DE STOKHOLM, le 24 Mars.
La Diette envoya le 11 de ce mois au Comte
de Tessin six députés de chacun des quatre Ordres
du Royaume, pour le prier de garder ses emplois.
Le Comte de Piper, Président de la Noblesse
étoit à la tête de la députation. Une vive recon-
noissance éclata dans la. réponse du Comte de Tes-
sin; mais après avoir témoigné combien il étoit
sensible à l'honneur que lui faisoient les Etats, il
ajouta que l'état de sa santé ne lui permettoit
point de se rendre à leurs désits. Les Députés
l'ayant engagé à prendre deux jours pour se dé-
terminer, il écrivit le 14 à la Diette, qu'on ne
pouvoit être plus touché qu'il l'étoit de voir que
la continuation de ses services seroit agréable à la
Nation; qu'une assurance si consolante & si flat-
teuse pour lui seroit capable de lui faire surmon-
ter les plus grands obstacles, si ses indispositions
ne rendoient sa bonne volonté inutile; qu'en ces-
sant d'avoir part aux affaires publiques, il ne per-
droit jamais de vue les devoirs de Sujet fidele & de
zélé Citoyen, & que si daus une condition privée
il pouvoit contribuer encore à l'avantage de la Pa-
trie, il seroit prêt de faire en tout tems les plus
grands sacrifices, pour prouver à la Nation son
dévouement. Cette déclaration n'a pas empêché
la Diette de réiterer ses instances. Le Roi & la
Reine y ont joint les leurs, & le Comte de Tessin
a consenti de ne renoncer, ni à la dignité de Sé-
nateur, ni à la place de Gouverneur du Prince
Royal. Il a demandé seulement de pouvoir aller
de tems en tems à la campagne pour le bien de sa
santé. On lui a promis de lui accorder cette per-
mission, & les Etats ont accepté sa démission de
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294 MERCURE DE FRANCE.
la Piésidence du Collège de la Chancellerie. Les
principales affaires, sur lesquelles la Diette avoit
à delibérer, étant réglées, on croit qu'elle se sépa-
rera peu de tems apiès que le Baron de Greiffen-
heim, Ministre du Roi auprès de l'Impér atrice de
Russie, sera revenu de Petersbourg.