Résultats : 21757 texte(s)
Détail
Liste
19751
p. 236
EAU des Sultanes.
Début :
Le sieur Garrot, qui posséde seul le secret de la véritable Eau [...]
Mots clefs :
Eau des Sultannes, Qualités, Fortifiant, Peau, Teint, Rougeurs, Taches de la peau
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texteReconnaissance textuelle : EAU des Sultanes.
EAU des Sultanes .
Le fieur Garrot , qui poffède feul le fecret de
la véritable Eau des Sultanes de feu M. Richard
de Marolles , demeure actuellement , rue des
Deux - Ponts , Iſle S. Louis , entre un Papetier &
un Chaircuitier , au premier : fon tableau eft fur
porte.
la
Cette Eau a toutes fortes de bonnes qualités
pour fortifier & embellir la peau : Elle éclaircit le
tein , même celui des hommes , brûlé du Soleil,
Il ne faut qu'imbiber un petit linge fin ou une
éponge avec cette Eau , & s'en étuver , pour fe
trouver rafraîchi & en fentir l'effet . On l'employe
avec fuccès dans les bains de fanté & de propreté.
Elle efface les taches de rouffeur & les rougeurs de
la petite vérole . Le fieur Garrot débite auffi une
eau qui eft très -bonne pour les yeux ; il en a des
rouleaux à Is f. La bouteille eft de 6 liv. Le flacon
d'eau des Sultanes eft de 6 liv . Le demi flacon
, de 3 liv.
Il prie les perfonnes qui lui écriront , d'affran
chir leurs lettres.
Le fieur Garrot , qui poffède feul le fecret de
la véritable Eau des Sultanes de feu M. Richard
de Marolles , demeure actuellement , rue des
Deux - Ponts , Iſle S. Louis , entre un Papetier &
un Chaircuitier , au premier : fon tableau eft fur
porte.
la
Cette Eau a toutes fortes de bonnes qualités
pour fortifier & embellir la peau : Elle éclaircit le
tein , même celui des hommes , brûlé du Soleil,
Il ne faut qu'imbiber un petit linge fin ou une
éponge avec cette Eau , & s'en étuver , pour fe
trouver rafraîchi & en fentir l'effet . On l'employe
avec fuccès dans les bains de fanté & de propreté.
Elle efface les taches de rouffeur & les rougeurs de
la petite vérole . Le fieur Garrot débite auffi une
eau qui eft très -bonne pour les yeux ; il en a des
rouleaux à Is f. La bouteille eft de 6 liv. Le flacon
d'eau des Sultanes eft de 6 liv . Le demi flacon
, de 3 liv.
Il prie les perfonnes qui lui écriront , d'affran
chir leurs lettres.
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Résumé : EAU des Sultanes.
L'Eau des Sultanes, fabriquée par le sieur Garrot, résidant rue des Deux-Ponts, Île Saint-Louis, fortifie et embellit la peau, éclaircit le teint et efface les taches de rousseur. Elle est utilisée pour se rafraîchir et dans les bains de santé. Garrot vend également une eau bénéfique pour les yeux. Les prix sont de 6 livres la bouteille et 3 livres le demi-flacon.
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19752
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY.
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19753
p. 236-237
SAVONNETTES.
Début :
Le sieur Ferron, Marchand à Paris, demeurant Enclos de l'Abbaye S. Germain des Prés, [...]
Mots clefs :
Savon, Veuve Simon Bailly, Secret, Odeurs
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texteReconnaissance textuelle : SAVONNETTES.
SAVONNETTES.
Le fieur FERRON , Marchand à Paris , demeurant
Enclos de l'Abbaye S. Germain des Prés , en
entrant par la rue du Colombier , à l'Enfeigne de
S. Nicolas ; a l'honneur de faire part au Public
qu'il pofféde feul le fecret de faire des Savonnettes
légères de pure crême de Savon , qui durent
plus que les lourdes , & ne fe mettent point en
pouliere ou en bouillie dans le baffin. Il eft le
AVRIL. 1760 . 237
feul poffeffeur dudit fecret , de la Veuve Simon
Bailly , que l'on a fait paffer pour morte . Ceux
qui voudront s'affurer du contraire , pourront
s'adreffer à elle-même , en fa maifon , rue du
Petit- Lion, vis-à- vis la rue Françoife ; chez laquel
le ledit Ferron a travaillé longtemps pour le perfectionner
dans ledit fecret . Ledit fieur vend auffi
des pains de pâte graffe incorruptible de fines
odeurs pour les mains , d'une bonté finguliere.
Le Public étant trompé tous les jours par
des
favonnettes conrefaites , qui , loin d'être utiles &
agréables , fe mettent en pouffiere ou en bouillie
dans le baffin , & ne font que gâter & tacher le
linge ; ledit fieur , pour y remédier , continue de
mettre le nom de Bailly fur chaque favonnette,
Les prix font toujours les mêmes , & l'on trou
vera chez le fieur Ferron , les mêmes facilités
qu'avoit ladite veuve Bally.
Le fieur FERRON , Marchand à Paris , demeurant
Enclos de l'Abbaye S. Germain des Prés , en
entrant par la rue du Colombier , à l'Enfeigne de
S. Nicolas ; a l'honneur de faire part au Public
qu'il pofféde feul le fecret de faire des Savonnettes
légères de pure crême de Savon , qui durent
plus que les lourdes , & ne fe mettent point en
pouliere ou en bouillie dans le baffin. Il eft le
AVRIL. 1760 . 237
feul poffeffeur dudit fecret , de la Veuve Simon
Bailly , que l'on a fait paffer pour morte . Ceux
qui voudront s'affurer du contraire , pourront
s'adreffer à elle-même , en fa maifon , rue du
Petit- Lion, vis-à- vis la rue Françoife ; chez laquel
le ledit Ferron a travaillé longtemps pour le perfectionner
dans ledit fecret . Ledit fieur vend auffi
des pains de pâte graffe incorruptible de fines
odeurs pour les mains , d'une bonté finguliere.
Le Public étant trompé tous les jours par
des
favonnettes conrefaites , qui , loin d'être utiles &
agréables , fe mettent en pouffiere ou en bouillie
dans le baffin , & ne font que gâter & tacher le
linge ; ledit fieur , pour y remédier , continue de
mettre le nom de Bailly fur chaque favonnette,
Les prix font toujours les mêmes , & l'on trou
vera chez le fieur Ferron , les mêmes facilités
qu'avoit ladite veuve Bally.
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Résumé : SAVONNETTES.
Le marchand Ferron, installé à Paris dans l'Enclos de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés, propose des savonnettes légères fabriquées à partir de pure crème de savon. Ces savonnettes se distinguent par leur durabilité et ne se désintègrent pas en poudre ou en bouillie dans le bassin. Ferron détient le secret de cette fabrication, qu'il a perfectionné en travaillant pour la veuve Simon Bailly, faussement déclarée morte. Les intéressés peuvent la rencontrer rue du Petit-Lion, face à la rue Françoise. En outre, Ferron vend des pains de pâte grasse incorruptible aux fines odeurs pour les mains, d'une qualité exceptionnelle. Il met en garde contre les savonnettes contrefaites, nuisibles au linge, et maintient les mêmes prix et facilités de vente qu'offrait la veuve Bailly.
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19754
p. 237
ELIXIR de Garrus.
Début :
La réputation que le véritable Elixir de Garrus s'est acquise, en multiplie tous les jours [...]
Mots clefs :
Elixir de Garrus, Contrefaçon, Sieur Desnoues
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texteReconnaissance textuelle : ELIXIR de Garrus.
ELIXIR de Garrus.
La réputation que le véritable Elixir 'de Garrus
s'eft acquife , en multiplie tous les jours les
contrefactions . Plufieurs Epiciers , de Paris &
d'ailleurs , & même plufieurs autres perfonnes ,
débitent , fous ce titre , des Liqueurs qui n'ont de
cominun avec ce remède , que le nom , dont ils
ont la faufleté de les honorer . Pour être , à cet
égard , à l'abri de toute furprife , il faut s'adreffer
directement au fieur Defnoues , Chirurgien ,
demeurant même appartement , depuis 32 ans
chez M. Dulion , Notaire, rue Dauphine . Lui feul
compofe & débite à préfent cet Elixir , ainfi que
le compofoit , avant lui pour Mademoiſelle Garrus
, le feu fieur Léné , dont il eft à cet égard
l'unique ceffionnaire & fucceffeur. On prie d'affranchir
les Lettres. Il donne un mémoire inf
tru&if & figné de ſa main , DESNOues.
La réputation que le véritable Elixir 'de Garrus
s'eft acquife , en multiplie tous les jours les
contrefactions . Plufieurs Epiciers , de Paris &
d'ailleurs , & même plufieurs autres perfonnes ,
débitent , fous ce titre , des Liqueurs qui n'ont de
cominun avec ce remède , que le nom , dont ils
ont la faufleté de les honorer . Pour être , à cet
égard , à l'abri de toute furprife , il faut s'adreffer
directement au fieur Defnoues , Chirurgien ,
demeurant même appartement , depuis 32 ans
chez M. Dulion , Notaire, rue Dauphine . Lui feul
compofe & débite à préfent cet Elixir , ainfi que
le compofoit , avant lui pour Mademoiſelle Garrus
, le feu fieur Léné , dont il eft à cet égard
l'unique ceffionnaire & fucceffeur. On prie d'affranchir
les Lettres. Il donne un mémoire inf
tru&if & figné de ſa main , DESNOues.
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Résumé : ELIXIR de Garrus.
L'Elixir de Garrus, un remède réputé, voit ses contrefaçons se multiplier à Paris et ailleurs. Pour éviter les imitations, il est conseillé de s'adresser au sieur Desnoues, chirurgien, résidant rue Dauphine. Desnoues, successeur du sieur Léné, fournit un mémoire signé et authentique.
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19755
p. 1331-1336
QUESTIONS élementaires et pédagogiques tirées du Livre intitulé : La Bibliotheque des Enfans, &c. par M. D. Auteur du Systême Typographique.
Début :
No. I. Les Parens ne laissent-ils pas trop long-temps leurs enfans entre les [...]
Mots clefs :
Système typographique, Enfants, Enfant, Éducation, Bureau typographique, Parents, Méthode, Maîtres, Domestiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTIONS élementaires et pédagogiques tirées du Livre intitulé : La Bibliotheque des Enfans, &c. par M. D. Auteur du Systême Typographique.
QUESTIONS élementaires et pédagogiques
tirées du Livre intitulé : La
Biblio.heque des Enfans , &c. par
M.D. Auteur du Systême Typographique.
N". I. Es Parens ne laissent-ils pas trop
Llong- temps leurs enfans entre les
mains inhabi.es, et légitimement
suspectes
des
Domestiques
Et comment des gens , la plupart
sans éducation
, vicieux , ignorans et mercenai
res , peuvent-ils être chargez pendant si long-
II. Vol.
Dij temps
1332 MERCURE DE FRANCE
temps d'un pareil soin , à moins qu'ils ne soicue
éprouvez et assujettis selon la méthode des Classes
du Bureau Typographique ? D'où vient même
que tant de parens donnent à leurs chevaux ,
à leurs chiens et à leurs oyseaux , les soins et
l'attention qu'ils refusent à l'éducation de leurs
propres enfans ?
N°. 2. Les Domestiques et les Parens même
ne sont ils pas souvent le plus grand obstacle
que rencontre un bon Maître , dans le plan d'une
excellente éducation ? Et la difficulté de trouver
de bons Domestiques et de bons Maîtres en fait
de pédagogie , et sur tout pour enseigner selon
la Méthode du Bureau Typographique , ne prouve-
t'elle pas l'importance du choix que les Parens
doivent faire des Maîtres , bien loin de s'en
rapporter aveuglément à des témoignages suspects
?
N'. 3. Un grand Seigneur ne doit- il pas
chercher pour ses enfans un bon Précepteur laïque
et Philosophe , plutôt qu'un simple Latiniste
Théologien ? Et en voulant , par oeconomie , un-
Précepteur Aumônier , ne risque- t'on pas souvent
de manquer l'un pour avoir l'autre ? Et
d'où vient qu'aux dépens de l'éducation de l'Enfant
, on prodigue pour la danse , pour la musi
que , &c. l'argent qu'on ne donne qu'avec peine
pour l'institution et la formation de la premiere
enfance ?
No. 4. Que penser des Parens qui ne veulent
pas faire pour leurs enfans plus de dépense qu'on
en a fait pour eux- mêmes , et qui craignent
que leurs enfans trop tôt instruits , ne leur deviennent
à charge , ou qu'ils n'oublient trop vite
ce qu'ils auront appris si tôt ? La vie la
plus longue n'est- elle pas trop courte pour ac- II. Vol.
querir
JUIN. 1734 1333
querir quelque perfection dans le moindre des
Arts La diligence , la paresse ou l'indifference
des parens sur cet article , n'influent - elles point
sur la suite des études ? L'éducation donnée de
bonne heure , est- elle plus nuisible à la santé de
l'enfant , que l'indifference en fait d'instruction?
N°. s. L'éducation differée et que l'on peut
appeller tardive et paresseuse , a - t'elle quelque
avantage sur celle que l'on peut nommer au contraire
diligente et hâtée ? L'une ou l'autre suppose-
t'elle du danger pour les Enfans , et laquelle
des deux en a plus ou moins à tous égards ? A
quelque âge que ce soit , sont- ce les plaisirs ou
les études qui tuent , ou la maniere dont on s'y
livre Les amusemens cessent- ils d'être amusemens,
dès qu'ils sont instructifs ? Un Enfant manque-
t'il d'avertir quand les idées , les sensations
et les objets l'incommodent ?
N°. 6. Y a- t'il à craindre pour la santé d'un
Enfant , parce qu'il est enseigné de bonne heure,
quoiqu'avec autant de douceur et de facilité que
si on lui laissoit passer ses premieres années dans
l'ignorance ? L'ignorance et l'oisiveté promettent-
elles plus de vie et de santé aux enfans , que
la culture du corps et de l'esprit , proportionnée
à l'âge , aux forces et à la capacité de l'Enfant ,
selon la Méthode et le Systême du Bureau Typographique
Les idées basses , communes
fausses et populaires , sont- elles plus salutaires
un enfant , que les idées nobles , vrayes et instructives
? L'augmentation reglée des connoissances
est - elle nuisible par elle-même ? Et l'enfant le
plus négligé est - il un seul instant sans en acquerir
?
N°. 7. L'enfant le plus volontaire et le plus
gâté n'aquiert-il pas tous les jours , au hazard ,
Diij 社II. Vol.
de
1234 MERCURE DE FRANCE
de nouvelles idées , de nouvelles sensations et de
nouvelles connoissances à l'occasion des nouveaux
objets ? Et l'enfant peut - il augmenter ses
connoissances que par la curiosité , par l'attention
, par l'intelligence , par la memoire et à mesure
qu'il sent , qu'il voit et qu'il entendè L'enfant
même qui ne parle pas encore , n'est- il pas
affecté , occupé et souvent malgré lui accablé
d'idées et de sensations ? En un mot , l'enfance
vuide et affamée d'idées , n'en fait -elle pas unt
plus grande provision jour par jour, que l'hom
me le plus studieux ?
No. 8. Quand on veut redresser un arbre , ou
dresser et instruire quelque animal , ne profitet'on
pas de leurs premieres années ? Pourquoi
ne feroit- on pas de même à l'égard des enfans ?
Des enfans de trois à quatre ans ne sont - ils pas
plus dociles , et, pour ainsi dire, plus échos pour
repeter , et plus Singes pour imiter , que des enfans
de cinq à six et à sept ans? A quel âge done
peut-on et doit- on en general montrer à un enfans
les premiers élemens des Lettres ? La maniere
de montrer à lire aux enfans est - elle indifferente
, dans la seule idée qu'il suffit que tôt ou
tard un enfant en vienne à bout ? Un enfant de
deux à trois et à quatre ans sera -t'il plus amusé
et mieux instruit avec un petit livre , une touche,
une page pleine de petits caracteres et avec
l'ancienne dénomination des lettres , qu'avec des
cartes pour chaque lettre et pour chaque son
de la Langue , soit qu'il ait un Bureau , soit qu'il
n'en ait point ?
›
N° 9. L'enfant amusé, touché et instruit par la
varieté des cartes sensibles, sur lesquelles chaque
Lettre sera imprimée , par le jeu du Bureau Typographique,
par l'exercice du petit A. B. C.La
IIVol
JUIN. 1734. 7335
tin et du petit A. B. C. François de la Bibliothe
que des Enfans , et cet enfant , sans alterer sa
santé , ne fera- t'il pas plus de progrès que l'enfant
girotté sur sa petite chaise et les yeux colez
sur son Livre ? L'experience n'est -elle pas encore
assez grande ? Peut- on justifier à présent les
Maîtres d'Ecole indociles , prévenus et entêtez ,
qui ne veulent point quitter l'ancienne et la fausse
dénomination des Lettres , pour faire usage
de la nouvelle et de la veritable ; L'antiquité et
la generalité d'une Méthode quelconque , prout'elle
sa superiorité sur toute autre Méthode
possible ?
N°. 10 L'esprit méthodique et vrayement
philosophique dans un Maître , n'est- il pas préferable
à l'esprit érudit et plein d'éloquence qui ne
sçait guere que parler sans raisonner ? D'où vient
donc qu'il n'y a que les esprits prévenus ou antiphilosophiques
contre le Systême du Bureau Typographyque
? Et que penser des Gouvernantes ,
des Valets de Chambre , et même des Precepteurs
qui craignant que le Systême du Bureau ne lur
enleve une partie de la gloire qu'ils attendent en
suivant la Méthode vulgaire , inspirent à leurs
Enfans du dégoût pour cette ingénieuse Machine?
N° . 11. La faute des éducations manquées ne
vient-elle pas ordinairement des Parens , dès
Domestiques , des Maîtres et des Méthodes plutôt
que des enfans ? D'où vient que les enfans
uniques , les aînez et les enfans les plus chéris ,
sont quelquefois les plus mal élevez ? Un enfant
du commun , élevé par son Pere et sa Mere ,
faute de Domestique , n'a t'il pas souvent le
bonheur d'être préservé des inconveniens et des
vices de l'éducation des enfans riches et de distinction
D'ailleurs les impressions paternelles
II. Vol. Diiijet
1336 MERCURE DE FRANCE
et les impressions de ceux qui donnent à boire
et à manger aux enfans , de ceux qui passent la
journée avec eux ne, sont- elles pas plus fortes que
les impressions des Maîtres externes ?
Nº. 12. D'où vient que les enfans les plus
stupides apprennent sans regle lesLangues vivantes
, plus facilement que les hommes les plus appliquez
n'apprennent par regle les Langues mortes
? Et d'où vient encore qu'il est plus aisé de
rendre un enfant dévot , qu'il n'est aisé de le
rendre sçavant , et pourquoi un enfant perd- il
la pratique de la dévotion plus facilement que
celle des Arts et des Sciences ? La dévotion dispose-
t'elle plus à l'étude des Sciences , que l'étu
de des Sciences ne dispose à la dévotion
tirées du Livre intitulé : La
Biblio.heque des Enfans , &c. par
M.D. Auteur du Systême Typographique.
N". I. Es Parens ne laissent-ils pas trop
Llong- temps leurs enfans entre les
mains inhabi.es, et légitimement
suspectes
des
Domestiques
Et comment des gens , la plupart
sans éducation
, vicieux , ignorans et mercenai
res , peuvent-ils être chargez pendant si long-
II. Vol.
Dij temps
1332 MERCURE DE FRANCE
temps d'un pareil soin , à moins qu'ils ne soicue
éprouvez et assujettis selon la méthode des Classes
du Bureau Typographique ? D'où vient même
que tant de parens donnent à leurs chevaux ,
à leurs chiens et à leurs oyseaux , les soins et
l'attention qu'ils refusent à l'éducation de leurs
propres enfans ?
N°. 2. Les Domestiques et les Parens même
ne sont ils pas souvent le plus grand obstacle
que rencontre un bon Maître , dans le plan d'une
excellente éducation ? Et la difficulté de trouver
de bons Domestiques et de bons Maîtres en fait
de pédagogie , et sur tout pour enseigner selon
la Méthode du Bureau Typographique , ne prouve-
t'elle pas l'importance du choix que les Parens
doivent faire des Maîtres , bien loin de s'en
rapporter aveuglément à des témoignages suspects
?
N'. 3. Un grand Seigneur ne doit- il pas
chercher pour ses enfans un bon Précepteur laïque
et Philosophe , plutôt qu'un simple Latiniste
Théologien ? Et en voulant , par oeconomie , un-
Précepteur Aumônier , ne risque- t'on pas souvent
de manquer l'un pour avoir l'autre ? Et
d'où vient qu'aux dépens de l'éducation de l'Enfant
, on prodigue pour la danse , pour la musi
que , &c. l'argent qu'on ne donne qu'avec peine
pour l'institution et la formation de la premiere
enfance ?
No. 4. Que penser des Parens qui ne veulent
pas faire pour leurs enfans plus de dépense qu'on
en a fait pour eux- mêmes , et qui craignent
que leurs enfans trop tôt instruits , ne leur deviennent
à charge , ou qu'ils n'oublient trop vite
ce qu'ils auront appris si tôt ? La vie la
plus longue n'est- elle pas trop courte pour ac- II. Vol.
querir
JUIN. 1734 1333
querir quelque perfection dans le moindre des
Arts La diligence , la paresse ou l'indifference
des parens sur cet article , n'influent - elles point
sur la suite des études ? L'éducation donnée de
bonne heure , est- elle plus nuisible à la santé de
l'enfant , que l'indifference en fait d'instruction?
N°. s. L'éducation differée et que l'on peut
appeller tardive et paresseuse , a - t'elle quelque
avantage sur celle que l'on peut nommer au contraire
diligente et hâtée ? L'une ou l'autre suppose-
t'elle du danger pour les Enfans , et laquelle
des deux en a plus ou moins à tous égards ? A
quelque âge que ce soit , sont- ce les plaisirs ou
les études qui tuent , ou la maniere dont on s'y
livre Les amusemens cessent- ils d'être amusemens,
dès qu'ils sont instructifs ? Un Enfant manque-
t'il d'avertir quand les idées , les sensations
et les objets l'incommodent ?
N°. 6. Y a- t'il à craindre pour la santé d'un
Enfant , parce qu'il est enseigné de bonne heure,
quoiqu'avec autant de douceur et de facilité que
si on lui laissoit passer ses premieres années dans
l'ignorance ? L'ignorance et l'oisiveté promettent-
elles plus de vie et de santé aux enfans , que
la culture du corps et de l'esprit , proportionnée
à l'âge , aux forces et à la capacité de l'Enfant ,
selon la Méthode et le Systême du Bureau Typographique
Les idées basses , communes
fausses et populaires , sont- elles plus salutaires
un enfant , que les idées nobles , vrayes et instructives
? L'augmentation reglée des connoissances
est - elle nuisible par elle-même ? Et l'enfant le
plus négligé est - il un seul instant sans en acquerir
?
N°. 7. L'enfant le plus volontaire et le plus
gâté n'aquiert-il pas tous les jours , au hazard ,
Diij 社II. Vol.
de
1234 MERCURE DE FRANCE
de nouvelles idées , de nouvelles sensations et de
nouvelles connoissances à l'occasion des nouveaux
objets ? Et l'enfant peut - il augmenter ses
connoissances que par la curiosité , par l'attention
, par l'intelligence , par la memoire et à mesure
qu'il sent , qu'il voit et qu'il entendè L'enfant
même qui ne parle pas encore , n'est- il pas
affecté , occupé et souvent malgré lui accablé
d'idées et de sensations ? En un mot , l'enfance
vuide et affamée d'idées , n'en fait -elle pas unt
plus grande provision jour par jour, que l'hom
me le plus studieux ?
No. 8. Quand on veut redresser un arbre , ou
dresser et instruire quelque animal , ne profitet'on
pas de leurs premieres années ? Pourquoi
ne feroit- on pas de même à l'égard des enfans ?
Des enfans de trois à quatre ans ne sont - ils pas
plus dociles , et, pour ainsi dire, plus échos pour
repeter , et plus Singes pour imiter , que des enfans
de cinq à six et à sept ans? A quel âge done
peut-on et doit- on en general montrer à un enfans
les premiers élemens des Lettres ? La maniere
de montrer à lire aux enfans est - elle indifferente
, dans la seule idée qu'il suffit que tôt ou
tard un enfant en vienne à bout ? Un enfant de
deux à trois et à quatre ans sera -t'il plus amusé
et mieux instruit avec un petit livre , une touche,
une page pleine de petits caracteres et avec
l'ancienne dénomination des lettres , qu'avec des
cartes pour chaque lettre et pour chaque son
de la Langue , soit qu'il ait un Bureau , soit qu'il
n'en ait point ?
›
N° 9. L'enfant amusé, touché et instruit par la
varieté des cartes sensibles, sur lesquelles chaque
Lettre sera imprimée , par le jeu du Bureau Typographique,
par l'exercice du petit A. B. C.La
IIVol
JUIN. 1734. 7335
tin et du petit A. B. C. François de la Bibliothe
que des Enfans , et cet enfant , sans alterer sa
santé , ne fera- t'il pas plus de progrès que l'enfant
girotté sur sa petite chaise et les yeux colez
sur son Livre ? L'experience n'est -elle pas encore
assez grande ? Peut- on justifier à présent les
Maîtres d'Ecole indociles , prévenus et entêtez ,
qui ne veulent point quitter l'ancienne et la fausse
dénomination des Lettres , pour faire usage
de la nouvelle et de la veritable ; L'antiquité et
la generalité d'une Méthode quelconque , prout'elle
sa superiorité sur toute autre Méthode
possible ?
N°. 10 L'esprit méthodique et vrayement
philosophique dans un Maître , n'est- il pas préferable
à l'esprit érudit et plein d'éloquence qui ne
sçait guere que parler sans raisonner ? D'où vient
donc qu'il n'y a que les esprits prévenus ou antiphilosophiques
contre le Systême du Bureau Typographyque
? Et que penser des Gouvernantes ,
des Valets de Chambre , et même des Precepteurs
qui craignant que le Systême du Bureau ne lur
enleve une partie de la gloire qu'ils attendent en
suivant la Méthode vulgaire , inspirent à leurs
Enfans du dégoût pour cette ingénieuse Machine?
N° . 11. La faute des éducations manquées ne
vient-elle pas ordinairement des Parens , dès
Domestiques , des Maîtres et des Méthodes plutôt
que des enfans ? D'où vient que les enfans
uniques , les aînez et les enfans les plus chéris ,
sont quelquefois les plus mal élevez ? Un enfant
du commun , élevé par son Pere et sa Mere ,
faute de Domestique , n'a t'il pas souvent le
bonheur d'être préservé des inconveniens et des
vices de l'éducation des enfans riches et de distinction
D'ailleurs les impressions paternelles
II. Vol. Diiijet
1336 MERCURE DE FRANCE
et les impressions de ceux qui donnent à boire
et à manger aux enfans , de ceux qui passent la
journée avec eux ne, sont- elles pas plus fortes que
les impressions des Maîtres externes ?
Nº. 12. D'où vient que les enfans les plus
stupides apprennent sans regle lesLangues vivantes
, plus facilement que les hommes les plus appliquez
n'apprennent par regle les Langues mortes
? Et d'où vient encore qu'il est plus aisé de
rendre un enfant dévot , qu'il n'est aisé de le
rendre sçavant , et pourquoi un enfant perd- il
la pratique de la dévotion plus facilement que
celle des Arts et des Sciences ? La dévotion dispose-
t'elle plus à l'étude des Sciences , que l'étu
de des Sciences ne dispose à la dévotion
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Résumé : QUESTIONS élementaires et pédagogiques tirées du Livre intitulé : La Bibliotheque des Enfans, &c. par M. D. Auteur du Systême Typographique.
Le texte 'Questions élémentaires et pédagogiques' extrait de 'La Bibliothèque des Enfants' de M.D., auteur du Système Typographique, aborde diverses questions relatives à l'éducation des enfants et aux responsabilités des parents et des domestiques. Le rôle des domestiques est critiqué, car les parents confient souvent leurs enfants à des domestiques incompétents et mal éduqués, tout en accordant plus d'attention à leurs animaux. Il est recommandé d'éprouver et de former ces domestiques selon la méthode des Classes du Bureau Typographique. Les obstacles à une bonne éducation incluent les domestiques et parfois les parents eux-mêmes. Trouver de bons maîtres, notamment ceux formés à la méthode du Bureau Typographique, est essentiel pour une éducation de qualité. Les grands seigneurs sont encouragés à privilégier des précepteurs laïques et philosophes plutôt que des théologiens. Économiser sur l'éducation au détriment d'autres activités comme la danse ou la musique est critiqué. Certains parents hésitent à investir dans l'éducation de leurs enfants, craignant qu'ils ne deviennent à charge ou n'oublient rapidement ce qu'ils ont appris. Cependant, l'éducation donnée tôt n'est pas nécessairement nuisible à la santé de l'enfant. L'ignorance et l'oisiveté ne garantissent pas une meilleure santé que l'éducation adaptée à l'âge et aux capacités de l'enfant. Les enfants acquièrent des connaissances même lorsqu'ils sont négligés. Les idées nobles et instructives sont préférables aux idées basses et fausses. Les enfants, même très jeunes, acquièrent des idées et des sensations par la curiosité et l'attention, accumulant rapidement des connaissances durant l'enfance. Les méthodes d'enseignement traditionnelles sont jugées moins efficaces que l'utilisation de cartes et de jeux pédagogiques, comme ceux du Bureau Typographique. Les maîtres doivent être ouverts à ces nouvelles méthodes. Un maître méthodique et philosophique est préférable à un maître érudit mais sans esprit critique. Les préjugés contre le Système Typographique sont souvent dus à la peur de perdre de la gloire personnelle. Les échecs éducatifs proviennent souvent des parents, des domestiques, des maîtres et des méthodes utilisées. Les enfants uniques ou chéris ne sont pas toujours mieux élevés. Enfin, les enfants apprennent plus facilement les langues vivantes sans règle que les langues mortes avec règle. La dévotion est plus facile à inculquer que la science, mais elle est plus facilement perdue.
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19756
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second Mercure [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
'A1 lu, par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Avril 1760 , & jen'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris, ce 14 Avril 1760. GUIROY .
'A1 lu, par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Mercure du mois d'Avril 1760 , & jen'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris, ce 14 Avril 1760. GUIROY .
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19757
p. 2804-2805
IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Nullus argento color est, &c. A M. F. Avocat à Saint Sauveur-le-Vicomte.
Début :
Des métaux estimez qu'enserre [...]
Mots clefs :
Imitation, Argent, Avarice, Amour, Vertu, Bassesse, Horace
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Nullus argento color est, &c. A M. F. Avocat à Saint Sauveur-le-Vicomte.
IMITATION de l'Ode d'Horace ,
qui commence par ces mots : Nullus
argento color est , &c.
A M. F. Avocat à Saint Sauveur
le-Vicomte.
DEs métaux estimez qu'enserre
Le centre avare de la terre
Ennemi toujours déclaré ,
Crispe , l'argent aux yeux du Sage
Brille seulement par l'usage
Qu'en sçait faire un cœur moderé.
諾
Les cent voix de la Nymphe aîlée
Far tout vanteront Proculée ;
Et l'amour vraiment paternel ,
Qu'au fort des plus grandes miseres
En lui reconnurent ses freres ,
Rendra son honneur éternel.
Çelui , qui maître de son ame
En bannit l'avarice infâme ,
Fégne plus souverainement ,
Que si de ses loix redoutées ,
II. Vol. L'Eu
DECEMBRE. 1732 2805
L'Europe et l'Affrique domptées
Portoient le joug docilement.
Envain de la soif qui le presse ,
L'Hydropique en bûvant sans cesse
Espere calmer la rigueur ;
Il ne fera qu'aigrir ses peines ,
Tandis qu'il aura dans les veines
Le principe de sa langueur.
諾
Phraate est remis sur le Trône;
Mais de l'éclat qui l'environne
La vertu connoissant le prix .
Bien differente du vulgaire
Pour ce bonheur imaginaire
N'aurajamais que du mépris.
Libre d'une bassesse indigne ,
Et toujours intégre elle assigne
Les vrais honneurs , les premiers rangs
A ceux qui doüez de sagesse
Peuvent regarder la richesse
Avec des yeux indiférens.
F. M. F.
qui commence par ces mots : Nullus
argento color est , &c.
A M. F. Avocat à Saint Sauveur
le-Vicomte.
DEs métaux estimez qu'enserre
Le centre avare de la terre
Ennemi toujours déclaré ,
Crispe , l'argent aux yeux du Sage
Brille seulement par l'usage
Qu'en sçait faire un cœur moderé.
諾
Les cent voix de la Nymphe aîlée
Far tout vanteront Proculée ;
Et l'amour vraiment paternel ,
Qu'au fort des plus grandes miseres
En lui reconnurent ses freres ,
Rendra son honneur éternel.
Çelui , qui maître de son ame
En bannit l'avarice infâme ,
Fégne plus souverainement ,
Que si de ses loix redoutées ,
II. Vol. L'Eu
DECEMBRE. 1732 2805
L'Europe et l'Affrique domptées
Portoient le joug docilement.
Envain de la soif qui le presse ,
L'Hydropique en bûvant sans cesse
Espere calmer la rigueur ;
Il ne fera qu'aigrir ses peines ,
Tandis qu'il aura dans les veines
Le principe de sa langueur.
諾
Phraate est remis sur le Trône;
Mais de l'éclat qui l'environne
La vertu connoissant le prix .
Bien differente du vulgaire
Pour ce bonheur imaginaire
N'aurajamais que du mépris.
Libre d'une bassesse indigne ,
Et toujours intégre elle assigne
Les vrais honneurs , les premiers rangs
A ceux qui doüez de sagesse
Peuvent regarder la richesse
Avec des yeux indiférens.
F. M. F.
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Résumé : IMITATION de l'Ode d'Horace, qui commence par ces mots: Nullus argento color est, &c. A M. F. Avocat à Saint Sauveur-le-Vicomte.
Le texte est une imitation de l'Ode d'Horace dédiée à M. F., avocat à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il explore la valeur des métaux précieux et la sagesse dans leur usage. L'argent, bien que précieux, ne brille que par l'usage modéré qu'en fait un cœur sage. La vertu et l'amour paternel sont loués, comme dans le cas de Proculée, qui a montré un amour fraternel dans l'adversité. Le texte met en garde contre l'avarice, comparant l'hydropique qui boit sans cesse à celui qui cherche vainement à apaiser sa soif d'argent. Phraate, remis sur le trône, ne se laisse pas aveugler par l'éclat de sa position et connaît la véritable valeur de la vertu. La vertu, libre de toute bassesse, accorde les vrais honneurs à ceux qui, doués de sagesse, considèrent la richesse avec indifférence.
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19758
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Pieces Fugitives en Vers et en Prose. ARTICLE PREMIER. Suite des Lettres [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
SUUIITTEE des Lettres & Mémoires de Mlle de
Gondreville , & du Comte de S. Fargeol .Pag.
Songe.
Epître.
& fuiv.
A Mlle Leclerc , de la Comédie Italienne, en
lui envoyant des fleurs.
L'Amour défarmé , Ode Anacréontique .
Vers à l'occaſion des Prix que M. de Fontette
Intendant de la Généralité de Caën a fait
propofer par l'Académie de cette Ville .
Enigmes,
Logogryphes.
Logogryphus.
Abfence , Air à Mlle Col ...
62
65
69
70
73
76 &77
78877
80
ibid.
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Suite de l'Extrait du Poëme de l'Art depeindre
, de M. Wareler.
Effai fur l'Empire des Incas , Traduction de
M. Algarotti.
81
92
AVRIL. 1760 . 239
A l'Auteur du Mercure , fur la véritable époque
de la Croifade de 1363 , relativement
au Tableau des anciens Ménages , inféré
dans le Mercure de Février 1760 .
Extrait d'une Paftorale intitulée , Le Prix de
la Beauté , ou les Couronnes &c.
Annonce des Livres nouveaux .
110
128
136 & fuiv•
ART. III. SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
ACADEMIES.
Affemblée publique de la Société des Sciences
& Belles - Lettres , d'Auxerre.
Société Littéraire , de Châlons fur Marne.
ASTRONOMIE.
Gnomique - pratique.
GÉOMÉTRIE .
145
147.
153
Traité analytique , des Sections coniques &c. 157
MÉDECINE.
Tableau des maladies , de Lommius .
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
Addition à la feconde Lettre de M. de la
Condamine , à M. Daniel Bernoulli.
CHIRURGIE ,
Lettre de M. Ferrand , Maître ès- Arts en
l'Univerfité de Paris &c. à M.Vandermonde
, Docteur- Régent de la Faculté de Médecine
, en la même Univerfité & c .
Avis important au Public, touchant plufieurs
remédes particuliers.
161
170
180
187
240 MERCURE DE FRANCE
ARTS AGRÉABLES.
Peinture.
Gravure .
Muſique.
ART . V. SPECTACLES.
Opéra.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Opéra- Comique .
Concert Spirituel.
ART. VI . Nouvelles Politiques.
Mariage & Morts .
Suite de la vaiffelle portée à la Monnoie de
Paris.
Et à la Monnoie de Riom .
'Avis.
192
198
202
203
ibid.
204
205
ibid.
208
216
217
225
227
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
SUUIITTEE des Lettres & Mémoires de Mlle de
Gondreville , & du Comte de S. Fargeol .Pag.
Songe.
Epître.
& fuiv.
A Mlle Leclerc , de la Comédie Italienne, en
lui envoyant des fleurs.
L'Amour défarmé , Ode Anacréontique .
Vers à l'occaſion des Prix que M. de Fontette
Intendant de la Généralité de Caën a fait
propofer par l'Académie de cette Ville .
Enigmes,
Logogryphes.
Logogryphus.
Abfence , Air à Mlle Col ...
62
65
69
70
73
76 &77
78877
80
ibid.
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Suite de l'Extrait du Poëme de l'Art depeindre
, de M. Wareler.
Effai fur l'Empire des Incas , Traduction de
M. Algarotti.
81
92
AVRIL. 1760 . 239
A l'Auteur du Mercure , fur la véritable époque
de la Croifade de 1363 , relativement
au Tableau des anciens Ménages , inféré
dans le Mercure de Février 1760 .
Extrait d'une Paftorale intitulée , Le Prix de
la Beauté , ou les Couronnes &c.
Annonce des Livres nouveaux .
110
128
136 & fuiv•
ART. III. SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
ACADEMIES.
Affemblée publique de la Société des Sciences
& Belles - Lettres , d'Auxerre.
Société Littéraire , de Châlons fur Marne.
ASTRONOMIE.
Gnomique - pratique.
GÉOMÉTRIE .
145
147.
153
Traité analytique , des Sections coniques &c. 157
MÉDECINE.
Tableau des maladies , de Lommius .
ART. IV . BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
Addition à la feconde Lettre de M. de la
Condamine , à M. Daniel Bernoulli.
CHIRURGIE ,
Lettre de M. Ferrand , Maître ès- Arts en
l'Univerfité de Paris &c. à M.Vandermonde
, Docteur- Régent de la Faculté de Médecine
, en la même Univerfité & c .
Avis important au Public, touchant plufieurs
remédes particuliers.
161
170
180
187
240 MERCURE DE FRANCE
ARTS AGRÉABLES.
Peinture.
Gravure .
Muſique.
ART . V. SPECTACLES.
Opéra.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Opéra- Comique .
Concert Spirituel.
ART. VI . Nouvelles Politiques.
Mariage & Morts .
Suite de la vaiffelle portée à la Monnoie de
Paris.
Et à la Monnoie de Riom .
'Avis.
192
198
202
203
ibid.
204
205
ibid.
208
216
217
225
227
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente la table des articles du Mercure de France d'avril 1760, structurée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des œuvres poétiques comme 'Songe', 'Épître' et 'L'Amour défarmé', ainsi que des énigmes et des logogryphes. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', propose des extraits de poèmes et des traductions, telles que 'Extrait du Poëme de l'Art de peindre' et 'Essai sur l'Empire des Incas'. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', aborde des activités académiques et des traités scientifiques en astronomie, géométrie et médecine. La quatrième section, 'Beaux-Arts', explore les arts utiles et agréables, incluant la peinture, la gravure et la musique. La cinquième section, 'Spectacles', liste des événements culturels comme l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles politiques', mentionne des événements tels que des mariages, des décès, et des avis concernant la vaisselle portée à la Monnoie de Paris et de Riom.
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19759
p. 232-236
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Philippe-Christophe-Amateur de Gallisset, Comte de Gallisset, Baron de [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Comte de Gallisset, Maison de Gallisset
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MEffire Philippe-Chriſtophe- Amateur de Galliffet
, Comte de Galliffet , Baron de Dampierre ,
Brigadier de Cavalerie , Lieutenant-Général de la
Province de Bourgogne , Gouverneur de Mâcon ,
& Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
la Reine , époufa le 22 Janvier 1756 , Marie de
Levis- Lugny , fille de Marc- Antoine de Levis-
Lugny , appellé Marquis de Levis , & de Marie-
Françoile de Gelas de Leberon , niéce du Comte
de Lautrec , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant-
Général de fes Armées , & c. La Bénédiction
Nuptiale leur fut donnée à S. Ouen dans la
chapelle particuliere du Comte de Jarnac , par
l'Abbé d'Harbouft , Vicaire Général de l'Evêché
de Meaux. Leur Contrat de mariage avoit été
figné par le Roi le 19 du même mois.
Le Comte de Galliffet ett d'une famille noble
& ancienne , originaire de S. Laurent-du- Pont en
Dauphiné , & qui s'eft répandue dans le Comtat ,
en Savoye , en Provence , dans le Pays d'Aunis &
à Paris . Elle s'eft également diftinguée dans l'épée
& dans la robe. La perte de la plus grande partie
des titres de cette famille , occafionnée par
guerres avec la Savoye , eft caufe qu'elle ne peut
remonter avec certitude que jufqu'à Guillaume
de Galliffet , qualifié Noble , qui vivoit en 1489.
Ce Guillaume fut pere de Georges & de Jacques
de Gallifer ; celui- ci eft la tige d'une branche qui
les
JUILLET . 1756. 233
a toujours fervi , foit en France , foit en Savoye ,
où elle eft établie .
Georges de Galliffet , fils aîné de Guillaume ,
fut Capitaine & Châtelain de S. Laurent-du-Pont ,
& de la Marche d'Antremont. Claude de Galliffer,
Archer de la Garde du Roi , & Georges II , deux
de fes fils furent auffi Capitaines & Châtelains ,
l'un de S. Laurent- du- Pont , & l'autre de la Marche
d'Antremont. Genton , le feptieme de fes enfans
fut un des cent Gentilshommes de la Chambre
de Henri II . Ils furent tous compris dans les
montres des Gentilshommes des années 1518
1524 , & 1549. Jacques de Galliffet , fils aîné de
Georges I , s'établit à Avignon , & fut pere d'Alexandre
I , dont une fille épousa Claude d'Eyguieres.
Ses preuves furent admifes à Malte à la
réception de fes petits- fils Jacques de Meyran en
1643 , & Claude d'Eyguieres en 1666. Alexandre
II , fils aîné d'Alexandre I , entra dans le Parlement
de Provence , & fut Préfident aux Enquêtes en
1615 , & Confeiller d'Etat en 1648. Il eut entr'autres
enfans Pierre & Jacques , qui ont formé
deux branches .
Pierre , fut pere de quatre
filles & de quatre
garçons qui tous fervirent ainfi que leurs Ancêtres
. Alexandre
III, l'aîné , Capitaine dans le Régiment
de Picardie , a laiffé pour fils unique Louis-
François de Galliffet, Baron de Preuilly , Enfeigne
au Régiment
des Gardes-Françoifes
, allié en
1730 à Marie-Deniſe- Elifabeth Pucelle . Jofeph ,
le fecond , eft mort en 1706 , ayant été Gouverneur
de l'Ile de Sainte- Croix , & commandant
les Colonies Françoifes aux Quartiers du Cap &
Côtes de S. Domingue. François , troifieme fils
de Pierre , Chevalier de S. Louis , Gouverneur
de
la Ville des Trois Rivieres en Canada , a eu pour
234 MERCURE DE FRANCE.
enfans Charles- François de Galliffet , mort en
1748 , Capitaine au Régiment des Gardes- Fran
Coifes , & Chevalier de S Louis , & Marie de Galliffet
vivante. Philippe de Galliffet , quatrieme fils
de Pierre , Chevalier de S. Louis , Lieutenant de
Vaiffeaux du Roi , eft pere par fa femme Marie-
Marguerite- Sufanne Huet , 1º . du Comte de Galliffet
, qui donne heu à cet article . 2°. De Louis-
Gabriel de Galliffet , Abbé de Fontaine-Danicl &
de S. Cheron , & Grand Vicaire du Diocèſe d'Air.
