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1
p. 169-171
Autre Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Messire Loüis du Tillet, Seigneur de Montramé, Chalostre & Boug, [...]
Mots clefs :
Mariage, Louis du Tillet, Mademoiselle Belot, Mariage, Maison du Tillet, Chevalier, Conseiller, Alliance, Armes
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texteReconnaissance textuelle : Autre Mariage, [titre d'après la table]
Meffire Louis du Tiller,
Seigneur de Montramé, Chaloftre
& Boug, Fils de Meffire
Jacques du Tillet , Maiſtre
des Requeftes . Seigneur de
Montramé , a époulé Mademoiſelle
Belot , Fille de M
Belot , Ancien Maistre des
Mars 1685.
P
170 MERCURE
Comtes , Bailly du Palais,
Seigneur de Serreuſe , Guiné
& autres lieux . C'est une tresbelle
Perfonne qui fe fait di
ftinguer par une vertu peu
ordinaire à celles de fon âge.
La Famille de M's du Tiller
eft une des plus anciennes &
des plus confiderables de Paris.
Elle a donné des Chevaliers
à Malte , des Conſeillers
& des Prefidens au Parle
ment , des Maiftres des Requeftes
au Confeil , des Evelques
à l'Eglife , & s'eft alliée
avec les Maîſons d'Angoulefme
, de Jarnac , de Chabot,
GALANT. 171
des Seguiers , des le Maiſtre,
des Bragelones & des Daurars.
Par ce Mariage , elle
entre dans l'Alliance des
Briffonets & des Sevins , qui
font fort Illuftres dans la
Robe. Ses Armes , écartelé
au 1. tt) 4. d'Azur, au Chevron
d'or , accompagné de trois Molettes
d'Efperon de mefme. Au 2.
3. d'or , à trois Chabots de
Gueules : fur le tout , d'or à la
Croix parée & alaizée de
Gueules : tout l'Ecu entouré d'une
Bordure de Gueules , chargée
de huit Befans d'Or.
Seigneur de Montramé, Chaloftre
& Boug, Fils de Meffire
Jacques du Tillet , Maiſtre
des Requeftes . Seigneur de
Montramé , a époulé Mademoiſelle
Belot , Fille de M
Belot , Ancien Maistre des
Mars 1685.
P
170 MERCURE
Comtes , Bailly du Palais,
Seigneur de Serreuſe , Guiné
& autres lieux . C'est une tresbelle
Perfonne qui fe fait di
ftinguer par une vertu peu
ordinaire à celles de fon âge.
La Famille de M's du Tiller
eft une des plus anciennes &
des plus confiderables de Paris.
Elle a donné des Chevaliers
à Malte , des Conſeillers
& des Prefidens au Parle
ment , des Maiftres des Requeftes
au Confeil , des Evelques
à l'Eglife , & s'eft alliée
avec les Maîſons d'Angoulefme
, de Jarnac , de Chabot,
GALANT. 171
des Seguiers , des le Maiſtre,
des Bragelones & des Daurars.
Par ce Mariage , elle
entre dans l'Alliance des
Briffonets & des Sevins , qui
font fort Illuftres dans la
Robe. Ses Armes , écartelé
au 1. tt) 4. d'Azur, au Chevron
d'or , accompagné de trois Molettes
d'Efperon de mefme. Au 2.
3. d'or , à trois Chabots de
Gueules : fur le tout , d'or à la
Croix parée & alaizée de
Gueules : tout l'Ecu entouré d'une
Bordure de Gueules , chargée
de huit Befans d'Or.
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Résumé : Autre Mariage, [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage entre Meffire Louis du Tiller, seigneur de Montramé, Chaloftre et Boug, fils de Meffire Jacques du Tillet, maître des requêtes, et Mademoiselle Belot, fille de M. Belot, ancien maître des marches, célébré en mars 1685. La famille du Tiller est l'une des plus anciennes et respectées de Paris, comptant parmi ses membres des chevaliers de Malte, des conseillers et présidents au Parlement, des maîtres des requêtes au Conseil, et des évêques. Elle s'est alliée à plusieurs maisons nobles, telles que celles d'Angoulême, de Jarnac, de Chabot, des Seguier, des Le Maistre, des Bragelonne et des Durras. Ce mariage renforce les alliances avec les familles Briffonets et Sevin, distinguées dans la robe. Les armoiries de la famille du Tiller sont décrites comme écartelées, avec des éléments spécifiques tels qu'un chevron d'or, des molettes d'éperon, des chabots de gueules, une croix parée et alaisée de gueules, et une bordure de gueules chargée de huit bourdons d'or.
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2
p. 241-245
Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Début :
Quoy que je vous aye déja parlé de quelques Morts, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle , Décès, Marie Louise de Goth, Fille, Maison de Goth, Marquis, Baron, Succession, Mariage, Alliance
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Quoy que je vous aye déja
parlé de quelques Morts, j'ay
oublié de vous dire que Marie
Louyſe de Goth, eftoit morte
icy le Lundy ſecond de ce
mois , n'eſtant encore que
dans ſa ſeiziéme année . Elle
eftoit Fille deMeffire Jean Baptiſte
de Goth , Duc d'Eper-
Avril 1685. X
242 MERCURE
non , & de Dame Marie d'Eſtampes
de Valencé. M le
Duc d'Epernon de la Maiſon
de Goth en Gascogne , eft
Fils de Mele Marquis de
Roüillac , qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys
XIII. en qualité d'Ambaſſa
deur Extraordinaire . Ce Marquis
eſtoit Fils du Baron de
Roüillac , & de l'une des quatre
Soeurs du Duc d'Epernon
de la Maiſon de Nogaret,
Colonel de l'Infanterie Fran
çoiſe , & Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de
Louys Charles Gaston ,
GALANT. 243
connu ſous le nom de Duc
del Candale , M'le Duc d'Epernon
d'aujourd'huy , du
nom de Goth , a eu droit à la
ſucceſſion de cette Maiſon,
ce qui luy a fait prendre le
nom de Duc d'Epernon,
comme repreſentant fon
Ayeul paternel. Ce Duc de
Candale , mort à Lyon le 28.
Janvier 1658. eſtoit Fils de
Bernard Duc d'Epernon &
de Candale , &c. & de Gabrielle
Angelique , legitimée
de France, Fille naturelle de
Henry IV. & petit Fils de
Jean Louys de la Valette ,A
1
X ij
244 MERCURE
miral de France , & de Mar
guerite de Foix Candale, Fille
unique de Henry de Foix
Cádale & de Marie deMontmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
quela Maiſon de Cádale étoit
une branche de celle de Foix.
Elle ſe fit par le Mariage de
Jean de Foix I. du nom qui
épouſa Marguerite de Suffolc
, heritiere du Comté de
Candale en Angleterre. Il
laiſſa d'elle entr'autres Enfans,
Jean de Foix Candale II. du
nom , qui prit alliance avec
Catherine de Foix ſa Coufi
GALANT. 245
ne , Fille de Gaſton IV. Comte
de Foix ,& d'Eleonor,Reyne
de Navarre.
parlé de quelques Morts, j'ay
oublié de vous dire que Marie
Louyſe de Goth, eftoit morte
icy le Lundy ſecond de ce
mois , n'eſtant encore que
dans ſa ſeiziéme année . Elle
eftoit Fille deMeffire Jean Baptiſte
de Goth , Duc d'Eper-
Avril 1685. X
242 MERCURE
non , & de Dame Marie d'Eſtampes
de Valencé. M le
Duc d'Epernon de la Maiſon
de Goth en Gascogne , eft
Fils de Mele Marquis de
Roüillac , qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys
XIII. en qualité d'Ambaſſa
deur Extraordinaire . Ce Marquis
eſtoit Fils du Baron de
Roüillac , & de l'une des quatre
Soeurs du Duc d'Epernon
de la Maiſon de Nogaret,
Colonel de l'Infanterie Fran
çoiſe , & Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de
Louys Charles Gaston ,
GALANT. 243
connu ſous le nom de Duc
del Candale , M'le Duc d'Epernon
d'aujourd'huy , du
nom de Goth , a eu droit à la
ſucceſſion de cette Maiſon,
ce qui luy a fait prendre le
nom de Duc d'Epernon,
comme repreſentant fon
Ayeul paternel. Ce Duc de
Candale , mort à Lyon le 28.
Janvier 1658. eſtoit Fils de
Bernard Duc d'Epernon &
de Candale , &c. & de Gabrielle
Angelique , legitimée
de France, Fille naturelle de
Henry IV. & petit Fils de
Jean Louys de la Valette ,A
1
X ij
244 MERCURE
miral de France , & de Mar
guerite de Foix Candale, Fille
unique de Henry de Foix
Cádale & de Marie deMontmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
quela Maiſon de Cádale étoit
une branche de celle de Foix.
Elle ſe fit par le Mariage de
Jean de Foix I. du nom qui
épouſa Marguerite de Suffolc
, heritiere du Comté de
Candale en Angleterre. Il
laiſſa d'elle entr'autres Enfans,
Jean de Foix Candale II. du
nom , qui prit alliance avec
Catherine de Foix ſa Coufi
GALANT. 245
ne , Fille de Gaſton IV. Comte
de Foix ,& d'Eleonor,Reyne
de Navarre.
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Résumé : Mort de Mademoiselle de Goth d'Epernon, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès et successions au sein de la noblesse française. Marie Louise de Goth, âgée de seize ans, est décédée le 2 avril 1685. Elle était la fille de Jean-Baptiste de Goth, Duc d'Épernon, et de Marie d'Estampes de Valencé. Le Duc d'Épernon actuel, issu de la maison de Goth en Gascogne, est le fils du Marquis de Rouillac, ambassadeur extraordinaire en Portugal après la mort de Louis XIII. Ce Marquis était le fils du Baron de Rouillac et d'une sœur du Duc d'Épernon, colonel de l'infanterie française et favori de trois rois de France. À la mort de Louis Charles Gaston, Duc de Candale, le Duc d'Épernon a hérité de cette succession et adopté le nom de Duc d'Épernon. Le Duc de Candale est décédé à Lyon le 28 janvier 1658. Il était le fils de Bernard Duc d'Épernon et de Candale, et de Gabrielle Angélique, fille naturelle d'Henri IV. Il était aussi petit-fils de Jean Louis de La Valette, amiral de France, et de Marguerite de Foix-Candale, fille unique d'Henri de Foix-Candale et de Marie de Montmorency. La maison de Candale est une branche de la maison de Foix, issue du mariage de Jean de Foix avec Marguerite de Suffolk, héritière du comté de Candale en Angleterre.
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3
p. 14-57
LETTRE D'UN NOUVEAU CATHOLIQUE, Sur le Pouvoir que le Roy a exercé dans l'Extinction du Schisme. A MONSIEUR ***.
Début :
Vous desirez, Monsieur, que je satisface vostre curiosité sur ce qui [...]
Mots clefs :
Schisme, Prétendus réformés, Réformation, Malheur, Dieu, Ennemis, Roi, Ministres, Pasteurs, Désordres, Piété, Dévotion, Théodose, Clovis, Concile, Alliance, Jésus-Christ, Sacrements, Censure, Rebelles, Temple, Hébreux, Désert, Apôtre, Civilisations, Monuments, Foi, Missions
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UN NOUVEAU CATHOLIQUE, Sur le Pouvoir que le Roy a exercé dans l'Extinction du Schisme. A MONSIEUR ***.
LETTRE
D'UN NOUVEAU
CATHOLIQUE,
Sur le Pouvoir que le Roya
exercé dans l'Extinction
duSchisme.
A MONSIEUR***. vOusdesxire, Monsieur,
que jesatisfacevosxtre curiositésurce
quisepasse en France
à l'égard de nos Freres PrétendusReformez
,&ilfaut que
je vous disxe d'abord comme le
Docteur Gamaliel dans les Actes
des Apostres,quecetouvrage de
la déformation
,
où savois auparavantmalheurd'estre
engagé
,
s' estdissipé si facilement,
qu'on apû connoîstrequ'il n'estoit
pas de Dieu, mais des hommes
,
c'est à dire un Ouvrage de Cabale,
de Party, & de Politique
humaine. On a eu beau crier dedans
& dehors le Royaume à th
violence, comme ontjait les Ignorais
passionnez, & les Ennemis
de l'Etat. Le Roys'est acquispar
l'exécution de cettegrande entreprise
une Couronne immortelle de
Gloire; maïs il faut considerer
cet événement si fameux,dans
tout son jour, & dans toute son
jéteenduseposuréla .gl*oire de SaMa-
On peut envisagerselon trois
égards le pouvoirque le Royy a
cxyfcéj ou dans son fond & en
luy mesme
, ou par rapport aux
Ridelles & aux Ministres de
l'Eglise
y
ou à l'égard des choses sacrées,&quiappartiennent à
la Religion.Ducossé de la puissance
du Royy est certainqu'étant
souveraine,il n'y en a point
d'autre sur la Terre, non seulement
au dessus,y mais mesme à
costé, c'està dire, qui luyfoit
superieure, ou égale hors celle de
Dieu, dont elle dépend, pwfqtte
c'estle propre du SouverainEmpire
de n'avoir ny Superieur ny
Egal sur la Terre, autrementil
neseroitpas Sou'Verain. DucoOé
de ses Sujets
,
soit Fidelles, foit
Ministres de l'Eglise, il rieftpas
moins certain, qu'ils sont- 'tous
soûmis à cette souveraine Puissance
,
mesme lesseconds en qualité
de Ministres & de Passeurs
de l'Eglise. C'est la doctrine de
Saint Paul, lors qu'ildite.xpref
sement
,
Que toute ame foit
soumiseaux PuiffincesSou,
veraines. D'ouvient,que Saint
CbrjJojlomeexpliquant ce Pasfige
dit; Encore que ce soit
un Apostre
, un Evangeliste,
unProphete
, & S. Bernard
,
écrivant à un Archevesque de
ssoonûmteimspes, ; Si toute ame est
la vostrel'est aussi,
car qui peut vous excepter
de la généralité? En effetpersonne
ne peut estre exempt de cette
Paissance; car outre que ce feroit
à celuy qui pretendroit de
l'éftrr , deprouverson Privilege,
ce qui luyseroit impossible,ilfaudroit,
ou que cette indépendance
fuji absoluë, & ceseroit ouvrit
-la porteaudesordre & à laconfusion
, ou. qu'elle nefustpas absoluë
, &par consequent qu'elle
relevât de quelqu'autre Puissance,
qui efiant égale, ou superieure
en ce point à celle du Roy, détruiroit,
comme il a esté dit
,
sa
Souveraineté. Quant aux choses
sacrées
,
£r qui appartiennent à
la Religion,il estencore constant,
quelles sont dans l'enceinte &
du ressort de cettemesme Puissance.
Saint Paul dit, que les
Souverains sont Ministres
de
-
Dieu pour le bien, &
pour vanger le mal'indéfiniment
, ce qui enferme le bien &
le mal, qui regarde la Religion y
dont par consequent ils peuvent
connoifire. Il dit autre part,qu'il
faut prier pour eux, afin que
nous passions la vie paisiblement,
& tranquillement en
toutepieté & honnesteté. Il
faut donc qu'ils puissent connoistre
de la Religion, d ns la quelleconsiste
la veritable Pieté, & exercer
leur pouvoir dans cette matiere.
sdujjtlef EmpereutsTheodose
& Honorius dans l'Epistre à
Marcellin luy disent. L'unique
fin que nous nous proposons,
& par les travaux de la
Guerre, & par les desseins de
la Paix, c'est de maintenir
le veritable Culte de Dieu
parmy nos Peuples, & qu'ils
l'embrassent avec devotion.
Theodose dans l'Epitre à l'Evesque
Cyrille, metselon le mesme
sens le devoir de Cesarà établir
non seulement la paix
,
mais la
pietéparmy sesSujets,sans quoy
les Etats ne peuvent estre veritablement
heureux
,
puisque leur
félicitéconsiste
,
selon S. Augustin,
à aimer Dieu & qu'ils en
soient aimez
,
le reconnoissant
pour leurveritable Roy. Plusieurs
Papessontappelléles Rois,Apostoliques
, & ont ditqu'ils avoientsur
ce sujet un Esprit Sacerdotal.
La sausse Epitreattribuée
au PapeEleuthereappelle
un Roy, Vicaire de Dieu
dans la Religion. On trouve
dans le Concile de Calcedoine
plusieurs acclamations faites à
l'Empereur en ces termes, à l'Empereur
Pontife, au vra y Prêtre.
C'f/? pour cela que les noms
d'Aurheurs & Défenseurs de
la Foy leur ont estèaussidonner
comme celuy de Pasteurs des
Pasteurs, & un Pape Leon
dans un Chapitre inseréauDécret
de Gratian appelle les Em(-
pereurs François de laseconde race
,
Pontifes. S. Remy parlant
de Clovis l'appelle Evesque des
Evesques,àl'occasion d'un Prêtre
qu'il avoitfaitparsonordre;
(t) Gregoire de Toursparlant
aussi à un Roy de la Race de
Clovis luy dit ; Si nous manquons
, vous nous pouvez
corriger ; mais si vous manquez,
vous ne pouvez estre
corrigé que par celuy
,
qui
est la Justice mesme; @r il -
est à remarquer que les Evesques
de France avoient decoûtume
pour lors de rendre la Commumon.
a ceux qu'ilsen avaient retranchez,
quandils estoient assi:{
heureux que d'estre admis à la
Table ~r à la presence des Rois.
Les Conciles ne se tenoient dans
le Royaume que parleur ordre,
(t) mesme les Decrets portoient
bien souvent cet ordre enparticulier
, ~& efloient ensuite generalement
confirmez pjr leur Auth(J..
rité Royale. Ainsiiln'appartient
qu'aux Souverains
,
sur tout de
cetteSouverainetésinguliereànos
Roys
,
d'executer dans toute son
étenduë
, ce qui regardelaReligion
, parce qu'euxseulspossedent
le pouvoir necessaireà cette execution.
D'où vient encore,que
Justinien.
Justinien dans la Division du
Droit, en Public
,
(ij en Privé
ou particulier,fait deux especes
du Public, dont l'uneestlePublic
Divin, par lequel il commence
on Code, au uniq*:e le Theodosien
finissoitpar là.Ulpien definit
d:- miTrhe l.i fitrifrrudence
>
monelle qui acc:Je h's differens
entre lesparticuliers
,
Y/J.ns cel11le
qu'on appelle Lt'?iJI.:tnee
,
la
connoissance des choses Divines
& Humaines, & le
mesmeJustinien dit
, que tauthorité
des Loixmet le bonordre
~(t)la bonne disposition dans les
chosesDivines ~ü Humaines,
~& en bannit toute sorte de malice
,~& d'iniquité.
Ilfaut avouerneanmoins que
lesfonctions du Ministere Sacré
ne venant point de la puissance
Souveraine,mais de Jesus- Christ,
qui en a donné le pouvoir à son
Vghfey ellesnepeuvent s'exercer
par la voye du souverain Empire
, quoy que le pouvoir que l'Egltjê
donne par l'ordination àses
Ministres
, ne soit pas incompatibleavecceluy
de la Souverainete
en un mesme sujet
, comme on
voit dans la Personne du Pape,
qui à l'égard des Peuples de ses
Etats,peut exerceren même temps
l'un& l'autre; ce qu'ilfaut pourtant
biendistinguer à l'égarddes
autres Etats~(jr Royaumes ,
qui
ne dépendent point de luy. Ilfaut
aussi convenir que le Souverain
ne peut changer ce que Dieu,
Roy des Roys
,
veraindresS1ouvtel'Jra,1in14sa,a/p1ersetaSboluyluy
mefrac poure;rrcimmuable9
comme la nouvelle Alliance
, ensuite
de l'ancienne, contractée ,,-
vec les hommes au prix de son
Sangpar Jesu- Christson Fils,
Mediateur de ce Pere Celesteauprés
des hommes, laquellealliance
s'execute par la voye de la
Predication
,
quisefait de cette
heureuse nouvelle, qu'on appelle
Evangile, de la remission des
prc/}ez
,
d'une vie éternelle, &
du Royaume des Cieux ,soit par
le Ministere de la parole, soit
par d'autres signes visibles qu'on
appelle Sacremens
,
epcrune
vie conforme à la Morale du
Décalogue dans la pure té cff lA
perfectionoùJesus Christ l'd
portée, mais anssi ics Pasteurs de
l'Eglise dc-nslesjonchonsouils
exercentà /",,n'ont au
fond quelepurministere de cette
parole on heureusenouvelle, de
quelque maniere , ou par quelqnessignes
Jen/tbles qu'ils la*
y?">7/7n: du Troupeau, c'està dire
la zoycd: Déclaration,Dispensation
,
(:7 Manifestation de la
part de Dieu
,
qui seul commande
aux coeurs (gjr aux esprits
,&
à qui toute la verta & l'efficace
de cette paroledoit estre ttltt'lbuét
parfesus-Christson Fils,&ils
n'ont par consequent que cette
mesme njoye pour juger les Rebelles
à la parole
, & pour leur
annoneur ouih nont point de
part à le societé desSaints
,
s'ils
nese corrigentils exercent cette
CensureDivine selon le langage
de Tertullien
, par l'imposition
des peines Medicinales àceux cptâ
s'yveulentsoumettre,&parune
espece de relegation ,qui lesprive
du saint commerce de leurs Freres
, & de la participation aux
Assemblées,comme on pratiquoit
anciennement,ef aux Sacrifices,
aussi-bien que de telle des Enfans,
(tJ des autres Seaux Q¡ gages de
l'Alliance quisont les Sacremens,
& cette C'ensure est un jugement
dans un sens
,
(yj lors qu'estant
fatte par l'EspritdeDeu & de
lesus Cbrist, elle se ~russe dans
le Ciel ; jugement d'autant plus
redoutable qu'il est un prejugéselon
le mesme Pere
, pour celuy
de l'Eternité ,sicesRebelles fersistentjusqu'àlafindans
le mé- pris&leviolementde cette
sainte A lliance, C'est ce qui fait
direàun grand Pape, que le
Privilege accordé au premier des
Apostres,d'etrePierre fondamentale
de l'Eglise aprés la celebre
confessionqu'il fit de lesus-Christ
comme Fils du Dieu vivant,
est répandu par toute l'Eglise en
quelque lieu qu'on y prononce des
jugemensselon l'équité de saint
Pierre, c'est à dire selon la ju-
JleJfir de son esprit, @f la droiture
de son coeur, charmezde la découverte
de la Charité d'un Dieu,
qui luuinspirerent cetteConfession;
qu'ainsi
,
bien que lesus-Christ
parlâtsingulierement à S. Pierre
pour enre la forme le modelle
des autres Ministres ( en quoy les
Papessontsingulierementles Successeurs)
le droit de Pierre Fondamentale
passa à tous les autres,
qui font à cet égardses Successeurs
,
lors qu'ilsagissentparson
Esprit,&quelamesmeCharité
1lesanime.
Maisenfin la force & l'efficace
de tout ce Ministre exterieur,
qui viennent uniquement
de Dieu, aboutissentà l'interieur
& aufond du coeur,& les Adtmflres
de l'Eglise ne peuvent en
cette ci.uaktese Jfaire obeir dans
ces for,ci.onsexttneures,ymain~
¡C.jn' lordre étably
, ^y3 en bannir
le trouble b-ri la confusion,
par aucune JOtc qu' autant que le Souverain leur
a communique de fin pouvoir,
d'abord ou danslasuite, lors (ru"
la Société des Fidelless'est introduite
& affermie dans les Etats,
carselon un ancien Evesque d'Afriq:
e,laRepuihy^erieft pas
dans l'Eglise
,
maisl'Eglise dans
la Republique,cequifaitdire à
l'Historien Socrate, que depuis
que l'Eglise futraceüe dans l'Empire
par une autorité publique
dont on pourroit marquer l'Epoque
par l'Edit de Constantin&
de Licinius, tout ce qui regarde
la Religion a fort dépendu des
Empereurs. C'est ce qu'on peut
aussidire à proportion de tous les
Royaumes, où l'Eglise est entrée,
@ où elhs"ejltrouvéeétabliey
aprés qu'ilssesontformez dela
décadence de l Empire.
Vous njoje^ donc, Monsieur,
aprés tout ce que je viens d'établir
si solidement,de quelle étenduë
estce PouvoirSouverain. Il
enferme non seulement ce que les
Ecclesiastiques appellent Jurisdi-
¡¡icn, qui émane de luy, comme
desa source
, ey dont le Prince,
en le communiquant, n'a pû se
dépGuiller,nonplus que desa Souveraineté,
ensorte que nonobstans
cette délegation speciale
,
il peut
l'exercer toutes les fois qu'il "vou..
dra parfiy-nl!!fJJf
,& dans toutesa
plenitude.Ilembrasse toutes
les personnes,mesme les ~Mnistres
de l'Eglise, les lieux,les
temps, les circonstances,&generalementtoutce
quiregarde la
Discipline etJ l'Oeconomie exterieure
de cette mesme Eglise Je
displus
; outre qu'ill'autorise pour
l'exercicede
ses
Fonctionsexterieures,.&
luy donne lepouvoir
de se faire obeir au dehors pour
entretenir le bon ordre, & bannir
laconfusion, il maintient mejl
me la Foy,& la Profession exterieure
quis'enfait, & lorsque
la Societé veut s'assembler parses
Députez,pour terminer des Contnestatiiones
paFrrapoport à cette mes- KC5elle
ne le peut qJitj.li.:r son autorité. Les Décrets ou Cwonsquellefait
d~ cesAssemblées, ou Cons Ir!,
doivent estre A-ttttHif'{ parcette
puissance,& ne pÀjjcxt que par
elleenforce &vigueur de Loix.
C'estdans ce sensqueConstantin
prenoit le nom d Evesque exterieur,&
qu'il écrivoit aux ILvefques
assemblez àTyr, qu'il luy
apportenoit de juger, si on avoit
bien 014
mal-jugéselon la Regle
divine; qu'Ozius dans Saint Athanase
donnoit à l'Empereurtout
l'empiresur laTerrey à l'exclusion
des Evesques, auxqui Ulesreules
Fonctions (àcr¿"j') (r: de ovûler
l' Encens, !.:l),ln: tHiijic}! Il lhiji
toire IlO--".<C fI!i)Í' nj ^rvees, Lr!"t'?I
c'estce que les anciens Peres appelloient,
tant à l'égarddela Foy,
a; de la Diserpline, rapporter au
jugement sacré, a qui les Grecs
donnaient le nom d'Epichrefe.
Les Juifs dr les Samaritains
porterent leurdifferendsur le Temple
de Jerusalem &Jceluy de Garizaim
,
à Ptolomée) Roy d'Egypte,
qui en jugea par la Loy
de Moyse. Les mesmesjuifs
n'eurent point de droit de rétablir
ce Temple, que par Cyrus & les
autres Rois de Perse
,
& l'on ne
fait pas assez de reflexionsur ce
que les Htbreux leurs Pndeccf
seurs
, ne crurentpas devoir sortir
de l'Egypte, pour aller sacrifier
à Dieu dans le Desert, sans la
permission de Pharaon, & qu'il
fallut une Misson extraordinaire
pour les tirerde ce Royaume en la
personne de Moyse éprouvée ù
autorise par des Miracles des
Prodiges.Ezechias rompit les
Idoles,&mesme le Serpentd'Airain
élevé par ¡.fO}f. Luy &
Iosias détruisirent les Lieux hauts,
cjuifaifovnt diversion pour le
Culte q:;' on devoitrendreaDieu
au Temple de Jerusalem. Le Roy
des Ninivires ordonna un Jeune
public, Darius do:ir,a pouvoir à
Daniel de rompre l Idole
, &
condamna aux Ly„ons s/es EJnne- mis, & Nabuchodonosor défendit
dans ses Etats de blasphemer
le vray Dieu. Saint Pierre &
S.Iean, dans les Actes des Apostres,
ne recusent point le Sa.
iJetl.rin, lors qu'ilsdisent, Nous
sommes jugez pour avoir
,donné la santé à un Malade,
&quand ce Tribunal leur défend
de prescher Iesus
-
Christ pour
U,-,leffie
,
ils aileguentl'ordre de
Dieu, en luy disant
,
Jugez
vous-rnefmes, si nous devons
plûtost obeïr à Dieu
-
qu'aux hommes. S.PaulgagnaSergius
son luge, qui estoit
ajjis sur le Tribunal
, pour juger
entre luy &E{yrr;as le Magicien.
Le mesme Apostre accusé par Tertullus
d'eflre de la Secte des Nazaréens
,subit le jugement de
Felix. Il reclama ensuiteceluy
de Festus,Successeur de Felix,
disans qu'ildevoitestrejugé à
ce Tribunal; lors qu'il apprebenda
que le mesme Ecstus ne liy
rendist pas justice,ilappella à Cesar,
qui eust eu effçfiïvxment le
bonheur d'employersaPuissance
souveraine en faveur de laReligion
Chrétienne, s'il eustabsous
S. Paul
,
~(gif condamné les Iuifs.
lustin, Athenagore, Tertudien,
adresserentdesapologies aux Empereurspour
la Religion Chrétienne,
Les Peres d'Antioche s'adres
serent à Aurelien,pour fairedonner
le Siege Episcopal à celuy qui
avoieesté ordonné à J'a place de
Paul de Samosatequ'ils avoienl
déposé. L'Evesque Archelaus désenditcontreManes,
Chefdes
Manichéens, la cause de la Foy
devant Marcellin,luge Imperial,
qui prit pour Assesseurs un
Medecin, un Retheur, (7 un
Grammairien Payens. S. Athanase
défendit aussi ccrre mesme
Foy à Laodicée contre Anus devant
Probus, quijugeoit, vice
sacra,&qui prononca en faveur
d'Aibanafe. Ce mesme Saint, gr*
les Evesques Catholiquess'adresserent
suvent pour cet effet à
~Constance&alovinien, Empereurs,
quoy que contraires. Theodoric
,Arien, jugea entre les Eucpjftes
de Rome dans un Schis
me de cetteEEugene,Evesque
d' Afrique,offrit aux Ariens * de ()tf'r¡ !(.n hg:'Y luge Hunneric, ° ~o)' ~C les Ariens
refuserentceparty se pourrois eu
ter nJie infinitéd'autres exemples;
car enfincombien de Loix de l'Empereur7~,/parler
desautres,sur les personnes, les
biens, ~& generalement tout ce qui
regarde la Religion. Il réglé les
Ceremonies du Baptesme; ilordonne
qu'on prononcera le Canon
delaMesseà haute voix; cjuon
m'ordonnera point d'Evêquesqu'à
l'âge de trente ans; que l'Evesque
ne pourra estre absent de son
Dioceseplus d'un an, ~sansfit
permission;qu'onne celebrerapoint
les Mysteres Sacrez dans des
Maisonspart calieres;en un mot,
il commence,ainsiqu'il a esté dit,
son Code par la Foy Catholique,
~& la premiere Loy est celle des
EmpereursValentinien Gratien,
£7° Theodose, qui ordonnent que
ivus tesPeuplesfou#>is à leur Empire,
suivront la Communion du
Pontise Damase
,
er de Pierre
3 Evesque d'Alexandrie,Personnage.
d'une sainteté Apostolique.
