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19651
p. 2792-2806
LETTRE du Jardinier Solitaire, à M. *** au sujet d'une Lettre sur la Greffe, inserée dans le Mercure de France.
Début :
Plusieurs personnes de mes amis m'ont apporté le Mercure du mois [...]
Mots clefs :
Greffe, Duhamel du Monceau, Écorce, Écusson, Union, Lettre, Mémoire, Bois, Fibres, Greffes, Observations, Espèces, Cicatrice, Portion ligneuse
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Jardinier Solitaire, à M. *** au sujet d'une Lettre sur la Greffe, inserée dans le Mercure de France.
LETTRE du Jardinier Solitaire , à
M. *** au sujet d'une Lettre sur la
Greffe , inserée dans le Mercure de
P
France.
Lusieurs personnes de mes amis
m'ont apporté le Mercure du mois
d'Octobre dernier , pour me faire voir
une Lettre au sujet de la Greffe , qui
paroît m'être adressée , et qu'ils croyoient
m'interesser à cause de l'application que
je donne à tout ce qui regarde l'Agricul
ture , sur tout depuis quinze ans que je
suis chargé du soin de notre Jardin ; mais
je les ai assurez que cette Lettre ne me
regardoit en aucune maniere ; je n'en connois
pas l'Auteur qui me paroît supposé;
je vous dirai même que je n'ambitionne
pas de le connoître , tant j'ai été choqué
de la malignité de son stile ; je souhaite
seulement de me conformer , autant qu'il
me sera possible , aux grands principes
qu'il a mis au commencement et à la
II. Vol. fin
DECEMBRE . 1733. 2793
fin de sa Lettre ; c'est uniquement dans
cette vûë que je ne crois obligé de vous
dire ce que je pense de cet Ouvrage , pour,
rendre justice à M. Duhamel , qui m'a
tnujours communiqué son travail sur
l'Agriculture , peut - être par une espece
de reconnoissance des secours que notre
Jardin peut lui fournir de tems en tems
pour faire les experiences dont il croit
tirer quelque avantage.
Je distingue deux pa ties dans la Lettre
en question ; l'une qui renferme des
Observations sur l'union de la greffe avec
son sujet , et l'autre qui est une Critique
d'un Memoire de M. Duhamel , ou qui
en est plutôt une Parodie.
La premiere Partie m'a parû assez bonne
et m'a fait plaisir à lire , quoiqu'elle
n'ait rien de nouveau pour moi , puisqu'il
y a plus d'un an que M. D. m'a
fait voir les préparations qu'il avoit faites
au sujet de la greffe , et qu'il venoit
de démontrer à l'Académie...
bois
1 °. Que jamais le bois des greffes , en
fente ou en couronne , ne s'unit au
du sujet,non - plus que le bois des écussons
quand de mauvais Jardiniers y en laissent.
2°. Que l'union de la greffe avec son
sujet se fait dans la portion de l'écorce
qui doit devenir bois , c'est-à-dire, dans
11. Vol.
cette
2794 MERCURE DE FRANCE
cette partie interieure de l'écorce dont
les fibres ont une direction longitudinale,
ce que M. D. regarde comme du bois en
herbe , de telle sorte que l'union se fait
principalement par la jonction des fibres
herbaces , tant de la greffe, que du sujet,
qui correspondent les unes aux autres ,
d'abord et plus intimement par en bas ,
ensuite par en haut , même par les côtez ,
&c. mais rarement du corps de l'écusson .
avec le bois du sujet je dis rarement ,
car M. Duhamel m'a fait remarquer des
cas où cela arrive .
3º . J'ai vû avec beaucoup de plaisir
dans plusieurs préparations que M. D.
a faites sur les greffes que l'union étoit
toûjours plus intime entre certaines especes
, qui constamment réussissent bien
dans nos Pépinieres , comme le Bon Chritien
d'hyver sur Coignassier, qu'entre d'autres
qui ont toujours de la peine à s'allier
comme la Merveille d'hyver sur le
Coignassier , ce qui nous a donné lieu
de remarquer qu'assez souvent les fibres
s'inclinent et se replient pour s'aboucher,
pendant que dans d'autes cas ces fibres
se joignent sans aucune infléxion .
4. Par des dissections du Guy , il m'a
fait remarquer , tantôt la conformité , et
tantôt le peu de ressemblance qu'il y a
II. Vol. entre
DECEMBRE. 1733. 2795
entre l'union que le Guy contracte avec
les arbres et l'union de la greffe avec leurs
sujets .
5. Nous avons fait ensemble des playes
à plusieurs arbres pour en observer la
réunion ou la formation de la cicatrice ,
ce qui a encore fourni à M. D. des lumieres
sur la greffe.
6°. Enfin M. D. m'a fait voir plusieurs
fois une suite curieuse de greffes de tous
les âges , preparées de maniere à faire voir
très- clairement les progrès de leur union
avec leurs sujets.
Il est fâcheux pour le prétendu Solitaire
, que M; D. soit nanti de toutes ces
choses depuis plus d'un an , et qu'il en aft
fait la démonstration à l'Académie , et
en mon particulier je n'ai point fait de
mystere de m'en entretenir avec tous
les Curieux qui sont venus se promener
dans notre Jardin , il faut cependant
l'avouer , il y a quelque chose de nouveau
dans les Observations qui sont au
commencement de la Lettre , mais dont
je crois que M. D. ne conviendra pass
on y Tit que
dins
, la greffe
en
écusson
,
la greffe fait toujours avec le sujet un an-
-gle plus ou moins considerable , selon que
sa situation avec le sujet est plus ou moins
oblique. Comme si l'on pouvoit placer
II. Vol.
un
2/90 IVIL
un écusson plus ou moins obliquement
à l'égard de son su et . L'obliquité de la
pousse ne dépend donc pas de la situation
plus ou moins oblique de la greffe ,
puisque la situation d'une greffe en écusson
ne peut varier , mais elle dépend de la
situation du bouton ou de ce que nous appellons
l'oeil , par rapport aux autres parties
de l'écusson; et la situation de cet oeil
dépend de la situation què la branche sur
laquelle on a levé cet écusson , avoit sur
l'arbre dont on l'a coupée.
Quelques lignes après il dit : Alors la
couche de l'écorce qui est exierieure à la
couche interieure du Livre , commence à
Pousser dans celle du sujet qui lui correspond.
M. Duhamel croit que les fibres
de la greffe et celles du sujet s'allongent
mutuellement , ce qu'il avance après
* C'est pour cela que M. de la Quintinie et
mon Prédecesseur , ont recommandé de lever
toujours des écussons sur des branches droites ,
sur tout quand il s'agit de greffer des beaux Presents
ou des Inconnues , Cheneau , &c. qui sont
fort sujettes à pousser de travers, quelquefois cependant
par une fausse position des écussons , il
peut arriver que les fibres de l'écusson soient un
peu inclinez par rapport à celles du sujet et alors
la pousse fera d'abord un petit coude qui se redressera
en peu de temps , je ne sçai pas si c'est
de cette obliquité que l'Auteur de la Lettre veut
parler.
II. Vol.
des
DECEMBRE . 1733. 2797
des observations dont il a fait part à l Académie.
Il ajoûte : Mais la portion ligneuse du
sujet périt d'abord , cela est faux , et si
l'on n'a pas soin d'étêter les arbres écussonnez
, ils poussent comme si on ne leur
avoit rien fait.
On lit ensuite Pareillement la portion
ligneuse de la greffe , & c. C'est une mau
vaise méthode que de laisser du bois
dans la greffe en écusson . Quelques lignes
après il dir : Que cette portion ligneuse
ne s'unit avec aucune partie du sujet ; cola
est vrai et a été bien prouvé par M. D.
Elles cessent même de croître , continue-t'il
cela est bien necessaire , puisqu'elle meurt :
cependant il le prouve ainsi , car la por
tion ligneuse de la greffe étant parvenuë
presque vis-à- vis celle du sujet , elles font
un petit détour. Elles cessent de croître ;
pour preuve de cela : C'est qu'elles parviennent
vis - à- vis de celles du sujet , et
qu'elles font un détour. Voila ce que je
n'entends pas. Il parle ensuite assez obscurément
de la formation de la cicatrice
sur l'argot, ou de la maniere dont se ferme
la playe qu'on a faite en retranchant
la tige du sujet ; mais s'apercevant de
son obscurité , et pour se rendre plus clair
es plus intelligible dans ce qui lui reste à
II. Val. dire
2798 MERCURE DE FRANCE
c'est
dire sur la greffe en écusson , voici ce qu'il
dit : Il est bon de regarder l'écorce qui environne
la greffe , comme divisée en deux por
tions , séparées par la partie ligneuse qui en
occupe le centre. Il y a bien de la métho-
оссире
de là - dedans, mais point du tout de clatté.
Qui a jamais entendu parler de portion
ligneuse qui sépare en deux l'écorce,
qui environne un écusson ? Encore un
coup , il ne doit point rester de bois for
mé dans un écusson bien fait . Si je veux
faire entendre à quelqu'un ce que
qu'un écusson , je le distinguerai avec
M. D. en deux parties principales ; l'une
sera le bouton qui en occupe le milieu ,
l'autre l'écorce qui l'environne. Le bouton
est formé exterieurement par des
écailles membraneuses , et interieurement
par ce qu'on appelle l'oeil ou le racourci
d'une jeune branche qui est tendre et
herbassée . L'écorce qui appartient à l'écusson
se peut aussi diviser en deux parties
, l'écorce , proprement dite , est la
plus exterieure , elle est mince , membraneuse
et sert d'enveloppe à l'autre ,
qu'on appelle improprement écorce , et
qui doit devenir dans peu une couche
ligneuse.
Maintenant que nous lui avons donné
une idée claire de la greffe , nous pou
11. Vol.
YOUS
DECEMBRE . 1733. 2799
vons distinguer avec lui l'écorce qui environne
l'oeil de l'écusson en deux portions
, l'une superieure et l'autre inferieure.
La portion superieure de l'écorce ,
suivant lui , forme le plus souvent un bourelet
, qui peu peu recouvre la tige qui a
été coupée, Nous avons trop
bien vû que
le recouvrement dont il est question est
formé partie par l'écorce de la greffe et
en plus grande partie par celle du sujet,
pour que M. Duhamel convienne que
ce recouvrement soit fait le plus souvent
par un bourelet formé par un prolongement
de la greffe , qui peu à peu recouvre la tige
qui a été coupées cependant le prétendu
Solitaire persiste dans son sentiment , en
disant ; lly a des greffes où cette écorce après
avoirfait cette espece de calotte pour reconvrir
entierement le bois coupé , s'unit tellement
avec l'écorce du sujet , qu'on ne voit
aucune marque de jonction. Il n'est pas
surprenant qu'après s'être mis dans la
tête que l'argot étoit entierement recouvert
par l'écorce de la greffe , il n'y reconnoisse
plus d'union , puisqu'il la
cherche où elle n'est pas , cependant il
est sûr que cette union est quelquefois
peu apparente. Il rapporte ensuite un
exemple qui n'est pas fort interessant ,
d'un arbre qui a poussé une branche de
II, Vol.
cet
2800 MERCURE DE FRANCE
; cet endroit quelle raison y auroit il
pour qu'il n'en poussât pas de- là , comme
d'ailleurs ?
Ce que notre Solitaire dit de la greffe
en fente , revient , à peu de cbose près ,
à ce qu'il a dit de l'écusson ; ainsi nous
nous contenterons d'inviter les curieux à
aller voir une greffe de Pommier , âgée
de 14. ans , c'est , selon lui , une piece
fort précieuse , qu'il conserve avec soin
dans son Cabinet : on sera bien dédommagé
du voyage d'Auxerre.
Voilà , M. où se terminent les Observations
du Solitaire , et où commence
la Parodie du Memoire de M Duhamel ,
que je n'aurois jamais reconnu dans ceux
de l'Académie , si l'Auteur de la Lettre
ne l'avoit pas indiqué dans le Tome
de l'Année 1728 .
Premierement , il dit avoir lû dans
le Volume de cette année un Memoire
de M. D. sur la greffe , ce qui est faux ,
puisqu'il n'y a que deux Memoires de
M. D. en 1728. l'un où il découvre la
source d'une maladie du Saffran , et l'autre
où il recherche la cause phisique des
nouvelles especes de fruits ; il est vrai
que cette recherche l'a engagé à dire un
mot de la greffe , mais ce n'est que par
occasion et dans l'espace tout au plus
II. Vol. de
DECEMBRE. 1733. 2801
de deux feuilles , * ce qui dispense M.Duhamel
de l'exactitude que j'espere qu'on
trouvera dans les derniers Memoires qu'il
a faits sur cette pratique d'Agriculture ,
et où il traite en particulier de la maniere
dont la greffe s'unit au sujet ; ainsi
le Memoire cité pa Auteur de la Lettre
n'a pas la greffe pour objet principal.
Secondement , l'Auteur de la Lettre essaye
en raprochant plusieurs morceaux
détachez du Mémoire de M. D. de forcer
le vrai sens du Mémoire , pour avoir
occasion ensuite de le tourner en ridicule.
En effet , suivant la Lettre il semble
que M. D. annonce la découverte
d'une vraie glande à laquelle il attribuë
de grands avantages , pendant qu'il n'a
d'autre but que de prouver que la greffe
ne change pas les especes ; pour cela M.
D. commence par rapporter tout ce qui
* Dans le Tome de 1730. M. D. dit , j'eus occasion
l'année derniere dans un Memoire qui
avoit pour titre , Recherche sur les causes , & c.
d'examiner en passant l'Anatomie de la greffe ..
Cet examen des parties de la greffe ne m'ayant
pas paru suffisant pour détruire un sentiment assez
generalement adopté , à moins que les Observations
Anatomiques ne fussent soutenues
par des Experiences exactes et plusieurs fois réïterées
, j'ai rapporté plusieurs greffes que l'on
pratique tous les jours , &c...
11. Vol. C pa
2892 MERCURE DE FRANCE
paroît favorable à li greffe ou plutôt au
Systême qu'il combat ; il avoue qu'on ne
peut gueres concevoir que deux Arbres
de differente espece se joignent sans qu'il
en arrive une cicatrice qui soit d'un tissu
plus serré que le tissu des Bois qui se
sont joints , il ajoute qu'on voit assez
souvent des infléxions ou changemens de
directions dans les fibres et qu'il peut
bien y avoir quelque chose qui approche
de la Méchanique des gandes ; il
croît même qu'on peut attribuer à cette
nouvelle organisation la petite perfection
qu'acquerrent les fuits par la greffe , et
suppose que cette perfection sera plus
considérabe à proportion que la cicatrice
sera d un tissu plus serré , et qu'ain.
si on ne peut pas esperer que la greffe
affranchisse beaucoup les especes quand
y ayant trop de rapport entre la greffe et
le sujet l'union est si intime qu'il n'y a
presque pas de cicatrice ( 1 ) , après tout
ce sont- là de ces points de Physique où il
n'y a que de la vrai- semblance , et sur
lesquels chacun peut avoir son sentimen
; mais M, Duhamel revient bien tột
au but principal de son Mémoire , et il
dit qu'il ne voit rien dans cette organi
&
( 1 ) Ce qu'on peut voir dans un de ses Mémoires
, imprimé en 17319
LI, Vol Zie
DECEMBRE. 1733 . 2803
sation qui puisse changer les especes :
Voici comme il termine cet article.
Si en effet la glande,le filtre ou le noud
qui est produit par l'application de la
greffe , étoit capable de changer si considérablement
la séve il en naîtroit un fruit
totalement different de celui qu'on auroit
greffé ; ce qui n'arrive pas , il donne seulement
une petite perfection à la séve ,
et quelque petite que soit cette perfec
tion , elle ne laisse pas de se faire remar
quer dans le fruit ; ce que M. D. ach ve
de prouver par plusieurs expériences de
pratique,
A l'égard de l'union des fibres de la
greffe avec le Bois déja formé ; quoique
cela arrive quelquefois , je n'ai point
vû que M. D. l'eut avancé dans son Mémoire
; au contraire , il y a plus d'un an
qu'il m'a fait voir que cette union n'arrivoit
que rarement ; mais quand il seroit
vrai que M. Duhamel se seroit trompé
dans ce Mémoire au sujet de la greffe ,
ne seroit- il pas en droit d'en appeller à
la suite de son rravail sur cette matiere ?
Puisqu'on ne continue à observer que
pour acquerir de nouvelles connoissances
et rectifier les anciennes , et je n'ai rien de
mieux à faire pour l'entiere justification
de M.D. que d'exhorter ceux qui auront
II. Vol. Cij lû
2804 MERCURE DE FRANCE
lû la Lettre du prétendu Frere , à lire le
Mémoire qui a été l'objet de la critique ,
en attendant que la suite de ses Observations
soit imprimée.
Cependant comme l'ami du prétendu
Solitaire , suivant l'usage de tous les Critiques
de mauvaise humeur , ne manque
pas de taxer M. D, de Plagiaire. J'ai été
curieux de m'assurer par moi- même , si
effectivement les Auteurs citez avoient
échapé à M. D. comme cela auroit pû
arriver. Mais cette recherche n'a servi qu'à
me faire voir combien l'envie et la jalousie
déguisent les objets aux yeux
de ceux
qui sont susceptibles de ces passions.
Voici le passage de M.Tournefort: Pour
remplir le dénombrement des causes auxquelles
l'on araporté les maladies des Plantes ;
Il nous reste, à parler des bosses qui naissent
autour des greffes comme les Vaisseaux de
la greffe ne répondent pas bout à bout aux
Vaissaux du sujet sur lequel on l'a appliquée
, il n'est pas possible que le suc nourrissier
les enfile en ligne droite , si-bien
que le
cal bossu est inévitable ; d'ailleurs il se trouve
bien de la matiere inutile dans la filtration
qui se fait du sujet dans la greffe , et cette
matiere qui ne sçauroit être vuidée par aucun
Vaisseau , ni defferens ni extrotoires , ne
laisse pas d'augmenter la Bosse,
II, Vol On
DECEMBRE. 1733. 2805
On voit par le passage
de M. de Tournefort
que l'objet
de cet Illustre
Académicien
, étant
d'expliquer
comment
se
forment
les Louppes
qui se rencontrent
au lieu de l'application
de certaines
greffes
, il a recours
à l'extravasion
du suc
ligueux
; mais examine
- t-il si le noeud
,
la cicatrice
ou le cal qui naît de l'union
des deux Bois , est capable'de
changer
les
especes
c'est cependant
là le but de
M. Duhamel
, dit-il , que cette nouvelle
organisation
peut
produire
les petites
perfections
que les fruits
acquerent
par la
greffe , comme
le soupçonne
M. D. Ce
n'est point du tout l'objet
de M.de Tournefort
; ainsi tout ce que l'on peut dire >
c'est
les deux
Académiciens
ne se
que
trouvent
point
en contrariété
de sentimens
; ce qui ne peut faire que plaisir
à
M. D. H. Le sentiment
d'Agricola
ne
ressemble
pas beaucoup
plus à celui de
M: Duhamel
, mais je ne m'arrêterai
pas
à établir
cette différence
, il me fuffit de
faire remarquer
que l'Agriculture
parfaite
d'Agricola
est un Livre Allemand
,
assez nouveau
, et qui n'a été imprimé
en
François
qu'en
1732. ce qui le rend bien
postérieur
au Mémoire
de M. Duhamel
,
qui a été imprimé
en 1728. Vous voyez ,
Monsieur
, combien
le reproche
que l'on
.II. Vol. C iij
fait
2806 MERCURE DE FRANCE
fait à M.D. est ridicule , et le cas que l'on
peut faire des Critiques d'humeur ; on ne
peut que déplorer la misérable inclination
de ceux qui employent leur esprit et
leurs talens à altérer la réputation des
autres , et à les traverser dans leur travail.
J'ai l'honneur d'être , &c .
M. *** au sujet d'une Lettre sur la
Greffe , inserée dans le Mercure de
P
France.
Lusieurs personnes de mes amis
m'ont apporté le Mercure du mois
d'Octobre dernier , pour me faire voir
une Lettre au sujet de la Greffe , qui
paroît m'être adressée , et qu'ils croyoient
m'interesser à cause de l'application que
je donne à tout ce qui regarde l'Agricul
ture , sur tout depuis quinze ans que je
suis chargé du soin de notre Jardin ; mais
je les ai assurez que cette Lettre ne me
regardoit en aucune maniere ; je n'en connois
pas l'Auteur qui me paroît supposé;
je vous dirai même que je n'ambitionne
pas de le connoître , tant j'ai été choqué
de la malignité de son stile ; je souhaite
seulement de me conformer , autant qu'il
me sera possible , aux grands principes
qu'il a mis au commencement et à la
II. Vol. fin
DECEMBRE . 1733. 2793
fin de sa Lettre ; c'est uniquement dans
cette vûë que je ne crois obligé de vous
dire ce que je pense de cet Ouvrage , pour,
rendre justice à M. Duhamel , qui m'a
tnujours communiqué son travail sur
l'Agriculture , peut - être par une espece
de reconnoissance des secours que notre
Jardin peut lui fournir de tems en tems
pour faire les experiences dont il croit
tirer quelque avantage.
Je distingue deux pa ties dans la Lettre
en question ; l'une qui renferme des
Observations sur l'union de la greffe avec
son sujet , et l'autre qui est une Critique
d'un Memoire de M. Duhamel , ou qui
en est plutôt une Parodie.
La premiere Partie m'a parû assez bonne
et m'a fait plaisir à lire , quoiqu'elle
n'ait rien de nouveau pour moi , puisqu'il
y a plus d'un an que M. D. m'a
fait voir les préparations qu'il avoit faites
au sujet de la greffe , et qu'il venoit
de démontrer à l'Académie...
bois
1 °. Que jamais le bois des greffes , en
fente ou en couronne , ne s'unit au
du sujet,non - plus que le bois des écussons
quand de mauvais Jardiniers y en laissent.
2°. Que l'union de la greffe avec son
sujet se fait dans la portion de l'écorce
qui doit devenir bois , c'est-à-dire, dans
11. Vol.
cette
2794 MERCURE DE FRANCE
cette partie interieure de l'écorce dont
les fibres ont une direction longitudinale,
ce que M. D. regarde comme du bois en
herbe , de telle sorte que l'union se fait
principalement par la jonction des fibres
herbaces , tant de la greffe, que du sujet,
qui correspondent les unes aux autres ,
d'abord et plus intimement par en bas ,
ensuite par en haut , même par les côtez ,
&c. mais rarement du corps de l'écusson .
avec le bois du sujet je dis rarement ,
car M. Duhamel m'a fait remarquer des
cas où cela arrive .
3º . J'ai vû avec beaucoup de plaisir
dans plusieurs préparations que M. D.
a faites sur les greffes que l'union étoit
toûjours plus intime entre certaines especes
, qui constamment réussissent bien
dans nos Pépinieres , comme le Bon Chritien
d'hyver sur Coignassier, qu'entre d'autres
qui ont toujours de la peine à s'allier
comme la Merveille d'hyver sur le
Coignassier , ce qui nous a donné lieu
de remarquer qu'assez souvent les fibres
s'inclinent et se replient pour s'aboucher,
pendant que dans d'autes cas ces fibres
se joignent sans aucune infléxion .
4. Par des dissections du Guy , il m'a
fait remarquer , tantôt la conformité , et
tantôt le peu de ressemblance qu'il y a
II. Vol. entre
DECEMBRE. 1733. 2795
entre l'union que le Guy contracte avec
les arbres et l'union de la greffe avec leurs
sujets .
5. Nous avons fait ensemble des playes
à plusieurs arbres pour en observer la
réunion ou la formation de la cicatrice ,
ce qui a encore fourni à M. D. des lumieres
sur la greffe.
6°. Enfin M. D. m'a fait voir plusieurs
fois une suite curieuse de greffes de tous
les âges , preparées de maniere à faire voir
très- clairement les progrès de leur union
avec leurs sujets.
Il est fâcheux pour le prétendu Solitaire
, que M; D. soit nanti de toutes ces
choses depuis plus d'un an , et qu'il en aft
fait la démonstration à l'Académie , et
en mon particulier je n'ai point fait de
mystere de m'en entretenir avec tous
les Curieux qui sont venus se promener
dans notre Jardin , il faut cependant
l'avouer , il y a quelque chose de nouveau
dans les Observations qui sont au
commencement de la Lettre , mais dont
je crois que M. D. ne conviendra pass
on y Tit que
dins
, la greffe
en
écusson
,
la greffe fait toujours avec le sujet un an-
-gle plus ou moins considerable , selon que
sa situation avec le sujet est plus ou moins
oblique. Comme si l'on pouvoit placer
II. Vol.
un
2/90 IVIL
un écusson plus ou moins obliquement
à l'égard de son su et . L'obliquité de la
pousse ne dépend donc pas de la situation
plus ou moins oblique de la greffe ,
puisque la situation d'une greffe en écusson
ne peut varier , mais elle dépend de la
situation du bouton ou de ce que nous appellons
l'oeil , par rapport aux autres parties
de l'écusson; et la situation de cet oeil
dépend de la situation què la branche sur
laquelle on a levé cet écusson , avoit sur
l'arbre dont on l'a coupée.
Quelques lignes après il dit : Alors la
couche de l'écorce qui est exierieure à la
couche interieure du Livre , commence à
Pousser dans celle du sujet qui lui correspond.
M. Duhamel croit que les fibres
de la greffe et celles du sujet s'allongent
mutuellement , ce qu'il avance après
* C'est pour cela que M. de la Quintinie et
mon Prédecesseur , ont recommandé de lever
toujours des écussons sur des branches droites ,
sur tout quand il s'agit de greffer des beaux Presents
ou des Inconnues , Cheneau , &c. qui sont
fort sujettes à pousser de travers, quelquefois cependant
par une fausse position des écussons , il
peut arriver que les fibres de l'écusson soient un
peu inclinez par rapport à celles du sujet et alors
la pousse fera d'abord un petit coude qui se redressera
en peu de temps , je ne sçai pas si c'est
de cette obliquité que l'Auteur de la Lettre veut
parler.
II. Vol.
des
DECEMBRE . 1733. 2797
des observations dont il a fait part à l Académie.
Il ajoûte : Mais la portion ligneuse du
sujet périt d'abord , cela est faux , et si
l'on n'a pas soin d'étêter les arbres écussonnez
, ils poussent comme si on ne leur
avoit rien fait.
On lit ensuite Pareillement la portion
ligneuse de la greffe , & c. C'est une mau
vaise méthode que de laisser du bois
dans la greffe en écusson . Quelques lignes
après il dir : Que cette portion ligneuse
ne s'unit avec aucune partie du sujet ; cola
est vrai et a été bien prouvé par M. D.
Elles cessent même de croître , continue-t'il
cela est bien necessaire , puisqu'elle meurt :
cependant il le prouve ainsi , car la por
tion ligneuse de la greffe étant parvenuë
presque vis-à- vis celle du sujet , elles font
un petit détour. Elles cessent de croître ;
pour preuve de cela : C'est qu'elles parviennent
vis - à- vis de celles du sujet , et
qu'elles font un détour. Voila ce que je
n'entends pas. Il parle ensuite assez obscurément
de la formation de la cicatrice
sur l'argot, ou de la maniere dont se ferme
la playe qu'on a faite en retranchant
la tige du sujet ; mais s'apercevant de
son obscurité , et pour se rendre plus clair
es plus intelligible dans ce qui lui reste à
II. Val. dire
2798 MERCURE DE FRANCE
c'est
dire sur la greffe en écusson , voici ce qu'il
dit : Il est bon de regarder l'écorce qui environne
la greffe , comme divisée en deux por
tions , séparées par la partie ligneuse qui en
occupe le centre. Il y a bien de la métho-
оссире
de là - dedans, mais point du tout de clatté.
Qui a jamais entendu parler de portion
ligneuse qui sépare en deux l'écorce,
qui environne un écusson ? Encore un
coup , il ne doit point rester de bois for
mé dans un écusson bien fait . Si je veux
faire entendre à quelqu'un ce que
qu'un écusson , je le distinguerai avec
M. D. en deux parties principales ; l'une
sera le bouton qui en occupe le milieu ,
l'autre l'écorce qui l'environne. Le bouton
est formé exterieurement par des
écailles membraneuses , et interieurement
par ce qu'on appelle l'oeil ou le racourci
d'une jeune branche qui est tendre et
herbassée . L'écorce qui appartient à l'écusson
se peut aussi diviser en deux parties
, l'écorce , proprement dite , est la
plus exterieure , elle est mince , membraneuse
et sert d'enveloppe à l'autre ,
qu'on appelle improprement écorce , et
qui doit devenir dans peu une couche
ligneuse.
Maintenant que nous lui avons donné
une idée claire de la greffe , nous pou
11. Vol.
YOUS
DECEMBRE . 1733. 2799
vons distinguer avec lui l'écorce qui environne
l'oeil de l'écusson en deux portions
, l'une superieure et l'autre inferieure.
La portion superieure de l'écorce ,
suivant lui , forme le plus souvent un bourelet
, qui peu peu recouvre la tige qui a
été coupée, Nous avons trop
bien vû que
le recouvrement dont il est question est
formé partie par l'écorce de la greffe et
en plus grande partie par celle du sujet,
pour que M. Duhamel convienne que
ce recouvrement soit fait le plus souvent
par un bourelet formé par un prolongement
de la greffe , qui peu à peu recouvre la tige
qui a été coupées cependant le prétendu
Solitaire persiste dans son sentiment , en
disant ; lly a des greffes où cette écorce après
avoirfait cette espece de calotte pour reconvrir
entierement le bois coupé , s'unit tellement
avec l'écorce du sujet , qu'on ne voit
aucune marque de jonction. Il n'est pas
surprenant qu'après s'être mis dans la
tête que l'argot étoit entierement recouvert
par l'écorce de la greffe , il n'y reconnoisse
plus d'union , puisqu'il la
cherche où elle n'est pas , cependant il
est sûr que cette union est quelquefois
peu apparente. Il rapporte ensuite un
exemple qui n'est pas fort interessant ,
d'un arbre qui a poussé une branche de
II, Vol.
cet
2800 MERCURE DE FRANCE
; cet endroit quelle raison y auroit il
pour qu'il n'en poussât pas de- là , comme
d'ailleurs ?
Ce que notre Solitaire dit de la greffe
en fente , revient , à peu de cbose près ,
à ce qu'il a dit de l'écusson ; ainsi nous
nous contenterons d'inviter les curieux à
aller voir une greffe de Pommier , âgée
de 14. ans , c'est , selon lui , une piece
fort précieuse , qu'il conserve avec soin
dans son Cabinet : on sera bien dédommagé
du voyage d'Auxerre.
Voilà , M. où se terminent les Observations
du Solitaire , et où commence
la Parodie du Memoire de M Duhamel ,
que je n'aurois jamais reconnu dans ceux
de l'Académie , si l'Auteur de la Lettre
ne l'avoit pas indiqué dans le Tome
de l'Année 1728 .
Premierement , il dit avoir lû dans
le Volume de cette année un Memoire
de M. D. sur la greffe , ce qui est faux ,
puisqu'il n'y a que deux Memoires de
M. D. en 1728. l'un où il découvre la
source d'une maladie du Saffran , et l'autre
où il recherche la cause phisique des
nouvelles especes de fruits ; il est vrai
que cette recherche l'a engagé à dire un
mot de la greffe , mais ce n'est que par
occasion et dans l'espace tout au plus
II. Vol. de
DECEMBRE. 1733. 2801
de deux feuilles , * ce qui dispense M.Duhamel
de l'exactitude que j'espere qu'on
trouvera dans les derniers Memoires qu'il
a faits sur cette pratique d'Agriculture ,
et où il traite en particulier de la maniere
dont la greffe s'unit au sujet ; ainsi
le Memoire cité pa Auteur de la Lettre
n'a pas la greffe pour objet principal.
Secondement , l'Auteur de la Lettre essaye
en raprochant plusieurs morceaux
détachez du Mémoire de M. D. de forcer
le vrai sens du Mémoire , pour avoir
occasion ensuite de le tourner en ridicule.
En effet , suivant la Lettre il semble
que M. D. annonce la découverte
d'une vraie glande à laquelle il attribuë
de grands avantages , pendant qu'il n'a
d'autre but que de prouver que la greffe
ne change pas les especes ; pour cela M.
D. commence par rapporter tout ce qui
* Dans le Tome de 1730. M. D. dit , j'eus occasion
l'année derniere dans un Memoire qui
avoit pour titre , Recherche sur les causes , & c.
d'examiner en passant l'Anatomie de la greffe ..
Cet examen des parties de la greffe ne m'ayant
pas paru suffisant pour détruire un sentiment assez
generalement adopté , à moins que les Observations
Anatomiques ne fussent soutenues
par des Experiences exactes et plusieurs fois réïterées
, j'ai rapporté plusieurs greffes que l'on
pratique tous les jours , &c...
11. Vol. C pa
2892 MERCURE DE FRANCE
paroît favorable à li greffe ou plutôt au
Systême qu'il combat ; il avoue qu'on ne
peut gueres concevoir que deux Arbres
de differente espece se joignent sans qu'il
en arrive une cicatrice qui soit d'un tissu
plus serré que le tissu des Bois qui se
sont joints , il ajoute qu'on voit assez
souvent des infléxions ou changemens de
directions dans les fibres et qu'il peut
bien y avoir quelque chose qui approche
de la Méchanique des gandes ; il
croît même qu'on peut attribuer à cette
nouvelle organisation la petite perfection
qu'acquerrent les fuits par la greffe , et
suppose que cette perfection sera plus
considérabe à proportion que la cicatrice
sera d un tissu plus serré , et qu'ain.
si on ne peut pas esperer que la greffe
affranchisse beaucoup les especes quand
y ayant trop de rapport entre la greffe et
le sujet l'union est si intime qu'il n'y a
presque pas de cicatrice ( 1 ) , après tout
ce sont- là de ces points de Physique où il
n'y a que de la vrai- semblance , et sur
lesquels chacun peut avoir son sentimen
; mais M, Duhamel revient bien tột
au but principal de son Mémoire , et il
dit qu'il ne voit rien dans cette organi
&
( 1 ) Ce qu'on peut voir dans un de ses Mémoires
, imprimé en 17319
LI, Vol Zie
DECEMBRE. 1733 . 2803
sation qui puisse changer les especes :
Voici comme il termine cet article.
Si en effet la glande,le filtre ou le noud
qui est produit par l'application de la
greffe , étoit capable de changer si considérablement
la séve il en naîtroit un fruit
totalement different de celui qu'on auroit
greffé ; ce qui n'arrive pas , il donne seulement
une petite perfection à la séve ,
et quelque petite que soit cette perfec
tion , elle ne laisse pas de se faire remar
quer dans le fruit ; ce que M. D. ach ve
de prouver par plusieurs expériences de
pratique,
A l'égard de l'union des fibres de la
greffe avec le Bois déja formé ; quoique
cela arrive quelquefois , je n'ai point
vû que M. D. l'eut avancé dans son Mémoire
; au contraire , il y a plus d'un an
qu'il m'a fait voir que cette union n'arrivoit
que rarement ; mais quand il seroit
vrai que M. Duhamel se seroit trompé
dans ce Mémoire au sujet de la greffe ,
ne seroit- il pas en droit d'en appeller à
la suite de son rravail sur cette matiere ?
Puisqu'on ne continue à observer que
pour acquerir de nouvelles connoissances
et rectifier les anciennes , et je n'ai rien de
mieux à faire pour l'entiere justification
de M.D. que d'exhorter ceux qui auront
II. Vol. Cij lû
2804 MERCURE DE FRANCE
lû la Lettre du prétendu Frere , à lire le
Mémoire qui a été l'objet de la critique ,
en attendant que la suite de ses Observations
soit imprimée.
Cependant comme l'ami du prétendu
Solitaire , suivant l'usage de tous les Critiques
de mauvaise humeur , ne manque
pas de taxer M. D, de Plagiaire. J'ai été
curieux de m'assurer par moi- même , si
effectivement les Auteurs citez avoient
échapé à M. D. comme cela auroit pû
arriver. Mais cette recherche n'a servi qu'à
me faire voir combien l'envie et la jalousie
déguisent les objets aux yeux
de ceux
qui sont susceptibles de ces passions.
Voici le passage de M.Tournefort: Pour
remplir le dénombrement des causes auxquelles
l'on araporté les maladies des Plantes ;
Il nous reste, à parler des bosses qui naissent
autour des greffes comme les Vaisseaux de
la greffe ne répondent pas bout à bout aux
Vaissaux du sujet sur lequel on l'a appliquée
, il n'est pas possible que le suc nourrissier
les enfile en ligne droite , si-bien
que le
cal bossu est inévitable ; d'ailleurs il se trouve
bien de la matiere inutile dans la filtration
qui se fait du sujet dans la greffe , et cette
matiere qui ne sçauroit être vuidée par aucun
Vaisseau , ni defferens ni extrotoires , ne
laisse pas d'augmenter la Bosse,
II, Vol On
DECEMBRE. 1733. 2805
On voit par le passage
de M. de Tournefort
que l'objet
de cet Illustre
Académicien
, étant
d'expliquer
comment
se
forment
les Louppes
qui se rencontrent
au lieu de l'application
de certaines
greffes
, il a recours
à l'extravasion
du suc
ligueux
; mais examine
- t-il si le noeud
,
la cicatrice
ou le cal qui naît de l'union
des deux Bois , est capable'de
changer
les
especes
c'est cependant
là le but de
M. Duhamel
, dit-il , que cette nouvelle
organisation
peut
produire
les petites
perfections
que les fruits
acquerent
par la
greffe , comme
le soupçonne
M. D. Ce
n'est point du tout l'objet
de M.de Tournefort
; ainsi tout ce que l'on peut dire >
c'est
les deux
Académiciens
ne se
que
trouvent
point
en contrariété
de sentimens
; ce qui ne peut faire que plaisir
à
M. D. H. Le sentiment
d'Agricola
ne
ressemble
pas beaucoup
plus à celui de
M: Duhamel
, mais je ne m'arrêterai
pas
à établir
cette différence
, il me fuffit de
faire remarquer
que l'Agriculture
parfaite
d'Agricola
est un Livre Allemand
,
assez nouveau
, et qui n'a été imprimé
en
François
qu'en
1732. ce qui le rend bien
postérieur
au Mémoire
de M. Duhamel
,
qui a été imprimé
en 1728. Vous voyez ,
Monsieur
, combien
le reproche
que l'on
.II. Vol. C iij
fait
2806 MERCURE DE FRANCE
fait à M.D. est ridicule , et le cas que l'on
peut faire des Critiques d'humeur ; on ne
peut que déplorer la misérable inclination
de ceux qui employent leur esprit et
leurs talens à altérer la réputation des
autres , et à les traverser dans leur travail.
J'ai l'honneur d'être , &c .
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Résumé : LETTRE du Jardinier Solitaire, à M. *** au sujet d'une Lettre sur la Greffe, inserée dans le Mercure de France.
Le Jardinier Solitaire répond à une lettre publiée dans le Mercure de France, qui traite de la greffe des plantes. Plusieurs amis lui ont montré cette lettre, pensant qu'elle l'intéresserait en raison de son expertise en agriculture. Cependant, le Jardinier Solitaire affirme que la lettre ne lui est pas adressée et qu'il ne connaît pas son auteur, dont le style l'a choqué. La lettre est divisée en deux parties. La première contient des observations sur l'union de la greffe avec son sujet. Le Jardinier Solitaire trouve cette partie intéressante, bien qu'elle ne contienne rien de nouveau pour lui, car M. Duhamel lui a déjà montré ses préparations et démonstrations sur la greffe à l'Académie. Les observations incluent : le bois des greffes ne s'unit jamais au bois du sujet, l'union se fait principalement par les fibres herbacées de l'écorce, certaines espèces s'unissent mieux que d'autres, des dissections du gui montrent des similitudes et des différences avec l'union des greffes, des expériences sur la cicatrisation des plaies des arbres ont fourni des lumières sur la greffe, et M. Duhamel a montré des séries de greffes préparées pour illustrer les progrès de leur union. Le Jardinier Solitaire critique certaines affirmations de la lettre, notamment sur l'obliquité des greffes en écusson et la formation de la cicatrice, soulignant que certaines observations sont incorrectes ou mal interprétées. La seconde partie de la lettre est une critique d'un mémoire de M. Duhamel, que l'auteur de la lettre présente de manière erronée. Le Jardinier Solitaire corrige ces erreurs et explique que le mémoire de M. Duhamel ne traite pas principalement de la greffe, mais mentionne la greffe de manière incidente. Il dénonce également les tentatives de l'auteur de la lettre de tourner en ridicule le mémoire de M. Duhamel. Le texte traite également des observations de M. Duhamel sur la greffe des plantes, publiées dans un mémoire en 1731. Duhamel affirme que la greffe n'affranchit pas les espèces et que l'union entre la greffe et le sujet est si intime qu'il n'y a presque pas de cicatrice. Il explique que la greffe améliore légèrement la sève, ce qui se remarque dans le fruit, mais ne change pas l'espèce. Le texte mentionne des critiques adressées à Duhamel, notamment l'accusation de plagiat. Cependant, il est souligné que les travaux de Tournefort et Agricola, cités par les critiques, ne contredisent pas les observations de Duhamel et que ces critiques sont motivées par l'envie et la jalousie. Le mémoire de Duhamel, imprimé en 1728, précède la publication des œuvres mentionnées, invalidant ainsi les accusations de plagiat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19652
p. 237-238
ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Début :
Page 56, lig. 26, à M. le Marquis de Livri, lis. à M. le Marquis [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
ERRATA
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
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Résumé : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Le document présente une liste d'errata pour les premier et second volumes de la publication 'Décembre'. Les corrections concernent divers volumes et pages spécifiques. Pour le second volume, des modifications de noms, de phrases et de termes sont nécessaires. Par exemple, à la page 56, ligne 26, 'M. le Marquis de Livri' doit être corrigé en 'M. le Marquis de Givri'. À la page 131, ligne 16, 'des démonftrations d'admirations' doit être corrigé en 'd'admiration'. Pour le premier volume, les corrections incluent des modifications de phrases et de termes. Par exemple, à la page 15, ligne 30, 'toutes fois que vous fongerez' doit être corrigé en 'toutes les fois'. D'autres corrections concernent des ajustements de conjugaison, de genre et de nombre, ainsi que des modifications de titres d'œuvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19653
p. 209-210
DE DRESDE, le 12 Mars.
Début :
Les mouvemens qui se font dans notre armée, & dans celle du Roi [...]
Mots clefs :
Mouvements des troupes, Roi de Prusse, Maréchal Daun, Construction, Entrepôts, Prince, Postes militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 12 Mars.
De DRESDE , le 12 Mars .