3°. De Paul -Alexandre , mort en 1741 , Chevalier
de Malte , & Capitaine dans le Régiment de
la Couronne.
Jacques de Galliffet , fecond fils d'Alexandre II,
eft Auteur de la branche établie en Provence. Il
fut Préfident aux Enquêtes du Parlement d'Aix ,
de même qu'Alexandre un de fes fils , dont le frere
Gabriel fut admis à Malte en 1695. Un de fes
autres enfans nommé Nicolas , eft mort en 1744,
Chevalier de S. Louis & Chef d'Efcadre des Armées
Navales du Roi , laiffant entr'autres enfans
Simon-Alexandre -Jean de Galliffet , feigneur du
Tholonet & de Montbijoux , Préfident aux Enquêtes
du Parlement de Provence , qui de ſon mariage
avec Magdeleine de Léotard , a un garçon
& une fille , & Louis de Galliffet , dit le Chevalier
de Gallifet , Capitaine dans le Régiment de la
Reine.
GALLIFFET porte pour armes, de gueules au chevron
d'argent , accompagné de trois treffles d'or.
Dame Marie- Sufanne le Berfeur de Fontenay ,
Abbeffe de Cordillon , eft morte en fon Abbaye
le 9 Novembre 1755 , dans fa foixante- douxieme
année. Son tendre attachement pour cette maifon
,luiavoit fait refufer l'Abbaye - aux- Bois, fituée
dans Paris , à laquelle le Roi la nomma en.1745.
JUILLET. 1756. 235
L'Abbaye de Cordillon ayant vaqué en 1751 , par
la mort de la Dame de Froulay , toute la Communauté
fit de vives inftances , afin d'avoir la Dame
de Fontenay pour Abbeffe., & Sa Majefté accorda
cette grace aux voeux unanimes des Religieufes.
Melfire Philibert- François Thiroux de Gerfeuil
Confeiller Honoraire de la Cour des Aides , &
Intendant Général des Poftes & Relais de France ,
âgé de près de 64 ans, eft mort le 11 Novembre,à
Vermanton près d'Auxerre , où il a été inhumé.
Dom Etienne- Gabriel Brice , natif de Paris ,
Religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint
Maur , eft décédé le 13 à l'Abbaye S. Germain
des Prés , âgé d'environ 60 ans. Il travailloit de
puis plufieurs années conjointement avec Dom
Felix Hodin & Dom Tachereau au grand ouvrage
du Gallia Chriftiana , dont ils avoient déja donnés
fix volumes in-folio , les quatre précédens
ayant été publiés par Dom de Sainte -Marthe .
Meffire Jean-Omer Joly de Fleury , Abbé de
l'Abbaye d'Aumale , Ordre de S. Benoît , diocèſe de
Rouen ; & de celle de Chezi , même Ordre , diacè
e de Soiffons , & Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Paris , mourut en cette Ville le 27 ,
âgé de 5 ans.
N... de Carbonieres , Marquis de la Capelle , eft
mort au mois de Novembre en fon Château de la
Capelle en Agenois , âgé de 63 ans . Il laiffe veuve
fans enfans fon époufe Angélique- Céfarine de
Foix, fille de François- Gafton , Comte de Foix ,
& de fa feconde femme Claude du Faur de Saint-
Jory. Il a ordonné par fon Teftament que fes
biens après la mort de la Marquife de la Capelle ,
qui en a la jouiffance , pafferont au Comte de Sa
bran , petit fils de Louife- Charlotte de Foix , veuve
de Jean -Honoré , Comte de Sabran , & foeur consanguine de la Marquise de la Capelle
,
étant
fille du même François-Gaston
,
Comte de Foix,
& de sa troisieme femme Dorothée-Théodore de
Poudenas-de fillepinte
,
actuellement vivante.
Dame Marie-Anne-Eléonore-Dreusede Rouffelet
de Château -Renaud
, veuve de Louis-Jean-
Baptiste de Matignon, Comte de Gacé & de
Montmartin, Baron de Gié
,
appelle le Comte
de Matignon
,
Chevalier des Ordres du Roi
, Lieutenant-Général des Armées de Sa Majesté,
Gouverneur & Lieutenant-Général du Paysd'Aunis
,
Ville & Gouvernement de la Rocheile
,
Isles
de Ré & d'Oléron
,
Brouage
,
Pays, Côtes &
Forteresses adjacentes, mourut à Paris le 17 Décembre
,
âgée de soixante-trois ans.
Elle étoit fille de François-Louis de Rousselet,
Marquis de Château-Renaud, Maréchal & Vice-
Amiral de France
,
Chevalier des Ordres du Roi,
& de Marie-Anne-Renée de la Porte-d'Artois.
' Anne-Errard
,
Marquis d'Avaugour
,
le plus
ancien des Brigadiers de cavalerie
,
est mort à
Paris
,
le 18
,
dans la quatre-vingt-quatrième
année de son âge.
MEffire Philippe-Chriſtophe- Amateur de Galliffet
, Comte de Galliffet , Baron de Dampierre ,
Brigadier de Cavalerie , Lieutenant-Général de la
Province de Bourgogne , Gouverneur de Mâcon ,
& Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
la Reine , époufa le 22 Janvier 1756 , Marie de
Levis- Lugny , fille de Marc- Antoine de Levis-
Lugny , appellé Marquis de Levis , & de Marie-
Françoile de Gelas de Leberon , niéce du Comte
de Lautrec , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant-
Général de fes Armées , & c. La Bénédiction
Nuptiale leur fut donnée à S. Ouen dans la
chapelle particuliere du Comte de Jarnac , par
l'Abbé d'Harbouft , Vicaire Général de l'Evêché
de Meaux. Leur Contrat de mariage avoit été
figné par le Roi le 19 du même mois.
Le Comte de Galliffet ett d'une famille noble
& ancienne , originaire de S. Laurent-du- Pont en
Dauphiné , & qui s'eft répandue dans le Comtat ,
en Savoye , en Provence , dans le Pays d'Aunis &
à Paris . Elle s'eft également diftinguée dans l'épée
& dans la robe. La perte de la plus grande partie
des titres de cette famille , occafionnée par
guerres avec la Savoye , eft caufe qu'elle ne peut
remonter avec certitude que jufqu'à Guillaume
de Galliffet , qualifié Noble , qui vivoit en 1489.
Ce Guillaume fut pere de Georges & de Jacques
de Gallifer ; celui- ci eft la tige d'une branche qui
les
JUILLET . 1756. 233
a toujours fervi , foit en France , foit en Savoye ,
où elle eft établie .
Georges de Galliffet , fils aîné de Guillaume ,
fut Capitaine & Châtelain de S. Laurent-du-Pont ,
& de la Marche d'Antremont. Claude de Galliffer,
Archer de la Garde du Roi , & Georges II , deux
de fes fils furent auffi Capitaines & Châtelains ,
l'un de S. Laurent- du- Pont , & l'autre de la Marche
d'Antremont. Genton , le feptieme de fes enfans
fut un des cent Gentilshommes de la Chambre
de Henri II . Ils furent tous compris dans les
montres des Gentilshommes des années 1518
1524 , & 1549. Jacques de Galliffet , fils aîné de
Georges I , s'établit à Avignon , & fut pere d'Alexandre
I , dont une fille épousa Claude d'Eyguieres.
Ses preuves furent admifes à Malte à la
réception de fes petits- fils Jacques de Meyran en
1643 , & Claude d'Eyguieres en 1666. Alexandre
II , fils aîné d'Alexandre I , entra dans le Parlement
de Provence , & fut Préfident aux Enquêtes en
1615 , & Confeiller d'Etat en 1648. Il eut entr'autres
enfans Pierre & Jacques , qui ont formé
deux branches .
Pierre , fut pere de quatre
filles & de quatre
garçons qui tous fervirent ainfi que leurs Ancêtres
. Alexandre
III, l'aîné , Capitaine dans le Régiment
de Picardie , a laiffé pour fils unique Louis-
François de Galliffet, Baron de Preuilly , Enfeigne
au Régiment
des Gardes-Françoifes
, allié en
1730 à Marie-Deniſe- Elifabeth Pucelle . Jofeph ,
le fecond , eft mort en 1706 , ayant été Gouverneur
de l'Ile de Sainte- Croix , & commandant
les Colonies Françoifes aux Quartiers du Cap &
Côtes de S. Domingue. François , troifieme fils
de Pierre , Chevalier de S. Louis , Gouverneur
de
la Ville des Trois Rivieres en Canada , a eu pour
234 MERCURE DE FRANCE.
enfans Charles- François de Galliffet , mort en
1748 , Capitaine au Régiment des Gardes- Fran
Coifes , & Chevalier de S Louis , & Marie de Galliffet
vivante. Philippe de Galliffet , quatrieme fils
de Pierre , Chevalier de S. Louis , Lieutenant de
Vaiffeaux du Roi , eft pere par fa femme Marie-
Marguerite- Sufanne Huet , 1º . du Comte de Galliffet
, qui donne heu à cet article . 2°. De Louis-
Gabriel de Galliffet , Abbé de Fontaine-Danicl &
de S. Cheron , & Grand Vicaire du Diocèſe d'Air.
3°. De Paul -Alexandre , mort en 1741 , Chevalier
de Malte , & Capitaine dans le Régiment de
la Couronne.
Jacques de Galliffet , fecond fils d'Alexandre II,
eft Auteur de la branche établie en Provence. Il
fut Préfident aux Enquêtes du Parlement d'Aix ,
de même qu'Alexandre un de fes fils , dont le frere
Gabriel fut admis à Malte en 1695. Un de fes
autres enfans nommé Nicolas , eft mort en 1744,
Chevalier de S. Louis & Chef d'Efcadre des Armées
Navales du Roi , laiffant entr'autres enfans
Simon-Alexandre -Jean de Galliffet , feigneur du
Tholonet & de Montbijoux , Préfident aux Enquêtes
du Parlement de Provence , qui de ſon mariage
avec Magdeleine de Léotard , a un garçon
& une fille , & Louis de Galliffet , dit le Chevalier
de Gallifet , Capitaine dans le Régiment de la
Reine.
GALLIFFET porte pour armes, de gueules au chevron
d'argent , accompagné de trois treffles d'or.
Dame Marie- Sufanne le Berfeur de Fontenay ,
Abbeffe de Cordillon , eft morte en fon Abbaye
le 9 Novembre 1755 , dans fa foixante- douxieme
année. Son tendre attachement pour cette maifon
,luiavoit fait refufer l'Abbaye - aux- Bois, fituée
dans Paris , à laquelle le Roi la nomma en.1745.
JUILLET. 1756. 235
L'Abbaye de Cordillon ayant vaqué en 1751 , par
la mort de la Dame de Froulay , toute la Communauté
fit de vives inftances , afin d'avoir la Dame
de Fontenay pour Abbeffe., & Sa Majefté accorda
cette grace aux voeux unanimes des Religieufes.
Melfire Philibert- François Thiroux de Gerfeuil
Confeiller Honoraire de la Cour des Aides , &
Intendant Général des Poftes & Relais de France ,
âgé de près de 64 ans, eft mort le 11 Novembre,à
Vermanton près d'Auxerre , où il a été inhumé.
Dom Etienne- Gabriel Brice , natif de Paris ,
Religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint
Maur , eft décédé le 13 à l'Abbaye S. Germain
des Prés , âgé d'environ 60 ans. Il travailloit de
puis plufieurs années conjointement avec Dom
Felix Hodin & Dom Tachereau au grand ouvrage
du Gallia Chriftiana , dont ils avoient déja donnés
fix volumes in-folio , les quatre précédens
ayant été publiés par Dom de Sainte -Marthe .
Meffire Jean-Omer Joly de Fleury , Abbé de
l'Abbaye d'Aumale , Ordre de S. Benoît , diocèſe de
Rouen ; & de celle de Chezi , même Ordre , diacè
e de Soiffons , & Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Paris , mourut en cette Ville le 27 ,
âgé de 5 ans.
N... de Carbonieres , Marquis de la Capelle , eft
mort au mois de Novembre en fon Château de la
Capelle en Agenois , âgé de 63 ans . Il laiffe veuve
fans enfans fon époufe Angélique- Céfarine de
Foix, fille de François- Gafton , Comte de Foix ,
& de fa feconde femme Claude du Faur de Saint-
Jory. Il a ordonné par fon Teftament que fes
biens après la mort de la Marquife de la Capelle ,
qui en a la jouiffance , pafferont au Comte de Sa
bran , petit fils de Louife- Charlotte de Foix , veuve
de Jean -Honoré , Comte de Sabran , & foeur consanguine de la Marquise de la Capelle
,
étant
fille du même François-Gaston
,
Comte de Foix,
& de sa troisieme femme Dorothée-Théodore de
Poudenas-de fillepinte
,
actuellement vivante.
Dame Marie-Anne-Eléonore-Dreusede Rouffelet
de Château -Renaud
, veuve de Louis-Jean-
Baptiste de Matignon, Comte de Gacé & de
Montmartin, Baron de Gié
,
appelle le Comte
de Matignon
,
Chevalier des Ordres du Roi
, Lieutenant-Général des Armées de Sa Majesté,
Gouverneur & Lieutenant-Général du Paysd'Aunis
,
Ville & Gouvernement de la Rocheile
,
Isles
de Ré & d'Oléron
,
Brouage
,
Pays, Côtes &
Forteresses adjacentes, mourut à Paris le 17 Décembre
,
âgée de soixante-trois ans.
Elle étoit fille de François-Louis de Rousselet,
Marquis de Château-Renaud, Maréchal & Vice-
Amiral de France
,
Chevalier des Ordres du Roi,
& de Marie-Anne-Renée de la Porte-d'Artois.
' Anne-Errard
,
Marquis d'Avaugour
,
le plus
ancien des Brigadiers de cavalerie
,
est mort à
Paris
,
le 18
,
dans la quatre-vingt-quatrième
année de son âge.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1755 et 1756, plusieurs événements familiaux et décès de personnalités notables ont marqué l'actualité. Le 22 janvier 1756, Philippe-Christophe de Galliffet, Comte de Galliffet, épousa Marie de Lévis-Lugny. Leur contrat de mariage fut signé par le Roi le 19 janvier, et la cérémonie eut lieu à S. Ouen dans la chapelle particulière du Comte de Jarnac. La famille de Galliffet, noble et ancienne, est originaire de S. Laurent-du-Pont en Dauphiné et s'est distinguée dans les domaines militaire et judiciaire. La lignée remonte à Guillaume de Galliffet, vivant en 1489. Plusieurs décès notables ont également été enregistrés. Dame Marie-Suzanne Le Berseur de Fontenay, Abbesse de Cordillon, décéda le 9 novembre 1755 à l'âge de 62 ans. Messire Philibert-François Thiroux de Gerfeuil, Intendant Général des Postes et Relais de France, mourut le 11 novembre à Vermanton, près d'Auxerre, à l'âge de 64 ans. Dom Étienne-Gabriel Brice, Religieux Bénédictin, décéda le 13 novembre à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés à l'âge de 60 ans. Messire Jean-Omer Joly de Fleury, Abbé de l'Abbaye d'Aumale, mourut à Paris le 27 novembre à l'âge de 55 ans. N... de Carbonières, Marquis de la Capelle, décéda en novembre à l'âge de 63 ans, laissant veuve son épouse Angélique-Césarine de Foix. Dame Marie-Anne-Éléonore-Dreusede Rousselet de Château-Renaud, veuve du Comte de Matignon, décéda à Paris le 17 décembre à l'âge de 63 ans. Enfin, Anne-Erard, Marquis d'Avaugour, Brigadier de cavalerie, décéda à Paris le 18 décembre à l'âge de 84 ans.
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19760
p. 1326-1331
LES DOUCEURS DE LA VIE CHAMPÊTRE. ODE.
Début :
Sejour qu'habitent les Ombres [...]
Mots clefs :
Vie champêtre, Nature, Fleurs, Horace, Hiver, Lyre
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texteReconnaissance textuelle : LES DOUCEURS DE LA VIE CHAMPÊTRE. ODE.
LES DOUCEURS
DE LA VIE CHAMPÊTRE,
O D E.
SEjour qu'habitent les Ombres ,
Doux climats , paisibles lieux ,
Calmez de mes ennuis sombres ,
Le tumulte audacieux.
11. Vol Sus-
JUIN. 1732. 1327
Suspendez .... mais quelle flamme,
Se développe en mon ame?
Elle appaise mes desirs.
Ah! tranquille solitude ,
Déja mon inquiétude ,
S'appaise dans tes plaisirs.
Qu'ici la Nature- est belle !
Que ce coup d'œil est charmant!
Chaque objet s'y renouvelle ,
Au gré de l'éloignement.
Malgré leurs affreuses pentes ,
Ces Collines verdoyantes ,
N'ont que des aspects heureux :
Oh! que de Métamorphoses !
Je vois éclore les Roses ,
Des Buissons infructueux.
Là, sous de sacrez Bocages ,
Où je charme le Destin ,
Les Zephirs et les ombrages,
Semblent se donner la main.
Ornemens de la Nature ,
Gazons , Tapis de verdure ,
Bigarrez de mille fleurs :
C'est en vain que par ses veilles ,
11. Vol. L'Art
328 MERCURE DE FRANCE
L'Art imite vos merveilles .
S'il n'exprime vos odeurs.
O vous , aimables Prairies ,
Qu'arrosent tant de Ruisseaux ,
Creux Vallons , Plaines fleuries ,
Plantez de Chênes, ou d'Ormeaux ,
Que j'aime à voir vos Allées ,
Alongue file égalées ,3.
Deffendre l'entrée au jour !
Vous sauvez de fleurs sans nombre;
Qui veulent mourir à l'ombre ;
J'y mourrai de même un jour.
M
Arbrisseaux que la Nature
A semez confusément ,
Mais qui d'une eau toûjours pure ,
Vous baignez heureusement ;
Vous craignez peu la tempête ,
Qui s'éleve sur le faîte ,
Des orgueilleuses Forêts.
Vous aimerez le Zephire ,
Lui qui sur vous ne respire ,
Que pour augmenter le frais.
M
Sur le bord d'une Fontaine,
Ou Narcisse s'est miré ,
II. Vol. Jtetins
JUIN.
17320 1329
- J'éteins la brulante haleine ,
D'un poulmon trop alteré.
Là, sur une couche verte ,
De Violettes couverte ,
Je me livre au doux sommeil.
La vapeur qui me surmonte ,
Avec ordre m'y raconte ,
Les plaisirs de mon réveil.
Mais que vois-je sur ces Rives,
Où s'enflamment les regards
Des voix tendres et plaintives ,
Y naissent de toutes parts.
Transposé sur le Méandre ,
Oiseaux , je crois vous entendre ,
Sur ses bords toûjours rians ,
Ou sur les Rives d'Alphée ,
Où jadis le Docte Orphée ,
Forma vos Airs ravissans.
諾
Ici chaque objet in'amuse ,
Et m'instruit tout à la fois ;
Ma Lyre ailleurs trop confuse ,
S'explique mieux dans ces Bois.
Ainsi quand la Tourterelle ,
De sa Compagne fidelle ,
Pleure la mort en ce lieu ;
11. Vol. D Elle
1330 MERCURE DE FRANCE
Elle me dit , miserable ,
Tu dois être inconsolable ,
Si tu perds jamais ton Dieu.
粥
Déja le feuillage vole,
La Nature s'affoiblit ;
L'hyver glacé la desole,
Le Printemps la rétablit.
O Nature inanimée ,
Sous les fleurs , sous la ramée ,
Tu rajeunis tous les ans ;
Mais , pour l'humaine Nature ,
Quand elle perd sa verdure ,
Il n'est plus d'autre Printemps.
La nuit de ses sombres voiles,
Enveloppant l'Univers ,
Produit mille et mille Etoiles ,
Pour éclairer ces Deserts.
Là, dans un humble silence ,
Je contemple l'ordonnance
De ce Globle éblouissant
Sous ses feux où je respire
Deserts , vous m'y faites lire
La route du Firmament *
(a) La voyelactés.
>
:
II. Vob Ecucil
JUIN.
1732 1331 Ecueil de notre innocence ,
Monde du Monde adoré,
Je veux loin de ta puissance ,
Vivre et mourir ignoré.
Loin de tes affreux orages ,
Sur ces paisibles Rivages ,
S'écouleront mes beaux jours..
Heureux ! si dans ma foiblesse ,
Solitude , à ma promesse ,
Je consacre tes amours.
Orus , quando te aspiciam ! quandoque licebit ,
Nunc veterum libris , nunc somno et inertibus horis,
Ducere sollicita jucunda oblivia vita ! Horace.
Par M. DAY , en Marsan
DE LA VIE CHAMPÊTRE,
O D E.
SEjour qu'habitent les Ombres ,
Doux climats , paisibles lieux ,
Calmez de mes ennuis sombres ,
Le tumulte audacieux.
11. Vol Sus-
JUIN. 1732. 1327
Suspendez .... mais quelle flamme,
Se développe en mon ame?
Elle appaise mes desirs.
Ah! tranquille solitude ,
Déja mon inquiétude ,
S'appaise dans tes plaisirs.
Qu'ici la Nature- est belle !
Que ce coup d'œil est charmant!
Chaque objet s'y renouvelle ,
Au gré de l'éloignement.
Malgré leurs affreuses pentes ,
Ces Collines verdoyantes ,
N'ont que des aspects heureux :
Oh! que de Métamorphoses !
Je vois éclore les Roses ,
Des Buissons infructueux.
Là, sous de sacrez Bocages ,
Où je charme le Destin ,
Les Zephirs et les ombrages,
Semblent se donner la main.
Ornemens de la Nature ,
Gazons , Tapis de verdure ,
Bigarrez de mille fleurs :
C'est en vain que par ses veilles ,
11. Vol. L'Art
328 MERCURE DE FRANCE
L'Art imite vos merveilles .
S'il n'exprime vos odeurs.
O vous , aimables Prairies ,
Qu'arrosent tant de Ruisseaux ,
Creux Vallons , Plaines fleuries ,
Plantez de Chênes, ou d'Ormeaux ,
Que j'aime à voir vos Allées ,
Alongue file égalées ,3.
Deffendre l'entrée au jour !
Vous sauvez de fleurs sans nombre;
Qui veulent mourir à l'ombre ;
J'y mourrai de même un jour.
M
Arbrisseaux que la Nature
A semez confusément ,
Mais qui d'une eau toûjours pure ,
Vous baignez heureusement ;
Vous craignez peu la tempête ,
Qui s'éleve sur le faîte ,
Des orgueilleuses Forêts.
Vous aimerez le Zephire ,
Lui qui sur vous ne respire ,
Que pour augmenter le frais.
M
Sur le bord d'une Fontaine,
Ou Narcisse s'est miré ,
II. Vol. Jtetins
JUIN.
17320 1329
- J'éteins la brulante haleine ,
D'un poulmon trop alteré.
Là, sur une couche verte ,
De Violettes couverte ,
Je me livre au doux sommeil.
La vapeur qui me surmonte ,
Avec ordre m'y raconte ,
Les plaisirs de mon réveil.
Mais que vois-je sur ces Rives,
Où s'enflamment les regards
Des voix tendres et plaintives ,
Y naissent de toutes parts.
Transposé sur le Méandre ,
Oiseaux , je crois vous entendre ,
Sur ses bords toûjours rians ,
Ou sur les Rives d'Alphée ,
Où jadis le Docte Orphée ,
Forma vos Airs ravissans.
諾
Ici chaque objet in'amuse ,
Et m'instruit tout à la fois ;
Ma Lyre ailleurs trop confuse ,
S'explique mieux dans ces Bois.
Ainsi quand la Tourterelle ,
De sa Compagne fidelle ,
Pleure la mort en ce lieu ;
11. Vol. D Elle
1330 MERCURE DE FRANCE
Elle me dit , miserable ,
Tu dois être inconsolable ,
Si tu perds jamais ton Dieu.
粥
Déja le feuillage vole,
La Nature s'affoiblit ;
L'hyver glacé la desole,
Le Printemps la rétablit.
O Nature inanimée ,
Sous les fleurs , sous la ramée ,
Tu rajeunis tous les ans ;
Mais , pour l'humaine Nature ,
Quand elle perd sa verdure ,
Il n'est plus d'autre Printemps.
La nuit de ses sombres voiles,
Enveloppant l'Univers ,
Produit mille et mille Etoiles ,
Pour éclairer ces Deserts.
Là, dans un humble silence ,
Je contemple l'ordonnance
De ce Globle éblouissant
Sous ses feux où je respire
Deserts , vous m'y faites lire
La route du Firmament *
(a) La voyelactés.
>
:
II. Vob Ecucil
JUIN.
1732 1331 Ecueil de notre innocence ,
Monde du Monde adoré,
Je veux loin de ta puissance ,
Vivre et mourir ignoré.
Loin de tes affreux orages ,
Sur ces paisibles Rivages ,
S'écouleront mes beaux jours..
Heureux ! si dans ma foiblesse ,
Solitude , à ma promesse ,
Je consacre tes amours.
Orus , quando te aspiciam ! quandoque licebit ,
Nunc veterum libris , nunc somno et inertibus horis,
Ducere sollicita jucunda oblivia vita ! Horace.
Par M. DAY , en Marsan
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Résumé : LES DOUCEURS DE LA VIE CHAMPÊTRE. ODE.
Le texte 'Les Douceurs de la vie champêtre' exalte la beauté et la tranquillité de la nature. L'auteur admire les paysages champêtres, les collines verdoyantes, les prairies fleuries et les ruisseaux. Il apprécie les transformations saisonnières, notamment l'éclosion des roses et la renaissance du printemps après l'hiver. La nature est perçue comme un refuge contre les tumultes de la vie urbaine. L'auteur y trouve des prairies arrosées, des vallons, des allées bordées d'arbres et des arbrisseaux résistants aux tempêtes. Les fontaines offrent des lieux de repos et de sommeil. La nuit étoilée inspire contemplation et réflexion. L'auteur aspire à vivre et mourir dans cette solitude paisible, loin des tumultes du monde. Il conclut en citant Horace, exprimant son désir de trouver des moments de repos et d'oubli dans les livres et le sommeil.
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19761
p. 16-23
RÉPONSE du R. P. M. Texte, D. à la Lettre anonyme, insérée dans le premier Volume du Mercure de Juin 1744, sur l'origine de réciter trois fois l'Ave Maria, au son de la cloche.
Début :
Vous me demandez, Monsieur, si la Priere appellée communément l'Angelus, [...]
Mots clefs :
Ave Maria, Angélus, Cloche, Louis XI, Termes, Origine, Matin, Salutation angélique
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE du R. P. M. Texte, D. à la Lettre anonyme, insérée dans le premier Volume du Mercure de Juin 1744, sur l'origine de réciter trois fois l'Ave Maria, au son de la cloche.
REPONSE du R. P. M. Texte , D. à
la Lettre anonyme , inférée dans le premier
Volume du Mercure de fuin 1744 , ſur l'origine
de réciter trois fois l'Ave Maria , au
fon de la cloche.
V
Ous me demandez , Monfieur , fi
la Priere appellée communément
l'Angelus , a commencé ſous Louis VI , &
ſi Louis XI l'a ordonnée le matin & le
foir , comme à midi .
Je vous dirai , M. qu'à juger du premier
chef par ce qu'on en lit dans le Dictionnaire
de Trévoux , T. IV , p. 1424 , Edition
de 1721 , c'eſt Louis VI , dit le Gros ,
décédé en 1137 , lequel a ordonné le premier
l'Angelus. Voici les termes qui y ſont
inférés.
La Salutation Angélique est une Priere
qu'onfait à la Vierge,qu'on nomme l'Ave Maria
, qui contient les mêmes paroles que l'Ange
lui dit , quand il lui annonça le Mysterede
Incarnation , Salutatio Angelica ; elle a été
introduite par l'Ordonnance de Louis VI. Ilya
poſitivement Louis VI , fans d'Errata qui
le corrige , comme le dit Robert Gaguin dans
Ses Chroniques. Elle ne ſe fir d'abord qu'à midi
,mais depuis elle s'est faite auſſi au fon de
NOVEMBRE. 1744. 17
la cloche qu'on ſonne au point du jour , & à
Sept heures du soir, qu'on nomme le Couvre
feu , &par corruption Carfou ; ce terme depuis
, infinuë que les Auteurs du Dictionnaire
parlent de Louis VI,puiſqu'il est conf
tant que dès 1300 , 172 ansavant l'Ordonnance
de Louis XI,on diſoit en France l'Angelus
au Couvre- feu, comme je le prouverai.
M. César de Rochefort , Docteur ès
Droits , Aggregé au Collège de la Sapience
de Rome , Auteur de pluſieurs Ouvrages ,
fondé également ſur une autorité , a mis
dans celui qui a pour titre : Dictionnaire général
& curieux , contenant les principaux
mots, &c. imprimé à Lyon en 1685 , que ce
fut Louis XI , qui en 1472 , ordonna de
réciter l'Angelus aux heures qu'on le fair
aujourd'hui ; on y lit p . 24.
Ave Maria , Louis XI ordonna dans ſon
Royaume la Salutation Angélique , qui se dit
le matin , à midi & lefoir. Ce fut le 1 Mat
1472 , Mezeray , dans la vie de Charles
VIII. Jean XXII avoit deja institué cette dévotion
à la Vierge ; ce qu'ily a de plus important,
dit l'Auteur dans ſa Préface, eft que les
Citationsfont fort régulieres.
Un troiſième ſentiment ſur l'origine de
l'Angelus à midi , de la découverte duquel
je vous fuis , M. redevable , & qui efface
les deux premiers , me paroît plus
18 MERCURE DE FRANCE.
folide; il eſt fondé ſur le Texte de la Chronique
d'un Greffier de l'Hôtel de Ville de
Paris , contemporain de Louis XI , & que
vous rapportez au lieu des termes de l'Ordonnance
de ce Roi , qui ſeroit ſans réplique;
on lit dans cette Chronique : »
1472 هد ,
Etle-
dit premier jour deMai ,un Doc-
>> teurdéclaira que le Roi exhortoit ſonbon
> Populaire ... que doreſenavant à l'heure
»du midi chaſcun feuſt flechi un genoiiil en
> terre en diſantAve Maria.
Vous me permettrez , M. de continuer
cette Réponſe par des découvertes que j'ai
faites depuis ſur le même ſujet de l'Angelus.
Il y a eu des Synodes en France avant le
Regne de Louis XI , où l'Angelus a été ordonné.
Le ſçavantDom Martenne en rapporte
deux exemples dans ſes Anecdotes
T. IV.
Le premier ſe liten ces termes ,p. 962 .
Ex ftatutis Domini Simonis , ( a ) quondam
Epifcopi Nannetenſis, art. V.de Ignitegio. Item
precipimus , ut ipsi (b) faciant hora confusta
pulfari campanas in Ecclefiis fuis , ad ignitegium
Gallice Couvre feut precipiant
Parochianis ad pulfationem hujusmodi dicere
genibus flexis , verbum Salutationis ab Angelo
(a) L'année n'eſt pas marquée.
(6) Les Curés..
NOVEMBRE. 1744. 19
gloriofa Virgini Maria Ave Maria,&ex hoc
lucrantur decem dies Indulgentia .
Ce grand Prélat , ſi dévot à la Vierge
mérite bien d'être connêt; c'eſt Simon de Langres,
uniqueEvêque de Nantes de ce nom
en 1366 ,& enfuite de Vannes , ſelon lep.
Echard,& que Froiffart,L.I.Ch. 211 ,appelle
Homme d'Egliſe d'une grande prudence.
3
Il fut le 21 Général de l'Ordre de S. Dominique
, & un des deux Légats envoyés en
France par Innocent VI, & choiſi, dit le ſçavant
P. Daniel , dans ſon Hift.de France, T.
III, p. 101 ) par Charles, Dauphin & Régent
du Royaume , pour travailler au Traité de
Bretigny, prèsdeChartres,Paroiſſe de Sours,
où j'ai pallé. Mem. de la Chambre des CompresdeParis.
L'autre exemple , tiré du même Livre de
Dom Martenne, p. 1107 , nous donne au fujetde
l'Angelus ,une époque plus ancienne.
Satuta Synodalia Ecclefia Trecorensis (Treguier
) art. LXVIII. Item pracipit Dominus
Epifcopus omnibus Curatis Dioecefis Trecorenfis,
invirtute obedientiæ , quod de catero pul
fetur Campana in Ecclefiis fuis , ante ignitegium
, & quod fit inter duas pulſationes ſpatium
unius Ave María .
L'année de ce Synode , & le nom de l'Evêque
, ne ſont pas marqués , mais comme
enfuite viennent Stainta Synodalia Alani
1
20 MERCURE DE FRANCE.
EpifcopiTrecorenfis,poft annum M.CCC.XXXIV.
edita , le Synode , qu'on vient de citer ,
doit être néceſſairement plus ancien.
Cette maniere de prier le ſoir fut plus
étenduëdans le Concile de la Province (a)
de Sens , tenu à Paris , dans le Palais alors
Epiſcopal , ſitué ſur le bord de la Seine, (b)
auquel préſida Guillaume de Melun , Archevêque
de Sens ; en voici les termes , Art.
XIII. Item authoritate dicti Concilii pracipimus
ut obfervetur inviolabiliter ordinatio facta
perSancta memoria Joannem Papam XXII, de
dicendo ter Ave Maria, tempore ignitegii, &c.
Actum in Palatio Epifcopali Parifienfi anno
millefimo trecentefimo quadragefimo ſexto die
XIV Martii.
Quelques Hiſtoriens diſent que cetteBulle
de Jean XXII , donnée le 13 Octobre
1318 , eſt Le commencement & l'origine de
la Priere que nous appellons l'Angelus ; mais
outre qu'ils avouent avec Reynal , qu'on
la pratiquoit déja en France,ſçavoir à Xaintes.
Cum pius mos in Xantonenfi Ecclefia fufceptus
effet , Pontifex decem dierum Indul-
-(a) La Province Eccleſiaſtique de Sens étoit d'une
vaſte étendue,& contenoit tout un grand Pays
dont lePeuple Belliqueux étoit nommé Romanorum
terror. Voyez Baudrand.
(b) Sequana , ſubſt f. Fleuve en général m. Dict.
deDanet , mais non pas abſolument m. le Criti
que qui depuis peu l'a avancé s'eſt trompé,
NOVEMBRE 1744. 28
gentiam conceffit , Reyn. Annal. 1318. Outre
cela, dis-je , Bzovius , qui écrivoit à Rome
dans la Bibliothéque du Vatican , par l'or
dre de Paul V , & que perſonne n'a refuté,
amis dans ſes Annales , T. XIII , p. 391 ,
ann. 1239 , quatre-vingt ans auparavaut
Jean XXII , que le Pape Grégoire IX , perſécuté
par l'Empereur Frederic II , avoit or
donné de réciter trois fois cette Priere à
genoux le matin & le ſoir. Interim cum
fcriptis armis Frederici Gregorius IX, exa
gitarctur , decrevit ut Salutatio Dei parentis
tum diluculo , tum crepusculo , dato ſigno campana,
abomnibus genu flexo ter repeteretur. II
ditpas d'où il a tiré ce fait , comme il cite
Naucler à l'égard du Salve Regina , ordonné
par ce Pape, Priere * qu'il attribuë à Dom
Herman , Bénédictin, en 1060 ; mais ce témoignage
de Bzovius mériteroit quelque
attention.
Neanmoins , pour ne rien avancer que de
poſitif, je dis qu'on a d'abord recité l'Angelus
au couvre-feu avant 1318 , enſuite
Tous Louis XI , à midi en 1472 , & enfin ,
l'époque la plus ancienne que j'aye pû découvrir
pour trois fois par jour, eſt celle
de Léon X , élû en 1513 , lequel
**
* La coûtume de chanter le Salve après Complies
vient des Dominiquains . vers 1237. Martene ,T.
VI.p. 544 ver. Script.
** P, de Breul , Hiſt, de l'Abbaye S. Germain,
z MERCURE DE FRANCE.
à l'inſtance du Cardinal Briçonner , Evêque
de Meaux , & Abbé de S. Germain des Prez
Paris , accorda des Indulgences à ceux de
ce Diocèſe & du Fauxbourg S. Germain ,
qui réciteroient àgenoux cette Priere le matin
, àmidi & le foir .
De nos jours , Benoît XIII, de ſainte mémoire
a accordé le 14 Septembre 1724 cent
jours d'Indulgence à tous ceux qui réciteroient
àgenoux la même Priere,&il ajoûte
une Indulgence pleniere pour ceux qui pratiqueroient
cette dévotion ,&communieroientunjourde
chaque mois, à leur choix.
Bullarium Pradicatorum , T. VI. p. 539.
Il y au reſte , M. une remarque à faire fur
leConcile de Sens, dont je viens de parler;
l'Editeur du Spicilege de Dom Luc Dariche ,
T. I. p. 148 , où ce Concile eſt rapporté , a
misdans le titre , qu'il fut tenu en 1350 ,
anno M. ccc. L. & au bas de la page on litz
Concilium hoc an. 1346 , celebratum dicitur
infra , atque id verum arbitratus eft Dacherius,
fed hac deinde monuit Balufius , anno
1346. Guillelmus nondum erat Archiepis
copus .... probabilius ergo eft habitam fuiſſe
hanc Synodum an 13.50. Il eſt en effer certain
que Guill. de Melun ne prit (a) poffefſion
perſonnellementde ſon Egliſe de Sens
(a) Recueil de Remarques pour la Métropole
de Sens; Manuscrit de S, Germain des Prez ,
NOVEMBRE. 1744
:
1
qu'au mois d Octobre 1350, ſtyle ancien,&
il paroît de cette prife de poffeffion qu'il
aſſembla fon Concile au mois de Mars ſuivant,
ſur la finde 1350, plutôt qu'en 1346;
de plus , l'Evêque de Paris s'y trouve ſigné
G. Parifienfis.comnie d'Acheri & les PP,
Labbe & Hardoiüin l'ont mis dans leurs
Editions ; or en 1345 Foulques décédé en
1348 , étoit Evêque de Paris. Je ne fais
que propoſer ici la difficulté , après l'Editeur
du Spicilege , dont je laiſſe à examiner
le fond aux ſçavans Bénédictins, Continuareurs
du Gallia Chriftiana , ne doutant pas
qu'ils ne ſe déterminent en faveur de la
vérité; & que leur décifion ne ſoit univerſellement
reçûë. La date Actum die 14
Martii , ann. 1346 , me paroît d'un grand
poids; remarque importante , afin que ceux
qui citeront ce Concile évitent de ſe tromper.
Je ſuis ,&c.
-
A Paris le 30 Août 1744,
la Lettre anonyme , inférée dans le premier
Volume du Mercure de fuin 1744 , ſur l'origine
de réciter trois fois l'Ave Maria , au
fon de la cloche.
V
Ous me demandez , Monfieur , fi
la Priere appellée communément
l'Angelus , a commencé ſous Louis VI , &
ſi Louis XI l'a ordonnée le matin & le
foir , comme à midi .
Je vous dirai , M. qu'à juger du premier
chef par ce qu'on en lit dans le Dictionnaire
de Trévoux , T. IV , p. 1424 , Edition
de 1721 , c'eſt Louis VI , dit le Gros ,
décédé en 1137 , lequel a ordonné le premier
l'Angelus. Voici les termes qui y ſont
inférés.
La Salutation Angélique est une Priere
qu'onfait à la Vierge,qu'on nomme l'Ave Maria
, qui contient les mêmes paroles que l'Ange
lui dit , quand il lui annonça le Mysterede
Incarnation , Salutatio Angelica ; elle a été
introduite par l'Ordonnance de Louis VI. Ilya
poſitivement Louis VI , fans d'Errata qui
le corrige , comme le dit Robert Gaguin dans
Ses Chroniques. Elle ne ſe fir d'abord qu'à midi
,mais depuis elle s'est faite auſſi au fon de
NOVEMBRE. 1744. 17
la cloche qu'on ſonne au point du jour , & à
Sept heures du soir, qu'on nomme le Couvre
feu , &par corruption Carfou ; ce terme depuis
, infinuë que les Auteurs du Dictionnaire
parlent de Louis VI,puiſqu'il est conf
tant que dès 1300 , 172 ansavant l'Ordonnance
de Louis XI,on diſoit en France l'Angelus
au Couvre- feu, comme je le prouverai.
M. César de Rochefort , Docteur ès
Droits , Aggregé au Collège de la Sapience
de Rome , Auteur de pluſieurs Ouvrages ,
fondé également ſur une autorité , a mis
dans celui qui a pour titre : Dictionnaire général
& curieux , contenant les principaux
mots, &c. imprimé à Lyon en 1685 , que ce
fut Louis XI , qui en 1472 , ordonna de
réciter l'Angelus aux heures qu'on le fair
aujourd'hui ; on y lit p . 24.
Ave Maria , Louis XI ordonna dans ſon
Royaume la Salutation Angélique , qui se dit
le matin , à midi & lefoir. Ce fut le 1 Mat
1472 , Mezeray , dans la vie de Charles
VIII. Jean XXII avoit deja institué cette dévotion
à la Vierge ; ce qu'ily a de plus important,
dit l'Auteur dans ſa Préface, eft que les
Citationsfont fort régulieres.
Un troiſième ſentiment ſur l'origine de
l'Angelus à midi , de la découverte duquel
je vous fuis , M. redevable , & qui efface
les deux premiers , me paroît plus
18 MERCURE DE FRANCE.
folide; il eſt fondé ſur le Texte de la Chronique
d'un Greffier de l'Hôtel de Ville de
Paris , contemporain de Louis XI , & que
vous rapportez au lieu des termes de l'Ordonnance
de ce Roi , qui ſeroit ſans réplique;
on lit dans cette Chronique : »
1472 هد ,
Etle-
dit premier jour deMai ,un Doc-
>> teurdéclaira que le Roi exhortoit ſonbon
> Populaire ... que doreſenavant à l'heure
»du midi chaſcun feuſt flechi un genoiiil en
> terre en diſantAve Maria.
Vous me permettrez , M. de continuer
cette Réponſe par des découvertes que j'ai
faites depuis ſur le même ſujet de l'Angelus.
Il y a eu des Synodes en France avant le
Regne de Louis XI , où l'Angelus a été ordonné.
Le ſçavantDom Martenne en rapporte
deux exemples dans ſes Anecdotes
T. IV.
Le premier ſe liten ces termes ,p. 962 .
Ex ftatutis Domini Simonis , ( a ) quondam
Epifcopi Nannetenſis, art. V.de Ignitegio. Item
precipimus , ut ipsi (b) faciant hora confusta
pulfari campanas in Ecclefiis fuis , ad ignitegium
Gallice Couvre feut precipiant
Parochianis ad pulfationem hujusmodi dicere
genibus flexis , verbum Salutationis ab Angelo
(a) L'année n'eſt pas marquée.
(6) Les Curés..
NOVEMBRE. 1744. 19
gloriofa Virgini Maria Ave Maria,&ex hoc
lucrantur decem dies Indulgentia .
Ce grand Prélat , ſi dévot à la Vierge
mérite bien d'être connêt; c'eſt Simon de Langres,
uniqueEvêque de Nantes de ce nom
en 1366 ,& enfuite de Vannes , ſelon lep.
Echard,& que Froiffart,L.I.Ch. 211 ,appelle
Homme d'Egliſe d'une grande prudence.
3
Il fut le 21 Général de l'Ordre de S. Dominique
, & un des deux Légats envoyés en
France par Innocent VI, & choiſi, dit le ſçavant
P. Daniel , dans ſon Hift.de France, T.
III, p. 101 ) par Charles, Dauphin & Régent
du Royaume , pour travailler au Traité de
Bretigny, prèsdeChartres,Paroiſſe de Sours,
où j'ai pallé. Mem. de la Chambre des CompresdeParis.
L'autre exemple , tiré du même Livre de
Dom Martenne, p. 1107 , nous donne au fujetde
l'Angelus ,une époque plus ancienne.
Satuta Synodalia Ecclefia Trecorensis (Treguier
) art. LXVIII. Item pracipit Dominus
Epifcopus omnibus Curatis Dioecefis Trecorenfis,
invirtute obedientiæ , quod de catero pul
fetur Campana in Ecclefiis fuis , ante ignitegium
, & quod fit inter duas pulſationes ſpatium
unius Ave María .
