Résultats : 21917 texte(s)
Détail
Liste
5601
p. 2070
Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Joigny le 4 Septembre, que le 25. du mois passé, jour de S. Louis, vers les 9. [...]
Mots clefs :
Joigny, Orage, Pluie, Vignes, Grêle
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texteReconnaissance textuelle : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
On écrit de Joigny le 4 Septembre , que le
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
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Résumé : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Le 4 septembre, une lettre de Joigny signale un violent orage survenu le 25 août, causant des dégâts importants dans une vaste région. Dix-sept villages ou hameaux de l'élection de Joigny, notamment entre Villeneuve-le-Roi et Joigny, ont été sévèrement touchés. Les dommages incluent des maisons détruites, des vignes déracinées et des bois taillis endommagés par des grêlons pesant jusqu'à cinq quarts. De nombreux animaux, y compris des oiseaux, ont péri, et des cultures comme les emblaves et les blés stockés dans les greniers ont été détruits. Le vent puissant et la pluie torrentielle ont amplifié les pertes agricoles. Cependant, les célèbres coteaux de la région, connus pour leurs vins délicieux, ont été épargnés, laissant espérer une bonne récolte viticole malgré les ravages.
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5602
p. 210
ESPAGNE.
Début :
Les habitants d'Oporto, en punition de leur révolte, sont condamnés à avoir chez [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Punition, Troupes, Emprisonnement, Pendaison, Madrid, Corsaire anglais, Tirs
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne et au Portugal, des mesures sévères sont prises contre les révoltés. À Oporto, les habitants doivent héberger des troupes à leurs frais, perdent leur droit de vote et voient leurs institutions supprimées. Plus de trois cents personnes sont emprisonnées. À Madrid, un corsaire anglais tue deux Espagnols après un refus de visite.
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5603
p. 1018
DANNEMARCK.
Début :
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck et la Suede, par lequel les deux [...]
Mots clefs :
Cartel
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texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEMARCK .
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck
et la Suede , par lequel les deux
Puissances s'engageront à se rendre , non seulement
les Deserteurs , mais encore toutes les personnes
accusées de quelque crime capital , et particulierement
du duel , sans avoir égard à la naissance
, ni au rang des coupables.
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck
et la Suede , par lequel les deux
Puissances s'engageront à se rendre , non seulement
les Deserteurs , mais encore toutes les personnes
accusées de quelque crime capital , et particulierement
du duel , sans avoir égard à la naissance
, ni au rang des coupables.
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5604
p. *192-192
DE VIENNE, le 13 Février.
Début :
Il a été proposé au Conseil, d'accorder des établissemens en Transilvanie aux Païsans de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 13 Février.
DE VIENNE, le 13 Février.
Il a été proposé au Conseil, d'accorder des établissemens
en Transilvanie aux Païsans de la
Haute-Autriche, qui ont demandé de pouvoit
professer, librement la Religion Piotestante. Les
Commissaires, chargés d'instruire le procès du
Baron de Trencx, l'ayant trouvé coupable de di-
verses prévarications, il a été conduit an Château
de Spielberg.
Il a été proposé au Conseil, d'accorder des établissemens
en Transilvanie aux Païsans de la
Haute-Autriche, qui ont demandé de pouvoit
professer, librement la Religion Piotestante. Les
Commissaires, chargés d'instruire le procès du
Baron de Trencx, l'ayant trouvé coupable de di-
verses prévarications, il a été conduit an Château
de Spielberg.
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5605
p. *192-192
DE DRESDE, le 16 Février.
Début :
Tout est réglé entre cette Cour & la Régence de Hanover, par rapport aux Hypotéques assignées [...]
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texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 16 Février.
DE DRESDE, le 16 Février.
Tout est réglé entre cette Cour & la Régence
de Hanover, par rapport aux Hypotéques assignées
par le Roi pour la somme que sa Majesté a
empruntée de cette Régence.
Tout est réglé entre cette Cour & la Régence
de Hanover, par rapport aux Hypotéques assignées
par le Roi pour la somme que sa Majesté a
empruntée de cette Régence.
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5606
p. 1018
ALLEMAGNE.
Début :
Le Decret Imperial, par lequel il est ordonné à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
"
E Decret Imperial , par lequel il est ordonné
à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg
de reconnoître le Duc Chrétien Louis , pour
Administrateur de ce Duché , est arrivé depuis
peu à Schwerin , et il y a été publié. L'Empereur
a écrit au Duc Charles Léopold , pour l'exhorter
à se soumettre à ce Decret , et à ne point rroubler
par une résistance inutile et dangereuse ,
la tranquillité
de ses Peuples. Il a écrit en même- temps
au Duc Chrétien Louis , pour lui recommander
de
convoquer au plutôt une Assemblée generale
des Etats du Duché , afin de prendre avec eux les
mesures convenables pour assurer son autorité.
Le Duc de Meckelbourg Strelitz , a reçû aussi
une Lettre de S. M. I. qui l'invite à se trouver à
L'Assemblée des Etats.
"
E Decret Imperial , par lequel il est ordonné
à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg
de reconnoître le Duc Chrétien Louis , pour
Administrateur de ce Duché , est arrivé depuis
peu à Schwerin , et il y a été publié. L'Empereur
a écrit au Duc Charles Léopold , pour l'exhorter
à se soumettre à ce Decret , et à ne point rroubler
par une résistance inutile et dangereuse ,
la tranquillité
de ses Peuples. Il a écrit en même- temps
au Duc Chrétien Louis , pour lui recommander
de
convoquer au plutôt une Assemblée generale
des Etats du Duché , afin de prendre avec eux les
mesures convenables pour assurer son autorité.
Le Duc de Meckelbourg Strelitz , a reçû aussi
une Lettre de S. M. I. qui l'invite à se trouver à
L'Assemblée des Etats.
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Résumé : ALLEMAGNE.
L'Empereur a ordonné aux habitants du Duché de Mecklembourg de reconnaître le Duc Chrétien Louis comme administrateur. Il a exhorté le Duc Charles Léopold à se soumettre et à éviter toute résistance. L'Empereur a également demandé au Duc Chrétien Louis de convoquer une assemblée générale des États du Duché. Le Duc de Mecklembourg-Strelitz a été invité à participer à cette assemblée.
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5607
p. *192-192
DE LEIPSICK le 16 Février.
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texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK le 16 Février.
DE LEIPSICK le 16 Février.
On mande du Village de Volxmandorf, qui
appartient au Baron de Kenits, qu'une Veuve
âgee de soixante seize ans prétend êtie enceinte
& que le Maître d'Ecoled'un Village voisin s'est
déclaré le pere de l'enfant.
On mande du Village de Volxmandorf, qui
appartient au Baron de Kenits, qu'une Veuve
âgee de soixante seize ans prétend êtie enceinte
& que le Maître d'Ecoled'un Village voisin s'est
déclaré le pere de l'enfant.
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5608
p. 174-175
Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une tres-belle Estampe en large, dont le sujet excellemment traité, [...]
Mots clefs :
Charles Coypel, Estampe, Persée, Andromède
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Il paroît une tres- belle Estampe en lar◄
ge , dont le sujet excellemment traité
par M. Charles Coypel , représente Persée
délivrant Andromede , exposée au
Monstre , sur un Rocher au bord de la
Mer. Il n'y a rien à désirer dans l'action
et l'expression de ces deux principaux
Personnages , non plus que dans les deux
Figures du Pere et de la Mere , placées
sur la premiere ligne de cette riche et
élegante Composition , dont ces Vers
qu'on lit au bas , acheveront la description
:
Fuyez , jalouses Néréïdes
Fuyez dans vos Grottes humides ;
Persée aime Androméde , et lui rendra le jour ;
Le Monstre servira de trophée à sa gloire ,
Et c'est pour Andromède une double victoire ,
Que de triompher par l'Amour.
Cette
JANVIER. 1733. 175
Cette Estampe est tres- bien gravée par
le S Surugue ( d'après le Tableau Origi
nal qui est dans le Cabinet du Roy ) et
se vend chez lui , rue des Noyers.
Le même Louis Surugue , vend une
nouvelle Estampe , de la suite du Roman
Comique , gravée par Edme Jeaurat , d'a
près le Tableau du S J. B. Pater , qui a
ingénieusement représenté le Pocte Roquebrun
, qui rompt la Ceinture de sa
Culotte , en voulant monter à Cheval
à la place de Ragotin . Tom. 1. ch, 20.
ge , dont le sujet excellemment traité
par M. Charles Coypel , représente Persée
délivrant Andromede , exposée au
Monstre , sur un Rocher au bord de la
Mer. Il n'y a rien à désirer dans l'action
et l'expression de ces deux principaux
Personnages , non plus que dans les deux
Figures du Pere et de la Mere , placées
sur la premiere ligne de cette riche et
élegante Composition , dont ces Vers
qu'on lit au bas , acheveront la description
:
Fuyez , jalouses Néréïdes
Fuyez dans vos Grottes humides ;
Persée aime Androméde , et lui rendra le jour ;
Le Monstre servira de trophée à sa gloire ,
Et c'est pour Andromède une double victoire ,
Que de triompher par l'Amour.
Cette
JANVIER. 1733. 175
Cette Estampe est tres- bien gravée par
le S Surugue ( d'après le Tableau Origi
nal qui est dans le Cabinet du Roy ) et
se vend chez lui , rue des Noyers.
Le même Louis Surugue , vend une
nouvelle Estampe , de la suite du Roman
Comique , gravée par Edme Jeaurat , d'a
près le Tableau du S J. B. Pater , qui a
ingénieusement représenté le Pocte Roquebrun
, qui rompt la Ceinture de sa
Culotte , en voulant monter à Cheval
à la place de Ragotin . Tom. 1. ch, 20.
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Résumé : Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Le texte présente deux estampes. La première, réalisée par Charles Coypel et gravée par Louis Surugue, représente Persée délivrant Andromède d'un monstre marin. Cette œuvre, inspirée d'un tableau du cabinet du roi, met en scène Persée et Andromède avec une action et une expression parfaites. Les parents d'Andromède sont également présents, ajoutant à la richesse de la composition. Une description poétique au bas de l'estampe souligne l'amour de Persée pour Andromède et sa victoire sur le monstre. Cette estampe est disponible à la vente chez l'artiste, rue des Noyers. La seconde estampe, issue de la suite du Roman Comique, est gravée par Edme Jeaurat d'après un tableau de Jean-Baptiste Pater. Elle illustre le personnage de Roquebrun en train de rompre la ceinture de sa culotte en montant à cheval à la place de Ragotin.
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5609
p. 1812-1813
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, le feu prit à un Arbre du Parc de S. Jame, qui brûla en presence [...]
Mots clefs :
Vice-amiral, Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
Ur la fin du mois dernier , le feu prit à un
SAA
rbre du Parc de S. Jame, qui brûla en presence
d'un grand nombre de personnes , sans qu'on
put sçavoir d'où cet accident provenoit.
On publia le 26. du même mois à Londres
une proclamation qui deffend auxSujets du Roy,
de donner ou fournir aucune assistance aux Ha
bitans de l'Isle de Corse révoltés contre la Republique
de Genes , sous peine d'encourir la haute
disgrace de S. M. et d'être punis comme
des personnes qui violent volontairement les
Traités , et la Paix qui subsiste entre le Roy et
les Etats ou Princes Etrangers.
Les Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales , ont appris qu'il y avoit dans le détroit
de la Sonde 4. Fregates Hollandoises de
40. Canons chacune , qui croisoient pour intercepter
le Vaisseau de la Compagnie d'Ostende
qui est encore aux Indes Orientales , où il a
pris Pavillon du Roy de Prusse.
Les Lettres qu'on a reçues de divers endroits
des Indes Occidentales , confirment qu'il y a
dans ce Pays- là une secheresse extraordinaire ,
particulierement à Antegoa , où un sceau d'eau
s'est
JUILLET. 1731 1813
s'est vendu quatre Chelins et huit sols Stelins,
Le Vice -Amiral Charles Wager arriva le 13 .
de ce mois aux Dunes pour prendre le commandement
de l'Escadre qui est actuellement
composée de 18. Vaisseaux de Guerre , dont
il y en a un de 90. Pieces de Canon , trois de
80 , six de 70 , quatre de 60. trois de so . et un
dé 40. Le bruit court qu'outre , cette Escadre ,
on en équipera encore une de 13. à 14. Vaisseaux
de Guerre , et qu'elle sera commandée
par le Chevalier George Walton .
T
Le Comte de Dagenfeldt , Ministre Plenipo
tentiaire du Roy de Prusse , eut le 2. de ce
mois Audience particuliere du Roy et de la Reine
, ausquels il donna. part de la mort du Margrave
Albert de Brandebourg. Le 13. il eut Audience
du Prince de Galles et du Duc de Cumberland.
Le Duc de Wharton , qui est mort dans un
Convent prés de Barcelone , où il s'étoit retiré
depuis quelques mois , avoit laissé à Londres
un Testament dont on a fait l'ouverture. Il y
nomme pour ses exécuteurs le Comte d'Orrery ,
le Chevalier Charles Musgrave , et M. Charles
Coesar , ausquels il laisse aussi ses biens à partager,
à la charge de payer à la Duchesse sa veuve
1200. liv. Sterl . de pension , sa vie durant, ou
10000. liv . St, une fois payée à son choix
mais comme les biens de ce Duc avoient été
confisqués , et qu'il étoit proscrit par Acte du
Parlement , S. M. a disposé des biens qu'il laisse
par sa mort , en faveur de My Lady Lucie et
de My Lady Jeanne Wharton , ses deux soeurs.
Ur la fin du mois dernier , le feu prit à un
SAA
rbre du Parc de S. Jame, qui brûla en presence
d'un grand nombre de personnes , sans qu'on
put sçavoir d'où cet accident provenoit.
On publia le 26. du même mois à Londres
une proclamation qui deffend auxSujets du Roy,
de donner ou fournir aucune assistance aux Ha
bitans de l'Isle de Corse révoltés contre la Republique
de Genes , sous peine d'encourir la haute
disgrace de S. M. et d'être punis comme
des personnes qui violent volontairement les
Traités , et la Paix qui subsiste entre le Roy et
les Etats ou Princes Etrangers.
Les Directeurs de la Compagnie des Indes
Orientales , ont appris qu'il y avoit dans le détroit
de la Sonde 4. Fregates Hollandoises de
40. Canons chacune , qui croisoient pour intercepter
le Vaisseau de la Compagnie d'Ostende
qui est encore aux Indes Orientales , où il a
pris Pavillon du Roy de Prusse.
Les Lettres qu'on a reçues de divers endroits
des Indes Occidentales , confirment qu'il y a
dans ce Pays- là une secheresse extraordinaire ,
particulierement à Antegoa , où un sceau d'eau
s'est
JUILLET. 1731 1813
s'est vendu quatre Chelins et huit sols Stelins,
Le Vice -Amiral Charles Wager arriva le 13 .
de ce mois aux Dunes pour prendre le commandement
de l'Escadre qui est actuellement
composée de 18. Vaisseaux de Guerre , dont
il y en a un de 90. Pieces de Canon , trois de
80 , six de 70 , quatre de 60. trois de so . et un
dé 40. Le bruit court qu'outre , cette Escadre ,
on en équipera encore une de 13. à 14. Vaisseaux
de Guerre , et qu'elle sera commandée
par le Chevalier George Walton .
T
Le Comte de Dagenfeldt , Ministre Plenipo
tentiaire du Roy de Prusse , eut le 2. de ce
mois Audience particuliere du Roy et de la Reine
, ausquels il donna. part de la mort du Margrave
Albert de Brandebourg. Le 13. il eut Audience
du Prince de Galles et du Duc de Cumberland.
Le Duc de Wharton , qui est mort dans un
Convent prés de Barcelone , où il s'étoit retiré
depuis quelques mois , avoit laissé à Londres
un Testament dont on a fait l'ouverture. Il y
nomme pour ses exécuteurs le Comte d'Orrery ,
le Chevalier Charles Musgrave , et M. Charles
Coesar , ausquels il laisse aussi ses biens à partager,
à la charge de payer à la Duchesse sa veuve
1200. liv. Sterl . de pension , sa vie durant, ou
10000. liv . St, une fois payée à son choix
mais comme les biens de ce Duc avoient été
confisqués , et qu'il étoit proscrit par Acte du
Parlement , S. M. a disposé des biens qu'il laisse
par sa mort , en faveur de My Lady Lucie et
de My Lady Jeanne Wharton , ses deux soeurs.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, un incendie a détruit un arbre dans le Parc de Saint James à la fin du mois dernier, sans que l'origine soit identifiée. Le 26 du même mois, une proclamation à Londres a interdit aux sujets du roi de soutenir les habitants de l'île de Corse révoltés contre la République de Gênes, sous peine de sanctions sévères. Les Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales ont signalé la présence de quatre frégates hollandaises dans le détroit de la Sonde, visant à intercepter un vaisseau de la Compagnie d'Ostende. Des lettres des Indes Occidentales ont rapporté une sécheresse exceptionnelle, notamment à Antigua, où un sceau d'eau s'est vendu à un prix élevé. Le Vice-Amiral Charles Wager a pris le commandement d'une escadre de 18 vaisseaux de guerre le 13 juillet. Le Comte de Dagenfeldt, Ministre Plénipotentiaire du Roi de Prusse, a annoncé la mort du Margrave Albert de Brandebourg lors d'audiences avec le Roi, la Reine, le Prince de Galles et le Duc de Cumberland. Le Duc de Wharton, décédé dans un couvent près de Barcelone, a laissé un testament nommant ses exécuteurs testamentaires et distribuant ses biens, bien que ceux-ci aient été confisqués et qu'il ait été proscrit par un acte du Parlement. La reine a disposé des biens du Duc en faveur de ses deux sœurs, My Lady Lucie et My Lady Jeanne Wharton.
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5610
p. 182-183
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si le Roy donne ses soins à la conversion des Prétendus [...]
Mots clefs :
Roi, Conversion, Prétendus réformés, Zèle, Seigneur, Jésuites, Cérémonie, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si le Roy donne fes foins à
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En France, des protestants, appelés 'Prétendus Réformez', sont convertis sous l'impulsion royale. Monsieur de Vesc, seigneur de Vesc et Compréignac, a abjuré sa foi protestante le 5 du mois chez les Jésuites de la rue Saint-Antoine. Il a été instruit par le Père Drouet. Des personnalités notables, dont Monsieur de Montauban et Monsieur de Montanégrès, étaient présentes. Le roi a ordonné à Monsieur de Fourbin de l'intégrer parmi les mousquetaires.
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5611
p. 192-193
DE LISBONNE. le 26 Janvier,
Début :
On a reçu avis qu'il y avoit eu, entre la garnison de Magazam & les Maures, un combat dont voici [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LISBONNE. le 26 Janvier,
DE LISBONNE. le 26 Janvier,
On a reçu avis qu'il y avoit eu, entre la garnison de Magazam & les Maures, un combat dont voici
de
AVRIL.
193
1752.
les particularités. Les habitans de cette place man-
quant de bois, Don Antoine-Alvarès da Cunha
Gouverneur de la Ville, se détermina à en faire
couper dans une forêt voisine, & il ordonna le 7.
Décembre à Don-Jean-Froes de Brito, de sortir
avec un détachement de deux cens hommes de la
Garnison, pour veiller à la sureté des ouvriers
chargés de ce travail. Pendant qu'on y étoit oc-
cupé, deux mille Maures vinrent fondre sur les
Portugais. Don Antoine-Alvarès da Cunha s'étoit
prépate à cet événement. Aussi ôt que ce Gouver-
neur apprit que Don Jean Froes de Brito étoit at-
taqué, il marcha à son secours, & les ennemis
ayant été repoussé de toutes parts, non sculement
il ramena dans la ville ses troupes victorieuses,
mais il ysit conduire toutle boisqui avoit été coupé.
Les Maures ont fait en cette occasion une perte
considérable, & du côté des Portugais il n'y a eu
que trois Soldats tués & six blessés.
On a reçu avis qu'il y avoit eu, entre la garnison de Magazam & les Maures, un combat dont voici
de
AVRIL.
193
1752.
les particularités. Les habitans de cette place man-
quant de bois, Don Antoine-Alvarès da Cunha
Gouverneur de la Ville, se détermina à en faire
couper dans une forêt voisine, & il ordonna le 7.
Décembre à Don-Jean-Froes de Brito, de sortir
avec un détachement de deux cens hommes de la
Garnison, pour veiller à la sureté des ouvriers
chargés de ce travail. Pendant qu'on y étoit oc-
cupé, deux mille Maures vinrent fondre sur les
Portugais. Don Antoine-Alvarès da Cunha s'étoit
prépate à cet événement. Aussi ôt que ce Gouver-
neur apprit que Don Jean Froes de Brito étoit at-
taqué, il marcha à son secours, & les ennemis
ayant été repoussé de toutes parts, non sculement
il ramena dans la ville ses troupes victorieuses,
mais il ysit conduire toutle boisqui avoit été coupé.
Les Maures ont fait en cette occasion une perte
considérable, & du côté des Portugais il n'y a eu
que trois Soldats tués & six blessés.
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5612
p. 210-211
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Compagnie des Indes vient de recevoir des nouvelles très-facheuses [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnie des Indes, Vaisseaux, Conflits, Pillages, Gouverneur, Equipage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 7 Juin.
La Compagnie des Indes vient de recevoir des
nouvelles très-facheufes par fes Vaiffeaux le Portfield
, l'Edgcote & le Chefterfield. Selon le rapport,
JUILLET. 1757. 211
des équipages de ces Bâtimens , qui reviennent
des côtes de Malabar & de Coromandel , Sourajée
Doulah , petit- fils & fucceffeur de feu Aliverdée
Kan , Nabab de Bengale , a demandé des
fommes confidérables aux Anglois établis dans le
voisinage de fes états. Les Anglois n'y ayant point
fatisfait , il a marché dans le mois de Juin de l'année
derniere avec foixante mille hommes à Calécut
, dont il s'eft rendu maître , ainfi que de tous
les autres établiffemens de la compagnie fur la
côte. Il y a exterminé tout ce qu'il y a rencontré
, & il a enlevé l'argent & les marchandiſes de
tous les comtoirs. Les Gouverneurs de Madras &
de Bombay ont fait partir fur l'Eſcadre de l'Amiral
Wafton un Corps de troupes , pour tâcher de
rétablir le Fort Guillaume , que le Nabab a détruit.
On a été informé par les mêmes équipages
que le Vaiffeau le Doddington , appartenant à la
Compagnie , avoit fait naufrage près du Cap de
Bonne-Efperance , & qu'on n'avoit pu fauver que
vingt-fept des perfonnes qui étoient à bord. Un
autre Vaiffeau de la Compagnie nommé le
Protecteur , & armé en courfe , s'eft emparé d'un
Navire François , parti de Pondichery.
DE LONDRES , le 7 Juin.
La Compagnie des Indes vient de recevoir des
nouvelles très-facheufes par fes Vaiffeaux le Portfield
, l'Edgcote & le Chefterfield. Selon le rapport,
JUILLET. 1757. 211
des équipages de ces Bâtimens , qui reviennent
des côtes de Malabar & de Coromandel , Sourajée
Doulah , petit- fils & fucceffeur de feu Aliverdée
Kan , Nabab de Bengale , a demandé des
fommes confidérables aux Anglois établis dans le
voisinage de fes états. Les Anglois n'y ayant point
fatisfait , il a marché dans le mois de Juin de l'année
derniere avec foixante mille hommes à Calécut
, dont il s'eft rendu maître , ainfi que de tous
les autres établiffemens de la compagnie fur la
côte. Il y a exterminé tout ce qu'il y a rencontré
, & il a enlevé l'argent & les marchandiſes de
tous les comtoirs. Les Gouverneurs de Madras &
de Bombay ont fait partir fur l'Eſcadre de l'Amiral
Wafton un Corps de troupes , pour tâcher de
rétablir le Fort Guillaume , que le Nabab a détruit.
On a été informé par les mêmes équipages
que le Vaiffeau le Doddington , appartenant à la
Compagnie , avoit fait naufrage près du Cap de
Bonne-Efperance , & qu'on n'avoit pu fauver que
vingt-fept des perfonnes qui étoient à bord. Un
autre Vaiffeau de la Compagnie nommé le
Protecteur , & armé en courfe , s'eft emparé d'un
Navire François , parti de Pondichery.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Compagnie des Indes a reçu des nouvelles alarmantes via les vaisseaux Portfield, Edgcote et Chesterfield. Sourajée Doulah, successeur d'Aliverdi Khan, Nabab de Bengale, a exigé des sommes considérables des Anglais établis près de ses États. Après leur refus, il a attaqué et pris Calicut ainsi que tous les établissements de la compagnie sur les côtes de Malabar et de Coromandel en juin de l'année précédente, exterminant les occupants et pillant les biens. Les gouverneurs de Madras et de Bombay ont envoyé des troupes à bord de l'escadre de l'amiral Waston pour tenter de rétablir le Fort Guillaume, détruit par le Nabab. Par ailleurs, le vaisseau Doddington a fait naufrage près du Cap de Bonne-Espérance, ne sauvant que vingt-sept personnes. Le vaisseau Protecteur a capturé un navire français parti de Pondichéry.
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5613
p. 192-193
Autre trait d'érudition de l'Auteur à l'occasion d'un Bouquet envoyé à une belle Dame avec son Portrait. [titre d'après la table]
Début :
Il me prend subitement une saillie d'érudition que je vous [...]
Mots clefs :
Érudition, Bouquet
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texteReconnaissance textuelle : Autre trait d'érudition de l'Auteur à l'occasion d'un Bouquet envoyé à une belle Dame avec son Portrait. [titre d'après la table]
Ilme prend ſubitementune
faillic d'érudition que je vous
pric
L
CALANT9
prie de ne pas refuſer. Cen'eſt
pas fur le Bouquet que je vous
preſente à lire , que je veux
raiſonner , mais fur le Portrait
dont il eſt ſuivi.
faillic d'érudition que je vous
pric
L
CALANT9
prie de ne pas refuſer. Cen'eſt
pas fur le Bouquet que je vous
preſente à lire , que je veux
raiſonner , mais fur le Portrait
dont il eſt ſuivi.
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5614
p. 163-164
SUR LA JUSTICE.
Début :
Ni par Cujas ni par Barthole [...]
Mots clefs :
Justice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA JUSTICE.
SUR
LA JUSTICE.
Ni par Cujas ni par
Barthole
On ne fuit point exactementlaloy
Tous les contrats du Protocole
N'établiront jamais la
bonne fol
Lesfrancs buveurs de leur
vin font à table
Vnpartage équitable
C'est l'ujage ancien
Boy ton verre & moy le
1 mien
1 Chacun hoitfin bien.
LA JUSTICE.
Ni par Cujas ni par
Barthole
On ne fuit point exactementlaloy
Tous les contrats du Protocole
N'établiront jamais la
bonne fol
Lesfrancs buveurs de leur
vin font à table
Vnpartage équitable
C'est l'ujage ancien
Boy ton verre & moy le
1 mien
1 Chacun hoitfin bien.
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5615
p. 1654-1655
POLOGNE.
Début :
Dans la crainte que les Puissances Etrangeres pourroient troubler la liberté des suffrages [...]
Mots clefs :
Diète de convocation, Puissances étrangères, Troupes, Élection, Noblesse, Primat, Sénat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
Ans la crainte que les Puissances Etrangeres
D pourroient troubler la liberté des suffrages
dans la prochaine Diette d'Election , le Primat et
le.Senat ont résolu d'augmenter les Troupes de
la République , pour s'opposer à leurs entrepri
ses , et on assûre que si la Noblesse est contrainte
de monter à cheval , comme on dit qu'elle en
recevra l'ordre incessamment , le Primat la
commandera en personne.
Il a écrit sur la fin de Juin une Lettre Circulaire
JUILLET. 1732 . IESS
1
laire aux Seigneurs et aux Gentilshommes , qui
n'ont point assisté à la Diette de Convocation
pour leur donner part de l'Acte de Confédération
générale , par lequel il a été résolu d'ex-.
clure de la Couronne tous les Etrangers ; il les
exhorte par cette Lettre à ne point faire difficulté
de prêter le même Serment qu'ont prêté .
les Senateurs et les Nonces qui se sont trouvés
à cette Diette. Il les rassûre au sujet des
mouvemens des Troupes de quelques Puissances
voisines. Il remarque qu'elles ont trop d'équité
pour vouloir troubler le repos d'une Républi
que , qui ne les a point offensées , et qui souvent
même a sacrifié ses interêts au désir de
conserver avec elles une bonne intelligence , et
que si elles étoient assez injustes pour traiter
la Nation comme ennemie , parce qu'elle veut
être libre , les autres Puissances ne lui refuseroient
pas les secours dont elle auroit besoin
pour se délivrer de l'oppression.
Ce Prélat insinue ensuite que le Senat pourra
déroger au Réglement fait dans la Diette - de-
Convocation , pour fixer le nombre des personpes
, que chaque Gentilhomme pourroit mener
avec lui à celle d'Election , et qu'il sera peut-
Are convenable , que la Noblesse s'y fasse suivre
du plus grand nombre de gens armés qu'il serapossible.
Ans la crainte que les Puissances Etrangeres
D pourroient troubler la liberté des suffrages
dans la prochaine Diette d'Election , le Primat et
le.Senat ont résolu d'augmenter les Troupes de
la République , pour s'opposer à leurs entrepri
ses , et on assûre que si la Noblesse est contrainte
de monter à cheval , comme on dit qu'elle en
recevra l'ordre incessamment , le Primat la
commandera en personne.
Il a écrit sur la fin de Juin une Lettre Circulaire
JUILLET. 1732 . IESS
1
laire aux Seigneurs et aux Gentilshommes , qui
n'ont point assisté à la Diette de Convocation
pour leur donner part de l'Acte de Confédération
générale , par lequel il a été résolu d'ex-.
clure de la Couronne tous les Etrangers ; il les
exhorte par cette Lettre à ne point faire difficulté
de prêter le même Serment qu'ont prêté .
les Senateurs et les Nonces qui se sont trouvés
à cette Diette. Il les rassûre au sujet des
mouvemens des Troupes de quelques Puissances
voisines. Il remarque qu'elles ont trop d'équité
pour vouloir troubler le repos d'une Républi
que , qui ne les a point offensées , et qui souvent
même a sacrifié ses interêts au désir de
conserver avec elles une bonne intelligence , et
que si elles étoient assez injustes pour traiter
la Nation comme ennemie , parce qu'elle veut
être libre , les autres Puissances ne lui refuseroient
pas les secours dont elle auroit besoin
pour se délivrer de l'oppression.
Ce Prélat insinue ensuite que le Senat pourra
déroger au Réglement fait dans la Diette - de-
Convocation , pour fixer le nombre des personpes
, que chaque Gentilhomme pourroit mener
avec lui à celle d'Election , et qu'il sera peut-
Are convenable , que la Noblesse s'y fasse suivre
du plus grand nombre de gens armés qu'il serapossible.
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Résumé : POLOGNE.
En juillet 1732, en Pologne, le Primat et le Sénat ont décidé d'augmenter les troupes de la République pour prévenir toute ingérence étrangère lors de la prochaine Diète d'Élection, afin de protéger la liberté des suffrages. Le Primat a envoyé une lettre circulaire aux seigneurs et gentilshommes absents, les informant de la confédération générale excluant les étrangers de la Couronne et les exhortant à prêter le même serment que les sénateurs présents. La lettre rassure également sur les mouvements des troupes voisines, affirmant que la Pologne n'a jamais offensé leurs intérêts et que d'autres puissances viendraient en aide à la Pologne en cas d'oppression. De plus, le Primat suggère que le Sénat pourrait modifier le règlement concernant le nombre de personnes que chaque gentilshomme peut emmener à la Diète d'Élection, recommandant que la noblesse soit accompagnée du plus grand nombre de gens armés possible.
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5616
p. 192-193
DE BERLIN, le 18 Janvier.
Début :
Selon les lettres de Dresde, les Princes Xavier & Charles, fils du Roi de Pologne Electeur de [...]
Mots clefs :
Saxe-Gotha, Lettres, Vienne, Roi, Princesse, Comte, Trésorier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BERLIN, le 18 Janvier.
DE BERLIN, le 18 Janvier.
Selon les lettres de Dresde, les Princes Xavier
& Charles, fils du Roi de Pologne Electeur de
Saxe, se disposent à faire un voyage à Vienne,
d'où ils se rendront en Italie.
On a reçu avis de Dantzica, que les Com-
munautés Protestantes de la Prusse Polonoise &
du Grand Duché de Lithuanie avoient envoyé des
députations au Roi de Suede, pour le prier de
les protéger à l'exemple de ses Prédécesseurs, &
d'employer ses bous offices, lorsque les occa-
sions s'en présenteront, pour les faire rétablir
dans la jouissance des privileges qui leur ont été
accordés par le Traité d'Oliva.
On apptend de Leipsick, que le Prince Jean
Auguste de Saxe-Gotha, Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle-noir, Géneral de Cavalerie au service
de l'Impératrice, Reine de Bohême & de Hon-
grie, & Colonel d'un Régiment de Dragons des
troupes de cette Princesse, a épousé à Roda la
Princesse, veuve du Duc Christian-Guillaume de
Saxe-Gotha.
Selon les Lettres de Vienne, le Comte Frede-
deric Melchior de Schonborn Buexeim, Graod-
Trésorier de l'Eglise Métropolitaine de Mayence
&Prevôt du Chapitre de Saint-Alban, & le
Comta
MARS.
1752.
193
Comte Adam-Frederic-Joseph de Seinskeim.
Grand-Trésorier de l'Eglise Cathédrale de Bam-
berg, ont obtenu des places de Conseillers Inti-
mes de l'Empereur.
Selon les lettres de Dresde, les Princes Xavier
& Charles, fils du Roi de Pologne Electeur de
Saxe, se disposent à faire un voyage à Vienne,
d'où ils se rendront en Italie.
On a reçu avis de Dantzica, que les Com-
munautés Protestantes de la Prusse Polonoise &
du Grand Duché de Lithuanie avoient envoyé des
députations au Roi de Suede, pour le prier de
les protéger à l'exemple de ses Prédécesseurs, &
d'employer ses bous offices, lorsque les occa-
sions s'en présenteront, pour les faire rétablir
dans la jouissance des privileges qui leur ont été
accordés par le Traité d'Oliva.
On apptend de Leipsick, que le Prince Jean
Auguste de Saxe-Gotha, Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle-noir, Géneral de Cavalerie au service
de l'Impératrice, Reine de Bohême & de Hon-
grie, & Colonel d'un Régiment de Dragons des
troupes de cette Princesse, a épousé à Roda la
Princesse, veuve du Duc Christian-Guillaume de
Saxe-Gotha.
Selon les Lettres de Vienne, le Comte Frede-
deric Melchior de Schonborn Buexeim, Graod-
Trésorier de l'Eglise Métropolitaine de Mayence
&Prevôt du Chapitre de Saint-Alban, & le
Comta
MARS.
1752.
193
Comte Adam-Frederic-Joseph de Seinskeim.
Grand-Trésorier de l'Eglise Cathédrale de Bam-
berg, ont obtenu des places de Conseillers Inti-
mes de l'Empereur.
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5617
p. 1-2
EPIGRAMME, Sur une Dame qui s'occupoit à filer.
Début :
Ce ne sont plus les trois soeurs de la Fable, [...]
Mots clefs :
Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur une Dame qui s'occupoit à filer.
£PIG;RAMMfrt»V;:
Sur une Dame qui tNï:Úpr DÍt à,
fIer. CE ne sont plus les trois
soeurs de laPable,
Qui de ma, jours font
, tourner le fuseau,
Une Déesse, aux mortels
plus affable,
Leur a ravi le fatal éche-:
veau,
Mais vôtre fort n'en fera
pas plus beau -
D'être filé par ses mains
fortunées.
L'Amour, helas ! armé de
son ciseau
Milieuqu'Atropos tranchervos
années.
Sur une Dame qui tNï:Úpr DÍt à,
fIer. CE ne sont plus les trois
soeurs de laPable,
Qui de ma, jours font
, tourner le fuseau,
Une Déesse, aux mortels
plus affable,
Leur a ravi le fatal éche-:
veau,
Mais vôtre fort n'en fera
pas plus beau -
D'être filé par ses mains
fortunées.