Combien aufjtde Loix,&d'Ordonnances
de noi Rois dans toutes
les Races ! Combien de Capitulaires
de Charlemagne, ~& deses
Stfcl'ejf'!4fS !
./1..nf-i pour f/a-i-re l'application
de tout ce que j'ayétably au sujet
du Pouvoir Souverain à l'hypotbcje
dont il s'agit
,
il estconstant
que les PretendusReformez n'avoient
pû sans cette autorité S"Criger
dans le Royaume en Corps
& en Société de ~Religion,&
qu'ils n'yavoient pû de mesme
subsister jusqu'à present. Cette Societe
s'est mesme formée d'abord
par une entreprise sur l'autorité
Royale, ~& par une violente. rupture
de l'unité de la Societé Catboll,
lue,à laquelle le droit duMinistere
de la Paroleappartenoit
originairement, par une succesfion
non interrompuë deses Minisires
depuisses Fondateurs ApofloDques,(
W danslaquelle l'Exercice
de ce droit avoit esté conservé
& maintenu par le Chefde l'Etat
,
premierMembre de cette Societé,&
en qui reside tout le fCJU-
'Verain Empire. La liberté, qui
dms son origineavoit esté arrachée
par la Société Schismatique,
a t'fié tolerée dans son progrés à la
faveur des Edits, parunesage
ÆDnJeftendance, &par une jbre~
lfiennePolitique3félonUntcefsité
des temps; maisaujourd'huy
cette mesme Prudence Cbrtjlienne
secondée par son Clergé, &sur
tout par deux Grands Hommes)
( j'entens l'IllustreArchevesque
du Siege de l'Empire, & le digne
Directeur deConsciencedu Roy)
a.inspiréheursu'CernentSuiV!a~
jeftçderetirerparlaSupprejjton
desEditssamain,quisoûtenoit
comme à regret ce Corpsétranger
dans l'usage deses Fonctions, (if
parcemoyen il s'est détruit,&
lest dissous. Que devoit-on faire
des parties éparses de ce Corqs
dssipé, qui font tout autant de
Fidelles, qui ne doivent ny ne
peuvent demeurer sans Profession
exterieure & publique de la Religion
Chrestienne, qu'ils ont dans
lecoeur? La Charitépaternelle du
Souverain ne l'obligeoit-ellepas
à employer sa Puissance Royale
afinqu'ils , vinssentse rejoindreau
£orpslégitime & naturel de ÏËglise
Catholique •£$r cette mesme
Charité de la part de ses Sujets
divisez,pour ne pas dire l'équité
& lebon sens ,ne lespressoit-elle
pas vivement eux-mesmes de se
réünir à leurs Parens, à leurs Amis,&
àleurs Concitoyens,selon
l'ordrecivil, enunmot, à leurs
Freres
Freres enJesus-Christ, quisont
Enfans aussi bien queux du mesme
Dieuqu'ils adorentpar le mesme
Jesus-Christ,quiesperentaux
mesmes promesses, c- au mesme
heritage celeste
,
qui observent la
mesme Loy,&vivent de la mesme
Foy &de la mesmeMorale
? R^efufercetterrun'ùn,n'eftoitce
pas resister à l'ordrede Dieu
3
qui leur faisoit cc commandement
par leur Souverain, & mesme
à l'Esprit de Dieu, c'est à dire, à
son Amour ($f à sa Charité qui
les ensollicitoit?& n'estoit-cepas
meriterparcetterésistance l'indignation&
la colere de la Puissance
Royale
,
ordonnée de Dieupour
procurer ce bien, qu'ils refusoient,
&pourvangerlemal qu'ilsfaisoient
en le refusant ? Graces à
Dieu,lenombre des Opiniâtres
& des Refractaires e(i.à cette
heure si petit, quon peut aisément
le compter,&ilfaut avoüer
que c'est une des felicitez du Regneglorieux
de ce Grand Monarque
, que le doigt de Dieu ait tellement
éclaté sur son autorité,
qu'il ait laissé si peu à faire à
l'Instruction& à la Terjua/îort.
Rien riefl sifoible& sifaux
que le retranchement, dont ces
Desobeïssans se couvrent,lors
qtiiis disent
,
qu'on n'est point
maistre de leurs consciences, qu'on
ne leurpeut ordonnerde croire,mais.
feulement lesy exhorter; qu'on
ne force point les esprits,& qu'on
ne commande point laReligion;
qu'ainsi il faut obeïrplûtost a>'
Dieu, - qu'aux hommes,parce
qu'ilssontasseurez d' estredans la
veritable Religion ; car il ne s'agitpoint
dechangerde Religion,
cestlamesme dans son fond &
danssasubstlance.Ilne s'agitpoint
de la Regle de la Foy, puis quon
ne la leur contestepas, & qu'ils
ne peuvent aussi la contester à
l'Eglise Catholique ,qui la possede
de toute ancienneté
, & qui
leurouvre sonsein pour les recevoirà
la Profession exterieure de
cette Foyavecses autres Enfans
dans L'unité de l'Esprit si) le lien
de la Paix. Tous les autres fentimem,
qui servoient de pretexte
specieux ,plûtost que de sause solideauSchismesoitqu'ils
ayent
durapportà la Réglé fondamentale,
soit qu'ils n'en ayent point,
seront allez aprés celaàéclaircir.
On leurs ra veirfacilement^quon
ne comprend pas sur toutes ces
Question l'Eglise Catholiques
qu'on luy a imposé à loscasion
de quelques Docteurs particuliers
deai Communion,puis quelle n'a
changé ny de sentimens, ny de
langage, qui se conservent dans
lesLivrespublics,dontellesesert
pour rectifier ces Docteurs particuliers,
~& les ramener à la pureté
de ses sentimens
, au lieu que par
un étrangerenversement d'esprit
les Docteurs de l'Erreur, qui ont
produit le Schisme sous la belle
apparence de Reforme,mais en
effet par la haine qu'ils avoient
conceue contreles autres, se sont
malheureusementjettez dans une
extremited'autant plusdangereuse,
qu'ils ont commencé par la
suppresion de tous ces Monument
publics, oul'Eglise a toujours
confervéses véritables idées
ses véritables expresions,pourétablirles
leurs particulières,&par
cette conduite ils ont ouvert laporte
à toutes fortes de A/oM~f~~f~
bienloin de retranchercelles qu'ils
s'imaginent avoir esté introduites,
& de la fermer pour l'avenir.
On leurfera voir en un mot,
que ce nesont la pluspartque des
Question de nom, fondéessur
deséquivoques de leur part,ou
deDiscipline, qui nemeritoient
pasune sisunesteseparation,puis
que le fondement en Jesus-Christ
(si toujours demeuréfermeparmy
les Catholiques.Aussi dans la
pluspart des Dioceses, &sur tout,
en celuy deParis, on n'afaitsigner
qu'un Formulaire général
de Foy Catholiqueuniverselle
Apostolique, , sansentrer dans
Aucun détail qu'apris s'estre féüny,
ou si l'on est entré en quelque
éclaircissement avec quelques- uns
de nos Freres, ce n'a esté que pour
satisfaireacesfauxScrupules,~&
pour leur montrer qu'on ne leur
demandoit que cette Profesion generale
& orthodoxe. Quant au
Passage des AffcsdesÀpo(lrr$,
Qu'ilfaut obéir à Dieu plû-
,. tost' qu'aux hommes
,
rien
n'est si mal appliqué à la matière
presente par la lecture du Texte.
Les Juifs défendoient aux Aposrres
de
prescher
Jesus-Christpour
Mejjie & pour Liberateur, qui
au contraire leur avoit ordonné
de la part ex son Pere de le prescher
partoutencettequalité,
avoit confirmé cette Mission par
le MiracledesaResurrecton,ù
partous euxqui la suivirent,
quifurent la conformation de tous
les aurres qu'ilavoitfaits à leurs
yeux ,
(9" en presence des Juifs
pendant sa Vie. Est-ilquestion
derenoncer icy à la Prédication
deceMessi &r Libérateur?Ou
plûtofln'estilpasquestion de liz
ratifierpar une réunionavecceux
quile reconnaissent, @J donton
s'estoit injustement separé ? C'est
donc obéir véritablement a Dieu
& alefut Christson Fils; c'est
lereconnaistre pour le Messue
pour le Liberateur, que d'accomplir
cette réunion qui fait la pienitude
de la Charité que le Pere
& te Filsnous ordonnent d'avoir
pour nos Freres, qui composent un
Corpsdontlesus-Chrsti est leChef.
lefuis, Monsieur
,
vostre, &c.
D'UN NOUVEAU
CATHOLIQUE,
Sur le Pouvoir que le Roya
exercé dans l'Extinction
duSchisme.
A MONSIEUR***. vOusdesxire, Monsieur,
que jesatisfacevosxtre curiositésurce
quisepasse en France
à l'égard de nos Freres PrétendusReformez
,&ilfaut que
je vous disxe d'abord comme le
Docteur Gamaliel dans les Actes
des Apostres,quecetouvrage de
la déformation
,
où savois auparavantmalheurd'estre
engagé
,
s' estdissipé si facilement,
qu'on apû connoîstrequ'il n'estoit
pas de Dieu, mais des hommes
,
c'est à dire un Ouvrage de Cabale,
de Party, & de Politique
humaine. On a eu beau crier dedans
& dehors le Royaume à th
violence, comme ontjait les Ignorais
passionnez, & les Ennemis
de l'Etat. Le Roys'est acquispar
l'exécution de cettegrande entreprise
une Couronne immortelle de
Gloire; maïs il faut considerer
cet événement si fameux,dans
tout son jour, & dans toute son
jéteenduseposuréla .gl*oire de SaMa-
On peut envisagerselon trois
égards le pouvoirque le Royy a
cxyfcéj ou dans son fond & en
luy mesme
, ou par rapport aux
Ridelles & aux Ministres de
l'Eglise
y
ou à l'égard des choses sacrées,&quiappartiennent à
la Religion.Ducossé de la puissance
du Royy est certainqu'étant
souveraine,il n'y en a point
d'autre sur la Terre, non seulement
au dessus,y mais mesme à
costé, c'està dire, qui luyfoit
superieure, ou égale hors celle de
Dieu, dont elle dépend, pwfqtte
c'estle propre du SouverainEmpire
de n'avoir ny Superieur ny
Egal sur la Terre, autrementil
neseroitpas Sou'Verain. DucoOé
de ses Sujets
,
soit Fidelles, foit
Ministres de l'Eglise, il rieftpas
moins certain, qu'ils sont- 'tous
soûmis à cette souveraine Puissance
,
mesme lesseconds en qualité
de Ministres & de Passeurs
de l'Eglise. C'est la doctrine de
Saint Paul, lors qu'ildite.xpref
sement
,
Que toute ame foit
soumiseaux PuiffincesSou,
veraines. D'ouvient,que Saint
CbrjJojlomeexpliquant ce Pasfige
dit; Encore que ce soit
un Apostre
, un Evangeliste,
unProphete
, & S. Bernard
,
écrivant à un Archevesque de
ssoonûmteimspes, ; Si toute ame est
la vostrel'est aussi,
car qui peut vous excepter
de la généralité? En effetpersonne
ne peut estre exempt de cette
Paissance; car outre que ce feroit
à celuy qui pretendroit de
l'éftrr , deprouverson Privilege,
ce qui luyseroit impossible,ilfaudroit,
ou que cette indépendance
fuji absoluë, & ceseroit ouvrit
-la porteaudesordre & à laconfusion
, ou. qu'elle nefustpas absoluë
, &par consequent qu'elle
relevât de quelqu'autre Puissance,
qui efiant égale, ou superieure
en ce point à celle du Roy, détruiroit,
comme il a esté dit
,
sa
Souveraineté. Quant aux choses
sacrées
,
£r qui appartiennent à
la Religion,il estencore constant,
quelles sont dans l'enceinte &
du ressort de cettemesme Puissance.
Saint Paul dit, que les
Souverains sont Ministres
de
-
Dieu pour le bien, &
pour vanger le mal'indéfiniment
, ce qui enferme le bien &
le mal, qui regarde la Religion y
dont par consequent ils peuvent
connoifire. Il dit autre part,qu'il
faut prier pour eux, afin que
nous passions la vie paisiblement,
& tranquillement en
toutepieté & honnesteté. Il
faut donc qu'ils puissent connoistre
de la Religion, d ns la quelleconsiste
la veritable Pieté, & exercer
leur pouvoir dans cette matiere.
sdujjtlef EmpereutsTheodose
& Honorius dans l'Epistre à
Marcellin luy disent. L'unique
fin que nous nous proposons,
& par les travaux de la
Guerre, & par les desseins de
la Paix, c'est de maintenir
le veritable Culte de Dieu
parmy nos Peuples, & qu'ils
l'embrassent avec devotion.
Theodose dans l'Epitre à l'Evesque
Cyrille, metselon le mesme
sens le devoir de Cesarà établir
non seulement la paix
,
mais la
pietéparmy sesSujets,sans quoy
les Etats ne peuvent estre veritablement
heureux
,
puisque leur
félicitéconsiste
,
selon S. Augustin,
à aimer Dieu & qu'ils en
soient aimez
,
le reconnoissant
pour leurveritable Roy. Plusieurs
Papessontappelléles Rois,Apostoliques
, & ont ditqu'ils avoientsur
ce sujet un Esprit Sacerdotal.
La sausse Epitreattribuée
au PapeEleuthereappelle
un Roy, Vicaire de Dieu
dans la Religion. On trouve
dans le Concile de Calcedoine
plusieurs acclamations faites à
l'Empereur en ces termes, à l'Empereur
Pontife, au vra y Prêtre.
C'f/? pour cela que les noms
d'Aurheurs & Défenseurs de
la Foy leur ont estèaussidonner
comme celuy de Pasteurs des
Pasteurs, & un Pape Leon
dans un Chapitre inseréauDécret
de Gratian appelle les Em(-
pereurs François de laseconde race
,
Pontifes. S. Remy parlant
de Clovis l'appelle Evesque des
Evesques,àl'occasion d'un Prêtre
qu'il avoitfaitparsonordre;
(t) Gregoire de Toursparlant
aussi à un Roy de la Race de
Clovis luy dit ; Si nous manquons
, vous nous pouvez
corriger ; mais si vous manquez,
vous ne pouvez estre
corrigé que par celuy
,
qui
est la Justice mesme; @r il -
est à remarquer que les Evesques
de France avoient decoûtume
pour lors de rendre la Commumon.
a ceux qu'ilsen avaient retranchez,
quandils estoient assi:{
heureux que d'estre admis à la
Table ~r à la presence des Rois.
Les Conciles ne se tenoient dans
le Royaume que parleur ordre,
(t) mesme les Decrets portoient
bien souvent cet ordre enparticulier
, ~& efloient ensuite generalement
confirmez pjr leur Auth(J..
rité Royale. Ainsiiln'appartient
qu'aux Souverains
,
sur tout de
cetteSouverainetésinguliereànos
Roys
,
d'executer dans toute son
étenduë
, ce qui regardelaReligion
, parce qu'euxseulspossedent
le pouvoir necessaireà cette execution.
D'où vient encore,que
Justinien.
Justinien dans la Division du
Droit, en Public
,
(ij en Privé
ou particulier,fait deux especes
du Public, dont l'uneestlePublic
Divin, par lequel il commence
on Code, au uniq*:e le Theodosien
finissoitpar là.Ulpien definit
d:- miTrhe l.i fitrifrrudence
>
monelle qui acc:Je h's differens
entre lesparticuliers
,
Y/J.ns cel11le
qu'on appelle Lt'?iJI.:tnee
,
la
connoissance des choses Divines
& Humaines, & le
mesmeJustinien dit
, que tauthorité
des Loixmet le bonordre
~(t)la bonne disposition dans les
chosesDivines ~ü Humaines,
~& en bannit toute sorte de malice
,~& d'iniquité.
Ilfaut avouerneanmoins que
lesfonctions du Ministere Sacré
ne venant point de la puissance
Souveraine,mais de Jesus- Christ,
qui en a donné le pouvoir à son
Vghfey ellesnepeuvent s'exercer
par la voye du souverain Empire
, quoy que le pouvoir que l'Egltjê
donne par l'ordination àses
Ministres
, ne soit pas incompatibleavecceluy
de la Souverainete
en un mesme sujet
, comme on
voit dans la Personne du Pape,
qui à l'égard des Peuples de ses
Etats,peut exerceren même temps
l'un& l'autre; ce qu'ilfaut pourtant
biendistinguer à l'égarddes
autres Etats~(jr Royaumes ,
qui
ne dépendent point de luy. Ilfaut
aussi convenir que le Souverain
ne peut changer ce que Dieu,
Roy des Roys
,
veraindresS1ouvtel'Jra,1in14sa,a/p1ersetaSboluyluy
mefrac poure;rrcimmuable9
comme la nouvelle Alliance
, ensuite
de l'ancienne, contractée ,,-
vec les hommes au prix de son
Sangpar Jesu- Christson Fils,
Mediateur de ce Pere Celesteauprés
des hommes, laquellealliance
s'execute par la voye de la
Predication
,
quisefait de cette
heureuse nouvelle, qu'on appelle
Evangile, de la remission des
prc/}ez
,
d'une vie éternelle, &
du Royaume des Cieux ,soit par
le Ministere de la parole, soit
par d'autres signes visibles qu'on
appelle Sacremens
,
epcrune
vie conforme à la Morale du
Décalogue dans la pure té cff lA
perfectionoùJesus Christ l'd
portée, mais anssi ics Pasteurs de
l'Eglise dc-nslesjonchonsouils
exercentà /",,n'ont au
fond quelepurministere de cette
parole on heureusenouvelle, de
quelque maniere , ou par quelqnessignes
Jen/tbles qu'ils la*
y?">7/7n: du Troupeau, c'està dire
la zoycd: Déclaration,Dispensation
,
(:7 Manifestation de la
part de Dieu
,
qui seul commande
aux coeurs (gjr aux esprits
,&
à qui toute la verta & l'efficace
de cette paroledoit estre ttltt'lbuét
parfesus-Christson Fils,&ils
n'ont par consequent que cette
mesme njoye pour juger les Rebelles
à la parole
, & pour leur
annoneur ouih nont point de
part à le societé desSaints
,
s'ils
nese corrigentils exercent cette
CensureDivine selon le langage
de Tertullien
, par l'imposition
des peines Medicinales àceux cptâ
s'yveulentsoumettre,&parune
espece de relegation ,qui lesprive
du saint commerce de leurs Freres
, & de la participation aux
Assemblées,comme on pratiquoit
anciennement,ef aux Sacrifices,
aussi-bien que de telle des Enfans,
(tJ des autres Seaux Q¡ gages de
l'Alliance quisont les Sacremens,
& cette C'ensure est un jugement
dans un sens
,
(yj lors qu'estant
fatte par l'EspritdeDeu & de
lesus Cbrist, elle se ~russe dans
le Ciel ; jugement d'autant plus
redoutable qu'il est un prejugéselon
le mesme Pere
, pour celuy
de l'Eternité ,sicesRebelles fersistentjusqu'àlafindans
le mé- pris&leviolementde cette
sainte A lliance, C'est ce qui fait
direàun grand Pape, que le
Privilege accordé au premier des
Apostres,d'etrePierre fondamentale
de l'Eglise aprés la celebre
confessionqu'il fit de lesus-Christ
comme Fils du Dieu vivant,
est répandu par toute l'Eglise en
quelque lieu qu'on y prononce des
jugemensselon l'équité de saint
Pierre, c'est à dire selon la ju-
JleJfir de son esprit, @f la droiture
de son coeur, charmezde la découverte
de la Charité d'un Dieu,
qui luuinspirerent cetteConfession;
qu'ainsi
,
bien que lesus-Christ
parlâtsingulierement à S. Pierre
pour enre la forme le modelle
des autres Ministres ( en quoy les
Papessontsingulierementles Successeurs)
le droit de Pierre Fondamentale
passa à tous les autres,
qui font à cet égardses Successeurs
,
lors qu'ilsagissentparson
Esprit,&quelamesmeCharité
1lesanime.
Maisenfin la force & l'efficace
de tout ce Ministre exterieur,
qui viennent uniquement
de Dieu, aboutissentà l'interieur
& aufond du coeur,& les Adtmflres
de l'Eglise ne peuvent en
cette ci.uaktese Jfaire obeir dans
ces for,ci.onsexttneures,ymain~
¡C.jn' lordre étably
, ^y3 en bannir
le trouble b-ri la confusion,
par aucune JOtc qu' autant que le Souverain leur
a communique de fin pouvoir,
d'abord ou danslasuite, lors (ru"
la Société des Fidelless'est introduite
& affermie dans les Etats,
carselon un ancien Evesque d'Afriq:
e,laRepuihy^erieft pas
dans l'Eglise
,
maisl'Eglise dans
la Republique,cequifaitdire à
l'Historien Socrate, que depuis
que l'Eglise futraceüe dans l'Empire
par une autorité publique
dont on pourroit marquer l'Epoque
par l'Edit de Constantin&
de Licinius, tout ce qui regarde
la Religion a fort dépendu des
Empereurs. C'est ce qu'on peut
aussidire à proportion de tous les
Royaumes, où l'Eglise est entrée,
@ où elhs"ejltrouvéeétabliey
aprés qu'ilssesontformez dela
décadence de l Empire.
Vous njoje^ donc, Monsieur,
aprés tout ce que je viens d'établir
si solidement,de quelle étenduë
estce PouvoirSouverain. Il
enferme non seulement ce que les
Ecclesiastiques appellent Jurisdi-
¡¡icn, qui émane de luy, comme
desa source
, ey dont le Prince,
en le communiquant, n'a pû se
dépGuiller,nonplus que desa Souveraineté,
ensorte que nonobstans
cette délegation speciale
,
il peut
l'exercer toutes les fois qu'il "vou..
dra parfiy-nl!!fJJf
,& dans toutesa
plenitude.Ilembrasse toutes
les personnes,mesme les ~Mnistres
de l'Eglise, les lieux,les
temps, les circonstances,&generalementtoutce
quiregarde la
Discipline etJ l'Oeconomie exterieure
de cette mesme Eglise Je
displus
; outre qu'ill'autorise pour
l'exercicede
ses
Fonctionsexterieures,.&
luy donne lepouvoir
de se faire obeir au dehors pour
entretenir le bon ordre, & bannir
laconfusion, il maintient mejl
me la Foy,& la Profession exterieure
quis'enfait, & lorsque
la Societé veut s'assembler parses
Députez,pour terminer des Contnestatiiones
paFrrapoport à cette mes- KC5elle
ne le peut qJitj.li.:r son autorité. Les Décrets ou Cwonsquellefait
d~ cesAssemblées, ou Cons Ir!,
doivent estre A-ttttHif'{ parcette
puissance,& ne pÀjjcxt que par
elleenforce &vigueur de Loix.
C'estdans ce sensqueConstantin
prenoit le nom d Evesque exterieur,&
qu'il écrivoit aux ILvefques
assemblez àTyr, qu'il luy
apportenoit de juger, si on avoit
bien 014
mal-jugéselon la Regle
divine; qu'Ozius dans Saint Athanase
donnoit à l'Empereurtout
l'empiresur laTerrey à l'exclusion
des Evesques, auxqui Ulesreules
Fonctions (àcr¿"j') (r: de ovûler
l' Encens, !.:l),ln: tHiijic}! Il lhiji
toire IlO--".<C fI!i)Í' nj ^rvees, Lr!"t'?I
c'estce que les anciens Peres appelloient,
tant à l'égarddela Foy,
a; de la Diserpline, rapporter au
jugement sacré, a qui les Grecs
donnaient le nom d'Epichrefe.
Les Juifs dr les Samaritains
porterent leurdifferendsur le Temple
de Jerusalem &Jceluy de Garizaim
,
à Ptolomée) Roy d'Egypte,
qui en jugea par la Loy
de Moyse. Les mesmesjuifs
n'eurent point de droit de rétablir
ce Temple, que par Cyrus & les
autres Rois de Perse
,
& l'on ne
fait pas assez de reflexionsur ce
que les Htbreux leurs Pndeccf
seurs
, ne crurentpas devoir sortir
de l'Egypte, pour aller sacrifier
à Dieu dans le Desert, sans la
permission de Pharaon, & qu'il
fallut une Misson extraordinaire
pour les tirerde ce Royaume en la
personne de Moyse éprouvée ù
autorise par des Miracles des
Prodiges.Ezechias rompit les
Idoles,&mesme le Serpentd'Airain
élevé par ¡.fO}f. Luy &
Iosias détruisirent les Lieux hauts,
cjuifaifovnt diversion pour le
Culte q:;' on devoitrendreaDieu
au Temple de Jerusalem. Le Roy
des Ninivires ordonna un Jeune
public, Darius do:ir,a pouvoir à
Daniel de rompre l Idole
, &
condamna aux Ly„ons s/es EJnne- mis, & Nabuchodonosor défendit
dans ses Etats de blasphemer
le vray Dieu. Saint Pierre &
S.Iean, dans les Actes des Apostres,
ne recusent point le Sa.
iJetl.rin, lors qu'ilsdisent, Nous
sommes jugez pour avoir
,donné la santé à un Malade,
&quand ce Tribunal leur défend
de prescher Iesus
-
Christ pour
U,-,leffie
,
ils aileguentl'ordre de
Dieu, en luy disant
,
Jugez
vous-rnefmes, si nous devons
plûtost obeïr à Dieu
-
qu'aux hommes. S.PaulgagnaSergius
son luge, qui estoit
ajjis sur le Tribunal
, pour juger
entre luy &E{yrr;as le Magicien.
Le mesme Apostre accusé par Tertullus
d'eflre de la Secte des Nazaréens
,subit le jugement de
Felix. Il reclama ensuiteceluy
de Festus,Successeur de Felix,
disans qu'ildevoitestrejugé à
ce Tribunal; lors qu'il apprebenda
que le mesme Ecstus ne liy
rendist pas justice,ilappella à Cesar,
qui eust eu effçfiïvxment le
bonheur d'employersaPuissance
souveraine en faveur de laReligion
Chrétienne, s'il eustabsous
S. Paul
,
~(gif condamné les Iuifs.
lustin, Athenagore, Tertudien,
adresserentdesapologies aux Empereurspour
la Religion Chrétienne,
Les Peres d'Antioche s'adres
serent à Aurelien,pour fairedonner
le Siege Episcopal à celuy qui
avoieesté ordonné à J'a place de
Paul de Samosatequ'ils avoienl
déposé. L'Evesque Archelaus désenditcontreManes,
Chefdes
Manichéens, la cause de la Foy
devant Marcellin,luge Imperial,
qui prit pour Assesseurs un
Medecin, un Retheur, (7 un
Grammairien Payens. S. Athanase
défendit aussi ccrre mesme
Foy à Laodicée contre Anus devant
Probus, quijugeoit, vice
sacra,&qui prononca en faveur
d'Aibanafe. Ce mesme Saint, gr*
les Evesques Catholiquess'adresserent
suvent pour cet effet à
~Constance&alovinien, Empereurs,
quoy que contraires. Theodoric
,Arien, jugea entre les Eucpjftes
de Rome dans un Schis
me de cetteEEugene,Evesque
d' Afrique,offrit aux Ariens * de ()tf'r¡ !(.n hg:'Y luge Hunneric, ° ~o)' ~C les Ariens
refuserentceparty se pourrois eu
ter nJie infinitéd'autres exemples;
car enfincombien de Loix de l'Empereur7~,/parler
desautres,sur les personnes, les
biens, ~& generalement tout ce qui
regarde la Religion. Il réglé les
Ceremonies du Baptesme; ilordonne
qu'on prononcera le Canon
delaMesseà haute voix; cjuon
m'ordonnera point d'Evêquesqu'à
l'âge de trente ans; que l'Evesque
ne pourra estre absent de son
Dioceseplus d'un an, ~sansfit
permission;qu'onne celebrerapoint
les Mysteres Sacrez dans des
Maisonspart calieres;en un mot,
il commence,ainsiqu'il a esté dit,
son Code par la Foy Catholique,
~& la premiere Loy est celle des
EmpereursValentinien Gratien,
£7° Theodose, qui ordonnent que
ivus tesPeuplesfou#>is à leur Empire,
suivront la Communion du
Pontise Damase
,
er de Pierre
3 Evesque d'Alexandrie,Personnage.
d'une sainteté Apostolique.
Combien aufjtde Loix,&d'Ordonnances
de noi Rois dans toutes
les Races ! Combien de Capitulaires
de Charlemagne, ~& deses
Stfcl'ejf'!4fS !
./1..nf-i pour f/a-i-re l'application
de tout ce que j'ayétably au sujet
du Pouvoir Souverain à l'hypotbcje
dont il s'agit
,
il estconstant
que les PretendusReformez n'avoient
pû sans cette autorité S"Criger
dans le Royaume en Corps
& en Société de ~Religion,&
qu'ils n'yavoient pû de mesme
subsister jusqu'à present. Cette Societe
s'est mesme formée d'abord
par une entreprise sur l'autorité
Royale, ~& par une violente. rupture
de l'unité de la Societé Catboll,
lue,à laquelle le droit duMinistere
de la Paroleappartenoit
originairement, par une succesfion
non interrompuë deses Minisires
depuisses Fondateurs ApofloDques,(
W danslaquelle l'Exercice
de ce droit avoit esté conservé
& maintenu par le Chefde l'Etat
,
premierMembre de cette Societé,&
en qui reside tout le fCJU-
'Verain Empire. La liberté, qui
dms son origineavoit esté arrachée
par la Société Schismatique,
a t'fié tolerée dans son progrés à la
faveur des Edits, parunesage
ÆDnJeftendance, &par une jbre~
lfiennePolitique3félonUntcefsité
des temps; maisaujourd'huy
cette mesme Prudence Cbrtjlienne
secondée par son Clergé, &sur
tout par deux Grands Hommes)
( j'entens l'IllustreArchevesque
du Siege de l'Empire, & le digne
Directeur deConsciencedu Roy)
a.inspiréheursu'CernentSuiV!a~
jeftçderetirerparlaSupprejjton
desEditssamain,quisoûtenoit
comme à regret ce Corpsétranger
dans l'usage deses Fonctions, (if
parcemoyen il s'est détruit,&
lest dissous. Que devoit-on faire
des parties éparses de ce Corqs
dssipé, qui font tout autant de
Fidelles, qui ne doivent ny ne
peuvent demeurer sans Profession
exterieure & publique de la Religion
Chrestienne, qu'ils ont dans
lecoeur? La Charitépaternelle du
Souverain ne l'obligeoit-ellepas
à employer sa Puissance Royale
afinqu'ils , vinssentse rejoindreau
£orpslégitime & naturel de ÏËglise
Catholique •£$r cette mesme
Charité de la part de ses Sujets
divisez,pour ne pas dire l'équité
& lebon sens ,ne lespressoit-elle
pas vivement eux-mesmes de se
réünir à leurs Parens, à leurs Amis,&
àleurs Concitoyens,selon
l'ordrecivil, enunmot, à leurs
Freres
Freres enJesus-Christ, quisont
Enfans aussi bien queux du mesme
Dieuqu'ils adorentpar le mesme
Jesus-Christ,quiesperentaux
mesmes promesses, c- au mesme
heritage celeste
,
qui observent la
mesme Loy,&vivent de la mesme
Foy &de la mesmeMorale
? R^efufercetterrun'ùn,n'eftoitce
pas resister à l'ordrede Dieu
3
qui leur faisoit cc commandement
par leur Souverain, & mesme
à l'Esprit de Dieu, c'est à dire, à
son Amour ($f à sa Charité qui
les ensollicitoit?& n'estoit-cepas
meriterparcetterésistance l'indignation&
la colere de la Puissance
Royale
,
ordonnée de Dieupour
procurer ce bien, qu'ils refusoient,
&pourvangerlemal qu'ilsfaisoient
en le refusant ? Graces à
Dieu,lenombre des Opiniâtres
& des Refractaires e(i.à cette
heure si petit, quon peut aisément
le compter,&ilfaut avoüer
que c'est une des felicitez du Regneglorieux
de ce Grand Monarque
, que le doigt de Dieu ait tellement
éclaté sur son autorité,
qu'il ait laissé si peu à faire à
l'Instruction& à la Terjua/îort.
