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751
p. 159-163
De Goa, Capitale des Indes.
Début :
Le Pere Antoine Thomas, Flamand de nation, qui partit de / Je suis arrivé icy le 26. Septembre, apres avoir essuyé [...]
Mots clefs :
Goa, Empereur, Suma, Japon, Maison, Loi chrétienne
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texteReconnaissance textuelle : De Goa, Capitale des Indes.
De Goa, Capitale des Indes.
1LE Pere Antoine Thomas*
Flamanddenation,quipar- - tit de Lisbonne avecdix autres
Jefuites le 18. Aunl16Î0. pour
aller aux Indes, à la Chine r&
au Japon.) nous écrit en ces termes
de Goa du 11. Oélobre 1680.
Je fuis arrivé icy le 26. Septembre,
apres avoir essuyé
mille dangers sur la Mer, ôc
perdumon cherCompagnon
le jeune P. Adam, avec lequel
je devois aller au Japon.
J'apprens icy des nouvelles
prodigieuses de cet
Empire. L'Empereur du Ji
ponn'ayant point deFils,
adopté celuy de la second
Personne du Royaume qu'o
nomme Suma. Ce petit En
fant par innocence de son
âge, demanda congé à l'Empereur
laveillede Noëld'alleren
la Maison de son Perc
pour assister à une gran d
Feste,&y entendre la Messe
L'Empereur surpris, dissimu
la,ôc luy ayant permis ce qui
souhaitoit, fit la nuit suivan
te investir la Maison de Su
ma, que l'on prit avec le Prêtre
qui avoit célébréla Met
se. Il les fit venir en son Palais,
ôc dit à Suma qu'il ne
pouvoit ignorer qu'il avoit
défendu laLoy Chrestienne.
Suma reponditqu'il le sçavoir,
mais qu'il l'avait défendue
injustement, puis que
cette Loy qui estoit d'ailleurs
la veritable, ne rempeschoit
pas de luy rendre tous les services
qu'illuy devoit. L'Empereur
le cÓdanlna à la mort,
mais un grand nombre des
principaux de la Cour qui
estoient présens, dirent hautenlcnr,
que si professer laLoy
Chrestienne estoit un crime
digne de mort, il les devoit
tous faire mourir
3
& plus dj
la moitié de ses Sujets; lliail
que cela feroit fort injustes
puis qu'ils le servoient plui
fidellement qu'aucun autre
& que dans les dernieres
Guerres Civiles, les Chrêtiens
avoient estépresque Ici
seuls à conserver sa Personne
au péril mesme de leurs vies
L'Empereurtouché de ce
discours,
leur dit qu'ils continuaffent,
& leur laissa
une
pleine liberté d'estre Chrêtiens.
UnMedecinFrançois
venu de Siam, m'a dit qu'il
avoit appris cette nouvelle
d'unCapitaine deVaisseauJaponois,&
j'ay [cen d'unPortugais
venu icy ces jours passez
deMalaca,que lesHollandois
racontoient la mefmechofe.
1LE Pere Antoine Thomas*
Flamanddenation,quipar- - tit de Lisbonne avecdix autres
Jefuites le 18. Aunl16Î0. pour
aller aux Indes, à la Chine r&
au Japon.) nous écrit en ces termes
de Goa du 11. Oélobre 1680.
Je fuis arrivé icy le 26. Septembre,
apres avoir essuyé
mille dangers sur la Mer, ôc
perdumon cherCompagnon
le jeune P. Adam, avec lequel
je devois aller au Japon.
J'apprens icy des nouvelles
prodigieuses de cet
Empire. L'Empereur du Ji
ponn'ayant point deFils,
adopté celuy de la second
Personne du Royaume qu'o
nomme Suma. Ce petit En
fant par innocence de son
âge, demanda congé à l'Empereur
laveillede Noëld'alleren
la Maison de son Perc
pour assister à une gran d
Feste,&y entendre la Messe
L'Empereur surpris, dissimu
la,ôc luy ayant permis ce qui
souhaitoit, fit la nuit suivan
te investir la Maison de Su
ma, que l'on prit avec le Prêtre
qui avoit célébréla Met
se. Il les fit venir en son Palais,
ôc dit à Suma qu'il ne
pouvoit ignorer qu'il avoit
défendu laLoy Chrestienne.
Suma reponditqu'il le sçavoir,
mais qu'il l'avait défendue
injustement, puis que
cette Loy qui estoit d'ailleurs
la veritable, ne rempeschoit
pas de luy rendre tous les services
qu'illuy devoit. L'Empereur
le cÓdanlna à la mort,
mais un grand nombre des
principaux de la Cour qui
estoient présens, dirent hautenlcnr,
que si professer laLoy
Chrestienne estoit un crime
digne de mort, il les devoit
tous faire mourir
3
& plus dj
la moitié de ses Sujets; lliail
que cela feroit fort injustes
puis qu'ils le servoient plui
fidellement qu'aucun autre
& que dans les dernieres
Guerres Civiles, les Chrêtiens
avoient estépresque Ici
seuls à conserver sa Personne
au péril mesme de leurs vies
L'Empereurtouché de ce
discours,
leur dit qu'ils continuaffent,
& leur laissa
une
pleine liberté d'estre Chrêtiens.
UnMedecinFrançois
venu de Siam, m'a dit qu'il
avoit appris cette nouvelle
d'unCapitaine deVaisseauJaponois,&
j'ay [cen d'unPortugais
venu icy ces jours passez
deMalaca,que lesHollandois
racontoient la mefmechofe.
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Résumé : De Goa, Capitale des Indes.
Le Père Antoine Thomas, jésuite flamand, écrit une lettre depuis Goa le 11 décembre 1680, relatant son arrivée le 26 septembre après un périlleux voyage en mer durant lequel il a perdu le Père Adam. Thomas rapporte des nouvelles de l'Empire japonais. L'empereur, sans fils, a adopté Suma, fils de la seconde personne du royaume. Suma, ayant assisté à une messe, fut arrêté avec le prêtre célébrant. Accusé de pratiquer la loi chrétienne, interdite, Suma admit sa foi mais affirma sa loyauté envers l'empereur. Menacé de mort, Suma fut sauvé par des membres de la cour, qui soulignèrent la fidélité des chrétiens sujets de l'empereur. Touchée, l'empereur permit la pratique de la foi chrétienne. Cette nouvelle a été confirmée par un médecin français et un Portugais, qui rapportèrent que les Hollandais racontaient la même histoire.
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752
p. 173-182
Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
Début :
On continuë à faire grand fruit en France aupres des [...]
Mots clefs :
Prétendus réformés, Conversion, Famille, Marquis, Famille d'Antiquar, Vérités catholiques, Controverses, Erreurs, Zèle, Cérémonie, Diocèse, Évêché, Preuves
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texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
fruit en France aupres des
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
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Résumé : Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
Le texte décrit la conversion au catholicisme de la famille du Marquis d'Anquitar, une famille distinguée par son esprit, sa vertu et sa noblesse. Le Marquis, cousin germain de la Duchesse de Richelieu et allié des plus grandes familles du royaume, fut influencé par la conversion préalable de son fils. Madame la Marquise d'Anquitar, après une résistance initiale, fut convaincue par les sermons du Père Bernard Jésuite et les écrits de Monsieur du Fresne de la Mission de Richelieu. Elle rédigea un mémoire de ses doutes religieux et le soumit aux ministres de Loudun, bien qu'elle n'en fût pas entièrement satisfaite. Le Marquis, voyant sa femme convaincue, envoya un émissaire à l'évêque de Poitiers, réputé pour son zèle et ses nombreuses conversions. L'évêque se rendit à Richelieu pour ramener les convertis. La cérémonie d'abjuration eut lieu le 21 du dernier mois en présence de nombreux spectateurs. Les filles du Marquis, ainsi que deux autres personnes du même diocèse, suivirent l'exemple de leurs parents. Madame la Marquise d'Anquitar appartient à la maison de Saint-Gelais, une famille illustre ayant produit des figures marquantes dans les domaines littéraire et religieux, comme Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême et poète célèbre sous les règnes de François Ier et Henri II.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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753
p. 182-186
Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Début :
Je croy vous avoir déja parlé de plusieurs conversions, qui ont [...]
Mots clefs :
Conversions, Mademoiselle de Sainte Afrique, Religion prétendue réformée, Henry IV, Catholique, Religionnaires, Voix de Dieu, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Je croy vous avoir déj
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
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Résumé : Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs conversions religieuses à Montpellier, notamment celle de Mademoiselle de Sainte Afrique, fille de Messire Abel du Suc et de Dame Marte de Gallière. Son grand-père, Monsieur du Suc, était Premier Président à la Chambre de l'Édit de Castres et avait été honoré par le roi Henri IV. Après le décès de son père, appartenant à la religion réformée, Mademoiselle de Sainte Afrique, alors âgée d'environ onze ans, fut envoyée chez son oncle, Monsieur de la Vérune-Gallière, conseiller à la Cour des Comptes, pour être éduquée dans la foi catholique. Elle y resta cinq ans jusqu'à la mort de sa mère. Par la suite, son frère aîné demanda à l'Intendant de Languedoc de la placer dans un couvent. Elle entra chez les Ursulines de Saint-Charles à Montpellier et abjura publiquement le 23 février. Les religieuses prenaient soin des nouvelles converties, y compris celles de la Maison de la Providence, où elles instruisaient les nouvelles catholiques, ce qui était très édifiant pour la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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756
p. 78-81
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
J'aurois un long Article à vous faire, si je vous marquois [...]
Mots clefs :
Conversions, Controverses, Abjurations, Missions, Prétendus réformés, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
J'aurois un long Article à vous
faire , fi je vous marquois toutes
les Converfions dont on ma donné
avis . Les Controverfes que le
P. Aléxis du Buc Théatin continuë
de prefcher tous les Dimanches
, font toûjours fuivies d'un
tres grand fuccés ; & parmy
plufieurs Abjurations du dernier
mois , il a receu celles de Mademoiſelle
Rachel Amiraut , Niéce
du Miniftre de ce nom , & de
Monfieur
·
GALANT. 79
Monfieur Salomon Morin , Neveu
de Monfieur Morin , Miniftres
de Caën.Quand des Perfonnes
qui touchent de pres les plus
éclairez de ceux de la R. P. R. renoncent
à leurs erreurs , on peut
dire qu'elles font bien convaincuës
des véritez de la noftre, puis
que leurs Docteurs intéreffez par
le fang , ne leur peuvent oppofer
d'affez puiffantes raifons pour
les retenir dans la croyance où
elles font nées. Le mefme P.Alexis
du Buc ayant convaincu Madame
Ifabelle Aubeftin , Niéce de
Monfieur Aubeftin Miniftre, elle
a abjuré depuis un mois entre les
mains de Monfieur l'Evefque de
Lavaur.
Le Pere Rochette , qui enfeigne
la Métaphyfique à Arles,
a auffi converty Monfieur d'Arval
de Mareft. Ce changement a
D iiij
So MERCURE
donné beaucoup de joye à toute
la Ville.
Je ne vous dis rien de
quantité
d'Abjurations reçeuës pendant
une Miffion que les Peres
Capucins ont faite à Orbec , petite
Ville de Normandie. Le Pere
Jerothée , Premier Définiteur
de cette Province , & l'un des
plus excellens Prédicateurs de
leur Ordre , en eftoit le Chef. Il у
a eu tous les jours cinq Sermons
pendant deux mois. Outre celuy
qu'il commençoit toûjours à
neuf heures , il preſchoit la Controverfe
tous les Lundis & les
Vendredis ; & comme il eft infiniment
éclairé fur cette matiere ,
la plupart des Prétendus Refor
mez qui le venoient écouter,
trouvoient d'autant moins de jour.
à ne fe pas rendre aux preuves
de fes propofitions , qu'il les faifoit
GALAN T.
1
foit par leurs propres Livres. Il a
fouvent prié leur Miniftre de luy
répondre , & il fe trouvoit pour
cela chaque Dimanche à fon
Preſche en la compagnie d'un
des Lieutenans Genéraux , & des'
autres Officiers, mais ce Miniftre
ne l'a ofé entreprendre . Cette
Miffion fe termina le jour de
Quasimodo parune Proceffion fo
lemnelle qui fe fit avec une affluencede
Peuple extraordinaire, en
un Lieu quieſt au deffus de la Vil
le; On planta là une Croix fur une
petite éminence où apres que ce
mefme Pere Jerothée eut fait un
tres beau difcours, on brûla quan- ,
tité de Caracteres & de Manufcrits
qui avoient fervy à faire des
maléfices .
faire , fi je vous marquois toutes
les Converfions dont on ma donné
avis . Les Controverfes que le
P. Aléxis du Buc Théatin continuë
de prefcher tous les Dimanches
, font toûjours fuivies d'un
tres grand fuccés ; & parmy
plufieurs Abjurations du dernier
mois , il a receu celles de Mademoiſelle
Rachel Amiraut , Niéce
du Miniftre de ce nom , & de
Monfieur
·
GALANT. 79
Monfieur Salomon Morin , Neveu
de Monfieur Morin , Miniftres
de Caën.Quand des Perfonnes
qui touchent de pres les plus
éclairez de ceux de la R. P. R. renoncent
à leurs erreurs , on peut
dire qu'elles font bien convaincuës
des véritez de la noftre, puis
que leurs Docteurs intéreffez par
le fang , ne leur peuvent oppofer
d'affez puiffantes raifons pour
les retenir dans la croyance où
elles font nées. Le mefme P.Alexis
du Buc ayant convaincu Madame
Ifabelle Aubeftin , Niéce de
Monfieur Aubeftin Miniftre, elle
a abjuré depuis un mois entre les
mains de Monfieur l'Evefque de
Lavaur.
Le Pere Rochette , qui enfeigne
la Métaphyfique à Arles,
a auffi converty Monfieur d'Arval
de Mareft. Ce changement a
D iiij
So MERCURE
donné beaucoup de joye à toute
la Ville.
Je ne vous dis rien de
quantité
d'Abjurations reçeuës pendant
une Miffion que les Peres
Capucins ont faite à Orbec , petite
Ville de Normandie. Le Pere
Jerothée , Premier Définiteur
de cette Province , & l'un des
plus excellens Prédicateurs de
leur Ordre , en eftoit le Chef. Il у
a eu tous les jours cinq Sermons
pendant deux mois. Outre celuy
qu'il commençoit toûjours à
neuf heures , il preſchoit la Controverfe
tous les Lundis & les
Vendredis ; & comme il eft infiniment
éclairé fur cette matiere ,
la plupart des Prétendus Refor
mez qui le venoient écouter,
trouvoient d'autant moins de jour.
à ne fe pas rendre aux preuves
de fes propofitions , qu'il les faifoit
GALAN T.
1
foit par leurs propres Livres. Il a
fouvent prié leur Miniftre de luy
répondre , & il fe trouvoit pour
cela chaque Dimanche à fon
Preſche en la compagnie d'un
des Lieutenans Genéraux , & des'
autres Officiers, mais ce Miniftre
ne l'a ofé entreprendre . Cette
Miffion fe termina le jour de
Quasimodo parune Proceffion fo
lemnelle qui fe fit avec une affluencede
Peuple extraordinaire, en
un Lieu quieſt au deffus de la Vil
le; On planta là une Croix fur une
petite éminence où apres que ce
mefme Pere Jerothée eut fait un
tres beau difcours, on brûla quan- ,
tité de Caracteres & de Manufcrits
qui avoient fervy à faire des
maléfices .
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs conversions religieuses marquantes. Le Père Alexis du Buc, membre de l'ordre des Théatins, organise des controverses dominicales populaires et a récemment obtenu les abjurations de Mademoiselle Rachel Amiraut, nièce du ministre Amiraut, et de Monsieur Salomon Morin, neveu du ministre de Caen. Ces conversions sont notables car elles concernent des proches de figures influentes de la Religion Prétendue Réformée (R.P.R.). Le Père Alexis a également convaincu Madame Isabelle Aubefstin, nièce du ministre Aubefstin, qui a abjuré il y a un mois. Par ailleurs, le Père Rochette, professeur de métaphysique à Arles, a converti Monsieur d'Arval de Marest, suscitant une grande joie dans la ville. De plus, une mission des Pères Capucins à Orbec, dirigée par le Père Jérothée, a abouti à de nombreuses abjurations. Pendant deux mois, le Père Jérothée a prêché quotidiennement et tenu des controverses les lundis et vendredis, utilisant des arguments tirés des livres des Prétendus Réformés pour convaincre de nombreux fidèles. La mission s'est achevée par une procession solennelle et la destruction de documents liés à des pratiques maléfiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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758
p. 232-234
AUTRE ENIGME.
Début :
Ie sers également & le Pauvre & le riche, [...]
Mots clefs :
Soleil
759
p. 118-121
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Vous avez déja sçeu que Mr Arnaud, Intéressé depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Médisance, Discours, Archevêque, Conversion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Vous avez déja fçeu que
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Monsieur Arnaud, intéressé par les Fermes générales du roi, a abjuré la Religion Prétendue Réformée il y a plus d'un an. Sa conversion, initialement suspectée de motivations humaines, a été confirmée comme sincère et authentique. Son exemple et ses actions ont conduit plus de cent dix personnes à se convertir, incluant deux de ses parents et un de ses commis. Monsieur de Fontaines, fils de Madame Arnaud, a été le premier à suivre cet exemple au début du Carême. Le 7 mars, Madame Arnaud, Monsieur Blair, Monsieur des Plantes, deux fils de Madame Arnaud d'un premier lit, Monsieur de Fayolle, et la demoiselle de Madame Arnaud ont abjuré devant l'Archevêque de Paris, en présence de Monsieur Lamet et Monsieur Varet. Le même jour, le Baron d'Arros d'Auriac, sa femme et sept de leurs enfants ont abjuré à Pau, convaincus par les motifs de conversion de Monsieur de Blair, envoyés à Madame d'Arros, sa sœur. Ces motifs doivent être rendus publics sur ordre du roi et sur rapport de l'Archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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760
p. 223-224
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 21. de ce mois Mr Boisnier, Sr de la Mothe, [...]
Mots clefs :
Ministre, Religion de Calvin, Cérémonies, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Dimanche 21. de ce
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
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761
p. 224-238
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait aussi beaucoup de Conversions de Personnes de qualité [...]
Mots clefs :
Conversions, Normandie, Demoiselle, Calvinistes, Religion, Protestants, Obstination, Religion prétendue réformée, Vérité, Liberté, Déclaration, Zèle, Catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait auffi beaucoup
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate la conversion religieuse d'une jeune demoiselle protestante de Pont-Audemer, appartenant à une famille noble liée à des calvinistes influents de France et d'Angleterre. Ne trouvant pas de compagnons partageant ses croyances, elle fréquente des jeunes filles catholiques et engage des discussions religieuses avec des cavaliers. Ses parents, informés par une amie, l'envoient à la campagne pour la tenir éloignée des influences protestantes. À son retour, elle maintient sa décision de se convertir au catholicisme. Sa mère, doutant de cette conversion, l'envoie à Camembert, mais la jeune femme réaffirme son désir de changer de religion. Le lieutenant général de Pont-Audemer ordonne alors son retour, et elle proclame publiquement son attachement au catholicisme. Les protestants la soupçonnent de vouloir faciliter son mariage, mais elle reste ferme dans sa conviction. Sa conversion est perçue comme motivée par une foi sincère plutôt que par des intérêts matériels. Elle abjure le jour de la Pentecôte et rejoint l'Abbaye de Preaux pour approfondir sa foi. Sa conversion suscite une impression favorable et incite plusieurs personnes de son entourage à suivre son exemple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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764
p. 156-157
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si j'ay manqué une fois à dire la verité sur un Article [...]
Mots clefs :
Mademoiselle , Religion de Calvin, Cérémonie, Abjuration, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si j'ay manqué une fois à
dire la verité fur un Article
de cette naturé , vous devez
eftre affurée que je vous donne
aujourd'huy une
velle certaine , en vous apprenant
que Mademoiſelle
Charlote de Leviſton a abjuré
depuis peu de temps la
Religion de Calvin. La ceGALANT.
157
rémonie de cette Abjuration
fe fit à Angers, dans l'Eglife
des Peres Capucins , entre
les mains de M' l'Evefque.
dire la verité fur un Article
de cette naturé , vous devez
eftre affurée que je vous donne
aujourd'huy une
velle certaine , en vous apprenant
que Mademoiſelle
Charlote de Leviſton a abjuré
depuis peu de temps la
Religion de Calvin. La ceGALANT.
157
rémonie de cette Abjuration
fe fit à Angers, dans l'Eglife
des Peres Capucins , entre
les mains de M' l'Evefque.
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765
p. 157-158
M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Début :
Les Affaires de Bearn, & particulierement les diférens survenus en [...]
Mots clefs :
Béarn, Catholiques, Protestants, Tensions, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Les Affaires de Bearn , &
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
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Résumé : M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Le roi a nommé Monsieur du Bois-de-Baillet, Maître des Requêtes, comme premier intendant de la province de Béarn pour régler les conflits entre catholiques et protestants. Ce choix souligne sa prudence et son habileté. Il est le fils de Monsieur du Bois-du-Menillet, Conseiller à la Grand' Chambre, et a été Avocat Général à la Cour des Aides de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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766
p. 158-161
SONNET.
Début :
Vous voyez par là, Madame, que le Roy s'attache toûjours avec / Le Ciel souscrit aux Loix du plus grand des Monarques, [...]
Mots clefs :
Roi, Religion, Béarn, Calvinistes, Abjurations, Gloire, Hérésie, Lois, Empire, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Vous voyez par là , Madame
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
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Résumé : SONNET.
Le texte décrit l'engagement du roi pour la religion et ses efforts pour résoudre les différends religieux dans le Béarn. Le roi, qualifié de zélé mais galant, promulgue des ordonnances pour régler ces conflits tout en respectant les traités en vigueur. Il espère que les calvinistes reconnaîtront leurs erreurs, et les nombreuses abjurations sont perçues comme un signe du soutien divin à ses actions. Un sonnet célèbre, inspiré par la chute de la foudre sur la maison d'un ministre à Chauny, célèbre la destruction de l'hérésie et la victoire du roi Louis. Ce sonnet compare la puissance divine et royale, soulignant que le roi agit avec le soutien du ciel pour vaincre l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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768
p. 352-354
AUTRE ENIGME.
Début :
Un soufle me donne le jour, [...]
Mots clefs :
Bouteille de savon
769
p. 3-29
DE L'ORIGINE DE LA Pourpre, de l'usage qu'en ont fait les Anciens, & de sa diférence avec l'Ecarlate.
Début :
Les Phéniciens, au raport de Julius Pollux, attribuent l'invention de [...]
Mots clefs :
Pourpre, Extraordinaire, Écarlate, Couleur, Mer, Teinture, Robe, Poisson, Écailles, Pline, Manière, Empereur, Romains, Aristote, Draps, Livre, Saints, Triomphe, Robes
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texteReconnaissance textuelle : DE L'ORIGINE DE LA Pourpre, de l'usage qu'en ont fait les Anciens, & de sa diférence avec l'Ecarlate.
DE L'ORIGINE DE LA
Pourpre , de l'usage qu'en ont
faitles Anciens, &defadi
férence avecl'Ecarlate.
LEsPhéniciens,auraportde
Julius Pollux , attribuent
l'invention de faire la Pourpre
àHercule , quivintchez eux ac
compagné d'une Fille nommée
Tyro,laquelle ſepromenant ſur
A ij
し
4 Extraordinaire
le borddela Mer, vit un Chien
qui dévoroitunPourpreavecfu
reur. Lefangde cePoiffondon
na unecouleur ſivive, &fiécla.
tante aux lévres du Chien , que
cette Fille réſolutd'aborddede
mander àſon Amant une Robe
1
de cette meſme teinture. Her
cule en ayant eſté prié, ne man.
qua pas de faire peſcher dans
1
tous les lieux voiſins un grand
nombre de ces Poiſſons , pour
faire préſent àſaMaiſtreſſed'une
belleRobe teintedu ſangde ces
pauvres Animaux,quicommen
cerentalorsde perdre la viepour
fatisfaire à la vanité des Hom
mes. On ſeſervoitautrefois de
trois fortes dePoiffonspour faire
cette teinture ſi riche & fi efti
mée, des Murex, des Conchi
duMercureGalant. S
lions, &des Pourpres. Les Poif.
fons que les LatinsappellentMu
rex, ſervoientnonſeulementpour
faire la Pourpre, mais auſſi onles
ſervoit àTable dans les Feſtins
les plus magnifiques, & les plus
ſomptueux; & lePrincedesFai.
ſeursd'Epigrammes 1. 13. les fait
parler encestermés.
Sanguine denoſtrotinctasingrate
lacernas
Induis, &non efthocfatis, esca
fumus.
LesConchilions efſtoient des
petits Poiffons à écailles , qui
avoient le beclong,&fortdifé.
rent de celuy des Pourpres, qui
eſtoitdefigureronde.
HorumegononfugiamConchylia.
Fuven.Sat.3.
Ariftote Hift. Anim. l. s. c.15.
Aiij
1
t
Extraordinaire
(
6
dit que les Pourpres vivoient
d'ordinaire fix ou fept ans, &
qu'ils demeuroient cachez du
rant trentejours au temps de la
Canicule. Nous liſonsdans Pline
1. 9. c.36. qu'ilss'aſſembloient au
commencement du Printemps,
&queſefrotantles uns contre
les autres,ils rendoient une cer
tainehumeurviqueuſe ,&gluan.
tecommede lacire. Ils avoient
aumilieuducol une petite veine
blache,d'où ſortoit cette liqueur
ſi eſtimée pour la teinture des
i
Draps; maisil falloitles prendre
envie, car ils perdoientenmou.
rant cette admirable vertu. Les
Habitans de Tyr, fort habiles
en ce meſtier, tiroient les plus
gros Pourpres , pour les faigner
hors de leurs écailles, mais ils
*
duMercureGalant.
7
preſſoientles plus petits avecdes
meulesàhuilepourleur faire ren.
drecetteprétieuſehumeur. Leur
langue quiestoit de la longueur
d'undoigt,eſtoitſi dure, qu'ils en
perçoient les écailles des autres
Poiffons , qui leur fervoientde
nourriture. Ariftote Hift.Anim.
1. 8. c. 19. affurequede fon temps
on les faifoit mourir en eau
douce,oudans quelqueRiviere,
parce qu'ils auroient bien vé.
cuencorcinquantejours de leur
feule ſalive. Ileſtoitdedeuxfor.
tes dePourpres. Les uns qui a
voient le bec rond&unpeu_ou
vert àcoſté , eſtoient preſque
ſemblables à un Cornet , d'où
vientqu'onles appelloitCornets
deMer. Ceux-la eſtoient toû
jours attachez aux Rochers , où
A inj
7
8
Extraordinaire
ils eſtoient pris pas lesPeſcheurs.
Les autres qui avoient le bec
comme un tuyau creuſé, ef
toient entourez de ſept petites
pointes que les Cornets de Mer
n'avoient pas. Aureſte la Pef
chede cesPoiffons ſe faisoit du
rant lesjours Caniculaires , mais
l'ony réüſſiſſoit mieux lorsqu'on
la diferoit juſqu'au commence
ment du Printemps. Les deux
plusgrandsGéniesdelaNature,
Ariftote & Pline, nous appren
nent comment ons'y prenoit.
OnſeſervoitdepetitsFiletstres
clairs, où l'on mettoit des Poif
fons appellez Moules , qui eſtant
à demy morts ouvroient leurs
écaillesdansla Mer, oùlesPour
presles alloient inſulter par leurs
piqûres importunes. Ceux-là ſe
9
ſentant attaquez, fermoientleurs
duMercureGalant.
écailles, &oſtoientpar cemoyen
àleursEnnemisla liberté des'é.
chaper. Apres qu'onavoitpef
ché de cette maniere un affez
grand nombre de ces Poiffons,
on travailloit à la teinturede la
Pourpre de la façon que Pline
1. 9. c. 38. l'a écrit. Onpiloit les
écailles des petits Pourpres , car
on ne prenoit la chair quedes
gros. On lavoit bien celaavec
une eau tres-claire. On faifoit
enfuite tremperle tout avec du
Sel durant trois jours , mettant
ſur chaque quintal de Tein
ture une livre huit onces de
Sel. On avoitdegrandesChau
dieres de Plomb, dans chacune
deſquelles on metroit unquintal
&demy deTeinture préparée,
10
Extraordinaire
qu'onfaifoit cuire lentementpar
le moyend'un petitTuyau, qui
répondoit à la Chaudiere, la
quelleestoit fort éloignéedu feu,
de peurque laTeinture ne cou
ruſt riſquedeſebrûler. Il falloit
cependantécumer&nettoyer la
chair, qui reſtoit aux veines des
Pourpres, Enfinapresavoirlaiſſe
pendant dix jours la Chaudiere
encetétat, onymettoitlaLaine
bienpréparéejuſquesà cequ'elle
euſt la couleur qu'on deman
doit, d'où l'ayant tirée encor,
on la cardoit, puis on la remet
toit pourluy faire boire entiere
rementla Teinture. LesCornets
deMerſeulsnetenoientpasaffez
leur couleur , mais les Pourpres
dehaute Merappellé Pelagia ef
cantdecouleurnoire,dõnoient le
.
duMercureGalant.
luſtre àlateinture &cette couleur
triſte qui estoit neceſſaire pour
faire unetres-belle Pourpre. Les
Tyriensneſeſervoient quedeces
Pourpres, &avantqueleurTein.
ture tiraſt ſurle vert , ilsjettoient
lalaine dedans , pour la mettre
enſuite dans une Chaudiere où
eſtoitlaTeinture des Cornets de
Mer. Cette Pourpreneantmoins
a remporté le prix, &a eſté de
tout temps plus eſtimée qu'au
cune des autres; d'où vient que
Tyr fut autrefois appelléSarra,
comme le ditAulugelle 1. 14.c.
16. du nom du Poiſſon que les
Latins appellent Murex ou Sar,
&laPourpremeſmeeſtoitappel
léeSarranumOftrum.
