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Détail
Liste
5551
p. 193-199
Memoire concernant quelques observations sur le vitriol & sur le fer, par M. Geoffroy. [titre d'après la table]
Début :
Le Mercredy 26. Avril l'Academie Royale des Sciences reprit ses [...]
Mots clefs :
Vitriol, Liqueur, Académie royale des sciences, Terre, Équateur, Méridiens, Sels acides, Nitre, Botanistes, Cristaux
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texteReconnaissance textuelle : Memoire concernant quelques observations sur le vitriol & sur le fer, par M. Geoffroy. [titre d'après la table]
LE mercredy 26. Avril
l'Académie Royale des
Sciences reprir ses exercices
qui avoient estê interrompus
pendant les FêtesdePasquès,
& elle lés ouvrir à on ordinaire
par une Assemblée
publique.
Monsieur Oflîni com- mença la Séance par un discours;
dans lequel il démontra
que la figure de la Terre
étoit Ecliptique, & que son
(axe pris d'un Pole à l'autre
étoit beaucoup plus grand
que - son Diamètre fous
l'Equateur: Il donna en
mcfme temps une méthode
pour avoir la mesure des
devrez des Méridiens.
MrLemery le jeune, expliqua
ensuite la maniere
dont les Sels acides ( &
particulierement le Sel acide
du Nitre ) agissent sur les
soufres pour prÉxfcire la
"flafne.
Mr Marchand, rapporta
la découvertequ'il avoir
faite de la fkur d'une petite
planteou efpccfr de mousle,
nommée LichenpetroeusfldlAtus.
Cette Fleur avoit été
jusques ici inconnuëaux
Botanistes, quoyque la plante
fûttres-commune.
Mr Geoffroy termina la
Seance par la lecture d'un
mémoire, concernant quelques
observations sur le Vitriol
& sur le Fer. Il donna
plusieurs manieres de reduire
le Vitriol vert en une liqueur
grasse onctueuse & qui ne
secristallise plus, qu'il nomma
Eau mne ou essence Hipuque
duVitriol.Onappelle
ordinairement Eaux meres,
des liqueurs grasses, qui
restent après les cristallisations
du salpetre ,du Vitriol,
du esl marin, de l'alum, &c.
On avoit crû jusques ici que
les liqueurs grasses étoient
commposées des sels alcalis
& de la graisse de la Terre
qui fc trouvant messez avec
ces sels s'en séparoient dans
la cristalisation ; mais il
avança que cela. n'étoit poinr,
Q¿ que c'estoit la substance
même des sels qui étoit ainsi
changée, & qu'il prouva par-
C.qùé tous ces sels, si bien
apurez qu'ils puissens cftre^
se peuvent entierement changer
en cette liqueur, ce qu'il
prouva par experience sur le
Vitriol. Une des manieres
qu'il proposa pour reduire
ainsi le Vitriol est de calciner
du Vitriol vert aux rayons
du Soleil pendant l'Eté. Il
se reduit en une poudre blanche.
On fait fondre cette
poudre dans de l'eau de
pluye; on philtre la dissolution,
& après avoir fait digerer
pendant quelque temps
la liqueur au Soleil, on la
fait éva porer & on laisse cris.
talliser le sel, Il reste entre
les cristaux une liqueur rougeâtre,
grasse qui ne fc cri stallise
point du tour. On
la garde à part. On fait calciner
de nouveau les cristaux
au Soleil, on les fait dissoudre,
on digere la dissolution
on la philtre, on la fait criftaliser
& on sépare la liqueur
qui ne se cristallise point;
on continuë cela pluficurs
fois jurqu'à ce que tour le
Vitriol foit converti en huile
ou eau mere. Il ne proposa
pas feulement cette liqueur
comme une simple curiosité;
mais encore comme un remede
utile, & comme un
fort bon stiptique pour arrester
le fang des playesapplique
exterieuremcnt, &
pour appaiser les bemorr hagies
prisincerieurerpeut;cest
pourquoy il lui avoic donné
le nom d'EiTencc stiptique du
Vitriol. Le temps ne luy permit
pas de licelfes observations
sur le Fer.
l'Académie Royale des
Sciences reprir ses exercices
qui avoient estê interrompus
pendant les FêtesdePasquès,
& elle lés ouvrir à on ordinaire
par une Assemblée
publique.
Monsieur Oflîni com- mença la Séance par un discours;
dans lequel il démontra
que la figure de la Terre
étoit Ecliptique, & que son
(axe pris d'un Pole à l'autre
étoit beaucoup plus grand
que - son Diamètre fous
l'Equateur: Il donna en
mcfme temps une méthode
pour avoir la mesure des
devrez des Méridiens.
MrLemery le jeune, expliqua
ensuite la maniere
dont les Sels acides ( &
particulierement le Sel acide
du Nitre ) agissent sur les
soufres pour prÉxfcire la
"flafne.
Mr Marchand, rapporta
la découvertequ'il avoir
faite de la fkur d'une petite
planteou efpccfr de mousle,
nommée LichenpetroeusfldlAtus.
Cette Fleur avoit été
jusques ici inconnuëaux
Botanistes, quoyque la plante
fûttres-commune.
Mr Geoffroy termina la
Seance par la lecture d'un
mémoire, concernant quelques
observations sur le Vitriol
& sur le Fer. Il donna
plusieurs manieres de reduire
le Vitriol vert en une liqueur
grasse onctueuse & qui ne
secristallise plus, qu'il nomma
Eau mne ou essence Hipuque
duVitriol.Onappelle
ordinairement Eaux meres,
des liqueurs grasses, qui
restent après les cristallisations
du salpetre ,du Vitriol,
du esl marin, de l'alum, &c.
On avoit crû jusques ici que
les liqueurs grasses étoient
commposées des sels alcalis
& de la graisse de la Terre
qui fc trouvant messez avec
ces sels s'en séparoient dans
la cristalisation ; mais il
avança que cela. n'étoit poinr,
Q¿ que c'estoit la substance
même des sels qui étoit ainsi
changée, & qu'il prouva par-
C.qùé tous ces sels, si bien
apurez qu'ils puissens cftre^
se peuvent entierement changer
en cette liqueur, ce qu'il
prouva par experience sur le
Vitriol. Une des manieres
qu'il proposa pour reduire
ainsi le Vitriol est de calciner
du Vitriol vert aux rayons
du Soleil pendant l'Eté. Il
se reduit en une poudre blanche.
On fait fondre cette
poudre dans de l'eau de
pluye; on philtre la dissolution,
& après avoir fait digerer
pendant quelque temps
la liqueur au Soleil, on la
fait éva porer & on laisse cris.
talliser le sel, Il reste entre
les cristaux une liqueur rougeâtre,
grasse qui ne fc cri stallise
point du tour. On
la garde à part. On fait calciner
de nouveau les cristaux
au Soleil, on les fait dissoudre,
on digere la dissolution
on la philtre, on la fait criftaliser
& on sépare la liqueur
qui ne se cristallise point;
on continuë cela pluficurs
fois jurqu'à ce que tour le
Vitriol foit converti en huile
ou eau mere. Il ne proposa
pas feulement cette liqueur
comme une simple curiosité;
mais encore comme un remede
utile, & comme un
fort bon stiptique pour arrester
le fang des playesapplique
exterieuremcnt, &
pour appaiser les bemorr hagies
prisincerieurerpeut;cest
pourquoy il lui avoic donné
le nom d'EiTencc stiptique du
Vitriol. Le temps ne luy permit
pas de licelfes observations
sur le Fer.
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Résumé : Memoire concernant quelques observations sur le vitriol & sur le fer, par M. Geoffroy. [titre d'après la table]
Le 26 avril, l'Académie Royale des Sciences a repris ses activités après les fêtes de Pâques. Monsieur Oflîni a présenté une démonstration sur la forme elliptique de la Terre, affirmant que son axe polaire est plus long que son diamètre équatorial, et a proposé une méthode pour mesurer les degrés des méridiens. Monsieur Lemery le jeune a expliqué l'action des sels acides, comme le sel acide du nitre, sur les soufres pour produire de la flamme. Monsieur Marchand a rapporté la découverte d'une nouvelle espèce de mousse, le Lichen petraeus fulvus, fréquente mais inconnue des botanistes. Enfin, Monsieur Geoffroy a lu un mémoire sur le vitriol et le fer, décrivant des méthodes pour transformer le vitriol vert en une liqueur grasse et onctueuse, nommée 'eau mère' ou 'essence hippique du vitriol'. Cette liqueur, obtenue après plusieurs cristallisations, est utilisée comme remède stiptique pour arrêter les saignements et apaiser les hémorragies internes. Geoffroy n'a pas pu présenter ses observations sur le fer faute de temps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5552
p. 173-182
Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
Début :
On continuë à faire grand fruit en France aupres des [...]
Mots clefs :
Prétendus réformés, Conversion, Famille, Marquis, Famille d'Antiquar, Vérités catholiques, Controverses, Erreurs, Zèle, Cérémonie, Diocèse, Évêché, Preuves
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texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
fruit en France aupres des
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
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Résumé : Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
Le texte décrit la conversion au catholicisme de la famille du Marquis d'Anquitar, une famille distinguée par son esprit, sa vertu et sa noblesse. Le Marquis, cousin germain de la Duchesse de Richelieu et allié des plus grandes familles du royaume, fut influencé par la conversion préalable de son fils. Madame la Marquise d'Anquitar, après une résistance initiale, fut convaincue par les sermons du Père Bernard Jésuite et les écrits de Monsieur du Fresne de la Mission de Richelieu. Elle rédigea un mémoire de ses doutes religieux et le soumit aux ministres de Loudun, bien qu'elle n'en fût pas entièrement satisfaite. Le Marquis, voyant sa femme convaincue, envoya un émissaire à l'évêque de Poitiers, réputé pour son zèle et ses nombreuses conversions. L'évêque se rendit à Richelieu pour ramener les convertis. La cérémonie d'abjuration eut lieu le 21 du dernier mois en présence de nombreux spectateurs. Les filles du Marquis, ainsi que deux autres personnes du même diocèse, suivirent l'exemple de leurs parents. Madame la Marquise d'Anquitar appartient à la maison de Saint-Gelais, une famille illustre ayant produit des figures marquantes dans les domaines littéraire et religieux, comme Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême et poète célèbre sous les règnes de François Ier et Henri II.
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5553
p. 188-201
Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Début :
Le spectacle de Paris, le plus suivi à present & le plus agréable [...]
Mots clefs :
Paris, Fortune, Homme, Bal, Amant, Dames, Église, Maîtresse, Bal de l'Opéra, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Le ſpectacle de Paris, leplus
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
Fermer
5554
p. 186-202
Articles accordez par le Roy à la République de Génes, [titre d'après la table]
Début :
Comme la Renommée répand par tout les grandes Nouvelles [...]
Mots clefs :
République de Gênes, Articles, Majestés, Pape, Sénateurs, Marquis, Doge, Grâces, Monarque, Hommage, Victoire, Piété, Justice, Prince, Envoyé extraordinaire, Gouverneur, Lettre, Audience, Traité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Articles accordez par le Roy à la République de Génes, [titre d'après la table]
Comme la Renommée ré
pand par tout les grandes.
Nouvelles avec une vilteffe
incroyable , il y a déja quelque
temps fans doute que
vous avez entendu parler des
Articles accordez par le Roy
GALANT. 187
à la République de Genes.
Si je ne vous en ay rien dit:
jufques à prefent , c'est parce
que j'ay crû à propos d'attendre
que je vous puffe éclaircir
feurement de tout ce qu'ils
contiennent , & mefme qu'ils
euffent efté ratifiez. Cet endroit
de l'Hiftoire de noftre :
Augufte Monarque , ne con
tribuera pas peu à mettre fa
Gloire au plus haut degré, où
celle d'aucun Souverain ait :
jamais efté portée , moins ;
toutefois par l'éclatant
Hom
mage que cette Republique:
ly rend , que parce qu'il a
Qij
188 MERCURE
bien voulu fe contenter de là
fatisfaction que vous allez
voir marquée en ces Articles,
dans un temps où il pouvoit
efperer tout de fes Armes &
de la Victoire , qui a toûjours
favorisé fes juftes deffeins .
Mais fa pieté qui n'eft pas
moins grande que fa Juftice ,
n'a pû fouffrir qu'il refufaft
aux preffantes inftances du
Pape , ce que Sa Sainteté luy
a demandé, & il n'a pas creu
devoir inquieter l'Italie , lors
qu'il la voit obligée d'unir fes
forces contre celles de l'Ennemy
du nom Chreftien. Un
)
GALANT. 189
Prince moins
genereux , &
qui n'auroit
pas appris à eſtre
toûjours
Maiſtre
de luy - mef
me , fe feroit fervy de l'occafion
; mais le Roy fatisfait
de
fa Gloire , ne diſpute
plus depuis
long-temps
à ceux qui
fe veulent
liguer contre luy,
que l'avantage
de travaillet
plus qu'eux
, à mettre
le calme
dans toute l'Europe
. C'eſt
dans la vue de l'y rétablir
entierement
, qúe Sa Majesté
figna le Pouvoir
quit fuit le
neuviéme du dernier mois.
Le Roy ayant efté informé par
le fieur Evefque de Fano, Nonce
190 MERCURE
Extraordinaire de Sa Sainteté,
que non feulement la Republique
de Genes avoit pris la réſolution
d'accepter les Conditions qui luy
ont efté impofées par Sa Majesté,.
pour tâcherpar cette faumiffion à
rentrer dans fes bonnes graces ,
mais mefine qu'elle avoit envoyé
un plein Pouvoir au fieur de
Marini pour enfigner enfonNom
les Articles, avec telles Perfonnes
qu'il plairont à Sa Majesté commettre
, Sa Majesté a pour cet
effet aurarifé de fa part , comme
Elle autorife par ces Prefentes , le
fieur Colbert , Chevalier , Marquis
de Croiffy, Confeiller en touss
GALANT. 19r
&
fes Confeils , Prefident à Mor
tier en fa Chambre de Parlement
à Paris , Secretaire d'Etat de Sa
Majefté , & de fes Commandemens
& Finances , auquel Elle
a donné plein Pouvoir, Commiffian
, & Mandement Special
d'accepter , conclurre , & figner
enfon Nom , avec ledit fieur de
Marini , les Articles dont ils feront
convenus ; promettant Sadite
Majesté, en foy & parole de
d'executer Roy , d'accomplir,
ponctuellement, & avoir agréable
, & tenir ferme & ſtable à
toujours , tout ce que ledit fieur
de Croiffy aura promis , &figné
192 MERCURE
en vertu du prefent Pouvoirs
comme auffi d'en fournir ſa Rati
fication en bonneforme , dans le
temps qu'il aura efté convenu.
En témoignage dequoy Nous
avons figné ces Prefentes de
noftre main , & à icellesfait ap
pofer noftre Scel fecret.
M' le Marquis de Marini,
Envoyé Extraordinaire de la
République de Genes auprés
de Sa Majefté , avoit reçeu
un Plein- pouvoir par une
Lettre des Duc, Gouverneurs:
& Procureurs de cette Republique
, figné Girolamo de
Mari , & Carlo Maſcardi , &
dattées
GALANT. 193
que
dattée du 29. Janvier. Cette
Lettre portoit , Que la Republique
ayant connu , tant par le
compte qu'il luy avoit rendu de
toutes chofes , que par celles que
M¹ Rannuzzi, Nonce du Pape,
avoit reprefentées à Sa Sainteté,
le Roy renfermoit la Satisfaction
qu'ilfouhaitoit , à demander
l'on envoyaft le Doge , & quatre
Senateurs en France; Qu'elle defarmaſt
les quatre Galeres armées
nouvellement; Que la Republique
fe reduifit à l'état de Neutralité,
où elle eftoit par le paffé envers
les Couronnes de France & d'Efpagne
; Qu'on payaft cent mille
Mars 1685. R
194 MERCURE
écus à M le Comte de Fiefque,.
& qu'on reftituaft aux François
qui demeuroient à Genes au mois
de May dernier , les biens qui
leur avoient efte oftez ; Les Ducs,
Gouverneurs & Procureurs , au
nom de la Republique , voulant
montrer l'extréme foumiffion
•qu'elle avoit pour tout ce que
Majefte pouvoit fouhaiter , luy
donnoient pouvoir de traiter
de conclurre fur fes Demandes,
en s'appliquant particulierement
à faire exprimer ce que devoit
faire la Republique , en paroles
claires , & qui ne puffentfouffrir
aucune équivoque.