Rien riefl sifoible& sifaux
que le retranchement, dont ces
Desobeïssans se couvrent,lors
qtiiis disent
,
qu'on n'est point
maistre de leurs consciences, qu'on
ne leurpeut ordonnerde croire,mais.
feulement lesy exhorter; qu'on
ne force point les esprits,& qu'on
ne commande point laReligion;
qu'ainsi il faut obeïrplûtost a>'
Dieu, - qu'aux hommes,parce
qu'ilssontasseurez d' estredans la
veritable Religion ; car il ne s'agitpoint
dechangerde Religion,
cestlamesme dans son fond &
danssasubstlance.Ilne s'agitpoint
de la Regle de la Foy, puis quon
ne la leur contestepas, & qu'ils
ne peuvent aussi la contester à
l'Eglise Catholique ,qui la possede
de toute ancienneté
, & qui
leurouvre sonsein pour les recevoirà
la Profession exterieure de
cette Foyavecses autres Enfans
dans L'unité de l'Esprit si) le lien
de la Paix. Tous les autres fentimem,
qui servoient de pretexte
specieux ,plûtost que de sause solideauSchismesoitqu'ils
ayent
durapportà la Réglé fondamentale,
soit qu'ils n'en ayent point,
seront allez aprés celaàéclaircir.
On leurs ra veirfacilement^quon
ne comprend pas sur toutes ces
Question l'Eglise Catholiques
qu'on luy a imposé à loscasion
de quelques Docteurs particuliers
deai Communion,puis quelle n'a
changé ny de sentimens, ny de
langage, qui se conservent dans
lesLivrespublics,dontellesesert
pour rectifier ces Docteurs particuliers,
~& les ramener à la pureté
de ses sentimens
, au lieu que par
un étrangerenversement d'esprit
les Docteurs de l'Erreur, qui ont
produit le Schisme sous la belle
apparence de Reforme,mais en
effet par la haine qu'ils avoient
conceue contreles autres, se sont
malheureusementjettez dans une
extremited'autant plusdangereuse,
qu'ils ont commencé par la
suppresion de tous ces Monument
publics, oul'Eglise a toujours
confervéses véritables idées
ses véritables expresions,pourétablirles
leurs particulières,&par
cette conduite ils ont ouvert laporte
à toutes fortes de A/oM~f~~f~
bienloin de retranchercelles qu'ils
s'imaginent avoir esté introduites,
& de la fermer pour l'avenir.
On leurfera voir en un mot,
que ce nesont la pluspartque des
Question de nom, fondéessur
deséquivoques de leur part,ou
deDiscipline, qui nemeritoient
pasune sisunesteseparation,puis
que le fondement en Jesus-Christ
(si toujours demeuréfermeparmy
les Catholiques.Aussi dans la
pluspart des Dioceses, &sur tout,
en celuy deParis, on n'afaitsigner
qu'un Formulaire général
de Foy Catholiqueuniverselle
Apostolique, , sansentrer dans
Aucun détail qu'apris s'estre féüny,
ou si l'on est entré en quelque
éclaircissement avec quelques- uns
de nos Freres, ce n'a esté que pour
satisfaireacesfauxScrupules,~&
pour leur montrer qu'on ne leur
demandoit que cette Profesion generale
& orthodoxe. Quant au
Passage des AffcsdesÀpo(lrr$,
Qu'ilfaut obéir à Dieu plû-
,. tost' qu'aux hommes
,
rien
n'est si mal appliqué à la matière
presente par la lecture du Texte.
Les Juifs défendoient aux Aposrres
de
prescher
Jesus-Christpour
Mejjie & pour Liberateur, qui
au contraire leur avoit ordonné
de la part ex son Pere de le prescher
partoutencettequalité,
avoit confirmé cette Mission par
le MiracledesaResurrecton,ù
partous euxqui la suivirent,
quifurent la conformation de tous
les aurres qu'ilavoitfaits à leurs
yeux ,
(9" en presence des Juifs
pendant sa Vie. Est-ilquestion
derenoncer icy à la Prédication
deceMessi &r Libérateur?Ou
plûtofln'estilpasquestion de liz
ratifierpar une réunionavecceux
quile reconnaissent, @J donton
s'estoit injustement separé ? C'est
donc obéir véritablement a Dieu
& alefut Christson Fils; c'est
lereconnaistre pour le Messue
pour le Liberateur, que d'accomplir
cette réunion qui fait la pienitude
de la Charité que le Pere
& te Filsnous ordonnent d'avoir
pour nos Freres, qui composent un
Corpsdontlesus-Chrsti est leChef.
lefuis, Monsieur
,
vostre, &c.
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Résumé : LETTRE D'UN NOUVEAU CATHOLIQUE, Sur le Pouvoir que le Roy a exercé dans l'Extinction du Schisme. A MONSIEUR ***.
La lettre d'un nouveau catholique traite du rôle du pouvoir royal dans la résolution du schisme en France. L'auteur souligne que la réforme, bien que perçue comme difficile, s'est réalisée aisément, suggérant une origine humaine et politique plutôt que divine. Le roi a ainsi acquis une gloire immortelle. Le pouvoir royal est décrit comme souverain, n'ayant de supérieur terrestre que Dieu, et tous les sujets, y compris les ministres de l'Église, lui sont soumis. Cette doctrine est appuyée par Saint Paul et Saint Jérôme, qui prônent la soumission aux autorités souveraines. Les souverains gèrent également les affaires religieuses, comme le démontrent les actions des empereurs Théodose et Honorius et les écrits de Saint Paul. Plusieurs papes et conciles ont reconnu les rois comme défenseurs de la foi. En France, les conciles se tenaient par ordre royal et leurs décrets étaient confirmés par l'autorité royale. Le texte distingue les pouvoirs temporels et spirituels, citant Ulpien et Justinien sur la prudence et l'autorité des lois. Les fonctions ministérielles sacrées proviennent de Jésus-Christ et ne peuvent être modifiées par le pouvoir souverain. Les pasteurs de l'Église exercent le ministère de la parole et des sacrements, jugeant les rebelles à la parole divine. Le pouvoir souverain englobe la juridiction ecclésiastique et régule les affaires religieuses. Les prétendus réformés se sont établis grâce à l'autorité royale, mais celle-ci est maintenant retirée pour dissoudre leur société. Les réfractaires, en minorité, utilisent des prétextes faibles pour résister. Les Docteurs de l'Erreur ont provoqué le schisme par haine et division. La foi en Jésus-Christ reste ferme parmi les catholiques, avec des formulaires de foi signés dans plusieurs diocèses. La question de l'obéissance à Dieu plutôt qu'aux hommes est expliquée par la mission des apôtres de prêcher Jésus-Christ comme Messie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 228-232
Ils sont conduits à l'Audience de Monsieur le Duc de Chartres, & de Mademoiselle à S. Cloud. [titre d'après la table]
Début :
Le 4. de Septembre, Mr Aubert, Introducteur des Ambassadeurs auprés [...]
Mots clefs :
Voir, Honneur, Prince, Ambassadeur, Alliance, Maison de Saint-Cloud, Duc de Chartres, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ils sont conduits à l'Audience de Monsieur le Duc de Chartres, & de Mademoiselle à S. Cloud. [titre d'après la table]
Le 4. de Septembre ,
M'Aubert , Introducteur
des Ambaffadeurs auprés
de Monfieur , les vint
de Siam. 229
prendre avec les Caroffes
de leurs Alteſſes Royales,
& les conduifit à Saint
Cloud , où ils eurent Au
dience de Monfieur le
Duc de Chartres , dans
l'Appartement qui eſt au
bout de la Galerie. Ils
furent ſurpris de l'eſprit de
cejeune Prince , qui eft affurement
beaucoup au
deſſus de fon âge. Ils eurent
enfuite Audience de
Mademoiselle. Le premier
Ambaſſadeur luy dit ,
rit de
230 Voyage des Amb.
-
qu'eſtant venu pour lier une
Alliance entre les deux
Rois , il s'estoit crú obligé
de venir voir une Princeſſe
du Sang Royal , es qu'il
efperoit qu'elle porteroit un
jour parson Mariage, cette
Alliance dans une autre
Famille Royale. Ils furent
charmez des bontez de
Monfieur & de Madame ,
qui s'eſtant trouvez à S.
Cloud , leur firent l'honneur
de les entretenir. On
leur temoigna qu'on étoit
de Siam.
231
au
faſché qu'ils ne puffent
voir les Jardins à cauſe de
la pluye qui estoit fort
grande ce jour là , & on
leur dit qu'il y avoit une
Collation preparee
bout du Mail. Le premier
Ambaſſadeur répondit ,
Que quand mesme il auroit
faitbeau , ilsſeferoient contentez
de l'honneur qu'ils
venoient de recevoir d'un
grand Prince , & d'une
grande Princeße , qu'ils ſeroient
revenus une autrefois
232 Voyage des Amb.
pour voir les Fardins , qu'ils
ne méloient point leursplaifirs
avec leur devoir , &
que pour ce jour là ils étoient
comblez d'honneur
defatisfaction . En parlant
à leur retour de la
Maiſon de Saint Cloud , il
dit , Qu'elle luy avoit paru
enchantée , mais qu'il vouloit
voir à loiſir s'il n'estoit
point la dupe deſa premiere
vûë, ce qu'il ne croyoit
pas pourtant.
M'Aubert , Introducteur
des Ambaffadeurs auprés
de Monfieur , les vint
de Siam. 229
prendre avec les Caroffes
de leurs Alteſſes Royales,
& les conduifit à Saint
Cloud , où ils eurent Au
dience de Monfieur le
Duc de Chartres , dans
l'Appartement qui eſt au
bout de la Galerie. Ils
furent ſurpris de l'eſprit de
cejeune Prince , qui eft affurement
beaucoup au
deſſus de fon âge. Ils eurent
enfuite Audience de
Mademoiselle. Le premier
Ambaſſadeur luy dit ,
rit de
230 Voyage des Amb.
-
qu'eſtant venu pour lier une
Alliance entre les deux
Rois , il s'estoit crú obligé
de venir voir une Princeſſe
du Sang Royal , es qu'il
efperoit qu'elle porteroit un
jour parson Mariage, cette
Alliance dans une autre
Famille Royale. Ils furent
charmez des bontez de
Monfieur & de Madame ,
qui s'eſtant trouvez à S.
Cloud , leur firent l'honneur
de les entretenir. On
leur temoigna qu'on étoit
de Siam.
231
au
faſché qu'ils ne puffent
voir les Jardins à cauſe de
la pluye qui estoit fort
grande ce jour là , & on
leur dit qu'il y avoit une
Collation preparee
bout du Mail. Le premier
Ambaſſadeur répondit ,
Que quand mesme il auroit
faitbeau , ilsſeferoient contentez
de l'honneur qu'ils
venoient de recevoir d'un
grand Prince , & d'une
grande Princeße , qu'ils ſeroient
revenus une autrefois
232 Voyage des Amb.
pour voir les Fardins , qu'ils
ne méloient point leursplaifirs
avec leur devoir , &
que pour ce jour là ils étoient
comblez d'honneur
defatisfaction . En parlant
à leur retour de la
Maiſon de Saint Cloud , il
dit , Qu'elle luy avoit paru
enchantée , mais qu'il vouloit
voir à loiſir s'il n'estoit
point la dupe deſa premiere
vûë, ce qu'il ne croyoit
pas pourtant.
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Résumé : Ils sont conduits à l'Audience de Monsieur le Duc de Chartres, & de Mademoiselle à S. Cloud. [titre d'après la table]
Le 4 septembre, M'Aubert, introducteur des ambassadeurs auprès de Monsieur, accueillit les ambassadeurs de Siam et les conduisit à Saint-Cloud. Ils y rencontrèrent Monsieur le Duc de Chartres, qui les impressionna par son esprit et sa maturité. Ensuite, ils furent présentés à Mademoiselle. Le premier ambassadeur exprima l'espoir que cette rencontre pourrait renforcer l'alliance entre les deux royaumes par un futur mariage royal. Les ambassadeurs furent charmés par la gentillesse de Monsieur et de Madame, présents à Saint-Cloud. Ils regrettèrent de ne pas pouvoir visiter les jardins en raison de la pluie, mais affirmèrent être satisfaits de l'honneur reçu. Le premier ambassadeur déclara qu'ils reviendraient pour voir les jardins, ne voulant pas mêler leurs plaisirs à leur devoir. À leur retour, il commenta que la maison de Saint-Cloud lui avait paru enchantée, mais qu'il souhaitait la revoir pour confirmer cette impression.
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5
p. 13-34
Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Début :
Les Ambassadeurs estoient encore à deux lieuës de cette grande [...]
Mots clefs :
Douai, Roi, Ville, Ambassadeurs, Pièces, Repaire, Monsieur de Pommereuil, Alliance, Dames, Fonderie, Jésuites, Spectacle, Entrée, Canon, Renommée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Les Ambaſſadeurs eſtoient
encore à deux lieuës de cette
grande Ville , lors qu'ils en
rencontrerent la Cavalerie ,
qui avoit fait tout ce chemin
pour leur faire plus d'honneur.
Ils entrerent par la porte
Nôtre- Dame qui eſt deſtinée
pour les Entrées folemnelles
que les Rois & les Princes
Souverains font en cette
Ville-là. Les Gardes à cheval
t
14 IV. P.du Voyage
de Made Pommereuil qui en
eſt Gouverneur , precedoient
leurs Carroffes , & les ruës étoient
de chaque côté bordées
de l'Infanterie de la Garnifon
, & d'un fort grand Peuple.
Les feneftres eſtoient auſſi
emplies des perſonnes les
plus diftinguées . Auſſi - tôt
qu'ils furent deſcendus à
l'Hôtel qui leur avoit eſté
preparé pour leur logement ,
Mª de Pommereuil alla leur
rendre viſite avee l'Estat Major.
Il leur preſenta les Magiftrats
, & tous les Corps , &
r
M Becquet premierConfeil,
desAmb. de Siam. 15
ler , Penſionnaire de la Ville,
leur parla en ces termes .
MESSEIGNEVRS,
Les ordres qui nous ont esté don
nez de la part du Roy, pour rendre
à vos Excellences les honneurs qui
font dûs aux Ambaſſadeurs d'un des
plus grands Monarques de l'Asie,
ont esté prévenus par nos defirs.
Nos volontez estoient déja diſposées
à nous acquitter de ces devoirs
, & nous pouvons dire avec
verité que jamais nous n'avons
executé aucun commandement avec
tant de zéle , que nous obéiſſons à
celuy qui nous a esté fait de venir
vous faire les offres de nos tréshumbles
services. Le bonheur que
16 IV. P. du Voyage
nous recevons aujourd'huy, ne s'efacera
jamais de nostre memoire ,
& l'agreable rencontre de voir en
nos jours les Ambaſſadeurs d'un fi
grand Roy honorer cette ville de
leur prefence, nous apporte une joye
incroyable , fur tout lors que nous
faiſons reflexion que le sujet qui
les amene en ce pays, estpour confirmer
l'alliance & l'amitié contraétée
entre deux fi puiſſans Princes,
Loüisle Grand & le Roy de Siam.
Ceseroit en vain que nous taſcherions
de faire icy leur éloge, puisque
nous sçavons que la Renommée a
publié dans toute la terre leurs heroiques
exploits. Mais comme elle
avoit des choses toutes merveilleu-
Ses à dire de nostre invincible Mo
narque, nous craignons qu'elle n'ait
oublié de faire connoistre que leRoy,
1
des Amb de Siam. 17
aprés avoir porté par toutses armes
victorieuses , en de-çà & au de-là
du Rhin , dans les Alpes & les Pyrenées
, & s'estre rendu maistre des
Villes & Fortereſſes que l'on croyoit
imprenables, aprés avoir vaincu les
Saiſons, porté par tout la terreur, &
foudroyé les plus belliqueuses Nations
de l'Univers, s'est enfin vaincusoy
-mesme, au milieu defes triomphes,
rendant àses ennemis des Places
qu'ils ne pouvoient esperer de
prendre par laforce de leurs armes,
pour donner la Paix à toute l'Europe.
C'est en cela principalement
qu'on le reconnoist digne du nom
de Grand , que d'un commun confentement
tout le monde luy a donné.
Vous avez vû , Meſſeigneurs,
ce grand Monarque, vous avez vi
fité une partie deses Conquestes
18 IV. P. du Voyage
la Renommée n'a- t- elle pas estéfidelle
enfes rapports ? Ne pouvezvous
pas dire ce que diſoit la Reine
de Saba , après avoir efté viſiter
le Roy Salomon , Verus eft fermo
quem audivi in terra mea ? Ne
jugez-vous pas que toutes les Puiffances
du monde doivent rechercherfon
alliance ? Nous ne doutons
point que le Roy voſtre Maistre ne
taſche de perpetuer dansses fucceffeurs
celle qui vient d'eftre contractée
avec ce grand Prince. Cefont,
Meſſeigneurs, les souhaits que font
vos trés-humbles & trés-obéiſſans
Serviteurs, qui vous prient d'agréer
les Vins de la Ville qui vous font
presentez
L'Ambaffadeur répondit que
des Amb. de Siam. 19
tout ce qu'ils avoient vû de la
grandeur de la puiſſance du
Roy , leur avoit fait connoître
la verité de ce qu'ils en avoient
oüy dire ; que ſi ſes Conquêtes
leur caufoient de l'étonnement ,
la magnificence de Versailles ,
leur avoit paru extraordinaire ;
qu'ils n'avoient rien vû de plus
beau , & qu'ils remercioient
Mrs de Ville de tous les honneurs
qu'ils leur faisoient ainfi
que de leurs prefens.
L'Univerſité les harangua
en Latin , & leur fit connoî--
tre ce que c'eſt que ce Corps,
celebre. L'Ambaſſadeur don-
Bij
20 IV. P. du Voyage
na ce foir-là pour mot , tant
qu'il triomphera je me réjoüiray.
Il ſemble que M de Pommereuil
ne parleroit pas autrement
luy-meſme , puiſqu'il
aime fort la Muſique & les
Violons, avec leſquels il ſemble
ſe rejoüir tous les jours
de la grandeur de Sa Majefté.
Comme la Ville eſt fort grande
, ils eurent le ſoir tant de
Dames à les voir fouper, qu'il
n'y eut point de place pour
les Hommes . MF de Por
mereüil leur envoya des Violons,
avec beaucoup d'autres
Inſtrumens , & pluſieursMu
des Amb . de Siam. 21
ſiciens , parmy leſquels il y
en avoit qui ont eſté Pages
de la Muſique du Roy. L'entretien
des Dames & cette
Muſique leur ſervit de divertiſſement
pendant le Repas .
Le lendemain à ſept heures
du matin , ils trouverent les
trois Carroffes de Mr de
Pommereuil qui les
doient. Ils allerent avec luy
à la fonderie , où M² Keller
avoit preparé une fonte, elle
eſtoit de quatre pieces de 24.
& de deux de 16. livres. En
attendant que le metal fuft
tout à fait preſt à couler , on
atten22
IV. P. du Voyage
leur fit voir la maniere dont
fe font les moules , que M
Fleury Controlleur de l'Artil
lerie leur expliqua. L'Ambaffadeur
examina longtemps la
partie du moule qui ſert à faire
une groffe Maffelette, au bout
de la culafſſe de la piece , comme
on les fait àDoüay , & fe
fit expliquer tout ce qui la
expliquer
regarde. Enfuite M, Fleury
les mena au Moulin à ſcier
les pieces. C'eſt une machine
fort curieuſe , pour faire voir
la maniere dont l'on forme
les boutons des pieces dans
cesMaſſelettes , cequ'ils trou
des Amb. de Siam. 23
verent fort extraordinaire. Ils
dirent qu'ils avoient du Canon
chez eux , mais qu'il n'estoit ny
fi beau nyde mesme , & que la
matiere dont on le faisoit , étoit
neantmoins meilleure. Ils demanderent
enfuite comment
on faiſoit des figures ſur les
culaſſes comme des Lions , &
pour le leur faire entendre, on
les mena aux pieces où les
Repareurs travaillent , dont
ils furent fort fatisfaits. Ils
firent prendre les meſures ,&
les proportions de toutes les
pieces , & apres avoir veu les
Allefoirs , ils demanderent à
24 IV. P. du Voyage
د
voir un noyau , ſe faiſant
auſſi expliquer comment il ſe
portoit dans le moule , &puis
ils allerent voir couler les fix
pieces dont je viens de parler.
De la Fonderie on les
mena voir l'Arsenal , où il y
a quantité d'équipages d'Artillerie
dans les Magazins
couverts , qu'ils examinerent
fort , mais ſur tout un Pont
de cuivre qu'ils admirerent ,
&dont ils ſe firent expliquer
l'uſage; puis ils entrerent dans
les Cours , leſquelles font toutes
pleines de Canons , de
Mortiers , & de Pierriers de
toutes
des Amb. de Siam. 25
toutes les manieres , dont ils
firent prendre auſſi les proportions.
On peut dire qu'ils ont
vû à Doüay , generalement
tout ce que l'on peut voir
dans les Arcenaux. Il y avoit
trois cens Canons , Mortiers
& Pierriers , & une ſi
grande quantité de Bombes,
qu'ils ne pouvoient ( dirent
- ils ) affez admirer leMiniſtre
qui a ſoin de la Guerre ,
voyant dans tant de Places non
feulement dequoy les deffendre ſi
elles estoient attaquées , & des
munitions pourſoûtenir les plus
C
26 IV. P.du Voyage
longs Sieges, mais encore dequoy
fournir des Armées entieres , qui
voudroient aller affieger les plus
fortes Villes , on soumettre
des Provinces. Ils ajoûterent
, que ce qui les ſurprenoit,
estoit qu'il falloit que ce Ministre
donnaſt ſes foins à toutes
ces choses dans ſes momens perdus
, puiſqu'il en avoit beaucoup
d'autres àfaire qui n'estoient pas
moins importantes. Comme
ils appliquoient tout au Roy,
&avec juſte raiſon , ils firent
tomber le bon état de tout
ce qu'ils avoient remarqué ,
fur le grand difcernement de
des Amb. de Siam. 27
Sa Majeſté dans le choix de
fes Miniſtres .
De l'Arcenal on les mena
dans la Baterie de l'école des
Cadets d'Artillerie & des Canonniers
où l'on tira. Ils virent
emporter pluſieurs blancs
par les uns & par les autres ,
ce qui leur donna beaucoup
de plaifir. Ils admirerent l'adreſſe
& la promptitude que
tous ces Cadets firent voir
dans cet Exercice , ainſi qu'à
charger & à nettoyer le Canon.
Ils virent jetter pluſieurs
Bombes qui creverent fort à
propos , & vifiterent enfuite
Cij
28 IV. P. du Voyage
les dehors de la Place. L'a
présdînée ils allerent voir le
Fort de l'Eſcarpe , où M, du
Repaire qui en eſt Gouverneur
, les reçût au bruit du
Canon, avec les Officiers Majors
de la Place. La Garniſon
étoit ſous les Armes. Lorfqu'ils
eurent fait le tourde ce
Fort ,M, du Repaire les pria
d'entrer chez lui pour ſe chaufer
, à cauſe que le temps
eſtoit affez froid ce jour- là.
Ils y trouverent Madame &
Mademoiselle du Repaire ,
Madame la Baronne deQuincy
, & pluſieurs autres Fem
desAmb. de Siam, 29
mes de qualité. Aprés un
moment de converſation auprés
du Feu , on fervit une
Collation magnifique , & les
Dames ſe mirent à table avec
les Ambaſſadeurs . M² du Repaire
dit, qu'à cause du froid,
il falloit commencer par les Vins
de Liqueur. Son avis fut ſuivi,
& l'on en bût de pluſieurs
fortes. L'Ambaffadeur ayant
trouvé mademoiselle du Repaire
fort belle , luy dit que
fi elle vouloit aller à Siam , il
avoit un Fils qui pourroit estre
un jour grand Seigneur,&que
fi elle l'épouſoit , elle ne devoit
Ciij
30 IV. P. du Voyage
point craindre la pluralité des
Femmes , parce qu'elle estoit affez
belle pour empêcher que fon
Fils ne vouluſt en avoir d'autres
. Comme les Jefuites de
Doüay les attendoient , ils
fortirent peu de temps aprés,
& ne parlerent pendant tout
le chemin que de l'agreable
Collation qu'ils venoient
de faire . Eſtant arrivez chez
ces Peres , ils furent conduits
dans une grande falle , où il
y avoit quantité de Voix &
d'Inſtrumens . Voicy le Spectacle
qui leur fut donné.
desAmb. de Siam. 31
PREMIERE ENTRE'E .
Le Genie de la France tâ
choit d'attirer le Genie de Siam
à faire une Alliance avec Loüis
leGrand.
SECONDE ENTRE'E .
L.. Renommée & la Gloire
Denoient étaler les grands exploits
de ce Heros, dont ils faisoient connoiſtre
la pieté , &la valeur qui
luy ont justement acquis le nom
de Grand.
TROISIEME ENTREE
1
Le Genie de Siam charmé de
Eiiij
32 IV. P. du Voyage
ce recit , témoignoit la paſſion
qu'il avoit de ſe voir entre les
Alliés d'un Monarque ſi puiffant,
dont l'amitié devoit eſtre ſi
honorable , & fi utile àſa Nation
.
QUATRIEME ENTREE.
LesGenies de ces deux grands
Royaumes applaudiſſoient à cette
Alliance , & invitoient les Peuples
à donner des marques de leur
joye.
Aprés ce divertiſſement, on
conduiſit les Ambaſſadeurs
dans le Refectoire , où il y a
T
des Amb. de Siam.
33
voit une grande collation preparée
, mais celle de Mdu
Repaire estoit ſi recente , qu'il
leur fut impoffible de manger
autant qu'ils l'auroient voulu
pour repondre à l'empreſſement
que ces Peres avoienr de
les regaler. Les Ambaſſadeurs
leur dirent en s'en retournant,
qu'ils avoient connu par le divertiffement
qu'ils leur venoient de
donner ce qu'ils n'ignoroient pas
déja , sçavoir qu'ily avoit peu de
perſonnes quifuſſent auffi capables
qu'eux de bien élever la jeuneſſe.
Lorſqu'ils furent arrivez chez
cux, on leur vint demander
34 IV. P. du Voyage
l'ordre , & ils donnerent pour
Mot , aux amis je fournis du
bruit , aux ennemis la mort,parce
que Doüay ayant des fonderies
de Canon , cette Villelà
en fournit aux autres . Aprés
trois grands Repas qu'ils avoient
faits ce jour-là , la
complaiſance les obligea encore
à ſe mettre à table pour
fouper , afin de ne pas renvoyer
les Dames qui estoient
venuës pour les voir.
encore à deux lieuës de cette
grande Ville , lors qu'ils en
rencontrerent la Cavalerie ,
qui avoit fait tout ce chemin
pour leur faire plus d'honneur.
Ils entrerent par la porte
Nôtre- Dame qui eſt deſtinée
pour les Entrées folemnelles
que les Rois & les Princes
Souverains font en cette
Ville-là. Les Gardes à cheval
t
14 IV. P.du Voyage
de Made Pommereuil qui en
eſt Gouverneur , precedoient
leurs Carroffes , & les ruës étoient
de chaque côté bordées
de l'Infanterie de la Garnifon
, & d'un fort grand Peuple.
Les feneftres eſtoient auſſi
emplies des perſonnes les
plus diftinguées . Auſſi - tôt
qu'ils furent deſcendus à
l'Hôtel qui leur avoit eſté
preparé pour leur logement ,
Mª de Pommereuil alla leur
rendre viſite avee l'Estat Major.
Il leur preſenta les Magiftrats
, & tous les Corps , &
r
M Becquet premierConfeil,
desAmb. de Siam. 15
ler , Penſionnaire de la Ville,
leur parla en ces termes .
MESSEIGNEVRS,
Les ordres qui nous ont esté don
nez de la part du Roy, pour rendre
à vos Excellences les honneurs qui
font dûs aux Ambaſſadeurs d'un des
plus grands Monarques de l'Asie,
ont esté prévenus par nos defirs.
Nos volontez estoient déja diſposées
à nous acquitter de ces devoirs
, & nous pouvons dire avec
verité que jamais nous n'avons
executé aucun commandement avec
tant de zéle , que nous obéiſſons à
celuy qui nous a esté fait de venir
vous faire les offres de nos tréshumbles
services. Le bonheur que
16 IV. P. du Voyage
nous recevons aujourd'huy, ne s'efacera
jamais de nostre memoire ,
& l'agreable rencontre de voir en
nos jours les Ambaſſadeurs d'un fi
grand Roy honorer cette ville de
leur prefence, nous apporte une joye
incroyable , fur tout lors que nous
faiſons reflexion que le sujet qui
les amene en ce pays, estpour confirmer
l'alliance & l'amitié contraétée
entre deux fi puiſſans Princes,
Loüisle Grand & le Roy de Siam.
Ceseroit en vain que nous taſcherions
de faire icy leur éloge, puisque
nous sçavons que la Renommée a
publié dans toute la terre leurs heroiques
exploits. Mais comme elle
avoit des choses toutes merveilleu-
Ses à dire de nostre invincible Mo
narque, nous craignons qu'elle n'ait
oublié de faire connoistre que leRoy,
1
des Amb de Siam. 17
aprés avoir porté par toutses armes
victorieuses , en de-çà & au de-là
du Rhin , dans les Alpes & les Pyrenées
, & s'estre rendu maistre des
Villes & Fortereſſes que l'on croyoit
imprenables, aprés avoir vaincu les
Saiſons, porté par tout la terreur, &
foudroyé les plus belliqueuses Nations
de l'Univers, s'est enfin vaincusoy
-mesme, au milieu defes triomphes,
rendant àses ennemis des Places
qu'ils ne pouvoient esperer de
prendre par laforce de leurs armes,
pour donner la Paix à toute l'Europe.
C'est en cela principalement
qu'on le reconnoist digne du nom
de Grand , que d'un commun confentement
tout le monde luy a donné.
