Résultats : 21757 texte(s)
Détail
Liste
19901
p. 2871-2872
Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Début :
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝTA Origenis Opera omnia, &c. Tout ce [...]
Mots clefs :
Origène
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texteReconnaissance textuelle : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
ΩΡΙΓΕΝΟΥΣ ΤΑ ΕΥΡΙΣΚΟΜΕΝΑ ΠΑΝ
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
TA Origenis Opera omnia , &c . Toni ce
qu'on a pu recouvrer d'Ouvrage d'Origéne ,
en Grec , ou seulement en Latin , &c. Par
·D, Charles de la Ruë , Religieux Benedic-
11. Vol. tin
2872 MERCURE DE FRANCE
•
tin de la Congregation de S.Maur. A Paris,
chez Jacques Vincent 1733 , in fol. second
vol. de 334 pag.
C'est la suite de la nouvelle Edition des
Ouvrages d'Origene , dont nous avons
donné le Plan dans le premier volume du
Mercure de Juin dernier. Il y a un fort
bel Extrait de ce second Tome , dans le
Journal des Sçavans , du mois de Decembre
1733.
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Résumé : Tous les Ouvrages d'Origène, &c. [titre d'après la table]
Le document présente 'TA Origenis Opera omnia' de Charles de la Ruë, bénédictin de Saint-Maur, qui rassemble les œuvres d'Origène en grec ou latin. Le second volume, de 334 pages, a été publié à Paris en 1733. Un extrait a paru dans le Journal des Sçavans de décembre 1733.
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19902
p. 1371-1375
Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, pour [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, L'État et les Délices de la Suisse, Traités géographiques et historiques, Entendement humain, Dissertation sur le Thé
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
IBLIOTHEQUE RAISONNE'E des Ouvrages des Sçavans de l'Europe , pour
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
les mois de Janvier , Fevrier , Mars ,
Avril, May et Juin 1730 Tome quatriéme, premiere et seconde Partie. A Amsterdam , chez les Westeins et Shmit , 1730.
in 12.
Voicy quelques Titres de Livres dont
les Extraits sont très bien faits dans ce
Journal.
·
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE
6 >
en forme de Relation Critique , par plu
sieurs Auteurs celebres , enrichis de figures en Tailles douces , dessinées sur les
lieux , et de Cartes Géographiques trèsexactes , en 4. volumes in 12. A Amsterdam , chez les Westeins et Smit , 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTO
RIQUES , pour faciliter l'intelligence de
l'Ecriture Sainte ; par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez G. Vander Poël,
1730. 2. vol. in 12 d'environ 750. pages.
II. Vol. ESSAY
37% MERCURE DE FRANCE
,
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur la formation"
des Sels et des Cristaux , et sur la géne
ration et le Méchanisme organique des
Plantes et des Animaux , à l'occasion de
la Pierre Belennite , et de la Pierre Lenticulaire. Avec un Mémoire sur la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet. A
Amsterdam, chez Franç. Honoré , 17 : 9 .
in 12. de 220. pages pour l'Ouvrage , et
44. pour l'Epitre et la Préface.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,Concernant
l'Entendement humain , où l'on montre
quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines , et la maniere dont nous y parvenons. Par M. Locke. Traduit de l'Anglois par M. Coste. Seconde Edition , revûë, corrigée et augmentée de quelques
Additions importantes de l'Auteur , qui
n'ont paru qu'après sa mort , et de quelques Remarques du Traducteur. A Ams
terdam, chez Pierre Mortier, 1729. in 4..
595. pour le corps de l'Ouvrage, et 46.
pour les Prefaces , &c. et la Table des
Chapitres , sans compter l'Epitre dédicatoire et la Table des Matieres.
On apprend dans les Nouvelles Litteraires ; Article de Londres , qu'on y a
imprimé en Anglois , chez Gyles , DisH.Vol. sertation
JUIN. 17320 1373:
sertation sur le Thé , où l'on explique sa
nature et ses proprietez , par plusieurs
nouvelles experiences ; et l'on démontre
par des principes philosophiques, les divers
effets qu'il produit sur des temperamens
differens. On y a ajoûté l'Histoire naturelle du Thé ; la découverte de plusieurs
fraudes qui se commettent en le préparant un Discours sur les vertus de la
Sauge et de l'eau ; et un Trairé où l'on
Lecherche les raisons pourquoi les mêmes
viandes ne conviennent pas également à
toutes sortes de temperamens. Par Thom.
Short , Docteur en Medecine. In 4.
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c, [titre d'après la table]
Le document est une bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants d'Europe pour les mois de janvier à juin 1730, publiée en deux parties à Amsterdam par les Westeins et Schmit. Il présente plusieurs titres notables, dont 'L'État et les Délices de la Suisse' en quatre volumes, enrichi de figures et de cartes géographiques. Un autre ouvrage mentionné est 'Traitez Géographiques et Historiques' pour faciliter l'intelligence de l'Écriture Sainte, publié en deux volumes à La Haye. Le document cite également un 'Essay Philosophique sur la formation des Sels et des Cristaux' par M. Bourguet, ainsi qu'un 'Essay Philosophique concernant l'Entendement humain' de M. Locke, traduit par M. Coste. Enfin, les Nouvelles Littéraires rapportent la publication en anglais d'une dissertation sur le thé, expliquant sa nature et ses propriétés, ainsi que des discussions sur les vertus de la sauge et les compatibilités alimentaires selon les tempéraments, par le Docteur Thomas Short.
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19903
p. 118
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon tout peut rafraîchir dans la chaude saison. [...]
Mots clefs :
Éventail
19904
p. 2872
« La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...] »
Début :
La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...]
Mots clefs :
Cent nouvelles nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : « La dixième Partie des Cent Nouvelles Nouvelles, de Madame de Gomez, paroît [...] »
La dixiéme Partie des Cent Nouvelles
Nouvelles , de Madame de Gomez, paroît
chez de Mauduit, Quai des Augustins , à
S. François.
Nouvelles , de Madame de Gomez, paroît
chez de Mauduit, Quai des Augustins , à
S. François.
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19905
p. 2842
LOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur, il faut trouver dans un Poisson, [...]
Mots clefs :
Baleine
19906
p. 3054
AUTRE.
Début :
En huit Lettres, Lecteur, je parois à tes yeux, [...]
Mots clefs :
Coutelas
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
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19910
p. 2872-2873
EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
Début :
Le mois passé je marchandois les Livres, [...]
Mots clefs :
Traité, Livres, Opinion, Gaspard, Marquis de Saint-Aubin
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
EPIGRAMME ,
Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre,
Marquis de Saint Aubin sur Loire , cydevant
Maître des Requêtes.Par Mlle de
Malcrais de la Vigne du Croisic en
Bretagne .
E mois passé je marchandois les Livres ,
Dans lesquels Saint Aubin , ce Sçavant de nos
jours ,
Confond
cours ,
par merveilleux et convainquans dis-
La folle opinion dont nos ames sont yvres ;
Pas un Liard , me dit- on , à . moins de quinze
livres.
II. Vol. Quinze
DECEMDK E , 1733. 2873
Quinze livres , repris - je ; un Traité Vertu
choux ?
Maître Gaspard , y pensez -vous ?
C'est au Mouton plaintif, d'une lame inhumaine.
Couper en verité le cuir avec la laine.
Je le pris cependant ; mais après l'avoir lû ,
En vous remerciant ; vins- je dire au Libraire ;
Certes , ce n'est pas trop vendu ;
Dieu mette en Paradis feu Gaspard votre Pere ;
Mais chez vous la science aujourd'hui n'est point
chére ,
Je croyois pour le prix n'acquetir qu'un Traité
Et je trouve avoir achepté ,
Une Bibliotheque entiere .
Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre,
Marquis de Saint Aubin sur Loire , cydevant
Maître des Requêtes.Par Mlle de
Malcrais de la Vigne du Croisic en
Bretagne .
E mois passé je marchandois les Livres ,
Dans lesquels Saint Aubin , ce Sçavant de nos
jours ,
Confond
cours ,
par merveilleux et convainquans dis-
La folle opinion dont nos ames sont yvres ;
Pas un Liard , me dit- on , à . moins de quinze
livres.
II. Vol. Quinze
DECEMDK E , 1733. 2873
Quinze livres , repris - je ; un Traité Vertu
choux ?
Maître Gaspard , y pensez -vous ?
C'est au Mouton plaintif, d'une lame inhumaine.
Couper en verité le cuir avec la laine.
Je le pris cependant ; mais après l'avoir lû ,
En vous remerciant ; vins- je dire au Libraire ;
Certes , ce n'est pas trop vendu ;
Dieu mette en Paradis feu Gaspard votre Pere ;
Mais chez vous la science aujourd'hui n'est point
chére ,
Je croyois pour le prix n'acquetir qu'un Traité
Et je trouve avoir achepté ,
Une Bibliotheque entiere .
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Résumé : EPIGRAMME, Sur le Traité de l'Opinion de M. le Gendre, Marquis de Saint Aubin sur Loire, cy-devant Maître des Requêtes. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic en Bretagne.
L'épigramme de Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic évoque le 'Traité de l'Opinion' du Marquis de Saint Aubin, ancien Maître des Requêtes. Elle s'étonne du prix élevé du livre, quinze livres, mais le trouve justifié après lecture. Elle compare l'achat du livre à l'abattage d'un mouton pour sa laine. Elle exprime aussi sa gratitude envers le père du libraire, Maître Gaspard.
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19911
p. 112-113
ENIGME.
Début :
Du fond du pays Gascon, [...]
Mots clefs :
Compliment
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Du fond du pays
Gafcon ,
Selon certains Auteurs , je tire ma naiſſance.
D'autres , non fans moins de raiſon ,
Me font du pays de Coutance ,
Ou de la Ville d'Alençon. "
Quoiqu'il en foit , dans mon génie ,
De Gascogne ou de Normandie,
Je renferme l'efprit fateur ,
DECEMBRE. 1749. 113
Perfide , impudent & menteur.
Malgré cet affreux caractére ,
J'ai pourtant prefque feul aujourd'hui l'art de
plaire ,
Et par mon efprit ſéducteur ,
A la Cour , au Palais , à la Chaire , à la grille ;
Je me fais louer & je brille.
Tout , jufqu'au plus vil Artifan ,
Se déclare mon partiſan ;
Chacun de moi veut une dofe . "
Que fuis- je donc? Fort peu de chofe ;
Et rien du tout le plus fouvent.
Du fond du pays
Gafcon ,
Selon certains Auteurs , je tire ma naiſſance.
D'autres , non fans moins de raiſon ,
Me font du pays de Coutance ,
Ou de la Ville d'Alençon. "
Quoiqu'il en foit , dans mon génie ,
De Gascogne ou de Normandie,
Je renferme l'efprit fateur ,
DECEMBRE. 1749. 113
Perfide , impudent & menteur.
Malgré cet affreux caractére ,
J'ai pourtant prefque feul aujourd'hui l'art de
plaire ,
Et par mon efprit ſéducteur ,
A la Cour , au Palais , à la Chaire , à la grille ;
Je me fais louer & je brille.
Tout , jufqu'au plus vil Artifan ,
Se déclare mon partiſan ;
Chacun de moi veut une dofe . "
Que fuis- je donc? Fort peu de chofe ;
Et rien du tout le plus fouvent.
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19912
p. 1372-1373
LOGOGRYPHE.
Début :
Des mes plus jeunes ans je semai la terreur ; [...]
Mots clefs :
Cartouche
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
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19913
p. 3054-3055
LOGOGRYPHUS.
Début :
Aut inter densas frondes, aut inter acuta [...]
Mots clefs :
Avis
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
1
"AUt inter densasfrondes , aut inter acuta
Dumi septa orior : si vis me noscere , promam
Unde meum sensim poterit tibi surgere nomen.
Semoto capite, & qua restant Ordine sumptis ,
Quis
DECEMBRE. 1739 . 3055
Quis mihi restiterit ? nec vel validissimus hostis ;
Caudam rejicias tantùm , cervice resumptâ ,
Quem tenuere Patrès , hunc callem prorsus habebis ;
Pes capiti junctus , pondus dabit atque Monetam ,
Cum tribus , Aurificis Figulive opus exto decorum.
1
"AUt inter densasfrondes , aut inter acuta
Dumi septa orior : si vis me noscere , promam
Unde meum sensim poterit tibi surgere nomen.
Semoto capite, & qua restant Ordine sumptis ,
Quis
DECEMBRE. 1739 . 3055
Quis mihi restiterit ? nec vel validissimus hostis ;
Caudam rejicias tantùm , cervice resumptâ ,
Quem tenuere Patrès , hunc callem prorsus habebis ;
Pes capiti junctus , pondus dabit atque Monetam ,
Cum tribus , Aurificis Figulive opus exto decorum.
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19914
p. 2850-2852
La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
LA VIE EST UN SONGE, Comédie héroïque de M. de Boissy, représentée par [...]
Mots clefs :
La vie est un songe, Boissy, Comédie héroïque, Comédiens-Italiens, Traduction
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texteReconnaissance textuelle : La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
LA VIE EST UN SONGE , Comédie héroïque de M. de Boissy , représentée par
les Comédiens Italiens , au mois de Novembre 1732. prix , 24 sols. A Paris
chez P. Prauli , Quai de Gêvres , 1732.
in- 8. de 80 pages , prix 24 sols.
Cette Piéce en Vers libres , n'est pas
une simple Traduction de l'Italien ; on a
senti dans les Représentations , les changemens avantageux que l'Auteur a faits
dans ce Poëme ; pour donner une idée de
la maniere dontil est écrit, et du caractere
des deux principaux Personnages , nous
Insererons ici un Fragment de la Scene
entre Bazile , Roi de Pologne , et Sigismond , son fils , retenu dans une dure
captivité par son Pere depuis sa nais- sance.
II. Vol. Le
DECEMBRE.
1732. 2851
Le
Roy.
Ah ! ces retours affreux et l'horreur qu'ils t’ins«
pirent ,
Me font trop voir que les Astres sont vrais
Dans le malheur qu'ils me prédirent :
Il est écrit sur ton front irrité ;
Et j'y lis d'un Tyran toute la dureté.
Sigismond.
Pere cruel ! dont la bouche m'outrage ,
Si je suis un Tiran , n'en accuse que toi ;
Par ton ordre , élevé comme un monstre sau→
vage ,
Je ne fais que répondre aux soins qu'on cut de , moi ,
J'imite ton exemple , et je suis ton ouvrage ,
D'autant plus excusable en mon emportement ,
Que la raison l'approuve , et que ma tiran
nie
Par un juste retour et par un mouvement
Que la Nature justifie
N'aspire qu'à punir les Tirans de mavie;
Mais toi , Pere coupable et bourreau de ton
fils ,
Tu t'es montré cruel contre toute justice ,
Contre les droits humains et les loix du Pays,
Pour m'enterrer vivant dans un noir précipice ,
11. Vol. F
Quel
2852 MERCURE DE FRANCE
Quel forfait en naissant avois-je donc commis
C'est peu de me cacher à ma Patrie entiere ,
Tum'as tout refusé jusques à la lumiere :
Pour la premiere fois aujourd'hui j'en jóüis,
Dans les transports de sa colere ,
Contre moy, que pourroit imaginer de pis,
Le plus cruel de tous mes ennemis ?
Parens dénaturés , à vos ordres bizares ,
Quoi nos jours innocens seront- ils asser vis?
Serés- vous envers nous impunément barba
res ,
Et les ressentimens nous sont- ils interdits ?
Non , non 2 c'est une erreur dont vous êtes sé duits.
Par une sage prévoyance
Les équitables Dieux ont borné vos pouvoirs
Ainsi que nous , Vous avés vos devoirs,
Et si nous vous devons avec l'obéissance
Des marques de respect et de reconnoissance ,
Vous nous devés des soins à votre tour ,
Conformes à notre naissance •
Et des preuves de votre amour.
les Comédiens Italiens , au mois de Novembre 1732. prix , 24 sols. A Paris
chez P. Prauli , Quai de Gêvres , 1732.
in- 8. de 80 pages , prix 24 sols.
Cette Piéce en Vers libres , n'est pas
une simple Traduction de l'Italien ; on a
senti dans les Représentations , les changemens avantageux que l'Auteur a faits
dans ce Poëme ; pour donner une idée de
la maniere dontil est écrit, et du caractere
des deux principaux Personnages , nous
Insererons ici un Fragment de la Scene
entre Bazile , Roi de Pologne , et Sigismond , son fils , retenu dans une dure
captivité par son Pere depuis sa nais- sance.
II. Vol. Le
DECEMBRE.
1732. 2851
Le
Roy.
Ah ! ces retours affreux et l'horreur qu'ils t’ins«
pirent ,
Me font trop voir que les Astres sont vrais
Dans le malheur qu'ils me prédirent :
Il est écrit sur ton front irrité ;
Et j'y lis d'un Tyran toute la dureté.
Sigismond.
Pere cruel ! dont la bouche m'outrage ,
Si je suis un Tiran , n'en accuse que toi ;
Par ton ordre , élevé comme un monstre sau→
vage ,
Je ne fais que répondre aux soins qu'on cut de , moi ,
J'imite ton exemple , et je suis ton ouvrage ,
D'autant plus excusable en mon emportement ,
Que la raison l'approuve , et que ma tiran
nie
Par un juste retour et par un mouvement
Que la Nature justifie
N'aspire qu'à punir les Tirans de mavie;
Mais toi , Pere coupable et bourreau de ton
fils ,
Tu t'es montré cruel contre toute justice ,
Contre les droits humains et les loix du Pays,
Pour m'enterrer vivant dans un noir précipice ,
11. Vol. F
Quel
2852 MERCURE DE FRANCE
Quel forfait en naissant avois-je donc commis
C'est peu de me cacher à ma Patrie entiere ,
Tum'as tout refusé jusques à la lumiere :
Pour la premiere fois aujourd'hui j'en jóüis,
Dans les transports de sa colere ,
Contre moy, que pourroit imaginer de pis,
Le plus cruel de tous mes ennemis ?
Parens dénaturés , à vos ordres bizares ,
Quoi nos jours innocens seront- ils asser vis?
Serés- vous envers nous impunément barba
res ,
Et les ressentimens nous sont- ils interdits ?
Non , non 2 c'est une erreur dont vous êtes sé duits.
Par une sage prévoyance
Les équitables Dieux ont borné vos pouvoirs
Ainsi que nous , Vous avés vos devoirs,
Et si nous vous devons avec l'obéissance
Des marques de respect et de reconnoissance ,
Vous nous devés des soins à votre tour ,
Conformes à notre naissance •
Et des preuves de votre amour.
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Résumé : La Vie est un Songe, Comédie, [titre d'après la table]
Le texte présente 'La Vie est un Songe', une comédie héroïque de M. de Boissy, jouée par les Comédiens Italiens à Paris en novembre 1732. L'œuvre, publiée par P. Prauli, est disponible en format in-8 de 80 pages au prix de 24 sols. Contrairement à une simple traduction de l'italien, la pièce a été modifiée par l'auteur. Un extrait de la scène entre Bazile, roi de Pologne, et Sigismond, son fils retenu en captivité depuis sa naissance, illustre le style et les personnages principaux. Sigismond, libéré, exprime son amertume et sa colère envers son père, l'accusant de l'avoir élevé dans des conditions inhumaines, ce qui l'a rendu tyrannique. Sigismond justifie ses actions par les mauvais traitements subis et affirme que les parents ont des devoirs envers leurs enfants, notamment des preuves d'amour et de respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19915
p. 3018-3024
Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque de Marseille, au Clergé séculier et régulier [...]
Mots clefs :
Pallium, Marseille, Lettre, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
LETTRE PASTORALE de M. l'Evêque
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
de Marseille , au Clergé séculier et régulier
de son Diocèse , au sujet du PALLIUMque
N. S. Pere le Pape vient de lui ac-
11. Vol
corde
DECEMBRE 1731. 30191
corder par une grace particuliere. A Mar
seille , de l'Imprimerie de J.P.Brebion . Brochure
in 4. de 5 pages. M. DCC. XXXI.
L'Exposé de cette Lettre est également
pieux , instructif et digne du sujet. Nous
nous contenterons d'en rapporter un seul
trait , qui fera juger du reste.
Marseille Payenne , se glorifioit au-
>>trefois dans le pompeux, mais vain titre
de Soeur de Rome. Que Marseille chré-
>> tienne et toujours catholique se glorifie
>> bien plus dans son union intime et per-
» petuelle avec l'Eglise Romaine , et dans
»son humble er parfaite soumission à
» toutes ses décisions . C'est en cela que
consiste la veritable gloire d'un Chré
»tien , et c'est delà que dépend son éter
nelle félicité.
pour
La Lettre finit , en ordonnant des
Prieres N. S. Pere le Pape , et par
une Exhortation pathetique de ne point
oublier dans les mêmes Prieres , « le Pré-
» lat auquel S. S. vient d'accorder l'or-
» nement sacré, &c. afin que quand Dieu.
» trouvera à propos de l'appeller à lui , il
» l'unisse dans le ciel à cette multitude
» de saints Evêques , qui avant lui ont~ .
gouverné l'Eglise de Marseille.
Peu de temps après la publication de
cette Lettre , dattée du 18 Octobre 17,1 .
II. Vol .
Ej
M ..
3200 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque de Marseille alla recevois
à Arles le Pallium , des mains de M. l'Archevêque
, son Métropolitain , avec les
ceremonies accoûtumées.
Nous aurions pû à l'occasion de cette
Ceremonie , ajoûter ici quelques Remarques
Historiques sur le Pallium , pour
instruire ceux de nos Lecteurs qui peuvent
en avoir besoin ; mais ce sujet , simple
en apparence , est d'une longue discussion
et nous auroit porté infailliblement
au - delà des bornes que nous sommes
obligez de nous prescrire. La seule
chose qui pouvoit nous convenir , étoit
de donner un précis de la Dissertation *
Latine de Dom Thierri Ruinart , le det
nier de tous les Auteurs qui ont écrit
sur le Pallium , et qu'on peut dire avoir
épuisé cette matiere , si nous n'avions
été prévenus par les Auteurs du Journal
de Trévoux , qui ont donné un fort
bel Extrait de cette Dissertation dans
leur Journal du mois de Novembre 1724.
page 1942. Nous renvoyons avec plaisir
les Lecteurs à cet Extrait qui les instruira.
agréablement , et nous nous contentons
d'employer ici les dernieres paroles de D.
Oeuvres posthumes de D. Jean Mabillon
et de D. T. Ruinart , T. II, P. 401. publiées
par D. Vincent Thuillier en 1724.
II. Vola Rui
DECEMBRE 1731. 302F
Ruinart en finissant sa Dissertation ; elles
sont remarquables et propres à donner la
grande idée que l'on doit avoir du Pallium.
» Pour moi , dit ce sçavant Benedictin ,
» je crois qu'il ne me reste plus qu'à congratuler
le Pallium, de s'être elevé d'ung
» origine assez obscure , à ce haut degré
» d'honneur et de gloire où nous venous
» de le voir dans notre Ecrit ; ensorte
» qu'entre tous les habits Ecclesiastiques
» il n'y a rien de plus grand et de plus .
illustre. On peut donc , à fort juste
»titre , appliquer à notre Pallium , ce que
» Tertullien a dit autrefois du Manteau
des Chrétiens , sur la fin de son Traité
» de Pallio. GAUDE PALLIUM , ET EXUL-
» TA : MELIOR JAM TE PHILOSOPHIA DI-
» GNATA EST , EX QUO CHRISTIANUM immo-
» Archiepiscopum et Episcopum VESTIRE ;
COEPISTI .
Nous avons parlé plus d'une fois du grand
Ouvrage intitulé : ORIENS Christianus et Affrica,
entrepris et assidûment continué par le R.P. le
Quien , Dominicain , Auteur d'une belle Editiondes
OEuvres de S. Jean de Damas , & c. Les Sçavans
nõus sçaurons gré , sans doute ,
de leur apprendre
que cet Ouvrage s'imprime actuellement
au Louvre avec beaucoup de soin et de diligence ,
La Direction de la Librairie , dont M. Chauyelin
de Beauséjour , Intendant d'Amiens , étoit
II. Vol,
chargé,
3022 MERCURE DE FRANCE
chargé , a été donnée à M. Roullier , Maître dess
Requêtes , Intendant du Commerce.
A l'occasion d'un Memoire anonyme qui nous
a été adressé , intitulé , Refléxions sur les moyens
d'avoir des Remedes Specifiques , &c. et que
nous n'imprimerons pas , par la raison qu'on va
voir ; nous avertissons les Personnes bien inten
tionnées pour le bien public , tel que nous paroît
être l'Auteur du Mémoire , et toutes celles qui
prétendent avoir des Remedes particuliers et specifiques
pour quelque maladie que ce soit , nous
les avertissons , dis -je , qu'il y a une Commission
déja toute établie , sous l'autorité du Roy ,
pour connoître des Remedes Specifiques , à laquelle
M. le Premier Medecin préside . Elle est
composée de six Medecins , de, deux Apotiquai--
res et de quatre Chirurgiens , et s'assemble au
Louvre en des temps marquez. Il paroît que le
Projet contenu dans le Memoire en question ,
tombe de lui-même , en quelque façon , par l'utile
établissement dont on vient d'instruire le-
Public.
L'Académie Royale de Peinture et de Sculp--
ture , connoissant le gout de M. le Comte de
Caylus , pour le Dessein et la Peinture , et l'estime
qu'il fait des habiles gens qui composent cette ce--
lebre Compagnie , elle lui a donné une Place d'Amateur
Honoraire ; et il prit séance dans l'Assem→→
blée le premier de ce mois.
On écrit de Russie , qu'on a tiré des Mines de
Siberie , pendant l'Eté dernier , une grande quantité
de fer et de cuivre , et environ 2000. onces
d'argent qui est très- fin..
11. Vel On
DECEMBR E. * 1731. 3023-
On apprend de Petersbourg , que les Décou
vertes que l'Académie des Sciences qui y est éta
blie a faites depuis trois ans sur la veritable situation
du passage par le Nord , qui donne entrée
dans la Mer de Tartarie , et les Relations de
quelques Voyageurs , qui depuis le même-temps .
ant franchi ce passage , ont déterminé la Czarine
à envoyer par terre sur la Côte de Tartarie , quel
ques Officiers de Marine experimentez ,
deux Académiciens de Petersbourg , pour faire
des Observations et prendre des hauteurs exactes
; on doit leur donner une escorte considera
ble et des vivres pour un an..
avec
On écrit de Rome , que des Ouvriers travail
lans depuis peu dans une Vigne de Grottarosa ,,
qui appartient au Chapitre de l'Eglise de S. Pierre
, y ont trouvé une grande . Urne de Marbre ,
auprès d'une petits Statue de femme pleurante ,
tenant une main appuyée sur un Piedestal d'ambre
très bien travaillé , et de l'autre un Vase,
rempli d'une liqueur Balsamique et couvert d'un
filagramme d'or. Le Cardinal Camerlingue a
demandé qu'on fit estimer cette Figure antique
qu'il veut acheter pour l'envoyer au Roy de Po
logne.
-
Le 9. de ce mois , vers les 5. heures du soir ,
on ressentit à Florence une legere secousse de
Tremblement de Terre , et deux autres pendant
la nuit suivante ; on apperçut le même jour un .
nuage lumineux poussé avec assez de violence du
Levant au Couchant , où il disparut près de l'horison.
Ce Phénomene étoit different en tout d'u……
ne Aurore Boreale,
11. Vol
On
3024 MERCURE
DE FRANCE
On écrit de Vienne , que l'Empereur a donné
ordre de faire acheter les meilleurs Livres et les
plus rares pour enrichir la Bibliotheque Imperiale
, et la rendre une des plus considerables de
l'Europe. S. M. I. a aussi ordonné de faire venir ,
à Vienne de France , d'Angleterre et d'Hollande,
des personnes sçavantes dans toutes sortes d'Arts
et de Sciences , qu'elle veut faire fleurir dans ses:
Etats , ayant résolu de ne rien épargner pour cela .
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Résumé : Lettre Pastorale de l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
En décembre 1731, l'évêque de Marseille publia une lettre pastorale destinée au clergé séculier et régulier de son diocèse. Cette lettre abordait le pallium, une distinction papale, et soulignait l'importance de l'union et de la soumission de Marseille à l'Église romaine, vue comme la véritable gloire chrétienne. La lettre se concluait par une exhortation à prier pour le pape et pour l'évêque, afin qu'il rejoigne les saints évêques de Marseille après sa mort. Par la suite, l'évêque se rendit à Arles pour recevoir le pallium des mains de l'archevêque, son métropolitain, selon les cérémonies habituelles. Le texte mentionne également une dissertation latine de Dom Thierry Ruinart sur le pallium, renvoyant les lecteurs à un extrait déjà publié dans le Journal de Trévoux. Ruinart y décrivait l'honneur et la gloire associés au pallium, le comparant au manteau des chrétiens décrit par Tertullien. Le texte évoque aussi divers sujets, tels que la publication de l'ouvrage 'Oriens Christianus et Africa' par le Père Quin, imprimé au Louvre, et la direction de la librairie confiée à M. Roullier. Il mentionne une commission royale pour examiner les remèdes spécifiques, ainsi que l'attribution d'une place d'amateur honoraire à M. le Comte de Caylus à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Des nouvelles de Russie, de Rome, de Florence et de Vienne complètent le texte, relatant des découvertes minières, des fouilles archéologiques, des phénomènes naturels et des initiatives impériales en matière de culture et de science.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19916
p. 1378-1384
CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
Début :
Nous avons été instruits un peu tard de cette cérémonie ; mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Bordeaux, Statue du roi, Roi, Ville, Place royale, Écuyer, Statue, Sous-maire, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
CEREMONIE faite à Bordeaux ;
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
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Résumé : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
En 1733, une cérémonie a été organisée à Bordeaux pour la pose de la première pierre du piédestal d'une statue équestre du roi. Cette cérémonie, dont le procès-verbal est conservé aux archives de l'Hôtel de Ville, a été orchestrée par plusieurs dignitaires, notamment le sous-maire Joseph de Segur et l'intendant Claude Boucher. La ville de Bordeaux, située à l'embouchure de la Garonne, a entrepris cette construction pour honorer le roi et embellir la ville. La statue, en bronze, a été réalisée par M. Lemoine de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. La cérémonie a commencé par une procession suivie de salves d'artillerie. Un coffre contenant des médailles commémoratives a été enterré sous la première pierre. Ces médailles, gravées par M. Duvivier, représentent la nouvelle Place Royale et la statue équestre du roi. La cérémonie s'est conclue par un feu d'artifice et des distributions d'argent au peuple. Cette initiative visait à célébrer la royauté et à marquer l'importance de Bordeaux dans le royaume.
