Résultats : 11887 texte(s)
Détail
Liste
9501
p. 213-214
AUTRE.
Début :
Le sieur Maillard, Marchand d'estampes, demeurant rue Saint Jacques, [...]
Mots clefs :
Planches, Dévotion, Morale, Ornements, Vignettes, Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Maillard , Marchand d'eftampes ; demeurant
rue Saint Jacques , la deuxieme grande
porte au deffus de la rue des Noyers , donne avis
qu'il a une fuite de cent planches fur divers fujets
de dévotion , de morale , &c. Il vient d'exécuter
de nouveaux emblêmes en forme d'étrennes &
d'almanach , pour chaque mois de l'année , propres
à orner un almanach : le tout orné de vignettes
gravées & enluminées avec foin. Il continue
de peindre toutes fortes de papiers à vignettes
214 MERCURE DE FRANCE.
& différentes fleurs : comme auffi d'exécuter towtes
fortes de vignettes & caracteres. Il entreprend
à noter des livres d'Eglife.
LE fieur Maillard , Marchand d'eftampes ; demeurant
rue Saint Jacques , la deuxieme grande
porte au deffus de la rue des Noyers , donne avis
qu'il a une fuite de cent planches fur divers fujets
de dévotion , de morale , &c. Il vient d'exécuter
de nouveaux emblêmes en forme d'étrennes &
d'almanach , pour chaque mois de l'année , propres
à orner un almanach : le tout orné de vignettes
gravées & enluminées avec foin. Il continue
de peindre toutes fortes de papiers à vignettes
214 MERCURE DE FRANCE.
& différentes fleurs : comme auffi d'exécuter towtes
fortes de vignettes & caracteres. Il entreprend
à noter des livres d'Eglife.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le marchand d'estampes Maillard, rue Saint Jacques, propose une collection de cent planches sur des sujets de dévotion et de morale. Il offre également des emblèmes pour chaque mois de l'année, enrichis de vignettes gravées et enluminées. Maillard peint divers papiers à vignettes et fleurs, exécute des vignettes et caractères, et note des livres d'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9502
p. 214
AVIS de l'Auteur du Mercure au sujet du Choix des Anciens Mercures.
Début :
Nous ne pouvons plus cacher à nos Lecteurs que les neuf volumes [...]
Mots clefs :
Choix des anciens Mercures, Volumes, Auteur véritable, M. de Bastide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS de l'Auteur du Mercure au sujet du Choix des Anciens Mercures.
AVIS de l'Auteur du Mercure au fujet du
Choix des Anciens Mercures.
Nous ne pouvons plus cacher à nos
Lecteurs que les neuf volumes du Choix
des meilleures pieces tirées des anciens Mer
cures , avec un extrait du Mercure François,
qui ont paru , ne font pas notre ouvrage
M. de Baftide en eft lui feul l'Auteur , &
va continuer cette collection avec des augmentations
telles qu'elles font annoncées
dans l'Avis qu'il a publié par la voie des
petites Affiches , & auquel nous foufcrivons.
Il n'y a qu'un feul article à corriger,
c'eft le dernier où il eft dit que le nouveau
Choix fe délivrera chez M. de Baftide. Il
continuera toujours à être diſtribué au
Bureau du Mercure de France , chez M.
Lutton.
Choix des Anciens Mercures.
Nous ne pouvons plus cacher à nos
Lecteurs que les neuf volumes du Choix
des meilleures pieces tirées des anciens Mer
cures , avec un extrait du Mercure François,
qui ont paru , ne font pas notre ouvrage
M. de Baftide en eft lui feul l'Auteur , &
va continuer cette collection avec des augmentations
telles qu'elles font annoncées
dans l'Avis qu'il a publié par la voie des
petites Affiches , & auquel nous foufcrivons.
Il n'y a qu'un feul article à corriger,
c'eft le dernier où il eft dit que le nouveau
Choix fe délivrera chez M. de Baftide. Il
continuera toujours à être diſtribué au
Bureau du Mercure de France , chez M.
Lutton.
Fermer
Résumé : AVIS de l'Auteur du Mercure au sujet du Choix des Anciens Mercures.
L'auteur du Mercure précise que les neuf volumes du 'Choix des meilleures pièces tirées des anciens Mercures' ne sont pas de sa plume, mais de M. de Baftide. Ce dernier prévoit de continuer la collection avec des augmentations annoncées dans les petites affiches. L'auteur approuve cet avis et corrige la distribution du nouveau 'Choix', disponible chez M. Lutton au Bureau du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9503
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
215
’Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Février 1758. GUIROY.
215
’Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 27 Février 1758. GUIROY.
Fermer
9504
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à Madame [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
V ERS à Madame L. G. N.
page s
24
Le Verre naturel , ou les Conferves , Conte ,
Epître à M. C... l'aîné ,
Suite de M. de Fontenelle ,, & c. 27
44
Epître à M. Legat- de Furcy, Maître de Mufique &
de Claveffin ,
Epitaphe de la Chate de M. de ... Greffier honoraire
du Parlement de ... par M...
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Mort de Guil
45
ST lot ,
48
49
Epître à M. Chaumont-de la Galaifiere , &c.
Menuet de l'Opera d'Hippolyte & Aricie , Parodie
,
55
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon ,
56
58
19
ART. II. NOUVELLES . LITTERAIRIS;
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
Lettre à l'Auteur du Mercure,
61
65
116
Précis de la Démonſtration de la Propriété de la
Liqueur fondante de M. Dienert , Médecin , 85
Lettre à Auteur Mercure , 93
Programme de l'Académie de Bordeaux , 106
109
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable. Differtation
critique du P. Féijoo , & c.
Médecine. Lettre de M. Defbreft , Docteur en Médecine
de l'Univerfité de Montpellier , à M. Mau-
Aatre , Docteur en Médecine de la même Univerlité
,
Mufique,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
128
153
Peinture. Lettre de M. Roy à M. de R... fur la
Perfpective linéaire du Docteur Taylord , 154
Gravure ,
Optique ,
178
179
Méchanique. Lettre à l'Auteur du Mercure , 180
Opera ,
ART. V. SPECTACLE S.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Morts ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ,
Addition à la Partie fugitive ,
Avis divers ,
185
187
188
189.
190
191
203
206
207
208
210
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
V ERS à Madame L. G. N.
page s
24
Le Verre naturel , ou les Conferves , Conte ,
Epître à M. C... l'aîné ,
Suite de M. de Fontenelle ,, & c. 27
44
Epître à M. Legat- de Furcy, Maître de Mufique &
de Claveffin ,
Epitaphe de la Chate de M. de ... Greffier honoraire
du Parlement de ... par M...
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Mort de Guil
45
ST lot ,
48
49
Epître à M. Chaumont-de la Galaifiere , &c.
Menuet de l'Opera d'Hippolyte & Aricie , Parodie
,
55
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon ,
56
58
19
ART. II. NOUVELLES . LITTERAIRIS;
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux;
Lettre à l'Auteur du Mercure,
61
65
116
Précis de la Démonſtration de la Propriété de la
Liqueur fondante de M. Dienert , Médecin , 85
Lettre à Auteur Mercure , 93
Programme de l'Académie de Bordeaux , 106
109
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable. Differtation
critique du P. Féijoo , & c.
Médecine. Lettre de M. Defbreft , Docteur en Médecine
de l'Univerfité de Montpellier , à M. Mau-
Aatre , Docteur en Médecine de la même Univerlité
,
Mufique,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
128
153
Peinture. Lettre de M. Roy à M. de R... fur la
Perfpective linéaire du Docteur Taylord , 154
Gravure ,
Optique ,
178
179
Méchanique. Lettre à l'Auteur du Mercure , 180
Opera ,
ART. V. SPECTACLE S.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Morts ,
Nouvelles de la Cour , de Paris &c ,
Addition à la Partie fugitive ,
Avis divers ,
185
187
188
189.
190
191
203
206
207
208
210
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des épîtres, des contes, des épitaphes et des lettres adressées à divers auteurs. Parmi les œuvres mentionnées figurent 'Le Verre naturel, ou les Conferves' et une 'Suite de M. de Fontenelle'. L'Article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant des extraits, des précisions sur des livres récents et des lettres adressées à l'auteur du Mercure. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec des discussions sur l'histoire, la médecine et la musique. L'Article IV traite des beaux-arts, couvrant la peinture, la gravure, l'optique et la mécanique. L'Article V liste les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne, l'opéra comique et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI couvre les nouvelles étrangères, les bénéfices donnés, les décès, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9505
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 59. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 59. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 59. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 59.
Fermer
9506
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jonbeit.
Fermer
9507
p. 91-92
Extraits, Précis ou Indications de livres nouveaux, [titre d'après la table]
Début :
ŒUVRES d'Alexis Piron, avec figures en taille-douce d'après le dessein de M. Cochin. [...]
Mots clefs :
Préface, Pièces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extraits, Précis ou Indications de livres nouveaux, [titre d'après la table]
UVRES d'Alexis Piron , avec figures
en taille- douce d'après le deffein de M. Cochin.
3 volumes in 12. A Paris , chez Du
chefne , rue S. Jacques. Prix 7 liv . 10 f.
brochés.
Ces Euvres fi juftement attendues , n'ont
pas befoin de notre éloge. La meilleure façon
de les louer , eft d'en nommer l'Auteur.
Sa célébrité dit plus que le plus fort
panégyrique.
La Métromanie , cette piece de génie ,
& vraiment créée , fuffiroit feule pour immortalifer
M. Piron , & le placer au rang.
de nos premiers Poëtes comiques.
L'ouvrage eft divifé en trois volumes.
Le premier contient l'Ecole des Peres , comédie
en cinq actes , plus connue fous le
titre des Fils ingrats , & Callikhene tragé
die. L'une & l'autre font précédées de deux
amples préfaces. Le fecond tome renferme
les Courfes de Tempé , paſtorale en un acte
avec une préface & un divertiffement. Di92
MERCURE DE FRANCE.
thyrambe fur la convaleſcence du Roi, Poëme
de Fontenoi, ou Effai d'un chant pour fervi
à un poëme héroïque de la Louifiade , anecdote
comique & littéraire au fujet des deux
pieces précédentes . Odes facrées , Guftave
Vafa , tragédie , précedée de deux Epîtres
& d'une préface . Le troifieme contient la
Métromanie, comédie en cinq actes, & Cortés
tragédie . Chacune de ces pieces a fa
préface . Il eût été à fouhaiter que l'Auteur
eût un peu diminué le volume de fes préfaces
, & augmenté celui de fes pieces fugitives,
parmi lesquelles il y en a un grand
nombre de charmantes : telle eft fon Epître
à Mlle . Chéré, dont nous avons enrichi
la partie fugitive de ce Mercure.
Cette édition fait honneur au Sr. Duchefne.
Elle est élégante & faite avec foin:
ce qui furtout y ajoute un nouveau prix
ce font les gravures qui la décorent . Elles
font de la plus grande beauté & dignes de
l'ouvrage,
en taille- douce d'après le deffein de M. Cochin.
3 volumes in 12. A Paris , chez Du
chefne , rue S. Jacques. Prix 7 liv . 10 f.
brochés.
Ces Euvres fi juftement attendues , n'ont
pas befoin de notre éloge. La meilleure façon
de les louer , eft d'en nommer l'Auteur.
Sa célébrité dit plus que le plus fort
panégyrique.
La Métromanie , cette piece de génie ,
& vraiment créée , fuffiroit feule pour immortalifer
M. Piron , & le placer au rang.
de nos premiers Poëtes comiques.
L'ouvrage eft divifé en trois volumes.
Le premier contient l'Ecole des Peres , comédie
en cinq actes , plus connue fous le
titre des Fils ingrats , & Callikhene tragé
die. L'une & l'autre font précédées de deux
amples préfaces. Le fecond tome renferme
les Courfes de Tempé , paſtorale en un acte
avec une préface & un divertiffement. Di92
MERCURE DE FRANCE.
thyrambe fur la convaleſcence du Roi, Poëme
de Fontenoi, ou Effai d'un chant pour fervi
à un poëme héroïque de la Louifiade , anecdote
comique & littéraire au fujet des deux
pieces précédentes . Odes facrées , Guftave
Vafa , tragédie , précedée de deux Epîtres
& d'une préface . Le troifieme contient la
Métromanie, comédie en cinq actes, & Cortés
tragédie . Chacune de ces pieces a fa
préface . Il eût été à fouhaiter que l'Auteur
eût un peu diminué le volume de fes préfaces
, & augmenté celui de fes pieces fugitives,
parmi lesquelles il y en a un grand
nombre de charmantes : telle eft fon Epître
à Mlle . Chéré, dont nous avons enrichi
la partie fugitive de ce Mercure.
Cette édition fait honneur au Sr. Duchefne.
Elle est élégante & faite avec foin:
ce qui furtout y ajoute un nouveau prix
ce font les gravures qui la décorent . Elles
font de la plus grande beauté & dignes de
l'ouvrage,
Fermer
9508
p. 179-181
DU NORD.
Début :
On est présentement instruit des circonstances qui ont obligé nos [...]
Mots clefs :
Stockholm, Armée, Maréchal, Lieutenant, Capitaine, Colonel, Canons, Prussiens, Attaques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE STOCKOLM , le 9 Février.
>
N eft préfentement inftruit des circonftances
qui ont obligé nos troupes d'abandonner Anclam
& Demmin. L'armée qui avoit pris les quartiers
d'hyver en deça de la Peene , comptoit y tenir
jufqu'à ce que le temps lui permit de poursuivre
Les avantages , parce qu'on ne prévoyoit pas que
cette riviere , & les marais qui l'environnent
duffent fe glacer , comme il eft très-rare en effer
que ces eaux ſe gelent . Mais le froid vif qui commença
quelques jours avant Noël , devint tout- àcoup
fiviolent , que dès le 28 Décembre la cavalerie
pouvoit paffer la Peene fur la glace. Comme
alers la poſition de nos troupes n'étoit rien moins
qu'avantageufe , & que tous les poftes fur la Peene
étaient expofés , le Maréchal de Sternberg prit la
réfolution de retirer les quartiers , & de raffembler
les troupes entre Ruhtenberg & Stralfund .
Ainfi le Comte d'Hamilton , Lieutenant général ,
évacua le 29 Anclam , & le Lieutenant colonel
Sparre , quittant Wollgaft , fe replia fur Greiffswald.
Le Major général de Lugen , qui commandoit
à Tribfées , en ayant auffi retiré fes troupes ,
undéta chement de cent hommes , commandé par
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
le Capitaine Sternroos , fut attaqué près de Nof
fendorf par les Huffards Pruffiens de Mala
chowski , & il en fut enveloppé. Ce Capitaine fe
jetta dans une maifon , où il fit une vigoureuſe
défenfe. Les ennemis y mirent le feu pour l'obliger
d'en fortir ; il ſe fit jour l'épée à la main , &
rejoignit le corps du Général de Lugen.
Le même jour 29 Décembre , le Colonel Carpelan
, qui commandoit à Demmin , reçut ordre
d'abandonner cette Place , & de fe rendre au corps
de l'armée. Mais comme il difpofoit ſa retraite
il fut bloqué de toutes parts par dix bataillons &
trente-quatre efcadrons Pruffiens , aux ordres du
Maréchal de Lehwald. D'abord les ennemis le
fommerent de fe rendre , avec la garnifon , prifonnier
de guerre. Il répondit que ces conditions
n'étoient pas faites pour des Suédois. Sur cette
réponſe , l'ennemi commença l'attaque par un
feu très- vif de canons , de mortiers & d'obuz. On
lui ripofta de maniere , qu'on lui démonta pluheurs
pieces d'artillerie . Le lendemain , le Maré--
chal de Lehwal fit faire d'autres propofitions.
Elles furent également rejettées , & le Colonel
Carpelan envoya les Majors During & Wrangeb
offrir l'évacuation de la Place , mais à la ſeule
condition de fe retirer librement avec tout ce
qui appartenoit aux Suédois. Les Pruffiens voulurent
exiger que la garnifon s'engageât à ne point
fervir d'un an contre le Roi du Pruffe ou fes Alliés
; le Colonel ayant tenu ferme , obtint enfin la
capitulation qu'il fouhaitoit , & elle fut fignée le
30 au foir. Il fortit le premier Janvier de Demmin
avec toute la garnifon , & le 4 il rejoignit à
Ludersh gen le Général Lybecker.
Les douze ou treize mille hommes deftinés à
paffer en Pomeranie , pour renforcer l'armée du
AVRIL. 1758. 181
Roi , fe rendent de tous côtés dans les ports ou
ils doivent être embarqués , & l'on travaille en
conféquence avec toute l'activité poffible à réparer
les Galeres qui doivent tranfporter ces Troupes.
Il part auffi continuellement des provifions
pour Stralfund & l'Ile de Rugen.
DE STOCKOLM , le 9 Février.
>
N eft préfentement inftruit des circonftances
qui ont obligé nos troupes d'abandonner Anclam
& Demmin. L'armée qui avoit pris les quartiers
d'hyver en deça de la Peene , comptoit y tenir
jufqu'à ce que le temps lui permit de poursuivre
Les avantages , parce qu'on ne prévoyoit pas que
cette riviere , & les marais qui l'environnent
duffent fe glacer , comme il eft très-rare en effer
que ces eaux ſe gelent . Mais le froid vif qui commença
quelques jours avant Noël , devint tout- àcoup
fiviolent , que dès le 28 Décembre la cavalerie
pouvoit paffer la Peene fur la glace. Comme
alers la poſition de nos troupes n'étoit rien moins
qu'avantageufe , & que tous les poftes fur la Peene
étaient expofés , le Maréchal de Sternberg prit la
réfolution de retirer les quartiers , & de raffembler
les troupes entre Ruhtenberg & Stralfund .
Ainfi le Comte d'Hamilton , Lieutenant général ,
évacua le 29 Anclam , & le Lieutenant colonel
Sparre , quittant Wollgaft , fe replia fur Greiffswald.
Le Major général de Lugen , qui commandoit
à Tribfées , en ayant auffi retiré fes troupes ,
undéta chement de cent hommes , commandé par
H vj
180 MERCURE DE FRANCE:
le Capitaine Sternroos , fut attaqué près de Nof
fendorf par les Huffards Pruffiens de Mala
chowski , & il en fut enveloppé. Ce Capitaine fe
jetta dans une maifon , où il fit une vigoureuſe
défenfe. Les ennemis y mirent le feu pour l'obliger
d'en fortir ; il ſe fit jour l'épée à la main , &
rejoignit le corps du Général de Lugen.
Le même jour 29 Décembre , le Colonel Carpelan
, qui commandoit à Demmin , reçut ordre
d'abandonner cette Place , & de fe rendre au corps
de l'armée. Mais comme il difpofoit ſa retraite
il fut bloqué de toutes parts par dix bataillons &
trente-quatre efcadrons Pruffiens , aux ordres du
Maréchal de Lehwald. D'abord les ennemis le
fommerent de fe rendre , avec la garnifon , prifonnier
de guerre. Il répondit que ces conditions
n'étoient pas faites pour des Suédois. Sur cette
réponſe , l'ennemi commença l'attaque par un
feu très- vif de canons , de mortiers & d'obuz. On
lui ripofta de maniere , qu'on lui démonta pluheurs
pieces d'artillerie . Le lendemain , le Maré--
chal de Lehwal fit faire d'autres propofitions.
Elles furent également rejettées , & le Colonel
Carpelan envoya les Majors During & Wrangeb
offrir l'évacuation de la Place , mais à la ſeule
condition de fe retirer librement avec tout ce
qui appartenoit aux Suédois. Les Pruffiens voulurent
exiger que la garnifon s'engageât à ne point
fervir d'un an contre le Roi du Pruffe ou fes Alliés
; le Colonel ayant tenu ferme , obtint enfin la
capitulation qu'il fouhaitoit , & elle fut fignée le
30 au foir. Il fortit le premier Janvier de Demmin
avec toute la garnifon , & le 4 il rejoignit à
Ludersh gen le Général Lybecker.
Les douze ou treize mille hommes deftinés à
paffer en Pomeranie , pour renforcer l'armée du
AVRIL. 1758. 181
Roi , fe rendent de tous côtés dans les ports ou
ils doivent être embarqués , & l'on travaille en
conféquence avec toute l'activité poffible à réparer
les Galeres qui doivent tranfporter ces Troupes.
Il part auffi continuellement des provifions
pour Stralfund & l'Ile de Rugen.
Fermer
Résumé : DU NORD.
Le texte décrit l'abandon des villes d'Anclam et de Demmin par les troupes suédoises en raison du froid intense qui a gelé la rivière Peene et les marais environnants, facilitant la traversée des troupes prussiennes. Le maréchal de Sternberg a ordonné le retrait des troupes vers Ruhtenberg et Stralsund. Le 29 décembre, le comte d'Hamilton a évacué Anclam, tandis que le lieutenant-colonel Sparre s'est replié sur Greifswald. Le major général de Lugen, attaqué près de Nossendorf par les Hussards prussiens de Malachowski, a réussi à rejoindre ses troupes après une défense vigoureuse. Le même jour, le colonel Carpelan, commandant à Demmin, a reçu l'ordre d'abandonner la ville. Bloqué par les forces prussiennes du maréchal de Lehwald, il a refusé de se rendre et a obtenu une capitulation permettant à la garnison suédoise de se retirer librement. Carpelan a quitté Demmin le 1er janvier et a rejoint le général Lybecker à Ludershagen le 4 janvier. Par ailleurs, environ 12 000 à 13 000 hommes sont en route pour renforcer l'armée du roi en Poméranie, avec des préparatifs en cours pour leur transport et l'approvisionnement des ports de Stralsund et de l'île de Rügen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9509
p. 181-191
ALLEMAGNE.
Début :
Toute la Prusse est actuellement au pouvoir des troupes Russiennes. [...]
Mots clefs :
Königsberg, Russes, Garnison, Armée, Soldats, Mouvements des troupes, Leipzig, Assemblée, Députés, Paiements, Taxes, Exécutions, Déserteurs, Marchands, Magistrats, Maréchaux, Comtes, Vienne, Prince Charles de Lorraine, Prisonniers, Enrôlement, Officiers, Ennemis, Attaques, Hambourg, Roi de Prusse, Marquis, Camp d'Hamelen, Combats, Capitulation, Comtes, Hanovre, Prague, Impératrice-Reine, Actions militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE KONIGSBERG , le 13 Février.
Toute la Pruffe eft actuellement au pouvoir des
troupes Ruffiennes. En entrant fur le territoire
d'Elbing , elles ont pris environ quarante foldats
qui occupoient un petit Fort. La garnifon que le
Général Fermer a laiffée ici eft de fix mille hom-'
mes , infanterie & cavalerie. Les Cofaques de fon
armée obfervent la même difcipline que les troupes
nationales , & font traités en conféquence fur
le pied de troupes régulieres.
On affure qu'avant un mois , l'armée Ruffienne
fera forte au moins de quatre-vingts mille hommes
, & qu'il en marchera la moitié vers la Siléſie .
Le corps du Général Fermer eft en pleine marche
pour fe rendre dans la Poméranie.
•
Konigsberg vient d'être impofée par les Ruffiens
à une contribution de cinquante mille écus. Les
Commiffaires de l'Impératrice font de grands amas
de vivres à Kowno , pour y établir un magazin
capable de faire fubfifter un corps de quarante
mille hommes.
L'armée Ruffienne eft en mouvement pour
s'approcher de la Viftule. Le Major général Stolfen
eft entré le 11 dans Marienwerder avec un
détachement de trois cens hommes.
、
On ne peut qu'admirer la modération des Ruf
182 MERCURE DE FRANCE
fiens dans toute leur conduite à notre égard. Cea
pendant on a toujours lieu de craindre que les
violences exercées en Saxe , ne les forcent enfin
d'en venir à de fâcheufes repréfailles.
DE LEIPSICK , le 25 Février.
Les Etats des Cercles de Saxe font toujours af
femblés ici . Le 16 de Février , M. de Borck ,
Miniftre du Roi de Pruffe , propofa de la part de
fon Maître , aux Députés des Cercles , de remettre
aux Etats l'adminiftration des revenus de l'Electorat
, à condition 1º . de payer au Roi de
Pruffe la fomme de fix millions d'écus , y com
pris le produit des domaines & de l'accife géné
male , ou celle de quatre millions & demi , fans ces
deux branches des revenus ; 2º, de donner encore
en portions & rations la valeur de cent mille écus
par mois , pour l'entretien des troupes Pruffiennes
qui font en Saxe ; 3 °. d'acquitter en outre
exactement ce que cet Electorat redoit de l'année
derniere .
Ces demandes n'interrompent point le cours
des exécutions militaires qui fe font avec plus de
rigueur que jamais . Elles commencerent le 8 Janvier
dans les Bailliages de Moiffen & d'Ofchutz ,
pour la livraifon de deux mille wifpels , ou quarante-
huit mille boiffeaux de froment à quoi le
Cercle de Milnie eft taxé . On menace de traiter
de même les autres Bailliages , & de condamner.
au double ceux qui n'auront pas fourni leur con
tingent. Plufieurs Cercles , que les événemens de
la guerre affujettiffent également aux ordres des
deux partis ennemis , ont beau repréſenter les
obftacles que ces ordres contradictoires apportent
au fournitures qu'on exige d'eux, on veut qu'elles
AVRIL. 1758. 183
Te faffent à quelque prix que ce foit , à peine d'être
livrés au pillage des Huffards , & pour les Gentilshommes
dont on pourra le faifir , d'être mis dans
la Fortereffe de Magdebourg,
On a exécuté dans cette Ville douze Marchands
Italiens , taxés enfemble à quinze mille écus de
douceurs ( ainfi nomme- t'on cette nouvelle taxe ) ,
pour le premier bataillon des Gardes Pruffiennes.
Mêmes exactions à Drefde , mêmes violences de
la part du Commandant. Propriétaires & Locatai,
res de maiſons , pauvres & riches , tout y eft taxé,
A l'égard des Saxons enrôlés de force , qui ont
déferté des troupes Pruffiennes , le Directoire de
Torgau a enjoint aux Tribunaux de Juftice , fous
les plus féveres menaces , de confifquer tous leurs
biens meubles & immeubles , fans exception , de
les faire vendre à l'encan dans le terme de fix femaines
, & d'en faire porter le prix à la caiffe militaire
des Pruffiens . Le même traitement fera fait
aux Officiers Saxons qui ont paffé au ſervice de
l'Empereur ou de l'Empire. On veut encore forcer
les parens des déferteurs à les repréſenter. Un
paylan du Bailliage de Noffen qu'on avoit arrêté
pour répondre de fon fils qui étoit fugitif , cherchant
à fe fauver lui-même , a été jetté mort fur
le carreau.
On a mis le fcellé fur l'hôtel des Monnoies à
Drefde , & l'on n'en fait pas la raifon, à moins
que les malverfations du JuifEphraïm , qui depuis
La guerre ont été portées à l'excès , ne lui ayent
attiré cette difgrace.
Les Députés des Etats font encore ici . Le premier
payement des fix cens mille écus qu'ils ont
été contraints d'accorder fous le nom fpécieux de
don gratuit , fe fait actuellement avec la plus
grande rigueur. La moindre Terre noble eft taxée
184 MERCURE DE FRANCE.
à mille écus , & les autres à proportion .
Nos Magiftrats font aux arrêts à l'Hôtel de Ville
& gardés par foixante foldats. On permet feulement
aux plus âgés de retourner chez eux le foir ;
les autres font obligés de refter & de coucher fur
des paillaffes. Il y a fur toutes les maiſons & fur
les biens de fonds une nouvelle taxe fixée à deux
pour cent du prix de la derniere acquifition . Les
Locataires font impofés à quatre gros par écu de
tout bail qui excede vingt écus par an. Si l'on
manque d'argent comptant pour fatisfaire à ces
exactions , il faut donner de l'argenterie ou des
marchandiſes ; les Pruffiens s'accommodent de
tout. Indépendamment de ces taxes , chaque Négociant
eft encore obligé de payer féparément
mille ou deux mille écus. Le commerce eft entiérement
fufpendu , & l'on ne permet plus le tranf
port d'aucunes marchandifes. Enfin les foldats
vont de maifon en maifon , & prennent de force
tout ce qu'on ne veut pas leur donner. Drefde
Chemnitz , Naumbourg , Merfebourg , font traités
à peu près de même. On vend aux Juifs à trèsvil
prix les meubles , habits , effets , jufqu'aux lits
mêmes des habitans qui ne font point en état de
payer les taxes.
A Drefde , la cherté des vivres & la mifere des
habitans font à un tel point , qu'un grand nombre
eft réduit à la mendicité. La Princeffe Royale &
à fon exemple , plufieurs perfonnes de diftinction ,
font obligées , pour les faire vivre , de faire diftri
buer une certaine quantité de pain par femaine.
Le Directeur des biens que le Comte de Bruhl
poffede dans la baffe- Luface, a reçu ordre du Com
mandant de Drefde de s'y rendre au plutôt , pour
rendre compte du revenu de ces biens.
Tous les maux dont Léipfick eft accablée
AVRIL 1758 1185
viennent d'être portés à leur comble . Nos Magif
trats ont été forcés de prêter ferment de fidélité
aux Pruffiens. Pour leur arracher ce ferment , on
avoit planté le canon contre l'Hôtel de Ville. Les
Pruffiens ont voulu exiger le même ferment des
Etats de Saxe , mais ces Etats l'ont refufé ; ils ont
même déclaré hautement qu'ils périroient plutôt
que de manquer de fidélité à leur Souverain légitime
, & plufieurs Députés ont difparu . La Terre
du Comte de Loefer , Maréchal héréditaire & Préfident
né des Etats , & celle du Baron de Ponickau
, Miniftre de Saxe à la Diete de l'Empire , ont
été depuis ravagées & détruites comme celles du
Comte & de la Comteffe de Bruhl. Il eft à remarquer
que le fameux partifan Meyer , exécuteur de
ces violences , a été long- temps au fervice de Saxe.
On apprend de Drefde que le Commandant
Pruffien a auffi obligé les Magiftrats de cette Ville
de prêter ferment de fidélité à fon Maître , & que
la même cérémonie va ſe faire dans les autres Villes
& Bailliages de l'Electorat .
Le château de Lavenftein , appartenant au
Comte de Bunau , Chambellan du Roi , a été ra➡
vagé par les Pruffiens , & tous les effets , meubles
beftiaux , &c. ont été tranſportés à Dreſde.
DE VIENNE , le 27 Février.
On ne croit pas que la ſanté du Prince Charles,
qui eft confidérablement altérée par les fatigues
de la derniere campagne , lui permette de commander
l'armée Impériale dans la campagne prochaine.
Ainfi , felon toutes les apparences , le
Feld -Maréchal Comte de Daun fera chargé da
commandement en chef.
L'échange des prifonniers refpectifs faits dans
186 MERCURE DE FRANCE:
la derniere campagne eſt enfin réglé. Les Coma
miffaires Impériaux & ceux du Roi de Pruffe
vont fe rendre pour cet effet à Peterfwalde &
Jagerndorff , & les troupes qui doivent être
échangées font en marche. Il a paffé par ici le 11
douze cens Craates , qui efcortoient huit cens
prifonniers Pruffiens , & le 14 , il a défilé une autre
Colonne de douze cens Croates qui vont en
Boheme.
On forme aux environs de cette Ville un nouveau
corps de Pionniers , & un autre corps deftiné
uniquement à la garde des équipages : ils fe levent
l'un & l'autre avec tout le fuccès poffible.
Les enrollemens conditionnels ont très- bien
réuffi dans cette Capitale , ainfi qu'à Lints , en
Stirie , & dans les autres Etats héréditaires de
Impératrice- Reine.
M. le Comte de Broglie , Ambaſſadeur du Roi
Très- Chrétien auprès du Roi de Pologne , eſt arrivé
de Warfovie , & retourne en France pour rétablir
fa fanté .
Tout ce qu'il y avoit ici d'Officiers Généraux
& autres , ont en ordre de partir fans délai , pour
rejoindre leurs corps. Le Feld-Maréchal Comte
de Daun eft auffi fur fon départ.
Le 23 Février , la glace dont le Danube étoit
couvert , fe rompit fi fubitement & avec une telle
violence , que quatre arches du grand pont furent
emportées.
La marche des troupes qui viennent d'Italie
pour aller renforcer l'armée de Boheme , a été
retardée quelque temps par le débordement de:
l'Adige ; mais on a des avis certains. que la tête de
ces troupes eft arrivée dans le Tirol.
Les ennemis ont été chaffés de Troppau le 18
par le Marquis de Ville , & ils fe font retirés avec
AVRIL. 1758. 187
perte. Le lendemain de la retraite , le régiment
de Stechau , dragons , croyant que les Pruffiens
occupoient encore ce pofte , s'approcha des fauxbourgs
de la Ville . On le fit attaquer par les
Uhlans , par les Huffards de Karoly , & par les
Huffards Carlftadiens , qui le mirent bientôt en
fuite , lui tuerent du monde , & firent prifonniers
le Major Pruffien qui le commandoit , un Capitaine
, Lieutenans , un Enſeigne , & deux cens
foixante Dragons.
DE HAMBOURG , le z Mars.
Ce qui vient de fe paffer à Zerbft caufe un
étonnement général . Un détachement de Huffards
Pruffiens étant revenu dans cette Ville pour enlever
le Marquis de Fraygne , a procédé de cette
maniere. Ils inveftirent d'abord le château , où le
Prince régnant avoit cru devoir mettre le Marquis
à couvert des violences qu'il avoit déja effayées
, & le tinrent bloqué pendant un jour.
L'Officier qui commandoit le détachement fit
enfuite braquer le canon , & fomma le Prince de
lui livrer le Marquis de Fraygne. Après quelques
négociations tentées infructueufement auprès du
Roi de Pruffe & du Prince Henry , le Comman
dant Pruffien déclara , que , file Marquis ne lui
étoit pas remis avant le 24 Février , il auroit recours
aux voies extrêmes. Sur ces difpofitions , le
Marquis de Fraygne , pour empêcher qu'à fon
occalion on n'achevât de violer tous les droits ,
en forçant jufqu'à l'afyle d'un Prince Souverain &
libre, qui n'eft en guerre avec perfonne , prit le
parti de fe remettre volontairement entre les
mains des Pruffiens. Il fut donc conduit fur le
champ à la citadelle de Magdebourg , où il eft
188 MERCURE DE FRANCE.
traité avec autant de rigueur que le plus coupable
fujet pourroit l'être fous l'autorité légitime de fon
Souverain naturel .
Quelques jours après cet événement , la Princeffe
douairiere d'Anhalt - Zerbft , & le Prince ré→
gnant fon fils , le font retirés dans cette Ville
pour fe fouftraire à de nouvelles extrêmités de la
part des Pruffiens.
DU CAMP D'HAMELEN , le 9 Mars.
Les troupes d'Hanovre , de Brunfwick & de
Heffe , auxquelles plufieurs régimens Pruffiens
s'étoient joints , fe mirent en mouvement le 18
du mois dernier , pour attaquer nos quartiers. Un
corps confidérable des ennemis fe porta fur Vehrden
, ce qui obligea M. le Marquis de Saint - Cha-
Maréchal de Camp , commandant alors
dans ce pofte , qui n'eft d'aucune défenſe , de l'évacuer,
& les inondations l'obligerent de ſe replier
fur Brême.
mans ,
Le 23 Février, M le Comte de Chabot- la Serre,
Brigadier des Armées du Roi & Colonel desVolontaires
Royaux , fut vivement attaqué dans Hoya
par des troupes fupérieures aux fiennes. Il avoit
fous fes ordres le rég ment des Gardes Lorraines ,
deux compagnies de Grenadiers , deux Piquets de
Bretagne , & cent Dragons du régiment Meſtre
de Camp Général. Il fit la plus vigoureufe défenfe
, & fe battit de rue en rue : enfin forcé de fe
retirer dans le château , il obtint une capitulation
très-honorable & fortit , ainfi que les troupes
qu'il commandoit , avec tous les honneur de la
guerre. Le régiment des Gardes Lorraines a beaucoup
perdu à cette attaque. M. le Chevalier Mecles
, Lieutenant- Colonel du régiment Mestre de
AVRIL 1758. 189
Camp Général , qui étoit venu volontairement
avec les Dragons , & M de Prade , Aide Major de
ce corps , ont été tués . M. le Chevalier de Lemps ,
Lieutenant-Colonel du régiment de Bretagne
s'eft fort dift.ngué , ainfi que tous les Officiers des
différens corps.
M. le Comte de Chabot ayant fait fçavoir le 24
à M. le Comte de Saint- Germain l'événement de
Hoya , ce Lieutenant géneral jugea qu'il ne pouvoit
plus être d'aucune utilité dans Brême au refte
de l'armée dont il fe trouvoit féparé , & qu'en y
reftant , il couroit rifque d'être coupé tout -à -fait
par l'ennemi ainfi il fit fur le champ fes difpofitions
pour ſe retirer avec fa nombreuſe garnifon.
Il a fait fa retraite dans le meilleur ordre jufqu'à
Ofnabruck , où il a trouvé le régiment de Champagne
, deux régimens de Cavalerie , & le régi
ment Colonel général des Dragons.
;.
M. le Comte de Clermont ayant jugé à propos
de replier fon quartier général pour donner le
temps à tous les corps de fon armée de le joindre ,
ce Prince partit le 28 d'Hanovre dans le plus
grand ordre , & en faifant obferver à les troupes
la plus exacte difcipline. Il a fait diftribuer aux
pauvres les farines qui ne pouvoient fe transporter.
Il avoit donné les ordres pour faire évacuer dès le
26 les Villes de Zell , de Brunſwick , de Wolfenbuttel
, & tous les autres poftes que nos troupes
occupoient. Cette retraite générale n'a pu fe faire
fans perdre les malades qui ne ſe font pas trouvés
en état de fupporter le tranſport , quelques chariots
mal attelés , & beaucoup de provifions ; mais
on a pris de juftes mefures pour empêcher l'ennemi
de profiter de nos magazins.
Le 9 Mars , toute l'armée ſe trouvoit raffemblée
à Hamelen , où M. le Comte de Clermont a établi
190 MERCURE DE FRANCE.
fon quartier général. Depuis ce Prince a donné
ordre de jetter un pont fur le Wefer à Rhintlen ,
affurer la communication avec le corps que pour
commande M. le Comte de Saint- Germain fur la
rive gauche de cette riviere , & pour obferver de
plus près les mouvemens des ennemis fur Munden.