Utgemmå bibat & Sarrano dor
miat Oftro. Virg. 2. Georg.
Extraordinaire
12
Sive erit in Tyriis , Tyrios laudabis
C'eſtoit autrefois un Employ
amictus. Ovid. 2. deArte.
ſi conſidérable à Tyr , d'avoir
ſoinde fairefaire laPourpre, que
l'Empereurvoulant récompenfer
d'une maniere particuliere un
Preſtre d'un tres-grand mérite
nommé Dorothée, illuydonpa
cetteCommiffion, au raport de
Nicéphore CallixteauChapitre
35. du Livre 6. de ſon Hiſtoire
Eccleſiaſtique. Il y avoit de la
Pourpre qui gardoit ſa couleur
juſques à deux censans. Plutar
quemeſmeditdanslaVied'Alé
xandre le Grand, que ce Con
1.
quérant ayant pris la Ville de
Jules , trouva dans la Maiſon
des Roys pour cinq mille Ta
lens dePourpre Hermionique,
duMercureGalant. 13
dontla couleur eſtoit auſſi vive,
&auſſi éclatante que ledernier
jourdeſa teinture , cequiestoit
ordinaire lorsque la rougeeſtoit
teinte dumiel,&lablancheavec
de l'huile de cette couleur. Vi
truve l. 7. c. 13 ditquelesPour
presétoientdecouleurdiférente,
ſelon ladiverſe ſituation desPaïs
oùils eſtoient pris. Ceux qu'on
peſchoit dans la Merde Phéni
cie, eſtoient rouges , au lieu que
ceuxqu'ontrouvoitfurlesCoſtes
d'Afrique, ſervoientàteindre la
Pourpre violete, que Cornelius
Népos qui mourut du tempsde
l'Empereur Auguſte , dit avoir
eſtéenvoguedurant ſajeuneſſe.
La PourpredeTyrappelléeDiba
pha,àcauſedeſadoubleteinture,
ſevendoit deux cens cinquante
14
Extraordinaire
Ecus la livre ; & fept cens ans
apreslaFondationdeRome,Pu
blius Lentulus Spinter futblâme
dece qu'ilen portoitune longue .
Robelors qu'ileſtoitjeune. Pline
1.9.c.39.nousaſſurequelaPour
preaeſtéde touttemps enuſage
parmy les Romains. En effet, il
eſt vrayque leur premier Roy
s'en fervitd'aborddansſonMan
teauRoyal.
Pulcher&humanomajorhabeâque
decorus,
Romulus. Ovid. 2. Faft.
Tullus Hoftilius fut le pre
mier quien porta une longeRo
bebrochéd'écarlate,apres avoir
remporté une ſignalée Victoire
fur lesPeuplesd'Etrurie. Florus
au Chapitre s. duLivre premier
de l'Hiſtoire Romaine, dit que
duMercureGalant.
Tarquinius Prifcus ordonna que
les Enfans des plus illuftres Fa
IS
milles portaffent unelongueRo
bebordéedePourpre, quiestoit
auſſi l'Habit ordinaire des Per
ſonnesdegrandequalité,cartout
lemonde ſçaitque lePhiloſophe
Porphyre fut ainſi appellé, à
cauſedela RobedePourprequ'il
portoit, comme eſtant forty
d'une noble&puiſſanteFamille.
Malchuseſtoit ſon premiernom.
Ilétudiafous Photinus àRome,
avec Origéne & Amélius ſes
Condiſciples ,dutempsde l'Em.
pereur Aurélien. Socrate 1.7.c.
2. ditde luyqu'ayanteſté battuà
Céſaréeparquelques Chrêtiens,
il compoſa par dépit quinze Li.
vrescontre noſtreReligion,auf
quels Méthodius , Eufebe , &
6
Extraordinaire
Apollinaire , répondirent par
trente Livres Apologetiques. Le
Mauvais-riche eſtoit habillé de
Pourpre & de fin Lin , Eratho
mo dives qui induebatur Purpura
&byſſo. Luc. c. 16. Je ſçay bien
que Nicéphore Callixte Hiſtoi
re Eccleſiaſtique l. 1. c. 26. met
cette Hiftoire au rang des Para
bolesde NoftreSeigneur, &que
Saint Grégoire le GrandHom.
inEvang. croitque l'abondance
duMauvais-richenousdoit faire
entendre le bonheur du Peuple
Juif, &que la pauvreté du La
zare nous marque la mifere des
Gentils; mais je ſçay bien auſſi
qu'on peut inférer de là, qu'a
lors les Gens riches &dehaute
naiſſance avoient coûtume de
porterdes Habits de cettecou
duMercureGalant.
17
leur. LaRobede Pourpreeſtoit
autrefois la marque des Séna
teurs Romains,témoin ceVers
deMartial.
DiviſitnoftrasPurpuraveftratogas.
Ilss'en ſervoient dans les Sa
crificespublics& folemnels, par
cequ'ilss'imaginoient qu'elle ne
contribuoit pas peuà appaiſer la
colere des Dieux. On chantoit
des Vers à Rome,dont le ſens
eſtoit,Jules CésarmenelesGaulois
en triomphe. Ils ont quitté leurs
Sayespourprendreles Robesde Pour.
predes Sénateurs. Suétoneraporte
que l'EmpereurAuguſteprenant
la Robe virile, celle qu'il avoit
s'ouvrit de deux coſtez , & luy
tomba à ſes pieds,&alors les
Devins prirent cela pour augure
que l'Ordredes Sénateurs, donc
B
Q.deJuillet1682.
18
Extraordinaire
la Robe de Pourpre eſtoit la
marque , luy ſeroitun jourſoû
mis. Tibere voulant dégrader un
Sénateur , luy oſta la Robede
Pourpre, parce qu'il eſtoit allé
demeurer endesJardinsaux Ca
lendesdeJuillet, afin quecejour-de terme eſtant paſſe il loüaſt
une Maiſon àmeilleur marché.
L'Empereur Domitien préſidoit
ſouvent aux Jeux en Robe de
Pourpre. Ilajoûtameſme aura
port de Suétone', deux bandes
auxquatre anciennes des Jeux
duCirque, dontl'uneavoitpour
Livrée leDrap doré , & l'autre
celuyde Pourpre. Le Roy Pto
lomée eſtant venu au Theatre
poury voir repréſenter lesJeux
que Caligula donnoitau Peuple,
ilattira d'abord les yeux de tout
duMercureGalant.
19
lemonde , à cauſede ſon Man
teau Royal , dont la Pourpre
jettoit un figrand éclat , que ce
⚫ cruel Empereur le fit mourir
aufli toft pour cetteſeuleraiſon.
Les Empereurs, &lesCapitaines
qui devoient avoir l'honneur du
Triomphe , entre-laçoient la
Pourpre parmy l'or dans leurs
Habits; &Plutarque écrit dans
laVie de Marcus-Craffus, que
ceCapitaine ayant pris unMan
teau noir pour baranguer ſes
Soldats , au lieu de prendre la
RobedePourpreſelonlacoûtu
medesRomains , illequita d'a
bord àlaperfuafiondeſesAmis.
Sext. Pompée Fils du grand
Pompée , ayant remporté une
glorieuſe Victoire ſur Mer , prit
dans un Triomphe un Manteau
Bij
20
Extraordinaire
bleu, parcequ'il eſtoitdela cou
leurde la Mer, aulieud'en pren
dre unde Pourpre à la maniere
des Romains. Comme dit Ful
gofius 1. 3. c. 6. les Robes de
Pourpre couſtoient ſi cher , que
les Empereurs par politique ou
paravarice, endéfendoientquel.
quefois l'uſage ; & Jules Céfar
nele permit qu'auxPerſonnesde
certain âge, de certaine qualité,
&meſmeencorà certainsjours;
&Néron, quoy qu'il euſt des
filets dorez dont les cordes ef
toient teintes en Ecarlate, dé
fendit pourtant l'uſage de la
Pourpre, &mefmeil reprit avec
aigreur un Homme qui enven
ditquelques onces enunjourde
Foire , & fit mettre en priſon
tous les Marchands qui en a
duMercureGalant.
21
voient acheté. Il alla encorplus
avant , car unjour ayant remar
qué au Spéctacle uneDame vé
⚫ tuë de Pourpre, auſſi-toſt illa fit
prendre, & ne la dépoüilla pas
ſeulementdeſaRobe,mais encor
detousfesBiens.
Au reſteles Romains ſeuls ne
ſe ſervirent pas des Robes de
Pourpre, mais elles furent auffi
enuſage chezlesautresNations.
Les Athéniens meſme en por
toient, commel'aſſure Elian1. 4.
deVar. Hift. & Sabinus 1. 8. c.7.
dit que les Toſcans en uſoient
aufſi. Les Empereursde la nou
velleRome, faisoientunſigrand
cas de la Pourpre, qu'ils ne ſe
contentoient pas d'avoir les Ha
bitsImpériaux de cette couleur,
mais ils s'en ſervoient auffipour
22
Extraordinaire
écrire , &les Impératrices fai
foient leurscouches dans l'Apar
tement de Porphire, qui ſe ren
controit le premier en entrant
par la Porte de la Marine du
grand Palaisdu coſté de laPro
pontide, d'où leurs Enfans ef
toient appellez Porphirogenites
ou Porphirogennetes. Les Car
dinaux commencerentdeporter
laPourpredutemps duPape In
nocent IV.qui laleur fitprendre
dans leConciledeLionl'an1205.
pourmarquedeleur dignité, &
de l'obligation qu'ils avoient de
perdre meſmelaviepourlacauſe
deDieu&de fonEgliſe, princi
palement dans laperſécutionde
l'Empereur Frideric, quifut ex
communićdans ceConcile pour
laquatrićmefois.
duMercureGalant. 23
LesGrecs appellent Coccos la
grained'Ecarlate;d'où vientque
Ardenti Cocco radiare, ſe dit d'un
Hommequi eſtmagnifique, &
propredans ſes Habits.
Etcontraardenti radiabat Scipio
Cocco. Silius l.s.
Pline 1. 16.c. 8.ditqu'elles'ap
pelle auffi Cufculium , & qu'elle
vient au bout des queuës où ſe
tiennent les feuilles du Chefne
vert. On l'apelle Vermillon en
Languedoc. Il y en a meſme
beaucoupdanspluſieurs endroits
decetteProvince, oùlespauvres
Gens la cueïllent avec grand
foin. Elle ſeditenArabeKermes,
d'oùeſt venu lemot deCramoi
fy. Elle naiſt en Galatie , en
Afrique , en Pifidie, en Cilicie,
&furtoutenEſpagne dans l'E
ハ
Extraordinaire
24
ſtramadure aupres de Mérida,
Celle qu'on trouve dans l'Iſlede
Sardaigne n'eſt pas fort eſtimée.
Aureſteonne ladoit cueillir ny
troptoſt, nytroptard; car fielle
n'eſt qued'une année, la couleur
eneſttrop foible ; ſi ellea paſſé .
quatre ans, elleaperdu ſa force
&ſavertu. Sonécorce s'appelle
proprementgrained'Ecarlate, &
ſamoüelleeſtlefin Paſtel d'Ecar
late. L'écorce fournit plus de
teinture , mais la moüelle fait la
véritable Ecarlate. Quand on
veutſeſervir de cettegraine , on
lave premierement les Draps
dans l'eau ſeûre faite d'eau de
Riviere bien nette, d'Agaric &
deSon;puisony jette l'Arſenic
avec l'Allun pour les dégraiffer
afin qu'ils boivent bien laTein
ture
duMercureGalant.
25
ture qu'onleurdonneapres cela
avec le pur Paſtel. On vuide
enfuite laChaudierede cettepre
miere eau, &onlaremplit d'eau
claire, y mettant du Paſtel &de
l'Agaric. La Gomme d'Arabie
la rend plus rouge. La Coupe
rofe & le Brefil font un faux
Cramoify. Les Cramoiſys rou
ges qu'on fait ſur les Laines eny
meſlant de la Cochenille qui
vient desIndes , ſe font à peu
présdelameſmefaçon. Au reſte
il eſt certain qu'il y a des Eaux
les unes meilleuresqueles autres.
Il y en aqui enyvrent tellement
les Laines, qu'elles reçoivent fort
bienlesTeintures , & les retien
nent tres-longtemps fansſe dé.
charger. Les autres dégraiffent
les Draps d'une maniere toute
Q.deJuillet1682.
C
26
Extraordinaire
particuliere , & d'ordinaire les
Teintures ſonteſtimées àpropor
tion des Eauxqu'onemployeàles
faire. La Riviere des Gobelins,
outre qu'elle donnela comodité
de faire de grands Réſervoirs &
lesplusbeauxCanauxdumonde,
remplis d'une eau vive & tres
claire,a cette admirable vertu de
teindre en Ecarlate, cequidonne
àlaFrancedequoy dédommager
toute la Terre de laperte qu'on
a faite de l'invention de faire la
Pourpre. Cette Riviere eſt au
Fauxbourg de Paris aupres de
Gentilly, où l'on tint autrefois
unConcileſous le Regne dePe
pin , avec le conſentement du
Pape Paul I. pour y examiner le
diférent qu'il y avoit alors entre
les deux Eglifes , fur leſujet des
duMercureGalant.
27
Images , & de la Proceffion du
Saint Eſprit. Enfin iln'est pas
fort difficile de voir la diférence
qu'il y a entre la Pourpre &l'E
carlate, puisqu'onſeſervoitpour
faire celle-là de Poiffons qu'on
ne trouve plus , & qu'on em
ploye pour celle-cy des Graines
qu'ontrouve dans pluſieurs en
droitsduMonde ; mais voicyсе
quileureftcommun. On ſe ſert
aujourd'huy de l'Ecarlate pref
que dela meſmemaniere qu'on
ſe ſervoitautrefoisde laPourpre;
car, commeleGrandPontife,les
Preſtres , & tous ceuxqui facri
fioient aux faux Dieux, portoient
des Robes de Pourpre, ainſi les
Princes de l'Eglife & les Cha
noines depluſieurs Chapitres de
France en portent d'Ecarlate,
Cij
28
Extraordinaire
lors qu'ils fervent à l'Autel du
vray Dieu. Comme les Empe
reurs eftoient autrefois veſtus de
Pourpre , de mefme aujourd'huy
les Roys & les Souverains ont
des Habitsdecettecouleur,pour
briller avec plusd'éclat aux yeux
de leursSujets ; &commelesSé.
nateurs portoient autrefois la
Robe de Pourpre, tout de mef
me à preſent les Préfidens, &
les Conſeillers des Cours Souve
raines, portent une Robed'Ecar
late qui les diftingue des Offi
ciers des Cours fubalternes ,juf
ques-làmeſme que laMeſſe qui
ſe dit la Feſte de Saint Martinà
l'ouverture du premier Parle
mentdu Royaume, s'appelle la
Meffe rouge, parceque les prin
çipauxMembres de cet auguſte
duMercureGalant. 29
Corpsfonthabillez decette cou
leur; & cela eſt ſi honorable,
queplufieurs Cours ne pouvant
eſtre Souveraines,font tousleurs
efforts pour avoir le Privilege de
porter la Roberouge,qui en eft
lamarque, &lecaractere.
Pourpre , de l'usage qu'en ont
faitles Anciens, &defadi
férence avecl'Ecarlate.
LEsPhéniciens,auraportde
Julius Pollux , attribuent
l'invention de faire la Pourpre
àHercule , quivintchez eux ac
compagné d'une Fille nommée
Tyro,laquelle ſepromenant ſur
A ij
し
4 Extraordinaire
le borddela Mer, vit un Chien
qui dévoroitunPourpreavecfu
reur. Lefangde cePoiffondon
na unecouleur ſivive, &fiécla.
tante aux lévres du Chien , que
cette Fille réſolutd'aborddede
mander àſon Amant une Robe
1
de cette meſme teinture. Her
cule en ayant eſté prié, ne man.
qua pas de faire peſcher dans
1
tous les lieux voiſins un grand
nombre de ces Poiſſons , pour
faire préſent àſaMaiſtreſſed'une
belleRobe teintedu ſangde ces
pauvres Animaux,quicommen
cerentalorsde perdre la viepour
fatisfaire à la vanité des Hom
mes. On ſeſervoitautrefois de
trois fortes dePoiffonspour faire
cette teinture ſi riche & fi efti
mée, des Murex, des Conchi
duMercureGalant. S
lions, &des Pourpres. Les Poif.
fons que les LatinsappellentMu
rex, ſervoientnonſeulementpour
faire la Pourpre, mais auſſi onles
ſervoit àTable dans les Feſtins
les plus magnifiques, & les plus
ſomptueux; & lePrincedesFai.
ſeursd'Epigrammes 1. 13. les fait
parler encestermés.
Sanguine denoſtrotinctasingrate
lacernas
Induis, &non efthocfatis, esca
fumus.
LesConchilions efſtoient des
petits Poiffons à écailles , qui
avoient le beclong,&fortdifé.
rent de celuy des Pourpres, qui
eſtoitdefigureronde.
HorumegononfugiamConchylia.
Fuven.Sat.3.
Ariftote Hift. Anim. l. s. c.15.
Aiij
1
t
Extraordinaire
(
6
dit que les Pourpres vivoient
d'ordinaire fix ou fept ans, &
qu'ils demeuroient cachez du
rant trentejours au temps de la
Canicule. Nous liſonsdans Pline
1. 9. c.36. qu'ilss'aſſembloient au
commencement du Printemps,
&queſefrotantles uns contre
les autres,ils rendoient une cer
tainehumeurviqueuſe ,&gluan.
tecommede lacire. Ils avoient
aumilieuducol une petite veine
blache,d'où ſortoit cette liqueur
ſi eſtimée pour la teinture des
i
Draps; maisil falloitles prendre
envie, car ils perdoientenmou.
rant cette admirable vertu. Les
Habitans de Tyr, fort habiles
en ce meſtier, tiroient les plus
gros Pourpres , pour les faigner
hors de leurs écailles, mais ils
*
duMercureGalant.
7
preſſoientles plus petits avecdes
meulesàhuilepourleur faire ren.
drecetteprétieuſehumeur. Leur
langue quiestoit de la longueur
d'undoigt,eſtoitſi dure, qu'ils en
perçoient les écailles des autres
Poiffons , qui leur fervoientde
nourriture. Ariftote Hift.Anim.
1. 8. c. 19. affurequede fon temps
on les faifoit mourir en eau
douce,oudans quelqueRiviere,
parce qu'ils auroient bien vé.
cuencorcinquantejours de leur
feule ſalive. Ileſtoitdedeuxfor.
tes dePourpres. Les uns qui a
voient le bec rond&unpeu_ou
vert àcoſté , eſtoient preſque
ſemblables à un Cornet , d'où
vientqu'onles appelloitCornets
deMer. Ceux-la eſtoient toû
jours attachez aux Rochers , où
A inj
7
8
Extraordinaire
ils eſtoient pris pas lesPeſcheurs.
Les autres qui avoient le bec
comme un tuyau creuſé, ef
toient entourez de ſept petites
pointes que les Cornets de Mer
n'avoient pas. Aureſte la Pef
chede cesPoiffons ſe faisoit du
rant lesjours Caniculaires , mais
l'ony réüſſiſſoit mieux lorsqu'on
la diferoit juſqu'au commence
ment du Printemps. Les deux
plusgrandsGéniesdelaNature,
Ariftote & Pline, nous appren
nent comment ons'y prenoit.
OnſeſervoitdepetitsFiletstres
clairs, où l'on mettoit des Poif
fons appellez Moules , qui eſtant
à demy morts ouvroient leurs
écaillesdansla Mer, oùlesPour
presles alloient inſulter par leurs
piqûres importunes. Ceux-là ſe
9
ſentant attaquez, fermoientleurs
duMercureGalant.
écailles, &oſtoientpar cemoyen
àleursEnnemisla liberté des'é.
chaper. Apres qu'onavoitpef
ché de cette maniere un affez
grand nombre de ces Poiffons,
on travailloit à la teinturede la
Pourpre de la façon que Pline
1. 9. c. 38. l'a écrit. Onpiloit les
écailles des petits Pourpres , car
on ne prenoit la chair quedes
gros. On lavoit bien celaavec
une eau tres-claire. On faifoit
enfuite tremperle tout avec du
Sel durant trois jours , mettant
ſur chaque quintal de Tein
ture une livre huit onces de
Sel. On avoitdegrandesChau
dieres de Plomb, dans chacune
deſquelles on metroit unquintal
&demy deTeinture préparée,
10
Extraordinaire
qu'onfaifoit cuire lentementpar
le moyend'un petitTuyau, qui
répondoit à la Chaudiere, la
quelleestoit fort éloignéedu feu,
de peurque laTeinture ne cou
ruſt riſquedeſebrûler. Il falloit
cependantécumer&nettoyer la
chair, qui reſtoit aux veines des
Pourpres, Enfinapresavoirlaiſſe
pendant dix jours la Chaudiere
encetétat, onymettoitlaLaine
bienpréparéejuſquesà cequ'elle
euſt la couleur qu'on deman
doit, d'où l'ayant tirée encor,
on la cardoit, puis on la remet
toit pourluy faire boire entiere
rementla Teinture. LesCornets
deMerſeulsnetenoientpasaffez
leur couleur , mais les Pourpres
dehaute Merappellé Pelagia ef
cantdecouleurnoire,dõnoient le
.
duMercureGalant.
luſtre àlateinture &cette couleur
triſte qui estoit neceſſaire pour
faire unetres-belle Pourpre. Les
Tyriensneſeſervoient quedeces
Pourpres, &avantqueleurTein.
ture tiraſt ſurle vert , ilsjettoient
lalaine dedans , pour la mettre
enſuite dans une Chaudiere où
eſtoitlaTeinture des Cornets de
Mer. Cette Pourpreneantmoins
a remporté le prix, &a eſté de
tout temps plus eſtimée qu'au
cune des autres; d'où vient que
Tyr fut autrefois appelléSarra,
comme le ditAulugelle 1. 14.c.
16. du nom du Poiſſon que les
Latins appellent Murex ou Sar,
&laPourpremeſmeeſtoitappel
léeSarranumOftrum.
Utgemmå bibat & Sarrano dor
miat Oftro. Virg. 2. Georg.
Extraordinaire
12
Sive erit in Tyriis , Tyrios laudabis
C'eſtoit autrefois un Employ
amictus. Ovid. 2. deArte.
ſi conſidérable à Tyr , d'avoir
ſoinde fairefaire laPourpre, que
l'Empereurvoulant récompenfer
d'une maniere particuliere un
Preſtre d'un tres-grand mérite
nommé Dorothée, illuydonpa
cetteCommiffion, au raport de
Nicéphore CallixteauChapitre
35. du Livre 6. de ſon Hiſtoire
Eccleſiaſtique. Il y avoit de la
Pourpre qui gardoit ſa couleur
juſques à deux censans. Plutar
quemeſmeditdanslaVied'Alé
xandre le Grand, que ce Con
1.
quérant ayant pris la Ville de
Jules , trouva dans la Maiſon
des Roys pour cinq mille Ta
lens dePourpre Hermionique,
duMercureGalant. 13
dontla couleur eſtoit auſſi vive,
&auſſi éclatante que ledernier
jourdeſa teinture , cequiestoit
ordinaire lorsque la rougeeſtoit
teinte dumiel,&lablancheavec
de l'huile de cette couleur. Vi
truve l. 7. c. 13 ditquelesPour
presétoientdecouleurdiférente,
ſelon ladiverſe ſituation desPaïs
oùils eſtoient pris. Ceux qu'on
peſchoit dans la Merde Phéni
cie, eſtoient rouges , au lieu que
ceuxqu'ontrouvoitfurlesCoſtes
d'Afrique, ſervoientàteindre la
Pourpre violete, que Cornelius
Népos qui mourut du tempsde
l'Empereur Auguſte , dit avoir
eſtéenvoguedurant ſajeuneſſe.
La PourpredeTyrappelléeDiba
pha,àcauſedeſadoubleteinture,
ſevendoit deux cens cinquante
14
Extraordinaire
Ecus la livre ; & fept cens ans
apreslaFondationdeRome,Pu
blius Lentulus Spinter futblâme
dece qu'ilen portoitune longue .
Robelors qu'ileſtoitjeune. Pline
1.9.c.39.nousaſſurequelaPour
preaeſtéde touttemps enuſage
parmy les Romains. En effet, il
eſt vrayque leur premier Roy
s'en fervitd'aborddansſonMan
teauRoyal.
Pulcher&humanomajorhabeâque
decorus,
Romulus. Ovid. 2. Faft.
Tullus Hoftilius fut le pre
mier quien porta une longeRo
bebrochéd'écarlate,apres avoir
remporté une ſignalée Victoire
fur lesPeuplesd'Etrurie. Florus
au Chapitre s. duLivre premier
de l'Hiſtoire Romaine, dit que
duMercureGalant.
Tarquinius Prifcus ordonna que
les Enfans des plus illuftres Fa
IS
milles portaffent unelongueRo
bebordéedePourpre, quiestoit
auſſi l'Habit ordinaire des Per
ſonnesdegrandequalité,cartout
lemonde ſçaitque lePhiloſophe
Porphyre fut ainſi appellé, à
cauſedela RobedePourprequ'il
portoit, comme eſtant forty
d'une noble&puiſſanteFamille.
Malchuseſtoit ſon premiernom.
Ilétudiafous Photinus àRome,
avec Origéne & Amélius ſes
Condiſciples ,dutempsde l'Em.
pereur Aurélien. Socrate 1.7.c.
2. ditde luyqu'ayanteſté battuà
Céſaréeparquelques Chrêtiens,
il compoſa par dépit quinze Li.
vrescontre noſtreReligion,auf
quels Méthodius , Eufebe , &
6
Extraordinaire
Apollinaire , répondirent par
trente Livres Apologetiques. Le
Mauvais-riche eſtoit habillé de
Pourpre & de fin Lin , Eratho
mo dives qui induebatur Purpura
&byſſo. Luc. c. 16. Je ſçay bien
que Nicéphore Callixte Hiſtoi
re Eccleſiaſtique l. 1. c. 26. met
cette Hiftoire au rang des Para
bolesde NoftreSeigneur, &que
Saint Grégoire le GrandHom.
inEvang. croitque l'abondance
duMauvais-richenousdoit faire
entendre le bonheur du Peuple
Juif, &que la pauvreté du La
zare nous marque la mifere des
Gentils; mais je ſçay bien auſſi
qu'on peut inférer de là, qu'a
lors les Gens riches &dehaute
naiſſance avoient coûtume de
porterdes Habits de cettecou
duMercureGalant.
17
leur. LaRobede Pourpreeſtoit
autrefois la marque des Séna
teurs Romains,témoin ceVers
deMartial.
DiviſitnoftrasPurpuraveftratogas.
Ilss'en ſervoient dans les Sa
crificespublics& folemnels, par
cequ'ilss'imaginoient qu'elle ne
contribuoit pas peuà appaiſer la
colere des Dieux. On chantoit
des Vers à Rome,dont le ſens
eſtoit,Jules CésarmenelesGaulois
en triomphe. Ils ont quitté leurs
Sayespourprendreles Robesde Pour.
predes Sénateurs. Suétoneraporte
que l'EmpereurAuguſteprenant
la Robe virile, celle qu'il avoit
s'ouvrit de deux coſtez , & luy
tomba à ſes pieds,&alors les
Devins prirent cela pour augure
que l'Ordredes Sénateurs, donc
B
Q.deJuillet1682.
18
Extraordinaire
la Robe de Pourpre eſtoit la
marque , luy ſeroitun jourſoû
mis. Tibere voulant dégrader un
Sénateur , luy oſta la Robede
Pourpre, parce qu'il eſtoit allé
demeurer endesJardinsaux Ca
lendesdeJuillet, afin quecejour-de terme eſtant paſſe il loüaſt
une Maiſon àmeilleur marché.
L'Empereur Domitien préſidoit
ſouvent aux Jeux en Robe de
Pourpre. Ilajoûtameſme aura
port de Suétone', deux bandes
auxquatre anciennes des Jeux
duCirque, dontl'uneavoitpour
Livrée leDrap doré , & l'autre
celuyde Pourpre. Le Roy Pto
lomée eſtant venu au Theatre
poury voir repréſenter lesJeux
que Caligula donnoitau Peuple,
ilattira d'abord les yeux de tout
duMercureGalant.
19
lemonde , à cauſede ſon Man
teau Royal , dont la Pourpre
jettoit un figrand éclat , que ce
⚫ cruel Empereur le fit mourir
aufli toft pour cetteſeuleraiſon.
Les Empereurs, &lesCapitaines
qui devoient avoir l'honneur du
Triomphe , entre-laçoient la
Pourpre parmy l'or dans leurs
Habits; &Plutarque écrit dans
laVie de Marcus-Craffus, que
ceCapitaine ayant pris unMan
teau noir pour baranguer ſes
Soldats , au lieu de prendre la
RobedePourpreſelonlacoûtu
medesRomains , illequita d'a
bord àlaperfuafiondeſesAmis.
Sext. Pompée Fils du grand
Pompée , ayant remporté une
glorieuſe Victoire ſur Mer , prit
dans un Triomphe un Manteau
Bij
20
Extraordinaire
bleu, parcequ'il eſtoitdela cou
leurde la Mer, aulieud'en pren
dre unde Pourpre à la maniere
des Romains. Comme dit Ful
gofius 1. 3. c. 6. les Robes de
Pourpre couſtoient ſi cher , que
les Empereurs par politique ou
paravarice, endéfendoientquel.
quefois l'uſage ; & Jules Céfar
nele permit qu'auxPerſonnesde
certain âge, de certaine qualité,
&meſmeencorà certainsjours;
&Néron, quoy qu'il euſt des
filets dorez dont les cordes ef
toient teintes en Ecarlate, dé
fendit pourtant l'uſage de la
Pourpre, &mefmeil reprit avec
aigreur un Homme qui enven
ditquelques onces enunjourde
Foire , & fit mettre en priſon
tous les Marchands qui en a
duMercureGalant.