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19917
p. 2843
LOGOGRYPHUS.
Début :
Numinibus placeo, Lector, Mortalibus adsum [...]
Mots clefs :
Virtus
19918
p. 113-114
LOGOGRYPHE.
Début :
Commode enfant de la mollesse, [...]
Mots clefs :
Fauteuil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH E.
Commode enfant de la molleffe ,
Ainfi que de la propreté ,
C'eft tantôt par délicateffe ,
Tantôt par pure politeffe ,
Et tantôt par utilité ,
Lecteur , qu'on me met en uſage.
Mon tout eft formé de huit pieds ;
Mets à l'écart les trois derniers ,
Je défigure ton ouvrage.
L'on trouve en moi par l'art de la combinaiſon
De quoi couvrir une maison ;
Le recours d'un mortel dépourvu de courage ;
114 MERCURE DE FRANCE .
Deux élémens ; trois notes ; un poiffon ;
La femme de Jacob ; une douce boiffon ;
Près de Paris certain Village ,
Qui pour me deviner t'eft d'un grand avantage.
Ce qui d'un corps nombreux fufpend le mouvement
;
Pour le fommeil un meuble utile ;
Un proche parent ; une Ville ;
Deux arbres ; un doux inftrument ;
Ce qui du Tout- Puiffant fignale la vengeance ;
Un endroit où l'on vient implorer fa clémence ;
La féconde moitié d'un féroce animal ;
Le ſymbole de l'amertume ;
Le plus haut d'un arbre ; un légume ;
Un homme mépriſable ; un mal
A l'oeil très préjudiciable ;
Ce qu'un homme prudent préfére à l'agréable ;
Ce que ( le vin tiré ) l'on voit dans les tonneaux;
Aux Poiffons & même aux oiſeaux
Certaine invention funefte.
Que dirai-je de plus ? ....je fupprime le refte.
Commode enfant de la molleffe ,
Ainfi que de la propreté ,
C'eft tantôt par délicateffe ,
Tantôt par pure politeffe ,
Et tantôt par utilité ,
Lecteur , qu'on me met en uſage.
Mon tout eft formé de huit pieds ;
Mets à l'écart les trois derniers ,
Je défigure ton ouvrage.
L'on trouve en moi par l'art de la combinaiſon
De quoi couvrir une maison ;
Le recours d'un mortel dépourvu de courage ;
114 MERCURE DE FRANCE .
Deux élémens ; trois notes ; un poiffon ;
La femme de Jacob ; une douce boiffon ;
Près de Paris certain Village ,
Qui pour me deviner t'eft d'un grand avantage.
Ce qui d'un corps nombreux fufpend le mouvement
;
Pour le fommeil un meuble utile ;
Un proche parent ; une Ville ;
Deux arbres ; un doux inftrument ;
Ce qui du Tout- Puiffant fignale la vengeance ;
Un endroit où l'on vient implorer fa clémence ;
La féconde moitié d'un féroce animal ;
Le ſymbole de l'amertume ;
Le plus haut d'un arbre ; un légume ;
Un homme mépriſable ; un mal
A l'oeil très préjudiciable ;
Ce qu'un homme prudent préfére à l'agréable ;
Ce que ( le vin tiré ) l'on voit dans les tonneaux;
Aux Poiffons & même aux oiſeaux
Certaine invention funefte.
Que dirai-je de plus ? ....je fupprime le refte.
Fermer
19919
p. 2873-2875
RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
Début :
Je vois Monsieur, par votre Lettre, que vous serez bien-tôt au fait du Systême Typografique, [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Enfants, Système, Enfant, Écriture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
REPONSE à la Leure de Périgueux , sur
Le Systême du Bureau Typographique, inséré
dans le Mercure du mois de Novem
bre dernier.
J
E vois Monsieur, par votre Lettre , que vous
serez bien-tôt au fait du Systême Typogratique
, et que par le moyen de la troisiéine Clas- ,
se du Bureau que vous avez reçue il vous sera aisé
d'y faire ajouter les deux rangs de la quatrié-,
me Classe , sur tout lorsque vous aurez lû le
Tipografaire qui est dans Particle 9. du premier"
volume de la Biblioteque des enfans , page 68 .
vous trouverez , Monsieur , dans l'Ouvrage du
Systême Tipografique qu'un enfant de deux ans
nest point trop jeune pour être mis à la premiere
et à la seconde Classe du Bureau. Nous avons
II. Vol. F à
2074 MERCURE DE FRANCE
à Paris des enfans de vingt mois , amuzez utilement
par le jeu instructif des lettres , et des enfans
de deux ans qui les connoissent toutes.
Vous trouverez aussi dans le premier , dans le
second et dans le troisiéme volume les raisons
qui doivent obliger les Maîtres à faire commencer
les enfans par la lecture du latin, plutôt que
par celle du françois , et sur tout quand on ne
fait pas usage du Bureau ; car ce sistême met à
profit en même- remps l'exercice journalier en
P'une et en l'autre Langue ; Méthode heureusement
confirmée par l'expérience . Cette vérité est
démontrée dans plusieurs endroits où l'on réfute
les préjugez et la pratique erronnée de la Méthode
vulgaire , qui en garrotant , pour ainsi dire,
les enfans dans une chaise , et en leur mettant
aux mains un Livre et une Touche, pour ne pas
dire des Menottes , les menacent du fouet s'ils
détournent les yeux de dessus leur livre ; quelle
différence pour un enfant qu'on laisse marcher ,
eourir et sauter librement devant la Table de
son Bureau ?
Je croi avoir aussi démontré la bonne dénom .
mination des lettres , dans le premier volume ,
art. 10. page 77. §. 1. 2. 3. 4. 5. 6. un enfant
de 6 à 8 ans , au reste qui ne sçait pas lire , peut
et doit l'apprendre par le moyen de l'écriture ,
ainsi que je l'ai fait remarquer dans le troisiéme
volume , et il est inutile d'attendre qu'il sçathe
lire pour le mettre à l'écriture. A l'égard des
Elemens du Rudiment pratique de la Langue
latine , pourquoi ne pouira- t -on pas les mettre
sur des cartes et sur du bois , comme sur du papier
et sur du carton ? Si la matiere peut avoir
quelque préférence , le Bureau outre l'équivalent
des Livres a l'avanage de l'outil amusant et ins-
II. Vol.
tructif,
DECEMBK E. 1733. 2575
tructif , par un exercice agréable et varié que
ne peut jamais donner le livre le mieux fait . Je
vous prie , M.de vouloir bien parcourir les articles
5. 6. 7. 14. 15. du premier volume, et vous
y trouverez la réponse à toutes vos autres objec¬
tions . J'ai Phonneur d'être , &c.
AVIS. Les Personnes de Bourg en Bresse et
de Neuchatel en Suisse , qui ont fait demander
des Bureaux , pourront à présent les faire faire
chez eux à beaucoup meilleur matché qu'à Paris,
et épargner en même- temps les frais et les droite
de la voiture.
NOTA . Pour rendre plus utile au public les lettres
sur le sisteme du Bureau Tipografique , nous
nous avons jugé à propos de les communiquer a
l'Auteur, afin de les donner dans le même mois avec
·leurs réponses , plntôt que de les séparer dans deux
mois differens , lorsqu'elles seront courtes de part et
d'autre.
Le Systême du Bureau Typographique, inséré
dans le Mercure du mois de Novem
bre dernier.
J
E vois Monsieur, par votre Lettre , que vous
serez bien-tôt au fait du Systême Typogratique
, et que par le moyen de la troisiéine Clas- ,
se du Bureau que vous avez reçue il vous sera aisé
d'y faire ajouter les deux rangs de la quatrié-,
me Classe , sur tout lorsque vous aurez lû le
Tipografaire qui est dans Particle 9. du premier"
volume de la Biblioteque des enfans , page 68 .
vous trouverez , Monsieur , dans l'Ouvrage du
Systême Tipografique qu'un enfant de deux ans
nest point trop jeune pour être mis à la premiere
et à la seconde Classe du Bureau. Nous avons
II. Vol. F à
2074 MERCURE DE FRANCE
à Paris des enfans de vingt mois , amuzez utilement
par le jeu instructif des lettres , et des enfans
de deux ans qui les connoissent toutes.
Vous trouverez aussi dans le premier , dans le
second et dans le troisiéme volume les raisons
qui doivent obliger les Maîtres à faire commencer
les enfans par la lecture du latin, plutôt que
par celle du françois , et sur tout quand on ne
fait pas usage du Bureau ; car ce sistême met à
profit en même- remps l'exercice journalier en
P'une et en l'autre Langue ; Méthode heureusement
confirmée par l'expérience . Cette vérité est
démontrée dans plusieurs endroits où l'on réfute
les préjugez et la pratique erronnée de la Méthode
vulgaire , qui en garrotant , pour ainsi dire,
les enfans dans une chaise , et en leur mettant
aux mains un Livre et une Touche, pour ne pas
dire des Menottes , les menacent du fouet s'ils
détournent les yeux de dessus leur livre ; quelle
différence pour un enfant qu'on laisse marcher ,
eourir et sauter librement devant la Table de
son Bureau ?
Je croi avoir aussi démontré la bonne dénom .
mination des lettres , dans le premier volume ,
art. 10. page 77. §. 1. 2. 3. 4. 5. 6. un enfant
de 6 à 8 ans , au reste qui ne sçait pas lire , peut
et doit l'apprendre par le moyen de l'écriture ,
ainsi que je l'ai fait remarquer dans le troisiéme
volume , et il est inutile d'attendre qu'il sçathe
lire pour le mettre à l'écriture. A l'égard des
Elemens du Rudiment pratique de la Langue
latine , pourquoi ne pouira- t -on pas les mettre
sur des cartes et sur du bois , comme sur du papier
et sur du carton ? Si la matiere peut avoir
quelque préférence , le Bureau outre l'équivalent
des Livres a l'avanage de l'outil amusant et ins-
II. Vol.
tructif,
DECEMBK E. 1733. 2575
tructif , par un exercice agréable et varié que
ne peut jamais donner le livre le mieux fait . Je
vous prie , M.de vouloir bien parcourir les articles
5. 6. 7. 14. 15. du premier volume, et vous
y trouverez la réponse à toutes vos autres objec¬
tions . J'ai Phonneur d'être , &c.
AVIS. Les Personnes de Bourg en Bresse et
de Neuchatel en Suisse , qui ont fait demander
des Bureaux , pourront à présent les faire faire
chez eux à beaucoup meilleur matché qu'à Paris,
et épargner en même- temps les frais et les droite
de la voiture.
NOTA . Pour rendre plus utile au public les lettres
sur le sisteme du Bureau Tipografique , nous
nous avons jugé à propos de les communiquer a
l'Auteur, afin de les donner dans le même mois avec
·leurs réponses , plntôt que de les séparer dans deux
mois differens , lorsqu'elles seront courtes de part et
d'autre.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
L'auteur répond à une lettre de Périgueux concernant le système du Bureau Typographique, publié dans le Mercure de France de novembre. Il assure que le destinataire comprendra rapidement le système grâce à la troisième classe du Bureau Typographique et aux informations dans le 'Tipografaire' de la Bibliothèque des enfants. Il cite des exemples d'enfants de vingt mois et de deux ans apprenant les lettres grâce à ce système. L'auteur défend l'idée de commencer l'apprentissage de la lecture par le latin plutôt que par le français, surtout sans le Bureau Typographique, car ce système permet de pratiquer les deux langues simultanément. Cette méthode est appuyée par l'expérience et réfute les pratiques traditionnelles contraignantes pour les enfants. Il souligne l'importance de la bonne dénomination des lettres et suggère que les enfants de 6 à 8 ans peuvent apprendre à lire par l'écriture. L'auteur propose d'utiliser des cartes et du bois pour les éléments de la langue latine, mettant en avant les avantages du Bureau Typographique par rapport aux livres. Il invite le destinataire à consulter les articles spécifiques du premier volume pour des réponses à d'autres objections. Une note mentionne que les personnes de Bourg-en-Bresse et de Neuchâtel peuvent désormais fabriquer les Bureaux Typographiques localement pour économiser les frais de transport.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19920
p. 1375-1377
LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
Début :
Histoire de Suede, avant et depuis la fondation de la [...]
Mots clefs :
Cavelier, Libraire, Livres des pays étrangers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
LIVRES que Cavélier , Libraire , rue
S. Jacques à Paris,, a nouvellement reçûs
des Pays Etrangers.
Histoire de Suede , avant et depuis la fondation de la Monarchie , par le Baron
de Puffendorf, nouvelle Edition , continuée jusqu'à l'année 1730. 3. vol.
in 12. Amst. 1732.
La Vie de Mahomet , traduite et compidée de l'Alcoran , des Traditions authentiques de la Sunna , et des meilleurs Auteurs Arabes. Par J. Gagnier ,
2, vol. in 12. fig. Amst, 1732.
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteaire de l'Italie , Septembre, Octobre,
11. Vol. No-
1374 MERCURE DE FRANCE
Novembre et Décembre 173 1. in 8.
Genève , Tome XII.
›
Journal Litteraire , année 1731. Tome
XVIII. seconde Partie , in 8. La Haye.
Traité de l'organe de l'Ouye , contenant la
structure les usages et les maladies
de toutes les parties de l'Oreille. Par
M. Duverney , in 12. fig. Leyde , 1731.
Eutropii Breviarium Hist. Romana, cum
Metaphrosi , Græca Pacanii et Notis
variorum , recensuit Havercampus ,
in 8. Lug. Bat. 1729.
Hippocratis Aphorismi , Gr. Lat. cum Notis Almeloveen , in 24. Lug. Bat. 1732.
Bohnii ( Jo ) de renuntiatione vulnerum
lethalium , in 8. Amst. 1732.
Ridley ( Hen. ) Anatomia Cerebri , come
plectens Méchanismum etPhisiologiam
simulque nova quædam inventa ex
Anglico in Latinum tranflata , in 8.
fig. Lug. Bat. 1725.
Torsi ( Fr. ) Therapeutice specialis ad Ficbres Periodicas perniciosas. Editio al
tera auctior , in 4. Mutinæ , 1730.
Tentamina Experimentorum naturalium
captorum in Academia del Clemento
ex Italico in Latinum conversa , quibus nova Experimenta addidit Musschenbrack , in 4. fig. Lug. Bat. 1731.
Verbejen ( Phil. ) Corporis Humani AnaII. Vol. tomia
JUIN. 17328 1375
tomia, Editio nova novis observ. aucta,
2. vol. in 8. Amst. 1731. cum figuris.
Mazino ( Jo. Bapt. ) Mechanices Morborum desumptæ à motu sanguinis
Solidorum , et Febrium , in 4.3 . vol.
offembaci , 1731.
Keilii ( Jacob) Tentamina Medico- Phfsica V. de velocitate Sanguinis , de vi
Cordis, de Secretione animali, de Motu
musculari , & . in 4. Lug. Bat. 1730.
Vaillant ( Sebast. ) Botanicon Parisiense ,
in 8. Lug. Bat. 1723 .
}
Theses varia Medica , Preside Alberti ;
No. 57.in 4.
Les Metamorphoses d'Ovide , traduites en
François , avec des Remarques et des
Explications historiques ; par l'Abbé
Banier , 3. vol. in 12. fig. Amst. 1732.
Journal Litteraire. Année 1732. Tome
XIX. Premiere Partie , in 8. La Haye.
Bibliotheque Raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Octobre , Novembre et Decembre 1731. in 8.-Amst.
Acta Eruditorum. Anno 1731. publicata
in 4. Lipsia.
Entretien instructif d'un Pere avec son Fils
sur les premiers Principes de la Religion et de la Morale , ou Cathéchisme
raisonné ; traduit de l'Anglois , in 12.
Amst. 1732
11. Vol. Bi-
137% MERCURE DE FRANCE
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Janvier , Fevrier,
Mars 1732. Tome VIII. Premiere Partie , in 8. Amst.
Bibliotheque Germanique , ou Histoire Litteraire des Pays du Nord , Année 1732.
Tome 23. in 8. Amst.
Schulfens ( Alb. ) Animadversiones Philologica et Criticæ in loca vet. Testamenti , in 8. Amst. 1732.1
Newton (Isaac ) Arithmetica , sive de
Compositione etResolutione Arithmetica , liber 4. Lug. Bat. 1732. fig.
Horssii ( Jac. ) Paradisus Anime Christianæ ,in 8. Col. Agr. fig. 1732.
Codex Medicamentarius , seu Pharmacopola , Parisiensis in 4. Parisiis , apud
Cavelier, 1732. via Jacobea. Nota. Ce
Livre, quia été travaillé pendant longtemps par M" de la Faculté de Paris
et attendu avec impatience , paroît depuis peu de jours , à la satisfaction des
Connoisseurs en Pharmacie.
Traité complet de Chirurgie , contenant des Observations et Reflexions sur toutes
les maladies Chirurgicales et sur la maniere de les traiter. Par M. Manquest
de la Motte , Chirurgien Juré à Valognes , et Chirurgien de l'Hôpital des
Troupes du Roy, en basse Normandie,
M.II. Vol.
JUIN. 17327 1377
et établi dans ce lieu , 4. vol. in 12.
AParis , chezCavelier, rue S. Jacques,
1732. Le débit de la premiere Edition
de ce Livre et l'estime que les Con--
noisseurs enfont , ont porté le Libraire
à en donner une seconde Edition que
l'Auteur a corrigée et augmentée de
nouvelles Observations très - interessantes.
La Science des Négocians et Teneurs de
Livres , ou Instruction generale pour
tout ce qui se pratique dans les Comptoirs des Négocians , tant pour les af
faires de Banque ,. que pour les Marchandises , et chez les Financiers pour
les Comptes. Par M. de la Porte. Nouvelle Edition , augmentée , in 8. Paris,
1732. Chez le même.
S. Jacques à Paris,, a nouvellement reçûs
des Pays Etrangers.
Histoire de Suede , avant et depuis la fondation de la Monarchie , par le Baron
de Puffendorf, nouvelle Edition , continuée jusqu'à l'année 1730. 3. vol.
in 12. Amst. 1732.
La Vie de Mahomet , traduite et compidée de l'Alcoran , des Traditions authentiques de la Sunna , et des meilleurs Auteurs Arabes. Par J. Gagnier ,
2, vol. in 12. fig. Amst, 1732.
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteaire de l'Italie , Septembre, Octobre,
11. Vol. No-
1374 MERCURE DE FRANCE
Novembre et Décembre 173 1. in 8.
Genève , Tome XII.
›
Journal Litteraire , année 1731. Tome
XVIII. seconde Partie , in 8. La Haye.
Traité de l'organe de l'Ouye , contenant la
structure les usages et les maladies
de toutes les parties de l'Oreille. Par
M. Duverney , in 12. fig. Leyde , 1731.
Eutropii Breviarium Hist. Romana, cum
Metaphrosi , Græca Pacanii et Notis
variorum , recensuit Havercampus ,
in 8. Lug. Bat. 1729.
Hippocratis Aphorismi , Gr. Lat. cum Notis Almeloveen , in 24. Lug. Bat. 1732.
Bohnii ( Jo ) de renuntiatione vulnerum
lethalium , in 8. Amst. 1732.
Ridley ( Hen. ) Anatomia Cerebri , come
plectens Méchanismum etPhisiologiam
simulque nova quædam inventa ex
Anglico in Latinum tranflata , in 8.
fig. Lug. Bat. 1725.
Torsi ( Fr. ) Therapeutice specialis ad Ficbres Periodicas perniciosas. Editio al
tera auctior , in 4. Mutinæ , 1730.
Tentamina Experimentorum naturalium
captorum in Academia del Clemento
ex Italico in Latinum conversa , quibus nova Experimenta addidit Musschenbrack , in 4. fig. Lug. Bat. 1731.
Verbejen ( Phil. ) Corporis Humani AnaII. Vol. tomia
JUIN. 17328 1375
tomia, Editio nova novis observ. aucta,
2. vol. in 8. Amst. 1731. cum figuris.
Mazino ( Jo. Bapt. ) Mechanices Morborum desumptæ à motu sanguinis
Solidorum , et Febrium , in 4.3 . vol.
offembaci , 1731.
Keilii ( Jacob) Tentamina Medico- Phfsica V. de velocitate Sanguinis , de vi
Cordis, de Secretione animali, de Motu
musculari , & . in 4. Lug. Bat. 1730.
Vaillant ( Sebast. ) Botanicon Parisiense ,
in 8. Lug. Bat. 1723 .
}
Theses varia Medica , Preside Alberti ;
No. 57.in 4.
Les Metamorphoses d'Ovide , traduites en
François , avec des Remarques et des
Explications historiques ; par l'Abbé
Banier , 3. vol. in 12. fig. Amst. 1732.
Journal Litteraire. Année 1732. Tome
XIX. Premiere Partie , in 8. La Haye.
Bibliotheque Raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Octobre , Novembre et Decembre 1731. in 8.-Amst.
Acta Eruditorum. Anno 1731. publicata
in 4. Lipsia.
Entretien instructif d'un Pere avec son Fils
sur les premiers Principes de la Religion et de la Morale , ou Cathéchisme
raisonné ; traduit de l'Anglois , in 12.
Amst. 1732
11. Vol. Bi-
137% MERCURE DE FRANCE
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des
Sçavans de l'Europe , Janvier , Fevrier,
Mars 1732. Tome VIII. Premiere Partie , in 8. Amst.
Bibliotheque Germanique , ou Histoire Litteraire des Pays du Nord , Année 1732.
Tome 23. in 8. Amst.
Schulfens ( Alb. ) Animadversiones Philologica et Criticæ in loca vet. Testamenti , in 8. Amst. 1732.1
Newton (Isaac ) Arithmetica , sive de
Compositione etResolutione Arithmetica , liber 4. Lug. Bat. 1732. fig.
Horssii ( Jac. ) Paradisus Anime Christianæ ,in 8. Col. Agr. fig. 1732.
Codex Medicamentarius , seu Pharmacopola , Parisiensis in 4. Parisiis , apud
Cavelier, 1732. via Jacobea. Nota. Ce
Livre, quia été travaillé pendant longtemps par M" de la Faculté de Paris
et attendu avec impatience , paroît depuis peu de jours , à la satisfaction des
Connoisseurs en Pharmacie.
Traité complet de Chirurgie , contenant des Observations et Reflexions sur toutes
les maladies Chirurgicales et sur la maniere de les traiter. Par M. Manquest
de la Motte , Chirurgien Juré à Valognes , et Chirurgien de l'Hôpital des
Troupes du Roy, en basse Normandie,
M.II. Vol.
JUIN. 17327 1377
et établi dans ce lieu , 4. vol. in 12.
AParis , chezCavelier, rue S. Jacques,
1732. Le débit de la premiere Edition
de ce Livre et l'estime que les Con--
noisseurs enfont , ont porté le Libraire
à en donner une seconde Edition que
l'Auteur a corrigée et augmentée de
nouvelles Observations très - interessantes.
La Science des Négocians et Teneurs de
Livres , ou Instruction generale pour
tout ce qui se pratique dans les Comptoirs des Négocians , tant pour les af
faires de Banque ,. que pour les Marchandises , et chez les Financiers pour
les Comptes. Par M. de la Porte. Nouvelle Edition , augmentée , in 8. Paris,
1732. Chez le même.
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Résumé : LIVRES que Cavelier, Libraire, ruë S. Jacques à Paris, a nouvellement reçus des Pays Etrangers.
Le document énumère une série de livres récemment reçus par Cavélier, libraire à Paris, en provenance de divers pays étrangers. Ces ouvrages couvrent plusieurs domaines, notamment l'histoire, la littérature, la médecine et les sciences. Parmi les titres historiques, on trouve 'Histoire de Suede' rédigée par le Baron de Puffendorf et 'La Vie de Mahomet' traduite par J. Gagnier. La collection 'Bibliotheque Italique' est également mentionnée, comprenant plusieurs volumes. Dans le domaine scientifique, des ouvrages tels que 'Traité de l'organe de l'Ouye' par M. Duverney et 'Anatomia Cerebri' par Hen. Ridley sont listés. Le document mentionne aussi des traductions et des éditions révisées de classiques anciens, comme les 'Aphorismi' d'Hippocrate et le 'Breviarium Hist. Romana' d'Eutrope. Des ouvrages de botanique, de médecine et de philosophie sont également présents, tels que 'Botanicon Parisiense' de Sebast. Vaillant et 'Tentamina Medico-Physica' de Jacob Keilii. Enfin, le document fait référence à des publications périodiques et des traités pratiques, comme 'La Science des Négocians' par M. de la Porte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19921
p. 2852-2853
« RECÜEIL des principales décisions sur les Matiéres Beneficiales, extraites des [...] »
Début :
RECÜEIL des principales décisions sur les Matiéres Beneficiales, extraites des [...]
Mots clefs :
Matières bénéficiales, Exposition anatomique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RECÜEIL des principales décisions sur les Matiéres Beneficiales, extraites des [...] »
RECUEIL des principales décisions sur
les Matiéres Beneficiales, extraites des Canons des Conciles , et des plus celebres
Auteurs , conformes aux Edits et Déclaations du Roi , et à la Jurisprudence des
II. Vol. Parle-
DECEMBR E. 1732. 2853
Parlemens du Royaume , et du GrandGonseil.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée et augmentée de plus de moitié. Par
M. Drapier , Avocat au Parlement. 2.
vol. in- 12 . pag. 584. et 56. A Paris ,
chez Nicolas- Pierre Armand , ruë S. Jacques 1732.
EXPOSITION Anatomique de la structure du corps humain , par Jacques- Benigne Winslovv ,
de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur ,
Régent de la Faculté
de Médecine en l'Université de Paris &c.
vol. in-4. pag. 740. sans l'Avertissement
et une Table des principales Matieres.
A Paris , chez Guillaume Desprez et Jean
Desessarts , 1732
les Matiéres Beneficiales, extraites des Canons des Conciles , et des plus celebres
Auteurs , conformes aux Edits et Déclaations du Roi , et à la Jurisprudence des
II. Vol. Parle-
DECEMBR E. 1732. 2853
Parlemens du Royaume , et du GrandGonseil.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée et augmentée de plus de moitié. Par
M. Drapier , Avocat au Parlement. 2.
vol. in- 12 . pag. 584. et 56. A Paris ,
chez Nicolas- Pierre Armand , ruë S. Jacques 1732.
EXPOSITION Anatomique de la structure du corps humain , par Jacques- Benigne Winslovv ,
de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur ,
Régent de la Faculté
de Médecine en l'Université de Paris &c.
vol. in-4. pag. 740. sans l'Avertissement
et une Table des principales Matieres.
A Paris , chez Guillaume Desprez et Jean
Desessarts , 1732
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Résumé : « RECÜEIL des principales décisions sur les Matiéres Beneficiales, extraites des [...] »
En 1732, deux ouvrages sont publiés. Le premier, par M. Drapier, compile des décisions sur les matières bénéficiales, conforme aux édits royaux et à la jurisprudence des parlements. Il compte deux volumes totalisant 640 pages. Le second, par Jacques-Bénigne Winslow, est une 'Exposition Anatomique' en un volume de 740 pages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19922
p. 1352-1355
LES REGRETS de S. Augustin, sur la Mort de Sainte Monique. ELEGIE, par M. d'Arnaud.
Début :
Enfin, cruelle Mort, ta main vient de trancher [...]
Mots clefs :
Mère, Yeux, Dieu, Main, Jours, Vertu, Saint Augustin, Sainte Monique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES REGRETS de S. Augustin, sur la Mort de Sainte Monique. ELEGIE, par M. d'Arnaud.
LES REGRETS de S. Augustin , sur la
Mort de Sainte Monique.
ELEGIE , par M. d'Arnaud.
Enfin ,cruelle Mort , ta main vient de trancher
Des jours qu'au fil des miens tout sembloit attacher;
Dans la nuit du tombeau ma Mere descenduë ,
A mes voeux impuissants ne sera point renduë
C'en est fait ; pour jamais ; les Ombres du trépas
Obscurcissent ces yeux qui veilloient sur mes pas ;
Pour jamais le Destin enleve à ma jeunesse
L'apui que tant de fois rechercha sa foiblesse ,
Lorsque des passions le souffle corrupteur ,
Répandant sur ma vie une triste langueur ,
Flétrit dans son printemps sa fleur encor trop tendre,
Qui des Zéphirs trompeurs n'avoit pû se défendre ,
Et de la volupté respirant le poison ,
N'avoit jamais goûté l'air pur de la raison ;
Par la main des Plaisirs cette fleur cultivée ,
Etoit dans son Aurore à périr réservée ;
C'est toi seul, ô mon Dieu, dont le bras-Tout-Puissant
Loin d'elle , détourna cet orage naissant ,
Releva tout à coup sa tige dessechée ,
Qui prête à succomber , vers la terre panchée ,
Attendoit
JUIN.