Sa
GALANT. 195
Apres ces Pouvoirs recipro
quement donnez , M ' Col.
bert de Croiffy , arreſta avec
M' le Marquis de Marini,
que le Doge à prefent en charge
, & quatre Senateurs auffi
en charge , fe rendront dans
la fin de ce mois , ou dans le
dixiéme du mois prochain à
Marfeille , ou en quelqu'autre
Ville du Royaume , d'où
ils viendront au lieu où Sa
Majefté fera , qu'ils feront.
admis à fon Audience , reveftus
de leurs Habits de Ceremonie
; que le Doge portant
la parole au nom de la
Rij
196 MERCURE
›
Republique,témoignera l'extréme
regret qu'elle a d'avoir
déplû à Sa Majeſté , & qu'il
employera dans fon Difcours
les expreffions les plus foûmifes
, & les plus refpectueufes
& qui marqueront le
mieux le defir fincere qu'el
le a de meriter à l'avenir la
bien- veillance de Sa Majeſté,
& de fe la confetver foigneufement
. Que luy & les quatre
Senateurs étant retournez à
Genes , continueront d'exercer
leurs Charges , fans que
d'autres puiffent eftre mis à
leurs places , ny pendant leur
GALANT. 197
abfence , ny apres leur retour,
fi ce n'eft lors que le temps
ordinaire de leur Gouvernement
fera expiré. Que toutes
les Troupes Efpagnoles que
la Republique de Genes a in
troduites dans les Villes, Placès
, & Païs dépendans de cet
Etat , feront congediés dans
le temps d'un mois , & qu'el
le renonce dés à prefent en
vertu de ce Traité , à toutes
les Ligues & Affociations qu'-
elle pourroit avoir faites depuis
le 1. Janvier 1683. Que
Genois reduiront auffi dans
le mefine temps leurs Gale
eles :
R. iij
198 MERCURE
res , au mefme nobre qu'elles
eftoient il y a trois ans, & pour'
cet effet defarmeront celles
qu'ils ont fait équiper depuis.
A l'égard de ce que la Republique
a offert de rendre aux
Sujets du Roy , tout ce qu'elle
a pû retirer des effets qui
appartiennent , fur ce leur
que Sa Majefté avoit deman .
dé , qu'elle dédommageaft
tous les François , non feule.
ment de ce qui leur a efté pris
& enlevé , tant dans la Ville.
de Genès , que dans les Païs
qui en dépendent , mais auffi
de toutes les prifes qui ont
GALANT. 199
efté faites fur eux par leurs
Vaiffeaux , & autres Bafti
mens que les Genois ont armez
, ou autoriſez. Il fut dé
claré que Sa Majesté accep
tant cer offre , & fuivant les
mouvemens de fa Fieté, vouloit
bien fe contenter , qu'au
lieu des autres dédommagemens
fi juftement prétendus,
la Republique s'obligeaft de
cótribuer à la Reparation des
Egliles & lieux Sacrez , qui
ont efté rüinez , ou endommagez
par les Bombės , que
le refus de donner une jufte
fatisfaction à Sa Majefté , a
R iiij
200 MERCURE
attirées indiftinctement fur la
Ville de Genes , toute la fomme
d'argent que le Pape eftimera
convenable , remettant
à Sa Sainteté de regler le
temps , dans lequel ces Reparations
devront eftre faites..
Par un autre Article qui regarde
M' le Comte de Fief
que , & les anciennes prétentions
de fa Maifon contre
cette Republique , le Roy
ayant defiré qu'il luy fut payé
prefentement cent
Scent milles
écus , Monnoye de France , la
Republique pour témoigner
en cela fa déference pour Sa
GALANT. 201
Majefté , & meriter d'autant
plus l'honneur de fes bonnés
graces , s'obligea par ce feulmotif,
& non autrement , de
payer à M' le Comte de Fiefque
, cette fomme de cent
mille écus , fans préjudice des,
raifons qu'elle prétend avoir
contre luy,aufquelles ce payement
ne pourra donner aucune
atteinte.
Je ne vous dis rien des autres
Articles . Ils ne roulent.
que fur l'affeurance que donne
le Roy , du favorable acdueil
qu'il prépare au Dogé
& aux quatre Senateurs , pour
202 MERCURE
marquer à la Republique le
retour de fa bien - veillance
Royale , & fur la ceffation de
tous Actes d'hoftilité , tant
fur Terre que fur Mer. Ces
Articles ayant efté fignez le
douzième du paffé , par M' le
Nonce du Pape ; par M' Colbert
de Croiffy , & par M le
Marquis de Marini . Sa Ma
jefté les ratifia le troifiéme de
cé mois ce que la Republique
de Genes avoit fait des :
le 25. Fevrier.
pand par tout les grandes.
Nouvelles avec une vilteffe
incroyable , il y a déja quelque
temps fans doute que
vous avez entendu parler des
Articles accordez par le Roy
GALANT. 187
à la République de Genes.
Si je ne vous en ay rien dit:
jufques à prefent , c'est parce
que j'ay crû à propos d'attendre
que je vous puffe éclaircir
feurement de tout ce qu'ils
contiennent , & mefme qu'ils
euffent efté ratifiez. Cet endroit
de l'Hiftoire de noftre :
Augufte Monarque , ne con
tribuera pas peu à mettre fa
Gloire au plus haut degré, où
celle d'aucun Souverain ait :
jamais efté portée , moins ;
toutefois par l'éclatant
Hom
mage que cette Republique:
ly rend , que parce qu'il a
Qij
188 MERCURE
bien voulu fe contenter de là
fatisfaction que vous allez
voir marquée en ces Articles,
dans un temps où il pouvoit
efperer tout de fes Armes &
de la Victoire , qui a toûjours
favorisé fes juftes deffeins .
Mais fa pieté qui n'eft pas
moins grande que fa Juftice ,
n'a pû fouffrir qu'il refufaft
aux preffantes inftances du
Pape , ce que Sa Sainteté luy
a demandé, & il n'a pas creu
devoir inquieter l'Italie , lors
qu'il la voit obligée d'unir fes
forces contre celles de l'Ennemy
du nom Chreftien. Un
)
GALANT. 189
Prince moins
genereux , &
qui n'auroit
pas appris à eſtre
toûjours
Maiſtre
de luy - mef
me , fe feroit fervy de l'occafion
; mais le Roy fatisfait
de
fa Gloire , ne diſpute
plus depuis
long-temps
à ceux qui
fe veulent
liguer contre luy,
que l'avantage
de travaillet
plus qu'eux
, à mettre
le calme
dans toute l'Europe
. C'eſt
dans la vue de l'y rétablir
entierement
, qúe Sa Majesté
figna le Pouvoir
quit fuit le
neuviéme du dernier mois.
Le Roy ayant efté informé par
le fieur Evefque de Fano, Nonce
190 MERCURE
Extraordinaire de Sa Sainteté,
que non feulement la Republique
de Genes avoit pris la réſolution
d'accepter les Conditions qui luy
ont efté impofées par Sa Majesté,.
pour tâcherpar cette faumiffion à
rentrer dans fes bonnes graces ,
mais mefine qu'elle avoit envoyé
un plein Pouvoir au fieur de
Marini pour enfigner enfonNom
les Articles, avec telles Perfonnes
qu'il plairont à Sa Majesté commettre
, Sa Majesté a pour cet
effet aurarifé de fa part , comme
Elle autorife par ces Prefentes , le
fieur Colbert , Chevalier , Marquis
de Croiffy, Confeiller en touss
GALANT. 19r
&
fes Confeils , Prefident à Mor
tier en fa Chambre de Parlement
à Paris , Secretaire d'Etat de Sa
Majefté , & de fes Commandemens
& Finances , auquel Elle
a donné plein Pouvoir, Commiffian
, & Mandement Special
d'accepter , conclurre , & figner
enfon Nom , avec ledit fieur de
Marini , les Articles dont ils feront
convenus ; promettant Sadite
Majesté, en foy & parole de
d'executer Roy , d'accomplir,
ponctuellement, & avoir agréable
, & tenir ferme & ſtable à
toujours , tout ce que ledit fieur
de Croiffy aura promis , &figné
192 MERCURE
en vertu du prefent Pouvoirs
comme auffi d'en fournir ſa Rati
fication en bonneforme , dans le
temps qu'il aura efté convenu.
En témoignage dequoy Nous
avons figné ces Prefentes de
noftre main , & à icellesfait ap
pofer noftre Scel fecret.
M' le Marquis de Marini,
Envoyé Extraordinaire de la
République de Genes auprés
de Sa Majefté , avoit reçeu
un Plein- pouvoir par une
Lettre des Duc, Gouverneurs:
& Procureurs de cette Republique
, figné Girolamo de
Mari , & Carlo Maſcardi , &
dattées
GALANT. 193
que
dattée du 29. Janvier. Cette
Lettre portoit , Que la Republique
ayant connu , tant par le
compte qu'il luy avoit rendu de
toutes chofes , que par celles que
M¹ Rannuzzi, Nonce du Pape,
avoit reprefentées à Sa Sainteté,
le Roy renfermoit la Satisfaction
qu'ilfouhaitoit , à demander
l'on envoyaft le Doge , & quatre
Senateurs en France; Qu'elle defarmaſt
les quatre Galeres armées
nouvellement; Que la Republique
fe reduifit à l'état de Neutralité,
où elle eftoit par le paffé envers
les Couronnes de France & d'Efpagne
; Qu'on payaft cent mille
Mars 1685. R
194 MERCURE
écus à M le Comte de Fiefque,.
& qu'on reftituaft aux François
qui demeuroient à Genes au mois
de May dernier , les biens qui
leur avoient efte oftez ; Les Ducs,
Gouverneurs & Procureurs , au
nom de la Republique , voulant
montrer l'extréme foumiffion
•qu'elle avoit pour tout ce que
Majefte pouvoit fouhaiter , luy
donnoient pouvoir de traiter
de conclurre fur fes Demandes,
en s'appliquant particulierement
à faire exprimer ce que devoit
faire la Republique , en paroles
claires , & qui ne puffentfouffrir
aucune équivoque.
Sa
GALANT. 195
Apres ces Pouvoirs recipro
quement donnez , M ' Col.
bert de Croiffy , arreſta avec
M' le Marquis de Marini,
que le Doge à prefent en charge
, & quatre Senateurs auffi
en charge , fe rendront dans
la fin de ce mois , ou dans le
dixiéme du mois prochain à
Marfeille , ou en quelqu'autre
Ville du Royaume , d'où
ils viendront au lieu où Sa
Majefté fera , qu'ils feront.
admis à fon Audience , reveftus
de leurs Habits de Ceremonie
; que le Doge portant
la parole au nom de la
Rij
196 MERCURE
›
Republique,témoignera l'extréme
regret qu'elle a d'avoir
déplû à Sa Majeſté , & qu'il
employera dans fon Difcours
les expreffions les plus foûmifes
, & les plus refpectueufes
& qui marqueront le
mieux le defir fincere qu'el
le a de meriter à l'avenir la
bien- veillance de Sa Majeſté,
& de fe la confetver foigneufement
. Que luy & les quatre
Senateurs étant retournez à
Genes , continueront d'exercer
leurs Charges , fans que
d'autres puiffent eftre mis à
leurs places , ny pendant leur
GALANT. 197
abfence , ny apres leur retour,
fi ce n'eft lors que le temps
ordinaire de leur Gouvernement
fera expiré. Que toutes
les Troupes Efpagnoles que
la Republique de Genes a in
troduites dans les Villes, Placès
, & Païs dépendans de cet
Etat , feront congediés dans
le temps d'un mois , & qu'el
le renonce dés à prefent en
vertu de ce Traité , à toutes
les Ligues & Affociations qu'-
elle pourroit avoir faites depuis
le 1. Janvier 1683. Que
Genois reduiront auffi dans
le mefine temps leurs Gale
eles :
R. iij
198 MERCURE
res , au mefme nobre qu'elles
eftoient il y a trois ans, & pour'
cet effet defarmeront celles
qu'ils ont fait équiper depuis.
A l'égard de ce que la Republique
a offert de rendre aux
Sujets du Roy , tout ce qu'elle
a pû retirer des effets qui
appartiennent , fur ce leur
que Sa Majefté avoit deman .
dé , qu'elle dédommageaft
tous les François , non feule.
ment de ce qui leur a efté pris
& enlevé , tant dans la Ville.
de Genès , que dans les Païs
qui en dépendent , mais auffi
de toutes les prifes qui ont
GALANT. 199
efté faites fur eux par leurs
Vaiffeaux , & autres Bafti
mens que les Genois ont armez
, ou autoriſez. Il fut dé
claré que Sa Majesté accep
tant cer offre , & fuivant les
mouvemens de fa Fieté, vouloit
bien fe contenter , qu'au
lieu des autres dédommagemens
fi juftement prétendus,
la Republique s'obligeaft de
cótribuer à la Reparation des
Egliles & lieux Sacrez , qui
ont efté rüinez , ou endommagez
par les Bombės , que
le refus de donner une jufte
fatisfaction à Sa Majefté , a
R iiij
200 MERCURE
attirées indiftinctement fur la
Ville de Genes , toute la fomme
d'argent que le Pape eftimera
convenable , remettant
à Sa Sainteté de regler le
temps , dans lequel ces Reparations
devront eftre faites..
Par un autre Article qui regarde
M' le Comte de Fief
que , & les anciennes prétentions
de fa Maifon contre
cette Republique , le Roy
ayant defiré qu'il luy fut payé
prefentement cent
Scent milles
écus , Monnoye de France , la
Republique pour témoigner
en cela fa déference pour Sa
GALANT. 201
Majefté , & meriter d'autant
plus l'honneur de fes bonnés
graces , s'obligea par ce feulmotif,
& non autrement , de
payer à M' le Comte de Fiefque
, cette fomme de cent
mille écus , fans préjudice des,
raifons qu'elle prétend avoir
contre luy,aufquelles ce payement
ne pourra donner aucune
atteinte.
Je ne vous dis rien des autres
Articles . Ils ne roulent.
que fur l'affeurance que donne
le Roy , du favorable acdueil
qu'il prépare au Dogé
& aux quatre Senateurs , pour
202 MERCURE
marquer à la Republique le
retour de fa bien - veillance
Royale , & fur la ceffation de
tous Actes d'hoftilité , tant
fur Terre que fur Mer. Ces
Articles ayant efté fignez le
douzième du paffé , par M' le
Nonce du Pape ; par M' Colbert
de Croiffy , & par M le
Marquis de Marini . Sa Ma
jefté les ratifia le troifiéme de
cé mois ce que la Republique
de Genes avoit fait des :
le 25. Fevrier.
Fermer
Résumé : Articles accordez par le Roy à la République de Génes, [titre d'après la table]
Le texte décrit les accords conclus entre le roi de France et la République de Gênes. Les termes de ces accords ont rapidement été divulgués. Le roi a attendu pour en parler afin de s'assurer que les articles soient clarifiés et ratifiés. Ces accords augmentent la gloire du roi, non seulement par l'hommage de Gênes, mais aussi par sa décision de se contenter des satisfactions offertes, bien qu'il aurait pu espérer plus par la force de ses armes. Par piété et justice, le roi a refusé de troubler l'Italie, déjà engagée contre l'ennemi du nom chrétien. Il a signé un pouvoir le 9 du mois précédent pour rétablir la paix en Europe. Informé par le nonce du pape, le roi a autorisé Colbert de Croissy à accepter et signer les articles avec le marquis de Marini, représentant de Gênes. Les conditions imposées à Gênes incluent l'envoi du Doge et de quatre sénateurs en France pour témoigner de leur soumission, le désarmement de quatre galères, le retour à la neutralité envers la France et l'Espagne, le paiement de cent mille écus au comte de Fiesque, et la restitution des biens aux Français. Gênes a également accepté de congédier les troupes espagnoles et de réduire ses galères au nombre qu'elles étaient trois ans auparavant. En échange, le roi a accepté que Gênes contribue à la réparation des églises endommagées par les bombardements. Les articles ont été signés le 12 du mois précédent, ratifiés par le roi le 3 du mois en cours, et par Gênes le 25 février.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5555
p. 188-206
SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
Début :
M. DOYEN. AINSI que tous les Amateurs de la gloire de l'Art, nous avons déjà applaudi [...]
Mots clefs :
Tableau, Peintre, Peinture, Vieillard, Académie, Femme
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Description des Tableaux exposés au Sallon du Louvre.
SUITE de la Description des Tableaux
exposés au Sallon du Louvre.
M. DOYEN.
AINSI tous les Amateurs de la
que
gloire de l'Art , nous avons déjà applaudi
au beau feu & à la courageuſe
émulation de M. Doyen. C'eſt avec un
nouveau plaifir que nous le voyons continuer
de s'exercer dans le plus grand
genre & fur des Sujets empruntés du plus
grand Peintre en Poëfie . ( a )
Celuidu Tableau de cette année , eſt
le moment où Ulyffe vient de faire tirer
Aftianax du Tombeau de fon Père , &
( a) Homère.
:
NOVEMBRE. 1763. 189
où il commande de précipiter cet Enfant
du haut des murailles , malgré les
cris & tous les efforts d'Andromaque
pour arracher ſon fils des mains du
Soldat qui s'en eſt ſaiſi . ( b )
La compofition de ce Tableau eſt fans
contredit une des grandes machines ,
qu'on entreprenne en Peinture. L'Auteur
, foit pour la rendre plus diſtincte ,
foit pour quelqu'autre raiſon que nous
ignorons , ſemble avoir diviſé ſa Scène
en deux Parties . Un intervalle vuide &
affez confidérable ſépare Ulyffe & fa
fuite, des groupes que forment Andromaque
avec ſes ſuivantes,Aftianax , fes
Raviffeurs , &c. Pour comprendre comment
ſe trouve cet intervalle , il faut
ſçavoir que le fite ſur lequel font les
Perſonnages de l'action , eſt de beaucoup
plus élevé que le Plan éloigné où
paroiffent , au milieu , les troupes de Soldats
dont on n'apperçoit que le ſommet
des têtes. Les Connoiſſeurs , ainſi
que ceux qui ne jugent que par ſentiment
naturel , feront toujours également contens
dela grande &touchante expreffion
qui règne dans toute la partie qui com-
( b ) Ce Tableau a 21 pieds de large ſur 12
pieds de haut. Il appartient à l'Infant Duc de
Parme.