L'année de ce Synode , & le nom de l'Evêque
, ne ſont pas marqués , mais comme
enfuite viennent Stainta Synodalia Alani
1
20 MERCURE DE FRANCE.
EpifcopiTrecorenfis,poft annum M.CCC.XXXIV.
edita , le Synode , qu'on vient de citer ,
doit être néceſſairement plus ancien.
Cette maniere de prier le ſoir fut plus
étenduëdans le Concile de la Province (a)
de Sens , tenu à Paris , dans le Palais alors
Epiſcopal , ſitué ſur le bord de la Seine, (b)
auquel préſida Guillaume de Melun , Archevêque
de Sens ; en voici les termes , Art.
XIII. Item authoritate dicti Concilii pracipimus
ut obfervetur inviolabiliter ordinatio facta
perSancta memoria Joannem Papam XXII, de
dicendo ter Ave Maria, tempore ignitegii, &c.
Actum in Palatio Epifcopali Parifienfi anno
millefimo trecentefimo quadragefimo ſexto die
XIV Martii.
Quelques Hiſtoriens diſent que cetteBulle
de Jean XXII , donnée le 13 Octobre
1318 , eſt Le commencement & l'origine de
la Priere que nous appellons l'Angelus ; mais
outre qu'ils avouent avec Reynal , qu'on
la pratiquoit déja en France,ſçavoir à Xaintes.
Cum pius mos in Xantonenfi Ecclefia fufceptus
effet , Pontifex decem dierum Indul-
-(a) La Province Eccleſiaſtique de Sens étoit d'une
vaſte étendue,& contenoit tout un grand Pays
dont lePeuple Belliqueux étoit nommé Romanorum
terror. Voyez Baudrand.
(b) Sequana , ſubſt f. Fleuve en général m. Dict.
deDanet , mais non pas abſolument m. le Criti
que qui depuis peu l'a avancé s'eſt trompé,
NOVEMBRE 1744. 28
gentiam conceffit , Reyn. Annal. 1318. Outre
cela, dis-je , Bzovius , qui écrivoit à Rome
dans la Bibliothéque du Vatican , par l'or
dre de Paul V , & que perſonne n'a refuté,
amis dans ſes Annales , T. XIII , p. 391 ,
ann. 1239 , quatre-vingt ans auparavaut
Jean XXII , que le Pape Grégoire IX , perſécuté
par l'Empereur Frederic II , avoit or
donné de réciter trois fois cette Priere à
genoux le matin & le ſoir. Interim cum
fcriptis armis Frederici Gregorius IX, exa
gitarctur , decrevit ut Salutatio Dei parentis
tum diluculo , tum crepusculo , dato ſigno campana,
abomnibus genu flexo ter repeteretur. II
ditpas d'où il a tiré ce fait , comme il cite
Naucler à l'égard du Salve Regina , ordonné
par ce Pape, Priere * qu'il attribuë à Dom
Herman , Bénédictin, en 1060 ; mais ce témoignage
de Bzovius mériteroit quelque
attention.
Neanmoins , pour ne rien avancer que de
poſitif, je dis qu'on a d'abord recité l'Angelus
au couvre-feu avant 1318 , enſuite
Tous Louis XI , à midi en 1472 , & enfin ,
l'époque la plus ancienne que j'aye pû découvrir
pour trois fois par jour, eſt celle
de Léon X , élû en 1513 , lequel
**
* La coûtume de chanter le Salve après Complies
vient des Dominiquains . vers 1237. Martene ,T.
VI.p. 544 ver. Script.
** P, de Breul , Hiſt, de l'Abbaye S. Germain,
z MERCURE DE FRANCE.
à l'inſtance du Cardinal Briçonner , Evêque
de Meaux , & Abbé de S. Germain des Prez
Paris , accorda des Indulgences à ceux de
ce Diocèſe & du Fauxbourg S. Germain ,
qui réciteroient àgenoux cette Priere le matin
, àmidi & le foir .
De nos jours , Benoît XIII, de ſainte mémoire
a accordé le 14 Septembre 1724 cent
jours d'Indulgence à tous ceux qui réciteroient
àgenoux la même Priere,&il ajoûte
une Indulgence pleniere pour ceux qui pratiqueroient
cette dévotion ,&communieroientunjourde
chaque mois, à leur choix.
Bullarium Pradicatorum , T. VI. p. 539.
Il y au reſte , M. une remarque à faire fur
leConcile de Sens, dont je viens de parler;
l'Editeur du Spicilege de Dom Luc Dariche ,
T. I. p. 148 , où ce Concile eſt rapporté , a
misdans le titre , qu'il fut tenu en 1350 ,
anno M. ccc. L. & au bas de la page on litz
Concilium hoc an. 1346 , celebratum dicitur
infra , atque id verum arbitratus eft Dacherius,
fed hac deinde monuit Balufius , anno
1346. Guillelmus nondum erat Archiepis
copus .... probabilius ergo eft habitam fuiſſe
hanc Synodum an 13.50. Il eſt en effer certain
que Guill. de Melun ne prit (a) poffefſion
perſonnellementde ſon Egliſe de Sens
(a) Recueil de Remarques pour la Métropole
de Sens; Manuscrit de S, Germain des Prez ,
NOVEMBRE. 1744
:
1
qu'au mois d Octobre 1350, ſtyle ancien,&
il paroît de cette prife de poffeffion qu'il
aſſembla fon Concile au mois de Mars ſuivant,
ſur la finde 1350, plutôt qu'en 1346;
de plus , l'Evêque de Paris s'y trouve ſigné
G. Parifienfis.comnie d'Acheri & les PP,
Labbe & Hardoiüin l'ont mis dans leurs
Editions ; or en 1345 Foulques décédé en
1348 , étoit Evêque de Paris. Je ne fais
que propoſer ici la difficulté , après l'Editeur
du Spicilege , dont je laiſſe à examiner
le fond aux ſçavans Bénédictins, Continuareurs
du Gallia Chriftiana , ne doutant pas
qu'ils ne ſe déterminent en faveur de la
vérité; & que leur décifion ne ſoit univerſellement
reçûë. La date Actum die 14
Martii , ann. 1346 , me paroît d'un grand
poids; remarque importante , afin que ceux
qui citeront ce Concile évitent de ſe tromper.
Je ſuis ,&c.
-
A Paris le 30 Août 1744,
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Résumé : RÉPONSE du R. P. M. Texte, D. à la Lettre anonyme, insérée dans le premier Volume du Mercure de Juin 1744, sur l'origine de réciter trois fois l'Ave Maria, au son de la cloche.
Le texte examine l'origine et l'évolution de la prière de l'Angelus. Plusieurs sources sont citées pour expliquer son introduction. Selon le Dictionnaire de Trévoux, Louis VI aurait instauré la prière de l'Angelus à midi, mais elle a ensuite été étendue au matin et au soir, notamment au moment du couvre-feu. César de Rochefort et une chronique d'un greffier de l'Hôtel de Ville de Paris attribuent cette pratique à Louis XI en 1472, avec des récitations le matin, à midi et le soir. Des synodes en France, tels que ceux de Nantes en 1366 et de Treguier, ainsi qu'un concile provincial à Paris en 1346 sous l'archevêque Guillaume de Melun, avaient déjà ordonné la récitation de l'Angelus. Certains historiens situent le début de cette pratique avec la bulle de Jean XXII en 1318, bien que cette prière fût déjà observée à Saintes. Le texte mentionne également la prière du Salve Regina et les indulgences accordées par des papes pour sa récitation, comme Benoît XIII en 1724. La première mention de trois récitations quotidiennes de l'Angelus remonte à Léon X en 1513. Enfin, le texte discute de la date exacte d'un concile de Sens, proposant 1350 plutôt qu'en 1346.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19762
p. 240
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue & vis-à- vis la Comédie Françoiſe .
rue & vis-à- vis la Comédie Françoiſe .
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19763
p. 2806-2814
DISCOURS sur ces paroles: Le Sage profite de ses fautes.
Début :
L'Homme sujet aux passions et à l'erreur, en devient le joüet, quand il [...]
Mots clefs :
Sage, Erreur, Homme, Fragilité, Vérité, Misère, Orgueil, Ressources, Voeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS sur ces paroles: Le Sage profite de ses fautes.
DISCOURS sur ces paroles : Le Sage
profite de ses fautes,
L'
'Homme sujet aux passions et à l'erreur , en devient le jouet , quand il
s'y livres orgueilleux autant que miserable il ne rougit pas de sa misere. Il erre
presque à chaque instant , et attentif seulement à se dissimuler ses fautes , il ne
pense ni à les réparer , ni à s'en corriger ;
elles se multiplient cependant , et il s'endort au bord du précipice , où elles vont
bien-tôt l'entraîner.
Mais celui qui a appris à se connoître
soi- même , qui, convaincu de sa fragilité
loin de se flatter ou de s'étourdir sur ses
égaremens , s'occupe du soin d'y remédier ; celui-là est vraiment sage , il s'applique à connoître ses fautes , et il sçaię
en profiter.
I. Partie. Nous fuyons naturellement
tout ce qui peut diminuer en nous l'idée
de notre excellence ; chimere précieuse
que nous portons par tout avec nous , elle
domine sur nos actions et sur nos pensées ; c'est à nos yeux l'empire de la rai
son même ; et si chacun de nous en étoit
{
11. Vol, crû
DECEMBRE. 1932. 2807
crû sur son jugement , tous les autres
hommes reconnoîtroient sa superiorité
sans hesiter , et lui donneroient la préference qu'il se donne lui- même. Or , peuton avec ces principes penser seulement
qu'on soit susceptible d'erreur , et ne panche t'on pas vers l'opinion contraire?
Supposons cependant comme une vérité
connue , que tous les hommes conviennent interieurement qu'ils sont sujets à
faillir , le sentiment est inutile s'il ne les
porte à chercher à connoître leurs fautes
pour travailler à se corriger ; et je dis qu'il
que le Sage qui puisse se résoudre
dans cette vûë , à l'éxamen necessaire
pour les connoître , et que lui seul peut
parvenir à cette connoissance sans s'y
méprendre.
n'est
Quel autre que lui pourroit en être capable ? quel autre peut plier sa volonté
et chercher à découvrir toute sa misere?
Je m'en rapporte à vous hommes du siecle , soyez vous-mêmes les juges du Sage ;
dites-nous ce qu'il lui en coûte et ce qu'il
merite.
Que vous ayez une répugnance extrê
me pour cet éxamen , je n'en suis pas surpris ? car à quoi vous engage- t'il , à des
refléxions qui vous troublent , à des recherches qui vous gênent , que l'amour
II. Vol. Diij pro-
2808 MERCURE DE FRANCE
>
propre désayoüe , et dont il est allarmé ;
vous aimez cette douce indolence dans
laquelle vous avez accoûtumé de vivre
détournant les yeux de tout ce qui nous
choque , pour ne les arrêter que sur ce
qui vous flatte. Pouvez- vous vous en arracher sans effort , et rentrer dans vousmême pour y chercher vos défauts ; repasser sur vos foiblesses , vos caprices, vos
bévûës ; vous regarder, en un mot, par les
endroits les plus humiliants ? de quel
courage n'avez vous pas besoin ? que de
combats à livrer , que d'obstacles à surmonter ; il faut vous vaincre vous- même,
ou, pour mieux dire , il faut soumettre
un Tiran absolu , et quel tiran , l'orgueil
humain ! avouez le , l'entreprise est audessus de vos forces ; certe gloire est ré
servée au Sage.
Direz-vous que vous en avez triomphé,
et qu'il ne s'oppose plus à votre dessein ?
ne vous flattés pas la victoire est grande , il est vrai , mais elle n'est pas complette , tenés-vous toujours sur vos gardes l'ennemi que vous croyés avoir
dompté est ingenieux à réparer ses pertes ; s'il ne vous résiste plus à force ouverte , il employera la ruse et l'artifice
il ne sera pas moins dangereux dans cette
>
I. Vol. espe-
DECEMBRE. 1732. 2809
espece de combat : le Sage même a de la
peine à s'en garantir.
>
Atrendez - vous à le voir faire votre
apologie sur tous vos deffauts ; vous les
représenter au moins comme des qualitez indifférentes , peut être même comme
des vertus. Il vous déguisera vos fautes
cachera , ou ne vous montrera que dans
le lointain celles qu'il ne pourra pas colorer , vous justifiera sur toutes , et les
rejettera sur des causes étrangeres ; sur les
caprices de la fortune , la bizarrerie des
circonstances , la contrainte des bienséances ; en un mot , sur tout ce qui ne dépend pas de vous et vous serez seul
excusable , irréprehensible , loüable même; car ne vous y trompez pas ; si dans
le cours de votre vie vous avez acquis
quelque gloire , ou quelque avantage ,
c'est à votre merite seul que vous devez
l'attribuer ; le bien est venu et viendra
toujours de vous , le mal ne peut venir
que de l'injustice du sort.
C'est ainsi que notre orgüeil nousjoue
il nous aveugle pour nous conduire où il
veut , et comme il lui plaît ; heureux
l'homme qui en a secoué le joug , qui
sçait éviter ses pieges , et se dérober à ses
souplesses ! Cette felicité n'est pas un présent de la Nature , ou du hazard ; elle est
II. Vol. D
le iiij
2810 MERCURE DE FRANCE
le prix de l'étude , des refléxions , et des
efforts du Sage ; prix inestimable dont le
Sage fait un usage digne de lui , en s'appliquant à connoître ses fautes. Degagé
des liens dans lesquels les autres hommes
sont retenus , aucun obstacle ne l'arrête ;
il foüille dans les replis les plus secrets da
son cœur , éxamine , observe , médite
l'amour de la verité l'anime , elle est l'objet de toutes ses recherches , et la connoissance de ses fautes ne fait que l'exciter à des nouveaux progrès. Il ne se borne
pas seulement à les connoître , il a aussi
l'avantage d'en profiter.
II. Partie. Le Sage n'est pas plus susceptible de découragement que de présomption , son égalité ne se dément jamais. Il est moins troublé , moins abba
tu par la connoissance de ses fautes , qu'animé à les réparer. Il n'est occupé du
desir d'avancer de plus en plus dans le
chemin de la vertu , et tendant toujours
à ce but qu'il ne perd pas de vue , il tourne , en quelque sorte , à son utilité , ou à
sa gloire , ce qui fait le désespoir , ou la
honte de l'homme découragé.
Mais de quels moyens se sert il ? quelles sont ses ressources ? le Ciel l'a-t'il
mieux partagé que vous ? ou se trouveil toujours dans des circonstances si faII. Vol. vora-
DECEMBRE. 1732. 2811
vorables , qu'elles ne lui laissent presque
rien à faire pour réussir ? Non ; vous avez
reçû autant que lui ; ce qu'il a de plus il
le doit à lui- même ; c'est un bien acquis
que vous pouvez acquerir comme lui. Sa
prudence , sa fermeté , sa patience , son
activité , sa vigilance , vertus dont les
semences sont en vous comme en lui
mais qu'il a cultivées , lui rendent facile
ce que les vices contraires rendent impossible pour vous,
- D'où vient cette tristesse profonde ? cet
accablement qui vous interdit l'usage des
sens ? quel est l'évenement funeste qui le
cause ? est- ce un malheur irréparable ? je
le vois ; votre imprudence vous a attiré
quelque disgrace , et votre lâcheté ne
vous laisse de sentiment que pour suc-.
comber approchez , homme foible , venez apprendre du Sage , que les coups de
la fortune ne doivent jamais ni vous décourager , ni vous abbattre , et que vos
fautes même peuvent vous être utiles , si
vous sçavez en profiter.
:
Ses leçons vous toucheront si votre veritable interêt vous rouche ; il ne les réduit pas à une théorie stérile ; c'est une
pratique animée , dont il est lui- même
l'exemple Vous le verrez sensible aux divers accidens dont sa vie est traversée :
II. Vole Dy mais
2812 MERCURE DE FRANCE
mais d'une sensibilité ingenieuse qui lui
fournit les ressources , les expédiens et les
consolations qui vous manquent. Il s'applique à découvrir les causes de ces accidens : sont-ils arrivez par sa faute ? c'est
pour lui un sujet d'humilité : mais toujours ferme, toujours actif, il ne néglige
aucun des moyens honnêtes par lesquels
il peut y rémedier ; prudent, il choisit avec
discernement ceux qui sont les plus propres pour son dessein ; patient , il attend
sans murmure le succès qu'il peut se promettre raisonnablement ; modeste , il ne
s'applaudit pas ; la vanité et l'ostentation
n'eurent jamais de part à ses démar
ches.
Son attention s'étend à tout ce que la
combinaison des differentes circonstances
peut lui faire envisager ; rien ne lui échape. Il trouve toujours dans ses fautes même ou les moyens de les réparer , ou la
matiere d'un nouveau merite par l'usage
qu'il en sçait faire , et elles lui' servent
quelquefois à manifester ses talens inconnus jusques-là , et qui peut- être l'auroient
toujours été.
Si le Sage ne peut pas réparer toutes ses
fautes , il peut toujours en profiter , et il
en profite en effet : celles qui peuvent être
réparées occupent son activité , sa vigi- II. Vol. lance,
DECEMBRE. 1732. 2813
lance , sa prudence ; toutes exercent sa
fermeté , sa patience , et son humilité ;
vertus cheries ausquelles il doit cette égalité d'ame quiforme son caractere , et que
rien ne peut alterer ; elles lui tiennent lieu
des consolations les plus douces , et des
dédomagemens les plus désirables , parce
que les espérances et les avantages du siecle ne le touchent qu'à proportion du rapport qu'ils peuvent avoir avec ce bien
précieux qui fait sa felicité.
Mais il a encore d'autres ressources ; accoûtumé à refléchir et à méditer , les refléxions qu'il fait sur ses fautes , lui apprennent à en éviter de nouvelles ; elles lui
servent à former une régle de conduite
qu'il suit éxactement , et qui le garantit
des rechûtes. Ennemi du vice , il fuit les
occasions , et même les apparences du mal.
Zelé sectateur de la vertu , il se porte toujours au bien , et il aspire sans relâche à la
perfection.
C'est là l'objet de tous ses vœux , de
tous ses desirs , de tous ses efforts. Mais
travaillant sans cesse à se rendre meilleur
il est résigné en tout à la volonté de celui
qui couronne la Sagesse. Grand Dieu, faites que nous soyons ses imitateurs , et
donnez- nous un rayon de cette lumiere
qui conduit à la verité , pour qu'avec ce
11. Vol.
Dvj pi
2814 MERCURE DE FRANCE
divin secours nous puissions connoître
les fautes que nous avons commises contre
votre sainte Loy , les détester , et en profiter par une penitence salutaire qui les fasse servir en quelque sorte , à Votre
gloire , à l'édification de votre Eglise , et à notre sanctification.
Par M. D. S.
profite de ses fautes,
L'
'Homme sujet aux passions et à l'erreur , en devient le jouet , quand il
s'y livres orgueilleux autant que miserable il ne rougit pas de sa misere. Il erre
presque à chaque instant , et attentif seulement à se dissimuler ses fautes , il ne
pense ni à les réparer , ni à s'en corriger ;
elles se multiplient cependant , et il s'endort au bord du précipice , où elles vont
bien-tôt l'entraîner.
Mais celui qui a appris à se connoître
soi- même , qui, convaincu de sa fragilité
loin de se flatter ou de s'étourdir sur ses
égaremens , s'occupe du soin d'y remédier ; celui-là est vraiment sage , il s'applique à connoître ses fautes , et il sçaię
en profiter.
I. Partie. Nous fuyons naturellement
tout ce qui peut diminuer en nous l'idée
de notre excellence ; chimere précieuse
que nous portons par tout avec nous , elle
domine sur nos actions et sur nos pensées ; c'est à nos yeux l'empire de la rai
son même ; et si chacun de nous en étoit
{
11. Vol, crû
DECEMBRE. 1932. 2807
crû sur son jugement , tous les autres
hommes reconnoîtroient sa superiorité
sans hesiter , et lui donneroient la préference qu'il se donne lui- même. Or , peuton avec ces principes penser seulement
qu'on soit susceptible d'erreur , et ne panche t'on pas vers l'opinion contraire?
Supposons cependant comme une vérité
connue , que tous les hommes conviennent interieurement qu'ils sont sujets à
faillir , le sentiment est inutile s'il ne les
porte à chercher à connoître leurs fautes
pour travailler à se corriger ; et je dis qu'il
que le Sage qui puisse se résoudre
dans cette vûë , à l'éxamen necessaire
pour les connoître , et que lui seul peut
parvenir à cette connoissance sans s'y
méprendre.
n'est
Quel autre que lui pourroit en être capable ? quel autre peut plier sa volonté
et chercher à découvrir toute sa misere?
Je m'en rapporte à vous hommes du siecle , soyez vous-mêmes les juges du Sage ;
dites-nous ce qu'il lui en coûte et ce qu'il
merite.
Que vous ayez une répugnance extrê
me pour cet éxamen , je n'en suis pas surpris ? car à quoi vous engage- t'il , à des
refléxions qui vous troublent , à des recherches qui vous gênent , que l'amour
II. Vol. Diij pro-
2808 MERCURE DE FRANCE
>
propre désayoüe , et dont il est allarmé ;
vous aimez cette douce indolence dans
laquelle vous avez accoûtumé de vivre
détournant les yeux de tout ce qui nous
choque , pour ne les arrêter que sur ce
qui vous flatte. Pouvez- vous vous en arracher sans effort , et rentrer dans vousmême pour y chercher vos défauts ; repasser sur vos foiblesses , vos caprices, vos
bévûës ; vous regarder, en un mot, par les
endroits les plus humiliants ? de quel
courage n'avez vous pas besoin ? que de
combats à livrer , que d'obstacles à surmonter ; il faut vous vaincre vous- même,
ou, pour mieux dire , il faut soumettre
un Tiran absolu , et quel tiran , l'orgueil
humain ! avouez le , l'entreprise est audessus de vos forces ; certe gloire est ré
servée au Sage.
Direz-vous que vous en avez triomphé,
et qu'il ne s'oppose plus à votre dessein ?
ne vous flattés pas la victoire est grande , il est vrai , mais elle n'est pas complette , tenés-vous toujours sur vos gardes l'ennemi que vous croyés avoir
dompté est ingenieux à réparer ses pertes ; s'il ne vous résiste plus à force ouverte , il employera la ruse et l'artifice
il ne sera pas moins dangereux dans cette
>
I. Vol. espe-
DECEMBRE. 1732. 2809
espece de combat : le Sage même a de la
peine à s'en garantir.
>
Atrendez - vous à le voir faire votre
apologie sur tous vos deffauts ; vous les
représenter au moins comme des qualitez indifférentes , peut être même comme
des vertus. Il vous déguisera vos fautes
cachera , ou ne vous montrera que dans
le lointain celles qu'il ne pourra pas colorer , vous justifiera sur toutes , et les
rejettera sur des causes étrangeres ; sur les
caprices de la fortune , la bizarrerie des
circonstances , la contrainte des bienséances ; en un mot , sur tout ce qui ne dépend pas de vous et vous serez seul
excusable , irréprehensible , loüable même; car ne vous y trompez pas ; si dans
le cours de votre vie vous avez acquis
quelque gloire , ou quelque avantage ,
c'est à votre merite seul que vous devez
l'attribuer ; le bien est venu et viendra
toujours de vous , le mal ne peut venir
que de l'injustice du sort.
C'est ainsi que notre orgüeil nousjoue
il nous aveugle pour nous conduire où il
veut , et comme il lui plaît ; heureux
l'homme qui en a secoué le joug , qui
sçait éviter ses pieges , et se dérober à ses
souplesses ! Cette felicité n'est pas un présent de la Nature , ou du hazard ; elle est
II. Vol. D
le iiij
2810 MERCURE DE FRANCE
le prix de l'étude , des refléxions , et des
efforts du Sage ; prix inestimable dont le
Sage fait un usage digne de lui , en s'appliquant à connoître ses fautes. Degagé
des liens dans lesquels les autres hommes
sont retenus , aucun obstacle ne l'arrête ;
il foüille dans les replis les plus secrets da
son cœur , éxamine , observe , médite
l'amour de la verité l'anime , elle est l'objet de toutes ses recherches , et la connoissance de ses fautes ne fait que l'exciter à des nouveaux progrès. Il ne se borne
pas seulement à les connoître , il a aussi
l'avantage d'en profiter.
II. Partie. Le Sage n'est pas plus susceptible de découragement que de présomption , son égalité ne se dément jamais. Il est moins troublé , moins abba
tu par la connoissance de ses fautes , qu'animé à les réparer. Il n'est occupé du
desir d'avancer de plus en plus dans le
chemin de la vertu , et tendant toujours
à ce but qu'il ne perd pas de vue , il tourne , en quelque sorte , à son utilité , ou à
sa gloire , ce qui fait le désespoir , ou la
honte de l'homme découragé.
Mais de quels moyens se sert il ? quelles sont ses ressources ? le Ciel l'a-t'il
mieux partagé que vous ? ou se trouveil toujours dans des circonstances si faII. Vol. vora-
DECEMBRE. 1732. 2811
vorables , qu'elles ne lui laissent presque
rien à faire pour réussir ? Non ; vous avez
reçû autant que lui ; ce qu'il a de plus il
le doit à lui- même ; c'est un bien acquis
que vous pouvez acquerir comme lui. Sa
prudence , sa fermeté , sa patience , son
activité , sa vigilance , vertus dont les
semences sont en vous comme en lui
mais qu'il a cultivées , lui rendent facile
ce que les vices contraires rendent impossible pour vous,
- D'où vient cette tristesse profonde ? cet
accablement qui vous interdit l'usage des
sens ? quel est l'évenement funeste qui le
cause ? est- ce un malheur irréparable ? je
le vois ; votre imprudence vous a attiré
quelque disgrace , et votre lâcheté ne
vous laisse de sentiment que pour suc-.
comber approchez , homme foible , venez apprendre du Sage , que les coups de
la fortune ne doivent jamais ni vous décourager , ni vous abbattre , et que vos
fautes même peuvent vous être utiles , si
vous sçavez en profiter.
:
Ses leçons vous toucheront si votre veritable interêt vous rouche ; il ne les réduit pas à une théorie stérile ; c'est une
pratique animée , dont il est lui- même
l'exemple Vous le verrez sensible aux divers accidens dont sa vie est traversée :
II. Vole Dy mais
2812 MERCURE DE FRANCE
mais d'une sensibilité ingenieuse qui lui
fournit les ressources , les expédiens et les
consolations qui vous manquent. Il s'applique à découvrir les causes de ces accidens : sont-ils arrivez par sa faute ? c'est
pour lui un sujet d'humilité : mais toujours ferme, toujours actif, il ne néglige
aucun des moyens honnêtes par lesquels
il peut y rémedier ; prudent, il choisit avec
discernement ceux qui sont les plus propres pour son dessein ; patient , il attend
sans murmure le succès qu'il peut se promettre raisonnablement ; modeste , il ne
s'applaudit pas ; la vanité et l'ostentation
n'eurent jamais de part à ses démar
ches.
Son attention s'étend à tout ce que la
combinaison des differentes circonstances
peut lui faire envisager ; rien ne lui échape. Il trouve toujours dans ses fautes même ou les moyens de les réparer , ou la
matiere d'un nouveau merite par l'usage
qu'il en sçait faire , et elles lui' servent
quelquefois à manifester ses talens inconnus jusques-là , et qui peut- être l'auroient
toujours été.
Si le Sage ne peut pas réparer toutes ses
fautes , il peut toujours en profiter , et il
en profite en effet : celles qui peuvent être
réparées occupent son activité , sa vigi- II. Vol. lance,
DECEMBRE. 1732. 2813
lance , sa prudence ; toutes exercent sa
fermeté , sa patience , et son humilité ;
vertus cheries ausquelles il doit cette égalité d'ame quiforme son caractere , et que
rien ne peut alterer ; elles lui tiennent lieu
des consolations les plus douces , et des
dédomagemens les plus désirables , parce
que les espérances et les avantages du siecle ne le touchent qu'à proportion du rapport qu'ils peuvent avoir avec ce bien
précieux qui fait sa felicité.
Mais il a encore d'autres ressources ; accoûtumé à refléchir et à méditer , les refléxions qu'il fait sur ses fautes , lui apprennent à en éviter de nouvelles ; elles lui
servent à former une régle de conduite
qu'il suit éxactement , et qui le garantit
des rechûtes. Ennemi du vice , il fuit les
occasions , et même les apparences du mal.
Zelé sectateur de la vertu , il se porte toujours au bien , et il aspire sans relâche à la
perfection.
C'est là l'objet de tous ses vœux , de
tous ses desirs , de tous ses efforts. Mais
travaillant sans cesse à se rendre meilleur
il est résigné en tout à la volonté de celui
qui couronne la Sagesse. Grand Dieu, faites que nous soyons ses imitateurs , et
donnez- nous un rayon de cette lumiere
qui conduit à la verité , pour qu'avec ce
11. Vol.
Dvj pi
2814 MERCURE DE FRANCE
divin secours nous puissions connoître
les fautes que nous avons commises contre
votre sainte Loy , les détester , et en profiter par une penitence salutaire qui les fasse servir en quelque sorte , à Votre
gloire , à l'édification de votre Eglise , et à notre sanctification.
Par M. D. S.
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Résumé : DISCOURS sur ces paroles: Le Sage profite de ses fautes.
Le texte 'Discours sur ces paroles: Le Sage profite de ses fautes' analyse la nature humaine et la sagesse. L'homme, souvent dominé par ses passions et ses erreurs, tend à dissimuler ses fautes plutôt que de les réparer, ignorant ainsi les dangers qu'il encourt. Le sage, en revanche, reconnaît ses faiblesses et s'efforce de les corriger. Il évite tout ce qui pourrait diminuer son idée d'excellence, une chimère précieuse qu'il porte toujours avec lui et qui guide ses actions et ses pensées. Le texte souligne que tous les hommes reconnaissent intérieurement leur susceptibilité à l'erreur, mais ils doivent chercher à connaître leurs fautes pour se corriger. Le sage est le seul capable de cet examen nécessaire pour connaître ses fautes sans se méprendre. L'homme ordinaire, quant à lui, a une répugnance extrême pour cet examen, car il implique des réflexions troublantes et des recherches gênantes. L'amour-propre désavoue ces efforts et préfère l'indolence, détournant les yeux de ce qui choque pour ne voir que ce qui flatte. Le sage, animé par l'amour de la vérité, utilise ses fautes comme des occasions de progrès. Il ne se contente pas de les connaître, mais les utilise pour avancer dans le chemin de la vertu. Contrairement à l'homme ordinaire, le sage cultive des vertus telles que la prudence, la fermeté, la patience, l'activité et la vigilance. Ces vertus lui rendent faciles les actions que les vices contraires rendent impossibles pour les autres. Le texte conclut en exhortant à imiter le sage, à connaître et à détester les fautes pour en profiter par une pénitence salutaire, au service de la gloire divine et de la sanctification personnelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19764
p. 236-237
AVIS.
Début :
Le sieur Macary, Machiniste, Privilégié du Roi pour la sûreté de la Navigation, [...]
Mots clefs :
Invention , Machine à récurer, Rivères, Ports, Profondeur, Sieur Macary
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LEsieur
Macary
,
Machiniste
,
Privilégié du
Roi pour la sûrcté de la Navigation
, a fait le
du mois de Juin 1756, une épreuve publique de la
Machine par lui inventée pour le récurrement
des Ports & Rivieres avec laquelle il a enlevé du
fond de la Riviere de Seine
,
derrière le Pont de
Charenton
, en cinq minutes de temps 71 pieds
cubes de sable à sept à huit pieds de profondeur ,
& il a répété ses expériences plusieurs fois au
contentement de tous les Spectateurs, Ministres
Etrangers qui se trouvent présentement à la Cour
de ^France, Ingénieurs
,
Architette de Paris
, &
autres Seigneurs & Gens respectables. Cette Machine
creuse dix-huit pieds de face en largeur
,
Se
peut donner telle profondeur qu'on voudra pour,
enlever le sable & attérissemens qui se trouvent
dans le fond des Forts & Rivieres. Elle est compofée
de quatre cuillieres : quand deux montent pieu
nés ,
les deux autres s'en retournent vuides
, & le
mouvement se fait par deux simples roues.
L'adresse du sieur Macary est au Café de Conty,
au coin de la rue Dauphine, en fàce du Pont-
N,euf. '
i Ceux qui voudront, lui écrire
,
affranchiront le
port des Lettres.
LEsieur
Macary
,
Machiniste
,
Privilégié du
Roi pour la sûrcté de la Navigation
, a fait le
du mois de Juin 1756, une épreuve publique de la
Machine par lui inventée pour le récurrement
des Ports & Rivieres avec laquelle il a enlevé du
fond de la Riviere de Seine
,
derrière le Pont de
Charenton
, en cinq minutes de temps 71 pieds
cubes de sable à sept à huit pieds de profondeur ,
& il a répété ses expériences plusieurs fois au
contentement de tous les Spectateurs, Ministres
Etrangers qui se trouvent présentement à la Cour
de ^France, Ingénieurs
,
Architette de Paris
, &
autres Seigneurs & Gens respectables. Cette Machine
creuse dix-huit pieds de face en largeur
,
Se
peut donner telle profondeur qu'on voudra pour,
enlever le sable & attérissemens qui se trouvent
dans le fond des Forts & Rivieres. Elle est compofée
de quatre cuillieres : quand deux montent pieu
nés ,
les deux autres s'en retournent vuides
, & le
mouvement se fait par deux simples roues.
L'adresse du sieur Macary est au Café de Conty,
au coin de la rue Dauphine, en fàce du Pont-
N,euf. '
i Ceux qui voudront, lui écrire
,
affranchiront le
port des Lettres.
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Résumé : AVIS.
En juin 1756, le sieur Macary, machiniste privilégié du Roi pour la sécurité de la navigation, a présenté publiquement sa machine conçue pour le curage des ports et rivières. Lors d'une démonstration sur la Seine, derrière le pont de Charenton, il a extrait 71 pieds cubes de sable en cinq minutes à une profondeur de sept à huit pieds. Cette expérience a été répétée avec succès devant divers spectateurs, y compris des ministres étrangers, des ingénieurs et des architectes. La machine de Macary peut creuser sur une largeur de dix-huit pieds et atteindre la profondeur nécessaire pour enlever le sable et les atterrissements. Elle fonctionne grâce à quatre cuillères alternées et deux roues simples. Pour contacter Macary, son adresse est au Café de Conty, au coin de la rue Dauphine, face au Pont-Neuf. Les correspondances doivent être affranchies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19765
p. 237-238
AUTRE.
Début :
Le Mercure de France annonça au Public au mois de Juillet 1740, [...]
Mots clefs :
Sieur de la Salle, Maitre Chirurgien, Loupes, Remèdes externes, Guérison, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
L E Mercure de France annonça au Public au
mois de Juillet'1740
, que le sieur de la Salle Maître Chirurgien à la Rochelle ,guérissoit radi-,
calement toute sorte de loupes, sans se servir
l'aucuninstrument de-Chirurgie, mais seulement
par l'application de quelques topiques ou remedes
çxternes ; ce qu'iljustifiait alors par plusieurs cer*<
tificats originaux & en bonne forme, comme
de M. Bourot,Chanoine de la Cathédrale,& Administrateur
de l'Hôpital Général de la même
Ville, de M. Hulin
,
Commandant des Milices
Bourgeoises de Loix en l'Isle de Ré, & d'autres : aujourd'hui il renouvelle au Public le même avis,
produisant de nouveaux certificats de nombre de
guérisons qu'il a faites depuis par le même remede.
Mais ce qui dort incéresserdavantage se Puj"
blic
, c est qu il a trouve le moyen de transporter
ce remededans tous les lieux sans altération
donnant la maniéré de s'en servir sans inconvénient,
& (ans employer la main au Chirurgien
pour peu -qu'on soit attentif au Mémoire qu'il,'
fournira pour s en seivir. Ceux qui auront recours à lui ,auront la bonté d'affranchir les lettres, Se d'indiquer la voie par laquelle ils voudront qu'on'
leur faiTe tenir le susdit remede.
L E Mercure de France annonça au Public au
mois de Juillet'1740
, que le sieur de la Salle Maître Chirurgien à la Rochelle ,guérissoit radi-,
calement toute sorte de loupes, sans se servir
l'aucuninstrument de-Chirurgie, mais seulement
par l'application de quelques topiques ou remedes
çxternes ; ce qu'iljustifiait alors par plusieurs cer*<
tificats originaux & en bonne forme, comme
de M. Bourot,Chanoine de la Cathédrale,& Administrateur
de l'Hôpital Général de la même
Ville, de M. Hulin
,
Commandant des Milices
Bourgeoises de Loix en l'Isle de Ré, & d'autres : aujourd'hui il renouvelle au Public le même avis,
produisant de nouveaux certificats de nombre de
guérisons qu'il a faites depuis par le même remede.
Mais ce qui dort incéresserdavantage se Puj"
blic
, c est qu il a trouve le moyen de transporter
ce remededans tous les lieux sans altération
donnant la maniéré de s'en servir sans inconvénient,
& (ans employer la main au Chirurgien
pour peu -qu'on soit attentif au Mémoire qu'il,'
fournira pour s en seivir. Ceux qui auront recours à lui ,auront la bonté d'affranchir les lettres, Se d'indiquer la voie par laquelle ils voudront qu'on'
leur faiTe tenir le susdit remede.
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Résumé : AUTRE.
En juillet 1740, le Mercure de France rapporta que le sieur de la Salle, maître chirurgien à La Rochelle, guérissait diverses sortes de loupes sans instruments chirurgicaux, mais par des remèdes externes. Cette affirmation était appuyée par des certificats, notamment ceux de M. Bourot, chanoine de la cathédrale et administrateur de l'hôpital général de La Rochelle, et de M. Hulin, commandant des milices bourgeoises de Loix sur l'île de Ré. En 1740, le sieur de la Salle renouvela cette annonce, présentant de nouveaux certificats attestant des guérisons obtenues par le même remède. Il mentionna également avoir trouvé un moyen de transporter ce remède sans altération et fournit des instructions pour son utilisation sans l'intervention d'un chirurgien. Les personnes intéressées devaient affranchir leurs lettres et indiquer la voie de livraison souhaitée pour recevoir le remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19766
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de Juillet, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ier , le Mercure du mois de Juillet , & je n'y
" Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion.
A Paris , ce 13 Juillet 1756.
GUIROY.
J'ier , le Mercure du mois de Juillet , & je n'y
" Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſſion.
A Paris , ce 13 Juillet 1756.
GUIROY.
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19767
p. 238
ERRATA pour le Mercure de Juillet.
Début :
Page 27, ligne 19, ces coeurs simples & brute; lisez, brutes. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA pour le Mercure de Juillet.
ERRAT A
pour le Mercure de Juillet.
Page 27, ligne 19 , ces coeurs fimples & bruts;
lifez , brutes.
Page 265 , liga 125 moment des parties , lifer}
gmouvement.
pour le Mercure de Juillet.
Page 27, ligne 19 , ces coeurs fimples & bruts;
lifez , brutes.
Page 265 , liga 125 moment des parties , lifer}
gmouvement.
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19768
p. 1336-1338
A M. de M*** Fermier General, pour M. Ferré, Brigadier au Croisic en Bretagne, sur ce que son Capitaine General lui a interdit l'exercice de son Employ. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Début :
Genereux de M***, [...]
Mots clefs :
M. Ferré, Malcrais, Manteau, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. de M*** Fermier General, pour M. Ferré, Brigadier au Croisic en Bretagne, sur ce que son Capitaine General lui a interdit l'exercice de son Employ. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
A M. de M *** Fermier General ;
pour M. Ferré , Brigadier au Croisic en
Bretagne , sur ce que son Capitaine General
lui a interdit l'exercice de son Employ.
Par Mlle de Malcrais de la Vigne,
G Enereux de M ***
Malcrais , des Muses amie ,
Très-humblement vous supplie ,
D'user de compassion ,
Pour Ferré gentil génie ,
A qui , sans attention ,
On fait interdiction ,
De quoi ? pas moins
que de vie ,
II. Vol.
Gaz
JUIN. 1734-
337
Car, si fortune ennemie
Lui fait altercation ,
Et de sa Commission
Durement le congédie ,
C'est le mettre à l'agonie,
Dautant que l'extrême faim
Si ce qu'on dit est certain ,
Est extrême maladie.
Mal il n'a fait , je parie ,
J'en mettrois mon doigt au feu.
M *** , pensez un peu
Que la Capitainerie ,
En l'attaquant sur son jeu ,
C'est Malcrais qu'elle injurie.
Si Ferré n'eût point été
D'une exacte probité ,
D'une austere prud'hommie ,
Mes Vers auroient-ils chanté
Son fameux Manteau mitté ,
Dont en dépit de l'envie ,
Le mérite illimité
Vole à la posterité ?
La preuve est incontestable ,
Que c'est à travers les trous
De ce Manteau respectable ,
Que la vertu veritable
de tous..
Doit briller aux yeux
Ami zelé du Parnasse
JL. Vol.
Dy M.
1338 MERCURE DE FRANCE
M *** , écoutez - moi , >
Non , vous n'êtes point de glace ,
Je le sens , je le prévoi ,
Vous permettrez qu'on lui rende
L'usage de son emploi.
Ah ! Ciel , quel chagrin pour moi .
S'il faut que mon Héros vende
Pour avoir un peu de pain
Sa celebre Houpelande ;
Combien peut- être un douzain ;
Un Fripier dur et vilain ,
Qu'un cruel profit échauffe ,
Ne s'arrêtant qu'à l'étoffe ,
Ne prisant pas un fétu ,
Scs qualitez admirées ,
Et sa puissante vertu ,
Que mes Vers ont consacrées ;
Proprietez , que jamais
N'auront étoffes dorées ,
Ni les plus fins Vanroba
Dissipez l'affreuse peine ,
Qui me trouble le cerveau .
Grands Dieux ! quelle ame inhumaine
Peut ôter à Diogene ,
Son Ecuelle et son Manteau.
Ce Placet a été répondufavorablement.
pour M. Ferré , Brigadier au Croisic en
Bretagne , sur ce que son Capitaine General
lui a interdit l'exercice de son Employ.
Par Mlle de Malcrais de la Vigne,
G Enereux de M ***
Malcrais , des Muses amie ,
Très-humblement vous supplie ,
D'user de compassion ,
Pour Ferré gentil génie ,
A qui , sans attention ,
On fait interdiction ,
De quoi ? pas moins
que de vie ,
II. Vol.
Gaz
JUIN. 1734-
337
Car, si fortune ennemie
Lui fait altercation ,
Et de sa Commission
Durement le congédie ,
C'est le mettre à l'agonie,
Dautant que l'extrême faim
Si ce qu'on dit est certain ,
Est extrême maladie.
Mal il n'a fait , je parie ,
J'en mettrois mon doigt au feu.
M *** , pensez un peu
Que la Capitainerie ,
En l'attaquant sur son jeu ,
C'est Malcrais qu'elle injurie.
Si Ferré n'eût point été
D'une exacte probité ,
D'une austere prud'hommie ,
Mes Vers auroient-ils chanté
Son fameux Manteau mitté ,
Dont en dépit de l'envie ,
Le mérite illimité
Vole à la posterité ?
La preuve est incontestable ,
Que c'est à travers les trous
De ce Manteau respectable ,
Que la vertu veritable
de tous..
Doit briller aux yeux
Ami zelé du Parnasse
JL. Vol.
Dy M.
1338 MERCURE DE FRANCE
M *** , écoutez - moi , >
Non , vous n'êtes point de glace ,
Je le sens , je le prévoi ,
Vous permettrez qu'on lui rende
L'usage de son emploi.
Ah ! Ciel , quel chagrin pour moi .
S'il faut que mon Héros vende
Pour avoir un peu de pain
Sa celebre Houpelande ;
Combien peut- être un douzain ;
Un Fripier dur et vilain ,
Qu'un cruel profit échauffe ,
Ne s'arrêtant qu'à l'étoffe ,
Ne prisant pas un fétu ,
Scs qualitez admirées ,
Et sa puissante vertu ,
Que mes Vers ont consacrées ;
Proprietez , que jamais
N'auront étoffes dorées ,
Ni les plus fins Vanroba
Dissipez l'affreuse peine ,
Qui me trouble le cerveau .
Grands Dieux ! quelle ame inhumaine
Peut ôter à Diogene ,
Son Ecuelle et son Manteau.
Ce Placet a été répondufavorablement.