Les mouvemens qui fe font dans notre armée ,
& dans celle du Roi de Prufe , annoncent qu'elles
ne tarderont pas à fortir de leur inaction. Les
difpofitions du Maréchal de Daun , font croire
qu'il a deffein de faire de cette Ville fon entrepôt
général , &fa place d'armes. Il vient d'ordonner
de nouveaux ouvrages , & il a fait conſtruire à
Ubigau une nouvelle batterie , qui rend impraticable
l'avenue de Drefde par ce côté .
Al'approche du corps de troupes commandé
par le Prince de Lowenftein , les troupes Pruffiennes
ont évacué Gorlitz , dont ce Prince a pris
poffeffion , & elles fe font retirées à Lauban .
210 MERCURE DE FRANCE.
Le Général Fouquet , eft toujours pofté entre
Lignitz & Lowenberg. Il a établi un cordon de
troupes depuis Neifs jufques dans la Balle- Luface
, pour couvrir la Silésie .
Les mouvemens qui fe font dans notre armée ,
& dans celle du Roi de Prufe , annoncent qu'elles
ne tarderont pas à fortir de leur inaction. Les
difpofitions du Maréchal de Daun , font croire
qu'il a deffein de faire de cette Ville fon entrepôt
général , &fa place d'armes. Il vient d'ordonner
de nouveaux ouvrages , & il a fait conſtruire à
Ubigau une nouvelle batterie , qui rend impraticable
l'avenue de Drefde par ce côté .
Al'approche du corps de troupes commandé
par le Prince de Lowenftein , les troupes Pruffiennes
ont évacué Gorlitz , dont ce Prince a pris
poffeffion , & elles fe font retirées à Lauban .
210 MERCURE DE FRANCE.
Le Général Fouquet , eft toujours pofté entre
Lignitz & Lowenberg. Il a établi un cordon de
troupes depuis Neifs jufques dans la Balle- Luface
, pour couvrir la Silésie .
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Résumé : DE DRESDE, le 12 Mars.
Le 12 mars, les armées française et prussienne se préparent à reprendre les hostilités. Le maréchal de Daun fortifie Dresde et bloque l'accès par Ubigau. Les Prussiens évacuent Gorlitz, permettant au prince de Lowenstein de prendre la ville. Les Prussiens se retirent ensuite à Lauban. Le général Fouquet protège la Silésie avec un cordon de troupes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19654
p. 210
DE BERLIN, le 10 Mars.
Début :
Les forces de Sa Majesté seront divisées, comme les années précédentes, en trois armées. [...]
Mots clefs :
Armée, Bataillons, Prince Henri, Général, Suédois, Ministre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BERLIN, le 10 Mars.
De BERLIN , le 10 Mars.
Les forces de Sa Majesté feront divifées ,
comme les années précédentes , en trois armées.
La premiere, deftinée à faire tête aux Autrichiens ,
fera compofée de foixante - quatre bataillons , dont
il y en a quinze de Grenadiers , & de cent-fix eícadrons.
Le Roi la commandera. La feconde, fera
oppofée aux Ruffes ; elle fera forte de 44 batail
lons & de 52 efcadrons. Elle doit s'affembler aux
environs de Coflin . Le Prince Henri , dont la
fanté eft prèlque entierement rétablie , en aura
le commandement .
La troifiéme , fera tête aux Suédois dans la
Pomeranie. Elle fera compofée de vingt - trois
bataillons , & de quarante- cinq efcadrons. Sa
Majefté n'en a point encore nommé le Général.
Outre ces trois Armées , il y aura quelques autres
corps,que l'on portera où il fera néceffaire. Le plus
confiderable de ces corps , fera fous les ordres du
Général Fouquet.
On a appris depuis , que le 18 de ce mois , la
Cour étoit partie pour Magdebourg , conformé
ment aux ordres du Roi. Les Miniftres des affaires
étrangeres, l'y ont fuivie. Cette précaution , qui
annonce que le Brandebourg va devenir le théâ
tre de la guerre , infpire beaucoup d'inquiétude.
Les forces de Sa Majesté feront divifées ,
comme les années précédentes , en trois armées.
La premiere, deftinée à faire tête aux Autrichiens ,
fera compofée de foixante - quatre bataillons , dont
il y en a quinze de Grenadiers , & de cent-fix eícadrons.
Le Roi la commandera. La feconde, fera
oppofée aux Ruffes ; elle fera forte de 44 batail
lons & de 52 efcadrons. Elle doit s'affembler aux
environs de Coflin . Le Prince Henri , dont la
fanté eft prèlque entierement rétablie , en aura
le commandement .
La troifiéme , fera tête aux Suédois dans la
Pomeranie. Elle fera compofée de vingt - trois
bataillons , & de quarante- cinq efcadrons. Sa
Majefté n'en a point encore nommé le Général.
Outre ces trois Armées , il y aura quelques autres
corps,que l'on portera où il fera néceffaire. Le plus
confiderable de ces corps , fera fous les ordres du
Général Fouquet.
On a appris depuis , que le 18 de ce mois , la
Cour étoit partie pour Magdebourg , conformé
ment aux ordres du Roi. Les Miniftres des affaires
étrangeres, l'y ont fuivie. Cette précaution , qui
annonce que le Brandebourg va devenir le théâ
tre de la guerre , infpire beaucoup d'inquiétude.
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Résumé : DE BERLIN, le 10 Mars.
Le 10 mars, les forces de Sa Majesté seront divisées en trois armées. La première, dirigée par le Roi, comptera soixante-quatre bataillons, dont quinze de Grenadiers, et cent-six escadrons, pour affronter les Autrichiens. La deuxième, commandée par le Prince Henri, se rassemblera près de Cöln et comprendra quarante-quatre bataillons et cinquante-deux escadrons, afin de combattre les Russes. La troisième armée, dont le général n'est pas encore nommé, fera face aux Suédois en Poméranie avec vingt-trois bataillons et quarante-cinq escadrons. D'autres corps seront déployés selon les besoins, le plus important étant sous les ordres du Général Fouquet. Le 18 mars, la Cour a quitté Berlin pour Magdebourg, suivie par les ministres des affaires étrangères, ce qui indique que le Brandebourg pourrait devenir le théâtre des opérations militaires, suscitant de l'inquiétude.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19655
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATIO N.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
Fermer
19656
p. 210-211
DE LEIPSICK, le 6 Mars.
Début :
Nos malheurs augmentent tous les jours, par les contributions que le Roi de [...]
Mots clefs :
Malheurs, Contributions financières, Roi de Prusse, Électorat, Recrues, Enrôlement, Exercices militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 6 Mars.
DE LEIPSICK , le 6 Mars.
>
Nos malheurs augmentent tous les jours , par
les contributions que le Roi de Pruffe exige de
nous. L'Electorat de Saxe , eft taxé à dix mille
hommes de recrues. Cette Ville , ainfi que celles
AVRIL. 1760. 211
de Torgau , de Wirtenberg , & les autres que les
Prufhiens occupent encore , font pleines de gens
enrôlés forcément . On les forme aux exercices
militaires. La moitié des forces du Roi de Prufſe,
eft compofée de ces nouveaux enrôlés.
>
Nos malheurs augmentent tous les jours , par
les contributions que le Roi de Pruffe exige de
nous. L'Electorat de Saxe , eft taxé à dix mille
hommes de recrues. Cette Ville , ainfi que celles
AVRIL. 1760. 211
de Torgau , de Wirtenberg , & les autres que les
Prufhiens occupent encore , font pleines de gens
enrôlés forcément . On les forme aux exercices
militaires. La moitié des forces du Roi de Prufſe,
eft compofée de ces nouveaux enrôlés.
Fermer
19657
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur les Coquettes, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. L'**Article Premier** répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des œuvres de M. de Bastide, des vers adressés à plusieurs personnes, des envois, des lettres, des portraits de peintres italiens et des énigmes. L'**Article II** traite des **Nouvelles Littéraires**, avec une lettre sur les écrits anglais concernant les limites de l'Amérique et des extraits de livres nouveaux. L'**Article III** aborde les **Sciences et Belles-Lettres**, incluant un mémoire sur les anciennes représentations théâtrales pieuses par l'Abbé le Boeuf, une réponse sur la métallurgie par M. de Machy, une dissertation sur le ver plat, et une séance publique de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Besançon. L'**Article IV** est consacré aux **Beaux-Arts**, avec des lettres sur la peinture et la gravure, ainsi que des discussions sur la musique et l'architecture. L'**Article V** concerne les **Spectacles**, incluant la comédie française et italienne, un précis d'une épouse suivante, et un programme des fêtes parisiennes. Enfin, l'**Article VI** présente les **Nouvelles Étrangères**, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les naissances et décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19658
p. 211
DE HAMBOURG, le 20 Mars.
Début :
Les Suédois font des dispositions pour commencer la campagne. Ils marchent [...]
Mots clefs :
Suédois, Campagne militaire, Ville, Violences, Général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 20 Mars.
DE HAMBOURG , le 20 Mars .
Les Suédois font des difpofitions pour commencer
la campagne. Ils marchent vers Swinemunde,
dans le deffein d'y prendre pofte . La Ville
d'Olnabruck n'a pas été exempte des violences
exercées contre tant d'autres , pour procurer des
recrues aux troupes Pruffiennes ou à celles des
Alliés. On écrit , de cette Ville , que vers le milieu
de ce mois , le Général Anglois qui l'occupe ,
fit battre l'allarme & affembler la garniſon . La
curioſité fit accourir dans la place une bourgeoisie
nombreufe ; elle fur tout-à- coup enveloppée par
la garnifon , qui enleva tous les hommes en état
de lervir.
Les Suédois font des difpofitions pour commencer
la campagne. Ils marchent vers Swinemunde,
dans le deffein d'y prendre pofte . La Ville
d'Olnabruck n'a pas été exempte des violences
exercées contre tant d'autres , pour procurer des
recrues aux troupes Pruffiennes ou à celles des
Alliés. On écrit , de cette Ville , que vers le milieu
de ce mois , le Général Anglois qui l'occupe ,
fit battre l'allarme & affembler la garniſon . La
curioſité fit accourir dans la place une bourgeoisie
nombreufe ; elle fur tout-à- coup enveloppée par
la garnifon , qui enleva tous les hommes en état
de lervir.
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Résumé : DE HAMBOURG, le 20 Mars.
Le 20 mars, les Suédois se préparent à attaquer Swinemünde. À Osnabrück, des violences surviennent pour recruter des soldats. Le général anglais ordonne une alerte et rassemble la garnison. La population civile est encerclée et les hommes aptes au service militaire sont enlevés.
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19659
p. 211
DE BAMBERG, le 19 Mars.
Début :
On apprend de Ratisbonne, que le 17 de ce mois, la Diete a procédé à l'élection [...]
Mots clefs :
Diète, Élection, Armée de l'Empire, Prince, État catholique, État protestant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BAMBERG, le 19 Mars.
De BAMBERG , le 19 Mars.
On apprend de Ratifbonne , que le 17 de ce
mois , la Diete a procédé à l'élection de deux
Feld -Maréchaux des Armées de l'Empire. Les
fuffrages le font réunis en faveur du Prince Frédéric
des Deux -Ponts , & du Prince Charles -Augufte
de Baile Dourlach ; l'un , pour les Etats Catholiques
, l'autre , pour les Etats Proteftans . La
Diete drefla enfuite fon Conclufum,pour être notifié
au Prince de la Tour - Taxis , Principal Commiflaire
de Sa Majesté Impériale.
On apprend de Ratifbonne , que le 17 de ce
mois , la Diete a procédé à l'élection de deux
Feld -Maréchaux des Armées de l'Empire. Les
fuffrages le font réunis en faveur du Prince Frédéric
des Deux -Ponts , & du Prince Charles -Augufte
de Baile Dourlach ; l'un , pour les Etats Catholiques
, l'autre , pour les Etats Proteftans . La
Diete drefla enfuite fon Conclufum,pour être notifié
au Prince de la Tour - Taxis , Principal Commiflaire
de Sa Majesté Impériale.
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19660
p. 211-212
DE MADRID, le 18 Mars.
Début :
La Cour célébra, le 15 de ce mois, l'anniversaire de l'Infant Don Philippe, [...]
Mots clefs :
Anniversaire, Infant, Forces armées, Soldats, Recrutement et engagement, Flotte, Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 18 Mars.
De MADRID , le 18 Mars.
La Cour célébra , le 15 de ce mois , l'anniverfaire
de l'infant Don Philippe , Duc de Parme ,
qui eft entré dans fa quarante-unième année .
212 MERGURE DE FRANCE.
1
On continue les préparatifs ordonnés par le
Roi , pour rendre la Monarchie Efpagnole encore
plus refpectable que par le paffé . Nos forces de
terre confiftent en plus de cent dix mille hommes.
Nous aurons , ce Printemps , quarante- neuf vaiſ
feaux de ligne , armés & prêts à mettre en mer.
On preffe l'équipement de la flotte deſtinée pour
les Indes. On forme beaucoup de conjectures fur
l'objet de ces préparatifs . Mais dans les circonf
tances préfentes , ils peuvent n'en avoir d'autre
que de fe tenir prêt à tout événement .
La Cour célébra , le 15 de ce mois , l'anniverfaire
de l'infant Don Philippe , Duc de Parme ,
qui eft entré dans fa quarante-unième année .
212 MERGURE DE FRANCE.
1
On continue les préparatifs ordonnés par le
Roi , pour rendre la Monarchie Efpagnole encore
plus refpectable que par le paffé . Nos forces de
terre confiftent en plus de cent dix mille hommes.
Nous aurons , ce Printemps , quarante- neuf vaiſ
feaux de ligne , armés & prêts à mettre en mer.
On preffe l'équipement de la flotte deſtinée pour
les Indes. On forme beaucoup de conjectures fur
l'objet de ces préparatifs . Mais dans les circonf
tances préfentes , ils peuvent n'en avoir d'autre
que de fe tenir prêt à tout événement .
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Résumé : DE MADRID, le 18 Mars.
Le 18 mars à Madrid, la Cour a célébré l'anniversaire du Duc de Parme. Le Roi a ordonné des préparatifs pour renforcer la Monarchie Espagnole. Les forces terrestres comptent plus de cent dix mille hommes. Quarante-neuf vaisseaux de ligne seront armés pour le printemps. La flotte destinée aux Indes est également en cours d'équipement. Ces préparatifs visent à se tenir prêt à toute éventualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19661
p. 1306
REMERCIMENT de M. de Claville à M. de Boissé, MADRIGAL.
Début :
Quand dans vos amusements, [...]
Mots clefs :
Remerciement, M. de Boissé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMERCIMENT de M. de Claville à M. de Boissé, MADRIGAL.
REMERCIMENT de M. de
Claville à M. de Boissé
Q
MADRIGAL.
Uand dans vos amusements ,
Vous prétez des agreinents
A mon Traité du mérite ?
J'aime fort votre cau benite ,
Plus encor vos sentiments.
Mais , Boissé , votre suffrage ;
En honorant mon ouvrage ,
Lui fait perdre son crédit ;
Quand j'écrirois mieux qu'un autre,
Peut on gouter mon esprit ,
Dès qu'on a connu le votre.
Claville à M. de Boissé
Q
MADRIGAL.
Uand dans vos amusements ,
Vous prétez des agreinents
A mon Traité du mérite ?
J'aime fort votre cau benite ,
Plus encor vos sentiments.
Mais , Boissé , votre suffrage ;
En honorant mon ouvrage ,
Lui fait perdre son crédit ;
Quand j'écrirois mieux qu'un autre,
Peut on gouter mon esprit ,
Dès qu'on a connu le votre.
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19662
p. 212
DE ROME, le 15 Mars.
Début :
Le Cardinal Colonna di Sciarra, préconisa, le 3, la Coadjutorerie de l'Évêché [...]
Mots clefs :
Cardinal, Évêché, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 15 Mars.
De ROME , le 15 Mars.
Le Cardinal Colonna di Sciarra , préconifa , le
3 , la Coadjutorerie de l'Evêché de Strasbourg ,
pour l'Abbé Louis- René- Edouard de Rohan.
Le Cardinal Colonna di Sciarra , préconifa , le
3 , la Coadjutorerie de l'Evêché de Strasbourg ,
pour l'Abbé Louis- René- Edouard de Rohan.
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19663
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. A. JOMBERT.
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19664
p. 212-213
DE LONDRES, le 20 Mars.
Début :
Les troupes destinées pour l'Allemagne, s'embarquent actuellement en différens ports [...]
Mots clefs :
Troupes, Flotte, Escadre, Conseil de guerre, Mer baltique, Seigneur, Témoins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 20 Mars.
De LONDRES , le 20 Mars.
Les troupes deftinées pour l'Allemagne , s'em
barquent actuellement en différens ports du
Royaume. On les fait monter à vingt-un mille
cinq cens hommes. La grande flotte qu'on deftine
à agir contre les côtes de France , eft à la rade
de Spithead , prête à mettre à la voile . Elle attend
les troupes qui doivent s'y embarquer .
L'efcadre deftinée pour la mer Baltique , n'eft
pas encore formée. On affure , que les Puiffances
du Nord ont témoigné , qu'elles ne verroient pas
avec indifférence une efcadre Angloife dans cette
mer.
Le Confeil de guerre , chargé de l'affaire du
Lord Georges Sackeville , a été occupé , depuis
le 6 jufqu'au 12 , à entendre les témoins venus
d'Allemagne , pour dépofer contre lui . Les
fieurs de Vilingerode & de Derenthal , Adjudans
généraux du Prince Ferdinand , font les deuxpincipaux.
On dit qu'ils l'ont beaucoup chargé.
AVRIL. 1760. 215
Ce Seigneur a produit , le 15 & les jours fuivans
, les témoins qui lui font favorables. La
décifion de ce Procès ne fçauroit tarder.
Les troupes deftinées pour l'Allemagne , s'em
barquent actuellement en différens ports du
Royaume. On les fait monter à vingt-un mille
cinq cens hommes. La grande flotte qu'on deftine
à agir contre les côtes de France , eft à la rade
de Spithead , prête à mettre à la voile . Elle attend
les troupes qui doivent s'y embarquer .
L'efcadre deftinée pour la mer Baltique , n'eft
pas encore formée. On affure , que les Puiffances
du Nord ont témoigné , qu'elles ne verroient pas
avec indifférence une efcadre Angloife dans cette
mer.
Le Confeil de guerre , chargé de l'affaire du
Lord Georges Sackeville , a été occupé , depuis
le 6 jufqu'au 12 , à entendre les témoins venus
d'Allemagne , pour dépofer contre lui . Les
fieurs de Vilingerode & de Derenthal , Adjudans
généraux du Prince Ferdinand , font les deuxpincipaux.
On dit qu'ils l'ont beaucoup chargé.
AVRIL. 1760. 215
Ce Seigneur a produit , le 15 & les jours fuivans
, les témoins qui lui font favorables. La
décifion de ce Procès ne fçauroit tarder.
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Résumé : DE LONDRES, le 20 Mars.
Le 20 mars, environ 21 500 soldats britanniques se préparent à embarquer vers l'Allemagne depuis divers ports du Royaume-Uni. Une flotte importante, destinée à opérer contre les côtes françaises, est prête à appareiller depuis Spithead et attend l'embarquement des troupes. L'escadre prévue pour la mer Baltique n'est pas encore constituée, en raison de la désapprobation des puissances du Nord face à une éventuelle présence navale britannique dans cette région. Parallèlement, le Conseil de guerre a auditionné du 6 au 12 mars des témoins allemands contre Lord Georges Sackeville. Les principaux témoins à charge sont les adjudants généraux du Prince Ferdinand, Vilingerode et Derenthal. Lord Georges Sackeville a présenté ses propres témoins favorables le 15 avril et les jours suivants. La décision de ce procès est imminente.
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19665
p. 1307-1308
SECOND Remerciment de M. de Claville à M. de Boissé.
Début :
C'est trop revenir à la charge ; [...]
Mots clefs :
Remerciement, Charge, Coeur, Esprit, Louer, M. de Boissé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND Remerciment de M. de Claville à M. de Boissé.
SECOND Remerciment de M. de
Claville à M. de Boissé.
C'Est 'Est trop revenir à la charge ,
Vous me louez en long, vous me loüez en large ;
Votre Monsieur Purgon sera donc bien content,
Si je prends vos douceurs pour de l'argent
comptant. "
Mais il faut avec vous que mon coeur se dé
charge ,
Je les avale en tremblotant ;
Je crains trop l'orgueil ; et partant
Je mettrai, s'il vous plaît, mes deffauts à la marge.
Ah ! je n'ai que trop combatu ;
Tant de parfum de fraîche date ,
Rappelle à mon esprit ce Vers de Tiridate ;
Il est comme à la vie un terme à la vertu ,
tendresse
Vous m'encensez par politesse ;
J'aimerois bien autant que ce fut par
En ce cas nous verrions beau jeu .
Aujourd'hui tout n'est que grimace ;
Quand l'esprit paroît tout de feu ,
Souvent le coeur est tout de glace.
Boissé , je vous crois franc , incapable de fard
J'ai donc à votre estime une petite part ;
Il faut que je vous dédommage ,
Mais vous ferai je un étalage
D'inutiles désirs et de voeux impuissants ?
II Vol C ij HA
1308 MERCURE DE FRANCE
Hé ! vous avez tout en partage,
Un autre point me décourage ;
Quand vous me chatouillez par de si doux accent
Je ne puis démêler dans tout ce que je sens ,
Ce qui me flate davantage ,
De l'Encensoir ou de l'encens.
Claville à M. de Boissé.
C'Est 'Est trop revenir à la charge ,
Vous me louez en long, vous me loüez en large ;
Votre Monsieur Purgon sera donc bien content,
Si je prends vos douceurs pour de l'argent
comptant. "
Mais il faut avec vous que mon coeur se dé
charge ,
Je les avale en tremblotant ;
Je crains trop l'orgueil ; et partant
Je mettrai, s'il vous plaît, mes deffauts à la marge.
Ah ! je n'ai que trop combatu ;
Tant de parfum de fraîche date ,
Rappelle à mon esprit ce Vers de Tiridate ;
Il est comme à la vie un terme à la vertu ,
tendresse
Vous m'encensez par politesse ;
J'aimerois bien autant que ce fut par
En ce cas nous verrions beau jeu .
Aujourd'hui tout n'est que grimace ;
Quand l'esprit paroît tout de feu ,
Souvent le coeur est tout de glace.
Boissé , je vous crois franc , incapable de fard
J'ai donc à votre estime une petite part ;
Il faut que je vous dédommage ,
Mais vous ferai je un étalage
D'inutiles désirs et de voeux impuissants ?
II Vol C ij HA
1308 MERCURE DE FRANCE
Hé ! vous avez tout en partage,
Un autre point me décourage ;
Quand vous me chatouillez par de si doux accent
Je ne puis démêler dans tout ce que je sens ,
Ce qui me flate davantage ,
De l'Encensoir ou de l'encens.
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Résumé : SECOND Remerciment de M. de Claville à M. de Boissé.
Dans une lettre de remerciement, M. de Claville exprime sa gratitude à M. de Boissé pour les louanges reçues, tout en manifestant une certaine gêne face à leur ampleur. Il craint que ces compliments ne nourrissent son orgueil et préfère mettre en avant ses défauts. Il compare les louanges à un parfum récent, rappelant un vers de Tiridate sur la brièveté de la vertu. M. de Claville suggère que les éloges de M. de Boissé pourraient être motivés par la politesse plutôt que par une sincère admiration. Il reconnaît la franchise de M. de Boissé et apprécie son estime, mais se sent incapable de répondre adéquatement à tant de générosité. Il exprime son incertitude quant à la sincérité des louanges, se demandant si elles viennent d'un encensoir ou de l'encens lui-même.
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19666
p. 213-214
DE VERSAILLES, le 3 Avril.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Signy, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Rheims, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieux, Commandant, Président du Parlement, Nominations, Duchesse, Famille royale, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 3 Avril.
De VERSAILLES le
, 3
Avril.
LE Roi a donné l'Abbaye de Signy , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Rheinis , à l'Evêque Duc de
Laon , Ambaſſadeur Extraordinaire de Sa Majesté
à Rome.
L'Abbaye de Jumieges , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Lorraine , Grand
Doyen de Strasbourg.
L'Abbaye Régulière de Choquèz , Ordre de
S. Auguftin , Diocèle de S. Omer , à Dom Chavatte
, Religieux de la même Abbaye.
Et celle de Notre- Dame des Anges , Ordre de
S. Benoît , Diocèſe & Ville de Coutances , à la
Dame de Canouville , Religieufe à l'Abbaye de
S. Sauveur à Evreux .
Le Roi a nommé le Chevalier d'Argence , cidevant
Lieutenant Colonel dans la Légion Royale
, Meſtre de Camp , commandant le Régiment
de Beaufremont.
La place de Premier Préfident du Parlement
de Grenoble , vacante par la mort du fieur de
Piolenc , a été donnée, par Sa Majefté, au fieur de
Berulle , Intendant de Moulins ; & le fieur le
Nain , Maître des Requêtes , a été nommé à l'Intendance
de Moulins.
214 MERCURE DE FRANCE.
Le 19 Mars , la Ducheffe de Coffe fut préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale ,
& prit le tabouret chez la Reine.
Le 26 , la Duchefle de Charoft fut auffi préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale
, & prit le tabouret chez la Reine.
Le 29 , le Comte de Curé prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la charge de Maître de
la garde-robe de Sa Majeſtć.
Le 2 de ce mois , le Roi tint le fceau.
, 3
Avril.
LE Roi a donné l'Abbaye de Signy , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Rheinis , à l'Evêque Duc de
Laon , Ambaſſadeur Extraordinaire de Sa Majesté
à Rome.
L'Abbaye de Jumieges , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Lorraine , Grand
Doyen de Strasbourg.
L'Abbaye Régulière de Choquèz , Ordre de
S. Auguftin , Diocèle de S. Omer , à Dom Chavatte
, Religieux de la même Abbaye.
Et celle de Notre- Dame des Anges , Ordre de
S. Benoît , Diocèſe & Ville de Coutances , à la
Dame de Canouville , Religieufe à l'Abbaye de
S. Sauveur à Evreux .
Le Roi a nommé le Chevalier d'Argence , cidevant
Lieutenant Colonel dans la Légion Royale
, Meſtre de Camp , commandant le Régiment
de Beaufremont.
La place de Premier Préfident du Parlement
de Grenoble , vacante par la mort du fieur de
Piolenc , a été donnée, par Sa Majefté, au fieur de
Berulle , Intendant de Moulins ; & le fieur le
Nain , Maître des Requêtes , a été nommé à l'Intendance
de Moulins.
214 MERCURE DE FRANCE.
Le 19 Mars , la Ducheffe de Coffe fut préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale ,
& prit le tabouret chez la Reine.
Le 26 , la Duchefle de Charoft fut auffi préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale
, & prit le tabouret chez la Reine.
Le 29 , le Comte de Curé prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la charge de Maître de
la garde-robe de Sa Majeſtć.
Le 2 de ce mois , le Roi tint le fceau.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 3 Avril.
Le document du 3 avril relate plusieurs nominations et présentations à la cour royale. Le Roi a attribué diverses abbayes : l'Abbaye de Signy à l'Évêque Duc de Laon, l'Abbaye de Jumieges à l'Abbé de Lorraine, l'Abbaye de Choquèz à Dom Chavatte, et l'Abbaye de Notre-Dame des Anges à la Dame de Canouville. Le Chevalier d'Argence a été nommé Mestre de Camp du Régiment de Beaufremont. La place de Premier Président du Parlement de Grenoble, vacante après la mort du sieur de Piolenc, a été attribuée au sieur de Bérulle, Intendant de Moulins, tandis que le sieur Le Nain a été nommé à l'Intendance de Moulins. Le 19 mars, la Duchesse de Coffe a été présentée au Roi, à la Reine et à la Famille Royale, et a pris le tabouret chez la Reine. Le 26 mars, la Duchesse de Charost a également été présentée et a pris le tabouret chez la Reine. Le 29 mars, le Comte de Curé a prêté serment pour la charge de Maître de la garde-robe du Roi. Le 2 avril, le Roi a tenu le sceau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19667
p. 214
De l'Armée du Bas-Rhin.
Début :
Tout est encore tranquille, dans nos quartiers. Le Maréchal de Broglie n'attend que le moment d'agir. [...]
Mots clefs :
Maréchal Broglie, Foire, Négociants, Régiment, Officiers, Régiments, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée du Bas-Rhin.
De l'Armée du Bas-Rhin.
Tout est encore tranquille , dans nos quar
tiers. Le Maréchal de Broglie n'attend que
le
moment d'agir. La foire de Francfort le tiendra
cette année comme les précédentes , le Maréchal
ayant fait publier que les Négocians qui voudront
y venir , jouiront de toute liberté , & feront
en toute fureté .
Un Caporal du Régiment de Baroniay , qui
étoit envoyé en patrouille dans les environs de
Naumbourg , a trouvé le moyen d'entrer dans
cette Ville , & d'y enlever un bas Officier & fix
Cuiraffiers Prulliens du Régiment des Gardes ,
avec leurs chevaux Ces prifonniers ont
été conduits
au Prince de Stolberg, fans que la patrouilie
ait fait la moindre perte.
Tout est encore tranquille , dans nos quar
tiers. Le Maréchal de Broglie n'attend que
le
moment d'agir. La foire de Francfort le tiendra
cette année comme les précédentes , le Maréchal
ayant fait publier que les Négocians qui voudront
y venir , jouiront de toute liberté , & feront
en toute fureté .
Un Caporal du Régiment de Baroniay , qui
étoit envoyé en patrouille dans les environs de
Naumbourg , a trouvé le moyen d'entrer dans
cette Ville , & d'y enlever un bas Officier & fix
Cuiraffiers Prulliens du Régiment des Gardes ,
avec leurs chevaux Ces prifonniers ont
été conduits
au Prince de Stolberg, fans que la patrouilie
ait fait la moindre perte.
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Résumé : De l'Armée du Bas-Rhin.
Dans le Bas-Rhin, le Maréchal de Broglie assure la sécurité de la foire de Francfort. Un caporal du Régiment de Baroniay a capturé un bas-officier et six cuirassiers prussiens près de Naumbourg, sans perte. Les prisonniers ont été conduits au Prince de Stolberg.
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19668
p. 214-215
DE PARIS, le 5 Avril.
Début :
On fit, le 22 du mois dernier, la procession qu'on a coutume de faire tous les ans, [...]
Mots clefs :
Capitale, Henri IV, Procession, Mémoire, Discours latin, Auteur, Goût du siècle
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 5 Avril.
De PARIS , le 5 Avril.
On fit , le 22 du mois dernier , la proceffion.
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mé
moire de la réduction de cette Capitale fous l'obéillance
de Henri IV. Le Duc de Luynes , Gouverneur
de Paris , ainsi que le Corps de Ville , y
affifterent.
Le 28 , le Pere Geoffroy , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique du Collège de Louis - le - Grand,
AVRIL. 1760. 215.
prononça un difcours latin ,dans lequel il examina
fi un Auteur doit fe conformer au goût de foi fiécle,
ou s'il doit écrire pour lesfiècles à venir ? Le Clergé,
en Corps, honora l'allemblée de la préſence , ainfi
que plufieurs autres Prélats , le Prévôt des Marchands
, & divers Magiftrats.
On fit , le 22 du mois dernier , la proceffion.
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mé
moire de la réduction de cette Capitale fous l'obéillance
de Henri IV. Le Duc de Luynes , Gouverneur
de Paris , ainsi que le Corps de Ville , y
affifterent.
Le 28 , le Pere Geoffroy , l'un des Profeffeurs
de Rhétorique du Collège de Louis - le - Grand,
AVRIL. 1760. 215.
prononça un difcours latin ,dans lequel il examina
fi un Auteur doit fe conformer au goût de foi fiécle,
ou s'il doit écrire pour lesfiècles à venir ? Le Clergé,
en Corps, honora l'allemblée de la préſence , ainfi
que plufieurs autres Prélats , le Prévôt des Marchands
, & divers Magiftrats.
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Résumé : DE PARIS, le 5 Avril.
Le 22 mars, une procession commémorait la soumission de Paris sous Henri IV. Le Duc de Luynes et le Corps de Ville y participèrent. Le 28 mars, le Père Geoffroy discuta de la pertinence de l'écriture pour les générations futures. Le clergé, des prélats, le Prévôt des Marchands et des magistrats assistèrent à cet événement.
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19669
p. 50-52
ODE.
Début :
Quel bruit frappe ici mon oreille ! [...]
Mots clefs :
Terre, Bruit, Univers, Monarque, Roi
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texteReconnaissance textuelle : ODE.
O DE.
Uel bruit frappe ici mon oreille !
J'entens par tout de doux concerts ;
Quelle et donc la grande merveille
Qui s'opere dans l'Univers ?
Que notre Monarque s'empare
Des Villes d'un Roi qui s'égare ,
Pour moi je n'en fuis pas furpris ;
Il n'est point pour lui de barriere ;
De fa valeur la terre entiere
Ne feroit que le juſte prix.
François , en fuivant un tel guide ,
Vous ferez à jamais heureux ;
Minerve à fes Confeils préfide ;
DECEMBRE 1743
11 eft le favori des Dieux .
Mars n'eft plus le Dieu de la guerre,
LOUIS l'efface fur la terre ;
Son nom vele en tous les climats ;
Le bruit feul de fa renommée
Fait plus que l'innombrable armée
De tous les autres Potentâts .
Sur fon front , trône de la gloire ,
Sont gravés fes fameux exploits ;
Et de la main de lavictoire
Il eft feul couronné des Rois .
Tout l'Univers fçait que la Parque ,
Prête à frapper ce grand Monarque
Le reconnut pour immortel ;
Puifqu'elle a refpecté ſa vie ,
Il n'eft aucun trait de l'envie
Qui l'empêche d'être éternel.
Fut- il Héros plus redoutable ,
Plus magnanime fous les Cieux ?
Fut-il un vainqueur plus aimable ,
D'un coeur plus grand , plus généreux ?
Qu'il regne fur la terre & l'onde ;
Qu'il foit maître de tout le monde ;
Qu'il ait du Ciel mille faveurs !
Vive LOUIS plein de clémence ,
C ij
12 MERCURE DE FRANCE,
L'augufte foutien de la France ;
Vive le Roi de tous les coeurs !
Uel bruit frappe ici mon oreille !
J'entens par tout de doux concerts ;
Quelle et donc la grande merveille
Qui s'opere dans l'Univers ?
Que notre Monarque s'empare
Des Villes d'un Roi qui s'égare ,
Pour moi je n'en fuis pas furpris ;
Il n'est point pour lui de barriere ;
De fa valeur la terre entiere
Ne feroit que le juſte prix.
François , en fuivant un tel guide ,
Vous ferez à jamais heureux ;
Minerve à fes Confeils préfide ;
DECEMBRE 1743
11 eft le favori des Dieux .
Mars n'eft plus le Dieu de la guerre,
LOUIS l'efface fur la terre ;
Son nom vele en tous les climats ;
Le bruit feul de fa renommée
Fait plus que l'innombrable armée
De tous les autres Potentâts .
Sur fon front , trône de la gloire ,
Sont gravés fes fameux exploits ;
Et de la main de lavictoire
Il eft feul couronné des Rois .
Tout l'Univers fçait que la Parque ,
Prête à frapper ce grand Monarque
Le reconnut pour immortel ;
Puifqu'elle a refpecté ſa vie ,
Il n'eft aucun trait de l'envie
Qui l'empêche d'être éternel.
Fut- il Héros plus redoutable ,
Plus magnanime fous les Cieux ?
Fut-il un vainqueur plus aimable ,
D'un coeur plus grand , plus généreux ?
Qu'il regne fur la terre & l'onde ;
Qu'il foit maître de tout le monde ;
Qu'il ait du Ciel mille faveurs !
Vive LOUIS plein de clémence ,
C ij
12 MERCURE DE FRANCE,
L'augufte foutien de la France ;
Vive le Roi de tous les coeurs !
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19670
p. 1308-1318
DERNIÈRE PARTIE de la comparaison des Philosophies de Descartes et de Newton.
Début :
Je ne puis justifier deux excès (Cartes. Princip. part. 4.) de la Philosophie de Descartes ; [...]
Mots clefs :
Descartes, Philosophie, Newton, Mouvement, Matière, Corps, Force, Fluide, Centre, Soleil, Planètes, Tourbillon, Chute des corps, Système
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texteReconnaissance textuelle : DERNIÈRE PARTIE de la comparaison des Philosophies de Descartes et de Newton.
DERNIERE PARTIE de la
comparaison des Philosophies de Descartes
J
et de Newton .
E ne puis justifier deux excès ( Cartes . Prin
cip. part. 4. ) de la Philosophie de Descartes &
le premier , d'avoir poussé trop loin les effet de
ses corpuscules ; comme d'émouvoir l'imagination
de ceux qui dorment , ou même qui sont
éveillez , en excitant des pensées qui avertissent
des évenemens les pius éloignez , en faisant ressentir
les grandes afflictions, ou les joyes fort vives
d'un intime ami , les mauvais desseins d'un
ennemi , et autres choses semblables . Le second
d'avoir attribué à ses principes une certitude ,
non- seulement morale, comme celle de l'existence
d'une Ville de Rome mais une certitude métaphysique,
fondée sur ce que les notions claires et distinctes
ne peuvent nous tromper . Il est vrai que
j'ai des notions claires et distinctes du systême de
Descartes , mais comme d'une hypothese ingénieuse
et brillante , et non comme d'une réalité .
Descartes a mal raisonné ( Princip. part. 2. )
pour prouver l'infinité du Monde. En quelque
endroit, dit- il , que nous puissions supposer les li
mites de l'Univers , nous imaginons encore au-delà
II. Val des
JUIN. 174. 1309
des espaces , et par conséquent de la matiere , puis
que l'idée de l'étendue ou de l'espace renferme né
cessairement l'idée de la matiere . La réponse est
qu'au - delà des bornes du Monde materiel , il n'y
a ni espace , ni étenduë , ni matiere. A la verité,
nous ne pouvons pas connoître où sont placées
ces bornes de l'Univers , mais nous concevons
très-clairement que l'Univers ne peut être sans
limites ;et comme il est extensible de plus en plus
à l'infini , il ne peut être étendu actuellement à
l'infiai.
Cette regle de mouvement posée par Descartes
Princip. part. 2. ) qu'un corps perd autant de son
mouvement , qu'il en communique , me paroît
insoutenable. Le P. Daniel l'a réfutée ( Voyag. du
Monde de Descart. ) par l'exemple suivant. Une
balle de Mousquet perd peu de mouvement et en
communique beaucoup à l'aîle d'un mouliner
qu'elle frappe , si les autres aîles sont égales , et
Pessieu poli et bien proportionné , au lieu qu'elle
en communique peu et en perd beaucoup , si les
aîles du moulinet sont inégales et l'essieu rouillé
ou trop gros. Il me semble très - vrai semblable
et très-conforme aux experiences , d'établir pour
principe que le mouvement se communiqué suivant
la disposition des corps à se mouvoir à peu
près comme le feu , lequel étant très- foible, cause
de grands embrasemens dans une matiere fort
combustible , au lieu qu'un feu très - ardent ne
fait qu'une médiocre impression sur les matieres .
qui n'ont que très-peu de disposition à s'enflammer
et cette analogie du mouvement et du feu
est d'autant plus naturelle , que le feu consiste
dans le mouvement.
Je ne donne pas une grande confiance à cet autre
axiôme de Descartes ( Princip . part. 2. ) qu'il
II. Vol C iij
1310 MERCURE DE FRANCE
a dans le monde une quantité de mouvement
toujours égale . A la verité , il n'est pas impossi
ble que cela soit ainsi , mais la preuve quil en
apporte , n'a aucune force. Nous ne devons pas ,
dit - il , supposer de changement dans les Ouvrages
de Dieu , de peur de lui attribuer de l'inconstance.
Comme si la diversité admirable qui regne dans
la Nature , qui consiste , selon toutes les apparences
, dans l'augmentation ou dans la diminution
du mouvement , n'étoit pas l'effet d'une provi
dence toujours constante et uniforme , qui a vou
Ju orner la nature par cette varieté. La même
raison nous engageroit à dire qu'il y a toujours
dans le monde une égale quantité de rondeur ,
de couleur et de toutes les autres sortes de formes
et d'accidents ; ce qui n'a aucune vraisemblance.
L'analogie remarquée cy- dessus entre le
mouvement et le feu , est fort contraire à cer
axiome de Descartes ; car il n'est pas probable
que le feu doive diminuer dans une partie de la
matiere , pour augmenter dans une autre.
C'est encore une défectuosité dans le Systême
Cartésien , de supposer ( Princip . part 3. et 4. )
que la Terre , les autres Planetes , et même leurs
Satellites ont été dans leur origine , autant de
Soleils ou d'Etoiles ; mais que le mouvement s'étant
rallenti dans la matiere qui composoit ces
Globes , ils sont devenus opaques , de lumineux
qu'ils étoient ; que leur activité et leurs for,
ces ont été détruites , qu'ils se sont éteints et en
croutez , pour ainsi dire ; et que ne pouvant plus
défendre leurs tourbillons contre la pression des
tourbillons voisins , ils ont été assujettis à suivre
le mouvement de celui où ils sont entrez. Il est
plus digne de la magnificence de l'ouvrage , de
penser qu'il a été conservé tel , qu'il a été pro-
II. Vol. duit
JUIN. 1734: 1311
duit au commencement, qu'il s'est fait differents
amas de matiere compacte , et que ses particules
s'étant liées ensemble les Planetes en ont
été formées dans les régions où elles se sont
mises en équilibre avec les fluides de la matiere
étherée ; que ces Globes ont toujours été opaques
et propres seulement à refléchir la lumière,
parce que leur matiere a admis dans ses interstices
la matiere globuleuse du second élément ,
conjointement avec la matiere subtile du premier,
et que le mouvement rapide de l'une a été calmé
par l'autre , ce qui a empêché dès le commencement
que ces Globes n'ayent été enflammez er
lumineux par eux- mêmes , comme le Soleil.
Descartes , en suivant le même principe qui
lui a fait placer au centre la matiere subtile pour
en composer le Soleil ; ou plutôt en continuant
de s'écarter des principes de son mécanisme general
et des loix du mouvement , par lesquelles
il explique la pesanteur , dit que la matiere celeste
( Princip. part. 3. ) est plus déliée , à mesure
qu'elle approche du Soleil ou du centre , et que
les. Planetes les plus denses et les plus solides en
doivent être les plus éloignées . Il n'y a qu'à
prendre la contre- partie du Systême de Descartes
en ce point, pour lui rendre la régularité , la
justese et l'uniformité.