1353
1740.
Attendoit que les vents , ou le fer inhumain ,
Du cours de sa langueur vinssent hâter la fin ;
C'est , toi qui me couvrant de ton aîle attentive,
Rapellas dans mon coeur la vertu fugitive ,
Par la voix d'une Mere excitas ints remords ;
De mes sens révoltés étouffas les transports ,
Et m'arrachant au joug où m'entraînoit le crime ,
Pour m'élever à toi , me tiras de l'abîme ;
Après m'avoir comblé de tes plus grands bienfaits,
N'avois- tu pas , Seigneur , oublié mes forfaits ?
Falloit- il égaler le suplice à l'offense ?
Mesurer ta justice au poids de ta clémence ,
Et m'ôtant tout le bien que tu m'avois donné ,
Me rendre plus sensible & plus infortuné ?
Ma Mere a donc pour moi désarmé ta justice ?
Des crimes de son fils elle n'est point complice ,
Tu sçais , grand Dieu , tu sçais pour ce fils malheureux
,
Dans quels torrens de pleurs se sont noyés ses yeux,
Tu sçais avec quel soin entretenant ma flâme ,
'De tes feux immortels elle embrasa mon ame ;
Hélas ! combien de fois craignant pour moi tes
coups ,
A-t'elle , par ses voeux , suspendu ton courroux ?
Combien de fois baignant tes Autels de ses larmes,
T'a- t'elle , pour son fils , expliqué ses allarmes
De l'Hérésie enfin m'arrachant le bandeau ,
Elle fit à mes yeux briller un jour nouveau ;
II. Vol. E Je
354 MERCURE DE FRANCE
Je me rapelle encor ces adieux si funestes ,
Qui de ses tristes jours ont consacré les restes .
O mon fils , me dit- elle , en essuyant mes pleurs ,
Le Seigneur marque enfin un terme à mes douleurs,
Des chaînes de ce corps mon ame dégagée ,
Du joug des passions ne sera plus chargée ;
Je vais au sein de Dieu , qui m'apelle aujourd'hui,
Reprendre un nouvel Etre & plus digne de lui ;
Je vous laisse au milieu d'une Mer orageuse ,
En nauffrages féconde , & toujours dangeureuse ;
Les vents que sur ses bords les plaisirs font regner,
Du Port de la Vertu sçauront vous éloigner ;
Quelquefois retenant leur souffle trop rapide ,
Ils pourront vous tromper par un calme perfide ,
Craignez de ces Zéphirs la maligne douceur ,
Leur haleine souvent précipite à l'erreur ;
D'écueils & de debris cette Mer est couverte ,
Ses bords semés de fleurs , menent à notre perte ;
N'en aprochez jamais , ces bords délicieux
Corrompront votre coeur en séduisant vos yeux ,
Et d'objets effrayans vous dérobant l'image ,
Vous conduiront sans peine au- devant du naufrage,
Enfin pour arriver au Port de la Vertu ,
Il faut que votre coeur par vous soit combattu ,
Fuyez la volupté , Sirene enchantereffe ,
Elle sçait de nos sens surprendre la foiblesse ,
De ses chants séducteurs redoutez les apasz
Dieu
JUIN. 17407
1358
>
Dieu sera le Pilote , & de son propre bras
Poussant votre Vaisseau vers cet heureux rivage ,
Mettra vos jours serains à l'abri de l'orage .
Tel étoit , ô ma Mere ; en ce moment cruel
Le discours qu'en ta bouche avoit mis l'Éternel ,
Tel étoit le chemin que ta main languissante
Traçoit aux premiers pas de ma vertu naissante.
Depuis que de tes jours le flambeau s'est éteint ,
J'ai desiré le sort que pour toi j'avois craint.
De mes yeux le Soleil r'ouvre- t'il la paupiere ,
Le Soleil voit mes yeux chercher partout ma Mere,
La nuit succede- t'elle à l'Astre qui nous luit ,
Je demande ma Mere aux ombres de la nuit ;
En vain mes tristes yeux ne s'ouvrent que pour elle ,
En vain ma foible voix en ces lieux la rapelle ,
Ainsi que mes regards , mes cris sont superflus ,
Tout me dit , tout m'aprend que ma Mere n'est
plus ;
O toi , de tes Elus & le Pere , & le Juge "
Toi , qui des malheureux es l'unique réfuge ,
Entends ma voix plaintive , & sois mon Protecteur
Fais voler devant moi l'Ange Consolateur ,
Pour combattre mes maux , Dieu , prête- moi tes
Armes ,
Que ta divine main daigne essuyer mes larmes ,
Et qu'en toi retrouvant les biens que j'ai perdus ,
Ma Mere & mon bonheur par toi me soit rendus.
Mort de Sainte Monique.
ELEGIE , par M. d'Arnaud.
Enfin ,cruelle Mort , ta main vient de trancher
Des jours qu'au fil des miens tout sembloit attacher;
Dans la nuit du tombeau ma Mere descenduë ,
A mes voeux impuissants ne sera point renduë
C'en est fait ; pour jamais ; les Ombres du trépas
Obscurcissent ces yeux qui veilloient sur mes pas ;
Pour jamais le Destin enleve à ma jeunesse
L'apui que tant de fois rechercha sa foiblesse ,
Lorsque des passions le souffle corrupteur ,
Répandant sur ma vie une triste langueur ,
Flétrit dans son printemps sa fleur encor trop tendre,
Qui des Zéphirs trompeurs n'avoit pû se défendre ,
Et de la volupté respirant le poison ,
N'avoit jamais goûté l'air pur de la raison ;
Par la main des Plaisirs cette fleur cultivée ,
Etoit dans son Aurore à périr réservée ;
C'est toi seul, ô mon Dieu, dont le bras-Tout-Puissant
Loin d'elle , détourna cet orage naissant ,
Releva tout à coup sa tige dessechée ,
Qui prête à succomber , vers la terre panchée ,
Attendoit
JUIN.
1353
1740.
Attendoit que les vents , ou le fer inhumain ,
Du cours de sa langueur vinssent hâter la fin ;
C'est , toi qui me couvrant de ton aîle attentive,
Rapellas dans mon coeur la vertu fugitive ,
Par la voix d'une Mere excitas ints remords ;
De mes sens révoltés étouffas les transports ,
Et m'arrachant au joug où m'entraînoit le crime ,
Pour m'élever à toi , me tiras de l'abîme ;
Après m'avoir comblé de tes plus grands bienfaits,
N'avois- tu pas , Seigneur , oublié mes forfaits ?
Falloit- il égaler le suplice à l'offense ?
Mesurer ta justice au poids de ta clémence ,
Et m'ôtant tout le bien que tu m'avois donné ,
Me rendre plus sensible & plus infortuné ?
Ma Mere a donc pour moi désarmé ta justice ?
Des crimes de son fils elle n'est point complice ,
Tu sçais , grand Dieu , tu sçais pour ce fils malheureux
,
Dans quels torrens de pleurs se sont noyés ses yeux,
Tu sçais avec quel soin entretenant ma flâme ,
'De tes feux immortels elle embrasa mon ame ;
Hélas ! combien de fois craignant pour moi tes
coups ,
A-t'elle , par ses voeux , suspendu ton courroux ?
Combien de fois baignant tes Autels de ses larmes,
T'a- t'elle , pour son fils , expliqué ses allarmes
De l'Hérésie enfin m'arrachant le bandeau ,
Elle fit à mes yeux briller un jour nouveau ;
II. Vol. E Je
354 MERCURE DE FRANCE
Je me rapelle encor ces adieux si funestes ,
Qui de ses tristes jours ont consacré les restes .
O mon fils , me dit- elle , en essuyant mes pleurs ,
Le Seigneur marque enfin un terme à mes douleurs,
Des chaînes de ce corps mon ame dégagée ,
Du joug des passions ne sera plus chargée ;
Je vais au sein de Dieu , qui m'apelle aujourd'hui,
Reprendre un nouvel Etre & plus digne de lui ;
Je vous laisse au milieu d'une Mer orageuse ,
En nauffrages féconde , & toujours dangeureuse ;
Les vents que sur ses bords les plaisirs font regner,
Du Port de la Vertu sçauront vous éloigner ;
Quelquefois retenant leur souffle trop rapide ,
Ils pourront vous tromper par un calme perfide ,
Craignez de ces Zéphirs la maligne douceur ,
Leur haleine souvent précipite à l'erreur ;
D'écueils & de debris cette Mer est couverte ,
Ses bords semés de fleurs , menent à notre perte ;
N'en aprochez jamais , ces bords délicieux
Corrompront votre coeur en séduisant vos yeux ,
Et d'objets effrayans vous dérobant l'image ,
Vous conduiront sans peine au- devant du naufrage,
Enfin pour arriver au Port de la Vertu ,
Il faut que votre coeur par vous soit combattu ,
Fuyez la volupté , Sirene enchantereffe ,
Elle sçait de nos sens surprendre la foiblesse ,
De ses chants séducteurs redoutez les apasz
Dieu
JUIN. 17407
1358
>
Dieu sera le Pilote , & de son propre bras
Poussant votre Vaisseau vers cet heureux rivage ,
Mettra vos jours serains à l'abri de l'orage .
Tel étoit , ô ma Mere ; en ce moment cruel
Le discours qu'en ta bouche avoit mis l'Éternel ,
Tel étoit le chemin que ta main languissante
Traçoit aux premiers pas de ma vertu naissante.
Depuis que de tes jours le flambeau s'est éteint ,
J'ai desiré le sort que pour toi j'avois craint.
De mes yeux le Soleil r'ouvre- t'il la paupiere ,
Le Soleil voit mes yeux chercher partout ma Mere,
La nuit succede- t'elle à l'Astre qui nous luit ,
Je demande ma Mere aux ombres de la nuit ;
En vain mes tristes yeux ne s'ouvrent que pour elle ,
En vain ma foible voix en ces lieux la rapelle ,
Ainsi que mes regards , mes cris sont superflus ,
Tout me dit , tout m'aprend que ma Mere n'est
plus ;
O toi , de tes Elus & le Pere , & le Juge "
Toi , qui des malheureux es l'unique réfuge ,
Entends ma voix plaintive , & sois mon Protecteur
Fais voler devant moi l'Ange Consolateur ,
Pour combattre mes maux , Dieu , prête- moi tes
Armes ,
Que ta divine main daigne essuyer mes larmes ,
Et qu'en toi retrouvant les biens que j'ai perdus ,
Ma Mere & mon bonheur par toi me soit rendus.
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19923
p. 115-116
AUTRE. A Mad....... sur son nom de Baptême la veille de sa fête.
Début :
Dans un mot dont huit pieds composent la substance, [...]
Mots clefs :
Germaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Mad....... sur son nom de Baptême la veille de sa fête.
AUTRE.
A Mad. · .....
D
Jur fon nom de Baptême
la veille de fa fête.
Ans un mot dont huit pieds compofent la
ſubſtance ,
Lequel eft fûrement de votre connoiffance. "
6,4,5 1 & 2 à > vos yeux vont offrir
Ce qui de vous toujours s'offre à mon ſouvenir,
4, 5 , 3 , 6 , vous expofent un titre
Que de mon coeur fuprême arbitre
Seule vous auriez pû me réfoudre à porter.
Mais de quoi m'a fervi que vous puiffiez le faire?
Toujours foucieux de vous plaire ,
Hélas ! j'eus beau jadis mille fois vous chanter ,
Vous dépeindre & vous exalter
Les plaifirs féducteurs de l'amoureux myſtere
Tout faire pour vous exciter
A vivre fous les loix de l'enfant de Cythere ;
Vous dire qu'en attraits vous furpaffiez ſa mere
Je ne fus pas affez heureux ,
Pour toucher, ébranler votre cinq, quatre & deux,
Ni ma voix , ni mes vers , ni mon ardeur fincére ,
1 & 8 , n'y purent parvenir .
Ni mon s ›
O mortelle douleur ! . O cruel fouvenir !
Je n'eus pas même l'avantage
De tenir votre 4 , 5 , 6 , 7 , feulement ,
16 MRCURE DE FRANCE.
Alors plein de reffentiment
De vous voir infenfible au plus fincére hommage,
Ne pouvant prendre de répit ;
J'injuriai l'amour & pleurai de dépit ;
Mais je vis , hélas ! que les larmes
Aux amans malheureux prêtoient de foibles armes,
Brunet , de Dijon.
A Mad. · .....
D
Jur fon nom de Baptême
la veille de fa fête.
Ans un mot dont huit pieds compofent la
ſubſtance ,
Lequel eft fûrement de votre connoiffance. "
6,4,5 1 & 2 à > vos yeux vont offrir
Ce qui de vous toujours s'offre à mon ſouvenir,
4, 5 , 3 , 6 , vous expofent un titre
Que de mon coeur fuprême arbitre
Seule vous auriez pû me réfoudre à porter.
Mais de quoi m'a fervi que vous puiffiez le faire?
Toujours foucieux de vous plaire ,
Hélas ! j'eus beau jadis mille fois vous chanter ,
Vous dépeindre & vous exalter
Les plaifirs féducteurs de l'amoureux myſtere
Tout faire pour vous exciter
A vivre fous les loix de l'enfant de Cythere ;
Vous dire qu'en attraits vous furpaffiez ſa mere
Je ne fus pas affez heureux ,
Pour toucher, ébranler votre cinq, quatre & deux,
Ni ma voix , ni mes vers , ni mon ardeur fincére ,
1 & 8 , n'y purent parvenir .
Ni mon s ›
O mortelle douleur ! . O cruel fouvenir !
Je n'eus pas même l'avantage
De tenir votre 4 , 5 , 6 , 7 , feulement ,
16 MRCURE DE FRANCE.
Alors plein de reffentiment
De vous voir infenfible au plus fincére hommage,
Ne pouvant prendre de répit ;
J'injuriai l'amour & pleurai de dépit ;
Mais je vis , hélas ! que les larmes
Aux amans malheureux prêtoient de foibles armes,
Brunet , de Dijon.
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19924
p. 2875-2876
DEMONSTRATION du plus qu'infini de Wallis.
Début :
Mr. le Gendre qui cite M. Cheyne, auroit pû reconnoître que ce sçavant Anglois a [...]
Mots clefs :
Infini, Parabole, Le Gendre, Cheyne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEMONSTRATION du plus qu'infini de Wallis.
DEMONSTRATION du plus qu'infini
de Wallis.
R. le Gendre qui cite M. Cheyne , auroit
M pû reconnoître que ce sçavant Anglois a
refine l'objection de M. Varignon, contre le plus
qu'infini de Vvallis , sans faire mention de M.
Cheyne sur ce point ; M. le Genare renouvelle
cette objection en citant son Auteur ; quoiqu'il
en soit , le plus qu'infini est adinis sans doute
dans la Géométrie , dès qu'on y adniet des infinis
de tous les ordres en montant à ' infini; car
l'infini du second ordrè est plus qu'infini , étant
infiniment infini d'ailleurs , si la Parabole est infinie
il est bien évident que l'Hyperbole doit être
plus qu'infinie; car il y a même rapport d'ex-
11. Vol. ten- Fij
2876 MERCURE DE FRANCE
tension entre l'Hyperbole et la Parabole , qu'en
tre la Parabole et l'Ovale . Le raisonnement mê
me que M. le Gendre emprunte d'ailleurs sur la
generation respective de ces trois courbes est
tout-à fait contre lui ; mais pour toute réfutatron
l'aggresseur de Wallis dit qu'en passant de
Paris à Pekin pour aller à Chaillot on pourroit
dire de Paris à Chaillot il y a pius qu'infi.
niment loin. Les affaires de Géométrie ne se
traitent pas si cavalierement.
de Wallis.
R. le Gendre qui cite M. Cheyne , auroit
M pû reconnoître que ce sçavant Anglois a
refine l'objection de M. Varignon, contre le plus
qu'infini de Vvallis , sans faire mention de M.
Cheyne sur ce point ; M. le Genare renouvelle
cette objection en citant son Auteur ; quoiqu'il
en soit , le plus qu'infini est adinis sans doute
dans la Géométrie , dès qu'on y adniet des infinis
de tous les ordres en montant à ' infini; car
l'infini du second ordrè est plus qu'infini , étant
infiniment infini d'ailleurs , si la Parabole est infinie
il est bien évident que l'Hyperbole doit être
plus qu'infinie; car il y a même rapport d'ex-
11. Vol. ten- Fij
2876 MERCURE DE FRANCE
tension entre l'Hyperbole et la Parabole , qu'en
tre la Parabole et l'Ovale . Le raisonnement mê
me que M. le Gendre emprunte d'ailleurs sur la
generation respective de ces trois courbes est
tout-à fait contre lui ; mais pour toute réfutatron
l'aggresseur de Wallis dit qu'en passant de
Paris à Pekin pour aller à Chaillot on pourroit
dire de Paris à Chaillot il y a pius qu'infi.
niment loin. Les affaires de Géométrie ne se
traitent pas si cavalierement.
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Résumé : DEMONSTRATION du plus qu'infini de Wallis.
Le texte aborde la démonstration du concept de 'plus qu'infini' par Wallis et les objections de R. le Gendre et M. Varignon. R. le Gendre, en citant M. Cheyne, critique l'objection de M. Varignon sans reconnaître que Cheyne avait déjà réfuté cette objection. Le concept de 'plus qu'infini' est introduit en géométrie pour distinguer des infinis de différents ordres. Par exemple, l'infini du second ordre est décrit comme 'plus qu'infini' car il est infiniment infini. Le texte compare également les rapports d'extension entre l'hyperbole, la parabole et l'ovale, affirmant que si la parabole est infinie, l'hyperbole doit l'être encore plus. Une analogie est utilisée pour illustrer le concept de 'plus qu'infini', mais le texte souligne que les questions de géométrie ne peuvent pas être traitées de manière simpliste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19925
p. 2853-2864
Le Repos de Cyrus, ou l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE REPOS DE CYRUS, ou l'Histoire de sa vie, depuis sa 16. jusqu'à sa 40. année. [...]
Mots clefs :
Repos de Cyrus, Abbé Pernetti, Ouvrage, Héros, Allégorie, Extrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Repos de Cyrus, ou l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
LE REPOS DE CYRUS , ou l'Histoire de
sa vie , depuis sa 16. jusqu'à sa 40. an-.
née. Chez Briasson , rue S. Jacques 1732.
in- 12 . de 380. pages , les trois Tomes.
L'Auteur de ce Livre est M. l'Abbé
Pernetti. Le dessein de son Ouvrage est de
faire voir en quoi consiste la veritable
grandeur d'un Roi , et les differentes vertus qui doivent former son caractere.
Comme la Fable étoit le meilleur moyen
pour développer les idées qu'on avoit sur
ce sujet , on s'en est servi , mais en temII. Vol. Fij pé-
2854 MERCURE DE FRANCE
pérant ce qu'elle a d'outré. par la sagesse
du style et de l'invention , Cyrus est le
Heros qu'on fait agir et parler.
Dans le premier Livre on le met aux
prises avec les passions , et par la maniere
dont il se défait de leurs pieges , il peut
servir de modele aux jeunes cœurs pour
se deffendre contre les charmes de la volupté. Dans le second , on le représente
occupé des Arts et des Sciences ; là , sẹ
trouve une Allegorie interessante des
progrès de la Litterature dans le dernier
siecle , et plusieurs Portraits achevez de
nos Illustres. Dans le troisiéme , on nous
le montre uniquement appliqué aux affaires et à l'administration de l'Etat ; ce
ne sont que Maximes sages sur le Gouver
nement , que traits de grandeur et d'équi
té , et que moyens prudemment imagi
nés pour rendre les peuples heureux. Tout
cela est écrit d'un style fort naturel , et se
trouve entremêlé de plusieurs Episodes
qui sont autant de morceaux d'histoire
très-attachants.
Dans une Préface de 16 pages , l'Auteur rend compte du choix et du dessein
de son Ouvrage. Les Maîtres et les Voyages peuvent rendre un Prince plus sçavant, dit il, ils ne peuvent en faire un Heros , le vrai Heroïsme est l'ouvrage de la
11. Vol. Na
DECEMBRE. 1732 2855
Nature , Alexandre n'avoit appris de
personne à pleurer au récit des Conquê
tes de son Pere. Qui ne sçait que l'éducation ordinaire sert plus à étouffer l'heroï'sme qu'à le produire ; et qu'en voulant
réformer la Nature , que l'on croit corrompue en tout , on la corrompt quelquefois dans ce qu'elle a de plus parfait ?
il n'y a qu'une maniere de l'aider , c'est
de la connoître , de la suivre , et de ne la
corriger , en quelque sorte , que par elle-.
même , en opposant ce qu'elle à de bon
à ce qu'elle peut avoir de vicieux.
a
Au second Tome , page 12. Gyrus établit dans sa Capitale des Tribunaux , où
se décidoit sans appel tout ce qui concernoit les Arts et les Sciences , c'est-àdire , qu'il créa six Académies. La premiere avoit pour objet la Géometric , la
Philosophie , la Physique , la Chimie et
la Médecine ; la seconde étoit consacrée
à l'Eloquence et à la Poësie ; la troisiéme
travailloit sur l'Histoire , les Langues
Etrangeres et les Antiquitez ; les autres
se partageoient , la Musique ; la Peinture
et la Sculpture. Il n'étoit permis à personne de mettre au jour aucun Ouvrage¸
qui n'eut été approuvé par l'Académie
dont il dépendoit : cette régle empêcha
qu'on ne multipliat les Livres . et ( ce
II. Vol. Fiij qui
2856 MERCURE DE FRANCE
qui en est une suite nécessaire ) qu'il n'en
parut beaucoup de mauvais.
Cyrus fait demander en mariage la fille
du Roi d'Armenie ; ses Ambassadeurs
P'obtiennent facilement de son Pere , lequel donne les ordres necessaires pour le
prompt départ de la Princesse. Il ne pouvoit ignorer son impatience ; elle n'avoit
pas employé auprès de lui ces ménagemens
équivoques , qui confondent si souvent en ces sortes d'occasions le véritable amour
avec le faux; elle avoit déclaré à son pere
toute sa tendresse pour Cyrus , elle la
trouvoit trop pure et trop raisonnable
pour en rougir ; on ne doit pas craindre
d'avouer qu'on aime quand on aime comme on doit aimer. Malgré tout son empressement , elle ne put se séparer de son
pere sans s'attendrir , elle lui avoüa qu'il
n'y avoit que Cyrus au monde qui put
adoucir le chagrin qu'elle avoit de le quitter ; ils se dirent adieu avec beaucoup de
larmes, l'amour vertueux fortifie les senti
mens de la nature au lieu de les détruire....
Tout l'Ouvrage , pour le dire en passant ,
est extrêmement.fourni de ces Reflexions
justes et sensées.
On se prépara à Hecatompyle à recevoir Cassandane ; Cyrus n'oublia rien
pour faire éclater sonamour ; il sçavoit
II. Vol. le
DECEMBRE. 1732 2857
le goût de la Princesse d'Armenie pour
les Arts et pour les Sciences ; il voulut que
toutes les Académies lui préparassent des
hommages à son arrivée, on n'en avoit jamais rendu à une femme qui les méritât
mieux qu'elle , ni qui fut plus capable
d'en connoître le prix. De toutes les Académies , celle qui pouvoit se distinguer
le plus en cette occasion , étoit celle de
Musique , elle avoit pour chef un de ces
hommes rares sur qui la nature semble
quelquefois vouloir essayer ce qu'elle
peut produire de plus parfait en un genre.Il étoit Grec d'origine et avoit été conduit par hazard à Hécatompyle dans sa
premierejeunesse jamais homme ne sentit mieux l'harmonie et tous les ressorts secrets qui la produisent ;
il étoit simple
dans sa composition ; on retenoit ses airs
les entendre une fois ; il étoit varié , et
dans des Piéces sans nombre , il ne s'est jamais repeté précis et caracterisé jusqu'à
ôter la liberté d'appliquer ses airs à quelqu'autre sujet qu'à celui qu'il avoit eu en
vie; dans la fureur et dans la tendresse
allant aussi loin que ces passions....
Il composa un grand divertissement en
Musique dont on eut dit qu'il à composé les vers tant ils convenoient, à la
Musique ; cependant il n'en étoit pas l'AuLI. Vol Fiiij teur
2858 MERCURE DE FRANCE
›
teur : c'étoit un Poëte qu'il avoit pris soin
de former à cette espece de Poësie , et qui
se rendit presque aussi inimitable , tant
il est vrai que les Arts s'aident les uns les
autres, et qu'il ne faut quelquefois qu'un
grand homme pour en faire briller d'autres qui seroient restez inconnus.... L'Amour et la Musique ont plus de rapport
qu'on ne pense ; l'un et l'autre se prêtent
un secours mutuel ; les cœurs tendres sont
generalement plus touchez de la Musique
que les autres ; la Musique à son tour augmente leur sensibilité , et elle devient un
vrai plaisir pour eux, quand ils aiment."
Indépendemment des dispositions où se
trouvoit Cassandane à cet égard , elle aimoit la Musique par inclination ; de tous
les Arts que les hommes ont inventez
c'étoit à son gré celui qui faisoit le plus
d'honneur à l'esprit humain et qui l'étonnoit davantage par la diversité et par
la multitude des combinaisons dont elle
est formée; elle ne voyoit rien dans la
nature qui en eut pu faire naître l'idée :
la prétendue harmonie des Cieux , le choc
des Elémens , le chant, des Oiseaux , et
les autres sources d'où on suppose que
les hommes ont tiré la Musique , lui paroi oient trop éloignées de la vrai- semblai.ce , elle en auroit attribué la naissance
II. Vol
DECEMBRE. 1732. 2859.
à la mélancolie , parce qu'elle en est le remede le plus efficace.
On établit un Théatre &c. Deux Poëtes qui avoient en quelque sorte ouvert
la Scene , étoient rivaux sans être ennemis ,
et plaisoient tous deux , sans se ressemblers le plus âgé avoit un génie noble ,
élevé , plein de force , fécond , énergique , faisant des Héros de tous ses personnages , il est vrai qu'il les avoit pris
dans l'Histoire du peuple le plus fertile
en Grands Hommes , flatant ses Auditeurs
en leur présentant des modeles au dessus
d'eux, et qu'ils se croyent capables d'imi
ter: le plus jeune , avec un génie moins
étendu , moins élevé , moins fort , moins
fertile même , mais plus soutenu plus
égal , plus doux , avoit trouvé le chemin
du cœur et le secret de l'interesser toujours ; toutes les passions qui en dépendent avoient place dans ses Piéces ; on l'écoutoit aussi volontiers que l'autre, quoique
par un motif bien opposé ; ses Auditeurs
⚫croyoient leurs passions pardonnables , en
les voyant authorisées dans les personna->
ges illustres qu'il mettoit sur la Scene ;
on sortoit des Piéces du premier , l'ame
remplie de grands sentimens et se croyant
capable de ce qu'il y a de plus héroïque :
les Piéces du second attendrissoient le
11. Vol. Fv
و
* cœur
2860 MERCURE DE FRANCE
,
cœur et arrachoient des larmes pleines de
douceur; on devenoit plus honnête homme de l'Ecole de l'un , et plus galant à
celle de l'autre , celui là avoit peint les
vertus des hommes , et celui cy leurs défauts ; le premier étoit répréhensible dans
son langage qu'il sacrifioit souvent à la
pensée ; il étoit même inégal , et après
s'être élevé jusqu'aux nuë; il rampoit
jusqu'à la terre : le second étoit toujours
le même ; sa Poësie liée , son expression
pure ; il est plus difficile d'être egal dans
le grand que dans le tendre ; on disoit que
la perfection eut été de rassembler dans
un troisiéme Poëte ce qu'ils avoient de
meilleur l'un et l'autre ; je ne sçai si on
avoit droit de l'esperer , et si le même génie est capable de réunir des qualités si
opposées ; ce qui en fait voir au moins la
difficulté , c'est que non seulement il n'y
a eu aucun Poëte en Perse qui en soit venu à bout , mais il n'y en a pas eu qui ait
véritablement remplacé l'un des deux.
Cassandane étoit enchantée de tout ce
'elle voyoit ; elle ne contribua pas peu
dans la suite au dessein de Cyrus ; capable d'être Juge en toutes sortes de sciences , elle ne se réserva que le droit communément accordé aux Dames , de juger
du langage ; elle le perfectionna en effet
qu'
.
II. Vol.
si Ab
DECEMBRE. 1732. 2861
si bien , que les Académiciens avouerent
qu'ils lui devoient le stile naturel , simple
et noble qui prit la place du stile ampoulé,
précieux ou obscur même à force d'être
spirituel et trop du goût de la Nation dans
les commencemens de sa réformation,
Cyrus aprit qu'un Poëte travailloit à
des Satyres , on en louoit la versification,
quoiqu'un peu dure , elle disoit beaucoup
en peu de paroles , on sentoit qu'elle avoit
coûté à son Auteur , qu'il n'y avoit que
le plaisir de médire qui eut pu lui faire dévorer un si pénible travail. On en récital
quelques vers à Cyrus , leur beauté ne
surprit point son admiration , il les trouva pleins de malignité , il ne confondit
pourtant point le Poëte avec son Ouvrage,
il distingua le genie de l'abus qu'il en faisoit , il chercha à le rendre utile et non à
le détruire ; il étoit convaincu que ceux
qui ont des talens méritent des égards ; il
ne croyoit pas au dessous de lui d'en avoir
pour un Poëte , il le fit venir en sa préşence , il le reçut avec bonté , il loua son
genie pour la Poësie , et il lui conseilla de
donner à ses vers un meilleur objet que
la Satyre. Ce n'est point en décriant les
hommes , lui dit- il , que vous les rendrez
meilleurs , c'est les irriter plutôt que les
réformer , la vertu n'a jamais employé les
1. 11. Vol.
