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1
p. 299-301
« OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Début :
OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...]
Mots clefs :
Parlement de Toulouse, Arrêts, Carême, Légumes, Herbages
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texteReconnaissance textuelle : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
BSERVATIONS sur les Arrêts remarquables
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
du Parlement de Toulouse
, recueillis par M. Jean de Catellan ,
Conseiller au même Parlement, enrichies
des Artêts nouveaux , rendus sur les mê
mes matieres Par Gabriel de Vedel, Ecuyer,
Docteur et Avocat au Parlement de Toulouse
. A Toulouse , de l'Imprimerie de N.
Caranove , à la Bible d'or , et se vendent
chez Etienne Manavit et Jean - François
Foret, à la Couronne d'or. 1733. in 4.2 vol .
Tom. 1. de 372 pages ; et le second de
292.
SANCTI Aurelii Augustini Hipponensis
Episcopi, Epistolæ dur , recens in Germania
repertæ , Notis criticis , historicis ,
chronologicisque illustratæ , ac juxta novissimam
Editionem omnium ejusdemi
S. Doctoris Operum , à Benedictinis , è
Congregatione S. Mauri concinnatam
tersæ atque adornate opera et studio
D ... ejusdem Congregationis Presbyteri.
Fol. Parisiis apud viduam Raymun-
E iiij di
300 MERCURE DE FRANCE
di Mazieres , et J. Baptistam Garnier.
1734.
TRAITE' DES ALIMENS DE CARESME , OÙ
l'on explique les différentes qualitez des
Légumes , des Herbages , des Racines, des
Fruits , des Poissons , des Amphibies, des
Assaisonnemens , des Boissons même les
plus en usage , comme de l'Eau , du Vin,
de la Bierre , du Cidre , du Thé, du Caffé
, du Chocolat , et où l'on éclaircit plusieurs
questions importantes sur l'abstinence
et sur le jeûne, tant par rapport au
Carême, que par rapport à la santé.Par M.
Andry, Docteur , Regent de la Faculté
de Médecine à Paris , Lecteur et Professeur
Royal. 2 vol . in 12. 4 liv.ruë S.Jac
ques , chez le Mercier.
REGIME DU CARESME , consideré par
rapport à la nature du corps et des alimens,
en trois parties , où l'on examine
le sentiment de ceux qui prétendent que
les alimens maigres sont plus convenables
à l'Homme que la viande , où l'on
traite à ce sujet de la qualité et de l'usage
des Légumes , des Herbages , des Racines
, du Fruit, du Poisson , &c . et où l'on
éclaircit plusieurs questions touchant
l'abstinence et le jeûne , suivant les principes
FEVRIER . 1734. 3ст
cipes de la Physique et de la Médecine ;
entr'autres,si l'on doit défendre en Carême
l'usage de la Macreuse et du Tabac.
Par le même , chez le même Libraire , in
12 , 2 liv.
INSTRUCTIONS Chrétiennes et Morales
sur les Sacremens ; avec quelques Ins-
Tructions sur les Indulgences et Jubilez ;
et les bons usages des Maladies . A Paris ,
rue S. Jacques , chez J. B. Delespine fils ,
1734. in 12.
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Résumé : « OBSERVATIONS sur les Arrêts remarquables du Parlement de Toulouse, recueillis [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages publiés au XVIIIe siècle. En 1733, Jean de Catellan et Gabriel de Vedel ont compilé des arrêts remarquables du Parlement de Toulouse en deux volumes totalisant 664 pages, disponibles à Toulouse chez Étienne Manavit et Jean-François Foret. En 1734, une édition des lettres de Saint Augustin, annotées par un prêtre bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, a été publiée à Paris chez la veuve Raymond Mazieres et J. Baptistam Garnier. Le document mentionne également deux traités de M. Andry, docteur à la Faculté de Médecine de Paris, sur les aliments de Carême. Le premier, publié en 1734, traite des qualités des légumes, fruits, poissons et boissons, ainsi que des questions sur l'abstinence et le jeûne, disponible chez le Mercier à Paris. Le second examine les aliments maigres et leur convenance par rapport à la viande, également disponible chez le même libraire. Enfin, un ouvrage sur les instructions chrétiennes et morales concernant les sacrements, les indulgences, les jubilés et les bons usages des maladies a été publié en 1734 à Paris chez J. B. Delespine fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 301-307
LETTRE de M. l'Abbé de ... au sujet de la nouvelle Histoire de Languedoc.
Début :
Vous me demandez, Monsieur, fort à propos des nouvelles de la suite [...]
Mots clefs :
Histoire, Languedoc, Comte de Toulouse, Province, Preuves, Pièces justificatives, Grands vassaux, Droits régaliens, Généalogie, Historiens
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. l'Abbé de ... au sujet de la nouvelle Histoire de Languedoc.
LETTRE de M. l'Abbé de ... au sujet
de la nouvelle Histoire de Languedoc.
V
Ous me demandez , Monsieur , fort
à propos des nouvelles de la suite
de l'Histoire de la Province de Languedoc
, dont les R. P. D. Claude de Vic ,
et D. Joseph Vaissette , Benedictins de
S. Maur , qui travaillent à cet Ouvrage
depuis l'année 1715. viennent de publier
le second volume. Le premier Tome parût,
comme vous sçavez , sur la fin de
l'année 1730. et vous me parûtes bien satisfait
de sa lecture ; ainsi je ne puisque
louer votre empressement pour con
noître la disposition de ce second volu
mes ce que votre éloignement de Paris
EV ห รื
302 MERCURE DE FRANCE
me vous permet pas de faire par vousmême.
C'est toujours le même titre : HISTOI
RE GENERALE de Languedoc, avec des Noses
et les Pieces justificatives , composée sur
les Auteurs et les Titres originaux , et enrichie
de divers Monumens.Tome second ,
in fol. de 648 pag. sans les Preuves , et la
Table generale des noms et des matieres,
qui en contiennent 700. A Paris , chez
Jacques Vincent , ruë S. Severin, à l'Ange.
1733.
Un court Avertissement précede ce
Volume , et dispose à le lire utilement.
Il comprend l'Histoire de près de trois
siécles , commençant au Regne de Loüis
le Begue , Epoque principale de l'hérédité
des Fiefs de Dignité dans les Maisons
des Grands Vassaux , qui usurperent
bien- tôt les Droits Régaliens . Il finit au
commencement des Troubles , que l'hé
résie des Albigeois causa dans la Province
, où à la condamnation de ces Hérétiques
dans le Concile , tenu en 1165 ,
à
Lombez , dans le Diocèse d'Albi .
Je n'entrerai point icy , Monsieur, dans
le détail des faits qui font la matiere des
huit Livres dont ce second volume est
composé ; un Sommaire même de ces
Livres excederoit les bornes d'une LettreFEVRIER.
1734. 393
tre. Je me contenterai de vous dire en
general , avec nos Sçavans Auteurs , que
dans un temps aussi obscur pour l'Histoire
de cette Province et pour celle de
France , que les X. XI et XIIe siècles , ils
ont cru ne devoir rien négliger. C'est ce
qui les a portez à employer certains faits
qui seront peut être regardez comme peu
Importans , et qui auroient été omis dans
d'autres circonstances.
Ils se sont attachez principalement ,
soit dans l'Histoire , soit dans les Notes,à
faire connoître autant qu'il leur a été
possible , l'origine , la succession , la genealogie
et les actions des Comtes , des
Vicomtes et des autres Grands Vassaux
de la Province ; sur tout de ceux qui ont
joui des Droits Régaliens' ; matiere dont
la plus grande partie étoit enveloppée
d'épaisses ténébres , qui sont icy dissipéesles
Monumens du temps.
par
La Méthode qui a été suivie dans cette
recherche , où l'on n'a admis que ce
qui s'est trouvé appuyé sur les Titres et
sur les anciens Ecrivains , a engagé nos
Historiens à rapporter la plupart des Piéces
justificatives , sur lesquelles ils se sont
fondez . Ils donnent aussi plusieurs actes .
qu'ils ont jugez interessans ; en particulier
, ceux qui peuvent servir à découvrir
E vj l'ori
304 MERCURE DE FRANCE
l'origine et la généalogie de l'ancienne
Noblesse du Païs, Les Gens de Lettres estiment
ces sortes de Recueils , qui ont .
plusieurs utilitez.
Dans ce volume , comme dans le précedent
, on s'est attaché à éclaircir les
faits douteux ou obscurs , soit dans le
corps de l'ouvrage , soit dans les Notes.
Nos Auteurs se sont fort étendus sur la
premiere Croisade , ce qui étoit indispensable
; parce que Raymond de S. Gilles,
Comte de Toulouse , fut un des principaux
Chefs de cette celebre expédition ,
et que la principale Noblesse. de la Province
y prit beaucoup de part. Il étoit
donc nécessaire de ne rien passer de ce
qui regarde leurs Personnes et leurs Exploits
, nos Historiens modernes en ayant
d'ailleurs parlé fort succinctement.
Les ornemens qui enrichissent le premier
volume continuent dans celui cy
et dans le même ordre.C'est- à-dire qu'on
voit à la tête de chaque Livre er au
commencement des Notes et des Preuves
qui font un corps d'Ouvrage separé, une
fort belle Estampe en Vignette , qui en
représente le principal' sujer. Elles sont
du dessein de M. de Cazes Peintre de
Académie Royale de Peinture , et gravées
par une habile main.
La
FEVRIER. 1734. 305
La premiere au Frontispice du Livre
XI. porte en bas cette Inscription , Louis
Le Begue dispose du Marquisa: de Gothie
en faveur de Bernard III.
Dans celle du XII . L. Les Hongrois
mis en fuite par Raymond Comte de Tou-
Lause..
Liv. XII. Victoire de Roger I. Comie
de Carcassone sur Oliba Cabretta.
Liv. XIV. Paix entre l'Archevêque et le
Vicomte de Narbonne.
Liv. XV. Départ de Raymond de S. Gil
les , Comte de Toulouse pour la Croisade.
Liv. XVI . Arrivée de Bertrand , Comte
de Toulouse , au Port d'Antioche.
Liv. XVII. Alfonse Comte de Toulouse
prend la Croix des mains de S. Bernard.
Liv. XVIII . Levée du Siége de Tou
louse par Henri II. Roy d'Angleterre.
Au commencement des Notes sur
l'Histoire , est representé par une Estam
pe particuliere , le partage de la Provence
entre le Comte de Toulouse et le Comte de
Barcelone. Et à la tête des Preuves une
derniere Estampe represente l'Invention
des Reliques de S. Bausile , Martyr à
Nîmes.
J'ai prévenu, Monsieur , vôtre demande
au sujet de ces belles Estampes que
vous souhaiterez sans doute de joindre à
celles306
MERCURE DE FRANCE .
celles du premier volume que je vous ai
envoyées dans le tems et qui méritent
assurément une place dans vos Recueils.
Elles m'ont été accordées avec la même
politesse et la même bonté que les précedentes.
Par surcroît d'agrément pour vous et
d'ornement pour ma Lettre , je vous envoye
un Dessein exact de la Médaille
que les Etats de la Province de Languedoc
viennent de faire frapper au sujet de
l'Histoire dont il s'agit ici . C'est un Monument
destiné à éterniser un autre Monument
digne par lui même de l'immortalité
, et qui célébrera aussi l'Amour de
la Patrie et la magnificence de Messieurs
des Etats dans la Composition de cette
Histoire.
On voit d'un côté sur cette Médaille
le Portrait du Roy avec la Legende ordinaire
et sur le revers la Muse de ,
POST
FATA
SU
ERIT
COM- OCCIT.
1734.
l'HisFEVRIER
. 1734 307
P'Histoire , assise , et dans une attitude
noble , tenant d'une main la Plume , et
de l'autre un Livre ouvert , un Volume
fermé est couché à ses pieds ; avec cette
Inscription . ERIT POST FATA SUPERSTES :
et dans l'Exergue COM. OCCIT . MDCCXXXIV.
Je suis Monsieur , & c.
A Paris le to Janvier 1734.
de la nouvelle Histoire de Languedoc.
V
Ous me demandez , Monsieur , fort
à propos des nouvelles de la suite
de l'Histoire de la Province de Languedoc
, dont les R. P. D. Claude de Vic ,
et D. Joseph Vaissette , Benedictins de
S. Maur , qui travaillent à cet Ouvrage
depuis l'année 1715. viennent de publier
le second volume. Le premier Tome parût,
comme vous sçavez , sur la fin de
l'année 1730. et vous me parûtes bien satisfait
de sa lecture ; ainsi je ne puisque
louer votre empressement pour con
noître la disposition de ce second volu
mes ce que votre éloignement de Paris
EV ห รื
302 MERCURE DE FRANCE
me vous permet pas de faire par vousmême.
C'est toujours le même titre : HISTOI
RE GENERALE de Languedoc, avec des Noses
et les Pieces justificatives , composée sur
les Auteurs et les Titres originaux , et enrichie
de divers Monumens.Tome second ,
in fol. de 648 pag. sans les Preuves , et la
Table generale des noms et des matieres,
qui en contiennent 700. A Paris , chez
Jacques Vincent , ruë S. Severin, à l'Ange.
1733.
Un court Avertissement précede ce
Volume , et dispose à le lire utilement.
Il comprend l'Histoire de près de trois
siécles , commençant au Regne de Loüis
le Begue , Epoque principale de l'hérédité
des Fiefs de Dignité dans les Maisons
des Grands Vassaux , qui usurperent
bien- tôt les Droits Régaliens . Il finit au
commencement des Troubles , que l'hé
résie des Albigeois causa dans la Province
, où à la condamnation de ces Hérétiques
dans le Concile , tenu en 1165 ,
à
Lombez , dans le Diocèse d'Albi .
Je n'entrerai point icy , Monsieur, dans
le détail des faits qui font la matiere des
huit Livres dont ce second volume est
composé ; un Sommaire même de ces
Livres excederoit les bornes d'une LettreFEVRIER.
1734. 393
tre. Je me contenterai de vous dire en
general , avec nos Sçavans Auteurs , que
dans un temps aussi obscur pour l'Histoire
de cette Province et pour celle de
France , que les X. XI et XIIe siècles , ils
ont cru ne devoir rien négliger. C'est ce
qui les a portez à employer certains faits
qui seront peut être regardez comme peu
Importans , et qui auroient été omis dans
d'autres circonstances.
Ils se sont attachez principalement ,
soit dans l'Histoire , soit dans les Notes,à
faire connoître autant qu'il leur a été
possible , l'origine , la succession , la genealogie
et les actions des Comtes , des
Vicomtes et des autres Grands Vassaux
de la Province ; sur tout de ceux qui ont
joui des Droits Régaliens' ; matiere dont
la plus grande partie étoit enveloppée
d'épaisses ténébres , qui sont icy dissipéesles
Monumens du temps.
par
La Méthode qui a été suivie dans cette
recherche , où l'on n'a admis que ce
qui s'est trouvé appuyé sur les Titres et
sur les anciens Ecrivains , a engagé nos
Historiens à rapporter la plupart des Piéces
justificatives , sur lesquelles ils se sont
fondez . Ils donnent aussi plusieurs actes .
qu'ils ont jugez interessans ; en particulier
, ceux qui peuvent servir à découvrir
E vj l'ori
304 MERCURE DE FRANCE
l'origine et la généalogie de l'ancienne
Noblesse du Païs, Les Gens de Lettres estiment
ces sortes de Recueils , qui ont .
plusieurs utilitez.
Dans ce volume , comme dans le précedent
, on s'est attaché à éclaircir les
faits douteux ou obscurs , soit dans le
corps de l'ouvrage , soit dans les Notes.
Nos Auteurs se sont fort étendus sur la
premiere Croisade , ce qui étoit indispensable
; parce que Raymond de S. Gilles,
Comte de Toulouse , fut un des principaux
Chefs de cette celebre expédition ,
et que la principale Noblesse. de la Province
y prit beaucoup de part. Il étoit
donc nécessaire de ne rien passer de ce
qui regarde leurs Personnes et leurs Exploits
, nos Historiens modernes en ayant
d'ailleurs parlé fort succinctement.
Les ornemens qui enrichissent le premier
volume continuent dans celui cy
et dans le même ordre.C'est- à-dire qu'on
voit à la tête de chaque Livre er au
commencement des Notes et des Preuves
qui font un corps d'Ouvrage separé, une
fort belle Estampe en Vignette , qui en
représente le principal' sujer. Elles sont
du dessein de M. de Cazes Peintre de
Académie Royale de Peinture , et gravées
par une habile main.
La
FEVRIER. 1734. 305
La premiere au Frontispice du Livre
XI. porte en bas cette Inscription , Louis
Le Begue dispose du Marquisa: de Gothie
en faveur de Bernard III.
Dans celle du XII . L. Les Hongrois
mis en fuite par Raymond Comte de Tou-
Lause..
Liv. XII. Victoire de Roger I. Comie
de Carcassone sur Oliba Cabretta.
Liv. XIV. Paix entre l'Archevêque et le
Vicomte de Narbonne.
Liv. XV. Départ de Raymond de S. Gil
les , Comte de Toulouse pour la Croisade.
Liv. XVI . Arrivée de Bertrand , Comte
de Toulouse , au Port d'Antioche.
Liv. XVII. Alfonse Comte de Toulouse
prend la Croix des mains de S. Bernard.
Liv. XVIII . Levée du Siége de Tou
louse par Henri II. Roy d'Angleterre.
Au commencement des Notes sur
l'Histoire , est representé par une Estam
pe particuliere , le partage de la Provence
entre le Comte de Toulouse et le Comte de
Barcelone. Et à la tête des Preuves une
derniere Estampe represente l'Invention
des Reliques de S. Bausile , Martyr à
Nîmes.
J'ai prévenu, Monsieur , vôtre demande
au sujet de ces belles Estampes que
vous souhaiterez sans doute de joindre à
celles306
MERCURE DE FRANCE .
celles du premier volume que je vous ai
envoyées dans le tems et qui méritent
assurément une place dans vos Recueils.
Elles m'ont été accordées avec la même
politesse et la même bonté que les précedentes.