DE PRAGUE , le 3 Mars.
On affure ici que , fuivant le plan d'opérations
concerté à Vienne , l'Impératrice- Reine aura trois
grandes armées qui agiront tout à la fois ; l'une
en Siléfie , fous les ordres du Feld-Maréchal Comte
de Daun ; la deuxieme , commandée par le Feld-
Maréchal Comte de Nadafty , du côté de Troppau
; & la troifieme , dans la Luface , aux ordres
du Feld-Maréchal Bathiani.
Plufieurs lettres ont confirmé l'action particu
liere dont voici le détail. Le 16 Février , un Officier
de nos troupes vint loger à Kaldekerich. II
n'avoit qu'un petit détachement avec lui , & cependant
il fit marquer des logemens pour mille
hommes ; mais il n'exigea pour fa troupe que les
provifions néceffaires , & fit obferver le meilleur
ordre. A peine ce qu'il avoit demandé aux habitans
lui fut délivré , qu'il parut un corps de troupes
ennemies fort fupérieur au fien , dans le deffein
de l'enlever. Le Capitaine n'eut que le temps
de s'emparer du cimetiere , & de s'y retrancher
comme il put . Les Pruffiens voulurent l'y forcer ,
& des deux côtés on ſe fufilla vivement. Après
une demi -heure de combat , ils fommerent l'Officier
de fe rendre. Celui-ci pour toute réponſe
dit, qu'il avoit fait marquer du logement pour
deux Bataillons , & qu'il étoit bien réfolu de tenir
juſqu'à leur arrivée. Le feu recommença fur la
AVRIL. 1758. 191
champ ; mais l'Officier voulant ménager fon
monde , fit demander des conditions. Pendant les
pourparlers qui fufpendirent l'attaque , l'Officier
reconnut une maiſon qui communiquoit au cimetiere.
Il fit fortir par-là fon Lieutenant avec la
moitié de fa troupe. Ce dernier après quelques
détours vint charger les Pruffiens en queue , & le
Capitaine fortant tout-à-coup du cimetiere , força
la tête. Les Pruffiens , qui crurent alors avoir fur
les bras les mille hommes dont on avoit parlé,
furent culbutés , & fe retirerent en défordre , laif
fant fur la place vingt-fept hommes morts , fans
les bleffés qu'ils remmenerent avec eux. Le nom
de ce Capitaine eft Lallieux , & le Lieutenant ſe
aomme Ryff.
DE KONIGSBERG , le 13 Février.
Toute la Pruffe eft actuellement au pouvoir des
troupes Ruffiennes. En entrant fur le territoire
d'Elbing , elles ont pris environ quarante foldats
qui occupoient un petit Fort. La garnifon que le
Général Fermer a laiffée ici eft de fix mille hom-'
mes , infanterie & cavalerie. Les Cofaques de fon
armée obfervent la même difcipline que les troupes
nationales , & font traités en conféquence fur
le pied de troupes régulieres.
On affure qu'avant un mois , l'armée Ruffienne
fera forte au moins de quatre-vingts mille hommes
, & qu'il en marchera la moitié vers la Siléſie .
Le corps du Général Fermer eft en pleine marche
pour fe rendre dans la Poméranie.
•
Konigsberg vient d'être impofée par les Ruffiens
à une contribution de cinquante mille écus. Les
Commiffaires de l'Impératrice font de grands amas
de vivres à Kowno , pour y établir un magazin
capable de faire fubfifter un corps de quarante
mille hommes.
L'armée Ruffienne eft en mouvement pour
s'approcher de la Viftule. Le Major général Stolfen
eft entré le 11 dans Marienwerder avec un
détachement de trois cens hommes.
、
On ne peut qu'admirer la modération des Ruf
182 MERCURE DE FRANCE
fiens dans toute leur conduite à notre égard. Cea
pendant on a toujours lieu de craindre que les
violences exercées en Saxe , ne les forcent enfin
d'en venir à de fâcheufes repréfailles.
DE LEIPSICK , le 25 Février.
Les Etats des Cercles de Saxe font toujours af
femblés ici . Le 16 de Février , M. de Borck ,
Miniftre du Roi de Pruffe , propofa de la part de
fon Maître , aux Députés des Cercles , de remettre
aux Etats l'adminiftration des revenus de l'Electorat
, à condition 1º . de payer au Roi de
Pruffe la fomme de fix millions d'écus , y com
pris le produit des domaines & de l'accife géné
male , ou celle de quatre millions & demi , fans ces
deux branches des revenus ; 2º, de donner encore
en portions & rations la valeur de cent mille écus
par mois , pour l'entretien des troupes Pruffiennes
qui font en Saxe ; 3 °. d'acquitter en outre
exactement ce que cet Electorat redoit de l'année
derniere .
Ces demandes n'interrompent point le cours
des exécutions militaires qui fe font avec plus de
rigueur que jamais . Elles commencerent le 8 Janvier
dans les Bailliages de Moiffen & d'Ofchutz ,
pour la livraifon de deux mille wifpels , ou quarante-
huit mille boiffeaux de froment à quoi le
Cercle de Milnie eft taxé . On menace de traiter
de même les autres Bailliages , & de condamner.
au double ceux qui n'auront pas fourni leur con
tingent. Plufieurs Cercles , que les événemens de
la guerre affujettiffent également aux ordres des
deux partis ennemis , ont beau repréſenter les
obftacles que ces ordres contradictoires apportent
au fournitures qu'on exige d'eux, on veut qu'elles
AVRIL. 1758. 183
Te faffent à quelque prix que ce foit , à peine d'être
livrés au pillage des Huffards , & pour les Gentilshommes
dont on pourra le faifir , d'être mis dans
la Fortereffe de Magdebourg,
On a exécuté dans cette Ville douze Marchands
Italiens , taxés enfemble à quinze mille écus de
douceurs ( ainfi nomme- t'on cette nouvelle taxe ) ,
pour le premier bataillon des Gardes Pruffiennes.
Mêmes exactions à Drefde , mêmes violences de
la part du Commandant. Propriétaires & Locatai,
res de maiſons , pauvres & riches , tout y eft taxé,
A l'égard des Saxons enrôlés de force , qui ont
déferté des troupes Pruffiennes , le Directoire de
Torgau a enjoint aux Tribunaux de Juftice , fous
les plus féveres menaces , de confifquer tous leurs
biens meubles & immeubles , fans exception , de
les faire vendre à l'encan dans le terme de fix femaines
, & d'en faire porter le prix à la caiffe militaire
des Pruffiens . Le même traitement fera fait
aux Officiers Saxons qui ont paffé au ſervice de
l'Empereur ou de l'Empire. On veut encore forcer
les parens des déferteurs à les repréſenter. Un
paylan du Bailliage de Noffen qu'on avoit arrêté
pour répondre de fon fils qui étoit fugitif , cherchant
à fe fauver lui-même , a été jetté mort fur
le carreau.
On a mis le fcellé fur l'hôtel des Monnoies à
Drefde , & l'on n'en fait pas la raifon, à moins
que les malverfations du JuifEphraïm , qui depuis
La guerre ont été portées à l'excès , ne lui ayent
attiré cette difgrace.
Les Députés des Etats font encore ici . Le premier
payement des fix cens mille écus qu'ils ont
été contraints d'accorder fous le nom fpécieux de
don gratuit , fe fait actuellement avec la plus
grande rigueur. La moindre Terre noble eft taxée
184 MERCURE DE FRANCE.
à mille écus , & les autres à proportion .
Nos Magiftrats font aux arrêts à l'Hôtel de Ville
& gardés par foixante foldats. On permet feulement
aux plus âgés de retourner chez eux le foir ;
les autres font obligés de refter & de coucher fur
des paillaffes. Il y a fur toutes les maiſons & fur
les biens de fonds une nouvelle taxe fixée à deux
pour cent du prix de la derniere acquifition . Les
Locataires font impofés à quatre gros par écu de
tout bail qui excede vingt écus par an. Si l'on
manque d'argent comptant pour fatisfaire à ces
exactions , il faut donner de l'argenterie ou des
marchandiſes ; les Pruffiens s'accommodent de
tout. Indépendamment de ces taxes , chaque Négociant
eft encore obligé de payer féparément
mille ou deux mille écus. Le commerce eft entiérement
fufpendu , & l'on ne permet plus le tranf
port d'aucunes marchandifes. Enfin les foldats
vont de maifon en maifon , & prennent de force
tout ce qu'on ne veut pas leur donner. Drefde
Chemnitz , Naumbourg , Merfebourg , font traités
à peu près de même. On vend aux Juifs à trèsvil
prix les meubles , habits , effets , jufqu'aux lits
mêmes des habitans qui ne font point en état de
payer les taxes.
A Drefde , la cherté des vivres & la mifere des
habitans font à un tel point , qu'un grand nombre
eft réduit à la mendicité. La Princeffe Royale &
à fon exemple , plufieurs perfonnes de diftinction ,
font obligées , pour les faire vivre , de faire diftri
buer une certaine quantité de pain par femaine.
Le Directeur des biens que le Comte de Bruhl
poffede dans la baffe- Luface, a reçu ordre du Com
mandant de Drefde de s'y rendre au plutôt , pour
rendre compte du revenu de ces biens.
Tous les maux dont Léipfick eft accablée
AVRIL 1758 1185
viennent d'être portés à leur comble . Nos Magif
trats ont été forcés de prêter ferment de fidélité
aux Pruffiens. Pour leur arracher ce ferment , on
avoit planté le canon contre l'Hôtel de Ville. Les
Pruffiens ont voulu exiger le même ferment des
Etats de Saxe , mais ces Etats l'ont refufé ; ils ont
même déclaré hautement qu'ils périroient plutôt
que de manquer de fidélité à leur Souverain légitime
, & plufieurs Députés ont difparu . La Terre
du Comte de Loefer , Maréchal héréditaire & Préfident
né des Etats , & celle du Baron de Ponickau
, Miniftre de Saxe à la Diete de l'Empire , ont
été depuis ravagées & détruites comme celles du
Comte & de la Comteffe de Bruhl. Il eft à remarquer
que le fameux partifan Meyer , exécuteur de
ces violences , a été long- temps au fervice de Saxe.
On apprend de Drefde que le Commandant
Pruffien a auffi obligé les Magiftrats de cette Ville
de prêter ferment de fidélité à fon Maître , & que
la même cérémonie va ſe faire dans les autres Villes
& Bailliages de l'Electorat .
Le château de Lavenftein , appartenant au
Comte de Bunau , Chambellan du Roi , a été ra➡
vagé par les Pruffiens , & tous les effets , meubles
beftiaux , &c. ont été tranſportés à Dreſde.
DE VIENNE , le 27 Février.
On ne croit pas que la ſanté du Prince Charles,
qui eft confidérablement altérée par les fatigues
de la derniere campagne , lui permette de commander
l'armée Impériale dans la campagne prochaine.
Ainfi , felon toutes les apparences , le
Feld -Maréchal Comte de Daun fera chargé da
commandement en chef.
L'échange des prifonniers refpectifs faits dans
186 MERCURE DE FRANCE:
la derniere campagne eſt enfin réglé. Les Coma
miffaires Impériaux & ceux du Roi de Pruffe
vont fe rendre pour cet effet à Peterfwalde &
Jagerndorff , & les troupes qui doivent être
échangées font en marche. Il a paffé par ici le 11
douze cens Craates , qui efcortoient huit cens
prifonniers Pruffiens , & le 14 , il a défilé une autre
Colonne de douze cens Croates qui vont en
Boheme.
On forme aux environs de cette Ville un nouveau
corps de Pionniers , & un autre corps deftiné
uniquement à la garde des équipages : ils fe levent
l'un & l'autre avec tout le fuccès poffible.
Les enrollemens conditionnels ont très- bien
réuffi dans cette Capitale , ainfi qu'à Lints , en
Stirie , & dans les autres Etats héréditaires de
Impératrice- Reine.
M. le Comte de Broglie , Ambaſſadeur du Roi
Très- Chrétien auprès du Roi de Pologne , eſt arrivé
de Warfovie , & retourne en France pour rétablir
fa fanté .
Tout ce qu'il y avoit ici d'Officiers Généraux
& autres , ont en ordre de partir fans délai , pour
rejoindre leurs corps. Le Feld-Maréchal Comte
de Daun eft auffi fur fon départ.
Le 23 Février , la glace dont le Danube étoit
couvert , fe rompit fi fubitement & avec une telle
violence , que quatre arches du grand pont furent
emportées.
La marche des troupes qui viennent d'Italie
pour aller renforcer l'armée de Boheme , a été
retardée quelque temps par le débordement de:
l'Adige ; mais on a des avis certains. que la tête de
ces troupes eft arrivée dans le Tirol.
Les ennemis ont été chaffés de Troppau le 18
par le Marquis de Ville , & ils fe font retirés avec
AVRIL. 1758. 187
perte. Le lendemain de la retraite , le régiment
de Stechau , dragons , croyant que les Pruffiens
occupoient encore ce pofte , s'approcha des fauxbourgs
de la Ville . On le fit attaquer par les
Uhlans , par les Huffards de Karoly , & par les
Huffards Carlftadiens , qui le mirent bientôt en
fuite , lui tuerent du monde , & firent prifonniers
le Major Pruffien qui le commandoit , un Capitaine
, Lieutenans , un Enſeigne , & deux cens
foixante Dragons.
DE HAMBOURG , le z Mars.
Ce qui vient de fe paffer à Zerbft caufe un
étonnement général . Un détachement de Huffards
Pruffiens étant revenu dans cette Ville pour enlever
le Marquis de Fraygne , a procédé de cette
maniere. Ils inveftirent d'abord le château , où le
Prince régnant avoit cru devoir mettre le Marquis
à couvert des violences qu'il avoit déja effayées
, & le tinrent bloqué pendant un jour.
L'Officier qui commandoit le détachement fit
enfuite braquer le canon , & fomma le Prince de
lui livrer le Marquis de Fraygne. Après quelques
négociations tentées infructueufement auprès du
Roi de Pruffe & du Prince Henry , le Comman
dant Pruffien déclara , que , file Marquis ne lui
étoit pas remis avant le 24 Février , il auroit recours
aux voies extrêmes. Sur ces difpofitions , le
Marquis de Fraygne , pour empêcher qu'à fon
occalion on n'achevât de violer tous les droits ,
en forçant jufqu'à l'afyle d'un Prince Souverain &
libre, qui n'eft en guerre avec perfonne , prit le
parti de fe remettre volontairement entre les
mains des Pruffiens. Il fut donc conduit fur le
champ à la citadelle de Magdebourg , où il eft
188 MERCURE DE FRANCE.
traité avec autant de rigueur que le plus coupable
fujet pourroit l'être fous l'autorité légitime de fon
Souverain naturel .
Quelques jours après cet événement , la Princeffe
douairiere d'Anhalt - Zerbft , & le Prince ré→
gnant fon fils , le font retirés dans cette Ville
pour fe fouftraire à de nouvelles extrêmités de la
part des Pruffiens.
DU CAMP D'HAMELEN , le 9 Mars.
Les troupes d'Hanovre , de Brunfwick & de
Heffe , auxquelles plufieurs régimens Pruffiens
s'étoient joints , fe mirent en mouvement le 18
du mois dernier , pour attaquer nos quartiers. Un
corps confidérable des ennemis fe porta fur Vehrden
, ce qui obligea M. le Marquis de Saint - Cha-
Maréchal de Camp , commandant alors
dans ce pofte , qui n'eft d'aucune défenſe , de l'évacuer,
& les inondations l'obligerent de ſe replier
fur Brême.
mans ,
Le 23 Février, M le Comte de Chabot- la Serre,
Brigadier des Armées du Roi & Colonel desVolontaires
Royaux , fut vivement attaqué dans Hoya
par des troupes fupérieures aux fiennes. Il avoit
fous fes ordres le rég ment des Gardes Lorraines ,
deux compagnies de Grenadiers , deux Piquets de
Bretagne , & cent Dragons du régiment Meſtre
de Camp Général. Il fit la plus vigoureufe défenfe
, & fe battit de rue en rue : enfin forcé de fe
retirer dans le château , il obtint une capitulation
très-honorable & fortit , ainfi que les troupes
qu'il commandoit , avec tous les honneur de la
guerre. Le régiment des Gardes Lorraines a beaucoup
perdu à cette attaque. M. le Chevalier Mecles
, Lieutenant- Colonel du régiment Mestre de
AVRIL 1758. 189
Camp Général , qui étoit venu volontairement
avec les Dragons , & M de Prade , Aide Major de
ce corps , ont été tués . M. le Chevalier de Lemps ,
Lieutenant-Colonel du régiment de Bretagne
s'eft fort dift.ngué , ainfi que tous les Officiers des
différens corps.
M. le Comte de Chabot ayant fait fçavoir le 24
à M. le Comte de Saint- Germain l'événement de
Hoya , ce Lieutenant géneral jugea qu'il ne pouvoit
plus être d'aucune utilité dans Brême au refte
de l'armée dont il fe trouvoit féparé , & qu'en y
reftant , il couroit rifque d'être coupé tout -à -fait
par l'ennemi ainfi il fit fur le champ fes difpofitions
pour ſe retirer avec fa nombreuſe garnifon.
Il a fait fa retraite dans le meilleur ordre jufqu'à
Ofnabruck , où il a trouvé le régiment de Champagne
, deux régimens de Cavalerie , & le régi
ment Colonel général des Dragons.
;.
M. le Comte de Clermont ayant jugé à propos
de replier fon quartier général pour donner le
temps à tous les corps de fon armée de le joindre ,
ce Prince partit le 28 d'Hanovre dans le plus
grand ordre , & en faifant obferver à les troupes
la plus exacte difcipline. Il a fait diftribuer aux
pauvres les farines qui ne pouvoient fe transporter.
Il avoit donné les ordres pour faire évacuer dès le
26 les Villes de Zell , de Brunſwick , de Wolfenbuttel
, & tous les autres poftes que nos troupes
occupoient. Cette retraite générale n'a pu fe faire
fans perdre les malades qui ne ſe font pas trouvés
en état de fupporter le tranſport , quelques chariots
mal attelés , & beaucoup de provifions ; mais
on a pris de juftes mefures pour empêcher l'ennemi
de profiter de nos magazins.
Le 9 Mars , toute l'armée ſe trouvoit raffemblée
à Hamelen , où M. le Comte de Clermont a établi
190 MERCURE DE FRANCE.
fon quartier général. Depuis ce Prince a donné
ordre de jetter un pont fur le Wefer à Rhintlen ,
affurer la communication avec le corps que pour
commande M. le Comte de Saint- Germain fur la
rive gauche de cette riviere , & pour obferver de
plus près les mouvemens des ennemis fur Munden.
DE PRAGUE , le 3 Mars.
On affure ici que , fuivant le plan d'opérations
concerté à Vienne , l'Impératrice- Reine aura trois
grandes armées qui agiront tout à la fois ; l'une
en Siléfie , fous les ordres du Feld-Maréchal Comte
de Daun ; la deuxieme , commandée par le Feld-
Maréchal Comte de Nadafty , du côté de Troppau
; & la troifieme , dans la Luface , aux ordres
du Feld-Maréchal Bathiani.
Plufieurs lettres ont confirmé l'action particu
liere dont voici le détail. Le 16 Février , un Officier
de nos troupes vint loger à Kaldekerich. II
n'avoit qu'un petit détachement avec lui , & cependant
il fit marquer des logemens pour mille
hommes ; mais il n'exigea pour fa troupe que les
provifions néceffaires , & fit obferver le meilleur
ordre. A peine ce qu'il avoit demandé aux habitans
lui fut délivré , qu'il parut un corps de troupes
ennemies fort fupérieur au fien , dans le deffein
de l'enlever. Le Capitaine n'eut que le temps
de s'emparer du cimetiere , & de s'y retrancher
comme il put . Les Pruffiens voulurent l'y forcer ,
& des deux côtés on ſe fufilla vivement. Après
une demi -heure de combat , ils fommerent l'Officier
de fe rendre. Celui-ci pour toute réponſe
dit, qu'il avoit fait marquer du logement pour
deux Bataillons , & qu'il étoit bien réfolu de tenir
juſqu'à leur arrivée. Le feu recommença fur la
AVRIL. 1758. 191
champ ; mais l'Officier voulant ménager fon
monde , fit demander des conditions. Pendant les
pourparlers qui fufpendirent l'attaque , l'Officier
reconnut une maiſon qui communiquoit au cimetiere.
Il fit fortir par-là fon Lieutenant avec la
moitié de fa troupe. Ce dernier après quelques
détours vint charger les Pruffiens en queue , & le
Capitaine fortant tout-à-coup du cimetiere , força
la tête. Les Pruffiens , qui crurent alors avoir fur
les bras les mille hommes dont on avoit parlé,
furent culbutés , & fe retirerent en défordre , laif
fant fur la place vingt-fept hommes morts , fans
les bleffés qu'ils remmenerent avec eux. Le nom
de ce Capitaine eft Lallieux , & le Lieutenant ſe
aomme Ryff.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En février 1758, l'Allemagne est sous contrôle des troupes russes. À Königsberg, les Russes ont capturé environ quarante soldats et laissé une garnison de six mille hommes. Les Cosaques montrent une discipline comparable aux troupes nationales. Les Russes prévoient d'augmenter leur armée à quatre-vingt mille hommes, dont la moitié se dirigera vers la Silésie. Le général Fermer se dirige vers la Poméranie. Königsberg a été imposée d'une contribution de cinquante mille écus. Les commissaires de l'impératrice stockent des vivres à Kowno pour soutenir une armée de quarante mille hommes. Les Russes avancent vers la Vistule, et le major général Stolfen a pris Marienwerder avec trois cents hommes. À Leipzig, les États des Cercles de Saxe sont réunis. Le ministre du roi de Prusse, M. de Borck, propose de remettre l'administration des revenus de l'Électorat aux États en échange de paiements et de fournitures pour les troupes prussiennes. Les exécutions militaires continuent avec rigueur, notamment dans les bailliages de Moissen et d'Oschutz, où des contingents de blé sont exigés. Les Cercles saxons, soumis aux ordres des deux partis ennemis, doivent fournir des approvisionnements sous peine de pillage. Douze marchands italiens ont été exécutés à Dresde pour non-paiement de taxes. Les biens des déserteurs saxons sont confisqués, et leurs familles menacées. Le commerce est suspendu, et les troupes prussiennes prennent de force ce qui n'est pas donné. À Vienne, la santé du prince Charles est altérée, et le comte de Daun devrait commander l'armée impériale. L'échange des prisonniers est réglé, et de nouvelles troupes sont levées. Le comte de Broglie retourne en France pour raisons de santé. Les ennemis ont été chassés de Troppau par le marquis de Ville. À Hambourg, un détachement prussien a enlevé le marquis de Fraygne à Zerbst, malgré les protestations du prince régnant. La princesse douairière et le prince régnant se sont retirés pour éviter de nouvelles extrémités. À Hamelen, les troupes hanovriennes, brunswickoises et hessoises, rejointes par des régiments prussiens, ont attaqué les quartiers français. Le comte de Chabot a obtenu une capitulation honorable à Hoya après une vigoureuse défense. En février 1758, un officier français, séparé de son armée à Brême, se retire avec sa garnison jusqu'à Osnabrück pour éviter d'être coupé par l'ennemi. Le Comte de Clermont replie son quartier général pour permettre à toutes les troupes de le rejoindre, partant d'Hanovre le 28 avec discipline et en distribuant des farines aux pauvres. Il ordonne l'évacuation de plusieurs villes et postes occupés par les troupes françaises. Cette retraite entraîne la perte de malades, de chariots mal attelés et de provisions, mais des mesures sont prises pour protéger les magasins. Le 9 mars, l'armée se rassemble à Hamelin, où le Comte de Clermont établit son quartier général. Il ordonne la construction d'un pont sur la Weser à Rinteln pour assurer la communication avec les troupes commandées par le Comte de Saint-Germain. En Bohême, selon un plan d'opérations concerté à Vienne, l'Impératrice-Reine doit diriger trois grandes armées en Silésie, en Moravie et en Lusace. Le 16 février, un officier français avec un petit détachement se retranche dans un cimetière face à un corps de troupes ennemies supérieur. Après une demi-heure de combat, l'officier négocie des conditions et parvient à surprendre les Prussiens en les attaquant de deux côtés. Les Prussiens sont repoussés, laissant 27 morts sur le champ de bataille. Les noms des officiers français impliqués sont le Capitaine Lallieux et le Lieutenant Ryff.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9510
p. *191-191
ESPAGNE.
Début :
Le 31 de Décembre, vers les six heures du matin, cette Ville a encore ressenti [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Bruits, Secousses violentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 10 Janvier.
Le 31 de Décembre , vers les fix heures da
matin , cette Ville a encore reffenti un nouveau
tremblement de terre dont la fecouffe a duré
trenté ou trente-deux ſecondes. Elle étoit accompagnée
d'un bruit fouterrein . C'eft la plus violente
qu'on ait effuyée depuis celle du premier Novem
bre 1755 ; mais elle n'a point cauſé de dommage.
DE LISBONNE , le 10 Janvier.
Le 31 de Décembre , vers les fix heures da
matin , cette Ville a encore reffenti un nouveau
tremblement de terre dont la fecouffe a duré
trenté ou trente-deux ſecondes. Elle étoit accompagnée
d'un bruit fouterrein . C'eft la plus violente
qu'on ait effuyée depuis celle du premier Novem
bre 1755 ; mais elle n'a point cauſé de dommage.
Fermer
9511
p. 191-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
M. Bernard de Boulinvilliers prêta serment entre les mains du Roi [...]
Mots clefs :
Serment, Ordonnance du roi, Nominations, Démissions, Marquis, Officiers, Recrues, Lieutenants, Comtes, Chevalier, Maréchal, Commémorations, Cérémonies, Messes, Église, Navires anglais, Vaisseaux, Capitaines, Corsaires, Marchandises, Saint-Domingue, Tonneaux, Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
M. Bernard de Boulinvilliers prêta ferment entre
les maine du Roi pour la charge de Provôt ,
192 MERCURE DE FRANCE .
Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal & Mili
taire de S. Louis , dont il a été revêtu fur la démiffion
de M. de Lamoignon.
Par une Ordonnance du Roi rendue le premier
Février , les Volontaires du Dauphiné vont être
confidérablement augmentés. Ce corps qui étoit
de cent vingt hommes , en fix Compagnies de
vingt hommes chacune , dont cinq d'Infanterie &
une de Dragons , fera porté à quatre cens vinge
hommes en fix Compagnies , chacune de foixantedix
hommes , dont quarante d'Infanterie & trente
de Dragons. Il aura dorénavant le titre de Régi
ment des Volontaires du Dauphiné.
M. le Marquis de Paulniy ayant obtenu du Roi
la permiffion de fe démettre de la charge de Secretaire
d'Etat au département de la Guerre , Sa
Majefté a nommé M. le Maréchal de Belle- Ifle
pour le remplacer.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Mailly en
faveur de M, le Marquis de Talaru , & de celui de
Talaru en faveur de M. le Duc de Mazarin.
M. le Marquis de Pons a obtenu du Roi l'agrément
de Colonel en fecond du Régiment de Dragons
d'Orléans .
Le 7 Mars , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Rég ment des Gardes Françoiles , &
de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Kégimens ,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame Infante , Madame , &
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , affifterent
à cette revue.
Par une Ordonnance du Roi du 20 Février dernier
, il eft enjoint aux Officiers des troupes des
armées du Roi en Allemagne ; qui fe font rendus
,en France fur des paffeports , pour y travailler
aux
AVRIL. 1758. 193
aux recres de leurs corps , de s'acheminer dans le
courant de ce mois , des lieux où ils font aux quar
tiers généraux à portée de la frontiere affignés à
chaque corps pour y raffembler fes recrues , &
d'y être rendus au premier Avril prochain au plus
tard. Veut Sa Majeſté , 1 ° . Que lesdites recrues ,
ainfi que les chevaux de remonte des régimens de
Cavalerie , de Huffards , de Dragons & de Troupes
légeres , foient conduits par lefdits Officiers
abfens , & que ceux qui pour cet effet ne ſe trou→
veront pas rendus auxdits quartiers au premier
Avril , foient punis & privés en outre de leurs appointemens
, pour tout le temps de leur abfence s
2°. Les Officiers qui auront joint leur corps avec
lefdites recrues dans le mois d'Avril ou dans les
premiers jours de Mai , fuivant l'éloignement
defdits corps , feront employés préfens dans les
revues qui feront faites par les Commiffaires des
Guerres , & y feront rappellés pour être payés du
temps de leur abfence , grace dont feront privés
ceux qui n'auront pas joint ; 3 ° . Si quelques- uns
defdies Officiers abfens s'étoient mis en route
pour rejoindre leurs corps , & y arrivoient avant le
temps ci -deffus marqué , ils feront auffi rappellés
dans lefdites revues , pour les mois précédens de
leur abſence.
Le Roi a fait Maréchaux de France M. le Comte
de Bercheny, Lieutenant général , & M. le Comte
de Conflans , Vice Amiral.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la 23 , 24 & 250
fois.
Les Lieutenans Généraux nommés par le Roi
pour fervir pendant la préfente campagne dans
l'armée commandée par M. le Comte de Clermont
, font MM. le Marquis de Villemeur , le
Duc de Randan , le Marquis de Contades , le
1.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE. NO
>
Comté de Mortaigne , le Marquis d'Armentieres →
les Ducs de Briffac & de Chevreufe , les Marquis
d'Anlezy , de Morangies & de Sourches le
Comte de Fitz- James , le Chevalier de Nicolai
le Duc de Fitz- James , le fieur de Chevert , le
Comte de Noailles , le Duc de Broglie , le Chevalier
de May , le Comte de Lorges , le Duc de Lauraguais
, les Comtes d'Andlau & de Guerchy , le
Duc d'Havrey , le Marquis de Saint- Pern , le
Comte de Saint Germain & le Marquis de Valiere.
Les Maréchaux de Camp font , MM. les Marquis
de Crillon & de Torcy , le Chevalier du Châtelet¸
le Marquis de Poyanne , le Comte de Montmo
tency, le Chevalier de Fontenay , les Comtes de
Vogué & d'Orlick , les fieurs de Planta , Caftella
& Boccard , le Comte de Lutzelbourg , les Mar
quis d'Auvet , d'Efcars , de Dreux & des Salles
les Comtes de Champignelles & de Raugrave , le
fieur de Beaufobre , les Comtes de Vence & de
Bergeyck , le Marquis de Voyer , le Chevalier de
la Touche , les Marquis de Laval & de Monteynard
, le Prince de Beauveau , le Comte de la Gui◄
the , le Chevalier de Pons , les Marquis de Maupeou
& de Béthune , le Comte de Ségur , les Marquis
de Leyde , de Roquépine , de Monty , de
Traifnel , & le Comte d'Egmont.
Le Roi, par Edit de ce mois , enregistré au Partement
, a créé dix nouvelles charges de Payeurs ,
& autant de Contrôleurs des Rentes fur PHôtel
de Ville de Paris . La finance de chacune des pre
mieres eft de trois cens einquante mille livres , &
celle de chaque charge de Contrôleur , de quatre
vingt-dix mille livres.
On mande de Toulouſe , que le feu prit le 21
Février à huit heures du foir en certe Ville , au
quartier des Pénitens noirs , que l'incendie a duré
jufqu'au matin du jour fuivant , qu'il a confumé
J
AVRIL. 1758. 195
huit maiſons , avec une grande quantité de meubles;
mais qu'heureufement il n'a péri perfonne.
Le Janvier , les Pénitens Blancs, de Montpellier
ont célébré l'Anniverſaire de la fondation
qu'ils ont établie par délibération du 6 février
1757 , pour la confervation des jours facrés du
Roi. Cette délibération fut exécutée pour la premiere
fois le 11 février de la même année avec
tant de ferveur , que le produit des offrandes pro
cura la liberté de deux Prifonniers. C'eft fans
doute à cette preuve d'amour & de fidélité , que
cette Compagnie eft redevable de la permiffion
qu'elle obtint au mois de mars fuivant , d'avoir un
Suiffe à la grande livrée du Roi.
•
E
Ce fut le 4 janvier de cette année , que la cloche
à l'heure de midi annonça l'anniverſaire de
cette folemnité. On pofa les armoiries du Roi
avec banderolles fur le portail de la Chapelles
les Freres s'affemblerent au Choeur à trois heures.
Un de Meffieurs les Syndics crut ne pouvoir choi
fir un temps plus propre pour faire part de la let→
tre de M. le Comte de Saint Florentin , par la
quelle ce Miniftre veut bien honorer cette Com
pagnie de fon aggrégation . Les freres déja affectés
par l'objet qui les raffembloit , furent péné
trés de la plus vive reconnoiffance , & le TeDeum
fut chanté en actions de graces : on chanta enfuite
les premieres vêpres de la Trinité avec folemnité
à l'iffue des vêpres la cloche fonna jufqu'à l'entrée
de la nuit.
Le lendemain , les freres artifans s'abftinrent
de toutes oeuvres ferviles , chaque frere voulant
prendre dans fon état & dans fa profeffion des momens
f précieux pour fatisfaire fon inclination
pour
le meilleur des Rois .
Le Saint Sacrement fut expofé às heures du
Dalij C
196 MERCURE DE FRANCE.
matin avec la permiffion de M. l'Evêque de Mont
pellier qui a bien voulu concourir au zele & à la
fidélité des Pénitens par fon approbation ; on célébra
fans ceffe des Meffes depuis l'heure de cinq
heures jufqu'à 10 , auxquelles affifta un concours de
peuple & d'ames fidelles qui y firent leur dévotion
avec une édification qui exprimoir leurs ſentimens
, les freres s'affemblerent à 8 heures pour
chanter l'office de la Trinité ; l'augufte affemblée
des Etats de la Province de Languedoc fe forma à
onze heures,à la maiſon de l'Oratoire, en habit de
cérémonies , fuivant la délibération du 3, pour af
fifter à la grande-Meffe des Pénitens Blancs , après
en avoir été invités par les députés de cette compagnie;
M, l'ancien Prieur en l'absence de M. le Prieur
en charge fut à l'Oratoire avec une députation pour
complimenter l'affemblée des Etats en la perfonne
de M. l'Archevêque de Narbonne , & pour leur diftribuer
des exemplaires de la délibération du 6 février
1757. Les Etats en corps furent enfuite à la
Chapelle des Pénitens , & M. l'ancien Prieur eut
l'honneur de leur préfenter l'eau bénite , Mrs. les
Commiffaires du Roi qui avoient été également
invités par les Pénitens , fe rendirent enfuite à
ladite Chapelle en habit de cérémonie , & M. l'ancien
Prieur eut l'honneur de leur préfenter l'eau
bénite , & de les complimenter en la perfonne de
M. le Maréchal Comte de Thomont , Comman
dant en Chef dans la Province ,
La grande Meffe fut célébrée par M. l'Evêque
de Montpellier , affifté des dignités de fon Chapitre
, & fut chantée par la mufique des Etats , la
piété & la modeftie des freres lors de l'offrande au
nombre de près de 300 , & le recueillement de
ceux qui communierent , mériterent les éloges
de l'affemblée , ainfi que le bon ordre dans une
Chapelle d'une très- petite étendue. Les perfonnes
AVRIL. 1758. 197
en place & de la premiere diftinction qui n'avoient
pu être placées dans l'Eglife , occupoient
les tribunes ; la décoration de cette Chapelle en
bois peint , doré & en tableau , ne permirent pas
d'autre décoration : l'autel fut fimplement , mais
noblement décoré fuivant l'ufage de cette compagnie
, par 12 cierges à la Parifienne de 10 pieds
de hauteur , portés par des grands & magnifiques
chandeliers d'argent. A la fin de la Meffe , les
freres chanterent en faux bourdon l'Exaudiat, pendanr
lequel on tira un nombre de boîtes , afin
d'inviter les Citoyens à unir leurs voeux aux chants
& prieres des Pénitens. Mrs. les Commiffaires du
Roi furent accompagnés jufqu'à la porte de l'Eglife
, par les députés de la Compagnie , ainfi que
l'affemblée des Etats ; le Saint Sacrement fut toujours
exposé à la piété des fideles : les freres fe
releverent de demi-heures en demi heures, pour y
faire ftation : les vêpres étant chantées à 3 heures
avec la même folemnité , la bénédiction fur
donnée par M. d'Ufés , M. l'Evêque de Montpellier
s'en étant exempté fur la fatigue du matin.
M. l'Archevêque de Narbonne fatisfait d'un établiffement
fi conforme à fes fentimens , a bien
voulu honorer cette Compagnie de fon aggrégation
après avoir célébré là Meffe de Communauté
le jour des Rois , & n'a pu refufer aux empreffemens
de Mrs, les Pénitens pénétrés de l'honneur
qu'ils avoient reçu la veille par la préſence des
Etats , de leur permettre d'aggréger cette augufte
affemblée dans la participation de leurs prieres &
bonnes oeuvres , ce qui a été approuvé par accla
mation , par délibération des Etats dudit jour du
même mois.
Tel a été l'événement , & telles font les fuites
honorables d'une cérémonie qui , renouvellée cha
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
que année, tranfmettra à la poftérité , que le regne
de Louis le bien aimé fut pour cette compagnie
un temps de ferveur. Le ciel fera propice à fes
voeux en multipliant les jours facrés de Louis le
bien-aimé , & cette compagnie fe glorifiera toujours
d'avoir la priorité parmi les différens établi
femens faits dans la même intention.
Nous apprenons de Marfeille , que le Capitaine
Chin , commandant la Barque le Saint- Esprit ,
& venant du Cap François , ayant rencontré le
janvier , dans le Golfe de Verre , près de Carthagene,
la Tartane du Patron Jean- Baptifte d'Agde
dont les Anglois s'étoient emparé , il l'a reprife
& renvoyée dans ce port , où elle eft arrivée le
26. Le même a appris à Alicante , où il a touché ,
que l'Eſcadre du fieur de la Clue s'eft emparé en
route de dix Navires Anglois.