Il faut se représenter le Soleil comme le plus
vaste de tous les Globes , placé au centre du
tourbillon et composé de la matiere la plus compacte,
penetrée de la matiere subtile , qui remplissant
tous ses interstices , y domine avec assez
de force pour communiquer la rapidité de son
mouvement à toute la masse du Soleil . Ce qui
produit le feu le plus ardent , par la force de
masse jointe à la force de vitesse. Ce feu est en
› II. Vol. Ciiij même131
MERCURE DE FRANCE
même-temps le seul capable de porter le mou→
vement et la fécondité dans tout son tourbillon ,
et la lumiere beaucoup au delà , ainsi qu'il est nécessaire
pour qu'il puisse être apperçu des autres
tourbillons , sous la forme d'une Etoile.
De même que le fer rouge ou le charbon al→
lumé ne s'élancent pas dans l'air par un mouve
ment semblable à celui de la flamme , parce que
Pair qui les environne , conserve la force de sa
pression à l'égard de leurs parties , qui s'y prê–
tent d'autant plus , qu'elles ont plus de masse ou
de solidité , aussi la masse du Globe Solaire est
contenue dans ses limites par la répercussion de
son atmosphere qui le presse de toute part. Ce.
Globe suspendu dans un parfait équilibre , trèsdisposé
à tourner par le mouvement intrinséque
du troisiéme et du premier élement qui le composent
, est encore puissamment déterminé à
une révolution sur son axe , par la répercussion
qu'il éprouve dans toute sa superficie de la part
de son atmosphere, en même- temps qu'il chasse
de tous côtez la matiere globuleuse , et que ses
rayons sont transmis par elle. C'est cette activité
centrale qui fait tourner toutes les Planetes dans
des temps differens en suivant la route de l'écliptique
, du même sens et vers le même côté
que le Soleil tourne sur son axe . Chaque Planete
doit, suivant ce méchanisme , non - seulement décrire
autour du Soleil les orbites dont je viens de
parler , mais encore avoir une révolution sur son
axe , causée par le mouvement intrinseque des
trois élemens qui la composent , et par le mouvement
exterieur du fluide ou de l'atmosphere
qui l'emporte autour du centre commun.
Les taches du Soleil , par leurs divers aspects,
me laissent aucun doute qu'il ne tourne sur son
11. Vol.
axo.
JUIN. 1734 1313
axe. C'est donc ce premier mobile , qui par sa
révolution imprime à tout son tourbillon un
mouvement du même côté ; sçavoir , du Couchant
par le Midy vers l'Orient. Les taches que
les Astronomes observent sur les Planetes , font
conjecturer , avec beaucoup de vrai- semblance ,
que leurs superficies plus denses en certains endroits
et plus rares dans d'autres , sont , en consequence
de cette inégalité,differeminent affectées
de l'impulsion des rayons solaires ; ce qui peut
être regardé comine un principe très- physique
des aphélies et périhélies des Planetes , de l'apogée
et du périgée de la Lune , et de sa latitude
des deux côtez de ses nouds.
Le premier éleinent s'insinue par tout , mais il
ne subsiste point seul , et il se convertit en parties
globuleuses du second élement , ou en parties
branchues du troisiéme . Ainsi aucun des trois
élemens ne peut être épuisé , parce que leur conversibilité
mutuelle répare tout ce qui se dissipe.
L'uniformité de la Nature nous fait conjecturer
que ce qui nous est connu dans le tourbillon de
notre Soleil , est semblable par la construction ,
par le mouvement et par les Phénomenes , à ce
qui se passe dans les tourbillons des Etoiles ou
des autres Soleils garnis de leurs Planetes , comme
le nôtre .
Il nous reste à examiner les difficultez qui
concernent la pesanteur. Descartes l'explique par
l'impulsion du fluide ou de la matiere éthérée.
La chute des corps ne peut venir de ce que
Patmosphere terrestre ( M. Privat de Molieres ,
leçon 4. ) circule plus vite que la Terre . Huguens
a crá que cette atmosphere alloit dix sept fois
plus vite que le Globe , Si cet excès de vêtesse du
fluide circulaire étoit la cause de la pesanteur ,
la chute des corps seroit horizontale , au lieu
II. Vol. Cv d'être
1314 MERCURE DE FRANCE
d'être perpendiculaire. Dailleurs il est très- cer
tain qu'un mobile entraîné par le courant d'un
fluide , doit , à la longue , aller à peu près aussi
vite que le courant qui l'entraîne.
L'explication Cartesienne de la pesanteur a été
attaquée par cette objection très- forte , que les
cercles décrits par le fluide circulaire diminuant
toujours depuis l'équateur jusqu'aux poles , la
force centrifuge , rapportée au mouvement
circulaire du tourbillon , auroit des centres
differens dans les cercles inégaux , et que les
corps y seroient repoussez , non pas perpendicu
lairement au centre de la Terre , mais à des parties
de son axe plus ou moins éloignées du centre
; ce qui est contraire à l'experience , la chute
des corps se faisant toujours dans la ligne du
Zénit , à moins qu'il ne survienne quelque cause
étrangere. Descartes, qui a prévû cette objection ,
a répondu ( Princip. part. 4. ) que quoique le
fluide qui participe aux mouvemens journalier
et annuel de la Terre , ait en general un mouvement
circulaire , on doit neanmoins concevoir
que toutes les parties de ce fluide se balancent et
sont opposées l'une à l'autre , en telle sorte que
leur action s'étend vers tous les côtez et que la
résistance qu'elle éprouve de la part du Globe ,
donne parmi ces mouvemens en tous sens , une
principale direction aux parties du fluide , suivant
des lignes droites tirées du centre . Cette solution
de Descartes n'est pas claire , il ne dit
point de quelle maniere cette résistance de la
part du Globe peut faire tomber les corps massifs
perpendiculairement au centre. Voicy une bypothese
qui me paroît lever la difficulté.
Suivant les loix du mouvement , la matiere
globuleuse et la matiere subtile , qui ont beaucoup
plus de force centrifuge que le troisiéme
II. Vole élement
JUIN. 1734. -1315
Element , s'élancent en tout sens par des lignes
droites ; et au milieu du fluide , dont la révolu
tion en general est circulaire , une grande quantité
de matiere globuleuse et subtile , conserve
toujours un mouvement direct , autant que les
interstices du troisiéme élement peuvent le permettre;
car l'impenetrabilité est une propriété
de la matiere dans tous les Systêmes. La matiere
subtile traverse même les tourbillons par un
mouvement en ligne directe , avec encore plus de
facilité ( Act. erud. Lips. May 1690. P. 232. ) que
la matiere globaleuse qui passe necessairement
d'un tourbillon dans un autre, pour que les Etoiles
ou les Soleils des autres tourbillons puissent
être apperçus de celui où nous sommes . Ce sont
ces mouvemens en ligne droite des matieres globuleuse
et subtile , qui obligent les corps solides
de tomber à plomb et perpendiculairement au
centre de la Terre . Car ces élemens , qui ont
beaucoup plus de mobilité , venant à se traver .
ser et étant opposez en tout sens , ils obligent les
corps solides qu'ils rencontrent de se précipiter
par le côté le plus foible , qui est toujours perpendiculaire
au Clobe , parce que c'est le côté
par où il arrive une beaucoup moindre quantité
de ces matieres globuleuse et subtile . C'est ainsi
que tout l'effort de la poudre à canon se fait par
l'endroit qu'elle trouve le plus foible . Si les trois
élemens qui composent la matiere ethérée ont
differens mouvemens dans cette hypothese , cette
diversité procede des loix même du mouvement.
La pesanteur (M. Privat de Molieres, leçon 4. )
ne consiste qu'en ce que les corps pesants ont
un plus grand nombre de leurs parties en repos,
Le centre n'est point par lui - même une cause
physique . Le nom de force centrifuge ne laisse
pas d'être fort convenable à une plus grande mo-
II. Vol. C vi bilité
1316 MERCURE DE FRANCE
bilité ; car quoiqu'elle soit indépendante du cen
tre , la matiere la plus mobile repousse vers lui
les corps solides.
Bien loin que la force accélératrice doive être
moindre en raison inverse des quarrez des dis
tances , elle doit être plus grande dans les couches
voisines de la circonference , parce que ces
couches sont bien plus rarefiées et qu'une maticre
qui a beaucoup plus de mobilité , y abonde
davantage , tandis que les couches inferieures ou
voisines du centre sont beaucoup plus denses.
Suivant ces principes , l'atmosphere voisine du
Soleil doit etre ( Hartsoëk . rec . de piéc Physiq.
p. 37. ) un fluide plus épais que le vif argent , et
les autres couches du tourbillon à proportion.
Ainsi un corps doit se précipiter avec moins de
vîtesse dans les couches inferieures près du centre
, de même que les experiences journalieres
nous apprennent qu'il se précipite avec beaucoup
moins de vitesse dans l'air grossier que dans le
vuide pneumatique ; beaucoup moins vite dans
l'eau que dans un air grossier ; et si l'on suppose
des fluides extremement épais , comme le vif
argent ou l'or fondu , un corps a besoin d'une
très- grande force pour les traverser.
Quoiqu'un fluide plus dense diminue beaucoup
la force accelerative dans la chute des corps , les
Globes des Planetes doivent y circuler plus vîte ,
comme il arrive dans le périhélie , parce que plus
le fluide est épais , plus son mouvement circulaire
a de force, et que d'ailleurs les Globes des
Planetes , dans leurs périhélies , reçoivent une
impression plus active des rayons du Soleil .
On ne peut rien déterminer sur les forces acceleratives
, soit à cause de cette extrême cifference
des fluides, soit parce qu'il est très - incertain
( Elem. de la Géoné . de l'.nfin. part. 2. §. 8. ) si
II. Vol. ja
JUIN. 1734 1317
la force motrice ne s'applique au corps qui doit
être mû, qu'autant de temps précisement qu'il
en faut pour le choc , ou si cette force s'applique
continuellement au corps , le poursuit dans son
mouvement et renouvelle à chaque instant son
impression sur iui. Il paroît que dans le premier
instant , où la force motrice trouve le corps en
repos eului donne un coup , elle doit lui imprimer
une plus grande vitesse que dans le second
instant , où elle le trouve fuyant devant elle et se
dérobant à son action , C'est neanmoins sur les
principes d'une résistance toujours semblable du
Auide , et d'une acceleration du mouvement uniforme
et toujours proportionnée au temps , qu'est
appuyée la celebre démonstration de Galilée, que
les espaces parcourus sont comme les quarrez des
temps et que la chute des corps graves suit la progression
des nombres impairs , 1. 3. 5.7. 9. &c.
Comine on ne peut sçavoir rien de positif ni de la
qualité des fluides éloignez , ni de la maniere dons
la force motrice continue d'agir sur le corps dont
la chute est commencée , la prétendue démoustration
ne peut avoir de solidité .
J'avoue que plusieurs de ces hypothèses s'accordent
peu avec celles qui ont eu cours jusqu'icy
dans les differens Systêmes . Mais elles
sont vrai - semblables et satisfont à toutes les difficultez
par lesquelles on s'est efforcé de détruire
le Systême de Descartes , qui donne seul des causes
vraiment physiques de tous les Phénomenes ;
qui a l'avantage de présenter l'idée la plus magnifique
de la construction de l'univers , et dont
on peut dire , ce me semble , que non - seulement
il mérite la préférence sur toutes les autres Philosophies
, mais qu'aucune n'est à portée de la
lui disputer. Il y auroit plusieurs réfléxions à
II. Vol. faire
1318 MERCURE DE FRANCE
faire sur les autres parties de la Philosophie de
Descartes , sur sa Métaphysique , sur sa Morale
&c. Mais nous ne nous sommes proposez que
d'examiner son Systême de Physique , et dans la
vûë seulement de le comparer avec la Philosophie
Newtonienne ; car Descartes a encore cer
avantage sur Newton , d'avoir embrassé une Philosophie
generale , au lieu que Newton a borné
la sienne à une explication du Systême du Monde
par l'attraction , et à une Optique qui est res
tée imparfaite.
comparaison des Philosophies de Descartes
J
et de Newton .
E ne puis justifier deux excès ( Cartes . Prin
cip. part. 4. ) de la Philosophie de Descartes &
le premier , d'avoir poussé trop loin les effet de
ses corpuscules ; comme d'émouvoir l'imagination
de ceux qui dorment , ou même qui sont
éveillez , en excitant des pensées qui avertissent
des évenemens les pius éloignez , en faisant ressentir
les grandes afflictions, ou les joyes fort vives
d'un intime ami , les mauvais desseins d'un
ennemi , et autres choses semblables . Le second
d'avoir attribué à ses principes une certitude ,
non- seulement morale, comme celle de l'existence
d'une Ville de Rome mais une certitude métaphysique,
fondée sur ce que les notions claires et distinctes
ne peuvent nous tromper . Il est vrai que
j'ai des notions claires et distinctes du systême de
Descartes , mais comme d'une hypothese ingénieuse
et brillante , et non comme d'une réalité .
Descartes a mal raisonné ( Princip. part. 2. )
pour prouver l'infinité du Monde. En quelque
endroit, dit- il , que nous puissions supposer les li
mites de l'Univers , nous imaginons encore au-delà
II. Val des
JUIN. 174. 1309
des espaces , et par conséquent de la matiere , puis
que l'idée de l'étendue ou de l'espace renferme né
cessairement l'idée de la matiere . La réponse est
qu'au - delà des bornes du Monde materiel , il n'y
a ni espace , ni étenduë , ni matiere. A la verité,
nous ne pouvons pas connoître où sont placées
ces bornes de l'Univers , mais nous concevons
très-clairement que l'Univers ne peut être sans
limites ;et comme il est extensible de plus en plus
à l'infini , il ne peut être étendu actuellement à
l'infiai.
Cette regle de mouvement posée par Descartes
Princip. part. 2. ) qu'un corps perd autant de son
mouvement , qu'il en communique , me paroît
insoutenable. Le P. Daniel l'a réfutée ( Voyag. du
Monde de Descart. ) par l'exemple suivant. Une
balle de Mousquet perd peu de mouvement et en
communique beaucoup à l'aîle d'un mouliner
qu'elle frappe , si les autres aîles sont égales , et
Pessieu poli et bien proportionné , au lieu qu'elle
en communique peu et en perd beaucoup , si les
aîles du moulinet sont inégales et l'essieu rouillé
ou trop gros. Il me semble très - vrai semblable
et très-conforme aux experiences , d'établir pour
principe que le mouvement se communiqué suivant
la disposition des corps à se mouvoir à peu
près comme le feu , lequel étant très- foible, cause
de grands embrasemens dans une matiere fort
combustible , au lieu qu'un feu très - ardent ne
fait qu'une médiocre impression sur les matieres .
qui n'ont que très-peu de disposition à s'enflammer
et cette analogie du mouvement et du feu
est d'autant plus naturelle , que le feu consiste
dans le mouvement.
Je ne donne pas une grande confiance à cet autre
axiôme de Descartes ( Princip . part. 2. ) qu'il
II. Vol C iij
1310 MERCURE DE FRANCE
a dans le monde une quantité de mouvement
toujours égale . A la verité , il n'est pas impossi
ble que cela soit ainsi , mais la preuve quil en
apporte , n'a aucune force. Nous ne devons pas ,
dit - il , supposer de changement dans les Ouvrages
de Dieu , de peur de lui attribuer de l'inconstance.
Comme si la diversité admirable qui regne dans
la Nature , qui consiste , selon toutes les apparences
, dans l'augmentation ou dans la diminution
du mouvement , n'étoit pas l'effet d'une provi
dence toujours constante et uniforme , qui a vou
Ju orner la nature par cette varieté. La même
raison nous engageroit à dire qu'il y a toujours
dans le monde une égale quantité de rondeur ,
de couleur et de toutes les autres sortes de formes
et d'accidents ; ce qui n'a aucune vraisemblance.
L'analogie remarquée cy- dessus entre le
mouvement et le feu , est fort contraire à cer
axiome de Descartes ; car il n'est pas probable
que le feu doive diminuer dans une partie de la
matiere , pour augmenter dans une autre.
C'est encore une défectuosité dans le Systême
Cartésien , de supposer ( Princip . part 3. et 4. )
que la Terre , les autres Planetes , et même leurs
Satellites ont été dans leur origine , autant de
Soleils ou d'Etoiles ; mais que le mouvement s'étant
rallenti dans la matiere qui composoit ces
Globes , ils sont devenus opaques , de lumineux
qu'ils étoient ; que leur activité et leurs for,
ces ont été détruites , qu'ils se sont éteints et en
croutez , pour ainsi dire ; et que ne pouvant plus
défendre leurs tourbillons contre la pression des
tourbillons voisins , ils ont été assujettis à suivre
le mouvement de celui où ils sont entrez. Il est
plus digne de la magnificence de l'ouvrage , de
penser qu'il a été conservé tel , qu'il a été pro-
II. Vol. duit
JUIN. 1734: 1311
duit au commencement, qu'il s'est fait differents
amas de matiere compacte , et que ses particules
s'étant liées ensemble les Planetes en ont
été formées dans les régions où elles se sont
mises en équilibre avec les fluides de la matiere
étherée ; que ces Globes ont toujours été opaques
et propres seulement à refléchir la lumière,
parce que leur matiere a admis dans ses interstices
la matiere globuleuse du second élément ,
conjointement avec la matiere subtile du premier,
et que le mouvement rapide de l'une a été calmé
par l'autre , ce qui a empêché dès le commencement
que ces Globes n'ayent été enflammez er
lumineux par eux- mêmes , comme le Soleil.
Descartes , en suivant le même principe qui
lui a fait placer au centre la matiere subtile pour
en composer le Soleil ; ou plutôt en continuant
de s'écarter des principes de son mécanisme general
et des loix du mouvement , par lesquelles
il explique la pesanteur , dit que la matiere celeste
( Princip. part. 3. ) est plus déliée , à mesure
qu'elle approche du Soleil ou du centre , et que
les. Planetes les plus denses et les plus solides en
doivent être les plus éloignées . Il n'y a qu'à
prendre la contre- partie du Systême de Descartes
en ce point, pour lui rendre la régularité , la
justese et l'uniformité.
Il faut se représenter le Soleil comme le plus
vaste de tous les Globes , placé au centre du
tourbillon et composé de la matiere la plus compacte,
penetrée de la matiere subtile , qui remplissant
tous ses interstices , y domine avec assez
de force pour communiquer la rapidité de son
mouvement à toute la masse du Soleil . Ce qui
produit le feu le plus ardent , par la force de
masse jointe à la force de vitesse. Ce feu est en
› II. Vol. Ciiij même131
MERCURE DE FRANCE
même-temps le seul capable de porter le mou→
vement et la fécondité dans tout son tourbillon ,
et la lumiere beaucoup au delà , ainsi qu'il est nécessaire
pour qu'il puisse être apperçu des autres
tourbillons , sous la forme d'une Etoile.
De même que le fer rouge ou le charbon al→
lumé ne s'élancent pas dans l'air par un mouve
ment semblable à celui de la flamme , parce que
Pair qui les environne , conserve la force de sa
pression à l'égard de leurs parties , qui s'y prê–
tent d'autant plus , qu'elles ont plus de masse ou
de solidité , aussi la masse du Globe Solaire est
contenue dans ses limites par la répercussion de
son atmosphere qui le presse de toute part. Ce.
Globe suspendu dans un parfait équilibre , trèsdisposé
à tourner par le mouvement intrinséque
du troisiéme et du premier élement qui le composent
, est encore puissamment déterminé à
une révolution sur son axe , par la répercussion
qu'il éprouve dans toute sa superficie de la part
de son atmosphere, en même- temps qu'il chasse
de tous côtez la matiere globuleuse , et que ses
rayons sont transmis par elle. C'est cette activité
centrale qui fait tourner toutes les Planetes dans
des temps differens en suivant la route de l'écliptique
, du même sens et vers le même côté
que le Soleil tourne sur son axe . Chaque Planete
doit, suivant ce méchanisme , non - seulement décrire
autour du Soleil les orbites dont je viens de
parler , mais encore avoir une révolution sur son
axe , causée par le mouvement intrinseque des
trois élemens qui la composent , et par le mouvement
exterieur du fluide ou de l'atmosphere
qui l'emporte autour du centre commun.
Les taches du Soleil , par leurs divers aspects,
me laissent aucun doute qu'il ne tourne sur son
11. Vol.
axo.
JUIN. 1734 1313
axe. C'est donc ce premier mobile , qui par sa
révolution imprime à tout son tourbillon un
mouvement du même côté ; sçavoir , du Couchant
par le Midy vers l'Orient. Les taches que
les Astronomes observent sur les Planetes , font
conjecturer , avec beaucoup de vrai- semblance ,
que leurs superficies plus denses en certains endroits
et plus rares dans d'autres , sont , en consequence
de cette inégalité,differeminent affectées
de l'impulsion des rayons solaires ; ce qui peut
être regardé comine un principe très- physique
des aphélies et périhélies des Planetes , de l'apogée
et du périgée de la Lune , et de sa latitude
des deux côtez de ses nouds.
Le premier éleinent s'insinue par tout , mais il
ne subsiste point seul , et il se convertit en parties
globuleuses du second élement , ou en parties
branchues du troisiéme . Ainsi aucun des trois
élemens ne peut être épuisé , parce que leur conversibilité
mutuelle répare tout ce qui se dissipe.
L'uniformité de la Nature nous fait conjecturer
que ce qui nous est connu dans le tourbillon de
notre Soleil , est semblable par la construction ,
par le mouvement et par les Phénomenes , à ce
qui se passe dans les tourbillons des Etoiles ou
des autres Soleils garnis de leurs Planetes , comme
le nôtre .
Il nous reste à examiner les difficultez qui
concernent la pesanteur. Descartes l'explique par
l'impulsion du fluide ou de la matiere éthérée.
La chute des corps ne peut venir de ce que
Patmosphere terrestre ( M. Privat de Molieres ,
leçon 4. ) circule plus vite que la Terre . Huguens
a crá que cette atmosphere alloit dix sept fois
plus vite que le Globe , Si cet excès de vêtesse du
fluide circulaire étoit la cause de la pesanteur ,
la chute des corps seroit horizontale , au lieu
II. Vol. Cv d'être
1314 MERCURE DE FRANCE
d'être perpendiculaire. Dailleurs il est très- cer
tain qu'un mobile entraîné par le courant d'un
fluide , doit , à la longue , aller à peu près aussi
vite que le courant qui l'entraîne.
L'explication Cartesienne de la pesanteur a été
attaquée par cette objection très- forte , que les
cercles décrits par le fluide circulaire diminuant
toujours depuis l'équateur jusqu'aux poles , la
force centrifuge , rapportée au mouvement
circulaire du tourbillon , auroit des centres
differens dans les cercles inégaux , et que les
corps y seroient repoussez , non pas perpendicu
lairement au centre de la Terre , mais à des parties
de son axe plus ou moins éloignées du centre
; ce qui est contraire à l'experience , la chute
des corps se faisant toujours dans la ligne du
Zénit , à moins qu'il ne survienne quelque cause
étrangere. Descartes, qui a prévû cette objection ,
a répondu ( Princip. part. 4. ) que quoique le
fluide qui participe aux mouvemens journalier
et annuel de la Terre , ait en general un mouvement
circulaire , on doit neanmoins concevoir
que toutes les parties de ce fluide se balancent et
sont opposées l'une à l'autre , en telle sorte que
leur action s'étend vers tous les côtez et que la
résistance qu'elle éprouve de la part du Globe ,
donne parmi ces mouvemens en tous sens , une
principale direction aux parties du fluide , suivant
des lignes droites tirées du centre . Cette solution
de Descartes n'est pas claire , il ne dit
point de quelle maniere cette résistance de la
part du Globe peut faire tomber les corps massifs
perpendiculairement au centre. Voicy une bypothese
qui me paroît lever la difficulté.
Suivant les loix du mouvement , la matiere
globuleuse et la matiere subtile , qui ont beaucoup
plus de force centrifuge que le troisiéme
II. Vole élement
JUIN. 1734. -1315
Element , s'élancent en tout sens par des lignes
droites ; et au milieu du fluide , dont la révolu
tion en general est circulaire , une grande quantité
de matiere globuleuse et subtile , conserve
toujours un mouvement direct , autant que les
interstices du troisiéme élement peuvent le permettre;
car l'impenetrabilité est une propriété
de la matiere dans tous les Systêmes. La matiere
subtile traverse même les tourbillons par un
mouvement en ligne directe , avec encore plus de
facilité ( Act. erud. Lips. May 1690. P. 232. ) que
la matiere globaleuse qui passe necessairement
d'un tourbillon dans un autre, pour que les Etoiles
ou les Soleils des autres tourbillons puissent
être apperçus de celui où nous sommes . Ce sont
ces mouvemens en ligne droite des matieres globuleuse
et subtile , qui obligent les corps solides
de tomber à plomb et perpendiculairement au
centre de la Terre . Car ces élemens , qui ont
beaucoup plus de mobilité , venant à se traver .
ser et étant opposez en tout sens , ils obligent les
corps solides qu'ils rencontrent de se précipiter
par le côté le plus foible , qui est toujours perpendiculaire
au Clobe , parce que c'est le côté
par où il arrive une beaucoup moindre quantité
de ces matieres globuleuse et subtile . C'est ainsi
que tout l'effort de la poudre à canon se fait par
l'endroit qu'elle trouve le plus foible . Si les trois
élemens qui composent la matiere ethérée ont
differens mouvemens dans cette hypothese , cette
diversité procede des loix même du mouvement.
La pesanteur (M. Privat de Molieres, leçon 4. )
ne consiste qu'en ce que les corps pesants ont
un plus grand nombre de leurs parties en repos,
Le centre n'est point par lui - même une cause
physique . Le nom de force centrifuge ne laisse
pas d'être fort convenable à une plus grande mo-
II. Vol. C vi bilité
1316 MERCURE DE FRANCE
bilité ; car quoiqu'elle soit indépendante du cen
tre , la matiere la plus mobile repousse vers lui
les corps solides.
Bien loin que la force accélératrice doive être
moindre en raison inverse des quarrez des dis
tances , elle doit être plus grande dans les couches
voisines de la circonference , parce que ces
couches sont bien plus rarefiées et qu'une maticre
qui a beaucoup plus de mobilité , y abonde
davantage , tandis que les couches inferieures ou
voisines du centre sont beaucoup plus denses.
Suivant ces principes , l'atmosphere voisine du
Soleil doit etre ( Hartsoëk . rec . de piéc Physiq.
p. 37. ) un fluide plus épais que le vif argent , et
les autres couches du tourbillon à proportion.
Ainsi un corps doit se précipiter avec moins de
vîtesse dans les couches inferieures près du centre
, de même que les experiences journalieres
nous apprennent qu'il se précipite avec beaucoup
moins de vitesse dans l'air grossier que dans le
vuide pneumatique ; beaucoup moins vite dans
l'eau que dans un air grossier ; et si l'on suppose
des fluides extremement épais , comme le vif
argent ou l'or fondu , un corps a besoin d'une
très- grande force pour les traverser.
Quoiqu'un fluide plus dense diminue beaucoup
la force accelerative dans la chute des corps , les
Globes des Planetes doivent y circuler plus vîte ,
comme il arrive dans le périhélie , parce que plus
le fluide est épais , plus son mouvement circulaire
a de force, et que d'ailleurs les Globes des
Planetes , dans leurs périhélies , reçoivent une
impression plus active des rayons du Soleil .
On ne peut rien déterminer sur les forces acceleratives
, soit à cause de cette extrême cifference
des fluides, soit parce qu'il est très - incertain
( Elem. de la Géoné . de l'.nfin. part. 2. §. 8. ) si
II. Vol. ja
JUIN. 1734 1317
la force motrice ne s'applique au corps qui doit
être mû, qu'autant de temps précisement qu'il
en faut pour le choc , ou si cette force s'applique
continuellement au corps , le poursuit dans son
mouvement et renouvelle à chaque instant son
impression sur iui. Il paroît que dans le premier
instant , où la force motrice trouve le corps en
repos eului donne un coup , elle doit lui imprimer
une plus grande vitesse que dans le second
instant , où elle le trouve fuyant devant elle et se
dérobant à son action , C'est neanmoins sur les
principes d'une résistance toujours semblable du
Auide , et d'une acceleration du mouvement uniforme
et toujours proportionnée au temps , qu'est
appuyée la celebre démonstration de Galilée, que
les espaces parcourus sont comme les quarrez des
temps et que la chute des corps graves suit la progression
des nombres impairs , 1. 3. 5.7. 9. &c.
Comine on ne peut sçavoir rien de positif ni de la
qualité des fluides éloignez , ni de la maniere dons
la force motrice continue d'agir sur le corps dont
la chute est commencée , la prétendue démoustration
ne peut avoir de solidité .
J'avoue que plusieurs de ces hypothèses s'accordent
peu avec celles qui ont eu cours jusqu'icy
dans les differens Systêmes . Mais elles
sont vrai - semblables et satisfont à toutes les difficultez
par lesquelles on s'est efforcé de détruire
le Systême de Descartes , qui donne seul des causes
vraiment physiques de tous les Phénomenes ;
qui a l'avantage de présenter l'idée la plus magnifique
de la construction de l'univers , et dont
on peut dire , ce me semble , que non - seulement
il mérite la préférence sur toutes les autres Philosophies
, mais qu'aucune n'est à portée de la
lui disputer. Il y auroit plusieurs réfléxions à
II. Vol. faire
1318 MERCURE DE FRANCE
faire sur les autres parties de la Philosophie de
Descartes , sur sa Métaphysique , sur sa Morale
&c. Mais nous ne nous sommes proposez que
d'examiner son Systême de Physique , et dans la
vûë seulement de le comparer avec la Philosophie
Newtonienne ; car Descartes a encore cer
avantage sur Newton , d'avoir embrassé une Philosophie
generale , au lieu que Newton a borné
la sienne à une explication du Systême du Monde
par l'attraction , et à une Optique qui est res
tée imparfaite.
Fermer
Résumé : DERNIÈRE PARTIE de la comparaison des Philosophies de Descartes et de Newton.
Le texte compare les philosophies de Descartes et de Newton, en soulignant plusieurs critiques des théories de Descartes. L'auteur reproche à Descartes d'avoir exagéré les effets de ses corpuscules, comme l'influence sur l'imagination des rêves ou la perception des émotions à distance. Il critique également Descartes pour avoir attribué une certitude métaphysique à ses principes, basés sur les notions claires et distinctes, que l'auteur considère plutôt comme une hypothèse ingénieuse. L'auteur conteste la preuve de Descartes sur l'infini de l'univers, arguant que l'idée d'étendue implique nécessairement celle de matière, mais que l'univers ne peut être étendu à l'infini. Il réfute aussi la règle de Descartes selon laquelle un corps perd autant de mouvement qu'il en communique, en utilisant l'exemple d'une balle de mousquet frappant une aile de moulin. L'auteur remet en question l'axiome de Descartes selon lequel la quantité de mouvement dans le monde est toujours égale, trouvant cette idée peu probable et contraire à l'observation de la diversité naturelle. Il critique également la théorie cartésienne sur l'origine des planètes, qui seraient des soleils éteints, préférant une vision où les planètes ont toujours été opaques et réfléchissantes. Le texte propose une alternative au système cartésien, décrivant le Soleil comme un globe compact et lumineux au centre du tourbillon, capable de communiquer son mouvement à tout le système. Il explique la rotation des planètes et les taches solaires, ainsi que la conversion mutuelle des trois éléments (subtile, globuleuse et branchue) qui empêchent leur épuisement. Enfin, l'auteur examine la théorie cartésienne de la pesanteur, la trouvant insuffisante pour expliquer la chute perpendiculaire des corps. Il propose une hypothèse où la matière subtile et globuleuse, ayant plus de force centrifuge, traverse le fluide en ligne droite, obligeant les corps solides à tomber perpendiculairement au centre de la Terre. Le texte traite également de divers aspects de la physique, notamment la nature de la poudre à canon, la pesanteur et les mouvements des corps dans différents fluides. La poudre à canon agit sur le point le plus faible d'un obstacle. La pesanteur est expliquée par le repos des parties des corps pesants. Le centre n'est pas une cause physique en soi, mais la matière mobile repousse les corps solides vers lui. La force accélératrice est plus grande dans les couches rarefiées et mobiles, comme celles proches de la circonférence d'un tourbillon. L'atmosphère solaire est décrite comme un fluide dense, et les corps se déplacent plus lentement dans des fluides épais. Les planètes circulent plus vite dans les fluides denses, comme lors du périhélie, en raison de l'influence des rayons solaires. Le texte critique la démonstration de Galilée sur la chute des corps, estimant qu'elle repose sur des hypothèses incertaines concernant la résistance des fluides et l'action continue de la force motrice. Il conclut en défendant le système de Descartes, le jugeant supérieur aux autres philosophies, y compris celle de Newton, pour son explication physique des phénomènes et sa vision magnifiante de l'univers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19671
p. 215
Action de Vandavachy dans l'Inde, du 30 Septembre 1759.
Début :
Du nombre des tués, sont MM. de Fondat de Ginestoux, & du Gouyon, tous [...]
Mots clefs :
Capitaines, Régiment, Décès, Blessure, Siège, Indes, Lieutenant, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Action de Vandavachy dans l'Inde, du 30 Septembre 1759.
Alion de Vandavachy dans l'Inde , du 30
Septembre 1759.
7
Du nombre des tués , font MM . de Fondat
de Gineftoux , & du Gouyon , tous deux Capitaines
de Grenadiers au Régiment de Lorraine.
Ce dernier avoit reçu deux bleffures au siége
de Madras , l'une au corps , & l'autre au travers
du poignet gauche ; il étoit frere du feur
du Gouyon , Lieutenant aux Gardes Françoiles ,
du fieur du Gouyon de l'Abbaye , Capitaine au
Régiment du Colonel Général Dragons , du Chevalier
du Gouyon , Capitaine au Régiment d'Enghyen
, bleflé à Hafteimbeck , du fieur du Gouyon
Garde de la Marine , & du feu Chevalier du
Gouyon , Lieutenant au Régiment de Lorraine , "
décédé dans la traversée dudit Régiment dans
l'Inde.
Septembre 1759.
7
Du nombre des tués , font MM . de Fondat
de Gineftoux , & du Gouyon , tous deux Capitaines
de Grenadiers au Régiment de Lorraine.
Ce dernier avoit reçu deux bleffures au siége
de Madras , l'une au corps , & l'autre au travers
du poignet gauche ; il étoit frere du feur
du Gouyon , Lieutenant aux Gardes Françoiles ,
du fieur du Gouyon de l'Abbaye , Capitaine au
Régiment du Colonel Général Dragons , du Chevalier
du Gouyon , Capitaine au Régiment d'Enghyen
, bleflé à Hafteimbeck , du fieur du Gouyon
Garde de la Marine , & du feu Chevalier du
Gouyon , Lieutenant au Régiment de Lorraine , "
décédé dans la traversée dudit Régiment dans
l'Inde.
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Résumé : Action de Vandavachy dans l'Inde, du 30 Septembre 1759.
Le 30 septembre 1759, des décès sont signalés lors d'un combat en Inde. Parmi les victimes, MM. de Fondat, de Gineftoux et du Gouyon, tous Capitaines de Grenadiers au Régiment de Lorraine. Le Capitaine du Gouyon, blessé à Madras, avait plusieurs frères dans l'armée, dont un décédé en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19672
p. 215
DE MANHEIM.
Début :
Le 2 Février, jour de la Purification, l'Electeur Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert, [...]
Mots clefs :
Électeur, Chapitre, Chevalier, Chancelier, Princes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MANHEIM.
De MANHEIM.
Le 2 Février , jour de la Purification , l'Electeur
Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert ,
dans lequel le Chancelier de l'Ordre ayant préfenté
les formalités remplies par les Chevaliers
nommés le 2 Février 1759 ; Son Alteffe Electorale
conféra le Collier au Prince Jean- Charles
de Büchenfelds , Comte Palatin du Rhin , Louis
Prince de Naffau Saarbruch, Charles Hyacinthe ,
Prince de Galléan des Idarts , Emmanuel , Prince
héréditaire de Heffe Hothenbourg , Jérôme ,
Prince de Nadzivil , Michel , Prince Sapicha , &
Staniftas , Prince Jablonouski.
Le 2 Février , jour de la Purification , l'Electeur
Palatin tint Chapitre de l'Ordre de S. Hubert ,
dans lequel le Chancelier de l'Ordre ayant préfenté
les formalités remplies par les Chevaliers
nommés le 2 Février 1759 ; Son Alteffe Electorale
conféra le Collier au Prince Jean- Charles
de Büchenfelds , Comte Palatin du Rhin , Louis
Prince de Naffau Saarbruch, Charles Hyacinthe ,
Prince de Galléan des Idarts , Emmanuel , Prince
héréditaire de Heffe Hothenbourg , Jérôme ,
Prince de Nadzivil , Michel , Prince Sapicha , &
Staniftas , Prince Jablonouski.
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Résumé : DE MANHEIM.
Le 2 février, l'Électeur Palatin organisa un chapitre de l'Ordre de Saint-Hubert. Le Chancelier présenta les formalités des Chevaliers nommés en 1759. Son Altesse remit le Collier de l'Ordre à plusieurs dignitaires, dont le Prince Jean-Charles de Büchenfelds, Louis Prince de Nassau-Saarbruch, et Emmanuel, Prince héréditaire de Hesse-Hombourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19673
p. 2949-2952
ACADEMIE DE CHIRURGIE.
Début :
Le 18. Decembre 1731. il y eut une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens [...]
Mots clefs :
Observations, Académie, Chirurgiens, Secrétaire, Société académique, Correspondances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADEMIE DE CHIRURGIE.
ACADEMIE DE CHIRURGIE.
L
la-
E 18. Decembre 1731. il y eut
une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens
de Paris , convoquée par M. le
premier Chirurgien du Roy , qui y présida.
On y lût un projet de Reglement
pour une Académie de Chirurgie établie
sous la protection du Roy , et l'inspec-.
tion du premier Chirurgien de Sa Majesté
; ensuite une Lettre de M. le Comte ..
de Maurepas , Sécretaire d'Etat , par
quelle il mande à M. Mareschal , que
S. M. a approuvé ce projet , qu'elle ap-..
prouve aussi que les Assemblées Académiques
de Chirurgie se tiennent conformément
à ce projet ; qu'elle a reglé le
nombre des Chirurgiens de Paris qui doivent
composer cette Societé Académique;
qu'Elle souhaitte que M. Maréchal en-..
voye à M. le Comte de Maurepas , un
II, Vol.
ad
2950 MERCURE DE FRANCE
état de ceux qu'il croira à propos d'y
admettre , sur quoi il sera informé des
ordres de S. M.
Après cette Lettre , on lût la Liste des
Académiciens , qui sont , Mrs. Maréchal
et La Peyronie , dix Académiciens libres
et soixante ordinaires. De ces derniers il
y a six Officiers agréés par le Roy , qui
sont , les Srs. Petit , Directeur , Malaval,
Vice-Directeur , Morand , Sécretaire , Le
Dran , chargé des correspondances , Garengeot
, chargé des Extraits des Livres de
Chirurgie , et Bourgeois fils , Trésorier.
Sa Majesté a approuvé le choix de M.
Mareschal , qui a reçu , à ce sujet , une
seconde Lettre de M. le Comte de Maurepas.
Voici les principaux articles , et en
même temps les motifs de cet établissement
dont l'objet est de perfection--
ner la Chirurgie par l'expérience et l'ob-
,
servation.
La Societé Académique s'assemblera
dans la grande Sale de Saint Côme
tous les Mardis , pour y recevoir les observations
qui seront présentées et luës
tant par les Académiciens que par les.
autres Maîtres Chirurgiens , qui ne sont
point ordinaires de l'Académie
II. Kola
mais
point
DECEMBRE. 1731 2957
qui en sont censés les Adjoints , et qui y
prendront séance chaque fois qu'ils y apporteront
quelques observations de Chirurgie.
Les observations ne rouleront que sur des á
histoires de Maladies Chirurgicales singulieres
, operations nouvelles , effets re- ,
marquables de remedes topiques , soitconnus
, soit particuliers à quelques- uns..
Les observations seront écrites dans la
forme des Memoires Académiques
délivrées au Sécretaire , pour en être fait
Fusage convenable , au jugement d'un Comité
composé des six Officiers et de sept
Commissaires , élus librement et par voie
de suffrage .
و
ct
Ces observations composeront le recueil
que la Societé Académique donnera au
Public , partie dans l'Histoire , partic
dans les Mémoires au long , chaque observation
portant à la tête le nom de
son Auteur,
Les habiles Chirurgiens du Royaume
et même des Pays Etrangers , sont invitez
à faire part de leurs découvertes à
l'Académie , qui se fera un honneur de
les associer à ses travaux , et qui , sur
deux morceaux approuvez par elle , leur
envoyera des Lettres de correspondance...
II. Kol
Pour
2352 MERCURE DE FRANCE
›
Pour exciter de plus en plus l'émula--
tion , elle donnera tous les ans une Mé-.
daille d'or à celui qui aura fourni le meilleur
Mémoire sur une question impor-.
tante de Chirurgie , indiquée par l'Académie
, et annoncée dans les Journaux
et Nouvelles Litteraires .
On n'entre point icy dans le détail des
articles qui regardent la direction de cette
Académie , et les fonctions de ses Officiers.
Il faut pour cela consulter le Ré-.
glement qui vient d'être imprimé. On
annoncera dans le mois de Janvier 1732 .
la question proposée pour le prix de l'Académie.
Lû et approuvé dans l'Assemblée du 24
Decembre. MORAND.
L
la-
E 18. Decembre 1731. il y eut
une assemblée de 70. Maîtres Chirurgiens
de Paris , convoquée par M. le
premier Chirurgien du Roy , qui y présida.
On y lût un projet de Reglement
pour une Académie de Chirurgie établie
sous la protection du Roy , et l'inspec-.
tion du premier Chirurgien de Sa Majesté
; ensuite une Lettre de M. le Comte ..
de Maurepas , Sécretaire d'Etat , par
quelle il mande à M. Mareschal , que
S. M. a approuvé ce projet , qu'elle ap-..
prouve aussi que les Assemblées Académiques
de Chirurgie se tiennent conformément
à ce projet ; qu'elle a reglé le
nombre des Chirurgiens de Paris qui doivent
composer cette Societé Académique;
qu'Elle souhaitte que M. Maréchal en-..
voye à M. le Comte de Maurepas , un
II, Vol.
ad
2950 MERCURE DE FRANCE
état de ceux qu'il croira à propos d'y
admettre , sur quoi il sera informé des
ordres de S. M.
