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1
p. 1009-1010
« Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Début :
Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...]
Mots clefs :
Compiègne, Prince de Rohan
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texteReconnaissance textuelle : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
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Résumé : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Le 25 avril, le roi de France se rendit à Compiègne. Le 1er mai, la reine accoucha à Versailles. Le roi accorda une charge au prince de Soubize. Le 13 mai, les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne le lendemain, dirigés par M. Portail.
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2
p. 1010-1011
Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Début :
Le 21, les Officers et Dames de la Chambre de [...]
Mots clefs :
Convalescence, Mademoiselle de Beaujolais
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le ,
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
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Résumé : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le 21 mai 1732, les officiers et dames de la Chambre de Mademoiselle de Beaujollois célébrèrent sa convalescence après une grave maladie de la rougeole par un Te Deum solennel à l'Église des Quinze-Vingts. L'église était ornée de riches tapisseries et éclairée par de nombreux lustres. L'Archevêque de Cambray présida la cérémonie, en présence de Son Altesse Royale, des seigneurs et dames de la cour, ainsi que de nombreuses personnes distinguées. Le soir, des feux d'artifice et des salves de fusées furent tirés dans le jardin du Palais Royal, et les maisons voisines furent illuminées. La résidence du Comte d'Argen: on, Conseiller d'État et Garde des Sceaux, se distingua par une illumination particulièrement élaborée, attirant une foule venue souhaiter le rétablissement complet de la princesse.
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3
p. 1011
« Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Début :
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension
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texteReconnaissance textuelle : « Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
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4
p. 1011-1014
Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Dubois, Directeur Géneral des Ponts et Chaussées, toujours attentif [...]
Mots clefs :
Pont, Compiègne, Médailles
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texteReconnaissance textuelle : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois , Directeur Géneral des
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
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Résumé : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées, proposa au Roi la construction d'un pont dans la partie septentrionale de Compiègne, sur la rivière d'Oyse. Le Roi approuva le projet et prévoyait de poser la première pierre, mais une épidémie interrompit le voyage royal. La cérémonie eut lieu le 11 mai 1732. Le Roi, accompagné de seigneurs et d'une grande affluence de peuple, se rendit au nouveau pont. M. Dubois, à bord d'une gondole, conduisit le Roi à la pile du pont. Une boîte en bois de cèdre contenant six médailles fut présentée au Roi, qui la plaça dans une boîte de plomb soudée en sa présence. Le Roi scella ensuite la boîte dans la pile du pont à l'aide d'une truelle et d'un marteau d'argent. Il observa la manœuvre d'une grue pour voûter la dernière arche et traversa la rivière pour voir l'emplacement d'une porte. Le Roi fit don de 15 Louis aux ouvriers et à un détachement du régiment de Bourgogne, puis retourna au château, satisfait du zèle de M. Dubois.
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5
p. 1014-1015
Benefices donnez, [titre d'après la table]
Début :
Le Roi a nommé l'Abbé de la Valette-Thomas [...]
Mots clefs :
Abbayes, Charges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez, [titre d'après la table]
Le Roi a nommé l'Abbé de la ValetteThomas , à l'Evêché d'Autun.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
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Résumé : Benefices donnez, [titre d'après la table]
En mai 1732, le Roi a procédé à plusieurs nominations et attributions d'abbayes et d'évêchés. L'Abbé de la Valette-Thomas a été nommé à l'Évêché d'Autun. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le Diocèse de Châlons, a été attribuée à l'Abbé de Brissac, Aumonier du Roi et Agent Général du Clergé. L'Abbé de Courtarvelle a reçu l'Abbaye de Verteuil, dans le Diocèse de Bordeaux. L'Abbé d'Albergotti a été nommé à l'Abbaye de Saint André en Goufern, dans le Diocèse de Séez. Le Père Floride Lassus a obtenu l'Abbaye Régulière et Élective de Choques, dans le Diocèse de Saint Omer. La Dame de Lisle a reçu l'Abbaye de Sainte Geneviève de Monsort, dans le Diocèse du Mans. La Dame de Châtillon-Moyria a été attribuée à l'Abbaye de la Déserte à Lyon. L'Abbé de Châteauneuf a obtenu le Prieuré de Sainte Radegonde, dans le Diocèse de La Rochelle. L'ancien Évêque d'Orange a reçu l'Abbaye de Chaumont-la-Piscine, dans le Diocèse de Reims. L'Abbé de Vaureal a été nommé à l'Évêché de Rennes et a reçu l'agrément pour la charge de Maître de la Chapelle de Musique. Le Marquis de Breteuil, Chancelier de la Reine, avait obtenu la permission de vendre cette charge, vacante à la suite du décès de l'Évêque de Rennes, son frère.
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6
p. 1015-1022
MORTS NAISSANCES et Mariages.
Début :
Dame Elisabeth de Massol, veuve du Marquis de Clermont-Tonnere, [...]
Mots clefs :
Marquis, Comte de Valbelle, Âge, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES et Mariages.
MORTS NAISSANCES
et Mariages.
Ame Elisabeth de Massol , veuve du
D'Marquis de Clermont - Tonnere ·
>
Marquis de Crusil , et de Vovillars , mourur dans sa Terre de Vovillars , le 8.
Avril dernier dans la 83. année de son
âge , étant née à Dijon le 1. de Juin 1649.
Sa beauté et son esprit étoient peu com-.
muns. Depuis la mort de M. son époux ,
arrivée le 29 Fevrier 1689. , elle a toûjours
1016 MERCURE DE FRANCE
jours couché dans sa biére, et pratiqué une
grande dévotion ; elle a toûjours vêcu
avec toute la noblesse et la grandeur qui
convenoient à sa naissance. Elle étoit mere du Marquis de Clermont-Tonnerre ,
· Chevalier des Ordres du Roi , et Commissaire General de la Cavalerie Legere ; *
et de Madame de Courtivron , Présidente à Mortier au Parlement de Bourgogne.
M. Joseph de Gasquet , Marêchal des
Camps et Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de
S. Louis , mourut à Agen le 12 Avril ,
âgé de 93 ans.
Jean-François de la Baume Comte
de Forsat , &c. mourut le 15. âgé d'en - ¨
viron 70. ans.
2
Le 20 Avril , mourut à Paris en son
Hôtel , Cosme Alphonse de Valbelle
Chevalier , Marquis de Monfuron , et de
Bressieux , Comte de Ribiers , Premier
Capitaine Sous - Lieutenant des Gendar
mes de la Garde du Roi , Brigadier de
ses Armées , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Grand Bailly des Montagnes de Dauphiné , Grand
Sénechal de Marseille. Ce Seigneur est
mort sans alliance à la fin de sa 41 année,
il étoit le dernier mâle de la branche de
Valbelle Montfuron 2, cadette de celle de
Valbelle
Μ ΑΥ. 17323 1017
Valbelle Meirargües , devenue l'ainée de
toutes les branches de cette Maison par
la mort de Cosme de Valbelle mort sans ~
postérité le 29 Avril 1716.
Le Comte de Valbelle étoit fils du second lit de Leon de Valbelle , Marquis
de Montfuron , Comte de Ribiers , Grand
Bailly des Montagnes de Dauphiné , et
d'Antoinette d'Albon S. Forgeux , dont les
Pere avoit eu pour premiere femme Marie de Pontevés- Buous , qui lui avoit don--
né Gaspard de Valbelle , mort Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment de Monseigneur le Dauphin, et Louis de Valbelle , tué Capitaine de Cavalerie dans le
Régiment de Berry:
Il étoit aimé et estimé de tous ceux qui
le connoissoient , surtout de Mrs lesGendarmes et de tous ceux qui servoient dans
la Compagnie des Gendarmes , aussi par
une distinction jusqu'à présent inconnue ,.
ils ont voulu assister en Corps et en habits
uniformes à ses funerailles , voulant marquer au public par une distinction qui
n'étoit pas en usage , combien ils honoroient un Officier qui avoit toûjours été
occupé de leurs interêts et de leurs avan--
tages.
Il fit sa premiere Campagne en 1706...
n'étant pour lors âgé que de 15 ans ; V il Se
1018 MERCURE DE FRANCE
મ
se trouva dans cette année à la Bataille
de Ramilly , et il y fut blessé de plusieurs
coups , dont un l'avoit frappé dans un endroit remarquable , en lui fendant la joue
et la lévre inferieure ; il se trouva en 1708.
à la Bataille d'Oudenarde où il eut un
cheval tué sous lui. En 1709 , il se distingua fort la veille de la Bataille de Mal-'
plaquet dans la Troüée , où l'on l'avoit
placé avec un Escadron de la Maison du
Roi qu'il avoit l'honneur de commander.
Lejour de la Bataille , il soutint avec courage l'impétuosité des ennemis , qui firent les derniers efforts pour rompre la
Maison du Roi ; il receut pendant l'ac
tion plusieurs coups dans ses habits , et
quelques légeres contusions. Un Gentilhomme attaché à lui , eut auprès de
sa Personne une jambe emportée d'un
coup de Canon. Il fit toutes les autrès
Campagnesde la même Guerre en se distinguant toujours par son éxact tude , et par
son assiduité à tous les devoirs d'un bon
Officier; ne négligeant pas même de faire
les fonctions d'Aide de Camp de M. le
Prince de Rohan , afin de tout voir, et de
tout connoître,et dese rendre par- là capable d'être un jour utile à sa Patrie.
Il avoit servi dans la Compagnie des
Gendarmes en qualité d'Enseigne depuis
7
le
MAY. 1732. 101
le mois de Janvier 1707, et il en fut fait
Capitaine Sous- Lieutenant en 1715. Il
fut fait Brigadier des Armées du Roi en
1719 , et Commandeur de l'Ordre de
S. Louis en 1722. Dans tous ces Emplois
on l'a vu se conduire avec fermeté , lorsqu'il s'agissoit du bien du service , et
avec unedouceur qui ne peut s'exprimer,
soit en donnant les ordres qui concernoient le bien du service , soit en toute
autre occasion.
Jacques-Antoine Phelipeaux , Evêque
de Lodéve , et Abbé des Abbayes de
Nantz , de S. Sauveurs et de S Gilles ,
mourut dans son Diocèse vers la fin du
mois d'Avril.
Le P. Louis de la Ferté, de la Compagnie
de Jesus , mourut le 7. de ce mois auCollege de la Fleche , dans la 74 année de
son âge; il étoit second fils du Maréchal
Duc de la Ferté , Pair de France.
Dame Marie-Elizabeth Langlois, veuve
de M. Nicolas le Camus , Maitre des Requêtes , qui avoit été nommé Premier President de la Cour des Aides en survivance de M. le Camus son Pere , mourut ..
Paris le ୨9 du même mois dans la 62 année de son âge..