Les Navires Anglois Alouette , chargé de
chanvre & de lin , la Rofe , de Stockton , ayant
ane cargaifon compofée de différentes marchandifes
, & le Bateau les Trois Soeurs , allant à Londres
avec des morues fraîches , ont été pris par le
Corfaire le Moiffonneur de Dunkerque.
Le Capitaine Antoine Vaffe , commandant l'A
wenturier , autre Corfaire de Dunkerque , s'eft
emparé des Navires Anglois le May , de Leith &
le Frederic , de Londres. Cette derniere prife ,
qui alloit de Peterſbourg à Corck , avec un chargement
de chanvre & de fer , a été conduite en
Norwege.
Les Corfaires le Machault & le Comte de Saint-
Germain , de Dunkerque ; y ont conduit les Na
vires Anglois le Succès , & le Marchand , de Stoc
kholm , l'Elifabeth , l'Anne & le Marchand , d'E
dimbourg , & le Marchand , de Rotterdam. Ces
fix bâtimens font chargés de charbon de terre,
AVRIL. 1758, 199
1 eft encore arrivé à Dunkerque un Brigantin
Anglois appellé la Jeanne & Marguerite , done
la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
, & qui a été pris par le Corfaire le Comte
Ayen , de Boulogne,
Les Navires Anglois le Franchip , de Corck ;
chargé de fruit & de fel , & le Javan , chargé
d'indigo , de fucre , de café & de bois de Campeche
, ont été pris par les Corfaires le Mefnil &
la Nymphe , de Granville . Le Javan a été conduit
dans ce dernier port ; l'autre prife eft arrivée à
Morlaix.
Le Capitaine Defvalons- Macé, commandant le
Corfaire l'Helene , de Saint-Malo , y a conduit le
Navire Anglois la Parfaite Union , de 360 tonneaux
, venant de Rhode- Inland , & allant à Londres,
avec une cargaifon d'indigo , de café , de
bois de campeche , de gayac , d'huile de baleine
, & d'autres marchandifes, Cette prife eft eftimée
plus de trois cens mille livres,
Le fieur de Gouyen , commandant le Corfaire
la Ducheffe de Fitz- James , de Saint - Malo , s'eft
renda maître d'un Corfaire de Jerzey , armé de
8 canons & de 40 hommes d'équipage , qui eft ar
rivé à Cherbourg.
Le Groignard , autre Corfaire de Saint- Malo ,
a conduit dans le même port de Cherbourg un
Brigantin Anglois de 200 tonneaux , chargé de
charbon de terre.
Le Navire François le Polly , chargé de fucre
& de café , a été enlevé par le Corfaire le Moras ,
de Saint-Malo , à un Corfaire de Briſtol , qui s'en
étoit,emparé,
On mande de Saint-Jean- de-Luz , qu'il y eft
arrivé un Navire Anglois appellé la Priory , de
Pool, qui a pour chargement 930 quintaux de
1 iv
200 MERCURE DE FRANCE.
morues , & 28 demi-barriques d'huile de poiffon:
Ce Bâtiment a été pris par le Corfaire la Baſquaife
, de ce port.
Les Capitaines Rondemy & Jean Olive , com
mandans , l'un le Corfaire le Roi Gaſpard , de
Marſeille , l'autre la Barque la Marie Diligente ,
de Martigue , armée en guerre & en marchandi
fes , fe font rendus maîtres , le premier , du Corfaire
Anglois le Osborne , armé de 80 hommes
d'équipage , le fecond , du Senaw l'Anne Betine ,
chargé de chanvre & de graine de lin.
:
Par les lettres venues de Saint- Domingue , on
apprend que les Corfaires de cette ifle y ont conduit
foixante-deux Navires Anglois qui font fa
Goëlette , le Jean- de- Nancy ; an Bateau Hollandois
repris fur les Anglois ; le Bateau , la Fleur
de la mer; le Brigantin , le Severn ; le Bateau ',
le Guilleaume ; le Brigantin , le Poli ; un Corfaire
repris fur les Anglois ; le Brigantin , l'Elifan
beth ; le Corfaire , les Deux Freres ; la Goëlette ,
la Jeanne ; le Bateau , le Diamant ; le Brigan
tin , la Marie-Marthe ; la Goëlette , la Fortune ;
la Goëlette , la Charmante- Folie ; la Goëlette
te Roi Georges ; le Corfaire , la Revanche ; le Cor
faire , le George ; le Corfaire , la Tarte ; la Goë-
Jette , le Loup , avec un Bateau ; le Bateau , la
Marie-Jofeph ; le Navire , le Munety ; le Bateau- ,
Ja Charmante- Bedfy ; le Bateau , PAmitié ; le
Brigantin , le Roi Georges ; le Senaw , le Derfor ;
de Bateau , les Deux-Freres ; le Brigantin , l'Afritain
; la Goëlette , la Norwege ; le Brigantin ,
ta Suzanne ; la Goëlette , le Ringeard ; le Sela
Rebecca ; le Brigantin , du même nom ;
le Bateau , le Diamant ; le Senaw , le Grandifon
le Bateau , le Guillaume ; le Brigantin , le Jean
de Greenoeck ; la Goëlette , Lancop de Lencefter
t
naw ,
"
AVRIL 1758. 201
Je François ; le Brigantin , le Dauphin ; la Goëlette
, l'Anne; le Navire , le Cigne ; une Barque
repriſe fur les Anglois ; le Bateau , l'Hirondelle ;
le Bateau , le Thomas ; le Bateau , la Bonite ; le
Bateau , l'Efther; le Brigantin ; l'Ame ; le Prince-
Sauvage , Navire Negrier , de Bristol ; le Pa→
quebot , le Duc de Falmouth ; le Navire , le Sucès
; la Goëlette , la Pauline ; le Senaw , la Syrene;
le Navire , le Tanger ; le Senaw , le Succès
; le Navire , l'Ifabelle- Marie ; le Bateau , le
Thomas ; la Goëlette , le Saint Etienne ; le Bateau ,
le Dauphin & le Hardewichele Brigantin , l'Hi
Tondelle ; le Senaw , l'Unifé ; le Brigantia , PA
mable-Jeanne ; le Bateau , la Bonne- Aventure.
Tous ces Bâtimens avoient des cargaiſons confi
dérables , à l'exception des Corfaires.
Le fieur Canon , commandant la Frégate dis
Roi la Valeur , s'eft rendu maître du Corfaire
Anglois le Vernon , de Londres , armé de 12 canons
, 16 pierriers , & 43 hommes d'équipage ,
il l'a conduit à Dunkerque.
La Revanche , Corfaire de Dunkerque , commandé
par le Capitaine Monnier , s'eft emparé de
la Frégate Angloife la Van- Anna , de 200 tonneaux
, chargée de coton , d'huile d'olive , de raifins
& de bled. Cette prife a été conduite à Diep
pe. Le même Corfaire a rançonné pour 750 gui .
aées les Navires Anglois l'Anfon le William
dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais > a pris&
conduit dans ce port le Navire Anglois le Hellen ,
de Montroſe , ayant pour chargement 182 bar
ils de faumon.
Le Sloop Anglois la Providence , chargé de
grains , a été pris par le Corfaire le Villemur , de
Dieppe , qui l'a conduit au Havre.
I w
202 MERCURE DE FRANCE:
"
Il eft arrivé à Dieppe un Navire Anglois , dont
le Corfaire la Marquise de Leede , de Boulogne ,
s'eft emparé , & qui n'a pour chargement que des
pierres de taille plattes.
On apprend par des lettres écrites de Saint-Malo
, que le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de ce port , y a
conduit deux prifes : l'une eft le Navire Anglois le
Fantyn , de 220 tonneaux , chargé d'environ 200
boucauts de fucre , de 7 boucauts de café , de
gingembre , de bois de Campeche & de dents
d'Eléphant l'autre eft le Corfaire le Prince
Edouard , de Grenezey , ( ci- devant la Sauterelle
, de Breft , ) armé de 14 canons , & de 80 hommes
d'équipage.
Le Bateau le Georges , de Jerzey , chargé de
balots de bas , a été pris par le Corſaire l'Eclair
de Saint Malo , qui l'a fait conduire à Cherbourg.
Le Corfaire le Samfon , de Bayonne , s'eft rea-
'du maître du Corfaire le Keirke , de Grenezey ,
armé de 10 canons , 12 pierriers , & 45 hommes
d'équipage.
On mande du paffage qu'il y eft arrivé un Navire
Anglois qui a été pris par le Corfaire le La
bour , de Saint-Jean-de-Luz , & dont la cargai
fon confifte en 401. boucauts de fucre , 150 barriques
de vin de Madere , & autres marchandiſes.
Les Vaiffeaux la Compagnie des Indes & le Duc
de Bethune , venant des Indes Orientales richement
chargés , l'un en marchandiſes de la Chine
Pautre en marchandifes de la côte de Coromandel
& de Bengale , font arrivés au port de l'Orient
en. Bretagne les 10 & 12 de ce mois .
Le Vaiffeau la Compagnie des Indes , aux átté-
#ages des côtes de Bretagne , a été atteint par un
Corfaire Anglois de 14 canons , contre lequel il
AVRIL. 1758. 203
eft battu pendant plufieurs heures ; fa bonne contenance
a fait lâcher prife à ce Corfaire.
Le Vaiffeau le Duc de Bethune, a auffi été attaqué
à la hauteur de 40 degrés de latitude Nord ,
par un Corfaire Anglois de 30 canons de 10livres
de balle , & nonobftant la foibleffe de ce Vailfeau
, qui n'étoit monté que de 16 canons , il a
forcé le Corfaire Anglois de l'abandonner . Le
fieur Sainromain , qui le commandoit , a été bleffé
au bras de deux coups de feu , & il a eu huit hom
mes de fon équipage tués & plufieurs bleflés.
La Compagnie à reçu , par le Vaiffeau le Duc
de Béthune , la nouvelle de l'arrivée de plufieursde
fes vaiffeaux à Pondichery , où ils ont remis
les munitions & les fecours dont cette place pouvoit
avoir befoin.
écrit de Marfeille que le Capitaine Gaffin
de Martigues , de cette Ville , commandant le
Brigantin le Fameux , a fait dans les différentes
croifieres douze prifes qu'il a conduites à Cadix ,
à l'exception d'une feule qui lui a été enlevée.
M. Bernard de Boulinvilliers prêta ferment entre
les maine du Roi pour la charge de Provôt ,
192 MERCURE DE FRANCE .
Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal & Mili
taire de S. Louis , dont il a été revêtu fur la démiffion
de M. de Lamoignon.
Par une Ordonnance du Roi rendue le premier
Février , les Volontaires du Dauphiné vont être
confidérablement augmentés. Ce corps qui étoit
de cent vingt hommes , en fix Compagnies de
vingt hommes chacune , dont cinq d'Infanterie &
une de Dragons , fera porté à quatre cens vinge
hommes en fix Compagnies , chacune de foixantedix
hommes , dont quarante d'Infanterie & trente
de Dragons. Il aura dorénavant le titre de Régi
ment des Volontaires du Dauphiné.
M. le Marquis de Paulniy ayant obtenu du Roi
la permiffion de fe démettre de la charge de Secretaire
d'Etat au département de la Guerre , Sa
Majefté a nommé M. le Maréchal de Belle- Ifle
pour le remplacer.
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Mailly en
faveur de M, le Marquis de Talaru , & de celui de
Talaru en faveur de M. le Duc de Mazarin.
M. le Marquis de Pons a obtenu du Roi l'agrément
de Colonel en fecond du Régiment de Dragons
d'Orléans .
Le 7 Mars , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Rég ment des Gardes Françoiles , &
de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Kégimens ,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame Infante , Madame , &
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , affifterent
à cette revue.
Par une Ordonnance du Roi du 20 Février dernier
, il eft enjoint aux Officiers des troupes des
armées du Roi en Allemagne ; qui fe font rendus
,en France fur des paffeports , pour y travailler
aux
AVRIL. 1758. 193
aux recres de leurs corps , de s'acheminer dans le
courant de ce mois , des lieux où ils font aux quar
tiers généraux à portée de la frontiere affignés à
chaque corps pour y raffembler fes recrues , &
d'y être rendus au premier Avril prochain au plus
tard. Veut Sa Majeſté , 1 ° . Que lesdites recrues ,
ainfi que les chevaux de remonte des régimens de
Cavalerie , de Huffards , de Dragons & de Troupes
légeres , foient conduits par lefdits Officiers
abfens , & que ceux qui pour cet effet ne ſe trou→
veront pas rendus auxdits quartiers au premier
Avril , foient punis & privés en outre de leurs appointemens
, pour tout le temps de leur abfence s
2°. Les Officiers qui auront joint leur corps avec
lefdites recrues dans le mois d'Avril ou dans les
premiers jours de Mai , fuivant l'éloignement
defdits corps , feront employés préfens dans les
revues qui feront faites par les Commiffaires des
Guerres , & y feront rappellés pour être payés du
temps de leur abfence , grace dont feront privés
ceux qui n'auront pas joint ; 3 ° . Si quelques- uns
defdies Officiers abfens s'étoient mis en route
pour rejoindre leurs corps , & y arrivoient avant le
temps ci -deffus marqué , ils feront auffi rappellés
dans lefdites revues , pour les mois précédens de
leur abſence.
Le Roi a fait Maréchaux de France M. le Comte
de Bercheny, Lieutenant général , & M. le Comte
de Conflans , Vice Amiral.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la 23 , 24 & 250
fois.
Les Lieutenans Généraux nommés par le Roi
pour fervir pendant la préfente campagne dans
l'armée commandée par M. le Comte de Clermont
, font MM. le Marquis de Villemeur , le
Duc de Randan , le Marquis de Contades , le
1.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE. NO
>
Comté de Mortaigne , le Marquis d'Armentieres →
les Ducs de Briffac & de Chevreufe , les Marquis
d'Anlezy , de Morangies & de Sourches le
Comte de Fitz- James , le Chevalier de Nicolai
le Duc de Fitz- James , le fieur de Chevert , le
Comte de Noailles , le Duc de Broglie , le Chevalier
de May , le Comte de Lorges , le Duc de Lauraguais
, les Comtes d'Andlau & de Guerchy , le
Duc d'Havrey , le Marquis de Saint- Pern , le
Comte de Saint Germain & le Marquis de Valiere.
Les Maréchaux de Camp font , MM. les Marquis
de Crillon & de Torcy , le Chevalier du Châtelet¸
le Marquis de Poyanne , le Comte de Montmo
tency, le Chevalier de Fontenay , les Comtes de
Vogué & d'Orlick , les fieurs de Planta , Caftella
& Boccard , le Comte de Lutzelbourg , les Mar
quis d'Auvet , d'Efcars , de Dreux & des Salles
les Comtes de Champignelles & de Raugrave , le
fieur de Beaufobre , les Comtes de Vence & de
Bergeyck , le Marquis de Voyer , le Chevalier de
la Touche , les Marquis de Laval & de Monteynard
, le Prince de Beauveau , le Comte de la Gui◄
the , le Chevalier de Pons , les Marquis de Maupeou
& de Béthune , le Comte de Ségur , les Marquis
de Leyde , de Roquépine , de Monty , de
Traifnel , & le Comte d'Egmont.
Le Roi, par Edit de ce mois , enregistré au Partement
, a créé dix nouvelles charges de Payeurs ,
& autant de Contrôleurs des Rentes fur PHôtel
de Ville de Paris . La finance de chacune des pre
mieres eft de trois cens einquante mille livres , &
celle de chaque charge de Contrôleur , de quatre
vingt-dix mille livres.
On mande de Toulouſe , que le feu prit le 21
Février à huit heures du foir en certe Ville , au
quartier des Pénitens noirs , que l'incendie a duré
jufqu'au matin du jour fuivant , qu'il a confumé
J
AVRIL. 1758. 195
huit maiſons , avec une grande quantité de meubles;
mais qu'heureufement il n'a péri perfonne.
Le Janvier , les Pénitens Blancs, de Montpellier
ont célébré l'Anniverſaire de la fondation
qu'ils ont établie par délibération du 6 février
1757 , pour la confervation des jours facrés du
Roi. Cette délibération fut exécutée pour la premiere
fois le 11 février de la même année avec
tant de ferveur , que le produit des offrandes pro
cura la liberté de deux Prifonniers. C'eft fans
doute à cette preuve d'amour & de fidélité , que
cette Compagnie eft redevable de la permiffion
qu'elle obtint au mois de mars fuivant , d'avoir un
Suiffe à la grande livrée du Roi.
•
E
Ce fut le 4 janvier de cette année , que la cloche
à l'heure de midi annonça l'anniverſaire de
cette folemnité. On pofa les armoiries du Roi
avec banderolles fur le portail de la Chapelles
les Freres s'affemblerent au Choeur à trois heures.
Un de Meffieurs les Syndics crut ne pouvoir choi
fir un temps plus propre pour faire part de la let→
tre de M. le Comte de Saint Florentin , par la
quelle ce Miniftre veut bien honorer cette Com
pagnie de fon aggrégation . Les freres déja affectés
par l'objet qui les raffembloit , furent péné
trés de la plus vive reconnoiffance , & le TeDeum
fut chanté en actions de graces : on chanta enfuite
les premieres vêpres de la Trinité avec folemnité
à l'iffue des vêpres la cloche fonna jufqu'à l'entrée
de la nuit.
Le lendemain , les freres artifans s'abftinrent
de toutes oeuvres ferviles , chaque frere voulant
prendre dans fon état & dans fa profeffion des momens
f précieux pour fatisfaire fon inclination
pour
le meilleur des Rois .
Le Saint Sacrement fut expofé às heures du
Dalij C
196 MERCURE DE FRANCE.
matin avec la permiffion de M. l'Evêque de Mont
pellier qui a bien voulu concourir au zele & à la
fidélité des Pénitens par fon approbation ; on célébra
fans ceffe des Meffes depuis l'heure de cinq
heures jufqu'à 10 , auxquelles affifta un concours de
peuple & d'ames fidelles qui y firent leur dévotion
avec une édification qui exprimoir leurs ſentimens
, les freres s'affemblerent à 8 heures pour
chanter l'office de la Trinité ; l'augufte affemblée
des Etats de la Province de Languedoc fe forma à
onze heures,à la maiſon de l'Oratoire, en habit de
cérémonies , fuivant la délibération du 3, pour af
fifter à la grande-Meffe des Pénitens Blancs , après
en avoir été invités par les députés de cette compagnie;
M, l'ancien Prieur en l'absence de M. le Prieur
en charge fut à l'Oratoire avec une députation pour
complimenter l'affemblée des Etats en la perfonne
de M. l'Archevêque de Narbonne , & pour leur diftribuer
des exemplaires de la délibération du 6 février
1757. Les Etats en corps furent enfuite à la
Chapelle des Pénitens , & M. l'ancien Prieur eut
l'honneur de leur préfenter l'eau bénite , Mrs. les
Commiffaires du Roi qui avoient été également
invités par les Pénitens , fe rendirent enfuite à
ladite Chapelle en habit de cérémonie , & M. l'ancien
Prieur eut l'honneur de leur préfenter l'eau
bénite , & de les complimenter en la perfonne de
M. le Maréchal Comte de Thomont , Comman
dant en Chef dans la Province ,
La grande Meffe fut célébrée par M. l'Evêque
de Montpellier , affifté des dignités de fon Chapitre
, & fut chantée par la mufique des Etats , la
piété & la modeftie des freres lors de l'offrande au
nombre de près de 300 , & le recueillement de
ceux qui communierent , mériterent les éloges
de l'affemblée , ainfi que le bon ordre dans une
Chapelle d'une très- petite étendue. Les perfonnes
AVRIL. 1758. 197
en place & de la premiere diftinction qui n'avoient
pu être placées dans l'Eglife , occupoient
les tribunes ; la décoration de cette Chapelle en
bois peint , doré & en tableau , ne permirent pas
d'autre décoration : l'autel fut fimplement , mais
noblement décoré fuivant l'ufage de cette compagnie
, par 12 cierges à la Parifienne de 10 pieds
de hauteur , portés par des grands & magnifiques
chandeliers d'argent. A la fin de la Meffe , les
freres chanterent en faux bourdon l'Exaudiat, pendanr
lequel on tira un nombre de boîtes , afin
d'inviter les Citoyens à unir leurs voeux aux chants
& prieres des Pénitens. Mrs. les Commiffaires du
Roi furent accompagnés jufqu'à la porte de l'Eglife
, par les députés de la Compagnie , ainfi que
l'affemblée des Etats ; le Saint Sacrement fut toujours
exposé à la piété des fideles : les freres fe
releverent de demi-heures en demi heures, pour y
faire ftation : les vêpres étant chantées à 3 heures
avec la même folemnité , la bénédiction fur
donnée par M. d'Ufés , M. l'Evêque de Montpellier
s'en étant exempté fur la fatigue du matin.
M. l'Archevêque de Narbonne fatisfait d'un établiffement
fi conforme à fes fentimens , a bien
voulu honorer cette Compagnie de fon aggrégation
après avoir célébré là Meffe de Communauté
le jour des Rois , & n'a pu refufer aux empreffemens
de Mrs, les Pénitens pénétrés de l'honneur
qu'ils avoient reçu la veille par la préſence des
Etats , de leur permettre d'aggréger cette augufte
affemblée dans la participation de leurs prieres &
bonnes oeuvres , ce qui a été approuvé par accla
mation , par délibération des Etats dudit jour du
même mois.
Tel a été l'événement , & telles font les fuites
honorables d'une cérémonie qui , renouvellée cha
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
que année, tranfmettra à la poftérité , que le regne
de Louis le bien aimé fut pour cette compagnie
un temps de ferveur. Le ciel fera propice à fes
voeux en multipliant les jours facrés de Louis le
bien-aimé , & cette compagnie fe glorifiera toujours
d'avoir la priorité parmi les différens établi
femens faits dans la même intention.
Nous apprenons de Marfeille , que le Capitaine
Chin , commandant la Barque le Saint- Esprit ,
& venant du Cap François , ayant rencontré le
janvier , dans le Golfe de Verre , près de Carthagene,
la Tartane du Patron Jean- Baptifte d'Agde
dont les Anglois s'étoient emparé , il l'a reprife
& renvoyée dans ce port , où elle eft arrivée le
26. Le même a appris à Alicante , où il a touché ,
que l'Eſcadre du fieur de la Clue s'eft emparé en
route de dix Navires Anglois.
Les Navires Anglois Alouette , chargé de
chanvre & de lin , la Rofe , de Stockton , ayant
ane cargaifon compofée de différentes marchandifes
, & le Bateau les Trois Soeurs , allant à Londres
avec des morues fraîches , ont été pris par le
Corfaire le Moiffonneur de Dunkerque.
Le Capitaine Antoine Vaffe , commandant l'A
wenturier , autre Corfaire de Dunkerque , s'eft
emparé des Navires Anglois le May , de Leith &
le Frederic , de Londres. Cette derniere prife ,
qui alloit de Peterſbourg à Corck , avec un chargement
de chanvre & de fer , a été conduite en
Norwege.
Les Corfaires le Machault & le Comte de Saint-
Germain , de Dunkerque ; y ont conduit les Na
vires Anglois le Succès , & le Marchand , de Stoc
kholm , l'Elifabeth , l'Anne & le Marchand , d'E
dimbourg , & le Marchand , de Rotterdam. Ces
fix bâtimens font chargés de charbon de terre,
AVRIL. 1758, 199
1 eft encore arrivé à Dunkerque un Brigantin
Anglois appellé la Jeanne & Marguerite , done
la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
, & qui a été pris par le Corfaire le Comte
Ayen , de Boulogne,
Les Navires Anglois le Franchip , de Corck ;
chargé de fruit & de fel , & le Javan , chargé
d'indigo , de fucre , de café & de bois de Campeche
, ont été pris par les Corfaires le Mefnil &
la Nymphe , de Granville . Le Javan a été conduit
dans ce dernier port ; l'autre prife eft arrivée à
Morlaix.
Le Capitaine Defvalons- Macé, commandant le
Corfaire l'Helene , de Saint-Malo , y a conduit le
Navire Anglois la Parfaite Union , de 360 tonneaux
, venant de Rhode- Inland , & allant à Londres,
avec une cargaifon d'indigo , de café , de
bois de campeche , de gayac , d'huile de baleine
, & d'autres marchandifes, Cette prife eft eftimée
plus de trois cens mille livres,
Le fieur de Gouyen , commandant le Corfaire
la Ducheffe de Fitz- James , de Saint - Malo , s'eft
renda maître d'un Corfaire de Jerzey , armé de
8 canons & de 40 hommes d'équipage , qui eft ar
rivé à Cherbourg.
Le Groignard , autre Corfaire de Saint- Malo ,
a conduit dans le même port de Cherbourg un
Brigantin Anglois de 200 tonneaux , chargé de
charbon de terre.
Le Navire François le Polly , chargé de fucre
& de café , a été enlevé par le Corfaire le Moras ,
de Saint-Malo , à un Corfaire de Briſtol , qui s'en
étoit,emparé,
On mande de Saint-Jean- de-Luz , qu'il y eft
arrivé un Navire Anglois appellé la Priory , de
Pool, qui a pour chargement 930 quintaux de
1 iv
200 MERCURE DE FRANCE.
morues , & 28 demi-barriques d'huile de poiffon:
Ce Bâtiment a été pris par le Corfaire la Baſquaife
, de ce port.
Les Capitaines Rondemy & Jean Olive , com
mandans , l'un le Corfaire le Roi Gaſpard , de
Marſeille , l'autre la Barque la Marie Diligente ,
de Martigue , armée en guerre & en marchandi
fes , fe font rendus maîtres , le premier , du Corfaire
Anglois le Osborne , armé de 80 hommes
d'équipage , le fecond , du Senaw l'Anne Betine ,
chargé de chanvre & de graine de lin.
:
Par les lettres venues de Saint- Domingue , on
apprend que les Corfaires de cette ifle y ont conduit
foixante-deux Navires Anglois qui font fa
Goëlette , le Jean- de- Nancy ; an Bateau Hollandois
repris fur les Anglois ; le Bateau , la Fleur
de la mer; le Brigantin , le Severn ; le Bateau ',
le Guilleaume ; le Brigantin , le Poli ; un Corfaire
repris fur les Anglois ; le Brigantin , l'Elifan
beth ; le Corfaire , les Deux Freres ; la Goëlette ,
la Jeanne ; le Bateau , le Diamant ; le Brigan
tin , la Marie-Marthe ; la Goëlette , la Fortune ;
la Goëlette , la Charmante- Folie ; la Goëlette
te Roi Georges ; le Corfaire , la Revanche ; le Cor
faire , le George ; le Corfaire , la Tarte ; la Goë-
Jette , le Loup , avec un Bateau ; le Bateau , la
Marie-Jofeph ; le Navire , le Munety ; le Bateau- ,
Ja Charmante- Bedfy ; le Bateau , PAmitié ; le
Brigantin , le Roi Georges ; le Senaw , le Derfor ;
de Bateau , les Deux-Freres ; le Brigantin , l'Afritain
; la Goëlette , la Norwege ; le Brigantin ,
ta Suzanne ; la Goëlette , le Ringeard ; le Sela
Rebecca ; le Brigantin , du même nom ;
le Bateau , le Diamant ; le Senaw , le Grandifon
le Bateau , le Guillaume ; le Brigantin , le Jean
de Greenoeck ; la Goëlette , Lancop de Lencefter
t
naw ,
"
AVRIL 1758. 201
Je François ; le Brigantin , le Dauphin ; la Goëlette
, l'Anne; le Navire , le Cigne ; une Barque
repriſe fur les Anglois ; le Bateau , l'Hirondelle ;
le Bateau , le Thomas ; le Bateau , la Bonite ; le
Bateau , l'Efther; le Brigantin ; l'Ame ; le Prince-
Sauvage , Navire Negrier , de Bristol ; le Pa→
quebot , le Duc de Falmouth ; le Navire , le Sucès
; la Goëlette , la Pauline ; le Senaw , la Syrene;
le Navire , le Tanger ; le Senaw , le Succès
; le Navire , l'Ifabelle- Marie ; le Bateau , le
Thomas ; la Goëlette , le Saint Etienne ; le Bateau ,
le Dauphin & le Hardewichele Brigantin , l'Hi
Tondelle ; le Senaw , l'Unifé ; le Brigantia , PA
mable-Jeanne ; le Bateau , la Bonne- Aventure.
Tous ces Bâtimens avoient des cargaiſons confi
dérables , à l'exception des Corfaires.
Le fieur Canon , commandant la Frégate dis
Roi la Valeur , s'eft rendu maître du Corfaire
Anglois le Vernon , de Londres , armé de 12 canons
, 16 pierriers , & 43 hommes d'équipage ,
il l'a conduit à Dunkerque.
La Revanche , Corfaire de Dunkerque , commandé
par le Capitaine Monnier , s'eft emparé de
la Frégate Angloife la Van- Anna , de 200 tonneaux
, chargée de coton , d'huile d'olive , de raifins
& de bled. Cette prife a été conduite à Diep
pe. Le même Corfaire a rançonné pour 750 gui .
aées les Navires Anglois l'Anfon le William
dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire l'Emerillon , de Calais > a pris&
conduit dans ce port le Navire Anglois le Hellen ,
de Montroſe , ayant pour chargement 182 bar
ils de faumon.
Le Sloop Anglois la Providence , chargé de
grains , a été pris par le Corfaire le Villemur , de
Dieppe , qui l'a conduit au Havre.
I w
202 MERCURE DE FRANCE:
"
Il eft arrivé à Dieppe un Navire Anglois , dont
le Corfaire la Marquise de Leede , de Boulogne ,
s'eft emparé , & qui n'a pour chargement que des
pierres de taille plattes.
On apprend par des lettres écrites de Saint-Malo
, que le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de ce port , y a
conduit deux prifes : l'une eft le Navire Anglois le
Fantyn , de 220 tonneaux , chargé d'environ 200
boucauts de fucre , de 7 boucauts de café , de
gingembre , de bois de Campeche & de dents
d'Eléphant l'autre eft le Corfaire le Prince
Edouard , de Grenezey , ( ci- devant la Sauterelle
, de Breft , ) armé de 14 canons , & de 80 hommes
d'équipage.
Le Bateau le Georges , de Jerzey , chargé de
balots de bas , a été pris par le Corſaire l'Eclair
de Saint Malo , qui l'a fait conduire à Cherbourg.
Le Corfaire le Samfon , de Bayonne , s'eft rea-
'du maître du Corfaire le Keirke , de Grenezey ,
armé de 10 canons , 12 pierriers , & 45 hommes
d'équipage.
On mande du paffage qu'il y eft arrivé un Navire
Anglois qui a été pris par le Corfaire le La
bour , de Saint-Jean-de-Luz , & dont la cargai
fon confifte en 401. boucauts de fucre , 150 barriques
de vin de Madere , & autres marchandiſes.
Les Vaiffeaux la Compagnie des Indes & le Duc
de Bethune , venant des Indes Orientales richement
chargés , l'un en marchandiſes de la Chine
Pautre en marchandifes de la côte de Coromandel
& de Bengale , font arrivés au port de l'Orient
en. Bretagne les 10 & 12 de ce mois .
Le Vaiffeau la Compagnie des Indes , aux átté-
#ages des côtes de Bretagne , a été atteint par un
Corfaire Anglois de 14 canons , contre lequel il
AVRIL. 1758. 203
eft battu pendant plufieurs heures ; fa bonne contenance
a fait lâcher prife à ce Corfaire.
Le Vaiffeau le Duc de Bethune, a auffi été attaqué
à la hauteur de 40 degrés de latitude Nord ,
par un Corfaire Anglois de 30 canons de 10livres
de balle , & nonobftant la foibleffe de ce Vailfeau
, qui n'étoit monté que de 16 canons , il a
forcé le Corfaire Anglois de l'abandonner . Le
fieur Sainromain , qui le commandoit , a été bleffé
au bras de deux coups de feu , & il a eu huit hom
mes de fon équipage tués & plufieurs bleflés.
La Compagnie à reçu , par le Vaiffeau le Duc
de Béthune , la nouvelle de l'arrivée de plufieursde
fes vaiffeaux à Pondichery , où ils ont remis
les munitions & les fecours dont cette place pouvoit
avoir befoin.
écrit de Marfeille que le Capitaine Gaffin
de Martigues , de cette Ville , commandant le
Brigantin le Fameux , a fait dans les différentes
croifieres douze prifes qu'il a conduites à Cadix ,
à l'exception d'une feule qui lui a été enlevée.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs événements et nominations ont marqué la cour de France. Bernard de Boulinvilliers a été nommé Provôt et Maître des Cérémonies de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Une ordonnance royale du 1er février a augmenté les Volontaires du Dauphiné, portant leur effectif à quatre cent vingt hommes répartis en six compagnies. Le Marquis de Paulmy a démissionné de sa charge de Secrétaire d'État à la Guerre, remplacé par le Maréchal de Belle-Isle. Le Roi a réorganisé plusieurs régiments, nommant le Marquis de Talaru et le Duc de Mazarin à des postes clés. Le Marquis de Pons a obtenu l'agrément de Colonel en second du Régiment de Dragons d'Orléans. Le 7 mars, le Roi a passé en revue les régiments des Gardes Françaises et des Gardes Suisses en présence de la famille royale. Une ordonnance du 20 février a ordonné aux officiers des troupes en Allemagne de rejoindre leurs quartiers pour rassembler les recrues. Le Roi a nommé les Comtes de Bercheny et de Conflans Maréchaux de France, ainsi que plusieurs Lieutenants Généraux et Maréchaux de camp pour la campagne militaire. Par un édit, le Roi a créé dix nouvelles charges de Payeurs et de Contrôleurs des Rentes à l'Hôtel de Ville de Paris. À Toulouse, un incendie a détruit huit maisons sans faire de victimes. À Montpellier, les Pénitents Blancs ont célébré l'anniversaire de la fondation de leur compagnie, marquée par des cérémonies religieuses et la présence des États de la Province de Languedoc. En avril 1758, des corsaires français ont capturé plusieurs navires anglais et hollandais. Parmi les prises notables, on trouve un corsaire de Jersey armé de 8 canons et 40 hommes d'équipage à Cherbourg, un brigantin anglais de 200 tonneaux chargé de charbon, et divers autres navires chargés de marchandises variées comme du sucre, du café, des morues, et de l'huile de poisson. Les corsaires français ont également repris plusieurs navires anglais et hollandais qui avaient été capturés par les Anglais. À Saint-Domingue, les corsaires ont conduit soixante-deux navires anglais, principalement des goélettes et des brigantins. Des frégates et des corsaires français ont également pris des navires anglais dans divers ports comme Dunkerque, Dieppe, et Le Havre. Les vaisseaux de la Compagnie des Indes, le Duc de Béthune et un autre vaisseau, ont résisté avec succès à des attaques de corsaires anglais malgré leur infériorité en armement. Le Duc de Béthune a également apporté des nouvelles de l'arrivée de plusieurs vaisseaux à Pondichéry. Enfin, le capitaine Gaffin de Martigues a réalisé douze prises avec son brigantin le Fameux, les conduisant principalement à Cadix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9512
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près de Nemours, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Évêque, Abbé, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près
de Nemours , Ordre de Citeaux , Diocefe de Sens,
la Dame de Barbançon - Nantouillet , Religieufe
de l'Abbaye de Fontaine , Diocefe de Meaux , & à
P'Abbaye de Saint Paul , Ordre de Saint Benoît ,
Diocefe de Soiffons , la Dame de Margeret , Religieufe
Bernardine de l'Abbaye du Pont - aux-
Dames , Ordre de Citeaux ; à l'Archevêché de
Eyon , M. P'Evêque d'Autun ; àl'Abbaye de Trois-
Fontaines, Ordre de Câteaux , Diocefe de Châlonsfur-
Marne , M. l'Abbé Comte de Bernis , Miniftre
L vj
204 MERCURE DE FRANCE.
& Secretaire d'Etat , ayant le département des
Affaires Etrangeres , & Commandeur nommé de
1'Ordre du S. Efprit ; à l'Abbaye féculiere d'Aifnay
, Dioceſe & Ville de Lyon , M. l'Abbé de
Jarente , Tréforier du Chapitre de Saint Victor
de Marſeille , & Vicaire Général du même Diocefe
; au Prieuré de Renty , Ordre de S. Benoît
Diocefe de Boulogne , à M. Belletrufe , Prêtre di
Diocefe de Digne
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près
de Nemours , Ordre de Citeaux , Diocefe de Sens,
la Dame de Barbançon - Nantouillet , Religieufe
de l'Abbaye de Fontaine , Diocefe de Meaux , & à
P'Abbaye de Saint Paul , Ordre de Saint Benoît ,
Diocefe de Soiffons , la Dame de Margeret , Religieufe
Bernardine de l'Abbaye du Pont - aux-
Dames , Ordre de Citeaux ; à l'Archevêché de
Eyon , M. P'Evêque d'Autun ; àl'Abbaye de Trois-
Fontaines, Ordre de Câteaux , Diocefe de Châlonsfur-
Marne , M. l'Abbé Comte de Bernis , Miniftre
L vj
204 MERCURE DE FRANCE.
& Secretaire d'Etat , ayant le département des
Affaires Etrangeres , & Commandeur nommé de
1'Ordre du S. Efprit ; à l'Abbaye féculiere d'Aifnay
, Dioceſe & Ville de Lyon , M. l'Abbé de
Jarente , Tréforier du Chapitre de Saint Victor
de Marſeille , & Vicaire Général du même Diocefe
; au Prieuré de Renty , Ordre de S. Benoît
Diocefe de Boulogne , à M. Belletrufe , Prêtre di
Diocefe de Digne
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a nommé la Dame de Barbançon-Nantouillet à l'Abbaye de la Joye, la Dame de Margeret à l'Abbaye de Saint Paul, et M. l'Évêque d'Autun à l'Archevêché d'Eyon. M. l'Abbé Comte de Bernis a été nommé à l'Abbaye de Trois-Fontaines, M. l'Abbé de Jarente à l'Abbaye d'Aisnay, et M. Belletrusse au Prieuré de Renty.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9513
p. 204-206
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod de la Reyniere, Fermier [...]
Mots clefs :
Morts, Mariage, Abbé, Seigneur, Dame, Cardinal, Brigadier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS.