L'Amour, helas ! armé de
son ciseau
Milieuqu'Atropos tranchervos
années.
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5618
p. 193-195
ENIGME.
Début :
Nous sommes deux jumeaux de pareille grandeur, [...]
Mots clefs :
Chenets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
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5619
p. 193-195
Phenomene apparu sur les Costes de Barbarie.
Début :
Le 18. de Février dernier entre 6. & 7. heures du matin [...]
Mots clefs :
Côtes de Barbarie, Phénomène, Figure, Conte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Phenomene apparu sur les Costes de Barbarie.
Phenomene apparusur les Costes
de Barbarie.
Le 18. de Février dernier
entre 6. & 7. heures du matin,
leCiel étant fort clair, &
le vent au Nord Oiieft, on découvrit
un petitnuage audessus
du Château d'Almanza,
Forteresse de la cote de Barbarie
: quelques momens aprés
on vit sortir de ce nuage une
figure de la longueur & de la
grosseur d'un homme
, avec
trois têtes noires detachéesdistinctement
les unes des autress
son corps parut de trois couleurs,
bleu, rouge,& blanc;
sa gorge estoitformée à peu
prés comme celle d'un pigeon,
mais de couleur de feu tresenflammé,&
de ses trois gueules
on voyoit sortir des étincelles
qui se multiplioient à
peu prés avec la même violence
que celle des fusées volantes
; elle resta longtems sur
l'horizon dans cette forme,
puis elle fuivic sa course audessus
de la Ville de Tarif,
deux lieuës au Nord,& repassaauSudoùelle
s'étendit si
loin, & s'éleva si haut
,
qu'on
la perdit de vûë. Je ne donne
point cecy pour un conte ,
plus de cinquante Villes en
font témoins.
de Barbarie.
Le 18. de Février dernier
entre 6. & 7. heures du matin,
leCiel étant fort clair, &
le vent au Nord Oiieft, on découvrit
un petitnuage audessus
du Château d'Almanza,
Forteresse de la cote de Barbarie
: quelques momens aprés
on vit sortir de ce nuage une
figure de la longueur & de la
grosseur d'un homme
, avec
trois têtes noires detachéesdistinctement
les unes des autress
son corps parut de trois couleurs,
bleu, rouge,& blanc;
sa gorge estoitformée à peu
prés comme celle d'un pigeon,
mais de couleur de feu tresenflammé,&
de ses trois gueules
on voyoit sortir des étincelles
qui se multiplioient à
peu prés avec la même violence
que celle des fusées volantes
; elle resta longtems sur
l'horizon dans cette forme,
puis elle fuivic sa course audessus
de la Ville de Tarif,
deux lieuës au Nord,& repassaauSudoùelle
s'étendit si
loin, & s'éleva si haut
,
qu'on
la perdit de vûë. Je ne donne
point cecy pour un conte ,
plus de cinquante Villes en
font témoins.
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5620
p. 192-194
MORTS.
Début :
Marie-Joseph de Rebé, veuve de Marie-Eleonor du Maine, Marquis du Bourg, Brigadier [...]
Mots clefs :
Enfants-trouvés, Bénédictins, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Marie- Joſeph de Rebé , veuve de Marie- Eleonor
du Maine , Marquis du Bourg , Brigadier
des Armées du Roi , & Inſpecteur Général de la
Cavalerie , eft morte le 7 de ce mois , âgée de
79 ans.
Marie de Nize de Brague , Demoiſelle de confiance
de Madame Louife , eft morte à Verſailles
le 14 , âgée de foixante ans.
Le Marquis d'Anlezy , Lieutenant - Général des
Armées du Roi , Lieutenant- Général au Gouvernement
de Bourgogne , & Commandant de
cette Province , y eft mort depuis quelques jours.
Marie- Magdeleine- Louife- Catherine de Samfon
de Lorchere , veuve de François d'Epinay
de Saint-Luc , Marquis de Lignery , Meſtre- de-
Camp
1
FEVRIER. 1763 .
193
Camp de Cavalerie , eſt morte à Paris le 16 âgée
de foixante - dix ans .
Pierre- François-Thomas de Borel , Comte de
Manerbe , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , Gouverneur de Joux & Pontarlier ,
ancien Lieutenant & Aide-Major- Général des Gardes-
du-Corps du Roi , né le 17 Février 1686 , a
fervi Sa Majesté avec grande diftinction plus de
cinquante ans. Il avoit premiérement épousé en
1721 Marie-Françoife de Borel de Clarbec , fa
coufine germaine , morte fans enfans en 1747 .
Deuxièmement , le 9 Avril 17 50 , Henriette- Marie-
Jofephine de la Boiffiere- Chambors , fille de
Jofeph-Jean- Baptifte de la Boiffiere, Comte de
Chambors , & de Marie-Anne -Angélique de la
Fontaine Solare , de laquelle il n'a point auffi eu
d'enfans. La Maiſon de Borel est très - ancienne :
fes armes font de gueules à la bande d'azur , chargée
de quatre vairs , acoftés de deux lions rampans
d'or. Elle prouve fa nobleffe depuis lan
1015 , ainfi qu'il eft rapporté dans la recherche
faite en Normandie l'an 1463 devant M. Rémond
de Montfault , & a poffédé la Baronie de
Manerbe , près de Lizieux , de temps immémorial.
Elle eft alliée aux Maifons de Courcy , de
Harcourt , Martel , Nocey , Prefteval , Maillor ,
Mony, Vipart , Malet de Graville , Olmont , Sikingal
, aux Pays- Bas ; Hauttefort , Catteville ,
Lanquetot , Mailly & Mouchy-Hoquincourt
dont étoit Anne de Mouchy fa mère.
Louis- Philippe de Borel , Comte de Charbec ,
le feul mâle de cette Maiſon en Normandie , a
pour fille unique Jeanne-Elifabeth de Borel
mariée au mois d'Octobre 1750 à Claude- Daniel
, Marquis de Boisdennemers , Maréchal
I
>
194 MERCURE DE FRANCE.
1
de Camp , & Enfeigne des Gardes- du Corps de
Sa Majefté dont elle a eu plufieurs enfans .
Le 31 Décembre dernier les Bénédictins de
l'Abbaye de Saint Germain- des- Prés ont fait un
Service Solemnel pour tous les Officiers & Soldats
qui ont perdu la vie dans la dernière campagne.
Il y a eu un femblable Service dans
toutes les autres Maiſons de la Congrégation de
Saint- Maur.
Ily a eu dans cette Ville pendant l'année 1762
dix-fept mile huit cens neuf Baptêmes , dix- neuf
mille neuf cens foixante fept Morts , quatre mille
cent treize Mariages , & cinq mille deux cens
quatre-vingt-neuf Enfans - Trouvés.
Marie- Joſeph de Rebé , veuve de Marie- Eleonor
du Maine , Marquis du Bourg , Brigadier
des Armées du Roi , & Inſpecteur Général de la
Cavalerie , eft morte le 7 de ce mois , âgée de
79 ans.
Marie de Nize de Brague , Demoiſelle de confiance
de Madame Louife , eft morte à Verſailles
le 14 , âgée de foixante ans.
Le Marquis d'Anlezy , Lieutenant - Général des
Armées du Roi , Lieutenant- Général au Gouvernement
de Bourgogne , & Commandant de
cette Province , y eft mort depuis quelques jours.
Marie- Magdeleine- Louife- Catherine de Samfon
de Lorchere , veuve de François d'Epinay
de Saint-Luc , Marquis de Lignery , Meſtre- de-
Camp
1
FEVRIER. 1763 .
193
Camp de Cavalerie , eſt morte à Paris le 16 âgée
de foixante - dix ans .
Pierre- François-Thomas de Borel , Comte de
Manerbe , Lieutenant-Général des Armées du
Roi, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , Gouverneur de Joux & Pontarlier ,
ancien Lieutenant & Aide-Major- Général des Gardes-
du-Corps du Roi , né le 17 Février 1686 , a
fervi Sa Majesté avec grande diftinction plus de
cinquante ans. Il avoit premiérement épousé en
1721 Marie-Françoife de Borel de Clarbec , fa
coufine germaine , morte fans enfans en 1747 .
Deuxièmement , le 9 Avril 17 50 , Henriette- Marie-
Jofephine de la Boiffiere- Chambors , fille de
Jofeph-Jean- Baptifte de la Boiffiere, Comte de
Chambors , & de Marie-Anne -Angélique de la
Fontaine Solare , de laquelle il n'a point auffi eu
d'enfans. La Maiſon de Borel est très - ancienne :
fes armes font de gueules à la bande d'azur , chargée
de quatre vairs , acoftés de deux lions rampans
d'or. Elle prouve fa nobleffe depuis lan
1015 , ainfi qu'il eft rapporté dans la recherche
faite en Normandie l'an 1463 devant M. Rémond
de Montfault , & a poffédé la Baronie de
Manerbe , près de Lizieux , de temps immémorial.
Elle eft alliée aux Maifons de Courcy , de
Harcourt , Martel , Nocey , Prefteval , Maillor ,
Mony, Vipart , Malet de Graville , Olmont , Sikingal
, aux Pays- Bas ; Hauttefort , Catteville ,
Lanquetot , Mailly & Mouchy-Hoquincourt
dont étoit Anne de Mouchy fa mère.
Louis- Philippe de Borel , Comte de Charbec ,
le feul mâle de cette Maiſon en Normandie , a
pour fille unique Jeanne-Elifabeth de Borel
mariée au mois d'Octobre 1750 à Claude- Daniel
, Marquis de Boisdennemers , Maréchal
I
>
194 MERCURE DE FRANCE.
1
de Camp , & Enfeigne des Gardes- du Corps de
Sa Majefté dont elle a eu plufieurs enfans .
Le 31 Décembre dernier les Bénédictins de
l'Abbaye de Saint Germain- des- Prés ont fait un
Service Solemnel pour tous les Officiers & Soldats
qui ont perdu la vie dans la dernière campagne.
Il y a eu un femblable Service dans
toutes les autres Maiſons de la Congrégation de
Saint- Maur.
Ily a eu dans cette Ville pendant l'année 1762
dix-fept mile huit cens neuf Baptêmes , dix- neuf
mille neuf cens foixante fept Morts , quatre mille
cent treize Mariages , & cinq mille deux cens
quatre-vingt-neuf Enfans - Trouvés.
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Résumé : MORTS.
En février 1763, plusieurs décès notables ont été enregistrés, notamment Marie-Joseph de Rebé, veuve du Marquis du Bourg, à l'âge de 79 ans, et Marie de Nize de Brague, Demoiselle de confiance de Madame Louise, à 60 ans. Le Marquis d'Anlezy, Lieutenant-Général des Armées du Roi, et Marie-Magdeleine-Louise-Catherine de Samfon de Lorchere, veuve du Marquis de Lignery, sont également décédés. Pierre-François-Thomas de Borel, Comte de Manerbe, Lieutenant-Général des Armées du Roi, est né le 17 février 1686. Il a servi le roi pendant plus de cinquante ans et s'est marié deux fois sans avoir d'enfants. La Maison de Borel, noble depuis 1015, possède la Baronie de Manerbe et est alliée à plusieurs maisons nobles. Louis-Philippe de Borel, Comte de Charbec, a pour fille unique Jeanne-Élisabeth, mariée au Marquis de Boisdennemers. Le 31 décembre 1762, les Bénédictins de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés ont célébré un service pour les officiers et soldats décédés lors de la dernière campagne. En 1762, la ville a enregistré 17 809 baptêmes, 19 967 décès, 4 113 mariages et 5 289 enfants trouvés.
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5621
p. 2090-2092
Mandement [titre d'après la table]
Début :
CHARLES, &c. Salut & benediction. Dieu vient de répandre, mes très-chers Fréres, [...]
Mots clefs :
Mandement, Roi, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement [titre d'après la table]
En confequence de la Lettre du Roy ;
M. l'Archevêque donna , le 1 Septembre,
un
SEPTEMBRE. 1730. 2091
an Mandement qui fut reçu avec un applaudiffement
univerfel . En voici la teneur
:
CHARLES , &c. Salut & benediction.
Dieu vient de répandre, mes très- chers Fréres,
une nouvelle Bénédiction fur le Mariage du Roy
& de nous donner un gage éclatant de fa protec
tion fur ce grand Royaume,
Par la Naiffance d'un fecond Fils de France
le premier Trône de l'Europe, ce Trône que tant
de Rois , felon le coeur de Dieu , ont rempli &
dont l'irreligion & l'erreur n'ont jamais approché
, eft environné d'une nouvelle gloire ; le repos
de l'Etat & le bonheur des Peuples font pleinement
affurés .
Dans un évenement fi heureux , le Roy pénétré
de fentimens de Foy & de Religion , reconnoit
tout ce qu'il doit à celui de qui il tient fa Couronne
, qui difpoſe à ſon gré du fort des Rois
qui affermit ou qui renverfe , comme il lui plaît
les Royaumes & les Empires ; & c'eft pour donà
toute la France des preuves de fa reconnoiffance
envers Dieu, que M. veut aſſiſter aux
Actions folemnelles de graces que nous allons
rendre conformément à fes intentions .
ner
A l'exemple du Roy , que les bienfaits de Dieu,
foient pour nous un motif de ranimer notre fer <
veur. Nous fervons un Dieu jaloux , qui felon la
parole de ( 1 ) Jefus - Chrift , exige beaucoup de
ceux à qui il a beaucoup donné. Marquons- lui
notre reconnoiffance en obfervant fes faintes Loix
avec une nouvelle fidélité , & en confervant une
jufte horreur de tout ce qui peut lui déplaire .
Les faveurs qu'il nous accorde & les graces
dont il nous prévient , font autant de titres pour
( 1 ) Luc. 12. v. 48e
2092 MERCURE
DE FRANCE
en demander & pour en obtenir de nouvelles, Joignons donc aujourd'hui avec confiance , felon
le précepte de ( 2 ) S. Paul , aux Actions de graces
, des fupplications
& des Prieres pour la confervation
d'un Roy qui nous gouverne avec tant
de fagefle & de juftice ; profitons de la paix & de
la tranquillité dont nous jouiffons fous fon Empire,
pour vivre felon la parole du même Apôtre
avec toute forte de piété.
Prions pour la fanté d'une Reine dont l'heureufe
fécondité doit être regardé comme le fruit
de fes vertus.
pen-
Demandons avec ferveur , rendons- nous dignes
par notre conduite que Dieu nous conferve les
formez
que
Princes qu'il nous a donnez ,afin
par les
dant long -tems par les inftructions &
exemples de leur augufte pere , la Religion trouve
en eux le précieux avantage dont elle jouit fous le
Regne de S. M. d'avoir dans le Souverain uu fidéle
deffenfeur de fes Autels , & un zélé protecteur
de l'Eglife de Jeſus-Chriſt.
Que celui des Princes qui doit être un jour
l'héritier de la Couronne , le foit auffi des vertus
du Roy ; qu'à l'exemple de S. M. il foit encore
plus touché d'être aimé des Peuples , comme leur
Pere , que de tous les hommages qu'ils lui rendent
comme à leur Maître; & que felon la parole
du S. Efprit ( 3 ) , il regarde la Juftice & la clémence,
comme la veritable force du Trône & fon
plus ferme appui. A ces cauſes , &c.
M. l'Archevêque donna , le 1 Septembre,
un
SEPTEMBRE. 1730. 2091
an Mandement qui fut reçu avec un applaudiffement
univerfel . En voici la teneur
:
CHARLES , &c. Salut & benediction.
Dieu vient de répandre, mes très- chers Fréres,
une nouvelle Bénédiction fur le Mariage du Roy
& de nous donner un gage éclatant de fa protec
tion fur ce grand Royaume,
Par la Naiffance d'un fecond Fils de France
le premier Trône de l'Europe, ce Trône que tant
de Rois , felon le coeur de Dieu , ont rempli &
dont l'irreligion & l'erreur n'ont jamais approché
, eft environné d'une nouvelle gloire ; le repos
de l'Etat & le bonheur des Peuples font pleinement
affurés .
Dans un évenement fi heureux , le Roy pénétré
de fentimens de Foy & de Religion , reconnoit
tout ce qu'il doit à celui de qui il tient fa Couronne
, qui difpoſe à ſon gré du fort des Rois
qui affermit ou qui renverfe , comme il lui plaît
les Royaumes & les Empires ; & c'eft pour donà
toute la France des preuves de fa reconnoiffance
envers Dieu, que M. veut aſſiſter aux
Actions folemnelles de graces que nous allons
rendre conformément à fes intentions .
ner
A l'exemple du Roy , que les bienfaits de Dieu,
foient pour nous un motif de ranimer notre fer <
veur. Nous fervons un Dieu jaloux , qui felon la
parole de ( 1 ) Jefus - Chrift , exige beaucoup de
ceux à qui il a beaucoup donné. Marquons- lui
notre reconnoiffance en obfervant fes faintes Loix
avec une nouvelle fidélité , & en confervant une
jufte horreur de tout ce qui peut lui déplaire .
Les faveurs qu'il nous accorde & les graces
dont il nous prévient , font autant de titres pour
( 1 ) Luc. 12. v. 48e
2092 MERCURE
DE FRANCE
en demander & pour en obtenir de nouvelles, Joignons donc aujourd'hui avec confiance , felon
le précepte de ( 2 ) S. Paul , aux Actions de graces
, des fupplications
& des Prieres pour la confervation
d'un Roy qui nous gouverne avec tant
de fagefle & de juftice ; profitons de la paix & de
la tranquillité dont nous jouiffons fous fon Empire,
pour vivre felon la parole du même Apôtre
avec toute forte de piété.
Prions pour la fanté d'une Reine dont l'heureufe
fécondité doit être regardé comme le fruit
de fes vertus.
pen-
Demandons avec ferveur , rendons- nous dignes
par notre conduite que Dieu nous conferve les
formez
que
Princes qu'il nous a donnez ,afin
par les
dant long -tems par les inftructions &
exemples de leur augufte pere , la Religion trouve
en eux le précieux avantage dont elle jouit fous le
Regne de S. M. d'avoir dans le Souverain uu fidéle
deffenfeur de fes Autels , & un zélé protecteur
de l'Eglife de Jeſus-Chriſt.
Que celui des Princes qui doit être un jour
l'héritier de la Couronne , le foit auffi des vertus
du Roy ; qu'à l'exemple de S. M. il foit encore
plus touché d'être aimé des Peuples , comme leur
Pere , que de tous les hommages qu'ils lui rendent
comme à leur Maître; & que felon la parole
du S. Efprit ( 3 ) , il regarde la Juftice & la clémence,
comme la veritable force du Trône & fon
plus ferme appui. A ces cauſes , &c.
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Résumé : Mandement [titre d'après la table]
Le 1er septembre 1730, l'Archevêque publia un mandement en réponse à une lettre du Roi, acclamé par tous. Ce mandement célébrait la naissance du second fils du Roi, renforçant ainsi la gloire et la stabilité du royaume. Le Roi exprima sa gratitude envers Dieu et décida de participer aux actions de grâce. L'Archevêque exhorta les fidèles à imiter le Roi en renouvelant leur dévotion et en respectant les lois divines. Il encouragea également à prier pour la santé de la Reine et pour la préservation du Roi, loué pour sa sagesse et sa justice. Le mandement invita à profiter de la paix pour vivre pieusement et à prier pour que les princes, éduqués par leur père, deviennent des défenseurs de la religion et des protecteurs de l'Église. Enfin, il souhaita que l'héritier du trône hérite des vertus du Roi et gouverne avec justice et clémence.
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5622
p. 596-599
« Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...]
Mots clefs :
Roi, Concert spirituel, Mains, Reine, Serment de fidélité, Diocèse, Château, Premier maître d'hôtel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
E Roy a donné l'Abbaye de Ville-
Longue , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Carcassonne , à l'Abbé Novy ; et le
Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre
de S. Augustin , à l'Abbé de Noë.
Le 1s de ce mois , 4e Dimanche de Carême
, le Roy entendit dans la Chapelle
du Château de Versailles , la Messe chantée
par la Musique , pendant laquelle l'Evêque
de Mâcon prêta serment de fidelité
entre les mains de S. M.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Huningue , au Marquis de Guerchy ,
Lieutenant General de ses Armées.
La Charge de Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , a été donnée au Marquis de
Chamarande , qui a été Premier Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine, Aycule
du Roy. Il prêta serment de fidelité entre
MARS . 1733-
197
tre les mains de la Reine , le 15 de ce.
mois.
Le 4. Fevrier , la Cour étant à Marly,
on chanta devant la Reine le Prologue et
le premier Acte de l'Opera de Cadmus ,
qu'on continua le 7.et le 9.Les principaux
Rôles furent chantez par les sieurs d'Angerville
, Dubourg , Ducros , et par la Dlle
Mathieu, laquelle chanta à la fin de la Piece
uneAriette Françoise de la composition
du sieur Mathieu , qui fut très- goûtée.
Le 11. on concerta l'Opera d'Issé , de
la composition de M. Destouches ; la
même Dlle Mathieu remplit le Rôle
d'Issé , avec beaucoup de succès et de
précision ; l'execution des Choeurs et
de la Simphonie fit aussi beaucoup de
plaisir.
Le 17. on chanta le Prologue et la
troisiéme Entrée du Ballet des Stratagemes
de l'Amour , du même Auteur. La
mort de Madame de France troisiéme
fut cause qu'il n'y eut plus de Concert
le reste du mois.
On apprend de Rome , que dans le
Consistoire secret que le Pape tint le 2 .
de ce mois , le Cardinal Othoboni proposa
l'Abbaye de S. Pierre de Flavigny 2
Dio558
MERCURE DE FRANCE
cèse d'Autun , pour l'Evêque de Luçon ,
et celle de N. Dame de Font- Froide
Diocèse de Narbonne, pour l'Abbé de
Brissac ; il préconisa ensuite l'Evêque de
Rennes , pour celle de N. Dame de Joüy,
Diocèse de Sens.
Le 19 de ce mois , le Duc de Sully et le
Duc de Gontault , Pairs de France , prêterent
serment et prirent séance au Pare
lement en la maniere accoutumée.
Le Roy a donné le Gouvernement des
Ville et Citadelle de Metz , et du Païs
Messin , au Comte de Belle- Isle . Il prêta
serment de fidelité entre les mains de Sa
Majesté , le 17 de ce mois.
Le 30. de ce mois , la Reine n'ayant
pû , à cause de sa grossesse , se rendre à
I'Eglise de la Paroisse , communia dans
la Chapelle du Château , par les mains.
du Cardinal de Fleury , son Grand -Aumônier.
Le 24. Mars , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée , à
P'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
MARS. 1733 599
que , faisant en tout le nombre de 314, Actions
Le 22. Mars , Dimanche de la Passion , tous
les Théatres ayant été fermez à l'occasion des
Lois semaines de Pâques, il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , dans lequel les
Diles le Maure et Erremens , chanterent differens
Récits dans les Motets, avec applaudissement ; on
y executa aussi un nouveau Motet à grand Choeur
de l'Abbé Gaycau, qui fut très - goûté. Le Miserera
de M. de la Lande termina le Concert.
Le 25. , Fête de l'Annonciation , il y eut aussi
Concert Spirituel , les Diles Courvasier et Lenaer
, chanterent un nouveau Motet du sieur le
Maire , qui fur très- goûté ; on executa ensuite
la Cantate de M. de la Lande , ou la Dile le
Maure chanta le beau Récit de Viderunt , à la
satisfaction d'une très -nombreuse Assemblée. Le
même Concert doit continuer jusqu'à la Quasimodo.
Au dernier jour de ce mois , le froid a été ici
encore aussi vif comme au fort de l'hyver , les
Rhumes et les autres Maladies de cette espece ,
sont cependant fort diminués.En sorte qu'on n'entend
presque plus le bruit importun et presque
continuel de ceux qui toussoient , crachoient,
se mouchoient dans les Eglises , dans les Assemblées
et aux Spectacles sur tout , où le Garçon
Limonadier , qui offroit des rafraichissemens ,
crioit aussi du Jus de Reglisse et de la Conserve
de Guimauve.
Longue , Ordre de Citeaux , Diocèse
de Carcassonne , à l'Abbé Novy ; et le
Prieuré de S. Maurice de Senlis , Ordre
de S. Augustin , à l'Abbé de Noë.
Le 1s de ce mois , 4e Dimanche de Carême
, le Roy entendit dans la Chapelle
du Château de Versailles , la Messe chantée
par la Musique , pendant laquelle l'Evêque
de Mâcon prêta serment de fidelité
entre les mains de S. M.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Huningue , au Marquis de Guerchy ,
Lieutenant General de ses Armées.
La Charge de Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , a été donnée au Marquis de
Chamarande , qui a été Premier Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine, Aycule
du Roy. Il prêta serment de fidelité entre
MARS . 1733-
197
tre les mains de la Reine , le 15 de ce.
mois.
Le 4. Fevrier , la Cour étant à Marly,
on chanta devant la Reine le Prologue et
le premier Acte de l'Opera de Cadmus ,
qu'on continua le 7.et le 9.Les principaux
Rôles furent chantez par les sieurs d'Angerville
, Dubourg , Ducros , et par la Dlle
Mathieu, laquelle chanta à la fin de la Piece
uneAriette Françoise de la composition
du sieur Mathieu , qui fut très- goûtée.
Le 11. on concerta l'Opera d'Issé , de
la composition de M. Destouches ; la
même Dlle Mathieu remplit le Rôle
d'Issé , avec beaucoup de succès et de
précision ; l'execution des Choeurs et
de la Simphonie fit aussi beaucoup de
plaisir.
Le 17. on chanta le Prologue et la
troisiéme Entrée du Ballet des Stratagemes
de l'Amour , du même Auteur. La
mort de Madame de France troisiéme
fut cause qu'il n'y eut plus de Concert
le reste du mois.
On apprend de Rome , que dans le
Consistoire secret que le Pape tint le 2 .
de ce mois , le Cardinal Othoboni proposa
l'Abbaye de S. Pierre de Flavigny 2
Dio558
MERCURE DE FRANCE
cèse d'Autun , pour l'Evêque de Luçon ,
et celle de N. Dame de Font- Froide
Diocèse de Narbonne, pour l'Abbé de
Brissac ; il préconisa ensuite l'Evêque de
Rennes , pour celle de N. Dame de Joüy,
Diocèse de Sens.
Le 19 de ce mois , le Duc de Sully et le
Duc de Gontault , Pairs de France , prêterent
serment et prirent séance au Pare
lement en la maniere accoutumée.
Le Roy a donné le Gouvernement des
Ville et Citadelle de Metz , et du Païs
Messin , au Comte de Belle- Isle . Il prêta
serment de fidelité entre les mains de Sa
Majesté , le 17 de ce mois.
Le 30. de ce mois , la Reine n'ayant
pû , à cause de sa grossesse , se rendre à
I'Eglise de la Paroisse , communia dans
la Chapelle du Château , par les mains.
du Cardinal de Fleury , son Grand -Aumônier.
Le 24. Mars , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée , à
P'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
MARS. 1733 599
que , faisant en tout le nombre de 314, Actions
Le 22. Mars , Dimanche de la Passion , tous
les Théatres ayant été fermez à l'occasion des
Lois semaines de Pâques, il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries , dans lequel les
Diles le Maure et Erremens , chanterent differens
Récits dans les Motets, avec applaudissement ; on
y executa aussi un nouveau Motet à grand Choeur
de l'Abbé Gaycau, qui fut très - goûté. Le Miserera
de M. de la Lande termina le Concert.
Le 25. , Fête de l'Annonciation , il y eut aussi
Concert Spirituel , les Diles Courvasier et Lenaer
, chanterent un nouveau Motet du sieur le
Maire , qui fur très- goûté ; on executa ensuite
la Cantate de M. de la Lande , ou la Dile le
Maure chanta le beau Récit de Viderunt , à la
satisfaction d'une très -nombreuse Assemblée. Le
même Concert doit continuer jusqu'à la Quasimodo.
Au dernier jour de ce mois , le froid a été ici
encore aussi vif comme au fort de l'hyver , les
Rhumes et les autres Maladies de cette espece ,
sont cependant fort diminués.En sorte qu'on n'entend
presque plus le bruit importun et presque
continuel de ceux qui toussoient , crachoient,
se mouchoient dans les Eglises , dans les Assemblées
et aux Spectacles sur tout , où le Garçon
Limonadier , qui offroit des rafraichissemens ,
crioit aussi du Jus de Reglisse et de la Conserve
de Guimauve.
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Résumé : « Le Roy a donné l'Abbaye de Ville-Longue, Ordre de Citeaux, Diocèse [...] »
En mars 1733, plusieurs nominations et événements notables ont marqué le mois. Le roi a attribué l'Abbaye de Ville-Longue à l'Abbé Novy et le Prieuré de Saint-Maurice de Senlis à l'Abbé de Noë. Le 4e dimanche de Carême, le roi a assisté à une messe chantée à la Chapelle du Château de Versailles, où l'évêque de Mâcon a prêté serment de fidélité. Le Marquis de Guerchy a été nommé Gouverneur d'Huningue, et le Marquis de Chamarande a reçu la charge de Premier Maître d'Hôtel de la Reine. À la Cour, des opéras et concerts ont été donnés, notamment 'Cadmus' et 'Issé', avec des performances remarquées de la demoiselle Mathieu. Cependant, la mort de Madame de France a interrompu les concerts pour le reste du mois. À Rome, le Cardinal Othoboni a proposé diverses abbayes pour des nominations épiscopales. Les Ducs de Sully et de Gontault ont prêté serment au Parlement. Le Comte de Belle-Isle a été nommé Gouverneur de Metz et de sa citadelle. La Reine, en raison de sa grossesse, a communié dans la Chapelle du Château. La loterie de la Compagnie des Indes a été tirée, remboursant 314 actions. Des concerts spirituels ont eu lieu aux Tuileries pendant les semaines de Pâques, avec des performances appréciées. Le mois s'est terminé par un froid vif, mais les maladies respiratoires étaient moins fréquentes.
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5623
p. 189-192
LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
Début :
Je vous donne cette Liste en attendant l'Article des [...]
Mots clefs :
Troupes, Roussillon, Bataillons, Escadrons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
LISTE
DES TROUPES
envoyées en Roussillon,
Je vous donne cette
Lifte en attendant
l'Articledes nouvellesd'Espagne
dont j'attends
des Relations.
MrDillon, Lieutenant
General de Dauphiné.
CAVALERIE.
ESCADRONS. ADanujpohuin..5Paràbelle. 3 Pucange. 2, Flèche. 2Germinon. zValgran, zz
DRAGON S.
La Lande.., Chasselas. 3 3
FSomomeiri.x.••. 3>
Total des Escadrons.
28.
INFANTERIE.
BATAILLONS.
Normandie..«.$
La Couronne.I Auvergne. ;2,
LFaMlanardcrhee..&2.
Oleron. Vermandois.1r
Soiflonnois., 1
Tierache. Baujollois.. zForez. zEDgarmigans.i. i2, L
Vivarez: , Perigord.tl Lubautfe., Villeneuve.. r j Yalouzq.., Chanlpigni.. r
1 Léon. Seye.*rj Total des Bataillons.
36.
DES TROUPES
envoyées en Roussillon,
Je vous donne cette
Lifte en attendant
l'Articledes nouvellesd'Espagne
dont j'attends
des Relations.
MrDillon, Lieutenant
General de Dauphiné.
CAVALERIE.
ESCADRONS. ADanujpohuin..5Paràbelle. 3 Pucange. 2, Flèche. 2Germinon. zValgran, zz
DRAGON S.
La Lande.., Chasselas. 3 3
FSomomeiri.x.••. 3>
Total des Escadrons.
28.
INFANTERIE.
BATAILLONS.
Normandie..«.$
La Couronne.I Auvergne. ;2,
LFaMlanardcrhee..&2.
Oleron. Vermandois.1r
Soiflonnois., 1
Tierache. Baujollois.. zForez. zEDgarmigans.i. i2, L
Vivarez: , Perigord.tl Lubautfe., Villeneuve.. r j Yalouzq.., Chanlpigni.. r
1 Léon. Seye.*rj Total des Bataillons.
36.
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Résumé : LISTE DES TROUPES envoyées en Roussillon.
Mr. Dillon, Lieutenant Général de Dauphiné, a dressé une liste des troupes envoyées en Roussillon. Elle comprend 28 escadrons de cavalerie répartis dans divers lieux et 36 bataillons d'infanterie, incluant des unités comme Normandie et Auvergne. La liste est fournie en attendant des nouvelles d'Espagne.
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5624
p. 169-172
MARIAGE.
Début :
Messire Jean Claude Loppin, Seigneur de Gemeaux & de Preigné, [...]
Mots clefs :
Parlement de Provence, Loppin, Seigneur de Gemeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MjiRIAGE.
Messire Jean Claude Loppin,
Seigneur de Gémeaux &
de Preigné, Conseiller au Parlement
de Dijon, à épousé
le 29. Janvier Magdeleine
Begon, fille de Messsire MichelBegon,
Seigneur de
Montfermeil, & de la Source,
Et de Dame Catherine Guymont.
Messire Loppin de Gémeaux
est d'une des ancicnnncs
familles de Robe, des mieux
alliée de la Province de Bourgogne,
y ayant plus de sixvingt
ans que ses Ancestres de
peres en fils ont estérevêtus
sans interruption de Charges
de Maistres des Comptcs
& de Conseiller au Parlement.
Antoine Loppin, fou
bisayeulobtint par sonmérite,
& par ses longs services,
des Lettres Patentes pour contribuer
de travaillera laChambre
des Comptes & des affaires
importantes, concernant
le service de Sa Majesté
après avoir remis sa Charge
à Pierre Loppin son fils,
Seigneur de Marcelois.
Son Bisayeul maternel
etoit Charles Fevret, Seigneu,r
de S. Memin & deGodan;
Confciller au même Parlement
, Autheur du fameux
Traité de l'Abus, dont on
fait beaucoup de cas dans
tous les Parlemens du Royaume,
ce quia rendu sa mémoire
recommandable
, ayant
d'ailleurs mérité l'estime particulière
de Louis de Bouibon
Prince de Condé, Gouverncur
de la Province.
M1 Begon de Montfermeil
est frere de MIC Michel Be..
gon ,
Conseillerd'Honneur
au Parlement de Provence,
& Intendant de la Généralité
de la Rochelle, & de la Marine
du Ponent, mort en 1710.
si connu & estimé des Gens de
Lettres.
Il efi proche parent & allié
aux plus considerables familles
de la Cour & de Paris, &
il s'est acquis dans ses Emplois
l'cfiimc & l'amitié de toutes
les personnes de consideration
du Royaume, par sa pro.
bité, par son desinteressement
,& sur tout par l'envie
de faire plaisir.
Messire Jean Claude Loppin,
Seigneur de Gémeaux &
de Preigné, Conseiller au Parlement
de Dijon, à épousé
le 29. Janvier Magdeleine
Begon, fille de Messsire MichelBegon,
Seigneur de
Montfermeil, & de la Source,
Et de Dame Catherine Guymont.
Messire Loppin de Gémeaux
est d'une des ancicnnncs
familles de Robe, des mieux
alliée de la Province de Bourgogne,
y ayant plus de sixvingt
ans que ses Ancestres de
peres en fils ont estérevêtus
sans interruption de Charges
de Maistres des Comptcs
& de Conseiller au Parlement.
Antoine Loppin, fou
bisayeulobtint par sonmérite,
& par ses longs services,
des Lettres Patentes pour contribuer
de travaillera laChambre
des Comptes & des affaires
importantes, concernant
le service de Sa Majesté
après avoir remis sa Charge
à Pierre Loppin son fils,
Seigneur de Marcelois.
Son Bisayeul maternel
etoit Charles Fevret, Seigneu,r
de S. Memin & deGodan;
Confciller au même Parlement
, Autheur du fameux
Traité de l'Abus, dont on
fait beaucoup de cas dans
tous les Parlemens du Royaume,
ce quia rendu sa mémoire
recommandable
, ayant
d'ailleurs mérité l'estime particulière
de Louis de Bouibon
Prince de Condé, Gouverncur
de la Province.