Vous avez vû , Meſſeigneurs,
ce grand Monarque, vous avez vi
fité une partie deses Conquestes
18 IV. P. du Voyage
la Renommée n'a- t- elle pas estéfidelle
enfes rapports ? Ne pouvezvous
pas dire ce que diſoit la Reine
de Saba , après avoir efté viſiter
le Roy Salomon , Verus eft fermo
quem audivi in terra mea ? Ne
jugez-vous pas que toutes les Puiffances
du monde doivent rechercherfon
alliance ? Nous ne doutons
point que le Roy voſtre Maistre ne
taſche de perpetuer dansses fucceffeurs
celle qui vient d'eftre contractée
avec ce grand Prince. Cefont,
Meſſeigneurs, les souhaits que font
vos trés-humbles & trés-obéiſſans
Serviteurs, qui vous prient d'agréer
les Vins de la Ville qui vous font
presentez
L'Ambaffadeur répondit que
des Amb. de Siam. 19
tout ce qu'ils avoient vû de la
grandeur de la puiſſance du
Roy , leur avoit fait connoître
la verité de ce qu'ils en avoient
oüy dire ; que ſi ſes Conquêtes
leur caufoient de l'étonnement ,
la magnificence de Versailles ,
leur avoit paru extraordinaire ;
qu'ils n'avoient rien vû de plus
beau , & qu'ils remercioient
Mrs de Ville de tous les honneurs
qu'ils leur faisoient ainfi
que de leurs prefens.
L'Univerſité les harangua
en Latin , & leur fit connoî--
tre ce que c'eſt que ce Corps,
celebre. L'Ambaſſadeur don-
Bij
20 IV. P. du Voyage
na ce foir-là pour mot , tant
qu'il triomphera je me réjoüiray.
Il ſemble que M de Pommereuil
ne parleroit pas autrement
luy-meſme , puiſqu'il
aime fort la Muſique & les
Violons, avec leſquels il ſemble
ſe rejoüir tous les jours
de la grandeur de Sa Majefté.
Comme la Ville eſt fort grande
, ils eurent le ſoir tant de
Dames à les voir fouper, qu'il
n'y eut point de place pour
les Hommes . MF de Por
mereüil leur envoya des Violons,
avec beaucoup d'autres
Inſtrumens , & pluſieursMu
des Amb . de Siam. 21
ſiciens , parmy leſquels il y
en avoit qui ont eſté Pages
de la Muſique du Roy. L'entretien
des Dames & cette
Muſique leur ſervit de divertiſſement
pendant le Repas .
Le lendemain à ſept heures
du matin , ils trouverent les
trois Carroffes de Mr de
Pommereuil qui les
doient. Ils allerent avec luy
à la fonderie , où M² Keller
avoit preparé une fonte, elle
eſtoit de quatre pieces de 24.
& de deux de 16. livres. En
attendant que le metal fuft
tout à fait preſt à couler , on
atten22
IV. P. du Voyage
leur fit voir la maniere dont
fe font les moules , que M
Fleury Controlleur de l'Artil
lerie leur expliqua. L'Ambaffadeur
examina longtemps la
partie du moule qui ſert à faire
une groffe Maffelette, au bout
de la culafſſe de la piece , comme
on les fait àDoüay , & fe
fit expliquer tout ce qui la
expliquer
regarde. Enfuite M, Fleury
les mena au Moulin à ſcier
les pieces. C'eſt une machine
fort curieuſe , pour faire voir
la maniere dont l'on forme
les boutons des pieces dans
cesMaſſelettes , cequ'ils trou
des Amb. de Siam. 23
verent fort extraordinaire. Ils
dirent qu'ils avoient du Canon
chez eux , mais qu'il n'estoit ny
fi beau nyde mesme , & que la
matiere dont on le faisoit , étoit
neantmoins meilleure. Ils demanderent
enfuite comment
on faiſoit des figures ſur les
culaſſes comme des Lions , &
pour le leur faire entendre, on
les mena aux pieces où les
Repareurs travaillent , dont
ils furent fort fatisfaits. Ils
firent prendre les meſures ,&
les proportions de toutes les
pieces , & apres avoir veu les
Allefoirs , ils demanderent à
24 IV. P. du Voyage
د
voir un noyau , ſe faiſant
auſſi expliquer comment il ſe
portoit dans le moule , &puis
ils allerent voir couler les fix
pieces dont je viens de parler.
De la Fonderie on les
mena voir l'Arsenal , où il y
a quantité d'équipages d'Artillerie
dans les Magazins
couverts , qu'ils examinerent
fort , mais ſur tout un Pont
de cuivre qu'ils admirerent ,
&dont ils ſe firent expliquer
l'uſage; puis ils entrerent dans
les Cours , leſquelles font toutes
pleines de Canons , de
Mortiers , & de Pierriers de
toutes
des Amb. de Siam. 25
toutes les manieres , dont ils
firent prendre auſſi les proportions.
On peut dire qu'ils ont
vû à Doüay , generalement
tout ce que l'on peut voir
dans les Arcenaux. Il y avoit
trois cens Canons , Mortiers
& Pierriers , & une ſi
grande quantité de Bombes,
qu'ils ne pouvoient ( dirent
- ils ) affez admirer leMiniſtre
qui a ſoin de la Guerre ,
voyant dans tant de Places non
feulement dequoy les deffendre ſi
elles estoient attaquées , & des
munitions pourſoûtenir les plus
C
26 IV. P.du Voyage
longs Sieges, mais encore dequoy
fournir des Armées entieres , qui
voudroient aller affieger les plus
fortes Villes , on soumettre
des Provinces. Ils ajoûterent
, que ce qui les ſurprenoit,
estoit qu'il falloit que ce Ministre
donnaſt ſes foins à toutes
ces choses dans ſes momens perdus
, puiſqu'il en avoit beaucoup
d'autres àfaire qui n'estoient pas
moins importantes. Comme
ils appliquoient tout au Roy,
&avec juſte raiſon , ils firent
tomber le bon état de tout
ce qu'ils avoient remarqué ,
fur le grand difcernement de
des Amb. de Siam. 27
Sa Majeſté dans le choix de
fes Miniſtres .
De l'Arcenal on les mena
dans la Baterie de l'école des
Cadets d'Artillerie & des Canonniers
où l'on tira. Ils virent
emporter pluſieurs blancs
par les uns & par les autres ,
ce qui leur donna beaucoup
de plaifir. Ils admirerent l'adreſſe
& la promptitude que
tous ces Cadets firent voir
dans cet Exercice , ainſi qu'à
charger & à nettoyer le Canon.
Ils virent jetter pluſieurs
Bombes qui creverent fort à
propos , & vifiterent enfuite
Cij
28 IV. P. du Voyage
les dehors de la Place. L'a
présdînée ils allerent voir le
Fort de l'Eſcarpe , où M, du
Repaire qui en eſt Gouverneur
, les reçût au bruit du
Canon, avec les Officiers Majors
de la Place. La Garniſon
étoit ſous les Armes. Lorfqu'ils
eurent fait le tourde ce
Fort ,M, du Repaire les pria
d'entrer chez lui pour ſe chaufer
, à cauſe que le temps
eſtoit affez froid ce jour- là.
Ils y trouverent Madame &
Mademoiselle du Repaire ,
Madame la Baronne deQuincy
, & pluſieurs autres Fem
desAmb. de Siam, 29
mes de qualité. Aprés un
moment de converſation auprés
du Feu , on fervit une
Collation magnifique , & les
Dames ſe mirent à table avec
les Ambaſſadeurs . M² du Repaire
dit, qu'à cause du froid,
il falloit commencer par les Vins
de Liqueur. Son avis fut ſuivi,
& l'on en bût de pluſieurs
fortes. L'Ambaffadeur ayant
trouvé mademoiselle du Repaire
fort belle , luy dit que
fi elle vouloit aller à Siam , il
avoit un Fils qui pourroit estre
un jour grand Seigneur,&que
fi elle l'épouſoit , elle ne devoit
Ciij
30 IV. P. du Voyage
point craindre la pluralité des
Femmes , parce qu'elle estoit affez
belle pour empêcher que fon
Fils ne vouluſt en avoir d'autres
. Comme les Jefuites de
Doüay les attendoient , ils
fortirent peu de temps aprés,
& ne parlerent pendant tout
le chemin que de l'agreable
Collation qu'ils venoient
de faire . Eſtant arrivez chez
ces Peres , ils furent conduits
dans une grande falle , où il
y avoit quantité de Voix &
d'Inſtrumens . Voicy le Spectacle
qui leur fut donné.
desAmb. de Siam. 31
PREMIERE ENTRE'E .
Le Genie de la France tâ
choit d'attirer le Genie de Siam
à faire une Alliance avec Loüis
leGrand.
SECONDE ENTRE'E .
L.. Renommée & la Gloire
Denoient étaler les grands exploits
de ce Heros, dont ils faisoient connoiſtre
la pieté , &la valeur qui
luy ont justement acquis le nom
de Grand.
TROISIEME ENTREE
1
Le Genie de Siam charmé de
Eiiij
32 IV. P. du Voyage
ce recit , témoignoit la paſſion
qu'il avoit de ſe voir entre les
Alliés d'un Monarque ſi puiffant,
dont l'amitié devoit eſtre ſi
honorable , & fi utile àſa Nation
.
QUATRIEME ENTREE.
LesGenies de ces deux grands
Royaumes applaudiſſoient à cette
Alliance , & invitoient les Peuples
à donner des marques de leur
joye.
Aprés ce divertiſſement, on
conduiſit les Ambaſſadeurs
dans le Refectoire , où il y a
T
des Amb. de Siam.
33
voit une grande collation preparée
, mais celle de Mdu
Repaire estoit ſi recente , qu'il
leur fut impoffible de manger
autant qu'ils l'auroient voulu
pour repondre à l'empreſſement
que ces Peres avoienr de
les regaler. Les Ambaſſadeurs
leur dirent en s'en retournant,
qu'ils avoient connu par le divertiffement
qu'ils leur venoient de
donner ce qu'ils n'ignoroient pas
déja , sçavoir qu'ily avoit peu de
perſonnes quifuſſent auffi capables
qu'eux de bien élever la jeuneſſe.
Lorſqu'ils furent arrivez chez
cux, on leur vint demander
34 IV. P. du Voyage
l'ordre , & ils donnerent pour
Mot , aux amis je fournis du
bruit , aux ennemis la mort,parce
que Doüay ayant des fonderies
de Canon , cette Villelà
en fournit aux autres . Aprés
trois grands Repas qu'ils avoient
faits ce jour-là , la
complaiſance les obligea encore
à ſe mettre à table pour
fouper , afin de ne pas renvoyer
les Dames qui estoient
venuës pour les voir.
Fermer
Résumé : Entrée des Ambassadeurs dans la Ville de Doüay, les harangues qui leur ont esté faites, & ce qui s'est passé dans tous les lieux de la mesme Ville où ils ont esté, & particulierement aux Jesuites & à la Fonderie. [titre d'après la table]
Les ambassadeurs de Siam, escortés par la cavalerie et les gardes à cheval de Monsieur de Pommereuil, firent une entrée solennelle dans une grande ville par la porte Notre-Dame. Les rues étaient bordées de soldats et de spectateurs, tandis que les fenêtres étaient occupées par des notables. À leur arrivée à l'hôtel préparé pour leur logement, Monsieur de Pommereuil leur rendit visite avec son état-major et présenta les magistrats et divers corps, dont Monsieur Becquet, premier pensionnaire de la ville. Monsieur Becquet souligna les ordres du roi pour rendre les honneurs dus aux ambassadeurs d'un grand monarque asiatique et exprima la joie de la ville de les recevoir. Il rappela également les exploits héroïques du roi de France, notamment sa capacité à vaincre ses ennemis et à apporter la paix en Europe. L'ambassadeur de Siam répondit en affirmant que la grandeur et la puissance du roi de France, ainsi que la magnificence de Versailles, avaient confirmé les récits entendus. L'université les harangua en latin, et l'ambassadeur offrit un mot en latin sur la musique. Le soir, ils furent divertis par des dames et des musiciens envoyés par Monsieur de Pommereuil. Le lendemain, ils visitèrent la fonderie et l'arsenal, admirant les canons, mortiers et autres équipements militaires. Ils assistèrent également à une démonstration de tir à la batterie de l'école des cadets d'artillerie. Après une collation chez Monsieur du Repaire, ils furent invités par les Jésuites à un spectacle célébrant l'alliance entre la France et le Siam. Les ambassadeurs exprimèrent leur satisfaction et leur admiration pour l'éducation dispensée par les Jésuites.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 25-70
LETTRE A M. le Marquis de *** Sur un Livre intitulé, Les Soûpirs de l'Europe.
Début :
Vous croyez, Monsieur, que tous les soûpirs sont reservez pour [...]
Mots clefs :
Soupirs, Europe, France, Couronne, Empereur, Guerre, Paix, Monarchie, Puissances, Autriche, Hollande, Espagne, États du Royaume, Renonciations, Alliance, Projet, Intérêts, Testament, Tranquilité, Malheurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. le Marquis de *** Sur un Livre intitulé, Les Soûpirs de l'Europe.
LETTREA M.
-
le Marquis de***
Sur un Livre intitulé, Les
Soûpirs de l'Europe.
VOus croyez,Monsieur,
que tous les soûpirs sont
reservez pour l'amour, &
qu'il n'y a que le beau sexe
qui ait droit d'en exiger.
Je vous envoye un livre
nouveau qui vous apprendra que l'Europe loûfirc
aprésd'autres objets. Cest
a vous, Monsieur, à juger
si l'auteur est bien fondé à
faire joüer le personnage
d'Heraclite à la plus belle
partie du monde: mais prenez garde de rire dans le
temps que les autres sont
affligez; ce seroit un manque de charité de ne se pas
conformer au precepte de
saint Paul, qui veut qu'on
pleure avec ceux qui pleurent.
L'objet qui excite les [où.
pirs de l'Europe, est la Harangue de la Reine d'Angleterre à son Parlement
sur le projet d'une paix génerale. Vous ferez surpris,
Monsieur, qu'on fasse soûpirer l'Europe à rafpeél:
d'un projet de paix, dans
le temps que tous les peuples concourent par leurs
vœux à obtenir du Ciel ce
qui fait le bonheur de la
terre.
La Reine de la Grande
Bretagne, plus sensible aux
vrais malheurs de l'Europe
qu'à ses pretendus soûpirs,
ayant enfin ouvert les yeux
sur les motifs qui ont, mis
la Chrétienté en combus-
tion, a reconnu que les desfeins ambitieux de deux
Puissances ont produit cet
embrasèmenr, ceux de la
Maison d'Autriche d'un côté
y
& ceux des Etats Generaux des Provinces Unies
de l'autre.
L'habileté de ces deux
Puissances avoir trouvé le
fecrer d'armer pour leur
querelle une partie desPrinces de l'Europe, pour combattre le chimérique projet de la Monarchie universelle dont elles accufoienr
la France,pendanr que dans
leurs trairez publics & secrets elles ne pensoient
qu'à leur agrandissement
particulier
,
aux dépens du
bien des autres Princes qui
s'étoientliguez avec elles.
Bien des années s'étoient
écoulées, sans que le voile
qui cachoit cet artifice eût
été tiré. Deux grands Capitaines en tenoient les
deux bouts, & empêchoient
par leurs soins que la PuiC
sance qui fournissoit leplus
à l'entretien de la guerre,
& qui y
prositoit le moins,
ne pût découvrir le myC.
tere de l'Empereur & des
Hollandois.
Ce n'est pas une chose
nouvelle de voir la Maison
d'Autriche attentive à son
agrandissement
:
mais c'en
est une de voir les principaux membres de l'Empire
travailler à leur propre deftruction.
Les Hollandois n'ont pas
moins manifesté leur ambition, quoy qu'ils l'ayent
conduite d'une maniere
plus couverte. Personne n'ignore que depuis l'établissement de leur Souverai-
netéparles secours des Rois
de France Henry IV. Louis
XIII. & LouisXIV.il n'y a
pas de partie dans le monde
où ils ne soient parvenus à
fonder leur domination,
fous pretexte de leur commerce
,
& même aux dépens de ceux qui sont aujourd'hui leurs plus grands
amis ôc leurs plus chers alliez.
e Pendant que l'Espagne a
été comme en brassiere sous
le regne de Charles II. les
Hollandois ont profité d-e
cet état d'impuissance pour
augmenter leur barriere-,
& tirer avantage du négoce des Indes Occidentales. Depuis ce temps-là il
ne paroît aucun traité, soit
de commerce, foit de guerre, danslequel les Etats Géneraux n'ayent glisse des
clauses nouvelles à leur
avantage ;
& c'estsapolitique dangereuse qui vient
d'êtredémarquée, c'est ce
manege qui vient d'engager la Reine d'Angleterre
& le nouveau Ministere a
ouvrir les yeux sur les véritables intérêts de leur na-
tion, en écoutant avec plus
de sagesse que ceux qui
gouvernent la Hollande,
les proportions du Roy de
France, quoique beaucoup
inférieures à celles que ce
Prince avoit fait presenter
à la Haye en 1709. &à Gertruidemberg en 1710.
Le systême de la grande
alliance n'a étéque d'en,
gager la Maison d'Autriche dans de si grandes entreprises, afin qu'après la
paix demeurant Titulaire
des Pays-Bas, & ne se trouvant pas en état de rem-
bourser les avances de la
Hollande,ilsalûtlaisser à
cette République, par engagemenr, les meilleures
places de ces Provinces qui
auroient eu le même fort
que la ville de Mastricht
& qui jointes à la barriere,
qu'on pretendoit de la France
,
auroit rendu dans la
fuite lesHollandoisSouverains des dix-sept Provinces. Ajoutez à cela que si
l'Empereur etoit devenu
maître de l'Espagne & des
Indes, ce Prince n'étant pas
en etat de faire le com-
merce de la mer, il auroit
étécontraint de s'enrapporter à eux, & par ce
moyen ils auroient éloigné
toute autre nation du com.
merce de l'Amerique.
Voila, Monsieur, la découverte que laReine d'Angleterre & son nouveau Ministere ont faite, qui devient pour les Hollandois
un veritable sujet de soûpirer.
L'Auteur du livre des
soûpirs de l'Europe auroit
parlé plus juste s'il avoit intitulé son ouvrage, les soû-
pirs de la Hollande, en
comparant les négociations d'Utrecht avec celles
de la Haye & deGertruidemberg
,
& en reflechissant sur les suites sacheuses
de la victoire de IJenain)
la prise de Marchiennes,
magasin de toute leur campagne, de la levée du siege
de Landreci, de la conquête de Douay
,
de celle
du Quesnoy, du renversement de toutes leurs grandes esperances, ôc de n'être pas en sûreté au milieu
de leur domination; eux qui
deux mois auparavant se
vantoient de mettre Paris
fous contribution, & de
faire hyverner leurs troupes au milieu de la France.
Le livre auquel jerépons
n'a pour fondement que la
renonciation de MarieTherese d'Autriche à la
Couronne d'Espagne. C'est
une piece produite au procés après l'arrêt rendu.
L'affaireestdecidée, Philippe V. restera sur le Trône d'Espagne, l'Angleterre
le reconnoît.
Tous ceux qui liront la
Harangue de la Reine à
son Parlement sans prévention, feront surpris du
mauvais sens que les alliez
donnent à cette déclaration
:
mais ils le feront encore davantage des efforts
que fait l'Auteur des Soûpirs, pour persuader au Public que les alliez n'ont jamais eu la moindre connoissance des projets de la
Reine touchant la paix generale.
Cet auteur a
oublié que
le livre de la conduite des
alliez a
désavoue son dis-
cours, puisque depuis un
an ils n'ont pas cessé de faire
agir leurs émissaires en Angleterre.
Si après toutes ces tentatives instructueuses on
veut faire semblant d'ignorer un fait rendu public
par des communications (ï
solemnelles, on veut prendre le monde pour dupe; il
est permis de ne les pas approuver: maisil est honceux de soûtenir qu'on ne
l'a pas sçû.
Dans les principes de
l'Empereur & des Etats Ge-
neraux le droit sur les Couronnes ne doit plus être réglé ni sur la proximité du
sang, ni sur lestitres les plus
autentiques, mais seulement sur ce qui peut convenir à l'intérêt de la Cour
de Vienne & des Hollandois:il leur suffira de craindre ragrandissement d'une
Puissance, pour armer toute
l'Europe contre un Prince
que la nature declare, &
que la Providence établit
héritier de ses ancêtres.
Dans une justice reglée
où l'équité decide, & non
la
la violence, il seroit aisé de
faire connoître que les Couronnes d'Espagne appartiennent légitimement à
Philippe V. & dans un pays
sensé où la raison gouverne, & non la passion, il ieroit aisé de démontrer qu'-
on ne peur les lui arracher.
La premiere se prouve,
parce que ses droits sont
fondez sur la nature, sur la
loy du pays, sur la coûtume
,
& sur le testament de
Charles II. confirmé par le
suffrage de tous les Etats
de la Monarchie, à qui,
selon l'auteur des Soûpirs,
il appartient de confirmer,
ou d'infirmer toutes disposrtions faites par les Rois
d'Espagne.L'Empereurn'opose à de si justes titres que
Ia- renonciation de MarieTherese d'Autriche,filleaînée de Philippe IV. maisil
y a
long-temps qu'on afait
toucher au doigt la nullité
de cet acte, & il suffit de
renvoyer aux livres imprimez celui qui voudra sçavoir & approfondir cette
matiere.Pourmoy, qui n'en
veux dire qu'un mot, mais
unmot peremptoire, je me
,
contenterai des mêmes argumens que l'auteur des
Soupirsemployepour prouver que si la renonciation
de MarieTheresed'Autriche est bonne, le testament deCharles II.estbon,
& que si le testament est
nul, la renonciation est encore plus nulle; par consequent ledroit naturel, le
droit du fang étant du côté
de Philippe V.la Couronne
d'Espagne lui appartient incontestablement
-,
donc la
guerre qu'on lui faitest injuste. - Dij
Car si par les remarques
de l'auteur des Soûpirs, p.
1 26. les Rois d'Espagne ne
possedant point le Royaume ex domino, ne peuvent
ni vendre, ni donner, ni
aliener leurs peuples comme un troupeau de moutons, par une même consequence les Rois d'Espagne peuvent encore moins
obliger leurs enfans à vendre, a
ceder,&àfaire quelque alienation que ce soit
des droits naturels qu'ils
ont sur la Couronne.
L'auteur rapporte plu-
sieurs exemples qui prouvent que tous actes qui
n', ., 1 ont point été approuvez
par les Etats du Royaume
n'ont jamais eu leur effet.
L'Empereur ne peut disconvenir ( & toute l'Europe
en est témoin) que le sesia..
ment de Charles II. n'ait
été approuve par tous les
Etats du Royaume d'Espagne,puisque d'abord après
la mort de Charles II. il y
eut une deputation solemnelle enFrance, pour prier
le Roy d'accorderà FEfpagne le Ducd'Anjou, fuu
vant la derniere volonté de
Charles II.
L'Empereur doit avouer
encore qu'avec toutes les
forces des alliez, & toutes
les profperitez imaginables,
il n'a jamais pu se faire reconnoîtreRoyparces peuples, quoyqu'il ait été deux
fois maître de Madrid.
Je voudrois donc bien
que l'auteur des Soûpirs
nous dît quel titre il fautavoir pour être legitimement Roy d'Espagne. Est-,
ce la loy du pays ?
elleest.
pour nous. Est-cel'usage ?
ilest pour nous. Est-ce un
testament ? nous l'avons.
Est-ce l'acclamation des
peuples? certainement nul
autreque Philippe V. ne
s'en peut vanter; elle a
été
universelle a son avenement, elle a
duré trois ans
entiers sans aucune contradiction. Cen'est qu'à force
d'intrigues qu'on lui a
débauché dans la fuite quelques sujets, convaincus par
là derébellion manifeste,
puis qu'ils ont violé leurs
premiers sermens.
Mais pourquoy l'auteur,
dans sa vaste érudition, ôc
dans le reüeil des pieces
qu'il rapporte
,
ne dit-il pas
un seul mot des testamens
fameux de Charles-Quint
& de Philippe second ? C'est
qu'ils l'égorgent, & qu'il
n'est pas payé pour alleguer
la vérité contre l'intention
de ceux qui le font écrire.
Or ces deux testamens renferment une substitution
graduelle lX. perpétuelle de
la Couronne d'Espagne, en
preferant les mâles aux
femelles, & au défaut des
mâles, les fillesaînées aux
cadet-
cadettes dans toute leur
posterité. Je dis donc: Ou
la successiond'Espagne doit
être reglée par les dispositions des Rois, ou elle ne
peut l'être que par le droit
du sang;enunmot oucette
Couronne elt alienable, ou
elle ne l'est pas: si elle effc
alienable, lasubstitution étant faite par les anciens
Rois de la Maison d'Autriche, leurs descendans n'ont
pû la changer; par consequent ni testamens posterieurs, ni renonciations, ni
autres dispositions quelcon-
ques ne peuvenc la détruire.
L'aureur est tropgrandJurisconsulte pour ignorer les
premiers élemens du Droit.
Si laCouronne n'estpasalienable, les testamens de
Charles-Quint & de Philippe II. ajoutez.y, si vous
voulez, celui deCharles Il
etoient inutiles, puis qu'ils
ne disent que ce que la loy
disoit avant eux: mais les
rciramens de Philippe III.
&de Philippe IV. contraires à la loy, sont nuls de
plein droit, & les renonciations d'Anne & deMarie.
Therese, contraires à la
loy,sont nulles de plein,
droit auili"; par consequent
les testamens des trois Monarques, par lesquels Philippe V. est appellé, ne sont
bons& respectables qu'autantqu'ils sont conformes
à laloyfondamentale de
TEcac: d'oùil s'enfuit que
-il Philippe IV. & MarieTherese safille avoient eu
la moindre autorité pour
exclure quelqu'un de leurs
descendans
,
contre toute
forte de justice, Charles II.
n'enavoit pas moins pour
les rétablir dansl'ordre de
la justicemême. Si le pere
a
ptt faire un mal
,
le fils à
plus forte raison a
pu le reparer;& voila precisément
en quoy la disposition de
Charles11. a
été legitime,
c'cft qu'elle a
remis les cho-
* ses dans leur état naturel;
c'est qu'elle a marqué en
quoy les renonciations étoient valables, je veux dire
dans le point d'incompatibilité de deux Couronnes:
& en quoy elles ne l'étoient
pas, je veux dire dans l'ex..
clusion du scul & veritable
,
héritier.
Ainsi Philippe V. ne vient
pas à la Couronne du droit
de la grandmere, ni du
droit de son bisayeul maternel
,
mais du sien propre. Il ne les represente
point pour être tenu de leurs
faits
;
il vient comme ap,
pellé par les loix,par le sang,
par la nature. CharlesII.
ne l'a pas proprement institué
;
il n'a fait que le désigner encre les vrais successeurs, parce que les autres
étoient destinez à porter la
Couronne de France, &c
qu'il convenoitpour le bien
des deux Royaumes, qu'ils
cussent deux Rois separez.
Voila ce qui s'appelle des
raisons ausquelles je défie
l'auteur en question de répondre autrement que par
des soûpirs: mais ce qu'il y
a
de plus curieux dans foii»
livre,c'est qu'après être
convenu des principes, il;
nie toutesles conséquences.
Les dispositions personnelles, selon lui, sont des chansons:mais les renonciations.
font des loix fondamental
les, comme si les renonciationsnetoient pas des dis-
goûtions personnelles.
Je voudrois bien lui de^
mander si les Cortes en 1618.
avoient plus d'autorité pour
renverserles anciennes, que
les Cortes en 1709. en avoient pour s'y conformer.
Les premieres ont exclules
enfans d'Anne, les fecondes ontjuré que Philippe V.
&[on filsétaient les veritables Rois. Si les premieres
ont pû faire une loy ,les lecondes en ont pu faire une
aussi. Quelle différence y
at-il donc entrç les deux?
C'estque la loy pretendue
de 1618. etoitcontradictoire
aux loix irrevocables de la
Monarchie, & que celles
de 1709. n'en croient que le
renouvellement & l'application. Remarquez en paffane) je vous prie
,
avec
quelle affectation les PrincesAurtrichiensont prissoin
de faire toujours renoncer
les Princesses qui pouvoient
porter ailleurs des droitssur
l'EÍpagne) Anne, MarieTherese
,
l'Archiduchesse
Electrice de Baviere; & jamais celles qui pouvoient la
porter dansla branche d'Al..
lemagne. Ne voit-on pas
que c'étoit uniquement
pourfixer ce patrimoine
chez eux,3malgréOles regles
qu'ilsleur avoient données,
la reconnoissant feminine
pour leur Maison
,
&masculine pourle reste du monde. C'étoir faire violence à
la nature ôc forcer la Providence
;
aussi, comme
vous voyez, la Providence
s'en est moquée, & la nature a
repris le dessus. Rien
n'est donc plus solidement
établi que le droit de Philippe V. & rien de plus mal
fondé que la prétention de
l'Empereur. Ilme reste à
prouver que laplus folle de
toutesles chimeresferoit de
s'obstiner au détrônement
de ce Roy,
Que n'a-t- on point fait
pour en venir à bout?combien de fang répandu?combien de trésors dissipezpour.
arriver à
ce but tant desiré,
par toutes les Puissances liguées?Esperet-on de plus
grandssuccés que ceux qui
nont servià rien? Tant que lesEspagnols feront fideles,
on gagneroit vingt batailles!.
de Sarragosse, on prendroit
vingt fois Madrid
,
qu'il
faudroir se retirer & s'enfuir.
Les alliez ont été sur
l'Espagne, comme les Chymisses sur la pierre philo-,
sophale;ilsonttoûjourscrû
la tenir, elle leur a
toûjours
échapé;la premiere matiere leur manquoit, c'est;
le cœur des peuples.
Mais, me dira l'auteur
des Soûpirs, vous accusez
donc laReine de s'être flatée mal à propos, lors qu'-
ellea déclarétantdefois
à son Parlement qu'il faloit
continuer la guerre jusqu'à
ce qu'on eût mis laMaison
d'Autriche en possession del'Espagne & des Indes?
Je répons à cela qn'il faut
distinguer.
1. Pendant que
l'Empereur Joseph étoit encore plein de vie, on pouvoirregarder les deux branches de cette Maison comme separées,de la même
façon qu'on regardeaujourd'hui celle de Bourbon: mais depuis sa mort,
sansensans mâles, tout eflr
sur unemême tête; & quoy
qu'en dise l'auteur avec ses
calculs frivoles, tant de
puissance entre les mains
d'un seul Prince, pour le
moins aussi fier & aussi ambitieux qu'aucun de ses predecesseurs, seroit enorme.
La Reine a
donc grande
raiion de penser differemment depuis le mois d'Avril 1711.2. L'experienceapprend quelque chose en ce
monde.Pouvoit-on deviner d'abord que Philippe
V. se feroit tellement aimer
de ses sujets, qu'il trouve,
roit toujours en eux des
ressources contre les plus
grands revers de la fortune,& que son rival neseroit
jamais moins maîtrede l'Espagne que lors qu'il en occuperoit la Capitale? Ce
sont des évenemens si merveilleux, qu'il faut les avoir
éprouvez pour les croirez
mais les éprouver deux fois,
sans les croire,c'est un aveuglement.