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod
E
de la Reyniere , Fermier général , & l'un des Adminiftrateurs
des Poftes & relais de France, époufas
Mademoiſelle Sufanne- Françoife- Elifabeth de Jarente
d'Orgeval , fille de Meffire Alexandre - Bal
thafar de Jarente - de Senas , Baron de Luce , Lacroixhaute
, Marquis d'Orgeval , & de Dame Elifabeth
de Rambault - de Saint- Maurice.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée par
M. l'Evêque d'Orléans dans l'Eglife de Panthe--
mont..
Meffire N. Donadieu , Grand- Vicaire d'Alais ,,
Prieur Commendataire des Prieurés de Renty ,.
Diocefe de Boulogne - fur - Mer , & de Tournac
Ordre de Cluny , Dioceſe d'Alais , mourut à Uſezz
le 30-Janvier dans fa foixante - troiſieme année .
Meffire N. de Vanolles , Abbé Commendatairede
l'Abbaye royale de Reffons , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Rouen , eft mort à Rheims le
8 Février âgé de $ 8 ans.
Meffire Alexandre- Hector de Gouvernet , Sei
gneur de Vexclaufe , eft mort à Bagnols , Diocese
AVRIL. 1758. 20 $
PUfez , le 10 Février dernier , âgé de quatrevingt-
feize ans.
Dame Marie - Françoile de Gelas Leberon
époufe de Meffire Marc- Antoine de Levis- Cou
fan , Baron de Lugny , ancien Capitaine aux Gardes
, eft morte le 17 Février dans la cinquanteunieme
année de fon âge.
Meffire Pierre Guerin-de Tencin , Cardinal de
Ja Sainte Eglife Romaine , Archevêque de Lyon
& Proviſeur de Sorbonne , Miniftre d'Etat , Abbé
des Abbayes de Vezelay , Dioceſe d'Autun , de
Trois Fontaines , Ordre de Cîteaux , Diocefe de
Châlons-fur-Marne ; d'Aiſnay , Diocefe de Lyon,.
& d'Abondance en Savoye , eft mort en fon Palais
Archiepifcopal le 2 Mars , dans la quatre - vingt--
quatrieme année de fon âge. Le Cardinal de Tencin
avoit été nommé à l'Archevêché d'Embrun en
1724 , & à celui de Lyon en 1740 ( 1 ) .
Meffire Guy de Durfort , Duc de Lorge , Comte
& Baron de Quintin , Vicomte de Pommerit , eft
décédé à Chaillot le 3 Mars , âgé de foixantequinze
ans.
( 1 ) Il s'eft gliſſé une erreur aſſez conſidérable dans
la Gazette de France du 11 de ce mois , p . 128 , par
rapport à l'âge de M. le Cardinal de Tencin. Ily
eft dit qu'il avoit 84 ans. Cela eft fautif, puifque ce
Cardinal étoit né en 1679 , le 22 du mois d'Août .
Ainfi il étoit âgé de 77 ans , fix mois & plufieurs
jours . C'est ce que l'on a appris d'une perfonne qui a
approché de très-près M. le Cardinal , & qui nous a
affaré le tenir de lui - même. Il eft à propos de relever
auffi une faute moins importante de l'Almanach
Royal ( p. 46 ) , où l'on a fait ce Cardinal pluss
jenne d'un an qu'il n'étoit , en marquant la date de
La nailance au 23 Août de l'année 1680.
a
206 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Louis-George , Comte de Clermont-
Gallerande , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , premier Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orléans , eft mort le même jour en cette
Ville , âgé de foixante-quatorze ans .
Meffire Bernard Drohin- de Valenceau , Brigadier
des Armées du Roi , ancien Lieutenant - Colonel
du Régiment de l'Artillerie & du Génie , &
Commandant d'un Bataillon de fon nom , eſt décédé
le 4 Mars à Avalon en Bourgogne , âgé de
quatre-vingt- treize ans & deux mois. Il avoit
cinquante-neuf ans de fervice , & il étoit retiré
depuis le premier Mars 1744-
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod
E
de la Reyniere , Fermier général , & l'un des Adminiftrateurs
des Poftes & relais de France, époufas
Mademoiſelle Sufanne- Françoife- Elifabeth de Jarente
d'Orgeval , fille de Meffire Alexandre - Bal
thafar de Jarente - de Senas , Baron de Luce , Lacroixhaute
, Marquis d'Orgeval , & de Dame Elifabeth
de Rambault - de Saint- Maurice.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée par
M. l'Evêque d'Orléans dans l'Eglife de Panthe--
mont..
Meffire N. Donadieu , Grand- Vicaire d'Alais ,,
Prieur Commendataire des Prieurés de Renty ,.
Diocefe de Boulogne - fur - Mer , & de Tournac
Ordre de Cluny , Dioceſe d'Alais , mourut à Uſezz
le 30-Janvier dans fa foixante - troiſieme année .
Meffire N. de Vanolles , Abbé Commendatairede
l'Abbaye royale de Reffons , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Rouen , eft mort à Rheims le
8 Février âgé de $ 8 ans.
Meffire Alexandre- Hector de Gouvernet , Sei
gneur de Vexclaufe , eft mort à Bagnols , Diocese
AVRIL. 1758. 20 $
PUfez , le 10 Février dernier , âgé de quatrevingt-
feize ans.
Dame Marie - Françoile de Gelas Leberon
époufe de Meffire Marc- Antoine de Levis- Cou
fan , Baron de Lugny , ancien Capitaine aux Gardes
, eft morte le 17 Février dans la cinquanteunieme
année de fon âge.
Meffire Pierre Guerin-de Tencin , Cardinal de
Ja Sainte Eglife Romaine , Archevêque de Lyon
& Proviſeur de Sorbonne , Miniftre d'Etat , Abbé
des Abbayes de Vezelay , Dioceſe d'Autun , de
Trois Fontaines , Ordre de Cîteaux , Diocefe de
Châlons-fur-Marne ; d'Aiſnay , Diocefe de Lyon,.
& d'Abondance en Savoye , eft mort en fon Palais
Archiepifcopal le 2 Mars , dans la quatre - vingt--
quatrieme année de fon âge. Le Cardinal de Tencin
avoit été nommé à l'Archevêché d'Embrun en
1724 , & à celui de Lyon en 1740 ( 1 ) .
Meffire Guy de Durfort , Duc de Lorge , Comte
& Baron de Quintin , Vicomte de Pommerit , eft
décédé à Chaillot le 3 Mars , âgé de foixantequinze
ans.
( 1 ) Il s'eft gliſſé une erreur aſſez conſidérable dans
la Gazette de France du 11 de ce mois , p . 128 , par
rapport à l'âge de M. le Cardinal de Tencin. Ily
eft dit qu'il avoit 84 ans. Cela eft fautif, puifque ce
Cardinal étoit né en 1679 , le 22 du mois d'Août .
Ainfi il étoit âgé de 77 ans , fix mois & plufieurs
jours . C'est ce que l'on a appris d'une perfonne qui a
approché de très-près M. le Cardinal , & qui nous a
affaré le tenir de lui - même. Il eft à propos de relever
auffi une faute moins importante de l'Almanach
Royal ( p. 46 ) , où l'on a fait ce Cardinal pluss
jenne d'un an qu'il n'étoit , en marquant la date de
La nailance au 23 Août de l'année 1680.
a
206 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Louis-George , Comte de Clermont-
Gallerande , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , premier Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orléans , eft mort le même jour en cette
Ville , âgé de foixante-quatorze ans .
Meffire Bernard Drohin- de Valenceau , Brigadier
des Armées du Roi , ancien Lieutenant - Colonel
du Régiment de l'Artillerie & du Génie , &
Commandant d'un Bataillon de fon nom , eſt décédé
le 4 Mars à Avalon en Bourgogne , âgé de
quatre-vingt- treize ans & deux mois. Il avoit
cinquante-neuf ans de fervice , & il étoit retiré
depuis le premier Mars 1744-
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORTS.
Le 1er février, Laurent Grimod de la Reynière, Fermier général et administrateur des Postes et relais de France, a épousé Suzanne-Françoise-Élisabeth de Jarente d'Orgeval, fille du Baron de Luce et Marquis d'Orgeval. La cérémonie a eu lieu en l'église de Pantin, avec la bénédiction de l'Évêque d'Orléans. Plusieurs décès notables ont été enregistrés : N. Donadieu, Grand-Vicaire d'Alais, est mort à Usezz le 30 janvier à 63 ans. N. de Vanolles, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale de Reffons, est décédé à Reims le 8 février à 88 ans. Alexandre-Hector de Gouvernet, Seigneur de Vexclaufe, est mort à Bagnols le 10 février à 84 ans. Marie-Françoise de Gelas Leberon, épouse du Baron de Lugny, est décédée le 17 février à 51 ans. Pierre Guerin de Tencin, Cardinal et Archevêque de Lyon, est mort le 2 mars à 77 ans. Guy de Durfort, Duc de Lorge, et Louis-George, Comte de Clermont-Gallerande, Maréchal des Camps et Armées du Roi, sont décédés le 3 mars respectivement à 75 et 74 ans. Bernard Drohin de Valenceau, Brigadier des Armées du Roi, est mort le 4 mars à Avalon en Bourgogne à 83 ans et 2 mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9514
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Brindamour, de la Compagnie de Sinety, est entré le 24 Novembre, [...]
Mots clefs :
Malades, Soldats, Santé, Guérison, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Dixieme traitement depuis fon établiſſement.
Le nommé Brindamour , de la Compagnie de
Sinety , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri.
E
Le nommé Saint- Antoine , de la Compagnie de
Gauville , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri..
Le nommé la Fayeur , Compagnie de Ratilly
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Lépine , Compagnie de Poudenx ,
eft entré le premier Décembre , & eft forti le
3Janvier parfaitement guéri.
AVRTE. 1758.
207
Le nommé Beaudevin , Compagnie de Guer ,
eft entré le premier Décembre, & eft forti le 3:
Janvier parfaitement guéri.
Le nominé Lapierre , Compagnie des Defpiez ,.
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Comtois, Compagnie de la Ferriere ,.
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Cuify , Compagnie de Chevalier ,
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Alphonfe , de la Compagnie de.
Coëttrieux , eft entré le 28 Novembre , & eft forti
le 3 Janvier parfaitement guéri.
Le nommé la Sonde , Compagnie de la Vieuville
, eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Robert , de la Compagnie de Vifé ,
eft entré le 28 Novembre, & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Dixieme traitement depuis fon établiſſement.
Le nommé Brindamour , de la Compagnie de
Sinety , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri.
E
Le nommé Saint- Antoine , de la Compagnie de
Gauville , eft entré le 24 Novembre , & eft forti le
3 Janvier parfaitement guéri..
Le nommé la Fayeur , Compagnie de Ratilly
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Lépine , Compagnie de Poudenx ,
eft entré le premier Décembre , & eft forti le
3Janvier parfaitement guéri.
AVRTE. 1758.
207
Le nommé Beaudevin , Compagnie de Guer ,
eft entré le premier Décembre, & eft forti le 3:
Janvier parfaitement guéri.
Le nominé Lapierre , Compagnie des Defpiez ,.
eft entré le premier Décembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Comtois, Compagnie de la Ferriere ,.
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Cuify , Compagnie de Chevalier ,
eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Alphonfe , de la Compagnie de.
Coëttrieux , eft entré le 28 Novembre , & eft forti
le 3 Janvier parfaitement guéri.
Le nommé la Sonde , Compagnie de la Vieuville
, eft entré le 28 Novembre , & eft forti le 3
Janvier parfaitement guéri.
Le nommé Robert , de la Compagnie de Vifé ,
eft entré le 28 Novembre, & eft forti le 3 Janvier
parfaitement guéri.
Fermer
Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Dixieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le dixième traitement de l'hôpital du Maréchal Duc de Biron, en se concentrant sur les patients et leurs guérisons. Entre le 24 novembre et le 1er décembre 1757, neuf soldats ont été admis et sont sortis guéris le 3 janvier 1758. Les soldats admis sont Brindamour de la Compagnie de Sinety, Saint-Antoine de la Compagnie de Gauville, la Fayeur de la Compagnie de Ratilly, Lépine de la Compagnie de Poudenx, Beaudevin de la Compagnie de Guer, Lapierre de la Compagnie des Despiez, Comtois de la Compagnie de la Ferrière, Cuisy de la Compagnie de Chevalier, Alphonce de la Compagnie de Coëttrieux, la Sonde de la Compagnie de la Vieuville et Robert de la Compagnie de Visé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9515
p. 207-208
Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
Début :
Je crois devoir vous faire part, Monsieur, du succès de vos dragées [...]
Mots clefs :
Dragées, Maladies vénériennes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
Expériencefaite à Rheims
Lettre de M. Méric , Maitre en Chirurgie , à M..
Keyfer , en date du
Février 1758.
14
Je crois devoir vous faire part , Monfieur , du
fuccès de vos dragées antivénériennes , dont je
viens de me fervir fur une homme d'environ quarante
ans , lequel avoit deux larges & profondes
puftules véroliques avec un gonflement confidé--
rable dans les glandes inguinales. Ce qui lui étoir
furvenu à la fuite de plufieurs g... maltraitées , &
qui a été parfaitement guéri le trente- cinquieme
jour de l'ufage de vos dragées , quoique le maladefoit
forti tous les jours pour aller à les occupa
20 MERCURE DE FRANCE.
·
tions ordinaires , excepté les jours de purgation
Le tout a été exécuté fous les yeux d'un habile
Médecin de cette Ville. Cer exemple me prouve
l'efficacité de votre remede , que j'adminiftrerai
déformais avec la plus grande confiance à tous
ceux qui feront dans le cas d'en avoir beſoin , &
qui s'adrefferont à moi. Je me flatte qu'en fuivant
exactement votre méthode & vos confeils dans les
cas particuliers , je réuffirai toujours , & me ferai
gloire de contribuer avec vous au bien de lafo
ciété. J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Méric.
Lettre de M. Méric , Maitre en Chirurgie , à M..
Keyfer , en date du
Février 1758.
14
Je crois devoir vous faire part , Monfieur , du
fuccès de vos dragées antivénériennes , dont je
viens de me fervir fur une homme d'environ quarante
ans , lequel avoit deux larges & profondes
puftules véroliques avec un gonflement confidé--
rable dans les glandes inguinales. Ce qui lui étoir
furvenu à la fuite de plufieurs g... maltraitées , &
qui a été parfaitement guéri le trente- cinquieme
jour de l'ufage de vos dragées , quoique le maladefoit
forti tous les jours pour aller à les occupa
20 MERCURE DE FRANCE.
·
tions ordinaires , excepté les jours de purgation
Le tout a été exécuté fous les yeux d'un habile
Médecin de cette Ville. Cer exemple me prouve
l'efficacité de votre remede , que j'adminiftrerai
déformais avec la plus grande confiance à tous
ceux qui feront dans le cas d'en avoir beſoin , &
qui s'adrefferont à moi. Je me flatte qu'en fuivant
exactement votre méthode & vos confeils dans les
cas particuliers , je réuffirai toujours , & me ferai
gloire de contribuer avec vous au bien de lafo
ciété. J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Méric.
Fermer
Résumé : Expérience faite à Rheims. Lettre de M. Méric, Maitre en Chirurgie, à M. Keyser, en date du 14 Février 1758.
En février 1758, M. Méric, maître en chirurgie, écrit à M. Keyfer pour partager le succès des dragées antivénériennes de ce dernier. Méric a soigné un homme d'environ quarante ans atteint de deux pustules vénériennes profondes et d'un gonflement des glandes inguinales, suite à des relations sexuelles non protégées. Après trente-cinq jours de traitement par les dragées, le patient a été guéri, malgré ses activités quotidiennes, sauf les jours de purgation. Le traitement a été supervisé par un médecin compétent de Reims. Méric confirme l'efficacité du remède et s'engage à l'utiliser pour ses futurs patients en suivant les instructions de Keyfer. Il exprime son désir de collaborer avec Keyfer pour le bien-être de la société.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9516
p. 208-209
Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
Début :
J'ai été longtemps sans vous donner de mes nouvelles, Monsieur, parce qu'avant de rien [...]
Mots clefs :
Remèdes, Efficacité, Enfant, Nourrice, Boutons, Mort, Douleurs, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie , & Gref
fier de M. le premier Chirurgien du Roi ,
Vernon en Normandie , à M. Keyfer.
J'ai été longtemps fans vous donner de mes
nouvelles , Monfieur , parce qu'avant de rien pro
noncer fur l'efficacité de vos remedes , & malgré
la quantité des cures que je vous ai vu faire , j'ai
voulu par moi-même être sûr d'une qui fût bien
radicale ; la voici , & je me hâte de vous en faire
part , en vous priant de la faire inférer dans le
Mercure.
Elizabeth Laurent âgée de 35 ans , femme de
Jean Grenier Vigneron de la Paroiffe de Nieville
avoit pris à Paris en 1756 un nourriffon . Quel
que temps après fon retour , cet enfant deving
cruel ce qu'elle attribua à des tranchées , mala
dies affez ordinaires aux enfans nouveaux nés. Auk
mois de mars , il furvint des boutons à cet enfanc
efquels jettoient un pus verdâtre , & ne furent
pas regardés comme des puftules , quoique c'em
étoit bien effectivement. L'on fe contenta de faigner
& purger la nourrice , de lui faire prendre
des plantes rafraichiffantes , ce qui ne ' fit aucun
effer . Les boutons fe multiplierent de plus en plus
AVRIL 1758. 209
furvint des ulceres , l'enfant mourut & fon corps
devint dans une fi grande mortification , qu'on fut
obligé de l'enterrer deux heures après.
La nourrice vers ce même temps fut at aquée
des plus violens maux de tête , des douleurs dans
tous les membres & dans les articulations des démangeaifons
cruelles aux nymphos , des ulceres
& deux chancres , dont il y en avoit un qui conmençoit
à ronger les parties , un condiiôme ; enfin
cette femme étoit dans un état affreux , fans
qu'on eût voulu connoître fon mal , ni que le
Chirurgien qui la foignoit , eût imaginé de lui
donner le Mercure. Dans cet état , elle vint donc
me confulter , je n'eus rien de plus preffé que de
lui confeiller votre remede , je la fis voir à un
Seigneur de notre Ville , qui toujours prêt à fecourir
& protéger les malheureux , voulut bien
écrire à M. le Major des Gardes- Françoiſes , pour
lui procurer le remede qu'elle a pris , & au moyen
de quoi elle eft parfaitement guérie , dormant
bien , & dans le meilleur embonpoint . Je l'ai fuivie
exactement. Aucun fymptôme n'a reparu , &
la femme a accouché depuis très- heureuſement.
Or , quoique votre remede n'ait pas befoin , Monfieur
, de l'authenticité de cette cure pour le faire
adopter , je me ferois reproché de ne l'avoir pas
rendue publique , en certifiant avec vérité que
l'effet de la cure a été prompt & radical , le traitement
fort doux , & que cette malheureuſe n'a
fouffert en aucune maniere. A Vernon , ce 6 décembre
1757. Perrin
fier de M. le premier Chirurgien du Roi ,
Vernon en Normandie , à M. Keyfer.
J'ai été longtemps fans vous donner de mes
nouvelles , Monfieur , parce qu'avant de rien pro
noncer fur l'efficacité de vos remedes , & malgré
la quantité des cures que je vous ai vu faire , j'ai
voulu par moi-même être sûr d'une qui fût bien
radicale ; la voici , & je me hâte de vous en faire
part , en vous priant de la faire inférer dans le
Mercure.
Elizabeth Laurent âgée de 35 ans , femme de
Jean Grenier Vigneron de la Paroiffe de Nieville
avoit pris à Paris en 1756 un nourriffon . Quel
que temps après fon retour , cet enfant deving
cruel ce qu'elle attribua à des tranchées , mala
dies affez ordinaires aux enfans nouveaux nés. Auk
mois de mars , il furvint des boutons à cet enfanc
efquels jettoient un pus verdâtre , & ne furent
pas regardés comme des puftules , quoique c'em
étoit bien effectivement. L'on fe contenta de faigner
& purger la nourrice , de lui faire prendre
des plantes rafraichiffantes , ce qui ne ' fit aucun
effer . Les boutons fe multiplierent de plus en plus
AVRIL 1758. 209
furvint des ulceres , l'enfant mourut & fon corps
devint dans une fi grande mortification , qu'on fut
obligé de l'enterrer deux heures après.
La nourrice vers ce même temps fut at aquée
des plus violens maux de tête , des douleurs dans
tous les membres & dans les articulations des démangeaifons
cruelles aux nymphos , des ulceres
& deux chancres , dont il y en avoit un qui conmençoit
à ronger les parties , un condiiôme ; enfin
cette femme étoit dans un état affreux , fans
qu'on eût voulu connoître fon mal , ni que le
Chirurgien qui la foignoit , eût imaginé de lui
donner le Mercure. Dans cet état , elle vint donc
me confulter , je n'eus rien de plus preffé que de
lui confeiller votre remede , je la fis voir à un
Seigneur de notre Ville , qui toujours prêt à fecourir
& protéger les malheureux , voulut bien
écrire à M. le Major des Gardes- Françoiſes , pour
lui procurer le remede qu'elle a pris , & au moyen
de quoi elle eft parfaitement guérie , dormant
bien , & dans le meilleur embonpoint . Je l'ai fuivie
exactement. Aucun fymptôme n'a reparu , &
la femme a accouché depuis très- heureuſement.
Or , quoique votre remede n'ait pas befoin , Monfieur
, de l'authenticité de cette cure pour le faire
adopter , je me ferois reproché de ne l'avoir pas
rendue publique , en certifiant avec vérité que
l'effet de la cure a été prompt & radical , le traitement
fort doux , & que cette malheureuſe n'a
fouffert en aucune maniere. A Vernon , ce 6 décembre
1757. Perrin
Fermer
Résumé : Lettre de M. Perrin maître en Chirurgie, & Greffier de M. le premier Chirurgien du Roi, à Vernon en Normandie, à M. Keyser.
La lettre de M. Perrin, maître en chirurgie et greffier du premier chirurgien du roi, adressée à M. Keyfer, décrit une cure réussie grâce aux remèdes de ce dernier. M. Perrin a voulu vérifier personnellement l'efficacité des remèdes avant de les recommander. Il relate le cas d'Elizabeth Laurent, âgée de 35 ans, femme de Jean Grenier, vigneron de la paroisse de Nieville. En 1756, Elizabeth Laurent avait pris un nourrisson à Paris, qui tomba malade peu après leur retour. L'enfant développa des boutons purulents, des ulcères, et mourut rapidement. La nourrice contracta ensuite des maux de tête violents, des douleurs articulaires, des démangeaisons, des ulcères et des chancres. Un seigneur de Vernon intervint pour lui procurer le remède de M. Keyfer, qui la guérit parfaitement. M. Perrin certifie que le traitement a été prompt et radical, sans souffrances pour la patiente, qui accoucha ensuite heureusement. La lettre est datée du 6 décembre 1757.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9517
p. 209-210
« M. Keyser prévient Messieurs ses Correspondants, que ne pouvant insérer toutes [...] »
Début :
M. Keyser prévient Messieurs ses Correspondants, que ne pouvant insérer toutes [...]
Mots clefs :
Correspondances, Publication, Certificats, Remèdes, M. Keyser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser prévient Messieurs ses Correspondants, que ne pouvant insérer toutes [...] »
M. Keyfer prévient Meffieurs fes Correfpondans
, que ne pouvant inférer toutes les lettres &
Les certificats qu'ils lui envoient , dans le petit
eſpace du Mercure qui lui cft accordé , ils ne
210 MERCURE DE FRANCE.
foient pas étonnés de n'y voir que ceux , qui pa
Toiffant les plus authentiques , y feront mis de
préférence , mais en petit nombre, & il fera dans
un volume de l'année , un extrait de toutes les
autres cures qui auront été faites dans toutes les
Villes en général par telle & telle perfonne. Il les
prie auffi de vouloir bien obferver avec la plus
grande attention que comme il eft par fois
des tempéramens délicats & finguliers , fi fenfibles
à l'impreffion du mercure , que le moindre
ufage leur occafionne la falivation , quand il leur
tombera de ces tempéramens , ils ayent la bonté
de leur adminiftrer le remede, en très - petites dofes
, & de fe contenter de traîner la cure en longueur
, laquelle ne fera pas moins radicale, N'étant
pas poffible d'ailleurs de faire mieux , & fon
remede , quoique préparé différemment , étant
toujours le Mercure .
Il fupplie auffi le public d'obferver , que toutes
les lettres & certificats qu'il a l'honneur de lui préfenter
, font d'autant moins mandiées & fufpectes
, qu'elles lui viennent de la part de toutes fortes
de perfonnes , dont il n'a l'honneur , ni d'être
connu , ni d'être ami , qu'en envoyant par◄
tout , & il l'ofe dire avec vérité , pour des fommes.
confidérables , fon remede dans toutes les
Provinces, il a fupplié ces mêmes perfonnes d'en
faire les épreuves gratis pour foulager dans tous
les endroits , les malheureux qui leur tomberont
fous la main , & fe convaincre authentiquement
de la vérité & de l'efficacité du remede , avant
de lui donner la confiance qu'il efpere mériter ,
& avant d'en faire usage par préférence. Que
peut-il faire de plus
Il demeure toujours rue & ifle S. Louis , près le
Pont-rouge.
, que ne pouvant inférer toutes les lettres &
Les certificats qu'ils lui envoient , dans le petit
eſpace du Mercure qui lui cft accordé , ils ne
210 MERCURE DE FRANCE.
foient pas étonnés de n'y voir que ceux , qui pa
Toiffant les plus authentiques , y feront mis de
préférence , mais en petit nombre, & il fera dans
un volume de l'année , un extrait de toutes les
autres cures qui auront été faites dans toutes les
Villes en général par telle & telle perfonne. Il les
prie auffi de vouloir bien obferver avec la plus
grande attention que comme il eft par fois
des tempéramens délicats & finguliers , fi fenfibles
à l'impreffion du mercure , que le moindre
ufage leur occafionne la falivation , quand il leur
tombera de ces tempéramens , ils ayent la bonté
de leur adminiftrer le remede, en très - petites dofes
, & de fe contenter de traîner la cure en longueur
, laquelle ne fera pas moins radicale, N'étant
pas poffible d'ailleurs de faire mieux , & fon
remede , quoique préparé différemment , étant
toujours le Mercure .
Il fupplie auffi le public d'obferver , que toutes
les lettres & certificats qu'il a l'honneur de lui préfenter
, font d'autant moins mandiées & fufpectes
, qu'elles lui viennent de la part de toutes fortes
de perfonnes , dont il n'a l'honneur , ni d'être
connu , ni d'être ami , qu'en envoyant par◄
tout , & il l'ofe dire avec vérité , pour des fommes.
confidérables , fon remede dans toutes les
Provinces, il a fupplié ces mêmes perfonnes d'en
faire les épreuves gratis pour foulager dans tous
les endroits , les malheureux qui leur tomberont
fous la main , & fe convaincre authentiquement
de la vérité & de l'efficacité du remede , avant
de lui donner la confiance qu'il efpere mériter ,
& avant d'en faire usage par préférence. Que
peut-il faire de plus
Il demeure toujours rue & ifle S. Louis , près le
Pont-rouge.
Fermer
Résumé : « M. Keyser prévient Messieurs ses Correspondants, que ne pouvant insérer toutes [...] »
M. Keyfer informe ses correspondants qu'il ne peut pas publier toutes les lettres et certificats reçus dans le Mercure en raison de l'espace limité. Il privilégie les documents les plus authentiques et promet de publier un extrait des autres guérisons dans un volume annuel. Il recommande de traiter les tempéraments délicats avec des doses très petites et de prolonger les cures si nécessaire, car le remède reste efficace malgré les variations de préparation. M. Keyfer assure que les lettres et certificats présentés sont authentiques et proviennent de personnes qu'il ne connaît pas personnellement. Il a envoyé son remède dans toutes les provinces, offrant des échantillons gratuits pour soulager les malheureux et prouver l'efficacité du remède avant de demander une confiance ou un usage préférentiel. Il réside toujours rue et île Saint-Louis, près du Pont-Rouge.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9518
p. 211-212
AVIS.
Début :
Les lampes optiques de M. Rabiqueau se multipliant considérablement, il est obligé [...]
Mots clefs :
Lampes optiques, Défaut de fabrication, Lumière, Mèches, Huile, M. Rabiqueau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis traite des lampes optiques de M. Rabiqueau, dont la production a augmenté. Un défaut d'attention empêche certaines personnes de profiter pleinement de ces lampes, présentes dans des cabinets privés et chez des princes. Le problème principal est l'utilisation de mèches trop grosses, rendant la lumière rouge et formant des champignons. Il est recommandé d'utiliser des mèches plus petites, flottant dans le porte-mèches sans tomber, et de couper le brûlé quotidiennement. La hauteur des mèches doit être réglée avec un fil de fer ou trois lignes de fortie. Les bouteilles doivent être remplies à temps pour éviter que les mèches ne brûlent en dedans, ce qui peut endommager les verres et fondre l'étain. Malgré les instructions pour remplacer les bouteilles cassées, certaines personnes utilisent de l'huile non optimale. Pour remédier à ces inconvénients, les domestiques doivent apporter la lampe et des bouteilles pour ajustement sur place. Dans les provinces, il est crucial d'éviter de casser les bouteilles et de régler correctement la hauteur des mèches. De nombreuses personnes souhaitent voir l'effet des lampes au billard, mais sont souvent renvoyées le soir car elles viennent pendant la journée, y compris aux heures des représentations physiques et mécaniques au cabinet privilégié du Roi, rue Saint-Jacques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9519
p. 212
AUTRE.
Début :
Le sieur Cartier, nouvellement arrivé en cette Ville, débite une pommade [...]
Mots clefs :
Pommade, Teint, Rides, Boutons, Couperose, Coups de soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Cartier , nouvellement arrivé en cette
Ville , débite une pommade faite avec des fimples
, pour le teint , & qui a beaucoup de vertus ,
entr'autres. 1 °. Elle conferve le teint toujours trèsfrais
& la peau très- blanche. Elle empêche les rides
, & ôte les taches de rouffeur , en s'en fervant
tous les foirs : elle ôte auffi parfaitement le rouge.
2º. Elle emporte les boutons de telle efpece qu'ils
foient au vifage & au refte du corps , fans les faire
rentrer en dedans. 3°. Elle eft auffi très - bonne
pour les perfonnes couperofées , ou qui ont le
teint échauffé. 4° . Elle guérit les dartres vives &
farineufes. . Elle adoucit beaucoup les Hémorroïdes.
6° . Elle efface la marque que laiffent les
coups de foleil , en s'en fervant fur le champ. 7 °
Enfin elle eft bonne pour tous les vices auxquel's
la peau eft fujette. Elle peut fe conferver au moins
fix ans , en la tenant dans un endroit fec , fupporte
même la mer. Si elle jauniffoit , on la remanieroit
avec de l'eau de la Reine d'Hongrie , &
elle reprendroit fa premiere blanchear . Il eft bon
d'obferver que quand elle jauniroit , elle ne perdroit
que le coup d'oeil , fans perdre rien de fes
qualités . Cette pommade fe débite au café dans le
Palais du Luxembourg. Il y a des pots de 6. 1. &
de 3. L. Le nom de l'Auteur eft fur les pos
LE fieur Cartier , nouvellement arrivé en cette
Ville , débite une pommade faite avec des fimples
, pour le teint , & qui a beaucoup de vertus ,
entr'autres. 1 °. Elle conferve le teint toujours trèsfrais
& la peau très- blanche. Elle empêche les rides
, & ôte les taches de rouffeur , en s'en fervant
tous les foirs : elle ôte auffi parfaitement le rouge.
2º. Elle emporte les boutons de telle efpece qu'ils
foient au vifage & au refte du corps , fans les faire
rentrer en dedans. 3°. Elle eft auffi très - bonne
pour les perfonnes couperofées , ou qui ont le
teint échauffé. 4° . Elle guérit les dartres vives &
farineufes. . Elle adoucit beaucoup les Hémorroïdes.
6° . Elle efface la marque que laiffent les
coups de foleil , en s'en fervant fur le champ. 7 °
Enfin elle eft bonne pour tous les vices auxquel's
la peau eft fujette. Elle peut fe conferver au moins
fix ans , en la tenant dans un endroit fec , fupporte
même la mer. Si elle jauniffoit , on la remanieroit
avec de l'eau de la Reine d'Hongrie , &
elle reprendroit fa premiere blanchear . Il eft bon
d'obferver que quand elle jauniroit , elle ne perdroit
que le coup d'oeil , fans perdre rien de fes
qualités . Cette pommade fe débite au café dans le
Palais du Luxembourg. Il y a des pots de 6. 1. &
de 3. L. Le nom de l'Auteur eft fur les pos
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une pommade créée par le sieur Cartier, récemment installé en ville. Cette pommade, à base de simples, offre divers bienfaits pour la peau. Elle préserve le teint frais et la blancheur de la peau, prévient les rides et élimine les taches de rousseur et les rougeurs. Elle traite les boutons sans les faire s'enfoncer, est bénéfique pour les personnes couperosées ou au teint échauffé, et guérit les dartres vives et farineuses. Elle adoucit également les hémorroïdes, efface les marques de coups de soleil et combat divers problèmes cutanés. La pommade se conserve au moins six ans dans un endroit sec et supporte les voyages en mer. En cas de jaunissement, elle peut être rafraîchie avec de l'eau de la Reine d'Hongrie sans perdre ses propriétés. Elle est disponible en pots de six et trois livres au café du Palais du Luxembourg, avec le nom de l'auteur indiqué sur les pots.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9520
p. 213-214
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfans de France, donne avis [...]
Mots clefs :
Dentiste, Remède, Élixir anti-scorbutique, Gencives, Tumeurs, Boutons, Douleurs, Eau, Opiate, Poudre de corail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
Fermer
Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, connu sous le nom de 'dentiste des Enfants de France', vend quotidiennement les remèdes de son mari, dont elle seule maîtrise la composition et la préparation. Ces produits sont disponibles chez elle, rue des Saints Pères, dans le faubourg Saint-Germain, ainsi que chez son frère, le chirurgien Georget, rue Sainte Avoye, pour les habitants du Marais. Les remèdes incluent un élixir antiscorbutique qui affermit les dents, dissout les inflammations des gencives, les fortifie et prévient les affections scorbutiques. Une eau souveraine, utilisée en rinçage buccal, affermit les dents, dissout les tumeurs et les chancres, et rafraîchit la bouche. Un opiat est proposé pour affermir et blanchir les dents, dissoudre le sang épais des gencives et éliminer les mauvaises odeurs. Enfin, une poudre de corail est disponible pour blanchir et entretenir les dents, prévenir la formation de tartre et conserver les gencives en bonne santé. Les prix des produits varient selon leur taille et leur type.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9521
p. 214
AUTRE.
Début :
Madame Lepreux, Marchande Lingere à Paris, rue & près l'Echelle [...]
Mots clefs :
Poudre, Tâches, Textiles et tissus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Madame Lepreux, marchande lingère à Paris, vend une poudre éliminant les taches sur toiles, mousselines, dentelles, et étoffes de soie et laine blanche. Efficace sur taches d'encre et de rouille, même anciennes. 24 sols le paquet, avec instructions. Démonstration possible sur place.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9522
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
T'impreffion. A Paris , ce 29 Mars 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
T'impreffion. A Paris , ce 29 Mars 1758.
GUIROY,
Fermer
9523
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les Torts, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES
Torts ,
page
s
Effai
fur la Médiocrité
des
Conditions
, traduit
de l'Anglois
de M.
Hume
,
Les deux
Serins
, à Mademoiſelle
A. C. Fable
, 15
Azema
, Hiftoire
Orientale
,
7
48
18
Vers à Madame *** , fur les Tablettes Enchan
tées. Conte qui a paru dans le ſecond volume
de Janvier 1758 ,
Vers au fujer de ce que M. de Boiffy a dit dans le
Mercure de Février , qu'il feroit main- baſſe ſur
toutes les Pieces qui n'annonceroient point de
49
talent ,
Suite
de M.
de Fontenelle
, par
M.
l'Abbé
Trublet
, contenant
des
corrections
& additions
aux
articles
précédens
,
L'Amour attrapé ,
Epitre de M. Piron ,
so
79
83
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon
88
ibid.
89
90
ART. II. NOUVELLES , LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Autre Lettre à Auteur du Mercure ,
110
112
Lettre à l'Auteur de l'Almanach de Picardie , 122
Lettre à l'Auteur du Mercure 134
216
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable . Suite
de la Differtation critique du P. Féijoo , Bénědictin
Eſpagnol , 133
148
Médailles. Devifes pour les Jettons du premier
Janvier 1758 ,
Hiftoire Naturelle. Remarques fur un poiffon
qu'on croit être la Tortile ,
Chirurgie. Defcription d'un Enfant furnaturel ,
qui a été préfenté à l'Académie royale de Chirurgie
, le 6 Septembre dernier ,
Musique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
IsI
158
159
A l'Auteur du Mercure. Précis de l'idée de M.
Clément fur la compofition & fur l'accompa
gnement du Clavecin ,
Gravure ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
160
163
165
166
168
169
170
Les Ifraélites à la montagne d'Oreb . Poëme , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 179
Nouvelles de la Cour , de Paris &o ; 191
Bénéfices donnés , 203
Mariage & Morts , 204
Avis divers ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
206
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES
Torts ,
page
s
Effai
fur la Médiocrité
des
Conditions
, traduit
de l'Anglois
de M.
Hume
,
Les deux
Serins
, à Mademoiſelle
A. C. Fable
, 15
Azema
, Hiftoire
Orientale
,
7
48
18
Vers à Madame *** , fur les Tablettes Enchan
tées. Conte qui a paru dans le ſecond volume
de Janvier 1758 ,
Vers au fujer de ce que M. de Boiffy a dit dans le
Mercure de Février , qu'il feroit main- baſſe ſur
toutes les Pieces qui n'annonceroient point de
49
talent ,
Suite
de M.
de Fontenelle
, par
M.
l'Abbé
Trublet
, contenant
des
corrections
& additions
aux
articles
précédens
,
L'Amour attrapé ,
Epitre de M. Piron ,
so
79
83
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon
88
ibid.