F vj armes
2862 MERCURE DE FRANCE
armes de la satyre pour faire haïr le vice
et se faire aimer ; il est d'ailleurs de votre
interêt de ne pas vous rendre haïssable
on craint toujours pour soi ce qu'on aime à entendre dire contre les autres , et
la haine contre le satyrique vange au
moins les gens vicieux d'avoir été censurez.
UnPoëte comique pensa être découragé,
croyant que Cyrus pensoit de la Comédie comme de la Satyre , mais on le dé-·
trompa sur ce que ce Prince éclairé distinguoit très bien la satyre , qui en attaquant les vicieux ne corrigeoi: personne, de
la Comédie qui n'attaque que les vices.Ce
Pote travailloit avec une facilité d'autant
plus étonnante , qu'elle n'ôtoit rien à la
perfection de ses Ouvrages ; il étoit deve
nu la ressource des plaisirs et des fêtes
son génie étoit aussi inépuisable qu'ilétoit
prompt ; il trouvoit dans les differens caracteres un fond infini de morale ; on ne
pouvoit lui sçavoir mauvais gré d'avoir
voula corriger les hommes en les amusant :
son goût et son discernement dans le
choix et dans l'arrangement des sujets ,
qu'il avoit à traiter , étoient inimitables ,
il ne présentoit que ce qui devoit plaire s
la diversité et la multitude des spectateurs qu'il avoit à contenter, n'ont ser-
•
II. Vol. vi
DECEMBRE. 1732. 2863
vi qu'à augmenter sa gloire; il se reproduisoit en quelque sorte lui- même , et on
retrouvoit en lui les qualitez de mille
Auteurs differens.... On lui attribue la
gloire d'avoir corrigé à la Cour beaucoup
de r dicules , celui des femmes qui font
les sçavantes , fut le plus marqué. Il n'est
pas étonnant que la science étant venue
à la mode en Perse , les femmes à qui la.
nouveauté plaît , ne voulussent se distinguer aussi par la science ,
il peut leur
convenir d'être scavantes , mais il ne leur
sied jamais d'en affecter le titre ; il semble que la science qui gêne , s'assortit
mal avec ses graces naturelles qui font leur partage ; on exige d'elles de l'esprit ,
et la beauté même la plus parfaite ne les
en dispense pas longtems ; on leur passe
composer des Ouvrages qui ne dépendent que de l'esprit... Les sentimens et
la délicatesse sont leur caractère principal &c.
de
On vit s'élever un homme admirable ;
qui sous le voile des Fables déguisa sa morale : le grand et le tendre , le serieux et
le badin , le naturel et le naïf même , tout
étoit de son ressort ; il n'est point d'état
ni de caractere qui n'y trouvat des leçons,
il employoit à son gré la tendresse du
cœur , la sagacité de l'esprit , le badinage
II.Vol le
2864 MERCURE DE FRANCE
le plus aimable ; il apprenoit à penser aux
uns , il donnoit des sentimens aux autres,
il persuadoirà tous , et il est le premier
qui ait introduit dans la Poésie cette justesse et cette précision même, qui paroît
lui être opposée , sans lui faire rien perdre
de ces images brillantes et de ces expressions heureuses qui distinguent si fort la
Poësie du discours ordinaire. . .
Insensiblement cet Extrait devient long,
malgré notre attention à nous contenir
dans de justes bornes ; finissons- le par ce
Portrait. Parmi ce grand nombre d'hommes qui se distinguerent , il n'y en eut
qu'un qui fut tout à la fois Poëte , Orateur , Historien , Philosophe , Géometre ,
que ne fut il pas ? admirable dans tous
les genres où il voulut travailler , il épuisa
sa vie avant que d'avoir épuisé son génie ,
et les divers Ouvrages qu'il a laissés auroient fait la gloire de plusieurs hommes
sa vie , depuis sa 16. jusqu'à sa 40. an-.
née. Chez Briasson , rue S. Jacques 1732.
in- 12 . de 380. pages , les trois Tomes.
L'Auteur de ce Livre est M. l'Abbé
Pernetti. Le dessein de son Ouvrage est de
faire voir en quoi consiste la veritable
grandeur d'un Roi , et les differentes vertus qui doivent former son caractere.
Comme la Fable étoit le meilleur moyen
pour développer les idées qu'on avoit sur
ce sujet , on s'en est servi , mais en temII. Vol. Fij pé-
2854 MERCURE DE FRANCE
pérant ce qu'elle a d'outré. par la sagesse
du style et de l'invention , Cyrus est le
Heros qu'on fait agir et parler.
Dans le premier Livre on le met aux
prises avec les passions , et par la maniere
dont il se défait de leurs pieges , il peut
servir de modele aux jeunes cœurs pour
se deffendre contre les charmes de la volupté. Dans le second , on le représente
occupé des Arts et des Sciences ; là , sẹ
trouve une Allegorie interessante des
progrès de la Litterature dans le dernier
siecle , et plusieurs Portraits achevez de
nos Illustres. Dans le troisiéme , on nous
le montre uniquement appliqué aux affaires et à l'administration de l'Etat ; ce
ne sont que Maximes sages sur le Gouver
nement , que traits de grandeur et d'équi
té , et que moyens prudemment imagi
nés pour rendre les peuples heureux. Tout
cela est écrit d'un style fort naturel , et se
trouve entremêlé de plusieurs Episodes
qui sont autant de morceaux d'histoire
très-attachants.
Dans une Préface de 16 pages , l'Auteur rend compte du choix et du dessein
de son Ouvrage. Les Maîtres et les Voyages peuvent rendre un Prince plus sçavant, dit il, ils ne peuvent en faire un Heros , le vrai Heroïsme est l'ouvrage de la
11. Vol. Na
DECEMBRE. 1732 2855
Nature , Alexandre n'avoit appris de
personne à pleurer au récit des Conquê
tes de son Pere. Qui ne sçait que l'éducation ordinaire sert plus à étouffer l'heroï'sme qu'à le produire ; et qu'en voulant
réformer la Nature , que l'on croit corrompue en tout , on la corrompt quelquefois dans ce qu'elle a de plus parfait ?
il n'y a qu'une maniere de l'aider , c'est
de la connoître , de la suivre , et de ne la
corriger , en quelque sorte , que par elle-.
même , en opposant ce qu'elle à de bon
à ce qu'elle peut avoir de vicieux.
a
Au second Tome , page 12. Gyrus établit dans sa Capitale des Tribunaux , où
se décidoit sans appel tout ce qui concernoit les Arts et les Sciences , c'est-àdire , qu'il créa six Académies. La premiere avoit pour objet la Géometric , la
Philosophie , la Physique , la Chimie et
la Médecine ; la seconde étoit consacrée
à l'Eloquence et à la Poësie ; la troisiéme
travailloit sur l'Histoire , les Langues
Etrangeres et les Antiquitez ; les autres
se partageoient , la Musique ; la Peinture
et la Sculpture. Il n'étoit permis à personne de mettre au jour aucun Ouvrage¸
qui n'eut été approuvé par l'Académie
dont il dépendoit : cette régle empêcha
qu'on ne multipliat les Livres . et ( ce
II. Vol. Fiij qui
2856 MERCURE DE FRANCE
qui en est une suite nécessaire ) qu'il n'en
parut beaucoup de mauvais.
Cyrus fait demander en mariage la fille
du Roi d'Armenie ; ses Ambassadeurs
P'obtiennent facilement de son Pere , lequel donne les ordres necessaires pour le
prompt départ de la Princesse. Il ne pouvoit ignorer son impatience ; elle n'avoit
pas employé auprès de lui ces ménagemens
équivoques , qui confondent si souvent en ces sortes d'occasions le véritable amour
avec le faux; elle avoit déclaré à son pere
toute sa tendresse pour Cyrus , elle la
trouvoit trop pure et trop raisonnable
pour en rougir ; on ne doit pas craindre
d'avouer qu'on aime quand on aime comme on doit aimer. Malgré tout son empressement , elle ne put se séparer de son
pere sans s'attendrir , elle lui avoüa qu'il
n'y avoit que Cyrus au monde qui put
adoucir le chagrin qu'elle avoit de le quitter ; ils se dirent adieu avec beaucoup de
larmes, l'amour vertueux fortifie les senti
mens de la nature au lieu de les détruire....
Tout l'Ouvrage , pour le dire en passant ,
est extrêmement.fourni de ces Reflexions
justes et sensées.
On se prépara à Hecatompyle à recevoir Cassandane ; Cyrus n'oublia rien
pour faire éclater sonamour ; il sçavoit
II. Vol. le
DECEMBRE. 1732 2857
le goût de la Princesse d'Armenie pour
les Arts et pour les Sciences ; il voulut que
toutes les Académies lui préparassent des
hommages à son arrivée, on n'en avoit jamais rendu à une femme qui les méritât
mieux qu'elle , ni qui fut plus capable
d'en connoître le prix. De toutes les Académies , celle qui pouvoit se distinguer
le plus en cette occasion , étoit celle de
Musique , elle avoit pour chef un de ces
hommes rares sur qui la nature semble
quelquefois vouloir essayer ce qu'elle
peut produire de plus parfait en un genre.Il étoit Grec d'origine et avoit été conduit par hazard à Hécatompyle dans sa
premierejeunesse jamais homme ne sentit mieux l'harmonie et tous les ressorts secrets qui la produisent ;
il étoit simple
dans sa composition ; on retenoit ses airs
les entendre une fois ; il étoit varié , et
dans des Piéces sans nombre , il ne s'est jamais repeté précis et caracterisé jusqu'à
ôter la liberté d'appliquer ses airs à quelqu'autre sujet qu'à celui qu'il avoit eu en
vie; dans la fureur et dans la tendresse
allant aussi loin que ces passions....
Il composa un grand divertissement en
Musique dont on eut dit qu'il à composé les vers tant ils convenoient, à la
Musique ; cependant il n'en étoit pas l'AuLI. Vol Fiiij teur
2858 MERCURE DE FRANCE
›
teur : c'étoit un Poëte qu'il avoit pris soin
de former à cette espece de Poësie , et qui
se rendit presque aussi inimitable , tant
il est vrai que les Arts s'aident les uns les
autres, et qu'il ne faut quelquefois qu'un
grand homme pour en faire briller d'autres qui seroient restez inconnus.... L'Amour et la Musique ont plus de rapport
qu'on ne pense ; l'un et l'autre se prêtent
un secours mutuel ; les cœurs tendres sont
generalement plus touchez de la Musique
que les autres ; la Musique à son tour augmente leur sensibilité , et elle devient un
vrai plaisir pour eux, quand ils aiment."
Indépendemment des dispositions où se
trouvoit Cassandane à cet égard , elle aimoit la Musique par inclination ; de tous
les Arts que les hommes ont inventez
c'étoit à son gré celui qui faisoit le plus
d'honneur à l'esprit humain et qui l'étonnoit davantage par la diversité et par
la multitude des combinaisons dont elle
est formée; elle ne voyoit rien dans la
nature qui en eut pu faire naître l'idée :
la prétendue harmonie des Cieux , le choc
des Elémens , le chant, des Oiseaux , et
les autres sources d'où on suppose que
les hommes ont tiré la Musique , lui paroi oient trop éloignées de la vrai- semblai.ce , elle en auroit attribué la naissance
II. Vol
DECEMBRE. 1732. 2859.
à la mélancolie , parce qu'elle en est le remede le plus efficace.
On établit un Théatre &c. Deux Poëtes qui avoient en quelque sorte ouvert
la Scene , étoient rivaux sans être ennemis ,
et plaisoient tous deux , sans se ressemblers le plus âgé avoit un génie noble ,
élevé , plein de force , fécond , énergique , faisant des Héros de tous ses personnages , il est vrai qu'il les avoit pris
dans l'Histoire du peuple le plus fertile
en Grands Hommes , flatant ses Auditeurs
en leur présentant des modeles au dessus
d'eux, et qu'ils se croyent capables d'imi
ter: le plus jeune , avec un génie moins
étendu , moins élevé , moins fort , moins
fertile même , mais plus soutenu plus
égal , plus doux , avoit trouvé le chemin
du cœur et le secret de l'interesser toujours ; toutes les passions qui en dépendent avoient place dans ses Piéces ; on l'écoutoit aussi volontiers que l'autre, quoique
par un motif bien opposé ; ses Auditeurs
⚫croyoient leurs passions pardonnables , en
les voyant authorisées dans les personna->
ges illustres qu'il mettoit sur la Scene ;
on sortoit des Piéces du premier , l'ame
remplie de grands sentimens et se croyant
capable de ce qu'il y a de plus héroïque :
les Piéces du second attendrissoient le
11. Vol. Fv
و
* cœur
2860 MERCURE DE FRANCE
,
cœur et arrachoient des larmes pleines de
douceur; on devenoit plus honnête homme de l'Ecole de l'un , et plus galant à
celle de l'autre , celui là avoit peint les
vertus des hommes , et celui cy leurs défauts ; le premier étoit répréhensible dans
son langage qu'il sacrifioit souvent à la
pensée ; il étoit même inégal , et après
s'être élevé jusqu'aux nuë; il rampoit
jusqu'à la terre : le second étoit toujours
le même ; sa Poësie liée , son expression
pure ; il est plus difficile d'être egal dans
le grand que dans le tendre ; on disoit que
la perfection eut été de rassembler dans
un troisiéme Poëte ce qu'ils avoient de
meilleur l'un et l'autre ; je ne sçai si on
avoit droit de l'esperer , et si le même génie est capable de réunir des qualités si
opposées ; ce qui en fait voir au moins la
difficulté , c'est que non seulement il n'y
a eu aucun Poëte en Perse qui en soit venu à bout , mais il n'y en a pas eu qui ait
véritablement remplacé l'un des deux.
Cassandane étoit enchantée de tout ce
'elle voyoit ; elle ne contribua pas peu
dans la suite au dessein de Cyrus ; capable d'être Juge en toutes sortes de sciences , elle ne se réserva que le droit communément accordé aux Dames , de juger
du langage ; elle le perfectionna en effet
qu'
.
II. Vol.
si Ab
DECEMBRE. 1732. 2861
si bien , que les Académiciens avouerent
qu'ils lui devoient le stile naturel , simple
et noble qui prit la place du stile ampoulé,
précieux ou obscur même à force d'être
spirituel et trop du goût de la Nation dans
les commencemens de sa réformation,
Cyrus aprit qu'un Poëte travailloit à
des Satyres , on en louoit la versification,
quoiqu'un peu dure , elle disoit beaucoup
en peu de paroles , on sentoit qu'elle avoit
coûté à son Auteur , qu'il n'y avoit que
le plaisir de médire qui eut pu lui faire dévorer un si pénible travail. On en récital
quelques vers à Cyrus , leur beauté ne
surprit point son admiration , il les trouva pleins de malignité , il ne confondit
pourtant point le Poëte avec son Ouvrage,
il distingua le genie de l'abus qu'il en faisoit , il chercha à le rendre utile et non à
le détruire ; il étoit convaincu que ceux
qui ont des talens méritent des égards ; il
ne croyoit pas au dessous de lui d'en avoir
pour un Poëte , il le fit venir en sa préşence , il le reçut avec bonté , il loua son
genie pour la Poësie , et il lui conseilla de
donner à ses vers un meilleur objet que
la Satyre. Ce n'est point en décriant les
hommes , lui dit- il , que vous les rendrez
meilleurs , c'est les irriter plutôt que les
réformer , la vertu n'a jamais employé les
1. 11. Vol.
F vj armes
2862 MERCURE DE FRANCE
armes de la satyre pour faire haïr le vice
et se faire aimer ; il est d'ailleurs de votre
interêt de ne pas vous rendre haïssable
on craint toujours pour soi ce qu'on aime à entendre dire contre les autres , et
la haine contre le satyrique vange au
moins les gens vicieux d'avoir été censurez.
UnPoëte comique pensa être découragé,
croyant que Cyrus pensoit de la Comédie comme de la Satyre , mais on le dé-·
trompa sur ce que ce Prince éclairé distinguoit très bien la satyre , qui en attaquant les vicieux ne corrigeoi: personne, de
la Comédie qui n'attaque que les vices.Ce
Pote travailloit avec une facilité d'autant
plus étonnante , qu'elle n'ôtoit rien à la
perfection de ses Ouvrages ; il étoit deve
nu la ressource des plaisirs et des fêtes
son génie étoit aussi inépuisable qu'ilétoit
prompt ; il trouvoit dans les differens caracteres un fond infini de morale ; on ne
pouvoit lui sçavoir mauvais gré d'avoir
voula corriger les hommes en les amusant :
son goût et son discernement dans le
choix et dans l'arrangement des sujets ,
qu'il avoit à traiter , étoient inimitables ,
il ne présentoit que ce qui devoit plaire s
la diversité et la multitude des spectateurs qu'il avoit à contenter, n'ont ser-
•
II. Vol. vi
DECEMBRE. 1732. 2863
vi qu'à augmenter sa gloire; il se reproduisoit en quelque sorte lui- même , et on
retrouvoit en lui les qualitez de mille
Auteurs differens.... On lui attribue la
gloire d'avoir corrigé à la Cour beaucoup
de r dicules , celui des femmes qui font
les sçavantes , fut le plus marqué. Il n'est
pas étonnant que la science étant venue
à la mode en Perse , les femmes à qui la.
nouveauté plaît , ne voulussent se distinguer aussi par la science ,
il peut leur
convenir d'être scavantes , mais il ne leur
sied jamais d'en affecter le titre ; il semble que la science qui gêne , s'assortit
mal avec ses graces naturelles qui font leur partage ; on exige d'elles de l'esprit ,
et la beauté même la plus parfaite ne les
en dispense pas longtems ; on leur passe
composer des Ouvrages qui ne dépendent que de l'esprit... Les sentimens et
la délicatesse sont leur caractère principal &c.
de
On vit s'élever un homme admirable ;
qui sous le voile des Fables déguisa sa morale : le grand et le tendre , le serieux et
le badin , le naturel et le naïf même , tout
étoit de son ressort ; il n'est point d'état
ni de caractere qui n'y trouvat des leçons,
il employoit à son gré la tendresse du
cœur , la sagacité de l'esprit , le badinage
II.Vol le
2864 MERCURE DE FRANCE
le plus aimable ; il apprenoit à penser aux
uns , il donnoit des sentimens aux autres,
il persuadoirà tous , et il est le premier
qui ait introduit dans la Poésie cette justesse et cette précision même, qui paroît
lui être opposée , sans lui faire rien perdre
de ces images brillantes et de ces expressions heureuses qui distinguent si fort la
Poësie du discours ordinaire. . .
Insensiblement cet Extrait devient long,
malgré notre attention à nous contenir
dans de justes bornes ; finissons- le par ce
Portrait. Parmi ce grand nombre d'hommes qui se distinguerent , il n'y en eut
qu'un qui fut tout à la fois Poëte , Orateur , Historien , Philosophe , Géometre ,
que ne fut il pas ? admirable dans tous
les genres où il voulut travailler , il épuisa
sa vie avant que d'avoir épuisé son génie ,
et les divers Ouvrages qu'il a laissés auroient fait la gloire de plusieurs hommes
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Résumé : Le Repos de Cyrus, ou l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
'Le Repos de Cyrus' est une œuvre de l'Abbé Pernetti publiée en 1732, composée de trois tomes totalisant 380 pages. L'auteur utilise la fable pour illustrer les vertus nécessaires à un roi, en tempérant l'outrance par la sagesse du style et de l'invention. Le héros, Cyrus, sert de modèle aux jeunes cœurs face aux passions, aux arts et sciences, et à l'administration de l'État. Dans le premier tome, Cyrus lutte contre les passions et sert de modèle pour résister à la volupté. Le second tome le montre promouvant les arts et les sciences, avec une allégorie des progrès littéraires du siècle et des portraits d'illustres personnages. Le troisième tome le dépeint en tant qu'administrateur sage et équitable, offrant des maximes de gouvernement et des moyens pour le bonheur des peuples. L'ouvrage est écrit dans un style naturel et inclut des épisodes historiques attachants. Dans la préface, l'auteur explique que l'éducation ordinaire peut étouffer l'héroïsme, et que connaître et suivre la nature est la meilleure approche. Cyrus établit des académies pour réguler les arts et les sciences, évitant ainsi la prolifération de mauvais livres. Le texte décrit également des événements comme le mariage de Cyrus avec Cassandane, la fille du roi d'Arménie, et les préparatifs pour son accueil, incluant des hommages des académies, notamment celle de musique. L'ouvrage est riche en réflexions justes et sensées, et met en avant des personnages comme des poètes et des musiciens qui contribuent à la culture et à la moralité de la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19926
p. 2876-2877
DEMONSTRATION du principe de M. de Fontenelle, que toute grandeur qui peut augmenter à l'infini, peut être supposée augmentée à l'infini.
Début :
Mr de S. Aubin en répondant dans le Mercure de Novembre, au Problême proposé [...]
Mots clefs :
Infini, Grandeur, Principe, Pied, Fontenelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEMONSTRATION du principe de M. de Fontenelle, que toute grandeur qui peut augmenter à l'infini, peut être supposée augmentée à l'infini.
DEMONSTRATION du principe de
M. de Fontenelle , que toute grandeur
qui peut augmenter à l'infini , peut être
supposée augmentée à l'infini.
MR
TR de S. Aubin en répondant dans le Mercure
de Novembre , au Problême proposé
en Septembre dans le même Mercute , combat
un principe des Elémens de la Géométrie de l'infini.
Toute son objection se réduit uniquement à
dire que cette grandeur ne peut être supposée augmentée
à l'infini par cette raison même qu'elle est
capable d'augmentation à l'infini.
N'est-ce pas comme si on disoir , qu'une grandeur
qui peut être augmentée à l'infini , ne peut
être augmentée à l'infini , par cette raison même
qu'elle peut être augmentée à l'infini.
Ou même que ce qui peut être augmenté d'un
pied , ne peut être supposé augmenté d'un pied,
par cette raison même , qu'il est capable d'une
augmentation d'un pied .
Il y a une équivoque dans l'objection de M. le
Gendre : il prend le mot de grandeur deux fois
dans le même sens , quoique tout homme qui
II. Vol. enDECEMBRE
. 1733. 2877
ntend le principe , voye d'abord qu'il faut lui
n donner deux ; car la grandeur qui peut augmenter
à l'infini est une grandeur fixée . Au lieu
que la même grandeur supposée augmentée à
l'infini , est infinie et dans ce sens - là elle est désormais
inaugmentable. De sorte que le principe
se réduit à dire , qu'une grandeur finie peut
par les augmentations dont elle est toujours
susceptible dans cet état devenir infinie .
On pourroit donner une démonstration direc
te de ce principe de M. de Fontenelle , en disant
qu'une grandeur qui peut augmenter d'un pied
d'étendue ne le peut que parce qu'il y a dans la
nature des choses un pied d'étenduë qui existe ,
que si elle peut augmenter de deux pieds , il y a
donc dans la nature une étendue de deux pieds
&c. et qu'ainsi une grandeur , pouvant auginenter
à l'infini , suppose necessairement une grandeur
à l'infini , c'est - à - dire infinie , actucllement
suffisante. G. Q. F. D.
M. de Fontenelle , que toute grandeur
qui peut augmenter à l'infini , peut être
supposée augmentée à l'infini.
MR
TR de S. Aubin en répondant dans le Mercure
de Novembre , au Problême proposé
en Septembre dans le même Mercute , combat
un principe des Elémens de la Géométrie de l'infini.
Toute son objection se réduit uniquement à
dire que cette grandeur ne peut être supposée augmentée
à l'infini par cette raison même qu'elle est
capable d'augmentation à l'infini.
N'est-ce pas comme si on disoir , qu'une grandeur
qui peut être augmentée à l'infini , ne peut
être augmentée à l'infini , par cette raison même
qu'elle peut être augmentée à l'infini.
Ou même que ce qui peut être augmenté d'un
pied , ne peut être supposé augmenté d'un pied,
par cette raison même , qu'il est capable d'une
augmentation d'un pied .
Il y a une équivoque dans l'objection de M. le
Gendre : il prend le mot de grandeur deux fois
dans le même sens , quoique tout homme qui
II. Vol. enDECEMBRE
. 1733. 2877
ntend le principe , voye d'abord qu'il faut lui
n donner deux ; car la grandeur qui peut augmenter
à l'infini est une grandeur fixée . Au lieu
que la même grandeur supposée augmentée à
l'infini , est infinie et dans ce sens - là elle est désormais
inaugmentable. De sorte que le principe
se réduit à dire , qu'une grandeur finie peut
par les augmentations dont elle est toujours
susceptible dans cet état devenir infinie .
On pourroit donner une démonstration direc
te de ce principe de M. de Fontenelle , en disant
qu'une grandeur qui peut augmenter d'un pied
d'étendue ne le peut que parce qu'il y a dans la
nature des choses un pied d'étenduë qui existe ,
que si elle peut augmenter de deux pieds , il y a
donc dans la nature une étendue de deux pieds
&c. et qu'ainsi une grandeur , pouvant auginenter
à l'infini , suppose necessairement une grandeur
à l'infini , c'est - à - dire infinie , actucllement
suffisante. G. Q. F. D.
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Résumé : DEMONSTRATION du principe de M. de Fontenelle, que toute grandeur qui peut augmenter à l'infini, peut être supposée augmentée à l'infini.
Le texte traite d'une démonstration du principe de M. de Fontenelle, selon lequel toute grandeur capable d'augmenter à l'infini peut être supposée augmentée à l'infini. M. de S. Aubin conteste ce principe dans le Mercure de Novembre, affirmant que cette grandeur ne peut être augmentée à l'infini précisément parce qu'elle est capable d'augmentation infinie. Cette objection est comparée à une contradiction, comme dire qu'une grandeur augmentable d'un pied ne peut être augmentée d'un pied pour la même raison. L'auteur souligne une équivoque dans l'objection de M. de S. Aubin, qui utilise le terme 'grandeur' de manière ambiguë. Il explique que la grandeur capable d'augmenter à l'infini est une grandeur finie, tandis que la grandeur supposée augmentée à l'infini est infinie et donc inaugmentable. Le principe de M. de Fontenelle est ainsi clarifié : une grandeur finie peut devenir infinie par des augmentations successives. Une démonstration directe du principe est proposée, affirmant que si une grandeur peut augmenter d'un pied, c'est parce qu'il existe une étendue d'un pied dans la nature. De même, une grandeur capable d'augmenter à l'infini suppose nécessairement une grandeur infinie existante.
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19927
p. 116-117
AUTRE.
Début :
Mon empire s'étend sur tout ce qui respire ; [...]
Mots clefs :
Sommeil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
On empire s'étend fur tout ce qui refpire ;
Sexe , Prélats , Héros , combattus , harcelés ,
Succombent tour à tour fous mes coups redoublés.
Si ces traits , cher Lecteur , ne te peuvent fuffire ,
Pourfuis , au jour je vais produire
Quelques mots qu'en mon fein l'on trouve raffemblés
;
Un poiffon : un oiſeau : de l'an une partie ;
Ce qu'au Chef des Hébreux dicta le Créateur :
Des gens âgés la pâture choiſie
Un outil de Serrurerie :
;
L'ouvrage d'un infecte : un grand Légiſlateur :
L'antidote de la fadeur :
Deux Rivieres en Picardie :
Un nombre : le dépôt de certaine liqueur :
Trois notes : une Nymphe : un Saint : le récep-
· t tacle
"
DECEMBRE , 1749. 117
De tous les objets d'un ſpectacle ;
Le ſymbole de la douceur :
Enfin un fils du Patriarche ,
Qui par l'ordre de Dieu fe retira dans l'Arche
Par le même,
On empire s'étend fur tout ce qui refpire ;
Sexe , Prélats , Héros , combattus , harcelés ,
Succombent tour à tour fous mes coups redoublés.
Si ces traits , cher Lecteur , ne te peuvent fuffire ,
Pourfuis , au jour je vais produire
Quelques mots qu'en mon fein l'on trouve raffemblés
;
Un poiffon : un oiſeau : de l'an une partie ;
Ce qu'au Chef des Hébreux dicta le Créateur :
Des gens âgés la pâture choiſie
Un outil de Serrurerie :
;
L'ouvrage d'un infecte : un grand Légiſlateur :
L'antidote de la fadeur :
Deux Rivieres en Picardie :
Un nombre : le dépôt de certaine liqueur :
Trois notes : une Nymphe : un Saint : le récep-
· t tacle
"
DECEMBRE , 1749. 117
De tous les objets d'un ſpectacle ;
Le ſymbole de la douceur :
Enfin un fils du Patriarche ,
Qui par l'ordre de Dieu fe retira dans l'Arche
Par le même,
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19928
p. 117
AUTRE.
Début :
Je suis un être imaginaire, [...]
Mots clefs :
Satyre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
JE fuis un être imaginaire ,
Qu'on dit être l'effroi d'une jeune bergère ;
Dans un fens different je me plais à piquer ,
A réformer , à critiquer .
En veux-tu fçavoir davantage ?
Mes fix pieds vont t'offrir un déchec : certain
mal :
Ce qu'on cherche en hyver : un petit animal
Ce que le vrai Sçavant doit avoir en partage ;
Des lambris affûrés un brillant ornement ;
Coûtume de l'Eglife : Ifle : note : élement ;
Terme de jeu : poiffon , titre dont on décore
La majefté du Souverain :
Un péché capital : une espéce de grain :
Une conjonction en moi ſe trouve encore.