Nous n'avons plus qu'une choie à examiner,si l'Europe doit plutôt soûpirer
d'une paix
faite
sur le plan
de la Reine, que d'une
guerre éternelle faite sur le
,plan des Imperiaux & des
Hollandois.
Passons le lieu commun, f
qui dit qu'une
mauvaise paix vaut mieux
quunebonne guerre::
mais voyons un moment
avec l'auteur si la paix
qu'on veut faire n'estpas
meilleure que la guerre
qu'on veut continuer.
Mais si elle est mauvaise,
les hautsalliez ont eu
grand tort quand ilsont
fait en 1701. leur traitéde
la grande alliance
; car ils
ont par ce projet de pai:c
tour ce qu'ils souhaitoient
alors, & tout ce qu'ils se
sont propoiez de plus avantageux en prenant les armes. C'est proprement dans
retraite que la Reine de la
Grande Brctagne a
puisé les
articles de la satisfaction.
commune. Si l'Empereur &
les Hollandois n'ont pas eu
foin de leurs intérêts dans
un temps où rien ne les empêchoit de stipuler tout ce
qu'ils voutoient,c'est à
eux
seuls qu'ils doivent s'en
prendre: mais, dit l'auteur,
ils
ont eu depuis bien plus d'apperit,& ils pleureront si, on
ne les contente pas; ils se
sont flatez d'enlever une
Couronne, & de partager
l'autre. Ici je veux lui faire
une derniere question,& le
prier avec tous les écrivains
de libelles contre la France, de vouloir bien me définir,une fois pour tout,
sur quel pied on doit regarder cette Couronne. Ils
entreprennent ordinairement d'établir deux choses
contr'elle. La premiere;
qu'il fautabsolument dé-
truire sa puissance; !a~-
conde, qu'on lepeut facilement. Ces deux suppositions leur paroissent necessaires pour exciteren même temps la haine &,ree..
perancer: mais malheureusement ils tombent dans
une contradiction puerile;
car pour prouver l'une, ils
disent que la France a
des
forces redoutables, des tréfors infinis, & que si l'on n'y
prend garde, elle va tout
engloutir. Pour prouver
l'autre,ils disent que la
France cft aux abois, qu",.,
elle n'a plus qu'un souffle de
vie ,& qu'il ne faut qu'un
coup de collier pour la mettre à bas. Celane s'accorde
point, & il est aisé de leur
répondre.Sielleestsifoible,
pourquoy la craignez-vous
tant? si elleest si forte, comment l'abattrez-vous? Les
sages, qui n'aiment pas l'exaggeration, se contentent
de dire là dessus une chose
qui est vraye; c'est que la
France estassezpuissante
pour resister aux plus
grands effortsde ses ennemis, & qu'elle nel'est pas
assez pour attenter à la Ii.
berté de tout le monde. Si
elle a
songé às'étendre il y
a quarante ou cinquante
ans, c'est que Paris étoit un
peu trop prés de sa frontiere. Le PrinceEugene en
conviendra, puis qu'enassiegeant Landrecy
,
il promettoit à son armée de U
faire hyverner dansl'Isle de
France, & que le Major ge-:-
neral Grovestein avoir déja
marqué les logis. Ce n'est
donc pas avoir une ambition demesurée
,
que de
vouloir couvrir son Royau-
me par le côté qui le serre
le plus: mais c'en est une
que de vouloir posseder en
même temps l'Allemagne,
les Pays-Bas', la Hongrie,
la Boheme, l'Italie, l'Espagne, & les Indes.
Concluons donc, qu'une
guerre qui ne serviroit, en
reüssissant, qu'à doubler le
Domaine des Hollandois,
& qu'à quadrupler celui de
l'Empereur
,
& qui pourroir, en ne reüssissant pas,
donner à la France plus d'Etats qu'elle n'en veut ellemême, est une guerre qu'il
cft temps de finir;qu'au;
contraire une paix qui laisse
les deux grandes Maisons
dans un juste équilibre, &
qui rend àl'Europeaffligée
par tant de. malheurs une
tranquilité parfaire, -
ne peut
faire soûpirer que les perturbateurs durepos public.:
ôcles ennemis du genre hu*
main. Je suis, &c.
De Valenciennes le 8.
d'Oflobrc i711
-
le Marquis de***
Sur un Livre intitulé, Les
Soûpirs de l'Europe.
VOus croyez,Monsieur,
que tous les soûpirs sont
reservez pour l'amour, &
qu'il n'y a que le beau sexe
qui ait droit d'en exiger.
Je vous envoye un livre
nouveau qui vous apprendra que l'Europe loûfirc
aprésd'autres objets. Cest
a vous, Monsieur, à juger
si l'auteur est bien fondé à
faire joüer le personnage
d'Heraclite à la plus belle
partie du monde: mais prenez garde de rire dans le
temps que les autres sont
affligez; ce seroit un manque de charité de ne se pas
conformer au precepte de
saint Paul, qui veut qu'on
pleure avec ceux qui pleurent.
L'objet qui excite les [où.
pirs de l'Europe, est la Harangue de la Reine d'Angleterre à son Parlement
sur le projet d'une paix génerale. Vous ferez surpris,
Monsieur, qu'on fasse soûpirer l'Europe à rafpeél:
d'un projet de paix, dans
le temps que tous les peuples concourent par leurs
vœux à obtenir du Ciel ce
qui fait le bonheur de la
terre.
La Reine de la Grande
Bretagne, plus sensible aux
vrais malheurs de l'Europe
qu'à ses pretendus soûpirs,
ayant enfin ouvert les yeux
sur les motifs qui ont, mis
la Chrétienté en combus-
tion, a reconnu que les desfeins ambitieux de deux
Puissances ont produit cet
embrasèmenr, ceux de la
Maison d'Autriche d'un côté
y
& ceux des Etats Generaux des Provinces Unies
de l'autre.
L'habileté de ces deux
Puissances avoir trouvé le
fecrer d'armer pour leur
querelle une partie desPrinces de l'Europe, pour combattre le chimérique projet de la Monarchie universelle dont elles accufoienr
la France,pendanr que dans
leurs trairez publics & secrets elles ne pensoient
qu'à leur agrandissement
particulier
,
aux dépens du
bien des autres Princes qui
s'étoientliguez avec elles.
Bien des années s'étoient
écoulées, sans que le voile
qui cachoit cet artifice eût
été tiré. Deux grands Capitaines en tenoient les
deux bouts, & empêchoient
par leurs soins que la PuiC
sance qui fournissoit leplus
à l'entretien de la guerre,
& qui y
prositoit le moins,
ne pût découvrir le myC.
tere de l'Empereur & des
Hollandois.
Ce n'est pas une chose
nouvelle de voir la Maison
d'Autriche attentive à son
agrandissement
:
mais c'en
est une de voir les principaux membres de l'Empire
travailler à leur propre deftruction.
Les Hollandois n'ont pas
moins manifesté leur ambition, quoy qu'ils l'ayent
conduite d'une maniere
plus couverte. Personne n'ignore que depuis l'établissement de leur Souverai-
netéparles secours des Rois
de France Henry IV. Louis
XIII. & LouisXIV.il n'y a
pas de partie dans le monde
où ils ne soient parvenus à
fonder leur domination,
fous pretexte de leur commerce
,
& même aux dépens de ceux qui sont aujourd'hui leurs plus grands
amis ôc leurs plus chers alliez.
e Pendant que l'Espagne a
été comme en brassiere sous
le regne de Charles II. les
Hollandois ont profité d-e
cet état d'impuissance pour
augmenter leur barriere-,
& tirer avantage du négoce des Indes Occidentales. Depuis ce temps-là il
ne paroît aucun traité, soit
de commerce, foit de guerre, danslequel les Etats Géneraux n'ayent glisse des
clauses nouvelles à leur
avantage ;
& c'estsapolitique dangereuse qui vient
d'êtredémarquée, c'est ce
manege qui vient d'engager la Reine d'Angleterre
& le nouveau Ministere a
ouvrir les yeux sur les véritables intérêts de leur na-
tion, en écoutant avec plus
de sagesse que ceux qui
gouvernent la Hollande,
les proportions du Roy de
France, quoique beaucoup
inférieures à celles que ce
Prince avoit fait presenter
à la Haye en 1709. &à Gertruidemberg en 1710.
Le systême de la grande
alliance n'a étéque d'en,
gager la Maison d'Autriche dans de si grandes entreprises, afin qu'après la
paix demeurant Titulaire
des Pays-Bas, & ne se trouvant pas en état de rem-
bourser les avances de la
Hollande,ilsalûtlaisser à
cette République, par engagemenr, les meilleures
places de ces Provinces qui
auroient eu le même fort
que la ville de Mastricht
& qui jointes à la barriere,
qu'on pretendoit de la France
,
auroit rendu dans la
fuite lesHollandoisSouverains des dix-sept Provinces. Ajoutez à cela que si
l'Empereur etoit devenu
maître de l'Espagne & des
Indes, ce Prince n'étant pas
en etat de faire le com-
merce de la mer, il auroit
étécontraint de s'enrapporter à eux, & par ce
moyen ils auroient éloigné
toute autre nation du com.
merce de l'Amerique.
Voila, Monsieur, la découverte que laReine d'Angleterre & son nouveau Ministere ont faite, qui devient pour les Hollandois
un veritable sujet de soûpirer.
L'Auteur du livre des
soûpirs de l'Europe auroit
parlé plus juste s'il avoit intitulé son ouvrage, les soû-
pirs de la Hollande, en
comparant les négociations d'Utrecht avec celles
de la Haye & deGertruidemberg
,
& en reflechissant sur les suites sacheuses
de la victoire de IJenain)
la prise de Marchiennes,
magasin de toute leur campagne, de la levée du siege
de Landreci, de la conquête de Douay
,
de celle
du Quesnoy, du renversement de toutes leurs grandes esperances, ôc de n'être pas en sûreté au milieu
de leur domination; eux qui
deux mois auparavant se
vantoient de mettre Paris
fous contribution, & de
faire hyverner leurs troupes au milieu de la France.
Le livre auquel jerépons
n'a pour fondement que la
renonciation de MarieTherese d'Autriche à la
Couronne d'Espagne. C'est
une piece produite au procés après l'arrêt rendu.
L'affaireestdecidée, Philippe V. restera sur le Trône d'Espagne, l'Angleterre
le reconnoît.
Tous ceux qui liront la
Harangue de la Reine à
son Parlement sans prévention, feront surpris du
mauvais sens que les alliez
donnent à cette déclaration
:
mais ils le feront encore davantage des efforts
que fait l'Auteur des Soûpirs, pour persuader au Public que les alliez n'ont jamais eu la moindre connoissance des projets de la
Reine touchant la paix generale.
Cet auteur a
oublié que
le livre de la conduite des
alliez a
désavoue son dis-
cours, puisque depuis un
an ils n'ont pas cessé de faire
agir leurs émissaires en Angleterre.
Si après toutes ces tentatives instructueuses on
veut faire semblant d'ignorer un fait rendu public
par des communications (ï
solemnelles, on veut prendre le monde pour dupe; il
est permis de ne les pas approuver: maisil est honceux de soûtenir qu'on ne
l'a pas sçû.
Dans les principes de
l'Empereur & des Etats Ge-
neraux le droit sur les Couronnes ne doit plus être réglé ni sur la proximité du
sang, ni sur lestitres les plus
autentiques, mais seulement sur ce qui peut convenir à l'intérêt de la Cour
de Vienne & des Hollandois:il leur suffira de craindre ragrandissement d'une
Puissance, pour armer toute
l'Europe contre un Prince
que la nature declare, &
que la Providence établit
héritier de ses ancêtres.
Dans une justice reglée
où l'équité decide, & non
la
la violence, il seroit aisé de
faire connoître que les Couronnes d'Espagne appartiennent légitimement à
Philippe V. & dans un pays
sensé où la raison gouverne, & non la passion, il ieroit aisé de démontrer qu'-
on ne peur les lui arracher.
La premiere se prouve,
parce que ses droits sont
fondez sur la nature, sur la
loy du pays, sur la coûtume
,
& sur le testament de
Charles II. confirmé par le
suffrage de tous les Etats
de la Monarchie, à qui,
selon l'auteur des Soûpirs,
il appartient de confirmer,
ou d'infirmer toutes disposrtions faites par les Rois
d'Espagne.L'Empereurn'opose à de si justes titres que
Ia- renonciation de MarieTherese d'Autriche,filleaînée de Philippe IV. maisil
y a
long-temps qu'on afait
toucher au doigt la nullité
de cet acte, & il suffit de
renvoyer aux livres imprimez celui qui voudra sçavoir & approfondir cette
matiere.Pourmoy, qui n'en
veux dire qu'un mot, mais
unmot peremptoire, je me
,
contenterai des mêmes argumens que l'auteur des
Soupirsemployepour prouver que si la renonciation
de MarieTheresed'Autriche est bonne, le testament deCharles II.estbon,
& que si le testament est
nul, la renonciation est encore plus nulle; par consequent ledroit naturel, le
droit du fang étant du côté
de Philippe V.la Couronne
d'Espagne lui appartient incontestablement
-,
donc la
guerre qu'on lui faitest injuste. - Dij
Car si par les remarques
de l'auteur des Soûpirs, p.
1 26. les Rois d'Espagne ne
possedant point le Royaume ex domino, ne peuvent
ni vendre, ni donner, ni
aliener leurs peuples comme un troupeau de moutons, par une même consequence les Rois d'Espagne peuvent encore moins
obliger leurs enfans à vendre, a
ceder,&àfaire quelque alienation que ce soit
des droits naturels qu'ils
ont sur la Couronne.
L'auteur rapporte plu-
sieurs exemples qui prouvent que tous actes qui
n', ., 1 ont point été approuvez
par les Etats du Royaume
n'ont jamais eu leur effet.
L'Empereur ne peut disconvenir ( & toute l'Europe
en est témoin) que le sesia..
ment de Charles II. n'ait
été approuve par tous les
Etats du Royaume d'Espagne,puisque d'abord après
la mort de Charles II. il y
eut une deputation solemnelle enFrance, pour prier
le Roy d'accorderà FEfpagne le Ducd'Anjou, fuu
vant la derniere volonté de
Charles II.
L'Empereur doit avouer
encore qu'avec toutes les
forces des alliez, & toutes
les profperitez imaginables,
il n'a jamais pu se faire reconnoîtreRoyparces peuples, quoyqu'il ait été deux
fois maître de Madrid.
Je voudrois donc bien
que l'auteur des Soûpirs
nous dît quel titre il fautavoir pour être legitimement Roy d'Espagne. Est-,
ce la loy du pays ?
elleest.
pour nous. Est-cel'usage ?
ilest pour nous. Est-ce un
testament ? nous l'avons.
Est-ce l'acclamation des
peuples? certainement nul
autreque Philippe V. ne
s'en peut vanter; elle a
été
universelle a son avenement, elle a
duré trois ans
entiers sans aucune contradiction. Cen'est qu'à force
d'intrigues qu'on lui a
débauché dans la fuite quelques sujets, convaincus par
là derébellion manifeste,
puis qu'ils ont violé leurs
premiers sermens.
Mais pourquoy l'auteur,
dans sa vaste érudition, ôc
dans le reüeil des pieces
qu'il rapporte
,
ne dit-il pas
un seul mot des testamens
fameux de Charles-Quint
& de Philippe second ? C'est
qu'ils l'égorgent, & qu'il
n'est pas payé pour alleguer
la vérité contre l'intention
de ceux qui le font écrire.
Or ces deux testamens renferment une substitution
graduelle lX. perpétuelle de
la Couronne d'Espagne, en
preferant les mâles aux
femelles, & au défaut des
mâles, les fillesaînées aux
cadet-
cadettes dans toute leur
posterité. Je dis donc: Ou
la successiond'Espagne doit
être reglée par les dispositions des Rois, ou elle ne
peut l'être que par le droit
du sang;enunmot oucette
Couronne elt alienable, ou
elle ne l'est pas: si elle effc
alienable, lasubstitution étant faite par les anciens
Rois de la Maison d'Autriche, leurs descendans n'ont
pû la changer; par consequent ni testamens posterieurs, ni renonciations, ni
autres dispositions quelcon-
ques ne peuvenc la détruire.
L'aureur est tropgrandJurisconsulte pour ignorer les
premiers élemens du Droit.
Si laCouronne n'estpasalienable, les testamens de
Charles-Quint & de Philippe II. ajoutez.y, si vous
voulez, celui deCharles Il
etoient inutiles, puis qu'ils
ne disent que ce que la loy
disoit avant eux: mais les
rciramens de Philippe III.
&de Philippe IV. contraires à la loy, sont nuls de
plein droit, & les renonciations d'Anne & deMarie.
Therese, contraires à la
loy,sont nulles de plein,
droit auili"; par consequent
les testamens des trois Monarques, par lesquels Philippe V. est appellé, ne sont
bons& respectables qu'autantqu'ils sont conformes
à laloyfondamentale de
TEcac: d'oùil s'enfuit que
-il Philippe IV. & MarieTherese safille avoient eu
la moindre autorité pour
exclure quelqu'un de leurs
descendans
,
contre toute
forte de justice, Charles II.
n'enavoit pas moins pour
les rétablir dansl'ordre de
la justicemême. Si le pere
a
ptt faire un mal
,
le fils à
plus forte raison a
pu le reparer;& voila precisément
en quoy la disposition de
Charles11. a
été legitime,
c'cft qu'elle a
remis les cho-
* ses dans leur état naturel;
c'est qu'elle a marqué en
quoy les renonciations étoient valables, je veux dire
dans le point d'incompatibilité de deux Couronnes:
& en quoy elles ne l'étoient
pas, je veux dire dans l'ex..
clusion du scul & veritable
,
héritier.
Ainsi Philippe V. ne vient
pas à la Couronne du droit
de la grandmere, ni du
droit de son bisayeul maternel
,
mais du sien propre. Il ne les represente
point pour être tenu de leurs
faits
;
il vient comme ap,
pellé par les loix,par le sang,
par la nature. CharlesII.
ne l'a pas proprement institué
;
il n'a fait que le désigner encre les vrais successeurs, parce que les autres
étoient destinez à porter la
Couronne de France, &c
qu'il convenoitpour le bien
des deux Royaumes, qu'ils
cussent deux Rois separez.
Voila ce qui s'appelle des
raisons ausquelles je défie
l'auteur en question de répondre autrement que par
des soûpirs: mais ce qu'il y
a
de plus curieux dans foii»
livre,c'est qu'après être
convenu des principes, il;
nie toutesles conséquences.
Les dispositions personnelles, selon lui, sont des chansons:mais les renonciations.
font des loix fondamental
les, comme si les renonciationsnetoient pas des dis-
goûtions personnelles.
Je voudrois bien lui de^
mander si les Cortes en 1618.
avoient plus d'autorité pour
renverserles anciennes, que
les Cortes en 1709. en avoient pour s'y conformer.
Les premieres ont exclules
enfans d'Anne, les fecondes ontjuré que Philippe V.
&[on filsétaient les veritables Rois. Si les premieres
ont pû faire une loy ,les lecondes en ont pu faire une
aussi. Quelle différence y
at-il donc entrç les deux?
C'estque la loy pretendue
de 1618. etoitcontradictoire
aux loix irrevocables de la
Monarchie, & que celles
de 1709. n'en croient que le
renouvellement & l'application. Remarquez en paffane) je vous prie
,
avec
quelle affectation les PrincesAurtrichiensont prissoin
de faire toujours renoncer
les Princesses qui pouvoient
porter ailleurs des droitssur
l'EÍpagne) Anne, MarieTherese
,
l'Archiduchesse
Electrice de Baviere; & jamais celles qui pouvoient la
porter dansla branche d'Al..
lemagne. Ne voit-on pas
que c'étoit uniquement
pourfixer ce patrimoine
chez eux,3malgréOles regles
qu'ilsleur avoient données,
la reconnoissant feminine
pour leur Maison
,
&masculine pourle reste du monde. C'étoir faire violence à
la nature ôc forcer la Providence
;
aussi, comme
vous voyez, la Providence
s'en est moquée, & la nature a
repris le dessus. Rien
n'est donc plus solidement
établi que le droit de Philippe V. & rien de plus mal
fondé que la prétention de
l'Empereur. Ilme reste à
prouver que laplus folle de
toutesles chimeresferoit de
s'obstiner au détrônement
de ce Roy,
Que n'a-t- on point fait
pour en venir à bout?combien de fang répandu?combien de trésors dissipezpour.
arriver à
ce but tant desiré,
par toutes les Puissances liguées?Esperet-on de plus
grandssuccés que ceux qui
nont servià rien? Tant que lesEspagnols feront fideles,
on gagneroit vingt batailles!.
de Sarragosse, on prendroit
vingt fois Madrid
,
qu'il
faudroir se retirer & s'enfuir.
Les alliez ont été sur
l'Espagne, comme les Chymisses sur la pierre philo-,
sophale;ilsonttoûjourscrû
la tenir, elle leur a
toûjours
échapé;la premiere matiere leur manquoit, c'est;
le cœur des peuples.
Mais, me dira l'auteur
des Soûpirs, vous accusez
donc laReine de s'être flatée mal à propos, lors qu'-
ellea déclarétantdefois
à son Parlement qu'il faloit
continuer la guerre jusqu'à
ce qu'on eût mis laMaison
d'Autriche en possession del'Espagne & des Indes?
Je répons à cela qn'il faut
distinguer.
1. Pendant que
l'Empereur Joseph étoit encore plein de vie, on pouvoirregarder les deux branches de cette Maison comme separées,de la même
façon qu'on regardeaujourd'hui celle de Bourbon: mais depuis sa mort,
sansensans mâles, tout eflr
sur unemême tête; & quoy
qu'en dise l'auteur avec ses
calculs frivoles, tant de
puissance entre les mains
d'un seul Prince, pour le
moins aussi fier & aussi ambitieux qu'aucun de ses predecesseurs, seroit enorme.
La Reine a
donc grande
raiion de penser differemment depuis le mois d'Avril 1711.2. L'experienceapprend quelque chose en ce
monde.Pouvoit-on deviner d'abord que Philippe
V. se feroit tellement aimer
de ses sujets, qu'il trouve,
roit toujours en eux des
ressources contre les plus
grands revers de la fortune,& que son rival neseroit
jamais moins maîtrede l'Espagne que lors qu'il en occuperoit la Capitale? Ce
sont des évenemens si merveilleux, qu'il faut les avoir
éprouvez pour les croirez
mais les éprouver deux fois,
sans les croire,c'est un aveuglement.
Nous n'avons plus qu'une choie à examiner,si l'Europe doit plutôt soûpirer
d'une paix
faite
sur le plan
de la Reine, que d'une
guerre éternelle faite sur le
,plan des Imperiaux & des
Hollandois.
Passons le lieu commun, f
qui dit qu'une
mauvaise paix vaut mieux
quunebonne guerre::
mais voyons un moment
avec l'auteur si la paix
qu'on veut faire n'estpas
meilleure que la guerre
qu'on veut continuer.
Mais si elle est mauvaise,
les hautsalliez ont eu
grand tort quand ilsont
fait en 1701. leur traitéde
la grande alliance
; car ils
ont par ce projet de pai:c
tour ce qu'ils souhaitoient
alors, & tout ce qu'ils se
sont propoiez de plus avantageux en prenant les armes. C'est proprement dans
retraite que la Reine de la
Grande Brctagne a
puisé les
articles de la satisfaction.
commune. Si l'Empereur &
les Hollandois n'ont pas eu
foin de leurs intérêts dans
un temps où rien ne les empêchoit de stipuler tout ce
qu'ils voutoient,c'est à
eux
seuls qu'ils doivent s'en
prendre: mais, dit l'auteur,
ils
ont eu depuis bien plus d'apperit,& ils pleureront si, on
ne les contente pas; ils se
sont flatez d'enlever une
Couronne, & de partager
l'autre. Ici je veux lui faire
une derniere question,& le
prier avec tous les écrivains
de libelles contre la France, de vouloir bien me définir,une fois pour tout,
sur quel pied on doit regarder cette Couronne. Ils
entreprennent ordinairement d'établir deux choses
contr'elle. La premiere;
qu'il fautabsolument dé-
truire sa puissance; !a~-
conde, qu'on lepeut facilement. Ces deux suppositions leur paroissent necessaires pour exciteren même temps la haine &,ree..
perancer: mais malheureusement ils tombent dans
une contradiction puerile;
car pour prouver l'une, ils
disent que la France a
des
forces redoutables, des tréfors infinis, & que si l'on n'y
prend garde, elle va tout
engloutir. Pour prouver
l'autre,ils disent que la
France cft aux abois, qu",.,
elle n'a plus qu'un souffle de
vie ,& qu'il ne faut qu'un
coup de collier pour la mettre à bas. Celane s'accorde
point, & il est aisé de leur
répondre.Sielleestsifoible,
pourquoy la craignez-vous
tant? si elleest si forte, comment l'abattrez-vous? Les
sages, qui n'aiment pas l'exaggeration, se contentent
de dire là dessus une chose
qui est vraye; c'est que la
France estassezpuissante
pour resister aux plus
grands effortsde ses ennemis, & qu'elle nel'est pas
assez pour attenter à la Ii.
berté de tout le monde. Si
elle a
songé às'étendre il y
a quarante ou cinquante
ans, c'est que Paris étoit un
peu trop prés de sa frontiere. Le PrinceEugene en
conviendra, puis qu'enassiegeant Landrecy
,
il promettoit à son armée de U
faire hyverner dansl'Isle de
France, & que le Major ge-:-
neral Grovestein avoir déja
marqué les logis. Ce n'est
donc pas avoir une ambition demesurée
,
que de
vouloir couvrir son Royau-
me par le côté qui le serre
le plus: mais c'en est une
que de vouloir posseder en
même temps l'Allemagne,
les Pays-Bas', la Hongrie,
la Boheme, l'Italie, l'Espagne, & les Indes.
Concluons donc, qu'une
guerre qui ne serviroit, en
reüssissant, qu'à doubler le
Domaine des Hollandois,
& qu'à quadrupler celui de
l'Empereur
,
& qui pourroir, en ne reüssissant pas,
donner à la France plus d'Etats qu'elle n'en veut ellemême, est une guerre qu'il
cft temps de finir;qu'au;
contraire une paix qui laisse
les deux grandes Maisons
dans un juste équilibre, &
qui rend àl'Europeaffligée
par tant de. malheurs une
tranquilité parfaire, -
ne peut
faire soûpirer que les perturbateurs durepos public.:
ôcles ennemis du genre hu*
main. Je suis, &c.
De Valenciennes le 8.
d'Oflobrc i711
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Résumé : LETTRE A M. le Marquis de *** Sur un Livre intitulé, Les Soûpirs de l'Europe.
La lettre du Marquis de*** examine les tensions politiques en Europe, telles que décrites dans le livre 'Les Soupirs de l'Europe'. L'auteur de la lettre réfute l'idée que les 'soupirs' de l'Europe soient uniquement dus à l'amour, affirmant qu'ils résultent des ambitions des grandes puissances. La Reine d'Angleterre a reconnu que les guerres en Europe sont le fruit des ambitions de la Maison d'Autriche et des États Généraux des Provinces Unies, qui cherchent à étendre leur influence au détriment des autres princes. La lettre critique la politique de la Maison d'Autriche et des Hollandais, soulignant leur ambition et leur manipulation des autres nations. Elle révèle que la Reine d'Angleterre et son nouveau ministère ont découvert les véritables intérêts des Hollandais, qui visent à dominer les Pays-Bas et le commerce des Indes. La lettre conteste la guerre contre Philippe V pour le trône d'Espagne, affirmant que ses droits sont légitimes et fondés sur la loi du pays, la coutume et le testament de Charles II. L'auteur de la lettre argue que les testaments de Charles-Quint et Philippe II établissent une succession masculine, et que les renonciations d'Anne et de Marie-Thérèse sont nulles. Il conclut que Philippe V est le légitime héritier du trône d'Espagne, appelé par les lois, le sang et la nature. Le texte discute également des conflits dynastiques et des droits successoraux en Espagne, mettant en lumière les contradictions dans les arguments de l'auteur des 'Soupirs'. Il critique les renonciations personnelles et les lois fondamentales, soulignant que les Cortes de 1618 et de 1709 ont toutes deux légitimé leurs décisions, bien que contradictoires. Il souligne également les manœuvres des Princes Autrichiens pour maintenir leur influence en Espagne, malgré les règles de succession. Le texte défend le droit de Philippe V au trône d'Espagne, affirmant que les efforts des puissances alliées pour le détrôner ont échoué en raison du soutien des Espagnols. Il compare les alliances européennes à des Chimères, incapables de contrôler l'Espagne sans le soutien des peuples. L'auteur distingue les périodes avant et après la mort de l'Empereur Joseph, notant que la concentration de pouvoir entre les mains d'un seul prince est dangereuse. Il critique les calculs frivoles de l'auteur des 'Soupirs' et souligne l'importance de l'expérience et du soutien populaire. Enfin, le texte examine la question de la paix versus la guerre, affirmant que la paix proposée par la Reine est préférable à une guerre éternelle. Il critique les contradictions dans les arguments des ennemis de la France, qui la décrivent tour à tour comme faible et puissante. L'auteur conclut que la guerre ne servirait qu'à augmenter les domaines de l'Empereur et des Hollandais, tandis qu'une paix équilibrée apporterait la tranquillité à l'Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 89-93
A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Début :
Illustres rejettons des Heros de la France, [...]
Mots clefs :
Altesses, Duc, Duchesse, Hymen, Alliance, Héros, Vertus, Amour, Sagesse, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
A LEURS ALTESSES
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
IScrcniflimcs Mgr LE Duc
& Me LA DUCHESSE.
[ EPITALAME. Llustres rejettons des Heros
I de la France,
..e Ciel vous refervoit cette digne
alliance;
2oeurs formez l'un pour l'autre,
aussi tendres quxe neufs-,
)e vôtre amour l'hymen vient
de serrer les noeuds,
Et de cant de vertus le brillant
assemblage, N'auroit pas de mon zele en ce
jour quelque hommage ?
Aux applaudissemens d'un aussi
noble choix
Muse, dans cette fêt,e entremêle
ta voix ; Signale tes transports, en chantant
l'hymenée
De ces jeunes amans qu'unit
cette journée.
PRINCE, dont labonté fait
tant d'honneur au rang,
Que la valeur distingue encor , plus que le sang; ®
Vous,de qui la sagesse a parû
dés l'enfance
Et dans qui le sçavoir ,égale la
naissance,
Quel bonheur pour vos feux
que tout a secondé
De trouver dans CONTI le
fang du grand CONDE', Et de revoir en vous tous les
traits de vos Peres,
Même esprit, même coeur, &
mêmes caratceres ? Quel secours, Couple auguste,
& quelle gloire un jour
L'Etat n'attend.il point des
° fruits de vôtre amour?