M. Samuel- Charles de la Reinterie, Che
valier de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
Brigadier
1020 MERCURE DE FRANCE
Brigadier des Armées du Roi , Comman
dant pour sa Majesté au Gouvernement
des Ville et Chateau de Brest , y mourut
le 10 de ce mois âgé de 77 ans , il y en
avoit 64 qu'il servoit. Il commandoit le´
Regiment de Touraine dont il étoit Major à la Bataille de Fleurus ; au siége de
Mons il en fut fait Lieutenant-Colonel.
Il avoit deffendu la Ville et Chateau d'Os
talric où il commandoit en chef, et il en
fit lever le siége . Après le siége de Barce
lone, il eut le Gouvernement du Chateau
de Montjouï ; après l'évasion , il se retira
chez lui , et en 1702 il eut le Comman
dement de Brest où il a été 30 ans. Il a
eu deux freres , deux fils , deux neveux
tuez dans le Regiment de Touraine et actacllement le seul fils qui lui resté , y est
Capitaine depuis 13 ans.
Jean-Baptiste de Lillerin , Seigneur de
Britissendeau , ancien Conseiller au Parlement de Bretagne , mourut le 15. May,
âgé de 68. ans.
Charles-Pierre Auget , Seigneur de la
Chabossiere , &c. Commandeur de l'Ordre de S. Lazare , ancien Commissaire
General des Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , mourut le 19, de ce mois ,
âgé de 91. ans.
Renéde Cordouan, Marquis de la Noüe,
Brigadier
#
ΜΑΥ. 1732. 1021
Brigadier des Armées du Roi et Inspecteur Géneral de Cavalerie , mourut à Pa
ris le 20 de ce mois âgé d'environ 60 ans.
Pierre le Mastin , Capitaine de l'une des
Compagnies du Regiment des Gardes
Françoises , mourut à Paris le 21 , dans
la 55 année de son âge..
Dame Claude-Marguerite Marie-Mag
delaine Antoinette Desseville , Epouse de
François Frederic de Boullene , Marquis
de S. Remy, Exempt des Gardes du Roi ,
accoucha le 27 Avrildernier d'un fils, tenu
sur les Fonts de Batême par M. Antoine
Denis Raudot , Intendant Géneral des
Classes de la Marine, son Oncle maternel,"
et par Dame Reine- Genevieve Aimejas ,
veuve de M. François- Frederic de Boul
lene , Chevalier Marquis de S. Remy.
-Dame Françoise- Louise de Laurant , Epouse
de Louis-François Laurant , Comte de Monsse- rin , &c. accoucha le 11. May d'un fils , fut qui
nommé Jean-Louis , par N... Prince Duc de
Melfort , et par D. Euphemie Wallace , veuve du
Prince Duc de Melfort,
D. Therese- Gilette Locquet de Grandville ,
Epouse de François , Comte de Broglie , Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur de Mont-Dauphin ,
Directeur General de la Cavalerie et des Dragons , Ambassadeur de S. M, auprès du Roy de
I
lak
1022 MEREURE DE FRANCE
la Grande-Bretagne, accoucha le 11. d'une fille
qui fut nommée Marie- Therese , par M. Guill.
de Lamoignon , Président au Parlement , et par
D. Marie- Françoise Méliant , Epouse de Guill.
Urbain de Lamoignon , Conseiller d'Etat Ordinaire , et au Conseil Royal des Finances.
Cesar-Gabriel de Choiseul, Marquis de Choiseal , de la Riviere , fils de Hubert , Marquis
de Choiseul , et de Dame Henriette-Louise de
Beauveau , épousa le 30. Avril D Marie de
Champagne , fille de feu René Braudesy de
Champagne , Marquis de Villaine et de la - Varenne , et de Dame Catherine- Therese le Royer.
Louis-François de Damas , Comte de Thiange
er Danlezy , &c. Capitaine au Regiment Mestre
de Camp General , fils de feu Louis- Amoine.
Herard de Damas , Comte Danlezy , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , Commandeur de
POrdre de S. Louis , et de D. Marie- Elizabeth '
Palatine de Dio , de Montperou , &c. épousa le'
26. May D. Madelaine-Angelique de Gassion
fille de Jean de Gassion , Marquis de Gassion er
Dalluge , Premier Baron , Doyen du PercheGouet , Maréchal de Camp , et de D. Anne- Ma
rie-Jeanne Fleuriau d'Armenonville.
et Mariages.
Ame Elisabeth de Massol , veuve du
D'Marquis de Clermont - Tonnere ·
>
Marquis de Crusil , et de Vovillars , mourur dans sa Terre de Vovillars , le 8.
Avril dernier dans la 83. année de son
âge , étant née à Dijon le 1. de Juin 1649.
Sa beauté et son esprit étoient peu com-.
muns. Depuis la mort de M. son époux ,
arrivée le 29 Fevrier 1689. , elle a toûjours
1016 MERCURE DE FRANCE
jours couché dans sa biére, et pratiqué une
grande dévotion ; elle a toûjours vêcu
avec toute la noblesse et la grandeur qui
convenoient à sa naissance. Elle étoit mere du Marquis de Clermont-Tonnerre ,
· Chevalier des Ordres du Roi , et Commissaire General de la Cavalerie Legere ; *
et de Madame de Courtivron , Présidente à Mortier au Parlement de Bourgogne.
M. Joseph de Gasquet , Marêchal des
Camps et Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de
S. Louis , mourut à Agen le 12 Avril ,
âgé de 93 ans.
Jean-François de la Baume Comte
de Forsat , &c. mourut le 15. âgé d'en - ¨
viron 70. ans.
2
Le 20 Avril , mourut à Paris en son
Hôtel , Cosme Alphonse de Valbelle
Chevalier , Marquis de Monfuron , et de
Bressieux , Comte de Ribiers , Premier
Capitaine Sous - Lieutenant des Gendar
mes de la Garde du Roi , Brigadier de
ses Armées , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Grand Bailly des Montagnes de Dauphiné , Grand
Sénechal de Marseille. Ce Seigneur est
mort sans alliance à la fin de sa 41 année,
il étoit le dernier mâle de la branche de
Valbelle Montfuron 2, cadette de celle de
Valbelle
Μ ΑΥ. 17323 1017
Valbelle Meirargües , devenue l'ainée de
toutes les branches de cette Maison par
la mort de Cosme de Valbelle mort sans ~
postérité le 29 Avril 1716.
Le Comte de Valbelle étoit fils du second lit de Leon de Valbelle , Marquis
de Montfuron , Comte de Ribiers , Grand
Bailly des Montagnes de Dauphiné , et
d'Antoinette d'Albon S. Forgeux , dont les
Pere avoit eu pour premiere femme Marie de Pontevés- Buous , qui lui avoit don--
né Gaspard de Valbelle , mort Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment de Monseigneur le Dauphin, et Louis de Valbelle , tué Capitaine de Cavalerie dans le
Régiment de Berry:
Il étoit aimé et estimé de tous ceux qui
le connoissoient , surtout de Mrs lesGendarmes et de tous ceux qui servoient dans
la Compagnie des Gendarmes , aussi par
une distinction jusqu'à présent inconnue ,.
ils ont voulu assister en Corps et en habits
uniformes à ses funerailles , voulant marquer au public par une distinction qui
n'étoit pas en usage , combien ils honoroient un Officier qui avoit toûjours été
occupé de leurs interêts et de leurs avan--
tages.
Il fit sa premiere Campagne en 1706...
n'étant pour lors âgé que de 15 ans ; V il Se
1018 MERCURE DE FRANCE
મ
se trouva dans cette année à la Bataille
de Ramilly , et il y fut blessé de plusieurs
coups , dont un l'avoit frappé dans un endroit remarquable , en lui fendant la joue
et la lévre inferieure ; il se trouva en 1708.
à la Bataille d'Oudenarde où il eut un
cheval tué sous lui. En 1709 , il se distingua fort la veille de la Bataille de Mal-'
plaquet dans la Troüée , où l'on l'avoit
placé avec un Escadron de la Maison du
Roi qu'il avoit l'honneur de commander.
Lejour de la Bataille , il soutint avec courage l'impétuosité des ennemis , qui firent les derniers efforts pour rompre la
Maison du Roi ; il receut pendant l'ac
tion plusieurs coups dans ses habits , et
quelques légeres contusions. Un Gentilhomme attaché à lui , eut auprès de
sa Personne une jambe emportée d'un
coup de Canon. Il fit toutes les autrès
Campagnesde la même Guerre en se distinguant toujours par son éxact tude , et par
son assiduité à tous les devoirs d'un bon
Officier; ne négligeant pas même de faire
les fonctions d'Aide de Camp de M. le
Prince de Rohan , afin de tout voir, et de
tout connoître,et dese rendre par- là capable d'être un jour utile à sa Patrie.
Il avoit servi dans la Compagnie des
Gendarmes en qualité d'Enseigne depuis
7
le
MAY. 1732. 101
le mois de Janvier 1707, et il en fut fait
Capitaine Sous- Lieutenant en 1715. Il
fut fait Brigadier des Armées du Roi en
1719 , et Commandeur de l'Ordre de
S. Louis en 1722. Dans tous ces Emplois
on l'a vu se conduire avec fermeté , lorsqu'il s'agissoit du bien du service , et
avec unedouceur qui ne peut s'exprimer,
soit en donnant les ordres qui concernoient le bien du service , soit en toute
autre occasion.
Jacques-Antoine Phelipeaux , Evêque
de Lodéve , et Abbé des Abbayes de
Nantz , de S. Sauveurs et de S Gilles ,
mourut dans son Diocèse vers la fin du
mois d'Avril.
Le P. Louis de la Ferté, de la Compagnie
de Jesus , mourut le 7. de ce mois auCollege de la Fleche , dans la 74 année de
son âge; il étoit second fils du Maréchal
Duc de la Ferté , Pair de France.
Dame Marie-Elizabeth Langlois, veuve
de M. Nicolas le Camus , Maitre des Requêtes , qui avoit été nommé Premier President de la Cour des Aides en survivance de M. le Camus son Pere , mourut ..
Paris le ୨9 du même mois dans la 62 année de son âge..
M. Samuel- Charles de la Reinterie, Che
valier de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
Brigadier
1020 MERCURE DE FRANCE
Brigadier des Armées du Roi , Comman
dant pour sa Majesté au Gouvernement
des Ville et Chateau de Brest , y mourut
le 10 de ce mois âgé de 77 ans , il y en
avoit 64 qu'il servoit. Il commandoit le´
Regiment de Touraine dont il étoit Major à la Bataille de Fleurus ; au siége de
Mons il en fut fait Lieutenant-Colonel.