M1 Begon de Montfermeil
est frere de MIC Michel Be..
gon ,
Conseillerd'Honneur
au Parlement de Provence,
& Intendant de la Généralité
de la Rochelle, & de la Marine
du Ponent, mort en 1710.
si connu & estimé des Gens de
Lettres.
Il efi proche parent & allié
aux plus considerables familles
de la Cour & de Paris, &
il s'est acquis dans ses Emplois
l'cfiimc & l'amitié de toutes
les personnes de consideration
du Royaume, par sa pro.
bité, par son desinteressement
,& sur tout par l'envie
de faire plaisir.
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Résumé : MARIAGE.
Le texte décrit le mariage de Messire Jean Claude Loppin, Seigneur de Gémeaux et de Preigné, Conseiller au Parlement de Dijon, avec Magdeleine Begon, fille de Messire Michel Begon, Seigneur de Montfermeil et de la Source, et de Dame Catherine Guymont. La cérémonie a eu lieu le 29 janvier. La famille Loppin de Gémeaux est une ancienne famille bourguignonne de Robe, ayant occupé des charges de Maîtres des Comptes et de Conseillers au Parlement sans interruption depuis plus de soixante ans. Antoine Loppin, arrière-grand-père de Messire Jean Claude, a obtenu des Lettres Patentes pour ses services et a contribué à la Chambre des Comptes. Charles Fevret, arrière-grand-père maternel de Messire Jean Claude, était également Conseiller au Parlement et auteur d'un traité sur l'abus, apprécié dans tous les Parlements du Royaume. Il a été estimé par Louis de Bourbon, Prince de Condé et Gouverneur de la Province. Michel Begon, frère de Magdeleine, était Conseiller d'Honneur au Parlement de Provence, Intendant de la Généralité de La Rochelle et de la Marine du Ponant. Il est décédé en 1710 et était connu pour sa probité, son désintéressement et son envie de faire plaisir, ce qui lui a valu l'estime des personnes de considération du Royaume.
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5625
p. 2516-2519
Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Début :
Le Mardi 10 Novembre, le R. P. D. Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastere [...]
Mots clefs :
Religieux, Fondation, Parlement, Cérémonie, Président, Monastère, Bonnets, Saint-Martin-des-Champs
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texteReconnaissance textuelle : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le Mardi 10 Novembre , le R. P. D.
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
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Résumé : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le 10 novembre 1733, le Père Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastère de Saint-Martin-des-Champs à Paris, effectua une cérémonie annuelle. Il se rendit d'abord à l'Hôtel du Premier Président du Parlement pour lui offrir deux Bonnets de Palais. Ensuite, il se dirigea chez le Premier Huissier du Parlement pour lui présenter une paire de gants et une écritoire. Cette tradition commémore une fondation solennelle établie le 4 décembre 1426 par Philippe, Seigneur de Morviller, et Dame Jeanne du Drac, son épouse, tous deux Premier Président du Parlement. Cette fondation, confirmée par un arrêt de la Cour le même jour, permet aux fondateurs d'être inhumés dans la Chapelle de Saint-Nicolas du Monastère. Les articles 14 et 15 de la fondation stipulent que chaque année, à la veille de la fête de Saint-Martin, le Prieur et un religieux doivent offrir les Bonnets au Premier Président et les gants ainsi que l'écriture à l'Huissier, accompagnés de formules spécifiques. Les dons sont évalués à vingt sols pour les Bonnets et douze sols pour les gants et l'écriture. Les documents originaux de cette fondation sont conservés dans les archives du Monastère et ont été imprimés dans un ouvrage intitulé 'Martiniana' publié en 1606.
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5626
p. 192-195
Du Dimanche de la Pentecôte, 26 Mai.
Début :
Le Concert commença par une symphonie de M. BAMBINI. (I) Le premier Motet à grand Choeur [...]
Mots clefs :
Concert, Composition, Musique, Motet, Motet à grand choeur
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texteReconnaissance textuelle : Du Dimanche de la Pentecôte, 26 Mai.
Du Dimanche de la Pentecôte , 26 Mai.
Le Concert commença par une fymphonie de
M. BAMBINI. ( 1 )Le premier Motet à grand Choeur
( 1 ) N. B. Pour éviter les répétitions inutiles ,
nousnefommes point dans l'ufage de faire mention
des fymphonies par lesquelles commencent tous les
Concerts , à moins que quelques circonstances particulières
n'y engagent. Nous en avions omis une
intére fante , en rendant compte des Concerts du
temps de Pâques. Nous ignorions alors qu'une
Symphonie , qui y fut exécutée & fort applaudie
annoncée fous le nom de Madame *** . avoit été
furprise par M. fon pere , amateur de Mufique
très-connu , à Madame de C... auffi diftinguée par
les talens qu'elle poffède que par la figure. Nous
faififfons cette occafion de rendre hommage à cette
Dame que nous n'ofons nommer fans fon aveu
mais que l'on reconnoitra aux traits fous lesquels
nous la défignons.
Confiteber
JUIN 1765 . 193
K
Confitebor tibi Domine , de la compofition de M.
BLAINVILLE. Plufieurs morceaux de ce nouveau
Motet furent diftingués par beaucoup d'aplaudiffemens.
M. HOSBRUKER, de la Mufique du Prince
LOUIS DE ROHAN , exécuta des Duo de harpe
& de violon avec M. CAPRON , & deux pièces de
harpe de fa compofition . M. HOSBRUCKER a foutenu
admirablement la réputation qu'il avoit déja
ici du premier talent de l'Europe fur cet inftrument.
Les plus beaux fons , le tact le plus fûr , le
plus adroit , & en même tems le plus moelleux :
tel eft le jeu de cet Artifte étranger : ce qui le diftingue
encore fingulièrement , eft l'art des cadences
que l'on n'avoit point entendu jufques-là fur cet
inftrument dans la même perfection . M. CAPRON
joua un nouveau Concerto de violon de fa compofition
, dans lequel il a fait entrer des airs du
chant le plus agréable & qu'il exécuta avec toutes les
grâces du goût, & tout l'art que pofféde cet habile
lymphonifte. Il dut s'appercevoir par les marques
éclatantes de la fatisfaction des auditeurs , de la
vérité & de l'utilité des avis réitérés que nous
avons donnés aux talens diftingués,fur le genre de
mufique le plus propre à plaire toujours au Public.
Mlle AVENEAUX , chanta Cantate Domino , Motet à
voix feule de feu M. MOURET . On commence à
s'appercevoir fenfiblement des progrès que fait
cette Cantatrice dans l'art du chant, & des avantages
qui en résultent pour faire valoir toutes les beautés
de fon organe. Mlle FEL répéta le Motet de
M. J. J. ROUSSEAU , exécuté dans le précédent
Concert. Celui- ci fut terminé par Benedic anima
mea, nouveau Motet à grand Choeur de M. BUÉE,
Maître de Musique de la Cathédrale de Dijon .
L'étonnement de voir l'Auteur de cet ouvrage ,
qui n'a pas encore vingt ans , auroit fuffi pour lui
I
194 MERCURE DE FRANCE.
procurer beaucoup d'applaudiffemens ; mais après
avoir entendu le Motet , tous les connoilleurs &
les maîtres de l'art font convenus unanimement
qu'il feroit honneur au Compofiteur de la réputation
la plus décidée. De deux grands Choeurs ; le
premier eft marqué au coin du plus beau génie &
de la plus grande expreffion ; le fecond eft d'un
travail muſical , mais fait , ſelon les gens de l'arr,
comme par le Muficien le plas confommé . La diftribution
des récits , le caractère des chants , font
du meilleur goût & du genre le plus vrai. En un
mot , nous ne craignons point , fi ce jeune Compofiteur
continue de travailler fur les mêmes principes
& avec le même génie , de nous glorifier
d'avoir annoncé des premiers à la nation , un
grand homme dans fon art . M. BUÉE fort de la
Maîtrise de la Sainte Chapelle de Paris , & eft
éleve de M. l'Abbé DORIOT , Maître de Mufique
de cette illuftre Collégiale. Rien ne pouvoit faire
plus d'honneur à cette école & à celui qui la dirige
qu'un pareil éleve . Ce jeune Maître va prendre
poffeffion de la Maîtriſe de Dijón , en emportant
les fuffrages & l'admiration du Public de
Paris.
On ne peut refuſer la juftice due aux foins &
aux frais qu'emploient les Directeurs du Concert,
pour varier les plaifir's des auditeurs & pour intéreffer
la curiofité du Public , en recherchant &
en raffemblant non- feulement ce que la France ,
mais ce que l'Europe entière peut fournir de talens
diftingués en divers genres. Les Concerts
d'été , autrefois abandonnés , font devenus beaucoup
plus fréquentés , & ce font ceux-là même
que les curieux qui restent à Paris , doivent fuivre .
le plus affiduement , parce que la faiſon favoriſe
alors les voyages des talens étrangers , & donne,
JUIN 1765 . 195
par-là aux Directeurs les moyens de remplir leurs
vies. Un amateur frappé des rifques confidérables
qu'on hafarde , pour foutenir l'éclat de ce
Concert & fur-tout dans les jours d'été , cherehe
à former une fociété d'abonnemens, dont les fonds
puiffent au moins faire affurance contre la perte
des frais. Il eft facile en jettant un coup d'oeilfur
le compte que l'on rend de chaque Concert , de
connoître par foi - même la fidélité du témoignage
que nous rendons ici à ceux qui dirigent ce fpectacle.
Le Concert commença par une fymphonie de
M. BAMBINI. ( 1 )Le premier Motet à grand Choeur
( 1 ) N. B. Pour éviter les répétitions inutiles ,
nousnefommes point dans l'ufage de faire mention
des fymphonies par lesquelles commencent tous les
Concerts , à moins que quelques circonstances particulières
n'y engagent. Nous en avions omis une
intére fante , en rendant compte des Concerts du
temps de Pâques. Nous ignorions alors qu'une
Symphonie , qui y fut exécutée & fort applaudie
annoncée fous le nom de Madame *** . avoit été
furprise par M. fon pere , amateur de Mufique
très-connu , à Madame de C... auffi diftinguée par
les talens qu'elle poffède que par la figure. Nous
faififfons cette occafion de rendre hommage à cette
Dame que nous n'ofons nommer fans fon aveu
mais que l'on reconnoitra aux traits fous lesquels
nous la défignons.
Confiteber
JUIN 1765 . 193
K
Confitebor tibi Domine , de la compofition de M.
BLAINVILLE. Plufieurs morceaux de ce nouveau
Motet furent diftingués par beaucoup d'aplaudiffemens.
M. HOSBRUKER, de la Mufique du Prince
LOUIS DE ROHAN , exécuta des Duo de harpe
& de violon avec M. CAPRON , & deux pièces de
harpe de fa compofition . M. HOSBRUCKER a foutenu
admirablement la réputation qu'il avoit déja
ici du premier talent de l'Europe fur cet inftrument.
Les plus beaux fons , le tact le plus fûr , le
plus adroit , & en même tems le plus moelleux :
tel eft le jeu de cet Artifte étranger : ce qui le diftingue
encore fingulièrement , eft l'art des cadences
que l'on n'avoit point entendu jufques-là fur cet
inftrument dans la même perfection . M. CAPRON
joua un nouveau Concerto de violon de fa compofition
, dans lequel il a fait entrer des airs du
chant le plus agréable & qu'il exécuta avec toutes les
grâces du goût, & tout l'art que pofféde cet habile
lymphonifte. Il dut s'appercevoir par les marques
éclatantes de la fatisfaction des auditeurs , de la
vérité & de l'utilité des avis réitérés que nous
avons donnés aux talens diftingués,fur le genre de
mufique le plus propre à plaire toujours au Public.
Mlle AVENEAUX , chanta Cantate Domino , Motet à
voix feule de feu M. MOURET . On commence à
s'appercevoir fenfiblement des progrès que fait
cette Cantatrice dans l'art du chant, & des avantages
qui en résultent pour faire valoir toutes les beautés
de fon organe. Mlle FEL répéta le Motet de
M. J. J. ROUSSEAU , exécuté dans le précédent
Concert. Celui- ci fut terminé par Benedic anima
mea, nouveau Motet à grand Choeur de M. BUÉE,
Maître de Musique de la Cathédrale de Dijon .
L'étonnement de voir l'Auteur de cet ouvrage ,
qui n'a pas encore vingt ans , auroit fuffi pour lui
I
194 MERCURE DE FRANCE.
procurer beaucoup d'applaudiffemens ; mais après
avoir entendu le Motet , tous les connoilleurs &
les maîtres de l'art font convenus unanimement
qu'il feroit honneur au Compofiteur de la réputation
la plus décidée. De deux grands Choeurs ; le
premier eft marqué au coin du plus beau génie &
de la plus grande expreffion ; le fecond eft d'un
travail muſical , mais fait , ſelon les gens de l'arr,
comme par le Muficien le plas confommé . La diftribution
des récits , le caractère des chants , font
du meilleur goût & du genre le plus vrai. En un
mot , nous ne craignons point , fi ce jeune Compofiteur
continue de travailler fur les mêmes principes
& avec le même génie , de nous glorifier
d'avoir annoncé des premiers à la nation , un
grand homme dans fon art . M. BUÉE fort de la
Maîtrise de la Sainte Chapelle de Paris , & eft
éleve de M. l'Abbé DORIOT , Maître de Mufique
de cette illuftre Collégiale. Rien ne pouvoit faire
plus d'honneur à cette école & à celui qui la dirige
qu'un pareil éleve . Ce jeune Maître va prendre
poffeffion de la Maîtriſe de Dijón , en emportant
les fuffrages & l'admiration du Public de
Paris.
On ne peut refuſer la juftice due aux foins &
aux frais qu'emploient les Directeurs du Concert,
pour varier les plaifir's des auditeurs & pour intéreffer
la curiofité du Public , en recherchant &
en raffemblant non- feulement ce que la France ,
mais ce que l'Europe entière peut fournir de talens
diftingués en divers genres. Les Concerts
d'été , autrefois abandonnés , font devenus beaucoup
plus fréquentés , & ce font ceux-là même
que les curieux qui restent à Paris , doivent fuivre .
le plus affiduement , parce que la faiſon favoriſe
alors les voyages des talens étrangers , & donne,
JUIN 1765 . 195
par-là aux Directeurs les moyens de remplir leurs
vies. Un amateur frappé des rifques confidérables
qu'on hafarde , pour foutenir l'éclat de ce
Concert & fur-tout dans les jours d'été , cherehe
à former une fociété d'abonnemens, dont les fonds
puiffent au moins faire affurance contre la perte
des frais. Il eft facile en jettant un coup d'oeilfur
le compte que l'on rend de chaque Concert , de
connoître par foi - même la fidélité du témoignage
que nous rendons ici à ceux qui dirigent ce fpectacle.
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Résumé : Du Dimanche de la Pentecôte, 26 Mai.
Le 26 mai, un concert a été organisé, débutant par une symphonie de M. Bambini. Le motet 'Confitebor' de M. Blainville a reçu de nombreux applaudissements. M. Hosbrücker, membre de la musique du Prince Louis de Rohan, a joué des duos de harpe et de violon avec M. Capron, ainsi que deux pièces de sa composition. M. Hosbrücker a été particulièrement salué pour son talent exceptionnel sur la harpe, notamment pour ses cadences parfaites. M. Capron a interprété un nouveau concerto de violon, apprécié pour ses airs agréables et son exécution gracieuse. Mlle Aveneaux a chanté 'Cantate Domino', un motet de feu M. Mouret, démontrant des progrès notables dans l'art du chant. Mlle Fel a répété un motet de J.J. Rousseau. Le concert s'est terminé par 'Benedic anima mea', un nouveau motet à grand chœur de M. Buée, maître de musique de la cathédrale de Dijon. Âgé de moins de vingt ans, M. Buée a été acclamé pour son œuvre, jugée digne des plus grands compositeurs. Élève de l'Abbé Doriot, M. Buée est destiné à prendre prochainement la maîtrise de la Sainte-Chapelle de Paris et celle de Dijon. Les directeurs des concerts ont été loués pour leurs efforts visant à varier les plaisirs des auditeurs et à attirer des talents européens. Un amateur a proposé de créer une société d'abonnements pour soutenir financièrement ces concerts.
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5627
p. 170-174
« Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
Début :
Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...]
Mots clefs :
Symphonie, Concert, Opéra, Ballet, Théâtre, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
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Résumé : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
En janvier 1732 à la cour de France, plusieurs événements musicaux et sociaux marquèrent le mois. Le 1er janvier, les hautbois de la chambre du roi jouèrent des pièces de Jean-Baptiste Lully au lever du roi, et les Vingt-quatre exécutèrent des airs de Michel Richard Delalande au dîner. Le 2 janvier, un concert eut lieu dans le salon de la reine, avec la représentation du quatrième acte de l'opéra 'Roland', interprété par le sieur Chassé. Du 7 au 14 janvier, des extraits de l'opéra 'Amadis' furent chantés, avec des rôles interprétés par la demoiselle Antier, le sieur d'Angerville, le sieur Guédon et la demoiselle Le Maure. Le 11 janvier, la reine demanda l'opéra 'Omphale' de Michel Richard Delalande, continué les 21 et 23 janvier avec les demoiselles Antier et Lenners, et les sieurs d'Angerville et Petillot. Le 28 janvier, un ballet fut présenté sur le théâtre de la comédie, composé de plusieurs entrées de ballets célèbres. Les rôles furent interprétés par divers artistes, dont les sieurs Thévenard, Chassé, Tribou, Dumats, et les demoiselles Antier et Pellessier. Le 7 janvier, le roi participa à une course de traîneaux avec les princesses du sang et les dames de la cour, suivie d'un souper à Trianon. Le 10 janvier, les députés du Parlement se rendirent à Versailles pour recevoir les ordres du roi. Le 13 janvier, l'abbé de Laubrière fut sacré évêque de Soissons et prêta serment de fidélité au roi le 20 janvier. Les 15 et 16 janvier, les Religieux Mathurins conduisirent une procession dans Paris avec des esclaves rachetés à Constantinople. Le 15 janvier, le marquis de Solera, premier gentilhomme de la chambre de l'infant Don Carlos, remercia le roi pour les honneurs reçus et prit congé le 29 janvier. Le 19 janvier, Mademoiselle de Chartres reçut les cérémonies du baptême au château de Versailles, avec le roi comme parrain et la princesse de Conty comme marraine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5628
p. 810-815
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Pierre Perrin, Ecuyer, Conseiller Secrétaire du Roi, Maison Couronne [...]
Mots clefs :
Écuyer, Avocat, Chevalier, Lieutenant général des armées, Gouverneur, Fermier général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
MORTS , NAISSANCES ,
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Le document relate divers événements survenus en avril 1731, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, Ierre Perrin, Ecuyer et Conseiller du Roi, est décédé le 33 mars à l'âge de 75 ans. Henry Doresmieux, Ecuyer et Avocat au Parlement, est décédé le 4 avril à 80 ans. M. Augustin André, Ecuyer et Conseiller du Roi, est également décédé le 4 avril à 49 ans. Antoine le Prêtre, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 10 avril à 80 ans. Il a servi en tant qu'ingénieur et a participé à de nombreux sièges et fortifications sous la direction de son oncle, le Maréchal de Vauban. D'autres décès mentionnés incluent M. Louis Teissier, ancien Fermier Général, décédé le 12 avril à 77 ans, Jacques de Barberie, Chevalier et Intendant, décédé le 17 avril à 56 ans, et Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc, épouse du Marquis de Rochechouart, décédée le 24 avril à 58 ans. Les naissances et baptêmes notables incluent Mlle des Barres, baptisée le 2 avril et nommée Bonne Benigne, et René Prosper, né le 27 mars et baptisé le 6 avril. Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay a accouché le 13 avril d'une fille nommée Louise Adelaide Philippine. Enfin, Jean Baptiste le Clerc a épousé Dame Marie Therese le Bas de Givangis le 24 avril.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5629
p. 196-202
EXTRAIT de la Gazette de Hollande.
Début :
Les Lettres de Londres du 22. viennent d'arriver: voici ce [...]
Mots clefs :
Gazette de Hollande, Lettres de Londres, Imprimer, Libelles, Tory, Dunkerque, Ducs, Alliés, Possession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Gazette de Hollande.
EXTRAIT
de la Gazette de Hollande.
: Les Lettres de Londres
du 22, viennent d'arriver :
voici ce qu'elles ont de
GALANT. 197
plus confiderable.
On continue à imprimer
en cette Ville des libelles
tres injurieux & fcanda
leux, qui fe vendent publi
queinent fans aucune oppofition , ils ne tendent
qu'à exciter la divifion qui
n'eft desja que trop grande, & qu'on voudroit encore augmenter , s'il eftoit
poffible , entre la Cour &
les Alliez. Mercredy der
nier il fortit de la preffe
une nouvelle brocheure au
fujet de Dunkerque. Cet
eferit parle fort au defaR. iij
198 MERCURE
vantage du miniftere prefent , & fait l'éloge du précedent. Il a pour titre : La
Correfpondance avec la Francè
claire comme le Soleil.
Cependant les Toris rigides dilent hautement que
files Alliez n'acceptent
pas le projet qui leur a efté
prefenté par les Miniftres.
de la Reine , Sa Majesté
fera obligée de faire la paix
avec les deux Couronnes ,
& de prendre avec elles
des mefures pour obliger
les Alliez à la faire enfuite
generale ; mais que s'ils
GALANT. 199
continuent à cabaler contre l'Eftat , le Miniftere &
le Parlement ne manqueront pas de moyens pour
les en faire repentir , & que
s'il faut enfin entrer en alliance avec la France , les
Alliez en feront caufe , &
qu'alors les Anglois pourront agir vivement avec les
deux Couronnes pour obtenir la paix de l'Europe ,
& qu'ils ofteront tout com
merce aux Hollandois ,
tant dans la Mediterranée
que dans l'Ocean. Mais les
Moderez ne parlent pas de
R iiij
200 MERCURE
cette maniere , ils efperent
au contraire qu'on trouvera enfin un moyen pour
donner une plus ample fatisfaction,fur tout aux Hollandois avec lefquels il faut
roujours eftre unis pour le
maintien des deux Eftats ,
& de la Religion Protef
tante. Hier au matin on
apprit par un Exprés du
General Hill qu'il avoit
pris poffeffion de Dunkerque , ce qui a causé icy une
grandejoye , on tira le Canon , & il y eut le foir des
feux de joye & des illumi-
GALANT. 201
nations par toute la Ville.
Lemêmejour il arriva auffi
un Exprés du Duc d'Ormond, avec avis qu'il avoit
fait publier dans fon armée
la fufpenfion d'armes , &
qu'enfuite il l'a feparée des
Alliés. La Reine a efté complimentéepar toute laCour
fur la poffeffion de Dunkerque. On affure que Sa
Majefté ira de Mardi en
huit jours à Windfor pour
y paffer la belle ſaiſon.
Le Roy a donné au Marquis de Meufe un ancien
Regiment vaquant par la
102 MERCURE
mort du Comte de Tourville.
On a pris fur la Scarpe
40 Belande qui venoient
de Marchienne.
Le Duc d'Ormond s'eft
rendu maistre des fept por
tes de la Ville de Gand.
Le Duc de Hamilton
vient icy de la part de la
Reine d'Angleterre. Le
Duc d'Argile va en Eſpagne & enPortugal pour ramener les troupes d'Angleterre.
de la Gazette de Hollande.
: Les Lettres de Londres
du 22, viennent d'arriver :
voici ce qu'elles ont de
GALANT. 197
plus confiderable.
On continue à imprimer
en cette Ville des libelles
tres injurieux & fcanda
leux, qui fe vendent publi
queinent fans aucune oppofition , ils ne tendent
qu'à exciter la divifion qui
n'eft desja que trop grande, & qu'on voudroit encore augmenter , s'il eftoit
poffible , entre la Cour &
les Alliez. Mercredy der
nier il fortit de la preffe
une nouvelle brocheure au
fujet de Dunkerque. Cet
eferit parle fort au defaR. iij
198 MERCURE
vantage du miniftere prefent , & fait l'éloge du précedent. Il a pour titre : La
Correfpondance avec la Francè
claire comme le Soleil.
Cependant les Toris rigides dilent hautement que
files Alliez n'acceptent
pas le projet qui leur a efté
prefenté par les Miniftres.
de la Reine , Sa Majesté
fera obligée de faire la paix
avec les deux Couronnes ,
& de prendre avec elles
des mefures pour obliger
les Alliez à la faire enfuite
generale ; mais que s'ils
GALANT. 199
continuent à cabaler contre l'Eftat , le Miniftere &
le Parlement ne manqueront pas de moyens pour
les en faire repentir , & que
s'il faut enfin entrer en alliance avec la France , les
Alliez en feront caufe , &
qu'alors les Anglois pourront agir vivement avec les
deux Couronnes pour obtenir la paix de l'Europe ,
& qu'ils ofteront tout com
merce aux Hollandois ,
tant dans la Mediterranée
que dans l'Ocean. Mais les
Moderez ne parlent pas de
R iiij
200 MERCURE
cette maniere , ils efperent
au contraire qu'on trouvera enfin un moyen pour
donner une plus ample fatisfaction,fur tout aux Hollandois avec lefquels il faut
roujours eftre unis pour le
maintien des deux Eftats ,
& de la Religion Protef
tante. Hier au matin on
apprit par un Exprés du
General Hill qu'il avoit
pris poffeffion de Dunkerque , ce qui a causé icy une
grandejoye , on tira le Canon , & il y eut le foir des
feux de joye & des illumi-
GALANT. 201
nations par toute la Ville.
Lemêmejour il arriva auffi
un Exprés du Duc d'Ormond, avec avis qu'il avoit
fait publier dans fon armée
la fufpenfion d'armes , &
qu'enfuite il l'a feparée des
Alliés. La Reine a efté complimentéepar toute laCour
fur la poffeffion de Dunkerque. On affure que Sa
Majefté ira de Mardi en
huit jours à Windfor pour
y paffer la belle ſaiſon.
Le Roy a donné au Marquis de Meufe un ancien
Regiment vaquant par la
102 MERCURE
mort du Comte de Tourville.
On a pris fur la Scarpe
40 Belande qui venoient
de Marchienne.
Le Duc d'Ormond s'eft
rendu maistre des fept por
tes de la Ville de Gand.
Le Duc de Hamilton
vient icy de la part de la
Reine d'Angleterre. Le
Duc d'Argile va en Eſpagne & enPortugal pour ramener les troupes d'Angleterre.
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Résumé : EXTRAIT de la Gazette de Hollande.
La Gazette de Hollande rapporte des tensions à Londres où des libelles critiques envers le ministère actuel sont publiés. Les Tories affirment que les Alliés rejettent les propositions des ministres de la Reine et envisagent une paix séparée. Les Modérés espèrent maintenir l'union avec les Hollandais pour le bien des deux États et de la religion protestante. Le général Hill a pris Dunkerque, suscitant une grande joie à Londres. Le duc d'Ormond a suspendu les armes et séparé son armée des Alliés. La Reine a été félicitée pour la prise de Dunkerque et prévoit de se rendre à Windsor. Le roi a attribué un régiment au marquis de Meuze. Des Belges ont été capturés sur la Scarpe, et le duc d'Ormond a pris le contrôle des portes de Gand. Le duc de Hamilton est arrivé de la part de la Reine d'Angleterre, tandis que le duc d'Argyll se rend en Espagne et au Portugal pour rapatrier les troupes anglaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5630
p. 2666-2672
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La veille de la Fête de tous les Saints le Roy, revêtu du grand Colier de [...]
Mots clefs :
Fête de tous les Saints, Ambassadeur extraordinaire, Abbé, Comte, Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c:
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En novembre 1731, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour de France. À la veille de la Toussaint, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, se rendit à la chapelle du Château de Versailles pour assister à la messe et communier. La reine fit de même, communiant par les mains du Cardinal de Fleury. Le jour de la fête de la Toussaint, le roi et la reine assistèrent à la grand-messe célébrée par l'évêque de Lectoure et aux vêpres chantées par la musique, avec un sermon du Père Boursault, supérieur des Théatins. Le roi procéda à plusieurs nominations et attributions. Il nomma le Marquis de Vau-cremant ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. L'Abbé Couturier fut élu supérieur général du Séminaire de Saint-Sulpice. Le roi accorda également la survivance de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes à M. Nicolai pour son fils aîné. Le Comte et la Comtesse du Roure arrivèrent de Languedoc et furent reçus avec honneurs au Saint-Esprit, leur gouvernement. Des représentations théâtrales eurent lieu à la cour, notamment 'Le Comte d'Essex' et 'La Reconciliation Normande'. Le 12 novembre, l'ouverture du Parlement se fit par une messe solennelle célébrée par l'évêque de Nevers. Le 1er novembre, un concert spirituel fut donné aux Tuileries, avec des œuvres de M. Mouret et de M. de la Lande. Le 26 novembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée, remboursant 309 actions. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques, dont l'Abbaye de Madieu à l'Abbé Bastarot et l'Abbaye de Vauluisant à l'archevêque de Besançon. Une lettre du Comte de Blannes décrivit la fête donnée par la Princesse de Conti à l'occasion de son mariage avec Mademoiselle de la Rochefoucault de Nuilly. Cette fête inclut un souper illuminé, une épithalame chantée, un feu d'artifice et une bénédiction nuptiale par l'archevêque de Tours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5631
p. 194-201
Extrait de quelques Lettres de Londres du 8. Octobre.
Début :
Mr Edoüard Harvey, l'un de six membres du Parlement [...]
Mots clefs :
Comte, Complot, Roi, Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de quelques Lettres de Londres du 8. Octobre.
Extrait de quelques Lettres
de Londres du 8. Octobre.
Mr Edoüard Harvey , lun
des fix membres du Parlement
que le Roy avoit ordonné
d'arrêter , & qui eft ſous la
garde d'un Meſſager d'Etat ,
:
J
GALANT. 195
4
fut examiné avant hier au
Conſeil, devant S. M. on lui
fit diverſes queſtions au fujet
du noir complot qui a eſté dé
couvert : mais il nia d'eſtre entré
en aucune confpiration
contre le Roy & le Gouverne.
ment , & ne voulut rien découvrir
, fur quoy on luimon.
tra une Lettre écrite de fa
propre main qui prouvoit fa
trahiſon , cela lemit dansune
grande confufion,& il promit
d'avoüier tout le lendemain.
Là-deſſus on le renvoya fous
la garde du Meſſager ; mais
hier au matin il tenta des'ôter
?
196 MERCURE
T
la vie , & fe donna 3. coups
deganifqui luy ont caufé une
grande perte de fang , cepen
dant on ne croit pas que les
playes foient mortelles ; quel
que temps aprés le Comte de
Nottingham , Préfident du
Confeil , alla le trouver pour
l'examiner & prendre les dé
pofitions; il luy dit entr'autres
choſes : Qu'il s'étoit laiffé induire
follement à entrer dans la
confptration , & qu'il en étoit
bien faché ; mais que voyant
qu'on avoit de telles preuves con
tre luy , &qu'il ne pouvoit pas
échaper à ta fustices il avoit
voulu fetuer pour ne pas s'expoGALANT.
197
5
4
feràtrahirfes amisa
Onn'eſt point encore bien
inſtruit des particularitez de
cet horrible complot. Quelques
uns diſent qu'il devoie
s'executer avant hier ,& que
pendant que ledit Harvey à
latête de400 conjuréz devoit
faire main bafle fur la garde
de S. James , & mettre le feu
au Palais , &c. un autre party
auſſi nombreux devoits'aſſen ,
rer de la Banque , & de Echi
quier ; & mettre le feu en
divers endroits de la Ville ,
pour caufer de la confufion
parmy le peuple. D'autres
Rij
198 MERCURE
aſſeurent que le deſſein des
confpirateurs étoit d'exciter
des revoltes en 2. ou 3. Pro
vinces d'Angleterre pour y
attirer les troupes du Roy , à
fin de favorifer l Invaſion du
Comte de Marr en Angleterre
, à la tête des rebelles
Ecoſſois ; mais que le grand
coup devoit ſe frapper du côté
de l'Oüeſt , où les rebelles ſe
croyoient les plus forts, & où
le Prétendant , devoit débarquer.
Quoyqu'il en foit la
conſpiration étantdécouverte,
&les mesures priſes , pour en
prevenir les ſuites , on ne doute
plus que tous les projets
THEQUR DE
ALANT9
&complots aillent enfudemséree.belles ne
en
*
On affeure qu'on a receu
avisque lePrétendant, a refusé
de paffer en Angleterre, avant
que les amis cuffent affemblé
des forces ſuffiſantes pour foûrenir
fondébarquement
qu'en attendant il preffoit le
Duc d'Ormond ,& le Vicom +
te de Ballinbrock , de paffet ca
ce Pays pour y faire foulever
leurs amis. On apprend d'E
colle que les rebellesn'ont pas
encore affemblé toutes leurs
forces & que le Comte de
Marr n'a tout au plus que
Rij
: 200 MERCURE
:
2000. hommesauprés de duy.
publier une proclama- On va
tioncontre ce Comte , par laquelle
onpromet10000, livres
fterlin de recompenſe à ceux
qui pourront s'aſſeurer de ſa
perfonne. ८
Le Lord Poowis doit être
jugé par une commiffion particuliere
, ſous le nom de M.
Harbet ; il eſt accuſé d'avoir
agi en qualité de Treſorier du
parti du Prétendant , ayant receu
200. mille livres ſterlin de
quelques PaysEtrangers, dont
il en a diſtribué 1503 milleaux
Conſpirateurs. On dit qu'un
nombre confiderable de Sei .
GALANT. 201
gheurs , Gentilshommes , &
autres, font entrez dans ce noir
complot. Le Chevalier Guillaume
Windham a cſté arrêté.
de Londres du 8. Octobre.
Mr Edoüard Harvey , lun
des fix membres du Parlement
que le Roy avoit ordonné
d'arrêter , & qui eft ſous la
garde d'un Meſſager d'Etat ,
:
J
GALANT. 195
4
fut examiné avant hier au
Conſeil, devant S. M. on lui
fit diverſes queſtions au fujet
du noir complot qui a eſté dé
couvert : mais il nia d'eſtre entré
en aucune confpiration
contre le Roy & le Gouverne.
ment , & ne voulut rien découvrir
, fur quoy on luimon.
tra une Lettre écrite de fa
propre main qui prouvoit fa
trahiſon , cela lemit dansune
grande confufion,& il promit
d'avoüier tout le lendemain.
Là-deſſus on le renvoya fous
la garde du Meſſager ; mais
hier au matin il tenta des'ôter
?
196 MERCURE
T
la vie , & fe donna 3. coups
deganifqui luy ont caufé une
grande perte de fang , cepen
dant on ne croit pas que les
playes foient mortelles ; quel
que temps aprés le Comte de
Nottingham , Préfident du
Confeil , alla le trouver pour
l'examiner & prendre les dé
pofitions; il luy dit entr'autres
choſes : Qu'il s'étoit laiffé induire
follement à entrer dans la
confptration , & qu'il en étoit
bien faché ; mais que voyant
qu'on avoit de telles preuves con
tre luy , &qu'il ne pouvoit pas
échaper à ta fustices il avoit
voulu fetuer pour ne pas s'expoGALANT.
197
5
4
feràtrahirfes amisa
Onn'eſt point encore bien
inſtruit des particularitez de
cet horrible complot. Quelques
uns diſent qu'il devoie
s'executer avant hier ,& que
pendant que ledit Harvey à
latête de400 conjuréz devoit
faire main bafle fur la garde
de S. James , & mettre le feu
au Palais , &c. un autre party
auſſi nombreux devoits'aſſen ,
rer de la Banque , & de Echi
quier ; & mettre le feu en
divers endroits de la Ville ,
pour caufer de la confufion
parmy le peuple. D'autres
Rij
198 MERCURE
aſſeurent que le deſſein des
confpirateurs étoit d'exciter
des revoltes en 2. ou 3. Pro
vinces d'Angleterre pour y
attirer les troupes du Roy , à
fin de favorifer l Invaſion du
Comte de Marr en Angleterre
, à la tête des rebelles
Ecoſſois ; mais que le grand
coup devoit ſe frapper du côté
de l'Oüeſt , où les rebelles ſe
croyoient les plus forts, & où
le Prétendant , devoit débarquer.