21
voient acheté. Il alla encorplus
avant , car unjour ayant remar
qué au Spéctacle uneDame vé
⚫ tuë de Pourpre, auſſi-toſt illa fit
prendre, & ne la dépoüilla pas
ſeulementdeſaRobe,mais encor
detousfesBiens.
Au reſteles Romains ſeuls ne
ſe ſervirent pas des Robes de
Pourpre, mais elles furent auffi
enuſage chezlesautresNations.
Les Athéniens meſme en por
toient, commel'aſſure Elian1. 4.
deVar. Hift. & Sabinus 1. 8. c.7.
dit que les Toſcans en uſoient
aufſi. Les Empereursde la nou
velleRome, faisoientunſigrand
cas de la Pourpre, qu'ils ne ſe
contentoient pas d'avoir les Ha
bitsImpériaux de cette couleur,
mais ils s'en ſervoient auffipour
22
Extraordinaire
écrire , &les Impératrices fai
foient leurscouches dans l'Apar
tement de Porphire, qui ſe ren
controit le premier en entrant
par la Porte de la Marine du
grand Palaisdu coſté de laPro
pontide, d'où leurs Enfans ef
toient appellez Porphirogenites
ou Porphirogennetes. Les Car
dinaux commencerentdeporter
laPourpredutemps duPape In
nocent IV.qui laleur fitprendre
dans leConciledeLionl'an1205.
pourmarquedeleur dignité, &
de l'obligation qu'ils avoient de
perdre meſmelaviepourlacauſe
deDieu&de fonEgliſe, princi
palement dans laperſécutionde
l'Empereur Frideric, quifut ex
communićdans ceConcile pour
laquatrićmefois.
duMercureGalant. 23
LesGrecs appellent Coccos la
grained'Ecarlate;d'où vientque
Ardenti Cocco radiare, ſe dit d'un
Hommequi eſtmagnifique, &
propredans ſes Habits.
Etcontraardenti radiabat Scipio
Cocco. Silius l.s.
Pline 1. 16.c. 8.ditqu'elles'ap
pelle auffi Cufculium , & qu'elle
vient au bout des queuës où ſe
tiennent les feuilles du Chefne
vert. On l'apelle Vermillon en
Languedoc. Il y en a meſme
beaucoupdanspluſieurs endroits
decetteProvince, oùlespauvres
Gens la cueïllent avec grand
foin. Elle ſeditenArabeKermes,
d'oùeſt venu lemot deCramoi
fy. Elle naiſt en Galatie , en
Afrique , en Pifidie, en Cilicie,
&furtoutenEſpagne dans l'E
ハ
Extraordinaire
24
ſtramadure aupres de Mérida,
Celle qu'on trouve dans l'Iſlede
Sardaigne n'eſt pas fort eſtimée.
Aureſteonne ladoit cueillir ny
troptoſt, nytroptard; car fielle
n'eſt qued'une année, la couleur
eneſttrop foible ; ſi ellea paſſé .
quatre ans, elleaperdu ſa force
&ſavertu. Sonécorce s'appelle
proprementgrained'Ecarlate, &
ſamoüelleeſtlefin Paſtel d'Ecar
late. L'écorce fournit plus de
teinture , mais la moüelle fait la
véritable Ecarlate. Quand on
veutſeſervir de cettegraine , on
lave premierement les Draps
dans l'eau ſeûre faite d'eau de
Riviere bien nette, d'Agaric &
deSon;puisony jette l'Arſenic
avec l'Allun pour les dégraiffer
afin qu'ils boivent bien laTein
ture
duMercureGalant.
25
ture qu'onleurdonneapres cela
avec le pur Paſtel. On vuide
enfuite laChaudierede cettepre
miere eau, &onlaremplit d'eau
claire, y mettant du Paſtel &de
l'Agaric. La Gomme d'Arabie
la rend plus rouge. La Coupe
rofe & le Brefil font un faux
Cramoify. Les Cramoiſys rou
ges qu'on fait ſur les Laines eny
meſlant de la Cochenille qui
vient desIndes , ſe font à peu
présdelameſmefaçon. Au reſte
il eſt certain qu'il y a des Eaux
les unes meilleuresqueles autres.
Il y en aqui enyvrent tellement
les Laines, qu'elles reçoivent fort
bienlesTeintures , & les retien
nent tres-longtemps fansſe dé.
charger. Les autres dégraiffent
les Draps d'une maniere toute
Q.deJuillet1682.
C
26
Extraordinaire
particuliere , & d'ordinaire les
Teintures ſonteſtimées àpropor
tion des Eauxqu'onemployeàles
faire. La Riviere des Gobelins,
outre qu'elle donnela comodité
de faire de grands Réſervoirs &
lesplusbeauxCanauxdumonde,
remplis d'une eau vive & tres
claire,a cette admirable vertu de
teindre en Ecarlate, cequidonne
àlaFrancedequoy dédommager
toute la Terre de laperte qu'on
a faite de l'invention de faire la
Pourpre. Cette Riviere eſt au
Fauxbourg de Paris aupres de
Gentilly, où l'on tint autrefois
unConcileſous le Regne dePe
pin , avec le conſentement du
Pape Paul I. pour y examiner le
diférent qu'il y avoit alors entre
les deux Eglifes , fur leſujet des
duMercureGalant.
27
Images , & de la Proceffion du
Saint Eſprit. Enfin iln'est pas
fort difficile de voir la diférence
qu'il y a entre la Pourpre &l'E
carlate, puisqu'onſeſervoitpour
faire celle-là de Poiffons qu'on
ne trouve plus , & qu'on em
ploye pour celle-cy des Graines
qu'ontrouve dans pluſieurs en
droitsduMonde ; mais voicyсе
quileureftcommun. On ſe ſert
aujourd'huy de l'Ecarlate pref
que dela meſmemaniere qu'on
ſe ſervoitautrefoisde laPourpre;
car, commeleGrandPontife,les
Preſtres , & tous ceuxqui facri
fioient aux faux Dieux, portoient
des Robes de Pourpre, ainſi les
Princes de l'Eglife & les Cha
noines depluſieurs Chapitres de
France en portent d'Ecarlate,
Cij
28
Extraordinaire
lors qu'ils fervent à l'Autel du
vray Dieu. Comme les Empe
reurs eftoient autrefois veſtus de
Pourpre , de mefme aujourd'huy
les Roys & les Souverains ont
des Habitsdecettecouleur,pour
briller avec plusd'éclat aux yeux
de leursSujets ; &commelesSé.
nateurs portoient autrefois la
Robe de Pourpre, tout de mef
me à preſent les Préfidens, &
les Conſeillers des Cours Souve
raines, portent une Robed'Ecar
late qui les diftingue des Offi
ciers des Cours fubalternes ,juf
ques-làmeſme que laMeſſe qui
ſe dit la Feſte de Saint Martinà
l'ouverture du premier Parle
mentdu Royaume, s'appelle la
Meffe rouge, parceque les prin
çipauxMembres de cet auguſte
duMercureGalant. 29
Corpsfonthabillez decette cou
leur; & cela eſt ſi honorable,
queplufieurs Cours ne pouvant
eſtre Souveraines,font tousleurs
efforts pour avoir le Privilege de
porter la Roberouge,qui en eft
lamarque, &lecaractere.
Fermer
770
p. 358-361
ENIGME EN PROSE du Berger Fleuriste.
Début :
Dans les premiers temps, je n'estois apparemment employée qu'à [...]
Mots clefs :
Si
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN PROSE du Berger Fleuriste.
ENIGME EN PROSE
du Berger Fleuriste.
D
Ans les premiers temps, je
n'eſtois apparemment em.
ployée qu'à un ſeul ufage ; mais
depuis le partage des Nations,
chacun s'eſt ſervy de moy comme
il a plû à Dieu . Il faudroit
eſtre plus éclairé que je ne fuis
duMercure Galant.
359
pour vous en inftruire. Ce n'eſt
pas que depuis quelques années
on m'a jointe à d'autres de mes
Soeurs , pour enfeigner , & pour
abréger une certaine Science
agreable , mais penible , dont le
cours peut s'étendre par toute la
Terre; & fi cela eſtoit arrivé,
j'aurois alors un employ general
comme auparavant , outre mes
emplois particuliers.
J'ay l'honneur d'eftre à toutes
les Harangues qu'on fait au Roy,
aufli fuis-je Amie de la Verité,
j'empeſche qu'on ne mente.
Neantmoins je ſuppoſe ſouvent
les chofes les plus éloignées ,
quelquesfois meſme les impoffi
bles , mais ce que j'en fais ce
n'eſt pas par malice. Bien que
j'aye le corps tortu , j'ay l'ame
droite.
360 Extraordinaire
4
Je préſiderots aux Sciences, ſans
un petit embarras que je laiſſe à
deviner. Quelques Ignorans
me mettent en réputation , &
m'elevent juſqu'au Ciel , il ne
faut pas les imiter. D'autres s'i.
maginent , d'abord qu'on lit un
cygift , qu'ils ont trouvé monEpi
taphe , autre beveuë. On me
voit où il y a du plaifir , quoy
qu'ils ne le penſent pas; & il ne
ſe fait point meſmes de gageûres
que jen'en fois.
J'ay commerce dans les Païs
Etrangers, auffi -bien qu'en France;&
j'affiſte ſans manquer à tous
les Mariages qu'on celébre en Ef.
pagne , & en Italie. Il est vray
que les Eſpagnols me traittent
plus honneſtement que les Ita.
liens ; ceux. là me font toujours
préceder
du Mercure Galant. 361
préceder leurs Seigneurs, & leurs
Dames; & ceux- cy ne me ran .
gent jamais qu'à leur fuite.
,
&
Enfin pour achever de vous
éclaircir , ſçachez que dans la
deftruction de mon eſtre , mon
corps entre au Serilohre
mon ame en Purgatoire; & que
moname devançant mon corps,
nous nous trouvons à la fin unis
enParadis.
du Berger Fleuriste.
D
Ans les premiers temps, je
n'eſtois apparemment em.
ployée qu'à un ſeul ufage ; mais
depuis le partage des Nations,
chacun s'eſt ſervy de moy comme
il a plû à Dieu . Il faudroit
eſtre plus éclairé que je ne fuis
duMercure Galant.
359
pour vous en inftruire. Ce n'eſt
pas que depuis quelques années
on m'a jointe à d'autres de mes
Soeurs , pour enfeigner , & pour
abréger une certaine Science
agreable , mais penible , dont le
cours peut s'étendre par toute la
Terre; & fi cela eſtoit arrivé,
j'aurois alors un employ general
comme auparavant , outre mes
emplois particuliers.
J'ay l'honneur d'eftre à toutes
les Harangues qu'on fait au Roy,
aufli fuis-je Amie de la Verité,
j'empeſche qu'on ne mente.
Neantmoins je ſuppoſe ſouvent
les chofes les plus éloignées ,
quelquesfois meſme les impoffi
bles , mais ce que j'en fais ce
n'eſt pas par malice. Bien que
j'aye le corps tortu , j'ay l'ame
droite.
360 Extraordinaire
4
Je préſiderots aux Sciences, ſans
un petit embarras que je laiſſe à
deviner. Quelques Ignorans
me mettent en réputation , &
m'elevent juſqu'au Ciel , il ne
faut pas les imiter. D'autres s'i.
maginent , d'abord qu'on lit un
cygift , qu'ils ont trouvé monEpi
taphe , autre beveuë. On me
voit où il y a du plaifir , quoy
qu'ils ne le penſent pas; & il ne
ſe fait point meſmes de gageûres
que jen'en fois.
J'ay commerce dans les Païs
Etrangers, auffi -bien qu'en France;&
j'affiſte ſans manquer à tous
les Mariages qu'on celébre en Ef.
pagne , & en Italie. Il est vray
que les Eſpagnols me traittent
plus honneſtement que les Ita.
liens ; ceux. là me font toujours
préceder
du Mercure Galant. 361
préceder leurs Seigneurs, & leurs
Dames; & ceux- cy ne me ran .
gent jamais qu'à leur fuite.
,
&
Enfin pour achever de vous
éclaircir , ſçachez que dans la
deftruction de mon eſtre , mon
corps entre au Serilohre
mon ame en Purgatoire; & que
moname devançant mon corps,
nous nous trouvons à la fin unis
enParadis.
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771
p. 163-165
A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Début :
Cette Naissance a fait faire quantité de Vers. Je vous en envoye / Venez, heureux Enfant, venez à la lumiere, [...]
Mots clefs :
Naissance, Duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Cette
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
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772
p. 206-207
« Le Dimanche 16. de ce mois, le Pere Alexis du Buc, [...] »
Début :
Le Dimanche 16. de ce mois, le Pere Alexis du Buc, [...]
Mots clefs :
Abjuration, Controverse, Gentilhomme, Monseigneur, Piété, Hérésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Dimanche 16. de ce mois, le Pere Alexis du Buc, [...] »
Le Diman ..
çhe 16. de ce m.ois, le Pere
Aléxis du Buc, dont je vous
a.y parlé tant de fois, re~eut
l'abjuration d'u11 Gcntill1om ..
me Alle1nanQ A_ l'iffuë de fa
Conl:roverfe ,~, il exhorta tous
fCs A udit_~urs qui eil:oient en
r·res-grand nox11bre , à demander
à Dieu pour M~onfeigneur
le Duc de Bot1rgogne,
ane longue vie , la pieté de
Saint Loüis :»cou.ces les vcrcu~ - - .... ~ .. _____ . . - ,;- _ ........ - ... ·- .. ... ... - - ..
GAL,A T. 207
Je fës augufres A yeux, & le
zele pour r·extirpation de
l'Héréfie, qui fait le carad:ere
particulier de Loü1s LE
GRAND· Ei1 fuite il entonna.
le Te Deum fuivant les ordres
de Mr r Archevef que.
çhe 16. de ce m.ois, le Pere
Aléxis du Buc, dont je vous
a.y parlé tant de fois, re~eut
l'abjuration d'u11 Gcntill1om ..
me Alle1nanQ A_ l'iffuë de fa
Conl:roverfe ,~, il exhorta tous
fCs A udit_~urs qui eil:oient en
r·res-grand nox11bre , à demander
à Dieu pour M~onfeigneur
le Duc de Bot1rgogne,
ane longue vie , la pieté de
Saint Loüis :»cou.ces les vcrcu~ - - .... ~ .. _____ . . - ,;- _ ........ - ... ·- .. ... ... - - ..
GAL,A T. 207
Je fës augufres A yeux, & le
zele pour r·extirpation de
l'Héréfie, qui fait le carad:ere
particulier de Loü1s LE
GRAND· Ei1 fuite il entonna.
le Te Deum fuivant les ordres
de Mr r Archevef que.
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Résumé : « Le Dimanche 16. de ce mois, le Pere Alexis du Buc, [...] »
Le 16 du mois, le Père Aléxis du Buc a reçu l'abjuration d'un gentilhomme allemand devant une grande foule. Il a prié pour la longue vie et la piété du Duc de Bourgogne. Il a souligné son ardeur contre l'hérésie, rappelant Louis le Grand. Ensuite, il a chanté le Te Deum sur ordre de l'Archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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774
p. 335-337
AUTRE ENIGME.
Début :
Je suis Fille de Pere élevé dans les Bois, [...]
Mots clefs :
Chaise
775
p. 29-34
Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Camus, Evesque de Grenoble, dont vous connoissez la pieté [...]
Mots clefs :
Évêque de Grenoble, Piété, Zèle, Abjuration, Conseiller, Prétendus réformés, Conversion, Calvin, Lumières, Inspiration , Généalogie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
-Il tutcheràVlaPatrie,habile
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
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Résumé : Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
Messire Alexandre de Bardonnenche, seigneur de plusieurs domaines et ancien conseiller au Parlement de Dauphiné, s'est converti à une nouvelle foi religieuse le 5 du mois en cours. Cette conversion a été saluée par Monseigneur Camus, évêque de Grenoble, réputé pour sa piété et son zèle. Bardonnenche, connu pour son esprit et son jugement, a démissionné de sa charge de conseiller par conviction religieuse, déclinant des offres de postes et d'avantages financiers. Issu d'une famille noble et ancienne, ses origines sont documentées par les travaux du Président Allard. Il a servi avec distinction au Parlement de Grenoble et compte des descendants dans le service militaire. Ses armoiries représentent un aigle naissant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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776
p. 71-81
POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Début :
Je joins à ces deux Sonnets, l'Idille de Madame des / L'Amour pressé d'une douleur amere, [...]
Mots clefs :
Académie, Amour, Enfant, Jaloux, Gloire, Louis, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Je joins à ces deux Sonnets,
l'Idille de Madame des
Houlieres, dont le bruit doit
estreallé jusqua vous, par
les applaudissemens qu'il a
reçeus àla Cour & a Paris.
Il y a tant de délicatesse, de
bon goust, & de bon sens,
dans tout ce qui part de
cette illustre Personne, que si l'usage estoit que les Femmes
fussentreçeuës à l'Académie,
on préviendroit ses
souhaits) pour luy offrir place
gdanslceUtte céleébré.Compa-
POUR
POUR.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC
DE BOURGOGNE.
IDILLE. LAmourpressed'une douleur
sincre,
Età'a(on FlambeAU,rewp'Jes
Traits
Et parle Six jure àfk Mere
JÇu'tlnes*appat[ra jamais.
Toutse ressont desa colere,
Déjà les Oiseaux dans les Bois
Nefont plusentendre leurs rvoixJI
Et déjà le Berger néglige sa Bergere.
Ce matin lesJeux &les Ris,
De l'Amour lesseuls Favoris, 4
M'ont découvert ce qui le désespere.
Voicy ce qu'ilsm'en ont appris.
Un divin Enfant vient de naître,
M'ont-ils dit, à qui les Mortels
Avec empressement élevent des Autels,
Et pour qui pms regret nom quittons
nostreMaistre.
Sil'Amour est jaloux des honneurs
qu'on luy rend,
Ill'est encorplus deses charmes;
En vainpouressuyerses larmes,
Vénussursesgenouxleprend,
Luyfait honte desesfoibleffess
Et quandpardetendrescaresses
Elle croitl'avoiradoucy,
D'un ton plus ferme elle luyparle
diuflVous
avez,fourny de matiere
Aumalheurdontvous vous plaignez;
L'aimable Enfant que vous craignez,
Sans vous n'eut pointveu lalumière,
Maù consolez-vous-en, luy qui vom rendjaloux,
Unjoursoûmis àvostreEmpire,
£htoy que la Gloireenpuisse dire,
Fera de 10s plaisirsson bonheur le
plus doux.
Reprenez, donc vostreArc; J^oy^moit
Fils,seriez, vous
Aux ordres des Destins rebelle?
Songez- que vous devez, vossoins 4
l'Univers,
.f<.!!epttr VOM toutse renouvelle;
Que dans le vastesein des Mers,
.f<!!,estr lA Terre & cAns les Airs,
La Nature àsonaide en tout temps
vous appelle.
Ha ! s'écria l'Amour,je veux me
vangerd'elle;
Contre elle avec raison je mefins-
animé;
Avecde trop grandssoins cette [11.
grateaformé
Cet Enfant, ce Rival dema gloire
immortelle.
Concevez-vous quelle est ma douleur,
neon effroy?
Il estdéjà beau commemoy;
Maisjusqu'où les Mortels portent-ils
l'insolence?
Sans respectermonpouvoir, ny mort
rang,
On ose comparerson sangavec mon
sangs
On faitplus,surlemien ila lapréferences
On ne craint point pour luy la eélefit
vangcancc;
lid dans son Ayeul un trop puissant
| Appuy. Ji>uel DieupourlaValeur, J^utlDu#
pour la Prudence,
Pourroit avec LOVISdisputer diijourd'huy?
liefuis qu'ilfutdonné pour le bien de
la France,
On n'a plus adoré que luy.
De l' Univers, il regle lafortunes
Parunprodigeilest tout-à-la-fois
Mars,Apollon, Jupiter & Neptune;
Ses bontez,sessoins, ses exploits,
Font la félicité commune.
Au dela de luy-mesmeilporteson bonheur,
Asonauguste Filsluy-mesmesert de
guide;
On voit ce Fils brûler d'une héroïque
ardeur,
Etde Gloire en tout temps avide,
DAns lêfeinmesme de 14 Paix,
Auxfrivoles plaisirs ne s'arrester jamais.
î1fcplaiflàlaChasse, image de 14
Guerre,
Ilsi plaifla dompter d'indomptables
Chevaux,
En attendant lejourqu'armédefin
Tonnerre,
LoriS en triomphant du reste de la
Terre,
JroumiJJe asa Valeur de plus nobles
travANX.
Sien que de la Beauté voussoyez, la
VousnDelleujfyi,
eauferiez, ny transports,
Heureux&digneEpouxd'une jeune
Trinceffe,
J^uimérite tousses soûpirs,
Il ne daigne tournerses regardssur
les autres;
lAsischarmesail(si quels charmes
sontégaux?
Elle a les yeux aussi doux que les
vostres,
Etn'a pas un de vos défauts.
Vénusalors rougit de honte,
EtlançantsursonFils desregards
enflâmez,
cf!0oJ donc, dit-elle, à vostre conte
UneMortellemesurmonte?
Hé-bien, l'illustre Enfantdont vous
vous alarmez,
Pres demoy tiendra vostreplace;
Je veux ( & le Destin ne m'en dédira
pas )
,tueqtioy qu'ildise, ou quoy qu'il
fassi)
On y trouve toûjours une nouvelle
Grace;
Toutes vontpar mon ordre accompagnerses
pas.
L Amouttnmble à cette menace, IlveutfiâttrVenus ; mais Vénus s
cesmots,
Sejette dansson Char, (jp noie t1 vers
Paphos.
nllnsfin coeur la colereà lahonte
s'assemble.
Le chagrin de l'Amouri'accroifl par
ce couroux,
Etcommelechagrindrnoué
Ne pouvons demeurer ensemble,
Nous avons résolu d'abandonner
l'Amour,
Pour venirfairenostre cour
Au beau Prince qui,luy ressemble.
Voilacceqoue lnes Rtisé&l;es^uxm'ont
Ce Prince estsi charmant, qu'on les en
peut bien croire;
L'Amour estaujourd'huijalouxdesa
beauté,
À
nj.o#rtli.cnirdque Mays leserade
sagloire,
pHÎjft-t-ilteneursgrand, estresonjours
keureuxi ThïJjc * lejuste Ciel accorder à nos
vaux
Fourluy denotnbreuefséttneesi
Jfïjt'il«pl/Jlè des Héros les Exploits Mt quunjour, s'ilse peut,sesgrandts
destinées
Egalent celles de LOVIS.
l'Idille de Madame des
Houlieres, dont le bruit doit
estreallé jusqua vous, par
les applaudissemens qu'il a
reçeus àla Cour & a Paris.
Il y a tant de délicatesse, de
bon goust, & de bon sens,
dans tout ce qui part de
cette illustre Personne, que si l'usage estoit que les Femmes
fussentreçeuës à l'Académie,
on préviendroit ses
souhaits) pour luy offrir place
gdanslceUtte céleébré.Compa-
POUR
POUR.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC
DE BOURGOGNE.
IDILLE. LAmourpressed'une douleur
sincre,
Età'a(on FlambeAU,rewp'Jes
Traits
Et parle Six jure àfk Mere
JÇu'tlnes*appat[ra jamais.
Toutse ressont desa colere,
Déjà les Oiseaux dans les Bois
Nefont plusentendre leurs rvoixJI
Et déjà le Berger néglige sa Bergere.
Ce matin lesJeux &les Ris,
De l'Amour lesseuls Favoris, 4
M'ont découvert ce qui le désespere.
Voicy ce qu'ilsm'en ont appris.
Un divin Enfant vient de naître,
M'ont-ils dit, à qui les Mortels
Avec empressement élevent des Autels,
Et pour qui pms regret nom quittons
nostreMaistre.
Sil'Amour est jaloux des honneurs
qu'on luy rend,
Ill'est encorplus deses charmes;
En vainpouressuyerses larmes,
Vénussursesgenouxleprend,
Luyfait honte desesfoibleffess
Et quandpardetendrescaresses
Elle croitl'avoiradoucy,
D'un ton plus ferme elle luyparle
diuflVous
avez,fourny de matiere
Aumalheurdontvous vous plaignez;
L'aimable Enfant que vous craignez,
Sans vous n'eut pointveu lalumière,
Maù consolez-vous-en, luy qui vom rendjaloux,
Unjoursoûmis àvostreEmpire,
£htoy que la Gloireenpuisse dire,
Fera de 10s plaisirsson bonheur le
plus doux.
Reprenez, donc vostreArc; J^oy^moit
Fils,seriez, vous
Aux ordres des Destins rebelle?
Songez- que vous devez, vossoins 4
l'Univers,
.f<.!!epttr VOM toutse renouvelle;
Que dans le vastesein des Mers,
.f<!!,estr lA Terre & cAns les Airs,
La Nature àsonaide en tout temps
vous appelle.
Ha ! s'écria l'Amour,je veux me
vangerd'elle;
Contre elle avec raison je mefins-
animé;
Avecde trop grandssoins cette [11.
grateaformé
Cet Enfant, ce Rival dema gloire
immortelle.
Concevez-vous quelle est ma douleur,
neon effroy?
Il estdéjà beau commemoy;
Maisjusqu'où les Mortels portent-ils
l'insolence?
Sans respectermonpouvoir, ny mort
rang,
On ose comparerson sangavec mon
sangs
On faitplus,surlemien ila lapréferences
On ne craint point pour luy la eélefit
vangcancc;
lid dans son Ayeul un trop puissant
| Appuy. Ji>uel DieupourlaValeur, J^utlDu#
pour la Prudence,
Pourroit avec LOVISdisputer diijourd'huy?
liefuis qu'ilfutdonné pour le bien de
la France,
On n'a plus adoré que luy.
De l' Univers, il regle lafortunes
Parunprodigeilest tout-à-la-fois
Mars,Apollon, Jupiter & Neptune;
Ses bontez,sessoins, ses exploits,
Font la félicité commune.
Au dela de luy-mesmeilporteson bonheur,
Asonauguste Filsluy-mesmesert de
guide;
On voit ce Fils brûler d'une héroïque
ardeur,
Etde Gloire en tout temps avide,
DAns lêfeinmesme de 14 Paix,
Auxfrivoles plaisirs ne s'arrester jamais.
î1fcplaiflàlaChasse, image de 14
Guerre,
Ilsi plaifla dompter d'indomptables
Chevaux,
En attendant lejourqu'armédefin
Tonnerre,
LoriS en triomphant du reste de la
Terre,
JroumiJJe asa Valeur de plus nobles
travANX.
Sien que de la Beauté voussoyez, la
VousnDelleujfyi,
eauferiez, ny transports,
Heureux&digneEpouxd'une jeune
Trinceffe,
J^uimérite tousses soûpirs,
Il ne daigne tournerses regardssur
les autres;
lAsischarmesail(si quels charmes
sontégaux?
Elle a les yeux aussi doux que les
vostres,
Etn'a pas un de vos défauts.
Vénusalors rougit de honte,
EtlançantsursonFils desregards
enflâmez,
cf!0oJ donc, dit-elle, à vostre conte
UneMortellemesurmonte?
Hé-bien, l'illustre Enfantdont vous
vous alarmez,
Pres demoy tiendra vostreplace;
Je veux ( & le Destin ne m'en dédira
pas )
,tueqtioy qu'ildise, ou quoy qu'il
fassi)
On y trouve toûjours une nouvelle
Grace;
Toutes vontpar mon ordre accompagnerses
pas.
L Amouttnmble à cette menace, IlveutfiâttrVenus ; mais Vénus s
cesmots,
Sejette dansson Char, (jp noie t1 vers
Paphos.
nllnsfin coeur la colereà lahonte
s'assemble.
Le chagrin de l'Amouri'accroifl par
ce couroux,
Etcommelechagrindrnoué
Ne pouvons demeurer ensemble,
Nous avons résolu d'abandonner
l'Amour,
Pour venirfairenostre cour
Au beau Prince qui,luy ressemble.
Voilacceqoue lnes Rtisé&l;es^uxm'ont
Ce Prince estsi charmant, qu'on les en
peut bien croire;
L'Amour estaujourd'huijalouxdesa
beauté,
À
nj.o#rtli.cnirdque Mays leserade
sagloire,
pHÎjft-t-ilteneursgrand, estresonjours
keureuxi ThïJjc * lejuste Ciel accorder à nos
vaux
Fourluy denotnbreuefséttneesi
Jfïjt'il«pl/Jlè des Héros les Exploits Mt quunjour, s'ilse peut,sesgrandts
destinées
Egalent celles de LOVIS.
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Résumé : POUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. IDILLE.
Le texte est une lettre accompagnant deux sonnets et une idylle de Madame des Houlières, reconnue pour ses œuvres littéraires. L'auteur exprime son admiration pour la délicatesse, le bon goût et le bon sens de Madame des Houlières, suggérant qu'elle mériterait une place à l'Académie française si les femmes y étaient admises. L'idylle célèbre la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. L'Amour, éprouvant une douleur sincère, voit ses traits marqués par la colère. Les oiseaux et les bergers ressentent cette colère, et les jeux de l'Amour sont interrompus. L'Amour apprend qu'un divin enfant est né, pour qui les mortels élèvent des autels, et qu'il doit quitter son maître. Vénus tente de consoler l'Amour, lui rappelant que l'enfant ne serait pas né sans lui et qu'un jour, l'enfant sera soumis à son empire. L'Amour, jaloux et animé par la colère, exprime sa douleur et son effroi face à la beauté et à la gloire de l'enfant. Il décrit les exploits et les qualités de l'enfant, comparant ses talents à ceux des dieux et soulignant son rôle dans le bonheur de la France. Vénus, honteuse, reconnaît que l'enfant surpassera l'Amour en beauté et en grâce. L'Amour et Vénus décident d'abandonner leur querelle et de se rendre à la cour du prince, admirant sa beauté et sa gloire. Ils espèrent que le ciel accordera à l'enfant des exploits héroïques et des destinées grandioses, égales à celles de Louis.