Par le même.
JE fuis un être imaginaire ,
Qu'on dit être l'effroi d'une jeune bergère ;
Dans un fens different je me plais à piquer ,
A réformer , à critiquer .
En veux-tu fçavoir davantage ?
Mes fix pieds vont t'offrir un déchec : certain
mal :
Ce qu'on cherche en hyver : un petit animal
Ce que le vrai Sçavant doit avoir en partage ;
Des lambris affûrés un brillant ornement ;
Coûtume de l'Eglife : Ifle : note : élement ;
Terme de jeu : poiffon , titre dont on décore
La majefté du Souverain :
Un péché capital : une espéce de grain :
Une conjonction en moi ſe trouve encore.
Par le même.
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19929
p. 2877-2878
« Le 29 de ce mois M. de Moncrif, Secretaire des Commandemens du Comte [...] »
Début :
Le 29 de ce mois M. de Moncrif, Secretaire des Commandemens du Comte [...]
Mots clefs :
Académie française, Paradis de Moncrif, Dupré de Saint-Maur, Sonates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 29 de ce mois M. de Moncrif, Secretaire des Commandemens du Comte [...] »
Le 29 de ce mois M. de Moncrif , Secretaire
des Commandemens du Comte
de Clermont , et M. Dupré de S. Maur,
Maître des Comptes , furent reçûş dans
l'Académie Françoise aux places vacantes
par la mort de l'Evêque de Blois et
celle de l'Evêque de Langres. Ils firent
leurs Discours de remerciment , ausquels
M. de Boze , Directeur de l'Académie
répondit , et ils parlerent tous trois avec
beaucoup d'éloquence.
On vient de donner au Public le se-
II. Vol. F iij
cond
2878 MERCURE DE FRANCE
cond Oeuvre de Sonates à Violon seul
du sieur Francoeur le cadet , Compositeur
de la Musique de la Chambre du Roy.
La douzième de ces Sonates est pour le
Violoncelle , ou pour la Viole. Il se vend
10 livres , à Paris chez l'Auteur , rue des
petits Champs , vis- à - vis la Compagnie
des Indes , chez Boivin , à la regle d'or ,
rue S. Honoré , le Clair , rue du Roule ,
à la Croix d'or.
des Commandemens du Comte
de Clermont , et M. Dupré de S. Maur,
Maître des Comptes , furent reçûş dans
l'Académie Françoise aux places vacantes
par la mort de l'Evêque de Blois et
celle de l'Evêque de Langres. Ils firent
leurs Discours de remerciment , ausquels
M. de Boze , Directeur de l'Académie
répondit , et ils parlerent tous trois avec
beaucoup d'éloquence.
On vient de donner au Public le se-
II. Vol. F iij
cond
2878 MERCURE DE FRANCE
cond Oeuvre de Sonates à Violon seul
du sieur Francoeur le cadet , Compositeur
de la Musique de la Chambre du Roy.
La douzième de ces Sonates est pour le
Violoncelle , ou pour la Viole. Il se vend
10 livres , à Paris chez l'Auteur , rue des
petits Champs , vis- à - vis la Compagnie
des Indes , chez Boivin , à la regle d'or ,
rue S. Honoré , le Clair , rue du Roule ,
à la Croix d'or.
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Résumé : « Le 29 de ce mois M. de Moncrif, Secretaire des Commandemens du Comte [...] »
Le 29 du mois, M. de Moncrif et M. Dupré de Saint-Maur ont été élus à l'Académie Française pour remplacer les sièges laissés vacants par la mort des évêques de Blois et de Langres. Ils ont prononcé des discours de remerciement, auxquels M. de Boze a répondu. Par ailleurs, le sieur Francoeur a publié un recueil de sonates pour violon, dont une pour violoncelle ou viole, en vente à Paris pour 10 livres.
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19930
p. 1377-1379
« DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Début :
DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...]
Mots clefs :
Vies des Saints, Scanderberg, Aventures choisies, La théorie de la manoeuvre des vaisseaux, Fables d'Esope, Triomphe de l'Amour, Pharsamon, La fidelité récompensée, Osman, Melisthène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Ancien Testament. A Paris , ruë saint
Jacques , chez Osmont et Henry , 1732.
6. vol. in 12.
SCANDERBERG , ou les Avantures du
Prince d'Albanie. Ruë S. Jacques et an
Palais , chez Delespine et Dupuis , 1732.
2. vol. in 12. de 769. pages les 2. vol.
AVANTURES CHOISIES , Contenant l'AII. Vol. F. mous
1378 MERCURE DE FRANCE
mour innocent persecuté , l'Esprit folet,
ou le Sylphe amoureux , le Cœur volant
ou l'Amant étourdi , et la belle Avanturiere. A Paris , chez Pierre Prault , Quay
de Gesures , 1732.
LA THEORIE DE LA MANOEUVRE DES
VAISSEAUX , réduite en pratique , ou les
principes et les regles pour naviguer le
plus avantageusement qu'il est possible.
Par M. Pitot , de l'Académie Royale des
Sciences. Rue S. Jacques , chez Cl. Jombert,
1731. in 4,0 de 119. pages.
NOUVEAU RECUEIL DES FABLES D'ESOPE , mises en François avec le sens moral , en quatre Vers , et des figures à chaque Fable. Dédié à la Jeunesse, Nouvelle Edition , augmentée des Quatrains de
M. de Benserade. A Paris , chez P. Prauli,
Quay de Gesvres , 1731. in 12. de 442.
pages , contenant 223. Fables.
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR , Comédie
de M. de Mux, représentée par les
Comédiens Italiens , au mois de Mars dernier. Chez le même Libraire , 1732. in 12.
de 144. pages.
Cette Piece est en Prose et en trois Acces , nous en avons donné l'Extrait et
II. Vol. rap
JUIN. 17322 1 1379
rapporté le Jugement du Public quand
elle a paru.
PHARSAMON , ou les nouvelles Folies
Romanesques , du même Auteur ; chez
le même Libraire , 2. vol. in 12. sous presse.
LA FIDELITE RECOMPENSE'E ,
Histoire Portugaise , 17 32. in 12. Chez
le même Libraire.
HISTOIRE D'OSMAN , Empereur des
Turcs. Chez le même. in 12. sous presse.
ELOGE DE LA FOLIE. Chez le même ;
1731. in 12. avec fig.
MELISTHENE, ou l'Illustre Persan. Nouvelle , par M. de P ... Chez le même,
1732. in 12. de 265. pages.
Jacques , chez Osmont et Henry , 1732.
6. vol. in 12.
SCANDERBERG , ou les Avantures du
Prince d'Albanie. Ruë S. Jacques et an
Palais , chez Delespine et Dupuis , 1732.
2. vol. in 12. de 769. pages les 2. vol.
AVANTURES CHOISIES , Contenant l'AII. Vol. F. mous
1378 MERCURE DE FRANCE
mour innocent persecuté , l'Esprit folet,
ou le Sylphe amoureux , le Cœur volant
ou l'Amant étourdi , et la belle Avanturiere. A Paris , chez Pierre Prault , Quay
de Gesures , 1732.
LA THEORIE DE LA MANOEUVRE DES
VAISSEAUX , réduite en pratique , ou les
principes et les regles pour naviguer le
plus avantageusement qu'il est possible.
Par M. Pitot , de l'Académie Royale des
Sciences. Rue S. Jacques , chez Cl. Jombert,
1731. in 4,0 de 119. pages.
NOUVEAU RECUEIL DES FABLES D'ESOPE , mises en François avec le sens moral , en quatre Vers , et des figures à chaque Fable. Dédié à la Jeunesse, Nouvelle Edition , augmentée des Quatrains de
M. de Benserade. A Paris , chez P. Prauli,
Quay de Gesvres , 1731. in 12. de 442.
pages , contenant 223. Fables.
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR , Comédie
de M. de Mux, représentée par les
Comédiens Italiens , au mois de Mars dernier. Chez le même Libraire , 1732. in 12.
de 144. pages.
Cette Piece est en Prose et en trois Acces , nous en avons donné l'Extrait et
II. Vol. rap
JUIN. 17322 1 1379
rapporté le Jugement du Public quand
elle a paru.
PHARSAMON , ou les nouvelles Folies
Romanesques , du même Auteur ; chez
le même Libraire , 2. vol. in 12. sous presse.
LA FIDELITE RECOMPENSE'E ,
Histoire Portugaise , 17 32. in 12. Chez
le même Libraire.
HISTOIRE D'OSMAN , Empereur des
Turcs. Chez le même. in 12. sous presse.
ELOGE DE LA FOLIE. Chez le même ;
1731. in 12. avec fig.
MELISTHENE, ou l'Illustre Persan. Nouvelle , par M. de P ... Chez le même,
1732. in 12. de 265. pages.
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Résumé : « DISCOURS sur les Vies des Saints de l'Ancien Testament. [...] »
Le document répertorie des publications parues à Paris entre 1731 et 1732. Parmi les ouvrages notables, l'Ancien Testament, édité par Osmont et Henry en 1732, compte six volumes in-12. 'Scanderbeg, ou les Aventures du Prince d'Albanie', édité par Delespine et Dupuis en 1732, comprend deux volumes in-12 totalisant 769 pages. 'Aventures Choisies', publié par Pierre Prault en 1732, inclut des récits comme 'Le Mercure de France' et 'Le Cœur volant ou l'Amant étourdi'. 'La Théorie de la Manœuvre des Vaisseaux' par M. Pitot, membre de l'Académie Royale des Sciences, est paru en 1731 chez Cl. Jombert, en un volume in-4 de 119 pages. 'Nouveau Recueil des Fables d'Ésope', édité par P. Prault en 1731, contient 223 fables en un volume in-12 de 442 pages. 'Le Triomphe de l'Amour', une comédie de M. de Mux, a été représentée par les Comédiens Italiens en mars 1732 et publiée en un volume in-12 de 144 pages. D'autres œuvres mentionnées incluent 'Pharsamon, ou les nouvelles Folies Romanesques', 'La Fidélité Recompensée', 'Histoire d'Osman, Empereur des Turcs', 'Éloge de la Folie' et 'Mélisthène, ou l'Illustre Persan'. Certaines publications étaient en cours d'impression ou récemment parues.
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19932
p. 118
AUTRE.
Début :
Sous differente forme on peut me voir paroître ; [...]
Mots clefs :
Lune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Sous differente forme on peut me voir paroître
Je procure aux mortels ce qui n'eft pas en moi ;
Quelquefois mon afpect a caufé de l'effroi ; :
Mais faute de me bien connoître.
Sur le corps & l'efprit , à ce que l'on prétend ,
Cher Lecteur , mon pouvoir s'étend.
En tranfpofant les pieds qui compofent mon être
On doit voir fortir de mon fein
Ce qu'eft un faux calcul : un Saint :
Ce qu'un bon Livre eft digne d'être :
Un nombre : un mortel fortuné ,
A ſe voir bienheureux à jamais deſtiné :
Une Ville de Normandie :
Plus une prépofition ,
Et même une négation .
Par Mlle G******
Sous differente forme on peut me voir paroître
Je procure aux mortels ce qui n'eft pas en moi ;
Quelquefois mon afpect a caufé de l'effroi ; :
Mais faute de me bien connoître.
Sur le corps & l'efprit , à ce que l'on prétend ,
Cher Lecteur , mon pouvoir s'étend.
En tranfpofant les pieds qui compofent mon être
On doit voir fortir de mon fein
Ce qu'eft un faux calcul : un Saint :
Ce qu'un bon Livre eft digne d'être :
Un nombre : un mortel fortuné ,
A ſe voir bienheureux à jamais deſtiné :
Une Ville de Normandie :
Plus une prépofition ,
Et même une négation .
Par Mlle G******
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19933
p. 2878-2879
Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Début :
Le Jetton dont nous donnons ici la Graveure a été frappé depuis peu pour [...]
Mots clefs :
Officiers du guet, Jeton, Castor et Pollux, Repos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Le Jetton dont nous donnons ici la
Graveure a été frappé depuis peu pour
Mrs les Officiers du Guet. On y voit d'un
côté les Atmes du Comte de Maurepas
Ministre et Sécretaire d'Etat ; ces Officiers
ayant l'honneur d'être dans son Département
; et sur le Revers Castor et
Pollux , tels qu'on les voit representez
sur les Medailles Romaines , à cheval
avec une petite étoile chacun au - dessus
du Casque , et cette Legende ALMA
SIGNA QUIETIS , et dans l'Exe gue ,
OFFICIERS DU GUET 1733 .
,
On ne peut gueres voir de Type d'une
invention plus ingenieuse , et dont l'application
soit plus heureuse. Tout le
monde çait que Castor et Pollux étoient
des Divinitez Titulaires des Romains ,
lesquelles annonçoient leurs victoires , et
II. Vol. assuroicnr
DECEMBRE. 1733. 2879
assuroient le repos de la Ville. Leur constellation
étoit aussi le Symbole de la tranquillité
, sur tout dans la Navigation , ce
qui peut faire encore une juste allusion
avec la Nef que porte dans ses Armes la
Ville de Paris.
Ce Type enfin paroît d'autant mieux
convenir aux Officiers du Guet , que
l'ancien ordre de l'Etoile subsiste encore
dans leur Corps , qui est aussi celui qui
contribue le plus au repos et à la tran
quillité des Citoyens. Arrêté par l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles
Lettres dans l'Assemblée tenue au
Louvre le 22 May 17 33 .
,
SIGNA
QUIET
OFFICIERS DU GUET
1733.
Papell .
Graveure a été frappé depuis peu pour
Mrs les Officiers du Guet. On y voit d'un
côté les Atmes du Comte de Maurepas
Ministre et Sécretaire d'Etat ; ces Officiers
ayant l'honneur d'être dans son Département
; et sur le Revers Castor et
Pollux , tels qu'on les voit representez
sur les Medailles Romaines , à cheval
avec une petite étoile chacun au - dessus
du Casque , et cette Legende ALMA
SIGNA QUIETIS , et dans l'Exe gue ,
OFFICIERS DU GUET 1733 .
,
On ne peut gueres voir de Type d'une
invention plus ingenieuse , et dont l'application
soit plus heureuse. Tout le
monde çait que Castor et Pollux étoient
des Divinitez Titulaires des Romains ,
lesquelles annonçoient leurs victoires , et
II. Vol. assuroicnr
DECEMBRE. 1733. 2879
assuroient le repos de la Ville. Leur constellation
étoit aussi le Symbole de la tranquillité
, sur tout dans la Navigation , ce
qui peut faire encore une juste allusion
avec la Nef que porte dans ses Armes la
Ville de Paris.
Ce Type enfin paroît d'autant mieux
convenir aux Officiers du Guet , que
l'ancien ordre de l'Etoile subsiste encore
dans leur Corps , qui est aussi celui qui
contribue le plus au repos et à la tran
quillité des Citoyens. Arrêté par l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles
Lettres dans l'Assemblée tenue au
Louvre le 22 May 17 33 .
,
SIGNA
QUIET
OFFICIERS DU GUET
1733.
Papell .
Fermer
Résumé : Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Un jeton récemment frappé pour les Officiers du Guet présente sur une face les armes du Comte de Maurepas, Ministre et Secrétaire d'État, dont dépendent ces officiers. L'autre face montre Castor et Pollux, divinités tutélaires des Romains, montés sur des chevaux avec une étoile au-dessus de leur casque. La légende latine 'ALMA SIGNA QUIETIS' et l'exergue 'OFFICIERS DU GUET 1733' accompagnent cette représentation. Castor et Pollux symbolisaient les victoires et le repos de la ville, et leur constellation était un symbole de tranquillité, notamment en navigation, en écho à la nef présente dans les armes de la Ville de Paris. L'ordre de l'Étoile, existant parmi les Officiers du Guet, contribue au repos et à la tranquillité des citoyens. L'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres a validé ce type de jeton lors d'une assemblée au Louvre le 22 mai 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19934
p. 3024-3036
Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Début :
Avec l'Extrait de la Comédie Héroïque du Chevalier Bayard, que [...]
Mots clefs :
Chevalier, Amour, Amitié, Maîtresse, Auteur, Monologue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Aroique du Chevalier Bayard , que
nous avons annoncé dans le premier volume
du Mercure de ce mois , nous donnerons
ici quelques traits de l'Histoire ,
qui ont servi de matiere à cette Piece.
Au second Siege de Bresse , où la Ville.
fut prise d'assaut , une Mere éperdue se
jettant aux pieds de Bayard , lui offrit en
don sa maison , et tout ce qui étoit dedans
; lui demandant pour toute grace
qu'il conservât l'honneur de deux belles
Filles qu'elle avoit , sur quoi le Chevalier
prit tous les soins qu'il falloit pour
Jui mettre l'esprit en repos ; et , loin de
vouloir profiter de ses offres , il fit payer.
exactement tout ce que l'on prit dans le
II. Vol.
Logis
DECEMBRE 1731. 3025
1
Logis tant qu'il y resta ; et en sortant , il
partagea avec les deux Belles la rançon ,
le Pere et la Mere l'avoient contraint
d'accepter.
que
>
Plusieurs de nos Historiens ont rap-.
porté avec de grands Eloges sa continen
ce auprès d'une autre jeune et très-belle
personne , que sa Mere pressée par le
besoin avoit voulu livrer à ses plaisirs .
On dit qu'ayant apperçu en elle une véritable
douleur d'avoir été contrainte à
faire ce pas , il en fut si touché , et conserva
son honneur si exactement , qu'au
moment même qu'elle s'offrit à lui , quoi
qu'au milieu de la nuit , il la conduisit
chez une Dame de ses Parentes , à laquelle
il recommanda d'en avoir grand
soin , et l'en tira trois jours après pour
la marier , à ses propres dépens , à un
jeune homme qui la recherchoit , laissant
de plus , à la Mere de quoi la retirer de
la nécessité.
L'Auteur a réuni ces deux actions
pour accommoder la derniere au Théatre
avec décence , et il a pris le beau de celle-
cy pout faire le dénouement de sa
Piece.
De cette derniere Demoiselle on a fait
l'aînée des deux soeurs de Bresse . On lui
a donné , avec le nom de Julie , toutes,
II. Vol. les.
3026 MERCURE DE FRANCE
-
les belles qualitez qu'il falloit pour mériter
l'amour de Bayard . Et sous le nom
de Montfort , on a peint son Amant ,
un jeune Guerrier plein de valeur et de
mérite , et digne de devenir Ami intime
du Chevalier : voici la Fable de la Piecc ..
Le Seigneur Marc , Pere de Julie , et
son intime Ami , le Podestat , de la Ville
de Bresse , ouvrent là Scene . Celui - cy ,
Barbon très amoureux et très - jaloux ,
vient rendre visite à l'autre > pour le
prier de le faire parler au Chevalier
Bayard , son Hôte. On lui demande une
grosse rançon ; il veut la faire moderer.
Frontin paroit , ( c'est le Chirurgien , et
tout ensemble le Valet de Chambre de
Bayard . ) On s'informe à lui de l'état de
sa blessure ; Frontin , pour donner une
preuve qu'il en est bien guéri , dit qu'il
donne le Bal ce soir même aux deux
Soeurs , ce qui allarme la jalousie du Podestat.
Le Seigneur Marc , et lui sortent
pour aller trouver Bayard .
Pendant le séjour que fait Bayard chez
le Seigneur Marc , il devient amoureux
de Julie et Rival de Montfort sans le
sçavoir. Frontin , rusé Gascon , s'en apperçoit
, et en fait part à la Mere , femme
passionnée pour les François et pour tout
ce qui vient de France. Elle se fait une
IL Vol..
agréable,
DECEMBRE 1731. 3027
agréable idée des plaisirs que cet hymen
lui procureroit. Mais Frontin y voit un
grand obstacle ; c'est qu'il croit Montfort
aimé de Julie. Il n'y a point d'autre
moyen de la guérir , que de l'empêcherde
le voir , en le faisant passer pour mort.
La conjoncture est favorable pour ce des◄.
sein , et en effet , on le croit mort pendant
quelque temps dans le Logis ; mais
un incident qu'on va voir le ressuscitera .
Les filles paroissent seules. Clarice , la
Cadette , jeune Italienne très vive et
très- peu circonspecte , comme on est à
son âge , presse Julie de déclarer enfin
son amour à Montfort ; mais celle- cy ,
par prudence et par délicatesse craint
que cet aveu n'augmente la passion de
son Amant , qui n'est déja que trop vive ,
et dont elle prévoit le mauvais succès ,
par l'avarice de leur Pere;elle s'éforçe elle .
même d'éteindre som Amour. A l'appro
che du Podestat et de Bayard , elles se
retirent.
-
- Le Chevalier , après avoir promis au.
Podestat de parler en sa faveur , apprend
de lui , par hazard , que Montfort est
actuellement dans la Ville. Il est fortétonné
de n'avoir encore reçu aucune
visite de lui , après la tendre amitié qu'il
lui avoit autrefois témoignée. L'autre l'ex-
II. Vol.
cuse
3028 MERCURE DE FRANCE
euse sur quelques blessures qu'il a recues
à l'assaut , ( ce qu'il dit exprès pour écarter
l'idée de leur combat , ) mais dont il
le croit à present bien guéri , et en état
de sortir. Bayard , ¡ dans l'ardeur de le revoir
, fait partir sur le champ son Carosse,
`avec deux de ses Hommes d'Armes , pour
le conduire chez lui.
Le Chevalier reste seul , et attend Frontin.
Il fait connoître là qu'il aime Julie ,
mais qu'il veut s'embarquer prudemment
dans cet amour. Il a donné commission
secrette à Frontin de s'informer si ella
avoit le coeur libre ; il vient dans le moment
lui rendre réponse , et dans cette
Scene Frontin se confirme pleinement
par son adresse , dans l'opinion qu'it
avoit de l'amour de son Maître .
Le second Acte commence tristement.
Julie vient d'apprendre la mort de son
Amant , qu'elle croit certaine . Sa douleur
éclate. Montfort introduit au Logis , par
les Hommes d'Armes de Bayard , malgré
les soins de la Mere et de Frontin ,, entend
ses plaintes en secret , et apprend pour la
premiere fois qu'il est aimé. Clarice , en
la consolant à sa maniere , apperçoit
Montfort écoutant , et saisie de frayeur ,
prenant la réalité pour une apparition de
son ombre , elle s'enfuit avec de grands
Ha Vola cris
DECEMBRE
1731. 3029
cris. Julie plus courageuse , l'attend , et
reconnoit la fausseté de sa mort . Elle lui
marque d'abord quelque regret d'avoir
été entendue ; mais à la fin , dans une
Scene très tendre , elle cede aux raisons.
qu'elle a de l'aimer , blâme l'ingratitude
de ses Parens , lui recommande le secret
et l'exhorte à tout esperer de sa constance .
La Mere arrive , et très- surprise de les
trouver ensemble , après quelques réproches
, lui apprend que c'est pour le mettre
à couvert de la colere de Bayard , qu'elle
a fait courir elle-même le bruit de sa
mort . Qu'il se dispense de venir chez
elle , de crainte que le Chevalier ne découvre
en lui l'Auteur du Combat ; mais
le voyant arriver , elle se retire , ne pou
vant parer cette premiere visite .
L'enrrevue de deux Amis est fort tendre.
Le Chevalier s'informe d'abord du
succès d'un amour dont Montfort lui
avoit autrefois parlé ;; mmaaiiss apprenant
qu'il a perdu tous espoirs par l'avarice
d'un Pere , et qu'il ne songe plus au mariage,
Bayard le presse de changer de senti
ment. Il lui marque le regret qu'il a de
ne s'être pas marié à son âge , et de voir
finir en lui sa famille. Et sur ce que Monfort
lui rémontre qu'il est encore en état
d'y penser , il lui avoue qu'il y songe en
II. Vol. effet
3030 MERCURE DE FRANCE
effet , et qu'il a déja fait un choix qu'il·
lui déclarera dès qu'il verra quelque retour
de la part de la Belle. Touché de son
malheureux sort avec tant de mérite ,
son amitié s'échauffe pour lui de plus en
plus. Il lui promet de prendre soin désormais
lui- même de son avancement , et
de le mettre en état de vaincre l'avarice
du Père ; en effet il commence par le
faire son Lieutenant. Après cette faveur ,
il lui demande le nom de sa Maîtresse
que Monfort va lui dire , en le suppliant
auparavant de garder le secret qui leur
est important , et que sa Maîtresse lui a
fait jurer de ne jamais déclarer . Bayard
par discretion , l'arrête , et lui défend de
trahir son serment ; et par là , l'éclaircissement
est suspendu , et on est interessé
de voir Bayard s'efforcer de mettre
son Rival en état d'épouser sa propre
Maîtresse.
Le secret est prêt à tout moment à se
découvrir. Julie charmée de la faveur où
elle voit son Amant auprès du Chevalier,
et des marques sinceres d'amitié qu'elle
en reçoit elle - même , forme le dessein de
s'ouvrir à lui sur leur passion mutuelle
pour s'appuyer de son crédit sur l'esprit
de son avare Pere , dont il tient la fortune
entre ses mains . Elle choisit pour
II. Vol. cela
"
DECEMBRE . 1731. 3038
cela le temps du Bal qu'il donne , à ce
qu'on croit , en réjouissance du retour de
sa santé.
pas-
Au milieu de sa joye , Monfort lui vient
encore annoncer qu'il est sûr de faire sa
fortune dans quelques heures , par l'enlevement
d'un riche convoy qui doit
ser par le Pays Bressan ; il court chercher
le Chevalier pour lui demander les gens
dont il a besoin pour cette expédition.
Frontin armé de toutes Pieces , vient annoncer
par un récit gascon et comique ,
l'enlevement du convoy par lui et son
Compagnon Bayard .
Monfort arrive , il est au désespoir d'a
voir manqué l'occasion ; mais Julie , en
fille forte , le console , et redoublant sa
tendresse , rend bien - tôt le calme à son
coeur.
La nuit s'est passée dans l'intervale du
troisiéme au quatriéme Acte ; le Chevalier
qui ouvre le quatrième , ayant remarqué
le soir précedent à son retour ,
quelque chagrin sur le visage de Monfort
, s'informe de Frontin s'il n'en sçait
point la cause ; il apprend que c'est d'avoir
manqué le convoy. Bayard compatit
beaucoup à sa peine ; et le voyant arri
ver s'excuse de ne l'avoir pas mis au
moins de la partie , ne croyant pas sa
II. Vol. santé
3032 MERCURE DE FRANCE
>
santé assès rétablie pour l'exposer ainsi ;
mais pour le consoler , il lui en cede tout
le profit ; ( ce trait est de l'histoire ; ) et
pour lui donner une plus forte marque
d'amitié , lui ouvre tout son coeur et
lui apprend qu'il aime Julie . Monfort
est frappé du coup ; Bayard s'en apperçoit
, et l'attribuë à quelque reste de foi
blesse qui est passée sur le champ , dit
Monfort , qui s'efforce d'en cacher la
cause ; et son nouveau Rival lui dit avec
transport qu'il en va faire la demande au
Pere , aussi bien que celle de Clarice pour
St. Pol ; esperons , dit-il , de nous voir
bien tôt au comble de nos voeux , puisqu'à
present tu n'es plus en état d'être
refusé.
gue
· Monfort reste seul , dans un Monolotrès
- touchant exhale sa douleur. Julie
qui par Frontin a appris ce riche present
, vient au milieu de son désespoir
lui en marquer sa joye ; il a beau dissimuler
son chagrin , elle s'en apperçoit
et le poursuit pour en sçavoir la cause.
Bayard paroît avec le Seigneur Marc ,
qui lui accorde sa fille , mais qui réfuse
Clarice à S. Pol, parce qu'il s'est engagé de
donner au Podestat , sous peine d'un trèsgros
dédit , et se retire. St. Pol apprenant
le dédit et le réfus , ménace de faire per-
11. Vol
dre
DECEMBRE . 1931. 3033
are la tête au Podestat , s'il ne s'en désiste
, ayant trouvé dans ses Papiers des
preuves, qu'il a trempé dans la révolte de
Bresse ; mais le Chevalier , par bonté de
coeur , arréte sa colere , lui dit qu'il est
venu une Amnistie , et lui conseille seulement
de lui faire peur , pour en tirer lo
dédit. Et c'est ce que Frontin exécute ,
dans la Scene suivante, où le Pere est present
, où il apprend du Podestat , en colere
, que le Seigneur Marc trempe aussi
dans la Rebellion . Cet incident est préparéau
premiet Acte.
Cette découverte sert à Frontin , qui
conduit l'intrigue en faveur de son Maître
, à faire peur à la Mere à son tour ,
et l'oblige à presser son Epoux d'accorder
tout ce qu'elle lui demande , et pour leur
rançon , et pour la dot de ses Filles : ce
qu'elle obtient.
Julie ayant enfin appris d'un autre que
de Monfort l'amour de Bayard , lui en
fait un doux reproche . Son Amant , dans
cette Scene qui est très- tendre , la presse
par de bonnes et fortes raisons qui l'interessent
seule , à consentir à épouser le
Chevalier. Elle n'y peut répondre que
par des sentimens , et à la fin se détermine
à se jetter dans un saint azile , entre les
bras d'une sage Parente dont elle va im-
II. Vol. F plorer
3034 MERCURE DE FRANCE
plorer le secours , et d'y attendre le changement
de ses affaires.
ap-
La Mere survient qui entend sa réso
lution ; et pour l'en détourner lui
>
prend le péril où est son Pere. Monfort
la détermine lui-même au sacré devoir
de l'en retirer. Elle en prend la résolution
avec courage , dit un adieu trèsferme
et très touchant à Monfort ; la
Mere et lui se retirent , et la laissent seule
attendre la déclaration du Chevalier. Il
la lui vient faire d'un air assez gay , muni
de l'aveu de ses Parens , selon les moeurs
gauloises , mais pourtant en marquant un
peu de défiance. Elle l'assure qu'il doit
être sûr de lui plaire , venant , non-sculement
de la part de ses Parens , mais encore
de celle de Monfort , qui a acquis
sur elle autant de droit qu'ils en ont , en
lui sauvant l'honneur et la vie. Elle lui
déclare ensuite leur combat , et s'attendrit
au souvenir de l'état où Bayard l'avoit
mis. A ce récit , Bayard est frappé
d'étonnement et d'admiration , de l'effort
d'amitié de son Rival. Il est attendri luimême.
