Résultats : 21740 texte(s)
Détail
Liste
20001
p. *1406-1406
« M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
Début :
M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...]
Mots clefs :
Remède, Maladie vénériennes
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texteReconnaissance textuelle : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir , ancien Chirurgien Major des Gar
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
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Résumé : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du Roi, propose un remède pour les maladies vénériennes. Son traitement, efficace même après des échecs précédents, agit par les sueurs nocturnes et n'impose presque aucun régime. Il permet de continuer les activités quotidiennes. M. Petir réside à Paris, rue des Saints Pères, à l'Hôtel de Brissac.
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20002
p. 2904
ITALIE.
Début :
Le 10. Decembre, la Congrégation établie pour examiner les moyens de remedier aux [...]
Mots clefs :
Corse, Rebelles, Attaquer, Détachement
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 10. Decembre , la Congrégation établie
pour examiner les moyens de remedier aux
inconveniens des Asiles , et celle des Immunitez ,
s'assemblerent , et les Cardinaux qui composent
Pune et l'autre , résolurent , à la pluralité de
enze voix contre cinq , que les Sujets de l'Etat
Ecclesiastique qui ne sont pas de cette Ville et
qui auront commis quelque meurtre , pourroient
être pris par les Officiers de Justice , même dans
les Eglises où ils se seront retirez.
Les Rebelles de Corse recommencent leurs Actes
J'hostilité , et l'on a appris depuis peu à Genes ,
que soo. d'entr'eux avoient attaqué un Détachement
de so. Soldats qui alloient de Corse à
Rostino , et qu'après quelque résistance ils furent
obligez de ceder au nombre et du prendre la
fuite. Ces Lettres ajoûtent que les Rebelles avoient
attaqué un Convent où il y avoit un Détachement
de cent hommes,qu'ils avoient forcez de se
rendre et qu'ils avoient faits prisonniers de guerre
, contre ce qui avoit été convenu par les Artieles
de la Capitulation ; qu'après cette Expedition
ils avoient marché à Corse pour s'en
rendre maîtres , mais que la Garnison de ce
Château avoit fait une sortie sur eux , les avoit .
mis en fuite et leur avoit enlevé leurs bagages et
soutes leurs munitions.
E 10. Decembre , la Congrégation établie
pour examiner les moyens de remedier aux
inconveniens des Asiles , et celle des Immunitez ,
s'assemblerent , et les Cardinaux qui composent
Pune et l'autre , résolurent , à la pluralité de
enze voix contre cinq , que les Sujets de l'Etat
Ecclesiastique qui ne sont pas de cette Ville et
qui auront commis quelque meurtre , pourroient
être pris par les Officiers de Justice , même dans
les Eglises où ils se seront retirez.
Les Rebelles de Corse recommencent leurs Actes
J'hostilité , et l'on a appris depuis peu à Genes ,
que soo. d'entr'eux avoient attaqué un Détachement
de so. Soldats qui alloient de Corse à
Rostino , et qu'après quelque résistance ils furent
obligez de ceder au nombre et du prendre la
fuite. Ces Lettres ajoûtent que les Rebelles avoient
attaqué un Convent où il y avoit un Détachement
de cent hommes,qu'ils avoient forcez de se
rendre et qu'ils avoient faits prisonniers de guerre
, contre ce qui avoit été convenu par les Artieles
de la Capitulation ; qu'après cette Expedition
ils avoient marché à Corse pour s'en
rendre maîtres , mais que la Garnison de ce
Château avoit fait une sortie sur eux , les avoit .
mis en fuite et leur avoit enlevé leurs bagages et
soutes leurs munitions.
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Résumé : ITALIE.
Le 10 décembre, deux congrégations du Vatican se réunirent pour discuter des inconvénients des asiles et des immunités. Les cardinaux votèrent à onze voix contre cinq pour permettre l'arrestation des sujets de l'État ecclésiastique résidant hors de Rome et ayant commis un meurtre, même dans les églises. En Corse, les rebelles reprirent leurs actions hostiles. À Gênes, des rebelles attaquèrent un détachement de soldats en route vers Rostino, mais furent repoussés. Ils capturèrent ensuite un couvent abritant cent hommes, les prenant comme prisonniers de guerre, contrairement à la capitulation. Après cette attaque, les rebelles se dirigèrent vers la Corse, mais la garnison du château les repoussa, s'emparant de leurs bagages et munitions.
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20003
p. 1406-1407
SPECTACLES.
Début :
Le Samedi 28 de ce mois, on remit au Théatre [...]
Mots clefs :
Athalie, Tragédie, Racine, Zaïre, Voltaire
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texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES.
SPECTACLE S.
E Samedi 28 de ce mois , on remit au
Théatre François, la Tragedie d'Athalie, de Racine, dont le Public voit les Re
presentations avec beaucoup de plaisir.
La Dile Balicours y joue le principal Rôle.
Les Diles Duclos , Dangeville la jeune , et
Gossin, ceux de Josabet , de Zacharie , et
de Salomitk Ceux du Grand- Prêtre, d'Abner, de Mathan , &c. sont remplis par
les S Dufresne , Granval , le Grand , &c.
La jeune Dle la Traverse yjouë fort bien
celui de Foas.
II. Vol. Tout
JUIN. 173201487
$
Tout le monde sçait que les deux Tra
gedies d'Esther et d'Athalie , dont les sujets sont tirez de l'Ecriture Sainte , sont
les derniers Ouvrages de leur illustrè Auteur. Illes composa sous le regne de Louis
XIV. pour les Demoiselles de la Maison
Royale de S. Cyr , qui les représenterent
avec beaucoup d'intelligence , avec les
Chours. Athalie parut pour la première
fois sur le Théatre François , le 3 Mars
1716 , pendant le Carême ; on en retrancha les Chours. Elle eut un succès prodigieux . Me Desmares y joüoit le principal Rôle ; le S Beaubourg celui du GrandPrêtre ; et le S Ponteuil celui de Mathan.
Le 30 de ce mois , les Comédiens
François lûrent dans leur assemblée une
Tragédie nouvelle , intitulée Zaïre , de
la composition de Mr de Voltaire , qu'il
a faite , dit - on , en trois semaines , sans
qu'elle se sente de ce court espace de
temps. Oh assure au contraire qu'elle est
extrémement travaillée , pleine d'esprit
et de sentimens , et écrite dans la plus
grande élégance. C'est un sujet tiré de
I'Histoire des Croisades , &c. ,
Cette Piece sera jouée le mois prochain;
nous en rendrons compte exactement.
E Samedi 28 de ce mois , on remit au
Théatre François, la Tragedie d'Athalie, de Racine, dont le Public voit les Re
presentations avec beaucoup de plaisir.
La Dile Balicours y joue le principal Rôle.
Les Diles Duclos , Dangeville la jeune , et
Gossin, ceux de Josabet , de Zacharie , et
de Salomitk Ceux du Grand- Prêtre, d'Abner, de Mathan , &c. sont remplis par
les S Dufresne , Granval , le Grand , &c.
La jeune Dle la Traverse yjouë fort bien
celui de Foas.
II. Vol. Tout
JUIN. 173201487
$
Tout le monde sçait que les deux Tra
gedies d'Esther et d'Athalie , dont les sujets sont tirez de l'Ecriture Sainte , sont
les derniers Ouvrages de leur illustrè Auteur. Illes composa sous le regne de Louis
XIV. pour les Demoiselles de la Maison
Royale de S. Cyr , qui les représenterent
avec beaucoup d'intelligence , avec les
Chours. Athalie parut pour la première
fois sur le Théatre François , le 3 Mars
1716 , pendant le Carême ; on en retrancha les Chours. Elle eut un succès prodigieux . Me Desmares y joüoit le principal Rôle ; le S Beaubourg celui du GrandPrêtre ; et le S Ponteuil celui de Mathan.
Le 30 de ce mois , les Comédiens
François lûrent dans leur assemblée une
Tragédie nouvelle , intitulée Zaïre , de
la composition de Mr de Voltaire , qu'il
a faite , dit - on , en trois semaines , sans
qu'elle se sente de ce court espace de
temps. Oh assure au contraire qu'elle est
extrémement travaillée , pleine d'esprit
et de sentimens , et écrite dans la plus
grande élégance. C'est un sujet tiré de
I'Histoire des Croisades , &c. ,
Cette Piece sera jouée le mois prochain;
nous en rendrons compte exactement.
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Résumé : SPECTACLES.
Le 28 juin 1732, la tragédie 'Athalie' de Racine a été représentée au Théâtre François, rencontrant un grand succès auprès du public. Les rôles principaux étaient interprétés par la Dile Balicours (Athalie), les Diles Duclos, Dangeville la jeune, et Gossin (Josabet, Zacharie, et Salomith), ainsi que les S Dufresne, Granval, et le Grand (Grand-Prêtre, Abner, Mathan, etc.). La jeune Dile la Traverse jouait également bien le rôle de Foas. 'Athalie' et 'Esther', tirées de l'Écriture Sainte, sont les derniers ouvrages de Racine, composés pour les Demoiselles de la Maison Royale de Saint-Cyr sous le règne de Louis XIV. 'Athalie' a été jouée pour la première fois le 3 mars 1716, sans les chœurs, et a connu un succès prodigieux. Les rôles principaux étaient tenus par Me Desmares (Athalie), le S Beaubourg (Grand-Prêtre), et le S Ponteuil (Mathan). Le 30 juin, les Comédiens Français ont lu une nouvelle tragédie de Voltaire intitulée 'Zaïre', écrite en trois semaines. Cette pièce, tirée de l'Histoire des Croisades, est décrite comme extrêmement travaillée, pleine d'esprit et de sentiments, et écrite avec élégance. Elle sera jouée le mois suivant.
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20004
p. 130-133
LETTRE à M. DE LA PLACE, ou Réponse aux Observations sur l'Histoire de la Médecine.
Début :
VOUS ignoriez sans doute, Monsieur, que l'Essai Historique sur la Médecine [...]
Mots clefs :
Médecine, Faculté de médecine de Paris, Police, Édition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, ou Réponse aux Observations sur l'Histoire de la Médecine.
LETTRE à M. DE LA PLACE , ou
Réponse aux Obfervations fur l'Hiftoire
de la Médecine.
V OUS ignoriez fans doute , Monfieur ,
que l'Effai Hiftorique fur la Médecine
en France , tant critiqué par un Anonyme
dans votre premier Volume du
Mercure d'Avril à l'article Médecine
eft l'ouvrage de M. Chomel , ancien
Doyen de la Faculté de Médecine de
Paris , Médecin Vétéran du Roi , & qui
depuis plus de trente ans jouit de la
réputation la plus diftinguée .
*
Mais fi l'indifférence de M. Chomel
pour cette critique peu mefurée l'em-
Fêche d'y répondre , ma qualité de novice
& de fon élève me donne le
zèle néceffaire pour le faire pour lui..
* La preuve que je l'ignorois en effet , fe trouve
dans l'Annonce même que j'ai faite de cet Ouvrage
, dans le Mercure du mois de Décembre
1762. Les Auteurs qui croyent pour un temps:
devoir garder l'anonyme , devroient du moins..
fe faire connoître aux Journaliſtes auxquels ils
envoyent leurs ouvrages ; ce feroit le moyen de
prévenir fouvent les critiques qui peuvent leur
déplaire,
AVRIL 1763. 131 '
94
Je ne reléverai pas ce qu'il y a d'offenfant,
ce ne font pas des raifons. M. Chomel
n'a attaqué perfonne & il ne s'eft élevé
que contre des abus pernicieux au bien
public , contre les Empiriques , les Moi- ..
nes , les Eccléfiaftiques qui font la Mé
decine les Moines défroqués . S'il av
défigné M. Tronchin , c'eft parce qu'il
lui croit des torts réels dans une Préface
qu'il a miſe à la tête d'une Édition qu'il
a donnée des avres de Baillon. Il n'y
a rien d'ailleurs contre fa perfonne .
Quant à ce qui regarde Saint Come , je
renvoye aux recherches de Pafquier ,
qui prouvent que c'étoit une Confrairie
& nullement un Collége. Au fujet de
Lanfranc , il fuffit de citer fes propres
termes & ceux de Guy de Chauliac par
lefquels on voit inconteftablement , ainfi
que parles Lettres de Philippe le Bel,
quel étoit alors l'état de la Chirurgie
en France . A l'égard de Jean Pitard ,
il n'y a que les Lettres de 1311 qui en
parlent & il étoit Chirurgien -Juré du
Châtelet , ce qui lui donnoit droit &
autorité de former une Communauté
dont il étoit le chef; ce qui non -feulement
ne fait rien au foi- difant Collége ,
mais prouve contre lui & démontre
que la police qu'on vouloit établir dans
F vj
132 MERCURE
DE FRANCE
.
les arts & métiers, étoit une police nouvelle
& légale fous la feule autorité du
Prévôt de Paris . Je ne vous parlèrai
point des mots Cyrurgicus & Phyficus
prendre
qu'on veut abfolument
fair
pour des adjectifs : ces prétentions font
un peu trop romanefques
. On trouve
dans tous les anciens titres Phyficus
Domini Regis pour défigner le Médecin
du Roi . Un reproche plus étonnant
encore , eft celui qu'on fait à
M. Chomel de n'avoir pas parlé de Fernel
, de Baillon , & de Riolan. Comment
pouvoit-il en parler ? Il en eft reſté
au règne de Saint Louis. Devoit - il
bouleverfer toute la Chronologie
pour
parler de ces Médecins ? Je ne fuis pas
moins furpris de voir appeller le Livre
de la Metrie une invective raifonnée.
Ignore-t- on , ou a-t-on oublié que
cette fatyre indécente a été brûlée par
la main du Bourreau ? J'en refterai là ,
Monfieur , & c'en eft affez pour répondre
à la premiére partie de la critique
qui fe trouve dans le premier Mercure
de ce mois. Si la difpute s'étoit annoncée
purement littéraire , peut- être M. Chomel,
auroit-il répondu par la même voie ,
qui , fans doute , ne lui auroit pas été
refufée. Une nouvelle édition détaillera
AVRIL. 1763. 133
tous ces faits , qui ne font qu'énoncés
dans l'Effai Hiftorique.
J'ai l'honneur d'être , & c.
PHILIPPE , Médecin de la Faculté de Paris.
Réponse aux Obfervations fur l'Hiftoire
de la Médecine.
V OUS ignoriez fans doute , Monfieur ,
que l'Effai Hiftorique fur la Médecine
en France , tant critiqué par un Anonyme
dans votre premier Volume du
Mercure d'Avril à l'article Médecine
eft l'ouvrage de M. Chomel , ancien
Doyen de la Faculté de Médecine de
Paris , Médecin Vétéran du Roi , & qui
depuis plus de trente ans jouit de la
réputation la plus diftinguée .
*
Mais fi l'indifférence de M. Chomel
pour cette critique peu mefurée l'em-
Fêche d'y répondre , ma qualité de novice
& de fon élève me donne le
zèle néceffaire pour le faire pour lui..
* La preuve que je l'ignorois en effet , fe trouve
dans l'Annonce même que j'ai faite de cet Ouvrage
, dans le Mercure du mois de Décembre
1762. Les Auteurs qui croyent pour un temps:
devoir garder l'anonyme , devroient du moins..
fe faire connoître aux Journaliſtes auxquels ils
envoyent leurs ouvrages ; ce feroit le moyen de
prévenir fouvent les critiques qui peuvent leur
déplaire,
AVRIL 1763. 131 '
94
Je ne reléverai pas ce qu'il y a d'offenfant,
ce ne font pas des raifons. M. Chomel
n'a attaqué perfonne & il ne s'eft élevé
que contre des abus pernicieux au bien
public , contre les Empiriques , les Moi- ..
nes , les Eccléfiaftiques qui font la Mé
decine les Moines défroqués . S'il av
défigné M. Tronchin , c'eft parce qu'il
lui croit des torts réels dans une Préface
qu'il a miſe à la tête d'une Édition qu'il
a donnée des avres de Baillon. Il n'y
a rien d'ailleurs contre fa perfonne .
Quant à ce qui regarde Saint Come , je
renvoye aux recherches de Pafquier ,
qui prouvent que c'étoit une Confrairie
& nullement un Collége. Au fujet de
Lanfranc , il fuffit de citer fes propres
termes & ceux de Guy de Chauliac par
lefquels on voit inconteftablement , ainfi
que parles Lettres de Philippe le Bel,
quel étoit alors l'état de la Chirurgie
en France . A l'égard de Jean Pitard ,
il n'y a que les Lettres de 1311 qui en
parlent & il étoit Chirurgien -Juré du
Châtelet , ce qui lui donnoit droit &
autorité de former une Communauté
dont il étoit le chef; ce qui non -feulement
ne fait rien au foi- difant Collége ,
mais prouve contre lui & démontre
que la police qu'on vouloit établir dans
F vj
132 MERCURE
DE FRANCE
.
les arts & métiers, étoit une police nouvelle
& légale fous la feule autorité du
Prévôt de Paris . Je ne vous parlèrai
point des mots Cyrurgicus & Phyficus
prendre
qu'on veut abfolument
fair
pour des adjectifs : ces prétentions font
un peu trop romanefques
. On trouve
dans tous les anciens titres Phyficus
Domini Regis pour défigner le Médecin
du Roi . Un reproche plus étonnant
encore , eft celui qu'on fait à
M. Chomel de n'avoir pas parlé de Fernel
, de Baillon , & de Riolan. Comment
pouvoit-il en parler ? Il en eft reſté
au règne de Saint Louis. Devoit - il
bouleverfer toute la Chronologie
pour
parler de ces Médecins ? Je ne fuis pas
moins furpris de voir appeller le Livre
de la Metrie une invective raifonnée.
Ignore-t- on , ou a-t-on oublié que
cette fatyre indécente a été brûlée par
la main du Bourreau ? J'en refterai là ,
Monfieur , & c'en eft affez pour répondre
à la premiére partie de la critique
qui fe trouve dans le premier Mercure
de ce mois. Si la difpute s'étoit annoncée
purement littéraire , peut- être M. Chomel,
auroit-il répondu par la même voie ,
qui , fans doute , ne lui auroit pas été
refufée. Une nouvelle édition détaillera
AVRIL. 1763. 133
tous ces faits , qui ne font qu'énoncés
dans l'Effai Hiftorique.
J'ai l'honneur d'être , & c.
PHILIPPE , Médecin de la Faculté de Paris.
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, ou Réponse aux Observations sur l'Histoire de la Médecine.
La lettre adressée à M. de La Place répond aux critiques anonymes publiées dans le Mercure d'avril concernant l'ouvrage historique sur la médecine en France de M. Chomel, ancien doyen de la Faculté de Médecine de Paris. Philippe, élève de M. Chomel, explique que ce dernier n'a pas répondu par indifférence. Philippe souligne que M. Chomel n'a attaqué personne mais a critiqué des abus publics, notamment les empiriques, les moines et les ecclésiastiques pratiquant la médecine. Il défend également les choix éditoriaux de M. Chomel concernant les périodes historiques couvertes dans son ouvrage. Philippe mentionne que les critiques sur l'absence de certains médecins comme Fernel, Baillon et Riolan sont infondées, car l'ouvrage se concentre sur la période du règne de Saint Louis. Il conclut en affirmant que M. Chomel pourrait répondre plus en détail dans une nouvelle édition de son ouvrage.
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20005
p. 3052-3056
Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné son agrément pour le Mariage du Prince de Conti avec [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Orateur, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
En décembre 1731, le roi de France approuva le mariage du Prince de Conti avec Mademoiselle de Chartres, sœur cadette du Duc d'Orléans, et de Mademoiselle de Beaujolais. Une demande de dispenses fut envoyée à Rome pour permettre la célébration prévue le 22 janvier. Le Comte d'Ayen prêta serment pour la charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes du Corps, en survivance de son père, le Duc de Noailles, et commença à exercer conjointement avec lui. Le roi accorda également au Marquis de Ximenés, Brigadier des Armées, l'agrément pour la charge de Maréchal Général des Logis des Camps et Armées. Le 10 décembre, une course de traîneaux se tint dans le parc de Versailles, avec la participation du roi et de plusieurs nobles. Le 18 décembre, de nouveaux membres furent intégrés aux Chambres du Parlement, dont M. Talon, Président à Mortier, et M. Joly de Fleury, Avocat Général. Le jour de Noël, un incendie détruisit une maison à Estrées-Saint-Denis, près de Compiègne, appartenant au Sr. de Ste Croix. La veille de Noël, le roi communia et toucha un grand nombre de malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la grande-messe et à la prédication du Père Boursault, Supérieur des Théatins, qui reçut une admiration unanime pour ses sermons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
20006
p. 2905
ESPAGNE.
Début :
On écrit de Parme, que les 5000. hommes de Troupes Espagnoles, débarquez de Livourne, [...]
Mots clefs :
Troupes espagnoles, Exposition du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
N écrit de Parme , que les rooo. hommes
de Troupes Espagnoles , débarquez de Livourne
, sont arrivez dans les Etats de l'Infant
Don Carlos
Voici l'Exposition du Roy , que nous allons
donner dans sa Langue originale.
N écrit de Parme , que les rooo. hommes
de Troupes Espagnoles , débarquez de Livourne
, sont arrivez dans les Etats de l'Infant
Don Carlos
Voici l'Exposition du Roy , que nous allons
donner dans sa Langue originale.
Fermer
20007
p. 159-162
ENIGME Par M. Desforges Maillard, Associé de l'Académie des Belles Lettres de la Rochelle.
Début :
Ami, je vais partir & m'éloigner de toi ; [...]
Mots clefs :
Lettre Y
20008
p. 2905-2913
NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
Début :
Jamàs el Rey Catholico ha podido mirar con ojos imparciales, ò con tranquila indiferencia, [...]
Mots clefs :
Rey Católico, Emperador, Señor infante, Majestad, Corte de Viena, Rey británico
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
NOTICIA al Embaxador del REY
CATHOLICO en la Corte Britanica ,
de las razones que han obligado a su
MAGESTAD Catholica à hacer la
guerra al EMPERADOR.
J
:
Amás el Rey Catholico ha podido mirar con
ojos imparciales , ò con tranquila indiferen-
Cia , la extravagante sèrie de ultrages , y violen-'
tos procederes del Emperador , y Corte de Viena,
para ceñir con su oposicion la autorizada libertad
de la Republica de Polonia , dissimulado
el visible intento de quitarla , con el aparente
disfraz de mantenerla todo à fin de que no se
exalte en su Solio Soberano un Principe , en
quien resplandece tan intimo respetable enlace
con la Augusta Casa de Borbòn , de que es el
Rey Catholico parte tan principal ; ò hacer ,
que elegido , ò elevado , se precipite del Trono,
El silencio de su Magestad Catholica en los
emergentes de este caso , y desde la notoria denigrativa
exclusion de el Rey Stanislao , no explicaba
menos su justo sentimiento , que las publicas
declaraciones del Rey Christianissimo su
sobrino ; ni menos agitaban su Real animo los
agravios de la no sufrible ambicion de la Corte
II. Vol. GY d<
2906 MERCURE DE FRANCE
de Viena , que los generosos estimulos de su
pondonor. Creia , no obstante , su Mag. Catholica
, que no dexaria el Emperador de reflexionar
los riesgos de su escandalosa empressa , y
la imaginaria presumpcion de su superioridad ,
para desistir del contingente monstruoso intento
de chocar ciegamente en el escollo de la delicada
tolerancia de semejantes Potencias , siendo
en entrambas comunes los agravios , y unos
mismos los impulos.
Por tanto su Mag. Catholica , todavia impelido
del deseo de la paz , y siempre influido del zelo
de la universal quietud , prosiguió en solicitar
los efectos de la mediacion , y garantia del Rey
Britanico , para la amigable satisfacion de los
insultos , daños , è infracciones executadas inde
bidamente en los Estados , y persona del Señor
Infante de España Don Carlos su hijo . Pero no
conociendo yà limites la ambicion del Emperador,
y Corte de Viena , animada de un insaciable
furor de soberania , en que le constituyò la lisonja
comun de Europa , en la adquisicion de bastos
dominios ; esforzò , en fin , medios extraordinarios
, con el dificil intento de sacrificar à su
antojo , en la persona del Rey Stanislao , la soberania
de los dos altos Monarcas ,y desatender al
mismo tiempo , con desprecio , las cuerdas proposiciones
del Rey Britanico , para eludir en la
Religiosa resignacion del Rey Catholico , las
profiquas resultas de una dilatada negociacion ,
par la un amigable convenio.
Estas no esperadas resoluciones del Emperador
, influidas de una prepotente animosidad , y
dirigidas , sin rebozo , à violár los derechos de
succession de Principes legitimos , se infieren ,
sin violencia , de los notorios despoticos proce
11. Vol. dimientos
DECEMBRE. 1733. 2907
dimientos contra la libre eleccion del Rey Stanislao.
Y aunque no son menos sabidos los que
maliciosamente se han fraguado contra la suceession
del Señor Infante Don Carlos , non parce
que deba presentemente callarios la incon
trastable justificacion del Rey Catholico.
Apenas muerto el Duque Antonio de Parma
ocupó sus Estados con la fuerza de sus Armas,
desatendiendo , u olvidando el titulo honeroso
con que se avia obligado à sobrogar la inmediata
legitima possession del Señor Infante Don
Carlos , por solemnes , repetidos , y ratificados
Tratados ; valiendose , para cohonestar la usurpacion
, del vergonzoso pretexto de un fingido
preñado de la Duquesa Henriqueta viuda , en
cuya contestacion creyò , sacrificando su decoro,
adquirir escandalosamente con el Emperador un
merito ; y éste , conseguir su injusto intento con
autorizar esta fabulosa Scena en el Teatro del
Mundo , todo con publicos Rescriptos , Juntas
de Govierno , y disposiciones à nombre del solo
imaginado venturo concepto.
Sin duda se persuadiò desde luego la Corte de
Viena de poder con este detestable artificio im
possibilitar la succession del Infante ; pero en el
discurso del tiempo previò dificil la duracion del
engaño , y creyò hacerse un gran merito con
confessarlo , facilitando en esta forma la execucion
de las estipuladas condiciones , à favor de
la succession del Señor Infante , con el Rey de
Inglaterra , que quiso interessar su fee , y autoridad
en la justicia del Señor Infante.
los
Fueron verdaderamente en este intermedio ,
poderosas en el animo del Rey Catholico las
atentas insinuaciones , los eficaces oficios , y
generosos ofrecimientos de su Mag. Britanica
II. Vel
G vi para
1958, MERCURE DE FRANCE
para que su Mag. Catholica concurriesse en la
satisfaccion , que amigablemente le procuraba ,
para la debida pacifica possession del señor Infante
Don Carlos en los Estados de Parma,y seguridad
de las futuras de Toscana.
No obstante no se escondian à la elevada
penetration del Rey Catholico , los evidentes
riesgos de su condescendentia , la experimendata
mala fee de muchos años , la violacion de muchos
Tratados , y el conocimiento de los ambiciosos
fines de la Corte de Viena, que han dado
siempre aliento à la prudente desconfianza, y
al fundado rezelo de que la forzada conniven
cia del Emperador , à la autoridad del Rey Britanico
, pudiesse llegar à tal punto , que experimentasse
limites su prepotencia , y tuviessen frepo
los arrojos mal consentidos de una altivéz
desordenada.
Con el designio de su desengaño quiso su Magestad
Catholica acordarle el riesgo ; y en 6 de
Junio de 173 1. convino con su Magestad Britanica
, que para no encender en una sensible perqurbacion
la publica tranquilidad , admitiria la
amigable , ofrecida , y acordada possession del
señor Infante Don Carlos , y la pacifica introducion
de los seis mil Españoles , con la expressa
condicion de que .... » Ni por parte del Serenissimo
Infante , ni por la de su Magestad
Catholica , fuesse necessario disputar , debatir
, ò allanas dificultad alguna , qualquiera
fuesse que pudiesse ofrecerse debaxo de
qualquier pretexto , que ser pudiesse.
Consintió el Emperador à la execucion de
este convenio , con la ratificacion de su observancia
, que estipulò tambien con el Ministro
de su Magestad Catholica, cuyo Real animo de-
11. Vol. biè
92 que
90
DECEMBRE. 1733 2909
biò esperar prompta , por tan afianzadas segu
ridades , la debida entrega de los Estados de Parma
, y Placencia al señor Infante , y pacifica la
entrada , y_permanencia en Toscana de dicho
Cuerpo de Tropas. Sin embargo , contra toda expectacion,
y solemnidad de contratos , viò la Europa
ultrajado el respeto del Señor Infante , y
desatendida del Emperador la Magestad Catholica
, mediante una nueva impensada repulsa al
Acto acordado de la possession ; prétendiendo ,
que precediesse una jamàs discurrida declaracion
del Ministro de su Mag. residente en Parma , sobre
otras distintas indecorosas condiciones , nunca
articuladas , ni propuestas , y solo dirigidas
à su arbitrio , con un Ministro no autorizado ,
apartando fraudulentamente la communicacion ,
è inteligencia de estos subrepticios procederes, de
los Ministros de su Mag. Catholica , y su Mag.
Britanica , que se hallaban residentes en Viena ,
y avian , en nombre de sus Soberanos , solemnizado
la observancia de lo poco antes diversa-
, mente estipulado. Fundado sobre tan erroneos
instrumentos , immediamente pretendiò , y amenazo
expeler con treinta Batallones , y dos mil
cavallos , los apenas introducidos seis mil Espažolės
.
"
Manifestò su Mag. Catholica al Emperador
el sentimiento que le debia causar tan inaudito
trato , y sonò en toda Europa su justa quexa ; y
no pudiendo obtener respuesta alguna las mas
atentas , y activas instancias , solo pudo conseguir
de un emphatico desprecio , una dissimulada
desistencia .
No satisfecha , al parecer , la Corte de Viena
con tanto provocar el sufrimiento , ordenò se
executassen quantos insultos pudiessen cometerse
II. Vol.
con1910
MERCURE DE FRANCE
contra los limites , y jurisdicion del Señor In
fanre Don Carlos , usurpando terrenos , sitios, y
dominio sobre subditos de tan gran Principe
prohibiendo el reconocimiento de Feudatarios
su soberania , la entrega de los Feudos del Reyno
de Napoles , è incorporando con absoluta
potestad otros à su supremo Dominio , contra
las expressas Clausulas de las Investiduras , y
Tratados. Ese arrebatamiento de voluntarias
violencias , llegò al extremo de expedir dos Rescriptos
injuriosos , condenando en el uno , como
delinquente , al Gran Duque de Toscana , por
aver recibido en su nombre el Señor Infante el
omenage de los Pueblos de aquellos Estados , en
un voluntario reconocimiento de Successor legitimo
; y en el otro al Señor Infante , por suponer
averse indebidamente abrogado el Titulo de
Gran Principe , admitido antecedentemente , sin
controversia , por el Ministerio de Viena , en
Actos publicos , en impression de monedas , y en
la aclamacion de los Pueblos , olvidanto , que
esta practica se reconoce autorizada en todos
tiempos , y aun en el actual , por otros Principes
del Imperio , con el unico identico fundamento
de las investiduras eventuales .
Viendo , en fin , la Corte de Viena descubiertos
los engañosos artes con que intentaba disfrazar
sus maximas , è idèas particulares , recurriè
al de acriminar las referidas inocentes acciones ,
abultandolas , y calificandolas de inexplicables
perjuicios à la feudalidad del Imperio , al passo
que no ay acto de sumission , que aya dexado de
observarse , con la mayor exactitud , para la admission
de Tutores , de emancipada patria potestad
, de reconocimiento de menor edad , y
consiguientemente quanto conduce à los mas
II. Vel. for.
DECEMBRE. 1733. 2971
formales , y puros procederes , aunque todo es
to no pidiesse la observancia de los Tratados , è
Investiduras eventuales.
Enmedio de estos sensibles excessos , ha querido
su Mag. Catholica , que à la vista del mun
do todo , compitiesse su prudente tolerancia
con la inconstante violencia del Emperador , y
antes valerse de la justicia , que del valor . Confiò
à la autorizada interposicion del Rey Eritanico
sus justas quexas contra los incessantes disturbios,
y desprecios , que interrumpian la tranquilidad
de las possessiones del Señor Infante, y
lastimaban el decoro de su Magestad. Adopto
su Mag. Britanica la justicia del Rey Catholico,
y empleò sus oficios con la Corte de Viena ,
tratandose en repetidas conferencias de los medios
mas oportunos para una decorosa amigable
composicion. Pero las continuas di aciones llas
respuestas ambiguas , las inadmissibles proposiciones
, los terminos imperiosos , y lesivos con
que se formaban los proyectos en Viena , las
pretestadas distancias , y la methodica lentitud
de aquel ministerio , han arrastrado la mas solicita
aplicacion à que tan solamente se huviesse
podido por los Ministros Britanicos formar un
Proyecto en 21 de Julio de 1733. que aprobado
por el Embaxador de su Magestad Catholi
ca , recusò el admitirlo el de el Emperador sin
nuevas ordenes de su Soberano. Condescendiò el
Ministro de su Magestad con repetidas protestas
de no querer incurrir en nuevas capciosas
dilaciones , que hiciessen maliciosamente perder
Ja oportunidad de la Campaña. En esta inteli
gencia se despachò à ambas Cortes el proyectado
ajuste ; y al passo que por su Magestad
Catholica fuc promptamente buelto con su Real
II. Vol.
apro2912
MERCURE DE FRANCE
aprobacion , se difiriò por largo espacio la respuesta
de Viena , atribuyendose à la contrariedad
de los vientos , ò à la seria especulacion de
los Ministros de Viena , la dilacion , que à todos
visos maliciosamente se procuraba
Finalmente , quando se esperaba una condescendencia
tan deseada , y solicitada por el Rey
Britanico de la Corte de Viena , y declarada yà
la de su Mag. Catholica al Proyecto propuesto
por su Mag. Britanica , llega con Extraordinario
un Contra - Proyecto , ò Declaracion , igualmente
ilusorio , è injurioso à quantos antes avia
expedido la altivèz de aquella Corte ; de forma ,
( que sorprehendido , è irritado de un tan extravagante
injurioso proceder el Ministro del Rey
Catholico , se viò precisado à declarar , quebrantada
enteramente toda negociacion. Conociò el
Rey Britanico quan fundada era la quexa de este
Ministro , y qual debia ser el justo enojo de su
Mag. Catholica . Y no obstante estàr yà fatigada
la eficacia de los oficios del Rey Britanico à
la Corte de Viena , quiso la zelosa solicitud de
sus Ministros esforzar un nuevo consentimiento
del Rey Catholico para una dilacion de treinta
dias mas. Pero la prudente reflexion de todo lo
ocurrido , hizo prevèr à su Mag. Catholica las
perjudiciales consequencias de su condescendencia
, y los indecorosos efectos de su ulterior tolerancia
à la vista de tan acumulados desprecios,
hechos al mismo tiempo à Principes de la Casa
de Borbón , y conocer indispensable la correspondiente
resolucion de inmediatamente juntar
sus Tropas con las del Rey Christianissimo ,
para hacer la guerra al Emperador , y en esta
forma vindicar los comunes agravios , y restablecer
el respeto de dos Monarquias , que la in-
II. Vol. tole .
DECEMBK E. 1733. 2913
tolerable ambicion del Emperador ha lastimado
con tanto excesso .
No cree su Mag. Catholica , que despues de
tan estudiadas entretenidas , de tan vissibles engañosos
insultos de la Corte de Viene y de
tan repetidas Condescendencias de la de España ,
pueda dexar de aprobar el Rey Britanico su determinacion
, al passo que comprehenderà ofendida
su mediacion , y menospreciada la sobera
nia de Principes , que no reconocen superioridad
, antes bien se persuade , que quedarà agradecido
del reconocimiento de su Mag. Catholi
ca à su loable intencion ; y que procuratà fomentar
mas que nunca una inalterable buena correspondencia
, para que prosigan à experimentar
las dos Naciones las mas beneficiosas resultas de
un continuado fiel Comercio, y logren la satisfaccion
, que afianza la apreciable amistad de los
dos Monarcos.
CATHOLICO en la Corte Britanica ,
de las razones que han obligado a su
MAGESTAD Catholica à hacer la
guerra al EMPERADOR.
J
:
Amás el Rey Catholico ha podido mirar con
ojos imparciales , ò con tranquila indiferen-
Cia , la extravagante sèrie de ultrages , y violen-'
tos procederes del Emperador , y Corte de Viena,
para ceñir con su oposicion la autorizada libertad
de la Republica de Polonia , dissimulado
el visible intento de quitarla , con el aparente
disfraz de mantenerla todo à fin de que no se
exalte en su Solio Soberano un Principe , en
quien resplandece tan intimo respetable enlace
con la Augusta Casa de Borbòn , de que es el
Rey Catholico parte tan principal ; ò hacer ,
que elegido , ò elevado , se precipite del Trono,
El silencio de su Magestad Catholica en los
emergentes de este caso , y desde la notoria denigrativa
exclusion de el Rey Stanislao , no explicaba
menos su justo sentimiento , que las publicas
declaraciones del Rey Christianissimo su
sobrino ; ni menos agitaban su Real animo los
agravios de la no sufrible ambicion de la Corte
II. Vol. GY d<
2906 MERCURE DE FRANCE
de Viena , que los generosos estimulos de su
pondonor. Creia , no obstante , su Mag. Catholica
, que no dexaria el Emperador de reflexionar
los riesgos de su escandalosa empressa , y
la imaginaria presumpcion de su superioridad ,
para desistir del contingente monstruoso intento
de chocar ciegamente en el escollo de la delicada
tolerancia de semejantes Potencias , siendo
en entrambas comunes los agravios , y unos
mismos los impulos.
Por tanto su Mag. Catholica , todavia impelido
del deseo de la paz , y siempre influido del zelo
de la universal quietud , prosiguió en solicitar
los efectos de la mediacion , y garantia del Rey
Britanico , para la amigable satisfacion de los
insultos , daños , è infracciones executadas inde
bidamente en los Estados , y persona del Señor
Infante de España Don Carlos su hijo . Pero no
conociendo yà limites la ambicion del Emperador,
y Corte de Viena , animada de un insaciable
furor de soberania , en que le constituyò la lisonja
comun de Europa , en la adquisicion de bastos
dominios ; esforzò , en fin , medios extraordinarios
, con el dificil intento de sacrificar à su
antojo , en la persona del Rey Stanislao , la soberania
de los dos altos Monarcas ,y desatender al
mismo tiempo , con desprecio , las cuerdas proposiciones
del Rey Britanico , para eludir en la
Religiosa resignacion del Rey Catholico , las
profiquas resultas de una dilatada negociacion ,
par la un amigable convenio.
Estas no esperadas resoluciones del Emperador
, influidas de una prepotente animosidad , y
dirigidas , sin rebozo , à violár los derechos de
succession de Principes legitimos , se infieren ,
sin violencia , de los notorios despoticos proce
11. Vol. dimientos
DECEMBRE. 1733. 2907
dimientos contra la libre eleccion del Rey Stanislao.
Y aunque no son menos sabidos los que
maliciosamente se han fraguado contra la suceession
del Señor Infante Don Carlos , non parce
que deba presentemente callarios la incon
trastable justificacion del Rey Catholico.
Apenas muerto el Duque Antonio de Parma
ocupó sus Estados con la fuerza de sus Armas,
desatendiendo , u olvidando el titulo honeroso
con que se avia obligado à sobrogar la inmediata
legitima possession del Señor Infante Don
Carlos , por solemnes , repetidos , y ratificados
Tratados ; valiendose , para cohonestar la usurpacion
, del vergonzoso pretexto de un fingido
preñado de la Duquesa Henriqueta viuda , en
cuya contestacion creyò , sacrificando su decoro,
adquirir escandalosamente con el Emperador un
merito ; y éste , conseguir su injusto intento con
autorizar esta fabulosa Scena en el Teatro del
Mundo , todo con publicos Rescriptos , Juntas
de Govierno , y disposiciones à nombre del solo
imaginado venturo concepto.
Sin duda se persuadiò desde luego la Corte de
Viena de poder con este detestable artificio im
possibilitar la succession del Infante ; pero en el
discurso del tiempo previò dificil la duracion del
engaño , y creyò hacerse un gran merito con
confessarlo , facilitando en esta forma la execucion
de las estipuladas condiciones , à favor de
la succession del Señor Infante , con el Rey de
Inglaterra , que quiso interessar su fee , y autoridad
en la justicia del Señor Infante.
los
Fueron verdaderamente en este intermedio ,
poderosas en el animo del Rey Catholico las
atentas insinuaciones , los eficaces oficios , y
generosos ofrecimientos de su Mag. Britanica
II. Vel
G vi para
1958, MERCURE DE FRANCE
para que su Mag. Catholica concurriesse en la
satisfaccion , que amigablemente le procuraba ,
para la debida pacifica possession del señor Infante
Don Carlos en los Estados de Parma,y seguridad
de las futuras de Toscana.