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Résumé : A M. de M*** Fermier General, pour M. Ferré, Brigadier au Croisic en Bretagne, sur ce que son Capitaine General lui a interdit l'exercice de son Employ. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Mlle de Malcrais de la Vigne adresse une supplique à M. de M***, Fermier Général, afin qu'il intervienne en faveur de M. Ferré, brigadier au Croisic en Bretagne. Mlle de Malcrais de la Vigne explique que l'interdiction d'exercer son emploi plonge M. Ferré dans une grande détresse financière, le menaçant de famine. Elle met en avant l'intégrité et la probité de M. Ferré, symbolisées par son célèbre manteau mitré. La supplique dénonce l'injustice de cette situation et sollicite la compassion de M. de M*** pour rétablir M. Ferré dans ses fonctions. La demande a été acceptée favorablement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19769
p. 1331-136
EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
Début :
On sçait que le Tartre est une incrustation saline, qui [...]
Mots clefs :
Sel, Tartre, Soluble, Craie, Académie royale des sciences, Duhamel du Monceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
EXTRAIT du Memoire sur les Tartres
Solubles , lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences,
par M.Duhamel du Monceau.
O
Nsçait que leTartre est une incrustation saline , qui s'attache aux parois interieures des vaisseaux qu'on emplit de vin.
•
Beaucoup d'Auteurs donnent une maniere de purifier ce Sel , pour l'avoir en
II. Vol.
Dij beaux
1332 MERCURE DE FRANCE
beaux Cristaux ; mais il s'en faut beaucoup que par leur procedé on parvienne
à en avoir d'aussi beaux que ceux qu'on
nous apporte de Montpellier. M. Fize
de la Societé Royale de Montpellier , a
envoyé à l'Académie des Sciences , un
fort beau Memoire, dans lequel il détaille d'une maniere fort circonstanciée ,
tout ce qu'on pratique aux environs de
cetteVille pour y préparer ces beaux Cristaux de Tartre , qui se distribuent presque par tout le Royaume.
Ir paroît que le procedé en usage auprès de Montpellier , differe de celui qui
est rapporté dans les Auteurs , principa
lement par une Terre blanche qu'on mêle
avec le Sel crud, apparamment pour lui
ôter une graisse surabondante et grossiere,
qui altere la beauté de ce Sel.
M. Duhamel , tant pour s'assurer de
la maniere dont cette Terre agissoit sur
le Sel , que dans le dessein de trouver des Terres pour substituer à celle de Montpellier , s'est proposé de traiter le Tartre
avec un grand nombre de Terres ; mais
dans l'execution des experiences qu'il
avoit prémeditées , il fut très- surpris de
voir plusieurs sortes de Terres décomposer , pour ainsi dire , le Tartre , et en faire un vrai Sel soluble , au lieu de le purifier simplement,
Ce
JUIN. 173.2. 1333
Ce Phénomene , à quoi il avoue qu'il
ne s'attendoit pas , lui fit quitter son objet , et il ne travailla presque plus qu'à
rendre le Tartre soluble par des Terres
alcalines, ce qu'on n'avoit fait jusqu'à present que par des Sels Alcalis.
Pendant que M. Duhamel étoit occupé à cette recherche , M. Grosse , faisant
attention aux differentes métamorphoses
que prend le Cristal de Tartre , suivant
les differens Sels Alcalis , avec lesquels
on le joint , fut tenté d'essayer ce que
produiroit le mélange du Sel de Tartre
avec les Terres Alcalines , et ainsi les deux
Académiciens entreprirent , sans le sçavoir , la même recherche.
Au retour des Vacances , ayant appris
P'un et l'autre qu'ils avoient embrassé le
même objet , ils se communiquerent leur
travail sans réserve , et ils eurent le plaisir
réciproque de trouver une conformité
parfaite dans leurs découvertes ; ce qui
les détermina à suivre leurs recherches ,
de concert, pour n'en faire qu'un seul et
même Ouvrage ; et cela a donné lieu à un
Memoire très-considerable , dont M. D.
a lû un abregé à la derniere Assemblée
publique de l'Académie , et dont nous
allons essayer de donner une idée.
Tout le monde sçait que le Cristal.de
II. Vol. Diij Sel
334 MERCURE DE FRANCE
Sel n'est pas soluble dans l'eau ; mais lors
qu'on mêle ce Sel essentiel Acide avec le
Sel Alcali de Tartre , il en résulte un Sel
moyen qui se fond aisément dans l'eau
et qu'on appelle Sel Vegetal.
M. Bolduc fit voir l'année derniere å
l'Académie , que si l'on employe au lieu
du Sel Tartre , le Sel Alcali fixe de la
Soude , on obtient un Sel particulier tout
à- fait semblable au fameux Sel de la Rochelle ou de Seignet.
M. le Febvre , Médecin d'Uzès , et Cofrespondant de l'Académie , est encore.
parvenu à rendre soluble ce même Cristal de Tartre, d'une maniere tout-à- fait
singuliere , par le moyen du Borax , qui
est , à la verité , un Sel Alcali , comme
M. Lémery l'a depuis démontré dans un
Mémoire qu'il a lû à l'Académie.
Enfin M" D. et G. viennent aussi de
rendre ce Sel essentiel par l'alliage de la
Terre , de la Chaux ou de la Craye , ou
des yeux d'Ecrevisse , ou des Écailles.
d'Huitres , ou enfin d'autres Alcalis térreux.
Ainsi ces Académiciens ont fait jouer
à ces Terres Alcalines tout le reste des
Sels Alcalis , et qui plus est , ils démontrent que ces substances agissent ici
comme Terres,et non pas par aucuns Sels
11. Vol. fixes
JUIN. 1732 1335 1
fixes qu'elles contiennent , et ils rapportent beaucoup d'experiences qui confirment le sentiment de ceux qui soutiennent que les Sels fixes agissent simplement par leurs Terres ; mais les bornes
d'un Extrait sont trop resserrées pour
entreprendre de détailler les experiences
qui servent de baze à ces principes , ainsi
nous nous contenterons de rapporter en
peu de mots , comme ces M" s'y sont pris
pour rendre le Sel soluble par la Craye.
Ils ont mit dans une Bassine , avec quafre à cinq livres d'eau , une demie livre
de Craye de Champagne pulverisée , et
Forsque l'eau a commencé à bouillir , ils
ont jetté sur cette bouillie claire , une
livre et demie de Cristal de Sel en poudre , ce qui a excité une violente fermentation , pendant laquelle tout le Tartre
s'est fondu et la Craye a disparu entierement ; desorte que tout a passé par le
papier gris , et la liqueur filtrée a donné
de beaux Cristaux de Tartre soluble , qui
se fondent aisément dans l'eau froide , qui
brulent sur la pelle rouge , qui font un
vrai Sel neutre , et qui ont un goût pres
que semblable au Sel de la Rochelle.
Cependant par une décomposition fort
jolie , dont ils donnent la pratique dans
leur Memoire , ils sont parvenus à retiII. Vol.
D iiij rer
1336 MERCURE DE FRANCE
rer la Craye et le Tartre, tels que chacune de ses substances étoit avant d'avoir
été employée ; ainsi les prodigieux changemens qui sont arrivez au Sel dans cette
operation , ne peuvent être légitimement
attribucz qu'à l'alliage d'un peu de la Terre de la Craye.
Entre les Terres qu'ils ont employées ,
il y en a beaucoup qui n'ont pas rendu le
Sel soluble , mais qui ont été utilement
employées pour le dégraisser. La Terre de
Montpellier , dont nous avons parlé , la
Terre qu'on employe dans les raffineries
de Sucre , la Terre grasse ordinaire , la
Craye de Brianson , &c. ont été de cette
nature.
Or comme il est bon de sçavoir distinguer les Terres qui peuvent décomposer le Sel , d'avec celles qu'on doit employer pour le purifier , ils proposent un
moyen très-facile , qui peut être employé
comme une Pierre de touche, pour faire cette distinction ; c'est de verser sur ces
Terres du Vinaigre distillé , car celles qui
seront dissoutes par cet Acide , rendront
infailliblement le Sel soluble , au lieu que
les autres ne l'altereront point du tout ;
elles se chargeront seulement d'une huille
grossiere , qui altere la blancheur de ce
Sel.
11
Solubles , lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences,
par M.Duhamel du Monceau.
O
Nsçait que leTartre est une incrustation saline , qui s'attache aux parois interieures des vaisseaux qu'on emplit de vin.
•
Beaucoup d'Auteurs donnent une maniere de purifier ce Sel , pour l'avoir en
II. Vol.
Dij beaux
1332 MERCURE DE FRANCE
beaux Cristaux ; mais il s'en faut beaucoup que par leur procedé on parvienne
à en avoir d'aussi beaux que ceux qu'on
nous apporte de Montpellier. M. Fize
de la Societé Royale de Montpellier , a
envoyé à l'Académie des Sciences , un
fort beau Memoire, dans lequel il détaille d'une maniere fort circonstanciée ,
tout ce qu'on pratique aux environs de
cetteVille pour y préparer ces beaux Cristaux de Tartre , qui se distribuent presque par tout le Royaume.
Ir paroît que le procedé en usage auprès de Montpellier , differe de celui qui
est rapporté dans les Auteurs , principa
lement par une Terre blanche qu'on mêle
avec le Sel crud, apparamment pour lui
ôter une graisse surabondante et grossiere,
qui altere la beauté de ce Sel.
M. Duhamel , tant pour s'assurer de
la maniere dont cette Terre agissoit sur
le Sel , que dans le dessein de trouver des Terres pour substituer à celle de Montpellier , s'est proposé de traiter le Tartre
avec un grand nombre de Terres ; mais
dans l'execution des experiences qu'il
avoit prémeditées , il fut très- surpris de
voir plusieurs sortes de Terres décomposer , pour ainsi dire , le Tartre , et en faire un vrai Sel soluble , au lieu de le purifier simplement,
Ce
JUIN. 173.2. 1333
Ce Phénomene , à quoi il avoue qu'il
ne s'attendoit pas , lui fit quitter son objet , et il ne travailla presque plus qu'à
rendre le Tartre soluble par des Terres
alcalines, ce qu'on n'avoit fait jusqu'à present que par des Sels Alcalis.
Pendant que M. Duhamel étoit occupé à cette recherche , M. Grosse , faisant
attention aux differentes métamorphoses
que prend le Cristal de Tartre , suivant
les differens Sels Alcalis , avec lesquels
on le joint , fut tenté d'essayer ce que
produiroit le mélange du Sel de Tartre
avec les Terres Alcalines , et ainsi les deux
Académiciens entreprirent , sans le sçavoir , la même recherche.
Au retour des Vacances , ayant appris
P'un et l'autre qu'ils avoient embrassé le
même objet , ils se communiquerent leur
travail sans réserve , et ils eurent le plaisir
réciproque de trouver une conformité
parfaite dans leurs découvertes ; ce qui
les détermina à suivre leurs recherches ,
de concert, pour n'en faire qu'un seul et
même Ouvrage ; et cela a donné lieu à un
Memoire très-considerable , dont M. D.
a lû un abregé à la derniere Assemblée
publique de l'Académie , et dont nous
allons essayer de donner une idée.
Tout le monde sçait que le Cristal.de
II. Vol. Diij Sel
334 MERCURE DE FRANCE
Sel n'est pas soluble dans l'eau ; mais lors
qu'on mêle ce Sel essentiel Acide avec le
Sel Alcali de Tartre , il en résulte un Sel
moyen qui se fond aisément dans l'eau
et qu'on appelle Sel Vegetal.
M. Bolduc fit voir l'année derniere å
l'Académie , que si l'on employe au lieu
du Sel Tartre , le Sel Alcali fixe de la
Soude , on obtient un Sel particulier tout
à- fait semblable au fameux Sel de la Rochelle ou de Seignet.
M. le Febvre , Médecin d'Uzès , et Cofrespondant de l'Académie , est encore.
parvenu à rendre soluble ce même Cristal de Tartre, d'une maniere tout-à- fait
singuliere , par le moyen du Borax , qui
est , à la verité , un Sel Alcali , comme
M. Lémery l'a depuis démontré dans un
Mémoire qu'il a lû à l'Académie.
Enfin M" D. et G. viennent aussi de
rendre ce Sel essentiel par l'alliage de la
Terre , de la Chaux ou de la Craye , ou
des yeux d'Ecrevisse , ou des Écailles.
d'Huitres , ou enfin d'autres Alcalis térreux.
Ainsi ces Académiciens ont fait jouer
à ces Terres Alcalines tout le reste des
Sels Alcalis , et qui plus est , ils démontrent que ces substances agissent ici
comme Terres,et non pas par aucuns Sels
11. Vol. fixes
JUIN. 1732 1335 1
fixes qu'elles contiennent , et ils rapportent beaucoup d'experiences qui confirment le sentiment de ceux qui soutiennent que les Sels fixes agissent simplement par leurs Terres ; mais les bornes
d'un Extrait sont trop resserrées pour
entreprendre de détailler les experiences
qui servent de baze à ces principes , ainsi
nous nous contenterons de rapporter en
peu de mots , comme ces M" s'y sont pris
pour rendre le Sel soluble par la Craye.
Ils ont mit dans une Bassine , avec quafre à cinq livres d'eau , une demie livre
de Craye de Champagne pulverisée , et
Forsque l'eau a commencé à bouillir , ils
ont jetté sur cette bouillie claire , une
livre et demie de Cristal de Sel en poudre , ce qui a excité une violente fermentation , pendant laquelle tout le Tartre
s'est fondu et la Craye a disparu entierement ; desorte que tout a passé par le
papier gris , et la liqueur filtrée a donné
de beaux Cristaux de Tartre soluble , qui
se fondent aisément dans l'eau froide , qui
brulent sur la pelle rouge , qui font un
vrai Sel neutre , et qui ont un goût pres
que semblable au Sel de la Rochelle.
Cependant par une décomposition fort
jolie , dont ils donnent la pratique dans
leur Memoire , ils sont parvenus à retiII. Vol.
D iiij rer
1336 MERCURE DE FRANCE
rer la Craye et le Tartre, tels que chacune de ses substances étoit avant d'avoir
été employée ; ainsi les prodigieux changemens qui sont arrivez au Sel dans cette
operation , ne peuvent être légitimement
attribucz qu'à l'alliage d'un peu de la Terre de la Craye.
Entre les Terres qu'ils ont employées ,
il y en a beaucoup qui n'ont pas rendu le
Sel soluble , mais qui ont été utilement
employées pour le dégraisser. La Terre de
Montpellier , dont nous avons parlé , la
Terre qu'on employe dans les raffineries
de Sucre , la Terre grasse ordinaire , la
Craye de Brianson , &c. ont été de cette
nature.
Or comme il est bon de sçavoir distinguer les Terres qui peuvent décomposer le Sel , d'avec celles qu'on doit employer pour le purifier , ils proposent un
moyen très-facile , qui peut être employé
comme une Pierre de touche, pour faire cette distinction ; c'est de verser sur ces
Terres du Vinaigre distillé , car celles qui
seront dissoutes par cet Acide , rendront
infailliblement le Sel soluble , au lieu que
les autres ne l'altereront point du tout ;
elles se chargeront seulement d'une huille
grossiere , qui altere la blancheur de ce
Sel.
11
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Résumé : EXTRAIT du Memoire sur les Tartres Solubles, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Duhamel du Monceau.
Le 'Mémoire sur les Tartres' présenté par M. Duhamel du Monceau à l'Académie Royale des Sciences aborde la purification du tartre, une incrustation saline présente dans les vaisseaux de vin. Plusieurs méthodes ont été proposées pour obtenir des cristaux de tartre, mais celles de Montpellier sont particulièrement reconnues. Le procédé de Montpellier utilise une terre blanche pour éliminer la graisse du sel. M. Duhamel a expérimenté avec diverses terres pour purifier le tartre et a découvert que certaines terres alcalines peuvent le rendre soluble, contrairement à la simple purification. M. Grosse, intéressé par les métamorphoses du cristal de tartre, a également commencé des recherches similaires. Les deux académiciens ont collaboré après avoir découvert qu'ils travaillaient sur le même sujet, menant à un mémoire conjoint. Le texte explique que le cristal de tartre n'est pas soluble dans l'eau, mais devient soluble lorsqu'il est mélangé avec des sels alcalins, formant un sel végétal. Différents sels et substances, comme la soude, le borax, la chaux, la craie, et des alcalis terreux, ont été utilisés pour rendre le tartre soluble. Les académiciens ont démontré que ces substances agissent comme des terres et non par leurs sels fixes. Le mémoire détaille également une méthode pour distinguer les terres capables de décomposer le tartre de celles utilisées pour le purifier, en utilisant du vinaigre distillé comme pierre de touche.
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19770
p. 56-57
ENIGME.
Début :
Quoique le Maître à qui je suis [...]
Mots clefs :
Hôpital
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quoiqua le Maître à qui je ſuis
Paffe en grandeur toute puiſſance ,
C'eſt toujours avec répugnance
Que ceux qu'à me chercher le malheur a réduits ,
Me font témoin de leur ſouffrance .
Ce qui devroit contribuer
OCTOBRE. 1762.. 57
A rendre leur peine finie ,
C'eſt qu'ils font jour & nuit engrande compagnie,
Que rarement on voit diminuer.
Mais ce n'eſt pas comme en certaines fêtes ,
Oùplus on eſt & plus on rit.
Ceux pour qui j'ai des faveurs toujours prêtes
Auroient , s'ils étoient ſeuls , moins de trouble en
l'eſprit.
Par moi de grands ſecours s'obtiennent ;
Et quoique le ſéjour ait dequoi dégouter ,
Et que plufieurs avec joie en reviennent ,
Il en eſt beaucoup qui s'y tiennent ,
Juſqu'à ce qu'on mette ordre à les faire emporter,
Quoiqua le Maître à qui je ſuis
Paffe en grandeur toute puiſſance ,
C'eſt toujours avec répugnance
Que ceux qu'à me chercher le malheur a réduits ,
Me font témoin de leur ſouffrance .
Ce qui devroit contribuer
OCTOBRE. 1762.. 57
A rendre leur peine finie ,
C'eſt qu'ils font jour & nuit engrande compagnie,
Que rarement on voit diminuer.
Mais ce n'eſt pas comme en certaines fêtes ,
Oùplus on eſt & plus on rit.
Ceux pour qui j'ai des faveurs toujours prêtes
Auroient , s'ils étoient ſeuls , moins de trouble en
l'eſprit.
Par moi de grands ſecours s'obtiennent ;
Et quoique le ſéjour ait dequoi dégouter ,
Et que plufieurs avec joie en reviennent ,
Il en eſt beaucoup qui s'y tiennent ,
Juſqu'à ce qu'on mette ordre à les faire emporter,
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19771
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre à Mademoiselle [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VARS ET EN PROSE.
EPITRE à Mademoiſelle Veftris ,
Ode à la Pareffe
page s
7
10
La Vie de Jules Céfar , par M. de Bury ,
Tremblement de terre , arrivé chez les Fourmis
Fable ,
L'avantage de la Religion fur l'adverfité , Ode ,
43
45
Réponse à l'Effai de M. Hume, fur le caractere des
Nations , 49
La France , divertiffement fur la naiffance de
Monſeigneur le Duc de Bourbon ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Le Volant , Madrigal ,
Les Yeux d'Iris , rêve fingulier ,
Le Parnaffe François , Ode à M. Titon ,
60
64
66
ibida
68
Lettre de Remerciement de Mlle de R. à M. de
Baftide ,
Vers à Madame Privat -de Montgeron ,
71
74
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Volume du Mercure de Juillet , ibid.
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
77
Lettre à l'Auteur du Mercure , au fujet des Fables
de la Fontaine , 79
Extraits , Précis ou Indications des livres nouveaux
Portrait de M. de Fontenelle ,
88
129
240
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Réponſe à la Lettre d'un Académicien
de Dijon inférée dans le Mercure de Mai , 143
Jurifprudence,
Extrait des Mémoires qui ont été lus à la féance
publique de l'Académie Royale de Chirurgie ,
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ISS
164
Peinture. Suite des Mémoires d'une fociété de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 ,
Gravure.
Architecture.
187
203
208
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe . 209
Lettre de M. de la Noue , à l'Auteur du Mercure,
au fujet de la Coquette corrigée , ibid.
Comédie Italienne. 216
Couplets fur la priſe du Port Mahon , 217
Opéra comique .
220
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 221
Nouvelles de la Cour , de Paris ,
&c. 224
Mariages & Morts , 232
Avis divers. 236
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VARS ET EN PROSE.
EPITRE à Mademoiſelle Veftris ,
Ode à la Pareffe
page s
7
10
La Vie de Jules Céfar , par M. de Bury ,
Tremblement de terre , arrivé chez les Fourmis
Fable ,
L'avantage de la Religion fur l'adverfité , Ode ,
43
45
Réponse à l'Effai de M. Hume, fur le caractere des
Nations , 49
La France , divertiffement fur la naiffance de
Monſeigneur le Duc de Bourbon ,
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Le Volant , Madrigal ,
Les Yeux d'Iris , rêve fingulier ,
Le Parnaffe François , Ode à M. Titon ,
60
64
66
ibida
68
Lettre de Remerciement de Mlle de R. à M. de
Baftide ,
Vers à Madame Privat -de Montgeron ,
71
74
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Volume du Mercure de Juillet , ibid.
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
75
77
Lettre à l'Auteur du Mercure , au fujet des Fables
de la Fontaine , 79
Extraits , Précis ou Indications des livres nouveaux
Portrait de M. de Fontenelle ,
88
129
240
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Réponſe à la Lettre d'un Académicien
de Dijon inférée dans le Mercure de Mai , 143
Jurifprudence,
Extrait des Mémoires qui ont été lus à la féance
publique de l'Académie Royale de Chirurgie ,
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ISS
164
Peinture. Suite des Mémoires d'une fociété de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 ,
Gravure.
Architecture.
187
203
208
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe . 209
Lettre de M. de la Noue , à l'Auteur du Mercure,
au fujet de la Coquette corrigée , ibid.
Comédie Italienne. 216
Couplets fur la priſe du Port Mahon , 217
Opéra comique .
220
ARTICLE VI
Nouvelles étrangeres , 221
Nouvelles de la Cour , de Paris ,
&c. 224
Mariages & Morts , 232
Avis divers. 236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles organisée en six sections principales. L'Article Premier regroupe des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des épîtres, odes, fables, lettres et divers poèmes. Parmi les œuvres notables, on trouve 'La Vie de Jules César' par M. de Bury, une 'Ode à la Paix' et une 'Réponse à l'Essai de M. Hume sur le caractère des Nations'. L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec une lettre sur les fables de La Fontaine et des extraits de livres récents, comme le 'Portrait de M. de Fontenelle'. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des discussions sur la physique et la jurisprudence, ainsi qu'un extrait des mémoires de l'Académie Royale de Chirurgie. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la peinture, la gravure et l'architecture. L'Article V concerne les spectacles, incluant des lettres sur des pièces de théâtre et des couplets sur des événements militaires. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des annonces de mariages et de décès.
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19772
p. 57-58
AUTRE.
Début :
De mon canal étroit la source peu rapide, [...]
Mots clefs :
Plume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
mon canal étroit la ſource peu rapide,
Vient couler lentement ſans murmure & fans
bruit:
J'arroſe en ſerpentant ma plaine trop arides
Mais auſſi de mon cours je vois naître le fruit.
Dans un petit détroit je vais prendre ma ſource ,
Puis le long de mes bords je viens perdre mes
eaux :
i
Apeine ai-je entrepris mon agréable courſe
Que j'annonce aux Mortels les projets les plus
beaux.
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
Je laiſſe à mon plaiſir ſur mes charmans rivages ,
Cequi fort de mon ſein connu de toutes parts :
On admire en tous lieux mes précieux ouvrages
Qui ſeuls , par leur beauté ſoutiennent les beaux
Arts.
Par B. J. B. BAUDARD , de Bordeaux .
mon canal étroit la ſource peu rapide,
Vient couler lentement ſans murmure & fans
bruit:
J'arroſe en ſerpentant ma plaine trop arides
Mais auſſi de mon cours je vois naître le fruit.
Dans un petit détroit je vais prendre ma ſource ,
Puis le long de mes bords je viens perdre mes
eaux :
i
Apeine ai-je entrepris mon agréable courſe
Que j'annonce aux Mortels les projets les plus
beaux.
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
Je laiſſe à mon plaiſir ſur mes charmans rivages ,
Cequi fort de mon ſein connu de toutes parts :
On admire en tous lieux mes précieux ouvrages
Qui ſeuls , par leur beauté ſoutiennent les beaux
Arts.
Par B. J. B. BAUDARD , de Bordeaux .
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19773
p. 1339-1349
PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
Début :
La Ville de Paris ayant demandé au Roy la permission de présenter [...]
Mots clefs :
Dauphin, Armes, Ville de Paris, Main, Vertus, Couronne, France, Palmes, Pieds, Guerre, Fleurs, Boucliers, Épée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
PREMIERES ARMES
présentées à Monseigneur la Dauphin.
L
A Ville de Paris ayant demandé
au Roy la permission de présenter
à Monseigneur le Dauphin ses premieres
Armes , conformément à un ancien usage
interrompu depuis que que temps ,
le Corps de Ville , en Robbe de ceremonie
, se rendit à Versailles le 6. de
ce moi ; et le Duc de Gesvres , Gouverneur
de Paris étant à la tête , il fut
conduit avec lès ceremoni s ordinaires
à l'Audience de Monseigneur le Dauphin
. Le Corps de Ville eut l'honneur
de présenter à ce Prince une Epée , un
Fusil et dux Pistolets d'un travail par
fait . Le Président Turgot , Prévô: des
Mirchinds , porta la prole cr complimenta
Monseigneur le Dauphin , qui
reçut avec beauco 'P de bonté cet e marque
que la Ville d Paris et empressée
de donner à ce Prince de son resp ce
et de son z le
C'est un droit aussi ancien que glorieux
pour la Ville de Paris , de présenter aux
Dauphins France leurs premi res Ar-
D vj mes
II. Vol.
1340 MERCURE DE FRANCE
mes ; soit récompense de son zéle et de
son affection envers ses Princes , soit prérogatives
flateuses pour la Capitale du
Royaume , soit l'un et l'autre ensemble,
elle a toujours joui de ce privilége et a fait
de cet avantage le premier de ses Titres.
Aujourd'hui que dans la joye commune
à toute la France elle voit croître sous
de si heureux auspices Monseigneur le
Dauphin , elle a encore en particulier
celle de lui pouvoir rendre cet hommage,
et elle a crû ne devoir rien oublier pour
s'acquiter d'un devoir aussi flateur et aussi
honorable pour elle.
Tout FOuvrage des Pistolets, est d'acier,
enrichi partie de reliefet de ciselure , dont
tous les fonds sont d'or perlé, partie d'or en
raport et en bosse , dont les fonds sont
d'acier ce qui fait un contraste aussi
agréable qu'il est riche . Les bois sont or
nez de figures en or gravées en Tailledouce
, et de filigrames d'or qui en font
les accompagnements , et laissent à peine
appercevoir les fonds.
Sur l'un des canons de Pistolets on a
representé en ciselure un Point du Jour,
ou un Soleil naissant : c'est un jeune en
fant sur la pente d'une coline , couché
sur un gazon fleuri , au pied d'un arbre
zoefu . Il semble se réveiller et sortir d'un
IL Vola
doux
JUIN. 1734. 1348
doux sommeil . Derriere la coline sort un
Soleil , dont on n'apperçoit encore que
les premiers raïons. Des deux côtez on
voit des Palmes et des Lauriers qui se
joignent , et s'entrelassent à leurs extré
mitez , soutiennent une Couronne de
Dauphin.
"
L'autre canon représente un jeune
Hercule qui écrase , encore au berceau ,
les deux Dragons qui vouloient le dévo
rer. Sa force montre son origine ; des
Lauriers et des Palmes ainsi que sur l'au
tre canon , mais par des contours differens
, vont se mêler ensemble par leurs
sommitez, et sont terminez par une Cou
ronne d'Etoiles. L'immortalité est la récompense
de ses vertus .
La cizelure n'occupe que la moitié des
canons ; le reste est travaillé en or de
rapport on y a representé les quatre
Parties du Monde , que ce Soleil Levant
va parcourir et éclairer dans sa course
brillante , et que ce jeune Héros doit
remplir du bruit de ses exploits et de ses
vertus. Ily a deux symboles de vertus sur
chaque canon. Elles sont assises sur une
Sphere du monde et representées sous les
attributs et avec les caractéres qui leur
sont propres. AAuu--ddeessssuuss , sont deux
cornes d'abondance renversées, qui répan-
11. Vola dent
342 MERCURE DE FRANCE
dent toutes les richesses et les fruits que
produit chacune des Parties de l'Univers
On voit aussi divers animaux selon la
natute de ces diférentes contrées . Du côté
de l'Europe on n'a pas oublié l'oyseau
avant- coureur du Soleil : il tient un Lys
en son bec.
Sur chacune des deux ovales des calottes
, on a representé un jeune Héros
sur l'une il est debout , un arc à la main,
sur lequel il s'appuye ; un Lion et une
massuë d'Hercule à ses pieds ; derriere
lui s'éleve un Palmier dont les branches
se recourbent au - dessus de sa tête , er lui
servent de Couronne . Sur l'autre il est
appuyé sur un casque , et tient un javelot
à la main .
,
2 Autour des calottes des Pistolets
voit Vulcain dans son antre for
geant des armes pour ce jeune Héros ;
le Dieu Mars les lui présente ; Minerve
paroît avec les instruments , et les Symbols
des differents Arts qu'elle met sous
sa protection , et Mercure aîlé , le ca
ducée à la main , est prêt à exécuter ses
or tres . Chacune de ces Divinitez a ses
trophées et ses attribute.
L'un des Porre vis , représente
le jeune Apollon qui tue le Serpent
Pithon Ce monstre déjà percé d'une
$… ]II. Vol. Altche
JUIN. 1734 7343
Béche mortelle , semble se rouler sur
la poussiere , mordant le dard qui l'a
blessé à l'autre on voit Eole , assis sur
un rocher , qui commande aux vents et
aux tempêtes de se calmer ; sous ses pieds
est la caverne où ils sont renfermez.
Les sous gardes sont ornées par deux
Zephirs aîlez qui portent sur leurs têtes
une corbeille de fleurs. Les pontets sont
soutenus d'un côté sur un Dragon aîlé ,
vuidé à jour , dont la queüe va , en se perdant
par dessous , servir à l'autre côté
de soutien et de base . Sur les pontets sont
deux jeunes Cupidons , dont l'un renverse
des cornes d'abondance l'autre
terrasse un Lion qu'il est prêt de percer
d'un javelot. Le reste des sous- gardes est
enrichi de differents trophées de guerre
et autres ornements.
Sur les corps des platines sont deux
Génies guerriers , dont l'un assis sur un
tas de trophées, porte un faisceau d'armes,
l'autre aussi au milieu de plusieurs instru
ments de guerre s'exerce à battre des
timbales .
Sur le canon du fusil paroît un Dauphin
, entouré de cornes d'abondance
et de guirlandes de fleurs qui vont par
differents contours se joindre par le haut
à une Couronne de Laurier et de Chêne
.. II. Vol.
entre344
MERCURE DE FRANCE
entrelassez. Au - dessous est un jeune Achìle
qui court aux armes ; il tient d'une
main une épée , et de l'autre il arrache
un bouclier d'un Palmier où sont attachées
toutes les armes qui lui sont nécessaires
pour combattre ; un riche tro
phée de guerre sert de Couronnement.
Tout cet Ouvrage est en relief ; le fond
en est d'or perlé et occupe environ la
moitié du canon. La visiere est composée
de plusieurs coquilles accolées , la plupart
à jour et attachées les unes aux autres par
des guirlandes de fleurs. Le reste est en or
de raport avec une suite d'ornements et
d'attributs convenables au sujet.
La plaque est à huit oreilles , toutes
terminées par des coquilles de formes
differentes ; sur le devant est un retour
de chasse un jeune Chasseur assis à
Fombre sur le gazon , foulant aux pieds
un Sanglier qu'il a tué , tenant un fuzil
à la main et entouré de ses chiens , se re
pose des fatigues de la chasse . Sous la
plaque on a mis un Dauphin avec des
palmes autour où sont attachées des arnes
, des ancres , des gouvernails , et au
milieu un trident d'où pend une Couronne
rostrale:
La platine représente un Triton sur le
rivage de la mer , un Dauphin attiré par
IL Vel. la
JUIN. 1734. 8343
la douceur du chant , se joue sur les ondes
d'où il semble sortir.
:
Sur chacun des côtez de la crosse dur
fusil est un Dauphin en or , gravé en
Taille - douce , accompagné de quatre
Génies de même ouvrage et de pareille
matiere l'un porte une Couronne de
Dauphin ; l'autre une corbeille des plus
belles fleurs ; le troisiéme , une Palme
ornée de toutes les differentes Couronnes
dont on récompensoit chez les anciens
les differentes vertus ; enfin le dernier lui
présente un gouvernail et un trident
comme des symboles de son Empire.
On n'entre pas dans un plus grand
'détail sur le reste des ornements de ces
précieux Ouvrages , tels que sont les coquillages
, rocailles , feüillages , architectures
, frises &c. qui servent comme d'accompagnements
et de bordures à tous ces
differents tableaux , et qui , outre la ri
chesse et la magnificence de l'ouvrage ,
sont encore nécessaires pour le contour
et la forme des differentes piéces.
Le Sieur Laroche , Armutier du Roy,
demeurant à Paris sur le Pont Marie
est l'Auteur de ces trois morceaux , dont
l'exécution est admirable.
Toute l'épée est d'or et compose dans son
11. Vol
ensem1346
MERCURE DE FRANCE
ensemble , un seul trophée d'armes , sans
que cette idée exactement suivie dans
toutes les differentes parties. de cet Ouvrage
, en change en rien la forme et les
proportions ordinaires.
La Garde est composée de deux Boucliers,
appellez dans l'antiquité, des Pettes,
comme ils étoient d'usage sous le Regne
et dans les Armées d'Alexandre le Grand:
c'est une époque qu'on a crû devoir choisir
entre plusieurs autres ; ces Boucliers
étoient ornez de bas reliefs et représentoient
des fruits heroïques. Ils avoient
pour la plupart des têtes de Lions aux
deux extrémitez ; on en a suivi en tout
exactement la forme et le dessein . Dans
les quatre bas - reliefs on a representé
les vertus attachées à Monseigneur le
Dauphin dès sa naissance.
L'un de ces Boucliers , du côté de la
Lame , représente les vertus heroïques * ;
c'est un Hercule avec sa massue et cɔuvert
de la peau de Lion ; il terrasse sous
ses pieds l'Hydre qu'il a domptée et tient
en sa main trois pommes du jardin
des Hesperides ; à l'entour sont ses differents
trophées et les divers travaux qui
ont exercé sa valeur et illustré son nom.
Sur l'autre Bouclier et du même côté ,
est la gloire des Princes, accompagnée de
II. Vol.
leurs
i 1347 JUIN. 1734.
leurs victoires , et le prix de leurs vertus :
c'est une femme richement vetuë , ayant
ure Couronne d'or sur sa tête et en sa
main droite une Couronne de Laurier ;
elle soutient de la gauche une forte et rithe
piramide ; à ses pieds est un corner
d'abondance , symbole de la magnificence
et de la generosité des grands Princes.
ve ,
et
De l'autre côté et en dedans de l'un
des Boucliers est representé une Miner-
Deèsse des Sciences militaires et des
Beaux Arts , le Compas à la main ; elle
trace et mesure sur un Globe , un terrain
convenable à fortifier une place de
guerre ; à ses pieds paroît sur un rouleau
déployé , un Plan de fortifications
dans le lointain on voit les dehors d'une
forteresse entourée de palissades . Sur l'autre
Bouclier parallele est une Pallas
Deèsse de la guerre : elle tient une lance
d'une main comme sur le point de combattre
et de l'autre son Egide , elle est
entourée de plusieurs instruments de
guerre au - dessus desquels on voit
flotter dans les airs des Drapeaux et des
Etendarts.
›
A l'endroit où se joignent les deux
Boucliers on a placé un Globe terrestre
qui sera un jour le théatre des vertus et
des exploits de nôtre jeune Prince. Sur
¿ II. Vol. ce
1348 MERCURE DE FRANCE
,
ce Globe , malgré sa petitesse , on a régulierement
tracé en relief les differentes
parties de l'Univers ; ce Globe est surmonté
par une massuë d'Hercule du
bas de laquelle s'éleve un faisceau de
Palmes , qui , en l'entourant jusqu'au
haut et la laissant cependant entrevoir
par les differents jours et les differents
vuides , forme la poignée de l'épée ; ce
qui fait un ouvrage des plus légers et des
plus délicats. Au haut de cette massuë, est
un Casque françois , et c'est ce qui fornic
le pomeau . Ce Casque est enrichi d'un
mufle de Lion et d'autres ornemens
relief ; la visiere en est levée.
sà
Une Palme gracieusement recourbée ,
se détachant par le bas des autres Palmes,
va ensuite en remontant et en s'éloignant
de la poignée , former la branche ; elle
n'en forme cependant que la moitié . De
la pointe sort une fleur de Lys à quatre
faces , production plus belle que toutes
les dattes fleuries dont elle est chargée
ainsi que les autres Palmes. Une autre
Palme qui déscend d'en haut et de dessus
le Casque , vient par un même contour
la rejoindre et s'entrelasser , de telle sorte
que couvrant toute la fleur de Lys , elle
n'en cache rien .
Du bas de la poignée, sort un Dauphin
II. Vol. des
JUIN. 7734
134
و
des mêmes Palmes , au milieu desquelles
il semble se jouer , et forme le tillon dans
le même contour à l'usage des Epées
qui se font à présent. La Lame est aussi
d'or , enrichie de moulures : elle a le
même ressort qu'une Lame d'acier. Le
Fourreau est d'écaille noire, incrustée sur
un fond qui lui donne de la solidité et
arrêté par deux moulures d'or très déli-"
cates ; toute l'écaille est piqué en or d'un
dessein très -riche.
La Chappe , le Crochet et le bout de
l'Epée sont des piéces si petites et qui
la sent si peu de champ ,qu'il n'a pas été
possible de représenter des attributs , ni
rien de symbolique. On a taché par des
petits morceaux d'architectures , des palmettes
des entrelas , des filets des
canneaux de feüillages , et autres ornemens
qui ont raport au sujet, d'y supléer,
et on les a parse mez de plusieurs fleurs
de Lys radieuses et vuidées à jour.
,ر <
Ce beau morceau est de la main de
M. Germain , Orfévre du Roy , si connu
par la perfection de ses Ouvrages et par
la délicatesse de son goût.
présentées à Monseigneur la Dauphin.
L
A Ville de Paris ayant demandé
au Roy la permission de présenter
à Monseigneur le Dauphin ses premieres
Armes , conformément à un ancien usage
interrompu depuis que que temps ,
le Corps de Ville , en Robbe de ceremonie
, se rendit à Versailles le 6. de
ce moi ; et le Duc de Gesvres , Gouverneur
de Paris étant à la tête , il fut
conduit avec lès ceremoni s ordinaires
à l'Audience de Monseigneur le Dauphin
. Le Corps de Ville eut l'honneur
de présenter à ce Prince une Epée , un
Fusil et dux Pistolets d'un travail par
fait . Le Président Turgot , Prévô: des
Mirchinds , porta la prole cr complimenta
Monseigneur le Dauphin , qui
reçut avec beauco 'P de bonté cet e marque
que la Ville d Paris et empressée
de donner à ce Prince de son resp ce
et de son z le
C'est un droit aussi ancien que glorieux
pour la Ville de Paris , de présenter aux
Dauphins France leurs premi res Ar-
D vj mes
II. Vol.
1340 MERCURE DE FRANCE
mes ; soit récompense de son zéle et de
son affection envers ses Princes , soit prérogatives
flateuses pour la Capitale du
Royaume , soit l'un et l'autre ensemble,
elle a toujours joui de ce privilége et a fait
de cet avantage le premier de ses Titres.
Aujourd'hui que dans la joye commune
à toute la France elle voit croître sous
de si heureux auspices Monseigneur le
Dauphin , elle a encore en particulier
celle de lui pouvoir rendre cet hommage,
et elle a crû ne devoir rien oublier pour
s'acquiter d'un devoir aussi flateur et aussi
honorable pour elle.
Tout FOuvrage des Pistolets, est d'acier,
enrichi partie de reliefet de ciselure , dont
tous les fonds sont d'or perlé, partie d'or en
raport et en bosse , dont les fonds sont
d'acier ce qui fait un contraste aussi
agréable qu'il est riche . Les bois sont or
nez de figures en or gravées en Tailledouce
, et de filigrames d'or qui en font
les accompagnements , et laissent à peine
appercevoir les fonds.
Sur l'un des canons de Pistolets on a
representé en ciselure un Point du Jour,
ou un Soleil naissant : c'est un jeune en
fant sur la pente d'une coline , couché
sur un gazon fleuri , au pied d'un arbre
zoefu . Il semble se réveiller et sortir d'un
IL Vola
doux
JUIN. 1734. 1348
doux sommeil . Derriere la coline sort un
Soleil , dont on n'apperçoit encore que
les premiers raïons. Des deux côtez on
voit des Palmes et des Lauriers qui se
joignent , et s'entrelassent à leurs extré
mitez , soutiennent une Couronne de
Dauphin.
"
L'autre canon représente un jeune
Hercule qui écrase , encore au berceau ,
les deux Dragons qui vouloient le dévo
rer. Sa force montre son origine ; des
Lauriers et des Palmes ainsi que sur l'au
tre canon , mais par des contours differens
, vont se mêler ensemble par leurs
sommitez, et sont terminez par une Cou
ronne d'Etoiles. L'immortalité est la récompense
de ses vertus .
La cizelure n'occupe que la moitié des
canons ; le reste est travaillé en or de
rapport on y a representé les quatre
Parties du Monde , que ce Soleil Levant
va parcourir et éclairer dans sa course
brillante , et que ce jeune Héros doit
remplir du bruit de ses exploits et de ses
vertus. Ily a deux symboles de vertus sur
chaque canon. Elles sont assises sur une
Sphere du monde et representées sous les
attributs et avec les caractéres qui leur
sont propres. AAuu--ddeessssuuss , sont deux
cornes d'abondance renversées, qui répan-
11. Vola dent
342 MERCURE DE FRANCE
dent toutes les richesses et les fruits que
produit chacune des Parties de l'Univers
On voit aussi divers animaux selon la
natute de ces diférentes contrées . Du côté
de l'Europe on n'a pas oublié l'oyseau
avant- coureur du Soleil : il tient un Lys
en son bec.
Sur chacune des deux ovales des calottes
, on a representé un jeune Héros
sur l'une il est debout , un arc à la main,
sur lequel il s'appuye ; un Lion et une
massuë d'Hercule à ses pieds ; derriere
lui s'éleve un Palmier dont les branches
se recourbent au - dessus de sa tête , er lui
servent de Couronne . Sur l'autre il est
appuyé sur un casque , et tient un javelot
à la main .
,
2 Autour des calottes des Pistolets
voit Vulcain dans son antre for
geant des armes pour ce jeune Héros ;
le Dieu Mars les lui présente ; Minerve
paroît avec les instruments , et les Symbols
des differents Arts qu'elle met sous
sa protection , et Mercure aîlé , le ca
ducée à la main , est prêt à exécuter ses
or tres . Chacune de ces Divinitez a ses
trophées et ses attribute.
L'un des Porre vis , représente
le jeune Apollon qui tue le Serpent
Pithon Ce monstre déjà percé d'une
$… ]II. Vol. Altche
JUIN. 1734 7343
Béche mortelle , semble se rouler sur
la poussiere , mordant le dard qui l'a
blessé à l'autre on voit Eole , assis sur
un rocher , qui commande aux vents et
aux tempêtes de se calmer ; sous ses pieds
est la caverne où ils sont renfermez.
Les sous gardes sont ornées par deux
Zephirs aîlez qui portent sur leurs têtes
une corbeille de fleurs. Les pontets sont
soutenus d'un côté sur un Dragon aîlé ,
vuidé à jour , dont la queüe va , en se perdant
par dessous , servir à l'autre côté
de soutien et de base . Sur les pontets sont
deux jeunes Cupidons , dont l'un renverse
des cornes d'abondance l'autre
terrasse un Lion qu'il est prêt de percer
d'un javelot. Le reste des sous- gardes est
enrichi de differents trophées de guerre
et autres ornements.
Sur les corps des platines sont deux
Génies guerriers , dont l'un assis sur un
tas de trophées, porte un faisceau d'armes,
l'autre aussi au milieu de plusieurs instru
ments de guerre s'exerce à battre des
timbales .