Par surcroît d'agrément pour vous et
d'ornement pour ma Lettre , je vous envoye
un Dessein exact de la Médaille
que les Etats de la Province de Languedoc
viennent de faire frapper au sujet de
l'Histoire dont il s'agit ici . C'est un Monument
destiné à éterniser un autre Monument
digne par lui même de l'immortalité
, et qui célébrera aussi l'Amour de
la Patrie et la magnificence de Messieurs
des Etats dans la Composition de cette
Histoire.
On voit d'un côté sur cette Médaille
le Portrait du Roy avec la Legende ordinaire
et sur le revers la Muse de ,
POST
FATA
SU
ERIT
COM- OCCIT.
1734.
l'HisFEVRIER
. 1734 307
P'Histoire , assise , et dans une attitude
noble , tenant d'une main la Plume , et
de l'autre un Livre ouvert , un Volume
fermé est couché à ses pieds ; avec cette
Inscription . ERIT POST FATA SUPERSTES :
et dans l'Exergue COM. OCCIT . MDCCXXXIV.
Je suis Monsieur , & c.
A Paris le to Janvier 1734.
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Résumé : LETTRE de M. l'Abbé de ... au sujet de la nouvelle Histoire de Languedoc.
L'Abbé de... répond à une demande concernant la suite de l'Histoire de la Province de Languedoc. Les Révérends Pères Dom Claude de Vic et Dom Joseph Vaissette, bénédictins de Saint-Maur, travaillent sur cet ouvrage depuis 1715. Le premier tome est paru fin 1730 et a été bien accueilli. Le second volume, publié en 1733, couvre près de trois siècles d'histoire, de Louis le Bègue jusqu'aux troubles causés par l'hérésie des Albigeois et leur condamnation en 1165. Le second volume comprend huit livres et est enrichi de notes et de pièces justificatives basées sur des auteurs et titres originaux. Les auteurs ont inclus des faits jugés peu importants dans d'autres circonstances pour éclaircir des périodes obscures de l'histoire de la province et de la France. Ils se sont concentrés sur l'origine, la succession, la généalogie et les actions des comtes, vicomtes et autres grands vassaux, dissipant ainsi les ténèbres sur ces sujets. Les auteurs ont également rapporté des pièces justificatives et des actes intéressants, notamment ceux concernant l'origine et la généalogie de l'ancienne noblesse. Le volume éclaire les faits douteux ou obscurs et se penche en détail sur la première Croisade, en raison de la participation notable de la noblesse languedocienne. Le volume est illustré de belles estampes en vignette, gravées par un artiste habile, représentant des événements clés. L'Abbé envoie également un dessin d'une médaille frappée par les États de la Province de Languedoc, célébrant l'histoire et la patrie. La médaille porte l'inscription 'ERIT POST FATA SUPERSTES' et 'COM. OCCIT. MDCCXXXIV'.
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3
p. 307-313
Pensées Critiques sur les Mathématiques, [titre d'après la table]
Début :
On vend depuis peu chez Osmon, rue S. Jacques, proche la Fontaine S. Severin, [...]
Mots clefs :
Mathématiques, Préjugé, Unité, Principes, Géométrie, Géomètres, Grandeur, Objet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pensées Critiques sur les Mathématiques, [titre d'après la table]
On vend depuis peu chez Osmon , rue
S. Jacques , proche la Fontaine S. Severin
, et chez Clousier , dans la même rue,
aux Armes de France , un Livre intitulé
Pensées Critiques sur les Mathematiques , où
l'on propose plusieurs Préjugez contre ces
Sciences, à dessein d'en ébranler la certitude,
et de prouver qu'elles ont peu contribué à la
perfection des Beaux Arts . Par M. Cartand.
Volume in 12.
L'Auteur a mis à la tête de cet Ouvrage
un long Discours , dans lequel
on trouve des Réfléxions neuves sur
le culte des Payens , sur
sur l'Astrologie
et sur la Magie . Après ce discours préliminaire
l'on propose sept Préjugez contre
les Mathématiques.
M. Cartaud fait voir dans le premier
que les Mathématiciens ne peuvent arriver
à la haute certitude sans avoir auparavant
308 MERCURE DE FRANCE
ravant établi des principes certains dans
la Métaphysique , puisque la seule hypothese
d'un Dieu trompeurferoit de cette
Geométrie un Pays de soupçons et d'incertitude
; il faut , dit- il , entrer aussi
dans l'examen de la nature de l'ame , et
des idées , pour nous assurer que nous
n'avons aucune erreur à craindre de ce
côté- là. Car enfin , ajoute t-il , il est important
pour les Géometres de démontrer
la spiritualité de l'ame , puisque
bien qu'elle fût une matiere très subtile;
elle ne le seroit jamais assez pour atteindre
aux objets insensibles de la haute Géométrie.
Le second Prejugé est une Compila
tion des autoritez de ceux qui ont mis
en problême la verité des Mathématiques ,
tels que sont Mrs Bayle , Huet , Gassendi
, la Mothe le Vayer , la Placette
Agrippa , Joseph Scaliger , le Chevalier
Meré , les deux Pics de la Mirandole ,
Pascal , Descartes , Couti , le Clerc , & c.
L'Auteur prouve ensuite par plusieurs
raisonnemens que les doutes de tous ces
Grands hommes, devroient rendre les
Geométres moins décisifs.
L'Auteur raporte dans le troisiéme
Préjugé le témoignage de plusieursGrands
Geométres , qui avoient que les Mathé
matiFEVRIER.
1734. 309
matiques sont remplies de profondeurs ,
et d'obscuritez qu'on ne peut percer. Il
fait voir à la fin de ce même préjugé
que la Geométrie la plus élementaire
demande qu'on entre dans l'Analyse des
infiniment petits , ce qui fait naître indispensablement
les discussions sur l'Infini
, qui est , selon nôtre Auteur , une
source inépuisable de ténébres et d'incer
titudes.
On fait voir dans le quatriéme préju
gé que les Mathématiciens ne sont pas
plus unanimes que les autres Scavans , et
pour le prouver, on raporte les disputes
qui s'éleverent dans l'Académie des Sciences
au sujet des nouvelles méthodes de
l'Infini. L'Auteur fait aussi mention de
quelques. légeres diversitez de sentiment ,
qui diviserent il y a quelque tems M. de
Fontenelle et le P. Castel. On n'a pas
oublié Hobbes , le Jesuite Mancanus , ni
Vossius , qui se sont un peu écarté de la
route que tiennent les Geométres ; on
s'est également prévalu des incertitudes
de M. Leibnitz , qui sembloit s'être relâché
jusqu'au point de réduire les Infinis
de différens ordres à n'être que des
incommensurables au Globe de la Terre,
ou ce Globe à un Globe dont le rayon
seroit la distance du Soleil à Sirius ; ce
qui
310 MERCURE DE FRANCE
qui ruineroit l'exactitude Geométrique
des calculs . L'on a ajouté à toutes ces
contrarietez le peu d'unanimité qui se
trouve entre ceux qui déterminent la
distance des Globes celestes , et qui prétendent
trouver au juste la grandeur de
leur rayon . Enfin l'on fait voir que les
Mathématiciens sont le plus souvent aux
prises , et qu'ils ne partent pas toujours
des mêmes principes.
L'Auteur des Pensées critiques se propose
de prouver dans le cinquième préjugé
que l'objet des Mathématiques est
obscur. Voici ce qu'il dit sur ce sujet .
Les Mathématiques ont pour objet où
la grandeur en general , ou l'étendue ,
ou les nombres , ou le mouvement , ou
le tems.
Nous ignorons quelle est la nature de
la grandeur en general . Premierement
il est certain qu'elle n'est pas un être : en
second lieu , si elle étoit un néant , comment
pourroit- elle être l'objet des Mathématiques
?Troisiémement on auroit tore
de dire que les Algebristes prennent pour
objet deleur science la grandeur en general
en ce sens , que toutes leurs opérations
peuvent également avoir lieu en
Geometrie et en Aritmetique , puisqu'il
est très-certain que les nombres et l'étenduë
A
FEVRIER. 1734. 311
due ont des proprietez tout- à - fait differentes
. 2° . Les notions que nous avons
de l'étenduë sont très- incertaines , puisque
nous ignorons si elle est divisible à
l'infini , ou si elle est composée d'indivisibles
, si ces indivisibles sont étendus
ou inétendus . Cependant , ajoute notre
Auteur ; on ne peut s'assurer d'aucunes
conséquences Geométriques , jusqu'à - ce
que les Physiciens ayent vuidé leurs différends
sur ce sujet , puisque les conclusions
que l'on tire de ces divers systêmes
sont aussi opposées entr'elles , que la supposition
des indivisibles l'est de celle de
la divisibilité inépuisable. Ainsi , puisque
les principes sont arbitraires , les conséquences
doivent l'être aussi . 3 °. Notre
Auteur après avoir dit qu'il est souvent
inutile et même dangereux de trop rafiner
sur les premiers principes , ajoute ,
pour faire voir que les premieres notions
même ne sont pas exemptes d'obscurité,
lorsqu'on donne un plein essor à son
esprit ; l'idée qu'on a de l'unité n'est pas
fixée sur la perception d'un être simple ,
parce qu'on ne sçait qu'un objet est simple
qu'autant qu'on le confronte avec
l'idée qu'on a de l'unité . Ainsi l'idée
qu'on a de l'unité précede la perception
de l'être qui est simple. Mais si la per-
сер-
312 MERCURE DE FRANCE .
ception de l'être qui est simple est postérieure
à l'idée qu'on a de l'unité , il faut
donc que l'unité soit quelque chose de
réel , et qu'elle subsiste indépendament
de tout sujet. Voilà donc le triomphe des
Pitagoriciens quelle sera la nature de
l'unité?L'on fait voir ensuite que les fractions
seules suffisent pour rendre la notion
de l'unité douteuse et équivoque.
L'on parcourt ainsi toutes les autres
grandeurs , er on prouve que
les notions
que nous en avons doivent nous paroître
incertaines .
L'Auteur fait voir dans le sixième préjugé
qu'en supposant une fois le principe
des indivisibles , qu'il n'est pas bien
aisé de combattre , il faut jetter les fondemens
d'une nouvelle Geométrie . Pour
cet effet il choisit plusieurs propositions
qui concernent lesLignes , les Plans et les
Solides , et démontre qu'elles sont des
Paralogismes hors la divisibilité inépuisable
, qui ne paroît pas à notre Auteur
être établie sur des principes assez certains
pour servir de fondement à des
conséquences infaillibles.
On propose un septiéme préjugé , où
l'on prétend prouver que les Mathématiques
ont peu contribué à la perfection
des Beaux Arts , toutes les réfléxions que
notre
FEVRIER, 1734. 313
ture ,
>
notre Auteur emploie dans ce préjugé ,
peuvent se réduire à celle- ci ,
L'Architecture civile et militaire , la
Marine,l'Astronomie , les Méchaniques
la Cosmographie , la Peinture , la Sculpet
tous les Beaux Arts ont atteint
à un très-haut degré de perfection dans
des tems auxquels on n'avoit point les
méthodes de résoudre les problêmes , et
où les connoisseurs Geométriques se bornoient
à quelques propositions élementaires
d'un usage très- peu fécond. En second
lieu les Sciences qui ont emprunté
le secours des Mathématiques ne sont
jamais arrivées à une parfaite précision :
l'on pourroit même dire que l'Astronomie
est incertaine en ce qu'elle a de
commun avec les Mathématiques , puisque
malgré toutes les regles de la Trigonometrie
on n'a pû réussir à assigner la
vraie distance des Astres , ni déterminer
la grandeur de leur diamétre , et que
malgré toutes les observations des Geométres
de notre siècle et du siécie dernier
, on n'en connoît pas mieux la figure
du Globe de la terre.
S. Jacques , proche la Fontaine S. Severin
, et chez Clousier , dans la même rue,
aux Armes de France , un Livre intitulé
Pensées Critiques sur les Mathematiques , où
l'on propose plusieurs Préjugez contre ces
Sciences, à dessein d'en ébranler la certitude,
et de prouver qu'elles ont peu contribué à la
perfection des Beaux Arts . Par M. Cartand.
Volume in 12.
L'Auteur a mis à la tête de cet Ouvrage
un long Discours , dans lequel
on trouve des Réfléxions neuves sur
le culte des Payens , sur
sur l'Astrologie
et sur la Magie . Après ce discours préliminaire
l'on propose sept Préjugez contre
les Mathématiques.
M. Cartaud fait voir dans le premier
que les Mathématiciens ne peuvent arriver
à la haute certitude sans avoir auparavant
308 MERCURE DE FRANCE
ravant établi des principes certains dans
la Métaphysique , puisque la seule hypothese
d'un Dieu trompeurferoit de cette
Geométrie un Pays de soupçons et d'incertitude
; il faut , dit- il , entrer aussi
dans l'examen de la nature de l'ame , et
des idées , pour nous assurer que nous
n'avons aucune erreur à craindre de ce
côté- là. Car enfin , ajoute t-il , il est important
pour les Géometres de démontrer
la spiritualité de l'ame , puisque
bien qu'elle fût une matiere très subtile;
elle ne le seroit jamais assez pour atteindre
aux objets insensibles de la haute Géométrie.
Le second Prejugé est une Compila
tion des autoritez de ceux qui ont mis
en problême la verité des Mathématiques ,
tels que sont Mrs Bayle , Huet , Gassendi
, la Mothe le Vayer , la Placette
Agrippa , Joseph Scaliger , le Chevalier
Meré , les deux Pics de la Mirandole ,
Pascal , Descartes , Couti , le Clerc , & c.
L'Auteur prouve ensuite par plusieurs
raisonnemens que les doutes de tous ces
Grands hommes, devroient rendre les
Geométres moins décisifs.
L'Auteur raporte dans le troisiéme
Préjugé le témoignage de plusieursGrands
Geométres , qui avoient que les Mathé
matiFEVRIER.
1734. 309
matiques sont remplies de profondeurs ,
et d'obscuritez qu'on ne peut percer. Il
fait voir à la fin de ce même préjugé
que la Geométrie la plus élementaire
demande qu'on entre dans l'Analyse des
infiniment petits , ce qui fait naître indispensablement
les discussions sur l'Infini
, qui est , selon nôtre Auteur , une
source inépuisable de ténébres et d'incer
titudes.
On fait voir dans le quatriéme préju
gé que les Mathématiciens ne sont pas
plus unanimes que les autres Scavans , et
pour le prouver, on raporte les disputes
qui s'éleverent dans l'Académie des Sciences
au sujet des nouvelles méthodes de
l'Infini. L'Auteur fait aussi mention de
quelques. légeres diversitez de sentiment ,
qui diviserent il y a quelque tems M. de
Fontenelle et le P. Castel. On n'a pas
oublié Hobbes , le Jesuite Mancanus , ni
Vossius , qui se sont un peu écarté de la
route que tiennent les Geométres ; on
s'est également prévalu des incertitudes
de M. Leibnitz , qui sembloit s'être relâché
jusqu'au point de réduire les Infinis
de différens ordres à n'être que des
incommensurables au Globe de la Terre,
ou ce Globe à un Globe dont le rayon
seroit la distance du Soleil à Sirius ; ce
qui
310 MERCURE DE FRANCE
qui ruineroit l'exactitude Geométrique
des calculs . L'on a ajouté à toutes ces
contrarietez le peu d'unanimité qui se
trouve entre ceux qui déterminent la
distance des Globes celestes , et qui prétendent
trouver au juste la grandeur de
leur rayon . Enfin l'on fait voir que les
Mathématiciens sont le plus souvent aux
prises , et qu'ils ne partent pas toujours
des mêmes principes.
L'Auteur des Pensées critiques se propose
de prouver dans le cinquième préjugé
que l'objet des Mathématiques est
obscur. Voici ce qu'il dit sur ce sujet .
Les Mathématiques ont pour objet où
la grandeur en general , ou l'étendue ,
ou les nombres , ou le mouvement , ou
le tems.
Nous ignorons quelle est la nature de
la grandeur en general . Premierement
il est certain qu'elle n'est pas un être : en
second lieu , si elle étoit un néant , comment
pourroit- elle être l'objet des Mathématiques
?Troisiémement on auroit tore
de dire que les Algebristes prennent pour
objet deleur science la grandeur en general
en ce sens , que toutes leurs opérations
peuvent également avoir lieu en
Geometrie et en Aritmetique , puisqu'il
est très-certain que les nombres et l'étenduë
A
FEVRIER. 1734. 311
due ont des proprietez tout- à - fait differentes
. 2° . Les notions que nous avons
de l'étenduë sont très- incertaines , puisque
nous ignorons si elle est divisible à
l'infini , ou si elle est composée d'indivisibles
, si ces indivisibles sont étendus
ou inétendus . Cependant , ajoute notre
Auteur ; on ne peut s'assurer d'aucunes
conséquences Geométriques , jusqu'à - ce
que les Physiciens ayent vuidé leurs différends
sur ce sujet , puisque les conclusions
que l'on tire de ces divers systêmes
sont aussi opposées entr'elles , que la supposition
des indivisibles l'est de celle de
la divisibilité inépuisable. Ainsi , puisque
les principes sont arbitraires , les conséquences
doivent l'être aussi . 3 °. Notre
Auteur après avoir dit qu'il est souvent
inutile et même dangereux de trop rafiner
sur les premiers principes , ajoute ,
pour faire voir que les premieres notions
même ne sont pas exemptes d'obscurité,
lorsqu'on donne un plein essor à son
esprit ; l'idée qu'on a de l'unité n'est pas
fixée sur la perception d'un être simple ,
parce qu'on ne sçait qu'un objet est simple
qu'autant qu'on le confronte avec
l'idée qu'on a de l'unité . Ainsi l'idée
qu'on a de l'unité précede la perception
de l'être qui est simple. Mais si la per-
сер-
312 MERCURE DE FRANCE .
ception de l'être qui est simple est postérieure
à l'idée qu'on a de l'unité , il faut
donc que l'unité soit quelque chose de
réel , et qu'elle subsiste indépendament
de tout sujet. Voilà donc le triomphe des
Pitagoriciens quelle sera la nature de
l'unité?L'on fait voir ensuite que les fractions
seules suffisent pour rendre la notion
de l'unité douteuse et équivoque.
L'on parcourt ainsi toutes les autres
grandeurs , er on prouve que
les notions
que nous en avons doivent nous paroître
incertaines .