No obstante no se escondian à la elevada
penetration del Rey Catholico , los evidentes
riesgos de su condescendentia , la experimendata
mala fee de muchos años , la violacion de muchos
Tratados , y el conocimiento de los ambiciosos
fines de la Corte de Viena, que han dado
siempre aliento à la prudente desconfianza, y
al fundado rezelo de que la forzada conniven
cia del Emperador , à la autoridad del Rey Britanico
, pudiesse llegar à tal punto , que experimentasse
limites su prepotencia , y tuviessen frepo
los arrojos mal consentidos de una altivéz
desordenada.
Con el designio de su desengaño quiso su Magestad
Catholica acordarle el riesgo ; y en 6 de
Junio de 173 1. convino con su Magestad Britanica
, que para no encender en una sensible perqurbacion
la publica tranquilidad , admitiria la
amigable , ofrecida , y acordada possession del
señor Infante Don Carlos , y la pacifica introducion
de los seis mil Españoles , con la expressa
condicion de que .... » Ni por parte del Serenissimo
Infante , ni por la de su Magestad
Catholica , fuesse necessario disputar , debatir
, ò allanas dificultad alguna , qualquiera
fuesse que pudiesse ofrecerse debaxo de
qualquier pretexto , que ser pudiesse.
Consintió el Emperador à la execucion de
este convenio , con la ratificacion de su observancia
, que estipulò tambien con el Ministro
de su Magestad Catholica, cuyo Real animo de-
11. Vol. biè
92 que
90
DECEMBRE. 1733 2909
biò esperar prompta , por tan afianzadas segu
ridades , la debida entrega de los Estados de Parma
, y Placencia al señor Infante , y pacifica la
entrada , y_permanencia en Toscana de dicho
Cuerpo de Tropas. Sin embargo , contra toda expectacion,
y solemnidad de contratos , viò la Europa
ultrajado el respeto del Señor Infante , y
desatendida del Emperador la Magestad Catholica
, mediante una nueva impensada repulsa al
Acto acordado de la possession ; prétendiendo ,
que precediesse una jamàs discurrida declaracion
del Ministro de su Mag. residente en Parma , sobre
otras distintas indecorosas condiciones , nunca
articuladas , ni propuestas , y solo dirigidas
à su arbitrio , con un Ministro no autorizado ,
apartando fraudulentamente la communicacion ,
è inteligencia de estos subrepticios procederes, de
los Ministros de su Mag. Catholica , y su Mag.
Britanica , que se hallaban residentes en Viena ,
y avian , en nombre de sus Soberanos , solemnizado
la observancia de lo poco antes diversa-
, mente estipulado. Fundado sobre tan erroneos
instrumentos , immediamente pretendiò , y amenazo
expeler con treinta Batallones , y dos mil
cavallos , los apenas introducidos seis mil Espažolės
.
"
Manifestò su Mag. Catholica al Emperador
el sentimiento que le debia causar tan inaudito
trato , y sonò en toda Europa su justa quexa ; y
no pudiendo obtener respuesta alguna las mas
atentas , y activas instancias , solo pudo conseguir
de un emphatico desprecio , una dissimulada
desistencia .
No satisfecha , al parecer , la Corte de Viena
con tanto provocar el sufrimiento , ordenò se
executassen quantos insultos pudiessen cometerse
II. Vol.
con1910
MERCURE DE FRANCE
contra los limites , y jurisdicion del Señor In
fanre Don Carlos , usurpando terrenos , sitios, y
dominio sobre subditos de tan gran Principe
prohibiendo el reconocimiento de Feudatarios
su soberania , la entrega de los Feudos del Reyno
de Napoles , è incorporando con absoluta
potestad otros à su supremo Dominio , contra
las expressas Clausulas de las Investiduras , y
Tratados. Ese arrebatamiento de voluntarias
violencias , llegò al extremo de expedir dos Rescriptos
injuriosos , condenando en el uno , como
delinquente , al Gran Duque de Toscana , por
aver recibido en su nombre el Señor Infante el
omenage de los Pueblos de aquellos Estados , en
un voluntario reconocimiento de Successor legitimo
; y en el otro al Señor Infante , por suponer
averse indebidamente abrogado el Titulo de
Gran Principe , admitido antecedentemente , sin
controversia , por el Ministerio de Viena , en
Actos publicos , en impression de monedas , y en
la aclamacion de los Pueblos , olvidanto , que
esta practica se reconoce autorizada en todos
tiempos , y aun en el actual , por otros Principes
del Imperio , con el unico identico fundamento
de las investiduras eventuales .
Viendo , en fin , la Corte de Viena descubiertos
los engañosos artes con que intentaba disfrazar
sus maximas , è idèas particulares , recurriè
al de acriminar las referidas inocentes acciones ,
abultandolas , y calificandolas de inexplicables
perjuicios à la feudalidad del Imperio , al passo
que no ay acto de sumission , que aya dexado de
observarse , con la mayor exactitud , para la admission
de Tutores , de emancipada patria potestad
, de reconocimiento de menor edad , y
consiguientemente quanto conduce à los mas
II. Vel. for.
DECEMBRE. 1733. 2971
formales , y puros procederes , aunque todo es
to no pidiesse la observancia de los Tratados , è
Investiduras eventuales.
Enmedio de estos sensibles excessos , ha querido
su Mag. Catholica , que à la vista del mun
do todo , compitiesse su prudente tolerancia
con la inconstante violencia del Emperador , y
antes valerse de la justicia , que del valor . Confiò
à la autorizada interposicion del Rey Eritanico
sus justas quexas contra los incessantes disturbios,
y desprecios , que interrumpian la tranquilidad
de las possessiones del Señor Infante, y
lastimaban el decoro de su Magestad. Adopto
su Mag. Britanica la justicia del Rey Catholico,
y empleò sus oficios con la Corte de Viena ,
tratandose en repetidas conferencias de los medios
mas oportunos para una decorosa amigable
composicion. Pero las continuas di aciones llas
respuestas ambiguas , las inadmissibles proposiciones
, los terminos imperiosos , y lesivos con
que se formaban los proyectos en Viena , las
pretestadas distancias , y la methodica lentitud
de aquel ministerio , han arrastrado la mas solicita
aplicacion à que tan solamente se huviesse
podido por los Ministros Britanicos formar un
Proyecto en 21 de Julio de 1733. que aprobado
por el Embaxador de su Magestad Catholi
ca , recusò el admitirlo el de el Emperador sin
nuevas ordenes de su Soberano. Condescendiò el
Ministro de su Magestad con repetidas protestas
de no querer incurrir en nuevas capciosas
dilaciones , que hiciessen maliciosamente perder
Ja oportunidad de la Campaña. En esta inteli
gencia se despachò à ambas Cortes el proyectado
ajuste ; y al passo que por su Magestad
Catholica fuc promptamente buelto con su Real
II. Vol.
apro2912
MERCURE DE FRANCE
aprobacion , se difiriò por largo espacio la respuesta
de Viena , atribuyendose à la contrariedad
de los vientos , ò à la seria especulacion de
los Ministros de Viena , la dilacion , que à todos
visos maliciosamente se procuraba
Finalmente , quando se esperaba una condescendencia
tan deseada , y solicitada por el Rey
Britanico de la Corte de Viena , y declarada yà
la de su Mag. Catholica al Proyecto propuesto
por su Mag. Britanica , llega con Extraordinario
un Contra - Proyecto , ò Declaracion , igualmente
ilusorio , è injurioso à quantos antes avia
expedido la altivèz de aquella Corte ; de forma ,
( que sorprehendido , è irritado de un tan extravagante
injurioso proceder el Ministro del Rey
Catholico , se viò precisado à declarar , quebrantada
enteramente toda negociacion. Conociò el
Rey Britanico quan fundada era la quexa de este
Ministro , y qual debia ser el justo enojo de su
Mag. Catholica . Y no obstante estàr yà fatigada
la eficacia de los oficios del Rey Britanico à
la Corte de Viena , quiso la zelosa solicitud de
sus Ministros esforzar un nuevo consentimiento
del Rey Catholico para una dilacion de treinta
dias mas. Pero la prudente reflexion de todo lo
ocurrido , hizo prevèr à su Mag. Catholica las
perjudiciales consequencias de su condescendencia
, y los indecorosos efectos de su ulterior tolerancia
à la vista de tan acumulados desprecios,
hechos al mismo tiempo à Principes de la Casa
de Borbón , y conocer indispensable la correspondiente
resolucion de inmediatamente juntar
sus Tropas con las del Rey Christianissimo ,
para hacer la guerra al Emperador , y en esta
forma vindicar los comunes agravios , y restablecer
el respeto de dos Monarquias , que la in-
II. Vol. tole .
DECEMBK E. 1733. 2913
tolerable ambicion del Emperador ha lastimado
con tanto excesso .
No cree su Mag. Catholica , que despues de
tan estudiadas entretenidas , de tan vissibles engañosos
insultos de la Corte de Viene y de
tan repetidas Condescendencias de la de España ,
pueda dexar de aprobar el Rey Britanico su determinacion
, al passo que comprehenderà ofendida
su mediacion , y menospreciada la sobera
nia de Principes , que no reconocen superioridad
, antes bien se persuade , que quedarà agradecido
del reconocimiento de su Mag. Catholi
ca à su loable intencion ; y que procuratà fomentar
mas que nunca una inalterable buena correspondencia
, para que prosigan à experimentar
las dos Naciones las mas beneficiosas resultas de
un continuado fiel Comercio, y logren la satisfaccion
, que afianza la apreciable amistad de los
dos Monarcos.
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Résumé : NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
Le texte est une notification adressée à l'ambassadeur du roi catholique à la cour britannique, expliquant les raisons de la déclaration de guerre du roi catholique contre l'empereur. Le roi catholique a observé les actions de l'empereur et de la cour de Vienne, qui cherchaient à limiter la liberté de la République de Pologne et à empêcher l'accession au trône d'un prince lié à la maison de Bourbon. Le silence du roi catholique cachait son mécontentement et les déclarations publiques de son neveu, le roi très chrétien. L'ambition de la cour de Vienne et son désir de domination ont poussé le roi catholique à solliciter la médiation du roi britannique pour résoudre les conflits, notamment concernant les États et la personne du prince Charles d'Espagne. Cependant, l'ambition insatiable de l'empereur et de la cour de Vienne a conduit à des violations des traités et des droits de succession légitimes. La cour de Vienne a usurpé les États du duc Antoine de Parme sous un prétexte fallacieux et a refusé de reconnaître la succession du prince Charles. Malgré les efforts de médiation du roi britannique, la cour de Vienne a continué à violer les accords et à provoquer des conflits. Le roi catholique, après avoir épuisé toutes les voies diplomatiques, a décidé de déclarer la guerre à l'empereur pour vindiquer les agravios communs et rétablir le respect des deux monarchies. Le texte mentionne également une situation diplomatique complexe impliquant plusieurs cours royales. L'auteur exprime son incrédulité face à la possibilité que le roi britannique n'approuve pas une certaine décision, malgré les efforts et les concessions des cours de Vienne et d'Espagne. Il souligne que cette décision pourrait être perçue comme une offense à la médiation britannique et un mépris de la souveraineté des princes qui ne reconnaissent pas de supériorité. L'auteur est convaincu que le roi britannique sera reconnaissant de la reconnaissance de l'intention louable de Sa Majesté Catholique. Il espère que cela conduira à un renforcement des relations amicales et à une coopération commerciale bénéfique entre les deux nations, assurant ainsi la satisfaction et l'amitié entre les deux monarques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20009
p. 1336-1338
ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
Début :
De l'excès affreux de misere [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
ODE SACRÉE
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
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20010
p. 1408-1417
LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
Début :
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de beaucoup [...]
Mots clefs :
Les Serments Indiscrets, Marivaux, Théâtre-Français, Damis, Lisette, Actes
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texteReconnaissance textuelle : LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
LES SERMENS INDISCRETS
Comédie en Prose et en cing Actes , de
M. de Marivaux , representée pour la
premierefois au Théatre François , le &
Juin.
9
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de
beaucoup d'autres; la premiere Représentation fût des plus tumultueuses , peutêtre auroit-elle été écoutée plus tranquille
ment , si elle avoit été donnée tout autre
jour qu'un Dimanche le Parterre des
jours de Fête est ordinairement plus impatient et plus turbulent que les autres ;
'Auteur en fit la triste expérience , et
quoique son dernier Acte fut le plus
beau , comme on l'a reconnu dans les
Représentations suivantes , on ne laissa
pas aux Acteurs la liberté de l'achever ;
le plus grand deffaut qu'on trouve dans
toute la Piéce , c'est de n'avoir pas assez.
d'action et trop d'esprit. Voici ce qui
concerne l'action..
Lucile , fille de M. Orgon , doit être mariée à Damis , fils de M. Ergaste. Ils ne se
sont jamais vûs , et d'ailleurs ils ont tous
deux une égale aversion pour le mariage.
Lucile paroît d'abord , écrivant une Lettre , qu'elle charge Lisette , sa Suivante
II. Vol. de
JUIN. 1732. 1409 •
de remettre entre les mains de Damis ,
dès qu'il sera arrivé. Lisette qui craint
que le changement d'état de sa Maîtresse
ne lui fasse perdre l'empire qu'elle a pris
sur elle , la confirme dans le dessein qu'elle a de ne perdre aucun engagement , et
de jouir autant qu'elle pourra de sa precieuse liberté..
Damis arrivé , Lucile se retire à son apa
proche , Lisette demeure pour s'acquitter de la commission que sa Maîtresse lui
a donnée. Elle est ravie d'apprendre que
le futur époux n'a pas moins d'aversion
pour tout ce qui s'appelle engagement ,
que sa future ; elle agit en Plénipotentiaire , et fait entendre à Damis que sa
Maîtresse se trouve heureusement dans
les mêmes dispositions que lui..
2
Lucile qui a écouté la conversation de
Damis et de Lisette , vient confirmer les
articles du Traité. Dámis la trouve si
belle , qu'il commence à se repentir en
secret de la résolution qu'il a formée
sans connoissance de cause ; la même cho--
se se passe à peu près dans le cœur de Lucile ; mais elle le cache avec plus de soin.-
Lisette qui a interêt à les faire perseverer
tous deux dans leur premiere résolution ,
les lie par un serment indiscret, et pourtant
réciproque. Damis , devenu jaloux aussi--
11. Vol, - Gay τον
1410 MERCURE DE FRANCE
•
tôt qu'amoureux , s'imagine que Lucile
n'auroit pas l'aversion qu'elle vient de lui
témoigner pour le mariage , si son cœur
n'avoit point d'engagement pour un autre que lui. Il craindroit de la rendre
malheureuse, s'il rompoit le serment qu'il
vient de lui faire , de rompre le mariage
que leurs Peres ont projetté sans les avoir
consultez ; c'est donc par probité qu'il
veut être fidele à son serment ; mais cette
probité se trouve un peu en deffaut dans
les nouvelles mesures qu'ils prennent
pour l'éxécution de leur dessein. Damis
promet de feindre de l'amour pour Phenice , stir cadette de Lucile ; on n'a pas
trouvé que cette feinte fût assez dans les
régles de l'honneur dont il paroît qu'il
se pique.
Le feint attachement de Damis pour
Phenice embarasse et afflige également
M. Orgon , et M. Ergaste ; le premier
est pere de Lucile et de Phenice , et l'autre eft pere de Damis. Frontin , qui s'est
acquis la même autorité sur Damis que
Lisette sur Lucile , se lie d'interêt avec
cette Suivante , et tous deux par le même motif se promettent de ne rien négli
ger pour empêcher le mariage de Damis
et de Lucile. Phenice , pour se disculper
envers sa sœur , vient dire à Frontin
II. Vol. en
JUIN 1732. 1411
en présence de Lisette , qu'elle ne veut
point absolument que Damis continue à
s'attacher à elle. Lisette se sert d'un artifice qui produit dans l'esprit de Phénice
l'effet qu'elle s'en eft promis. Elle lui dit
assez désobligemment qu'il n'y a point
de beauté qui ne doive baisser le pavillon devant celle de sa Maîtresse. Phenice
en a un dépit qu'elle ne peut dissimuler ,
et fait entendre, en se retirant,qu'on pourroit se repentir de l'injure qu'on vient
de lui faire. L'attachement que Damis
affecte pour Phenice , dérange le projet
d'hymen , dont M. Orgon et M. Ergaste
s'étoient flattez ; mais ils en forment un
nouveau pour se dédommager du mauvais succès du premier ; il n'y a , se disent-ils , pour former l'alliance que nous
avons concertée ensemble , qu'à changer
d'objet , et qu'à marier Damis avec Phenice , puisque leurs cœurs sont fait l'un
pour Fautre. Ce dernier projet n'est pas
plutôt arrangé qu'on travaille à le mettre
en éxécution. Damis et Lucile en sont
également allarmez ; Lucile par fierté le
fait moins paroître que son Amant, mais
elle en témoigne assez pour faire entendre à Lisette qu'elle est disgraciée , et
qu'elle pourroit bien être chassée. Frontin n'est point déconcerté , surtout de- H.Vol. G vj puis
1412 MERCURE DE FRANCE
2
puis qu'Ergaste lui a dit d'un ton ferme
que si son fils ne répare les chagrins qu'il
lui a causez par une prompte obéissance ,
il le punira , lui Frontin , des mauvais
conseils qu'il donne à son fils. Il lui commande de fui dire qu'il ne le verra jamais,,
et qu'il le desheritera , s'il n'épouse Phénice au deffaut de Lucile. Tous ces inconvéniens que Lisette et Frontin n'avoient pas prévus dans leur premiere
conspiration , les déterminent à changer
de batterie, et à contribuer de leur mieux
à ce même hymen qu'ils ont voulu empêcher ,, de sorte que cette même Lisette
qui avolt dit à M. Orgon , que Damis er
Lucile avoient un égal éloignement l'un
pour l'autre, est la plus ardente à faire
entendre tout le contraire ; elle fait plus
elle assûre Damis de l'amour que Lucile·
a pour lui. Damis doute de son bonheur ;.
Lisette acheve de le persuader. Frontin
lui porte un coup mortel , en lui disant
que son pere veut absolument qu'il épouse Phénice sur peine d'exheredation . II
ne sçait comment se tirer d'embarras avec
cette derniere , à qui Frontin et Lisette
ont déja annoncé qu'elle ne sert que de
prétexte ; elle en a d'abord été picquée au
-vif; mais pour son bonheur, ne s'étant pas
engagée trop avant avec ce feint Amant
·
11. Kol qui
JUIN 1732. 1413
Y
qui la joue , elle borne sa vengeance à lui
fire peur de l'hymen que son pere luiordonne. La scene qu'elle a avec lui fait
naître des incidens très- comiques. Elle lui
parle d'abord de son mariage avec lui comme d'une affaire conclue. Damis
loin d'en paroître embarrassé , lui dit
que c'est à elle à parer un coup si fatal'
-puisqu'elle lui à déja fait connoître
que son cœur est engagé ailleurs ;-
Phenice lui répond avec la même fer- meté affectée qu'elle ne lui a pas
dit alors ses véritables sentimens ; que
cet engagement prétendu dont elle lui
a parlé n'étoit qu'un prétexte pour ne
point déranger ce que son pere avoit réglé ; mais que depuis qu'elle a sçû qu'on
a résolu toute autre chose , elle n'a pas
Balancé à suivreson devoir , età le suivre
sans répugnance. Damis qui s'imagine.
qu'elle joue au plus fin avec lui , et qu'elle veut qu'il se charge lui-même de la
rupture de ce mariage , lui proteste qu'il
obeïra à son pere , et qu'il ne veut pas
courir le risque d'être desherité , en s'opposant à un établissement pour lequel il
ne se sent nulle répugnance. Pour le lui
mieux persuader, il lui dit qu'il n'est plus
temps de feindre , et qu'il l'aime veritablement il se jette à ses pieds pour
A
:
El Vol micux
1414 MERCURE DE FRANCE
mieux achever de la tromper et pour la
remercier de son obéissance à son pere;
M. Orgon et M. Ergaste le surprennent
dans cette posture suppliante ; ils en sont
charmez , et ne doutant point qu'ils ne
s'aiment , ils les quittent pour aller faire dresser le Contrat. Cet incident est suivi
d'un autre , qui fait encore plus de peine
à Damis ; il cesse de feindre, et suppliant.
Phénice de le tirer d'un si mauvais pas
il lui baise la main avec transport. Lucile arrive sur le champ , Damis se retire tout confus , la vindicative Phénice
jouit malignement de la jalousie de sa
sœur ; et après en avoir essuyé de vifs
reproches , elle se retire très - satisfaite
d'elle- même. Lisette vient porter un dernier coup à la jalousie de Lucile ; elle lui
avoue qu'elle s'est mépris: quand elle a
crû que Damis l'aimoit , et qu'elle a voulu le luii persuader; elle convient que Phénice en est aimée , et cet adroit mensonge n'est que pour l'obliger à lui avoüer
qu'elle aime Damis ; cet aveu décisif arrive enfin , il est même suivi d'une prie
re que sa Maîtresse est forcée de lui faire ,
d'aller trouver Damis , et de lui faire entendre qu'il estaimé , sans pourtant qu'il
paroisse qu'elle lui en ait fait confidence ,
encore moins qu'elle l'ait chargée de faire
11. Vol. une
JUIN. 1732. 1415
une démarche si humiliante pour sa fierté. Si l'Auteur eût encore voulu multiplier les incidens ingénieux , son esprit
n'eut pas manqué de ressources ; mais il
falloit enfin dénouer sa Piéce voici
comment il s'y prend dans son dernier
Acte.
Lucile , toujours persuadée que Damis
aime sa sœur , n'a point d'autre ressource
que de s'opposer à leur hymen ; elle se
plaint amérement à son pere de ce qu'il
lui fait l'injure de marier sa cadette avant
elle ; M. Orgon lui represente en bon pere l'injustice de sa plainte , d'autant mieux
qu'il n'a tenu qu'à elle d'accepter Damis
pour époux , et que Phénice ne reçoit sa
main qu'à son refus ; cette remontrance ,
toute juste qu'elle est , ne calme point
Lucile , elle dit à son pere qu'après l'affront qu'elle va essuyer , elle n'a point
d'autre parti à prendre qu'une clôture
éternelle. Phénice vient toute disposée à
finir le cours de sa petite vengeance ; l'amitié qu'elle a pour sa sœur ne peut souffrir qu'elle porte plus loin le ressentiment
qu'elle doit avoir du personnage qu'on
lui a fait jouer , en la faisant servir de
prétexte ; elle dit à Lucile qu'elle lui cede de bon cœur ce Damis avec qui il ne
tiendroit qu'à elle d'être unie ; l'esprit de
II. Vol. Lucile
1416 MERCURE DE FRANCE
Lucile est aigrie à un tel point , qu'elle
donne un mauvais sens à tout ce que sa
sœur lui peut dire de plus obligeant ;
Orgon ne sçachant plus comment mettre
d'accord ses deux filles , les quitte dans le
dessein d'achever le mariage concerté entre son ami Ergaste et lui , ce qui déses-
-pere de plus en plus la jalouse Lucile
elle accable sa sœur de reproches , dont
cette sœur maltraitée ne peut lui faire
sentir l'injustice. Damis arrive enfin , il
veut se retirer par respect , Phénice lui dic
d'approcher er lui ordonne de rendre
Hommage à son vainqueur , en se jettant
aux genoux de Lucile; cette scene qu'on
n'avoit point vûë à la premiere Représentation est jouée par ces trois Acteurs avec
toute la finesse et toute la précision qu'on
peut souhaitter au théatre ; Phénice rem
plit la fonction de médiatrice avec une
grace géneralement applaudie. Orgon et
Ergaste arrivent dans le dessein dé conclure le mariage entre Damis et Phénice ,
et sont agréablement surpris d'un changement auquel ils n'osoient s'attendre ,.
et qui remet toutes choses dans l'ordre
qu'ils s'étoient d'abord prescrit. Voilà
quelle est cette piéce qui a paruë d'abord
si mal reçûë , et qu'on n'a cessé d'applau--
dir depuis la seconde Représentation ; on
11.Vol. ne
JUIN. 17328 1417
ne désespere pas qu'elle n'ait dans la suite le sort de tant d'autres dont les commencemens ont été malheureux. Tous les
gens qui en jugent sans prévention conviennent qu'elle leur fait plaisir ; il est
vrai qu'ils souhaiteroient qu'il y eut plus
de consistance dans l'action , et moins.
d'expressions un peu trop recherchées.
dans le Dialogue ; en un mot, que l'esprit de l'Auteur fut moins abondant ;
c'est un défaut que d'avoir trop d'esprit ,
mais c'est un excès dont le reproche a
toujours quelque chose de flateur , et dont
on a bien de la peine à se corriger au
reste, on n'a guére mis au Théatre François de Piéce mieux jouée que celle-ci
le sieur Quinault l'aîné , la Elle Quinault,
sa sœur , parfaitement secondée des Dlle
Dangeville et Gossin , et de leurs autres
camarades , y brillent à qui mieux mieux,
et remplissent l'attente des Spectateurs
les plus difficiles et les plus délicats.
Comédie en Prose et en cing Actes , de
M. de Marivaux , representée pour la
premierefois au Théatre François , le &
Juin.
9
Cette Piéce a d'abord éprouvé le sort de
beaucoup d'autres; la premiere Représentation fût des plus tumultueuses , peutêtre auroit-elle été écoutée plus tranquille
ment , si elle avoit été donnée tout autre
jour qu'un Dimanche le Parterre des
jours de Fête est ordinairement plus impatient et plus turbulent que les autres ;
'Auteur en fit la triste expérience , et
quoique son dernier Acte fut le plus
beau , comme on l'a reconnu dans les
Représentations suivantes , on ne laissa
pas aux Acteurs la liberté de l'achever ;
le plus grand deffaut qu'on trouve dans
toute la Piéce , c'est de n'avoir pas assez.
d'action et trop d'esprit. Voici ce qui
concerne l'action..
Lucile , fille de M. Orgon , doit être mariée à Damis , fils de M. Ergaste. Ils ne se
sont jamais vûs , et d'ailleurs ils ont tous
deux une égale aversion pour le mariage.
Lucile paroît d'abord , écrivant une Lettre , qu'elle charge Lisette , sa Suivante
II. Vol. de
JUIN. 1732. 1409 •
de remettre entre les mains de Damis ,
dès qu'il sera arrivé. Lisette qui craint
que le changement d'état de sa Maîtresse
ne lui fasse perdre l'empire qu'elle a pris
sur elle , la confirme dans le dessein qu'elle a de ne perdre aucun engagement , et
de jouir autant qu'elle pourra de sa precieuse liberté..
Damis arrivé , Lucile se retire à son apa
proche , Lisette demeure pour s'acquitter de la commission que sa Maîtresse lui
a donnée. Elle est ravie d'apprendre que
le futur époux n'a pas moins d'aversion
pour tout ce qui s'appelle engagement ,
que sa future ; elle agit en Plénipotentiaire , et fait entendre à Damis que sa
Maîtresse se trouve heureusement dans
les mêmes dispositions que lui..
2
Lucile qui a écouté la conversation de
Damis et de Lisette , vient confirmer les
articles du Traité. Dámis la trouve si
belle , qu'il commence à se repentir en
secret de la résolution qu'il a formée
sans connoissance de cause ; la même cho--
se se passe à peu près dans le cœur de Lucile ; mais elle le cache avec plus de soin.-
Lisette qui a interêt à les faire perseverer
tous deux dans leur premiere résolution ,
les lie par un serment indiscret, et pourtant
réciproque. Damis , devenu jaloux aussi--
11. Vol, - Gay τον
1410 MERCURE DE FRANCE
•
tôt qu'amoureux , s'imagine que Lucile
n'auroit pas l'aversion qu'elle vient de lui
témoigner pour le mariage , si son cœur
n'avoit point d'engagement pour un autre que lui. Il craindroit de la rendre
malheureuse, s'il rompoit le serment qu'il
vient de lui faire , de rompre le mariage
que leurs Peres ont projetté sans les avoir
consultez ; c'est donc par probité qu'il
veut être fidele à son serment ; mais cette
probité se trouve un peu en deffaut dans
les nouvelles mesures qu'ils prennent
pour l'éxécution de leur dessein. Damis
promet de feindre de l'amour pour Phenice , stir cadette de Lucile ; on n'a pas
trouvé que cette feinte fût assez dans les
régles de l'honneur dont il paroît qu'il
se pique.
Le feint attachement de Damis pour
Phenice embarasse et afflige également
M. Orgon , et M. Ergaste ; le premier
est pere de Lucile et de Phenice , et l'autre eft pere de Damis. Frontin , qui s'est
acquis la même autorité sur Damis que
Lisette sur Lucile , se lie d'interêt avec
cette Suivante , et tous deux par le même motif se promettent de ne rien négli
ger pour empêcher le mariage de Damis
et de Lucile. Phenice , pour se disculper
envers sa sœur , vient dire à Frontin
II. Vol. en
JUIN 1732. 1411
en présence de Lisette , qu'elle ne veut
point absolument que Damis continue à
s'attacher à elle. Lisette se sert d'un artifice qui produit dans l'esprit de Phénice
l'effet qu'elle s'en eft promis. Elle lui dit
assez désobligemment qu'il n'y a point
de beauté qui ne doive baisser le pavillon devant celle de sa Maîtresse. Phenice
en a un dépit qu'elle ne peut dissimuler ,
et fait entendre, en se retirant,qu'on pourroit se repentir de l'injure qu'on vient
de lui faire. L'attachement que Damis
affecte pour Phenice , dérange le projet
d'hymen , dont M. Orgon et M. Ergaste
s'étoient flattez ; mais ils en forment un
nouveau pour se dédommager du mauvais succès du premier ; il n'y a , se disent-ils , pour former l'alliance que nous
avons concertée ensemble , qu'à changer
d'objet , et qu'à marier Damis avec Phenice , puisque leurs cœurs sont fait l'un
pour Fautre. Ce dernier projet n'est pas
plutôt arrangé qu'on travaille à le mettre
en éxécution. Damis et Lucile en sont
également allarmez ; Lucile par fierté le
fait moins paroître que son Amant, mais
elle en témoigne assez pour faire entendre à Lisette qu'elle est disgraciée , et
qu'elle pourroit bien être chassée. Frontin n'est point déconcerté , surtout de- H.Vol. G vj puis
1412 MERCURE DE FRANCE
2
puis qu'Ergaste lui a dit d'un ton ferme
que si son fils ne répare les chagrins qu'il
lui a causez par une prompte obéissance ,
il le punira , lui Frontin , des mauvais
conseils qu'il donne à son fils. Il lui commande de fui dire qu'il ne le verra jamais,,
et qu'il le desheritera , s'il n'épouse Phénice au deffaut de Lucile. Tous ces inconvéniens que Lisette et Frontin n'avoient pas prévus dans leur premiere
conspiration , les déterminent à changer
de batterie, et à contribuer de leur mieux
à ce même hymen qu'ils ont voulu empêcher ,, de sorte que cette même Lisette
qui avolt dit à M. Orgon , que Damis er
Lucile avoient un égal éloignement l'un
pour l'autre, est la plus ardente à faire
entendre tout le contraire ; elle fait plus
elle assûre Damis de l'amour que Lucile·
a pour lui. Damis doute de son bonheur ;.
Lisette acheve de le persuader. Frontin
lui porte un coup mortel , en lui disant
que son pere veut absolument qu'il épouse Phénice sur peine d'exheredation . II
ne sçait comment se tirer d'embarras avec
cette derniere , à qui Frontin et Lisette
ont déja annoncé qu'elle ne sert que de
prétexte ; elle en a d'abord été picquée au
-vif; mais pour son bonheur, ne s'étant pas
engagée trop avant avec ce feint Amant
·
11. Kol qui
JUIN 1732. 1413
Y
qui la joue , elle borne sa vengeance à lui
fire peur de l'hymen que son pere luiordonne. La scene qu'elle a avec lui fait
naître des incidens très- comiques. Elle lui
parle d'abord de son mariage avec lui comme d'une affaire conclue. Damis
loin d'en paroître embarrassé , lui dit
que c'est à elle à parer un coup si fatal'
-puisqu'elle lui à déja fait connoître
que son cœur est engagé ailleurs ;-
Phenice lui répond avec la même fer- meté affectée qu'elle ne lui a pas
dit alors ses véritables sentimens ; que
cet engagement prétendu dont elle lui
a parlé n'étoit qu'un prétexte pour ne
point déranger ce que son pere avoit réglé ; mais que depuis qu'elle a sçû qu'on
a résolu toute autre chose , elle n'a pas
Balancé à suivreson devoir , età le suivre
sans répugnance. Damis qui s'imagine.
qu'elle joue au plus fin avec lui , et qu'elle veut qu'il se charge lui-même de la
rupture de ce mariage , lui proteste qu'il
obeïra à son pere , et qu'il ne veut pas
courir le risque d'être desherité , en s'opposant à un établissement pour lequel il
ne se sent nulle répugnance. Pour le lui
mieux persuader, il lui dit qu'il n'est plus
temps de feindre , et qu'il l'aime veritablement il se jette à ses pieds pour
A
:
El Vol micux
1414 MERCURE DE FRANCE
mieux achever de la tromper et pour la
remercier de son obéissance à son pere;
M. Orgon et M. Ergaste le surprennent
dans cette posture suppliante ; ils en sont
charmez , et ne doutant point qu'ils ne
s'aiment , ils les quittent pour aller faire dresser le Contrat. Cet incident est suivi
d'un autre , qui fait encore plus de peine
à Damis ; il cesse de feindre, et suppliant.
Phénice de le tirer d'un si mauvais pas
il lui baise la main avec transport. Lucile arrive sur le champ , Damis se retire tout confus , la vindicative Phénice
jouit malignement de la jalousie de sa
sœur ; et après en avoir essuyé de vifs
reproches , elle se retire très - satisfaite
d'elle- même. Lisette vient porter un dernier coup à la jalousie de Lucile ; elle lui
avoue qu'elle s'est mépris: quand elle a
crû que Damis l'aimoit , et qu'elle a voulu le luii persuader; elle convient que Phénice en est aimée , et cet adroit mensonge n'est que pour l'obliger à lui avoüer
qu'elle aime Damis ; cet aveu décisif arrive enfin , il est même suivi d'une prie
re que sa Maîtresse est forcée de lui faire ,
d'aller trouver Damis , et de lui faire entendre qu'il estaimé , sans pourtant qu'il
paroisse qu'elle lui en ait fait confidence ,
encore moins qu'elle l'ait chargée de faire
11. Vol. une
JUIN. 1732. 1415
une démarche si humiliante pour sa fierté. Si l'Auteur eût encore voulu multiplier les incidens ingénieux , son esprit
n'eut pas manqué de ressources ; mais il
falloit enfin dénouer sa Piéce voici
comment il s'y prend dans son dernier
Acte.
Lucile , toujours persuadée que Damis
aime sa sœur , n'a point d'autre ressource
que de s'opposer à leur hymen ; elle se
plaint amérement à son pere de ce qu'il
lui fait l'injure de marier sa cadette avant
elle ; M. Orgon lui represente en bon pere l'injustice de sa plainte , d'autant mieux
qu'il n'a tenu qu'à elle d'accepter Damis
pour époux , et que Phénice ne reçoit sa
main qu'à son refus ; cette remontrance ,
toute juste qu'elle est , ne calme point
Lucile , elle dit à son pere qu'après l'affront qu'elle va essuyer , elle n'a point
d'autre parti à prendre qu'une clôture
éternelle. Phénice vient toute disposée à
finir le cours de sa petite vengeance ; l'amitié qu'elle a pour sa sœur ne peut souffrir qu'elle porte plus loin le ressentiment
qu'elle doit avoir du personnage qu'on
lui a fait jouer , en la faisant servir de
prétexte ; elle dit à Lucile qu'elle lui cede de bon cœur ce Damis avec qui il ne
tiendroit qu'à elle d'être unie ; l'esprit de
II. Vol. Lucile
1416 MERCURE DE FRANCE
Lucile est aigrie à un tel point , qu'elle
donne un mauvais sens à tout ce que sa
sœur lui peut dire de plus obligeant ;
Orgon ne sçachant plus comment mettre
d'accord ses deux filles , les quitte dans le
dessein d'achever le mariage concerté entre son ami Ergaste et lui , ce qui déses-
-pere de plus en plus la jalouse Lucile
elle accable sa sœur de reproches , dont
cette sœur maltraitée ne peut lui faire
sentir l'injustice. Damis arrive enfin , il
veut se retirer par respect , Phénice lui dic
d'approcher er lui ordonne de rendre
Hommage à son vainqueur , en se jettant
aux genoux de Lucile; cette scene qu'on
n'avoit point vûë à la premiere Représentation est jouée par ces trois Acteurs avec
toute la finesse et toute la précision qu'on
peut souhaitter au théatre ; Phénice rem
plit la fonction de médiatrice avec une
grace géneralement applaudie. Orgon et
Ergaste arrivent dans le dessein dé conclure le mariage entre Damis et Phénice ,
et sont agréablement surpris d'un changement auquel ils n'osoient s'attendre ,.
et qui remet toutes choses dans l'ordre
qu'ils s'étoient d'abord prescrit. Voilà
quelle est cette piéce qui a paruë d'abord
si mal reçûë , et qu'on n'a cessé d'applau--
dir depuis la seconde Représentation ; on
11.Vol. ne
JUIN. 17328 1417
ne désespere pas qu'elle n'ait dans la suite le sort de tant d'autres dont les commencemens ont été malheureux. Tous les
gens qui en jugent sans prévention conviennent qu'elle leur fait plaisir ; il est
vrai qu'ils souhaiteroient qu'il y eut plus
de consistance dans l'action , et moins.
d'expressions un peu trop recherchées.
dans le Dialogue ; en un mot, que l'esprit de l'Auteur fut moins abondant ;
c'est un défaut que d'avoir trop d'esprit ,
mais c'est un excès dont le reproche a
toujours quelque chose de flateur , et dont
on a bien de la peine à se corriger au
reste, on n'a guére mis au Théatre François de Piéce mieux jouée que celle-ci
le sieur Quinault l'aîné , la Elle Quinault,
sa sœur , parfaitement secondée des Dlle
Dangeville et Gossin , et de leurs autres
camarades , y brillent à qui mieux mieux,
et remplissent l'attente des Spectateurs
les plus difficiles et les plus délicats.
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Résumé : LES SERMENS INDISCRETS, Comédie en Prose et en cinq Actes, de M. de Marivaux, representée pour la premiere fois au Théatre François, le 8 Juin.
La pièce 'Les Sermens indiscrets' est une comédie en prose et en cinq actes de Marivaux, représentée pour la première fois au Théâtre Français le 6 juin. La première représentation fut tumultueuse en raison de l'impatience et de la turbulence du public un dimanche. La pièce a été critiquée pour manquer d'action et avoir trop d'esprit. L'intrigue principale concerne Lucile, fille de M. Orgon, et Damis, fils de M. Ergaste, qui doivent se marier malgré leur aversion mutuelle pour le mariage. Lucile écrit une lettre à Damis, confiée à sa suivante Lisette. Damis exprime également son aversion pour le mariage à Lisette. Lucile, ayant entendu la conversation, confirme leur accord. Lisette les lie par un serment réciproque de ne pas se marier. Damis, jaloux, feint d'aimer Phénice, la sœur cadette de Lucile, pour éviter le mariage. Cette feinte complique les plans des pères, qui décident alors de marier Damis à Phénice. Lisette et Frontin, le valet de Damis, initialement opposés au mariage, changent de stratégie pour éviter les conséquences. Phénice, initialement utilisée comme prétexte, se venge en jouant avec les sentiments de Damis. La pièce se dénoue lorsque Lucile, jalouse, s'oppose au mariage de Damis et Phénice. Phénice cède finalement Damis à Lucile, révélant ainsi la vérité. Les pères, agréablement surpris, concluent le mariage entre Lucile et Damis. La pièce, mal reçue initialement, a été applaudie par la suite. Les acteurs, notamment le sieur Quinault l'aîné, la demoiselle Quinault, la demoiselle Dangeville et Gossin, ont été particulièrement applaudis.