Sur le canon du fusil paroît un Dauphin
, entouré de cornes d'abondance
et de guirlandes de fleurs qui vont par
differents contours se joindre par le haut
à une Couronne de Laurier et de Chêne
.. II. Vol.
entre344
MERCURE DE FRANCE
entrelassez. Au - dessous est un jeune Achìle
qui court aux armes ; il tient d'une
main une épée , et de l'autre il arrache
un bouclier d'un Palmier où sont attachées
toutes les armes qui lui sont nécessaires
pour combattre ; un riche tro
phée de guerre sert de Couronnement.
Tout cet Ouvrage est en relief ; le fond
en est d'or perlé et occupe environ la
moitié du canon. La visiere est composée
de plusieurs coquilles accolées , la plupart
à jour et attachées les unes aux autres par
des guirlandes de fleurs. Le reste est en or
de raport avec une suite d'ornements et
d'attributs convenables au sujet.
La plaque est à huit oreilles , toutes
terminées par des coquilles de formes
differentes ; sur le devant est un retour
de chasse un jeune Chasseur assis à
Fombre sur le gazon , foulant aux pieds
un Sanglier qu'il a tué , tenant un fuzil
à la main et entouré de ses chiens , se re
pose des fatigues de la chasse . Sous la
plaque on a mis un Dauphin avec des
palmes autour où sont attachées des arnes
, des ancres , des gouvernails , et au
milieu un trident d'où pend une Couronne
rostrale:
La platine représente un Triton sur le
rivage de la mer , un Dauphin attiré par
IL Vel. la
JUIN. 1734. 8343
la douceur du chant , se joue sur les ondes
d'où il semble sortir.
:
Sur chacun des côtez de la crosse dur
fusil est un Dauphin en or , gravé en
Taille - douce , accompagné de quatre
Génies de même ouvrage et de pareille
matiere l'un porte une Couronne de
Dauphin ; l'autre une corbeille des plus
belles fleurs ; le troisiéme , une Palme
ornée de toutes les differentes Couronnes
dont on récompensoit chez les anciens
les differentes vertus ; enfin le dernier lui
présente un gouvernail et un trident
comme des symboles de son Empire.
On n'entre pas dans un plus grand
'détail sur le reste des ornements de ces
précieux Ouvrages , tels que sont les coquillages
, rocailles , feüillages , architectures
, frises &c. qui servent comme d'accompagnements
et de bordures à tous ces
differents tableaux , et qui , outre la ri
chesse et la magnificence de l'ouvrage ,
sont encore nécessaires pour le contour
et la forme des differentes piéces.
Le Sieur Laroche , Armutier du Roy,
demeurant à Paris sur le Pont Marie
est l'Auteur de ces trois morceaux , dont
l'exécution est admirable.
Toute l'épée est d'or et compose dans son
11. Vol
ensem1346
MERCURE DE FRANCE
ensemble , un seul trophée d'armes , sans
que cette idée exactement suivie dans
toutes les differentes parties. de cet Ouvrage
, en change en rien la forme et les
proportions ordinaires.
La Garde est composée de deux Boucliers,
appellez dans l'antiquité, des Pettes,
comme ils étoient d'usage sous le Regne
et dans les Armées d'Alexandre le Grand:
c'est une époque qu'on a crû devoir choisir
entre plusieurs autres ; ces Boucliers
étoient ornez de bas reliefs et représentoient
des fruits heroïques. Ils avoient
pour la plupart des têtes de Lions aux
deux extrémitez ; on en a suivi en tout
exactement la forme et le dessein . Dans
les quatre bas - reliefs on a representé
les vertus attachées à Monseigneur le
Dauphin dès sa naissance.
L'un de ces Boucliers , du côté de la
Lame , représente les vertus heroïques * ;
c'est un Hercule avec sa massue et cɔuvert
de la peau de Lion ; il terrasse sous
ses pieds l'Hydre qu'il a domptée et tient
en sa main trois pommes du jardin
des Hesperides ; à l'entour sont ses differents
trophées et les divers travaux qui
ont exercé sa valeur et illustré son nom.
Sur l'autre Bouclier et du même côté ,
est la gloire des Princes, accompagnée de
II. Vol.
leurs
i 1347 JUIN. 1734.
leurs victoires , et le prix de leurs vertus :
c'est une femme richement vetuë , ayant
ure Couronne d'or sur sa tête et en sa
main droite une Couronne de Laurier ;
elle soutient de la gauche une forte et rithe
piramide ; à ses pieds est un corner
d'abondance , symbole de la magnificence
et de la generosité des grands Princes.
ve ,
et
De l'autre côté et en dedans de l'un
des Boucliers est representé une Miner-
Deèsse des Sciences militaires et des
Beaux Arts , le Compas à la main ; elle
trace et mesure sur un Globe , un terrain
convenable à fortifier une place de
guerre ; à ses pieds paroît sur un rouleau
déployé , un Plan de fortifications
dans le lointain on voit les dehors d'une
forteresse entourée de palissades . Sur l'autre
Bouclier parallele est une Pallas
Deèsse de la guerre : elle tient une lance
d'une main comme sur le point de combattre
et de l'autre son Egide , elle est
entourée de plusieurs instruments de
guerre au - dessus desquels on voit
flotter dans les airs des Drapeaux et des
Etendarts.
›
A l'endroit où se joignent les deux
Boucliers on a placé un Globe terrestre
qui sera un jour le théatre des vertus et
des exploits de nôtre jeune Prince. Sur
¿ II. Vol. ce
1348 MERCURE DE FRANCE
,
ce Globe , malgré sa petitesse , on a régulierement
tracé en relief les differentes
parties de l'Univers ; ce Globe est surmonté
par une massuë d'Hercule du
bas de laquelle s'éleve un faisceau de
Palmes , qui , en l'entourant jusqu'au
haut et la laissant cependant entrevoir
par les differents jours et les differents
vuides , forme la poignée de l'épée ; ce
qui fait un ouvrage des plus légers et des
plus délicats. Au haut de cette massuë, est
un Casque françois , et c'est ce qui fornic
le pomeau . Ce Casque est enrichi d'un
mufle de Lion et d'autres ornemens
relief ; la visiere en est levée.
sà
Une Palme gracieusement recourbée ,
se détachant par le bas des autres Palmes,
va ensuite en remontant et en s'éloignant
de la poignée , former la branche ; elle
n'en forme cependant que la moitié . De
la pointe sort une fleur de Lys à quatre
faces , production plus belle que toutes
les dattes fleuries dont elle est chargée
ainsi que les autres Palmes. Une autre
Palme qui déscend d'en haut et de dessus
le Casque , vient par un même contour
la rejoindre et s'entrelasser , de telle sorte
que couvrant toute la fleur de Lys , elle
n'en cache rien .
Du bas de la poignée, sort un Dauphin
II. Vol. des
JUIN. 7734
134
و
des mêmes Palmes , au milieu desquelles
il semble se jouer , et forme le tillon dans
le même contour à l'usage des Epées
qui se font à présent. La Lame est aussi
d'or , enrichie de moulures : elle a le
même ressort qu'une Lame d'acier. Le
Fourreau est d'écaille noire, incrustée sur
un fond qui lui donne de la solidité et
arrêté par deux moulures d'or très déli-"
cates ; toute l'écaille est piqué en or d'un
dessein très -riche.
La Chappe , le Crochet et le bout de
l'Epée sont des piéces si petites et qui
la sent si peu de champ ,qu'il n'a pas été
possible de représenter des attributs , ni
rien de symbolique. On a taché par des
petits morceaux d'architectures , des palmettes
des entrelas , des filets des
canneaux de feüillages , et autres ornemens
qui ont raport au sujet, d'y supléer,
et on les a parse mez de plusieurs fleurs
de Lys radieuses et vuidées à jour.
,ر <
Ce beau morceau est de la main de
M. Germain , Orfévre du Roy , si connu
par la perfection de ses Ouvrages et par
la délicatesse de son goût.
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Résumé : PREMIERES ARMES présentées à Monseigneur l[e] Dauphin.
Le 6 juin 1734, la Ville de Paris a reçu l'autorisation du roi de présenter au Dauphin ses premières armes, suivant un ancien usage interrompu. Le Corps de Ville, en robe de cérémonie, s'est rendu à Versailles où le Duc de Gesvres, Gouverneur de Paris, a conduit la délégation à l'audience du Dauphin. Le Président Turgot, Prévôt des Marchands, a porté les compliments et présenté une épée, un fusil et deux pistolets d'un travail parfait. Ce privilège permet à la Ville de Paris de présenter aux Dauphins de France leurs premières armes, soit en récompense de son zèle et de son affection envers les Princes, soit comme prérogative flatteuse pour la capitale du Royaume. La Ville de Paris a donc saisi cette occasion pour honorer le Dauphin et s'acquitter de ce devoir flateur et honorable. Les pistolets, entièrement en acier enrichi de reliefs et de ciselures, présentent des fonds d'or perlé et des bois ornés de figures en or gravées en taille-douce et de filigranes. Les canons des pistolets représentent des scènes symboliques : l'un montre un jeune enfant sur une colline au lever du soleil, l'autre un jeune Hercule écrasant des dragons. Les symboles de vertus et les cornes d'abondance sont également présents, ainsi que des représentations des quatre parties du monde. Le fusil arbore un Dauphin entouré de cornes d'abondance et de guirlandes de fleurs, ainsi que des scènes de chasse et des symboles maritimes. Les ornements incluent des génies guerriers, des trophées de guerre et des attributs divers. L'épée, entièrement en or, est composée d'un seul trophée d'armes. La garde est inspirée des boucliers utilisés sous le règne d'Alexandre le Grand et représente les vertus héroïques et la gloire des Princes. Les bas-reliefs montrent Hercule terrassant l'Hydre et une femme symbolisant la victoire et la générosité. La poignée de l'épée est ornée de palmes et de lys, et le fourreau est en écaille noire incrustée d'or. Ces œuvres, réalisées par le Sieur Laroche pour les pistolets et le fusil, et par M. Germain pour l'épée, témoignent d'une exécution admirable et d'une grande richesse artistique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19774
p. 240
« La Chanson notée est à la page 77. [...] »
Début :
La Chanson notée est à la page 77. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée est à la page 77. [...] »
La Chanfon notée eft à la page 77
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19775
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jomber.
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19776
p. 58-59
LOGOGRYPHE.
Début :
A la frivolité je dois mon éxistence ; [...]
Mots clefs :
Cabriolet
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
ALa frivolitéje dois mon éxiſtence ;
Je parois chez les uns avec magnificence ;
Chez d'autres plus uni , je ſers également.
Ametrouver , Lecteur,veux-tu perdreun moment?
Trois de mes pieds ſur l'eau vont t'offrir un paſlage
;
Je t'offre encore un jeu jadis fort en uſage ,
Et qu'au Cours de la Reine on pratique l'Eté;
Autre jeu plus nouveau par les femmes fêté ;
Un très-beau Fleuve en France ; un autre en Italie
;
Un légume fort bon , ſurtout en Picardie ;
Unſpectacled'hyver ; un fruit délicieux
Qui peut-être à préſent ſe trouve ſous tes yeux ;
Deux Vieillards vertueux connus dans l'Ecriture ;
Le premier vêtement qu'on doit à la Nature ;
L'appui de l'honnête homme & le frein du méchant
;
OCTOBRE. 1762 . 59
Un Oiſeau dont le prix ne gît pas dans le chant ;
Ce que ſouvent en vain on cherche en Loterie ;
Un ſéjour aquatique ; un accès de furie.
Je pourrois bien , Lecteur , te mener encor loin ;
Mais j'arrête tout court & te laiſſe en chemin.
ALa frivolitéje dois mon éxiſtence ;
Je parois chez les uns avec magnificence ;
Chez d'autres plus uni , je ſers également.
Ametrouver , Lecteur,veux-tu perdreun moment?
Trois de mes pieds ſur l'eau vont t'offrir un paſlage
;
Je t'offre encore un jeu jadis fort en uſage ,
Et qu'au Cours de la Reine on pratique l'Eté;
Autre jeu plus nouveau par les femmes fêté ;
Un très-beau Fleuve en France ; un autre en Italie
;
Un légume fort bon , ſurtout en Picardie ;
Unſpectacled'hyver ; un fruit délicieux
Qui peut-être à préſent ſe trouve ſous tes yeux ;
Deux Vieillards vertueux connus dans l'Ecriture ;
Le premier vêtement qu'on doit à la Nature ;
L'appui de l'honnête homme & le frein du méchant
;
OCTOBRE. 1762 . 59
Un Oiſeau dont le prix ne gît pas dans le chant ;
Ce que ſouvent en vain on cherche en Loterie ;
Un ſéjour aquatique ; un accès de furie.
Je pourrois bien , Lecteur , te mener encor loin ;
Mais j'arrête tout court & te laiſſe en chemin.
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19777
p. 2980-2982
L'AMI RIVAL, OU LA MORT DE TIRCIS. EGLOGUE.
Début :
Assès loin des Hameaux, une verte Colline [...]
Mots clefs :
Ruisseau, Hameaux, Bergères, Amour, Allégresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMI RIVAL, OU LA MORT DE TIRCIS. EGLOGUE.
L'AMI RIVAL ,.
OU LA MORT DE TIRCIS
ου
EGLOGUE.
Assès loin des Hameaux , une verte Colline
Fait couler un Ruisseau , dont l'onde cristalline
En arrosant la Plaine exprime tendrement
Le regret de quitter un séjour si charmant.
Là , des Arbres touffus le spacieux ombrage.
Avoisine le Ciel de son vaste branchage ;
Là mille et mille oiseaux , dès la pointe du jour
Font redire leurs chants aux échos d'alentour ;
L'infortuné Tircis dans ce lieu solitaire ,
Devançoit le retour du Dieu qui nous éclaire ,,
Depuis que par ses feux et sa tendre langueur-
L'amour avoit troublé le repos de son coeur ;
De l'adorable Iris un regard vif et tendre ,
L'avoit rendu Rival de son ami Timandre ;
Le sort lui ravissoit en cet état fatal ,
La funeste douceur de hair son Rival :
Ami parfait , amant trop sensible à sa flamme ;
L'amour et l'amitié tyrannisent son ame :
Mais malgré tous les feux dont il se sent brûler
Il aime mieux mourir que de les relever.
II. Vol..
Ses
DECEMBRE 1731 2981
Ses jours ne coulent plus que dans l'inquiétude ,
Le soin de son troupeau ne fait plus son étude.
Ses chalumeaux oisifs pendent à son côté ;
Hors Iris , dans son coeur pour rien tout est
compté ,
Quand pour ne pas troubler le bonheur de Timandre
,
Il veut cacher les feux qui vinrent le surprendre.
Languissant , abbatu par ce cruel effort ,
Il souffre des tourmens plus affreux que la mort,
Mais à peine le jour ( qu'une foy mutuelle
Doit unir à jamais Timandre avec sa belle )
Pour accabler son coeur , éclaire les coteaux ;
Que les doux Rosignols l'annoncent aux Hameaux.
Les Bergeres auprès viennent parer leur tête ;
L'amour sur mille coeurs medite sa conquête ,
L'on entend retentir le bruit confus et doux
Des Flutes , des Hautbois , et des oiseaux jaloux.
Tout paroit ressentir la commune allegresse ,
Tout au plus insensible , inspire la tendresse ;
De toutes parts enfin par mille jeux divers ,
A la joye , aux plaisirs , tous les coeurs sont ou
verts.
Tircis , le seul Tircis n'en peut être capable ,
A peine il voit briller un jour si remarquable ,
Que d'un trouble mortel tous ses sens sont sur
pris ,
Triste , mais tendre effet de la
perte
d'Iris.
11, Vol.
2982 MERCURE DE FRANCE
Il se dérobe , il fuit une importune foule ;
Par des chemins couverts en secret il s'écoule ;
Il arrive bientôt dans un bois écarté ,
Pour réver au dessein qu'il a prémedité ;
Ah ! dit -il,noirs chagrins , sombre mélancolie )
Terminés , s'il se peut , une odieuse vie :
Il interrompt ses pleurs au son des chalumeaux
Et tournant ses regards du côté des hameaux ::
Il y voit l'allegresse en tous lieux répanduë ,
Pour un Amant qui souffre, insuportable vûë !
Il frémit , et pressé de ses vives douleurs :
» Tout rit , tout est en joye , et moi , ( dit-il , )
je meurs.
A la perte d'Iris je ne sçaurois survivre.
→ Mourons de tant de maux que la mort me délivre
:
Mourons... pour éviter un éternel tourment
» Il ne m'en va couter qu'un seul cruel moment;
» L'amour et l'amitié veulent ce sacrifice :
Fleuve , tu me rendras ce funeste service ,
» Finissant mes malheurs , tu seras mon tom
beau ,
» Tu seras.... dans son sein il s'élance aussitôt
;
A son dernier moment il court , il vole , il
touche
L'onde étouffe sa voix dans sa mourante bouche
Et lorsque cet hymen réjouit les hameaux ,
Le malheureux Tircis expire au fond des Eaux.
OU LA MORT DE TIRCIS
ου
EGLOGUE.
Assès loin des Hameaux , une verte Colline
Fait couler un Ruisseau , dont l'onde cristalline
En arrosant la Plaine exprime tendrement
Le regret de quitter un séjour si charmant.
Là , des Arbres touffus le spacieux ombrage.
Avoisine le Ciel de son vaste branchage ;
Là mille et mille oiseaux , dès la pointe du jour
Font redire leurs chants aux échos d'alentour ;
L'infortuné Tircis dans ce lieu solitaire ,
Devançoit le retour du Dieu qui nous éclaire ,,
Depuis que par ses feux et sa tendre langueur-
L'amour avoit troublé le repos de son coeur ;
De l'adorable Iris un regard vif et tendre ,
L'avoit rendu Rival de son ami Timandre ;
Le sort lui ravissoit en cet état fatal ,
La funeste douceur de hair son Rival :
Ami parfait , amant trop sensible à sa flamme ;
L'amour et l'amitié tyrannisent son ame :
Mais malgré tous les feux dont il se sent brûler
Il aime mieux mourir que de les relever.
II. Vol..
Ses
DECEMBRE 1731 2981
Ses jours ne coulent plus que dans l'inquiétude ,
Le soin de son troupeau ne fait plus son étude.
Ses chalumeaux oisifs pendent à son côté ;
Hors Iris , dans son coeur pour rien tout est
compté ,
Quand pour ne pas troubler le bonheur de Timandre
,
Il veut cacher les feux qui vinrent le surprendre.
Languissant , abbatu par ce cruel effort ,
Il souffre des tourmens plus affreux que la mort,
Mais à peine le jour ( qu'une foy mutuelle
Doit unir à jamais Timandre avec sa belle )
Pour accabler son coeur , éclaire les coteaux ;
Que les doux Rosignols l'annoncent aux Hameaux.
Les Bergeres auprès viennent parer leur tête ;
L'amour sur mille coeurs medite sa conquête ,
L'on entend retentir le bruit confus et doux
Des Flutes , des Hautbois , et des oiseaux jaloux.
Tout paroit ressentir la commune allegresse ,
Tout au plus insensible , inspire la tendresse ;
De toutes parts enfin par mille jeux divers ,
A la joye , aux plaisirs , tous les coeurs sont ou
verts.
Tircis , le seul Tircis n'en peut être capable ,
A peine il voit briller un jour si remarquable ,
Que d'un trouble mortel tous ses sens sont sur
pris ,
Triste , mais tendre effet de la
perte
d'Iris.
11, Vol.
2982 MERCURE DE FRANCE
Il se dérobe , il fuit une importune foule ;
Par des chemins couverts en secret il s'écoule ;
Il arrive bientôt dans un bois écarté ,
Pour réver au dessein qu'il a prémedité ;
Ah ! dit -il,noirs chagrins , sombre mélancolie )
Terminés , s'il se peut , une odieuse vie :
Il interrompt ses pleurs au son des chalumeaux
Et tournant ses regards du côté des hameaux ::
Il y voit l'allegresse en tous lieux répanduë ,
Pour un Amant qui souffre, insuportable vûë !
Il frémit , et pressé de ses vives douleurs :
» Tout rit , tout est en joye , et moi , ( dit-il , )
je meurs.
A la perte d'Iris je ne sçaurois survivre.
→ Mourons de tant de maux que la mort me délivre
:
Mourons... pour éviter un éternel tourment
» Il ne m'en va couter qu'un seul cruel moment;
» L'amour et l'amitié veulent ce sacrifice :
Fleuve , tu me rendras ce funeste service ,
» Finissant mes malheurs , tu seras mon tom
beau ,
» Tu seras.... dans son sein il s'élance aussitôt
;
A son dernier moment il court , il vole , il
touche
L'onde étouffe sa voix dans sa mourante bouche
Et lorsque cet hymen réjouit les hameaux ,
Le malheureux Tircis expire au fond des Eaux.
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Résumé : L'AMI RIVAL, OU LA MORT DE TIRCIS. EGLOGUE.
L'églogue 'L'Ami Rival, ou La Mort de Tircis' se déroule dans un paysage idyllique où un ruisseau arrose une plaine ombragée par des arbres touffus et habitée par de nombreux oiseaux. Tircis, un berger, y trouve refuge pour échapper à son amour pour Iris, qui l'a rendu rival de son ami Timandre. Tircis souffre de l'amour et de l'amitié qui tyrannisent son âme. Il préfère mourir plutôt que de révéler ses sentiments et néglige son troupeau. Consumé par des tourments plus affreux que la mort, il tente de cacher ses sentiments pour ne pas troubler le bonheur de Timandre. Le jour du mariage de Timandre approche, et Tircis, incapable de supporter cette joie, se retire dans un bois écarté. Il décide de mettre fin à ses jours pour échapper à ses souffrances et se jette dans un fleuve, où il expire au moment où l'hymen de Timandre réjouit les hameaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19778
p. 24-30
L'AMI PARFAIT à M. D. T. M. D. V.
Début :
Tu veux que je te trace une image fidelle [...]
Mots clefs :
Amis, Amitié, Ami, Coeur, Homme, Coeurs, Gens, Forme, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMI PARFAIT à M. D. T. M. D. V.
L'AMI PARFAIT
à M. D.T. M.D.V.
Tu
U veux que je te trace une image fidelle
De l'Amitié , ce doux lien des coeurs ;
Uniondes eſprits , des volontés , des moeurs ;
En toi j'en trouve un vrai modéle :
Je répete , Damon , ce que tu m'as appris ;
Retrouve toi dans mes Ecrits .
८.
Un Ami ſage , aiſé , ſincére ,
Eſt pour l'homme un bien néceſſaire ;
A peine Dieu l'eut-il formé ,
Qu'il déſira d'aimer & d'être aimé;
Qued'elle-même la Nature
Lui fit entendre qu'ici bas
Un homme en homme ne vit pas
S'il n'a quelque amitié ſincére , tendre& pure.
Ayons doncdes Amis, mais que le choix ſoit lent:
Pour éviter enſuite un odieux divorce
Sondons le caractére , & voyons ſous l'écorce ;
Il faut en amitié craindre le changement.
Donner ſon coeur , enfuite ſe dédire ,
Tel qu'on aimoit hier aujourd'hui le proſcrire ,
C'eſt paffer pour un homme inquiet , inconſtant.
Voulons-nous des Amis auſſi longs que la vie ?
Il fautque la vertu nous lie.
Ne
:
১
NOVEMBRE. 1744. 25
:
1
Σ
Ne prenons point pour nos amis
Cesgens dont les façons, dont les folles maniéres ,
Ridicules par tout , & par tout fingulières ,
Les font paffer pour étourdis :
Ces gens chés qui toûjours l'amour propre réſide ,
Et dont l'individu ſans honneur& fans foi ,
N'eftimant & n'aimantque foi , :
Lorſque l'intérêt parle eſt ou foible , ou perfide :
Ces gens du mérite envieux ,
Dont notre gloire, éblouiroit les yeux :
Ces gens qui veulent qu'on les flate',
Et chés qui l'amitié n'eſt jamais délicate
Que lorſqu'en leur faveur on ſçait approuver tout ,
Défirs & paffions , libertinage & goût ,
Tout mauvais coeur enfin ,& toute ame perverſe .
De l'amitié n'entrent point au commerce ;
Un lien n'eſt pas fort que le vice a formé ,
Ce qui s'eſtime peu , n'eſt pas long-tems aimé ;
Mais qu'il eſt doux de trouver dans un autre
Un coeur noble , conſtant& formé pour le nôtre ;
Un ami , qui ſçachant que je ſuis en danger ,
Non-ſeulement me plaint , mais me vient ſoulager ;
Qui ne demande point mon coeur & mes careſſes
Pour mieux ſçavoir où je tiens mes richeſſes
Chés qui dans la douleur mon courage abbatu
Puiffe retrouver ſa vertu ;
Un ami tendre , un coeur ſenſible à mes allarmes ,
Avec qui je verſe des larmes ,
II. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE.
Qui du ſoin de me corriger ,
Soin délicat , veut pourtant ſe charger ;
Mais dont la prudente ſageſſe ,
S'accommodant à ma foibleſſe ,
Ne me vient point hors de propos
Moraliſer en fifflant mes défauts !
Il faut qu'en un homme qu'on aime
Chacun ſe retrouve ſoi-même ;
Qu'il ſcache eſtimer en autrui
Ce que l'on eſtime dans lui :
Qu'en ſes moeurs , s'il ſe peut, il ſoit irréprochable ;
Rempli fur- tout de piété ,
Qu'il foit dans ſes devoirs toûjours inviolable ,
Exact fur- tout à la fidélité..
La taille au reſte & les traits du viſage
En amitié ſont hors d'uſage ;
Si le coeur eſt bon & bienfait ,
Que nous importe du portrait ?
Que la raiſon donc examine ,
Des Amis ſeule elle doit faire choix ;
Que mûrement elle le détermine ,
Puis envers eux gardons ces loix.
D'un ami l'amitié n'exige
Que les devoirs ou la raiſon l'oblige,
L'amitié ne met point dans ſes conditions
De flater les penchans , d'aider les paſſions.
Cherchons , aimons ſa compagnie ,
Mais ne ſuivons jamais ſes odieux défirs .
NOVEMBRE. 1744. 27
Ne prenons avec lui que d'honnêtes plaiſirs ;
Aux débauches s'il nous convie ,
Ne craignons point de le rendre confus
Par un néceſſaire refus .
Tirons-le , s'il ſe peut , des vices
Par des avis avec art amenés :
Sans faire le prêcheur , montronslui les délices
Des coeurs par la vertu ſeulement dominés ;
Mais , fi bravant une leçon ſi ſage ,
Il vit toûjours au crime abandonné ,
De jours en jours réfuſons lui l'uſage
De notre coeur , qui par ſon voiſinage
Se verroit bien-tôt ſuborné ;
On devient bien- tôt tel foi-même,
Que l'eſt un coeur pervers qu'on aimes
Un homme , de mooeurs diffamé ,
Ne mérite pas d'être aimé.
N'ayons pour nos Amis rien d'amer , riende rude ;
Fuyons l'aigreur , fuyons la promptitude.
Pour quelque léger manquement
Ne ſoyons pas d'abord ſur le qui-vive ;
L'amitié paffe vite , & n'est jamais bien vive
Si l'on ne ſçait pas aifément
S'excufer mutuellement .
Prenons de nos Amis à propos la défenſe ;
Nous devons foutenir leur réputation ;
Entre deux coeurs telle eſt l'affection ;
Que des chagrins de l'un l'autre d'abord s'offenſe
N'imitons pas pourtant ces Amis orgueilleux ,
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
Ces Amis dont la flaterie
D'éloges ſans ceſſe nourrie ,
Eléve leurs Amis juſqu'au ſommet des Cieux ;
Tout ce qu'ils font eſt bien fait à leurs yeux,
Ils veulent avoir cette gloire
D'avoir ſcu rencontrer des Amis ſans défaut :
Si vous leur en trouvez , ils penſent qu'on va croire
Qu'ils n'ont pas ſçû les trouver comme il faut ,
Et que voyant de près leurs façons, leurs manieres,
Ils ſe les rendent familiéres.
Sçachons dans nosAmis aisément deviner
Tout ce qui peut les chagriner.
Sont-ils dans le beſoin ? Il faut qu'une mais
prompte ,
Prévenant leur demande , en prévienne la honte.
Faiſons leur nos faveurs de cet air gracieux ,
Qui ſçait rendre un bienfait doublement précieux
Si nous ne voulons pas que pour avoir ils prient ,
Ne ſouffrons pas auſſi qu'enfuite ils remercient
Et paroiſſons oublier pour jamais
Les biens que nous leur avons faits.
Depuis long-tems on l'a dit , la fortune
Entre Amis doit être commune ,
2
NOVEMBRE. 1744. 29
Mais pour ne ſuivre pas ce Proverbe fâcheux ,
On craint tous les Amis dont la morne figure
De bienfaits & d'emprunts porte le triſte augure ;
Et pour n'être pas généreux ,
Pour n'unir pas les bienfaits aux careſſes ,
On ne choiſit que des Amis heureux ,
Qui laiſſent en paix nos richeſſes.
D'un bon Ami la principale Loi
C'eſt de tenir une promeſſe ,
C'eſt de bien dégager ſa foi .
Un ami ſur ce point a - t-il de la foibleſle ?
Il rompra bien-tôt avec moi.
Il me prouve par- là qu'il a quelqu'autre affaire ,
Plus preſſante pour lui , que le ſoin de me plaire.
Nul Ami qui ne ſoit diſcret ,
Qui ne ſcache en ſon ſein bien cacher un ſécret.
Si l'orgueil , ſi quelque imprudence
Trahit enfin la confidence ,
Deux coeurs , auparavant étroitement unis ,
Bien-tôt par-là deviennent ennemis ,
Et peut être jamais averſion plus vive.
Il faut enfin qu'un Ami ſuive
Les égards qui ſontdûs au rang ,
A
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
A l'âge , àla ſplendeur du ſang,
Un Prince-veut- il vous permettre
Quelque familiarité ?
Entre vous deux pourtant il ne prétend pas mettre
Une entiére égalité;
Pour lors l'amitié vous oblige
Acéder , à ſçavoir plier ,
A fçavoir , en un mot , joindre à l'air familier
Cetair reſpectueux que ſa naiſſance exige.
L'amitié m'a dicté ce Code , ces avis ,
Mais , Damon , ce n'eſt point pour toi que je les
donne.
Le Ciel m'a fait un bien qu'il n'accorde àper
fonne ;
Je n'ai que de parfaits Amis.
L. 7. de ......
AGrenoble ce 21 Novembre 1744
à M. D.T. M.D.V.
Tu
U veux que je te trace une image fidelle
De l'Amitié , ce doux lien des coeurs ;
Uniondes eſprits , des volontés , des moeurs ;
En toi j'en trouve un vrai modéle :
Je répete , Damon , ce que tu m'as appris ;
Retrouve toi dans mes Ecrits .
८.
Un Ami ſage , aiſé , ſincére ,
Eſt pour l'homme un bien néceſſaire ;
A peine Dieu l'eut-il formé ,
Qu'il déſira d'aimer & d'être aimé;
Qued'elle-même la Nature
Lui fit entendre qu'ici bas
Un homme en homme ne vit pas
S'il n'a quelque amitié ſincére , tendre& pure.
Ayons doncdes Amis, mais que le choix ſoit lent:
Pour éviter enſuite un odieux divorce
Sondons le caractére , & voyons ſous l'écorce ;
Il faut en amitié craindre le changement.
Donner ſon coeur , enfuite ſe dédire ,
Tel qu'on aimoit hier aujourd'hui le proſcrire ,
C'eſt paffer pour un homme inquiet , inconſtant.
Voulons-nous des Amis auſſi longs que la vie ?
Il fautque la vertu nous lie.
Ne
:
১
NOVEMBRE. 1744. 25
:
1
Σ
Ne prenons point pour nos amis
Cesgens dont les façons, dont les folles maniéres ,
Ridicules par tout , & par tout fingulières ,
Les font paffer pour étourdis :
Ces gens chés qui toûjours l'amour propre réſide ,
Et dont l'individu ſans honneur& fans foi ,
N'eftimant & n'aimantque foi , :
Lorſque l'intérêt parle eſt ou foible , ou perfide :
Ces gens du mérite envieux ,
Dont notre gloire, éblouiroit les yeux :
Ces gens qui veulent qu'on les flate',
Et chés qui l'amitié n'eſt jamais délicate
Que lorſqu'en leur faveur on ſçait approuver tout ,
Défirs & paffions , libertinage & goût ,
Tout mauvais coeur enfin ,& toute ame perverſe .
De l'amitié n'entrent point au commerce ;
Un lien n'eſt pas fort que le vice a formé ,
Ce qui s'eſtime peu , n'eſt pas long-tems aimé ;
Mais qu'il eſt doux de trouver dans un autre
Un coeur noble , conſtant& formé pour le nôtre ;
Un ami , qui ſçachant que je ſuis en danger ,
Non-ſeulement me plaint , mais me vient ſoulager ;
Qui ne demande point mon coeur & mes careſſes
Pour mieux ſçavoir où je tiens mes richeſſes
Chés qui dans la douleur mon courage abbatu
Puiffe retrouver ſa vertu ;
Un ami tendre , un coeur ſenſible à mes allarmes ,
Avec qui je verſe des larmes ,
II. Vol. B
26 MERCURE DE FRANCE.
Qui du ſoin de me corriger ,
Soin délicat , veut pourtant ſe charger ;
Mais dont la prudente ſageſſe ,
S'accommodant à ma foibleſſe ,
Ne me vient point hors de propos
Moraliſer en fifflant mes défauts !
Il faut qu'en un homme qu'on aime
Chacun ſe retrouve ſoi-même ;
Qu'il ſcache eſtimer en autrui
Ce que l'on eſtime dans lui :
Qu'en ſes moeurs , s'il ſe peut, il ſoit irréprochable ;
Rempli fur- tout de piété ,
Qu'il foit dans ſes devoirs toûjours inviolable ,
Exact fur- tout à la fidélité..
La taille au reſte & les traits du viſage
En amitié ſont hors d'uſage ;
Si le coeur eſt bon & bienfait ,
Que nous importe du portrait ?
Que la raiſon donc examine ,
Des Amis ſeule elle doit faire choix ;
Que mûrement elle le détermine ,
Puis envers eux gardons ces loix.
D'un ami l'amitié n'exige
Que les devoirs ou la raiſon l'oblige,
L'amitié ne met point dans ſes conditions
De flater les penchans , d'aider les paſſions.
Cherchons , aimons ſa compagnie ,
Mais ne ſuivons jamais ſes odieux défirs .
NOVEMBRE. 1744. 27
Ne prenons avec lui que d'honnêtes plaiſirs ;
Aux débauches s'il nous convie ,
Ne craignons point de le rendre confus
Par un néceſſaire refus .
Tirons-le , s'il ſe peut , des vices
Par des avis avec art amenés :
Sans faire le prêcheur , montronslui les délices
Des coeurs par la vertu ſeulement dominés ;
Mais , fi bravant une leçon ſi ſage ,
Il vit toûjours au crime abandonné ,
De jours en jours réfuſons lui l'uſage
De notre coeur , qui par ſon voiſinage
Se verroit bien-tôt ſuborné ;
On devient bien- tôt tel foi-même,
Que l'eſt un coeur pervers qu'on aimes
Un homme , de mooeurs diffamé ,
Ne mérite pas d'être aimé.
N'ayons pour nos Amis rien d'amer , riende rude ;
Fuyons l'aigreur , fuyons la promptitude.
Pour quelque léger manquement
Ne ſoyons pas d'abord ſur le qui-vive ;
L'amitié paffe vite , & n'est jamais bien vive
Si l'on ne ſçait pas aifément
S'excufer mutuellement .
Prenons de nos Amis à propos la défenſe ;
Nous devons foutenir leur réputation ;
Entre deux coeurs telle eſt l'affection ;
Que des chagrins de l'un l'autre d'abord s'offenſe
N'imitons pas pourtant ces Amis orgueilleux ,
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
Ces Amis dont la flaterie
D'éloges ſans ceſſe nourrie ,
Eléve leurs Amis juſqu'au ſommet des Cieux ;
Tout ce qu'ils font eſt bien fait à leurs yeux,
Ils veulent avoir cette gloire
D'avoir ſcu rencontrer des Amis ſans défaut :
Si vous leur en trouvez , ils penſent qu'on va croire
Qu'ils n'ont pas ſçû les trouver comme il faut ,
Et que voyant de près leurs façons, leurs manieres,
Ils ſe les rendent familiéres.
Sçachons dans nosAmis aisément deviner
Tout ce qui peut les chagriner.
Sont-ils dans le beſoin ? Il faut qu'une mais
prompte ,
Prévenant leur demande , en prévienne la honte.
Faiſons leur nos faveurs de cet air gracieux ,
Qui ſçait rendre un bienfait doublement précieux
Si nous ne voulons pas que pour avoir ils prient ,
Ne ſouffrons pas auſſi qu'enfuite ils remercient
Et paroiſſons oublier pour jamais
Les biens que nous leur avons faits.
Depuis long-tems on l'a dit , la fortune
Entre Amis doit être commune ,
2
NOVEMBRE. 1744. 29
Mais pour ne ſuivre pas ce Proverbe fâcheux ,
On craint tous les Amis dont la morne figure
De bienfaits & d'emprunts porte le triſte augure ;
Et pour n'être pas généreux ,
Pour n'unir pas les bienfaits aux careſſes ,
On ne choiſit que des Amis heureux ,
Qui laiſſent en paix nos richeſſes.
D'un bon Ami la principale Loi
C'eſt de tenir une promeſſe ,
C'eſt de bien dégager ſa foi .
Un ami ſur ce point a - t-il de la foibleſle ?
Il rompra bien-tôt avec moi.
Il me prouve par- là qu'il a quelqu'autre affaire ,
Plus preſſante pour lui , que le ſoin de me plaire.
Nul Ami qui ne ſoit diſcret ,
Qui ne ſcache en ſon ſein bien cacher un ſécret.
Si l'orgueil , ſi quelque imprudence
Trahit enfin la confidence ,
Deux coeurs , auparavant étroitement unis ,
Bien-tôt par-là deviennent ennemis ,
Et peut être jamais averſion plus vive.
Il faut enfin qu'un Ami ſuive
Les égards qui ſontdûs au rang ,
A
Biij
30 MERCURE DE FRANCE.
A l'âge , àla ſplendeur du ſang,
Un Prince-veut- il vous permettre
Quelque familiarité ?
Entre vous deux pourtant il ne prétend pas mettre
Une entiére égalité;
Pour lors l'amitié vous oblige
Acéder , à ſçavoir plier ,
A fçavoir , en un mot , joindre à l'air familier
Cetair reſpectueux que ſa naiſſance exige.
L'amitié m'a dicté ce Code , ces avis ,
Mais , Damon , ce n'eſt point pour toi que je les
donne.
Le Ciel m'a fait un bien qu'il n'accorde àper
fonne ;
Je n'ai que de parfaits Amis.
L. 7. de ......
AGrenoble ce 21 Novembre 1744
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Résumé : L'AMI PARFAIT à M. D. T. M. D. V.
Le texte 'L'AMI PARFAIT' examine la notion d'amitié, considérée comme un lien essentiel entre les individus depuis l'origine. L'auteur souligne l'importance de choisir judicieusement ses amis, en évitant ceux dont les manières sont ridicules ou intéressées. Un véritable ami se distingue par la sagesse, l'affection, la sincérité et la constance. Il offre soutien dans les épreuves, partage les joies et les peines, et prodigue des conseils avisés sans excès de moralisme. L'amitié authentique repose sur la vertu, la fidélité et la réciprocité. L'auteur recommande de ne pas suivre les désirs nuisibles des amis et de les aider à éviter les vices. Il préconise également de défendre leur réputation et de partager ses biens avec eux, tout en restant discret et fidèle. Une amitié parfaite dure toute la vie et s'appuie sur des valeurs solides et authentiques. Le texte traite également des comportements appropriés entre amis, notamment en présence de personnes de haut rang. Il insiste sur la discrétion et la prudence pour éviter toute aversion durable. Bien que la familiarité soit permise, il est crucial de maintenir un comportement respectueux envers les supérieurs. L'auteur conclut en affirmant n'avoir que des amis parfaits, mentionnant la date du 21 novembre 1744 à Grenoble.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19779
p. 59-60
AUTRE.
Début :
Lecteur, je suis un Etre [...]
Mots clefs :
Logogriphe
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LECTEUR , je ſuis un Etre
Difficile à connoître ;
Jeſuis mystérieux ,
Etrange en ma nature ,
Trompeur & captieux :
En changeant ſa ſtructure ,
か
Je ſçais te préſenter ſous des traits différens ,
Un objet quel qu'il ſoit & t'en cacher le ſens ;
J'ai fçu plus d'une fois laſſer ta patience :
Dix pieds compoſent mon éſſence ;
Je change à tout moment &de forme & de nom:
Tantôt je me produis en ce fils d'Apollon ,
Qui par les doux accords de ſa touchante lyrė ,
Attendrir tous les Dieux du ténébreux Empire ;
Je compoſe tantôt ce métal précieux ,
Idole de l'avare & l'objet de les voeux ,
Qui ſauva Danaé de la fureur d'Acrife ,
Etqui ſeul nous conduit àbout d'une entrepriſe.
Tu trouveras en moi
A
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Le Père de ce Roi ,
De ce vaillant Héros ſi vanté dans l'Hiſtoire ,
Qu'accompagna toujours le Dieu de la Victoire ,
Et qu'enleva la parque en la fleur de ſes ans.
Je t'offre encor l'Ere des Muſulmans ;
Une Ville de Flandre , un Fleuve d'Italie ,
Une Rivière en France , une autre en Westphalie ,
Le nom de ces Oiſeaux qui furent autrefois
Prop ces aux Romains , funeſtes aux Gaulois ;
Un mot qui ſert à marquer la ſurpriſe ;
Un Pontife Romain , un grand Saint de l'Egliſe ;
Ce qui toujours reſte au fonddu tonneau ;
Un Pays en Afie ; une eſpéce de marbre ;
Une Place au Spectacle , une Naïade ,un Arbre ;
Un Sol de tous côtés environné par l'eau ;
Une Plante , une Mer , une Arme meurtrière ;
Un Poëte fameux ſorti de l'Angleterre.
Mais c'eſt aſſez , Lecteur , embrouiller tes eſprits
Dans ce cahos confus , devines qui je ſuis.
Par L. S. de la Martinique.
LECTEUR , je ſuis un Etre
Difficile à connoître ;
Jeſuis mystérieux ,
Etrange en ma nature ,
Trompeur & captieux :
En changeant ſa ſtructure ,
か
Je ſçais te préſenter ſous des traits différens ,
Un objet quel qu'il ſoit & t'en cacher le ſens ;
J'ai fçu plus d'une fois laſſer ta patience :
Dix pieds compoſent mon éſſence ;
Je change à tout moment &de forme & de nom:
Tantôt je me produis en ce fils d'Apollon ,
Qui par les doux accords de ſa touchante lyrė ,
Attendrir tous les Dieux du ténébreux Empire ;
Je compoſe tantôt ce métal précieux ,
Idole de l'avare & l'objet de les voeux ,
Qui ſauva Danaé de la fureur d'Acrife ,
Etqui ſeul nous conduit àbout d'une entrepriſe.
Tu trouveras en moi
A
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Le Père de ce Roi ,
De ce vaillant Héros ſi vanté dans l'Hiſtoire ,
Qu'accompagna toujours le Dieu de la Victoire ,
Et qu'enleva la parque en la fleur de ſes ans.
Je t'offre encor l'Ere des Muſulmans ;
Une Ville de Flandre , un Fleuve d'Italie ,
Une Rivière en France , une autre en Westphalie ,
Le nom de ces Oiſeaux qui furent autrefois
Prop ces aux Romains , funeſtes aux Gaulois ;
Un mot qui ſert à marquer la ſurpriſe ;
Un Pontife Romain , un grand Saint de l'Egliſe ;
Ce qui toujours reſte au fonddu tonneau ;
Un Pays en Afie ; une eſpéce de marbre ;
Une Place au Spectacle , une Naïade ,un Arbre ;
Un Sol de tous côtés environné par l'eau ;
Une Plante , une Mer , une Arme meurtrière ;
Un Poëte fameux ſorti de l'Angleterre.
Mais c'eſt aſſez , Lecteur , embrouiller tes eſprits
Dans ce cahos confus , devines qui je ſuis.
Par L. S. de la Martinique.
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19780
p. 82-84
PUISSANCE DE L'AMOUR.
Début :
DE ses dons Flore se couronne ; [...]