Il avoit deffendu la Ville et Chateau d'Os
talric où il commandoit en chef, et il en
fit lever le siége . Après le siége de Barce
lone, il eut le Gouvernement du Chateau
de Montjouï ; après l'évasion , il se retira
chez lui , et en 1702 il eut le Comman
dement de Brest où il a été 30 ans. Il a
eu deux freres , deux fils , deux neveux
tuez dans le Regiment de Touraine et actacllement le seul fils qui lui resté , y est
Capitaine depuis 13 ans.
Jean-Baptiste de Lillerin , Seigneur de
Britissendeau , ancien Conseiller au Parlement de Bretagne , mourut le 15. May,
âgé de 68. ans.
Charles-Pierre Auget , Seigneur de la
Chabossiere , &c. Commandeur de l'Ordre de S. Lazare , ancien Commissaire
General des Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , mourut le 19, de ce mois ,
âgé de 91. ans.
Renéde Cordouan, Marquis de la Noüe,
Brigadier
#
ΜΑΥ. 1732. 1021
Brigadier des Armées du Roi et Inspecteur Géneral de Cavalerie , mourut à Pa
ris le 20 de ce mois âgé d'environ 60 ans.
Pierre le Mastin , Capitaine de l'une des
Compagnies du Regiment des Gardes
Françoises , mourut à Paris le 21 , dans
la 55 année de son âge..
Dame Claude-Marguerite Marie-Mag
delaine Antoinette Desseville , Epouse de
François Frederic de Boullene , Marquis
de S. Remy, Exempt des Gardes du Roi ,
accoucha le 27 Avrildernier d'un fils, tenu
sur les Fonts de Batême par M. Antoine
Denis Raudot , Intendant Géneral des
Classes de la Marine, son Oncle maternel,"
et par Dame Reine- Genevieve Aimejas ,
veuve de M. François- Frederic de Boul
lene , Chevalier Marquis de S. Remy.
-Dame Françoise- Louise de Laurant , Epouse
de Louis-François Laurant , Comte de Monsse- rin , &c. accoucha le 11. May d'un fils , fut qui
nommé Jean-Louis , par N... Prince Duc de
Melfort , et par D. Euphemie Wallace , veuve du
Prince Duc de Melfort,
D. Therese- Gilette Locquet de Grandville ,
Epouse de François , Comte de Broglie , Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur de Mont-Dauphin ,
Directeur General de la Cavalerie et des Dragons , Ambassadeur de S. M, auprès du Roy de
I
lak
1022 MEREURE DE FRANCE
la Grande-Bretagne, accoucha le 11. d'une fille
qui fut nommée Marie- Therese , par M. Guill.
de Lamoignon , Président au Parlement , et par
D. Marie- Françoise Méliant , Epouse de Guill.
Urbain de Lamoignon , Conseiller d'Etat Ordinaire , et au Conseil Royal des Finances.
Cesar-Gabriel de Choiseul, Marquis de Choiseal , de la Riviere , fils de Hubert , Marquis
de Choiseul , et de Dame Henriette-Louise de
Beauveau , épousa le 30. Avril D Marie de
Champagne , fille de feu René Braudesy de
Champagne , Marquis de Villaine et de la - Varenne , et de Dame Catherine- Therese le Royer.
Louis-François de Damas , Comte de Thiange
er Danlezy , &c. Capitaine au Regiment Mestre
de Camp General , fils de feu Louis- Amoine.
Herard de Damas , Comte Danlezy , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , Commandeur de
POrdre de S. Louis , et de D. Marie- Elizabeth '
Palatine de Dio , de Montperou , &c. épousa le'
26. May D. Madelaine-Angelique de Gassion
fille de Jean de Gassion , Marquis de Gassion er
Dalluge , Premier Baron , Doyen du PercheGouet , Maréchal de Camp , et de D. Anne- Ma
rie-Jeanne Fleuriau d'Armenonville.
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Résumé : MORTS NAISSANCES et Mariages.
En 1732, plusieurs décès et naissances ont marqué la noblesse française. Ame Elisabeth de Massol, veuve du Marquis de Clermont-Tonnerre, est décédée à Vovillars le 8 avril à l'âge de 83 ans. Connue pour sa beauté et son esprit, elle était la mère du Marquis de Clermont-Tonnerre et de Madame de Courtivron. Joseph de Gasquet, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est mort à Agen le 12 avril à 93 ans. Jean-François de la Baume, Comte de Forsat, est décédé le 15 avril à environ 70 ans. Cosme Alphonse de Valbelle, Chevalier et Marquis de Monfuron, est mort à Paris le 20 avril à 41 ans. Il était Premier Capitaine Sous-Lieutenant des Gendarmes de la Garde du Roi et Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis. Jacques-Antoine Phelipeaux, Évêque de Lodève, et le Père Louis de la Ferté, de la Compagnie de Jésus, sont également décédés en avril. Marie-Elizabeth Langlois, veuve de Nicolas le Camus, est morte à Paris le 29 avril à 62 ans. Samuel-Charles de la Reinterie, Brigadier des Armées du Roi, est décédé à Brest le 10 mai à 77 ans. Jean-Baptiste de Lillerin, ancien Conseiller au Parlement de Bretagne, est mort le 15 mai à 68 ans. Charles-Pierre Auget, Commandeur de l'Ordre de Saint-Lazare, est décédé le 19 mai à 91 ans. René de Cordouan, Marquis de la Noüe, est mort à Paris le 20 mai à environ 60 ans. Pierre le Mastin, Capitaine des Gardes Françaises, est décédé à Paris le 21 mai à 55 ans. Parmi les naissances, Claude-Marguerite Desseville a accouché d'un fils le 27 avril. Françoise-Louise de Laurant et Thérèse-Gilette Locquet de Grandville ont toutes deux donné naissance à un fils et à une fille respectivement le 11 mai. Enfin, César-Gabriel de Choiseul a épousé Marie de Champagne le 30 avril, et Louis-François de Damas a épousé Madeleine-Angélique de Gassion le 26 mai.
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7
p. 1022
« Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...] »
Début :
Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...]
Mots clefs :
Dents, Opiate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...] »
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée , donne encore avis qu'il a le secret d'une
Opiate sans goût , qui préserve les dents de se
gâter et de tomber. Il demeure rue Comtesse
d'Artois , proche la Comédie Italienne, Avec Ta- bleau
Opiate sans goût , qui préserve les dents de se
gâter et de tomber. Il demeure rue Comtesse
d'Artois , proche la Comédie Italienne, Avec Ta- bleau
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8
p. 1023-1024
SUPPLEMENT.
Début :
Nous venons d'apprendre que les Métamorphoses d'Ovide, traduites [...]
Mots clefs :
Métamorphoses d'Ovide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT.
SUPPLEMENT.
Ous venons d'apprendre que les
Métamorphoses d'Ovide , traduites
en François , par M. l'Abbé Banier , de
l'Académie des Belles Lettres , avec des
-remarques et des explications dont l'objet est de ramener à l'Histoire les Fables
dont cet Ouvrage est composé , étoient
arrivées depuis quelques jours , et qu'elles se débitoient chez plusieurs Libraires.
Westein et Smith , Libraires d'Amsterdam
qui les ont imprimées , n'ont rien oublié .
pour en rendre l'Edition magnifique. Le
papier , le caractere et les figures , dont
la plûpart sont de B. Picari , et les autres
des plus habiles Graveurs , tout doit répondre à l'attente du public. Outre cette
Edition en 2 volumes in folie , dans laquelle leTexte latin est sur une colomne,
et la Traduction françoise sur l'autre, les
mêmes Libraires en ont donné en même
tems une en 3 vol. in 12 , toute en ftançois , avec une figure à la tête de chaque
Livre. Dans l'in-folio , il y a des figures
pour chaque Fable.
Les mêmes Libraires ont aussi fait traduire en Flamand , et en Anglois , les
expli-
$1024 MERCURE DE FRANCE
J
explications et les remarques de M.l'Abbé Banier , qu'ils ont fait imprimer dans
ces deux Langues , avec le Texte d'Ovide , en 2 vol in-folio .
Cet Ouvrage dont nous donnerons une
idée plus étendue, lorsque nous l'aurons
lû , est dédié au Roi.
Ous venons d'apprendre que les
Métamorphoses d'Ovide , traduites
en François , par M. l'Abbé Banier , de
l'Académie des Belles Lettres , avec des
-remarques et des explications dont l'objet est de ramener à l'Histoire les Fables
dont cet Ouvrage est composé , étoient
arrivées depuis quelques jours , et qu'elles se débitoient chez plusieurs Libraires.
Westein et Smith , Libraires d'Amsterdam
qui les ont imprimées , n'ont rien oublié .
pour en rendre l'Edition magnifique. Le
papier , le caractere et les figures , dont
la plûpart sont de B. Picari , et les autres
des plus habiles Graveurs , tout doit répondre à l'attente du public. Outre cette
Edition en 2 volumes in folie , dans laquelle leTexte latin est sur une colomne,
et la Traduction françoise sur l'autre, les
mêmes Libraires en ont donné en même
tems une en 3 vol. in 12 , toute en ftançois , avec une figure à la tête de chaque
Livre. Dans l'in-folio , il y a des figures
pour chaque Fable.
Les mêmes Libraires ont aussi fait traduire en Flamand , et en Anglois , les
expli-
$1024 MERCURE DE FRANCE
J
explications et les remarques de M.l'Abbé Banier , qu'ils ont fait imprimer dans
ces deux Langues , avec le Texte d'Ovide , en 2 vol in-folio .
Cet Ouvrage dont nous donnerons une
idée plus étendue, lorsque nous l'aurons
lû , est dédié au Roi.
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Résumé : SUPPLEMENT.
Le texte annonce la publication des 'Métamorphoses d'Ovide' traduites en français par l'Abbé Banier, membre de l'Académie des Belles Lettres. Cette édition, imprimée par les libraires Westein et Smith d'Amsterdam, se distingue par la qualité de son papier, de ses caractères et de ses figures, dont la plupart sont de B. Picari. L'ouvrage est disponible en deux formats : une édition en deux volumes in-folio, où le texte latin et la traduction française sont présentés en colonnes parallèles, et une édition en trois volumes in-12 entièrement en français, avec une illustration en tête de chaque livre. L'édition in-folio inclut des figures pour chaque fable. Les explications et remarques de l'Abbé Banier ont été traduites en flamand et en anglais, et sont également disponibles en deux volumes in-folio. Cet ouvrage est dédié au Roi.
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9
p. 1024-1027
A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
Début :
Est-ce un charme trompeur Mercure fend la nuë, [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Marseille, Hélicon, Mercure, Maréchal de Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
A Mrs de l'Académie des Belles- Lettres
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
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Résumé : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
En mai 1732, l'auteur adresse une lettre à l'Académie des Belles-Lettres de Marseille pour exprimer sa gratitude après avoir reçu un prix littéraire, symbolisé par une guirlande apportée par Mercure. Il rappelle une précédente compétition poétique où il n'avait pas remporté la victoire, mais avait depuis cherché l'éloquence dans les écrits des membres de l'Académie. L'auteur célèbre Marseille et son commerce, source de richesses. Il mentionne également le soutien du maréchal de Villars, protecteur de l'Académie, et loue ses talents et ses exploits. La lettre se conclut par une expression de reconnaissance envers l'Académie et ses membres, soulignant que les lauriers reçus ne sont pas seulement une grâce, mais le fruit du mérite.