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20011
p. 133-135
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
Début :
Je crois devoir, Monsieur, vous faire part, par principe de Religion, & par [...]
Mots clefs :
Remède, Cendre, Malade, Hydropisie
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
LETTRE A L'AUTEUR DU
MERCURE.
REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE .
E Je crois devoir , Monfieur , vous faire
part , par principe de Religion , & par
fenfibilité aux différentes maladies qui
attaquent le corps humain , d'un reméde
que j'ai contre l'hydropifie , efpéce
de maladie à laquelle nos Payfans
de cette Province font extrêmement
fujets. L'expérience heureufe que je
fais de ce reméde m'engage à vous
prier de l'inférer dans votre Mercure ;
rien n'eft plus fimple que ce reméde :
le voici.
On fait faire trois fagots de trois différens
bois , fçavoir de houx , de fureau
& de frefne , tous les trois de poids
égal ; on les brule enſemble , après quoi
on en paffe la cendre par un tamis
bien fin ; on , la met enfuite dans un
134 MERCURE DE FRANCE.
pot ou autre vafe bien couvert. Il faut
obferver qu'il faut couper ces différens
bois dans les deux temps de la féve ,
comme au mois de Mai ou au mois
d'Août , & les bruler auffitôt qu'ils font
coupés. Comme on a beaucoup de peine
à allumer ces bois verts je me fers
d'un réchaud rempli de braife que je
mets fous ces bois pour les allumer. Dès
que le feu eft bien pris , on retire le
réchaud avec la braize qui y étoit , afin
qu'il n'entre rien d'étranger dans la cen
dre . Il faut obferver que pour bien faire
confommer cette cendre , on a foin ,
après que tous les bois font brulés , de
la raffembler dans un tas ; on la couvre
enfuite , & on la laiffè dans la cheminée
l'efpace de trente- fix heures au
moins , enfuite on la paffe par le tamis
le plus fin. On donne au malade le poids
d'un liard de cette cendre dans une demie
chopine de vin blanc , que l'on répand
dans un vafe de terre ou autre ,
pourvu qu'il ne foit point de bois, parce
que cette cendre s'y attacheroit ; on la
mêle de même avec un inftrument qui
ne foit point de bois , après quoi on
donne le tout à boire au malade que
l'on a foin de bien couvrir , afin de le
faire fuer ; & trois ou quatre heures
AVRIL. 1763. 135
après on lui donne un potage. Il fautrecommander
au malade de n'ufer ni
de lait , ni de galette , ou autre nourriture
groffière, pendant cinq ou fix mois.
Ce reméde peut fe répéter jufqu'à trois
fois , pourvu que l'on laiffe huit jours
d'intervalle entre chaque prife. Voilà ,
Monfieur , le reméde dont j'ai cru devoir
vous inftruire ; il feroit inutile pour
une hydropifie de poitrine formée, mais
pour toute autre efpéce d'hydropific il
eft excellent , & je l'éprouve tous les
jours avec le plus grand fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DULAS , Gentilhomme de Rennes en Bretagne..
MERCURE.
REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE .
E Je crois devoir , Monfieur , vous faire
part , par principe de Religion , & par
fenfibilité aux différentes maladies qui
attaquent le corps humain , d'un reméde
que j'ai contre l'hydropifie , efpéce
de maladie à laquelle nos Payfans
de cette Province font extrêmement
fujets. L'expérience heureufe que je
fais de ce reméde m'engage à vous
prier de l'inférer dans votre Mercure ;
rien n'eft plus fimple que ce reméde :
le voici.
On fait faire trois fagots de trois différens
bois , fçavoir de houx , de fureau
& de frefne , tous les trois de poids
égal ; on les brule enſemble , après quoi
on en paffe la cendre par un tamis
bien fin ; on , la met enfuite dans un
134 MERCURE DE FRANCE.
pot ou autre vafe bien couvert. Il faut
obferver qu'il faut couper ces différens
bois dans les deux temps de la féve ,
comme au mois de Mai ou au mois
d'Août , & les bruler auffitôt qu'ils font
coupés. Comme on a beaucoup de peine
à allumer ces bois verts je me fers
d'un réchaud rempli de braife que je
mets fous ces bois pour les allumer. Dès
que le feu eft bien pris , on retire le
réchaud avec la braize qui y étoit , afin
qu'il n'entre rien d'étranger dans la cen
dre . Il faut obferver que pour bien faire
confommer cette cendre , on a foin ,
après que tous les bois font brulés , de
la raffembler dans un tas ; on la couvre
enfuite , & on la laiffè dans la cheminée
l'efpace de trente- fix heures au
moins , enfuite on la paffe par le tamis
le plus fin. On donne au malade le poids
d'un liard de cette cendre dans une demie
chopine de vin blanc , que l'on répand
dans un vafe de terre ou autre ,
pourvu qu'il ne foit point de bois, parce
que cette cendre s'y attacheroit ; on la
mêle de même avec un inftrument qui
ne foit point de bois , après quoi on
donne le tout à boire au malade que
l'on a foin de bien couvrir , afin de le
faire fuer ; & trois ou quatre heures
AVRIL. 1763. 135
après on lui donne un potage. Il fautrecommander
au malade de n'ufer ni
de lait , ni de galette , ou autre nourriture
groffière, pendant cinq ou fix mois.
Ce reméde peut fe répéter jufqu'à trois
fois , pourvu que l'on laiffe huit jours
d'intervalle entre chaque prife. Voilà ,
Monfieur , le reméde dont j'ai cru devoir
vous inftruire ; il feroit inutile pour
une hydropifie de poitrine formée, mais
pour toute autre efpéce d'hydropific il
eft excellent , & je l'éprouve tous les
jours avec le plus grand fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DULAS , Gentilhomme de Rennes en Bretagne..
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
Dans une lettre adressée à l'éditeur du Mercure, un auteur partage un remède contre l'hydropisie, une maladie courante dans sa province. Le traitement consiste à brûler trois fagots de bois de houx, de sureau et de frêne, coupés en mai ou en août, puis à tamiser la cendre obtenue. Cette cendre est mélangée à du vin blanc et administrée au malade, qui doit être bien couvert pour transpirer. Après quelques heures, un potage est donné au patient, qui doit éviter le lait et les aliments grossiers pendant cinq à six mois. Le traitement peut être répété jusqu'à trois fois, avec un intervalle de huit jours entre chaque prise. L'auteur précise que ce remède est efficace pour toutes les formes d'hydropisie sauf celle de la poitrine. Il se présente comme Dulas, gentilhomme de Rennes en Bretagne.
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20012
p. 1386
ENIGME.
Début :
Oedipe, tu pourras sans peine me connoître ; [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.,
Dipe , tu pourra fans peine me connoître ;
La Terre m'enfanta , le Feu me donna l'être .
De tout temps dans les airs j'ai fixé mon séjour ;
On me connoît par tout , aux Champs comme à la
Cour.
Mon corps eft fort pesant ; pour peu qu'on le remue,
Ma voix comme un éclair foudain perce la nuë ji
Tantôt avec éclat , tantôt à petit bruit ,
On m'entend , cher Lecteur , & le jour & la nuit .
Dipe , tu pourra fans peine me connoître ;
La Terre m'enfanta , le Feu me donna l'être .
De tout temps dans les airs j'ai fixé mon séjour ;
On me connoît par tout , aux Champs comme à la
Cour.
Mon corps eft fort pesant ; pour peu qu'on le remue,
Ma voix comme un éclair foudain perce la nuë ji
Tantôt avec éclat , tantôt à petit bruit ,
On m'entend , cher Lecteur , & le jour & la nuit .
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20013
p. 3056-3057
Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Début :
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié qui est, depuis long- temps, entre l'Abbé [...]
Mots clefs :
Abbé, Amitié
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texteReconnaissance textuelle : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
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Résumé : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Le texte relate l'amitié profonde et durable entre l'Abbé de Pompone et l'Abbé de Fourcy, nourrie depuis leur enfance grâce à l'affection mutuelle de leurs pères. Récemment, l'Abbé de Pompone a acquis une maison à Nogent-sur-Marne et y a réservé un appartement pour l'Abbé de Fourcy. Pour décorer cet appartement, l'Abbé de Pompone a demandé un portrait de l'Abbé de Fourcy. Ce dernier, possédant un portrait peint par Monsieur Rigault et gravé deux ans plus tôt, en a fait réaliser une copie qu'il a envoyée à l'Abbé de Pompone. La copie était accompagnée d'une belle bordure et de vers latins célébrant leur amitié et leur respect mutuel. Ces vers soulignent la valeur de cette amitié et rappellent les liens familiaux et l'affection partagée entre les deux abbés.
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20014
p. 1386-1387
LOGOGRYPHE.
Début :
Ici sans transposer, il suffit qu'on divise. [...]
Mots clefs :
Chapeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ici fans
transposer , il fuffit qu'on divise .
Un de mes bouts feul couvre un Tout ,
Dont tout entier , je ne couvre qu'un bout. '
En cinq Lettres , je fers à décorer l'Eglife ;
En
JUIN.
1387 1749
En trois , je fers à lui donner
Des Enfans. Le Lecteur doit bien me deviner,
Ici fans
transposer , il fuffit qu'on divise .
Un de mes bouts feul couvre un Tout ,
Dont tout entier , je ne couvre qu'un bout. '
En cinq Lettres , je fers à décorer l'Eglife ;
En
JUIN.
1387 1749
En trois , je fers à lui donner
Des Enfans. Le Lecteur doit bien me deviner,
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20015
p. 1338-1350
RÉPONSE du R. P. Mathieu Texte, Dominicain, à la Lettre de M. le Beuf, Chanoine de L. C. D. imprimée dans le Mercure de Mars 1737. au sujet du Lieu de la Naissance de Saint Louis, Roy de France.
Début :
J'avois vû, Monsieur, d'abord avec plaisir, votre nom à la tête de la Lettre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE du R. P. Mathieu Texte, Dominicain, à la Lettre de M. le Beuf, Chanoine de L. C. D. imprimée dans le Mercure de Mars 1737. au sujet du Lieu de la Naissance de Saint Louis, Roy de France.
RÉPONSE du R. P. Mathieu Texte,
Dominicain, à la Lettre de M. le Beuf,
Chanoine de L. C. D. imprimée dans
le Mercure de Mars 1737. au sujet du
Lieu de la Naissance de Saint Louis,
Roy de France.
J'avois vû, Monsieur, d'abord avec
plaisir, votre nom à la tête de la Lettre
à laquelle j'ai l'honneur de répondre;
comme ce qui vient de vous est ordinai-
rement rempli d'érudition et de recher-
ches, je m'attendois à y trouver des
éclaircissemens sur la question agitée en-
tre M. Maillart et moi , d'autant mieux
quejevoyois paroître sur les rangsur Ecri-
vain d'un mérite distingué, sans qu'il eût
aucun interêt au sujet de notre dispute.
Ce n'est donc pas sans raison que j'ai été
surpris de ne voir presque dans certe Let-
tre que les Chartres de la Neuville- en-
11. Vol
Hez ,
JUIN.
1737
1339
Hez , avec quelques avis, dont vous con-
viendrez vous-même que je n'avois pas
besoin , lorsque vous y aurez fait re
Aexion.
1º. Je me suis fait illusion , si on vous
en croit , lorsque j'ai soutenu que M.
Baillet , qui a placé à Poissy la Naissance
de S. Louis , connoissoit les Chartres de
la Neuville , où il étoit né lui- même , et
pour prouver ma prétendue méprise
de cet Ouvrage , à laquelle il présida
>
vous observez que la Note que j'ai copiée
dans les Vies des Saints de ce celebre Cri-
sique , n'est pas dans la premiere Edition
mais seulement dans deux Editions faites
long- temps après sa mort ; sçavoir , en
1715. et en 1724.d'où vous concluez que
cette Note n'est pas de M. Baillet , mais
de l'Editeur.
Comment avez vous pû ignorer, Mon.
sieur , que l'Edition de 1701. qui est la
premiere , ayant été épuisée en très- peu
.de temps , on en fit une seconde , revie
et augmentée par l'Auteur , qui fut mise
en vente dès l'an 1704. chés Jean de
Nully. Baillet étoit alors plein de vie ,
il ne mourut que le 21. Janvier 1706.
Ce fut donc lui-même qui , au Tome II.
de cette Edition p. 379. après avoir écrit
dans le Texte : Louis IX. Roy de France
II. Vol
nâquir
1340 MERCURE DE FRANCE
nâquit à Poissy , ajoûta cette Note. >> On
» voit deux Actes de nos Rois , l'un de
» Louis XI. et l'autre de Henry I V. qui
» portent qu'il est né à Neuville- en-Hez ,
" Bourg du Diocèse de Beauvais, » C'est
lui qui en disant ensuite p. 383. » que
» S. Louis retournoit ordinairement à
» Poissy , non pas tant pour y être né
» que pour y avoir reçû le Baptême »
montre qu'il n'avoit point d'égard à ces
Chartres. De plus on lit au IV. Tome p.
292. qu'il y avoit eu en 1215. trois éve-
nemens remarquables , dont l'un étoit la
Naissance de S. Louis à Poissy.
M. le Gendre a suivi son exemple , et
malgré ces Chartres , il a écrit T. III. P.
120. de l'Histoire de France , imprimée
à Paris, 12. ans après la mort de M. Bail
let : Louis VIII. eut pour enfans , &c .
S. Louis né à Poissy.
2º. La proximité d'une ruë , dites
vous , a empêché de bâtir le Sanctuaire
de l'Eglise des Dames de Poissy vers l'O-
rient ; cela est vrai , mais ce fut pour ac-
corder cette proximité avec l'endroit où
S. Louis étoit né , sur lequel on voulut
placer le Maître Autel.
3 °. L'autorité de Guidonis , Dominicain ,
né en 1260. Evêque de Lodéve en 1324.
quej'ai cité, m'a paru d'autant plus décisi-
II. Vol.
ve
JUIN.
1737.
1347
ve pour prouver la Naissance de S.Louis à
Poissy , qu'un autre Ecrivain , lequel té-
moigne , selon le P. Echard , l'avoir
connu , assure dans l'Abregé qu'il a fait
de sa Vie , qu'il étoit à la suite de la
Cour de France en 1318. envoyé par le
Pape Jean XXII. pour terminer la
Guerre qui étoit entre le Roy Philipe V.
et les Flamans. Ce qui réussit, dit Meze-
ray , le 20. May 1320. Guidonis , alors
Inquisiteur de Toulouze , et Procureur
General de son Ordre ; dum Inquisitionis
et Procurationis officiis fungeretur , obligé
en cette derniere qualité , de veiller à
l'execution de la Fondation d'un Monas-
tere de son Ordre , faite à Poissy , à cinq
petites lieuës de Paris ; Guidonis , dis - je ,
pouvoit-il ignorer , n'étoit- il pas même
obligé de sçavoir le dessein de Philipe le
Bel et des Princes , ses deux fils , Philipe
Vet Charles IV . auxquels il avoit l'hon-
neur de parler , déclarés avec leur Perc
dans le Nécrologe de certe Maison , Au-
teurs de ces grands Edifices ?
J'ai donc suivi les regles d'une saine
critique , lorsque j'ai regardé ce Prélat
comme un bon garant de la verité que
je défends ; il dit nettement que Philipe
le Bel fonda le Monastere de Poissy in
bonorem Avi sui qui apud Pissiacum natës
1 I. Vol.
esis
1342 MERCURE DE FRANCE
ests et c'est en termes aussi exprès , qu'il
assure dans la Relation de cette Fonda-
tion , que le Lieu de Poissy fut choisi
préférablement à tout autre , parce que
S. Louis y étoit né.
Vous ne voulez pourtant point qu'on
s'arrête à ce témoignage
parce que ,
>> dites- vous, les OuvragesHistoriques de
» Guidonis sont remplis d'une inexacti-
» tude qui leur a'attiré le mépris des Sça-
» vans, et qui est la cause qu'ils restent
» oubliés dans la poussiere des Biblio-
> theques , sans que personne ait jamais
» eu le courage de les rendre publics par
» l'impression. Les Sçavans , selon vous,
méprisent ses Ouvrages Historiques , & c.
Mais tous les Sçavans dont vous voulez
parler se réduisent à un des Continua-
teurs de Bollandus , qui même n ' . dit
autre chose , sinon que la Vie de Saint
Justin d'Aquitaine , publiée par Gui-
donis , contient des fables. A quoi le
P. Echard répond : hasfabulas Bernardo
non tribuas » En effet , Guidonis paroît
>> ici un Ecrivain zelé , lequel ayant
» découvert cette Piece en Gascogne,
» n'a eu d'autre dessein' que de la con-
» server en entier , afin que ce qu'il y a
» de fabuleux ne fut pas cause de la per-
se de ce qu'il y a de vrai , sans préten
ᏞᎥᏤ .
dre
JUIN.
1737
7343
dre autoriser également l'un et l'autre.
Donnez-vous la peine , Monsieur , de
lire sa Vie , raportée par les Peres Labbe
et Echard , et vous y trouverez de quoi
vous former l'idée juste que l'on doit
avoir de notre Auteur et de ses Ouvra-
ges: Guido vir magni consilii , sensatus ,
fama , gratiâ , scientiâ et eloquentiâ clarus.
M. Sponde ad annum 1330. et le P. Ale-
xandre Siecle XIV . p . 148. lui donnent
dans leurs Annales les mêmes éloges . Le
P. Lelong , de l'Oratoiré , fait , dans sa
Bibliotheque Historique , le dénombre-
ment des plus célebres Bibliotheques qui
conservent cherement ses Manuscrits , et
il assure p. 78 2. que son Histoire impri-
mée des Comtes de Toulouze , est suivie
generalement de tous ; M. Baluze , le-
quel , au sentiment de M. Dupin , Siécle
XVII. p. 5. et p. 15. et de tout le monde,
étoit mieux versé que personne dans la
connoissance des Manuscrits , parlant de
notre Prélat , a dit dans son Histoire des
Papes d'Avignon , T. I. p. 579. Bernar-
dus Guidonis Auctor omni exceptione ma-
jor. Bernard Guidonis est un des plus cé-
lebres Auteurs ; et il l'a dit à l'occasion
de ses Additions à l'Ouvrage Historique
des nouveaux établissemens de l'Ordre
des Freres Précheurs , De Exordiis Ord.
II. Vol.
Prad
1344 MERCURE DE FRANCE
Prad. Ce scul témoignage autorise tout
ce que notre Ecrivain a dit de celui de
Poissy , qui est du nombre. Tous ces
Scavans , et plusieurs autres que je pou
rois citer, sont autant de témoins du mé-
rite de Guidonis , par les éloges qu'ils
lui donnent.
Vous ajoûtez enfin que personne n'a
jamais eu le courage de faire imprimer
aucun des Ouvrages Historiques de no-
tre Auteur , et le P. Echard T. I. p . 577.
>
en cite six , avec l'année et le lieu de
l'Impression. Historia Inquisitionis , &c.
Vovez aussi ce que Baillet dit en faveur de
Guidonis T. I. p. 36. Edit. de 1704.
4º. Guillaume de Chartres , Chapelain
de S. Louis , a écrit que ce pieux Roy
observoit les jeûnes qui étoient d'obliga
tion dans le Diocèse de Chartres , eò quod
de Carnotensi Diocesi oriundus existebat.
J'ai traduit ces mots : Parce qu'il étoit
né dans le Diocèse de Chartres. Et je
soutiens encore que c'est leur sens veri-
table et naturel.
Ce que j'ai avancé , qu'en cherchant
une autre autorité que celle de Catel ,
qui vous a paru trop foible , pour mon-
trer que j'ai bien expliqué le mot oriun-
dus , je l'ai trouvée sans peine cette au-
torité , et telle qu'elle ne laisse pas om-
II. Vol.
bre
JUIN.
11. Vol.
1737.
1345
bre de difficulté ; c'est la Vie de S. Eloy
par S. Ouen qui me l'a fournie. Elegius,
dit l'Historien, in Villa Catalanensi oriun-
dus fuit. On l'explique en disant que S.
Eloy nâquit à Cataillac près de Limoges,
et S. Olen ne permet pas de l'entendre
autrement , lorsqu'il ajoûte : ex hâc ergo
regione natus est : Il nâquit donc dans ce
Pays-là. Sum enim et ego , si fortè vos nes-
citis , civitate vestrâ oriundus , et à pueritia
nutritus : » Sçachez , disoitCorneille Agrip-
ра
» pa à ceux de Cologne , que je suis né
» et que j'ai été élevé dans votre Ville ,
qu'il apelle sa Patrie. Melchior, Adam
et Bayle citent cet oriundus pour prouver
qu'il y est né.
5º. Mais si le mot oriundus indique le
Lieu de la naissance temporelle , en se-
ra- t- il autrement du mot originis , em-
ployé par Philipe le Bel en 1304. dans
la Chartre de Fondation du Monastere
de Poissy ? M. Maillart les a expliqués
l'un comme l'autre , et vous en avez usé
de mêmesje n'y trouve aussi aucune dif-
ference ; je crois qu'ils ont la même si-
gnification ; cependant comme il vous
reste deux scrupules , je vais tâcher de
les lever.
On lit donc dans cette Chartre de
Fondation ( par laquelle le Roy accorde,
en
1546 MERCURE DE FRANCE
en vûë de la Naissance de S. Louis , in
honorem , &c. des Privileges bien plus
étendus que ceux de Neuville : Villam
ipsa
ORIGINIS SUE locum habebat.Il
avoit le Domaine de cette petite Ville de
Poissy , le Lieu de sa Naissance. Ce ver-
be habebat vous paroît receler quelque
mistere
,
et en vous en reservant l'intel-
ligence , vous avertissez le Public que si
on l'entend bien , il fait contre moi ; j'a-
voiie que je ne vois point cela , mais ce
que je vois fort bien , c'est que ce même
verbe habebat n'est point dans une autre
Chartre que Philipe le Bel accorda au
Monastere de Poissy , et qui est datée de
Chastillon- sur- Yndre , au mois d'Août
1305. In honorem Dei , B. V. M. nen nen
ad celebrem et specialem egregii Confessoris
B. Ludovici , Avi nostri , Monasterium
præteritis diebusfundare decrevimus in Villä
Pissiaci , ORIGINIS locum prefati Confes
soris , & c.
Ce verbe habebat , comme vous voyez,
n'est plus ici un obstacle , et afin que
vous n'ayez rien à désirer là dessus , lisez
un endroit de la Vie de S. Gregoire , Pa-
pe , écrite par un Chartreux du Val-
Dieu , du XV. Siécle , et raportée dans
le T. VI. p. 28. Veter. scrip. de D. Mar-
tenne , Benedictin. B. Gregorius , Papa ,
VI. Vol.
clarissimis
JUIN.
1737.
clarissimis ortus natalibus ;
8347
S. Gregoire ,
Pape , sorti d'une illustre Famille , ea
tempore duxit originem quo à nativitate Ch.
annus DXLI.volvebatur. nâquit en 541.Le
même Chartreux parle de Guidonis p.
70. comme d'un beau génie : Doctor so-
lertissimus edidit egregium opus speculi sanc-
toralis. Ce Docteur subtil est l'Auteur
de l'excellent Traité du Miroir des
Saints.
A l'égard de votre second scrupule ,
qui consiste en ce que vous ne pouvez
pas comprendre qu'on ait été mieux in-
formé du Lieu de la Naissance de Saint
Louis, que de l'année de cette Naissance,
sur laquelle les Historiens ne sont nul-
lement d'accord ; vous me permettrez de
vous dire que la Patrie est une chose sub-
sistante ; la Naissance des Grands Hom-
mes dans un Lieu fait honneur , et sou-
vent même elle lui est utile : il n'en est
pas de même de l'année , et eût- elle été
écrite dans le temps même , les Copistes
ne sont pas également exacts. On sçait
que Philipe le Bel avoit formé le dessein
de fonder un Monastere , non pas pour
rendre célebre l'Année de la Naissance
de S. Louis , son Ayeul ; c'est pour cela
qu'il n'en fut pas parlé , mais le Lieu où
il étoit né , qu'il déclare être la petite
II. Vol.
Ville
1348 MERCURE DE FRANCE
Ville de Poissy , ayant pû l'aprendre de
S. Louis , son Ayeul , auquel il avoit
parlé de Marguerite de Provence , son
Ayeule , avec laquelle il avoit conversé
17. ans , et celle- ci 18. avec la Reine
Blanche.
Que voulez-vous après cela qu'on dia
se de vos Chartres ? Je sçais le respect
que l'on doit avoir pour tout ce qui éma-
ne du Trône de nos Kois : mais la Char-
tre de Louis XII . dont j'ai aporté l'exem-
ple, donnée en 1513. en faveur de la Cour
des Aydes de Montpellier, pour être éga
lement émanée du Trône , ne fut pas
plus infaillible par le défaut de l'Exposé
quoique fait de bonne foy ) vos Char-
tres étant de ce caractere , elles n'en ont
pas aussi plus d'autorité .
Il n'y en a proprement que deux ;
( celle de 1475. se raportant entierement
à celle de 1468. ne doit être comptée
pour rien ) La premiere est de Louis XI.
et de l'an 1468. c'est-à-dire qu'elle a été
accordée aux Habitans de la Neuville-
en-Hez plus de 250.ans après la Naissan-
ce de S. Louis , et 198. après sa mort.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que
Louis XI. ne dit pas absolument dans
certe Chartre que S. Louis est né à la
Neuville ; quand il l'auroit dit , ce seroit
11. Vol.
encore
JUIN.
encore peu
1737.
1349
de chose: car on sçait bien
que
ce ne sont pas les Rois qui redigent les
Chartres ; mais après avoir écrit dans cel-
le-ci que S. Louis avoit pris Naissance à
la Neuville , on a eu soin d'ajoûter au
nom du Roy , ainsi qu'il nous a été af-
firmé. Par qui affirmé ? Ce n'est pas assu
rément par ceux qui étoient du temps de
S.Louis.Si l'on veut donc que cette Char-
tre prouve quelque chose,ce sera unique-
ment,que plus de 250 ans après la Nais-
sance de S. Louis , les Habitans de la
Neuville , ayant trouvé une protection
auprès de Louis XI . lui demanderent
une exemption pour un temps , que leur
pauvreté seule rendoit nécessaire ; que,
pour être écoutés plus favorablement, ils
exposerent que S. Louis étoit né chés eux;
et que Louis XI . leur accorda ce qu'ils
demandoient sur un oui dire , sans avoir
fait examiner la verité de cette partie de
leur Exposé.
Je n'aurai pas de peine à montrer que
la Chartre d'Henry IV. qui vous a pa
ru si curieuse , ne prouve pas davantage.
Le Roy y dit que les Habitans de la Neu-
ville lui ont exposé qu'ils avoient obte-
nu autrefois plusieurs graces , entr'autres
une Chartre de S.Louis , qui la leur avoit
accordée en consideration de ce qu'il
11. Vol.
avoit
1350 MERCUREDE FRANCE
avoit pris Naissance au Château de la
Neuville. Vous voyez , Monsieur, que ce
sont encore ici les Habitans qui parlent ,
et qui parlent d'une Chartre qu'ils n'a-
voient pas , et qu'ils disent que S. Louis
leur avoit accordée , comme l'ayant oüi
dire.
Enfin tout s'opose à vos Chartres , et
rien ne les favorise . Que d'obstacles à
franchir
que de difficultés à résoudre !
et à combien de conjectures n'êtes- vous
pas obligé de recourir pour trouver quel
que Epoque de la Naissance de S. Louis
à Neuville ? On aura beau chercher le
sujet du voyage de la Princesse Blanche,
qui n'étoit pas encore Keine , M. Mail-
lart avoue dans sa Lettre, et vous Mon-
sieur, vous faites connoître, par les beaux
traits
Histoire dont vous avez enrichi
la vôtre , que vous n'avez rien oublié
l'un et l'autre pour le trouver ce sujet ,
mais sans succès. Après de si habiles
cri.
vains , qui osera se flatter d'y réussir ?
Il en faudra donc toujours revenir au
Château de Poissy , le séjour ordinaire
de cette Princesse.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris le 1. Juin 1737.
Dominicain, à la Lettre de M. le Beuf,
Chanoine de L. C. D. imprimée dans
le Mercure de Mars 1737. au sujet du
Lieu de la Naissance de Saint Louis,
Roy de France.
J'avois vû, Monsieur, d'abord avec
plaisir, votre nom à la tête de la Lettre
à laquelle j'ai l'honneur de répondre;
comme ce qui vient de vous est ordinai-
rement rempli d'érudition et de recher-
ches, je m'attendois à y trouver des
éclaircissemens sur la question agitée en-
tre M. Maillart et moi , d'autant mieux
quejevoyois paroître sur les rangsur Ecri-
vain d'un mérite distingué, sans qu'il eût
aucun interêt au sujet de notre dispute.
Ce n'est donc pas sans raison que j'ai été
surpris de ne voir presque dans certe Let-
tre que les Chartres de la Neuville- en-
11. Vol
Hez ,
JUIN.
1737
1339
Hez , avec quelques avis, dont vous con-
viendrez vous-même que je n'avois pas
besoin , lorsque vous y aurez fait re
Aexion.
1º. Je me suis fait illusion , si on vous
en croit , lorsque j'ai soutenu que M.
Baillet , qui a placé à Poissy la Naissance
de S. Louis , connoissoit les Chartres de
la Neuville , où il étoit né lui- même , et
pour prouver ma prétendue méprise
de cet Ouvrage , à laquelle il présida
>
vous observez que la Note que j'ai copiée
dans les Vies des Saints de ce celebre Cri-
sique , n'est pas dans la premiere Edition
mais seulement dans deux Editions faites
long- temps après sa mort ; sçavoir , en
1715. et en 1724.d'où vous concluez que
cette Note n'est pas de M. Baillet , mais
de l'Editeur.
Comment avez vous pû ignorer, Mon.
sieur , que l'Edition de 1701. qui est la
premiere , ayant été épuisée en très- peu
.de temps , on en fit une seconde , revie
et augmentée par l'Auteur , qui fut mise
en vente dès l'an 1704. chés Jean de
Nully. Baillet étoit alors plein de vie ,
il ne mourut que le 21. Janvier 1706.
Ce fut donc lui-même qui , au Tome II.
de cette Edition p. 379. après avoir écrit
dans le Texte : Louis IX. Roy de France
II. Vol
nâquir
1340 MERCURE DE FRANCE
nâquit à Poissy , ajoûta cette Note. >> On
» voit deux Actes de nos Rois , l'un de
» Louis XI. et l'autre de Henry I V. qui
» portent qu'il est né à Neuville- en-Hez ,
" Bourg du Diocèse de Beauvais, » C'est
lui qui en disant ensuite p. 383. » que
» S. Louis retournoit ordinairement à
» Poissy , non pas tant pour y être né
» que pour y avoir reçû le Baptême »
montre qu'il n'avoit point d'égard à ces
Chartres. De plus on lit au IV. Tome p.
292. qu'il y avoit eu en 1215. trois éve-
nemens remarquables , dont l'un étoit la
Naissance de S. Louis à Poissy.
M. le Gendre a suivi son exemple , et
malgré ces Chartres , il a écrit T. III. P.
120. de l'Histoire de France , imprimée
à Paris, 12. ans après la mort de M. Bail
let : Louis VIII. eut pour enfans , &c .
S. Louis né à Poissy.
2º. La proximité d'une ruë , dites
vous , a empêché de bâtir le Sanctuaire
de l'Eglise des Dames de Poissy vers l'O-
rient ; cela est vrai , mais ce fut pour ac-
corder cette proximité avec l'endroit où
S. Louis étoit né , sur lequel on voulut
placer le Maître Autel.
3 °. L'autorité de Guidonis , Dominicain ,
né en 1260. Evêque de Lodéve en 1324.
quej'ai cité, m'a paru d'autant plus décisi-
II. Vol.
ve
JUIN.
1737.
1347
ve pour prouver la Naissance de S.Louis à
Poissy , qu'un autre Ecrivain , lequel té-
moigne , selon le P. Echard , l'avoir
connu , assure dans l'Abregé qu'il a fait
de sa Vie , qu'il étoit à la suite de la
Cour de France en 1318. envoyé par le
Pape Jean XXII. pour terminer la
Guerre qui étoit entre le Roy Philipe V.
et les Flamans. Ce qui réussit, dit Meze-
ray , le 20. May 1320. Guidonis , alors
Inquisiteur de Toulouze , et Procureur
General de son Ordre ; dum Inquisitionis
et Procurationis officiis fungeretur , obligé
en cette derniere qualité , de veiller à
l'execution de la Fondation d'un Monas-
tere de son Ordre , faite à Poissy , à cinq
petites lieuës de Paris ; Guidonis , dis - je ,
pouvoit-il ignorer , n'étoit- il pas même
obligé de sçavoir le dessein de Philipe le
Bel et des Princes , ses deux fils , Philipe
Vet Charles IV . auxquels il avoit l'hon-
neur de parler , déclarés avec leur Perc
dans le Nécrologe de certe Maison , Au-
teurs de ces grands Edifices ?
J'ai donc suivi les regles d'une saine
critique , lorsque j'ai regardé ce Prélat
comme un bon garant de la verité que
je défends ; il dit nettement que Philipe
le Bel fonda le Monastere de Poissy in
bonorem Avi sui qui apud Pissiacum natës
1 I. Vol.
esis
1342 MERCURE DE FRANCE
ests et c'est en termes aussi exprès , qu'il
assure dans la Relation de cette Fonda-
tion , que le Lieu de Poissy fut choisi
préférablement à tout autre , parce que
S. Louis y étoit né.
Vous ne voulez pourtant point qu'on
s'arrête à ce témoignage
parce que ,
>> dites- vous, les OuvragesHistoriques de
» Guidonis sont remplis d'une inexacti-
» tude qui leur a'attiré le mépris des Sça-
» vans, et qui est la cause qu'ils restent
» oubliés dans la poussiere des Biblio-
> theques , sans que personne ait jamais
» eu le courage de les rendre publics par
» l'impression. Les Sçavans , selon vous,
méprisent ses Ouvrages Historiques , & c.
Mais tous les Sçavans dont vous voulez
parler se réduisent à un des Continua-
teurs de Bollandus , qui même n ' . dit
autre chose , sinon que la Vie de Saint
Justin d'Aquitaine , publiée par Gui-
donis , contient des fables. A quoi le
P. Echard répond : hasfabulas Bernardo
non tribuas » En effet , Guidonis paroît
>> ici un Ecrivain zelé , lequel ayant
» découvert cette Piece en Gascogne,
» n'a eu d'autre dessein' que de la con-
» server en entier , afin que ce qu'il y a
» de fabuleux ne fut pas cause de la per-
se de ce qu'il y a de vrai , sans préten
ᏞᎥᏤ .
dre
JUIN.
1737
7343
dre autoriser également l'un et l'autre.
Donnez-vous la peine , Monsieur , de
lire sa Vie , raportée par les Peres Labbe
et Echard , et vous y trouverez de quoi
vous former l'idée juste que l'on doit
avoir de notre Auteur et de ses Ouvra-
ges: Guido vir magni consilii , sensatus ,
fama , gratiâ , scientiâ et eloquentiâ clarus.
M. Sponde ad annum 1330. et le P. Ale-
xandre Siecle XIV . p . 148. lui donnent
dans leurs Annales les mêmes éloges . Le
P. Lelong , de l'Oratoiré , fait , dans sa
Bibliotheque Historique , le dénombre-
ment des plus célebres Bibliotheques qui
conservent cherement ses Manuscrits , et
il assure p. 78 2. que son Histoire impri-
mée des Comtes de Toulouze , est suivie
generalement de tous ; M. Baluze , le-
quel , au sentiment de M. Dupin , Siécle
XVII. p. 5. et p. 15. et de tout le monde,
étoit mieux versé que personne dans la
connoissance des Manuscrits , parlant de
notre Prélat , a dit dans son Histoire des
Papes d'Avignon , T. I. p. 579. Bernar-
dus Guidonis Auctor omni exceptione ma-
jor. Bernard Guidonis est un des plus cé-
lebres Auteurs ; et il l'a dit à l'occasion
de ses Additions à l'Ouvrage Historique
des nouveaux établissemens de l'Ordre
des Freres Précheurs , De Exordiis Ord.
II. Vol.
Prad
1344 MERCURE DE FRANCE
Prad. Ce scul témoignage autorise tout
ce que notre Ecrivain a dit de celui de
Poissy , qui est du nombre. Tous ces
Scavans , et plusieurs autres que je pou
rois citer, sont autant de témoins du mé-
rite de Guidonis , par les éloges qu'ils
lui donnent.
Vous ajoûtez enfin que personne n'a
jamais eu le courage de faire imprimer
aucun des Ouvrages Historiques de no-
tre Auteur , et le P. Echard T. I. p . 577.
>
en cite six , avec l'année et le lieu de
l'Impression. Historia Inquisitionis , &c.
Vovez aussi ce que Baillet dit en faveur de
Guidonis T. I. p. 36. Edit. de 1704.
4º. Guillaume de Chartres , Chapelain
de S. Louis , a écrit que ce pieux Roy
observoit les jeûnes qui étoient d'obliga
tion dans le Diocèse de Chartres , eò quod
de Carnotensi Diocesi oriundus existebat.
J'ai traduit ces mots : Parce qu'il étoit
né dans le Diocèse de Chartres. Et je
soutiens encore que c'est leur sens veri-
table et naturel.
Ce que j'ai avancé , qu'en cherchant
une autre autorité que celle de Catel ,
qui vous a paru trop foible , pour mon-
trer que j'ai bien expliqué le mot oriun-
dus , je l'ai trouvée sans peine cette au-
torité , et telle qu'elle ne laisse pas om-
II. Vol.
bre
JUIN.
11. Vol.
1737.
1345
bre de difficulté ; c'est la Vie de S. Eloy
par S. Ouen qui me l'a fournie. Elegius,
dit l'Historien, in Villa Catalanensi oriun-
dus fuit. On l'explique en disant que S.
Eloy nâquit à Cataillac près de Limoges,
et S. Olen ne permet pas de l'entendre
autrement , lorsqu'il ajoûte : ex hâc ergo
regione natus est : Il nâquit donc dans ce
Pays-là. Sum enim et ego , si fortè vos nes-
citis , civitate vestrâ oriundus , et à pueritia
nutritus : » Sçachez , disoitCorneille Agrip-
ра
» pa à ceux de Cologne , que je suis né
» et que j'ai été élevé dans votre Ville ,
qu'il apelle sa Patrie. Melchior, Adam
et Bayle citent cet oriundus pour prouver
qu'il y est né.
5º. Mais si le mot oriundus indique le
Lieu de la naissance temporelle , en se-
ra- t- il autrement du mot originis , em-
ployé par Philipe le Bel en 1304. dans
la Chartre de Fondation du Monastere
de Poissy ? M. Maillart les a expliqués
l'un comme l'autre , et vous en avez usé
de mêmesje n'y trouve aussi aucune dif-
ference ; je crois qu'ils ont la même si-
gnification ; cependant comme il vous
reste deux scrupules , je vais tâcher de
les lever.
On lit donc dans cette Chartre de
Fondation ( par laquelle le Roy accorde,
en
1546 MERCURE DE FRANCE
en vûë de la Naissance de S. Louis , in
honorem , &c. des Privileges bien plus
étendus que ceux de Neuville : Villam
ipsa
ORIGINIS SUE locum habebat.Il
avoit le Domaine de cette petite Ville de
Poissy , le Lieu de sa Naissance. Ce ver-
be habebat vous paroît receler quelque
mistere
,
et en vous en reservant l'intel-
ligence , vous avertissez le Public que si
on l'entend bien , il fait contre moi ; j'a-
voiie que je ne vois point cela , mais ce
que je vois fort bien , c'est que ce même
verbe habebat n'est point dans une autre
Chartre que Philipe le Bel accorda au
Monastere de Poissy , et qui est datée de
Chastillon- sur- Yndre , au mois d'Août
1305. In honorem Dei , B. V. M. nen nen
ad celebrem et specialem egregii Confessoris
B. Ludovici , Avi nostri , Monasterium
præteritis diebusfundare decrevimus in Villä
Pissiaci , ORIGINIS locum prefati Confes
soris , & c.