Après cette Lettre , on lût la Liste des
Académiciens , qui sont , Mrs. Maréchal
et La Peyronie , dix Académiciens libres
et soixante ordinaires. De ces derniers il
y a six Officiers agréés par le Roy , qui
sont , les Srs. Petit , Directeur , Malaval,
Vice-Directeur , Morand , Sécretaire , Le
Dran , chargé des correspondances , Garengeot
, chargé des Extraits des Livres de
Chirurgie , et Bourgeois fils , Trésorier.
Sa Majesté a approuvé le choix de M.
Mareschal , qui a reçu , à ce sujet , une
seconde Lettre de M. le Comte de Maurepas.
Voici les principaux articles , et en
même temps les motifs de cet établissement
dont l'objet est de perfection--
ner la Chirurgie par l'expérience et l'ob-
,
servation.
La Societé Académique s'assemblera
dans la grande Sale de Saint Côme
tous les Mardis , pour y recevoir les observations
qui seront présentées et luës
tant par les Académiciens que par les.
autres Maîtres Chirurgiens , qui ne sont
point ordinaires de l'Académie
II. Kola
mais
point
DECEMBRE. 1731 2957
qui en sont censés les Adjoints , et qui y
prendront séance chaque fois qu'ils y apporteront
quelques observations de Chirurgie.
Les observations ne rouleront que sur des á
histoires de Maladies Chirurgicales singulieres
, operations nouvelles , effets re- ,
marquables de remedes topiques , soitconnus
, soit particuliers à quelques- uns..
Les observations seront écrites dans la
forme des Memoires Académiques
délivrées au Sécretaire , pour en être fait
Fusage convenable , au jugement d'un Comité
composé des six Officiers et de sept
Commissaires , élus librement et par voie
de suffrage .
و
ct
Ces observations composeront le recueil
que la Societé Académique donnera au
Public , partie dans l'Histoire , partic
dans les Mémoires au long , chaque observation
portant à la tête le nom de
son Auteur,
Les habiles Chirurgiens du Royaume
et même des Pays Etrangers , sont invitez
à faire part de leurs découvertes à
l'Académie , qui se fera un honneur de
les associer à ses travaux , et qui , sur
deux morceaux approuvez par elle , leur
envoyera des Lettres de correspondance...
II. Kol
Pour
2352 MERCURE DE FRANCE
›
Pour exciter de plus en plus l'émula--
tion , elle donnera tous les ans une Mé-.
daille d'or à celui qui aura fourni le meilleur
Mémoire sur une question impor-.
tante de Chirurgie , indiquée par l'Académie
, et annoncée dans les Journaux
et Nouvelles Litteraires .
On n'entre point icy dans le détail des
articles qui regardent la direction de cette
Académie , et les fonctions de ses Officiers.
Il faut pour cela consulter le Ré-.
glement qui vient d'être imprimé. On
annoncera dans le mois de Janvier 1732 .
la question proposée pour le prix de l'Académie.
Lû et approuvé dans l'Assemblée du 24
Decembre. MORAND.
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Résumé : ACADEMIE DE CHIRURGIE.
Le 18 décembre 1731, une assemblée de 70 Maîtres Chirurgiens de Paris, convoquée par le premier Chirurgien du Roi, a approuvé la création d'une Académie de Chirurgie sous la protection du Roi. Le projet a été validé par le Roi, qui a également régulé le nombre de chirurgiens composant cette société académique. La lettre du Comte de Maurepas, Secrétaire d'État, a été lue, indiquant que le Roi souhaitait une liste des chirurgiens à admettre. La liste des académiciens, comprenant M. Maréchal et La Peyronie, dix académiciens libres et soixante ordinaires, a été lue. Six officiers, agréés par le Roi, ont été nommés pour des rôles spécifiques. L'objectif de l'Académie est de perfectionner la chirurgie par l'expérience et l'observation. Les assemblées se tiendront tous les mardis à Saint Côme pour discuter des observations sur des maladies chirurgicales, des opérations nouvelles et des remèdes. Ces observations seront écrites sous forme de mémoires académiques et jugées par un comité. L'Académie invitera les chirurgiens du Royaume et des pays étrangers à partager leurs découvertes et offrira une médaille d'or chaque année pour le meilleur mémoire. La question pour le prix de l'Académie sera annoncée en janvier 1732. Le règlement détaillé de l'Académie a été approuvé lors de l'assemblée du 24 décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19674
p. 2781-2785
EPITRE, De Mlle de Malcrais de la Vigne, à M. V. D. G. de Marseille, pour répondre à ses Vers, imprimez dans le Mercure d'Octobre 1732. page 2188.
Début :
Monsieur, dont l'ame perplexe, [...]
Mots clefs :
Perplexe, Beau sexe, Pédant, Docteur, Briller, Art de la poésie, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE, De Mlle de Malcrais de la Vigne, à M. V. D. G. de Marseille, pour répondre à ses Vers, imprimez dans le Mercure d'Octobre 1732. page 2188.
EPITRE,
De Mede Malcrais de la Vigne , à M.
V. D. G. de Marseille , pour répondre à
ses Vers, imprimez dans le Mercure d'Octobre 1732. page 2188 .
{
Monsieur , dont l'ame perplexe ,
S'alambique en cent façons ,
II. Vol. Cij Votre
2782 MERCURE DE FRANCE
Votre idée est circonflexe ;
Sous le grand lambris convexe ,
Il est des gens de tous noms.
Mais sçavez- vous qu'au beau Sexe ,
Vos Vers sont injurieux ?
'Arrêtez , Messieurs les hommes :
Vous êtes si glorieux ,
Que vous croyez que nous sommes ,
Auprès de vous des Atomes ,
Ou des riens harmonieux.
Sçachez pourtant que les Dames ,
Quoiqu'en dise un fol Auteur ,
Ainsi que vous ,
ont des ames ,
Et que les celestes flâmes ,
Ont coulé dans notre cœur ;
Cependant n'allez pas croire ,
Ou je garde le tacet ,
Qu'ici je veuille avec gloire ,
Mettre du Docteur Docet ,
Sur ma coeffe le bonnet ;
J'en romprois mon Ecritoire ,
Et m'irois pendre tout net ,
M'étreignant de mon lacet,
Cés Pédans à l'humeur cruë ,
Dès qu'ils s'offrent à ma vue ,
Me plaisent moins qu'un Valet,
Qui dans chaque coin de ruë ,
II, Vol. Fait
DECEMBRE. 1732. 2783
Fait entendre son siflet.
Si je voulois , par exemple,
Trancher ici du Docteur ,
Je dirois , mon cher Seigneur ,
Vous, qui fréquentez le Temple
Du Dieu Versificateur ,
Connoîtriez -vous Corine
Leontion , Eccello ,
Sapho , Prasille , Occello ,
Théano , Cléobuline ?
>
Au monde est- il un canton
Qui ne vante des Poëtes ,
Qui , quoi qu'ayant des cornettes .
Ont fait sonner leurs Musettes ,
Sur plus d'un merveilleux ton ,
Aussi-bien que Coridon ?
L'Antique et Moderne Rome ,
Vit et voit briller les siens ,
Notre France en a tout comme
Ces doubles Italiens ,
Et par tout on les renomme,
Plus que Donna Giustina ,
Et Signora Colonna.
Si point ici ne les nomme
C'est pour abreger chemin ,
Et je croi bien qu'en Provence ,
Le beau Sexe feminin ,
II. Vol. C
Mieux iij
2784 MERCURE DE FRANCE
Mieux qu'en nul endroit de France ,
Fait voir qu'il a l'esprit fin ,
Assaisonné de Science :
Beau Païs des Troubadours !
C'est chez vous que l'Italie >
De l'Art de la Poësie ,
Apprit les excellens tours.
Mais alte - là , mon génie ,
Je vois que je passerois ,
Pour une grande Pédante ,
Moi , qui passer ne voudrois ;
Que pour petite Sçavante.
'Au surplus bien mieux que vous ,
Des Vers nous devrions faire ,
La raison en est très claire ,
Si , comme vous dites tous
Caprice domine en nous >
Avec cervelle legere.
Mais ce n'est point là le fait ,
Et votre ame impatiente ,
Me demande mon Portrait ;
Je vais être complaisante ,
Et vous serez satisfait ;
C'est trop , et j'en suis dolente ,
Avoir suspendu l'attente ,
D'un aimable Curieux.
Taille un peu courte , grands yeux ,
II. Vol. Bouche
DECEMBRE. 1732. 2785
Bouche riante et vermeille ,
Avec un air de douceur ,
Monsieur l'Auteur de Marseille ,
C'est-là Malcrais ou sa Sœur.
De Mede Malcrais de la Vigne , à M.
V. D. G. de Marseille , pour répondre à
ses Vers, imprimez dans le Mercure d'Octobre 1732. page 2188 .
{
Monsieur , dont l'ame perplexe ,
S'alambique en cent façons ,
II. Vol. Cij Votre
2782 MERCURE DE FRANCE
Votre idée est circonflexe ;
Sous le grand lambris convexe ,
Il est des gens de tous noms.
Mais sçavez- vous qu'au beau Sexe ,
Vos Vers sont injurieux ?
'Arrêtez , Messieurs les hommes :
Vous êtes si glorieux ,
Que vous croyez que nous sommes ,
Auprès de vous des Atomes ,
Ou des riens harmonieux.
Sçachez pourtant que les Dames ,
Quoiqu'en dise un fol Auteur ,
Ainsi que vous ,
ont des ames ,
Et que les celestes flâmes ,
Ont coulé dans notre cœur ;
Cependant n'allez pas croire ,
Ou je garde le tacet ,
Qu'ici je veuille avec gloire ,
Mettre du Docteur Docet ,
Sur ma coeffe le bonnet ;
J'en romprois mon Ecritoire ,
Et m'irois pendre tout net ,
M'étreignant de mon lacet,
Cés Pédans à l'humeur cruë ,
Dès qu'ils s'offrent à ma vue ,
Me plaisent moins qu'un Valet,
Qui dans chaque coin de ruë ,
II, Vol. Fait
DECEMBRE. 1732. 2783
Fait entendre son siflet.
Si je voulois , par exemple,
Trancher ici du Docteur ,
Je dirois , mon cher Seigneur ,
Vous, qui fréquentez le Temple
Du Dieu Versificateur ,
Connoîtriez -vous Corine
Leontion , Eccello ,
Sapho , Prasille , Occello ,
Théano , Cléobuline ?
>
Au monde est- il un canton
Qui ne vante des Poëtes ,
Qui , quoi qu'ayant des cornettes .
Ont fait sonner leurs Musettes ,
Sur plus d'un merveilleux ton ,
Aussi-bien que Coridon ?
L'Antique et Moderne Rome ,
Vit et voit briller les siens ,
Notre France en a tout comme
Ces doubles Italiens ,
Et par tout on les renomme,
Plus que Donna Giustina ,
Et Signora Colonna.
Si point ici ne les nomme
C'est pour abreger chemin ,
Et je croi bien qu'en Provence ,
Le beau Sexe feminin ,
II. Vol. C
Mieux iij
2784 MERCURE DE FRANCE
Mieux qu'en nul endroit de France ,
Fait voir qu'il a l'esprit fin ,
Assaisonné de Science :
Beau Païs des Troubadours !
C'est chez vous que l'Italie >
De l'Art de la Poësie ,
Apprit les excellens tours.
Mais alte - là , mon génie ,
Je vois que je passerois ,
Pour une grande Pédante ,
Moi , qui passer ne voudrois ;
Que pour petite Sçavante.
'Au surplus bien mieux que vous ,
Des Vers nous devrions faire ,
La raison en est très claire ,
Si , comme vous dites tous
Caprice domine en nous >
Avec cervelle legere.
Mais ce n'est point là le fait ,
Et votre ame impatiente ,
Me demande mon Portrait ;
Je vais être complaisante ,
Et vous serez satisfait ;
C'est trop , et j'en suis dolente ,
Avoir suspendu l'attente ,
D'un aimable Curieux.
Taille un peu courte , grands yeux ,
II. Vol. Bouche
DECEMBRE. 1732. 2785
Bouche riante et vermeille ,
Avec un air de douceur ,
Monsieur l'Auteur de Marseille ,
C'est-là Malcrais ou sa Sœur.
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Résumé : EPITRE, De Mlle de Malcrais de la Vigne, à M. V. D. G. de Marseille, pour répondre à ses Vers, imprimez dans le Mercure d'Octobre 1732. page 2188.
L'épître de Mede Malcrais de la Vigne, adressée à un homme de Marseille, répond à des vers publiés dans le Mercure d'octobre 1732. L'auteur réfute les propos injurieux envers les femmes, affirmant qu'elles possèdent des âmes et des flammes célestes. Elle exprime son aversion pour les docteurs pédants. L'auteur mentionne des poétesses célèbres et souligne que la Provence, berceau des troubadours, a influencé l'Italie dans l'art de la poésie. Elle reconnaît l'esprit fin et scientifique des femmes provençales. L'auteur décrit ensuite son propre portrait, se présentant avec une taille courte, de grands yeux, une bouche riante et vermeille, et un air de douceur.
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19675
p. 216
MARIAGE.
Début :
Messire Vital-Auguste de Grégoire de Nozieres, Colonel du Régiment de Flandres, [...]
Mots clefs :
Messire, Colonel, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Meffire Vital-Augufte de Grégoire de Nozieres
, Colonel du Régiment de Flandres , Infanterie
, a épousé , le 17 du mois dernier , Demoifelle
Françoiſe-Marie Terray de Rozieres. La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de la Bibliothèque du Roi , par l'Evêque
de Comminges. Leurs Majeftés, & la Famille
Royale, avoient figné leur Contrat de mariage le
15 du même mois.
Meffire Vital-Augufte de Grégoire de Nozieres
, Colonel du Régiment de Flandres , Infanterie
, a épousé , le 17 du mois dernier , Demoifelle
Françoiſe-Marie Terray de Rozieres. La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de la Bibliothèque du Roi , par l'Evêque
de Comminges. Leurs Majeftés, & la Famille
Royale, avoient figné leur Contrat de mariage le
15 du même mois.
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19676
p. 216
MORTS.
Début :
Charles-Henri, Marquis de Maillé, ancien Colonel du Régiment de Condé, [...]
Mots clefs :
Marquis, Colonel, Infanterie, Décès, Évêque, Abbé, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Charles-Henri , Marquis de Maillé , ancien
Colonel du Régiment de Condé , Infanterie ,
Brigadier des Armées du Roi , mourut le 25 du
mois dernier , dans fon château de Jalelne en
Anjou , dans la 73. année de fon âge.
>
Henri-Ignace de Brancas , Evêque de Lizieux ,
Sous-Doyen des Evêques de France , Abbé Commendataire
des Abbayes de S. Gildas des Bois ,
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Nantes , & de
Chambrefontaines , Ordre des Prémontrés , Diocèfe
de Meaux , eft mort , dans fon Diocèſe , le
premier de ce mois , âgé de 76 ans.
Charles-Henri , Marquis de Maillé , ancien
Colonel du Régiment de Condé , Infanterie ,
Brigadier des Armées du Roi , mourut le 25 du
mois dernier , dans fon château de Jalelne en
Anjou , dans la 73. année de fon âge.
>
Henri-Ignace de Brancas , Evêque de Lizieux ,
Sous-Doyen des Evêques de France , Abbé Commendataire
des Abbayes de S. Gildas des Bois ,
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Nantes , & de
Chambrefontaines , Ordre des Prémontrés , Diocèfe
de Meaux , eft mort , dans fon Diocèſe , le
premier de ce mois , âgé de 76 ans.
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Résumé : MORTS.
Le texte annonce le décès de deux personnalités françaises. Charles-Henri, Marquis de Maillé, ancien colonel et brigadier des armées du roi, est décédé à 73 ans dans son château de Jalelne en Anjou. Henri-Ignace de Brancas, évêque de Lisieux et abbé de plusieurs abbayes, est décédé à 76 ans dans son diocèse.
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19677
p. 217-224
SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 31 Janvier 1760. Messieurs m. o. g. de l'Abbaye de Royaumont, Ordre de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Paris, Abbaye, Maréchal, Comte, Dame, Paroisse, Chapitre, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de l'état de la Vaiffelle , portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
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Résumé : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Le document est un registre des transactions de vaisselle effectuées à la Monnaie de Paris entre le 31 janvier 1760 et le 31 mars 1760. Il répertorie diverses institutions religieuses, nobles et personnes privées ayant réalisé des transactions. Parmi les entités mentionnées figurent des abbayes, des chapitres, des paroisses, des congrégations, ainsi que des individus tels que des négociants, des bourgeois, des officiers et des membres de la noblesse. Les transactions sont détaillées avec des montants exprimés en livres, sous et deniers. Les dates des transactions sont précisées, couvrant la période du 31 janvier au 31 mars 1760. Le document inclut également des mentions des fonctions et titres des personnes impliquées, ainsi que des lieux géographiques associés à ces transactions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19678
p. 2952-2957
L'ALMANACH NANTOIS, NOUVELLE. Par Mlle. MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic, en Bretagne.
Début :
Feu M*** jadis Libraire à Nantes, [...]
Mots clefs :
Almanach nantais, Libraire, Calculs astronomiques, Lessive, Audace, Barbare, Astrologue, Canicule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ALMANACH NANTOIS, NOUVELLE. Par Mlle. MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic, en Bretagne.
L'ALMANACH NANTOIS ,
NOUVELLE..
Par Mlle. MALCRAIS DE LA VIGNE , dus:
Croisic , en Bretagne.
FEù M*** jadis Libraire à Nantes ,
Faisoit mouler un Almanach nouveau ,
Pär chacun an grande en étoit la vente ,
11 Vol . Non
DECEMBRE .
2953 1731.
Non sans raison , car l'ouvrage étoit beau.
Par quoi d'abord qu'il trottoit par les Villes ,
Les curieux des mains se l'arrachoient.
Les Quatre- temps , les Jeûnes , les Vigiles ,
Les jours fêtez à coup sûr s'y nichoient ;
Bien désignez en lettres italiques.
A leur ordo tous Gens Ecclésiastiques ,
Jà dédaignoient de croyance ajoûter ,
Par préférence its alloient consulter ,
Sire Almanach , Magister en rubriques.
Là se trouvoient calculs astronomiques ,
Le temps qu'il faut semer , ou transplanter
Choufleur , chou vert , concombre , pastenade ,
Bête , épinard , cerfeuil , persil , salade ,
Melon , raifort , ozeille , séléri ,
Nous expliquant en langage fleuri ,
Le mal , le bien que fait chaque légume ;
Mieux n'en.a sçu discourir l'Emeri ,
Ni Tournefort , en main docte volume.
P'uis prédisoit que quiconque en Janvier
Iroit nuds pieds., s'exposeroit au rhume
Et qu'en Eté , miracle singulier ,
Bien on pourroit selon ses justes notes ,
Phébus venant à se clarifier ,
L'après -midi quitter les Redingotes ,.
Şans crainte avoir d'en être mal mené.
La paroissoient les Marchez et les Foires ;
II. Vol. Les
2954 MERCURE DE FRANCE
Le tout étoit dûment assaisonné
De mots joyeux , de gaillardes histoires.
Tout ce pourtant n'étoit rien , comparé
Au bel endroit où M *** Prophete
Des temps futurs devenoit l'Interprete.
Car c'est un fait parmi nous assuré ,
Que le bon homme aidé de sa servante ,
Agée au moins de deux fois quarante ans ,
( Jaquette étoit le nom de la sçavante , }
Nous prédisoit la pluye et le beau temps ,
Le chaud , le froid , le calme , et la tourmentes-
On y croyoit à la Ville , au Hameau.
Advint qu'un soir avec sa chambriere ,
Embeguiné sous un bonnet de peau ,
Enveloppé dans un triple Manteau ,
Il s'en alla guetter dans la goutiere ,
Lunette en main , les aspects differens ,
Bon ou mauvais de tant d'Astres errans ,
S'étant promis qu'il eûr à la pipée ,
D'Endimion la maîtresse attrapée.
Après minuit , ses calculs disposez
Exactement , l'heure et le jour pesez ,
Dans son grenier il rentre en diligence ,
Et met le tout hardiment par écrit.
C'étoit à May pour lors d'entrer en danse :
Or ce beau mois , où tout pousse et fleurit ,
D'un bout à l'autre il le chargea de pluye..
II. Vol. Avec
DECEMBRE 1731. 2995.
Avec Jacquette ensuite il vérifie ,
Ce qu'il avoit composé sur ce mois.
Moliere ( De sa Servante on nous dit. que
Faisoit ainsi son Censeur autrefois )
A peine cût- il fait la lecture entiere ,
Qu'en un instant les mains sur les rognons ,
Voilà Jacquette invoquant les Démons ,
Pestant , jurant de la belle maniere ,
De son Toquet le devant est derriere ,
Sur son front sec par les ans labouré ,
Se dresse épars le reste bigarré
De sa blanchâtre et terrible criniere.
Sa large gueule , où sont au plus deux dents ,
Qui du Pain frais craindroient des accidents ,
Ne peut grincer , elle écume , et la rage
De la raison lui fait perdre l'usage
Sur son menton pointu , recoquillé ,
La barbe frise en bouquets séparée ,
D'un jaune obscur sa face est colorée ,
Son oeil profond de ses cils dépouillé
A dans son antre égaré sa prunelle ,
Sa gorge s'enfle , et Virgile cût sur elle ,
S'il eût vécu , pris un autre patron
De sa funeste et sanglante Alecton
Quand tout à coup sa voix dans l'air tonnante-
Du galetas fait trembler la charpente ;
Lors sécouant son Maître épouvanté ,
Nostradamus , en tous lieux si vanté ,
11. Vol.
n'est
2956 MERCURE DE FRANCE
N'est point l'Auteur de ta perfide race ,
Loup garou , chien , et tu suis mal la trace
Du vieux Tycho , de qui la parenté
Mal prétendue enfle à tort ton audace :
Mais tu nacquis , s'il le faut trancher net ,
Au fond d'un Bois d'une Ourse , et d'un Baudets
Quoi donc cruel .... mais voyez si la Grive
A mes discours à l'oreille attentive ::
Quoi Malotru ne te souvient - il pas ,
Qu'en Mai toûjours nous faisons la lessive
Sans qu'en tout l'an jamais autre la suive ?
Comment veux -tu que nos linges , nos draps ,
Puissent sécher ? Jarni , mort de ma vie ……...
Si nuit et jour tu fais tomber la pluye ?
Ah ! si du moins quatre jours de bon temps
S'y rencontroient ! mes voeux seroient contents.
Non , laisse-moi , barbare , je te quitte ;
Je vais ailleurs engager mon mérite.
Puis lui portant le poing sous le museau ;
Regarde un peu ma phisionomie ;
Vois-tu Medée , ensemble et Canidie.
Mais les vapeurs ont gripé mon cerveau ,
Je meurs , je tombe , et mon corps tout en cau ,
Fait à mon ame humer sa maladie ,
Et tristement déjà la congédie.
D'un tel courroux l'Astrologue est surpris ,
Son corps frissonne , et sa langue est gêlée .
II. Vol..
Ca
t
DECEMBRE. 1731 .
2957
Ce nonobstant rappellant ses esprits ,
Il est donc vrai , Prophetes mal- appris ,
Que pour vous seuls avez l'âme aveuglée ?
Témoin Cardan * et moi qui n'ai compris
L'effort prochain de cette Giboullée ,
Calme ton ire , aimable échevelée ;
Tais- toi , dit- il , j'ai tort , et cette fois
D'en convenir point n'aurai de scrupule.
Bien ai-je aussi le remede en mes doigts ;
Je vais adonc r'habiller tout ce mois ,
Et pour te plaire , et rendre l'erreur nulle ,
Je veux en May mettre la Canicule .
* Voyez le Dictionnaire de Bayle , au mot
Cardan.
NOUVELLE..
Par Mlle. MALCRAIS DE LA VIGNE , dus:
Croisic , en Bretagne.
FEù M*** jadis Libraire à Nantes ,
Faisoit mouler un Almanach nouveau ,
Pär chacun an grande en étoit la vente ,
11 Vol . Non
DECEMBRE .
2953 1731.
Non sans raison , car l'ouvrage étoit beau.
Par quoi d'abord qu'il trottoit par les Villes ,
Les curieux des mains se l'arrachoient.
Les Quatre- temps , les Jeûnes , les Vigiles ,
Les jours fêtez à coup sûr s'y nichoient ;
Bien désignez en lettres italiques.
A leur ordo tous Gens Ecclésiastiques ,
Jà dédaignoient de croyance ajoûter ,
Par préférence its alloient consulter ,
Sire Almanach , Magister en rubriques.
Là se trouvoient calculs astronomiques ,
Le temps qu'il faut semer , ou transplanter
Choufleur , chou vert , concombre , pastenade ,
Bête , épinard , cerfeuil , persil , salade ,
Melon , raifort , ozeille , séléri ,
Nous expliquant en langage fleuri ,
Le mal , le bien que fait chaque légume ;
Mieux n'en.a sçu discourir l'Emeri ,
Ni Tournefort , en main docte volume.
P'uis prédisoit que quiconque en Janvier
Iroit nuds pieds., s'exposeroit au rhume
Et qu'en Eté , miracle singulier ,
Bien on pourroit selon ses justes notes ,
Phébus venant à se clarifier ,
L'après -midi quitter les Redingotes ,.
Şans crainte avoir d'en être mal mené.
La paroissoient les Marchez et les Foires ;
II. Vol. Les
2954 MERCURE DE FRANCE
Le tout étoit dûment assaisonné
De mots joyeux , de gaillardes histoires.
Tout ce pourtant n'étoit rien , comparé
Au bel endroit où M *** Prophete
Des temps futurs devenoit l'Interprete.
Car c'est un fait parmi nous assuré ,
Que le bon homme aidé de sa servante ,
Agée au moins de deux fois quarante ans ,
( Jaquette étoit le nom de la sçavante , }
Nous prédisoit la pluye et le beau temps ,
Le chaud , le froid , le calme , et la tourmentes-
On y croyoit à la Ville , au Hameau.
Advint qu'un soir avec sa chambriere ,
Embeguiné sous un bonnet de peau ,
Enveloppé dans un triple Manteau ,
Il s'en alla guetter dans la goutiere ,
Lunette en main , les aspects differens ,
Bon ou mauvais de tant d'Astres errans ,
S'étant promis qu'il eûr à la pipée ,
D'Endimion la maîtresse attrapée.
Après minuit , ses calculs disposez
Exactement , l'heure et le jour pesez ,
Dans son grenier il rentre en diligence ,
Et met le tout hardiment par écrit.
C'étoit à May pour lors d'entrer en danse :
Or ce beau mois , où tout pousse et fleurit ,
D'un bout à l'autre il le chargea de pluye..
II. Vol. Avec
DECEMBRE 1731. 2995.
Avec Jacquette ensuite il vérifie ,
Ce qu'il avoit composé sur ce mois.
Moliere ( De sa Servante on nous dit. que
Faisoit ainsi son Censeur autrefois )
A peine cût- il fait la lecture entiere ,
Qu'en un instant les mains sur les rognons ,
Voilà Jacquette invoquant les Démons ,
Pestant , jurant de la belle maniere ,
De son Toquet le devant est derriere ,
Sur son front sec par les ans labouré ,
Se dresse épars le reste bigarré
De sa blanchâtre et terrible criniere.
Sa large gueule , où sont au plus deux dents ,
Qui du Pain frais craindroient des accidents ,
Ne peut grincer , elle écume , et la rage
De la raison lui fait perdre l'usage
Sur son menton pointu , recoquillé ,
La barbe frise en bouquets séparée ,
D'un jaune obscur sa face est colorée ,
Son oeil profond de ses cils dépouillé
A dans son antre égaré sa prunelle ,
Sa gorge s'enfle , et Virgile cût sur elle ,
S'il eût vécu , pris un autre patron
De sa funeste et sanglante Alecton
Quand tout à coup sa voix dans l'air tonnante-
Du galetas fait trembler la charpente ;
Lors sécouant son Maître épouvanté ,
Nostradamus , en tous lieux si vanté ,
11. Vol.
n'est
2956 MERCURE DE FRANCE
N'est point l'Auteur de ta perfide race ,
Loup garou , chien , et tu suis mal la trace
Du vieux Tycho , de qui la parenté
Mal prétendue enfle à tort ton audace :
Mais tu nacquis , s'il le faut trancher net ,
Au fond d'un Bois d'une Ourse , et d'un Baudets
Quoi donc cruel .... mais voyez si la Grive
A mes discours à l'oreille attentive ::
Quoi Malotru ne te souvient - il pas ,
Qu'en Mai toûjours nous faisons la lessive
Sans qu'en tout l'an jamais autre la suive ?
Comment veux -tu que nos linges , nos draps ,
Puissent sécher ? Jarni , mort de ma vie ……...
Si nuit et jour tu fais tomber la pluye ?
Ah ! si du moins quatre jours de bon temps
S'y rencontroient ! mes voeux seroient contents.
Non , laisse-moi , barbare , je te quitte ;
Je vais ailleurs engager mon mérite.
Puis lui portant le poing sous le museau ;
Regarde un peu ma phisionomie ;
Vois-tu Medée , ensemble et Canidie.
Mais les vapeurs ont gripé mon cerveau ,
Je meurs , je tombe , et mon corps tout en cau ,
Fait à mon ame humer sa maladie ,
Et tristement déjà la congédie.
D'un tel courroux l'Astrologue est surpris ,
Son corps frissonne , et sa langue est gêlée .
II. Vol..
Ca
t
DECEMBRE. 1731 .
2957
Ce nonobstant rappellant ses esprits ,
Il est donc vrai , Prophetes mal- appris ,
Que pour vous seuls avez l'âme aveuglée ?
Témoin Cardan * et moi qui n'ai compris
L'effort prochain de cette Giboullée ,
Calme ton ire , aimable échevelée ;
Tais- toi , dit- il , j'ai tort , et cette fois
D'en convenir point n'aurai de scrupule.
Bien ai-je aussi le remede en mes doigts ;
Je vais adonc r'habiller tout ce mois ,
Et pour te plaire , et rendre l'erreur nulle ,
Je veux en May mettre la Canicule .
* Voyez le Dictionnaire de Bayle , au mot
Cardan.
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Résumé : L'ALMANACH NANTOIS, NOUVELLE. Par Mlle. MALCRAIS DE LA VIGNE, du Croisic, en Bretagne.
L'Almanach Nantois, édité par Mlle. Malcrais de La Vigne, était un ouvrage très prisé à Nantes. Sa popularité annuelle reposait sur la qualité et la diversité de son contenu. Il fournissait des informations détaillées sur les Quatre-Temps, les jours de jeûne, les vigiles et les jours fériés, tous indiqués en lettres italiques. Les ecclésiastiques appréciaient particulièrement ces rubriques précises. L'almanach incluait également des calculs astronomiques et des conseils pratiques pour la culture des légumes, présentés de manière poétique. Il offrait des prévisions météorologiques détaillées, telles que les risques de rhume en janvier ou la possibilité de se passer de redingote en été. De plus, il mentionnait les dates des marchés et des foires, enrichi de mots joyeux et d'histoires amusantes. L'auteur, identifié par les initiales M***, collaborait avec sa servante Jacquette pour prédire le temps futur avec précision. Un soir, après avoir observé les astres, il prédit un mois de mai entièrement pluvieux. Jacquette, contrariée, protesta vigoureusement, soulignant que mai était traditionnellement le mois de la lessive et que la pluie continue empêcherait le séchage du linge. Ému par ses arguments, M*** modifia sa prédiction pour introduire la canicule en mai, afin d'apaiser Jacquette.
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19679
p. 1306-1312
SONGE. ODE.
Début :
O toy, dont l'aimbale puissance, [...]
Mots clefs :
Songe, Sommeil, Chimères, Félicité, Lointaines plages
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texteReconnaissance textuelle : SONGE. ODE.
SONG E.
O D E.
Toy, dont l'aimable puissance
Egale le sort des humains ,
Doux sommeil , viens par ta présence
Bannir mes maux et mes chagrins ;
Offre moi sous ces verts feuillages' ,
II.Vol Tos
JUIN.
1732 1307 Tes plus séduisantes images ,
Sois favorable à mes désirs ;
Puisqu'icy bas tout est mensonge,
Qu'importe que ce soit en songe
Que mon cœur goute des plaisirs ?
C'en est fait , d'aimables chimeres,
M'ont enyvré de leur poison ;
Loin de moi donc , Regles séveres ,
Que nous impose la raison.
Mon cœur sans trouble et sans allarmes ,
Va s'abandonner aux doux charmes ,
Que le sommeil offre à mes yeux.
Je cede , au beau feu qui m'embrase ;
Monté sur l'agile Pégaze ,.
Je parcours la terre et les cieux.
M
Où suis je ! mais qui pourra croire¿
Qu'au ciel j'aye été transporté
Les Dieux avec toute leur gloire .
S'offrent à mon œil enchanté ;
Jupiter , cet être immuable ,
Tenant son Sceptre redoutable ;
De ses regards parcourt les airs ;
Viens , Mortel , viens dans mon empire
II. Vol.
Cij M
1308 MERCURE DE FRANCE
Me dit-il , avec un sourire ,
Qui fait tressaillir l'Univers.
M
C'est dans ces beaux lieux que réside
L'agréable félicité;
Le monde n'a rien de solide
Loin de moi tout est vanité.
;
C'est en vain que dans la richesse ,
Dans la gloire , dans la molesse ,
L'homme cherche de vrais plaisirs
Ces biens ne sont qu'une chimere ;
Et bien loin de me satisfaire ,
Ne font qu'augmenter mes désirs.
M
Que la terre qui dans l'air roble
Paroft méprisable à mes yeux !
Ce n'est qu'une petite Boule ,
Quej'apperçois du haut des Cieux.
Ces Riches , ces vastes Royaumes,
combattent de vains fantômes
fin que tout leur soit soumis ,
Me paroissent un peu de sable ,
Ou pour un Rien qui les accable
Disputent des viles fourmis.
9
II. Vel ye
JUIN. 1732 1309
Je sors du séjour du tonnerré
Plein de l'éclat des immortels ,
Pour aller encor sur la terre
Visiter les foibles Mortels.
Je vous vois campagnes cheries
Où brillent mille Pierreries
Trésor que le Soleil produit ;
Je vais jusques dans l'Hémisphere ,
Où du jour regne la lumiere ,
Lorsque sur nous régné la nuit.
021.
Lorsqu'en cherchant de nouveaux mondes ,
Je vole sur le sein des Mers ,
Neptune souleve ses Ondes;
La Tempête trouble les airs ;
Le jour se dérobe à ma vûëling
Les éclairs seuls fendant la nueodd
M'apprennent quels sont mes dangers ,
Mais la main d'un Dieu juste et sage,
Me fait survivre à mon naufrage;
J'arrive en des bords étrangers.
6
20
Quels lieux , l'horreur de la nature
S'offrent à mes tristes regards !
Comment en tracer la peinture
L'effroi regne de toutes parts.
ALL II, Vol.
Errant Ciij
310 MERCURE DE FRANCE
Errant dans ces lointaines plages ,
J'apperçois encor des Sauvages ,
Plus affreux même que les lieux ,
Je les rends à ma voix dociles
At bien- tôt dans ces champs tranquiles,
Je fais naître des jours heureux..
•
Aux sons éclatans de ma Lyre ,
J'entraîne les Rochers, les Bois ;
Je vois mille murs se construire ,
La Pierre s'arrange à mon choix
Par tout regne la politesse ;
Ce peuple rempli d'allegresse
Me prend pour un des immortels ,
Les Dieux avec l'aimable Astrée,
Vont quitter la voute ašurée ,
Jaloux du bonheur des mortels.
Que vois-je ? la Mere des Graces ;
Junon , Pallas s'offre à mes yeux
Mercure vole sur leurs traces ,
Et me donne un fruit précieux.
Juge cette Troupe immortelle ,
Prononce quelle est la plus belle ,
Me dit-il , aimable Berger ;
Viens- en combler une de gloire
II. Vol. Sois
JUIN. 1732. 1321
Sois l'arbitre d'une victoire,
Dont les Dieux ne peuvent juger.
#
Que ne puis-je , aimables Déesses ;
Vous faire vaincre toutes trois
Par vos beautez enchanteresses,
Vous merités toutes ma voix:
Charmé de vos yeux que j'adore ,
Plus je regarde , plus j'ignore"
Aqui je dois donner le prix ;
Mais enfin Venus vous surpasse ;
Peut-on voir sa riante face >
Sans en être d'abort épris ?
Que de plaisirs , que de délices ;
Déja s'emparent de mon cœur !
Venus , par des regards propices ,
Me reconnoit pour son vainqueur,
Quelquefois avec la Déesse ;
Caché sous une Nuë épaisse ,
O Dieux , vous en êtes jaloux';
Je quitte l'amour pour la guerre
Maintenant armé d'un tonnérre
Je fais redouter mon courroux.
Fier vainqueur , nouvel Alexandre , '
II. Vola Ciiij Je
1312 MERCURE DE FRANCE
Je répands en tous lieux l'horreur ;
Les Etats , les Villes en cendre ,
Aux Humains vantent ma valeur ;
L'Univers ,... helas ! la lumiere ,
Me forçant d'ouvrir la paupiere ,
Me rejette en un trouble affreux
Je retombe dans ma tristesse :
Que ne puis-je dormir sans cesse ,
Puisqu'en dormant je suis heureux !
;
B. L. de Pailleres.
O D E.
Toy, dont l'aimable puissance
Egale le sort des humains ,
Doux sommeil , viens par ta présence
Bannir mes maux et mes chagrins ;
Offre moi sous ces verts feuillages' ,
II.Vol Tos
JUIN.
1732 1307 Tes plus séduisantes images ,
Sois favorable à mes désirs ;
Puisqu'icy bas tout est mensonge,
Qu'importe que ce soit en songe
Que mon cœur goute des plaisirs ?
C'en est fait , d'aimables chimeres,
M'ont enyvré de leur poison ;
Loin de moi donc , Regles séveres ,
Que nous impose la raison.
Mon cœur sans trouble et sans allarmes ,
Va s'abandonner aux doux charmes ,
Que le sommeil offre à mes yeux.
Je cede , au beau feu qui m'embrase ;
Monté sur l'agile Pégaze ,.
Je parcours la terre et les cieux.
M
Où suis je ! mais qui pourra croire¿
Qu'au ciel j'aye été transporté
Les Dieux avec toute leur gloire .
S'offrent à mon œil enchanté ;
Jupiter , cet être immuable ,
Tenant son Sceptre redoutable ;
De ses regards parcourt les airs ;
Viens , Mortel , viens dans mon empire
II. Vol.
Cij M
1308 MERCURE DE FRANCE
Me dit-il , avec un sourire ,
Qui fait tressaillir l'Univers.
M
C'est dans ces beaux lieux que réside
L'agréable félicité;
Le monde n'a rien de solide
Loin de moi tout est vanité.
;
C'est en vain que dans la richesse ,
Dans la gloire , dans la molesse ,
L'homme cherche de vrais plaisirs
Ces biens ne sont qu'une chimere ;
Et bien loin de me satisfaire ,
Ne font qu'augmenter mes désirs.
M
Que la terre qui dans l'air roble
Paroft méprisable à mes yeux !
Ce n'est qu'une petite Boule ,
Quej'apperçois du haut des Cieux.
Ces Riches , ces vastes Royaumes,
combattent de vains fantômes
fin que tout leur soit soumis ,
Me paroissent un peu de sable ,
Ou pour un Rien qui les accable
Disputent des viles fourmis.
9
II. Vel ye
JUIN. 1732 1309
Je sors du séjour du tonnerré
Plein de l'éclat des immortels ,
Pour aller encor sur la terre
Visiter les foibles Mortels.
Je vous vois campagnes cheries
Où brillent mille Pierreries
Trésor que le Soleil produit ;
Je vais jusques dans l'Hémisphere ,
Où du jour regne la lumiere ,
Lorsque sur nous régné la nuit.
021.
Lorsqu'en cherchant de nouveaux mondes ,
Je vole sur le sein des Mers ,
Neptune souleve ses Ondes;
La Tempête trouble les airs ;
Le jour se dérobe à ma vûëling
Les éclairs seuls fendant la nueodd
M'apprennent quels sont mes dangers ,
Mais la main d'un Dieu juste et sage,
Me fait survivre à mon naufrage;
J'arrive en des bords étrangers.
6
20
Quels lieux , l'horreur de la nature
S'offrent à mes tristes regards !
Comment en tracer la peinture
L'effroi regne de toutes parts.
ALL II, Vol.
Errant Ciij
310 MERCURE DE FRANCE
Errant dans ces lointaines plages ,
J'apperçois encor des Sauvages ,
Plus affreux même que les lieux ,
Je les rends à ma voix dociles
At bien- tôt dans ces champs tranquiles,
Je fais naître des jours heureux..
•
Aux sons éclatans de ma Lyre ,
J'entraîne les Rochers, les Bois ;
Je vois mille murs se construire ,
La Pierre s'arrange à mon choix
Par tout regne la politesse ;
Ce peuple rempli d'allegresse
Me prend pour un des immortels ,
Les Dieux avec l'aimable Astrée,
Vont quitter la voute ašurée ,
Jaloux du bonheur des mortels.
Que vois-je ? la Mere des Graces ;
Junon , Pallas s'offre à mes yeux
Mercure vole sur leurs traces ,
Et me donne un fruit précieux.
Juge cette Troupe immortelle ,
Prononce quelle est la plus belle ,
Me dit-il , aimable Berger ;
Viens- en combler une de gloire
II. Vol. Sois
JUIN. 1732. 1321
Sois l'arbitre d'une victoire,
Dont les Dieux ne peuvent juger.
#
Que ne puis-je , aimables Déesses ;
Vous faire vaincre toutes trois
Par vos beautez enchanteresses,
Vous merités toutes ma voix:
Charmé de vos yeux que j'adore ,
Plus je regarde , plus j'ignore"
Aqui je dois donner le prix ;
Mais enfin Venus vous surpasse ;
Peut-on voir sa riante face >
Sans en être d'abort épris ?
Que de plaisirs , que de délices ;
Déja s'emparent de mon cœur !
Venus , par des regards propices ,
Me reconnoit pour son vainqueur,
Quelquefois avec la Déesse ;
Caché sous une Nuë épaisse ,
O Dieux , vous en êtes jaloux';
Je quitte l'amour pour la guerre
Maintenant armé d'un tonnérre
Je fais redouter mon courroux.
Fier vainqueur , nouvel Alexandre , '
II. Vola Ciiij Je
1312 MERCURE DE FRANCE
Je répands en tous lieux l'horreur ;
Les Etats , les Villes en cendre ,
Aux Humains vantent ma valeur ;
L'Univers ,... helas ! la lumiere ,
Me forçant d'ouvrir la paupiere ,
Me rejette en un trouble affreux
Je retombe dans ma tristesse :
Que ne puis-je dormir sans cesse ,
Puisqu'en dormant je suis heureux !