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777
p. 137-138
Conversion de M. du Hamel, [titre d'après la table]
Début :
J'ay à vous apprendre deux Conversions sur lesquelles je suis seûr [...]
Mots clefs :
Conversion, Chagrin, Seigneur, Abjuration, Église, Famille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. du Hamel, [titre d'après la table]
J'ay à vous apprendre deux
Conversions surlesquelles je
suisseûr que je n'auray point
tic chagrin de me dédire.
L'une est celle de Mr Guilbert,
Seigneur du Hamel,
qui abjura il y a un mois
:dans l'Eglise des Théatins,
entre les mains du Pere
Alexis du Buc, en présence
de plusieurs Personnes de
qualité. Il est d'une des plus
anciennes Familles de Normandie,
& fort d'Anceltres
qui sont Fondateurs du Monaftere
dit, de l'AveMaria.
La seconde Conversion
Conversions surlesquelles je
suisseûr que je n'auray point
tic chagrin de me dédire.
L'une est celle de Mr Guilbert,
Seigneur du Hamel,
qui abjura il y a un mois
:dans l'Eglise des Théatins,
entre les mains du Pere
Alexis du Buc, en présence
de plusieurs Personnes de
qualité. Il est d'une des plus
anciennes Familles de Normandie,
& fort d'Anceltres
qui sont Fondateurs du Monaftere
dit, de l'AveMaria.
La seconde Conversion
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778
p. 138-140
Conversion de M. de Villars, Seigneur de la Fay, [titre d'après la table]
Début :
La seconde Conversion n'est pas moins considérable. C'est celle [...]
Mots clefs :
Conversions, Gentilhomme, Seigneur, Grâces, Erreurs, Abjurations, Intendant, Lumières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. de Villars, Seigneur de la Fay, [titre d'après la table]
n'est pas moins confidérable.
C'est ce lled'un Gentilhomme
d'auprès de Châlons
en Bourtrocrne,nommé Mrde
Villar,Seigneur de la Fa.Y.t¡\
Il a servy depuis dix
-
huit
mois sur les Vaisseaux de Saf
Majesté; & àson retour,l'éclaircissementqu'il
a demandésur
quelques doutes
au Pere Antoine Favie, Coriio
mandeur de la Mercy de
Toulon, a produit pour luy
un effet si avantageux, que
ne pouvant résister aux mouvemens
de la Grâce, il noncé are- à ses erreurs. La cerémonie
de son Abjuration se
fit le septiéme de l'autre mois
dans la Chapelle Royale de
l'Infirmerie de Toulon, dont
ce Pere est Aumônier, en présence de Mr l'Intendant,
& d'un fort grand nombre
d'Officiers. Le Pere Favie a
reçeu beaucoup de gloire de
cette action, qui est un effet
de sa vive toy, & de ses grandes
lumieres
C'est ce lled'un Gentilhomme
d'auprès de Châlons
en Bourtrocrne,nommé Mrde
Villar,Seigneur de la Fa.Y.t¡\
Il a servy depuis dix
-
huit
mois sur les Vaisseaux de Saf
Majesté; & àson retour,l'éclaircissementqu'il
a demandésur
quelques doutes
au Pere Antoine Favie, Coriio
mandeur de la Mercy de
Toulon, a produit pour luy
un effet si avantageux, que
ne pouvant résister aux mouvemens
de la Grâce, il noncé are- à ses erreurs. La cerémonie
de son Abjuration se
fit le septiéme de l'autre mois
dans la Chapelle Royale de
l'Infirmerie de Toulon, dont
ce Pere est Aumônier, en présence de Mr l'Intendant,
& d'un fort grand nombre
d'Officiers. Le Pere Favie a
reçeu beaucoup de gloire de
cette action, qui est un effet
de sa vive toy, & de ses grandes
lumieres
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Résumé : Conversion de M. de Villars, Seigneur de la Fay, [titre d'après la table]
Monsieur de Villar, Seigneur de la Fayette, après dix-huit mois de service naval, a consulté le Père Antoine Favie pour résoudre des doutes religieux. Cette discussion a mené à sa conversion. L'abjuration a eu lieu dans la chapelle royale de l'infirmerie de Toulon, en présence de l'Intendant et d'officiers. Le Père Favie a été loué pour son rôle dans cette conversion.
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779
p. 10-15
EGLOGUE.
Début :
Je n'attendray point que vous m'ayez fait connoistre / Assise au bord de la Seine [...]
Mots clefs :
Génie, Bergère, Amant, Bocage, Nymphes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
Je n'attendray point que
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
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Résumé : EGLOGUE.
La lettre mentionne l'envoi d'un ouvrage pastoral et partage une idylle de Madame des Houlières. L'histoire met en scène Célimène, une bergère surveillant son troupeau. Elle se remémore un berger éloigné, ce qui cause sa langueur et son désespoir. Célimène exprime ses sentiments amoureux et ses craintes à travers des vers doux et naturels. Elle grave ses tourments sur les arbres et se plaint du zéphyr, qu'elle voit comme un mauvais présage. Elle envisage même le suicide si son amant est infidèle. Ses chants résonnent dans la vallée, touchant les autres bergers. Célimène se lamente sur l'absence de son amant et s'interroge sur les tourments de l'amour. Elle se demande si les bergers de son époque connaissent encore les plaisirs de l'amour.
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781
p. 351-352
AUTRE ENIGME.
Début :
Je donne du secours mesme aux plus mécontens, [...]
Mots clefs :
Lit
782
p. 273-275
BALADE.
Début :
Le Cavalier que vous me mandez qui se marie par amour dans / Dans ce Hameau je voy de toutes parts [...]
Mots clefs :
Hameau, Amour, Bacchus, Cérès, Hyménée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BALADE.
Le Cavalier que vous me mandez
qui se marie par amour dans
vostre Province, ne fuit pas l'avis
d'une Personne des plus spirituelles
de vostre beau Sexe. Je
parlede l'illettré Madame des
Houlieres, qui s'est déclarée sur
cette nlatÏere: par les Vers qui
suivent.
BALADE.
DAns ce HAmeAHje voy de tontes
parts
De beaux atours mainte Fillete ornée;
Je gagerois quequelque jeune Gars
Avec Catin unit sa destinée.
Elleal'oeil doux,Ile a les traits mi¡nars,.
L\iirgratieux, l'humeur point obstinée)
Maisgranddéfautgasse toussesattraits.
Pointriad'icits-Poiir belle qu'on {oiltée,
L' Amour languitlansBacchus & Cerés.
De doux propos & d'ttmottreux regards
On nesçauroitvivre toute tdnnée.
Jeunes v'aryf deviennenttoifVieillards,'
Quanileurconvientjeûner chaque journée;
Soucis p"lJàm chassentpensers çra'llaràs*
TendreJJè alors est en bref terminée;
S'il en paroiss, ce riefl qu'ad honoles.>
Far maints grands Clercs fAffaire examinée,
L'Amour languit fansBacchus & Cerés,
L'Atre entouré duntasaEnfascriards,
De Créanciers la Porte environnée,
D'untrifte hymen totales autres hasards,
Font endurerpeine d'Ame damnée,
Et donnentjoyeaivfeJ-'însbab'IUirds.
Minh'!s dont fut la tcfle couronne
Voironvoudrait transformez, en Cjprès. un tel desirpoint ne fuisétonnée,
L'Amour languit fansBacchus & Cerés.
1 - ENVOY.
V-ous, gui damourfîtivezlss Etendars,
Pointfiecroyez cauteleux Papelars3
DisansBeautésuffitpourthymenée.
Si vom voûtez, en toutfaireflorès,
'avecBeautéçrosse dot (oit donnée,
L'Amour languitsansBacchus &Cerés.
qui se marie par amour dans
vostre Province, ne fuit pas l'avis
d'une Personne des plus spirituelles
de vostre beau Sexe. Je
parlede l'illettré Madame des
Houlieres, qui s'est déclarée sur
cette nlatÏere: par les Vers qui
suivent.
BALADE.
DAns ce HAmeAHje voy de tontes
parts
De beaux atours mainte Fillete ornée;
Je gagerois quequelque jeune Gars
Avec Catin unit sa destinée.
Elleal'oeil doux,Ile a les traits mi¡nars,.
L\iirgratieux, l'humeur point obstinée)
Maisgranddéfautgasse toussesattraits.
Pointriad'icits-Poiir belle qu'on {oiltée,
L' Amour languitlansBacchus & Cerés.
De doux propos & d'ttmottreux regards
On nesçauroitvivre toute tdnnée.
Jeunes v'aryf deviennenttoifVieillards,'
Quanileurconvientjeûner chaque journée;
Soucis p"lJàm chassentpensers çra'llaràs*
TendreJJè alors est en bref terminée;
S'il en paroiss, ce riefl qu'ad honoles.>
Far maints grands Clercs fAffaire examinée,
L'Amour languit fansBacchus & Cerés,
L'Atre entouré duntasaEnfascriards,
De Créanciers la Porte environnée,
D'untrifte hymen totales autres hasards,
Font endurerpeine d'Ame damnée,
Et donnentjoyeaivfeJ-'însbab'IUirds.
Minh'!s dont fut la tcfle couronne
Voironvoudrait transformez, en Cjprès. un tel desirpoint ne fuisétonnée,
L'Amour languit fansBacchus & Cerés.
1 - ENVOY.
V-ous, gui damourfîtivezlss Etendars,
Pointfiecroyez cauteleux Papelars3
DisansBeautésuffitpourthymenée.
Si vom voûtez, en toutfaireflorès,
'avecBeautéçrosse dot (oit donnée,
L'Amour languitsansBacchus &Cerés.
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Résumé : BALADE.
Madame des Houlières a exprimé son avis sur le mariage par amour dans une ballade. Cette ballade décrit les qualités et les défauts des jeunes filles et met en garde contre les dangers de l'amour sans soutien matériel. Elle souligne que l'amour seul ne suffit pas pour un mariage heureux et durable, car il nécessite également des ressources, symbolisées par Bacchus et Cérès, représentant respectivement le vin et les récoltes. La ballade critique les mariages sans dot et met en avant les souffrances que peuvent endurer les couples sans ressources. Elle conclut en affirmant que l'amour languit sans le soutien matériel.
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783
p. 132-170
RELATION DE Mr DE POINCTI.
Début :
Quoy que vous ayez déja veu dans la Premiere Partie de ma / Le 22. Juillet, Mr du Quesne ayant à la Rade d'Alger [...]
Mots clefs :
Alger, Galiotes, Abraham Duquesne, Bombes, Galères, Attaquer, Guerre, Vents, Canons, Bombe, Soldat bombardier, Chevalier de Tourville, Chevalier de Lery, Esclaves, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION DE Mr DE POINCTI.
~oy que volls ayez déja veu
dans Ja Pren1iere Partie de n1a
Lettre une Relation fort exa.éte
de tour ce qui s1eCt pail'ë devant
Alger> j:ia y crû vous devoir en ...
cor envoyer celle de I\1lr de Poin~
ét.i. Elle efr icy dans une efl:in1e
GAl~ANT. 1~3
: fi genérale, qu'elle fidt feule 1'C-
; loge de celuy qui ra· écrire; c~eil:
pourquoy je ne vou~ diray rie11
à fà gloire, puis que {on Ouvrdge
_ parle, & fait con11oiftre qu2u11
.: Holntne fi brave ne f'iair Eas
· n1oins bien fe fCrvir de la Plome
i. que de rEpée, & qu'il parle auffi
: bù:n qu'il agit.
'. :.-~:j
. . . '
. I-'.
••. ·:
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. -' '. ' ..
:-·r
•
~ ~ ~(?J ~ .tt!;J n>· tê! il!.~~ ©:'!!J ~ ~
~?J~· ~e:.J· êl~~~~J~~ è!~èJ~~~
RELA_1~It)N
DE Mr DE POINCTI.
E 21. JuiIJct , Mr du QE_efne
~~yant à la Rade d~ Alger
joint les Galiotes qui y cfl:oiè11t
[[rrivée.s dés le 17. efcortées par
le sg: Foran, 111011tant J' Etl'iUt, &
13 4 l1\ ~ li iER4;r~~ l' JR~ .. ·3-~p...-J
qui y avoienr trouvé les Cheva ...
Jiers de Tourville & de L!.:ry, l'un
Lieutenant G-ener~1l , & 11autre
Cl1ef c.1JEfcadre, avec lix \l"aif ..
feaux; les Forces defl:inécs con ...
t,.e Alger, confi!l:oient en onze
VaiiTeaux de Guerre, quinze GaJercs,
cinC] Galiotes, dcPx Brû..,
Iots,quelgues Flufres,& quelques
IP' tJ 9 ! arra11es.
On f ongea. auffi. ~o!l: à fe n1et-
tre en , ri' .. ' et~t t u cxecutcr cc q t1 on
avoit projetté ; niais con1n1e il
falloir de néccffiré gue1qnes
jours pour cl1arger les Bon1bes,
& dilf>oièr le8 Galiotes con1111e
elles devaient efl:re pour f'exé ...
cution, Mr du ~efnc ayant efté
averry qu•il y avoit deux petits
Vai[fa.ux à Serfelle) prit cet
intervale pour les aller brûler, &
GALJ1\~~T. 131
y n1ar·cl1a avec fon Vai1feat1, le
j J'rNdent, le Teméraire , & t, Eole,
~J con1tnandez par le Chevalier
-~: de Lerv, B ea.t1 lieu, & Infreville,
.Il
: & huit des quinze Galeres, à la.
~~ teH:e dcfCJuclles cfroit le Cl1eva:
i lier de Noailles leur Lieu tenant
~ !i GeneraL L'un de[dirs petits VaiC.
~ [eaux fut brUlé Dar nos Cl1alou- ·~ \ .1 j pcs, & les Artifices n1anquerent
.··~~ .. fiJr l'(tutre. La Place fut cano .. -
;~ née, & cJle ri pofl:a d:; n1~fn1e. 011 ·
t.
;~l n ~a poîn t fceu au j u fte quel do 111-
~ 111age on y avoir f,1ir. De nofl:re
.'.4 pa.rt, nous y eufi11es prés de qu1~
:;.1 ranre Hon1mes tuez- ou l1Je1fez .. . . '
, .,
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-.,~·
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L1 1t,
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.i. ".1..;
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1
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·.
Dt1 nombre des derniers c!l: Ie sr
de F-2"nneJon Enfeione de Navi ... l ~
r~ ~qui y a eu la ja1nbe en1portec
.
Mrdu ~efne de retot1r:> on crût
Ij6 tERCURE
.attaquer Alger le 28. a1ais une
groflè Lan1e du N ordefi, faifc1.nt
craindre du vent de ce coflé .. là ,
<]Ui eft le dangereux, & donnant
trop de n1ouvemenr aux V~j(:
feaux pollr qu ·on pu1l: tirer., on
fut contr~Ünt de iùr!Coir ju!qL1eç
au 5.. d' Aoufl: , tout ce r:en1p.s s'étant
paifé ei1 Brifes viol~ntes de
N ordeft , qui laiifoient la Mer
agitée, 111eünc lors qu'elles avoient
ceifé; mais enfin ltt Vent
s~efrant rangé au Oiiefr- Nord~
oüefi, qui fait là des Brifes réglées,
f u1vie.s de caltnes, on fe
chfpo(a à n1archer {l1r le foir , la
réfolution ayanr eflé prifc de faire
cette attaque de nuit, afi1~ que
les Ennemis profitaifent m:>ins
du temps qu,il ra.ut metrr~ à s2entraverfer,
pendant lequel on ne
GA~ LA tt~~1~·. I ~-7;
f.'Üt que îOuff1:ir du fe.u tn fans .enj
pou voir t:1ire ~
A. Co1n1rie l}Ordre de la Couf-·
eil:oit pofirif, LJHe Vaiifeaux, Ga ..
leres , & Galiotes, co111 batilfent,,1
Mr du ~eii1e a voit de cette !Or.-..
te diipof é les chofes.
Lt Sirint - ~/}rit, qu'il 1nonre
cette Can1pagnc, ren1orguê patl
deux Galcres, fe devoit aller po=ficr
N ordeft 8-l Sorroüeft de la~
Tour du Fanal; deux Galiotes-.
ren1orguées par une Galere fur.
f~1 gauc be, c 1 efr- à dire vers le
Sud; & J,~s trois autres mcnées.-
}Jar deux G-~leres fur la droite Î}'·
cfocft ... à-dire vers le Nord .. Tous ..
le~ VaiLTtaux en iùite s;>érenda11evers
le Sud &. v.ers le N.ord, de~
voient forn1er un Croifl:tnt au~r.
our du Mur ... qui fair la clofEuret
OtCZ:Obrc ~.~P~- M ..,.,,,,;
8 ~~ n <t-foM.t~ ÎR ~ J 1 1 . .t~ ~ "l~~.~ u ~ î!
dLt Port ; & chaque Galerc re_
inorguant un v~üffi~au, a prés l'avoir
n1is à fan Polle , fe devait
placer dans Jes întervales.
On con1n1enc;a à n1arcl1er
pour forn1cr cet Ordre de 13~ltai[_
le; niais la Brife ayant duré j uf:
<] ues fur le {àir_a!fez rard.,on n'avoir
pll. plûto{l: fe n1ettre en
nïarche, & la nuit nous ayant
ft1rpris avant que cl1acn11 11u!t
efrre dén1cilé , Mr du ~efne
voyant qu'il ne pouvoir cette
nnir ~ttta.quer qu, ~11 déford.re,
prit (1 ·~rec beaucoup de {3.geiTe, le
parry de 1notiiller où il fe trou ...
voir'Jc:~cfr-à-dire un peu plus prés
de L1 Ville qL1'auparJ.vant, & d,ar ...
tend t"e au Ie11den1ain à rcdreifer
ce qui n'efi:l)Ît pas a ('l place i
n1~us ce lc11den1ain les Vents re~
.J
.J
- ~
. -~1.
·r
.,.
' -.
.. -.
. :;.
' r
·~
G1\I.~Al~~T. 139
fituterent an N ordeft , & firent
perdre tot1t efpoir & toute pet~iëe
d'attaquer, parce c1u\~1 ff:él:1-
vcn1ent dés Ja 111o!ndre haleine
d c V cri t de c ~-? co {1:é ! à , la M · r
~'cnfl.-~ tj'unc n1aniérc extraordinaire
; & cc q u'îl y a de cruel;t
c\:f1:: que les rrols C]llârrs dtt
tcn1ps) ce Vent rcgnc dans cette
~ \_ ~ Il a de~ <-1 ll c j 'a y d.' ailleurs trouvée
pl us d1ficil e q u' 011 ne t11e l;ta voit
-... ,.
t1 ·.:T l"( 1"" ,,.,. t"
J ~ ~ ~· - r ..
l.
N nus dr1TH=:n r~l.n1es dans cette
fitL1ari{JnjufèJu'au 13 que les Vents
efl:.1nt enfin dc{ècnd us a l' 0 üefl:
N orroi_iefl: , nous firent cfperer
du caln1e pour la nuir fi.liv~1nte;
& certainc1ncnt on ne pouvait
pas dcfirer des apparences -de
ternps plus f1vorable ; auffi fe
!11ir ... 011 en é rat d' e11 profiter, ~
1'1l ij
~., Jf r:,· 2 {.-,, ~ ~RE J 40 .f\f l i~.1 1, -~lJ .$.. '4
cette fc}ls cl11cun efr;1nr exaéte ....
n·1ent à iOn poftc, on con1menca
.. ' l ) " -' .. de n1~rcher a L en r:re~ d.':! Ia n u1 t
avec tant de joye de la part des
Eguipages, que tout le monde.
efl:oit plein (f heureux· prclfcntin1ens;
1nais av:Lnt ciue nous fuf..
fions à Ll portée du Canon , le ...
temps fè broitilla ~ il parut des ..
E·c lairs 'il le Vent f:~ leva') fit en tUl
inil:ant le tonr tiu Con1pas.,Ia Mer
·groffir,Jes Gr~iins perpétuels nous.
fàifoient crai11dre pour nos M.:~tsl).
i1ous eftions à la Colle ; &· les.
Galeres, loin de lTous {ècourir ,.
efioient elles-n1efincs dans u11e
grande exrrémi té. H eurcufcn1ent
lcVen.t fe ten;.inr pendit quelque
tern ps du cofl:ê de la Terre,. les,
Vailîèaux firent voile & Ce mirent
.au largeoLes G;al.ercs_,fe fauvere.nt·
GAL,ANYT. r41
41 I:r.. Pointe du Cap cle l\1etifou .;:.
niais les pauvres Galiotes quiil
:ivoit fa lu pref que defagréer,pour·
Jai!.fer le jeu des Mortiers libre,~.
el1oienr dans une aflèz périlleufe·
contenance. Chacun neann1oit1s.
fc fccour<1nt foy-n1c!l11e dans ce
befoin '.) 011 rcpa!fa en di1igen€e·
quelques 1v1ànoeuvres.1 & f,tifant
volle dll H·unier1 à !)a.ide du Vencde
Terre, nous nous retirân1es à.
travers rorage,qui dura route la.
!Il
11 Ll-I t.
Cette di~!;race nous penfa o,fter·
tout efpoiro Il falloit que les Ga..,_
lcres, qui· fc !ùr~pafl:1nt elles-1nê~
rnes.j den1euroie11t avec 11ou.s de ..
puis 11uit jours, à bo-ut de toutes
fortes de vivres., parti!fent enfin
forcées par la. difetre de toutes,
chof es ; outr~e qu:e -c:e_s fortes de.· -
142 ~AERCURE
Bc1fl:in1ens (ont toûjours dans
certe Rade à detJX doigrs de leur
pcrrc, & dans l,abfence des GaJ~
res, il paroirfüir afièz dificile de
placer les G alio rcs ., de 111 aniere
t]U,on en tirafl: le !ervicc qu'on
• 1
~vo1t atten{1t1.
On paffa dans cette încertitu~
de, & dans le n1auvais ren1ps qni
continua jufgu'au 16,. que rv1r
du ~efi1e ayant in1;lginé un
n1oycn de Eonduire les Galiotes
prer c. Gl u l\ v,l~ u i .. ( l) J.:;',\. . 1g er, <Q.. .X. sl y e' ra.nt
~onfirn1é par le fenrin1cnt des
-Cl1evaliers de T ourvillc & de Le~
ry~ envoya porter par les Cha~
loupes des Ancres vers 1e 1Port à
une dif1ancc qu" on crut raîJOnna~
ble ~ & cin q V aiifeal1x furent
détachez') pour e11 s'approchant
.u11 peu plus que les autres; pren ....
' ..
G ALPi.l~T- 145
dri le bout c.{es An1arcs de ces
Ancres, & foûtenir les Galiotes
qui a~ devoient hiller deifus, &
s'entraverfèr lors qu'elles !èroienc
ailèz proche, fe rel1allant tot1t
de n1·~ii11~ juf qu\tu V ai(feau pour
le retour e
Le Vigilant, montê par le CI1e ..
-r.l 11 ier de Tourville J qui renait le
n1ilieu , & devait ef\:re vis-à vis
de la Tour du F~inal,avoir l' An1are
de id c·r1,cfle,; fur la droite .. !~
rai!lttnt, con1mandé paï Beaulieu>
a voit 11 :\rr1are <..i.~ la 1Y!tPJttçtt1;
1e, dont Goïtou a le con1n1ande1nent
5 & tout au Nord, le Che ...
valicr de Lery fl1r le Pruiient =a
voir celle de Lt Brâlttnte, coin~
111andéep.1r D:z~.:Tbi~rs,& Longcharnp
fous luy. A la g:1 t~cl1e du
Cl1evalier de T ourv illl:, F ora11
~44 lVlE F~ CîJ,R E
fur /' Etoille a voit 1, An1are de fit ..
.. Fo1Jd,-oy11nte ,. nlonrée par Boif.. .
f,ier; & tout àu Sud, Belle-Ifle
avec I e La11ricr.,. a voit celle de la
1Jorn.h4rde , con1n1andée par de
·Con1be, & dans la(1uelle ctloit
e1nbarqué Ca111elin , c~ pit~ine
,;i.e B.o-rnbardiers de Terre , en ...
\ 1oyé p.ar le lloy p.our cette Extlédi.
tion. J.
Cette maniére de fétÎre la Guer_
re eftant taure nouve He, les cl10~
.fcs ne purent c!l:re exécurées
av.e.c to·utc la jufreffe quio11 aurait
pû defil"era .Catnelin , qui
d~ailleurs travailloit avec beau ..
·Coup de zclc & d'a.ppljça,tion ~
n\1va.nt aucune connoifl~ince des
" ~l1ofe s de la M·~irine., ne pouvoic
pas f~avoir com1ne il fe fallait
p.o.frer danfi c.ett.e occafton ; de
forte·
GALANT. 145
efQ-rre que les Ancres fe trouv~
renr placez trop prés les uns des
auri-es ·; & les objets paroiffant la
t}uit: plus prés qul'ils ne {Ont effe ...
C1ivc-ment , elles efl:oient beau-coup
plus loin de Ja Ville qn•o11
n\ivoit prétendu. De cela n~iquirent
deux i11conveniens ; l"un,
que les Galiotes arrivantfL1r leur$ .
Ancres, fe trouverent ~u abordée5
1 ou pour le n1oins e1nbarraifées
les unes par les autres; &
raucre,que les Bombes allaient à
peine jufques dans le Port l &:
point du tout dans. la Vi lie.Nous
rnarchân1es enfin le foir du ::.1~
Aoufi:, le temps ne )$ayant pas
pern1is piùrofl: ; n1ais !Jt A mare
de fa -'-'! elfilCdnte S~ ercan t trouvée j
~~inbaraffée, elle 11e put arriver
que lon~ren1ps aprés, & elle fut
Oélobre 'k.P~ N
146 1E R C~URE
obligée de fe mettre da11s-un a.u..;
tre 11 ofl:e q11e celuy qui luy
fî1oit marqu·é:, /tt BrÛ/tJnte & i11oy
entre qui elle devoir efire, nous
efranr troL1vez· abordez en nous
entraverfant. La FgudroyAnte, qui
efl:oit fur 1na gaucl1e,efl:oit prefie
à ine toucl1er ; inais la Eomb11-rde
qui fut un peu plus lente,!è trou~
va raif011nablement éloignée de
nous. La Fo11dro.Jdnte commença
i tirer; je fui vis, &. la BrÛ/4nte un
mo111ent a prés. Les Ennen1is 111i.,,
rent feu à huit ou dix Canons ,
iàns en tirer davantageft Pour
nous 1 nous vîmes avec beaucoup
de déplaifir nos Bo111bes arden ...
tes, fur lefquelles on fe fondoir,,
principale1nenc dans la veuë
qu'elles brùleroient les Vaiifeaux
enne1nis;) c.réver toutes au f ortir
GALAN-T- 147
d:u Mottier; & nos Bombes ·ordinaires,
ou créver auffi, ou excepté
deux ot1 trois , ne porter pas
jufques à la Ville~ Dans ce chavrin,
011 ti-roit encor quelques
cV oups') lors qu ' un c.ie tnes l\;fortiers
)chargé d1une Bombe ardente,
ayant f:1it f:.1ux-feu,& la Bombe
continuant à s'enflân1cr fans
partir, je 111e vis red ui t à fou tFrir
JJincendie que je crus inévicable ..
Les Soldats Bon1bardiers de Ca...:
rnclin, qui i1,avoient entrercntt
mon EC) uipage que· des horribies
ravages de ces Bon1bes ~1rdentes
pref -cl1ant cerc:e fois d,cxcn1ple ''.)
& s>~fiant., à rexceptio11 de leur
Sergent & de deux ou trois autres,
jetrez à la Mer;; ou dans les
Cha1oupcs qui portaient nos
~1unitio11s, furent fui vis par la
N ij
148 ERc·uRE
plus grande partie de mes Ge11s,
cl1acu11 fe précipitant otl il pou ...
voit pour éviter la flânie. Et en_
fin, quelques ... uns de nies Offi.
ciers Mariniers efrant rcfrcz fi1r
l'Arriere,je n1e trouvay feulavec
111on Concren1aître, fur 1' Avant
oit cfl:oit le feu. Landoüillet1
Co1nn1iiîaire d1 Artillerie (.ie Ma~
rine, & Ilenau1t, deux de 1nes
an1is, qui ayant bien voulu s:.em~
barquer avec 111oy, voulurent
bien auffi ne me pas ab:i 11donn
er, deri.1eurerent à la Baterie
de derriere où ils efroient. Cependant
la Bon1be jettoit [es
Grenades & du feu gros con1n1e
deux Hommes, & je nie voyois
couvert de flân1es, ayant quaran ..
te Bon1bes ardentes dans la Ga~
.li ore, & tant d' at1tres chofes dans
GALANT. 149
un Navire propre à. s'cnflân1er.
Nous prîlnes 11eann1oii-1s la-réf o ...
lurion n1on Contren1aîcrc , u11
Soldat Bon1bardier qui ine ~int
joindre & rn o y') de _ te i1ter cl' é~
teindre le feu ; & con11ne 11ous
v'.1111es que les prémiers Séaux
d'eau Pa voient atnorty ,nous co11-
tinuân1es, & penda11t un infi:ant
:nous le crf1rnes éteint ; n1ais la
Bon1be reprenant vigueur, & les
Grenades & les Canons de M.ol1fw
guet qu'elle renfèr111oit, tirant dè
nouv2au ... la flâtne recon1n1enca. - ~ Nlais le pren1ier fuccés nous
nyant encouragez, nous retour-
1:â.n1es à la cl1arrre avec de r'eau"'\ 0 .+z
& enfin un de n1cs Soldats reve-
11u de fan épollvante, n1e voyant
....
autour du Mortier, y jetra un fi
grand Seau d'eau, que le feL1 :f é .., ·
N iij
1)0 M!!Rcu·R E
ceigt1j t à cette fois touc-·à-fait.