Vive image d'un pere élû Roy
par mente,
Fille du grand CONTI, des
grands Hommes l'elite,
Vous, que la pìeté, la raison,
la douceur
Elevent plus cent fois que toute
autre grandeur,
Pour le soûtien des lys dans a
paix, dans la guerre, Hâtez vous de donner des Heros
a la terre,
Qui jaloux du beau fang dont
ils seront sortis,
Fassent revivre en eux les
CONDE'S,lesCONTIS.
Pour vous, epoux charmans,
puissent les destinees
Filer un siecle entier de riantes
années!
De tourle monde aimez, de
vous seuls amoureux,
Puissiez-vous ne passer que des
momens heureux!, Que, pour rendre durable une : union si belle,
L'un à l'autre toujours soit conquête
nouvelle!
Que les ris, que les jeux s'empressenttouràtour
,
PRINCE, avec les plaisirs à
grossir vôtre cour!
Mais sur le Rhin déja j'entrevois
la victoire
[Jui la palme à la main vous
appelle à la gloire.
Allez par vôtre exemple échauffer
nos guerriers,
Chargé de myrte, allez mois- rfunner des lauriers.
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Résumé : A LEURS ALTESSES Serenissimes Mgr LE DUC & Me LA DUCHESSE. EPITALAME.
Le texte est un épithalame célébrant l'union du Duc et de la Duchesse, deux nobles personnages. Il commence par une invocation aux illustres descendants des héros de France, soulignant l'honneur de leur alliance. Le poème loue la bonté, la valeur et la sagesse du Prince, et met en avant l'honneur de son union avec la fille du grand Conti. La Duchesse est décrite comme une figure de piété, de raison et de douceur, destinée à soutenir la paix et la guerre. Le poème exprime le souhait que leur union soit féconde et produise des héros dignes de leurs ancêtres. Il conclut par des vœux de bonheur et de succès militaires pour le Prince, l'encourageant à inspirer les guerriers et à revenir victorieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 252-264
MORT.
Début :
Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Bouesses [...]
Mots clefs :
Seigneur, Gaucourt, Alliance, Picardie, Chambellan, Gouverneur, Mort, Bataille, Héritage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
M0R71
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
Messire Charles de Gaucourt,
Seigneur deCluys;
de Boueffes, &c. Lieutenant
du Roy en Berry, mourut
lc 30 May. Il avoit épousé
Marguerite de Tiercel in de
Rancé, Fille de Jean, Seigneur
de la Chapelle - Barion
5c de Jeanne Marie
Turpin aprés la more de laquelle
sans enfans en 1G%6.\
il a pris une seconde Alliance
1687. avec Albertine
kigide de la Beaume, fillc
1c Charles, Marquis de S,
Martin & de Therese Anne-
Françoise de Trafignys, sa
seconde femme; de laquelle
l a eu un fils qui luy succede
en sa Charge. La Maison
de Gaucourt est une des
plus considerables de Picariic;
elle a donné de grands
Officiers à la Couronne;elle
tire son origine de Raoul
, Seigneur de Gaucourt&
d'Argicourt qui vivoic en
12.70. Jean de Gaucourt,
Seigneur de Maisons sur
Seine. de Viry & de Villiers
a esté Maistre d'Hostel du
Roy,ilmourut le22. Février
1393.laissant de Jeanne de
Farinaille sa femme, Jeanne
de Gaucourt, mariée à Robert,
Seigneur de Vaurin-
Lillers &c. Raoul. Jean Ar-;
chidiacre de Joinville en
l'Eglise de Châalons, Eustache,
Seigneur de Viry,
grand Fauconnier de France
mort vers l'an 1415. sans
postetité de Jeanne de Mommorency,
veuve de Gautier
de Thorore, Seigneur
de Chastellier, &, fille de
pufll^unie de Monmorency
Seigneur de S. Luc
,
& Jean
le Gaucourt Seigneur de
Maison sur SeinedeVilliers
:Gus S. Leu, &c. qui fut insitué
Maistre des Eaux &
Forests deFrance, Champagne&
Brie en 1 398.
Raoul Seigneurde Gauatur$,
ChevalierChambelan
du Roy, Bailly de
Roüen
,
où il fut tué lors
l'une seditionqui arriva en
417. aptés avoir rendu des
Services considerables àl'Eat;
il avoit épousé Mar gue.
rite de Beaumont, veuve dr
Charles deHanget,Senechal
de Beaucaire & avoir pris
une seconde Alliance avec
Aleaume deBerghes
,
veuve
de Jean de Roye
,
Seigneur
Daunois; du premier sortirent
Guillaume deGaucourt
vivant 1402. &Raoul Sei
gneurde Gaucourt, &c.
Premier Chambellandu Roy
CharlesVII.Gouverneur
du Dauphiné & Bailly dOrleans,
puis grand Maistre
de France, se trouvaàla de.(
faite des Anglois devant
Montargisen 1427, contribua
à la reprise de Chartres
en 1429. & ayant esté établis
Gouverneur de Dauphiné;
ildéfiten 1430 au combat
d'Anthon le Prince d'Orange
qui tenoit le parti du
Duc de Bourgogne.L'an
14M il se signala au Siege
de Montereau & servit beaucoup
à la Conqueste de la
Normandie. Il assista en qualité
de premier Chambellan
du Roy à la magnifique Entrée
que Charles VII. fit
dans la Ville de Roüen, &
en 1456.ilreçût de la part
du Roy en qualité de grand
Maistre de son Hostel les
Ambassadeurs envoyez par
le Roy de Hongrie pour
demander la Princesse Magdaleine
en mariage; il avoir
épousé Jeanne de Preuilly,
fille de Gilles Seigneur de
Preuilly & de Marguerite de
Naillac dont il eut Charles,
Jean, Evêque & Duc e
Laon, mort le 10. Juin 1468.1
Raoul Seigneur de Lufarchflu
8c Marie de Gaucourt quiJ
épousale 5. Juin i4j£.J
Charles de Tournon -
gneur de Belcastel, Charles
Seigneur de Gaucourt, Argicourt
&c. Vicomted'Acy
Lieutenant General Gouverneur
de la Ville de Paris &
Isle de France, Conseiller &
Chambellan duRoy,rendit
des servicesconsiderables
aux Rois Charles V II. &
Loüis XI. mourut à Paris
en 1482. futenterréenl'Eglise
de S. Jean en Gréve.
Il avoir épousé le 8Octobre
1454. Agnés de Vaux, dire
Collette, fille de Jean Seigneur
de S. Jues & de
Jeanne Bouteiller, Dame de
Saintines dontil eut Charles
Jean,Evêque d' Amiens,
Loüis, Evêque d'Amiens,
aprés son frere,François
Chevalier de Rhodes, Annemariée
le 23.OctobreàJean
de Cullan, Seigneur de
Chasteau-neuf. Catherine:
alliée le 10. Mars 1480. àj
loüis d'Aubusson. Seigneur
de Villeneuve, & Marguerite
de Gaucourt femme de
Pierre du Puy, Seigneur de
Vatan, Bailly & Gouverneur
de Berry.
Charles , Seigneur de
Gaucourt de Boëfes, Cluys,
&c.venditen 145)8 leFief
de Gaucourt.
Loüis de Gaucourt,Seigneur
de Cluys de Boesses,
&c, Chevalier de l'Ordre du
Roy, Chambellan du Duc
d'Alençon, mouruc lc 3.
Aoust Ij89. de la blessure
qu'il reçût en commandant
pour la Ligue; il avoit épousé
en 1564. Jeanned'Escoubleau,
fille de Jean, Seigneur
de Sourdis Maistre de la
Garde Robe du Roy, il eut
Charles; Jean Abbé de
Maubec; Jacques qui a fait
la branche de Cluys & Aymée
de Gaucourt, femme de
Gabriel de Mallesu,Seigneur
de Chastelus,Charles de
Gaucourc, Seigneur de Ville-
Dîeu & de Boesses, épousa
lc ip. Septem bre 1604.
Charlotte de Rochefort,
fille d'Imbert, Seigneur de
Beauvais & de Ville-Dieu.
Branche des Seigneurs de-
Cltijs.
Jacques de Gaucourt ,Seigneur
de Cluys, &c. fils
puisné de Loüis de Cluys &
de Françoise d'Escoubleau,
fut Capitaine de Chevaux
Legers & Senechal de la
Marches il épousa en J£O?.
Jeanne d'Elbene, fille de
Guillaume, Seigneur de l'EG.
pinoux, Conseiller au grand
Conseil&d'Aysieux Chamarre
dont il eut Loüis
& Char les, morts jeunes.
Charles Guillaume, Prieur
de Cluys,Aimée, femme
de Frederic de Gamaches,
Vicomte de Chasteau Me-
Hand) Esther & Magdelaine.
de Gaucourt, Rehgieuses.
Charles de Gaucourr, Seigneur
de Cluys,mourut en
Juin 1692. il avoit épousé
en 1656.Gilberred'Assy,
,ycuve de Claude deTroussebois,
Seigneur de Champaigre,
& fille de Hugues,
Seigneur de Rochefolle, &
de Marguerite de Morette,
dont il laissa Charles de
Gaucourt, qui mourut le
30. May, comme nous (tavons
dit ci-dessus, & Silvain
Chevalier de Malthe. N. &
Nde Gaucourc.
Extrait d'une Lettre dt
Gironne le 7. Jmilet 171 3. V.
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Résumé : MORT.
Le texte relate l'histoire de la famille de Gaucourt, une des plus influentes de Picardie, connue pour avoir fourni de nombreux officiers à la Couronne. Messire Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, de Boueffes, et Lieutenant du Roy en Berry, est décédé le 30 mai. Il avait épousé Marguerite de Tiercelin de Rancé en 1686, puis Albertine Rigide de la Beaume en 1687, avec qui il eut un fils qui lui succéda. La famille de Gaucourt tire son origine de Raoul, Seigneur de Gaucourt et d'Argicourt, vivant en 1270. Plusieurs membres de la famille ont occupé des postes importants. Jean de Gaucourt, Maître d'Hôtel du Roy, est mort en 1393, et Raoul de Gaucourt, Chevalier et Chambellan du Roy, a été tué en 1417. Raoul de Gaucourt, Premier Chambellan du Roy Charles VII, Gouverneur du Dauphiné et Bailly d'Orléans, a joué un rôle crucial dans la reprise de Chartres en 1429 et la conquête de la Normandie. Il est décédé en 1482. Charles de Gaucourt, Seigneur de Gaucourt, Argicourt, et Vicomte d'Acy, a servi les Rois Charles VIII et Louis XI et est également mort en 1482. Louis de Gaucourt, Seigneur de Cluys et Chevalier de l'Ordre du Roy, a été blessé en commandant pour la Ligue et est décédé le 3 août 1589. Charles de Gaucourt, Seigneur de Cluys, est mort en juin 1692. Il avait épousé Gilberte d'Assy en 1656, avec qui il eut Charles de Gaucourt, décédé le 30 mai, et Sylvain, Chevalier de Malte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 228-242
DISCOURS prononcé à la Diette des Cantons Catholiques par Son Excellence Monseigneur le Comte du Luc, Marquis de la Marthe, Lieutenant de Roy en Provence, Commandeur de l'Ordre de S. Loüis, Gouverneur des Isles de Pourquerolles, Ambassadeur de Sa Majesté prés des Cantons Suisses, Ligues Grises & Republique de Valais, à Lucerne le 13. Decembre 1713.
Début :
MAGNIFIQUES SEIGNEURS, Le zele qui m'a jusqu'icy attiré [...]
Mots clefs :
Liberté, Travailler, Alliance, Cantons, Diète, Lucerne
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé à la Diette des Cantons Catholiques par Son Excellence Monseigneur le Comte du Luc, Marquis de la Marthe, Lieutenant de Roy en Provence, Commandeur de l'Ordre de S. Loüis, Gouverneur des Isles de Pourquerolles, Ambassadeur de Sa Majesté prés des Cantons Suisses, Ligues Grises & Republique de Valais, à Lucerne le 13. Decembre 1713.
DISCOVRS
prononcé a la Diette des
Cantons Catholiques par
Son Excellence Monfiignzur
le Comte du Luc,
Marquis de la Marthey
Lieutenant de Roy en Provence
, Commandeur de
l'Ordrede S. Louis, Gouverneur
des lflcs de Pour- cjuerolles,jirnhafjadeur de
Sa Maie/lé prés des Cantons
Suisses, Ligues Crises
& Republique de Palais,
a Lucerne le13. Decembrç
1713.
MAGNIFIQU-ES
- SEIGNEURS,
Le zele qui m'a jusqu'icy
attire à vos Assemblées
¡(a jamais eu d'objet plus
consolant pour moy que le
motif qui vousassemble
aujourd'huy Vous avez
esté témoins de ma douleur
à la veuë des maux
quiont affligé vostre Patrie.
Vous m'avezveuë appliqué
avec ardeur àchercher
avec vous desremedes
propres à les soulager;
Quelle joye ne dois je
point sentir en vous voïant
vou s-mesmes occupez,non
seu lement à les guérir, à
en prévenir les rechutes
en cimentant plus fortement
que jamais parmy
vous cette heureuse Union
qui fut tousjours le plus,
ferme rempart devostre
liberté, 8c dont la Rt'hgiotb
aussi-bien quela saine politiquefont
un devoir in-,
dispensable à tousceux
quile jinêçne.),eulcç & -Autels doi-,
vent unir dans les mêmes
veûës & dans les mêmes
interdis.
Vous concevez la necessité
d'un si pieux & si solide
ouvrage; vous allez
travailler à en retrasser !e
plan& à en restablir les
fondements esbranlez par
les secousses passées; le
Roy mon Maistretousjours
attentif à la felicité
de vos peu ples, regarde ce
bonheur comme une partic
essentielle dusien propre
;& Sa Majesté nedoute
plus de voir bientost
achever par vos mains ce
noble édifice, puisque la
bonne foy
,
la droiture &
la pieté en font les principaux
Architectes. Mais
poury travailler avec fuccez
, rappeliez sans cesse
à vostre mémoire les anciennes
maximes de vos
glorieux Predecesseurs
j
souvenez vous ,
Magnifiques
Seigneurs, des pre
miers temps de vostre liberté,&
n'oubliez jamais
les fages disposîtions que
l'équité de vos Ancestres
apporta autrefois à l'écablissement
de cette fainre
alliance,
alliance,quetant decorps
separez & de Gouvernements
differens ne. faisoit
parmi eux pourainsi dire,
qu'une lcu le alliance&
une seule Republique.
Unis dans un principe
commun ,
ilsconvinrent
que chaque Liac 11e pouvoie
subistler qu'en conservant
les principes particuliers
qui en faisoient
le fondement;ils regarderent
comme un artentat
contre la Providence de
gauchera l'ordre qu'elle
avoitestablie c hez d'anciens
voisins devenus leurs
nouveaux Alliez;ils jugerenr
sagement que ce fèroirun
mauvais moyen de
Ce de ffendre que de commencer
par s'attaquer, &
que la liberté particulière
dévoie estre la baze éternclie
de la liberté genera!
e.Ainsi les Villes demeurerent
Villes, les peuples
demeurerent peuples,
chaque pays conserva sa
forme, ses loix, son autoriré,
& rous enicmble jurèrent
de cormbattre jusqu'à
la mon pour la conservation
des droits & des
Privileges de chacun d'eux
en particuli,er.
, 1. >
1 Quelsur, le fruit d'une
Confédération si prudente
&siéquitable? vos
Annales en font pleines ;
elles n'offrent à vos yeux
que des faits éclatans &
des prodiges de fortune,
presque incroyables. Vous
y voyez par tout des Viçtoires
remportées,desVilles
conquises
,
des ennemis
terrassez
,
des amis
soustenusune Maison orgVvërtlewieforcée
à vous
demander la paix, & des
puissants voisins ravis de
concourir au maintient dc
vostre liberté, travailler
avec vous A rompre vos
chaisnes, & d'achepter
vostre amitié par l'asser,
missement de vostre bonheur
; relisez vos Histoires,
longez à la gloire & à,
la feliciré de vos peres, &
tachez en marchant fous
leurs traces, de devenir
comme eux l'entretien &
radmiration de vos ensans.
Mais permettez- moy de
le dire, MAGNIFIQUES
SEiCNEuRS Cette carrio
ère ou, vous entrez avec
de si justes esperances n'est
encore que la premiers
partie de celle qui vous
reste à remplir avant que
d'arriver au but que vous
devez vous proposer. Travaillez
à vous unir plus
fortement que par le passé
,
mais ne perdez pas
l'envie de vous réunir parfaitement
aveccette autre
moitié de vous mesme
donc une défiance mal
guene sembleaujourd'hui
vousavoir separez Vostre
seureté intérieure
, vos forces
, vostre consideration
ne resident pas seulement
dans les Erats que vous reprefemez
icy ; elle resîde
dans tout le Corps donc
vosAlliez Prott nans font
partie. S'ilsont lemalheur
d'estre né dans le sein d'une
mere différente, vous
devez songer que vous
estes tous en sans d'un même
pere ; que le nom de
Chrétien leur est com-
Bûun avec vous, & que ce
a.am sacré vousimpose
- comme à eux- la necessité
<k vous regarder les uns
& lesautres avec des yeux
defrere, A ce motif, dic
tez par la Religion met.
me , ne refusez pas de
joindre ceux que la raison:
naturel doit vous- suggerer
; vous le sçavez
5
& ils
Je fçavenr comme vous.
Voitreputilanceaussi-biefi
que la Leur n'auroit jamais
pu vous garartir du joug
de vos ennemis mortels,
,
si une union mutuelle ôc
necessaire n'en avoie fait
une digue propre à refitter
aux flots qui menaçoient
sans cesse vostre
chere liberté. Les temps
font changez ,. mais les
îmerefts font les mêmes:
,ilestinutile devous repeter
que dans le corps
politique, aussibien que
.dans le corps humain
,
la
vigueur ne dépend que de
l'étroiteliaison des parties,
& que l'assemblage n'en
peut estre que deffectueux
lorsque que lqu'un des
membres qui le com porent
se trouva malheureusenment
détaché de la place
ce où il doitestre, si les
mouvemens passez ont
latÍié parmy vous quelque
semence de jalousie qui
vous divise de vos anciens
Confederez;siez-vous à la
Providence qui n'abandonne
jamais ceux donc
- les intentions sont droites;
siez-vous enfin à la rendresse
d'un grand Roy
VOitre amy commun, qui
ne souffrira jamais que la
Puissance Helverique soit
affoibli par la desunion,
lorsqu'il ne tiendra qia
ses soins paternels d'y remedier.
1 C'est ce que Sa Majesté
m'ordonne de vous faire
entendre, & je ne fuis
icy en execution de sesordres
, que pour travailler
de concert avec vous à
l'accom plissement d'un
dessein si conforme à mes
plus vives inclinations, &
pour achever de vous convaincre,
MagnifiquesSei
gneurs, duzeleinviolable
qui m'attachera éternellement
à tous les interests
d'une Nation si cherie du
plus grand Monarque de
la terre.
prononcé a la Diette des
Cantons Catholiques par
Son Excellence Monfiignzur
le Comte du Luc,
Marquis de la Marthey
Lieutenant de Roy en Provence
, Commandeur de
l'Ordrede S. Louis, Gouverneur
des lflcs de Pour- cjuerolles,jirnhafjadeur de
Sa Maie/lé prés des Cantons
Suisses, Ligues Crises
& Republique de Palais,
a Lucerne le13. Decembrç
1713.
MAGNIFIQU-ES
- SEIGNEURS,
Le zele qui m'a jusqu'icy
attire à vos Assemblées
¡(a jamais eu d'objet plus
consolant pour moy que le
motif qui vousassemble
aujourd'huy Vous avez
esté témoins de ma douleur
à la veuë des maux
quiont affligé vostre Patrie.
Vous m'avezveuë appliqué
avec ardeur àchercher
avec vous desremedes
propres à les soulager;
Quelle joye ne dois je
point sentir en vous voïant
vou s-mesmes occupez,non
seu lement à les guérir, à
en prévenir les rechutes
en cimentant plus fortement
que jamais parmy
vous cette heureuse Union
qui fut tousjours le plus,
ferme rempart devostre
liberté, 8c dont la Rt'hgiotb
aussi-bien quela saine politiquefont
un devoir in-,
dispensable à tousceux
quile jinêçne.),eulcç & -Autels doi-,
vent unir dans les mêmes
veûës & dans les mêmes
interdis.
Vous concevez la necessité
d'un si pieux & si solide
ouvrage; vous allez
travailler à en retrasser !e
plan& à en restablir les
fondements esbranlez par
les secousses passées; le
Roy mon Maistretousjours
attentif à la felicité
de vos peu ples, regarde ce
bonheur comme une partic
essentielle dusien propre
;& Sa Majesté nedoute
plus de voir bientost
achever par vos mains ce
noble édifice, puisque la
bonne foy
,
la droiture &
la pieté en font les principaux
Architectes. Mais
poury travailler avec fuccez
, rappeliez sans cesse
à vostre mémoire les anciennes
maximes de vos
glorieux Predecesseurs
j
souvenez vous ,
Magnifiques
Seigneurs, des pre
miers temps de vostre liberté,&
n'oubliez jamais
les fages disposîtions que
l'équité de vos Ancestres
apporta autrefois à l'écablissement
de cette fainre
alliance,
alliance,quetant decorps
separez & de Gouvernements
differens ne. faisoit
parmi eux pourainsi dire,
qu'une lcu le alliance&
une seule Republique.
Unis dans un principe
commun ,
ilsconvinrent
que chaque Liac 11e pouvoie
subistler qu'en conservant
les principes particuliers
qui en faisoient
le fondement;ils regarderent
comme un artentat
contre la Providence de
gauchera l'ordre qu'elle
avoitestablie c hez d'anciens
voisins devenus leurs
nouveaux Alliez;ils jugerenr
sagement que ce fèroirun
mauvais moyen de
Ce de ffendre que de commencer
par s'attaquer, &
que la liberté particulière
dévoie estre la baze éternclie
de la liberté genera!
e.Ainsi les Villes demeurerent
Villes, les peuples
demeurerent peuples,
chaque pays conserva sa
forme, ses loix, son autoriré,
& rous enicmble jurèrent
de cormbattre jusqu'à
la mon pour la conservation
des droits & des
Privileges de chacun d'eux
en particuli,er.
, 1. >
1 Quelsur, le fruit d'une
Confédération si prudente
&siéquitable? vos
Annales en font pleines ;
elles n'offrent à vos yeux
que des faits éclatans &
des prodiges de fortune,
presque incroyables. Vous
y voyez par tout des Viçtoires
remportées,desVilles
conquises
,
des ennemis
terrassez
,
des amis
soustenusune Maison orgVvërtlewieforcée
à vous
demander la paix, & des
puissants voisins ravis de
concourir au maintient dc
vostre liberté, travailler
avec vous A rompre vos
chaisnes, & d'achepter
vostre amitié par l'asser,
missement de vostre bonheur
; relisez vos Histoires,
longez à la gloire & à,
la feliciré de vos peres, &
tachez en marchant fous
leurs traces, de devenir
comme eux l'entretien &
radmiration de vos ensans.
Mais permettez- moy de
le dire, MAGNIFIQUES
SEiCNEuRS Cette carrio
ère ou, vous entrez avec
de si justes esperances n'est
encore que la premiers
partie de celle qui vous
reste à remplir avant que
d'arriver au but que vous
devez vous proposer. Travaillez
à vous unir plus
fortement que par le passé
,
mais ne perdez pas
l'envie de vous réunir parfaitement
aveccette autre
moitié de vous mesme
donc une défiance mal
guene sembleaujourd'hui
vousavoir separez Vostre
seureté intérieure
, vos forces
, vostre consideration
ne resident pas seulement
dans les Erats que vous reprefemez
icy ; elle resîde
dans tout le Corps donc
vosAlliez Prott nans font
partie. S'ilsont lemalheur
d'estre né dans le sein d'une
mere différente, vous
devez songer que vous
estes tous en sans d'un même
pere ; que le nom de
Chrétien leur est com-
Bûun avec vous, & que ce
a.am sacré vousimpose
- comme à eux- la necessité
<k vous regarder les uns
& lesautres avec des yeux
defrere, A ce motif, dic
tez par la Religion met.
me , ne refusez pas de
joindre ceux que la raison:
naturel doit vous- suggerer
; vous le sçavez
5
& ils
Je fçavenr comme vous.
Voitreputilanceaussi-biefi
que la Leur n'auroit jamais
pu vous garartir du joug
de vos ennemis mortels,
,
si une union mutuelle ôc
necessaire n'en avoie fait
une digue propre à refitter
aux flots qui menaçoient
sans cesse vostre
chere liberté. Les temps
font changez ,. mais les
îmerefts font les mêmes:
,ilestinutile devous repeter
que dans le corps
politique, aussibien que
.dans le corps humain
,
la
vigueur ne dépend que de
l'étroiteliaison des parties,
& que l'assemblage n'en
peut estre que deffectueux
lorsque que lqu'un des
membres qui le com porent
se trouva malheureusenment
détaché de la place
ce où il doitestre, si les
mouvemens passez ont
latÍié parmy vous quelque
semence de jalousie qui
vous divise de vos anciens
Confederez;siez-vous à la
Providence qui n'abandonne
jamais ceux donc
- les intentions sont droites;
siez-vous enfin à la rendresse
d'un grand Roy
VOitre amy commun, qui
ne souffrira jamais que la
Puissance Helverique soit
affoibli par la desunion,
lorsqu'il ne tiendra qia
ses soins paternels d'y remedier.
1 C'est ce que Sa Majesté
m'ordonne de vous faire
entendre, & je ne fuis
icy en execution de sesordres
, que pour travailler
de concert avec vous à
l'accom plissement d'un
dessein si conforme à mes
plus vives inclinations, &
pour achever de vous convaincre,
MagnifiquesSei
gneurs, duzeleinviolable
qui m'attachera éternellement
à tous les interests
d'une Nation si cherie du
plus grand Monarque de
la terre.
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Résumé : DISCOURS prononcé à la Diette des Cantons Catholiques par Son Excellence Monseigneur le Comte du Luc, Marquis de la Marthe, Lieutenant de Roy en Provence, Commandeur de l'Ordre de S. Loüis, Gouverneur des Isles de Pourquerolles, Ambassadeur de Sa Majesté prés des Cantons Suisses, Ligues Grises & Republique de Valais, à Lucerne le 13. Decembre 1713.
Le 13 décembre 1713, Son Excellence Monseigneur le Comte du Luc, Marquis de la Marthey, prononce un discours à Lucerne. En tant que Lieutenant du Roi en Provence, Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, Gouverneur des îles de Pourcieuxrolles, et Ministre de Sa Majesté auprès des Cantons Suisses, des Ligues Grises et de la République de Valais, il exprime sa joie de voir les représentants des Cantons Catholiques s'unir pour remédier aux maux ayant affligé leur patrie. Il souligne l'importance de renforcer l'union entre les cantons, qui a toujours été le rempart de leur liberté. Le Roi, attentif au bonheur des peuples, voit dans cette union un devoir indispensable. L'orateur rappelle les anciennes maximes des prédécesseurs glorieux, qui ont établi une alliance solide et équitable, respectant les particularités de chaque canton tout en assurant la liberté générale. Il encourage les représentants à se souvenir des victoires passées et à travailler à une union encore plus forte, incluant les autres cantons et les protestants, pour garantir leur sécurité et leur liberté. Il conclut en soulignant l'importance de l'union mutuelle et nécessaire pour résister aux ennemis et en exécutant les ordres du Roi, qui souhaite renforcer la puissance helvétique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
DISCOURS prononcé à la Diette des Cantons Catholiques par Son Excellence Monseigneur le Comte du Luc, Marquis de la Marthe, Lieutenant de Roy en Provence, Commandeur de l'Ordre de S. Loüis, Gouverneur des Isles de Pourquerolles, Ambassadeur de Sa Majesté prés des Cantons Suisses, Ligues Grises & Republique de Valais, à Lucerne le 13. Decembre 1713.
10
p. 138-153
Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
Début :
J'ai crû qu'il ne seroit point hors de propos de / I. Dans la situation où se trouvoient les affaires au commencement de [...]
Mots clefs :
Paix, Désordres, Pologne, Porte ottomane, Guerre, Hongrie, Campagne militaire, Victoire, Angleterre, France, Alliance, Revenus de l'État, Prince régent, Louis XV, Tsar, Traité, Naissance, Cour impériale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
J'ai crû qu'il ne feroit point
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
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11
p. 63-65
Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
Début :
Il manquoit M à vostre relation de l'expedition des François / NOSTRE PERE, Nous avons appris avec bien de la douleur, la mort [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Français, Outagamis, Missionnaires, Alliance, Décès, Robe noire, Fidélité, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Roy par M. de Breslai Ambassadeur des Sauvages Algonkim. [titre d'après la table]
L manquoit M à votre relation
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
de l'expedition des François contre
les Outagamis , la harangue que
M. de Breflay Miffionnaire des Sauvages
Algonkins , Ambaffadeur de
leur part en France , fit dernierement
à S. M. au Palais des Thuilleries ; la
voila telle qu'il l'a prononcée.
Il eft bon à ce que je croi , de
vous faire remarquer auparavant que
Fij
64
LE NOUVEAU
Les Sauvages tutejent en parlant .
qu'ils appellent non -feulement le
Royde France leur Pere , mais encore
tous les François. Qu'ils appellent.
la Mer le grand Lac. Que les Miſſionaires
feculiers font appellez Robes
noires . Que le pays des morts , c'eft.
l'autre monde. Que les coliers de porcelaine
, tels qu'ils font d'ufage chez
font d'ordinaire les fymboles.
d'une alliance entre les perfon- .
nes , avec lesquelles ils traitent . La.
victoire remportée par les François ,
ce font les Outagamis , dit Renards,
que l'on a battu l'année pallée , vers
Oüeft de l'Amerique Septentriona,
le . Voici , M. la Hatangak faite au
Roi Louis XV, en 1717
NOSTRE PERE ,
N
Ous avons appris avec biende
la douleur , la mort da
Grand Chefdes François , nofiic
Grand Pere & ton Bifayeul. Nous
aurions fort fouhaité de paffer le
Grand Lac pour l'aller pleurer ;
MERCURE. 65.
mais notre Pere la Robe Noire
"
ne l'a pasjugéà propos. Nous l'a~
vons chargé d'une robe de caftor,
pour couvrir fon corps , & d'un
oreiller pour mettre fousfa tefte
afin qu'il repofe tranquillement
dans le pays des morts ; & aauuſſi
dun colier de porcelaine , pour
nous réjouir avec toi de ce que
nous le voyons renaitre en ta per--
fonne , pour tefeliciter de la premiere
victoire que tu viens de
remporter contre les Outagamis ,
appellez Renards. Nous avons
donnez de nouvelles preuves de
fidelité&d'attachement à ta per-
Lonne&aux François, tes fujets,
nos freres , &pour enfin te de-.
mander à toi qui eft prefentement
·noftre Grand Chef, la continua
tion des mêmes bonsez que ofre
GrandPere avoitpour nous.
Fermer
12
p. 168-169
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le premier de ce mois, les Ministres Plenipotentiaires du [...]