89
90
ART. II. NOUVELLES , LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Autre Lettre à Auteur du Mercure ,
110
112
Lettre à l'Auteur de l'Almanach de Picardie , 122
Lettre à l'Auteur du Mercure 134
216
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable . Suite
de la Differtation critique du P. Féijoo , Bénědictin
Eſpagnol , 133
148
Médailles. Devifes pour les Jettons du premier
Janvier 1758 ,
Hiftoire Naturelle. Remarques fur un poiffon
qu'on croit être la Tortile ,
Chirurgie. Defcription d'un Enfant furnaturel ,
qui a été préfenté à l'Académie royale de Chirurgie
, le 6 Septembre dernier ,
Musique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
IsI
158
159
A l'Auteur du Mercure. Précis de l'idée de M.
Clément fur la compofition & fur l'accompa
gnement du Clavecin ,
Gravure ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
160
163
165
166
168
169
170
Les Ifraélites à la montagne d'Oreb . Poëme , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 179
Nouvelles de la Cour , de Paris &o ; 191
Bénéfices donnés , 203
Mariage & Morts , 204
Avis divers ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
206
211
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'Article Premier recense diverses pièces fugitives en vers et en prose, incluant des traductions, des fables, des histoires, des poèmes et des épîtres. Parmi les œuvres notables figurent 'Les Torts', un 'Essai sur la Médiocrité des Conditions' traduit de l'anglais par M. Hume, et des vers dédiés à différentes personnes. L'Article II contient des nouvelles littéraires, avec des extraits, des précisions ou des indications de livres récents, ainsi que des lettres adressées à divers auteurs. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, couvrant des sujets tels que l'histoire, les médailles, l'histoire naturelle, la chirurgie et la musique. L'Article IV traite des beaux-arts, avec un précis sur la composition et l'accompagnement du clavecin. L'Article V se concentre sur les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, l'opéra comique, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI inclut des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des annonces de bénéfices, de mariages et de décès, ainsi que divers avis et un supplément à l'article de chirurgie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9524
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 90 , & la
planche des Médailles , la page 148 .
planche des Médailles , la page 148 .
Fermer
9525
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
Fermer
9526
p. 146-156
Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
Début :
Vous voulez sçavoir, Madame, ce que je pense de l'Opera Italien : il faut vous [...]
Mots clefs :
Opéra, Ariette, Musique, Opéra italien, Scène, Intérêt, Chant, Sentiment, Ariettes, Coeur, Récitatif, Nature, Chanter, Oreilles, Bouffons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
Fragment d'une Leure écrite de Venife.
Vou's voulez fçavoir , Madame , ce que
je penfe de l'Opera Italien : il faut vous
obéir , & vous rendre compte des fenfations
que ce Spectacle m'a fait éprouver.
J'ai vu des falles immenfes & magnifi-
"ques , des théâtres vaftes & pompeufement
décorés , beaucoup de fpectacle , des Acteurs
richement vêtus , des danſes d'une
gaieté & d'une légéreté finguliere ; j'ai
entendu des Chanteurs & des Symphoniſres
merveilleux pour la jufteffe & la préci
fion ; une mufique facile , abondante , légere
, ingénieufe , brillante : mes yeux ont
été enchantés , mes oreilles ravies ; mais
'mon coeur eft refté vuide : j'ai cherché
L'intérêt ; je n'ai trouvé que du bruit , fças
AVRIL 1758. 147
vant & délicieux à la vérité ; j'écoutois ,
j'admirois , je n'étois ni attaché , ni ému .
Qu'est-ce que l'Opera Italien ? Il confifte
en vingt ou trente fcenes de récitatif ,
terminées fidélement chacune par une
Ariette. Les Poëmes ont des beautés , mais
fouvent peu propres à être mifes en mulique
: on y trouve des préceptes , des fentences
, des réflexions , des récits , des expofitions
, des harangues , des éclairciffemens
. Le récitatif a donc dû être mauvais
, d'abord par la nature des paroles
qu'il ne pouvoit rendre ; mais il l'eft encore
plus par lui- même : on n'y apperçoit
qu'une efpece bâtarde entre la déclamation
& le chant , voulant tenir de l'un & de
l'autre , & les gâtant tous deux ; une pfalmodie
aride , monotone & forcée , qui
n'eft propre qu'à contrarier le fentiment
& anéantir l'attention , fans vie , fans ame ,
n'infpirant & ne peignant rien : il faut
rendre juftice aux Italiens , ils ne l'écoutent
jamais.
L'Ariette arrive à la fin de chaque fcene
: le perfonnage ne peut quitter le théâtre
fans l'avoir chantée ; qu'on aſſaſſine
fon pere , il ne peut aller au fecours fans
avoir rempli cette loi ; il faut qu'il chante ,
& fans faire grace d'une feule répétition .
Mérope accufée devant les Etats du Royau-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
me d'avoir fait affaffiner fon mari , exécute
une longue Ariette pour toute réponſe , &
s'en va . Artaban remet à fon fils l'épée
enfanglantée dont il vient d'égorger le Roi ;
on ne fut jamais plus preffé de fuir le
jeune homme chante , & fait des points
d'orgue on ne finiroit pas de rapporter
des exemples pareils tirés des meilleures
Opera.
Toutes les Ariettes ne font pas auffi ridi.
culement déplacées , mais toutes le font
plus ou moins. Souvent la fcene eft terminée
, le perfonnage refte pour rendre en
mufique une penfée ingénieufe qui ne tient
à rien , une maxime , une comparaifon , &
ces comparaifons font toujours tirées des
mêmes objets , dont la répétition ne peut
manquer de paroître froide ; d'autres fois
l'Ariette n'eft que la conclufion même de
la fcene : ce font des ordres , des confeils
des reproches , des incertitudes ; mais en
ce cas , pourquoi quitter la marche du rérécitatif
? pourquoi tout à coup tant de
chant , de bruit , de répétitions fymmétriques
& de cliquetis d'inftrumens ? La nature
défavoue un contrafte fi fubit & fi
bizarre dans une fuite des mêmes fentimens.
Comment place-t'on des roulemens trèslongs
& très - légers dans la trifteffe & la
AVRIL. 1758. 149
douleur comment un point d'orgue termine-
t'il des ordres donnés par un Roi ?
comment le défefpoir le plus violent attend-
t'il la fin de la ritournelle pour éclater
? comment fe permet- il de répéter tant
de fois les mêmes traits ?
Confidérez la longueur périodique de
l'Ariette , fes reprifes , fes retours concertés
, l'excès de fes ornemens , l'action & le
gefte de routine , auquel l'Acteur eſt forcé
par un chant qui l'occupe & le fatigue ; enfin
le défoeuvrement ridicule & inévitable
de ceux qui font en fcene avec lui : fi le
récitatif avoit pu infpirer quelque intérêt ,
il faudroit qu'il expirât à chaque Ariette.
:
Je compare les Ariettes difperfées de
l'Opera Italien à des tableaux qui ornent
une galerie chacun d'eux peut produire
une impreffion ifolée ; mais ils ne fçauroient
jamais concourir tous enſemble à
une émotion totale & continue. L'intérêt
ne marche que par des liaiſons , des nuances
, des gradations imperceptibles ; le
moindre vuide , le plus léger contraſte , la
plus petite interruption l'anéantit : Qui a
jamais dit , ou éprouvé que l'impreffion
d'une Ariette fervît à fortifier celle de la
> fcene précédente ou qu'elle préparât
celle qui doit fuivre ? C'eft le cas dont
parle Horace ; Unus & alter affuitur pan.
Giij
Iso MERCURE DE FRANCE.
nus. Jamais aucun Compofiteur n'a imaginé
de les varier que pour l'oreille : la
nature de l'Ariette eft donc de flatter l'oreille
; mais elle eſt en oppoſition conftante
& abfolue avec l'intérêt . Eh ! qu'eſt-ce
qu'un fpectacle qui dure cinq heures fans
intérêt ? Il faut s'être obftiné à l'écouter ,
pour fçavoir jufqu'à quel point de perfection
l'ennui peut- être porté.
Si je confidere l'Ariette fimplement en
Muficien , je trouve fouvent un fujet heureux
, brillant , naturel même ; mais bientôt
il m'échappe noyé, perdu , fous les ornemens
: l'oreille la plus exercée a peine à
faifir ce Prothée actif à fe varier , à fe contrafter
, à fe tourmenter en cent façons :
toujours même nombre de repriſes , de
variations , de doubles ; qu'il foit queſtion
de tendreffe , de fureur , ou d'une fimple
chanfon , la même marche exifte , on n'y
peut rien changer. La premiere partie de
l'air toujours plus vive , plus ornée ; la feconde
travaillée avec des notes recherchées
, mais moins de mouvement. La
premiere toujours fidélement repriſe avec
toutes les répétitions placées au même
pofte : n'oublions pas les points d'orgue.
qui font exactement l'arriere- garde , les
ritournelles qui précedent toujours le
chant , les coups de force qui terminent
AVRIL. 1758. 15 %
Fair , & les arpeggio qui pourfuivent le
Chanteur après qu'il a fini , & il faut
convenir que c'eft la routine en perfonne
qui a difpofé l'Opera Italien , & les parties
qui le compofent.
En vain les motifs des airs font variés ,
ils font accablés fous la broderie qui les
couvre ; elle eft partout la même , & je
n'apperçois qu'elle.
Je vois la mufique Italienne comme
une coquette bruyante , minaudiere , babillant
joliment , & fouvent ne diſant rien
qui intéreffe ; elle plaît d'abord , & finit
quelquefois par fatiguer ; elle s'annonce
toujours avec fracas , précédée & fuivie
de tout fon cortege , enfevelie dans fa pa¬
rure : n'efperez pas la furprendre jamais
dans une fimplicité naïve , dans un négligé
intéreffant , dans un repos touchant &
tendre ; elle ne veut qu'éblouir , quelquefois
elle s'amufe à jouer le fentiment ; mais
elle ne l'éprouve , ni ne l'inſpire ; toujours
extrême , fi elle l'atteint , c'elt pour aller
au- delà : l'a- t'elle faifi , bientôt elle le défigure
; l'air du caprice fe mêle à fa tendreffe
, le ton de la folie la fuit dans fa
douleur , la fureur de briller éclate jufques
dans fon défefpoir.
Repréfentez - vous enfuite une beauté
noble & intéreffante , tantôt tendre &
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
naïve , tantôt vive & brillante , touchante
, ingénieufe , négligée ou parée ; mais
toujours avec bienféance , dédaignant de
féduire & d'éblouir , ne voulant qu'attacher
, ne prétendant point de fuccès dont
elle ait à rougir , toujours décente même
dans la paffion la plus vive , toujours fidelle
au fentiment jufques dans fa joie la plus
éclatante.
Celle - ci fans doute aura fes partiſans ;
mais la premiere avec tous fes défauts
aura les fiens auffi , & peut-être en plus
grand nombre ; la gaieté , la légèreté ,
l'éclat , ont des droits univerfels : tous les
hommes ont des oreilles , peu de gens ont
une ame ſenſible , un goût jufte , un coeur.
délicat , fufceptible d'une impreffion férieufe
, continue , attachante & profonde.
L'Opera Italien ne préfente aucunes
traces de la variété qui regne dans le nôtre
point de choeurs , point de fêtes liées
au fujet ; vous n'y verrez aucune de nos
belles imitations de la nature , qui annoncent
le débrouillement du cahos , le lever
de l'aurore , des bruits de guerre ou de
chaffe , le foulévement des flots , le fifflement
des vents , la tempête & le calme
renaiffant ; nos belles chanfonnettes , nos
fymphonies céleftes , infernales , fauvages,
paftorales : on n'y trouve point de ces airs
AVRIL. 1758. 153
de chant , d'un genre fimple , tempéré &
doux , qui s'uniffant entr'eux & fe mariant
avec le récitatif , femblent parler
tantôt fi voluptueufement , tantôt fi gaiement
, & qui ont chacun leur caractere ,
& , pour ainfi dire , leur phyfionomie fi
vraie , fi différente & fi décidée ; rien n'y
remplace les tréfors de l'imagination Françoife
; nos bergeries , nos féeries délicieufes
, nos marches , nos facrifices , nos oracles
, nos choeurs , tout tremble devant le
Seigneur... Brillant foleil ... ébranlons la
terre... l'amour triomphe ... nos fcenes fi
bien traitées , nos plaintes fi touchantes ,
que l'on écoute avec une attention fi tendre
, une rêverie fi naïve , un intérêt fi
doux & fi féduifant .
Qu'oppofe t'on à toutes ces richeffes ?
Vingt Ariettes enfilées au bout de vingt
fcenes d'ennui , toutes ces Ariettes marchant
, s'annonçant , finiffant , répétant ,
roulant , reprenant de même. L'Opera
François forme un fpectacle noble , majeftueux
, auffi régulier que varié & intéreffant
dans toutes fes parties : l'Opera Italien
n'eft qu'une Ariette ; il eft abfolument
inécoutable dans la moitié au moins de fa
durée. Les Italiens n'écoutent jamais la
fcene , & c'eft en cela qu'ils ont raifon
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
nous écoutons la nôtre , il me femble que
le procès eft jugé.
A l'égard des Opera bouffons , il ne
leur manque que des Poëmes pour être lé
triomphe de la mufique Italienne ; c'eſt
dans ce genre que fes caprices , fes folies
fes contraſtes les plus bizarres peuvent
trouver une place convenable ; mais la
plupart des Poëmes ne préfentent ni inté
rêt , ni caracteres , ni intrigue , ni détails
ce font des Ariettes fur des grimaces ; la
feule nouveauté peut leur donner une vo
gue momentanée : on fe laffe enfin de facrifier
fon coeur & fon goût à fes oreilles .
Un homme d'efprit qui a pris plaifir à
fe jouer des idées les plus évidentes , a
ofé dire que nous n'avions point de mufi
que ; fon opinion n'a fait que le bruit
qu'elle a dû faire : tant de gens qui ne
fentent pas qu'un raifonnement fatigue &
qu'une Epigramme décide , tant d'hommes
communs qui courent après leur original ,
ne pouvoient manquer d'exciter une rumeur
: fi la mufique n'eft faite que pour
être admirée & non pour être fentie , fi
l'homme n'a que des oreilles , fi fon ame
fi fon coeur , font comptés pour rien , fans
doute M. Rouffeau a eu raifon ; en ce cas
L'agilité du gofier eft tout ; la grace , l'exAVRIL
1758. 155
preffion , le fentiment , font des êtres ima
ginaires ; la danfe fur la corde méritera
feule le nom de danfe ; le menuet , la farabande
feront indignes de ce nom.
Si la mufique ne renferme que des combinaifons
de fons fans expreffion , fans
imitation , je dis qu'elle eft indigne d'un
être qui fent & qui penfe. C'eft le fentiment
feul qui doit être l'objet & la perfection
de l'art . Laquelle des deux mufiques
l'a mieux connu : j'en appelle. J'ai entendu
fouvent les Italiens eux- mêmes gémir des
excès de l'art , & du mauvais goût qu'ils
ont introduit chez eux ( 1 ) . Je ſuis bien
éloigné de prétendre que la mufique Fran +
coife foit fans défauts ; fouvent plaintive ,
monotone , peinée , languiffante , elle récite
trop & ne chante pas affez ; elle a befoin
d'embelliflemens , mais elle a faifi la
vraie route.
Les Italiens poffedent , fans doute , à
un haut degré le génie de la mufique ; mais
l'oreille feule a été l'objet de leurs travaux ;
ils fe font amufés à la féduire par de petites
notes brillantes , rapides & volatiles
ils ont négligé le coeur & le fentiment ,
femblent même quelquefois avoir pris à
tâche de leur infulter ; c'eft ce que l'on
&
(1 ) Voyez l'Effai fur l'Opera Italien , par M.
Algarotti , Mercure de France , 1757.
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
voit dans leurs Opera bouffons , où l'imi
tation des fentimens n'eft fouvent qu'une
moquerie ; leur ſcience , leur art même les
a égarés le chant a été fubordonné à la
fymphonie. Le principal perfonnage de
leur Opera n'eft ni Didon , ni Artaxerce ,
c'eſt le premier violon . L'Ariette admirable
dans une fête , eft déplacée dans la fcene ;
elle chante trop , le récitatif ne chante pas
affez : trop oppofés & trop voifins , tous
deux ne font que s'entrenuite ; ils ont méconnu
le beau caractere des voix que la
nature a formées , ils font chanter infipidement
la baffe-taille , & plus encore la
haute contre en revanche , ils fe font
donné des voix factices en dégradant l'humanité.
Titus ne parle , ni ne déclame ;
l'Empereur de Rome n'eft qu'un oifeau
qui gazouille : il leur faut tant de décorations
par Opera , tant d'entrées par
Ballet , tant d'Ariettes par acte & par perfonnage.
Goldoni n'ofa donner une Comédie
fans un Arlequin & un Pantalon . Leur
danſe eſt toute en entrechats , & leur poéfie
en Sonnets.
Vou's voulez fçavoir , Madame , ce que
je penfe de l'Opera Italien : il faut vous
obéir , & vous rendre compte des fenfations
que ce Spectacle m'a fait éprouver.
J'ai vu des falles immenfes & magnifi-
"ques , des théâtres vaftes & pompeufement
décorés , beaucoup de fpectacle , des Acteurs
richement vêtus , des danſes d'une
gaieté & d'une légéreté finguliere ; j'ai
entendu des Chanteurs & des Symphoniſres
merveilleux pour la jufteffe & la préci
fion ; une mufique facile , abondante , légere
, ingénieufe , brillante : mes yeux ont
été enchantés , mes oreilles ravies ; mais
'mon coeur eft refté vuide : j'ai cherché
L'intérêt ; je n'ai trouvé que du bruit , fças
AVRIL 1758. 147
vant & délicieux à la vérité ; j'écoutois ,
j'admirois , je n'étois ni attaché , ni ému .
Qu'est-ce que l'Opera Italien ? Il confifte
en vingt ou trente fcenes de récitatif ,
terminées fidélement chacune par une
Ariette. Les Poëmes ont des beautés , mais
fouvent peu propres à être mifes en mulique
: on y trouve des préceptes , des fentences
, des réflexions , des récits , des expofitions
, des harangues , des éclairciffemens
. Le récitatif a donc dû être mauvais
, d'abord par la nature des paroles
qu'il ne pouvoit rendre ; mais il l'eft encore
plus par lui- même : on n'y apperçoit
qu'une efpece bâtarde entre la déclamation
& le chant , voulant tenir de l'un & de
l'autre , & les gâtant tous deux ; une pfalmodie
aride , monotone & forcée , qui
n'eft propre qu'à contrarier le fentiment
& anéantir l'attention , fans vie , fans ame ,
n'infpirant & ne peignant rien : il faut
rendre juftice aux Italiens , ils ne l'écoutent
jamais.
L'Ariette arrive à la fin de chaque fcene
: le perfonnage ne peut quitter le théâtre
fans l'avoir chantée ; qu'on aſſaſſine
fon pere , il ne peut aller au fecours fans
avoir rempli cette loi ; il faut qu'il chante ,
& fans faire grace d'une feule répétition .
Mérope accufée devant les Etats du Royau-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
me d'avoir fait affaffiner fon mari , exécute
une longue Ariette pour toute réponſe , &
s'en va . Artaban remet à fon fils l'épée
enfanglantée dont il vient d'égorger le Roi ;
on ne fut jamais plus preffé de fuir le
jeune homme chante , & fait des points
d'orgue on ne finiroit pas de rapporter
des exemples pareils tirés des meilleures
Opera.
Toutes les Ariettes ne font pas auffi ridi.
culement déplacées , mais toutes le font
plus ou moins. Souvent la fcene eft terminée
, le perfonnage refte pour rendre en
mufique une penfée ingénieufe qui ne tient
à rien , une maxime , une comparaifon , &
ces comparaifons font toujours tirées des
mêmes objets , dont la répétition ne peut
manquer de paroître froide ; d'autres fois
l'Ariette n'eft que la conclufion même de
la fcene : ce font des ordres , des confeils
des reproches , des incertitudes ; mais en
ce cas , pourquoi quitter la marche du rérécitatif
? pourquoi tout à coup tant de
chant , de bruit , de répétitions fymmétriques
& de cliquetis d'inftrumens ? La nature
défavoue un contrafte fi fubit & fi
bizarre dans une fuite des mêmes fentimens.
Comment place-t'on des roulemens trèslongs
& très - légers dans la trifteffe & la
AVRIL. 1758. 149
douleur comment un point d'orgue termine-
t'il des ordres donnés par un Roi ?
comment le défefpoir le plus violent attend-
t'il la fin de la ritournelle pour éclater
? comment fe permet- il de répéter tant
de fois les mêmes traits ?
Confidérez la longueur périodique de
l'Ariette , fes reprifes , fes retours concertés
, l'excès de fes ornemens , l'action & le
gefte de routine , auquel l'Acteur eſt forcé
par un chant qui l'occupe & le fatigue ; enfin
le défoeuvrement ridicule & inévitable
de ceux qui font en fcene avec lui : fi le
récitatif avoit pu infpirer quelque intérêt ,
il faudroit qu'il expirât à chaque Ariette.
:
Je compare les Ariettes difperfées de
l'Opera Italien à des tableaux qui ornent
une galerie chacun d'eux peut produire
une impreffion ifolée ; mais ils ne fçauroient
jamais concourir tous enſemble à
une émotion totale & continue. L'intérêt
ne marche que par des liaiſons , des nuances
, des gradations imperceptibles ; le
moindre vuide , le plus léger contraſte , la
plus petite interruption l'anéantit : Qui a
jamais dit , ou éprouvé que l'impreffion
d'une Ariette fervît à fortifier celle de la
> fcene précédente ou qu'elle préparât
celle qui doit fuivre ? C'eft le cas dont
parle Horace ; Unus & alter affuitur pan.
Giij
Iso MERCURE DE FRANCE.
nus. Jamais aucun Compofiteur n'a imaginé
de les varier que pour l'oreille : la
nature de l'Ariette eft donc de flatter l'oreille
; mais elle eſt en oppoſition conftante
& abfolue avec l'intérêt . Eh ! qu'eſt-ce
qu'un fpectacle qui dure cinq heures fans
intérêt ? Il faut s'être obftiné à l'écouter ,
pour fçavoir jufqu'à quel point de perfection
l'ennui peut- être porté.
Si je confidere l'Ariette fimplement en
Muficien , je trouve fouvent un fujet heureux
, brillant , naturel même ; mais bientôt
il m'échappe noyé, perdu , fous les ornemens
: l'oreille la plus exercée a peine à
faifir ce Prothée actif à fe varier , à fe contrafter
, à fe tourmenter en cent façons :
toujours même nombre de repriſes , de
variations , de doubles ; qu'il foit queſtion
de tendreffe , de fureur , ou d'une fimple
chanfon , la même marche exifte , on n'y
peut rien changer. La premiere partie de
l'air toujours plus vive , plus ornée ; la feconde
travaillée avec des notes recherchées
, mais moins de mouvement. La
premiere toujours fidélement repriſe avec
toutes les répétitions placées au même
pofte : n'oublions pas les points d'orgue.
qui font exactement l'arriere- garde , les
ritournelles qui précedent toujours le
chant , les coups de force qui terminent
AVRIL. 1758. 15 %
Fair , & les arpeggio qui pourfuivent le
Chanteur après qu'il a fini , & il faut
convenir que c'eft la routine en perfonne
qui a difpofé l'Opera Italien , & les parties
qui le compofent.
En vain les motifs des airs font variés ,
ils font accablés fous la broderie qui les
couvre ; elle eft partout la même , & je
n'apperçois qu'elle.
Je vois la mufique Italienne comme
une coquette bruyante , minaudiere , babillant
joliment , & fouvent ne diſant rien
qui intéreffe ; elle plaît d'abord , & finit
quelquefois par fatiguer ; elle s'annonce
toujours avec fracas , précédée & fuivie
de tout fon cortege , enfevelie dans fa pa¬
rure : n'efperez pas la furprendre jamais
dans une fimplicité naïve , dans un négligé
intéreffant , dans un repos touchant &
tendre ; elle ne veut qu'éblouir , quelquefois
elle s'amufe à jouer le fentiment ; mais
elle ne l'éprouve , ni ne l'inſpire ; toujours
extrême , fi elle l'atteint , c'elt pour aller
au- delà : l'a- t'elle faifi , bientôt elle le défigure
; l'air du caprice fe mêle à fa tendreffe
, le ton de la folie la fuit dans fa
douleur , la fureur de briller éclate jufques
dans fon défefpoir.
Repréfentez - vous enfuite une beauté
noble & intéreffante , tantôt tendre &
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
naïve , tantôt vive & brillante , touchante
, ingénieufe , négligée ou parée ; mais
toujours avec bienféance , dédaignant de
féduire & d'éblouir , ne voulant qu'attacher
, ne prétendant point de fuccès dont
elle ait à rougir , toujours décente même
dans la paffion la plus vive , toujours fidelle
au fentiment jufques dans fa joie la plus
éclatante.
Celle - ci fans doute aura fes partiſans ;
mais la premiere avec tous fes défauts
aura les fiens auffi , & peut-être en plus
grand nombre ; la gaieté , la légèreté ,
l'éclat , ont des droits univerfels : tous les
hommes ont des oreilles , peu de gens ont
une ame ſenſible , un goût jufte , un coeur.
délicat , fufceptible d'une impreffion férieufe
, continue , attachante & profonde.
L'Opera Italien ne préfente aucunes
traces de la variété qui regne dans le nôtre
point de choeurs , point de fêtes liées
au fujet ; vous n'y verrez aucune de nos
belles imitations de la nature , qui annoncent
le débrouillement du cahos , le lever
de l'aurore , des bruits de guerre ou de
chaffe , le foulévement des flots , le fifflement
des vents , la tempête & le calme
renaiffant ; nos belles chanfonnettes , nos
fymphonies céleftes , infernales , fauvages,
paftorales : on n'y trouve point de ces airs
AVRIL. 1758. 153
de chant , d'un genre fimple , tempéré &
doux , qui s'uniffant entr'eux & fe mariant
avec le récitatif , femblent parler
tantôt fi voluptueufement , tantôt fi gaiement
, & qui ont chacun leur caractere ,
& , pour ainfi dire , leur phyfionomie fi
vraie , fi différente & fi décidée ; rien n'y
remplace les tréfors de l'imagination Françoife
; nos bergeries , nos féeries délicieufes
, nos marches , nos facrifices , nos oracles
, nos choeurs , tout tremble devant le
Seigneur... Brillant foleil ... ébranlons la
terre... l'amour triomphe ... nos fcenes fi
bien traitées , nos plaintes fi touchantes ,
que l'on écoute avec une attention fi tendre
, une rêverie fi naïve , un intérêt fi
doux & fi féduifant .
Qu'oppofe t'on à toutes ces richeffes ?
Vingt Ariettes enfilées au bout de vingt
fcenes d'ennui , toutes ces Ariettes marchant
, s'annonçant , finiffant , répétant ,
roulant , reprenant de même. L'Opera
François forme un fpectacle noble , majeftueux
, auffi régulier que varié & intéreffant
dans toutes fes parties : l'Opera Italien
n'eft qu'une Ariette ; il eft abfolument
inécoutable dans la moitié au moins de fa
durée. Les Italiens n'écoutent jamais la
fcene , & c'eft en cela qu'ils ont raifon
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
nous écoutons la nôtre , il me femble que
le procès eft jugé.
A l'égard des Opera bouffons , il ne
leur manque que des Poëmes pour être lé
triomphe de la mufique Italienne ; c'eſt
dans ce genre que fes caprices , fes folies
fes contraſtes les plus bizarres peuvent
trouver une place convenable ; mais la
plupart des Poëmes ne préfentent ni inté
rêt , ni caracteres , ni intrigue , ni détails
ce font des Ariettes fur des grimaces ; la
feule nouveauté peut leur donner une vo
gue momentanée : on fe laffe enfin de facrifier
fon coeur & fon goût à fes oreilles .
Un homme d'efprit qui a pris plaifir à
fe jouer des idées les plus évidentes , a
ofé dire que nous n'avions point de mufi
que ; fon opinion n'a fait que le bruit
qu'elle a dû faire : tant de gens qui ne
fentent pas qu'un raifonnement fatigue &
qu'une Epigramme décide , tant d'hommes
communs qui courent après leur original ,
ne pouvoient manquer d'exciter une rumeur
: fi la mufique n'eft faite que pour
être admirée & non pour être fentie , fi
l'homme n'a que des oreilles , fi fon ame
fi fon coeur , font comptés pour rien , fans
doute M. Rouffeau a eu raifon ; en ce cas
L'agilité du gofier eft tout ; la grace , l'exAVRIL
1758. 155
preffion , le fentiment , font des êtres ima
ginaires ; la danfe fur la corde méritera
feule le nom de danfe ; le menuet , la farabande
feront indignes de ce nom.
Si la mufique ne renferme que des combinaifons
de fons fans expreffion , fans
imitation , je dis qu'elle eft indigne d'un
être qui fent & qui penfe. C'eft le fentiment
feul qui doit être l'objet & la perfection
de l'art . Laquelle des deux mufiques
l'a mieux connu : j'en appelle. J'ai entendu
fouvent les Italiens eux- mêmes gémir des
excès de l'art , & du mauvais goût qu'ils
ont introduit chez eux ( 1 ) . Je ſuis bien
éloigné de prétendre que la mufique Fran +
coife foit fans défauts ; fouvent plaintive ,
monotone , peinée , languiffante , elle récite
trop & ne chante pas affez ; elle a befoin
d'embelliflemens , mais elle a faifi la
vraie route.
Les Italiens poffedent , fans doute , à
un haut degré le génie de la mufique ; mais
l'oreille feule a été l'objet de leurs travaux ;
ils fe font amufés à la féduire par de petites
notes brillantes , rapides & volatiles
ils ont négligé le coeur & le fentiment ,
femblent même quelquefois avoir pris à
tâche de leur infulter ; c'eft ce que l'on
&
(1 ) Voyez l'Effai fur l'Opera Italien , par M.
Algarotti , Mercure de France , 1757.
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
voit dans leurs Opera bouffons , où l'imi
tation des fentimens n'eft fouvent qu'une
moquerie ; leur ſcience , leur art même les
a égarés le chant a été fubordonné à la
fymphonie. Le principal perfonnage de
leur Opera n'eft ni Didon , ni Artaxerce ,
c'eſt le premier violon . L'Ariette admirable
dans une fête , eft déplacée dans la fcene ;
elle chante trop , le récitatif ne chante pas
affez : trop oppofés & trop voifins , tous
deux ne font que s'entrenuite ; ils ont méconnu
le beau caractere des voix que la
nature a formées , ils font chanter infipidement
la baffe-taille , & plus encore la
haute contre en revanche , ils fe font
donné des voix factices en dégradant l'humanité.
Titus ne parle , ni ne déclame ;
l'Empereur de Rome n'eft qu'un oifeau
qui gazouille : il leur faut tant de décorations
par Opera , tant d'entrées par
Ballet , tant d'Ariettes par acte & par perfonnage.
Goldoni n'ofa donner une Comédie
fans un Arlequin & un Pantalon . Leur
danſe eſt toute en entrechats , & leur poéfie
en Sonnets.
Fermer
Résumé : Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
L'auteur admire les aspects visuels et musicaux de l'opéra italien, notamment ses décors somptueux, costumes riches, danses légères et musique brillante. Cependant, il critique sévèrement le manque d'intérêt émotionnel et dramatique. L'opéra italien est structuré en scènes de récitatif suivies d'ariettes, souvent mal intégrées dans le récit. Ces ariettes, obligatoires à la fin de chaque scène, interrompent le flux narratif et manquent de cohérence émotionnelle. L'auteur les compare à des tableaux isolés dans une galerie, incapables de créer une émotion continue. Il souligne également la rigidité et la répétitivité des structures musicales des ariettes, nuisant à l'intérêt dramatique global. En comparaison, l'opéra français est décrit comme noble et varié, avec des scènes riches et des airs reflétant une imagination fertile. L'auteur critique l'opéra italien pour son manque d'intérêt et de caractère, le réduisant à une succession d'ariettes sans cohérence. Il reconnaît que la musique italienne possède un génie certain mais regrette qu'elle néglige le cœur et le sentiment au profit de la séduction auditive. L'opéra italien est perçu comme une 'coquette bruyante', plaisante initialement mais fatigante par sa complexité et son manque de simplicité. L'auteur conclut que la musique française, bien que perfectible, suit la bonne voie en cherchant à exprimer des émotions authentiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9527
p. 175
DU LEVANT.
Début :
Au milieu du calme dont jouit cet Empire sous un Prince pacifique, [...]
Mots clefs :
Empire, Prince pacifique, Successeur, Grande Caravane, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
Fermer
Résumé : DU LEVANT.
Le texte décrit des événements politiques et militaires dans l'Empire ottoman. À Constantinople, des changements récents ont eu lieu au sein du ministère malgré un contexte de paix. Le Mufti, le Chiaoux-Bafchi et les Reis-Effendi ont été démis de leurs fonctions et remplacés par Salik-Effendi, Bekir-Effendi et le Secrétaire du Grand Vizir, respectivement. Une nouvelle préoccupante concerne la grande caravane annuelle de la Mecque au Grand Caire, habituellement escortée par trente mille hommes des troupes de Damas. Le dernier gouverneur de Damas, récemment déposé, aurait attaqué la caravane avec un grand nombre d'Arabes, causant sa destruction totale et un butin considérable. Selon les rapports, près de cinquante mille personnes auraient péri lors de cette attaque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9528
p. 176-184
ALLEMAGNE.
Début :
Depuis près de quinze jours, on a fait partir un Corps de [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Général, Troupes prussiennes, Mouvements des troupes, Prise de la ville, Dantzig, Armée russe, Conquête, Ennemis, Troupes impériales, Roi de Pologne, Vienne, Impératrice-Reine, Dresde, Régiments, Leipzig, Décrets, Maréchal Keith, Taxes, Exactions, Ratisbonne, Réquisitions, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1758, plusieurs opérations militaires se déroulent en Allemagne. Le général Buchow mène un corps de 18 000 hommes pour lever le siège de Schweidnitz, dont la tranchée est ouverte le 4 mars. Le général Sickowich repousse les troupes prussiennes de Liebau avec peu de pertes, capturant environ 200 prisonniers ou déserteurs. Les ennemis se retirent à Landshutt où se trouve le roi de Prusse. Les troupes russes, dirigées par les généraux Marshal, Haddick et Mittowski, se déplacent dans le royaume. Les Croates envoient à Prague du cuivre et de l'argent pris aux Prussiens en Saxe. La prise de Troppau par le général Ville coûte peu de vies, les Bavarois n'y perdant que sept à huit hommes. À Dantzig, Marienwerder est occupée par les Russes le 21 février, et les magistrats prêtent serment à l'impératrice de Russie. Le district d'Elbing fournit des vivres à l'armée russe. Le général Fermer prépare des quartiers pour des régiments d'infanterie et de cavalerie dans plusieurs villes. Les troupes russes, totalisant plus de soixante mille hommes, avancent vers la Vistule. Un détachement de hussards russes inquiète Dantzig, mais le général Fermer rassure les habitants en affirmant que les Russes n'ont pas l'intention d'occuper la ville. À Vienne, l'impératrice-reine ordonne la levée d'un nouveau régiment d'artillerie de campagne avec une paie plus élevée. Le général Buchow reçoit le régiment de cuirassiers vacant. Le prince de Brunswick-Bevern, libéré par l'impératrice-reine, lui rend visite pour exprimer sa reconnaissance. À Dresde, le roi de Prusse exige 5 000 recrues de l'Électorat, dont 135 de Dresde. Des gardes polonais détenus à Magdebourg sont incorporés dans des régiments prussiens. Le maréchal Keith avance dans le Voigtland avec une partie de son corps. À Leipzig, les décrets du Directoire de Torgau épuisent l'Électorat. Le maréchal Keith reçoit l'ordre de lever 500 000 écus à Dresde, ciblant particulièrement les catholiques et les fonctionnaires. Les exactions prussiennes sont justifiées par des représailles pour les ravages subis. À Ratisbonne, les lettres du Duché de Mecklenbourg rapportent des demandes excessives et des ordres violents du maréchal de Lehwald, incluant la livraison de chevaux, de recrues et de contributions en argent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9529
p. 184-196
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
M. l'Abbé d'Agoult, Chanoine & nouveau Doyen de l'Eglise de Paris, [...]
Mots clefs :
Cérémonies, Famille royale, Église, Parlement, Déclaration du roi, Fêtes religieuses, Siège de Minden, Armée, Lieutenant, Mouvements des troupes, Ennemis, Duc, Comte, Audience du roi, Gendarmerie, Officiers, Nominations, Vaisseaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
M. l'Abbé Agoult , Chanoine & nouveaut
Doyen de l'Eglife de Paris , fut préſenté au Rož
le 17 Mars.
Le 19 , Dimanche des Rameaux , le Roi , ac
compagné de Monfeigneur le Dauphin , de Ma→
dame la Dauphine , de Madame Infante , de Ma
dame , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, affifta à la Bénédiction des Palmes . Cette céré
honie fut faite par M. l'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique , qui préfenta
ane palme à Sa Majefté. Le Roi affifta de même à
la Proceffion & à l'adoration de la Croix. Enfuite
Sa Majesté entendit la grand'Meffe , qui fut aufft
célébrée par M. l'Abbé Gergoy , & chantée par la
Mufique.
La Reine affifta dans fa tribune à l'Office.
Le Roi ayant donné fon agrément à M. le Marquis
de Gefvres pour fon mariage avec Damoifelle
Françoife-Marie du Guefclin , Leurs Majeftés & la
Famille Royale, en fignerent le contrat le 19 Mars.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Gefvres la
furvivance du Gouvernement de l'Ile de France
de la Capitainerie Royale de Montceaux , & dis
Brevet de retenue de cinquante mille écus accor
dé au Duc de Trefmes fon pere.
AVRIL. 1758. 189
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
auffi le même jour le contrat de mariage de M.