Ce verbe habebat , comme vous voyez,
n'est plus ici un obstacle , et afin que
vous n'ayez rien à désirer là dessus , lisez
un endroit de la Vie de S. Gregoire , Pa-
pe , écrite par un Chartreux du Val-
Dieu , du XV. Siécle , et raportée dans
le T. VI. p. 28. Veter. scrip. de D. Mar-
tenne , Benedictin. B. Gregorius , Papa ,
VI. Vol.
clarissimis
JUIN.
1737.
clarissimis ortus natalibus ;
8347
S. Gregoire ,
Pape , sorti d'une illustre Famille , ea
tempore duxit originem quo à nativitate Ch.
annus DXLI.volvebatur. nâquit en 541.Le
même Chartreux parle de Guidonis p.
70. comme d'un beau génie : Doctor so-
lertissimus edidit egregium opus speculi sanc-
toralis. Ce Docteur subtil est l'Auteur
de l'excellent Traité du Miroir des
Saints.
A l'égard de votre second scrupule ,
qui consiste en ce que vous ne pouvez
pas comprendre qu'on ait été mieux in-
formé du Lieu de la Naissance de Saint
Louis, que de l'année de cette Naissance,
sur laquelle les Historiens ne sont nul-
lement d'accord ; vous me permettrez de
vous dire que la Patrie est une chose sub-
sistante ; la Naissance des Grands Hom-
mes dans un Lieu fait honneur , et sou-
vent même elle lui est utile : il n'en est
pas de même de l'année , et eût- elle été
écrite dans le temps même , les Copistes
ne sont pas également exacts. On sçait
que Philipe le Bel avoit formé le dessein
de fonder un Monastere , non pas pour
rendre célebre l'Année de la Naissance
de S. Louis , son Ayeul ; c'est pour cela
qu'il n'en fut pas parlé , mais le Lieu où
il étoit né , qu'il déclare être la petite
II. Vol.
Ville
1348 MERCURE DE FRANCE
Ville de Poissy , ayant pû l'aprendre de
S. Louis , son Ayeul , auquel il avoit
parlé de Marguerite de Provence , son
Ayeule , avec laquelle il avoit conversé
17. ans , et celle- ci 18. avec la Reine
Blanche.
Que voulez-vous après cela qu'on dia
se de vos Chartres ? Je sçais le respect
que l'on doit avoir pour tout ce qui éma-
ne du Trône de nos Kois : mais la Char-
tre de Louis XII . dont j'ai aporté l'exem-
ple, donnée en 1513. en faveur de la Cour
des Aydes de Montpellier, pour être éga
lement émanée du Trône , ne fut pas
plus infaillible par le défaut de l'Exposé
quoique fait de bonne foy ) vos Char-
tres étant de ce caractere , elles n'en ont
pas aussi plus d'autorité .
Il n'y en a proprement que deux ;
( celle de 1475. se raportant entierement
à celle de 1468. ne doit être comptée
pour rien ) La premiere est de Louis XI.
et de l'an 1468. c'est-à-dire qu'elle a été
accordée aux Habitans de la Neuville-
en-Hez plus de 250.ans après la Naissan-
ce de S. Louis , et 198. après sa mort.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que
Louis XI. ne dit pas absolument dans
certe Chartre que S. Louis est né à la
Neuville ; quand il l'auroit dit , ce seroit
11. Vol.
encore
JUIN.
encore peu
1737.
1349
de chose: car on sçait bien
que
ce ne sont pas les Rois qui redigent les
Chartres ; mais après avoir écrit dans cel-
le-ci que S. Louis avoit pris Naissance à
la Neuville , on a eu soin d'ajoûter au
nom du Roy , ainsi qu'il nous a été af-
firmé. Par qui affirmé ? Ce n'est pas assu
rément par ceux qui étoient du temps de
S.Louis.Si l'on veut donc que cette Char-
tre prouve quelque chose,ce sera unique-
ment,que plus de 250 ans après la Nais-
sance de S. Louis , les Habitans de la
Neuville , ayant trouvé une protection
auprès de Louis XI . lui demanderent
une exemption pour un temps , que leur
pauvreté seule rendoit nécessaire ; que,
pour être écoutés plus favorablement, ils
exposerent que S. Louis étoit né chés eux;
et que Louis XI . leur accorda ce qu'ils
demandoient sur un oui dire , sans avoir
fait examiner la verité de cette partie de
leur Exposé.
Je n'aurai pas de peine à montrer que
la Chartre d'Henry IV. qui vous a pa
ru si curieuse , ne prouve pas davantage.
Le Roy y dit que les Habitans de la Neu-
ville lui ont exposé qu'ils avoient obte-
nu autrefois plusieurs graces , entr'autres
une Chartre de S.Louis , qui la leur avoit
accordée en consideration de ce qu'il
11. Vol.
avoit
1350 MERCUREDE FRANCE
avoit pris Naissance au Château de la
Neuville. Vous voyez , Monsieur, que ce
sont encore ici les Habitans qui parlent ,
et qui parlent d'une Chartre qu'ils n'a-
voient pas , et qu'ils disent que S. Louis
leur avoit accordée , comme l'ayant oüi
dire.
Enfin tout s'opose à vos Chartres , et
rien ne les favorise . Que d'obstacles à
franchir
que de difficultés à résoudre !
et à combien de conjectures n'êtes- vous
pas obligé de recourir pour trouver quel
que Epoque de la Naissance de S. Louis
à Neuville ? On aura beau chercher le
sujet du voyage de la Princesse Blanche,
qui n'étoit pas encore Keine , M. Mail-
lart avoue dans sa Lettre, et vous Mon-
sieur, vous faites connoître, par les beaux
traits
Histoire dont vous avez enrichi
la vôtre , que vous n'avez rien oublié
l'un et l'autre pour le trouver ce sujet ,
mais sans succès. Après de si habiles
cri.
vains , qui osera se flatter d'y réussir ?
Il en faudra donc toujours revenir au
Château de Poissy , le séjour ordinaire
de cette Princesse.
Je suis , Monsieur , &c.
A Paris le 1. Juin 1737.
Fermer
20016
p. 1387
AUTRE.
Début :
Je suis en mon entier renommé dans le Monde [...]
Mots clefs :
Rameau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E suis en mon entier renommé dans le Monde
Par une science profonde :
En Public je reçois des aplaudiffemens ;
Mais en secret on me critique.
Car tel eft des Talens le pouvoir tyrannique ;
Qu'ils partagent les sentimens.
Détaché de mon premier Etre ,
Qui d'un Art charmant m'a fait maître ;
Je tiens souvent au plus foible arbriffeau.
Dans mes fx pieds on voit paroître
Un Element fougueux , & souvent le Tombeau
Des Mortels qu'il avoit vû naître ;
Ce qui fait vivre après la mort ,
Ce qui fait entrer dans le Port ,
Avec l'abreuvoir du Village ,
Ce qui peut d'un Bateau faciliter l'usage ,
Ce qui d'un bon Soldat fignale la valeur ;
Et là-deffus , adieu , Lecteur.
L'Affichard.
E suis en mon entier renommé dans le Monde
Par une science profonde :
En Public je reçois des aplaudiffemens ;
Mais en secret on me critique.
Car tel eft des Talens le pouvoir tyrannique ;
Qu'ils partagent les sentimens.
Détaché de mon premier Etre ,
Qui d'un Art charmant m'a fait maître ;
Je tiens souvent au plus foible arbriffeau.
Dans mes fx pieds on voit paroître
Un Element fougueux , & souvent le Tombeau
Des Mortels qu'il avoit vû naître ;
Ce qui fait vivre après la mort ,
Ce qui fait entrer dans le Port ,
Avec l'abreuvoir du Village ,
Ce qui peut d'un Bateau faciliter l'usage ,
Ce qui d'un bon Soldat fignale la valeur ;
Et là-deffus , adieu , Lecteur.
L'Affichard.
Fermer
20018
p. 135-140
LETTRE d'un Habitant du Palais Royal, à M. DE LA PLACE.
Début :
MONSIEUR Comme ce qui concerne le bien Public est une des parties éssentielles de [...]
Mots clefs :
Palais, Police de Paris, Spectacle, Honneur, Incendie, Jardin du Palais Royal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Habitant du Palais Royal, à M. DE LA PLACE.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives..
LETTRE d'un Habitant du Palais.
Royal, à M. DE LA PLACE.
MONSIEUR ,9 .
Comme ce qui concerne le bien Public
eft une des parties éffentielles de
votre Journal , on voit avec plaifir votreattention
à ne rien négliger de tout
ce qui peut y contribuer ; l'incendie
136 MERCURE DE FRANCE.
terrible qui vient de reduire en cendres
un des plus beaux Spectacles de
l'Europe , occupe aujourd'hui bien douloureuſement
les efprits de tous les
Citoyens.
J'ai été témoin de ce funefte événement
& j'ai vu dans une heure de
temps la Salle de l'Opéra confumée
par les flammes & tout le Palais Royal
dans le danger le plus éminent ( a ) .
> C'est le Mercredi 6 de ce mois
qu'entre onze heures & onze heures
& un quart un tourbillon de fumée
épouvantable annonça le feu qui embrâfoit
la Salle , & qui menaçoit d'un
côté le Palais du Prince & de l'autre
la rue S. Honoré par les maiſons du
cul - de - fac de l'Opéra. La quantité
de bois & d'autres matières combuftibles
, qui abondent dans un Spectacle
qui confifte principalement en décorations
& en machines , donnoient
au feu une telle activité , qu'à midi &
(a ) Quelle perte c'eût été & pour la Capitale
& pour tout le Royaume , que cette fuperbe Collection
de Tableaux , que l'on peut regarder comme
une des richeffes de l'Etat , & qui ne contribue
pas peu à attirer tant d'Etrangers à Paris !
On peut rebâtir des Palais , mais de pareilles pertes
font irréparables.
AVRIL. 1763: 137
demi cette Salle n'étoit déja plus que
la plus vafte & la plus horrible de toutes
les fournaifes .
Dans un embrâfement auffi violent ,
il étoit difficile que les fecours arrivalfent
auffi promptement qu'il étoit naturel
de le defirer. Il eft vrai que la
peine que l'on eut d'abord à avoir
de l'eau en quantité fuffifante , a bien
démontré toute l'utilité du Projet de
M. Deparcieux , dont vous avez donné
, Monfieur , l'extrait dans votre Mercure.
On peut foupçonner auffi que
la Police de Paris , fi admirable à tant
d'égards , pourroit être fufceptible encore
d'une plus grande perfection fur
le fervices des Pompes il doit être
d'autant plus permis de le dire, qu'aujourd'hui
la fageffe du Miniftère ne
demande qu'à connoître les abus pour
les réformer , & que l'on doit tout
attendre de ce Magiftrat auffi éclairé
que vigilant , que le Roi a élevé à une
place où le Peuple l'auroit nommé , &
qui a fi bien prouvé combien il en étoit
digne , en maintenant la fureté de Paris
dans des temps fi difficiles . (b)
(b ) Le Lecteur apprendra fans doute avec plai
fir une fage précaution déja priſe il y a longtems
par M. le Lieutenant Général de Police. Les Maî
138 MERCURE DE FRANCE..
Par toutes ces raiſons je me crois at
torifé à vous expofer ici , Monfieur , ce
qui fe pratique à Strasbourg , au fujet
des incendies. Nuit & jour un homme
gagé par la Ville fait la fentinelle au
clocher de la Cathédrale dont l'élévation
prodigieufe domine la Ville de
route part. Si le feu prend en quelque
endroit le furveillant fonne le tocfin
& par la direction , le jour , d'un drapeau
blanc , & la nuit d'une lanterne
indique le Quartier de la Ville où eft le
feu . Toutes les Pompes y accourent
fans qu'il foit befoin de les aller cher--
cher. La premiere arrivée eſt récompenſée
par une fomme qu'eft obligée de
payer par forme d'amande celle qui n'arrive
que la dernière : ainfi la même
ardeur anime tous les Pompiers , les.
uns pour gagner le prix , les autres pour
ne pas le payer. Il n'eft pas poffible de
fe refufer au fentiment d'admiration
qu'infpire une police fi merveillėuſe.
Il fe peut que l'étendue immenfe de la
Ville de Paris y rendit un pareil établiffement
impraticable. Si ce n'eft pas
tres des Voitures qui fourniffent de l'eau aux quartiers
éloignés de la Ville & des Fauxbourgs , ont
ordre de ne rentrer chez eux , que leurs tonneaux
pleins , pour fervir en cas de beſoin..
AVRIL. 1763: 139
·
un éxemple à fuivre , on peut du moins.
en profiter pour faire mieux ce qui fe
fait communément. Cette réfléxion n'eft
pas d'un cenfeur , caractère communément
odieux & dont je fuis très-éloigné ;
je ne parle qu'en fimple Citoyen , dont
l'unique but eft d'avertir ceux qui font
plus au fait que je ne le fuis de tout ce
qui regarde un objet fi important , de
propofer les réformes dont notre Police
pourroit avoir befoin à cet égard .
C'est toujours beaucoup pour quiconque
tient au bien de l'humanité , que de
Poccafionner de quelque manière que
ce foit. Toute fimple qu'eft cette Lettre
, j'en ferois gloire fi elle donnoit
lieu au génie patriotique , qui fait de fi
heureux progrès parmi nous d'enfanter
quelque projet qui pût garantir nos
Neveux de ces terribles défaftres dont
nous n'avons été que trop fouvent témoins.
Un Philofophe & peut- être le
plus grand de tous , Socrate lui - même ,
ne fe glorifioit de rien tant que de favoir
faire accoucher les efprits .
Avant que de finir , je ne puis me
refufer la fatisfaction de vous faire part
d'un autre Spectacle dont j'ai eté témoin
, fpectacle toujours trifte à la
vérité , mais intéreffant & qui fait trop
140 MERCURE DE FRANCE .
d'honneur â nos Concitoyens pour le
paffer fous filence.
Au Jardin du Palais Royal , qui étoit
encore ouvert à l'ordinaire , on voioir
deux chaînes différentes compofées de
perfonnes de tout état , fans diftinction
de rang , de dignité , de fexe même ,
l'une formée pour fauver les Archives
du Palais , l'autre pour fournir plus
promptement l'eau aux Pompes qui
pouvoient feules en arrêter l'incendie.
Le zéle dont chacun est animé dans
ces terribles événemens redoubloit
fenfiblement encore , ainfi l'a remarqué
un fage Magiftrat , par le
refpect & l'amour dont tous les Citoyens
font pénétrés pour M. le Duc
d'Orléans & pour le Prince fon fils ,
dont la préſence les affectoit fi vivement.
Que ce Public dont tant de faux Philofopes
affectent de mal parler , devient
alors refpectable & intéreſſant !
Que ce spectacle fait honneur à l'humanité
! Mais puiffe le Jardin du Palais
Royal n'en offrir jamais de pareil.
J'ai l'honneur d'être , & c.
que
*
L * A* L * B *.
* M. le Procureur du Roi.
LETTRE d'un Habitant du Palais.
Royal, à M. DE LA PLACE.
MONSIEUR ,9 .
Comme ce qui concerne le bien Public
eft une des parties éffentielles de
votre Journal , on voit avec plaifir votreattention
à ne rien négliger de tout
ce qui peut y contribuer ; l'incendie
136 MERCURE DE FRANCE.
terrible qui vient de reduire en cendres
un des plus beaux Spectacles de
l'Europe , occupe aujourd'hui bien douloureuſement
les efprits de tous les
Citoyens.
J'ai été témoin de ce funefte événement
& j'ai vu dans une heure de
temps la Salle de l'Opéra confumée
par les flammes & tout le Palais Royal
dans le danger le plus éminent ( a ) .
> C'est le Mercredi 6 de ce mois
qu'entre onze heures & onze heures
& un quart un tourbillon de fumée
épouvantable annonça le feu qui embrâfoit
la Salle , & qui menaçoit d'un
côté le Palais du Prince & de l'autre
la rue S. Honoré par les maiſons du
cul - de - fac de l'Opéra. La quantité
de bois & d'autres matières combuftibles
, qui abondent dans un Spectacle
qui confifte principalement en décorations
& en machines , donnoient
au feu une telle activité , qu'à midi &
(a ) Quelle perte c'eût été & pour la Capitale
& pour tout le Royaume , que cette fuperbe Collection
de Tableaux , que l'on peut regarder comme
une des richeffes de l'Etat , & qui ne contribue
pas peu à attirer tant d'Etrangers à Paris !
On peut rebâtir des Palais , mais de pareilles pertes
font irréparables.
AVRIL. 1763: 137
demi cette Salle n'étoit déja plus que
la plus vafte & la plus horrible de toutes
les fournaifes .
Dans un embrâfement auffi violent ,
il étoit difficile que les fecours arrivalfent
auffi promptement qu'il étoit naturel
de le defirer. Il eft vrai que la
peine que l'on eut d'abord à avoir
de l'eau en quantité fuffifante , a bien
démontré toute l'utilité du Projet de
M. Deparcieux , dont vous avez donné
, Monfieur , l'extrait dans votre Mercure.
On peut foupçonner auffi que
la Police de Paris , fi admirable à tant
d'égards , pourroit être fufceptible encore
d'une plus grande perfection fur
le fervices des Pompes il doit être
d'autant plus permis de le dire, qu'aujourd'hui
la fageffe du Miniftère ne
demande qu'à connoître les abus pour
les réformer , & que l'on doit tout
attendre de ce Magiftrat auffi éclairé
que vigilant , que le Roi a élevé à une
place où le Peuple l'auroit nommé , &
qui a fi bien prouvé combien il en étoit
digne , en maintenant la fureté de Paris
dans des temps fi difficiles . (b)
(b ) Le Lecteur apprendra fans doute avec plai
fir une fage précaution déja priſe il y a longtems
par M. le Lieutenant Général de Police. Les Maî
138 MERCURE DE FRANCE..
Par toutes ces raiſons je me crois at
torifé à vous expofer ici , Monfieur , ce
qui fe pratique à Strasbourg , au fujet
des incendies. Nuit & jour un homme
gagé par la Ville fait la fentinelle au
clocher de la Cathédrale dont l'élévation
prodigieufe domine la Ville de
route part. Si le feu prend en quelque
endroit le furveillant fonne le tocfin
& par la direction , le jour , d'un drapeau
blanc , & la nuit d'une lanterne
indique le Quartier de la Ville où eft le
feu . Toutes les Pompes y accourent
fans qu'il foit befoin de les aller cher--
cher. La premiere arrivée eſt récompenſée
par une fomme qu'eft obligée de
payer par forme d'amande celle qui n'arrive
que la dernière : ainfi la même
ardeur anime tous les Pompiers , les.
uns pour gagner le prix , les autres pour
ne pas le payer. Il n'eft pas poffible de
fe refufer au fentiment d'admiration
qu'infpire une police fi merveillėuſe.
Il fe peut que l'étendue immenfe de la
Ville de Paris y rendit un pareil établiffement
impraticable. Si ce n'eft pas
tres des Voitures qui fourniffent de l'eau aux quartiers
éloignés de la Ville & des Fauxbourgs , ont
ordre de ne rentrer chez eux , que leurs tonneaux
pleins , pour fervir en cas de beſoin..
AVRIL. 1763: 139
·
un éxemple à fuivre , on peut du moins.
en profiter pour faire mieux ce qui fe
fait communément. Cette réfléxion n'eft
pas d'un cenfeur , caractère communément
odieux & dont je fuis très-éloigné ;
je ne parle qu'en fimple Citoyen , dont
l'unique but eft d'avertir ceux qui font
plus au fait que je ne le fuis de tout ce
qui regarde un objet fi important , de
propofer les réformes dont notre Police
pourroit avoir befoin à cet égard .
C'est toujours beaucoup pour quiconque
tient au bien de l'humanité , que de
Poccafionner de quelque manière que
ce foit. Toute fimple qu'eft cette Lettre
, j'en ferois gloire fi elle donnoit
lieu au génie patriotique , qui fait de fi
heureux progrès parmi nous d'enfanter
quelque projet qui pût garantir nos
Neveux de ces terribles défaftres dont
nous n'avons été que trop fouvent témoins.
Un Philofophe & peut- être le
plus grand de tous , Socrate lui - même ,
ne fe glorifioit de rien tant que de favoir
faire accoucher les efprits .
Avant que de finir , je ne puis me
refufer la fatisfaction de vous faire part
d'un autre Spectacle dont j'ai eté témoin
, fpectacle toujours trifte à la
vérité , mais intéreffant & qui fait trop
140 MERCURE DE FRANCE .
d'honneur â nos Concitoyens pour le
paffer fous filence.
Au Jardin du Palais Royal , qui étoit
encore ouvert à l'ordinaire , on voioir
deux chaînes différentes compofées de
perfonnes de tout état , fans diftinction
de rang , de dignité , de fexe même ,
l'une formée pour fauver les Archives
du Palais , l'autre pour fournir plus
promptement l'eau aux Pompes qui
pouvoient feules en arrêter l'incendie.
Le zéle dont chacun est animé dans
ces terribles événemens redoubloit
fenfiblement encore , ainfi l'a remarqué
un fage Magiftrat , par le
refpect & l'amour dont tous les Citoyens
font pénétrés pour M. le Duc
d'Orléans & pour le Prince fon fils ,
dont la préſence les affectoit fi vivement.
Que ce Public dont tant de faux Philofopes
affectent de mal parler , devient
alors refpectable & intéreſſant !
Que ce spectacle fait honneur à l'humanité
! Mais puiffe le Jardin du Palais
Royal n'en offrir jamais de pareil.
J'ai l'honneur d'être , & c.
que
*
L * A* L * B *.
* M. le Procureur du Roi.
Fermer
Résumé : LETTRE d'un Habitant du Palais Royal, à M. DE LA PLACE.
Le 6 avril 1763, un incendie a ravagé la salle de l'Opéra du Palais-Royal, réduisant l'édifice en cendres en une heure. L'auteur de la lettre, habitant du Palais-Royal, décrit la rapidité et l'intensité du feu, qui a menacé le Palais du Prince et la rue Saint-Honoré. Les décorations et machines combustibles ont alimenté l'incendie, rendant les secours difficiles à mobiliser rapidement. L'auteur souligne l'utilité du projet de M. Deparcieux pour l'approvisionnement en eau et propose des améliorations pour la police de Paris en matière de lutte contre les incendies. Il mentionne également une pratique à Strasbourg où un surveillant signale les incendies depuis le clocher de la cathédrale, permettant une intervention rapide des pompiers. La lettre se termine par un témoignage du zèle et du respect des citoyens lors de l'incendie. Sous l'influence du Duc d'Orléans et de son fils, les habitants ont formé des chaînes pour sauver les archives et fournir de l'eau aux pompes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
20019
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Fermer
Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
20020
p. 1416-1419
POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
Début :
Au commencement de ce mois, les Ennemis pousserent avec beaucoup de vivacité leurs [...]
Mots clefs :
Siège de Dantzig, Garnison, Troupes saxonnes, Fort, Gdańsk, Détachement, Camp, Ville, Assiégeants, Comte de Munich
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
POLOGNE.
Suite du Siege de Dantzick
U commencement de ce mois , les Ennemis
pousserent avec beaucoup de vivacité leurs
approches du côté du Bisschosberg , et ils s'emparerent
d'un poste avancé qu'un Détachement
de la Garnison de la Ville occupoit près de
Schiedlitz .
Le s . il vint à Dantzick , du Camp des Assiegeans
, un Tambour des Troupes Saxones , chargé
par le Duc de Saxe Wesseinfels , et le Comte
de Munich , de remettre aux Magistrats une Lettre
, par laquelle ces deux Generaux et les Seigneurs
Polonais attachez au parti de l'Electeur
de Saxe , qui sont dans l'Armée ennemie , les exhortoient
de nouveau à se soumettre à ce Prince
et à donner à la Czarine les satisfactions qu'elle
demande pour les actes d'hostilité commis contre
ses Troupes , et on répondit à cette Lettre ,
comme on avoit fait aux précedentes , que les
Habitans étoient déterminez à se deffendre jusqu'à
la derniere extremité.
Le 6. unDétachement d'environ 250. hommes
de la Garnison , fit une sortie et attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux que les Assiegeans
ont commencés sur le Stolzberg , et dont
la plus grande partie fut renversée.
Le 9.
les Vaisseaux François qui étoient à la
Rade de la Ville , mirent à la voile pour reto ur-
11. Vol. ner
J.U IN. 1734 1417
her à Coppenhague , où ils conduisirent une
Frégate Moscovite de 32. Pieces de Canon , qu'ils
avoient prise à la hauteur de l'Ifle de Borsnhelm.
L'Escadre de la Czarine , composée de 14-
Vaisseaux de ligne , de 8. Frégates , de 2. Galiotes
à Bombes , et d'un Brulot , laquelle étoit
partie de Cronstadt le 24. du mois dernier ,
mouilla le 5. de ce mois à Pillau , où elle débarqua
de l'Artillerie et des Munitions destinées
pour le Camp des Assiegeans , et elle arriva le
12. au matin à la Rade de Dantzick.
Le Duc de Saxe Wesseinfels , le Comte de Munich
, et la plupart des Officiers Generaux des
Troupes ennemies se rendirent le 13. de ce mois
à bord de l'Amiral de l'Escadre Moscovite , qui
est toujours à la Rade de Dantzick et qui ferme
le passage de la Vistule, et ils y tinrent un Conseil
de Guerre , dans lequel il fut résolu qu'ils
employeroient tous leurs efforts pour s'emparer
du fort de Wechselmunde , avant que de songer
à soumettre la Ville .
Le lendemain M. Gordon fit commencer le
bombardement du Fort avec deux Galiotes à
bombes. Le feu fut très - vif pendant plusieurs
heures , tant du côté de la Garnison que de celui
des Assicgeans , et quelques Frégates de ces
derniers s'étant avancez trop près du Fort , furent
endommagées par le Canon.
Le 15. les Ennemis continuerent d'y jetter des
Bombes , dont une tomba sur un Magazin à
Poudre , qui n'ayant pas été couvert avec assez.
de précaution , sauta en l'air.
Le Comte de Munich alla le 17. reconnoître
le Fort , et la nuit suivante la Tranchée fut ouverte
par un Détachement des Troupes Saxones
qui a été relevé la nuit du 18. par 2000. Moscovites.
La
1418 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que le Comte de Munich fir
sommer le 19. la Garnison de Wechselmunde
de se rendre , et qu'elle a promis de rendre le
Fort le 24. si elle n'étoit pas secourüe .
L'Artillerie et les Munitions de guerre que
P'Escadre de la Czarine a débarquées au Pillau ,
arriverent il y a quelques jours au Camp des
Assiegeans , qui ont déja dressé plusieurs Batteries
de Canon et de Mortiers , avec lesquels ils
battent la vieille Ville , où ils ont fait sauter un
des Magazins à poudre. Ils bombarderent aussf
avec beaucoup de force le Camp où les Troapes
Françoises sont retranchées , et le General Moscovite
leur a fait faire la même sommation qu'à'
la Garnison de Wechselmunde.
On a appris depuis que le Gouverneur de ce
Fort capitula le 23. de ce mois , et qu'il fut re –
mis le lendemain au Duc de Saxe Weissenfels ,
qui y fit entrer une Garnison Saxone. On est
convenú que M. de Stackelberg , Colonel au
service du Roy de Suede et les Troupes Suedoises
qui étoient dans le Fort , pourroient se retireren
Suede , et qu'il leur seroit fourni des vivres depuis
le jour de la capitulation jusqu'à celui de
leur départ pour retourner dans leur Pays.
Le 19. Juin , le Roy fit sortir de Dantzick un
Détachement de la Garnison , qui attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux des Assicgeans ,
en tua plusieurs et fit quelques prisonniers . Un
autre Détachement de la Garnison fit le lendemain
une sortie et combla une partie des Tranchées
des Moscovites.
Les Magistrats envoyerent le 26. un Officier
aux Generaux ennemis , pour leur faire quelques
propositions. Il revint avec un Officier des Troupes
Saxones , lequel eut un long entretien avec
Primat. M.
JUIN. 1734 1419
M. de Brandt , Ministre du Roy de Prusse , a
écrit aux Magistrats une Lettre qui contient
quelques nouvelles propositions d'accommodement
, à l'occasion de laquelle ils ont tenu plusieurs
assemblées .
On assure qu'un Détachement des Troupes de
Ja Couronne s'est emparé de Cracovie , après en
avoir chassé les Troupes Saxones qui y étoient
en garnison.
Suite du Siege de Dantzick
U commencement de ce mois , les Ennemis
pousserent avec beaucoup de vivacité leurs
approches du côté du Bisschosberg , et ils s'emparerent
d'un poste avancé qu'un Détachement
de la Garnison de la Ville occupoit près de
Schiedlitz .
Le s . il vint à Dantzick , du Camp des Assiegeans
, un Tambour des Troupes Saxones , chargé
par le Duc de Saxe Wesseinfels , et le Comte
de Munich , de remettre aux Magistrats une Lettre
, par laquelle ces deux Generaux et les Seigneurs
Polonais attachez au parti de l'Electeur
de Saxe , qui sont dans l'Armée ennemie , les exhortoient
de nouveau à se soumettre à ce Prince
et à donner à la Czarine les satisfactions qu'elle
demande pour les actes d'hostilité commis contre
ses Troupes , et on répondit à cette Lettre ,
comme on avoit fait aux précedentes , que les
Habitans étoient déterminez à se deffendre jusqu'à
la derniere extremité.
Le 6. unDétachement d'environ 250. hommes
de la Garnison , fit une sortie et attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux que les Assiegeans
ont commencés sur le Stolzberg , et dont
la plus grande partie fut renversée.
Le 9.
les Vaisseaux François qui étoient à la
Rade de la Ville , mirent à la voile pour reto ur-
11. Vol. ner
J.U IN. 1734 1417
her à Coppenhague , où ils conduisirent une
Frégate Moscovite de 32. Pieces de Canon , qu'ils
avoient prise à la hauteur de l'Ifle de Borsnhelm.
L'Escadre de la Czarine , composée de 14-
Vaisseaux de ligne , de 8. Frégates , de 2. Galiotes
à Bombes , et d'un Brulot , laquelle étoit
partie de Cronstadt le 24. du mois dernier ,
mouilla le 5. de ce mois à Pillau , où elle débarqua
de l'Artillerie et des Munitions destinées
pour le Camp des Assiegeans , et elle arriva le
12. au matin à la Rade de Dantzick.
Le Duc de Saxe Wesseinfels , le Comte de Munich
, et la plupart des Officiers Generaux des
Troupes ennemies se rendirent le 13. de ce mois
à bord de l'Amiral de l'Escadre Moscovite , qui
est toujours à la Rade de Dantzick et qui ferme
le passage de la Vistule, et ils y tinrent un Conseil
de Guerre , dans lequel il fut résolu qu'ils
employeroient tous leurs efforts pour s'emparer
du fort de Wechselmunde , avant que de songer
à soumettre la Ville .
Le lendemain M. Gordon fit commencer le
bombardement du Fort avec deux Galiotes à
bombes. Le feu fut très - vif pendant plusieurs
heures , tant du côté de la Garnison que de celui
des Assicgeans , et quelques Frégates de ces
derniers s'étant avancez trop près du Fort , furent
endommagées par le Canon.
Le 15. les Ennemis continuerent d'y jetter des
Bombes , dont une tomba sur un Magazin à
Poudre , qui n'ayant pas été couvert avec assez.
de précaution , sauta en l'air.
Le Comte de Munich alla le 17. reconnoître
le Fort , et la nuit suivante la Tranchée fut ouverte
par un Détachement des Troupes Saxones
qui a été relevé la nuit du 18. par 2000. Moscovites.
La
1418 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que le Comte de Munich fir
sommer le 19. la Garnison de Wechselmunde
de se rendre , et qu'elle a promis de rendre le
Fort le 24. si elle n'étoit pas secourüe .
L'Artillerie et les Munitions de guerre que
P'Escadre de la Czarine a débarquées au Pillau ,
arriverent il y a quelques jours au Camp des
Assiegeans , qui ont déja dressé plusieurs Batteries
de Canon et de Mortiers , avec lesquels ils
battent la vieille Ville , où ils ont fait sauter un
des Magazins à poudre. Ils bombarderent aussf
avec beaucoup de force le Camp où les Troapes
Françoises sont retranchées , et le General Moscovite
leur a fait faire la même sommation qu'à'
la Garnison de Wechselmunde.
On a appris depuis que le Gouverneur de ce
Fort capitula le 23. de ce mois , et qu'il fut re –
mis le lendemain au Duc de Saxe Weissenfels ,
qui y fit entrer une Garnison Saxone. On est
convenú que M. de Stackelberg , Colonel au
service du Roy de Suede et les Troupes Suedoises
qui étoient dans le Fort , pourroient se retireren
Suede , et qu'il leur seroit fourni des vivres depuis
le jour de la capitulation jusqu'à celui de
leur départ pour retourner dans leur Pays.
Le 19. Juin , le Roy fit sortir de Dantzick un
Détachement de la Garnison , qui attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux des Assicgeans ,
en tua plusieurs et fit quelques prisonniers . Un
autre Détachement de la Garnison fit le lendemain
une sortie et combla une partie des Tranchées
des Moscovites.
Les Magistrats envoyerent le 26. un Officier
aux Generaux ennemis , pour leur faire quelques
propositions. Il revint avec un Officier des Troupes
Saxones , lequel eut un long entretien avec
Primat. M.
JUIN. 1734 1419
M. de Brandt , Ministre du Roy de Prusse , a
écrit aux Magistrats une Lettre qui contient
quelques nouvelles propositions d'accommodement
, à l'occasion de laquelle ils ont tenu plusieurs
assemblées .
On assure qu'un Détachement des Troupes de
Ja Couronne s'est emparé de Cracovie , après en
avoir chassé les Troupes Saxones qui y étoient
en garnison.
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Résumé : POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
Au début du mois en Pologne, les forces ennemies intensifièrent leurs attaques près du Bisschosberg et capturèrent un poste avancé près de Schiedlitz. Un tambour saxon remit aux magistrats de Dantzick une lettre des généraux Duc de Saxe-Weissenfels et Comte de Munich, les exhortant à se soumettre à l'Électeur de Saxe et à satisfaire les demandes de la Czarine. La ville refusa de se rendre. Le 6 juin, un détachement de la garnison de Dantzick attaqua les travaux ennemis sur le Stolzberg, causant des dégâts significatifs. Le 9 juin, des vaisseaux français quittèrent Dantzick pour Copenhague, escortant une frégate moscovite capturée. L'escadre de la Czarine, composée de 14 vaisseaux de ligne et d'autres navires, arriva à Pillau le 5 juin et à Dantzick le 12 juin, apportant de l'artillerie et des munitions. Les généraux ennemis tinrent un conseil de guerre à bord du vaisseau amiral moscovite le 13 juin et décidèrent de capturer le fort de Wechselmunde avant de s'attaquer à la ville. Le bombardement du fort débuta le 14 juin, endommageant plusieurs frégates ennemies. Le 15 juin, une bombe ennemie détruisit un magasin à poudre dans le fort. Le 19 juin, le Comte de Munich somma la garnison de Wechselmunde de se rendre, ce qu'elle fit le 23 juin. Les troupes suédoises du fort purent se retirer en Suède. Le 19 juin, un détachement de la garnison de Dantzick attaqua les travaux ennemis, tuant plusieurs soldats et faisant des prisonniers. Le 26 juin, les magistrats envoyèrent un officier aux généraux ennemis pour des propositions de paix. Par ailleurs, un détachement des troupes de la Couronne s'empara de Cracovie, chassant les troupes saxonnes.
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20021
p. 152-158
ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de la guerre.
Début :
MUSES, dont les voix immortelles [...]
Mots clefs :
Roi, Héros, Gloire, Grand, Vertu, Rois, Louis, Thémis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de la guerre.
ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de
la guerre.
M
USES , dont les voix immortelles
Confacrent les faftes des Rois ,
Chéris de leurs peuples fidéles
Pour leurs vertus & pour leurs loix
Donnez - moi votre ton fublime
Pour chanter le plus magnanime ,
Le plus jufte des Souverains ,
Que pour rendre heureux les humains.
Qui chéri d'un peuple qu'il aime ,
N'ufe de fon pouvoir fuprême
Quel beau Spectacle ! le Permeffe
S'offre à mes regards éblouis ;
Mais quoi ! tout l'Olympe s'empreffe
D'y defcendre au nom de Louis.
En vain les filles de Mémoire
Comptent d'avoir feules la gloire
D'immortalifer ce grand Roi ;
Charmé de fa vertu ſuprême ,
Le plus puiffant des Dieux lui -même
Veut partager ce noble emploi..
Viens , m'a dit la troupe immortelle ,
FEVRIER 1745 153
Viens apprendre dans nos concerts
Comme on doit chanter le modele
Des arbitres de l'Univers.
J'approche . .... que d'art ! de nobleffe !
Minerve exaltoit fa ſageffe ,
Thémis louoit fon équité ,
Jupiter vantoit fa clémence ,
Appollon fon intelligence
Et Mars fon intrépidité.
Plein, de leur divine harmonie ,
Sur les monts chéris de neuf fours
Je vais conduit par mon génie
Voir s'il eft encore des fleurs ,
Mais déja ma Lyre réfonne ,
Ma voix s'éleve jufqu'au Trône ,
Quel digne objet pour mes chanfons ,
Qu'un Monarque dont la jeuneffe
Inftruit & furprend la vieilleffe
Par la grandeur de fes leçons !
Prince , en qui revit pour la France
De Rome l'immortel Titus ,
Jette un regard de complaifance
Sur ce tableau de tes vertus.
Vous , qui vivez fous fon Empire ,
Peuples , apprenez de ma Lyre
A connoître votre bonheur ;
Gv
154 MERCURE DE FRANCE
Sachez que ce Héros préfere
La gloire d'être votre pere
A celle du plus grand vainqueur
Tout l'éclat dont brille la guerré
N'a rien qui féduiſe ſes yeux ;
Il fait que les Rois fur la terre
Doivent repréſenter les Dieux.
Vertumne , Cérès & Pomone
Ne redoutent plus de Bellone
Les ravages , les cruautés ,
Et les Nochers vainqueurs des ondes
Sans crainte peuvent des deux mondes
Réunir les Tréfors vantés.
Loin ambition criminelle
Avide d'un fanglant laurier !
La raiſon n'admire que celle
Qui lui préfere l'Olivier.
Un Roi , qui ne porte la foudre
Que pour réduire tout en poudre ,
N'eft jamais qu'un monftre inhumain,
Celui qui met dans la balance
Ce qu'il fait & ce qu'il difpenfe ,
Eft feul l'homme & le fouverain .
Rois , votre premiere conquête
Doit toujours être votre coeur ;
FEVRIER 1745 . 155
C'eft la route qui mene au faîte
De la véritable grandeur ;
Comme Louis marchez fans ceffe
Dans le fentier de la fageffe
De vos pareils trop peu battu ,
Vos cours fous fon heureux aufpice
Deviendront le tombeau du vice
Et le Temple de la vertu .
Amant des Arts & des Sciences
11 leur donne un nouvel éclat..
L'attrait des juftes récompenſes
D'hommes fameux peuple l'Etat.
Chaque talent trouve fon * Temple
Où par lui-même & par l'exemple
Il atteint la perfection .
Tout s'approfondit , fe découvre.
Le fein de la nature s'ouvre
Aux yeux de l'émulation .
Où fuis-je ? quel lieu reſpectable !
Du deftin tout y fuit la Loi ;
Dans l'avenir im pénétrable
Sous quels traits m'offre-t-il mon Roi ?
Ciel ! quelle brillante carriere
Tracent à fa vertu guerriere
De concert Thémis & Pallas !
Précédé par la fage gloire
* Les Académies . G vj
156 MERCURE DE FRANCE,
Il y vole avec la victoire ;
Tremblez injuftes potentats.
Quels rugiffemens effroyables !
Tu frémis , orgueilleux Lion ,
De voir des exploits incroyables ,
En un mois un triple Ilion .
Menin , Ypres , Furnes en cendre
A tes Maîtres doivent apprendre
Que le Héros qui t'a foumis
Reçût la redoutable épée
Que dans ton fang il a trempée
De la main même de Thémis .
Ame & chef d'une ligue altiere ,
Qu'anime & guide la fureur ,
Charles recule fa frontiere ,
Et répand le trouble & l'horreur,
Mais tel que le Dieu du Tonnere ,
Quand aux fiers enfans de la Terre
11 fit reffentir fon courroux ,
Couronné de lauriers Belgiques
Louis , fur les bords germaniques.
Va lui porter de nouveaux coups.