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10
p. 1028-1032
ELOGE de l'Humeur Capricieuse, par M...
Début :
Peut-être trouverez-vous étonnant, Monsieur, que j'entreprenne de [...]
Mots clefs :
Humeur capricieuse, Femme, Plaisirs, Caractère
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LOGE de l'Humeur Capricieuse,
par M....
Eut-être trouverez- vous étonnant,
Monsieur , que j'entreprenne de fairol'éloge de l'humeur capricieuse. Ceprojet vous paroîtra nouveau,et ne manquera
pas de Critiques ; mais après plusieurs réAlexions sur les différens effets du caprice
dans toutes les actions de la vie , j'ai.reconnu qué cette humeur pouvoit former un
caractere qui se soutient également lors
qu'on l'a dans sa perfection. C'est aussi
de l'humeur parfaitement capricieuse
que je veux parler, non d'une humeur
foujours bourue , toujours brutale mais
de l'humeur inégale , tantôt gaye , tantôt
triste , quelquefois gracieuse et prévenante , quelquefois fiere et impolie.
,
La Femme me fournira plus aisément
un sujet convenable à mon dessein elle
a seule assez de vivacité assez de ce
feu céleste qui donne de l'élévation à
l'esprit , car il faut nécessairemt un
gérie audessus du commun pour être
capricieux ; il y a dans ce caractere un
merveilleux qui ne se dément jamais ,
et qui surprend toujours ; on peut donc
distinguer dans la femme deux espepeces
MA Y. 1732. 11029
·
6
mary
ces d'humeur capricieuses , l'une dans
le domestique , l'autre dans le monde. La
femme capricieuse dans le domestique est
alternativement en colere pour des bagatelles , tranquille et patiente pour des
choses essentielles ; tantôt elle a pour un
des airs de froideur et de hauteur
tantôt elle est soumise et empressée , et
l'accable de caresses ; elle se moque quelquefois des idées raisonnables qu'il à , et
est ingénieuse à lui déplaire ; quelquefois
elle est gracieuse, attirante;elle le prévient
sur tout un moment après elle le tourne en ridicule , le traite avec mépris , et.
par un changement inesperé elle lui donhe ensuite des marques d'une admiration,
et d'une estime particuliere.. Combien,
l'inconstance naturelle d'un mary n'est-elle point satisfaite avec un tel caractere. II,
a deux femmes dans une. La capricieuse
rend l'autre plus aimable en lui donnant
sans cesse la grace de la nouveauté; le caprice irrite les désirs d'un mary , le tient
entre l'esperance et la crainte , toujours
en suspens , toujours dans cette agitation,
qui empêche de tomber dans la tiedeur et
dans l'indolence; enfin il l'éxcite et le ranimeassez pour lui faireoublier ce qu'il peut
y avoir d'in ipide et d'ennuyeux dans la
longue habitude dumariage. Quel charme
I ÿj pour
1035 MERCURE DE FRANCE
pour un mary de trouver sa femme gaye
quand il craignoit de la trouver en coTere et de mauvaise humeur ! 11 est flaté
d'un bien auquel il ne s'attendoit pas ; il
s'en applaudit , il croit que c'est en sa faveur que s'est fait ce changement , et il
tombenécessairement d'accord en lui-même que les plaisirs ne sont sensibles qu'autant que le caprice en réveille le gout. La
Capricieuse dans le monde esttriste quand
les autres sont gayes , ou elle est gaye
avec tant d'excés qu'elle en déconcerte
les plus enjoüées : elle s'attache à certaines
personnes pendant deux ou trois jours ,
elle les voit d'un air d'amitié la plus sincere , et ne sçauroit les quitter : occupée
ensuite d'un nouvel objet , elle est un
mois sans leur parler , et loin de répondre à leurs honnêtetez et à leurs avances ,
elle les regarde comme si elle ne les avoit
jamais connuës ; elle est douce et flateuse
quelquefois , et quelquefois d'un commerce dur et rebutant : alors vous la verrez
ne pas même regarder ceux qui viennent
chez elle , ne les pas saluer , s'offenser des
politesses qu'on lui fera , prendre du
mauvais côté les choses qui ont deux faees ,se croire insultée quand elle ne l'est
point , et souffrir les choses les plus piquantes, sans s'en plaindre.
t
11
MAY 1732 1031
Il faut donc conclure par les agrémens
d'une femme capricieuse, que rien n'est si
charmant , rien n'est si aimable qu'une
femme parfaitement capricieuse. Pour
moi si le Ciel m'avoit destiné à passer
mes jours avec un aussi rare caractere , je
me croirois des mortels le plus fortunés
rien n'égaleroit la douceur d'une vie dont
les momens seroient si variez , que l'on
n'auroit le tems de s'affliger. pas
Personne n'ignore que ce qui nous tourmente le plus dans le monde , c'est la
Refléxion. On ne fait des reflexions que
quand on tombe dans l'indolence , et que
Poisiveté nous rend à nous- mêmes ; mais
avec une femme capricieuse est- il possible
de rentrer en soi - même? Ne nous occupe t'elle pas tous les instans de notre vie?
tantôt dans la crainte de la voir de mauvaise humeur , tantôt dans l'esperance de
la trouver gaye ; l'amour le plus parfait ,
la tendresse la plus vive pour une femme
"ordinaire , laisse encore du vuide dans le
cœur , et c'est ce vuide qui est trop souvent et si cruellement rempli par mille,
refléxions douloureuses qui naissent tantôt des dégoûts , tantôt des mouvemens.
de jalousie , et toûjours par l'inconstance.
On n'est point exposé à ces chagrins avec
une femme capricieuse ; aussi n'y auraI iij t'il
1032 MERCURE DE FRANCE
t'il jamais que le contraste perpetuel de
son humeur qui puisse remplir le cœur
de l'homme; c'est de cette source que
coule une source inépuisable de plaisirs ,
parce que comme il n'y a point de peines sans refléxions , de- même il n'y a que
des plaisirs où il n'y a point de peines
s'ils est donc vrai que ce soit dans le seul
commerce d'une femme capricieuse que
l'on trouve des plaisirs exempts de refléxions , conséquemment exempts de
peines ; il faut convenir que rien n'égale
le mérite d'une femme capricieuse , puisqu'il n'y a qu'elle qui puisse procurer.
P'homme des plaisirs solides et constans.
par M....
Eut-être trouverez- vous étonnant,
Monsieur , que j'entreprenne de fairol'éloge de l'humeur capricieuse. Ceprojet vous paroîtra nouveau,et ne manquera
pas de Critiques ; mais après plusieurs réAlexions sur les différens effets du caprice
dans toutes les actions de la vie , j'ai.reconnu qué cette humeur pouvoit former un
caractere qui se soutient également lors
qu'on l'a dans sa perfection. C'est aussi
de l'humeur parfaitement capricieuse
que je veux parler, non d'une humeur
foujours bourue , toujours brutale mais
de l'humeur inégale , tantôt gaye , tantôt
triste , quelquefois gracieuse et prévenante , quelquefois fiere et impolie.
,
La Femme me fournira plus aisément
un sujet convenable à mon dessein elle
a seule assez de vivacité assez de ce
feu céleste qui donne de l'élévation à
l'esprit , car il faut nécessairemt un
gérie audessus du commun pour être
capricieux ; il y a dans ce caractere un
merveilleux qui ne se dément jamais ,
et qui surprend toujours ; on peut donc
distinguer dans la femme deux espepeces
MA Y. 1732. 11029
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mary
ces d'humeur capricieuses , l'une dans
le domestique , l'autre dans le monde. La
femme capricieuse dans le domestique est
alternativement en colere pour des bagatelles , tranquille et patiente pour des
choses essentielles ; tantôt elle a pour un
des airs de froideur et de hauteur
tantôt elle est soumise et empressée , et
l'accable de caresses ; elle se moque quelquefois des idées raisonnables qu'il à , et
est ingénieuse à lui déplaire ; quelquefois
elle est gracieuse, attirante;elle le prévient
sur tout un moment après elle le tourne en ridicule , le traite avec mépris , et.
par un changement inesperé elle lui donhe ensuite des marques d'une admiration,
et d'une estime particuliere.. Combien,
l'inconstance naturelle d'un mary n'est-elle point satisfaite avec un tel caractere. II,
a deux femmes dans une. La capricieuse
rend l'autre plus aimable en lui donnant
sans cesse la grace de la nouveauté; le caprice irrite les désirs d'un mary , le tient
entre l'esperance et la crainte , toujours
en suspens , toujours dans cette agitation,
qui empêche de tomber dans la tiedeur et
dans l'indolence; enfin il l'éxcite et le ranimeassez pour lui faireoublier ce qu'il peut
y avoir d'in ipide et d'ennuyeux dans la
longue habitude dumariage. Quel charme
I ÿj pour
1035 MERCURE DE FRANCE
pour un mary de trouver sa femme gaye
quand il craignoit de la trouver en coTere et de mauvaise humeur ! 11 est flaté
d'un bien auquel il ne s'attendoit pas ; il
s'en applaudit , il croit que c'est en sa faveur que s'est fait ce changement , et il
tombenécessairement d'accord en lui-même que les plaisirs ne sont sensibles qu'autant que le caprice en réveille le gout. La
Capricieuse dans le monde esttriste quand
les autres sont gayes , ou elle est gaye
avec tant d'excés qu'elle en déconcerte
les plus enjoüées : elle s'attache à certaines
personnes pendant deux ou trois jours ,
elle les voit d'un air d'amitié la plus sincere , et ne sçauroit les quitter : occupée
ensuite d'un nouvel objet , elle est un
mois sans leur parler , et loin de répondre à leurs honnêtetez et à leurs avances ,
elle les regarde comme si elle ne les avoit
jamais connuës ; elle est douce et flateuse
quelquefois , et quelquefois d'un commerce dur et rebutant : alors vous la verrez
ne pas même regarder ceux qui viennent
chez elle , ne les pas saluer , s'offenser des
politesses qu'on lui fera , prendre du
mauvais côté les choses qui ont deux faees ,se croire insultée quand elle ne l'est
point , et souffrir les choses les plus piquantes, sans s'en plaindre.
t
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MAY 1732 1031
Il faut donc conclure par les agrémens
d'une femme capricieuse, que rien n'est si
charmant , rien n'est si aimable qu'une
femme parfaitement capricieuse. Pour
moi si le Ciel m'avoit destiné à passer
mes jours avec un aussi rare caractere , je
me croirois des mortels le plus fortunés
rien n'égaleroit la douceur d'une vie dont
les momens seroient si variez , que l'on
n'auroit le tems de s'affliger. pas
Personne n'ignore que ce qui nous tourmente le plus dans le monde , c'est la
Refléxion. On ne fait des reflexions que
quand on tombe dans l'indolence , et que
Poisiveté nous rend à nous- mêmes ; mais
avec une femme capricieuse est- il possible
de rentrer en soi - même? Ne nous occupe t'elle pas tous les instans de notre vie?
tantôt dans la crainte de la voir de mauvaise humeur , tantôt dans l'esperance de
la trouver gaye ; l'amour le plus parfait ,
la tendresse la plus vive pour une femme
"ordinaire , laisse encore du vuide dans le
cœur , et c'est ce vuide qui est trop souvent et si cruellement rempli par mille,
refléxions douloureuses qui naissent tantôt des dégoûts , tantôt des mouvemens.
de jalousie , et toûjours par l'inconstance.