1
190 MERCURE DE FRANCE.
prend les groupes d'Andromaque & de
fes Suivantes. On reconnoît & on doit
être pénétré de la belle intention qui
caractériſe ſur-tout la douleur d'Andromaque.
La chaleur& le ſentiment n'ont
peut- être pas permis au Peintre de conferver
une forte de proportion fubordonnée
entre les fignes expreffifs de
cette Figure principale & ceux des Femmes
qui l'accompagnoient : mais plus
on connoîtra la grande expreſſion du Pathétique
en Peinture , plus on trouvera
de belles choses à remarquer dans cette
partie du Tableau. L'autre partie, où l'on
voit Ulyffe , à la tête des Chefs de l'Ar-.
mée , donner l'ordre barbare qui fait
le point de l'Action , pourroit peut-être
donner lieu à plus de critique. Nous
n'en entreprendrons pas la difcuffion.
Plein de fon Sujet , rempli du fublime
de fon Poëte , du caractère des Perfonnages
, il ne ſeroit pas étonnant que le
Peintre eût un peu exagéré les attitudes ;
&que la fageffe& les grâcesdes proportions
n'euffent cédé quelquefois , ainſi
que la vérité des couleurs locales, au feu
de l'inſpiration. Nous ne penſons être
démentis par perſonne & pas même par
ſes rivaux , en donnant de juſtes éloges
au beau génie de cet Artiſte , & en l'exNOVEMBRE.
1763. 191
/
hortant encore plus que jamais par une
application digne de ſes grands talens ,
de porter la perfection dans la pratique ,
au même degré d'élévation que nous re
connoiffonsdans ſes penſées.
Ce grand Morceau eſt le ſeul Ouvrage
de M. Doyen qui ait été expofé cette
année. La grandeur du Sujet & le méz
rite du genre,dédommagent du nombre,
M. FAVRAY , Chevalierde Malte ,
Académicien .
/
La curiofité du Public doit ſçavoir
tres-bon gré au laborieux & patient travail
de ce Chevalier Académicien . II
nous a mis en état de connoître l'Eglife
de S. Jean de Malte ( c ) , l'une des plus
confidérables de la Chrétienté , aufli
parfaitement , que fi chacun de nous ſe
fut tranſporté fur le lieu. La fidélité &
l'exactitude des détails , qui font innombrables
dans cet édifice , méritent confidération
& diftinguent particulièrement
ce Tableau. Il eſt animé de plus ,
par la repréſentation d'une très-grande
(c) CeTableau a fix pieds de haut fur de
large. Il a été fait à Malte , & il eſt du Cabinet
de M. le Chevalier de Caumartin.
192 MERCURE DE FRANCE.
cérémonie dans l'ordre. (d) On y diſtingue
toute la Nobleſſe de cette illuftre
Religion , chacun ſelon ſon rang & fa
dignité. On y voit auſſi , dans la partie
inférieure de ce Temple , tous les divers
Habitans de Malte. L'avantage de
voir & de connoître tous ces différens
Costumes , doit mériter à l'Auteur la reconnoiſſance
de tous ceux qui ont cette
louable curiofité. Pour la mériter encore
davantage , M. le Chevalier Favray a
développé d'une manière encore plus
diſtincte ces Costumes intéreſſans
dans trois Tableaux particuliers. L'un
nous ouvre l'intérieur d'un appartement
occupé par une Famille Maltoiſe. Les
deux autres des Femmes de la même
Ifle , de différentes conditions. Un de
ces derniers Tableaux a été accepté par
l'Académie pour la Réception de l'Auteur.
Les Artiſtes & les Amateurs doivent
être fatisfaits de voir un Membre
de cet Ordre ſe mettre dans la Peinture.
C'eſt renouveller un traité d'alliance
entre la Valeur , la Nobleffe , &
les Arts .
M. CASANOVA .
Le même feu d'imagination , la même
( d ) La fête de la Victoire inſtituée en mémoire
de la levée du fiége de Malte en 1563 .
chaleur
,
NOVEMBRE. 1763. 193
chaleur dans la compofition & dans la
couleur , qui avoient fait l'objet de nos
remarques en 1761 , éclatent dans les
Tableaux que M. Cafanova a expofés
cette année & principalement dans le
Combat de Cavalerie que l'Académie a
accepté pour ſa réception. Si
avions quelqu'obſervation nouvelle à
faire fur cet Artiſte , ce ſeroit pour remarquer
dans ſes Ouvrages plus de correction
de Deſſein qu'il n'y en avoit dans
les précédens.
M. GREUZE.
nous
La grande célébrité de cet Artiſte ,
celle particulièrement du fameux Tableau
de la dernière expofition , doivent
nous faire craindre avec raifon de ne
pas réuffir à donner une affez grande
idée de celui qui fait l'objet actuel de
notre admiration. Tout le monde connoît
le Sujet de l'agréable Scène du Père
de famille dans l'inſtant où M. Greuze
nous le montre donnant ſa fille , avec la
dot , à un honnête garçon qu'il inſtruifoit
de ſes devoirs. Dans une autre Scène
moins riante , mais peut- être encore
plus morale , il nous repréſente aujourd'hui
les fruits de ces ſages exhortations
& tout ce qu'elles peuvent faire
I
194 MERCURE DE FRANCE.
germer de vertus dans un bon naturel.
C'eſt la piété filiale qui fait le Sujet des
nouveaux fuccès de ce Peintre de la
Nature & du Sentiment.
Le Perſonnage dominant du Tableau
eſt un vénérable Vieillard de 80 ans ,
& paralytique ; un fils aîné qui le fert
& lui adminiſtre la nourriture qu'il ne
pourroit prendre de lui- mème , ſuſpend
ce refpectable office pour écouter les
expreffions de reconnoiſſance du Vieillard
qui ſemble prédire à ce tendre fils
qu'il trouvera un jour , dans ſes enfans,
la récompenſe du pieux ſervice qu'il lui
rend. La Bru , femme d'environ 23 ans ,
ceſſe ſa lecture pour écouter avec admirationla
ſageſſe des diſcours du véné
rable Vieillard,dont on s'aperçoit qu'elle
enviſage la fin prochaine avec douleur.
La femme du Paralytique , dont l'age
paroît être de 60 ans , a ſuſpendu fon
travail par le même motif , & regardę
avec attendriſſement le père & le fils.
Un garçon de 18 ans rapproche ſur les
jambes de ce Vieillard une couverture
qui s'étoit dérangée. Un autre de ſes
petits- fils , âgé de 15 ans , lui apporte à
boire ; il s'arrête pour écouter ; il paroîţ
touché de ce qu'il entend. Un enfant
de 3 ans vient lui préſenter un oiſeau
NOVEMBRE. 1763. 195
qui ſe débat dans ſes mains ; il eſt prêt
à témoigner de l'impatience de ce que
ſon grand-père ne répond pas à l'amuſement
qu'il penſe lui procurer. Un autre
petit frère , qui eft derrière le fauteuil
, fait effort pour paſſer du côté de
l'oiseau . Une jeune fille de 14 à 15 ans
ſoutient la tête du Vieillard avec un
air de peine & d'attention , mais dans
un caractère d'intérêt fubordonné aux
autres ; ce qui eſt naturel à la légéreté
de cet age , & fort ingénieuſement
placé , tant pour varier que pour établir
une proportion de ſentiment entre
les divers perſonnages d'une ſcène fi
touchante.
On fera peut être ſurpris de l'expo .
ſé que nous venons de faire , contre
P'opinion vulgairement répandue fur
les Perſonnages de ce Tableau. On
vouloit les retrouver entièrement les
mêmes que dans le Tableau du Père
de Famille. Nous croyons cependant
pouvoir affurer que la defcription
qu'on vient de lire eſt exactement
conforme à l'intention du Peintre .
Ce Vieillard paralytique n'eſt point celui
qu'on a vû faire les fiançailles de
ſa fille dans le précédent Tableau de
M. Grenze , on ne peut y trouver aucune
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
reſſemblance , & cela n'a pas dû entrer
dans le projet du Peintre. Puiſque fon
objet étoit de repréſenter la Piétéfiliale,
ce qu'on ne peut révoquer en doute ;
il faut donc an contraire que ce Vieillard
foit le Père du Garçon qui dans l'autre Tableau
recevoit la dot des mains du Père de
la femme , qui dans celui-ci , aſſiſte aux
derniers momens de fon Beau-Père. On
reconnoît en effet & l'on retrouve facilement
dans le Fils & dans la Bru les traits
des jeunes Fiancés de l'autre Tableau
unpeu flétris dans la femme par la fécondité&
par les ſoins du ménage , com
me dans le mari , par le travail de
la vie ruſtique : mais tous les petits calculs
de vraiſemblance ſur les âges &
fur les figures des Perſonnages , fon
dés fur l'intervalle du temps écoulé
entre l'expofition de ces deux Ouvra
ges , font détruits en obfervant 1° .
Que la ſcène eſt tranſportée dans la
famille du Marié. 2°. qu'il ſeroit puérile
de penser que les perſonnages de
cette action , n'ont pû vieillir que d'aurant
de temps qu'en a mis le Peintre
à les repréſenter : comme s'il n'étoit
pas permis à un Artiſte d'offrir en même
temps deux points différens d'hiſtoire ,
dont les perſonnages fuffent dans l'un ,
1
NOVEMBRE. 1763. 197
de la premiere jeuneſſe & dans l'autre
d'un âge bien avançé. On ne sçauroit
remarquer avec trop d'éloges , dans le
nouveau chef-d'oeuvre de M. Greuze ;
la relation d'intérêt , celle d'attention
& d'action , de chaque Perſonnage en
particulier au principal objet. C'eſt le
Père paralytique & mourant , qui eft
le centre de toutes les parties de la
compoſition , dans ce Tableau ; il eſt
en même temps le principe & le but
de tous les ſentimens , fi diſtinctement
exprimés par les airs de tête ainſi que
par les attitudes diverſes de tous les
perſonnages. Juſqu'à un acceſſoire épiſodique
d'une Chienne de baffe-cour
allaitant ſes petits , tout témoigne dans
cet ouvrage le génie de fon Auteur,attentif
à remplir les plus petites parties
de fon Sujet.
Nous n'entreprenons pas de détailler
tout ce que nous avons admirédans ce
Tableau , quant à la perfection des
moyens pratiques de l'art. Indépendamment
de ce que nous n'en expliquerions
jamais bien toute l'étendue , nous
répéterions ici ce que nous avons dit
dans nos précédentes obſervations en
1761 , fur le Tableau du Père de Fa-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
la
, mille. ( e ) C'eſt la même touche
même entente des lumières , la même
fonte des ombres avec les clairs , la
même vérité d'effets , en un mot c'eſt
toujours M. Greuze,& c'eſt ſuffisamment
défigner le mérite de la manière dont
ce morceau eſt éxécuté. On ne peut
ſe difpenfer cependant de faire mention
particulière de l'art judicieux avec
lequel la touche de ce Peintre a diftingué
tous les traits caractériſtiques
relativement au ſéxe , aux âges & même
aux nuances dans les âges de décrépitude.
La tête du vieillard eſt ſupérieurement
admirable. Celle de ſa Femme
, où la vieilleſſe eſt auſſi parfaitement
prononcée,laiſſe pourtant appercevoir
très-bien , la différence de la délicareſſe
de peau entre un ſéxe & l'autre , &
la diſtance de 60 à 80 ans.Les mains ne
méritent pas moins d'attention que les
têtes dans ce beau Tableau. On ne doit
pas taire non plus le fuccès d'une entrepriſe
hazardée en Peinture , qui eſt
l'eſpéce d'adjonction d'une partie du
viſage d'un des jeunes Garçons à l'une
( e ) V. les Obſervations de la Société d'Amateurs
ſur l'Expoſition des Tableaux dans l'Obſervateur
Littéraire , Tome IV. ou dans une Broehure
particulière chez Duchesne , à Paris , 1761 .
NOVEMBRE . 1763. 199
des mains du Vieillard , fans que ces
objets de carnation , ainſi rapprochés ,
nuiſent mutuellement à l'effet ni à la
juſte vérité du Plan de chacun d'eux.
Il y a des diſputes de préférence-entre
ce Tableau & celui du Pire de famille.
(f) Plus ces fortes de queſtions
reftent longtemps douteuſes , & plus
elles affurent la gloire des Auteurs &
le vrai mérite des Ouvrages.
Ace Tableau de distinction , on a joint
dans l'expofition , pluſieurs Têtes & un
affez grand nombre de Portraits par M.
Greuze. On connoit trop l'execllente
manière de ce Maître dans ces fortes
d'ouvrages pour nous y arrêter. On
diftingue parmi ſes Portraits celui de
Mgr le Duc de Chartres & de Made.
moiselle. On aime dans un autre , à
voir la fidéle & agréable reſſemblance
d'un célébre Amateur des Arts , auffi
cher à ſes amis qu'utile &éclairé pour
les talens qu'il cultive. ( g )
(f) Le Tableau du Père de Famille de la dernière
expoſition appartient a M. le Marquis de
Marigni ; celui - ci étoit encore à l'Auteur lors
de l'ouverture du Sallon .
(g) M. WATELET de l'Académie Françoiſe ,
Amateur de celle de Peinture & Sculpture.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. GUERIN.
Nous avons déja parlé de la manière
avec laquelle M. Guerin traite en petit &
àl'huile divers Sujets & Portraits hiftoriés.
On a expoſé de lui pluſieurs Ouvrages
de ce genre ( h ) qui ne démentent
point ce que nous avons dit defavorable
fur cet Artiſte dans nos précédentes
obſervations. ( i )
M. ROLAND DELA PORTE .
Ce Peintre , déjà fi célébre dans l'Art
de tromper les yeux par le preſtige de la
Peinture , ſemble en avoir atteint la perfection
, par l'imitation d'un bas- relief ,
avec ſa bordure , qui paroît attaché fur
un panneau de bois. Nous convenons
avoir nous-mêmes éprouvé l'illufion que
fait une carte à jouer , qui paroît à demi
enfoncée dans un joint du Pan
neau : l'erreur de la croire réelle & de
relief , nous a été commune avec les
plus habiles Maîtres de l'Art. Il y a
pluſieurs autres Tableaux du même
Peintre : Ils repréſentent des fruits , des,
( h ) Un entr'autres appartient à Madame la
Marquise de Pompadour , & eft copié d'après un
de ſes Portraits.
( i ) V. les obſervationsde 1761 chez Dachefne
Libraire , Brochure in- 12 .
NOVEMBRE. 1763. 201
déjeuners &c. Ils font tous d'un trèsbon
effet & de la plus grande vérité.
M. BRENET .
Si l'opinion des meilleurs Juges dans
un Art , fi l'avantage de concourir en
Public avec les grands Maîtres , de partager
avec eux l'attention d'un Public
Connoiffeur , ſont autant de motifs
d'encouragement , M. Brenet doit ſe
propofer& ſe promettre d'atteindre aux
premières places de la Scène, ſur laquelle
il a déjà les voix des Connoiffeurs . Il
ne peut trop s'attacher aux grands principes
dont ſes ouvrages annoncent
qu'il fuit fidélement les Loix. Ce Peintre
a expoſé des Tableaux du grand
genre & d'une très bonne touche.
Nous répétons encore qu'il ne peut re
cevoir trop d'encouragemens & qu'il
ne peut trop s'appliquer à y répondre.
-
M. BEAUDOUIN.
L'admiffion à l'Académie étoit déja
un titre ſuffiſant pour une réputation
très-honorable. M. Beaudouin vient de
la confirmer avec éclat , & de juſtifier
le fuffrage des Académiciens par le
Morceau accepté pour ſa réception. Le
Sujet de ce Tableau eſt Phriné accufée
d'impiété au Tribunal de l'Aréopa.
:
Iv
202 MERCURE DE FRANCE .
ge , & défendue par un Orateur qui découvre
en préſence des Juges la tête&
le ſein de cette belle Femme. Cet Ouvrage
eſt un des plus grands que l'on
puiffe exécuter dans le genre de la Miniature
, non ſeulement par l'étendue dela
forme , mais par celle de la compofition
& par la manière dont il eſt exécuté.
Tout y est bien entendu , & avec une
largeur peu commune dans cette forte
de Peinture. Les effets font vrais , les
caractères juſtes , les groupes artiſtement
diſpoſés , l'enſemble bien enchaîné , en
un mot c'eſt une belle & grande machine
dans un petit eſpace .
L'idée d'un petit Tableau à gouaſſe ,
repréſentant un Catéchiſme de jeunes
Filles est encore du même Artiſte ;
cette production d'une invention fort
agréable eſt ſecondée par beaucoup d'efprit
dans l'exécution .