Hérault de Séchelles , Colonel du Régiment de
Rouergue , avec la Demoiſelle de la Lande-
Magon,
Le jeudi-faint , M. l'Evêque de Dol ayant fait
l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon de
la Cêne du Pere Boule , Religieux Cordelier , Sa
Majefté à lavé les pieds à douze pauvres , & les a
fervis à table. M. le Prince de Condé , Grand-
Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la tête des
Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le fervice. Les
plats étoient portés par Monfeigneur le Dauphin ,
MM. le Duc d'Orléans , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de
Penthievre , & par les principaux Officiers de Sa
Majefté . Après cette cérémonie , le Roi & la Reine
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grand'Meffe , & ont enfuite affifté
à la Proceffion.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Mont
mort , Major de fes Gardes , l'expectative de Comi
mandeur honoraire de l'Ordre de Saint Louis . Sa
Majefté lui a donné , en attendant , la permiffion
d'en porter les honneurs.
Quatre Bataillons des Gardes Françoiſes font
partis d'ici les 9, 11 , 13 & 15 de Mars pour Saint.
Omer , où ils doivent être rendus en dix jours , &
deux Bataillons des Gardes Suiffes le font mis en
marche le 9 & le 11 pour la ville d'Aire , où ils
ont dû être rendus dans le même eſpace de
temps.
Le Parlement a enrégiftré le ro de Mars deux
nouvelles Déclarations du Roi : la premiere , por
tant Réglement fur la diftribution & le jugement
des procès ou inftances qui étoient pendans dans
186 MERCURE DE FRANCE:
:
les quatrieme & cinquieme Chambres des Enquée
tes du Parlement de Paris , lors de la fuppreffion
d'icelles la feconde , concernant le rembourfement
de foixante Offices de Confeillers Laïcs , de
quatre Offices de Confeillers - Clercs , & d'une
Commiffion des Requêtes du Palais , vacans ou
fupprimés en exécution de l'Edit du mois de Décembre
1756.
La difette exceffive des fourrages a déterminé
M. le Comte de Clermont à paffer le Wefer, pour
fe porter fur Paderbon , & ce Prince s'eft mis en
marche le 17 de Mars.
Le 23 , la Reine entendit le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé d'Eſpiard , Chanoine de la
Métropole de Befançon , & Confeiller Clerc au
Parlement de la même Ville. M. l'Evêque de Dol
fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa Majefté
lava les pieds à douze pauvres filles & les fervit à
table .M. le Marquis de Chalmazel , premier Maî
tre d'Hôtel de la Reine , précédoit le ſervice , dont
les plats étoient portés par Madame la Dauphine ,
Madame Infante , Madame , Madame Sophie ,
Madame la Princeffe de Condé , les Dames du Palais
, & plufieurs autres Dames de la Cour .
LeursMajeftés & la Famille Royale ſe rendirent
le même jour für les dix heures du ſoir à la Chapelle
du Château , & firent leurs prieres devant
'Autel où le Saint Sacrement étoit en dépôt.
Le 24 , jour du vendredi - faint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Monfeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Infante ;
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , entendirent le fermon de la paffion du
Pere Chapelain , Jéfaite .
Le 26 , Fête de Pâques , le Roi , la Reine &
la Famille Royale , entendirent la grande Meffe
AVRIL. 1758. 187
célébrée pontificalement par M. l'Evêque de Dol';
& chantée par la mufique.
Le 28 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis
de Damas- Dantlezy avec Demoifelle Tillieres , &
celui de M. de Lamoignon de Baville , avec la
Demoiſelle Berryer .
Le même jour , le Roi tint le Sceau
vingt-fixieme fois.
pour la
Sa Majesté a donné le Régiment de la Couronne
, vacant par la démiffion du Comte de Pólaftron
, au Comte de Montbarey , Colonel dans le
Régiment des Grenadiers de France , & la place
de Colonel dans le même Régiment , à M. le Mar
quis de Montefquiou , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Cavalerie.
Voici le détail qu'on a reçu du fiége de Minden
Le 4 du mois de Mars , l'armée Hanovrienne
déboucha des bois de Thaudozen & y campa le
lendemain 5.Le Prince Héréditaire de Brunſwick
& M. Dauberg , Lieutenant- Colonel , chargés du
fiége , envoyerent fommer M. le Marquis de Morangies
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
qui commandoit dans Minden , de ſe rendre , en
lui offrant la capitulation qu'il pourroit défirer ..
M. le Marquis de Morangies refufa toute propofition
, & répondit qu'il vouloit fe défendre. Le
même jour , la place fut inveftie par toute l'armée.
Le 6 , le Prince Ferdinand de Brunſwick s'empara
des gorges en avant de Minden , & établit fon
Quartier Général à Hill . La nuit du 6 au 7 , Pennemi
ouvrit la tranchée devant la place hors de la
portée du canon , & dans la nuit du 7 il perfectionna
la premiere parallele. Le 8 , M. le Marquis
de Morangies ordonna une fortie de so Volontaires
d'Infanterie & de sa Volontaires de Hay
188 MERCURE DE FRANCE.
nault à cheval , pour aller enlever dans les Villa
ges voisins , où l'ennemi avoit des poftes de ca
valerie , des moutons , des boeufs , des , vaches &
d'autres provifions ; ce qui fut exécuté fans peine ,
parce que les ennemis fe retirerent à l'approche
du détachement qu'ils crurent plus nombreux:
ainfi le convoi entra dans la place fans aucun inconvénient.
Le 9 , les affiégeans poufferent deux
zigzags en avant dans la premiere parallele. Le
10 , ils formerent la feconde parallele & acheverent
d'embraffer le front de l'attaque. Le même
jour , M. le Marquis de Morangies ordonna une
fortie de 100 hommes , pour faire entrer du bois
dans la place , dont la garnifon paffoit toutes les
nuits au bivouac , ainfi que pour reconnoître en
même temps les travaux des ennemis & les tâter.
Le feu fut affez vif de part & d'autre ; on leur tua
10 à 12 hommes , & les deux objets furent remplis.
Le 11 , les ennemis poufferent deux zigzags
en avant de la feconde parallele , & ils établirent
deux batteries de trois pieces de canon chacune ,
qui tirerent avec fi peu de fuccès , qu'ils firent
ceffer. Dans l'après-midi du même jour , ils éta
blirent une autre batterie de trois pieces de canon
qui tira fur la place : cette batterie fut bientôt
éteinte par le feu fupérieur de notre artillerie . Lé
12 , les ennemis établirent cinq batteries de fix
pieces de canon de 17 & de 33 , & une batterie
de fix mortiers , qui jettoient des bombes de huit
pouces. Toutes ces batteries furent en état de tirer
Le matin , à la réſerve d'une feule qu'ils ne démaf
querent point : quelques maifons du rempart furent
endommagées ; cependant leur feu n'eut pas.
un grand fuccès , parce qu'on leur oppofa un feu
d'artillerie qui les incommoda beaucoup . Le mê
me jour , on commanda cinq Compagnies de Gre↓
AVRIL. 1758. 189
nadiers & cinquante Volontaires , pour faire une
fortie & pour attaquer la tranchée. L'ennemi fa
trouva partout en force , parce que précisément
alors on relevoit la tranchée. Le 13 , les ennemis
firent la troisieme parallele & rapprocherent leurs
batteries à so toifes de la contrefcarpe ; ils firent
pendant toute la journée un feu terrible , & ils jetterent
une fi prodigieufe quantité de bombes dans
la Ville , qu'ils y mirent feu . Le foir , nos batte
ries fe trouverent en mauvais ordre & la poudre
manqua. Dans cette extrêmité , les Commandans
des Corps s'affemblerent chez M. le Marquis de
Morangies , où il fut conclu de rendre la place.
Pat la capitulation , qui fut fignée le 14 , la Garni
fon a été faite prifonniere de guerre.
M. le Duc de Broglie a évacué Caffel , & il s'eft
mis en marche le 23 avec toutes les Troupes qui
fent fous les ordres , pour joindre l'armée de M.
le Comte de Clermont. Il n'y a aucun Corps ennemi
à portée de s'opposer à cette jonction.
Le onzième tirage de la premiere Loterie
Royale , fe fit le 16 du mois dernier & les jours
faivans. Le principal lot eft échu au numero 376393
le fecond lot au numero 27416 , & la prime de
20000 livres au numero 19214.
Le Roi , la Reine , & la Famille Royale fignerent
le 2 d'Avril , le contrat de mariage de M.
le Marquis de Chauvelin , Lieutenant- Général
des Armées de Sa Majefté , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , avec la Demoiſelle
Mazade d'Argeville , & celui de M. le Marquis
d'Avarey , avec Angélique- Adélaïde Sophie de
Mailly-de Rubempre.
Le trois Avril , le Duc d'Aumont , Premier
Gentilhomme de la Chambre , & la Ducheffe de
Luynes , Dame d'Honneur de la Reine , tinrent
190 MERCURE DE FRANCE.
au nom du Roi & de la Reine fur les fonts de Bap
tême , à la Paroiffe du Château , l'enfant du fieur
Chatelain , Contrôleur ordinaire de la Bouche du
Roi.
Le cinq , le Baron de Lichtenſtein , Miniſ
tre Plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha , eur
une audience particuliére du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté ſes Lettres de rappel. Il fut
conduit à cette audience , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgo
gne , de Monſeigneur le Duc de Berry , de Monfeigneur
le Comte de Provence , de Madame Infante
, de Madame , & de Meſdames Victoire , So.
phie & Louife , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , M. l'Evêque d'Orleans prêta ferment
entre les mains du Roi , pour l'Evêché de
Condom ; & M. l'Evêque de Digne , pour l'Evê,
ché d'Orleans.
Suivant la difpofition faite par le Roi des emplois
de la Gendarmerie , la Soulieutenance des
Gendarmes de Flandres eſt donnée à M. le Cointe
de Saint-Chamans, premier Cornette ; la premiere
Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne, à M.
le Baron de Breteuil , Guidon ; le Guidon des Gendarmes
d'Orléans , à M. le Comte de Noé , Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de Viefville ;
la Soulieutenance des Chevaux- Légers d'Orléans ,
à M. le Comte de Fougieres , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes d'Orléans , à M. le Comte de
Choifeul-Savigny , fecond Cornette ; la feconde
Cornette des Chevaux - Légers de la Reine , à M.
de Marquis de Crenolles , Lieutenant dans le Régiment
d'Infanterie du Roi,; .la Compagnie des
Chevaux-Légers de Bourgogne , à M. le Comte
A VRIL. 1758. 191
Herbouville , Soulieutenant ; la Soulieutenance
des Gendarmes d'Aquitaine , à M. le Comte de Cuf
tines de Guermnage, Enfeigne; l'Enſeigne des Gendarmes
de Flandres , à M.le Comte de Roncé fecond
Cornette; la feconde Cornette des Chevaux - Légers
d'Orléans , à M. le Baron de Choiſeul- Buffiere
Lieutenant dans le Régiment du Roi , Infanterie ;
le Guidon des Gendarmes Ecoffois , à M. le Comte
de Saiffeval , Guidon des Gendarmes de Berry ;
le Guidon des Gendarmes de Berry , à M. le Mar
quis le Veneur , Moufquetaire ; le Guidon des
Gendarmes Bourguignons , à M. le Marquis de
Valençay , Capitaine dans le Régiment du Commiffaire
Général de la Cavalerie ; la Soulieute
nance des Gendarmes Bourguignons , à M. le
Marquis de Carvoifin d'Achy , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes Dauphins , à M. le Comte
de Caftellane , fecond Cornette ; l'Enfeigne des
Gendarmes de Bourgogne , à M. le Marquis de
Seran , Guidon ; le Guidon des Gendarmes Dauphins
, à M. le Comte Dauvet , Aide- Major dans
le Régiment des Gardes Françoifes ; la feconde
Cornette des Chevaux- Légers d'Aquitaine , à M.
le Marquis de Lambertie , Moufquetaire , & le.
Guidon des Gendarmes de Flandres , à M. le Mar
quis d'Houdetot , Lieutenant en fecond dans le
Régiment du Roi , Infanterie.
Sa Majesté vient d'accorder des Croix de Saint
Louis & différentes graces aux Officiers qui ſe font
diftingués à l'attaque du pont de Weiffenfels , fous
les ordres de M. le Marquis de Crillon . Les Gre
nadiers des deux Compagnies du Régiment de
Saint Chamond , qui dans cette action ont mar
qué beaucoup de valeur , ont auffi reçu du Roi
chacun une gratification.
Le Roi a nommé Brigadier d'Infanterie M. de
2192 MERCURE DE FRANCE.
Buffy , qui , depuis fept ans , commande en chef
les Troupes Françoifes dans le Dekan aux Indes
Occidentales.
L'Armée du Comte de Clermont eſt arrivée à
Wezel , fans avoir été inquiétée dans fa marche.
Les Troupes qui étoient dans Caffel & dans le
pays de Hefle , font actuellement à Duffeldorp ,
Capitale du Duché de Bergues , & dans les environs
de cette Ville . Elles s'y font rendues , fans
rencontrer le moindre obſtacle de la part des ennemis.
La nuit du 3 Mars au premier Avril , M. le
Comte de Clermont fut attaqué d'une violente &
douloureuſe efquinancie , qui a mis ſa vie en danger.
Il a été faigné trois fois dans le même jour ,
& on a employé fi à propos les remedes convenables
, que la fanté de ce Prince eft parfaitement
Tétablie.
Les Gazettes d'Angleterre font monter le nombre
des vaiffeaux que les François leur ont pris ,
depuis le 29 Octobre 1757 , juſqu'au 10 Janvier
dernier , à cent cinquante-deux , non compris
plufieurs autres bâtimens , comme chaloupes &
Bateaux de Pêcheurs , & le nombre des vailleaux
François pris par les Anglois , pendant le même
temps , à cent navires. Ainfi , felon eux , nos prifes
excedent les leurs d'environ foixante vaiffeaux.
Le Capitaine Guitton , commandant le Corfaire
le Don de Dieu , de Calais , a rançonné pour
125 guinées deux bâteaux Anglois dont il s'étoit
emparé!
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& conduit à Saint- Malo le Navire Anglois le Sa-
Pisbary , de Liverpool, qui alloit à la côte de
Guinée avec une cargaifon d'eau - de- vie , de fer ,
de poudre de guerre , de fufils , de pistolets de
toiles
AVRIL. 1758. 193
toiles peintes , & autres marchandifes propres
pour la traite des Negres.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navites
Anglois le Recovry & l'Europe , & il les a rançonnés
pour 19 mille livres.
Le Capitaine le Tourneur , commandant le
Mefny , autre Corſaire du même port , y a conduit
un Bateau Anglois chargé de vin de Florence ,
d'huile d'olive & de raiſins .
Le Navire Anglois le Samuel , de 300 tonneaux ,
allant de Saint - Chriftophe à Londres , avec un
chargement compofé de 366 boucaurs de fucre ,
& de 10 bottes de vin de Madere , a été pris par
le Capitaine le Roi , commandant.le Corfaire le
Comte de Langeron de Saint- Malo , où il a été
conduit.
Le Navire Anglois le Laurier, pris par le Cor
faire la Revanche de Dunkerque , a été conduit
dans le port d'Abreuvaç en Bretagne. Il eſt chargé
de tabac , de favon & d'autres marchandiſes.
Les Frégates du Roi , la Calypfo & l'Eclair , ſe
font emparés du Corfaire Anglois le Tartare , de
Briftol , armé de 12 canons , 10 pierriers , 71
hommes d'équipage , & elles l'ont conduit dans
la rade de l'ile Daix.
Le Corfaire la Comteffe de la Serre , de Dunkerque
, y a conduit le Navire Anglois lá Lady-
Liveſtown , de 60 tonneaux , chargé de vin , d'eaude-
vie & de graine de lin.
Le Senaw Anglois la Providence , de 120 tonneaux
, ayant pour cargaifon 8 à 10 barriques
d'eau- de-vie , go barriqués de vieux fer , 7 balles
de lin , & 30 petits barrils de falpêtre , a été pris
par le Corfaire le Moiffonneur , de Calais.
Deux autres Corfaires de ce port , appellés ;
P'un le Don de Dieu , l'autre le Bart, ont remis à
11. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Dunkerque les ôtages qu'ils ont pris , pour affu
rer le paiement de quatre rançons montant enfemble
à 375 guinées .
Le Navire Anglois les Amis , de 200 tonneaux ,
chargé de farine , de biere , & d'autres vivres &
marchandifes deftinées pour Gibraltar , a été pris
par le Corfaire la Revanche , de Dunkerque , qui
l'a fait conduire au Havre.
Le Corfaire la Bellone , de Saint - Malo , a pris
& conduit à Cherbourg le Navire Anglois le Butterfly
, de 70 tonneaux , chargé de 130 futailles
de vin de Madere .
Il est arrivé à Saint -Malo deux prifes faites par
le Corfaire l'Augufte , de ce port : l'une eft le Senaw
l'Anne , de 120 tonneaux , chargé de riz ,
d'indigo & de bois d'Acajou ; l'autre eft le Sloup
l'Endeavour , de so tonneaux , allant de Briſtol
à la nouvelle Angleterre , avec un chargement de
vivres & d'autres denrées , deſtinés pour cette Colonie.
Le Capitaine Naguille , commandant le Corfaire
le Labourt , de Saint- Jean-de-Luz , a pris &
conduit à Bayonne le Navire Anglois la Liffe , de
Liverpool , ayant pour cargaison 296 boucauts de
fucre , 12 barriques de taffia , 10 barriques d'indigo
, 10 barriques de café , &c. & un autre bâtiment
chargé de goudron.
Le Chevalier Barrot , autre Corſaire de Bayonne
, a conduit à Saint-Sébaſtien un Navire Anglois
chargé de 450 barrils de riz & de quelques pelleteries.
1 I
On écrit du Havre de Grace , que le Corſaire
la Comteffe de Filtz-James , de 30 canons , a relâché
à Granville , après s'être longtemps battu
contre un Vaiffeau de guerre ennemi de o cas
Aons , qui n'a pu s'en rendre maître.
AVRIL. 1758. 195
eLe Capitaine Robert , commandant le Corfairela
Comtelle de la Serre , de Dunkerque , y a fait
conduire un Bâtiment , dont la cargaifon compofée
d'indigo , de fucre , de café & d'autres marchandiſes
, eft eftimée plus de trois cents mille
livres.
Le Navire Anglois la Prospérité , de Dublin , a
été pris par le Corfaire la Marquise de Mazelet ,
de Boulogne , qui l'a rançonné pour fept mille
deux cents livres.
Le Comte de Valence , autre Corſaire du même
port , a pris & conduit à Cherbourg un Bâtiment
Anglois chargé de laine , de fer , de taffia , & de
quelques barriques de fucre.
Il est arrivé à Saint- Malo un Corfaire Anglois
appellé la Défiance , de Jerzey, armé de 6 canons ,
6 pierriers & 74 hommes d'équipages : c'eft le
Corfaire la Bellone , de ce port , qui s'en eft rendu
maître.
On mande de Bayonne , que les Capitaines
Guillaume Lavernis & Pierre-Denis Labat , commandant
les Corfaires l'Aurore & le Chevalier
Barrau , de ce port , y ont fait conduire , l'un
le Navire Anglois le Guillaume , dont la cargaifon
confifte en huile de poiffon & en merrains ;
Pautre , un Bâtiment appellé le Tom , de Philadelphie
, chargé de riz.
1.
Le Capitaine de Laire , commandant le Corfaire
la Marquife de Nazelle , de Boulogne , s'eft
emparé des Bateaux Anglois le Moineau & la Bonne-
Amie, & il les a rançonnés , l'un pour so ,
l'autre pour 60 livres fterlings.
Les Corfaires le Comte de Valence & le Comte
d'Ayen , de Boulogne , ont fait conduire à Cherbourg
un petit Navire Anglois chargé de bled.
Le Navire Anglois la Providence , de Bristol ,
I ij
196 , MERCURE DE FRANCE.
armné de 8 canons , & ayant pour chargement 210
boucauts de fucre blanc , 20 tonneaux de gingem
bre , & 200 dents d'éléphant , a été pris par le
Corfaire le Macbault, de Grandville , & conduit
à Morlaix. 2
Le Capitaine Deftouches , commandant le Mara
quis de Marigny , autre Corfaire de Granville , a
rançonné pour 17000 livres un Navire Anglois
dont il s'étoit emparé.
Le Corfaire le Moras , de S. Malo , s'eft rendu
maître du Navire Anglois le Bafton , de 199 100-
neaux , dont la cargaison confifte en 1400 barrils
de goudron , so barrils de brai , & quelques doug
velles .
On mande de Bayonne qu'il y eft arrivé un Nad
vire Anglois appellé le Pemberton , de 450 ton
neaux , armé de 18 canons & de 4s hommes d'é
quipage , dont le Corfaire le Machault , de ce
Port , s'eft rendu maître .
M. l'Abbé Agoult , Chanoine & nouveaut
Doyen de l'Eglife de Paris , fut préſenté au Rož
le 17 Mars.
Le 19 , Dimanche des Rameaux , le Roi , ac
compagné de Monfeigneur le Dauphin , de Ma→
dame la Dauphine , de Madame Infante , de Ma
dame , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, affifta à la Bénédiction des Palmes . Cette céré
honie fut faite par M. l'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique , qui préfenta
ane palme à Sa Majefté. Le Roi affifta de même à
la Proceffion & à l'adoration de la Croix. Enfuite
Sa Majesté entendit la grand'Meffe , qui fut aufft
célébrée par M. l'Abbé Gergoy , & chantée par la
Mufique.
La Reine affifta dans fa tribune à l'Office.
Le Roi ayant donné fon agrément à M. le Marquis
de Gefvres pour fon mariage avec Damoifelle
Françoife-Marie du Guefclin , Leurs Majeftés & la
Famille Royale, en fignerent le contrat le 19 Mars.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Gefvres la
furvivance du Gouvernement de l'Ile de France
de la Capitainerie Royale de Montceaux , & dis
Brevet de retenue de cinquante mille écus accor
dé au Duc de Trefmes fon pere.
AVRIL. 1758. 189
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
auffi le même jour le contrat de mariage de M.
Hérault de Séchelles , Colonel du Régiment de
Rouergue , avec la Demoiſelle de la Lande-
Magon,
Le jeudi-faint , M. l'Evêque de Dol ayant fait
l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon de
la Cêne du Pere Boule , Religieux Cordelier , Sa
Majefté à lavé les pieds à douze pauvres , & les a
fervis à table. M. le Prince de Condé , Grand-
Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la tête des
Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le fervice. Les
plats étoient portés par Monfeigneur le Dauphin ,
MM. le Duc d'Orléans , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de
Penthievre , & par les principaux Officiers de Sa
Majefté . Après cette cérémonie , le Roi & la Reine
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grand'Meffe , & ont enfuite affifté
à la Proceffion.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Mont
mort , Major de fes Gardes , l'expectative de Comi
mandeur honoraire de l'Ordre de Saint Louis . Sa
Majefté lui a donné , en attendant , la permiffion
d'en porter les honneurs.
Quatre Bataillons des Gardes Françoiſes font
partis d'ici les 9, 11 , 13 & 15 de Mars pour Saint.
Omer , où ils doivent être rendus en dix jours , &
deux Bataillons des Gardes Suiffes le font mis en
marche le 9 & le 11 pour la ville d'Aire , où ils
ont dû être rendus dans le même eſpace de
temps.
Le Parlement a enrégiftré le ro de Mars deux
nouvelles Déclarations du Roi : la premiere , por
tant Réglement fur la diftribution & le jugement
des procès ou inftances qui étoient pendans dans
186 MERCURE DE FRANCE:
:
les quatrieme & cinquieme Chambres des Enquée
tes du Parlement de Paris , lors de la fuppreffion
d'icelles la feconde , concernant le rembourfement
de foixante Offices de Confeillers Laïcs , de
quatre Offices de Confeillers - Clercs , & d'une
Commiffion des Requêtes du Palais , vacans ou
fupprimés en exécution de l'Edit du mois de Décembre
1756.
La difette exceffive des fourrages a déterminé
M. le Comte de Clermont à paffer le Wefer, pour
fe porter fur Paderbon , & ce Prince s'eft mis en
marche le 17 de Mars.
Le 23 , la Reine entendit le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé d'Eſpiard , Chanoine de la
Métropole de Befançon , & Confeiller Clerc au
Parlement de la même Ville. M. l'Evêque de Dol
fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa Majefté
lava les pieds à douze pauvres filles & les fervit à
table .M. le Marquis de Chalmazel , premier Maî
tre d'Hôtel de la Reine , précédoit le ſervice , dont
les plats étoient portés par Madame la Dauphine ,
Madame Infante , Madame , Madame Sophie ,
Madame la Princeffe de Condé , les Dames du Palais
, & plufieurs autres Dames de la Cour .
LeursMajeftés & la Famille Royale ſe rendirent
le même jour für les dix heures du ſoir à la Chapelle
du Château , & firent leurs prieres devant
'Autel où le Saint Sacrement étoit en dépôt.
Le 24 , jour du vendredi - faint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Monfeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Infante ;
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , entendirent le fermon de la paffion du
Pere Chapelain , Jéfaite .
Le 26 , Fête de Pâques , le Roi , la Reine &
la Famille Royale , entendirent la grande Meffe
AVRIL. 1758. 187
célébrée pontificalement par M. l'Evêque de Dol';
& chantée par la mufique.
Le 28 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis
de Damas- Dantlezy avec Demoifelle Tillieres , &
celui de M. de Lamoignon de Baville , avec la
Demoiſelle Berryer .
Le même jour , le Roi tint le Sceau
vingt-fixieme fois.
pour la
Sa Majesté a donné le Régiment de la Couronne
, vacant par la démiffion du Comte de Pólaftron
, au Comte de Montbarey , Colonel dans le
Régiment des Grenadiers de France , & la place
de Colonel dans le même Régiment , à M. le Mar
quis de Montefquiou , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Cavalerie.
Voici le détail qu'on a reçu du fiége de Minden
Le 4 du mois de Mars , l'armée Hanovrienne
déboucha des bois de Thaudozen & y campa le
lendemain 5.Le Prince Héréditaire de Brunſwick
& M. Dauberg , Lieutenant- Colonel , chargés du
fiége , envoyerent fommer M. le Marquis de Morangies
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
qui commandoit dans Minden , de ſe rendre , en
lui offrant la capitulation qu'il pourroit défirer ..
M. le Marquis de Morangies refufa toute propofition
, & répondit qu'il vouloit fe défendre. Le
même jour , la place fut inveftie par toute l'armée.
Le 6 , le Prince Ferdinand de Brunſwick s'empara
des gorges en avant de Minden , & établit fon
Quartier Général à Hill . La nuit du 6 au 7 , Pennemi
ouvrit la tranchée devant la place hors de la
portée du canon , & dans la nuit du 7 il perfectionna
la premiere parallele. Le 8 , M. le Marquis
de Morangies ordonna une fortie de so Volontaires
d'Infanterie & de sa Volontaires de Hay
188 MERCURE DE FRANCE.
nault à cheval , pour aller enlever dans les Villa
ges voisins , où l'ennemi avoit des poftes de ca
valerie , des moutons , des boeufs , des , vaches &
d'autres provifions ; ce qui fut exécuté fans peine ,
parce que les ennemis fe retirerent à l'approche
du détachement qu'ils crurent plus nombreux:
ainfi le convoi entra dans la place fans aucun inconvénient.
Le 9 , les affiégeans poufferent deux
zigzags en avant dans la premiere parallele. Le
10 , ils formerent la feconde parallele & acheverent
d'embraffer le front de l'attaque. Le même
jour , M. le Marquis de Morangies ordonna une
fortie de 100 hommes , pour faire entrer du bois
dans la place , dont la garnifon paffoit toutes les
nuits au bivouac , ainfi que pour reconnoître en
même temps les travaux des ennemis & les tâter.
Le feu fut affez vif de part & d'autre ; on leur tua
10 à 12 hommes , & les deux objets furent remplis.
Le 11 , les ennemis poufferent deux zigzags
en avant de la feconde parallele , & ils établirent
deux batteries de trois pieces de canon chacune ,
qui tirerent avec fi peu de fuccès , qu'ils firent
ceffer. Dans l'après-midi du même jour , ils éta
blirent une autre batterie de trois pieces de canon
qui tira fur la place : cette batterie fut bientôt
éteinte par le feu fupérieur de notre artillerie . Lé
12 , les ennemis établirent cinq batteries de fix
pieces de canon de 17 & de 33 , & une batterie
de fix mortiers , qui jettoient des bombes de huit
pouces. Toutes ces batteries furent en état de tirer
Le matin , à la réſerve d'une feule qu'ils ne démaf
querent point : quelques maifons du rempart furent
endommagées ; cependant leur feu n'eut pas.
un grand fuccès , parce qu'on leur oppofa un feu
d'artillerie qui les incommoda beaucoup . Le mê
me jour , on commanda cinq Compagnies de Gre↓
AVRIL. 1758. 189
nadiers & cinquante Volontaires , pour faire une
fortie & pour attaquer la tranchée. L'ennemi fa
trouva partout en force , parce que précisément
alors on relevoit la tranchée. Le 13 , les ennemis
firent la troisieme parallele & rapprocherent leurs
batteries à so toifes de la contrefcarpe ; ils firent
pendant toute la journée un feu terrible , & ils jetterent
une fi prodigieufe quantité de bombes dans
la Ville , qu'ils y mirent feu . Le foir , nos batte
ries fe trouverent en mauvais ordre & la poudre
manqua. Dans cette extrêmité , les Commandans
des Corps s'affemblerent chez M. le Marquis de
Morangies , où il fut conclu de rendre la place.
Pat la capitulation , qui fut fignée le 14 , la Garni
fon a été faite prifonniere de guerre.
M. le Duc de Broglie a évacué Caffel , & il s'eft
mis en marche le 23 avec toutes les Troupes qui
fent fous les ordres , pour joindre l'armée de M.
le Comte de Clermont. Il n'y a aucun Corps ennemi
à portée de s'opposer à cette jonction.
Le onzième tirage de la premiere Loterie
Royale , fe fit le 16 du mois dernier & les jours
faivans. Le principal lot eft échu au numero 376393
le fecond lot au numero 27416 , & la prime de
20000 livres au numero 19214.
Le Roi , la Reine , & la Famille Royale fignerent
le 2 d'Avril , le contrat de mariage de M.
le Marquis de Chauvelin , Lieutenant- Général
des Armées de Sa Majefté , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , avec la Demoiſelle
Mazade d'Argeville , & celui de M. le Marquis
d'Avarey , avec Angélique- Adélaïde Sophie de
Mailly-de Rubempre.
Le trois Avril , le Duc d'Aumont , Premier
Gentilhomme de la Chambre , & la Ducheffe de
Luynes , Dame d'Honneur de la Reine , tinrent
190 MERCURE DE FRANCE.
au nom du Roi & de la Reine fur les fonts de Bap
tême , à la Paroiffe du Château , l'enfant du fieur
Chatelain , Contrôleur ordinaire de la Bouche du
Roi.
Le cinq , le Baron de Lichtenſtein , Miniſ
tre Plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha , eur
une audience particuliére du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté ſes Lettres de rappel. Il fut
conduit à cette audience , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgo
gne , de Monſeigneur le Duc de Berry , de Monfeigneur
le Comte de Provence , de Madame Infante
, de Madame , & de Meſdames Victoire , So.
phie & Louife , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , M. l'Evêque d'Orleans prêta ferment
entre les mains du Roi , pour l'Evêché de
Condom ; & M. l'Evêque de Digne , pour l'Evê,
ché d'Orleans.
Suivant la difpofition faite par le Roi des emplois
de la Gendarmerie , la Soulieutenance des
Gendarmes de Flandres eſt donnée à M. le Cointe
de Saint-Chamans, premier Cornette ; la premiere
Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne, à M.
le Baron de Breteuil , Guidon ; le Guidon des Gendarmes
d'Orléans , à M. le Comte de Noé , Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de Viefville ;
la Soulieutenance des Chevaux- Légers d'Orléans ,
à M. le Comte de Fougieres , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes d'Orléans , à M. le Comte de
Choifeul-Savigny , fecond Cornette ; la feconde
Cornette des Chevaux - Légers de la Reine , à M.
de Marquis de Crenolles , Lieutenant dans le Régiment
d'Infanterie du Roi,; .la Compagnie des
Chevaux-Légers de Bourgogne , à M. le Comte
A VRIL. 1758. 191
Herbouville , Soulieutenant ; la Soulieutenance
des Gendarmes d'Aquitaine , à M. le Comte de Cuf
tines de Guermnage, Enfeigne; l'Enſeigne des Gendarmes
de Flandres , à M.le Comte de Roncé fecond
Cornette; la feconde Cornette des Chevaux - Légers
d'Orléans , à M. le Baron de Choiſeul- Buffiere
Lieutenant dans le Régiment du Roi , Infanterie ;
le Guidon des Gendarmes Ecoffois , à M. le Comte
de Saiffeval , Guidon des Gendarmes de Berry ;
le Guidon des Gendarmes de Berry , à M. le Mar
quis le Veneur , Moufquetaire ; le Guidon des
Gendarmes Bourguignons , à M. le Marquis de
Valençay , Capitaine dans le Régiment du Commiffaire
Général de la Cavalerie ; la Soulieute
nance des Gendarmes Bourguignons , à M. le
Marquis de Carvoifin d'Achy , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes Dauphins , à M. le Comte
de Caftellane , fecond Cornette ; l'Enfeigne des
Gendarmes de Bourgogne , à M. le Marquis de
Seran , Guidon ; le Guidon des Gendarmes Dauphins
, à M. le Comte Dauvet , Aide- Major dans
le Régiment des Gardes Françoifes ; la feconde
Cornette des Chevaux- Légers d'Aquitaine , à M.
le Marquis de Lambertie , Moufquetaire , & le.
Guidon des Gendarmes de Flandres , à M. le Mar
quis d'Houdetot , Lieutenant en fecond dans le
Régiment du Roi , Infanterie.
Sa Majesté vient d'accorder des Croix de Saint
Louis & différentes graces aux Officiers qui ſe font
diftingués à l'attaque du pont de Weiffenfels , fous
les ordres de M. le Marquis de Crillon . Les Gre
nadiers des deux Compagnies du Régiment de
Saint Chamond , qui dans cette action ont mar
qué beaucoup de valeur , ont auffi reçu du Roi
chacun une gratification.
Le Roi a nommé Brigadier d'Infanterie M. de
2192 MERCURE DE FRANCE.
Buffy , qui , depuis fept ans , commande en chef
les Troupes Françoifes dans le Dekan aux Indes
Occidentales.
L'Armée du Comte de Clermont eſt arrivée à
Wezel , fans avoir été inquiétée dans fa marche.
Les Troupes qui étoient dans Caffel & dans le
pays de Hefle , font actuellement à Duffeldorp ,
Capitale du Duché de Bergues , & dans les environs
de cette Ville . Elles s'y font rendues , fans
rencontrer le moindre obſtacle de la part des ennemis.
La nuit du 3 Mars au premier Avril , M. le
Comte de Clermont fut attaqué d'une violente &
douloureuſe efquinancie , qui a mis ſa vie en danger.
Il a été faigné trois fois dans le même jour ,
& on a employé fi à propos les remedes convenables
, que la fanté de ce Prince eft parfaitement
Tétablie.
Les Gazettes d'Angleterre font monter le nombre
des vaiffeaux que les François leur ont pris ,
depuis le 29 Octobre 1757 , juſqu'au 10 Janvier
dernier , à cent cinquante-deux , non compris
plufieurs autres bâtimens , comme chaloupes &
Bateaux de Pêcheurs , & le nombre des vailleaux
François pris par les Anglois , pendant le même
temps , à cent navires. Ainfi , felon eux , nos prifes
excedent les leurs d'environ foixante vaiffeaux.
Le Capitaine Guitton , commandant le Corfaire
le Don de Dieu , de Calais , a rançonné pour
125 guinées deux bâteaux Anglois dont il s'étoit
emparé!
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& conduit à Saint- Malo le Navire Anglois le Sa-
Pisbary , de Liverpool, qui alloit à la côte de
Guinée avec une cargaifon d'eau - de- vie , de fer ,
de poudre de guerre , de fufils , de pistolets de
toiles
AVRIL. 1758. 193
toiles peintes , & autres marchandifes propres
pour la traite des Negres.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navites
Anglois le Recovry & l'Europe , & il les a rançonnés
pour 19 mille livres.
Le Capitaine le Tourneur , commandant le
Mefny , autre Corſaire du même port , y a conduit
un Bateau Anglois chargé de vin de Florence ,
d'huile d'olive & de raiſins .
Le Navire Anglois le Samuel , de 300 tonneaux ,
allant de Saint - Chriftophe à Londres , avec un
chargement compofé de 366 boucaurs de fucre ,
& de 10 bottes de vin de Madere , a été pris par
le Capitaine le Roi , commandant.le Corfaire le
Comte de Langeron de Saint- Malo , où il a été
conduit.
Le Navire Anglois le Laurier, pris par le Cor
faire la Revanche de Dunkerque , a été conduit
dans le port d'Abreuvaç en Bretagne. Il eſt chargé
de tabac , de favon & d'autres marchandiſes.
Les Frégates du Roi , la Calypfo & l'Eclair , ſe
font emparés du Corfaire Anglois le Tartare , de
Briftol , armé de 12 canons , 10 pierriers , 71
hommes d'équipage , & elles l'ont conduit dans
la rade de l'ile Daix.
Le Corfaire la Comteffe de la Serre , de Dunkerque
, y a conduit le Navire Anglois lá Lady-
Liveſtown , de 60 tonneaux , chargé de vin , d'eaude-
vie & de graine de lin.
Le Senaw Anglois la Providence , de 120 tonneaux
, ayant pour cargaifon 8 à 10 barriques
d'eau- de-vie , go barriqués de vieux fer , 7 balles
de lin , & 30 petits barrils de falpêtre , a été pris
par le Corfaire le Moiffonneur , de Calais.
Deux autres Corfaires de ce port , appellés ;
P'un le Don de Dieu , l'autre le Bart, ont remis à
11. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Dunkerque les ôtages qu'ils ont pris , pour affu
rer le paiement de quatre rançons montant enfemble
à 375 guinées .