Mots clefs :
Amour, Dons, Ciel, Vénus, Traits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PUISSANCE DE L'AMOUR.
PUISSANCE DE L'AMOUR.
DE fes dons Flore fe courorine ;
Elle orne la Terre de fleurs :
L'éclat de leurs vives couleurs
Annonce les fruits de Pomone..
Tircis foupire fes ardeurs ,
Dans les bois fa flûte réfonne
Et l'amour verfe dans les coeurs :
Ces plaifirs , ces douces langueurs-
Dont le charme nous empoifonne.
Le fripon rit de nos douleurs .
Ciel ! qu'elle foule l'environne !
Que de zélés adorateurs !
Quoi ! le fage lui-même donne
Dans les piégés de l'impofteur?
Dans fes liens il emprifonne,
Et la fageffe & la grandeur ,
Salomon à lui s'abandonner
obtenir fes faveurs
Et pour
Marc-Antoine
perd fa couronne
,
Selon qu'il veut il nous façonne
..
Il change
notre goût , nos moeurs,
C'eft en vain que l'eſprit
raiſonne
Près & loin par tout il moiffonne
.
JUIN
83
1746.
Tout éprouve fes traits vainqueurs ,
Le tems qui fuit & nous talonne
Ne défend point de ſes chaleurs.
Le vieillard lui-même s'étonne
D'éprouver encor fes fureurs ,
Dans un âge où le coeur friffonnet
Pour moi , fous ces ombrages frais ,
Quoiqu affés près de mon automne
Si je voyois une pouponne
Qui de Venus eut tous les traits ,
Je croirois , Dieu me le pardonne ,
Qu'en ma faveur l'Amour exprès
A formé l'aimable perfonne ;
Et que pour combler mes ſouhaits
Il l'amadoue & la mitonne.
Pour la contempler de plus près
J'irois juſques à Babilone ;
Mais bon, je la vois fans Matrone ;
Ciel , que d'écla® , & que d'attraits !
Elle à le port d'un Amazôné´:
Venus de fes dons la couronne.
Et pour affûrer les fuccès ,,
L'Amour la comble de bienfaits.
Les graces , fans qu'elle l'ordonne ,
De fa beauté font les aprêts.
Ah ! que je crains que la friponne
Ne me caufe bien
}
des
regrets !
Je vois fous ces myrtes épais
Un petit maître qui fredonne.
84 MERCURE DE FRANCE,
Plumet , épée à la dragonne ,
Suffit pour avoir quelque accès .
Pour enchanter une mignonne
L'habit fait fouvent tous les frais .
J. B. Tellet.
DE fes dons Flore fe courorine ;
Elle orne la Terre de fleurs :
L'éclat de leurs vives couleurs
Annonce les fruits de Pomone..
Tircis foupire fes ardeurs ,
Dans les bois fa flûte réfonne
Et l'amour verfe dans les coeurs :
Ces plaifirs , ces douces langueurs-
Dont le charme nous empoifonne.
Le fripon rit de nos douleurs .
Ciel ! qu'elle foule l'environne !
Que de zélés adorateurs !
Quoi ! le fage lui-même donne
Dans les piégés de l'impofteur?
Dans fes liens il emprifonne,
Et la fageffe & la grandeur ,
Salomon à lui s'abandonner
obtenir fes faveurs
Et pour
Marc-Antoine
perd fa couronne
,
Selon qu'il veut il nous façonne
..
Il change
notre goût , nos moeurs,
C'eft en vain que l'eſprit
raiſonne
Près & loin par tout il moiffonne
.
JUIN
83
1746.
Tout éprouve fes traits vainqueurs ,
Le tems qui fuit & nous talonne
Ne défend point de ſes chaleurs.
Le vieillard lui-même s'étonne
D'éprouver encor fes fureurs ,
Dans un âge où le coeur friffonnet
Pour moi , fous ces ombrages frais ,
Quoiqu affés près de mon automne
Si je voyois une pouponne
Qui de Venus eut tous les traits ,
Je croirois , Dieu me le pardonne ,
Qu'en ma faveur l'Amour exprès
A formé l'aimable perfonne ;
Et que pour combler mes ſouhaits
Il l'amadoue & la mitonne.
Pour la contempler de plus près
J'irois juſques à Babilone ;
Mais bon, je la vois fans Matrone ;
Ciel , que d'écla® , & que d'attraits !
Elle à le port d'un Amazôné´:
Venus de fes dons la couronne.
Et pour affûrer les fuccès ,,
L'Amour la comble de bienfaits.
Les graces , fans qu'elle l'ordonne ,
De fa beauté font les aprêts.
Ah ! que je crains que la friponne
Ne me caufe bien
}
des
regrets !
Je vois fous ces myrtes épais
Un petit maître qui fredonne.
84 MERCURE DE FRANCE,
Plumet , épée à la dragonne ,
Suffit pour avoir quelque accès .
Pour enchanter une mignonne
L'habit fait fouvent tous les frais .
J. B. Tellet.
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19781
p. 2814-2817
A Mlle de Malcrais de la Vigne, STANCES IRREGULIERES Pour servir de Réponse à son Madrigal imprimé dans le Mercure d'Octobre 1732.
Début :
Au Parnasse François mon nom est ignoré, [...]
Mots clefs :
Portrait, Injure, Sort, Voeux, Immortelle gloire, Marne, Coeur, Parnasse, Arts
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texteReconnaissance textuelle : A Mlle de Malcrais de la Vigne, STANCES IRREGULIERES Pour servir de Réponse à son Madrigal imprimé dans le Mercure d'Octobre 1732.
A Mile de Malcrais de la Vigne ,
STANCES IRREGULIERES
Pour servir de Réponse à son Madrigal
imprimé dans le Mercure d'Octobre 1732.
AuParnasse François mon nom est ignoré;
Malcrais, de le sçavoir n'ayez aucune envie;
Trouvez bon seulement qu'en stile bigaré
Je vous offre aujourd'hui le Tableau de ma vie.
L'amour propre d'abord y place mon Portrait.
L'attitude n'en est pas sûre , ´
Mais l'air de tête n'est pas laid.
Par certains dons de la Nature
Le correctifest apporté
Aux défauts que dans ma figure
II. Vol. Aux
DECEMBRE. 1732 2815
Exagere l'adversité ,
Et de mes amis l'équité
Me sçait venger de cette injure.
Mon esprit curieux cherche la verité
Dont le charme secret l'attire
Après elle , mon cœur n'aspire
Qu'à la parfaite liberté.
2
Sans accuser le sort , content du necessaire ,
Debarassé des soins qui chargent le vulgaire ,
Je renferme mes vœux dans un petit réduit ,
Loin des Grands , loin des sots , de la pompe et
du bruit
Je n'y songe qu'à satisfaire
Mon penchant pour les Arts , et mon goût solftaire.
A l'ombre des Ormeaux dans mes momens per- dus,
Des champêtres plaisirs je trace des images,
Je veux qu'en ces petits ouvrages
On me retrouve encor quand je ne serai
plus.
Je ressens l'aiguillon de l'immortelle gloire,.
Et pressé du desir d'assurer ma mémoire
Ne pouvant partager les travaux des Guer
Je
riers ,
cultive le Mirthe au défaut des Lauriers.
Mon instinct m'a conduit aux Rives du Permesse ;
Euterpe quelquefois m'y donne des leçons ,
II. Vol Sut
2816 MERCURE DE FRANCE
Sur la Flute de Pan je les redis sans cesse
Aux Driades de nos valons ,
Et je décris les lieux où jadis la tendresse
Dicta mes premieres chansons.
Simple sans être sot , Champenois sans ru- desse ,
'Ami du naturel je cherche quand j'écris
Plus à toucher les cœurs qu'à flatter les esprits.
Pour la Ville , la Cour , les Grands et leur es- time ,
Je n'eus jamais la passion
Que fait naître l'ambition ,
Toujours sur la raison , rarement sur la rime
Je fixe mon attention ,
Et c'est moins la refléxion
Que le sentiment qui m'anime ,
Qui régle mon expression.
Permettez donc, illustre Fée
Qu'ici j'exprime simplement
Que je regrette amerement
Le tems où la bonne Zirphée
Sensible à mon empressement
M'eut des plaines de la Champagne
Jusqu'aux rives de la Bretagne
Transporté par enchantement.
Les cœurs qu'un desir héroïque
Portoit aux sublimes amours ,
Contre l'absence tirannique
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1732. 2817
Dans son Art trouvoient des secours ;
Son Char plus rapide qu'Eole ,
Plus prompt que l'Aigle qui s'envole ,
Les entraînoit vers leur beauté ;
Je sens leurs flâmes les plus vives ;
O Marne ! pourquoi sur tes Rives ,
Suis-je donc encor arrêté ?
Un cœur n'est pas toujours son maître ;
Je sçais qu'il viendroit un moment ,
Où le plaisir de vous connoître ,
Se feroit payer cherement.
Mais pour vous voir , pour vous entendre,
Tout risquer et tout entreprendre ,
Ne me paroît point une erreur.
A vos charmes , Fille divine ,
Dans l'ardeur qui me prédomine ,
Je suis prêt à livrer mon cœur.
STANCES IRREGULIERES
Pour servir de Réponse à son Madrigal
imprimé dans le Mercure d'Octobre 1732.
AuParnasse François mon nom est ignoré;
Malcrais, de le sçavoir n'ayez aucune envie;
Trouvez bon seulement qu'en stile bigaré
Je vous offre aujourd'hui le Tableau de ma vie.
L'amour propre d'abord y place mon Portrait.
L'attitude n'en est pas sûre , ´
Mais l'air de tête n'est pas laid.
Par certains dons de la Nature
Le correctifest apporté
Aux défauts que dans ma figure
II. Vol. Aux
DECEMBRE. 1732 2815
Exagere l'adversité ,
Et de mes amis l'équité
Me sçait venger de cette injure.
Mon esprit curieux cherche la verité
Dont le charme secret l'attire
Après elle , mon cœur n'aspire
Qu'à la parfaite liberté.
2
Sans accuser le sort , content du necessaire ,
Debarassé des soins qui chargent le vulgaire ,
Je renferme mes vœux dans un petit réduit ,
Loin des Grands , loin des sots , de la pompe et
du bruit
Je n'y songe qu'à satisfaire
Mon penchant pour les Arts , et mon goût solftaire.
A l'ombre des Ormeaux dans mes momens per- dus,
Des champêtres plaisirs je trace des images,
Je veux qu'en ces petits ouvrages
On me retrouve encor quand je ne serai
plus.
Je ressens l'aiguillon de l'immortelle gloire,.
Et pressé du desir d'assurer ma mémoire
Ne pouvant partager les travaux des Guer
Je
riers ,
cultive le Mirthe au défaut des Lauriers.
Mon instinct m'a conduit aux Rives du Permesse ;
Euterpe quelquefois m'y donne des leçons ,
II. Vol Sut
2816 MERCURE DE FRANCE
Sur la Flute de Pan je les redis sans cesse
Aux Driades de nos valons ,
Et je décris les lieux où jadis la tendresse
Dicta mes premieres chansons.
Simple sans être sot , Champenois sans ru- desse ,
'Ami du naturel je cherche quand j'écris
Plus à toucher les cœurs qu'à flatter les esprits.
Pour la Ville , la Cour , les Grands et leur es- time ,
Je n'eus jamais la passion
Que fait naître l'ambition ,
Toujours sur la raison , rarement sur la rime
Je fixe mon attention ,
Et c'est moins la refléxion
Que le sentiment qui m'anime ,
Qui régle mon expression.
Permettez donc, illustre Fée
Qu'ici j'exprime simplement
Que je regrette amerement
Le tems où la bonne Zirphée
Sensible à mon empressement
M'eut des plaines de la Champagne
Jusqu'aux rives de la Bretagne
Transporté par enchantement.
Les cœurs qu'un desir héroïque
Portoit aux sublimes amours ,
Contre l'absence tirannique
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1732. 2817
Dans son Art trouvoient des secours ;
Son Char plus rapide qu'Eole ,
Plus prompt que l'Aigle qui s'envole ,
Les entraînoit vers leur beauté ;
Je sens leurs flâmes les plus vives ;
O Marne ! pourquoi sur tes Rives ,
Suis-je donc encor arrêté ?
Un cœur n'est pas toujours son maître ;
Je sçais qu'il viendroit un moment ,
Où le plaisir de vous connoître ,
Se feroit payer cherement.
Mais pour vous voir , pour vous entendre,
Tout risquer et tout entreprendre ,
Ne me paroît point une erreur.
A vos charmes , Fille divine ,
Dans l'ardeur qui me prédomine ,
Je suis prêt à livrer mon cœur.
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Résumé : A Mlle de Malcrais de la Vigne, STANCES IRREGULIERES Pour servir de Réponse à son Madrigal imprimé dans le Mercure d'Octobre 1732.
Le texte est une réponse à un madrigal de Mile de Malcrais de la Vigne, publié dans le Mercure d'octobre 1732. L'auteur, restant anonyme au Parnasse français, dresse un tableau de sa vie. Il décrit son portrait, notant que la nature a atténué ses défauts et que l'adversité accentue ses traits. Il apprécie l'équité de ses amis et aspire à la vérité et à la liberté. L'auteur se satisfait du nécessaire, éloigné des grands et des sots, et se consacre aux arts et à la solitude. Il souhaite laisser une trace par ses œuvres et préfère cultiver la gloire par les arts plutôt que par les guerres. Il se définit comme simple et naturel, cherchant à toucher les cœurs plutôt que flatter les esprits. L'auteur regrette un temps passé avec une certaine Zirphée et exprime son désir de la revoir, prêt à tout risquer pour elle. Il conclut en déclarant son ardeur pour les charmes de cette fille divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19782
p. 61-62
A M. l'Abbé DE VOISENON, de l'Académie Françoise.
Début :
DOCTEUR charmant dans l'art de plaire, [...]
Mots clefs :
Amour, Docteur, Académie française, Arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. l'Abbé DE VOISENON, de l'Académie Françoise.
'A M. l'Abbé DE VOISENON ,
de l'Académie Françoife.
DOCTEUR charmant dans l'art de plaire ,
Aimable éléve de l'Amour
Et le favori de ſa mère ,
Le Dieu des Arts vient en ce jour .
De vous ouvrir fon fanctuaire :
Sur vos pas au facré vallon
Ónt marché les Grâces légères;
Vous fuccédez à Crébillon
Quoique différens dans leur ton
Chez nous tous les talens font frères.
On l'a vu fous des traits nouveaux
Rendre fon luftre à Melpomène ,
Suivre les maîtres fur la fcène
Et comme eux refter fans égaux.
Le rideau s'ouvre , on voit la Haine
Secouer les fombres flambeaux ;
Les mânes quittent leur tombeaux ,
Et les Dieux leur féjour fuprême.
Le Spectateur pleure & frémir ;
Tout tremble , la critique même
Ferme les yeux , & l'applaudit.
Sous une plus riante image.
Vous nous préfentez le Plaifir :
L'Amour rit au fond d'un boccage ;
62 MERCURE DE FRANCE.
Les Ris , les Jeux & le zéphir
Folâtrent fous le verd feuillage ;.
Climène écoute vos chanfons ;
L'Amour dans vos vers l'intéreffe ;
Souvent elle interrompt vos fons
Pour fe livrer à fon ivreffe.
Crébillon plaît en éffrayant 3
Vous nous charmez par l'agréable :
Je ne fçais pas s'il eft plus grand ,
Mais je fçais qu'il eft moins aimable .
Par M. L. M. de V....
de l'Académie Françoife.
DOCTEUR charmant dans l'art de plaire ,
Aimable éléve de l'Amour
Et le favori de ſa mère ,
Le Dieu des Arts vient en ce jour .
De vous ouvrir fon fanctuaire :
Sur vos pas au facré vallon
Ónt marché les Grâces légères;
Vous fuccédez à Crébillon
Quoique différens dans leur ton
Chez nous tous les talens font frères.
On l'a vu fous des traits nouveaux
Rendre fon luftre à Melpomène ,
Suivre les maîtres fur la fcène
Et comme eux refter fans égaux.
Le rideau s'ouvre , on voit la Haine
Secouer les fombres flambeaux ;
Les mânes quittent leur tombeaux ,
Et les Dieux leur féjour fuprême.
Le Spectateur pleure & frémir ;
Tout tremble , la critique même
Ferme les yeux , & l'applaudit.
Sous une plus riante image.
Vous nous préfentez le Plaifir :
L'Amour rit au fond d'un boccage ;
62 MERCURE DE FRANCE.
Les Ris , les Jeux & le zéphir
Folâtrent fous le verd feuillage ;.
Climène écoute vos chanfons ;
L'Amour dans vos vers l'intéreffe ;
Souvent elle interrompt vos fons
Pour fe livrer à fon ivreffe.
Crébillon plaît en éffrayant 3
Vous nous charmez par l'agréable :
Je ne fçais pas s'il eft plus grand ,
Mais je fçais qu'il eft moins aimable .
Par M. L. M. de V....
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Résumé : A M. l'Abbé DE VOISENON, de l'Académie Françoise.
L'auteur adresse une lettre à l'Abbé de Voisenon, membre de l'Académie Française, pour le féliciter de ses talents littéraires. Il compare Voisenon à Crébillon, soulignant que leurs styles diffèrent mais que tous les talents sont frères. Voisenon est décrit comme un maître charmant dans l'art de plaire, un élève aimable de l'Amour et le favori de sa mère, le Dieu des Arts. Il a renouvelé l'art dramatique en rendant son lustre à Melpomène, la muse de la tragédie, et en suivant les maîtres sur scène sans jamais les égaler. Voisenon est loué pour sa capacité à représenter la Haine et les Dieux de manière poignante, faisant pleurer et frémir le spectateur, même la critique fermant les yeux pour l'applaudir. En contraste, il présente également le Plaisir, avec l'Amour riant dans un bocage, les Rires, les Jeux et le Zéphyr folâtrant sous le feuillage vert. Climène écoute ses chants, l'Amour l'intéressant souvent au point qu'elle interrompt ses sons pour se livrer à son ivresse. Le texte conclut en affirmant que Crébillon plaît en effrayant, tandis que Voisenon charme par l'agréable, sans juger lequel est plus grand, mais notant que Crébillon est moins aimable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19783
p. 2983-2989
LETTRE écrite de Châlons en Champagne, le 9. Decembre 1731. par M. A M. N.... au sujet de la Fille sauvage, trouvée aux environs de cette Ville.
Début :
Persuadé, Monsieur, que vous ne cherchez qu'à contribuer, par vos [...]
Mots clefs :
Sauvage, Mers, Nègre, Cru, Pain, Biscuit, Viande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Châlons en Champagne, le 9. Decembre 1731. par M. A M. N.... au sujet de la Fille sauvage, trouvée aux environs de cette Ville.
LETTRE écrite de Châlons en Champagne
, le 9. Decembre 1731. par M.
AM. N.... au sujet de la Fille sauvage,
trouvée aux environs de cette Ville.
Ersuadé , Monsieur , que vous ne
P cherchez qu'à contribuer , par vos
Mémoires , à satisfaire la curiosité du Public
en tout ce qui peut l'interesser agréa
blement et utilement , j'aurai l'honneur
de répondre à votre Lettre du 2. de ce
mois , sur l'état de la Sauvage qui a été
trouvée aux environs de Châlons , tant
sur ce que j'en ai appris , que sur ce que
j'en ai connu moi-même , pour l'avoir
fait venir chez moi ; je vous dirai d'abord
, que pour le peu de fréquentation
qu'elle a eûe avec le monde , ne sçachant
encore que quelques mots françois malarticulez
, on ne peut presque pas conjecturer
dans quel pays elle est née ; mais
certainement
par les circonstances
dont
je vais vous entretenir , elle n'est point de
Norvege , ( comme on l'a dit , ) on croit
plutôt qu'elle est née dans les Isles Antilles
de l'Amerique , qui appartiennent
aux François , comme la Gadaloupe
, la
11. Vol. Mar
984 MERCURE DE FRANCE
44
,
Martinique , S. Christophe , S. Domin
gue , &c . parce qu'un Particulier de Châ
lons , qni a été à la Gadaloupe , lui ayant
montré de la Cassave Ou Manioque ,
qui est un Pain dont se nourrissent les
Sauvages des Antilles , elle s'écria de joye
sur ce Pain , et en ayant pris un morceau
elle le mangea avec grand appetit ; il lui
fit voir aussi d'autres curiositez du même
pays , à quoi elle prit un plaisir extraordinaire
, faisant connoître qu'elle avoit
vû de semblables choses ; de sorte qu'il
est à présumer qu'elle vient plutôt de ce
Pays là que de la Norvege.
A force de la faire parler , on a sçû
qu'elle a passé les Mers ; qu'ensuite une
Dame de qualité a pris soin de son éducation
, l'ayant fait habiller , car auparavant
elle n'avoit qu'une peau qui la
couvroit. Cette Dame la tenoit enfermée
dans sa maison , sans la laisser voir
à personne ; mais le Mary de la Dame
ne voulant plus la voir chez lui , pour
ne point laisser trop long- temps un objet
semblable devant les yeux de son Epouse,
cette Fille fut obligée de se sauver ; enfin
, à la faveur de la Lune , qu'elle appelle
la lumiere de la bonne Vierge , ne
marchant que la nuit , elle est parvenuë
au mois de Septembre dernier , jusqu'à
II. Vol.
Songy
DECEMBRE . 1731. 2985
Songy , Village à quatre lieues de Châlons
, lequel appartient à Mr. d'Epinoy ,
dont vous avez , depuis peu , annoncé le
mariage avec Mlle De Lannoy , Fille de
M. le Comte de Lannoy.
و
On sçait , d'ailleurs , qu'avant qu'elle
fut arrivée à Songy on l'avoit vûe audessus
de Vitry - le - François , accompagnée
d'une Negre , avec laquelle elle se
battit , parce que la Negre ne vouloit
pas qu'elle portât sur elle un Chapelet ,
qu'elle appelle un grand Chimes que la
Sauvage s'étant trouvée la plus forte , la
Negre la quitta , et depuis la Negre a été
vue auprès du Village de Cheppe , proche
Songy , d'où elle a ensuite disparu .
Pour notre Sauvage , le Berger de Songy
l'ayant apperçue dans les Vignes , écorchant
des Grenouilles et les mangeant
avec des Feuilles d'Arbres , elle fut amenée
par ce Berger au Château de M. d'Epinoy
, qui donna ordre au Berger de la
loger , ajoûtant qu'il auroit soin de sa
nourriture , & c. L'attention que ce Seigneur
a eue pour elle pendant près de
deux mois , la souffrant la plus grande
partie du jour à son Château , la laissant
pêcher dans ses Fossez , et chercher des
Racines dans ses Jardins , a attiré beaucoup
de monde chez lui . On remarquoit
11. Vol
,
D
que
2986 MERCURE DE FRANCE
>
que tout ce qu'elle mangeoit, elle le mangeoit
cru , ainsi que des Lapins qu'elle
dépouilloit avec ses doigts aussi habilement
qu'un Cuisinier , on la voyoit
grimper sur les Arbres plus facilement
que les plus agiles Bucherons ; et quand
elle étoit au haut elle contrefaisoit le
chant de differens Oiseaux de son Pays ;
je l'ai vûe moi même dans un Jardin de
Châlons , cherchant des Racines dans la
terre avec l'usage seul de son Pouce et
du doigt suivant , faisant ainsi des trous
comme des Terriers en un moment de
temps , aussi habilement que si on se fût
servi d'un Hoyau.
>
M. l'Evêque de Châlons et M. l'Intendant
l'ont vue dans ces sortes d'exercices ;
M. l'Evêque a pris soin depuis de la placer
dans l'Hôpital General de cette Ville ,
où l'on reçoit les Enfans des pauvres Habitans
, de l'un et de l'autre sexe, pour les
y nourrir jusqu'à l'âge de quinze à seize
ans , qu'on leur fait apprendre des Métiers.
C'est là qu'on tâche de l'humaniser
tout-à-fait , et de l'instruire. Elle mange
quelquefois du Pain ce qu'elle fait par
complaisance , car il lui fait mal au coeur ,
aussi bien que tout ce qui est sallé ; le
Biscuit et la Viande cuite la font vomir
elle ne peut enfin rien souffrir où il entre.
II. Vol.
و
de
DECEMBRE. 1731. 2987
de la Farine ; M. l'Intendant a voulu lui
faire manger des Bignets , elle n'a pû en
goûter par cette raison. Elle trouve le
Macaron bon et aime l'Eau- de Vie
>
>
l'appellant un Brûle ventre. Pour l'Eau , sa
boisson ordinaire , elle la boit dans un
seau , la tirant comme une Vache , et
étant à genoux . Elle ne veut point cou
cher sur des Matelats , le. Plancher lui
´suffit ; elle nage fort bien , et pêche dans
le fond des Rivieres ; elle appelle un Filet
Debily , dans le patois de son Pays ; pour
dire bon jour , Fille , on dit , selon elle
Yas yas , fioul , ajoûtant que quand on
l'appelloit , on disoit Riam riam , fioul s
c'est ce qui fait connoître qu'elle commence
à entendre la signification des ter
mes françois , les interprétant par ceux
de son Pays.
Au reste elle paroit âgée d'environ
18 ans , étant de moyenne taille , avec
le teint un peu bazanné ; cependant sa
peau au haut du bras paroît blanche ,
aussi- bien que la gorge ; elle a les yeux
vifs et bleus ; son parler est clair et brus
que ; elle paroît avoir de l'esprit , car elle
apprend aisément ce qu'on lui montre
cousant asses proprement ; elle fait connoître
qu'elle sçait travailler à la Tapis-.
serie au petit point , par la maniere dont
II Vol. Dij elle
2988 MERCURE DE FRANCE
elle indique qu'il s'y faut prendre , en
faisant passer l'aiguille de dessus en dessous
, et du dessous en dessus. La Supérieure
de l'Hôpital dit qu'elle sçait bien
broder , ce qu'elle a appris de la Dame
qui en avoit pris soin ; mais la Fille ne
peut dire dans quel Pays ce pouvoit être.
parce qu'elle ne parloit à personne , et ne
sortoit point. On l'instruit cependant
dans la Religion Chrétienne , elle dit
qu'elle veut être baptisée dans le Paradis
Terrestre , terme dont elle se sert pour
signifier nos Eglises les Curez du voisinage
de Songy lui ont fait comprendre
par des signes qu'il ne falloit point
grimper sur les Arbres , cela étant indécent
à une fille , aussi s'en abstient- t'elle
presentement. Le bruit a couru qu'il y
avoit des ordres pour la faire venir à la
Cour,on ne sçait comment elle l'a pu apprendre
; mais depuis, quand on vient la
voir à l'Hôpital, elle n'ose presque paroître
, pleure et s'afflige , craignant que ce
ne soit pour l'en faire sortir, parce qu'elle
s'y plaît fort , et qu'on a beaucoup d'attention
pour elle.
و
Voilà , Monsieur , tout ce que j'ai pû
sçavoir sur l'état de cette Fille. J'aurai
soin de vous apprendre ses progrès spirituels
, et la cérémonie de son Baptême ,
II. Vol
quand
DECEMBRE . 1731. 2939
quand il en sera temps . J'ay l'honneur
d'être &c.
, le 9. Decembre 1731. par M.
AM. N.... au sujet de la Fille sauvage,
trouvée aux environs de cette Ville.
Ersuadé , Monsieur , que vous ne
P cherchez qu'à contribuer , par vos
Mémoires , à satisfaire la curiosité du Public
en tout ce qui peut l'interesser agréa
blement et utilement , j'aurai l'honneur
de répondre à votre Lettre du 2. de ce
mois , sur l'état de la Sauvage qui a été
trouvée aux environs de Châlons , tant
sur ce que j'en ai appris , que sur ce que
j'en ai connu moi-même , pour l'avoir
fait venir chez moi ; je vous dirai d'abord
, que pour le peu de fréquentation
qu'elle a eûe avec le monde , ne sçachant
encore que quelques mots françois malarticulez
, on ne peut presque pas conjecturer
dans quel pays elle est née ; mais
certainement
par les circonstances
dont
je vais vous entretenir , elle n'est point de
Norvege , ( comme on l'a dit , ) on croit
plutôt qu'elle est née dans les Isles Antilles
de l'Amerique , qui appartiennent
aux François , comme la Gadaloupe
, la
11. Vol. Mar
984 MERCURE DE FRANCE
44
,
Martinique , S. Christophe , S. Domin
gue , &c . parce qu'un Particulier de Châ
lons , qni a été à la Gadaloupe , lui ayant
montré de la Cassave Ou Manioque ,
qui est un Pain dont se nourrissent les
Sauvages des Antilles , elle s'écria de joye
sur ce Pain , et en ayant pris un morceau
elle le mangea avec grand appetit ; il lui
fit voir aussi d'autres curiositez du même
pays , à quoi elle prit un plaisir extraordinaire
, faisant connoître qu'elle avoit
vû de semblables choses ; de sorte qu'il
est à présumer qu'elle vient plutôt de ce
Pays là que de la Norvege.
A force de la faire parler , on a sçû
qu'elle a passé les Mers ; qu'ensuite une
Dame de qualité a pris soin de son éducation
, l'ayant fait habiller , car auparavant
elle n'avoit qu'une peau qui la
couvroit. Cette Dame la tenoit enfermée
dans sa maison , sans la laisser voir
à personne ; mais le Mary de la Dame
ne voulant plus la voir chez lui , pour
ne point laisser trop long- temps un objet
semblable devant les yeux de son Epouse,
cette Fille fut obligée de se sauver ; enfin
, à la faveur de la Lune , qu'elle appelle
la lumiere de la bonne Vierge , ne
marchant que la nuit , elle est parvenuë
au mois de Septembre dernier , jusqu'à
II. Vol.
Songy
DECEMBRE . 1731. 2985
Songy , Village à quatre lieues de Châlons
, lequel appartient à Mr. d'Epinoy ,
dont vous avez , depuis peu , annoncé le
mariage avec Mlle De Lannoy , Fille de
M. le Comte de Lannoy.
و
On sçait , d'ailleurs , qu'avant qu'elle
fut arrivée à Songy on l'avoit vûe audessus
de Vitry - le - François , accompagnée
d'une Negre , avec laquelle elle se
battit , parce que la Negre ne vouloit
pas qu'elle portât sur elle un Chapelet ,
qu'elle appelle un grand Chimes que la
Sauvage s'étant trouvée la plus forte , la
Negre la quitta , et depuis la Negre a été
vue auprès du Village de Cheppe , proche
Songy , d'où elle a ensuite disparu .
Pour notre Sauvage , le Berger de Songy
l'ayant apperçue dans les Vignes , écorchant
des Grenouilles et les mangeant
avec des Feuilles d'Arbres , elle fut amenée
par ce Berger au Château de M. d'Epinoy
, qui donna ordre au Berger de la
loger , ajoûtant qu'il auroit soin de sa
nourriture , & c. L'attention que ce Seigneur
a eue pour elle pendant près de
deux mois , la souffrant la plus grande
partie du jour à son Château , la laissant
pêcher dans ses Fossez , et chercher des
Racines dans ses Jardins , a attiré beaucoup
de monde chez lui . On remarquoit
11. Vol
,
D
que
2986 MERCURE DE FRANCE
>
que tout ce qu'elle mangeoit, elle le mangeoit
cru , ainsi que des Lapins qu'elle
dépouilloit avec ses doigts aussi habilement
qu'un Cuisinier , on la voyoit
grimper sur les Arbres plus facilement
que les plus agiles Bucherons ; et quand
elle étoit au haut elle contrefaisoit le
chant de differens Oiseaux de son Pays ;
je l'ai vûe moi même dans un Jardin de
Châlons , cherchant des Racines dans la
terre avec l'usage seul de son Pouce et
du doigt suivant , faisant ainsi des trous
comme des Terriers en un moment de
temps , aussi habilement que si on se fût
servi d'un Hoyau.
>
M. l'Evêque de Châlons et M. l'Intendant
l'ont vue dans ces sortes d'exercices ;
M. l'Evêque a pris soin depuis de la placer
dans l'Hôpital General de cette Ville ,
où l'on reçoit les Enfans des pauvres Habitans
, de l'un et de l'autre sexe, pour les
y nourrir jusqu'à l'âge de quinze à seize
ans , qu'on leur fait apprendre des Métiers.
C'est là qu'on tâche de l'humaniser
tout-à-fait , et de l'instruire. Elle mange
quelquefois du Pain ce qu'elle fait par
complaisance , car il lui fait mal au coeur ,
aussi bien que tout ce qui est sallé ; le
Biscuit et la Viande cuite la font vomir
elle ne peut enfin rien souffrir où il entre.
II. Vol.
و
de
DECEMBRE. 1731. 2987
de la Farine ; M. l'Intendant a voulu lui
faire manger des Bignets , elle n'a pû en
goûter par cette raison. Elle trouve le
Macaron bon et aime l'Eau- de Vie
>
>
l'appellant un Brûle ventre. Pour l'Eau , sa
boisson ordinaire , elle la boit dans un
seau , la tirant comme une Vache , et
étant à genoux . Elle ne veut point cou
cher sur des Matelats , le. Plancher lui
´suffit ; elle nage fort bien , et pêche dans
le fond des Rivieres ; elle appelle un Filet
Debily , dans le patois de son Pays ; pour
dire bon jour , Fille , on dit , selon elle
Yas yas , fioul , ajoûtant que quand on
l'appelloit , on disoit Riam riam , fioul s
c'est ce qui fait connoître qu'elle commence
à entendre la signification des ter
mes françois , les interprétant par ceux
de son Pays.
Au reste elle paroit âgée d'environ
18 ans , étant de moyenne taille , avec
le teint un peu bazanné ; cependant sa
peau au haut du bras paroît blanche ,
aussi- bien que la gorge ; elle a les yeux
vifs et bleus ; son parler est clair et brus
que ; elle paroît avoir de l'esprit , car elle
apprend aisément ce qu'on lui montre
cousant asses proprement ; elle fait connoître
qu'elle sçait travailler à la Tapis-.
serie au petit point , par la maniere dont
II Vol. Dij elle
2988 MERCURE DE FRANCE
elle indique qu'il s'y faut prendre , en
faisant passer l'aiguille de dessus en dessous
, et du dessous en dessus. La Supérieure
de l'Hôpital dit qu'elle sçait bien
broder , ce qu'elle a appris de la Dame
qui en avoit pris soin ; mais la Fille ne
peut dire dans quel Pays ce pouvoit être.
parce qu'elle ne parloit à personne , et ne
sortoit point. On l'instruit cependant
dans la Religion Chrétienne , elle dit
qu'elle veut être baptisée dans le Paradis
Terrestre , terme dont elle se sert pour
signifier nos Eglises les Curez du voisinage
de Songy lui ont fait comprendre
par des signes qu'il ne falloit point
grimper sur les Arbres , cela étant indécent
à une fille , aussi s'en abstient- t'elle
presentement. Le bruit a couru qu'il y
avoit des ordres pour la faire venir à la
Cour,on ne sçait comment elle l'a pu apprendre
; mais depuis, quand on vient la
voir à l'Hôpital, elle n'ose presque paroître
, pleure et s'afflige , craignant que ce
ne soit pour l'en faire sortir, parce qu'elle
s'y plaît fort , et qu'on a beaucoup d'attention
pour elle.
و
Voilà , Monsieur , tout ce que j'ai pû
sçavoir sur l'état de cette Fille. J'aurai
soin de vous apprendre ses progrès spirituels
, et la cérémonie de son Baptême ,
II. Vol
quand
DECEMBRE . 1731. 2939
quand il en sera temps . J'ay l'honneur
d'être &c.
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Résumé : LETTRE écrite de Châlons en Champagne, le 9. Decembre 1731. par M. A M. N.... au sujet de la Fille sauvage, trouvée aux environs de cette Ville.
Le 9 décembre 1731, une lettre relate la découverte d'une 'fille sauvage' près de Châlons en Champagne. L'auteur décrit les circonstances de cette découverte et les origines présumées de la jeune fille. Bien que son origine exacte reste incertaine, des indices suggèrent qu'elle provienne des îles antillaises françaises, comme la Guadeloupe ou la Martinique, plutôt que de Norvège comme initialement pensé. Un particulier de Châlons, ayant vécu en Guadeloupe, a reconnu des objets antillais que la fille a identifiés avec joie. La fille a traversé les mers et a été prise en charge par une dame de qualité qui l'a habillée et éduquée. Cependant, elle s'est enfuie après que le mari de cette dame l'a chassée. Elle a été vue à plusieurs reprises, notamment accompagnée d'une négresse avec laquelle elle s'est battue. Elle a été finalement amenée au château de M. d'Epinoy à Songy, où elle a été nourrie et observée. Elle mangeait des aliments crus, grimpait aux arbres et imitait les chants d'oiseaux. L'évêque et l'intendant de Châlons ont pris en charge son éducation et son bien-être. Elle a été placée à l'hôpital général de la ville, où elle apprend des métiers et est instruite dans la religion chrétienne. Elle préfère l'eau et les aliments non cuits, et dort sur le plancher. Elle montre des signes d'intelligence et apprend rapidement. La rumeur de son transfert à la cour la trouble, car elle se plaît à l'hôpital. L'auteur promet de tenir informé le destinataire de ses progrès et de la cérémonie de son baptême.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19784
p. 1337-13[4]4
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
Début :
Irrité par la barbarie, [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Psaume, Israël, Voeux
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
DE SA CREE,
Tirée du Pseaume 113 , In Exitu Israël, &c.
IRrité Rrité par la barbarie ,
D'un Peuple idolâtre et cruel ,
Le Seigneur , aux Fils d'Israël ,
Promit leur ancienne Patrie.
Alors , sous un Chef redouté ,
De Jacob la féconde Race ,
Brisa par une sainte audace ,
Les fers de sa Captivité.
Heureuses Plaines de Judée ,
Le Ciel daigna vous confier ,
La gloire de sanctifier ,
La Troupe qu'il avoit guidée ;
Votre bonheur fut résolu ,
Quand l'Etre par qui tout respire ,
Soumit vos guerets à l'Empire ,
Du Peuple qu'il avoit élû.
Mais en la présence terrible ,
Du Dieu qui créa l'Univers ,
Combien de prodiges divers !
La Mer même y parut sensible ;;
IL Vol. D V Son
1338 MERCURE DE FRANCESon vaste sein s'épouventa ;
Ses flots fuyoient d'un cours rapide,
Tandis que le Jourdain timide ,
Jusqu'à sa source remonta.
On vous vit , superbes Montagnes
On vous vit , steriles Côteaux ,
Aussi legers que les Troupeaux ,
Qui bondissent dans les Campagnes.
O! Mer, qui te fit reculer 2
O! Jourdain , pourquoi sur tes Rives ,
Vit- on les ondes fugitives ,
Vers leur origine couler ?.
Monts sacrez , Collines tranquiles ,,
Apprenez -nous quel changement s
Vous imprime le mouvement ,.
Des animaux les plus agiles ;,
L'Etre Eternel se découvroit ;
La Terre cessa d'être stable ,
A l'aspect du Dieu redoutable ,
Du Dieu que Jacob adoroit.
C'est lui dont la bonté presente ,
Aux cœurs qui sçavent le chercher ,
Change le sterile Rocher ,
En une Source bienfaisante ;
La pierre obéit à sa voix;'
II Vol. M
༣ JUIN 1732 1339 .
Il parle et soudain l'Onde coule ,
'Au gré de cette ingrate foule ,
Qui murmure contre ses Loix.
Seigneur, aux yeux des foibles hommes ;
Quand tu fais briller ta splendeur ,
L'immensité de ta grandeur ,
Nous instruit du peu que nous sommes :
Sage Auteur de notre raison "
Inspire-nous toûjours de croire
Qu'il ne nous est point dû de gloire ;
Qu'il n'en appartient qu'à ton Nom.
Fais que malgré leur arrogance
Les Humains puissent concevoir ,
La verité de ton pouvoir "
Et les trésors de ta clémence ;
Que les. Infideles privez ,
Des avantages de ton culte
N'osent plus dire avec insulte 9
Quel est le Dieu que vous servez ?
Le Dieu qui reçoit notre hommage ,
'Assis sur la Voute des cieux ,
'Attache ŝans cesse ses yeux ,
1
Sur l'homme , son plus cher ouvrage ;
Aux tendres soins de sa bonté ,
Le Monde entier doit sa naissance ,
IL. Vol Et D vj
1340 MERCURE DE FRANCE
Et, pour limite , sa puissance ,
Ne connoît que sa volonté.
Flatez d'esperances frivoles ,
Chaque jour on voit des Mortels,
Dresser, à l'envi , des Autels ,
A de chimeriques Idoles ;
Quelle honte pour les Humains
D'adorer un Métail sordide !
De fléchir un genoüil timide ,
Devant l'ouvrage de leurs mains.
Vainement l'Ouvrier habile,
Prête une bouche à ces faux Dieux
En vain le ciseau sur leurs yeux ,
Taille une paupiere immobile ;
On ne verra point à des sons
Ceder leurs levres inflexibles ,
Ni leurs yeux devenir sensibles ,
Au Soleil dont nous jouissons.
Tel qui veut chanter les merveilles ,
Des Dieux qu'il se fait à son choix,
Ose-t'il penser que sa voix ,
Percera leurs sourdes oreilles ?
Ces vains fantômes de l'erreur ,
Honorez d'un Peuple crédule ,
Dans le moment que l'encens brule ,
Ignorent quelle en est l'odeur.
II. Vol. Sans
JUIN. 1732. 1347
Sans cesse ma raison demande ,
Si jamais leurs pieds agiront ,
Ou si leurs mains discerneront ,
Le prix d'une riche Guirlande ;
Ont-ils quelques droits sur nos jours.
Quand leur silence opiniâtre ,
Résiste aux cris de l'Idolâtre,
Qui les appelle à son secours.
•
Malheur à l'aveugle qui compte,
Sur un Métail inanimé ;
Puisse celui qui l'a forme,
De son Dieu partager la honte!
Puissent tous ceux de qui l'encens,
Indignement se prostituë ,
Devant une froide Statuë,
Perdre l'usage de leurs sens !
Aux pieds du vrai Dieu prosternée,
La sage Maison d'Israël ,
Fonda sur son bras immortel ,
Tout l'espoir de sa destinée.
Par quel secours , par quel appui ,
Le Seigneur , prodigue pour elle ,
A-t'il récompensé le zele ,
Des cœurs qui n'invoquoient que lui ?
Avec la même confiance ,
II.Vol.
Les
1342 MERCURE DE FRANCE
Les Fils illustres d'Aaron ,
En la grandeur de son saint nom ,
Mettant leur plus ferme esperance ;
Par mille bienfaits répandus ,
A chaque instant Dieu se déclare
Le Protecteur de la Thiare ,
Dontil couronne leurs vertus,
Qu'ils sont forts , malgré leur foiblesse
Ceux qui porte au fond du cœur ,
Cette humble crainte du Seigneur
D'où naît la plus haute sagesse ;
Tous ces illustres Combattans ,
Pour prix d'une fidelle attente
Reçoivent la grace constante ,
Qui les soutient dans tous les temps.
".
Mais dans notre triste carriere ,
Nous-mêmes n'éprouvons nous pas
Que le Seigneur à tous nos pas
Prête sa divine lumiere ?
Loin que nos vœux soient oubliez
Tout nous apprend que sa Justice ,
Abeni l'ardent SacrificeDe nos desirs humilicz.
Ainsi d'un secours efficace ,
Israël mérita le don…
II. Vale Ainsi
JUIN. 173.20 7343 Ainsi le Pontife Aaron ,
L'obtint pour son Auguste Race;
Ainsi le Dieu de Verité ,
Soutient par les graces qu'il donne ,
Et la Houlette et la Couronne
De qui craint sa Divinité.
Puisse-t'il, ce Dieu favorable
A qui vous adressez vos vœux
Et sur vous et sur vos neveux
Répandre sa grace ineffable !
Soyez tous benis, du Seigneur,
Dont la voix commande au Tannerre,
Er #
que le Ciel avec la Terre,
Reconnoît pour son Créateur.
Lorsqu'il se proposa lui- même ,
De regler le Monde à son gré,
Au-dessus du Ciel azuré ,
Il plaça son. Trône suprême.
Le Firmament fut son séjour ,
Et la Terre obscure où nous sommes
Devint le partage des hommes,
Qu'avoit enfantez son amour.
Dieu puissant , Souverain des Anges,.