Quoyqu'il en foit la
conſpiration étantdécouverte,
&les mesures priſes , pour en
prevenir les ſuites , on ne doute
plus que tous les projets
THEQUR DE
ALANT9
&complots aillent enfudemséree.belles ne
en
*
On affeure qu'on a receu
avisque lePrétendant, a refusé
de paffer en Angleterre, avant
que les amis cuffent affemblé
des forces ſuffiſantes pour foûrenir
fondébarquement
qu'en attendant il preffoit le
Duc d'Ormond ,& le Vicom +
te de Ballinbrock , de paffet ca
ce Pays pour y faire foulever
leurs amis. On apprend d'E
colle que les rebellesn'ont pas
encore affemblé toutes leurs
forces & que le Comte de
Marr n'a tout au plus que
Rij
: 200 MERCURE
:
2000. hommesauprés de duy.
publier une proclama- On va
tioncontre ce Comte , par laquelle
onpromet10000, livres
fterlin de recompenſe à ceux
qui pourront s'aſſeurer de ſa
perfonne. ८
Le Lord Poowis doit être
jugé par une commiffion particuliere
, ſous le nom de M.
Harbet ; il eſt accuſé d'avoir
agi en qualité de Treſorier du
parti du Prétendant , ayant receu
200. mille livres ſterlin de
quelques PaysEtrangers, dont
il en a diſtribué 1503 milleaux
Conſpirateurs. On dit qu'un
nombre confiderable de Sei .
GALANT. 201
gheurs , Gentilshommes , &
autres, font entrez dans ce noir
complot. Le Chevalier Guillaume
Windham a cſté arrêté.
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5632
p. 1-8
PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
Début :
LE PIGEON. De vous dire bon jour, ce n'est grande merveille, [...]
Mots clefs :
Pigeon, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
PIECE NOUVELLE
parM.R.
E'TRENNES,
en envoyant un Pigeon.
LE PIGEON.
DE vous dire bon jour,
ce n'est grande merveille,
Un Perroquet vous en dîroit
autant,
Et ces bavards parlent à
tout venant;
Je fuis plus reservé, je parle
rarement,
C'est même tout bas
l'oreille,
Que je vous faismoncompliment.
Messager de l'amour,j'arrive
deCythere,
L'Amour du Char de sa
mere
M'a détaché ce matin,
Je me fixe chez vous, tendre,
fïdelle,sage,
et même aussipeu volage)
(Que (I favais encor mon
frein,
Les soupirs sont tout mon
langage,
Ecoutez sans courroux ces
muets entretiens,
De tous autres foupirs ne
souffrez point l'hommage,
Belle ** ** n'écoutez que
les miens,
Voussçaurez quelque jout
, que je suis un grand
Maître
Dans l'art de bequeter,
dattendrir un baiser; 1. Et ma délicatesse est sur
ce pointpeut-être,
, Un vray modelle à proposer.
EEnnpprreessssaannttcceesslelevvrreess[Lsi
vives, !
Que de douceur j'y vais
puiser;
Vos roses & vos lys ont.
des couleurs naïves
Qu'augmentent mes baiV
sers sans les pouvoir 'i user,
Pour vous donner du frais,
mes doudx 'baatteîmlenes s j
feront auprès de vousl'ofsice
des Zephirs,
Et souvent ce feront à vos
tendresplaisirs
Desapplaudissemens fidelles,
Courrier leger, cheminant
par les airs,
En cette qualité comment
vous servirai-je,
Onsçait que mes pareils
en cent climats divers,
De la Poste ont le Privilege,
Ils portentàleur col Lettres
& Billets doux,
Et pour en rapporter les
réponses secrettes
Ils vôlent par-dessus les
têtes des jaloux ;
Mais de pareils emplois,
de l'humeur dont
vous êtes,
M'occuperont fort peu
pour vous:
Voicy les Hymnes, les
Cantiques,
Qu'en l'honneur de l'Amour,
fit un de ses
sujets :
On vante de ce Dieu le
pouvoir & les traits;
Vouslirez sans rougir dans
ses Panegyriques,
tes éloges de vos attraits.
Peut-êrre qu'apresent Venus
sur sa toillette
Trouve un bijou demoins,
L'Amour est le filouy mo
j'ai prêté mes soins, ;
Venus fera fort inquiette,
Si le vol n'est pointfaitpar
quelqu'autre Psiché,
Et
si
cette beauté, qui doit
être parfaite,
Par lauteur du larcin n'a
point le coeur touché;
Vous seule en avez connoissance,
Ne m'en pourriez-vous pas
dire un mot aujourd'hui,
Faites-m'en la confidence,
Je n'en parlerai qu'à luyv
parM.R.
E'TRENNES,
en envoyant un Pigeon.
LE PIGEON.
DE vous dire bon jour,
ce n'est grande merveille,
Un Perroquet vous en dîroit
autant,
Et ces bavards parlent à
tout venant;
Je fuis plus reservé, je parle
rarement,
C'est même tout bas
l'oreille,
Que je vous faismoncompliment.
Messager de l'amour,j'arrive
deCythere,
L'Amour du Char de sa
mere
M'a détaché ce matin,
Je me fixe chez vous, tendre,
fïdelle,sage,
et même aussipeu volage)
(Que (I favais encor mon
frein,
Les soupirs sont tout mon
langage,
Ecoutez sans courroux ces
muets entretiens,
De tous autres foupirs ne
souffrez point l'hommage,
Belle ** ** n'écoutez que
les miens,
Voussçaurez quelque jout
, que je suis un grand
Maître
Dans l'art de bequeter,
dattendrir un baiser; 1. Et ma délicatesse est sur
ce pointpeut-être,
, Un vray modelle à proposer.
EEnnpprreessssaannttcceesslelevvrreess[Lsi
vives, !
Que de douceur j'y vais
puiser;
Vos roses & vos lys ont.
des couleurs naïves
Qu'augmentent mes baiV
sers sans les pouvoir 'i user,
Pour vous donner du frais,
mes doudx 'baatteîmlenes s j
feront auprès de vousl'ofsice
des Zephirs,
Et souvent ce feront à vos
tendresplaisirs
Desapplaudissemens fidelles,
Courrier leger, cheminant
par les airs,
En cette qualité comment
vous servirai-je,
Onsçait que mes pareils
en cent climats divers,
De la Poste ont le Privilege,
Ils portentàleur col Lettres
& Billets doux,
Et pour en rapporter les
réponses secrettes
Ils vôlent par-dessus les
têtes des jaloux ;
Mais de pareils emplois,
de l'humeur dont
vous êtes,
M'occuperont fort peu
pour vous:
Voicy les Hymnes, les
Cantiques,
Qu'en l'honneur de l'Amour,
fit un de ses
sujets :
On vante de ce Dieu le
pouvoir & les traits;
Vouslirez sans rougir dans
ses Panegyriques,
tes éloges de vos attraits.
Peut-êrre qu'apresent Venus
sur sa toillette
Trouve un bijou demoins,
L'Amour est le filouy mo
j'ai prêté mes soins, ;
Venus fera fort inquiette,
Si le vol n'est pointfaitpar
quelqu'autre Psiché,
Et
si
cette beauté, qui doit
être parfaite,
Par lauteur du larcin n'a
point le coeur touché;
Vous seule en avez connoissance,
Ne m'en pourriez-vous pas
dire un mot aujourd'hui,
Faites-m'en la confidence,
Je n'en parlerai qu'à luyv
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Résumé : PIECE NOUVELLE par M. R. ÉTRENNES, en envoyant un Pigeon.
Dans la pièce 'PIECE NOUVELLE' de M.R., un pigeon messager adresse un compliment à une personne aimée. Contrairement aux perroquets bavards, le pigeon parle rarement et de manière réservée. Il se présente comme messager de l'amour, envoyé par l'Amour lui-même depuis Cythère. Le pigeon exprime son désir de se fixer auprès de la personne aimée, tout en reconnaissant sa nature volage. Il vante ses compétences dans l'art des baisers délicats et tendres, les comparant aux doux zéphyrs et aux applaudissements fidèles aux plaisirs tendres. Le pigeon mentionne également son rôle de courrier léger, capable de porter des lettres et des billets doux à travers divers climats, même au-dessus des têtes des jaloux. Cependant, il préfère se consacrer à des tâches plus nobles, comme chanter les hymnes et les cantiques en l'honneur de l'amour. Il fait référence à un bijou volé par l'Amour, peut-être par Psyché, et demande à la personne aimée si son cœur a été touché par l'auteur du larcin, promettant de garder cette confidence secrète.
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5633
p. 194-202
Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Début :
Aprés avoir chassé les rebelles de Repoüilh, & avoir établi [...]
Mots clefs :
Rebelles, Troupes, Plaine de Vic, Bracamonte, Quartiers, Barcelone, Pays, Montagnes, Gérone
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Extrait d'une Lettre de Gironne
le 16 Avril.
Aprés avoir chaffé les rebelles
de Repoülh , & avoir
établi des quartiers depuis Ollot
& Campredon julqu'à
cette ville là , pour contenir.
cette Montagne & conferver
la communication avec la
Cerdagne , & avoir un corps
GALANT 195
à portée de foûtenir la Plaine
de Vich , voyant que les rebelles
s'eftoient difperfez
dans tout le Luzanez pour
fubfifter , & eftoient dans les
endroits les plus difficiles à
aborder. Je marchay à Ollot
pour renvoyer les troupes
dans leurs quartiers
; mais
j'appris en y arrivant que les
rebelles s'eftoient raffemblez
à Conga , c'est le chemin de
Vich à Barcelone
, & qu'ils y
eftoient en grand nombre ;
Mr de Bracamonte
me mande
qu'ils eftoient même def-
¿cendus dans la Plaine , &
W
Rij
196 MERCURE
avoient brûlé plufieurs maifons
dépendantes de Centeillas
, qui eft un endroit tresfilele
, qu'il marchoit à eux
avec toutes les troupes , &
qu'il me prioit d'envoyer un
gros détachement pour contenir
cette Place pendant fon
abfence. J'y allay moy même ,
je marchay à la Roda , c'eft
l'endroit où eft le Pont fur le
Ter qu'on doit paffer pour en-
'trer dans la Plaine de Vich afin
de pouvoir mieux impoler
aux rebelles. A peine y fus je
aivé que j'appris que les rebelles
s'eltoient retirez fur les
GALANT 197
c't
Tur
urd
ha
pos
fus
les to
urle
Con
hautes Montagnes & dans
des endroits impraticables ,Mr
de Bracamonte ne les y pou
vant attaquer revint à Vich ,
avec les troupes , le lendemain
de mon arrivée , & me propo
fa de chaſtier avec luy Afbu
cas & le Village de Montfeny,
d'où cette canaille tiroit la
fubfiftance , & que c'eftoit le
moyen de les faire fortir d'où
ils eftoient ; au furplus il me
dit qu'il avoit ordre de faire
un exemple de tous ces endroits
- là , ayant taillé en
pieces les deux bataillons
Wallons que l'on envoyoit
Riij.
+98 MERCURE
à fon fervice , & qu'il ne le
pouvoit pas faire dans un Pays
auffi difficile fi je ne me mettois
en état de le favorifer dans
faretraite , commeje voisque ce
feroit toûjours à recommencer
, auffi- toft que les troupes
s'éloignerent de Vich , &
que les rebelles dans le Montfeny
m'inquietoient pour nos
poftes & nos quartiers dans la
Plaine & de la Marine , je ne
balançay pas d'aller à Velladrace
pour favorifer Mr de
Bracamonte , & dans le temps
qu'il marchoit à Aſbuſcas dans
un Pays difficile , j'avançay du
THEQUE
DELA
yad
n
na
des
GALANTY
mienpour aller jufqu
lieuë de- là , & fis occuper
hauteurs de Montagnes par
nos fufiliers des Montagnes.
Tous les rebelles qui comproient
ce Pays imprenable ,
s'enfuirent à la vue de nos
Troupes avec tous les Payfans
qui avoient pris les armes, en
forte que M' de Bracamonte
y arriva tres facilement , ce
Village & plufieurs autres furent
pillez & bruflez . Je vous
puis affurer que Sa Majeſté
Catholique a efté bien vangée
de la perfidie de ces peuples ,
l'on y trouva beaucoup de
R iiij
200 MERCURE
provifions de toutes fortes ;
& je fuis perfuadé que cette
execution a fort dérangé leurs
projets , ils le font jettez depuis
ce temps là du coſté de
la Marine , & comme ils n'étoient
qu'à trois quarts de
lieuë d'Oftalrick & au haut de
nos poftes les plus avancez , je
manday à Mr de Valoufe ,
d'affembler quelques Troupes
de celles qui font de ce coſtélà
afin de s'opposer à leurs
deffeins ; mais leurs féjours ne
leurs a fervi qu'à éxiger des
fubfiftances en vivres & en
argent de plufieurs Villages
GALANT . 201
UT
er
où ils s'eftoient mis , ils font
prefentement répandus de
Tous coftez pour vivre plus fa
cilement , & j'apprens que
400. s'eftoient retirez à Saint
Barthelemy Delgrace , c'est le
chemin de le Luzanez à la
Plaine de Vich , & demanderent
des Sommetans de tous
coftez pour engager une fe
conde fois les Payfans à prendre
les armes pour les faire
paffer vers la Montagne de
Saint Jerome.
Il y a quelques jours que
le mauvais chemin ayant obligé
les Vaiffeaux qui font
202 MERCURE
devant Barcelone de s'en éloigner
, les Barcelonois profiterent
de ce moment pour en
faire fortir so.
Barques & -2 .
Vaiffeaux chargez de familles
qui fe retirent à
Mayorque.
J'appris hier que Mr le
Duc de Popoly faifoit bombarder
Barcelone , & qu'il y
avoit déja beaucoup de maifons
ruuinées , & même le
meilleur quartier.
le 16 Avril.
Aprés avoir chaffé les rebelles
de Repoülh , & avoir
établi des quartiers depuis Ollot
& Campredon julqu'à
cette ville là , pour contenir.
cette Montagne & conferver
la communication avec la
Cerdagne , & avoir un corps
GALANT 195
à portée de foûtenir la Plaine
de Vich , voyant que les rebelles
s'eftoient difperfez
dans tout le Luzanez pour
fubfifter , & eftoient dans les
endroits les plus difficiles à
aborder. Je marchay à Ollot
pour renvoyer les troupes
dans leurs quartiers
; mais
j'appris en y arrivant que les
rebelles s'eftoient raffemblez
à Conga , c'est le chemin de
Vich à Barcelone
, & qu'ils y
eftoient en grand nombre ;
Mr de Bracamonte
me mande
qu'ils eftoient même def-
¿cendus dans la Plaine , &
W
Rij
196 MERCURE
avoient brûlé plufieurs maifons
dépendantes de Centeillas
, qui eft un endroit tresfilele
, qu'il marchoit à eux
avec toutes les troupes , &
qu'il me prioit d'envoyer un
gros détachement pour contenir
cette Place pendant fon
abfence. J'y allay moy même ,
je marchay à la Roda , c'eft
l'endroit où eft le Pont fur le
Ter qu'on doit paffer pour en-
'trer dans la Plaine de Vich afin
de pouvoir mieux impoler
aux rebelles. A peine y fus je
aivé que j'appris que les rebelles
s'eltoient retirez fur les
GALANT 197
c't
Tur
urd
ha
pos
fus
les to
urle
Con
hautes Montagnes & dans
des endroits impraticables ,Mr
de Bracamonte ne les y pou
vant attaquer revint à Vich ,
avec les troupes , le lendemain
de mon arrivée , & me propo
fa de chaſtier avec luy Afbu
cas & le Village de Montfeny,
d'où cette canaille tiroit la
fubfiftance , & que c'eftoit le
moyen de les faire fortir d'où
ils eftoient ; au furplus il me
dit qu'il avoit ordre de faire
un exemple de tous ces endroits
- là , ayant taillé en
pieces les deux bataillons
Wallons que l'on envoyoit
Riij.
+98 MERCURE
à fon fervice , & qu'il ne le
pouvoit pas faire dans un Pays
auffi difficile fi je ne me mettois
en état de le favorifer dans
faretraite , commeje voisque ce
feroit toûjours à recommencer
, auffi- toft que les troupes
s'éloignerent de Vich , &
que les rebelles dans le Montfeny
m'inquietoient pour nos
poftes & nos quartiers dans la
Plaine & de la Marine , je ne
balançay pas d'aller à Velladrace
pour favorifer Mr de
Bracamonte , & dans le temps
qu'il marchoit à Aſbuſcas dans
un Pays difficile , j'avançay du
THEQUE
DELA
yad
n
na
des
GALANTY
mienpour aller jufqu
lieuë de- là , & fis occuper
hauteurs de Montagnes par
nos fufiliers des Montagnes.
Tous les rebelles qui comproient
ce Pays imprenable ,
s'enfuirent à la vue de nos
Troupes avec tous les Payfans
qui avoient pris les armes, en
forte que M' de Bracamonte
y arriva tres facilement , ce
Village & plufieurs autres furent
pillez & bruflez . Je vous
puis affurer que Sa Majeſté
Catholique a efté bien vangée
de la perfidie de ces peuples ,
l'on y trouva beaucoup de
R iiij
200 MERCURE
provifions de toutes fortes ;
& je fuis perfuadé que cette
execution a fort dérangé leurs
projets , ils le font jettez depuis
ce temps là du coſté de
la Marine , & comme ils n'étoient
qu'à trois quarts de
lieuë d'Oftalrick & au haut de
nos poftes les plus avancez , je
manday à Mr de Valoufe ,
d'affembler quelques Troupes
de celles qui font de ce coſtélà
afin de s'opposer à leurs
deffeins ; mais leurs féjours ne
leurs a fervi qu'à éxiger des
fubfiftances en vivres & en
argent de plufieurs Villages
GALANT . 201
UT
er
où ils s'eftoient mis , ils font
prefentement répandus de
Tous coftez pour vivre plus fa
cilement , & j'apprens que
400. s'eftoient retirez à Saint
Barthelemy Delgrace , c'est le
chemin de le Luzanez à la
Plaine de Vich , & demanderent
des Sommetans de tous
coftez pour engager une fe
conde fois les Payfans à prendre
les armes pour les faire
paffer vers la Montagne de
Saint Jerome.
Il y a quelques jours que
le mauvais chemin ayant obligé
les Vaiffeaux qui font
202 MERCURE
devant Barcelone de s'en éloigner
, les Barcelonois profiterent
de ce moment pour en
faire fortir so.
Barques & -2 .
Vaiffeaux chargez de familles
qui fe retirent à
Mayorque.
J'appris hier que Mr le
Duc de Popoly faifoit bombarder
Barcelone , & qu'il y
avoit déja beaucoup de maifons
ruuinées , & même le
meilleur quartier.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Le texte est un extrait d'une lettre datée du 16 avril, relatant les opérations militaires contre des rebelles dans la région de Gironne. Les forces royales ont d'abord repoussé les rebelles à Repoülh et établi des quartiers entre Ollot, Campredon et Gironne. Leur objectif est de sécuriser la communication avec la Cerdagne et de protéger la plaine de Vich. Les rebelles, initialement dispersés dans le Luzanez, se regroupent à Conga, sur la route de Vich à Barcelone, et incendient des maisons à Centeillas. Les troupes, dirigées par Mr de Bracamonte, se dirigent vers les rebelles, mais ceux-ci se retirent dans des montagnes inaccessibles. Mr de Bracamonte propose de punir les villages d'Asbuscas et Montfeny pour couper les approvisionnements des rebelles. Les forces royales avancent et occupent des hauteurs stratégiques, forçant les rebelles à fuir. Plusieurs villages sont pillés et brûlés, perturbant les projets des rebelles. Ces derniers se déplacent ensuite vers la marine et exigent des subsistances dans divers villages. Les Barcelonois profitent d'une opportunité pour faire sortir des barques et des vaisseaux chargés de familles se retirant à Majorque. Enfin, il est rapporté que le Duc de Popoly bombarde Barcelone, causant des destructions significatives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5634
p. 85-95
Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Début :
La Maison de Boniface tire son origine d'un Comte [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Remarques sur les MaisonsdeBoniface
r5 de
Roncherolles.
La Maison de Boniface
cire son origine d'un Com-
~te de Boniface, Tribun &:
Gouverneur de toute l'Afrique,
Amy particulier de
5>. Augustin
, comme on
le remarque par trois Lettres
queceSaint écrivit à.cc
Comte.
La premiere de ces Lettres
qui estoit autrefois las.
50e.dans leRecuëildesLettres
de ce Saint,se trouve
la 185e. dans l'Edition que
les PP. Benedictins en ~ont
faite, parce qu'ils les ~ont
rangées selon l'ordre des;
temps où elles ont estéécri-i
tes. C'estcelle où S. Augustin
parle au livre Kc* do
sesRetractationsou Revue'i
de sesOuvrages. Elle fut*
écriteenviron l'an 417&£
ne traite presque que deîa
*
Affaires des Donatistes, &a
de quelle maniereon pou-i
voit ramener ces Hérétiques
à l'union de l'Eglise.
: Cette Lettre commence
ainsi: Laudo egratulore
admiror ,fiLi dilectissime Bonifaci
,
quod inter curas bellorum
& armorum, vehementer
desideras ea nosse quoe Dei
funt.4
5i- La seconde est la 189c,
du mesme ordre Benedictin,
ôc la 105e. de l'ancien;
& c'est dans cette Lettre
écrite aparemmentl'année
suivante418. qu'il luy
donne un Reglement de
vie pourl'armée & que
l'on voit ces beaux endroits
Pacemdebet habere volantas
bellum necessitas, non enim
pax quoeritur ut bellum excitetur,
sed bellum geritur ut
pax requiratur.in his erAt
sanctusDavid,&c. "':. La troisiéme qui sa à
present la 220e. & quiestoit
autrefois la 70e. fut écrite
l'an 427. trois ans
avantla mort de S.Augustin;
c'est proprement une 1
instruction pour les Séculiers.
Envoicyun des plus
beaux endroits:Ut Deum
diligas non diligas mundum,
sed
11
Jed ex mundi bonisfacias opera
bona, &proptermundi bottay
nonfaciasopera mala.
Il y a eu de la Maison
deBoniface plusieurs Chevaliers
de Malthe. Elie de
Boniface, Marquis de Fenestrelles,
servit de second
à Jarnac contre la Chastaigneraye
dans le combat
qu'il y eust en champ clos
le 16. Juille 1547 devant le
Roy Henry II. Il fut tué à
la bataille deVaureal donnée
entre les Catholiques
& les Heretiques dans le
ComtatVenaissin. Ses obseques
furent faitesavec
grande pompe dans 1 Eglisede
S. Symphorien d'A.:a.
vignon Les Corps dé Ville
y assisterent ainsi que le
Cardinal Legat dont il estoit
fort consideré. Il fut
fort regretté en France.
Ozias de Boniface, vint
à la Cour avec l'Amiral de
Villars, son parent, ôc le
Roy le fit Chevalier de
l'Ordre de Saint Michel
,
& Gouverneur du Fort
de Sainte Catherine de
Roüen.
Henry IV. érigea en
J606. la Terre du Boslehart
en Baronie à cause des
grands services que ceux
de cette Maison avoient
rendus à la Couronne. Mr
de Boniface vint joindre ce
Monarque au siege d'Amiens
avec son Regiment
de deux mille hommes de
pied, ce qui se connoist
par le Brevet que ce Prince
donna à cet Officier.
Il La Maison de Roncherollesest
aussi tres-ancienne.
Elle a donnée des
Chambellans à nos Rois,
des Gouverneurs de Provinces,
& des Amiraux.
Robert de Roncherolles
futChambellan de Philippe
Auguste en 1160. & ses
successeurs le furent de
Charles VI.VII.& VIII. ôe
de Loüis XL )[JPlfC,. li
Ln En 1232.PierredeRoncherolles
estoit Couver
neur de Vermandois, & du
Corps du Parlement de Paris
composé alors des Barons
du Royaume qui alloient
exercer une justice
ambulante dans les Provincesau
nomdu Roy»,j£
Lorsque les Danois descendirenten
Neustrie, ce
fut un Roncherolles qui
disputalepassage de lariviere
de Seine à Olric leur
chef, & quand Guillaume
le Conquerant passa en
Angleterre le Seigneur de
Villars,cadetde la Maison
de Roncherolles ypassa
avec luy. Il s'y establit, &:
c'estde luy que sont descendus
les Ducs de Bukir**
gham.
Dans le Prieuré des deux
Amants fondé par cette
Klaïfon)on voit un Tombeau
sur lequel lesmots suivants
font gravez: Beatrix
de Roncherolles
,
Miles egregius,
obiitanno960. ,:,,",,
Nos Rois ont accordé
auxAisnez de cette Maison
le privilege d'estre Con..:
seiller né au Parlement de
Roüen, ainsique l'ont les
Conseillers d'honneur aux
autres Parlements du
Royaume. C'est presentement
Mr le Marquis de
Pont S. Pierre qui estl'Aisné
de cette Maison
,
dont
les Armes sont d'argent à
deux faces ou lignes de
Gueules ;celles de Boniface
sont d'argent à trois regles
-Ou faces de Synople.
r5 de
Roncherolles.
La Maison de Boniface
cire son origine d'un Com-
~te de Boniface, Tribun &:
Gouverneur de toute l'Afrique,
Amy particulier de
5>. Augustin
, comme on
le remarque par trois Lettres
queceSaint écrivit à.cc
Comte.
La premiere de ces Lettres
qui estoit autrefois las.
50e.dans leRecuëildesLettres
de ce Saint,se trouve
la 185e. dans l'Edition que
les PP. Benedictins en ~ont
faite, parce qu'ils les ~ont
rangées selon l'ordre des;
temps où elles ont estéécri-i
tes. C'estcelle où S. Augustin
parle au livre Kc* do
sesRetractationsou Revue'i
de sesOuvrages. Elle fut*
écriteenviron l'an 417&£
ne traite presque que deîa
*
Affaires des Donatistes, &a
de quelle maniereon pou-i
voit ramener ces Hérétiques
à l'union de l'Eglise.
: Cette Lettre commence
ainsi: Laudo egratulore
admiror ,fiLi dilectissime Bonifaci
,
quod inter curas bellorum
& armorum, vehementer
desideras ea nosse quoe Dei
funt.4
5i- La seconde est la 189c,
du mesme ordre Benedictin,
ôc la 105e. de l'ancien;
& c'est dans cette Lettre
écrite aparemmentl'année
suivante418. qu'il luy
donne un Reglement de
vie pourl'armée & que
l'on voit ces beaux endroits
Pacemdebet habere volantas
bellum necessitas, non enim
pax quoeritur ut bellum excitetur,
sed bellum geritur ut
pax requiratur.in his erAt
sanctusDavid,&c. "':. La troisiéme qui sa à
present la 220e. & quiestoit
autrefois la 70e. fut écrite
l'an 427. trois ans
avantla mort de S.Augustin;
c'est proprement une 1
instruction pour les Séculiers.
Envoicyun des plus
beaux endroits:Ut Deum
diligas non diligas mundum,
sed
11
Jed ex mundi bonisfacias opera
bona, &proptermundi bottay
nonfaciasopera mala.
Il y a eu de la Maison
deBoniface plusieurs Chevaliers
de Malthe. Elie de
Boniface, Marquis de Fenestrelles,
servit de second
à Jarnac contre la Chastaigneraye
dans le combat
qu'il y eust en champ clos
le 16. Juille 1547 devant le
Roy Henry II. Il fut tué à
la bataille deVaureal donnée
entre les Catholiques
& les Heretiques dans le
ComtatVenaissin. Ses obseques
furent faitesavec
grande pompe dans 1 Eglisede
S. Symphorien d'A.:a.
vignon Les Corps dé Ville
y assisterent ainsi que le
Cardinal Legat dont il estoit
fort consideré. Il fut
fort regretté en France.
Ozias de Boniface, vint
à la Cour avec l'Amiral de
Villars, son parent, ôc le
Roy le fit Chevalier de
l'Ordre de Saint Michel
,
& Gouverneur du Fort
de Sainte Catherine de
Roüen.
Henry IV. érigea en
J606. la Terre du Boslehart
en Baronie à cause des
grands services que ceux
de cette Maison avoient
rendus à la Couronne. Mr
de Boniface vint joindre ce
Monarque au siege d'Amiens
avec son Regiment
de deux mille hommes de
pied, ce qui se connoist
par le Brevet que ce Prince
donna à cet Officier.
Il La Maison de Roncherollesest
aussi tres-ancienne.
Elle a donnée des
Chambellans à nos Rois,
des Gouverneurs de Provinces,
& des Amiraux.
Robert de Roncherolles
futChambellan de Philippe
Auguste en 1160. & ses
successeurs le furent de
Charles VI.VII.& VIII. ôe
de Loüis XL )[JPlfC,. li
Ln En 1232.PierredeRoncherolles
estoit Couver
neur de Vermandois, & du
Corps du Parlement de Paris
composé alors des Barons
du Royaume qui alloient
exercer une justice
ambulante dans les Provincesau
nomdu Roy»,j£
Lorsque les Danois descendirenten
Neustrie, ce
fut un Roncherolles qui
disputalepassage de lariviere
de Seine à Olric leur
chef, & quand Guillaume
le Conquerant passa en
Angleterre le Seigneur de
Villars,cadetde la Maison
de Roncherolles ypassa
avec luy. Il s'y establit, &:
c'estde luy que sont descendus
les Ducs de Bukir**
gham.
Dans le Prieuré des deux
Amants fondé par cette
Klaïfon)on voit un Tombeau
sur lequel lesmots suivants
font gravez: Beatrix
de Roncherolles
,
Miles egregius,
obiitanno960. ,:,,",,
Nos Rois ont accordé
auxAisnez de cette Maison
le privilege d'estre Con..:
seiller né au Parlement de
Roüen, ainsique l'ont les
Conseillers d'honneur aux
autres Parlements du
Royaume. C'est presentement
Mr le Marquis de
Pont S. Pierre qui estl'Aisné
de cette Maison
,
dont
les Armes sont d'argent à
deux faces ou lignes de
Gueules ;celles de Boniface
sont d'argent à trois regles
-Ou faces de Synople.
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Résumé : Remarques sur les Maisons de Boniface & de Roncherolles.
Le texte présente les maisons nobles de Boniface et de Roncherolles, en soulignant leurs origines et leurs membres notables. La Maison de Boniface trouve ses racines dans un comte du même nom, tribun et gouverneur de l'Afrique, ami de saint Augustin. Trois lettres de saint Augustin adressées à ce comte sont mentionnées : la première, écrite vers 417, traite des affaires des Donatistes ; la seconde, datée de 418, contient des règlements pour la vie militaire ; la troisième, écrite en 427, est une instruction pour les séculiers. Plusieurs membres de cette maison ont été chevaliers de Malte. Elie de Boniface, marquis de Fenestrelles, a servi lors du combat de Jarnac en 1547 et a été tué à la bataille de Vaureal. Ozias de Boniface a été fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et gouverneur du Fort de Sainte-Catherine de Rouen. En 1606, Henri IV a érigé la Terre du Boslehart en baronnie en reconnaissance des services rendus par cette maison. La Maison de Roncherolles est également très ancienne. Elle a fourni des chambellans aux rois de France, des gouverneurs de provinces et des amiraux. Robert de Roncherolles a été chambellan de Philippe Auguste en 1160. Pierre de Roncherolles a été gouverneur de Vermandois en 1232. Un membre de cette maison a disputé le passage de la Seine aux Danois en Neustrie. Le seigneur de Villars, cadet de la Maison de Roncherolles, a accompagné Guillaume le Conquerant en Angleterre. Les armes de la maison sont d'argent à deux faces ou lignes de gueules. Les aînés de cette maison bénéficient du privilège d'être conseiller né au Parlement de Rouen. Actuellement, le marquis de Pont-Saint-Pierre est l'aîné de cette maison.
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5635
p. 193-203
TRAITÉ CONCLU le 11. Avril 1713. à Utrech entre le Roy de France & le Duc de Savoye.
Début :
Ce Traité est composé de dix-neuf Articles, qui contiennent [...]
Mots clefs :
Paix, Amnistie, Restitution, Territoires , Cession, Succession, Fortifications, Arbitrage, Commerce, Frontières
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texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ CONCLU le 11. Avril 1713. à Utrech entre le Roy de France & le Duc de Savoye.
TRAITECONCLU
le 11.Avril1713.àUtrech
entre le Roy de France (2*
le Duc de Savoye.
Ce Traité est composé
de dix neuf Articles, qui
contiennent en substance
ce qui suit.
Les deux premiers.
Qu'il y aura une bonne
& inviolable Paix entre le
RoyTres Chrestien&Son
Altesse Royale deSavoye,
- leurs heritiers, successeurs
& Estats, avec cessation de
toutes hostilitez,&unoubli
3c amnistie de tout ce
qui s'est passé durant la
presente guerre. ,
Le3 &4.
Que le Roy immédiatement
après la ratification
du present Traité, restituëra
à Son Altesse Royale
le Duché de Savoye, le
Comté de Nice, avec leurs
appartenances, & dependancesen
l'estas où ils fè
trouvent. Sa Majesté luy
cede de plus la Vallée de
Pragela,avec les Forts d'Exilles
& de Fenestrelles, les
Vallées d'Oulx; de Sezane,
deBardonache &de Chasteau
-
Dauphin, & tout ce
qui est à l'eau pendante
des Alpes vers le Piémont: iSonAlccfTe Royalecedereciproquement
à Sa Majesté
laVallée deBarcelonete
& ses dépendances, de maniere
que les Sommets des
Alpes serviront à l'avenir
de limites entre la France,
le Piémont & le Comté de
: Nice
*
& les Plaines qui
font dessus feront parragées
de mesme
,
selon le
cours des eaux.
Le 5.Article.
Qu'il est dit que comme
il a estéconvenu entre leurs
Majestez Tres-Chrestienne
& Cat holique d'une
part, & Sa MajestéBritannique
de l'autre,que le Roy
Catholique ayant cedé à
SonAltesse Royale le Royaume
de Sicile & les Isles
qui en dépendent, Sa Majesté
Tres - Chrestienne
consent & veut que cette
cession fasse partie du present
Traité, & promet pour
elle & ses successeurs de ne
s'opposerny faire aucune
choie contraire à ladite ceision,
promettant toute aide
& secours pour son exécution,
& pour maintenir
envers & contre tous Son
Altesse Royale en possession
dece Royaume.
Article 6.
Quele Roy consent que
la declaration du Roy d'£C
pagne, qui au défaut de
ses descendants, assure la
succession de la Couronne
d'Espagne & des Indes à
Son Altesse Royale & aux
Princes de Savoye
,
ainsi
qu'à leurs descendants males,
nez en legitime Mariage,
soitb tenu pour une partie
essentielle de ce Traité,
conformément à TAste
fait par le Roy d'Espagne
le 5. Novembre 1711.àceluy
des Estats ou Cortés du 7.Novembre 1712. &aux
renonciations de Monseigneur
le Duc de Berry &
de Monsieur le Duc d'Orleans
des 19. & 24. Novembre
1712.. promettant d'employer
ses forces envers ôc
contre tous,pour l'exécution
de cet article.
Article 7.
.,
Qu'il a cité convenu que
les cessions faites par le feu
Empereur Leopold à Son
AltesseRoyale dans leTraité
fait entre eux le 8. Novembre
1703. de la partie
du Duché de Montferrat
que possedoit le feu Duc de
Mantouè , des Provinces
d'Alexandrie & de Valen-
, ce , avec toutes les terres
entre lePo & le Tanaro,
de laLomelline
,
de laVallée
de Sesia
,
du droit ou
exercice de droit sur les
Fiefs des Langbes, & le
Vigevanasque ou son équivalent,
resteront dans leur
force & vigueur,&auront
leur effet, sans queSonAltesTe
Royale y puisse (ltre
troublée, mesme par les
prétendants au Duché de
Montferrat,lesquels feront
indemnisezconformément
audit Traité du 8.