On n'est point exposé à ces chagrins avec
une femme capricieuse ; aussi n'y auraI iij t'il
1032 MERCURE DE FRANCE
t'il jamais que le contraste perpetuel de
son humeur qui puisse remplir le cœur
de l'homme; c'est de cette source que
coule une source inépuisable de plaisirs ,
parce que comme il n'y a point de peines sans refléxions , de- même il n'y a que
des plaisirs où il n'y a point de peines
s'ils est donc vrai que ce soit dans le seul
commerce d'une femme capricieuse que
l'on trouve des plaisirs exempts de refléxions , conséquemment exempts de
peines ; il faut convenir que rien n'égale
le mérite d'une femme capricieuse , puisqu'il n'y a qu'elle qui puisse procurer.
P'homme des plaisirs solides et constans.
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Résumé : ELOGE de l'Humeur Capricieuse, par M...
Le texte 'Loge de l'Humeur Capricieuse' examine l'éloge de l'humeur capricieuse, un sujet susceptible de critiques. L'auteur distingue l'humeur capricieuse parfaite, qui alterne entre gaieté et tristesse, de l'humeur constamment brutale. Il considère la femme comme le modèle idéal de cette humeur, en raison de sa vivacité et de son esprit élevé. L'auteur identifie deux types de femmes capricieuses : celle du domaine domestique et celle du monde. La femme capricieuse à la maison est imprévisible, passant de la colère à la patience, de la froideur à la soumission. Elle satisfait l'inconstance naturelle de son mari en lui offrant une variété constante, évitant ainsi la monotonie du mariage. Dans le monde, elle est soit triste quand les autres sont gais, soit excessivement gaie, attachante un moment puis indifférente le suivant. L'auteur conclut que les agréments d'une femme capricieuse rendent la vie variée et exemptée de réflexions douloureuses. Une femme capricieuse occupe constamment l'esprit de son partenaire, alternant entre crainte et espoir, et évitant ainsi les chagrins liés à l'indolence et à la jalousie. Ainsi, le commerce avec une femme capricieuse procure des plaisirs solides et constants, exempts de peines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 1032-1036
EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Début :
Loin d'ici, noir chagrin, cherche un autre séjour; [...]
Mots clefs :
Bergers, Chants, Flore, Églogue
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
EGLOGUE
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
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Résumé : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Le texte est une églogue célébrant le retour et la santé retrouvée du R. P. R. D. L. O., surnommé Daphnis. Deux bergers, Silvandre et Damon, expriment leur joie et leur soulagement à travers des dialogues poétiques. Silvandre invite à célébrer ce retour en conviant les Dryades et les Nayades à se joindre à la fête. Damon propose de chanter les maux causés par l'absence de Daphnis et les plaisirs de sa convalescence. Silvandre compare l'absence de Daphnis à divers maux affectant la nature et les bergers, tandis que Damon associe la santé de Daphnis à des éléments bénéfiques pour la nature et les bergers. Les deux bergers décrivent la tristesse et le silence qui ont régné pendant l'absence de Daphnis et la joie revenue avec son retour. Ils mentionnent également les transformations positives dans la nature, comme la verdure revenue et les animaux apaisés. Silvandre et Damon louent les talents poétiques de Daphnis et souhaitent qu'il soit protégé par les Muses et les Parques, afin que les bergers puissent vivre dans la joie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 1037-1040
DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
Début :
C'est un des Adorateurs des Ecrits et des Talens [...]
Mots clefs :
Traité des Etudes, Prononciation, Syllabes, Acents
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texteReconnaissance textuelle : DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
DIFFICULTE' proposée à. M. Rollin
sur un endroit de son Traité des Etudes.
Est un des Adorateurs des Ecrits et des Ta- Clens lens de M. Rollin , qui prend la liberté de
lui demander la solution d'un doute qui lui est
venu en lisant son Traité des Etudes , tom. 1 .
page 15. Edit. de Paris , chez Etienne , 1726.
M. Rollin s'exprime ainsi , la quantité qui contribue tant au nombre et à la cadence du discours ,
n'a pû sefaire admettre dans la Langue Françoise.
J'avoueray bien que la quantité qui se trouve
dans notre Langue , n'est peut-être pas aussibien marquée que dans les Langues Grecque et
Latine , mais qu'il n'y en ait point du tout , c'est
une décision qui me paroît un peu forte.
Je crois en trouver dans la prononciation de
tous les mots François de toutes les phrases ; ne
pourroit-on pas même dire que notre Poësie a
une espece de quantité , sans laquelle les VersFrançois n'ont aucune grace et sont extremement rudes ?
M. Rollin , tom. I. p . 199. dit lui- même
qu'en François l'on ne peut prononcer pate , qui
se dit des animaux , comme pâte , qui signifie de
la farine détrempée avec de l'eau , ce qui ne peut venir que de ce que le premier est bref , et le second est long.
On peut voir encore tome r. p. 262. une note
o M. Rollin paroît retrancher ce qu'il avoit dit cy- dessus , p. 15.
1. Pour ce qui regarde les mots , en voici de
route espece , par rapport à la quantité.
La premiere sy labe est breve dans bilon ,
meton , mouton , ăvoit , feroit , děvant , jämais ,
toujours , &c.
Ivj La
1038 MERCURE DE FRANCE
La premiere est longue dans baton , brom,
nombreux, lungueur, quarré, parlé, beauté, &c.
En voici dont la seconde est breve , muse
buse , regle , cette , et tous les mots qui finissent
en e muet.
Les mots suivans sont de trois longues , cōm¬
pōsē , appōllōn , presumption , &c.
Ceux-cy sont de trois breves, l'unisson , ünissons , &c.
Les mots d'une longue et de deux breves sont
encore plus connus convenir, sōutenir, rēgalër,
conjerer , plaidoyer , &c.
On en trouve aussi grand nombre d'une breve
et de deux longues , comme remarquer , gouver
ner , &c Il faut raisonner de même des autres
especes de pieds où la quantité n'est gueres plus.
difficile à discerner qu'en Latin.
2. Cette quantité qui se fait si bien sentir , ce
me semble , dans les mots François , paroît encore plus dans les phrases. Celle que j'ai rapporté
du Traité des Etudes , peut servir d'exemple , on
ne peut gueres la prononcer qu'avec cette quan- rité..
La quantité qui contribue tant aŭ nombre et
ă lă câdence du discours nå pū së faire admēttrẻ dāns la Langue Françoise. Cet exemple suf
fit pour faire sentir la difficulté que je propose..
3. Pour ce qui est de la Poësie , tout le monde
lit les grands Vers avec une certaine cadence
sans laquelle la Poësie seroit extremement_rude. Tous les Vers François ne sont pas susceptibles de cette cadence , il n'y a que ceux où le
goût ou plutôt l'oreille , a sçû placer les mots
dont la quantité étoit la plus propre à la structure du Vers, et à son harmonie. Cette quantité
Quable et necessaire à la Poësie Françoise , se
trouve
MAY. 1252. ro39
trouve dans ces Vers de M. Despréaux , qui
pour cette raison font plaisir à entendre lire er
prononcer.
De tōus lēs ǎnīmaūx qui s'ëlēvĕnt dåns l'ãix,
Qui mārchēnt sur la Tērre ou nàgēnt dans la Mēr ,
Dě Părïs aū Pěrou , dū Jăpon jusqu'à Rōmě ,
Lè plüs sōt ānĭmǎl , å mōn ävis , est l'hōmmč.
Faute de cette cadence , fondée sur la quantité
des mots François , l'on trouve dans les mauvais
Poetes une infinité de Vers qui sont extremement
chocquans , quoique l'émistiche et le nombre
des pieds y soient scrupuleusement gardez.
Je ne m'étends pas davantage , parce que je ne
prétens qu'exposer une difficulté que M. Rollin est
plus que personne en état de résoudre. Je crois que
si l'on faisoit attention à cette quantité de la Langue Françoise et qu'on en recherchât les regles.
avec soin , on faciliteroit aux Etrangers sa veritable prononciation , et qu'on corrigeroit les
mauvais accens qu'apportent à Paris la plu- part des personnes de Province ; ces accens défectueux ne viennent , ce me semble , que de ce
qu'ils font longues les syllabes qu'il faudroit fairebreves , comme les Norinans , ou breves celles.
qu'il faudroit faire longues , comme les Gascons , Provençaux , Perigourdins, & c. Si M. Rollin veut avoir pour l'Auteur de cette difficulté la
même condescendance qu'il a pour tous ceux qui cherchent à s'instruire , peut-être ê pourra -t'il t sehazarder à lui proposer d'autres . difficultez plus
importantes encore, qui l'arrêtent dans le Traité
des Etudes qu'il juge cependant si plein de dọc- tring:
1040 MERCURE DE FRANCE
trine , qu'il croit que les plus grands 'Maîtres
peuvent y trouver de quoi profiter.
C. L. R ***
sur un endroit de son Traité des Etudes.
Est un des Adorateurs des Ecrits et des Ta- Clens lens de M. Rollin , qui prend la liberté de
lui demander la solution d'un doute qui lui est
venu en lisant son Traité des Etudes , tom. 1 .
page 15. Edit. de Paris , chez Etienne , 1726.
M. Rollin s'exprime ainsi , la quantité qui contribue tant au nombre et à la cadence du discours ,
n'a pû sefaire admettre dans la Langue Françoise.
J'avoueray bien que la quantité qui se trouve
dans notre Langue , n'est peut-être pas aussibien marquée que dans les Langues Grecque et
Latine , mais qu'il n'y en ait point du tout , c'est
une décision qui me paroît un peu forte.
Je crois en trouver dans la prononciation de
tous les mots François de toutes les phrases ; ne
pourroit-on pas même dire que notre Poësie a
une espece de quantité , sans laquelle les VersFrançois n'ont aucune grace et sont extremement rudes ?