;
B. L. de Pailleres.
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Résumé : SONGE. ODE.
Le poème 'SONG E. O D E.' a été écrit en juin 1732. Le narrateur y invoque le sommeil pour échapper à ses maux et chagrins, espérant voir ses désirs réalisés en rêve. Il souhaite s'abandonner aux charmes du sommeil, monté sur Pégase, pour explorer la terre et les cieux. Dans son rêve, il est transporté au ciel où il rencontre les dieux, dont Jupiter. Ce dernier lui parle de la vanité des biens terrestres et de la véritable félicité. Le narrateur contemple ensuite la terre depuis les cieux, méprisant les richesses et les royaumes. Il visite diverses régions, affrontant des tempêtes et des dangers, mais survit grâce à la protection divine. Il rencontre des sauvages qu'il apaise avec sa lyre, construisant des villes et apportant la civilisation. Les dieux, jaloux du bonheur des mortels, lui demandent de juger de leur beauté. Le narrateur choisit Vénus, mais est ensuite forcé de quitter l'amour pour la guerre, devenant un conquérant redouté. Finalement, il se réveille, regrettant de ne pouvoir dormir éternellement pour rester heureux.
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19680
p. 2785-2797
LETTRE de M.... écrite à M. de ... Commandeur de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem, au sujet d'un Livre nouveau intitulé: La Vie de Messire François Picquet, &c.
Début :
Le Livre dont vous me parlez, Monsieur, est également curieux et édifiant, [...]
Mots clefs :
Ordre de saint Jean de Jerusalem, Livre, Journal de Verdun, Doutes, François Picquet, Consulat, Alep, Pacha , Historien, Mosquée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... écrite à M. de ... Commandeur de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem, au sujet d'un Livre nouveau intitulé: La Vie de Messire François Picquet, &c.
LETTRE de M.... écrite à M. de...
Commandeur de l'Ordre de S. Jean de
Jerusalem , au sujet d'un Livre nouveau
intitulé : La Vie de Messire François Pic
quet , &c.
E Livre dont vous me parlez , Mon
Li ,
→
fiant , il mérite que vous le lisiez avec
attention dès que vous serez de retour de votre Campagne. Le peu que
vous en avez vû dans le petit Journal de Verdun , n'est pas , comme vous
dites , suffisant pour vous instruire ; il l'a
été seulement pour exciter votre curiosité et pour former quelques doutes , que
vous me chargez d'éclaircir , les Journaux Litteraires n'en ayant point encore
parlé.
Le premier de ces doutes roule sur ces
paroles du Journaliste , page 175. du
mois de Septembre. En 1662. M. Pičquet revint en Europe, sans renoncer au Consulat d'Alep , qu'ilfit exercerparM. Baron.
II. Vol. C
Ces iiij
2786 MERCURE DE FRANCE
Ces paroles font , sans doute , entendre
que M. Baron ne fut que le Substitut de
M. Picquet , et que celui- cy étant toûjours le maître du Consulat d'Alep , il y
commit une personne à sa dévotion, &c.
Votre interprétation est juste , Monsieur,
mais le fondement en est peu solide. Les
termes que je viens de rapporter sont
entierement du Journaliste;l'Historien de
M. Picquet ne parle point ainsi , et vous
avez eû grande raison de douter que
M. Baron , dont vous avez connu la famille , fort superieure à celle de M. Picquet , dont vous avez , dis- je , vû les Neveux se distinguer dans votre Ordre , ait
jamais été le Substitut d'un Consul d'Alep.
Mais comme je ne sçaurois bien remplir tout ce que vous exigez de moi au
sujet de ce nouveau Livre , sans le lire
attentivement d'un bout à l'autre , je ne
vous dis rien de plus ici sur cet article. L'occasion d'en parler reviendra à
la suite de mes Observations , que je soumets d'avance toutes à vos lumieres , ne
les ayant entreprises que pour vous obéïr,
et pour perfectionner un Ouvrage qui mérite l'attention de tous les gens de bien.
En voici d'abord le Titre. LA VIE de
Messire François Picquet , Consul de Franse et de Hollande à Alep ; ensuite Evêque
II. Vol. de
DECEMBRE 1732. 2787
de Cesarople,puis de Babylone, Vicaire Apos
tolique en Perse ; avec titre d'Ambassadeur
du Roy auprès du Roy de Perse , contenant
plusieurs évenemens curieux , arrivez dans
le temps de son Consulat et de son Episcopat, dans les Etats de Turquie et de Perse ,
et dans les Eglises des deux Empires.Divisée
en trois Livres , 1. vol. in 8. de 543. pages
sans la Préface et la Table. A Paris,
chez la Veuve Mergé , ruë S. Jacques ,
M. DCC. XXXII.
Une assez longue Préface contient d'abord l'Eloge de M. Picquet, lequel ne présente rien que de vrai, et de fort touchant.
Elle indique ensuite les sources où l'on a
puisé les Memoires qui ont servi à écrire
I'Histoire de sa vie. On distingue particulierement ici François Malaval , ce sçavant Aveugle de Marseille , qui avoit autrefois projetté de composer lui - même
cette Histoire , et qui a fourni des lumieres et des secours considerables pour l'exc
cution de celle dont il est question . Les
autres personnes qui ont concouru au
même dessein , sont aussi nommées avec
distinction dans la même Préface. X
LIVRE I. qui comprend les commencemens
de la vie de M. Picquet , l'Histoire de son
Consulat et divers evenemens concernant les
Eglises du Levant et de Turquie
II. Vol. Cv François
2738 MERCURE DE FRANCE
· François Piquet nâquit à Lyon le jour
de Pâques 12. Avfil 1626 ; il étoit fils de
Geofroy Picquet et d'Anne de Monery
l'un et l'autre d'une honnête et ancienne
Famille , que l'on mettoit au nombre des
Nobles de la ville de Lyon. L'Autheur
ajoute que Geofroy Picquet avoit été fort
riche , et qu'il passoit pour l'un des plus
considerables Banquiers de Lyon , qui
avoit le plus de crédit et de correspondances dans toutes les Places de l'Europe.
Je passe , Monsieur , les prémices de la
piété et les premieres études de ce serviteur de Dieu , qui avançoit à grands pas
dans la carriere de la vertu à mesure qu'il
croissoit en âge ; je passe aussi ses voyages
en divers endroits de l'Italie dont il vit les
principales Villes , et dont il ne revint à
Lyon que vers la fin de l'année 1650.
En 1652 le Consulat d'Alep , dont on
décrit ici l'importance et les avantages ,
étant venu à vacquer par la mort de M.
Bonin de Marseille , M. Picquet fut nommé par la Chambre du Commerce pour
remplir cette Charge , et la Cour approuva ce choix ,
Il s'embarqua à Marseille au mois de
Septembre de la même année , et après
avoir débarqué à Alexandrete il se rendit
à Alep au commencement de Decembre.
` II. Vol. On
DECEMBRE. 1732. 2789
On lui fit une Réception magnifique ;
tous les Consuls à la tête de leur Nation
vinrent le recevoir à l'entrée de la Ville ,
et le conduisirent jusqu'à son Palais &c.
Il faut passer ce terme , souvent employé
dans cette Histoire pour signifier la Mai son du Consul.
Il donna dabord toute son application
au rétablissement des affaires du Commerce, que la mauvaise foi des Marchands
et l'avarice insatiable des Gouverneurs
avoient fortdérangées. LePacha d'alors s'ap
pelloit Bichir , et non pas Bicier , comme
le nomme notre Autheur ; ses violences
et ses injustices l'avoient rendu fameux
dans l'Orient , et on parloit encore de lui
quand j'étois dans la Syrie. M. Picquet
vintcependantà bout de réprimer ses véxations ; il obtint des ordres précis de la
Porte , par lesquels il lui fut deffendu de
les continuer , et enjoint de donner une
entiere satisfaction au Consul de France ,
et de vivre desormais en bonne intelligence avec lui.
Divers incidens troublerent depuis cette
intelligence ; mais ils ne servirent qu'à
faire paroître la fermeté et la sagesse de
notre Consul qui eut toujours l'avantage
sur le Pacha , et maintint hautement les
droits et la gloire de la Nation.
II. Vol. C vj Je
2750 MERCURE DE FRANCE
Je ne puis m'empêcher , Monsieur, de
vous dire ici que le narré de l'un de ces
incidens est une espece d'énigme pour
moi , je ne sçai si vous en comprendrez
mieux le sens ? Voici de quoi il s'agit.
» Le courage de ce brave Consul parut
>> encore , dit notre Historien , lorsque son
>> Vice- Consul étant investi dans sa Maison , qui étoit à l'extrêmité d'un fau-
»bourg, par 500 Mores , il alla lui- même
»à son secours à la tête de 200 François ,
» et les chargea si vigoureusement , qu'ils
furent obligez de prendre la fuite , et de
»lui laisser la gloire d'avoir purgé la cam-
» pagne de tous ces brigands , à la grande
»confusion du Pacha , qui negligeoit un
»devoir si essentiel à sa charge &c.
Tout le monde sçait que le Consul d'Alep n'a point de Vice-Consul dans cette
même Ville ; il y seroit fort inutile. Il
n'est pas moins certain que la Syrie n'est
pas le pays des Mores : d'où seroient donc
venus ceux qui investirent la Maison en
question ? M. le Chevalier Monier , originaire d'Alep, que vous avez fort connu
à Paris chez le Cardinal de Noailles , qui
a lu tous des premiers cette vie de M. Picquet, m'a avoué qu'il n'avoit pas mieux
compris que moi l'endroit dont je viens
de parler.
II. Vol. Cependant
DECEMBRE. 1732. 2791
Cependant les affaires du Commerce set
rétablissant de jour en jour , les Droits du
Consulat grossirent à proportion , et M.
Picquet se fit en peu de tems un gros re- venu. Rien n'est plus édifiant que de voir
dans le Livre même le saint usage qu'il
sçut en faire , et le détail de ses grandes
aumônes , particulierement envers les Ecclésiastiques et les pauvres Eglises du pays.
Ce détail est suivi du recit de la révolte du Pacha d'Alep , contre lequel le Grand Vizir envoya Mortasa et non pas Mourthesar , son Lieutenant , avec un corps de
troupes pour les opposer à ce Rebelle , et
pour commander en sa place dans Alep ,
ce qui ayant été heureusement executé , le
nouveau Pacha donna plusieurs témoignages d'estime et de considération à M.
Picquet , jusqu'à faire pendre le Grand
Douannier devant la porte du Palais
de France , pour vanger les injures qu'il
avoit faites à la Nation dans l'exercice de sa Charge , du tems du Pacha rebelle.
Les Gouverneurs Turcs ne visitent jamais personne , et ils affectent surtout de
ne pas se mesurer avec les Consuls : c'est
beaucoup quand ils s'acquittent à leur
égard des bienseances reglées. Cependant
le nouveau Pacha prévenu d'estime et
II. Vol. d'une
2792 MERCURE DE FRANCE
d'une amitié particuliere pour M. Picquet
lui rendit une visite. Le Consulde son côté
répondit tout de son mieux à cet honneur
extraordinaire, il regala le Pacha, et quand
celui-cy montoit à cheval pour s'en retourner , étant survenu une grosse pluye , M.
Picquet lui fit présenter un très- beau Manteau d'écarlate de Venise , doublé de bro
card d'or.
Le Pacha revint encore quelques jours
aprés chez le Consul pour demander
ses conseils au sujet de l'Armée des Rebelles , qui étoit encore assemblée , et
suivoit la fortune de Bichir Pacha.
La bienfeance et les suites de cette affaire
engagerent M. Picquet de visiter à son
tour le Pacha , qui lui rendit de grands
honneurs accompagnez de quelques présens , sçavoir une veste de drap verd , couleur cherie des Mahometans , et interdite
aux Chrétiens dans le Levant , une Pelisse , ou Fourure de Chameau , et le plus
beau Cheval de son Ecurie richement harnaché. La Pelisse de Chameau vous fera
sans doute rire , c'est apparemment une
méprise que je voudrois bien rejetter sur
'Imprimeur, s'il étoit possible , quoiqu'elle ne soit pas marquée dans l'Errata. Vous
sçavez ce que c'est que le poil et le cuir
d'un Chrmeau dont on fait seulement des
II. Vol.
cribles
DECEMBRE. 1732. 2793
cribles et d'autres usages les plus grossiers
Cette visite fut suivie de quelqu'autres
où toute ceremónie étoit bannie ; elles se
passoient dans la nuit pour conferer des
moyens de reduire les Chefs des Rebelles
et de dissiper leur Armée. Le Pacha et le
Consul convinrent enfin d'un moyen qui
fut éxecuté de la maniere qui suit.
Un jour de vendredi , destiné chez les
Mahometans à l'Assemblée generale et
aux Prieres publiques dans la principale
Mosquée , dans le tems de la plus grande
application des Assistans , 12 Imans ou
Ministres de la Religion , pratiquez par
le Pacha , tomberent brusquement sur les
Chefs des Rebelles et leur couperent la
tête. Le Pacha sortit en même tems de la
Ville avec l'Etendart de la Loi , qui fut
incontinent suivi par les troupes rebelles ,
et la tranquillité se rétablit aussi- tôt. C'est
ainsi , dit notre Historien , que Mortasa
assisté des lumieres et du conseil de M.
Picquet , remporta sur Bichir et les compagnons de sa revolte une victoire &c.
Il se trompe au reste dans ce narré, lorsqu'en expliquant le terme d'Iman , il dit
que ce sont chez les Turcs une espece de
Prêtres qui exercent leurs fonctions hors
la ville. Les Imans sont employez dans les
grandes villes , comme dans les petites
II. Vol. -Mosquées
2794 MERCURE DE FRANCE
Mosquées , il y en a à sainte Sophie et
dans les autres Mosquées Royales de Cons
tantinople , et par tout où les Mahométans ont des Temples.
Cette sanglante Tragedie , qui augmenta la bonne intelligence entre le Pacha d'Alep et le Consul François , fut suivie peu de tems après d'un spectacle plus
agréable ; c'est la fameuse Comedie de Pastor
Fido , dont M. le Consul voulut régaler le
Pacha. On dressa un Théatre dans la Maison Consulaire : la décoration en étoit
magnifique et bien entendue , et la Piece
fut executée avec tant de succès par de
jeunes Marchands François , que le Pacha
leur fit offrir un présent de deux mille
Piastres , lequel ne fut point accepté. Le
Gouverneur fut charmé de cette Piece
surtout de la belle Symphonie dont chaque Scene étoit suivie. Il y a beaucoup
d'apparence que c'est tout ce que les Turcs
purent admirer.
>
Le Pacha voulut regaler à son tour le
Consul et laNationFrançoise d'uneComédie Turque , laquelle fut representée dans
son Serrail par les meilleurs Acteurs du
Pays , et qui parut , dit notre Autheur ,
avoir son agrément dans l'esprit de nos
François. Ceux- ci ne manquerent pas ,
sans doute , de complaisance ; car vous
II. Vol. n'ignorez
DECEMBR E. 1732 2795
n'ignorez pas , Monsieur , que les Turcs
n'ont ni regles, ni genie pour ces sortes de
spectacles ; témoin celui dont je crois de
vous avoir parlé , et où je me suis trouvé
un jour chez le Pacha de Damas , qui n'étoit rempli que de boufonneries , quelquefois assez grossieres , et dont la derniere Scene fut un bizarre travestissement
des Acteurs,qui parurent habillez à la Françoise avec des Perruques &c. ce qui augmenta les éclats de rire et combla le plaisir des Spectateurs.
C'est à cette occasion que le Pacha d'Alep offrit au vertueux Consul deux des
plus belles filles et des principales Familles Turques de la Ville , qui avoient assisté à cette Comédie , offre qui fut bien
loin rejettée , et sur laquelle le Consul
s'excusa , en faisant confidence au Pacha
du Vou qu'il avoit fait de quitter le
monde pour embrasser l'Etat Ecclesiastique , comme il l'éxecuta quelques années
après.
M. Picquet n'avoit alors que trente ans ,
ce qui acheva de lui gagner l'estime et
l'amitié du Gouverneur. C'est à peu près
dans ce même tems que la République
de Hollande le choisit pour son Consul à
Alep et dans ses dépendances : l'agrément
du Roi est ici sous-entendu.
II. Vol. J.
2796 MERCURE DE FRANCE
Je ne suivrai point notre Historien
dans tout ce qu'il ajoûte des differens
effets du zele de ce Consul , pour affermir
les Catholiques Orientaux dans la Foi , et
pour soumettre les Schismatiques à l'Eglise Romaine. Il eut une tendresse particuliere pour l'Eglise Maronite , toute
Catholique , du Mont Liban ; il faut voir
dans le Livre même tout ce qu'il a fait
pour cette Eglise , qui fut de son tems
extrêmement persecutée ; on ne peut rien
lire de plus édifiant ni de mieux touché.
L'article des Esclaves Chrétiens que le
pieux Consul soulageoit par ses aumônes , et dont il rompoit les fers quand il
le pouvoit , est encore de ce même caractere , on ne sçauroit le lire sans être
émû.
Je ne m'arrêterai point aussi à extraire
le détail de la disgrace qui survint au Pacha d'Alep , disgrace que l'Auteur attri
bue à l'étroite union qu'il avoit avec le
Consul François , laquelle donna de l'ombrage au G. S. et au G. Viz. M. Picquet
déplora le malheureux sort de son ami
qui fût conduit comme un criminel à
Constantinople ; » craignant que la gran-
» de liaison qu'il avoit eue avec ce Pacha
» ne lui fut¯nuisible ; parce que dans ce
» pays là on ne manque pas de se défaire
II. Vol.
D d'u-
DECEMBRE. 1732 2797
» d'une personne sans bruit ; it résolut de
» se retirer , mais le Seigneur , qui vou-
>> loit encore se servir de son ministere
» pour le bien des Pauvres et de la Reli-
» gion , lui fit differer de deux ans l'exe-
»cution de son dessein.
Je m'arrête ici , Monsieur , pour ne
point trop fatiguer votre attention , et
pour préparer dans une seconde Lettre
la suite de cet Extrait et de mes petites
Remarques. Je suis , &c.
Commandeur de l'Ordre de S. Jean de
Jerusalem , au sujet d'un Livre nouveau
intitulé : La Vie de Messire François Pic
quet , &c.
E Livre dont vous me parlez , Mon
Li ,
→
fiant , il mérite que vous le lisiez avec
attention dès que vous serez de retour de votre Campagne. Le peu que
vous en avez vû dans le petit Journal de Verdun , n'est pas , comme vous
dites , suffisant pour vous instruire ; il l'a
été seulement pour exciter votre curiosité et pour former quelques doutes , que
vous me chargez d'éclaircir , les Journaux Litteraires n'en ayant point encore
parlé.
Le premier de ces doutes roule sur ces
paroles du Journaliste , page 175. du
mois de Septembre. En 1662. M. Pičquet revint en Europe, sans renoncer au Consulat d'Alep , qu'ilfit exercerparM. Baron.
II. Vol. C
Ces iiij
2786 MERCURE DE FRANCE
Ces paroles font , sans doute , entendre
que M. Baron ne fut que le Substitut de
M. Picquet , et que celui- cy étant toûjours le maître du Consulat d'Alep , il y
commit une personne à sa dévotion, &c.
Votre interprétation est juste , Monsieur,
mais le fondement en est peu solide. Les
termes que je viens de rapporter sont
entierement du Journaliste;l'Historien de
M. Picquet ne parle point ainsi , et vous
avez eû grande raison de douter que
M. Baron , dont vous avez connu la famille , fort superieure à celle de M. Picquet , dont vous avez , dis- je , vû les Neveux se distinguer dans votre Ordre , ait
jamais été le Substitut d'un Consul d'Alep.
Mais comme je ne sçaurois bien remplir tout ce que vous exigez de moi au
sujet de ce nouveau Livre , sans le lire
attentivement d'un bout à l'autre , je ne
vous dis rien de plus ici sur cet article. L'occasion d'en parler reviendra à
la suite de mes Observations , que je soumets d'avance toutes à vos lumieres , ne
les ayant entreprises que pour vous obéïr,
et pour perfectionner un Ouvrage qui mérite l'attention de tous les gens de bien.
En voici d'abord le Titre. LA VIE de
Messire François Picquet , Consul de Franse et de Hollande à Alep ; ensuite Evêque
II. Vol. de
DECEMBRE 1732. 2787
de Cesarople,puis de Babylone, Vicaire Apos
tolique en Perse ; avec titre d'Ambassadeur
du Roy auprès du Roy de Perse , contenant
plusieurs évenemens curieux , arrivez dans
le temps de son Consulat et de son Episcopat, dans les Etats de Turquie et de Perse ,
et dans les Eglises des deux Empires.Divisée
en trois Livres , 1. vol. in 8. de 543. pages
sans la Préface et la Table. A Paris,
chez la Veuve Mergé , ruë S. Jacques ,
M. DCC. XXXII.
Une assez longue Préface contient d'abord l'Eloge de M. Picquet, lequel ne présente rien que de vrai, et de fort touchant.
Elle indique ensuite les sources où l'on a
puisé les Memoires qui ont servi à écrire
I'Histoire de sa vie. On distingue particulierement ici François Malaval , ce sçavant Aveugle de Marseille , qui avoit autrefois projetté de composer lui - même
cette Histoire , et qui a fourni des lumieres et des secours considerables pour l'exc
cution de celle dont il est question . Les
autres personnes qui ont concouru au
même dessein , sont aussi nommées avec
distinction dans la même Préface. X
LIVRE I. qui comprend les commencemens
de la vie de M. Picquet , l'Histoire de son
Consulat et divers evenemens concernant les
Eglises du Levant et de Turquie
II. Vol. Cv François
2738 MERCURE DE FRANCE
· François Piquet nâquit à Lyon le jour
de Pâques 12. Avfil 1626 ; il étoit fils de
Geofroy Picquet et d'Anne de Monery
l'un et l'autre d'une honnête et ancienne
Famille , que l'on mettoit au nombre des
Nobles de la ville de Lyon. L'Autheur
ajoute que Geofroy Picquet avoit été fort
riche , et qu'il passoit pour l'un des plus
considerables Banquiers de Lyon , qui
avoit le plus de crédit et de correspondances dans toutes les Places de l'Europe.
Je passe , Monsieur , les prémices de la
piété et les premieres études de ce serviteur de Dieu , qui avançoit à grands pas
dans la carriere de la vertu à mesure qu'il
croissoit en âge ; je passe aussi ses voyages
en divers endroits de l'Italie dont il vit les
principales Villes , et dont il ne revint à
Lyon que vers la fin de l'année 1650.
En 1652 le Consulat d'Alep , dont on
décrit ici l'importance et les avantages ,
étant venu à vacquer par la mort de M.
Bonin de Marseille , M. Picquet fut nommé par la Chambre du Commerce pour
remplir cette Charge , et la Cour approuva ce choix ,
Il s'embarqua à Marseille au mois de
Septembre de la même année , et après
avoir débarqué à Alexandrete il se rendit
à Alep au commencement de Decembre.
` II. Vol. On
DECEMBRE. 1732. 2789
On lui fit une Réception magnifique ;
tous les Consuls à la tête de leur Nation
vinrent le recevoir à l'entrée de la Ville ,
et le conduisirent jusqu'à son Palais &c.
Il faut passer ce terme , souvent employé
dans cette Histoire pour signifier la Mai son du Consul.
Il donna dabord toute son application
au rétablissement des affaires du Commerce, que la mauvaise foi des Marchands
et l'avarice insatiable des Gouverneurs
avoient fortdérangées. LePacha d'alors s'ap
pelloit Bichir , et non pas Bicier , comme
le nomme notre Autheur ; ses violences
et ses injustices l'avoient rendu fameux
dans l'Orient , et on parloit encore de lui
quand j'étois dans la Syrie. M. Picquet
vintcependantà bout de réprimer ses véxations ; il obtint des ordres précis de la
Porte , par lesquels il lui fut deffendu de
les continuer , et enjoint de donner une
entiere satisfaction au Consul de France ,
et de vivre desormais en bonne intelligence avec lui.
Divers incidens troublerent depuis cette
intelligence ; mais ils ne servirent qu'à
faire paroître la fermeté et la sagesse de
notre Consul qui eut toujours l'avantage
sur le Pacha , et maintint hautement les
droits et la gloire de la Nation.
II. Vol. C vj Je
2750 MERCURE DE FRANCE
Je ne puis m'empêcher , Monsieur, de
vous dire ici que le narré de l'un de ces
incidens est une espece d'énigme pour
moi , je ne sçai si vous en comprendrez
mieux le sens ? Voici de quoi il s'agit.
» Le courage de ce brave Consul parut
>> encore , dit notre Historien , lorsque son
>> Vice- Consul étant investi dans sa Maison , qui étoit à l'extrêmité d'un fau-
»bourg, par 500 Mores , il alla lui- même
»à son secours à la tête de 200 François ,
» et les chargea si vigoureusement , qu'ils
furent obligez de prendre la fuite , et de
»lui laisser la gloire d'avoir purgé la cam-
» pagne de tous ces brigands , à la grande
»confusion du Pacha , qui negligeoit un
»devoir si essentiel à sa charge &c.
Tout le monde sçait que le Consul d'Alep n'a point de Vice-Consul dans cette
même Ville ; il y seroit fort inutile. Il
n'est pas moins certain que la Syrie n'est
pas le pays des Mores : d'où seroient donc
venus ceux qui investirent la Maison en
question ? M. le Chevalier Monier , originaire d'Alep, que vous avez fort connu
à Paris chez le Cardinal de Noailles , qui
a lu tous des premiers cette vie de M. Picquet, m'a avoué qu'il n'avoit pas mieux
compris que moi l'endroit dont je viens
de parler.
II. Vol. Cependant
DECEMBRE. 1732. 2791
Cependant les affaires du Commerce set
rétablissant de jour en jour , les Droits du
Consulat grossirent à proportion , et M.
Picquet se fit en peu de tems un gros re- venu. Rien n'est plus édifiant que de voir
dans le Livre même le saint usage qu'il
sçut en faire , et le détail de ses grandes
aumônes , particulierement envers les Ecclésiastiques et les pauvres Eglises du pays.
Ce détail est suivi du recit de la révolte du Pacha d'Alep , contre lequel le Grand Vizir envoya Mortasa et non pas Mourthesar , son Lieutenant , avec un corps de
troupes pour les opposer à ce Rebelle , et
pour commander en sa place dans Alep ,
ce qui ayant été heureusement executé , le
nouveau Pacha donna plusieurs témoignages d'estime et de considération à M.
Picquet , jusqu'à faire pendre le Grand
Douannier devant la porte du Palais
de France , pour vanger les injures qu'il
avoit faites à la Nation dans l'exercice de sa Charge , du tems du Pacha rebelle.
Les Gouverneurs Turcs ne visitent jamais personne , et ils affectent surtout de
ne pas se mesurer avec les Consuls : c'est
beaucoup quand ils s'acquittent à leur
égard des bienseances reglées. Cependant
le nouveau Pacha prévenu d'estime et
II. Vol. d'une
2792 MERCURE DE FRANCE
d'une amitié particuliere pour M. Picquet
lui rendit une visite. Le Consulde son côté
répondit tout de son mieux à cet honneur
extraordinaire, il regala le Pacha, et quand
celui-cy montoit à cheval pour s'en retourner , étant survenu une grosse pluye , M.
Picquet lui fit présenter un très- beau Manteau d'écarlate de Venise , doublé de bro
card d'or.
Le Pacha revint encore quelques jours
aprés chez le Consul pour demander
ses conseils au sujet de l'Armée des Rebelles , qui étoit encore assemblée , et
suivoit la fortune de Bichir Pacha.
La bienfeance et les suites de cette affaire
engagerent M. Picquet de visiter à son
tour le Pacha , qui lui rendit de grands
honneurs accompagnez de quelques présens , sçavoir une veste de drap verd , couleur cherie des Mahometans , et interdite
aux Chrétiens dans le Levant , une Pelisse , ou Fourure de Chameau , et le plus
beau Cheval de son Ecurie richement harnaché. La Pelisse de Chameau vous fera
sans doute rire , c'est apparemment une
méprise que je voudrois bien rejetter sur
'Imprimeur, s'il étoit possible , quoiqu'elle ne soit pas marquée dans l'Errata. Vous
sçavez ce que c'est que le poil et le cuir
d'un Chrmeau dont on fait seulement des
II. Vol.
cribles
DECEMBRE. 1732. 2793
cribles et d'autres usages les plus grossiers
Cette visite fut suivie de quelqu'autres
où toute ceremónie étoit bannie ; elles se
passoient dans la nuit pour conferer des
moyens de reduire les Chefs des Rebelles
et de dissiper leur Armée. Le Pacha et le
Consul convinrent enfin d'un moyen qui
fut éxecuté de la maniere qui suit.
Un jour de vendredi , destiné chez les
Mahometans à l'Assemblée generale et
aux Prieres publiques dans la principale
Mosquée , dans le tems de la plus grande
application des Assistans , 12 Imans ou
Ministres de la Religion , pratiquez par
le Pacha , tomberent brusquement sur les
Chefs des Rebelles et leur couperent la
tête. Le Pacha sortit en même tems de la
Ville avec l'Etendart de la Loi , qui fut
incontinent suivi par les troupes rebelles ,
et la tranquillité se rétablit aussi- tôt. C'est
ainsi , dit notre Historien , que Mortasa
assisté des lumieres et du conseil de M.
Picquet , remporta sur Bichir et les compagnons de sa revolte une victoire &c.
Il se trompe au reste dans ce narré, lorsqu'en expliquant le terme d'Iman , il dit
que ce sont chez les Turcs une espece de
Prêtres qui exercent leurs fonctions hors
la ville. Les Imans sont employez dans les
grandes villes , comme dans les petites
II. Vol. -Mosquées
2794 MERCURE DE FRANCE
Mosquées , il y en a à sainte Sophie et
dans les autres Mosquées Royales de Cons
tantinople , et par tout où les Mahométans ont des Temples.
Cette sanglante Tragedie , qui augmenta la bonne intelligence entre le Pacha d'Alep et le Consul François , fut suivie peu de tems après d'un spectacle plus
agréable ; c'est la fameuse Comedie de Pastor
Fido , dont M. le Consul voulut régaler le
Pacha. On dressa un Théatre dans la Maison Consulaire : la décoration en étoit
magnifique et bien entendue , et la Piece
fut executée avec tant de succès par de
jeunes Marchands François , que le Pacha
leur fit offrir un présent de deux mille
Piastres , lequel ne fut point accepté. Le
Gouverneur fut charmé de cette Piece
surtout de la belle Symphonie dont chaque Scene étoit suivie. Il y a beaucoup
d'apparence que c'est tout ce que les Turcs
purent admirer.
>
Le Pacha voulut regaler à son tour le
Consul et laNationFrançoise d'uneComédie Turque , laquelle fut representée dans
son Serrail par les meilleurs Acteurs du
Pays , et qui parut , dit notre Autheur ,
avoir son agrément dans l'esprit de nos
François. Ceux- ci ne manquerent pas ,
sans doute , de complaisance ; car vous
II. Vol. n'ignorez
DECEMBR E. 1732 2795
n'ignorez pas , Monsieur , que les Turcs
n'ont ni regles, ni genie pour ces sortes de
spectacles ; témoin celui dont je crois de
vous avoir parlé , et où je me suis trouvé
un jour chez le Pacha de Damas , qui n'étoit rempli que de boufonneries , quelquefois assez grossieres , et dont la derniere Scene fut un bizarre travestissement
des Acteurs,qui parurent habillez à la Françoise avec des Perruques &c. ce qui augmenta les éclats de rire et combla le plaisir des Spectateurs.
C'est à cette occasion que le Pacha d'Alep offrit au vertueux Consul deux des
plus belles filles et des principales Familles Turques de la Ville , qui avoient assisté à cette Comédie , offre qui fut bien
loin rejettée , et sur laquelle le Consul
s'excusa , en faisant confidence au Pacha
du Vou qu'il avoit fait de quitter le
monde pour embrasser l'Etat Ecclesiastique , comme il l'éxecuta quelques années
après.
M. Picquet n'avoit alors que trente ans ,
ce qui acheva de lui gagner l'estime et
l'amitié du Gouverneur. C'est à peu près
dans ce même tems que la République
de Hollande le choisit pour son Consul à
Alep et dans ses dépendances : l'agrément
du Roi est ici sous-entendu.
II. Vol. J.
2796 MERCURE DE FRANCE
Je ne suivrai point notre Historien
dans tout ce qu'il ajoûte des differens
effets du zele de ce Consul , pour affermir
les Catholiques Orientaux dans la Foi , et
pour soumettre les Schismatiques à l'Eglise Romaine. Il eut une tendresse particuliere pour l'Eglise Maronite , toute
Catholique , du Mont Liban ; il faut voir
dans le Livre même tout ce qu'il a fait
pour cette Eglise , qui fut de son tems
extrêmement persecutée ; on ne peut rien
lire de plus édifiant ni de mieux touché.
L'article des Esclaves Chrétiens que le
pieux Consul soulageoit par ses aumônes , et dont il rompoit les fers quand il
le pouvoit , est encore de ce même caractere , on ne sçauroit le lire sans être
émû.
Je ne m'arrêterai point aussi à extraire
le détail de la disgrace qui survint au Pacha d'Alep , disgrace que l'Auteur attri
bue à l'étroite union qu'il avoit avec le
Consul François , laquelle donna de l'ombrage au G. S. et au G. Viz. M. Picquet
déplora le malheureux sort de son ami
qui fût conduit comme un criminel à
Constantinople ; » craignant que la gran-
» de liaison qu'il avoit eue avec ce Pacha
» ne lui fut¯nuisible ; parce que dans ce
» pays là on ne manque pas de se défaire
II. Vol.
D d'u-
DECEMBRE. 1732 2797
» d'une personne sans bruit ; it résolut de
» se retirer , mais le Seigneur , qui vou-
>> loit encore se servir de son ministere
» pour le bien des Pauvres et de la Reli-
» gion , lui fit differer de deux ans l'exe-
»cution de son dessein.
Je m'arrête ici , Monsieur , pour ne
point trop fatiguer votre attention , et
pour préparer dans une seconde Lettre
la suite de cet Extrait et de mes petites
Remarques. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE de M.... écrite à M. de ... Commandeur de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem, au sujet d'un Livre nouveau intitulé: La Vie de Messire François Picquet, &c.
La lettre traite d'un livre intitulé 'La Vie de Messire François Picquet', qui mérite une lecture attentive. Elle répond à des doutes soulevés par un journal littéraire concernant le consulat d'Alep exercé par François Picquet et son substitut, M. Baron. La lettre précise que les termes du journal ne sont pas ceux de l'historien de Picquet et que la famille de M. Baron est plus distinguée que celle de Picquet. François Picquet, né à Lyon en 1626, fils de Geofroy Picquet, un banquier influent, fut nommé consul d'Alep en 1652 et arriva à Alep en décembre de la même année. Il rétablit les affaires commerciales perturbées par la mauvaise foi des marchands et l'avarice des gouverneurs. Picquet obtint des ordres de la Porte pour réprimer les vexations du Pacha Bichir et rétablir une bonne intelligence. Le livre relate divers événements, dont un incident où Picquet secourut son vice-consul attaqué par des brigands, bien que l'existence de ce vice-consul soit mise en doute. Les affaires commerciales se rétablirent, permettant à Picquet de faire des aumônes significatives. Le livre décrit également la répression d'une révolte du Pacha d'Alep, avec l'aide du lieutenant Mortasa, et les relations diplomatiques entre Picquet et le nouveau Pacha. Picquet organisa une représentation de la comédie 'Pastor Fido' pour le Pacha, suivie d'une comédie turque offerte par le Pacha. Picquet refusa l'offre du Pacha de lui donner deux jeunes filles turques, invoquant son vœu de se consacrer à l'état ecclésiastique. À l'époque des faits relatés, Picquet avait trente ans. Le texte mentionne également les actions et les honneurs reçus par Picquet, qui a gagné l'estime et l'amitié du gouverneur local. Il fut choisi par la République de Hollande comme consul à Alep et ses dépendances, avec l'agrément implicite du roi. Picquet montra un zèle particulier pour affermir les catholiques orientaux dans la foi et soumettre les schismatiques à l'Église romaine. Il manifesta une tendresse spéciale pour l'Église maronite du Mont Liban, qu'il soutint malgré les persécutions. Il aida également les esclaves chrétiens en leur offrant des aumônes et en les libérant quand cela était possible. La disgrâce du pacha d'Alep, attribuée à son étroite union avec Picquet, causa de l'ombre au Grand Seigneur et au Grand Vizir. Picquet craignit pour sa sécurité et envisagea de se retirer, mais il différa son départ de deux ans à la demande de Dieu, qui souhaitait encore se servir de son ministère pour le bien des pauvres et de la religion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19681
p. 200
DE COPPENHAGUE, le 16 Décembre.
Début :
La Princesse Louise, seconde Fille du Roi qui vient d'avoir la petite vérole, [...]
Mots clefs :
Princesse, Petite vérole, Guérison, Épidémies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE COPPENHAGUE, le 16 Décembre.
De COPPENHAGUE , le 16 Décembre.
A Princeffe Louife , feconde Fille du Roi
qui vient d'avoir la petite vérole , eft actuellament
hors de danger . Cette maladie a fait ici de
grands ravages pendant quatre mois . Il y mearoit
plus de cent perfonnes par ſemaine,
A Princeffe Louife , feconde Fille du Roi
qui vient d'avoir la petite vérole , eft actuellament
hors de danger . Cette maladie a fait ici de
grands ravages pendant quatre mois . Il y mearoit
plus de cent perfonnes par ſemaine,
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19682
p. 200-201
DE VIENNE, le 6 Décembre.
Début :
Les derniers avantages remportés par nos Troupes en Saxe, ont déterminé [...]
Mots clefs :
Troupes, Saxe, Impératrice, Guerre, Général, Baron, Ennemis, Artillerie, Bateaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 6 Décembre.
De VIENNE , le 6 Décembre.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
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Résumé : DE VIENNE, le 6 Décembre.
Le 6 décembre, l'Impératrice Reine a décidé d'accorder des gratifications aux troupes autrichiennes en Saxe pour les encourager à poursuivre les combats pendant l'hiver, suite à leurs récents succès. Le 4 décembre, un corps de troupes prussiennes, composé de sept mille hommes d'élite sous les ordres du Général Hulfen, était positionné à Meissen sur la rive droite de l'Elbe. Les Prussiens avaient préparé des bateaux pour traverser le fleuve. Le même jour, le Baron de Beck, à la tête de ses troupes, a attaqué les Prussiens avec une grande impétuosité et les a vaincus. Environ la moitié des troupes prussiennes a réussi à s'enfuir en utilisant les bateaux, laissant sur le champ de bataille huit cents morts, mille cinq cents prisonniers et huit pièces de canon. L'artillerie autrichienne, rapidement déployée sur les bateaux, a causé une seconde perte aux Prussiens, environ six cents hommes ayant été précipités et noyés dans l'Elbe.
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19683
p. 201
DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Début :
Après l'affaire de Meissen, le Général Beck s'est porté sur Torgau avec un [...]
Mots clefs :
Général, Torgau, Troupes, Attaque, Magasins, Ennemis, Prussiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
De LEIPSICK , le 16 Décembre.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
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Résumé : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Le 16 décembre, le général Beck, à la tête de seize mille hommes, intercepta et détruisit des barques de provisions prussiennes sur l'Elbe. Il incendia des magasins ennemis à Riella, Striehlen et Belgern, puis attaqua Torgau sans succès. Le 23 décembre, les Prussiens quittèrent Dippoldiswalde, occupé par le général Prentano.
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19684
p. 201-202
DE PRAGUE, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois un détachement de 1800 Prussiens surprit le Monastère [...]
Mots clefs :
Détachement des troupes, Monastère, Abbé, Pillage, Attaque, Menace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PRAGUE, le 22 Décembre.
De PRAGUE, le 22 Décembre.
rompre
Le 17 de ce mois un détachement de 1800
Pruffiens furprit le Monaftère d'Offeg. L'Officier
qui les commandoit demanda l'Abbé ; & comme
on lui dit qu'il étoit abfent , il fit
les portes de la chambre du dépôt , & enleva
l'argent. Enfuite il ordonna au Prieur de fournir
cent mille écus , avec menace s'il n'obéifloit
pas , de faire brüler le Monaffère. Le lende
?
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
main , la Communauté n'ayant pu raffembler
que mille florins , le Monaftère & l'Eglife furent
mis au plus affreux pillage.
rompre
Le 17 de ce mois un détachement de 1800
Pruffiens furprit le Monaftère d'Offeg. L'Officier
qui les commandoit demanda l'Abbé ; & comme
on lui dit qu'il étoit abfent , il fit
les portes de la chambre du dépôt , & enleva
l'argent. Enfuite il ordonna au Prieur de fournir
cent mille écus , avec menace s'il n'obéifloit
pas , de faire brüler le Monaffère. Le lende
?
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
main , la Communauté n'ayant pu raffembler
que mille florins , le Monaftère & l'Eglife furent
mis au plus affreux pillage.
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Résumé : DE PRAGUE, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, 1800 Prussiens ont attaqué le monastère d'Offeg. L'officier a volé l'argent du dépôt et a exigé cent mille écus du prieur, menaçant de brûler le monastère. Le lendemain, après avoir obtenu seulement mille florins, ils ont pillé le monastère et l'église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19685
p. 55-58
VERS addressés à M. Prevost, Regent de Premiere, à Geneve.
Début :
D'un des favoris d'Apollon [...]
Mots clefs :
Coeur, Fleurs, Savoir, Écoliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS addressés à M. Prevost, Regent de Premiere, à Geneve.
VERS addreffes à M. Prevost , Regent de
Premiere , à Geneve .
D'un des favoris d'Apollon
Célébrons aujourd'hui la fête ;
Chers amis , que chacun s'aprête
A chanter fur le plus haut ton
Son goût , fon fçavoir & fon nom.
Mais quel obftacle nous arrête ?
De fleurs pour couronner ſa tête
On ne trouve en cette ſaiſon ,
Pas le moindre petit bouton ,
Et même le fougueux chardon
N'ofe montrer fa pointe encore ;
La campagne gémit fous le noir Aquilon :
Son fouffle impetueux dévo e
L'émail qui couvroit le gazon,
Et l'on ne voit plus Celadon
Célébrant les beautés de la naiffante Aurore ,
Faire aux échos des bois repeter ſa chanſon .
Chacun préfere le tifon
Aux doux accens de Therpficore ,
Soleil , fi défiré , c'eft en vain qu'on t'implore :
Ta feconde chaleur quand fera - t- elle éclore
La Tubereufe & le Melon ?
Ci
16 MERCURE DE FRANCE.
Quand verra-t-on briller les dons charmans de
Flore ,
Enfevelis fous le glaçon ?
