHE.
Début :
Je renferme en mon sein un nom de consequence, [...]
Mots clefs :
Église
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E renferme en mon sein un nom de conse→→
quence
Et celle qui le porte est digae qu'on l'encense ;
Mon nom est compris dans le sien :
Des Mortels je suis le soutien.
De l'Ame elle est la nourriture ,
Je ne suis que celle du corps ;
Elle est la source des trésors.
Je ne suis point de pareille structure
Quoi qu'avec du raport dans nos proprietést
Faut-il en dire davantage ?
Quand j'ai changé de forme , on m'aime en du
laitage..
Pour donner plus de jour à ces obscurités
On trouve en moi le nom d'un fameux Person
nage ,
eut de l'avenir la science en partage .
On trouve aussi le nom d'un Saint dans mon
entier ,
Mest le chef d'un mois dans le Calendrier.
Que de mon -tout on change en N IS ,
Me transposant je puis flater votre apetit
Quand je suis de bon acabit :
II. Va Bacchus
2864 MERCURE DE FRANCE
Bacchus joint avec moi, nous chassons la tristesse,
De
e mon nom converti qu'on change l'N en E ,
On me métamorphose en Poëme.
D'un Amant qui n'est pas aimé
Je dépeins la langueur et la tendresse extrême-
Par 2. §. 3. x . 6. une tragique more
Finit mon déplorable sort.
f. 3. 2. 4. et 6. je deviens une Ville
Très ancienne et de renom.
Mêmes chifres formant mon nom ,
Les buveurs délicats me trouvent fort utile.
1. 3. 2. 4. et 6. les Villes et les Forts
De ceux qui mont formé redoutent les eforts.
Pris dans un autre séns , les gens de tout étage
De moi ne peuvent se passer ,
Et je leur suis utile en toute sorte d'âge ;
Je suis propre à les délasser.
Je sers dans le Palais d'endroit où l'on préside
Quand je suis composé , dans Rome je reside .
Qu'on joigne 5. 3. 2. je deviens le rebut
De beaucoup de fiqueurs ; pour venir à mon but,
J'ay du chemin encore à faire .
Unissant 1. 2. 5. je suis fort nécessaire
Aux mets les plus délicieux.
Par 5. 3. 1. je suis un nom très glorieur
Passant pour tête couronnée.
Des Eaux je suis environnée
Joignant 3. 1. 5. 6. ce dernier mot , Lecteur,
Finira mon petit labeur.
E renferme en mon sein un nom de conse→→
quence
Et celle qui le porte est digae qu'on l'encense ;
Mon nom est compris dans le sien :
Des Mortels je suis le soutien.
De l'Ame elle est la nourriture ,
Je ne suis que celle du corps ;
Elle est la source des trésors.
Je ne suis point de pareille structure
Quoi qu'avec du raport dans nos proprietést
Faut-il en dire davantage ?
Quand j'ai changé de forme , on m'aime en du
laitage..
Pour donner plus de jour à ces obscurités
On trouve en moi le nom d'un fameux Person
nage ,
eut de l'avenir la science en partage .
On trouve aussi le nom d'un Saint dans mon
entier ,
Mest le chef d'un mois dans le Calendrier.
Que de mon -tout on change en N IS ,
Me transposant je puis flater votre apetit
Quand je suis de bon acabit :
II. Va Bacchus
2864 MERCURE DE FRANCE
Bacchus joint avec moi, nous chassons la tristesse,
De
e mon nom converti qu'on change l'N en E ,
On me métamorphose en Poëme.
D'un Amant qui n'est pas aimé
Je dépeins la langueur et la tendresse extrême-
Par 2. §. 3. x . 6. une tragique more
Finit mon déplorable sort.
f. 3. 2. 4. et 6. je deviens une Ville
Très ancienne et de renom.
Mêmes chifres formant mon nom ,
Les buveurs délicats me trouvent fort utile.
1. 3. 2. 4. et 6. les Villes et les Forts
De ceux qui mont formé redoutent les eforts.
Pris dans un autre séns , les gens de tout étage
De moi ne peuvent se passer ,
Et je leur suis utile en toute sorte d'âge ;
Je suis propre à les délasser.
Je sers dans le Palais d'endroit où l'on préside
Quand je suis composé , dans Rome je reside .
Qu'on joigne 5. 3. 2. je deviens le rebut
De beaucoup de fiqueurs ; pour venir à mon but,
J'ay du chemin encore à faire .
Unissant 1. 2. 5. je suis fort nécessaire
Aux mets les plus délicieux.
Par 5. 3. 1. je suis un nom très glorieur
Passant pour tête couronnée.
Des Eaux je suis environnée
Joignant 3. 1. 5. 6. ce dernier mot , Lecteur,
Finira mon petit labeur.
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19853
p. 3007-3013
Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe Tome III. [...]
Mots clefs :
Journaliste, Estampe, Or, Argent, Histoire véritable, Anecdotes, Mémoires
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
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Résumé : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Le document présente une sélection de publications littéraires et scientifiques. La 'Bibliothèque Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' est un ouvrage en deux parties, publié à Amsterdam en 1729, totalisant 475 pages. Parmi les œuvres notables, figure 'L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent' de David Durand, publiée à Londres en 1728. Cet ouvrage inclut un poème et des remarques sur le texte latin de Pline, bien que le journaliste critique la qualité poétique de Durand. Une autre œuvre mentionnée est 'L'Histoire veritable et secrette des Vies et des Regnes de tous les Rois et de toutes les Reines d'Angleterre', traduite de l'anglais et publiée en trois volumes à Amsterdam en 1729. L'auteur de cette œuvre défend la publication d'anecdotes désavantageuses sur les grands hommes. Le document évoque également les 'Mémoires touchant le tres-honorable Ordre du Bain' par Juste-Christ Dithmar, publié à Francfort en 1729, qui détaille l'histoire et les règles de cet ordre. Parmi les autres publications, on trouve une édition de l'Histoire de M. de Thou proposée par souscriptions. Un ouvrage latin sur la salive humaine par Martin Gurisch, publié à Leipsic en 1729, est critiqué pour son interprétation naturelle d'un miracle de Jésus-Christ. Enfin, le document mentionne une 'Retraite Spirituelle' sur les vertus de Jésus-Christ, publiée à Paris, et l''Almanach Royal' pour l'année 1732, contenant diverses informations utiles au public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19854
p. 1298-1315
VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
Début :
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse et un esprit de curiosité, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
VII. LETTRE de M. D. L. R.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
Fermer
19855
p. 2865
AUTRE.
Début :
Peut-être vous croyez me tenir toute entiere ; [...]
Mots clefs :
Partie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Eut- être vous croyez me tenir toute entiere s
Erreur c'est une portion
Que vous tenez , par l'amputation
Des deux pieds et de la criniere ,
Je regle , je contiens , et je fais tout méties,
Tant relevé , tant vil puisse -t'il être :
Toute science enfin qu'à fond on veut connoître
Me veut ainsi tronqué,sans moi ne peut paroître y
Je serois beaucoup moindre étant en mon entier
J. Chevrier, Organiste à Chemillé en Anjou.
Eut- être vous croyez me tenir toute entiere s
Erreur c'est une portion
Que vous tenez , par l'amputation
Des deux pieds et de la criniere ,
Je regle , je contiens , et je fais tout méties,
Tant relevé , tant vil puisse -t'il être :
Toute science enfin qu'à fond on veut connoître
Me veut ainsi tronqué,sans moi ne peut paroître y
Je serois beaucoup moindre étant en mon entier
J. Chevrier, Organiste à Chemillé en Anjou.
Fermer
19857
p. 1352-1353
LOGOGRYPHE A Mad. R....
Début :
Le Logogryphe a le don de vous plaire, [...]
Mots clefs :
Loire
19858
p. 2864-2868
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
Début :
Vous avez annoncé au public Monsieur, dans le Mercure de [...]
Mots clefs :
Nation, Privilèges, Suisses, Lettres, Service, Mots, Jouir, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Pa
ris , le 10 Decembre 1733. au sujet d'un
Livre , intitulé Les Privileges des
Suisses , & c. :
Vsieur ,dans le Mercure de
Ous avez annoncé au public Mondernier
, un Livre qui a pour titre , les
Privileges des Suisses , & c. avec un Traité
Historique et Politique, & c. on vous prie
de vouloir bien aussi lui annoncer les faur
tes qu'on y a remarquées , entres autres
celles qui suivent :
Premierement, Partie premiere, Traité
II. Vol. hisDECEMBRE.
1733. 2865.
historique , pag. 6. lorsque parlant des
Lettres Patentes , dont Louis XI . gratifia
la Nation Suisse en 1481. L'Auteur de ce
Livre parle ainsi : Elles renferment tout le
fondement des Privileges dont les Militaires
Suisses sont en droit de jouir en France.
Ce mot Militaire , semble exclure tout
le reste de la Nation , contre l'esprit et la
teneur de ces Lettres qui accordent les
inêmes Privileges à tous ceux de cette Nation
habituez dans leRoyaume . Il suffisoit de
dire , dont les Suisses sont en droit de jouir
en France ; ou bien , dont les Militaires et
tous autres Suisses sont en droit de joüir
en France , suivant l'esprit des Lettres Patentes.
Deux lignes après , l'Auteur continuë
ainsi : Ceux de cette Nation qui sont an
service du Roy , croiroient n'avoir rien à
desirer , & c. Quoique ces mots' : Qui sont
au service du Roy , ne puissent porter aucun
préjudice aux droits de ceux qui n'y
sont pas ; néanmoins on peut dire que
c'est une erreur, attendu qu'ils suivent de
près la remarqué cy - dessus , outre les suivantes.
Page 6. dans la substance de ces mêmes
Lettres , l'Auteur y a omis ces mots :
Et tous autres de ladite Nation , qui doivent
être à la suite de ceux- cy : Gages
II. Vol. et
2866 MERCURE DE FRANCE
et Solde ; ce qui ne peut être fait que dans
le dessein de soutenir les idées de soR
Traité historique.
Page 40 , lig 10 , et suivantes , on se
persuade que les personnes bien instruites ne
seront point étonnées de voir les Privileges
don jouit cette Nation , et ceux en particu-
Lier qui se sont dévouez au service du Roy
d'une maniere plus spéciale . C'est icy encore
une erreur , car l'Auteur fait toujours
entendre que ce n'est que ceux
qui se sont dévou z au service du Roy ,
qui ont droit de jouir de ces Privil ges ,
et ceux en particulier qui s'y sont dévoüez
d'une maniere plus spéciale .
On passe sous silence ce qu'il dit des
differens Acres qu'il rapporte dans son
Recueil , rendus pour et contre ces Privileges
; mais on peut remarquer en passant
qu'il n'a pas manqué d'omettre ou
de retrancher ces mots : Et tous autres de
la lite Nation , en tous les Actes et en
tous les endroits où ils devoient être.
蒙
L'Esprit équitable , dit encore l'Auteur
, de ceux qui gouvernent cette Netion,
ne les portera jamais à prétendre au delà des
articles stipulez entre les Parties . En cela
il a raison , mais il n'oseroit soutenir que
ces contestations dont il fait mention ,
l'on ne voit que trop souvent naître
que
II. Vol.
DECEMBR E. 1733. 2867.
à l'occasion de ces Privileges , soient arrivées
pour avoir voulu prétendre au delà
des articles stipulez , sur quoi l'on auroit
bien des choses à dire.
Seconde Partie , pag. 2 et 3. dans le
corps des Lettres de Louis XI.on y a aussi
retranché ces mots : Et tous autres de ladi
Nation , et cela en deux endroits.
On a fait la même chose dans les Lettres
Patentes d'Henry IV. de 1602. pag.
62,63,64 et 65. et c'est particulierement
icy où l'omission est grande , puisqu'on
y a retranché cinq fois ces mots :
Et tous autres de ladite Nation . Cependant
voicy un Extrait des propres termes
de ces Lettres Patentes , où ces mots sont
tapporrez cinq fois , collationnées aux
Originaux , par Carpor , Conseiller , Secretaire
du Roy , signez de lui , avec pa
taphe.
» ... auroit été ... octroyé et accordé
à tous de ladite Nation qui étoient alors
» et seroient pour le temps à v nir à son
» service , et à ses gages et solde , et tous
autres de ladite Nation , mariez èt ha-
» bituez , & c,
» .
•
et en outre , afin que les sus-
» dits Gens de Guerre , et tous autres de
» ladite Nation , & c.
•
..
à ceux de la susdite Nation ·
11. Vol.
qui
2868 MERCURE DE FRANCE
" qui sont employez à leurdit service et
» à leurs gages et solde ; à tous autres de
» la susdite Nation , comme dit est , & c.
» . • avons à iceuxdits Suisses , étant
>> en nos gages et solde , et à tous autres de
» ladite Nation , mariez et habituez en
» notre Royaume , et leurs Veuves , du-
>> rant leur viduité , continuez et confir
» mez , &c. . Si donnons en Man-
» dement à nos Amez , &c.
» de nos présentes confirmations , et du
» contenu cy- dessus ils fassent , souffrent
net laissent lesdits Suisses , étant en no-
» tredit service , gage et soide , et tous
•
•
que
autres de ladite Nation , mariez et ha-
» bituez en notre Royaume et leurs Veu-
» ves durant leur viduité , joüir et user
» pleinement et paisiblement , &c.
,
Le Livre sur lequel on a fait ces Remarques
, intitulé : les Privileges des Suis
ses , cst imprimé à Paris , chez la veuve
Saugrain et Pierre Prault. 1731 .
ris , le 10 Decembre 1733. au sujet d'un
Livre , intitulé Les Privileges des
Suisses , & c. :
Vsieur ,dans le Mercure de
Ous avez annoncé au public Mondernier
, un Livre qui a pour titre , les
Privileges des Suisses , & c. avec un Traité
Historique et Politique, & c. on vous prie
de vouloir bien aussi lui annoncer les faur
tes qu'on y a remarquées , entres autres
celles qui suivent :
Premierement, Partie premiere, Traité
II. Vol. hisDECEMBRE.
1733. 2865.
historique , pag. 6. lorsque parlant des
Lettres Patentes , dont Louis XI . gratifia
la Nation Suisse en 1481. L'Auteur de ce
Livre parle ainsi : Elles renferment tout le
fondement des Privileges dont les Militaires
Suisses sont en droit de jouir en France.
Ce mot Militaire , semble exclure tout
le reste de la Nation , contre l'esprit et la
teneur de ces Lettres qui accordent les
inêmes Privileges à tous ceux de cette Nation
habituez dans leRoyaume . Il suffisoit de
dire , dont les Suisses sont en droit de jouir
en France ; ou bien , dont les Militaires et
tous autres Suisses sont en droit de joüir
en France , suivant l'esprit des Lettres Patentes.
Deux lignes après , l'Auteur continuë
ainsi : Ceux de cette Nation qui sont an
service du Roy , croiroient n'avoir rien à
desirer , & c. Quoique ces mots' : Qui sont
au service du Roy , ne puissent porter aucun
préjudice aux droits de ceux qui n'y
sont pas ; néanmoins on peut dire que
c'est une erreur, attendu qu'ils suivent de
près la remarqué cy - dessus , outre les suivantes.
Page 6. dans la substance de ces mêmes
Lettres , l'Auteur y a omis ces mots :
Et tous autres de ladite Nation , qui doivent
être à la suite de ceux- cy : Gages
II. Vol. et
2866 MERCURE DE FRANCE
et Solde ; ce qui ne peut être fait que dans
le dessein de soutenir les idées de soR
Traité historique.
Page 40 , lig 10 , et suivantes , on se
persuade que les personnes bien instruites ne
seront point étonnées de voir les Privileges
don jouit cette Nation , et ceux en particu-
Lier qui se sont dévouez au service du Roy
d'une maniere plus spéciale . C'est icy encore
une erreur , car l'Auteur fait toujours
entendre que ce n'est que ceux
qui se sont dévou z au service du Roy ,
qui ont droit de jouir de ces Privil ges ,
et ceux en particulier qui s'y sont dévoüez
d'une maniere plus spéciale .
On passe sous silence ce qu'il dit des
differens Acres qu'il rapporte dans son
Recueil , rendus pour et contre ces Privileges
; mais on peut remarquer en passant
qu'il n'a pas manqué d'omettre ou
de retrancher ces mots : Et tous autres de
la lite Nation , en tous les Actes et en
tous les endroits où ils devoient être.
蒙
L'Esprit équitable , dit encore l'Auteur
, de ceux qui gouvernent cette Netion,
ne les portera jamais à prétendre au delà des
articles stipulez entre les Parties . En cela
il a raison , mais il n'oseroit soutenir que
ces contestations dont il fait mention ,
l'on ne voit que trop souvent naître
que
II. Vol.
DECEMBR E. 1733. 2867.
à l'occasion de ces Privileges , soient arrivées
pour avoir voulu prétendre au delà
des articles stipulez , sur quoi l'on auroit
bien des choses à dire.
Seconde Partie , pag. 2 et 3. dans le
corps des Lettres de Louis XI.on y a aussi
retranché ces mots : Et tous autres de ladi
Nation , et cela en deux endroits.
On a fait la même chose dans les Lettres
Patentes d'Henry IV. de 1602. pag.
62,63,64 et 65. et c'est particulierement
icy où l'omission est grande , puisqu'on
y a retranché cinq fois ces mots :
Et tous autres de ladite Nation . Cependant
voicy un Extrait des propres termes
de ces Lettres Patentes , où ces mots sont
tapporrez cinq fois , collationnées aux
Originaux , par Carpor , Conseiller , Secretaire
du Roy , signez de lui , avec pa
taphe.
» ... auroit été ... octroyé et accordé
à tous de ladite Nation qui étoient alors
» et seroient pour le temps à v nir à son
» service , et à ses gages et solde , et tous
autres de ladite Nation , mariez èt ha-
» bituez , & c,
» .
•
et en outre , afin que les sus-
» dits Gens de Guerre , et tous autres de
» ladite Nation , & c.
•
..
à ceux de la susdite Nation ·
11. Vol.
qui
2868 MERCURE DE FRANCE
" qui sont employez à leurdit service et
» à leurs gages et solde ; à tous autres de
» la susdite Nation , comme dit est , & c.
» . • avons à iceuxdits Suisses , étant
>> en nos gages et solde , et à tous autres de
» ladite Nation , mariez et habituez en
» notre Royaume , et leurs Veuves , du-
>> rant leur viduité , continuez et confir
» mez , &c. . Si donnons en Man-
» dement à nos Amez , &c.
» de nos présentes confirmations , et du
» contenu cy- dessus ils fassent , souffrent
net laissent lesdits Suisses , étant en no-
» tredit service , gage et soide , et tous
•
•
que
autres de ladite Nation , mariez et ha-
» bituez en notre Royaume et leurs Veu-
» ves durant leur viduité , joüir et user
» pleinement et paisiblement , &c.
,
Le Livre sur lequel on a fait ces Remarques
, intitulé : les Privileges des Suis
ses , cst imprimé à Paris , chez la veuve
Saugrain et Pierre Prault. 1731 .