P lufieurs Chalot1pes qui étaient
autour de la Galiote, & que la
flân1e a voit obligé·es de .s1alar ..
guer, revinrent à bord. Le Sr Dcn1ont,
Lieutenant de la Galiote,
qtti pour quelque Manoeuvre
eftoit dans un Canot, fe rejerr::i. à
bord y voyant le feu .. Cepçndant
plufieurs Matelo-ts de ltt FouflroyitnwA
te, dont r A1nare iè trOLlVa COUpée
<.ians c-e d.é{Ordre, {C Jecceren·t
auffi à la Mer.
' Tous ces dé[ordres ayant fait
juger aux Cl1evaliers. deT onrville
& de Lery gui prenoient foin de
r At.a.que, CJU'il efl:oit à propos d:c
fe retirer~ ils en don11erent l'ordre,
que les Ennen1is nous Iaiffe ...
rent exéeuter L'lns nous inguié ...
ter , & à la pointe du jour 11ous
GALANT. 1)1
11ous trouvânies au mcf rne ea ..
clroi r d'où. 11ous eil:ions partis ..
Le n1auvais fuccés des Bon1-
bes a1·denres, la rarctC des beaux:
jonrs, & le pcril évident de fejouroer
dans une Rade auffi fca_
breufc que celle d,Alger dans
une faifon où les coups de Vents
d.evi~nnent frel1uens ~ fit croire
q ll~ on ne tente roi t plus rien cet -
~ .
te annee ; neann101ns con1n1e 011
avait re1narque que li quelques .
Botnbes ordinaires avoiét crevé,
if y en a voit eu pl u!ieurs qui n,a_
. ;- ,
voient 111anque que parce qu on
eO:oit trop éloigné, Mi: du ~eC
ne voulut bien faire une feconde
t~tntarive, & prenant des n1efures
{ ur ce qu1•- s ' e,_t o1• t patùr_er, o.n 11ort:t } e
26. d' aurres Ancres, que l~e Chevalier
de Lery fe cl1argea ,i,allc.~
N îiij
- - ..... ,.
152 MERCURE ~:.:'
1noüiller, & qui affez éloignee~ ..
les unes des autres , furent pla ...
cées à la portée du- PiftoJer du
Ml1r qui .f:'lit Ja clofture durPort_
Les Se11tinelles avant crié à nos J ~
Cl1aloupes , & !e Chevalier de
Lery pour réponfe les ay~tnt en ..
voyé pro11lencr , on leu1· cira
quelques coups de Ca11011.
Su~· le ..~ Ani ares de ces Ancres1
Jes Galiotes fe dif ooi(;rent à fe
~ baller,, Le 30. n'ayant pas fajc
plûtoft du te1nps propre, & le
pren1ier ordre ayan·r cfi:é chan ..
gé:. le Chev<tlier de Tourville qui
devoit rot~jOnrs avoir l;JAm~Jre de
lti Crttc!lt, alla n1oüiller vers l'entrée
du Port, où cette fois on ~
voulut placer cette GJ.liore,& le ·
Cl1evalier de Lery à r·autre cofté
tout at1N-oxd ,ayant t' r\mare de la
. r
r
'
.... ' . ,
' rJ_
1) .. ~
.~ . '
;.~'
-:.
:,•
~
..L ..1
1
.. . . -.
_, :i
, ' "'· · -
r GALANT; 1}3
:·:; IJ0Îl1111tc) & entre elle & moy fur
.f n1a droit~ 111 }dcnaçantt, aidée par
:} le Ttmt1·airc-; La BomhArde, par le
.J L.1uritr; & L~i · }'audroyantc, par/' E-:~
tfJi lie.
·. ~
.-·j Dans cette difpofirion nous
-:: nons avançâ1r1es'.) & ayant eu le
· bonheur que n1on Amare ne·
:-.· trot1v;:1 aucun en1barras ~ j'arri,;
vay en plafe pour n1e traverlèr &
:: til"cr q1.1elciue cen1ps, av.anr: qne
-~ les autres Galiores-fuffènt à leurs ~
_ PoH:es ) particuli·::-re1ne~1t celles·
~- du ~{ or~.:i, qui n1.1lgré toute la vi"
gilance du Chevalier de Lery,.
tardercnt un peu ..
Les Ennecnis ne fnrcnt pas fi
dociles cette fois que la pren1ie"°
re. Dés que j'·eus tiré, ils fi1~ent 1111
grand f ~u Llui dura toute la nuit,.
t111t ll!r n1oy que !Ur les al1tres
-·
114 Ell·ClJRR
Galiotes ;. n1ais com1ne j,efl:oi~
juftement placé tievant un grand
Flan c~on con1p toit aifë n1e nt que
po11r chaque Bombe, ils ripo:
itoient aux autres Galiotes qua.
tre ou fix coups de Canon :1 & à \
]a n1ie11ne vingt on vingt .. deux, 1
& quelquefojs n1én1e davantage5
1
& ils ne ciroienr que lors qu>on
merroit le feu à la Bot11be, ce feu
leur e11fcignant le but oli il fal ..
loit fraoer. l Ce Manége dllra jufques prés
du jour que les Chev~liers de
Tourville & de Lefy, qoi cerce
nuit., comn1e toutes les autres en ...
fuite, fe rrouverent aux Attaques
da11s leurs Canots, où s1emb3.rquoient
pour Volontaires les
Ducs de Mortcn1ar& deVi~lars,
Marquis de Bellefo11ds, Con1tes
.
• •
' ~ r
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.-'. ·•.,. . . '
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.:.·. .. ..
.. =.
·.~
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·'·
... -..
.
' .
.' ...
::i GALANT.- -155
·-~~ de Sebeville & du Cllala.r , &
:·:- plu fiet1rs a.utre.s, que f es Cl1e~a- .
Ji ers de T ourv1lle & de Lery ,d1sj
e,, donnérent ordre de fe retirer;
. ~ Jes Galioc:es qui avoient recell
.. ! plufieurs -coups dans le Bois, les
·i Voiles & les M~tnoeuvres, n"ell ..
-
' ren t nean 111 oins de mille ou douze
cens coups de Canon tirez par
les Ennen1is aucun Ho111me de
tué.LeComte deSebeville fur un
Londre que les Galeres avoient.
pris) & fur lequel on avoit mis
160. Hon1n1es, paffi1 la nuit entre
rentrée du Port & les Galeres
pour le~ fÜù tenir ; n1ais cc B afl:i ..
n1enr ne fè pouvant 1nanier, on
le de{~1rn1a enfuite.
Le let1demain on fceut par
quelques Efclaves qui fe :G1uve11:1
renr, que l'L confterna.tio11 efioit
' .
1)6 ERC!. "RE
extré111e dans Alger, qu'il y a voit
piL1ficurs MaifOns de rcnverf ées,
&:. quantité de Gens ruez. N ou,15
n'e11 eû111es neanrmoins un 1 afl:e ....
détail que par le Conful, envoyé
par les "Turcs quelques jours
apres , comn1e je le diray e11
fuite. On tira cette nuit cent
quatorze Bon1besb
~e1q ue tiiligence qu'on fit,
on ne pût {C tnettre en ét,lr de
retourner le lendcn1ain, & ce ne
fut que le fûir du 3. de Septen1-
bre , avec cetre circonfiance,
q n'a yanr cflé avertis par d\1utres
Efèlaves iàuvez depuis les
pren1iers 1 que les Algériens <i.rn1oient
la Galere l)llÎ eftoît rcf:
t-ée dans leuF Port, & quelques
Brigatins, pour venir enlever l.es
Galiotes, on en renfor~a les EGALANT.
157
quipages. ~"av~s de ces Efclav~s
ne fut pas 111uc1le; & co111me Je
1ne trouvais le premier au paffacre,
je 111e cr{1s obligé de prend~
un peu plus de {Oi11 & de
n1011de qne les autres , qui 11e
pouvaient eflre attaquées qu'a ..
prcs n10 y. P 1 ufi.curs Ca pi tain es
des Vaiilëaux qui i1·avoient point
efié co1nn:1andez pour s'approcher,
vinrent incoe:nit1J à cette .......
Action,&. parciculierement chez·
n1oy le Marquis de la Porte, Sc
Je Baron de P aliere.
Les En11e1nis nous laifferent
placer {3.ns nous inquiéter; 8c
con1n1e par les foins du Chevalier
de Tourville, & n1011 bo11l1eur
pJrt1culier ~ 111on An1are eftoit
tol1jou~s fani elnbarras, je pûs
l~ncor tirer quelque temps avant
.. ~
118 1ERCURE
que les autres Galiotes fuffent
en place, celles du Nord, c•efi: à
dire /4 Br#lante &.. la FfJNdroyanre,
qui fe halloient fur une mefme
Amare, s 'e!l:a11t: en1barra1fées
l'une avec l2'aucre, n'arriverenc
que tard. Les autres n1e Jû.i virent
d1ai1l:z pres6
Les Ennen1is ne répondant
point à nos Bon1bes co1T1n1e ils
a voient fair, ce filence fit juger
que leurs Bailin1t1ns eftoient del1ors
pour nous attaquer, & Ie
Major m,e11 vint avertirs En ef~
fet, un moment apres, la Cl1a ..
loupe qu'on a voit 1nife de garde
à l'e11trée du Port, fit le fignal
qui luy a.voit eité prefcrit en cas
de rencontre d'E11nen1is, & je
vis la Galere accon1pagnée de
quelque Briga11tin, voguer droi~
..'
1
1.
GAl~'. t'A\. N~~ - . 159
Qefrns ma Poupe~ En n1efn1e
temps les Cl1evaliers de Flavacourt
& de la Guicl1e, qui
comn1andoient les Chaloupes
de l~ Indien & dt' G,hevat
MArin :t 1n, aborderent , & me
renforcerent de tous leurs Equipages.
J' a vois i bord trente
Homn1es du Chevalier de Tour ..
ville 1 comn1andez par Blena(;.
Il y a voie outre cela une Troupe
d' Officiers qui eil:oie11t venus
V olonraires, plufieurs Volontaires
& Gardes de la Marine; de
!Orce que ne doutant pas que fi.
la Galere m·abordoit, ce ne fut
deiâvantageufemenr pour elle ' ,,
je faifOis faire filence pour luy
oiter la connoiilà11ce du n1onde
que j .. avois, qui alloic bien à fix"'
t!1ngts Homn1es; inais comme
•
i6o EJRCURE
elle fut alfez procl1e, un zele iit,,
di!èret a)1ant fait crier à quel..
qu~un, Yi"We le Roy, le refie ré_
po11dir, & dans ce ttunulte la Ga ...
Jere commen~a à faire feu de fa
Moufqueter-ie & de fo11 Canon;
n1ais au lieu de venir droit à inoy,
elle me prolongea. Je crûs a]ori
qu" elie n1e vouloit aborder par
la Prouë. J,y paOE1y pour y dond
ner ordre, faiianr fa1re en 111efi11e
ten1ps feu ·de Moufqueterie &
-d~ Artillerie, ce llui l~obligea de
faire pafie ... vogue pour fe retirer
de deffous, & elle alla fonder la
Me.n11çAnte qui efi:oit à ma droire,
&. qui l1a yant à peu pres reçeuë
de mefi11e, acheva de la mettre
en defOrdre ; de forte que fans
!Ça voir ce qu,elle fc1ifoit., elle fit
le tour de la BombArde , dont elle
· .,,., !\ J #
4
:.. ~. ...: ! nL~J·\. N~l ~ I 6I
·'.~ eff\.1ya le feu en regagnant le Mur
: dn Porr, le long. duquel elle fe
. retira. Avec cela j c n .. eu$ q u ~un
·~ Homn1e de rué d'un conp Ce
;: Moufquec ; & fc Chevalier· c·e
) Cornn1l nge, fur je croy Ie . feul _
] bleffé ii.1r Ill Jt1e1Jtifante, & De11 ..
:·_ n e v i 11 ~ tué . .
:_; Auffitofl: que la Galerc m1ellfê
~ dépa!fé, Fandotiillet qui faifoit
exécuter les rv1orriers 1 les ayant
prefts, j'inGft1y pour les. faire
_ JOlier pendant qu'elle eOEoit aux
· n1:tins, afin q uc les Ennemis 11e fe
p{1ifcnr vanter de nous inrerron1 ...
:l pre. On tira donc comn1e aupa__
, ravant , & nolls fifi11es par· là
.~ éteindre les feux de joye que les
:~ Femtn.es allt1n1oier1t da11s A.l\.lgert: -
·-~ croyant déja quel<1nes Galiotes
·. enlevées.
--~ OLCZ.obre i1P~ 0 ... ..._ . . ....
... -·.. ·,
'•
1
·i
_.-,.
~.
162 Iv1ERCURE
Le refte de la nuit fi! pa!fa à
coups de Botnbe de 11ofl:re part,
& de Cano11 de celle des Enne ..
n1is; niais un brouillard G épais,
qu'à peine en fe touchant fe
voyoit- on,. fit que le feu fut plus 1
lent de part & d'autre q-u•iI 11,au ..
roir efté. Il v eue cent Bon1bes ~ & environ fix cens coups-de Ca ...
non tirez , & 11ous 11ous retirâ ..
mes à 11oil:re ordinaire à la pointe
du jour avec p1u.fieurs coups dans
!es Galiotes 1 fans que per!Onne
c11 fur touchéi.
Ce jour qui efl:oit le 4. le Pere
VaCher , Con-f ul des- François à
Alger 11 vint a bo-rd de Mt dn
Q2efne dan·s la Chaloupe du
Çoncre.AdnTiral de Zélande, qui
efl:oit là pour le rachapt des Efclaves
cte fa Natio11> & dit que
GAL/\1'lT. 16~
}erflatin le Roy &. les principaux
d'Alger l'avaient envoyé chercher,
& l'a voient forcé de venir
vers Mr du ~efne, pour fonder
s'il y auroit lieu à quelque ac ..
comlnoden1e11t Mais Mx du
~efi1e répondit, qui.il ne pou ..
voie rien écouter de luy , & que
fi les Algëricns avaient quclCJue
cho(e à detnandcr, il fi1lloit qu,ils
con1lnenc;atfent par venir e·ux112
rnefi11cs. Ce Contùl s~en retour-.
na a vee cette ré·ponfe ~ in ais il
nous apprit auparavant que dans
Je~ deux nuits, dont je vie11s . de
Parler .. 011 a voit abattu cinQuante ~ # ~
l\1aif on s ; que la 111oi cié de la
fienne otl efl:oit la Chapelle, 5'.
la moitié de la grande Mo{ q uée.,
eftolent cornprifes dans ces rui~
nes, làus 1efquelles on co1111oif:
.o iJ
·~6 4 'i! ~; t l r~p u1~ ~ {~~,,1 uR~~
-!cit dCJa qu'il y a voit plus de cing
cens peri(J11nes en[evelies ; qlle
tout eftoit dans une contl:ern~ ...
tion cxtrén1e; que les Turcs fc
dé1n-en tJJ1t de letlr orgueil) loin
dt1 n1épri3 q-u'ils té\noignoient
pour les François il y avo-it quin .
. ze jon-rs, en par Io.lent alors avec
relp~a; que toutes les Fcn1n1e.s
& les En h1ns a voient quirré la
Ville.,. & qu'il a voit parLt trente
Hon11nes de ruez fur la Galere,
i la {Ortie qu.'elle avoit·faite, iâns
ceux q-uc 1,,on avoit cachez au
Peuple; & enfin il fupplia M[
du ~efD·e de fi1fpe11·dre Jes cho ...
[es au n1oins ponr ce jour. Mais
co rr1 n1e il fit fort beau,.011 ne crûe
p.:t~ dcvoi r perdre ce te1n ps, &
nous n1.arcl1âtnes à nofire ordiJ
i1a1rc la. nuit dt1 q uacte au cü1UJ
GAL,il\NT. I6,·
. quién1c , a vcc cette exception
que 1' A mare de la Me'lltrça?Jte
a)~ant efl:é coup Ce le f oir precé ....
dent , & G oiton qui la co01 n1ande
s'eftant bleifé àla tefl:e par
une cl1ûte, cette Galiote, non,
plus que t~ B,-ûlante, ne pdt eil:re
de l'expédition ; j, eus eiicor le
plaifir de tirer quelques Bombes
av,inc que les autres Galiotes:
futfent placées. Landoüillet faifoit
toltjour executcr les Mor~.
tiers dans la Crue/le 1 Et quoy que
pa-r un cerrain I1~izard toure la di~
reétion en fut rolnbée encre les
n13in.s d,_un autre.,. on connut af~
fez qu)il n\~ftoit pas inférieur i
celuy qui en cf toit chargé .. O·n De
tâch:-1 certe nuit qu•à don·ner d::111s
le Port, 1- fin de crev-er quelqu\.tn
des. Vaiifeaux, & on demeura j:u~-
166 ERCtJRE
qlf"au point du jour, co1nn1e on
avoit accoûcun1é de faire; & par !
un bonl1eur particulier, qlloy t
que les Enne1nis s'efl:ant ajuf tez,
donnaffent plufteurs coups dans
ma Galiote)il n'y eut perfonn~
de tué>~ _f en fus quîtte pour des
Mails & des Agrez. Mais la Brûlante
ayant le iOir precédent en fe
retira11t receu un coup de Canon
de foixante & quarre livres de
balle à fa Poupe, a voit eu de ce
mefine coup douze Hom1nes
tuez ou bl~ifez; & une Barque
qui efroit dans fon Voifinage,.
hllit d'un autre cot1p 111îs en p;10-
reil état .. Des deux Galere.s qll~..,
ont les Algériens , l'une eft.ant
à la Mer parut de retour au Soleil
levant de ce mefine jour, &
i~autre la ~int . recevoir au del1ors .
GALANT. 167
•
·.~ dn Port ; & con1rne on Jugea
~;1 d~in1 portalî~C d'üfter ~aux _Enne ...
111is la penfee que la Jonl1:1011 de
~ ce~ deL1x Galeres fut capable
~ d'111terrompre le cours des a~
él:ions , & qu'il fit encor beau
:; tout ce jour, -on fe prépara le
: foir à retourner à l'ordinaire, &
1 ·' en érat de faire partager le péril
aux Galeres, fi elles avoie11t tenté
quelque chofe, chacune des
trois Galiotes,_ la CrNt!le, la Bom~ ·
/J,1rde, & l.a FeuJrnyante ~ qui fe
trouverent prefies à marcher 1'.t
eftan t fortifiées par une Barque
dont 011 avoit auOE renforcé l'é·..
qui page .. - Mais dans l'"inftant que
r·on con1111en'ioit à n1archer,l,air
fe brottilla tout d'u11 coup, &
loit1 de c;on1batre, fit fOnger . à
prendre des précautions co11rre .
...
168 ERCURE
les accidens du mauvais ten1ps
qui fuivic effeél:iven1e11t, & qui
depuis a continué, en forte qu~il
n'y a eu aucllne apparence de
• • rien tenter ;. au contraire ne pou_
vant~, fâns l1n peril lnanifefie,
faire dans cette faifon où les tour ..
1nentes font fréquentes, refler
des Bafrimens qu7il faut ouvrir
de tous coftez pour le n1ettre en
état de f,tire leur cxecnrion , il a
fallu fe réfoudre à quitter la Ra.
de d'Alger., avec cette confola ..
tion , que fi 011 n\t pas dompté
cette Ville, 011 l\i au •11oi11s n101· ..
tifiée & trouvé un n1oyen in failli~
ble, ou de la détruire, ou de luy
faire de.tnandcr la Paix à ge ..
no11x~
Un- Efclavc fauvé Ie 9 .. nou~
apprit que le retour àe la Ga ..
ta lerc
..
:-~~i GAL• A3-N~.i • l 69
:~· iere dont ray parlé, a.voit retar-
:~ dë le départ d1un Chaoux defl:i;~
111é vers Mr du ~efne , pour Iuy
if venir faire des P ropofitians; mais
j }es Algériens connoi.!Iânt que la
::-î f Jan ce ne leur veut donner la
·~ P~tix que le bâton haut, &. ne
f pouvant ell:re de pire condition,
.,: ~voient réfolu de faire encor u11e .
; tentative avec le renfort de cet- ,
· te GaJere ava11t de pJrlcn1en ...
ter. Cet Efclave ajoûta que la.
nui:: derni~re, parce tl ue routes
les Bon1bes eftoient tombées
dans le Port, oit l'on avoir b;·izé
un Loodrel fracaf.Té tour r A V~tnt
d\tn Na vire ciui efi:oit fur les
Chantiers, & crevé les caftez
de deux autres ; on n, ~t voit\ disj
e, abatu que trois Maj{Ons 1 ~i:.
les Ro1nbes efl:oit11t totnbées
O[fobre l-a P. P . ..• .
. .. - .~. '. . . . -~ ..
... . .. T . _,;
.
"1
:-. ....
'
170 MERCURE
dans le Port, parce que !1011 n'a~
voit râcl1C cette 11uit qu'à détruire
leurs BaU.imens, je ci-oy pouvoir
dire que la 1naniere dont
leurs Galeres auraient eflé re_
ceuës, n'aurait pas contribué à
leur faire faire une Paix a vanta_
gellfC. Voila ce qui s'ell: paifé
cette année. Aparen]n1e11c qt1e
la procl1aine donnera de plus
2 r _tnds évene111ens.
dans Ja Pren1iere Partie de n1a
Lettre une Relation fort exa.éte
de tour ce qui s1eCt pail'ë devant
Alger> j:ia y crû vous devoir en ...
cor envoyer celle de I\1lr de Poin~
ét.i. Elle efr icy dans une efl:in1e
GAl~ANT. 1~3
: fi genérale, qu'elle fidt feule 1'C-
; loge de celuy qui ra· écrire; c~eil:
pourquoy je ne vou~ diray rie11
à fà gloire, puis que {on Ouvrdge
_ parle, & fait con11oiftre qu2u11
.: Holntne fi brave ne f'iair Eas
· n1oins bien fe fCrvir de la Plome
i. que de rEpée, & qu'il parle auffi
: bù:n qu'il agit.
'. :.-~:j
. . . '
. I-'.
••. ·:
1
. -' '. ' ..
:-·r
•
~ ~ ~(?J ~ .tt!;J n>· tê! il!.~~ ©:'!!J ~ ~
~?J~· ~e:.J· êl~~~~J~~ è!~èJ~~~
RELA_1~It)N
DE Mr DE POINCTI.
E 21. JuiIJct , Mr du QE_efne
~~yant à la Rade d~ Alger
joint les Galiotes qui y cfl:oiè11t
[[rrivée.s dés le 17. efcortées par
le sg: Foran, 111011tant J' Etl'iUt, &
13 4 l1\ ~ li iER4;r~~ l' JR~ .. ·3-~p...-J
qui y avoienr trouvé les Cheva ...
Jiers de Tourville & de L!.:ry, l'un
Lieutenant G-ener~1l , & 11autre
Cl1ef c.1JEfcadre, avec lix \l"aif ..
feaux; les Forces defl:inécs con ...
t,.e Alger, confi!l:oient en onze
VaiiTeaux de Guerre, quinze GaJercs,
cinC] Galiotes, dcPx Brû..,
Iots,quelgues Flufres,& quelques
IP' tJ 9 ! arra11es.
On f ongea. auffi. ~o!l: à fe n1et-
tre en , ri' .. ' et~t t u cxecutcr cc q t1 on
avoit projetté ; niais con1n1e il
falloir de néccffiré gue1qnes
jours pour cl1arger les Bon1bes,
& dilf>oièr le8 Galiotes con1111e
elles devaient efl:re pour f'exé ...
cution, Mr du ~efnc ayant efté
averry qu•il y avoit deux petits
Vai[fa.ux à Serfelle) prit cet
intervale pour les aller brûler, &
GALJ1\~~T. 131
y n1ar·cl1a avec fon Vai1feat1, le
j J'rNdent, le Teméraire , & t, Eole,
~J con1tnandez par le Chevalier
-~: de Lerv, B ea.t1 lieu, & Infreville,
.Il
: & huit des quinze Galeres, à la.
~~ teH:e dcfCJuclles cfroit le Cl1eva:
i lier de Noailles leur Lieu tenant
~ !i GeneraL L'un de[dirs petits VaiC.
~ [eaux fut brUlé Dar nos Cl1alou- ·~ \ .1 j pcs, & les Artifices n1anquerent
.··~~ .. fiJr l'(tutre. La Place fut cano .. -
;~ née, & cJle ri pofl:a d:; n1~fn1e. 011 ·
t.
;~l n ~a poîn t fceu au j u fte quel do 111-
~ 111age on y avoir f,1ir. De nofl:re
.'.4 pa.rt, nous y eufi11es prés de qu1~
:;.1 ranre Hon1mes tuez- ou l1Je1fez .. . . '
, .,
: ".t
-.,~·
• 1 .. '
.. ~"."l
L1 1t,
. : ' -c
.i. ".1..;
. .~. ·.) .
. .. , .: _,
' . .
.' ..
.' ,..
.. . c .
1
. ,
·.
Dt1 nombre des derniers c!l: Ie sr
de F-2"nneJon Enfeione de Navi ... l ~
r~ ~qui y a eu la ja1nbe en1portec
.
Mrdu ~efne de retot1r:> on crût
Ij6 tERCURE
.attaquer Alger le 28. a1ais une
groflè Lan1e du N ordefi, faifc1.nt
craindre du vent de ce coflé .. là ,
<]Ui eft le dangereux, & donnant
trop de n1ouvemenr aux V~j(:
feaux pollr qu ·on pu1l: tirer., on
fut contr~Ünt de iùr!Coir ju!qL1eç
au 5.. d' Aoufl: , tout ce r:en1p.s s'étant
paifé ei1 Brifes viol~ntes de
N ordeft , qui laiifoient la Mer
agitée, 111eünc lors qu'elles avoient
ceifé; mais enfin ltt Vent
s~efrant rangé au Oiiefr- Nord~
oüefi, qui fait là des Brifes réglées,
f u1vie.s de caltnes, on fe
chfpo(a à n1archer {l1r le foir , la
réfolution ayanr eflé prifc de faire
cette attaque de nuit, afi1~ que
les Ennemis profitaifent m:>ins
du temps qu,il ra.ut metrr~ à s2entraverfer,
pendant lequel on ne
GA~ LA tt~~1~·. I ~-7;
f.'Üt que îOuff1:ir du fe.u tn fans .enj
pou voir t:1ire ~
A. Co1n1rie l}Ordre de la Couf-·
eil:oit pofirif, LJHe Vaiifeaux, Ga ..
leres , & Galiotes, co111 batilfent,,1
Mr du ~eii1e a voit de cette !Or.-..
te diipof é les chofes.
Lt Sirint - ~/}rit, qu'il 1nonre
cette Can1pagnc, ren1orguê patl
deux Galcres, fe devoit aller po=ficr
N ordeft 8-l Sorroüeft de la~
Tour du Fanal; deux Galiotes-.
ren1orguées par une Galere fur.
f~1 gauc be, c 1 efr- à dire vers le
Sud; & J,~s trois autres mcnées.-
}Jar deux G-~leres fur la droite Î}'·
cfocft ... à-dire vers le Nord .. Tous ..
le~ VaiLTtaux en iùite s;>érenda11evers
le Sud &. v.ers le N.ord, de~
voient forn1er un Croifl:tnt au~r.
our du Mur ... qui fair la clofEuret
OtCZ:Obrc ~.~P~- M ..,.,,,,;
8 ~~ n <t-foM.t~ ÎR ~ J 1 1 . .t~ ~ "l~~.~ u ~ î!
dLt Port ; & chaque Galerc re_
inorguant un v~üffi~au, a prés l'avoir
n1is à fan Polle , fe devait
placer dans Jes întervales.
On con1n1enc;a à n1arcl1er
pour forn1cr cet Ordre de 13~ltai[_
le; niais la Brife ayant duré j uf:
<] ues fur le {àir_a!fez rard.,on n'avoir
pll. plûto{l: fe n1ettre en
nïarche, & la nuit nous ayant
ft1rpris avant que cl1acn11 11u!t
efrre dén1cilé , Mr du ~efne
voyant qu'il ne pouvoir cette
nnir ~ttta.quer qu, ~11 déford.re,
prit (1 ·~rec beaucoup de {3.geiTe, le
parry de 1notiiller où il fe trou ...
voir'Jc:~cfr-à-dire un peu plus prés
de L1 Ville qL1'auparJ.vant, & d,ar ...
tend t"e au Ie11den1ain à rcdreifer
ce qui n'efi:l)Ît pas a ('l place i
n1~us ce lc11den1ain les Vents re~
.J
.J
- ~
. -~1.
·r
.,.
' -.
.. -.
. :;.
' r
·~
G1\I.~Al~~T. 139
fituterent an N ordeft , & firent
perdre tot1t efpoir & toute pet~iëe
d'attaquer, parce c1u\~1 ff:él:1-
vcn1ent dés Ja 111o!ndre haleine
d c V cri t de c ~-? co {1:é ! à , la M · r
~'cnfl.-~ tj'unc n1aniérc extraordinaire
; & cc q u'îl y a de cruel;t
c\:f1:: que les rrols C]llârrs dtt
tcn1ps) ce Vent rcgnc dans cette
~ \_ ~ Il a de~ <-1 ll c j 'a y d.' ailleurs trouvée
pl us d1ficil e q u' 011 ne t11e l;ta voit
-... ,.
t1 ·.:T l"( 1"" ,,.,. t"
J ~ ~ ~· - r ..
l.
N nus dr1TH=:n r~l.n1es dans cette
fitL1ari{JnjufèJu'au 13 que les Vents
efl:.1nt enfin dc{ècnd us a l' 0 üefl:
N orroi_iefl: , nous firent cfperer
du caln1e pour la nuir fi.liv~1nte;
& certainc1ncnt on ne pouvait
pas dcfirer des apparences -de
ternps plus f1vorable ; auffi fe
!11ir ... 011 en é rat d' e11 profiter, ~
1'1l ij
~., Jf r:,· 2 {.-,, ~ ~RE J 40 .f\f l i~.1 1, -~lJ .$.. '4
cette fc}ls cl11cun efr;1nr exaéte ....
n·1ent à iOn poftc, on con1menca
.. ' l ) " -' .. de n1~rcher a L en r:re~ d.':! Ia n u1 t
avec tant de joye de la part des
Eguipages, que tout le monde.
efl:oit plein (f heureux· prclfcntin1ens;
1nais av:Lnt ciue nous fuf..
fions à Ll portée du Canon , le ...
temps fè broitilla ~ il parut des ..