Les Portraits , que l'on voit en grand
nombre par M. Beaudoin , ne font pas
moins d'honneur à fon talent , puiſqu'on
apperçoit dans prèſque tous , le fruit de
fon alliance avec le Peintre des grâces. (k)
M. LOUTHERBOURG.
Voici une nouvelle acquifition pour
( k M Beaudouin eſt un des gendres du célébre
M. Boucher.
NOVEMBRE. 1763. 203
l'Académie , qui promet d'en foutenir
l'éclat dans des genres très- intéreſſans
pour un grand nombre de Curieux. Ce
jeune Athléte , à l'âge de 22 ans , court
déja à pas de géant dans la carrière des
meilleurs Paysagistes & Peintres de
Batailles. Parmi un grand nombre d'ouvrages
expoſés par cet Artiſte , & dans
chacun deſquels on trouve des motifs
d'éloges , les Connoiffeurs en diftinguent
pluſieurs : entr'autres , un affez
grand Payſage , du meilleur ton
genre le plus eftimable , & qui peut
fans doute ſupporter la comparaiſon des
plus belles productions de cette efpéce.
du
Il paroît que M. Loutherbourg s'eſt
attaché à l'imitation des différens effets
de la lumière dans les différentes heures
du jour. On a lieu d'applaudir aux progrès
qu'il a déja faits dans cette utile
étude.
TABLEAU en Tapiſſerie , exécuté par
M. AUDRAN à la Manufacture
Royale des Gobelins .
Ceci eſt le miracle d'un Art que l'Europe
peut nous envier , mais qu'aucun
Peuple de la Terre ne ſçauroit nous
difputer. Cet effort de la Manufacture
2
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
,
des Gobelins , indépendament de ſon -
auguſte objet ( 1 ) , méritoit d'être placé
au milieu de nos chefs - d'oeuvres de
Peinture , avec laquelle prèſque tout le
Public l'auroit confondu non pas au
premier aſpect ſeulement , mais après
une attention très-repoſée , ſans l'indication
qui ſe trouve à la fin du Livre
d'explication . Nous n'exigeons pas qu'on
ſe prête à la nature des matières ni à la
main-d'oeuvre de cette fabrique , pour
vérifier la vérité que nous venons de
dire fur cet admirable Ouvrage en Tapiſſerie.
Ce qui fait encore plus d'honneur
à cette Manufacture , c'eſt que ce
Morceau n'eſt pas le ſeul de la même
perfection qui en ſoit forti, ſurtout depuis
quelque temps. Eh quel temps encore
! précisément celui où des circonftances
difficiles pouvoient très-naturellement
laiſſer languir ces fortes de travaux.
On ne peutdonc rendre affez de
grâces & applaudir affez hautement à la
protection fructueuse de M. le Marquis
deMarigny ( m ) qui a trouvé des reffources
pour infpirer une nouvelle ému-
( 1 ) Cette Tapiſſerie eſt d'après le Portrait da
Ron par M. LOUIS- MICHEL VANLOO qui étoit
expoſé au dernier Sallon en 1761 .
( m ) Directeur général des Bâtimens du Ror ,
Arts& Manufactures , &c.
NOVEMBRE. 1763. 205
lation , pour procurer un nouveau degré
de perfection à cette Manufacture ,
lors même qu'on eût dû ſçavoir gré d'en
avoir ſeulement empêché la ruine.
Nous n'avons pas dit peut-être fur
les Tableaux , tout ce qu'il y avoit à
dire , nous en convenons. Nous avons
dit moins bien que d'autres auroient.
pû faire , nous en convenons encore
plus volontiers. Mais au moins nous
avons la confiance de croire n'avoir
rien dit que de vrai.
Nous prions quelques Lecteurs qui
pourroient nous accuſer d'éxagérer en
certains endroits , de confidérer qu'il
ne peut y avoir d'exagération que lorfque
l'objet dont on parle eſt inférieur
àl'idée qu'on en conçoit ,& que nous
ne ſommes dans ce cas à l'égard d'aucun
des ouvrages dont nous avons parlé.
De plus , qu'il faut parler de certains
Arts , comme il faut les pratiquer, c'eſtà-
dire avec cette chaleur qui récuſe la
lévérité des régles didactiques.
M. BACHELIER , reçu à l'Académie
Royale de Peinture & Sculpture en
1752 , en qualité de Peintre de Fleurs ,
vient de ſoumettre à cette Académie
le Tableau repréſentant la Mort d'Abel,
1
206 MERCURE DE FRANCE.
qui a paru avec ſuccès au dernier Sallon.
Cette Compagnie perfuadée du mérite
& des talens de M. BACHELIER
pour le genre de l'Hiſtoire , a accepté
ce Tableau comme morceau de réception
, & a accordé des Lettres en conſéquence
à cet Artiſte , pour le placer
dans la nouvelle Claſſe où elle l'a admis.
exposés au Sallon du Louvre.
M. DOYEN.
AINSI tous les Amateurs de la
que
gloire de l'Art , nous avons déjà applaudi
au beau feu & à la courageuſe
émulation de M. Doyen. C'eſt avec un
nouveau plaifir que nous le voyons continuer
de s'exercer dans le plus grand
genre & fur des Sujets empruntés du plus
grand Peintre en Poëfie . ( a )
Celuidu Tableau de cette année , eſt
le moment où Ulyffe vient de faire tirer
Aftianax du Tombeau de fon Père , &
( a) Homère.
:
NOVEMBRE. 1763. 189
où il commande de précipiter cet Enfant
du haut des murailles , malgré les
cris & tous les efforts d'Andromaque
pour arracher ſon fils des mains du
Soldat qui s'en eſt ſaiſi . ( b )
La compofition de ce Tableau eſt fans
contredit une des grandes machines ,
qu'on entreprenne en Peinture. L'Auteur
, foit pour la rendre plus diſtincte ,
foit pour quelqu'autre raiſon que nous
ignorons , ſemble avoir diviſé ſa Scène
en deux Parties . Un intervalle vuide &
affez confidérable ſépare Ulyffe & fa
fuite, des groupes que forment Andromaque
avec ſes ſuivantes,Aftianax , fes
Raviffeurs , &c. Pour comprendre comment
ſe trouve cet intervalle , il faut
ſçavoir que le fite ſur lequel font les
Perſonnages de l'action , eſt de beaucoup
plus élevé que le Plan éloigné où
paroiffent , au milieu , les troupes de Soldats
dont on n'apperçoit que le ſommet
des têtes. Les Connoiſſeurs , ainſi
que ceux qui ne jugent que par ſentiment
naturel , feront toujours également contens
dela grande &touchante expreffion
qui règne dans toute la partie qui com-
( b ) Ce Tableau a 21 pieds de large ſur 12
pieds de haut. Il appartient à l'Infant Duc de
Parme.
1
190 MERCURE DE FRANCE.
prend les groupes d'Andromaque & de
fes Suivantes. On reconnoît & on doit
être pénétré de la belle intention qui
caractériſe ſur-tout la douleur d'Andromaque.
La chaleur& le ſentiment n'ont
peut- être pas permis au Peintre de conferver
une forte de proportion fubordonnée
entre les fignes expreffifs de
cette Figure principale & ceux des Femmes
qui l'accompagnoient : mais plus
on connoîtra la grande expreſſion du Pathétique
en Peinture , plus on trouvera
de belles choses à remarquer dans cette
partie du Tableau. L'autre partie, où l'on
voit Ulyffe , à la tête des Chefs de l'Ar-.
mée , donner l'ordre barbare qui fait
le point de l'Action , pourroit peut-être
donner lieu à plus de critique. Nous
n'en entreprendrons pas la difcuffion.
Plein de fon Sujet , rempli du fublime
de fon Poëte , du caractère des Perfonnages
, il ne ſeroit pas étonnant que le
Peintre eût un peu exagéré les attitudes ;
&que la fageffe& les grâcesdes proportions
n'euffent cédé quelquefois , ainſi
que la vérité des couleurs locales, au feu
de l'inſpiration. Nous ne penſons être
démentis par perſonne & pas même par
ſes rivaux , en donnant de juſtes éloges
au beau génie de cet Artiſte , & en l'exNOVEMBRE.
1763. 191
/
hortant encore plus que jamais par une
application digne de ſes grands talens ,
de porter la perfection dans la pratique ,
au même degré d'élévation que nous re
connoiffonsdans ſes penſées.
Ce grand Morceau eſt le ſeul Ouvrage
de M. Doyen qui ait été expofé cette
année. La grandeur du Sujet & le méz
rite du genre,dédommagent du nombre,
M. FAVRAY , Chevalierde Malte ,
Académicien .
/
La curiofité du Public doit ſçavoir
tres-bon gré au laborieux & patient travail
de ce Chevalier Académicien . II
nous a mis en état de connoître l'Eglife
de S. Jean de Malte ( c ) , l'une des plus
confidérables de la Chrétienté , aufli
parfaitement , que fi chacun de nous ſe
fut tranſporté fur le lieu. La fidélité &
l'exactitude des détails , qui font innombrables
dans cet édifice , méritent confidération
& diftinguent particulièrement
ce Tableau. Il eſt animé de plus ,
par la repréſentation d'une très-grande
(c) CeTableau a fix pieds de haut fur de
large. Il a été fait à Malte , & il eſt du Cabinet
de M. le Chevalier de Caumartin.
192 MERCURE DE FRANCE.
cérémonie dans l'ordre. (d) On y diſtingue
toute la Nobleſſe de cette illuftre
Religion , chacun ſelon ſon rang & fa
dignité. On y voit auſſi , dans la partie
inférieure de ce Temple , tous les divers
Habitans de Malte. L'avantage de
voir & de connoître tous ces différens
Costumes , doit mériter à l'Auteur la reconnoiſſance
de tous ceux qui ont cette
louable curiofité. Pour la mériter encore
davantage , M. le Chevalier Favray a
développé d'une manière encore plus
diſtincte ces Costumes intéreſſans
dans trois Tableaux particuliers. L'un
nous ouvre l'intérieur d'un appartement
occupé par une Famille Maltoiſe. Les
deux autres des Femmes de la même
Ifle , de différentes conditions. Un de
ces derniers Tableaux a été accepté par
l'Académie pour la Réception de l'Auteur.
Les Artiſtes & les Amateurs doivent
être fatisfaits de voir un Membre
de cet Ordre ſe mettre dans la Peinture.
C'eſt renouveller un traité d'alliance
entre la Valeur , la Nobleffe , &
les Arts .
M. CASANOVA .
Le même feu d'imagination , la même
( d ) La fête de la Victoire inſtituée en mémoire
de la levée du fiége de Malte en 1563 .
chaleur
,
NOVEMBRE. 1763. 193
chaleur dans la compofition & dans la
couleur , qui avoient fait l'objet de nos
remarques en 1761 , éclatent dans les
Tableaux que M. Cafanova a expofés
cette année & principalement dans le
Combat de Cavalerie que l'Académie a
accepté pour ſa réception. Si
avions quelqu'obſervation nouvelle à
faire fur cet Artiſte , ce ſeroit pour remarquer
dans ſes Ouvrages plus de correction
de Deſſein qu'il n'y en avoit dans
les précédens.
M. GREUZE.
nous
La grande célébrité de cet Artiſte ,
celle particulièrement du fameux Tableau
de la dernière expofition , doivent
nous faire craindre avec raifon de ne
pas réuffir à donner une affez grande
idée de celui qui fait l'objet actuel de
notre admiration. Tout le monde connoît
le Sujet de l'agréable Scène du Père
de famille dans l'inſtant où M. Greuze
nous le montre donnant ſa fille , avec la
dot , à un honnête garçon qu'il inſtruifoit
de ſes devoirs. Dans une autre Scène
moins riante , mais peut- être encore
plus morale , il nous repréſente aujourd'hui
les fruits de ces ſages exhortations
& tout ce qu'elles peuvent faire
I
194 MERCURE DE FRANCE.
germer de vertus dans un bon naturel.
C'eſt la piété filiale qui fait le Sujet des
nouveaux fuccès de ce Peintre de la
Nature & du Sentiment.
Le Perſonnage dominant du Tableau
eſt un vénérable Vieillard de 80 ans ,
& paralytique ; un fils aîné qui le fert
& lui adminiſtre la nourriture qu'il ne
pourroit prendre de lui- mème , ſuſpend
ce refpectable office pour écouter les
expreffions de reconnoiſſance du Vieillard
qui ſemble prédire à ce tendre fils
qu'il trouvera un jour , dans ſes enfans,
la récompenſe du pieux ſervice qu'il lui
rend. La Bru , femme d'environ 23 ans ,
ceſſe ſa lecture pour écouter avec admirationla
ſageſſe des diſcours du véné
rable Vieillard,dont on s'aperçoit qu'elle
enviſage la fin prochaine avec douleur.
La femme du Paralytique , dont l'age
paroît être de 60 ans , a ſuſpendu fon
travail par le même motif , & regardę
avec attendriſſement le père & le fils.
Un garçon de 18 ans rapproche ſur les
jambes de ce Vieillard une couverture
qui s'étoit dérangée. Un autre de ſes
petits- fils , âgé de 15 ans , lui apporte à
boire ; il s'arrête pour écouter ; il paroîţ
touché de ce qu'il entend. Un enfant
de 3 ans vient lui préſenter un oiſeau
NOVEMBRE. 1763. 195
qui ſe débat dans ſes mains ; il eſt prêt
à témoigner de l'impatience de ce que
ſon grand-père ne répond pas à l'amuſement
qu'il penſe lui procurer. Un autre
petit frère , qui eft derrière le fauteuil
, fait effort pour paſſer du côté de
l'oiseau . Une jeune fille de 14 à 15 ans
ſoutient la tête du Vieillard avec un
air de peine & d'attention , mais dans
un caractère d'intérêt fubordonné aux
autres ; ce qui eſt naturel à la légéreté
de cet age , & fort ingénieuſement
placé , tant pour varier que pour établir
une proportion de ſentiment entre
les divers perſonnages d'une ſcène fi
touchante.
On fera peut être ſurpris de l'expo .
ſé que nous venons de faire , contre
P'opinion vulgairement répandue fur
les Perſonnages de ce Tableau. On
vouloit les retrouver entièrement les
mêmes que dans le Tableau du Père
de Famille. Nous croyons cependant
pouvoir affurer que la defcription
qu'on vient de lire eſt exactement
conforme à l'intention du Peintre .
Ce Vieillard paralytique n'eſt point celui
qu'on a vû faire les fiançailles de
ſa fille dans le précédent Tableau de
M. Grenze , on ne peut y trouver aucune
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
reſſemblance , & cela n'a pas dû entrer
dans le projet du Peintre. Puiſque fon
objet étoit de repréſenter la Piétéfiliale,
ce qu'on ne peut révoquer en doute ;
il faut donc an contraire que ce Vieillard
foit le Père du Garçon qui dans l'autre Tableau
recevoit la dot des mains du Père de
la femme , qui dans celui-ci , aſſiſte aux
derniers momens de fon Beau-Père. On
reconnoît en effet & l'on retrouve facilement
dans le Fils & dans la Bru les traits
des jeunes Fiancés de l'autre Tableau
unpeu flétris dans la femme par la fécondité&
par les ſoins du ménage , com
me dans le mari , par le travail de
la vie ruſtique : mais tous les petits calculs
de vraiſemblance ſur les âges &
fur les figures des Perſonnages , fon
dés fur l'intervalle du temps écoulé
entre l'expofition de ces deux Ouvra
ges , font détruits en obfervant 1° .
Que la ſcène eſt tranſportée dans la
famille du Marié. 2°. qu'il ſeroit puérile
de penser que les perſonnages de
cette action , n'ont pû vieillir que d'aurant
de temps qu'en a mis le Peintre
à les repréſenter : comme s'il n'étoit
pas permis à un Artiſte d'offrir en même
temps deux points différens d'hiſtoire ,
dont les perſonnages fuffent dans l'un ,
1
NOVEMBRE. 1763. 197
de la premiere jeuneſſe & dans l'autre
d'un âge bien avançé. On ne sçauroit
remarquer avec trop d'éloges , dans le
nouveau chef-d'oeuvre de M. Greuze ;
la relation d'intérêt , celle d'attention
& d'action , de chaque Perſonnage en
particulier au principal objet. C'eſt le
Père paralytique & mourant , qui eft
le centre de toutes les parties de la
compoſition , dans ce Tableau ; il eſt
en même temps le principe & le but
de tous les ſentimens , fi diſtinctement
exprimés par les airs de tête ainſi que
par les attitudes diverſes de tous les
perſonnages. Juſqu'à un acceſſoire épiſodique
d'une Chienne de baffe-cour
allaitant ſes petits , tout témoigne dans
cet ouvrage le génie de fon Auteur,attentif
à remplir les plus petites parties
de fon Sujet.