L'Auteur fait voir dans le sixième préjugé
qu'en supposant une fois le principe
des indivisibles , qu'il n'est pas bien
aisé de combattre , il faut jetter les fondemens
d'une nouvelle Geométrie . Pour
cet effet il choisit plusieurs propositions
qui concernent lesLignes , les Plans et les
Solides , et démontre qu'elles sont des
Paralogismes hors la divisibilité inépuisable
, qui ne paroît pas à notre Auteur
être établie sur des principes assez certains
pour servir de fondement à des
conséquences infaillibles.
On propose un septiéme préjugé , où
l'on prétend prouver que les Mathématiques
ont peu contribué à la perfection
des Beaux Arts , toutes les réfléxions que
notre
FEVRIER, 1734. 313
ture ,
>
notre Auteur emploie dans ce préjugé ,
peuvent se réduire à celle- ci ,
L'Architecture civile et militaire , la
Marine,l'Astronomie , les Méchaniques
la Cosmographie , la Peinture , la Sculpet
tous les Beaux Arts ont atteint
à un très-haut degré de perfection dans
des tems auxquels on n'avoit point les
méthodes de résoudre les problêmes , et
où les connoisseurs Geométriques se bornoient
à quelques propositions élementaires
d'un usage très- peu fécond. En second
lieu les Sciences qui ont emprunté
le secours des Mathématiques ne sont
jamais arrivées à une parfaite précision :
l'on pourroit même dire que l'Astronomie
est incertaine en ce qu'elle a de
commun avec les Mathématiques , puisque
malgré toutes les regles de la Trigonometrie
on n'a pû réussir à assigner la
vraie distance des Astres , ni déterminer
la grandeur de leur diamétre , et que
malgré toutes les observations des Geométres
de notre siècle et du siécie dernier
, on n'en connoît pas mieux la figure
du Globe de la terre.
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Résumé : Pensées Critiques sur les Mathématiques, [titre d'après la table]
Le livre 'Pensées Critiques sur les Mathématiques' de M. Cartand, publié chez Osmon et Clousier à Paris, rue Saint-Jacques, remet en question la certitude et la contribution des mathématiques, notamment dans les beaux-arts. L'auteur commence par un discours sur le culte des païens, l'astrologie et la magie avant de présenter sept préjugés contre les mathématiques. Le premier préjugé souligne que les mathématiciens ne peuvent atteindre une haute certitude sans principes métaphysiques solides, car l'hypothèse d'un Dieu trompeur rendrait la géométrie incertaine. Le second préjugé compile les doutes exprimés par des penseurs comme Bayle, Huet et Descartes sur la vérité des mathématiques. Le troisième préjugé cite des géomètres reconnaissant les profondeurs et obscurités des mathématiques, notamment les discussions sur l'infini. Le quatrième préjugé met en lumière les disputes au sein de l'Académie des Sciences et les divergences entre savants comme Fontenelle et Castel. Le cinquième préjugé argue que l'objet des mathématiques est obscur, en discutant la nature de la grandeur, de l'étendue et des nombres. Le sixième préjugé explore les paradoxes liés aux indivisibles et leur impact sur la géométrie. Enfin, le septième préjugé affirme que les mathématiques ont peu contribué à la perfection des beaux-arts, citant des exemples où ces arts ont atteint une grande perfection sans méthodes mathématiques avancées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 314-317
EXTRAIT d'une Lettre de M. D. D. dans laquelle il est parlé d'un Ouvrage historique, nouveau.
Début :
Vous n'êtes pas bien informé au sujet de l'Ouvrage dont vous me parlez ; [...]
Mots clefs :
Histoire, Empires, Égypte, Grèce, Fable, Histoires, Siècle, Origine, Histoire sainte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. D. D. dans laquelle il est parlé d'un Ouvrage historique, nouveau.
EXTRAIT d'une Lettre de M. D. D.
dans laquelle il est parlé d'un Ouvrage
Historique , nouveau.
V
Ous n'êtes pas bien informé au sujet
de l'Ouvrage dont vous me parlez ;
vous en jugerez par ma Réponse. Voici
d'abord le titre de quatre des premiers
volumes qui viennent de paroître.
HISTOIRE des Empires et des Republiques
, depuis le Déluge jusqu'à J. C. où
l'on voit dans celle d'Egypte et d'Asie , la
liaison de l'Histoire Sainte avec la , Profane
; et dans celle de la Grece , le rapport
de la Fable avec l'Histoire . A Paris, chez
Simart , au Dauphin , ruë S. Jacques ; et
surle Quai des Augustins, chez Jean Roüan,
à la Colonne d'Hercule.
L'Auteur déclare dans son Discours
Préliminaire que c'est l'Histoire ancienne
de M. Rollin, qui lui a fait naître la pensée
de l'Ouvrage qu'il donne au public ;
et il a cru que ce même empressement
avec lequel on a lû ce que ce judicieux
Ecrivain en a donné , feroit recevoir avec
plaisir ce sujet traité dans son entier ;
d'autant plus que c'est icy un Plan nouveau
; et voici les differences de l'une à
l'autre.
1° . L'Histoire ancienne ne commence à
E3-
FEVRIER 1731- 315
entrer dans quelque détail que vers le
cinq ou sixième siècle avant J. C. et celle
des Empires remonte jusqu'aux temps
voisins du Déluge , dans l'origine des
premieres peuplades.
2º. Celle - là mêle toutes les Histoires
ensemble ; traitant alternativement de
l'Egypte , de l'Asie , de la Grece , ou de
la Thrace ; et celle- cy prend chaque Histoire
en particulier , dont elle fait voir
par la suite d'un même discours , l'origine
, les progrès et la décadence.
3. On ne s'est point attaché à donner
dans la premiere une succession suivie
des Rois qui ont occupé les Thrônes de
l'Egypte et de la Grece . Dans la seconde
on trouve une suite des uns et des autres,
jusqu'au temps d'Abraham , avec l'Histoire
de leurs Regnes.
4. M. Rollin n'a point voulu donner
de Chronologie , sur l'antiquité. L'Auteur
de l'Histoire des Empires l'a recueillie
de Jules Affricain , d'Eusebe et de
Syncelle ; et il donne tant pour l'Egypte
que pour la Grece et l'Asie , les preuves
de son systême .
5. La liaison de l'Histoire Sainte avec
la Profane , lui fait encore un objet particulier.
L'Historique du Pentateuque
des Livres des Rois et des Prophetes ne
souf
316 MERCURE DE FRANCE
souffre de si grandes difficultez que
parce qu'on ne sçait pas les Histoires
Etrangeres , qui y ont rapport. Icy l'on
s'est appliqué à joindre l'un avec l'autre ;
et le second volume est tout entier pour
lever ces obscuritez .
6. Dans l'Histoire ancienne on a passé
tout ce qui regarde la Fable; et cette matiere
a paru importante et curieuse à l'Auteur
de l'Histoire des Empires. Il donne la
Fable pour ce qu'elle est ; c'est - à -dire ,
qu'il la laisse quelquefois Fable, quoique
le plus souvent et presque par tout il la
ramené à la verité de l'Histoire , faisant
voir que ce que les Poëtes en ont dit , se
trouve conforme aux plus anciens Monumens
de l'Antiquité ; et en particulier ,
aux Apologistes de la Religion chrétienne.
Il remonte jusqu'à l'origine de la Mytologie
; Acmon , Urane , Saturne , Jupiter
, dont il fixe les siècles , avant la vocation
d'Abraham , et montre qu'on ne
peut , sans une singularité téméraire , accuser
leurs Histoires de faits controuvez.
On peut dire que cet Ouvrage sert de
Préliminaire à la lecture de nos Livres
Saints , à celle des Apologistes , des Poëtes
, des anciens Historiens , et de l'Histoire
Ecclésiastique , où il finira , après
avoir
FEVRIER. 1734 317
avoir éclairci tous les siècles qui l'ont
précédée. On vend aussi avec le Livre ,
ou séparément , deux grandes Cartes
Chronologiques , qui montrent la concurrence
de toutes les Histoires , siécle
par siecle , depuis la création jusqu'à J.C.
dans laquelle il est parlé d'un Ouvrage
Historique , nouveau.
V
Ous n'êtes pas bien informé au sujet
de l'Ouvrage dont vous me parlez ;
vous en jugerez par ma Réponse. Voici
d'abord le titre de quatre des premiers
volumes qui viennent de paroître.
HISTOIRE des Empires et des Republiques
, depuis le Déluge jusqu'à J. C. où
l'on voit dans celle d'Egypte et d'Asie , la
liaison de l'Histoire Sainte avec la , Profane
; et dans celle de la Grece , le rapport
de la Fable avec l'Histoire . A Paris, chez
Simart , au Dauphin , ruë S. Jacques ; et
surle Quai des Augustins, chez Jean Roüan,
à la Colonne d'Hercule.
L'Auteur déclare dans son Discours
Préliminaire que c'est l'Histoire ancienne
de M. Rollin, qui lui a fait naître la pensée
de l'Ouvrage qu'il donne au public ;
et il a cru que ce même empressement
avec lequel on a lû ce que ce judicieux
Ecrivain en a donné , feroit recevoir avec
plaisir ce sujet traité dans son entier ;
d'autant plus que c'est icy un Plan nouveau
; et voici les differences de l'une à
l'autre.
1° . L'Histoire ancienne ne commence à
E3-
FEVRIER 1731- 315
entrer dans quelque détail que vers le
cinq ou sixième siècle avant J. C. et celle
des Empires remonte jusqu'aux temps
voisins du Déluge , dans l'origine des
premieres peuplades.
2º. Celle - là mêle toutes les Histoires
ensemble ; traitant alternativement de
l'Egypte , de l'Asie , de la Grece , ou de
la Thrace ; et celle- cy prend chaque Histoire
en particulier , dont elle fait voir
par la suite d'un même discours , l'origine
, les progrès et la décadence.
3. On ne s'est point attaché à donner
dans la premiere une succession suivie
des Rois qui ont occupé les Thrônes de
l'Egypte et de la Grece . Dans la seconde
on trouve une suite des uns et des autres,
jusqu'au temps d'Abraham , avec l'Histoire
de leurs Regnes.
4. M. Rollin n'a point voulu donner
de Chronologie , sur l'antiquité. L'Auteur
de l'Histoire des Empires l'a recueillie
de Jules Affricain , d'Eusebe et de
Syncelle ; et il donne tant pour l'Egypte
que pour la Grece et l'Asie , les preuves
de son systême .
5. La liaison de l'Histoire Sainte avec
la Profane , lui fait encore un objet particulier.
L'Historique du Pentateuque
des Livres des Rois et des Prophetes ne
souf
316 MERCURE DE FRANCE
souffre de si grandes difficultez que
parce qu'on ne sçait pas les Histoires
Etrangeres , qui y ont rapport. Icy l'on
s'est appliqué à joindre l'un avec l'autre ;
et le second volume est tout entier pour
lever ces obscuritez .
6. Dans l'Histoire ancienne on a passé
tout ce qui regarde la Fable; et cette matiere
a paru importante et curieuse à l'Auteur
de l'Histoire des Empires. Il donne la
Fable pour ce qu'elle est ; c'est - à -dire ,
qu'il la laisse quelquefois Fable, quoique
le plus souvent et presque par tout il la
ramené à la verité de l'Histoire , faisant
voir que ce que les Poëtes en ont dit , se
trouve conforme aux plus anciens Monumens
de l'Antiquité ; et en particulier ,
aux Apologistes de la Religion chrétienne.
Il remonte jusqu'à l'origine de la Mytologie
; Acmon , Urane , Saturne , Jupiter
, dont il fixe les siècles , avant la vocation
d'Abraham , et montre qu'on ne
peut , sans une singularité téméraire , accuser
leurs Histoires de faits controuvez.
On peut dire que cet Ouvrage sert de
Préliminaire à la lecture de nos Livres
Saints , à celle des Apologistes , des Poëtes
, des anciens Historiens , et de l'Histoire
Ecclésiastique , où il finira , après
avoir
FEVRIER. 1734 317
avoir éclairci tous les siècles qui l'ont
précédée. On vend aussi avec le Livre ,
ou séparément , deux grandes Cartes
Chronologiques , qui montrent la concurrence
de toutes les Histoires , siécle
par siecle , depuis la création jusqu'à J.C.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. D. D. dans laquelle il est parlé d'un Ouvrage historique, nouveau.
La lettre présente un nouvel ouvrage historique intitulé 'HISTOIRE des Empires et des Republiques, depuis le Déluge jusqu'à J. C.' Cet ouvrage explore les liens entre l'Histoire Sainte et l'Histoire Profane, notamment en Égypte et en Asie, ainsi que le rapport entre la Fable et l'Histoire en Grèce. Il est disponible à Paris chez Simart et Jean Roüan. L'auteur s'inspire de l'Histoire ancienne de M. Rollin, mais introduit six différences clés : son récit commence dès les temps voisins du Déluge, traite chaque histoire séparément, fournit une succession des rois en Égypte et en Grèce jusqu'à Abraham, inclut une chronologie basée sur Jules Africain, Eusèbe et Syncelle, lie l'Histoire Sainte à l'Histoire Profane, et intègre la Fable en la reliant aux monuments de l'Antiquité. L'ouvrage est conçu comme un préliminaire à la lecture des Livres Saints, des Apologistes, des Poètes, des anciens Historiens et de l'Histoire Ecclésiastique. Il est accompagné de deux grandes cartes chronologiques couvrant les siècles depuis la création jusqu'à J. C.
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5
p. 317
Tarif des Marchands, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une Brochure de 60 pag. qui peut avoir son utilité, sous le Titre de [...]
Mots clefs :
Étoffe, Largeur, Aunes, Pouces, Tarif
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tarif des Marchands, &c. [titre d'après la table]
Il paroît une Brochure de 60 pag . qui
peut avoir son utilité , sous le Titre de
TARIF des Marchands Frippiers , Tailleurs
, Couturiers , &c . dans laquelle on
trouve plusieurs Tarifs , propres à sçavoir
combien il faut d'une telle Etoffe ,de telle
largeur qu'elle soit , pour faire tel vétement
, ou tel autre ouvrage qu'on voudra
. On y trouve aussi la différence des
Aûnes de chaque Pays, exprimée en pouces
, d'une nouvelle maniere , pour trouver
commodément de combien une Etoffe
est plus large que l'autre , ainsi que la
longueur des Aûnes. On y trouve enfin
les noms des différentes Manufactures , et
la largeur en Pouces des Eroffes qu'on y
fabrique , avec un petit Abrégé des quatre
principales Opérations de l'Arithmé-.
tique . Par M. Roslin , Expert Ecrivain
Juré,&c. A Paris , chez Antoine de Heuqueville,
pere , Libraire , Quai des Augustins
, à la Paix.
peut avoir son utilité , sous le Titre de
TARIF des Marchands Frippiers , Tailleurs
, Couturiers , &c . dans laquelle on
trouve plusieurs Tarifs , propres à sçavoir
combien il faut d'une telle Etoffe ,de telle
largeur qu'elle soit , pour faire tel vétement
, ou tel autre ouvrage qu'on voudra
. On y trouve aussi la différence des
Aûnes de chaque Pays, exprimée en pouces
, d'une nouvelle maniere , pour trouver
commodément de combien une Etoffe
est plus large que l'autre , ainsi que la
longueur des Aûnes. On y trouve enfin
les noms des différentes Manufactures , et
la largeur en Pouces des Eroffes qu'on y
fabrique , avec un petit Abrégé des quatre
principales Opérations de l'Arithmé-.
tique . Par M. Roslin , Expert Ecrivain
Juré,&c. A Paris , chez Antoine de Heuqueville,
pere , Libraire , Quai des Augustins
, à la Paix.
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Résumé : Tarif des Marchands, &c. [titre d'après la table]
La brochure 'TARIF des Marchands Frippiers, Tailleurs, Couturiers, &c.' de M. Roslin, Expert Ecrivain Juré, détaille les quantités d'étoffe nécessaires pour divers vêtements en fonction de la largeur de l'étoffe. Elle compare les mesures des aunes dans différents pays et liste les manufactures avec les largeurs de leurs étoffes. Elle inclut aussi un abrégé des opérations arithmétiques. Disponible à Paris chez Antoine de Heuqueville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 318-322
Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
Début :
PROJET d'un Supplément à la Collection des Conciles du PERE LABBE, qui doit [...]
Mots clefs :
Conciles, Père Labbe, Notes, Savants, Hardouin, Recueil, Compilateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
PROJET d'un Supplément à la Collection
des Conciles du PERE LABBE , qui doit
s'imprimer incessamment , à Paris , chez Briasson
, Libraire , rue S, Jacques , à la Science ; et
à Geneve , chez Fabri et Barrillot.
Plusieurs Sçavans se sont appliquez à donner
des Collections de Conciles ; mais malgré leurs
soins , ils n'ont pû tout découvrir. C'est en profitant
du travail de chaque Compilateur , que le
dernier a donné la plus ample Collection . Merlin
se chargea le premier d'une entreprise si impor
-tante ; Crabbe vint après et augmenta le Recueil
de son Prédecesseur , et Crabbe fut suivi par Surius
, qui fit de nouvelles découvertes. Celui- cy
fut ensuite surpassé par Binius ; mais le P. Labbe
effaça tous ces Compilateurs , en donnant en
1671. la plus ample de toutes les collections.
Outre ses recherches particulieres , il se servit
utilement de quelques Ecrivains , tels qu’Uchelli ,
Marca , &c. qui avoient inseré des Conciles dans
leurs Ouvrages.
Depuis 1671. quelques Auteurs , comme Cotelier
, Bollandus , &c . ont publié des Monumens
Ecclesiastiques , et parmi ceux- là , les Actes de
divers Conciles. D'autres ont mis au jour des
collections de Conciles ; Baluze , outre le recueil
des Conciles de la Gaule Narbonnoise , publié
en 1668. a imprimé en 1683. un premier Tome
d'une nouvelle Collection des Conciles avec des
notes , et en a inseré quelques - uns dans ses Miscellanées.
Le Cardinal d'Aguirre a publié la Collection
la plus ample et la plus curieuse des Conciles
d'Espagne. Le P. Bessin a recueilli ceux de
la Province de Normandie. Avec tant de secours
il a été facile au P. Hardoüin de donner une plus
ample Edition des Conciles ; il l'auroit renduë
plus
FEVRIER 1734. 319
plus parfaite, si , aux Conciles qui lui ont été envoyez
de differents endroits de l'Europe , et à
ceux qu'il a extraits de ces sçavans Compilateurs,
il avoit pris la peine de joindre les Conciles inserez
dans divers Auteurs Ecclesiastiques ; en
quoi il eût imité le docte P. Labbe.
Enfin , M. Coleti vient de publier à Venise la
plus ample de toutes les Collections de Conciles.
Il a adopté avec raison celle du P. Labbe ,
ajoûté les Conciles publiez par le P. Hardouin
et profité des recherches particulieres de ce fameux
Ecrivain. Il a aussi recueilli les Conciles
et les Statuts Synodaux que le P. Martene et
quelques autres Sçavans ont insérez dans leurs
vastes Collections de Pieces.
Malgré toutes ces recherches , je puis assurer
qu'on peut faire de nouvelles Additions. J'ai ramassé
un nombre considerable de Conciles et
de Synodes , ou inconnus jusqu'à présent , ou
non encore imprimez , ou qui jusqu'ici n'ont
point été inserez dans les Collections de Conciles
. A l'égard des Synodes , je ne donnerai aucun
de ceux qui ont paru depuis l'an 130. conformément
au Projet du P. Labbe.
Ces Additions considerables m'ont déterminé
à publier un Supplement ; et comme l'Edition
des Conciles du P. Labbe est la plus répanduë ,
je me suis proposé de recueillir tous les Conciles
publiez par le P. Hardouin et par M. Coleti , et
de les joindre à ceux que j'ai moi- même décou
verts. Tous ces Actes seront accompagnez de
Notes pour l'intelligence du Texte , et même de
Variantes, tirées des Manuscrits et des Imprimez.
Ces divers morceaux composeront la premiere
Partie de ce Supplément. Il y aura une Table
exacte des Matieres qui y seront contenuës.
Fij Mais
320 MERCURE DE FRANCE
Mais j'aurois crû ne donner qu'un Supplement
impartait à la Collection des Conciles du P.Labbe
, si je m'étois borné à ce Recueil. J'ai done
cherché à le rendre plus utile , en rectifiant et en
réformant la Collection entiere. Pour cela , sans
prétendre m'ériger en Censcur de tous les Compilateurs
de Conciles , je me suis attaché à épurer
le Texte , à revoir et corriger plusieurs endroits
des Versions , à suppléer à ceux qui étoient
omis et qui se trouvent dans les Manuscrits ou
dans les premieres Editions ; enfin à rétablir cer-,
tains termes ausquels on en a substitué d'étran
gers. J'ai collationné à ce sujet les Imprimez avec
ce que j'ai pu voir de Manuscrits. J'ai même
étendu mes soins jusqu'à corriger les fautes d'impression
, qui , comme on sçait , rendent souvent
le sens inintelligible. C'est par ces seuls moyens.
qu'on peut trouver la véritable leçon des Textes
et rendre utiles les Pieces qu'on donne au Public.
Outre ce pénible travail , j'ai composé des Notes
sur les endroits difficiles. La plupart des Col
lecteurs en ont promis ; celles du P. Labbe n'ont
point vu le jour , quoiqu'il y renvoye le Lecteur.
Le P. Sirmond , qui étoit plus en état que
personne de faire des Notes , en a mis d'excelÎentes
dans son Recueil des Conciles de France.
Le P. Labbe et le P. Hardouin les ont transportées
dans leurs Collections.On trouve très- peu de
Notes dans les autres Compilateurs de Conciles
et de Synodes. Le P. Hardouin , convaincu de la
nécessité de faire des remarques , a crú y pouvoir
suppléer par une Table fort ample et fort détaillée
des Matieres contenuës dans sa Collection ; mais
cette Table n'a servi qu'à faire regretter les Notes ..
Ce que je me propose principalement d'éclaircir.
regarde le temps et le Lieu où les Conciles ont
été
FEVRIER . 1734. 321
été assemblez ; ce qui y a donné occasion et les
difficu tez qu'on rencontre dans les Canons et
qui ont exercé la critique des gens habiles . J'ai
profité de leur travail , et j'y ai joint mes remarques
pariculieres.
Pour applanir, autant qu'il est possible , toutes
sortes de difficultez , j'ai fait une Liste alphabe
tique de certains mots inconnus , barbares ét
obscurs , qui sont dans les Actes et dans les Pieces
originales des Conciles , j'indique les pages
des differentes Collections où ils se trouvent ; etje
fixe le sens de la plupart dans l'explication que
je donne ou que je tire des Dissertations des Sçavans.
Les premiers Editeurs ont eu soin de marquer
dans des Préfaces ou à la marge , les Archives et
les Bibliotheques d'où ils avoient tiré les Actes
qu'ils donnoient au Public . Ils en assuroient parlà
l'autenticité , et mettoient le Lecteur en état
de consulter les sources où ils avoient puisé ,
mais cette attention si nécessaire a été négligée
par leurs Successeurs ; ainsi pour réparer cette
omission , j'ai composé une Liste de tous les
Conciles inserez dans les diverses Collections , à
laquelle j'ai joint le nom des Bibliotheques d'ou
ils ont été tirez.
Cet amas de Corrections , de Variantes , de
Notes et de Catalogues , formera la seconde Partie
de ce Supplément . Quoiqu'en la composant
j'aye eu principalement en vue la collection.du
P. Labbe , et que pour cela j'aye rangé toutes
ces differentes Remarques suivant l'ordre des
Tomes et des pages de la Collection de ce sçavant
Jesuite ; cependant pour rendre mon Supplément
atile à ceux qui ont toute autre Collection , comme
celle de Crabbe , de Surius , de Nicolini , de
Fiij Binhos
322 MERCURE DE FRANCE
Binius , du P. Hardouin , &c . j'ai également eu
soin d'indiquer les pages de ces divers Recueils ,
où se trouve chaque Concile , auquel par conséquent
doivent se rapporter les Notes , corrections
et les Variantes. Je me ferai un plaisir de
profiter des lumieres que les Sçavans voudront
bien me communiquer , et qu'ils auront la bonté
d'envoyer aux Libraires qui se chargent d'imprimer
ce Supplement.
Je dois avertir que pour ne pas faire acheter
de nouveau les Collections particulieres imprimées
en France , les Libraires s'abtiendront d'idserer
dans ce Supplément le Volume publié par
M. Baluze , sous le titre de : Nova Collectio Coneiliorum.
Si cependant les Sçavans sont d'un autre
avis , ces Libraires s'y conformeront.
On imprimera ce Supplément de même forme ,
grandeur et caractere que les Conciles du F. Labbe,
et on n'en tirera qu'un petit nombre d'Exemplaires,
sur le prix desquels on accordera un benefice à ceux
qui en retiendront par avance.
On n'en imprimera aucun en grand Papier , qua
pour ceux qui les demanderont.
des Conciles du PERE LABBE , qui doit
s'imprimer incessamment , à Paris , chez Briasson
, Libraire , rue S, Jacques , à la Science ; et
à Geneve , chez Fabri et Barrillot.
Plusieurs Sçavans se sont appliquez à donner
des Collections de Conciles ; mais malgré leurs
soins , ils n'ont pû tout découvrir. C'est en profitant
du travail de chaque Compilateur , que le
dernier a donné la plus ample Collection . Merlin
se chargea le premier d'une entreprise si impor
-tante ; Crabbe vint après et augmenta le Recueil
de son Prédecesseur , et Crabbe fut suivi par Surius
, qui fit de nouvelles découvertes. Celui- cy
fut ensuite surpassé par Binius ; mais le P. Labbe
effaça tous ces Compilateurs , en donnant en
1671. la plus ample de toutes les collections.
Outre ses recherches particulieres , il se servit
utilement de quelques Ecrivains , tels qu’Uchelli ,
Marca , &c. qui avoient inseré des Conciles dans
leurs Ouvrages.
Depuis 1671. quelques Auteurs , comme Cotelier
, Bollandus , &c . ont publié des Monumens
Ecclesiastiques , et parmi ceux- là , les Actes de
divers Conciles. D'autres ont mis au jour des
collections de Conciles ; Baluze , outre le recueil
des Conciles de la Gaule Narbonnoise , publié
en 1668. a imprimé en 1683. un premier Tome
d'une nouvelle Collection des Conciles avec des
notes , et en a inseré quelques - uns dans ses Miscellanées.
Le Cardinal d'Aguirre a publié la Collection
la plus ample et la plus curieuse des Conciles
d'Espagne. Le P. Bessin a recueilli ceux de
la Province de Normandie. Avec tant de secours
il a été facile au P. Hardoüin de donner une plus
ample Edition des Conciles ; il l'auroit renduë
plus
FEVRIER 1734. 319
plus parfaite, si , aux Conciles qui lui ont été envoyez
de differents endroits de l'Europe , et à
ceux qu'il a extraits de ces sçavans Compilateurs,
il avoit pris la peine de joindre les Conciles inserez
dans divers Auteurs Ecclesiastiques ; en
quoi il eût imité le docte P. Labbe.
Enfin , M. Coleti vient de publier à Venise la
plus ample de toutes les Collections de Conciles.
Il a adopté avec raison celle du P. Labbe ,
ajoûté les Conciles publiez par le P. Hardouin
et profité des recherches particulieres de ce fameux
Ecrivain. Il a aussi recueilli les Conciles
et les Statuts Synodaux que le P. Martene et
quelques autres Sçavans ont insérez dans leurs
vastes Collections de Pieces.
Malgré toutes ces recherches , je puis assurer
qu'on peut faire de nouvelles Additions. J'ai ramassé
un nombre considerable de Conciles et
de Synodes , ou inconnus jusqu'à présent , ou
non encore imprimez , ou qui jusqu'ici n'ont
point été inserez dans les Collections de Conciles
. A l'égard des Synodes , je ne donnerai aucun
de ceux qui ont paru depuis l'an 130. conformément
au Projet du P. Labbe.
Ces Additions considerables m'ont déterminé
à publier un Supplement ; et comme l'Edition
des Conciles du P. Labbe est la plus répanduë ,
je me suis proposé de recueillir tous les Conciles
publiez par le P. Hardouin et par M. Coleti , et
de les joindre à ceux que j'ai moi- même décou
verts. Tous ces Actes seront accompagnez de
Notes pour l'intelligence du Texte , et même de
Variantes, tirées des Manuscrits et des Imprimez.
Ces divers morceaux composeront la premiere
Partie de ce Supplément. Il y aura une Table
exacte des Matieres qui y seront contenuës.
Fij Mais
320 MERCURE DE FRANCE
Mais j'aurois crû ne donner qu'un Supplement
impartait à la Collection des Conciles du P.Labbe
, si je m'étois borné à ce Recueil. J'ai done
cherché à le rendre plus utile , en rectifiant et en
réformant la Collection entiere. Pour cela , sans
prétendre m'ériger en Censcur de tous les Compilateurs
de Conciles , je me suis attaché à épurer
le Texte , à revoir et corriger plusieurs endroits
des Versions , à suppléer à ceux qui étoient
omis et qui se trouvent dans les Manuscrits ou
dans les premieres Editions ; enfin à rétablir cer-,
tains termes ausquels on en a substitué d'étran
gers. J'ai collationné à ce sujet les Imprimez avec
ce que j'ai pu voir de Manuscrits. J'ai même
étendu mes soins jusqu'à corriger les fautes d'impression
, qui , comme on sçait , rendent souvent
le sens inintelligible. C'est par ces seuls moyens.
qu'on peut trouver la véritable leçon des Textes
et rendre utiles les Pieces qu'on donne au Public.
Outre ce pénible travail , j'ai composé des Notes
sur les endroits difficiles. La plupart des Col
lecteurs en ont promis ; celles du P. Labbe n'ont
point vu le jour , quoiqu'il y renvoye le Lecteur.
Le P. Sirmond , qui étoit plus en état que
personne de faire des Notes , en a mis d'excelÎentes
dans son Recueil des Conciles de France.
Le P. Labbe et le P. Hardouin les ont transportées
dans leurs Collections.On trouve très- peu de
Notes dans les autres Compilateurs de Conciles
et de Synodes. Le P. Hardouin , convaincu de la
nécessité de faire des remarques , a crú y pouvoir
suppléer par une Table fort ample et fort détaillée
des Matieres contenuës dans sa Collection ; mais
cette Table n'a servi qu'à faire regretter les Notes ..
Ce que je me propose principalement d'éclaircir.
regarde le temps et le Lieu où les Conciles ont
été
FEVRIER . 1734. 321
été assemblez ; ce qui y a donné occasion et les
difficu tez qu'on rencontre dans les Canons et
qui ont exercé la critique des gens habiles . J'ai
profité de leur travail , et j'y ai joint mes remarques
pariculieres.
Pour applanir, autant qu'il est possible , toutes
sortes de difficultez , j'ai fait une Liste alphabe
tique de certains mots inconnus , barbares ét
obscurs , qui sont dans les Actes et dans les Pieces
originales des Conciles , j'indique les pages
des differentes Collections où ils se trouvent ; etje
fixe le sens de la plupart dans l'explication que
je donne ou que je tire des Dissertations des Sçavans.
Les premiers Editeurs ont eu soin de marquer
dans des Préfaces ou à la marge , les Archives et
les Bibliotheques d'où ils avoient tiré les Actes
qu'ils donnoient au Public . Ils en assuroient parlà
l'autenticité , et mettoient le Lecteur en état
de consulter les sources où ils avoient puisé ,
mais cette attention si nécessaire a été négligée
par leurs Successeurs ; ainsi pour réparer cette
omission , j'ai composé une Liste de tous les
Conciles inserez dans les diverses Collections , à
laquelle j'ai joint le nom des Bibliotheques d'ou
ils ont été tirez.
Cet amas de Corrections , de Variantes , de
Notes et de Catalogues , formera la seconde Partie
de ce Supplément . Quoiqu'en la composant
j'aye eu principalement en vue la collection.du
P. Labbe , et que pour cela j'aye rangé toutes
ces differentes Remarques suivant l'ordre des
Tomes et des pages de la Collection de ce sçavant
Jesuite ; cependant pour rendre mon Supplément
atile à ceux qui ont toute autre Collection , comme
celle de Crabbe , de Surius , de Nicolini , de
Fiij Binhos
322 MERCURE DE FRANCE
Binius , du P. Hardouin , &c . j'ai également eu
soin d'indiquer les pages de ces divers Recueils ,
où se trouve chaque Concile , auquel par conséquent
doivent se rapporter les Notes , corrections
et les Variantes. Je me ferai un plaisir de
profiter des lumieres que les Sçavans voudront
bien me communiquer , et qu'ils auront la bonté
d'envoyer aux Libraires qui se chargent d'imprimer
ce Supplement.
Je dois avertir que pour ne pas faire acheter
de nouveau les Collections particulieres imprimées
en France , les Libraires s'abtiendront d'idserer
dans ce Supplément le Volume publié par
M. Baluze , sous le titre de : Nova Collectio Coneiliorum.
Si cependant les Sçavans sont d'un autre
avis , ces Libraires s'y conformeront.
On imprimera ce Supplément de même forme ,
grandeur et caractere que les Conciles du F. Labbe,
et on n'en tirera qu'un petit nombre d'Exemplaires,
sur le prix desquels on accordera un benefice à ceux
qui en retiendront par avance.
On n'en imprimera aucun en grand Papier , qua
pour ceux qui les demanderont.
Fermer
Résumé : Supplement à la Collation des Conciles du P. Labbe, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'un supplément à la collection des conciles du Père Labbe, qui sera imprimé à Paris et à Genève. Plusieurs savants ont travaillé sur des collections de conciles, mais celle du Père Labbe, publiée en 1671, est la plus complète. Depuis, d'autres auteurs comme Cotelier, Bollandus, Baluze, le Cardinal d'Aguirre, le Père Bessin, le Père Hardouin et M. Coleti ont également publié des collections ou des actes de conciles. L'auteur du texte affirme avoir découvert un nombre considérable de conciles et de synodes inconnus ou non encore imprimés. Il prévoit de publier un supplément à la collection du Père Labbe, incluant les conciles publiés par le Père Hardouin et M. Coleti, ainsi que ceux qu'il a lui-même découverts. Ce supplément comprendra des notes et des variantes tirées de manuscrits et d'imprimés. L'auteur a également rectifié et réformé la collection entière, épuré le texte, corrigé des versions, et ajouté des notes sur les endroits difficiles. Il a composé une liste alphabétique de mots inconnus et obscurs, ainsi qu'une liste des conciles avec les bibliothèques d'où ils ont été tirés. Le supplément sera organisé pour être utile à ceux possédant différentes collections de conciles. Les libraires imprimeront le supplément dans le même format que les conciles du Père Labbe, avec un nombre limité d'exemplaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 322-335
Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
Début :
LES DONS DES ENFANS DE LATONE, la Musique est la Chasse du Cerf, Poëmes [...]
Mots clefs :
Musique, Apollon, Dieux, Chant, Amour, Auteur, Voix, Épître, Bergers, Chants, Inventer, Genre, Mortels, Latone, Enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
LES DONS DES ENFANS DE LATONE ,
la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes
dédiez au Roy. A Paris , Quay de Gêvres
, ruë S. Jean de Beauvais , et Quay
des Augustins , chez Prault , Desaint , et
Guerin , 1734. in 8. de 330. pages , sans
l'Epitre et la Préface , et sans les Tons
de Chasse et Fanfares , à une et deux
Trompes , dont la Lettre et la Musique
sont gravées en 32. pages.
Epitre
FEVRIER 1734- 323
L'Epître au Roy commence ainsi .
Digne présent des Dieux , doux fruit de leur
Largesse ,
Grand Roy , dont la bonté , la grace , la Sa
gesse ,
Enchantent des François les regards et le coeur,
Pendant que ton nom vole et seme la terreur ,
Avant d'entrer au Char que t'aprête Bellone ,
Reçoi les dons flatteurs des Enfans de Latone,
Mais que ne dois- tu pas au zele d'Apollon ?
Est-il quelque détour dans le sacré Vallon,
Où de ses feux féconds la lumineuse trace ,
N'ait ouvert à tes yeux les trésors du Parnasse ›
Un guide que ce Dieu lui même t'a donné , -
Dans le champ des Beaux Arts longtemps t'a
promené ;
Il porta devant toi ce flambeau qui t'éclaire ,
Ta sagesse est son bien, ta gloire est son salaire.