La Scene est trés- touchante. A la
fin il reste persuadé de la sincerité de Julie
, quipromet de l'aimer , et la prie d'aller
assurer le Pere du consentement qu'elle
donne à son bonheur , afin de le hâter.
11. Vol. Il
DECEMBRE. 1731. 3035
Il reste seul , et fait les réfléxions qu'un
homme aussi amoureux , mais aussi rai
sonnable que lui, doit faire. Il balance entre
l'amour et l'amitié , et pour l'aider à
se déterminer , ordonne à Frontin de faire
venir Monfort. St. Pol , qu'il a chargé de
faire les accords , vient lui annoncer que
tout est fini , et que la Mere va venir lui
présenter et rançon et dot. Elle arrive en
effet , et dans le temps qu'il lui rend graces
des genereux efforts qu'elle a faits en sa
faveur , Monfort paroît, à qui Bayard fait,
avec transport , part de son bonheur , en
lui demandant où en est le sien. Il répond
que sa Maîtresse , forcée par ses Parens ,
a couronné l'amour d'un plus digne Rival
, et que ne le quittant point par in,
constance , il n'a aucun sujet de s'en plaindre.
Puisque tu sors si content d'avec ta
Belle , lui dit Bayard , tu peux donc à present
me dire son nom; là- dessus Monfort le
prie de lui accorder de n'en parler jamais,
puisque ce n'est que par l'oubli qu'il peut
se consoler. Le Chevalier touché de Pétat
où il le voit , lui fait un reproche tendre
de lui avoir trop bien caché son amour ;
lui cede enfin Julie , partage la rançon
entre lui et St. Pol , et l'assure que l'amour
dans son coeur a laissé la place entiere à
l'amitié . Monfort pénetré de cette grace ,
II. Vol. Fij
se
036 MERCURE DE FRANCE
se jette à ses pieds. Il le releve , en le
priant de souffrir qu'il soit équitable à
son tour , et ne profite point d'un bien
qui lui appartient , et qu'il a acheté au
prix de son sang &c. et Julie finit la
Piece par un digne Eloge d'une action
héroïque , qui donne un Scipion à la
France .
Au reste , cette Piece est fort bien répresentée
par les Srs . Quinaut , Dufrene ,
Montmenil , Dangeville , Duchemin et
Armand , et par les Dlles La Motte , Labat
, et Quinaut , qui remplissent les
Rôles du Chevalier Bayard , de Monfort ,
de St. Pol , du Podestat , du Seigneur
Marc , et de Frontin , de Madame Marc ,
de Julie , et de Clarice.
"
Cette Comédie qui a eu six Représenta
tions , sera réjoüée ; l'Auteur travaille à
la rendre encore plus digne de son sujet ,
et de l'attention du Public.
nous avons annoncé dans le premier volume
du Mercure de ce mois , nous donnerons
ici quelques traits de l'Histoire ,
qui ont servi de matiere à cette Piece.
Au second Siege de Bresse , où la Ville.
fut prise d'assaut , une Mere éperdue se
jettant aux pieds de Bayard , lui offrit en
don sa maison , et tout ce qui étoit dedans
; lui demandant pour toute grace
qu'il conservât l'honneur de deux belles
Filles qu'elle avoit , sur quoi le Chevalier
prit tous les soins qu'il falloit pour
Jui mettre l'esprit en repos ; et , loin de
vouloir profiter de ses offres , il fit payer.
exactement tout ce que l'on prit dans le
II. Vol.
Logis
DECEMBRE 1731. 3025
1
Logis tant qu'il y resta ; et en sortant , il
partagea avec les deux Belles la rançon ,
le Pere et la Mere l'avoient contraint
d'accepter.
que
>
Plusieurs de nos Historiens ont rap-.
porté avec de grands Eloges sa continen
ce auprès d'une autre jeune et très-belle
personne , que sa Mere pressée par le
besoin avoit voulu livrer à ses plaisirs .
On dit qu'ayant apperçu en elle une véritable
douleur d'avoir été contrainte à
faire ce pas , il en fut si touché , et conserva
son honneur si exactement , qu'au
moment même qu'elle s'offrit à lui , quoi
qu'au milieu de la nuit , il la conduisit
chez une Dame de ses Parentes , à laquelle
il recommanda d'en avoir grand
soin , et l'en tira trois jours après pour
la marier , à ses propres dépens , à un
jeune homme qui la recherchoit , laissant
de plus , à la Mere de quoi la retirer de
la nécessité.
L'Auteur a réuni ces deux actions
pour accommoder la derniere au Théatre
avec décence , et il a pris le beau de celle-
cy pout faire le dénouement de sa
Piece.
De cette derniere Demoiselle on a fait
l'aînée des deux soeurs de Bresse . On lui
a donné , avec le nom de Julie , toutes,
II. Vol. les.
3026 MERCURE DE FRANCE
-
les belles qualitez qu'il falloit pour mériter
l'amour de Bayard . Et sous le nom
de Montfort , on a peint son Amant ,
un jeune Guerrier plein de valeur et de
mérite , et digne de devenir Ami intime
du Chevalier : voici la Fable de la Piecc ..
Le Seigneur Marc , Pere de Julie , et
son intime Ami , le Podestat , de la Ville
de Bresse , ouvrent là Scene . Celui - cy ,
Barbon très amoureux et très - jaloux ,
vient rendre visite à l'autre > pour le
prier de le faire parler au Chevalier
Bayard , son Hôte. On lui demande une
grosse rançon ; il veut la faire moderer.
Frontin paroit , ( c'est le Chirurgien , et
tout ensemble le Valet de Chambre de
Bayard . ) On s'informe à lui de l'état de
sa blessure ; Frontin , pour donner une
preuve qu'il en est bien guéri , dit qu'il
donne le Bal ce soir même aux deux
Soeurs , ce qui allarme la jalousie du Podestat.
Le Seigneur Marc , et lui sortent
pour aller trouver Bayard .
Pendant le séjour que fait Bayard chez
le Seigneur Marc , il devient amoureux
de Julie et Rival de Montfort sans le
sçavoir. Frontin , rusé Gascon , s'en apperçoit
, et en fait part à la Mere , femme
passionnée pour les François et pour tout
ce qui vient de France. Elle se fait une
IL Vol..
agréable,
DECEMBRE 1731. 3027
agréable idée des plaisirs que cet hymen
lui procureroit. Mais Frontin y voit un
grand obstacle ; c'est qu'il croit Montfort
aimé de Julie. Il n'y a point d'autre
moyen de la guérir , que de l'empêcherde
le voir , en le faisant passer pour mort.
La conjoncture est favorable pour ce des◄.
sein , et en effet , on le croit mort pendant
quelque temps dans le Logis ; mais
un incident qu'on va voir le ressuscitera .
Les filles paroissent seules. Clarice , la
Cadette , jeune Italienne très vive et
très- peu circonspecte , comme on est à
son âge , presse Julie de déclarer enfin
son amour à Montfort ; mais celle- cy ,
par prudence et par délicatesse craint
que cet aveu n'augmente la passion de
son Amant , qui n'est déja que trop vive ,
et dont elle prévoit le mauvais succès ,
par l'avarice de leur Pere;elle s'éforçe elle .
même d'éteindre som Amour. A l'appro
che du Podestat et de Bayard , elles se
retirent.
-
- Le Chevalier , après avoir promis au.
Podestat de parler en sa faveur , apprend
de lui , par hazard , que Montfort est
actuellement dans la Ville. Il est fortétonné
de n'avoir encore reçu aucune
visite de lui , après la tendre amitié qu'il
lui avoit autrefois témoignée. L'autre l'ex-
II. Vol.
cuse
3028 MERCURE DE FRANCE
euse sur quelques blessures qu'il a recues
à l'assaut , ( ce qu'il dit exprès pour écarter
l'idée de leur combat , ) mais dont il
le croit à present bien guéri , et en état
de sortir. Bayard , ¡ dans l'ardeur de le revoir
, fait partir sur le champ son Carosse,
`avec deux de ses Hommes d'Armes , pour
le conduire chez lui.
Le Chevalier reste seul , et attend Frontin.
Il fait connoître là qu'il aime Julie ,
mais qu'il veut s'embarquer prudemment
dans cet amour. Il a donné commission
secrette à Frontin de s'informer si ella
avoit le coeur libre ; il vient dans le moment
lui rendre réponse , et dans cette
Scene Frontin se confirme pleinement
par son adresse , dans l'opinion qu'it
avoit de l'amour de son Maître .
Le second Acte commence tristement.
Julie vient d'apprendre la mort de son
Amant , qu'elle croit certaine . Sa douleur
éclate. Montfort introduit au Logis , par
les Hommes d'Armes de Bayard , malgré
les soins de la Mere et de Frontin ,, entend
ses plaintes en secret , et apprend pour la
premiere fois qu'il est aimé. Clarice , en
la consolant à sa maniere , apperçoit
Montfort écoutant , et saisie de frayeur ,
prenant la réalité pour une apparition de
son ombre , elle s'enfuit avec de grands
Ha Vola cris
DECEMBRE
1731. 3029
cris. Julie plus courageuse , l'attend , et
reconnoit la fausseté de sa mort . Elle lui
marque d'abord quelque regret d'avoir
été entendue ; mais à la fin , dans une
Scene très tendre , elle cede aux raisons.
qu'elle a de l'aimer , blâme l'ingratitude
de ses Parens , lui recommande le secret
et l'exhorte à tout esperer de sa constance .
La Mere arrive , et très- surprise de les
trouver ensemble , après quelques réproches
, lui apprend que c'est pour le mettre
à couvert de la colere de Bayard , qu'elle
a fait courir elle-même le bruit de sa
mort . Qu'il se dispense de venir chez
elle , de crainte que le Chevalier ne découvre
en lui l'Auteur du Combat ; mais
le voyant arriver , elle se retire , ne pou
vant parer cette premiere visite .
L'enrrevue de deux Amis est fort tendre.
Le Chevalier s'informe d'abord du
succès d'un amour dont Montfort lui
avoit autrefois parlé ;; mmaaiiss apprenant
qu'il a perdu tous espoirs par l'avarice
d'un Pere , et qu'il ne songe plus au mariage,
Bayard le presse de changer de senti
ment. Il lui marque le regret qu'il a de
ne s'être pas marié à son âge , et de voir
finir en lui sa famille. Et sur ce que Monfort
lui rémontre qu'il est encore en état
d'y penser , il lui avoue qu'il y songe en
II. Vol. effet
3030 MERCURE DE FRANCE
effet , et qu'il a déja fait un choix qu'il·
lui déclarera dès qu'il verra quelque retour
de la part de la Belle. Touché de son
malheureux sort avec tant de mérite ,
son amitié s'échauffe pour lui de plus en
plus. Il lui promet de prendre soin désormais
lui- même de son avancement , et
de le mettre en état de vaincre l'avarice
du Père ; en effet il commence par le
faire son Lieutenant. Après cette faveur ,
il lui demande le nom de sa Maîtresse
que Monfort va lui dire , en le suppliant
auparavant de garder le secret qui leur
est important , et que sa Maîtresse lui a
fait jurer de ne jamais déclarer . Bayard
par discretion , l'arrête , et lui défend de
trahir son serment ; et par là , l'éclaircissement
est suspendu , et on est interessé
de voir Bayard s'efforcer de mettre
son Rival en état d'épouser sa propre
Maîtresse.
Le secret est prêt à tout moment à se
découvrir. Julie charmée de la faveur où
elle voit son Amant auprès du Chevalier,
et des marques sinceres d'amitié qu'elle
en reçoit elle - même , forme le dessein de
s'ouvrir à lui sur leur passion mutuelle
pour s'appuyer de son crédit sur l'esprit
de son avare Pere , dont il tient la fortune
entre ses mains . Elle choisit pour
II. Vol. cela
"
DECEMBRE . 1731. 3038
cela le temps du Bal qu'il donne , à ce
qu'on croit , en réjouissance du retour de
sa santé.
pas-
Au milieu de sa joye , Monfort lui vient
encore annoncer qu'il est sûr de faire sa
fortune dans quelques heures , par l'enlevement
d'un riche convoy qui doit
ser par le Pays Bressan ; il court chercher
le Chevalier pour lui demander les gens
dont il a besoin pour cette expédition.
Frontin armé de toutes Pieces , vient annoncer
par un récit gascon et comique ,
l'enlevement du convoy par lui et son
Compagnon Bayard .
Monfort arrive , il est au désespoir d'a
voir manqué l'occasion ; mais Julie , en
fille forte , le console , et redoublant sa
tendresse , rend bien - tôt le calme à son
coeur.
La nuit s'est passée dans l'intervale du
troisiéme au quatriéme Acte ; le Chevalier
qui ouvre le quatrième , ayant remarqué
le soir précedent à son retour ,
quelque chagrin sur le visage de Monfort
, s'informe de Frontin s'il n'en sçait
point la cause ; il apprend que c'est d'avoir
manqué le convoy. Bayard compatit
beaucoup à sa peine ; et le voyant arri
ver s'excuse de ne l'avoir pas mis au
moins de la partie , ne croyant pas sa
II. Vol. santé
3032 MERCURE DE FRANCE
>
santé assès rétablie pour l'exposer ainsi ;
mais pour le consoler , il lui en cede tout
le profit ; ( ce trait est de l'histoire ; ) et
pour lui donner une plus forte marque
d'amitié , lui ouvre tout son coeur et
lui apprend qu'il aime Julie . Monfort
est frappé du coup ; Bayard s'en apperçoit
, et l'attribuë à quelque reste de foi
blesse qui est passée sur le champ , dit
Monfort , qui s'efforce d'en cacher la
cause ; et son nouveau Rival lui dit avec
transport qu'il en va faire la demande au
Pere , aussi bien que celle de Clarice pour
St. Pol ; esperons , dit-il , de nous voir
bien tôt au comble de nos voeux , puisqu'à
present tu n'es plus en état d'être
refusé.
gue
· Monfort reste seul , dans un Monolotrès
- touchant exhale sa douleur. Julie
qui par Frontin a appris ce riche present
, vient au milieu de son désespoir
lui en marquer sa joye ; il a beau dissimuler
son chagrin , elle s'en apperçoit
et le poursuit pour en sçavoir la cause.
Bayard paroît avec le Seigneur Marc ,
qui lui accorde sa fille , mais qui réfuse
Clarice à S. Pol, parce qu'il s'est engagé de
donner au Podestat , sous peine d'un trèsgros
dédit , et se retire. St. Pol apprenant
le dédit et le réfus , ménace de faire per-
11. Vol
dre
DECEMBRE . 1931. 3033
are la tête au Podestat , s'il ne s'en désiste
, ayant trouvé dans ses Papiers des
preuves, qu'il a trempé dans la révolte de
Bresse ; mais le Chevalier , par bonté de
coeur , arréte sa colere , lui dit qu'il est
venu une Amnistie , et lui conseille seulement
de lui faire peur , pour en tirer lo
dédit. Et c'est ce que Frontin exécute ,
dans la Scene suivante, où le Pere est present
, où il apprend du Podestat , en colere
, que le Seigneur Marc trempe aussi
dans la Rebellion . Cet incident est préparéau
premiet Acte.
Cette découverte sert à Frontin , qui
conduit l'intrigue en faveur de son Maître
, à faire peur à la Mere à son tour ,
et l'oblige à presser son Epoux d'accorder
tout ce qu'elle lui demande , et pour leur
rançon , et pour la dot de ses Filles : ce
qu'elle obtient.
Julie ayant enfin appris d'un autre que
de Monfort l'amour de Bayard , lui en
fait un doux reproche . Son Amant , dans
cette Scene qui est très- tendre , la presse
par de bonnes et fortes raisons qui l'interessent
seule , à consentir à épouser le
Chevalier. Elle n'y peut répondre que
par des sentimens , et à la fin se détermine
à se jetter dans un saint azile , entre les
bras d'une sage Parente dont elle va im-
II. Vol. F plorer
3034 MERCURE DE FRANCE
plorer le secours , et d'y attendre le changement
de ses affaires.
ap-
La Mere survient qui entend sa réso
lution ; et pour l'en détourner lui
>
prend le péril où est son Pere. Monfort
la détermine lui-même au sacré devoir
de l'en retirer. Elle en prend la résolution
avec courage , dit un adieu trèsferme
et très touchant à Monfort ; la
Mere et lui se retirent , et la laissent seule
attendre la déclaration du Chevalier. Il
la lui vient faire d'un air assez gay , muni
de l'aveu de ses Parens , selon les moeurs
gauloises , mais pourtant en marquant un
peu de défiance. Elle l'assure qu'il doit
être sûr de lui plaire , venant , non-sculement
de la part de ses Parens , mais encore
de celle de Monfort , qui a acquis
sur elle autant de droit qu'ils en ont , en
lui sauvant l'honneur et la vie. Elle lui
déclare ensuite leur combat , et s'attendrit
au souvenir de l'état où Bayard l'avoit
mis. A ce récit , Bayard est frappé
d'étonnement et d'admiration , de l'effort
d'amitié de son Rival. Il est attendri luimême.
La Scene est trés- touchante. A la
fin il reste persuadé de la sincerité de Julie
, quipromet de l'aimer , et la prie d'aller
assurer le Pere du consentement qu'elle
donne à son bonheur , afin de le hâter.
11. Vol. Il
DECEMBRE. 1731. 3035
Il reste seul , et fait les réfléxions qu'un
homme aussi amoureux , mais aussi rai
sonnable que lui, doit faire. Il balance entre
l'amour et l'amitié , et pour l'aider à
se déterminer , ordonne à Frontin de faire
venir Monfort. St. Pol , qu'il a chargé de
faire les accords , vient lui annoncer que
tout est fini , et que la Mere va venir lui
présenter et rançon et dot. Elle arrive en
effet , et dans le temps qu'il lui rend graces
des genereux efforts qu'elle a faits en sa
faveur , Monfort paroît, à qui Bayard fait,
avec transport , part de son bonheur , en
lui demandant où en est le sien. Il répond
que sa Maîtresse , forcée par ses Parens ,
a couronné l'amour d'un plus digne Rival
, et que ne le quittant point par in,
constance , il n'a aucun sujet de s'en plaindre.
Puisque tu sors si content d'avec ta
Belle , lui dit Bayard , tu peux donc à present
me dire son nom; là- dessus Monfort le
prie de lui accorder de n'en parler jamais,
puisque ce n'est que par l'oubli qu'il peut
se consoler. Le Chevalier touché de Pétat
où il le voit , lui fait un reproche tendre
de lui avoir trop bien caché son amour ;
lui cede enfin Julie , partage la rançon
entre lui et St. Pol , et l'assure que l'amour
dans son coeur a laissé la place entiere à
l'amitié . Monfort pénetré de cette grace ,
II. Vol. Fij
se
036 MERCURE DE FRANCE
se jette à ses pieds. Il le releve , en le
priant de souffrir qu'il soit équitable à
son tour , et ne profite point d'un bien
qui lui appartient , et qu'il a acheté au
prix de son sang &c. et Julie finit la
Piece par un digne Eloge d'une action
héroïque , qui donne un Scipion à la
France .
Au reste , cette Piece est fort bien répresentée
par les Srs . Quinaut , Dufrene ,
Montmenil , Dangeville , Duchemin et
Armand , et par les Dlles La Motte , Labat
, et Quinaut , qui remplissent les
Rôles du Chevalier Bayard , de Monfort ,
de St. Pol , du Podestat , du Seigneur
Marc , et de Frontin , de Madame Marc ,
de Julie , et de Clarice.
"
Cette Comédie qui a eu six Représenta
tions , sera réjoüée ; l'Auteur travaille à
la rendre encore plus digne de son sujet ,
et de l'attention du Public.
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Résumé : Spectacles, le Chevalier Bayard, Comédie [titre d'après la table]
Le texte présente un résumé de l'histoire du Chevalier Bayard, en mettant en avant deux actions marquantes de sa vie. Lors du second siège de Bresse, une mère offrit sa maison et ses filles à Bayard pour préserver leur honneur. Bayard refusa les offres et paya pour tout ce qui fut pris dans la maison, partageant ensuite la rançon avec les filles. Une autre anecdote relate comment Bayard sauva l'honneur d'une jeune femme dont la mère l'avait offerte à lui. Touché par sa douleur, il la conduisit chez une parente et la maria à un jeune homme, offrant également de l'argent à la mère. L'auteur de la pièce a combiné ces deux actions pour créer une intrigue théâtrale. Dans la pièce, Julie, l'aînée des deux sœurs de Bresse, est amoureuse de Montfort, un jeune guerrier. Bayard, hôte du père de Julie, devient également amoureux de Julie sans le savoir. Frontin, le valet de Bayard, manipule la situation pour favoriser l'amour entre Julie et Montfort. La pièce se développe autour des intrigues et des malentendus entre les personnages, notamment la fausse nouvelle de la mort de Montfort et les efforts de Bayard pour aider son ami. Bayard finit par avouer son amour à Julie, mais elle lui révèle qu'elle aime Montfort. Touché par l'amitié de Montfort, Bayard accepte de les laisser se marier. La pièce se conclut par des révélations et des résolutions touchantes, mettant en avant les valeurs de l'honneur et de l'amitié. Dans une scène, Bayard convoque Montfort pour discuter de sa situation. St. Pol annonce que la mère de Julie va venir présenter la rançon et la dot pour sa libération. La mère arrive et Bayard la remercie pour ses efforts. Montfort apparaît et révèle que sa maîtresse l'a quitté pour un autre homme, mais il accepte cette situation avec dignité. Bayard, ému, lui demande le nom de sa maîtresse, mais Montfort préfère ne pas le divulguer pour se consoler plus facilement. Bayard, touché par la situation de Montfort, lui cède Julie et partage la rançon entre Montfort et St. Pol. Il affirme que l'amour a laissé place à l'amitié dans son cœur. Montfort, reconnaissant, se jette à ses pieds, mais Bayard le relève et insiste pour que Montfort profite du bien qu'il lui offre. La pièce se termine par un éloge de Julie sur l'action héroïque de Bayard. La pièce, intitulée 'Le Chevalier Bayard', est interprétée par des acteurs tels que Quinaut, Dufrene, Montmenil, Dangeville, Duchemin, Armand, ainsi que les demoiselles La Motte, Labat, et Quinaut. La comédie a eu six représentations et l'auteur travaille à l'améliorer pour une future réjouissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19936
p. 2879-2881
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Rien n'est plus ingenieux que le sujet et la composition d'une Estampe en large [...]
Mots clefs :
Tableau, Peinture, Sujet, Connaisseurs, Goût, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Rien n'est plus ingenieux que le sujet
et la composition d'une Estampe en lar
ge qui vient de paroître ; elle piquera
sans doute la curiosité des gens de goût
et des connoisseurs , elle est gravée par
M. Lepicié , d'après le Tableau qui fait
II. Vol.
Fiiij le
2880 MERCURE DE FRANCE
le pendant , des Enfans à la Toillette , par
M. Charles Coypel. Et se vend chez le
sieur Surugue , Graveur du Roy , ruc
des Noyers; elle porte pour titre THALIE
CHASSE'E PAR LA PEINTURE. Cette allégorie
a été imaginée au sujet d'une personne
qui a sacrifié à l'étude de la Peinture
, le goût qu'elle avoit à composer
des piéces de Theâtre .
D'un côté du Tableau la Peinture dans
une atitude noble et severe , ordonne à
la Poësie de sortir de son Atelier par ces
quatre Vers , gravez sur l'un des mor
ceaux de papier , déchirez sur le devant
du Tableau.
Muse , je plains votre avanture ;
Partez, emportez Prose et Vers :
Pour mettre une tête à l'envers ,
C'est bien assez de la Peinture.
De l'autre côté , la Poësie suivie de
plusieurs Génies , emportent un nombre
de Piéces de Theâtre, dont on lit les titres ,
pendant que d'autres Génies se cachent
sous une table , tenant des Plans à remplir.
Le fond du Tableau est orné de
Statues , de plusieurs Tableaux , et du
Portrait de l'Auteur.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes
II. Vol. dont
DECEMBRE. 1733. 2881
dont nous serions bien caution que les
connoisseurs mêmes les plus difficiles seront
contens. Ce sont les Portraits en
buste sans mains de deux illustres Artistes
de notre Académie. Sebastien Bourdon
, Peintre , et Michel Anguier , Sculp
teur , d'après les Tableaux de Mrs Hiacinthe
Rigaud et Gab. Revel ; tous deux
excellemment gravez , par le Sieur Laurent
Cars , pour sa reception à l'Académie
1733 .
et la composition d'une Estampe en lar
ge qui vient de paroître ; elle piquera
sans doute la curiosité des gens de goût
et des connoisseurs , elle est gravée par
M. Lepicié , d'après le Tableau qui fait
II. Vol.
Fiiij le
2880 MERCURE DE FRANCE
le pendant , des Enfans à la Toillette , par
M. Charles Coypel. Et se vend chez le
sieur Surugue , Graveur du Roy , ruc
des Noyers; elle porte pour titre THALIE
CHASSE'E PAR LA PEINTURE. Cette allégorie
a été imaginée au sujet d'une personne
qui a sacrifié à l'étude de la Peinture
, le goût qu'elle avoit à composer
des piéces de Theâtre .
D'un côté du Tableau la Peinture dans
une atitude noble et severe , ordonne à
la Poësie de sortir de son Atelier par ces
quatre Vers , gravez sur l'un des mor
ceaux de papier , déchirez sur le devant
du Tableau.
Muse , je plains votre avanture ;
Partez, emportez Prose et Vers :
Pour mettre une tête à l'envers ,
C'est bien assez de la Peinture.
De l'autre côté , la Poësie suivie de
plusieurs Génies , emportent un nombre
de Piéces de Theâtre, dont on lit les titres ,
pendant que d'autres Génies se cachent
sous une table , tenant des Plans à remplir.
Le fond du Tableau est orné de
Statues , de plusieurs Tableaux , et du
Portrait de l'Auteur.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes
II. Vol. dont
DECEMBRE. 1733. 2881
dont nous serions bien caution que les
connoisseurs mêmes les plus difficiles seront
contens. Ce sont les Portraits en
buste sans mains de deux illustres Artistes
de notre Académie. Sebastien Bourdon
, Peintre , et Michel Anguier , Sculp
teur , d'après les Tableaux de Mrs Hiacinthe
Rigaud et Gab. Revel ; tous deux
excellemment gravez , par le Sieur Laurent
Cars , pour sa reception à l'Académie
1733 .
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte présente une estampe gravée par M. Lepicié d'après un tableau de Charles Coypel intitulé 'Thalie chassée par la Peinture'. Cette œuvre est disponible chez le sieur Surugue, graveur du roi, rue des Noyers. L'allégorie de l'estampe montre une personne ayant privilégié l'étude de la peinture au détriment de la composition théâtrale. Dans le tableau, la Peinture, représentée avec noblesse et sévérité, ordonne à la Poésie de quitter son atelier, accompagnée de vers gravés sur des morceaux de papier déchirés. La Poésie, suivie de plusieurs Génies, emporte des pièces de théâtre, tandis que d'autres Génies se cachent sous une table avec des plans à remplir. Le fond du tableau est orné de statues, de tableaux et du portrait de l'auteur. Le texte mentionne également deux nouvelles estampes, des portraits en buste sans mains de Sébastien Bourdon, peintre, et Michel Anguier, sculpteur, gravés par Laurent Cars pour sa réception à l'Académie en 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19937
p. 1315-1317
A M. le C. de F.
Début :
Quoi ? rimer nuit et jour ! Ami, calme ton ame ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. le C. de F.
A M. le C. de F.
Quoi ? rimer nuit et jour ! Ami, calme ton ame ;
Quelle est cette démangeaison ? -
Les Vers à leur Auteur causent souvent du blâme,
Et quelquefois la déraison.
II. Pole
·
1316 MERCURE DE FRANCE
Un esprit tout aimable est ton heureux par-
tage ,
Tu le consumes à rimer.
La grande passion n'est point d'un Homme
sage ;
Pense donc à te reprimer.
On rime pour chasser cet air mélancolique ,
Par trop d'étude contracté ;
Mais voit-on que Phoebus plus qu'il ne faut
aplique ?
Le travail doit être quitté.
Vers doit être un jeu , non une servitude ;
ir 'noi , je m'en sers , s'il me plaît ;
Phabis sise- t- il de prendre un air d'étude
Je suis son très-humble valet.
Pour bien tourner un Vers, je serois à la gêne ;
J'aime mieux un commerce doux ;
El que nous revient-il d'une si grande peine
La réputation des four
D'où vient donc , cher Ami , qu'en tout on est
extrême ?
Qu'on ne sçait' garder un milieu ?
Ah ! c'est que l'Homme est vain, occupé de soi-
même ,
Es souvent très-peu de son Dieu.
II...Vol.
L'essentiel
JUIN.
1737.
Dans la science du Salut ;
Et qu'il nous mene à l'heureux but.
Sage ,
Des bons conseils de ma raison ♪
Comme un sçavant Echo des Cieux ;
sincere ;
Je ne t'en aimerai que mieux.