Nous n'entreprenons pas de détailler
tout ce que nous avons admirédans ce
Tableau , quant à la perfection des
moyens pratiques de l'art. Indépendamment
de ce que nous n'en expliquerions
jamais bien toute l'étendue , nous
répéterions ici ce que nous avons dit
dans nos précédentes obſervations en
1761 , fur le Tableau du Père de Fa-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
la
, mille. ( e ) C'eſt la même touche
même entente des lumières , la même
fonte des ombres avec les clairs , la
même vérité d'effets , en un mot c'eſt
toujours M. Greuze,& c'eſt ſuffisamment
défigner le mérite de la manière dont
ce morceau eſt éxécuté. On ne peut
ſe difpenfer cependant de faire mention
particulière de l'art judicieux avec
lequel la touche de ce Peintre a diftingué
tous les traits caractériſtiques
relativement au ſéxe , aux âges & même
aux nuances dans les âges de décrépitude.
La tête du vieillard eſt ſupérieurement
admirable. Celle de ſa Femme
, où la vieilleſſe eſt auſſi parfaitement
prononcée,laiſſe pourtant appercevoir
très-bien , la différence de la délicareſſe
de peau entre un ſéxe & l'autre , &
la diſtance de 60 à 80 ans.Les mains ne
méritent pas moins d'attention que les
têtes dans ce beau Tableau. On ne doit
pas taire non plus le fuccès d'une entrepriſe
hazardée en Peinture , qui eſt
l'eſpéce d'adjonction d'une partie du
viſage d'un des jeunes Garçons à l'une
( e ) V. les Obſervations de la Société d'Amateurs
ſur l'Expoſition des Tableaux dans l'Obſervateur
Littéraire , Tome IV. ou dans une Broehure
particulière chez Duchesne , à Paris , 1761 .
NOVEMBRE . 1763. 199
des mains du Vieillard , fans que ces
objets de carnation , ainſi rapprochés ,
nuiſent mutuellement à l'effet ni à la
juſte vérité du Plan de chacun d'eux.
Il y a des diſputes de préférence-entre
ce Tableau & celui du Pire de famille.
(f) Plus ces fortes de queſtions
reftent longtemps douteuſes , & plus
elles affurent la gloire des Auteurs &
le vrai mérite des Ouvrages.
Ace Tableau de distinction , on a joint
dans l'expofition , pluſieurs Têtes & un
affez grand nombre de Portraits par M.
Greuze. On connoit trop l'execllente
manière de ce Maître dans ces fortes
d'ouvrages pour nous y arrêter. On
diftingue parmi ſes Portraits celui de
Mgr le Duc de Chartres & de Made.
moiselle. On aime dans un autre , à
voir la fidéle & agréable reſſemblance
d'un célébre Amateur des Arts , auffi
cher à ſes amis qu'utile &éclairé pour
les talens qu'il cultive. ( g )
(f) Le Tableau du Père de Famille de la dernière
expoſition appartient a M. le Marquis de
Marigni ; celui - ci étoit encore à l'Auteur lors
de l'ouverture du Sallon .
(g) M. WATELET de l'Académie Françoiſe ,
Amateur de celle de Peinture & Sculpture.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
M. GUERIN.
Nous avons déja parlé de la manière
avec laquelle M. Guerin traite en petit &
àl'huile divers Sujets & Portraits hiftoriés.
On a expoſé de lui pluſieurs Ouvrages
de ce genre ( h ) qui ne démentent
point ce que nous avons dit defavorable
fur cet Artiſte dans nos précédentes
obſervations. ( i )
M. ROLAND DELA PORTE .
Ce Peintre , déjà fi célébre dans l'Art
de tromper les yeux par le preſtige de la
Peinture , ſemble en avoir atteint la perfection
, par l'imitation d'un bas- relief ,
avec ſa bordure , qui paroît attaché fur
un panneau de bois. Nous convenons
avoir nous-mêmes éprouvé l'illufion que
fait une carte à jouer , qui paroît à demi
enfoncée dans un joint du Pan
neau : l'erreur de la croire réelle & de
relief , nous a été commune avec les
plus habiles Maîtres de l'Art. Il y a
pluſieurs autres Tableaux du même
Peintre : Ils repréſentent des fruits , des,
( h ) Un entr'autres appartient à Madame la
Marquise de Pompadour , & eft copié d'après un
de ſes Portraits.
( i ) V. les obſervationsde 1761 chez Dachefne
Libraire , Brochure in- 12 .
NOVEMBRE. 1763. 201
déjeuners &c. Ils font tous d'un trèsbon
effet & de la plus grande vérité.
M. BRENET .
Si l'opinion des meilleurs Juges dans
un Art , fi l'avantage de concourir en
Public avec les grands Maîtres , de partager
avec eux l'attention d'un Public
Connoiffeur , ſont autant de motifs
d'encouragement , M. Brenet doit ſe
propofer& ſe promettre d'atteindre aux
premières places de la Scène, ſur laquelle
il a déjà les voix des Connoiffeurs . Il
ne peut trop s'attacher aux grands principes
dont ſes ouvrages annoncent
qu'il fuit fidélement les Loix. Ce Peintre
a expoſé des Tableaux du grand
genre & d'une très bonne touche.
Nous répétons encore qu'il ne peut re
cevoir trop d'encouragemens & qu'il
ne peut trop s'appliquer à y répondre.
-
M. BEAUDOUIN.
L'admiffion à l'Académie étoit déja
un titre ſuffiſant pour une réputation
très-honorable. M. Beaudouin vient de
la confirmer avec éclat , & de juſtifier
le fuffrage des Académiciens par le
Morceau accepté pour ſa réception. Le
Sujet de ce Tableau eſt Phriné accufée
d'impiété au Tribunal de l'Aréopa.
:
Iv
202 MERCURE DE FRANCE .
ge , & défendue par un Orateur qui découvre
en préſence des Juges la tête&
le ſein de cette belle Femme. Cet Ouvrage
eſt un des plus grands que l'on
puiffe exécuter dans le genre de la Miniature
, non ſeulement par l'étendue dela
forme , mais par celle de la compofition
& par la manière dont il eſt exécuté.
Tout y est bien entendu , & avec une
largeur peu commune dans cette forte
de Peinture. Les effets font vrais , les
caractères juſtes , les groupes artiſtement
diſpoſés , l'enſemble bien enchaîné , en
un mot c'eſt une belle & grande machine
dans un petit eſpace .
L'idée d'un petit Tableau à gouaſſe ,
repréſentant un Catéchiſme de jeunes
Filles est encore du même Artiſte ;
cette production d'une invention fort
agréable eſt ſecondée par beaucoup d'efprit
dans l'exécution .
Les Portraits , que l'on voit en grand
nombre par M. Beaudoin , ne font pas
moins d'honneur à fon talent , puiſqu'on
apperçoit dans prèſque tous , le fruit de
fon alliance avec le Peintre des grâces. (k)
M. LOUTHERBOURG.
Voici une nouvelle acquifition pour
( k M Beaudouin eſt un des gendres du célébre
M. Boucher.
NOVEMBRE. 1763. 203
l'Académie , qui promet d'en foutenir
l'éclat dans des genres très- intéreſſans
pour un grand nombre de Curieux. Ce
jeune Athléte , à l'âge de 22 ans , court
déja à pas de géant dans la carrière des
meilleurs Paysagistes & Peintres de
Batailles. Parmi un grand nombre d'ouvrages
expoſés par cet Artiſte , & dans
chacun deſquels on trouve des motifs
d'éloges , les Connoiffeurs en diftinguent
pluſieurs : entr'autres , un affez
grand Payſage , du meilleur ton
genre le plus eftimable , & qui peut
fans doute ſupporter la comparaiſon des
plus belles productions de cette efpéce.
du
Il paroît que M. Loutherbourg s'eſt
attaché à l'imitation des différens effets
de la lumière dans les différentes heures
du jour. On a lieu d'applaudir aux progrès
qu'il a déja faits dans cette utile
étude.
TABLEAU en Tapiſſerie , exécuté par
M. AUDRAN à la Manufacture
Royale des Gobelins .
Ceci eſt le miracle d'un Art que l'Europe
peut nous envier , mais qu'aucun
Peuple de la Terre ne ſçauroit nous
difputer. Cet effort de la Manufacture
2
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
,
des Gobelins , indépendament de ſon -
auguſte objet ( 1 ) , méritoit d'être placé
au milieu de nos chefs - d'oeuvres de
Peinture , avec laquelle prèſque tout le
Public l'auroit confondu non pas au
premier aſpect ſeulement , mais après
une attention très-repoſée , ſans l'indication
qui ſe trouve à la fin du Livre
d'explication . Nous n'exigeons pas qu'on
ſe prête à la nature des matières ni à la
main-d'oeuvre de cette fabrique , pour
vérifier la vérité que nous venons de
dire fur cet admirable Ouvrage en Tapiſſerie.
Ce qui fait encore plus d'honneur
à cette Manufacture , c'eſt que ce
Morceau n'eſt pas le ſeul de la même
perfection qui en ſoit forti, ſurtout depuis
quelque temps. Eh quel temps encore
! précisément celui où des circonftances
difficiles pouvoient très-naturellement
laiſſer languir ces fortes de travaux.
On ne peutdonc rendre affez de
grâces & applaudir affez hautement à la
protection fructueuse de M. le Marquis
deMarigny ( m ) qui a trouvé des reffources
pour infpirer une nouvelle ému-
( 1 ) Cette Tapiſſerie eſt d'après le Portrait da
Ron par M. LOUIS- MICHEL VANLOO qui étoit
expoſé au dernier Sallon en 1761 .
( m ) Directeur général des Bâtimens du Ror ,
Arts& Manufactures , &c.
NOVEMBRE. 1763. 205
lation , pour procurer un nouveau degré
de perfection à cette Manufacture ,
lors même qu'on eût dû ſçavoir gré d'en
avoir ſeulement empêché la ruine.
Nous n'avons pas dit peut-être fur
les Tableaux , tout ce qu'il y avoit à
dire , nous en convenons. Nous avons
dit moins bien que d'autres auroient.
pû faire , nous en convenons encore
plus volontiers. Mais au moins nous
avons la confiance de croire n'avoir
rien dit que de vrai.
Nous prions quelques Lecteurs qui
pourroient nous accuſer d'éxagérer en
certains endroits , de confidérer qu'il
ne peut y avoir d'exagération que lorfque
l'objet dont on parle eſt inférieur
àl'idée qu'on en conçoit ,& que nous
ne ſommes dans ce cas à l'égard d'aucun
des ouvrages dont nous avons parlé.
De plus , qu'il faut parler de certains
Arts , comme il faut les pratiquer, c'eſtà-
dire avec cette chaleur qui récuſe la
lévérité des régles didactiques.
M. BACHELIER , reçu à l'Académie
Royale de Peinture & Sculpture en
1752 , en qualité de Peintre de Fleurs ,
vient de ſoumettre à cette Académie
le Tableau repréſentant la Mort d'Abel,
1
206 MERCURE DE FRANCE.
qui a paru avec ſuccès au dernier Sallon.
Cette Compagnie perfuadée du mérite
& des talens de M. BACHELIER
pour le genre de l'Hiſtoire , a accepté
ce Tableau comme morceau de réception
, & a accordé des Lettres en conſéquence
à cet Artiſte , pour le placer
dans la nouvelle Claſſe où elle l'a admis.
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5556
p. 192
« On trouve chez Rondet Imprimeur, ruë de la Harpe, vis-à-vis [...] »
Début :
On trouve chez Rondet Imprimeur, ruë de la Harpe, vis-à-vis [...]
Mots clefs :
Rondet Imprimeur, Almanach historique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On trouve chez Rondet Imprimeur, ruë de la Harpe, vis-à-vis [...] »
On trouve chez, Rondet
Imprimeur,ruë de la
Harpe, vis-à-vis la ruë
du Foin, la suite de l'Almanach
Historique; annoncé
dans le Mercure de
DécembreY]II*
Imprimeur,ruë de la
Harpe, vis-à-vis la ruë
du Foin, la suite de l'Almanach
Historique; annoncé
dans le Mercure de
DécembreY]II*
Fermer
5557
p. 52
CONSEILS Demandez dans le mois dernier.
Début :
Que conseilleriez-vous à un mary qui aime trop sa femme [...]
Mots clefs :
Mari, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSEILS Demandez dans le mois dernier.
CONSEILS
; Demandez dans le moidi
dernier.
QueconfelUcriez^vons à un
maryqui aime "tropsa femme
''P°ur s'en separer, mais qui ne
Paimc pas ,ieei,- pour fiuffrif
toutes ses impertinences.
CONSEIL
; Demandez dans le moidi
dernier.
QueconfelUcriez^vons à un
maryqui aime "tropsa femme
''P°ur s'en separer, mais qui ne
Paimc pas ,ieei,- pour fiuffrif
toutes ses impertinences.
CONSEIL
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5559
p. 191
« Les Pensées de J. J. Rousseau, Citoyen de Genève. A Amsterdam. Prix 5 l. broché, & 6 liv. relié A [...] »
Début :
Les Pensées de J. J. Rousseau, Citoyen de Genève. A Amsterdam. Prix 5 l. broché, & 6 liv. relié A [...]
Mots clefs :
Pensées, Jean-Jacques Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Pensées de J. J. Rousseau, Citoyen de Genève. A Amsterdam. Prix 5 l. broché, & 6 liv. relié A [...] »
Les Penfées de J. J. Rouffeau , Citoyen de Genève.
A Amfterdam. Prix 5 1. broché , & 6 liv. relié . A
Paris , chez Saugrain , Libraire , quai des Auguf
tins.
A Amfterdam. Prix 5 1. broché , & 6 liv. relié . A
Paris , chez Saugrain , Libraire , quai des Auguf
tins.
Fermer
5560
p. *191-191
DE STOKHOLM, le 14 Janvier.
Début :
La charge de Président de la Chancellerie étant sur le point de vacquer par les instances [...]
Mots clefs :
Stockholm, États, Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE STOKHOLM, le 14 Janvier.
DE STOKHOLM, le 14 Janvier.
La charge de Président de la Chancellerie
étant sur le point de vacquer par les instances
que le Comte de Tessin a faites pour qu'on
lui permit de donner sa démission, quelques Dé-
putés des Etats vouloient qu'on proposât à Sa
Majesté trois Sujets, afin qu'elle en choisit un
pour remplir cette importante place. Après de
longs debats, la Diette a décidé à la pluralité de
quatre cens six voix contre deux cens vingt-
deux, qu'on n'en présenteroit qu'un, ainsi que
cela s'est pratiqué pendant le dernier regne. Cet-
te assemblée a résolu d'accorder au Roi une som-
me extraordinaire pour le voyage que Sa Majesté
doit faire l'Eté prochain pour aller voir ses Trou-
pes dans ses Provinces. Il a été aussi réglé qu'à com-
mencer de cette année, on suivroit en Suede le
Calendrier Grégorien. Depuis quelques jours, les
Etats ont suspendu leurs délibérations.
La charge de Président de la Chancellerie
étant sur le point de vacquer par les instances
que le Comte de Tessin a faites pour qu'on
lui permit de donner sa démission, quelques Dé-
putés des Etats vouloient qu'on proposât à Sa
Majesté trois Sujets, afin qu'elle en choisit un
pour remplir cette importante place. Après de
longs debats, la Diette a décidé à la pluralité de
quatre cens six voix contre deux cens vingt-
deux, qu'on n'en présenteroit qu'un, ainsi que
cela s'est pratiqué pendant le dernier regne. Cet-
te assemblée a résolu d'accorder au Roi une som-
me extraordinaire pour le voyage que Sa Majesté
doit faire l'Eté prochain pour aller voir ses Trou-
pes dans ses Provinces. Il a été aussi réglé qu'à com-
mencer de cette année, on suivroit en Suede le
Calendrier Grégorien. Depuis quelques jours, les
Etats ont suspendu leurs délibérations.
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5561
p. 2497
BENEFICES DONNEZ
Début :
L'Abbaye de S. Vincent de Metz, Ordre de S. Benoît, vacante par le décès de M. de Bourlemont [...]
Mots clefs :
Décès, Diocèse, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ
BENEFICES DONNEZ
LA'Abbaye de S. Vincent de Metz , Ordre de
S. Benoît , vacante par le décès de M. de Bourlemont , en faveur de M. d'Eltz , Chanoine de
Spire.
L'Abbaye de S. Serge d'Angers , Ordre de
S. Benoît , vacante par le décès de M. de Court,
en faveur de M. de Rochechouart.
Abbaye de Bouil ou Beuf, Ordre de Citeaux,
Diocèse de Limoges , vacante par le décès du dernier Titulaire , en faveur de M. Jacques- François Hocquart, Prêtre et Chanoine du Mans.
La Prévôté Conventuelle et Elective du Chapitre de Beaumont, et le Prieuré de Verriere, son
Annexe, Ordre de S. Augustin , Diocèse de Va
bres , vacante par le décès de M. de Gua , en fa- yeur de M. Narbonne Pelet.
Le Prieuré Régulier , Conventuel et Electif
de S. Antoine , Ordre de S. Augustin , Diocèse
de Rodez , vacant par le décès de M, du Puy ,
en faveur du Pere Arnaud , Prieur Claustral de
ce Prieuré
LA'Abbaye de S. Vincent de Metz , Ordre de
S. Benoît , vacante par le décès de M. de Bourlemont , en faveur de M. d'Eltz , Chanoine de
Spire.
L'Abbaye de S. Serge d'Angers , Ordre de
S. Benoît , vacante par le décès de M. de Court,
en faveur de M. de Rochechouart.