Sans doute dans le cours de ses doctes leçons
Il ne fit point entrer la science des sons.
Phoebus se reservoit le droit de t'en instruire :
Ecoute les accents que vient t'offrir sa Lyre ;
D'une Muse empressée il soutient les efforts ,
Pour t'annoncer les Loix de ses divins accords.
Le premier Poëme est celui d'Apollon
ou de l'origine des Spectacles en Musi-
Fiiij que,
324
MERCURE DE FRANCE
que rien n'est plus ingenieux et mieux
conduit que la Fable dont l'Auteur s'est
servi pour établir les principes de la
Musique , la création successive de divers
Instrumens , quelques regles de la
composition ; et pour parvenir enfin à
l'établissement des Opéras , il a sçu mettre
en action tous les Dieux , dont Apollon
est le Héros, et dans une matiere qui
sembloit ne devoir étre que Didactique
il y met un mouvement si interessant
avec tant de clarté et rempli de tant
d'images agréables , qu'on ne s'apperçoit
plus qu'on s'instruit d'un art difficile.
Dans le premier Chant après avoir établi
les trois dons ; de voir , de parler et
d'entendre , accordez à l'homme par la
nature, dont on fait une description aussi
noble que singuliere , l'Auteur suppose
qu'Apollon déguisé en Berger d'Admete
trouvant les Bergers de l'Amphrise attroupez
pour entendre le concert des
Oyseaux , et se plaignant des Dieux d'avoir
refusé à l'homme un talent si merveilleux
, leur reproche leur injustice ,
et leur apprend que le don de la voix a
été accordé aux hommes d'une maniere
infiniment supérieure aux chants des Oiseaux
, qu'il ne leur manque que la connoissance
d'un art inventé pour les Dieux
СЕ
FEVRIER. 1734- 3.25
et dont il offre de leur faire part .
On ne sera pas fâché de voir ici comment
s'exprime l'Auteur dans les premieres
pages de son premier Chant .
"
L'air dans un sein fecond est à peine reçû ,
Que le son aussitôt repoussé que conçû ,
D'un flexible gosier s'ouvrant la trace humide
Se fait entendre du gré ûu souffle qui le guide ;
Des muscles , des tendons au passage attachez
En bordent les contours plus ou moins relâchez ;
S'ils se serrent , le son avec éclat s'élance ;
S'ils s'ouvrent , il grossit : de cette différence ,
Du grave ou de l'aigu nait le genre opposé ;
Entr'eux se forme encore un ordre composé ,
Dont les accens suivis , s'élevent ou descendent ;
Se détachent par bonds , voltigent , ou s'étendent
.
Pour l'homme c'étoit peu de parler et de voir ,
Si de s'oüir soi - même il n'eût eu le pouvoir :
Trois osselets legers que cet étuy renferme, ( a )
L'un par l'autre frappez , trouvent un nerfpour
terme.
Si-tôt que pénétrant ces tortueux détours ,
La voix jusques au fond a prolongé son cours ,
Du même mouvement dont elle fût poussée
Elle heurte des os la suite compassée.
か
(( a ); Latête,.
F * Le
326 MERCURE DE FRANCE
"Le premier sous la forme et le nom d'un mar,
1
teau ,
N'est pas plutôt frappé d'un froissement ˝nouvcau
,
Qu'il le rend à l'instant dans le même volume ,
Au second qui le suit et qui lui sert d'enclume.
Cette enclume à son tour fait frémir son sou
tien :
Là le nerf attaché par un leger lien ,
De cette impulsion sentant la violence ,
Du son dans le cerveau porte la connoissance ;
Qui tel qu'en une voute ou d'yvoire ou d'airain
,
Retentit et des voix forme l'écho certain.
Dans quarante Vers l'Auteur fait ensuite
un précis des principaux Elemens
de la Musique ; il les borne cependant
à la seule connoissance des modes naturels
, leur cache les transpositions par les
diezes et par les B. mols , et toutes les
fausses dissonances dont la sensibilité luf
paroît dangereuse , et pourroit troo
amollir: il dit :
Les Dieux seuls à leur gré vertueux , invincibles ,
Se reservent pour eux ces délices sensibles, &c.
C'est cette réserve qui fait le noud
du Poëme ; après les avoir suffisamment
instruits Apollon se fait connoître et
paroît
FEVRIER. 1734 327.
paroît aux Bergers revêtu de son éclat.
Ce Chant a du coûter à l'Auteur pour
rendre avec netteté les Elemens de la
Musique aussi est-ce le seul où on
trouve plus de didactique ; les trois
autres Chants sont en action , et
ne représentent que des images amusantes.
>
SECOND CHANT.
Les Bergers reconnoissans des bienfaits
d'Apollon , ne s'occupent plus qu'à
mettre en pratique leurs nouvelles connoissances
; Minerve devient jalouse du
culte rendu à Apollon , et , pour attirer
au sien les Bergers , elle imagine de former
un instrument des rozeaux qui se
trouvent sous sa main ; elle donne les
commencemens de la Flute à bec ; mais
elle s'apperçoit bien - tôt que les traits
de son visage en sont alterez .
Elle en rougit de honte , et quittant le rivage ,
Abandonne aux mortels le fruit de son ouvrage.
Pan l'apperçoit, en étudie les positions,
les découvre , et en fait usage avec succès
; en voicy la description.
Le Canal qui le perce , également concave ,
Sous l'empire des mains , y tient le son'esclave ;
F vj Sc
328 MERCURE DE FRANCE
Sa tête s’extenuë , en courbe finissant ;
L'autre bout évasé , Louvre en s'arrondiss ant ;
· Ses trous , daps un long ordre, arrangez par me-
..sure ,
Divisent de ce corps l'harmonique figure ;
Le premier plus ouvert , des autres détaché ,
Rend tout l'air qu'il reçoit et n'est jamais bouché.
Cette description finit par l'effet qu'elle
produit dans les Campagnes .
Il module avec art une chanson nouvelle ;
Non content de l'apprendre aux Echos des For
rêts ,
Il en veut dans les Champs étaler les attraits ;
A l'éclat de ses sons , les timides Bergeres ,
Les Faunes , les Sylvains , et les Nimphes légeres
Volent autour de lui , le suivent en tous lieux
Et forment , en dansant , un cercle gracieux.
L'Email , de mille fleurs , sous leurs pas se déploye
,
Et la terre paroît en tressaillir de joye..
Apollon devient jaloux à son tour de
Minerve , et pour la surpasser il invente
la Lyre ou le Violon toutes les parties:
en sont exprimées avec bien de la netteté
et de la précision . Le Lecteur en va juger.
DonFEVRIER.
1734 329
Donnons la voix aux Nerfs , et que le Bois
resonne.
T Ildit : Et le Laurier qu'un nouvel art façonne
D'un Instrument nouveau , prend la forme soudain
,
Deux Tables de ce bois , qu'a refendu sa main .
Répondent l'une à l'autre , et leur mesure égale,
A la vue , offriroit l'image d'un ovale ,
Si le trait transversal de deux cintres rentrans ,
De son juste milieu , ne recourboit les flancs,
Quatre Nerfs que Latone elle-même a filez ;
Inégaux en grosseur , par dégré redoublez ,
se roulent sur leurs Clefs , dociles à s'étendre ,
Et prompts à se prêter aux sons qu'ils doivent :
rendre.
Un Archet manque encor qu'il naisse du Lau
rier ,
Die Phoebus ; que Pégaze accoure y déployer ,.
Be son col argenté , l'étincelante Soye.
Icy on voit une brillante image de tous
les Dieux descendus du Ciel, pour enten →
dre jouer Apollon ; l'Amour s'en approche
de plus près , et le
de lui appresse
prendre et la Musique et l'Art de jouer
du Violon . Cette peinture est trop charmante
pour n'en pas mettre icy quelques.
raits.
330 MERCURE DE FRANCE
Sous un nuage épais , le Tiran de Cithere ,
L'Amour dormoit panché sur le sein de sa înere,
A ce bruit il s'éveille , et dessillant ses yeux ,
Va porter de plus près ses regards curieux.
Phoebus impatient , souffre à regret sa vuë ,
Il connoît d'un enfant , la main peu retenuë ;'
Il le fuit , mais en vain ; l'Amour pose cent
fois ,
Sur les Nerfs résonnans , ses téméraires doigts ;
Il interrompt le cours des divines cadences ,
L'accable imprudemment d'importunes instances
.
&c.
Phébus lui refuse les secrets de son Art,
et lui parle en ces termes :
La Lyre , répond-t - il, n'est point faite à Pusage
,
D'un Dieu , qui des humains , amollit le courage
;.
Elle ne doit servir qu'à chanter les Héros ,
Vainqueurs de la mollesse , ennemis du repos ,
Dont les noms sont gravez au Temple de mémoire
,
Ou , qu'à chanter des Dieux , les bienfaits et la
gloire .
Comme Apollon joüant devant les
Dieux, n'avoit rien caché de tous les mys
teres de son Art, qu'il avoit jusques-là jugé
FEVRIER 1734. 331
gé à propos de celer aux Mortels , l'Amour
se taît , et s'applique à en décou
vrir toute la finesse ; il apprend toutes les
transpositions par les Dièses et par les B
mols , et toutes les Dissonnances. Apollon
ne s'en apperçoit point ; les Dieux se
séparent , et l'Amour chargé de son nou
veau larcin , se prépare à s'en servir pour
augmenter ses conquêtes.
TROISIEME CHANT.
L'Amour va trouver Pan dans l'Arcadie,
il l'instruit de tous ses secrets , lui
apprend le different usage qu'on doit faire
des Dièzes et des B mols , pour remuer
, étonner ou amollir les coeurs des
Mortels , selon les passions différentes
qu'on leur veut inspirer.Leur union produit
bien- tôt un effet surprenant; tout cede
,tout se rend auxChansons amoureuses.
Minerve reparoît et indignée de la corruption
générale que font dans la Grece
les Chants effeminez de Pan et de l'Amour
, elle va trouver Apollon , lui expose
l'abus qu'on fait de son Art ; ils concertent
les moyens d'y remédier. Apollon
invente la Trompette , et la fait emboucher
par Bellone.
Bellonne vient , l'embouche , et court de toutes
parts
Ras
332 MERCURE DE FRANCE
Rassembler sur ses pas tous les peuples épars.
Tout céde aux sentimens que la Déesse inspire
Il n'est plus de Mortel qui d'un fatal dêlire ,
Par de cuisans remords , reconnoissant l'erreur
Ne brûle de donner des marques de valeur.
:
Tout est changé , l'Amour ne reçoit plus de
Fêtes ,
Il voit évanouir ses nouvelles conquêtes ,
V
Ses Autels sont déserts , il part ; et furieux ,
Au deffaut des Mortels va corrompre les Dieux.
Les Syrenes , filles d'Achelaüs , sont les
seules qui s'obstinent à ne point renoncer
aux Chansons amoureuses.
QUATRIEME CHANT.
Minerve irritée de l'obstination des Syrenes,
résout de les corriger ou de les perdre
; elle prend le temps d'un jour qu'elles
se promenoient sur la Mer , dans un
Esquif, où se croyant seules , elles se livróient
au plaisir de chanter des Chansons
libres et prophanes. Sous ; la forme
d'une Matrône Minerve les aborde dans
un pareil Esquif, leur reproche leur indécence
; elle est bien- tôt l'objet de leur
mépris; elle soûrit ; et changeant de forme
, d'un coup de sa Lance elle renverse
- leux:
FEVRIER. 1734. 333
leur Esquif. Les Syrenes reparoissent encore
, mais c'est pour être des Monstres ,
avec la tête seule d'une femme ; elles se
précipitent de honte dans les Flots , où
après avoir parcouru l'immensité des
Mers pendant long temps , elles fixent.
leur course et s'arrêtent aux bords de l'orageux
Pélore ; depuis plusieurs siècles
elles y avoient perdu la voix , lorsqu'Appollon
prend pitié de leur malheur : leur
pardonne leurs impiétez , leur rend la voix ,
mais leur prescrit l'usage qu'il faut faire
des Chants et de la Musique .
Il pousse plus loin sa bienveillance , il
forme le dessein de se servir d'elles pour
l'établissement d'un Théatre Lyrique ,
soumis aux Loix de Melpomene ; il leur
ordonne d'apprendre l'art du Chant aux
Tritons et aux Naïades ; il charge Circé sa
fille , d'offrir sur les Eaux un Spectacle
magnifique , orné de machines et de décorations
, et mêlé de toutes sortes de
danses , de caracteres différents Circé
fait d'abord paroître pour le Prologue le
sacré Vallon ; ce Prologue est fait à l'honneur
d'Appollon ; il est suivi d'une nouvelle
décoration , qui représente le Palais
de Proserpine où l'on doit celebrer son
enlevement par Pluton .
On choisit ce sujet préférablement à un
antre
334 MERCURE DE FRANCE
tre pour flatter les peuples de Sicile , qui
d'abord en sont les spectateurs,parce que
les Poëtes ont feint que Proserpine avoit
été enlevée dans cette Isle. C'est là qu'on
voit un détail exact et ingénieux de toutes
les différentes parties qui composent
l'Opéra.
Les peuples de Sicile en paroissent peu
enchantés , ils prennent bien - tôt la résolution
d'imiter ce genre de Spectacles
et de le porter dans leurs Villes , c'est
en imitation de ce premier Opera , representé
sur les Eaux que les Italiens ont
inventé et établi ce Spectacle pompeux.
Dans la suite des temps Lully étant né
parmi eux en a apporté l'idée en France
et c'est par lui qu'on a vû triompher
ce nouveau Spectacle dont il est regardé
comme second inventeur.
L'Epître sur la Musique est la troisiéme
Edition d'un Ouvrage déja reçu du Public
avec un applaudissement general.
Le premier Chant contient l'Histoire
de la Musique en France depuis 80 ans
l'Eloge détaillé de tous les Operas de
Lully et de Quinaut , dont les descriptions
ont reçu de grands Eloges de tous
les connoisseurs et par les Journaux et
par les Mercures.
Le
FEVRIER 1734- 335
Le deuxième, après avoir donné quelques
préceptes sur la Poësie et la Musique
des Operas, entre dans le détail de
tous les Operas nouveaux qui ont été faits
depuis Lully et avec une grande impartialité
porte de justes decisions sur le mérite
de chaque ouvrage.
Le troisiéme Chant expose en quoi
consiste le mérite des Operas d'Italie ,
quelle est la nature de leur bonne Musique
, leurs beautez , leurs deffauts et le
nom des Maîtres qui y ont le plus
excellé.
Le quatrième Chant parle du nouveau
genre de Musique que nous avons goûté
et imité des Italiens depuis quelques
années ; sçavoir , les Sonnates , et les
Cantates , on nomme les Auteurs qui
ont le mieux réussi dans ce genre , et
l'Auteur finit en proposant de réunir les
deux gouts ensemble pour donner à l'Art
de la Musique toute la perfection qu'elle
peut trouver dans les graces Françoises
et dans la science Italienne.
la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes
dédiez au Roy. A Paris , Quay de Gêvres
, ruë S. Jean de Beauvais , et Quay
des Augustins , chez Prault , Desaint , et
Guerin , 1734. in 8. de 330. pages , sans
l'Epitre et la Préface , et sans les Tons
de Chasse et Fanfares , à une et deux
Trompes , dont la Lettre et la Musique
sont gravées en 32. pages.
Epitre
FEVRIER 1734- 323
L'Epître au Roy commence ainsi .
Digne présent des Dieux , doux fruit de leur
Largesse ,
Grand Roy , dont la bonté , la grace , la Sa
gesse ,
Enchantent des François les regards et le coeur,
Pendant que ton nom vole et seme la terreur ,
Avant d'entrer au Char que t'aprête Bellone ,
Reçoi les dons flatteurs des Enfans de Latone,
Mais que ne dois- tu pas au zele d'Apollon ?
Est-il quelque détour dans le sacré Vallon,
Où de ses feux féconds la lumineuse trace ,
N'ait ouvert à tes yeux les trésors du Parnasse ›
Un guide que ce Dieu lui même t'a donné , -
Dans le champ des Beaux Arts longtemps t'a
promené ;
Il porta devant toi ce flambeau qui t'éclaire ,
Ta sagesse est son bien, ta gloire est son salaire.
Sans doute dans le cours de ses doctes leçons
Il ne fit point entrer la science des sons.
Phoebus se reservoit le droit de t'en instruire :
Ecoute les accents que vient t'offrir sa Lyre ;
D'une Muse empressée il soutient les efforts ,
Pour t'annoncer les Loix de ses divins accords.
Le premier Poëme est celui d'Apollon
ou de l'origine des Spectacles en Musi-
Fiiij que,
324
MERCURE DE FRANCE
que rien n'est plus ingenieux et mieux
conduit que la Fable dont l'Auteur s'est
servi pour établir les principes de la
Musique , la création successive de divers
Instrumens , quelques regles de la
composition ; et pour parvenir enfin à
l'établissement des Opéras , il a sçu mettre
en action tous les Dieux , dont Apollon
est le Héros, et dans une matiere qui
sembloit ne devoir étre que Didactique
il y met un mouvement si interessant
avec tant de clarté et rempli de tant
d'images agréables , qu'on ne s'apperçoit
plus qu'on s'instruit d'un art difficile.
Dans le premier Chant après avoir établi
les trois dons ; de voir , de parler et
d'entendre , accordez à l'homme par la
nature, dont on fait une description aussi
noble que singuliere , l'Auteur suppose
qu'Apollon déguisé en Berger d'Admete
trouvant les Bergers de l'Amphrise attroupez
pour entendre le concert des
Oyseaux , et se plaignant des Dieux d'avoir
refusé à l'homme un talent si merveilleux
, leur reproche leur injustice ,
et leur apprend que le don de la voix a
été accordé aux hommes d'une maniere
infiniment supérieure aux chants des Oiseaux
, qu'il ne leur manque que la connoissance
d'un art inventé pour les Dieux
СЕ
FEVRIER. 1734- 3.25
et dont il offre de leur faire part .
On ne sera pas fâché de voir ici comment
s'exprime l'Auteur dans les premieres
pages de son premier Chant .