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Paris, le 10 Décembre 1733. au sujet d'un Livre, intitulé : Les Privileges des Suisses, &c.
La lettre datée du 10 décembre 1733 critique un ouvrage intitulé 'Les Privileges des Suisses'. L'auteur de la lettre met en lumière plusieurs erreurs et omissions présentes dans le livre. Tout d'abord, l'auteur du livre utilise le terme 'Militaire' de manière restrictive, excluant ainsi le reste de la nation suisse. Cette utilisation est contraire à l'esprit des Lettres Patentes de Louis XI en 1481, qui accordent des privilèges à tous les Suisses résidant en France. L'auteur du livre omet également les mots 'Et tous autres de ladite Nation' dans divers passages, ce qui altère la portée des privilèges accordés. Cette omission est particulièrement notable dans les Lettres Patentes de Louis XI et d'Henri IV en 1602, où ces mots apparaissent plusieurs fois dans les originaux. La lettre souligne que l'auteur du livre ignore certaines contestations relatives à ces privilèges. Le livre critiqué a été imprimé à Paris chez la veuve Saugrain et Pierre Prault en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19859
p. 2842-2850
Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République [...]
Mots clefs :
Hommes illustres, République des Lettres, Mémoires, Godeau, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
MEMOIRES pour servir à PHistoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , &c. Tome XVIII. de 411.
pages , sans les Tables. A Paris , chez
Briasson , rue S. Jacques , à la Science ,
M. DCC. XXXII.
,
Les Memoires qui font la matiere de
ce XVIIIe Volume , contiennent la Vie
et le Catalogue des Ouvrages de trentecinq Auteurs , entre lesquels nous avons
choisi l'article d'Antoine Godeau , pour
suivre notre coûtume , et pour ne point
exceder, les bornes prescrites dans notre
Journal.
Antoine Godeau nâquit à Dreux , Ville
du Diocèse de Chartres , où son pere
étoit Elû , et d'une des meilleures familles du Lieu , vers l'an 1605.
Il s'adonna de bonne heure à la Poësie
Françoise , et se fit connoître avantageusement de ce côté-là. Il étoit un peu pa11. Vol.
.rent
DECEMBRE. 1732: 2843
rent de M. Conrart , et logeoit chez lui
lorsqu'il venoit à Paris. Les Poësies qu'il
y apportoit de Dreux , donnerent lieu à
M. Conrart d'assembler dans sa Maison
quelques Gens de Lettres , pour en entendre la lecture , et ces Assemblées furent
proprement l'origine de l'établissement
de l'Académie Françoise , dans laquelle
M. Godeau eut entrée des premiers.
Ses vûës tendirent d'abord vers le mariage , et il rechercha la fille du Lieutenant General de Dreux ; mais se voyant
rejetté , parce qu'il étoit petit et laid , il
quitta sa Patrie et vint s'établir à Paris.
M. Conrart l'ayant fait connoître à
M. Chapelain ; celui- cy le produisit à
l'Hôtel de Rambouillet , qui étoit alors
le Tribunal où il falloit faire preuve d'esprit et de mérite pour être admis au
rang des Illustres ; il y fut goûté , et c'étoit de lui que Mademoiselle de Ramboüillet ( Julie d'Angennes ) disoit dans
une de ses Lettres à Voiture : Il y
y a ici
un homme plus petit que vous d'une coudée.
et je vous jure , mille fois plus galint. Sa
taille et l'affection que cette Demoiselle
lui témoignoit , lui firent alors donner
le nom de Nain de Julie.
On voit par-là que si M.Godeau n'avoit
du côté du corps rien qui méritât de l'atII. Vol. tention
2814 MERCURE DE FRANCE
tention , les qualitez de son esprit et son
mérite suppléoient à ce deffaut. Quelque
temps après qu'il se fûr fixé à Paris , it
embrassa l'Etat Ecclesiastique ; et l'esprie
de pieté qui lui avoit inspiré ce dessein ,
lui inspira aussi celui de ne plus exercer
le talent et l'inclination qu'il avoit pour
la Poësie , que sur des sujets chrétiens.
Il fit en 1636. une Paraphrase du Cantique : Benedicite omnia opera Domini Domin , qui étant bien versifiée et écrite
d'un stile noble et riche , lui attira un
applaudissement general. Elle plut si fort
au Cardinal de Richelieu , à qui il l'avoit
présentée , qu'après l'avoir luë et reluë
en sa présence , il lui dit : Vous me donnez le Benedicite , et moije vous donne
Grasse. Jeu de mots , que l'occasion fit
naître ; car l'Evêché de Grasse vaquoit
alors , et le Cardinal qui connoissoit d'ail
leurs son mérite et sçavoit le bruit que
faisoient ses Prédications , fut par-là déterminé à le placer sur le champ.
Il fut nommé à cet Evêché l'an 1536.
et fut sacré à S. Magloire au mois de Décembre de la même année , par Eleonor
d'Estampes , Evêque de Chartres , et depuis Archevêque de Reims , assisté d'Etienne Pouget , Evêque de Dardanie et *
* Ce nom est defiguré , il faut dire Etienne de Puget.
DECEMBRE. 1732. 2845
depuis de Marseille , et de Bertrand Des
pruotz , Evêque de S. Papoul.
-Aussi-tôt après son Sacre , il se retira
dans son Diocèse , pour s'appliquer tout
entier aux fonctions de l'Episcopat. Il y
annonça avec zele la parole de Dieu , y
tint plusieurs Synodes , composa quantité
d'Instructions Pastorales pour son Clergé
et y rétablit la discipline Ecclesiastique.
Il réunit à l'Evêché de Grasse , par
droit de Patronage , l'Eglise d'Antibes ,
qui depuis que le Siege Episcopal en
avoit été transferé à Grasse , n'avoit été
d'aucun Diocèse , et par ce moyen il
fit revivre la discipline Ecclesiastique ,
dont il ne restoit presque plus aucun
vestige.
y
Il obtint du Pape Innocent X. des Bul.
les d'union de l'Evêché de Vence , avec
celui de Grasse , comme son Predecesseur
Guillaume le Blanc en avoit obtenu de
Clement VIII. Cette union n'étoit pas
contraire aux Canons , et paroissoit bien
fondée , parce que ces deux Evêchez ensemble n'étoient que de dix mille livres
de revenu ; qu'ils n'avoient aussi ensemblee que trente Paroisses , et que les Villes de Vence et de Grasse n'étoient éloignées l'une de l'autre que de trois licües.
Cependant voyant que le Peuple et le
II Vol. Clergé
2046 MERCURE DE FRANCE
Clergé de Vence , s'opposoient à cette
union , il aima mieux ceder son droit
que de n'être pas agréable à quelquesuns de ces Diocesains , et d'avoir à poursuivre un Procès , et se contenta de l'E
glise de Vence.
Il assista aux Assemblées generales du
Clergé , tenues en 1645. et 1656. Dans
la premiere il composa et récita , par ordre du Clergé , l'Eloge de Petrus Aurelius,
qui avoit soutenu vivement les droits des
Evêques contre quelques Réguliers. Dans
la seconde , il fut un des Prélats qui témoignerent le plus de zele et d'indignation contre les Propositions de Morale
relâchée, qui avoient été dénoncez à cette
Assemblée , et ce fut par son avis qu'elle
fit imprimer les Instructions de S. Charles Borromée , dont il avoit inseré une
partie dans ses Statuts Synodaux.
Il passa le reste de sa vie dans son Diocèse ,continuellement occupé, soit à faire
ses visites , soit à prêcher , soit à lire ou à
composer , soit à vacquer aux affaires Ecclesiastiques ou temporelles de son Diocèse.
J'ai trouvé dans un Livre peu connu ,
intitulé : Le Confiteor de l'infidele Voyageur , parfeu George Martin , Renegat ;
Extrait de ses Voyages. Lyon , 1680. in 8.
II. Vol. à
DECEMBRE. 1732 2847
à la page 244. qu'en passant à Vence ,
il vit M. Godeau , qui en étoit Evêque ,
et que Dieu l'avoit éprouvé par la perte
de la vûë , qu'il enduroit avec beaucoup
de tranquillité d'esprit ; particularité dont
je n'ai vû faire mention en aucun autre
endroit.
Il eut une attaque d'apoplexie le 17
Avril 1672. qui étoit le jour de Pâques , et il en mourut à Vence le 21 du
même mois , âgé de 67 ans.
Les occupations de son Ministere ne
l'ont pas empêché de composer un grand
nombre d'Ouvrages considerables , tant
en Prose qu'en Vers. Aussi avoit- il une
facilité et une fécondité prodigieuse. Il
disoit ordinairement que le Paradis d'un
Auteur est de composer , que son Purgatoire est de relire et de retoucher ses
compositions ; mais que son Enfer est
de corriger les Epreuves de l'Imprimeur.
M. Boileau Despreaux n'a pas jugé trop
favorablement de sa Poësie , voici com
me il en parle dans sa Lettre neuviéme à
M. de Maucrois. » Je suis persuadé
>> aussi- bien que vous , que M. Godeau est
>>un Poëte fort estimable. Il me semble
pourtant qu'on peut dire de lui ce que
» Longin dit d'Hyperide , qu'il est touII. Vol. »jours
2848 MERCURE DE FRANCE
»jours à jeun , et qu'il n'a rien qui remuë
>> ni qui échauffe ; en un mot , qu'il n'a
"point cette force du stile , et cette vivacité d'expression , qu'on cherche dans
»les Ouvrages , et qui les font durer. Je
»ne sçai point s'il passera à la Posterité;
» mais il faudra pour cela qu'il réssuscite;
puisqu'on peut dire qu'il est déja mort ,
»n'étant presque plus maintenant lû de
» personne.
>>
M. de Maucroix , dans sa Réponse à
cette Lettre de Despreaux , s'exprime ain
si sur son sujet. Je tombe d'accord que
>> M. Godeau écrivoit avec beaucoup de
» facilité , disons avec trop de facilité. Il
faisoit deux ou trois Vers , comme dit
»Horace , Stans pede in uno. Ce n'est pas
ainsi que se font les bons Vers. Je m'en
rapporte volontiers à votre propre ex-
» périence. Néanmoins parmi les Vers
négligez de M. Godeau , il y en a de
»beaux qui lui échappent. Dès notre
>> jeunesse nous nous sommes apperçus
» qu'il ne varie pas assez. La plupart de
» ses Ouvrages sont comme des Logogryphes ; car il commence toujours par
»'exprimer les circonstances d'une chose,
» et puis il y joint le mor ; on ne voit
»point d'autre figure dans son Benedicité,
20
II. Vol » dans
DECEMBRE. 1732. 2849
dans son Laudate , et dans ses Canti-
» ques.
Le P. Vavasseur , Jesuite , a porté un
jugement encore plus désavantageux de
la Poësie de M. Godeau , dans l'Ouvrage
qu'il a publié contre lui , sous le nom de
Candidus Hesychius , et sous ce titre : An,
tonius Godellus Episcopus Grassensis , an
Elogii Aureliani scriptor idoneus , idemque utrum Poëta ? Constantia ( ou plutôt )
Paris , 1650. in 8. Mais cet Auteur y outre les choses , et fait voir par ce qu'il dit
contre la personne même de M. Godeau
que la passion avoit la principale part à
sa Critique.
Nous n'ajouterons point ici le Catalogue des Ouvrages de M. Godeau fort bien
raisonné et composé de LIX. Articles ,
parce que ce détail nous meneroit trop
Join..
Voici les noms des autres Sçavans dont
la Vie et les Ouvrages sont rapportez dans
ce XVIII. Tome des Mémoires,
Jean Jacques Boissard. Jean Alphonse.
Borelli, Jean Broekhuisen. Guillaume Burton. Isaac Casaubon. Meric Casaubon.
Pierre de Caseneuve. Gautier Charlton.
Louis Cousin. Janus Dousa. Janus Dousa
le fils. George Dousa. Jean de la Fontaine,
Claude François Fraguier. Leonard FuchII. Vol. sius.
2850 MERCURE DE FRANCE
sius. Jean-Baptiste Gelli. Edouart Herbert.
Maurice Hilaret. François- Michel Janicon. Fean de Labadie. Christian Longomontan. Jerôme Maggi. Henri Meibonius.
RobertMaurison. Augustin Niphus. Severin
Pineau. Bilibald Pirckheimer. Michel Poccianti, Samuel de Pufendorf. Jean Racine.
Richard Staniburst. Louis Transillo. André
Valladier. Jacques Ware.
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , &c. Tome XVIII. de 411.
pages , sans les Tables. A Paris , chez
Briasson , rue S. Jacques , à la Science ,
M. DCC. XXXII.
,
Les Memoires qui font la matiere de
ce XVIIIe Volume , contiennent la Vie
et le Catalogue des Ouvrages de trentecinq Auteurs , entre lesquels nous avons
choisi l'article d'Antoine Godeau , pour
suivre notre coûtume , et pour ne point
exceder, les bornes prescrites dans notre
Journal.
Antoine Godeau nâquit à Dreux , Ville
du Diocèse de Chartres , où son pere
étoit Elû , et d'une des meilleures familles du Lieu , vers l'an 1605.
Il s'adonna de bonne heure à la Poësie
Françoise , et se fit connoître avantageusement de ce côté-là. Il étoit un peu pa11. Vol.
.rent
DECEMBRE. 1732: 2843
rent de M. Conrart , et logeoit chez lui
lorsqu'il venoit à Paris. Les Poësies qu'il
y apportoit de Dreux , donnerent lieu à
M. Conrart d'assembler dans sa Maison
quelques Gens de Lettres , pour en entendre la lecture , et ces Assemblées furent
proprement l'origine de l'établissement
de l'Académie Françoise , dans laquelle
M. Godeau eut entrée des premiers.
Ses vûës tendirent d'abord vers le mariage , et il rechercha la fille du Lieutenant General de Dreux ; mais se voyant
rejetté , parce qu'il étoit petit et laid , il
quitta sa Patrie et vint s'établir à Paris.
M. Conrart l'ayant fait connoître à
M. Chapelain ; celui- cy le produisit à
l'Hôtel de Rambouillet , qui étoit alors
le Tribunal où il falloit faire preuve d'esprit et de mérite pour être admis au
rang des Illustres ; il y fut goûté , et c'étoit de lui que Mademoiselle de Ramboüillet ( Julie d'Angennes ) disoit dans
une de ses Lettres à Voiture : Il y
y a ici
un homme plus petit que vous d'une coudée.
et je vous jure , mille fois plus galint. Sa
taille et l'affection que cette Demoiselle
lui témoignoit , lui firent alors donner
le nom de Nain de Julie.
On voit par-là que si M.Godeau n'avoit
du côté du corps rien qui méritât de l'atII. Vol. tention
2814 MERCURE DE FRANCE
tention , les qualitez de son esprit et son
mérite suppléoient à ce deffaut. Quelque
temps après qu'il se fûr fixé à Paris , it
embrassa l'Etat Ecclesiastique ; et l'esprie
de pieté qui lui avoit inspiré ce dessein ,
lui inspira aussi celui de ne plus exercer
le talent et l'inclination qu'il avoit pour
la Poësie , que sur des sujets chrétiens.
Il fit en 1636. une Paraphrase du Cantique : Benedicite omnia opera Domini Domin , qui étant bien versifiée et écrite
d'un stile noble et riche , lui attira un
applaudissement general. Elle plut si fort
au Cardinal de Richelieu , à qui il l'avoit
présentée , qu'après l'avoir luë et reluë
en sa présence , il lui dit : Vous me donnez le Benedicite , et moije vous donne
Grasse. Jeu de mots , que l'occasion fit
naître ; car l'Evêché de Grasse vaquoit
alors , et le Cardinal qui connoissoit d'ail
leurs son mérite et sçavoit le bruit que
faisoient ses Prédications , fut par-là déterminé à le placer sur le champ.
Il fut nommé à cet Evêché l'an 1536.
et fut sacré à S. Magloire au mois de Décembre de la même année , par Eleonor
d'Estampes , Evêque de Chartres , et depuis Archevêque de Reims , assisté d'Etienne Pouget , Evêque de Dardanie et *
* Ce nom est defiguré , il faut dire Etienne de Puget.
DECEMBRE. 1732. 2845
depuis de Marseille , et de Bertrand Des
pruotz , Evêque de S. Papoul.
-Aussi-tôt après son Sacre , il se retira
dans son Diocèse , pour s'appliquer tout
entier aux fonctions de l'Episcopat. Il y
annonça avec zele la parole de Dieu , y
tint plusieurs Synodes , composa quantité
d'Instructions Pastorales pour son Clergé
et y rétablit la discipline Ecclesiastique.
Il réunit à l'Evêché de Grasse , par
droit de Patronage , l'Eglise d'Antibes ,
qui depuis que le Siege Episcopal en
avoit été transferé à Grasse , n'avoit été
d'aucun Diocèse , et par ce moyen il
fit revivre la discipline Ecclesiastique ,
dont il ne restoit presque plus aucun
vestige.
y
Il obtint du Pape Innocent X. des Bul.
les d'union de l'Evêché de Vence , avec
celui de Grasse , comme son Predecesseur
Guillaume le Blanc en avoit obtenu de
Clement VIII. Cette union n'étoit pas
contraire aux Canons , et paroissoit bien
fondée , parce que ces deux Evêchez ensemble n'étoient que de dix mille livres
de revenu ; qu'ils n'avoient aussi ensemblee que trente Paroisses , et que les Villes de Vence et de Grasse n'étoient éloignées l'une de l'autre que de trois licües.
Cependant voyant que le Peuple et le
II Vol. Clergé
2046 MERCURE DE FRANCE
Clergé de Vence , s'opposoient à cette
union , il aima mieux ceder son droit
que de n'être pas agréable à quelquesuns de ces Diocesains , et d'avoir à poursuivre un Procès , et se contenta de l'E
glise de Vence.
Il assista aux Assemblées generales du
Clergé , tenues en 1645. et 1656. Dans
la premiere il composa et récita , par ordre du Clergé , l'Eloge de Petrus Aurelius,
qui avoit soutenu vivement les droits des
Evêques contre quelques Réguliers. Dans
la seconde , il fut un des Prélats qui témoignerent le plus de zele et d'indignation contre les Propositions de Morale
relâchée, qui avoient été dénoncez à cette
Assemblée , et ce fut par son avis qu'elle
fit imprimer les Instructions de S. Charles Borromée , dont il avoit inseré une
partie dans ses Statuts Synodaux.
Il passa le reste de sa vie dans son Diocèse ,continuellement occupé, soit à faire
ses visites , soit à prêcher , soit à lire ou à
composer , soit à vacquer aux affaires Ecclesiastiques ou temporelles de son Diocèse.
J'ai trouvé dans un Livre peu connu ,
intitulé : Le Confiteor de l'infidele Voyageur , parfeu George Martin , Renegat ;
Extrait de ses Voyages. Lyon , 1680. in 8.