Il s'avance ; la palme eft prête.
Quel revers ! de l'affreufe mort
Un miniftre cruel l'arrête.
FEVRIER. 1745. 157
La France déplore fon fort ;
» Grand Dieu ! dit- elle en fes allarmes ,
» Sauve pour l'honneur de mes armes ,
» Pour ma gloire & pour mon bonheur ,
» Un Roi ta plus parfaite image ,
» Moins flaté de fon apanage
» Que de l'empire de mon coeur.
Le Ciel touché de ſa priere
Rend ce Héros à fon amour ;
Il parle , il entend ; fa paupiere
Se rouvre à la clarté du jour.
Soudain la douleur , la trifteile
Par-tout font place à l'allegreffe ;
Pour un Roi , quels flateurs objets !
Quifait que les forces des Princes
Sont moins le nombre des Provinces
Que les fentiments des fujets !
Ainfi , quand un orage gronde',
Et que fa noire opacité
Eclipfe le flambeau du monde ,
Tout languit , tout eſt attriſté ;
Reparoit-il en fon langage
Chaque être lui rend un hommage ,
Charmé de revoir fes attraits ,
Et cet Aftre , qui les ranime ,
Dans ce que leur tendreffe exprime
18 MERCURE DE FRANCE
Trouve le prix de fes bienfaits.
Fribourg , ta conquête pénible
De fa fanté fera le fruit ;
C'en est fait ; fa foudre terrible
Part , vole , éclate & te détruit.
Sur fon Egide éblouiffante
Cette devife intéreffante
Au loin frappe tous les regards ;
MON BRASNE LANCÈLETONNERRI
QUE POUR EXILER DE LA TERRE
A JAMAIS LA DISCORDE ET MAR S.
Des Bourbons la tige féconde
Etend fes branches , fes rameaux ;
Un jour ils couvriront le monde ;
Mortels , que ces tems feront beaux !
Mais je reviens de mon délire ;
Qu'ai-je prédit ! qu'ai-je ofé dire !
Grand Roi , pardonne à mes effais ;
Ils n'ont fait qu'ébaucher l'image
De ta vertu , de ton courage
Et de son amour pour la Paix .
Par M. de S. Roman de Monrpellier
la guerre.
M
USES , dont les voix immortelles
Confacrent les faftes des Rois ,
Chéris de leurs peuples fidéles
Pour leurs vertus & pour leurs loix
Donnez - moi votre ton fublime
Pour chanter le plus magnanime ,
Le plus jufte des Souverains ,
Que pour rendre heureux les humains.
Qui chéri d'un peuple qu'il aime ,
N'ufe de fon pouvoir fuprême
Quel beau Spectacle ! le Permeffe
S'offre à mes regards éblouis ;
Mais quoi ! tout l'Olympe s'empreffe
D'y defcendre au nom de Louis.
En vain les filles de Mémoire
Comptent d'avoir feules la gloire
D'immortalifer ce grand Roi ;
Charmé de fa vertu ſuprême ,
Le plus puiffant des Dieux lui -même
Veut partager ce noble emploi..
Viens , m'a dit la troupe immortelle ,
FEVRIER 1745 153
Viens apprendre dans nos concerts
Comme on doit chanter le modele
Des arbitres de l'Univers.
J'approche . .... que d'art ! de nobleffe !
Minerve exaltoit fa ſageffe ,
Thémis louoit fon équité ,
Jupiter vantoit fa clémence ,
Appollon fon intelligence
Et Mars fon intrépidité.
Plein, de leur divine harmonie ,
Sur les monts chéris de neuf fours
Je vais conduit par mon génie
Voir s'il eft encore des fleurs ,
Mais déja ma Lyre réfonne ,
Ma voix s'éleve jufqu'au Trône ,
Quel digne objet pour mes chanfons ,
Qu'un Monarque dont la jeuneffe
Inftruit & furprend la vieilleffe
Par la grandeur de fes leçons !
Prince , en qui revit pour la France
De Rome l'immortel Titus ,
Jette un regard de complaifance
Sur ce tableau de tes vertus.
Vous , qui vivez fous fon Empire ,
Peuples , apprenez de ma Lyre
A connoître votre bonheur ;
Gv
154 MERCURE DE FRANCE
Sachez que ce Héros préfere
La gloire d'être votre pere
A celle du plus grand vainqueur
Tout l'éclat dont brille la guerré
N'a rien qui féduiſe ſes yeux ;
Il fait que les Rois fur la terre
Doivent repréſenter les Dieux.
Vertumne , Cérès & Pomone
Ne redoutent plus de Bellone
Les ravages , les cruautés ,
Et les Nochers vainqueurs des ondes
Sans crainte peuvent des deux mondes
Réunir les Tréfors vantés.
Loin ambition criminelle
Avide d'un fanglant laurier !
La raiſon n'admire que celle
Qui lui préfere l'Olivier.
Un Roi , qui ne porte la foudre
Que pour réduire tout en poudre ,
N'eft jamais qu'un monftre inhumain,
Celui qui met dans la balance
Ce qu'il fait & ce qu'il difpenfe ,
Eft feul l'homme & le fouverain .
Rois , votre premiere conquête
Doit toujours être votre coeur ;
FEVRIER 1745 . 155
C'eft la route qui mene au faîte
De la véritable grandeur ;
Comme Louis marchez fans ceffe
Dans le fentier de la fageffe
De vos pareils trop peu battu ,
Vos cours fous fon heureux aufpice
Deviendront le tombeau du vice
Et le Temple de la vertu .
Amant des Arts & des Sciences
11 leur donne un nouvel éclat..
L'attrait des juftes récompenſes
D'hommes fameux peuple l'Etat.
Chaque talent trouve fon * Temple
Où par lui-même & par l'exemple
Il atteint la perfection .
Tout s'approfondit , fe découvre.
Le fein de la nature s'ouvre
Aux yeux de l'émulation .
Où fuis-je ? quel lieu reſpectable !
Du deftin tout y fuit la Loi ;
Dans l'avenir im pénétrable
Sous quels traits m'offre-t-il mon Roi ?
Ciel ! quelle brillante carriere
Tracent à fa vertu guerriere
De concert Thémis & Pallas !
Précédé par la fage gloire
* Les Académies . G vj
156 MERCURE DE FRANCE,
Il y vole avec la victoire ;
Tremblez injuftes potentats.
Quels rugiffemens effroyables !
Tu frémis , orgueilleux Lion ,
De voir des exploits incroyables ,
En un mois un triple Ilion .
Menin , Ypres , Furnes en cendre
A tes Maîtres doivent apprendre
Que le Héros qui t'a foumis
Reçût la redoutable épée
Que dans ton fang il a trempée
De la main même de Thémis .
Ame & chef d'une ligue altiere ,
Qu'anime & guide la fureur ,
Charles recule fa frontiere ,
Et répand le trouble & l'horreur,
Mais tel que le Dieu du Tonnere ,
Quand aux fiers enfans de la Terre
11 fit reffentir fon courroux ,
Couronné de lauriers Belgiques
Louis , fur les bords germaniques.
Va lui porter de nouveaux coups.
Il s'avance ; la palme eft prête.
Quel revers ! de l'affreufe mort
Un miniftre cruel l'arrête.
FEVRIER. 1745. 157
La France déplore fon fort ;
» Grand Dieu ! dit- elle en fes allarmes ,
» Sauve pour l'honneur de mes armes ,
» Pour ma gloire & pour mon bonheur ,
» Un Roi ta plus parfaite image ,
» Moins flaté de fon apanage
» Que de l'empire de mon coeur.
Le Ciel touché de ſa priere
Rend ce Héros à fon amour ;
Il parle , il entend ; fa paupiere
Se rouvre à la clarté du jour.
Soudain la douleur , la trifteile
Par-tout font place à l'allegreffe ;
Pour un Roi , quels flateurs objets !
Quifait que les forces des Princes
Sont moins le nombre des Provinces
Que les fentiments des fujets !
Ainfi , quand un orage gronde',
Et que fa noire opacité
Eclipfe le flambeau du monde ,
Tout languit , tout eſt attriſté ;
Reparoit-il en fon langage
Chaque être lui rend un hommage ,
Charmé de revoir fes attraits ,
Et cet Aftre , qui les ranime ,
Dans ce que leur tendreffe exprime
18 MERCURE DE FRANCE
Trouve le prix de fes bienfaits.
Fribourg , ta conquête pénible
De fa fanté fera le fruit ;
C'en est fait ; fa foudre terrible
Part , vole , éclate & te détruit.
Sur fon Egide éblouiffante
Cette devife intéreffante
Au loin frappe tous les regards ;
MON BRASNE LANCÈLETONNERRI
QUE POUR EXILER DE LA TERRE
A JAMAIS LA DISCORDE ET MAR S.
Des Bourbons la tige féconde
Etend fes branches , fes rameaux ;
Un jour ils couvriront le monde ;
Mortels , que ces tems feront beaux !
Mais je reviens de mon délire ;
Qu'ai-je prédit ! qu'ai-je ofé dire !
Grand Roi , pardonne à mes effais ;
Ils n'ont fait qu'ébaucher l'image
De ta vertu , de ton courage
Et de son amour pour la Paix .
Par M. de S. Roman de Monrpellier
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20022
p. 1419
ALLEMAGNE.
Début :
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohëme, a changé [...]
Mots clefs :
Royaume de Bohême, Empereur
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohème , a changé
de desstin , et il a écrit au Baron de Damhitz
, de faire marcher vers le Rhin le Régiment
du Prince Akxandre de Wirtemberg , celui des
Grenadiers de Lorraine , et ceux de Weles , du
Comte Louis de Palfi , de Séer , de Welsech et
d'Olgivi , qui avoient eu ordre de s'arrêter dans
les environs de Passaw.
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohème , a changé
de desstin , et il a écrit au Baron de Damhitz
, de faire marcher vers le Rhin le Régiment
du Prince Akxandre de Wirtemberg , celui des
Grenadiers de Lorraine , et ceux de Weles , du
Comte Louis de Palfi , de Séer , de Welsech et
d'Olgivi , qui avoient eu ordre de s'arrêter dans
les environs de Passaw.
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20023
p. 2913
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que l'Empereur y fait chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que l'Empereur y fait
chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut
emprunter à six pour cent d'intérêt , mais on
doute que les sûretez qu'offre S. M. I. soient
jugées suffisantes.
N écrit de Londres que l'Empereur y fait
chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut
emprunter à six pour cent d'intérêt , mais on
doute que les sûretez qu'offre S. M. I. soient
jugées suffisantes.
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20024
p. 2913-2914
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le Prince Joseph-Antoine de Baviere, second fils de l'Electeur de Baviere, et de Marie-Emilie [...]
Mots clefs :
Cardinal Grimaldi, Bavière, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Lils de l'Electeur de Baviere , et de Marie-Emi-
E Prince Joseph- Antoine de Baviere , second
lie d'Autriche , mourut à Munich le 6 de ce mois
âgé de 6 ans 3 mois 11 jours , étant né le as
Aoust 1728,
篇
11. Vol. Le
2914 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal Doria mourut à Benevent ,
le 6 Decembre , âgé de 68 ans ; il avoit été fait
Cardinal le 12 Septembre de l'année 1731. par
le Pape regnant , qui lui avoit donné le Titre de
S. Jérône des Esciavons.
Le Vaisseau sur lequel le Cardinal Grimaldi
s'étoit embarqué pour aller à Naples , dont il
esperoit que l'air seroit propre au rétablissement
de sa sauté , y arriva le 17 du mois dernier . Ce
Cardinal fut attaqué en pleine Mer d'un vonissement,
accompagné de convulsions si violentes,
qu'il mourut quelques heures avant que le Bâtiment
entrât dans le Port de Naples . Il étoit
dans la 60 année de son âge , étant né le 15 Novembre
1674. il avoit été fait Cardinal le , da
mois d'Octobre de l'année 1730. par le Pape
regnant , qui lui donna le Titre de Ste Balbine ,
et le nomma Légat de Boulogne.
Le Duc de Chablais , troisiéme Fils du Roy
de Sardaigne , est mort à Turin. Il étoit né le
23 Juillet 1733.
Lils de l'Electeur de Baviere , et de Marie-Emi-
E Prince Joseph- Antoine de Baviere , second
lie d'Autriche , mourut à Munich le 6 de ce mois
âgé de 6 ans 3 mois 11 jours , étant né le as
Aoust 1728,
篇
11. Vol. Le
2914 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal Doria mourut à Benevent ,
le 6 Decembre , âgé de 68 ans ; il avoit été fait
Cardinal le 12 Septembre de l'année 1731. par
le Pape regnant , qui lui avoit donné le Titre de
S. Jérône des Esciavons.
Le Vaisseau sur lequel le Cardinal Grimaldi
s'étoit embarqué pour aller à Naples , dont il
esperoit que l'air seroit propre au rétablissement
de sa sauté , y arriva le 17 du mois dernier . Ce
Cardinal fut attaqué en pleine Mer d'un vonissement,
accompagné de convulsions si violentes,
qu'il mourut quelques heures avant que le Bâtiment
entrât dans le Port de Naples . Il étoit
dans la 60 année de son âge , étant né le 15 Novembre
1674. il avoit été fait Cardinal le , da
mois d'Octobre de l'année 1730. par le Pape
regnant , qui lui donna le Titre de Ste Balbine ,
et le nomma Légat de Boulogne.
Le Duc de Chablais , troisiéme Fils du Roy
de Sardaigne , est mort à Turin. Il étoit né le
23 Juillet 1733.
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le texte mentionne plusieurs décès de personnalités étrangères. Le Prince Joseph-Antoine de Bavière, second fils de l'Électeur de Bavière et de Marie-Émilie de Habsbourg-Lorraine, est décédé à Munich à l'âge de 6 ans, 3 mois et 11 jours. Le Cardinal Doria est mort à Benevent à l'âge de 68 ans. Il avait été créé cardinal le 12 septembre 1731 par le pape régnant, qui lui avait attribué le titre de Saint-Jérôme des Esclavons. Le Cardinal Grimaldi est décédé en mer avant d'atteindre Naples, où il espérait se rétablir. Il est mort à l'âge de 60 ans, après avoir été créé cardinal en octobre 1730 par le pape régnant, qui lui avait donné le titre de Sainte-Balbine et l'avait nommé légat de Boulogne. Enfin, le Duc de Chablais, troisième fils du roi de Sardaigne, est mort à Turin. Il était né le 23 juillet 1733.
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20025
p. 1419-1421
ITALIE.
Début :
Le 14. Juin, le Prince de Sainte-Croix se rendit au Palais du Quirinal, pour informer le [...]
Mots clefs :
Prince de Sainte-Croix, Roi de Naples, Cour de Vienne, Entretiens secrets, Haquenée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITA LIE.
E 14. Juin, le Prince de Sainte- Croix se ren
Ldit au Palais du Quirinal , pour informer le
Pape qu'il lui avoit été ordonné par la Cour de
Vienne , de s'aquitter de présenter la Haquenée
pour l'hommage du Royaume de Napies , au
nom de l'Empereur , à la place du Connétable
Colomne , qui s'en est excusé , mais on ne sçait
pas quelle réponse il a reçû de S. S.
Le Vicaire General de l'Abruzze , que le Comte
de Visconti avoit envoyé à Rome de Pescara ,
n'a rendu, pendant qu'il y est resté , aucune visite
au Cardinal Cienfuegos , ni aux autres personnes
attachées à la Cour de Vienne , et après avoir eû
II. Vol. quel-
3.J
1410 MERCURE DE FRANCE
quelques entretiens secrets avec M. Ratto , Ministre
de S. M. C. il est parti pour aller rendre
hommage au Roy de Naples .
Le Cardinal Petra , le Connétable Colonne ,
le Prince Borghese , le Duc de Caserte , les Ducs
Paganica , d'Altemps et Cafarelli , ont fait ô: er
de dessus les portes de leurs Palais les Armes de
Empereur , pour y mettre celles du Roy d'Espagne
, et ils sont allez chez M. Ratto , pour le
prier d'assurer le Roy, de Naples de leur soumis.
sion et de leur fidélité.
Le Comte de Visconti , qui s'étoit retiré précipitamment
à Fermo , est actuellement à Macerata
, d'où on l'attend à Rome.
Le Comte Porta a reçû ordre du Roy de Naples
, de lui envoyer les Meubles du Palais Farneze
, avec les Pierreries et la ,Vaisselle que S. M.
avoit en cette Ville ; une escorte de Soldats Espagnols
doit conduire incessamment ces Effets à
→ Fiumicino , d'où quelques Félouques armées en
guerre , les transporteront à Naples.
On a appris en dernier lieu de Rome , que le
Prince de Sainte- Croix se disposoit à présenter
incessamment la Haquenée au Pape au nom de
l'Empereur , et qu'il faisoit beaucoup de dépense
pour cette ceremonie.
On a appris aussi que ce Prince alla il y a
quelques jours chez le Cardinal Aldovrandi , qui
s'excusa sur quelque prétexte de recevoir sa visite .
On a appris de Genes , que les nouvelles impositions
que le Gouvernement a établies dans
la Ville de Final , y ont excité une sédition , et
que la plupart des Habitans ayant pris les armes,
ont tué plusieurs Commis et chassé les autres .
Le Sénat y a fait marcher quelques Troupes
pour faire rentrer les mutins dans le devoir,mais
II. Vol.
On
JUIN. 1734. 142r
on craint que la Bourgeoisie ne refuse de les recevoir
dans la Ville.
Le Commandant des Troupes qui sont dans
l'Ile de Corse , a demandé qu'on lui envoyát de
nouveaux secours pour l'aider à soumettre les
Rebelles , qui continuent de commettre beaucoup
de désordres dans cette Ile.
E 14. Juin, le Prince de Sainte- Croix se ren
Ldit au Palais du Quirinal , pour informer le
Pape qu'il lui avoit été ordonné par la Cour de
Vienne , de s'aquitter de présenter la Haquenée
pour l'hommage du Royaume de Napies , au
nom de l'Empereur , à la place du Connétable
Colomne , qui s'en est excusé , mais on ne sçait
pas quelle réponse il a reçû de S. S.
Le Vicaire General de l'Abruzze , que le Comte
de Visconti avoit envoyé à Rome de Pescara ,
n'a rendu, pendant qu'il y est resté , aucune visite
au Cardinal Cienfuegos , ni aux autres personnes
attachées à la Cour de Vienne , et après avoir eû
II. Vol. quel-
3.J
1410 MERCURE DE FRANCE
quelques entretiens secrets avec M. Ratto , Ministre
de S. M. C. il est parti pour aller rendre
hommage au Roy de Naples .
Le Cardinal Petra , le Connétable Colonne ,
le Prince Borghese , le Duc de Caserte , les Ducs
Paganica , d'Altemps et Cafarelli , ont fait ô: er
de dessus les portes de leurs Palais les Armes de
Empereur , pour y mettre celles du Roy d'Espagne
, et ils sont allez chez M. Ratto , pour le
prier d'assurer le Roy, de Naples de leur soumis.
sion et de leur fidélité.
Le Comte de Visconti , qui s'étoit retiré précipitamment
à Fermo , est actuellement à Macerata
, d'où on l'attend à Rome.
Le Comte Porta a reçû ordre du Roy de Naples
, de lui envoyer les Meubles du Palais Farneze
, avec les Pierreries et la ,Vaisselle que S. M.
avoit en cette Ville ; une escorte de Soldats Espagnols
doit conduire incessamment ces Effets à
→ Fiumicino , d'où quelques Félouques armées en
guerre , les transporteront à Naples.
On a appris en dernier lieu de Rome , que le
Prince de Sainte- Croix se disposoit à présenter
incessamment la Haquenée au Pape au nom de
l'Empereur , et qu'il faisoit beaucoup de dépense
pour cette ceremonie.
On a appris aussi que ce Prince alla il y a
quelques jours chez le Cardinal Aldovrandi , qui
s'excusa sur quelque prétexte de recevoir sa visite .
On a appris de Genes , que les nouvelles impositions
que le Gouvernement a établies dans
la Ville de Final , y ont excité une sédition , et
que la plupart des Habitans ayant pris les armes,
ont tué plusieurs Commis et chassé les autres .
Le Sénat y a fait marcher quelques Troupes
pour faire rentrer les mutins dans le devoir,mais
II. Vol.
On
JUIN. 1734. 142r
on craint que la Bourgeoisie ne refuse de les recevoir
dans la Ville.
Le Commandant des Troupes qui sont dans
l'Ile de Corse , a demandé qu'on lui envoyát de
nouveaux secours pour l'aider à soumettre les
Rebelles , qui continuent de commettre beaucoup
de désordres dans cette Ile.
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Résumé : ITALIE.
Le 14 juin, le Prince de Sainte-Croix a informé le Pape qu'il devait offrir une haquenée au nom de l'Empereur, remplaçant le Connétable Colonne. Le Vicaire Général de l'Abruzze, envoyé par le Comte de Visconti, n'a pas rencontré le Cardinal Cienfuegos ou les proches de la Cour de Vienne à Rome. Il a eu des entretiens secrets avec M. Ratto, Ministre du Roi de Naples, avant de partir rendre hommage au Roi de Naples. Plusieurs nobles, dont le Cardinal Petra, le Connétable Colonne, le Prince Borghese et divers Ducs, ont retiré les armes de l'Empereur de leurs palais pour y mettre celles du Roi d'Espagne, exprimant leur fidélité au Roi de Naples via M. Ratto. Le Comte de Visconti, initialement à Fermo, est maintenant à Macerata et attendu à Rome. Le Comte Porta a reçu l'ordre du Roi de Naples de lui envoyer les meubles du Palais Farnèse, ainsi que les pierreries et la vaisselle, escortés par des soldats espagnols jusqu'à Fiumicino, d'où ils seront transportés à Naples. À Gênes, de nouvelles impositions ont provoqué une sédition, avec des habitants armés tuant plusieurs commis. Le Sénat a envoyé des troupes, mais craint un refus de la bourgeoisie. En Corse, le commandant des troupes a demandé des renforts pour soumettre les rebelles.
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20026
p. 2914-2915
ETRENNES A M.....
Début :
Non, Ismene, pour vous je ne suis plus le même ; [...]
Mots clefs :
Changement, Ismène, Amitié, Coeur, Bontés, Bienfaits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES A M.....
ETRENNES A M.....
Non , Ismene,pour vous je ne suis plus l☛
même ;
Pour vous je n'ai plus d'amitié ;
Ce changement qu'envain mon coeur eût pallié .
Vous cause , je le vois , une surprise extrême.
Quoi ! direz- vous , Eraste après tant de bontez
Après tant de bienfaits qu'il a peu méritez ,
Change soudain avec l'année ?
Qui , sans doute ; et de plus , ce sont précisé
ment ,
II. Vol. Vos
DECEMB.R E. 1733. 2915
Vos bontez , vos bienfaits , qui font mon changement
,
Mais quoique avec raison vous soyez étonnée ,
D'un aveu fait si librement ,
Je ne crois pas qu'il doive exciter votre haine ;
Car tout le changement que pour vous en ce
jour ,
Mon coeur éprouve , belle Ismene ,
C'est que mon amitié s'est changée en amour,
COCQUARD .
Non , Ismene,pour vous je ne suis plus l☛
même ;
Pour vous je n'ai plus d'amitié ;
Ce changement qu'envain mon coeur eût pallié .
Vous cause , je le vois , une surprise extrême.
Quoi ! direz- vous , Eraste après tant de bontez
Après tant de bienfaits qu'il a peu méritez ,
Change soudain avec l'année ?
Qui , sans doute ; et de plus , ce sont précisé
ment ,
II. Vol. Vos
DECEMB.R E. 1733. 2915
Vos bontez , vos bienfaits , qui font mon changement
,
Mais quoique avec raison vous soyez étonnée ,
D'un aveu fait si librement ,
Je ne crois pas qu'il doive exciter votre haine ;
Car tout le changement que pour vous en ce
jour ,
Mon coeur éprouve , belle Ismene ,
C'est que mon amitié s'est changée en amour,
COCQUARD .
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Résumé : ETRENNES A M.....
Eraste écrit à Ismène le 29 décembre 1733 pour lui annoncer un changement dans ses sentiments. Il reconnaît les bienfaits d'Ismène mais révèle que son amitié s'est transformée en amour. Il espère que cette confession sera comprise et ne suscitera pas de haine.
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20027
p. 2894-2896
EGLOGUE SUR LA NAISSANCE DE JESUS-CHRIST.
Début :
Palemon. Quel spectale nouveau se présente à mes yeux? [...]
Mots clefs :
Naissance de Jésus-Christ, Messager des cieux, Sauveur, Bergers
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE SUR LA NAISSANCE DE JESUS-CHRIST.
EGLOGUE
SUR LA NAISSANCE
Q
DE JESUS-CHRIST.
Palemon.
Uel spectacle nouveau se présente à mes
yeux ?
Dans cette obscure nuit qui répand la lu- miere ,
Quel éclat frappe ma paupiere ?
Ah! Bergers , qui veillés dans ces paisibles lieux ,
Voyez-vous , comme moi > ce Messager dos Cieux ?
Il nous parle ; écoutons.
Un Ange.
Mortels , soyez sans crainte ,
Je viens vous annoncer une éternelle paix ,
De vos justes frayeurs n'ayez plus l'ame atteinte :
Le Ciel sensible à vos souhaits
Répand sur vous le plus grand des bienfaits.
Choeur des Bergers.
Par des Chants de réjouissance
Témoignons à l'envi notre reconnoissance.
II. Vol.
Daph
DECEMBRE. 1732 2895.
Daphnis.
Joüissez d'un destin paisible ;
Ah ! Bergers , revenez de vos mortels cha
grins ;
Le Ciel à nos soupirs sensible ,
En faveur des ingrats humains
Désarme son courroux terrible ,
Et nous donne des jours tranquiles et sereinss
Le Chœur.
Un Dieu naissant te bannit de ces lieux,
Et dissipe à jamais tes complots odieux
Affreux Auteur de nos alarmes ;
Que de notre bonheur tu vas être envieux !
Aussi-bon que puissant , cet Enfant glorieux ,
Tarit enfin nos larmes ,
Et nous ouvre les Cieux.
Licidas.
Admirons la bonté de ce divin Sauveur ,
Parmi nous il vient prendre une humaine
gure ,
Et du faîte de la grandeur
Non content de descendre , il veut souffrir l'ing
jure ,
D'un affreux hyver la rigueur.
II. Vol. Rou
2896 MERCURE DE FRANCE
Rougis , perfide créature ,
De voir en cet état réduit ton Créateur.
Alcandre , Daphnis , et le Chœur,
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.
Alcandre et Daphnis.
Méprisons sans cesse
La vaine grandeur ,
Et tout ce qui blesse
Une sainte ardeur.
Alcandre, Daphnis , et le Choeur.
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.
SUR LA NAISSANCE
Q
DE JESUS-CHRIST.
Palemon.
Uel spectacle nouveau se présente à mes
yeux ?
Dans cette obscure nuit qui répand la lu- miere ,
Quel éclat frappe ma paupiere ?
Ah! Bergers , qui veillés dans ces paisibles lieux ,
Voyez-vous , comme moi > ce Messager dos Cieux ?
Il nous parle ; écoutons.
Un Ange.
Mortels , soyez sans crainte ,
Je viens vous annoncer une éternelle paix ,
De vos justes frayeurs n'ayez plus l'ame atteinte :
Le Ciel sensible à vos souhaits
Répand sur vous le plus grand des bienfaits.
Choeur des Bergers.
Par des Chants de réjouissance
Témoignons à l'envi notre reconnoissance.
II. Vol.
Daph
DECEMBRE. 1732 2895.
Daphnis.
Joüissez d'un destin paisible ;
Ah ! Bergers , revenez de vos mortels cha
grins ;
Le Ciel à nos soupirs sensible ,
En faveur des ingrats humains
Désarme son courroux terrible ,
Et nous donne des jours tranquiles et sereinss
Le Chœur.
Un Dieu naissant te bannit de ces lieux,
Et dissipe à jamais tes complots odieux
Affreux Auteur de nos alarmes ;
Que de notre bonheur tu vas être envieux !
Aussi-bon que puissant , cet Enfant glorieux ,
Tarit enfin nos larmes ,
Et nous ouvre les Cieux.
Licidas.
Admirons la bonté de ce divin Sauveur ,
Parmi nous il vient prendre une humaine
gure ,
Et du faîte de la grandeur
Non content de descendre , il veut souffrir l'ing
jure ,
D'un affreux hyver la rigueur.
II. Vol. Rou
2896 MERCURE DE FRANCE
Rougis , perfide créature ,
De voir en cet état réduit ton Créateur.
Alcandre , Daphnis , et le Chœur,
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.
Alcandre et Daphnis.
Méprisons sans cesse
La vaine grandeur ,
Et tout ce qui blesse
Une sainte ardeur.
Alcandre, Daphnis , et le Choeur.
Aimons le Sauveur ,
Suivons sa tendresse :
Aimons le Sauveur
De tout notre cœur.
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Résumé : EGLOGUE SUR LA NAISSANCE DE JESUS-CHRIST.
L'églogue 'Sur la naissance de Jésus-Christ' décrit la naissance de Jésus et les réactions des bergers présents. Palemon, un berger, observe un spectacle céleste et entend un ange annoncer la naissance de Jésus, apportant paix éternelle et bienfaits divins. Les bergers expriment leur reconnaissance et leur joie par des chants de réjouissance. Daphnis invite les bergers à se réjouir de la paix et de la tranquillité apportées par le ciel. Le chœur des bergers célèbre la naissance de Jésus, qui bannit les alarmes et ouvre les portes du ciel. Licidas admire la bonté du divin Sauveur, qui choisit de naître parmi les hommes et de souffrir les rigueurs de l'hiver. Alcandre, Daphnis et le chœur exhortent à aimer le Sauveur, à suivre sa tendresse, à mépriser la vaine grandeur et à cultiver une sainte ardeur.
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20028
p. 1421-1423
DE NAPLES ET DE SICILE.
Début :
Le Roy a nommé le Prince de Laurenzano pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur [...]
Mots clefs :
Prince Laurenzano, Roi, Place, Ville, Troupes, Comte de Visconti, Habitants, Garnison, Royaume, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES ET DE SICILE.
DE NAPLES ET DE SICILE.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
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Résumé : DE NAPLES ET DE SICILE.
Le roi a nommé le Prince de Laurenzano ambassadeur extraordinaire auprès du Pape pour annoncer son avènement au trône. Le Duc de Lauria a remplacé le Comte de Charny pour recevoir l'hommage des députés des villes et des barons n'ayant pas encore prêté serment de fidélité. À Lecce, les habitants ont pris les armes contre des officiers impériaux, tuant l'un d'eux et chassant les troupes impériales. Huit galères françaises, commandées par le Chevalier d'Orléans, sont arrivées à Naples avec un nombre équivalent de galères espagnoles, transportant 18 bataillons et 2500 hommes de cavalerie. Le Comte de Visconti, ancien vice-roi de Naples, a quitté Pescara pour Rome après avoir repoussé un détachement envoyé pour l'assiéger. La garnison impériale de Reggio a abandonné la ville pour la Sicile. Trois cents grenadiers envoyés au Comte de Visconti ont été capturés, ainsi que leur galère. Le siège de Gaète a commencé, et la ville de Capoue est sous blocus. En juin, des troupes ont été envoyées en Calabre pour renforcer les forces locales. Un édit a été publié à Naples, interdisant toute correspondance avec les sujets de l'Empereur et l'importation de marchandises des pays sous domination impériale.
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20029
p. 141-143
CLAVECIN VERTICAL.
Début :
LES Clavecins ordinaires se posent difficilement à cause du jour qu'il faut [...]
Mots clefs :
Clavecins, Artiste, Instruments, Organiste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CLAVECIN VERTICAL.
CLAVECIN VERTICAL.
LESES Clavecins ordinaires fe pofent
difficilement à cauſe du jour qu'il faut
trouver pour le clavier , occupent beaucoup
de place & ne forment point un
embelliffement pour une falle ou un
fallon. M. Obert , Organiſte de la Cathédrale
de Boulogne fur mer , conftruit
depuis plus de dix ans des Clavecins verticaux
à grand ravalement jufqu'au fa
en haut & en bas avec un troifiéme
regiftre de petite octave coupé au de
la re au-deffus de la clef d'ut pour renforcer
le deffus ou la baffe au befoin
& dans l'angle perdu il fçait y ménager
un tympanum . Ils ont fix pieds trois
pouces de hauteur compris la corniche
& non le pied , & ils ne prennent dans
l'angle d'une pièce que quinze pouces
de profondeur fur trois pieds de largeur.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ces inftrumens s'élévent quarrément ,
& quand les portes font fermées ils ne
préfentent plus que la figure d'un buffet
fufceptible de toutes éfpèce d'ornement.
Quoique les fouterreaux ayent
un mouvement horizontal , l'Artifte a
trouvé le fecret d'en faciliter le renvoi
avec précifion & vivacité ; le toucher
n'eft point dur ; on y trouve même fous
les doigts un moelleux qui excite en
quelque forte à donner plus de brillant
dans le jeu & dans les agrémens de
l'éxécution. La table fe porte quarrément
par-tout , & ils rendent une harmonie
mieux nourrie & plus délicate
que celle des clavecins ordinaires. Enfin
il a eu la fatisfaction de recevoir
les plus grands éloges d'un très- grand
nombre de Muficiens célébres qui ont
paffé par cette Ville , notamment de
deux de ceux de S. A. S. Monfeigneur
le Prince de Conti ; mais le feul témoignage
de M. le Comte de Turpin , Lieutenant
Général des Armées du Roi, qui
commandoit en ce pays l'année dernière
, & qui en a tenus à fon Hôtel
pendant le féjour qu'il y a fait , peut
fuffire pour convaincre de la force du
fon , de la beauté de l'harmonie , &
de la fupériorité de cet habile Artiſte
AVRIL. 1763. 143
qui en a fait derniérement deux pour
P'Angleterre , où ils ont été tellement
admirés qu'il vient de recevoir ordre d'y
en faire paffer cinq autres qu'il éxécute
actuellement. Comme ce travail lui eft
devenu familier par la pratique , il ne
les vend plus que vingt & un louis compris
la caiffe , &c. Ils font très - ornés
dedans & dehors , & fi l'on y veut un
couronnement en fculpture dorée , ainfi
que les baguettes , l'on payera quatre
louis de plus ; mais il faut envoyer la
hauteur des pièces où ils doivent être
placés. Ils peuvent être tranfportés partout
fans rifque. Il faut affranchir les
lettres.
LESES Clavecins ordinaires fe pofent
difficilement à cauſe du jour qu'il faut
trouver pour le clavier , occupent beaucoup
de place & ne forment point un
embelliffement pour une falle ou un
fallon. M. Obert , Organiſte de la Cathédrale
de Boulogne fur mer , conftruit
depuis plus de dix ans des Clavecins verticaux
à grand ravalement jufqu'au fa
en haut & en bas avec un troifiéme
regiftre de petite octave coupé au de
la re au-deffus de la clef d'ut pour renforcer
le deffus ou la baffe au befoin
& dans l'angle perdu il fçait y ménager
un tympanum . Ils ont fix pieds trois
pouces de hauteur compris la corniche
& non le pied , & ils ne prennent dans
l'angle d'une pièce que quinze pouces
de profondeur fur trois pieds de largeur.
1
142 MERCURE DE FRANCE.
Ces inftrumens s'élévent quarrément ,
& quand les portes font fermées ils ne
préfentent plus que la figure d'un buffet
fufceptible de toutes éfpèce d'ornement.
Quoique les fouterreaux ayent
un mouvement horizontal , l'Artifte a
trouvé le fecret d'en faciliter le renvoi
avec précifion & vivacité ; le toucher
n'eft point dur ; on y trouve même fous
les doigts un moelleux qui excite en
quelque forte à donner plus de brillant
dans le jeu & dans les agrémens de
l'éxécution. La table fe porte quarrément
par-tout , & ils rendent une harmonie
mieux nourrie & plus délicate
que celle des clavecins ordinaires. Enfin
il a eu la fatisfaction de recevoir
les plus grands éloges d'un très- grand
nombre de Muficiens célébres qui ont
paffé par cette Ville , notamment de
deux de ceux de S. A. S. Monfeigneur
le Prince de Conti ; mais le feul témoignage
de M. le Comte de Turpin , Lieutenant
Général des Armées du Roi, qui
commandoit en ce pays l'année dernière
, & qui en a tenus à fon Hôtel
pendant le féjour qu'il y a fait , peut
fuffire pour convaincre de la force du
fon , de la beauté de l'harmonie , &
de la fupériorité de cet habile Artiſte
AVRIL. 1763. 143
qui en a fait derniérement deux pour
P'Angleterre , où ils ont été tellement
admirés qu'il vient de recevoir ordre d'y
en faire paffer cinq autres qu'il éxécute
actuellement. Comme ce travail lui eft
devenu familier par la pratique , il ne
les vend plus que vingt & un louis compris
la caiffe , &c. Ils font très - ornés
dedans & dehors , & fi l'on y veut un
couronnement en fculpture dorée , ainfi
que les baguettes , l'on payera quatre
louis de plus ; mais il faut envoyer la
hauteur des pièces où ils doivent être
placés. Ils peuvent être tranfportés partout
fans rifque. Il faut affranchir les
lettres.
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Résumé : CLAVECIN VERTICAL.
Le texte décrit le clavecin vertical, un instrument innovant conçu par M. Obert, organiste de la Cathédrale de Boulogne-sur-Mer. Ce clavecin se distingue par sa compacité et son esthétique, mesurant six pieds trois pouces de hauteur, quinze pouces de profondeur et trois pieds de largeur. Il possède trois registres, dont un de petite octave coupée au-dessus de la clé d'ut, et un tympanum dans l'angle perdu. Malgré le mouvement horizontal des souterraux, M. Obert a réussi à faciliter leur renvoi avec précision et vivacité, offrant un toucher moelleux et une harmonie plus délicate que celle des clavecins ordinaires. L'instrument a été loué par plusieurs musiciens célèbres, y compris deux musiciens du Prince de Conti et du Comte de Turpin. Récemment, deux clavecins ont été envoyés en Angleterre, où ils ont été admirés, et cinq autres sont en cours de fabrication. Le prix de ces instruments est de vingt et un louis, avec des options supplémentaires pour des ornements en sculpture dorée. Ils peuvent être transportés sans risque et les lettres doivent être affranchies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20030
p. 1417-1422
EXTRAIT du Procès des Sens.
Début :
Cette Comédie en un Acte en Vers est une forme [...]
Mots clefs :
Comédie, Extrait, Procès des Sens
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Procès des Sens.
EXTRAITdu Procès des Sens.
Cette Comédie en un Acte en Vers est
une forme de Critique nouvelle , risquée:
heureusement sur un Théatre qui n'avoit
encore rien donné dans ce goût-là ; l'Auteur ne doit pas se repentir de cet essai 2
11. Vol. puis-
1418 MERCURE DE FRANCE
puisque le Public , loin de le regarder
comme une témerité , l'a honoré de ses
applaudissemens. Le Ballet des Sens a
donné occasion à la Comédie, où les Sens
personifiés sur la Scene Françoise , font
de courtes et justes Analyses des Entrées
qu'on leur a assignées sur la Scene Lyrique.
L'action du Procès des Sens se passe
dans les Jardins d'Hebé , où le Goût
trouve l'Amour établi Juge de la contestation par un Edit de Jupiter , apporté
par Mercure. L'Amour demande au Goût
quel sujet a pû brouiller les Sens ; le Goût
lui répond que l'Opera s'étant avisé de
leur faire chanter des Brunettes , et danser des Musettes , cela a occasionné cent
discours partiaux sur leurs prééminences ,
qui ont semé la division entr'eux . Il lui
rapporte de suite les décisions d'un Abbé d'un Caissier et d'un Gascon , et
ajoûte :
Seigneur Amour , Voilà
Comme tous cinq on nous balote.
L'Amour réplique :
Tous cinq , calculez bien , qui de cinq ôte deux ,
Reste trois en Eté ce nombre est plus heu- reux.
11. Vol. Ah!
A
JUIN... 17326 1479
Ah ! dit le Goût ,
Vous voulez badiner sur le Goût et l'Ouic
Que l'on a retranchés dans le nouveau Ballet ;
Quant à l'Acte du Goût qui pour moi pa- roîtra
Quand les jours baisseront , à moins que d'être souche ,
De mon retranchement rien l'on ne conclura ,
Sinon que l'Opera
Me garde pour la bonne bouche.