M. Rollin , tom. I. p . 199. dit lui- même
qu'en François l'on ne peut prononcer pate , qui
se dit des animaux , comme pâte , qui signifie de
la farine détrempée avec de l'eau , ce qui ne peut venir que de ce que le premier est bref , et le second est long.
On peut voir encore tome r. p. 262. une note
o M. Rollin paroît retrancher ce qu'il avoit dit cy- dessus , p. 15.
1. Pour ce qui regarde les mots , en voici de
route espece , par rapport à la quantité.
La premiere sy labe est breve dans bilon ,
meton , mouton , ăvoit , feroit , děvant , jämais ,
toujours , &c.
Ivj La
1038 MERCURE DE FRANCE
La premiere est longue dans baton , brom,
nombreux, lungueur, quarré, parlé, beauté, &c.
En voici dont la seconde est breve , muse
buse , regle , cette , et tous les mots qui finissent
en e muet.
Les mots suivans sont de trois longues , cōm¬
pōsē , appōllōn , presumption , &c.
Ceux-cy sont de trois breves, l'unisson , ünissons , &c.
Les mots d'une longue et de deux breves sont
encore plus connus convenir, sōutenir, rēgalër,
conjerer , plaidoyer , &c.
On en trouve aussi grand nombre d'une breve
et de deux longues , comme remarquer , gouver
ner , &c Il faut raisonner de même des autres
especes de pieds où la quantité n'est gueres plus.
difficile à discerner qu'en Latin.
2. Cette quantité qui se fait si bien sentir , ce
me semble , dans les mots François , paroît encore plus dans les phrases. Celle que j'ai rapporté
du Traité des Etudes , peut servir d'exemple , on
ne peut gueres la prononcer qu'avec cette quan- rité..
La quantité qui contribue tant aŭ nombre et
ă lă câdence du discours nå pū së faire admēttrẻ dāns la Langue Françoise. Cet exemple suf
fit pour faire sentir la difficulté que je propose..
3. Pour ce qui est de la Poësie , tout le monde
lit les grands Vers avec une certaine cadence
sans laquelle la Poësie seroit extremement_rude. Tous les Vers François ne sont pas susceptibles de cette cadence , il n'y a que ceux où le
goût ou plutôt l'oreille , a sçû placer les mots
dont la quantité étoit la plus propre à la structure du Vers, et à son harmonie. Cette quantité
Quable et necessaire à la Poësie Françoise , se
trouve
MAY. 1252. ro39
trouve dans ces Vers de M. Despréaux , qui
pour cette raison font plaisir à entendre lire er
prononcer.
De tōus lēs ǎnīmaūx qui s'ëlēvĕnt dåns l'ãix,
Qui mārchēnt sur la Tērre ou nàgēnt dans la Mēr ,
Dě Părïs aū Pěrou , dū Jăpon jusqu'à Rōmě ,
Lè plüs sōt ānĭmǎl , å mōn ävis , est l'hōmmč.
Faute de cette cadence , fondée sur la quantité
des mots François , l'on trouve dans les mauvais
Poetes une infinité de Vers qui sont extremement
chocquans , quoique l'émistiche et le nombre
des pieds y soient scrupuleusement gardez.
Je ne m'étends pas davantage , parce que je ne
prétens qu'exposer une difficulté que M. Rollin est
plus que personne en état de résoudre. Je crois que
si l'on faisoit attention à cette quantité de la Langue Françoise et qu'on en recherchât les regles.
avec soin , on faciliteroit aux Etrangers sa veritable prononciation , et qu'on corrigeroit les
mauvais accens qu'apportent à Paris la plu- part des personnes de Province ; ces accens défectueux ne viennent , ce me semble , que de ce
qu'ils font longues les syllabes qu'il faudroit fairebreves , comme les Norinans , ou breves celles.
qu'il faudroit faire longues , comme les Gascons , Provençaux , Perigourdins, & c. Si M. Rollin veut avoir pour l'Auteur de cette difficulté la
même condescendance qu'il a pour tous ceux qui cherchent à s'instruire , peut-être ê pourra -t'il t sehazarder à lui proposer d'autres . difficultez plus
importantes encore, qui l'arrêtent dans le Traité
des Etudes qu'il juge cependant si plein de dọc- tring:
1040 MERCURE DE FRANCE
trine , qu'il croit que les plus grands 'Maîtres
peuvent y trouver de quoi profiter.
C. L. R ***
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Résumé : DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
Un admirateur de M. Rollin interroge une affirmation de son 'Traité des Études', où Rollin soutient que la quantité, influençant le nombre et la cadence du discours, n'existe pas en français. L'admirateur conteste cette affirmation, affirmant que la quantité est présente, bien que moins marquée qu'en grec ou en latin. Il cite des exemples comme 'pate' et 'pâte', où la prononciation varie selon la quantité. L'admirateur note que Rollin reconnaît cette variation dans d'autres parties de son ouvrage. Il fournit des exemples de mots français où la quantité des syllabes est perceptible, comme 'bilon' (première syllabe brève) et 'baton' (première syllabe longue). Il souligne l'importance de la quantité en poésie française, où une mauvaise cadence rend les vers rudes. Il cite des vers de M. Despréaux pour illustrer cette nécessité de cadence. L'admirateur suggère que l'étude de cette quantité pourrait aider à corriger les mauvais accents des étrangers et des provinciaux, qui allongent ou raccourcissent incorrectement les syllabes. Il espère que Rollin pourra résoudre cette difficulté et propose d'autres questions pour enrichir le 'Traité des Études'.
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13
p. 1040-1042
A MADEMOISELLE S***
Début :
Travailler à votre Portrait, [...]
Mots clefs :
Portrait, Peinture, Traits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE S***
A MADEMOISELLE S ***
Travailler à votre Portrait ,
C'est , je Péprouve assez , une rude entreprise.
Mille difficultez s'offrent à mon projet ,
Mais le tendre amour l'authorise ;
Quoique ce Dieu s'en mêle , il pourroit arrivere
Que dans les Traits de ma peinture ,
On ne puisse pas retrouver
Tous les dons que vous fit la prodigue nature ;.
Mais qui pourroit , s'en étonner !
Il est plus glorieux de choisir un modele ,
Qu'eut manqué le Pinceau d'Apelle ,
Que d'étre obligé de l'orner.
Si mon cœur pouvoit par lui même ,
Exécuter votre Portrait ,
Je le garantirois , ressemblant trait pour trait ,
Mais l'esprit qui n'a pas , cette justesse extrême
Et que vous connoissez pour être un barbouil
leur ,
N'a rien pû faire de meilleur.
Heureux, si des apas que vous faites paroître ,
J'en pouvois representer un >
En vous il n'est rien de commun ,
On ne pourroit vous méconnoître.
PRO
MAY 17320 104T
PORTRAIT.
Quand la nature manque , on a recours
Part,
Et de toute beauté , la louange ordinaire ,
Est qu'elle effaceroit la Reine de Cithere' ;
Mon Pinceau ne tient point de fard ,
Il me suffit d'être sincere.
Sans avoir de Venus , la divine beauté,
S *** est aussi ravissante ;
L'exacte régularité ,
N'est pas toujours assez touchante.
Tous ses traits ne sont pas également finis
Mais ils sont si bien assortis ,,
Que leur ensemble nous enchante ;
Ses yeux , par qui le Dieu des cœurs
Semble nous dire des douceurs
Vailent ses cruautez d'une feinte tendresse ;
Un charme secret interesse
A tout ce qu'elle dit , et mon cœur malheureux,
S'étonne que l'amour assis dessus sa bouche,
Lui souffre de donner tant d'Arrêts rigoureux ;
En des objets communs, un rien peut être heu
reux ,
Mais en elle , ce rien nous touche
Je m'en rapporte à tous les yeux.
Ces
1042 MERCURE DE FRANCE
Ses Cheveux terniroient la couleur agréable ,
a
De ceux qui brillent dans les cieux , ( « )
Et leur arrangement simple, mais convenable
N'a rien à désirer des soins industrieux.
Sa tailie est libre , avantageuse ,
Elle a cet air enfin qui n'a rien d'imparfait
Et dont la nature est soigneuse
De cacher à l'art le secret.
Son sexe curieux de plaire ,
Demande aux Dieux ses graces , ses at¬ traits ;
Le nôtre , qui lui rend un tribut volontaire ,
Voudroit la voir toujours ou ne la voir jamais.
Pourtant quand on la quitte , après l'avoir con nuë ,
Le regret de ne la plus voir
Se tourneroit en désespoir ,
Si l'ame n'étoit soûtenuë
Par le tendre pla sir qu'on sent à l'avoir vuë.
Qui mieux que moi peut le savoir à
Elle dispute à Philomelle
Le charme délicat d'une brillante voix.
O vous qui de l'amour redoutez le Carquois
Ou qui ne voulez point devenir infidelle ,
Deffendez-vous d'entendre et de voir cette Belle
Ou bien di posez-vous à recevoir ses loix.
(a) La Chevelure de Berenice
Travailler à votre Portrait ,
C'est , je Péprouve assez , une rude entreprise.
Mille difficultez s'offrent à mon projet ,
Mais le tendre amour l'authorise ;
Quoique ce Dieu s'en mêle , il pourroit arrivere
Que dans les Traits de ma peinture ,
On ne puisse pas retrouver
Tous les dons que vous fit la prodigue nature ;.
Mais qui pourroit , s'en étonner !
Il est plus glorieux de choisir un modele ,
Qu'eut manqué le Pinceau d'Apelle ,
Que d'étre obligé de l'orner.
Si mon cœur pouvoit par lui même ,
Exécuter votre Portrait ,
Je le garantirois , ressemblant trait pour trait ,
Mais l'esprit qui n'a pas , cette justesse extrême
Et que vous connoissez pour être un barbouil
leur ,
N'a rien pû faire de meilleur.
Heureux, si des apas que vous faites paroître ,
J'en pouvois representer un >
En vous il n'est rien de commun ,
On ne pourroit vous méconnoître.
PRO
MAY 17320 104T
PORTRAIT.
Quand la nature manque , on a recours
Part,
Et de toute beauté , la louange ordinaire ,
Est qu'elle effaceroit la Reine de Cithere' ;
Mon Pinceau ne tient point de fard ,
Il me suffit d'être sincere.
Sans avoir de Venus , la divine beauté,
S *** est aussi ravissante ;
L'exacte régularité ,
N'est pas toujours assez touchante.
Tous ses traits ne sont pas également finis
Mais ils sont si bien assortis ,,
Que leur ensemble nous enchante ;
Ses yeux , par qui le Dieu des cœurs
Semble nous dire des douceurs
Vailent ses cruautez d'une feinte tendresse ;
Un charme secret interesse
A tout ce qu'elle dit , et mon cœur malheureux,
S'étonne que l'amour assis dessus sa bouche,
Lui souffre de donner tant d'Arrêts rigoureux ;
En des objets communs, un rien peut être heu
reux ,
Mais en elle , ce rien nous touche
Je m'en rapporte à tous les yeux.