II. Vol. à
DECEMBRE. 1732 2847
à la page 244. qu'en passant à Vence ,
il vit M. Godeau , qui en étoit Evêque ,
et que Dieu l'avoit éprouvé par la perte
de la vûë , qu'il enduroit avec beaucoup
de tranquillité d'esprit ; particularité dont
je n'ai vû faire mention en aucun autre
endroit.
Il eut une attaque d'apoplexie le 17
Avril 1672. qui étoit le jour de Pâques , et il en mourut à Vence le 21 du
même mois , âgé de 67 ans.
Les occupations de son Ministere ne
l'ont pas empêché de composer un grand
nombre d'Ouvrages considerables , tant
en Prose qu'en Vers. Aussi avoit- il une
facilité et une fécondité prodigieuse. Il
disoit ordinairement que le Paradis d'un
Auteur est de composer , que son Purgatoire est de relire et de retoucher ses
compositions ; mais que son Enfer est
de corriger les Epreuves de l'Imprimeur.
M. Boileau Despreaux n'a pas jugé trop
favorablement de sa Poësie , voici com
me il en parle dans sa Lettre neuviéme à
M. de Maucrois. » Je suis persuadé
>> aussi- bien que vous , que M. Godeau est
>>un Poëte fort estimable. Il me semble
pourtant qu'on peut dire de lui ce que
» Longin dit d'Hyperide , qu'il est touII. Vol. »jours
2848 MERCURE DE FRANCE
»jours à jeun , et qu'il n'a rien qui remuë
>> ni qui échauffe ; en un mot , qu'il n'a
"point cette force du stile , et cette vivacité d'expression , qu'on cherche dans
»les Ouvrages , et qui les font durer. Je
»ne sçai point s'il passera à la Posterité;
» mais il faudra pour cela qu'il réssuscite;
puisqu'on peut dire qu'il est déja mort ,
»n'étant presque plus maintenant lû de
» personne.
>>
M. de Maucroix , dans sa Réponse à
cette Lettre de Despreaux , s'exprime ain
si sur son sujet. Je tombe d'accord que
>> M. Godeau écrivoit avec beaucoup de
» facilité , disons avec trop de facilité. Il
faisoit deux ou trois Vers , comme dit
»Horace , Stans pede in uno. Ce n'est pas
ainsi que se font les bons Vers. Je m'en
rapporte volontiers à votre propre ex-
» périence. Néanmoins parmi les Vers
négligez de M. Godeau , il y en a de
»beaux qui lui échappent. Dès notre
>> jeunesse nous nous sommes apperçus
» qu'il ne varie pas assez. La plupart de
» ses Ouvrages sont comme des Logogryphes ; car il commence toujours par
»'exprimer les circonstances d'une chose,
» et puis il y joint le mor ; on ne voit
»point d'autre figure dans son Benedicité,
20
II. Vol » dans
DECEMBRE. 1732. 2849
dans son Laudate , et dans ses Canti-
» ques.
Le P. Vavasseur , Jesuite , a porté un
jugement encore plus désavantageux de
la Poësie de M. Godeau , dans l'Ouvrage
qu'il a publié contre lui , sous le nom de
Candidus Hesychius , et sous ce titre : An,
tonius Godellus Episcopus Grassensis , an
Elogii Aureliani scriptor idoneus , idemque utrum Poëta ? Constantia ( ou plutôt )
Paris , 1650. in 8. Mais cet Auteur y outre les choses , et fait voir par ce qu'il dit
contre la personne même de M. Godeau
que la passion avoit la principale part à
sa Critique.
Nous n'ajouterons point ici le Catalogue des Ouvrages de M. Godeau fort bien
raisonné et composé de LIX. Articles ,
parce que ce détail nous meneroit trop
Join..
Voici les noms des autres Sçavans dont
la Vie et les Ouvrages sont rapportez dans
ce XVIII. Tome des Mémoires,
Jean Jacques Boissard. Jean Alphonse.
Borelli, Jean Broekhuisen. Guillaume Burton. Isaac Casaubon. Meric Casaubon.
Pierre de Caseneuve. Gautier Charlton.
Louis Cousin. Janus Dousa. Janus Dousa
le fils. George Dousa. Jean de la Fontaine,
Claude François Fraguier. Leonard FuchII. Vol. sius.
2850 MERCURE DE FRANCE
sius. Jean-Baptiste Gelli. Edouart Herbert.
Maurice Hilaret. François- Michel Janicon. Fean de Labadie. Christian Longomontan. Jerôme Maggi. Henri Meibonius.
RobertMaurison. Augustin Niphus. Severin
Pineau. Bilibald Pirckheimer. Michel Poccianti, Samuel de Pufendorf. Jean Racine.
Richard Staniburst. Louis Transillo. André
Valladier. Jacques Ware.
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Résumé : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Le texte présente les mémoires sur des hommes illustres dans la République des Lettres, en particulier le XVIIIe volume, qui retrace la vie et les œuvres de trente-cinq auteurs. L'article choisi est celui d'Antoine Godeau, né vers 1605 à Dreux, dans le diocèse de Chartres. Godeau s'est distingué par ses talents en poésie française et a été introduit dans les cercles littéraires par M. Conrart, contribuant ainsi à la fondation de l'Académie Française. Rejeté pour un mariage en raison de son apparence, Godeau s'est établi à Paris où il a été présenté à l'Hôtel de Rambouillet. Malgré sa petite taille, il a gagné l'estime de Mademoiselle de Rambouillet. Il a ensuite embrassé la vie ecclésiastique et s'est consacré à la poésie chrétienne. En 1636, il a écrit une paraphrase du Cantique 'Benedicite omnia opera Domini Dominus', qui a été bien accueillie par le Cardinal de Richelieu, lui valant l'évêché de Grasse. Godeau a exercé ses fonctions épiscopales avec zèle, rétablissant la discipline ecclésiastique et unifiant les diocèses de Grasse et d'Antibes. Il a également participé aux assemblées du clergé et a composé de nombreux ouvrages en prose et en vers. Sa poésie a été critiquée par des contemporains comme Boileau et M. de Maucroix, qui ont jugé son style trop facile et manquant de force. Godeau est décédé le 21 avril 1672 à Vence, à l'âge de 67 ans, après avoir souffert d'une attaque d'apoplexie. Le texte mentionne également d'autres savants dont les vies et œuvres sont rapportées dans ce volume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19861
p. 1371-1375
Brigadiers de Cavalerie.
Début :
Joseph-Michel Sublet, Marquis de Lenoncourt, Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie, [...]
Mots clefs :
Brigadiers de cavalerie, Mestre de camp, Régiment, Commission, Marquis, Lieutenant, Compagnie, Enseigne, Gardes du corps, Chevau-légers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brigadiers de Cavalerie.
Brigadiers de Cavalerie .
Joseph- Michel Sublet , Marquis de Lenoncourt
Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie ,
cy-devant Bartillac , par Commission du 15.
Août 1706.
·
de Pont de Rennepont , cut au mois de
Septembre 17c6. un Régiment de Cavaletie ,
vacant par la mort de son frere aîné , tué au
Combat de Castiglione , le 9. du même mois ,
et fut réformé en 1714. après la Paix .
Henry de Monchy , des Seigneurs de Senarpont ,
appellé le Marquis de Moncky d'Hocquincourt ,
Mestre de Camp d'un Régiment de son nom ,
cy- devant Vaudemont , par Commission du 15.
Mars 1707.
Louis- Antoine Raigecourt , cy- devant Mestre
de Camp d'un Régiment réformé en 1714 .
après la Paix .
..... de la Roque , fait Exempt des Gardes du
Corps du Roy , au mois de Janvier 1706. eur
depuis un Brévet de Mestre de Camp , et fut
nommé le 15. Janvier 1720. pour commander
le Détachement des 12. Gardes du Corps ordonnez
pour accompagner jusques à Antibes la
Princesse de Modêne. Il monta à une place d'Enseigne
dans la premiere Compagnie des Gardes
11. Vol. du
1372 MERCURE DE FRANCE
du Corps , au mois de Novembre 1729.
du Bourdet , successivement Exemp:
des Gardes du Corps , Ayde- Major de Compagnie
au mois de Janvier 1721. Enseigne , Lieu
tenant.
François- Charles de Monestay , Marquis de
Chazeron , né le 12 Novembre 1697. Gouver
neur de Brest , d'abord Cornette , puis Enseigne
de la premiere Compagnie des Mousquetaires ,
ensuite Enseigne des Gardes du Corps au mois
de Novembre 1719. et depuis Lieutenant .
de Bois - André , étant premier Exempt
'des Gardes du Corps de la Compagnie de Charost
, et Mestre de Camp de Cavalerie , obtint
une Enseigne dans cette Compagnie au mois de
Juin 173.1.
Claude Aunet d'Apchie , appellé le Chevalier
d'Apchier , né le 14. Juin 1693. d'abord Capitaine
de Dragons dans le Régiment d'Orleans ,
ensuite Enseigne , puis au mois de Mars 1726.
Sous- Lieutenant des Gendarmes de la Garde du
Roy .
Pierre- Claude de Fontaines , Seigneur de Nel-
Bette , Ayde- Major et Maréchal des Logis de la
Compagnie des Chevaux - Legers de la Garde du
Roy.
Pompone, Marquis de Réfuge, fait Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Ecossois en 1707.
Enseigne de la même Compagnie en 1709.Mestre
de Camp de Cavalerie par Brevet du 30. Mars
1710. et Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers Dauphins , au mois de Juillet
1723.
Henry- Louis Marquis d'Argouges, né le 20. Septembre
1689. reçû Cornette de la Compagnie
des Chevaux-Legers d'Anjou en 1709. Enseigne
II Vol. d'une
JUIN. 1734 1379
Pune autre Compagnie la même année , Sous-
Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
en 1710. et Capitaine - Lieutenant de celle des
Chevaux-Legers de Berry le 15. Juin 1723. puis
de celle des Chevaux- Legers . Dauphins en 1728 .
Cesar-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville
, Seigneur de Houllebec et du Moulin - Chapelle
, Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment
Royal des Cuirassiers , par Commission du 11.
Janvier 1711 .
Louis -René Sandrier de la Tour , Mestre de
Camp d'un Régiment cy- devant Bellacueil , par
Commission du 26. Février 1711 .
..... de la Coste- Beaucaire , fait Mestre de
Camp d'un Régiment cy-devant Mongon , en
3712. réformé en 1714. après la Paix , obtint
celui de Lambesc le 13. Octobre 1730.
..... Marquis d'Estourmel, Mestre de Camp,
Lieutenant du Régiment de Toulouze , par Commission
du 27. Mars 1714
.......de la Motte , Lieutenant-Colonel avec
Brevet de Mestre de Camp , puis Mestre de
Camp d'une Brigade des Carabiniers .
Henry de Baudean , Marquis de Parabere, fait
Mestre de Camp d'une Brigade des Carabiniers
au mois de Novembre 1720.
..... le Ragois , Marquis de Bretonvilliers ,
Comte d'Avon , Lieutenant de Re de la Ville
de Paris , Mestre de Camp du Régiment Dayphin
, par Commission du 5. Janvier 1716.
Michel de Forbin , Marquis de Janson , Baron
de Villelaure , Seigneur de Manne , Mestre de
Camp du Régiment de Bretagne , par Commission
du 12. Août 1717. et Gouverneur des 1fle ,
Citadelle , Château et Forts d'Antibes , Grasse
leurs dépendances.
II. Vol.
Jacques
2374 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Louis de S. Simon , Duc et Pair de
France , appellé ic Duc de Ruffec , né le 29. Juillet
1698. fait Mestre de Camp d'un Regiment
portant le nom de S. Simon , et cy- devant celui
de S. Aignan , par Commission du 25. Septembre
1717. et nommé Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'or le 20. Janvier 1722.
Armand Jean de S. simon , Marquis de Ruffec,
né le 12 Avril 1699. fait Mestre de Camp d'un
Regiment portant le non de Ruffec , et ci - devant
celui de Villepreux , par commission du 26 Septembre
1717. et nommé Grand d'Espagne le 20
Janvier 1722.
Louis- Gabriel Bazin , Marquis de Besons , né
le premier Janvier 1700. fan Mestre de Camp
d'un Regiment ci- devant de Livry , par commission
du 15 Mars 1718. puis no nmé Mestre
de Camp du Regiment Dauphin étranger , le 19
Août 1719. et Gouverneur des Ville de Cambray
et pays Cambresis en Survivance au mois
de Janvier 1724. et titulaire par la mort dų
Maréchal son pere , le 22 May 1733. -
Victor Pierre-François Riquet , Marquis de Ca
raman , Baron d'Albiac , Seigneur de Roissy en
France , Mestre de Camp du Regiment de Berri,
par commission du 15 Mars 1718 .
Louis- Cesar le Tellier , Marquis de Courtanvaux
, né le 2 Juillet 1695. reçu Chevalier de
Malthe de minorité au Grand Prieuré de France,
le + Mai 1697. porta d'abord le titre de Chevalier
de Louvois , sous requel il fut fait Mestre de
Ca.np au Regiment Royal Roussillon , par
commission du 20 Mais 1718. Il eut le 19 Avril
1722. une commission pour exercer la charge
de Capitame Colonel des 100 Suisses de la Garde
du Roy , pendant la minorite du Marquis de
II. Vol. Mont.
JUIN. 1734
1375
Montmirel , son neveu ; il en prêta serment
entre les mains du Roy , le 26 du même
mois.
..... Comte de Berchini , Mestre de Camp
d'un Regiment de Hussarts , par commission
du premier Mars 1719 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin ,
né le 24 Mars 1698. fait Mestre de Camp du
Regiment de Lorraine , par commission du 6
Mars 1719. Grand'Maître de la Maison du Duc
de Lorraine en 1721. et reçu Chevalier des Or
dres du Roi , le 16 Mai 1728.
Du Cup , Lieutenant Colouel du Regiment
de Vaudray , ayant brevet de Mestre de
Camp
De Caupene , Lieutenant Colonel du Regiment
de Randan , ci - devant Lorges ; et auparavant
Germinon , avec brevet de Mestre de
Camp.
... De Maujeon , Lieutenant Colonel du
Regiment de la Mothe- Houdancourt , auparavant
Villequier- Aumont , ayant brevet de Mes,
tre de Camp.
Joseph- Michel Sublet , Marquis de Lenoncourt
Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie ,
cy-devant Bartillac , par Commission du 15.
Août 1706.
·
de Pont de Rennepont , cut au mois de
Septembre 17c6. un Régiment de Cavaletie ,
vacant par la mort de son frere aîné , tué au
Combat de Castiglione , le 9. du même mois ,
et fut réformé en 1714. après la Paix .
Henry de Monchy , des Seigneurs de Senarpont ,
appellé le Marquis de Moncky d'Hocquincourt ,
Mestre de Camp d'un Régiment de son nom ,
cy- devant Vaudemont , par Commission du 15.
Mars 1707.
Louis- Antoine Raigecourt , cy- devant Mestre
de Camp d'un Régiment réformé en 1714 .
après la Paix .
..... de la Roque , fait Exempt des Gardes du
Corps du Roy , au mois de Janvier 1706. eur
depuis un Brévet de Mestre de Camp , et fut
nommé le 15. Janvier 1720. pour commander
le Détachement des 12. Gardes du Corps ordonnez
pour accompagner jusques à Antibes la
Princesse de Modêne. Il monta à une place d'Enseigne
dans la premiere Compagnie des Gardes
11. Vol. du
1372 MERCURE DE FRANCE
du Corps , au mois de Novembre 1729.
du Bourdet , successivement Exemp:
des Gardes du Corps , Ayde- Major de Compagnie
au mois de Janvier 1721. Enseigne , Lieu
tenant.
François- Charles de Monestay , Marquis de
Chazeron , né le 12 Novembre 1697. Gouver
neur de Brest , d'abord Cornette , puis Enseigne
de la premiere Compagnie des Mousquetaires ,
ensuite Enseigne des Gardes du Corps au mois
de Novembre 1719. et depuis Lieutenant .
de Bois - André , étant premier Exempt
'des Gardes du Corps de la Compagnie de Charost
, et Mestre de Camp de Cavalerie , obtint
une Enseigne dans cette Compagnie au mois de
Juin 173.1.
Claude Aunet d'Apchie , appellé le Chevalier
d'Apchier , né le 14. Juin 1693. d'abord Capitaine
de Dragons dans le Régiment d'Orleans ,
ensuite Enseigne , puis au mois de Mars 1726.
Sous- Lieutenant des Gendarmes de la Garde du
Roy .
Pierre- Claude de Fontaines , Seigneur de Nel-
Bette , Ayde- Major et Maréchal des Logis de la
Compagnie des Chevaux - Legers de la Garde du
Roy.
Pompone, Marquis de Réfuge, fait Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Ecossois en 1707.
Enseigne de la même Compagnie en 1709.Mestre
de Camp de Cavalerie par Brevet du 30. Mars
1710. et Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevaux Legers Dauphins , au mois de Juillet
1723.
Henry- Louis Marquis d'Argouges, né le 20. Septembre
1689. reçû Cornette de la Compagnie
des Chevaux-Legers d'Anjou en 1709. Enseigne
II Vol. d'une
JUIN. 1734 1379
Pune autre Compagnie la même année , Sous-
Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
en 1710. et Capitaine - Lieutenant de celle des
Chevaux-Legers de Berry le 15. Juin 1723. puis
de celle des Chevaux- Legers . Dauphins en 1728 .
Cesar-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville
, Seigneur de Houllebec et du Moulin - Chapelle
, Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment
Royal des Cuirassiers , par Commission du 11.
Janvier 1711 .
Louis -René Sandrier de la Tour , Mestre de
Camp d'un Régiment cy- devant Bellacueil , par
Commission du 26. Février 1711 .
..... de la Coste- Beaucaire , fait Mestre de
Camp d'un Régiment cy-devant Mongon , en
3712. réformé en 1714. après la Paix , obtint
celui de Lambesc le 13. Octobre 1730.
..... Marquis d'Estourmel, Mestre de Camp,
Lieutenant du Régiment de Toulouze , par Commission
du 27. Mars 1714
.......de la Motte , Lieutenant-Colonel avec
Brevet de Mestre de Camp , puis Mestre de
Camp d'une Brigade des Carabiniers .
Henry de Baudean , Marquis de Parabere, fait
Mestre de Camp d'une Brigade des Carabiniers
au mois de Novembre 1720.
..... le Ragois , Marquis de Bretonvilliers ,
Comte d'Avon , Lieutenant de Re de la Ville
de Paris , Mestre de Camp du Régiment Dayphin
, par Commission du 5. Janvier 1716.
Michel de Forbin , Marquis de Janson , Baron
de Villelaure , Seigneur de Manne , Mestre de
Camp du Régiment de Bretagne , par Commission
du 12. Août 1717. et Gouverneur des 1fle ,
Citadelle , Château et Forts d'Antibes , Grasse
leurs dépendances.