Le Navire Anglois les Amis , de 200 tonneaux ,
chargé de farine , de biere , & d'autres vivres &
marchandifes deftinées pour Gibraltar , a été pris
par le Corfaire la Revanche , de Dunkerque , qui
l'a fait conduire au Havre.
Le Corfaire la Bellone , de Saint - Malo , a pris
& conduit à Cherbourg le Navire Anglois le Butterfly
, de 70 tonneaux , chargé de 130 futailles
de vin de Madere .
Il est arrivé à Saint -Malo deux prifes faites par
le Corfaire l'Augufte , de ce port : l'une eft le Senaw
l'Anne , de 120 tonneaux , chargé de riz ,
d'indigo & de bois d'Acajou ; l'autre eft le Sloup
l'Endeavour , de so tonneaux , allant de Briſtol
à la nouvelle Angleterre , avec un chargement de
vivres & d'autres denrées , deſtinés pour cette Colonie.
Le Capitaine Naguille , commandant le Corfaire
le Labourt , de Saint- Jean-de-Luz , a pris &
conduit à Bayonne le Navire Anglois la Liffe , de
Liverpool , ayant pour cargaison 296 boucauts de
fucre , 12 barriques de taffia , 10 barriques d'indigo
, 10 barriques de café , &c. & un autre bâtiment
chargé de goudron.
Le Chevalier Barrot , autre Corſaire de Bayonne
, a conduit à Saint-Sébaſtien un Navire Anglois
chargé de 450 barrils de riz & de quelques pelleteries.
1 I
On écrit du Havre de Grace , que le Corſaire
la Comteffe de Filtz-James , de 30 canons , a relâché
à Granville , après s'être longtemps battu
contre un Vaiffeau de guerre ennemi de o cas
Aons , qui n'a pu s'en rendre maître.
AVRIL. 1758. 195
eLe Capitaine Robert , commandant le Corfairela
Comtelle de la Serre , de Dunkerque , y a fait
conduire un Bâtiment , dont la cargaifon compofée
d'indigo , de fucre , de café & d'autres marchandiſes
, eft eftimée plus de trois cents mille
livres.
Le Navire Anglois la Prospérité , de Dublin , a
été pris par le Corfaire la Marquise de Mazelet ,
de Boulogne , qui l'a rançonné pour fept mille
deux cents livres.
Le Comte de Valence , autre Corſaire du même
port , a pris & conduit à Cherbourg un Bâtiment
Anglois chargé de laine , de fer , de taffia , & de
quelques barriques de fucre.
Il est arrivé à Saint- Malo un Corfaire Anglois
appellé la Défiance , de Jerzey, armé de 6 canons ,
6 pierriers & 74 hommes d'équipages : c'eft le
Corfaire la Bellone , de ce port , qui s'en eft rendu
maître.
On mande de Bayonne , que les Capitaines
Guillaume Lavernis & Pierre-Denis Labat , commandant
les Corfaires l'Aurore & le Chevalier
Barrau , de ce port , y ont fait conduire , l'un
le Navire Anglois le Guillaume , dont la cargaifon
confifte en huile de poiffon & en merrains ;
Pautre , un Bâtiment appellé le Tom , de Philadelphie
, chargé de riz.
1.
Le Capitaine de Laire , commandant le Corfaire
la Marquife de Nazelle , de Boulogne , s'eft
emparé des Bateaux Anglois le Moineau & la Bonne-
Amie, & il les a rançonnés , l'un pour so ,
l'autre pour 60 livres fterlings.
Les Corfaires le Comte de Valence & le Comte
d'Ayen , de Boulogne , ont fait conduire à Cherbourg
un petit Navire Anglois chargé de bled.
Le Navire Anglois la Providence , de Bristol ,
I ij
196 , MERCURE DE FRANCE.
armné de 8 canons , & ayant pour chargement 210
boucauts de fucre blanc , 20 tonneaux de gingem
bre , & 200 dents d'éléphant , a été pris par le
Corfaire le Macbault, de Grandville , & conduit
à Morlaix. 2
Le Capitaine Deftouches , commandant le Mara
quis de Marigny , autre Corfaire de Granville , a
rançonné pour 17000 livres un Navire Anglois
dont il s'étoit emparé.
Le Corfaire le Moras , de S. Malo , s'eft rendu
maître du Navire Anglois le Bafton , de 199 100-
neaux , dont la cargaison confifte en 1400 barrils
de goudron , so barrils de brai , & quelques doug
velles .
On mande de Bayonne qu'il y eft arrivé un Nad
vire Anglois appellé le Pemberton , de 450 ton
neaux , armé de 18 canons & de 4s hommes d'é
quipage , dont le Corfaire le Machault , de ce
Port , s'eft rendu maître .
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En mars 1758, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 17 mars, l'abbé Agoult fut présenté au roi en tant que nouveau doyen de l'église de Paris. Le 19 mars, jour des Rameaux, le roi et la famille royale assistèrent à la bénédiction des palmes et à la grand-messe célébrée par l'abbé Gergoy. Le roi approuva le mariage du marquis de Gesvres avec Françoise-Marie du Guesclin et signa leur contrat de mariage. Il accorda également au marquis de Gesvres la survivance du gouvernement de l'Île-de-France et de la capitainerie royale de Montceaux, ainsi qu'un brevet de retenue de cinquante mille écus au duc de Trémoïlle. Le 18 avril, la famille royale signa le contrat de mariage de M. Hérault de Séchelles avec la demoiselle de la Lande-Magon. Le jeudi saint, le roi lava les pieds de douze pauvres et assista à la grand-messe. Quatre bataillons des Gardes Françaises et deux bataillons des Gardes Suisses furent envoyés en renfort à Saint-Omer et Aire. Le Parlement enregistra deux déclarations royales concernant la distribution des procès et le remboursement d'offices vacants. Le 23 mars, la reine écouta le sermon de la Cène de l'abbé d'Espiard et lava les pieds de douze pauvres filles. Le 24 mars, le roi et la reine assistèrent au sermon de la Passion. Le 26 mars, à Pâques, ils assistèrent à la grand-messe célébrée par l'évêque de Dol. Le 28 mars, ils signèrent les contrats de mariage du marquis de Damas-Dantelzy et de M. de Lamoignon de Baville. Le roi nomma le comte de Montbarey au régiment de la Couronne et le marquis de Montesquiou au régiment des Grenadiers de France. Sur le front militaire, le siège de Minden fut marqué par des échanges intenses entre les forces françaises et hanovriennes. La place fut capitulée le 14 avril. Le duc de Broglie évacua Cassel et rejoignit l'armée du comte de Clermont à Wezel. Diverses nominations et distinctions furent accordées aux officiers pour leurs actions distinguées. Le roi nomma également plusieurs officiers à des postes dans la gendarmerie. Sur le front maritime, les troupes françaises se déplacèrent à Duffeldorp, capitale du Duché de Bergues, sans rencontrer de résistance. Le comte de Clermont fut gravement malade le 3 mars mais fut soigné avec succès. Les gazettes anglaises rapportèrent que les Français avaient capturé 152 vaisseaux britanniques entre le 29 octobre 1757 et le 10 janvier 1758, tandis que les Britanniques en avaient capturé 100. Plusieurs corsaires français réalisèrent des prises notables, notamment le capitaine Guitton qui rançonna deux bateaux anglais pour 125 guinées. Divers corsaires capturèrent des navires britanniques chargés de marchandises variées, telles que de l'eau-de-vie, du fer, des armes, du sucre, du tabac, et des denrées alimentaires. Plusieurs de ces prises furent conduites dans des ports français comme Saint-Malo, Cherbourg, et Bayonne. Les frégates royales françaises capturèrent également un corsaire anglais, le Tartare. Plusieurs corsaires français rançonnèrent ou conduisirent à port des navires anglais, augmentant ainsi les prises françaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9530
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye du Tréport, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Chanoine, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En avril 1758, le roi a attribué plusieurs abbayes à divers dignitaires ecclésiastiques. L'Abbaye du Tréport, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé Comte de Lagnafco, ministre plénipotentiaire du Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'Abbaye de Poultiere, dans le diocèse de Langres, a été attribuée à M. l'Abbé de Saintnom, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Sainte Colombe, dans le diocèse de Sens, a été confiée à M. l'Abbé de Livry, évêque in partibus, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de Saint Crépin-le-Grand, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à M. l'Abbé d'Héricourt, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Lonlay, dans le diocèse du Mans, a été attribuée à M. l'Abbé de Clery-de Serans, chanoine de Metz. L'Abbaye de Quimperlé, dans le diocèse de Quimper, a été confiée à M. l'Abbé Berthelot, instituteur des Enfants de France. L'Abbaye de Tirronneau, dans le diocèse du Mans, a été donnée à M. l'Abbé de Saint-Simon, vicaire général de Toulouse, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de la Case-Dieu, dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à M. l'Abbé de Vienne, chanoine de Notre-Dame. L'Abbaye de Saint Severin, dans le diocèse de Poitiers, a été confiée à M. l'Abbé de la Noue. L'Abbaye de Reffons, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé de Salignac-de Fénelon, vicaire général de Toul. L'Abbaye de Longuay, dans le diocèse de Reims, a été attribuée à M. l'Abbé de Saint-Capraire, vicaire général de Troyes. L'Abbaye régulière de Saint Vincent-aux-Bois, dans le diocèse de Chartres, a été confiée à M. l'Abbé André, vicaire général du même diocèse. L'Abbaye régulière de Villers-Cotterêts, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à Dom Richard, procureur général de l'Ordre. L'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon, dans le diocèse de Dijon, a été attribuée à M. Poncet-de la Rivière, ancien évêque de Troyes, suite à la démission de M. Desmarets. L'Abbaye de Montebourg, dans le diocèse de Coutances, a été confiée à M. l'Abbé Desmarets, suite à la démission de M. Poncet-de la Rivière. L'Abbaye de la Buffière, dans le diocèse d'Autun, a été donnée à M. l'Abbé Paris. Le prieuré de Montrelais, dans le diocèse de Nantes, a été attribué à M. l'Abbé Jaloutz, vicaire général de Cambrai. Enfin, l'Abbaye de Saint Denis de Reims, dans le diocèse de Reims, a été confiée à M. l'Abbé Comte de Lodran, chanoine du Chapitre d'Olmatz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9531
p. 198-201
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Charles de Biotiere de Chassincourt, Marquis de Tilly, Chevalier Seigneur [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Maison de Biotiere de Chassincourt, Maison Durfort, Morts, Mariages, Maison de Bouchet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE ESSIRE Charles de Biotiere de Chaffincour ;
Marquis de Tilly , Chevalier Seigneur de Montfant
, de Ris , de Bau , du Treüil des Gardais , de
S. Martin , de S. Bluife , la Ronde les Giffiers , &c.
époufa le 9 de Mars , Damoiſelle Marie - Anne de
Durfort. La célébration du mariage fe fit dans la
Chapelle de l'Hôtel de Duras , & la Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par M. l'abbé de Durfort,
Grand Vicaire de Narbonne.
La maison de Biotiere de Chaffincour ; eft une
des plus anciennes du Bourbonnois , d'extraction
militaire , & de cette nobleffe dont on peut trouver
P'origine même dans les temps les plus reculés,
on voit par fes titres qui font chez M. de Claframbault
, qu'elle a toujours été noble , & toujours
inviolablement attaché à fon Roi & à fa
Patrie.
Quant à la maifon de Durfort , pour tout dire
il fuffit de la nommer.
Meffire Louis- Joachim Paris Potier , Marquis
de Gefvres , Vicomte de Pledrau & du Pirruit ,
épousé le 4 Avril Françoife Marie du Guefclin',
fille de feu Bertrand Celar , Marquis du Guéfclin',
Meftre de Camp , Premier Gent homme de la
Chambre du Duc d'Orleans , & de Dame Marguerite
Bofc. La Bénédiction nuptiale leur a été
donnée à Saint- Ouen par le Cardinal de Gefvres.
Le Marquis de Gefvres eft fils de Louis - Léon Potier
de Gefvres , Duc de Trefmes , Pair de France,
Marquis de Gandelu , Lieutenant Général des Ar
mées du Roi , Gouverneur & Capitaine du Châ
AVRIL. 1758. 199
teau & Capitainerie Royale de Montceaux , &
Gouverneur Général de l'Ile de France , & de feue
Eleonore- Marie de Montmorency- Luxembourg.
Les perfonnes les plus qualifiées de la Cour & de
la Ville ont affifté à cette Noce , & toute l'affemblée
qui étoit nombreuſe a été traitée , avec autant
de goût que de magnificence.
M. le Marquis Defcars eft mort le 14 Février
à fa terre de la Mothe- Deſcars , près de Toulouſe,
dans la quatre -vingt- deuxieme année de fon âge.
Il étoit de la même maifon , mais d'une autre branche
, que les trois Officiers Généraux du nom de
Perreufe - Defcars , dont un eſt Maréchal de Camp,
un autre Colonel du Régiment de Normandie , &
le troifieme auffi Colonel du Régiment Defcars ,
Cavalerie .
Le 19 Février dernier mourut à Haguenau Dame
Magdeleine d'Aine , veuve de Meffire Etienne
Duvivier , Chevalier de l'ordre royal & militaire
de S. Louis , Commandant dudit Haguenau , âgée
de quatre-vingt- un an accomplis ; elle étoit foeur
puînée de Marins Bazile Daine , Ecuyer , Commiffaire
ordonnateur , & Infpecteur Général de
l'habillement des troupes de Sa Majefté , ayeul
de Meffire Daine , Maître des Requêtes. M.
Duvivier étoit décédé auffi à Haguenau en 1756,
il avoit été nommé Major de cette Place en
1704 , & Commandant en 1715. Il étoit entré
au Service dès l'année 1697. Ils ne laiffent point
d'enfans.
Meffire Louis - Anne-Jules Potier , Marquis de
Novion , mourut en cette Ville le 27 de Février
âgé de foixante-fept ans."
>
Le 27 Février , mourut dans fon Château de
Courtozé en Vendômois , Charlotte d'Alboin
époufe de Charles -Louis du Bouchet , Chevalier
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de l'ordre royal & militaire de S. Louis , dit le
Marquis du Bouchet.
Elle étoit fille unique de Trophyme -Jofeph ,
Marquis d'Alborn , Chevalier de l'ordre militaire
de S. Louis , Lieutenant pour le Roi à Belle - Iſle
& d'Anne -Louiſe d'Azemard , foeur du Comte de
la Serre , Maréchal de Camp , Grand-Croix de
P'ordre militaire de S. Louis , Infpecteur d'Infanterie
, & Gouverneur des Invalides.
La branche du Marquis du Bouchet , eft un
faméau de celle de Malefre , puînée de la maifon
de Bouchet , depuis Seigneur & Marquis, de
Sourches. Simon , Chevalier , Seigneur de la Guionniere
, Jarfan , la Bouverie , la Fremondiere &c ,
3 fils de Jean , Seigneur de Malefre , auteur de
cette branche établie en Vendômois , fut Chambellan
de Charles VII ; furprit en 1429 , la ville
de Laval fur les Anglois , & fut déclaré exempt
de tous droits de franc- fiefs , comme noble & extrait
d'ancienne lignée le 18 Juin 1458. Il avoit
époufé en 1418 , Agnès de la Chapelle. Charles ,
fon fils , Seigneur de Jarfan , &c , partagea avec fes
freres , le 14 Octobre 1461 , & s'allia à Jeanne de
Mondoucet. Il en eut Jean , Seigneur de Jarfan
& c , majeur le 18 Mars 1 500 , lequel eut de Barbe
d'Amilly , entr'autres enfans , Bertrand , qui
fut Capitaine de so hommes d'armes , mort fans
hoirs ; & Nicolas , qui a continué la postérité , &c.
eur de Philippe de Franqueville plufieurs enfans
dont l'aîné Artus , Seigneur de Jarfan, &c , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire du
Duc d'Alençon le 6 Septembre 1757 , épouſa Fran
goife de Beaufils : il en eut Lancelot , & Abel ,
Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi ,
Gouverneur de la Ville & Château de Preuilli , le
29 Décembre 1622. Lancelot , Seigneux de Jarfan,
AVRIL. 1758. 201
kc, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roi , Capitaine de se hommes d'armes , Gouver
neur du Vendômois & de la Ville & Chateau de
Vendôme , s'allia le 4 Février 1625 , à Géneviéve
de Tours il en eur Louis , Seigneur de la Grand-
Salle , Capitaine au Régiment de Mercoeur , marié
le 7 Février 169 , à Anne de Beaufils . Charles-
Louis , leur fils aîné , Capitaine de Grenadiers au
Régiment de Quercy , tué en 170s , à la bataille
de Caffano , s'étoit allié le 3 Janvier 1703 , à Su-
Janne d'Argy , dont eft iffu le Marquis du Bou
chet , marié le 11 Septembre 1740 , à Charlotte
d'Alboin qui donne lieu à cet article , & dont il ă
eu deux garçons & deux filles.
Meffire Jean-François de Bafchi , Marquis du
Caila , fils unique du Marquis d'Aubais , mourut
ây Château d'Aubais , Dioceſe de Nîmes , leé 28
Février , dans fa quarantie unieme année.
Meffire Prix Hay , Abbé Commandataire de
Abbaye Royale , de Brantome , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Perigueux , eft mort à Auxerre
le 12 Mars , âgé de quatre- vingt ans .
圈
Il eft mort dans la Paroiffe de Lerat , Diocefe
de Rieux , une fille âgée de cent ſept ans , nomé
mée Catherine Reymon , native de Montefquiou
Quinze jours avant fon décès , elle avoit encore.um
appétit furprenant , & buvoit furtout beaucoup
de vin..
Le fieur Alboug , Curé de Saint André de Val-
Borgne , dans le Diocèfe d'Alais , qui gouvernoir
cette Paroiffe depuis 1680 , eft auſſi décédé depuis
peu , au même âge de cent fept ans. H ne buvoit
point de vin , & depuis fon enfance il në vivois
que de légantess
MESSIRE ESSIRE Charles de Biotiere de Chaffincour ;
Marquis de Tilly , Chevalier Seigneur de Montfant
, de Ris , de Bau , du Treüil des Gardais , de
S. Martin , de S. Bluife , la Ronde les Giffiers , &c.
époufa le 9 de Mars , Damoiſelle Marie - Anne de
Durfort. La célébration du mariage fe fit dans la
Chapelle de l'Hôtel de Duras , & la Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par M. l'abbé de Durfort,
Grand Vicaire de Narbonne.
La maison de Biotiere de Chaffincour ; eft une
des plus anciennes du Bourbonnois , d'extraction
militaire , & de cette nobleffe dont on peut trouver
P'origine même dans les temps les plus reculés,
on voit par fes titres qui font chez M. de Claframbault
, qu'elle a toujours été noble , & toujours
inviolablement attaché à fon Roi & à fa
Patrie.
Quant à la maifon de Durfort , pour tout dire
il fuffit de la nommer.
Meffire Louis- Joachim Paris Potier , Marquis
de Gefvres , Vicomte de Pledrau & du Pirruit ,
épousé le 4 Avril Françoife Marie du Guefclin',
fille de feu Bertrand Celar , Marquis du Guéfclin',
Meftre de Camp , Premier Gent homme de la
Chambre du Duc d'Orleans , & de Dame Marguerite
Bofc. La Bénédiction nuptiale leur a été
donnée à Saint- Ouen par le Cardinal de Gefvres.
Le Marquis de Gefvres eft fils de Louis - Léon Potier
de Gefvres , Duc de Trefmes , Pair de France,
Marquis de Gandelu , Lieutenant Général des Ar
mées du Roi , Gouverneur & Capitaine du Châ
AVRIL. 1758. 199
teau & Capitainerie Royale de Montceaux , &
Gouverneur Général de l'Ile de France , & de feue
Eleonore- Marie de Montmorency- Luxembourg.
Les perfonnes les plus qualifiées de la Cour & de
la Ville ont affifté à cette Noce , & toute l'affemblée
qui étoit nombreuſe a été traitée , avec autant
de goût que de magnificence.
M. le Marquis Defcars eft mort le 14 Février
à fa terre de la Mothe- Deſcars , près de Toulouſe,
dans la quatre -vingt- deuxieme année de fon âge.
Il étoit de la même maifon , mais d'une autre branche
, que les trois Officiers Généraux du nom de
Perreufe - Defcars , dont un eſt Maréchal de Camp,
un autre Colonel du Régiment de Normandie , &
le troifieme auffi Colonel du Régiment Defcars ,
Cavalerie .
Le 19 Février dernier mourut à Haguenau Dame
Magdeleine d'Aine , veuve de Meffire Etienne
Duvivier , Chevalier de l'ordre royal & militaire
de S. Louis , Commandant dudit Haguenau , âgée
de quatre-vingt- un an accomplis ; elle étoit foeur
puînée de Marins Bazile Daine , Ecuyer , Commiffaire
ordonnateur , & Infpecteur Général de
l'habillement des troupes de Sa Majefté , ayeul
de Meffire Daine , Maître des Requêtes. M.
Duvivier étoit décédé auffi à Haguenau en 1756,
il avoit été nommé Major de cette Place en
1704 , & Commandant en 1715. Il étoit entré
au Service dès l'année 1697. Ils ne laiffent point
d'enfans.
Meffire Louis - Anne-Jules Potier , Marquis de
Novion , mourut en cette Ville le 27 de Février
âgé de foixante-fept ans."
>
Le 27 Février , mourut dans fon Château de
Courtozé en Vendômois , Charlotte d'Alboin
époufe de Charles -Louis du Bouchet , Chevalier
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de l'ordre royal & militaire de S. Louis , dit le
Marquis du Bouchet.
Elle étoit fille unique de Trophyme -Jofeph ,
Marquis d'Alborn , Chevalier de l'ordre militaire
de S. Louis , Lieutenant pour le Roi à Belle - Iſle
& d'Anne -Louiſe d'Azemard , foeur du Comte de
la Serre , Maréchal de Camp , Grand-Croix de
P'ordre militaire de S. Louis , Infpecteur d'Infanterie
, & Gouverneur des Invalides.
La branche du Marquis du Bouchet , eft un
faméau de celle de Malefre , puînée de la maifon
de Bouchet , depuis Seigneur & Marquis, de
Sourches. Simon , Chevalier , Seigneur de la Guionniere
, Jarfan , la Bouverie , la Fremondiere &c ,
3 fils de Jean , Seigneur de Malefre , auteur de
cette branche établie en Vendômois , fut Chambellan
de Charles VII ; furprit en 1429 , la ville
de Laval fur les Anglois , & fut déclaré exempt
de tous droits de franc- fiefs , comme noble & extrait
d'ancienne lignée le 18 Juin 1458. Il avoit
époufé en 1418 , Agnès de la Chapelle. Charles ,
fon fils , Seigneur de Jarfan , &c , partagea avec fes
freres , le 14 Octobre 1461 , & s'allia à Jeanne de
Mondoucet. Il en eut Jean , Seigneur de Jarfan
& c , majeur le 18 Mars 1 500 , lequel eut de Barbe
d'Amilly , entr'autres enfans , Bertrand , qui
fut Capitaine de so hommes d'armes , mort fans
hoirs ; & Nicolas , qui a continué la postérité , &c.
eur de Philippe de Franqueville plufieurs enfans
dont l'aîné Artus , Seigneur de Jarfan, &c , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire du
Duc d'Alençon le 6 Septembre 1757 , épouſa Fran
goife de Beaufils : il en eut Lancelot , & Abel ,
Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi ,
Gouverneur de la Ville & Château de Preuilli , le
29 Décembre 1622. Lancelot , Seigneux de Jarfan,
AVRIL. 1758. 201
kc, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roi , Capitaine de se hommes d'armes , Gouver
neur du Vendômois & de la Ville & Chateau de
Vendôme , s'allia le 4 Février 1625 , à Géneviéve
de Tours il en eur Louis , Seigneur de la Grand-
Salle , Capitaine au Régiment de Mercoeur , marié
le 7 Février 169 , à Anne de Beaufils . Charles-
Louis , leur fils aîné , Capitaine de Grenadiers au
Régiment de Quercy , tué en 170s , à la bataille
de Caffano , s'étoit allié le 3 Janvier 1703 , à Su-
Janne d'Argy , dont eft iffu le Marquis du Bou
chet , marié le 11 Septembre 1740 , à Charlotte
d'Alboin qui donne lieu à cet article , & dont il ă
eu deux garçons & deux filles.
Meffire Jean-François de Bafchi , Marquis du
Caila , fils unique du Marquis d'Aubais , mourut
ây Château d'Aubais , Dioceſe de Nîmes , leé 28
Février , dans fa quarantie unieme année.
Meffire Prix Hay , Abbé Commandataire de
Abbaye Royale , de Brantome , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Perigueux , eft mort à Auxerre
le 12 Mars , âgé de quatre- vingt ans .
圈
Il eft mort dans la Paroiffe de Lerat , Diocefe
de Rieux , une fille âgée de cent ſept ans , nomé
mée Catherine Reymon , native de Montefquiou
Quinze jours avant fon décès , elle avoit encore.um
appétit furprenant , & buvoit furtout beaucoup
de vin..
Le fieur Alboug , Curé de Saint André de Val-
Borgne , dans le Diocèfe d'Alais , qui gouvernoir
cette Paroiffe depuis 1680 , eft auſſi décédé depuis
peu , au même âge de cent fept ans. H ne buvoit
point de vin , & depuis fon enfance il në vivois
que de légantess
Fermer
Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu au sein de la noblesse française, notamment des mariages et des décès. Le 9 mars, Charles de Biotiere de Chaffincour, Marquis de Tilly, épousa Marie-Anne de Durfort dans la chapelle de l'Hôtel de Duras. La cérémonie fut présidée par l'abbé de Durfort, Grand Vicaire de Narbonne. La famille de Biotiere de Chaffincour est l'une des plus anciennes du Bourbonnois, connue pour son extraction militaire et noble. Le 4 avril, Louis-Joachim Paris Potier, Marquis de Gesvres, épousa Françoise Marie du Guesclin à Saint-Ouen. La bénédiction fut donnée par le Cardinal de Gesvres. Le Marquis de Gesvres est le fils de Louis-Léon Potier de Gesvres, Duc de Tresmes, Pair de France, et d'Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg. Cette union attira de nombreuses personnalités. Plusieurs décès notables furent également enregistrés. Le Marquis Descars mourut le 14 février à l'âge de 82 ans. Dame Magdeleine d'Aine, veuve de Étienne Duvivier, décéda le 19 février à Haguenau à l'âge de 81 ans. Louis-Anne-Jules Potier, Marquis de Novion, mourut le 27 février à l'âge de 67 ans. La même journée, Charlotte d'Alboin, épouse de Charles-Louis du Bouchet, décéda à Courtozé en Vendômois. Louis-François de Bafchi, Marquis du Caila, mourut le 28 février à l'âge de 41 ans. Prix Hay, Abbé Commandataire de l'Abbaye Royale de Brantôme, décéda le 12 mars à Auxerre à l'âge de 80 ans. De plus, Catherine Reymon et le Curé de Saint-André-de-Valborgne décédèrent tous deux à l'âge de 107 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9532
p. 202-203
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
Monsieur, il est naturel de vous prendre pour Juge dans le différend poétique, [...]
Mots clefs :
Différend poétique, Vers, Poète, Poétesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
Fermer
Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure traite d'un différend poétique entre l'auteur de la lettre et sa sœur. Ils sollicitent l'arbitrage de l'auteur du Mercure pour déterminer qui a le mieux réussi dans les vers composés en réponse à ceux adressés à M. le Contrôleur Général dans le dernier numéro du Mercure. Pour garantir l'impartialité, l'auteur de la lettre ne révèle pas l'identité des auteurs des deux poèmes. Il demande à l'auteur du Mercure de juger les vers et, si ceux-ci méritent l'attention du public, de les publier. La lettre exprime le respect et l'admiration pour les talents de l'auteur du Mercure. Elle est signée par le Chevalier de Juilly-Thomassin, Garde du Corps du Roi, et datée du 14 août à Arc-en-Barois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9533
p. 205-207
ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
Début :
Antoine-Paul-Joseph Feydeau de Brou, Chevalier, Conseiller du Roi en ses Conseils, [...]
Mots clefs :
Miel, Mouches à miel, Ruches, Industrie, Encouragements, Apiculture, Privilèges, Taxation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
ORDONNANCE de Monfeigneur l'Intendant
, de la Généralité de Rouen ,
qua
accorde anx Habitans de la Campagne
qui entretiennent des Mouches à miel , une
diminution de leur Capitation proportion
née au nombre de Ruches qu'ils auront
chaque année. Du 19 Novembre 1757%
ANTOINE- Paul- Jofeph Feydeau-de Brou , Che
valier , Confeiller du Roi en fes Confeils , Ma
tre des Requêtes ordinaires de fon Hôtel , Inten
dant de Juftice , Police & Finances en la Généra
Ité de Rouen. Etant informés que plufieurs ha
bitans de la campagne s'appliquent avec fuccès
élever & à entretenir des ruches à miel , nous avons
eru devoir , en les récompenfant de leurs foins
encourager ce genre d'induſtrie , capable de ré
pandre de Paifance dans les campagnes ; & d'y
accroftre les progrès de la culture , qui en font la
fuite néceffaire . Nous fommes portés d'autant plus
volontiers à former & à fuivre cette réfolution ,
qu'outre les avantages que la culture pent en retirer
, il en résultera également un avantage pour
le commerce , qui ne fera plas obligé de tirer de
l'étranger une auffi grande quantité de cires que
celle qu'il fait venir aujourd'hui en France , où la
confommation en devient de jour en jour plus
confidérable. Nous avons cru ne pouvoir exciter
plus furement les habitans de la campagne à fe
livrer à cette branche d'induſtrie qui s'allic fi nay
LOG MERCURE DE FRANCE.
turellement avec la culture des terres , qu'en ac
cordant , à ceux qui s'y appliqueront avec une
certaine émulation , des récompenfes qui , en
même temps qu'elles leur feront utiles , ne tour
neront point au préjudice de leurs concitoyens &
n'en augmenteront point les charges.
3
ART. 1. Ceux qui auront dix ruches garnies de
mouches à miel au mois d'Avril de chaque année ,
jouiront de cinq livres de diminution fur leur capitation
, pendant les fix premieres années ,
compter du mois d'Avril prochain , & plus long
temps même , s'il eft jugé néceffaire ; & fi leur
capitation ne monte point à cette fomme , ils fesont
déchargés du payement entier de celle à la
quelle ils étoient impofés.
II. Ceux qui auront vingt- cinq ruches gar
nies de mouches à miel au mois d'Avril , outre
les cinq livres de diminution far la capitation
jouiront encore du privilege d'être taxés d'office
à la taille ; & pour nous mettre en état de déterminer
la fomme à laquelle ils devront être taxés ,
ils feront tenus à nous repréfenter les quittances
des fommes qu'ils ont payées les trois années précédentes.
III. Ceux qui auront quarante- cinq ruches à
miel , jouiront du privilege d'être taxes d'office ,
& ils auront vingt livres de diminution fur leur
capitation.
7.
IV. Voulons que ceux que nous aurons ainfi
taxés d'office , ne puiffent être augmentés à la
taille , capitation , induftrie & autres impofitions ,
pour raifon dudit commerce tant qu'ils entretiendront
la quantité de ruches portée par l'arti
cle fecond , ou même une plus grande quantités
finon au marc la livre de l'augmentation de taille
que nous aurions été obligés de donner à leur pas
AVRIL. 1758. ἐσχ
toiffe , lors de nos départemens , & auffi feule
ment par proportion aux nouvelles occupatione
qu'ils pourroient prendre , & aux acquisitions
d'immeubles qu'ils auroient faites.
V. Pour nous mettre en état de faire jouir des
avantages accordés par les articles précédens ,
ceux qui auront été dans le cas de les mériter
nous ordonnons qu'ils feront tenus de nous repré
fenter pendant le cours du mois d'Avril de cha→
que année , un certificat figné du Syndic & de
quatre principaux habitans de la Paroiffe , qui
contiendra le nombre de ruches à miel que poffé
dera celui ou ceux qui defireront jouir defdits
avantages , & ledit certificat fera vité d'un de nos
fubdélégués , avant que de nous être envoyé.
VI. Défendons , fous telles peines qu'il appar
tiendra , de faire aucunes fauffes déclarations , ni
de chercher à furprendre notre religion par des fi
gnatures données à la follicitation & fans connoiffance
de cauſe.
VII. La diminution que nous accorderons fur
la capitation de ceux qui auront été dans le cas de
l'obtenir , ne fera point rejetée fur les autres ha→
bitans; mais elle paffera en décharge dans les
comptes des receveurs des tailles , en vertu des
ordonnances que nous rendrons à cet effet. Fait à
Rouen , en notre hôtel , le If Novembre 1757-
Signé , Feydeau. Et plus bas : Par Monfeigneur
Dailly.
, de la Généralité de Rouen ,
qua
accorde anx Habitans de la Campagne
qui entretiennent des Mouches à miel , une
diminution de leur Capitation proportion
née au nombre de Ruches qu'ils auront
chaque année. Du 19 Novembre 1757%
ANTOINE- Paul- Jofeph Feydeau-de Brou , Che
valier , Confeiller du Roi en fes Confeils , Ma
tre des Requêtes ordinaires de fon Hôtel , Inten
dant de Juftice , Police & Finances en la Généra
Ité de Rouen. Etant informés que plufieurs ha
bitans de la campagne s'appliquent avec fuccès
élever & à entretenir des ruches à miel , nous avons
eru devoir , en les récompenfant de leurs foins
encourager ce genre d'induſtrie , capable de ré
pandre de Paifance dans les campagnes ; & d'y
accroftre les progrès de la culture , qui en font la
fuite néceffaire . Nous fommes portés d'autant plus
volontiers à former & à fuivre cette réfolution ,
qu'outre les avantages que la culture pent en retirer
, il en résultera également un avantage pour
le commerce , qui ne fera plas obligé de tirer de
l'étranger une auffi grande quantité de cires que
celle qu'il fait venir aujourd'hui en France , où la
confommation en devient de jour en jour plus
confidérable. Nous avons cru ne pouvoir exciter
plus furement les habitans de la campagne à fe
livrer à cette branche d'induſtrie qui s'allic fi nay
LOG MERCURE DE FRANCE.
turellement avec la culture des terres , qu'en ac
cordant , à ceux qui s'y appliqueront avec une
certaine émulation , des récompenfes qui , en
même temps qu'elles leur feront utiles , ne tour
neront point au préjudice de leurs concitoyens &
n'en augmenteront point les charges.
3
ART. 1. Ceux qui auront dix ruches garnies de
mouches à miel au mois d'Avril de chaque année ,
jouiront de cinq livres de diminution fur leur capitation
, pendant les fix premieres années ,
compter du mois d'Avril prochain , & plus long
temps même , s'il eft jugé néceffaire ; & fi leur
capitation ne monte point à cette fomme , ils fesont
déchargés du payement entier de celle à la
quelle ils étoient impofés.
II. Ceux qui auront vingt- cinq ruches gar
nies de mouches à miel au mois d'Avril , outre
les cinq livres de diminution far la capitation
jouiront encore du privilege d'être taxés d'office
à la taille ; & pour nous mettre en état de déterminer
la fomme à laquelle ils devront être taxés ,
ils feront tenus à nous repréfenter les quittances
des fommes qu'ils ont payées les trois années précédentes.
III. Ceux qui auront quarante- cinq ruches à
miel , jouiront du privilege d'être taxes d'office ,
& ils auront vingt livres de diminution fur leur
capitation.
7.
IV. Voulons que ceux que nous aurons ainfi
taxés d'office , ne puiffent être augmentés à la
taille , capitation , induftrie & autres impofitions ,
pour raifon dudit commerce tant qu'ils entretiendront
la quantité de ruches portée par l'arti
cle fecond , ou même une plus grande quantités
finon au marc la livre de l'augmentation de taille
que nous aurions été obligés de donner à leur pas
AVRIL. 1758. ἐσχ
toiffe , lors de nos départemens , & auffi feule
ment par proportion aux nouvelles occupatione
qu'ils pourroient prendre , & aux acquisitions
d'immeubles qu'ils auroient faites.
V. Pour nous mettre en état de faire jouir des
avantages accordés par les articles précédens ,
ceux qui auront été dans le cas de les mériter
nous ordonnons qu'ils feront tenus de nous repré
fenter pendant le cours du mois d'Avril de cha→
que année , un certificat figné du Syndic & de
quatre principaux habitans de la Paroiffe , qui
contiendra le nombre de ruches à miel que poffé
dera celui ou ceux qui defireront jouir defdits
avantages , & ledit certificat fera vité d'un de nos
fubdélégués , avant que de nous être envoyé.
VI. Défendons , fous telles peines qu'il appar
tiendra , de faire aucunes fauffes déclarations , ni
de chercher à furprendre notre religion par des fi
gnatures données à la follicitation & fans connoiffance
de cauſe.
VII. La diminution que nous accorderons fur
la capitation de ceux qui auront été dans le cas de
l'obtenir , ne fera point rejetée fur les autres ha→
bitans; mais elle paffera en décharge dans les
comptes des receveurs des tailles , en vertu des
ordonnances que nous rendrons à cet effet. Fait à
Rouen , en notre hôtel , le If Novembre 1757-
Signé , Feydeau. Et plus bas : Par Monfeigneur
Dailly.
Fermer
Résumé : ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
L'ordonnance de l'Intendant de la Généralité de Rouen, datée du 19 novembre 1757, accorde des réductions de capitation aux habitants de la campagne qui élèvent des ruches à miel. Cette mesure, prise par Antoine-Paul-Joseph Feydeau de Brou, Intendant de Justice, Police et Finances, vise à encourager l'apiculture, considérée comme bénéfique pour la paix dans les campagnes et le développement de la culture. Elle cherche également à réduire les importations de cire en France. Les habitants peuvent obtenir des réductions de capitation en fonction du nombre de ruches qu'ils possèdent. Ceux ayant dix ruches bénéficient d'une diminution de cinq livres pendant les six premières années. Ceux ayant vingt-cinq ruches obtiennent la même réduction et sont taxés d'office à la taille. Ceux ayant quarante-cinq ruches bénéficient d'une réduction de vingt livres et sont également taxés d'office. Les apiculteurs ne peuvent voir leurs impôts augmentés tant qu'ils maintiennent leur activité apicole. Pour obtenir ces avantages, les apiculteurs doivent fournir un certificat signé par le syndic et quatre principaux habitants de la paroisse, attestant du nombre de ruches. Ce certificat doit être validé par un subdélégué. L'ordonnance interdit les fausses déclarations et précise que les réductions de capitation ne seront pas rejetées sur les autres habitants mais passeront en décharge dans les comptes des receveurs des tailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9533
9534
p. 207-208
AVIS.