Les Humains plongez par le sort ,
Dans les tenebres de la mort ,
Ne publieront point tes louanges ;
IL. Vob Tom
1334 MERCURE DE FRANCE 4
Ton nom ne sera point chanté ,
Par ces ames infortunées ,
Que tajustice a condamnées ,
Agémir loin de ta clarté,
Mais nous , qui jouissons encore
Du Soleil , que tu fais mouvoir ,
Seigneur , pour benir ton pouvoir ,
Nous sçavons devancer l'Aurore :
Tous nos vœux seront satisfaits,
Des jours que ta bonté nous laisse
Si nous les consacrons sans cesse ,
Au souvenir de tes bienfaits
Tirée du Pseaume 113 , In Exitu Israël, &c.
IRrité Rrité par la barbarie ,
D'un Peuple idolâtre et cruel ,
Le Seigneur , aux Fils d'Israël ,
Promit leur ancienne Patrie.
Alors , sous un Chef redouté ,
De Jacob la féconde Race ,
Brisa par une sainte audace ,
Les fers de sa Captivité.
Heureuses Plaines de Judée ,
Le Ciel daigna vous confier ,
La gloire de sanctifier ,
La Troupe qu'il avoit guidée ;
Votre bonheur fut résolu ,
Quand l'Etre par qui tout respire ,
Soumit vos guerets à l'Empire ,
Du Peuple qu'il avoit élû.
Mais en la présence terrible ,
Du Dieu qui créa l'Univers ,
Combien de prodiges divers !
La Mer même y parut sensible ;;
IL Vol. D V Son
1338 MERCURE DE FRANCESon vaste sein s'épouventa ;
Ses flots fuyoient d'un cours rapide,
Tandis que le Jourdain timide ,
Jusqu'à sa source remonta.
On vous vit , superbes Montagnes
On vous vit , steriles Côteaux ,
Aussi legers que les Troupeaux ,
Qui bondissent dans les Campagnes.
O! Mer, qui te fit reculer 2
O! Jourdain , pourquoi sur tes Rives ,
Vit- on les ondes fugitives ,
Vers leur origine couler ?.
Monts sacrez , Collines tranquiles ,,
Apprenez -nous quel changement s
Vous imprime le mouvement ,.
Des animaux les plus agiles ;,
L'Etre Eternel se découvroit ;
La Terre cessa d'être stable ,
A l'aspect du Dieu redoutable ,
Du Dieu que Jacob adoroit.
C'est lui dont la bonté presente ,
Aux cœurs qui sçavent le chercher ,
Change le sterile Rocher ,
En une Source bienfaisante ;
La pierre obéit à sa voix;'
II Vol. M
༣ JUIN 1732 1339 .
Il parle et soudain l'Onde coule ,
'Au gré de cette ingrate foule ,
Qui murmure contre ses Loix.
Seigneur, aux yeux des foibles hommes ;
Quand tu fais briller ta splendeur ,
L'immensité de ta grandeur ,
Nous instruit du peu que nous sommes :
Sage Auteur de notre raison "
Inspire-nous toûjours de croire
Qu'il ne nous est point dû de gloire ;
Qu'il n'en appartient qu'à ton Nom.
Fais que malgré leur arrogance
Les Humains puissent concevoir ,
La verité de ton pouvoir "
Et les trésors de ta clémence ;
Que les. Infideles privez ,
Des avantages de ton culte
N'osent plus dire avec insulte 9
Quel est le Dieu que vous servez ?
Le Dieu qui reçoit notre hommage ,
'Assis sur la Voute des cieux ,
'Attache ŝans cesse ses yeux ,
1
Sur l'homme , son plus cher ouvrage ;
Aux tendres soins de sa bonté ,
Le Monde entier doit sa naissance ,
IL. Vol Et D vj
1340 MERCURE DE FRANCE
Et, pour limite , sa puissance ,
Ne connoît que sa volonté.
Flatez d'esperances frivoles ,
Chaque jour on voit des Mortels,
Dresser, à l'envi , des Autels ,
A de chimeriques Idoles ;
Quelle honte pour les Humains
D'adorer un Métail sordide !
De fléchir un genoüil timide ,
Devant l'ouvrage de leurs mains.
Vainement l'Ouvrier habile,
Prête une bouche à ces faux Dieux
En vain le ciseau sur leurs yeux ,
Taille une paupiere immobile ;
On ne verra point à des sons
Ceder leurs levres inflexibles ,
Ni leurs yeux devenir sensibles ,
Au Soleil dont nous jouissons.
Tel qui veut chanter les merveilles ,
Des Dieux qu'il se fait à son choix,
Ose-t'il penser que sa voix ,
Percera leurs sourdes oreilles ?
Ces vains fantômes de l'erreur ,
Honorez d'un Peuple crédule ,
Dans le moment que l'encens brule ,
Ignorent quelle en est l'odeur.
II. Vol. Sans
JUIN. 1732. 1347
Sans cesse ma raison demande ,
Si jamais leurs pieds agiront ,
Ou si leurs mains discerneront ,
Le prix d'une riche Guirlande ;
Ont-ils quelques droits sur nos jours.
Quand leur silence opiniâtre ,
Résiste aux cris de l'Idolâtre,
Qui les appelle à son secours.
•
Malheur à l'aveugle qui compte,
Sur un Métail inanimé ;
Puisse celui qui l'a forme,
De son Dieu partager la honte!
Puissent tous ceux de qui l'encens,
Indignement se prostituë ,
Devant une froide Statuë,
Perdre l'usage de leurs sens !
Aux pieds du vrai Dieu prosternée,
La sage Maison d'Israël ,
Fonda sur son bras immortel ,
Tout l'espoir de sa destinée.
Par quel secours , par quel appui ,
Le Seigneur , prodigue pour elle ,
A-t'il récompensé le zele ,
Des cœurs qui n'invoquoient que lui ?
Avec la même confiance ,
II.Vol.
Les
1342 MERCURE DE FRANCE
Les Fils illustres d'Aaron ,
En la grandeur de son saint nom ,
Mettant leur plus ferme esperance ;
Par mille bienfaits répandus ,
A chaque instant Dieu se déclare
Le Protecteur de la Thiare ,
Dontil couronne leurs vertus,
Qu'ils sont forts , malgré leur foiblesse
Ceux qui porte au fond du cœur ,
Cette humble crainte du Seigneur
D'où naît la plus haute sagesse ;
Tous ces illustres Combattans ,
Pour prix d'une fidelle attente
Reçoivent la grace constante ,
Qui les soutient dans tous les temps.
".
Mais dans notre triste carriere ,
Nous-mêmes n'éprouvons nous pas
Que le Seigneur à tous nos pas
Prête sa divine lumiere ?
Loin que nos vœux soient oubliez
Tout nous apprend que sa Justice ,
Abeni l'ardent SacrificeDe nos desirs humilicz.
Ainsi d'un secours efficace ,
Israël mérita le don…
II. Vale Ainsi
JUIN. 173.20 7343 Ainsi le Pontife Aaron ,
L'obtint pour son Auguste Race;
Ainsi le Dieu de Verité ,
Soutient par les graces qu'il donne ,
Et la Houlette et la Couronne
De qui craint sa Divinité.
Puisse-t'il, ce Dieu favorable
A qui vous adressez vos vœux
Et sur vous et sur vos neveux
Répandre sa grace ineffable !
Soyez tous benis, du Seigneur,
Dont la voix commande au Tannerre,
Er #
que le Ciel avec la Terre,
Reconnoît pour son Créateur.
Lorsqu'il se proposa lui- même ,
De regler le Monde à son gré,
Au-dessus du Ciel azuré ,
Il plaça son. Trône suprême.
Le Firmament fut son séjour ,
Et la Terre obscure où nous sommes
Devint le partage des hommes,
Qu'avoit enfantez son amour.
Dieu puissant , Souverain des Anges,.
Les Humains plongez par le sort ,
Dans les tenebres de la mort ,
Ne publieront point tes louanges ;
IL. Vob Tom
1334 MERCURE DE FRANCE 4
Ton nom ne sera point chanté ,
Par ces ames infortunées ,
Que tajustice a condamnées ,
Agémir loin de ta clarté,
Mais nous , qui jouissons encore
Du Soleil , que tu fais mouvoir ,
Seigneur , pour benir ton pouvoir ,
Nous sçavons devancer l'Aurore :
Tous nos vœux seront satisfaits,
Des jours que ta bonté nous laisse
Si nous les consacrons sans cesse ,
Au souvenir de tes bienfaits
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume 113, In Exitu Israël, &c.
Le poème relate l'exode des Israélites hors d'Égypte et leur traversée miraculeuse de la mer Rouge. Dieu, irrité par la barbarie d'un peuple idolâtre et cruel, promet aux Israélites leur ancienne patrie. Sous la conduite d'un chef redouté, les Israélites brisent les fers de leur captivité par une sainte audace. Les plaines de Judée sont confiées à la gloire de sanctifier le peuple guidé par Dieu. La mer Rouge et le Jourdain accomplissent des prodiges, comme reculer et remonter à leur source, tandis que les montagnes et les collines se comportent comme des troupeaux légers. Ces événements miraculeux montrent la puissance de Dieu, qui change les rochers en sources bienfaisantes et fait couler l'eau au gré d'une foule ingrate. Le poème exalte la grandeur de Dieu, qui surveille constamment l'homme, son ouvrage le plus cher. Il critique l'adoration des idoles et des faux dieux, incapables de réagir ou d'agir. La Maison d'Israël, prosternée devant le vrai Dieu, fonde son espoir sur son bras immortel. Les fils d'Aaron mettent leur confiance en Dieu, qui les récompense par mille bienfaits. Le texte se conclut par une prière pour que Dieu répande sa grâce sur les fidèles et leurs descendants, reconnaissant son pouvoir sur le ciel et la terre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19785
p. 2852
ENIGME.
Début :
Tandis que de Phebus le flambeau nous éclaire, [...]
Mots clefs :
Mouchettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
TANDIS que de Phebus le flambeau nous éclaire,
Sur un Lit à trois pieds giffantes fur le dos ,
Sans foins & fans emploi nous goûtons le repos ;
Mais dès que terminant fa courſe circulaire
Ce Dieu va chés Thétis & fait place à la nuit ,
Nous fortons de notre réduit :
Alors notre double machoire
Devore à chaque inſtant & la flâme & le feu ;
Et quoique de tels mets doivent nous plaire peu ,
On nous les fait manger fans boire.
Par M. Flocard, à Parisi
TANDIS que de Phebus le flambeau nous éclaire,
Sur un Lit à trois pieds giffantes fur le dos ,
Sans foins & fans emploi nous goûtons le repos ;
Mais dès que terminant fa courſe circulaire
Ce Dieu va chés Thétis & fait place à la nuit ,
Nous fortons de notre réduit :
Alors notre double machoire
Devore à chaque inſtant & la flâme & le feu ;
Et quoique de tels mets doivent nous plaire peu ,
On nous les fait manger fans boire.
Par M. Flocard, à Parisi
Fermer
19786
p. 62
VERS faits pour une Estampe du Médaillon de Mgr le Prince DE CONDÉ, envoyée chez plusieurs Dames.
Début :
SOIT qu'il combatte ou qu'il soupire, [...]
Mots clefs :
Médaillon, Estampe, Dames, Sort, Plaisir, Gloire, Amour
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texteReconnaissance textuelle : VERS faits pour une Estampe du Médaillon de Mgr le Prince DE CONDÉ, envoyée chez plusieurs Dames.
VERS faits pour une Eftampe du
Médaillon de Mgr le Prince DE
CONDÉ , envoyée chez plufieurs
Dames.
Soir qu'il combatte on qu'il ſoupire ,
Il eſt également heureux :
Le Sort s'empreffe à lui fourire ,
Le Plaifir à combler fes voeux.
1
Sa voix foumet les plus cruelles ,
La Gloire fuit fes étendarts :
Il est l'Amour auprès des Belles ,
Dans fon camp il eft le Dieu Mars.
Par l'Auteur des Versprécédens.
Médaillon de Mgr le Prince DE
CONDÉ , envoyée chez plufieurs
Dames.
Soir qu'il combatte on qu'il ſoupire ,
Il eſt également heureux :
Le Sort s'empreffe à lui fourire ,
Le Plaifir à combler fes voeux.
1
Sa voix foumet les plus cruelles ,
La Gloire fuit fes étendarts :
Il est l'Amour auprès des Belles ,
Dans fon camp il eft le Dieu Mars.
Par l'Auteur des Versprécédens.
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19787
p. 2834-2835
BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
Début :
Descends de ton sacré Parnasse, [...]
Mots clefs :
Laurier, Immaculée Conception de la Vierge, Palinod, Caen, Arbre, Foudre
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texteReconnaissance textuelle : BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
BALADE, en l'honneur de l'Immaculée
Conception de la Sainte Vierge , qui a
remporté le prix au dernier Palinod , à
Caën. Le sujet est le Laurier , vain
queur du Tonnerre.
Descends de ton sacré Parnasse ,
Vien me seconder , Dieu des Vers ;
Du Laurier les charmes divers
Flatent ma Poëtique audace.
Soutien ton vol ambitieux ,
Muse commence la carriere ,
Et chante en ce jour glorieux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Tandis que les Vents et la Glace ;
Ravagent ce vaste Univers ,
Ciel ! que le vainqueur des Hyvers
II. Vol. Nous
DECEMBRE. 1733. 2835.
Nous montre d'appas et de grace !
C'est toi , Soleil officieux ,
Qui par quelque secret Mystere ;
Fais toujours briller à nos yeux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Jeunes Fleurs , dont l'Eclat surpasse
Celui des plus brillans Eclairs ,
Cedes au Héros de mes Airs ,
Le moindre souffle vous efface ;
En butte aux Orages affreux , j
Par un fortuné caractere ,
Il est en tout temps , en tous lieux ;
L'Arbre que la Foudre révére.
Allusion.
Vous , qui par un destin heureux ,
Des Enfers bravez la colere ,
N'êtes - vous pas Reine des Cieux ,
L'Arbre que la Foudre révére ?
Par M. HARD O Ü I N.
Conception de la Sainte Vierge , qui a
remporté le prix au dernier Palinod , à
Caën. Le sujet est le Laurier , vain
queur du Tonnerre.
Descends de ton sacré Parnasse ,
Vien me seconder , Dieu des Vers ;
Du Laurier les charmes divers
Flatent ma Poëtique audace.
Soutien ton vol ambitieux ,
Muse commence la carriere ,
Et chante en ce jour glorieux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Tandis que les Vents et la Glace ;
Ravagent ce vaste Univers ,
Ciel ! que le vainqueur des Hyvers
II. Vol. Nous
DECEMBRE. 1733. 2835.
Nous montre d'appas et de grace !
C'est toi , Soleil officieux ,
Qui par quelque secret Mystere ;
Fais toujours briller à nos yeux ,
L'Arbre que la Foudre révére.
Jeunes Fleurs , dont l'Eclat surpasse
Celui des plus brillans Eclairs ,
Cedes au Héros de mes Airs ,
Le moindre souffle vous efface ;
En butte aux Orages affreux , j
Par un fortuné caractere ,
Il est en tout temps , en tous lieux ;
L'Arbre que la Foudre révére.
Allusion.
Vous , qui par un destin heureux ,
Des Enfers bravez la colere ,
N'êtes - vous pas Reine des Cieux ,
L'Arbre que la Foudre révére ?
Par M. HARD O Ü I N.
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Résumé : BALADE, en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, qui a remporté le prix au dernier Palinod, à Caën. Le sujet est le Laurier, vainqueur du Tonnerre.
Le texte est une balade dédiée à l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, lauréate du dernier Palinod à Caen. Le sujet central est le laurier, symbolisé comme le vainqueur du tonnerre. Le poète sollicite l'inspiration divine pour célébrer les vertus de cet arbre, révéré par la foudre. Le laurier est décrit comme résistant aux vents, à la glace et aux orages, contrairement aux jeunes fleurs qui sont facilement détruites. Le texte fait également référence à une figure qui brave la colère des Enfers, suggérant qu'il s'agit de la reine des cieux et de l'arbre révéré par la foudre. L'auteur de ce texte est M. Hardouin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19788
p. 2853
LOGOGRYPHE.
Début :
Un des plus Saints Prélats de France ; [...]
Mots clefs :
Rouen
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
UN des plus Saints Prélats de France ;
Une Ville de grand renom ;
****
Mot qui peut garantir d'Erreur , de Médifance #
Autre dont les Enfans aprennent la Leçon ;
Inftrument dont fe fert la fevere Juſtice ;
Et dont maint criminel redoute le fuplice ;
Fleuve très- renommé du plus rapide cours ;
Métal au Roy d'un grand fecours ;
Lieu d'azile & de réfidence
En certain Canton de la France ;
Païs où des Chrétiens on ne fuit par les Loix ;
Héros fameux par les Exploits ;
Poiffon des plus petits qui foient dans les Rivieres
Avec un peu d'attention
Vous verrez tous ces caracteres
Dans cinq traits qui forment mon nom.
Giret de Fecamp
UN des plus Saints Prélats de France ;
Une Ville de grand renom ;
****
Mot qui peut garantir d'Erreur , de Médifance #
Autre dont les Enfans aprennent la Leçon ;
Inftrument dont fe fert la fevere Juſtice ;
Et dont maint criminel redoute le fuplice ;
Fleuve très- renommé du plus rapide cours ;
Métal au Roy d'un grand fecours ;
Lieu d'azile & de réfidence
En certain Canton de la France ;
Païs où des Chrétiens on ne fuit par les Loix ;
Héros fameux par les Exploits ;
Poiffon des plus petits qui foient dans les Rivieres
Avec un peu d'attention
Vous verrez tous ces caracteres
Dans cinq traits qui forment mon nom.
Giret de Fecamp
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19789
p. 63
RÉPONSE de Madame BL. à une déclaration d'amour.
Début :
EN vain tu me peins ta tendresse : [...]
Mots clefs :
Tendresse, Cœur, Devoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de Madame BL. à une déclaration d'amour.
RÉPONSE de Madame BL. à une
déclaration d'amour.
En vain tu me peins ta tendreffe :
Non , cette image enchantereffe
Sur moi ne prend aucun pouvoir.
Mon coeur content , mon coeur paiſible ,
Eft heureux au fein du devoir.
Imite-moi , s'il eft poffible.
B. a P ....
déclaration d'amour.
En vain tu me peins ta tendreffe :
Non , cette image enchantereffe
Sur moi ne prend aucun pouvoir.
Mon coeur content , mon coeur paiſible ,
Eft heureux au fein du devoir.
Imite-moi , s'il eft poffible.
B. a P ....
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19790
p. 63-64
VERS sur le Mausolée que S. M. a ordonné d'ériger à feu M. DE CRÉBILLON dans l'Eglise de S. Gervais.
Début :
EMULE & digne Successeur [...]
Mots clefs :
Digne, Noble, Mausolée, Poète, Louis, Parnasse
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texteReconnaissance textuelle : VERS sur le Mausolée que S. M. a ordonné d'ériger à feu M. DE CRÉBILLON dans l'Eglise de S. Gervais.
VERS fur le Maufolée que S. M. a ordonné
d'ériger à feu M. DE CRÉ-
BILLON dans l'Eglife de S. Gervais.
EMULE & digne Succeffeur
Des Racines & des Corneilles ,
Qui , d'un genre nouveau devenu Créateur ,
Sçus r'élever à la hauteur
De leurs plus fublimes merveilles ,
Sans être leur Imitateur :
Du fombre défefpoir , de la pâle terreur
Sûr Oracle , fièr interpréte >
Dont la mâle éloquence & la noble chaleur ,
En charmant nos efprits les pénétrent d'horreur :
64 MERCURE DE FRANCE .
Auffi bon Citoyen que célébre Poëte ,
Dont la Société regrette
Le caractère égal & l'aimable douceur ;
Sage Ecrivain , Docte Cenfeur ,
CRÉBILLON , que ton fort devient digne d'en
vie !
Tandis que couverte de deuil ,
Melpomène, des Dieux du Théâtre fuivie ,
C De larmes baigne ton cercueil ; 1
Louis d'un feul regard te rappelle à la vie.
Ce bienfaifant Monarque, en éffuyant les pleurs
De Melpomène déſolée ,
Par la plus rare des faveurs
Te fait dreffer lui- même un riche Mauſolée .
La Sageffe fourit à ce noble projet ;
La Patrie applaudit ; tout le Parnaſſe ad nire ;
Le faux zéle pâlit & murmure en fecret ;
L'envie en frémiſſant ſoupire ,
Et n'admire qu'à regret
L'éclat du Bienfaiteur , & celui du Bienfait.
Par M, l'Abbé DANGERVILLE ;
d'ériger à feu M. DE CRÉ-
BILLON dans l'Eglife de S. Gervais.
EMULE & digne Succeffeur
Des Racines & des Corneilles ,
Qui , d'un genre nouveau devenu Créateur ,
Sçus r'élever à la hauteur
De leurs plus fublimes merveilles ,
Sans être leur Imitateur :
Du fombre défefpoir , de la pâle terreur
Sûr Oracle , fièr interpréte >
Dont la mâle éloquence & la noble chaleur ,
En charmant nos efprits les pénétrent d'horreur :
64 MERCURE DE FRANCE .
Auffi bon Citoyen que célébre Poëte ,
Dont la Société regrette
Le caractère égal & l'aimable douceur ;
Sage Ecrivain , Docte Cenfeur ,
CRÉBILLON , que ton fort devient digne d'en
vie !
Tandis que couverte de deuil ,
Melpomène, des Dieux du Théâtre fuivie ,
C De larmes baigne ton cercueil ; 1
Louis d'un feul regard te rappelle à la vie.
Ce bienfaifant Monarque, en éffuyant les pleurs
De Melpomène déſolée ,
Par la plus rare des faveurs
Te fait dreffer lui- même un riche Mauſolée .
La Sageffe fourit à ce noble projet ;
La Patrie applaudit ; tout le Parnaſſe ad nire ;
Le faux zéle pâlit & murmure en fecret ;
L'envie en frémiſſant ſoupire ,
Et n'admire qu'à regret
L'éclat du Bienfaiteur , & celui du Bienfait.
Par M, l'Abbé DANGERVILLE ;
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Résumé : VERS sur le Mausolée que S. M. a ordonné d'ériger à feu M. DE CRÉBILLON dans l'Eglise de S. Gervais.
L'éloge funèbre en vers est dédié à Prosper Jolyot de Crébillon, un dramaturge français renommé. Il est comparé à Racine et Corneille pour sa capacité à créer des œuvres originales et sublimes sans les imiter. Crébillon est également loué pour son talent à exprimer le désespoir et la terreur de manière éloquente. En tant que citoyen, il est apprécié pour son caractère égal et sa douceur. La Société regrette profondément sa perte. Melpomène, la muse de la tragédie, pleure sa mort. Le roi Louis XIV, par un geste de bienveillance, ordonne l'érection d'un mausolée en son honneur dans l'église Saint-Gervais. Cette décision est saluée par la sagesse, la patrie et le Parnasse, tandis que l'envie et le faux zèle réagissent avec regret et murmures. L'auteur de ce texte est l'abbé Dangerville.
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19791
p. 2817-2822
OBSERVATION sur l'impossibilité du Mouvement perpetuel.
Début :
Pour produire un Mouvement perptuel il faut une force infinie. [...]
Mots clefs :
Mouvement perpétuel, Force, Machines, Pendule, Action, Expérience, Horloge, Poids, Conserver , Principes des mécaniques
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATION sur l'impossibilité du Mouvement perpetuel.
OBSERVATION sur l'impossibilité
du Mouvement perpetuel.
Our produire um Mouvement perpetuel Poil faut une force infinie.
Je prouverai cette proposition après
avoir marqué quelques suppositions que
je crois nécessaires à mon sujet.
Je suppose , 1. que pour construire un
II. Vol.
Mou.
2818 MERCURE DE FRANCE
>
Mouvement perpetuel , selon l'idée que
tout le monde en a on ne peut se servir des Elemens que dans une action
qu'on leur donne , et non pas dans celle
qu'ils ont naturellement ; par exemple ,
qui mettroit une roüe sur un Fleuve , ou
une voile au vent , n'auroit pas trouvé
pour cela le Mouvement perpetuel ; il faut que ce mouvement vienne de l'industrie des hommes et non pas de la
nature des choses. On voit par là que
le feu n'est pas propre à ce sujet , parce
qu'il exige toûjours une nouvelle maticre à consumer. La Terre n'y peut servir tout au plus que pour soutenir les Machines que l'on pourroit faire à cette
occasion ; il ne reste donc que les corps
solides inanimez , l'eau et l'air , dont il
faut encore exclure les eaux courantes
et les Vents.
2°. Que dans toutes les Machines qu'on
pourroit faire pour conserver le Mouvement , il faut nécessairement qu'une partie fasse mouvoir l'autre , commele Tambour fait mouvoir lePendule, et l'eau chasse l'air d'un Scyphon , &c. car autrement
si aucune partie ne poussoit l'autre , ou
il n'y auroit aucun Mouvement , ou chacune agiroit par sa propre force , et alors
ce Mouvement ne tireroit pas son prin
cipe de l'industrie des hommes.
DECEMBRE. 1732. 2819
39. Que tous les corps tendent naturellement au centre de la terre , et que
pour qu'un corps en puisse éloigner un autre , il faut que celui-là contienne une
plus grande force que celui- ci, parce qu'il
lui faut la force d'élever l'autre et de s'élever lui-même , d'où je conclus qu'on ne
trouvera jamais le Mouvement perpetuel
par deux corps qui agissent réciproquement l'un contre l'autre.
non que
4°. Que force perpetuelle et force infinie , sont une même chose ; car quelle
idée avons- nous d'une force infinie , sic'est une force qui souffrant sans
cesse une dissipation et un écoulement
d'une portion d'elle-même , ne peut ccpendant jamais être epuisée ? mais cette
même idée ne convient- elle pas à la force
perpetuelle , puisque nous comprenons
que dans tous les siecles des siecles avenir on ne sçauroit jamais l'épuiser ?
5°. Que qui dit Mouvement , dit action , donc , qui dit Mouvement perpetuel , dit action perp tuelle.
6°. Que qui dit action' , dit force , donc
qui dit action perpetuelle , dit force perpetuelle ou infinie ; car ce n'est qu'une
même chose. Je vais prouver maintenant que pour construire une Machine dont
quelque partie soit ou puisse être dans
II. Vol.
1820 MERCURE DE FRANCE
un Mouvement perpetuel , il faut qu'elle
renferme une force perpetuelle ou infinie.
Pour produire , dans quelque genre que
ce soit , un Mouvement d'une minute , il
faut un certain degré de force , et pour
en produire un de deux minutes , ou pour
conserver le premier dans la seconde minute , il faut deux degrez de force , ou
une force d'un degré de force renouvellée. Pour un Mouvement de quinze minutes , il faut quinze degrez de force ;
donc pour conserver un Mouvement pen
dant une infinité de minutes , il faudra
une infinité de degrez de force , ou une
force infinie.
L'experience est parfaitement conforme à ce que je viens d'avancer. Ayez une
Horloge à poids , laquelle étant posée à
une certaine hauteur et tirée par un juste
poids de 8. livres , puisse conserver son
Mouvement pendant 24. heures ; si vous
voulez gagner du temps et faire que de
la même hauteur le poids reste deux jours
à descendre , la chose n'est pas difficile ,
et on le peut en trois manieres ; sçavoir ,
en ajoutant une roue moyenne , ou en
allongeant la Verge de Pendule , ou enfin en ajoûtant une ou plusieurs poulies;
mais de quelque biais que vous vous y
preniez , pourvû que vous conserviez
II. Vol. toûjours
DECEMBR E. 1732. 2820
toujours la même Lentille qui est au bout
du Pendule , vous ne ferez jamais mar
cher votre Horloge deux jours , que vous
ne doubliez le poids , et si vous voulez
qu'elle aille 8. jours , il vous faudra de
toute necessité au moins 64. livres pesant;
d'où je conclus que la force doit toujours être proportionnée à la durée du
Mouvement, et que si le Mouvement doit
durer toujours, la force doitagir toujours.
Elle ne le peut si elle n'est ou infinic ou
renouvellée , et ce dernier mot est opposé
à l'idée du Mouvement perpetuel.
l'on
Il est encore certain que si jamais le
Mouvement perpetuel pouvoit se trouver,
ce seroit toujours suivant les principes
des Méchaniques , c'est-à-dire , en employant la force contre la force ; or le
principe universel des Méchaniques ,
prouve également l'impossibilité du Mouvement perpetuel , le voici : ce que
gagne en temps et en espace ,
on le
perd en force et ce que l'on gagne en
force on le perd en temps et en espace :
expliquons ce principe dans le cas de
l'Horloge , et nous tirerons ensuite une
conséquence toute naturelle. Votre Horloge n'alloit qu'un jour et elle en va 8.
vous avez gagné 7. jours de temps , mais
vous avez perdu en force 7. fois la pe- 11. Vol. santeur
2822 MERCURE DE FRANCE
santeur du premier poids , puisqu'au liett
de 8 livres pesant , il en faut 64. De ce
principe je conclus que celui qui voudra
gagner infiniment en temps , perdra infiniment en force , et que le Mouvement
perpetuel ne peut être l'effet que d'une
force infinie ; il est donc absolument impossible , puisque tous les hommes ensemble ne sont pas capables de former
une force infinie.
D'ailleurs les vaines recherches qu'en
ont faites jusques ici tant de personnes
sçavantes , forment une preuve morale
de son impossibilité ; les differens moyens
d'y parvenir qu'on a souvent proposez
et qui ont disparu d'abord après , autorisent mon opinion , et j'ose ici prédire à
tous ceux qui travailleront à le cherher ,
qu'ils perdront immanquablement les uns
leur temps et les autres leur réputation ,
s'ils hazardent sur cette matiere de donner un jour quelque chose au Public, Si
quelqu'un vouloit faire l'honneur de proposer quelque difficulté à l'Auteur de
ces Refléxions il ose promettre d'y
répondre. Il fait son séjour à Villeneuvskez- Avignon. Le 21 Août 1732.
›
B. L. S.
du Mouvement perpetuel.
Our produire um Mouvement perpetuel Poil faut une force infinie.
Je prouverai cette proposition après
avoir marqué quelques suppositions que
je crois nécessaires à mon sujet.
Je suppose , 1. que pour construire un
II. Vol.
Mou.
2818 MERCURE DE FRANCE
>
Mouvement perpetuel , selon l'idée que
tout le monde en a on ne peut se servir des Elemens que dans une action
qu'on leur donne , et non pas dans celle
qu'ils ont naturellement ; par exemple ,
qui mettroit une roüe sur un Fleuve , ou
une voile au vent , n'auroit pas trouvé
pour cela le Mouvement perpetuel ; il faut que ce mouvement vienne de l'industrie des hommes et non pas de la
nature des choses. On voit par là que
le feu n'est pas propre à ce sujet , parce
qu'il exige toûjours une nouvelle maticre à consumer. La Terre n'y peut servir tout au plus que pour soutenir les Machines que l'on pourroit faire à cette
occasion ; il ne reste donc que les corps
solides inanimez , l'eau et l'air , dont il
faut encore exclure les eaux courantes
et les Vents.
2°. Que dans toutes les Machines qu'on
pourroit faire pour conserver le Mouvement , il faut nécessairement qu'une partie fasse mouvoir l'autre , commele Tambour fait mouvoir lePendule, et l'eau chasse l'air d'un Scyphon , &c. car autrement
si aucune partie ne poussoit l'autre , ou
il n'y auroit aucun Mouvement , ou chacune agiroit par sa propre force , et alors
ce Mouvement ne tireroit pas son prin
cipe de l'industrie des hommes.
DECEMBRE. 1732. 2819
39. Que tous les corps tendent naturellement au centre de la terre , et que
pour qu'un corps en puisse éloigner un autre , il faut que celui-là contienne une
plus grande force que celui- ci, parce qu'il
lui faut la force d'élever l'autre et de s'élever lui-même , d'où je conclus qu'on ne
trouvera jamais le Mouvement perpetuel
par deux corps qui agissent réciproquement l'un contre l'autre.
non que
4°. Que force perpetuelle et force infinie , sont une même chose ; car quelle
idée avons- nous d'une force infinie , sic'est une force qui souffrant sans
cesse une dissipation et un écoulement
d'une portion d'elle-même , ne peut ccpendant jamais être epuisée ? mais cette
même idée ne convient- elle pas à la force
perpetuelle , puisque nous comprenons
que dans tous les siecles des siecles avenir on ne sçauroit jamais l'épuiser ?
5°. Que qui dit Mouvement , dit action , donc , qui dit Mouvement perpetuel , dit action perp tuelle.
6°. Que qui dit action' , dit force , donc
qui dit action perpetuelle , dit force perpetuelle ou infinie ; car ce n'est qu'une
même chose. Je vais prouver maintenant que pour construire une Machine dont
quelque partie soit ou puisse être dans
II. Vol.
1820 MERCURE DE FRANCE
un Mouvement perpetuel , il faut qu'elle
renferme une force perpetuelle ou infinie.
Pour produire , dans quelque genre que
ce soit , un Mouvement d'une minute , il
faut un certain degré de force , et pour
en produire un de deux minutes , ou pour
conserver le premier dans la seconde minute , il faut deux degrez de force , ou
une force d'un degré de force renouvellée. Pour un Mouvement de quinze minutes , il faut quinze degrez de force ;
donc pour conserver un Mouvement pen
dant une infinité de minutes , il faudra
une infinité de degrez de force , ou une
force infinie.
L'experience est parfaitement conforme à ce que je viens d'avancer. Ayez une
Horloge à poids , laquelle étant posée à
une certaine hauteur et tirée par un juste
poids de 8. livres , puisse conserver son
Mouvement pendant 24. heures ; si vous
voulez gagner du temps et faire que de
la même hauteur le poids reste deux jours
à descendre , la chose n'est pas difficile ,
et on le peut en trois manieres ; sçavoir ,
en ajoutant une roue moyenne , ou en
allongeant la Verge de Pendule , ou enfin en ajoûtant une ou plusieurs poulies;
mais de quelque biais que vous vous y
preniez , pourvû que vous conserviez
II. Vol. toûjours
DECEMBR E. 1732. 2820
toujours la même Lentille qui est au bout
du Pendule , vous ne ferez jamais mar
cher votre Horloge deux jours , que vous
ne doubliez le poids , et si vous voulez
qu'elle aille 8. jours , il vous faudra de
toute necessité au moins 64. livres pesant;
d'où je conclus que la force doit toujours être proportionnée à la durée du
Mouvement, et que si le Mouvement doit
durer toujours, la force doitagir toujours.
Elle ne le peut si elle n'est ou infinic ou
renouvellée , et ce dernier mot est opposé
à l'idée du Mouvement perpetuel.
l'on
Il est encore certain que si jamais le
Mouvement perpetuel pouvoit se trouver,
ce seroit toujours suivant les principes
des Méchaniques , c'est-à-dire , en employant la force contre la force ; or le
principe universel des Méchaniques ,
prouve également l'impossibilité du Mouvement perpetuel , le voici : ce que
gagne en temps et en espace ,
on le
perd en force et ce que l'on gagne en
force on le perd en temps et en espace :
expliquons ce principe dans le cas de
l'Horloge , et nous tirerons ensuite une
conséquence toute naturelle. Votre Horloge n'alloit qu'un jour et elle en va 8.
vous avez gagné 7. jours de temps , mais
vous avez perdu en force 7. fois la pe- 11. Vol. santeur
2822 MERCURE DE FRANCE
santeur du premier poids , puisqu'au liett
de 8 livres pesant , il en faut 64. De ce
principe je conclus que celui qui voudra
gagner infiniment en temps , perdra infiniment en force , et que le Mouvement
perpetuel ne peut être l'effet que d'une
force infinie ; il est donc absolument impossible , puisque tous les hommes ensemble ne sont pas capables de former
une force infinie.
D'ailleurs les vaines recherches qu'en
ont faites jusques ici tant de personnes
sçavantes , forment une preuve morale
de son impossibilité ; les differens moyens
d'y parvenir qu'on a souvent proposez
et qui ont disparu d'abord après , autorisent mon opinion , et j'ose ici prédire à
tous ceux qui travailleront à le cherher ,
qu'ils perdront immanquablement les uns
leur temps et les autres leur réputation ,
s'ils hazardent sur cette matiere de donner un jour quelque chose au Public, Si
quelqu'un vouloit faire l'honneur de proposer quelque difficulté à l'Auteur de
ces Refléxions il ose promettre d'y
répondre. Il fait son séjour à Villeneuvskez- Avignon. Le 21 Août 1732.
›
B. L. S.
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Résumé : OBSERVATION sur l'impossibilité du Mouvement perpetuel.
Le texte traite de l'impossibilité du mouvement perpétuel. L'auteur affirme que la création d'un tel mouvement requiert une force infinie. Pour appuyer cette thèse, il présente plusieurs arguments. Premièrement, il souligne que la réalisation d'un mouvement perpétuel dépend de l'ingéniosité humaine plutôt que des forces naturelles des éléments. Deuxièmement, dans toute machine conçue pour maintenir un mouvement, une partie doit en actionner une autre. Troisièmement, tous les corps tendent naturellement vers le centre de la Terre, rendant impossible un mouvement perpétuel basé sur l'action réciproque de deux corps. Quatrièmement, une force perpétuelle est équivalente à une force infinie, car elle ne peut jamais être épuisée. Cinquièmement, un mouvement perpétuel implique une action perpétuelle, donc une force perpétuelle ou infinie. Enfin, pour maintenir un mouvement perpétuel, il faut une force infinie, car la durée du mouvement est proportionnelle à la force nécessaire. L'auteur utilise l'exemple d'une horloge à poids pour illustrer son propos. Il montre que pour prolonger la durée du mouvement de l'horloge, il est nécessaire d'augmenter la force appliquée. Il conclut que le mouvement perpétuel est impossible car il nécessiterait une force infinie, que les humains ne peuvent pas produire. Les recherches infructueuses menées jusqu'alors renforcent cette conclusion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19792
p. 2835-2843
LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
Début :
Vous m'avez demandé, M. si dans les Statuts du Chapitre d'une [...]
Mots clefs :
Bains de Toul, Valentines de Metz, Cathédrale, Statuts, Diocèse, Auxerre, Metz, Toul, Ville, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
LETTRE sur les Bains de Toul et les
Valantines de Metz.
V *
Ous m'avez demandé , M. si dans
les Statuts du Chapitre d'une
Cathedrale où l'Alleluia étoit autrefois
enterré réellement par les Enfans de
Le Chapitre de Toul en Lorraine.
II.Vol.
Dvj Choeur
2836 MERCURE DE FRANCE
Choeur , le Samedy du Dimanche dans la
Septuagesime , il n'y auroit point d'autres
pratiques aussi capables de faire connoître
la grossiereté de certains siécles , que
l'étoit celle là . Il y a long- tems que vous
me pressez là- dessus : mais comme it auroit
fallu suivre ces Statuts presque d'un bout
à l'autre et que vous parler de quantité
de choses qui sont traitées dans le glossaire
de M. Du Cange , sur la foi de quelques
autres monumens de pareille espece,
j'ai crû ne devoir m'attacher aujourd'hui
qu'au zele qu'il paroît qu'on prenoit
dans le quinziéme siécle , à distinguer la
fête de Pâques par un concours general
de tout le Clergé dans la Cathedrale.
Il falloit dans cette Eglise que tout le
Clergé se trouvât à Matines à l'heure de
l'Aurore , ad laudem Refurrectionis Domini
quam in aurora dieifactam credimus extitisses
non - seulement l'Evêque et tous les Chinoines
aussi - bien que les Habituez du
Choeur y étoient tenus étroitement les 3.
fêtes d'après Pâques,mais encore tous les
Curez de la ville ; et ce à quoi vous ne
vous attendez peut être pas , c'est que
les Abbayes éloignées de cinq, dix , quinze
lieües et même davantage , devoient aussi
y envoyer de leur part , de même que cxaines
Egli es Collegiales qui avoient des
II. Vol. maisons
DECEMBRE. 1733 2837
maisons d'Hospice dans la Ville Episcopale.
Ce concours general se faisoit ad ser
viendum Ecclesia in Laudem resurrectionis,
et Cathedralis Ecclesia honorem ac reverentiam,
comme le disent les mêmes Statuts ,
jusques-là on ne voit rien que de loiable
, rien qui ne ressente la grandeur du
Mistere qu'on celebroit , et qui ne fasse
voir la subordination des Eglises du Diocèse
à l'Eglise Cathedrale. Les Evêques
introduisant des Reguliers dans les Eglises
subordonnées aux Cathedrales , les soumettoient
aux mêmes obligations ausquelles
ctoient tenus ceux qui avoient occupé
ces Eglises avant eux.
Ici ( a ) au huitiéme siécle, ce devoir
étoit partagé durant toute l'année ; toutes
les Communautez et Paroisses du Dio .
cèfe devoient rendre service à l'Eglise.
Cathedrale , chacune pendant une femaine:
les Paroisses les plus éloignées durant
l'Eté ; les moins éloignées , dans les sai-
(a)La Charte d'Alain , Evêque d'Auxerre ,
de l'an 1163. touchant l'introduction des Chanoines
Reguliers de Saint Satur en Berry , dans
P'Eglise de S. Amatre , ancienne Abbaye , soumise
à la Cathédrale d'Auxerre , porte cette réserve
: Salvis institutionibus que sunt inter Ecclesiam
S. Amatoris et beati Stephani , qui est l
Cathédrale.
II. Vol
S
2838 MERCURE DE FRANCE
sons où les jours sont plus courts ; et les
maisons de Clercs ou de Moines , durant
les six mois des plus petits jours. Voyez
le Pere Labbe. T. 1. Bibl . nova mss . p .
428. ou plutôt le Pere Martene. De ana
tiqua Disciplina in Div. Off. page 11. où
vous trouverez le mois de Septembre
rempli comme les autres , et non pas
vuide comme l'a representé le Fere Lab.
par l'inadvertance de ses Copistes : ce
qui a trompé d'abord Dom Mabillon
qui a écrit que les Vendanges pouvoient
avoir fait suspendre alors ces devoirs de
POffice divin. ( a )
be
Nous ne sçavons pas combien cet usage
dura . Mais au dixiéme siécle c'étoit
aux Fêtes de la Pentecôte que de tout le
Diocèse , les Curez devoient venir rendre
leurs devoirs à la Cathedrale , accompagnez
de leurs peuples, sans que les
plus éloignez comme sont ceux de dixhuit
et dix- neuf lieues en fussent exceptez.
( b ) Nous ne voyons d'autre puni
*
( a ) Sac. iij Bened.
(b ) C'étoit aussi dans le temps des grands
jours , sçavoir , le Dimanche d'après la Trinité ,
que tous les Curez du Diocèse de Tréguier en
Bretagne devoient venir avec leurs. Peuples à la
Cathédrale pour honorer S. Tugal. Cet usage
s'observoit encore au xiv . Siecle , et il Y avoit
trente sols d'amende contre les négligens . Statuta
ynod. Trecor. t. 4. Thess. Anecdat, pag. 1104.
"
DECEMBRE 1733 , 2839
*
tion presente contre les Abbez et les Pretres
qui seroient négligens à s'acquitter
de ce devoir Cathédratique , qu'une privation
de vin qui leur étoit imposée pendant
quarante jours. C'est ce qu'on appelleroit
aujourd'hui une Pénitence, et qui
seroit une rude mortification . Mais vous
allez voir ce qu'on faisoit à Toul. Il n'est
pas dit que ceux qui refusoient de venir
à l'Office de la Cathédrale , ou qui s'y
rendoient tard et avec répugnance , fussent
privez de vin ; je lis seulement dans
le trente-deuxième Statut de la Collection
, approuvée en 1497 , qu'on leur
faisoit boire de l'eau : Et comment.
Les Soudiacres , et les petits Chanoines
se faisant prêter main- forte par les Domestiques
des Chanoines dignitaires étoient
chargez de les arrêter et de les jetter
dans l'eau, ( apparemment de la Moselle
qui passe au bas de la Ville) prenant
cependant la précaution de ne les pas
noyer. Autre restriction : C'est que si c'é
toit une personne de mérite ou de conséquence
qui eut manqué à ce devoir , elle
pouvoit se liberer de cette inmersion ,
pour la somme de deux sols . C'étoit une
espece de rachat , qui pourroit- être ajou
té à ceux dont M. du Cange a parlé dan
son Glossaire.Le texte latin vous prou
II. Vol.
2840 MERCURE DE FRANCE
ra que je n'ai point employé d'expression
qui n'y fut contenue. Il vous paroîtra
peu sérieux , mais il n'en est pas
moins véritable ; et après l'Extrait du Ĉérémonial
de Viviers , que je viens de lire
dans la nouvelle édition du Glossaire , au
mot Kalenda , la gothicité de cet usage
du quinziéme siécle me paroît devoir
encore le ceder à ceux qui se lisent dans
ce Cérémonial , qui est du quatorziéme.