Novembre 1703. promettant
d'employer conjointement
avec la Reine de la
Grande Bretagne,ses offices
ôc ses forces pour le
maintien & la garantie du
contenu au present Article
: comme aussi que la
Sentence Arbitrale du 27.
Janvier 1712. demeurera
dans sa force & vigueur, ôc
que dans six mois, les mesures
feront prises par l'Arbitrage
des Puissances garantes
du Traité de 1703.
pour le payement des
creances de Son Altesse
Royale.
Article 8.
Que Son Altesse pourra
fortifier ses frontières ôc
les lieux qui luy ont esté
cedez de parc & d'autre.
Article 9.
Que sa prétention que
le Prince de Monacho doit
prendre investiture d'elle
pour les Fiefs de Menton
& de Roccabruna, fera réglée
dans six mois par l'Arbitrage
de leurs Majestez
Très- Chrestienne & Britannique.
Les dix -autres Articles
concernent le restablissement
du Commerce & des
droits comme ils eftoienc
au temps du Duc Charles.
Emmanuel: la liberté à Son
Altesse de vendre les biens,
terres & effets qu'elle a en
France: la main levée de
ce qui a esté confisqué de
part & d'autre à l'occasion
de la guerre, à la reserve
des jugements legitimementrendus.
Ce queles
sujets de part & d'autre ont
fourni,leur fera payé Les
prisonniers de guerre ôc -
autres feront misenliberté.
Les quatre derniers ne
contiennent que les formalitez
ordinairesdes
Traitez, & ne meritent
point un Sommaire.
le 11.Avril1713.àUtrech
entre le Roy de France (2*
le Duc de Savoye.
Ce Traité est composé
de dix neuf Articles, qui
contiennent en substance
ce qui suit.
Les deux premiers.
Qu'il y aura une bonne
& inviolable Paix entre le
RoyTres Chrestien&Son
Altesse Royale deSavoye,
- leurs heritiers, successeurs
& Estats, avec cessation de
toutes hostilitez,&unoubli
3c amnistie de tout ce
qui s'est passé durant la
presente guerre. ,
Le3 &4.
Que le Roy immédiatement
après la ratification
du present Traité, restituëra
à Son Altesse Royale
le Duché de Savoye, le
Comté de Nice, avec leurs
appartenances, & dependancesen
l'estas où ils fè
trouvent. Sa Majesté luy
cede de plus la Vallée de
Pragela,avec les Forts d'Exilles
& de Fenestrelles, les
Vallées d'Oulx; de Sezane,
deBardonache &de Chasteau
-
Dauphin, & tout ce
qui est à l'eau pendante
des Alpes vers le Piémont: iSonAlccfTe Royalecedereciproquement
à Sa Majesté
laVallée deBarcelonete
& ses dépendances, de maniere
que les Sommets des
Alpes serviront à l'avenir
de limites entre la France,
le Piémont & le Comté de
: Nice
*
& les Plaines qui
font dessus feront parragées
de mesme
,
selon le
cours des eaux.
Le 5.Article.
Qu'il est dit que comme
il a estéconvenu entre leurs
Majestez Tres-Chrestienne
& Cat holique d'une
part, & Sa MajestéBritannique
de l'autre,que le Roy
Catholique ayant cedé à
SonAltesse Royale le Royaume
de Sicile & les Isles
qui en dépendent, Sa Majesté
Tres - Chrestienne
consent & veut que cette
cession fasse partie du present
Traité, & promet pour
elle & ses successeurs de ne
s'opposerny faire aucune
choie contraire à ladite ceision,
promettant toute aide
& secours pour son exécution,
& pour maintenir
envers & contre tous Son
Altesse Royale en possession
dece Royaume.
Article 6.
Quele Roy consent que
la declaration du Roy d'£C
pagne, qui au défaut de
ses descendants, assure la
succession de la Couronne
d'Espagne & des Indes à
Son Altesse Royale & aux
Princes de Savoye
,
ainsi
qu'à leurs descendants males,
nez en legitime Mariage,
soitb tenu pour une partie
essentielle de ce Traité,
conformément à TAste
fait par le Roy d'Espagne
le 5. Novembre 1711.àceluy
des Estats ou Cortés du 7.Novembre 1712. &aux
renonciations de Monseigneur
le Duc de Berry &
de Monsieur le Duc d'Orleans
des 19. & 24. Novembre
1712.. promettant d'employer
ses forces envers ôc
contre tous,pour l'exécution
de cet article.
Article 7.
.,
Qu'il a cité convenu que
les cessions faites par le feu
Empereur Leopold à Son
AltesseRoyale dans leTraité
fait entre eux le 8. Novembre
1703. de la partie
du Duché de Montferrat
que possedoit le feu Duc de
Mantouè , des Provinces
d'Alexandrie & de Valen-
, ce , avec toutes les terres
entre lePo & le Tanaro,
de laLomelline
,
de laVallée
de Sesia
,
du droit ou
exercice de droit sur les
Fiefs des Langbes, & le
Vigevanasque ou son équivalent,
resteront dans leur
force & vigueur,&auront
leur effet, sans queSonAltesTe
Royale y puisse (ltre
troublée, mesme par les
prétendants au Duché de
Montferrat,lesquels feront
indemnisezconformément
audit Traité du 8.
Novembre 1703. promettant
d'employer conjointement
avec la Reine de la
Grande Bretagne,ses offices
ôc ses forces pour le
maintien & la garantie du
contenu au present Article
: comme aussi que la
Sentence Arbitrale du 27.
Janvier 1712. demeurera
dans sa force & vigueur, ôc
que dans six mois, les mesures
feront prises par l'Arbitrage
des Puissances garantes
du Traité de 1703.
pour le payement des
creances de Son Altesse
Royale.
Article 8.
Que Son Altesse pourra
fortifier ses frontières ôc
les lieux qui luy ont esté
cedez de parc & d'autre.
Article 9.
Que sa prétention que
le Prince de Monacho doit
prendre investiture d'elle
pour les Fiefs de Menton
& de Roccabruna, fera réglée
dans six mois par l'Arbitrage
de leurs Majestez
Très- Chrestienne & Britannique.
Les dix -autres Articles
concernent le restablissement
du Commerce & des
droits comme ils eftoienc
au temps du Duc Charles.
Emmanuel: la liberté à Son
Altesse de vendre les biens,
terres & effets qu'elle a en
France: la main levée de
ce qui a esté confisqué de
part & d'autre à l'occasion
de la guerre, à la reserve
des jugements legitimementrendus.
Ce queles
sujets de part & d'autre ont
fourni,leur fera payé Les
prisonniers de guerre ôc -
autres feront misenliberté.
Les quatre derniers ne
contiennent que les formalitez
ordinairesdes
Traitez, & ne meritent
point un Sommaire.
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Résumé : TRAITÉ CONCLU le 11. Avril 1713. à Utrech entre le Roy de France & le Duc de Savoye.
Le traité d'Utrecht, signé le 11 avril 1713, entre le roi de France et le duc de Savoie, comprend dix-neuf articles. Les deux premiers articles instaurent une paix durable entre les parties, mettant fin aux hostilités et accordant une amnistie pour les actes de guerre. Les articles trois et quatre stipulent la restitution du Duché de Savoie et du Comté de Nice au duc de Savoie, ainsi que la cession de plusieurs vallées et forts à la France. En contrepartie, le duc de Savoie cède la vallée de Barcelonette à la France, les sommets des Alpes devenant les nouvelles frontières entre les deux territoires. L'article cinq confirme la cession du Royaume de Sicile au duc de Savoie par le roi catholique, avec le soutien de la France. L'article six valide la déclaration du roi d'Espagne concernant la succession de la Couronne d'Espagne et des Indes aux princes de Savoie. L'article sept maintient les cessions faites par l'empereur Léopold au duc de Savoie, incluant des territoires du Duché de Montferrat et d'autres provinces. L'article huit autorise le duc de Savoie à fortifier ses nouvelles frontières. L'article neuf prévoit un arbitrage pour régler la prétention du duc de Savoie sur les fiefs de Menton et de Roccabruna. Les articles suivants traitent du rétablissement du commerce, de la liberté de vendre des biens en France, de la levée des confiscations, du paiement des fournitures des sujets, et de la libération des prisonniers de guerre. Les quatre derniers articles concernent les formalités habituelles des traités.
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5636
p. [187]-224
Extrait d'une Lettre de Quebec du 11. Novembre 1712.
Début :
Ce Pays-ci est maintenant fort tranquille au dedans & [...]
Mots clefs :
Côtes, Noblesse, Bourgeois, Officiers, Acadie, Abénaquis, Froid, Amérique septentrionale, Ambassade
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Quebec du 11. Novembre 1712.
dernier, d 'ùx Ambassadeurs
Iroquois de la - Nation des
Onciout arriverent au Montreal
avec deux Colliers de
porcelaine,p- resens ordin aires
des Naturels de l'Amerique
Septentrionale, l'un de ces
colliers étoit destiné pour
Ononthio
,
c'est- à
- dire
pour le Gouverneur General
& l'autre pour les Sauvages
des environs de l'lue de
Montreal.Peu de jours aprés
l'arrivée de ces Iroqois partirent
pour ?Aifilim,¡ktna(,
le sieur de Ligneri, pour les
Miamis, le sieurde Vincen-
Des pour les Ilinois, le sieur
~Ddltetres; tous Officiers de
guerre qui sçavent la langue
de ces differentesNations,
& qui en connoissent le
genie; on a envoyé en même
temps quelques Canots pour
le Detroit.
1
Dans leS- temps de l'arrivée
du Héros, Vaisseau de
cinquante pieces de canon,
commandé par le Chevalier
de Beau- Charnois de Beaumont
au commencement
d'Octobre, nos Philibustiers
sont venus mouiller dans la
rade de Québec avec une
prise Angloise qui leur avoie
été ménagée p::r les Abna fej's
Sauvages de l'Acadie& tresfidele
aux François.
On fit le 2j. du mois
d'Octobre dernier dans
nostreEglise Cathedrale un
Servicesolémnel pour feu
Monseigneur & Madame la
Dauphine, le luminaire a
été des plus beaux qu'on ait
jamais vu dans la Nouvelle
France, tour étoit parfaitement
bien entendu
,
& a e,re executé avec toute 1la
pompe imaginable) cette
relation 6nr par une choseétonnante.
Unenff-ant â"g,édd'un
an& quelques mois a été
vu par plusieurs personnes
fumer comme s'il en avoir eu
l'ha bitude depuis long-tems.
Le Canada cil peut-estre le
Puïs du monde où l'on use
le plusde tabac, & où-l'on
fume le plus, aussi- bien les
petits que les grands; c'est
une pratique & un usage universe
dans toute la Colonie,
parmi même la plufparc
de ceux qui y menent la vie
la plus fefieufe.
Les Sauvages ne font aucune
difficulté de faire de
grands feux dans les Bois
pour y allumer ce que nous
appellons ici le Calumet,
c'est- à-dire la Pipe, ils
laissent sans façon au mi-
1reu d'une Forest de grands
Arbres tousembrasez, dont
la flâme aidée par les vents
& poussée au loin, cause des
incendies qui ne sont point
rares en ce Païsci.
Iroquois de la - Nation des
Onciout arriverent au Montreal
avec deux Colliers de
porcelaine,p- resens ordin aires
des Naturels de l'Amerique
Septentrionale, l'un de ces
colliers étoit destiné pour
Ononthio
,
c'est- à
- dire
pour le Gouverneur General
& l'autre pour les Sauvages
des environs de l'lue de
Montreal.Peu de jours aprés
l'arrivée de ces Iroqois partirent
pour ?Aifilim,¡ktna(,
le sieur de Ligneri, pour les
Miamis, le sieurde Vincen-
Des pour les Ilinois, le sieur
~Ddltetres; tous Officiers de
guerre qui sçavent la langue
de ces differentesNations,
& qui en connoissent le
genie; on a envoyé en même
temps quelques Canots pour
le Detroit.
1
Dans leS- temps de l'arrivée
du Héros, Vaisseau de
cinquante pieces de canon,
commandé par le Chevalier
de Beau- Charnois de Beaumont
au commencement
d'Octobre, nos Philibustiers
sont venus mouiller dans la
rade de Québec avec une
prise Angloise qui leur avoie
été ménagée p::r les Abna fej's
Sauvages de l'Acadie& tresfidele
aux François.
On fit le 2j. du mois
d'Octobre dernier dans
nostreEglise Cathedrale un
Servicesolémnel pour feu
Monseigneur & Madame la
Dauphine, le luminaire a
été des plus beaux qu'on ait
jamais vu dans la Nouvelle
France, tour étoit parfaitement
bien entendu
,
& a e,re executé avec toute 1la
pompe imaginable) cette
relation 6nr par une choseétonnante.
Unenff-ant â"g,édd'un
an& quelques mois a été
vu par plusieurs personnes
fumer comme s'il en avoir eu
l'ha bitude depuis long-tems.
Le Canada cil peut-estre le
Puïs du monde où l'on use
le plusde tabac, & où-l'on
fume le plus, aussi- bien les
petits que les grands; c'est
une pratique & un usage universe
dans toute la Colonie,
parmi même la plufparc
de ceux qui y menent la vie
la plus fefieufe.
Les Sauvages ne font aucune
difficulté de faire de
grands feux dans les Bois
pour y allumer ce que nous
appellons ici le Calumet,
c'est- à-dire la Pipe, ils
laissent sans façon au mi-
1reu d'une Forest de grands
Arbres tousembrasez, dont
la flâme aidée par les vents
& poussée au loin, cause des
incendies qui ne sont point
rares en ce Païsci.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Quebec du 11. Novembre 1712.
Le texte décrit divers événements et pratiques en Nouvelle-France. Des Iroquois de la Nation des Onciouts apportèrent à Montréal deux colliers de porcelaine, l'un pour le Gouverneur Général et l'autre pour les Amérindiens locaux. Plusieurs officiers de guerre se rendirent ensuite auprès de différentes nations amérindiennes, accompagnés de canots vers le Detroit. En octobre, le vaisseau 'Le Héros', commandé par le Chevalier de Beau-Charnois de Beaumont, arriva à Québec. Des philibustiers français y accostèrent avec une prise anglaise, aidés par les Abénaquis de l'Acadie, fidèles aux Français. Le 2 octobre, un service solennel fut organisé dans l'église cathédrale de Québec en mémoire de feu Monseigneur et Madame la Dauphine, avec un luminaire exceptionnel. Le texte mentionne également la consommation courante de tabac au Canada, y compris chez les enfants. Les Amérindiens allument souvent des feux dans les bois pour fumer la pipe, ce qui peut provoquer des incendies. Cette pratique est répandue dans la colonie, même parmi les personnes très pieuses.
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p. 188-262
Mort du Roy d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Ce jeune Prince s'estant fait donner un jour la Clef [...]
Mots clefs :
Roi, Prince, Comte, Angleterre, Duc, Troupes, Colonel, Peuple, Matelot, Ennemis, Noblesse, Vaisseaux, Gentilhomme, Fidélité, Obstacles, Seigneur, Commissaires, Habits, Royaume, Rivière, Général, Crainte, Avantage, Succès, Décès, Héritiers, Reine
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texteReconnaissance textuelle : Mort du Roy d'Angleterre, [titre d'après la table]
Ce
GALANT. 189
jeune Prince s'eftant fait donner
un jour la Clef du Parc ,
fous prétexte de chaffer, fut
affez heureux pour ſe dérober
de ceux qui l'obfervoient ; &
fe déguifant avec une Perruque
noire , & un emplaître
fur l'oeil , il fortit du Parc , &
entra dans un Carroffe , qui
le porta juſqu'au bord de la
Tamife. Une Gondole l'y
ayant reçû , il fe rendit en
un lieu où il prit un habit
de Femme. Il revint de là
dans fa Gondole , qui le rendit
à Grenvic fans aucun
obftacle ; mais en ce lieu-là)
190 MERCURE
celuy qui le conduifoit refufa
de paffer outre , non feulement
à cause d'un vent contraire
qui venoit de s'élever,
mais la crainte de conpar
tribuer à la fuite de quelque
Perfonne confidérable
, ce
qui eſtoit dangereux en ce
temps - là . Malheureuſement
pour le jeune Prince , for
Cordon bleu qu'il avoit mal
caché en ſe déguiſant
, parut
aux yeux de ce Marinier, qui
plus intelligent que plufieurs.
de fa profeffion , fçachant
qu'une marque fi illuftre ne
fe donne en Angleterre
qu
GALANTA 191
aux Perfonnes du premier
rang , comprit le miftere , &
ne douta point que ce ne fuft
le Duc d'York qu'il menoit.
L'embarras où le met cette
rencontre, le fit s'obftiner à
n'avancer plus. Banfila qui
accompagnoit le Prince , defefperé
du retardement,
conjura le Matelot de paſſer
promptement la Dame qui
étoit dans fa Gondole , parce
qu'elle avoit des affaires trespreffantes.
Il luy répondit
d'un ton fèvere , qu'il falloit
que cette Dame cuft des privileges
bien particuliers, pour
192 MERCURE
avoir receu l'Ordre de la Jar
retiére, qu'on ne donne point
aux Femmes . Le Prince qui
avoit l'ame intrépide , & les
maniéres perfuadantes , prit
une réſolution digne de lay.
Il tendit la main au Matelot,.
& avec une douceur qui auroit
gagné les moins traitables
; le fuis le Duc d'York,
luy dit- il . Tu peux tout pour
ma fortune , & peut- eftre pourma
vie . C'est à toy à voirſi tu
veux me fervir fidellement. Ce
peu de mots defarma le Matelot.
Il luy demanda pardon
de fa réfiftance ,& commença
1
GALANT:
1932
a ramer avec tant de vigueur,
qu'il fit arriver le Prince
à Tibury , plûtoft qu'il ne
l'avoit efperé. Il y trouva un
Vaiffeau Hollandois qui l'ac- ,
tendoit , & qui le porta à Mi-.
delbourg. Son evaſion inquiéta
les Etats. Il arriva des
defordres en Ecoffe. Les
Communes du Comté de
Kent
prirent les armes , pour
demander la liberté de leur
Roy. La
Nobleffe
appuya
leurs juftes
prétentions , & la
plupart
des
Vaiffeaux
qui
étoient aux Dunes , fe déclara
pour les mefmes interefts,
Fevrier 1685. R
194
MERCURE
Ce foûlevement
donna lieu à
une entrepriſe affez furprenante.
Un jeune Homme
appellé Corneille Evans , né
dans Marſeille , d'un Pere
forty du Païs de Galles , arriva
dans la Ville de Sandvvic ,
couvert d'un habit fi déchiré,
qu'étant pris par tout pour
un Homme de néant , il eut
de la peine à trouver où ſe
loger. Enfin , ayant eſté receu
dans une Maifon de peu
d'apparence
, où il fe fit affez
bien traiter , il tira fon Hofte
à part , & luy dit que pour re
connoiftre l'honnefteré
qu'il
•
GALANT. 195
yenoit d'avoir pour luy , il
vouloit luy confier un fecret
dont il pouvoit attendre de
grands avantages , s'il en fçavoit
bien ufer. Il ajoûta qu'il
étoit le Prince de Galles ; qu'il
s'étoit mis en l'état où il le
voyoit , pour le dérober aux
yeux de ſes Ennemis ; qu'
ayant appris que les Peuples
de cette Province fe foûlevoient,
il prétendoit leur donner
courage , & commencer
avec eux le fecours qu'ils devoient
au Roy fon Pere . Cet
Homme crédule fe laiffa perfuader
, & tout glorieux d'a-
Rij
196 MERCURE
voir chez luy le Fils de fort
Roy , il alla fur l'heure avertir
le Maire , qui étant venu rendre
fes refpects à ce faux
Prince , le fit loger dans la
plus belle Maifon de la Ville.
Chacun le traita de la meſme
forte. On luy donna des Gardes
avec ordre de fe tenir découverts
en fa prefence , & le
bruit de fon arrivée s'étant
répandu dans tout le Comté
de Kent , grand nombre de
Gentilshommes, & de Dames
mefme , vinrent luy offrir
leurs biens , pour le fecourir
dans fon entrepriſe. Ceux qui
GALANT. 197
s'étoient foûlevez , députe
rent auffi-toft pour le prier
de fe vouloir montrer à leur
tefte , & il auroit joué plus
long- temps ce perfonnage , fi
le Chevalier Dishinton que
la Reyne & le Prince de Gal
les avoient envoyé en Angleterre
, pour s'informer du veritable
état des affaires , n'euft
fait connoiftre la fourbe. Il fe
diſpoſoit à retourner en France
, lors qu'il apprit ce qui fe
paffoit à Sandvvic. Il y courut
, & convainquit l'Impo
fteur, qui fut arrefté, conduit
à Cantorbery , & delà à Lon
Rij
198 MERCURE
dres , d'où il ſe fauva quelques
mois apres . On n'en a
point entendu parler depuis.
Les Vaiffeaux des Dunes
que Farfax tâcha inutilement
de féduire
par Les offres , étant
paffez en Hollande , ceux qui
les
commandoient envoyerent
avertir le Prince de Galles
, qu'ils ne s'étoient fouftraits
de l'obeïffance des
Etats , que pour recevoir ſes
ordres. Il partit de S. Germain
en Laye , où il avoit
toûjoursdemeurédepuis qu'il
étoit forty d'Angleterre , &
s'étant embarqué à Calais acGALANT.
199
compagné du Prince Robert,
& d'un grand nombre de Nobleffe
Angloife & Ecoffoife,
que la perfecution des Ennemis
du Roy avoit contrainte
de fe retirer en France , il
pafla heureuſement en Hol
lande au commencement de
Juillet en 1648. Apres avoir
loué la fidelité des Officicrs
qui perfiftoient courageule
ment dans le deffein de perir
, s'il le falloit , pour s'op
pofer aux Rebelles , il monta
fur l'Amiral , fit courir un
Manifefte , par lequel il dé
clara qu'il ne prenoit les ar
R iiij
200 MERCURE
mes que pour maintenir la
Religion dans la pureté de
fes Inftructions
, pour donner
la Paix aux trois Royaumes
,en
remettant les Loix dans leur
force, & pour delivrer le Roy
fon Pere d'une tyrannique
oppreffion, & enfuite il alla fe
prefenter devant Yarmouth,
demandant que les Portes de
la Ville luy fuffent ouvertes.
Les Magiftrats réponditent
qu'ils n'en eftoient pas les
maiftres , & leur obftination
l'emporta fur l'inclination du.
Peuple qui envoya des ta
fraîchiffemens
à ce Prince.
piz
GALANT. 201
Il fe retira vers les Dunes
avec fa Flote , & n'ayant reçû
aucune réponſe favorable des
Lettres qu'il avoit écrites à
Londres fur fon Manifefte,
il alla chercher le Comte de
Warvvic , qui eftoit en mer
avec feizeVaiffeaux , & que les
Etats avoient étably Grand
Amiral du Royaume . Le
Comte évita les occafions.
d'en venir aux mains ; & la
nuit les ayant obligez de
jetter l'ancre à une lieue l'un
de l'autre, le Prince luy manda
par un Officier , qu'eftant
en perfonne fur les Vaiffeaux.
202 MERCURE
qu'il avoit veus , il luy commandoit
de le venir joindre
pour fervir le Roy , & de
mettre Pavillon bas quand il
leveroit les ancres . Le Comte
luy répondit qu'il ne reconnoiffoit
que les Etats pour
fes Maiftres , & qu'il ne devoit
attendre de luy aucune
foûmiflion . Le Prince irritée
de cet orgueil , fit mettre à
la voile fi- toft qu'il fut jour,
& alla droit à Warvic , dont
il trouva la Flote augmentée
de douze Vaiffeaux fortis du
Port de Porthmouth ; ce qui
ne l'euft pas empefché de le
GALANT. 203
combatre , fi une tempefte
qui dura vingt- quatre heures
n'euft féparé fi bien les deux
Flotes, que le Prince fut contraint
de relâcher en Hollande.
Tout ce qu'il pouvoit
tenter pour la liberté
du Roy fon Pere , eftant
ainfi renversé , & tout luy
manquant pour la fubfiftance
de fon Armée , il ne fe
remit point en mer, & atendit
le fuccés de quelques
Traitez d'Accommodement
dont on parloit ; mais apres
des Procédures qu'on ne
peut entendre fans horreur,
204 MERCURE
le Roy forcé de comparoiftre
devant fes Sujets , fut con
damné, comme Traître , Ty
ran , & Perturbateur du repos
public , à avoir la tefte
coupée ; & cet effroyable
Arreft fut exécuté le 9. Fe
vrier 1649. à la porte de fon
Palais , dans la meſme Ville
où il eftoit né , & au milieu
d'un Peuple dont fa bonté
luy devoit avoir gagné tous
les coeurs.
Le Prince ayant appris
cette funefte nouvelle à la
Haye, fçût en mefme temps
que les Etats avoient déclaré
GALANT 205
qu'on aboliroit le nom de
Roy , & que le Royaume
prendroit celuy de République.
On ne laiffa pas , malgré
ces défenſes, de voir des
Placards affichez dans toutes
les Villes d'Angleterre,
avec ces mots , CHARLES
STUART DEUXIEME
DU NOM , ROY D'ANGLETERRE,
D'IRLANDE
ET D'ECOSSE. Il y eut auffi
une fort grande conteftation
à
Londres pour les intérefts
du jeune Roy. Les Etats
qui en avoient fupprimé le
tître , ne pûrent obtenir du
206 MERCURE
Maire qu'il fift la Publica
tion de cette Ordonnance.
On l'interdit de fa Charge;
& celuy qui la remplit s'étant
diſpoſé à obeïr aux Etats,
le Peuple courut aux armes ,
en criant de toutes parts,
Vive Charles II. Le tumulte
euft efté loin , fi Cromvvel,
qui avoit prévû ce zéle des
Habitans, n'euftfait paroiftre
quatre Compagnies de Cavalerie
, qui diffipérent la
foule , & qui couvrant le
nouveau Maire , luy donnérent
le temps de publier l'injuſte
Ordonnance qui avoit
•
GALANT. 207
efté faite.
Pendant ce temps
le Prince
cherchoit à vanger
l'exécrable
Parricide qui venoit
d'eſtre commis. Il fçût
que les Ecoffois l'avoient fait
proclamer
Roy dans la grande
Place
d'Edimbourg
avec
toutes les formalitez
néceffaires
à rendre cette reconnoiffance
autentique; & comme
il avoit une haute eftime
pour la vertu du Marquis de
Montroffe
, voulant fe fervir
de luy pour remonter
fur le
Trône , il l'envoya
chercher
jufqu'en
Allemagne
, où il
s'eftoit engagé au ſervice de
208 MERCURE
l'Empereur. Montroffe ne
balança point fur ce qu'il
avoit à faire. Il fupplia l'Empereur
qui l'avoit fait Grand
Maréchal de l'Empire , de
trouver bon qu'il allaft fervir
fon Prince. L'Empereur loüa
fa fidélité. Il luy permit de
lever des Troupes ; & les
Roys de Suéde , & de Dan..
nemark , luy ayant donné
la mefme liberté dans leurs
Etats , il fit paffer fes premieres
Levées aux Ifles Or
cades , fous les ordres du
Comte de Kennoüil , l'affûrant
qu'il ne manqueroit pas
"
GALANT. 209
de le joindre avec mille Chevaux
& cinq mille Hommes
de pied. Ceux qui compo
foient lesEtats d'Ecoffe , étant
avertis que le Roy avoit envoyé
chercherMontroffe, qui
n'eftoit pas bien dans leurs
efprits , demandérent par un
des Articles de Paix qu'ils
firent avec ce Prince pour
le reconnoiftre, que ce Marquis
ne rentraft point dans
le Royaume. Le Roy nepût
fe réfoudre à l'abandonner.
Il fit voir aux Commiffaires.
envoyez à Breda pour con--
clurre le Traité , qu'il y al-
Février 1685, S
210 MERCURE
loit de fon fervice , de ne
pas laiffer inutile le courage
d'un Homme dont le zéle
& la valeur luy efſtoient connus
par de grandes preuves.
Ces Commiffaires infiftérent
fur leur demande
, & pendant
ce temps , les Troupes
qui eftoient defcenduës aux
Orcades arrivérent , & Montroffe
arriva luy-mefme peu
de temps apres avec un Corps
de quatre mille Hommes.Les
Etats s'en trouvérent alarmez.
Ils avoient plus de
douze mille Soldats fous les
armes , commandez parDavid
GALANT 211
Lelley. Ce Genéral détacha
fix Cornetes de Cavalerie tous
les ordres d'un Colonel Anglois
nommé Stranghan ,pour
aller s'oppofer au paffage du
Marquis de Montrofle. Ils
fe rencontrérent en un lieu
fort avantageux pour la Ca
valerie de Stranghan , qui
l'ayant défait , le fit prisonnier.
On le conduifit à Edimbourg
, les mains liées , &
avec les plus indigne's traitel'on
peut
faire à
mens que
un Criminel
. La Sentence
de mort qui fut exécutée con-
甘ae luy , portoit qu'il ferois
Sij
212 MERCURE
pendu, qu'on mettroit fate ftè
au plus haut lieu du Palais
d'Edimbourg , & que fon
corps partagé en quatre , feroit
expofe fur les Portes des
Villes de Sterling, Glafcovv ,
Perth , & Aberdin . La lec .
ture de cette injufte Sentence
ne l'étonna point. Il dit avec
une fermeté digne de fon
grand courage , que fos Ennemis
en le condamnant ne
luy avoient pas fait tant de
mal qu'ils avoient crû , &
qu'il eftoit faché que fon
corps ne puft eftre partagé en
autant de pieces qu'il y avoir
GALANT. 213
de Villes au Monde , parce
que c'euft efté autant de
Bouches qui auroient parlé
éternellement
de fa fidélité
pour fon Roy. Ce Prince fut
fenfiblement touché de cette
mort, qu'il connut bien qu'on
avoit précipitée de peur qu'il
ne l'empeſchaft
par fon au
torité , ou par fes prieres. Il
fut fur le point de rompre le
Traité de Breda , & tout commerce
avec les Etats d'Ecoffe
, mais la néceffité du
temps & de fes Affaires ne
le permit pas . Il s'embarqua
à Scheveling
le z. de Juin,
214 MERCURE
pour paffer dans ce Royau
me , & eftant arrivé à l'embouchure
de la Riviere de
Spey, il y prit terre. Un grand
nombre des plus confidérables
Seigneurs Ecoffois étant
venu le trouver
lefcorta
jufqu'à Dundée , où il reçût
les Députez chargez de luy
dire que tous fes Peuples
d'Ecoffe le voyoient arriver
avec une joye extréme , &
qu'ils eftoient prefts de donner
leurs biens , leur fang &
leurs vies, pour luy faire avoir
raifon de fes Ennemis. Le
Roy répondit à ce compli
GALANT 215
ment avec de grandes marques
d'affection pour les
Ecoffois; & fes empreffemens
à folliciter les Etats de lever
des Troupes , les y ayant
obligez , les Commiflions furent
données pour ſeize mille
Hommes de pied , & pour
fix mille Chevaux . On fit
le Comte de Leven Genéral
de l'Infanterie , & Holborne
de la Cavalerie , avec Mongommery
& Lefley , & le
Roy fut Genéraliffime . Le
bruit de ces Armemens s'étant
répandu en Angleterre,
Cromvvel qui avoit accepté
216 MERCURE
l'Employ de Farfax, s'avança
entre les Villes d'Edimbourg
& de Leith , où les Troupes
Ecoffoifes s'eftoient retranchées.
Apres deux Combats
donnez , fans nul avantage
pour l'un ny l'autre Party, les
Armées fe rencontrérent le
10. de Septembre prés de
Copperfpec , & vinrent aux
mains avec tant de malheur
pour celle d'Ecoffe , qu'il demeura
de ce cofté là pres de
einq mille Morts fur la place,
avec toute l'Artillerie & tout
le Bagage. Le nombre des
Prifonniers mota à huit mille.
Cette
GALANT. 217
Cette Victoire enfla le courage
de Cromvvel , qui n'eut
pas de peine enfuite de fe
rendre Maistre d'Edimbourg
+
& de Leith. Des fuccez fi
malheureux refroidirent les
Etats. Ils établirent des Comamiffaires
pour régler le nombre
des Domestiques duRoy,
& des Officiers néceffaires à
fon fervice . Ils éloignoient
les Affaires de fa connoiffance,
ne mettoient que de leurs
Créatures aupres de luy , &
ce Prince ne pouvant fouffrir
cet esclavage , réfolut enfin
de fe retirer. Il partit de faint
Fevrier 1685.
T
218 MERCURE
Johnſtons , feulement avec
quatre Hommes , & alla au
Port d'Ecoffe chercher un
azıle chez Milord Deduper,
où il fçavoit qu'il devoit trouver
le Marquis de Huntley;
les Comtes de Seaforth &
d'Atholl ; & plufieurs autres
Seigneurs , qui étoient inviolablement
attachez à luy avec
un Party affez puiſſant. Son
départ ayant fait naiſtre divers
fentimens fur la condui
te qu'on devoit tenir , il fut
réfolu qu'on l'envoyeroit fu
plier de revenir à S.Johnſtons,
pour y recevoir les témoignaGALANT.
219
1
ges du zéle que les Etats
avoient pour fon fervice.
Montgommery Genéral Major
fut honoré de cette Commiffion
. Il fe rendit chez Mi.
lord Déduper , & apres avoir
marqué au Roy le terrible
déplaifir que fon éloigne .
ment avoit caufé aux Etats ,
il le conjura de vouloir bien
le faire ceffer par la
prefence ,
& luy proteſta qu'il ne trouveroit
dans les Ecoffois que
des Sujets tres - foûmis. Le
Roy que l'experience avoit
perfuadé de leur peu de foy,
rejetta d'abord cette priere.
Tij
220 MERCURE
Il dit qu'il étoit las de fouffrir
des Maiftres dans un lieu où
il devoit commander
abfolument
; qu'eſtant né Roy , il
ignoroit comme il falloit
obéir , & qu'il avoit fait affez
d'honneur
aux Etats , pour les
engager à avoir pour luy les
déferences
qui luy étoient
deuës .
dit des chofes fi perfuafives,
& elles furent fi puiffamment
appuyées par le Marquis de
Huntley , que le Roy ſe laiſſa
vaincre. Il confidera qu'un
refus pourroitirriter ces Peuples
dont il devoit tout atten-
Montgommery luy
GALANT. 221
·
dre , & confentit à reprendre
le chemin de S. Johnftons,
Coù il receut des Etats des remercimens
qui luy firent
-perdre toute la crainte qu'il
avoit eue. Ce bonheur ne
dura pas. La divifion fe mit
entre les Generaux des Troupes
, qui avoient effé conjointement
levées par les Etats &
par le Clergé. Le Roy n'oublia
rien de ce qui pouvoit la
faire ceffer , mais il ne put en
venir à bout: Les Anglois en
profiterent. Le Château d'Edimbourg
qui avoit toûjours
refifté , fe rendit par l'infide-
✓ T iij
222 MERCURE
perte
lité de Dundaffe , qui fut féduit
par Cromvvel. Cette
& d'autres progrés que
les Anglois faifoient en Ecoffe
, firent juger aux Erats que
les querelles qui divifoient le
Royaume, ne finiroient point
que par une Autorité Royale.
Afin que tout le monde fuft
obligé de la reconnoiſtre ,
on réfolut de ne point differer
davantage le Couronnement
du Rov. La Cerémonie
s'en fit le 4. Janvier 1651. dans
l'Abbaye de Schoone
་
où
l'on avoit accouftumé de la
faire , & Charles Left le
GALANT. 223
quarante -huitiéme Roy que
l'on y a couronné. Il partit
de S. Jonftons avec une
pompe digne de fon rang.
Il eftoit accompagné de la
Nobleffe , & efcorté de l'Armée.
Milord Angus, en qualite
de Grand Chambellan ,
le reçût dans la Maifon qui
luy avoit efté préparée ; &
le Comte d'Argil , au nont
des Etats , luy fit un Difcours
plein d'affurances tres - ref
pectueuses , & de proteftations
d'une inviolable fidélité.