Début :
Les heureux succès que produit le vinaigre romain pour la conservation de la bouche, [...]
Mots clefs :
Vinaigre romain, Bouche, Hygiène, Dents, Prévention des caries, Vinaigre de turbie, Peau, Teinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Las heureux fuccès que produit le vinaigre re
main pour la conſervation de la bouche , prou
yent que cette compofition eft la plus parfaite qui
208 MERCURE DE FRANCE .
fe foit trouvée. Ce vinaigre blanchit les dents
arrête le progrès de la carie , empêche que les
autres dents ne fe carient , & prévient l'haleine
forte. Le vinaigre de Turbie le débité avec une
zéushte parfaite pour la guériſon du mal de dents ,
comme auffi différentes fortes de vinaigres ſervans
à ôter les boutons , tâches du vifage , dartres fa→
sineuſes , blanchir la peau , & noircir les cheveux
& fourcils roux ou blanes . Ces vinaigres ſe vendent
chez le fieur Maille , Vinaigrier - Diſtillateur
de leurs Majefté Impériale , & le feul pour la com
pofition de ces fortes de vinaigres. Il tient maga→
fin de vinaigres au nombre de cent ſoixante-douze
fortes. Il demeure à Paris rue S. André des Arts
La troifieme porté cochere à droite par le bout qui
fait face à la rue de la Huchette aux Armes Impé
riales . Les moindres bouteilles font de trois livresj
Aux perfonnes de Province qui défireront fe pro
curer ces fortes de vinaigres en écrivant une lettre
d'avis au fieur Maille , & remertant Pargent par
la pofte le tout affranchi , on leur fera tenir exace
tement le vinaigre , ainfi que la façon de s'en feri
vir. Le fieur Maille , après qu'il aura eu l'hon
meur de préfenter à leurs Majeſtés Impériales , de
nouveaux vinaigres en couleur qui n'ont pointen
core parus , les annoncera dans les Mercures in→
ceffamment.
Las heureux fuccès que produit le vinaigre re
main pour la conſervation de la bouche , prou
yent que cette compofition eft la plus parfaite qui
208 MERCURE DE FRANCE .
fe foit trouvée. Ce vinaigre blanchit les dents
arrête le progrès de la carie , empêche que les
autres dents ne fe carient , & prévient l'haleine
forte. Le vinaigre de Turbie le débité avec une
zéushte parfaite pour la guériſon du mal de dents ,
comme auffi différentes fortes de vinaigres ſervans
à ôter les boutons , tâches du vifage , dartres fa→
sineuſes , blanchir la peau , & noircir les cheveux
& fourcils roux ou blanes . Ces vinaigres ſe vendent
chez le fieur Maille , Vinaigrier - Diſtillateur
de leurs Majefté Impériale , & le feul pour la com
pofition de ces fortes de vinaigres. Il tient maga→
fin de vinaigres au nombre de cent ſoixante-douze
fortes. Il demeure à Paris rue S. André des Arts
La troifieme porté cochere à droite par le bout qui
fait face à la rue de la Huchette aux Armes Impé
riales . Les moindres bouteilles font de trois livresj
Aux perfonnes de Province qui défireront fe pro
curer ces fortes de vinaigres en écrivant une lettre
d'avis au fieur Maille , & remertant Pargent par
la pofte le tout affranchi , on leur fera tenir exace
tement le vinaigre , ainfi que la façon de s'en feri
vir. Le fieur Maille , après qu'il aura eu l'hon
meur de préfenter à leurs Majeſtés Impériales , de
nouveaux vinaigres en couleur qui n'ont pointen
core parus , les annoncera dans les Mercures in→
ceffamment.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le texte est une publicité mettant en avant les bienfaits du vinaigre, notamment pour la conservation de la bouche et la prévention de la carie dentaire. Il blanchit les dents, empêche leur carie et prévient l'haleine forte. Le vinaigre de Turbie est recommandé pour soigner le mal de dents. D'autres vinaigres traitent divers problèmes esthétiques comme les boutons, les tâches du visage, les dartres, blanchissent la peau et noircissent les cheveux et sourcils roux ou blonds. Le sieur Maille, vinaigrier et distillateur des Majestés Impériales, propose cent soixante-douze sortes de vinaigres. Il réside à Paris, rue Saint-André des Arts, à la troisième porte cochère à droite en face de la rue de la Huchette, aux Armes Impériales. Les bouteilles les plus petites contiennent trois livres. Les personnes de province peuvent commander par lettre en envoyant l'argent affranchi. Le vinaigre et les instructions seront expédiés. Le sieur Maille prévoit d'annoncer de nouveaux vinaigres en couleur dans les Mercures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9535
p. 208-209
AUTRE.
Début :
Le sieur Mangin, maître Perruquier à Paris, rue Montmartre à côté de la porte [...]
Mots clefs :
Eau, Dents, Blanchiment, Douleurs, Apaisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A U T R E.
La fieur Mangin, maître Perruquier à Paris ,
Fue Montmartre à côté de la porte cochere de l
Juffienne , que nous avons déja annoncé dans le
Mercure de Janvier dernier , comme ayant le fe
eret d'une eau dont les propriétés fant , de come
AVRIL 1758. 200
per
ferver, nettoyer les dents , & en appaifer & diffi
les douleurs , a encore le fecret d'une farinė
qui blanchit parfaitement les dents ; la manierede
s'en fervir , eft de tremper le doigt dans l'eau
fufdite , & enfuite dans la farine à plufieurs fois ,
& de s'en frotter les dents. Le prix de chaque pe
tite boke de farine , ainsi que de chaque fiolle
d'eau , eft de 24 fols.
La fieur Mangin, maître Perruquier à Paris ,
Fue Montmartre à côté de la porte cochere de l
Juffienne , que nous avons déja annoncé dans le
Mercure de Janvier dernier , comme ayant le fe
eret d'une eau dont les propriétés fant , de come
AVRIL 1758. 200
per
ferver, nettoyer les dents , & en appaifer & diffi
les douleurs , a encore le fecret d'une farinė
qui blanchit parfaitement les dents ; la manierede
s'en fervir , eft de tremper le doigt dans l'eau
fufdite , & enfuite dans la farine à plufieurs fois ,
& de s'en frotter les dents. Le prix de chaque pe
tite boke de farine , ainsi que de chaque fiolle
d'eau , eft de 24 fols.
Fermer
Résumé : AUTRE.
La perruquière Mangin, à Montmartre, propose une eau et une farine pour les soins dentaires. L'eau conserve, nettoie les dents et apaise les douleurs. La farine les blanchit. Utilisation : mélanger l'eau et la farine, puis frotter les dents. Prix : 24 sols par boîte ou fiole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9536
p. 209
AUTRE.
Début :
Monsieur Marchand continue à faire des cures admirables avec le secret [...]
Mots clefs :
Chancres, Loupes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ONSIEUR Marchand continue à faire des cures
admirables avec le fecret qu'il a trouvé de guérir
les loupes & les chancres. Il vient d'opérer la
parfaite guérifon du pere Tiburce Denielle , Gar
dien des Recollets d'Arras , d'une loupe monf
trueufe qu'il avoit fur le nez , fous laquelle étoit
un chancre qui pénétroit jufqu'au cartilage. Mrs
Jes Médecins & Chirurgiens jugeoient fon mal incurable
, il eft aujourd'hui fi parfaitement guéri
qu'on ne voit pas fur fon nez la moindre marque
qu'il y ait eu du mal . Monfieur Marchand demeu
re rue du Chantre près du Louvre , à Paris .
ONSIEUR Marchand continue à faire des cures
admirables avec le fecret qu'il a trouvé de guérir
les loupes & les chancres. Il vient d'opérer la
parfaite guérifon du pere Tiburce Denielle , Gar
dien des Recollets d'Arras , d'une loupe monf
trueufe qu'il avoit fur le nez , fous laquelle étoit
un chancre qui pénétroit jufqu'au cartilage. Mrs
Jes Médecins & Chirurgiens jugeoient fon mal incurable
, il eft aujourd'hui fi parfaitement guéri
qu'on ne voit pas fur fon nez la moindre marque
qu'il y ait eu du mal . Monfieur Marchand demeu
re rue du Chantre près du Louvre , à Paris .
Fermer
Résumé : AUTRE.
Monsieur Marchand a découvert un remède efficace contre les loupes et les chancres. Il a guéri le père Tiburce Denielle, gardien des Recollets d'Arras, d'une loupe massive et d'un chancre sur le nez. Plusieurs médecins avaient jugé cette affection incurable. Le père Denielle est aujourd'hui complètement guéri. Monsieur Marchand réside rue du Chantre près du Louvre, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9537
p. 209-210
AUTRE.
Début :
On construit & arme actuellement à Salenelle ; près de la ville de Caën, [...]
Mots clefs :
Frégates, Construction, Armements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON conftruit & arme actuellement à Safenelle ;
près la ville de Caën , deux frégates nommées le
Comte & la Comteffe d'Harcourt. La premiere
de 150 pieds de longueur de tête en tête , montant
trente pieces de canon de 12 livres de balle
en batterie , 4 pieces dé 18 dans fon entrepont ,
& 14 pieces de 6 fur fes gaillards , avec so pier
piers , bordant 40 rames ou environs. La feconde
de 145 pieds de longueur , de tête en tête , mone
210 MERCURE DE FRANCE.
tant 28 pieces de canon de 12 livres de balle en
batterie , 4 pieces de 18 dans fon entrepont & 8
pieces de fur fes gaillards , avee 40 pierriers ,
bordant 36 rames ou environs. Les deux frégates
font armées pour faire la courſe enſemble contre
les ennemis de l'Etat , avec 1000 à 1100 hommes
d'équipages & les menues armes à proportion , &
dont l'armement pourra monter en total à fix cens
mille livres ou environ , ceux ou celles qui voudront
s'intéreffer dans ledit armement , auront la
bonté de s'adreffer à Paris , chez Mrs Chabert &
Banquet , Banquiers , rue Thévenot , dans le cul
de- fac de l'Etoile . A Rouen , chez M. Marie
Ecuyer , Maire de ladite Ville , rue gros Horloge.
A Caen , à M. Legaigneur , place S. Pierre , armateur
defdites deux frégates , lefquels recevront
les foufcriptions & recevront les actions qui font
de 1000 livres pour la facilité du public , & pour
mieux fatisfaire Mrs les intéreffés , ils nommeront
s'ils le jugent à propos quelqu'un pour être préfent
aux ventes des prifes , qui pourront être faites
par lefdites deux frégates , & les fonds qui en
proviendront , feront mis à furt & à meſure de la.
rentrée à un chacun au prorata de ſon intérêt
fans attendre la fin de la courſe entiere. Le tout par
le fieur Legaigneur , qui rendra compte des mifes
& benéfices rélativement aux ordonnances de Sa
Majefté.
ON conftruit & arme actuellement à Safenelle ;
près la ville de Caën , deux frégates nommées le
Comte & la Comteffe d'Harcourt. La premiere
de 150 pieds de longueur de tête en tête , montant
trente pieces de canon de 12 livres de balle
en batterie , 4 pieces dé 18 dans fon entrepont ,
& 14 pieces de 6 fur fes gaillards , avec so pier
piers , bordant 40 rames ou environs. La feconde
de 145 pieds de longueur , de tête en tête , mone
210 MERCURE DE FRANCE.
tant 28 pieces de canon de 12 livres de balle en
batterie , 4 pieces de 18 dans fon entrepont & 8
pieces de fur fes gaillards , avee 40 pierriers ,
bordant 36 rames ou environs. Les deux frégates
font armées pour faire la courſe enſemble contre
les ennemis de l'Etat , avec 1000 à 1100 hommes
d'équipages & les menues armes à proportion , &
dont l'armement pourra monter en total à fix cens
mille livres ou environ , ceux ou celles qui voudront
s'intéreffer dans ledit armement , auront la
bonté de s'adreffer à Paris , chez Mrs Chabert &
Banquet , Banquiers , rue Thévenot , dans le cul
de- fac de l'Etoile . A Rouen , chez M. Marie
Ecuyer , Maire de ladite Ville , rue gros Horloge.
A Caen , à M. Legaigneur , place S. Pierre , armateur
defdites deux frégates , lefquels recevront
les foufcriptions & recevront les actions qui font
de 1000 livres pour la facilité du public , & pour
mieux fatisfaire Mrs les intéreffés , ils nommeront
s'ils le jugent à propos quelqu'un pour être préfent
aux ventes des prifes , qui pourront être faites
par lefdites deux frégates , & les fonds qui en
proviendront , feront mis à furt & à meſure de la.
rentrée à un chacun au prorata de ſon intérêt
fans attendre la fin de la courſe entiere. Le tout par
le fieur Legaigneur , qui rendra compte des mifes
& benéfices rélativement aux ordonnances de Sa
Majefté.
Fermer
Résumé : AUTRE.
À Safenelle, près de Caen, deux frégates sont en construction et en armement. La première, le Comte d'Harcourt, mesure 150 pieds et est équipée de 30 pièces de canon de 12 livres, 4 de 18 livres et 14 de 6 livres, ainsi que 50 pierriers et 40 rames. La seconde, la Comtesse d'Harcourt, mesure 145 pieds et dispose de 28 pièces de canon de 12 livres, 4 de 18 livres, 8 de 6 livres, 40 pierriers et 36 rames. Ces frégates, destinées à la course contre les ennemis de l'État, auront un équipage de 1000 à 1100 hommes. L'armement total est estimé à six cents mille livres. Les investissements peuvent être effectués via des actions de 1000 livres auprès des banquiers Chabert & Banquet à Paris, M. Marie Ecuyer à Rouen, ou M. Legaigneur à Caen. Les bénéfices des prises seront distribués proportionnellement aux intérêts des investisseurs. M. Legaigneur assurera la gestion des mises et des bénéfices conformément aux ordonnances royales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9538
p. 210-211
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Geraudly, niéce & éléve de feu M. Geraudly, seule privilégiée du Roi, [...]
Mots clefs :
Élixir, Dents, Fortifiant, Gencives, Opiate, Blanchiment, Douleurs, Essence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ADEMOISELLE Geraudly , niéce & éléve de
feu M. Geraudly , feule privilégiée du Roi , dé
bite journellement dans fa maifon , rue d'Orléans ,
quartier S. Honoré , vis-à-vis l'hôtel de la Prove
AVRIL 1758. 277
dence , au fecond fur le derriere. 1º . Un élixir
qui fortifie les dents qui branlent , & qui fait croître
les gencives. 2° . Un opiat qui nettoie & blanchit
les dents. 3 °. Une effence qui appaife & guérit
fur le champ les douleurs des dents . Les prix
font marqués fur chaque bouteille , fur chaque
pot & fur chaque boîte.
ADEMOISELLE Geraudly , niéce & éléve de
feu M. Geraudly , feule privilégiée du Roi , dé
bite journellement dans fa maifon , rue d'Orléans ,
quartier S. Honoré , vis-à-vis l'hôtel de la Prove
AVRIL 1758. 277
dence , au fecond fur le derriere. 1º . Un élixir
qui fortifie les dents qui branlent , & qui fait croître
les gencives. 2° . Un opiat qui nettoie & blanchit
les dents. 3 °. Une effence qui appaife & guérit
fur le champ les douleurs des dents . Les prix
font marqués fur chaque bouteille , fur chaque
pot & fur chaque boîte.
Fermer
Résumé : AUTRE.
En avril 1758, Mademoiselle Geraudly, nièce de feu M. Geraudly, propose trois produits dentaires : un élixir pour renforcer les dents et les gencives, un opiat pour nettoyer et blanchir les dents, et une essence pour apaiser les douleurs dentaires. Elle réside rue d'Orléans, quartier Saint-Honoré. Les prix sont indiqués sur chaque emballage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9539
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Le sieur Villermé, qui s'est fait annoncer il y a plusieurs années dans le Mercure [...]
Mots clefs :
Guérison, Écrouelles, Remèdes internes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
La fieur Villermé , qui-s'eſt fait annoncer il y'a
plufieurs années dans le Mercure pour la guérifon
des écrouelles , avertit de nouveau le public qu'il
continue de traiter ces maladies avec tout le fuccès
poffible. Ce n'eft , comme il l'a déja marqué ,
ni par des opérations , ni par des topiques , qu'il
parvient à les guérir. Appliqué depuis longtemps
à connoître & à fuivre ces torres de maladies , il
fçait que ces moyens ne peuvent être qu'infiuctueux
, & qu'une affection générale & habituelle ,
qui a fon principe dans toute la mafſe du fang , ne
fe détruit pas comme un mal paffager. Il emploie
intérieurement des remedés , dont une longue expérience
lui a confirmé la propriété & l'efficacité ,
& il a la fatisfaction avec plus ou moins de temps
fuivant les différens fujets , de rendre à leurs pa
rens des enfans dont la fanté & l'embonpoint les
étonnent , après les lui avoir donnés dans un état
qui leur paroiffoit défefpéré. L'on fouhaiteroit
peut-être que le fieur Villermé , pour prouver ce
qu'il avance, produifft quelque certificat ; mais
quel eft celui qui voudroit confentir qu'il apprît au
public que c'eft fon enfant qu'il a guéri ? Perſonne
ne veut être connu, & il doit par état & par confidération
, garder le filence là- deffus. Tout ce qu'i
212 MERGURE DE FRANCE.
fe croit permis , c'eft d'affuret qu'il ne cherelle
pas à en impofer , & qu'il ne dit ici rien qui ne
foit exactement vrai. Sa demeure est toujours à
Lardy , à 2 lieues d'Arpajeon , & à neuf de Paris,
route d'Orléans.
La fieur Villermé , qui-s'eſt fait annoncer il y'a
plufieurs années dans le Mercure pour la guérifon
des écrouelles , avertit de nouveau le public qu'il
continue de traiter ces maladies avec tout le fuccès
poffible. Ce n'eft , comme il l'a déja marqué ,
ni par des opérations , ni par des topiques , qu'il
parvient à les guérir. Appliqué depuis longtemps
à connoître & à fuivre ces torres de maladies , il
fçait que ces moyens ne peuvent être qu'infiuctueux
, & qu'une affection générale & habituelle ,
qui a fon principe dans toute la mafſe du fang , ne
fe détruit pas comme un mal paffager. Il emploie
intérieurement des remedés , dont une longue expérience
lui a confirmé la propriété & l'efficacité ,
& il a la fatisfaction avec plus ou moins de temps
fuivant les différens fujets , de rendre à leurs pa
rens des enfans dont la fanté & l'embonpoint les
étonnent , après les lui avoir donnés dans un état
qui leur paroiffoit défefpéré. L'on fouhaiteroit
peut-être que le fieur Villermé , pour prouver ce
qu'il avance, produifft quelque certificat ; mais
quel eft celui qui voudroit confentir qu'il apprît au
public que c'eft fon enfant qu'il a guéri ? Perſonne
ne veut être connu, & il doit par état & par confidération
, garder le filence là- deffus. Tout ce qu'i
212 MERGURE DE FRANCE.
fe croit permis , c'eft d'affuret qu'il ne cherelle
pas à en impofer , & qu'il ne dit ici rien qui ne
foit exactement vrai. Sa demeure est toujours à
Lardy , à 2 lieues d'Arpajeon , & à neuf de Paris,
route d'Orléans.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte présente le sieur Villermé, un guérisseur spécialisé dans le traitement des écrouelles, une maladie de la peau. Villermé affirme traiter cette affection non par des opérations ou des applications locales, mais par des remèdes internes. Il explique que les écrouelles résultent d'une affection générale et habituelle du sang, nécessitant un traitement interne. Villermé souligne que son expérience a confirmé l'efficacité de ses remèdes, permettant de rétablir la santé et l'embonpoint des enfants qu'il traite. Il mentionne que les certificats de guérison sont difficiles à obtenir, car les parents préfèrent rester anonymes. Villermé assure qu'il ne cherche pas à imposer ses méthodes et qu'il ne dit que la vérité. Il réside à Lardy, à deux lieues d'Arpajon et neuf de Paris, sur la route d'Orléans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9540
p. 212
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 13 Avril 1758.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 13 Avril 1758.
GUIROY.
Fermer
9541
p. 212-214
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Chêne & le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Chêne & le Temps , Fable à Madame …..
page s
Réflexions fur l'Inconftance , qui tiendront lien
d'un Conte ,
L'Aveu ingénu ,
Lettre à M. de Boiffy,
19
20
Lettre en réponse à M. l'Abbé de ….. Chanoine
d'Autun 22
Vers d'une jeune Ecoliere fur le retour d'un Abbé
de fes amis , & Envoi à M. de Boiffy , 39
Lettre à M. de ... für la durée de certaines Paffions
,
40
L'Hyver & le Printemps , par M. Varé , à Gran=”
ville
Réponſe aux Remarques inférées dans le Mercure
21
de Février dernier , touchant les Réflexions de
M. de Vauvenargues au fujet de Rouffeau , 46
Lettre de M. l'Abbé Aubert à M. de Voltaire , en
lui envoyant le Recueil de les Fables , 52
Réponse de M. de Voltaire à M. l'Abbé Aubert, 54
Rondeau ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
.
56
57
58
Chanfon
à Mademoiſelle
D.
R.
pour
l'engager
à
paffer
quelques
jours
de
plus
qu'elle
ne
vouloić
à la maison
de
campagne
de
M.
D... 60
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
61
73 Lettre à M. de Boiffy ,
Lettre à Auteur du Mercure , & Réflexions fur
la Differtation militaire de la Colonne , &c. 84
Précis & fragmens de l'Examen abrégé des diffé
rentes Iphigénies en Tauride , en forme de
Lettres adreffés à M. de V... par M. G... D... 92
émoire des Libraires affociés à l'Encyclopédie ,
fur les motifs de la ſuſpenſion actuelle de cer
Ouvrage , 97
ART. III. SCIENCES BT BELLES LETTRES,
Hiftoire Naturelle. Second Cours public fur l'hif
toire naturelle , concernant les minéraux , les
végétaux & les animaux , relativement aux Arts
& aux Métiers, &c. par M. Bomare-de Valmont,
105
107
Médecine . Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Chirurgie. Obfervation fur les Injections , 112
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Accouche
mens
121
214
Projet de Soufcription pour la Carte générale de
France , en 173 feuilles , propofé par M. Caffini-
de Thury ,
130
Affemblée, publique de l'Académie des Infcriptions
& Belles-Lettres j 135
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences',
Séance publique de l'Académie de Befançon , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137
138
145 Mufique ,
Fragment d'une Lettre écrite de Venife , 146
Peinture. Lettre à M. l'Abbé Pernetti , Chevalier
de S. Jean , à Lyon ,
Gravure ,
157
162
Gnomonique. Lettre à M. de Boiffy , fur un Cadran
Solaire ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe
Comédie Italienne
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
Supplément à la Partie Fugitive ,
163
165
ibid.
167
170
175
"
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , #1184
196
198
202
Réponse aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur
Général ,
Replique de M. Tanevot ,
203
204
205
207
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Chêne & le Temps , Fable à Madame …..
page s
Réflexions fur l'Inconftance , qui tiendront lien
d'un Conte ,
L'Aveu ingénu ,
Lettre à M. de Boiffy,
19
20
Lettre en réponse à M. l'Abbé de ….. Chanoine
d'Autun 22
Vers d'une jeune Ecoliere fur le retour d'un Abbé
de fes amis , & Envoi à M. de Boiffy , 39
Lettre à M. de ... für la durée de certaines Paffions
,
40
L'Hyver & le Printemps , par M. Varé , à Gran=”
ville
Réponſe aux Remarques inférées dans le Mercure
21
de Février dernier , touchant les Réflexions de
M. de Vauvenargues au fujet de Rouffeau , 46
Lettre de M. l'Abbé Aubert à M. de Voltaire , en
lui envoyant le Recueil de les Fables , 52
Réponse de M. de Voltaire à M. l'Abbé Aubert, 54
Rondeau ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
.
56
57
58
Chanfon
à Mademoiſelle
D.
R.
pour
l'engager
à
paffer
quelques
jours
de
plus
qu'elle
ne
vouloić
à la maison
de
campagne
de
M.
D... 60
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
61
73 Lettre à M. de Boiffy ,
Lettre à Auteur du Mercure , & Réflexions fur
la Differtation militaire de la Colonne , &c. 84
Précis & fragmens de l'Examen abrégé des diffé
rentes Iphigénies en Tauride , en forme de
Lettres adreffés à M. de V... par M. G... D... 92
émoire des Libraires affociés à l'Encyclopédie ,
fur les motifs de la ſuſpenſion actuelle de cer
Ouvrage , 97
ART. III. SCIENCES BT BELLES LETTRES,
Hiftoire Naturelle. Second Cours public fur l'hif
toire naturelle , concernant les minéraux , les
végétaux & les animaux , relativement aux Arts
& aux Métiers, &c. par M. Bomare-de Valmont,
105
107
Médecine . Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Chirurgie. Obfervation fur les Injections , 112
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Accouche
mens
121
214
Projet de Soufcription pour la Carte générale de
France , en 173 feuilles , propofé par M. Caffini-
de Thury ,
130
Affemblée, publique de l'Académie des Infcriptions
& Belles-Lettres j 135
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences',
Séance publique de l'Académie de Befançon , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137
138
145 Mufique ,
Fragment d'une Lettre écrite de Venife , 146
Peinture. Lettre à M. l'Abbé Pernetti , Chevalier
de S. Jean , à Lyon ,
Gravure ,
157
162
Gnomonique. Lettre à M. de Boiffy , fur un Cadran
Solaire ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe
Comédie Italienne
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
Supplément à la Partie Fugitive ,
163
165
ibid.
167
170
175
"
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , #1184
196
198
202
Réponse aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur
Général ,
Replique de M. Tanevot ,
203
204
205
207
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles répartie en six sections. La première section regroupe des œuvres diverses en vers et en prose, telles que des fables, des lettres, des poèmes et des énigmes. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Chêne & le Temps', 'Réflexions sur l'Inconstance', et des lettres adressées à des destinataires comme M. de Boiffy et l'Abbé de Chanoine d'Autun. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents, des lettres et des réflexions sur divers sujets. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des cours sur l'histoire naturelle, des observations médicales et chirurgicales, ainsi que des projets de souscription pour des cartes géographiques. La quatrième section est dédiée aux beaux-arts, avec des fragments de lettres sur la musique, la peinture, la gravure et la gnomonique. La cinquième section mentionne les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les bénéfices donnés, les mariages et les décès, ainsi qu'un supplément à la partie fugitive et des nouvelles de la cour et de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9542
p. 214
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
Fermer
9543
p. 72
« La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...] »
Début :
La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...]
Mots clefs :
Énigme, Désaveu, Faussaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...] »
La perfonne qui nous a envoyé l'Enigme
du premier volume d'Avril , l'a mife fous
le nom de Mademoiſelle de la Boiffierre ,
de Moulins , qui nous a chargé de publier
fon défaveu . Nous prions très-inftamment
ceux qui nous feront l'honneur de nous
adreffer leurs productions de ne pas commettre
de femblables infidélités ; car nous
ne pourrions nous difpenfer de démafquer
aux yeux du Public ces fauffaires , fi nous
parvenions à les reconnoître.
du premier volume d'Avril , l'a mife fous
le nom de Mademoiſelle de la Boiffierre ,
de Moulins , qui nous a chargé de publier
fon défaveu . Nous prions très-inftamment
ceux qui nous feront l'honneur de nous
adreffer leurs productions de ne pas commettre
de femblables infidélités ; car nous
ne pourrions nous difpenfer de démafquer
aux yeux du Public ces fauffaires , fi nous
parvenions à les reconnoître.
Fermer
9544
p. 193-197
ALLEMAGNE.
Début :
Ce qu'on sçait ici de certain des marches & des mouvements des Prussiens [...]
Mots clefs :
Prague, Mouvements des troupes, Prusse, Attaques, Ennemis, Postes militaires, Feld-maréchal, Colonel, Officiers, Hanau, Évacuation, Artillerie, Düsseldorf, Duc de Broglie, Bataillons, Troupes, Bautzen, Troupes autrichiennes, Wesel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les mouvements des troupes prussiennes en Silésie sont minutieusement rapportés. Le roi de Prusse a déplacé son quartier général à Criffau après être arrivé de Breslau. Les troupes prussiennes sont organisées en trois corps : un près des frontières de Pologne, un autre en Haute Silésie pour agir vers la Moravie, et le troisième en Lusace pour sécuriser les communications entre la Saxe et la Silésie. Ce dernier corps fait partie de l'armée personnelle du roi, forte de plus de cinquante mille hommes. Les Prussiens ont d'abord avancé vers le Comté de Glatz, forçant le général Janhus à se replier après des combats intenses. Ils ont ensuite occupé Grulick et effectué des raids jusqu'à Wigstatt, avant de se retirer vers Mittelwalde et Ullersdorff. Leur objectif semblait être de capturer un magasin à Leutomyßel. Les Prussiens renforcent leurs positions à Landshut, Liebau et Schoenberg, tentant régulièrement de surprendre les postes avancés français, mais sont souvent repoussés. L'armée du feld-maréchal Comte de Daun se dirige vers Braunau. Par ailleurs, les Prussiens ont tenté de pénétrer en royaume par Reinerts, mais ont été repoussés par les troupes légères françaises. Des escarmouches continues ont lieu le long de la frontière. À Hanau, l'évacuation annoncée des troupes françaises n'a pas eu lieu. Le comte de Lorges a reçu l'ordre de rester et de fortifier la ville. Les travaux de renforcement des remparts ont repris avec vigueur. Les troupes du duc de Broglie passent le Rhin et se rassemblent près de Düsseldorf. Elles sont divisées en deux colonnes, chacune en trois divisions, prêtes pour la campagne prochaine. Une escarmouche a eu lieu près de Soest entre les hussards français et prussiens, résultant en des pertes des deux côtés. En Haute Lusace, un corps de troupes autrichiennes sous le général Sincere a établi des postes de communication avec la Bohême et l'armée du comte de Daun, perturbant ainsi les communications prussiennes. Un détachement de hussards autrichiens a également capturé une caisse royale à Cottbus. Les troupes cantonnées à Wesel se préparent activement pour la campagne prochaine, avec des régiments complets et une discipline rétablie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9545
p. 198-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy, Ministre d'Etat, [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal, Roi de France, Parlement, Escadre anglaise, Vaisseaux, Canons, Marchandises, Frégates, Attaque, Princesse, Ducs, Serment, Chevalier, Évêques, Mademoiselle de Charolois, Cérémonie funèbre, Édit du roi, Rentes, Taxes, Capitaines, Corsaires, Combat naval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &G.
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En avril 1758, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le Marquis de Paulmy a prêté serment pour la charge de Trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit. Les Comtes de Bercheny et de Conflans ont été nommés Maréchaux de France et ont également prêté serment. Le Roi a nommé le Maréchal Duc de Belle-Isle au Département de la Guerre et a appelé M. de Crémille pour l'assister. La procession annuelle en mémoire de la réduction de Paris sous Henri IV a été reportée au 7 avril. Sur le plan militaire, l'escadre anglaise commandée par l'Amiral Hawke est entrée dans la rade de l'île d'Aix le 4 avril, composée de sept vaisseaux de ligne et de trois frégates. Les vaisseaux français se sont réfugiés dans la Charente pour éviter un affrontement. Les chaloupes canonnières françaises ont attaqué le vaisseau anglais l'Intrépide, échoué sur le banc de Boyard. Plusieurs frégates françaises ont protégé un convoi de navires de commerce. Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt-septième fois le 14 avril. À l'occasion de la mort de Mademoiselle de Charolois, le Roi et la famille royale ont rendu visite à la Princesse de Conty et à Mademoiselle de Sens. Le corps de Mademoiselle de Charolois a été inhumé au couvent des Carmélites du Faubourg Saint-Jacques. Des nominations et promotions ont eu lieu, notamment celles des Évêques de Digne et d'Aire, et de plusieurs officiers. L'Académie Royale des Sciences a élu les sieurs Bezout et le Comte de Lauragais comme Adjoints-Mécaniciens. Un édit royal a créé trois millions de livres de rentes héréditaires à quatre pour cent. En mer, plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français ont été signalées, notamment par le Capitaine de Renaud et le Capitaine Adrien de Lille. Ces prises ont été conduites à Dunkerque et à Morlaix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9546
p. 203
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Evêché d'Autun ; M. l'Abbé Comte de Bouillé, [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêché, Diocèse, Abbaye, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
Fermer
Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le roi a nommé plusieurs ecclésiastiques. M. l'Abbé Comte de Bouillé est nommé à l'Évêché d'Autun. M. l'Abbé Bertin devient abbé de Brantôme. La Dame de Saint-Chamans est nommée à l'Abbaye de Préaux. La Dame Bouchard d'Esparbès-de Luffan-d'Aubeterre devient abbesse de Saint Jean de Bonneval-lès-Thouars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9547
p. 203-207
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, fils de feu Louis-François [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Damoiselle, Marquis, Lieutenant, Duc, Chevalier, Ambassadeur, Princesse du sang, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORTS.
En avril 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu parmi la noblesse française. Le 4 avril, trois mariages notables furent célébrés : Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, épousa Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes à la Chapelle de l'hôtel de Châtillon. Messire Claude-Antoine de Béziade, Marquis d'Avarey, se maria avec Angélique-Adélaïde-Sophie de Mailly à l'église de Saint-Eustache. Le même jour, M. le Marquis de Chauvelin épousa Mademoiselle Agnès-Thérèse Mazade d'Argeville dans la chapelle particulière de l'hôtel du Duc de Broglie. Le 8 avril, Mademoiselle de Charolois, Princesse du Sang, décéda à l'âge de soixante-deux ans, neuf mois et seize jours. Elle était fille de Louis, Duc de Bourbon-Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon. En mai 1758, deux décès furent enregistrés : Mehre N. de Brancas, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale d'Aulnay, décéda le premier jour d'avril. Le 12 avril, Me Charles-Marie-Léopold, Comte de Dunois, mourut à Ruremonde à l'âge de trente-huit ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9548
p. 207-210
ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Début :
Le Roi s'étant fait représenter, en son Conseil, l'Arrêt rendu [...]
Mots clefs :
Arrêt du Conseil d'État, Commerce de laine, Exemption des droits, Roi, Marchands, Provinces, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
MRREST du Confeil d'Erat du Roi , qui permet
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
Fermer
Résumé : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Le document est un extrait des registres du Conseil d'État du Roi, daté du 20 mars 1758, traitant du commerce des laines. Le Roi, après avoir été informé des restrictions précédentes, a ordonné l'exécution des arrêts des 4 août 1716 et 9 décembre 1749. Ces arrêts permettent à toutes les personnes de commercer les laines, qu'elles soient nationales ou étrangères, et de les faire circuler librement dans tout le Royaume, en exemption de droits d'entrée et de sortie. Les laines passant des provinces réputées étrangères vers celles des cinq grosses fermes, et vice versa, sont également exemptées de droits locaux, sauf ceux des Fermes des Aides et Domaines. Le Roi a également abrogé l'arrêt du 7 avril 1714, qui interdisait l'exportation des laines du Languedoc sans permission. Les Intendants et Commissaires sont chargés de faire exécuter cet arrêt dans les provinces. Le document est signé par le Roi Louis et le Conseiller Philippeaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9548
9549
p. 210-211
AVIS.
Début :
Nouvelle invention pour les ouvrages d'armées, par le sieur Lafontaine Dulin, [...]
Mots clefs :
Inventions, Vie militaire, Meubles, Expérience métaphysique, Construction, Solidité, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis présente l'invention du sieur Lafontaine Dulin, élève de l'École Militaire fondée par le chevalier de Luffan. Dulin, artisan de divers meubles, a créé des lits, tables, sièges, tabourets, échaudées, secrétaires, cuisinières, fauteuils, bidets, tables de nuit, tables à écrire et chaises de commodité. Il a également conçu une pièce combinant bidet et chaise de commodité, équipée d'un réservoir, de flacons, d'éponges et d'une seringue, utile pour les officiers militaires. Plusieurs de ses créations sont adaptées à la chasse. Les meubles de Dulin sont réalisés selon des principes mathématiques et géométriques, simplifiant les sujets et réduisant le nombre de pièces sans compromettre la solidité. Ses constructions permettent de réunir toutes les pièces en une seule, facilitant le montage et le transport. Dulin assure la solidité de ses ouvrages, qui tombent à plomb, garantissant une assise stable. Il a travaillé pour plusieurs officiers généraux et personnalités notables, telles que Monseigneur le Comte de Clermont, Monseigneur le Prince de Soubise et de Rohan, et Monsieur le Marquis de Maurange. Ses œuvres sont disponibles chez lui, situé grande rue du Faubourg Saint-Antoine, chez Monsieur Perfon, marchand épicier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9550
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Le sieur Fagonde, Marchand à Paris, rue Saint Denis, à côté de Sainte [...]
Mots clefs :
Eau anticaustique, Guérison, Brûlures, Mal, Cloques, Apaisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte est une annonce publicitaire pour une liqueur nommée 'Eau Anticaustique', vendue par la fleur Fagonde, marchand à Paris, rue Sainte-Denis, près de Sainte Catherine, sous l'enseigne de la Toilette. Cette eau est reconnue pour son efficacité dans le traitement rapide et sûr des brûlures. Les brûlures sont décrites comme extrêmement douloureuses, avec des symptômes tels que des douleurs vives, des tumeurs, des cloques, un gonflement, une inflammation, et parfois de la fièvre. Ces complications peuvent entraîner une rigidité de la peau, une destruction des fibres, et une estropie. L'Eau Anticaustique, appliquée à froid et renouvelée fréquemment, apaise la douleur et stoppe la progression des dommages. Elle est disponible à 3 livres le flacon de demi-setier et 30 sols le demi-flacon. Les bouteilles doivent être bien bouchées pour assurer une conservation et un transport faciles. Une instruction pour son utilisation est fournie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer