Résultats : 2840 texte(s)
Détail
Liste
1101
p. 203-204
De Vernon, en Normandie.
Début :
Le sieur Demarre, ancien Brigadier des Gardes du Corps du [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Louis XV
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texteReconnaissance textuelle : De Vernon, en Normandie.
DeVernon , en Normandie.
Le ſieur Demarre , ancien
Brigadier des Gardes du Corps
204 MERCURE
du Roy , a fait faire un Ser
vice folemnel pour le repos
de l'ame de Louis XIV. 11
a fait celebrer une grande
Meſſe de Requiem , & dire
pluſieurs Meſſes baſſes pour
la même intention; une gran.
deMeſſe pour la fanté ,conſervation
& profperité duRoi
Loüis XV. regnant , & une
grande Meſſe du Saint Eſprit
pour la conſervation de Son
Alteſſe Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Le ſieur Demarre , ancien
Brigadier des Gardes du Corps
204 MERCURE
du Roy , a fait faire un Ser
vice folemnel pour le repos
de l'ame de Louis XIV. 11
a fait celebrer une grande
Meſſe de Requiem , & dire
pluſieurs Meſſes baſſes pour
la même intention; une gran.
deMeſſe pour la fanté ,conſervation
& profperité duRoi
Loüis XV. regnant , & une
grande Meſſe du Saint Eſprit
pour la conſervation de Son
Alteſſe Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
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1102
p. 227-231
Vers de Madame V..... à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d Orleans, Regent du Royaume.
Début :
J'ai déja eû l'honneur de vous dire, qu'il ne tenoit qu'à / Apollon il es temps : prends toy même ta Lyre, [...]
Mots clefs :
Régent, Ouvrage, Vers, Duc d'Orléans
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texteReconnaissance textuelle : Vers de Madame V..... à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d Orleans, Regent du Royaume.
Jay déja cû l'honneur de
vous dire ,qu'il ne tenoit qu'à
moyde remplir mon volume
desEloges qu'on m'a envoyé
ce mois cy,à la gloire deMon.
fieur le Regent. Si cela m'avoir
eſté poſſible , je l'aurois fait
pour la fatisf. Etion de tous
ceux qui ſe ſont efforcez de
luy marquer leur zele ; mais
pluſieurs confiderations m'ont
déterminé à fupprimertous ces
ouvrages , à l'exception nean228
MERCURE
moins de celui cy que je ſerois
tres fâché de mettre au rebut.
Il a deux qualitez eſſentielles
qui le rendent au moins digne
deparoître au jour. La premierec'est
qu'il ne contient que
des veritez exprimées avec
nobleffe & fimplicité; & la
ſeconde c'eſt qu'il eſt de la
main d'une belleDame , digne
par les graces & par ſon elprit
de toute l'attention où l'on
eſt porré naturellement ,pat le
merite de ſes ouvrages .
GALANT. 229
{
Vers de Madame V .....
à Son Alteffe RoyaleMonſeigneur
le Duc d Orleans ,
Regent du Royaume.
Apollon il est temps : prends
toy même ta Lyre ,
1
D'inspirer les mortels , à preſent
c'est trop peu ;
Celebres par des chants pleins de
ton divin feu
Le Prince que la France admire,
C'eſt luy qui par de fages Loix
S'attire les coeurs des François,
Il va rétablir l'abondance ,
La bonnefay, la confiance s
230 MERCURE
Enfin reparoiſtra ce métal précieux
Que l'on croyoit rentré dans le
٠٢١١٠ feinde laterre,
Et dont l'absence fait autant de
malheureux
Qu'une trop longue trop
cruelleguerre.
Dieu des Vers chante à nos neveux
Combien ce Princefit d'heureux;
Pourmoy defes vertus charmée
A celebrer fon Nom je me fens
animée.
Comme Sapho , que ne fais -je
des Vers
Pour apprendre à tout l'Univers
GALANT. 231
;
-
Que l'Auguste Regent de
France
Poffde luy ſeul laſcience ,
Les rares qualitez , les talens
merveilleux
Qui firent jadis tant de Dieux.
vous dire ,qu'il ne tenoit qu'à
moyde remplir mon volume
desEloges qu'on m'a envoyé
ce mois cy,à la gloire deMon.
fieur le Regent. Si cela m'avoir
eſté poſſible , je l'aurois fait
pour la fatisf. Etion de tous
ceux qui ſe ſont efforcez de
luy marquer leur zele ; mais
pluſieurs confiderations m'ont
déterminé à fupprimertous ces
ouvrages , à l'exception nean228
MERCURE
moins de celui cy que je ſerois
tres fâché de mettre au rebut.
Il a deux qualitez eſſentielles
qui le rendent au moins digne
deparoître au jour. La premierec'est
qu'il ne contient que
des veritez exprimées avec
nobleffe & fimplicité; & la
ſeconde c'eſt qu'il eſt de la
main d'une belleDame , digne
par les graces & par ſon elprit
de toute l'attention où l'on
eſt porré naturellement ,pat le
merite de ſes ouvrages .
GALANT. 229
{
Vers de Madame V .....
à Son Alteffe RoyaleMonſeigneur
le Duc d Orleans ,
Regent du Royaume.
Apollon il est temps : prends
toy même ta Lyre ,
1
D'inspirer les mortels , à preſent
c'est trop peu ;
Celebres par des chants pleins de
ton divin feu
Le Prince que la France admire,
C'eſt luy qui par de fages Loix
S'attire les coeurs des François,
Il va rétablir l'abondance ,
La bonnefay, la confiance s
230 MERCURE
Enfin reparoiſtra ce métal précieux
Que l'on croyoit rentré dans le
٠٢١١٠ feinde laterre,
Et dont l'absence fait autant de
malheureux
Qu'une trop longue trop
cruelleguerre.
Dieu des Vers chante à nos neveux
Combien ce Princefit d'heureux;
Pourmoy defes vertus charmée
A celebrer fon Nom je me fens
animée.
Comme Sapho , que ne fais -je
des Vers
Pour apprendre à tout l'Univers
GALANT. 231
;
-
Que l'Auguste Regent de
France
Poffde luy ſeul laſcience ,
Les rares qualitez , les talens
merveilleux
Qui firent jadis tant de Dieux.
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1103
p. 242-251
Ceremonie faite à S. Denis le jour de l'inhumation de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. à dix heures & demie S. A R. Monseigneur le Duc [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Cérémonie, Louis XIV, Caveau, Gardes, Clergé, Écuyer, Cour, Duc, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite à S. Denis le jour de l'inhumation de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Le 23. à dix heures&demie
S. A. R. Monſeigneur le Duc
d'Orleans , accompagné de
Monfieur le Duc , de Monfieur
le Comte de Charolois ,
ſe rendic dans le Choeur de
l'Egliſe de S. Denis , où l'on
avoit dreſſe un fuperbeMauſolée,
dontil ſera facile de ſçavoir
ladeſcription au long dansle
Journal queje vais vous donner.
Le Clergé de France s'y
étoit rendu auparavant,de mêmeque
le Parlement,laChambredesComptes,
Cour desAy
GALANT. 243
des,Courdes Monnoyes, Univerſité&
la Ville. Le Service
commença , M. le Cardinal
de Rohan Grand Aumônier
de France fit l'Office , aſſiſté
des Evêques deSeez , d'Auxer.
re , de Beauvais & d'Angers ;
aprés l'Evangile Monſeigneur
le Duc d'Orleans precedé des
Herauts &Roy d'Armes , accompagné
du Grand Maître
des Ceremonies , alla à l'Offrande
, fitune reverence à la
repreſentation ou Mauſolée ,
au Clergé , aux Princes da
Sang , aux Ambaſſfadeurs , au
Parlement , Cour des Aydes ,
X ij
244 MERCUR
د
&c. Les autres deux Princes
allerent à l'Offrande aprésluy
&firentlesmêmes reverences :
enſuite M. l'Evêque de Caſtres
monta en Chaire & fit l'Oraifon
Funebre , & fit voir que le
Roy avoit été un ſpectacle de
felicité un ſpectacle de ſageffe
, & un ſpectacle de
Religion. Ce Prelat fut applaudi
, on continua la Meſſe ,
à la fin de laquelle M. le Cardinal
de Rohan & les quatre
Evêques aſſiſtants allerent auprés
duMauſolée faire les ab-
Toutes : & quand elles furent
finies ils vinrent s'affeoir à la
porte du caveau : pour lors les
GALANT. 245
Gardes du Corps en manteaux
noirs & capuchons, tirerent le
capuchons
cercuëil duMauſolée, pour le
porter au caveau , aprés avoir
mis deſſus un poële d'unemoire
d'argent , brodé d'or, fourré
d'herminés, dont les quatre
coins furent portez par le Premier
Preſident & trois autres .
Preſidents à Mortier en Robes
rouges& hermines : qua
tre Gardes de la Manche mar
choient avec leurs pertuifanes
& leurs cottes brodées
d'or & un capuchon noir aux
quatre côtez . Quand on eut
mis le corps du Roy dans le
caveau , M. le Marquis de
246 MERCURE
Dreux Grand Maître des Ceremonies
cria tout haut : Herauts
d'Armes de France , fai.
tes vos charges : ils marcherent
au nombre de douze , &
jetterent leurs bâtons & leurs
Dalmatiques dans le caveau :
enfuite M. le Grand Maître
appella tout haut M. de Courtenvaux
Capitaine de la Compagnie
des cent Suiſſes , faites
vôtre charge , portez l'enſeigne
, il vint en manteau noir
l'enſeigne couverte d'un cré .
pe , qu'il poſa dans l'entrée du
caveau : pour lors un des Herauts
prit la lifte & appella M.
GALANT. 247
le Duc de Charoſt, Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Corps , faites vôtre
charge , portez l'enſeigne; M.
le Duc de Villeroy :Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Gorps , faites vô .
tre charge, portezl'enſeigne ;
M. de Baliviere Lieutenant de
la premiere Compagnie des
Gardes duCorps ,tranfmis à
l'absence de M le Maréchal
d'Harcourt , faites vôtre charge,
portez l'enſeigne ; M. le
Duc de Noailles Capitaine de
la Compagnie Ecoffoife, faites
vôtreCharge , portez l'enſei-
XXiiiij
248 MERCURE
gne ; M. le Duc de la Tremoille
faiſant l'office de grand
maître& chefdu convoi , fut
ainſiappellé; M. l'Ecuyer tranchant
fat auſſi appellé ; M de
Momor premier Ecuyer du
Roi,portez les éperons; M. du
Sanfoy Ecuyer du Roy, portez
l'écu ; M... portez les gantelets;
M... portez leheaume ou
caſque ; M. le Grand Ecuyer
de France,portezl'épée roya .
le ; M. le Grand Chambellan,
portez la cotte d'armes ; M.le
Duc de Briffac , portez le paneau
; M.le Duc de Luines ,
portez le Sceptre ; M. le Duc
GALANT. 249
d'Ufés , portez la Couronnei
Enſuite le Heraut cria trois
fois le Roy eſt mort, & un
moment aprés , vive le Roy ,
trois fois : les timbales , trompettes
, hautbois , tambours
qui étoient dans la nefſe firent
entendre ; il cria encore vive
Louis XV. Roy de France
& de Navarre ; & la ceremonie
finie à cinq heures ,
on alla dîner. Il y avoit quatorze
cent couverts , foixante
pour le Clergé , quatre- vingt
deux pour le Parlement ; tout
fut ſervi avec beaucoup d'ordre
par fix cent Suiffes , &
250 MERCURE
)
toutes les tables furent remphes
de mets exquis.
Voici l'ordre comme on
étoit placé. LeClergé dans le
Sanctuaire à la droite, les Ambaſſadeurs
à la gauche , Mon,
ſeigneur le Ducd'Orleans dans
les formes , fuivi des Princes
& des Ducs : le Duc d'Ufés
comme le premier étoit aprés
M. de Charolois , aprés les
Dacs , la Chambre des Com
ptes ſur la gauche , le Parle,
ment , la Cour des Aydes , la
Cour des Monnoyes , & l'Univerſité
ſur des bancs.
GALANT. 251
On aura , comme je viens
de vous ledire , un détail exact
de cette ceremonie , dans la
Relation qui va paroître.
S. A. R. Monſeigneur le Duc
d'Orleans , accompagné de
Monfieur le Duc , de Monfieur
le Comte de Charolois ,
ſe rendic dans le Choeur de
l'Egliſe de S. Denis , où l'on
avoit dreſſe un fuperbeMauſolée,
dontil ſera facile de ſçavoir
ladeſcription au long dansle
Journal queje vais vous donner.
Le Clergé de France s'y
étoit rendu auparavant,de mêmeque
le Parlement,laChambredesComptes,
Cour desAy
GALANT. 243
des,Courdes Monnoyes, Univerſité&
la Ville. Le Service
commença , M. le Cardinal
de Rohan Grand Aumônier
de France fit l'Office , aſſiſté
des Evêques deSeez , d'Auxer.
re , de Beauvais & d'Angers ;
aprés l'Evangile Monſeigneur
le Duc d'Orleans precedé des
Herauts &Roy d'Armes , accompagné
du Grand Maître
des Ceremonies , alla à l'Offrande
, fitune reverence à la
repreſentation ou Mauſolée ,
au Clergé , aux Princes da
Sang , aux Ambaſſfadeurs , au
Parlement , Cour des Aydes ,
X ij
244 MERCUR
د
&c. Les autres deux Princes
allerent à l'Offrande aprésluy
&firentlesmêmes reverences :
enſuite M. l'Evêque de Caſtres
monta en Chaire & fit l'Oraifon
Funebre , & fit voir que le
Roy avoit été un ſpectacle de
felicité un ſpectacle de ſageffe
, & un ſpectacle de
Religion. Ce Prelat fut applaudi
, on continua la Meſſe ,
à la fin de laquelle M. le Cardinal
de Rohan & les quatre
Evêques aſſiſtants allerent auprés
duMauſolée faire les ab-
Toutes : & quand elles furent
finies ils vinrent s'affeoir à la
porte du caveau : pour lors les
GALANT. 245
Gardes du Corps en manteaux
noirs & capuchons, tirerent le
capuchons
cercuëil duMauſolée, pour le
porter au caveau , aprés avoir
mis deſſus un poële d'unemoire
d'argent , brodé d'or, fourré
d'herminés, dont les quatre
coins furent portez par le Premier
Preſident & trois autres .
Preſidents à Mortier en Robes
rouges& hermines : qua
tre Gardes de la Manche mar
choient avec leurs pertuifanes
& leurs cottes brodées
d'or & un capuchon noir aux
quatre côtez . Quand on eut
mis le corps du Roy dans le
caveau , M. le Marquis de
246 MERCURE
Dreux Grand Maître des Ceremonies
cria tout haut : Herauts
d'Armes de France , fai.
tes vos charges : ils marcherent
au nombre de douze , &
jetterent leurs bâtons & leurs
Dalmatiques dans le caveau :
enfuite M. le Grand Maître
appella tout haut M. de Courtenvaux
Capitaine de la Compagnie
des cent Suiſſes , faites
vôtre charge , portez l'enſeigne
, il vint en manteau noir
l'enſeigne couverte d'un cré .
pe , qu'il poſa dans l'entrée du
caveau : pour lors un des Herauts
prit la lifte & appella M.
GALANT. 247
le Duc de Charoſt, Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Corps , faites vôtre
charge , portez l'enſeigne; M.
le Duc de Villeroy :Capitaine
d'une des Compagnies des
Gardes du Gorps , faites vô .
tre charge, portezl'enſeigne ;
M. de Baliviere Lieutenant de
la premiere Compagnie des
Gardes duCorps ,tranfmis à
l'absence de M le Maréchal
d'Harcourt , faites vôtre charge,
portez l'enſeigne ; M. le
Duc de Noailles Capitaine de
la Compagnie Ecoffoife, faites
vôtreCharge , portez l'enſei-
XXiiiij
248 MERCURE
gne ; M. le Duc de la Tremoille
faiſant l'office de grand
maître& chefdu convoi , fut
ainſiappellé; M. l'Ecuyer tranchant
fat auſſi appellé ; M de
Momor premier Ecuyer du
Roi,portez les éperons; M. du
Sanfoy Ecuyer du Roy, portez
l'écu ; M... portez les gantelets;
M... portez leheaume ou
caſque ; M. le Grand Ecuyer
de France,portezl'épée roya .
le ; M. le Grand Chambellan,
portez la cotte d'armes ; M.le
Duc de Briffac , portez le paneau
; M.le Duc de Luines ,
portez le Sceptre ; M. le Duc
GALANT. 249
d'Ufés , portez la Couronnei
Enſuite le Heraut cria trois
fois le Roy eſt mort, & un
moment aprés , vive le Roy ,
trois fois : les timbales , trompettes
, hautbois , tambours
qui étoient dans la nefſe firent
entendre ; il cria encore vive
Louis XV. Roy de France
& de Navarre ; & la ceremonie
finie à cinq heures ,
on alla dîner. Il y avoit quatorze
cent couverts , foixante
pour le Clergé , quatre- vingt
deux pour le Parlement ; tout
fut ſervi avec beaucoup d'ordre
par fix cent Suiffes , &
250 MERCURE
)
toutes les tables furent remphes
de mets exquis.
Voici l'ordre comme on
étoit placé. LeClergé dans le
Sanctuaire à la droite, les Ambaſſadeurs
à la gauche , Mon,
ſeigneur le Ducd'Orleans dans
les formes , fuivi des Princes
& des Ducs : le Duc d'Ufés
comme le premier étoit aprés
M. de Charolois , aprés les
Dacs , la Chambre des Com
ptes ſur la gauche , le Parle,
ment , la Cour des Aydes , la
Cour des Monnoyes , & l'Univerſité
ſur des bancs.
GALANT. 251
On aura , comme je viens
de vous ledire , un détail exact
de cette ceremonie , dans la
Relation qui va paroître.
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1104
p. 252-260
ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Début :
Quel jour ! mon bonheur m'étonne [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Dieux, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
ODE
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
Fermer
1105
p. 261-263
Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers Latins à la loüange de nostre jeune Monarque / Que Deus effinxit, dignum te Gallia Regem [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Voicy des Vers Latins à la
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
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1106
p. 2-5
Exorde. [titre d'après la table]
Début :
In aternum permanebit memoria ejus. Le Regne [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Prix de l'Académie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Exorde. [titre d'après la table]
N aternum permanebit
nemoria ejus . Le Regne
glorieux de Louis le
Grand lera
prefent à la me-
Novembre 1715 .
A ij
4 MERCURE
moire des hommes jufqu'à la
fin des Siecles. Les premiers
efprits des Nations de la terre
ont celebré les merveilles de
Les actions , & chacun à proportion
de fon génie a voulu
chanter les louanges . Ceux
qui y ont mieux réüffi en ont
remporté les Lauriers qu'ont
merirez leurs chants.Les autres
contens de fe montrer fur la
Lice , ont fait ce qu'ils ont pû
pour remplir certe brillante
carriere ; & leur coeur a fuppléé
avec éclat , où leur efprit
n'a pas triomphé . Toutes les
Odes qui ont concouru avec
GALANT: S
celle deM Roy pour lePrix de
l'Académie qu'il a remporté ,
font de cette nature , & il n'en
elt pas une qui ne faffe honneur
à leurs Auteurs. Celle
qu'on va lire eft de ce nombre.
nemoria ejus . Le Regne
glorieux de Louis le
Grand lera
prefent à la me-
Novembre 1715 .
A ij
4 MERCURE
moire des hommes jufqu'à la
fin des Siecles. Les premiers
efprits des Nations de la terre
ont celebré les merveilles de
Les actions , & chacun à proportion
de fon génie a voulu
chanter les louanges . Ceux
qui y ont mieux réüffi en ont
remporté les Lauriers qu'ont
merirez leurs chants.Les autres
contens de fe montrer fur la
Lice , ont fait ce qu'ils ont pû
pour remplir certe brillante
carriere ; & leur coeur a fuppléé
avec éclat , où leur efprit
n'a pas triomphé . Toutes les
Odes qui ont concouru avec
GALANT: S
celle deM Roy pour lePrix de
l'Académie qu'il a remporté ,
font de cette nature , & il n'en
elt pas une qui ne faffe honneur
à leurs Auteurs. Celle
qu'on va lire eft de ce nombre.
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1107
p. 5-13
ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Quel attrait pour toucher ma Lyre [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Terre, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
O DE
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
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1108
p. 14-24
LE COEUR DE LOUIS LE GRAND. ODE.
Début :
Toy, devant qui fond & s'abîme [...]
Mots clefs :
Coeur, Grandeur, Dieu, Louis le Grand, Main
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE COEUR DE LOUIS LE GRAND. ODE.
LE COE UR
DE LOUIS LE GRAN D.
• A ATOD E.
Toy , devant quifond & s'abîme
Tout l'orgueil desfoibles humains,
Qui tiens fur fon thrône fublime
Leur fort fufpendu dans tes
mains ,
GALANT .
15
Devant qui comme de fantômes
Paßent les Rois & les Royaumes
En un inftant évanoüis ,
DIEU ,feulgrand
maistre,
fouverain
Tufais donc helas difparoiftre
La Grandeur même de Loüis.
Ta gloire eft l'écuësl adorable
Oùfebrife toute grandeur ,
Dont on voit l'éclat pen durable
Se perdre dans ta profondeur.
ne viens point par des blafphê-· Je
mes
Cenfurer tes ordres fuprêmes
Dont tu nous voiles les fecrets :
Mais auplus grand de nos Monarques
16 MERCURE
Laffe - nous donner quelques
marques
De nos plusfenfibles regrets .
Daigne d'un jouffl falutaire
Animer mes triftes accens ,
C'eft au poids de ton fanctuaire
Que j'ofe pezer mon encens .
Si ton oeil , à qui rien n'impofe ,
Trouve le prix de chaque chofe
D'un regard für peneirant
Souffre qu'à la faveur je funde
Un coeurplus vafte que le monde, •
Dont tu le rendis conquerant
.
Il est temps qu'aux yeux de
l'Europe
Qui
GALANT. 17
Qui vit tant de pompeux dehors ,
Ce coeur s'ouvre e fe dévelope
Pour montrer fes rares trefors.
Paroiffez Vertus ,feules Reines
D'un coeur qui vous fit fouveraines
Des peuples foumis à fes loix.
C'est à vous qu'exilant les vices,
Louis confacra les premices
Et la fuite defes exploits.
* La Difcorde pâle & tremblante
Sentit alorsfes
premiers coups ,
Etjetta d'une main fanglante
Le fer qu'aiguifoit
fon courroux.
* Les Gueres civiles ..
Novembre
1715 •
B
18
MERGURE
Malgréfesfecretes pratiques ,
Quand nos ennemis domestiques
Farent comme elle ensevelis ,
* Perirent d'un commun naй-
frage
Ces voifinsjaloux qu'un ombrage
Avoit arm.Z contre les Lys .
Alors au bruit defon tonnerre
Louis renverfant les Estats
Fit taire devant luy la terre ,
Contrainte à flechir (ous fes pas..
Ilparut , & ternit la gloire
Des anciens guerriers , dont l'hiftoire
Fait refpecter le fouvenir ›
* Les Guerres étrangeres,
GALANT . 19
•
Etfon heroifme fidele
En fit un éternel modele
De tous les Heros à venir.
Alors le barbare miniſtre
De l'infatiable Fureur ,
Le Duel au regard finiſtre »
Ceßa d'anoblir la valeur.
Enfin l'ignorance éperduë,
Et la moleffe confonduë
Chercherent de nouveaux remparts
,
Laiffant triompherdans nos villes,
Comme dans leurs propres azyles,
Les Vertus , les Loix
Arts.
&
les
Bij
20 MERGURE
Coeur august , in fus la fource
De tant de miracles divers ,
Qui du Midy jufques à l'Ourfe
Eronnerent tout l'univers .
Le Devoir te fervit de phare,
Et lafermeté la plus rare
Fut l'ame de tes actions .
Chez toy la justice épurée ,
Et par la douceurtemperée ,
Tint la place des paffions.
Si pourtant un nuage Sombre
Ternit l'éclat de ce grand coeur ,
N'en faifons point rougir ton
ombre
,
Louis , tu pleuras ton erreur.
Tu lefçais , ô Pietéfainte ,
GALAN . 21
Qui dans ce coeurverfant la crainte
Du fouverain Signeur des Rois,
Etgravant en lettres de flame
L'humble respect dans fa grande
ame ,
Ofas reclamer tous tes droits.
* Rappellons - nous ce temps
funefte
Où feule tu fus fon fupport
Quand de la vengeance celefte
La France redouta l'effort ;
Quand le Seigneur , jadis propice,
Creufa fous nous le precipice ,
Quefa main depuis a comblé.
Il fentitpour lors , Dieu f vere ,
L'énorme poids de ta colere ,
* Les malheurs de ia France,
"
22 MERGURE
Mais il n'en fut point accablé.
* Non que tout l'Empire en
allarmes ,
Et l'espoir du throne abatu
N'arrachat à Louis des larmes
Qu'il déroboit à fa vertu.
Mais toujours fous ta main puiffanie
,
Soit terrible , foit bienfaisante ,
Il apprit à s'humilier ,
Et fa conftance inébranlable
Contre un courroux inévitable
Lecouvrit de fon bouclier.
C'est à l'abri de cette égide
Qu'il envisagea le trépas
* La mort des Princes,
GALANT . 23
De cet oeil tranquile , intrepide .
Dont il le vit dans les combats..
L'avenir pourra t il le croire ?
Plus Heros
que
dans la victoire
Il expire avec majesté ,
Et fa gloire qui s'éternife ,
Dans le fein de la mortſurpriſe
Enfante l'immortalité.
Grand Dieu , qu'une faveur
nouvelle
Suiveles biens que tu nous fis
Répans cette gloire immortelle
·Sur fon augufte Petit Fils.
Donne luy les jours de ces Princes
Que tu ravis anos Provinces ,
Et qui revivent en layfeul.
24 MERGURE
Aidédu Prince qui le guide.
Qu'il puife la grandeur folide
Dans le coeur de fon Bifayeul !
Puiffe à jamais ce facrégage,
Ce coeur le plus cher de ces dons
Voir renouveller d'âge en âge
Le tribut que nous lui rendons.
Peuples du Tybre & de l'Euphrate,
Quelque vanité qui vou ‹flate,
De nostre fort foy z jaloux.
Trop furs de poffeder les cendres
Des Cefars des Alexandres
Vous fútes moins beureux que
nous.
P. BRUMOY, D. L. C. D. J.
DE LOUIS LE GRAN D.
• A ATOD E.
Toy , devant quifond & s'abîme
Tout l'orgueil desfoibles humains,
Qui tiens fur fon thrône fublime
Leur fort fufpendu dans tes
mains ,
GALANT .
15
Devant qui comme de fantômes
Paßent les Rois & les Royaumes
En un inftant évanoüis ,
DIEU ,feulgrand
maistre,
fouverain
Tufais donc helas difparoiftre
La Grandeur même de Loüis.
Ta gloire eft l'écuësl adorable
Oùfebrife toute grandeur ,
Dont on voit l'éclat pen durable
Se perdre dans ta profondeur.
ne viens point par des blafphê-· Je
mes
Cenfurer tes ordres fuprêmes
Dont tu nous voiles les fecrets :
Mais auplus grand de nos Monarques
16 MERCURE
Laffe - nous donner quelques
marques
De nos plusfenfibles regrets .
Daigne d'un jouffl falutaire
Animer mes triftes accens ,
C'eft au poids de ton fanctuaire
Que j'ofe pezer mon encens .
Si ton oeil , à qui rien n'impofe ,
Trouve le prix de chaque chofe
D'un regard für peneirant
Souffre qu'à la faveur je funde
Un coeurplus vafte que le monde, •
Dont tu le rendis conquerant
.
Il est temps qu'aux yeux de
l'Europe
Qui
GALANT. 17
Qui vit tant de pompeux dehors ,
Ce coeur s'ouvre e fe dévelope
Pour montrer fes rares trefors.
Paroiffez Vertus ,feules Reines
D'un coeur qui vous fit fouveraines
Des peuples foumis à fes loix.
C'est à vous qu'exilant les vices,
Louis confacra les premices
Et la fuite defes exploits.
* La Difcorde pâle & tremblante
Sentit alorsfes
premiers coups ,
Etjetta d'une main fanglante
Le fer qu'aiguifoit
fon courroux.
* Les Gueres civiles ..
Novembre
1715 •
B
18
MERGURE
Malgréfesfecretes pratiques ,
Quand nos ennemis domestiques
Farent comme elle ensevelis ,
* Perirent d'un commun naй-
frage
Ces voifinsjaloux qu'un ombrage
Avoit arm.Z contre les Lys .
Alors au bruit defon tonnerre
Louis renverfant les Estats
Fit taire devant luy la terre ,
Contrainte à flechir (ous fes pas..
Ilparut , & ternit la gloire
Des anciens guerriers , dont l'hiftoire
Fait refpecter le fouvenir ›
* Les Guerres étrangeres,
GALANT . 19
•
Etfon heroifme fidele
En fit un éternel modele
De tous les Heros à venir.
Alors le barbare miniſtre
De l'infatiable Fureur ,
Le Duel au regard finiſtre »
Ceßa d'anoblir la valeur.
Enfin l'ignorance éperduë,
Et la moleffe confonduë
Chercherent de nouveaux remparts
,
Laiffant triompherdans nos villes,
Comme dans leurs propres azyles,
Les Vertus , les Loix
Arts.
&
les
Bij
20 MERGURE
Coeur august , in fus la fource
De tant de miracles divers ,
Qui du Midy jufques à l'Ourfe
Eronnerent tout l'univers .
Le Devoir te fervit de phare,
Et lafermeté la plus rare
Fut l'ame de tes actions .
Chez toy la justice épurée ,
Et par la douceurtemperée ,
Tint la place des paffions.
Si pourtant un nuage Sombre
Ternit l'éclat de ce grand coeur ,
N'en faifons point rougir ton
ombre
,
Louis , tu pleuras ton erreur.
Tu lefçais , ô Pietéfainte ,
GALAN . 21
Qui dans ce coeurverfant la crainte
Du fouverain Signeur des Rois,
Etgravant en lettres de flame
L'humble respect dans fa grande
ame ,
Ofas reclamer tous tes droits.
* Rappellons - nous ce temps
funefte
Où feule tu fus fon fupport
Quand de la vengeance celefte
La France redouta l'effort ;
Quand le Seigneur , jadis propice,
Creufa fous nous le precipice ,
Quefa main depuis a comblé.
Il fentitpour lors , Dieu f vere ,
L'énorme poids de ta colere ,
* Les malheurs de ia France,
"
22 MERGURE
Mais il n'en fut point accablé.
* Non que tout l'Empire en
allarmes ,
Et l'espoir du throne abatu
N'arrachat à Louis des larmes
Qu'il déroboit à fa vertu.
Mais toujours fous ta main puiffanie
,
Soit terrible , foit bienfaisante ,
Il apprit à s'humilier ,
Et fa conftance inébranlable
Contre un courroux inévitable
Lecouvrit de fon bouclier.
C'est à l'abri de cette égide
Qu'il envisagea le trépas
* La mort des Princes,
GALANT . 23
De cet oeil tranquile , intrepide .
Dont il le vit dans les combats..
L'avenir pourra t il le croire ?
Plus Heros
que
dans la victoire
Il expire avec majesté ,
Et fa gloire qui s'éternife ,
Dans le fein de la mortſurpriſe
Enfante l'immortalité.
Grand Dieu , qu'une faveur
nouvelle
Suiveles biens que tu nous fis
Répans cette gloire immortelle
·Sur fon augufte Petit Fils.
Donne luy les jours de ces Princes
Que tu ravis anos Provinces ,
Et qui revivent en layfeul.
24 MERGURE
Aidédu Prince qui le guide.
Qu'il puife la grandeur folide
Dans le coeur de fon Bifayeul !
Puiffe à jamais ce facrégage,
Ce coeur le plus cher de ces dons
Voir renouveller d'âge en âge
Le tribut que nous lui rendons.
Peuples du Tybre & de l'Euphrate,
Quelque vanité qui vou ‹flate,
De nostre fort foy z jaloux.
Trop furs de poffeder les cendres
Des Cefars des Alexandres
Vous fútes moins beureux que
nous.
P. BRUMOY, D. L. C. D. J.
Fermer
1109
p. 25-64
Extrait de l'Oraison funébre du Roy, que le R. Pere Porée a pronconé le 12. de camons dans le College des Jesuites. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. de ce mois les Jesuites du College de Loüis le [...]
Mots clefs :
Roi, Orateur, Oraison funèbre, Collège des Jésuites, Soleil, Prince, Religion, Paix, Guerre, Corps, Succès, Vertus, Mort, Gloire, Ennemis, Père, Public, Deuil, Éloge, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de l'Oraison funébre du Roy, que le R. Pere Porée a pronconé le 12. de camons dans le College des Jesuites. [titre d'après la table]
Le 12. de ce mois les Jefuites
du College de Lours le
Grandrendirent les devoirs funebres
au feu Roy , avecitout
l'appareil & toute la magnificence
,qu'on avoit droit d'atrendre
de leur reconnoiffance
envers la facrée Perfonne de
leur Fondateur.
La Ceremonie commença le
matin par un Service folemnel.
Outre plufieurs perfonnes de
confideration qui compofoient
l'Affemblée , on avoit
fait choix de cent Penfionnai
res d'une qualité diſtinguée ,
qui tous en grand deüil rem-
Novembre 1715. C
26 MERCURE
pliffoient la Nefde la Chapelle,
ayant à leur tefte le Chevalier
-d'Orleans , qui menoir le deuil .
Le reste au nombre de trois
cens farent obligez de demeui.
terb dans les Tribunes , parce
que le Cataphalque occupoit
une grande partie du terrain.
Le foir le P. Porrée , l'un
des Profeffeurs de la Rherorique
, prononça l'Eloge funebre
du feu Roy avec l'applau
diffement general de la plus
nombreuſe & de la plus au
gufteraſſemblée qui ſe ſoir vûë
depuis long- temps dans leur
College : Les Cardinaux de
GALANT . 27
Polignac & de Biffy , trente
Prélats tant Archevêques
qu'Evêques , plufieurs Abbez
de diftinction , des Confillers
d'Etat , Meffieurs les Avo
cats generaux , plufieurs Préfidens
& Confeillers du Parle
ment , & des autres Cours Superieures
honorerent de leur
prefence la Cérémonie.qnɔar
Pri Lorfque tous ces Meffieurs
curent pris chacun leurs places ,
le Pere Porrée prononça en La
tin l'Oraifon funebre du Roy.
Le nom de Orateur fait
F'Eloge de fa piece , & la réputation
pouvoit feule répondre
diq chim Gijimas
28
MERCURE
du fuccés. On n'a pas oublié
celle qu'il fit il y a quelques
années à la mort de Monfeigneur
le Dauphin. On y admira
dés lors , ces rares talens
pour l'Eloquence qui le font
regarder comme un des premiers
Orateurs de noftre fiecle.
C'est peu de dire qu'on
reconnoift le même Auteur
dans la picce dont nous parlons
icy. Il a fallu qu'il fe furpaffar
luy- même, pour remplir toute
l'idée que des vertus heroïques
& lesplus beau de tous les
Regnes avoient fait concevoir
du Prince qu'il avoir à reprefenter.
Rien de plus heureux
GALANT. 29
& de plus noble que le deffein
que fourniffoit naturellement
le furnom de Grand que toutes
les Nations n'ont pû refuſer
aux éminentes qualitez de
Louis XIV. L'Orateur s'y atta
chant , a montré dans les trois
parties de fon difcours que ce
Prince a merité un furnom fi
glorieux , parce qu'il a efté
Grand dans la guerre , plus
grand dans la Paix , & tres
grand par tout ce qu'il a fait
en faveur de la Religion.
Dans la premiere partie
l'Orateur commence par re-
* Divifion .
C iij
30 MERCURE
connoiftre trois fources de
grandeur pour les Princes obligez
de faire la guerre , foit
qu'on la faffe avec fuccés fous
leurs aufpices , foit qu'on la
faffe fous leurs aufpices & par
leur confeil , foit enfin qu'ils
contribuent perfonnellement
au fuccés de la guerre qui fe
fait par leur confeil & fous
leur conduite . Enfuite , paffant
fous filence routes les entreprifes
glorieufes à la France
fous les aufpices de fon Roy
encore jeune , l'Orateur vient
tout d'un coup à celles que de
Prince a fait reüffir par fes con--
"
GALANT 31
feils ou par la valeur . Là il dépeine
tout ce qui peut rendre
un Roy grand dans l'art militaire
, à fçavoir de grandes
guerres 3 de grandes vertus
de grandes actions , de grands
évenemens
, & il conclut que
toutes ces chofes qu'on voit
féparement dans les autres .
regnes fe trouvant réunies
enſemble dans celuy du feu
Roy, ont juftifié le furnom de
grand qu'il a porté.5
An conçoit aifément quel
vafte champ s'ouvre icy à l'Orateur
; un feul mot qu'il ditfournit
plufieurs pensées à
C iiij
32 MERCURE
l'Auditeur . Quelques momens
d'attention qu'on luy donne
ne laiffent rien ignorer des
exploits belliqueux d'un regner
auffi fertile en évenemens qu'il
eft fingulier dans fa longue
durée; l'énergie de l'expreflion
fupplée à la précifion du ftile
pour ne rien omettre de confi,
derable , prefqu'au même inf¬1
tant on fe trouve tranſportés
à la fuite de fon heros en Flan
dre,en Espagne, en Savoye , en
Italie , en Allemagne , en Aftique
, en Amerique fur Mery
& fur Terre pour y admirer
des prodiges de fageffe dans
GALANT. 33.
C
les confeils & de valeur dans
l'execution ; & l'on eft furpris
d'appercevoir fous le même
point de vûë ,batailles gagnées ,
fieges de Villes prifes , armees
nombreuſes mifes en déroute,
Provinces conquifes , guerres
domestiques , étrangères , heu
reuſement terminées cent
peuples jaloux humilicz , au
rant de Nations ennemies cont
traintes dimplorer la clemence
our der folliciter l'alliance d'un
Roy prefque toûjours victo
rieux , & mille autres faits merveilleux
que l'antiquité fabu
leafe n'ofarmême inventer
34 MERCURE
en faveur de fes Heros , tanti
elle les crût éloignez du vrayfemblable
, mais que la verité
de l'histoire fçaura dépeindre
dans la vie de Louis le Grand,
fans craindre le foupçon der
farterie oued infideléssivos
Tant de faits memorables
réunis enſemble nelaiffent plus :
aucun doute que Louis XIV.
n'ait eftergrand dans la guerre ; ”
mais où trouver quelque cho
fe de plus heroïque, pour mon
trer qu'il a efté encore plus .
grand dans la Paix tout autre ?
Orateur auroit peut etre té
choüé à cette ſeconde propol
GALANT 35
fition;le Pere Porréé l'a prouvé
invinciblement dans fa fecon.
de partie , en faifant voir qu'il
cft plus glorieux à un Prince
de réparer ou d'augmenter les
forces de fon Empire que d'en
étendre bien loin les limites !
de reformer par de fages loix
les abus qui fe font gliffez par
mi les peuples , que d'impofer
la loy aux étrangers ; de faire
fleurir les beaux Arts dans le
fein du Royaume , que de
porter audehors la terreur de
fon nom & d'étonner l'Univers
par le nombre & la rapidité
de fes conqueftes ; ce que Louis
*
36 MERCURE
le Grand a cu le bonheur de
faire pendant la Paix , que le
bien de l'Etat & l'amour de
fes fujets luy ont fait quelquefois
rechercher aux dépens
même de fa propre gloire , &
plus fouvent accorder à fes
ennemis auffi charmez de, fa
moderation au milieu de fes
triomphes , qu'ils avoient été
effrayez de la puiffance durant
tout le cours de les victoires.F
L'Orateur parcoure enfuire
les fruits précieux de la Paix
que la fageffe & laa vigilance
de Lous le Grand ont fait
goûter à fes fujets , la facilité
GALANT. 37
du commerce & Fabondance
établies dans le Royaume par
tous les moyens imaginables ,
la fureur des Duels reprimée ,
moins par de fanglantes exécutions
, que par la feule crainte
de déplaire au Prince qui s'engage
par ferment à punir les
coupables , les frequentes divifions
de la nobleffe & dù¹peuple
affoupies , en adouciffint
d'un cofte la fiere domination ,
& en humiliant de l'autre l'infolente
revolte ; la faveur ou
Pavarice qui s'étoient gliffez
dans quelques Tribunaux ,
bannies les foins du Prince
par
38 MERGURE
& par les confeils de cet auguſte
Senat , où l'on trouve
la Juftice toûjours voilée ,
& tou ours prête à employer
fon autorité à la défenfe de
la vertu , pu fes vives lumieres
à prononcer d'équitables
Arrefts qui peuvent fervir
de regles à tous les Juges de
la terre ; les fçavans & les letcheris
, favorifez des regards
bien - faifants de la Majefté
Royale ; les beaux arts
mis en honneur & portez dans
la France à leur derniere perfection
, par les frequentes.
largeffes que le Prince répand
tres
GALANT (39
avec profufion: fur tous ceux
quiy excellent ; ce font autant
de monumensi.confacrezo à
l'immortalité
pour éternifer
-le fouvenir d'un Roy encore
plus grand dans la Paix que
dans la guerregautanelde rémoignages
incontestables qui
fervent de preuve à cette fe
sconde Partie.god a: lavor-ob
¿ Que ne puis - je au moins
emprunter de l'Orateur des
grands traits & les nobles expreffions
qu'il a fçû y mettre
en oeuvre pour faire un parfait
caractere du Prince que les
droits de fon fang , les befoins
40 MERCURE
preffans del Etat, la fuperiorité
du merito perfonnel , tous les
voeux des grands & du peuple
appelloient également au Gou
vernement de la France ; ce fé-
Toit en faifant de ce Prince le
plus betsEloge qu'on puiffe
imaginer, le dépeindre tel qu'il
eft dans l'efprit & dans le coeur
de tous les bons François , &
& en même temps procurer à
l'Orateur toutes les louanges
qu'il merite
Refte til encore quelque
chofe de plus confiderable
pour faire voir que Louis
XIV. grand dans la guerre ,
i djang
plus
GALANT
plus grand dans la paix , a efté
tres grand par ce qu'il a fait en
faveur de la Religion ? oüy ,
lOrateur le montre dans fa
troifiéme partie en difant d'a- .
bord que la Paix & la Guerre
partageants fucceffivement
la vie des Princes , leur laiffent
moins le loifir de faire de gran- 1
des chofes dans l'un ou dans
l'autre au licu que la Reli
gion qui releve les actions dess
Princes , & qui doit les accom
pagner par tout jusqu'au tom - 1
beau , les met en état d'entreprendre
& d'executer pour
elle de tres grandes chofts
Novembre 1715ach Dawab
44 MERCURE
durant tout le cours de leur:
vie ; il fait aprés cela l'applica
tion de ce principe à ſon ſujet,
en avançant que Louis XIV.
a executé de tres grandes chofes
pendant tout le temps de
fa vie en faveur de la Religion ,
foit en la vangeant par fes
Edits des infultes qu'elle a re
ceu de fes ennemis ; foit en
contribuant , de fes bienfaits
à l'amplifier & à l'établir dans
toutes les parties du monde¹¹
foit en l'honorant & la faifant !
refpecter de les fujets par l'édification
de fes exemples.
L'impieté & l'herefie font
deux ennemis puiffants qui le
GALANT . 43
*
font élévez de tout temps contre
la Religion ; l'Orateur nous
fait remarquer quela pieré d'un
Roy tres - cheftien , qui portoit
avec juftice le titre glorieux
de fils aîné de l'Eglife , confa
cra le premier de fes Edits à la
deftruction des blafphêmes .
que des langues impies ofoient
proferer contre la Divinité.
L'Orateur nous fait voir enfuite
les foins du Roy à extirper
le Calvinifme , le Fantenime
& le Quictifme, que le zele de
ce Prince , le plus religieux qui
fot jamais , combattit en dif
ferents temps.
molinique
Dij
44 MERCURE
Je palle fous filence tant
de Temples fuperbes érigez
au Seigneur fur les ruines
de l'herefie détruite tant
d'afyles de la charité ou fon,
dez avec une magnificence
Royale , ou plus amplement
pourvûs pour fournir aux be
foins differens des miferes pur
bliques & particulières ; rant
de Miffions Etrangeres foûrenuës
de fa protection & de fes,
bienfaits chez les Nations infideles
, qui n'ont fouvent per
mis la Prédication de l'Evan
gile , ou reçû favorablement
Its Miniftres de la fainte Pa
GALANT 45
role , qu'à la recommandation
de ce grand Monarque dont
elles avoient conçu une fi haute
idée.
11010
?
Elt il aucune partie du mon
de , ajoûte Orateur , où
par ordre du Prince religieux
dont nous pleurons la pette
les intencfs de la`Religión
n'ayent pas roûjours cfté preferezà
ceux du Prince même2
Mais je ne puis omettre en,
finiflanc se que Orateur rap
porte des grands exemples de
vertus Chrêtiennes qui ont
fajt honneur à la Religion &
qui rendent ſi précieuſe devant i
2
46 - MERCURE
Dieu & devant les hommes la *
memoire du Prince qui les a
donnez pendant ſa vie & juſ
qu'à fa mort . Exemples de reconnoiffance
& de réfpect,
pour Dieu dans le temps de
la profperité ; exemples de fermeté
& de pemtence dans
l'adverfice , qui met ſouvent
les plus grands Heros au nîveau
des autres hommes"
cxemples de fidélité & de fóûmillion
aux ordres de la Pho
vidence dans l'éclypfe de la
victoire ou dans la perte de fes
chfans; exemplesde tranquillis ?
té d'efprit & de détachement?
GALANT: 47
du monde aux approches du
dernier moment qui nous ravic
un Prince digne de l'immortalité
fur la terre , fi fes vertus
morales & chrétiennes ne luy!
en avoient merité une plus
glorieufe dans le Ciel .
L'Orateur, fait voir en cet
endroit que chez luy le coeur
parle encore plus éloquemment
que l'efprit . Rien de plus
beau que les fentimens chre
tiens qu'il a cû foin de recueillir
de la bouche du Roy mourant
, qui s'attendriffant fur les
larmes qu'il voit couler autour
de lay , confole luy même les
48 MERCURE
Princes de fon fang de la mort
prochaine d'un fi bon pere ,,
& les Grands de fa Cour les fidelles
fujets , de la perte irreparable
d'un fi grand Roy
rien de plus touchant que les,
vox ardens que l'Orateur
adreffe au Cichen faveur du
jeune Roy , feul refte , mais,
refte précieux d'une Famille
augufte , fi nombreuſe il y a
quelques années , & maintenant
prefque toute, enleve teenfevelie
dans la pouffiere du tombeau ;
enfin rien de plus achevé que
l'éloge que l'Orateur fait encore
icy de Monfeigneur le
Regent ,
GALANT. 49
Regent , en qui il dit que le
jeune Roy retrouvera les
grands exemples de fon Pere ,
la tendreffe de fon Aycul , &
les fages inftructions qu'un
grand genie & une longue
experience pouvoient luy faire
attendre de fon Bifayeul .
Il n'eft pas étonnant aprés
cela que l'Orateur ait réüni en
fa faveur tous les fuffrages d'une
illuftre & nombreufe affemblée
composée de Cardinaux ,
de Prelats , & de plufieurs perfonnes
diftinguées dans la robe
& dans l'épée . Il me pardonnera
fi je n'ay pas donné icy
Novembre 1715.. E
50 MERCURE
•
une idée affez avantageufe de
fa piece. J'avoue de bonne
foy que je n'ay pû exprimer
toutes les beautez que j'y ay
remarqué ; mais peut eltre
auray je au moins excité la
curiofité du public qui s'empreffera
de la lire fi toft qu'elle
paroiftra , & cela feul me fait
efperer que l'Orateur & le
public me fçauront bon gré
demes bonnes intentions.
On diftribua un grand
nombre de pieces de Vers
Latins & François à la loüange
du feu Roy , meflez des plus
juftes regrets, qui ne peuvent
GALANT si
eftre adoucis que par les efperances
que donne le jeune Monarque
fous la conduite du
Prince , qui , pour le bonheur
de la France , eft chargé de ſon
éducation & du gouvernement
du Royaume pendant
la minorité.
Le lieu où fur prononcé le
difcours étoit auffi fuperbement
décoré que le peu d'efpace
qu'il renferme , & la trifteffe
du fujet le pouvoient permettre.
L'obscurité generale caufée
par la tenture de deuil étoit
relevée par trois lez de velours
femez de fleurs de lys d'or &
E ij
52 MERCURE
de larmes d'argent , au deffus
defquels regnoit un contour
de feftons formez par des toilles
herminées , qui faifoient un
bel effet.
Sur une corniche élevée de
huit pieds de terre étoient pofées
huit grandes pyramides
decorées de riches Ecuffons de
France & de Navarre , dont
l'extrêmité portoit jufqu'au
plafond. Les entre deux de ces
pyramides étoient occupez de
magnifiques cartouches où la
vie de Louis le Grand étoit reprefentée
fous des fymboles
heroïques qui compofoient
GALANT. 53
autant de Deviles ; qui toutes
avoient pour corps le Soleil
que le feu Roy avoit adopté
pour fon fymbole.
La premiere Devife reprefentoit
fa Naiffance , d'autant
plus admirable, qu'elle fut plus
longtemps attendue & plus ardemment
defirée . Le corps
de la Devife
étoit
un Soleil
qui
commence
à paroître
fur l'ho- rizon
, avec
ces paroles
Italien- nes
: MARABIL
' . SUBITOQUE
NASCE
; Dés
fa naiſſance
il a de
quoy
charmer
.
La feconde marquoit les
commencements
heureux de
E iij
$ 4 MERCURE
la
fon Regne , fignalez par
force & la fagefle avec laquelle
il diffipa les troubles & les diffenfions
domeftiques , & furmonta
les efforts des Ennemis
Etrangers. Cette Deviſe avoit
pour corps le Soleil , qui paroît
entier fur l'horizon , & qui
écarte les nuages formez par
les vapeurs de la nuit ; ces deux
mots Latins: OBSTANTIA VIN
CIT , luy fervoient d'Ame ,qui
fignifient : Rien ne s'oppose à luy
dont il ne vienne à bout.
La troifiéme exprimoit les
premieres Conqueftes du Roy
Grapides & fi impreveuës qu'-
GALANT. SS
elles jetterent dans toute l'Europe
la crainte & l'épouvante.
Le Soleil au milieu des nuages ,
dont il forme les éclairs & la
foudre,failoit le corps de cette
Devife , qui avoit pour Ame
C ces paroles : INCERTUM CUI
TELA PARET , Qui fçait où porteront
fes traits ?
y
es
La quatriéme defignoit lat
triple Alliance contre la France
, & qui tourna à la gloire du
Roy par le fuccés avec lequel
il fçût confondre certe Ligue
formidable . On avoit peint des
Vents , qui par leuts fouffles
impetueux s'efforcent d'obf
E iiij
56
MERCURE
curcir le Soleil , avec cette Infcription
: NEQUIT VIS CONJURATA
NOCERE ; Tous leurs
efforts unis n'ont pû nuire à fa
gloire.
La cinquième fignifioit l'élevation
de la Maifon de Bourbon
à la Monarchie d'Espagne
dans la perfonne de Philippes
de France Duc d'Anjou , qui
fut accordé par Louis le Grand
aux voeux empreffèz de toute
la Nation. C'est l'Aftre de las
nuit dans fon plein , qui reçoit
du Soleil la lumiere , dont il
brille , avec ces paroles pour
Ame : QUOD REGNAT , REGALANT.
57
GNAT AB ILLO , S'il regne c'est
à luy qu'il en eft redevable
La fixiéme marquoit ce qu'il
y a de plus grand & de plus
fingulier dans la vie du feu
Roy,qui n'a fait fervir toute
fa puiffance & toute la gloire
que pour faire briller la Religion
avec plus d'éclat Le corps
de cette Devife eft une riche &
haute Montagne, fymbole naturel
de la Religion , comme
le marquent les Saintes Lettres ,
& qui paroit d'autant plus
éclairée , que leSoleil approche
de plus prés de fon Midy L'Ame
de cette Devife étoient ces:
58 MERCURE
paroles Italiennes : Piùs'INALZA
, PIÙ M'ILLUSTRA ; Plus il
s'élever plus je brille.
ᏃᎪ
La feptiéme faifoit voir que
le Roy avoit efté un modele
parfait de pieté qu'on pouvoir
fuivre fans crainte d'être trompé.
C'eftoit le Soleil , & plufieurs
fortes de Cadrans &
d'Horloges , dont tous les
mouvements pour être justes
doivent être reglez par ceux
du Soleil . Ces paroles que Vir,!
gile a dites du Soleil même fervoient
d'Ame à cette Devife :
QUIS DICERE FALSUM AUDEAT
? Oferoit- on le condamner
de faux ?
GALANT . 19
La huitième étoit faite fur
la derniere maladie du Roy ,
que toute la France a fi vivement
reffentic . Elle reprefentoit
le Soleil échpfé & des fleurs
penchées & fermées ; ces paroles
fervoient d'ame à ces
Q corps UNIUS LANGOR IN
OMNES , La foibleffe d'un feul
fe fait fentir à tous.
La neuviéme exprimoit la
mort du Roy, dont la Religion
& la Pieté donnent de
juftes affeurances , qu'il n'eft
forti de ce monde que pour
aller briller dans un autre.
C'eft le Soleil dans fon couGO
MERCURE
chant accompagné de ces
paroles : NON UNi debitus
ORBI ; Il fe devoit à plus d'un
monde.
La derniere fignifioit , que
la Memoire du Roy vivra dans
tous les Siecles : c'est ce que
vouloir dire le Soleil couché ,
des ardeurs duquel l'horifon
paroift encore embrazé avec
ces paroles pour ame : NON
TOTUS PERIIT ; Il n'eft pas
peri tout entier.
Monfieur le Duc d'Orleans
a trop de rapport avec la perfonne
du feu Roy , par les
lumieres & la fagelle qu'il fait
GALANT.
GI
paroistre dans le Gouvernement
du Royaume , & avec
celle du jeune Prince qu'il
inftruit par ſes exemples à
regner un jour avec fuccés ,
pour n'avoir pas de place dans
les Devifes qui reprefentent la
vie de Louis le Grand. Le
Symbole dont on a fait choix
pour exprimer ce double rapport
a paru fi heureux , qu'on
a déja une partie du public
pour garant qu'il ne déplaira
pas . C'eft le Phofphore qui
brille entre le Soleil , qui s'éleve
d'un cofté de l'Hemifphere
, & qui fe couche de l'autre.
62 MERGURE
Les paroles qui fervent d'ame
à cette Devife fe font mieux
entendre en latin , qu'elles ne
peuvent eftre rendues en
noftre langue. Les voicy :
SURGENTEM INTER MEDIUS
QUE CADENTEM . Elles veulent
dire ; Il tient fa place entre celui
qui s'éleve & celui qui difparoît.
Dans le fond de la falle étoit
un trophée composé de tous
les inftrumens des Sciences &
des Arts , dans la bafe duquel
on hifoit certe Infcription
:
LUDOVICO MAGNO
ARTIUM NOSTRARUM
PATRONO .
GALANT. 63
Les Jefuites ont voulu exprimer
par là qu'ils regardoient
leur College comme
un bien fait qu'ils tenoient de
la main Royale de Louis le
Grand , & par le nom glorieux
dont il a honoré cette Maifon,
& par les bien faits qu'ils en
ont reçûs.
Tout l'appareil de cette décoration
étoit éclairé d'un trésgrand
nombre de lumieres ,
qui augmentoient la Pompe &
la magnificence.
On donnera bien- toft au
public la Harangue larine ,
pour dédommager ceux qui
64 MERCURE
n'ont pas eu le plaifir de Pentendre
prononcer
.
du College de Lours le
Grandrendirent les devoirs funebres
au feu Roy , avecitout
l'appareil & toute la magnificence
,qu'on avoit droit d'atrendre
de leur reconnoiffance
envers la facrée Perfonne de
leur Fondateur.
La Ceremonie commença le
matin par un Service folemnel.
Outre plufieurs perfonnes de
confideration qui compofoient
l'Affemblée , on avoit
fait choix de cent Penfionnai
res d'une qualité diſtinguée ,
qui tous en grand deüil rem-
Novembre 1715. C
26 MERCURE
pliffoient la Nefde la Chapelle,
ayant à leur tefte le Chevalier
-d'Orleans , qui menoir le deuil .
Le reste au nombre de trois
cens farent obligez de demeui.
terb dans les Tribunes , parce
que le Cataphalque occupoit
une grande partie du terrain.
Le foir le P. Porrée , l'un
des Profeffeurs de la Rherorique
, prononça l'Eloge funebre
du feu Roy avec l'applau
diffement general de la plus
nombreuſe & de la plus au
gufteraſſemblée qui ſe ſoir vûë
depuis long- temps dans leur
College : Les Cardinaux de
GALANT . 27
Polignac & de Biffy , trente
Prélats tant Archevêques
qu'Evêques , plufieurs Abbez
de diftinction , des Confillers
d'Etat , Meffieurs les Avo
cats generaux , plufieurs Préfidens
& Confeillers du Parle
ment , & des autres Cours Superieures
honorerent de leur
prefence la Cérémonie.qnɔar
Pri Lorfque tous ces Meffieurs
curent pris chacun leurs places ,
le Pere Porrée prononça en La
tin l'Oraifon funebre du Roy.
Le nom de Orateur fait
F'Eloge de fa piece , & la réputation
pouvoit feule répondre
diq chim Gijimas
28
MERCURE
du fuccés. On n'a pas oublié
celle qu'il fit il y a quelques
années à la mort de Monfeigneur
le Dauphin. On y admira
dés lors , ces rares talens
pour l'Eloquence qui le font
regarder comme un des premiers
Orateurs de noftre fiecle.
C'est peu de dire qu'on
reconnoift le même Auteur
dans la picce dont nous parlons
icy. Il a fallu qu'il fe furpaffar
luy- même, pour remplir toute
l'idée que des vertus heroïques
& lesplus beau de tous les
Regnes avoient fait concevoir
du Prince qu'il avoir à reprefenter.
Rien de plus heureux
GALANT. 29
& de plus noble que le deffein
que fourniffoit naturellement
le furnom de Grand que toutes
les Nations n'ont pû refuſer
aux éminentes qualitez de
Louis XIV. L'Orateur s'y atta
chant , a montré dans les trois
parties de fon difcours que ce
Prince a merité un furnom fi
glorieux , parce qu'il a efté
Grand dans la guerre , plus
grand dans la Paix , & tres
grand par tout ce qu'il a fait
en faveur de la Religion.
Dans la premiere partie
l'Orateur commence par re-
* Divifion .
C iij
30 MERCURE
connoiftre trois fources de
grandeur pour les Princes obligez
de faire la guerre , foit
qu'on la faffe avec fuccés fous
leurs aufpices , foit qu'on la
faffe fous leurs aufpices & par
leur confeil , foit enfin qu'ils
contribuent perfonnellement
au fuccés de la guerre qui fe
fait par leur confeil & fous
leur conduite . Enfuite , paffant
fous filence routes les entreprifes
glorieufes à la France
fous les aufpices de fon Roy
encore jeune , l'Orateur vient
tout d'un coup à celles que de
Prince a fait reüffir par fes con--
"
GALANT 31
feils ou par la valeur . Là il dépeine
tout ce qui peut rendre
un Roy grand dans l'art militaire
, à fçavoir de grandes
guerres 3 de grandes vertus
de grandes actions , de grands
évenemens
, & il conclut que
toutes ces chofes qu'on voit
féparement dans les autres .
regnes fe trouvant réunies
enſemble dans celuy du feu
Roy, ont juftifié le furnom de
grand qu'il a porté.5
An conçoit aifément quel
vafte champ s'ouvre icy à l'Orateur
; un feul mot qu'il ditfournit
plufieurs pensées à
C iiij
32 MERCURE
l'Auditeur . Quelques momens
d'attention qu'on luy donne
ne laiffent rien ignorer des
exploits belliqueux d'un regner
auffi fertile en évenemens qu'il
eft fingulier dans fa longue
durée; l'énergie de l'expreflion
fupplée à la précifion du ftile
pour ne rien omettre de confi,
derable , prefqu'au même inf¬1
tant on fe trouve tranſportés
à la fuite de fon heros en Flan
dre,en Espagne, en Savoye , en
Italie , en Allemagne , en Aftique
, en Amerique fur Mery
& fur Terre pour y admirer
des prodiges de fageffe dans
GALANT. 33.
C
les confeils & de valeur dans
l'execution ; & l'on eft furpris
d'appercevoir fous le même
point de vûë ,batailles gagnées ,
fieges de Villes prifes , armees
nombreuſes mifes en déroute,
Provinces conquifes , guerres
domestiques , étrangères , heu
reuſement terminées cent
peuples jaloux humilicz , au
rant de Nations ennemies cont
traintes dimplorer la clemence
our der folliciter l'alliance d'un
Roy prefque toûjours victo
rieux , & mille autres faits merveilleux
que l'antiquité fabu
leafe n'ofarmême inventer
34 MERCURE
en faveur de fes Heros , tanti
elle les crût éloignez du vrayfemblable
, mais que la verité
de l'histoire fçaura dépeindre
dans la vie de Louis le Grand,
fans craindre le foupçon der
farterie oued infideléssivos
Tant de faits memorables
réunis enſemble nelaiffent plus :
aucun doute que Louis XIV.
n'ait eftergrand dans la guerre ; ”
mais où trouver quelque cho
fe de plus heroïque, pour mon
trer qu'il a efté encore plus .
grand dans la Paix tout autre ?
Orateur auroit peut etre té
choüé à cette ſeconde propol
GALANT 35
fition;le Pere Porréé l'a prouvé
invinciblement dans fa fecon.
de partie , en faifant voir qu'il
cft plus glorieux à un Prince
de réparer ou d'augmenter les
forces de fon Empire que d'en
étendre bien loin les limites !
de reformer par de fages loix
les abus qui fe font gliffez par
mi les peuples , que d'impofer
la loy aux étrangers ; de faire
fleurir les beaux Arts dans le
fein du Royaume , que de
porter audehors la terreur de
fon nom & d'étonner l'Univers
par le nombre & la rapidité
de fes conqueftes ; ce que Louis
*
36 MERCURE
le Grand a cu le bonheur de
faire pendant la Paix , que le
bien de l'Etat & l'amour de
fes fujets luy ont fait quelquefois
rechercher aux dépens
même de fa propre gloire , &
plus fouvent accorder à fes
ennemis auffi charmez de, fa
moderation au milieu de fes
triomphes , qu'ils avoient été
effrayez de la puiffance durant
tout le cours de les victoires.F
L'Orateur parcoure enfuire
les fruits précieux de la Paix
que la fageffe & laa vigilance
de Lous le Grand ont fait
goûter à fes fujets , la facilité
GALANT. 37
du commerce & Fabondance
établies dans le Royaume par
tous les moyens imaginables ,
la fureur des Duels reprimée ,
moins par de fanglantes exécutions
, que par la feule crainte
de déplaire au Prince qui s'engage
par ferment à punir les
coupables , les frequentes divifions
de la nobleffe & dù¹peuple
affoupies , en adouciffint
d'un cofte la fiere domination ,
& en humiliant de l'autre l'infolente
revolte ; la faveur ou
Pavarice qui s'étoient gliffez
dans quelques Tribunaux ,
bannies les foins du Prince
par
38 MERGURE
& par les confeils de cet auguſte
Senat , où l'on trouve
la Juftice toûjours voilée ,
& tou ours prête à employer
fon autorité à la défenfe de
la vertu , pu fes vives lumieres
à prononcer d'équitables
Arrefts qui peuvent fervir
de regles à tous les Juges de
la terre ; les fçavans & les letcheris
, favorifez des regards
bien - faifants de la Majefté
Royale ; les beaux arts
mis en honneur & portez dans
la France à leur derniere perfection
, par les frequentes.
largeffes que le Prince répand
tres
GALANT (39
avec profufion: fur tous ceux
quiy excellent ; ce font autant
de monumensi.confacrezo à
l'immortalité
pour éternifer
-le fouvenir d'un Roy encore
plus grand dans la Paix que
dans la guerregautanelde rémoignages
incontestables qui
fervent de preuve à cette fe
sconde Partie.god a: lavor-ob
¿ Que ne puis - je au moins
emprunter de l'Orateur des
grands traits & les nobles expreffions
qu'il a fçû y mettre
en oeuvre pour faire un parfait
caractere du Prince que les
droits de fon fang , les befoins
40 MERCURE
preffans del Etat, la fuperiorité
du merito perfonnel , tous les
voeux des grands & du peuple
appelloient également au Gou
vernement de la France ; ce fé-
Toit en faifant de ce Prince le
plus betsEloge qu'on puiffe
imaginer, le dépeindre tel qu'il
eft dans l'efprit & dans le coeur
de tous les bons François , &
& en même temps procurer à
l'Orateur toutes les louanges
qu'il merite
Refte til encore quelque
chofe de plus confiderable
pour faire voir que Louis
XIV. grand dans la guerre ,
i djang
plus
GALANT
plus grand dans la paix , a efté
tres grand par ce qu'il a fait en
faveur de la Religion ? oüy ,
lOrateur le montre dans fa
troifiéme partie en difant d'a- .
bord que la Paix & la Guerre
partageants fucceffivement
la vie des Princes , leur laiffent
moins le loifir de faire de gran- 1
des chofes dans l'un ou dans
l'autre au licu que la Reli
gion qui releve les actions dess
Princes , & qui doit les accom
pagner par tout jusqu'au tom - 1
beau , les met en état d'entreprendre
& d'executer pour
elle de tres grandes chofts
Novembre 1715ach Dawab
44 MERCURE
durant tout le cours de leur:
vie ; il fait aprés cela l'applica
tion de ce principe à ſon ſujet,
en avançant que Louis XIV.
a executé de tres grandes chofes
pendant tout le temps de
fa vie en faveur de la Religion ,
foit en la vangeant par fes
Edits des infultes qu'elle a re
ceu de fes ennemis ; foit en
contribuant , de fes bienfaits
à l'amplifier & à l'établir dans
toutes les parties du monde¹¹
foit en l'honorant & la faifant !
refpecter de les fujets par l'édification
de fes exemples.
L'impieté & l'herefie font
deux ennemis puiffants qui le
GALANT . 43
*
font élévez de tout temps contre
la Religion ; l'Orateur nous
fait remarquer quela pieré d'un
Roy tres - cheftien , qui portoit
avec juftice le titre glorieux
de fils aîné de l'Eglife , confa
cra le premier de fes Edits à la
deftruction des blafphêmes .
que des langues impies ofoient
proferer contre la Divinité.
L'Orateur nous fait voir enfuite
les foins du Roy à extirper
le Calvinifme , le Fantenime
& le Quictifme, que le zele de
ce Prince , le plus religieux qui
fot jamais , combattit en dif
ferents temps.
molinique
Dij
44 MERCURE
Je palle fous filence tant
de Temples fuperbes érigez
au Seigneur fur les ruines
de l'herefie détruite tant
d'afyles de la charité ou fon,
dez avec une magnificence
Royale , ou plus amplement
pourvûs pour fournir aux be
foins differens des miferes pur
bliques & particulières ; rant
de Miffions Etrangeres foûrenuës
de fa protection & de fes,
bienfaits chez les Nations infideles
, qui n'ont fouvent per
mis la Prédication de l'Evan
gile , ou reçû favorablement
Its Miniftres de la fainte Pa
GALANT 45
role , qu'à la recommandation
de ce grand Monarque dont
elles avoient conçu une fi haute
idée.
11010
?
Elt il aucune partie du mon
de , ajoûte Orateur , où
par ordre du Prince religieux
dont nous pleurons la pette
les intencfs de la`Religión
n'ayent pas roûjours cfté preferezà
ceux du Prince même2
Mais je ne puis omettre en,
finiflanc se que Orateur rap
porte des grands exemples de
vertus Chrêtiennes qui ont
fajt honneur à la Religion &
qui rendent ſi précieuſe devant i
2
46 - MERCURE
Dieu & devant les hommes la *
memoire du Prince qui les a
donnez pendant ſa vie & juſ
qu'à fa mort . Exemples de reconnoiffance
& de réfpect,
pour Dieu dans le temps de
la profperité ; exemples de fermeté
& de pemtence dans
l'adverfice , qui met ſouvent
les plus grands Heros au nîveau
des autres hommes"
cxemples de fidélité & de fóûmillion
aux ordres de la Pho
vidence dans l'éclypfe de la
victoire ou dans la perte de fes
chfans; exemplesde tranquillis ?
té d'efprit & de détachement?
GALANT: 47
du monde aux approches du
dernier moment qui nous ravic
un Prince digne de l'immortalité
fur la terre , fi fes vertus
morales & chrétiennes ne luy!
en avoient merité une plus
glorieufe dans le Ciel .
L'Orateur, fait voir en cet
endroit que chez luy le coeur
parle encore plus éloquemment
que l'efprit . Rien de plus
beau que les fentimens chre
tiens qu'il a cû foin de recueillir
de la bouche du Roy mourant
, qui s'attendriffant fur les
larmes qu'il voit couler autour
de lay , confole luy même les
48 MERCURE
Princes de fon fang de la mort
prochaine d'un fi bon pere ,,
& les Grands de fa Cour les fidelles
fujets , de la perte irreparable
d'un fi grand Roy
rien de plus touchant que les,
vox ardens que l'Orateur
adreffe au Cichen faveur du
jeune Roy , feul refte , mais,
refte précieux d'une Famille
augufte , fi nombreuſe il y a
quelques années , & maintenant
prefque toute, enleve teenfevelie
dans la pouffiere du tombeau ;
enfin rien de plus achevé que
l'éloge que l'Orateur fait encore
icy de Monfeigneur le
Regent ,
GALANT. 49
Regent , en qui il dit que le
jeune Roy retrouvera les
grands exemples de fon Pere ,
la tendreffe de fon Aycul , &
les fages inftructions qu'un
grand genie & une longue
experience pouvoient luy faire
attendre de fon Bifayeul .
Il n'eft pas étonnant aprés
cela que l'Orateur ait réüni en
fa faveur tous les fuffrages d'une
illuftre & nombreufe affemblée
composée de Cardinaux ,
de Prelats , & de plufieurs perfonnes
diftinguées dans la robe
& dans l'épée . Il me pardonnera
fi je n'ay pas donné icy
Novembre 1715.. E
50 MERCURE
•
une idée affez avantageufe de
fa piece. J'avoue de bonne
foy que je n'ay pû exprimer
toutes les beautez que j'y ay
remarqué ; mais peut eltre
auray je au moins excité la
curiofité du public qui s'empreffera
de la lire fi toft qu'elle
paroiftra , & cela feul me fait
efperer que l'Orateur & le
public me fçauront bon gré
demes bonnes intentions.
On diftribua un grand
nombre de pieces de Vers
Latins & François à la loüange
du feu Roy , meflez des plus
juftes regrets, qui ne peuvent
GALANT si
eftre adoucis que par les efperances
que donne le jeune Monarque
fous la conduite du
Prince , qui , pour le bonheur
de la France , eft chargé de ſon
éducation & du gouvernement
du Royaume pendant
la minorité.
Le lieu où fur prononcé le
difcours étoit auffi fuperbement
décoré que le peu d'efpace
qu'il renferme , & la trifteffe
du fujet le pouvoient permettre.
L'obscurité generale caufée
par la tenture de deuil étoit
relevée par trois lez de velours
femez de fleurs de lys d'or &
E ij
52 MERCURE
de larmes d'argent , au deffus
defquels regnoit un contour
de feftons formez par des toilles
herminées , qui faifoient un
bel effet.
Sur une corniche élevée de
huit pieds de terre étoient pofées
huit grandes pyramides
decorées de riches Ecuffons de
France & de Navarre , dont
l'extrêmité portoit jufqu'au
plafond. Les entre deux de ces
pyramides étoient occupez de
magnifiques cartouches où la
vie de Louis le Grand étoit reprefentée
fous des fymboles
heroïques qui compofoient
GALANT. 53
autant de Deviles ; qui toutes
avoient pour corps le Soleil
que le feu Roy avoit adopté
pour fon fymbole.
La premiere Devife reprefentoit
fa Naiffance , d'autant
plus admirable, qu'elle fut plus
longtemps attendue & plus ardemment
defirée . Le corps
de la Devife
étoit
un Soleil
qui
commence
à paroître
fur l'ho- rizon
, avec
ces paroles
Italien- nes
: MARABIL
' . SUBITOQUE
NASCE
; Dés
fa naiſſance
il a de
quoy
charmer
.
La feconde marquoit les
commencements
heureux de
E iij
$ 4 MERCURE
la
fon Regne , fignalez par
force & la fagefle avec laquelle
il diffipa les troubles & les diffenfions
domeftiques , & furmonta
les efforts des Ennemis
Etrangers. Cette Deviſe avoit
pour corps le Soleil , qui paroît
entier fur l'horizon , & qui
écarte les nuages formez par
les vapeurs de la nuit ; ces deux
mots Latins: OBSTANTIA VIN
CIT , luy fervoient d'Ame ,qui
fignifient : Rien ne s'oppose à luy
dont il ne vienne à bout.
La troifiéme exprimoit les
premieres Conqueftes du Roy
Grapides & fi impreveuës qu'-
GALANT. SS
elles jetterent dans toute l'Europe
la crainte & l'épouvante.
Le Soleil au milieu des nuages ,
dont il forme les éclairs & la
foudre,failoit le corps de cette
Devife , qui avoit pour Ame
C ces paroles : INCERTUM CUI
TELA PARET , Qui fçait où porteront
fes traits ?
y
es
La quatriéme defignoit lat
triple Alliance contre la France
, & qui tourna à la gloire du
Roy par le fuccés avec lequel
il fçût confondre certe Ligue
formidable . On avoit peint des
Vents , qui par leuts fouffles
impetueux s'efforcent d'obf
E iiij
56
MERCURE
curcir le Soleil , avec cette Infcription
: NEQUIT VIS CONJURATA
NOCERE ; Tous leurs
efforts unis n'ont pû nuire à fa
gloire.
La cinquième fignifioit l'élevation
de la Maifon de Bourbon
à la Monarchie d'Espagne
dans la perfonne de Philippes
de France Duc d'Anjou , qui
fut accordé par Louis le Grand
aux voeux empreffèz de toute
la Nation. C'est l'Aftre de las
nuit dans fon plein , qui reçoit
du Soleil la lumiere , dont il
brille , avec ces paroles pour
Ame : QUOD REGNAT , REGALANT.
57
GNAT AB ILLO , S'il regne c'est
à luy qu'il en eft redevable
La fixiéme marquoit ce qu'il
y a de plus grand & de plus
fingulier dans la vie du feu
Roy,qui n'a fait fervir toute
fa puiffance & toute la gloire
que pour faire briller la Religion
avec plus d'éclat Le corps
de cette Devife eft une riche &
haute Montagne, fymbole naturel
de la Religion , comme
le marquent les Saintes Lettres ,
& qui paroit d'autant plus
éclairée , que leSoleil approche
de plus prés de fon Midy L'Ame
de cette Devife étoient ces:
58 MERCURE
paroles Italiennes : Piùs'INALZA
, PIÙ M'ILLUSTRA ; Plus il
s'élever plus je brille.
ᏃᎪ
La feptiéme faifoit voir que
le Roy avoit efté un modele
parfait de pieté qu'on pouvoir
fuivre fans crainte d'être trompé.
C'eftoit le Soleil , & plufieurs
fortes de Cadrans &
d'Horloges , dont tous les
mouvements pour être justes
doivent être reglez par ceux
du Soleil . Ces paroles que Vir,!
gile a dites du Soleil même fervoient
d'Ame à cette Devife :
QUIS DICERE FALSUM AUDEAT
? Oferoit- on le condamner
de faux ?
GALANT . 19
La huitième étoit faite fur
la derniere maladie du Roy ,
que toute la France a fi vivement
reffentic . Elle reprefentoit
le Soleil échpfé & des fleurs
penchées & fermées ; ces paroles
fervoient d'ame à ces
Q corps UNIUS LANGOR IN
OMNES , La foibleffe d'un feul
fe fait fentir à tous.
La neuviéme exprimoit la
mort du Roy, dont la Religion
& la Pieté donnent de
juftes affeurances , qu'il n'eft
forti de ce monde que pour
aller briller dans un autre.
C'eft le Soleil dans fon couGO
MERCURE
chant accompagné de ces
paroles : NON UNi debitus
ORBI ; Il fe devoit à plus d'un
monde.
La derniere fignifioit , que
la Memoire du Roy vivra dans
tous les Siecles : c'est ce que
vouloir dire le Soleil couché ,
des ardeurs duquel l'horifon
paroift encore embrazé avec
ces paroles pour ame : NON
TOTUS PERIIT ; Il n'eft pas
peri tout entier.
Monfieur le Duc d'Orleans
a trop de rapport avec la perfonne
du feu Roy , par les
lumieres & la fagelle qu'il fait
GALANT.
GI
paroistre dans le Gouvernement
du Royaume , & avec
celle du jeune Prince qu'il
inftruit par ſes exemples à
regner un jour avec fuccés ,
pour n'avoir pas de place dans
les Devifes qui reprefentent la
vie de Louis le Grand. Le
Symbole dont on a fait choix
pour exprimer ce double rapport
a paru fi heureux , qu'on
a déja une partie du public
pour garant qu'il ne déplaira
pas . C'eft le Phofphore qui
brille entre le Soleil , qui s'éleve
d'un cofté de l'Hemifphere
, & qui fe couche de l'autre.
62 MERGURE
Les paroles qui fervent d'ame
à cette Devife fe font mieux
entendre en latin , qu'elles ne
peuvent eftre rendues en
noftre langue. Les voicy :
SURGENTEM INTER MEDIUS
QUE CADENTEM . Elles veulent
dire ; Il tient fa place entre celui
qui s'éleve & celui qui difparoît.
Dans le fond de la falle étoit
un trophée composé de tous
les inftrumens des Sciences &
des Arts , dans la bafe duquel
on hifoit certe Infcription
:
LUDOVICO MAGNO
ARTIUM NOSTRARUM
PATRONO .
GALANT. 63
Les Jefuites ont voulu exprimer
par là qu'ils regardoient
leur College comme
un bien fait qu'ils tenoient de
la main Royale de Louis le
Grand , & par le nom glorieux
dont il a honoré cette Maifon,
& par les bien faits qu'ils en
ont reçûs.
Tout l'appareil de cette décoration
étoit éclairé d'un trésgrand
nombre de lumieres ,
qui augmentoient la Pompe &
la magnificence.
On donnera bien- toft au
public la Harangue larine ,
pour dédommager ceux qui
64 MERCURE
n'ont pas eu le plaifir de Pentendre
prononcer
.
Fermer
1110
p. 102-104
SONNET A Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
Début :
Prince né pour la gloire & le bien de la France, [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Régent, Régent du Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET A Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
SONNET
A Son Alteffe Royale Monfeigneur
le Duc d'Orleans ,
Regent du Royaume.č
onno%21 Lq arom
Prince né pour la gloire & le
bien de la France ,
Que peut-on comparer à vos rares
exploitsjalotostr
Vous vous montrez encor , quoique
dufang des Rois Jaqua
Plus grand par ves vertus que
vôtre naiſſance .
par
Nous rendons tous les jours grace
àla Providence
GALANT. 103
D'avoir mis en vos mains nos
armes & nos loix,
Etnous vous appellons d'une commune
voix ,
L'objet de notre amour & de
nôtre esperance.
Par vos juftes projets ☎ par vos
foins genereuxnd
Nous allons bientôt voir tous les
peuples heureux ,
A ce plaifir flateur noftre efprit
s'abandonne.
Rienn'eft inacceffible à vos talents
divers.
Celuy qui fçait fi bien défendre
I iiij
104 MERCURE
une Couronne ,
Merite de porter celle de l'Univers.
A Son Alteffe Royale Monfeigneur
le Duc d'Orleans ,
Regent du Royaume.č
onno%21 Lq arom
Prince né pour la gloire & le
bien de la France ,
Que peut-on comparer à vos rares
exploitsjalotostr
Vous vous montrez encor , quoique
dufang des Rois Jaqua
Plus grand par ves vertus que
vôtre naiſſance .
par
Nous rendons tous les jours grace
àla Providence
GALANT. 103
D'avoir mis en vos mains nos
armes & nos loix,
Etnous vous appellons d'une commune
voix ,
L'objet de notre amour & de
nôtre esperance.
Par vos juftes projets ☎ par vos
foins genereuxnd
Nous allons bientôt voir tous les
peuples heureux ,
A ce plaifir flateur noftre efprit
s'abandonne.
Rienn'eft inacceffible à vos talents
divers.
Celuy qui fçait fi bien défendre
I iiij
104 MERCURE
une Couronne ,
Merite de porter celle de l'Univers.
Fermer
1111
p. 104-106
AUTRE Sur la mort du Roy Loüis le Grand, imité d'un Vers & demy du Xe Livre de l'Eneïde de Virgile.
Début :
Ettam sua Regem Fata vocant, metasque dati pervenit ad aevi. [...]
Mots clefs :
Mort, Louis le Grand, Gloire, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE Sur la mort du Roy Loüis le Grand, imité d'un Vers & demy du Xe Livre de l'Eneïde de Virgile.
AUTRE
Sur la mort du Roy Loüis le
Grand , imité d'un Vers &
demy du X Livre de l'Eneïde
de Virgile .
Etiam fua Regem
Fata vocant , metafque dati pervenit
ad ævi.
La Parque égale tout &la
mort équitable
Ne faifant aucun choix du merite
ou du rang ,
GALANT. 105
Enferme dans fon fein un riche ,
un miferable , L
Les Sujets les Rois , le petit
& le grand.
* 23D Ch´{
Louis que tant d'exploits ren
doient recommandable ;
Loüis de tous les Rois quifaifoit
Pornements O
Louis qui n'avoit pas icy bas
fon femblable;
Ce Roy fi glorieux n'eſt plus le
Roy regnant.
Louis toujours brillant dans la
S paix dans la guerre.
Enfin Louis le Grand n'est plus
106 MERCURE
dans
qu'un peu de serre.
Là , tous pauvres bumains vous
conduira le fort.
Gravez- vous dans l'efprit , &
dans voſtre memoire
Que fi l'on doit paffer de la gloire
à la mort
›
On doit auffi paffer de la mort
à la gloire.
QUERUDO LE VERGER.
Sur la mort du Roy Loüis le
Grand , imité d'un Vers &
demy du X Livre de l'Eneïde
de Virgile .
Etiam fua Regem
Fata vocant , metafque dati pervenit
ad ævi.
La Parque égale tout &la
mort équitable
Ne faifant aucun choix du merite
ou du rang ,
GALANT. 105
Enferme dans fon fein un riche ,
un miferable , L
Les Sujets les Rois , le petit
& le grand.
* 23D Ch´{
Louis que tant d'exploits ren
doient recommandable ;
Loüis de tous les Rois quifaifoit
Pornements O
Louis qui n'avoit pas icy bas
fon femblable;
Ce Roy fi glorieux n'eſt plus le
Roy regnant.
Louis toujours brillant dans la
S paix dans la guerre.
Enfin Louis le Grand n'est plus
106 MERCURE
dans
qu'un peu de serre.
Là , tous pauvres bumains vous
conduira le fort.
Gravez- vous dans l'efprit , &
dans voſtre memoire
Que fi l'on doit paffer de la gloire
à la mort
›
On doit auffi paffer de la mort
à la gloire.
QUERUDO LE VERGER.
Fermer
1112
p. 119-126
A Rome le 12. Octobre.
Début :
Le Pape qui devoit partir Lundy dernier pour Castel [...]
Mots clefs :
Religieux, Rome, Prince, Pape, Apothicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 12. Octobre.
A Rome le 12. Octobre.
Le Pape qui devoit partir
Lundy dernier pour Caftel
Gandolfe , ne partit que Mercredy
, ayant voulu aupara
120
MERCURE
vant donner Audiance a
l'Ambafladeur
de Portugal
au fujet des affaires de la Chine.
Ce Miniftre fut ledit jour
Lundy l'espace de deux heures
en conference avec Sa Sainteté
Le Cardinal Albani eftrefté
icy chargé de la Surintendance
des affaires du Gouvernement .
La Congregation de l'Im
munité fut dernierement
aug .
mentée de deux Prelats qui
font Meffieurs Lambertini
& Cervini, ing so
I
Le Prince Carpegna fuc
ces jours paffez aux pieds de
Sa Sainteté , on dit qu'à cette
occafion ,
GALANT.
12 I
occafion , Elle luy fit quelque
forte de remontrance fur les
pertes confiderables qui ſe
faifoient au jeu chez la Princeffe
la femme. Depuis ce
temps- là l'on n'y joüe plus ,
& les portes du Palais font
fermées dés les fix heures du
foir.
Dimanche dernier à l'heure
du dîné , un valet inconnu ſe
prefenta au Convent des PP.
de la Trinité de Sainte Françoiſe
, avec une Truite , difant
que c'eftoit pour le Superieur ,
fans dire de quelle part elle
venoit. Le Portier reçut le
Novembre 1715 . L
122 MERCURE
prefent , & l'ayant remis au
Superieur dans le temps qu'on
fe mettoit à table , ce Pere.
crut que cela luy eftoit envoyé
par quelques Religieufes de
fes amies ; il la fit diftribuer à
tous les Religieux qui eftoient
à table , qui en mangerent de
bon appetit. Mais vers les
quatre heures du même jour
le Superieur & tous les Religieux
qui en avoient mangé
furent attaquez d'une colique
fi violente ,que chacun demandoit
à le Confeffer . Malheureufement
perfonne ne le
trouvoit en état de fe donner
GALANT . 123
J
du fecours , à la referve d'un
Frere Lay qui avoit gardé ſa
portion de la Truite . Il vint
pourtant du monde , & cette
Communauté reçut du fou ,
lagement par les remedes &
les vomitifs qu'on donna à
chacun de ces Religieux , qui
par ce moyen curent le bonheur
de furmonter la malignité
du poiſon . On en fit enfuite
l'épreuve fur la portion du
Frere Lay , & on trouva qu'il
y avoit dedans d'une certaine
poudre appellée icy Cantarella .
Le P. Superieur croit que ce
coup ne peut venir que d'un
Lij
124 MERCURE
certain Religieux qui fut
dernierement chaffé du Convent
.
L'on a mis en priſon par
ordre du Pape , un homme
qui recevoit pour le jeu de
Genes contre les défenles ' qui
en ont efté faites . On a trouvé
chez luy plufieurs milliers
d'écus qui ont efté faifis &
portez au Gouvernement
.
Comme on fuppofoir que
l'Apoticaire du Prince Borghefe
, fut affocié avec luy dans
ce negoce , on envoya arreſter
cet Apoticaire dans le Palais
de la famille de Son Excellen蒙
着
1
GALANT
>
25
ce où il fait få demeure. Il
avoit alors compagnie chez
luy , entre autres le Maître
de chambre , le Procureur , &
le premier homme d'affaire
du Prince. Ils furent tous
arreſtez & retenus dans l'Apoticairerie
, depuis les fept heures
du foir jufqu'à trois heu
res aprés minuit. Pendant ce
temps - là on fit une recherche
dans tous les papiers , aprés
quoy tous ceux qui avoient
efté arreftez furent relâchez à
l'exception de l'Apoticaire.
Le Prince eft fort irrité de ce
que fans aucun égard on
Liij
126 MERGURE
détenu fes domestiques qui
n'avoient nulle part dans cette
affaire .
Le Pape qui devoit partir
Lundy dernier pour Caftel
Gandolfe , ne partit que Mercredy
, ayant voulu aupara
120
MERCURE
vant donner Audiance a
l'Ambafladeur
de Portugal
au fujet des affaires de la Chine.
Ce Miniftre fut ledit jour
Lundy l'espace de deux heures
en conference avec Sa Sainteté
Le Cardinal Albani eftrefté
icy chargé de la Surintendance
des affaires du Gouvernement .
La Congregation de l'Im
munité fut dernierement
aug .
mentée de deux Prelats qui
font Meffieurs Lambertini
& Cervini, ing so
I
Le Prince Carpegna fuc
ces jours paffez aux pieds de
Sa Sainteté , on dit qu'à cette
occafion ,
GALANT.
12 I
occafion , Elle luy fit quelque
forte de remontrance fur les
pertes confiderables qui ſe
faifoient au jeu chez la Princeffe
la femme. Depuis ce
temps- là l'on n'y joüe plus ,
& les portes du Palais font
fermées dés les fix heures du
foir.
Dimanche dernier à l'heure
du dîné , un valet inconnu ſe
prefenta au Convent des PP.
de la Trinité de Sainte Françoiſe
, avec une Truite , difant
que c'eftoit pour le Superieur ,
fans dire de quelle part elle
venoit. Le Portier reçut le
Novembre 1715 . L
122 MERCURE
prefent , & l'ayant remis au
Superieur dans le temps qu'on
fe mettoit à table , ce Pere.
crut que cela luy eftoit envoyé
par quelques Religieufes de
fes amies ; il la fit diftribuer à
tous les Religieux qui eftoient
à table , qui en mangerent de
bon appetit. Mais vers les
quatre heures du même jour
le Superieur & tous les Religieux
qui en avoient mangé
furent attaquez d'une colique
fi violente ,que chacun demandoit
à le Confeffer . Malheureufement
perfonne ne le
trouvoit en état de fe donner
GALANT . 123
J
du fecours , à la referve d'un
Frere Lay qui avoit gardé ſa
portion de la Truite . Il vint
pourtant du monde , & cette
Communauté reçut du fou ,
lagement par les remedes &
les vomitifs qu'on donna à
chacun de ces Religieux , qui
par ce moyen curent le bonheur
de furmonter la malignité
du poiſon . On en fit enfuite
l'épreuve fur la portion du
Frere Lay , & on trouva qu'il
y avoit dedans d'une certaine
poudre appellée icy Cantarella .
Le P. Superieur croit que ce
coup ne peut venir que d'un
Lij
124 MERCURE
certain Religieux qui fut
dernierement chaffé du Convent
.
L'on a mis en priſon par
ordre du Pape , un homme
qui recevoit pour le jeu de
Genes contre les défenles ' qui
en ont efté faites . On a trouvé
chez luy plufieurs milliers
d'écus qui ont efté faifis &
portez au Gouvernement
.
Comme on fuppofoir que
l'Apoticaire du Prince Borghefe
, fut affocié avec luy dans
ce negoce , on envoya arreſter
cet Apoticaire dans le Palais
de la famille de Son Excellen蒙
着
1
GALANT
>
25
ce où il fait få demeure. Il
avoit alors compagnie chez
luy , entre autres le Maître
de chambre , le Procureur , &
le premier homme d'affaire
du Prince. Ils furent tous
arreſtez & retenus dans l'Apoticairerie
, depuis les fept heures
du foir jufqu'à trois heu
res aprés minuit. Pendant ce
temps - là on fit une recherche
dans tous les papiers , aprés
quoy tous ceux qui avoient
efté arreftez furent relâchez à
l'exception de l'Apoticaire.
Le Prince eft fort irrité de ce
que fans aucun égard on
Liij
126 MERGURE
détenu fes domestiques qui
n'avoient nulle part dans cette
affaire .
Fermer
1113
p. 130-146
Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Début :
Il a paru au commencement de Novembre un Poëme intitulé / Subita ex alto Vox reddita Caelo est ; [...]
Mots clefs :
Héros, Poème, Vertus, Voix, Prince, Poète, Religion, Nature, Régence, Louis XIV, Mort de Louis XIV, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Il a paru au commenceGALANT
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
Fermer
1114
p. 148-150
« Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...] »
Début :
Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...]
Mots clefs :
Abbesse, Oraison funèbre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23. du mois passé, Madame de Mailly, Abbesse de [...] »
Le
23. du
mois
paffé
, Madame
de
Mailly
, Abbeffe
de
l'Abbaye
Royale
de
Poiffy
,
fit
faire
un
Service
folemnel
à l'honneur
du
Roy
. Toute
fon
Eglife
fut
tenduë
de
noir
jufqu'à
la voute
; & les
cartouches
des
armes
& des
chif
res
du
Monarque
deffunt
y
GALANT. 142
"
eftoient diftribuez avec beaucoup
de goût & de fymerrie.
La Repreſentation y eftoit entourée
d'un grand nombre de
cierges & de chandeliers d'argent.
La Pompe funebre y fut
Loûtenue par tout avec une
magnificence digne du lieu ,
du fujet & de l'illuftte Abbeffe
qui l'ordonnoit. L'Oraiſon
funebre y fut prononcée par
M. I Abbé Maffon qui s'atti
ra les applaudiffemens d'une
affemblée nombreufe & choifie.
Il fit voir que le feu Roy:
ayoit cfté victorieux comme
David , auffi fage que Salo
·
Niij
150 MERCURE
mon , & auffi pieux que S.
Lous ; trois grands fujets d'Eloge
dont l'Orateur fit,comme
trois grands tableaux où il reprefenta
toute la vie du Roy
en abregé , & en détail tous
les plus beaux traits de fa valeur
, de fa fageffe & de la Re-i
ligion . Madame de Mailly a
圈
Refprit fi jufte & le goût fi
exquis joints à une naiffance
illuftre , qu'on entrevoit natu
rellement dans fes actions les
plus indifferentes, comme dans
celles qui exigent plus d'attention
d'elle , la grandeur de fon
ame , & l'éclat de fon nom ,
23. du
mois
paffé
, Madame
de
Mailly
, Abbeffe
de
l'Abbaye
Royale
de
Poiffy
,
fit
faire
un
Service
folemnel
à l'honneur
du
Roy
. Toute
fon
Eglife
fut
tenduë
de
noir
jufqu'à
la voute
; & les
cartouches
des
armes
& des
chif
res
du
Monarque
deffunt
y
GALANT. 142
"
eftoient diftribuez avec beaucoup
de goût & de fymerrie.
La Repreſentation y eftoit entourée
d'un grand nombre de
cierges & de chandeliers d'argent.
La Pompe funebre y fut
Loûtenue par tout avec une
magnificence digne du lieu ,
du fujet & de l'illuftte Abbeffe
qui l'ordonnoit. L'Oraiſon
funebre y fut prononcée par
M. I Abbé Maffon qui s'atti
ra les applaudiffemens d'une
affemblée nombreufe & choifie.
Il fit voir que le feu Roy:
ayoit cfté victorieux comme
David , auffi fage que Salo
·
Niij
150 MERCURE
mon , & auffi pieux que S.
Lous ; trois grands fujets d'Eloge
dont l'Orateur fit,comme
trois grands tableaux où il reprefenta
toute la vie du Roy
en abregé , & en détail tous
les plus beaux traits de fa valeur
, de fa fageffe & de la Re-i
ligion . Madame de Mailly a
圈
Refprit fi jufte & le goût fi
exquis joints à une naiffance
illuftre , qu'on entrevoit natu
rellement dans fes actions les
plus indifferentes, comme dans
celles qui exigent plus d'attention
d'elle , la grandeur de fon
ame , & l'éclat de fon nom ,
Fermer
1115
p. 205-208
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Sur la démission que M. le Comte de Pontchartrain a faite [...]
Mots clefs :
Comte, Roi, Duc de Berry, Duchesse de Berry
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texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Sur la démiffion que M. le
Comte de Pontchartrain a faire
entre les mains du Roy de
206 MERCURE
faCharge de Secretaire d'Etat,
Sa Majesté en a pourveu le
Comte de Maurepas fon fils
aîné âgé de 14. ans feulement,
& en attendant qu'il ait atteint
l'âge de 25 ans le Marquis de
la Vrilliere fera cette Charge ,
dont le Comte de Maurepas à
prêté le ferment entre les
mains de Sa Majesté à Vincennes
le 13.de ce mois LeComte
de Maurepas eft le neuvième
Secretaire d'Etat de ſaMaiſon.
M.le Chevalier de Roye ,
cy-devant Capitaine des Gardes
du Corps de Monfeigneur
GALANT. 207
le Duc de Berry , a été faic Ca.
pitaine des Gardes du Corps
de Madame la Ducheffe de
Berry. Le Comte de Rion a
été faic Lieutenant , le Cheval
lier de Courtemer , neveu du
Duc de la Force , a été fait Enfeigne,
& le Marquis de Sabran
Exempt de cette Compagnie.
M.le Chevalier de Roye a tiré
de la Gendarmerie douze hommes
des mieux faits pour les
incorporer dans faCompagnie
qui eft une des plus belles
qu'on ait jamais veuë.
On donnera le mois prochain
un état prefent & entier
de tous les Officiers qui come
208 MERCURE
pofent la Maiſon du Roy.
De ceux de la Maifon du
Regent.
De la Maifon de Madame
la Ducheffe de Berry ; de celle
de Madame , & de celle deMadame
la Duchefle d'Orleans.
Comte de Pontchartrain a faire
entre les mains du Roy de
206 MERCURE
faCharge de Secretaire d'Etat,
Sa Majesté en a pourveu le
Comte de Maurepas fon fils
aîné âgé de 14. ans feulement,
& en attendant qu'il ait atteint
l'âge de 25 ans le Marquis de
la Vrilliere fera cette Charge ,
dont le Comte de Maurepas à
prêté le ferment entre les
mains de Sa Majesté à Vincennes
le 13.de ce mois LeComte
de Maurepas eft le neuvième
Secretaire d'Etat de ſaMaiſon.
M.le Chevalier de Roye ,
cy-devant Capitaine des Gardes
du Corps de Monfeigneur
GALANT. 207
le Duc de Berry , a été faic Ca.
pitaine des Gardes du Corps
de Madame la Ducheffe de
Berry. Le Comte de Rion a
été faic Lieutenant , le Cheval
lier de Courtemer , neveu du
Duc de la Force , a été fait Enfeigne,
& le Marquis de Sabran
Exempt de cette Compagnie.
M.le Chevalier de Roye a tiré
de la Gendarmerie douze hommes
des mieux faits pour les
incorporer dans faCompagnie
qui eft une des plus belles
qu'on ait jamais veuë.
On donnera le mois prochain
un état prefent & entier
de tous les Officiers qui come
208 MERCURE
pofent la Maiſon du Roy.
De ceux de la Maifon du
Regent.
De la Maifon de Madame
la Ducheffe de Berry ; de celle
de Madame , & de celle deMadame
la Duchefle d'Orleans.
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1116
p. 297-301
AVERTISSEMENT.
Début :
Je recommande encore l'affranchissement des ports de lettres, & [...]
Mots clefs :
Public, Journal, Circonstances, Louis XIV, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
Je recommande encore
l'affranchiffement des ports de
lettres , & j'ay mes raifons
pour ne ceffer de le faire . J'avertis
en même temps mes
Lecteurs , que je ne donne
point de chanfons fans la note,
non plus que de Livres fans
mon paraphe , composé com .
me je l'ay déja dit d'une L. &
198 MERCURE
de deux doublesF. enlaffees enfemble
& fermées par un D.
d'une façon inimitable. Si
l'on trouve quelqu'un de mes
exemplaires qui n'ait point
ces deux conditions , on m'obligera
infiniment de me le
renvoyer. Je fuis encore obligé
en confcience , d'avertir le
Public , que je lui ay donné
les premiers jours du prefent
mois , le Journal Historique
de toutes les circonftances fingulieres
qui ont precedé la
mort du Roy Louis XIV.
de l'avenement de Louis XV.
à la Couronne de France , avec
GALANT . 299
>
une Lifte exacte & étenduë de
l'établiffement des Confeils ,
des noms , qualitez , demeurés
& départements des Préfi .
dents , & des Confeillers defdits
Confeils. J'ay ajoûté à
cela,l'avis le plus rare & le plus
précieux dont on puiffe faire
part au Public. Je lui ay an
noncé M. de Villards , Auteur
de la plus merveilleufe découverte
du monde , comme un
homme à qui feront infiniment
redevables tous cen
ne fe piquent pas d'une orgueilleufe
incredulité . Mon
témoignage fondé ſur mon
300 MERCURE
experience ne fuffit pas pour
établir l'excellence de fon cau
merveilleufe ; mais plufieurs,
perfonnes dignes de foy ,en pu
blieroient les prodiges , fi les,
circonftances de leurs maladies
ne les condamnoient pas au
filence . D'ailleurs M. de Villards
ne fouhaite rien tant que
de fatisfaire les curieux , en
leur démontrant les vertus de
fon cau , qui eft certainement
un remede univerfel , dont les
qualitez ont efté amplement
déduites dans le Journal dont
je viens de parler. Ce Livre.
fe vend chez D. Joller , &.
GALANT. 301
J. Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du côté du Marché
neuf, au Livre Royal.
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1117
p. 9-25
INVITATION aux Poëtes à faire l'Eloge de Loüis le Grand.
Début :
Favoris d'Apollon, dont les doctes ouvrages [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Poètes, Majesté, Louis, Éloge, Roi, Parnasse
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texteReconnaissance textuelle : INVITATION aux Poëtes à faire l'Eloge de Loüis le Grand.
INVITATION
aux Poëtes à faire l'Eloge
de Loüis le Grand..
Favoris d'Apollon , dont les
doctes ouvrages
Sçavent braver des sems,les funoftes
racinges;
Vous qui poßedez l'art de tracer
21 Joucesportraitsup odabi
Dont les vives douleurs ne s'effacent
jamais Le
10 MERCURE
Grands , fublimes efprits ,fi feconds
en miracles
Qui dufacré Vallon nous dictez
les oracles, comul
Poëtes ! de LOUIS fi les faits
Téclatans IVHI
Ontfervi tantdefois de matiere
alvos chantejo ob
Etfide jour en jourl'on vitavec
Deſes bienfaus fur vous , augmenter
la mesured, o
Ilfaut enfafuorur, malgrél'ar-
Montrer que vousfauvez les
Hiros dela mom.201 ANOCI
Chargez du noble employ d'éterGALANT
niferfa gloire ,
Jusqu'auxfieclesfuturs transmettez
sa memoireid
Dépeignez en vos vers cet air
majestueux
Ce maintien de Heros ceport
digne des Dieux
De cet auguste front la majesté
Suprême
Si propre àfoutenir l'éclat du
diadema hivi ?
Mettez dans tout leur jour fes
rares qualitez
Son coeur&fon esprit si juſte-
Ce courage indompté, cette haute
prudence
12 MERCURE
Safolide vertu ,sa vaste intelli
101.3
gence,
par cent Ce long regne illustré
fameux exploits ,
Qui l'ont fait le modele
T
le
foûtiendes Rois.
Tantôt faites - le voir, dans
un âge encor tendre ,
Marchant en Conquerantfurles
pas d'Alexandre ,
Suivi des escadrons d'intrepides
guerriers,
Cüeillir au champ de Mars de
penibles lauriers.
La Victoire en volant le couvre
cakede fes altes ,
Et le conduit toûjours par des
GALANT.
routes nouvelles.
Qu'on le voye, en dépit desfou.n.
gueux aquilons
Atravers les frimats menerfes
bataillons,
ヤ
Fondreſur l'ennemi plus prompt
que n'estlafoudre
Renwerferſes remparts,mettreſes
murs en poudre ,
Par les plus obſtinezfaire acceppeterfarloy
Etporter dans les coeurs la terreur
&l'effroy
Mais ensuite changeant&de
ton destile
Peignez-le toûjours grand, mais
déja plus tranquile ,
*4 MERCURE
Agissant de la tête encor plus que
du bras ,
Soûtenantfeul le poids deſes daf-
છું છે : હું tesEtats.
Ici deſes arrests la rigueurfalutaire
Reprime des duels lafureurfan-
2
guinaires
Et contre l'ennemi détournant la
valeur,
Sur le pied du devoir , regle le
point d'honneur,
D'une autre part Themis , avec
fa faur Aftrée ,
Préferantfon Empireàla voûte
azurée,
Reviennent parses foins préſider
GALANT
aux Aniels
Que leur fait redreffer le plus
suitgrand des Mornalsme
La chicane àleur vûë, & l'infame
quarice
L'inique oppreffion &l'horrible
Enfans inceſtueux de cent monfsopres
divers d
Rentrent en fremiſſant dans le
quên mua sin des enfers.aldo W
Puis fur d'autres objets rappellant
noire que
Deſes vaſtes projets marquez
bien kétenduö
Dites parquel prodige enſes def-
Seins centfois, τα
16 MERCURE
Ilſcut aßujettir la natureàfes
-
toix
Comment , comptantpour rienles
plus fach ux obstacles ,
Ilsembla laforceràfairedes mirades.
Témoin ce grand projet qu'admira
l'univers ,
Quand malgré la distance il réunit
deux mers
N'oubliezpasfur- toutpourvotre
propre gloire , I
Combien il protegea les Filles de
Si malgré le tumulte , & lesfa
reurs de Mars and
Nous vîmes parmi nous triompher
GALANT. 17
pher les beaux Arts ,
Etfi tout lefracas desplus rudes
tempêtes ,
DuParnaßejamaisn'interrompit
lesfêtes
Muſes , vous le sçavez, ce n'est
qu'àla faveur
Que vous fçûtes joüir d'un fi rare
bonheur:
Tandis que parcourant une noble
carriere
Ses vertusà vos chants,fournisfoient
la matierez q
Ses bienfaits animans vos tendres
nourriffons,
Les rendoit atentifs à vos doctes
Merlegons
Decembre 1715. B
18 MERCURE
Mais je croy vous oüir ,Religion
facrée !
Déeffe, deLOUIS, en tout tems
reverée ,
Vous dont il fut toûjours le plus
folide appui
Craignez- vous que nos verss'en
taiſent aujourd'hui ?
Pourrions- nous oublier que pour
vôtre défenſe
Ilſignala cent fois de fon brasla
Narvik puißances
Que plus souvent encor, docileà
Il mépriſa pour vous la victoire
fes droits.
Offert àvos autels,presque avant
C
GALANT 19:
zenia i que de naître
Son attache pour vousſefitbientôt
connoître
Ilcrut que le pouvoirn'étoit mis
agram les mains
Que pour vous affervir le reste des
humains.
C'est pour vous qu'animéde l'ardour
d'unfaintzela,
De vos auguſtes droits confervateur
fidele
On lui vit conſommer tant de
nobles projets
Pour ramener à vous , de rebeles
ben føjets
L'Univers admira des nations
Bij
20 MERCURE
Ouvrirenfin lesyeux aux divines
a's lumierengqua
Et les peuples affis aux regions
2. des Morts
Revoir un jour plus purparfes
ach fages efforts, en
Viton , tant qu'il vécut , le
demon du blafpheme 10
Braver impunément la Majesté
Supreme al
L'impicen ſes fureurs , ofa-t- il
Etle crimefans masque,àſesyeux
Ye montrer ?
Que de Temples batis!que d'illuftres
Frophées
Monumens éternels , des erreurs
GALANT. 7 21
sétouffées !
Que d'aziles ſacrez où la chafte
pudeur
Acouvert des dangers
Sonhonneur!
Poëtes ,c'est Loüis
conferve
ffaauutt llee dépeindre ;
tel qu'il
Heureux en ce tableau de n'avoir
- rienàfeindresul
Mais auffi prenez garde , en
traçant ceportrait ,
Qu'un trop foible pinceau n'en
dérobe aucun trait
Faites voirfes vertus égalantfa
puiffance ,
Son merite plus grand, encorque
wafanaissance
22 MERCURE
Humble , malgré l'éclat d'une
bante ſplendent
Sçachantparsa bonté tempererſa
grandeur ,
Poßedant fans orguëil la majesté
Supreme
Maistre deſesſujets , plus encor
deluy même 2.19.201
Exact&vigilant ,fobre , labo-
Faisant tout par ses mains ,
voyant tout parfesyeux
Liberal genereux , profand ,
impenetrables esti
Du crime&de l'erreur wangeur
inexorable to no
Le défenseur des bons le fleau
GALANT. 23
! des méchans ,
Leprotecteur des Arts ,lefoûtien
des Sçavans ;
Le coeurfincere &droit , vaſte ,
conftant,folide,
Fermedans les dangers , coura
geux , intrepide ,
Toûjours égalàlui,dans lesfuccés
divers,
Grand, lors qu'il fut heureux,
plusgrand, dans les revers
Confervant jusqu'au bout d'une
Longue carriere
Desplus pures vertus lefacré
caractere.
Plein d'amour pour ſon Dieu ,
Soumis àfes decrets
14 MERCURE
Dans l'excésdeses maux, benif-
Santfes arrests,
Offrantfans murmureraux coups
८ defa justice
De ſes jours glorieux l'auguſte
facrifice ;
Montrantjusqu'au tombeau qu'il
ne lui manqua rien
DuRoy, ni du Heros,du Grand,
ni duChrétien.
:
Mais tandis que nos vers traceront
ces peintures ,
Illuftres monumens pour les races
futures,
PHILIPPES , digne appui du
trône de Loüis ,
Sur les traits de l'Ayeulformez
le Petit Fils ; De
GALANT 25
DuMonarque Françoisfoûtenez
Qu'il écoute dans vous la voix
de la Sageße : 10.01
Inſtruisez- le dans l'art de ces charmes
vainqueurs ,
Qui du Peuple des Grands
vous attirent les coeurs.
Quede Dous il apprenne àregler
Son courage,
Qu'il puiße à votre exemple être
vaillant &ſage;
Que de Loüis mourant il rempliffe
les voeux , :
Et qu'unjour comme vous ilfaſſe
des heureux.
J. MARGAT , D. L. C. D. J.
Decembre 1715.
aux Poëtes à faire l'Eloge
de Loüis le Grand..
Favoris d'Apollon , dont les
doctes ouvrages
Sçavent braver des sems,les funoftes
racinges;
Vous qui poßedez l'art de tracer
21 Joucesportraitsup odabi
Dont les vives douleurs ne s'effacent
jamais Le
10 MERCURE
Grands , fublimes efprits ,fi feconds
en miracles
Qui dufacré Vallon nous dictez
les oracles, comul
Poëtes ! de LOUIS fi les faits
Téclatans IVHI
Ontfervi tantdefois de matiere
alvos chantejo ob
Etfide jour en jourl'on vitavec
Deſes bienfaus fur vous , augmenter
la mesured, o
Ilfaut enfafuorur, malgrél'ar-
Montrer que vousfauvez les
Hiros dela mom.201 ANOCI
Chargez du noble employ d'éterGALANT
niferfa gloire ,
Jusqu'auxfieclesfuturs transmettez
sa memoireid
Dépeignez en vos vers cet air
majestueux
Ce maintien de Heros ceport
digne des Dieux
De cet auguste front la majesté
Suprême
Si propre àfoutenir l'éclat du
diadema hivi ?
Mettez dans tout leur jour fes
rares qualitez
Son coeur&fon esprit si juſte-
Ce courage indompté, cette haute
prudence
12 MERCURE
Safolide vertu ,sa vaste intelli
101.3
gence,
par cent Ce long regne illustré
fameux exploits ,
Qui l'ont fait le modele
T
le
foûtiendes Rois.
Tantôt faites - le voir, dans
un âge encor tendre ,
Marchant en Conquerantfurles
pas d'Alexandre ,
Suivi des escadrons d'intrepides
guerriers,
Cüeillir au champ de Mars de
penibles lauriers.
La Victoire en volant le couvre
cakede fes altes ,
Et le conduit toûjours par des
GALANT.
routes nouvelles.
Qu'on le voye, en dépit desfou.n.
gueux aquilons
Atravers les frimats menerfes
bataillons,
ヤ
Fondreſur l'ennemi plus prompt
que n'estlafoudre
Renwerferſes remparts,mettreſes
murs en poudre ,
Par les plus obſtinezfaire acceppeterfarloy
Etporter dans les coeurs la terreur
&l'effroy
Mais ensuite changeant&de
ton destile
Peignez-le toûjours grand, mais
déja plus tranquile ,
*4 MERCURE
Agissant de la tête encor plus que
du bras ,
Soûtenantfeul le poids deſes daf-
છું છે : હું tesEtats.
Ici deſes arrests la rigueurfalutaire
Reprime des duels lafureurfan-
2
guinaires
Et contre l'ennemi détournant la
valeur,
Sur le pied du devoir , regle le
point d'honneur,
D'une autre part Themis , avec
fa faur Aftrée ,
Préferantfon Empireàla voûte
azurée,
Reviennent parses foins préſider
GALANT
aux Aniels
Que leur fait redreffer le plus
suitgrand des Mornalsme
La chicane àleur vûë, & l'infame
quarice
L'inique oppreffion &l'horrible
Enfans inceſtueux de cent monfsopres
divers d
Rentrent en fremiſſant dans le
quên mua sin des enfers.aldo W
Puis fur d'autres objets rappellant
noire que
Deſes vaſtes projets marquez
bien kétenduö
Dites parquel prodige enſes def-
Seins centfois, τα
16 MERCURE
Ilſcut aßujettir la natureàfes
-
toix
Comment , comptantpour rienles
plus fach ux obstacles ,
Ilsembla laforceràfairedes mirades.
Témoin ce grand projet qu'admira
l'univers ,
Quand malgré la distance il réunit
deux mers
N'oubliezpasfur- toutpourvotre
propre gloire , I
Combien il protegea les Filles de
Si malgré le tumulte , & lesfa
reurs de Mars and
Nous vîmes parmi nous triompher
GALANT. 17
pher les beaux Arts ,
Etfi tout lefracas desplus rudes
tempêtes ,
DuParnaßejamaisn'interrompit
lesfêtes
Muſes , vous le sçavez, ce n'est
qu'àla faveur
Que vous fçûtes joüir d'un fi rare
bonheur:
Tandis que parcourant une noble
carriere
Ses vertusà vos chants,fournisfoient
la matierez q
Ses bienfaits animans vos tendres
nourriffons,
Les rendoit atentifs à vos doctes
Merlegons
Decembre 1715. B
18 MERCURE
Mais je croy vous oüir ,Religion
facrée !
Déeffe, deLOUIS, en tout tems
reverée ,
Vous dont il fut toûjours le plus
folide appui
Craignez- vous que nos verss'en
taiſent aujourd'hui ?
Pourrions- nous oublier que pour
vôtre défenſe
Ilſignala cent fois de fon brasla
Narvik puißances
Que plus souvent encor, docileà
Il mépriſa pour vous la victoire
fes droits.
Offert àvos autels,presque avant
C
GALANT 19:
zenia i que de naître
Son attache pour vousſefitbientôt
connoître
Ilcrut que le pouvoirn'étoit mis
agram les mains
Que pour vous affervir le reste des
humains.
C'est pour vous qu'animéde l'ardour
d'unfaintzela,
De vos auguſtes droits confervateur
fidele
On lui vit conſommer tant de
nobles projets
Pour ramener à vous , de rebeles
ben føjets
L'Univers admira des nations
Bij
20 MERCURE
Ouvrirenfin lesyeux aux divines
a's lumierengqua
Et les peuples affis aux regions
2. des Morts
Revoir un jour plus purparfes
ach fages efforts, en
Viton , tant qu'il vécut , le
demon du blafpheme 10
Braver impunément la Majesté
Supreme al
L'impicen ſes fureurs , ofa-t- il
Etle crimefans masque,àſesyeux
Ye montrer ?
Que de Temples batis!que d'illuftres
Frophées
Monumens éternels , des erreurs
GALANT. 7 21
sétouffées !
Que d'aziles ſacrez où la chafte
pudeur
Acouvert des dangers
Sonhonneur!
Poëtes ,c'est Loüis
conferve
ffaauutt llee dépeindre ;
tel qu'il
Heureux en ce tableau de n'avoir
- rienàfeindresul
Mais auffi prenez garde , en
traçant ceportrait ,
Qu'un trop foible pinceau n'en
dérobe aucun trait
Faites voirfes vertus égalantfa
puiffance ,
Son merite plus grand, encorque
wafanaissance
22 MERCURE
Humble , malgré l'éclat d'une
bante ſplendent
Sçachantparsa bonté tempererſa
grandeur ,
Poßedant fans orguëil la majesté
Supreme
Maistre deſesſujets , plus encor
deluy même 2.19.201
Exact&vigilant ,fobre , labo-
Faisant tout par ses mains ,
voyant tout parfesyeux
Liberal genereux , profand ,
impenetrables esti
Du crime&de l'erreur wangeur
inexorable to no
Le défenseur des bons le fleau
GALANT. 23
! des méchans ,
Leprotecteur des Arts ,lefoûtien
des Sçavans ;
Le coeurfincere &droit , vaſte ,
conftant,folide,
Fermedans les dangers , coura
geux , intrepide ,
Toûjours égalàlui,dans lesfuccés
divers,
Grand, lors qu'il fut heureux,
plusgrand, dans les revers
Confervant jusqu'au bout d'une
Longue carriere
Desplus pures vertus lefacré
caractere.
Plein d'amour pour ſon Dieu ,
Soumis àfes decrets
14 MERCURE
Dans l'excésdeses maux, benif-
Santfes arrests,
Offrantfans murmureraux coups
८ defa justice
De ſes jours glorieux l'auguſte
facrifice ;
Montrantjusqu'au tombeau qu'il
ne lui manqua rien
DuRoy, ni du Heros,du Grand,
ni duChrétien.
:
Mais tandis que nos vers traceront
ces peintures ,
Illuftres monumens pour les races
futures,
PHILIPPES , digne appui du
trône de Loüis ,
Sur les traits de l'Ayeulformez
le Petit Fils ; De
GALANT 25
DuMonarque Françoisfoûtenez
Qu'il écoute dans vous la voix
de la Sageße : 10.01
Inſtruisez- le dans l'art de ces charmes
vainqueurs ,
Qui du Peuple des Grands
vous attirent les coeurs.
Quede Dous il apprenne àregler
Son courage,
Qu'il puiße à votre exemple être
vaillant &ſage;
Que de Loüis mourant il rempliffe
les voeux , :
Et qu'unjour comme vous ilfaſſe
des heureux.
J. MARGAT , D. L. C. D. J.
Decembre 1715.
Fermer
1118
p. 26-36
ODE sur la mort du Roy.
Début :
Quelle douleur succede à tes vives allarmes ? [...]
Mots clefs :
France, Règne, Mort du roi, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE sur la mort du Roy.
ODE 200
fur la mort du Roy
Quelle douleur fuccede à tes
vives allarmes ?
France, tupers Lois ton appui
dans tes maux
Qu'àtes pleurs l'univers vienne
د meslerſes Larmes
Lamort lui ravitſon Heros.
Son regne dont l'éclat plus de
deux foisſept lustres
GALANT. 27
Jusqu'aux climats brulans fit refpecter
les Lys
Fut moins long par les ans , que
par les faits illuftres
Dontſesfastesferontremplis.
CeHerosenluiſeul a réüni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertſes ayeux ;
Etfon regne àjamais
3
vir d'histoire
pourrafer.
De tous les regnesglorieux.
Lepenchant genereux qu'il reçut
en partage
Des Rois & des Etats lefit le
protecteur ;
Etfon grand nom le fruit de fon
Cij
28 MERCURE
noble courage ,
٦٠
L'enfit malgré luy la terreur.
Tout àses coups alors cedafans
resistance ,
La victoireſembloit aßervic afes
loix,
Ettantdefois vainqueur jamais
asapuißance
Loüis n'égala ſes exploits.
A bornerses progrés il trouva
plus de charmes ;
Au coeur de ce Monarque il en
pent trop coûté 2.
Defignater encor la force de ſes
rmes
Aux dépens de ſon équité.
Maisfoit qu'il triomphât de la
GALANT. 29
fortune altiere ,
Soit qu'il la vit partoutſeconder
ſes projets ,
Il fut plus grand dans l'une &
dans l'autre carriere
Quefa gloire &quefesfuccés.
En vain pour nous punir le
Ciebdans fa colere
Trancha le cours heureux de nos
profperitez;
Lois qu'il nous laiſſoit dans un
fort fi contraire
Nous répondoit deſes bontez.
Contre tous les reversfa grande
ame affermie
Dans l'excés de nos maux fut
nêtre unique appuy ,
Ciij
30 MERCURE
Et ce que nous oſtoit la fortune
ennemie
Nous le retrouvions tout en
luy.
Sa vertufçut bientoſt diſſiper
ces tempêtes ,
Et nous faire admirer ces beaux
jours retracez
Où l'avenir verra par unmois
de conquêtes
Des regnes fameux effacez.
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toûjours extrêmes
Fougueux dans les perils, laches
dans le repos ;
Illeur faut des combats , trop
foibles par cux mêmes
GALANT. 31
Pour pouvoir mourir en Heros.
Louis de ses beaux jours fent
approcher leperme
Tel qu'on le vit cent fois affronviouti
par le trépas :
Tout tremble &s'attendrit,Louis
٢٠
tranquile&ferme
il
Louis feul ne s'allarme pas.
Rien n'échape à ſes ſoins
parle,erfa fagiſſe
Datrône au jeuneRoy peint les
vécueils divers ;
Aux leçons quepour toy luy dicte
לייfa tendreffe ,
France, connois ce que tupers.
Pourquoyparſes leçons luy dé.
couvrir l'usage
Ciij
32 MERCURE
Que doit faire un grand coeur du
Souverain pouvoir
Qu'à ses yeux pour l'inftruire il
retrace l'image ১৯২
Du regne qu'il nous afaitvoir.
Pour la Religion que ne fit
ploaintfonzele?
C'est elle qui luy rend ce qu'elle
tient de luy;
Il fut fon protecteur , par un
retourfidele
Il trouve en elle unferme appuy.
Il meurt,mais plus beros qu'en
cesjours qu'on admire
Où Maîtreffe du fort de tousſes
ennemis
La France triomphantea vûfous
GALANT. 33.
for empire
L'Univers tremblantoufoumis.
Sagloire qu'il porta juſqu'au
degré fuprême
L'avoir mis au-deſſus du reſte des
humains ,
La mort pour s'élever au- deſſus
de luy- même
A fçûluyfrayer les chemins.
Des temps les plus heureux
découvrons les vestiges,
Quelfiecle raffembla tantde traits
Quel fiecle a- t- il du noftre égalé
les prodiges ?
Quand il n'eût produit que Loüis.
Mais deviez- vous belasfourdà
34 MERCURE
noftre priere
Acette épreuve encor , ô Ciel ,
nous referver ?
Falloit il nous montrerſa vertu
24 toute entiere
Si vouliez nous l'enlever.
Vains efforts il n'est plus ,ô
tristeße mortelle !
Pout foûtenir nos coeurs par ce
coup abbatus ,
Confervons-y toûjours leſouvenir
fidelle
De ſes heroïques vertus.
Souvenir accablant , impuif-
Santereffource,
Dans l'excés de nos maux foible
Soulagement,
GALANT. 35
Qui de nôtre douleur nous découvrant
lasource
En irrite leſentiment.
Dignefang de Louis ,aprés ce
coup funeste ,
Vous estes aujourd'huy nôtre espoir
le plus doux :
Profitezdes bienfaits de la bonté
celeste
Pourlefaire revivre envous.
Recueillez les vertusde vôtre
auguste race,
D'unpere &d'un ayeulles regnes
nous font dûs :
Prince ,il faut que ſous vous un
feul regne remplace
Tous ceux que nous avons perdus.
36 MERCURE
Duberos dont les loix reglent
nos destinées,
Et que de mille dans le Ciel prit
Soin d'orner
Les exemplessçauront bien mieux
que les années
Vous montrer l'art degouverner.
A. BARRY , D. L C. D J.
fur la mort du Roy
Quelle douleur fuccede à tes
vives allarmes ?
France, tupers Lois ton appui
dans tes maux
Qu'àtes pleurs l'univers vienne
د meslerſes Larmes
Lamort lui ravitſon Heros.
Son regne dont l'éclat plus de
deux foisſept lustres
GALANT. 27
Jusqu'aux climats brulans fit refpecter
les Lys
Fut moins long par les ans , que
par les faits illuftres
Dontſesfastesferontremplis.
CeHerosenluiſeul a réüni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertſes ayeux ;
Etfon regne àjamais
3
vir d'histoire
pourrafer.
De tous les regnesglorieux.
Lepenchant genereux qu'il reçut
en partage
Des Rois & des Etats lefit le
protecteur ;
Etfon grand nom le fruit de fon
Cij
28 MERCURE
noble courage ,
٦٠
L'enfit malgré luy la terreur.
Tout àses coups alors cedafans
resistance ,
La victoireſembloit aßervic afes
loix,
Ettantdefois vainqueur jamais
asapuißance
Loüis n'égala ſes exploits.
A bornerses progrés il trouva
plus de charmes ;
Au coeur de ce Monarque il en
pent trop coûté 2.
Defignater encor la force de ſes
rmes
Aux dépens de ſon équité.
Maisfoit qu'il triomphât de la
GALANT. 29
fortune altiere ,
Soit qu'il la vit partoutſeconder
ſes projets ,
Il fut plus grand dans l'une &
dans l'autre carriere
Quefa gloire &quefesfuccés.
En vain pour nous punir le
Ciebdans fa colere
Trancha le cours heureux de nos
profperitez;
Lois qu'il nous laiſſoit dans un
fort fi contraire
Nous répondoit deſes bontez.
Contre tous les reversfa grande
ame affermie
Dans l'excés de nos maux fut
nêtre unique appuy ,
Ciij
30 MERCURE
Et ce que nous oſtoit la fortune
ennemie
Nous le retrouvions tout en
luy.
Sa vertufçut bientoſt diſſiper
ces tempêtes ,
Et nous faire admirer ces beaux
jours retracez
Où l'avenir verra par unmois
de conquêtes
Des regnes fameux effacez.
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toûjours extrêmes
Fougueux dans les perils, laches
dans le repos ;
Illeur faut des combats , trop
foibles par cux mêmes
GALANT. 31
Pour pouvoir mourir en Heros.
Louis de ses beaux jours fent
approcher leperme
Tel qu'on le vit cent fois affronviouti
par le trépas :
Tout tremble &s'attendrit,Louis
٢٠
tranquile&ferme
il
Louis feul ne s'allarme pas.
Rien n'échape à ſes ſoins
parle,erfa fagiſſe
Datrône au jeuneRoy peint les
vécueils divers ;
Aux leçons quepour toy luy dicte
לייfa tendreffe ,
France, connois ce que tupers.
Pourquoyparſes leçons luy dé.
couvrir l'usage
Ciij
32 MERCURE
Que doit faire un grand coeur du
Souverain pouvoir
Qu'à ses yeux pour l'inftruire il
retrace l'image ১৯২
Du regne qu'il nous afaitvoir.
Pour la Religion que ne fit
ploaintfonzele?
C'est elle qui luy rend ce qu'elle
tient de luy;
Il fut fon protecteur , par un
retourfidele
Il trouve en elle unferme appuy.
Il meurt,mais plus beros qu'en
cesjours qu'on admire
Où Maîtreffe du fort de tousſes
ennemis
La France triomphantea vûfous
GALANT. 33.
for empire
L'Univers tremblantoufoumis.
Sagloire qu'il porta juſqu'au
degré fuprême
L'avoir mis au-deſſus du reſte des
humains ,
La mort pour s'élever au- deſſus
de luy- même
A fçûluyfrayer les chemins.
Des temps les plus heureux
découvrons les vestiges,
Quelfiecle raffembla tantde traits
Quel fiecle a- t- il du noftre égalé
les prodiges ?
Quand il n'eût produit que Loüis.
Mais deviez- vous belasfourdà
34 MERCURE
noftre priere
Acette épreuve encor , ô Ciel ,
nous referver ?
Falloit il nous montrerſa vertu
24 toute entiere
Si vouliez nous l'enlever.
Vains efforts il n'est plus ,ô
tristeße mortelle !
Pout foûtenir nos coeurs par ce
coup abbatus ,
Confervons-y toûjours leſouvenir
fidelle
De ſes heroïques vertus.
Souvenir accablant , impuif-
Santereffource,
Dans l'excés de nos maux foible
Soulagement,
GALANT. 35
Qui de nôtre douleur nous découvrant
lasource
En irrite leſentiment.
Dignefang de Louis ,aprés ce
coup funeste ,
Vous estes aujourd'huy nôtre espoir
le plus doux :
Profitezdes bienfaits de la bonté
celeste
Pourlefaire revivre envous.
Recueillez les vertusde vôtre
auguste race,
D'unpere &d'un ayeulles regnes
nous font dûs :
Prince ,il faut que ſous vous un
feul regne remplace
Tous ceux que nous avons perdus.
36 MERCURE
Duberos dont les loix reglent
nos destinées,
Et que de mille dans le Ciel prit
Soin d'orner
Les exemplessçauront bien mieux
que les années
Vous montrer l'art degouverner.
A. BARRY , D. L C. D J.
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1119
p. 36-42
HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Début :
Il est juste, & c'est bien la moindre chose, que les meilleures / L'Université honorée par nos Roys vos ayeux du titre de Fille [...]
Mots clefs :
Université, Rois, Régent, Régent du Royaume, Duc d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE faite à S. A. R. Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, par M. de Montempuys, Recteur de l'Université, le Mardy 26. Novembre 1715.
Il eſt juſte, & c'eſt bien la
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
moindre choſe , que les meilleures
pieces paſſent les premieres
, c'eſt une amorce pour
les Lecteurs , &une preference
dont ils ſçavent gré à l'Auteur.
Le nom, le merite & l'érudition
de M. de Montem-
1
GALANT. 37
puys , Recteur de l'Univerſité ,
répondent de l'équité de mon
choix. Voicy fon difcours ??
4
HARANGUE
faite à S. A.R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume , par M. de
Montempuys , Recteur de
l'Univerſité , le Mardy 26.
Novembre 171
1
MONSEIGNEUR ,
L'Univerſité honorée par nos
Roys vos ayeux du titre de Fille
aînée asouhaité avec empreſſe
38 MERCURE
ment deſepreſenterdevantV. A.
R. attentive qu'elle a toûjours
eftéàcelles de vos grandes qualitez
qui ont le plus de rapport à
fes occupations paisibles , elle admire
depuis longtemps en V. A.
R.labeauté, l'étenduë d'eſprit,
laſcience ,le goust,&la connoisfancedes
beaux arts.
Maintenant , elle voit l'ufage
de ces rares talents dans laforme
de gouvernement que vous
venez d'établirdans leRoyaume.
Tout a concouru , Monseigneur,
àvous en afßûrer la Regence ,
lesdroitsde vostre naiſſance augufle
jugement unanime des te
GALANT. 3 ,
Grands des Magistrats , les
voeux de tout le peuple , dans un
tel accord , dont àpeiney a-t-il
un seul exemple , chacun reconnoift
une providence particuliere
qui dans le temps que Dieu
nous affligeoit par les pertes confiderables
que nous avons faites ,
vous preparoit , Monseigneur ,
pourune reffource fûre aux regrets
aux peines d'un bon peuplequi
parsafidelité&ſon attachement
àfes Rois a toujours morité
d'avoirde bons maistres.
Déja l'on reffent les effets de
vôtre Regence universelle ,elle
pourvoit àtout beſoin ; active,
40 MERCURE
elle prendfurelle les travaux les
plus grands ; clairvoyante , elle
diftingue le bien & le mab, Va
vrai &leſéduisant ; reglée,elle
conferue les droits de chaque états
puiſſante , elle contient tout dans
le devoir& dans le respect,dou
ce , elle vous laiſſe d'un accésfabienfaisante
cile, , ellene fefait
fentirque par le bien qu'ellefait
la distribution des graces estlafeule
referve qu'ellese faſſeſurtous les
drais. 201
Puiſſions nous avoirpartaux
bontiz de V. 4. R. j'ose te dire
de la Compagnie au nom de laquelle
j'ay l'honneur de parler
nous
i
GALANT. 41
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté & la nobleffe de
Notre établiſſement ,parla pureté
de nos maximes qui nesont que
les loix du Royaume ,par l'utilité
de nosfonctions ,par la fimplicité
de nos moeurs , nul interest ne nous
amenera devant vous , Monfeigneur,
fi ce n'est celuydu bien public
, nulle ambition ,ſice n'est
celle d'eftre agreables à V. A. R.
&de l'aſſeurer de nos reſpects les
plus profonds , nulle inquiétude ,
ſi ce n'eſtſur voſtre ſanté. Permettez-
nous , Monseigneur , de
vous demander pour premiere
grace de la ménager cette precieuse
Decembre 1715. D
42 MERCURE
fanté,que vosfoinsfoientpartagés
entre vostre Royale Perfonne&
l'Etat. De vostre confervation ,
Monseigneur , dépendce que nou's
Jouhaitons leplus , l'éducation du
Roy dans les principes de nosLibertez
, qui ne sont que les droits
les plusfacrezde la Couronne&
de l'Episcopat , l'affermiſſement
& la durée d'un gouvernement
tout parfait ,le rétabliſſement des
Lettres dans lear Splendeur
dans leur liberté.
Fermer
1120
p. 48-58
CHAPITRE I. DES EVENEMENS curieux qui ont precedé la Mission de Mehemet Riza Beg, en France.
Début :
Lorsque M. Fabre fut envoyé de Constantinople en Perse, pa [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur de Perse, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE I. DES EVENEMENS curieux qui ont precedé la Mission de Mehemet Riza Beg, en France.
CHAPITRE I.
DESEVENEMENS
curieux qui ont precedé la
Mission de Mehmet Riza
Bigen France.
Lorſque M. Fabre fut envoyé
de Conſtantinople en
Perfe , pa M. de Feriol , Ambafladeur
à la Porte , & qu'il
cût
GALANT. 49
cût receu de luy ics Lettres
d'Envoyé Extraordinaire &
les Preſens du Royde France,
pour le Roy de Perſe , il tomba
malade à Erivan .
,
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avoit eû la précaution
de mener avec luy , pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa tous ſes ſoins pour
luy fauver la vie; mais la mort
qui l'enleva , la rendit en peu
dejours , veuvede ſonAmant.
Alors elle tint un petitConſeil
dans ſamaiſon , les enfans du
deffunt ,& fes domeſtiques qui
avoient une grande opinion
Decembre 1715 . E
رم MERCURE
de ſon eſprit , ſe déclarerent
tous pour elle Leurs fuffrages
&leurs foumiſſions la raffeurerent
contre tous les perils ,
que ſans leur ſecours , ella
pouvoit courir dans une Contrée
auffi éloignée des lieux où
elle avoit receu le jour. Mademoiſelle
P. ( c'eſt le nom de
cette belle perſonne , qui eſt
maintenant à Paris ) ſe ſaiſit
alors des papiers&des inftruc ,
tions de M. Fabre , & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perfe ,les preſens deſtinez pour
Sa Hautefle , &dont la Cour
GALANT. SE
de France avoit chargé fon
Amant. Elle prit en même
temps caractere ,& en veritable
Ambaſladrice de France ,
elle déclara à Fars Ali , alors
* Kan d'Erivan , les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. ſon Maître ,de ſe rendre
inceſſamment à Hifpahan.
Pluſieurs Courriers furent auffitoſt
dépêchez pour aller
annoncer aux Miniſtres du
Roy de Perſe , l'arrivée de
Madame l'Ambaſſadrice de
France àErivan , Mademoiſelle
P. auroitjoüé fon rôle àmer-
Gouverneur.
E ij
52 MERCURE
veille , ( car elle a beaucoup
d'eſprit ) fi malheureuſement
Fars Ali n'étoit devenu amoureux
d'elle. La paſſion du Kan
qui l'embarraſſa prodigieute,
ment , fufpendit l'execution
de ſes projets & les ruïna mê,
me entiérement , parce que ,
fur ces entrefaites M. de Feriol
fut inſtruit des grands
deſſeins de Madame l'Ambafſadrice
, & prie de juſtes meſures
pour en empêcher l'effer.
Mehemet Riza Beg qui eſt le
Heros de cette hiſtoire ,& qui
n'étoit alors * qu'un chétifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag, de Cor.
neille...
.
1
GALANT. 53
tenier des Troupes d' Armenie , la
vit un jour qu'elle faiſoitune
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
, ſuiviede tous ſes domef
tiques ; il la trouva fi belle
qu'ilne pût deffendre ſoncoeur
du feu de ſes beaux yeux , &
fon amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit
, il eût enfin l'inſolence de
luy déclarer fa paſſion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
unProcureur Fiſcal qui oferoit
devenir amoureux d'elle,&luy
E iij
54 MERCURE
faire le temeraire aveu de fon
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eauà boire avec
unAmantde cette eſpece, ſes
yeux dédaignant même le
Kin qui brûloit pour elle , avoient
réſolu de n'eſſayer leurs
traits que fur le coeur du Sophi,
Ce Prince alors s'approchant
d'Erivan , ſur la nouvelle
qu'il receut de la qualité , des
beautez & de l'arrivée de cette
grande Damedans la Capitale
de l'Armenie , luy envoya des
Eſclaves , des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de prefens , clcortez d'un
GALANT. SS
gros de Cavaleric , qui avoit
ordre de l'eſcorter elle même ,
juſques dans la Ville où il avoit
réſoluderecevoir cette illuftre
Ambaſſadrice ; mais le fuccés
ne répondit pas à fon attente ,
&des Lettres qui luy furent
envoyées de Conſtantinople ,
le détromperent au milieu des
grands préparatifs qu'il failoit
pour cette pompeufe ceremonic.
Il s'indigna de la fupercheriede
cette fille,dont l'hiſtoire
luy fut écrite , affez fidelement
pour le dégoûter de l'envie
de la voir , & il envoya fur
le champ au Kan d'Erivan ,
,
Eijij
56 MERCURE
ordrede la chaſſer des terres de
fon Empire. Alors ce Kan
voyant renaître ſes eſperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
du Sultan , forma le defſein
de l'enfermer dans ſon
Serrail , de renvoyer ſes domeſtiques
en Europe , & d'écrire
auffitôt àſon Maître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hauteſſe. Je ne ſçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inftruit des deſſeins du Kan ,
mais je ſçay de bonne part que
la frayeur qu'il eûr qu'elle ne
fut à jamais la proye de cet
GALANT. 57
homme violent , le détermina
àl'avertir (quoiqu'il en coutât
infiniment àſon repos )du funeſte
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis
,& revint enfin en Europe,
aux dépens de tout ce qu'elle
avoit pû ménager d'argent ,&
à la faveur de mille déguiſes
ments dont le détail ſeroit d'une
longueur prodigieuſe , &
peut être même ennuyeuſe ,
malgré le grand fuccés dont ſe
fatte celuy qui a pris la peine
d'écrire toutes les circonſtances
de cette merveilleuſe Hil
toire , qu'il promet de rendre
38 MERCURE
inceſſamment pubique tous le
nom del Heroine de Perfe , qui
a depuis peu , par parenthefe ,
eſlayé de donner à Paris des
marques de fa reconnoiffance ,
à fon liberateur;mais dés qu'on
ſçût qu'elle s'acharnoit à luy
rendre des viſites , on eût foin
de la mettre ſous la garde d'un
Moger d Erat , qui a répondu
d'elle , pendant tout le féjour
que cet Ambaſſadeur a
fait icy. Revenons maintenant
al'Hintone de ſon Ambaſlade.
DESEVENEMENS
curieux qui ont precedé la
Mission de Mehmet Riza
Bigen France.
Lorſque M. Fabre fut envoyé
de Conſtantinople en
Perfe , pa M. de Feriol , Ambafladeur
à la Porte , & qu'il
cût
GALANT. 49
cût receu de luy ics Lettres
d'Envoyé Extraordinaire &
les Preſens du Royde France,
pour le Roy de Perſe , il tomba
malade à Erivan .
,
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avoit eû la précaution
de mener avec luy , pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa tous ſes ſoins pour
luy fauver la vie; mais la mort
qui l'enleva , la rendit en peu
dejours , veuvede ſonAmant.
Alors elle tint un petitConſeil
dans ſamaiſon , les enfans du
deffunt ,& fes domeſtiques qui
avoient une grande opinion
Decembre 1715 . E
رم MERCURE
de ſon eſprit , ſe déclarerent
tous pour elle Leurs fuffrages
&leurs foumiſſions la raffeurerent
contre tous les perils ,
que ſans leur ſecours , ella
pouvoit courir dans une Contrée
auffi éloignée des lieux où
elle avoit receu le jour. Mademoiſelle
P. ( c'eſt le nom de
cette belle perſonne , qui eſt
maintenant à Paris ) ſe ſaiſit
alors des papiers&des inftruc ,
tions de M. Fabre , & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perfe ,les preſens deſtinez pour
Sa Hautefle , &dont la Cour
GALANT. SE
de France avoit chargé fon
Amant. Elle prit en même
temps caractere ,& en veritable
Ambaſladrice de France ,
elle déclara à Fars Ali , alors
* Kan d'Erivan , les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. ſon Maître ,de ſe rendre
inceſſamment à Hifpahan.
Pluſieurs Courriers furent auffitoſt
dépêchez pour aller
annoncer aux Miniſtres du
Roy de Perſe , l'arrivée de
Madame l'Ambaſſadrice de
France àErivan , Mademoiſelle
P. auroitjoüé fon rôle àmer-
Gouverneur.
E ij
52 MERCURE
veille , ( car elle a beaucoup
d'eſprit ) fi malheureuſement
Fars Ali n'étoit devenu amoureux
d'elle. La paſſion du Kan
qui l'embarraſſa prodigieute,
ment , fufpendit l'execution
de ſes projets & les ruïna mê,
me entiérement , parce que ,
fur ces entrefaites M. de Feriol
fut inſtruit des grands
deſſeins de Madame l'Ambafſadrice
, & prie de juſtes meſures
pour en empêcher l'effer.
Mehemet Riza Beg qui eſt le
Heros de cette hiſtoire ,& qui
n'étoit alors * qu'un chétifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag, de Cor.
neille...
.
1
GALANT. 53
tenier des Troupes d' Armenie , la
vit un jour qu'elle faiſoitune
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
, ſuiviede tous ſes domef
tiques ; il la trouva fi belle
qu'ilne pût deffendre ſoncoeur
du feu de ſes beaux yeux , &
fon amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit
, il eût enfin l'inſolence de
luy déclarer fa paſſion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
unProcureur Fiſcal qui oferoit
devenir amoureux d'elle,&luy
E iij
54 MERCURE
faire le temeraire aveu de fon
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eauà boire avec
unAmantde cette eſpece, ſes
yeux dédaignant même le
Kin qui brûloit pour elle , avoient
réſolu de n'eſſayer leurs
traits que fur le coeur du Sophi,
Ce Prince alors s'approchant
d'Erivan , ſur la nouvelle
qu'il receut de la qualité , des
beautez & de l'arrivée de cette
grande Damedans la Capitale
de l'Armenie , luy envoya des
Eſclaves , des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de prefens , clcortez d'un
GALANT. SS
gros de Cavaleric , qui avoit
ordre de l'eſcorter elle même ,
juſques dans la Ville où il avoit
réſoluderecevoir cette illuftre
Ambaſſadrice ; mais le fuccés
ne répondit pas à fon attente ,
&des Lettres qui luy furent
envoyées de Conſtantinople ,
le détromperent au milieu des
grands préparatifs qu'il failoit
pour cette pompeufe ceremonic.
Il s'indigna de la fupercheriede
cette fille,dont l'hiſtoire
luy fut écrite , affez fidelement
pour le dégoûter de l'envie
de la voir , & il envoya fur
le champ au Kan d'Erivan ,
,
Eijij
56 MERCURE
ordrede la chaſſer des terres de
fon Empire. Alors ce Kan
voyant renaître ſes eſperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
du Sultan , forma le defſein
de l'enfermer dans ſon
Serrail , de renvoyer ſes domeſtiques
en Europe , & d'écrire
auffitôt àſon Maître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hauteſſe. Je ne ſçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inftruit des deſſeins du Kan ,
mais je ſçay de bonne part que
la frayeur qu'il eûr qu'elle ne
fut à jamais la proye de cet
GALANT. 57
homme violent , le détermina
àl'avertir (quoiqu'il en coutât
infiniment àſon repos )du funeſte
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis
,& revint enfin en Europe,
aux dépens de tout ce qu'elle
avoit pû ménager d'argent ,&
à la faveur de mille déguiſes
ments dont le détail ſeroit d'une
longueur prodigieuſe , &
peut être même ennuyeuſe ,
malgré le grand fuccés dont ſe
fatte celuy qui a pris la peine
d'écrire toutes les circonſtances
de cette merveilleuſe Hil
toire , qu'il promet de rendre
38 MERCURE
inceſſamment pubique tous le
nom del Heroine de Perfe , qui
a depuis peu , par parenthefe ,
eſlayé de donner à Paris des
marques de fa reconnoiffance ,
à fon liberateur;mais dés qu'on
ſçût qu'elle s'acharnoit à luy
rendre des viſites , on eût foin
de la mettre ſous la garde d'un
Moger d Erat , qui a répondu
d'elle , pendant tout le féjour
que cet Ambaſſadeur a
fait icy. Revenons maintenant
al'Hintone de ſon Ambaſlade.
Fermer
1121
p. 59-74
CHAPITRE II. Comment Mehemet Riza Beg fut nommé par le Kan d'Erivan, Ambassadeur de Perse en France.
Début :
Aprés la mort de M. Fabre & la desertion de l'Heroïne de [...]
Mots clefs :
Homme, Mehmet Riza Beg, France, Lettre, Ambassadeur, Empereur, Smyrne, Perse, Ambassadeur de Perse, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE II. Comment Mehemet Riza Beg fut nommé par le Kan d'Erivan, Ambassadeur de Perse en France.
CHAPITRE II.
Comment Mehemet Riza Beg
fut nommé par le Kan d'Eri-
-van , Ambassadeur dePerfe
en France.
Aprés la mort deM. Fabre
&ladefertion de l'Heroïne de
Perfe , M. Michel aujourd'hui
Conful d'Alep , & qui étoit
alors à Conftantinople , fut
choifi par la Cour pour ſucce
derrà M. Fabre , al fe rendir
auffingttà Eruvan , Meher
mot Rzabeg luy fitkonfidence
A
M 2
60 MERCURE
du ſervice quil avoit rendu à
Mademoiselle P. &le pria en
même temps de folliciter pour
luy la haute paye auprés du
premier Ministre du Sophi ,
lorſqu'il feroit arrivé à Hifpaham.
Michel luypromit tout,
& lorſqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Perſe ,il parla
en effet de luy au Vizir , com
me d'un homme d'eſprit &
de merite. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter', qui devint
alors vacante par la mort
de celuy qui l'occupoit. Cependant
Michel fu avec lesMin
* Maire.
GALANC. 61
niftres de Perfe un/ Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de fa commiſſion.
Le temps de fa Milfion
expiré , il retourna en Europe
par Erivan , où il trouva
Mehemet inſtallé dans la dignité
qu'il luy avoit procurée.
L'ingratMehemet feignit non
ſeulement de ne le pas reconnoître,
mais il le traita comme
un homme dont la prefence
l'importunoir. Cette horrible
ingratitude du Kalenter àl'endroit
d'un Chrêtien à qui il
devoit fa fortune , donna une
grande opinion de fon cou
62 MERCURE
rage aux Mutulmans , Perſon
nage au reſte dont il a à merveille
ſoûtenu le caractere en
France. :
Pluſieurs années aprés le
départ de Michel , une Eſcadre
Françoiſe commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perſe la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes , où
M. le Maréchal de Villats remporta
une infigne victoire fur
nos Ennemis. Alors le fuccés
de nos armes nous faiſant des
amis même aux extrêmitez du
monde , nous attira des compliments
de pluſieurs Rois ſur
GALANT. 63.
lagloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perſe voulut être
du nombre des congratulants.
Mais preffentant apparemment
qu'il étoit d'une extreme
importance pour le ſujet
fur qui tomberoit l'honneur
de fon choix, qu'on ignorarà
Conſtantinople qu'il envoïoit
un Ambaſladeur en France , il
ſe ſervit d'un Millionnaire ,
homme ayant du côté de l'efprit,
tous les talents neceſſaires
pour s'acquitter plus mal que
perſonne d'une grande commiffion
; il le fit charger de
ſes intentions& de ſes Lettres
64 MERCURE
par ſes Miniftres. Elles étoient
adreflees au Kan d'Erivan , &
portoient en ſubſtance que Sa
Hauteſſe 1 Empereur des Rois
& le grand Roy du monde ,
ayant deſlein d'envoyer un
Ambaſſadeur au trés grand
Empereur des François , il luy
étoit enjoint à luy Kan d'Armenie
, de choiſir entre tous
les Vaſſaux de ſon Gouvernement
,l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplir cette
éclatante place , & de l'envoyer
le plus ſecretement qu'il
luy feroit poſſible , en France
avec les émeraudes pâles , les
perles
GALANT. 65
perles grifes , & les pots d'onguent
que le Miffionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
qui avoit perfecuté à outrance
tous les Marchands François
qui avoient paffé à Erivan ,
choiſit justement dans l'illuſtre
Mahomet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy , il jetta les yeux fur
cet homme , non- feulement
en confideration de lahaine
qu'il luy sçavoit pour nous ;
mais parce qu'il lehaïffoit luy
même ,& qu'il préſumoit fur
quelques apparences ,que cette
commiffionl'éloigneroit peut-
Decembre 1715 . F
66 MERCURE
/
eftre pour toujours. Le Miffionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
ſe recrier ſur les qualitez du
perſonnage qu'on nous deſti
noit. Sondépit en fut même
fi grand , que quoyqu'il n'cut
que médiocrement d'efprit ,
il écrivit fur la muraille de la
maiſon oùil logeoit à Erivan ,
&dans tous les caravanfarais
de laGeorgie , de laMingrelie,
& de la Mer noire par où il
paffa en revenant en Europe.
Un teljourMhemet Riza Beg,
Kalenter d'Erivan,a esté nommé
CALANT. 67
:
Ambassadeurde l'Empereur de
Perſe, auprés de l'Empereur de
France.
L
Le bruit de cette Election
fe répandit bien toſt ſur la
route que devoit tenir l'Ambaffadeur
luy même. Les
Turcs ne tarderent pas à en
eſtre informez : & ce fut cette
malice dont le ſuccés ne nous
pouvoit eftre qu'avantageux ,
qui ſuſcita à Mehemet Riza
Beg toutes les traverſes qu'il
cut à efſſuyer àKaars , à Erzerom
, à Smyrne , à Conſtantinople
, & à Alexandrette , jufqu'au
moment que Paderi le
Fij
68 MERCURE
reçût dans la Barque du Capitaine
de Cuges. Mais ces perils
font amplement circonftanciez
dans le Journal qui a
paru de l'Hiſtoire de cet Ambaffadeur
, & il eſt trés inutile
de repeter ici aucune de ces
Avantures Il eſt ſeulement à
propos, pour donner une juſte
idée du génie de ce rare Perfonnage,
de dire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne ; mais
pouvant, comme de raiſon ,
n'en eſtre pas crû fur ma parole
, je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage ſuffifant de M. de
GALANT. 69
L
Fontenu , Conſul de la Nation
Françoiſe à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres de ſa main.
Extrait d'une Lettre de
Smyrne , 12. Juin 1715.
al
Vous avezraison , Monfieur,
d'eſtre ſurpris que l'Ambassadeur
de Perſe ayant fait un affezlong
Séjour à Smyrne , il ne ſe foit
pas embarquésur leVaisseau que
j'avois fait preparer pour porter
fes Prefents en France, avec une
partie defon équipage ; il n'a tenu
qu'à luy de le faire , je luy en
MERCURE
avois donne toutes les facilitez
imaginables ; mais c'est un esprit
fi bizarre&fifantaſsque , qu'il
ne m'a pas esté poſſible de vaincre
les difficultez chimeriques qu'il
P'étoit formées . M. de Saint
Olon pourra vous apprendre quelle
forte de caract re d'homme se peut
eftre. Je n'en connois
pareille trempe ; ainfi
s'en prendre qu'à luy feui de tous
les math urs qui luy font arrivez
en Turquie , depuis qu'ilaquitié
Smyrne contre mon avis.
aucun de
il ne doit
1 i
GALANT
Extrait d'une autre Lettre de
Smyrnedu 25 Jailler }
Vous m'apprennez, Monfieur,
que l'Ambassadeur de Perfe se
plaint de moy, la grandtori , ilde
vroit bienpluſtoſt s'en leür,ily
auroit bien de l'injustice dans fon
fait; de me rendre refponfable,tant
deses indifcretionsſurſa route en
Turquie, que pendant leféjour qu'-
itafait ààSSmmyrne, où il ne m'a
pas étépoffibledefurmonterfes dif
ficultez, quelquesfaciles quefuffiniles
moyensque je luy ay propofezpourfon
embarquement. Le
72 MERCURE
fait eft, que j'avois hors du Chateau
un Vaisseau tout preft, dont
le Capitaine homme de bonnevolonté
& d'expedients , ſecondoit
parfaitement mes vûës , pour les
temps , les lieux &la fireté du
paßage. Ce que j'ay fait pour le
bagage, les lettres de créance, les
Priſents , & quelques perfonnes
de la fuite de l'Ambassadeur,jus.
tifie aß zqu'il n'a tenu qu'à luy
de profiter des juſtes mesures que
j'avois priſes, &que ſes irrefor
lutions mal fondées ont rinduës
inutiles , à fon égard ſeulement.
Il ne doit donc s'en prendre qu'à
luy- même des traverſesfâcheuſes
dont
GALANT 73
dont cette fauffe & premiere dé
marche a estéſuivie. Le Capitaine
Marcel qui est trés connu
àToulon est témoin du procedé bi
zarre de cet Ambaſſadeur.
Cette lecture fuffit pour juftifier
tous les bruits qui ont
couru ſur le compte de cer
Ambaſſadeur , & pour condamner
tous les éloges que je
luy ay donnez moy même ;
mais on n'a point de reproche
à faire la deffus à un Auteur
qui travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres ) plus
fans contredit pour ſon intereft
, que pour ſa gloire. D'ail-
Decembre 1715 . G
74 MERCURE
leurs le bon plaifir de mes fu
perieurs me preſcrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'en ſavois,
Comment Mehemet Riza Beg
fut nommé par le Kan d'Eri-
-van , Ambassadeur dePerfe
en France.
Aprés la mort deM. Fabre
&ladefertion de l'Heroïne de
Perfe , M. Michel aujourd'hui
Conful d'Alep , & qui étoit
alors à Conftantinople , fut
choifi par la Cour pour ſucce
derrà M. Fabre , al fe rendir
auffingttà Eruvan , Meher
mot Rzabeg luy fitkonfidence
A
M 2
60 MERCURE
du ſervice quil avoit rendu à
Mademoiselle P. &le pria en
même temps de folliciter pour
luy la haute paye auprés du
premier Ministre du Sophi ,
lorſqu'il feroit arrivé à Hifpaham.
Michel luypromit tout,
& lorſqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Perſe ,il parla
en effet de luy au Vizir , com
me d'un homme d'eſprit &
de merite. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter', qui devint
alors vacante par la mort
de celuy qui l'occupoit. Cependant
Michel fu avec lesMin
* Maire.
GALANC. 61
niftres de Perfe un/ Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de fa commiſſion.
Le temps de fa Milfion
expiré , il retourna en Europe
par Erivan , où il trouva
Mehemet inſtallé dans la dignité
qu'il luy avoit procurée.
L'ingratMehemet feignit non
ſeulement de ne le pas reconnoître,
mais il le traita comme
un homme dont la prefence
l'importunoir. Cette horrible
ingratitude du Kalenter àl'endroit
d'un Chrêtien à qui il
devoit fa fortune , donna une
grande opinion de fon cou
62 MERCURE
rage aux Mutulmans , Perſon
nage au reſte dont il a à merveille
ſoûtenu le caractere en
France. :
Pluſieurs années aprés le
départ de Michel , une Eſcadre
Françoiſe commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perſe la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes , où
M. le Maréchal de Villats remporta
une infigne victoire fur
nos Ennemis. Alors le fuccés
de nos armes nous faiſant des
amis même aux extrêmitez du
monde , nous attira des compliments
de pluſieurs Rois ſur
GALANT. 63.
lagloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perſe voulut être
du nombre des congratulants.
Mais preffentant apparemment
qu'il étoit d'une extreme
importance pour le ſujet
fur qui tomberoit l'honneur
de fon choix, qu'on ignorarà
Conſtantinople qu'il envoïoit
un Ambaſladeur en France , il
ſe ſervit d'un Millionnaire ,
homme ayant du côté de l'efprit,
tous les talents neceſſaires
pour s'acquitter plus mal que
perſonne d'une grande commiffion
; il le fit charger de
ſes intentions& de ſes Lettres
64 MERCURE
par ſes Miniftres. Elles étoient
adreflees au Kan d'Erivan , &
portoient en ſubſtance que Sa
Hauteſſe 1 Empereur des Rois
& le grand Roy du monde ,
ayant deſlein d'envoyer un
Ambaſſadeur au trés grand
Empereur des François , il luy
étoit enjoint à luy Kan d'Armenie
, de choiſir entre tous
les Vaſſaux de ſon Gouvernement
,l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplir cette
éclatante place , & de l'envoyer
le plus ſecretement qu'il
luy feroit poſſible , en France
avec les émeraudes pâles , les
perles
GALANT. 65
perles grifes , & les pots d'onguent
que le Miffionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
qui avoit perfecuté à outrance
tous les Marchands François
qui avoient paffé à Erivan ,
choiſit justement dans l'illuſtre
Mahomet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy , il jetta les yeux fur
cet homme , non- feulement
en confideration de lahaine
qu'il luy sçavoit pour nous ;
mais parce qu'il lehaïffoit luy
même ,& qu'il préſumoit fur
quelques apparences ,que cette
commiffionl'éloigneroit peut-
Decembre 1715 . F
66 MERCURE
/
eftre pour toujours. Le Miffionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
ſe recrier ſur les qualitez du
perſonnage qu'on nous deſti
noit. Sondépit en fut même
fi grand , que quoyqu'il n'cut
que médiocrement d'efprit ,
il écrivit fur la muraille de la
maiſon oùil logeoit à Erivan ,
&dans tous les caravanfarais
de laGeorgie , de laMingrelie,
& de la Mer noire par où il
paffa en revenant en Europe.
Un teljourMhemet Riza Beg,
Kalenter d'Erivan,a esté nommé
CALANT. 67
:
Ambassadeurde l'Empereur de
Perſe, auprés de l'Empereur de
France.
L
Le bruit de cette Election
fe répandit bien toſt ſur la
route que devoit tenir l'Ambaffadeur
luy même. Les
Turcs ne tarderent pas à en
eſtre informez : & ce fut cette
malice dont le ſuccés ne nous
pouvoit eftre qu'avantageux ,
qui ſuſcita à Mehemet Riza
Beg toutes les traverſes qu'il
cut à efſſuyer àKaars , à Erzerom
, à Smyrne , à Conſtantinople
, & à Alexandrette , jufqu'au
moment que Paderi le
Fij
68 MERCURE
reçût dans la Barque du Capitaine
de Cuges. Mais ces perils
font amplement circonftanciez
dans le Journal qui a
paru de l'Hiſtoire de cet Ambaffadeur
, & il eſt trés inutile
de repeter ici aucune de ces
Avantures Il eſt ſeulement à
propos, pour donner une juſte
idée du génie de ce rare Perfonnage,
de dire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne ; mais
pouvant, comme de raiſon ,
n'en eſtre pas crû fur ma parole
, je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage ſuffifant de M. de
GALANT. 69
L
Fontenu , Conſul de la Nation
Françoiſe à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres de ſa main.
Extrait d'une Lettre de
Smyrne , 12. Juin 1715.
al
Vous avezraison , Monfieur,
d'eſtre ſurpris que l'Ambassadeur
de Perſe ayant fait un affezlong
Séjour à Smyrne , il ne ſe foit
pas embarquésur leVaisseau que
j'avois fait preparer pour porter
fes Prefents en France, avec une
partie defon équipage ; il n'a tenu
qu'à luy de le faire , je luy en
MERCURE
avois donne toutes les facilitez
imaginables ; mais c'est un esprit
fi bizarre&fifantaſsque , qu'il
ne m'a pas esté poſſible de vaincre
les difficultez chimeriques qu'il
P'étoit formées . M. de Saint
Olon pourra vous apprendre quelle
forte de caract re d'homme se peut
eftre. Je n'en connois
pareille trempe ; ainfi
s'en prendre qu'à luy feui de tous
les math urs qui luy font arrivez
en Turquie , depuis qu'ilaquitié
Smyrne contre mon avis.
aucun de
il ne doit
1 i
GALANT
Extrait d'une autre Lettre de
Smyrnedu 25 Jailler }
Vous m'apprennez, Monfieur,
que l'Ambassadeur de Perfe se
plaint de moy, la grandtori , ilde
vroit bienpluſtoſt s'en leür,ily
auroit bien de l'injustice dans fon
fait; de me rendre refponfable,tant
deses indifcretionsſurſa route en
Turquie, que pendant leféjour qu'-
itafait ààSSmmyrne, où il ne m'a
pas étépoffibledefurmonterfes dif
ficultez, quelquesfaciles quefuffiniles
moyensque je luy ay propofezpourfon
embarquement. Le
72 MERCURE
fait eft, que j'avois hors du Chateau
un Vaisseau tout preft, dont
le Capitaine homme de bonnevolonté
& d'expedients , ſecondoit
parfaitement mes vûës , pour les
temps , les lieux &la fireté du
paßage. Ce que j'ay fait pour le
bagage, les lettres de créance, les
Priſents , & quelques perfonnes
de la fuite de l'Ambassadeur,jus.
tifie aß zqu'il n'a tenu qu'à luy
de profiter des juſtes mesures que
j'avois priſes, &que ſes irrefor
lutions mal fondées ont rinduës
inutiles , à fon égard ſeulement.
Il ne doit donc s'en prendre qu'à
luy- même des traverſesfâcheuſes
dont
GALANT 73
dont cette fauffe & premiere dé
marche a estéſuivie. Le Capitaine
Marcel qui est trés connu
àToulon est témoin du procedé bi
zarre de cet Ambaſſadeur.
Cette lecture fuffit pour juftifier
tous les bruits qui ont
couru ſur le compte de cer
Ambaſſadeur , & pour condamner
tous les éloges que je
luy ay donnez moy même ;
mais on n'a point de reproche
à faire la deffus à un Auteur
qui travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres ) plus
fans contredit pour ſon intereft
, que pour ſa gloire. D'ail-
Decembre 1715 . G
74 MERCURE
leurs le bon plaifir de mes fu
perieurs me preſcrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'en ſavois,
Fermer
1122
p. 74-90
CHAPITRE III. Comment Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, & ses beaux dits & gestes en cette Ville.
Début :
Or est il que Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, aprés [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Marseille, Ville, Dame, Maison, Temps, Ambassadeur, Tête
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texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE III. Comment Mehemet Riza Beg arriva à Marseille, & ses beaux dits & gestes en cette Ville.
CHAPITRE III
Comment Mehemet Riza Beg
arriva à Marseille, fes
beaux dits & geftes en cette
Ville.
00 2102
Or eſt il que Mehemet Riza
Begarriva à Marſeille, aprés
avoir cû grandement pour fur
la Mer , & y avoir fait enrager
pendant toutes la traverGALANT.
75
fée , Padery & le Capitaine de
Cujes. Dés qu'il fut entre le
Chaſteau d'If& la Ville àune
demie lieuë du Port , on envoya
le Chaloupe à terre , an
noncer l'arrivée de Son Excel.
lence , qui s'impatientoit depuis
longtemps du ſéjour qu'
elle faisoit dans ſa Barque.
Mais comme l'uſage eſt defaire
faire quarantaine àtous les
baſtimens qui reviennent du
Levant , de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportene
la peſte en France , il eût tout
le loiſir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
Gij
76 MERCURE
grace de quelques jours , mais
avant ſon débarquement ,A
goubheanhonnête homme&
riche Marchand Armenien ,
qui eſt encore icy pour les
affaires du Commerce ,& qui
étoit arrivé à Marseille, deux
mois avant luy , par le moyen
du Navire dans lequel M. de
Fontenu luy avoit procuré fon
embarquement àSmyrne , fut
à bord de fon bateau pour
luy rendre une viſite ; à la vûë
Mehemet ſe courrouça , &
entra dans une ſi grande fureur
, parce qu'il avoit eu le
bonheur d'arriver plutôt que
GALANT. 77
lu'y, qu'ilvoulut ſur le champ
luy couper la tête. Pluſieurs
Matēlots François qui ſejetterent
ſurluy , luy firent rengatner
ſon cimeterre ; mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas ſa tête bien loin. Cependant
l'eſperance qu'on lui
donna de le faire bien-tôt coucher
à la Ville , & quelques
pieces d'étoffe &d'argentl'appaiferent......
A la fin on le débarqua
avec tout ſon monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
magnificencede ſon équipage.
Deux gros paquets de vieux
Giij
78 MERCURE
haillons liez avec des cordes ,
& gras comme des bonnets
d'eſclaves , enchaſſez dans des
tapis de Perſe ſemblables à de
vieilles couvertures de mulet ,
compofoient ſachambre , fon
lit & la toilette. Chacun de
ſes domeſtiques portoit fon
bagage ſur ſon épaule , avec
quelques uſtancils de la cuiſine
de I Ambaſſadeur, dont la feule
pipe étoit portée avec refpoet
, comme en triomphe ,au
milieu de ce pompeux cortege.
Voicy l'ordre de ſa marche.
Des qu'il fut hors de la
Chaloupe , il trouva le long
GALANT. 79
du Port du côté où ſont les
Galeres,unevingtaine deChe.
vaux pourluy& pour ſes gens.
Ilmonta fur celuy qui luy fut
preſenté ,& au milieu de ſes
-ferviteurs conduit par le ſieur
-Defmarais , Lieutenant de la
Maréchauffée de Marseille il
arriva à la Maiſon de M de
-Cartigny , Tuivi d'une foule
depetitsenfans qui ne cefferent
de crier aprés luy, il a ch... au
lit. Il demanda à ſon Interaprete
de que fignifioient ſes
acclamations , l'officicux Paderi
qui rempliſſoit dignement
cette charge ,Huyorépondit ,
Giiij
80 MERCURE
que le Peuple parces, eris ,le
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de fon ame , & un mouvement
de generoſué ſuccedant
àla joye, il fit jester à cettepopulace
qui estoit aſſemblée autour
de fa maiſon , pluſieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé ſur tout , commença
à grapiller fur cette
hboralité. R
25) MarAtnou, Intendant des
Galeres, de Marfeille que la
Cour avoit changé de luy faire
tousles bons traitemens ima
GALANT. 81
ginables , le combla d'honneurs&
del preſents ,qu'il re-
-ceut comme une detre. Illexagera
d'abord àl'infini les droits
&la dépenſe des Ambaſfadeurs
de fon païs chez les autres
Nations du monde , il parla
d'un fimple Perfan comme
d'un demi Dicuà nôtre égard,
&de fonMaître à praportion,
ils'étonna qu'on n'eût pas en-
-voyé une Armée pour le recevoir
ſur la frontiere de noſtre
Empite yib murmura de nos
façonsille plaignit) della
mediocrité de fa dépenſe dont
il exigea da valeur en eſpecès
182 MERCURE
P
fonnantes , enfin il menaça de
s'enretourner en Perfe , ſa on
-ne luy donnoit pas des équipages
proportionnez à la magnificence
de ſes idées. Acette
amenace , M. Ainouluy dit
qu'il étoit le maître , & qu'il
avoit à ſon ſervice unVaiſſeau
tout prêt à mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût , & il en auroit temoigné
fon refentiment à M.Arnou
fi les charmes de ſon épouafe
n'avoient pasofarvi d'obſti
èle à ſa colere. Un feulregard
des yeux de Madame Arnou
2(qui eſtune des plus gracicut
GALANC. 83
ſes femmes de France ,) fuffit
pour appaiſer ſon courroux. Il
luy fit de trés - jolis compliments
, & luy promit l'honneur
de ſa protection auprés
du Roy. La Dame receut ſes
offres de ſervice avec de grandes
démonttrations de reconnoiſſance&
de joyc.
Sur ces entrefaites Mi de
S. Olon arriva à Marseille ,
chargé d'amples commiffions
de laCour ſur tout ce qui concernoit
le ceremonial & le dé
tail de la maiſon de ſon Excellence
, à qui il avoir , en partantde
Paris , pris la peine d'é
84 MERCURE
crire une tres-belle & tresobligeante
Lettre , qui avoit
été receuë à peu prés , comme
il le fut luy même ; mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Hiſtoire , dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les merveilleux & valeureux
évenements.
Lot.Decembre , treiziéme
jour de ſon arrivée àMar
feille , on le meria à l'Opera , où
(comme je l'ay dit dans mon
Journal , ) on luy avoit prepare
au milieu de l' Amphitheatre une
place pour luyſeul ,avecdes couf
fins un matelas couverts d'un
GALANT
riche tapis . M. de S. Olon étoit
affis à côté de luy sur un banc,
Paderi Dipiſes Interpretes
affis de l'autre , pour luy exp
quer de temps en temps quelques
endroits de l'Opera d'Amadis de
Grece , qu'on representoit alors.
Pendant tout le temps que dura
ce ſpectacle , il fuma à fon ordinaire.
Il prit du Thé &du Caffé,
&en envoyaà Madame l'Inten
dante & aux Dames qui étoient
dansſa loge ; il dit qu'ilavoit été
Surpris de la beautédu ſpectacle,
des danſes, de la musique ,
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venoit de voir ; mais il ne ſe
1
86 MERCURE
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendreſſe que
venoient de porter à fon coeur
les doux attraits deMeſdemoiſelles
Catin & Cato : ces deux
incomparables filles avoient fi
biendanſé,& fait àl'envil'une
de l'autre , de ſi jolies mines à
ſa fantaiſie , que l'infidele Mehemet
extafie de leurs gamba
des , en oublia les beaux yeux ,
qui dans cetteVille avoient été
ſes premiers vainqueurs ; en
quoy il fit tres ſagement. Il
raiſonna fort bien ſans doute
alors , & il n'y a dans cet endroit
de ſon Hiſtoire , certai-
८
GALANT. 87
•
nement pas licu d'en douter.
Voicy autant qu'il peutm'en
ſouvenir , à peu prés le raiſonnement
qu'il ſe fit. La premiere
Dame qui m'a plû icy , est une
Dame diftinguée par fon rang ,
comme par sa beauté ,&plus
verineuse encore qu'elle n'a de
graces de dignité, tant pis pour
elle. Que m'importe à moy d'aimer
une bonneste femme ?jiray
me caffer la tête contre un rocher
&jeperdray mon temps ,mapei
ne & mes pas . Voila ,parMa
homet , un joly Perſonnage pour
un Ambaſſateur d'un si grand
Empereur. Non non il nefera pas
88 MERCURE
L
dit quejefois venu de filoin , que
j'aye couru tant deperils , &que
je l'aye tanı defois échapéfibelle,
pour m' attacher à une cruelle affez
ennemie d'elle-même pour dédaigner
lesfaveurs inestimables dont
voudroit l'honorer un Musulman
tel que moy. Venez charmantes
Baladines que je viens de
voir danſer le cotillon defi bonne
grace,vous avez vous- même
trouvé grace devant ma face.Jay
encore dans ma valise quelques
vieilles peaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs زا dontje
prétends que vous vous faffiez
des bonnetsſuperbes , pour en orner
GALANT. 89
ner deformais vôtre chef. Cette
belle réſolution prife , il fit appeller
cceess Demoiſelles ,&leur
donna à chacune le preſent ſi
bien medité : il accompagna
cette galanterie de quelques
-careſſes qui mirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres filles , qu'elles briguerent
avec ſuccés la conqueſte
du fien.
Une melancolie tendre , &
l'amour de la retraite ſont
ordinairement les premiers
effets d'une grande paffion.
Ondevient trifte , morne , tout
ennuye hors l'objet aimé, com-
Decembre 1715. H
4
१० MERCURE
me il avint à noſtre Ambaſfadeur
, il ſe ſequeſtra du monde
, il ſe fit apporter ſon caffé ,
ſa pipe & fa gamele dans l'endroitle
plus fecret de fa maifon,
il s'y enferma , & les palmes
de l'amour firent dans cet
appartement de fon Palais ,
les délices de ſon ſéjour.
Comment Mehemet Riza Beg
arriva à Marseille, fes
beaux dits & geftes en cette
Ville.
00 2102
Or eſt il que Mehemet Riza
Begarriva à Marſeille, aprés
avoir cû grandement pour fur
la Mer , & y avoir fait enrager
pendant toutes la traverGALANT.
75
fée , Padery & le Capitaine de
Cujes. Dés qu'il fut entre le
Chaſteau d'If& la Ville àune
demie lieuë du Port , on envoya
le Chaloupe à terre , an
noncer l'arrivée de Son Excel.
lence , qui s'impatientoit depuis
longtemps du ſéjour qu'
elle faisoit dans ſa Barque.
Mais comme l'uſage eſt defaire
faire quarantaine àtous les
baſtimens qui reviennent du
Levant , de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportene
la peſte en France , il eût tout
le loiſir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
Gij
76 MERCURE
grace de quelques jours , mais
avant ſon débarquement ,A
goubheanhonnête homme&
riche Marchand Armenien ,
qui eſt encore icy pour les
affaires du Commerce ,& qui
étoit arrivé à Marseille, deux
mois avant luy , par le moyen
du Navire dans lequel M. de
Fontenu luy avoit procuré fon
embarquement àSmyrne , fut
à bord de fon bateau pour
luy rendre une viſite ; à la vûë
Mehemet ſe courrouça , &
entra dans une ſi grande fureur
, parce qu'il avoit eu le
bonheur d'arriver plutôt que
GALANT. 77
lu'y, qu'ilvoulut ſur le champ
luy couper la tête. Pluſieurs
Matēlots François qui ſejetterent
ſurluy , luy firent rengatner
ſon cimeterre ; mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas ſa tête bien loin. Cependant
l'eſperance qu'on lui
donna de le faire bien-tôt coucher
à la Ville , & quelques
pieces d'étoffe &d'argentl'appaiferent......
A la fin on le débarqua
avec tout ſon monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
magnificencede ſon équipage.
Deux gros paquets de vieux
Giij
78 MERCURE
haillons liez avec des cordes ,
& gras comme des bonnets
d'eſclaves , enchaſſez dans des
tapis de Perſe ſemblables à de
vieilles couvertures de mulet ,
compofoient ſachambre , fon
lit & la toilette. Chacun de
ſes domeſtiques portoit fon
bagage ſur ſon épaule , avec
quelques uſtancils de la cuiſine
de I Ambaſſadeur, dont la feule
pipe étoit portée avec refpoet
, comme en triomphe ,au
milieu de ce pompeux cortege.
Voicy l'ordre de ſa marche.
Des qu'il fut hors de la
Chaloupe , il trouva le long
GALANT. 79
du Port du côté où ſont les
Galeres,unevingtaine deChe.
vaux pourluy& pour ſes gens.