Zéphir qui voltigeoit fans ceffe ,
Pour lui témoigner ſa tendreſſe ,
Et lui dérober des faveurs ,
Laiffe cette Reine des fleurs
En proye à toute fa trifteffe.
Phebus même plein de langueurs
Eft tranfi fur la double cime :
Rien ne l'émeut , rien ne l'anime ,
Et nous ferions fans protecteur
Prevoft , fi vous n'étiez le notre :
Mais ayant un tel Directeur
Avons nous befoin de quelque autre
Vós foins foutenant notre ardeurr ;
De nos foibles progrès diffipent la lenteur ;
Vos lumieres , votre prudence ,
En formant notre goût nous menent au bonheur,
Et nous ouvrent l'intelligence.
Vous nous infpirez de l'horreur
Pour la par effe & la licence ;
Un coeur volage , ou fans vigueur
Demeure toujours dans l'enfance ,
La raifon a peu d'influence
Lorfque l'on en fuit la lueur.
Banniffons loin de nous une froide indolence ,
Trifte compagne de l'erreur ;
JUIN
57 1746.
Vous faites voir que la grandeur
Que l'orgueil a placé dans l'aveugle naiſſance ,
Ou dans une vaine opulence ,
Ne fçauroit fe trouver que dans la connoiffance;
Ou dans le fentier de l'honneur ,
Vos leçons , votre expérience ,
Des pieges du monde enchanteur
Garantiffent notre innocence
Prenant en main notre défenſe .
Vous déchirez le voile féducteur
Qui de la volupté nous cachoit la laideur :
Vous découvrez le vuide immenfe
Quelle laiffe dans notre coeur.
De l'ordre & du devoir nous montrant l'excela
lence" ;
Vous en moderez la rigueur :
L'étude du plaifir prend l'aimable apparence ,
Et devient une recompenfe ;
Vouspréferez un modefte filence
An clinquant d'un Déclamateur ;
Dont la fophiftique éloquence
N'eſt qu'un étalage trompeur ,
Qui déguile fon ignorance :
Oui , la vérité , l'évidence ,
Doivent fcules faire l'effence
Des recherches de l'Orateur.
Indulgent pour l'âge où nous fommes
Par des preceptes familiers ,
CY
18 MERCURE DE FRANCE.
Vous travaillez à nous faire des hommes ;
Vous nous guidez dans les fentiers
Où vous repandez la lumiere :
Du fçavoir à nos yeux vous ouvrez la carriere
Et vous en écartez les préjugés groffiers .
Heureux fi nos efforts pouvoient vous fatisfaire !
Votre eftime eft pour nous un plus digne falaire
Qu'une couronne de lauriers .
Lorfqu'un maître a le don de plaire ,
Il est cheri des écoliers ,
Agréez les accens que notre zéle exprime ,
Tribut de refpect & d'eftime
Que vous rend l'aimable candeur.
L'hommage le plus légitime
Eft celui que dicte le coeur.
ParJ. B. Tellot à Genève ce 1 Janvier,
Premiere , à Geneve .
D'un des favoris d'Apollon
Célébrons aujourd'hui la fête ;
Chers amis , que chacun s'aprête
A chanter fur le plus haut ton
Son goût , fon fçavoir & fon nom.
Mais quel obftacle nous arrête ?
De fleurs pour couronner ſa tête
On ne trouve en cette ſaiſon ,
Pas le moindre petit bouton ,
Et même le fougueux chardon
N'ofe montrer fa pointe encore ;
La campagne gémit fous le noir Aquilon :
Son fouffle impetueux dévo e
L'émail qui couvroit le gazon,
Et l'on ne voit plus Celadon
Célébrant les beautés de la naiffante Aurore ,
Faire aux échos des bois repeter ſa chanſon .
Chacun préfere le tifon
Aux doux accens de Therpficore ,
Soleil , fi défiré , c'eft en vain qu'on t'implore :
Ta feconde chaleur quand fera - t- elle éclore
La Tubereufe & le Melon ?
Ci
16 MERCURE DE FRANCE.
Quand verra-t-on briller les dons charmans de
Flore ,
Enfevelis fous le glaçon ?
Zéphir qui voltigeoit fans ceffe ,
Pour lui témoigner ſa tendreſſe ,
Et lui dérober des faveurs ,
Laiffe cette Reine des fleurs
En proye à toute fa trifteffe.
Phebus même plein de langueurs
Eft tranfi fur la double cime :
Rien ne l'émeut , rien ne l'anime ,
Et nous ferions fans protecteur
Prevoft , fi vous n'étiez le notre :
Mais ayant un tel Directeur
Avons nous befoin de quelque autre
Vós foins foutenant notre ardeurr ;
De nos foibles progrès diffipent la lenteur ;
Vos lumieres , votre prudence ,
En formant notre goût nous menent au bonheur,
Et nous ouvrent l'intelligence.
Vous nous infpirez de l'horreur
Pour la par effe & la licence ;
Un coeur volage , ou fans vigueur
Demeure toujours dans l'enfance ,
La raifon a peu d'influence
Lorfque l'on en fuit la lueur.
Banniffons loin de nous une froide indolence ,
Trifte compagne de l'erreur ;
JUIN
57 1746.
Vous faites voir que la grandeur
Que l'orgueil a placé dans l'aveugle naiſſance ,
Ou dans une vaine opulence ,
Ne fçauroit fe trouver que dans la connoiffance;
Ou dans le fentier de l'honneur ,
Vos leçons , votre expérience ,
Des pieges du monde enchanteur
Garantiffent notre innocence
Prenant en main notre défenſe .
Vous déchirez le voile féducteur
Qui de la volupté nous cachoit la laideur :
Vous découvrez le vuide immenfe
Quelle laiffe dans notre coeur.
De l'ordre & du devoir nous montrant l'excela
lence" ;
Vous en moderez la rigueur :
L'étude du plaifir prend l'aimable apparence ,
Et devient une recompenfe ;
Vouspréferez un modefte filence
An clinquant d'un Déclamateur ;
Dont la fophiftique éloquence
N'eſt qu'un étalage trompeur ,
Qui déguile fon ignorance :
Oui , la vérité , l'évidence ,
Doivent fcules faire l'effence
Des recherches de l'Orateur.
Indulgent pour l'âge où nous fommes
Par des preceptes familiers ,
CY
18 MERCURE DE FRANCE.
Vous travaillez à nous faire des hommes ;
Vous nous guidez dans les fentiers
Où vous repandez la lumiere :
Du fçavoir à nos yeux vous ouvrez la carriere
Et vous en écartez les préjugés groffiers .
Heureux fi nos efforts pouvoient vous fatisfaire !
Votre eftime eft pour nous un plus digne falaire
Qu'une couronne de lauriers .
Lorfqu'un maître a le don de plaire ,
Il est cheri des écoliers ,
Agréez les accens que notre zéle exprime ,
Tribut de refpect & d'eftime
Que vous rend l'aimable candeur.
L'hommage le plus légitime
Eft celui que dicte le coeur.
ParJ. B. Tellot à Genève ce 1 Janvier,
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19686
p. 202-203
DE LONDRES, le 10 Décembre.
Début :
Le Général Amherst, qui n'a pu réussir dans l'expédition qu'il avoit projettée contre [...]
Mots clefs :
Général, Expédition, Fort, Amérique septentrionale, Réparations, Forteresse, Troupes, Escadre, Amiral, Québec, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 10 Décembre.
De' LONDRES , le 10 Décembre .
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
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Résumé : DE LONDRES, le 10 Décembre.
Le 10 décembre, le général Amherst a échoué dans son expédition contre le fort Saint Jean et le poste de la Galette. Le général Gage a justifié cet échec par l'avancement de la saison. Les réparations du fort Carillon sont terminées. Amherst juge le terrain de la forteresse de la pointe de la Couronne comme le plus avantageux en Amérique pour une fortification régulière. La construction de trois forts est en cours pour renforcer cette position. Amherst assure que ces travaux empêcheront toute tentative ennemie de reprendre la pointe de la Couronne. Trois vaisseaux de l'escadre de l'amiral Boys, cherchant Thurot, ont été endommagés par un gros vent et ont dû se réfugier dans un port écossais. L'amirauté a ordonné au sieur Brett de poursuivre une petite escadre française. Des lettres de Québec du 10 octobre signalent l'arrivée de Bougainville pour négocier avec Murray. À Québec, les vivres sont très chers, les maisons détruites laissent les soldats sans abri, et il manque de bois pour le chauffage. Un bâtiment venu des Indes Orientales rapporte que d'Aché est parti de l'île de Bourbon pour la côte de Coromandel avec onze vaisseaux, trois frégates et plusieurs bâtiments de transport, dans l'espoir de réparer les pertes françaises précédentes.
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19687
p. 2806-2808
NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
Début :
Paroissez, jours si salutaires, [...]
Mots clefs :
Cieux, Dieu, Dames religieuses, Chanter, Allégresse, Beaux jours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
NOEL ,
Pour les Dames Religieuses de Notre-
Dame de Perpignan.
P
Aroissez , jours si salutaires ,
Jours , qui devez nous rendre heureux ;
Beaux jours , tant prédits à nos Petes
Secondez l'ardeur de nos voeux ;
Venez , volez , et que sans cesse
Vos douceurs regnent en tous lieux ;
Beaux jours , répandez l'allégresse ,
Et sur la terre et dans les Cieux.
Paroissez , &c.
›
Mais , quel enchantement ! quel éclat ! quelle
Aurore !
Mille et mille rayons dorent tous ces Côteaux;
Ciel ! quels feux apperçois- je encore !
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1733 . 280
Dans la nuit , un Soleil brille dans nos Ha
meaux ,
Quels sons harmonicux ! une Troupe Angeli
que
Des plus aimables chants , fair retentir les Airs
Qu'on est charmé de ses Concers !
Elle annonce par ce Cantique ,
Un Kédempteur à l'Univers.
» Chantez , Mortels , chantez Victoire ;
Un Dieu se fait Homme pour vous ;
» Célébrez sans cesse sa gloire ;
. L'Enfer va ceder à ses coups.
» Non , non , vous n'aurez plus de Guerre,
» Vos maux finissent pour jamais ,
» L'Eternel n'a plus de Tonnerre ,
"3 Quand son cher Fils donne la Paix,
» Chantez , Mortels , & c .
Mais qu'apperçois- je , 6 Ciel le Messie ado
rable
Parmi deux animaux.
Un Roy dans une Etable
A peine couvert de Jambeaux.
Quoi ! la Souveraine Puissance ,
Quoi ? ce Dieu si grand , si parfait ,
Sur le Foin , aujourd'hui , soupire après le Lait .
Dont l'homme a besoin dans l'Enfance !
II.Vol Cij Cieux
2808 MERCURE DE FRANCE
Cieux , Terre , tout s'unit pour loüer ce Sanyeur
,
Et tes Filles a , Sion , par la grace épurées -
Font retentir ces lieux des louanges sacrées ,
Que les coeurs attendris , donnent au Redempteur
,
Hautbois , Clairons , tendre Musette ,
Célébrez un Dieu plein d'amour ,
Trompette, sonnez en ce jour ,
De l'Empire infernal annoncez la défaite.
Du Dieu qui vienr briser nos fers ,
Chantons la gloire , et la tendresse ;
Livrons- nous tous à l'allégresse ,
Enfin les Cieux nous sont ouverts.
a Les Dames Religieuses..
P.. R. F. Controlleur au Bureau Général
du Tabac à Perpignan.
La Musique est celle de la Cantate, les Jardins
e Sceaux , &c.
Pour les Dames Religieuses de Notre-
Dame de Perpignan.
P
Aroissez , jours si salutaires ,
Jours , qui devez nous rendre heureux ;
Beaux jours , tant prédits à nos Petes
Secondez l'ardeur de nos voeux ;
Venez , volez , et que sans cesse
Vos douceurs regnent en tous lieux ;
Beaux jours , répandez l'allégresse ,
Et sur la terre et dans les Cieux.
Paroissez , &c.
›
Mais , quel enchantement ! quel éclat ! quelle
Aurore !
Mille et mille rayons dorent tous ces Côteaux;
Ciel ! quels feux apperçois- je encore !
II. Vol. Dans
DECEMBRE. 1733 . 280
Dans la nuit , un Soleil brille dans nos Ha
meaux ,
Quels sons harmonicux ! une Troupe Angeli
que
Des plus aimables chants , fair retentir les Airs
Qu'on est charmé de ses Concers !
Elle annonce par ce Cantique ,
Un Kédempteur à l'Univers.
» Chantez , Mortels , chantez Victoire ;
Un Dieu se fait Homme pour vous ;
» Célébrez sans cesse sa gloire ;
. L'Enfer va ceder à ses coups.
» Non , non , vous n'aurez plus de Guerre,
» Vos maux finissent pour jamais ,
» L'Eternel n'a plus de Tonnerre ,
"3 Quand son cher Fils donne la Paix,
» Chantez , Mortels , & c .
Mais qu'apperçois- je , 6 Ciel le Messie ado
rable
Parmi deux animaux.
Un Roy dans une Etable
A peine couvert de Jambeaux.
Quoi ! la Souveraine Puissance ,
Quoi ? ce Dieu si grand , si parfait ,
Sur le Foin , aujourd'hui , soupire après le Lait .
Dont l'homme a besoin dans l'Enfance !
II.Vol Cij Cieux
2808 MERCURE DE FRANCE
Cieux , Terre , tout s'unit pour loüer ce Sanyeur
,
Et tes Filles a , Sion , par la grace épurées -
Font retentir ces lieux des louanges sacrées ,
Que les coeurs attendris , donnent au Redempteur
,
Hautbois , Clairons , tendre Musette ,
Célébrez un Dieu plein d'amour ,
Trompette, sonnez en ce jour ,
De l'Empire infernal annoncez la défaite.
Du Dieu qui vienr briser nos fers ,
Chantons la gloire , et la tendresse ;
Livrons- nous tous à l'allégresse ,
Enfin les Cieux nous sont ouverts.
a Les Dames Religieuses..
P.. R. F. Controlleur au Bureau Général
du Tabac à Perpignan.
La Musique est celle de la Cantate, les Jardins
e Sceaux , &c.
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Résumé : NOEL, Pour les Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan.
Le poème célèbre la naissance du Christ, destiné aux Dames Religieuses de Notre-Dame de Perpignan. Il commence par une invocation aux jours salutaires et heureux, appelant à l'allégresse sur terre et dans les cieux. Une scène nocturne est décrite, où un soleil brille, accompagné de chants angéliques annonçant la venue d'un rédempteur pour l'univers. Les mortels sont invités à chanter la victoire et la gloire de Dieu, qui se fait homme pour apporter la paix et mettre fin aux guerres. Le texte évoque ensuite la naissance du Messie dans une étable, entouré d'animaux, soulignant la souveraineté et la perfection de Dieu malgré sa naissance humble. Le poème se termine par une célébration de la victoire de Dieu sur l'enfer, avec des instruments de musique et des louanges sacrées, exprimant la joie et l'allégresse de la rédemption. La musique mentionnée est celle de la cantate des Jardins de Sceaux. Le poème est signé par P. R. F., contrôleur au Bureau Général du Tabac à Perpignan.
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19688
p. 203
DE ROME, le 10 Décembre.
Début :
On mande de Naples, qu'il y a eu le 24 du mois dernier éruption du Vésuve [...]
Mots clefs :
Éruption du Vésuve, Lave, Nuages de cendres, Pape, Duc, Prince, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 10 Décembre.
De ROME , le 10 Décembre .
On mande de Naples , qu'il y a eu le 24 dù
mois dernier une éruption du Véfuve des plus
confidérables ; qu'il en eft forti , par cinq nouvelles
ouvertures , une quantité prodigieufe de
matière enflammée ; & que diverfes exploſions
ont pouffé le bitume & les cendres jufques vers
la Tour de la Nunziata : ce qui a rempli d'effroi
tous les habitans du canton .
Le 14 de ce mois le Pape a créé Prince le
Duc de Galean des Iffarts , Colonel d'Infanterie
au fervice de France , Chevalier des Ordres de
S. Hubert au Palatinat , & de Malthe. Sa Sainteté
a fait expédier à ce Seigneur le diplome conçu
dans les termes les plus honorables.
On mande de Naples , qu'il y a eu le 24 dù
mois dernier une éruption du Véfuve des plus
confidérables ; qu'il en eft forti , par cinq nouvelles
ouvertures , une quantité prodigieufe de
matière enflammée ; & que diverfes exploſions
ont pouffé le bitume & les cendres jufques vers
la Tour de la Nunziata : ce qui a rempli d'effroi
tous les habitans du canton .
Le 14 de ce mois le Pape a créé Prince le
Duc de Galean des Iffarts , Colonel d'Infanterie
au fervice de France , Chevalier des Ordres de
S. Hubert au Palatinat , & de Malthe. Sa Sainteté
a fait expédier à ce Seigneur le diplome conçu
dans les termes les plus honorables.
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Résumé : DE ROME, le 10 Décembre.
Le 24 novembre, le Vésuve a connu une éruption majeure avec cinq nouvelles fissures, libérant de la matière enflammée et projetant du bitume et des cendres jusqu'à la Tour de la Nunziata. Le 14 décembre, le Pape a élevé le Duc de Galean des Iffarts, Colonel d'Infanterie français et Chevalier des Ordres de Saint-Hubert et de Malte, au rang de Prince.
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19689
p. 35-37
VERS à Mde RICCOBONI, Auteur d'AMÉLIE, Roman de FIELDING, Auteur de TOM JONES & de JOSEHP ANDREWS.
Début :
AINSI de tes écrits les charmes ravissans, [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Tendre, Heureux, Malheurs, Génie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à Mde RICCOBONI, Auteur d'AMÉLIE, Roman de FIELDING, Auteur de TOM JONES & de JOSEHP ANDREWS.
VERS à Mde RICCO BONI ,Auteur
d'AMÉLIE , Roman de FIELDING
Auteur de TOM JONES & de Ja-
SEHP ANDREWS.
AINSI de tes écrits les charmes raviflans ,
La vivacité , la nobleffe
Unie à la délicateffe ,
Se rendent maître de nos fens !
Chaque trait qui naît fous ta plume
Eft l'empreinte du Sentiment ;
Et le beau feu que ton génie allume ,
Décide de nos coeurs le moindre mouvement
Par un penchant doux & facile ,
B vi
35 MERCURE DE FRANCE.
La tendre fierté de ton ſtyle
>
>
Les force à partager tes regrets , tes plaifirs
Et meut tous les efprits au gré de tes defirs
Et quel coeur barbare , infléxible ,
Peut ne pas devenir ſenſible , ( a )
Aux peines que reffent l'aimable Catesby ?
Qui n'eft pas pénétré de fa vive allégreffe ,
Lorſqu'elle voit enfin couronner fa tendreſſe
Par fa douce union à l'heureux d'Offery,
A cet objet , celui d'une longue triſteſſe ?
Cet objet qu'elle crut parjure , vicieux ;
Quel plaifir de le voir fincère , vertueux !
Lorfque l'on voit Fanni ( b ) ( amanre infortunée
! )
Pleurer fa trifte deſtinée ,
Qui pourroit ne pas s'attendrir ?
Quand du plus tendre amour on la voit embrasée ,
Par un indigne amant lâchement abuſée ;
Eh ! quel coeur pourroit , fans frémir ,
L'écouter , fe plaindre , gémir ?
Pour moi quand je l'entends à tous tant que nous
fommes
Nous reprocher ſes chagrins , ſes malheurs ;
Mon viſage bientôt eft baigné de ſes pleurs :
Je rougis d'être au nombre de ces hommes.
(a )Lettres de Milady Juliette Catesby à Milady
Henriette Campley fon amie.
( b ) Lettres de Miftris Fanni Butler à Milord
Charles Alfred , &c. ouvrage charmant de
Madame Riccoboni.
AVRIL 1763 . 37
>
De ta félicité que tu fais d'envieux ,
Heureux Fielding ! Ecrivain glorieux
Dé qui devoient les fortunes ouvrages
Par la main du Génie être un jour embellis ,
Et les fentimens annoblis
Ravir d'univerfels fuffrages !
Mais Dieux que dis-je ? .... & quel trouble eft le
mien ?
Cet ouvrage n'eft plus le tien
Oui , fous les mêmes noms qu'a peine on en con .
ſerve ,
C'est l'ouvrage du Goût , c'eft celui de Miner
Afes traits on le reconnoît :
L'Anglois fe voit détruit , & Fielding difparoît.
Heureux Fenton , plus heureufe Amélie , (c)
Vous que le fort enfin le plus fortuné lie :
Ah ! vous l'étiez juſques dans vos malheurs !
Dieux ! que la main qui les publie
En nous attendriffant adoucit vos douleurs !
Mais qu'à nos yeux votre bonheur augmente
Lorfque Riccoboni nous en peint les douceurs .
Généreufe , compatiſſante ,
Mère des Grâces , des Talens ,
M
Tendre Riccoboni ; tout par toi nous enchante
Notre félicité devient bien plus touchante ;
Nos malheurs bien moins accablans ,
Dès que c'eſt ta voix qui les chante.
(c ) Amélie , Roman de M. Fielding , deraïer
Ouvrage de Mde. Riccoboni.
Par le C. D. §. ´A ****
d'AMÉLIE , Roman de FIELDING
Auteur de TOM JONES & de Ja-
SEHP ANDREWS.
AINSI de tes écrits les charmes raviflans ,
La vivacité , la nobleffe
Unie à la délicateffe ,
Se rendent maître de nos fens !
Chaque trait qui naît fous ta plume
Eft l'empreinte du Sentiment ;
Et le beau feu que ton génie allume ,
Décide de nos coeurs le moindre mouvement
Par un penchant doux & facile ,
B vi
35 MERCURE DE FRANCE.
La tendre fierté de ton ſtyle
>
>
Les force à partager tes regrets , tes plaifirs
Et meut tous les efprits au gré de tes defirs
Et quel coeur barbare , infléxible ,
Peut ne pas devenir ſenſible , ( a )
Aux peines que reffent l'aimable Catesby ?
Qui n'eft pas pénétré de fa vive allégreffe ,
Lorſqu'elle voit enfin couronner fa tendreſſe
Par fa douce union à l'heureux d'Offery,
A cet objet , celui d'une longue triſteſſe ?
Cet objet qu'elle crut parjure , vicieux ;
Quel plaifir de le voir fincère , vertueux !
Lorfque l'on voit Fanni ( b ) ( amanre infortunée
! )
Pleurer fa trifte deſtinée ,
Qui pourroit ne pas s'attendrir ?
Quand du plus tendre amour on la voit embrasée ,
Par un indigne amant lâchement abuſée ;
Eh ! quel coeur pourroit , fans frémir ,
L'écouter , fe plaindre , gémir ?
Pour moi quand je l'entends à tous tant que nous
fommes
Nous reprocher ſes chagrins , ſes malheurs ;
Mon viſage bientôt eft baigné de ſes pleurs :
Je rougis d'être au nombre de ces hommes.
(a )Lettres de Milady Juliette Catesby à Milady
Henriette Campley fon amie.
( b ) Lettres de Miftris Fanni Butler à Milord
Charles Alfred , &c. ouvrage charmant de
Madame Riccoboni.
AVRIL 1763 . 37
>
De ta félicité que tu fais d'envieux ,
Heureux Fielding ! Ecrivain glorieux
Dé qui devoient les fortunes ouvrages
Par la main du Génie être un jour embellis ,
Et les fentimens annoblis
Ravir d'univerfels fuffrages !
Mais Dieux que dis-je ? .... & quel trouble eft le
mien ?
Cet ouvrage n'eft plus le tien
Oui , fous les mêmes noms qu'a peine on en con .
ſerve ,
C'est l'ouvrage du Goût , c'eft celui de Miner
Afes traits on le reconnoît :
L'Anglois fe voit détruit , & Fielding difparoît.
Heureux Fenton , plus heureufe Amélie , (c)
Vous que le fort enfin le plus fortuné lie :
Ah ! vous l'étiez juſques dans vos malheurs !
Dieux ! que la main qui les publie
En nous attendriffant adoucit vos douleurs !
Mais qu'à nos yeux votre bonheur augmente
Lorfque Riccoboni nous en peint les douceurs .
Généreufe , compatiſſante ,
Mère des Grâces , des Talens ,
M
Tendre Riccoboni ; tout par toi nous enchante
Notre félicité devient bien plus touchante ;
Nos malheurs bien moins accablans ,
Dès que c'eſt ta voix qui les chante.
(c ) Amélie , Roman de M. Fielding , deraïer
Ouvrage de Mde. Riccoboni.
Par le C. D. §. ´A ****
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Résumé : VERS à Mde RICCOBONI, Auteur d'AMÉLIE, Roman de FIELDING, Auteur de TOM JONES & de JOSEHP ANDREWS.
Le poème est adressé à Madame Riccoboni, auteure de l'œuvre 'Amélie'. Il met en lumière la vivacité et la délicatesse de son style, capable de toucher les cœurs et de susciter des émotions. Le texte mentionne des personnages des romans de Fielding, tels que Catesby, Fanny et Amélie, en soulignant les sentiments qu'ils inspirent. Il exprime l'admiration pour la manière dont Riccoboni adapte et améliore les œuvres de Fielding, rendant les personnages et leurs histoires plus touchants. Le poème se termine par une admiration pour Riccoboni, qualifiée de 'mère des Grâces et des Talents', dont la voix adoucit les douleurs et rend les malheurs moins accablants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19690
p. 2957-2963
EXTRAIT d'un Mémoire lû à la rentrée de l'Académie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1731. par M. Duhamel du Monceau,
Début :
Dans le dessein que M. D. s'est formé, de faire sur des Plantes des [...]
Mots clefs :
Arbres, Greffes, Poirier, Sauvageon, Expériences, Agriculture
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Mémoire lû à la rentrée de l'Académie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1731. par M. Duhamel du Monceau,
EXTRAIT d'un Mémoire lû à la rentrée
de l'Académie Royale des Sciences , le
14 Novembre 1731. par M. Duhamel
du Monceau ,
Dmé
و
Ans le dessein- que M. D. s'est forde
faire sur les Plantes des
recherches physiques dont on pût retirer
des avantages pour l'Agriculture , la
Greffe , ne pouvoit pas manquer de devenir
l'objet de son travail , la singularité
II. Vol.
qu'il
298 MERCURE DE FRANCE
gere ,
qu'il y a de voir un Arbre adopter sur
'son tronc une branche qui lui est étranet
la nourrir comme les siennes
propres , est un fait assès singulier "pour
mériter l'application d'un Physicien , et
le grand usage que l'on fait de cette pratique
d'Agriculture , pour multiplier les
bonnes especes de fruits , la rend extrêmement
utile , et par conséquent digne
de l'attention de celui qui travaille à perfectionner
l'Agriculture.
A peine aussi la Greffe a- t'elle été connuë
, que tous les Auteurs d'Agriculture
se sont efforcez de lui donner des louanges
, et ont été à ce point d'éxageration ,
qu'ils lui ont attribue le pouvoir de changer
entierement les especes , et d'autres
proprietés merveilleuses , dont M. D. ne
convient pas. Et pour ne laisser aucun
doute sur ce point , et prouver incontestablement
que , quoique la Greffe donne
quelque perfection aux fruits , elle ne
peut cependant changer les especes ; M.
D... s'est engagé dans un nombre prodigieux
d'esperances. Non - seulement tous
Les Arbres ont été greffés les uns sur les
autres comme le Poirier sur l'Epine , le
Neflier , l'Alisier , le Cormier , l'Orme ,
le Chêne , l'Erable le Charme , &c.
mais même ils l'ont été de differentes ma-
II. Vol. nieres
و
DECEMBRE . 1731. 2959.
nieres , en fente , en couronne , en écusson
, à oeil poussant , et à oeil dormant ,
ou par approche. Bien plus , ces expériences
ont été répetées trois ans de suite,.
afin qu'on ne pût imputer ni à l'impéritie
du Jardinier , ni à quelques fâcheuses
circonstances des saisons , le mauvais succès
de plusieurs de ces Greffes ; aussi après
toutes ces précautions , M. D ... croit- il
pouvoir assurer qu'entre les Greffes qui
sont rapportées dans les ouvrages d'Agriculture
, les unes ne peuvent absolument
réüssir , et celles qui réussissent ne changent
jamais les especes. Mais comme M.
D... ne s'est pas contenté , en faisant ses
expériences , de remarquer les Greffes qui
ont réussi , et celles qui ont péri , mais
qu'il a encore observé les circonstances
qui ont accompagné la réussite des unes ,
et la mort des autres. Par exemple , que
quelques Greffes périssoient d'une surabondance
de substance et comme noyées
par la sève du sujet , pendant que
d'autres mouroient d'inanition , et après
avoir désseché et appauvri le tronc sur
lequel elles étoient appliquées. Ces observations
, et quantité d'autres , lui ont
donné lieu d'avancer comme un principe
certain que la réussite des Greffes n'est
assurée et satisfaisante pour celui qui la
11. Vol.
pra
2960 MERCURE DE FRANCE
pratique , que quand il se trouve un cèrtain
rapport et une conformité entre la
Greffe et le sujet. Le Poirier , par exemple
,, pousse avec force et vigueur sur son
sauvageon , et est presque à tous égards
semblable aux Arbres non greffés. Quand
au contraire les oppositions sont grandes,
il est inutile d'y mettre ces expériences ,
le Prunier et l'Orme ont toûjours réfusé
de s'allier , et si le Poirier et l'Erable ou
le Chêne , le Prunier et l'Amandier , le
Meurier et l'Orme , et beaucoup d'autres
Arbres greffés les uns sur les autres ont
repris , leurs pousses étoient petites , leurs
feuilles étoient jaunes , d'autant moins vigoureuses
, que la disproportion étoit
plus considerable , ces Greffes ont enfin
perdu tous leurs Gets , et sont enfin péris
comme les autres .
-D...
Il s'embleroit suivre delà , continue M.
que notre travail sur la Greffe devroit
principalement se borner à étudier le
rapport des Arbres entr'eux , pour n'appliquer
les uns sur les autres , que ceux
qui ont entr'eux une Analogie la plus
parfaite , et cette pratique est veritablement
la meilleure , quand il ne s'agit que
d'avoir des Arbres forts , vigoureux et de
longue durée , comme sont ceux qu'on
met en avenue ; mais à l'égard des Arbres
II. Vol.
FruiDECEMBRE.
1731. 2961
por-
Fruitiers , le but principal de leur cul
ture étant d'avoir beaucoup de beau et
bon Fruit , M. D... croit qu'il peut être
avantageux pour remplir ces vûës d'éviter
une Analogie trop parfaite entre la
Greffe et le sujet or voici son raisonnément
; beaucoup d'Arbres ne portent
point de fruits , parce qu'ils poussent
avec trop de force et de vigueur , il faut
donc les affoiblir pour leur en faire
ter en abondance. Assurés par plusieurs
expériences, premierement , que la Greffe
affoiblit toûjours les Arbres , et en second
lieu , qu'elle les affoiblit à proportion ,
qu'il y a moins d'Analogie entre la Greffe
et le sujet , nous pouvons leur ôter cette
trop grande vigueur qui les rend infructueux
soit en faisant plusieurs Greffes
les unes sur les autres comme en greffant
sur un Sauvageon un Beuré et sur
le Beuré un Colmar ou une autre espece
qu'on veut avoir dans son Jardin
en choisissant des sujets qui ayent moins
d'Analagie avec le Poirier qu'il n'en a
avec son Sauvageon , comme sont les Coignassiers
, ou les Nefliers ou les Cormiers
, ou les Epines blanches , et plusieurs
autres Arbres sur lesquels le Poirier
ne laisse
pas de reprendre , quoique
leur Analogie avec le Poirier soit moins
11. Vol. G par
,
›
soit
2962 MERCURE DE FRANCE
parfaite que celle du Poirier franc avec
son Sauvageon ; mais cès Arbres ne viennent
pas également bien par tout , et il
y a quantité de Terroirs où les Poiriers
greffés sur des Coignassiers ne font que
languir , de même que dans plusieurs
endroits , il n'est pas possible d'élever des
Poiriers sur le Neflier ..ou sur l'Epine ;
c'est ce qui engage M. D... à proposer
un troisiéme moyen d'affoiblir les Arbres
et qui pourra être employé dans
ces sortes de Terres , aussi bien que celui
qu'il a proposé en premier lieu , il consiste
à rompre la trop grande Anologie ,
qui est entre le Poirier franc et son Sauvageon
, par l'interposition d'une espece
qui soit moins analogue à l'un et à l'autre,
comme seroit , par exemple un Coignassier
; ainsi , après avoir greffé un
Coignassier sur Sauvageon , il faudroit
greffer le Poirier franc sur la pousse du
Coignassier. Au reste , M. D... avouë
que les expériences qu'il a faites pour
s'assurer de la bonté de ce dernier moïen ,
ne sont pas assès avancées pour en assurer
entierement la réussite ; mais il la croit
assès probable pour inviter ceux qui ont
des Arbres qui ne donnent point de fruit,
à tenter de les réduire par quelques - uns
de ces moyens.
II. Vol.
›
M.
1
DECEMBRE 1731.
2963
M. D... remarque ensuite que par ces
differentes pratiques , on ne peut qu'àméliorer
les fruits d'autant que les unes
et les autres tendent ou à multiplier un
noeud , ou un certain entortillement de
Vaisseaux qui se rencontrent toûjours à
l'endroit de l'application de la Greffe , et
l'autre à le rendre plus compacte , plus
serré , et ainsi plus efficace ; car les recherches
que M. D... a faites sur la Greffe
, l'ont persuadé que l'avantage que les
fruits en retirent dépend principalement
de ce noeud , qui fait , en quelque maniere
, l'office d'une glande .
Enfin , M. D. , réfute quelques Auteurs
qui ont proposé de fortifier les Arbres
par des Greffes réïverées , et il conclud
sa Dissertation par une Table des
meilleures especes de Poires, rangées sous
trois colomnes , l'une renferme les especes
de Poires qui se mettent très aisément
à fruit , l'autre , celles qui se mettent assès
aisément et enfin la troisiéme contiennent
celles qui ne s'y mettent que
difficilement.
de l'Académie Royale des Sciences , le
14 Novembre 1731. par M. Duhamel
du Monceau ,
Dmé
و
Ans le dessein- que M. D. s'est forde
faire sur les Plantes des
recherches physiques dont on pût retirer
des avantages pour l'Agriculture , la
Greffe , ne pouvoit pas manquer de devenir
l'objet de son travail , la singularité
II. Vol.
qu'il
298 MERCURE DE FRANCE
gere ,
qu'il y a de voir un Arbre adopter sur
'son tronc une branche qui lui est étranet
la nourrir comme les siennes
propres , est un fait assès singulier "pour
mériter l'application d'un Physicien , et
le grand usage que l'on fait de cette pratique
d'Agriculture , pour multiplier les
bonnes especes de fruits , la rend extrêmement
utile , et par conséquent digne
de l'attention de celui qui travaille à perfectionner
l'Agriculture.
A peine aussi la Greffe a- t'elle été connuë
, que tous les Auteurs d'Agriculture
se sont efforcez de lui donner des louanges
, et ont été à ce point d'éxageration ,
qu'ils lui ont attribue le pouvoir de changer
entierement les especes , et d'autres
proprietés merveilleuses , dont M. D. ne
convient pas. Et pour ne laisser aucun
doute sur ce point , et prouver incontestablement
que , quoique la Greffe donne
quelque perfection aux fruits , elle ne
peut cependant changer les especes ; M.
D... s'est engagé dans un nombre prodigieux
d'esperances. Non - seulement tous
Les Arbres ont été greffés les uns sur les
autres comme le Poirier sur l'Epine , le
Neflier , l'Alisier , le Cormier , l'Orme ,
le Chêne , l'Erable le Charme , &c.
mais même ils l'ont été de differentes ma-
II. Vol. nieres
و
DECEMBRE . 1731. 2959.
nieres , en fente , en couronne , en écusson
, à oeil poussant , et à oeil dormant ,
ou par approche. Bien plus , ces expériences
ont été répetées trois ans de suite,.
afin qu'on ne pût imputer ni à l'impéritie
du Jardinier , ni à quelques fâcheuses
circonstances des saisons , le mauvais succès
de plusieurs de ces Greffes ; aussi après
toutes ces précautions , M. D ... croit- il
pouvoir assurer qu'entre les Greffes qui
sont rapportées dans les ouvrages d'Agriculture
, les unes ne peuvent absolument
réüssir , et celles qui réussissent ne changent
jamais les especes. Mais comme M.
D... ne s'est pas contenté , en faisant ses
expériences , de remarquer les Greffes qui
ont réussi , et celles qui ont péri , mais
qu'il a encore observé les circonstances
qui ont accompagné la réussite des unes ,
et la mort des autres. Par exemple , que
quelques Greffes périssoient d'une surabondance
de substance et comme noyées
par la sève du sujet , pendant que
d'autres mouroient d'inanition , et après
avoir désseché et appauvri le tronc sur
lequel elles étoient appliquées. Ces observations
, et quantité d'autres , lui ont
donné lieu d'avancer comme un principe
certain que la réussite des Greffes n'est
assurée et satisfaisante pour celui qui la
11. Vol.
pra
2960 MERCURE DE FRANCE
pratique , que quand il se trouve un cèrtain
rapport et une conformité entre la
Greffe et le sujet. Le Poirier , par exemple
,, pousse avec force et vigueur sur son
sauvageon , et est presque à tous égards
semblable aux Arbres non greffés. Quand
au contraire les oppositions sont grandes,
il est inutile d'y mettre ces expériences ,
le Prunier et l'Orme ont toûjours réfusé
de s'allier , et si le Poirier et l'Erable ou
le Chêne , le Prunier et l'Amandier , le
Meurier et l'Orme , et beaucoup d'autres
Arbres greffés les uns sur les autres ont
repris , leurs pousses étoient petites , leurs
feuilles étoient jaunes , d'autant moins vigoureuses
, que la disproportion étoit
plus considerable , ces Greffes ont enfin
perdu tous leurs Gets , et sont enfin péris
comme les autres .
-D...
Il s'embleroit suivre delà , continue M.
que notre travail sur la Greffe devroit
principalement se borner à étudier le
rapport des Arbres entr'eux , pour n'appliquer
les uns sur les autres , que ceux
qui ont entr'eux une Analogie la plus
parfaite , et cette pratique est veritablement
la meilleure , quand il ne s'agit que
d'avoir des Arbres forts , vigoureux et de
longue durée , comme sont ceux qu'on
met en avenue ; mais à l'égard des Arbres
II. Vol.
FruiDECEMBRE.
1731. 2961
por-
Fruitiers , le but principal de leur cul
ture étant d'avoir beaucoup de beau et
bon Fruit , M. D... croit qu'il peut être
avantageux pour remplir ces vûës d'éviter
une Analogie trop parfaite entre la
Greffe et le sujet or voici son raisonnément
; beaucoup d'Arbres ne portent
point de fruits , parce qu'ils poussent
avec trop de force et de vigueur , il faut
donc les affoiblir pour leur en faire
ter en abondance. Assurés par plusieurs
expériences, premierement , que la Greffe
affoiblit toûjours les Arbres , et en second
lieu , qu'elle les affoiblit à proportion ,
qu'il y a moins d'Analogie entre la Greffe
et le sujet , nous pouvons leur ôter cette
trop grande vigueur qui les rend infructueux
soit en faisant plusieurs Greffes
les unes sur les autres comme en greffant
sur un Sauvageon un Beuré et sur
le Beuré un Colmar ou une autre espece
qu'on veut avoir dans son Jardin
en choisissant des sujets qui ayent moins
d'Analagie avec le Poirier qu'il n'en a
avec son Sauvageon , comme sont les Coignassiers
, ou les Nefliers ou les Cormiers
, ou les Epines blanches , et plusieurs
autres Arbres sur lesquels le Poirier
ne laisse
pas de reprendre , quoique
leur Analogie avec le Poirier soit moins
11. Vol. G par
,
›
soit
2962 MERCURE DE FRANCE
parfaite que celle du Poirier franc avec
son Sauvageon ; mais cès Arbres ne viennent
pas également bien par tout , et il
y a quantité de Terroirs où les Poiriers
greffés sur des Coignassiers ne font que
languir , de même que dans plusieurs
endroits , il n'est pas possible d'élever des
Poiriers sur le Neflier ..ou sur l'Epine ;
c'est ce qui engage M. D... à proposer
un troisiéme moyen d'affoiblir les Arbres
et qui pourra être employé dans
ces sortes de Terres , aussi bien que celui
qu'il a proposé en premier lieu , il consiste
à rompre la trop grande Anologie ,
qui est entre le Poirier franc et son Sauvageon
, par l'interposition d'une espece
qui soit moins analogue à l'un et à l'autre,
comme seroit , par exemple un Coignassier
; ainsi , après avoir greffé un
Coignassier sur Sauvageon , il faudroit
greffer le Poirier franc sur la pousse du
Coignassier. Au reste , M. D... avouë
que les expériences qu'il a faites pour
s'assurer de la bonté de ce dernier moïen ,
ne sont pas assès avancées pour en assurer
entierement la réussite ; mais il la croit
assès probable pour inviter ceux qui ont
des Arbres qui ne donnent point de fruit,
à tenter de les réduire par quelques - uns
de ces moyens.
II. Vol.
›
M.
1
DECEMBRE 1731.
2963
M. D... remarque ensuite que par ces
differentes pratiques , on ne peut qu'àméliorer
les fruits d'autant que les unes
et les autres tendent ou à multiplier un
noeud , ou un certain entortillement de
Vaisseaux qui se rencontrent toûjours à
l'endroit de l'application de la Greffe , et
l'autre à le rendre plus compacte , plus
serré , et ainsi plus efficace ; car les recherches
que M. D... a faites sur la Greffe
, l'ont persuadé que l'avantage que les
fruits en retirent dépend principalement
de ce noeud , qui fait , en quelque maniere
, l'office d'une glande .
Enfin , M. D. , réfute quelques Auteurs
qui ont proposé de fortifier les Arbres
par des Greffes réïverées , et il conclud
sa Dissertation par une Table des
meilleures especes de Poires, rangées sous
trois colomnes , l'une renferme les especes
de Poires qui se mettent très aisément
à fruit , l'autre , celles qui se mettent assès
aisément et enfin la troisiéme contiennent
celles qui ne s'y mettent que
difficilement.