Servons en d'exemple tous deux :
Et peut rendre à jamais heureux.
II. Poli
1317
L'essentiel pourtant , c'est de se rendre habile
Le temps est précieux , faisons qu'il soit utile
Quand tu me vois trancher du Docteur et du
Et te faire ioi la leçon ,
Que penses-tu de moi , qui ne fais point usage
Fais le Maître à ton tour ; Ami , je te revere
Unvil Flattur nous perd , sois moi franc, moins
Un bon Ami vaut plus qu'une grande richesse ;
Montrons qu'un sage avis ramene à la sagesse,
B....D....a.... au Château d'A..
Quoi ? rimer nuit et jour ! Ami, calme ton ame ;
Quelle est cette démangeaison ? -
Les Vers à leur Auteur causent souvent du blâme,
Et quelquefois la déraison.
II. Pole
·
1316 MERCURE DE FRANCE
Un esprit tout aimable est ton heureux par-
tage ,
Tu le consumes à rimer.
La grande passion n'est point d'un Homme
sage ;
Pense donc à te reprimer.
On rime pour chasser cet air mélancolique ,
Par trop d'étude contracté ;
Mais voit-on que Phoebus plus qu'il ne faut
aplique ?
Le travail doit être quitté.
Vers doit être un jeu , non une servitude ;
ir 'noi , je m'en sers , s'il me plaît ;
Phabis sise- t- il de prendre un air d'étude
Je suis son très-humble valet.
Pour bien tourner un Vers, je serois à la gêne ;
J'aime mieux un commerce doux ;
El que nous revient-il d'une si grande peine
La réputation des four
D'où vient donc , cher Ami , qu'en tout on est
extrême ?
Qu'on ne sçait' garder un milieu ?
Ah ! c'est que l'Homme est vain, occupé de soi-
même ,
Es souvent très-peu de son Dieu.
II...Vol.
L'essentiel
JUIN.
1737.
Dans la science du Salut ;
Et qu'il nous mene à l'heureux but.
Sage ,
Des bons conseils de ma raison ♪
Comme un sçavant Echo des Cieux ;
sincere ;
Je ne t'en aimerai que mieux.
Servons en d'exemple tous deux :
Et peut rendre à jamais heureux.
II. Poli
1317
L'essentiel pourtant , c'est de se rendre habile
Le temps est précieux , faisons qu'il soit utile
Quand tu me vois trancher du Docteur et du
Et te faire ioi la leçon ,
Que penses-tu de moi , qui ne fais point usage
Fais le Maître à ton tour ; Ami , je te revere
Unvil Flattur nous perd , sois moi franc, moins
Un bon Ami vaut plus qu'une grande richesse ;
Montrons qu'un sage avis ramene à la sagesse,
B....D....a.... au Château d'A..
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19938
p. 103-106
PHILOSOPHIA, Adusum scholarum accommodata, authore Antonio SEGUY facræ Facultatis Parisiensis Licentiato Theologo, atque in studii Parisiensis Universitate Philosophiae Professore, docente in Collegio Marchiano. Logica. Parisiis, apud Dessaint & Saillant, viâ Sancti Joannis Bellovaci, Savoye, Barbou, Duchesne, Brocas, viâ Jacobeâ ; 1763 ; vol. in-12.
Début :
Depuis quelque tems le Public est inondé d'une multitude de projets sur [...]
Mots clefs :
Auteur, Logique, Règles, Érudition, Métaphysique
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texteReconnaissance textuelle : PHILOSOPHIA, Adusum scholarum accommodata, authore Antonio SEGUY facræ Facultatis Parisiensis Licentiato Theologo, atque in studii Parisiensis Universitate Philosophiae Professore, docente in Collegio Marchiano. Logica. Parisiis, apud Dessaint & Saillant, viâ Sancti Joannis Bellovaci, Savoye, Barbou, Duchesne, Brocas, viâ Jacobeâ ; 1763 ; vol. in-12.
PHILOSOPHIA , Adufum fcholarum
accommodata , authore Antonio SEGUY
facræ Facultatis Parifienfis
Licentiato Theologo , atque in ftudii
Parifienfis Univerfitate Philofophiae
Profeffore , docente in Collegio Mar
chiano . Logica. Parifiis , apud Deffaint
& Saillant , vid Sancti Joannis Bellovaci,
Savoye, Barbou, Duchefne, Brocas
, via Jacobea ; 1763 ; vol. in- 12:
Depuis quelque tems le Public eft
inondé d'une multitude de projets fur
l'enfeignement public & particulier ,
E iv
704 MERCURE DE FRANCE.
dans lefquels on propoſe de faire appren
dre aux enfans différentes parties de
la Philofophie. Les favans en rient ,
parce que les Auteurs de ces projets
fuppofent dans les enfans autant de
difpofitions & de force de raiſonnement
, qu'ils en ont eux-mêmes.
Quand on a enfeigné longtemps , on
fait par expérience , que ceux qui commencent
leur cours de Philofophie ,
n'y font prefque rien s'ils font trop jeunes
; & que les meilleurs efprits ont de
la peine , dans les commencements , à
faifir les raifonnemens les plus fimples ;
qu'il faut les former peu-à-peu à lier
deux idées enfemble , à concevoir leurs
rapports ; & c.
M. l'Abbé Seguy connu par fa
Métaphyfique en 2 vol . in 12 , dont
nos prédeceffeurs & les autres journaliftes
firent dans le tems beaucoup d'éloges
, & que les favans continuent à
eftimer & à rechercher , a donné une
Logique dans laquelle il fuit la méthode
la plus propre à l'inftruction des jeunes
gens . Il les prépare au raifonnement
par des définitions claires , 1 ° . fur les
idées , 2º . fur le langage , & les différentes
fortes de mots , 3 ° . fur le juge_
ment , 4° . fur les différentes fortes de
propofitions, où il explique ce qui eft n
FORAVRIL. 1763 105
ceffaire pour leur vérité , leur fauffeté ,
leur contradictoire. Cette partie fi né
ceffaire à la clarté & à la jufteffe de l'ef
prit, l'Auteur la traite avec plus d'exactitude
que
la Logique de Port- Royal ,
qu'on eftime fi fort par cet endroit.
Après ces notions néceffaires , il démontre
les régles des fyllogifmes fimples
& compofés , fait voir en peu de mots
quoi fe réduifent les régles d'Ariftote ,
celle de l'Art de penfer , & du P. Buffier.
Il finit cette première partie par
des régles de la méthode.
La fecondes Partie contient i quatre
Differtations : la premiére fur les fenfations
dans laquelle fes Sçavans trou
veront beaucoup de chofes qui leur
feront plaifir , entre- autres la réfutation
du Livre de l'Efpris & du Traité des
fenfations , avec beaucoup de queſtions
importantes & curieufes. La feconde
differtation eft fur les idées innées ,
vraies fauffes , claires , diftin &tes & c,
& fur l'évidence, La troifième fur tousles
-motifs de certitude , & fur la probabilité.
La quatriéme fur le doute et
Voilà une Logique complette , d'où
Auteur a banni les questions inutiles
qui dégoutoient les meilleurs efprits,
Tout y elt traité avec beaucoup de
E v
106 MERCURE DE FRANCE,
clarté , de précifion , & d'érudition. Cer
Ouvrage foutient la réputation que l'Auteur
a méritée par fa niétaphyfique .
Les trois volumes in -12 fe vendent
thez l'Auteur & chez les Libraires ci-
: it empls nomo
deffus nommés.
accommodata , authore Antonio SEGUY
facræ Facultatis Parifienfis
Licentiato Theologo , atque in ftudii
Parifienfis Univerfitate Philofophiae
Profeffore , docente in Collegio Mar
chiano . Logica. Parifiis , apud Deffaint
& Saillant , vid Sancti Joannis Bellovaci,
Savoye, Barbou, Duchefne, Brocas
, via Jacobea ; 1763 ; vol. in- 12:
Depuis quelque tems le Public eft
inondé d'une multitude de projets fur
l'enfeignement public & particulier ,
E iv
704 MERCURE DE FRANCE.
dans lefquels on propoſe de faire appren
dre aux enfans différentes parties de
la Philofophie. Les favans en rient ,
parce que les Auteurs de ces projets
fuppofent dans les enfans autant de
difpofitions & de force de raiſonnement
, qu'ils en ont eux-mêmes.
Quand on a enfeigné longtemps , on
fait par expérience , que ceux qui commencent
leur cours de Philofophie ,
n'y font prefque rien s'ils font trop jeunes
; & que les meilleurs efprits ont de
la peine , dans les commencements , à
faifir les raifonnemens les plus fimples ;
qu'il faut les former peu-à-peu à lier
deux idées enfemble , à concevoir leurs
rapports ; & c.
M. l'Abbé Seguy connu par fa
Métaphyfique en 2 vol . in 12 , dont
nos prédeceffeurs & les autres journaliftes
firent dans le tems beaucoup d'éloges
, & que les favans continuent à
eftimer & à rechercher , a donné une
Logique dans laquelle il fuit la méthode
la plus propre à l'inftruction des jeunes
gens . Il les prépare au raifonnement
par des définitions claires , 1 ° . fur les
idées , 2º . fur le langage , & les différentes
fortes de mots , 3 ° . fur le juge_
ment , 4° . fur les différentes fortes de
propofitions, où il explique ce qui eft n
FORAVRIL. 1763 105
ceffaire pour leur vérité , leur fauffeté ,
leur contradictoire. Cette partie fi né
ceffaire à la clarté & à la jufteffe de l'ef
prit, l'Auteur la traite avec plus d'exactitude
que
la Logique de Port- Royal ,
qu'on eftime fi fort par cet endroit.
Après ces notions néceffaires , il démontre
les régles des fyllogifmes fimples
& compofés , fait voir en peu de mots
quoi fe réduifent les régles d'Ariftote ,
celle de l'Art de penfer , & du P. Buffier.
Il finit cette première partie par
des régles de la méthode.
La fecondes Partie contient i quatre
Differtations : la premiére fur les fenfations
dans laquelle fes Sçavans trou
veront beaucoup de chofes qui leur
feront plaifir , entre- autres la réfutation
du Livre de l'Efpris & du Traité des
fenfations , avec beaucoup de queſtions
importantes & curieufes. La feconde
differtation eft fur les idées innées ,
vraies fauffes , claires , diftin &tes & c,
& fur l'évidence, La troifième fur tousles
-motifs de certitude , & fur la probabilité.
La quatriéme fur le doute et
Voilà une Logique complette , d'où
Auteur a banni les questions inutiles
qui dégoutoient les meilleurs efprits,
Tout y elt traité avec beaucoup de
E v
106 MERCURE DE FRANCE,
clarté , de précifion , & d'érudition. Cer
Ouvrage foutient la réputation que l'Auteur
a méritée par fa niétaphyfique .
Les trois volumes in -12 fe vendent
thez l'Auteur & chez les Libraires ci-
: it empls nomo
deffus nommés.
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Résumé : PHILOSOPHIA, Adusum scholarum accommodata, authore Antonio SEGUY facræ Facultatis Parisiensis Licentiato Theologo, atque in studii Parisiensis Universitate Philosophiae Professore, docente in Collegio Marchiano. Logica. Parisiis, apud Dessaint & Saillant, viâ Sancti Joannis Bellovaci, Savoye, Barbou, Duchesne, Brocas, viâ Jacobeâ ; 1763 ; vol. in-12.
Le texte présente 'Philosophia, Adufum fcholarum accommodata', un ouvrage de logique écrit par Antonio Seguy, licencié en théologie et professeur de philosophie à l'Université de Paris, enseignant au Collège Marchian. Publié en 1763, ce livre vise à instruire les jeunes en philosophie. Seguy critique les projets éducatifs qui surestiment les capacités des enfants et propose une méthode progressive pour les initier au raisonnement. L'ouvrage se distingue par des définitions claires sur les idées, le langage, le jugement et les propositions. Il traite des règles des syllogismes et des méthodes de pensée, simplifiant celles d'Aristote, de l'Art de penser et du Père Buffier. La première partie se conclut par des règles méthodologiques. La seconde partie comprend quatre dissertations : la première réfute des ouvrages sur les sensations, la seconde traite des idées innées et de l'évidence, la troisième aborde les motifs de certitude et la probabilité, et la quatrième explore le doute. L'ouvrage est loué pour sa clarté, sa précision et son érudition, renforçant la réputation de Seguy, déjà connue grâce à sa 'Métaphysique'. Les trois volumes sont disponibles chez l'auteur et chez plusieurs libraires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19938
PHILOSOPHIA, Adusum scholarum accommodata, authore Antonio SEGUY facræ Facultatis Parisiensis Licentiato Theologo, atque in studii Parisiensis Universitate Philosophiae Professore, docente in Collegio Marchiano. Logica. Parisiis, apud Dessaint & Saillant, viâ Sancti Joannis Bellovaci, Savoye, Barbou, Duchesne, Brocas, viâ Jacobeâ ; 1763 ; vol. in-12.
19939
p. 1379-1388
Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé Terrasson ayant été lû par l'Académie [...]
Mots clefs :
Abbé Terrasson, Académie française, Académie des sciences, Académie des belles-lettres, Langue, Éloquence, Académicien, Archevêque de Sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
M. l'Abbé Terrasson ayant été élû par
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
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Résumé : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Le 29 mai, l'Abbé Terrasson a été élu à l'Académie Française pour succéder au Comte de Morville. Lors de sa prise de fonction, Terrasson a prononcé un discours, auquel l'Archevêque de Sens a répondu au nom de l'Académie. Terrasson a loué l'Académie Française, ainsi que les Académies des Sciences et des Belles-Lettres, et a souligné l'importance de la langue dans la littérature. Il a également rendu hommage au Cardinal de Richelieu et a mentionné que l'Académie Française, grâce à ses membres éminents, a servi de modèle à d'autres institutions. Dans son discours, Terrasson a terminé par un éloge de Louis XIV, mentionnant les instructions données par le roi à son petit-fils. Il a ensuite rendu hommage à la mémoire du Comte de Morville, le décrivant comme un homme vertueux et distingué, ayant excellé dans divers rôles publics, notamment en tant que magistrat, ambassadeur et ministre. Morville était apprécié pour son esprit d'insinuation et sa capacité à gagner les cœurs. L'Archevêque de Sens a répondu en félicitant Terrasson pour son élection et en soulignant la difficulté et l'honneur de surpasser des concurrents de mérite. Il a également loué les œuvres de Terrasson, notamment son érudition, son style élégant et sa justesse de raison. L'Archevêque a mentionné la Dissertation sur Homère et l'Histoire de Sethos, saluant l'ambition de Terrasson d'instruire et de former les mœurs des lecteurs. L'Archevêque a souligné l'importance de la vertu et de la probité au sein de l'Académie Française, imitant Cicéron en plaçant la probité au premier rang des qualités de l'orateur. Il a conclu en soulignant que l'Académie se console de la perte de Morville grâce aux vertus de ses nouveaux membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19940
p. 1384-1385
ENIGME.
Début :
Je suis la fille détestable, [...]
Mots clefs :
Pierre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E suis la fille détest able ,
D'un Pere infortuné , dont le plus grand malheur
,
Est de me concevoir avec tant de douleur ;
Que dès qu'il m'a formée , il devient misérable,
11. Vol. Jc
JUIN. 1734 7385
Je reconnois si mal l'Etre que je lui dois ,
Que par mes cruelles atteintes ,
Je l'oblige par jour à me nommer cent fois ,
La cause de ses maux , et de ses tristes plaintes .
En effet , je le fais cruellement souffrir ,
Au point même qu'enfin , au peril d'en mourir
On le voit se resoudre à me mettre en lumiere. '
Et de sa fille enfin, je deviens son bourreau ;
Car souvent par l'effort d'une main meurtriere
Quand il me met au jour , je le mets au tom
beau.
E suis la fille détest able ,
D'un Pere infortuné , dont le plus grand malheur
,
Est de me concevoir avec tant de douleur ;
Que dès qu'il m'a formée , il devient misérable,
11. Vol. Jc
JUIN. 1734 7385
Je reconnois si mal l'Etre que je lui dois ,
Que par mes cruelles atteintes ,
Je l'oblige par jour à me nommer cent fois ,
La cause de ses maux , et de ses tristes plaintes .
En effet , je le fais cruellement souffrir ,
Au point même qu'enfin , au peril d'en mourir
On le voit se resoudre à me mettre en lumiere. '
Et de sa fille enfin, je deviens son bourreau ;
Car souvent par l'effort d'une main meurtriere
Quand il me met au jour , je le mets au tom
beau.
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19941
p. 2881
« Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...] »
Début :
Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...]
Mots clefs :
Statues antiques, Cardinal Alexandre Albani
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...] »
Nous apprenons de Rome que le Pape
a acheté 60000 écus les Statues antiques
qui apartenoient au Cardinal Alexandre
Albani , et qu'on doit les placer dans le
Capitole .
a acheté 60000 écus les Statues antiques
qui apartenoient au Cardinal Alexandre
Albani , et qu'on doit les placer dans le
Capitole .
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19942
p. 2881
Nouvelle Montre qui va 8 jours, [titre d'après la table]
Début :
Le Sr Massoteau Sr de saint Vincent et de Tartifume, Horloger de l'Hôtel [...]
Mots clefs :
Montres, Secondes, Ressorts, Fusée, Aiguilles, René Massoteau de Saint Vincent et de Tartifume
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Montre qui va 8 jours, [titre d'après la table]
Le Sr Massoteau Sr de saint Vincent
et de Tartifume , Horloger de l'Hôtel
des Monnoyes à Paris, a inventé et composé
depuis peu une Montre à minutes
et secondes qui va huit jours , laquelle a
paru curieuse et utile ; elle est à deux
grands ressorts , chacun dans un barillet
qui tirent également la même fusée ;
quand on monte la fusée les deux ressorts
se montent à la fois .
Il n'y a que deux aiguilles qui sont
placées au centre commun , et dont l'ua
II. Vol. Fv indique .
2882 MERCURE DE FRANCE
indique l'heure avec le quart ,
la demie
les trois quarts et en même tems la minute
, tandis que l'autre aiguille marque
les secondes et les tierces de 20 en 20 par
ses vibrations ; ensorte que l'on voit le
tout d'un coup d'oeil , au lieu que
dans
les Montres à trois aiguilles , il faut pres
que toujours chercher l'une en haut et
l'autre en bas.
La qualité en est meilleure et plus juste
que celles que l'on a fait jusqu'à present.
Il fait aussi des Montres que de tel sens
que l'on tourne la Clef pour les monter,
on ne les dérange point.
Il travaille à une instruction pour regler
les Montres , qu'il donnerà au Public
incessamment .
et de Tartifume , Horloger de l'Hôtel
des Monnoyes à Paris, a inventé et composé
depuis peu une Montre à minutes
et secondes qui va huit jours , laquelle a
paru curieuse et utile ; elle est à deux
grands ressorts , chacun dans un barillet
qui tirent également la même fusée ;
quand on monte la fusée les deux ressorts
se montent à la fois .
Il n'y a que deux aiguilles qui sont
placées au centre commun , et dont l'ua
II. Vol. Fv indique .
2882 MERCURE DE FRANCE
indique l'heure avec le quart ,
la demie
les trois quarts et en même tems la minute
, tandis que l'autre aiguille marque
les secondes et les tierces de 20 en 20 par
ses vibrations ; ensorte que l'on voit le
tout d'un coup d'oeil , au lieu que
dans
les Montres à trois aiguilles , il faut pres
que toujours chercher l'une en haut et
l'autre en bas.
La qualité en est meilleure et plus juste
que celles que l'on a fait jusqu'à present.
Il fait aussi des Montres que de tel sens
que l'on tourne la Clef pour les monter,
on ne les dérange point.
Il travaille à une instruction pour regler
les Montres , qu'il donnerà au Public
incessamment .
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Résumé : Nouvelle Montre qui va 8 jours, [titre d'après la table]
Le Sr Massoteau, Sr de Saint Vincent et de Tartifume, horloger à Paris, a inventé une montre à minutes et secondes fonctionnant pendant huit jours. Cette montre, équipée de deux grands ressorts dans des barillets distincts, permet de remonter simultanément les deux ressorts en montant la fusée. Elle possède deux aiguilles au centre : l'une indique l'heure avec précision jusqu'aux minutes, l'autre marque les secondes et les tierces de 20 en 20. Cette conception permet de lire l'heure, les minutes et les secondes d'un seul coup d'œil, contrairement aux montres à trois aiguilles. La qualité et la précision de cette montre surpassent celles des modèles existants. Massoteau fabrique également des montres remontables sans les déranger et prépare une instruction pour régler les montres, qu'il publiera prochainement.
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19943
p. 1385-1387
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis une prison aimable, [...]
Mots clefs :
Volière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
E suis une prison aimable ,
Qui reçoit du Soleil la plus pure clarté :
Mais quoique mon séjour n'ait rien d'épouvan
table ,
• Pour recouvrer leur liberté ,
Mes hôtes jour et nuit d'une peine incroyable ;
Ont leur pauvre esprit agité.
Déja tu tiens le mot , Lecteur : ou c'est ta faute ,
Car je me suis bien expliqué ;
J'ai tort : mon imprudence est haute .. ¿
Mais tu ne l'as pas : tu l'as 'mal appliqué ,
Eh bien donc , pour t'aider,poursuivons la ma
tiere ;
II Vol,
F v E
1386 MERCURE DE FRANCE
Et voyons mes combinaisons .
Sept Lettres de mon tout font la structure entiere
,
Que l'on voit dans quelques maisons ;
En cinq , je suis riviere fort fameuse ;
Le fruit d'un arbre très vanté :
Une complaisance flatteuse ,
Me guide plus souvent que la sincerité ;
De la Musique encor un morceau très gouté ,
Enfin j'offre de quoi désennuyer, instruire;
En quatre , mes accens sont doux, mélodieux ;
J'arrête les plus furieux ;
Homme que sans sujet on voit pleurer et rire :
Brisure d'un Ecu , compte de Procureur ,
Ville de Normandie en chicane fertile ,
+
Crime qui toujours fit horreur :
Le non plus ultra du voleur ;
Et pour la méchanique une machine utile
En trois , je suis encor un terme de Blazon ::
Je fais , de tems en tems perir quelque fripon
Chose toujours très respectable ,
Un adjectif, bas, méprisable :
Ce qu'on trouve au fond des tonneaux ,
Chemin battu , plante d'odeur très forte ,
L'unique bien des animaux :
En deux le plus beau des métaux ;
L'ardeur qui pour. lui nous transporte ;
Nous expose à souffrir les plus rudes travaux ,
II. Vol
Pronom,
JUIN. 1387 1734
Pronom , et notte de musique ,
Mais c'est assez , Lecteur , et de tant de façons ,
J'ai de mon nom étalé la rubrique ,
Qu'après tant de travail , je sue : or finissons .
Par le Solitaire de Substantion , Prez de Montpellier.
E suis une prison aimable ,
Qui reçoit du Soleil la plus pure clarté :
Mais quoique mon séjour n'ait rien d'épouvan
table ,
• Pour recouvrer leur liberté ,
Mes hôtes jour et nuit d'une peine incroyable ;
Ont leur pauvre esprit agité.
Déja tu tiens le mot , Lecteur : ou c'est ta faute ,
Car je me suis bien expliqué ;
J'ai tort : mon imprudence est haute .. ¿
Mais tu ne l'as pas : tu l'as 'mal appliqué ,
Eh bien donc , pour t'aider,poursuivons la ma
tiere ;
II Vol,
F v E
1386 MERCURE DE FRANCE
Et voyons mes combinaisons .
Sept Lettres de mon tout font la structure entiere
,
Que l'on voit dans quelques maisons ;
En cinq , je suis riviere fort fameuse ;
Le fruit d'un arbre très vanté :
Une complaisance flatteuse ,
Me guide plus souvent que la sincerité ;
De la Musique encor un morceau très gouté ,
Enfin j'offre de quoi désennuyer, instruire;
En quatre , mes accens sont doux, mélodieux ;
J'arrête les plus furieux ;
Homme que sans sujet on voit pleurer et rire :
Brisure d'un Ecu , compte de Procureur ,
Ville de Normandie en chicane fertile ,
+
Crime qui toujours fit horreur :
Le non plus ultra du voleur ;
Et pour la méchanique une machine utile
En trois , je suis encor un terme de Blazon ::
Je fais , de tems en tems perir quelque fripon
Chose toujours très respectable ,
Un adjectif, bas, méprisable :
Ce qu'on trouve au fond des tonneaux ,
Chemin battu , plante d'odeur très forte ,
L'unique bien des animaux :
En deux le plus beau des métaux ;
L'ardeur qui pour. lui nous transporte ;
Nous expose à souffrir les plus rudes travaux ,
II. Vol
Pronom,
JUIN. 1387 1734
Pronom , et notte de musique ,
Mais c'est assez , Lecteur , et de tant de façons ,
J'ai de mon nom étalé la rubrique ,
Qu'après tant de travail , je sue : or finissons .
Par le Solitaire de Substantion , Prez de Montpellier.
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19945
p. 102-103
ENIGME.
Début :
Plus je prends de grosseur, & plus je deviens belle ; [...]
Mots clefs :
Bouteille de savon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Lus je prends de groffeur , & plus je deviens
belle ; Plus
Sans être , cher Lecteur , farouche ni cruelle ,
Je ne fçaurois fouffrir qu'on me vienne approcher :
Un élement feul a droit de me plaire ,
Cet élement n'eft pas la terre ,
DECEMBRE . 1750. 103
J'y péris du moment qu'on me la voit toucher.
Les enfans dans leurs jeux font de moi quelque
ufage ,
Et celui qui me forme eft utile en ménage .
J. F. Guichard.
Lus je prends de groffeur , & plus je deviens
belle ; Plus
Sans être , cher Lecteur , farouche ni cruelle ,
Je ne fçaurois fouffrir qu'on me vienne approcher :
Un élement feul a droit de me plaire ,
Cet élement n'eft pas la terre ,
DECEMBRE . 1750. 103
J'y péris du moment qu'on me la voit toucher.
Les enfans dans leurs jeux font de moi quelque
ufage ,
Et celui qui me forme eft utile en ménage .
J. F. Guichard.
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19946
p. 2888-2889
LOGOGRYPHE.
Début :
J'allois rampant dans ma jeunesse, [...]
Mots clefs :
Papillon
19947
p. 2882-288[4]
« On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Début :
On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...]
Mots clefs :
Examen, Faculté, Bacheliers, Opérations chirurgicales, Vaisseau de guerre
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
On écrit de Londres , que le 8 de ce mois on
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
fit à Wolwich , en presence des Commissaires
de l'Amirauté à bord du Vaisseau de Guerre le
Roebuck , de 40 Canons , l'essai de deux Rames
nouvellement inventées , par le secours desquels
on prétend qu'un Vaisseau de Guerre, même da
premier rang, pourra virer de bord et faire trois
quarts de lieue par heure dans un calme : l'expérience
n'eût pas tout le succès qu'on en attendoit.
M. Jean Kelly a traduit et ajusté au Theâtre
Anglois , la Comédie du Philosophe marié de M.
des Touches , et elle a été joüée avec succès sur
le Theatre Royal , in Coven Farden.
On
DECEMBRE . 1733. 2888
On mande aussi que M. Crusius y a fait imprimer
depuis peu en deux petits Volumes , les
Vies des Poëtes Latins , avec de courtes Dissertations
critiques et historiques au sujet de ces
Poëtes et de leurs Ouvrages , où il fait voir leurs
beautez et leurs défauts . Il y a joint une introduction
, concernant l'origine et le progrès de la
Poësie en general , et un essai sur le Poëme Dramatique
en particulier.
C'est sur un Memoire peu exact qu'on a dit
dans le Mercure de Novembre dernier , page
2459 que la Faculté de Médecine de Paris ,
substitué à l'examen de Chirurgie , qu'elle faisoit
subir à ses Bacheliers , des exercices sur l'Anatomie
et sur les Opérations Chirurgicales .
Par le Decret de la même Faculté du 21 Mars
1732. et en exécution d'icelui ,, elle conserve
l'examen de Chirurgie , le seul changement qui
y a été apporté , c'est d'obliger ses Bacheliers à
faire les Opérations Chirurgicales sur lesquelles
on les interroge dans cet examen qui se dois
faire la seconde année de Licence.
•
Par le même Decret la Faculté a encore établi
un autre examen d'Anatomie , dans lequel les
Bacheliers doivent répondre en dissequant et en
démontrant les differentes parties du Corps Hu
main,et cet examen se doit faire dans la premiere
année de Licence.
Le Sr Neilson , Ecossois , reçu depuis peu à
S. Cosme , Expert pour la guérison parfaite et
radicale des Hernies ou Descentes à l'un et à
l'autre sexe , et de tout âge , avertit qu'il traite
ces sortes de maladies d'une façon particuliere et
par la simple application des Remedes specifiques
II. Vol. et
E vj
2881 MERCURE DE FRANCE
et sans que le malade cesse de vaquer à ses affaires.
Il donne aussi ses avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage même les
Hernies les plus inveterées , rend cette incommodité
suportable et empêche les mauvaises
suites. Il demeure dans la rue Dauphine au Coq
d'or , à Paris.
Par Brevet du Roy , du 22 May 1733 ; et Approbation
de son premier Medecin , le Sr Moureau
avertit le Public , qu'il possede un Secret
pour guerir radicalement toutes sortes de retentions
d'urines , causées par des Carnositez ou
Callositez , sans causer aucune inflammation à la
partie . Son remede est connu par les Experiences
qui ont été faites , il s'expliquera plus amplement
à ceux qui le viendront trouver en sa demeure
, rue neuve de Luxembourg , vis à - vis le
Couvent des Dames de l'Assomption de la rue
S. Honoré , chez M. le Cor , Maître Charon , ou
on le trouvera seulement le matin jusqu'à deux
heures après midi .