Un petit Amour vient annoncer l'Odorat , qui paroît chargé de fleurs , et se
caracterise par sa délicatesse sur lesOdeurs,
l'Ouie et la Vue le suivent de près. L'Amour se place sur son Tribunal , et les
Sens plaident alternativement leur cause :
nous ne donnerons pour échantillon des
traits de critique , que celui qui tombe
sur l'Acte où triomphe la Dlle le Maure.
L'Amour Chantant , ( dit l'Amour declamant )
Devroit être honteux ,
De son avanture nouvelle ,
Et ne pas s'en vanter comme il fait ; elle est
belle;
L'Opera complaisant détache son bandeau ,
Disant pour raison de son zele ,
Que son illuminé nouveau
II. Vol.
Va
#420 MERCURE DE FRANCE
*Varégler sa main témeraire,
C'est pour le bien descœurs que le Destin l'éclaire,
Quel usage fait- il de ce don précieux ?
De quoi s'occupe - t ilen ouvrant ses beaux
yeux ?
Semblable à l'Ecolier qui sort de la jaquette
• Il vole du facile an superficiel ,
Et le premier regard que notre Bambin jette ,
C'est pour admirer l'Arc- en- Ciel
Et se coiffer d'une Grisette.
Kris, Grisette !
La Vue.
L'Amour
Et qui pis est soubrette.
Dans le fort de la plus vive dispute des
Sens ; le Sens commun arrive ; le Public a
trouvé qu'il parle comme il doit parler.
Décision très glorieuse pour l'Auteur.
Voici la définition du bon Sens tel qu'il
la fait lui-même.
Sans éclat j'illumine
Mais j'illumine nettement ;
Je n'aventure rien; à pas lents je chemine ,..
Mais je chemine sûrement
Le Sens commun n'a pas toujours de grace fine
2. Vers du Balle
II. Vol. Le
JUIN. 1732. 1420
Mais il y a du solide , il pense éxactement
Enfin il est le jugement,
Il est l'esprit sensé que le vrai détermine ,
Que le Bon touche fortement ;
;
Et par fois l'Esprit vif n'est dans son enjou
ment
Que la sotise qui badine,
Le Sens commun expose qu'il craint
que les Sens ne s'approprient ses droits.en
détaillant les leurs. Sa Requête n'est pas
malfondée , tant sur le Théatre que dans
les conversations les plus éclairées ; il n'est
que trop ordinaire de confondre les opérations de l'Esprit avec celies des Sens.
Le Toucher qui s'est amusé , suivant sa
coûtume , ne paroît qu'après la sortie du
Sens commun et passe son tems et le
reste de l'Audience à badiner ; l'Amour
leve le siége , et finit par un compliment
dû aux Spectateurs , où il les invite à
faire durer le Procès des Sens , et à lui
rêter leurs lumieres pour lejuger bien.
La Dile Dangeville la jeune , qui remplit le Rôle de l'Amour , le joue avec
cette figure aimable et piquante , qui fait
si grand plaisir aux yeux , et avec toutes
les graces , la finesse et la legereté imaginable. Elle est très-bien secondée par les
II.Vol sieurs
122 MERCURE DE FRANCE
Srs Dangeville l'Oncle , Poissons, Montmesnil , qui y jouent les Rôles du Toucher , du Goût et du bon Sens , et par
ses autres Camarades , car la Piéce est
très-bien et très- vivement jouée.
Cette Comédie en un Acte en Vers est
une forme de Critique nouvelle , risquée:
heureusement sur un Théatre qui n'avoit
encore rien donné dans ce goût-là ; l'Auteur ne doit pas se repentir de cet essai 2
11. Vol. puis-
1418 MERCURE DE FRANCE
puisque le Public , loin de le regarder
comme une témerité , l'a honoré de ses
applaudissemens. Le Ballet des Sens a
donné occasion à la Comédie, où les Sens
personifiés sur la Scene Françoise , font
de courtes et justes Analyses des Entrées
qu'on leur a assignées sur la Scene Lyrique.
L'action du Procès des Sens se passe
dans les Jardins d'Hebé , où le Goût
trouve l'Amour établi Juge de la contestation par un Edit de Jupiter , apporté
par Mercure. L'Amour demande au Goût
quel sujet a pû brouiller les Sens ; le Goût
lui répond que l'Opera s'étant avisé de
leur faire chanter des Brunettes , et danser des Musettes , cela a occasionné cent
discours partiaux sur leurs prééminences ,
qui ont semé la division entr'eux . Il lui
rapporte de suite les décisions d'un Abbé d'un Caissier et d'un Gascon , et
ajoûte :
Seigneur Amour , Voilà
Comme tous cinq on nous balote.
L'Amour réplique :
Tous cinq , calculez bien , qui de cinq ôte deux ,
Reste trois en Eté ce nombre est plus heu- reux.
11. Vol. Ah!
A
JUIN... 17326 1479
Ah ! dit le Goût ,
Vous voulez badiner sur le Goût et l'Ouic
Que l'on a retranchés dans le nouveau Ballet ;
Quant à l'Acte du Goût qui pour moi pa- roîtra
Quand les jours baisseront , à moins que d'être souche ,
De mon retranchement rien l'on ne conclura ,
Sinon que l'Opera
Me garde pour la bonne bouche.
Un petit Amour vient annoncer l'Odorat , qui paroît chargé de fleurs , et se
caracterise par sa délicatesse sur lesOdeurs,
l'Ouie et la Vue le suivent de près. L'Amour se place sur son Tribunal , et les
Sens plaident alternativement leur cause :
nous ne donnerons pour échantillon des
traits de critique , que celui qui tombe
sur l'Acte où triomphe la Dlle le Maure.
L'Amour Chantant , ( dit l'Amour declamant )
Devroit être honteux ,
De son avanture nouvelle ,
Et ne pas s'en vanter comme il fait ; elle est
belle;
L'Opera complaisant détache son bandeau ,
Disant pour raison de son zele ,
Que son illuminé nouveau
II. Vol.
Va
#420 MERCURE DE FRANCE
*Varégler sa main témeraire,
C'est pour le bien descœurs que le Destin l'éclaire,
Quel usage fait- il de ce don précieux ?
De quoi s'occupe - t ilen ouvrant ses beaux
yeux ?
Semblable à l'Ecolier qui sort de la jaquette
• Il vole du facile an superficiel ,
Et le premier regard que notre Bambin jette ,
C'est pour admirer l'Arc- en- Ciel
Et se coiffer d'une Grisette.
Kris, Grisette !
La Vue.
L'Amour
Et qui pis est soubrette.
Dans le fort de la plus vive dispute des
Sens ; le Sens commun arrive ; le Public a
trouvé qu'il parle comme il doit parler.
Décision très glorieuse pour l'Auteur.
Voici la définition du bon Sens tel qu'il
la fait lui-même.
Sans éclat j'illumine
Mais j'illumine nettement ;
Je n'aventure rien; à pas lents je chemine ,..
Mais je chemine sûrement
Le Sens commun n'a pas toujours de grace fine
2. Vers du Balle
II. Vol. Le
JUIN. 1732. 1420
Mais il y a du solide , il pense éxactement
Enfin il est le jugement,
Il est l'esprit sensé que le vrai détermine ,
Que le Bon touche fortement ;
;
Et par fois l'Esprit vif n'est dans son enjou
ment
Que la sotise qui badine,
Le Sens commun expose qu'il craint
que les Sens ne s'approprient ses droits.en
détaillant les leurs. Sa Requête n'est pas
malfondée , tant sur le Théatre que dans
les conversations les plus éclairées ; il n'est
que trop ordinaire de confondre les opérations de l'Esprit avec celies des Sens.
Le Toucher qui s'est amusé , suivant sa
coûtume , ne paroît qu'après la sortie du
Sens commun et passe son tems et le
reste de l'Audience à badiner ; l'Amour
leve le siége , et finit par un compliment
dû aux Spectateurs , où il les invite à
faire durer le Procès des Sens , et à lui
rêter leurs lumieres pour lejuger bien.
La Dile Dangeville la jeune , qui remplit le Rôle de l'Amour , le joue avec
cette figure aimable et piquante , qui fait
si grand plaisir aux yeux , et avec toutes
les graces , la finesse et la legereté imaginable. Elle est très-bien secondée par les
II.Vol sieurs
122 MERCURE DE FRANCE
Srs Dangeville l'Oncle , Poissons, Montmesnil , qui y jouent les Rôles du Toucher , du Goût et du bon Sens , et par
ses autres Camarades , car la Piéce est
très-bien et très- vivement jouée.
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Résumé : EXTRAIT du Procès des Sens.
Le texte présente une critique de la comédie en un acte en vers intitulée 'Le Procès des Sens'. Cette œuvre, bien que risquée, a été bien accueillie par le public, qui l'a applaudie. L'action se déroule dans les jardins d'Hébé, où l'Amour, désigné juge par Jupiter, doit trancher une dispute entre les Sens. Cette querelle a été déclenchée par une représentation d'opéra où les Sens ont été mis en scène de manière controversée. Les Sens, personnifiés, plaident leur cause devant l'Amour. Le Goût explique que l'opéra a semé la division en faisant chanter et danser des personnages inappropriés. L'Amour suggère de réduire les Sens à trois pour simplifier la situation. Les Sens de l'Odorat, de l'Ouïe et de la Vue interviennent tour à tour, critiquant notamment une performance de la demoiselle Le Maure. Au cœur de la dispute, le Sens commun arrive et expose sa définition : il éclaire nettement et sûrement, sans éclat superflu. Il craint que les Sens ne s'approprient ses droits et rappelle l'importance de distinguer les opérations de l'esprit de celles des Sens. Le Toucher, dernier à intervenir, passe son temps à badiner. La pièce est jouée avec succès par des acteurs renommés, notamment la demoiselle Dangeville dans le rôle de l'Amour, qui est saluée pour son interprétation pleine de grâce et de finesse. L'Amour conclut en invitant le public à prolonger le débat et à partager leurs lumières pour juger la pièce.
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20031
p. 2915-2921
ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
Début :
Le Maréchal de Villars arriva le 14 Decembre à Milan, où les Troupes [...]
Mots clefs :
Marquis, Régiment, Brigadier, Troupes du roi, Grenadiers, Tranchée, Château, Roi de Sardaigne, Siège du château de Milan, Chemin couvert , Maréchal de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
ARME'E D'ITALIE,
Et Siége du Château de Milan.
E Maréchal de Villars arriva le 14
Decembre à Milan , où les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne ,
qui étoient parties du Camp devant Pizzighitone
le 9 et le 10 de ce mois , et
qui étoient destinées à faire le Siége du
Château , s'étoient renduës le 13 .
La Tranchée fut ouverte du côté du
Bourg des Hortolani, la nuit du 15 au 16,
sous les ordres du Marquis d'Asfeld
Lieutenant Général , ét du Marquis de
Louvigni , Brigadier par 20co Travailleurs
, soûtenus du Régiment des Gardes
du Roy de Sardaigne , de celui de Tessé
et de trois Compagnies de Grenadiers des
11. Vel. Ré2918
Régimens de Champagne , du Roy et de
Piémont. On établit pendant cette nuit
deux Paralleles , dont la plus avancée
n'étoit à la gauche qu'à 60 toises du Chemin
couvert ; il n'y eut pas un seul homme
de tué ni de blessé .
Le 16 , à dix heures du matin , le Marquis
de Savines , Lieutenant General , et
le Marquis de Mison , Brigadier , releverent
la Tranchée avec trois Bataillons du
Régiment de Picardie , et trois Compagnies
de Grenadiers des Regimens d'Auvergne
, du Roy , et de la Ferté- Imbaut;
les Travailleurs furent employez à élargir
et à perfectionner la Tranchée, dont
les Ouvrages furent assez avancez pen
dant la nuit.
Le 17 , le Marquis le Cadrieux , Lieutenant
Général , et M. de Cadeville , Brigadier
, monterent la Tranchée avec les
trois Bataillons du Régiment de Champagne
, et une Compagnie de Grenadiers
du Régiment de Savoye .
On commença cette nuit à travailler à
l'établissement de plusieurs Batteries de
Canons et de Mortiers , et les Ennemis
qui n'avoient pas beaucoup tiré les deux
nuits précedentes s'étant apperçus de ces
travaux , firent un feu si considérable ,
qu'il y cut plusieurs Soldats tucz ou
blessez.
DECEM BRE. 1733. 2917
Le 18 la Tranch e fut relevée par le
Marquis de Beuil , Lieutenant Gen ral ,
et par M. de Cumiane , Brigadier des
Troupes du Roy de Sardaigne , avec les
Regimens d'Auvergne et de Flandreset
une Compagnie de Grenadiers de celui
d'Orleans.
La nuit du 19 au 20. on s'établit dans
un avant-fossé dont on fit une parallele
au pied du glacis , et on poussa en avant
trois sapes , à la tête desquelles on commença
le zo à faire des puits pour pouvoir
éventer les mines . Les assiégez continuerent
à faire un très grand feu d'Artillerie
et de Mousqueterie mais qui
diminua beaucoup le 24. que nos trois
Batteries de Canon et deux de Mortiers
commencerent à tirer.
Le 25 Décembre le Marquis de Lanion ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de
Louvigny Brigadier, monterent la Tranchée
devant le Château avec le Regiment
de la Saarre , le second Bataillon de celui
de la Ferté- Imbaut , et deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Champagne et de Souvré. Les sapes furent
poussées jusqu'au Chemin couvert ,
et on continua les travaux necessaires
pour pouvoir éventer les mines qu'on
croyoit trouver sous les fortifications du
Chemin couvert .
2918 MERCURE DE FRANCE
La Tranchée fut relevée le 26. sous les
ordres du Marquis de Fervaques , Maréchal
de Camp , et du Marquis de Mison,
Brigadier , par le Regiment Royal Roussillon
, par celui de Piémont , des Troupes
du Roy de Sardaigne et par deux
Compagnies deGrenadiers des Regimens
d'Auvergne et de Nivernois.
Les Mineurs employez à découvrir les
mines n'ayant trouvé que des galleries
abandonnées , on entra dans le Chemin
couvert , d'où les Ennemis s'étoient retirez
, et on s'y logea par une paraliele sur
toute l'étendue de l'attaque.
›
Le lendemain on travailla à perfection .
ner les logemens , et on commença à rétablir
plusieurs Batteries pour battre les
deux faces de la demi lune celies des
deux Bastions d'Acunha et de Velasio ,
et les deux flancs des mêmes Bastions.
Le Comte de Chatillon Maréchal de
Camp , et le Comte de Boissieux Briga
dier monterent laTranchée ce jour- là avec
les deux Bataillons du Regiment des
Girdes du Roy de Sardaigne , un de celui
de Schulembourg une Compagnie
de Grenadiers du Regiment du Roy ,
et une de celui d'Orleans . Le soir , deux
Batteries de quatre piéces de Canons
chicune commencerent de battre en
11. Vol.
و
>
bréche
DECEMBRE. 1733. 2919
,
bréche les deux faces de la demie- lune .
Le 28 la Tranchée fut relevée par le
premier et le troisième Bataillon du Regiment
de Picardie , et par deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Louvigny et de Montferrat sous les ordres
de M. S. Perrier Maréchal de
Camp , et de M. de Cadeville , Brigadier,
et le 29. par le Duc d'Harcourt , Maréchal
de Camp , et de M. de Cumiane
Brigadier des Troupes du Roy de Sardai
gne , avec le second Bataillon du Regiment
de Picardie , le Regiment de Tessé,
uneCompagnie de Grenadiers de celui de
la Ferté - Imbaut , et une du Regiment
de Piémont.
On travailla ce jour- là à faire dans le
Chemin couvert six débouchez pour descendre
dans le Fossé , et ils étoient assez
avancez , lorsque le Maréchal Viscomti
qui avoit été forcé d'abandonner la demi
June , et qui jugea que les breches qui se
formoient aux faces des deux Bastions
seroient bien tôt praticables , fit battre la
chamade vers les trois heures après midi.
On lui demanda de livrer une des Portes
du Château , il la remit le lendemain 30 .
le Marquis de Villars partit le même jour
après midi pour en aller
velle au Roy.
porter la nou-
II. Vol. La
2920 MERCURE DE FRANCE
La Garnison du Château , réduite environ
à 800 hommes en sortira le 2 Janver
, avec les honneurs de la Guerre ,
et se retirera à Mantoüe suivant la capitulation
convenuë le 30 de ce mois.
Le Siége de Novarre ayant été resolu ,
15 Bataillons des Troupes du Roy et
trois de celles du Roy de Sardaigne, sont
partis de Milan pour aller faire le Siége
de cette Place , avec les Troupes qui en
ont formé le blocus depuis le commencement
de la Campagne.
· Le Marquis de Coigni , Lieutenant
General , commandera à ce Siége , et les
Maréchaux de Camp qui y serviront sous
ses ordres , sont M. d'Affry , le Marquis
de Fervaques , et le Duc d'Harcourt.
Le Comte de Broglio , Lieutenant Ceneral
, qui commande les Troupes qui
sont aux environs de Cazal Major, envoya
le 28. Decembre un Détachement d Infanterie
de 3000 hommes, cent Dragons ,
cent Carabiniers , et vingt Hussarts du
Regiment de Ratsкy pour s'emparer de
Guastalle. Le Marquis de Valence qui
commandoit ce Détachement, après avoir
fait passer le Po à ses Troupes à Dozolo
er à Viadana arriva le même jour à
Guastalle , où il fut reçû par le Comte
- de · II. Vol.
,
DECEMBRE . 1733 2921
de Spilinberg , Ministre du Duc de
Guastalle, Le Marquis de Valence avoit
été precedé d'un Officier chargé de complimenter
ce Ministre et de lui faire entendre
qu'en occupant cette Place on
n'avoit d'autre dessein que d'empêchet
les Troupes de l'Empereur de s'en emparer.
Le Comte de Boissieux s'est rendu
Maître du Château de Lecco , et du Fort
de Fuentes , dont la Garnison a été faite
prisonniere de Guerre .
Et Siége du Château de Milan.
E Maréchal de Villars arriva le 14
Decembre à Milan , où les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne ,
qui étoient parties du Camp devant Pizzighitone
le 9 et le 10 de ce mois , et
qui étoient destinées à faire le Siége du
Château , s'étoient renduës le 13 .
La Tranchée fut ouverte du côté du
Bourg des Hortolani, la nuit du 15 au 16,
sous les ordres du Marquis d'Asfeld
Lieutenant Général , ét du Marquis de
Louvigni , Brigadier par 20co Travailleurs
, soûtenus du Régiment des Gardes
du Roy de Sardaigne , de celui de Tessé
et de trois Compagnies de Grenadiers des
11. Vel. Ré2918
Régimens de Champagne , du Roy et de
Piémont. On établit pendant cette nuit
deux Paralleles , dont la plus avancée
n'étoit à la gauche qu'à 60 toises du Chemin
couvert ; il n'y eut pas un seul homme
de tué ni de blessé .
Le 16 , à dix heures du matin , le Marquis
de Savines , Lieutenant General , et
le Marquis de Mison , Brigadier , releverent
la Tranchée avec trois Bataillons du
Régiment de Picardie , et trois Compagnies
de Grenadiers des Regimens d'Auvergne
, du Roy , et de la Ferté- Imbaut;
les Travailleurs furent employez à élargir
et à perfectionner la Tranchée, dont
les Ouvrages furent assez avancez pen
dant la nuit.
Le 17 , le Marquis le Cadrieux , Lieutenant
Général , et M. de Cadeville , Brigadier
, monterent la Tranchée avec les
trois Bataillons du Régiment de Champagne
, et une Compagnie de Grenadiers
du Régiment de Savoye .
On commença cette nuit à travailler à
l'établissement de plusieurs Batteries de
Canons et de Mortiers , et les Ennemis
qui n'avoient pas beaucoup tiré les deux
nuits précedentes s'étant apperçus de ces
travaux , firent un feu si considérable ,
qu'il y cut plusieurs Soldats tucz ou
blessez.
DECEM BRE. 1733. 2917
Le 18 la Tranch e fut relevée par le
Marquis de Beuil , Lieutenant Gen ral ,
et par M. de Cumiane , Brigadier des
Troupes du Roy de Sardaigne , avec les
Regimens d'Auvergne et de Flandreset
une Compagnie de Grenadiers de celui
d'Orleans.
La nuit du 19 au 20. on s'établit dans
un avant-fossé dont on fit une parallele
au pied du glacis , et on poussa en avant
trois sapes , à la tête desquelles on commença
le zo à faire des puits pour pouvoir
éventer les mines . Les assiégez continuerent
à faire un très grand feu d'Artillerie
et de Mousqueterie mais qui
diminua beaucoup le 24. que nos trois
Batteries de Canon et deux de Mortiers
commencerent à tirer.
Le 25 Décembre le Marquis de Lanion ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de
Louvigny Brigadier, monterent la Tranchée
devant le Château avec le Regiment
de la Saarre , le second Bataillon de celui
de la Ferté- Imbaut , et deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Champagne et de Souvré. Les sapes furent
poussées jusqu'au Chemin couvert ,
et on continua les travaux necessaires
pour pouvoir éventer les mines qu'on
croyoit trouver sous les fortifications du
Chemin couvert .
2918 MERCURE DE FRANCE
La Tranchée fut relevée le 26. sous les
ordres du Marquis de Fervaques , Maréchal
de Camp , et du Marquis de Mison,
Brigadier , par le Regiment Royal Roussillon
, par celui de Piémont , des Troupes
du Roy de Sardaigne et par deux
Compagnies deGrenadiers des Regimens
d'Auvergne et de Nivernois.
Les Mineurs employez à découvrir les
mines n'ayant trouvé que des galleries
abandonnées , on entra dans le Chemin
couvert , d'où les Ennemis s'étoient retirez
, et on s'y logea par une paraliele sur
toute l'étendue de l'attaque.
›
Le lendemain on travailla à perfection .
ner les logemens , et on commença à rétablir
plusieurs Batteries pour battre les
deux faces de la demi lune celies des
deux Bastions d'Acunha et de Velasio ,
et les deux flancs des mêmes Bastions.
Le Comte de Chatillon Maréchal de
Camp , et le Comte de Boissieux Briga
dier monterent laTranchée ce jour- là avec
les deux Bataillons du Regiment des
Girdes du Roy de Sardaigne , un de celui
de Schulembourg une Compagnie
de Grenadiers du Regiment du Roy ,
et une de celui d'Orleans . Le soir , deux
Batteries de quatre piéces de Canons
chicune commencerent de battre en
11. Vol.
و
>
bréche
DECEMBRE. 1733. 2919
,
bréche les deux faces de la demie- lune .
Le 28 la Tranchée fut relevée par le
premier et le troisième Bataillon du Regiment
de Picardie , et par deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Louvigny et de Montferrat sous les ordres
de M. S. Perrier Maréchal de
Camp , et de M. de Cadeville , Brigadier,
et le 29. par le Duc d'Harcourt , Maréchal
de Camp , et de M. de Cumiane
Brigadier des Troupes du Roy de Sardai
gne , avec le second Bataillon du Regiment
de Picardie , le Regiment de Tessé,
uneCompagnie de Grenadiers de celui de
la Ferté - Imbaut , et une du Regiment
de Piémont.
On travailla ce jour- là à faire dans le
Chemin couvert six débouchez pour descendre
dans le Fossé , et ils étoient assez
avancez , lorsque le Maréchal Viscomti
qui avoit été forcé d'abandonner la demi
June , et qui jugea que les breches qui se
formoient aux faces des deux Bastions
seroient bien tôt praticables , fit battre la
chamade vers les trois heures après midi.
On lui demanda de livrer une des Portes
du Château , il la remit le lendemain 30 .
le Marquis de Villars partit le même jour
après midi pour en aller
velle au Roy.
porter la nou-
II. Vol. La
2920 MERCURE DE FRANCE
La Garnison du Château , réduite environ
à 800 hommes en sortira le 2 Janver
, avec les honneurs de la Guerre ,
et se retirera à Mantoüe suivant la capitulation
convenuë le 30 de ce mois.
Le Siége de Novarre ayant été resolu ,
15 Bataillons des Troupes du Roy et
trois de celles du Roy de Sardaigne, sont
partis de Milan pour aller faire le Siége
de cette Place , avec les Troupes qui en
ont formé le blocus depuis le commencement
de la Campagne.
· Le Marquis de Coigni , Lieutenant
General , commandera à ce Siége , et les
Maréchaux de Camp qui y serviront sous
ses ordres , sont M. d'Affry , le Marquis
de Fervaques , et le Duc d'Harcourt.
Le Comte de Broglio , Lieutenant Ceneral
, qui commande les Troupes qui
sont aux environs de Cazal Major, envoya
le 28. Decembre un Détachement d Infanterie
de 3000 hommes, cent Dragons ,
cent Carabiniers , et vingt Hussarts du
Regiment de Ratsкy pour s'emparer de
Guastalle. Le Marquis de Valence qui
commandoit ce Détachement, après avoir
fait passer le Po à ses Troupes à Dozolo
er à Viadana arriva le même jour à
Guastalle , où il fut reçû par le Comte
- de · II. Vol.
,
DECEMBRE . 1733 2921
de Spilinberg , Ministre du Duc de
Guastalle, Le Marquis de Valence avoit
été precedé d'un Officier chargé de complimenter
ce Ministre et de lui faire entendre
qu'en occupant cette Place on
n'avoit d'autre dessein que d'empêchet
les Troupes de l'Empereur de s'en emparer.
Le Comte de Boissieux s'est rendu
Maître du Château de Lecco , et du Fort
de Fuentes , dont la Garnison a été faite
prisonniere de Guerre .
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
Le maréchal de Villars arriva à Milan le 14 décembre 1733, où les troupes françaises et sardes, parties du camp devant Pizzighitone les 9 et 10 décembre, s'étaient rendues pour faire le siège du château de Milan. La tranchée fut ouverte la nuit du 15 au 16 décembre sous les ordres du marquis d'Asfeld et du marquis de Louvigny, avec le soutien de plusieurs régiments. Deux parallèles furent établies sans perte humaine. Le 16 décembre, la tranchée fut relevée par le marquis de Savines et le marquis de Mison avec des bataillons du régiment de Picardie et des grenadiers. Les travaux avancèrent pendant la nuit. Le 17 décembre, le marquis de Cadrieux et M. de Cadeville prirent la relève avec des bataillons du régiment de Champagne et des grenadiers du régiment de Savoie. Des batteries de canons et de mortiers furent établies, provoquant une riposte ennemie intense. Les jours suivants, les travaux continuèrent avec des relèves régulières par divers officiers et régiments. Le 20 décembre, une parallèle fut établie dans un avant-fossé, et des sapes furent poussées vers le chemin couvert. Les ennemis continuèrent à tirer, mais leur feu diminua le 24 décembre lorsque les batteries françaises commencèrent à tirer. Le 25 décembre, le marquis de Lanion et le marquis de Louvigny prirent la relève avec des régiments de la Saarre et de la Ferté-Imbaut. Les sapes atteignirent le chemin couvert, et les travaux pour éventer les mines continuèrent. Le 26 décembre, la tranchée fut relevée par le marquis de Fervaques et le marquis de Mison avec des régiments du Royal Roussillon et de Piémont. Les mineurs découvrirent des galeries abandonnées, permettant aux troupes françaises de s'installer dans le chemin couvert. Les batteries furent perfectionnées pour battre les fortifications ennemies. Le 28 décembre, la tranchée fut relevée par le duc d'Harcourt et M. de Cumiane avec des bataillons du régiment de Picardie et des grenadiers. Le 30 décembre, après la capitulation, la garnison du château, réduite à environ 800 hommes, sortit avec les honneurs de la guerre et se retira à Mantoue. Le siège de Novarre fut ensuite résolu, avec 15 bataillons français et 3 bataillons sardes partant pour cette mission. Le marquis de Coigni commanda ce siège, assisté par plusieurs maréchaux de camp. Par ailleurs, le comte de Broglio envoya un détachement pour s'emparer de Guastalle, et le comte de Boissieux prit le contrôle du château de Lecco et du fort de Fuentes, capturant leur garnison.
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20032
p. 1423-1424
GRANDE BRETAGNE.
Début :
L'Election des seize Pairs Ecossois qui doivent avoir séance dans le Parlement de la Grande [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Élection, Parlement, Duc, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
L'Election des seize Pairs Ecossois qui doivent
avoir séance dans le Parlement de la GranH*- Bretagne, se fit le 1f. Juin à Edimbourg pluralité des suffrages et la se déclara poulie Duc
d Athol, le Marquis de Lothian
.
les Comteç
À.JEioptoun
, d'Ilay
,
de Cra\vford
,
d'Orknevr
1424 MERCURE DE FRANCE
de Selkirck , de Moreton et de Dunmore , qui
étoient du dernier Parlement et pour le Duc
de Buccleugh , les Comtes de Finlater , de Portmore
, de Balcarras , de Loudown et de Sowtherlard
et le ord Cathéart. Les Ducs d'Hamilton,
de Queensbury , de Montrose , de Roxburgh , le
Marquis de Twedale et vingt autres Seigneurs
du Royaume d'Ecosse , ont protesté contre cette
Election , qu'ils prétendent n'avoir pas été faite
selon les Loix.
Le feu prit le 25. au matin à la maison que
M. de Chavigni , Ministre du Roy de France en
cette Cour , occupoit à Twickenham , qui fut
entierement brulée , on n'a pû sauver aucun des
Meubles et des autres Effets qui y étoient.
L'Election des seize Pairs Ecossois qui doivent
avoir séance dans le Parlement de la GranH*- Bretagne, se fit le 1f. Juin à Edimbourg pluralité des suffrages et la se déclara poulie Duc
d Athol, le Marquis de Lothian
.
les Comteç
À.JEioptoun
, d'Ilay
,
de Cra\vford
,
d'Orknevr
1424 MERCURE DE FRANCE
de Selkirck , de Moreton et de Dunmore , qui
étoient du dernier Parlement et pour le Duc
de Buccleugh , les Comtes de Finlater , de Portmore
, de Balcarras , de Loudown et de Sowtherlard
et le ord Cathéart. Les Ducs d'Hamilton,
de Queensbury , de Montrose , de Roxburgh , le
Marquis de Twedale et vingt autres Seigneurs
du Royaume d'Ecosse , ont protesté contre cette
Election , qu'ils prétendent n'avoir pas été faite
selon les Loix.
Le feu prit le 25. au matin à la maison que
M. de Chavigni , Ministre du Roy de France en
cette Cour , occupoit à Twickenham , qui fut
entierement brulée , on n'a pû sauver aucun des
Meubles et des autres Effets qui y étoient.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 1er juin, seize pairs écossais, dont le Duc d'Athol et le Marquis de Lothian, ont été élus pour le Parlement de Grande-Bretagne à Édimbourg. Plusieurs Ducs et Marquis ont protesté, estimant l'élection illégale. Le 25 juin, un incendie a détruit la maison de M. de Chavigni, ministre français à Twickenham, sans sauver aucun bien.
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20033
p. 1423
ESPAGNE.
Début :
Le 15. Juin, le Roy reçut la nouvelle de la victoire remportée le 25. du mois dernier à [...]
Mots clefs :
Roi, Victoire, Général, Avis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 1er juin, le roi d'Espagne apprit une victoire du Comte de Montemar contre les Impériaux. Il nomma le Marquis de Castellar Lieutenant Général et ordonna des actions de grâce. À Madrid, des Te Deum, feux d'artifice et illuminations eurent lieu. Une flotte de La Havane accosta à Cadix le 19 juin avec douze millions cinq cent mille piastres et quatre millions en effets.
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20034
p. 1424-1425
COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Début :
J'Apprens, Mon Cousin, avec peine, que la maraude et le désordre continuent dans mon Armee [...]
Mots clefs :
Cousin, Soldats, Troupes, Maraude
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texteReconnaissance textuelle : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
COPIE DE LA LETTRE DU ROY ,
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
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Résumé : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Le 15 mai 1714, le roi adresse une lettre au Maréchal de Berwick pour exprimer son mécontentement face à la mutinerie et au désordre au sein de l'armée d'Allemagne. Malgré les mesures de sévérité déjà prises, le roi exige une discipline stricte. Il ordonne de punir sévèrement les soldats en infraction, d'emprisonner les capitaines des compagnies concernées pour toute la campagne et de lui envoyer les noms des colonels négligents. Le roi souligne la responsabilité des officiers dans le maintien de l'ordre et de la discipline. La lettre se conclut par une formule de politesse et est signée par Louis et Bauyn.
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20035
p. 1425
« Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...] »
Début :
Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...]
Mots clefs :
Prince Eugène
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texteReconnaissance textuelle : « Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...] »
Le 23. de ce mois , le Prince Eugene étoit à
Saintzein avec la plus grande partie de son Armée
, et il avoit fait avancer un Corps de Troupes
à Heidelberg avec des Bateaux sur des haquets.
Ce Prince paroissoit dans le dessein de
faire marcher un autre Corps de Troupes à Daxland
, entre Philisbourg et le Fort-Louis.
Saintzein avec la plus grande partie de son Armée
, et il avoit fait avancer un Corps de Troupes
à Heidelberg avec des Bateaux sur des haquets.
Ce Prince paroissoit dans le dessein de
faire marcher un autre Corps de Troupes à Daxland
, entre Philisbourg et le Fort-Louis.
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20036
p. 2997-2998
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Début :
On a appris que l'Armée du Roi de Perse et celle du Grand Seigneur, n'étoient [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Armée, Divan, Sérasker
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET DE PERSE.
DE TURQUIE ET DE PERSE.
ONa appris que l'Armée du Roi de Perse et celle du Grand Seigneur , n'étoient éloignées l'une de l'autre que d'une demie journée
de chemin, et qu'on ne doutoit plus qu'il n'y eut
bien-tôt un Combat general , si les propositions
faites par le Roi de Perse n'étoient pas acceptées
par le G. S. auquel le Seraskier qui commande
I'Armée Ottomanne , a dépêché un Courrier ; et
l'on assûre que l'Armée Persane est plus nombreuse que celle des Turcs. On apprend aussi
qu'on a tenu au Serrail un Divan , dans lequel il a été résolu de conclure un nouveau Traité de
Paix avec la Perse , afin d'être en état de donner
du secours aux Régences de Barbarie , en cas
qu'elles soyent attaquées par quelque Prince
Chrétien,
30
On mande en dernier lieu de Constantinople ,>
que la maladie contagieuse dont il y est mort à 40000. personnes depuis le commencement de Juin dernier , est entierement cessée , et que de
tous les Ministres Etrangers , il n'y a eu que
P'Ambassadeur du Roi d'Angleterre qui ait cu
quelques domestiques attaquez de cette ma- ladie.
Les Députez de la Régence d'Alger qui étoient venus demander du secours au G. S. à l'occasion
de la prise d'Oran par l'Armée Espagnole , sont
II Vol. partis
2898 MERCURE DE FRANCE
partis pour retourner chez eux avec esperance
d'être secourus aussi- tôt qu'un nouveau Traité
de Paix aura terminé la Guerre entre les Turcs
et les Persans.
Dgianum Coggia , dont on avoit publié faussement la mort , est attendu à Constantinople pour être rétabli dans les fonctions de CapitanPacha.
- Il y a près de deux mois qu'on joüit dans cette
Ville d'une parfaite tranquillité , ce qui fait
croire que les Jannissaires n'ont plus intention de se soûlever.
EXTRAIT d
ONa appris que l'Armée du Roi de Perse et celle du Grand Seigneur , n'étoient éloignées l'une de l'autre que d'une demie journée
de chemin, et qu'on ne doutoit plus qu'il n'y eut
bien-tôt un Combat general , si les propositions
faites par le Roi de Perse n'étoient pas acceptées
par le G. S. auquel le Seraskier qui commande
I'Armée Ottomanne , a dépêché un Courrier ; et
l'on assûre que l'Armée Persane est plus nombreuse que celle des Turcs. On apprend aussi
qu'on a tenu au Serrail un Divan , dans lequel il a été résolu de conclure un nouveau Traité de
Paix avec la Perse , afin d'être en état de donner
du secours aux Régences de Barbarie , en cas
qu'elles soyent attaquées par quelque Prince
Chrétien,
30
On mande en dernier lieu de Constantinople ,>
que la maladie contagieuse dont il y est mort à 40000. personnes depuis le commencement de Juin dernier , est entierement cessée , et que de
tous les Ministres Etrangers , il n'y a eu que
P'Ambassadeur du Roi d'Angleterre qui ait cu
quelques domestiques attaquez de cette ma- ladie.
Les Députez de la Régence d'Alger qui étoient venus demander du secours au G. S. à l'occasion
de la prise d'Oran par l'Armée Espagnole , sont
II Vol. partis
2898 MERCURE DE FRANCE
partis pour retourner chez eux avec esperance
d'être secourus aussi- tôt qu'un nouveau Traité
de Paix aura terminé la Guerre entre les Turcs
et les Persans.
Dgianum Coggia , dont on avoit publié faussement la mort , est attendu à Constantinople pour être rétabli dans les fonctions de CapitanPacha.
- Il y a près de deux mois qu'on joüit dans cette
Ville d'une parfaite tranquillité , ce qui fait
croire que les Jannissaires n'ont plus intention de se soûlever.
EXTRAIT d
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Résumé : DE TURQUIE ET DE PERSE.
Le texte évoque les tensions politiques et militaires entre la Turquie et la Perse. Les armées des deux pays sont proches d'un affrontement, sauf si les propositions de paix du roi de Perse sont acceptées. L'armée perse est plus nombreuse que celle des Turcs. Un conseil au Sérail a décidé de conclure un nouveau traité de paix avec la Perse pour secourir les régences de Barbarie en cas d'attaque chrétienne. À Constantinople, une épidémie ayant causé 40 000 morts depuis juin a cessé, affectant seulement quelques domestiques de l'ambassadeur d'Angleterre. Les députés de la régence d'Alger, après la prise d'Oran par les Espagnols, espèrent un secours après la conclusion du traité de paix. Dgianum Coggia, dont la mort avait été faussement annoncée, est attendu à Constantinople pour reprendre ses fonctions de Capitain-Pacha. La ville connaît une tranquillité depuis deux mois, indiquant que les Janissaires n'ont plus l'intention de se révolter.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20037
p. 143-146
L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
Début :
DANS le nombre des découvertes intéressantes que ce siècle a déja procurées [...]
Mots clefs :
Architecte, Académie, Morceaux, Registre de l'Académie royale d'architecture, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
L'ART de graver Architecture dans le
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
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Résumé : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
En janvier 1762, Pierre-André Barabé, formé à l'École de M. Blondel, a inventé une nouvelle technique de gravure architecturale inspirée de la manière noire. Cette méthode utilise des points triangulaires pour imiter le lavis, offrant une grande précision dans les traits et les ornements. Barabé a partagé son invention avec le Comte de Caylus, qui l'a encouragé à graver des planches d'après les dessins de Mignard, fournis par l'architecte du Roi, Franque. Ces œuvres ont été bien accueillies. Le 21 mars 1763, avec le soutien de M. Soufflot, Barabé a présenté ses travaux à l'Académie Royale d'Architecture. L'Académie a apprécié ses recherches et ses talents, et l'a encouragé à perfectionner cette nouvelle méthode. Les gravures présentées étaient celles du Temple de Diane à Nîmes, destinées à un livre sur les Antiquités de Languedoc et de Provence édité par le Comte de Caylus. L'Académie a salué la qualité de ces gravures, les jugeant très utiles et agréables, et a exprimé son soutien à Barabé pour qu'il continue à développer cette technique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20038
p. 1425-1433
SIEGE DE PHILISBOURG.
Début :
Le 17. Juin, la Tranchée fut relevée par les quatre Bataillons du Régiment des Gardes Françoises, [...]
Mots clefs :
Compagnies de grenadiers, Régiment, Siège de Philisbourg, Ouvrage à corne, Lieutenant général, Tranchée, Blessés, Maréchal de camp, Place d'armes, Angle, Demi-lune, Chemin couvert , Travailleurs
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texteReconnaissance textuelle : SIEGE DE PHILISBOURG.
SIEGE DE PHILISBOURG.
Le 17. Juin , la Tranchée fut relevée par les
quatre Bataillons du Régiment des Gardes Fran .
çoises , et les trois du Régiment des Vaisseaux ,
sous les ordres de M. de Vernassal , Lieutenant
general , du Comte de Midelbourg , Maréchal
de Camp et de M. de Chaumont , Brigadier .