Abbaye de Bouil ou Beuf, Ordre de Citeaux,
Diocèse de Limoges , vacante par le décès du dernier Titulaire , en faveur de M. Jacques- François Hocquart, Prêtre et Chanoine du Mans.
La Prévôté Conventuelle et Elective du Chapitre de Beaumont, et le Prieuré de Verriere, son
Annexe, Ordre de S. Augustin , Diocèse de Va
bres , vacante par le décès de M. de Gua , en fa- yeur de M. Narbonne Pelet.
Le Prieuré Régulier , Conventuel et Electif
de S. Antoine , Ordre de S. Augustin , Diocèse
de Rodez , vacant par le décès de M, du Puy ,
en faveur du Pere Arnaud , Prieur Claustral de
ce Prieuré
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Résumé : BENEFICES DONNEZ
Le document liste des bénéfices ecclésiastiques attribués après des décès. L'Abbaye de Saint-Vincent de Metz est attribuée à M. d'Eltz. L'Abbaye de Saint-Serge d'Angers est attribuée à M. de Rochechouart. L'Abbaye de Bouil est attribuée à M. Jacques-François Hocquart. La Prévôté de Beaumont et le Prieuré de Verrière sont attribués à M. Narbonne Pelet. Le Prieuré de Saint-Antoine est attribué au Père Arnaud.
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5562
p. 169
MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
Début :
Il est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs 6710 [...]
Mots clefs :
Vienne, Lisbonne, Dresde, Copenhague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
MORTS ET NAISSANCES
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
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Résumé : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
En 1671, Vienne a enregistré 16 710 décès et 17 310 naissances. En 1731, Copenhague a compté 703 mariages, 1 887 naissances et 2 420 décès. À Lisbonne, Jean Rodrigues Escarinhado, 125 ans, et sa femme Antoinette Rodrigues, 104 ans, sont décédés après 88 ans de mariage. Un prince est né à Dresde, fils de la Duchesse de Hostein-Beck.
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5563
p. 191-192
CONCERTS SPIRITUELS. Du Jeudi, 16 Mai, fête de l'Ascencion.
Début :
Ce Concert commença par Diligam te Domine, Moret à grand Choeur de M. l'Abbé [...]
Mots clefs :
Musique, Motet
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texteReconnaissance textuelle : CONCERTS SPIRITUELS. Du Jeudi, 16 Mai, fête de l'Ascencion.
CONCERTS SPIRITUELS,
Du Jeudi , 16 Mai , fête de l'Aſcencion.
СЕ
E Concert commença par Diligam te
Domine , Motet à grand Choeur de M. l'Abbé
GOULET , ci - devant Maître de mufique de l'Eglife
de Paris. Ce Compofiteur & fes ouvrages font à
préfent connus de tous les amateurs du Concert ,
& en poffeffion d'y être applaudis. M. BALBATRE
exécuta fur l'orgue l'ouverturedes Fêtes de Paphos,
arrangée par lui avec beaucoup d'intelligence ,
de goût & de connoiffance des effets de l'inftrument.
On peut s'imaginer combien la brillante
exécution de cet Artifte fait valoir ce beau mor-.
ceau de mufique. Tous les auditeurs témoignèrent
leurs plaifirs par des appplaudiffemens univerfels
. Mlle SCHENCKER , de la Mufique de S.
A. S. Monfeigneur le PRINCE DE CONTI , exé
cuta des pièces de harpe charmantes , & du genre
de mufique le plus agréable. Cette Virtuofe dont
on admire l'exécution , eft âgée au plus de douze
ans. Mlle AVENAUX & M. DURAND chantèrent
Cantemus , Moter à deux voix de feu M. Mouret.
Mlle FEL chanta un nouveau Motet à voix feule ,
de M. J. J. ROUSSEAU , dont les fymphonies d'un .
goût agréable & nouveau , furent généralement
applaudies avec vivacité ; la vocale de ce morceau
, point ou très peu analogue aux paroles ,
n'a été goûtée que par les amateurs déclarés de
la manière Italienne , laquelle ne s'adopte pas
encore au genre du Motet , pour des oreilles trang
192 MERCURE DE FRANCE.
çoifes accoutumées à la majeſté & à la convenance
des images & des expreffions dans les bons morceaux
de notre mufique latine , qui , fans contredit
, eft plus riche de vraie fcience que la plû-
Fart des Motets d'Italie parvenus à notre connoiffance.
Ce Concert fut terminé par Deus nofter
refugium , nouveau Motet à grand Choeur de
M. GIRAUD , Ordinaire de la Mufique de Sa Majefté
& de l'Académie royale . Ce Moter a eu du
fuccès & les gens de l'art l'ont généralement trouvé
bien travaillé. M. GIRAUD s'étoit déja fait connoître
avantageufement dans plufieurs productions
de Mufique françoife , & même fur notre ſcène
lyrique.
M. le GROS & M. GELIN ont chanté dans les
grands Motets.
Du Jeudi , 16 Mai , fête de l'Aſcencion.
СЕ
E Concert commença par Diligam te
Domine , Motet à grand Choeur de M. l'Abbé
GOULET , ci - devant Maître de mufique de l'Eglife
de Paris. Ce Compofiteur & fes ouvrages font à
préfent connus de tous les amateurs du Concert ,
& en poffeffion d'y être applaudis. M. BALBATRE
exécuta fur l'orgue l'ouverturedes Fêtes de Paphos,
arrangée par lui avec beaucoup d'intelligence ,
de goût & de connoiffance des effets de l'inftrument.
On peut s'imaginer combien la brillante
exécution de cet Artifte fait valoir ce beau mor-.
ceau de mufique. Tous les auditeurs témoignèrent
leurs plaifirs par des appplaudiffemens univerfels
. Mlle SCHENCKER , de la Mufique de S.
A. S. Monfeigneur le PRINCE DE CONTI , exé
cuta des pièces de harpe charmantes , & du genre
de mufique le plus agréable. Cette Virtuofe dont
on admire l'exécution , eft âgée au plus de douze
ans. Mlle AVENAUX & M. DURAND chantèrent
Cantemus , Moter à deux voix de feu M. Mouret.
Mlle FEL chanta un nouveau Motet à voix feule ,
de M. J. J. ROUSSEAU , dont les fymphonies d'un .
goût agréable & nouveau , furent généralement
applaudies avec vivacité ; la vocale de ce morceau
, point ou très peu analogue aux paroles ,
n'a été goûtée que par les amateurs déclarés de
la manière Italienne , laquelle ne s'adopte pas
encore au genre du Motet , pour des oreilles trang
192 MERCURE DE FRANCE.
çoifes accoutumées à la majeſté & à la convenance
des images & des expreffions dans les bons morceaux
de notre mufique latine , qui , fans contredit
, eft plus riche de vraie fcience que la plû-
Fart des Motets d'Italie parvenus à notre connoiffance.
Ce Concert fut terminé par Deus nofter
refugium , nouveau Motet à grand Choeur de
M. GIRAUD , Ordinaire de la Mufique de Sa Majefté
& de l'Académie royale . Ce Moter a eu du
fuccès & les gens de l'art l'ont généralement trouvé
bien travaillé. M. GIRAUD s'étoit déja fait connoître
avantageufement dans plufieurs productions
de Mufique françoife , & même fur notre ſcène
lyrique.
M. le GROS & M. GELIN ont chanté dans les
grands Motets.
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Résumé : CONCERTS SPIRITUELS. Du Jeudi, 16 Mai, fête de l'Ascencion.
Le concert spirituel du jeudi 16 mai, jour de l'Ascension, commença avec le motet 'Diligam te Domine' de l'abbé Goulet. L'organiste Balbastre interpréta l'ouverture des 'Fêtes de Paphos'. La harpiste Mlle Schencker, âgée de douze ans, joua des pièces charmantes. Mlle Avenaux et M. Durand chantèrent 'Cantemus' de Mouret. Mlle Fel interpréta un motet de Jean-Jacques Rousseau, apprécié pour ses symphonies mais jugé trop italien. Le concert se termina avec 'Deus noster refugium' de Giraud, bien accueilli. Les chanteurs Gros et Gelin participèrent également aux grands motets.
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5564
p. 1017-1018
POLOGNE.
Début :
Les Remontrances du Prince de Vienovieski, ont déterminé la plus grande partie des Gentilshommes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
P. V. D.
Es Remontrances du Prince de Vienovieski ;
vont déterminé la plus grande partie des Gen
tilshommes du Palatinat de Cracovie , qui étoient
entrez dans la Confédération signée le 23. Février
, à y renoncer ; la Diette particuliere de ce
Palatinat , malgré les oppositions du reste des
Confédérez , a élu les Nonces à la prochaine
Diette de convocation , et les instructions qu'on
leur a données , sont conformes à celles des Nonces
de la Diette particuliere du Palatinat de Ma-
** sovie.
Il est arrivé à Varsovie des Députez des Dietto18
MERCURE DE FRANCE
tes particulieres de divers Palatinats , pour faire.
part au Primat de la résolution où est la Noblesse
de leurs Palatinats , d'exclure de la Couronne
tous les Etrangers , et particulierement ceux dont
les biens ne sont pas situez en Pologne.
On apprend par les dernieres Nouvelles de
Warsovie , que la Diette Generale de Convocation
, avoit élû pour Mareschal, M. Maschalski,
Staroste et l'un des Nonces du Palatinat de
Grodno .
P. V. D.
Es Remontrances du Prince de Vienovieski ;
vont déterminé la plus grande partie des Gen
tilshommes du Palatinat de Cracovie , qui étoient
entrez dans la Confédération signée le 23. Février
, à y renoncer ; la Diette particuliere de ce
Palatinat , malgré les oppositions du reste des
Confédérez , a élu les Nonces à la prochaine
Diette de convocation , et les instructions qu'on
leur a données , sont conformes à celles des Nonces
de la Diette particuliere du Palatinat de Ma-
** sovie.
Il est arrivé à Varsovie des Députez des Dietto18
MERCURE DE FRANCE
tes particulieres de divers Palatinats , pour faire.
part au Primat de la résolution où est la Noblesse
de leurs Palatinats , d'exclure de la Couronne
tous les Etrangers , et particulierement ceux dont
les biens ne sont pas situez en Pologne.
On apprend par les dernieres Nouvelles de
Warsovie , que la Diette Generale de Convocation
, avoit élû pour Mareschal, M. Maschalski,
Staroste et l'un des Nonces du Palatinat de
Grodno .
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Résumé : POLOGNE.
Le texte décrit la situation politique en Pologne, marquée par des événements au sein de la noblesse. Les remontrances du Prince de Vienovieski ont persuadé de nombreux gentilshommes du Palatinat de Cracovie de renoncer à la Confédération signée le 23 février. La Diète particulière de ce Palatinat a élu des nonces pour la prochaine Diète de convocation, malgré les oppositions des autres confédérés. Les instructions données à ces nonces sont similaires à celles des nonces de la Diète particulière du Palatinat de Masovie. À Varsovie, des députés des Diètes particulières de divers Palatinats ont informé le Primat de la décision de la noblesse d'exclure de la Couronne tous les étrangers, notamment ceux dont les biens ne sont pas situés en Pologne. Enfin, la Diète générale de convocation a élu M. Maschalski, Staroste et nonce du Palatinat de Grodno, comme maréchal.
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5565
p. 171-172
Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Rumen Minihy, Maire de Morlaix, écrivit le 8. [...]
Mots clefs :
Morlaix, Feu, Magasins, Marchandises, Tabac, Commerce des toiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Le Sieur Rumen Minihy , Maire de
Morlaix , écrivit le 8. Janvier à Paris au
Marquis de Coetanfao , Gouverneur de
cette Ville , que le 6. à midi le feu ayane
pris
172 MERCURE DE FRANCE
pris à l'Hopital General avec violence , il
fut consumé entierement en peu d'heures
, et que delà s'étant communiqué aux
Maisons de la rue aux Fils ,il y avoit brûlé
beaucoup de Magazins remplis de fil et
de toiles. Cinq Maisons de quatre étages
avec des Magazins pleins de marchandises
ont été brûlés de fond en comble ;
cinq autres maisons pareilles ont été à demi
brûlées et ruinées ; quatre maisons dont
la couverture , le comble et les premiers
étages ont été coupés et abbatus pour arrêter
le progrès du feu . Il y a eu 25. personnes
écrasées sous les ruines ou qui ont
péri dans les flammes ,du nombre desquels
sont quelques notables habitans , entr'au
tres le SieurGoüezou , Capitaine de Navire,
Armateur et Négociant. On a fait des Services
solemnels à la Collegiale et dans toutes
les Paroisses de laVille,où tout leClergé
Seculier et Regulier a assisté,pour le repos
de l'ame du Sieur Goüezou et de toutes
les autres personnes qui , à son exemple,
travaillant pour le bien public , ont péri
dans l'incendie.
La Ville de Morlaix est connue pour
être l'une des plus florissantes de la Province
de Bretagne , particulierement pour
le commerce des toiles avec l'Espagne. Il
s'y fabrique aussi une grande quantité de
Tabac .
Morlaix , écrivit le 8. Janvier à Paris au
Marquis de Coetanfao , Gouverneur de
cette Ville , que le 6. à midi le feu ayane
pris
172 MERCURE DE FRANCE
pris à l'Hopital General avec violence , il
fut consumé entierement en peu d'heures
, et que delà s'étant communiqué aux
Maisons de la rue aux Fils ,il y avoit brûlé
beaucoup de Magazins remplis de fil et
de toiles. Cinq Maisons de quatre étages
avec des Magazins pleins de marchandises
ont été brûlés de fond en comble ;
cinq autres maisons pareilles ont été à demi
brûlées et ruinées ; quatre maisons dont
la couverture , le comble et les premiers
étages ont été coupés et abbatus pour arrêter
le progrès du feu . Il y a eu 25. personnes
écrasées sous les ruines ou qui ont
péri dans les flammes ,du nombre desquels
sont quelques notables habitans , entr'au
tres le SieurGoüezou , Capitaine de Navire,
Armateur et Négociant. On a fait des Services
solemnels à la Collegiale et dans toutes
les Paroisses de laVille,où tout leClergé
Seculier et Regulier a assisté,pour le repos
de l'ame du Sieur Goüezou et de toutes
les autres personnes qui , à son exemple,
travaillant pour le bien public , ont péri
dans l'incendie.
La Ville de Morlaix est connue pour
être l'une des plus florissantes de la Province
de Bretagne , particulierement pour
le commerce des toiles avec l'Espagne. Il
s'y fabrique aussi une grande quantité de
Tabac .
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Résumé : Incendie à Morlaix, [titre d'après la table]
Le 6 janvier, un incendie a ravagé l'Hôpital Général de Morlaix, se propageant ensuite aux maisons de la rue aux Fils, où de nombreux magasins remplis de fil et de toiles ont brûlé. Cinq maisons de quatre étages avec des magasins de marchandises ont été entièrement détruites, cinq autres ont été à moitié brûlées et ruinées, et quatre autres ont dû être démolies pour stopper l'avancée des flammes. L'incendie a causé la mort de 25 personnes, dont des notables comme le Sieur Goüezou, Capitaine de Navire, Armateur et Négociant. Des services religieux ont été organisés pour le repos de l'âme des victimes. Morlaix est connue pour son commerce florissant, notamment des toiles avec l'Espagne, et pour la fabrication de tabac.
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5566
p. 809-810
A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
Début :
On dit (mais je ne le puis croire) [...]
Mots clefs :
Canards, Froids, Temple, Rasade, Carnaval, Carême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
A M. J. D.
à
Amiens ,
Sur la rareté des Canards.
ONN dit ( mais je ne le puis croire )
Que chez vous les froids sont si grands ,
Que les Canards à triples rangs ,
Pour n'avoir pu trouver à boire ,
Ont fui si bien , qu'il n'est resté ,
Pas de quoi faire un seul Pâté .
Pour vous , si l'on dit vrai , la chose est affli
geante ,
Car enfin ne comptez de
vous porter si bien ,
Comme vous avez fait en l'an mil sept cens
trente ,
Si vous ne payez pas à C ... sa rente ;
C... de sa part pour vous ne fera rien.
L'an passé qu'il reçut l'honnête redevance ; ´
Par huit ou neuf de ses Supots ,
Tous gens à Janus fort dévots ,
Il fit faire pour vous des voeux en abondance ;
Le Temple de Bacchus en diroit verité ;
A votre intention mainte razade buë ,
Et tant que chez quelqu'un raison en fut perdue,
Vous auriez pour l'année acquis force santé .
Cet an- cy n'ira pas de même :
Sans que rien ait parú voici le Carnaval ,
Ma
810 MERCURE DE FRANCE
i
Ma foi craignez la mort ou la fievre au teint
blême ,
Si vous ne prévenez le mal ;
Hazard si vous allez jusqu'à la mi-carême.
à
Amiens ,
Sur la rareté des Canards.
ONN dit ( mais je ne le puis croire )
Que chez vous les froids sont si grands ,
Que les Canards à triples rangs ,
Pour n'avoir pu trouver à boire ,
Ont fui si bien , qu'il n'est resté ,
Pas de quoi faire un seul Pâté .