Si aliqui ex prætactis vel contumaciâ ant
torpentiâ defecerit,projiciundus est in aquam,
non periculosè tamen , in signum baptismatis
Christi , quod Apostoli post ejus resurrectionem
ferventi animo predicaverent.Tamen si
ex prænominatis aliquæfuerint honeste persone
, admittantur ad gratiosam redemptionem
non excedentem duos solidos cursibiles , nisi
suâ liberalitate absque aliquâ coactione amplius
conferre voluerint. Et ista redemptiones
Maranciis Ecclesia ...
Il manque icy quelque mot dans ma
copie.
Suntque hujusmodi poena executores Subdiaconi
feriati et Canonici minores cum familiis
Canonicorum dignitates obtinentium ,
sed non impetuosè cum armis aut violentiis
periculosis , imo sub honestis persuasionibus
et moderaminibus virium ne inde scandala
contingant , &c.
II. Vol. I
DECEMBRE. 1733. 284Y
Il paroît que ce Bain ne se faisoit point
malgré les personnes qui devoient le su
bir , et qu'on tâchoit de persuader ceux
qui étoient dans le cas , de s'y prêter de
bonne grace ; mais l'allusion au Baptême
de N. S. me paroît icy hors de son lieu
En un mot , il falloit là comme icy, quelque
chose à Pâques pour divertir ; et je
vois par ce qui suit , que les Laïques
couroient aux Bains de Toul , comme à
la Pelote d'Auxerre , dont il a été ample
ment parlé dans le Mercure du mois de
May , de l'an 1726.
Je vous avois promis aussi , M. l'interprétation
du mot de Valentina, que vous
dites être de la compétence du Glossai
re. Je ne le trouve que dans des Statuts
Synodaux du Diocèse de Metz , rédigez
dans le siecle dernier . Je lis cette deffense
à la page 109. du Recueil imprimé à
Metz en 1699. Parochi vehementer horten
tur Parochianos suos ut abstineant ... àà pi
blicis saltationibus et nescio quibus pravis
consuetudinibus que vulgò Valentine nuncupantur.
Un Sçavant personnage de la
Ville de Metz (a ) de qui je tenois l'explication
des Fêtes du Tonnerre , marquées
dans les mèmes Statuts , m'en
( a ) M. l'Abbé Brayer , Chanoine de la Ca
thedrale , et Vic. Gen. de M. l'Evêque.
IL. Vol.
don
donna l'an 1729, une inrerprétation,que
revient assez à ce qui précédé immédiat
tement dans l'acide à éclaircir
t
sinon
qu'il faudroic substituer le terme de Pri.
vutisï celui de Publicis;et par ce moyen
on comprendroit assez le rapport que
peuvent avoir les mauvaises coutumes
que ces Statuts combattent, avec lesifolations
, contre lesquelles les Saints Evêques
,
les Capitulaires de nos Rois,ettant
de Synodes se sont élevez. On remarque
même que dans la vie de S. Eloy
,
écrite:
par S. Ouen, elles sont appelléesValLutiones.
Maisd'autres voudront peutêtre:
qu il y ait eu à Merz
, comme à Turin il
line Maison de plaisance, appellée III
Vtzlntin et que c'est de là que soient
t venus les Valentins et les Valentines. *
M. l'Abbé Chatelin, Chanoine dei
Paris
,
qui se faisoit expliquer toutes leSt
curiositez d'Italie dans les Voyages qu'il
y a faits, marque dans son Bimestre de:
Janvier et Février
,
à la page £45, que
le Valentin.. situé aux Portes de Turin,a
été ainsi nommé,de ce que les Promo
nades y recommencent vers la S.Valentin,
au 14 Février; auquel temps le plus
souvent les beaux jours recommencent i
paraître en Iralie.La différence du climat
empêcIhe d.e cVroireoquleplaumêimse rsaiseon
avoir donné lieu auxValentinesde
letz, et quand même on envisageroit la
Valentin au 14Février, telle qu'elle
trouvoit réellement avant la suppresen
de dix jours faite au Calendrier l'an
82. La température de la Lorraine est
core trop peu échauffée en ce temps-là
,ur admettre les promenades. Peut être
faut-il considérer en tout cela la Fête
S.Valentin,que comme concourante le
Ut; souvent avec le temps que précéde le
arême, auquel
,
si les promenades ne
ne pas communes, les divertissemens
doublent dans l'intérieur des maisons.
vous laisse le maître de choisir laquelil
vous plaira de ces conjectures, et je
s, &c.
A Auxerre, ce ro Mars 1735.
Valantines de Metz.
V *
Ous m'avez demandé , M. si dans
les Statuts du Chapitre d'une
Cathedrale où l'Alleluia étoit autrefois
enterré réellement par les Enfans de
Le Chapitre de Toul en Lorraine.
II.Vol.
Dvj Choeur
2836 MERCURE DE FRANCE
Choeur , le Samedy du Dimanche dans la
Septuagesime , il n'y auroit point d'autres
pratiques aussi capables de faire connoître
la grossiereté de certains siécles , que
l'étoit celle là . Il y a long- tems que vous
me pressez là- dessus : mais comme it auroit
fallu suivre ces Statuts presque d'un bout
à l'autre et que vous parler de quantité
de choses qui sont traitées dans le glossaire
de M. Du Cange , sur la foi de quelques
autres monumens de pareille espece,
j'ai crû ne devoir m'attacher aujourd'hui
qu'au zele qu'il paroît qu'on prenoit
dans le quinziéme siécle , à distinguer la
fête de Pâques par un concours general
de tout le Clergé dans la Cathedrale.
Il falloit dans cette Eglise que tout le
Clergé se trouvât à Matines à l'heure de
l'Aurore , ad laudem Refurrectionis Domini
quam in aurora dieifactam credimus extitisses
non - seulement l'Evêque et tous les Chinoines
aussi - bien que les Habituez du
Choeur y étoient tenus étroitement les 3.
fêtes d'après Pâques,mais encore tous les
Curez de la ville ; et ce à quoi vous ne
vous attendez peut être pas , c'est que
les Abbayes éloignées de cinq, dix , quinze
lieües et même davantage , devoient aussi
y envoyer de leur part , de même que cxaines
Egli es Collegiales qui avoient des
II. Vol. maisons
DECEMBRE. 1733 2837
maisons d'Hospice dans la Ville Episcopale.
Ce concours general se faisoit ad ser
viendum Ecclesia in Laudem resurrectionis,
et Cathedralis Ecclesia honorem ac reverentiam,
comme le disent les mêmes Statuts ,
jusques-là on ne voit rien que de loiable
, rien qui ne ressente la grandeur du
Mistere qu'on celebroit , et qui ne fasse
voir la subordination des Eglises du Diocèse
à l'Eglise Cathedrale. Les Evêques
introduisant des Reguliers dans les Eglises
subordonnées aux Cathedrales , les soumettoient
aux mêmes obligations ausquelles
ctoient tenus ceux qui avoient occupé
ces Eglises avant eux.
Ici ( a ) au huitiéme siécle, ce devoir
étoit partagé durant toute l'année ; toutes
les Communautez et Paroisses du Dio .
cèfe devoient rendre service à l'Eglise.
Cathedrale , chacune pendant une femaine:
les Paroisses les plus éloignées durant
l'Eté ; les moins éloignées , dans les sai-
(a)La Charte d'Alain , Evêque d'Auxerre ,
de l'an 1163. touchant l'introduction des Chanoines
Reguliers de Saint Satur en Berry , dans
P'Eglise de S. Amatre , ancienne Abbaye , soumise
à la Cathédrale d'Auxerre , porte cette réserve
: Salvis institutionibus que sunt inter Ecclesiam
S. Amatoris et beati Stephani , qui est l
Cathédrale.
II. Vol
S
2838 MERCURE DE FRANCE
sons où les jours sont plus courts ; et les
maisons de Clercs ou de Moines , durant
les six mois des plus petits jours. Voyez
le Pere Labbe. T. 1. Bibl . nova mss . p .
428. ou plutôt le Pere Martene. De ana
tiqua Disciplina in Div. Off. page 11. où
vous trouverez le mois de Septembre
rempli comme les autres , et non pas
vuide comme l'a representé le Fere Lab.
par l'inadvertance de ses Copistes : ce
qui a trompé d'abord Dom Mabillon
qui a écrit que les Vendanges pouvoient
avoir fait suspendre alors ces devoirs de
POffice divin. ( a )
be
Nous ne sçavons pas combien cet usage
dura . Mais au dixiéme siécle c'étoit
aux Fêtes de la Pentecôte que de tout le
Diocèse , les Curez devoient venir rendre
leurs devoirs à la Cathedrale , accompagnez
de leurs peuples, sans que les
plus éloignez comme sont ceux de dixhuit
et dix- neuf lieues en fussent exceptez.
( b ) Nous ne voyons d'autre puni
*
( a ) Sac. iij Bened.
(b ) C'étoit aussi dans le temps des grands
jours , sçavoir , le Dimanche d'après la Trinité ,
que tous les Curez du Diocèse de Tréguier en
Bretagne devoient venir avec leurs. Peuples à la
Cathédrale pour honorer S. Tugal. Cet usage
s'observoit encore au xiv . Siecle , et il Y avoit
trente sols d'amende contre les négligens . Statuta
ynod. Trecor. t. 4. Thess. Anecdat, pag. 1104.
"
DECEMBRE 1733 , 2839
*
tion presente contre les Abbez et les Pretres
qui seroient négligens à s'acquitter
de ce devoir Cathédratique , qu'une privation
de vin qui leur étoit imposée pendant
quarante jours. C'est ce qu'on appelleroit
aujourd'hui une Pénitence, et qui
seroit une rude mortification . Mais vous
allez voir ce qu'on faisoit à Toul. Il n'est
pas dit que ceux qui refusoient de venir
à l'Office de la Cathédrale , ou qui s'y
rendoient tard et avec répugnance , fussent
privez de vin ; je lis seulement dans
le trente-deuxième Statut de la Collection
, approuvée en 1497 , qu'on leur
faisoit boire de l'eau : Et comment.
Les Soudiacres , et les petits Chanoines
se faisant prêter main- forte par les Domestiques
des Chanoines dignitaires étoient
chargez de les arrêter et de les jetter
dans l'eau, ( apparemment de la Moselle
qui passe au bas de la Ville) prenant
cependant la précaution de ne les pas
noyer. Autre restriction : C'est que si c'é
toit une personne de mérite ou de conséquence
qui eut manqué à ce devoir , elle
pouvoit se liberer de cette inmersion ,
pour la somme de deux sols . C'étoit une
espece de rachat , qui pourroit- être ajou
té à ceux dont M. du Cange a parlé dan
son Glossaire.Le texte latin vous prou
II. Vol.
2840 MERCURE DE FRANCE
ra que je n'ai point employé d'expression
qui n'y fut contenue. Il vous paroîtra
peu sérieux , mais il n'en est pas
moins véritable ; et après l'Extrait du Ĉérémonial
de Viviers , que je viens de lire
dans la nouvelle édition du Glossaire , au
mot Kalenda , la gothicité de cet usage
du quinziéme siécle me paroît devoir
encore le ceder à ceux qui se lisent dans
ce Cérémonial , qui est du quatorziéme.
Si aliqui ex prætactis vel contumaciâ ant
torpentiâ defecerit,projiciundus est in aquam,
non periculosè tamen , in signum baptismatis
Christi , quod Apostoli post ejus resurrectionem
ferventi animo predicaverent.Tamen si
ex prænominatis aliquæfuerint honeste persone
, admittantur ad gratiosam redemptionem
non excedentem duos solidos cursibiles , nisi
suâ liberalitate absque aliquâ coactione amplius
conferre voluerint. Et ista redemptiones
Maranciis Ecclesia ...
Il manque icy quelque mot dans ma
copie.
Suntque hujusmodi poena executores Subdiaconi
feriati et Canonici minores cum familiis
Canonicorum dignitates obtinentium ,
sed non impetuosè cum armis aut violentiis
periculosis , imo sub honestis persuasionibus
et moderaminibus virium ne inde scandala
contingant , &c.
II. Vol. I
DECEMBRE. 1733. 284Y
Il paroît que ce Bain ne se faisoit point
malgré les personnes qui devoient le su
bir , et qu'on tâchoit de persuader ceux
qui étoient dans le cas , de s'y prêter de
bonne grace ; mais l'allusion au Baptême
de N. S. me paroît icy hors de son lieu
En un mot , il falloit là comme icy, quelque
chose à Pâques pour divertir ; et je
vois par ce qui suit , que les Laïques
couroient aux Bains de Toul , comme à
la Pelote d'Auxerre , dont il a été ample
ment parlé dans le Mercure du mois de
May , de l'an 1726.
Je vous avois promis aussi , M. l'interprétation
du mot de Valentina, que vous
dites être de la compétence du Glossai
re. Je ne le trouve que dans des Statuts
Synodaux du Diocèse de Metz , rédigez
dans le siecle dernier . Je lis cette deffense
à la page 109. du Recueil imprimé à
Metz en 1699. Parochi vehementer horten
tur Parochianos suos ut abstineant ... àà pi
blicis saltationibus et nescio quibus pravis
consuetudinibus que vulgò Valentine nuncupantur.
Un Sçavant personnage de la
Ville de Metz (a ) de qui je tenois l'explication
des Fêtes du Tonnerre , marquées
dans les mèmes Statuts , m'en
( a ) M. l'Abbé Brayer , Chanoine de la Ca
thedrale , et Vic. Gen. de M. l'Evêque.
IL. Vol.
don
donna l'an 1729, une inrerprétation,que
revient assez à ce qui précédé immédiat
tement dans l'acide à éclaircir
t
sinon
qu'il faudroic substituer le terme de Pri.
vutisï celui de Publicis;et par ce moyen
on comprendroit assez le rapport que
peuvent avoir les mauvaises coutumes
que ces Statuts combattent, avec lesifolations
, contre lesquelles les Saints Evêques
,
les Capitulaires de nos Rois,ettant
de Synodes se sont élevez. On remarque
même que dans la vie de S. Eloy
,
écrite:
par S. Ouen, elles sont appelléesValLutiones.
Maisd'autres voudront peutêtre:
qu il y ait eu à Merz
, comme à Turin il
line Maison de plaisance, appellée III
Vtzlntin et que c'est de là que soient
t venus les Valentins et les Valentines. *
M. l'Abbé Chatelin, Chanoine dei
Paris
,
qui se faisoit expliquer toutes leSt
curiositez d'Italie dans les Voyages qu'il
y a faits, marque dans son Bimestre de:
Janvier et Février
,
à la page £45, que
le Valentin.. situé aux Portes de Turin,a
été ainsi nommé,de ce que les Promo
nades y recommencent vers la S.Valentin,
au 14 Février; auquel temps le plus
souvent les beaux jours recommencent i
paraître en Iralie.La différence du climat
empêcIhe d.e cVroireoquleplaumêimse rsaiseon
avoir donné lieu auxValentinesde
letz, et quand même on envisageroit la
Valentin au 14Février, telle qu'elle
trouvoit réellement avant la suppresen
de dix jours faite au Calendrier l'an
82. La température de la Lorraine est
core trop peu échauffée en ce temps-là
,ur admettre les promenades. Peut être
faut-il considérer en tout cela la Fête
S.Valentin,que comme concourante le
Ut; souvent avec le temps que précéde le
arême, auquel
,
si les promenades ne
ne pas communes, les divertissemens
doublent dans l'intérieur des maisons.
vous laisse le maître de choisir laquelil
vous plaira de ces conjectures, et je
s, &c.
A Auxerre, ce ro Mars 1735.
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Résumé : LETTRE sur les Bains de Toul et les Valantines de Metz.
La lettre aborde les pratiques religieuses et les coutumes anciennes dans les diocèses de Toul et de Metz. À Toul, au quinzième siècle, la fête de Pâques était marquée par un concours général du clergé dans la cathédrale. Tous les membres du clergé, y compris les curés de la ville et les abbés des environs, devaient se réunir à Matines à l'aube. Les abbayes éloignées et les églises collégiales avec des maisons d'hospice dans la ville épiscopale devaient également envoyer des représentants. Cette pratique visait à honorer la résurrection du Christ et à montrer la subordination des églises du diocèse à la cathédrale. Les évêques introduisaient des réguliers dans les églises subordonnées aux cathédrales, les soumettant aux mêmes obligations que celles imposées aux précédents occupants. Au huitième siècle, ce devoir était partagé tout au long de l'année, chaque communauté et paroisse servant l'église cathédrale pendant une semaine. Les paroisses les plus éloignées servaient pendant l'été, tandis que les moins éloignées servaient pendant les saisons où les jours étaient plus courts. Au dixième siècle, les curés de tout le diocèse devaient venir rendre hommage à la cathédrale lors des fêtes de la Pentecôte, accompagnés de leurs paroissiens, sans exception pour les plus éloignés. Les sanctions pour les absents ou les retardataires incluaient la privation de vin pendant quarante jours ou, à Toul, l'immersion dans l'eau de la Moselle. Les personnes de mérite pouvaient se racheter en payant deux sols. La lettre mentionne également les 'Valentines' de Metz, des coutumes publiques de danse et de divertissement interdites par les statuts synodaux du diocèse. L'origine de ces fêtes est incertaine, mais elles pourraient être liées à la Saint-Valentin ou à des maisons de plaisance. La lettre se conclut par une réflexion sur les divertissements à Pâques et les curiosités locales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19793
p. 64-65
A CLIMENE****. qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
Début :
OUI, je ferai pour vous des Vers ; [...]
Mots clefs :
Vers, Feux, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A CLIMENE****. qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
A CLIMENE
**** . qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur.
Our , je ferai pour vous des Vers ;
Oui , je prétens faire connaître
AVRIL. 1763: 65
Aux quatre coins de l'Univers ;
Que les feux que vous faites naître ,
De leurs langeurs , de leurs tourmens
Font chaque jour expirer mille Amans.
Je parlerai de vos mains adorables ,
De votre bouche , de vos yeux ,
Que l'on peut dire inimitables ,
Et dignes de charmer les Mortels & les Dieur.
Certain point cependant me retient & me gêne ,
Me force à réfléchir fur ce que je promets
C'eft (vous le dirai - je , Climene ? )
C'eft que j'ai fait ferment ... de ne mentir jamais.
Par M. D. L ....
**** . qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur.
Our , je ferai pour vous des Vers ;
Oui , je prétens faire connaître
AVRIL. 1763: 65
Aux quatre coins de l'Univers ;
Que les feux que vous faites naître ,
De leurs langeurs , de leurs tourmens
Font chaque jour expirer mille Amans.
Je parlerai de vos mains adorables ,
De votre bouche , de vos yeux ,
Que l'on peut dire inimitables ,
Et dignes de charmer les Mortels & les Dieur.
Certain point cependant me retient & me gêne ,
Me force à réfléchir fur ce que je promets
C'eft (vous le dirai - je , Climene ? )
C'eft que j'ai fait ferment ... de ne mentir jamais.
Par M. D. L ....
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Résumé : A CLIMENE****. qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
L'auteur écrit à Climène pour promettre des vers en son honneur, célébrant ses mains, sa bouche et ses yeux inimitables. Il évoque la souffrance des amants et les effets de ses charmes sur les mortels et les dieux. Il est retenu par un serment de ne jamais mentir. La lettre est signée M. D. L. et datée d'avril 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19794
p. 65
« LE mot de la premiere Enigme du premier vol. du Mercure d'Avril est [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du premier vol. du Mercure d'Avril est [...]
Mots clefs :
Fourreau d'épée, Rien, Écolier, Orgue, Noël
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du premier vol. du Mercure d'Avril est [...] »
LE
,
mot de la premiere Enigme du
premier vol. du Mercure d'Avril eft
Fourreau d'Epée. Celui de la feconde eft
Rien. Celui du premier Logogryphe
eft Ecolier , où l'on trouve Roc , or ,
Ecole , Ciel , Roi , Eloi , Loire oie
Elie , re , colier , oeil , lire > cor. Celui
du fecond eft Orgue , dans lequel on
trouve or , ego , or , (adverbe) grue, nue.
Celui du troifiéme eſt Noël , dont l'inverfion
eft Léon. Il y a eu des Saints ,
des Rois , des Papes & des Empereurs
du nom de Léon.
,
mot de la premiere Enigme du
premier vol. du Mercure d'Avril eft
Fourreau d'Epée. Celui de la feconde eft
Rien. Celui du premier Logogryphe
eft Ecolier , où l'on trouve Roc , or ,
Ecole , Ciel , Roi , Eloi , Loire oie
Elie , re , colier , oeil , lire > cor. Celui
du fecond eft Orgue , dans lequel on
trouve or , ego , or , (adverbe) grue, nue.
Celui du troifiéme eſt Noël , dont l'inverfion
eft Léon. Il y a eu des Saints ,
des Rois , des Papes & des Empereurs
du nom de Léon.
Fermer
19795
p. 31-33
EXPERIENCES DE PHYSIQUE.
Début :
JE me serois bien gardé, Monsieur, de vous envoyer cette petite découverte, [...]
Mots clefs :
Larme, Gobelet, Poudre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCES DE PHYSIQUE.
EXPERIENCES DE PHYSIQUE.
J
Eme ferois bien gardé , Monfieur , de
vous envoyer cette petite découverte ,
ſi des perſonnes très verſées dans les matiéres
Phyſiques , ne m'en euffent affûré la
nouveauté , & fi je n'avois moi-même vifité
la plupart des Auteurs. Le Journal de
Verdun nous a fourni en l'année 1743
deux différentes explications fur la même
mariére; je ſerois plus que fatisfait s'il vouloit
auſſi nous produire ſelon ces ſyſtêmes
la raiſon à toutes les remarques que j'ai
T'honneur de vous propoſer .
La premiere remarque que j'ai faite , eſt
que ſi on tient une larme entre les doigts ,
&qu'on en applique un à l'extrêmité du
gros bout , on fent contre ce doigt la plus
grande impulfion .
2°. Si on fait chauffer à une chandelle le
gros bout de la larme , & qu'enfuite on
rompe le crochet , la queue ſe briſfe totalement
, & le gros bout reſte entier dans la
main.
3º. Si on fait chauffer une larme autant
qu'il faut pour lui faire perdre ſa vertu , il
ne paroît ni plus ni moins de pores , ils pa
B iiij
32 MERCURE DE FRANCE.
roiſſent même de la même grandeur, ce qui
eſt contraire à ce qu'ont dit la plupart des
Phyſiciens. (a)
4°. Si on fait chauffer une larme envi
ronun demi-quart d'heure , on peut en
rompre la queuë cinq ou fix fois , ſans
qu'on puiſſe s'appercevoir de quelque effet
particulier , mais ſi on la rompt vers le gros
bout , où il paroît de grands vuides , la larme
ſe brife totalement.
59. Ceux qui montrent le plus de curiofité
de connoître la nature de cette larme ,
(b) diſent avoir fait ronger avec de la poudre
d'Emery , une larme qui ayant été rongée
à la profondeur d'environ une ligne ,
fut réduite en poudre ; ils diſent de plus
que ſi on veut ronger une larme ſans qu'elle
ſe briſe , il faut faire une pâte de poudre
d'Emery & d'Huile; cependant j'en ai fait
ronger une avec la ſeule poudre d'Emery
le plus bruſquement que j'ai pû , à la profondeur
d'environ quatre lignes, ſans qu'elle
ſe ſoit brifée .
6°. J'ai mis une larme dans un pot plein
d'eau , que j'ai fait bouillir un jour entier
&la larme a conſervé ſa vertu .
On trouvera encore que la larme eſt un
(a) Mrs Mariote & Rohault.
(b, Mrs Mariote & Rohault , &c,
NOVEMBRE. 1744. 33
moyen affûré pour connoître la péſanteur
reſpective des liqueurs.
1º . J'ai caffé une larme dans un gobelet
plein d'eau , environné d'air , & le gobelet
s'eſt diviſé en pluſieurs parties : ſi le gobelet
eſt plein d'air , il arrive le contraire.
2°. J'ai caffé une larme dans un gobelet
plein d'eau , environné de vin , à la même
hauteur, & le gobelet s'eſt fendu ſans ſe diviſer
totalement : fi la hauteur du vin eſt
moindre , le gobelet fe rompra en pluſieurs
parties ; ſi le vin & l'eau font en raiſon réciproque
de hauteur & de poids , le gobelet
ne ſera ni fendu ni brife.
3º. J'ai caffé une larme dans ungobelet
pleinde mercure , environné d'air , & le
gobelet ne reçoit aucun dommage , mais la
Iarme remonte ſur le mercure, toute percée
de la matiere qui a paſſé au travers , ſans en
pouvoir écarter les parties.
Je fuis ,&c .
Barriere
A Bordeaux chés M. Charretier , ruë S.
James , ce 30 Octobre 1744 .
J
Eme ferois bien gardé , Monfieur , de
vous envoyer cette petite découverte ,
ſi des perſonnes très verſées dans les matiéres
Phyſiques , ne m'en euffent affûré la
nouveauté , & fi je n'avois moi-même vifité
la plupart des Auteurs. Le Journal de
Verdun nous a fourni en l'année 1743
deux différentes explications fur la même
mariére; je ſerois plus que fatisfait s'il vouloit
auſſi nous produire ſelon ces ſyſtêmes
la raiſon à toutes les remarques que j'ai
T'honneur de vous propoſer .
La premiere remarque que j'ai faite , eſt
que ſi on tient une larme entre les doigts ,
&qu'on en applique un à l'extrêmité du
gros bout , on fent contre ce doigt la plus
grande impulfion .
2°. Si on fait chauffer à une chandelle le
gros bout de la larme , & qu'enfuite on
rompe le crochet , la queue ſe briſfe totalement
, & le gros bout reſte entier dans la
main.
3º. Si on fait chauffer une larme autant
qu'il faut pour lui faire perdre ſa vertu , il
ne paroît ni plus ni moins de pores , ils pa
B iiij
32 MERCURE DE FRANCE.
roiſſent même de la même grandeur, ce qui
eſt contraire à ce qu'ont dit la plupart des
Phyſiciens. (a)
4°. Si on fait chauffer une larme envi
ronun demi-quart d'heure , on peut en
rompre la queuë cinq ou fix fois , ſans
qu'on puiſſe s'appercevoir de quelque effet
particulier , mais ſi on la rompt vers le gros
bout , où il paroît de grands vuides , la larme
ſe brife totalement.
59. Ceux qui montrent le plus de curiofité
de connoître la nature de cette larme ,
(b) diſent avoir fait ronger avec de la poudre
d'Emery , une larme qui ayant été rongée
à la profondeur d'environ une ligne ,
fut réduite en poudre ; ils diſent de plus
que ſi on veut ronger une larme ſans qu'elle
ſe briſe , il faut faire une pâte de poudre
d'Emery & d'Huile; cependant j'en ai fait
ronger une avec la ſeule poudre d'Emery
le plus bruſquement que j'ai pû , à la profondeur
d'environ quatre lignes, ſans qu'elle
ſe ſoit brifée .
6°. J'ai mis une larme dans un pot plein
d'eau , que j'ai fait bouillir un jour entier
&la larme a conſervé ſa vertu .
On trouvera encore que la larme eſt un
(a) Mrs Mariote & Rohault.
(b, Mrs Mariote & Rohault , &c,
NOVEMBRE. 1744. 33
moyen affûré pour connoître la péſanteur
reſpective des liqueurs.
1º . J'ai caffé une larme dans un gobelet
plein d'eau , environné d'air , & le gobelet
s'eſt diviſé en pluſieurs parties : ſi le gobelet
eſt plein d'air , il arrive le contraire.
2°. J'ai caffé une larme dans un gobelet
plein d'eau , environné de vin , à la même
hauteur, & le gobelet s'eſt fendu ſans ſe diviſer
totalement : fi la hauteur du vin eſt
moindre , le gobelet fe rompra en pluſieurs
parties ; ſi le vin & l'eau font en raiſon réciproque
de hauteur & de poids , le gobelet
ne ſera ni fendu ni brife.
3º. J'ai caffé une larme dans ungobelet
pleinde mercure , environné d'air , & le
gobelet ne reçoit aucun dommage , mais la
Iarme remonte ſur le mercure, toute percée
de la matiere qui a paſſé au travers , ſans en
pouvoir écarter les parties.
Je fuis ,&c .
Barriere
A Bordeaux chés M. Charretier , ruë S.
James , ce 30 Octobre 1744 .
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19796
p. 66
ENIGME.
Début :
Mon Etre est très-particulier, [...]
Mots clefs :
Noix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
ON Etre eft très-particulier ,
J'ai les deux fexes en partage ;
Mais ce qui rend mon fort encor plus fingulier ;
C'eft d'en changer , en changeant d'âge.
Je fais du genre mafculin ,
Pendant que dure ma jeuneffe ;
Mais je deviens du féminin
Aux approches de la vieilleffe..
Mon fexe dépend des Humains ;
Tantôt mâle , tantôr fémelle ,
Je reçois mon fort de leurs mains
Sans leur être jamais rebelle.
Lorfque , coupés en deux , mes membres font
épars ,
Chacun d'eux montre un mâle au goût de tout
le monde ;
Mais s'ils reftent unis , ils n'offrent aux regards
Q'u'une femelle route ronde.
Par M. D. V.......
ON Etre eft très-particulier ,
J'ai les deux fexes en partage ;
Mais ce qui rend mon fort encor plus fingulier ;
C'eft d'en changer , en changeant d'âge.
Je fais du genre mafculin ,
Pendant que dure ma jeuneffe ;
Mais je deviens du féminin
Aux approches de la vieilleffe..
Mon fexe dépend des Humains ;
Tantôt mâle , tantôr fémelle ,
Je reçois mon fort de leurs mains
Sans leur être jamais rebelle.
Lorfque , coupés en deux , mes membres font
épars ,
Chacun d'eux montre un mâle au goût de tout
le monde ;
Mais s'ils reftent unis , ils n'offrent aux regards
Q'u'une femelle route ronde.
Par M. D. V.......
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19797
p. 67
AUTRE.
Début :
Je suis nuit & jour sur pieds, toujours prêt à être utile. Je travaille pour [...]
Mots clefs :
Moulin à vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fuis nuit & jour fur pieds , toujours
prêt à être utile . Je travaille pour
les pauvres & pour les riches ; & je fuis
eftimé des grands & des petits ; je fais
bien des tours , fans avancer d'un pas ;
& quand j'irois toute l'année fans marrêter
, je me trouverois toujours à ma
place. Je fuis d'une grandeur affez confidérable
, & mes appartemens font
proportionnés à ma grandeur. Je reçois
beaucoup de vifites & je n'en rends aucune.
Bien différent des hommes dont
la tête commande le corps , c'eft ma
queue qui commande ma tête & la met
en état de bien remplir fon devoir.
E fuis nuit & jour fur pieds , toujours
prêt à être utile . Je travaille pour
les pauvres & pour les riches ; & je fuis
eftimé des grands & des petits ; je fais
bien des tours , fans avancer d'un pas ;
& quand j'irois toute l'année fans marrêter
, je me trouverois toujours à ma
place. Je fuis d'une grandeur affez confidérable
, & mes appartemens font
proportionnés à ma grandeur. Je reçois
beaucoup de vifites & je n'en rends aucune.
Bien différent des hommes dont
la tête commande le corps , c'eft ma
queue qui commande ma tête & la met
en état de bien remplir fon devoir.
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19798
p. 67-68
LOGOGRYPHE.
Début :
Au Luxe je dois l'éxistence ; [...]
Mots clefs :
Tapisserie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOG RY PH E.
Au Luxe je dois l'éxiſtence ;
Auſſi jamais ne me vit- on
De ceux qui font dans l'indigence
Habiter la trifte maiſon.
Pour me faire paroître avec bien plus de grace ,
Dans un haut rang avec foin l'on me place ;
Mon frère plus petit que moi̟ ,
68 MERCURE DE FRANCE.
N'a pas un fi brillant emploi >
Car on le foule aux pieds , & dans cette poſture
Heft ſouvent couvert de pouffiere & d'ordure.
Cependant nous vivons de fi bonne amitié ,
Qu'en nous défuniffant je péris de moitié ;
Et mon plus grand chagrin d'être ainfi divifée ,
Eft que dans cet état on me tourne en rifée .
Remets-nous enſemble , Lecteur ,
Et change moitié de mon être
Tu me verras fouvent paroître ;
Sur la boutique du Traiteur.-
Par Mlle DU VERGER , d'Angers
Au Luxe je dois l'éxiſtence ;
Auſſi jamais ne me vit- on
De ceux qui font dans l'indigence
Habiter la trifte maiſon.
Pour me faire paroître avec bien plus de grace ,
Dans un haut rang avec foin l'on me place ;
Mon frère plus petit que moi̟ ,
68 MERCURE DE FRANCE.
N'a pas un fi brillant emploi >
Car on le foule aux pieds , & dans cette poſture
Heft ſouvent couvert de pouffiere & d'ordure.
Cependant nous vivons de fi bonne amitié ,
Qu'en nous défuniffant je péris de moitié ;
Et mon plus grand chagrin d'être ainfi divifée ,
Eft que dans cet état on me tourne en rifée .
Remets-nous enſemble , Lecteur ,
Et change moitié de mon être
Tu me verras fouvent paroître ;
Sur la boutique du Traiteur.-
Par Mlle DU VERGER , d'Angers
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19799
p. 2989-2991
EXTRAIT d'une autre Lettre sur le même sujet.
Début :
Dans le séjour qu'elle a fait au Château et au Village de M. d'Epinoy, [...]
Mots clefs :
Sagesse, Menaces, Caresses, Hôpitaux, Renfermerie, Sacrement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre sur le même sujet.
EXTRAIT d'une autre Lettre sur le
même sujet.
D
Ans le séjour qu'elle a fait au Château
et au Village de M. d'Epinoy ,
on a observé que la sagesse de cette jeune
Fille est à toute épreuve l'argent dont
elle ignore la valeur , et peut-être l'usage,
les ménaces et les caresses n'ont rien pû
sur elle ; l'approche seul d'Homme qui
veut la toucher , lui fait jetter des cris
perçans , et jette dans ses yeux et dans
tout son maintien un trouble que l'on
ne peut assurément pas imiter .
On trouve que M. l'Intendant a trèssagement
fait de la faire transferer dans
un des Hôpitaux de Châlons , qu'on
nomme la Renfermerie , pour être plus
à portée d'approfondir son état et son origine
, et pour lui donner l'éducation et
les instructions dont elle paroît déja ca- cả
pable.
Avant cette retraite , elle étoit beaucoup
plus sauvage ; ceux qui l'ont vwa
courir à la Campagne , disent que sa
course a quelque chose d'extrêmement
singulier ; son pas est court et peu avan,
cé , mais si précipité , et redoublé aveo
11. Vol. Diijant
2990 MERCURE DE FRANCE
tant de vitesse , qu'elle suivroit l'homme
le plus leger
et le meilleur coureur
Basque.
Cependant on l'employe aux ouvrages
de la Maison , elle se prête à tout de bonne
grace , rien ne paroît au dessus de ses
forces , ni contre sa volonté , persuadéẹ
qu'elle est , qu'il faut qu'elle obéisse pour
aller voir un jour la Ste Vierge sa Mere .
un
coup
M. l'Archevêque de Vienne passant
dernierement par cette Ville , voulut la
voir. Elle fut menée pour cela chez M.
l'Intendant par des Soeurs de la Maison.
Nous vîmes ce jour là , avec une espece
d'horreur , cette Fille manger plus d'une
livre et demie de Boeuf crû , sans y donner
de dent , puis se jetter avec
une espece de fureur sur un Lapreaiz
qu'on mit devant elle , qu'elle déshabilla
en un clin d'oeil avec une facilité qui suppose
un grand usage , puis le dévorer en
un instant sans le vuider. M. l'Archevêque
lui fit beaucoup de questions aux
quelles elle répondit comme elle avoit dé
ja fait à d'autres Personnes , sans oublier
l'avanture d'une Moresse , sa Compagne
de Voyage , qu'on a revue depuis , mais
qu'on n'a pû encore joindre. Les Soeurs
dirent que depuis quelque temps on travailloit
à la rapprocher par degrez . de
H.Vol notre
DECEMBRE . 1731. 2971
notre façon ordinaire de vivre , malgré
Pantipatie de son Estomach pour la viande
euite et le pain , ce qui la fait vomir jusqu'au
sang. On travaille singulierement
à lui apprendre les Principes de la Religion
, pour la mettre en état de recevoir
le premier Sacrement.
même sujet.
D
Ans le séjour qu'elle a fait au Château
et au Village de M. d'Epinoy ,
on a observé que la sagesse de cette jeune
Fille est à toute épreuve l'argent dont
elle ignore la valeur , et peut-être l'usage,
les ménaces et les caresses n'ont rien pû
sur elle ; l'approche seul d'Homme qui
veut la toucher , lui fait jetter des cris
perçans , et jette dans ses yeux et dans
tout son maintien un trouble que l'on
ne peut assurément pas imiter .
On trouve que M. l'Intendant a trèssagement
fait de la faire transferer dans
un des Hôpitaux de Châlons , qu'on
nomme la Renfermerie , pour être plus
à portée d'approfondir son état et son origine
, et pour lui donner l'éducation et
les instructions dont elle paroît déja ca- cả
pable.
Avant cette retraite , elle étoit beaucoup
plus sauvage ; ceux qui l'ont vwa
courir à la Campagne , disent que sa
course a quelque chose d'extrêmement
singulier ; son pas est court et peu avan,
cé , mais si précipité , et redoublé aveo
11. Vol. Diijant
2990 MERCURE DE FRANCE
tant de vitesse , qu'elle suivroit l'homme
le plus leger
et le meilleur coureur
Basque.
Cependant on l'employe aux ouvrages
de la Maison , elle se prête à tout de bonne
grace , rien ne paroît au dessus de ses
forces , ni contre sa volonté , persuadéẹ
qu'elle est , qu'il faut qu'elle obéisse pour
aller voir un jour la Ste Vierge sa Mere .
un
coup
M. l'Archevêque de Vienne passant
dernierement par cette Ville , voulut la
voir. Elle fut menée pour cela chez M.
l'Intendant par des Soeurs de la Maison.
Nous vîmes ce jour là , avec une espece
d'horreur , cette Fille manger plus d'une
livre et demie de Boeuf crû , sans y donner
de dent , puis se jetter avec
une espece de fureur sur un Lapreaiz
qu'on mit devant elle , qu'elle déshabilla
en un clin d'oeil avec une facilité qui suppose
un grand usage , puis le dévorer en
un instant sans le vuider. M. l'Archevêque
lui fit beaucoup de questions aux
quelles elle répondit comme elle avoit dé
ja fait à d'autres Personnes , sans oublier
l'avanture d'une Moresse , sa Compagne
de Voyage , qu'on a revue depuis , mais
qu'on n'a pû encore joindre. Les Soeurs
dirent que depuis quelque temps on travailloit
à la rapprocher par degrez . de
H.Vol notre
DECEMBRE . 1731. 2971
notre façon ordinaire de vivre , malgré
Pantipatie de son Estomach pour la viande
euite et le pain , ce qui la fait vomir jusqu'au
sang. On travaille singulierement
à lui apprendre les Principes de la Religion
, pour la mettre en état de recevoir
le premier Sacrement.
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Résumé : EXTRAIT d'une autre Lettre sur le même sujet.
Durant son séjour au Château et au Village de M. d'Epinoy, une jeune fille a montré une sagesse et une résistance exceptionnelles, restant insensible à l'argent, aux menaces et aux caresses. Elle réagissait violemment à la présence d'hommes, manifestant un trouble profond. M. l'Intendant a décidé de la transférer à la Renfermerie de Châlons pour mieux comprendre son état et son origine, et lui offrir une éducation appropriée. Avant son transfert, elle se comportait de manière sauvage, courant rapidement, mais était coopérative dans les tâches domestiques, croyant devoir obéir pour voir la Sainte Vierge, qu'elle considérait comme sa mère. Lors de la visite de M. l'Archevêque de Vienne, elle a consommé une grande quantité de viande crue et un lapereau avec facilité. Elle a mentionné une compagne de voyage nommée Moresse, que l'on a revue sans pouvoir la joindre. Les sœurs de la maison travaillent à l'habituer à une alimentation ordinaire et à lui enseigner les principes de la religion pour qu'elle puisse recevoir le premier sacrement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19800
p. 34-35
IMITATION de l'Ode III du II Livre d'Horace, AEquam memento, &c.
Début :
Conservons sur notre ame un Empire assûré ; [...]
Mots clefs :
Nature, Parque, Ami
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION de l'Ode III du II Livre d'Horace, AEquam memento, &c.
IMITATION de l'Ode III du II Livre
d'Horace , Equam memenio , c.
Confervons fur notre ame un Empire affure
Sans orgueil , comme ſans envie ,
Recevons les ſuccès d'un eſprit modéré ,
Et que la fortune ennemie
Trouve en nous un coeur préparé
Atous les malheurs de la vie ..
A
Nous mourrons chers Ami , le même ſort attendi
Et leMiſantrope ſévere
Qui de ſes triſtes jours éloigne l'agrément ,
Et celui qui ſur la Fougére
Sçait vivre tranquille & content
Entre le vin:& fa Bergére.
Louiſſons à loiſir dans ce bois écarté
Du ſpectacle de la Nature.
Profitons ſans effort de l'hospitalité
Que cet ombrage nous affûre..
Ecoutons avec volupté
Cette Onde claire qui murmurei
'Ami, qu'on nous prodigue en ces déſerts charmans,
Aubord de ce criſtal liquide ,
:
--- NOVEMBRE.
1744. 35
Ces éclatantes fleurs , image de nos ans.
Que détruit le tems homicide ;
Bûvons , employons les momens
Que nous laiſſe la Parque avide.
CesPalais , ces Jardins avec ſoin embellis,
Ces plans que vous avez fait naître ,
Où la Nature & l'Art , rivaux & réunis ,
Par vos ſoins ſe font méconnoître ,
Vos tréſors , vos riches lambris ,
Tout cela doit changer de maître.
LaChaumiere du pauvre & le Trône des Rois
Sont égaux aux yeux de la Parque :
Sur le fangdes Dieux même elle exerce ſesdroits,,
Et l'inſtant fatal qu'elle marque ,
Soumet fans retour à ſes loix
Et le Berger & le Monarque.
Gardons-nous de compter fur le frêle avenir,
Fuyons ſa ſéduiſante yvreſſe ,
Ecartons du paffé l'importun ſouvenir ,
Et livrons-nous à la pareſſe ;
C'eſt entre les bras du plaiſir
Que l'on doit chercher la ſagefies
d'Horace , Equam memenio , c.
Confervons fur notre ame un Empire affure
Sans orgueil , comme ſans envie ,
Recevons les ſuccès d'un eſprit modéré ,
Et que la fortune ennemie
Trouve en nous un coeur préparé
Atous les malheurs de la vie ..
A
Nous mourrons chers Ami , le même ſort attendi
Et leMiſantrope ſévere
Qui de ſes triſtes jours éloigne l'agrément ,
Et celui qui ſur la Fougére
Sçait vivre tranquille & content
Entre le vin:& fa Bergére.
Louiſſons à loiſir dans ce bois écarté
Du ſpectacle de la Nature.
Profitons ſans effort de l'hospitalité
Que cet ombrage nous affûre..
Ecoutons avec volupté
Cette Onde claire qui murmurei
'Ami, qu'on nous prodigue en ces déſerts charmans,
Aubord de ce criſtal liquide ,
:
--- NOVEMBRE.
1744. 35
Ces éclatantes fleurs , image de nos ans.
Que détruit le tems homicide ;
Bûvons , employons les momens
Que nous laiſſe la Parque avide.
CesPalais , ces Jardins avec ſoin embellis,
Ces plans que vous avez fait naître ,
Où la Nature & l'Art , rivaux & réunis ,
Par vos ſoins ſe font méconnoître ,
Vos tréſors , vos riches lambris ,
Tout cela doit changer de maître.
LaChaumiere du pauvre & le Trône des Rois
Sont égaux aux yeux de la Parque :
Sur le fangdes Dieux même elle exerce ſesdroits,,
Et l'inſtant fatal qu'elle marque ,
Soumet fans retour à ſes loix
Et le Berger & le Monarque.
Gardons-nous de compter fur le frêle avenir,
Fuyons ſa ſéduiſante yvreſſe ,
Ecartons du paffé l'importun ſouvenir ,
Et livrons-nous à la pareſſe ;
C'eſt entre les bras du plaiſir
Que l'on doit chercher la ſagefies
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