Apres la Harangue , le
Roy marcha vers l'Eglife,
Tij
224MERCURE
fuivy de tous les Seigneurs
d'Ecoffe , & des Officiers de
fa Maifon , fous un Dais de
Velours cramoify , qui eftoit
porté par quatre Perfonnes
confidérables . Il avoit le
Grand Connétable à fa droite,
& à fa gauche , le Grand.
Maréchal du Royaume . Le
Marquis d'Argil portoit la
Couronne , le Comte de Craford-
Lindley , le Sceptre ; le
Comte de Rothes , l'Epée ,
& le Comte d'Eglinton , les
Eperons . Le Roy , fuivant
l'ufage des Roys fes Prédeceffeurs
, fit le Serment fur.
GALANT. 224
un Trône que l'on avoit élevé
dans cette Eglife. Trois Per
fonnes qui repréfentoient les
trois Etats d'Ecofle , ſe préfentérent
devant luy , fourenant
chacune la Couronne
d'une main. Ils la remîrent
à trois Miniftres députez du
Clergé , dont l'un dit au Roy,
Sire , je vous préfente la Cou
ronne & la Dignitéde ce Royaume,
& s'eftant tourné vers le
Peuple , il ajoûta , Voulez- vous
reconnoiftre Charles II. pour vôtre
Roy, & devenir fes Sujets ?
Le Roy s'eftant auffi tourné
vers le Peuple , ce furens
226 MERCURE
par tour des cris de Vive
Charles II. Les Miniftres luy
ayant enfuite donné l'On
ction Royale , le Comte d'Argil
luy mit la Couronne fur
la tefte , & le Sceptre dans
la main. Son Couronnement
étoufa beaucoup de troubles.
On ordonna de nouvelles
Levées , & l'on fit fortifier
Sterlin .
Cromvvel voyant
l'Armée du Roy prés de cette
Ville où l'on apportoit fa
cilement toute forte de munitions
& de vivres , & apprenant
qu'elle eſtoit dans la
difpofition de marcher vers
GALANT 227
l'Angleterre , fe campa aux
environs d'Edimbourg , afin
de luy en fermer le paffage.
Il voulut engager ce Prince
à un Combat en s'aprochant
à la vue de fon Camp , &
hazarda une Attaque , dans
laquelle il fut repouffé & mis
en defordre . Ce mauvais fuc
cés le fit réfoudre à quiter
la place. Le Roy aprit qu'il
cftoit allé s'emparer de Fife,
& détacha malheureuſement
quatre mille Hommes , que
commandoit le Chevalier
Brovvn. Lambert les ataqua
avec un Party plus fort , &
228 MERCURE
❤
les défit prés de Nefterton
Ce coup , quoy que fort fenfible
au Roy , n'abatit point
fon courage. Il fit aſſembler
le Confeil de Guerre , où les
Capitaines luy ayant repréfenté
que beaucoup de fes
fidelles Sujets qui n'ofoient
fe déclarer en Angleterre,
prendroient fon Party lors
qu'ils l'y verroient entrer à la
tefte d'une Armée. Il réfolut
de le faire fans aucun retar
dement. Il partit de Sterlin
le 10. Aouft , & fitoft qu'il
fut dans le Comté de l'Enclaftre,
il fit publier une Am
GALANT. 229
nittie Genérale , & défendit
"
toutes les hoftilitez que les
Gens de Guerre ont accoûtumé
de commettre lors qu'ils
entrent dans un Païs Ennemy
, afin de montrer par là,
qu'il ne venoit qu'en Prince
qui aimoit le bien de fes Sujets.
Cromvvel le fuivit , &
Lambert voulut luy difputer
le paffage du Pont de Warifton
, mais il ne pût l'empeſcher
d'arriver àWorceſter,
dont les Habitans luy ouvri
rent les Portes le 22. Aouft,
apres luy avoir aidé à chaffer
la Garniſon que les Etats Y
230 MERCURE
avoient mife. Le Roy y ens
tra au milieu des cris de joye,
& y fit celébrer un Jeûne,
qui fat accompagné de Prieres
extraordinaires. Cromvvel
à qui les Paffages étoient
libres , arriva devant la Place
le 2. de Septembre , & fit
attaquer dés le lendemain le
Pont de Hapton , qui en défendoit
l'entrée du cofté de
la Riviere de Saverne. Ce
le Colonel Maffey
Pofte
que
défendit
avec
beaucoup
de
valeur
, fut
enfin
forcé
. La
mefme
chofe
arriva
à un autre
Pont
, appellé
Porvvik
"
GALANT. 231
1
Bridge , encore plus important
que le premier. Le
Duc d'Hamilton fut mortellement
bleffé en le défendant,
& mourut peu de jours
apres de fa bleſſure . Cetavantage
ne laiffa pas de couſter
cher à Cromvel . Le Roy
chargea luy-même fon Quartier
, bleffa de fa main le Capitaine
de fesGardes , & donna
mille preuves de conduite &
de valeur ; mais enfin un
Corps de huit mille Anglois
s'eftant approché de la Ville,
dans le trouble où le mau.
vais fuccés du Combatavoit
232
MERCURE
mis les Habitans , les Rebel
les fe rendirent maîtres d'une
de fes Portes , y traitérent impitoyablement
tout ce qu'ils
trouverent du Party du Roys
& tout ce que pût faire ce
malheureux Prince , fut de
rallier promptement mille
Chevaux , & de fortir fur le
foir par une Porte oppofée
à celle dont les Ennemis s'étoient
emparez . Toute cette
Troupe marcha plus d'une
heure fans fçavoir où elle alloit.
On s'arrefta pour tenir
Confeil. Quelques
- uns propoférent
de gagner quelque·
GALANT 233
Pofte
avantageux , pour y
attendre
le ralliement
des
Fuyards ; mais Milord Wilmot
leur fit connoiftre
qu'il
eftoit impoffible de réfilter
à cinquante
mille Hommesqui
les pourfuivroient
dés le
lendemain , & qu'il faloit fongerfeulement
à mettre le Roy
en fûreté.Le Comte de Darby
fe chargea de luy trouver une
Retraite affurée , & prenant
Wilmot pour
compagnon de
fon entreprife
, il ne voulut
eftre accompagné
que de
denx
Gentilshommes
nommez:
Giffard , & Walker, Le
Fevrier 1685 . V
1234 MERCURE
Roy partit fous la feule ef
corte de ces quatre Hommes
, & ils firent une telle
diligence , que lors que le
jour parut , ils fe trouvérent
à demy- lieue d'un Chateau
nommé Boscobel
, éloigné
de Worcester
de vingt-fix
milles . Comme
on n'y pouvoit
entrer à une heure indue
fans découvrir
le fecret,
Giffard propofa de prendre
la routed
petit Hameau
appellé les Dames Blanches,
où il répondit de la fidélité
d'un Païfan qu'on nommoit
George Pendrille . On alla
GALANT 23
chez luy mettre pied à terre ,
& le malheur du Roy luy fat
confié , ainfi qu'à trois de
fes Freres , qui promirent
tous de périr plûtoft que de
parler. Enfuite on coupa les
cheveux du Prince , il noircit
fes mains , fes habits fu
rent cachez dans la terre , on
luy en donna un de Païfan,
& George Pendrille luy ayant
fait prendre une Serpe , le
mena couper du bois avec
luy . Comme le fejour de ceux
l'accompagnoient pouqui
voit le trahir , ils s'en fop
érent , apres luy avoir u
236 MERCURE
qué par leurs larmes la vive
douleur que
leur caufoit fa
difgrace . A peine le Roy fut
dans la Foreſt , que deux cens
Chevaux arrivérent au même
Hameau . Les Commandans
voulurent d'abord en vifiter
les Maiſons , mais quelques
Femmes leur ayant dit qu'el
les n'avoient
veu que quatre
Hommes à cheval , qui s'étoient
féparez il n'y avoit
que deux heures , & avoient
pris diférentes routes , ils crûrent
que le Roy eftoit un
de ces Fuyards , & ayant fait
quatre Efcadrons de leurs
GALANT. 237
Troupes , ils prirent tous des
chemins divers. Ce Prince
paffa le jour dans le Bois , &
revint le foir avec Pendrille .
Comme il eftoit réfolu de fe
retirer au Païs de Galles , il
fe fit conduire cette mefme
nuit chez un Gentilhomme
nommé Carelos , dont il con
noiffoit la fidélité . Quoy qu'il
y
euft trois lieuës du Hameau
à la Maifon de ce Gentilhomme
, il les fit à pied avec
ardeur , & luy communiqua
le deffein où il eftoit de paf
fer la Riviere de Saverne.
Carelos l'en détourna ne luy
238 MERCURE
apprenant que tous les Paf
fages en eftoient gardez , &
la nuit fuivante
il le remena.
chez le Païſan qui l'avoit déja
caché. Pendrille craignant
que l'habit de Bucheron ne
trompaſt pas les Habitans du
Hameau , qui pouvoient le
remarquer
, luy propofa un
plus fûr azile. Il y avoit dans
le Bois un Chefne que la Nature
ſembloit avoir fait pour
un deffein extraordinaire
. Il
eftoit fi gros , & toutes fes
branches eftoient fi toufuës,
que vingt Hommes auroient
pû eftre deffus , fans qu'on
GALANT 239
les cuft découverts . Il pria
le Roy d'y vouloir monter ;
ce qu'il fit avec Carelos . Ils
s'y ajustérent fur deux Oreillers
, & y pafférent le jour,
fans autre nourriture
que du
Pain & une Bouteille d'Eau,
Ce Chefne a depuis efté nommé
le Chefne Royal . La nuit
ils retournérent dans la Maifon
de Pendrille . Le Roy y
trouva un Billet de Milord
Wilmot, par lequel il le prioit
de fe rendre chez un Gentilhomme
apellé Witgraves.
Le Roy partit auffi- toft, apres
avoir congedié Carelos . Il fit
240 MERCURE
ce petit Voyage , accompa
gné des quatre Freres , &
monté fur le Cheval d'un
Meulnier. Lajoyede Wilmot
fut grande lors qu'il vit fon
Prince . Il luy dit qu'il n'y avoit
aucune affurance pour fa vie,
s'il ne fortoit du Royaume, &
qu'il avoit pris des mefures
avec Witgraves pour
duire à Bristol, que Mademoi
felle Lane,Fille du Colonel de
ce nom , y devoit aller pour
les Couches d'une Soeur , &
qu'en qualité de Domeſtique
il la porteroit en croupe. La
chole fut fort bien exécutée,
Quelques
le conGALANT.
241
Quelques jours auparavant,
çette Demoiſelle avoit obtenu
un Pafleport pour aller à Briftol
avec un Valet. Elle étoit
adroite & fpirituelle , & déguifa
fi bien le Roy en luy la
vant le vifage d'une Eau dans
laquelle elle avoit fait bouillir
des écorces de noix , & d'au
tres drogues , qu'il eftoit
difficile de le réconnoiftre .
On luy donna un Habit conforme
à ce nouveau Perfonnage
, que la fortune luy faifoit
jouer, & dans cet état ils
prirent le chemin de Briſtol.
Wilmot feignant de chaffer
Fevrier
1685. X
242 MERCURE
un Oyſeau fur le poing , les
accompagna jufques à Brons
graves. Le Cheval du Royys
perdit un fer , & il falut luy
en faire mettre un autre. On
s'adreffarà un Maréchal , qui
en ble ferrant demanda des
nouvelles du Roy , au Roy
mefme. Le Prince ayant répondu
qu'il le croyoit en
Ecoffe , le Maréchal ajoûta
qu'affeurément il étoit caché
dans quelque Maifon d'Angleterre
, & qu'il cuft bien
voulu le découvrir parce
qu'il n'auroit plus à fe mettre
en peine de travailler , s'il
GALANT. 243
trouvoit moyen de le livrer
aux Etats . Cette converfation
finie , le Roy continua
fon chemin , avec la Demor
felle qu'il portoit toûjours en
croupe. Peu de temps apres
à l'entrée d'un Bourg, quel
ques Cavaliers envoyez pour
l'arrefter, vinrent à luy , & len
regardant attentivement , ce
luy qui les commandoit leur
dit qu'ils le laiffaffent paffer,
& que ce n'étoit pas ce qu'ils
cherchoient.
Eftant enfin arrivez chez
M'Norton à trois miiles de
Bristol , le Roy feignit de fe
X
ij
244 MERCURE
trouver mal , & Mademoiſelle
Lane qui paffoit pour la Maitreffe
, luy fit donner une
Chambre . Le lendemain un
Sommelier nommé Jean Pope
, qui avoit long- temps fervy
dans les Armées du feu
Roy , démefla les Traits du
Prince dans ceux du Conducteur
de Mademoiſelle Lane,
& l'ayant prié de defcendre
dans la Cave , il luy prefenta
du Vin , mit enfuite un genoüil
en terre , & luy fit de fi
ardentes proteftations de fidelité
, que le Roy le chargea
du foin de luy chercher un
GALANT. 245
Vaiffeau pour paffer en France
, mais il luy fut impoffible
de s'embarquer à Bristol . Milord
Wilmot l'étant venu joindre
, le conduifit chez le Co.
lonel Windhams , dans le
Comté de Dorfet. Ilssyy furent
trois femaines , attendant les
facilitez d'un Paffage à Lime.
Il y eut encore un fecond obftacle.
Un Capitaine dont on
s'étoit affeuré, manqua de parole
, & pour nouvelle difgra
le Cheval de Milord Wilce,
mot s'étant déferré , le Maréchal
connur aux clouds , que
celuy qui le montoit venoit
X
iij
246 MERCURE
C
du cofté du Nord , & le bruit
fut auffi toft répandu que le
Roy y étoit caché . Cela l'obligea
de fe rendre à Bridport
fans aucun retardement. La
nuit fuivante , il arriva à Braadvvindfor
, ou quantité de
Soldats qui s'embarquoient,
l'ayant mis dans la néceffité
de fe cacher, il retourna chez
le Colonel Windhams , avec
lequel il trouva à propos d'al
ler chez M' Hides , du cofté
de Salisbury. Eftant arrivez
à Mere, ils defcendirent à l'1-
mage S George. L'Hofte qui
connoiffoit le Colonel ,voyant
GALANT. 247
le Roy debout dans la poſture
d'un Domestique,luy demanda
fi c'étoit un de fes Gens.
Enfuite il porta la Santé du
Roy au Colonel. Ils fe rendirent
de là chez M'Hides ; mais
quoy qu'on puft faire , il fur
impoffible de trouver unVaiſ
feau dans tous les environs
de la Mer , du cofté de Southompton,
M' Philips que l'on
avoit envoyé pour cela , rencontra
le Colonel Gunter, qui
fe chargea de tenir une Barque
prefte à Britemhfthed en
Suffex. Le Roy s'y rendit en
diligence & y trouva Milord
X iiij
248 MERCURE
;
Wilmot & Maumfel Mar
chand , dont Gunter s'étoit
fervi pour le fuccés de fon en.
trepriſe . Le Capitaine du Vaifſeau
, nommé Tetershall , fe
mit à table avec le Roy &
Milord Wilmot. Comme il
avoit vû ce Prince aux Du
nes , il le reconnur, & s'apro
chant de l'oreille du Milord;
Vous avez des Domestiques de
bonne Maison , luy dic il , & je
croy qu'il y a peu de Gentils
hommes en Europe auffi bien fer
ruis que vous . Il ne perdit point
de temps. Il donna ſes ordres
pour l'embarquement ; & le
GALANT. 249
Vaiffeau fe mit en Mer le 20.
Octobre à cinq heures du
matin. Dans le Trajer un Matelot
prenant du Tabac , & le
Capitaine connoiffant que la
fumée incommodoit Sa Majefté,
il le gronda , & luy or
donna de fe retirer . Le Matelot
le fit avec peine , & luy
répondit en murmurant par
une façon de parler Angloife
, Qu'un Chat regardoit bien
in Roy. Le Voyage fe fit
fans obftacle . On arriva à
Fécamp en Normandie , où
le Milord qui n'avoit rien dit
jufque- là , avoua au Capitai250
MERCURE
ne que c'étoit le Roy qu'il
avoit paffé. Il fe jetta aux
pieds de fon Prince , qui luy
promit de récompenter un
jour fa fidelité. Le Roy ayant
changé d'habits à Rouen , où
il demeura peu de temps
chez M'Scot, vint à Paris attendre
les Révolutions qui
font ordinaires à la tyrannie.
Olivier Cromvvel, déclaré
Protecteur des trois Royaumes
en 1653. mourut en 1658
Apres fa mort on donna la
mefme qualité à Richard fon
Fils ; mais eftant incapable
de la foûtenir , le Parlement
GALANT 251
luy fit demander fa démif
fion , & il la donna . Le Ges
néral Monk fe fervit avec
tant de zéle , de prudence &
de conduire , des difpofitions
où il voyoit les efprits pour
le rétabliffement de la Monarchie,
qu'il fut réfolu qu'on
rappelleroit le Roy. Le Par
lement luy dépeſcha le 19. de
May 1660. un Gentilhomme
nommé Kilgrevv , pour luy
porter la nouvelle de fa Proclamation
, qui avoit efté faite
à Londres ce mefme jour ,
& ayant donné ordre à l'Amiral
Montagu de fe mettre en
252 MERCURE
mer pour aller le recevoir fur
les Coftes de Hollande , il
nomma dixhuit , Commiffaires
, fix de la Chambre des
Pairs , & douze de la Chambre
des Communes
, pour
le fapplier de venir prendre
poffeflion de fes trois Royau
mes. La Ville de fon cofté
choifit vingt de fes plus illuftres
Habitans
, pour luy
aller rendre les mefmes devoirs.
Tous ces Députez furent
favorablement reçûs à
la Haye , où le Roy eftoit
alors . Ce Prince en partit le
2. de Juin , &le Vaiffeau furGALANT.
253
lequel il s'embarqua , parut
au Port de Douvres deux
jours apres , 4 du mefme
mois. Il y fut reçû par Monk,
qui fe mit d'abord à genoux.
Le Roy le releva en l'embraffant
, & en l'appellant fon
Pere. Apres une conférence
d'une demie heure qu'il eut
avec luy en particulier , ce
Prince fe mit fous un Dais
qui eftoit tendu au bord de
lå Mer, fous lequel les Ducs
d'York , & de Gloceſter , fes
Freres, fe mirent auffi Ils reçûrent
là les refpects de laNobleffe,
& mótérent enfuite en
254 MERCURE
Carroffe, où le Genéral Monk
prit place , auffi-bien que le
Duc de Buckincam. Dans
le chemin de Cantorbery ils
trouvérent quelques vieux
Régimens , avec les Compagnies
de la Nobleffe en
Bataille. Le Roy monta à
cheval , & y fit fon Entrée
à leur tefte . Pendant fon féjour
dans cette Ville , il donna
l'Ordre de la Jarretiere au
Genéral Monk. Elle luy fuc
attachée par les Ducs d'York
& de Glocefter. Le Duc de
Southampton y reçût le même
honneur ; mais il y cut
GALANT. 255
·
cette diférence , que ce fut
feulement un Héraut qui luy
mit l'Ordre. Peu de jours
apres le Roy fit fon entrée à
Londres . Elle fut fort éclatante.
Plufieurs Troupes de
Gentilshommes & de Bour-
>
geois richement vétus , & fu
perbement montez mar
choient devant luy. Celle qui
l'environnoit étoit compofée
des Herauts, des Porte-Maffe ,
du Maire qui étoit teſte nuë
avec l'épée Royale à la main ,
du General Monk , & du Duc
de Buckincam
. qui le precédoient
auffi tefte nue. Il mar
256 MERCURE
•
choit entre les Ducs d'Yorck
& de Glocefter , & à pei
ne eut-il mis pied à terre à
Witheal , qu'au lieu de fe rafraîchir
, il alla au Parlement.
Il entra dans la Chambre des
Pairs , manda celle des Com
munes , & les voyant affenblez
, il les affeura qu'il fe
fouviendroit toûjours de la
fidelité qu'ils avoient gardée
pour fon fervice , & les pria
tous d'agir pour le foulage.
ment de fon Peuple. Il fut
Couronné en 1661 dans la
mefme Ville , avec une Pompe
extraordinaire , & l'année
GALANT 257
fuivante, il épousa Catherine,
Infante de Portugal , Fille de
Jean IV. & Soeur du Roy Alphonfe
VI. C'est une Princeffe
dont la vertu & la pieté,,
vont au delà de tout ce qu'on
en peut dire. Il s'eft depuis :
appliqué avec de grands foinsà
étouffer les defordres que
les Factieux tâchoient de fai
re revivre. Il en eft venu à
bout, & a remporté de grands
avantages fur les Hollandois ,,
en deux diverfes rencontres.
Une preuve incóteftable dess
grandes qualitez de ce Monarque
, c'est qu'il s'eftoire
Fevrier 1685,
Y
218 MERCURE
1
acquis l'amitié du Roy. Je
viens aux particularitez de fa
pg zed eated xusb. sb
mort.
+
97 Le Dimanche au foir 11. de
ce mois , il parut dans une
parfaite fanté, & plus gay qu'à
l'ordinaire. Il eut la nuit de
grandes inquietudes , & fon
fommeil fut interrompu . Il
ne voulut neanmoins appeller
perfonne , & s'eftant levé
dés fept heures du matin , il
demanda qu'on luy fiſt le
poil. A peine luy eut on mis
un Peignoir, qu'un fort grand
treffaillement luy fit pouffer
avec force les coudes en ar
A
GALANT
259
&
riere.
fois , Mon Il cria trots
Dies & demeura
enfuite
prés
de deux heures
fans pouvoir
parler. Un Valet de Chambre
courut
à l'Apartement
de
Monfieur
le Duc d'York
,
luy dit que l'on croyoit
le
Roy mort. Ce Duc vint toute
effrayé, & en Robe de Cham--
bre. On faigna le Roy deux:
fois , on luy appliqua
des
Vantoufes
, & on luy donna:
un Vomitif
, La connoiffance
kay revint un peu , & il de--
manda
à boire. On eut quelque
efpérance
de fa guériſon
,
jufqu'au
Mercredy
au foir
Y it
260 MERCURE
Cependant le mal l'ayant re
pris avec plus de violence , il
mourut le Vendredy 16. entre
onze heures & midy . Il
n'a eu aucuns Enfans de la
Reyne , mais il en a laiffé de
naturels , qui font
Jacques Scotty Duc de
Montmouth, Comte de Dun .
cafter , & de Dolkeith , Chevalier
de la Jarretiere , & c.
"Charles Lenox , Duc de
Richemont , Fils de la Du--
cheffe de Porthmouth ..
Charles Filts Roy, Duc de
Southampton.
Henry Files Roy , Duc de
GALANT.: 261
Grafton , qui a épousé en
1672. la Fille unique de Henry
2 Baron d'Arlington ,Secretaire
d'Etat.
-Georges
Filts Roy, Comte
de Northumberland
.
"
Anne Filts Roy , qui a
-époufé Thomas Leonard ,
Comte de Suffeк ; tous Enfans
de Barbe Villiers , Ducheffe
de Cleveland , Comteffe
de Caftelmene, Baronne
deNonfuch,& Fille du Comte
de Grandiffon.
Charles Filts Charles ,Comte
de Plimouth , Filts de Mademoiſelle
de Kyroüel , Du262
MERCURE
*
cheffe de Portzhmouth , &
Comteffe d'Aubigny. I a
épouté une Fille de Thomas
Ofborn , Comte de Damby,
Grand Tréforier d'Angle
terre. 968
3 Charlote Filts Roy , qui
a époufé le Comte de Lieghfield
.
Barbe Filts - Roy.
GALANT. 189
jeune Prince s'eftant fait donner
un jour la Clef du Parc ,
fous prétexte de chaffer, fut
affez heureux pour ſe dérober
de ceux qui l'obfervoient ; &
fe déguifant avec une Perruque
noire , & un emplaître
fur l'oeil , il fortit du Parc , &
entra dans un Carroffe , qui
le porta juſqu'au bord de la
Tamife. Une Gondole l'y
ayant reçû , il fe rendit en
un lieu où il prit un habit
de Femme. Il revint de là
dans fa Gondole , qui le rendit
à Grenvic fans aucun
obftacle ; mais en ce lieu-là)
190 MERCURE
celuy qui le conduifoit refufa
de paffer outre , non feulement
à cause d'un vent contraire
qui venoit de s'élever,
mais la crainte de conpar
tribuer à la fuite de quelque
Perfonne confidérable
, ce
qui eſtoit dangereux en ce
temps - là . Malheureuſement
pour le jeune Prince , for
Cordon bleu qu'il avoit mal
caché en ſe déguiſant
, parut
aux yeux de ce Marinier, qui
plus intelligent que plufieurs.
de fa profeffion , fçachant
qu'une marque fi illuftre ne
fe donne en Angleterre
qu
GALANTA 191
aux Perfonnes du premier
rang , comprit le miftere , &
ne douta point que ce ne fuft
le Duc d'York qu'il menoit.
L'embarras où le met cette
rencontre, le fit s'obftiner à
n'avancer plus. Banfila qui
accompagnoit le Prince , defefperé
du retardement,
conjura le Matelot de paſſer
promptement la Dame qui
étoit dans fa Gondole , parce
qu'elle avoit des affaires trespreffantes.
Il luy répondit
d'un ton fèvere , qu'il falloit
que cette Dame cuft des privileges
bien particuliers, pour
192 MERCURE
avoir receu l'Ordre de la Jar
retiére, qu'on ne donne point
aux Femmes . Le Prince qui
avoit l'ame intrépide , & les
maniéres perfuadantes , prit
une réſolution digne de lay.
Il tendit la main au Matelot,.
& avec une douceur qui auroit
gagné les moins traitables
; le fuis le Duc d'York,
luy dit- il . Tu peux tout pour
ma fortune , & peut- eftre pourma
vie . C'est à toy à voirſi tu
veux me fervir fidellement. Ce
peu de mots defarma le Matelot.
Il luy demanda pardon
de fa réfiftance ,& commença
1
GALANT:
1932
a ramer avec tant de vigueur,
qu'il fit arriver le Prince
à Tibury , plûtoft qu'il ne
l'avoit efperé. Il y trouva un
Vaiffeau Hollandois qui l'ac- ,
tendoit , & qui le porta à Mi-.
delbourg. Son evaſion inquiéta
les Etats. Il arriva des
defordres en Ecoffe. Les
Communes du Comté de
Kent
prirent les armes , pour
demander la liberté de leur
Roy. La
Nobleffe
appuya
leurs juftes
prétentions , & la
plupart
des
Vaiffeaux
qui
étoient aux Dunes , fe déclara
pour les mefmes interefts,
Fevrier 1685. R
194
MERCURE
Ce foûlevement
donna lieu à
une entrepriſe affez furprenante.
Un jeune Homme
appellé Corneille Evans , né
dans Marſeille , d'un Pere
forty du Païs de Galles , arriva
dans la Ville de Sandvvic ,
couvert d'un habit fi déchiré,
qu'étant pris par tout pour
un Homme de néant , il eut
de la peine à trouver où ſe
loger. Enfin , ayant eſté receu
dans une Maifon de peu
d'apparence
, où il fe fit affez
bien traiter , il tira fon Hofte
à part , & luy dit que pour re
connoiftre l'honnefteré
qu'il
•
GALANT. 195
yenoit d'avoir pour luy , il
vouloit luy confier un fecret
dont il pouvoit attendre de
grands avantages , s'il en fçavoit
bien ufer. Il ajoûta qu'il
étoit le Prince de Galles ; qu'il
s'étoit mis en l'état où il le
voyoit , pour le dérober aux
yeux de ſes Ennemis ; qu'
ayant appris que les Peuples
de cette Province fe foûlevoient,
il prétendoit leur donner
courage , & commencer
avec eux le fecours qu'ils devoient
au Roy fon Pere . Cet
Homme crédule fe laiffa perfuader
, & tout glorieux d'a-
Rij
196 MERCURE
voir chez luy le Fils de fort
Roy , il alla fur l'heure avertir
le Maire , qui étant venu rendre
fes refpects à ce faux
Prince , le fit loger dans la
plus belle Maifon de la Ville.
Chacun le traita de la meſme
forte. On luy donna des Gardes
avec ordre de fe tenir découverts
en fa prefence , & le
bruit de fon arrivée s'étant
répandu dans tout le Comté
de Kent , grand nombre de
Gentilshommes, & de Dames
mefme , vinrent luy offrir
leurs biens , pour le fecourir
dans fon entrepriſe. Ceux qui
GALANT. 197
s'étoient foûlevez , députe
rent auffi-toft pour le prier
de fe vouloir montrer à leur
tefte , & il auroit joué plus
long- temps ce perfonnage , fi
le Chevalier Dishinton que
la Reyne & le Prince de Gal
les avoient envoyé en Angleterre
, pour s'informer du veritable
état des affaires , n'euft
fait connoiftre la fourbe. Il fe
diſpoſoit à retourner en France
, lors qu'il apprit ce qui fe
paffoit à Sandvvic. Il y courut
, & convainquit l'Impo
fteur, qui fut arrefté, conduit
à Cantorbery , & delà à Lon
Rij
198 MERCURE
dres , d'où il ſe fauva quelques
mois apres . On n'en a
point entendu parler depuis.
Les Vaiffeaux des Dunes
que Farfax tâcha inutilement
de féduire
par Les offres , étant
paffez en Hollande , ceux qui
les
commandoient envoyerent
avertir le Prince de Galles
, qu'ils ne s'étoient fouftraits
de l'obeïffance des
Etats , que pour recevoir ſes
ordres. Il partit de S. Germain
en Laye , où il avoit
toûjoursdemeurédepuis qu'il
étoit forty d'Angleterre , &
s'étant embarqué à Calais acGALANT.
199
compagné du Prince Robert,
& d'un grand nombre de Nobleffe
Angloife & Ecoffoife,
que la perfecution des Ennemis
du Roy avoit contrainte
de fe retirer en France , il
pafla heureuſement en Hol
lande au commencement de
Juillet en 1648. Apres avoir
loué la fidelité des Officicrs
qui perfiftoient courageule
ment dans le deffein de perir
, s'il le falloit , pour s'op
pofer aux Rebelles , il monta
fur l'Amiral , fit courir un
Manifefte , par lequel il dé
clara qu'il ne prenoit les ar
R iiij
200 MERCURE
mes que pour maintenir la
Religion dans la pureté de
fes Inftructions
, pour donner
la Paix aux trois Royaumes
,en
remettant les Loix dans leur
force, & pour delivrer le Roy
fon Pere d'une tyrannique
oppreffion, & enfuite il alla fe
prefenter devant Yarmouth,
demandant que les Portes de
la Ville luy fuffent ouvertes.
Les Magiftrats réponditent
qu'ils n'en eftoient pas les
maiftres , & leur obftination
l'emporta fur l'inclination du.
Peuple qui envoya des ta
fraîchiffemens
à ce Prince.
piz
GALANT. 201
Il fe retira vers les Dunes
avec fa Flote , & n'ayant reçû
aucune réponſe favorable des
Lettres qu'il avoit écrites à
Londres fur fon Manifefte,
il alla chercher le Comte de
Warvvic , qui eftoit en mer
avec feizeVaiffeaux , & que les
Etats avoient étably Grand
Amiral du Royaume . Le
Comte évita les occafions.
d'en venir aux mains ; & la
nuit les ayant obligez de
jetter l'ancre à une lieue l'un
de l'autre, le Prince luy manda
par un Officier , qu'eftant
en perfonne fur les Vaiffeaux.
202 MERCURE
qu'il avoit veus , il luy commandoit
de le venir joindre
pour fervir le Roy , & de
mettre Pavillon bas quand il
leveroit les ancres . Le Comte
luy répondit qu'il ne reconnoiffoit
que les Etats pour
fes Maiftres , & qu'il ne devoit
attendre de luy aucune
foûmiflion . Le Prince irritée
de cet orgueil , fit mettre à
la voile fi- toft qu'il fut jour,
& alla droit à Warvic , dont
il trouva la Flote augmentée
de douze Vaiffeaux fortis du
Port de Porthmouth ; ce qui
ne l'euft pas empefché de le
GALANT. 203
combatre , fi une tempefte
qui dura vingt- quatre heures
n'euft féparé fi bien les deux
Flotes, que le Prince fut contraint
de relâcher en Hollande.
Tout ce qu'il pouvoit
tenter pour la liberté
du Roy fon Pere , eftant
ainfi renversé , & tout luy
manquant pour la fubfiftance
de fon Armée , il ne fe
remit point en mer, & atendit
le fuccés de quelques
Traitez d'Accommodement
dont on parloit ; mais apres
des Procédures qu'on ne
peut entendre fans horreur,
204 MERCURE
le Roy forcé de comparoiftre
devant fes Sujets , fut con
damné, comme Traître , Ty
ran , & Perturbateur du repos
public , à avoir la tefte
coupée ; & cet effroyable
Arreft fut exécuté le 9. Fe
vrier 1649. à la porte de fon
Palais , dans la meſme Ville
où il eftoit né , & au milieu
d'un Peuple dont fa bonté
luy devoit avoir gagné tous
les coeurs.
Le Prince ayant appris
cette funefte nouvelle à la
Haye, fçût en mefme temps
que les Etats avoient déclaré
GALANT 205
qu'on aboliroit le nom de
Roy , & que le Royaume
prendroit celuy de République.
On ne laiffa pas , malgré
ces défenſes, de voir des
Placards affichez dans toutes
les Villes d'Angleterre,
avec ces mots , CHARLES
STUART DEUXIEME
DU NOM , ROY D'ANGLETERRE,
D'IRLANDE
ET D'ECOSSE. Il y eut auffi
une fort grande conteftation
à
Londres pour les intérefts
du jeune Roy. Les Etats
qui en avoient fupprimé le
tître , ne pûrent obtenir du
206 MERCURE
Maire qu'il fift la Publica
tion de cette Ordonnance.
On l'interdit de fa Charge;
& celuy qui la remplit s'étant
diſpoſé à obeïr aux Etats,
le Peuple courut aux armes ,
en criant de toutes parts,
Vive Charles II. Le tumulte
euft efté loin , fi Cromvvel,
qui avoit prévû ce zéle des
Habitans, n'euftfait paroiftre
quatre Compagnies de Cavalerie
, qui diffipérent la
foule , & qui couvrant le
nouveau Maire , luy donnérent
le temps de publier l'injuſte
Ordonnance qui avoit
•
GALANT. 207
efté faite.
Pendant ce temps
le Prince
cherchoit à vanger
l'exécrable
Parricide qui venoit
d'eſtre commis. Il fçût
que les Ecoffois l'avoient fait
proclamer
Roy dans la grande
Place
d'Edimbourg
avec
toutes les formalitez
néceffaires
à rendre cette reconnoiffance
autentique; & comme
il avoit une haute eftime
pour la vertu du Marquis de
Montroffe
, voulant fe fervir
de luy pour remonter
fur le
Trône , il l'envoya
chercher
jufqu'en
Allemagne
, où il
s'eftoit engagé au ſervice de
208 MERCURE
l'Empereur. Montroffe ne
balança point fur ce qu'il
avoit à faire. Il fupplia l'Empereur
qui l'avoit fait Grand
Maréchal de l'Empire , de
trouver bon qu'il allaft fervir
fon Prince. L'Empereur loüa
fa fidélité. Il luy permit de
lever des Troupes ; & les
Roys de Suéde , & de Dan..
nemark , luy ayant donné
la mefme liberté dans leurs
Etats , il fit paffer fes premieres
Levées aux Ifles Or
cades , fous les ordres du
Comte de Kennoüil , l'affûrant
qu'il ne manqueroit pas
"
GALANT. 209
de le joindre avec mille Chevaux
& cinq mille Hommes
de pied. Ceux qui compo
foient lesEtats d'Ecoffe , étant
avertis que le Roy avoit envoyé
chercherMontroffe, qui
n'eftoit pas bien dans leurs
efprits , demandérent par un
des Articles de Paix qu'ils
firent avec ce Prince pour
le reconnoiftre, que ce Marquis
ne rentraft point dans
le Royaume. Le Roy nepût
fe réfoudre à l'abandonner.