E·c lairs 'il le Vent f:~ leva') fit en tUl
inil:ant le tonr tiu Con1pas.,Ia Mer
·groffir,Jes Gr~iins perpétuels nous.
fàifoient crai11dre pour nos M.:~tsl).
i1ous eftions à la Colle ; &· les.
Galeres, loin de lTous {ècourir ,.
efioient elles-n1efincs dans u11e
grande exrrémi té. H eurcufcn1ent
lcVen.t fe ten;.inr pendit quelque
tern ps du cofl:ê de la Terre,. les,
Vailîèaux firent voile & Ce mirent
.au largeoLes G;al.ercs_,fe fauvere.nt·
GAL,ANYT. r41
41 I:r.. Pointe du Cap cle l\1etifou .;:.
niais les pauvres Galiotes quiil
:ivoit fa lu pref que defagréer,pour·
Jai!.fer le jeu des Mortiers libre,~.
el1oienr dans une aflèz périlleufe·
contenance. Chacun neann1oit1s.
fc fccour<1nt foy-n1c!l11e dans ce
befoin '.) 011 rcpa!fa en di1igen€e·
quelques 1v1ànoeuvres.1 & f,tifant
volle dll H·unier1 à !)a.ide du Vencde
Terre, nous nous retirân1es à.
travers rorage,qui dura route la.
!Il
11 Ll-I t.
Cette di~!;race nous penfa o,fter·
tout efpoiro Il falloit que les Ga..,_
lcres, qui· fc !ùr~pafl:1nt elles-1nê~
rnes.j den1euroie11t avec 11ou.s de ..
puis 11uit jours, à bo-ut de toutes
fortes de vivres., parti!fent enfin
forcées par la. difetre de toutes,
chof es ; outr~e qu:e -c:e_s fortes de.· -
142 ~AERCURE
Bc1fl:in1ens (ont toûjours dans
certe Rade à detJX doigrs de leur
pcrrc, & dans l,abfence des GaJ~
res, il paroirfüir afièz dificile de
placer les G alio rcs ., de 111 aniere
t]U,on en tirafl: le !ervicc qu'on
• 1
~vo1t atten{1t1.
On paffa dans cette încertitu~
de, & dans le n1auvais ren1ps qni
continua jufgu'au 16,. que rv1r
du ~efi1e ayant in1;lginé un
n1oycn de Eonduire les Galiotes
prer c. Gl u l\ v,l~ u i .. ( l) J.:;',\. . 1g er, <Q.. .X. sl y e' ra.nt
~onfirn1é par le fenrin1cnt des
-Cl1evaliers de T ourvillc & de Le~
ry~ envoya porter par les Cha~
loupes des Ancres vers 1e 1Port à
une dif1ancc qu" on crut raîJOnna~
ble ~ & cin q V aiifeal1x furent
détachez') pour e11 s'approchant
.u11 peu plus que les autres; pren ....
' ..
G ALPi.l~T- 145
dri le bout c.{es An1arcs de ces
Ancres, & foûtenir les Galiotes
qui a~ devoient hiller deifus, &
s'entraverfèr lors qu'elles !èroienc
ailèz proche, fe rel1allant tot1t
de n1·~ii11~ juf qu\tu V ai(feau pour
le retour e
Le Vigilant, montê par le CI1e ..
-r.l 11 ier de Tourville J qui renait le
n1ilieu , & devait ef\:re vis-à vis
de la Tour du F~inal,avoir l' An1are
de id c·r1,cfle,; fur la droite .. !~
rai!lttnt, con1mandé paï Beaulieu>
a voit 11 :\rr1are <..i.~ la 1Y!tPJttçtt1;
1e, dont Goïtou a le con1n1ande1nent
5 & tout au Nord, le Che ...
valicr de Lery fl1r le Pruiient =a
voir celle de Lt Brâlttnte, coin~
111andéep.1r D:z~.:Tbi~rs,& Longcharnp
fous luy. A la g:1 t~cl1e du
Cl1evalier de T ourv illl:, F ora11
~44 lVlE F~ CîJ,R E
fur /' Etoille a voit 1, An1are de fit ..
.. Fo1Jd,-oy11nte ,. nlonrée par Boif.. .
f,ier; & tout àu Sud, Belle-Ifle
avec I e La11ricr.,. a voit celle de la
1Jorn.h4rde , con1n1andée par de
·Con1be, & dans la(1uelle ctloit
e1nbarqué Ca111elin , c~ pit~ine
,;i.e B.o-rnbardiers de Terre , en ...
\ 1oyé p.ar le lloy p.our cette Extlédi.
tion. J.
Cette maniére de fétÎre la Guer_
re eftant taure nouve He, les cl10~
.fcs ne purent c!l:re exécurées
av.e.c to·utc la jufreffe quio11 aurait
pû defil"era .Catnelin , qui
d~ailleurs travailloit avec beau ..
·Coup de zclc & d'a.ppljça,tion ~
n\1va.nt aucune connoifl~ince des
" ~l1ofe s de la M·~irine., ne pouvoic
pas f~avoir com1ne il fe fallait
p.o.frer danfi c.ett.e occafton ; de
forte·
GALANT. 145
efQ-rre que les Ancres fe trouv~
renr placez trop prés les uns des
auri-es ·; & les objets paroiffant la
t}uit: plus prés qul'ils ne {Ont effe ...
C1ivc-ment , elles efl:oient beau-coup
plus loin de Ja Ville qn•o11
n\ivoit prétendu. De cela n~iquirent
deux i11conveniens ; l"un,
que les Galiotes arrivantfL1r leur$ .
Ancres, fe trouverent ~u abordée5
1 ou pour le n1oins e1nbarraifées
les unes par les autres; &
raucre,que les Bombes allaient à
peine jufques dans le Port l &:
point du tout dans. la Vi lie.Nous
rnarchân1es enfin le foir du ::.1~
Aoufi:, le temps ne )$ayant pas
pern1is piùrofl: ; n1ais !Jt A mare
de fa -'-'! elfilCdnte S~ ercan t trouvée j
~~inbaraffée, elle 11e put arriver
que lon~ren1ps aprés, & elle fut
Oélobre 'k.P~ N
146 1E R C~URE
obligée de fe mettre da11s-un a.u..;
tre 11 ofl:e q11e celuy qui luy
fî1oit marqu·é:, /tt BrÛ/tJnte & i11oy
entre qui elle devoir efire, nous
efranr troL1vez· abordez en nous
entraverfant. La FgudroyAnte, qui
efl:oit fur 1na gaucl1e,efl:oit prefie
à ine toucl1er ; inais la Eomb11-rde
qui fut un peu plus lente,!è trou~
va raif011nablement éloignée de
nous. La Fo11dro.Jdnte commença
i tirer; je fui vis, &. la BrÛ/4nte un
mo111ent a prés. Les Ennen1is 111i.,,
rent feu à huit ou dix Canons ,
iàns en tirer davantageft Pour
nous 1 nous vîmes avec beaucoup
de déplaifir nos Bo111bes arden ...
tes, fur lefquelles on fe fondoir,,
principale1nenc dans la veuë
qu'elles brùleroient les Vaiifeaux
enne1nis;) c.réver toutes au f ortir
GALAN-T- 147
d:u Mottier; & nos Bombes ·ordinaires,
ou créver auffi, ou excepté
deux ot1 trois , ne porter pas
jufques à la Ville~ Dans ce chavrin,
011 ti-roit encor quelques
cV oups') lors qu ' un c.ie tnes l\;fortiers
)chargé d1une Bombe ardente,
ayant f:1it f:.1ux-feu,& la Bombe
continuant à s'enflân1cr fans
partir, je 111e vis red ui t à fou tFrir
JJincendie que je crus inévicable ..
Les Soldats Bon1bardiers de Ca...:
rnclin, qui i1,avoient entrercntt
mon EC) uipage que· des horribies
ravages de ces Bon1bes ~1rdentes
pref -cl1ant cerc:e fois d,cxcn1ple ''.)
& s>~fiant., à rexceptio11 de leur
Sergent & de deux ou trois autres,
jetrez à la Mer;; ou dans les
Cha1oupcs qui portaient nos
~1unitio11s, furent fui vis par la
N ij
148 ERc·uRE
plus grande partie de mes Ge11s,
cl1acu11 fe précipitant otl il pou ...
voit pour éviter la flânie. Et en_
fin, quelques ... uns de nies Offi.
ciers Mariniers efrant rcfrcz fi1r
l'Arriere,je n1e trouvay feulavec
111on Concren1aître, fur 1' Avant
oit cfl:oit le feu. Landoüillet1
Co1nn1iiîaire d1 Artillerie (.ie Ma~
rine, & Ilenau1t, deux de 1nes
an1is, qui ayant bien voulu s:.em~
barquer avec 111oy, voulurent
bien auffi ne me pas ab:i 11donn
er, deri.1eurerent à la Baterie
de derriere où ils efroient. Cependant
la Bon1be jettoit [es
Grenades & du feu gros con1n1e
deux Hommes, & je nie voyois
couvert de flân1es, ayant quaran ..
te Bon1bes ardentes dans la Ga~
.li ore, & tant d' at1tres chofes dans
GALANT. 149
un Navire propre à. s'cnflân1er.
Nous prîlnes 11eann1oii-1s la-réf o ...
lurion n1on Contren1aîcrc , u11
Soldat Bon1bardier qui ine ~int
joindre & rn o y') de _ te i1ter cl' é~
teindre le feu ; & con11ne 11ous
v'.1111es que les prémiers Séaux
d'eau Pa voient atnorty ,nous co11-
tinuân1es, & penda11t un infi:ant
:nous le crf1rnes éteint ; n1ais la
Bon1be reprenant vigueur, & les
Grenades & les Canons de M.ol1fw
guet qu'elle renfèr111oit, tirant dè
nouv2au ... la flâtne recon1n1enca. - ~ Nlais le pren1ier fuccés nous
nyant encouragez, nous retour-
1:â.n1es à la cl1arrre avec de r'eau"'\ 0 .+z
& enfin un de n1cs Soldats reve-
11u de fan épollvante, n1e voyant
....
autour du Mortier, y jetra un fi
grand Seau d'eau, que le feL1 :f é .., ·
N iij
1)0 M!!Rcu·R E
ceigt1j t à cette fois touc-·à-fait.
P lufieurs Chalot1pes qui étaient
autour de la Galiote, & que la
flân1e a voit obligé·es de .s1alar ..
guer, revinrent à bord. Le Sr Dcn1ont,
Lieutenant de la Galiote,
qtti pour quelque Manoeuvre
eftoit dans un Canot, fe rejerr::i. à
bord y voyant le feu .. Cepçndant
plufieurs Matelo-ts de ltt FouflroyitnwA
te, dont r A1nare iè trOLlVa COUpée
<.ians c-e d.é{Ordre, {C Jecceren·t
auffi à la Mer.
' Tous ces dé[ordres ayant fait
juger aux Cl1evaliers. deT onrville
& de Lery gui prenoient foin de
r At.a.que, CJU'il efl:oit à propos d:c
fe retirer~ ils en don11erent l'ordre,
que les Ennen1is nous Iaiffe ...
rent exéeuter L'lns nous inguié ...
ter , & à la pointe du jour 11ous
GALANT. 1)1
11ous trouvânies au mcf rne ea ..
clroi r d'où. 11ous eil:ions partis ..
Le n1auvais fuccés des Bon1-
bes a1·denres, la rarctC des beaux:
jonrs, & le pcril évident de fejouroer
dans une Rade auffi fca_
breufc que celle d,Alger dans
une faifon où les coups de Vents
d.evi~nnent frel1uens ~ fit croire
q ll~ on ne tente roi t plus rien cet -
~ .
te annee ; neann101ns con1n1e 011
avait re1narque que li quelques .
Botnbes ordinaires avoiét crevé,
if y en a voit eu pl u!ieurs qui n,a_
. ;- ,
voient 111anque que parce qu on
eO:oit trop éloigné, Mi: du ~eC
ne voulut bien faire une feconde
t~tntarive, & prenant des n1efures
{ ur ce qu1•- s ' e,_t o1• t patùr_er, o.n 11ort:t } e
26. d' aurres Ancres, que l~e Chevalier
de Lery fe cl1argea ,i,allc.~
N îiij
- - ..... ,.
152 MERCURE ~:.:'
1noüiller, & qui affez éloignee~ ..
les unes des autres , furent pla ...
cées à la portée du- PiftoJer du
Ml1r qui .f:'lit Ja clofture durPort_
Les Se11tinelles avant crié à nos J ~
Cl1aloupes , & !e Chevalier de
Lery pour réponfe les ay~tnt en ..
voyé pro11lencr , on leu1· cira
quelques coups de Ca11011.
Su~· le ..~ Ani ares de ces Ancres1
Jes Galiotes fe dif ooi(;rent à fe
~ baller,, Le 30. n'ayant pas fajc
plûtoft du te1nps propre, & le
pren1ier ordre ayan·r cfi:é chan ..
gé:. le Chev<tlier de Tourville qui
devoit rot~jOnrs avoir l;JAm~Jre de
lti Crttc!lt, alla n1oüiller vers l'entrée
du Port, où cette fois on ~
voulut placer cette GJ.liore,& le ·
Cl1evalier de Lery à r·autre cofté
tout at1N-oxd ,ayant t' r\mare de la
. r
r
'
.... ' . ,
' rJ_
1) .. ~
.~ . '
;.~'
-:.
:,•
~
..L ..1
1
.. . . -.
_, :i
, ' "'· · -
r GALANT; 1}3
:·:; IJ0Îl1111tc) & entre elle & moy fur
.f n1a droit~ 111 }dcnaçantt, aidée par
:} le Ttmt1·airc-; La BomhArde, par le
.J L.1uritr; & L~i · }'audroyantc, par/' E-:~
tfJi lie.
·. ~
.-·j Dans cette difpofirion nous
-:: nons avançâ1r1es'.) & ayant eu le
· bonheur que n1on Amare ne·
:-.· trot1v;:1 aucun en1barras ~ j'arri,;
vay en plafe pour n1e traverlèr &
:: til"cr q1.1elciue cen1ps, av.anr: qne
-~ les autres Galiores-fuffènt à leurs ~
_ PoH:es ) particuli·::-re1ne~1t celles·
~- du ~{ or~.:i, qui n1.1lgré toute la vi"
gilance du Chevalier de Lery,.
tardercnt un peu ..
Les Ennecnis ne fnrcnt pas fi
dociles cette fois que la pren1ie"°
re. Dés que j'·eus tiré, ils fi1~ent 1111
grand f ~u Llui dura toute la nuit,.
t111t ll!r n1oy que !Ur les al1tres
-·
114 Ell·ClJRR
Galiotes ;. n1ais com1ne j,efl:oi~
juftement placé tievant un grand
Flan c~on con1p toit aifë n1e nt que
po11r chaque Bombe, ils ripo:
itoient aux autres Galiotes qua.
tre ou fix coups de Canon :1 & à \
]a n1ie11ne vingt on vingt .. deux, 1
& quelquefojs n1én1e davantage5
1
& ils ne ciroienr que lors qu>on
merroit le feu à la Bot11be, ce feu
leur e11fcignant le but oli il fal ..
loit fraoer. l Ce Manége dllra jufques prés
du jour que les Chev~liers de
Tourville & de Lefy, qoi cerce
nuit., comn1e toutes les autres en ...
fuite, fe rrouverent aux Attaques
da11s leurs Canots, où s1emb3.rquoient
pour Volontaires les
Ducs de Mortcn1ar& deVi~lars,
Marquis de Bellefo11ds, Con1tes
.
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::i GALANT.- -155
·-~~ de Sebeville & du Cllala.r , &
:·:- plu fiet1rs a.utre.s, que f es Cl1e~a- .
Ji ers de T ourv1lle & de Lery ,d1sj
e,, donnérent ordre de fe retirer;
. ~ Jes Galioc:es qui avoient recell
.. ! plufieurs -coups dans le Bois, les
·i Voiles & les M~tnoeuvres, n"ell ..
-
' ren t nean 111 oins de mille ou douze
cens coups de Canon tirez par
les Ennen1is aucun Ho111me de
tué.LeComte deSebeville fur un
Londre que les Galeres avoient.
pris) & fur lequel on avoit mis
160. Hon1n1es, paffi1 la nuit entre
rentrée du Port & les Galeres
pour le~ fÜù tenir ; n1ais cc B afl:i ..
n1enr ne fè pouvant 1nanier, on
le de{~1rn1a enfuite.
Le let1demain on fceut par
quelques Efclaves qui fe :G1uve11:1
renr, que l'L confterna.tio11 efioit
' .
1)6 ERC!. "RE
extré111e dans Alger, qu'il y a voit
piL1ficurs MaifOns de rcnverf ées,
&:. quantité de Gens ruez. N ou,15
n'e11 eû111es neanrmoins un 1 afl:e ....
détail que par le Conful, envoyé
par les "Turcs quelques jours
apres , comn1e je le diray e11
fuite. On tira cette nuit cent
quatorze Bon1besb
~e1q ue tiiligence qu'on fit,
on ne pût {C tnettre en ét,lr de
retourner le lendcn1ain, & ce ne
fut que le fûir du 3. de Septen1-
bre , avec cetre circonfiance,
q n'a yanr cflé avertis par d\1utres
Efèlaves iàuvez depuis les
pren1iers 1 que les Algériens <i.rn1oient
la Galere l)llÎ eftoît rcf:
t-ée dans leuF Port, & quelques
Brigatins, pour venir enlever l.es
Galiotes, on en renfor~a les EGALANT.
157
quipages. ~"av~s de ces Efclav~s
ne fut pas 111uc1le; & co111me Je
1ne trouvais le premier au paffacre,
je 111e cr{1s obligé de prend~
un peu plus de {Oi11 & de
n1011de qne les autres , qui 11e
pouvaient eflre attaquées qu'a ..
prcs n10 y. P 1 ufi.curs Ca pi tain es
des Vaiilëaux qui i1·avoient point
efié co1nn:1andez pour s'approcher,
vinrent incoe:nit1J à cette .......
Action,&. parciculierement chez·
n1oy le Marquis de la Porte, Sc
Je Baron de P aliere.
Les En11e1nis nous laifferent
placer {3.ns nous inquiéter; 8c
con1n1e par les foins du Chevalier
de Tourville, & n1011 bo11l1eur
pJrt1culier ~ 111on An1are eftoit
tol1jou~s fani elnbarras, je pûs
l~ncor tirer quelque temps avant
.. ~
118 1ERCURE
que les autres Galiotes fuffent
en place, celles du Nord, c•efi: à
dire /4 Br#lante &.. la FfJNdroyanre,
qui fe halloient fur une mefme
Amare, s 'e!l:a11t: en1barra1fées
l'une avec l2'aucre, n'arriverenc
que tard. Les autres n1e Jû.i virent
d1ai1l:z pres6
Les Ennen1is ne répondant
point à nos Bon1bes co1T1n1e ils
a voient fair, ce filence fit juger
que leurs Bailin1t1ns eftoient del1ors
pour nous attaquer, & Ie
Major m,e11 vint avertirs En ef~
fet, un moment apres, la Cl1a ..
loupe qu'on a voit 1nife de garde
à l'e11trée du Port, fit le fignal
qui luy a.voit eité prefcrit en cas
de rencontre d'E11nen1is, & je
vis la Galere accon1pagnée de
quelque Briga11tin, voguer droi~
..'
1
1.
GAl~'. t'A\. N~~ - . 159
Qefrns ma Poupe~ En n1efn1e
temps les Cl1evaliers de Flavacourt
& de la Guicl1e, qui
comn1andoient les Chaloupes
de l~ Indien & dt' G,hevat
MArin :t 1n, aborderent , & me
renforcerent de tous leurs Equipages.
J' a vois i bord trente
Homn1es du Chevalier de Tour ..
ville 1 comn1andez par Blena(;.
Il y a voie outre cela une Troupe
d' Officiers qui eil:oie11t venus
V olonraires, plufieurs Volontaires
& Gardes de la Marine; de
!Orce que ne doutant pas que fi.
la Galere m·abordoit, ce ne fut
deiâvantageufemenr pour elle ' ,,
je faifOis faire filence pour luy
oiter la connoiilà11ce du n1onde
que j .. avois, qui alloic bien à fix"'
t!1ngts Homn1es; inais comme
•
i6o EJRCURE
elle fut alfez procl1e, un zele iit,,
di!èret a)1ant fait crier à quel..
qu~un, Yi"We le Roy, le refie ré_
po11dir, & dans ce ttunulte la Ga ...
Jere commen~a à faire feu de fa
Moufqueter-ie & de fo11 Canon;
n1ais au lieu de venir droit à inoy,
elle me prolongea. Je crûs a]ori
qu" elie n1e vouloit aborder par
la Prouë. J,y paOE1y pour y dond
ner ordre, faiianr fa1re en 111efi11e
ten1ps feu ·de Moufqueterie &
-d~ Artillerie, ce llui l~obligea de
faire pafie ... vogue pour fe retirer
de deffous, & elle alla fonder la
Me.n11çAnte qui efi:oit à ma droire,
&. qui l1a yant à peu pres reçeuë
de mefi11e, acheva de la mettre
en defOrdre ; de forte que fans
!Ça voir ce qu,elle fc1ifoit., elle fit
le tour de la BombArde , dont elle
· .,,., !\ J #
4
:.. ~. ...: ! nL~J·\. N~l ~ I 6I
·'.~ eff\.1ya le feu en regagnant le Mur
: dn Porr, le long. duquel elle fe
. retira. Avec cela j c n .. eu$ q u ~un
·~ Homn1e de rué d'un conp Ce
;: Moufquec ; & fc Chevalier· c·e
) Cornn1l nge, fur je croy Ie . feul _
] bleffé ii.1r Ill Jt1e1Jtifante, & De11 ..
:·_ n e v i 11 ~ tué . .
:_; Auffitofl: que la Galerc m1ellfê
~ dépa!fé, Fandotiillet qui faifoit
exécuter les rv1orriers 1 les ayant
prefts, j'inGft1y pour les. faire
_ JOlier pendant qu'elle eOEoit aux
· n1:tins, afin q uc les Ennemis 11e fe
p{1ifcnr vanter de nous inrerron1 ...
:l pre. On tira donc comn1e aupa__
, ravant , & nolls fifi11es par· là
.~ éteindre les feux de joye que les
:~ Femtn.es allt1n1oier1t da11s A.l\.lgert: -
·-~ croyant déja quel<1nes Galiotes
·. enlevées.
--~ OLCZ.obre i1P~ 0 ... ..._ . . ....
... -·.. ·,
'•
1
·i
_.-,.
~.
162 Iv1ERCURE
Le refte de la nuit fi! pa!fa à
coups de Botnbe de 11ofl:re part,
& de Cano11 de celle des Enne ..
n1is; niais un brouillard G épais,
qu'à peine en fe touchant fe
voyoit- on,. fit que le feu fut plus 1
lent de part & d'autre q-u•iI 11,au ..
roir efté. Il v eue cent Bon1bes ~ & environ fix cens coups-de Ca ...
non tirez , & 11ous 11ous retirâ ..
mes à 11oil:re ordinaire à la pointe
du jour avec p1u.fieurs coups dans
!es Galiotes 1 fans que per!Onne
c11 fur touchéi.
Ce jour qui efl:oit le 4. le Pere
VaCher , Con-f ul des- François à
Alger 11 vint a bo-rd de Mt dn
Q2efne dan·s la Chaloupe du
Çoncre.AdnTiral de Zélande, qui
efl:oit là pour le rachapt des Efclaves
cte fa Natio11> & dit que
GAL/\1'lT. 16~
}erflatin le Roy &. les principaux
d'Alger l'avaient envoyé chercher,
& l'a voient forcé de venir
vers Mr du ~efne, pour fonder
s'il y auroit lieu à quelque ac ..
comlnoden1e11t Mais Mx du
~efi1e répondit, qui.il ne pou ..
voie rien écouter de luy , & que
fi les Algëricns avaient quclCJue
cho(e à detnandcr, il fi1lloit qu,ils
con1lnenc;atfent par venir e·ux112
rnefi11cs. Ce Contùl s~en retour-.
na a vee cette ré·ponfe ~ in ais il
nous apprit auparavant que dans
Je~ deux nuits, dont je vie11s . de
Parler .. 011 a voit abattu cinQuante ~ # ~
l\1aif on s ; que la 111oi cié de la
fienne otl efl:oit la Chapelle, 5'.
la moitié de la grande Mo{ q uée.,
eftolent cornprifes dans ces rui~
nes, làus 1efquelles on co1111oif:
.o iJ
·~6 4 'i! ~; t l r~p u1~ ~ {~~,,1 uR~~
-!cit dCJa qu'il y a voit plus de cing
cens peri(J11nes en[evelies ; qlle
tout eftoit dans une contl:ern~ ...
tion cxtrén1e; que les Turcs fc
dé1n-en tJJ1t de letlr orgueil) loin
dt1 n1épri3 q-u'ils té\noignoient
pour les François il y avo-it quin .
. ze jon-rs, en par Io.lent alors avec
relp~a; que toutes les Fcn1n1e.s
& les En h1ns a voient quirré la
Ville.,. & qu'il a voit parLt trente
Hon11nes de ruez fur la Galere,
i la {Ortie qu.'elle avoit·faite, iâns
ceux q-uc 1,,on avoit cachez au
Peuple; & enfin il fupplia M[
du ~efD·e de fi1fpe11·dre Jes cho ...
[es au n1oins ponr ce jour. Mais
co rr1 n1e il fit fort beau,.011 ne crûe
p.:t~ dcvoi r perdre ce te1n ps, &
nous n1.arcl1âtnes à nofire ordiJ
i1a1rc la. nuit dt1 q uacte au cü1UJ
GAL,il\NT. I6,·
. quién1c , a vcc cette exception
que 1' A mare de la Me'lltrça?Jte
a)~ant efl:é coup Ce le f oir precé ....
dent , & G oiton qui la co01 n1ande
s'eftant bleifé àla tefl:e par
une cl1ûte, cette Galiote, non,
plus que t~ B,-ûlante, ne pdt eil:re
de l'expédition ; j, eus eiicor le
plaifir de tirer quelques Bombes
av,inc que les autres Galiotes:
futfent placées. Landoüillet faifoit
toltjour executcr les Mor~.
tiers dans la Crue/le 1 Et quoy que
pa-r un cerrain I1~izard toure la di~
reétion en fut rolnbée encre les
n13in.s d,_un autre.,. on connut af~
fez qu)il n\~ftoit pas inférieur i
celuy qui en cf toit chargé .. O·n De
tâch:-1 certe nuit qu•à don·ner d::111s
le Port, 1- fin de crev-er quelqu\.tn
des. Vaiifeaux, & on demeura j:u~-
166 ERCtJRE
qlf"au point du jour, co1nn1e on
avoit accoûcun1é de faire; & par !
un bonl1eur particulier, qlloy t
que les Enne1nis s'efl:ant ajuf tez,
donnaffent plufteurs coups dans
ma Galiote)il n'y eut perfonn~
de tué>~ _f en fus quîtte pour des
Mails & des Agrez. Mais la Brûlante
ayant le iOir precédent en fe
retira11t receu un coup de Canon
de foixante & quarre livres de
balle à fa Poupe, a voit eu de ce
mefine coup douze Hom1nes
tuez ou bl~ifez; & une Barque
qui efroit dans fon Voifinage,.
hllit d'un autre cot1p 111îs en p;10-
reil état .. Des deux Galere.s qll~..,
ont les Algériens , l'une eft.ant
à la Mer parut de retour au Soleil
levant de ce mefine jour, &
i~autre la ~int . recevoir au del1ors .
GALANT. 167
•
·.~ dn Port ; & con1rne on Jugea
~;1 d~in1 portalî~C d'üfter ~aux _Enne ...
111is la penfee que la Jonl1:1011 de
~ ce~ deL1x Galeres fut capable
~ d'111terrompre le cours des a~
él:ions , & qu'il fit encor beau
:; tout ce jour, -on fe prépara le
: foir à retourner à l'ordinaire, &
1 ·' en érat de faire partager le péril
aux Galeres, fi elles avoie11t tenté
quelque chofe, chacune des
trois Galiotes,_ la CrNt!le, la Bom~ ·
/J,1rde, & l.a FeuJrnyante ~ qui fe
trouverent prefies à marcher 1'.t
eftan t fortifiées par une Barque
dont 011 avoit auOE renforcé l'é·..
qui page .. - Mais dans l'"inftant que
r·on con1111en'ioit à n1archer,l,air
fe brottilla tout d'u11 coup, &
loit1 de c;on1batre, fit fOnger . à
prendre des précautions co11rre .
...
168 ERCURE
les accidens du mauvais ten1ps
qui fuivic effeél:iven1e11t, & qui
depuis a continué, en forte qu~il
n'y a eu aucllne apparence de
• • rien tenter ;. au contraire ne pou_
vant~, fâns l1n peril lnanifefie,
faire dans cette faifon où les tour ..
1nentes font fréquentes, refler
des Bafrimens qu7il faut ouvrir
de tous coftez pour le n1ettre en
état de f,tire leur cxecnrion , il a
fallu fe réfoudre à quitter la Ra.
de d'Alger., avec cette confola ..
tion , que fi 011 n\t pas dompté
cette Ville, 011 l\i au •11oi11s n101· ..
tifiée & trouvé un n1oyen in failli~
ble, ou de la détruire, ou de luy
faire de.tnandcr la Paix à ge ..
no11x~
Un- Efclavc fauvé Ie 9 .. nou~
apprit que le retour àe la Ga ..
ta lerc
..