II. Vol.
Jacques
2374 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Louis de S. Simon , Duc et Pair de
France , appellé ic Duc de Ruffec , né le 29. Juillet
1698. fait Mestre de Camp d'un Regiment
portant le nom de S. Simon , et cy- devant celui
de S. Aignan , par Commission du 25. Septembre
1717. et nommé Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'or le 20. Janvier 1722.
Armand Jean de S. simon , Marquis de Ruffec,
né le 12 Avril 1699. fait Mestre de Camp d'un
Regiment portant le non de Ruffec , et ci - devant
celui de Villepreux , par commission du 26 Septembre
1717. et nommé Grand d'Espagne le 20
Janvier 1722.
Louis- Gabriel Bazin , Marquis de Besons , né
le premier Janvier 1700. fan Mestre de Camp
d'un Regiment ci- devant de Livry , par commission
du 15 Mars 1718. puis no nmé Mestre
de Camp du Regiment Dauphin étranger , le 19
Août 1719. et Gouverneur des Ville de Cambray
et pays Cambresis en Survivance au mois
de Janvier 1724. et titulaire par la mort dų
Maréchal son pere , le 22 May 1733. -
Victor Pierre-François Riquet , Marquis de Ca
raman , Baron d'Albiac , Seigneur de Roissy en
France , Mestre de Camp du Regiment de Berri,
par commission du 15 Mars 1718 .
Louis- Cesar le Tellier , Marquis de Courtanvaux
, né le 2 Juillet 1695. reçu Chevalier de
Malthe de minorité au Grand Prieuré de France,
le + Mai 1697. porta d'abord le titre de Chevalier
de Louvois , sous requel il fut fait Mestre de
Ca.np au Regiment Royal Roussillon , par
commission du 20 Mais 1718. Il eut le 19 Avril
1722. une commission pour exercer la charge
de Capitame Colonel des 100 Suisses de la Garde
du Roy , pendant la minorite du Marquis de
II. Vol. Mont.
JUIN. 1734
1375
Montmirel , son neveu ; il en prêta serment
entre les mains du Roy , le 26 du même
mois.
..... Comte de Berchini , Mestre de Camp
d'un Regiment de Hussarts , par commission
du premier Mars 1719 .
Jacques- Henri de Lorraine , Prince de Lixin ,
né le 24 Mars 1698. fait Mestre de Camp du
Regiment de Lorraine , par commission du 6
Mars 1719. Grand'Maître de la Maison du Duc
de Lorraine en 1721. et reçu Chevalier des Or
dres du Roi , le 16 Mai 1728.
Du Cup , Lieutenant Colouel du Regiment
de Vaudray , ayant brevet de Mestre de
Camp
De Caupene , Lieutenant Colonel du Regiment
de Randan , ci - devant Lorges ; et auparavant
Germinon , avec brevet de Mestre de
Camp.
... De Maujeon , Lieutenant Colonel du
Regiment de la Mothe- Houdancourt , auparavant
Villequier- Aumont , ayant brevet de Mes,
tre de Camp.
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Résumé : Brigadiers de Cavalerie.
Le document énumère divers brigadiers de cavalerie et leurs titres, commissions, et promotions au sein de l'armée française au début du XVIIIe siècle. Parmi les figures notables, Joseph-Michel Sublet, Marquis de Lenoncourt, fut Mestre de Camp d'un régiment de cavalerie créé en septembre 1706 et réformé en 1714. Henry de Monchy, Marquis de Moncky d'Hocquincourt, commanda un régiment de cavalerie à partir de mars 1707. Louis-Antoine Raigecourt, après avoir été Exempt des Gardes du Corps, fut nommé Mestre de Camp en janvier 1720. François-Charles de Monestay, Marquis de Chazeron, débuta comme Cornette et fut promu Enseigne des Gardes du Corps en novembre 1719. Claude Aunet d'Apchie, Chevalier d'Apchier, fut Sous-Lieutenant des Gendarmes de la Garde du Roy en mars 1726. Pompone, Marquis de Réfuge, obtint plusieurs promotions, dont celle de Mestre de Camp en mars 1710. Henry-Louis Marquis d'Argouges fut promu Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de Berry en juin 1723. César-Antoine de la Luzerne, Comte de Beuzeville, fut Mestre de Camp du Régiment Royal des Cuirassiers en janvier 1711. Louis-René Sandrier de la Tour commanda plusieurs régiments, dont celui de Lambesc en octobre 1730. Jacques-Louis de Saint-Simon, Duc de Ruffec, fut Mestre de Camp d'un régiment en septembre 1717 et nommé Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en janvier 1722. Louis-Gabriel Bazin, Marquis de Besons, fut Mestre de Camp de plusieurs régiments et Gouverneur de Cambray en 1724. Victor-Pierre-François Riquet, Marquis de Caraman, commanda le Régiment de Berry en mars 1718. Louis-César Le Tellier, Marquis de Courtanvaux, fut Mestre de Camp du Régiment Royal Roussillon en mai 1718. Jacques-Henri de Lorraine, Prince de Lixin, fut Mestre de Camp du Régiment de Lorraine en mars 1719. Plusieurs autres officiers, comme De Caupene et De Maujeon, détenaient des brevets de Mestre de Camp dans différents régiments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19864
p. 1367-1368
ENIGME.
Début :
Tres-petit habitant d'un humide terroir, [...]
Mots clefs :
Limaçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
TRes-petit habitant d'un humide terroir
Où la bienfaisante nature ,
Me fait naitre avec mon Manoir ,
Et me fournit ma nourriture ,
J'en sors plusieurs fois tous les ans ,
Et quoique mes pas soient fort_lents ,
J'en laisse la trace à mesure ,
Que je promene dans les champs
Mon corps à grotesque figure.
On m'aime assez pourtant ; je sers à des repass
Fort souvent on m'en trouve digne. , -
Sur tout quand je viens d'une vigne ;
De moi , le Gascon fait grand cas.
audessus de ma tête . Je porte
Lecteurs en cet endroit , il faut que je m'arrête ;
II. Vol.
car
1358 MERCURE DE FRANCE
Car j'aurois le malheur de ne vous plaire pas ;
Mais seroit-ce un grand mal que de vous l'oser
dire ?
Si vous me ressemblez, vous ne devez qu'en rire.
TRes-petit habitant d'un humide terroir
Où la bienfaisante nature ,
Me fait naitre avec mon Manoir ,
Et me fournit ma nourriture ,
J'en sors plusieurs fois tous les ans ,
Et quoique mes pas soient fort_lents ,
J'en laisse la trace à mesure ,
Que je promene dans les champs
Mon corps à grotesque figure.
On m'aime assez pourtant ; je sers à des repass
Fort souvent on m'en trouve digne. , -
Sur tout quand je viens d'une vigne ;
De moi , le Gascon fait grand cas.
audessus de ma tête . Je porte
Lecteurs en cet endroit , il faut que je m'arrête ;
II. Vol.
car
1358 MERCURE DE FRANCE
Car j'aurois le malheur de ne vous plaire pas ;
Mais seroit-ce un grand mal que de vous l'oser
dire ?
Si vous me ressemblez, vous ne devez qu'en rire.
Fermer
19866
p. 3013-3018
Exposition des preuves de la veritable Religion. [titre d'après la table]
Début :
EXPOSITION des preuves les plus sensibles de la veritable Religion . A Paris, [...]
Mots clefs :
Preuves, Religions, Raisonnement, Athéisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Exposition des preuves de la veritable Religion. [titre d'après la table]
EXPOSITION des preuves les plus sensibles
de la veritable Religion . A Paris ;
chez Rollin fils , Quai des Augustins , in
12 , dede 458 pages.
C'est un nouvel Ouvrage du P. Buf
fier , Jésuite. Comme il n'a été rendu public
par l'affiche que ce dernier mois,qui
tient à l'année suivante , il en prend la
datte et est marqué 1732 .
L'Auteur prévient dans sa Préface une
pensée qui se présente naturellement à
L'esprit 3 sçavoir , qu'il s'est fait même de
notre temps , beaucoup de bons Ouvrages
sur la Vérité de la Religion chrétienme
, et qui ne laissent rien à dire de nou-
Isa.Vol E iij veau
3014 MERCURE DE FRANCE
veau , pour le fond des choses ; il en tombe
d'accord , mais il observe que ces Ouvrages
sont venus après d'autres qui
avoient enseigné les mêmes choses ; neanmoins
on les a estimez , parce qu'il se
trouve toujours de nouvelles manieres
d'exposer les preuves , de les choisir , de
les arranger et de les faire sentir. On ne
peut trop multiplier ces maniéres differentes
, afin de s'accommoder aux diffé
rentes sortes d'esprits et de goûts dans un
sujet aussi important que celui ci . Ce que
le P. Buffier paroît avoir eu particulierement
en vûë , c'est d'exposer par une suite
de Proposions, liées les unes aux autres,
les preuves les plus judicieuses et les plus
sensibles. La Religion , dit- il , étant
par
Tout le monde , il faut prouver d'une maniere
proportionnée à la capacité du commun des.
esprits , et qui fasse encore plus d'impression
sur la force du sentiment dont ils sont égalelement
susceptibles , que par l'étendue du
raisonnement qui n'est pas égale dans tous..
Il insinuë que les raisonnemens trop sub.
tils qu'on employe quelquefois contre les
incrédules , ne sont pas toujours éficaces..
Esperera-t- on convaincre des gens qui ne
veulent pas l'être , où les réduire à ne plus
rien repliquer ? Les bonnes raisons manquent
souvent ; les mauvaises ne tarissent
jamais, L'Au
"
DECEMBRE 1731. 30T5
L'Auteur veut donc que l'on se fixe à
un point qui est de s'en tenir à des preuves
de tel caractere , que si on en avoir
de semblables dans celles des choses humaines
où l'on seroit obligé de prendre
part , on seroit manifestement déraisonnable
de n'y pas acquiescer , bien qu'on
y pût opposer quelques difficultez. Ce
n'est pas que l'Auteur ait rien négligé des
preuves les plus solides ; mais il s'attache
sur tout à découvrir l'imprudence inexcusable
de ne pas suivre le parti de la Religion
chrétienne. Quand ( par impossible
) , dit - il , la verité ne seroit pas démontrée
directement , il seroit toujours
évidemment démontré qu'il est imprudent
de ne la pas embrasser 3 parce que
dans les affaires importantes , il est essentiel
d'embrasser le parti le plus judicieux,
quand d'ailleurs il n'auroit pas l'évidence
qu'on voudroit ; sans quoi on se rend
coupable aux yeux des hommes dans les
choses humaines , et aux yeux de Dieu
dans les choses du salut..
La suite de ces sortes de preuves sensibles
s'apperçoit dans une Analyse de
toutes les parties du Livre , qui se déduisent
l'une après l'autre des trois propositions
qui en font la division générale.
Sçavoir , 19. Rien n'est plus raisonable.
LI. Vol. E iiij que
3016 MERCURE DE FRANCE
que de croire les choses quand c'est Dieu
qui les a dites : 2 ° . Rien n'est plus raisonable
que de croire que Dieu les a dites
, quand elles sont enseignées par un
Maître aussi autorisé de Dieu que l'a été
Jesus- Christ . 39. Rien n'est plus raiso¬
nable que de croire qu'elles sont enseignées
par Jesus-Christ , quand'elles nous
viennent par le ministére établi de Jesus-
Christ même , pour nous les transmettre .
Chacune de ces trois Propositions générales
est prouvée par des preuves particulieres
, dont chacune est encore exposée
par des Propositions plus détaillées .
En voici un trait , tiré de la 4 Proposition
, où en prouvant l'existence de Dieu ,
on montre aussi que les difficultez qu'on
voudroit opposer dans le sistéme de l'Athéisme
, sont plus grandes que dans la
vérité de l'existence de Dieu : Par exemple
, 1 °. Croire ( comme on y est réduit
dans le systême de l'Athéïsme ) que le
monde entier , ou même qu'une simple
horloge ait été faite et continue à marquer
régulierement les heures par un pur
effet du hazard ? 2 °. Juger qu'un corps
soit déterminé à tel mouvement, sans que
rien l'y ait déterminé ; de même encore
admettre pour principe , avec Spinosa
qu'il n'y a qu'une seule substance ; que
II. Vol. peutDECEMBRE
1731. 3017
peut-on admettre qui soit aussi incompre
hensible et aussi absurde ? C'est un systême
, dit-on , dont on tire de justes con,
séquences. Mais n'est-il pas ridicule de
penser seulement à tirer des conséquences.
d'une absurdité . Si j'allois mettre pour
systême , poursuit l'Auteur , que 3 et 3.
font 7 , et non pas 6 ; ne serois - je pas insensé
d'en vouloir tirer des conséquences
? Or suis - je moins intimément , et
moins necessairement convaincu que
moi et une roche ne sommes pas la même
substances que je suis convaincu que 3 er
3. font 6 , et non pas 7.
La seconde importance des trois Propositions
générales à prouver , est que·
Jesus-Christ a été autorisé de Dieu , pour
nous donner des enseignemens de sa pari. On
le montre icy par la connoissance , et de
ce qu'a été Jesus- Christ , et des miracles.
qu'il a opérez . Comme ce point demande
une discussion particuliére , le P. Buffier
en réduit la méthode à trois Propositions.
1º. Il est des choses qu'il faut croire sur le
rapport d'autrui . 2. Parmi les choses.
qu'on croit, sur le rapport d'autrui, nullë
n'est plus avérée que celle-cy 3 sçavoir ,
que l'Histoire du Nouveau Testament a
été écrite du temps des premiers Disciples
de Jesus-Christ. 3. Qu'en ce cas , elle
II Kol E v mé
7
3018 MERCURE DE FRANCE
mérite toute sorte de créance .
L'Auteur ne paroît pas vouloir éluder
les objections des incrédules ; au contraire
, il s'attache à rapporter ce qu'elles ontde
plus imposant , comme pour donner
du relief à la solidité des réponses qui y
sont données dans un jour également plau
sible ; mais c'est un détail qui nous méneroit
trop loin , tandis que nous devons
nous borner à indiquer seulement l'ouvrage
et son caractere.
Au reste , ce Traité est imprimé dans
le cours des sciences , du niême Auteur. Ils
commence à se distribuer. Nous pourrons
une autrefois en indiquer aussi l'économie
générale.
L'AGENDA DU VOYAGEUR , ou le Ca--
lendrier des Fêtes et solemnitez remar-.
quables de la Cour et de Paris , dressé en
faveur des Etrangers , pour l'année bissextile
1732. Par M. S. de Valhebert.
Il est beaucoup augmenté. Celui de
1731.n'étoit que de 86 pages in 18 ; celuici
est de près de 100 pages in 12.
de la veritable Religion . A Paris ;
chez Rollin fils , Quai des Augustins , in
12 , dede 458 pages.
C'est un nouvel Ouvrage du P. Buf
fier , Jésuite. Comme il n'a été rendu public
par l'affiche que ce dernier mois,qui
tient à l'année suivante , il en prend la
datte et est marqué 1732 .
L'Auteur prévient dans sa Préface une
pensée qui se présente naturellement à
L'esprit 3 sçavoir , qu'il s'est fait même de
notre temps , beaucoup de bons Ouvrages
sur la Vérité de la Religion chrétienme
, et qui ne laissent rien à dire de nou-
Isa.Vol E iij veau
3014 MERCURE DE FRANCE
veau , pour le fond des choses ; il en tombe
d'accord , mais il observe que ces Ouvrages
sont venus après d'autres qui
avoient enseigné les mêmes choses ; neanmoins
on les a estimez , parce qu'il se
trouve toujours de nouvelles manieres
d'exposer les preuves , de les choisir , de
les arranger et de les faire sentir. On ne
peut trop multiplier ces maniéres differentes
, afin de s'accommoder aux diffé
rentes sortes d'esprits et de goûts dans un
sujet aussi important que celui ci . Ce que
le P. Buffier paroît avoir eu particulierement
en vûë , c'est d'exposer par une suite
de Proposions, liées les unes aux autres,
les preuves les plus judicieuses et les plus
sensibles. La Religion , dit- il , étant
par
Tout le monde , il faut prouver d'une maniere
proportionnée à la capacité du commun des.
esprits , et qui fasse encore plus d'impression
sur la force du sentiment dont ils sont égalelement
susceptibles , que par l'étendue du
raisonnement qui n'est pas égale dans tous..
Il insinuë que les raisonnemens trop sub.
tils qu'on employe quelquefois contre les
incrédules , ne sont pas toujours éficaces..
Esperera-t- on convaincre des gens qui ne
veulent pas l'être , où les réduire à ne plus
rien repliquer ? Les bonnes raisons manquent
souvent ; les mauvaises ne tarissent
jamais, L'Au
"
DECEMBRE 1731. 30T5
L'Auteur veut donc que l'on se fixe à
un point qui est de s'en tenir à des preuves
de tel caractere , que si on en avoir
de semblables dans celles des choses humaines
où l'on seroit obligé de prendre
part , on seroit manifestement déraisonnable
de n'y pas acquiescer , bien qu'on
y pût opposer quelques difficultez. Ce
n'est pas que l'Auteur ait rien négligé des
preuves les plus solides ; mais il s'attache
sur tout à découvrir l'imprudence inexcusable
de ne pas suivre le parti de la Religion
chrétienne. Quand ( par impossible
) , dit - il , la verité ne seroit pas démontrée
directement , il seroit toujours
évidemment démontré qu'il est imprudent
de ne la pas embrasser 3 parce que
dans les affaires importantes , il est essentiel
d'embrasser le parti le plus judicieux,
quand d'ailleurs il n'auroit pas l'évidence
qu'on voudroit ; sans quoi on se rend
coupable aux yeux des hommes dans les
choses humaines , et aux yeux de Dieu
dans les choses du salut..
La suite de ces sortes de preuves sensibles
s'apperçoit dans une Analyse de
toutes les parties du Livre , qui se déduisent
l'une après l'autre des trois propositions
qui en font la division générale.
Sçavoir , 19. Rien n'est plus raisonable.
LI. Vol. E iiij que
3016 MERCURE DE FRANCE
que de croire les choses quand c'est Dieu
qui les a dites : 2 ° . Rien n'est plus raisonable
que de croire que Dieu les a dites
, quand elles sont enseignées par un
Maître aussi autorisé de Dieu que l'a été
Jesus- Christ . 39. Rien n'est plus raiso¬
nable que de croire qu'elles sont enseignées
par Jesus-Christ , quand'elles nous
viennent par le ministére établi de Jesus-
Christ même , pour nous les transmettre .
Chacune de ces trois Propositions générales
est prouvée par des preuves particulieres
, dont chacune est encore exposée
par des Propositions plus détaillées .