On prolongea la sappe commencée la veille
sur l'angle saillant du Chemin couvert , et on
communiqua de cette sappe à l'attaque de la
droite qui embrasse l'avant- Chemin couvert, que
les Ennemis avoient près du Rhin.
Les travaux pour l'établissement de plusieurs
Batteries furent commencez pendant la nuit , et
on travailla en même- t. mps à deux sappes couver
tes pour parvenir à la descente du fossé. Les Ennemis
firent cette nuit , comine la précedente ,
II Vol. H
1426 MERCURE DE FRANCE
un très-grand feu , qui cependant ne tua ou bles
sa que peu de Soldats,
M. de la Billarderie , Lieutenant General , le
Marquis de Castelmoron , Maréchal de Camp ,
et le Duc de Châtillon , Brigadier , monterent la
tranchée le 18. avec les Régimens de Piémont ,
de Saxe et de la Couronne , et 400. Travailleurs.
On poussa une sappe jusqu'à la Palissade
de l'angle du Chemin couvert de l'ouvrage à corne
, et on perfectionna la Batterie de 8. Pieces de
Canon , qui a commencé à tirer le 19. au matin
et qui bat la face , le flanc et la courtine de l'ouvrage
couronné. Les Ennemis tirerent cette nuit
une grande quantité de Bombes , mais leur feu de
Mousqueterie ne fut pas si vif qu'il l'avoit été les
jours précedents , parce que celui des Troupes
qui soutenoient les Travailleurs à la tête des sappes
, diminua celui des Assiegez . M. Dulicourt,
Capitaine dans le Régiment des Landes, et M.Gilbert
, Lieutenant du même Régiment , furent
blessez mortellement des éclats d'une Bombe qui
creva en l'air , et il y eut pendant cette nuit un
Soldat tué et 14. blessez .
Le 19. la Tranchée fut relevée par le Prince
de Tingry , Lieutenant General , avec le même
nombre de Troupes que le 18. On poussa les
travaux jusqu'à 7% ou 8. toises de la Place d'Armes
que les Ennemis ont dans l'angle rentrant
vis - à - vis de la branche de l'ouvrage à corne , et
on opposa un grand feu de la Barterie de 8. Pieces
de Canon à celui des deux Batteries que les
Ennemis avoient démasquées le matin , et avec
esquelles ils esperoient empêcher la construction
d'un Pont dans le fossé . Un Officier du Régiment
de Xaintonge , M. de Riancourt , Inge
nieur , et dix Travailleurr , furent blessez , et il
y en cut 4 , de tuez.
JUIN.
: ד
14 1734.
Le Marquis de Guerchy , Lieutenant General,
le Marquis de Creil , Maréchal de Camp , et le
Comte d'Esclimont , Brigadier , monterent la
Tranchée le 2o. avec les Régimens de Normandie
, de Duras , de Bigorre et de Limosin, et 7.
Compagnies de Grenadiers.
On étendit pendant cette nuit les sappes à la
droite et à la gauche de l'angle saillant de l'ouvrage
à corne , et on plaça dans la Batterie préparée
à la gauche de l'angle saillant du Chemin
couvert , 6. Pieces de gros Canon , avec lesquelles
on compte de battre en breche la branche de
l'ouvrage à corne , et le flanc qui défend la face
du demi Bastion de la gauche de cet ouvrage.Les
Ennemis furent très - inquietez par nos Bombes ,
et le feu des Batteries qu'ils avoient démasquées
dans leur ouvrage couronné , cessa le 21 .
Ce jour - là la Tranchée fut relevée par les Régimens
de la Marine , de Provence , de Clare ,
de Bretagne et de Brie , et par 6. Compagnies
de Grenadiers sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , du Cheva ier Dauger
, Maréchal de Camp , et du Marquis du
Chastelet, Brigadier. On poussa la sappe de la
droite sur la Place d'Armes de l'angle rentrant
du Chemin couvert qui est entre la demi- Lune
et le demi- Bastion de l'ouvrage â corne ; et à la
gauche on avança les travaux jusqu'à quatre
toises d'une autre Place d'Armes revétuë , qui a
dix toises de face et douze pieds d'élevation.
Les Grenadiers des Regiments de Provence
et de Clare , qui étoient à la tête de la sape de
la gauche , montérent sur les parapets et firent
un grand feu sur la place d'armes que les Ennemis
paroissoient avoir abandonnée et où ils
étoient revenus à l'entrée de la nuit . Le Capi-
II. Vol.
>
Hij taine
1428 MERCURE DE FRANCE
taine de Grenadiers du Regiment de Clare , le
Capitaine en second et M. de Mackarty, le Capitaine
de Grenadiers du Regiment de Provence
et son Lieutenant , ont été blessez des éclats des
Grenades que les Ennemis jetterent en grande
quantité sur les Travailleurs , dont il y en a eu
30 de tuez ou de blessez.
Le 22 , le Duc de Chaulnes , Lieutenant General
, M. de Bulkley , Maréchal de Camp , et
le Marquis d'O , Brigadier , montérent la tranchée
avec les Regiments de Bourbonnois , de
Perche , de Mortemart ; de Soissonnois , de
Dillon et de Berwick .
La premiere Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois ayant débouché à 9
heures du soir de la tête de la sappe de la
gauche , elle attaqua la place d'armes par l'angle
que notre canon avoit endommagé , elle
y entra la bayonette au bout du fusil , et après
avoir essuyé le feu du Détachement qui défendoit
cet ouvrage , elle s'en empara.
La seconde Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois et celle du Regiment
de Soissonnois entrérent dans cette Place d'armes
, dans laquelle on commença à établir un
logement , et il fut assez avancé malgré le
grand feu que les Ennemis firent de la branche
de l'Ouvrage à corne de leur Chemin couvert ,
et de la face du demi Bastion de l'Ouvrage couronné.
M. de Saint Georges , second Capitaine de
Grenadiers du Regiment de Bourbonnois , a été
tué à cette attaque , M. de Lousteau , Premier
Capitaine de Grenadiers du même Regiment ,
M. de la Motte , qui étoit venu le remplacer
et les Lieutenants de Grenadiers ont été blessez ,
II. Vol,
il
JUIN. 17347 1429
il y a eu plusieurs Grenadiers et Travailleurs
blessez , et un Sergent de tué.
Le 22 au soir , le Maréchal d'Asfeldt fit attaquer
par huit Compagnies de Grenadiers l'angle
saillant du Chemin couvert de la demi - Lune
devant l'Ouvrage à corne , et la Place d'armes
rentrante de la droite de cette demi- Lune.
Les Grenadiers attaquérent ces ouvrages avec
beaucoup de courage , et malgré la résistance
des Ennemis , ils nettoyerent le Chemin couvert
où il y avoit 400 hommes , dont plusieurs ont
été tucz , et près de 60 faits prisonniers .
Le Capitaine et le Lieutenant de Grenadiers
du Regiment de Beauce , et un autre Lieutenant
ont été tuez. Les deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment de Richelieu , le Capitaine de
Grenadiers de celui de Conty , celui des Grenadiers
du Regiment de Nice , et deux autres Officiers
ont été blessez à cette attaque , dans laquelle
nous avons eu 15 Grenadiers de tucz ,
et 49 Grenadiers ou Travailleurs de blessez .
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General
le Marquis de Clermont Gallerande Maréchal
de Camp , et le Prince de Pons , Brigadier
montérent la tranchée le 24 Juin avec les Regiments
de Tallard , d'Ouroy , de la Marck , de
Vivarais , et de Lenck , et 6 Compagnies de
Grenadiers.
On étendit les travaux par une sappe d'environ
1co toises pour embrasser entierement l'angle
saillant de la Place d'armes de l'ouvrage à corne,
et il n'y eut que deux Grenadiers de tuez et un
de blessé .
Le 25 , la tranchée fut relevée par le Prince
de Robeeq , Lieutenant General
, par M. de la
Javeliere , Maréchal de Camp , et par le Mar-
II. Vola Hiij quis
1430 MERCURE DE FRANCE
quis de Brezé , Brigadier , avec les Regiments
de Pons , d'Alsace , de Toulouze et 6 Compagnies
de Grenadiers.
>
Les 650 Travaillenrs commandez pour cette
tranchée , furent employez à prolonger les travaux
sur la Place d'armes de la demi-Lune ; on
établit une nouvelle batterie de s piéces de canon
pour battre en brêche la face gauche de la demi-
Lune , et on fit trois descentes pour arriver au
fossé , la premiere à la branche de l'ouvrage à
corne , la seconde à la face du même ouvrage
et la troisiéme à celle de la demi -Lune.
La tranchée fut montée le 26 par le Regiment
Royal , par ceux de Guyenne , d'Agenois ,
d'Enghen , de Rouergue et de Ponthieu , et par
deux Compagnies de Grenadiers sous les ordres
du Prince de Carignan , Lieutenant General , du
Comte de Grammont , Maréchal de Camp , et
du Duc de Luxembourg , Brigadier.
On commença sur le fossé trois Ponts qui
furent assez avancez ce jour-là , et la batterie
des piéces de canon qui tiroit dès la veille , fit
une brêche assez considerable à la face de la
demi-Lune. Un Capitaine de sapeurs fut blessé
au bras , et il y eut s on 6 hommes de tuez ,
et 12 de blessez .
Le 27 , le Marquis de Leuville , Lieutenant
General , le Comte d'Avejan , Maréchal de
Camp , et Milord Clare Brigadier , montérent
la tranchée avec les Regiments de Lyonnois
de Lorraine , et de Santerre , le premier Batail
lon du Regiment Royal Baviere , les Regiments
de Bourgogne , de Vaujours , et deux Compa
gnies de Grenadiers. On entra ce jour - là dans
la demi- Lune , d'où les Ennemis s'étoient retirer
, et on avança beaucoup le Pont qui avoit
II. Vel. été
JUIN. 1734. 1431
éré commencé sur la branche de l'ouvrage à
corne.
Le Comte de Belleisle , Lieutenant General ,
Je Comte de Baviere , Maréchal de Camp et
M. de Sallieres , Brigadier , releverent la tranchée
le 28 avec les Regiments de Gondrin , de
Boulonnois , des Landes , Royal la Marine et
de Montmorency , avec deux Compagnies de
Grenadiers ; on continua la sape sur la Place
d'armes de la demi - Lune de l'ouvrage à corne ,
et on s'attacha principalement à la construction
du Pont sur le fossé de la face de l'ouvrage à
corne.
Le lendemain à 11 heures du matin le Comte
de Belleisle fit attaquer la biêche de l'ouvrage
à corne par les Compagnies des Grenadiers
qui étoient de tranchée , et qu'il fit soutenir
de cinq piquets. Un Détachement de 30 hommes
commandé par un Lieutenant , monta sur
Ja brêche et fut suivi des Grenadiers.
Les Ennemis après avoir fait leur décharge
parúrent d'abord vouloir abandonner une cou
pure qu'ils avoient faite à vingt pas de la bréche
, mais ils s'y rassemblerent au nombre de
3 ou 400 hommes , et pendant près d'une heure
ils firent un très grand feu sur les Grenadiers ,
Jesquels quoiqu'en petit nombre tinrent ferme
jusqu'à l'arrivée du secours qu'on leur envoya.
Les Travailleurs ayant suivi les piquets commandez
pour soutenir les Grenadiers , on fit
un logement d'environ 40 toises sur la crête de
Pangle saillant de l'ouvrage à corne , et on travailla
ensuite à l'étendre sur la droite et sur la
gauche. Nous avons perdu à cette attaque environ
30 Grenadiers , et il y en a eu plusieurs
de blessez. Les deux Capitaines de Grenadiers
IL Vol. Hiiij
1432 MERCURE DE FRANCE
de Gondrin , les deux Lieutenants et le Capitaine
de Grenadiers du Regiment des Landes ,
ont été blessez , ainsi que M, Obrien , Officier
Irlandois , et M. Varignon , Major du
Regiment de Provence ; le Lieutenant des Grenadiers
du Regiment des Landes a été tué.
Le 29 M. de Vernassal , Lieutenant General
, le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Maréchal de Camp , et M. de Sally , Brigadier
, montérent la tranchée avec les Regiments
de Touraine , d'Angoumois , et de Rooth,
et les deux Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Toulouze.
Les Travailleurs furent employez à étendre
le logement fait le matin , et à continuer une
sappe le long de la face du demi Bastion de
l'ouvrage à corne et de la branche du même
ouvrage , et par ce travail on parvint à loger
quatre Compagnies de Grenadiers dans le demi
Bastion : on n'a pas perdu un homme dans ce
travail , mais il y a eu quelques Grenadiers de
tuez par une bombe qui créva dans la sappe.
Le 30. les 4. Bataillons du Régiment des Gardes
Françoises , le Régiment d'Hainaut , le second
Bataillon du Régiment Royal Baviere , et
les deux Compagnies de Grenadiers des Régimens
d'Ouroy et de Bigorre , releverent la tranchée
sous les ordres de M. de la Billarderie ,
Lieutenant General , du Prince de Conty , Maréchal
de Camp , et de M. de Varennes , Brigadier.
Les Compagnies de Grenadiers du Régiment des
Gardes Fiançoises ayant débouché par la sappe
de la droite le long de la face du demi - Bastion
de l'ouvrage à corne , ils marcherent à la cou-
૩
pure que les Ennemis avoient fortifiée par des
gabions et des chevaux de frise. Les Assiegez
11. Vol.
abana
JUIN 1734. 1433
abandonnerent ce retranchement à l'approche
des Grenadiers , et ils se retirerent derriere un
second , d'où ils furent chassez et poursuivis jusques
sur le Pont de communication qu'ils avoient
pour rentrer dans l'ouvrage couronné Les Ennemis
, en se retirant de l'ouvrage à corne , essuyerent
le feu des Grenadiers du Régiment
Royal Baviere , qui étoient sur la droite de l'angle
saillant de l'ouvrage à corne .
Lcs Grenadiers du Régiment des Gardes ont
donné de grandes preuves de valeur à cette attaque
, dans laquelle il y en a eu environ 4c . de
tuez , près de 100. blessez 4. Sergents de tueź
et 8. de blessez. Le Comte de Chaumont , Capitaine
de Grenadiers , M. de la Boulaye , le Chevalier
de Montaigu , le Vicomte d'Urtubie
M. de Bernay, M. de Marconnay , M. de Brusse ,
le Chevalier de Lancome , le Chevalier d'Urtubie,
M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon,
et M. de Villefort , Officiers de Grenadiers , onc
été blessez à cette action , et les trois derniers
très-dangereusement.
Le 17. Juin , la Tranchée fut relevée par les
quatre Bataillons du Régiment des Gardes Fran .
çoises , et les trois du Régiment des Vaisseaux ,
sous les ordres de M. de Vernassal , Lieutenant
general , du Comte de Midelbourg , Maréchal
de Camp et de M. de Chaumont , Brigadier .
On prolongea la sappe commencée la veille
sur l'angle saillant du Chemin couvert , et on
communiqua de cette sappe à l'attaque de la
droite qui embrasse l'avant- Chemin couvert, que
les Ennemis avoient près du Rhin.
Les travaux pour l'établissement de plusieurs
Batteries furent commencez pendant la nuit , et
on travailla en même- t. mps à deux sappes couver
tes pour parvenir à la descente du fossé. Les Ennemis
firent cette nuit , comine la précedente ,
II Vol. H
1426 MERCURE DE FRANCE
un très-grand feu , qui cependant ne tua ou bles
sa que peu de Soldats,
M. de la Billarderie , Lieutenant General , le
Marquis de Castelmoron , Maréchal de Camp ,
et le Duc de Châtillon , Brigadier , monterent la
tranchée le 18. avec les Régimens de Piémont ,
de Saxe et de la Couronne , et 400. Travailleurs.
On poussa une sappe jusqu'à la Palissade
de l'angle du Chemin couvert de l'ouvrage à corne
, et on perfectionna la Batterie de 8. Pieces de
Canon , qui a commencé à tirer le 19. au matin
et qui bat la face , le flanc et la courtine de l'ouvrage
couronné. Les Ennemis tirerent cette nuit
une grande quantité de Bombes , mais leur feu de
Mousqueterie ne fut pas si vif qu'il l'avoit été les
jours précedents , parce que celui des Troupes
qui soutenoient les Travailleurs à la tête des sappes
, diminua celui des Assiegez . M. Dulicourt,
Capitaine dans le Régiment des Landes, et M.Gilbert
, Lieutenant du même Régiment , furent
blessez mortellement des éclats d'une Bombe qui
creva en l'air , et il y eut pendant cette nuit un
Soldat tué et 14. blessez .
Le 19. la Tranchée fut relevée par le Prince
de Tingry , Lieutenant General , avec le même
nombre de Troupes que le 18. On poussa les
travaux jusqu'à 7% ou 8. toises de la Place d'Armes
que les Ennemis ont dans l'angle rentrant
vis - à - vis de la branche de l'ouvrage à corne , et
on opposa un grand feu de la Barterie de 8. Pieces
de Canon à celui des deux Batteries que les
Ennemis avoient démasquées le matin , et avec
esquelles ils esperoient empêcher la construction
d'un Pont dans le fossé . Un Officier du Régiment
de Xaintonge , M. de Riancourt , Inge
nieur , et dix Travailleurr , furent blessez , et il
y en cut 4 , de tuez.
JUIN.
: ד
14 1734.
Le Marquis de Guerchy , Lieutenant General,
le Marquis de Creil , Maréchal de Camp , et le
Comte d'Esclimont , Brigadier , monterent la
Tranchée le 2o. avec les Régimens de Normandie
, de Duras , de Bigorre et de Limosin, et 7.
Compagnies de Grenadiers.
On étendit pendant cette nuit les sappes à la
droite et à la gauche de l'angle saillant de l'ouvrage
à corne , et on plaça dans la Batterie préparée
à la gauche de l'angle saillant du Chemin
couvert , 6. Pieces de gros Canon , avec lesquelles
on compte de battre en breche la branche de
l'ouvrage à corne , et le flanc qui défend la face
du demi Bastion de la gauche de cet ouvrage.Les
Ennemis furent très - inquietez par nos Bombes ,
et le feu des Batteries qu'ils avoient démasquées
dans leur ouvrage couronné , cessa le 21 .
Ce jour - là la Tranchée fut relevée par les Régimens
de la Marine , de Provence , de Clare ,
de Bretagne et de Brie , et par 6. Compagnies
de Grenadiers sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , du Cheva ier Dauger
, Maréchal de Camp , et du Marquis du
Chastelet, Brigadier. On poussa la sappe de la
droite sur la Place d'Armes de l'angle rentrant
du Chemin couvert qui est entre la demi- Lune
et le demi- Bastion de l'ouvrage â corne ; et à la
gauche on avança les travaux jusqu'à quatre
toises d'une autre Place d'Armes revétuë , qui a
dix toises de face et douze pieds d'élevation.
Les Grenadiers des Regiments de Provence
et de Clare , qui étoient à la tête de la sape de
la gauche , montérent sur les parapets et firent
un grand feu sur la place d'armes que les Ennemis
paroissoient avoir abandonnée et où ils
étoient revenus à l'entrée de la nuit . Le Capi-
II. Vol.
>
Hij taine
1428 MERCURE DE FRANCE
taine de Grenadiers du Regiment de Clare , le
Capitaine en second et M. de Mackarty, le Capitaine
de Grenadiers du Regiment de Provence
et son Lieutenant , ont été blessez des éclats des
Grenades que les Ennemis jetterent en grande
quantité sur les Travailleurs , dont il y en a eu
30 de tuez ou de blessez.
Le 22 , le Duc de Chaulnes , Lieutenant General
, M. de Bulkley , Maréchal de Camp , et
le Marquis d'O , Brigadier , montérent la tranchée
avec les Regiments de Bourbonnois , de
Perche , de Mortemart ; de Soissonnois , de
Dillon et de Berwick .
La premiere Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois ayant débouché à 9
heures du soir de la tête de la sappe de la
gauche , elle attaqua la place d'armes par l'angle
que notre canon avoit endommagé , elle
y entra la bayonette au bout du fusil , et après
avoir essuyé le feu du Détachement qui défendoit
cet ouvrage , elle s'en empara.
La seconde Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois et celle du Regiment
de Soissonnois entrérent dans cette Place d'armes
, dans laquelle on commença à établir un
logement , et il fut assez avancé malgré le
grand feu que les Ennemis firent de la branche
de l'Ouvrage à corne de leur Chemin couvert ,
et de la face du demi Bastion de l'Ouvrage couronné.
M. de Saint Georges , second Capitaine de
Grenadiers du Regiment de Bourbonnois , a été
tué à cette attaque , M. de Lousteau , Premier
Capitaine de Grenadiers du même Regiment ,
M. de la Motte , qui étoit venu le remplacer
et les Lieutenants de Grenadiers ont été blessez ,
II. Vol,
il
JUIN. 17347 1429
il y a eu plusieurs Grenadiers et Travailleurs
blessez , et un Sergent de tué.
Le 22 au soir , le Maréchal d'Asfeldt fit attaquer
par huit Compagnies de Grenadiers l'angle
saillant du Chemin couvert de la demi - Lune
devant l'Ouvrage à corne , et la Place d'armes
rentrante de la droite de cette demi- Lune.
Les Grenadiers attaquérent ces ouvrages avec
beaucoup de courage , et malgré la résistance
des Ennemis , ils nettoyerent le Chemin couvert
où il y avoit 400 hommes , dont plusieurs ont
été tucz , et près de 60 faits prisonniers .
Le Capitaine et le Lieutenant de Grenadiers
du Regiment de Beauce , et un autre Lieutenant
ont été tuez. Les deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment de Richelieu , le Capitaine de
Grenadiers de celui de Conty , celui des Grenadiers
du Regiment de Nice , et deux autres Officiers
ont été blessez à cette attaque , dans laquelle
nous avons eu 15 Grenadiers de tucz ,
et 49 Grenadiers ou Travailleurs de blessez .
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General
le Marquis de Clermont Gallerande Maréchal
de Camp , et le Prince de Pons , Brigadier
montérent la tranchée le 24 Juin avec les Regiments
de Tallard , d'Ouroy , de la Marck , de
Vivarais , et de Lenck , et 6 Compagnies de
Grenadiers.
On étendit les travaux par une sappe d'environ
1co toises pour embrasser entierement l'angle
saillant de la Place d'armes de l'ouvrage à corne,
et il n'y eut que deux Grenadiers de tuez et un
de blessé .
Le 25 , la tranchée fut relevée par le Prince
de Robeeq , Lieutenant General
, par M. de la
Javeliere , Maréchal de Camp , et par le Mar-
II. Vola Hiij quis
1430 MERCURE DE FRANCE
quis de Brezé , Brigadier , avec les Regiments
de Pons , d'Alsace , de Toulouze et 6 Compagnies
de Grenadiers.
>
Les 650 Travaillenrs commandez pour cette
tranchée , furent employez à prolonger les travaux
sur la Place d'armes de la demi-Lune ; on
établit une nouvelle batterie de s piéces de canon
pour battre en brêche la face gauche de la demi-
Lune , et on fit trois descentes pour arriver au
fossé , la premiere à la branche de l'ouvrage à
corne , la seconde à la face du même ouvrage
et la troisiéme à celle de la demi -Lune.
La tranchée fut montée le 26 par le Regiment
Royal , par ceux de Guyenne , d'Agenois ,
d'Enghen , de Rouergue et de Ponthieu , et par
deux Compagnies de Grenadiers sous les ordres
du Prince de Carignan , Lieutenant General , du
Comte de Grammont , Maréchal de Camp , et
du Duc de Luxembourg , Brigadier.
On commença sur le fossé trois Ponts qui
furent assez avancez ce jour-là , et la batterie
des piéces de canon qui tiroit dès la veille , fit
une brêche assez considerable à la face de la
demi-Lune. Un Capitaine de sapeurs fut blessé
au bras , et il y eut s on 6 hommes de tuez ,
et 12 de blessez .
Le 27 , le Marquis de Leuville , Lieutenant
General , le Comte d'Avejan , Maréchal de
Camp , et Milord Clare Brigadier , montérent
la tranchée avec les Regiments de Lyonnois
de Lorraine , et de Santerre , le premier Batail
lon du Regiment Royal Baviere , les Regiments
de Bourgogne , de Vaujours , et deux Compa
gnies de Grenadiers. On entra ce jour - là dans
la demi- Lune , d'où les Ennemis s'étoient retirer
, et on avança beaucoup le Pont qui avoit
II. Vel. été
JUIN. 1734. 1431
éré commencé sur la branche de l'ouvrage à
corne.
Le Comte de Belleisle , Lieutenant General ,
Je Comte de Baviere , Maréchal de Camp et
M. de Sallieres , Brigadier , releverent la tranchée
le 28 avec les Regiments de Gondrin , de
Boulonnois , des Landes , Royal la Marine et
de Montmorency , avec deux Compagnies de
Grenadiers ; on continua la sape sur la Place
d'armes de la demi - Lune de l'ouvrage à corne ,
et on s'attacha principalement à la construction
du Pont sur le fossé de la face de l'ouvrage à
corne.
Le lendemain à 11 heures du matin le Comte
de Belleisle fit attaquer la biêche de l'ouvrage
à corne par les Compagnies des Grenadiers
qui étoient de tranchée , et qu'il fit soutenir
de cinq piquets. Un Détachement de 30 hommes
commandé par un Lieutenant , monta sur
Ja brêche et fut suivi des Grenadiers.
Les Ennemis après avoir fait leur décharge
parúrent d'abord vouloir abandonner une cou
pure qu'ils avoient faite à vingt pas de la bréche
, mais ils s'y rassemblerent au nombre de
3 ou 400 hommes , et pendant près d'une heure
ils firent un très grand feu sur les Grenadiers ,
Jesquels quoiqu'en petit nombre tinrent ferme
jusqu'à l'arrivée du secours qu'on leur envoya.
Les Travailleurs ayant suivi les piquets commandez
pour soutenir les Grenadiers , on fit
un logement d'environ 40 toises sur la crête de
Pangle saillant de l'ouvrage à corne , et on travailla
ensuite à l'étendre sur la droite et sur la
gauche. Nous avons perdu à cette attaque environ
30 Grenadiers , et il y en a eu plusieurs
de blessez. Les deux Capitaines de Grenadiers
IL Vol. Hiiij
1432 MERCURE DE FRANCE
de Gondrin , les deux Lieutenants et le Capitaine
de Grenadiers du Regiment des Landes ,
ont été blessez , ainsi que M, Obrien , Officier
Irlandois , et M. Varignon , Major du
Regiment de Provence ; le Lieutenant des Grenadiers
du Regiment des Landes a été tué.
Le 29 M. de Vernassal , Lieutenant General
, le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Maréchal de Camp , et M. de Sally , Brigadier
, montérent la tranchée avec les Regiments
de Touraine , d'Angoumois , et de Rooth,
et les deux Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Toulouze.
Les Travailleurs furent employez à étendre
le logement fait le matin , et à continuer une
sappe le long de la face du demi Bastion de
l'ouvrage à corne et de la branche du même
ouvrage , et par ce travail on parvint à loger
quatre Compagnies de Grenadiers dans le demi
Bastion : on n'a pas perdu un homme dans ce
travail , mais il y a eu quelques Grenadiers de
tuez par une bombe qui créva dans la sappe.
Le 30. les 4. Bataillons du Régiment des Gardes
Françoises , le Régiment d'Hainaut , le second
Bataillon du Régiment Royal Baviere , et
les deux Compagnies de Grenadiers des Régimens
d'Ouroy et de Bigorre , releverent la tranchée
sous les ordres de M. de la Billarderie ,
Lieutenant General , du Prince de Conty , Maréchal
de Camp , et de M. de Varennes , Brigadier.
Les Compagnies de Grenadiers du Régiment des
Gardes Fiançoises ayant débouché par la sappe
de la droite le long de la face du demi - Bastion
de l'ouvrage à corne , ils marcherent à la cou-
૩
pure que les Ennemis avoient fortifiée par des
gabions et des chevaux de frise. Les Assiegez
11. Vol.
abana
JUIN 1734. 1433
abandonnerent ce retranchement à l'approche
des Grenadiers , et ils se retirerent derriere un
second , d'où ils furent chassez et poursuivis jusques
sur le Pont de communication qu'ils avoient
pour rentrer dans l'ouvrage couronné Les Ennemis
, en se retirant de l'ouvrage à corne , essuyerent
le feu des Grenadiers du Régiment
Royal Baviere , qui étoient sur la droite de l'angle
saillant de l'ouvrage à corne .
Lcs Grenadiers du Régiment des Gardes ont
donné de grandes preuves de valeur à cette attaque
, dans laquelle il y en a eu environ 4c . de
tuez , près de 100. blessez 4. Sergents de tueź
et 8. de blessez. Le Comte de Chaumont , Capitaine
de Grenadiers , M. de la Boulaye , le Chevalier
de Montaigu , le Vicomte d'Urtubie
M. de Bernay, M. de Marconnay , M. de Brusse ,
le Chevalier de Lancome , le Chevalier d'Urtubie,
M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon,
et M. de Villefort , Officiers de Grenadiers , onc
été blessez à cette action , et les trois derniers
très-dangereusement.
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Résumé : SIEGE DE PHILISBOURG.
Le siège de Philisbourg s'est déroulé du 17 au 30 juin 1734. Les opérations ont débuté par la relève de la tranchée par les bataillons des Gardes Françaises et des Vaisseaux, sous les ordres de M. de Vernassal, du Comte de Midelbourg et de M. de Chaumont. Malgré un feu ennemi intense, les sappes et batteries ont été prolongées et perfectionnées. Différents régiments ont ensuite pris le relais, avançant les travaux vers les ouvrages ennemis. Le 19 juin, une batterie de huit pièces de canon a commencé à bombarder les défenses ennemies, causant des pertes françaises, notamment des officiers et soldats blessés ou tués par des bombes et des tirs ennemis. Le 22 juin, les grenadiers du régiment de Bourbonnois ont pris une place d'armes après un assaut vigoureux. Le même soir, huit compagnies de grenadiers ont nettoyé le chemin couvert, faisant plusieurs prisonniers. Les travaux ont continué avec l'établissement de nouvelles batteries et la construction de ponts sur le fossé. Le 27 juin, les Français ont pris la demi-lune après le retrait des ennemis. Les attaques se sont poursuivies, avec des pertes notables parmi les grenadiers. Le 30 juin, les Gardes Françaises ont mené une attaque décisive, chassant les ennemis de leurs retranchements et prenant l'ouvrage à corne. Les grenadiers ont montré un grand courage, subissant des pertes significatives. Parmi les officiers de grenadiers impliqués, cinq ont été blessés. Les noms des officiers sont le Chevalier de Lancome, le Chevalier d'Urtubie, M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon et M. de Villefort. M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon et M. de Villefort ont été très dangereusement blessés.
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20039
p. 2898-2900
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople, au commencement du mois dernier.
Début :
Après avoir été fort long-tems dans l'incertitude sur les affiares de Perse et sur les bruits [...]
Mots clefs :
Thamas, Constantinople, Royaume, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople, au commencement du mois dernier.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople , an commencement du mois
dernier.
Près avoir été fort long-tems dans l'incertis
Arudesurlesaffaires de Perseet sur les bruits
confus et incertains qui couroient ici d'une nouvelle révolution arrivée dans ce Royaume , voici
enfin les dernieres nouvelles que l'on en a euës
par la voye de Bagdad , et qui ont été envoyées
à la Porte par Achmet- Pacha , Gouverneur de la
même Ville.
Lors du Traité de Paix qui fût fait entre le
Grand- Seigneur , et Chah- Thamas , ce dernier
Prince en donna connoissance à Thamas-KoulyKan , son premier Ministre , qui dans ce tems- là
étoit à la tête de ses Armées contre les Aghuans,
On dit qu'alors Thamas- Kouly Kan , soit parce
qu'il étoit bien aise de se préparer un prétexte
pour parvenir au projet qu'il méditoit , feignit
d'approuver ce Traité ; mais dans la suite , s'étant rapproché d'Ispaham à la tête de son ArII. Vol. méc ,
DECEMBRE. 1732. 2899 LYON
DE
née , il blâma publiquement Chah- Thamas , en 1893
l'accusant d'avoir fait une paix honteuse , et dit
ouvertement qu'il ne consentiroit jamais qu'E
rivan Tiflis , le reste de la Georgie , et les autres Places qui avoient été cédées aux Turcs , demeurassent entre leurs mains ; ces plaintes de la
part du premier Ministre , produisirent d'abord
entre le Souverain et lui quelque division , mais
les ménagemens que Schah Thamas étoit obligé
de garder avec un Sujet puissant et maître des
Troupes , le firent consentir à une réconciliation,
sous prétexte de laquelle Thamas Kouly- Kan
fut appellé à la Cour. Il s'y rendit avec plusieurs Officiers de son Armée ; mais la premiere
démarche qu'il fit en y arrivant , soutenu par les
Partisans qu'il avoit en grand nombre auprès de
Schah Thamas , fut de se saisir de la personne
de ce Prince. On ne sçait pas bien encore s'il l'a fait mourir , ou s'il s'est contenté de le faire
enfermer dans une prison , mais on assûre qu'il
a fait reconnoître pour Roi un jeune Enfant , fils
de Schah Thamas , et qu'il s'est fait nommer
lui- même Regent du Royaume , et Generalissime des Armées de Perse ; on ajoûte que c'est un
homme extrêmement belliqueux , d'un caractere
fort violent , qui paroît être dans le dessein d'enlever aux Turcs géneralement toutes les Conquêtes qu'ils ont faites sur les Persans, et qu'Achmet Pacha a écrit à la Porte , que le G. S. n'avoit point d'autre parti à prendre que de se préparer à cette Guerre , et se mettre lui- mêmeàla
tête de ses Troupes pour aller combattre en personne un si puissant ennemi.
Ces nouvelles ont donné lieu à un Conseil ;
auquel ont assisté tous les Ministres et les princi
paux Officiers de la Porte , et dans lequel il a été
II. Vol.
H dé
290 MERCURE DE FRANCE
déliberé que le G. S. écriroit des Lettres à tous
les Gouverneurs des Provinces de Perse , pour les
exciter à prendre les armes pour vanger leur Souverain légitime contre les entreprises de ce nouvel usurpateur , avec promesse de la part de
S, H. de les soutenir de toutes les forces de son
Empire dans une Guerre si juste.
dernier.
Près avoir été fort long-tems dans l'incertis
Arudesurlesaffaires de Perseet sur les bruits
confus et incertains qui couroient ici d'une nouvelle révolution arrivée dans ce Royaume , voici
enfin les dernieres nouvelles que l'on en a euës
par la voye de Bagdad , et qui ont été envoyées
à la Porte par Achmet- Pacha , Gouverneur de la
même Ville.
Lors du Traité de Paix qui fût fait entre le
Grand- Seigneur , et Chah- Thamas , ce dernier
Prince en donna connoissance à Thamas-KoulyKan , son premier Ministre , qui dans ce tems- là
étoit à la tête de ses Armées contre les Aghuans,
On dit qu'alors Thamas- Kouly Kan , soit parce
qu'il étoit bien aise de se préparer un prétexte
pour parvenir au projet qu'il méditoit , feignit
d'approuver ce Traité ; mais dans la suite , s'étant rapproché d'Ispaham à la tête de son ArII. Vol. méc ,
DECEMBRE. 1732. 2899 LYON
DE
née , il blâma publiquement Chah- Thamas , en 1893
l'accusant d'avoir fait une paix honteuse , et dit
ouvertement qu'il ne consentiroit jamais qu'E
rivan Tiflis , le reste de la Georgie , et les autres Places qui avoient été cédées aux Turcs , demeurassent entre leurs mains ; ces plaintes de la
part du premier Ministre , produisirent d'abord
entre le Souverain et lui quelque division , mais
les ménagemens que Schah Thamas étoit obligé
de garder avec un Sujet puissant et maître des
Troupes , le firent consentir à une réconciliation,
sous prétexte de laquelle Thamas Kouly- Kan
fut appellé à la Cour. Il s'y rendit avec plusieurs Officiers de son Armée ; mais la premiere
démarche qu'il fit en y arrivant , soutenu par les
Partisans qu'il avoit en grand nombre auprès de
Schah Thamas , fut de se saisir de la personne
de ce Prince. On ne sçait pas bien encore s'il l'a fait mourir , ou s'il s'est contenté de le faire
enfermer dans une prison , mais on assûre qu'il
a fait reconnoître pour Roi un jeune Enfant , fils
de Schah Thamas , et qu'il s'est fait nommer
lui- même Regent du Royaume , et Generalissime des Armées de Perse ; on ajoûte que c'est un
homme extrêmement belliqueux , d'un caractere
fort violent , qui paroît être dans le dessein d'enlever aux Turcs géneralement toutes les Conquêtes qu'ils ont faites sur les Persans, et qu'Achmet Pacha a écrit à la Porte , que le G. S. n'avoit point d'autre parti à prendre que de se préparer à cette Guerre , et se mettre lui- mêmeàla
tête de ses Troupes pour aller combattre en personne un si puissant ennemi.
Ces nouvelles ont donné lieu à un Conseil ;
auquel ont assisté tous les Ministres et les princi
paux Officiers de la Porte , et dans lequel il a été
II. Vol.
H dé
290 MERCURE DE FRANCE
déliberé que le G. S. écriroit des Lettres à tous
les Gouverneurs des Provinces de Perse , pour les
exciter à prendre les armes pour vanger leur Souverain légitime contre les entreprises de ce nouvel usurpateur , avec promesse de la part de
S, H. de les soutenir de toutes les forces de son
Empire dans une Guerre si juste.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople, au commencement du mois dernier.
La lettre de Constantinople décrit une révolution en Perse. Après une période d'incertitude, Achmet Pacha, Gouverneur de Bagdad, a confirmé ces événements. Lors du traité de paix entre le Grand Seigneur et Chah Thamas, ce dernier en informa Thamas-Kouly-Kan, son premier ministre. Thamas-Kouly-Kan feignit d'approuver le traité mais le critiqua ensuite, accusant Chah Thamas d'avoir fait une paix honteuse. Une réconciliation temporaire eut lieu, mais Thamas-Kouly-Kan emprisonna Chah Thamas à son arrivée à la cour. Il est incertain si Chah Thamas a été tué ou emprisonné. Thamas-Kouly-Kan a fait reconnaître un jeune fils de Chah Thamas comme roi et s'est proclamé régent et généralissime des armées de Perse. Connu pour son caractère belliqueux, il semble vouloir reconquérir les territoires perdus face aux Turcs. Achmet Pacha a informé la Porte de la nécessité de se préparer à la guerre. Un conseil à la Porte a décidé d'écrire aux gouverneurs des provinces persanes pour les inciter à se révolter contre l'usurpateur, avec le soutien de l'Empire ottoman.
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20040
p. 3066-3070
Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Début :
Le 19. de ce mois, il y eut une Fête à l'Hôtel de Condé, où le cœur eut encore [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Médecin, Art, Monarque, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Le 19. de ce mois , il y eut une Fête
à l'Hôtel de Condé , où le coeur eut encore
plus de part que la pompe et la ma
gnificence que le sujet demandoit . Les
Officiers et domestiques de la jeune Du
chesse de Bourbon universellement secondez
des voeux de la Cour et de la
Ville , firent tirer un Feu d'artifice et
quantité de Fusées volantes , ce qui fuc
terminé par une grande Symphonie , en
réjouissance du rétablissement de la santé
de cette aimable et vertueuse Prin
Messe
DECEMBRE. 1737. 3067
•
EPITRE à M. Chirac, Premier Medecin
du Roy , sur la maniere de traiter la petite
Verole , à l'occasion de la Duchesse
de Bourbon.
Oi
Toi qu'on vit,jeune encor, renverser le Rem
part ,
Que l'usage opposoit aux progrès de ton Art,
Vainqueur des préjugez , pour qui de la Nature ,
Les plus profonds secrets n'ont point de nuie
obcure ,
Chirac , jette les yeux sur le juste tribut ,
Que la France te rend pour prix de son salut.
C'est peu que de veiller sur les jours du Monarque,,
Les Sujets par tes soins échappent à la Parque.
Trop heureux qui te suit dans le nouveau che
min ,
Par où tu fais tomber le ciseau de sa main !
Pour remporter sur elle une double victoire
Un Eleve chéri s'associe à ta gloire ;
De tes sages conseils empruntant le secours;
D'une grande Princesse il prolonge les jours :
Tu t'expliques par lui , c'est par toi qu'il opere ;
Même Laurier couronne et le fils et le pere,
Rival digne de toi , ferme à suivre tes pas ,
Combien à l'Univers il conserve d'appas ! !