:-~~i GAL• A3-N~.i • l 69
:~· iere dont ray parlé, a.voit retar-
:~ dë le départ d1un Chaoux defl:i;~
111é vers Mr du ~efne , pour Iuy
if venir faire des P ropofitians; mais
j }es Algériens connoi.!Iânt que la
::-î f Jan ce ne leur veut donner la
·~ P~tix que le bâton haut, &. ne
f pouvant ell:re de pire condition,
.,: ~voient réfolu de faire encor u11e .
; tentative avec le renfort de cet- ,
· te GaJere ava11t de pJrlcn1en ...
ter. Cet Efclave ajoûta que la.
nui:: derni~re, parce tl ue routes
les Bon1bes eftoient tombées
dans le Port, oit l'on avoir b;·izé
un Loodrel fracaf.Té tour r A V~tnt
d\tn Na vire ciui efi:oit fur les
Chantiers, & crevé les caftez
de deux autres ; on n, ~t voit\ disj
e, abatu que trois Maj{Ons 1 ~i:.
les Ro1nbes efl:oit11t totnbées
O[fobre l-a P. P . ..• .
. .. - .~. '. . . . -~ ..
... . .. T . _,;
.
"1
:-. ....
'
170 MERCURE
dans le Port, parce que !1011 n'a~
voit râcl1C cette 11uit qu'à détruire
leurs BaU.imens, je ci-oy pouvoir
dire que la 1naniere dont
leurs Galeres auraient eflé re_
ceuës, n'aurait pas contribué à
leur faire faire une Paix a vanta_
gellfC. Voila ce qui s'ell: paifé
cette année. Aparen]n1e11c qt1e
la procl1aine donnera de plus
2 r _tnds évene111ens.
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Résumé : RELATION DE Mr DE POINCTI.
L'expédition militaire française contre Alger, dirigée par Monsieur du Quesne, débuta le 21 juillet avec une flotte composée de onze vaisseaux de guerre, quinze galères, cinquante galiotes, dix brûlots, quelques flûtes et petits bateaux. Des retards dans la préparation des bombes et des galiotes reportèrent l'attaque initiale. Pendant cet intervalle, Monsieur du Quesne brûla deux petits vaisseaux à Serselle. L'attaque fut finalement lancée le 1er août malgré des conditions météorologiques défavorables. Les forces françaises formèrent un croissant autour du mur de la ville. Cependant, l'inexpérience de certains officiers, notamment Cathelin, entraîna une mauvaise placement des ancres, causant des problèmes lors de l'attaque. Les bombes ardentes, destinées à incendier les vaisseaux ennemis, échouèrent souvent à atteindre leur cible. Plusieurs incidents perturbèrent les opérations françaises, comme un incendie à bord d'une galiote causé par une bombe ardente, semant la panique parmi les soldats. L'attaque fut annulée et les forces françaises se retirèrent le lendemain matin. Une seconde tentative eut lieu le 26 août avec de nouvelles ancres placées plus loin les unes des autres. Les galiotes subirent de nombreux coups de canon sans causer de dommages significatifs aux forces algériennes. Les pertes françaises furent minimes, avec seulement quelques blessés. Des esclaves évadés rapportèrent que la situation à Alger était chaotique, avec de nombreuses maisons détruites et des victimes. Un consul turc fut envoyé pour négocier, mais Monsieur du Quesne refusa toute accommodation. Les Algériens, après avoir refusé une demande française, subirent des attaques nocturnes causant la destruction de bâtiments et la mort de nombreuses personnes. Les Turcs, humiliés par les Français, préparèrent une contre-attaque. Les Français tentèrent des opérations nocturnes pour endommager les vaisseaux ennemis, mais une galère française, la Brûlante, fut endommagée et les galères algériennes subirent des pertes. En raison du mauvais temps, les Français durent renoncer à leurs opérations et quittèrent la rade d'Alger sans avoir atteint leurs objectifs. Un esclave évadé rapporta que les Algériens préparaient une nouvelle tentative avec le renfort d'une galère. Les attaques françaises visèrent principalement à détruire les bâtiments ennemis, sans succès notable pour forcer une paix avantageuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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784
p. 309-312
A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Début :
Vous venez de voir dans cette Seconde Partie de ma Lettre une / Preux Chevalier, sage, & de bon alloy [...]
Mots clefs :
Mr de Poincti, Alger, Mosquée, Rivage, Louis
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texteReconnaissance textuelle : A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Vous venez de voir dans cetre
Seconde Partie de n1a Lettre une
llelation de i\1r de Poinétî .. touchant cc qui s'cft paifé devant
Alger.. Cette Relarion eft:oic
~JreiTée à M:~d~~moif~l!e des
Houlierest C}~fl: une Fille qui a
beaucoup d'ciprlt, & de hon
gouf.l:, & qui écrit auffi bien ç11
gro ~ ER CUF1-.E
Profe que M.idame îà. Mere écrit
e11 Vers.. c•efl: beaucollp tiire.
mais des Perfonnes tres - éclai~
rées en parlent d.e cette n1a11ierr,
& on peut les croire fi1r leur pa.
role. Si fa n1Gdefl:ie .. ne s'oppo .. ,
foît pas au delfein de fes An1isl r
qui voudraient bien donner des ~
Copies de fes Ouvrages, ils fer ..
viroie11t d~ un grand ornen1ent a
111e~ Lettres. Madan1e des Hou.
Jieres a régalé de cette Balade
celuy qui avoit envoyé la Re'a.
tio11 d, Alger à Miide1noifelle fa
Fille.
..
. *
--1
J GAL/\NT. 511 r
.
l
.;· A M r D E P 0 1 N C T Y,
Co1nn1~~ndant dans une des
Galiotes du Roy, nOn1mée
la l~r11t!le.
BAL AD Eo
lteux Che'thnlier, fage:. & de hon
ll!loy)
DdiA fça.vlnns pAr Dttme Ren1mmie~
.A qui tes F ait1 donnent 4ffe~ d·employfJ
f0:e Jans t11Nef l6in d' e{lre clos & coy,
f2!,tl. d fur Alger tcmhoit Bombe enjlâmée~
Lt fin premf·er 4Jront1tnt le danger
Sur la Cruelle as bien.fait telle rage~
fl.!11 peflc-mefle., Africain .. Etrang1r,
11ofquee & Tours giCent fur le Rivageo ~ ':».
.. _ ~...-.·
-... _.
'
....__
.... ·
Dans ton rccit,, ,~Aye & flere;t ;e ""Y
No/Ire Jeun~ffe }l Vdi.ncrc ltecofttumé~~
AH cr 11u fe/ll.. Pourtllnf~ comme ie croy~
~4 telle F efte 011 n' e.flpM [Ans cffeo1,
B nlle elle efloit,. & tu tas hi.en chornmle.
DH R!!efn~ h11bi.Je in (Art dt n11wig1r~
312 ~AErRCURE Sage en Confeils,farneux par_(on courage,
Dit 9ue par toy chez le 1.Vtore léger,
1v1ofquée & Tours gifentfllr le Rivage.
~~ De cette Gent fan$ honneur& fansfoy,
P aY- cet Exploit l'audace eft rcprimtc;
P ortr la réduire à fi·t.ivre noftre Loy,
JJc(oin ferA d' Apoflres comme toy,
Tc/le œuvrc "r!eut qtl on prcfèhe à mai,2
I
armee.
On te i/crra f4ns-dr;utc rtllV ilJer
Dans autre ttnnéc att-tre infidè!le P la(~ej
Dont on dira., comme on le dit ctAlgerJ
Mofq1Jée & Tours gifcnt fnrle Rivage.
"EN\lQY.
P 1:uples d~ Alger franchement~ dite s-mayj
.De Charlcs-Q-±:int que mit en defarroy
r.~(/ "e7Jaleitr aitjfi-bien que r orage)
Ou de LOV l S quifpait vom corr_;ger,
~el e.fl plm grand, plnsvai!lant, 6~ plm
[age?
Bien mieU.'t" que notu 'Vous en pou-vcz.. .
7utrer,
Mofquée & Tours gifentfur le Rivage
Seconde Partie de n1a Lettre une
llelation de i\1r de Poinétî .. touchant cc qui s'cft paifé devant
Alger.. Cette Relarion eft:oic
~JreiTée à M:~d~~moif~l!e des
Houlierest C}~fl: une Fille qui a
beaucoup d'ciprlt, & de hon
gouf.l:, & qui écrit auffi bien ç11
gro ~ ER CUF1-.E
Profe que M.idame îà. Mere écrit
e11 Vers.. c•efl: beaucollp tiire.
mais des Perfonnes tres - éclai~
rées en parlent d.e cette n1a11ierr,
& on peut les croire fi1r leur pa.
role. Si fa n1Gdefl:ie .. ne s'oppo .. ,
foît pas au delfein de fes An1isl r
qui voudraient bien donner des ~
Copies de fes Ouvrages, ils fer ..
viroie11t d~ un grand ornen1ent a
111e~ Lettres. Madan1e des Hou.
Jieres a régalé de cette Balade
celuy qui avoit envoyé la Re'a.
tio11 d, Alger à Miide1noifelle fa
Fille.
..
. *
--1
J GAL/\NT. 511 r
.
l
.;· A M r D E P 0 1 N C T Y,
Co1nn1~~ndant dans une des
Galiotes du Roy, nOn1mée
la l~r11t!le.
BAL AD Eo
lteux Che'thnlier, fage:. & de hon
ll!loy)
DdiA fça.vlnns pAr Dttme Ren1mmie~
.A qui tes F ait1 donnent 4ffe~ d·employfJ
f0:e Jans t11Nef l6in d' e{lre clos & coy,
f2!,tl. d fur Alger tcmhoit Bombe enjlâmée~
Lt fin premf·er 4Jront1tnt le danger
Sur la Cruelle as bien.fait telle rage~
fl.!11 peflc-mefle., Africain .. Etrang1r,
11ofquee & Tours giCent fur le Rivageo ~ ':».
.. _ ~...-.·
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'
....__
.... ·
Dans ton rccit,, ,~Aye & flere;t ;e ""Y
No/Ire Jeun~ffe }l Vdi.ncrc ltecofttumé~~
AH cr 11u fe/ll.. Pourtllnf~ comme ie croy~
~4 telle F efte 011 n' e.flpM [Ans cffeo1,
B nlle elle efloit,. & tu tas hi.en chornmle.
DH R!!efn~ h11bi.Je in (Art dt n11wig1r~
312 ~AErRCURE Sage en Confeils,farneux par_(on courage,
Dit 9ue par toy chez le 1.Vtore léger,
1v1ofquée & Tours gifentfllr le Rivage.
~~ De cette Gent fan$ honneur& fansfoy,
P aY- cet Exploit l'audace eft rcprimtc;
P ortr la réduire à fi·t.ivre noftre Loy,
JJc(oin ferA d' Apoflres comme toy,
Tc/le œuvrc "r!eut qtl on prcfèhe à mai,2
I
armee.
On te i/crra f4ns-dr;utc rtllV ilJer
Dans autre ttnnéc att-tre infidè!le P la(~ej
Dont on dira., comme on le dit ctAlgerJ
Mofq1Jée & Tours gifcnt fnrle Rivage.
"EN\lQY.
P 1:uples d~ Alger franchement~ dite s-mayj
.De Charlcs-Q-±:int que mit en defarroy
r.~(/ "e7Jaleitr aitjfi-bien que r orage)
Ou de LOV l S quifpait vom corr_;ger,
~el e.fl plm grand, plnsvai!lant, 6~ plm
[age?
Bien mieU.'t" que notu 'Vous en pou-vcz.. .
7utrer,
Mofquée & Tours gifentfur le Rivage
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Résumé : A Mr DE POINCTY, Commandant dans une des Galiotes du Roy, nommée la Cruelle. BALADE.
Le texte relate un événement survenu devant Alger, extrait de la Seconde Partie d'une lettre adressée à Madame des Houlières, une femme cultivée et honorable qui écrit également des vers. Des personnes éclairées apprécient cette relation et souhaitent en obtenir des copies pour enrichir leurs lettres, à condition que Madame des Houlières n'y voie pas d'objection. Madame des Houlières a offert une ballade à l'auteur de la relation d'Alger. Cette ballade est dédiée à un chevalier sage et loyal et raconte l'histoire d'une jeune fille fidèle et courageuse malgré les dangers. Elle met en avant les valeurs de loyauté et de courage, et exhorte à réprimer l'audace des ennemis pour les soumettre à la loi. Le texte se conclut par des couplets d'Alger, exprimant des sentiments de loyauté et de dévouement, et comparant la situation à des événements historiques pour souligner la grandeur et la générosité des actions décrites.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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786
p. 367-368
AUTRE ENIGME.
Début :
Je nais aux Champs, j'y vis d'une vie innocente, [...]
Mots clefs :
Aune
787
p. 328-329
EXPLICATION ENIGMATIQUE de l'Enigme en Prose.
Début :
Cette Enigme à mon sens est facile à comprendre, [...]
Mots clefs :
Si
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texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION ENIGMATIQUE de l'Enigme en Prose.
EXPLICATION ENIGMATIQUE
* de l'Enigine en Profe.
Ette Enigmeaammoonnsens eftfacile
Ilnefaut point donner la geſne à nos
du Mercure Galant. $ 329
!
3:
Cequi n'est en César, non plus qu'en
Alexandre, ६
Se trouve renversé dans noſtre Grand
LOUIS .
POLYMENE.
* de l'Enigine en Profe.
Ette Enigmeaammoonnsens eftfacile
Ilnefaut point donner la geſne à nos
du Mercure Galant. $ 329
!
3:
Cequi n'est en César, non plus qu'en
Alexandre, ६
Se trouve renversé dans noſtre Grand
LOUIS .
POLYMENE.
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788
p. 197-207
Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Début :
Vous m'avez souvent demandé des nouvelles des Ambassadeurs que [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs de Siam, Roi de Siam, Soleil d'Orient, Capitaine Gomet, Açores, Cap de Bonne-Espérance, Hollandais, Brésil, Banten, Navire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Vous t11"'a-vez fouvcnt de_:.
mandé cles nol1velles de.s.
An1bafC1(_leurs qu~.- l~ R6J"
deSia-n1 e11voye e11 France~Je
croy vous a \t oir déj a _n1ar~
qué dans quelq L1~une d~ 1nes.-
• -R iij
-t.- ::. ~ ..... ~ --- ·- 1 • 1
1 ·.-!. J ~ . " .. .
1 • 1 • • ...
119$ ~- i\fiE'R CfJ·F~ EJ
L~f~~e~:'.} ~q u~11~· -~~ eftoie nt ~ n1-
}?~rèf\1_~è~ . , à· B·ân_raU1 le fixîé ..
11~~~· ~~,- S.ëp_:te-~11bre de l'a11née
d~_f~1i~~:e; ~dans le· Navire du
~~~JC:-~l} ~l ~~o-rlenr ~ q11i ap11~1rtJ~_
ht'à ··1a;Co1!1pagnie Roya ..
l.~Sc_des ~ra11·ç-ois~ Ce Na vire
Çftoit_~ ~~i:c.ndu au ·Port Loüis,
-~-·Ù il 'deV·ôit- arrÏ\T·er; & COU1-
j ·. . : \ ~~ : :· -::' c. . 1 1' • .. •
1 . -, , .. me on n en avo1t c:u aucunes
n·b~Vél.l_cs _ de puls ce ·te111ps ..
là,: il j7 ~a v·oit · liet1 ~ de crain ..
dtC qu'il 11' euft· fait naufrage)
n~y ayant que· p·our fix inoi~
d:e . route de ce iieu-là ju [..
.... ,• . . ~. ,.
q~ès à c:elu y ql1e je v·iens de
vous nommer. E~ effet plu ..
GA~Ar\~~~'.\·< 1~9,;
(Jeurs aurreS ,~afli~l);ri~ -~~p~r,;~
· tis de la :me(11;c. C9OEe. _d,e~ I.n~_;~ . . . . . - . - , · r
des plu S de ·ri~ ~l11~;iS apre~ ~t.lf(
Sole.il d' Q ri Cl}~;-. (9P t. ~o~s·: 4-~ +~rivez
lîct1teufetn~11 t. en~- .Eû~
rope. Ainfi ·~~:-~·'ttci{~ :f~r~~gf}:!
ptine de, . ée: . ,q~·~.! .. ··pq·~yq~~:
· cilre deven~1, ! .à r çaμJe,: -çl~·~ ·
• .• • -- •• ./, ~ -1 • • .. • .L : ' .. f( ,
An1baffad~urS de'i Sl~~iμJ~., ~.
:~ du Vai!feau ~èffiiè ,,-éf U;i, ~ C~- _
;:1 beau , grand . ~ .. · tr~.s .. r-i~h,e.~
~i- n1ent cl1al4gé ;. ru.ais __ e~ fi~ l_~
:?~ Capitaine Got11ec a 111_is-Ié'S
·:J lntérefièz l10rs d'.inqui~~tud~~·
.:::1 Ce Ca pîraine c114i e~~-· r_ent.~~
1_·: de ce mois , revena~t · ·dc·s
·:: ~ - J R iiij . ~
.·..-. . - ~
~ .
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) . ~.
-..... ' .. . -....:..
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• ·.,,-j .. ~ .. '"
. :. ~
-:.:.1~· .. '
I
~·Oo MER ClJ--R~ E ...
111es -'.~ Ç<?.{es., ~ ,dit q u, efta!tlt
-à-1~_ Rade d;ii Fayal,. l>une de
cCs Ifles,le trentié111eSepten1-
b,r~, dernier , t1n . A nglois de
fe~: Amis. y· efi:oit arrivé lors
!11.~,~-~ e~oit prell- de mer.tre à
la voile; ue cet· Anglais
. ,, ,, il. \
a.~otr:- _rapporte €_Ill e.rra.11t a.
Ferna111bouc au Bréfil,, d'où
il efloit party le 2. 8. A ou fl. 11
y . efi:oi~ entré le prccédent unN_
avire .Hollandois, q·ui- ~e.-
11oit du Cap de s·o11ne Ef pè ..
l"~nce ; & que }e Capitaine
-cl~ ce-Navire , qui e11 avoir
fait voile fur la fin de Juillet;,
~ifoit y ~.ivoir. laiifi L111 gr.and
·a··. A-..··. ~ . - - - . ~-- ..... ~ ~ ....... 1 L..· ·' l··A~-.- ;N·-..·._ ~ ..,, . · .. -~ ... ,~\ . . . ~ .. -_·t- :1 • 2(~2-'
Navire ···Fr~riç·~,is·· ~~ppCll_~-~jJ~:
soleil d, 0 rierft ;. q·ui) ;,~~:. ~-IÇ01c::
de rclâ·cl1e '>avéè -~ fix:. -~Ùl"tre·s
Navires.'.:;, H·olla11d:c>i~f ·-~--~,:~·:· tjû··~-'
. con1n1e .'.lu-y -i :r.eVen,oiep--r,~~dCS~:
_Indes. Cette Nouve-llctà~'.·p·arii'._
·d'abord . in.al, inventée;~-- n'jr..~
• r - ~ ..... • .~. · ay.int aucu·~e a~parenc_·~· .. q u ·u~:~:
·'.~ Ho Il an à ois , , g u e r 6.11 ": i1 ~1 l-~-~'l:
JfOit le pre111ier Auth-et11~·~<e~_Jfb~
J of é partir· ' f èu 1 -. tl u· !:'cap' ---~1e:~
~Bonne Efpéran c~, ·. (ian.S:" la' 1-
~ p 1u s f:-î.c lieu f e -ià-iiOn de tou té(-i . .
~ rannée fans -a.tten--dre- .. 135 ·:
: . ) . ~ 1C otnpagni<: d'un Elfcadre ·de:·-·..,
:J ~1 N arion-, qt1î efioit en· rou.r~~._
J te con1n1e. luy I'ou1· re:\,.énil~r'~~-
~.
. 1 .. . . .
",fi
' ...
-".
. ./
~
. •. .. .' ......
. •.1
.. •(
' i .•
.~T-.
'
zo2 E R'C-.. .:RE.
en Europe;. car de prétendre
quïl fufi volo1ttai1·ement ve ..
nu au Bréfil, c,efi ce qu'on
n'avoit al1cun lieu de croire
puis qu"'on fçait qt1Jil 11'yeut'
jamais de com111erce à faire
du Cttp de Bo11n·e Eipérance
au Bré!î], & bien t11oins en.
«:or pour les l-I0llandois, que
po.ur at1cune -~utre Nationj
Les I-Iollandois n·y peuvent
cllre recet1s qu'avec de trcs ..
grandes précat1tion s~ 0 n envoye
des Gardes à leur Bord1
& on ne leur permet la def-
' 1 cente a terre que poltr trois
Perfonnes au plus de cha--
G_AL.P1t~T. 201.-
-~ ue Navire, depuis que les·
·: ortu~ais qui fe fo-nt rendus
·_ Jaittt~s -du Bréfil fur les HollandoisJ
one connu que ces
derniers feroien·t fo-tt , ai-fes
de trouver l' occ:tfion de le
:/eprendre. Aînfi ron avoic· ".
peinc à juilifier 13 endroit de·- ·
cccte nouvelle. CepênLiant
-:~ apres tant de circonflances
r~1 pportées par le Capita_ine·~
Go111er arrivé -au Port L,oüis,,
il y avoit appare11ce que 11y.
_. luy1 ny l3 A11glois, ny mefine
·}le Holla11~0-is, qui ne fça-'.
-~vent point q u)il nous 1:11an ..
9_ue des Na.vires 1 n2a,1oient_
~04 - .ERClJRE
pas fon·gé à l'inventer. Dans
cet en1b-arra.s,. q uelq.ues Pet.
fennes entendu ês en ces roll~
tes, fè font appliquées à cxa ..
mi~er cxaltcmenr, d.e q.ueL
le man iere on pour roi t j u !h ..
fier la Nouvclle.-Voicy leur
·raifo11nen1ent. Le Soleil d~o.
rient paî-tit_. de 'Bantam le 6.
de Se-pt.errlbre 1681. îî.X fè1nai~
ncs plûtolt qu'il ne falloit,
pour (lou b,ler le Cap de Bon ..
ne Efpéran·ce.e · S-on··. delfein
efioît de s"' arrefter à rifle
Bourbon ou Mafcareigne)au
m-oins pe11dant un grand
~ois;.! &.ayant manqμé cette
GALtlANT. ~o)
-~I!le, comrrie -il arrive· fot;t~
~vent à 1a Mer,, il s' efi trouvé
/rrop ·cofr pour venir au·Ca p,
~f 1,-. l I I d _j"' "' ~&a re ac11e aux n es, Ci1. ott
~il ve-noit. Il en .efl: party tout
~·de nouveau,.& s'efl: rcncon.-!
:~Lré au ·Cap avec les fix. Hol ..
land ois, qui apparemment:.
ont dépeièhé u·n Navire•'
· pour donner avis en Holla·nde
i leurs Supérieurs de leur
re]âcbement au Cap de Bon~
:. ne Efpérance ~ a:fin qu3ils
puiffent prèndre des meiures
juftes pour la vente-des Mar ... ,
chandi[es arrivées pour eur;
· dans les premiers yailfea~~·
.
•
...
...............
206 MER CfJRE
qui l~ur ---:font v.enus des In ..
. des ~ & . encore .auffi pour
:-avertir ces . mefines Supé ..
. _.rieurs d'envoyer au devant
! d'eux des Vaiffeaux d-' e{è:or ..
te, ce que les Hollandais
·font d' O}"dinaire jufques i
. _llergu·ç~ en N orvege, car i1s
..
. . 11e pern1cttent point que
le.tirs Navires qui viennent
des Indes, non i1Ius que ceu~
qui y vont, paîfent par la
.Mancl1e, dans la crai11te de
:s>exFofer à en perdre qutl
.q uesJ u11s, à caufe de la pre~ .
_t;ention qu~a la Con1pagnie
J1 Analeterre fùr les Eflèrsde ~ . ' 0
.. G ALAN1~. 207
celle de Hollande. Le Navire
dépefèl1é du Cap par les
Ho1landois , ·fera venu au
BréGl 1nalgrC Iuy, ou par gros
re1nps , où pour é.vi-ter ·de.5
Courans, qui dans cette faifon-
là cntraînen,t ,à, la Colle
d}Afi·ique.·De cette faç.on lâ
Nouvelle etl: Vraye, . & on
peut i11ceifa1nment efpére1' la
venuë du Na-vire q.ui amenc
les Ambaifadeurs du Roy de
Sia1no
mandé cles nol1velles de.s.
An1bafC1(_leurs qu~.- l~ R6J"
deSia-n1 e11voye e11 France~Je
croy vous a \t oir déj a _n1ar~
qué dans quelq L1~une d~ 1nes.-
• -R iij
-t.- ::. ~ ..... ~ --- ·- 1 • 1
1 ·.-!. J ~ . " .. .
1 • 1 • • ...
119$ ~- i\fiE'R CfJ·F~ EJ
L~f~~e~:'.} ~q u~11~· -~~ eftoie nt ~ n1-
}?~rèf\1_~è~ . , à· B·ân_raU1 le fixîé ..
11~~~· ~~,- S.ëp_:te-~11bre de l'a11née
d~_f~1i~~:e; ~dans le· Navire du
~~~JC:-~l} ~l ~~o-rlenr ~ q11i ap11~1rtJ~_
ht'à ··1a;Co1!1pagnie Roya ..
l.~Sc_des ~ra11·ç-ois~ Ce Na vire
Çftoit_~ ~~i:c.ndu au ·Port Loüis,
-~-·Ù il 'deV·ôit- arrÏ\T·er; & COU1-
j ·. . : \ ~~ : :· -::' c. . 1 1' • .. •
1 . -, , .. me on n en avo1t c:u aucunes
n·b~Vél.l_cs _ de puls ce ·te111ps ..
là,: il j7 ~a v·oit · liet1 ~ de crain ..
dtC qu'il 11' euft· fait naufrage)
n~y ayant que· p·our fix inoi~
d:e . route de ce iieu-là ju [..
.... ,• . . ~. ,.
q~ès à c:elu y ql1e je v·iens de
vous nommer. E~ effet plu ..
GA~Ar\~~~'.\·< 1~9,;
(Jeurs aurreS ,~afli~l);ri~ -~~p~r,;~
· tis de la :me(11;c. C9OEe. _d,e~ I.n~_;~ . . . . . - . - , · r
des plu S de ·ri~ ~l11~;iS apre~ ~t.lf(
Sole.il d' Q ri Cl}~;-. (9P t. ~o~s·: 4-~ +~rivez
lîct1teufetn~11 t. en~- .Eû~
rope. Ainfi ·~~:-~·'ttci{~ :f~r~~gf}:!
ptine de, . ée: . ,q~·~.! .. ··pq·~yq~~:
· cilre deven~1, ! .à r çaμJe,: -çl~·~ ·
• .• • -- •• ./, ~ -1 • • .. • .L : ' .. f( ,
An1baffad~urS de'i Sl~~iμJ~., ~.
:~ du Vai!feau ~èffiiè ,,-éf U;i, ~ C~- _
;:1 beau , grand . ~ .. · tr~.s .. r-i~h,e.~
~i- n1ent cl1al4gé ;. ru.ais __ e~ fi~ l_~
:?~ Capitaine Got11ec a 111_is-Ié'S
·:J lntérefièz l10rs d'.inqui~~tud~~·
.:::1 Ce Ca pîraine c114i e~~-· r_ent.~~
1_·: de ce mois , revena~t · ·dc·s
·:: ~ - J R iiij . ~
.·..-. . - ~
~ .
-.)
: ...
) . ~.
-..... ' .. . -....:..
LI
• ·.,,-j .. ~ .. '"
. :. ~
-:.:.1~· .. '
I
~·Oo MER ClJ--R~ E ...
111es -'.~ Ç<?.{es., ~ ,dit q u, efta!tlt
-à-1~_ Rade d;ii Fayal,. l>une de
cCs Ifles,le trentié111eSepten1-
b,r~, dernier , t1n . A nglois de
fe~: Amis. y· efi:oit arrivé lors
!11.~,~-~ e~oit prell- de mer.tre à
la voile; ue cet· Anglais
. ,, ,, il. \
a.~otr:- _rapporte €_Ill e.rra.11t a.
Ferna111bouc au Bréfil,, d'où
il efloit party le 2. 8. A ou fl. 11
y . efi:oi~ entré le prccédent unN_
avire .Hollandois, q·ui- ~e.-
11oit du Cap de s·o11ne Ef pè ..
l"~nce ; & que }e Capitaine
-cl~ ce-Navire , qui e11 avoir
fait voile fur la fin de Juillet;,
~ifoit y ~.ivoir. laiifi L111 gr.and
·a··. A-..··. ~ . - - - . ~-- ..... ~ ~ ....... 1 L..· ·' l··A~-.- ;N·-..·._ ~ ..,, . · .. -~ ... ,~\ . . . ~ .. -_·t- :1 • 2(~2-'
Navire ···Fr~riç·~,is·· ~~ppCll_~-~jJ~:
soleil d, 0 rierft ;. q·ui) ;,~~:. ~-IÇ01c::
de rclâ·cl1e '>avéè -~ fix:. -~Ùl"tre·s
Navires.'.:;, H·olla11d:c>i~f ·-~--~,:~·:· tjû··~-'
. con1n1e .'.lu-y -i :r.eVen,oiep--r,~~dCS~:
_Indes. Cette Nouve-llctà~'.·p·arii'._
·d'abord . in.al, inventée;~-- n'jr..~
• r - ~ ..... • .~. · ay.int aucu·~e a~parenc_·~· .. q u ·u~:~:
·'.~ Ho Il an à ois , , g u e r 6.11 ": i1 ~1 l-~-~'l:
JfOit le pre111ier Auth-et11~·~<e~_Jfb~
J of é partir· ' f èu 1 -. tl u· !:'cap' ---~1e:~
~Bonne Efpéran c~, ·. (ian.S:" la' 1-
~ p 1u s f:-î.c lieu f e -ià-iiOn de tou té(-i . .