Mots clefs :
Roi, Alliance, Traité de paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
Es p a c n e.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
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Résumé : ESPAGNE.
En janvier 1730, à Séville, les ministres plénipotentiaires du roi Très Chrétien et du roi d'Angleterre ont échangé les ratifications du traité de paix, d'union, d'amitié et d'alliance défensive signé le 9 novembre précédent. Les États Généraux des Provinces Unies sont également attendus pour adhérer au traité, leur ambassadeur ayant déjà approuvé le 11 novembre. À Lisbonne, le 11 novembre, le vaisseau Saint-Gabriel, chargé pour les fermiers du tabac, a été détruit par un incendie sans perte humaine. Le 5 janvier, le marquis de Françay, ambassadeur du roi Très Chrétien, a conclu les festivités pour la naissance du Dauphin par un feu d'artifice à Séville, en présence des majestés et des princes de la famille royale. Le 10 janvier, le traité de paix a été publié à Madrid avec des cérémonies traditionnelles, suivi de réjouissances publiques.
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13
p. 1427-1428
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
Début :
Seigneur, pour publier ta gloire, [...]
Mots clefs :
Psaume, Gloire, Lois, Magnificence, Équité, Providence, Alliance
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
ODE SA CREE,
Tirée du Pseaume cx.
& c.. Confitebor tibi , Domine
Seigneur, Eigneur , pour publier ta gloire ,
J'éleverai par tout ma voix ;
J'en rappellerai la memoire ,
Aux hommes qui suivent tes Loix.
Je mésurerai mes hommages ,
Sur la grandeur de tes Ouvrages ,
Conformes à ta volonté :
Ils sont pleins de magnificence ,,
Et tous annoncent ta Puissance
Et ton immuable équité.
.
De mon Dieu , quelle est la clémence
Pour la Nation qui le sert ?
Son indulgente Providence ,
L'a nourir dans le Desert.
sçu
Il éternise ses Miracles ;
Israël , selon ses Oracles ,
Tu verras fuir tes ennemis ; .
Et suivant sa sainte Alliance
dla Vola
11
428 MERCURE DE FRANCE
Il va mettre sous ta Puissance ,
L'heritage qu'il t'a promis.
Tout ce qu'il fait n'est que sagesse
Que justice et que verité ;
Ses Loix subsisteront sans cesse
Pour confondre l'impieté.
Il délivra Sion naissante .""
De la puissance ravissante ,
De ses infléxibles Tyrans ;
Et l'Alliance salutaire ,
Qu'avec son Peuple il daigna faire ,
Sera stable dans tous les tems.
"
讚
Son nom est saint et redoutable ;
C
Ceux qui craignent son Jugement ,
De la Sagesse veritable ,
Possedent le commencement.
S'ils prennent leur crainte pour guide ,
Bien- tôt de ce Monde perfide ,
Ils connoîtront la vanité ;
Et du Seigneur dans les délices ,
Ils celebreront les Justices ,
Pendant toute l'Eternité.
Tirée du Pseaume cx.
& c.. Confitebor tibi , Domine
Seigneur, Eigneur , pour publier ta gloire ,
J'éleverai par tout ma voix ;
J'en rappellerai la memoire ,
Aux hommes qui suivent tes Loix.
Je mésurerai mes hommages ,
Sur la grandeur de tes Ouvrages ,
Conformes à ta volonté :
Ils sont pleins de magnificence ,,
Et tous annoncent ta Puissance
Et ton immuable équité.
.
De mon Dieu , quelle est la clémence
Pour la Nation qui le sert ?
Son indulgente Providence ,
L'a nourir dans le Desert.
sçu
Il éternise ses Miracles ;
Israël , selon ses Oracles ,
Tu verras fuir tes ennemis ; .
Et suivant sa sainte Alliance
dla Vola
11
428 MERCURE DE FRANCE
Il va mettre sous ta Puissance ,
L'heritage qu'il t'a promis.
Tout ce qu'il fait n'est que sagesse
Que justice et que verité ;
Ses Loix subsisteront sans cesse
Pour confondre l'impieté.
Il délivra Sion naissante .""
De la puissance ravissante ,
De ses infléxibles Tyrans ;
Et l'Alliance salutaire ,
Qu'avec son Peuple il daigna faire ,
Sera stable dans tous les tems.
"
讚
Son nom est saint et redoutable ;
C
Ceux qui craignent son Jugement ,
De la Sagesse veritable ,
Possedent le commencement.
S'ils prennent leur crainte pour guide ,
Bien- tôt de ce Monde perfide ,
Ils connoîtront la vanité ;
Et du Seigneur dans les délices ,
Ils celebreront les Justices ,
Pendant toute l'Eternité.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
Le poème 'ODE SA CREE' est tiré du Psaume 110 et commence par une louange à Dieu, exprimant le désir de proclamer Sa gloire et de rappeler les lois divines. Le poète souligne la magnificence, la puissance et l'équité des œuvres de Dieu. Il met en avant la clémence divine envers la nation qui sert Dieu, mentionnant la Providence qui a nourri Israël dans le désert et les miracles éternels de Dieu. Israël est assuré de voir ses ennemis fuir et de recevoir l'héritage promis par Dieu, en vertu de l'alliance sainte. Les actions de Dieu sont décrites comme sages, justes et vraies, et Ses lois subsisteront pour confondre l'impiété. Le poème évoque également la délivrance de Sion des tyrans et la stabilité de l'alliance salutaire entre Dieu et Son peuple. Enfin, il souligne que ceux qui craignent le jugement de Dieu possèdent la véritable sagesse et connaîtront la vanité du monde, célébrant les justices du Seigneur pour l'éternité.
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14
p. 1810-1812
DECLARATION que les Ministres de leurs Majestés Catholique & Britannique on faite et signé en vertu des Ordres des Rois leurs Maitres.
Début :
Le Roy de la Grande Bretagne, ayant fait communiquer à Sa Majesté Catholique, le [...]
Mots clefs :
Déclaration, Traité, Alliance
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texteReconnaissance textuelle : DECLARATION que les Ministres de leurs Majestés Catholique & Britannique on faite et signé en vertu des Ordres des Rois leurs Maitres.
DECLARATION que les Ministres
L
de leurs Majestés Catholique & Britannique
on faite et signé en vertu des Ordres
des Rois leurs Maitres.
E Rey de la Grande Bretagne , ayant fait
communiquer à Sa Majesté Catholique , le
Traité qu'il a conclu en dernier lieu avec l'Empereur
, et ayant déclaré qu'il a donné par- là
des preuves les plus évidentes de la sincerité de
ses intentions pour l'éxécution du Traité de Seville
, tant par rapport à l'introduction effecti
ve des six milles hommes de Troupes Espagnoles,
suivant les dispositions dudit Traité , dans les
Places fortes de Parme et de Toscane , que par
rapport à la prompte possession de l'Infant Don
Carlos , conformément au contenu de l'Article
V. de la quadruple alliance , sans que
de la part
du Serenissime Infant , ni de S. M. C il soit necessaire
de disputér , de battre ou applanir quelquesdifficultez
que ce soient , qui pourroient se
lever sous aucun prétexte que se puisse être
S. M. C. déclare , que pourvû que tout ce qui
vient d'être énoncé soit promptement exécuté
elle sera pleinement satisfaite , et que nonobstant
la Déclaration faite à Paris le 28. Janvier
dernier par son Ambassadeur extraordinaire le
Marquis de Castelar , les Articles du susdit
Traité de Seville , qui concernent directement
et reciproquement les deux Couronnes , subsis →
teront dans toute leur force et toute leur extenfion
, et les deux Rois susnommés promettent
également de faire éxécuter ponctuellement lesconditions
exprimées dans lesdits Articles , ausquels
JUILLET. 1737. 181F
quels ils s'engagent et s'obligent par le present
instrument ; bien entendu dans le terme de
que
cinq mois , à compter du jour de la datte de cet
Instrument , ou plutôt , si faire se pourra ,
S. M. Britannique fera effectivement introduire
les six mille hommes de Troupes Espagnoles
dans les Etats de Parme et de Toscane , et mettre
l'Infant Don- Carlos en possession actuelle
des Etats de Parme et de Plaisance, en conformité
à l'Article V. de la quadruple Alliance et aux
investitures éventuelles.
Et S. M. C. entend et déclare , que dès que
Jadite introduction et possession des Etats de
Parme et de Plaisance sera effectuée , sa resolution
est sans qu'il soit besoin d'aucune autre
Déclaration ou Instrument, que les Articles susmentionnez
du Traité de Seville , subsistent
aussibien que la jouissance de tous les Privileges ,
Concessions et Exemptions en faveur de laGran →
de-Bretagne , qui ont été stipulés et sont litteralement
contenus dans lesdits Articles et dans
les Traitez interieurs entre les deux Couronnes ,
confirmé par le Traité de Seville pour être réciproquement
observé et exécuté ponctuellement .
En foy de quoi , nous les susdits Ministres sous
signez de leur Majesté Britannique et Catholique
, avons signé la présente Déclaration , et
y avons fait apposer le cachet de nos Armes .
faite à Seville le sixième jour de Juin 173 1 .
On a appris d'Affrique par les Lettres de Mazagam
, que Don Jean Jacques de Magalhaens' ,
Gouverneur de cette Place ; ayant été avertis
que les Maures avoient dressé une embuscade
pour surprendre les habitans qui iroient travailler
dans la Campagne , il étoit sorti avec ni
détachement d'Infanterie soutenu de toute la
Cavalerie
1812 MERCURE DE FRANCË
Cavalerie de la garnison , et qu'ayant attaqué
les Maures , il les avoit obligés de prendre la
fuite aprés leur avoir tué ou blessé prés de 200.
hommes.
Les mêmes Lettres portent que la Guerre Civile
des Etats du Roy de Maroc n'étoit pas encore
finie , et qu'il y avoit encore quatre Princes
armés qui disputoient la Couronne au Prince
qui est sur le Trône.
L
de leurs Majestés Catholique & Britannique
on faite et signé en vertu des Ordres
des Rois leurs Maitres.
E Rey de la Grande Bretagne , ayant fait
communiquer à Sa Majesté Catholique , le
Traité qu'il a conclu en dernier lieu avec l'Empereur
, et ayant déclaré qu'il a donné par- là
des preuves les plus évidentes de la sincerité de
ses intentions pour l'éxécution du Traité de Seville
, tant par rapport à l'introduction effecti
ve des six milles hommes de Troupes Espagnoles,
suivant les dispositions dudit Traité , dans les
Places fortes de Parme et de Toscane , que par
rapport à la prompte possession de l'Infant Don
Carlos , conformément au contenu de l'Article
V. de la quadruple alliance , sans que
de la part
du Serenissime Infant , ni de S. M. C il soit necessaire
de disputér , de battre ou applanir quelquesdifficultez
que ce soient , qui pourroient se
lever sous aucun prétexte que se puisse être
S. M. C. déclare , que pourvû que tout ce qui
vient d'être énoncé soit promptement exécuté
elle sera pleinement satisfaite , et que nonobstant
la Déclaration faite à Paris le 28. Janvier
dernier par son Ambassadeur extraordinaire le
Marquis de Castelar , les Articles du susdit
Traité de Seville , qui concernent directement
et reciproquement les deux Couronnes , subsis →
teront dans toute leur force et toute leur extenfion
, et les deux Rois susnommés promettent
également de faire éxécuter ponctuellement lesconditions
exprimées dans lesdits Articles , ausquels
JUILLET. 1737. 181F
quels ils s'engagent et s'obligent par le present
instrument ; bien entendu dans le terme de
que
cinq mois , à compter du jour de la datte de cet
Instrument , ou plutôt , si faire se pourra ,
S. M. Britannique fera effectivement introduire
les six mille hommes de Troupes Espagnoles
dans les Etats de Parme et de Toscane , et mettre
l'Infant Don- Carlos en possession actuelle
des Etats de Parme et de Plaisance, en conformité
à l'Article V. de la quadruple Alliance et aux
investitures éventuelles.
Et S. M. C. entend et déclare , que dès que
Jadite introduction et possession des Etats de
Parme et de Plaisance sera effectuée , sa resolution
est sans qu'il soit besoin d'aucune autre
Déclaration ou Instrument, que les Articles susmentionnez
du Traité de Seville , subsistent
aussibien que la jouissance de tous les Privileges ,
Concessions et Exemptions en faveur de laGran →
de-Bretagne , qui ont été stipulés et sont litteralement
contenus dans lesdits Articles et dans
les Traitez interieurs entre les deux Couronnes ,
confirmé par le Traité de Seville pour être réciproquement
observé et exécuté ponctuellement .
En foy de quoi , nous les susdits Ministres sous
signez de leur Majesté Britannique et Catholique
, avons signé la présente Déclaration , et
y avons fait apposer le cachet de nos Armes .
faite à Seville le sixième jour de Juin 173 1 .
On a appris d'Affrique par les Lettres de Mazagam
, que Don Jean Jacques de Magalhaens' ,
Gouverneur de cette Place ; ayant été avertis
que les Maures avoient dressé une embuscade
pour surprendre les habitans qui iroient travailler
dans la Campagne , il étoit sorti avec ni
détachement d'Infanterie soutenu de toute la
Cavalerie
1812 MERCURE DE FRANCË
Cavalerie de la garnison , et qu'ayant attaqué
les Maures , il les avoit obligés de prendre la
fuite aprés leur avoir tué ou blessé prés de 200.
hommes.
Les mêmes Lettres portent que la Guerre Civile
des Etats du Roy de Maroc n'étoit pas encore
finie , et qu'il y avoit encore quatre Princes
armés qui disputoient la Couronne au Prince
qui est sur le Trône.
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Résumé : DECLARATION que les Ministres de leurs Majestés Catholique & Britannique on faite et signé en vertu des Ordres des Rois leurs Maitres.
Le texte relate une déclaration signée par les ministres des rois de Grande-Bretagne et d'Espagne. Le roi de Grande-Bretagne a informé la Majesté Catholique d'un traité conclu avec l'Empereur, prouvant sa fidélité au Traité de Séville. Ce traité prévoit l'introduction de six mille soldats espagnols dans les forteresses de Parme et de Toscane, ainsi que la prise de possession des États de Parme et de Plaisance par l'Infant Don Carlos, conformément à l'Article V de la quadruple alliance. La Majesté Catholique exprime sa satisfaction si ces actions sont rapidement mises en œuvre et que les articles du Traité de Séville restent en vigueur. Les deux rois s'engagent à respecter les conditions des articles dans un délai de cinq mois. La déclaration est signée à Séville le 6 juin 1731. Par ailleurs, des lettres de Mazagan rapportent qu'un gouverneur a repoussé une embuscade maure, tuant ou blessant près de 200 hommes. Ces lettres mentionnent également que la guerre civile au Maroc n'est pas terminée, avec quatre princes en compétition pour le trône.
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15
p. 200-201
DE WESEL, le 12 Février.
Début :
Le sieur Castellas, Maréchal-de-Camp, qui commande dans cette Ville, [...]
Mots clefs :
Régiments suisses, Inspection, Officiers, Convention, Sa Majesté britannique, Roi de Prusse, Alliance, Traité de Westminster, Paiement, Matelots, Naufrage, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : DE WESEL, le 12 Février.
DE WESEL, le 12 Février.
Le fieur Caftellas , Maréchal- de-Camp , qui
commande dans cette Ville , vient d'être nommé
Infpecteur-général des Régimens Suiffes qui font
au fervice de France. S. M. Très- Chrétienne a
voulu par cette grace récompenfer les fervices
de cet Officier , & donner une nouvelle marque
d'égard à la Nation Suiffe.
Du 14.
La nouvelle convention entre Sa Majeſté Britannique
& le Roi de Pruffe , fut fignée ici le 7
·Décembre dernier. Les deux Rois font convenus ,
1.° De renouveller l'alliance qu'ils avoient contractée
par le Traité de Weſtminſter , du 16 Janvier
1756 , & par la Convention du 11 Avril
1758. 2. Que le Roi d'Angleterre , immédiatement
après l'échange des ratifications , fera remettre
au Roi de Pruffe la fomme de 670000.
livres fterlings , en un feul payement. 3.° Que le
Roi de Prufle emploiera cette famme à l'entretien
& à l'augmentation de fes armées . 4.° Que le
Roi d'Angleterre & le Roi de Prufle ne conclueront
aucun Traité de paix ou de trève , avec les
Puiffances engagées dans la guerre préfente, que
d'un commun confentement , & en s'y comprenant
expreffément l'un & l'autre,
Une pareille convention fut fignée le 17 du
mois dernier entre le Roi d'Angleterre & le Landgrave
de Heffe - Caffel .
*
On contin ue d'enlever les Matelots par force ,
pour compléter les équipages des Vaiffeaux du
Roi.
On a appris par une lettre du fieur Barton ,
Commandant du Vaiffeau de Guerre le Lichtfield,
le détail du naufrage de ce Vaiffeau fur les côtes
AVRIL 1759. 201
du Royaume de Maroc . Un bâtiment de tranfport
chargé de troupes , & une galiote à bombes
ont eu le même fort.
Le fieur Caftellas , Maréchal- de-Camp , qui
commande dans cette Ville , vient d'être nommé
Infpecteur-général des Régimens Suiffes qui font
au fervice de France. S. M. Très- Chrétienne a
voulu par cette grace récompenfer les fervices
de cet Officier , & donner une nouvelle marque
d'égard à la Nation Suiffe.
Du 14.
La nouvelle convention entre Sa Majeſté Britannique
& le Roi de Pruffe , fut fignée ici le 7
·Décembre dernier. Les deux Rois font convenus ,
1.° De renouveller l'alliance qu'ils avoient contractée
par le Traité de Weſtminſter , du 16 Janvier
1756 , & par la Convention du 11 Avril
1758. 2. Que le Roi d'Angleterre , immédiatement
après l'échange des ratifications , fera remettre
au Roi de Pruffe la fomme de 670000.
livres fterlings , en un feul payement. 3.° Que le
Roi de Prufle emploiera cette famme à l'entretien
& à l'augmentation de fes armées . 4.° Que le
Roi d'Angleterre & le Roi de Prufle ne conclueront
aucun Traité de paix ou de trève , avec les
Puiffances engagées dans la guerre préfente, que
d'un commun confentement , & en s'y comprenant
expreffément l'un & l'autre,
Une pareille convention fut fignée le 17 du
mois dernier entre le Roi d'Angleterre & le Landgrave
de Heffe - Caffel .
*
On contin ue d'enlever les Matelots par force ,
pour compléter les équipages des Vaiffeaux du
Roi.
On a appris par une lettre du fieur Barton ,
Commandant du Vaiffeau de Guerre le Lichtfield,
le détail du naufrage de ce Vaiffeau fur les côtes
AVRIL 1759. 201
du Royaume de Maroc . Un bâtiment de tranfport
chargé de troupes , & une galiote à bombes
ont eu le même fort.
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Résumé : DE WESEL, le 12 Février.
Le 12 février à De Wesel, le maréchal de camp Caftellas a été nommé inspecteur-général des régiments suisses au service de France, en reconnaissance de ses services et de l'égard du roi de France envers la nation suisse. Le 14 février, la nouvelle convention entre le roi de Grande-Bretagne et le roi de Prusse, signée le 7 décembre précédent, a été annoncée. Cette convention renouvelle leur alliance, prévoit un paiement de 670 000 livres sterling par le roi d'Angleterre pour l'entretien et l'augmentation des armées prussiennes, et interdit toute conclusion de traité de paix ou de trêve sans accord mutuel. Une convention similaire a été signée le 17 janvier entre le roi d'Angleterre et le landgrave de Hesse-Cassel. Par ailleurs, des matelots continuent d'être enlevés de force pour compléter les équipages des vaisseaux du roi. Une lettre du commandant du vaisseau de guerre le Lichtfield a rapporté le naufrage de ce vaisseau ainsi que celui d'un bâtiment de transport chargé de troupes et d'une galiote à bombes sur les côtes du Royaume du Maroc.
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16
p. 179-185
TRAITÉ conclu à Petersbourg entre l'Impératrice de Russie & le Roi de Prusse, le 11 Avril 1764.
Début :
Au Nom De La Sainte Trinité. Sa Majesté le Roi de Prusse [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Impératrice, Avantages, Amitié, Intelligence, Prince, Gouverneur, Traité, Articles, Alliance, Respect, Garantie, Puissance, Possession, Satisfaction, Attaque ennemie, Artillerie, Opération militaire, Économie, Secours, Sujets, Province, Ratification, Article secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ conclu à Petersbourg entre l'Impératrice de Russie & le Roi de Prusse, le 11 Avril 1764.
ARTICLE VI.
SUITE des Nouvelles Politiques :
du mois de Juillet.
i
TRAITÉ conclu'à Petersbourg entre l'Intpératrice
de Ruffie & le Roi de Pruffe , le 11 Avril 1764
AU NOM DE LA SAINTE TRINITÉ .
Sa Majesté le Roi de Pruffe & Sa Majefte
l'Impératrice de Toutes les Ruſſie , ayant mû
rement conſidéré que rien n'eft plus conforme
à leurs intérêts & à leurs avantages communs ,
ni plus propre à aſſurer la durée de la paix fi
heureuſement rétablie en Europe , que de reſſerret
les noeuds de l'amitié & de la bonne intelli
gence qui a toujours régné ci- devant & qui fub-
Aſte à préſent entre les deux Cours , & de confir
mer cette union par un Traité d'alliance défenſive
qui n'ait pour but que la ſûreté de leurs Etats &c
Poſſeſſions reſpectifves , ſe ſont propoſés de porter
afa perfection un ouvrage ſi ſalutaire , & ont
choifi & nommé pour cet effet leurs Plénipotentiaires
, ſçavoir , Sa Majesté le Roi de Prufſe , le
fieur Victor- Frédéric Comte de Solms
Chambellan Actuel , Conſeiller Privé de Légas
tion , & Envoyé Extraordinaire & Miniſtre Plénis
potentiaire à la Cour de Sa Majeſté l'Impératrices
&Sa Majesté Impériale de Toutes les Ruſſies , le
,
fou
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
fieur Niſcita de Panin ,Gouverneur de Son Alteffe
Impériale Monſeigneur le Grand Duc , fon Con
ſeilter Privé Actuel , Sénateur & Chevalier de ſes
Ordres , & le Prince Alexandre de Gallitzin , lon
Vice-Chancelier , Conſeiller Privé , Chambellan
Actuel & Chevalier des Ordres de Saint Alexandre-
Newski & de l'Aigle Blanc de Pologne : leſquels
Minittres Plénipotentiaires, après s'être communiqué
& avoir échangé leurs pleins- pouvoirs
trouvés en bonne & due forme , ſont convenus
desArticles ſuivans .
ART. I. Sa Majesté le Roi de Pruffe & Sa Mar
jefté l'Impératrice de toutes les Ruflies s'engagent
pour eux& pour leurs héritiers &fucceffeurs , par
de préſent Traité d'amitié & d'alliance défenſive ,
à ſe conduire l'un envers l'autre comme il convient
à de véritables alliés & ſincères amis , en regardant
, chacun de ſon côté , les intérêts de
l'autre comme les ſiens propres , & en écartant ,
autant qu'il fera poſſible , tout ce qui pourra y
préjudicier.
ART. II . Les Hautes Parries contractantes ,
poſant pour première règle & pour baſe du ſyſ
tême politique de cette alliance d'affermir ſolidement,
pour le bien du genre humain , latranquil.
lisé générale , ſe réſervent en conféquence , d'un
côté, la liberté de conclure même à l'avenir ,
d'autres Traités avec des Puiſſances , qui loin de
porter par leur union quelque préjudice & empêchement
à l'objet principal de celui-ci ,y pourront
encore donner plus de force & d'efficacité :
Elles s'obligent d'an autre côté à ne point prendre
d'engagement contraire au préſent Traité ,
auquel elles ſont convenues d'un commun accord
d'inviter & d'admettre d'autres Cours qui ſeront
animées des mêmes ſentimens ; voulant nonAOUST.
1764 . 181
Teulement ne rien faire , mais même empêcher.
de tout leur pouvoir qu'il ſoit rien fait ni direc
tement ni indirectement , de quelque manière
que ce ſoit , qui puiſſe leur nuire & être contraire
àcet engagement mutuel ; & pour donner plus
de force à cette alliance , elles s'engagent à ſe
garantir réciproquement , & ſe garantiffent en
effet l'un à l'autre de la manière la plus forte &
fans exception , tous les Etats Principautés ,,
Comtés , Seigneuries , Provinces , Territoires &
Villes qu'elles poſſédent actuellement en Europe ,,
lors de la concluſion de ce Traité , &à ſe maintenir
& ſe défendre avec toutes leurs forces
contre qui que ce ſoit , dans la paifible & entière
poffeſſionde leurs ſuſdits Etats.
,
ART. III . En conféquence de la garantie ſtipu
lée dans le deuxiéme Article , & au cas qu'il arrivật
, ce qu'a Dieu ne plaiſe, que l'un ou l'autre
des Hauts Contractans fût attaqué ou troublé par
quelqu'autre Puiſſance, en quelque manière que
ce fût , dans la poſſeſtion de ſes Etats & Provin
ces, ils promettent & s'engagent mutuellem nt
d'employer , avant toutes choſes , leurs bons offi
ces , auſſi-tôt qu'ils en ſeront requis , pour détourner
toute hoftilité & pour procurer à la partie
léſée toute la ſatisfaction qui lui ſera due; & ,
s'il arrivoit que ces bons offices ne fuffent pas.
ſuffiſans pour effectuer une prompte réparation ,
ils promettentde fe donner mutuellement, trois
mois après llaa premiére réquisition , dix mille
hommes d'Infanterie & deux mille hommes de
Cavalerie.
ART. IV. Leurs Majeſtés promettent en même
temps de continuer & de maintenir les ſuſdits .
ſecours juſqu'a la ceſſation entière des hoſtilités..
S'il arrivoit cependant que les ſecours ſtipulés ne
182 MERCURE DE FRANCE.
fuſſent pas fuffiſans pour repouſſer & faire ceffer
les attaques de l'ennemi &pour éteindre entiérement
le feu de la guerre , Elles ſe réſervent dans
cette extrémité , conformément à leur première
intention , de ſe ſervir des voies les plus propres
au rétabliſſement & à l'affermiſſement dela tranquillité
, de ſe concerter ſur les moyens d'auga
menter les ſuſdits ſecours & d'employer , ſi cela
eſt inévitable , toutes leurs forces pour leur défenſe
mutuelle , afin de finir plus promptement
les malheurs de la guerre &d'en empêcher les
progrès.
ART. V. Les troupes auxiliaires doivent être
pourvues de l'artillerie de campagne , des munitions
& de tout ce dont elles auront befoin , à
proportion de leur nombre , & être payées & recrutées
annuellement par la Courqui fera requiſe.
Quant aux rations& portions ordinaires en vivres
&en fourages , elles leur feront données , ainſi
que les quartiers , par la Cour requérante , fur le
piedqu'elle entretient & entretiendra ſes propres
troupes en campagne & dans les quartiers.
ART. VI . Ces mêmes troupes auxiliaires ſeront
ſous le commandement immédiat du Chef de
l'armée de la Cour requérante , mais elles ne
dépendront que des ordres de leur propre Géné
ral , & feront employées dans toutes les opérations
militaires , felon les uſages de la guerre
fans contradiction : cependant ces opérations ſeront
auparavant réglées & déterminées dans le
Confeilde Guerre en préſence du Général qui
les commandera .
ART. VII . L'ordre & l'economie militaire
dans l'intérieur de ces troupes dépendront uniquement
de leur propre Chef; elles ne feront fatiguées
& expoſées qu'autant que le feront celles de
AOUST. 1764. 183
la Cour même qui les aura demandées , & l'on
fera obligé d'obferver dans toutes les occafions
une égalité parfaite & exactement proportionnée
à leur nombre & à leurs forces dans l'armée où
elles ſerviront..En conféquence , elles demeureront
enſemble autant qu'il fera poſſible , & l'on
fera en ſorte de ne point les ſéparer dans les marches
, commandemens , actions , quartiers & autres
occaſions ,
ART. VIII. De plus , ces troupes auxiliaires au
ront leurs propres Aumôniers & l'exercice entiérement
libre de leur Religion , & ne feront jugées
que ſelon les loix & les articlesde guerre de
leurs propres Souverains & par le Général & les
Officiers qui les commanderont .
ART. IX . Les trophées & tont le butin qu'on
aura fait ſur les ennemis , appartiendront aux
troupes qui s'en feront emparées.
ART. X. Sa Majesté le Roi de Prufe & Sa Majeſté
l'Impératrice s'obligent non-ſeulement de
ne point conclure de paix ni de tréve avec l'ennemi
, à l'inſçu l'un de l'autre & fans un conſentement
mutuel , mais encore de n'entrer dans aucun
pourparler à ce ſujet ſans la connoiffance &
l'aveu des deux parties contractantes. Elles promettent
au contraire de ſe communiquer ſans
délai & fidélement toutes les ouvertures qu'on
pourroit leur faire à ce fujet à l'une ou à l'autre ,
directement ou indirectement , de bouche ou par:
écrit.
ART. XI. Si la partie requiſe , après avoir dond
né le ſecours ftipulé dans le troiſiéme Article de
ceTraité, étoit attaquée de forte qu'elle fût forcée
de rappeller ſes troupes pour ſa propre sûreté ,
elle ſera libre de le faire , après en avoir averti
deux mois auparavant la partie requérante. Paz
184 MERCURE DE FRANCE.
reillement , fi la partie requiſe étoit elle-même
en guerredans le temps de la réquifition de manière
u'elle fût obligée de garder auprès d'elle
pour la propre sûreté & pour la défenſe les troupes
qu'elle eût dû donner a fon alliée en vertu de
ceTraité elle aura la liberté de ne point donner
ceſecours pendant tout le temps que cette néceſſité
durefa.
:
ART. XII. Le commerce , tant par terre que
par mer , continuera de ſe faire librement & fans
aucun empêchement entre les Etars , Provinces &
Süjets des deux Cours alliées & dans les Ports ,
Villes & Provinces de commerce , tant deSa
Majesté le Roi de Prutle , que de Sa Majefté
l'Impératrice : on ne mettra pas de plus grands
droits, charges & impôts ſur les Vailleaux & les
Sujets des deux Cours que fur ceux des autres
Nations amies & alliées , & on ne les traitera pas
avec plus de rigueur.
ART. XIII La durée de ce Traité d'alliance
fera de huit ans & avant l'expiration de ce terme
il fera renouvellé ſelon les circonstances.
ART . XIV . Le préſent Traité ſera ratifié &les
ratifications échangées ici dans l'efpace de fix fe
maines ou plutôt fi taire ſe peur.
En foi de quoi les Minittres ſouſſignés ont fait
faire deux exeinplaires ſemblables fignés de leur
propre main , & y ont appofé le cachet de leurs
armes. Fait à S. Petersbourg , le 11 Avril ( 3
Mars V. S. 1164. ( L.S. ) V. F. DE SOLMS ,
( L.S. ) N. PANIN ,
( L. S. ) PR. A. GALLITZIN.