En voici un trait , tiré de la 4 Proposition
, où en prouvant l'existence de Dieu ,
on montre aussi que les difficultez qu'on
voudroit opposer dans le sistéme de l'Athéisme
, sont plus grandes que dans la
vérité de l'existence de Dieu : Par exemple
, 1 °. Croire ( comme on y est réduit
dans le systême de l'Athéïsme ) que le
monde entier , ou même qu'une simple
horloge ait été faite et continue à marquer
régulierement les heures par un pur
effet du hazard ? 2 °. Juger qu'un corps
soit déterminé à tel mouvement, sans que
rien l'y ait déterminé ; de même encore
admettre pour principe , avec Spinosa
qu'il n'y a qu'une seule substance ; que
II. Vol. peutDECEMBRE
1731. 3017
peut-on admettre qui soit aussi incompre
hensible et aussi absurde ? C'est un systême
, dit-on , dont on tire de justes con,
séquences. Mais n'est-il pas ridicule de
penser seulement à tirer des conséquences.
d'une absurdité . Si j'allois mettre pour
systême , poursuit l'Auteur , que 3 et 3.
font 7 , et non pas 6 ; ne serois - je pas insensé
d'en vouloir tirer des conséquences
? Or suis - je moins intimément , et
moins necessairement convaincu que
moi et une roche ne sommes pas la même
substances que je suis convaincu que 3 er
3. font 6 , et non pas 7.
La seconde importance des trois Propositions
générales à prouver , est que·
Jesus-Christ a été autorisé de Dieu , pour
nous donner des enseignemens de sa pari. On
le montre icy par la connoissance , et de
ce qu'a été Jesus- Christ , et des miracles.
qu'il a opérez . Comme ce point demande
une discussion particuliére , le P. Buffier
en réduit la méthode à trois Propositions.
1º. Il est des choses qu'il faut croire sur le
rapport d'autrui . 2. Parmi les choses.
qu'on croit, sur le rapport d'autrui, nullë
n'est plus avérée que celle-cy 3 sçavoir ,
que l'Histoire du Nouveau Testament a
été écrite du temps des premiers Disciples
de Jesus-Christ. 3. Qu'en ce cas , elle
II Kol E v mé
7
3018 MERCURE DE FRANCE
mérite toute sorte de créance .
L'Auteur ne paroît pas vouloir éluder
les objections des incrédules ; au contraire
, il s'attache à rapporter ce qu'elles ontde
plus imposant , comme pour donner
du relief à la solidité des réponses qui y
sont données dans un jour également plau
sible ; mais c'est un détail qui nous méneroit
trop loin , tandis que nous devons
nous borner à indiquer seulement l'ouvrage
et son caractere.
Au reste , ce Traité est imprimé dans
le cours des sciences , du niême Auteur. Ils
commence à se distribuer. Nous pourrons
une autrefois en indiquer aussi l'économie
générale.
L'AGENDA DU VOYAGEUR , ou le Ca--
lendrier des Fêtes et solemnitez remar-.
quables de la Cour et de Paris , dressé en
faveur des Etrangers , pour l'année bissextile
1732. Par M. S. de Valhebert.
Il est beaucoup augmenté. Celui de
1731.n'étoit que de 86 pages in 18 ; celuici
est de près de 100 pages in 12.
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Résumé : Exposition des preuves de la veritable Religion. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Exposition des preuves les plus sensibles de la véritable Religion', écrit par le Père Buffier, jésuite, et publié en 1732. L'auteur reconnaît l'existence de nombreux ouvrages sur la vérité de la religion chrétienne, mais il souligne l'importance de nouvelles manières d'exposer les preuves pour s'adapter aux différents esprits et goûts. Buffier vise à présenter les preuves les plus judicieuses et sensibles de manière accessible au commun des esprits, en évitant les raisonnements trop subtils qui peuvent être inefficaces contre les incrédules. L'ouvrage est structuré en trois propositions générales : 1) Il est raisonnable de croire les choses que Dieu a dites ; 2) Il est raisonnable de croire que Dieu a parlé par Jésus-Christ ; 3) Il est raisonnable de croire que les enseignements de Jésus-Christ nous sont transmis par le ministère établi par lui. Chaque proposition est soutenue par des preuves particulières et détaillées. Buffier discute également de l'imprudence de ne pas suivre la religion chrétienne, même si la vérité n'est pas démontrée directement. Il argue que dans les affaires importantes, il est essentiel d'embrasser le parti le plus judicieux. L'auteur aborde les objections des incrédules et fournit des réponses solides, bien que le texte ne détaille pas ces réponses pour rester concis. L'ouvrage est imprimé dans le cadre des cours de sciences du même auteur et commence à être distribué. Le texte mentionne également un autre ouvrage, 'L'Agenda du Voyageur', augmenté pour l'année bissextile 1732.
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19868
p. 1356
LOGOGRYPHUS.
Début :
Communis, varius, sum corpore, Lector, in omni. [...]
Mots clefs :
Color
19869
p. 2868-2869
« Jean Dessaint, Libraire à Paris, va débiter un Ouvrage qui paroît mériter l'attention [...] »
Début :
Jean Dessaint, Libraire à Paris, va débiter un Ouvrage qui paroît mériter l'attention [...]
Mots clefs :
Basse, Poème, Musique, Éloges, Chasse, Oraisons funèbres, Poésies spirituelles et morales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Jean Dessaint, Libraire à Paris, va débiter un Ouvrage qui paroît mériter l'attention [...] »
Jean Dessaint , Libraire à Paris , va débiter
un Ouvrage qui paroît mériter l'at
tention des Curieux . C'est un Poëme sur
la Musique , et un autre sur la Chasse.
Une partie du premier Poëme a déja paru
à Lyon et en Hollande , et a reçu des
II.Vol.
éloges
DECEMBRE. 1733. 2869
éloges tres flateurs pour l'Auteur. Nous
ne doutons pas que ce que l'on donne de
nouveau ne soit favorablement
accueilli
par le Public. On n'a rien négligé du côté
de l'exécution
pour flater agréablement
les yeux . On y trouvera plusieurs Estampes
dessinées par Mrs de Troyes et Oudry
et gravées par M. Debats.Le Papier d'ailleurs
, le Caractere et l'Impression
vont
de pair avec ce que nous avons de mieux
en ce genre.
Le même Libraire débite une nouvelle
Edition de ce que nous avons de meilleur
en Oraisons Funebres ; c'est- à - dire
celles de Mrs Bossuet , Fléchier et Mascaron
, en 3 vol. in 12. avec le Portrait de
ces deux derniers , gravé par Edelinck. Le
prix de chaque vol . de ces Oraisons Funebres
est de 2 liv . 1o f. relié.
2
›
NOUVELLES POESIES SPIRITUELLES ct
Morales sur les plus beaux Airs de la
Musique Françoise et Italienne , avec la
Basse . A Paris , chez P. N. Lottin rue
S. Jacques 1733. in 4 en large de 44 pages
et 12 pages pour les Fables sur de
petits Airs et sur des Vaudevilles choisis ,
avec la Basse et une Basse en musette ,
prix 3 livres .
un Ouvrage qui paroît mériter l'at
tention des Curieux . C'est un Poëme sur
la Musique , et un autre sur la Chasse.
Une partie du premier Poëme a déja paru
à Lyon et en Hollande , et a reçu des
II.Vol.
éloges
DECEMBRE. 1733. 2869
éloges tres flateurs pour l'Auteur. Nous
ne doutons pas que ce que l'on donne de
nouveau ne soit favorablement
accueilli
par le Public. On n'a rien négligé du côté
de l'exécution
pour flater agréablement
les yeux . On y trouvera plusieurs Estampes
dessinées par Mrs de Troyes et Oudry
et gravées par M. Debats.Le Papier d'ailleurs
, le Caractere et l'Impression
vont
de pair avec ce que nous avons de mieux
en ce genre.
Le même Libraire débite une nouvelle
Edition de ce que nous avons de meilleur
en Oraisons Funebres ; c'est- à - dire
celles de Mrs Bossuet , Fléchier et Mascaron
, en 3 vol. in 12. avec le Portrait de
ces deux derniers , gravé par Edelinck. Le
prix de chaque vol . de ces Oraisons Funebres
est de 2 liv . 1o f. relié.
2
›
NOUVELLES POESIES SPIRITUELLES ct
Morales sur les plus beaux Airs de la
Musique Françoise et Italienne , avec la
Basse . A Paris , chez P. N. Lottin rue
S. Jacques 1733. in 4 en large de 44 pages
et 12 pages pour les Fables sur de
petits Airs et sur des Vaudevilles choisis ,
avec la Basse et une Basse en musette ,
prix 3 livres .
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Résumé : « Jean Dessaint, Libraire à Paris, va débiter un Ouvrage qui paroît mériter l'attention [...] »
Jean Dessaint, libraire à Paris, propose deux ouvrages notables. Le premier est un poème sur la musique, dont une partie a déjà été publiée à Lyon et en Hollande avec des éloges. Cette édition inclut des estampes dessinées par les sieurs de Troyes et Oudry, et gravées par M. Debats, sur un papier de haute qualité. Le second ouvrage est une nouvelle édition des meilleures oraisons funèbres, incluant celles de Bossuet, Fléchier et Mascaron, en trois volumes in-12. Cette édition contient les portraits de Fléchier et Mascaron gravés par Edelinck, et chaque volume est vendu 2 livres 10 sols, relié. Par ailleurs, P. N. Lottin publie des 'Nouvelles Poésies Spirituelles et Morales' sur les plus beaux airs de la musique française et italienne, avec la basse. Cet ouvrage, en format in-4, comprend 44 pages de poésies et 12 pages de fables sur des petits airs et des vaudevilles choisis, avec une basse en musette, au prix de 3 livres.
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19870
p. 1368-1369
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un tout, composé de six pieces [...]
Mots clefs :
Procès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
OGOGRYPHE.
E suis un tour , composé de six pieces»
Mais un tout des plus déplaisans ,
Mon Pere le souci , ma mere la tristesse ,
M'ont enfanté pour tourmenter les gens.
Ami Lecteur , si tu n'as rien à faire ,
Tu peux me retourner et me mettre en mor¬~
ceaux ,
3.
Tu trouveras dequoi te satisfaire ,
En combinant avec choix mes Lambeaux..
2. 4. forme un animal immonde ,
4. 3. 2. aux Cerfs je cause grande peur ,
2. 3. 6. §. je suis une agréable fleur.
2. 3. 4. un corps dur qui résiste à la sonde.
6. 3. 4. on me voit tantôt dans un plein champ ,
Pour maltraiter sa mere , être utile à l'enfant.
Tantôt sous une autre figure ,
D'un gris vétu , j'exhausse la Stature ,
3. 2. je suis un Métal précieux.
4. 3. 2. 2. 6. je suis tantôt aux Cieux.
II. Vol. Tantôt
JUIN. 1732. 13
Tantôt en Terre ; icy je suis terrestre
Et dans les Cieux je suis celeste. (
Tu peux encore en plus d'une façon
Diviser, rassembler , arranger mes parties.
Je vais finir ce détail ennuyeux ,
Mais reçois en passant cette utile.Leçon :
Ami Lecteur , pour vivre en homme sage ,
Evite-moi , mais si tu ne le peux ,
Deffend moi de ton mieux , me perdre , c'est
dommage
Non. Fuis-moi, tu seras mille fois plus heureux
F. R. M.
E suis un tour , composé de six pieces»
Mais un tout des plus déplaisans ,
Mon Pere le souci , ma mere la tristesse ,
M'ont enfanté pour tourmenter les gens.
Ami Lecteur , si tu n'as rien à faire ,
Tu peux me retourner et me mettre en mor¬~
ceaux ,
3.
Tu trouveras dequoi te satisfaire ,
En combinant avec choix mes Lambeaux..
2. 4. forme un animal immonde ,
4. 3. 2. aux Cerfs je cause grande peur ,
2. 3. 6. §. je suis une agréable fleur.
2. 3. 4. un corps dur qui résiste à la sonde.
6. 3. 4. on me voit tantôt dans un plein champ ,
Pour maltraiter sa mere , être utile à l'enfant.
Tantôt sous une autre figure ,
D'un gris vétu , j'exhausse la Stature ,
3. 2. je suis un Métal précieux.
4. 3. 2. 2. 6. je suis tantôt aux Cieux.
II. Vol. Tantôt
JUIN. 1732. 13
Tantôt en Terre ; icy je suis terrestre
Et dans les Cieux je suis celeste. (
Tu peux encore en plus d'une façon
Diviser, rassembler , arranger mes parties.
Je vais finir ce détail ennuyeux ,
Mais reçois en passant cette utile.Leçon :
Ami Lecteur , pour vivre en homme sage ,
Evite-moi , mais si tu ne le peux ,
Deffend moi de ton mieux , me perdre , c'est
dommage
Non. Fuis-moi, tu seras mille fois plus heureux
F. R. M.
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19872
p. 1369-1370
AUTRE LOGOGRIPHE.
Début :
Mon nom sous six Lettres compris, [...]
Mots clefs :
Clovis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRIPHE.
UTRE LOGOGRIPHE
Monnom sous six Lettres compris,
Se peut diversement combiner et construire ;
On y trouve mieux qu'en LOUISA
(Soit dit , sans prétendre détruireCe qu'un Auteur disoit jadis , )
L'Instrument dont la Mécanique
Se sert bien pour les presser corps.
4. 3. 2. humain , qui me mets. en pratique
Si l'on te prend tremble pour lors ,
Voici ce queje pronostique ;
Tu mourras sur la rouë , ou seras étranglé ;
2. 3. 5. ainsi l'a réglé ;
2
II. Vol. Dans
1370 MERCURE DE FRANCE
Dans 1. 2. 3. et 6. contre ma violence
Le fruit n'est pas toûjours en assurauce.
De 2. 5. 6. un Ecusson orné ,
N'annonce pas une valeur commune.
Alorgner l'1. 3. 2. d'une piquante Brune ,
Mon plaisir n'est jamais borné..
3. 6. nourrit un animal fidele.
Le Monde au vrai Chrétien paroît 4. 5.
deux.
3. 1. adieux à l'homme de Ruelle ,
Occupa très-souvent un Romain belliqueux.
6. 3. 2.6.ct 5. sont connus en Musique ,
Et bien ailleurs en sens très - different.
5. 2. ou 6. 3. §. à Thersite s'applique ,
Comme il se dit d'Achille et du Dieu son parent.
4
P. D. F.
Monnom sous six Lettres compris,
Se peut diversement combiner et construire ;
On y trouve mieux qu'en LOUISA
(Soit dit , sans prétendre détruireCe qu'un Auteur disoit jadis , )
L'Instrument dont la Mécanique
Se sert bien pour les presser corps.
4. 3. 2. humain , qui me mets. en pratique
Si l'on te prend tremble pour lors ,
Voici ce queje pronostique ;
Tu mourras sur la rouë , ou seras étranglé ;
2. 3. 5. ainsi l'a réglé ;
2
II. Vol. Dans
1370 MERCURE DE FRANCE
Dans 1. 2. 3. et 6. contre ma violence
Le fruit n'est pas toûjours en assurauce.
De 2. 5. 6. un Ecusson orné ,
N'annonce pas une valeur commune.
Alorgner l'1. 3. 2. d'une piquante Brune ,
Mon plaisir n'est jamais borné..
3. 6. nourrit un animal fidele.
Le Monde au vrai Chrétien paroît 4. 5.
deux.
3. 1. adieux à l'homme de Ruelle ,
Occupa très-souvent un Romain belliqueux.
6. 3. 2.6.ct 5. sont connus en Musique ,
Et bien ailleurs en sens très - different.
5. 2. ou 6. 3. §. à Thersite s'applique ,
Comme il se dit d'Achille et du Dieu son parent.
4
P. D. F.
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19873
p. 1375-1377
Brigadiers de Dragons.
Début :
Michel-Ancel des Granges, fut d'abord Mousquetaire de la Garde du Roy, puis Capitaine de [...]
Mots clefs :
Brigadiers de dragons, Régiment, Mestre de camp, Réforme , Paix, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brigadiers de Dragons.
Brigadiers de Dragons.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
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Résumé : Brigadiers de Dragons.
Le texte décrit plusieurs brigadiers de dragons et leurs parcours militaires. Michel-Ancel des Granges, ancien Mousquetaire de la Garde du Roy, devint Capitaine de Cavalerie dans le Régiment Royal Roussillon et participa au siège de Turin en 1706, où il fut blessé et fait prisonnier. En septembre 1707, il obtint le Régiment de Dragons de Guienne et fut réformé en 1714. Il hérita également de la charge de Maître des Cérémonies de France en mars 1731. Louis Charles Armand Fouquet, Chevalier de Belleisle, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom avant d'être réformé en 1714. Alexis de Coëtmen devint Mestre de Camp en juillet 1711 après la mort de son frère aîné, Olivier-Joseph de Coetmen, tué en Flandres. Son régiment fut également réformé en 1714. Etienne-Julien Locquet de Grandville fut nommé Mestre de Camp en janvier 1709 et réformé en 1714. Gabriel le Coigneux de Bellahre, né le 1er février 1687, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom, réformé en 1714. Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, commanda le régiment de Condé depuis 1724 et avait précédemment dirigé les régiments de Foix et Firmarcon. Charles-Amedée de Saint-Martin d'Aglier, Marquis de Rivarolles, était un Piémontais réformé en 1714. Louis-François Crozat, Marquis du Châtel, débuta comme Cornette des Mousquetaires de la Garde du Roy avant de devenir Mestre de Camp du Régiment de Dragons de Languedoc en janvier 1718. Enfin, De Cilly était Lieutenant Colonel du Régiment Colonel Général avec un brevet de Mestre de Camp.
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19874
p. 1370
LOGOGRYPHUS.
Début :
Incubuit terris per me genus omne malorum, [...]
Mots clefs :
Eva
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
I Ncubuit terrisper me genus omne malorum,
Ex
me, si vertas , omnibus orta salus.
I Ncubuit terrisper me genus omne malorum,
Ex
me, si vertas , omnibus orta salus.
Fermer
19876
p. 3052
ENIGME.
Début :
Je suis de l'Am... un assés grand canton, [...]
Mots clefs :
Canada
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E,
... E suis de l'Am • un assés grand canton
Pour ne pas dire portion ;:
Edipe , diras-tu que non ?
Une consonne , une voyelle ,
Une autre consonne & voyelle ,
Encore une autre avec une voyelle ;
Désignent comme il faut en six lettres mon nom
Et toujours la même voyelle.
nilo Lecteur , je te la donne belle ;
97560
9
J'attends sur ce sujet une juste raison,
Par Duchemin , Musicien à Angers,
... E suis de l'Am • un assés grand canton
Pour ne pas dire portion ;:
Edipe , diras-tu que non ?
Une consonne , une voyelle ,
Une autre consonne & voyelle ,
Encore une autre avec une voyelle ;
Désignent comme il faut en six lettres mon nom
Et toujours la même voyelle.
nilo Lecteur , je te la donne belle ;
97560
9
J'attends sur ce sujet une juste raison,
Par Duchemin , Musicien à Angers,
Fermer
19877
p. 2870-2871
Histoire des Yncas, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DES YNCAS, Rois du Perou, depuis Manco Capac, Fondateur de la [...]