Ces
1042 MERCURE DE FRANCE
Ses Cheveux terniroient la couleur agréable ,
a
De ceux qui brillent dans les cieux , ( « )
Et leur arrangement simple, mais convenable
N'a rien à désirer des soins industrieux.
Sa tailie est libre , avantageuse ,
Elle a cet air enfin qui n'a rien d'imparfait
Et dont la nature est soigneuse
De cacher à l'art le secret.
Son sexe curieux de plaire ,
Demande aux Dieux ses graces , ses at¬ traits ;
Le nôtre , qui lui rend un tribut volontaire ,
Voudroit la voir toujours ou ne la voir jamais.
Pourtant quand on la quitte , après l'avoir con nuë ,
Le regret de ne la plus voir
Se tourneroit en désespoir ,
Si l'ame n'étoit soûtenuë
Par le tendre pla sir qu'on sent à l'avoir vuë.
Qui mieux que moi peut le savoir à
Elle dispute à Philomelle
Le charme délicat d'une brillante voix.
O vous qui de l'amour redoutez le Carquois
Ou qui ne voulez point devenir infidelle ,
Deffendez-vous d'entendre et de voir cette Belle
Ou bien di posez-vous à recevoir ses loix.
(a) La Chevelure de Berenice
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Résumé : A MADEMOISELLE S***
L'auteur d'une lettre évoque les défis rencontrés en peignant le portrait d'une demoiselle. Il reconnaît que son œuvre ne pourra peut-être pas rendre justice à tous ses dons naturels, mais il choisit de rester fidèle à son modèle plutôt que d'ajouter des artifices. Il admire la beauté unique de la demoiselle, notant que ses traits, bien que non parfaitement réguliers, sont harmonieusement assortis et enchanteurs. Il met en avant ses yeux, sa voix et un charme secret qui touchent profondément. La lettre se conclut par un avertissement aux lecteurs de se méfier de l'amour que la demoiselle inspire, comparant sa voix à celle de Philomèle.
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14
p. 1043
« Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Début :
Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Le 26. May, la Loterie de la Compagnie dest
Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à
Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixième d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique,
faisant en tout le nombre de 304. Actions.
La même Compagnie donne avis dans la même
Liste , que sur celle du mois d'Avril dernier , aux
Actions , le N°. 30930. ne doit point y être,
ayant été remboursée par remplacement sur le
mois de Juin 1730 lequel No. sera remplacé par
une Action que l'on tirera de plus à la Loterie
prochaine
Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à
Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixième d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique,
faisant en tout le nombre de 304. Actions.
La même Compagnie donne avis dans la même
Liste , que sur celle du mois d'Avril dernier , aux
Actions , le N°. 30930. ne doit point y être,
ayant été remboursée par remplacement sur le
mois de Juin 1730 lequel No. sera remplacé par
une Action que l'on tirera de plus à la Loterie
prochaine
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Résumé : « Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Le 26 mai, la Loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie pour rembourser 304 actions. Le numéro 30930, mentionné en avril, ne sera pas remboursé car déjà remboursé en juin 1730. Il sera remplacé lors de la prochaine loterie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 1043
BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
Début :
Boire, Butin, Latin, Foire. Loire, Lutin, Satin, Poire. Rabot, Nabot, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
Boire ,
Butin
Latin,
Foire.
Loire ,
Lutin ,
Satin
Poire.
Rabot,
Nabot ,
Souche.
Bateau
Ruisseau,
Louche.
Boire ,
Butin
Latin,
Foire.
Loire ,
Lutin ,
Satin
Poire.
Rabot,
Nabot ,
Souche.
Bateau
Ruisseau,
Louche.
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16
p. 1044-1048
ARRETS NOTABLES.
Début :
DECLARATION DU ROY, qui regle les Gages et Taxations des [...]
Mots clefs :
Arrêts, Sentence de police, Ordonnance du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
XXXXXX XXXXXXXXXXXXXX
ARRETS NOTABLE S.
ECLARATION DU ROY , qui regle les
pes de la Maison du Roy. Donnée à Versailles
le 18. Mars 1732. Registrée en Parlement le 29.- Avril suivant.
ORDONNANCE du Roy , du 10. Avril ,
par laquelle il est dit que S. M. voulant bien que
Ja fourniture du pain continuë d'être faite à ses
Troupes dans les Garnisons ou Camps , dans
lesquels , à cause de la cherté des grains , il seroit trop onereux aux Cavaliers , Dragons et Soldats de se pourvoir de pain ; elle a ordonné et
ordonne , que dans les Places et Camps où le pain- de munition continuera d'être fourni , il sera déduit sur la solde , à commencer au premier May
prochain , jusqu'à- ce qu'il en soit autrement ordonné , pour chaque Ration de pain du poids de
vingt- quatre onces , cuit et rassis , entre bis et
blanc , vingt-quatre deniers par jour , que le Tré--
sorier general de l'Extraordinaire des Guerres
retiendra en ses mains : enjoignant, Sa Majesté ,
aux Officiers de ses Troupes , de tenir la main à
te qu'elles s'y conforment sans difficulté , sur
peine de desobeïssance.
ORDONNANCE DU ROY , du 19 Avril
par laquelle il est dit que S. M. étant infor- mée que les ordres qu'elle a fait donner au Directeur de l'Opera , de ne laisser entrer aucunespersonnes sur le Théatre , n'étoient pas executez;
et S M. voulant rendre sa volonté publique à cet
égard, a ordonné et ordonne qu'à l'avenir aucune
per-
MAY. 1732. 1045
personne de quelque état et qualité qu'elle puisse
être , ne pourra entrer sur le Théatre de l'Opera,
à l'exception de celles qui ont loué des Loges ,
dont l'entrée est par le Théatre , ou qui auront
des Cachets pour aller dans lesdites Loges ; deffend très-expressément S. M. à toutes personnes
qui ont lesdites Loges sur le Théatre , ou à celles
qui auront des Cachets pour y entrer ,
de se tenir dans les Coulisses ni dans les Loges des Actrices ; enjoint S. M. au Sergent des Gardes de
POpera , de tenir la main avec une entiere exactitude à l'execution de la presente Ordonnance, &c.
AUTRE ORDONNANCE du Roy, du même jour, par laquelle il est dit que S. M. voulant
que les deffenses qui ont été faites et qu'elle a renouvellées , à l'exemple du feu Roy , d'entrer à
POpera sans payer et d'interrompre le Spectacle
sous aucun prétexte , soient régulierement observées; et étant informée que quelques personnes.
ne s'y conforment pas aussi exactement qu'elle
le desire , S. M. à fait très-expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes,de quelque qualité
et condition qu'elles soient , même aux Officiers.
de sa Maison, Gardes , Gendarmes , ChevauxLegers , Mousquetaires et autres , d'entrer à l'Opera sans payer. Deffend pareillement à tous ceux
qui assisteront à ce Spectacle , et particulierement.
a ceux qui se placeront au Parterre , d'y commettre aucun desordre en entrant ni en sortant,
de crier ni de faire du bruit avant que le Spectacle commence, de siffler et faire des huées, d'avoir
le chapeau sur la tête et d'interrompre les Acteurs pendant les Réprésentations , de quelque
maniere et sous quelque prétexte que ce soit , à
peine de désobéissance. Fait semblables deffenses
et sous les mêmes peines , à toutes personnes d'entrer
1046 MERCURE DE FRANCE
d'entrer sur le Théatre de l'Opera et de s'arrêter
dans les Coulisses qui y servent d'entrée , même
aux Acteurs et Actrices d'y paroître avec d'autres habits que ceux de Théatre. Deffend aussi
S. M. à tous Domestiques portant ivrée , sans
aucune réserve, exception ni distinction, d'entrer
à l'Opera , même en payant , de commettre au- cune violence , indécences ou autres desordres
aux entrées ni aux environs de la Sale où se font
les Représentations, sous telles peines qu'elle jugera convenables. Ordonne S. M. d'emprisonner
les contrevenans ; deffend très - expressement à
toutes Personnes , telles qu'elles puissent être ,
aux Officiers de sa Maison et autres , de s'opposer directement ni indirectement à ce qui est
cy- dessus ordonné , et d'empêcher par la force
ou autrement, que ceux qui y contreviendront
me soient arrêtez et conduits en prison.
SENTENCE DE POLICE , du 25. Avril,
qui condamne en vingt livres d'amende le nommé Jouan , fils , Regrattier de Paille et de Foin,
pour avoir contrevenu aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la vente et achapt de la Marchandise de Foin , et notamment pour
avoir acheté de mauvais Foin sur les Ports à vil
prix , et avoir voulu le faire passer comme Foin arrivé par terre , en le faisant rebotteler de nouyeau , et qui ordonne la confiscation dudit Foin.
AUTRE Ordonnance de Police du même jour
qui deffend la vente des Huitres pendant les
grandes chaleurs , à commencer au premier May
jusques et compris le dernier Jeudy du mois d'Août prochain.
AUTRE du 30. Avril , qui fait deffenses à
toutes personnes de passer sur les Terres ensemencées
MAY. 1732 1047
mencées , et d'y causer aucuns dégâts , sous quel
que prétexte que ce soit , à peine de soo. livres
d'amende , confiscation des Chevaux et Bestiaux
et de prison en cas de Rebellion.
ARREST du 3. May , dont voici la teneur.
Le Roy étant informé de tous les mouvemens qu'on excite continuellement dans les esprits , રે
Poccasion de plusieurs guérisons qu'on prétend
être miraculeusement arrivées par l'intercession du Sr de Paris , Diacre du Diocèse de Paris , et
dont on veut faire un argument de parti , pour
fournir des armes à ceux qui se révoltent contre
l'authorité de l'Eglise , et perpetuer la division
dans le Royaume , au sujet de la Constitution
Unigenitus , contre les dispositions des Déclara- tions de Sa Majesté , et de l'Arrêt qu'elle a rendu
les. Septembre dernier , pour faire cesser toutes
disputes et contestations sur ce sujet ; S. M. qui
a déja interposé son authorité dans cette matiere,
soit par son Ordonnance du 27. Janvier dernier soit par l'Arrêt qu'elle a rendu le 24. Avril suivant contre deux Libelles qui regardent les faits
cy-dessus marquez , a jugé à propos de continuer d'en prendre connoissance , pour prévenir
tout ce qui pourroit être une nouvelle occasion
de troubler la tranquillité de l'Eglise et de l'Etat :
à quoi desírant pourvoir ,SA MAJESTE ESTANT
EN SON CONSEIL , a fait et fait de très expres- ses inhibitions et deffenses à tous ses Sujets , de
quelque état et condition qu'ils soient , de faire
aucunes poursuites ni procedures pardevant ses
Cours et autres Juges , au sujet des faits cy- dessus énoncez , leurs circonstances ou dépendances
et de tout ce qui pourroit avoir été ou être fait
à cette occasion , $. M. s'en retenant la connois-
* sance , qu'elle interdit à toutes sesdites Cours et aucunes
1048 MERCURE DE FRANCE
autres Juges , et se réservant à elle seule de prendre les mesures qu'elle estimera les plus conve- nables pour faire cesser toutes disputes et contestations sur ce sujet Deffend pareillement S. M.