"
L'air dans un sein fecond est à peine reçû ,
Que le son aussitôt repoussé que conçû ,
D'un flexible gosier s'ouvrant la trace humide
Se fait entendre du gré ûu souffle qui le guide ;
Des muscles , des tendons au passage attachez
En bordent les contours plus ou moins relâchez ;
S'ils se serrent , le son avec éclat s'élance ;
S'ils s'ouvrent , il grossit : de cette différence ,
Du grave ou de l'aigu nait le genre opposé ;
Entr'eux se forme encore un ordre composé ,
Dont les accens suivis , s'élevent ou descendent ;
Se détachent par bonds , voltigent , ou s'étendent
.
Pour l'homme c'étoit peu de parler et de voir ,
Si de s'oüir soi - même il n'eût eu le pouvoir :
Trois osselets legers que cet étuy renferme, ( a )
L'un par l'autre frappez , trouvent un nerfpour
terme.
Si-tôt que pénétrant ces tortueux détours ,
La voix jusques au fond a prolongé son cours ,
Du même mouvement dont elle fût poussée
Elle heurte des os la suite compassée.
か
(( a ); Latête,.
F * Le
326 MERCURE DE FRANCE
"Le premier sous la forme et le nom d'un mar,
1
teau ,
N'est pas plutôt frappé d'un froissement ˝nouvcau
,
Qu'il le rend à l'instant dans le même volume ,
Au second qui le suit et qui lui sert d'enclume.
Cette enclume à son tour fait frémir son sou
tien :
Là le nerf attaché par un leger lien ,
De cette impulsion sentant la violence ,
Du son dans le cerveau porte la connoissance ;
Qui tel qu'en une voute ou d'yvoire ou d'airain
,
Retentit et des voix forme l'écho certain.
Dans quarante Vers l'Auteur fait ensuite
un précis des principaux Elemens
de la Musique ; il les borne cependant
à la seule connoissance des modes naturels
, leur cache les transpositions par les
diezes et par les B. mols , et toutes les
fausses dissonances dont la sensibilité luf
paroît dangereuse , et pourroit troo
amollir: il dit :
Les Dieux seuls à leur gré vertueux , invincibles ,
Se reservent pour eux ces délices sensibles, &c.
C'est cette réserve qui fait le noud
du Poëme ; après les avoir suffisamment
instruits Apollon se fait connoître et
paroît
FEVRIER. 1734 327.
paroît aux Bergers revêtu de son éclat.
Ce Chant a du coûter à l'Auteur pour
rendre avec netteté les Elemens de la
Musique aussi est-ce le seul où on
trouve plus de didactique ; les trois
autres Chants sont en action , et
ne représentent que des images amusantes.
>
SECOND CHANT.
Les Bergers reconnoissans des bienfaits
d'Apollon , ne s'occupent plus qu'à
mettre en pratique leurs nouvelles connoissances
; Minerve devient jalouse du
culte rendu à Apollon , et , pour attirer
au sien les Bergers , elle imagine de former
un instrument des rozeaux qui se
trouvent sous sa main ; elle donne les
commencemens de la Flute à bec ; mais
elle s'apperçoit bien - tôt que les traits
de son visage en sont alterez .
Elle en rougit de honte , et quittant le rivage ,
Abandonne aux mortels le fruit de son ouvrage.
Pan l'apperçoit, en étudie les positions,
les découvre , et en fait usage avec succès
; en voicy la description.
Le Canal qui le perce , également concave ,
Sous l'empire des mains , y tient le son'esclave ;
F vj Sc
328 MERCURE DE FRANCE
Sa tête s’extenuë , en courbe finissant ;
L'autre bout évasé , Louvre en s'arrondiss ant ;
· Ses trous , daps un long ordre, arrangez par me-
..sure ,
Divisent de ce corps l'harmonique figure ;
Le premier plus ouvert , des autres détaché ,
Rend tout l'air qu'il reçoit et n'est jamais bouché.
Cette description finit par l'effet qu'elle
produit dans les Campagnes .
Il module avec art une chanson nouvelle ;
Non content de l'apprendre aux Echos des For
rêts ,
Il en veut dans les Champs étaler les attraits ;
A l'éclat de ses sons , les timides Bergeres ,
Les Faunes , les Sylvains , et les Nimphes légeres
Volent autour de lui , le suivent en tous lieux
Et forment , en dansant , un cercle gracieux.
L'Email , de mille fleurs , sous leurs pas se déploye
,
Et la terre paroît en tressaillir de joye..
Apollon devient jaloux à son tour de
Minerve , et pour la surpasser il invente
la Lyre ou le Violon toutes les parties:
en sont exprimées avec bien de la netteté
et de la précision . Le Lecteur en va juger.
DonFEVRIER.
1734 329
Donnons la voix aux Nerfs , et que le Bois
resonne.
T Ildit : Et le Laurier qu'un nouvel art façonne
D'un Instrument nouveau , prend la forme soudain
,
Deux Tables de ce bois , qu'a refendu sa main .
Répondent l'une à l'autre , et leur mesure égale,
A la vue , offriroit l'image d'un ovale ,
Si le trait transversal de deux cintres rentrans ,
De son juste milieu , ne recourboit les flancs,
Quatre Nerfs que Latone elle-même a filez ;
Inégaux en grosseur , par dégré redoublez ,
se roulent sur leurs Clefs , dociles à s'étendre ,
Et prompts à se prêter aux sons qu'ils doivent :
rendre.
Un Archet manque encor qu'il naisse du Lau
rier ,
Die Phoebus ; que Pégaze accoure y déployer ,.
Be son col argenté , l'étincelante Soye.
Icy on voit une brillante image de tous
les Dieux descendus du Ciel, pour enten →
dre jouer Apollon ; l'Amour s'en approche
de plus près , et le
de lui appresse
prendre et la Musique et l'Art de jouer
du Violon . Cette peinture est trop charmante
pour n'en pas mettre icy quelques.
raits.
330 MERCURE DE FRANCE
Sous un nuage épais , le Tiran de Cithere ,
L'Amour dormoit panché sur le sein de sa înere,
A ce bruit il s'éveille , et dessillant ses yeux ,
Va porter de plus près ses regards curieux.
Phoebus impatient , souffre à regret sa vuë ,
Il connoît d'un enfant , la main peu retenuë ;'
Il le fuit , mais en vain ; l'Amour pose cent
fois ,
Sur les Nerfs résonnans , ses téméraires doigts ;
Il interrompt le cours des divines cadences ,
L'accable imprudemment d'importunes instances
.
&c.
Phébus lui refuse les secrets de son Art,
et lui parle en ces termes :
La Lyre , répond-t - il, n'est point faite à Pusage
,
D'un Dieu , qui des humains , amollit le courage
;.
Elle ne doit servir qu'à chanter les Héros ,
Vainqueurs de la mollesse , ennemis du repos ,
Dont les noms sont gravez au Temple de mémoire
,
Ou , qu'à chanter des Dieux , les bienfaits et la
gloire .
Comme Apollon joüant devant les
Dieux, n'avoit rien caché de tous les mys
teres de son Art, qu'il avoit jusques-là jugé
FEVRIER 1734. 331
gé à propos de celer aux Mortels , l'Amour
se taît , et s'applique à en décou
vrir toute la finesse ; il apprend toutes les
transpositions par les Dièses et par les B
mols , et toutes les Dissonnances. Apollon
ne s'en apperçoit point ; les Dieux se
séparent , et l'Amour chargé de son nou
veau larcin , se prépare à s'en servir pour
augmenter ses conquêtes.
TROISIEME CHANT.
L'Amour va trouver Pan dans l'Arcadie,
il l'instruit de tous ses secrets , lui
apprend le different usage qu'on doit faire
des Dièzes et des B mols , pour remuer
, étonner ou amollir les coeurs des
Mortels , selon les passions différentes
qu'on leur veut inspirer.Leur union produit
bien- tôt un effet surprenant; tout cede
,tout se rend auxChansons amoureuses.
Minerve reparoît et indignée de la corruption
générale que font dans la Grece
les Chants effeminez de Pan et de l'Amour
, elle va trouver Apollon , lui expose
l'abus qu'on fait de son Art ; ils concertent
les moyens d'y remédier. Apollon
invente la Trompette , et la fait emboucher
par Bellone.
Bellonne vient , l'embouche , et court de toutes
parts
Ras
332 MERCURE DE FRANCE
Rassembler sur ses pas tous les peuples épars.
Tout céde aux sentimens que la Déesse inspire
Il n'est plus de Mortel qui d'un fatal dêlire ,
Par de cuisans remords , reconnoissant l'erreur
Ne brûle de donner des marques de valeur.
:
Tout est changé , l'Amour ne reçoit plus de
Fêtes ,
Il voit évanouir ses nouvelles conquêtes ,
V
Ses Autels sont déserts , il part ; et furieux ,
Au deffaut des Mortels va corrompre les Dieux.
Les Syrenes , filles d'Achelaüs , sont les
seules qui s'obstinent à ne point renoncer
aux Chansons amoureuses.
QUATRIEME CHANT.
Minerve irritée de l'obstination des Syrenes,
résout de les corriger ou de les perdre
; elle prend le temps d'un jour qu'elles
se promenoient sur la Mer , dans un
Esquif, où se croyant seules , elles se livróient
au plaisir de chanter des Chansons
libres et prophanes. Sous ; la forme
d'une Matrône Minerve les aborde dans
un pareil Esquif, leur reproche leur indécence
; elle est bien- tôt l'objet de leur
mépris; elle soûrit ; et changeant de forme
, d'un coup de sa Lance elle renverse
- leux:
FEVRIER. 1734. 333
leur Esquif. Les Syrenes reparoissent encore
, mais c'est pour être des Monstres ,
avec la tête seule d'une femme ; elles se
précipitent de honte dans les Flots , où
après avoir parcouru l'immensité des
Mers pendant long temps , elles fixent.
leur course et s'arrêtent aux bords de l'orageux
Pélore ; depuis plusieurs siècles
elles y avoient perdu la voix , lorsqu'Appollon
prend pitié de leur malheur : leur
pardonne leurs impiétez , leur rend la voix ,
mais leur prescrit l'usage qu'il faut faire
des Chants et de la Musique .
Il pousse plus loin sa bienveillance , il
forme le dessein de se servir d'elles pour
l'établissement d'un Théatre Lyrique ,
soumis aux Loix de Melpomene ; il leur
ordonne d'apprendre l'art du Chant aux
Tritons et aux Naïades ; il charge Circé sa
fille , d'offrir sur les Eaux un Spectacle
magnifique , orné de machines et de décorations
, et mêlé de toutes sortes de
danses , de caracteres différents Circé
fait d'abord paroître pour le Prologue le
sacré Vallon ; ce Prologue est fait à l'honneur
d'Appollon ; il est suivi d'une nouvelle
décoration , qui représente le Palais
de Proserpine où l'on doit celebrer son
enlevement par Pluton .
On choisit ce sujet préférablement à un
antre
334 MERCURE DE FRANCE
tre pour flatter les peuples de Sicile , qui
d'abord en sont les spectateurs,parce que
les Poëtes ont feint que Proserpine avoit
été enlevée dans cette Isle. C'est là qu'on
voit un détail exact et ingénieux de toutes
les différentes parties qui composent
l'Opéra.
Les peuples de Sicile en paroissent peu
enchantés , ils prennent bien - tôt la résolution
d'imiter ce genre de Spectacles
et de le porter dans leurs Villes , c'est
en imitation de ce premier Opera , representé
sur les Eaux que les Italiens ont
inventé et établi ce Spectacle pompeux.
Dans la suite des temps Lully étant né
parmi eux en a apporté l'idée en France
et c'est par lui qu'on a vû triompher
ce nouveau Spectacle dont il est regardé
comme second inventeur.
L'Epître sur la Musique est la troisiéme
Edition d'un Ouvrage déja reçu du Public
avec un applaudissement general.
Le premier Chant contient l'Histoire
de la Musique en France depuis 80 ans
l'Eloge détaillé de tous les Operas de
Lully et de Quinaut , dont les descriptions
ont reçu de grands Eloges de tous
les connoisseurs et par les Journaux et
par les Mercures.
Le
FEVRIER 1734- 335
Le deuxième, après avoir donné quelques
préceptes sur la Poësie et la Musique
des Operas, entre dans le détail de
tous les Operas nouveaux qui ont été faits
depuis Lully et avec une grande impartialité
porte de justes decisions sur le mérite
de chaque ouvrage.
Le troisiéme Chant expose en quoi
consiste le mérite des Operas d'Italie ,
quelle est la nature de leur bonne Musique
, leurs beautez , leurs deffauts et le
nom des Maîtres qui y ont le plus
excellé.
Le quatrième Chant parle du nouveau
genre de Musique que nous avons goûté
et imité des Italiens depuis quelques
années ; sçavoir , les Sonnates , et les
Cantates , on nomme les Auteurs qui
ont le mieux réussi dans ce genre , et
l'Auteur finit en proposant de réunir les
deux gouts ensemble pour donner à l'Art
de la Musique toute la perfection qu'elle
peut trouver dans les graces Françoises
et dans la science Italienne.
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Résumé : Les Dons des Enfans de Latone, &c. [titre d'après la table]
Le document présente une œuvre poétique intitulée 'Les Dons des Enfants de Latone', dédiée au roi de France et publiée en 1734. Cette œuvre comprend deux poèmes, 'La Musique' et 'La Chasse du Cerf', et se compose de 330 pages, excluant l'épître, la préface et les partitions de chasse et fanfares. L'épître, adressée au roi, loue sa bonté, sa grâce et sa sagesse, et lui offre les dons des enfants de Latone, Apollon et Diane. Le poème 'La Musique' raconte l'origine des spectacles musicaux et l'invention successive des instruments. Apollon, déguisé en berger, reproche aux dieux d'avoir refusé à l'homme le talent de chanter comme les oiseaux et lui apprend que le don de la voix est supérieur à celui des oiseaux. Le premier chant décrit les dons naturels de l'homme : voir, parler et entendre. Apollon explique les éléments de la musique, réservant certaines subtilités aux dieux. Les chants suivants narrent l'invention de la flûte par Minerve et de la lyre par Apollon. L'Amour, après avoir observé Apollon jouer, apprend les secrets de la musique et les utilise pour corrompre les cœurs. Minerve et Apollon réagissent en inventant la trompette pour inspirer la valeur et la vertu. Le troisième chant relate comment l'Amour enseigne ses secrets à Pan, corrompant ainsi la Grèce. Minerve et Apollon interviennent pour rétablir l'ordre. Le quatrième chant décrit la punition des Sirènes, qui persistaient à chanter des chansons amoureuses. Apollon leur pardonne et les charge d'enseigner l'art du chant aux Tritons et aux Naïades pour établir un théâtre lyrique. Circé organise un spectacle magnifique sur les eaux, marquant l'origine des opéras italiens. Le texte traite également de l'évolution de la musique en France et de l'influence de Jean-Baptiste Lully, considéré comme le second inventeur d'un nouveau spectacle musical. L'Épître sur la Musique, dans sa troisième édition, est acclamée par le public. Le premier chant de cet ouvrage retrace l'histoire de la musique en France au cours des 80 dernières années, en louant les opéras de Lully et de Quinault, qui ont reçu des éloges unanimes. Le deuxième chant offre des préceptes sur la poésie et la musique des opéras, et évalue de manière impartiale les opéras récents. Le troisième chant analyse le mérite des opéras italiens, leurs beautés et défauts, ainsi que les maîtres italiens les plus éminents. Le quatrième chant discute du nouveau genre de musique importé d'Italie, comme les sonates et les cantates, et propose de fusionner les goûts français et italiens pour perfectionner l'art musical.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 335-336
« On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
Début :
On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...]
Mots clefs :
Friction, Traité du sublime
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
On a imprimé à Leyde , chez C. Werherf,
une Dissertation curieuse et très- utile sur la
Friction. Par M. H. Loelhoessel , pour obtenir
le degré de Docteur en Medecine , &c 1732.
in 4. de 45. pages. On en peut voir un Extrait
dans le Journal des Sçavans de ce mois.
Jean
336 MERCURE DE FRANCE
Jean Alb. Tumermani , Libraire à Verone , débite
depuis peu aux Souscripteurs , le Traité du
Sublime de Longin , avec le Texte Grec et la
Traduction en Latin et en François , sur quatre
colomnes. 1733. in 4.
une Dissertation curieuse et très- utile sur la
Friction. Par M. H. Loelhoessel , pour obtenir
le degré de Docteur en Medecine , &c 1732.
in 4. de 45. pages. On en peut voir un Extrait
dans le Journal des Sçavans de ce mois.
Jean
336 MERCURE DE FRANCE
Jean Alb. Tumermani , Libraire à Verone , débite
depuis peu aux Souscripteurs , le Traité du
Sublime de Longin , avec le Texte Grec et la
Traduction en Latin et en François , sur quatre
colomnes. 1733. in 4.
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Résumé : « On a imprimé à Leyde, chez C. Werherf, une Dissertation curieuse et très-utile sur la [...] »
En 1732, M. H. Loelhoessel publie à Leyde une dissertation de 45 pages sur la friction pour obtenir un doctorat en médecine. Un extrait est publié dans le Journal des Sçavans. En 1733, Jean Alb. Tumermani propose à Vérone le 'Traité du Sublime de Longin' en grec, latin et français, en format in-4.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 336
« NOTA. L'Auteur de la Lettre inserée dans le Mercure de Janvier, sur quelques particularitez [...] »
Début :
NOTA. L'Auteur de la Lettre inserée dans le Mercure de Janvier, sur quelques particularitez [...]