Il fit voir aux Commiffaires.
envoyez à Breda pour con--
clurre le Traité , qu'il y al-
Février 1685, S
210 MERCURE
loit de fon fervice , de ne
pas laiffer inutile le courage
d'un Homme dont le zéle
& la valeur luy efſtoient connus
par de grandes preuves.
Ces Commiffaires infiftérent
fur leur demande
, & pendant
ce temps , les Troupes
qui eftoient defcenduës aux
Orcades arrivérent , & Montroffe
arriva luy-mefme peu
de temps apres avec un Corps
de quatre mille Hommes.Les
Etats s'en trouvérent alarmez.
Ils avoient plus de
douze mille Soldats fous les
armes , commandez parDavid
GALANT 211
Lelley. Ce Genéral détacha
fix Cornetes de Cavalerie tous
les ordres d'un Colonel Anglois
nommé Stranghan ,pour
aller s'oppofer au paffage du
Marquis de Montrofle. Ils
fe rencontrérent en un lieu
fort avantageux pour la Ca
valerie de Stranghan , qui
l'ayant défait , le fit prisonnier.
On le conduifit à Edimbourg
, les mains liées , &
avec les plus indigne's traitel'on
peut
faire à
mens que
un Criminel
. La Sentence
de mort qui fut exécutée con-
甘ae luy , portoit qu'il ferois
Sij
212 MERCURE
pendu, qu'on mettroit fate ftè
au plus haut lieu du Palais
d'Edimbourg , & que fon
corps partagé en quatre , feroit
expofe fur les Portes des
Villes de Sterling, Glafcovv ,
Perth , & Aberdin . La lec .
ture de cette injufte Sentence
ne l'étonna point. Il dit avec
une fermeté digne de fon
grand courage , que fos Ennemis
en le condamnant ne
luy avoient pas fait tant de
mal qu'ils avoient crû , &
qu'il eftoit faché que fon
corps ne puft eftre partagé en
autant de pieces qu'il y avoir
GALANT. 213
de Villes au Monde , parce
que c'euft efté autant de
Bouches qui auroient parlé
éternellement
de fa fidélité
pour fon Roy. Ce Prince fut
fenfiblement touché de cette
mort, qu'il connut bien qu'on
avoit précipitée de peur qu'il
ne l'empeſchaft
par fon au
torité , ou par fes prieres. Il
fut fur le point de rompre le
Traité de Breda , & tout commerce
avec les Etats d'Ecoffe
, mais la néceffité du
temps & de fes Affaires ne
le permit pas . Il s'embarqua
à Scheveling
le z. de Juin,
214 MERCURE
pour paffer dans ce Royau
me , & eftant arrivé à l'embouchure
de la Riviere de
Spey, il y prit terre. Un grand
nombre des plus confidérables
Seigneurs Ecoffois étant
venu le trouver
lefcorta
jufqu'à Dundée , où il reçût
les Députez chargez de luy
dire que tous fes Peuples
d'Ecoffe le voyoient arriver
avec une joye extréme , &
qu'ils eftoient prefts de donner
leurs biens , leur fang &
leurs vies, pour luy faire avoir
raifon de fes Ennemis. Le
Roy répondit à ce compli
GALANT 215
ment avec de grandes marques
d'affection pour les
Ecoffois; & fes empreffemens
à folliciter les Etats de lever
des Troupes , les y ayant
obligez , les Commiflions furent
données pour ſeize mille
Hommes de pied , & pour
fix mille Chevaux . On fit
le Comte de Leven Genéral
de l'Infanterie , & Holborne
de la Cavalerie , avec Mongommery
& Lefley , & le
Roy fut Genéraliffime . Le
bruit de ces Armemens s'étant
répandu en Angleterre,
Cromvvel qui avoit accepté
216 MERCURE
l'Employ de Farfax, s'avança
entre les Villes d'Edimbourg
& de Leith , où les Troupes
Ecoffoifes s'eftoient retranchées.
Apres deux Combats
donnez , fans nul avantage
pour l'un ny l'autre Party, les
Armées fe rencontrérent le
10. de Septembre prés de
Copperfpec , & vinrent aux
mains avec tant de malheur
pour celle d'Ecoffe , qu'il demeura
de ce cofté là pres de
einq mille Morts fur la place,
avec toute l'Artillerie & tout
le Bagage. Le nombre des
Prifonniers mota à huit mille.
Cette
GALANT. 217
Cette Victoire enfla le courage
de Cromvvel , qui n'eut
pas de peine enfuite de fe
rendre Maistre d'Edimbourg
+
& de Leith. Des fuccez fi
malheureux refroidirent les
Etats. Ils établirent des Comamiffaires
pour régler le nombre
des Domestiques duRoy,
& des Officiers néceffaires à
fon fervice . Ils éloignoient
les Affaires de fa connoiffance,
ne mettoient que de leurs
Créatures aupres de luy , &
ce Prince ne pouvant fouffrir
cet esclavage , réfolut enfin
de fe retirer. Il partit de faint
Fevrier 1685.
T
218 MERCURE
Johnſtons , feulement avec
quatre Hommes , & alla au
Port d'Ecoffe chercher un
azıle chez Milord Deduper,
où il fçavoit qu'il devoit trouver
le Marquis de Huntley;
les Comtes de Seaforth &
d'Atholl ; & plufieurs autres
Seigneurs , qui étoient inviolablement
attachez à luy avec
un Party affez puiſſant. Son
départ ayant fait naiſtre divers
fentimens fur la condui
te qu'on devoit tenir , il fut
réfolu qu'on l'envoyeroit fu
plier de revenir à S.Johnſtons,
pour y recevoir les témoignaGALANT.
219
1
ges du zéle que les Etats
avoient pour fon fervice.
Montgommery Genéral Major
fut honoré de cette Commiffion
. Il fe rendit chez Mi.
lord Déduper , & apres avoir
marqué au Roy le terrible
déplaifir que fon éloigne .
ment avoit caufé aux Etats ,
il le conjura de vouloir bien
le faire ceffer par la
prefence ,
& luy proteſta qu'il ne trouveroit
dans les Ecoffois que
des Sujets tres - foûmis. Le
Roy que l'experience avoit
perfuadé de leur peu de foy,
rejetta d'abord cette priere.
Tij
220 MERCURE
Il dit qu'il étoit las de fouffrir
des Maiftres dans un lieu où
il devoit commander
abfolument
; qu'eſtant né Roy , il
ignoroit comme il falloit
obéir , & qu'il avoit fait affez
d'honneur
aux Etats , pour les
engager à avoir pour luy les
déferences
qui luy étoient
deuës .
dit des chofes fi perfuafives,
& elles furent fi puiffamment
appuyées par le Marquis de
Huntley , que le Roy ſe laiſſa
vaincre. Il confidera qu'un
refus pourroitirriter ces Peuples
dont il devoit tout atten-
Montgommery luy
GALANT. 221
·
dre , & confentit à reprendre
le chemin de S. Johnftons,
Coù il receut des Etats des remercimens
qui luy firent
-perdre toute la crainte qu'il
avoit eue. Ce bonheur ne
dura pas. La divifion fe mit
entre les Generaux des Troupes
, qui avoient effé conjointement
levées par les Etats &
par le Clergé. Le Roy n'oublia
rien de ce qui pouvoit la
faire ceffer , mais il ne put en
venir à bout: Les Anglois en
profiterent. Le Château d'Edimbourg
qui avoit toûjours
refifté , fe rendit par l'infide-
✓ T iij
222 MERCURE
perte
lité de Dundaffe , qui fut féduit
par Cromvvel. Cette
& d'autres progrés que
les Anglois faifoient en Ecoffe
, firent juger aux Erats que
les querelles qui divifoient le
Royaume, ne finiroient point
que par une Autorité Royale.
Afin que tout le monde fuft
obligé de la reconnoiſtre ,
on réfolut de ne point differer
davantage le Couronnement
du Rov. La Cerémonie
s'en fit le 4. Janvier 1651. dans
l'Abbaye de Schoone
་
où
l'on avoit accouftumé de la
faire , & Charles Left le
GALANT. 223
quarante -huitiéme Roy que
l'on y a couronné. Il partit
de S. Jonftons avec une
pompe digne de fon rang.
Il eftoit accompagné de la
Nobleffe , & efcorté de l'Armée.
Milord Angus, en qualite
de Grand Chambellan ,
le reçût dans la Maifon qui
luy avoit efté préparée ; &
le Comte d'Argil , au nont
des Etats , luy fit un Difcours
plein d'affurances tres - ref
pectueuses , & de proteftations
d'une inviolable fidélité.
Apres la Harangue , le
Roy marcha vers l'Eglife,
Tij
224MERCURE
fuivy de tous les Seigneurs
d'Ecoffe , & des Officiers de
fa Maifon , fous un Dais de
Velours cramoify , qui eftoit
porté par quatre Perfonnes
confidérables . Il avoit le
Grand Connétable à fa droite,
& à fa gauche , le Grand.
Maréchal du Royaume . Le
Marquis d'Argil portoit la
Couronne , le Comte de Craford-
Lindley , le Sceptre ; le
Comte de Rothes , l'Epée ,
& le Comte d'Eglinton , les
Eperons . Le Roy , fuivant
l'ufage des Roys fes Prédeceffeurs
, fit le Serment fur.
GALANT. 224
un Trône que l'on avoit élevé
dans cette Eglife. Trois Per
fonnes qui repréfentoient les
trois Etats d'Ecofle , ſe préfentérent
devant luy , fourenant
chacune la Couronne
d'une main. Ils la remîrent
à trois Miniftres députez du
Clergé , dont l'un dit au Roy,
Sire , je vous préfente la Cou
ronne & la Dignitéde ce Royaume,
& s'eftant tourné vers le
Peuple , il ajoûta , Voulez- vous
reconnoiftre Charles II. pour vôtre
Roy, & devenir fes Sujets ?
Le Roy s'eftant auffi tourné
vers le Peuple , ce furens
226 MERCURE
par tour des cris de Vive
Charles II. Les Miniftres luy
ayant enfuite donné l'On
ction Royale , le Comte d'Argil
luy mit la Couronne fur
la tefte , & le Sceptre dans
la main. Son Couronnement
étoufa beaucoup de troubles.
On ordonna de nouvelles
Levées , & l'on fit fortifier
Sterlin .
Cromvvel voyant
l'Armée du Roy prés de cette
Ville où l'on apportoit fa
cilement toute forte de munitions
& de vivres , & apprenant
qu'elle eſtoit dans la
difpofition de marcher vers
GALANT 227
l'Angleterre , fe campa aux
environs d'Edimbourg , afin
de luy en fermer le paffage.
Il voulut engager ce Prince
à un Combat en s'aprochant
à la vue de fon Camp , &
hazarda une Attaque , dans
laquelle il fut repouffé & mis
en defordre . Ce mauvais fuc
cés le fit réfoudre à quiter
la place. Le Roy aprit qu'il
cftoit allé s'emparer de Fife,
& détacha malheureuſement
quatre mille Hommes , que
commandoit le Chevalier
Brovvn. Lambert les ataqua
avec un Party plus fort , &
228 MERCURE
❤
les défit prés de Nefterton
Ce coup , quoy que fort fenfible
au Roy , n'abatit point
fon courage. Il fit aſſembler
le Confeil de Guerre , où les
Capitaines luy ayant repréfenté
que beaucoup de fes
fidelles Sujets qui n'ofoient
fe déclarer en Angleterre,
prendroient fon Party lors
qu'ils l'y verroient entrer à la
tefte d'une Armée. Il réfolut
de le faire fans aucun retar
dement. Il partit de Sterlin
le 10. Aouft , & fitoft qu'il
fut dans le Comté de l'Enclaftre,
il fit publier une Am
GALANT. 229
nittie Genérale , & défendit
"
toutes les hoftilitez que les
Gens de Guerre ont accoûtumé
de commettre lors qu'ils
entrent dans un Païs Ennemy
, afin de montrer par là,
qu'il ne venoit qu'en Prince
qui aimoit le bien de fes Sujets.
Cromvvel le fuivit , &
Lambert voulut luy difputer
le paffage du Pont de Warifton
, mais il ne pût l'empeſcher
d'arriver àWorceſter,
dont les Habitans luy ouvri
rent les Portes le 22. Aouft,
apres luy avoir aidé à chaffer
la Garniſon que les Etats Y
230 MERCURE
avoient mife. Le Roy y ens
tra au milieu des cris de joye,
& y fit celébrer un Jeûne,
qui fat accompagné de Prieres
extraordinaires. Cromvvel
à qui les Paffages étoient
libres , arriva devant la Place
le 2. de Septembre , & fit
attaquer dés le lendemain le
Pont de Hapton , qui en défendoit
l'entrée du cofté de
la Riviere de Saverne. Ce
le Colonel Maffey
Pofte
que
défendit
avec
beaucoup
de
valeur
, fut
enfin
forcé
. La
mefme
chofe
arriva
à un autre
Pont
, appellé
Porvvik
"
GALANT. 231
1
Bridge , encore plus important
que le premier. Le
Duc d'Hamilton fut mortellement
bleffé en le défendant,
& mourut peu de jours
apres de fa bleſſure . Cetavantage
ne laiffa pas de couſter
cher à Cromvel . Le Roy
chargea luy-même fon Quartier
, bleffa de fa main le Capitaine
de fesGardes , & donna
mille preuves de conduite &
de valeur ; mais enfin un
Corps de huit mille Anglois
s'eftant approché de la Ville,
dans le trouble où le mau.
vais fuccés du Combatavoit
232
MERCURE
mis les Habitans , les Rebel
les fe rendirent maîtres d'une
de fes Portes , y traitérent impitoyablement
tout ce qu'ils
trouverent du Party du Roys
& tout ce que pût faire ce
malheureux Prince , fut de
rallier promptement mille
Chevaux , & de fortir fur le
foir par une Porte oppofée
à celle dont les Ennemis s'étoient
emparez . Toute cette
Troupe marcha plus d'une
heure fans fçavoir où elle alloit.
On s'arrefta pour tenir
Confeil. Quelques
- uns propoférent
de gagner quelque·
GALANT 233
Pofte
avantageux , pour y
attendre
le ralliement
des
Fuyards ; mais Milord Wilmot
leur fit connoiftre
qu'il
eftoit impoffible de réfilter
à cinquante
mille Hommesqui
les pourfuivroient
dés le
lendemain , & qu'il faloit fongerfeulement
à mettre le Roy
en fûreté.Le Comte de Darby
fe chargea de luy trouver une
Retraite affurée , & prenant
Wilmot pour
compagnon de
fon entreprife
, il ne voulut
eftre accompagné
que de
denx
Gentilshommes
nommez:
Giffard , & Walker, Le
Fevrier 1685 . V
1234 MERCURE
Roy partit fous la feule ef
corte de ces quatre Hommes
, & ils firent une telle
diligence , que lors que le
jour parut , ils fe trouvérent
à demy- lieue d'un Chateau
nommé Boscobel
, éloigné
de Worcester
de vingt-fix
milles . Comme
on n'y pouvoit
entrer à une heure indue
fans découvrir
le fecret,
Giffard propofa de prendre
la routed
petit Hameau
appellé les Dames Blanches,
où il répondit de la fidélité
d'un Païfan qu'on nommoit
George Pendrille . On alla
GALANT 23
chez luy mettre pied à terre ,
& le malheur du Roy luy fat
confié , ainfi qu'à trois de
fes Freres , qui promirent
tous de périr plûtoft que de
parler. Enfuite on coupa les
cheveux du Prince , il noircit
fes mains , fes habits fu
rent cachez dans la terre , on
luy en donna un de Païfan,
& George Pendrille luy ayant
fait prendre une Serpe , le
mena couper du bois avec
luy . Comme le fejour de ceux
l'accompagnoient pouqui
voit le trahir , ils s'en fop
érent , apres luy avoir u
236 MERCURE
qué par leurs larmes la vive
douleur que
leur caufoit fa
difgrace . A peine le Roy fut
dans la Foreſt , que deux cens
Chevaux arrivérent au même
Hameau . Les Commandans
voulurent d'abord en vifiter
les Maiſons , mais quelques
Femmes leur ayant dit qu'el
les n'avoient
veu que quatre
Hommes à cheval , qui s'étoient
féparez il n'y avoit
que deux heures , & avoient
pris diférentes routes , ils crûrent
que le Roy eftoit un
de ces Fuyards , & ayant fait
quatre Efcadrons de leurs
GALANT. 237
Troupes , ils prirent tous des
chemins divers. Ce Prince
paffa le jour dans le Bois , &
revint le foir avec Pendrille .
Comme il eftoit réfolu de fe
retirer au Païs de Galles , il
fe fit conduire cette mefme
nuit chez un Gentilhomme
nommé Carelos , dont il con
noiffoit la fidélité . Quoy qu'il
y
euft trois lieuës du Hameau
à la Maifon de ce Gentilhomme
, il les fit à pied avec
ardeur , & luy communiqua
le deffein où il eftoit de paf
fer la Riviere de Saverne.
Carelos l'en détourna ne luy
238 MERCURE
apprenant que tous les Paf
fages en eftoient gardez , &
la nuit fuivante
il le remena.
chez le Païſan qui l'avoit déja
caché. Pendrille craignant
que l'habit de Bucheron ne
trompaſt pas les Habitans du
Hameau , qui pouvoient le
remarquer
, luy propofa un
plus fûr azile. Il y avoit dans
le Bois un Chefne que la Nature
ſembloit avoir fait pour
un deffein extraordinaire
. Il
eftoit fi gros , & toutes fes
branches eftoient fi toufuës,
que vingt Hommes auroient
pû eftre deffus , fans qu'on
GALANT 239
les cuft découverts . Il pria
le Roy d'y vouloir monter ;
ce qu'il fit avec Carelos . Ils
s'y ajustérent fur deux Oreillers
, & y pafférent le jour,
fans autre nourriture
que du
Pain & une Bouteille d'Eau,
Ce Chefne a depuis efté nommé
le Chefne Royal . La nuit
ils retournérent dans la Maifon
de Pendrille . Le Roy y
trouva un Billet de Milord
Wilmot, par lequel il le prioit
de fe rendre chez un Gentilhomme
apellé Witgraves.
Le Roy partit auffi- toft, apres
avoir congedié Carelos . Il fit
240 MERCURE
ce petit Voyage , accompa
gné des quatre Freres , &
monté fur le Cheval d'un
Meulnier. Lajoyede Wilmot
fut grande lors qu'il vit fon
Prince . Il luy dit qu'il n'y avoit
aucune affurance pour fa vie,
s'il ne fortoit du Royaume, &
qu'il avoit pris des mefures
avec Witgraves pour
duire à Bristol, que Mademoi
felle Lane,Fille du Colonel de
ce nom , y devoit aller pour
les Couches d'une Soeur , &
qu'en qualité de Domeſtique
il la porteroit en croupe. La
chole fut fort bien exécutée,
Quelques
le conGALANT.
241
Quelques jours auparavant,
çette Demoiſelle avoit obtenu
un Pafleport pour aller à Briftol
avec un Valet. Elle étoit
adroite & fpirituelle , & déguifa
fi bien le Roy en luy la
vant le vifage d'une Eau dans
laquelle elle avoit fait bouillir
des écorces de noix , & d'au
tres drogues , qu'il eftoit
difficile de le réconnoiftre .
On luy donna un Habit conforme
à ce nouveau Perfonnage
, que la fortune luy faifoit
jouer, & dans cet état ils
prirent le chemin de Briſtol.
Wilmot feignant de chaffer
Fevrier
1685. X
242 MERCURE
un Oyſeau fur le poing , les
accompagna jufques à Brons
graves. Le Cheval du Royys
perdit un fer , & il falut luy
en faire mettre un autre. On
s'adreffarà un Maréchal , qui
en ble ferrant demanda des
nouvelles du Roy , au Roy
mefme. Le Prince ayant répondu
qu'il le croyoit en
Ecoffe , le Maréchal ajoûta
qu'affeurément il étoit caché
dans quelque Maifon d'Angleterre
, & qu'il cuft bien
voulu le découvrir parce
qu'il n'auroit plus à fe mettre
en peine de travailler , s'il
GALANT. 243
trouvoit moyen de le livrer
aux Etats . Cette converfation
finie , le Roy continua
fon chemin , avec la Demor
felle qu'il portoit toûjours en
croupe. Peu de temps apres
à l'entrée d'un Bourg, quel
ques Cavaliers envoyez pour
l'arrefter, vinrent à luy , & len
regardant attentivement , ce
luy qui les commandoit leur
dit qu'ils le laiffaffent paffer,
& que ce n'étoit pas ce qu'ils
cherchoient.
Eftant enfin arrivez chez
M'Norton à trois miiles de
Bristol , le Roy feignit de fe
X
ij
244 MERCURE
trouver mal , & Mademoiſelle
Lane qui paffoit pour la Maitreffe
, luy fit donner une
Chambre . Le lendemain un
Sommelier nommé Jean Pope
, qui avoit long- temps fervy
dans les Armées du feu
Roy , démefla les Traits du
Prince dans ceux du Conducteur
de Mademoiſelle Lane,
& l'ayant prié de defcendre
dans la Cave , il luy prefenta
du Vin , mit enfuite un genoüil
en terre , & luy fit de fi
ardentes proteftations de fidelité
, que le Roy le chargea
du foin de luy chercher un
GALANT. 245
Vaiffeau pour paffer en France
, mais il luy fut impoffible
de s'embarquer à Bristol . Milord
Wilmot l'étant venu joindre
, le conduifit chez le Co.
lonel Windhams , dans le
Comté de Dorfet. Ilssyy furent
trois femaines , attendant les
facilitez d'un Paffage à Lime.
Il y eut encore un fecond obftacle.
Un Capitaine dont on
s'étoit affeuré, manqua de parole
, & pour nouvelle difgra
le Cheval de Milord Wilce,
mot s'étant déferré , le Maréchal
connur aux clouds , que
celuy qui le montoit venoit
X
iij
246 MERCURE
C
du cofté du Nord , & le bruit
fut auffi toft répandu que le
Roy y étoit caché . Cela l'obligea
de fe rendre à Bridport
fans aucun retardement. La
nuit fuivante , il arriva à Braadvvindfor
, ou quantité de
Soldats qui s'embarquoient,
l'ayant mis dans la néceffité
de fe cacher, il retourna chez
le Colonel Windhams , avec
lequel il trouva à propos d'al
ler chez M' Hides , du cofté
de Salisbury. Eftant arrivez
à Mere, ils defcendirent à l'1-
mage S George. L'Hofte qui
connoiffoit le Colonel ,voyant
GALANT. 247
le Roy debout dans la poſture
d'un Domestique,luy demanda
fi c'étoit un de fes Gens.
Enfuite il porta la Santé du
Roy au Colonel. Ils fe rendirent
de là chez M'Hides ; mais
quoy qu'on puft faire , il fur
impoffible de trouver unVaiſ
feau dans tous les environs
de la Mer , du cofté de Southompton,
M' Philips que l'on
avoit envoyé pour cela , rencontra
le Colonel Gunter, qui
fe chargea de tenir une Barque
prefte à Britemhfthed en
Suffex. Le Roy s'y rendit en
diligence & y trouva Milord
X iiij
248 MERCURE
;
Wilmot & Maumfel Mar
chand , dont Gunter s'étoit
fervi pour le fuccés de fon en.
trepriſe . Le Capitaine du Vaifſeau
, nommé Tetershall , fe
mit à table avec le Roy &
Milord Wilmot. Comme il
avoit vû ce Prince aux Du
nes , il le reconnur, & s'apro
chant de l'oreille du Milord;
Vous avez des Domestiques de
bonne Maison , luy dic il , & je
croy qu'il y a peu de Gentils
hommes en Europe auffi bien fer
ruis que vous . Il ne perdit point
de temps. Il donna ſes ordres
pour l'embarquement ; & le
GALANT. 249
Vaiffeau fe mit en Mer le 20.
Octobre à cinq heures du
matin. Dans le Trajer un Matelot
prenant du Tabac , & le
Capitaine connoiffant que la
fumée incommodoit Sa Majefté,
il le gronda , & luy or
donna de fe retirer . Le Matelot
le fit avec peine , & luy
répondit en murmurant par
une façon de parler Angloife
, Qu'un Chat regardoit bien
in Roy. Le Voyage fe fit
fans obftacle . On arriva à
Fécamp en Normandie , où
le Milord qui n'avoit rien dit
jufque- là , avoua au Capitai250
MERCURE
ne que c'étoit le Roy qu'il
avoit paffé. Il fe jetta aux
pieds de fon Prince , qui luy
promit de récompenter un
jour fa fidelité. Le Roy ayant
changé d'habits à Rouen , où
il demeura peu de temps
chez M'Scot, vint à Paris attendre
les Révolutions qui
font ordinaires à la tyrannie.
Olivier Cromvvel, déclaré
Protecteur des trois Royaumes
en 1653. mourut en 1658
Apres fa mort on donna la
mefme qualité à Richard fon
Fils ; mais eftant incapable
de la foûtenir , le Parlement
GALANT 251
luy fit demander fa démif
fion , & il la donna . Le Ges
néral Monk fe fervit avec
tant de zéle , de prudence &
de conduire , des difpofitions
où il voyoit les efprits pour
le rétabliffement de la Monarchie,
qu'il fut réfolu qu'on
rappelleroit le Roy. Le Par
lement luy dépeſcha le 19. de
May 1660. un Gentilhomme
nommé Kilgrevv , pour luy
porter la nouvelle de fa Proclamation
, qui avoit efté faite
à Londres ce mefme jour ,
& ayant donné ordre à l'Amiral
Montagu de fe mettre en
252 MERCURE
mer pour aller le recevoir fur
les Coftes de Hollande , il
nomma dixhuit , Commiffaires
, fix de la Chambre des
Pairs , & douze de la Chambre
des Communes
, pour
le fapplier de venir prendre
poffeflion de fes trois Royau
mes. La Ville de fon cofté
choifit vingt de fes plus illuftres
Habitans
, pour luy
aller rendre les mefmes devoirs.
Tous ces Députez furent
favorablement reçûs à
la Haye , où le Roy eftoit
alors . Ce Prince en partit le
2. de Juin , &le Vaiffeau furGALANT.
253
lequel il s'embarqua , parut
au Port de Douvres deux
jours apres , 4 du mefme
mois. Il y fut reçû par Monk,
qui fe mit d'abord à genoux.
Le Roy le releva en l'embraffant
, & en l'appellant fon
Pere. Apres une conférence
d'une demie heure qu'il eut
avec luy en particulier , ce
Prince fe mit fous un Dais
qui eftoit tendu au bord de
lå Mer, fous lequel les Ducs
d'York , & de Gloceſter , fes
Freres, fe mirent auffi Ils reçûrent
là les refpects de laNobleffe,
& mótérent enfuite en
254 MERCURE
Carroffe, où le Genéral Monk
prit place , auffi-bien que le
Duc de Buckincam. Dans
le chemin de Cantorbery ils
trouvérent quelques vieux
Régimens , avec les Compagnies
de la Nobleffe en
Bataille. Le Roy monta à
cheval , & y fit fon Entrée
à leur tefte . Pendant fon féjour
dans cette Ville , il donna
l'Ordre de la Jarretiere au
Genéral Monk. Elle luy fuc
attachée par les Ducs d'York
& de Glocefter. Le Duc de
Southampton y reçût le même
honneur ; mais il y cut
GALANT. 255
·
cette diférence , que ce fut
feulement un Héraut qui luy
mit l'Ordre. Peu de jours
apres le Roy fit fon entrée à
Londres . Elle fut fort éclatante.
Plufieurs Troupes de
Gentilshommes & de Bour-
>
geois richement vétus , & fu
perbement montez mar
choient devant luy. Celle qui
l'environnoit étoit compofée
des Herauts, des Porte-Maffe ,
du Maire qui étoit teſte nuë
avec l'épée Royale à la main ,
du General Monk , & du Duc
de Buckincam
. qui le precédoient
auffi tefte nue. Il mar
256 MERCURE
•
choit entre les Ducs d'Yorck
& de Glocefter , & à pei
ne eut-il mis pied à terre à
Witheal , qu'au lieu de fe rafraîchir
, il alla au Parlement.
Il entra dans la Chambre des
Pairs , manda celle des Com
munes , & les voyant affenblez
, il les affeura qu'il fe
fouviendroit toûjours de la
fidelité qu'ils avoient gardée
pour fon fervice , & les pria
tous d'agir pour le foulage.
ment de fon Peuple. Il fut
Couronné en 1661 dans la
mefme Ville , avec une Pompe
extraordinaire , & l'année
GALANT 257
fuivante, il épousa Catherine,
Infante de Portugal , Fille de
Jean IV. & Soeur du Roy Alphonfe
VI. C'est une Princeffe
dont la vertu & la pieté,,
vont au delà de tout ce qu'on
en peut dire. Il s'eft depuis :
appliqué avec de grands foinsà
étouffer les defordres que
les Factieux tâchoient de fai
re revivre. Il en eft venu à
bout, & a remporté de grands
avantages fur les Hollandois ,,
en deux diverfes rencontres.
Une preuve incóteftable dess
grandes qualitez de ce Monarque
, c'est qu'il s'eftoire
Fevrier 1685,
Y
218 MERCURE
1
acquis l'amitié du Roy. Je
viens aux particularitez de fa
pg zed eated xusb. sb
mort.
+
97 Le Dimanche au foir 11. de
ce mois , il parut dans une
parfaite fanté, & plus gay qu'à
l'ordinaire. Il eut la nuit de
grandes inquietudes , & fon
fommeil fut interrompu . Il
ne voulut neanmoins appeller
perfonne , & s'eftant levé
dés fept heures du matin , il
demanda qu'on luy fiſt le
poil. A peine luy eut on mis
un Peignoir, qu'un fort grand
treffaillement luy fit pouffer
avec force les coudes en ar
A
GALANT
259
&
riere.
fois , Mon Il cria trots
Dies & demeura
enfuite
prés
de deux heures
fans pouvoir
parler. Un Valet de Chambre
courut
à l'Apartement
de
Monfieur
le Duc d'York
,
luy dit que l'on croyoit
le
Roy mort. Ce Duc vint toute
effrayé, & en Robe de Cham--
bre. On faigna le Roy deux:
fois , on luy appliqua
des
Vantoufes
, & on luy donna:
un Vomitif
, La connoiffance
kay revint un peu , & il de--
manda
à boire. On eut quelque
efpérance
de fa guériſon
,
jufqu'au
Mercredy
au foir
Y it
260 MERCURE
Cependant le mal l'ayant re
pris avec plus de violence , il
mourut le Vendredy 16. entre
onze heures & midy . Il
n'a eu aucuns Enfans de la
Reyne , mais il en a laiffé de
naturels , qui font
Jacques Scotty Duc de
Montmouth, Comte de Dun .
cafter , & de Dolkeith , Chevalier
de la Jarretiere , & c.
"Charles Lenox , Duc de
Richemont , Fils de la Du--
cheffe de Porthmouth ..
Charles Filts Roy, Duc de
Southampton.
Henry Files Roy , Duc de
GALANT.: 261
Grafton , qui a épousé en
1672. la Fille unique de Henry
2 Baron d'Arlington ,Secretaire
d'Etat.
-Georges
Filts Roy, Comte
de Northumberland
.
"
Anne Filts Roy , qui a
-époufé Thomas Leonard ,
Comte de Suffeк ; tous Enfans
de Barbe Villiers , Ducheffe
de Cleveland , Comteffe
de Caftelmene, Baronne
deNonfuch,& Fille du Comte
de Grandiffon.
Charles Filts Charles ,Comte
de Plimouth , Filts de Mademoiſelle
de Kyroüel , Du262
MERCURE
*
cheffe de Portzhmouth , &
Comteffe d'Aubigny. I a
épouté une Fille de Thomas
Ofborn , Comte de Damby,
Grand Tréforier d'Angle
terre. 968
3 Charlote Filts Roy , qui
a époufé le Comte de Lieghfield
.
Barbe Filts - Roy.
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Résumé : Mort du Roy d'Angleterre, [titre d'après la table]
Après l'exécution de Charles Ier, plusieurs événements marquent les tentatives de restauration de la monarchie anglaise. Le Duc d'York, futur Jacques II, s'évade déguisé et rejoint Middelbourg. Un imposteur prétendant être le Prince de Galles est arrêté, tandis que le véritable prince publie un manifeste en Hollande. Charles II, après la mort de son père, cherche à rallier des soutiens en Angleterre et en Écosse. Cependant, après une défaite à Worcester, il doit fuir et trouve refuge à Boscobel. Déguisé en paysan, il échappe à ses poursuivants avec l'aide de loyaux sujets comme George Pendrille et se cache dans un chêne, désormais connu sous le nom de 'Chêne Royal'. Charles II parvient finalement à embarquer pour la France. Après la mort d'Olivier Cromwell et l'échec de son fils Richard, Charles II retourne en Angleterre. Il est accueilli triomphalement à Londres en 1660 et couronné en 1661. L'année suivante, il épouse Catherine de Portugal. Son règne est marqué par des troubles réprimés et des victoires contre les Hollandais. Charles II meurt subitement le 16 septembre, laissant plusieurs enfants naturels issus de différentes maîtresses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5638
p. 193-207
EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
Début :
Dans le Mercure dernier nous nous contentasmes de faire connoistre [...]
Mots clefs :
Réaumur, Académie royale des sciences, Ductilité, Métaux, Vers à soie, Araignées, Filage, Microscope, Métallurgie, Innovations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
EXTRAIT
du Discours-deMonsieurde
Reaumur sur la prodigieuse
ductilité dedinjerfesmatiè-
Ires) leu dans l'assemblée publique
de l'AcadémieRayale
des Sciences
,
le 15. Novembre.
'D Ans le Mercure dernier
nous nous contentasmes
de faire connoistre le
sujet de cettedissertation
d'indiquer lesmatierescu-,
rieusesqui y sont examinées;
nousavertismes aussi
RU'ellé estoitremplie d'un
grand nombre d'observations
singulieres, écrites
d'une maniere qui feule estoit
capable de les faire recevoir
agréablement, on
nous sçauroit mauvais gré
si nous en estions restez Jà,-
nous allons tascher d'en
donner une idée plus complette.
Pour embrasser tout ce
qui regarde lamerveilleuseductilité
dedivers corps,
M. deReaumur divisales
corps ductiles en deux
classes;dontlapremiere
comprend lecorpsqu'il
nommaductiles durs, &.
la seconde les ductiles
mous Les métaux quis'estendent
sans marteau, ou
en passant par la filiere,
luy fournirent des exemples
de la premiere cfpece
de ductilité. Le Pere Mersenne,
Furtiere
,
Rohault,
& divers Sçavans, que M.
de Reaumur eut foin de
citer, ont fait des calculs
pour montrer jusquesoù
les batteurs d'orestendent
l'orenfeüilles, & jusques
où les tireurs d'or estendent
les lingots dorez,dont ils
forment les fils que nous
employons dans une infinité
d'ouvrages. Mr de
Reaumur qui a décrit les
arts du batteur d'or & du
tireur d'or pour servir l'histoire
generale des arts, a
-
trouve pouffé la ductilité
des metaux bien plus loin
que les Anciens ne l'avoient
dit. Les artsse persectionnèrent
, nous nous
contenterons de rapporter
qu'il fit voir par des experiences
exactes que l'onestend
un lingot ou une especede
cylindre d'argent:
doré d'environ vingt deux
pouces de long,& de quinze
lignes de diametre, qu'-
on estend, dis
- je,ce cylindrejusqul'à
ce que sa longueur
parvienne à celle de
cent onze lieuës. Le calcul
quil donna de 1epaifseur
de lacouche d'or qui
couvre les lames d'argent
doré dans lesquels cit réduit
ce lingot, est encore
plus surprenant. Cette cou- -
che d'or n'a pas fouvenc
d'epaisseur la 300000. partie
d'une ligne; Mr de
Reaumuramesme fait des
experiencesoùilla reduite
à n'en avoir que la millionniéme
partie aprés avoir
examiné les duétiIes
durs, Mr de Reaumur passa
aux ductiles mous Entre
les corps il donna le premier
rang au verre; il avertit
au reste qu'on ne devoit
pas e stre surpris de ce qu'il
donnoit cette -place à la
plus cassante, & àla plus
roide de toutes les matieres
Lorsque le feu l'a penetrée
on la peut rravailler
comme une cire molle. Il
expliqua comment avec le
1
verre on forme des fils plus
déliez que les cheveux, &
qui se plientde mesme au
gréduvent. Enfinil montra
qu'on pouvoit rendre
flexibles ces fils à un point
estonnant; & que si nous
en sçavionsfaired'aussi déliées
que le sont ceux dont
les araignées forment les
coques qui enveloppent
leurs oeufs; que probablement
ils feroient propres à
entrer dans des tissus. De
forte
,
s'il est vray de dire
que le verre n'est pas malleable
,
qu'il n'est pas seur
,
de dire qu'il n'est pas textible.