Ilmonta fur celuy qui luy fut
preſenté ,& au milieu de ſes
-ferviteurs conduit par le ſieur
-Defmarais , Lieutenant de la
Maréchauffée de Marseille il
arriva à la Maiſon de M de
-Cartigny , Tuivi d'une foule
depetitsenfans qui ne cefferent
de crier aprés luy, il a ch... au
lit. Il demanda à ſon Interaprete
de que fignifioient ſes
acclamations , l'officicux Paderi
qui rempliſſoit dignement
cette charge ,Huyorépondit ,
Giiij
80 MERCURE
que le Peuple parces, eris ,le
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de fon ame , & un mouvement
de generoſué ſuccedant
àla joye, il fit jester à cettepopulace
qui estoit aſſemblée autour
de fa maiſon , pluſieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé ſur tout , commença
à grapiller fur cette
hboralité. R
25) MarAtnou, Intendant des
Galeres, de Marfeille que la
Cour avoit changé de luy faire
tousles bons traitemens ima
GALANT. 81
ginables , le combla d'honneurs&
del preſents ,qu'il re-
-ceut comme une detre. Illexagera
d'abord àl'infini les droits
&la dépenſe des Ambaſfadeurs
de fon païs chez les autres
Nations du monde , il parla
d'un fimple Perfan comme
d'un demi Dicuà nôtre égard,
&de fonMaître à praportion,
ils'étonna qu'on n'eût pas en-
-voyé une Armée pour le recevoir
ſur la frontiere de noſtre
Empite yib murmura de nos
façonsille plaignit) della
mediocrité de fa dépenſe dont
il exigea da valeur en eſpecès
182 MERCURE
P
fonnantes , enfin il menaça de
s'enretourner en Perfe , ſa on
-ne luy donnoit pas des équipages
proportionnez à la magnificence
de ſes idées. Acette
amenace , M. Ainouluy dit
qu'il étoit le maître , & qu'il
avoit à ſon ſervice unVaiſſeau
tout prêt à mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût , & il en auroit temoigné
fon refentiment à M.Arnou
fi les charmes de ſon épouafe
n'avoient pasofarvi d'obſti
èle à ſa colere. Un feulregard
des yeux de Madame Arnou
2(qui eſtune des plus gracicut
GALANC. 83
ſes femmes de France ,) fuffit
pour appaiſer ſon courroux. Il
luy fit de trés - jolis compliments
, & luy promit l'honneur
de ſa protection auprés
du Roy. La Dame receut ſes
offres de ſervice avec de grandes
démonttrations de reconnoiſſance&
de joyc.
Sur ces entrefaites Mi de
S. Olon arriva à Marseille ,
chargé d'amples commiffions
de laCour ſur tout ce qui concernoit
le ceremonial & le dé
tail de la maiſon de ſon Excellence
, à qui il avoir , en partantde
Paris , pris la peine d'é
84 MERCURE
crire une tres-belle & tresobligeante
Lettre , qui avoit
été receuë à peu prés , comme
il le fut luy même ; mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Hiſtoire , dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les merveilleux & valeureux
évenements.
Lot.Decembre , treiziéme
jour de ſon arrivée àMar
feille , on le meria à l'Opera , où
(comme je l'ay dit dans mon
Journal , ) on luy avoit prepare
au milieu de l' Amphitheatre une
place pour luyſeul ,avecdes couf
fins un matelas couverts d'un
GALANT
riche tapis . M. de S. Olon étoit
affis à côté de luy sur un banc,
Paderi Dipiſes Interpretes
affis de l'autre , pour luy exp
quer de temps en temps quelques
endroits de l'Opera d'Amadis de
Grece , qu'on representoit alors.
Pendant tout le temps que dura
ce ſpectacle , il fuma à fon ordinaire.
Il prit du Thé &du Caffé,
&en envoyaà Madame l'Inten
dante & aux Dames qui étoient
dansſa loge ; il dit qu'ilavoit été
Surpris de la beautédu ſpectacle,
des danſes, de la musique ,
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venoit de voir ; mais il ne ſe
1
86 MERCURE
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendreſſe que
venoient de porter à fon coeur
les doux attraits deMeſdemoiſelles
Catin & Cato : ces deux
incomparables filles avoient fi
biendanſé,& fait àl'envil'une
de l'autre , de ſi jolies mines à
ſa fantaiſie , que l'infidele Mehemet
extafie de leurs gamba
des , en oublia les beaux yeux ,
qui dans cetteVille avoient été
ſes premiers vainqueurs ; en
quoy il fit tres ſagement. Il
raiſonna fort bien ſans doute
alors , & il n'y a dans cet endroit
de ſon Hiſtoire , certai-
८
GALANT. 87
•
nement pas licu d'en douter.
Voicy autant qu'il peutm'en
ſouvenir , à peu prés le raiſonnement
qu'il ſe fit. La premiere
Dame qui m'a plû icy , est une
Dame diftinguée par fon rang ,
comme par sa beauté ,&plus
verineuse encore qu'elle n'a de
graces de dignité, tant pis pour
elle. Que m'importe à moy d'aimer
une bonneste femme ?jiray
me caffer la tête contre un rocher
&jeperdray mon temps ,mapei
ne & mes pas . Voila ,parMa
homet , un joly Perſonnage pour
un Ambaſſateur d'un si grand
Empereur. Non non il nefera pas
88 MERCURE
L
dit quejefois venu de filoin , que
j'aye couru tant deperils , &que
je l'aye tanı defois échapéfibelle,
pour m' attacher à une cruelle affez
ennemie d'elle-même pour dédaigner
lesfaveurs inestimables dont
voudroit l'honorer un Musulman
tel que moy. Venez charmantes
Baladines que je viens de
voir danſer le cotillon defi bonne
grace,vous avez vous- même
trouvé grace devant ma face.Jay
encore dans ma valise quelques
vieilles peaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs زا dontje
prétends que vous vous faffiez
des bonnetsſuperbes , pour en orner
GALANT. 89
ner deformais vôtre chef. Cette
belle réſolution prife , il fit appeller
cceess Demoiſelles ,&leur
donna à chacune le preſent ſi
bien medité : il accompagna
cette galanterie de quelques
-careſſes qui mirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres filles , qu'elles briguerent
avec ſuccés la conqueſte
du fien.
Une melancolie tendre , &
l'amour de la retraite ſont
ordinairement les premiers
effets d'une grande paffion.
Ondevient trifte , morne , tout
ennuye hors l'objet aimé, com-
Decembre 1715. H
4
१० MERCURE
me il avint à noſtre Ambaſfadeur
, il ſe ſequeſtra du monde
, il ſe fit apporter ſon caffé ,
ſa pipe & fa gamele dans l'endroitle
plus fecret de fa maifon,
il s'y enferma , & les palmes
de l'amour firent dans cet
appartement de fon Palais ,
les délices de ſon ſéjour.
Fermer
1123
p. 100-113
CHAPITRE V. Suite du Chapitre precedent, & de quantité d'autres belles choses que fit & dit Mehemet, jusqu'au jour qu'il sortit de Marseille.
Début :
Si tout ce qu'il y a d'écrivains négligents, semez comme [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Monde, Maître, Marseille, Empereur d'Orient, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE V. Suite du Chapitre precedent, & de quantité d'autres belles choses que fit & dit Mehemet, jusqu'au jour qu'il sortit de Marseille.
CHAPITRE V.
t
Suite du Chapitre precedent ,
de quantité d'autres belles cho-
1. fes que fit & dit Mibemet,
jusqu'au jour qu'il fortit de
Marseille.
-30
जी
Si tout ce qu'il y a d'écrivains
négligents , ſemez.comme
vermine dans tous les Etats
du monde , imitoient mon
exactitude à conter juſqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expoſe aux
yeux du Public , l'excés du tra
GALANT. 101
vail les dégoûteroit , & nous
affranchiroit bien-toſt de l'en
nuy que nous cauſe leurs miferables
écrits. Pour moy qui
ne veux rien laiffer à defirer
au Lecteur,jeiluy apprends que
Mehemet de retour à la Ville,
aprés avoir coupé les jambes
du belier , & tué lon cochon ,
alla chez Midame l'Intendante
, où il trouvaluurn grand
nombre de belles Dames af
ſemblées,quiil ſedéchauſſa en
leur prefence,& fe careffa avec
ſes mains les doigts &la plante
des pieds . Ce tableau n'eſt pas
beau; mais ce n'eſt pas ma
Getableau
Iiij
102 MERCURE
faute,il eft indiſpentablement
attaché à la verité de cette
Hiſtoire. En même temps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprete , qu'il
venoit de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d'honneur
cette double victoire ,
Madame l'Intendante l'invita
àdiner le lendemain chez elle;
il topa à la propoſition , &
fut fe coucher en attendant.
Je ne ſçaymaintenantcommentme
tirer du mauvais pas
où je ſuis,j'ay bien peur que
le piedne me gliffe ;& tout ce
GALANT. 103
que je peux vous dire de plus
vray, c'eſt que c'eſt icy un des
chefs d'oeuvre de mon recit ...
deux mots néanmoins fuffiront
peutd'affaire
.
eſtre , pour me tirer
Pendant que Mehemet faifoit
ſa viſite , l'obligeant Padery
introduiſoit dans la
chambre de Son Excellence ,
la Payſane dont nous avons
parlé tantoſt , où il l'entretint
à ſon dam , juſqu'au retour
de fon Maiſtre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin
, le Coq chanta , Mehemer
s'éveilla , & la belle s'en alla
I iiij
104 MERCURE
attendre le jour chez fon con
ducteur. Enfin aprés bien des
vetilles qui n'ont nul rapport
aux faits importants de cette
Hiſtoire , midy fonna. Alors
l'Ambaffadeur fit une douzaine
de nouvelles incartades
avant de ſe rendre à la maiſon
de Madame Arnou , que ſes
marmitons Muſulmans avoient
dés le matin eſté mettre
en defordre , pour préparer le
feftin de leur Maiſtre , qui ne
voulut jamais fouffrir,ni avant,
ni aprés , que les Chreſtiens
touch fient à ſes viandes.
Ala fin tous les convives fe
GALANT. 103
i
!
mirent à table ; Mehemet fut
ſeplanter commeun finge, au
milieu d'un Theatre qu'on
avoit dreffé dans l'endroit de
la falle où il convenoit qu'il
fut. Alors M. Arnou luy fit
le Salamalek , en luy portant
la ſanté du Roy , qu'il refuſa
longtemps de boire , diſant
pour ſes raiſons que c'eſtoir
à luy M. Arnou à boire le
premier à la fanté du Sophi
fon Maiſtre , qu'il ne pou
voit pas donner une moindre
marque de refſpect au plus
grand Seigneur du monde , &
qu'aprés qu'il luy auroitrendu
:
106 MERCURE
cethommage, il verroit cequ'il
auroit àfaire àl'égard du Roy
de France , qui n'entroit pas à
fon gré en comparaiſon , avec
le plus puffant Empereur de
l'Orient. La diſpute s'échauffa
fur ce point , &de telle façon,
que peu s'en fallut que tout le
feſtin ne fut troublé , que les
tables ne fuſſent culbutées , &
qu'enfin il ne s'en retournât
ſans boite. Ce qui ſeroit arrivé
fans miracle , fiun perſonnage
bien avifé , n'avoit criéà pleine
voix , Meſſeigneurs , Meffieurs.
Mesdames , pour rétablir icy
le calme &l'union qui doivent
GALANT. 107
estreparmy nous , &pour empêcher
que du reſte de ce jour, la
difcorde aux crins heriffeznetrouble
la tranquillité de cettefeste,
j'opine qu'il convientàla Majesté
des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
Monfieur Mehemet Riza Beg,
Monsieur Arnou boivent chacun
en même temps à lafanté des
Rois deurs Maistres.
Auffitoftdit, auſſi coſt fait,
les deux coupes furent remplies
de part & d'autre , l'une
de vin,& l'autre de forbet pour
le Mahometan. Hs bûrene
cofia chacun leur portion
108 MERCURE
Alors l'aſſemblée ſe mit à cries
vivent , vivent les deux Empereurs
, les boëtes à tirer , les
violons , tambours , fifres , &
haut bois à joüer, les tables à
ſe couvrir , & les convivés à
manger...
On m'a affûré maintes fois
que Mehemet, en mangeant
fon pileau , avoit dit dans le
repas quantité de belles chofes;
en voicyuneentreautres, c'eſt
une douceur dont il regala
MadameArnou. Vous estes, luy
dit il , Noble comme un Palmier,
vermeille comme une cerise, et
belle comme la Lune , &ficher
CALANT. 109
rie du S. Prophète , que ſi vow's
vouliez emb affer l'Alcoran , il
vous aimerott aprés vostre mort ,
plus que la mieux aimée de toutes
fes femmes ,& vous feriez enfemble
les bonneurs &les delices
defon Paradis.
La Dame le remercia fort
poliment de la magnificence
-dedecompliment,&la feſte ſe
paſſa en paix & en lieffe. Le
four on fit un grand lanſquenet
avec pluſieurs repriſes
d'hombre , où l'Ambaſſadeur
auroit cûle loiſir de s'ennuyer
longtemps f, i Madame Arnou
& quelques Dames n'a
110 MERCURE
voient pas cû l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'en.
nuyer avecluy. Cefut encette
occaſion qu'il dit par reconnoiffance
à Madame Arnou
qu'elle étoit uneDame pleine
de merite & d'eſprit , qu'elle
ſçavoit fort bien vivre ,& qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour & aux Minif
tres.
Cette converſation& tous
les plaiſirs de cette journée
finis , il retourna à ſa maiſon
avec fon cortege ordinaire
& le même ſoir il effuya une
furicuſe aubade de MademoiGALANT
هللا
felle Catin , qui avoit appris
avec douleur l'avanture de la
Payſane , & qui la luy avoit
reprochée avectant d'aigreur
qu'il ciût ne pouvoit mieux
faire , pour la ranger à fon
devoir , que luy caffer fur le
viſage ,un platde fayence qui
ſe trouva ſous ſa main. Cette
querelle n'eût pas de ſuite ,une
petite generofité &quelques
careffes réparérent tout ce
déſordre.
Le lendemain M. de S.
Olon , dont il avoit cent fois
mis la patience à bout , fut
luyfignifier qu'il falloit partir
112 MERCURE
de Martealle , & s'acheminer
pour la Capitale de ceRoyaume,
il luy remontra que la rigueur
de la ſaiſon , la fonte
des neiges , & le débordement
des rivieres , leur pourroient
ôter les moyens de fortir de
la Provence , s'il attendoit que
cesCinconveniens empêchaf
fent la fuite de ſon voyage ;
mais Mehemet ſe trouvoit
bien à Marseille ,& la crainte
d'entortir auſſi toſt queM. de
S. Olon' le prétendoit , le mit .
dans une ſigrande colere, qu'il
jura de tout tuër , ſi on ne le
laffoit en scpos. Onil'appaila
pourtant
GALANT
pourtant encore
& on fit fi
bien à force de bellesraiſons ,
que le vingt-deux Decembre
1714 on le ravit aux inconſolableshabitans
deMarſeille.
t
Suite du Chapitre precedent ,
de quantité d'autres belles cho-
1. fes que fit & dit Mibemet,
jusqu'au jour qu'il fortit de
Marseille.
-30
जी
Si tout ce qu'il y a d'écrivains
négligents , ſemez.comme
vermine dans tous les Etats
du monde , imitoient mon
exactitude à conter juſqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expoſe aux
yeux du Public , l'excés du tra
GALANT. 101
vail les dégoûteroit , & nous
affranchiroit bien-toſt de l'en
nuy que nous cauſe leurs miferables
écrits. Pour moy qui
ne veux rien laiffer à defirer
au Lecteur,jeiluy apprends que
Mehemet de retour à la Ville,
aprés avoir coupé les jambes
du belier , & tué lon cochon ,
alla chez Midame l'Intendante
, où il trouvaluurn grand
nombre de belles Dames af
ſemblées,quiil ſedéchauſſa en
leur prefence,& fe careffa avec
ſes mains les doigts &la plante
des pieds . Ce tableau n'eſt pas
beau; mais ce n'eſt pas ma
Getableau
Iiij
102 MERCURE
faute,il eft indiſpentablement
attaché à la verité de cette
Hiſtoire. En même temps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprete , qu'il
venoit de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d'honneur
cette double victoire ,
Madame l'Intendante l'invita
àdiner le lendemain chez elle;
il topa à la propoſition , &
fut fe coucher en attendant.
Je ne ſçaymaintenantcommentme
tirer du mauvais pas
où je ſuis,j'ay bien peur que
le piedne me gliffe ;& tout ce
GALANT. 103
que je peux vous dire de plus
vray, c'eſt que c'eſt icy un des
chefs d'oeuvre de mon recit ...
deux mots néanmoins fuffiront
peutd'affaire
.
eſtre , pour me tirer
Pendant que Mehemet faifoit
ſa viſite , l'obligeant Padery
introduiſoit dans la
chambre de Son Excellence ,
la Payſane dont nous avons
parlé tantoſt , où il l'entretint
à ſon dam , juſqu'au retour
de fon Maiſtre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin
, le Coq chanta , Mehemer
s'éveilla , & la belle s'en alla
I iiij
104 MERCURE
attendre le jour chez fon con
ducteur. Enfin aprés bien des
vetilles qui n'ont nul rapport
aux faits importants de cette
Hiſtoire , midy fonna. Alors
l'Ambaffadeur fit une douzaine
de nouvelles incartades
avant de ſe rendre à la maiſon
de Madame Arnou , que ſes
marmitons Muſulmans avoient
dés le matin eſté mettre
en defordre , pour préparer le
feftin de leur Maiſtre , qui ne
voulut jamais fouffrir,ni avant,
ni aprés , que les Chreſtiens
touch fient à ſes viandes.
Ala fin tous les convives fe
GALANT. 103
i
!
mirent à table ; Mehemet fut
ſeplanter commeun finge, au
milieu d'un Theatre qu'on
avoit dreffé dans l'endroit de
la falle où il convenoit qu'il
fut. Alors M. Arnou luy fit
le Salamalek , en luy portant
la ſanté du Roy , qu'il refuſa
longtemps de boire , diſant
pour ſes raiſons que c'eſtoir
à luy M. Arnou à boire le
premier à la fanté du Sophi
fon Maiſtre , qu'il ne pou
voit pas donner une moindre
marque de refſpect au plus
grand Seigneur du monde , &
qu'aprés qu'il luy auroitrendu
:
106 MERCURE
cethommage, il verroit cequ'il
auroit àfaire àl'égard du Roy
de France , qui n'entroit pas à
fon gré en comparaiſon , avec
le plus puffant Empereur de
l'Orient. La diſpute s'échauffa
fur ce point , &de telle façon,
que peu s'en fallut que tout le
feſtin ne fut troublé , que les
tables ne fuſſent culbutées , &
qu'enfin il ne s'en retournât
ſans boite. Ce qui ſeroit arrivé
fans miracle , fiun perſonnage
bien avifé , n'avoit criéà pleine
voix , Meſſeigneurs , Meffieurs.
Mesdames , pour rétablir icy
le calme &l'union qui doivent
GALANT. 107
estreparmy nous , &pour empêcher
que du reſte de ce jour, la
difcorde aux crins heriffeznetrouble
la tranquillité de cettefeste,
j'opine qu'il convientàla Majesté
des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
Monfieur Mehemet Riza Beg,
Monsieur Arnou boivent chacun
en même temps à lafanté des
Rois deurs Maistres.
Auffitoftdit, auſſi coſt fait,
les deux coupes furent remplies
de part & d'autre , l'une
de vin,& l'autre de forbet pour
le Mahometan. Hs bûrene
cofia chacun leur portion
108 MERCURE
Alors l'aſſemblée ſe mit à cries
vivent , vivent les deux Empereurs
, les boëtes à tirer , les
violons , tambours , fifres , &
haut bois à joüer, les tables à
ſe couvrir , & les convivés à
manger...
On m'a affûré maintes fois
que Mehemet, en mangeant
fon pileau , avoit dit dans le
repas quantité de belles chofes;
en voicyuneentreautres, c'eſt
une douceur dont il regala
MadameArnou. Vous estes, luy
dit il , Noble comme un Palmier,
vermeille comme une cerise, et
belle comme la Lune , &ficher
CALANT. 109
rie du S. Prophète , que ſi vow's
vouliez emb affer l'Alcoran , il
vous aimerott aprés vostre mort ,
plus que la mieux aimée de toutes
fes femmes ,& vous feriez enfemble
les bonneurs &les delices
defon Paradis.
La Dame le remercia fort
poliment de la magnificence
-dedecompliment,&la feſte ſe
paſſa en paix & en lieffe. Le
four on fit un grand lanſquenet
avec pluſieurs repriſes
d'hombre , où l'Ambaſſadeur
auroit cûle loiſir de s'ennuyer
longtemps f, i Madame Arnou
& quelques Dames n'a
110 MERCURE
voient pas cû l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'en.
nuyer avecluy. Cefut encette
occaſion qu'il dit par reconnoiffance
à Madame Arnou
qu'elle étoit uneDame pleine
de merite & d'eſprit , qu'elle
ſçavoit fort bien vivre ,& qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour & aux Minif
tres.
Cette converſation& tous
les plaiſirs de cette journée
finis , il retourna à ſa maiſon
avec fon cortege ordinaire
& le même ſoir il effuya une
furicuſe aubade de MademoiGALANT
هللا
felle Catin , qui avoit appris
avec douleur l'avanture de la
Payſane , & qui la luy avoit
reprochée avectant d'aigreur
qu'il ciût ne pouvoit mieux
faire , pour la ranger à fon
devoir , que luy caffer fur le
viſage ,un platde fayence qui
ſe trouva ſous ſa main. Cette
querelle n'eût pas de ſuite ,une
petite generofité &quelques
careffes réparérent tout ce
déſordre.
Le lendemain M. de S.
Olon , dont il avoit cent fois
mis la patience à bout , fut
luyfignifier qu'il falloit partir
112 MERCURE
de Martealle , & s'acheminer
pour la Capitale de ceRoyaume,
il luy remontra que la rigueur
de la ſaiſon , la fonte
des neiges , & le débordement
des rivieres , leur pourroient
ôter les moyens de fortir de
la Provence , s'il attendoit que
cesCinconveniens empêchaf
fent la fuite de ſon voyage ;
mais Mehemet ſe trouvoit
bien à Marseille ,& la crainte
d'entortir auſſi toſt queM. de
S. Olon' le prétendoit , le mit .
dans une ſigrande colere, qu'il
jura de tout tuër , ſi on ne le
laffoit en scpos. Onil'appaila
pourtant
GALANT
pourtant encore
& on fit fi
bien à force de bellesraiſons ,
que le vingt-deux Decembre
1714 on le ravit aux inconſolableshabitans
deMarſeille.
Fermer
1124
p. 113-129
CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
Début :
Une des principales difficultez qui faisoient apprehender à [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur, Lyon, Marseille, Valence, Compliment, Paris, Officiers, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
CHAPITRE VI.
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
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1125
p. 129-130
« Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Début :
Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...]
Mots clefs :
Roi
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texteReconnaissance textuelle : « Aprés avoir promis le mois passé de donner un Etat des [...] »
Aprés avoir promis le mois
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
paffe de donner un Etat des
Principaux Officiers de laMaifon
du Roy , de celle du Regenti,
de Madamela Dacheffe
deBerryy delMud me,& de
Midamela Ducheffe d'Or
leans , en confideration, des
changements qui y font arrivez
depuis la mort du Roy ,
130 MERCURE
il eft juſte que jevtienne ama
parole ce mois cy en vous en
donnantune Lifte que j'ayrem
due auffi exacte qu'il m'a eſté
poſſiblede le faire, à quoy je
ne me fetois certainement
pas engagé,ſij'en avois preveu
Jes difficultez. Au reftes'il y a
quelques omiffions ,comme
jay lieu de l'apprehender , je
prie le lecteur d'avoir l'indul
gence d'attendre que je lesré
pare, ce que je feray à la pre
miere occafionqui s'en prefentera.
Fermer
1126
p. 131-175
ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
Début :
La Chapelle du Roy est composée du grand Aumônier de France. [...]
Mots clefs :
Louis XV, Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Duchesse de Berry, Officiers de la Maison du roi Louis XV, Officiers de la Maison du roi, Roi, Abbé, Marquis, Chanoine, Chapelle, Aumônier, Chevalier, Écuyers, Gouverneur, Gentilshommes, Prince, Clercs, Chapelain, Écurie, Marquise , Duchesse, Chirurgien, Médecin
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texteReconnaissance textuelle : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
ETAT contenant les noms
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
Fermer
1127
p. 177-183
NOUVELLES. A Venise le 23. Novembre 1715.
Début :
M. le Comte de Schulembourg doit estre arrivé hier [...]
Mots clefs :
Venise, République, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES. A Venise le 23. Novembre 1715.
NOUVELLES
AVenisele 23.Novembre 171 5 .
.. M. le Comte de Schulembourg
doit eſtre arrivé hier
>
178 MERCURE
icy dans un Lazaret qui luy a
eſté préparé. Ilſera plus à
portéequ'à celuyde Verone ,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement ſur les operations
de la Campagne pro
chaine.
3.M. Grimani: qui abeſté élu
CapitaineGeneral en la place
de M. Delphin commenceà
fe laiffer perfuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-remps des demandes
pour eſtre misen état de le pou
voir foutenir mieux que ne
pouvoit faire fonpredeceffeur.
Il demande troupes , muniGALANT
179
tions & argent en beaucoup
plusgrandequantité.
L'on a appris que M. Delphin
étoit de retour à Zante,
de la courſe qu'il a faite dans
l'Archipel. Il s'eſt avancé julqu'auCap
Doro dans l'Iſle de
Negrepont , d'où il a eſté obli
gé par un vent contraire de
retourner ſur ſes pas. Sa pre
fonce acausé de l'allarme aux
habitants des Ifles de l'Archi
pel qui ſe ſont donnez avis les
uns aux autres de ſa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez dans ces Ifles. Huir
Galeres qui étoient à Mitilene
180 MERCURE
ſe ſont retirées promptement
dans leCanalde Conſtantinople.
04
Il est arrivé des Lettres du
General de Dalmatie , & du
Commandant de Caſtel- Nuovo.
Ils mandent que les Turcs
s'étoient enfin retirez dans
leurs quartiers d'hyver ; mais
qu'ils faiſoientdans l'Albanie ,
dans l'Epie& dans les Provinces
du voisinage,des amas immenſes
de proviſions , &munitions
de guerre. Ils rendent
compte de l'état où se trouvent
toutes les Places de Dal-s
matie& celles de Caſtel-Nuos
GALANT. 181
!
vo ,&de cequi feroit neceſſaire
pour les mettre en état de
deffenfe ,& ils ſupplient le
Senat de leurenvoyer ces fecours
le plus promptement
qu'il fera poffible.
On affeure que certainementla
Republique n'a encore
ſigné aucun traité avec l'Empereur
,& que queiquebeſoin
que l'on ait icy d'une diverſion
puiſſanteen Hongrie , on ne
peut ſe réfoudre à confentir à
de certaines conditions que ce
Prince voudroit exiger de la
Republique. A
Le Conſul de la Nationa
182 MERCURE
1
remis aujourd'huy au College
les Paffeports du Roy , pour
les Ambaffadeurs Extraordinaires
de la Republique.
On eft informé icy de la
crainte où l'on eſt preſentement
à Vienne d'eftre attaqué
laCampagne prochaine par les
Tures dans la Hongrie,& on
croit que peut- eſtre l'on voudraprofiter
de cette occafion
favorable pour faire la paix
avec la Porte,qui vray ſemblablement
n'en ſerapas éloignée.
Le Prince Electoral de Baviere
doit venir inceſſamment
icy pour paſſer de-là à Rome,
GALANT. 183
on luy a déja retenu unPalais.
Il ſera accompagné de ſept
Seigneurs de ſa Cour & ſuivy
de ſoixante perſonnes.
AVenisele 23.Novembre 171 5 .
.. M. le Comte de Schulembourg
doit eſtre arrivé hier
>
178 MERCURE
icy dans un Lazaret qui luy a
eſté préparé. Ilſera plus à
portéequ'à celuyde Verone ,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement ſur les operations
de la Campagne pro
chaine.
3.M. Grimani: qui abeſté élu
CapitaineGeneral en la place
de M. Delphin commenceà
fe laiffer perfuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-remps des demandes
pour eſtre misen état de le pou
voir foutenir mieux que ne
pouvoit faire fonpredeceffeur.
Il demande troupes , muniGALANT
179
tions & argent en beaucoup
plusgrandequantité.
L'on a appris que M. Delphin
étoit de retour à Zante,
de la courſe qu'il a faite dans
l'Archipel. Il s'eſt avancé julqu'auCap
Doro dans l'Iſle de
Negrepont , d'où il a eſté obli
gé par un vent contraire de
retourner ſur ſes pas. Sa pre
fonce acausé de l'allarme aux
habitants des Ifles de l'Archi
pel qui ſe ſont donnez avis les
uns aux autres de ſa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez dans ces Ifles. Huir
Galeres qui étoient à Mitilene
180 MERCURE
ſe ſont retirées promptement
dans leCanalde Conſtantinople.
04
Il est arrivé des Lettres du
General de Dalmatie , & du
Commandant de Caſtel- Nuovo.