Mots clefs :
Vizir, Topal Osman Pacha, Ali Pacha, Voltaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOTA. L'Auteur de la Lettre inserée dans le Mercure de Janvier, sur quelques particularitez [...] »
NOTA. L'Auteur de la Lettre inserée dans
le Mercure de Janvier , sur quelques particularitez
de la Vie de Topal - Osman , parle en passant
du Grand- Visit Aly Pacha , qui fit la conquête
de la Morée en 1715. Le Lecteur n'auroit
peut -être pas été fâché de sçavoir que ce Visir
étoit le celebre Ali Cumargi , Favori d'Achmet
II I. né fils d'un Charbonier , et qu'il parvint
à la dignité de G. Visir , dont il avoit disposé
plus d'une fois avant que d'oser s'en revê–
tir. Il en est parlé assez au long dans l'Histoire
de Charles XII par M. de Voltaire , et selon cet
Auteur , il fut tué à la Bataille de Petervaradin
1716 Son judicieux Critique , le Voyageur la
Motraye , témoin oculaire de la plupart des faits
qu'il rapporte , prétend que ce Visir périt nonseulement
en 1716 à Petervaradin , mais encore
en 1717. à Belgrade. Cette double Epoque est
echappée à M. de Voltaire . Voyez la Motraye ,
Tom . I. pages 340. ct 378.
le Mercure de Janvier , sur quelques particularitez
de la Vie de Topal - Osman , parle en passant
du Grand- Visit Aly Pacha , qui fit la conquête
de la Morée en 1715. Le Lecteur n'auroit
peut -être pas été fâché de sçavoir que ce Visir
étoit le celebre Ali Cumargi , Favori d'Achmet
II I. né fils d'un Charbonier , et qu'il parvint
à la dignité de G. Visir , dont il avoit disposé
plus d'une fois avant que d'oser s'en revê–
tir. Il en est parlé assez au long dans l'Histoire
de Charles XII par M. de Voltaire , et selon cet
Auteur , il fut tué à la Bataille de Petervaradin
1716 Son judicieux Critique , le Voyageur la
Motraye , témoin oculaire de la plupart des faits
qu'il rapporte , prétend que ce Visir périt nonseulement
en 1716 à Petervaradin , mais encore
en 1717. à Belgrade. Cette double Epoque est
echappée à M. de Voltaire . Voyez la Motraye ,
Tom . I. pages 340. ct 378.
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Résumé : « NOTA. L'Auteur de la Lettre inserée dans le Mercure de Janvier, sur quelques particularitez [...] »
Ali Pacha, fils d'un charbonnier, devint Grand-Visir sous Achmet III. Il conquit la Morée en 1715. Les circonstances de sa mort sont incertaines. Voltaire le dit tué à Petervaradin en 1716, tandis que La Motraye affirme qu'il mourut également à Belgrade en 1717.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 336-341
RECEPTION de MM. de Moncrif et Dupré de Saint Maur, à l'Académie Françoise le 29. Décembre 1733.
Début :
Mr de Moncrif commença son Discours par exposer l'utilité et les avantages de [...]
Mots clefs :
Académie française, Éloge, Discours, Cardinal Richelieu, Gloire, Académicien, Louis XIV, Esprit, Orateur, Nicolas-François Dupré de Saint-Maur, François-Augustin Paradis de Moncrif
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texteReconnaissance textuelle : RECEPTION de MM. de Moncrif et Dupré de Saint Maur, à l'Académie Françoise le 29. Décembre 1733.
RECEPTION de M M. de Moncrif
et Dupré de Saint Maur , à l'Académie
Françoise le 29. Décembre 1733 .
M
R de Moncrif commença son Discours
par exposer l'utilité et les avantages de
P'Académie Françoise , non - seulement pour la
perfection de la Langue, mais même pour le progrès
de l'esprit, » Fixer le sens veritable de cha
mqua
FEVRIER. 1734. 337
5 ) que mot ... faire connoître en quoi consistent
ces tours heureux d'où naissent et la force et
P'agrément du langage , n'est- ce pas , dit - il ,
guider l'esprit ? ... n'est - ce pas lui donner lieu
de s'étendre et de se perfectionner ? » L'Orateur
fit ensuite successivement l'Eloge de l'illustre
Fondateur de cette Académie le Cardinal de Richelieu
, celui de M. Seguier , de Louis XIV . de
M. de Caumartin , dont M. de Montcrif remplit
la place vacante, de M.le Cardinal de Fleury,
de M. le Maréchal de Villars , et M. le Comte
de Clermont. Qu'il nous soit permis de toucher
quelques traits de ces Eloges .
ກ
En parlant du Cardinal de Richelieu , » Ce
» Cardinal dont le génie également vaste et su-
» blime , fit sentir à toute l'Europe que pour por-
» ter la France au plus haut degré de splendeur ,
» il ne falloit que lui apprendre à se connoître; Armand
, dis - je , après avoir étendu les limites
» et multiplié les avantages interieurs de l'Etat ,
s'empressa d'y ajoûter ce Monument , qui de-
» voit en accroître la gloire ... Richelieu voulut
former un établissement , qui dès sa naissance
présentât toute son utilité , il fonda l'Académie
Françoise. L'effet répondit à son attente
; l'Ouvrage parut , il étoit perfectionné ...
» C'étoit le siecle des prodiges. Louis XIV . regnoit
... Tout devoit marquer l'ascendant de'
Louis XIV . devenu votre Protecteur , il sembla
» qu'il avoit applani les routes pénibles que les
59
3
so talents et la science avoient été forcez de suivre
>> jusqu'alors.
5
Après avoir fait l'éloge de M. de Caumartin ,
le nouvel Académicien ajoûta en parlant de PAcadémie
; il est des objets de notre admiration ,
qui bien loin de perdre à être examinez de près, ၁၁
>> neus
338 MERCURE DE FRANCE
1
nous frappent au contraire plus vivement et
s'embellissent à mesure qu'on peut les distinguer
et les connoître davantage. Le Prince *à qui
"J'ai l'honneur d'être attaché, me le fait éprou-
» ver tous les jours . Il semble par l'habitude de
l'approcher (et il est bien rare que de l'habitude
» naissent des sujets d'éloge ) il semble , dis je ,
soit que qu'en lui l'éclat du rang ne la récompense
des qualitez personnelles , & c,
20
Le Discours de M. Dupré de Saint Maur
eut aussi des traits d'une éloquence variée ,
vive et animée . Il exposa le progrès de la Langue
Françoise , par les soins et les travaux
des illustres Membres de cette Académie dès
le temps même de sa fondation , c'est-à- dire ,
sous l'illustre Cardinal de Richelieu. » Ce sublime
génie , dit- il , semblable à ces intelligences
qui président aux destins des Empires ,
et sous le Chancelier Seguier , qui acheva cer
établissement. L'Académicien fit ensuite l'Eloge
de son Prédecesseur M. l'Evêque de Langres.
Après avoir touché son illustre naissance et fait
appercevoir l'étendue de ses connoissances : » Des
talens si distinguez , ajouta - t'il , lui mériterent
» l'honneur de votre adoption , mais la douceur
» qu'il goûtoit dans vos Exercices , ne prévalut
point sur ses devoirs. L'Episcopat vous l'enleva
» et sa résidence dans son Diocèse , où il s'ense-
» velit jusqu'à la mort consomme son Eloge.
"
&
L'Orateur témoigna ensuite modestement qu'il
n'attribuoit point à sa Traduction du Poëme de
Milton , l'honneur qu'il avoit de remplacer l'il-
Justre Academicien dont il venoit de faire l'Eloge
mais plutôt au souvenir que l'Académie a cor❤
Son A. S. Monseigneur le Comte de Clermons.
servé
'
FEVRIER . 1734. 339
"
servé de feu M.de Valincourt, auquel il avoit été
uni par le sang. L'Eloge de Louis XIV . fut court
mais très- bien manié. » France , dit - il , ta splendeur
est l'ouvrage de cet auguste Monarque ;
»tu lui dois plus , tu lui dois un Prince dans le
quel tu vois revivre toutes ses vertus , son zele
pour la Religion , son amour pour la justice ,
» sa tendresse pour ses Peuples et cette prudence
consommée , qui dans l'âge des passions
» le rend aussi maître de lui-même , qu'impenetrable
dans ses secrets, Nous passons plusieurs
traits de cet Eloge , où l'Orateur , en parlant des
nouvelles conquêtes du Roy , invite l'Académie
à les publier. Continuez , Messieurs , dit- il en
finissant son Discours , de transmettre à la
posterité les louanges de ce grand Roy. Vous y
" joindrez celles d'un Ministre vertueux , modes.
» te , équitable , occupé du bien public , négli
"}
まる
gent sa propre grandeur , et qui dans le plus
» haut rang, n'a d'autres richesses en partage que
» la confiance de son Maître et la veneration des
hommes . Les sages principes par lesquels il
» se conduit , n'ont jamais varié , et les sentimens
qu'il a imprimez à notre jeune Monarque
" assurent notre felicité .
ן כ
M. de Boze, Directeur de l'Academie, répondit
aux deux nouveaux Académiciens par un Discours
où l'éloquence et la délicatesse se trouvent réunis.
Après avoir fait remarquer que quelque douleur
dont l'Académie soit penetrée en perdant
d'illustres Confreres , il y auroit de l'injustice à
ne cesser de s'y livrer , puisqu'après tout sans ces
révolutions l'Académie n'auroit pas eu l'avantage
de posseder depuis son établissement tout ce que
France a produit de plus distingué par l'éru
dition , le goût et la politesse , il fit l'éloge de
feu
340 MERCURE DE FRANCE
*
feu M. l'Evêque de Blois ; et en s'adressant ensuite-
à M. de Montcrif : » Achevez , dit - il , de le
remplacer par vos sentimens pour l'Académie...
et , si nous sommes en droit d'exiger quelque
chose de plus , par votre empressement à marquer
au Prince qui vous honore d'une protection
si distinguee , notre respect , notre reconnoissance
et notre admiration . Les Muses
seules sembloient le disputer aux Graces. Un
bruit de guerre se fait entendre et il vole à la
gloire. Objet d'étonnement pour le vulgaire ,
qui croit que la Gloire , les Graces et les Muses
sont autant de Rivales , jalouses de former
» séparément des Héros qui leur appartiennent
en propre , au lieu qu'elles y travaillent de
concert dans le sang de Condé , et que la Religion
même s'interesse au succès ...
»
20
Pour vous , M en s'adressant à M. de S.Maur,
digne heritier de l'esprit et de la tendresse d'un
Confrere dont le souvenir nous sera toujours
cher , ce n'est ni à ce titre - là que vous avez
sollicité nos suffrages , ni la premiere fois que
vous y avez cû part ; ce qui mena à l'Eloge de
feu M. P'Evêque de Langres. Il dit ensuite ;
Que ne devons- nous pas attendre de vous
après l'élégante Traduction que vous nous
avez donnée de ce Poëme ,
que l'Angleterre
met au- dessus d'Homere et de Virgile , et que
nous leur préfererions , comme elle, si nous ne
consultions que le choix , l'interêt et la grandeur
du Sujet.
*
Nous passons plusieurs autres Refléxions de ce
goût , resserrez par nos bornes , pour rapporter
* S. A. S. M. le Comte de Clermont.
Le Paradis per du de Milton .
un
FEVRIER. 1734. 341
Endroit qui termine le Discours. Après avoir
exposé le but de l'Académie Françoise dans ses
travaux et l'attentlon de la Posterité qu'elle se
propose de mériter , autant par la délicatesse du
Pinceau , que par l'importance et la majesté du
Sujet , l'illustre Académicien ajoûta : Nous
» avions à lui apprendre qu'il est des Peuples assez
heureux pour n'admettre aucune difference
entre le zele et le devoir ; entre l'amour de la
» Patrie et la gloire du Souverain , qu'il est des
Ministres sages et puissants , simples , affables
set tranquilles au milieu du mouvement qu'ils
" donnent à l'Univers entier , qu'il est des Rois
" magnanimes , qui sacrifient leurs plus grands
interêts au repos et à la tranquillité publique,
" et que rien n'arrête dès qu'il faut venger la
splendeur du Trône qu'on offense , ou se-
"courir des Alliez qu'on opprime , des Rois en-
" fin , qui ne veulent être couronnez par les
"mains de la Victoire , qu'après l'avoir été par
» celles de la Justice et de la Picté .
et Dupré de Saint Maur , à l'Académie
Françoise le 29. Décembre 1733 .
M
R de Moncrif commença son Discours
par exposer l'utilité et les avantages de
P'Académie Françoise , non - seulement pour la
perfection de la Langue, mais même pour le progrès
de l'esprit, » Fixer le sens veritable de cha
mqua
FEVRIER. 1734. 337
5 ) que mot ... faire connoître en quoi consistent
ces tours heureux d'où naissent et la force et
P'agrément du langage , n'est- ce pas , dit - il ,
guider l'esprit ? ... n'est - ce pas lui donner lieu
de s'étendre et de se perfectionner ? » L'Orateur
fit ensuite successivement l'Eloge de l'illustre
Fondateur de cette Académie le Cardinal de Richelieu
, celui de M. Seguier , de Louis XIV . de
M. de Caumartin , dont M. de Montcrif remplit
la place vacante, de M.le Cardinal de Fleury,
de M. le Maréchal de Villars , et M. le Comte
de Clermont. Qu'il nous soit permis de toucher
quelques traits de ces Eloges .
ກ
En parlant du Cardinal de Richelieu , » Ce
» Cardinal dont le génie également vaste et su-
» blime , fit sentir à toute l'Europe que pour por-
» ter la France au plus haut degré de splendeur ,
» il ne falloit que lui apprendre à se connoître; Armand
, dis - je , après avoir étendu les limites
» et multiplié les avantages interieurs de l'Etat ,
s'empressa d'y ajoûter ce Monument , qui de-
» voit en accroître la gloire ... Richelieu voulut
former un établissement , qui dès sa naissance
présentât toute son utilité , il fonda l'Académie
Françoise. L'effet répondit à son attente
; l'Ouvrage parut , il étoit perfectionné ...
» C'étoit le siecle des prodiges. Louis XIV . regnoit
... Tout devoit marquer l'ascendant de'
Louis XIV . devenu votre Protecteur , il sembla
» qu'il avoit applani les routes pénibles que les
59
3
so talents et la science avoient été forcez de suivre
>> jusqu'alors.
5
Après avoir fait l'éloge de M. de Caumartin ,
le nouvel Académicien ajoûta en parlant de PAcadémie
; il est des objets de notre admiration ,
qui bien loin de perdre à être examinez de près, ၁၁
>> neus
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1
nous frappent au contraire plus vivement et
s'embellissent à mesure qu'on peut les distinguer
et les connoître davantage. Le Prince *à qui
"J'ai l'honneur d'être attaché, me le fait éprou-
» ver tous les jours . Il semble par l'habitude de
l'approcher (et il est bien rare que de l'habitude
» naissent des sujets d'éloge ) il semble , dis je ,
soit que qu'en lui l'éclat du rang ne la récompense
des qualitez personnelles , & c,
20
Le Discours de M. Dupré de Saint Maur
eut aussi des traits d'une éloquence variée ,
vive et animée . Il exposa le progrès de la Langue
Françoise , par les soins et les travaux
des illustres Membres de cette Académie dès
le temps même de sa fondation , c'est-à- dire ,
sous l'illustre Cardinal de Richelieu. » Ce sublime
génie , dit- il , semblable à ces intelligences
qui président aux destins des Empires ,
et sous le Chancelier Seguier , qui acheva cer
établissement. L'Académicien fit ensuite l'Eloge
de son Prédecesseur M. l'Evêque de Langres.
Après avoir touché son illustre naissance et fait
appercevoir l'étendue de ses connoissances : » Des
talens si distinguez , ajouta - t'il , lui mériterent
» l'honneur de votre adoption , mais la douceur
» qu'il goûtoit dans vos Exercices , ne prévalut
point sur ses devoirs. L'Episcopat vous l'enleva
» et sa résidence dans son Diocèse , où il s'ense-
» velit jusqu'à la mort consomme son Eloge.
"
&
L'Orateur témoigna ensuite modestement qu'il
n'attribuoit point à sa Traduction du Poëme de
Milton , l'honneur qu'il avoit de remplacer l'il-
Justre Academicien dont il venoit de faire l'Eloge
mais plutôt au souvenir que l'Académie a cor❤
Son A. S. Monseigneur le Comte de Clermons.
servé
'
FEVRIER . 1734. 339
"
servé de feu M.de Valincourt, auquel il avoit été
uni par le sang. L'Eloge de Louis XIV . fut court
mais très- bien manié. » France , dit - il , ta splendeur
est l'ouvrage de cet auguste Monarque ;
»tu lui dois plus , tu lui dois un Prince dans le
quel tu vois revivre toutes ses vertus , son zele
pour la Religion , son amour pour la justice ,
» sa tendresse pour ses Peuples et cette prudence
consommée , qui dans l'âge des passions
» le rend aussi maître de lui-même , qu'impenetrable
dans ses secrets, Nous passons plusieurs
traits de cet Eloge , où l'Orateur , en parlant des
nouvelles conquêtes du Roy , invite l'Académie
à les publier. Continuez , Messieurs , dit- il en
finissant son Discours , de transmettre à la
posterité les louanges de ce grand Roy. Vous y
" joindrez celles d'un Ministre vertueux , modes.
» te , équitable , occupé du bien public , négli
"}
まる
gent sa propre grandeur , et qui dans le plus
» haut rang, n'a d'autres richesses en partage que
» la confiance de son Maître et la veneration des
hommes . Les sages principes par lesquels il
» se conduit , n'ont jamais varié , et les sentimens
qu'il a imprimez à notre jeune Monarque
" assurent notre felicité .
ן כ
M. de Boze, Directeur de l'Academie, répondit
aux deux nouveaux Académiciens par un Discours
où l'éloquence et la délicatesse se trouvent réunis.
Après avoir fait remarquer que quelque douleur
dont l'Académie soit penetrée en perdant
d'illustres Confreres , il y auroit de l'injustice à
ne cesser de s'y livrer , puisqu'après tout sans ces
révolutions l'Académie n'auroit pas eu l'avantage
de posseder depuis son établissement tout ce que
France a produit de plus distingué par l'éru
dition , le goût et la politesse , il fit l'éloge de
feu
340 MERCURE DE FRANCE
*
feu M. l'Evêque de Blois ; et en s'adressant ensuite-
à M. de Montcrif : » Achevez , dit - il , de le
remplacer par vos sentimens pour l'Académie...
et , si nous sommes en droit d'exiger quelque
chose de plus , par votre empressement à marquer
au Prince qui vous honore d'une protection
si distinguee , notre respect , notre reconnoissance
et notre admiration . Les Muses
seules sembloient le disputer aux Graces. Un
bruit de guerre se fait entendre et il vole à la
gloire. Objet d'étonnement pour le vulgaire ,
qui croit que la Gloire , les Graces et les Muses
sont autant de Rivales , jalouses de former
» séparément des Héros qui leur appartiennent
en propre , au lieu qu'elles y travaillent de
concert dans le sang de Condé , et que la Religion
même s'interesse au succès ...