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Résumé : EXTRAIT d'un Mémoire lû à la rentrée de l'Académie Royale des Sciences, le 14 Novembre 1731. par M. Duhamel du Monceau,
En novembre 1731, M. Duhamel du Monceau soumet un mémoire à l'Académie Royale des Sciences sur les recherches physiques des plantes, visant à améliorer l'agriculture. Il se concentre particulièrement sur la greffe, une technique permettant de multiplier les bonnes espèces de fruits. La greffe consiste à attacher une branche étrangère sur le tronc d'un arbre, qui la nourrit comme ses propres branches. Cette pratique est reconnue par de nombreux auteurs d'agriculture, bien que certains lui attribuent des propriétés merveilleuses que M. Duhamel conteste. M. Duhamel a réalisé de nombreuses expériences en greffant divers arbres les uns sur les autres, utilisant différentes techniques. Il conclut que certaines greffes ne peuvent réussir et que celles qui réussissent ne changent jamais les espèces. La réussite des greffes dépend d'un certain rapport et d'une conformité entre la greffe et le sujet. Par exemple, le poirier pousse bien sur son sauvageon, tandis que des combinaisons comme le prunier et l'orme échouent. Pour les arbres fruitiers, M. Duhamel suggère d'éviter une analogie trop parfaite entre la greffe et le sujet afin d'affaiblir la vigueur excessive des arbres et favoriser la production de fruits. Il propose plusieurs méthodes pour y parvenir, comme greffer plusieurs espèces les unes sur les autres ou interposer une espèce moins analogue. Il note également que certaines pratiques améliorent les fruits en multipliant ou en compactant un nœud vasculaire à l'endroit de la greffe. Enfin, M. Duhamel réfute les auteurs proposant de fortifier les arbres par des greffes réitérées et conclut son mémoire par une table des meilleures espèces de poires, classées selon leur facilité à produire des fruits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19691
p. *204-204
DE VENISE le 2 Décembre.
Début :
Le 25 du mois dernier le Marquis de Durfort, Ambassadeur de sa Majesté [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur, Entrée publique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VENISE le 2 Décembre.
De VENISE le 2 Décembre.
Le 25 du mois dernier le Marquis de Durført ,
Ambaffadeur de Sa Majefté Très - Chrétienne
fit avec beaucoup d'éclat & de magnificence fon
entrée publique en cette Ville.
Le 25 du mois dernier le Marquis de Durført ,
Ambaffadeur de Sa Majefté Très - Chrétienne
fit avec beaucoup d'éclat & de magnificence fon
entrée publique en cette Ville.
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19692
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur DE LA BRUERE, à l'Hôtel de Pontchartrain. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
'ADRESSE générale eft àMonfieur
LDE LA BRUERE , à l'Hôtel de Pontchartrain.
On prie très-instamment ceux qui
nous adreſſeront des Paquets par la Poſte ,
d'en affranchir le Port ,pour nous épargnerle
déplaisir de les rebuter ,&à eux celui de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages.
Les Libraires des Provinces ou des Pays
Etrangers , qui ſouhaiterontavoirle Mercure
deFrancede la premieremain ,& plus promptement
,n'aurontqu'àécrire àl'adreſſe ci-deſſus
indiquée ; onſe conformera très-exactement à
Leurs intentions.
PRIX XXX. SOLO
'ADRESSE générale eft àMonfieur
LDE LA BRUERE , à l'Hôtel de Pontchartrain.
On prie très-instamment ceux qui
nous adreſſeront des Paquets par la Poſte ,
d'en affranchir le Port ,pour nous épargnerle
déplaisir de les rebuter ,&à eux celui de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages.
Les Libraires des Provinces ou des Pays
Etrangers , qui ſouhaiterontavoirle Mercure
deFrancede la premieremain ,& plus promptement
,n'aurontqu'àécrire àl'adreſſe ci-deſſus
indiquée ; onſe conformera très-exactement à
Leurs intentions.
PRIX XXX. SOLO
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Résumé : AVIS.
L'Adresse générale du Moniteur, à l'Hôtel de Pontchartrain, demande aux expéditeurs de paquets postaux d'affranchir le port pour éviter le rejet des envois et la non-publication des ouvrages. Les libraires des provinces ou étrangers doivent écrire pour recevoir rapidement le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19693
p. 204-205
DE VERSAILLES le 20 Décembre.
Début :
La santé de Monseigneur le Duc de Bourgogne qui étoit fort dérangée [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, Santé, Abbé, Maréchal de France, Abbaye, Duc, Sceau, Capitaine, Marquis, Démission, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 20 Décembre.
De VERSAILLES le 20 Décembre .
LAfanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
qui étoit fort dérangée depuis quelques mois , fe
rétablit de plus en plus , & l'on eft actuellement
hors de toute inquiétude fur l'état de ce jeune
Prince.
Le Roi a donné à l'Abbé Bulté de Clairy la furvivance
de l'Abbé Baifle , pour la Charge de
Chapelain ordinaire .
Sa Majefté a fait Maréchal de France le Duc
de Broglie , Lieutenant- Général de fes Armées.
Le Roi a donné l'Abbaye réguliere & élective
d'Eftrun , ordre de S. Benoît , Diocèle d'Arras ,
à la Dame de Gennevieres de Samettes , Religieufe
de la même Abbaye.
Le 12 de ce mois , le Duc de Momorency
Luxembourg prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la furvivance de la charge de Capitaine
des Gardes du Corps , dont le Maréchal Duc de
Luxembourg eft titulaire.
Le 21 le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé de la charge de Maître
de fa Garderobe , vacante par la démiffion du
JANVIER. 1760. 205
Marquis de Souvré , en faveur du Marquis de
Chauvelin. Le Roi a auffi difpofé de la pareille
Charge , vacante par la démiffion du Maréchal
de Maillebois , en faveur du Comte de Roisgelin
de Cucé .
LAfanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
qui étoit fort dérangée depuis quelques mois , fe
rétablit de plus en plus , & l'on eft actuellement
hors de toute inquiétude fur l'état de ce jeune
Prince.
Le Roi a donné à l'Abbé Bulté de Clairy la furvivance
de l'Abbé Baifle , pour la Charge de
Chapelain ordinaire .
Sa Majefté a fait Maréchal de France le Duc
de Broglie , Lieutenant- Général de fes Armées.
Le Roi a donné l'Abbaye réguliere & élective
d'Eftrun , ordre de S. Benoît , Diocèle d'Arras ,
à la Dame de Gennevieres de Samettes , Religieufe
de la même Abbaye.
Le 12 de ce mois , le Duc de Momorency
Luxembourg prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la furvivance de la charge de Capitaine
des Gardes du Corps , dont le Maréchal Duc de
Luxembourg eft titulaire.
Le 21 le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé de la charge de Maître
de fa Garderobe , vacante par la démiffion du
JANVIER. 1760. 205
Marquis de Souvré , en faveur du Marquis de
Chauvelin. Le Roi a auffi difpofé de la pareille
Charge , vacante par la démiffion du Maréchal
de Maillebois , en faveur du Comte de Roisgelin
de Cucé .
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Résumé : DE VERSAILLES le 20 Décembre.
Le 20 décembre à Versailles, la santé du Duc de Bourgogne s'est améliorée, dissipant les inquiétudes. Le Roi a nommé l'Abbé Bulté de Clairy Chapelain ordinaire, remplaçant l'Abbé Baifle. Le Duc de Broglie a été promu Maréchal de France et Lieutenant-Général des Armées. L'Abbaye d'Estrun, ordre de Saint-Benoît, a été attribuée à la Dame de Gennevieres de Samettes. Le 12 décembre, le Duc de Montmorency-Luxembourg a prêté serment pour la charge de Capitaine des Gardes du Corps, succédant au Maréchal Duc de Luxembourg. Le 21 décembre, le Roi a tenu le Sceau. Le Marquis de Chauvelin a été nommé Maître de la Garderobe, remplaçant le Marquis de Souvré, et le Comte de Roisgelin de Cucé a succédé au Maréchal de Maillebois à cette charge.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19694
p. 1318-1320
PARAPHRASE, Sur l'Oraison de Jeremie, chap. V. Recordare, Domine, quid acciderit nobis &c.
Début :
Toy qui lances sur nous les traits de ta justice, [...]
Mots clefs :
Jérémie, Oraison, Ciel
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texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE, Sur l'Oraison de Jeremie, chap. V. Recordare, Domine, quid acciderit nobis &c.
PARAPHRASE
Sur l'Oraison de Jeremic , chap. V.
Recordare,Domine, quid acciderit nobis &c.
Toy qui lances sur nous les traits de ta jus-
Oy
tice ,
Puissant Dieu , souviens toi de ta bonté propice;
Et n'abandonne pas en ce funeste jour ,
Une Ville autrefois l'objet de ton amour:
Hélas ! fut- il jamais de douleurs plus ameres ,
Notre héritage passe en des mains étrangeres.
Le Ciel dont nous avons allumé le couroux
Nous frappe en même tems de ses plus rudes
coups.
Chassez de nos maisons , bannis de notre Ville ;
Dans nos besoins pressants , nous n'avons point
d'azile.
IIVol.
Dans
JUIN. 1734. 1319
"
Dans un mortel ennui chacun coule ses jours
L'orphelin délaissé cherche en vain du secours
Le Pere voit son fils plongé dans la tristesse ,
Sans pouvoir soulager la douleur qui le presse.
La veuve fond en pleurs , et réduite aux abois,
Appelle en soupirant la mort sourde à sa voix.
Redoublant nos travaux , ainsi que ses menaces
Un barbare vainqueur insulte à nos disgraces ,
Et par le dur refus de quelques gouttes d'eau ,
Précipite nos jours dans la nuit du tombeau :
Enfin pour subsister , le Nil sur son rivage
Nous voit tomber encor dans un rude esclavage;
Nos Peres ne sont plus , et leurs iniquitez ,
Nous font souffrir lesfmaux qu'ils avoient mérités
L'esclave devenu maître de toute chose ,
Nous force d'obéir aux loix qu'il nous impose ,
Et par surcroît de maux il n'est aucune main ,
Qui nous puisse tirer de ce joug inhumain.
Irons nous parcourir les vastes solitudes ?
Le Ciel nous y frapa de ces coups les plus rudes
Quand nos freres tombants sous le fer du vainqueur
,
Subirent de leur sort la derniere rigueur ;
C'en- est- fait de la faim ne pouvant nous deffen
dre ,
2'
Nos corps extenuez vont être mis en cendre :
Les femmes de Sion en ce jour malheureux ,
Oat éteint du Soldat les impudiques feux ,
Et par tout dans Juda , les filles désolées ,
II. Vol. Ele1320
MERCURE DE FRANCE
Elevent jusqu'au Ciel leurs clameurs redoublées,
Veux-tu, Peuple obstiné , par un cruel mépris ,,
Ferm er encor l'oreille aux maux que je prédis :
Si tu suis désormais le panchant qui t'entraîne ,
Ton espoir sera vain , et ta perte certaine ,
Préviens donc tes malheurs par un prompt re
pentir ,
Et le Ciel retiendra ses traits prêts à partir.
M. Blanc , Prêtre Licentié en Theol. Hebdom
de la Cathédrale de Nîmes.
Sur l'Oraison de Jeremic , chap. V.
Recordare,Domine, quid acciderit nobis &c.
Toy qui lances sur nous les traits de ta jus-
Oy
tice ,
Puissant Dieu , souviens toi de ta bonté propice;
Et n'abandonne pas en ce funeste jour ,
Une Ville autrefois l'objet de ton amour:
Hélas ! fut- il jamais de douleurs plus ameres ,
Notre héritage passe en des mains étrangeres.
Le Ciel dont nous avons allumé le couroux
Nous frappe en même tems de ses plus rudes
coups.
Chassez de nos maisons , bannis de notre Ville ;
Dans nos besoins pressants , nous n'avons point
d'azile.
IIVol.
Dans
JUIN. 1734. 1319
"
Dans un mortel ennui chacun coule ses jours
L'orphelin délaissé cherche en vain du secours
Le Pere voit son fils plongé dans la tristesse ,
Sans pouvoir soulager la douleur qui le presse.
La veuve fond en pleurs , et réduite aux abois,
Appelle en soupirant la mort sourde à sa voix.
Redoublant nos travaux , ainsi que ses menaces
Un barbare vainqueur insulte à nos disgraces ,
Et par le dur refus de quelques gouttes d'eau ,
Précipite nos jours dans la nuit du tombeau :
Enfin pour subsister , le Nil sur son rivage
Nous voit tomber encor dans un rude esclavage;
Nos Peres ne sont plus , et leurs iniquitez ,
Nous font souffrir lesfmaux qu'ils avoient mérités
L'esclave devenu maître de toute chose ,
Nous force d'obéir aux loix qu'il nous impose ,
Et par surcroît de maux il n'est aucune main ,
Qui nous puisse tirer de ce joug inhumain.
Irons nous parcourir les vastes solitudes ?
Le Ciel nous y frapa de ces coups les plus rudes
Quand nos freres tombants sous le fer du vainqueur
,
Subirent de leur sort la derniere rigueur ;
C'en- est- fait de la faim ne pouvant nous deffen
dre ,
2'
Nos corps extenuez vont être mis en cendre :
Les femmes de Sion en ce jour malheureux ,
Oat éteint du Soldat les impudiques feux ,
Et par tout dans Juda , les filles désolées ,
II. Vol. Ele1320
MERCURE DE FRANCE
Elevent jusqu'au Ciel leurs clameurs redoublées,
Veux-tu, Peuple obstiné , par un cruel mépris ,,
Ferm er encor l'oreille aux maux que je prédis :
Si tu suis désormais le panchant qui t'entraîne ,
Ton espoir sera vain , et ta perte certaine ,
Préviens donc tes malheurs par un prompt re
pentir ,
Et le Ciel retiendra ses traits prêts à partir.
M. Blanc , Prêtre Licentié en Theol. Hebdom
de la Cathédrale de Nîmes.
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Résumé : PARAPHRASE, Sur l'Oraison de Jeremie, chap. V. Recordare, Domine, quid acciderit nobis &c.
En juin 1734, M. Blanc, prêtre licencié en théologie et hebdomadier de la cathédrale de Nîmes, rédige une paraphrase de l'Oraison de Jérémie, chapitre V. Cette prière adresse à Dieu des suppliques pour rappeler Sa bonté et Sa justice. Elle décrit la détresse d'une ville autrefois aimée de Dieu, désormais soumise à des douleurs amères et à la domination étrangère. Les habitants, chassés de leurs maisons, sont privés de tout secours et vivent dans un mortel ennui. Les orphelins, les pères, les veuves et les enfants souffrent sans espoir de soulagement. Un vainqueur barbare refuse même l'eau nécessaire à leur survie, les réduisant en esclavage et les soumettant à des lois imposées par leurs maîtres. Le texte évoque également la faim, la mort imminente et les violences subies par les femmes. Jérémie appelle le peuple à se repentir pour éviter une perte certaine, exhortant à prévenir les malheurs par un prompt repentir afin que Dieu retienne Ses traits prêts à partir.
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19695
p. 2808-2816
REFLEXIONS.
Début :
Selon ce proverbe plein de sens ; Non e degne di esser obedito, chi non ha [...]
Mots clefs :
Colère, Amis, Avarice, Réflexions, Amour, Juge, Monde
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS.
REFLEXIONS.
Elon ce proverbe plein de sens ; Non
e degne di esser obedito , chi non ha ·
modo di esser amato.
II. Vol. Gli
DECEMBRE. 1733. 2809
Gli amici falsi sono come l'ombra dell
borivolo , che se il tempo è soreno apparisce
, s'è nebulose s'asconde.
Dans quelque liaison qu'on soit avec
son ami , et quelque épreuve qu'on en
ait faite , il est toujours d'un homme
sage de se réserver un secret pour soimême.
Ama ut oditurus , odi ut amaturus ....
En amitié on ne commence guere sans
y penser , mais en amour on commence
toujours sans refléxion. Aussi tous les
commencemens de l'amour sont semblables
, mais les suites sont differentes.
Les retours de l'amitié sont difficiles ;
ceux de l'amour sont fort aisez .
Quand nos amis nous ont trompés , on
ne doit avoir que de l'indifference pour
eux ; mais on doit toujours de la sensibilité
à leurs malheurs.
Quand on sçait se faire des amis par
ses bienfaits plutôt que par son mérite ,
on est bien digne d'en avoir , mais on
n'en a pas pour cela.
Un bon coeur approuve autant la ma-
11. Vol. Cv xime
2810 MERCURE DE FRANCE
xime de ne haïr que comme pouvant
aimer un jour , qu'il déteste celle de
n'aimer que comme si un jour on devoit
haïr.
Amigo de todos y ninguno , tode es uno.
De amigo reconciliado , guarte del come
del Diablo.
Quien de todos es amigo , o es muy pobre,
• muy rico.
Il vaut mieux être juge entre ses ennemis
qu'entre ses amis , parce qu'étant
juge entre ses ennemis. , on est assuré
au moins de se faire un ami ; mais étant
juge entre ses amis , on est assuré de se
faire un ennemi et quelquefois plusieurs.
L'avarice est un mal si incurable , qu'il
semble que le temps et la mort même
ne peuvent rien sur sa tyrannie.
La prodigalité est un grand vice à la
verité , mais qui ne fait du mal qu'à
soi même et dont les autres se trouvent
bien. L'avarice est odieuse à tout le monde
, elle nuit à soi et aux autres . Nullum
etiam vitium tetrius avaritia , dit Ciceron,
I I. Vol.
pròligus
DECEMBRE. 1733. 2817
prodigus avaro esse melior videtur , quia
ipso multis , illiberalis nemini prodest , immo
nec sibi quidam utilis avaritia .
La prodigalité peut se guérir , mais
l'avarice est une maladie désesperée qui
croît avec l'âge.
Chaque passion a ses plaisirs , et quoi
qu'on regarde la vie d'un avaricieux comme
la plus miserable du monde, jusqueslà
qu'on croit que le plus grand mal qui
puisse lui arriver , c'est qu'il vive longtemps
; cependant le plaisir qu'il a de
posseder son argent , de le voir , de le
compter , d'y songer , lui tient lieu des
plus grandes joyes , et il n'y en a point
dans le monde auxquelles il fut si sensible.
L'Avare croit qu'il n'aura jamais assez
de biens ; son avidité pour ceux qu'il
n'a pas , lui ôte le moyen de jouir de
ceux qui sont en sa possession , et on
peut dire que les richesses le possedent
et qu'il ne les possede pas.
Un Avare ne fait du bien à personne ,
pas même à soy ; et il n'use pas plus
de ce qu'il a , comme de ce qu'il n'a pas.
Tam deest avaro quod habet , quam quod
non habet . Horat .
II. Vol
V ] L
2812 MERCURE DE FRANCE
L'avarice loüable est celle du temps ,
qu'on ne sçauroit trop ménager.
On est toujours très- étroitement attaché
à ce qu'on craint de perdre , et
à ce que les autres nous envient , en sorte
qu'on peut assurer qu'un Avare cesseroit
de l'être , s'il pouvoit se persuader
que personne ne lui envie ses richesses
et qu'il les possedera toujours ; l'inquiétude
nourrit l'amour qu'on a pour elles.
Non luget quisquis laudari , Gallia quarit ;
Ille dolet verè , qui sine teste dolet . Mart.
Les pleurs d'un heritier sont des ris
cachez sous un masque . Heredis fletus sub
persona risus est. Publ. Syrus.
Les disgraces et les infortunes nous
surprendroient moins si nous faisions reflexion
sur la condition de notre nature
et sur les miseres qui en sont inséparables.
On ne doit pas plus se desesperer dans
l'adversité , que se confier trop dans la
prosperité.
Quelque inégalité qui paroisse dans La
distribution des adversitez , Socrate as-
II. Vol. sure
DECEMBRE. 1733 2813
sure que si chacun apportoit toutes ses
peines pour être mises avec celles des
autres , et ensuite partagées entre tous
les hommes en parties égales , chacun
reprendroit bien vîte les siennes , sans
vouloir les partager.
Dans toutes les disgraces qui peuvent
arriver pendant la vie , le comble de
l'infortune c'est d'avoir été heureux . In
omni adversitate fortuna in felicissimum
genus est infortunii , fuisse foelicem. Boece ,
1. 2. de Consolat.
Les grandes afflictions sont muettes ,
et les petites parlent . Cura leves loquuntur
, ingentes stupent. Senec .
Le souvenir des plaisirs passez est d'un
foible secours aux afflictions présentes.
Toute affliction est supportable quand
on a du pain ; mais sans pain tout est
affliction.
Nous devons voir nos amis dans la
prosperité , lorsqu'ils nous en prient ;
mais quand la fortune leur est contraire
et qu'ils sont dans l'adversité , il faut
y courir sans attendre qu'on soit appellé.
II. Vol.
c'est
2814 MERCURE DE FRANCE
C'est l'ordinaire à ceux qui profitent
à la mort de quelqu'un de paroître toujours
les plus affligez. Nulli jactantius
mærent , quam qui maxime lætantur.
Il y a des douleurs que l'on sent davantage
quelque temps après qu'on a
commencé de les sentir , que lorsqu'on
les sent pour la premiere fois.
Nous avons beau nous piquer d'avoir
le coeur bon pour nos amis , nous ne
sentons leurs malheurs que legerement ,
du moins nous ne les sentons pas longtemps
; car presque toutes les douleurs
de compassion sont des douleurs passageres,
dont la moindre distraction soulage.
Il est mal- aisé que celui qui a le feu
en sa maison , porte de l'eau pour éteindre
l'embrasement de son voisin .
La colere est de toutes les passions la
plus dangereuse ; elle ne produit que de
méchants effets , et marque la foiblesse
de celui qu'elle possede ; car il se laisse
aller au torrent qui l'entraîne , sans voir
le précipice et sans consulrer sa raison
qui pourroit l'en détourner et l'en rendre
maître .
11. Vol. La
DECEMBRE. 1733. 2815
La raison ne veut pas toujours qu'on
trouve juste ce qui est veritablement
justę; mais la colere veut qu'on trouve
juste tout ce qu'elle estime juste.
Sono poco da temersi , coloro aquali la lingua
serve per ispada : la colera che isfoga
per la bocca , non isfoga par le mani.
Les invectives et les menaces sont presque
, toujours l'effet et la marque d'une
colere impuissante , qui d'ordinaire ne
diminuent pas la bonne opinion qu'on
a de ceux qu'on attaque.
Non teme il colerico , perche rimira l'oggetto
inquanto lo puo offendere ; non , -inquanto
puo essèr egli offeso.
ރ
La colere la plus aigre et la plus dange
reuse est celle qui sort d'un sujet dont
la vie est molle et effeminée , car les plus
foibles sont les plus susceptibles mouvemens
de cette passion. On le voit assez
dans les ignorans , les malades , les vieil
lards , les femmes et les enfans.
La colere fait toujours trouver nos
raisons meilleures qu'elles ne sont.
II. Vol.
On
2816 MERCURE DE FRANCE
On est presque toujours obligé de continuer
de sang froid , ce qu'on a commencé
en colere .
Elon ce proverbe plein de sens ; Non
e degne di esser obedito , chi non ha ·
modo di esser amato.
II. Vol. Gli
DECEMBRE. 1733. 2809
Gli amici falsi sono come l'ombra dell
borivolo , che se il tempo è soreno apparisce
, s'è nebulose s'asconde.
Dans quelque liaison qu'on soit avec
son ami , et quelque épreuve qu'on en
ait faite , il est toujours d'un homme
sage de se réserver un secret pour soimême.
Ama ut oditurus , odi ut amaturus ....
En amitié on ne commence guere sans
y penser , mais en amour on commence
toujours sans refléxion. Aussi tous les
commencemens de l'amour sont semblables
, mais les suites sont differentes.
Les retours de l'amitié sont difficiles ;
ceux de l'amour sont fort aisez .
Quand nos amis nous ont trompés , on
ne doit avoir que de l'indifference pour
eux ; mais on doit toujours de la sensibilité
à leurs malheurs.
Quand on sçait se faire des amis par
ses bienfaits plutôt que par son mérite ,
on est bien digne d'en avoir , mais on
n'en a pas pour cela.
Un bon coeur approuve autant la ma-
11. Vol. Cv xime
2810 MERCURE DE FRANCE
xime de ne haïr que comme pouvant
aimer un jour , qu'il déteste celle de
n'aimer que comme si un jour on devoit
haïr.
Amigo de todos y ninguno , tode es uno.
De amigo reconciliado , guarte del come
del Diablo.
Quien de todos es amigo , o es muy pobre,
• muy rico.
Il vaut mieux être juge entre ses ennemis
qu'entre ses amis , parce qu'étant
juge entre ses ennemis. , on est assuré
au moins de se faire un ami ; mais étant
juge entre ses amis , on est assuré de se
faire un ennemi et quelquefois plusieurs.
L'avarice est un mal si incurable , qu'il
semble que le temps et la mort même
ne peuvent rien sur sa tyrannie.
La prodigalité est un grand vice à la
verité , mais qui ne fait du mal qu'à
soi même et dont les autres se trouvent
bien. L'avarice est odieuse à tout le monde
, elle nuit à soi et aux autres . Nullum
etiam vitium tetrius avaritia , dit Ciceron,
I I. Vol.
pròligus
DECEMBRE. 1733. 2817
prodigus avaro esse melior videtur , quia
ipso multis , illiberalis nemini prodest , immo
nec sibi quidam utilis avaritia .
La prodigalité peut se guérir , mais
l'avarice est une maladie désesperée qui
croît avec l'âge.
Chaque passion a ses plaisirs , et quoi
qu'on regarde la vie d'un avaricieux comme
la plus miserable du monde, jusqueslà
qu'on croit que le plus grand mal qui
puisse lui arriver , c'est qu'il vive longtemps
; cependant le plaisir qu'il a de
posseder son argent , de le voir , de le
compter , d'y songer , lui tient lieu des
plus grandes joyes , et il n'y en a point
dans le monde auxquelles il fut si sensible.
L'Avare croit qu'il n'aura jamais assez
de biens ; son avidité pour ceux qu'il
n'a pas , lui ôte le moyen de jouir de
ceux qui sont en sa possession , et on
peut dire que les richesses le possedent
et qu'il ne les possede pas.
Un Avare ne fait du bien à personne ,
pas même à soy ; et il n'use pas plus
de ce qu'il a , comme de ce qu'il n'a pas.
Tam deest avaro quod habet , quam quod
non habet . Horat .
II. Vol
V ] L
2812 MERCURE DE FRANCE
L'avarice loüable est celle du temps ,
qu'on ne sçauroit trop ménager.
On est toujours très- étroitement attaché
à ce qu'on craint de perdre , et
à ce que les autres nous envient , en sorte
qu'on peut assurer qu'un Avare cesseroit
de l'être , s'il pouvoit se persuader
que personne ne lui envie ses richesses
et qu'il les possedera toujours ; l'inquiétude
nourrit l'amour qu'on a pour elles.
Non luget quisquis laudari , Gallia quarit ;
Ille dolet verè , qui sine teste dolet . Mart.
Les pleurs d'un heritier sont des ris
cachez sous un masque . Heredis fletus sub
persona risus est. Publ. Syrus.
Les disgraces et les infortunes nous
surprendroient moins si nous faisions reflexion
sur la condition de notre nature
et sur les miseres qui en sont inséparables.
On ne doit pas plus se desesperer dans
l'adversité , que se confier trop dans la
prosperité.
Quelque inégalité qui paroisse dans La
distribution des adversitez , Socrate as-
II. Vol. sure
DECEMBRE. 1733 2813
sure que si chacun apportoit toutes ses
peines pour être mises avec celles des
autres , et ensuite partagées entre tous
les hommes en parties égales , chacun
reprendroit bien vîte les siennes , sans
vouloir les partager.
Dans toutes les disgraces qui peuvent
arriver pendant la vie , le comble de
l'infortune c'est d'avoir été heureux . In
omni adversitate fortuna in felicissimum
genus est infortunii , fuisse foelicem. Boece ,
1. 2. de Consolat.
Les grandes afflictions sont muettes ,
et les petites parlent . Cura leves loquuntur
, ingentes stupent. Senec .
Le souvenir des plaisirs passez est d'un
foible secours aux afflictions présentes.
Toute affliction est supportable quand
on a du pain ; mais sans pain tout est
affliction.
Nous devons voir nos amis dans la
prosperité , lorsqu'ils nous en prient ;
mais quand la fortune leur est contraire
et qu'ils sont dans l'adversité , il faut
y courir sans attendre qu'on soit appellé.
II. Vol.
c'est
2814 MERCURE DE FRANCE
C'est l'ordinaire à ceux qui profitent
à la mort de quelqu'un de paroître toujours
les plus affligez. Nulli jactantius
mærent , quam qui maxime lætantur.
Il y a des douleurs que l'on sent davantage
quelque temps après qu'on a
commencé de les sentir , que lorsqu'on
les sent pour la premiere fois.
Nous avons beau nous piquer d'avoir
le coeur bon pour nos amis , nous ne
sentons leurs malheurs que legerement ,
du moins nous ne les sentons pas longtemps
; car presque toutes les douleurs
de compassion sont des douleurs passageres,
dont la moindre distraction soulage.
Il est mal- aisé que celui qui a le feu
en sa maison , porte de l'eau pour éteindre
l'embrasement de son voisin .
La colere est de toutes les passions la
plus dangereuse ; elle ne produit que de
méchants effets , et marque la foiblesse
de celui qu'elle possede ; car il se laisse
aller au torrent qui l'entraîne , sans voir
le précipice et sans consulrer sa raison
qui pourroit l'en détourner et l'en rendre
maître .
11. Vol. La
DECEMBRE. 1733. 2815
La raison ne veut pas toujours qu'on
trouve juste ce qui est veritablement
justę; mais la colere veut qu'on trouve
juste tout ce qu'elle estime juste.
Sono poco da temersi , coloro aquali la lingua
serve per ispada : la colera che isfoga
per la bocca , non isfoga par le mani.
Les invectives et les menaces sont presque
, toujours l'effet et la marque d'une
colere impuissante , qui d'ordinaire ne
diminuent pas la bonne opinion qu'on
a de ceux qu'on attaque.
Non teme il colerico , perche rimira l'oggetto
inquanto lo puo offendere ; non , -inquanto
puo essèr egli offeso.
ރ
La colere la plus aigre et la plus dange
reuse est celle qui sort d'un sujet dont
la vie est molle et effeminée , car les plus
foibles sont les plus susceptibles mouvemens
de cette passion. On le voit assez
dans les ignorans , les malades , les vieil
lards , les femmes et les enfans.
La colere fait toujours trouver nos
raisons meilleures qu'elles ne sont.
II. Vol.
On
2816 MERCURE DE FRANCE
On est presque toujours obligé de continuer
de sang froid , ce qu'on a commencé
en colere .
Fermer
Résumé : REFLEXIONS.
Le texte examine divers aspects des relations humaines et des émotions. Il met en garde contre les faux amis, qualifiés d'ombres fugaces, et recommande de conserver certains secrets même entre amis. En matière d'amour, les débuts sont souvent impulsifs, mais les retours sont plus faciles qu'en amitié. Il est conseillé de rester insensible aux amis trompeurs tout en restant compatissant face à leurs malheurs. Le texte critique ceux qui se lient par intérêt plutôt que par mérite et dénonce l'avarice comme un mal incurable nuisant à soi-même et aux autres. L'avare est décrit comme incapable de jouir de ses richesses, toujours anxieux de les perdre. Le texte aborde également la gestion des émotions face aux malheurs et aux prospérités, soulignant l'importance de ne pas désespérer ni se confier excessivement. Les grandes afflictions restent silencieuses, contrairement aux petites. La compassion est souvent passagère, tandis que la colère, marquée par l'irrationnel, est dangereuse. Elle altère le jugement et pousse à des actions regrettables. Les personnes exprimant leur colère verbalement sont moins dangereuses que celles agissant physiquement. Les invectives et menaces révèlent une colère impuissante. Les individus les plus susceptibles à la colère sont les ignorants, les malades, les vieillards, les femmes et les enfants. La colère déforme la perception de ses propres raisons, les rendant injustement justifiées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19696
p. 1312-1326
NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
Début :
Quand on s'applique à consider une Machine à dessein [...]
Mots clefs :
Société des arts, Julien Leroy, Machine, Horloge, Cage, Balancier, Roues, Bascule, Axe, Poids
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
NOUVELLE Maniere de construire de
grosses Horloges , non- seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à
present, mais encore d'un meilleur usage
et à meilleur marché. Memoire la à la
Societé des Arts le 23. Mars dernier,
par M.Julien le Roy, Horloger du Roy.
et de la même Societé.
Q
Uand on s'applique à considerer une
Machine à dessein de la perfectionner , il n'est guere en notre pouvoir de
nous former des idées pour réussir dans
le projet et dans l'execution , et cela à
cause que nous ne pouvons nous repré- senter les idées que nous n'avons jamais II. Vol. euës
JUIN. 1732. 1313
eues ; au contraire , il est très- aisé de nous
rappeller celles dont nous avons déja eu
la connoissance ; de- là vient qu'il est si
aisé de copier la plupart des Machines
et qu'il est si difficile et si rare d'en inventer de nouvelles..
>
Si notre imagination et nos lumieres
ne peuvent pas toûjours nous fournir des
idées neuves et de quelque usage , et que
ce soit presque toûjours le hazard qui
nous les fasse appercevoir , on ne doit
point être surpris si les progrès des Arts
sont si lents , puisque ces mêmes progrès
sont le plus souvent l'ouvrage du hazard,
que la refléxion met en œuvre. Cette nouvelle construction est un exemple sensible de ce que je viens d'avancer , elle est
si simple et si avantageuse , qu'on doit
être surpris qu'elle ait échappé à tant
d'habiles Horlogers qui ont travaillé et
médité avant moi sur cette matiere.
proQuoiqu'il soit aisé d'appercevoir tous
les avantages qui se trouvent réunis
par la nouvelle maniere , je ne la
poserai qu'après avoir donné une description en abregé de celle qui est en usage afin qu'on soit en état de les comparer l'une avec l'autre , et de juger laquelle
mérite la préference.
>
II. Vol. C v Des-
1314 MERCURE DE FRANCE
Description en abregé d'une grosse Horloge
telle que celle de l'Hôtel de Ville ou de
S. Paul, de Paris.
Le Corps de l'Horloge est composé
d'une Cage qui contient huit Roiies ,
quatre pour le Mouvement , et quatre
pour la Sonnerie, il y a de plus la Détente , la Bascule , la Verge des Palettes et
le Volant.
Les Roues duMouvement sont la grande Roue , la Roue du Remontoir , la
Roie moyenne et la Roiie de rencontre.
Les Roues de la sonnerie sont la grande
Roiie , celle du Remontoir , la Roue
moyenne ou de Cercle , et la Roue de
Compte.
La Bascule est faite à peu près comme
le fleau d'une balance , elle sert à élever
un Marteau plus ou moins gros , selon
la cloche sur laquelle il doit frapper.
La Détente est composée de son Arbre
et de trois branches , dont la premiere se
nommePied de- Biche , à cause qu'elle est
brisée par le bout , une cheville attachée
à la croisée de la grande Roue du Mouvement sert à lever le Pied- de- Biche à
toutes les heures pour faire sonner l'Hor
loge.
La deuxième branche se nomme le Coq ;
II. Vol son
JUIN. 1732.
*
1315
son usage est d'arrêter la sonnerie immé--
diatementaprès que les heures ont sonné.
La troisiéme branche dont le bout est
formé en crochet , s'appelle Compteur ,
elle s'appuye sur la Roue de Compte , à
la circonference de laquelle il y a des entailles distantes les unes des autres , suivant les nombres naturels 1.2.3.jusqu'à 12.
Tant que le Compteur s'appuye sur la circonference de la Roue de Compte, l'Horloge continuë de sonner jusqu'à ce que
ce même Compteur soit entré dans l'une des douze entailles de ladite Roüe. Je ne
décrirai point les Pignons ou Lenternes ,
parce que leur usage est assez connu.
La Cage est composée de onze pieces ;
sçavoir , de quatre Pilliers , de deux Chas
sis , l'un superieur et l'autre inferieur ,
lesquels je nommerai dans la suite ( Pa
rallelogramme rectangle , ) et de cinq"
Montans. Chaque Chassis ou Rectangle
a une mortoise ou entaillé à chacun de
ses Angles propres pour recevoir d'autres mortoises ou entailles , faites auxi
extremitez de chaque Pillier ; desorte
que les Pilliers s'enclavent dans les deux
Rectangles , au moyen de quatre clavettes
qui servent à serrer le Rectangle superieur contre les Pilliers. Au milieu de
chaque Rectangle est placée une traverse
14 Volo Cvj. qui
1316 MERCURE DE FRANCE
qui sert à affermir le Montant du milieu.
Deux autres Montans sont placez au
milieu des petits côtez des Rectangles ;
desorte que ces trois Montans sont placez
sur la même ligne et vis-à- vis les úns des
autres leur usage , est de soutenir les
Roues de la sonnerie et celles du Mouvêment.
Le quatriéme Montant est placé sur
l'un des deux grands côtez des Rectangles ; son usage est de soutenir la Roue de
Compte et le Pignon qui la fait tourner.
La Verge des Palettes est soutenuë par
deux Coqs , à une distance convenable
de la Roue de rencontre ; l'un de ces
Coqs soutient aussi la Verge du Pendule.
Le cinquiéme Montant est opposé au
Montant qui porte la Roue de Compte ;
son usage est de porter la Roue de Cadran et l'Etoile qui doit la faire tourner.
Je finis cette Description par le Volant,
c'est un Arbre qui porte un Pignon à
l'un de ses bouts , et à l'autre il y a un
Pivot qui débordé le Montant du côté
de la sonnerie ; sur ce Pivot tournent
deux Palettes de taule , lesquelles sont
plus ou moins grandes , suivant qu'on
veut faire sonner l'Horloge plus vite ou
plus lentement.
"
II. Vol. Now-
JUIN. 1732. 13177
Nouvelle construction de grosses Horloges ,
dans lesquelles tous les Arbres des Roues.
sont placez sur un Rectangle posé hori- sontalement.
Pour distinguer les deux constructions,
je nommerai celle qui est en usage , Horloge Verticale , à cause que les Roiies y
sont placées entre des plans verticaux , et
la nouvelle horisontale , à cause , que ses
Roues sont placées sur un Parallelograme rectangle , posé horisontalement.
En posant toutes les Roües sur un Rec--
tangle , de onze pieces , dont la Cage est
composée dans la construction ordinaire,
j'en supprime dix , et je ne retiens que le
Rectangle inferieur , que je fais un peu
plus grand , en donnant seulement plus
de longueur aux deux petits côtez ; ce
Rectangle , quoique plus grand , sera plus
aisé à faire que dans la construction verticale , parce qu'on le fera toûjours de
quatre pieces , sans que pour cela il en
soit moins solide. Il n'en est pas de même dans la construction ordinaire , car
on est obligé de faire ce Rectangle d'une
seule piece , afin de lui donner toute la
solidité qu'il doit avoir. Les dix Pieces
supprimées par la nouvelle construction,
sont les quatre Pilliers , les cinq Montans,
11. Vol. Je
1218 MERCURE DEFRANCE
le Cercle ou Chassis superieur , toutes ces
pieces sont non-seulement difficiles à faire
par elles-mêmes , mais encore difficiles à
ajuster pour les faire cadrer avec solidité
et précision , les unes avec les autres.
Outre la suppression des pieces dont
je viens de parler , il y a encore une diminution d'ouvrage assez considerable
dans les Chappes des Remontoirs et dans
les Coqs qui soutiennent la verge des
palettes ; desorte que dans l'Horloge ho
risontale composée de roues de même
grandeur, il y aura environ un tiers moins
d'ouvrages que dans le Vertical ; d'où il §
s'ensuit que le premier ne coûtera que
deux mille livres , lorsque le dernier en couteroit trois.
ཏི
Non-seulement la nouvelle Horloge
est plus simple, mais encoreelle est meil
leure et de plus longue durée que l'an
cienne, à cause que les frottemens y sont considerablement diminuez , et c'est ce
que jespere démontrer par le Problêmequi suit, et que j'appliquerai à la nouvelle construction.
Problême de Mécanique.
Une rone étant donnée avec son tambour
on Cilindre de même diametre , dont l'Arbre sera posé horisontalement, trouver deux
M. Vola points
JUIN. 17320 1373
points à la circonference de la roue , ausquels on・puisse placer un pignon , de telle
sorte que dans l'un l'action d'un poids ap
pliqué au cilindre par le moyen d'une cor- de soit zero sur l'arbre de la roue ,
et
dans l'autre que l'action de ce même poids
soit double de sa pesanteur sur le même
arbre.
.
passer une
Je suppose que la roue A. B. est don
née et que son Arbre est posé horisontalement; si par le centre et la circonfes
rence de cette Rože , on fait
ligne horisontale prolongée de part et
d'autre je dis que cette ligne conpera la circonference de la Rone aux deux points.
requis par les conditions du Problême.
FIG. I. Il est évident que les cordes
qui soutiennent des poids sont toûjours
Verticales , donc la corde A. C. qui soutient le poids P. est perpendiculaire à la -
ligne horizontale. B.
Ayant supposé le diametre du Tambour ;
égal au diametre de la Roue , je puis ap pliquer la corde à la circonference de la
Roue , sans rien changer à la proposi
tion.
FIG. II. La Róüe A. B. ayant son
point d'appui sur le pignon D. et au
point S. il s'ensuit necessairement que
l'action du poids P. sera zero sur l'Axe
Ila Vol de
1320 MERCURE DE FRANCE
de la Roüe , puisque la ligne de direction de la corde passe par le point S.
point d'appui de la Roue.
FIG. III. La même Roue A. B. ayant
son point d'appui sur le même Pignon
D. transporté au côté opposé , il s'ensuivra necessairement que l'action du
poids P. ( sur l'Arbre de la Roüe ) sera
du double de sa pesanteur; cela est évident, puisque la ligne S. A. est double
de la ligne S. E. ce qu'il falloit démontrer..
Premier Corolaire.
Il suit évidemment de ce qui vient
d'être démontré , que le Pignon étant
placé dans un point quelconque de la
demi-circonference A. A. l'action du poids.
sur l'Axe E. sera toûjours moindre que
sa pesanteur absoluë.
Au contraire le Pignon étant placé
dans un point quelconque de la demi- cir
conference opposée , l'action du poids sur
l'Axe E. sera plus grande que sa pesanteur absolue , d'où il suit encore qu'on
doit toûjours faire passer la corde entre
l'Axe du Pignon et celui de la Roüe , et
perpendiculairement à un plan qui passeroit par les deux Axes. Cette disposition de la corde est si avantageuse, qu'on
doit la mettre en usage , non seulement:
II. Vol. dans.
JUIN. 1732 1327
Fig.10.
€
E
Fig.2.
B
B E
Fig.3.
B
E
A
A
dans les Horloges et les pendules à poids,.. mais encore dans toutes les Machines à
II. Vol.
roles
322 MERCURE DE FRANCE
roües et à poids , excepté celles qui n'ont
qu'un ressort simple , enfermé dans un barillet , comme sont les Pendules à ressort
Deuxième Corolaire.