ARTICLE SECRET Comme il eſt de l'intérêt de
Sa Majesté le Roi de Prutfe & de Sa Majesté
l'impératrice de Toutes les Ruffies d'employer :
AOUST . 1764. 185
tous leurs foins & tous leurs efforts pour que la
République de Pologne ſoit maintenue dans ſon
droit de libre élection , & qu'il ne ſoit permis à
perſonne de rendre ledit Royaume héréditaire
dans ſa famille ou de s'y rendre abſolu ; Sa Ma
jeſté le Roi de Pruſſe & Sa MajestéImpériale ont
promis & ſe ſont engagés mutuellement & de la
manière la plus forte par cet Article ſecret
non-ſeulement à ne point permettre que qui que
ce ſoit entreprenne de dépouiller la République de
Pologne de ſon droit de libre élection , de rendre
le Royaume héréditaire , ou de s'y rendre abſolu
dans tous les cas où cela pourroit arriver , mais
encore à prévenir & à anéantir par tous les
moyens potſibles , & d'un commun accord , les
vues & les deſſeins qui pourroient tendre à ce but
auſſi-tôt qu'on les aura découverts , & à avoir
même , en cas de beſoin , recours à la force des
armes pour garantir la République du renverſement
de la conſtitution & de ſes loix fondamentales.
Ce préſent Article ſecret aura la même force
& vigueur que s'il étoit inféré mot pour mot
dans le Traité principal d'alliance défenſive ſigné
aujourd'hui , & ſera ratifié en même temps.
En foi de quoi il en a été fait deux exemplaires
ſemblables que Nous les Miniſtres Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pruſſe & de Sa
Majesté l'Impératrice de Toutes les Ruffies , autoriſés
pour cet effet , avons ſignés & ſcellés du
cachet de nos armes . Fait à S Petersbourg , le
11 Avril . ( 31 Mars V. S. ) 1764. ( L. S. C. DE
SOLMS , ( L.S .; PANIN , ( L. S. GALLITZIN
SUITE des Nouvelles Politiques :
du mois de Juillet.
i
TRAITÉ conclu'à Petersbourg entre l'Intpératrice
de Ruffie & le Roi de Pruffe , le 11 Avril 1764
AU NOM DE LA SAINTE TRINITÉ .
Sa Majesté le Roi de Pruffe & Sa Majefte
l'Impératrice de Toutes les Ruſſie , ayant mû
rement conſidéré que rien n'eft plus conforme
à leurs intérêts & à leurs avantages communs ,
ni plus propre à aſſurer la durée de la paix fi
heureuſement rétablie en Europe , que de reſſerret
les noeuds de l'amitié & de la bonne intelli
gence qui a toujours régné ci- devant & qui fub-
Aſte à préſent entre les deux Cours , & de confir
mer cette union par un Traité d'alliance défenſive
qui n'ait pour but que la ſûreté de leurs Etats &c
Poſſeſſions reſpectifves , ſe ſont propoſés de porter
afa perfection un ouvrage ſi ſalutaire , & ont
choifi & nommé pour cet effet leurs Plénipotentiaires
, ſçavoir , Sa Majesté le Roi de Prufſe , le
fieur Victor- Frédéric Comte de Solms
Chambellan Actuel , Conſeiller Privé de Légas
tion , & Envoyé Extraordinaire & Miniſtre Plénis
potentiaire à la Cour de Sa Majeſté l'Impératrices
&Sa Majesté Impériale de Toutes les Ruſſies , le
,
fou
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
fieur Niſcita de Panin ,Gouverneur de Son Alteffe
Impériale Monſeigneur le Grand Duc , fon Con
ſeilter Privé Actuel , Sénateur & Chevalier de ſes
Ordres , & le Prince Alexandre de Gallitzin , lon
Vice-Chancelier , Conſeiller Privé , Chambellan
Actuel & Chevalier des Ordres de Saint Alexandre-
Newski & de l'Aigle Blanc de Pologne : leſquels
Minittres Plénipotentiaires, après s'être communiqué
& avoir échangé leurs pleins- pouvoirs
trouvés en bonne & due forme , ſont convenus
desArticles ſuivans .
ART. I. Sa Majesté le Roi de Pruffe & Sa Mar
jefté l'Impératrice de toutes les Ruflies s'engagent
pour eux& pour leurs héritiers &fucceffeurs , par
de préſent Traité d'amitié & d'alliance défenſive ,
à ſe conduire l'un envers l'autre comme il convient
à de véritables alliés & ſincères amis , en regardant
, chacun de ſon côté , les intérêts de
l'autre comme les ſiens propres , & en écartant ,
autant qu'il fera poſſible , tout ce qui pourra y
préjudicier.
ART. II . Les Hautes Parries contractantes ,
poſant pour première règle & pour baſe du ſyſ
tême politique de cette alliance d'affermir ſolidement,
pour le bien du genre humain , latranquil.
lisé générale , ſe réſervent en conféquence , d'un
côté, la liberté de conclure même à l'avenir ,
d'autres Traités avec des Puiſſances , qui loin de
porter par leur union quelque préjudice & empêchement
à l'objet principal de celui-ci ,y pourront
encore donner plus de force & d'efficacité :
Elles s'obligent d'an autre côté à ne point prendre
d'engagement contraire au préſent Traité ,
auquel elles ſont convenues d'un commun accord
d'inviter & d'admettre d'autres Cours qui ſeront
animées des mêmes ſentimens ; voulant nonAOUST.
1764 . 181
Teulement ne rien faire , mais même empêcher.
de tout leur pouvoir qu'il ſoit rien fait ni direc
tement ni indirectement , de quelque manière
que ce ſoit , qui puiſſe leur nuire & être contraire
àcet engagement mutuel ; & pour donner plus
de force à cette alliance , elles s'engagent à ſe
garantir réciproquement , & ſe garantiffent en
effet l'un à l'autre de la manière la plus forte &
fans exception , tous les Etats Principautés ,,
Comtés , Seigneuries , Provinces , Territoires &
Villes qu'elles poſſédent actuellement en Europe ,,
lors de la concluſion de ce Traité , &à ſe maintenir
& ſe défendre avec toutes leurs forces
contre qui que ce ſoit , dans la paifible & entière
poffeſſionde leurs ſuſdits Etats.
,
ART. III . En conféquence de la garantie ſtipu
lée dans le deuxiéme Article , & au cas qu'il arrivật
, ce qu'a Dieu ne plaiſe, que l'un ou l'autre
des Hauts Contractans fût attaqué ou troublé par
quelqu'autre Puiſſance, en quelque manière que
ce fût , dans la poſſeſtion de ſes Etats & Provin
ces, ils promettent & s'engagent mutuellem nt
d'employer , avant toutes choſes , leurs bons offi
ces , auſſi-tôt qu'ils en ſeront requis , pour détourner
toute hoftilité & pour procurer à la partie
léſée toute la ſatisfaction qui lui ſera due; & ,
s'il arrivoit que ces bons offices ne fuffent pas.
ſuffiſans pour effectuer une prompte réparation ,
ils promettentde fe donner mutuellement, trois
mois après llaa premiére réquisition , dix mille
hommes d'Infanterie & deux mille hommes de
Cavalerie.
ART. IV. Leurs Majeſtés promettent en même
temps de continuer & de maintenir les ſuſdits .
ſecours juſqu'a la ceſſation entière des hoſtilités..
S'il arrivoit cependant que les ſecours ſtipulés ne
182 MERCURE DE FRANCE.
fuſſent pas fuffiſans pour repouſſer & faire ceffer
les attaques de l'ennemi &pour éteindre entiérement
le feu de la guerre , Elles ſe réſervent dans
cette extrémité , conformément à leur première
intention , de ſe ſervir des voies les plus propres
au rétabliſſement & à l'affermiſſement dela tranquillité
, de ſe concerter ſur les moyens d'auga
menter les ſuſdits ſecours & d'employer , ſi cela
eſt inévitable , toutes leurs forces pour leur défenſe
mutuelle , afin de finir plus promptement
les malheurs de la guerre &d'en empêcher les
progrès.
ART. V. Les troupes auxiliaires doivent être
pourvues de l'artillerie de campagne , des munitions
& de tout ce dont elles auront befoin , à
proportion de leur nombre , & être payées & recrutées
annuellement par la Courqui fera requiſe.
Quant aux rations& portions ordinaires en vivres
&en fourages , elles leur feront données , ainſi
que les quartiers , par la Cour requérante , fur le
piedqu'elle entretient & entretiendra ſes propres
troupes en campagne & dans les quartiers.
ART. VI . Ces mêmes troupes auxiliaires ſeront
ſous le commandement immédiat du Chef de
l'armée de la Cour requérante , mais elles ne
dépendront que des ordres de leur propre Géné
ral , & feront employées dans toutes les opérations
militaires , felon les uſages de la guerre
fans contradiction : cependant ces opérations ſeront
auparavant réglées & déterminées dans le
Confeilde Guerre en préſence du Général qui
les commandera .
ART. VII . L'ordre & l'economie militaire
dans l'intérieur de ces troupes dépendront uniquement
de leur propre Chef; elles ne feront fatiguées
& expoſées qu'autant que le feront celles de
AOUST. 1764. 183
la Cour même qui les aura demandées , & l'on
fera obligé d'obferver dans toutes les occafions
une égalité parfaite & exactement proportionnée
à leur nombre & à leurs forces dans l'armée où
elles ſerviront..En conféquence , elles demeureront
enſemble autant qu'il fera poſſible , & l'on
fera en ſorte de ne point les ſéparer dans les marches
, commandemens , actions , quartiers & autres
occaſions ,
ART. VIII. De plus , ces troupes auxiliaires au
ront leurs propres Aumôniers & l'exercice entiérement
libre de leur Religion , & ne feront jugées
que ſelon les loix & les articlesde guerre de
leurs propres Souverains & par le Général & les
Officiers qui les commanderont .
ART. IX . Les trophées & tont le butin qu'on
aura fait ſur les ennemis , appartiendront aux
troupes qui s'en feront emparées.
ART. X. Sa Majesté le Roi de Prufe & Sa Majeſté
l'Impératrice s'obligent non-ſeulement de
ne point conclure de paix ni de tréve avec l'ennemi
, à l'inſçu l'un de l'autre & fans un conſentement
mutuel , mais encore de n'entrer dans aucun
pourparler à ce ſujet ſans la connoiffance &
l'aveu des deux parties contractantes. Elles promettent
au contraire de ſe communiquer ſans
délai & fidélement toutes les ouvertures qu'on
pourroit leur faire à ce fujet à l'une ou à l'autre ,
directement ou indirectement , de bouche ou par:
écrit.
ART. XI. Si la partie requiſe , après avoir dond
né le ſecours ftipulé dans le troiſiéme Article de
ceTraité, étoit attaquée de forte qu'elle fût forcée
de rappeller ſes troupes pour ſa propre sûreté ,
elle ſera libre de le faire , après en avoir averti
deux mois auparavant la partie requérante. Paz
184 MERCURE DE FRANCE.
reillement , fi la partie requiſe étoit elle-même
en guerredans le temps de la réquifition de manière
u'elle fût obligée de garder auprès d'elle
pour la propre sûreté & pour la défenſe les troupes
qu'elle eût dû donner a fon alliée en vertu de
ceTraité elle aura la liberté de ne point donner
ceſecours pendant tout le temps que cette néceſſité
durefa.
:
ART. XII. Le commerce , tant par terre que
par mer , continuera de ſe faire librement & fans
aucun empêchement entre les Etars , Provinces &
Süjets des deux Cours alliées & dans les Ports ,
Villes & Provinces de commerce , tant deSa
Majesté le Roi de Prutle , que de Sa Majefté
l'Impératrice : on ne mettra pas de plus grands
droits, charges & impôts ſur les Vailleaux & les
Sujets des deux Cours que fur ceux des autres
Nations amies & alliées , & on ne les traitera pas
avec plus de rigueur.
ART. XIII La durée de ce Traité d'alliance
fera de huit ans & avant l'expiration de ce terme
il fera renouvellé ſelon les circonstances.
ART . XIV . Le préſent Traité ſera ratifié &les
ratifications échangées ici dans l'efpace de fix fe
maines ou plutôt fi taire ſe peur.
En foi de quoi les Minittres ſouſſignés ont fait
faire deux exeinplaires ſemblables fignés de leur
propre main , & y ont appofé le cachet de leurs
armes. Fait à S. Petersbourg , le 11 Avril ( 3
Mars V. S. 1164. ( L.S. ) V. F. DE SOLMS ,
( L.S. ) N. PANIN ,
( L. S. ) PR. A. GALLITZIN.
ARTICLE SECRET Comme il eſt de l'intérêt de
Sa Majesté le Roi de Prutfe & de Sa Majesté
l'impératrice de Toutes les Ruffies d'employer :
AOUST . 1764. 185
tous leurs foins & tous leurs efforts pour que la
République de Pologne ſoit maintenue dans ſon
droit de libre élection , & qu'il ne ſoit permis à
perſonne de rendre ledit Royaume héréditaire
dans ſa famille ou de s'y rendre abſolu ; Sa Ma
jeſté le Roi de Pruſſe & Sa MajestéImpériale ont
promis & ſe ſont engagés mutuellement & de la
manière la plus forte par cet Article ſecret
non-ſeulement à ne point permettre que qui que
ce ſoit entreprenne de dépouiller la République de
Pologne de ſon droit de libre élection , de rendre
le Royaume héréditaire , ou de s'y rendre abſolu
dans tous les cas où cela pourroit arriver , mais
encore à prévenir & à anéantir par tous les
moyens potſibles , & d'un commun accord , les
vues & les deſſeins qui pourroient tendre à ce but
auſſi-tôt qu'on les aura découverts , & à avoir
même , en cas de beſoin , recours à la force des
armes pour garantir la République du renverſement
de la conſtitution & de ſes loix fondamentales.
Ce préſent Article ſecret aura la même force
& vigueur que s'il étoit inféré mot pour mot
dans le Traité principal d'alliance défenſive ſigné
aujourd'hui , & ſera ratifié en même temps.
En foi de quoi il en a été fait deux exemplaires
ſemblables que Nous les Miniſtres Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pruſſe & de Sa
Majesté l'Impératrice de Toutes les Ruffies , autoriſés
pour cet effet , avons ſignés & ſcellés du
cachet de nos armes . Fait à S Petersbourg , le
11 Avril . ( 31 Mars V. S. ) 1764. ( L. S. C. DE
SOLMS , ( L.S .; PANIN , ( L. S. GALLITZIN
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Résumé : TRAITÉ conclu à Petersbourg entre l'Impératrice de Russie & le Roi de Prusse, le 11 Avril 1764.
Le 11 avril 1764, un traité d'alliance défensive a été conclu à Petersbourg entre l'impératrice de Russie et le roi de Prusse. Ce traité vise à renforcer l'amitié et la bonne intelligence entre les deux cours, en garantissant la sécurité de leurs États et possessions respectifs. Les points essentiels du traité incluent un engagement mutuel où les deux monarques doivent considérer les intérêts de l'autre comme les leurs propres et écarter tout ce qui pourrait y nuire. Les parties peuvent conclure d'autres traités qui ne nuisent pas à l'alliance principale. Les États et possessions actuels des deux monarques sont garantis mutuellement contre toute attaque. En cas d'attaque, les parties s'engagent à fournir des troupes auxiliaires (10 000 hommes d'infanterie et 2 000 hommes de cavalerie) et à augmenter ces secours si nécessaire. Les troupes auxiliaires seront sous le commandement du chef de l'armée de la cour requérante mais dépendront des ordres de leur propre général. Elles auront leurs propres aumôniers et l'exercice libre de leur religion. Les trophées et le butin appartiendront aux troupes qui s'en seront emparées. Aucune des parties ne peut conclure de paix ou de trêve sans le consentement mutuel. Le commerce entre les deux cours continuera librement sans empêchements. Le traité est valable pour huit ans et peut être renouvelé selon les circonstances. Un article secret stipule que les deux monarques s'engagent à maintenir la République de Pologne dans son droit de libre élection et à empêcher toute tentative de rendre le royaume héréditaire ou absolu. Le traité a été signé par les plénipotentiaires des deux cours et doit être ratifié dans un délai de six semaines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 186-189
« L'Impératrice a fait communiquer aux différentes Cours le Mémoire [...] »
Début :
L'Impératrice a fait communiquer aux différentes Cours le Mémoire [...]
Mots clefs :
Mémoire, Impératrice, Confédération, République, Humanité, Engagement, Constitution, Sa Majesté impériale, Amitié, Circonstances, Alliance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Impératrice a fait communiquer aux différentes Cours le Mémoire [...] »
L'I'MIMPPEERRAATTRRIICCEE a fait communiquer aux diffé."
rentes Cours le Mémoire ſuivant , concernant les
affaires de Pologne & particulièrement la Confédération
de Lithuanie.
« Sa Majefté Impériale , ſenſiblement touchée
>> de l'état violent où se trouve la Pologne, ne
>> peut la voir avec indifférence à la veilled'une
>> guerre inteſtine. Les droits de l'humanité ſeule
▸ ne lui permettroient pas de refter tranquille
ſpectatrice desfureurs qui , après avoir fait couler
>> des torrens deſang,entraîneroient la deſtruction
>>> totale de cette Nation. Les Souverains font
>> les défenſeurs du genre humain , & le pouvoir
qu'il ont ſur une partie des hommes leur donne
>> le droitde s'intéreſſer au bien de tous . Mais ,
indépendamment de ces motifs , Sa Majesté
Impériale a des engagemens perſonnels qui
>>>réclament ſon aſſiſtance en faveur de la Polo
>>>gne. Médiatrice naturelle & autoriſée par les
>>>Traités, entre les différens Etats qui compoſent
ככ
la République , Elle veille à l'exemple de ſes
>> Prédéceſſeurs, à ce que rien ne puifle porterat-
>>> teinte aux conſtitutions fondamentales de cette
République. Sa Majefté Impériale , qui avoit
>> prévu les circonstances toujours critiques d'un
interregne , crut , auffi- tôt après la mort du
>> Roi , remplir les devoirs ſacrés de l'humanité
» & de la foi des Traités , en faiſant aſſurer la
République par ſes Miniſtres & en l'affurant
Elle -même par ſes Lettres qu'Elle alloit redou
AOUST. 1764 . 187
לכ bler d'attention pour prévenir les dangers auxquels
laperte de ſon Chef pouvoit l'expoſer. Les
Miniſtres de S. M. I. dans toutes les Cours de
>> l'Europe ont eu ordre d'y faire connoître ces
>> diſpoſitions que ſa conduite a parfaitement juf
tifiées juſqu'a ce jour. Aux engagemens de l'amitié
& de l'alliance , l'Impératrice joint ceux
>> du voisinage qui rend les premières obligations
>>plus étroites & en forme d'autres uniquement
>>>propres à l'Etat voiſin . Une correfpondance mu-
>> tuelle eſt le fondement des avantages &le lien
>> du bonheur réciproque de deux Etats limitro-
>> trophes , quand l'un eft attaqué en quelqu'une
>> de ſes parties. Le contrecoup qu'en reſſent ſon
>> voiſin force celui- ci à prendre part à ce mal .
Alors , les motifs de l'amitié & de l'alliance re-
> çoivent de nouvelles forces & exigent de lui les
>>plus grands efforts après ceux qu'il ſe doit à
>> foi-même. Toutes ces conſidérations ont inſpiré
à Sa Majefté Impériale les démarches qu'Elle
>> a faites , ainſi que les aſſurances qui les ont précédées
& qu'Elle a rénérées autant de fois que
>> les circonstances l'ont éxigé. Aujourd'hui , ſa
gloire , la proſpérité de ſon regne , ſon atten--
driſſement ſur les malheurs de ſes voiſins & le
propre intérêt de ſon Peuple éxigent qu'Elle
>> rempliſſe des paroles qui ne ſont pas moins fa-
>> crées que dictées par l'honneur & la ſageſſe .
>>C'eſt une Nation qui vient l'en prier , qui ré
>> clame ſes engagemens , qui l'appelle à ſon ſe-
>>c>ours : Sa Majeſté Impériale ſe rendroit coupable
du mal ultérieur , fi Elle ne déféroit à des
motifs ſi preſſans. Dans la droiture des principes
qui la guident & des ſentimens qui l'ani-
❤ment, Elle a donc ordonné , auſſi- tôt après la
188 MERCURE DE FRANCE .
réclamation faite par la Confédération géné
>>>rale de Lithuanie , qu'un corps de ſes troupes
>> marchat vers cette Province pour y appuyer les
>>>bonnes intentions des vrais Patriotes , pour y
>> arrêter tout déſordre , y maintenir la liberté
>> des Citoyens & rendre aux conſtitutions de la
>> République leur première vigueur. Sa Majesté
>> Impériale devoit cette marque de confiance au
"zèle patriotique de la Confédération qui , loin
>>>de s'oppoſer à la tenue de la Dière Générale ,
>> ſeule voiepropre à conſolider les conſtitutions
" de la Républiquedans une circonſtance auffi critique
que celle de l'interregne, achargé fon
>Maréchald'y envoyer des Députés pour expo-
5ſer aux Etats de la République aſſemblés , la
>>>pureté de ſes intentions & lajuſtice de ſes de-
>> firs , & pour engager ſes frères des Provinces
>>> de la Couronne à ſecourir de concert la Patrie ,
>> en leur rappellant l'union de la Lithuanie avec
>le Royaume, union confirmée par un ferment
>>facré& maintenue inaltérablement depuis plu-
>>> fieurs fiécles.
>>La néceſſité du ſecours que l'Impératrice en-
>>voye à cette Province eſt d'autant plus preſſante
que depuis que la Confédération s'eft
>>>formée , on apprend que le Prince Radziwill ,
> armé depuis longtemps & le plus ardent à
>> troubler le repos de ſa Patrie , a fait des entrepriſes
contre la Confédération ,& ſe propoſe
»d'empêcher dès ſa naiſſance tout le bien qu'on
>> doit naturellement s'en promettre.
» Les Généraux de Sa Majeſté Impériale
>>n'ont d'autres inſtructions que de reſter tran-
>>> quilles , de s'oppoſer à toute eſpéce de violen--
>> ces & d'éviter ſcrupuleuſement d'en commer--
>> tre la plus légére , de faciliter en tout les liAOUST.
1764. 189
bres délibérations de la Nobleſſe , de garder
uniquement la défenſive , & enfin de ne faire
uſage de leurs armes que lorſqu'on les atta-
>>quera eux- mêmes ou les dépôts précieux com-
>>>mis à leur garde.
>>L'Impératrice, fondée ſur les ſentimens d'humanité
&d'amour pour la paix qu'elle a fait
>> connoître depuis le commencement de ſon ré-
>>gne , ne doute pas qu'on ne rende la juſtiće
qui eſt due à la légitimité de la démarche
>> qu'Elle ſe trouve obligée de faire. Comme Sa
>> Majesté Impériale avoit prévu cet événement ,
>>>Elle avoit tout fait pour le détourner ; &
»quoique toutes les Puillances avec leſquelles
Elle est en amitié ſoient moins intérellées
»qu'Elle aux affaires préſentes , Elle n'avoit pas
balancé à leur en faire part , & avoit cru fe de-
>> voir cette fatisfaction à Elle- même , à la pureté
>>de ſes intentions & à l'uniformité des principes
qu'elle a admis invariablement. p.
rentes Cours le Mémoire ſuivant , concernant les
affaires de Pologne & particulièrement la Confédération
de Lithuanie.
« Sa Majefté Impériale , ſenſiblement touchée
>> de l'état violent où se trouve la Pologne, ne
>> peut la voir avec indifférence à la veilled'une
>> guerre inteſtine. Les droits de l'humanité ſeule
▸ ne lui permettroient pas de refter tranquille
ſpectatrice desfureurs qui , après avoir fait couler
>> des torrens deſang,entraîneroient la deſtruction
>>> totale de cette Nation. Les Souverains font
>> les défenſeurs du genre humain , & le pouvoir
qu'il ont ſur une partie des hommes leur donne
>> le droitde s'intéreſſer au bien de tous . Mais ,
indépendamment de ces motifs , Sa Majesté
Impériale a des engagemens perſonnels qui
>>>réclament ſon aſſiſtance en faveur de la Polo
>>>gne. Médiatrice naturelle & autoriſée par les
>>>Traités, entre les différens Etats qui compoſent
ככ
la République , Elle veille à l'exemple de ſes
>> Prédéceſſeurs, à ce que rien ne puifle porterat-
>>> teinte aux conſtitutions fondamentales de cette
République. Sa Majefté Impériale , qui avoit
>> prévu les circonstances toujours critiques d'un
interregne , crut , auffi- tôt après la mort du
>> Roi , remplir les devoirs ſacrés de l'humanité
» & de la foi des Traités , en faiſant aſſurer la
République par ſes Miniſtres & en l'affurant
Elle -même par ſes Lettres qu'Elle alloit redou
AOUST. 1764 . 187
לכ bler d'attention pour prévenir les dangers auxquels
laperte de ſon Chef pouvoit l'expoſer. Les
Miniſtres de S. M. I. dans toutes les Cours de
>> l'Europe ont eu ordre d'y faire connoître ces
>> diſpoſitions que ſa conduite a parfaitement juf
tifiées juſqu'a ce jour. Aux engagemens de l'amitié
& de l'alliance , l'Impératrice joint ceux
>> du voisinage qui rend les premières obligations
>>plus étroites & en forme d'autres uniquement
>>>propres à l'Etat voiſin . Une correfpondance mu-
>> tuelle eſt le fondement des avantages &le lien
>> du bonheur réciproque de deux Etats limitro-
>> trophes , quand l'un eft attaqué en quelqu'une
>> de ſes parties. Le contrecoup qu'en reſſent ſon
>> voiſin force celui- ci à prendre part à ce mal .
Alors , les motifs de l'amitié & de l'alliance re-
> çoivent de nouvelles forces & exigent de lui les
>>plus grands efforts après ceux qu'il ſe doit à
>> foi-même. Toutes ces conſidérations ont inſpiré
à Sa Majefté Impériale les démarches qu'Elle
>> a faites , ainſi que les aſſurances qui les ont précédées
& qu'Elle a rénérées autant de fois que
>> les circonstances l'ont éxigé. Aujourd'hui , ſa
gloire , la proſpérité de ſon regne , ſon atten--
driſſement ſur les malheurs de ſes voiſins & le
propre intérêt de ſon Peuple éxigent qu'Elle
>> rempliſſe des paroles qui ne ſont pas moins fa-
>> crées que dictées par l'honneur & la ſageſſe .
>>C'eſt une Nation qui vient l'en prier , qui ré
>> clame ſes engagemens , qui l'appelle à ſon ſe-
>>c>ours : Sa Majeſté Impériale ſe rendroit coupable
du mal ultérieur , fi Elle ne déféroit à des
motifs ſi preſſans. Dans la droiture des principes
qui la guident & des ſentimens qui l'ani-
❤ment, Elle a donc ordonné , auſſi- tôt après la
188 MERCURE DE FRANCE .
réclamation faite par la Confédération géné
>>>rale de Lithuanie , qu'un corps de ſes troupes
>> marchat vers cette Province pour y appuyer les
>>>bonnes intentions des vrais Patriotes , pour y
>> arrêter tout déſordre , y maintenir la liberté
>> des Citoyens & rendre aux conſtitutions de la
>> République leur première vigueur. Sa Majesté
>> Impériale devoit cette marque de confiance au
"zèle patriotique de la Confédération qui , loin
>>>de s'oppoſer à la tenue de la Dière Générale ,
>> ſeule voiepropre à conſolider les conſtitutions
" de la Républiquedans une circonſtance auffi critique
que celle de l'interregne, achargé fon
>Maréchald'y envoyer des Députés pour expo-
5ſer aux Etats de la République aſſemblés , la
>>>pureté de ſes intentions & lajuſtice de ſes de-
>> firs , & pour engager ſes frères des Provinces
>>> de la Couronne à ſecourir de concert la Patrie ,
>> en leur rappellant l'union de la Lithuanie avec
>le Royaume, union confirmée par un ferment
>>facré& maintenue inaltérablement depuis plu-
>>> fieurs fiécles.
>>La néceſſité du ſecours que l'Impératrice en-
>>voye à cette Province eſt d'autant plus preſſante
que depuis que la Confédération s'eft
>>>formée , on apprend que le Prince Radziwill ,
> armé depuis longtemps & le plus ardent à
>> troubler le repos de ſa Patrie , a fait des entrepriſes
contre la Confédération ,& ſe propoſe
»d'empêcher dès ſa naiſſance tout le bien qu'on
>> doit naturellement s'en promettre.
» Les Généraux de Sa Majeſté Impériale
>>n'ont d'autres inſtructions que de reſter tran-
>>> quilles , de s'oppoſer à toute eſpéce de violen--
>> ces & d'éviter ſcrupuleuſement d'en commer--
>> tre la plus légére , de faciliter en tout les liAOUST.
1764. 189
bres délibérations de la Nobleſſe , de garder
uniquement la défenſive , & enfin de ne faire
uſage de leurs armes que lorſqu'on les atta-
>>quera eux- mêmes ou les dépôts précieux com-
>>>mis à leur garde.
>>L'Impératrice, fondée ſur les ſentimens d'humanité
&d'amour pour la paix qu'elle a fait
>> connoître depuis le commencement de ſon ré-
>>gne , ne doute pas qu'on ne rende la juſtiće
qui eſt due à la légitimité de la démarche
>> qu'Elle ſe trouve obligée de faire. Comme Sa
>> Majesté Impériale avoit prévu cet événement ,
>>>Elle avoit tout fait pour le détourner ; &
»quoique toutes les Puillances avec leſquelles
Elle est en amitié ſoient moins intérellées
»qu'Elle aux affaires préſentes , Elle n'avoit pas
balancé à leur en faire part , & avoit cru fe de-
>> voir cette fatisfaction à Elle- même , à la pureté
>>de ſes intentions & à l'uniformité des principes
qu'elle a admis invariablement. p.
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Résumé : « L'Impératrice a fait communiquer aux différentes Cours le Mémoire [...] »
L'Impératrice de Russie exprime sa préoccupation face à la situation violente en Pologne, particulièrement en Lituanie. Elle justifie son intervention par des motifs humanitaires et des engagements personnels, se présentant comme une médiatrice naturelle et autorisée par les traités entre les différents États de la République polonaise. L'Impératrice rappelle ses actions passées pour assurer la stabilité de la Pologne après la mort du roi et ses efforts pour prévenir les dangers liés à l'interrègne. Elle souligne les obligations de voisinage et les avantages réciproques d'une correspondance mutuelle entre États limitrophes. Les récentes réclamations de la Confédération générale de Lituanie l'ont poussée à envoyer des troupes pour soutenir les patriotes, maintenir l'ordre et restaurer les constitutions de la République. Ces troupes ont pour mission de rester tranquilles, d'éviter toute violence et de faciliter les délibérations de la noblesse. L'Impératrice espère que ses actions seront comprises et justifiées par les autres puissances, avec lesquelles elle a partagé ses intentions et ses principes. Elle mentionne également les menaces posées par le Prince Radziwill, qui trouble l'ordre public en Lituanie.
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