à tous ses Sujets , de composer , imprimer , vendre , debiter , ou autrement distribuer, sous quelque nom et titre que ce soit , aucuns Ouvrages,
Memoires ou Ecrits tendants à entretenir les disputes qui se sont formées au sujet desdits faits
ou de tout ce qui peut y avoir rapport , et de la
Constitution Unigenitus ; le tout sous les peines
portées par ledit Arrêt du 5. Septembre 1731.
lequel sera executé selon sa forme et teneur ,
tamment contre les Auteurs , Imprimeurs ou distributeurs de libelles ou d'écrits contraires à
la Religion , au respect dû au S. Siege , à N. S..
Pere le Pape et aux Evêques , à l'authorité de
P'Eglise et à celle de S. M. aux droits de sa Couronne, et aux Libertez de l'Eglise Gallicane , &c.
ARRETS NOTABLE S.
ECLARATION DU ROY , qui regle les
pes de la Maison du Roy. Donnée à Versailles
le 18. Mars 1732. Registrée en Parlement le 29.- Avril suivant.
ORDONNANCE du Roy , du 10. Avril ,
par laquelle il est dit que S. M. voulant bien que
Ja fourniture du pain continuë d'être faite à ses
Troupes dans les Garnisons ou Camps , dans
lesquels , à cause de la cherté des grains , il seroit trop onereux aux Cavaliers , Dragons et Soldats de se pourvoir de pain ; elle a ordonné et
ordonne , que dans les Places et Camps où le pain- de munition continuera d'être fourni , il sera déduit sur la solde , à commencer au premier May
prochain , jusqu'à- ce qu'il en soit autrement ordonné , pour chaque Ration de pain du poids de
vingt- quatre onces , cuit et rassis , entre bis et
blanc , vingt-quatre deniers par jour , que le Tré--
sorier general de l'Extraordinaire des Guerres
retiendra en ses mains : enjoignant, Sa Majesté ,
aux Officiers de ses Troupes , de tenir la main à
te qu'elles s'y conforment sans difficulté , sur
peine de desobeïssance.
ORDONNANCE DU ROY , du 19 Avril
par laquelle il est dit que S. M. étant infor- mée que les ordres qu'elle a fait donner au Directeur de l'Opera , de ne laisser entrer aucunespersonnes sur le Théatre , n'étoient pas executez;
et S M. voulant rendre sa volonté publique à cet
égard, a ordonné et ordonne qu'à l'avenir aucune
per-
MAY. 1732. 1045
personne de quelque état et qualité qu'elle puisse
être , ne pourra entrer sur le Théatre de l'Opera,
à l'exception de celles qui ont loué des Loges ,
dont l'entrée est par le Théatre , ou qui auront
des Cachets pour aller dans lesdites Loges ; deffend très-expressément S. M. à toutes personnes
qui ont lesdites Loges sur le Théatre , ou à celles
qui auront des Cachets pour y entrer ,
de se tenir dans les Coulisses ni dans les Loges des Actrices ; enjoint S. M. au Sergent des Gardes de
POpera , de tenir la main avec une entiere exactitude à l'execution de la presente Ordonnance, &c.
AUTRE ORDONNANCE du Roy, du même jour, par laquelle il est dit que S. M. voulant
que les deffenses qui ont été faites et qu'elle a renouvellées , à l'exemple du feu Roy , d'entrer à
POpera sans payer et d'interrompre le Spectacle
sous aucun prétexte , soient régulierement observées; et étant informée que quelques personnes.
ne s'y conforment pas aussi exactement qu'elle
le desire , S. M. à fait très-expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes,de quelque qualité
et condition qu'elles soient , même aux Officiers.
de sa Maison, Gardes , Gendarmes , ChevauxLegers , Mousquetaires et autres , d'entrer à l'Opera sans payer. Deffend pareillement à tous ceux
qui assisteront à ce Spectacle , et particulierement.
a ceux qui se placeront au Parterre , d'y commettre aucun desordre en entrant ni en sortant,
de crier ni de faire du bruit avant que le Spectacle commence, de siffler et faire des huées, d'avoir
le chapeau sur la tête et d'interrompre les Acteurs pendant les Réprésentations , de quelque
maniere et sous quelque prétexte que ce soit , à
peine de désobéissance. Fait semblables deffenses
et sous les mêmes peines , à toutes personnes d'entrer
1046 MERCURE DE FRANCE
d'entrer sur le Théatre de l'Opera et de s'arrêter
dans les Coulisses qui y servent d'entrée , même
aux Acteurs et Actrices d'y paroître avec d'autres habits que ceux de Théatre. Deffend aussi
S. M. à tous Domestiques portant ivrée , sans
aucune réserve, exception ni distinction, d'entrer
à l'Opera , même en payant , de commettre au- cune violence , indécences ou autres desordres
aux entrées ni aux environs de la Sale où se font
les Représentations, sous telles peines qu'elle jugera convenables. Ordonne S. M. d'emprisonner
les contrevenans ; deffend très - expressement à
toutes Personnes , telles qu'elles puissent être ,
aux Officiers de sa Maison et autres , de s'opposer directement ni indirectement à ce qui est
cy- dessus ordonné , et d'empêcher par la force
ou autrement, que ceux qui y contreviendront
me soient arrêtez et conduits en prison.
SENTENCE DE POLICE , du 25. Avril,
qui condamne en vingt livres d'amende le nommé Jouan , fils , Regrattier de Paille et de Foin,
pour avoir contrevenu aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la vente et achapt de la Marchandise de Foin , et notamment pour
avoir acheté de mauvais Foin sur les Ports à vil
prix , et avoir voulu le faire passer comme Foin arrivé par terre , en le faisant rebotteler de nouyeau , et qui ordonne la confiscation dudit Foin.
AUTRE Ordonnance de Police du même jour
qui deffend la vente des Huitres pendant les
grandes chaleurs , à commencer au premier May
jusques et compris le dernier Jeudy du mois d'Août prochain.
AUTRE du 30. Avril , qui fait deffenses à
toutes personnes de passer sur les Terres ensemencées
MAY. 1732 1047
mencées , et d'y causer aucuns dégâts , sous quel
que prétexte que ce soit , à peine de soo. livres
d'amende , confiscation des Chevaux et Bestiaux
et de prison en cas de Rebellion.
ARREST du 3. May , dont voici la teneur.
Le Roy étant informé de tous les mouvemens qu'on excite continuellement dans les esprits , રે
Poccasion de plusieurs guérisons qu'on prétend
être miraculeusement arrivées par l'intercession du Sr de Paris , Diacre du Diocèse de Paris , et
dont on veut faire un argument de parti , pour
fournir des armes à ceux qui se révoltent contre
l'authorité de l'Eglise , et perpetuer la division
dans le Royaume , au sujet de la Constitution
Unigenitus , contre les dispositions des Déclara- tions de Sa Majesté , et de l'Arrêt qu'elle a rendu
les. Septembre dernier , pour faire cesser toutes
disputes et contestations sur ce sujet ; S. M. qui
a déja interposé son authorité dans cette matiere,
soit par son Ordonnance du 27. Janvier dernier soit par l'Arrêt qu'elle a rendu le 24. Avril suivant contre deux Libelles qui regardent les faits
cy-dessus marquez , a jugé à propos de continuer d'en prendre connoissance , pour prévenir
tout ce qui pourroit être une nouvelle occasion
de troubler la tranquillité de l'Eglise et de l'Etat :
à quoi desírant pourvoir ,SA MAJESTE ESTANT
EN SON CONSEIL , a fait et fait de très expres- ses inhibitions et deffenses à tous ses Sujets , de
quelque état et condition qu'ils soient , de faire
aucunes poursuites ni procedures pardevant ses
Cours et autres Juges , au sujet des faits cy- dessus énoncez , leurs circonstances ou dépendances
et de tout ce qui pourroit avoir été ou être fait
à cette occasion , $. M. s'en retenant la connois-
* sance , qu'elle interdit à toutes sesdites Cours et aucunes
1048 MERCURE DE FRANCE
autres Juges , et se réservant à elle seule de prendre les mesures qu'elle estimera les plus conve- nables pour faire cesser toutes disputes et contestations sur ce sujet Deffend pareillement S. M.
à tous ses Sujets , de composer , imprimer , vendre , debiter , ou autrement distribuer, sous quelque nom et titre que ce soit , aucuns Ouvrages,
Memoires ou Ecrits tendants à entretenir les disputes qui se sont formées au sujet desdits faits
ou de tout ce qui peut y avoir rapport , et de la
Constitution Unigenitus ; le tout sous les peines
portées par ledit Arrêt du 5. Septembre 1731.
lequel sera executé selon sa forme et teneur ,
tamment contre les Auteurs , Imprimeurs ou distributeurs de libelles ou d'écrits contraires à
la Religion , au respect dû au S. Siege , à N. S..
Pere le Pape et aux Evêques , à l'authorité de
P'Eglise et à celle de S. M. aux droits de sa Couronne, et aux Libertez de l'Eglise Gallicane , &c.
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Résumé : ARRETS NOTABLES.
En mars et avril 1732, plusieurs ordonnances royales ont été émises. Le 18 mars, une déclaration royale a réglé les pensions de la Maison du Roi, enregistrée au Parlement le 29 avril. Le 10 avril, une ordonnance a stipulé que la fourniture de pain aux troupes continuerait, avec une déduction sur la solde pour chaque ration de pain. Le 19 avril, deux ordonnances ont été promulguées concernant l'accès au théâtre de l'Opéra : la première a interdit l'accès à toute personne non autorisée, sauf celles ayant loué des loges ou possédant des cachets. La seconde a renforcé les interdictions d'entrer à l'Opéra sans payer et de perturber les spectacles. Le 25 avril, une sentence de police a condamné un regrattier pour violation des règlements sur la vente de foin, et une autre ordonnance a interdit la vente des huîtres pendant les grandes chaleurs. Le 30 avril, une ordonnance a interdit de passer sur les terres ensemencées. Enfin, le 3 mai, un arrêt royal a interdit toute poursuite ou publication concernant les guérisons attribuées au Diacre de Paris, afin de prévenir les troubles liés à la Constitution Unigenitus.
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