Pour vous , si l'on dit vrai , la chose est affli
geante ,
Car enfin ne comptez de
vous porter si bien ,
Comme vous avez fait en l'an mil sept cens
trente ,
Si vous ne payez pas à C ... sa rente ;
C... de sa part pour vous ne fera rien.
L'an passé qu'il reçut l'honnête redevance ; ´
Par huit ou neuf de ses Supots ,
Tous gens à Janus fort dévots ,
Il fit faire pour vous des voeux en abondance ;
Le Temple de Bacchus en diroit verité ;
A votre intention mainte razade buë ,
Et tant que chez quelqu'un raison en fut perdue,
Vous auriez pour l'année acquis force santé .
Cet an- cy n'ira pas de même :
Sans que rien ait parú voici le Carnaval ,
Ma
810 MERCURE DE FRANCE
i
Ma foi craignez la mort ou la fievre au teint
blême ,
Si vous ne prévenez le mal ;
Hazard si vous allez jusqu'à la mi-carême.
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Résumé : A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
Dans une lettre adressée à M. J. D. à Amiens, l'auteur évoque la rareté des canards dans la région, attribuant cette situation au froid intense et à l'absence d'eau. Il exprime son incrédulité face à cette disparition. L'auteur rappelle également une dette impayée à une personne nommée C..., soulignant que l'année précédente, après avoir reçu sa redevance, C... avait organisé des festivités en l'honneur de M. J. D., incluant des libations et des prières. Il met en garde M. J. D. contre les risques pour sa santé s'il ne règle pas cette dette, notant que le Carnaval est passé sans que les mesures nécessaires aient été prises pour éviter des problèmes de santé.
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5567
p. 173-174
MADRIGAL, Sur la Réponse de Mlle de Malcrais de la Vigne, au Berger des bords de la Marne.
Début :
D'un Berger qui vous loüe avec délicatesse [...]
Mots clefs :
Mlle de Malcrais de la Vigne, Berger, Sappho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL, Sur la Réponse de Mlle de Malcrais de la Vigne, au Berger des bords de la Marne.
MADRIGAL ,
Sur la Réponse de Me de Malcrais de la
Vigne, au Berger des bords de la Marne,
D'Un Berger qui vous loue avec délicatesse
Sapho , vous redoutez le trop galant Ecrit ,
Yous
174 MERCURE DE FRANCE :
Vous tremblez , qu'à ses sons le coeur ne s'inte
resse ,
Que dans l'art d'aimer trop instruit ,
Et sur le vert gazon conduit ,
1 ne change bien- tôt son estime en tendresse ,
Adorable Sapho , que votre crainte cesse
Qui comme vous , est tout esprit ,
Des sens ne craint point la foiblesse.
Par M. DE SOMMEVES LI.
Sur la Réponse de Me de Malcrais de la
Vigne, au Berger des bords de la Marne,
D'Un Berger qui vous loue avec délicatesse
Sapho , vous redoutez le trop galant Ecrit ,
Yous
174 MERCURE DE FRANCE :
Vous tremblez , qu'à ses sons le coeur ne s'inte
resse ,
Que dans l'art d'aimer trop instruit ,
Et sur le vert gazon conduit ,
1 ne change bien- tôt son estime en tendresse ,
Adorable Sapho , que votre crainte cesse
Qui comme vous , est tout esprit ,
Des sens ne craint point la foiblesse.
Par M. DE SOMMEVES LI.
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Résumé : MADRIGAL, Sur la Réponse de Mlle de Malcrais de la Vigne, au Berger des bords de la Marne.
Le madrigal du XVIIe siècle, publié dans le Mercure de France, voit M. de Sommerves s'adresser à Sapho. Sapho craint qu'un écrit galant ne la rende trop sensible à l'amour. L'auteur la rassure, affirmant qu'il maîtrise ses sentiments et ne craint pas la faiblesse des sens.
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5568
p. 2515-2516
« Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Début :
Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...]
Mots clefs :
Concert, Comte, Prince, Fontainebleau, Chanter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
E Comte de Charolois , le Comte
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
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Résumé : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Au cours d'un mois, plusieurs nobles, dont le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le Prince de Dombes et le Comte d'Eu, sont arrivés à Fontainebleau après avoir servi dans l'armée d'Allemagne. Le Roi a nommé l'Abbé Dandelot Aumônier de Sa Majesté, succédant à l'Abbé de Choiseul, promu à l'Évêché de Châlons-sur-Marne. Le Maréchal Duc d'Estrées et le Duc d'Antin ont été désignés Ministres d'État. Le Roi et la Reine ont quitté Fontainebleau le 24 du mois pour se rendre à Versailles, en passant par le Château de Petit-Bourg. Le 1er du mois, à l'occasion de la Toussaint, un Concert Spirituel a été organisé au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande, du Sr le Maire et du St Mouret. Le 2, un Concert Français a eu lieu, avec des performances de la Dlle Petitpas, du Sr Cuvilier et de M. de la Lande.
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5569
p. 191-192
« Oraison Funébre d'Éminentissime & Révérendissime Seigneur Charles-Antoine de la Roche-Aimon, [...] »
Début :
Oraison Funébre d'Éminentissime & Révérendissime Seigneur Charles-Antoine de la Roche-Aimon, [...]
Mots clefs :
Oraison funèbre, France ecclésiastique, Vénerie normande, Maison électorale palatine, Promenade de Sceaux-Penthièvre, Charles Antoine de La Roche-Aymon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Oraison Funébre d'Éminentissime & Révérendissime Seigneur Charles-Antoine de la Roche-Aimon, [...] »
Oraifon Funébre d'Eminentiffime & Révérendiffi
me Seigneur Charles- Antoine de la Roche-Aimon
Archevêque Duc de Rheims , Légat né du St Siège ,
Primat de la Gaule- Belgique , Cardinal de la Sainte
Eglife Romaine , premier Pair & grand Aumônier
de France Miniftre de la Feuille des Bénéfices
Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint-Germain-des- Prés & de la Sainte - Trinité de
Fécamp ; prononcé dans l'Eglife de Rheims , let
premier Avril 1778 , par Meffire Pierre-Jofeph Perricau
, Evêque de Tricomie. A Rheims , chez P. N.
A. Piérard , Imprimeur de l'Univerfité , Parvis Notre-
Dame.
La France Ecclefiaftique pour l'année 1778 , contenant
la Cour de Rome , les Archevêques & Evêques
du Royaume , leurs Vicaires-Généraux , leurs
Officiaux , les dignités & Chanoines des Eglifes Cathédrales
, les Abbayes- Commendataires & Réguliè192.
MERCURE
res , les Prieurés d'hommes & de filles à nomination
Royale , le Clergé de Paris & celui de la Cour ; quatrième
édition dédiée à MM. les Agents - Généraux du
Clergé de France , 3 1. broché , & 3 1. 10 f. franc de
port pour tout le Royaume. A Paris , chez l'Auteur ,
rue Saint -André- des - Arts , vis -à- vis celle Gît- le-Coeur.
Vénérie Normande , ou l'Ecole de la chaſſe aux
chiens courans pour le lièvre , le chevreuil , le cerf ,
le daim , le fanglier , le loup , le renard & la loutre ,
avec les tons de chaffe , accompagnés chacun d'une
explication fur l'occafion & les circonftances où ils
doivent être fonnés , & un Traité des remèdes , un
Traité fur le droit de fuite , & un Dictionnaire des
termes de chaffe , &c. par M. le Verrier de la Cou
terie , Ecuyer , Seigneur d'Amigny , les Aulnets , &c.
A Amfterdam ; & fe trouve à Rouen , chez Laurent
Dumefnil , Imprimeur- Libraire , rue de l'Ecureuil ;
& à Paris , chez Durand neveu.
Abrégé de l'expofé des droits de la Maiſon Electorale
Palatine en général , & en particulier de ceux de
S, A. S. Monfeigneur le Duc Régnant des Deux-Ponts ,
connu plus proche Agnar & fucceffeur préſomptif de
l'Electorat , fur les Etats de Maximilien - Joſeph ,
Electeur de Bavière , dernier Prince de la branche
Guillelmine , mort le 30 Décembre 1777 , traduit
de l'Allemand, Aux Deux-Ponts , de l'Imprimerie
Ducale.
Promenade de Sceaux-Penthièvre , de fes dépendances
& de fes environs , avec une defcription de
tout ce qu'il y a de remarquable dans chaque Village:
de la dépendance de Seaux , & dans quelques -uns
des environs. A Amfterdam ; & fe trouve à Paris ,
chez P. Fr. Gueffier , Imprimeur -Libraire , au bas de
la rue de la Harpe.
me Seigneur Charles- Antoine de la Roche-Aimon
Archevêque Duc de Rheims , Légat né du St Siège ,
Primat de la Gaule- Belgique , Cardinal de la Sainte
Eglife Romaine , premier Pair & grand Aumônier
de France Miniftre de la Feuille des Bénéfices
Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint-Germain-des- Prés & de la Sainte - Trinité de
Fécamp ; prononcé dans l'Eglife de Rheims , let
premier Avril 1778 , par Meffire Pierre-Jofeph Perricau
, Evêque de Tricomie. A Rheims , chez P. N.
A. Piérard , Imprimeur de l'Univerfité , Parvis Notre-
Dame.
La France Ecclefiaftique pour l'année 1778 , contenant
la Cour de Rome , les Archevêques & Evêques
du Royaume , leurs Vicaires-Généraux , leurs
Officiaux , les dignités & Chanoines des Eglifes Cathédrales
, les Abbayes- Commendataires & Réguliè192.
MERCURE
res , les Prieurés d'hommes & de filles à nomination
Royale , le Clergé de Paris & celui de la Cour ; quatrième
édition dédiée à MM. les Agents - Généraux du
Clergé de France , 3 1. broché , & 3 1. 10 f. franc de
port pour tout le Royaume. A Paris , chez l'Auteur ,
rue Saint -André- des - Arts , vis -à- vis celle Gît- le-Coeur.
Vénérie Normande , ou l'Ecole de la chaſſe aux
chiens courans pour le lièvre , le chevreuil , le cerf ,
le daim , le fanglier , le loup , le renard & la loutre ,
avec les tons de chaffe , accompagnés chacun d'une
explication fur l'occafion & les circonftances où ils
doivent être fonnés , & un Traité des remèdes , un
Traité fur le droit de fuite , & un Dictionnaire des
termes de chaffe , &c. par M. le Verrier de la Cou
terie , Ecuyer , Seigneur d'Amigny , les Aulnets , &c.
A Amfterdam ; & fe trouve à Rouen , chez Laurent
Dumefnil , Imprimeur- Libraire , rue de l'Ecureuil ;
& à Paris , chez Durand neveu.
Abrégé de l'expofé des droits de la Maiſon Electorale
Palatine en général , & en particulier de ceux de
S, A. S. Monfeigneur le Duc Régnant des Deux-Ponts ,
connu plus proche Agnar & fucceffeur préſomptif de
l'Electorat , fur les Etats de Maximilien - Joſeph ,
Electeur de Bavière , dernier Prince de la branche
Guillelmine , mort le 30 Décembre 1777 , traduit
de l'Allemand, Aux Deux-Ponts , de l'Imprimerie
Ducale.
Promenade de Sceaux-Penthièvre , de fes dépendances
& de fes environs , avec une defcription de
tout ce qu'il y a de remarquable dans chaque Village:
de la dépendance de Seaux , & dans quelques -uns
des environs. A Amfterdam ; & fe trouve à Paris ,
chez P. Fr. Gueffier , Imprimeur -Libraire , au bas de
la rue de la Harpe.
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Résumé : « Oraison Funébre d'Éminentissime & Révérendissime Seigneur Charles-Antoine de la Roche-Aimon, [...] »
En 1778, plusieurs publications et événements marquants sont associés à l'Église et à la noblesse française. L'oraison funèbre de Charles-Antoine de la Roche-Aymon, Archevêque de Reims, est prononcée par Pierre-Joseph Perricaud, Évêque de Tricomie, le 1er avril 1778. 'La France Ecclésiastique pour l'année 1778' détaille la hiérarchie ecclésiastique, incluant les archevêques, évêques, vicaires généraux et autres dignitaires religieux. Cet ouvrage est dédié aux Agents Généraux du Clergé de France et disponible à Paris. Par ailleurs, 'Vénérie Normande' de Verrier de la Couterie traite de la chasse et des chiens courants, avec des traités sur les remèdes et le droit de fuite, ainsi qu'un dictionnaire des termes de chasse. Imprimé à Amsterdam, ce livre est disponible à Rouen et Paris. Le document mentionne aussi un 'Abrégé de l'exposition des droits de la Maison Electorale Palatine', traduit de l'allemand, concernant les droits du Duc Régnant des Deux-Ponts après la mort de Maximilien-Joseph, Électeur de Bavière, survenue le 30 décembre 1777. Enfin, une description de la 'Promenade de Sceaux-Penthièvre' et de ses environs est disponible à Amsterdam et Paris.
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5570
p. 52-53
CONSEIL DE DOM BRUTAL. SUR L'AIR Réveillez-vous Belle endormie.
Début :
Si femme impertinente & belle [...]
Mots clefs :
Femme, Impertinence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONSEIL DE DOM BRUTAL. SUR L'AIR Réveillez-vous Belle endormie.
CONSEIL
DE DOM Brutal
SUSURRLl''AAIiRr
Réveillez-vous Belle endormie. sI femme impertinente
& belle
Tu veux garder dans ta
maison,
Deviens plus impertinent
quelle,
Tu la mettras à la raison.
DE DOM Brutal
SUSURRLl''AAIiRr
Réveillez-vous Belle endormie. sI femme impertinente
& belle
Tu veux garder dans ta
maison,
Deviens plus impertinent
quelle,
Tu la mettras à la raison.
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5571
p. 84-85
MARIAGES.
Début :
N .... de Boniface du Boslehart, troisiéme fils d'Alexandre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
N de Boniface du1
Boslehart, troisiéme fils
d'A lexandre de Boniface
& de Marie Elizabeth de
Roncherolles, a épousé Me!
e Mounier, veuve & riche
~heritiere de la Ville d'El-
?euf.
N de Boniface du1
Boslehart, troisiéme fils
d'A lexandre de Boniface
& de Marie Elizabeth de
Roncherolles, a épousé Me!
e Mounier, veuve & riche
~heritiere de la Ville d'El-
?euf.
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5572
p. 191-192
DE VIENNE, le 9 Janvier.
Début :
Il y aura cette année un camp considérable dans le Royaume de Bohême. Les ordres sont [...]
Mots clefs :
Camp, Régiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 9 Janvier.
DE VIENNE, le 9 Janvier.
Il y aura cette année un camp considérable
dans le Royaume de Bohême. Les ordres sont
donnés de rendre complets tous les Régimens,
692 MERCURE DE FRANCE.
qui doivent s'y assembler. L'Impératiice Reine a
resolu de former deux Compagnies de Cadets
composées chacune de quat re-vingt jeunes gens.
Pour être reçu dans la premiere, il faudra faire
preuve d'ancienne Noblesse. Pour entrer daus
la seconde, cette condition ne sera pas nécessai-
re, si l'on est fils d'un Officier qui ait vingt ans
de service.
Il y aura cette année un camp considérable
dans le Royaume de Bohême. Les ordres sont
donnés de rendre complets tous les Régimens,
692 MERCURE DE FRANCE.
qui doivent s'y assembler. L'Impératiice Reine a
resolu de former deux Compagnies de Cadets
composées chacune de quat re-vingt jeunes gens.
Pour être reçu dans la premiere, il faudra faire
preuve d'ancienne Noblesse. Pour entrer daus
la seconde, cette condition ne sera pas nécessai-
re, si l'on est fils d'un Officier qui ait vingt ans
de service.
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5573
p. 2665-2666
MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
Début :
La Princesse Proscovie Jwanewna, sœur de la Czarine mourut à Moscou le 19 du [...]
Mots clefs :
Princesse, Archiduchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
MORTS ,
NAISSANCES ,
L
&
Mariages.
A Princesse Proscovie Jwanewna , soeur de
la Czarine mourut à Moscou le 19 du
mois dernier , dans la 37. année de son âge.
>
La Princesse Jeanne - Christine- Amelie , née
Comtesse de Promniz , Epouse du Prince Auguste
Louis d'Anhalt-Cothen accoucha à
Francfort le 26 d'Octobre , d'un Prince , qui
à été nommé Frederic- Armand .
Le 4. Novembre , l'Archiduchesse , Epouse
du Prince Electoral de Saxe , accoucha à Dresde
d'une Princesse , qui fut baptisée le même jour ,
et nommée Caroline.
La nommée Sara- Fuch , femme d'un Marinier
de Roterbilh , accoucha le io Novembre de
trois enfans , deux mâles et une fille , qui furent
baptisés , et le lendemain d'un autre enfant mâle
qui étoit mort.
Le Lord Jean Russel , épousa à Londres le 227
d'Octobre , Mylady Diane Spencer chez la Duchesse
Douairiere de Marlborough , qui , à cette
occasion , donna un répas magnifique , où l'on
ne se servit que d'assiettes , de plats et de fourchettes
d'or. Cette Dame a eû 30000 livres ster
lings en mariage , et la Duchesse de Marlborough,
sa grande Mere, lui a encore assuré 100
mille livres sterlings après sa mort.