Il raconta aussi la maniere
dont il avoir tiré de
pareils fils beaucoup plus
déliez que ceux que les ouvriers
filent, & plus fins
mesme que les fils des versr àfoye.
Aprés rout Mr de Reaumur
avoüa que nous estions
peu habiles à travailler
les corps ductiles mous,
mais qu'heureusement la
nature nous a dédommagé
de ce quenous ignorons
de ce costé-la, il dit qu'elle
instruitune infinité d'animaux
à les estendre pour
nous; nous n'avons qu'à
mettre en oeuvre les fils
qu'ils nous préparent. Les
Vers à foye sont ces animaux.
Ils tirent leurs fils
d'une matiere visqueuse
contenuë dans leurs corps.
- A mesure que cette matiere
s'estend elle prend de
la consistance, elle devient
soye. Pourfaire voir néanmoinsjusques
où la nature
sçait estendreune matiere
molle, Mr de Reaumur ne
crut pas devoir s'arrester à
la soye des Vers. Les Araignées
luy en fournirent de 1
meilleures preuves. Mais
avant de faire voir quelle i
ea la prodigieusefinesse
des fils de certaines especes
d'Araignées, il décrivit la
belle mecanique que la nature
employe pour former
ces fils, il entra dans le détail
de toutes les parties
destinées à cetusage. Dans
le corps d'un si vilain animal
il y a un appareil furprenant
prés du derriere
de l'Araignée; on voit six
mamelons, le bout de chaque
mamelon examiné au
microscope, paroist percé
d'un nombre de trous prodigieux
, Mr de Reaumur
crut trop dire en asseurant
qu'il n'y avoit pas un de ces
bouts qui n'eust plus demille
trous. Chaque trou donnepassage
à un fil séparé.
L'Araignée ayant six mamelons
peut donc faire fortir
de son corps plus desix
millefils à la fois, ou pluCtostces
six mille fils séparez
sont actuellement formezdans
son corps. Tout
déliez qu'ils sont, ils ont
chacun leur tuyau particulier
qui les conduit jusques
aux reservoirs où est contenuë
la liqueur dont ilssont
formez. A la sortie dumamelon
plusieurs de ces fils
se réunissent ensemble
, &
en compofenr un ,
tel que
font ceux dont les araignées
font leurscoques.
Mais quelle est la prodigieuse
finesse de ces fils
dont l'assemblagene compose
qu'un fil plus délié
que tout ce quenousconnoissons.
Enfin siau lieu de
considerer ces 6000. fils,
dans les grossesAraignées
on les confidere dans certainesAraignées
naissantes,
qui ne peuvent presqueestre
apperçuës ellesmêmes
qu'avec le Microscope, on
aura bien de quoy admirer
les ouvrages de la nature.
Nousajouterons icy
une chose
,
dont nousoubliâmes
à parler dans le
dernier Mercure, qui ne
doit pas estre indifferente
au Public. C'est que le Pere
Gouye, après avoir fait un
Extrait trésexact des Discours
précedens,annonça
au Public que M. de Reaumur
s'estoit charge en partie
de l'execution du projet
que l'Academie a formé de
donner des descriptions de
tous les Arts & Metiers,
de tous leurs procédez, de
tous leurs instrumens, leurs
machines
, &c. Ce projet
dans l'execution a esté generalement
souhaitté,soit
dans leRoyaume, doit dans
les Pays estrangers
, comme
trés-utile, soit pour le
progrez, foit pour la conservation
des Arts. Le Pere
Gouye annonça en rneme
Fernps que M. de Reaumur
*A
avoit des ja décrit un grand
nombre d'Arts des pluscurieux
,
dont il donneroit
bientostun grosvolume.
du Discours-deMonsieurde
Reaumur sur la prodigieuse
ductilité dedinjerfesmatiè-
Ires) leu dans l'assemblée publique
de l'AcadémieRayale
des Sciences
,
le 15. Novembre.
'D Ans le Mercure dernier
nous nous contentasmes
de faire connoistre le
sujet de cettedissertation
d'indiquer lesmatierescu-,
rieusesqui y sont examinées;
nousavertismes aussi
RU'ellé estoitremplie d'un
grand nombre d'observations
singulieres, écrites
d'une maniere qui feule estoit
capable de les faire recevoir
agréablement, on
nous sçauroit mauvais gré
si nous en estions restez Jà,-
nous allons tascher d'en
donner une idée plus complette.
Pour embrasser tout ce
qui regarde lamerveilleuseductilité
dedivers corps,
M. deReaumur divisales
corps ductiles en deux
classes;dontlapremiere
comprend lecorpsqu'il
nommaductiles durs, &.
la seconde les ductiles
mous Les métaux quis'estendent
sans marteau, ou
en passant par la filiere,
luy fournirent des exemples
de la premiere cfpece
de ductilité. Le Pere Mersenne,
Furtiere
,
Rohault,
& divers Sçavans, que M.
de Reaumur eut foin de
citer, ont fait des calculs
pour montrer jusquesoù
les batteurs d'orestendent
l'orenfeüilles, & jusques
où les tireurs d'or estendent
les lingots dorez,dont ils
forment les fils que nous
employons dans une infinité
d'ouvrages. Mr de
Reaumur qui a décrit les
arts du batteur d'or & du
tireur d'or pour servir l'histoire
generale des arts, a
-
trouve pouffé la ductilité
des metaux bien plus loin
que les Anciens ne l'avoient
dit. Les artsse persectionnèrent
, nous nous
contenterons de rapporter
qu'il fit voir par des experiences
exactes que l'onestend
un lingot ou une especede
cylindre d'argent:
doré d'environ vingt deux
pouces de long,& de quinze
lignes de diametre, qu'-
on estend, dis
- je,ce cylindrejusqul'à
ce que sa longueur
parvienne à celle de
cent onze lieuës. Le calcul
quil donna de 1epaifseur
de lacouche d'or qui
couvre les lames d'argent
doré dans lesquels cit réduit
ce lingot, est encore
plus surprenant. Cette cou- -
che d'or n'a pas fouvenc
d'epaisseur la 300000. partie
d'une ligne; Mr de
Reaumuramesme fait des
experiencesoùilla reduite
à n'en avoir que la millionniéme
partie aprés avoir
examiné les duétiIes
durs, Mr de Reaumur passa
aux ductiles mous Entre
les corps il donna le premier
rang au verre; il avertit
au reste qu'on ne devoit
pas e stre surpris de ce qu'il
donnoit cette -place à la
plus cassante, & àla plus
roide de toutes les matieres
Lorsque le feu l'a penetrée
on la peut rravailler
comme une cire molle. Il
expliqua comment avec le
1
verre on forme des fils plus
déliez que les cheveux, &
qui se plientde mesme au
gréduvent. Enfinil montra
qu'on pouvoit rendre
flexibles ces fils à un point
estonnant; & que si nous
en sçavionsfaired'aussi déliées
que le sont ceux dont
les araignées forment les
coques qui enveloppent
leurs oeufs; que probablement
ils feroient propres à
entrer dans des tissus. De
forte
,
s'il est vray de dire
que le verre n'est pas malleable
,
qu'il n'est pas seur
,
de dire qu'il n'est pas textible.
Il raconta aussi la maniere
dont il avoir tiré de
pareils fils beaucoup plus
déliez que ceux que les ouvriers
filent, & plus fins
mesme que les fils des versr àfoye.
Aprés rout Mr de Reaumur
avoüa que nous estions
peu habiles à travailler
les corps ductiles mous,
mais qu'heureusement la
nature nous a dédommagé
de ce quenous ignorons
de ce costé-la, il dit qu'elle
instruitune infinité d'animaux
à les estendre pour
nous; nous n'avons qu'à
mettre en oeuvre les fils
qu'ils nous préparent. Les
Vers à foye sont ces animaux.
Ils tirent leurs fils
d'une matiere visqueuse
contenuë dans leurs corps.
- A mesure que cette matiere
s'estend elle prend de
la consistance, elle devient
soye. Pourfaire voir néanmoinsjusques
où la nature
sçait estendreune matiere
molle, Mr de Reaumur ne
crut pas devoir s'arrester à
la soye des Vers. Les Araignées
luy en fournirent de 1
meilleures preuves. Mais
avant de faire voir quelle i
ea la prodigieusefinesse
des fils de certaines especes
d'Araignées, il décrivit la
belle mecanique que la nature
employe pour former
ces fils, il entra dans le détail
de toutes les parties
destinées à cetusage. Dans
le corps d'un si vilain animal
il y a un appareil furprenant
prés du derriere
de l'Araignée; on voit six
mamelons, le bout de chaque
mamelon examiné au
microscope, paroist percé
d'un nombre de trous prodigieux
, Mr de Reaumur
crut trop dire en asseurant
qu'il n'y avoit pas un de ces
bouts qui n'eust plus demille
trous. Chaque trou donnepassage
à un fil séparé.
L'Araignée ayant six mamelons
peut donc faire fortir
de son corps plus desix
millefils à la fois, ou pluCtostces
six mille fils séparez
sont actuellement formezdans
son corps. Tout
déliez qu'ils sont, ils ont
chacun leur tuyau particulier
qui les conduit jusques
aux reservoirs où est contenuë
la liqueur dont ilssont
formez. A la sortie dumamelon
plusieurs de ces fils
se réunissent ensemble
, &
en compofenr un ,
tel que
font ceux dont les araignées
font leurscoques.
Mais quelle est la prodigieuse
finesse de ces fils
dont l'assemblagene compose
qu'un fil plus délié
que tout ce quenousconnoissons.
Enfin siau lieu de
considerer ces 6000. fils,
dans les grossesAraignées
on les confidere dans certainesAraignées
naissantes,
qui ne peuvent presqueestre
apperçuës ellesmêmes
qu'avec le Microscope, on
aura bien de quoy admirer
les ouvrages de la nature.
Nousajouterons icy
une chose
,
dont nousoubliâmes
à parler dans le
dernier Mercure, qui ne
doit pas estre indifferente
au Public. C'est que le Pere
Gouye, après avoir fait un
Extrait trésexact des Discours
précedens,annonça
au Public que M. de Reaumur
s'estoit charge en partie
de l'execution du projet
que l'Academie a formé de
donner des descriptions de
tous les Arts & Metiers,
de tous leurs procédez, de
tous leurs instrumens, leurs
machines
, &c. Ce projet
dans l'execution a esté generalement
souhaitté,soit
dans leRoyaume, doit dans
les Pays estrangers
, comme
trés-utile, soit pour le
progrez, foit pour la conservation
des Arts. Le Pere
Gouye annonça en rneme
Fernps que M. de Reaumur
*A
avoit des ja décrit un grand
nombre d'Arts des pluscurieux
,
dont il donneroit
bientostun grosvolume.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
Le 15 novembre, Monsieur de Reaumur a présenté un discours à l'Académie Royale des Sciences sur la ductilité des matières. Il a classé les corps ductiles en deux catégories : les ductiles durs et les ductiles mous. Les métaux, tels que l'or et l'argent, appartiennent à la première catégorie. Reaumur a mentionné des expériences démontrant que l'argent peut être étiré jusqu'à atteindre une longueur de cent onze lieues à partir d'un cylindre initial. Il a également exploré la finesse des couches d'or sur l'argent doré, qui peuvent être réduites à des épaisseurs extrêmement minces. Pour les ductiles mous, Reaumur a pris l'exemple du verre, qui, une fois chauffé, peut être travaillé comme une cire molle. Il a décrit la formation de fils de verre très fins et flexibles, comparables à ceux produits par les araignées. Reaumur a souligné que, bien que les humains soient peu habiles à travailler ces matériaux, la nature compense en instruisant certains animaux, comme les vers à soie et les araignées, à produire des fils très fins. Enfin, le texte indique que le Père Gouye a annoncé que Reaumur participera à un projet de l'Académie visant à décrire tous les arts et métiers, leurs procédés et instruments. Ce projet est très attendu tant en France qu'à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5639
p. 1019
ITALIE.
Début :
On apprend de Genes, que Don Loüis Giafery, et le Prêtre Aitelli, deux des quatre [...]
Mots clefs :
Gênes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ofery ,et le Prêtre Aitelli , deux des quatre
N apprend de Genes , que Don Louis Gia-
Chefs des Mécontens de Corse , détenus dans la
Forteresse de Savonne , ont été depuis peu remis
en liberté , sur les assurances qu'ils ont données
d'une meilleure conduite et d'une parfaite soumis
sion aux ordres de la République.
Ofery ,et le Prêtre Aitelli , deux des quatre
N apprend de Genes , que Don Louis Gia-
Chefs des Mécontens de Corse , détenus dans la
Forteresse de Savonne , ont été depuis peu remis
en liberté , sur les assurances qu'ils ont données
d'une meilleure conduite et d'une parfaite soumis
sion aux ordres de la République.
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5640
p. 193
DE NAPLES, le 8 Février.
Début :
Comme on a été informé que plusieurs Francs-Massons, malgré les deffenses du Roi, continuoient [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES, le 8 Février.
DE NAPLES, le 8 Février.
Comme on a été informé que plusieurs Francs-Massons,
malgré les deffenses du Roi, continuoient
de tenir quelquefois des assemblées, Sa
Majesté a réitéré ses ordres au Régent de la Vi-
cairerie, de faire punir sévérement ceux qui se
trouveront dans ce cas de désobéissance. La Cour
a fait saisir les exemplaires d'une brochure intitu-
lée Etrennes au P.... ou les Francs Massons ven-
gés, & l'on auroit artêté le Libraire qui la débi-
toit, s'il n'avoit pris la fuite.
Comme on a été informé que plusieurs Francs-Massons,
malgré les deffenses du Roi, continuoient
de tenir quelquefois des assemblées, Sa
Majesté a réitéré ses ordres au Régent de la Vi-
cairerie, de faire punir sévérement ceux qui se
trouveront dans ce cas de désobéissance. La Cour
a fait saisir les exemplaires d'une brochure intitu-
lée Etrennes au P.... ou les Francs Massons ven-
gés, & l'on auroit artêté le Libraire qui la débi-
toit, s'il n'avoit pris la fuite.
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5641
p. 193
BOUQUET DE M. D. M. à Madame V. ENVOY.
Début :
En vain on cherche dans sa teste [...]
Mots clefs :
Bouquet
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET DE M. D. M. à Madame V. ENVOY.
BOUQUET DE M. D. M.
Madame V.
20
ENVOY
En vain on cherche dansfa
refte
De quoy faire àLife un bouquet
Peut-on tuy donner pour ſa feſte
Rien de plusbeau que fon Portrait.
Madame V.
20
ENVOY
En vain on cherche dansfa
refte
De quoy faire àLife un bouquet
Peut-on tuy donner pour ſa feſte
Rien de plusbeau que fon Portrait.
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5642
p. 193
A Monsieur l'Abbé de Pomponne.
Début :
DE tes ayeux tu suis les traces ; [...]
Mots clefs :
Nom, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Monsieur l'Abbé de Pomponne.
A Monfieur l'Abbé de Pomponne.
DE tes ayeux tu fuis les traces ;
Tu merites comme eux les faveurs d'Apollon ;
Ton nom fait honneur à tes places ,
Et tes vertus font honneur à ton nom.
ParM.Beffon Auteur de la Paftorale fur la
Maladie du Roi.
DE tes ayeux tu fuis les traces ;
Tu merites comme eux les faveurs d'Apollon ;
Ton nom fait honneur à tes places ,
Et tes vertus font honneur à ton nom.
ParM.Beffon Auteur de la Paftorale fur la
Maladie du Roi.
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5643
p. 599
ESPAGNE.
Début :
Le Roy a donné des Ordres pour faire assembler 12 000 [...]
Mots clefs :
Espagne
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG «N»E.
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
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Résumé : ESPAGNE.
Au début du XIIIe siècle, le roi espagnol mobilise 12 000 hommes des Ordres militaires pour une campagne en Castille. L'expédition, comprenant 26 bataillons et trois régiments de cavalerie, embarque à Cadix, Malaga et Barcelone. Quatre régiments de dragons participent également.
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5644
p. 2513
RUSSIE.
Début :
Il est arrivé à Petersbourg deux Vaisseaux Espagnols richement chargés, dont toutes les [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Left arrivé à Petersbourg deux Vaiffeaux Efpagnols
richement chargés , dont toutes les
marchandiſes ont été mifes fur le canal de Ladoga
pour les tranfporter á Mofcou .
On affure que le General Wiesbach , qui eft
actuellement auprès du Roi de Pologne , a été
chargé dans fes Inftructions d'afflurer la République
de Pologne que la Czarine ne ſouffriroit
jamais qu'on portât aucune atteinte aux Privileges
des Etats du Duché de Curlande.
Left arrivé à Petersbourg deux Vaiffeaux Efpagnols
richement chargés , dont toutes les
marchandiſes ont été mifes fur le canal de Ladoga
pour les tranfporter á Mofcou .
On affure que le General Wiesbach , qui eft
actuellement auprès du Roi de Pologne , a été
chargé dans fes Inftructions d'afflurer la République
de Pologne que la Czarine ne ſouffriroit
jamais qu'on portât aucune atteinte aux Privileges
des Etats du Duché de Curlande.
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5645
p. 194
« Aprés un article de morts illustres aussi long que celuy-cy [...] »
Début :
Aprés un article de morts illustres aussi long que celuy-cy [...]
Mots clefs :
Lecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés un article de morts illustres aussi long que celuy-cy [...] »
illustres aussi long que celuycy
,
& dont le détail n'a peurestre
servi qu'à ennuyer ou à
affliger bien du monde; je
croy que la Liste de ceux que
Sa Majesté a nomme pour
les remplacer, menera insensiblement
le Lecteur à des
Chapitresplusagréables.
,
& dont le détail n'a peurestre
servi qu'à ennuyer ou à
affliger bien du monde; je
croy que la Liste de ceux que
Sa Majesté a nomme pour
les remplacer, menera insensiblement
le Lecteur à des
Chapitresplusagréables.
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5646
p. 211-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 29 Mai, fête de la Pentecôte, les Chevaliers, Commandeurs [...]
Mots clefs :
Fête de la Pentecôte, Chevaliers, Comtes, Duc, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 29 Mai , fête de la Pentecôte , les Cheva
liers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint-Efprit , s'etant affemblés vers les onze heures
du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Majefté
sint un Chapitre, L'information des vie & moeurs ,
212 MERCURE DE FRANCE.
& la Profeffion de Foi du Marquis d'Offun , quí
avoient été propofées le premier janvier de cette
année pour être Chevalier , furent admifes. Ses
preuves de noblefle ayant éte faites auparavant ,
Sa Majefté lui avoit envoyé la permiffion de porter
les marques de l'Ordre , en attendant qu'il
pût le faire recevoir. Le Comte de Stainville ,
qui avoit éte propofé le premier janvier de l'année
derniere , pour être Chevalier , & qui avoit
obtenu cette même permiffion , après avoir fatisfait
aux preuves de religion & de nobleffe ; &
à l'information des vie & moeurs , fut introduit
dans le Cabinet de Sa Majefté , & reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint-Michel. Le Roi fortit enfuite
de fon appartement , pour aller à la Chapelle. Sa
Majefté , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui
de l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , da Prince de
Conty , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Le nouveau Chevalier , «en habit de Novice
, marchoit entre les Chevaliers & les Officters.
Après la grand'Meffe , qui fut célébrée par
l'Archevêque de Narbonne , Prélat - Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , Sa Majefté monta fur
fon Trône , & revêtit des marques de l'Ordre le
Comte de Stainville , qui eut pour parreins le
Maréchal de Clermont - Tonnerre , & le Marquis
de Beringhen. Cette cérémonie étant finie , le
Roi fut reconduit à fon appartement en la maniere
accoutumée .
LE 29 Mai , fête de la Pentecôte , les Cheva
liers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
Saint-Efprit , s'etant affemblés vers les onze heures
du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Majefté
sint un Chapitre, L'information des vie & moeurs ,
212 MERCURE DE FRANCE.
& la Profeffion de Foi du Marquis d'Offun , quí
avoient été propofées le premier janvier de cette
année pour être Chevalier , furent admifes. Ses
preuves de noblefle ayant éte faites auparavant ,
Sa Majefté lui avoit envoyé la permiffion de porter
les marques de l'Ordre , en attendant qu'il
pût le faire recevoir. Le Comte de Stainville ,
qui avoit éte propofé le premier janvier de l'année
derniere , pour être Chevalier , & qui avoit
obtenu cette même permiffion , après avoir fatisfait
aux preuves de religion & de nobleffe ; &
à l'information des vie & moeurs , fut introduit
dans le Cabinet de Sa Majefté , & reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint-Michel. Le Roi fortit enfuite
de fon appartement , pour aller à la Chapelle. Sa
Majefté , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui
de l'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée
de Monfeigneur le Dauphin , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , da Prince de
Conty , du Comte d'Eu , du Duc de Penthievre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Le nouveau Chevalier , «en habit de Novice
, marchoit entre les Chevaliers & les Officters.
Après la grand'Meffe , qui fut célébrée par
l'Archevêque de Narbonne , Prélat - Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , Sa Majefté monta fur
fon Trône , & revêtit des marques de l'Ordre le
Comte de Stainville , qui eut pour parreins le
Maréchal de Clermont - Tonnerre , & le Marquis
de Beringhen. Cette cérémonie étant finie , le
Roi fut reconduit à fon appartement en la maniere
accoutumée .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 29 mai, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent dans le cabinet du Roi. Le Roi admit les informations sur la vie, les mœurs et la profession de foi du Marquis d'Offun, proposé pour être Chevalier le 1er janvier. Le Comte de Stainville, proposé l'année précédente, fut introduit et reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel après avoir satisfait aux preuves de religion, de noblesse et d'information sur sa vie et ses mœurs. Le Roi se rendit ensuite à la chapelle, précédé par plusieurs dignitaires et les membres de l'Ordre. Après la grand-messe célébrée par l'Archevêque de Narbonne, le Roi monta sur son trône et revêtit les marques de l'Ordre au Comte de Stainville, assisté par le Maréchal de Clermont-Tonnerre et le Marquis de Beringhen. La cérémonie se conclut par le retour du Roi à son appartement.
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5647
p. 1019-1020
ESPAGNE.
Début :
Par le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril, on a appris que la nuit du 19. au 20. du même [...]
Mots clefs :
Ennemis, Compagnies, Espagnols, Forts, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 avril, des informations d'Oran ont rapporté qu'une nuit du 19 au 20 avril, l'armée ennemie s'est approchée des postes couvrant les travailleurs des nouvelles fortifications des forts Saint-Ferdinand et Saint-Philippe. Deux compagnies de grenadiers espagnols ont chargé l'avant-garde des Maures mais se sont retirées face à leur nombre. Le marquis de Villadarias a envoyé des renforts pour chasser les ennemis, qui se sont repliés sur une éminence. Les Espagnols, renforcés par sept compagnies de grenadiers, quatre de gardes espagnols et wallons, une du régiment d'Espagne, et deux du régiment de Victoria, ont attaqué et mis en fuite les troupes ennemies. L'armée maure, composée de 9 000 hommes d'infanterie et 2 000 chevaux, a alors avancé en bataille contre les Espagnols. Ces derniers, positionnés sous le canon des forts, ont repoussé les Maures par des décharges d'artillerie et de mousqueterie. Après plusieurs heures sous ce feu, les Maures se sont retirés sans engager la cavalerie espagnole. Les pertes ennemies sont estimées à 1 500 hommes, tandis que les Espagnols ont déploré trois officiers et sept soldats tués, et environ 80 blessés.
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5648
p. 189-190
De WARSOVIE, le 9 Juin 1764.
Début :
Le Marquis de Paulmy s'est rendu le 7 au matin chez [...]
Mots clefs :
Marquis, Pologne, Sa Majesté, Ambassadeur, Déclarations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 9 Juin 1764.
De WARSOVIE , le 9 Juin 1764.
Le Marquis de Paulmy s'eſt rendu le 7 au
matin chez le Primat , & lui a dit que le Roi
ſon Maître étant informé detout ce qui ſeſepaſſoit
en Pologne & voyant la République diviſée &
la Ville de Warſovie occupée par des troupes
Etrangères , Sa Majeſté avoit jugé que ſon Ambaſſadeur
ne pouvoit plus y reſter décemment
& qu'en conféquence Elle lui ordonnoit de ſe
retirer juſqu'à ce que le calme & le bon ordre
fuſſent rétablis dans le Royaume ; cet Ambaffadeur
a ajouté qu'en attendant un changement
fi defirable ; Sa Majesté ne ceſſeroit de prendre
une part finçère à la liberté & à la tranquillité
de la Pol Pologne , ainſi qu'Elle l'a fait connoître
190 MERCURE DE FRANCE.
par ſes déclarations. Le Marquis de Paulmy eft
parti le même jour pour retourner en France
Le Marquis de Paulmy s'eſt rendu le 7 au
matin chez le Primat , & lui a dit que le Roi
ſon Maître étant informé detout ce qui ſeſepaſſoit
en Pologne & voyant la République diviſée &
la Ville de Warſovie occupée par des troupes
Etrangères , Sa Majeſté avoit jugé que ſon Ambaſſadeur
ne pouvoit plus y reſter décemment
& qu'en conféquence Elle lui ordonnoit de ſe
retirer juſqu'à ce que le calme & le bon ordre
fuſſent rétablis dans le Royaume ; cet Ambaffadeur
a ajouté qu'en attendant un changement
fi defirable ; Sa Majesté ne ceſſeroit de prendre
une part finçère à la liberté & à la tranquillité
de la Pol Pologne , ainſi qu'Elle l'a fait connoître
190 MERCURE DE FRANCE.
par ſes déclarations. Le Marquis de Paulmy eft
parti le même jour pour retourner en France
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Résumé : De WARSOVIE, le 9 Juin 1764.
Le 9 juin 1764, le Marquis de Paulmy a informé le Primat de Pologne que le roi de France connaissait les troubles en Pologne et l'occupation de Varsovie. Considérant la situation, le roi a ordonné le retrait de l'ambassadeur jusqu'au rétablissement de l'ordre. Le Marquis de Paulmy a assuré que le roi continuerait de soutenir la liberté et la tranquillité de la Pologne. Il est ensuite reparti pour la France.
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5649
p. 193-194
DU NORD.
Début :
M. le Marquis de Monteil, ci-devant Ministre Plénipotentiaire de S. M. T. C. [...]
Mots clefs :
Varsovie, Marquis de Monteil, Envoyé extraordinaire, Comte de Broglie, Major général, Troupes, Attaque, Stockholm, Galères, Provisions, Gottenbourg, Incendie, Fonderie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE VARSOVIE , le 25 Juin.
leMarquisde Monteil , ci -devant Miniſtre
Plénipotentiaire de S. M. T. C. auprès de l'Electeur
de Cologne , a été nommé pour venir remplacer
ici , en qualité d'Envoyé Extraordinaire & de Miniſtre
Plénipotentiaire , M. le Comte de Broglie ,
qui eſt allé ſervir à l'armée de France.
On a cu avis que le Major Général Ruſſien
Demicku, ayant été détaché le 19 Juin , de Konitz
par le Comte de Romanzoff avec un corps
de Troupes , étoit arrivé le 20 au ſoir près de
Ratzembourg , & qu'y ayant trouvé un Parti de
Huſſards Pruffiens ,il l'avoit fait attaquer par cinq
cens Coſaques foutenus par quelques Eſcadrons
de Huſſards ; que les Coſaques avoient d'abord
diſperſé l'ennemi qui avoit laiſſé vingt morts ſur
laplace; qu'on avoit fait ſur lui trente deux priſonniers;
qu'enfin le reſte avoit pris la fuite , &
qu'il avoit été pourſuivi juſqu'au nouveau Stettin.
DE STOCKOLM , le 24 Juin.
On équipe actuellement en ce Port pluſieurs.
Galeres deſtinées à tranſporter en Pomeranie les
I
194 MERCURE DE FRANCE.
munitions & les proviſions néceſſaires pour l'armée
Suédoiſe..
Nous apprenons de Gottenbourg , que le 8 de
Juin, entre cinq & fix heures du foir , le feu prit
à la fonderie de canons qui étoit dans la citadelle
de cette ville , & que le bâtiment a ſauté en l'air .
Il y a péri ſept hommes avec un Officier , & deux
foldats d'Artillerie ont été dangereuſement bleſſés
àquelque diſtance. Le fracas des grenades & des
bombes qui étoient chargées , a duré près de deux
heures. Voilà le ſecond accident de cette nature
que nous effuyons , ce qui fait ſoupçonner que ce
n'eſt point l'effet du hazard.
DE VARSOVIE , le 25 Juin.
leMarquisde Monteil , ci -devant Miniſtre
Plénipotentiaire de S. M. T. C. auprès de l'Electeur
de Cologne , a été nommé pour venir remplacer
ici , en qualité d'Envoyé Extraordinaire & de Miniſtre
Plénipotentiaire , M. le Comte de Broglie ,
qui eſt allé ſervir à l'armée de France.
On a cu avis que le Major Général Ruſſien
Demicku, ayant été détaché le 19 Juin , de Konitz
par le Comte de Romanzoff avec un corps
de Troupes , étoit arrivé le 20 au ſoir près de
Ratzembourg , & qu'y ayant trouvé un Parti de
Huſſards Pruffiens ,il l'avoit fait attaquer par cinq
cens Coſaques foutenus par quelques Eſcadrons
de Huſſards ; que les Coſaques avoient d'abord
diſperſé l'ennemi qui avoit laiſſé vingt morts ſur
laplace; qu'on avoit fait ſur lui trente deux priſonniers;
qu'enfin le reſte avoit pris la fuite , &
qu'il avoit été pourſuivi juſqu'au nouveau Stettin.
DE STOCKOLM , le 24 Juin.
On équipe actuellement en ce Port pluſieurs.
Galeres deſtinées à tranſporter en Pomeranie les
I
194 MERCURE DE FRANCE.
munitions & les proviſions néceſſaires pour l'armée
Suédoiſe..
Nous apprenons de Gottenbourg , que le 8 de
Juin, entre cinq & fix heures du foir , le feu prit
à la fonderie de canons qui étoit dans la citadelle
de cette ville , & que le bâtiment a ſauté en l'air .
Il y a péri ſept hommes avec un Officier , & deux
foldats d'Artillerie ont été dangereuſement bleſſés
àquelque diſtance. Le fracas des grenades & des
bombes qui étoient chargées , a duré près de deux
heures. Voilà le ſecond accident de cette nature
que nous effuyons , ce qui fait ſoupçonner que ce
n'eſt point l'effet du hazard.
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Résumé : DU NORD.
Le texte décrit plusieurs événements militaires et diplomatiques en Europe. À Varsovie, le Marquis de Monteil a été nommé Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire, succédant au Comte de Broglie, parti servir dans l'armée française. Parallèlement, le Major Général Russe Demicku, envoyé par le Comte de Romanzoff, a attaqué des Hussards Prussiens près de Ratzembourg avec des Cosaques et des Hussards. Les Cosaques ont dispersé les Prussiens, laissant vingt morts et trente-deux prisonniers, et ont poursuivi les fuyards jusqu'au nouveau Stettin. À Stockholm, des galères sont équipées pour transporter des munitions et des provisions en Pomeranie pour l'armée suédoise. À Gottenbourg, un incendie a détruit une fonderie de canons dans la citadelle le 8 juin, causant la mort de sept hommes, dont un officier, et blessant gravement deux soldats d'artillerie. L'explosion a duré près de deux heures, suggérant un possible sabotage.
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5650
p. 193-194
DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
Début :
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis, premier Commissaire de l'Empereur à la [...]
Mots clefs :
Empire, Corps, Empereur, États protestants, Augsbourg, Affaire, Constitutions, Résolution, Diète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
DE RATISBONNE, le 30 Janvier.
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis,
premier Commissaire de l'Empereur à la
Diette del'Empire, remit à cette Assemblée un dé-
cret de commission Impériale, portant, » Que
„l'annéé derniere les Etats Protestans de la Con-
o fession d'Ausbourg ont écrit à l'Empereur une
lettre, dans laquelle, sous prétexte de justi-
»»fier les voies d'exécution employées à l'occa-
sion de l'affaire de Hohenloë, ils ont avancé
plusieurs propositions nouvelles, contraires aux
» Constitutions de l'Empire, à la Paix de Reli-
gion, au Traité de Westphalie, ainsi qu'aux
vOtdonnances pour accelerer les exécutions, &
„ tendantes à troubler le repos du Corps Germa-
nique; que non seulement ils ont paru vouloit
soutenit la validité de leurs allégations, mais
qu'ils se sont arrogé le pouvoir de se faire droit
„ eux-mêmes, sans avoir égard ni aux loix de l'Em-
„ pire, ni aux prérogatives attachées à la dignité de
2 S. M. Impériale, ni à la ferme résolution qu'elle
2 a toujours montrée de rendre justice à chacun
„ sans partialité & sans acception des personnes ni
des Religions; que comme il ne seroit pas
n juste que les Etats de la Confession d'Ausbourg
ufissent un Corps séßaré, contre la teneur des
„ Constitutions de l'Empire, & empiétassent sur
„ l'autorité de celui qui en est le Chef, l'Em-
pereur desaprouve hautement une telle condui-
te; qu'il annulle la résolution prise le 30 du
194 MERCUREDEFRANCE.
v mois d'Octobre dernier par le Corps Evangélt.
„que; que Sa Majeste Impériale déclare com-
„me non avenue tout ce qui a été entrepris en
„conséquence, & qu'elle recommande à la
»Diette, de donner la plus grande attention à
„ cette affaire, afin de prévenir les inconvéniens
»qui pourroient en résulter.
Ces jours derniers, le Prince de la Tour Taxis,
premier Commissaire de l'Empereur à la
Diette del'Empire, remit à cette Assemblée un dé-
cret de commission Impériale, portant, » Que
„l'annéé derniere les Etats Protestans de la Con-
o fession d'Ausbourg ont écrit à l'Empereur une
lettre, dans laquelle, sous prétexte de justi-
»»fier les voies d'exécution employées à l'occa-
sion de l'affaire de Hohenloë, ils ont avancé
plusieurs propositions nouvelles, contraires aux
» Constitutions de l'Empire, à la Paix de Reli-
gion, au Traité de Westphalie, ainsi qu'aux
vOtdonnances pour accelerer les exécutions, &
„ tendantes à troubler le repos du Corps Germa-
nique; que non seulement ils ont paru vouloit
soutenit la validité de leurs allégations, mais
qu'ils se sont arrogé le pouvoir de se faire droit
„ eux-mêmes, sans avoir égard ni aux loix de l'Em-
„ pire, ni aux prérogatives attachées à la dignité de
2 S. M. Impériale, ni à la ferme résolution qu'elle
2 a toujours montrée de rendre justice à chacun
„ sans partialité & sans acception des personnes ni
des Religions; que comme il ne seroit pas
n juste que les Etats de la Confession d'Ausbourg
ufissent un Corps séßaré, contre la teneur des
„ Constitutions de l'Empire, & empiétassent sur
„ l'autorité de celui qui en est le Chef, l'Em-
pereur desaprouve hautement une telle condui-
te; qu'il annulle la résolution prise le 30 du
194 MERCUREDEFRANCE.
v mois d'Octobre dernier par le Corps Evangélt.
„que; que Sa Majeste Impériale déclare com-
„me non avenue tout ce qui a été entrepris en
„conséquence, & qu'elle recommande à la
»Diette, de donner la plus grande attention à
„ cette affaire, afin de prévenir les inconvéniens
»qui pourroient en résulter.
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