Adresse de celui qui empêche la fumée , en
mettant des machines sur les cheminées qu'il
appelle églises . C'est le Sr Monreau , Ferblantier,
demeurant rue du Plessis , à côté d'un Tourneur,
dans une allée au rez de chaussée. Sa Boutique est
au coin du Marché au Pain , du côté de la rue
du Plessis.
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Résumé : « On écrit de Londres, que le 8 de ce mois on y fit à Wolwich, en presence des Commissaires [...] »
Le 8 décembre 1733, une démonstration de nouvelles rames inventées a eu lieu à bord du vaisseau de guerre le Roebuck à Woolwich, en présence des commissaires de l'Amirauté. Ces rames visaient à permettre au vaisseau de virer de bord et de naviguer à trois quarts de lieue par heure en calme, mais l'expérience n'a pas atteint le succès escompté. M. Jean Kelly a traduit et adapté la comédie 'Le Philosophe marié' de M. des Touches, jouée avec succès au Théâtre Royal de Covent Garden à Londres. M. Crusius a publié en deux volumes les 'Vies des Poètes Latins', incluant des dissertations critiques et historiques sur les poètes et leurs œuvres, ainsi qu'une introduction sur l'origine et le progrès de la poésie. Une rectification a été apportée concernant une information publiée dans le Mercure de Novembre précédent. La Faculté de Médecine de Paris n'a pas supprimé l'examen de chirurgie. Selon le décret du 21 mars 1732, les bacheliers doivent effectuer les opérations chirurgicales lors de cet examen, qui se déroule la seconde année de licence. Un nouvel examen d'anatomie a également été instauré, où les bacheliers doivent disséquer et démontrer les parties du corps humain, cet examen se déroulant la première année de licence. Le Sr Neilson, Écossais, a été reçu à Saint-Cosme pour la guérison des hernies. Il réside rue Dauphine au Coq d'or à Paris et offre ses services aux personnes des provinces. Le Sr Moureau propose un remède pour guérir radicalement les rétentions d'urines causées par des carnosités ou callosités, sans inflammation. Il reçoit les patients rue neuve de Luxembourg, vis-à-vis le Couvent des Dames de l'Assomption de la rue Saint-Honoré, chez M. le Cor, Maître Charon. Le Sr Monreau, ferblantier, propose des machines pour empêcher la fumée des cheminées, qu'il appelle 'églises'. Il réside rue du Plessis, à côté d'un tourneur, dans une allée au rez-de-chaussée, avec sa boutique au coin du Marché au Pain.
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19948
p. 106-114
L'ÉCONOME POLITIQUE ; Projet pour enrichir & pour perfectionner l'espèce humaine, in-12. à Paris, chez Moreau, rue Galande, Pissot, Quai de Conti, &c. 1763, brochure en tout 224 pages, prix 26 sols broché.
Début :
CET ouvrage traite de plusieurs matières toutes fort intéressantes pour la Société [...]
Mots clefs :
Auteur, Page, Économe, Politique, Ouvrage, Espèce humaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ÉCONOME POLITIQUE ; Projet pour enrichir & pour perfectionner l'espèce humaine, in-12. à Paris, chez Moreau, rue Galande, Pissot, Quai de Conti, &c. 1763, brochure en tout 224 pages, prix 26 sols broché.
L'ÉCONOME POLITIQUE ; Projet
21your
pour enrichir & pour perfectionner
l'efpèce humaine , in- 12 . à Paris ,
chez Moreau, rue Galande , Pilot ,
• Quai de Conti , &c . 1763 , brochure
-1 en tout 224 pages , prix 26 fols
broché.
olallo ob quolla paltor
CET ouvrage traite de plufieurs matiè
res toutes fort intéreffantes pour la Société.
L'Auteur anonyme propofe d'abord
un moyen tres-fimple d'affarer une honnête
fubfiftance aux domeftiques ,aux ar
tifans , & aux laboureurs dans leur vieik
leffe , moyen également propre à mettre
à l'aife tous ceux qui voudroient l'eme
ployer; viennent enfuite quelques pros
jets relatifs au perfectionnement de l'ef
pèce humaine , matière trop grave pour
ne pas mériter l'attention du Gouver
ment. On trouve après cela des ré
(
AVRIL. 1763. 107
fléxions fur les abus des Maîtrifes &
des Réceptions dans les Mêtiers & dans
le Négoce.
En lifant ce que l'Auteur expofe fur
fur ce dernier objet , on voit que tous
ce qu'il a traité précédemment forme
un tout intimément lié . En effet , notre
Econome Politique ne s'occupe partie
culiérement jufqu'ici que des intérêts
du petit peuple , toujours auffi dépourvu
de fortune que de lumières. Cet Ouvrage
eft terminé par quelques nouvelles vues
relatives à l'éducation . Nous ne ferons
qu'indiquer ce qué penfe l'Auteur , &
nous renverrons à fon Livre pour les
détails.
Afin de mettre à l'aife les gens de la
plus baffe condition , notre Auteur qui
reléve avec beaucoup de jugement le
mérite d'une vie économe & laborieufe
fuppofe que chacun des Domeftiques ,
Artifáns & Laboureurs , peut épargner
par an guarante-huit livres en renonçant
pour cela , s'il le faut , au tabac ,
au vin , au jeu .
» Cette fomme remife , dit - il , * ă
» quelque Compagnie folide & com-
» merçante , portera fept & demi pour
» cent d'intérêt viager , mais intérêt.
* Page 7 & 8..
Τ
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
» qui demeurera entre les mains des
» Preneurs pendant le cours de vingt
» ans , & qui fervira pour groffir le capital
, fi ce n'eft que le bailleur vienne
à fe marier avant ce terme , auquel
» cas on lui fera , s'il le veut , la rente
» des fonds qu'il aura livrés à la condition
de fept & demi pour cent
» pendant les premiers vingt ans.
On ne voit qu'avec furprife les produits
qui résultent de l'emploi fage &
bien fuivi qu'un travailleur peut faire
de fes épargnes , & l'on eft forcé de
convenir avec notre Économe que la
pierre philofophale eft trouvée , le
moyen de faire une fortune honnête
puifqu'il ne s'agit pour cela
que d'être
fobre & laborieux .
Les preuves de ces produits font bien
expofées par l'Auteur : il fait voir que
fi celui qui pendant vingt ans a fourni
quarante- huit livres par années ( ce qui
fera 960 liv. ) n'en reçoit pas l'intêret
durant ces vingt années , fon capital lui
produira 218 liv. 14 f. de rente viagere ,
fur le pied de dix pour cent après ces
vingt ans . Une mife plus ou moins forte
produiroit un viager plus ou moins con
fidérable après le même nombre d'années
, & toujours à proportion en conAVRIL
1763. 109 .
tinuant plus long-tems. Les calculs qui
fondent ce projet font aifés à vérifier
pour peu qu'on foit attentif en les li
fant.
L'Auteur qui déplore les ravages du
luxe , de la prodigalité & du défoeuvrement
dans toutes les conditions , réunit
ici les fages motifs qui doivent engager
nos concitoyens à fe réformer. Selon
lui les Prédicateurs fans craindre d'avilir
la dignité de la Chaire , devroient furtout
remontrer les maux qui résultent
de la pareffe & des vaines dépenses en
faifant voir les avantages inestimables
que produit l'économie jointe à des
Occupations utiles & conftantes . Il penfe
que comme rien n'eft vil ou petit que
ce qui eft mauvais ou inutile , nos Orateurs
facrés ne devroient pas craindre
de defcendre fur cette matière à certains
détails feuls capables d'inftruire le
petit peuple de ſes vrais intérêts ,
Le goût du peuple pour les chanfons
fournit un autre moyen de le corriger.
» Je youdrois , dit * l'Auteur , que l'A-
» cadémie Françoife , de concert avec
» celles qui lui font les plus unies , def-
» tinât au moins fix cens livres tous les
» ans pour une chanfon faite avec
* Page go.
*
110 MERCURE DE FRANCE .
» efprit fur un air agréable & connu ,
» chanfon qui enfeigneroit une morale
utile , raifonnable , tendant à l'enri-
» chiffement du public & des particu
liers , & qui préfentant le travail & la
parcimonie comme les vrais fonde-
» mens de l'honneur & du plaifir , ex-
» poferoit par un contrafte habilement
» tracé , les fuites honteufes & funeftes
de la pareffe & de la diffipation . »
Quelques pages auparavant , on voit
les Dames chargées de l'honorable
emploi de la réformation des moeurs.
» Si de jeunes beautés , chacune dans
» fa fphère , témoignoient à leurs fou
» pirans certains mépris pour les frivolités
, les jeux , les momeries , pour
toute dépenfe infructueufe & mat
placée , qu'elles marquaffent une ef-
» time de préférence pour ceux qui
» montreroient des fruits fenfibles de
» l'économie , d'un travail continu
"
*
d'une application perfévérante , c'eſt
alors que nous verrions les change-
» mens les plus heureux & les plus
inefpérés. »
30.
Terminons l'extrait de cette partie
de l'ouvrage , en renvoyant le Lecteur
aux occupations fubfidiaires que PAu-
Page 88,
^ " AVRIL. 1763. 13
F
teur donne aux gens aifés page 64.
Leur amour-propre n'eft qu'une vaine
délicateffe aux yeux de notre Econome
Politique , auffi le traite - t'il très -philofophiquement
en voulant qu'ils ayent
tous quelque petite occupation manuelle
pour remplacer le jeu , les fpectacles ;
Les vifutes & les lectures inutiles..
Dans la feconde partie , l'Auteur affigne
d'abord les différentes caufes phyfiques
de la foibleffe de l'efpèce hu
maine. Elles ne nous ont para que trop
vraies , contentons -nous d'en rapporter
une feule , le Lecteur la trouvera fuivie
de l'une de ces grandes vérités qu'on
ne peut trop inculquer à la jeuneffe.
» Une autre caufe * d'affoibliffement
" parmi nous , c'eft que les travailleurs.
» en petit nombre , écrafés des fatigues.
néceffaires pour foutenir tant de gens.
» oifeux , accablés d'ailleurs par les mis
39 lices & les corvées , felvoyent encore
arracher de mille manières une fub-
» fiftance dont ils auroient befoin pour
» éléver leurs enfans ..... C'eſt ainfi
» qu'on perd ou qu'on affoiblit fans ' y
penfer les meilleurs fujets du Royau-
» me car enfin hous l'avouerons fi
" nous fommes de bonne foi ; un la
Page 126,917, xton ollut sup
112 MERCURE DE FRANCE.
" boureur , un ouvrier de campagne ,
» un manoeuvre font conftamment plus
» précieux & plus à ménager que tant
» de citadins , artiſtes de moleffe & de
» luxe , à qui nous prodiguons notre
» eftime. Ces hommes de fatigue & de
» peine , injuftement avilis , nous procu-
» rent l'abondant néceffaire & nous
» comblent en un mot de biens folides
» & durables , tandis qu'un frifoneur
» s'exerce vingt ans fur nos têtes fans
qu'il nous laiffe au bout du terme le
» moindre fruit d'un fi long travail,
" Qu'on n'oublie donc jamais que les
» fimples villageois , les travailleurs les
plus groffiers , font proprement les
peres nourriciers de notre efpège , &
qu'ainfi nous fommes tous intéreffés
» à ce qu'on ne les fatigue pas au point
" de ne pouvoir remplir leur haute def
» tination. "
"
Quant au moyen de perfectionner
notre espéce , l'Auteur en indique plufieurs
qu'il faut voir à la page 130 &
fuivantes de fon Ouvrage. Ils nous ont
parut très -fimples ; mais ici comme dans
ce qui regarde le public , le fuccès dépend
des foins du Gouvernement,
Difons un mot des deux autres ebjets
que traite notre Auteur. Il parle
AVRIL. 1763. * 113
avec force contre les abus des maîtrifes
& fait voir que les droits auxquels
font affujettis la plupart des Récipiendaires,
écartent un grand nombre
de Sujets capables d'être utiles en public.
Faute d'argent pour être admis
dans les Corps des Métiers ou dans le
Négoce , plufieurs de ceux que leurs
talens appellent à la perfection , paffent
leur vie dans la détreffe , attachée à
l'état d'apprentifs ou de compagnons, &
par conféquent reftent malgré eux dans
le célibat ; ou ce qui eft encore pis
portent leur courage & leur habileté
chez les Etrangers nos ennemis ou nos
rivaux. Ceux qui ofent fe marier chez
nous fans obtenir la Maîtrife , rampent
toute leur vie dans la mifere avec leur
famille
, double caufe de la dépo
pulation & de l'affoibliffement de notre
efpéce.
L'Auteur approfondit cette matière
importante ; & après avoir montré tous
les inconviens de l'état actuel des Maitrifes
, il expofe les moyens de remédier
à un mal dont les effets font beaucoup
plus nuifibles à la nation , qu'on
ne le croit communément.
Le même goût pour l'utilité qui di114
MERCURE DE FRANCE .
rige toujours les vues de notre Econome
politique , lui fait defirer que l'écriture
& le calcul foient enfeignés à
la jeuneffe avec le plus grand foin dans
le cours des études ; il propofe encore
quelques autres projets relatifs à l'éducation.
Du refte cette brochure écrite
d'un ftyle clair & coulant , eft pleine
d'idées neuves & intéreffantes , & tout
y refpire l'amour de la Patrie & le
goût de l'aifance nationale . C'est ce
que l'Auteur a bien caractérise par ce
beau Quatrain où il s'eft peint lui-même
page 153 .
Indulgent pour autrui , pour lui-même ſévère ,
Damis au bien commun dirigea ſes travaux ,
Et fenfible pour tous à l'humaine mifère ,
Chercha l'art d'éviter ou d'alléger nos maux.
21your
pour enrichir & pour perfectionner
l'efpèce humaine , in- 12 . à Paris ,
chez Moreau, rue Galande , Pilot ,
• Quai de Conti , &c . 1763 , brochure
-1 en tout 224 pages , prix 26 fols
broché.
olallo ob quolla paltor
CET ouvrage traite de plufieurs matiè
res toutes fort intéreffantes pour la Société.
L'Auteur anonyme propofe d'abord
un moyen tres-fimple d'affarer une honnête
fubfiftance aux domeftiques ,aux ar
tifans , & aux laboureurs dans leur vieik
leffe , moyen également propre à mettre
à l'aife tous ceux qui voudroient l'eme
ployer; viennent enfuite quelques pros
jets relatifs au perfectionnement de l'ef
pèce humaine , matière trop grave pour
ne pas mériter l'attention du Gouver
ment. On trouve après cela des ré
(
AVRIL. 1763. 107
fléxions fur les abus des Maîtrifes &
des Réceptions dans les Mêtiers & dans
le Négoce.
En lifant ce que l'Auteur expofe fur
fur ce dernier objet , on voit que tous
ce qu'il a traité précédemment forme
un tout intimément lié . En effet , notre
Econome Politique ne s'occupe partie
culiérement jufqu'ici que des intérêts
du petit peuple , toujours auffi dépourvu
de fortune que de lumières. Cet Ouvrage
eft terminé par quelques nouvelles vues
relatives à l'éducation . Nous ne ferons
qu'indiquer ce qué penfe l'Auteur , &
nous renverrons à fon Livre pour les
détails.
Afin de mettre à l'aife les gens de la
plus baffe condition , notre Auteur qui
reléve avec beaucoup de jugement le
mérite d'une vie économe & laborieufe
fuppofe que chacun des Domeftiques ,
Artifáns & Laboureurs , peut épargner
par an guarante-huit livres en renonçant
pour cela , s'il le faut , au tabac ,
au vin , au jeu .
» Cette fomme remife , dit - il , * ă
» quelque Compagnie folide & com-
» merçante , portera fept & demi pour
» cent d'intérêt viager , mais intérêt.
* Page 7 & 8..
Τ
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
» qui demeurera entre les mains des
» Preneurs pendant le cours de vingt
» ans , & qui fervira pour groffir le capital
, fi ce n'eft que le bailleur vienne
à fe marier avant ce terme , auquel
» cas on lui fera , s'il le veut , la rente
» des fonds qu'il aura livrés à la condition
de fept & demi pour cent
» pendant les premiers vingt ans.
On ne voit qu'avec furprife les produits
qui résultent de l'emploi fage &
bien fuivi qu'un travailleur peut faire
de fes épargnes , & l'on eft forcé de
convenir avec notre Économe que la
pierre philofophale eft trouvée , le
moyen de faire une fortune honnête
puifqu'il ne s'agit pour cela
que d'être
fobre & laborieux .
Les preuves de ces produits font bien
expofées par l'Auteur : il fait voir que
fi celui qui pendant vingt ans a fourni
quarante- huit livres par années ( ce qui
fera 960 liv. ) n'en reçoit pas l'intêret
durant ces vingt années , fon capital lui
produira 218 liv. 14 f. de rente viagere ,
fur le pied de dix pour cent après ces
vingt ans . Une mife plus ou moins forte
produiroit un viager plus ou moins con
fidérable après le même nombre d'années
, & toujours à proportion en conAVRIL
1763. 109 .
tinuant plus long-tems. Les calculs qui
fondent ce projet font aifés à vérifier
pour peu qu'on foit attentif en les li
fant.
L'Auteur qui déplore les ravages du
luxe , de la prodigalité & du défoeuvrement
dans toutes les conditions , réunit
ici les fages motifs qui doivent engager
nos concitoyens à fe réformer. Selon
lui les Prédicateurs fans craindre d'avilir
la dignité de la Chaire , devroient furtout
remontrer les maux qui résultent
de la pareffe & des vaines dépenses en
faifant voir les avantages inestimables
que produit l'économie jointe à des
Occupations utiles & conftantes . Il penfe
que comme rien n'eft vil ou petit que
ce qui eft mauvais ou inutile , nos Orateurs
facrés ne devroient pas craindre
de defcendre fur cette matière à certains
détails feuls capables d'inftruire le
petit peuple de ſes vrais intérêts ,
Le goût du peuple pour les chanfons
fournit un autre moyen de le corriger.
» Je youdrois , dit * l'Auteur , que l'A-
» cadémie Françoife , de concert avec
» celles qui lui font les plus unies , def-
» tinât au moins fix cens livres tous les
» ans pour une chanfon faite avec
* Page go.
*
110 MERCURE DE FRANCE .
» efprit fur un air agréable & connu ,
» chanfon qui enfeigneroit une morale
utile , raifonnable , tendant à l'enri-
» chiffement du public & des particu
liers , & qui préfentant le travail & la
parcimonie comme les vrais fonde-
» mens de l'honneur & du plaifir , ex-
» poferoit par un contrafte habilement
» tracé , les fuites honteufes & funeftes
de la pareffe & de la diffipation . »
Quelques pages auparavant , on voit
les Dames chargées de l'honorable
emploi de la réformation des moeurs.
» Si de jeunes beautés , chacune dans
» fa fphère , témoignoient à leurs fou
» pirans certains mépris pour les frivolités
, les jeux , les momeries , pour
toute dépenfe infructueufe & mat
placée , qu'elles marquaffent une ef-
» time de préférence pour ceux qui
» montreroient des fruits fenfibles de
» l'économie , d'un travail continu
"
*
d'une application perfévérante , c'eſt
alors que nous verrions les change-
» mens les plus heureux & les plus
inefpérés. »
30.
Terminons l'extrait de cette partie
de l'ouvrage , en renvoyant le Lecteur
aux occupations fubfidiaires que PAu-
Page 88,
^ " AVRIL. 1763. 13
F
teur donne aux gens aifés page 64.
Leur amour-propre n'eft qu'une vaine
délicateffe aux yeux de notre Econome
Politique , auffi le traite - t'il très -philofophiquement
en voulant qu'ils ayent
tous quelque petite occupation manuelle
pour remplacer le jeu , les fpectacles ;
Les vifutes & les lectures inutiles..
Dans la feconde partie , l'Auteur affigne
d'abord les différentes caufes phyfiques
de la foibleffe de l'efpèce hu
maine. Elles ne nous ont para que trop
vraies , contentons -nous d'en rapporter
une feule , le Lecteur la trouvera fuivie
de l'une de ces grandes vérités qu'on
ne peut trop inculquer à la jeuneffe.
» Une autre caufe * d'affoibliffement
" parmi nous , c'eft que les travailleurs.
» en petit nombre , écrafés des fatigues.
néceffaires pour foutenir tant de gens.
» oifeux , accablés d'ailleurs par les mis
39 lices & les corvées , felvoyent encore
arracher de mille manières une fub-
» fiftance dont ils auroient befoin pour
» éléver leurs enfans ..... C'eſt ainfi
» qu'on perd ou qu'on affoiblit fans ' y
penfer les meilleurs fujets du Royau-
» me car enfin hous l'avouerons fi
" nous fommes de bonne foi ; un la
Page 126,917, xton ollut sup
112 MERCURE DE FRANCE.
" boureur , un ouvrier de campagne ,
» un manoeuvre font conftamment plus
» précieux & plus à ménager que tant
» de citadins , artiſtes de moleffe & de
» luxe , à qui nous prodiguons notre
» eftime. Ces hommes de fatigue & de
» peine , injuftement avilis , nous procu-
» rent l'abondant néceffaire & nous
» comblent en un mot de biens folides
» & durables , tandis qu'un frifoneur
» s'exerce vingt ans fur nos têtes fans
qu'il nous laiffe au bout du terme le
» moindre fruit d'un fi long travail,
" Qu'on n'oublie donc jamais que les
» fimples villageois , les travailleurs les
plus groffiers , font proprement les
peres nourriciers de notre efpège , &
qu'ainfi nous fommes tous intéreffés
» à ce qu'on ne les fatigue pas au point
" de ne pouvoir remplir leur haute def
» tination. "
"
Quant au moyen de perfectionner
notre espéce , l'Auteur en indique plufieurs
qu'il faut voir à la page 130 &
fuivantes de fon Ouvrage. Ils nous ont
parut très -fimples ; mais ici comme dans
ce qui regarde le public , le fuccès dépend
des foins du Gouvernement,
Difons un mot des deux autres ebjets
que traite notre Auteur. Il parle
AVRIL. 1763. * 113
avec force contre les abus des maîtrifes
& fait voir que les droits auxquels
font affujettis la plupart des Récipiendaires,
écartent un grand nombre
de Sujets capables d'être utiles en public.
Faute d'argent pour être admis
dans les Corps des Métiers ou dans le
Négoce , plufieurs de ceux que leurs
talens appellent à la perfection , paffent
leur vie dans la détreffe , attachée à
l'état d'apprentifs ou de compagnons, &
par conféquent reftent malgré eux dans
le célibat ; ou ce qui eft encore pis
portent leur courage & leur habileté
chez les Etrangers nos ennemis ou nos
rivaux. Ceux qui ofent fe marier chez
nous fans obtenir la Maîtrife , rampent
toute leur vie dans la mifere avec leur
famille
, double caufe de la dépo
pulation & de l'affoibliffement de notre
efpéce.
L'Auteur approfondit cette matière
importante ; & après avoir montré tous
les inconviens de l'état actuel des Maitrifes
, il expofe les moyens de remédier
à un mal dont les effets font beaucoup
plus nuifibles à la nation , qu'on
ne le croit communément.
Le même goût pour l'utilité qui di114
MERCURE DE FRANCE .
rige toujours les vues de notre Econome
politique , lui fait defirer que l'écriture
& le calcul foient enfeignés à
la jeuneffe avec le plus grand foin dans
le cours des études ; il propofe encore
quelques autres projets relatifs à l'éducation.
Du refte cette brochure écrite
d'un ftyle clair & coulant , eft pleine
d'idées neuves & intéreffantes , & tout
y refpire l'amour de la Patrie & le
goût de l'aifance nationale . C'est ce
que l'Auteur a bien caractérise par ce
beau Quatrain où il s'eft peint lui-même
page 153 .
Indulgent pour autrui , pour lui-même ſévère ,
Damis au bien commun dirigea ſes travaux ,
Et fenfible pour tous à l'humaine mifère ,
Chercha l'art d'éviter ou d'alléger nos maux.
Fermer
Résumé : L'ÉCONOME POLITIQUE ; Projet pour enrichir & pour perfectionner l'espèce humaine, in-12. à Paris, chez Moreau, rue Galande, Pissot, Quai de Conti, &c. 1763, brochure en tout 224 pages, prix 26 sols broché.
L'ouvrage 'L'Économiste Politique', publié en 1763 à Paris, propose des solutions pour améliorer la subsistance des domestiques, artisans et laboureurs. L'auteur anonyme recommande d'économiser annuellement quarante-huit livres en réduisant des dépenses superflues telles que le tabac, le vin et le jeu. Ces économies devraient être investies dans des compagnies commerciales offrant un intérêt viager de sept pour cent et demi sur vingt ans. L'auteur critique les abus dans les métiers et le commerce, soulignant l'importance de l'éducation et de la réforme des mœurs. Il dénonce les ravages du luxe, de la prodigalité et du désœuvrement, et appelle les prédicateurs à encourager l'économie et le travail utile. Il suggère également que l'Académie Française récompense des chansons moralisatrices et que les femmes influentes montrent l'exemple en valorisant l'économie et le travail. L'auteur propose que les personnes aisées se consacrent à des occupations utiles pour remplacer les activités futiles. Dans la seconde partie, l'auteur examine les causes physiques de la faiblesse de l'espèce humaine et insiste sur l'importance d'inculquer ces vérités aux jeunes. Le texte discute des causes de l'affaiblissement de la population en France, notamment la surcharge de travail des paysans et ouvriers, essentiels pour subvenir aux besoins de la nation. Ces travailleurs, épuisés par les corvées et les misères, peinent à élever leurs enfants, affaiblissant ainsi le royaume. L'auteur critique les abus des maîtres dans les corporations, qui empêchent les talents prometteurs d'accéder à des postes utiles, les condamnant à la misère ou à l'émigration. Il propose des solutions pour remédier à ces problèmes et insiste sur l'importance de l'éducation, notamment l'enseignement de l'écriture et du calcul aux jeunes. La brochure est louée pour son style clair et ses idées nouvelles, reflétant un amour patriotique et un désir d'améliorer la condition nationale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19949
p. 129
MADRIGAL.
Début :
POUR peindre l'amitié sçais-tu ce qu'il faut faire ? [...]
Mots clefs :
Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGA L.
POUR peindre l'amitié fçais-tu ce qu'il faut faire?
Il faut chercher l'original ,
Car fans lui tu la peindrois mal ,
Du tu ne tracerois , ami , qu'une chimere.
Mais pour t'épargner la longueur
D'une recherche difficile ,
Je vais t'enſeigner ſon azile ,
Tu le trouveras dans mon coeur .
Geneve
XES
J. B. Tollot.
POUR peindre l'amitié fçais-tu ce qu'il faut faire?
Il faut chercher l'original ,
Car fans lui tu la peindrois mal ,
Du tu ne tracerois , ami , qu'une chimere.
Mais pour t'épargner la longueur
D'une recherche difficile ,
Je vais t'enſeigner ſon azile ,
Tu le trouveras dans mon coeur .
Geneve
XES
J. B. Tollot.
Fermer
19950
p. 103-104
LOGOGRIPHE.
Début :
Pour s'opposer, Lecteur, aux assauts des brigands, [...]
Mots clefs :
Caravane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
Our s'oppofer , Lecteur , aux affauts des brigands
,
Jadis on s'avifa de me donner naiffance ;
Je combats , & fouvent détruis ces arrogans
Lorfqu'ils tombent en ma pui ' ance ;
De huit pieds fe forme mon tout ;
Les trois premiers , fans changer ma ftructure ,
Donnent un mot qui fert à titre de conjecture ;
Les trois derniers t'offriront , à mon goût ,
Une affez inauvaiſe monture.
Enfuite en combinant , en moi tu pourras voir
Certain legume ; une armure fauvage ;
Un domestique oifeau , qui dans l'humide plage
Sçait avec art plonger & le mouvoir ;
Ce qui fert à fixer fur l'élement fluide
Un corps auquel il faut un guide ;
L'endroit où de Bacchus le jus cft mis au fiais ;
Certain angle de mur , d'armoire ou cheminée ;
Une Ville que l'Hymenée
A rendu célébre à jamais ;
Le Héros d'un portrait de l'illuftre Moliere ;
Du corps une partie , un coquillage; enfia
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE.
Un infecte rampant ; & certaine riviere
Qui fe décharge dans le Rhin.
Our s'oppofer , Lecteur , aux affauts des brigands
,
Jadis on s'avifa de me donner naiffance ;
Je combats , & fouvent détruis ces arrogans
Lorfqu'ils tombent en ma pui ' ance ;
De huit pieds fe forme mon tout ;
Les trois premiers , fans changer ma ftructure ,
Donnent un mot qui fert à titre de conjecture ;
Les trois derniers t'offriront , à mon goût ,
Une affez inauvaiſe monture.
Enfuite en combinant , en moi tu pourras voir
Certain legume ; une armure fauvage ;
Un domestique oifeau , qui dans l'humide plage
Sçait avec art plonger & le mouvoir ;
Ce qui fert à fixer fur l'élement fluide
Un corps auquel il faut un guide ;
L'endroit où de Bacchus le jus cft mis au fiais ;
Certain angle de mur , d'armoire ou cheminée ;
Une Ville que l'Hymenée
A rendu célébre à jamais ;
Le Héros d'un portrait de l'illuftre Moliere ;
Du corps une partie , un coquillage; enfia
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE.
Un infecte rampant ; & certaine riviere
Qui fe décharge dans le Rhin.
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