~ rannée fans -a.tten--dre- .. 135 ·:
: . ) . ~ 1C otnpagni<: d'un Elfcadre ·de:·-·..,
:J ~1 N arion-, qt1î efioit en· rou.r~~._
J te con1n1e. luy I'ou1· re:\,.énil~r'~~-
~.
. 1 .. . . .
",fi
' ...
-".
. ./
~
. •. .. .' ......
. •.1
.. •(
' i .•
.~T-.
'
zo2 E R'C-.. .:RE.
en Europe;. car de prétendre
quïl fufi volo1ttai1·ement ve ..
nu au Bréfil, c,efi ce qu'on
n'avoit al1cun lieu de croire
puis qu"'on fçait qt1Jil 11'yeut'
jamais de com111erce à faire
du Cttp de Bo11n·e Eipérance
au Bré!î], & bien t11oins en.
«:or pour les l-I0llandois, que
po.ur at1cune -~utre Nationj
Les I-Iollandois n·y peuvent
cllre recet1s qu'avec de trcs ..
grandes précat1tion s~ 0 n envoye
des Gardes à leur Bord1
& on ne leur permet la def-
' 1 cente a terre que poltr trois
Perfonnes au plus de cha--
G_AL.P1t~T. 201.-
-~ ue Navire, depuis que les·
·: ortu~ais qui fe fo-nt rendus
·_ Jaittt~s -du Bréfil fur les HollandoisJ
one connu que ces
derniers feroien·t fo-tt , ai-fes
de trouver l' occ:tfion de le
:/eprendre. Aînfi ron avoic· ".
peinc à juilifier 13 endroit de·- ·
cccte nouvelle. CepênLiant
-:~ apres tant de circonflances
r~1 pportées par le Capita_ine·~
Go111er arrivé -au Port L,oüis,,
il y avoit appare11ce que 11y.
_. luy1 ny l3 A11glois, ny mefine
·}le Holla11~0-is, qui ne fça-'.
-~vent point q u)il nous 1:11an ..
9_ue des Na.vires 1 n2a,1oient_
~04 - .ERClJRE
pas fon·gé à l'inventer. Dans
cet en1b-arra.s,. q uelq.ues Pet.
fennes entendu ês en ces roll~
tes, fè font appliquées à cxa ..
mi~er cxaltcmenr, d.e q.ueL
le man iere on pour roi t j u !h ..
fier la Nouvclle.-Voicy leur
·raifo11nen1ent. Le Soleil d~o.
rient paî-tit_. de 'Bantam le 6.
de Se-pt.errlbre 1681. îî.X fè1nai~
ncs plûtolt qu'il ne falloit,
pour (lou b,ler le Cap de Bon ..
ne Efpéran·ce.e · S-on··. delfein
efioît de s"' arrefter à rifle
Bourbon ou Mafcareigne)au
m-oins pe11dant un grand
~ois;.! &.ayant manqμé cette
GALtlANT. ~o)
-~I!le, comrrie -il arrive· fot;t~
~vent à 1a Mer,, il s' efi trouvé
/rrop ·cofr pour venir au·Ca p,
~f 1,-. l I I d _j"' "' ~&a re ac11e aux n es, Ci1. ott
~il ve-noit. Il en .efl: party tout
~·de nouveau,.& s'efl: rcncon.-!
:~Lré au ·Cap avec les fix. Hol ..
land ois, qui apparemment:.
ont dépeièhé u·n Navire•'
· pour donner avis en Holla·nde
i leurs Supérieurs de leur
re]âcbement au Cap de Bon~
:. ne Efpérance ~ a:fin qu3ils
puiffent prèndre des meiures
juftes pour la vente-des Mar ... ,
chandi[es arrivées pour eur;
· dans les premiers yailfea~~·
.
•
...
...............
206 MER CfJRE
qui l~ur ---:font v.enus des In ..
. des ~ & . encore .auffi pour
:-avertir ces . mefines Supé ..
. _.rieurs d'envoyer au devant
! d'eux des Vaiffeaux d-' e{è:or ..
te, ce que les Hollandais
·font d' O}"dinaire jufques i
. _llergu·ç~ en N orvege, car i1s
..
. . 11e pern1cttent point que
le.tirs Navires qui viennent
des Indes, non i1Ius que ceu~
qui y vont, paîfent par la
.Mancl1e, dans la crai11te de
:s>exFofer à en perdre qutl
.q uesJ u11s, à caufe de la pre~ .
_t;ention qu~a la Con1pagnie
J1 Analeterre fùr les Eflèrsde ~ . ' 0
.. G ALAN1~. 207
celle de Hollande. Le Navire
dépefèl1é du Cap par les
Ho1landois , ·fera venu au
BréGl 1nalgrC Iuy, ou par gros
re1nps , où pour é.vi-ter ·de.5
Courans, qui dans cette faifon-
là cntraînen,t ,à, la Colle
d}Afi·ique.·De cette faç.on lâ
Nouvelle etl: Vraye, . & on
peut i11ceifa1nment efpére1' la
venuë du Na-vire q.ui amenc
les Ambaifadeurs du Roy de
Sia1no
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Résumé : Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Le navire français l'Ambassadeur, parti de la Compagnie Royale des Indes, a suscité des inquiétudes après une longue attente au Port-Louis sans nouvelles. Il a été signalé à la Rade du Fayal le 30 septembre. Un navire anglais a rapporté que l'Ambassadeur avait quitté les lieux pour Fernambouc au Brésil le 28 août. Un navire hollandais, parti du Cap de Bonne Espérance, et le navire français le Soleil d'Or, vu avec des navires hollandais en route vers les Indes, ont également été mentionnés. Ces informations, bien que douteuses, ont été prises au sérieux en raison de la vigilance de la Compagnie des Indes face aux menaces hollandaises. Le navire hollandais est arrivé au Brésil par gros temps ou pour éviter les courants dangereux près de la Côte d'Afrique. On espère la venue prochaine du navire transportant les ambassadeurs du roi de Siam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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789
p. 285-288
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Quand tout le Royaume est remply de joye, l'Eglise n'en doit [...]
Mots clefs :
Église, Conversions, Calvin, Lumières, Raison, Hérésie, Abjuration, Religion prétendue réformée, Erreur
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Qand rout le R()yaume
ell re111t.-)ly de jove, l'E~~life l . (~
n\~n doit pas Ln ·)u.1s reiTt.r1ti1 .. ,
pu1s que l~s Cc1l1verfi,)t1s y
cunti11.Jënc, &: que c;:.~ux q.::1î
quit~~1~ le_ I)a.rty" de· c~~~vira~
28~6-- fvïE R c:UF~ E
nty: fo11c forcez· que par les
J-Un1iercs· de la rai!àn. I\ilrGuil~
le111ot ,; l)arifien, L1L1i a toû ...
jollrs eiléreco11nu, & t11e!ine
.d~· ceux de la. Rc]ir-icJn I)ré. . 0
~~-,~.. "Ï":j",i, $-d:t~ ~ l;w.; . RJ. lfb'.' -l .c~ oJ·..· ·.1t ·1 ·~~ e ' t~• )OU r~ 1\.~l 1""i' ' y:
H , ) I '1 .. • d' f
c om111e Cl ertld1tron e~ e ...
prit, a pres a v·oir eu quelques
~con-féren ces· avec le lv'l.in1llre
Clau cle· .., a. a.·bjt1ré l5I-leréfie
Cll r;réfe1~1cc d·e· prufieurs Pcr·
foniies de qualité, · da·ns l'E9
glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
du Pere Alêxis du- Buc, qui a
utilCm~en·t rra-iaillé à· le con~
!Crtir .. Mr l1Arcl1cyef~ue d~
~ .. ~ -.. ...,_....Il ~ -- ... ~ .. ..__ __ •• .._. - ~ •r • ..
.
· ~1;U~ 1- ~~ .'~'\ i ri\ -..L. LJÔ ' -t~ . li L-- lJ?. 1~"1 "'"f ~ ,., ~7~ ~
paris· a aufii reç·eu dept1is.peti:
de te111 ps 1, A bjl:1ration de M~_
.u..
Gautcrcat1,Député de Poitol.1
pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
l.. l I Con1n1e; tot1s. es Deputs.~·:
doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
rruit à fonds· de tout· cc qui;
.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
~1alg~é ~0ut~~; l~~ b~~~~e-~,~!
88 ~ -~n --~~ ~1~ ~-~i- --!~")
2 l'Lt. / ~ ~ .. r- ~·~ '! . !LJ· ~~ ~1 ~ !- ~ :S.. 1.. ~.,..~.-μ~ {. ~ ~ .. w,
qt1,il av oit p!our._~ la d·éfendre ·
·1 . d ,. l c 1
1 , en ··a - ecoL1v,ert; ~: tallifeté,
c·e n'eft pas· ~el te:) qt1e doitt
fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
:r • .~ l . . , .:. .r .~- n 1 en -t cc1a1re.,
ell re111t.-)ly de jove, l'E~~life l . (~
n\~n doit pas Ln ·)u.1s reiTt.r1ti1 .. ,
pu1s que l~s Cc1l1verfi,)t1s y
cunti11.Jënc, &: que c;:.~ux q.::1î
quit~~1~ le_ I)a.rty" de· c~~~vira~
28~6-- fvïE R c:UF~ E
nty: fo11c forcez· que par les
J-Un1iercs· de la rai!àn. I\ilrGuil~
le111ot ,; l)arifien, L1L1i a toû ...
jollrs eiléreco11nu, & t11e!ine
.d~· ceux de la. Rc]ir-icJn I)ré. . 0
~~-,~.. "Ï":j",i, $-d:t~ ~ l;w.; . RJ. lfb'.' -l .c~ oJ·..· ·.1t ·1 ·~~ e ' t~• )OU r~ 1\.~l 1""i' ' y:
H , ) I '1 .. • d' f
c om111e Cl ertld1tron e~ e ...
prit, a pres a v·oir eu quelques
~con-féren ces· avec le lv'l.in1llre
Clau cle· .., a. a.·bjt1ré l5I-leréfie
Cll r;réfe1~1cc d·e· prufieurs Pcr·
foniies de qualité, · da·ns l'E9
glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
du Pere Alêxis du- Buc, qui a
utilCm~en·t rra-iaillé à· le con~
!Crtir .. Mr l1Arcl1cyef~ue d~
~ .. ~ -.. ...,_....Il ~ -- ... ~ .. ..__ __ •• .._. - ~ •r • ..
.
· ~1;U~ 1- ~~ .'~'\ i ri\ -..L. LJÔ ' -t~ . li L-- lJ?. 1~"1 "'"f ~ ,., ~7~ ~
paris· a aufii reç·eu dept1is.peti:
de te111 ps 1, A bjl:1ration de M~_
.u..
Gautcrcat1,Député de Poitol.1
pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
l.. l I Con1n1e; tot1s. es Deputs.~·:
doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
rruit à fonds· de tout· cc qui;
.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
~1alg~é ~0ut~~; l~~ b~~~~e-~,~!
88 ~ -~n --~~ ~1~ ~-~i- --!~")
2 l'Lt. / ~ ~ .. r- ~·~ '! . !LJ· ~~ ~1 ~ !- ~ :S.. 1.. ~.,..~.-μ~ {. ~ ~ .. w,
qt1,il av oit p!our._~ la d·éfendre ·
·1 . d ,. l c 1
1 , en ··a - ecoL1v,ert; ~: tallifeté,
c·e n'eft pas· ~el te:) qt1e doitt
fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
:r • .~ l . . , .:. .r .~- n 1 en -t cc1a1re.,
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte souligne l'importance pour un royaume de suivre les conseils de conseillers compétents et de respecter les lois et règlements, ainsi que la défense de la religion. Un individu a discuté avec le ministre Claude de la préférence pour des professeurs qualifiés dans l'Église de Sainte-Anne la Royale des Théatins, mentionnant le Père Alexis du Buc. À Paris, des pétitions, dont celle de l'abbé Gaultier, député de Poitiers, ont été reçues concernant des affaires religieuses. Les députés doivent être forts et intelligents dans leurs missions et défendre les droits du Parlement. La personne en question est bien informée sur la défense de la religion et prête à la défendre avec éloquence, sans nécessairement suivre un individu spécifique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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792
p. 304-306
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On écrit que les Jésuites & les Capucins, font de tres-grands fruits [...]
Mots clefs :
Jésuites, Capucins, Religion prétendue réformée, Abjuration, Intendant, Gouverneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
On écrir q11e les Jé[uites
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte évoque la présence influente des Jésuites et des Capucins dans les places fortes du Royaume de France, soutenus financièrement par les gouverneurs et l'intendant. Par exemple, le gouverneur des Bains d'Arcis aide les Capucins, notamment pour soutenir une femme et ses dix ou douze enfants, dont un sert dans le régiment de Vexin. Ce gouverneur, issu de la maison de La Claffaye et originaire de Touraine, a servi environ 40 à 50 ans dans les armées royales, tant sur terre que sur mer, en Candie, Flandre, Allemagne et Catalogne. Il a participé à divers sièges de villes et porte les marques de nombreux combats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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793
p. 383-385
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux Enigmes nouvelles. La premiere est de / De toutes les Saisons que l'on voit arriver, [...]
Mots clefs :
Écran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deux Enigmes
nouvelles. La premiere eſt de
Monfieur Diéréville du Pontleveſque.
4
ENIGME.
Detoutes les Saiſons que l'on
Commejeneſers qu'en Hyver,
Dans les autres l'on me mepriſe,
Ilfaut qu'ilvienne un vent de
bife
Pourme remettre dans mes droits.
Je me chauffe par toutfans brûler
: demonbois ,
Je nevais point chez la Canaille.
Ie ſuis d'une diforme taille ;
Mais qu'importe, tel queje suis,
Jeparle d'amouràcent Belles,
Ie
'GALANT.
273
Je leur fais de plaifans recits,
Et je voy que les plus cruelles
Ne peuvent pas me rebuter.
Quelquefois je les fais chanter ;
Et pour en dire davantage ,
Soit que je touche , ou non , leurs
coeurs ,
Dans nôtre innocent badinage ,
J'en ay toûjours quelquesfaveurs.
nouvelles. La premiere eſt de
Monfieur Diéréville du Pontleveſque.
4
ENIGME.
Detoutes les Saiſons que l'on
Commejeneſers qu'en Hyver,
Dans les autres l'on me mepriſe,
Ilfaut qu'ilvienne un vent de
bife
Pourme remettre dans mes droits.
Je me chauffe par toutfans brûler
: demonbois ,
Je nevais point chez la Canaille.
Ie ſuis d'une diforme taille ;
Mais qu'importe, tel queje suis,
Jeparle d'amouràcent Belles,
Ie
'GALANT.
273
Je leur fais de plaifans recits,
Et je voy que les plus cruelles
Ne peuvent pas me rebuter.
Quelquefois je les fais chanter ;
Et pour en dire davantage ,
Soit que je touche , ou non , leurs
coeurs ,
Dans nôtre innocent badinage ,
J'en ay toûjours quelquesfaveurs.
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794
p. 385-386
AUTRE ENIGME.
Début :
Toute mon inclination [...]
Mots clefs :
Taupe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE
T
ENIGME.
Oute mon inclination
Ne me porte que
Terre;
vers la
Je Suis pour ce sujet toûjours en
action ,
Mais on me fait toûjours la
guerre , 1.
On a pour me guéter des Gens entretenus.
F'aypour m'en garantirdes chemins
inconnus ,
Oùje me conduisfans lumiere;
M V
274 MERCURE
Mais encor que je souffre une fåcheuse
nuit ,
Ces Traîtres fans faire de bruit,
Me Surprennent souvent au fort de
ma Carriere ,
Et par un déplorable fort ,
Mefont enfin ſouffrir une honteuse
mort.
Si quelque choſeme peutplaire,
Apres unfi crueldeštin ,
C'est que quand onfait un festin,
Aumilieu de la bonne chere;
BienSouvent on parle demoy,
Etjesuis des Buveurs , & la regle
la loy.
T
ENIGME.
Oute mon inclination
Ne me porte que
Terre;
vers la
Je Suis pour ce sujet toûjours en
action ,
Mais on me fait toûjours la
guerre , 1.
On a pour me guéter des Gens entretenus.
F'aypour m'en garantirdes chemins
inconnus ,
Oùje me conduisfans lumiere;
M V
274 MERCURE
Mais encor que je souffre une fåcheuse
nuit ,
Ces Traîtres fans faire de bruit,
Me Surprennent souvent au fort de
ma Carriere ,
Et par un déplorable fort ,
Mefont enfin ſouffrir une honteuse
mort.
Si quelque choſeme peutplaire,
Apres unfi crueldeštin ,
C'est que quand onfait un festin,
Aumilieu de la bonne chere;
BienSouvent on parle demoy,
Etjesuis des Buveurs , & la regle
la loy.
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795
p. 182-183
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si le Roy donne ses soins à la conversion des Prétendus [...]
Mots clefs :
Roi, Conversion, Prétendus réformés, Zèle, Seigneur, Jésuites, Cérémonie, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si le Roy donne fes foins à
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En France, des protestants, appelés 'Prétendus Réformez', sont convertis sous l'impulsion royale. Monsieur de Vesc, seigneur de Vesc et Compréignac, a abjuré sa foi protestante le 5 du mois chez les Jésuites de la rue Saint-Antoine. Il a été instruit par le Père Drouet. Des personnalités notables, dont Monsieur de Montauban et Monsieur de Montanégrès, étaient présentes. Le roi a ordonné à Monsieur de Fourbin de l'intégrer parmi les mousquetaires.
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796
p. 292-293
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux nouvelles Enigmes. La premiere est de / Quoy que je sois formé d'une matiere dure, [...]
Mots clefs :
Essieu
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deux nouvelles
Enigmes, La premiere
eft de M Germain de Caën;
& la feconde , de . M' de la
Barre de Tours.
ENIGME.
Voy que je fois formé d'une
matiere dure,
Rien de dur toutefois n'entre en mon
aliment.
T
GALANT. 293
Mon corpsplus long que large eft de
tellefigure,
Que je n'ay que deux yeux, & deux
bras feulement.
Se
Ces deux bras pour agir me feroien
inutiles,
Sans l'aide de deux Soeurs , qui d'un
commun effort,
Faifantdemon travail & le foible,
& le fort,
Mepromenent partout dans les Chaps
& les Villes .
$ 2
Je fers également le Sujet & le Ray.
Que l'on me couvre d'or , qu'on me
charge d'ordure,
Je n'enfaispas moins mon employ;
Et fi quelquefoisje murmure,
Ce n'estjamais de ma parure ,
M'eftant indiférent quoy qu'on mette
fur moy.
Enigmes, La premiere
eft de M Germain de Caën;
& la feconde , de . M' de la
Barre de Tours.
ENIGME.
Voy que je fois formé d'une
matiere dure,
Rien de dur toutefois n'entre en mon
aliment.
T
GALANT. 293
Mon corpsplus long que large eft de
tellefigure,
Que je n'ay que deux yeux, & deux
bras feulement.
Se
Ces deux bras pour agir me feroien
inutiles,
Sans l'aide de deux Soeurs , qui d'un
commun effort,
Faifantdemon travail & le foible,
& le fort,
Mepromenent partout dans les Chaps
& les Villes .
$ 2
Je fers également le Sujet & le Ray.
Que l'on me couvre d'or , qu'on me
charge d'ordure,
Je n'enfaispas moins mon employ;
Et fi quelquefoisje murmure,
Ce n'estjamais de ma parure ,
M'eftant indiférent quoy qu'on mette
fur moy.
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797
p. 294-297
AUTRE ENIGME.
Début :
J'ay la mesme Mere que l'Homme ; [...]
Mots clefs :
Pot de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
Jaylamesme Mere que l' Homme;
Chez mille Autheurs l'on me compare
à luys
Mon ufage merendfi commun aujourd'huy,
Qu'on me voit au "apon comme on -
me voit à Rome.
Se
Si je tombe, au moment qu'on me
donne le jour,
Mon Perepar un heureux tour,
Des débris de mon Corps fait une
Creature,
Qu'on peut dire mon Frere ; admirez
mon amour!
Pour purger les defauts de mapauvre
Nature,
GALANT 295
A peine fuis-je fait, qu'on me met
dans le feu;
I'y fouffre , j'y rougis , &je wy
plains unpeu,
Mais ma vie en devient & plusforte,
&pluspurc.
$2
Malgré mesfoins pour plaire en diverfesfaçons
,
Et malgré lesfecours que je donne
à la vie,
L'Homme jamais n'a l'ame plus
ravie,
Qu'en me voyantpres des tifons.
S&
Pour vous montrer combien j'aime
mon Perc,
Te le nourris quand il m'afait;
Pour le produire, helas , il entr'ouvre
ma Mere,
า .
Bb iiij
296 MERCURE
Etplus en me faifantfa main paroift
fevere,
Etplusjefuisparfait.
S&
Icfuis en bonne odeur felon qui je
fréquentes
Quelquefoisje fens bon , fouventje
fens mauvais;
Ie donne du dégonft, je donne des
attraits ,
Selon que le casfe préfente.
$2
L'onde & le feu , qui font élemens
oppofez,
Par mon moyen apprivoifez,
Pareiffent l'un & l'autre eftre d'accord
ensemble,
Quand dans mon corps j'affemble
Un Tout deplufieurs compofez.
GALANT 297
$2
Mais enfin , comme l'Homme , &
mortel, & fragile,
Selon quej'ayfouffert pendant que
jayvécu
Un soufle bienfouvent, ou le mindre
feftu,
Me tüe, & me rend inutile.
Jaylamesme Mere que l' Homme;
Chez mille Autheurs l'on me compare
à luys
Mon ufage merendfi commun aujourd'huy,
Qu'on me voit au "apon comme on -
me voit à Rome.
Se
Si je tombe, au moment qu'on me
donne le jour,
Mon Perepar un heureux tour,
Des débris de mon Corps fait une
Creature,
Qu'on peut dire mon Frere ; admirez
mon amour!
Pour purger les defauts de mapauvre
Nature,
GALANT 295
A peine fuis-je fait, qu'on me met
dans le feu;
I'y fouffre , j'y rougis , &je wy
plains unpeu,
Mais ma vie en devient & plusforte,
&pluspurc.
$2
Malgré mesfoins pour plaire en diverfesfaçons
,
Et malgré lesfecours que je donne
à la vie,
L'Homme jamais n'a l'ame plus
ravie,
Qu'en me voyantpres des tifons.
S&
Pour vous montrer combien j'aime
mon Perc,
Te le nourris quand il m'afait;
Pour le produire, helas , il entr'ouvre
ma Mere,
า .
Bb iiij
296 MERCURE
Etplus en me faifantfa main paroift
fevere,
Etplusjefuisparfait.
S&
Icfuis en bonne odeur felon qui je
fréquentes
Quelquefoisje fens bon , fouventje
fens mauvais;
Ie donne du dégonft, je donne des
attraits ,
Selon que le casfe préfente.
$2
L'onde & le feu , qui font élemens
oppofez,
Par mon moyen apprivoifez,
Pareiffent l'un & l'autre eftre d'accord
ensemble,
Quand dans mon corps j'affemble
Un Tout deplufieurs compofez.
GALANT 297
$2
Mais enfin , comme l'Homme , &
mortel, & fragile,
Selon quej'ayfouffert pendant que
jayvécu
Un soufle bienfouvent, ou le mindre
feftu,
Me tüe, & me rend inutile.
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798
p. 11-16
REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Début :
Tout ce qui part de l'illustre Madame des Houlieres / Tircis, le plus solitaire [...]
Mots clefs :
Célimène, Bergère, Heureux, Âme, Aimer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Tout ce qui part de l'illuftre Madame des Houlieres eft fi achevé, qu'il ne fe
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
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Résumé : REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Le texte présente une églogue de Madame des Houlières, située dans la seconde partie de la 'Lettre de Septembre'. Cette églogue met en scène Célimène, une bergère tourmentée par l'éloignement de son bien-aimé. L'œuvre est appréciée pour sa sensibilité et sa finesse. Tircis, un berger amoureux de Célimène, répond à cette églogue en exprimant son amour et son attente. Malgré les plaisirs de la nature et les distractions, Tircis reste obsédé par Célimène et ne trouve de réconfort que dans le souvenir de sa bergère. Il souhaite que les oiseaux et les eaux des fontaines portent ses messages d'amour à Célimène. La douleur de l'absence et l'amour constant de Tircis sont soulignés, mettant en avant la profondeur de ses sentiments.
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799
p. 105-108
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Mr des Dessens, dont la naissance répond à l'esprit [...]
Mots clefs :
Esprit, Hérésie, Calvin, Cérémonie, Abjuration, Gentilhomme, Ministres, Conversion, Président, Maison, Vérités catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
M'desDeffens , dont la naiffance
répodà l'eſprit &au mérite,
a renoncé à l'heréfie de
Calvin. La cérémonie de fon
Abjuration fe fit à Poitiers il
ya quelques femaines . Elle a
donné grande joye à tous les
honneftes Gens de ce Païs- là,
& fait d'autant plus d'impref
fion fur beaucoup d'efprits ,
que ce Gentilhomme avoit
épousé une Femme , dans la
Famille de laquelle il y a eu
fept ou huit Miniftres , fon
106 MERCURE
Grand-Pere , fon Pere , fes
Freres, & fes Neveux. M' de
Fontmort, Préfidét de Niort,
dont il eft Parent, a fort contribué
par fes foins à cette
Converfion. Vous fçavez,
Madame, par ce que je vous
ay dit dans plufieurs Lettres,
quel eft le mérite de ce Préfident,
& celuy de Madame
de Fontmortla Femme. C'eſt
une Dame tres - fpirituelle,
que je reffufcitay avec grand
plaifir , apres qu'on l'eut fait
mourir d'apoplé xie vers le
Port de Pile , lors qu'elle revenoit
de la Cour. J'attens
GALANT. 107
toûjours fon Voyage de l'au
tre Monde , que j'ay pris la
liberté de luy demander.
Comme elle eft infiniment
éclairée , & que ſon ſtile eft
fort naturel, ce feroit pour le
Public une Relation des plus
agreables . Elle a pris beaucoup
de part au changement
de créance de M' des Def
fens, qui eftant de retour à
Niort, y fit abjurer la mefine
Herélie à fes Enfans. Sa
Converſion a efté enfin fuivie
de celle de M ' de Montaillon
fon Frere aîné , qui
demeure dans une Maifon
108 MERCURE
de Campagne aux environs
de Niort. Il fit profeffion à
Poitiers des Véritez Catholiques
le 27. du dernier mois
entre les mains de M' l'Evefque
, en préſence de M
de Baville, & d'un fort grand
nombre de Perſonnes de qualité.
répodà l'eſprit &au mérite,
a renoncé à l'heréfie de
Calvin. La cérémonie de fon
Abjuration fe fit à Poitiers il
ya quelques femaines . Elle a
donné grande joye à tous les
honneftes Gens de ce Païs- là,
& fait d'autant plus d'impref
fion fur beaucoup d'efprits ,
que ce Gentilhomme avoit
épousé une Femme , dans la
Famille de laquelle il y a eu
fept ou huit Miniftres , fon
106 MERCURE
Grand-Pere , fon Pere , fes
Freres, & fes Neveux. M' de
Fontmort, Préfidét de Niort,
dont il eft Parent, a fort contribué
par fes foins à cette
Converfion. Vous fçavez,
Madame, par ce que je vous
ay dit dans plufieurs Lettres,
quel eft le mérite de ce Préfident,
& celuy de Madame
de Fontmortla Femme. C'eſt
une Dame tres - fpirituelle,
que je reffufcitay avec grand
plaifir , apres qu'on l'eut fait
mourir d'apoplé xie vers le
Port de Pile , lors qu'elle revenoit
de la Cour. J'attens
GALANT. 107
toûjours fon Voyage de l'au
tre Monde , que j'ay pris la
liberté de luy demander.
Comme elle eft infiniment
éclairée , & que ſon ſtile eft
fort naturel, ce feroit pour le
Public une Relation des plus
agreables . Elle a pris beaucoup
de part au changement
de créance de M' des Def
fens, qui eftant de retour à
Niort, y fit abjurer la mefine
Herélie à fes Enfans. Sa
Converſion a efté enfin fuivie
de celle de M ' de Montaillon
fon Frere aîné , qui
demeure dans une Maifon
108 MERCURE
de Campagne aux environs
de Niort. Il fit profeffion à
Poitiers des Véritez Catholiques
le 27. du dernier mois
entre les mains de M' l'Evefque
, en préſence de M
de Baville, & d'un fort grand
nombre de Perſonnes de qualité.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Monsieur Desdefens a récemment abjuré l'hérésie calviniste à Poitiers, suscitant une grande joie parmi les habitants. Sa conversion est notable car il est marié à une femme issue d'une famille protestante influente, incluant plusieurs ministres. Monsieur de Fontmort, président de Niort et parent de Desdefens, ainsi que Madame de Fontmort, une dame très spirituelle, ont joué des rôles significatifs dans cette conversion. Après la mort subite de Madame de Fontmort, Desdefens est retourné à Niort et a fait abjurer ses enfants. Par ailleurs, son frère aîné, Monsieur de Montaillon, a également professé les vérités catholiques à Poitiers le 27 du mois précédent, en présence de l'évêque et de nombreuses personnes de qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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800
p. 251-253
Autres Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Rheims, que depuis deux mois plus [...]
Mots clefs :
Reims, Soldats allemands, Hérésie de Luther, Hérésie de Calvin, Controverses, Abjuration, Conversion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Conversions, [titre d'après la table]
On a eu avis de Rheims,
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
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Résumé : Autres Conversions, [titre d'après la table]
Depuis deux mois, plus de quarante soldats allemands à Reims ont abandonné les doctrines de Luther et Calvin. Un Jacobin allemand et le Père Alexis du Buc, Théatin, ont réalisé des conversions significatives. Le Père du Buc a converti Malachie Vedel, neveu d'un ministre de Genève, après des conférences avec des protestants de Charenton. Vedel a abjuré le septième jour du mois.
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