Il suit encore que l'Axe de la Roue sera
plus ou moins chargé par le poids , suivant le diametre du Cilindre ; desorte
que la corde passant entre les deux Axes ,
celui de la grande Roue sera toûjours
chargé d'une quantité plus petite que la
totalité du poids au contraire , en fai
sant passer la corde du côté opposé , l'Axe
de la Roüe sera toûjours chargé d'une
plus grande quantité que la totalité du
poids.
Comme dans l'Horloge horisontale les
'Axes des Roues sont dans la situation requise par le Problême , il s'ensuivra necessairement que le frottement sur les
Pivots des grandes Roues , sera moins
grand qu'en toute autre position. Cette´
circonstance seule est plus que suffisante
pour rendre la nouvelle construction ab
solument préferable à l'ancienne ; car il
ya de grosses Horloges dont chaque
poids est de mille à douze cens livres
pesant , plus ou moins , selon leur grosseur; il est aisé de s'imaginer que de tels
poids doivent produire de grands frotte1. Vol. mens
JUIN. 1732 13238
mens , et parconsequent une usure continuelle , laquelle détruisant sans cesse
les rapports des engrenages des grandes
Roues d'avec les Roues moyennes , oblige
à des réparations fréquentes , comme de
faire remonter les grandes Roües en rebouchant les troux de leurs Pivots.
de
L'Horloge horisontale ne sera nulle
ment sujette aux réparations que je viens
remarquer , on pourra même l'incliner de quelques degrez, afin que les poids
dirigeant toujours les grandes Roues vers
les Roues moyennes , ils rétablissent sans
cesse l'usure causée par le frottement des
dents des grandes Roües.
Par ce qui vient d'être dit , on doit remarquer que la nouvelle Horloge étant
moins sujette à l'usure, il en coûtera moins
pour l'entretien ; par exemple , si une
Horloge ordinaire coûte par an cent liv.
d'entretien , celle-·cy: n'en coûtera pas -
cinquante:
J'ajoûterai encore qu'elle sera incom--
parablement plus aisée à nettoyer , à cause qu'on pourra démonter les Routes les
unes après les autres ; au lieu que dans
l'ordinaire on est obligé de déplacer trois
Roues et le Montant tout à la fois ; on
est encore obligé de soutenir toutes ces
Pieces avec la main , et dans le même
11. Vol. -temps
1324 MERCURE DE FRANCE
temps , ce qui est assez difficile sur tout
pour les grandes Horloges dont les premieres Roües seules avec leurs fusées , pe
sent quelquefois jusqu'à deux cens livres
desorte qu'il faut plusieurs hommes pour
en démonter une.
Remarques.
La solution du Problême est exactement vraye dans le cas où le Pignon est
dans un repos absolu , mais lorsqu'il tourne , le frottement diminue sur l'Axe de
là Roue , à mesure que la vitesse du Piè
gnon est augmentée.
Comme cette circonstance ne touche
aucun des avantages réunis dans la position horisontale , j'ai négligé d'y avoir
égard dans la résolution du Problême ,
afin de le simplifier ; cependant je croi
qu'il est à propos de mettre sous les yeux
la question dont il s'agit , quoiqu'elle ne
soit ici que de pure curiosité.
10. Je suppose que la résistance du
Pignon est zero , et que le poids qui le
fait tourner au moyen de la Rouie , tombe aussi vite qu'il le feroit , s'il tomboit
dans l'air libre.
2°. Je suppose qu'un poids tombant
dans l'air libre , a une vitesse uniforme
et que cette vitesse est égale à celle du
5
II. Vol son ,
JUIN. 1732. 1325
son, laquelle parcourt environ 90. toises
par seconde.
39, Je suppose que le Pignon appliqué
à la Roue de sonnerie fait un tour en
deux secondes, et que le même Pignon
appliqué au mouvement, fait son tour en un demi quart d'heure.
par
En place des differentes résistances que
le Pignon oppose à être mû , je substi
tuerai la suite les espaces parcourus
par le poids , il est évident que cette substitution ne changera rien à l'état de la
proposition.
Or si le poids appliqué à la Roiie de
sonnerie parcourt trois pouces en deux
secondes , et si tombant dans l'air libreil parcourt dans le même temps 180..
toises , on aura par le calcul 30 égal à la
diminution du frottement sur l'Axe de
la Roue de sonnerie.
Si le poids appliqué à la Roue du
mouvement , parcourt trois pouces en
un demi quart d'heure , tombant dans
l'air libre , il parcourra dans le même
temps 13500. toises , ce qui donnera par
le calcul 972200 égal à la diminution du
frottement sur la Roue du mouvement.
3
Comme il est évidemment très-avantageux de faire les Horloges aux quarts ,
suivant la nouvelle construction , j'ai crû
11. Vol qu'il
326 MERCURE DE FRANCE
2 qu'il étoit inutile d'en faire un article
separé , à cause qu'il est très-aisé de s’imaginer que pour faire une Horloge aux
quarts , suivant la construction horisontale , il ne faut que le seul Chassis inferieur d'une Horloge aux quarts , mais un
peu plus grand que dans la construction
ordinaire , et placer toutes les Roües dessus , comme dans l'Horloge simple, D'ail
leurs ceux qui souhaiteront avoir des instructions plus particulieres ou faire faire
de ces sortes d'Ouvrages , pourront en
voir un Modele , ( rue Bribouché ) chez
M. Roussel , qui est très habile Horloger er generalement versé dans tout ce
qui concerne les Horloges dont je viens
de parler.
grosses Horloges , non- seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à
present, mais encore d'un meilleur usage
et à meilleur marché. Memoire la à la
Societé des Arts le 23. Mars dernier,
par M.Julien le Roy, Horloger du Roy.
et de la même Societé.
Q
Uand on s'applique à considerer une
Machine à dessein de la perfectionner , il n'est guere en notre pouvoir de
nous former des idées pour réussir dans
le projet et dans l'execution , et cela à
cause que nous ne pouvons nous repré- senter les idées que nous n'avons jamais II. Vol. euës
JUIN. 1732. 1313
eues ; au contraire , il est très- aisé de nous
rappeller celles dont nous avons déja eu
la connoissance ; de- là vient qu'il est si
aisé de copier la plupart des Machines
et qu'il est si difficile et si rare d'en inventer de nouvelles..
>
Si notre imagination et nos lumieres
ne peuvent pas toûjours nous fournir des
idées neuves et de quelque usage , et que
ce soit presque toûjours le hazard qui
nous les fasse appercevoir , on ne doit
point être surpris si les progrès des Arts
sont si lents , puisque ces mêmes progrès
sont le plus souvent l'ouvrage du hazard,
que la refléxion met en œuvre. Cette nouvelle construction est un exemple sensible de ce que je viens d'avancer , elle est
si simple et si avantageuse , qu'on doit
être surpris qu'elle ait échappé à tant
d'habiles Horlogers qui ont travaillé et
médité avant moi sur cette matiere.
proQuoiqu'il soit aisé d'appercevoir tous
les avantages qui se trouvent réunis
par la nouvelle maniere , je ne la
poserai qu'après avoir donné une description en abregé de celle qui est en usage afin qu'on soit en état de les comparer l'une avec l'autre , et de juger laquelle
mérite la préference.
>
II. Vol. C v Des-
1314 MERCURE DE FRANCE
Description en abregé d'une grosse Horloge
telle que celle de l'Hôtel de Ville ou de
S. Paul, de Paris.
Le Corps de l'Horloge est composé
d'une Cage qui contient huit Roiies ,
quatre pour le Mouvement , et quatre
pour la Sonnerie, il y a de plus la Détente , la Bascule , la Verge des Palettes et
le Volant.
Les Roues duMouvement sont la grande Roue , la Roue du Remontoir , la
Roie moyenne et la Roiie de rencontre.
Les Roues de la sonnerie sont la grande
Roiie , celle du Remontoir , la Roue
moyenne ou de Cercle , et la Roue de
Compte.
La Bascule est faite à peu près comme
le fleau d'une balance , elle sert à élever
un Marteau plus ou moins gros , selon
la cloche sur laquelle il doit frapper.
La Détente est composée de son Arbre
et de trois branches , dont la premiere se
nommePied de- Biche , à cause qu'elle est
brisée par le bout , une cheville attachée
à la croisée de la grande Roue du Mouvement sert à lever le Pied- de- Biche à
toutes les heures pour faire sonner l'Hor
loge.
La deuxième branche se nomme le Coq ;
II. Vol son
JUIN. 1732.
*
1315
son usage est d'arrêter la sonnerie immé--
diatementaprès que les heures ont sonné.
La troisiéme branche dont le bout est
formé en crochet , s'appelle Compteur ,
elle s'appuye sur la Roue de Compte , à
la circonference de laquelle il y a des entailles distantes les unes des autres , suivant les nombres naturels 1.2.3.jusqu'à 12.
Tant que le Compteur s'appuye sur la circonference de la Roue de Compte, l'Horloge continuë de sonner jusqu'à ce que
ce même Compteur soit entré dans l'une des douze entailles de ladite Roüe. Je ne
décrirai point les Pignons ou Lenternes ,
parce que leur usage est assez connu.
La Cage est composée de onze pieces ;
sçavoir , de quatre Pilliers , de deux Chas
sis , l'un superieur et l'autre inferieur ,
lesquels je nommerai dans la suite ( Pa
rallelogramme rectangle , ) et de cinq"
Montans. Chaque Chassis ou Rectangle
a une mortoise ou entaillé à chacun de
ses Angles propres pour recevoir d'autres mortoises ou entailles , faites auxi
extremitez de chaque Pillier ; desorte
que les Pilliers s'enclavent dans les deux
Rectangles , au moyen de quatre clavettes
qui servent à serrer le Rectangle superieur contre les Pilliers. Au milieu de
chaque Rectangle est placée une traverse
14 Volo Cvj. qui
1316 MERCURE DE FRANCE
qui sert à affermir le Montant du milieu.
Deux autres Montans sont placez au
milieu des petits côtez des Rectangles ;
desorte que ces trois Montans sont placez
sur la même ligne et vis-à- vis les úns des
autres leur usage , est de soutenir les
Roues de la sonnerie et celles du Mouvêment.
Le quatriéme Montant est placé sur
l'un des deux grands côtez des Rectangles ; son usage est de soutenir la Roue de
Compte et le Pignon qui la fait tourner.
La Verge des Palettes est soutenuë par
deux Coqs , à une distance convenable
de la Roue de rencontre ; l'un de ces
Coqs soutient aussi la Verge du Pendule.
Le cinquiéme Montant est opposé au
Montant qui porte la Roue de Compte ;
son usage est de porter la Roue de Cadran et l'Etoile qui doit la faire tourner.
Je finis cette Description par le Volant,
c'est un Arbre qui porte un Pignon à
l'un de ses bouts , et à l'autre il y a un
Pivot qui débordé le Montant du côté
de la sonnerie ; sur ce Pivot tournent
deux Palettes de taule , lesquelles sont
plus ou moins grandes , suivant qu'on
veut faire sonner l'Horloge plus vite ou
plus lentement.
"
II. Vol. Now-
JUIN. 1732. 13177
Nouvelle construction de grosses Horloges ,
dans lesquelles tous les Arbres des Roues.
sont placez sur un Rectangle posé hori- sontalement.
Pour distinguer les deux constructions,
je nommerai celle qui est en usage , Horloge Verticale , à cause que les Roiies y
sont placées entre des plans verticaux , et
la nouvelle horisontale , à cause , que ses
Roues sont placées sur un Parallelograme rectangle , posé horisontalement.
En posant toutes les Roües sur un Rec--
tangle , de onze pieces , dont la Cage est
composée dans la construction ordinaire,
j'en supprime dix , et je ne retiens que le
Rectangle inferieur , que je fais un peu
plus grand , en donnant seulement plus
de longueur aux deux petits côtez ; ce
Rectangle , quoique plus grand , sera plus
aisé à faire que dans la construction verticale , parce qu'on le fera toûjours de
quatre pieces , sans que pour cela il en
soit moins solide. Il n'en est pas de même dans la construction ordinaire , car
on est obligé de faire ce Rectangle d'une
seule piece , afin de lui donner toute la
solidité qu'il doit avoir. Les dix Pieces
supprimées par la nouvelle construction,
sont les quatre Pilliers , les cinq Montans,
11. Vol. Je
1218 MERCURE DEFRANCE
le Cercle ou Chassis superieur , toutes ces
pieces sont non-seulement difficiles à faire
par elles-mêmes , mais encore difficiles à
ajuster pour les faire cadrer avec solidité
et précision , les unes avec les autres.
Outre la suppression des pieces dont
je viens de parler , il y a encore une diminution d'ouvrage assez considerable
dans les Chappes des Remontoirs et dans
les Coqs qui soutiennent la verge des
palettes ; desorte que dans l'Horloge ho
risontale composée de roues de même
grandeur, il y aura environ un tiers moins
d'ouvrages que dans le Vertical ; d'où il §
s'ensuit que le premier ne coûtera que
deux mille livres , lorsque le dernier en couteroit trois.
ཏི
Non-seulement la nouvelle Horloge
est plus simple, mais encoreelle est meil
leure et de plus longue durée que l'an
cienne, à cause que les frottemens y sont considerablement diminuez , et c'est ce
que jespere démontrer par le Problêmequi suit, et que j'appliquerai à la nouvelle construction.
Problême de Mécanique.
Une rone étant donnée avec son tambour
on Cilindre de même diametre , dont l'Arbre sera posé horisontalement, trouver deux
M. Vola points
JUIN. 17320 1373
points à la circonference de la roue , ausquels on・puisse placer un pignon , de telle
sorte que dans l'un l'action d'un poids ap
pliqué au cilindre par le moyen d'une cor- de soit zero sur l'arbre de la roue ,
et
dans l'autre que l'action de ce même poids
soit double de sa pesanteur sur le même
arbre.
.
passer une
Je suppose que la roue A. B. est don
née et que son Arbre est posé horisontalement; si par le centre et la circonfes
rence de cette Rože , on fait
ligne horisontale prolongée de part et
d'autre je dis que cette ligne conpera la circonference de la Rone aux deux points.
requis par les conditions du Problême.
FIG. I. Il est évident que les cordes
qui soutiennent des poids sont toûjours
Verticales , donc la corde A. C. qui soutient le poids P. est perpendiculaire à la -
ligne horizontale. B.
Ayant supposé le diametre du Tambour ;
égal au diametre de la Roue , je puis ap pliquer la corde à la circonference de la
Roue , sans rien changer à la proposi
tion.
FIG. II. La Róüe A. B. ayant son
point d'appui sur le pignon D. et au
point S. il s'ensuit necessairement que
l'action du poids P. sera zero sur l'Axe
Ila Vol de
1320 MERCURE DE FRANCE
de la Roüe , puisque la ligne de direction de la corde passe par le point S.
point d'appui de la Roue.
FIG. III. La même Roue A. B. ayant
son point d'appui sur le même Pignon
D. transporté au côté opposé , il s'ensuivra necessairement que l'action du
poids P. ( sur l'Arbre de la Roüe ) sera
du double de sa pesanteur; cela est évident, puisque la ligne S. A. est double
de la ligne S. E. ce qu'il falloit démontrer..
Premier Corolaire.
Il suit évidemment de ce qui vient
d'être démontré , que le Pignon étant
placé dans un point quelconque de la
demi-circonference A. A. l'action du poids.
sur l'Axe E. sera toûjours moindre que
sa pesanteur absoluë.
Au contraire le Pignon étant placé
dans un point quelconque de la demi- cir
conference opposée , l'action du poids sur
l'Axe E. sera plus grande que sa pesanteur absolue , d'où il suit encore qu'on
doit toûjours faire passer la corde entre
l'Axe du Pignon et celui de la Roüe , et
perpendiculairement à un plan qui passeroit par les deux Axes. Cette disposition de la corde est si avantageuse, qu'on
doit la mettre en usage , non seulement:
II. Vol. dans.
JUIN. 1732 1327
Fig.10.
€
E
Fig.2.
B
B E
Fig.3.
B
E
A
A
dans les Horloges et les pendules à poids,.. mais encore dans toutes les Machines à
II. Vol.
roles
322 MERCURE DE FRANCE
roües et à poids , excepté celles qui n'ont
qu'un ressort simple , enfermé dans un barillet , comme sont les Pendules à ressort
Deuxième Corolaire.
Il suit encore que l'Axe de la Roue sera
plus ou moins chargé par le poids , suivant le diametre du Cilindre ; desorte
que la corde passant entre les deux Axes ,
celui de la grande Roue sera toûjours
chargé d'une quantité plus petite que la
totalité du poids au contraire , en fai
sant passer la corde du côté opposé , l'Axe
de la Roüe sera toûjours chargé d'une
plus grande quantité que la totalité du
poids.
Comme dans l'Horloge horisontale les
'Axes des Roues sont dans la situation requise par le Problême , il s'ensuivra necessairement que le frottement sur les
Pivots des grandes Roues , sera moins
grand qu'en toute autre position. Cette´
circonstance seule est plus que suffisante
pour rendre la nouvelle construction ab
solument préferable à l'ancienne ; car il
ya de grosses Horloges dont chaque
poids est de mille à douze cens livres
pesant , plus ou moins , selon leur grosseur; il est aisé de s'imaginer que de tels
poids doivent produire de grands frotte1. Vol. mens
JUIN. 1732 13238
mens , et parconsequent une usure continuelle , laquelle détruisant sans cesse
les rapports des engrenages des grandes
Roues d'avec les Roues moyennes , oblige
à des réparations fréquentes , comme de
faire remonter les grandes Roües en rebouchant les troux de leurs Pivots.
de
L'Horloge horisontale ne sera nulle
ment sujette aux réparations que je viens
remarquer , on pourra même l'incliner de quelques degrez, afin que les poids
dirigeant toujours les grandes Roues vers
les Roues moyennes , ils rétablissent sans
cesse l'usure causée par le frottement des
dents des grandes Roües.
Par ce qui vient d'être dit , on doit remarquer que la nouvelle Horloge étant
moins sujette à l'usure, il en coûtera moins
pour l'entretien ; par exemple , si une
Horloge ordinaire coûte par an cent liv.
d'entretien , celle-·cy: n'en coûtera pas -
cinquante:
J'ajoûterai encore qu'elle sera incom--
parablement plus aisée à nettoyer , à cause qu'on pourra démonter les Routes les
unes après les autres ; au lieu que dans
l'ordinaire on est obligé de déplacer trois
Roues et le Montant tout à la fois ; on
est encore obligé de soutenir toutes ces
Pieces avec la main , et dans le même
11. Vol. -temps
1324 MERCURE DE FRANCE
temps , ce qui est assez difficile sur tout
pour les grandes Horloges dont les premieres Roües seules avec leurs fusées , pe
sent quelquefois jusqu'à deux cens livres
desorte qu'il faut plusieurs hommes pour
en démonter une.
Remarques.
La solution du Problême est exactement vraye dans le cas où le Pignon est
dans un repos absolu , mais lorsqu'il tourne , le frottement diminue sur l'Axe de
là Roue , à mesure que la vitesse du Piè
gnon est augmentée.
Comme cette circonstance ne touche
aucun des avantages réunis dans la position horisontale , j'ai négligé d'y avoir
égard dans la résolution du Problême ,
afin de le simplifier ; cependant je croi
qu'il est à propos de mettre sous les yeux
la question dont il s'agit , quoiqu'elle ne
soit ici que de pure curiosité.
10. Je suppose que la résistance du
Pignon est zero , et que le poids qui le
fait tourner au moyen de la Rouie , tombe aussi vite qu'il le feroit , s'il tomboit
dans l'air libre.
2°. Je suppose qu'un poids tombant
dans l'air libre , a une vitesse uniforme
et que cette vitesse est égale à celle du
5
II. Vol son ,
JUIN. 1732. 1325
son, laquelle parcourt environ 90. toises
par seconde.
39, Je suppose que le Pignon appliqué
à la Roue de sonnerie fait un tour en
deux secondes, et que le même Pignon
appliqué au mouvement, fait son tour en un demi quart d'heure.
par
En place des differentes résistances que
le Pignon oppose à être mû , je substi
tuerai la suite les espaces parcourus
par le poids , il est évident que cette substitution ne changera rien à l'état de la
proposition.
Or si le poids appliqué à la Roiie de
sonnerie parcourt trois pouces en deux
secondes , et si tombant dans l'air libreil parcourt dans le même temps 180..
toises , on aura par le calcul 30 égal à la
diminution du frottement sur l'Axe de
la Roue de sonnerie.
Si le poids appliqué à la Roue du
mouvement , parcourt trois pouces en
un demi quart d'heure , tombant dans
l'air libre , il parcourra dans le même
temps 13500. toises , ce qui donnera par
le calcul 972200 égal à la diminution du
frottement sur la Roue du mouvement.
3
Comme il est évidemment très-avantageux de faire les Horloges aux quarts ,
suivant la nouvelle construction , j'ai crû
11. Vol qu'il
326 MERCURE DE FRANCE
2 qu'il étoit inutile d'en faire un article
separé , à cause qu'il est très-aisé de s’imaginer que pour faire une Horloge aux
quarts , suivant la construction horisontale , il ne faut que le seul Chassis inferieur d'une Horloge aux quarts , mais un
peu plus grand que dans la construction
ordinaire , et placer toutes les Roües dessus , comme dans l'Horloge simple, D'ail
leurs ceux qui souhaiteront avoir des instructions plus particulieres ou faire faire
de ces sortes d'Ouvrages , pourront en
voir un Modele , ( rue Bribouché ) chez
M. Roussel , qui est très habile Horloger er generalement versé dans tout ce
qui concerne les Horloges dont je viens
de parler.
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Résumé : NOUVELLE Maniere de construire de grosses Horloges, non-seulement plus simples que celles que l'on a faites jusqu'à present, mais encore d'un meilleur usage et à meilleur marché. Memoire lû à la Société des Arts le 29. Mars dernier, par M. Julien le Roy, Horloger du Roy et de la même soiciété.
M. Julien le Roy, horloger du Roi et membre de la Société des Arts, propose une nouvelle méthode de construction des grandes horloges, plus simple, efficace et économique que les précédentes. Il souligne la difficulté d'innovation dans les arts mécaniques, souvent due au manque d'imagination et à la dépendance au hasard. Les grandes horloges traditionnelles, comme celles de l'Hôtel de Ville ou de Saint-Paul à Paris, sont composées de huit roues (quatre pour le mouvement et quatre pour la sonnerie) et divers mécanismes tels que la bascule, la détente, la verge des palettes et le volant. La nouvelle méthode, appelée 'horloge horizontale', simplifie cette structure en supprimant dix des onze pièces de la cage traditionnelle, ne conservant que le rectangle inférieur. Cette simplification réduit les frottements et l'usure, augmentant ainsi la durée de vie de l'horloge et diminuant les coûts d'entretien. La disposition horizontale des roues minimise les forces de frottement, comme démontré par un problème de mécanique. L'horloge horizontale est également plus facile à démonter et à nettoyer, facilitant les réparations et l'entretien. Le Roy affirme que cette nouvelle méthode est préférable à l'ancienne, tant en termes de coût que de durabilité. L'auteur reconnaît avoir simplifié le problème en négligeant certains avantages de la position horizontale. Il présente plusieurs hypothèses pour résoudre ce problème : la résistance du pignon est nulle, un poids tombant dans l'air libre a une vitesse uniforme de 90 toises par seconde, et le pignon appliqué à la roue de sonnerie fait un tour en deux secondes, tandis que celui appliqué au mouvement fait un tour en un demi-quart d'heure. Il substitue les différentes résistances du pignon par les espaces parcourus par le poids, ce qui ne change pas l'état de la proposition. Il calcule la diminution du frottement sur l'axe de la roue de sonnerie et sur la roue du mouvement. Il conclut qu'il est avantageux de construire des horloges aux quarts selon la nouvelle méthode horizontale et fournit des informations sur où obtenir des instructions ou des modèles de ces horloges.
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19696
19697
p. 205-206
DE PARIS, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois le Parlement, toutes les Chambres assemblées, enregistra un Edit, [...]
Mots clefs :
Parlement, Édit, Rentes viagères, Vaisseaux anglais, Croisic, Officiers, Canons, Menace , Ennemis, Escarmouche, Canada, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 22 Décembre.
De PARIS , le 22 Décembre .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
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Résumé : DE PARIS, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, le Parlement de Paris enregistra un édit créant trois millions de rentes viagères sous forme de tontine, divisées en actions de 200 livres chacune, réparties en huit classes. Ces rentes étaient établies sur la Ferme Générale des Postes, les Aydes et les Gabelles. À Vannes, plusieurs vaisseaux anglais apparurent au large du Croisic. Leur chef demanda la restitution des canons des vaisseaux anglais brûlés sur la côte, menaçant de bombarder la ville en cas de refus. La demande fut rejetée, entraînant le bombardement de la ville par les vaisseaux ennemis. En Allemagne, l'armée continua d'occuper ses cantonnements près de Friedberg, tandis que l'armée ennemie resta en position. Quelques escarmouches eurent lieu entre les postes avancés, résultant en la capture de quelques prisonniers ennemis. Le 1er janvier, le lieutenant de frégate Canon, parti en mars précédent avec un convoi pour le Canada, revint. Selon les dernières lettres de Cadix, les vaisseaux ne furent pas désarmés et des ordres contraires furent reçus pour les troupes de terre. Une tempête dispersa l'escadre anglaise, démâtant trois de ses plus gros vaisseaux et les rendant inaptes à naviguer. Les cinq vaisseaux français et les quatre frégates fortifiant Portles durent y rentrer le 7.
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19698
p. 3-5
Imitation de l'Ode 21e. du 3e. Livre d'Horace. O nata mecum Consule Manlio.
Début :
Aimable fille de la treille, [...]
Mots clefs :
Horace, Douce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation de l'Ode 21e. du 3e. Livre d'Horace. O nata mecum Consule Manlio.
Imitation
de l'ode 21.du3 Livre d'Horace.
Onata mecum Confule Manlio .
Aimablefillede la treille,
Doux charme del'oisiveté ,
FideleAmi,chere bouteille,
!
:
Viens, amene la volupté;
Que possedés de ton delire
Nosjours passentcommeun instant,
Obeis auxsons demaLa
Hatetoi
naLyre,
*** tattend:
4 MERCURE DE FRANCE.
Ne crains pas cet air de tudeſſe ,
Formé ſur de graves leçons ;
La voix qu'inſpire la ſageſſe
Ne dédaigne pas tes Chanſons :
Souvent cette morale auſtere
Dont Caton voulut s'étayer ,
Célébrant ton joyeux myſtere
Avec toi voulut s'égayer.
***
Par une douce violence
Tu commandes à nos humeurs,
Tu forces la haine au filence ;
Tu ſçais t'aſſujettir nos moeurs :
Tu dérides le front du Sage
Sous ta douce yvreſſe abattu ,
Et tu ſers le libertinage
Sans effaroucher la Vertu.
**
Le voile de la politique
Tombe ſous tes premiers efforts ;
De ſa plus ſecrette pratique
Tu découvres tous les refforts.
Par toi , le pauvre qu'on opprime
NOVEMBRE. 1744.
Perd un douloureux ſouvenir ,
Et dans le tranſport qui l'anime ,
Ne voit qu'un heureux avenir.
Viens, & que les Graces badines ;
Qui ne t'abandonnent jamais ,
Aux plaifirs que tu nous deſtines
Joignent leurs ſéduiſans attraits.
A la lueur de cent bougies
Rivales de l'Aſtre du jour ,
Nous célébrerons tes orgies ,
Sans fonger même à fon retour.
de l'ode 21.du3 Livre d'Horace.
Onata mecum Confule Manlio .
Aimablefillede la treille,
Doux charme del'oisiveté ,
FideleAmi,chere bouteille,
!
:
Viens, amene la volupté;
Que possedés de ton delire
Nosjours passentcommeun instant,
Obeis auxsons demaLa
Hatetoi
naLyre,
*** tattend:
4 MERCURE DE FRANCE.
Ne crains pas cet air de tudeſſe ,
Formé ſur de graves leçons ;
La voix qu'inſpire la ſageſſe
Ne dédaigne pas tes Chanſons :
Souvent cette morale auſtere
Dont Caton voulut s'étayer ,
Célébrant ton joyeux myſtere
Avec toi voulut s'égayer.
***
Par une douce violence
Tu commandes à nos humeurs,
Tu forces la haine au filence ;
Tu ſçais t'aſſujettir nos moeurs :
Tu dérides le front du Sage
Sous ta douce yvreſſe abattu ,
Et tu ſers le libertinage
Sans effaroucher la Vertu.
**
Le voile de la politique
Tombe ſous tes premiers efforts ;
De ſa plus ſecrette pratique
Tu découvres tous les refforts.
Par toi , le pauvre qu'on opprime
NOVEMBRE. 1744.
Perd un douloureux ſouvenir ,
Et dans le tranſport qui l'anime ,
Ne voit qu'un heureux avenir.
Viens, & que les Graces badines ;
Qui ne t'abandonnent jamais ,
Aux plaifirs que tu nous deſtines
Joignent leurs ſéduiſans attraits.
A la lueur de cent bougies
Rivales de l'Aſtre du jour ,
Nous célébrerons tes orgies ,
Sans fonger même à fon retour.
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Résumé : Imitation de l'Ode 21e. du 3e. Livre d'Horace. O nata mecum Consule Manlio.
Le texte est une imitation de l'ode 21 du troisième livre d'Horace, publiée dans le 'Mercure de France' de novembre 1744. Cette ode est dédiée à une 'aimable fille de la treille', une métaphore pour le vin. Elle invite cette entité à apporter la volupté et à rendre les jours agréables grâce à la musique. Le poème souligne que même la sagesse et la morale austère, comme celle de Caton, peuvent apprécier les plaisirs qu'elle procure. Le vin est décrit comme capable de contrôler les humeurs, de faire taire la haine et de soumettre les mœurs. Il rend joyeux le sage et apaise le libertin sans offenser la vertu. De plus, il révèle les secrets de la politique et permet au pauvre opprimé d'oublier ses souffrances pour envisager un avenir meilleur. L'ode se conclut par une invitation à célébrer les plaisirs du vin, accompagnés des grâces badines, à la lumière de nombreuses bougies.
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19699
p. 225-227
MONNOIE De RIOM.
Début :
Du 17 Décembre 1759, au 31 Mars 1760. Messieurs m. o. g. de la Vilatel, Lieutenant [...]
Mots clefs :
Monnaie, Riom, Religieux, Lieutenant, Marquis, Chanoines, Religieuses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MONNOIE De RIOM.
MONNOIE DE RIO M.
Du 17 Décembre 1759 , au 31 Mars 1760 .
Meffieurs
de la Vilatel , Lieutenant des Maréchaux
de France.
du Tour , Corefpondant de l'Académie
Royale des Sciences .
m. o. g.
57 4
255
le Marquis de Chabannes , de la Paliffe. 54 4
Desbray , Receveur des Tailles de
Gannac .
Les Religieux Bénédictins de la Chaiſe-
Dieu.
Les Bénédictins de S. Allire , près
Clermont.
l'Evêque de S. Flour.
le Marquis de Villemont .
MM. de l'Oratoire de Clermont.
Les Jéfuites de Clermont.
Les Religieux de S. Geneft , Ordre des
Prémontrés.
Les Religieux de Montpeyroux .
MM. de l'Abbaye de Bouchet.
le Curé de S. Pourcain.
Les Réligieufes de Notre - Dame
de Riom .
Les Bénédictins de S. Pourcain .
MM . les Comtes de Brioude.
Du Jouhanel , Trélorier de France,
à Riom .
Elpinaffe , Receveur des Tailles à
Clermont.
Les Chanoines de Notre- Dame de
Marthuret , de Riom,
?
1932
6
305 2
191
72 4
44 3
16 I
5-
IL 3
12 f
10 3
4 7 4
93
83 4
257
32 2
1524
KY
226 MERCURE DE FRANCE
Mefsieurs
Suite de Riom.
Les Chanoines de Saint Amable , de
Riom .
Les Cordeliers de Riom .
Les Dames Religieufes de Sainte
Marie , de Riom .
MM . de l'Oratoire , de Riom .
m. o. g.
257
36 3
94
17 I
Les Religieufes Hofpitalières , de Riom . 14 4
De Lauriat , ancien Tréforier de France
à Riom .
Les Religieufes de l'Eclache , de Clermont.
>
le Baron d'Eveaux , de Moulins.
Chamfeu Lieuten . des Maréchaux de
France , a Moulins .
Les Chanoines de la Sainte Chapelle ,
de Riom .
le Marquis de Goutes , de Moulins ,
Capitaine de Vaiffeaux .
le Curé de S. Geneft , de Clermont.
Les Dames Carmelites , de Riom .
les Chanoines de Billom .
les Religieufes de Sainte Marie , de
Billom .
les Jéfuites , de Billom .
d'Avaux , Premier Préfident au Préfidial
de Riom.
du Corail , Brigad. des armées du Roi.
Demacholles , Chevalier de S. Louis ,
& ancien Capitaine de Dragons.
MM de Chapitre de Chamaliere.
les Bénédictins d'Iffoire . *
les Religieufes d'Efteil , Ordre de Fontevraux
.
les Bénédictines , de Billom..
36.5
16 2
36 6
18 5
4
85 14
20 S
16 64
24 3 4
II 4
10.2
237
8 I
204
754
4 2
24 5
246
AVRIL. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Riom.
m. 0. g.
les Marguilliers de Saint Amable ,
de Riom .
les Religieufes Bénédictines de Clermont.
les Religieufes de Sainte Marie de
Clermont.
les Religieufes de Notre - Dame de
Gannat.
les Chanoines de Notre- Dame du Port,
de Clermont .
les Chanoines de Notre- Dame d'Aiguepene.
les Carmes anciens , de Clermont .
les Religieufes de la Vifitation , de
Notre- Dame de Montferrand.
MM. du Chapitre de Montferrand.
les Miffionnaires de Ballene , près
Gannat.
30 7
566
106
36
18 3
17 5 4
742
3 64
742
864
la Paroille de Montaigut, en Combraille. 12 5
les Dames Religieufes de Pontralier ,
près Gannat . 434
les Dames Urfulines , de Montferrand . 10 4 4
Du 17 Décembre 1759 , au 31 Mars 1760 .
Meffieurs
de la Vilatel , Lieutenant des Maréchaux
de France.
du Tour , Corefpondant de l'Académie
Royale des Sciences .
m. o. g.
57 4
255
le Marquis de Chabannes , de la Paliffe. 54 4
Desbray , Receveur des Tailles de
Gannac .
Les Religieux Bénédictins de la Chaiſe-
Dieu.
Les Bénédictins de S. Allire , près
Clermont.
l'Evêque de S. Flour.
le Marquis de Villemont .
MM. de l'Oratoire de Clermont.
Les Jéfuites de Clermont.
Les Religieux de S. Geneft , Ordre des
Prémontrés.
Les Religieux de Montpeyroux .
MM. de l'Abbaye de Bouchet.
le Curé de S. Pourcain.
Les Réligieufes de Notre - Dame
de Riom .
Les Bénédictins de S. Pourcain .
MM . les Comtes de Brioude.
Du Jouhanel , Trélorier de France,
à Riom .
Elpinaffe , Receveur des Tailles à
Clermont.
Les Chanoines de Notre- Dame de
Marthuret , de Riom,
?
1932
6
305 2
191
72 4
44 3
16 I
5-
IL 3
12 f
10 3
4 7 4
93
83 4
257
32 2
1524
KY
226 MERCURE DE FRANCE
Mefsieurs
Suite de Riom.
Les Chanoines de Saint Amable , de
Riom .
Les Cordeliers de Riom .
Les Dames Religieufes de Sainte
Marie , de Riom .
MM . de l'Oratoire , de Riom .
m. o. g.
257
36 3
94
17 I
Les Religieufes Hofpitalières , de Riom . 14 4
De Lauriat , ancien Tréforier de France
à Riom .
Les Religieufes de l'Eclache , de Clermont.
>
le Baron d'Eveaux , de Moulins.
Chamfeu Lieuten . des Maréchaux de
France , a Moulins .
Les Chanoines de la Sainte Chapelle ,
de Riom .
le Marquis de Goutes , de Moulins ,
Capitaine de Vaiffeaux .
le Curé de S. Geneft , de Clermont.
Les Dames Carmelites , de Riom .
les Chanoines de Billom .
les Religieufes de Sainte Marie , de
Billom .
les Jéfuites , de Billom .
d'Avaux , Premier Préfident au Préfidial
de Riom.
du Corail , Brigad. des armées du Roi.
Demacholles , Chevalier de S. Louis ,
& ancien Capitaine de Dragons.
MM de Chapitre de Chamaliere.
les Bénédictins d'Iffoire . *
les Religieufes d'Efteil , Ordre de Fontevraux
.
les Bénédictines , de Billom..
36.5
16 2
36 6
18 5
4
85 14
20 S
16 64
24 3 4
II 4
10.2
237
8 I
204
754
4 2
24 5
246
AVRIL. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Riom.
m. 0. g.
les Marguilliers de Saint Amable ,
de Riom .
les Religieufes Bénédictines de Clermont.
les Religieufes de Sainte Marie de
Clermont.
les Religieufes de Notre - Dame de
Gannat.
les Chanoines de Notre- Dame du Port,
de Clermont .
les Chanoines de Notre- Dame d'Aiguepene.
les Carmes anciens , de Clermont .
les Religieufes de la Vifitation , de
Notre- Dame de Montferrand.
MM. du Chapitre de Montferrand.
les Miffionnaires de Ballene , près
Gannat.
30 7
566
106
36
18 3
17 5 4
742
3 64
742
864
la Paroille de Montaigut, en Combraille. 12 5
les Dames Religieufes de Pontralier ,
près Gannat . 434
les Dames Urfulines , de Montferrand . 10 4 4
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Résumé : MONNOIE De RIOM.
Le document 'MONNOIE DE RIO M.' couvre la période du 17 décembre 1759 au 31 mars 1760 et répertorie les contributions financières de diverses personnalités et institutions. Les contributeurs incluent des nobles, des ecclésiastiques, des fonctionnaires et des ordres religieux. Parmi les noms notables figurent le Marquis de Chabannes, le Marquis de Villemont, l'Évêque de S. Flour, ainsi que les Bénédictins, les Jésuites et les Prémontrés. Les montants des contributions varient de quelques livres à plusieurs centaines de livres. Le document mentionne également des contributeurs pour la suite de Riom, tels que des chanoines, des cordeliers, des dames religieuses, le Baron d'Eveaux et le Marquis de Goutes, avec des montants détaillés pour chaque individu ou groupe.
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19700
p. 206
Du Quartier général de Friedberg, le 5 Janvier.
Début :
Le Corps aux ordres du Marquis de Voyer venu du Bas-Rhin malgré les [...]
Mots clefs :
Marquis, Déplacement des troupes, Général, Attaque, Prisonniers, Postes militaires, Maréchal, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Quartier général de Friedberg, le 5 Janvier.
Du Quartier général de Friedberg , le 5 Janvier,
Le Corps aux ordres du Marquis de Voyer
venu du Bas-Rhin malgré les difficultés prefqu'infurmontables
qu'il a éprouvées pendant fa marche
, & celui qui étoit à Limbourg aux ordres
du Marquis de Vogué , fe font joints le 31 du
: mois dernier , dans les environs de Mengerskif
ken. Les Troupes commandées par le Marquis
de Vogué fe porterent le 4 de ce mois avant le
jour fur la Ville d'Herborn. Ce Général après
avoir fait fes difpofitions pour l'attaquer , la fit
fommer. La Garnifon au nombre de cent cinquante
hommes , fe rendit prifonniere de guerre.
Pendant ce temps- là le Marquis Dauvet détaché
par le Marquis de Voyer , s'empara de la
Ville de Dillenbourg , où il fit quelques prifonniers.
Les troupes légères de ces deux Corps firent
de leur côté des courfes dans le Pays , &
enleverent plufieurs poftes & patrouilles des Ennemis.
Pour favorifer l'expédition fur Herborn
& Dillenbourg , le Maréchal de Broglie avoit
fait fortir de Gieffen des détachemens de la garnifon
aux ordres du Marquis de Blaifel & il
avoit fait avancer des troupes légères du côté de
Marbourg. Toutes les difpofitions ont eu le plus
grand fuccès . Partout on fait des prifonniers aux
Ennemis.
Le Corps aux ordres du Marquis de Voyer
venu du Bas-Rhin malgré les difficultés prefqu'infurmontables
qu'il a éprouvées pendant fa marche
, & celui qui étoit à Limbourg aux ordres
du Marquis de Vogué , fe font joints le 31 du
: mois dernier , dans les environs de Mengerskif
ken. Les Troupes commandées par le Marquis
de Vogué fe porterent le 4 de ce mois avant le
jour fur la Ville d'Herborn. Ce Général après
avoir fait fes difpofitions pour l'attaquer , la fit
fommer. La Garnifon au nombre de cent cinquante
hommes , fe rendit prifonniere de guerre.
Pendant ce temps- là le Marquis Dauvet détaché
par le Marquis de Voyer , s'empara de la
Ville de Dillenbourg , où il fit quelques prifonniers.
Les troupes légères de ces deux Corps firent
de leur côté des courfes dans le Pays , &
enleverent plufieurs poftes & patrouilles des Ennemis.
Pour favorifer l'expédition fur Herborn
& Dillenbourg , le Maréchal de Broglie avoit
fait fortir de Gieffen des détachemens de la garnifon
aux ordres du Marquis de Blaifel & il
avoit fait avancer des troupes légères du côté de
Marbourg. Toutes les difpofitions ont eu le plus
grand fuccès . Partout on fait des prifonniers aux
Ennemis.
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Résumé : Du Quartier général de Friedberg, le 5 Janvier.
Le 5 janvier, le Marquis de Voyer, depuis le Quartier général de Friedberg, rapporte que ses troupes, venues du Bas-Rhin malgré les obstacles, se sont jointes le 31 décembre aux forces du Marquis de Vogué près de Mengerskirchen. Le 4 janvier, les troupes du Marquis de Vogué ont attaqué et pris la ville d'Herborn, capturant une garnison de cent cinquante hommes. Parallèlement, le Marquis Dauvet, envoyé par le Marquis de Voyer, a pris la ville de Dillenbourg et fait quelques prisonniers. Les troupes légères des deux corps ont également mené des opérations dans la région, capturant plusieurs postes et patrouilles ennemies. Pour appuyer ces actions, le Maréchal de Broglie avait envoyé des détachements de la garnison de Giessen sous les ordres du Marquis de Blaifel et avancé des troupes légères vers Marbourg. Ces dispositions ont abouti à la capture de nombreux prisonniers ennemis.
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