Mots clefs :
Grand papier, Pérou, Incas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire des Yncas, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE DES YNCAS , Rois du Perou ,
depuis Manco Cap c , Fondateur de la
Monarchie du Perou , jusqà la Conquête
de cet Empire par les Espagnols
sous Atahualpa , dernier Y Ca. Avec
P'Histoire de la Floride , et de la Conquêre
des Provinces de l'Amerique Septentrionale
, qui portent ce nom Par
Ferdinand Soto , écrites l'un et l'autre en
Espagnol pir Yaca Garcilasso de la
Vega , et enrichies de figures gravées
d'après les Desseins de Bernard Picard le
Romain , in 4. en trois Volumes. A
Amsterdam , chez Jean Frederic Bernart,
-173'4 .
I. Le prix de cet Ouvrage , divi é ca
trois Tomes in quarto , sera de neuf florins
pour ceux qui s'engageront à le prendre
lorsqu'il sera en état de paroître :
c'est-à dire au 20 Septembre 17 34. Ceux
qui ne s'engageront pas le payeront quatorze
; et comme on n'en imprimera que
très- peu , on ose assurer qu'il ne se vendra
jamais moindre prix,
II. A l'égard du grand papier , on se
propose de n'en imprimer que 75. Exemplaires
à f. 15. la pièce , et seulement par
souscription. Mais pour ce qui est du
grand papier , on demande la moitié de
la souscription d'avance ; c'est- à- dire f.
II. Vol.
7.
DECEMBRE . 1733. 2871
7. 10. s'il s'en souscrit moins de 75.on en
imprimera moins. Mai quoiqu'il en soit
le Libraire n'en vendra jamais aucun
Exemplaire au delà des Exemplaires souscrits
, et cela sans équivoque , ni restricrion.
III. Les Planches sont in quarto , au
nombre de vingt- cinq , y compris une
Planche pour le Titre : sans compter une
Vignette et deux Cartes.
IV. A quatre D sseins près tous les autres
sont de feu M. Picart. Une grande
partie des Planches étant faite , les Curieux
pourront donner ordre de les voir
chez le Libraire , afin qu'il n'y ait aucune
surprise,
V. Comme on se propose d'imprimer
cet Ouvrage en Janvier prochain , on ne
recevra des engagemens que jusqu'à ce
tems- là , et passé le 1. Janvier 1734.
quelque prix qu'on offre du grand papier
, on n'en vendra jamais aucun .
On souscrit à Paris , chez Briasson , Libraire
, rue S. Jacques , à la Science.
depuis Manco Cap c , Fondateur de la
Monarchie du Perou , jusqà la Conquête
de cet Empire par les Espagnols
sous Atahualpa , dernier Y Ca. Avec
P'Histoire de la Floride , et de la Conquêre
des Provinces de l'Amerique Septentrionale
, qui portent ce nom Par
Ferdinand Soto , écrites l'un et l'autre en
Espagnol pir Yaca Garcilasso de la
Vega , et enrichies de figures gravées
d'après les Desseins de Bernard Picard le
Romain , in 4. en trois Volumes. A
Amsterdam , chez Jean Frederic Bernart,
-173'4 .
I. Le prix de cet Ouvrage , divi é ca
trois Tomes in quarto , sera de neuf florins
pour ceux qui s'engageront à le prendre
lorsqu'il sera en état de paroître :
c'est-à dire au 20 Septembre 17 34. Ceux
qui ne s'engageront pas le payeront quatorze
; et comme on n'en imprimera que
très- peu , on ose assurer qu'il ne se vendra
jamais moindre prix,
II. A l'égard du grand papier , on se
propose de n'en imprimer que 75. Exemplaires
à f. 15. la pièce , et seulement par
souscription. Mais pour ce qui est du
grand papier , on demande la moitié de
la souscription d'avance ; c'est- à- dire f.
II. Vol.
7.
DECEMBRE . 1733. 2871
7. 10. s'il s'en souscrit moins de 75.on en
imprimera moins. Mai quoiqu'il en soit
le Libraire n'en vendra jamais aucun
Exemplaire au delà des Exemplaires souscrits
, et cela sans équivoque , ni restricrion.
III. Les Planches sont in quarto , au
nombre de vingt- cinq , y compris une
Planche pour le Titre : sans compter une
Vignette et deux Cartes.
IV. A quatre D sseins près tous les autres
sont de feu M. Picart. Une grande
partie des Planches étant faite , les Curieux
pourront donner ordre de les voir
chez le Libraire , afin qu'il n'y ait aucune
surprise,
V. Comme on se propose d'imprimer
cet Ouvrage en Janvier prochain , on ne
recevra des engagemens que jusqu'à ce
tems- là , et passé le 1. Janvier 1734.
quelque prix qu'on offre du grand papier
, on n'en vendra jamais aucun .
On souscrit à Paris , chez Briasson , Libraire
, rue S. Jacques , à la Science.
Fermer
Résumé : Histoire des Yncas, &c. [titre d'après la table]
L'œuvre 'Histoire des Yncas, Rois du Perou' relate l'histoire de la monarchie du Pérou, de Manco Cap à Atahualpa, et inclut la conquête de la Floride et des provinces de l'Amérique septentrionale par Ferdinand Soto. Écrite en espagnol par Inca Garcilasso de la Vega, elle est illustrée par des figures gravées d'après les dessins de Bernard Picard. Publiée en trois volumes in-quarto à Amsterdam par Jean Frédéric Bernart en 1734, l'ouvrage est disponible à neuf florins avant le 20 septembre 1734 et à quatorze florins par la suite. Seuls quelques exemplaires seront imprimés, assurant un prix minimal. Pour le grand papier, 75 exemplaires seront imprimés à 15 florins chacun, uniquement par souscription avec une avance de la moitié du prix. L'ouvrage comprend vingt-cinq planches, dont une pour le titre, une vignette et deux cartes. Les engagements pour l'achat sont reçus jusqu'au 1er janvier 1734, et les souscriptions peuvent être faites à Paris chez Briasson, libraire, rue Saint-Jacques, à la Science.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19878
p. 116-117
AUTRE.
Début :
Toi, qui portes si haut Baréme, [...]
Mots clefs :
Tierce et sixième au piquet
19879
p. 94-103
HISTOIRE de JONATHAN WILD le Grand, traduit de l'Anglois de M. FIELDING, Auteur de JOSEPH ANDREWS & de TOM JONES, &c A Londres, & se trouve à Paris chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au Temple du Goût, 1763 ; deux volumes in-12.
Début :
L'OUVRAGE que nous annonçons est d'un genre singulier ; & le nom de [...]
Mots clefs :
Homme, Grand, Héros, Femme, Grandeur, Ouvrage, Innocent
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de JONATHAN WILD le Grand, traduit de l'Anglois de M. FIELDING, Auteur de JOSEPH ANDREWS & de TOM JONES, &c A Londres, & se trouve à Paris chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au Temple du Goût, 1763 ; deux volumes in-12.
HISTOIRE de JONATHAN WILD
le Grand , traduit de l'Anglois de
M. FIELDING, Auteur de JOSEPH
ANDREWS & de TOM JONES , &c
A Londres , & fe trouve à Paris chez
Duchefne , Libraire , rue S. Jacques,
au Temple du Goût , 1763 ; deux volumes
in- 12.
L'OUVRAGE que nous annonçons
eft d'un genre fingulier ; & le nom de
fon Auteur , fi connu en France par les
AVRIL. 1763. 95
Traductions qui ont été faites de plufieurs
de fesromans , prévient d'avance
en faveur de celui- ci. Sous le voile d'une
ironie foutenue depuis le commencement
jufqu'à la fin de l'Ouvrage, l'Au
teur cherche à défabufer les hommes
des idées fauffes & prèfque toujours
dangereufes , qu'ils fe forment communément
de la grandeur. Un infigne Scélérat
que des crimes de toute efpéce
conduifent enfin au dernier fupplice , eft
le héros qu'il a choifi pour relever &
cenfurer les préjugés , le mauvais goût,
l'efprit de parti & différens autres défauts
de fes compatriotes ; & quoique,
l'ouvrage foit fait principalement pour
la Nation Angloife , il n'y a point de
Peuple qui ne puiffe s'y reconnoître, ni
de Lecteur qui ne puiffe en profiter. On
ne s'attend pas que nous faffions le récit
des attentats horribles que l'on fait
commettre au fameux Scélérat qui joue
le premier rôle dans ce roman. Il n'eft
question que de vols , d'affaffinats & de
perfidies les plus atroces ; contentonsnous
d'en citer quelques exemples pour
faire connoître le genre de critique de
notre Auteur , toujours préfenté fous le
-voile de l'ironie.
Jonathan Wild , dit Legrand , chef
96 MERCURE DE FRANCE .
»
d'une troupe de voleurs , étoit iffu de
parens diftingués dans cette profeffion .
On l'envoya à l'école avec les autres
enfans de fon âge ; mais il montra
» pour l'étude la répugnance la plus
» marquée . Son Maître , homme de
» beaucoup de fens & de mérite , le
» difpenfa bientôt de toute peine à cet
» égard ; & tandis qu'il affuroit à fes
parens qu'il faifoit les plus grands
» progrès , il lui permettoit de fe livrer
» entiérement à fes inclinations , parce
» qu'il fentoit bien qu'elles le porte-
» roient à des objets plus nobles que les
» fciences , qui , comme on en convient
généralement , ne rendent aucun pró-
» fit , & ne font propres , qu'à empêcher
» un galant homme de s'avancer dans
» le monde. "
Wild y débuta par quelques traits de
friponnerie qui donnerent dès - lors de
grandes efpérances de fon talent. Il fit
connoiffance avec le Comte de la Rufe,
Chevalier d'induftrie ; & ils eurent enfemble
de fréquentes conférences fur
les principes fondamentaux de leur art.
On croit communément que les voleurs
confervent entr'eux une forte de probité
qui les empêche de fe nuire mutuellement.
Le grand. Wild étoit bien audeffus
AVRIL 1763: 97
deffus de ces petites foibleffes : nonfeulement
il croyoit qu'il eft indigne
d'un grand coeur de refpecter la bourfe
de fes camarades ; » mais il n'étoit pas
» même de ces hommes mal -nés , qui
» rougiroient de voir un ami , après
» l'avoir volé ou trahi. Ce caractère
» pufillanime a fouvent produit dans le
» monde les crimes les plus monstrueux .
" Un excès de modeftie dans ce genre
» a porté bien des gens à affaffiner , ou
» du moins à ruiner fans reffource ceux
>> contre qui leur confcience leur repro-
" choit d'avoir commis quelque pecca-
» dille , foit en débauchant leurs fem-
» mes on leurs filles , foit en trahiffant
» leur confiance , foit en rendant contre
>> eux un faux témoignage. Mais dans
» notre héros , tout étoit véritablement
» grand. Toujours maître de lui , il ne
"
craignoit point d'aller boire avec un
» homme qu'il avoit dévalifé le mo-
» ment d'auparavant. »
Sa conduite à l'égard de fon ami
Francoeur fut un chef- d'oeuvre d'héroïfme
en ce genre. Ce dernier étoit
un Marchand Jouiallier , qui affervi aux
idées populaires avoit la foibleffe d'être
compatiffant , fenfible & généreux . Il
portoit la fimplicité au point de ne jamais
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
tirer avantage de l'ignorance de ceux
~ qui venoient acheter chez lui , & de fe
contenter du profit le plus modique.
Sa femme étoit une ame commune
efpèce d'animal domeftique , qui avoit
la petiteffe de fe borner aux foins de
fa famille & de fe faire un devoir de
plaire à fon mari & de bien élever fes
enfans. Ce fut à cette femme , fi peu
manièrée , que Francoeur. préfenta le
grand Wild comme le meilleur de fes
amis. Les premières preuves que notre
héros lui donna de fon amitié , furent
de lui faire efcamoter fes bijoux , tirer
de lui des lettres de change , de le faire
mettre en prifon , de lui enlever fa femme
, &c. &c . & à chaque trait de perfidie
, il avoit la force & le courage de
fe préfenter à lui , tandis que des âmes
vulgaires fe feroient fait un devoir d'éviter
fa rencontre. » Il n'avoit ni l'ex-
» térieur foumis d'un Curé qui aborde
» fon Seigneur après s'être oppofé à
» fon élection , ni l'air, qu'affecte un
» un Médecin , qui apprend à la porte
» de fon malade , que , graces à fes foins ,
» le pauvre patient eft parti pour l'autre
» monde, nila contenance abbattue d'un
» homme, qui , après avoir long-temps
» lutté entre la vertu & le vice , &
»
AVRIL 1763.
TOPHEQUE
Gron
DE
LA
ה ד ו
s'être enfin
déterminé
pour le dern
» eft malheureufement
pris fur le fa
» dans fa première friponnerie
: Mais
» fon maintien noble , hardi , magna-
» nime & plein de confiance , étoit
» celui d'un homme en place , lorſqu'il
" affure un des fes protégés
, que le
» pofte qu'il lui avoit promis n'eft plus
» vacant , & qu'il eft actuellement
rem-
» pli par un autre qui le lui avoit de-
» mandé avant lui . Car de même que
» l'homme en place ne manque pas de
» vous reprocher aigrement
, que vous
» n'avez perdu l'emploi que vous fou: -
haitiez , que par votre négligence
» de même auffi notre héros commen-
» çoit par blâmer fon ami fans lui don-
» ner le tems de répondre ; & c . »
Wild ne croit pas avoir affez fait
contre Francoeur , s'il ne vient à bout
de le conduire à la potence . Déjà il á
trouvé le moyen de le repréfenter comme
un banqueroutier frauduleux , &
de faire arrêter fa femme comme complice.
Wild en impofe tellement aux
Juges de fon ami , qu'un Arrêt définitif
condamne enfin au dernier fupplice
l'infortuné Francoeur , qui , tout innocent
& tout honnête homme qu'il eft ,
eft fur le point de voir fa fentencé
E ij
100 MERCURE DE FRANCE
à
éxécutée. Il eft vrai que lorfqueJonathan
apprit le fort de fon ami , il eut un
un inftant de foibleffe. Il pâlit pour la
première fois ; il faillit de fuccomber
fous le poids des horreurs que lui caufoit
la destinée d'un innocent que luimême
avoit fait condamner injuftement.
Mais fa grandeur d'âme vint toutà-
coup à fon fecours , & lui fir blâmer
ces penfées ignobles , qui s'étoient élevées
malgré lui dans fon efprit. » Quoi !
» difoit-il , femblable à un enfant
» une femme , je perdrois en un inf
tant cet honneur que j'ai acquis avec
» tant de gloire ? .... Qu'est - ce après
tout que la vie d'un homme ? Des
armées , des nations entiéres n'ont-
» elles pas été fouvent immolées à la
» fantaifie d'un grand homme ? Et fans
» parler ici de cette première claffe de
» la grandeur , qui comprend les con
» quérans du genre- humain , combien
» de gens n'ont-ils pas été facrifiés fous
» de vains prétextes pour fatisfaire le
" reffentiment particulier , ou même
» pour exercer le génie d'un héros du
» fecond ordre ? Mais qu'ai-je fait après
tout ? J'ai ruiné une famille ; j'ai con-
» duit un innocent à la potence. Loin
de m'en repentir , je devrois pleurer
AVRIL 1763.
ΤΟΙ
?
comme Alexandre de n'en avoir
» pas ruiné davantage , ou fait pendre
un plus grand nombre.
Francoeur n'eut cependant pas le fort
qui fembloit l'attendre. Son innocence
fut reconnue de fes Juges ; & le grand
Wild reçut enfin la récompenfe dûe à
fon héroïfme. Il fut convaincu & condamné
à une mort qu'on ne pourra
s'empêcher d'appeller honorable , fi on
confidére les grands hommes qui ont
eu l'honneur de la mériter.
6
??
par
Jamais ce héros ne fut arrêté.
aucune de ces foibleffes qui déconcertent
les petites âmes , & qui font
» généralement comprifes fous la dé-
» nomination d'honnêteté. Il avoit entiérement
renoncé à toute pudeur ,
à tout fentiment de compaffion &
» d'humanité ; défauts , qui , comme il
» ne craignoit pas de le dire , étoient
» directement contraires à la grandeur ,
" & fuffifoient pour rendre un homme
» abfolument incapable de faire dans le
» monde une figure un peu honnête ...
» Il avoit compofé des maximes qu'il
» regardoit comme autant de moyens
» fùrs pour parvenir à la grandeur , &
» qu'il obferva conftamment dans toutes
fes démarches. En voici quelques-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
» unes. Ne faire jamais à perfonne plus
» de mal qu'il n'eft néceffaire pour
» l'éxécution de fon projet ; parce que
le mal eft quelque chofe de trop
précieux pour le prodiguer inutile-
"
» ment.
» N'admettre parmi les hommes au-
» cune diftinction fondée fur l'amitié
» ou fur quelqu'autre raifon que ce foit ,
mais les facrifier tous également à ſon
» intérêt.
2
» Éviter la pauvreté & la mifére , &
» ne s'attacher , autant qu'il eft poffible ,
» qu'au pouvoir & aux richeffes.
» Ne jamais récompenfer perſonne
" felon fon mérité , & lui infinuer ce-
» pendant toujours que la récompenfe
» eft fort au- deffus de ce qu'on lui doit.
» Une bonne réputation eft comme
» l'argent ; on peut s'en défaire , ou
,, du moins la rifquer pour fe procurer
» quelqu'avantage.
" Les vertus , femblables à des pièrres
» précieuſes , fon aifément contrefaites.
» Parmi les unes & les autres , les fauf-
» fes parent également ceux qui les
" poffedent , & il y a bien ly. peu de con-
» noiffeurs affez habiles pour diftinguer
le vrai diamant du diamant factice.
Eien des fripons fe font perdus pour
AVRIL. 1763 . 103
»ne s'être pas livrés fans réferve à la
» friponnerie. Un homme qui ne joue
» pas tout fon jeu doit naturellement
» perdre ».
En voilà affez pour faire connoître
le genre de critique contenu dans ce
Roman , & le tour d'efprit qu'employe
l'Auteur pour reprendre les défauts qui
font l'objet de fa cenfure. On doit
fçavoir gré au Traducteur de nous avoir
procuré la connoiffance de cet Ouvrage
agréable & plaifant. Sa verfion nous a
paru fidéle fans fervitude , fon ftyle
aifé , mais fans négligence :
le Grand , traduit de l'Anglois de
M. FIELDING, Auteur de JOSEPH
ANDREWS & de TOM JONES , &c
A Londres , & fe trouve à Paris chez
Duchefne , Libraire , rue S. Jacques,
au Temple du Goût , 1763 ; deux volumes
in- 12.