Quel respect nous saisit , quel amour nous une
famine ,
1. Vol. Gavj Lors
3068 MERCURE DE FRANCE
Lorsque dans un beau corps habite une belle ame !
Que la vertu pour nous a des charmes puissans !
Elle dispute aux Dieux nos coeurs et notre encens,
Voi ces gerbes de feu s'élancer vers les nuës ;
De leur rapidité les causes sont connues ;
Elles vont à l'envi d'un vol audacieux ,
Du plus cher de feurs dons rendre graces aux
Cieux.
T
Oui , divine Duchesse , un Peuple qui t'adore ,
Şignale ainsi l'ardeur qui pour toi le devore,
Et donnant un champ libre aux transports de son
coeur ,
En celebre à la fois et l'objet et l'Auteur.
Nous l'avons déja vû , cet Eleve si sage ,
Sur ton auguste Epoux commencer son Ouvrage
Te donner par avance un gage de sa foy ,
Quand il sçauva des jours qui devoient être à toi.
Triomphe, heureux Chirac? à l'éclat qui te frapp
Tu ne peux méconnoître un vrai fils d'Esculape..
C'est ta parfaite image ; entre tes nourissons ,
Nul ne porta plus loin le fruit de tes leçons .
Son Ouvrage est le tien ; je vais donc pour ta
gloire ,
De ses nombreux succès consacrer la memoire ::
Muses , secondez- moi du haut du double Mont..
Je commence par vous , Charolois et Clermont.
11, sauva , digne Sang d'un vrai foudre du guerr
Des attraits que le Ciel envioit à la Terre ,
Combien II. Kola
DECEMBRE 1731. 3069.
Combien d'autres sans lui victimes de la mort ,
Auroient vû par sa faux trañcher leur triste sort
Approchez ; du vainqueur ornez le Char insigne,
Aiguillon , Rochechouart , Aumont , Lauraguais;
Ligne ,
Venez vous joindre encor à ce Char glorieux ,
Montauban et Choseuil , et Saint Just , et Puisieux
;
Qu'un soin reconnoissant sur leurs pas vous conduise
,
Vous , Langeac , vous , d'Autroy , vous , Saint
Aignan , vous , Guise ,
Tessé , Colándre , Avray , Blancmenil , Monts
mirel ;
Son Art vous secourut dans un péril mortel.
Dans la jeune saison ! dira l'aigre censure ,
L'honneur qu'on fait à l'Art , n'est dû qu'à la
Nature.
Eh bien , pour la confondre,, accours , et prends
ton rang ,
Toi , dont l'hyver de l'âge, avoit glacé le sang ,
Toi , Lassay , dont les ans rassemblent seize
lustres ;
Quel triomphe est fondé sur des noms plus illustres.
25
Cependant la victoire attachée à ses pas ,
Contre un fleau cruel ne nous rassureroit pas ;
En vain , sage Pilote , il bravoit les orages ,
L'écueil étoit fameux par cent et cent nauffrages,
En vain un jour sinistre entre tant d'heureux
jours
3070 MERCURE DE FRANCE
2
Avoit seul de sa gloire interrompu le cours
Le murmure et la crainte, enfans de l'ignorance,,
Venoient de ses succès affaiblir l'esperance ;
1
Mais quelle sureté n'entra point dans nos coeurs
Quand tu pris soin , Chirac , de calmer nos
frayeurs
Et d'un sage principe approuvant la conduite ,
Des succès de son Art , tu garantis la suite ?
Tu daignas publier devant milfe témoins ,*
Que , des jours précieux confiez à ses soins ,'
Ton coeur se reposoit sur sa prudence extrême ,
que le voir agir , c'étoit agir toi-même.
De ta décision le bruit se répandit ,
Des jours de la Princesse elle nous répondit
Le péril disparut , et ce nouveau Miracle
D'un vrai fils d'Apollon justifia l'Oracle..
à l'Hôtel de Condé , où le coeur eut encore
plus de part que la pompe et la ma
gnificence que le sujet demandoit . Les
Officiers et domestiques de la jeune Du
chesse de Bourbon universellement secondez
des voeux de la Cour et de la
Ville , firent tirer un Feu d'artifice et
quantité de Fusées volantes , ce qui fuc
terminé par une grande Symphonie , en
réjouissance du rétablissement de la santé
de cette aimable et vertueuse Prin
Messe
DECEMBRE. 1737. 3067
•
EPITRE à M. Chirac, Premier Medecin
du Roy , sur la maniere de traiter la petite
Verole , à l'occasion de la Duchesse
de Bourbon.
Oi
Toi qu'on vit,jeune encor, renverser le Rem
part ,
Que l'usage opposoit aux progrès de ton Art,
Vainqueur des préjugez , pour qui de la Nature ,
Les plus profonds secrets n'ont point de nuie
obcure ,
Chirac , jette les yeux sur le juste tribut ,
Que la France te rend pour prix de son salut.
C'est peu que de veiller sur les jours du Monarque,,
Les Sujets par tes soins échappent à la Parque.
Trop heureux qui te suit dans le nouveau che
min ,
Par où tu fais tomber le ciseau de sa main !
Pour remporter sur elle une double victoire
Un Eleve chéri s'associe à ta gloire ;
De tes sages conseils empruntant le secours;
D'une grande Princesse il prolonge les jours :
Tu t'expliques par lui , c'est par toi qu'il opere ;
Même Laurier couronne et le fils et le pere,
Rival digne de toi , ferme à suivre tes pas ,
Combien à l'Univers il conserve d'appas ! !
Quel respect nous saisit , quel amour nous une
famine ,
1. Vol. Gavj Lors
3068 MERCURE DE FRANCE
Lorsque dans un beau corps habite une belle ame !
Que la vertu pour nous a des charmes puissans !
Elle dispute aux Dieux nos coeurs et notre encens,
Voi ces gerbes de feu s'élancer vers les nuës ;
De leur rapidité les causes sont connues ;
Elles vont à l'envi d'un vol audacieux ,
Du plus cher de feurs dons rendre graces aux
Cieux.
T
Oui , divine Duchesse , un Peuple qui t'adore ,
Şignale ainsi l'ardeur qui pour toi le devore,
Et donnant un champ libre aux transports de son
coeur ,
En celebre à la fois et l'objet et l'Auteur.
Nous l'avons déja vû , cet Eleve si sage ,
Sur ton auguste Epoux commencer son Ouvrage
Te donner par avance un gage de sa foy ,
Quand il sçauva des jours qui devoient être à toi.
Triomphe, heureux Chirac? à l'éclat qui te frapp
Tu ne peux méconnoître un vrai fils d'Esculape..
C'est ta parfaite image ; entre tes nourissons ,
Nul ne porta plus loin le fruit de tes leçons .
Son Ouvrage est le tien ; je vais donc pour ta
gloire ,
De ses nombreux succès consacrer la memoire ::
Muses , secondez- moi du haut du double Mont..
Je commence par vous , Charolois et Clermont.
11, sauva , digne Sang d'un vrai foudre du guerr
Des attraits que le Ciel envioit à la Terre ,
Combien II. Kola
DECEMBRE 1731. 3069.
Combien d'autres sans lui victimes de la mort ,
Auroient vû par sa faux trañcher leur triste sort
Approchez ; du vainqueur ornez le Char insigne,
Aiguillon , Rochechouart , Aumont , Lauraguais;
Ligne ,
Venez vous joindre encor à ce Char glorieux ,
Montauban et Choseuil , et Saint Just , et Puisieux
;
Qu'un soin reconnoissant sur leurs pas vous conduise
,
Vous , Langeac , vous , d'Autroy , vous , Saint
Aignan , vous , Guise ,
Tessé , Colándre , Avray , Blancmenil , Monts
mirel ;
Son Art vous secourut dans un péril mortel.
Dans la jeune saison ! dira l'aigre censure ,
L'honneur qu'on fait à l'Art , n'est dû qu'à la
Nature.
Eh bien , pour la confondre,, accours , et prends
ton rang ,
Toi , dont l'hyver de l'âge, avoit glacé le sang ,
Toi , Lassay , dont les ans rassemblent seize
lustres ;
Quel triomphe est fondé sur des noms plus illustres.
25
Cependant la victoire attachée à ses pas ,
Contre un fleau cruel ne nous rassureroit pas ;
En vain , sage Pilote , il bravoit les orages ,
L'écueil étoit fameux par cent et cent nauffrages,
En vain un jour sinistre entre tant d'heureux
jours
3070 MERCURE DE FRANCE
2
Avoit seul de sa gloire interrompu le cours
Le murmure et la crainte, enfans de l'ignorance,,
Venoient de ses succès affaiblir l'esperance ;
1
Mais quelle sureté n'entra point dans nos coeurs
Quand tu pris soin , Chirac , de calmer nos
frayeurs
Et d'un sage principe approuvant la conduite ,
Des succès de son Art , tu garantis la suite ?
Tu daignas publier devant milfe témoins ,*
Que , des jours précieux confiez à ses soins ,'
Ton coeur se reposoit sur sa prudence extrême ,
que le voir agir , c'étoit agir toi-même.
De ta décision le bruit se répandit ,
Des jours de la Princesse elle nous répondit
Le péril disparut , et ce nouveau Miracle
D'un vrai fils d'Apollon justifia l'Oracle..
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Résumé : Fête à l'Hôtel de Condé, et Vers sur la Duchesse de Bourbon. [titre d'après la table]
Le 19 décembre 1737, une fête fut organisée à l'Hôtel de Condé pour célébrer le rétablissement de la santé de la Duchesse de Bourbon. Cette célébration inclut un feu d'artifice, des fusées volantes et une grande symphonie. La Cour et la Ville exprimèrent leur soutien à la jeune Duchesse. Une épître fut dédiée à M. Chirac, Premier Médecin du Roi, pour son traitement de la petite vérole, notamment en faveur de la Duchesse de Bourbon. L'épître loue Chirac pour ses compétences médicales et son rôle dans le sauvetage de nombreux patients, y compris des membres de la noblesse. Le médecin est comparé à un fils d'Esculape, symbole de la médecine, et son élève est également célébré pour ses succès. L'épître énumère plusieurs nobles sauvés par les soins de Chirac et de son élève, soulignant ainsi l'impact de leur art médical. Le texte se termine par une réflexion sur la sécurité apportée par les compétences de Chirac, qui rassura la Cour et le public face à la maladie.
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20041
p. 1422
« Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...] »
Début :
Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Colombine, Avocat pour ou Contre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre la [...] »
Le 30. Juin , les Comédiens Italiens remirent au Théatre la Comédie de Colombine , Avocat Pour et Contre , en Prose et
en trois Actes , représentée dans sa nouveauté par les anciens Comédiens Italiens
en 1685. La De Roland , nouvelle Danseuse Italienne , dont on a parlé, y debuta.
pour la premiere fois par le Rôle de Colombine , qu'elle joua avec assez d'intelligence , ayant été applaudie du Public.
en trois Actes , représentée dans sa nouveauté par les anciens Comédiens Italiens
en 1685. La De Roland , nouvelle Danseuse Italienne , dont on a parlé, y debuta.
pour la premiere fois par le Rôle de Colombine , qu'elle joua avec assez d'intelligence , ayant été applaudie du Public.
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20042
p. 2900
RUSSIE.
Début :
Malgré les représentations du Roi et de la République de Pologne, la Czarine a envoyé [...]
Mots clefs :
Tsarine, Smolensko
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Malgréles représentations du Roi et de la République de Pologne , la Czarine a envoyé ordre aux Commandans de ses Troupes dans le Territoire de Smolensko , d'en faire partir incessamment pour le Duché de Curlande un
Régiment d'Infanterie et un de Cavalerie , qui y
resteront jusqu'à la mort du Duc Ferdinand de
Curlande
Malgréles représentations du Roi et de la République de Pologne , la Czarine a envoyé ordre aux Commandans de ses Troupes dans le Territoire de Smolensko , d'en faire partir incessamment pour le Duché de Curlande un
Régiment d'Infanterie et un de Cavalerie , qui y
resteront jusqu'à la mort du Duc Ferdinand de
Curlande
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20043
p. 2900-2901
POLOGNE.
Début :
Les Traitez entre l'Empereur et la République de Pologne ayant été renouvellés depuis le [...]
Mots clefs :
Pologne, Fièvre épidémique, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Es Traitez entre l'Empereur et la République LdePologne ayant de renouvel
départ du Roi , conformément aux Constitutions de la Diette generale de 1726. S. M. a envoyé des ordres au Major General de la Couronne qui est actuellement à Constantinople ,
d'en donner part au Grand-Seigneur , et de représenter à S. H. que le renouvellement de ces Traitez ne devoit lui causer aucune inquiétude
parce que ce n'étoit plus une alliance offensive
et qu'on en avoit retranché l'article du Traité
de 1677. qui concernoit la levée des Troupes.
Il régne à Léopold et dans toute la Pologne
une fiévre épidémique , accompagnée des mêmes
symptômes que la fiévre qui préceda la derniere
II. Vol.
ma-
DECEMBRE. 1732 1901
maladie contagieuse de cette Province , ce qui a
déterminé le Régimentaire de la Couronne à y
envoyer plusieurs Compagnies d'Infanterie et de
Cavalerie pour garder les passages , et empêcher
que personne ne sorte de la Province sans Certi ficats de santé
Es Traitez entre l'Empereur et la République LdePologne ayant de renouvel
départ du Roi , conformément aux Constitutions de la Diette generale de 1726. S. M. a envoyé des ordres au Major General de la Couronne qui est actuellement à Constantinople ,
d'en donner part au Grand-Seigneur , et de représenter à S. H. que le renouvellement de ces Traitez ne devoit lui causer aucune inquiétude
parce que ce n'étoit plus une alliance offensive
et qu'on en avoit retranché l'article du Traité
de 1677. qui concernoit la levée des Troupes.
Il régne à Léopold et dans toute la Pologne
une fiévre épidémique , accompagnée des mêmes
symptômes que la fiévre qui préceda la derniere
II. Vol.
ma-
DECEMBRE. 1732 1901
maladie contagieuse de cette Province , ce qui a
déterminé le Régimentaire de la Couronne à y
envoyer plusieurs Compagnies d'Infanterie et de
Cavalerie pour garder les passages , et empêcher
que personne ne sorte de la Province sans Certi ficats de santé
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Résumé : POLOGNE.
En décembre 1732, un traité entre l'Empereur et la Pologne a été renouvelé. L'Empereur a rassuré le Grand-Seigneur qu'il ne s'agissait plus d'une alliance offensive. Une fièvre épidémique sévissait en Pologne, conduisant à des mesures sanitaires strictes.
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20044
p. 1422-1423
TURQUIE, ET PERSE, &c.
Début :
On mande de Constantinople que le Grand-Seigneur avoit fait [...]
Mots clefs :
Constantinople, Traité de paix
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE, &c.
TURQUIE , ET PERSE , &c.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
Nmande de Constantinople que le GrandSeigneur avoit fait changer la Garde et les
Officiers qui étoient dans le vieux Serrail auprès
du Sultan son Oncle , déposé l'année derniere
que Sa Hautesse avoit reçû d'Ispaham la ratifi- cation du Traité de Paix conclu avec le Roi de
Perse , et qu'elle avoit envoyé au Gouverneur de
Tauris un ordre particulier signé de sa main de remettre cette Place aux Perfans.
Les Lettres de Barbarie portent qu'on étoit à
II. Vol.
Alger
JUIN. 17320 1423
Alger dans une grande consternation au sujet de l'armement qui s'est fait en Espagne ; que les
Algériens avoient envoyé leurs femmes , leurs
enfans et leurs meilleurs effets dans les Montagnes , et que la Régence avoit député à Cons-.
tantinople pour demander du secours au GrandSeigneur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE, &c.
À Constantinople, le Grand-Seigneur a remplacé la garde du sultan et ratifié un traité de paix avec la Perse, ordonnant la remise de Tauris aux Persans. En Algérie, l'armement espagnol provoque la consternation. Les Algériens ont évacué leurs familles et biens, et la Régence d'Alger a demandé de l'aide à Constantinople.
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20045
p. 146-147
« On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Début :
On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...]
Mots clefs :
Estampe, Dessinateur, Globes et sphères, Carte
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texteReconnaissance textuelle : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
On vient de mettre au jour une eftampe
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
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Résumé : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Le texte annonce la découverte d'une estampe intitulée 'Déguisemens enfantins', gravée par M. Dupuis, graveur du Roi, et dessinée par M. Eisen, Père Dessinateur. Datée d'avril 1763, cette estampe est dédiée à M. Jean-Louis-Étienne d'Huteau, Chevalier et Lieutenant du Roi en Languedoc, ainsi qu'aux Maréchaux de France en Albigeois. Elle est disponible à Paris chez Buldet, rue de Gesvres, au prix de 40 francs. Par ailleurs, le texte mentionne la vente d'une carte particulière de la Cayenne, colonie française, chez M. Desnos, ingénieur pour les Globes et Sphères, rue Saint-Jacques, au Globe. Cette carte, très soigneusement gravée, inclut un plan détaillé de la ville de Cayenne et des observations sur la découverte de l'île, ses productions naturelles, son étendue, et des éléments de curiosité pertinents pour le public actuel.
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20046
p. 2921
ETRENNES.
Début :
Moins conduite par la coutume, [...]
Mots clefs :
Tendre, Amour, Papa
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texteReconnaissance textuelle : ETRENNES.
ETRENNES.
Moins conduite par la coutume,
Que par mon tendre attachement ,
Mon cher Papa , j'ai pris la plume ,
Pour vous faire mon compliment.
A ce dessein j'ai trouvé des obstacles
Capables de m'intimider ,
Mais l'amour a daigué m'aider ,
L'Amour fait bien d'autres miracles.
Puissent les Dieux , de l'innocence amis ,
A mes voeux empressez se rendre ;
Et qu'à l'enfant le plus soumis ,
Ils conservent long tems le Pere le plus tendre.
Moins conduite par la coutume,
Que par mon tendre attachement ,
Mon cher Papa , j'ai pris la plume ,
Pour vous faire mon compliment.
A ce dessein j'ai trouvé des obstacles
Capables de m'intimider ,
Mais l'amour a daigué m'aider ,
L'Amour fait bien d'autres miracles.
Puissent les Dieux , de l'innocence amis ,
A mes voeux empressez se rendre ;
Et qu'à l'enfant le plus soumis ,
Ils conservent long tems le Pere le plus tendre.
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20047
p. 2901
ALLEMAGNE.
Début :
Le 8. de ce mois, Fête de la Conception de la Vierge, l'Empereur, accompagné du [...]
Mots clefs :
Fête de la Conception, Université, Mandiants
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E 8. de ce mois , Fête de la Conception de
la Vierge , l'Empereur , accompagné du
Nonce du Pape et des Chevaliers de la Toison
d'Or , se rendit à l'Eglise Métropolitaine , et y
assista au Service Divin , celebré pontificalement
par le Cardinal- Archevêque de Vienne. Pendant
la Messe , le Recteur magnifique de l'Université
er les quatre Doyens des quatre Facultez , prêterent Serment entre les mains de l'Evêque d'Antigonie , Chancelier de cette Université , de défendre et de soûtenir l'Immaculée Conception de
la Sainte Vierge.
Pour prévenir l'entrée des mandians et autres
gens sans aveu dans la Ville deVienne, on a publié
un nouveau Réglement qui défend aux Maîtres
des différens Métiers de recevoir chez eux aucuns Compagnons qui ne soient munis de Cerrificats de leur travail et de leur séjour chez des
Maîtres des autres Villes d'Allemagne.
Le nombre des Sujets de l'Evêque de Saltzbourg
qui se déclarent Protestans , augmente de jour en jour, et il y en a déja plus de 1500. du District
de Berchtolzgaden qui demandent à sortir du
pays et à se retirer dans le Duché de LawemBourg , où ils seront nourris et entretenus pendant 18 mois aux dépens du Roi d'Angleter
E 8. de ce mois , Fête de la Conception de
la Vierge , l'Empereur , accompagné du
Nonce du Pape et des Chevaliers de la Toison
d'Or , se rendit à l'Eglise Métropolitaine , et y
assista au Service Divin , celebré pontificalement
par le Cardinal- Archevêque de Vienne. Pendant
la Messe , le Recteur magnifique de l'Université
er les quatre Doyens des quatre Facultez , prêterent Serment entre les mains de l'Evêque d'Antigonie , Chancelier de cette Université , de défendre et de soûtenir l'Immaculée Conception de
la Sainte Vierge.
Pour prévenir l'entrée des mandians et autres
gens sans aveu dans la Ville deVienne, on a publié
un nouveau Réglement qui défend aux Maîtres
des différens Métiers de recevoir chez eux aucuns Compagnons qui ne soient munis de Cerrificats de leur travail et de leur séjour chez des
Maîtres des autres Villes d'Allemagne.
Le nombre des Sujets de l'Evêque de Saltzbourg
qui se déclarent Protestans , augmente de jour en jour, et il y en a déja plus de 1500. du District
de Berchtolzgaden qui demandent à sortir du
pays et à se retirer dans le Duché de LawemBourg , où ils seront nourris et entretenus pendant 18 mois aux dépens du Roi d'Angleter
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 8 décembre, l'Empereur, accompagné du Nonce du Pape et des Chevaliers de la Toison d'Or, assista à un service divin à l'Église Métropolitaine de Vienne. Le Cardinal-Archevêque de Vienne officia la messe, durant laquelle le Recteur de l'Université et les quatre Doyens des facultés prêtèrent serment à l'évêque d'Antigonie, Chancelier de l'Université, pour défendre l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge. Un nouveau règlement fut publié pour empêcher l'entrée des mandians et autres individus sans aveu à Vienne. Ce règlement interdit aux maîtres des métiers de recevoir des compagnons sans certificats attestant de leur travail et de leur séjour dans d'autres villes d'Allemagne. Par ailleurs, le nombre de sujets protestants de l'évêque de Salzbourg augmenta, dépassant 1 500 personnes dans le district de Berchtolzgaden. Ces individus souhaitaient quitter le pays pour se retirer dans le Duché de Lawembourg, où ils seraient nourris et entretenus pendant 18 mois aux frais du Roi d'Angleterre.
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20048
p. 1423
RUSSIE.
Début :
Le Chef de l'Ambassade de la Chine qui fait [...]
Mots clefs :
Académie des sciences
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
E Chef de l'Ambassade de la Chine qui faitLa Petersbourg une dépense beaucoup plus considérable que les 300 Rubles que la Czarine
lui fait donner par ſemaine , a soin de faire écrire la description de tout ce qu'il y voit de plus
curieux , et S. M. Cz. lui a fait présent d'un Plan des Fortifications de cette Ville. Il a assisté
à deux Assemblées de l'Académie des Sciences ,
dont on lui a fait voir le Cabinet des Machines
er des Curiositez naturelles , et le grand Globe
Terrestre qu'on a fait venir de Hollande.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, l'ambassadeur de Chine à Saint-Pétersbourg dépasse les 300 roubles hebdomadaires alloués par la tsarine. Il décrit les éléments remarquables observés et reçoit un plan des fortifications de la ville. Il assiste à deux réunions de l'Académie des Sciences, où il voit le cabinet des machines, des curiosités naturelles et un globe terrestre des Pays-Bas.
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20049
p. 1423-1424
DE POLOGNE.
Début :
Ce ne sont point les Catholiques de Bichow qui se [...]
Mots clefs :
Pologne, Comte de Sapicha
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
E ne sont point les Catholiques de Bichow
Cqui se sont emparez par force de l'Eglise
des Grecs de cette Ville , comme le bruit s'en
étoit répandu d'abord : les Grecs au contraire ,
sont les premiers auteurs du tumulte dont nous
avons parlé , et on a pris contre eux des mesures
pour les punir de cette violence .
Le Comte de Sapicha , fils unique du Palatin
de Poldachie , qui étoit venu passer quelques
jours à Warsovie, où il étoit logé dans le Palais de la Comtesse de Wiloposka , se tua au commencement de ce mois d'un coup de pistolet ,
sans qu'on ait pû découvrir le sujet de son désespoir.
Le bruit qui s'étoit répandu de la grossesse de
I.Vola la
7424 MERCURE DE FRANCE
laPrincesse épouse du Duc Ferdinand deCurlan.·
de , étoit sans fondement
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, les Grecs ont provoqué un tumulte à Bichow et des mesures punitives ont été prises. Le Comte de Sapicha s'est suicidé à Varsovie, au Palais de la Comtesse de Wiloposka. Les rumeurs sur la grossesse de la Princesse, épouse du Duc Ferdinand de Curlan, sont infondées.
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20050
p. 1351-1357
PLAINTE ET REMONTRANCE à M. Albert, Docteur en Médecine, sur son retardement à prendre un Cheval.
Début :
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ? [...]
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTE ET REMONTRANCE à M. Albert, Docteur en Médecine, sur son retardement à prendre un Cheval.
PLAINTE ET REMONTRANCE
à M. Albert, Docteur en Médecine,
sur son retardement à prendre un Cheval.
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ?
Au mépris de l'humanité ,
Te rend sourd à nos cris, à toi-même barbare ,
Et te porte sans cesse à risquer ta santé ?
Quoi les rares talens , la profonde science ,
Ne peuvent-ils permettre un peu de complaisance
Mon discours te surprend ; tu parois interdit ;
Ecoute donc , Albert , le fait dont il s'agit.
Depuis le lever de l'Aurore ,
Jusqu'au retour des ombres de la nuit,
Par ton seul aspect qu'on implore ,
Effrayant le trépas qui t'évite et te fuit ,
Tu cours à pied vers quiconque t'apelle ;
Mais ta langueur malgré toi se décele ,
Elle fait qu'en Chorus tout le monde te dit :
Eh Monsieur , on vous en conjure ;
Monsieur le Médecin prenez une monture,
A bon droit mis au rang des plus fameux Doc
tears,
Quelle noire et coupable envie ,
II. Vola
E
A&
1352 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de tant de grandeurs ,
Te fait renoncer à la vie ?
De ce don ( tu le sçais ) fatal ou précieux 2
Tout Mortel est comptable aux Dieux ;
Il n'en est que dépositaire ;
Qui sans eux en dispose est un audacieux ;
Il devient à l'instant l'objet de leur colere.
Ce Principe adopté de tout le genre humain ,
Nous induit dabord à conclure
Qu'il ne t'est pas permis de remettre à demain
A te servir d'une monture.
On sçait qu'un Cheval autrefois
Causa le sac et l'incendie
D'une illustre Ville d'Asie ;
Mais ce Cheval étoit de bois :
De l'absolu Destin telles furent les Loix ;
Aujourd'hui le sort veut qu'anCheval plein de vio
Sauvant Albert , sauve notre Patric :
Auquel de ces Chevaux divers ,
Donner ici la préference ?
Au Grec funeste Auteur d'un funeste revers
Ah! que le tien pour l'Univers ,
Seroit bien d'une autre importance ! ;
L'un cachoit dans ŝes flancs un trépas médité
Au Troyen, que trompa sa vaine confiance ;
Le tien en croupe avec pleine assurance,
Nous aporteroit la santé :
II. Vele
Mais
JUIN.
1737་
Mais vainement ce Fait te seroit-il citë ,
1353
Comme beau trait d'Histoire et de Litterature,
Si je n'en inférois avec vivacité
Que tu ne peux sans blesser l'équité ,
Sans forfaire à l'honneur , te passer de monture,
Il faudra,j'en conviens,compter quelques ducats,
7
Et pour l'achapt et pour la nourriture 3
Mais , ami , dans la sépulture
Tu sçais qu'on en fait peu de cas.
Caron , qui des grands cœurs n'est pas le vrai
modele ,
Me dira-t'on , ne passe pas
Les Morts gratis dans sa nacelle ;
Mais pour ce,faut- il donc d'argent si gros ama
Un seul teston suffit pour ce passage ;
Laisse aux avares désormais
Le lugubre et vain avantage
De toujours amasser , de ne joüir jamais ,
'D'être pour s'enrichir toujours à la torture.
Pour toi , mets à profit et l'argent et le temps
Et sûr , avec les tiens , de prolonger nos ans,
Entretiens à tes frais une utile monture.
Eh que m'importe enfin à moi ,
Que chacun ait vû devant toi
Disparoître l'apopléxic ,
La fievre s'éclipser , et fuir la pleurésie ,
Sije suis malheureux par ton entêrement ?
II. Vol
E ij
TOR
1354 MERCURE DE FRANCE
Ton Ombre à mon esprit s'offre à chaque mo
ment ,
Toute prête à passer les rives du Cocyte.
Cher Albert , c'est alors , ah ! c'est dans ces ins
tan's
Que dans tes soins , dans tes talens ,
Dans ton zele , dans ton mérite ,
Je trouve mon propre tourment :
Contre toi je me livre à la plainte , au murmure,
Je m'écrie : Ah , le traître ! il fausse son serment;
Cent fois il me promit de prendre une monture.
Vingt lustres bien complets de santé, de vigueur!
Quel est le Médecin qui ne s'en fît honneur ?
Mais qu'en la fleur des ans un Médecin expire ,
Quelle honte ! non, non , je veux bien te le dire ,
Pour marcher à pas lents vers l'Empire des Morts,
Pour n'ariver que tard aux sombres bords ,
Pour entrer des derniers dans la funeste Barque ,
Cu passent côte- à- côte et Berger et Monarque
Pour filer de longs jours sans crainte et sans
regret ,
• Il n'est pour toi qu'un seul secret ,
Secret dicté par la bonne Nature ;
voici , c'est une monture.
Quel désespoir pour Atropos !
Tous les jours sont marqués de quelque illustre
Cure ;
II. Vol
Ardents
JUIN.
1737.
1355
Ardente à t'en punir , à venger son injure ,
Je la vois aiguiser ses funestes Ciseaux ;
Mais qu'importe ? avec avantage ,
Tu peux vaincre et dompter son implacable rage:
Nouveau Bellerophon , sur un noble Coursier ,
Combats, poursuis , foudroye, Albert, ce Mons-
tre altier ;
Opose à sa furie un courage intrépide.
Que la cruelle , Ami , que la perfide ,
En toi retrouve un Paladin , *
Mais comment tenter l'avanture ,
Comment pouvoir la mettre à fin ,
Cher Albert , sans une monture ?
Esculape , il est vrai , de ses dons précieux
Abondamment te favorise ,
Et sur nous , cher Ami , d'une façon exquise
Tu sçais à plaines mains les répandre en ces lieux;
A l'instar de ce Dieu de salubre memoire ,
D'être utile aux Mortels tu te fais une gloire ;
Mais le crois- tu qu'Esculape autrefois ,
S'excedât de fatigue et se mit aux abois ?
Il s'en falloit du tout que tel fût son sistême.
De carrefour en carrefour ,
Un Char portoit sa Déïté suprême.
Esculape nouveau , tu pourois à ton tour
User de pareille voiture ;
Quifit deplus d'un Monstre ample déconfiture:
II. Vol.
E iij
Mais
1356 MERCURE DE FRANCE
Mais si pour ce faste ton cœur
Ressent une secrette horreur ,
Du moins imite en son allure
Celui dont Rossinante étayoit la figure ;
Comme ce Parangon d'honneur ,
Ne vas nulle part sans monture.
Je ne te parle point de ta chere Moitié ,
Tu dois , en tendre Epoux, faire tarir ses larmes.
A les faire couler trouves-tu tant de charmes ?
Infidele à l'amour , rebelle à la pitié ,
Te refuser aux vœux d'une tendre amitié !.
Cher Albert , pardonne à la mienne ,
Qui demande de toi plus de ménagement ;
Mais qu'importe après tout , pourvû que je l'obe
tienne ,
Qu'Albert chemine enfin commodément ;
Soit qu'un genest de superbe encolure ,
Soit qu'un criquet et modeste et benin ,
Glorieux de porter un grave Médecin ,
Soit en tout temps,en tout lieu ta monture.
De plaisir mon cœur est comblé ;
Oui , le tien est touché des vœux et des prieres
De tout un Peuple désolé.
De la raison en toi renaissent les lumieres.
Peuple , votre bonheur ne peut être égalé ;
Albert va terminer la noire inquiétude ,
11. Vol.
Dont
JUIN.
1737:
Dont vous étiez justement accablé,
Il se fera dans la suite une étude
7357
De conserver ses forces , sa vigueur ,
Et son teint nous peindra le Printemps en sa
Aeur ;
Mais que vois-je ! ah déja se remplit cet augure,
Contentez-vous mes yeux , vous le voyez enfin ,
Vous le voyez ce chéri Médecin ;
On n'en peut plus douter ; il est sur sa monture.
Par M. de Sommevesle.
à M. Albert, Docteur en Médecine,
sur son retardement à prendre un Cheval.
Dis-moi, mon cher Albert, quel caprice bizare ?
Au mépris de l'humanité ,
Te rend sourd à nos cris, à toi-même barbare ,
Et te porte sans cesse à risquer ta santé ?
Quoi les rares talens , la profonde science ,
Ne peuvent-ils permettre un peu de complaisance
Mon discours te surprend ; tu parois interdit ;
Ecoute donc , Albert , le fait dont il s'agit.
Depuis le lever de l'Aurore ,
Jusqu'au retour des ombres de la nuit,
Par ton seul aspect qu'on implore ,
Effrayant le trépas qui t'évite et te fuit ,
Tu cours à pied vers quiconque t'apelle ;
Mais ta langueur malgré toi se décele ,
Elle fait qu'en Chorus tout le monde te dit :
Eh Monsieur , on vous en conjure ;
Monsieur le Médecin prenez une monture,
A bon droit mis au rang des plus fameux Doc
tears,
Quelle noire et coupable envie ,
II. Vola
E
A&
1352 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de tant de grandeurs ,
Te fait renoncer à la vie ?
De ce don ( tu le sçais ) fatal ou précieux 2
Tout Mortel est comptable aux Dieux ;
Il n'en est que dépositaire ;
Qui sans eux en dispose est un audacieux ;
Il devient à l'instant l'objet de leur colere.
Ce Principe adopté de tout le genre humain ,
Nous induit dabord à conclure
Qu'il ne t'est pas permis de remettre à demain
A te servir d'une monture.
On sçait qu'un Cheval autrefois
Causa le sac et l'incendie
D'une illustre Ville d'Asie ;
Mais ce Cheval étoit de bois :
De l'absolu Destin telles furent les Loix ;
Aujourd'hui le sort veut qu'anCheval plein de vio
Sauvant Albert , sauve notre Patric :
Auquel de ces Chevaux divers ,
Donner ici la préference ?
Au Grec funeste Auteur d'un funeste revers
Ah! que le tien pour l'Univers ,
Seroit bien d'une autre importance ! ;
L'un cachoit dans ŝes flancs un trépas médité
Au Troyen, que trompa sa vaine confiance ;
Le tien en croupe avec pleine assurance,
Nous aporteroit la santé :
II. Vele
Mais
JUIN.
1737་
Mais vainement ce Fait te seroit-il citë ,
1353
Comme beau trait d'Histoire et de Litterature,
Si je n'en inférois avec vivacité
Que tu ne peux sans blesser l'équité ,
Sans forfaire à l'honneur , te passer de monture,
Il faudra,j'en conviens,compter quelques ducats,
7
Et pour l'achapt et pour la nourriture 3
Mais , ami , dans la sépulture
Tu sçais qu'on en fait peu de cas.
Caron , qui des grands cœurs n'est pas le vrai
modele ,
Me dira-t'on , ne passe pas
Les Morts gratis dans sa nacelle ;
Mais pour ce,faut- il donc d'argent si gros ama
Un seul teston suffit pour ce passage ;
Laisse aux avares désormais
Le lugubre et vain avantage
De toujours amasser , de ne joüir jamais ,
'D'être pour s'enrichir toujours à la torture.
Pour toi , mets à profit et l'argent et le temps
Et sûr , avec les tiens , de prolonger nos ans,
Entretiens à tes frais une utile monture.
Eh que m'importe enfin à moi ,
Que chacun ait vû devant toi
Disparoître l'apopléxic ,
La fievre s'éclipser , et fuir la pleurésie ,
Sije suis malheureux par ton entêrement ?
II. Vol
E ij
TOR
1354 MERCURE DE FRANCE
Ton Ombre à mon esprit s'offre à chaque mo
ment ,
Toute prête à passer les rives du Cocyte.
Cher Albert , c'est alors , ah ! c'est dans ces ins
tan's
Que dans tes soins , dans tes talens ,
Dans ton zele , dans ton mérite ,
Je trouve mon propre tourment :
Contre toi je me livre à la plainte , au murmure,
Je m'écrie : Ah , le traître ! il fausse son serment;
Cent fois il me promit de prendre une monture.
Vingt lustres bien complets de santé, de vigueur!
Quel est le Médecin qui ne s'en fît honneur ?
Mais qu'en la fleur des ans un Médecin expire ,
Quelle honte ! non, non , je veux bien te le dire ,
Pour marcher à pas lents vers l'Empire des Morts,
Pour n'ariver que tard aux sombres bords ,
Pour entrer des derniers dans la funeste Barque ,
Cu passent côte- à- côte et Berger et Monarque
Pour filer de longs jours sans crainte et sans
regret ,
• Il n'est pour toi qu'un seul secret ,
Secret dicté par la bonne Nature ;
voici , c'est une monture.
Quel désespoir pour Atropos !
Tous les jours sont marqués de quelque illustre
Cure ;
II. Vol
Ardents
JUIN.
1737.
1355
Ardente à t'en punir , à venger son injure ,
Je la vois aiguiser ses funestes Ciseaux ;
Mais qu'importe ? avec avantage ,
Tu peux vaincre et dompter son implacable rage:
Nouveau Bellerophon , sur un noble Coursier ,
Combats, poursuis , foudroye, Albert, ce Mons-
tre altier ;
Opose à sa furie un courage intrépide.
Que la cruelle , Ami , que la perfide ,
En toi retrouve un Paladin , *
Mais comment tenter l'avanture ,
Comment pouvoir la mettre à fin ,
Cher Albert , sans une monture ?
Esculape , il est vrai , de ses dons précieux
Abondamment te favorise ,
Et sur nous , cher Ami , d'une façon exquise
Tu sçais à plaines mains les répandre en ces lieux;
A l'instar de ce Dieu de salubre memoire ,
D'être utile aux Mortels tu te fais une gloire ;
Mais le crois- tu qu'Esculape autrefois ,
S'excedât de fatigue et se mit aux abois ?
Il s'en falloit du tout que tel fût son sistême.
De carrefour en carrefour ,
Un Char portoit sa Déïté suprême.
Esculape nouveau , tu pourois à ton tour
User de pareille voiture ;
Quifit deplus d'un Monstre ample déconfiture:
II. Vol.
E iij
Mais
1356 MERCURE DE FRANCE
Mais si pour ce faste ton cœur
Ressent une secrette horreur ,
Du moins imite en son allure
Celui dont Rossinante étayoit la figure ;
Comme ce Parangon d'honneur ,
Ne vas nulle part sans monture.
Je ne te parle point de ta chere Moitié ,
Tu dois , en tendre Epoux, faire tarir ses larmes.
A les faire couler trouves-tu tant de charmes ?
Infidele à l'amour , rebelle à la pitié ,
Te refuser aux vœux d'une tendre amitié !.
Cher Albert , pardonne à la mienne ,
Qui demande de toi plus de ménagement ;
Mais qu'importe après tout , pourvû que je l'obe
tienne ,
Qu'Albert chemine enfin commodément ;
Soit qu'un genest de superbe encolure ,
Soit qu'un criquet et modeste et benin ,
Glorieux de porter un grave Médecin ,
Soit en tout temps,en tout lieu ta monture.
De plaisir mon cœur est comblé ;
Oui , le tien est touché des vœux et des prieres
De tout un Peuple désolé.
De la raison en toi renaissent les lumieres.
Peuple , votre bonheur ne peut être égalé ;
Albert va terminer la noire inquiétude ,
11. Vol.
Dont
JUIN.
1737:
Dont vous étiez justement accablé,
Il se fera dans la suite une étude
7357
De conserver ses forces , sa vigueur ,
Et son teint nous peindra le Printemps en sa
Aeur ;
Mais que vois-je ! ah déja se remplit cet augure,
Contentez-vous mes yeux , vous le voyez enfin ,
Vous le voyez ce chéri Médecin ;
On n'en peut plus douter ; il est sur sa monture.
Par M. de Sommevesle.
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