Ils mandent que les Turcs
s'étoient enfin retirez dans
leurs quartiers d'hyver ; mais
qu'ils faiſoientdans l'Albanie ,
dans l'Epie& dans les Provinces
du voisinage,des amas immenſes
de proviſions , &munitions
de guerre. Ils rendent
compte de l'état où se trouvent
toutes les Places de Dal-s
matie& celles de Caſtel-Nuos
GALANT. 181
!
vo ,&de cequi feroit neceſſaire
pour les mettre en état de
deffenfe ,& ils ſupplient le
Senat de leurenvoyer ces fecours
le plus promptement
qu'il fera poffible.
On affeure que certainementla
Republique n'a encore
ſigné aucun traité avec l'Empereur
,& que queiquebeſoin
que l'on ait icy d'une diverſion
puiſſanteen Hongrie , on ne
peut ſe réfoudre à confentir à
de certaines conditions que ce
Prince voudroit exiger de la
Republique. A
Le Conſul de la Nationa
182 MERCURE
1
remis aujourd'huy au College
les Paffeports du Roy , pour
les Ambaffadeurs Extraordinaires
de la Republique.
On eft informé icy de la
crainte où l'on eſt preſentement
à Vienne d'eftre attaqué
laCampagne prochaine par les
Tures dans la Hongrie,& on
croit que peut- eſtre l'on voudraprofiter
de cette occafion
favorable pour faire la paix
avec la Porte,qui vray ſemblablement
n'en ſerapas éloignée.
Le Prince Electoral de Baviere
doit venir inceſſamment
icy pour paſſer de-là à Rome,
GALANT. 183
on luy a déja retenu unPalais.
Il ſera accompagné de ſept
Seigneurs de ſa Cour & ſuivy
de ſoixante perſonnes.
Fermer
1128
p. 183-189
A Rome ce 23. Novembre 1715.
Début :
Dimanche matin le Pape fut au Vatican où il dîna. Il [...]
Mots clefs :
Pape, Rome, Empereur, Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 23. Novembre 1715.
A Rome ce 2 3. Novembre171 5.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
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1129
p. 196-200
De Vienne. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Vienne le 23. Novembre 1715. que le 17. [...]
Mots clefs :
Roi de Hongrie, Vienne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne. [titre d'après la table]
Onmande de Vienne le 23 .
Novembre 1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin , on celebra les obfeques
du Roy Tres - Chrêtien
Loüis XIV. dans l'Egliſe des
Religieux Auguftins Déchauf.
fez prés du Palais. Ony avoit
dreſſe , par ordre de l'Empereur,
un magnifique mauſolée,
élevé juſqu'à la voute de l'Eglife
, orné de douze ſtatuës!,
d'emblêmes , &d'infcriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
Hambeaux ,la veille &le jour on
-
GALANT. 197
:
fonna toutes lds cloches de la +
Ville,&desFauxbourgs.Lapremiere
Meſſe fut celebrée par
l'Evêque de Neustadt ,&la ſeconde
par un autre Evêque.
L'Empereury afſiſta avec
les Imperatrices Doüairieres ,
les Archiducheflies , les Miniftres
, les Seigneurs , &
&Dames de la Cour , tous
engrand deül. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trous
ver , àcauſe de ſa groffeffe qui
eft fort avancée. Le 19. Feſte
de Sainte Elifabeth , fille d'André
Roy de Hongrie , l'Imperatrice
, & l'Archiducheſſe
Riij
198 MERCURE
foeur aînée de l'Empereur ,qui
en portent le nom ,receurent
ſuivant la coûtume , les complimens
de toute laCour , en
habits de ceremonic. Le 18,
le Regiment d'Infanterie Imperial
duComteMaximilien de
Staremberg arriva icy deBrif
gau , par le Danube , & il doit
inceflamment continuer ſa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie,
le Grand Vifir ,& le Capitan
Pacha étoient arrivez à Andrinople
auprés du Grand Sei
gneur,qui devoit dans quinze
jours retourner àConſtantinoRQUE
DELA
199
GALANT DE
Ils travaulent àà augmen
ter l'Armée Navale , &les
forces deterre ,afin de former
trois Armées , l'une en Dalmatie
,l'autre fur les Fronticres
de Pologne , & de Mofcovie
,& la troifiéme du côté de
la Hongrie. Onajoûte que le
12. d'Octobre , le Caïmakam,
Gouverneur de Conftantino
ple , avon envoyé prendre à
Pera,par trente Tures , le Re
fident de la République de
Genes , qu'ils amenerent en
robe de chambre fans perruque
& fans chapeau. Le Caïmakam
luy reprocha que fa
ple.
مل
Rij
200 MERCURE
République avoit fourni des
Vaiſſeaux , des Matelors , &
d'autres ſecours aux Venitiens
contrele Grand Seigneur , &
enfuiteil le fit conduire ſur une
Tartanne Genoiſe qui étoit
dans le Port avec ordre de
د
partir inceſſamment.
Novembre 1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin , on celebra les obfeques
du Roy Tres - Chrêtien
Loüis XIV. dans l'Egliſe des
Religieux Auguftins Déchauf.
fez prés du Palais. Ony avoit
dreſſe , par ordre de l'Empereur,
un magnifique mauſolée,
élevé juſqu'à la voute de l'Eglife
, orné de douze ſtatuës!,
d'emblêmes , &d'infcriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
Hambeaux ,la veille &le jour on
-
GALANT. 197
:
fonna toutes lds cloches de la +
Ville,&desFauxbourgs.Lapremiere
Meſſe fut celebrée par
l'Evêque de Neustadt ,&la ſeconde
par un autre Evêque.
L'Empereury afſiſta avec
les Imperatrices Doüairieres ,
les Archiducheflies , les Miniftres
, les Seigneurs , &
&Dames de la Cour , tous
engrand deül. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trous
ver , àcauſe de ſa groffeffe qui
eft fort avancée. Le 19. Feſte
de Sainte Elifabeth , fille d'André
Roy de Hongrie , l'Imperatrice
, & l'Archiducheſſe
Riij
198 MERCURE
foeur aînée de l'Empereur ,qui
en portent le nom ,receurent
ſuivant la coûtume , les complimens
de toute laCour , en
habits de ceremonic. Le 18,
le Regiment d'Infanterie Imperial
duComteMaximilien de
Staremberg arriva icy deBrif
gau , par le Danube , & il doit
inceflamment continuer ſa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie,
le Grand Vifir ,& le Capitan
Pacha étoient arrivez à Andrinople
auprés du Grand Sei
gneur,qui devoit dans quinze
jours retourner àConſtantinoRQUE
DELA
199
GALANT DE
Ils travaulent àà augmen
ter l'Armée Navale , &les
forces deterre ,afin de former
trois Armées , l'une en Dalmatie
,l'autre fur les Fronticres
de Pologne , & de Mofcovie
,& la troifiéme du côté de
la Hongrie. Onajoûte que le
12. d'Octobre , le Caïmakam,
Gouverneur de Conftantino
ple , avon envoyé prendre à
Pera,par trente Tures , le Re
fident de la République de
Genes , qu'ils amenerent en
robe de chambre fans perruque
& fans chapeau. Le Caïmakam
luy reprocha que fa
ple.
مل
Rij
200 MERCURE
République avoit fourni des
Vaiſſeaux , des Matelors , &
d'autres ſecours aux Venitiens
contrele Grand Seigneur , &
enfuiteil le fit conduire ſur une
Tartanne Genoiſe qui étoit
dans le Port avec ordre de
د
partir inceſſamment.
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1130
p. 215-218
De Paris, le 14.
Début :
Le 6. de ce mois, le Bailly de Mesmes, Ambassadeur Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 14.
DeParis ,le 14 17
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
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1131
p. 308-309
APOSTILLE.
Début :
Mr le Marquis de Caylus, Lieutenant General des Armées de S. M. C. [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE•
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
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1132
p. 13-17
A Livourne le 7. Decembre 1715.
Début :
M. le Duc de Masse est mort il y a trois jours d'une [...]
Mots clefs :
Roi, Notables, Grand Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 7. Decembre 1715.
ALivourne le 7.Decembre 1715 .
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
Fermer
1133
p. 17-30
A Rome le 2. Decembre 1715.
Début :
Puisque vous voulez bien excuser la sécheresse des Nouvelles de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Gouverneur, Empereur, Cérémonie, Ambassadeur, Sa Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 2. Decembre 1715.
ARome le 2. Decembre 1715 .
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
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1134
p. 31-40
Suite des Nouvelles de Rome.
Début :
Dimanche, jour de l'Anniversaire du Couronnement du Pape, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Rome, Palais, Empereur, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Rome.
Suite des Nouvelles de Rome.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
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1135
p. 40-54
Suite des Nouvelles de Venise.
Début :
Messieurs les Ambassadeurs Extraordinaires de Venise pour France ont demandé [...]
Mots clefs :
Guerre, Général, Hommes, Troupes, Ambassadeurs, Roi, Officiers, Sénat, Campagne, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Venise.
Suite des Nouvelles de Venise.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Fermer
1136
p. 93-104
De Paris.
Début :
Le 24. du mois passé, veille de Noël, Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Abbé, Duc d'Orléans, Corps, Marquis, Gouverneur, Chevalier, Roi, Palais, Province, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Fermer
1137
p. 105-116
ODE SUR LA MORT DE LOUIS LE GRAND.
Début :
La Mort, du plus grand des Monarques [...]
Mots clefs :
Mort, Louis le Grand, Larmes, Regards, Fortune, Rois, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA MORT DE LOUIS LE GRAND.
ODE
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
- La Mort , du plus grand des
Monarques
Paroißoit respecterles jours :
Que vois-je ? LeCiseau des Parques
A
Vientd'en interromprele cours.
Par cette perte irreparable ,
Francesle Ciel inexorable
Veut éternifer tes douleurs =
:
106 MERCURE
Dans defi cruelles allarmes
Taris laſourcede tes larmes ,
C'esttroppen pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance estafſſouvie ,
N'en accuſonsque nos forfaits ,
GrandDieu ;tous les jours defa
vie
Eſtoient marquez par tes bienfaits.
On le vit fournirfa carriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux ,
Ettufis fentir àla France
Que le bonheur defanaiſſance
Fut le moindreprefent desCieux.
ॐ
GALANT 107
Il regne,quelheureuxpréſage!
LaGloireaccompagne ſes pas ,
LaVictoireluy rend hommage
D'unbonheurqu'ilneconnoîtpas.
Mars prendſoin deſa destinée ,
Etdela Diſcorde enchaînée
Il briſe les traits meurtriers.
Teleft vainqueur fousses aufpices,
Qui loindeſes regards propices
Voitflétrirſesplus beaux lauriers.
Vos efforts ,peuples redoutables,
N'étonneront point fon grand
coeur,
Il rendra les Lys refpectables ,
Illesfoûtientparsa valeur..
108 MERCURE
Bientôt d'invincibles armées
Dans vos Villes épouvantées
Arboreront ſes étendars .
C'est affez que cejeune Alcide
Afes guerriersferve de guide ,..
Pour enfaire autantde Cefars.
:
Oui vos orgueilleuses murailles
Sont pour vous defoibles rempars;
Sonfeul nom gagne des batailles,
Commentfoûtenirſes regards ?
Accablez ſous les traits qu'il
lance ,
C'eſt , dites - vous , Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrepidité....
Cen'estpoint leDieude laThrace,
GALANT. 109
MonHeros n'en a que l'audace ,
Etnon pas laferocité.
LOUIS reprenden main la
foudre,
Tremblez, fuperbes ennemis ,
Prêt à réduire tout en poudre ,
Il s'arrête ,il vous voit ſoûmis.
Maître du deſtin de la Terre ,
Il veutſuſpendreſon tonnerre ,
Pour offrir une heureuse paix;
Il compte , arbitre des tempêtes ,
Ses campagnes parfes conquêtes ,
Etfes Traitezparses bienfaits.
ॐ 4
Mais pour affûrerfa memoire ,
Cherchons de plus fürs fondemens
,
110 MERCURE
Un Heros dortſouventfa gloire
Au bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesſpectacles ,
Preſentons de nouveaux miracles
Aux regards de tout l'univers :
LOUIS doit l'éclat defa gloire
Moins aux faveurs de lavictoire
Qu'àfes plus terribles revers .
Fortune legere&volage ,
Abandonne ſes étendars ;
Fais-luy reffentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble l'épouvante
Fuſques au coeurde fes Etats:
Ilſçait dans ce defordre extrême
GALANT . III
Eftre le maijtre de luy même ,
S'il n'est le maistre des combats...
ॐ
Il triomphe de tes outrages ,
Lepoursuivras tu donc toûjours ,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours ?
Que ton courroux illegitime
Respecte un Heros magnanime
Fuſques dans lesplusgrands malbeurs
;
Ceffe d'attaquerfa puiſſance ,
Il a du moins parſaconftance.
Affez merité tes faveurs.
Princes ,appuis de fa Couronne
,
T
It 2 MERCURE
Il vous voit tomber tour à tour ;
LaMort implacable moiffonne
Tous les objets de ſon amour.
Arrête, monstre ſanguinaire ;
Il reffent tes coups,ileftpere ,
MaMiaiss iilln'en estpoint abbatu :
Il craint d'augmenter nos allarmes
,
I
Sa raiſon commande àſes larmes,
Etfait triompherſa vertu.
Ne nommons point vertu ſtoique
Safermetédans les malheurs ;
L'effort d'un courage heroïque
Luyfaitseul dévorerſes pleurs.
Centfoisfon coeur de la nature
Entendit
GALANT. 113
Entendit lepreffant murmure :
Mais il regne, il a d'autresfoins;
Pour ménager notrefoibleſſe ,
Larmes ,qu'ildoitàſa tendreſſe ,
Il vous immole ànos besoins .
Dans cette carriere nouvelle
Cherchons fafolide grandeur ;
Ilte doit , Fortune infidelle ,
Plus qu'il ne dutàſa valeur.
Dans les plus affreuſes disgraces ,
Herosfameux ,suivezſes traces,
Il vous apprendà les fouffrir;
C'est peu , l'univers le contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Il va vous apprendre à mourir.
Janvier 1716. K
114 MERCURE
Ahplustoft, Dieu vengeurdes
A crimes ,
Suſpens pour un temps, ton cour
TOUX;
N'eft il donc point d'autres vietimes
Quipuiffent tomberfous tes coups?
Faut-ilqu'une Teſteſi chere
Soit immoléeàtacolere?
Vains regrets! defirsSuperflus!
C'en estfait, déja ta vengeance
Seprepare àpunirla France;
Il languit ,que dis je ? il n'est
plus.
Epargne du moins ce qui refte
D'unHerasfi cher à nosyeux ;
GALANT S
Souviens toyqu'un coupfifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris de fes autels ;
Il apprendra par ces exemples ,
Que l'honneurde tesfacrezTemples
Rend toûjours les Rois immortels.
७८
Conforve se Prince équitable ,
Dont nous admirons lesprojets:
Pour rendre le Monarque aisupsommables.
• Il veutrendre beureux lesſujets
La même mainqui dans la guerre
Afçû faire tremblerla terre,
Kij
116 MERCURE
Vaformer leplus grand des Rois,
Et la pofteritéfidelle
Luy tiendra compte deſon zele ,
Encorplus que deſes exploits.
NIC INGOULT , D. L. C. D. J.
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
- La Mort , du plus grand des
Monarques
Paroißoit respecterles jours :
Que vois-je ? LeCiseau des Parques
A
Vientd'en interromprele cours.
Par cette perte irreparable ,
Francesle Ciel inexorable
Veut éternifer tes douleurs =
:
106 MERCURE
Dans defi cruelles allarmes
Taris laſourcede tes larmes ,
C'esttroppen pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance estafſſouvie ,
N'en accuſonsque nos forfaits ,
GrandDieu ;tous les jours defa
vie
Eſtoient marquez par tes bienfaits.
On le vit fournirfa carriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux ,
Ettufis fentir àla France
Que le bonheur defanaiſſance
Fut le moindreprefent desCieux.
ॐ
GALANT 107
Il regne,quelheureuxpréſage!
LaGloireaccompagne ſes pas ,
LaVictoireluy rend hommage
D'unbonheurqu'ilneconnoîtpas.
Mars prendſoin deſa destinée ,
Etdela Diſcorde enchaînée
Il briſe les traits meurtriers.
Teleft vainqueur fousses aufpices,
Qui loindeſes regards propices
Voitflétrirſesplus beaux lauriers.
Vos efforts ,peuples redoutables,
N'étonneront point fon grand
coeur,
Il rendra les Lys refpectables ,
Illesfoûtientparsa valeur..
108 MERCURE
Bientôt d'invincibles armées
Dans vos Villes épouvantées
Arboreront ſes étendars .
C'est affez que cejeune Alcide
Afes guerriersferve de guide ,..
Pour enfaire autantde Cefars.
:
Oui vos orgueilleuses murailles
Sont pour vous defoibles rempars;
Sonfeul nom gagne des batailles,
Commentfoûtenirſes regards ?
Accablez ſous les traits qu'il
lance ,
C'eſt , dites - vous , Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrepidité....
Cen'estpoint leDieude laThrace,
GALANT. 109
MonHeros n'en a que l'audace ,
Etnon pas laferocité.
LOUIS reprenden main la
foudre,
Tremblez, fuperbes ennemis ,
Prêt à réduire tout en poudre ,
Il s'arrête ,il vous voit ſoûmis.
Maître du deſtin de la Terre ,
Il veutſuſpendreſon tonnerre ,
Pour offrir une heureuse paix;
Il compte , arbitre des tempêtes ,
Ses campagnes parfes conquêtes ,
Etfes Traitezparses bienfaits.
ॐ 4
Mais pour affûrerfa memoire ,
Cherchons de plus fürs fondemens
,
110 MERCURE
Un Heros dortſouventfa gloire
Au bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesſpectacles ,
Preſentons de nouveaux miracles
Aux regards de tout l'univers :
LOUIS doit l'éclat defa gloire
Moins aux faveurs de lavictoire
Qu'àfes plus terribles revers .
Fortune legere&volage ,
Abandonne ſes étendars ;
Fais-luy reffentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble l'épouvante
Fuſques au coeurde fes Etats:
Ilſçait dans ce defordre extrême
GALANT . III
Eftre le maijtre de luy même ,
S'il n'est le maistre des combats...
ॐ
Il triomphe de tes outrages ,
Lepoursuivras tu donc toûjours ,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours ?
Que ton courroux illegitime
Respecte un Heros magnanime
Fuſques dans lesplusgrands malbeurs
;
Ceffe d'attaquerfa puiſſance ,
Il a du moins parſaconftance.
Affez merité tes faveurs.
Princes ,appuis de fa Couronne
,
T
It 2 MERCURE
Il vous voit tomber tour à tour ;
LaMort implacable moiffonne
Tous les objets de ſon amour.
Arrête, monstre ſanguinaire ;
Il reffent tes coups,ileftpere ,
MaMiaiss iilln'en estpoint abbatu :
Il craint d'augmenter nos allarmes
,
I
Sa raiſon commande àſes larmes,
Etfait triompherſa vertu.
Ne nommons point vertu ſtoique
Safermetédans les malheurs ;
L'effort d'un courage heroïque
Luyfaitseul dévorerſes pleurs.
Centfoisfon coeur de la nature
Entendit
GALANT. 113
Entendit lepreffant murmure :
Mais il regne, il a d'autresfoins;
Pour ménager notrefoibleſſe ,
Larmes ,qu'ildoitàſa tendreſſe ,
Il vous immole ànos besoins .
Dans cette carriere nouvelle
Cherchons fafolide grandeur ;
Ilte doit , Fortune infidelle ,
Plus qu'il ne dutàſa valeur.
Dans les plus affreuſes disgraces ,
Herosfameux ,suivezſes traces,
Il vous apprendà les fouffrir;
C'est peu , l'univers le contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Il va vous apprendre à mourir.
Janvier 1716. K
114 MERCURE
Ahplustoft, Dieu vengeurdes
A crimes ,
Suſpens pour un temps, ton cour
TOUX;
N'eft il donc point d'autres vietimes
Quipuiffent tomberfous tes coups?
Faut-ilqu'une Teſteſi chere
Soit immoléeàtacolere?
Vains regrets! defirsSuperflus!
C'en estfait, déja ta vengeance
Seprepare àpunirla France;
Il languit ,que dis je ? il n'est
plus.
Epargne du moins ce qui refte
D'unHerasfi cher à nosyeux ;
GALANT S
Souviens toyqu'un coupfifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris de fes autels ;
Il apprendra par ces exemples ,
Que l'honneurde tesfacrezTemples
Rend toûjours les Rois immortels.
७८
Conforve se Prince équitable ,
Dont nous admirons lesprojets:
Pour rendre le Monarque aisupsommables.
• Il veutrendre beureux lesſujets
La même mainqui dans la guerre
Afçû faire tremblerla terre,
Kij
116 MERCURE
Vaformer leplus grand des Rois,
Et la pofteritéfidelle
Luy tiendra compte deſon zele ,
Encorplus que deſes exploits.
NIC INGOULT , D. L. C. D. J.
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1138
p. 117-120
VAUDEVILLE.
Début :
Je vous donne à ce nouvel an [...]
Mots clefs :
Régent, Almanach
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE
Je vous donne à ce nouvel an
MonAmanachpour vos étrenes,
Il vaut bien celuy deMilan ,
Ilprédit lafin de nos peines.
Ah ! qu'il eſt für , ab ! qu'il eft
2 .
beau,
MonAlmanach nouveau.
Graces àMonfieur leRegent ,
Dans cet an millefept cens ſeize,
On ne verra plus d'indigent ,
Chacun fera fort àfonaiſe
Ab! qu'il eft, &c.
T
48 MERCURE
Janvier avecses deux bonnets
Dénote tres rude froidure ,
Mais le Regentparses bienfaits
Réchauffe toute la nature,
Ah! qu'il eft, &c .
On verrales Billets Royaux
Triompher de l'infame ufure ,
Adieu beaux trains , adieu ca
deaux ,
L'agiot fait trifte figure ,
Ah! qu'il eft, &c.
Mars qui ramene le Printemps
Si chery de toute la terre ,
Pour mettrefinànos tourmens
GALANT . H,
Al'usure fera la guerre ,
Ah! qu'il eft, &c.
L'agréableſaiſond'Evê
En tous lieux se trouvera belle ,
Partout regnera l'équité,
La bonne foy & le vray zele ,
Ab! qu'il eft , &c.
:
L'Automne avec juste raiſon
Merite nostre confiance ,
Puisque nous aurons àfoison
Du pain , du vin , fruit &
finance,
Ah! qu'il eft , &c.
Queferontles Agioteurs
120 MERCURE
Dans ces heureux temps d'abondance
,
On verra tous ces gros Seigneurs
Par ce retour en décadence ,
Ab! qu'il eft,&c.
Je vous donne à ce nouvel an
MonAmanachpour vos étrenes,
Il vaut bien celuy deMilan ,
Ilprédit lafin de nos peines.
Ah ! qu'il eſt für , ab ! qu'il eft
2 .
beau,
MonAlmanach nouveau.
Graces àMonfieur leRegent ,
Dans cet an millefept cens ſeize,
On ne verra plus d'indigent ,
Chacun fera fort àfonaiſe
Ab! qu'il eft, &c.
T
48 MERCURE
Janvier avecses deux bonnets
Dénote tres rude froidure ,
Mais le Regentparses bienfaits
Réchauffe toute la nature,
Ah! qu'il eft, &c .
On verrales Billets Royaux
Triompher de l'infame ufure ,
Adieu beaux trains , adieu ca
deaux ,
L'agiot fait trifte figure ,
Ah! qu'il eft, &c.
Mars qui ramene le Printemps
Si chery de toute la terre ,
Pour mettrefinànos tourmens
GALANT . H,
Al'usure fera la guerre ,
Ah! qu'il eft, &c.
L'agréableſaiſond'Evê
En tous lieux se trouvera belle ,
Partout regnera l'équité,
La bonne foy & le vray zele ,
Ab! qu'il eft , &c.
:
L'Automne avec juste raiſon
Merite nostre confiance ,
Puisque nous aurons àfoison
Du pain , du vin , fruit &
finance,
Ah! qu'il eft , &c.
Queferontles Agioteurs
120 MERCURE
Dans ces heureux temps d'abondance
,
On verra tous ces gros Seigneurs
Par ce retour en décadence ,
Ab! qu'il eft,&c.
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1139
p. 168-172
« aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
Début :
aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...]
Mots clefs :
Cardinal, Évêques, Cardinal de Richelieu, Cardinal de Mazarin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
auffibien
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
Fermer
1140
p. 172-182
EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
Début :
Comme le Soleil & la Lune ne font l'année par leur mouvement [...]
Mots clefs :
Poème, Amour, Auteur, Duc d'Orléans, Peuples, Enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
EXTRAIT FRANCOIS
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
Fermer
1141
p. 250-252
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Début :
Une des trois places de Conseillers d'Etat d'Eglise, ayant [...]
Mots clefs :
Prince, Conseiller d'État d'Église, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Unedes trois places de Conſeillers
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
Fermer
1142
p. 253-254
PORTRAIT de Son Altesse Royale Monseigneur Petit-Fils de France, Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
Début :
Etre issu du sang de nos Rois, [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Rois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT de Son Altesse Royale Monseigneur Petit-Fils de France, Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
PORTRAIT
de Son Alteſſe Royale Monſeigneur
Petit- Fils de France ,
Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Etre iſſu dufangde nos Rois ,
Et par d'heroiques exploits
DesplusfameuxGuerriers,que nous
vante l'Histoire ,
Effacer le lustre&la gloire :
Poßeder cent talents divers ,
Qu'avec étonnement admire l'Univers
;
Et digne defervir même aux Rois
demodele ,
Faire éprouver à toussa bonté pa
ternelle :
Etre compatiffant , affable , ge
nereux ,
254 MERCURE
Mettre tout fon bonheur à faire
desheureux;
Et par les fruits naiſſants d'une
activeRegence,
Des peuples abattus relever l'efperance:
2
Compter,nouveau Titus,ſesjours
parses bienfaits ,
Et regnersurnos coeurs,fansregner
fur la France ,
Grand Prince , dont lavigilance
Travaille inceſſamment à remplir
nos fouhaits ,
Cesont là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE.
de Son Alteſſe Royale Monſeigneur
Petit- Fils de France ,
Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Etre iſſu dufangde nos Rois ,
Et par d'heroiques exploits
DesplusfameuxGuerriers,que nous
vante l'Histoire ,
Effacer le lustre&la gloire :
Poßeder cent talents divers ,
Qu'avec étonnement admire l'Univers
;
Et digne defervir même aux Rois
demodele ,
Faire éprouver à toussa bonté pa
ternelle :
Etre compatiffant , affable , ge
nereux ,
254 MERCURE
Mettre tout fon bonheur à faire
desheureux;
Et par les fruits naiſſants d'une
activeRegence,
Des peuples abattus relever l'efperance:
2
Compter,nouveau Titus,ſesjours
parses bienfaits ,
Et regnersurnos coeurs,fansregner
fur la France ,
Grand Prince , dont lavigilance
Travaille inceſſamment à remplir
nos fouhaits ,
Cesont là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE.
Fermer
1143
p. 3-19
De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
Début :
Le vingt Decembre dernier il se fit un Service trés-solemnel [...]
Mots clefs :
Roi, Bourgeois nobles, Nobles, Perpignan, Consuls, Gentilhommes, Service, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
De Perpignan.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
Fermer
1144
p. 19-24
A Rome le 21. Decembre 1715
Début :
Le Pape joüit presentement d'une santé parfaite : outre la [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sa Sainteté, Pape, Valets, Cour, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 21. Decembre 1715
.4Rome le 2.1. Decembre 171j
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
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1145
p. 24-33
De Rome le 28. Decembre 1715.
Début :
Le Pape ordinairement tient Chapelle de Noël à Sainte Marie [...]
Mots clefs :
Cardinal, Chapelle, Pape, Ambassadeur, Rome
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texteReconnaissance textuelle : De Rome le 28. Decembre 1715.
De Rome le18. Dcccmbre 1715-
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
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1146
p. 34-41
De Rome le 11. Janvier 1716.
Début :
Le jour de l'Epiphanie le Pape assista à la Chapelle, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Duc, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 11. Janvier 1716.
De Rome le II. Janvier ijl6.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Fermer
1147
p. 41-46
A Venise le 11. Janvier 1716.
Début :
Dimanche l'on fit ici l'Election d'un Capitaine General, [...]
Mots clefs :
Général, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 11. Janvier 1716.
A Vewfcle11. Janvier 1ji6.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
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1148
p. 47-52
A Venise le 21. Decembre 1715.
Début :
M. le Chevalier Morosini qui a esté Ambassadeur à Rome [...]
Mots clefs :
République, Chevalier, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 21. Decembre 1715.
jiVeniJïleil.Décembre i71j.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
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1149
p. 52-57
De Venise le 28. Decembre 1715.
Début :
On croyoit qu'un Courrier qui est arrivé de Vienne cette [...]
Mots clefs :
Turcs, Guerre, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 28. Decembre 1715.
DcVmife le t-8.Dicembre 1715.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
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1150
p. 163-176
De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
Début :
Cambray à M. l'Abbé d'Estrées, à 20000. livres [...]
Mots clefs :
Abbé, Chevalier, Roi, Pension, Abbaye, Aumônier, Duc d'Orléans, Bénéfices, Pensions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
De Paris.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
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