L'OUVRAGE que nous annonçons
eft d'un genre fingulier ; & le nom de
fon Auteur , fi connu en France par les
AVRIL. 1763. 95
Traductions qui ont été faites de plufieurs
de fesromans , prévient d'avance
en faveur de celui- ci. Sous le voile d'une
ironie foutenue depuis le commencement
jufqu'à la fin de l'Ouvrage, l'Au
teur cherche à défabufer les hommes
des idées fauffes & prèfque toujours
dangereufes , qu'ils fe forment communément
de la grandeur. Un infigne Scélérat
que des crimes de toute efpéce
conduifent enfin au dernier fupplice , eft
le héros qu'il a choifi pour relever &
cenfurer les préjugés , le mauvais goût,
l'efprit de parti & différens autres défauts
de fes compatriotes ; & quoique,
l'ouvrage foit fait principalement pour
la Nation Angloife , il n'y a point de
Peuple qui ne puiffe s'y reconnoître, ni
de Lecteur qui ne puiffe en profiter. On
ne s'attend pas que nous faffions le récit
des attentats horribles que l'on fait
commettre au fameux Scélérat qui joue
le premier rôle dans ce roman. Il n'eft
question que de vols , d'affaffinats & de
perfidies les plus atroces ; contentonsnous
d'en citer quelques exemples pour
faire connoître le genre de critique de
notre Auteur , toujours préfenté fous le
-voile de l'ironie.
Jonathan Wild , dit Legrand , chef
96 MERCURE DE FRANCE .
»
d'une troupe de voleurs , étoit iffu de
parens diftingués dans cette profeffion .
On l'envoya à l'école avec les autres
enfans de fon âge ; mais il montra
» pour l'étude la répugnance la plus
» marquée . Son Maître , homme de
» beaucoup de fens & de mérite , le
» difpenfa bientôt de toute peine à cet
» égard ; & tandis qu'il affuroit à fes
parens qu'il faifoit les plus grands
» progrès , il lui permettoit de fe livrer
» entiérement à fes inclinations , parce
» qu'il fentoit bien qu'elles le porte-
» roient à des objets plus nobles que les
» fciences , qui , comme on en convient
généralement , ne rendent aucun pró-
» fit , & ne font propres , qu'à empêcher
» un galant homme de s'avancer dans
» le monde. "
Wild y débuta par quelques traits de
friponnerie qui donnerent dès - lors de
grandes efpérances de fon talent. Il fit
connoiffance avec le Comte de la Rufe,
Chevalier d'induftrie ; & ils eurent enfemble
de fréquentes conférences fur
les principes fondamentaux de leur art.
On croit communément que les voleurs
confervent entr'eux une forte de probité
qui les empêche de fe nuire mutuellement.
Le grand. Wild étoit bien audeffus
AVRIL 1763: 97
deffus de ces petites foibleffes : nonfeulement
il croyoit qu'il eft indigne
d'un grand coeur de refpecter la bourfe
de fes camarades ; » mais il n'étoit pas
» même de ces hommes mal -nés , qui
» rougiroient de voir un ami , après
» l'avoir volé ou trahi. Ce caractère
» pufillanime a fouvent produit dans le
» monde les crimes les plus monstrueux .
" Un excès de modeftie dans ce genre
» a porté bien des gens à affaffiner , ou
» du moins à ruiner fans reffource ceux
>> contre qui leur confcience leur repro-
" choit d'avoir commis quelque pecca-
» dille , foit en débauchant leurs fem-
» mes on leurs filles , foit en trahiffant
» leur confiance , foit en rendant contre
>> eux un faux témoignage. Mais dans
» notre héros , tout étoit véritablement
» grand. Toujours maître de lui , il ne
"
craignoit point d'aller boire avec un
» homme qu'il avoit dévalifé le mo-
» ment d'auparavant. »
Sa conduite à l'égard de fon ami
Francoeur fut un chef- d'oeuvre d'héroïfme
en ce genre. Ce dernier étoit
un Marchand Jouiallier , qui affervi aux
idées populaires avoit la foibleffe d'être
compatiffant , fenfible & généreux . Il
portoit la fimplicité au point de ne jamais
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
tirer avantage de l'ignorance de ceux
~ qui venoient acheter chez lui , & de fe
contenter du profit le plus modique.
Sa femme étoit une ame commune
efpèce d'animal domeftique , qui avoit
la petiteffe de fe borner aux foins de
fa famille & de fe faire un devoir de
plaire à fon mari & de bien élever fes
enfans. Ce fut à cette femme , fi peu
manièrée , que Francoeur. préfenta le
grand Wild comme le meilleur de fes
amis. Les premières preuves que notre
héros lui donna de fon amitié , furent
de lui faire efcamoter fes bijoux , tirer
de lui des lettres de change , de le faire
mettre en prifon , de lui enlever fa femme
, &c. &c . & à chaque trait de perfidie
, il avoit la force & le courage de
fe préfenter à lui , tandis que des âmes
vulgaires fe feroient fait un devoir d'éviter
fa rencontre. » Il n'avoit ni l'ex-
» térieur foumis d'un Curé qui aborde
» fon Seigneur après s'être oppofé à
» fon élection , ni l'air, qu'affecte un
» un Médecin , qui apprend à la porte
» de fon malade , que , graces à fes foins ,
» le pauvre patient eft parti pour l'autre
» monde, nila contenance abbattue d'un
» homme, qui , après avoir long-temps
» lutté entre la vertu & le vice , &
»
AVRIL 1763.
TOPHEQUE
Gron
DE
LA
ה ד ו
s'être enfin
déterminé
pour le dern
» eft malheureufement
pris fur le fa
» dans fa première friponnerie
: Mais
» fon maintien noble , hardi , magna-
» nime & plein de confiance , étoit
» celui d'un homme en place , lorſqu'il
" affure un des fes protégés
, que le
» pofte qu'il lui avoit promis n'eft plus
» vacant , & qu'il eft actuellement
rem-
» pli par un autre qui le lui avoit de-
» mandé avant lui . Car de même que
» l'homme en place ne manque pas de
» vous reprocher aigrement
, que vous
» n'avez perdu l'emploi que vous fou: -
haitiez , que par votre négligence
» de même auffi notre héros commen-
» çoit par blâmer fon ami fans lui don-
» ner le tems de répondre ; & c . »
Wild ne croit pas avoir affez fait
contre Francoeur , s'il ne vient à bout
de le conduire à la potence . Déjà il á
trouvé le moyen de le repréfenter comme
un banqueroutier frauduleux , &
de faire arrêter fa femme comme complice.
Wild en impofe tellement aux
Juges de fon ami , qu'un Arrêt définitif
condamne enfin au dernier fupplice
l'infortuné Francoeur , qui , tout innocent
& tout honnête homme qu'il eft ,
eft fur le point de voir fa fentencé
E ij
100 MERCURE DE FRANCE
à
éxécutée. Il eft vrai que lorfqueJonathan
apprit le fort de fon ami , il eut un
un inftant de foibleffe. Il pâlit pour la
première fois ; il faillit de fuccomber
fous le poids des horreurs que lui caufoit
la destinée d'un innocent que luimême
avoit fait condamner injuftement.
Mais fa grandeur d'âme vint toutà-
coup à fon fecours , & lui fir blâmer
ces penfées ignobles , qui s'étoient élevées
malgré lui dans fon efprit. » Quoi !
» difoit-il , femblable à un enfant
» une femme , je perdrois en un inf
tant cet honneur que j'ai acquis avec
» tant de gloire ? .... Qu'est - ce après
tout que la vie d'un homme ? Des
armées , des nations entiéres n'ont-
» elles pas été fouvent immolées à la
» fantaifie d'un grand homme ? Et fans
» parler ici de cette première claffe de
» la grandeur , qui comprend les con
» quérans du genre- humain , combien
» de gens n'ont-ils pas été facrifiés fous
» de vains prétextes pour fatisfaire le
" reffentiment particulier , ou même
» pour exercer le génie d'un héros du
» fecond ordre ? Mais qu'ai-je fait après
tout ? J'ai ruiné une famille ; j'ai con-
» duit un innocent à la potence. Loin
de m'en repentir , je devrois pleurer
AVRIL 1763.
ΤΟΙ
?
comme Alexandre de n'en avoir
» pas ruiné davantage , ou fait pendre
un plus grand nombre.
Francoeur n'eut cependant pas le fort
qui fembloit l'attendre. Son innocence
fut reconnue de fes Juges ; & le grand
Wild reçut enfin la récompenfe dûe à
fon héroïfme. Il fut convaincu & condamné
à une mort qu'on ne pourra
s'empêcher d'appeller honorable , fi on
confidére les grands hommes qui ont
eu l'honneur de la mériter.
6
??
par
Jamais ce héros ne fut arrêté.
aucune de ces foibleffes qui déconcertent
les petites âmes , & qui font
» généralement comprifes fous la dé-
» nomination d'honnêteté. Il avoit entiérement
renoncé à toute pudeur ,
à tout fentiment de compaffion &
» d'humanité ; défauts , qui , comme il
» ne craignoit pas de le dire , étoient
» directement contraires à la grandeur ,
" & fuffifoient pour rendre un homme
» abfolument incapable de faire dans le
» monde une figure un peu honnête ...
» Il avoit compofé des maximes qu'il
» regardoit comme autant de moyens
» fùrs pour parvenir à la grandeur , &
» qu'il obferva conftamment dans toutes
fes démarches. En voici quelques-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
» unes. Ne faire jamais à perfonne plus
» de mal qu'il n'eft néceffaire pour
» l'éxécution de fon projet ; parce que
le mal eft quelque chofe de trop
précieux pour le prodiguer inutile-
"
» ment.
» N'admettre parmi les hommes au-
» cune diftinction fondée fur l'amitié
» ou fur quelqu'autre raifon que ce foit ,
mais les facrifier tous également à ſon
» intérêt.
2
» Éviter la pauvreté & la mifére , &
» ne s'attacher , autant qu'il eft poffible ,
» qu'au pouvoir & aux richeffes.
» Ne jamais récompenfer perſonne
" felon fon mérité , & lui infinuer ce-
» pendant toujours que la récompenfe
» eft fort au- deffus de ce qu'on lui doit.
» Une bonne réputation eft comme
» l'argent ; on peut s'en défaire , ou
,, du moins la rifquer pour fe procurer
» quelqu'avantage.
" Les vertus , femblables à des pièrres
» précieuſes , fon aifément contrefaites.
» Parmi les unes & les autres , les fauf-
» fes parent également ceux qui les
" poffedent , & il y a bien ly. peu de con-
» noiffeurs affez habiles pour diftinguer
le vrai diamant du diamant factice.
Eien des fripons fe font perdus pour
AVRIL. 1763 . 103
»ne s'être pas livrés fans réferve à la
» friponnerie. Un homme qui ne joue
» pas tout fon jeu doit naturellement
» perdre ».
En voilà affez pour faire connoître
le genre de critique contenu dans ce
Roman , & le tour d'efprit qu'employe
l'Auteur pour reprendre les défauts qui
font l'objet de fa cenfure. On doit
fçavoir gré au Traducteur de nous avoir
procuré la connoiffance de cet Ouvrage
agréable & plaifant. Sa verfion nous a
paru fidéle fans fervitude , fon ftyle
aifé , mais fans négligence :
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Résumé : HISTOIRE de JONATHAN WILD le Grand, traduit de l'Anglois de M. FIELDING, Auteur de JOSEPH ANDREWS & de TOM JONES, &c A Londres, & se trouve à Paris chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au Temple du Goût, 1763 ; deux volumes in-12.
L'ouvrage 'Histoire de Jonathan Wild le Grand' est une traduction de l'anglais par Henry Fielding, également auteur de 'Joseph Andrews' et 'Tom Jones'. Publié à Paris en 1763, ce roman utilise l'ironie pour critiquer les idées fausses et dangereuses que les hommes se forment sur la grandeur. Le héros, Jonathan Wild, est un scélérat dont les crimes variés le mènent au supplice. L'auteur choisit ce personnage pour dénoncer les préjugés, le mauvais goût et l'esprit de parti. Jonathan Wild, issu d'une famille de voleurs, montre dès l'enfance une aversion pour l'étude. Son maître, reconnaissant ses inclinations, le laisse se livrer à ses véritables aspirations. Wild commence sa carrière criminelle en collaborant avec le Comte de la Rufe, un autre voleur. Contrairement aux autres voleurs, Wild n'hésite pas à trahir ses camarades pour son propre intérêt. Un exemple notable de sa perfidie est sa relation avec Francoeur, un marchand joaillier compatissant et généreux. Wild escamote les bijoux de Francoeur, tire des lettres de change à son nom, le fait emprisonner et enlever sa femme. Malgré ces trahisons, Wild continue de se présenter à Francoeur avec assurance. Wild parvient même à faire condamner Francoeur à la potence pour banqueroute frauduleuse, bien que son innocence soit finalement reconnue. Wild est finalement condamné à une mort honorable pour ses crimes. Wild suit des maximes strictes pour atteindre la grandeur, évitant la pauvreté, sacrifiant ses amis à son intérêt et manipulant les perceptions des autres. L'auteur utilise ce personnage pour critiquer les défauts humains et les préjugés sociaux.
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19880
p. 1377
SONNET.
Début :
Vous voulez un Sonnet, quelle étrange manie ? [...]
Mots clefs :
Beau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNE T.
Ous voulez un Sonnet
manie ?
, quelle étrange
Que cet ordre à mes soins impose un lourd
fardeau :
Un esprit délicat veut du grand et du beau ?
Hé le puis-je trouver dans mon foible gé
mie ?
Il faudroit pour vous plaire une Piéce suivie ;
Ou tout fut arrangé dans le gout de Boileau
;
Mais l'attendre de moi , c'est espérer de l'eau ,
-Au milieu des sablons de l'ardente Libie :
On ne me vit jamais dans le sacré Vallon .
L'Amour dans ma jeunesse étoit mon Apol
lon ;
Lui seul eut l'art d'ouvrir , et mon coeur et
ma veine :
Dix-huit Lustres complets ont éteint son flam
beau.
Je ne cultive plus ni Muse, ni Climene ;
Un soupir et deux Vers m'envoyeroient au tombeau
Ous voulez un Sonnet
manie ?
, quelle étrange
Que cet ordre à mes soins impose un lourd
fardeau :
Un esprit délicat veut du grand et du beau ?
Hé le puis-je trouver dans mon foible gé
mie ?
Il faudroit pour vous plaire une Piéce suivie ;
Ou tout fut arrangé dans le gout de Boileau
;
Mais l'attendre de moi , c'est espérer de l'eau ,
-Au milieu des sablons de l'ardente Libie :
On ne me vit jamais dans le sacré Vallon .
L'Amour dans ma jeunesse étoit mon Apol
lon ;
Lui seul eut l'art d'ouvrir , et mon coeur et
ma veine :
Dix-huit Lustres complets ont éteint son flam
beau.
Je ne cultive plus ni Muse, ni Climene ;
Un soupir et deux Vers m'envoyeroient au tombeau
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Résumé : SONNET.
L'auteur exprime son incapacité à écrire un sonnet, regrettant de ne pouvoir offrir une œuvre structurée. Il compare cette tâche à trouver de l'eau dans le désert. Il avoue que l'amour, autrefois sa source d'inspiration, a disparu après dix-huit années. Il conclut en disant qu'un soupir et deux vers suffiraient à le conduire au tombeau.
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19881
p. 3053
LOGOGRYPHE.
Début :
Si je suis quelquefois un objet d'importance, [...]
Mots clefs :
Point
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE..
Si je suis quelquefois un objet d'importance ;
Je suis le plus souvent un objet de mépris ,
Et c'est à moi grande insolence
De prétendre exercer de sublimes esprits .
Il est vrai cependant , que par moi la Musique
Et les Discours ont quelque arrangement, •
Je suis même , en un sens , redoutable réplique ,
Pour l'emprunteur avide, & pour l'homme qui ment,
De cinq membres que j'ai , si le chef se suprime ,
Celui que j'aurai désigné ,
Revétu d'un pouvoir de Dieu même émané
Ne peut être insulté sans crime .
Rayez mon second frere , ainsi que le dernier
Après avoir vivant décoré les Campagnes ,
Je deviens à ma mort utile au Marinier.
Mais voulez vous enfin ôter de mes Compagne
Celle par qui l'on voit mon nom se partager ?
Sans moi le Voyageur mille fois en danger ,
Bornant de ses projets les trop vastes idées ,
Non loin de son foyer , passeroit ses années.
Par M. L. D. M. de Nismes:
Si je suis quelquefois un objet d'importance ;
Je suis le plus souvent un objet de mépris ,
Et c'est à moi grande insolence
De prétendre exercer de sublimes esprits .
Il est vrai cependant , que par moi la Musique
Et les Discours ont quelque arrangement, •
Je suis même , en un sens , redoutable réplique ,
Pour l'emprunteur avide, & pour l'homme qui ment,
De cinq membres que j'ai , si le chef se suprime ,
Celui que j'aurai désigné ,
Revétu d'un pouvoir de Dieu même émané
Ne peut être insulté sans crime .
Rayez mon second frere , ainsi que le dernier
Après avoir vivant décoré les Campagnes ,
Je deviens à ma mort utile au Marinier.
Mais voulez vous enfin ôter de mes Compagne
Celle par qui l'on voit mon nom se partager ?
Sans moi le Voyageur mille fois en danger ,
Bornant de ses projets les trop vastes idées ,
Non loin de son foyer , passeroit ses années.
Par M. L. D. M. de Nismes:
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19882
p. 2841-2842
ENIGME.
Début :
Lecteur, si vous trouvez le sens de ce mystere, [...]
Mots clefs :
Lettre missive
19883
p. 2871-2872
Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Début :
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝTA Origenis Opera omnia, &c. Tout ce [...]
Mots clefs :
Origène
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texteReconnaissance textuelle : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝ
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
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Résumé : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Le document présente 'TA Origenis Opera omnia' de Charles de la Ruë, bénédictin de Saint-Maur, qui rassemble les œuvres d'Origène en grec ou latin. Le second volume, de 334 pages, a été publié à Paris en 1733. Un extrait a paru dans le Journal des Sçavans de décembre 1733.
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19885
p. 1371-1372
ENIGME.
Début :
Je marche avec poids & mesure, [...]
Mots clefs :
Tournebroche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E marche avec poids & mefure ,
Et tous mes pas font tirés au cordeau ;
Je ne crains ni chaud ni froidure ,
Mais fans feu je ne fers qu'a garder le manteau ,
Chés les gens comme il faut je fais quelque figure ;
On me voit peu chés l'Artiſan ,
Encor moins chés le Payſan.
1
Il en est plus d'un , je m'affûre ,
Qui n'ont jamais vû ma tournure ;
Sans compagne pourtant je ne fuis bon à rien ,
Auffi ma trifte deſtinée
La tient toujours à mon col enchaînée ,
Et me fait travailler comme un Galérien .
Pendant de certains tems , il eft vrai , je m'arrête,
Et ces tems réunis, font un bon tiers de l'an ;
Dans un feftin , dans une fête ,
Mon travail eft plus abondant ,
Mais quand je laiffe entiers tous les mets qué j'aprête
, Tu
372 MERCURE DE FRANCE
Tu peux bien jurer fur ta tête,,
Que ce n'eft pas faute de dents .
Par M. D B. D. C. Capitaine General
d'Entrevaux.