»
20
Pour vous , M en s'adressant à M. de S.Maur,
digne heritier de l'esprit et de la tendresse d'un
Confrere dont le souvenir nous sera toujours
cher , ce n'est ni à ce titre - là que vous avez
sollicité nos suffrages , ni la premiere fois que
vous y avez cû part ; ce qui mena à l'Eloge de
feu M. P'Evêque de Langres. Il dit ensuite ;
Que ne devons- nous pas attendre de vous
après l'élégante Traduction que vous nous
avez donnée de ce Poëme ,
que l'Angleterre
met au- dessus d'Homere et de Virgile , et que
nous leur préfererions , comme elle, si nous ne
consultions que le choix , l'interêt et la grandeur
du Sujet.
*
Nous passons plusieurs autres Refléxions de ce
goût , resserrez par nos bornes , pour rapporter
* S. A. S. M. le Comte de Clermont.
Le Paradis per du de Milton .
un
FEVRIER. 1734. 341
Endroit qui termine le Discours. Après avoir
exposé le but de l'Académie Françoise dans ses
travaux et l'attentlon de la Posterité qu'elle se
propose de mériter , autant par la délicatesse du
Pinceau , que par l'importance et la majesté du
Sujet , l'illustre Académicien ajoûta : Nous
» avions à lui apprendre qu'il est des Peuples assez
heureux pour n'admettre aucune difference
entre le zele et le devoir ; entre l'amour de la
» Patrie et la gloire du Souverain , qu'il est des
Ministres sages et puissants , simples , affables
set tranquilles au milieu du mouvement qu'ils
" donnent à l'Univers entier , qu'il est des Rois
" magnanimes , qui sacrifient leurs plus grands
interêts au repos et à la tranquillité publique,
" et que rien n'arrête dès qu'il faut venger la
splendeur du Trône qu'on offense , ou se-
"courir des Alliez qu'on opprime , des Rois en-
" fin , qui ne veulent être couronnez par les
"mains de la Victoire , qu'après l'avoir été par
» celles de la Justice et de la Picté .
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Résumé : RECEPTION de MM. de Moncrif et Dupré de Saint Maur, à l'Académie Françoise le 29. Décembre 1733.
Le 29 décembre 1733, M. de Moncrif et M. Dupré de Saint Maur furent accueillis à l'Académie Française. M. de Moncrif, dans son discours, mit en avant l'importance de l'Académie pour la perfection de la langue et le progrès de l'esprit. Il rendit hommage à plusieurs personnalités marquantes, notamment le Cardinal de Richelieu, fondateur de l'Académie, et Louis XIV, protecteur de l'Académie. Richelieu fut salué pour son génie ayant conduit la France à son apogée en lui permettant de se connaître. Louis XIV fut loué pour avoir favorisé les talents et la science. M. de Moncrif mentionna également M. Seguier, M. de Caumartin, le Cardinal de Fleury, le Maréchal de Villars et le Comte de Clermont. M. Dupré de Saint Maur, dans son allocution, souligna également le progrès de la langue française grâce aux travaux des membres de l'Académie depuis Richelieu et sous le Chancelier Seguier. Il exprima sa gratitude envers son prédécesseur, l'Évêque de Langres, et attribua son élection à la traduction du poème de Milton plutôt qu'à l'œuvre elle-même. Il rendit hommage à Louis XIV et à son successeur pour leurs vertus et leur engagement envers la religion et la justice. M. de Boze, Directeur de l'Académie, répondit aux nouveaux académiciens en soulignant que, malgré les pertes subies, l'Académie avait toujours su honorer les plus distingués par leur érudition et leur politesse. Il fit l'éloge de l'Évêque de Blois et encouragea M. de Moncrif à honorer le Prince par son dévouement. Il loua également M. Dupré de Saint Maur pour sa traduction élégante du poème de Milton. Le discours se conclut par une réflexion sur les valeurs de l'Académie et les qualités des souverains et ministres.
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11
p. 341-342
PROGRAMME.
Début :
L'Académie des Belles-Lettres de Marseille avertit le Public que le 25. Août prochain, [...]
Mots clefs :
Académie des Belles-Lettres de Marseille, Lettres, Prix, Auteurs, Secrétaire, Protecteur, Récépissé, Mérite, Envie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME.
PROGRAMME.
'Académie des Belles - Lettres de Marseille
Lavertit le Public que le 25. Août prochain
jour et Fête de S. Louis de cette année 1734.
elle adjugera le Prix fondé par M. le Maréchal
de Villars , son Protecteur , qui sera une Médaille
d'or de la valeur de 300. livres , portant
d'un côté le Buste , et de l'autre la devise de son
Protecteur , à un Discours en Prose d'un quart
d'heure , ou tout au plus d'une demie heure de
lecture , dont le Sujet sera : LES AVANTAGES
QUE LE MERITE PEUT TIRER DE L'ENVIE.
On adressera , comme de coûtume , les Ou-
Trages à M.de Chalamont de la Visclede, Secretai-
G
342 MERCURE DE FRANCE
re perpetuel de l'Académie des Belles - Lettres de
Marseille , rue de l'Evêché , à Marseille. On
affranchira les Paquets à la Poste , sans quoi ils
ne seront point retirez. Ils ne seront reçus que
jusqu'au premier May inclusivement. Les Auteurs
ne mettront point leur nom au bas de leurs
Ouvrages , mais une Sentence de l'Ecriture , des
Peres de l'Eglise , ou des Auteurs profanes.Onmarà
M. le Secretaire une adresse quera , à laquelle
il envoira son Récepissé .
On prie les Auteurs de prendre les mesures necessaires
pour n'être point connus jusqu'au jour
de la decision , et de ne point signer les Lettres
qu'ils pourront écrire à M.le Secretaire, ou à tout
autre Académicien ; et on les avertit que s'ils sont
connus par leur faute , ils seront exclus du
concours.
L'Auteur qui aura remporté le Prix , viendra le
recevoir dans la Sale de PAcadémie , le jour de
Ja Séance publique , s'il est à Marseille , et s'il
est absent , il envoira à une personne domiciliée
dans cette Ville , le Récepissé de M. le Secretaire,
moyennant lequel on remettra le Prix à cette
Personne,
'Académie des Belles - Lettres de Marseille
Lavertit le Public que le 25. Août prochain
jour et Fête de S. Louis de cette année 1734.
elle adjugera le Prix fondé par M. le Maréchal
de Villars , son Protecteur , qui sera une Médaille
d'or de la valeur de 300. livres , portant
d'un côté le Buste , et de l'autre la devise de son
Protecteur , à un Discours en Prose d'un quart
d'heure , ou tout au plus d'une demie heure de
lecture , dont le Sujet sera : LES AVANTAGES
QUE LE MERITE PEUT TIRER DE L'ENVIE.
On adressera , comme de coûtume , les Ou-
Trages à M.de Chalamont de la Visclede, Secretai-
G
342 MERCURE DE FRANCE
re perpetuel de l'Académie des Belles - Lettres de
Marseille , rue de l'Evêché , à Marseille. On
affranchira les Paquets à la Poste , sans quoi ils
ne seront point retirez. Ils ne seront reçus que
jusqu'au premier May inclusivement. Les Auteurs
ne mettront point leur nom au bas de leurs
Ouvrages , mais une Sentence de l'Ecriture , des
Peres de l'Eglise , ou des Auteurs profanes.Onmarà
M. le Secretaire une adresse quera , à laquelle
il envoira son Récepissé .
On prie les Auteurs de prendre les mesures necessaires
pour n'être point connus jusqu'au jour
de la decision , et de ne point signer les Lettres
qu'ils pourront écrire à M.le Secretaire, ou à tout
autre Académicien ; et on les avertit que s'ils sont
connus par leur faute , ils seront exclus du
concours.
L'Auteur qui aura remporté le Prix , viendra le
recevoir dans la Sale de PAcadémie , le jour de
Ja Séance publique , s'il est à Marseille , et s'il
est absent , il envoira à une personne domiciliée
dans cette Ville , le Récepissé de M. le Secretaire,
moyennant lequel on remettra le Prix à cette
Personne,
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Résumé : PROGRAMME.
L'Académie des Belles-Lettres de Marseille annoncera l'attribution d'un prix le 25 août 1734, à l'occasion de la fête de Saint Louis. Ce prix, créé par le Maréchal de Villars, se compose d'une médaille d'or valant 300 livres, ornée du buste du protecteur et de sa devise. Il sera attribué à un discours en prose, d'une durée de lecture de 15 à 30 minutes, sur le thème 'Les avantages que le mérite peut tirer de l'envie'. Les candidatures doivent être envoyées à M. de Chalamont de la Visclede, secrétaire perpétuel de l'Académie, rue de l'Évêché à Marseille, avant le 1er mai inclusivement. Les manuscrits doivent être anonymes, sans signature, mais accompagnés d'une sentence tirée de l'Écriture, des Pères de l'Église ou des auteurs profanes. Les auteurs doivent rester anonymes jusqu'à la décision finale et ne pas signer les correspondances avec l'Académie. Le lauréat recevra le prix lors de la séance publique à l'Académie s'il est présent à Marseille, ou enverra un mandataire domicilié dans la ville avec le récépissé du secrétaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 342-346
SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
Début :
MONSIEUR, C'est une chose assez digne de remarque que [...]
Mots clefs :
Enfants, Gens, Monde, Éducation, Gouverneur, Gouverneurs, Raison, Maîtres, Études, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
SUITE de la Lettre sur le Systême du
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
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Résumé : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
L'auteur d'une lettre critique les pratiques éducatives de son époque, notant que malgré les progrès scientifiques et artistiques, les méthodes éducatives restent influencées par les habitudes et les préjugés. Il observe que les parents confient leurs jeunes enfants à des femmes et des maîtres ordinaires, puis cherchent des gouverneurs qualifiés pour leur apprendre les manières du monde. L'auteur compare l'éducation des enfants à l'élevage des animaux et à la culture des plantes, soulignant l'importance de comprendre les inclinations et les dispositions des enfants pour adapter leur éducation. Il remet en question la distinction entre précepteurs et gouverneurs, affirmant que les qualités nécessaires à l'éducation des enfants devraient être réunies dans une seule personne. Le texte mentionne trois types de personnes impliquées dans l'éducation : les ecclésiastiques ou latinistes pour les études élémentaires, les hommes de lettres ou militaires comme gouverneurs, et les serviteurs de confiance. L'auteur se demande pourquoi ces rôles sont séparés et suggère que les qualités des précepteurs et des gouverneurs devraient être combinées pour une éducation plus efficace. Il conclut en soulignant l'importance de cette question pour les jeunes ayant à la fois des gouverneurs et des précepteurs, pour les parents qui engagent des gouverneurs tardivement, et pour les bourgeois envoyant leurs enfants voyager à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 346-349
Morts illustres, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Peinture, a fait une perte très-considerable en la personne de Jean [...]
Mots clefs :
Tableaux, Tableau, Peinture, Séjour en Italie, Jean Raoux, Prince de Vendôme, Cabinets de Paris, Robert de Séry, Académie royale de peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts illustres, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Peinture , a fait une
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
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Résumé : Morts illustres, [titre d'après la table]
Jean Raoux, peintre originaire de Montpellier, est décédé le 10 février 1734 à l'âge d'environ 57 ans. Élève de M. de Boullogne l'Aîné, Raoux a séjourné en Italie, notamment à Venise, où ses œuvres étaient très appréciées. Ce séjour en Italie a été encouragé par M. de Vendôme, Grand-Prieur de France. Son style de peinture était caractérisé par une manière tendre, délicate et extrêmement finie. Raoux a été reçu à l'Académie Royale de Peinture le 28 août 1717, qui conserve un tableau de lui représentant la fable de Pigmalion. Plusieurs de ses œuvres sont notables, notamment un portrait du Prince de Vendôme dans le cabinet du Prince de Conti, des tableaux représentant les quatre âges dans le cabinet du Chevalier d'Orléans, et divers autres tableaux dans les collections de M. Porlier, M. le Peletier des Forts, M. Prat, et M. de Senosan. Raoux a également réalisé plusieurs portraits, dont ceux des Dames Journet, Prévôt, Quinault, Sylvia, et Madame B***. Le Duc d'Orléans a reconnu le travail de Raoux en faisant placer un de ses tableaux dans son grand appartement. Par ailleurs, le texte mentionne la mort de Robert de Sery, un autre artiste talentueux ramené de Rome par le Cardinal de Rohan. Les œuvres et collections de Robert de Sery doivent être vendues au profit de ses héritiers. Robert de Sery est enterré dans l'église des Capucins du Marais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 349
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une onzième Estampe, gravée par le sieur Moyreau, d'après le Tableau de Wauvremens, [...]
Mots clefs :
Cabinet de la Comtesse de Verrue, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Il paroît une onzième Estampe , gravée par
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
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15
p. 349-350
« On avertit le Public qu'il y a actuellement vingt volumes des Motets de M. de la Lande, imprimez, [...] »
Début :
On avertit le Public qu'il y a actuellement vingt volumes des Motets de M. de la Lande, imprimez, [...]
Mots clefs :
Motets, De La Lande, Géométrie, Architecture, Encriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On avertit le Public qu'il y a actuellement vingt volumes des Motets de M. de la Lande, imprimez, [...] »
On avertit le Public qu'il y a actuellement vingt
volumes des Motets de M. de la Lande , imprimez
, ce qui fait quarante Motets , sans compter
les Leçons de Tenebres et le petit Miserere , qui
font un volume à part , en attendant qu'on en
donne davantage . Ces Ouvrages se vendent chez
la veuve Boivin , à la Regle d'or , rue S. Honoré,
et chez le Sr le Clerc , à la Croix d'or , ruë des
Prouveres.
Le dépôt de tous ces Ouvrages est chez Mlle
Hue , Marchande Lingere , au coin de la ruë
S. Cristophle, près le petit Pont. Chaque Volume
contient deux Motets , et se vend 6. livres.
Le Sieur de S. Marc , Mathématicien , avertit
le Public , qu'il continue d'enseigner la Géométrie
, l'Architecture , tant Civile que Militaire ,
G V
350 MERCURE DE FRANCE
et la Perspective par des Regles très - faciles et en
fort peu de temps. Il demeure ruë de Bussy ,
l'Hôtel d'Angleterre , Fauxbourg S. Germain.
Le Sieur Baradelle , Ingenieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique , avertit le Public
qu'il a fait une grande quantité de ces Encriers
qui conservent l'Encre plusieurs années sans se
secher ni s'épaissir , on n'y met point de coton
parce qu'ilest exactement fermé par le moyen
d'une Sou- pape à queue , avec une vis à oreille.
Ces Encriers sont fort propres pour les personnes
qui vont en Campagne , ce sont de vrais reservoirs
d'Encre.Il ne sont point sujets à se renverser
en telle situation puissent- ils être. On en construit
de differentes forines et l'on en trouvera toujours
à choisir , grand ou petit chez le sieur Baradelle .
Sa demeure est toujours Quay de l'Horloge du
Palais , à l'Enseigne de l'Observatoire , vis -à - vis
le grand Degré de la Riviere.
volumes des Motets de M. de la Lande , imprimez
, ce qui fait quarante Motets , sans compter
les Leçons de Tenebres et le petit Miserere , qui
font un volume à part , en attendant qu'on en
donne davantage . Ces Ouvrages se vendent chez
la veuve Boivin , à la Regle d'or , rue S. Honoré,
et chez le Sr le Clerc , à la Croix d'or , ruë des
Prouveres.
Le dépôt de tous ces Ouvrages est chez Mlle
Hue , Marchande Lingere , au coin de la ruë
S. Cristophle, près le petit Pont. Chaque Volume
contient deux Motets , et se vend 6. livres.
Le Sieur de S. Marc , Mathématicien , avertit
le Public , qu'il continue d'enseigner la Géométrie
, l'Architecture , tant Civile que Militaire ,
G V
350 MERCURE DE FRANCE
et la Perspective par des Regles très - faciles et en
fort peu de temps. Il demeure ruë de Bussy ,
l'Hôtel d'Angleterre , Fauxbourg S. Germain.
Le Sieur Baradelle , Ingenieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique , avertit le Public
qu'il a fait une grande quantité de ces Encriers
qui conservent l'Encre plusieurs années sans se
secher ni s'épaissir , on n'y met point de coton
parce qu'ilest exactement fermé par le moyen
d'une Sou- pape à queue , avec une vis à oreille.
Ces Encriers sont fort propres pour les personnes
qui vont en Campagne , ce sont de vrais reservoirs
d'Encre.Il ne sont point sujets à se renverser
en telle situation puissent- ils être. On en construit
de differentes forines et l'on en trouvera toujours
à choisir , grand ou petit chez le sieur Baradelle .
Sa demeure est toujours Quay de l'Horloge du
Palais , à l'Enseigne de l'Observatoire , vis -à - vis
le grand Degré de la Riviere.
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Résumé : « On avertit le Public qu'il y a actuellement vingt volumes des Motets de M. de la Lande, imprimez, [...] »
Le texte annonce la disponibilité de vingt volumes des Motets de M. de la Lande, comprenant quarante Motets, ainsi que des Leçons de Tenèbres et un petit Miserere dans un volume séparé. Ces ouvrages sont en vente chez la veuve Boivin, rue Saint-Honoré, et chez le Sr le Clerc, rue des Prouveres. Le dépôt se trouve chez Mlle Hue, rue Saint-Christophe. Chaque volume, contenant deux Motets, est vendu six livres. Le Sieur de Saint-Marc, mathématicien, continue d'enseigner la géométrie, l'architecture (civile et militaire) et la perspective. Il réside rue de Bussy, à l'Hôtel d'Angleterre, faubourg Saint-Germain. Le Sieur Baradelle, ingénieur du Roi, fabrique des encriers conservant l'encre plusieurs années sans se sécher ni s'épaissir. Équipés d'une soupape à queue avec une vis à oreille, ces encriers sont adaptés pour les personnes en campagne et disponibles en différentes formes et tailles. Ils sont vendus chez le Sieur Baradelle, quai de l'Horloge du Palais, à l'Enseigne de l'Observatoire.
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