E marche avec poids & mefure ,
Et tous mes pas font tirés au cordeau ;
Je ne crains ni chaud ni froidure ,
Mais fans feu je ne fers qu'a garder le manteau ,
Chés les gens comme il faut je fais quelque figure ;
On me voit peu chés l'Artiſan ,
Encor moins chés le Payſan.
1
Il en est plus d'un , je m'affûre ,
Qui n'ont jamais vû ma tournure ;
Sans compagne pourtant je ne fuis bon à rien ,
Auffi ma trifte deſtinée
La tient toujours à mon col enchaînée ,
Et me fait travailler comme un Galérien .
Pendant de certains tems , il eft vrai , je m'arrête,
Et ces tems réunis, font un bon tiers de l'an ;
Dans un feftin , dans une fête ,
Mon travail eft plus abondant ,
Mais quand je laiffe entiers tous les mets qué j'aprête
, Tu
372 MERCURE DE FRANCE
Tu peux bien jurer fur ta tête,,
Que ce n'eft pas faute de dents .
Par M. D B. D. C. Capitaine General
d'Entrevaux.
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19886
p. 1371-1375
Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, pour [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, L'État et les Délices de la Suisse, Traités géographiques et historiques, Entendement humain, Dissertation sur le Thé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
IBLIOTHEQUE RAISONNE'E des Ouvrages des Sçavans de l'Europe , pour
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Le document est une bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants d'Europe pour les mois de janvier à juin 1730, publiée en deux parties à Amsterdam par les Westeins et Schmit. Il présente plusieurs titres notables, dont 'L'État et les Délices de la Suisse' en quatre volumes, enrichi de figures et de cartes géographiques. Un autre ouvrage mentionné est 'Traitez Géographiques et Historiques' pour faciliter l'intelligence de l'Écriture Sainte, publié en deux volumes à La Haye. Le document cite également un 'Essay Philosophique sur la formation des Sels et des Cristaux' par M. Bourguet, ainsi qu'un 'Essay Philosophique concernant l'Entendement humain' de M. Locke, traduit par M. Coste. Enfin, les Nouvelles Littéraires rapportent la publication en anglais d'une dissertation sur le thé, expliquant sa nature et ses propriétés, ainsi que des discussions sur les vertus de la sauge et les compatibilités alimentaires selon les tempéraments, par le Docteur Thomas Short.
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19887
p. 2872
« La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...] »
Début :
La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...]
Mots clefs :
Cent nouvelles nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...] »
La dixiéme Partie des Cent Nouvelles
Nouvelles , de Madame de Gomez, paroît
chez de Mauduit, Quai des Augustins , à
S. François.
Nouvelles , de Madame de Gomez, paroît
chez de Mauduit, Quai des Augustins , à
S. François.
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19888
p. 118
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon tout peut rafraîchir dans la chaude saison. [...]
Mots clefs :
Éventail
19889
p. 2842
LOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur, il faut trouver dans un Poisson, [...]
Mots clefs :
Baleine
19890
p. 3054
AUTRE.
Début :
En huit Lettres, Lecteur, je parois à tes yeux, [...]
Mots clefs :
Coutelas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
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19894
p. 3054-3055
LOGOGRYPHUS.
Début :
Aut inter densas frondes, aut inter acuta [...]
Mots clefs :
Avis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
1
"AUt inter densasfrondes , aut inter acuta
Dumi septa orior : si vis me noscere , promam
Unde meum sensim poterit tibi surgere nomen.
Semoto capite, & qua restant Ordine sumptis ,
Quis
DECEMBRE. 1739 . 3055
Quis mihi restiterit ? nec vel validissimus hostis ;
Caudam rejicias tantùm , cervice resumptâ ,
Quem tenuere Patrès , hunc callem prorsus habebis ;
Pes capiti junctus , pondus dabit atque Monetam ,
Cum tribus , Aurificis Figulive opus exto decorum.
1
"AUt inter densasfrondes , aut inter acuta
Dumi septa orior : si vis me noscere , promam
Unde meum sensim poterit tibi surgere nomen.
Semoto capite, & qua restant Ordine sumptis ,
Quis
DECEMBRE. 1739 . 3055
Quis mihi restiterit ? nec vel validissimus hostis ;
Caudam rejicias tantùm , cervice resumptâ ,
Quem tenuere Patrès , hunc callem prorsus habebis ;
Pes capiti junctus , pondus dabit atque Monetam ,
Cum tribus , Aurificis Figulive opus exto decorum.
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19895
p. 112-113
ENIGME.
Début :
Du fond du pays Gascon, [...]
Mots clefs :
Compliment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Du fond du pays
Gafcon ,
Selon certains Auteurs , je tire ma naiſſance.
D'autres , non fans moins de raiſon ,
Me font du pays de Coutance ,
Ou de la Ville d'Alençon. "
Quoiqu'il en foit , dans mon génie ,
De Gascogne ou de Normandie,
Je renferme l'efprit fateur ,
DECEMBRE. 1749. 113
Perfide , impudent & menteur.
Malgré cet affreux caractére ,
J'ai pourtant prefque feul aujourd'hui l'art de
plaire ,
Et par mon efprit ſéducteur ,
A la Cour , au Palais , à la Chaire , à la grille ;
Je me fais louer & je brille.
Tout , jufqu'au plus vil Artifan ,
Se déclare mon partiſan ;
Chacun de moi veut une dofe . "
Que fuis- je donc? Fort peu de chofe ;
Et rien du tout le plus fouvent.
Du fond du pays
Gafcon ,
Selon certains Auteurs , je tire ma naiſſance.
D'autres , non fans moins de raiſon ,
Me font du pays de Coutance ,
Ou de la Ville d'Alençon. "
Quoiqu'il en foit , dans mon génie ,
De Gascogne ou de Normandie,
Je renferme l'efprit fateur ,
DECEMBRE. 1749. 113
Perfide , impudent & menteur.
Malgré cet affreux caractére ,
J'ai pourtant prefque feul aujourd'hui l'art de
plaire ,
Et par mon efprit ſéducteur ,
A la Cour , au Palais , à la Chaire , à la grille ;
Je me fais louer & je brille.
Tout , jufqu'au plus vil Artifan ,
Se déclare mon partiſan ;
Chacun de moi veut une dofe . "
Que fuis- je donc? Fort peu de chofe ;
Et rien du tout le plus fouvent.
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19896
p. 1372-1373
LOGOGRYPHE.
Début :
Des mes plus jeunes ans je semai la terreur ; [...]
Mots clefs :
Cartouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
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19897
p. 2872-2873
EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
Début :
Le mois passé je marchandois les Livres, [...]
Mots clefs :
Traité, Livres, Opinion, Gaspard, Marquis de Saint-Aubin
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
EPIGRAMME ,
Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre,
Marquis de Saint Aubin sur Loire , cydevant
Maître des Requêtes.Par Mlle de
Malcrais de la Vigne du Croisic en
Bretagne .
E mois passé je marchandois les Livres ,
Dans lesquels Saint Aubin , ce Sçavant de nos
jours ,
Confond
cours ,
par merveilleux et convainquans dis-
La folle opinion dont nos ames sont yvres ;
Pas un Liard , me dit- on , à . moins de quinze
livres.
II. Vol. Quinze
DECEMDK E , 1733. 2873
Quinze livres , repris - je ; un Traité Vertu
choux ?
Maître Gaspard , y pensez -vous ?
C'est au Mouton plaintif, d'une lame inhumaine.
Couper en verité le cuir avec la laine.
Je le pris cependant ; mais après l'avoir lû ,
En vous remerciant ; vins- je dire au Libraire ;
Certes , ce n'est pas trop vendu ;
Dieu mette en Paradis feu Gaspard votre Pere ;
Mais chez vous la science aujourd'hui n'est point
chére ,
Je croyois pour le prix n'acquetir qu'un Traité
Et je trouve avoir achepté ,
Une Bibliotheque entiere .
Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre,
Marquis de Saint Aubin sur Loire , cydevant
Maître des Requêtes.Par Mlle de
Malcrais de la Vigne du Croisic en
Bretagne .
E mois passé je marchandois les Livres ,
Dans lesquels Saint Aubin , ce Sçavant de nos
jours ,
Confond
cours ,
par merveilleux et convainquans dis-
La folle opinion dont nos ames sont yvres ;
Pas un Liard , me dit- on , à . moins de quinze
livres.
II. Vol. Quinze
DECEMDK E , 1733. 2873
Quinze livres , repris - je ; un Traité Vertu
choux ?
Maître Gaspard , y pensez -vous ?
C'est au Mouton plaintif, d'une lame inhumaine.
Couper en verité le cuir avec la laine.
Je le pris cependant ; mais après l'avoir lû ,
En vous remerciant ; vins- je dire au Libraire ;
Certes , ce n'est pas trop vendu ;
Dieu mette en Paradis feu Gaspard votre Pere ;
Mais chez vous la science aujourd'hui n'est point
chére ,
Je croyois pour le prix n'acquetir qu'un Traité
Et je trouve avoir achepté ,
Une Bibliotheque entiere .
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Résumé : EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
L'épigramme de Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic évoque le 'Traité de l'Opinion' du Marquis de Saint Aubin, ancien Maître des Requêtes. Elle s'étonne du prix élevé du livre, quinze livres, mais le trouve justifié après lecture. Elle compare l'achat du livre à l'abattage d'un mouton pour sa laine. Elle exprime aussi sa gratitude envers le père du libraire, Maître Gaspard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19898
p. 2850-2852
La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
LA VIE EST UN SONGE, Comédie héroïque de M. de Boissy, représentée par [...]
Mots clefs :
La vie est un songe, Boissy, Comédie héroïque, Comédiens-Italiens, Traduction
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texteReconnaissance textuelle : La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
LA VIE EST UN SONGE , Comédie héroïque de M. de Boissy , représentée par
les Comédiens Italiens , au mois de Novembre 1732. prix , 24 sols. A Paris
chez P. Prauli , Quai de Gêvres , 1732.
in- 8. de 80 pages , prix 24 sols.
Cette Piéce en Vers libres , n'est pas
une simple Traduction de l'Italien ; on a
senti dans les Représentations , les changemens avantageux que l'Auteur a faits
dans ce Poëme ; pour donner une idée de
la maniere dontil est écrit, et du caractere
des deux principaux Personnages , nous
Insererons ici un Fragment de la Scene
entre Bazile , Roi de Pologne , et Sigismond , son fils , retenu dans une dure
captivité par son Pere depuis sa nais- sance.
II. Vol. Le
DECEMBRE.
1732. 2851
Le
Roy.
Ah ! ces retours affreux et l'horreur qu'ils t’ins«
pirent ,
Me font trop voir que les Astres sont vrais
Dans le malheur qu'ils me prédirent :
Il est écrit sur ton front irrité ;
Et j'y lis d'un Tyran toute la dureté.
Sigismond.
Pere cruel ! dont la bouche m'outrage ,
Si je suis un Tiran , n'en accuse que toi ;
Par ton ordre , élevé comme un monstre sau→
vage ,
Je ne fais que répondre aux soins qu'on cut de , moi ,
J'imite ton exemple , et je suis ton ouvrage ,
D'autant plus excusable en mon emportement ,
Que la raison l'approuve , et que ma tiran
nie
Par un juste retour et par un mouvement
Que la Nature justifie
N'aspire qu'à punir les Tirans de mavie;
Mais toi , Pere coupable et bourreau de ton
fils ,
Tu t'es montré cruel contre toute justice ,
Contre les droits humains et les loix du Pays,
Pour m'enterrer vivant dans un noir précipice ,
11. Vol. F
Quel
2852 MERCURE DE FRANCE
Quel forfait en naissant avois-je donc commis
C'est peu de me cacher à ma Patrie entiere ,
Tum'as tout refusé jusques à la lumiere :
Pour la premiere fois aujourd'hui j'en jóüis,
Dans les transports de sa colere ,
Contre moy, que pourroit imaginer de pis,
Le plus cruel de tous mes ennemis ?
Parens dénaturés , à vos ordres bizares ,
Quoi nos jours innocens seront- ils asser vis?
Serés- vous envers nous impunément barba
res ,
Et les ressentimens nous sont- ils interdits ?
Non , non 2 c'est une erreur dont vous êtes sé duits.
Par une sage prévoyance
Les équitables Dieux ont borné vos pouvoirs
Ainsi que nous , Vous avés vos devoirs,
Et si nous vous devons avec l'obéissance
Des marques de respect et de reconnoissance ,
Vous nous devés des soins à votre tour ,
Conformes à notre naissance •
Et des preuves de votre amour.
les Comédiens Italiens , au mois de Novembre 1732. prix , 24 sols. A Paris
chez P. Prauli , Quai de Gêvres , 1732.
in- 8. de 80 pages , prix 24 sols.
Cette Piéce en Vers libres , n'est pas
une simple Traduction de l'Italien ; on a
senti dans les Représentations , les changemens avantageux que l'Auteur a faits
dans ce Poëme ; pour donner une idée de
la maniere dontil est écrit, et du caractere
des deux principaux Personnages , nous
Insererons ici un Fragment de la Scene
entre Bazile , Roi de Pologne , et Sigismond , son fils , retenu dans une dure
captivité par son Pere depuis sa nais- sance.
II. Vol. Le
DECEMBRE.
1732. 2851
Le
Roy.
Ah ! ces retours affreux et l'horreur qu'ils t’ins«
pirent ,
Me font trop voir que les Astres sont vrais
Dans le malheur qu'ils me prédirent :
Il est écrit sur ton front irrité ;
Et j'y lis d'un Tyran toute la dureté.
Sigismond.
Pere cruel ! dont la bouche m'outrage ,
Si je suis un Tiran , n'en accuse que toi ;
Par ton ordre , élevé comme un monstre sau→
vage ,
Je ne fais que répondre aux soins qu'on cut de , moi ,
J'imite ton exemple , et je suis ton ouvrage ,
D'autant plus excusable en mon emportement ,
Que la raison l'approuve , et que ma tiran
nie
Par un juste retour et par un mouvement
Que la Nature justifie
N'aspire qu'à punir les Tirans de mavie;
Mais toi , Pere coupable et bourreau de ton
fils ,
Tu t'es montré cruel contre toute justice ,
Contre les droits humains et les loix du Pays,
Pour m'enterrer vivant dans un noir précipice ,
11. Vol. F
Quel
2852 MERCURE DE FRANCE
Quel forfait en naissant avois-je donc commis
C'est peu de me cacher à ma Patrie entiere ,
Tum'as tout refusé jusques à la lumiere :
Pour la premiere fois aujourd'hui j'en jóüis,
Dans les transports de sa colere ,
Contre moy, que pourroit imaginer de pis,
Le plus cruel de tous mes ennemis ?
Parens dénaturés , à vos ordres bizares ,
Quoi nos jours innocens seront- ils asser vis?
Serés- vous envers nous impunément barba
res ,
Et les ressentimens nous sont- ils interdits ?
Non , non 2 c'est une erreur dont vous êtes sé duits.
Par une sage prévoyance
Les équitables Dieux ont borné vos pouvoirs
Ainsi que nous , Vous avés vos devoirs,
Et si nous vous devons avec l'obéissance
Des marques de respect et de reconnoissance ,
Vous nous devés des soins à votre tour ,
Conformes à notre naissance •
Et des preuves de votre amour.
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Résumé : La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
Le texte présente 'La Vie est un Songe', une comédie héroïque de M. de Boissy, jouée par les Comédiens Italiens à Paris en novembre 1732. L'œuvre, publiée par P. Prauli, est disponible en format in-8 de 80 pages au prix de 24 sols. Contrairement à une simple traduction de l'italien, la pièce a été modifiée par l'auteur. Un extrait de la scène entre Bazile, roi de Pologne, et Sigismond, son fils retenu en captivité depuis sa naissance, illustre le style et les personnages principaux. Sigismond, libéré, exprime son amertume et sa colère envers son père, l'accusant de l'avoir élevé dans des conditions inhumaines, ce qui l'a rendu tyrannique. Sigismond justifie ses actions par les mauvais traitements subis et affirme que les parents ont des devoirs envers leurs enfants, notamment des preuves d'amour et de respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19899
p. 3018-3024
Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque de Marseille, au Clergé séculier et régulier [...]
Mots clefs :
Pallium, Marseille, Lettre, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
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Résumé : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
En décembre 1731, l'évêque de Marseille publia une lettre pastorale destinée au clergé séculier et régulier de son diocèse. Cette lettre abordait le pallium, une distinction papale, et soulignait l'importance de l'union et de la soumission de Marseille à l'Église romaine, vue comme la véritable gloire chrétienne. La lettre se concluait par une exhortation à prier pour le pape et pour l'évêque, afin qu'il rejoigne les saints évêques de Marseille après sa mort. Par la suite, l'évêque se rendit à Arles pour recevoir le pallium des mains de l'archevêque, son métropolitain, selon les cérémonies habituelles. Le texte mentionne également une dissertation latine de Dom Thierry Ruinart sur le pallium, renvoyant les lecteurs à un extrait déjà publié dans le Journal de Trévoux. Ruinart y décrivait l'honneur et la gloire associés au pallium, le comparant au manteau des chrétiens décrit par Tertullien. Le texte évoque aussi divers sujets, tels que la publication de l'ouvrage 'Oriens Christianus et Africa' par le Père Quin, imprimé au Louvre, et la direction de la librairie confiée à M. Roullier. Il mentionne une commission royale pour examiner les remèdes spécifiques, ainsi que l'attribution d'une place d'amateur honoraire à M. le Comte de Caylus à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Des nouvelles de Russie, de Rome, de Florence et de Vienne complètent le texte, relatant des découvertes minières, des fouilles archéologiques, des phénomènes naturels et des initiatives impériales en matière de culture et de science.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19900
p. 1378-1384
CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
Début :
Nous avons été instruits un peu tard de cette cérémonie ; mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Bordeaux, Statue du roi, Roi, Ville, Place royale, Écuyer, Statue, Sous-maire, Médailles
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
CEREMONIE faite à Bordeaux ;
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
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Résumé : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
En 1733, une cérémonie a été organisée à Bordeaux pour la pose de la première pierre du piédestal d'une statue équestre du roi. Cette cérémonie, dont le procès-verbal est conservé aux archives de l'Hôtel de Ville, a été orchestrée par plusieurs dignitaires, notamment le sous-maire Joseph de Segur et l'intendant Claude Boucher. La ville de Bordeaux, située à l'embouchure de la Garonne, a entrepris cette construction pour honorer le roi et embellir la ville. La statue, en bronze, a été réalisée par M. Lemoine de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. La cérémonie a commencé par une procession suivie de salves d'artillerie. Un coffre contenant des médailles commémoratives a été enterré sous la première pierre. Ces médailles, gravées par M. Duvivier, représentent la nouvelle Place Royale et la statue équestre du roi. La cérémonie s'est conclue par un feu d'artifice et des distributions d'argent au peuple. Cette initiative visait à célébrer la royauté et à marquer l'importance de Bordeaux dans le royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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