Le Margrave Frederick Ernest , frere du Margrave
2666 MERCURE DE FRANCE
grave de Culmbach Bareith , de la Reine de
Dannemarc , et de la Princesse d'Oestfrise , a été
fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-
Sophie , fille du Duc Ernest Ferdinand de Bruns
wuick-Beveren et de la Princesse Eleonore→
Charlotte de Curlande..
NAISSANCES ,
L
&
Mariages.
A Princesse Proscovie Jwanewna , soeur de
la Czarine mourut à Moscou le 19 du
mois dernier , dans la 37. année de son âge.
>
La Princesse Jeanne - Christine- Amelie , née
Comtesse de Promniz , Epouse du Prince Auguste
Louis d'Anhalt-Cothen accoucha à
Francfort le 26 d'Octobre , d'un Prince , qui
à été nommé Frederic- Armand .
Le 4. Novembre , l'Archiduchesse , Epouse
du Prince Electoral de Saxe , accoucha à Dresde
d'une Princesse , qui fut baptisée le même jour ,
et nommée Caroline.
La nommée Sara- Fuch , femme d'un Marinier
de Roterbilh , accoucha le io Novembre de
trois enfans , deux mâles et une fille , qui furent
baptisés , et le lendemain d'un autre enfant mâle
qui étoit mort.
Le Lord Jean Russel , épousa à Londres le 227
d'Octobre , Mylady Diane Spencer chez la Duchesse
Douairiere de Marlborough , qui , à cette
occasion , donna un répas magnifique , où l'on
ne se servit que d'assiettes , de plats et de fourchettes
d'or. Cette Dame a eû 30000 livres ster
lings en mariage , et la Duchesse de Marlborough,
sa grande Mere, lui a encore assuré 100
mille livres sterlings après sa mort.
Le Margrave Frederick Ernest , frere du Margrave
2666 MERCURE DE FRANCE
grave de Culmbach Bareith , de la Reine de
Dannemarc , et de la Princesse d'Oestfrise , a été
fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-
Sophie , fille du Duc Ernest Ferdinand de Bruns
wuick-Beveren et de la Princesse Eleonore→
Charlotte de Curlande..
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
Le texte relate plusieurs événements familiaux au sein de la noblesse européenne. La Princesse Proscovie Jwanewna, sœur de la Czarine, est décédée à Moscou à l'âge de 37 ans. La Princesse Jeanne-Christine-Amélie, Comtesse de Promniz et épouse du Prince Auguste Louis d'Anhalt-Cothen, a donné naissance à un prince nommé Frédéric-Armand à Francfort. L'Archiduchesse, épouse du Prince Électeur de Saxe, a accouché d'une princesse nommée Caroline à Dresde. Sara Fuch, femme d'un marinier de Roterbilh, a donné naissance à trois enfants, dont un est décédé le lendemain. Le Lord Jean Russel a épousé Mylady Diane Spencer à Londres, avec une dot de 30 000 livres sterling et une assurance de 100 000 livres sterling après le décès de la Duchesse de Marlborough. Le Margrave Frederick Ernest, frère du Margrave de Culmbach Bareith, de la Reine de Dannemarc et de la Princesse d'Oestfrise, s'est fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-Sophie, fille du Duc Ernest Ferdinand de Brunswick-Beveren et de la Princesse Éléonore-Charlotte de Curlande.
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5574
p. 193-194
Extrait d'une Lettre de Copenhague au sujet de l'Ambassadeur de Perse.
Début :
Nous avons ici l'Ambassadeur de Perse, qui de France [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Copenhague au sujet de l'Ambassadeur de Perse.
Extrait d'une Lettre de Co
penhaque ausujet de l'Am
baßadeurde Perfe . い
Nous avons icy l'Ambaſſadeur
de Perfe, qui de France
devoit aller à Petersbourg; mais
fatigué de la Mer, il a voulu
Octobre 1715 R
194 MERCURE
qu'on le mit à terre. La Fregate
Françoiſe qui l'a amené
ayant fur cela pris le parti de
s'en retourner , l'Ambaffadeur
s'eſt raviſé trop tard de vouloir
continuer ſa route par
Mer de forte qu'il faudra
qu'il aille par terre, s'il ne veut
attendre la bonne ſaiſon . On
ne ſçait s'il demeurera icy, ou
à Hambourg.
penhaque ausujet de l'Am
baßadeurde Perfe . い
Nous avons icy l'Ambaſſadeur
de Perfe, qui de France
devoit aller à Petersbourg; mais
fatigué de la Mer, il a voulu
Octobre 1715 R
194 MERCURE
qu'on le mit à terre. La Fregate
Françoiſe qui l'a amené
ayant fur cela pris le parti de
s'en retourner , l'Ambaffadeur
s'eſt raviſé trop tard de vouloir
continuer ſa route par
Mer de forte qu'il faudra
qu'il aille par terre, s'il ne veut
attendre la bonne ſaiſon . On
ne ſçait s'il demeurera icy, ou
à Hambourg.
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5575
p. 195-196
Response de Sa Majesté.
Début :
Je vous remercie de bon coeur de cette Addresse. Je [...]
Mots clefs :
Adresse, Réponse, Reine de Grande-Bretagne, Remerciements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response de Sa Majesté.
Reſponſe de Sa Majesté.
Je vous remercie de bon
cœur de cette Addreffe : Je
fuis contente des marques,
Rij
196 MERCURE
de voftre devoir & de vo
ftre fidelité , & vous pouvez compter fur mes fermes efforts , pour affeurer
la Succeffion Proteftante.
& le Gouvernement , tel
qu'il cft eſtabli par la Loi,
dans l'Eglife & dans l'Eſtat,
& pour avancer le veritable Intereft de tous mes
fujets
Je vous remercie de bon
cœur de cette Addreffe : Je
fuis contente des marques,
Rij
196 MERCURE
de voftre devoir & de vo
ftre fidelité , & vous pouvez compter fur mes fermes efforts , pour affeurer
la Succeffion Proteftante.
& le Gouvernement , tel
qu'il cft eſtabli par la Loi,
dans l'Eglife & dans l'Eſtat,
& pour avancer le veritable Intereft de tous mes
fujets
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5576
p. 191-192
Response à la Question,
Début :
Il n'est rien tel que les grands hommes, [...]
Mots clefs :
Taille, Homme, Ragotin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response à la Question,
Refponfe à la Queſtion ,
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
S'il eft plus avantageux à
un homme d'eftre d'une grande
taille que d'une petite .
Il n'est rien tel que les
grands hommes,
Pour bien cueillir poires
&
pommes :
Pour cueillir fraiſes aux
bois vivent les plus petits.
Petits dépensent moins en
192 MERCURE
vivres , en habits ;
Et les grands en fouliers ,
la cauſe en eft abftraite ,
C'est qu'ils font moins de
pas dans une égale traite.
Ergo les plus petits battent
plus le pavé,
Baguenaudiere haut élevé,
Dans unſpectacle a l'avantage ,
Pendant que Ragotin enrage ;
Mais auffi Ragotin derrie
re un parapet ,
Sans faire le plongeon ;
craint bien moins le mouf
quer.
R
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Résumé : Response à la Question,
Le texte compare les avantages et inconvénients des personnes de grande et petite taille. Les grands sont mieux pour cueillir des fruits élevés, tandis que les petits sont plus efficaces pour les fruits bas. Les petits dépensent moins pour les vivres et habits, mais usent plus le pavé. Dans un spectacle, les petits voient mieux, mais les grands se protègent plus facilement.
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5577
p. 595-596
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le 24. Février, le Cardinal Alamanno Salviati, mourut à Rome, âgé de près de 65. ans, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Église, Pape, Cardinaux, Carrosse
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texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Liati,
E 24. Février , le Cardinal Alamanno Salmourut
à Rome , âgé de près de 65 .
ans , étant né à Florence le 20. d'Avril 1668 , II
avoit été fait Cardinal le 8. Février 1730. par
le Pape Benoît XIII qui lui donna le Titre de
Sainte Marie d'Ara- Coeli , et le fit Préfet de la
Signature de Justice. Le 25. le Corps de ce Cardinal
fut porté à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara
Coli, dans un Carosse , accompagné de plusieurs
autres où étoient ses Gentilshommes ; le lendemain
, 21. Cardinaux assisterent à ses Obseques
qui furent celebrées avec beaucoup de solemnité.
Le 5. Mars après midi , Muley Achmet , petitfils
du feu Roy de Maroc , et neveu du Roy regnant
, fut baptisé par le Cardinal Guadagni ,
dans l'Eglise de S. Pierre du Vatican , où le Čardinat
Belluga , qui a pris soin de l'instruction de
ce Prince depuis qu'il est à Rome , le conduisit
dans son Carosse ; il eut pour Parrein le Prince
Don Barthelemi Corsini , frere du Cardinal de ce
nom , et neveu du Pape. Il fut nommé Laurent-
Barthelemi-Trajan-Louis. Le Cardinal Annibal
Albani de S. Clement , lui administra le Sacrement
de Confirmation , et l'exhorta par un Discours
très-touchant , à demeurer fidele anx obligations
qu'il contractoit en embrassant la Reli
gion Catholique, Le Chevalier de S. George assista
à cette Ceremonie , qui se fit en presence de
17. Cardinaux et de la plus grande partie de la
principale
1
596 MERCURE DE FRANCE
principale Noblesse , après quoy le Prince nouvellement
baptisé fut conduit par le Cardinal
Belluga , à l'Audience de S. S. qui le reçut avec
beaucoup de marques de tendresse , et l'assura
d'une protection particuliere .
Liati,
E 24. Février , le Cardinal Alamanno Salmourut
à Rome , âgé de près de 65 .
ans , étant né à Florence le 20. d'Avril 1668 , II
avoit été fait Cardinal le 8. Février 1730. par
le Pape Benoît XIII qui lui donna le Titre de
Sainte Marie d'Ara- Coeli , et le fit Préfet de la
Signature de Justice. Le 25. le Corps de ce Cardinal
fut porté à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara
Coli, dans un Carosse , accompagné de plusieurs
autres où étoient ses Gentilshommes ; le lendemain
, 21. Cardinaux assisterent à ses Obseques
qui furent celebrées avec beaucoup de solemnité.
Le 5. Mars après midi , Muley Achmet , petitfils
du feu Roy de Maroc , et neveu du Roy regnant
, fut baptisé par le Cardinal Guadagni ,
dans l'Eglise de S. Pierre du Vatican , où le Čardinat
Belluga , qui a pris soin de l'instruction de
ce Prince depuis qu'il est à Rome , le conduisit
dans son Carosse ; il eut pour Parrein le Prince
Don Barthelemi Corsini , frere du Cardinal de ce
nom , et neveu du Pape. Il fut nommé Laurent-
Barthelemi-Trajan-Louis. Le Cardinal Annibal
Albani de S. Clement , lui administra le Sacrement
de Confirmation , et l'exhorta par un Discours
très-touchant , à demeurer fidele anx obligations
qu'il contractoit en embrassant la Reli
gion Catholique, Le Chevalier de S. George assista
à cette Ceremonie , qui se fit en presence de
17. Cardinaux et de la plus grande partie de la
principale
1
596 MERCURE DE FRANCE
principale Noblesse , après quoy le Prince nouvellement
baptisé fut conduit par le Cardinal
Belluga , à l'Audience de S. S. qui le reçut avec
beaucoup de marques de tendresse , et l'assura
d'une protection particuliere .
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
En février et mars, deux événements marquants ont eu lieu à Rome. Le 24 février, le cardinal Alamanno Salviati est décédé à Rome à l'âge de près de 65 ans. Né à Florence le 20 avril 1668, il avait été créé cardinal le 8 février 1730 par le pape Benoît XIII, qui lui avait attribué le titre de Sainte-Marie d'Ara-Coeli et la fonction de préfet de la Signature de Justice. Ses obsèques, auxquelles ont assisté 21 cardinaux, ont été célébrées avec solennité le 25 février à l'église Sainte-Marie d'Ara-Coeli. Le 5 mars, Muley Achmet, petit-fils du défunt roi du Maroc et neveu du roi régnant, a été baptisé par le cardinal Guadagni dans l'église Saint-Pierre du Vatican. Le cardinal Belluga, responsable de son instruction, l'a conduit à la cérémonie. Le prince a été nommé Laurent-Barthélemy-Trajan-Louis et a eu pour parrain le prince Don Barthélemi Corsini. Le cardinal Annibal Albani lui a administré le sacrement de confirmation. La cérémonie, à laquelle ont assisté 17 cardinaux et une grande partie de la noblesse, s'est déroulée en présence du chevalier de Saint-Georges. Après le baptême, le cardinal Belluga a conduit le prince à l'audience du pape, qui l'a reçu avec tendresse et lui a assuré une protection particulière.
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5578
p. 191-193
« Il est ordonné au Capitaine Estienne Decuges, Commandant la Barque [...] »
Début :
Il est ordonné au Capitaine Estienne Decuges, Commandant la Barque [...]
Mots clefs :
Capitaine, Barque, Étienne Padery
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texteReconnaissance textuelle : « Il est ordonné au Capitaine Estienne Decuges, Commandant la Barque [...] »
Il eſt ordonné au Capitaine
Eſtienne Decuges , Commandant
la Barque la Vierge de
Grace d'aller à Alexandrette
ou à Payas aprés avoir touché
192 JOURNAL
en Chiptes , & d'y embarquer
les choſes qui luy ferontmontrées
,&deſignées par le Sicur
Paderi que nous envoyons fur
la Barque pour l'éxecution de
nos ordres , & de porter le
tout à Marseille où ledit Capitaine
recevra la ſomme de
4500. liv. pour ſes Nolis
ainſi qu'il eſt porté par noſtre
déclaration de cejourd'huy
en ſa faveur ; enjoignons tresexpreſſement
audit Capitaine
de ſuivrede point en point,&
avec toute la diligence poffibletout
ce qui luy ſera dit par
le Sieur Paderi. Mandons aux
Sicurs
د
HISTORIQUE 1931
Sieurs Confuls de France des
licux où ledit Capitaine touchera
de tenir la main à l'éxecutiondes
Preſentes, s'agiffant
du ſervice du Roy. Fait au Palais
de France à Peran lez
Conſtantinople le 8. Aouft
171.4. Pour copie , Signé ,
DESALLEURS.
PIERRE DESALLEURS ,&c.
Eſtienne Decuges , Commandant
la Barque la Vierge de
Grace d'aller à Alexandrette
ou à Payas aprés avoir touché
192 JOURNAL
en Chiptes , & d'y embarquer
les choſes qui luy ferontmontrées
,&deſignées par le Sicur
Paderi que nous envoyons fur
la Barque pour l'éxecution de
nos ordres , & de porter le
tout à Marseille où ledit Capitaine
recevra la ſomme de
4500. liv. pour ſes Nolis
ainſi qu'il eſt porté par noſtre
déclaration de cejourd'huy
en ſa faveur ; enjoignons tresexpreſſement
audit Capitaine
de ſuivrede point en point,&
avec toute la diligence poffibletout
ce qui luy ſera dit par
le Sieur Paderi. Mandons aux
Sicurs
د
HISTORIQUE 1931
Sieurs Confuls de France des
licux où ledit Capitaine touchera
de tenir la main à l'éxecutiondes
Preſentes, s'agiffant
du ſervice du Roy. Fait au Palais
de France à Peran lez
Conſtantinople le 8. Aouft
171.4. Pour copie , Signé ,
DESALLEURS.
PIERRE DESALLEURS ,&c.
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5579
p. 187-189
« M. de Villefroy, Professeur en Langue Sainte au Collége Royal, Abbé, Seigneur de l'Abbaye [...] »
Début :
M. de Villefroy, Professeur en Langue Sainte au Collége Royal, Abbé, Seigneur de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Juge, Abbaye, Blasimon, Duc d'Aquitaine, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : « M. de Villefroy, Professeur en Langue Sainte au Collége Royal, Abbé, Seigneur de l'Abbaye [...] »
M. de Villefroy , Profeffeur en Langue Sainte
au College Royal , Abbé , Seigneur de l'Abbaye
& Châtellenie de Blazimont , érigée en 721 pour
le fervice perfonnel des Ducs d'Aquitaine , & en
cette qualité premier Aumônier du Prince qui
vient de naître , a donné récemment des marques
'éclatantes de fon zele & de fon attachement refpectueux
à la Famille Royale. Il a ordonné à fon
Juge de Blazimont de faire chanter folennellement
un Te Deum en action de graces , pour
naiffance de Monfeigneur le Duc d'Aquitaine.
la
Le 27 Octobre dernier , la fête & les réjouiffan
ces furent annoncées à l'entrée de la nuit par le fon
des cloches. Le même jour M. Bonnet , Juge
de Blazimont , avoit fait publier que le lendemain
chaque habitant illuminât fa maiſon , & fît un feu
devant fa porte .
Le Dimanche 28 , fur les dix heures , Dom Du
puy, Religieux de la Communauté , prononça um
difcours devant une nombreuſe affemblée . Il s'étendit
beaucoup fur la miféricorde du Seigneur ,.
qui venoit d'accorder aux voux des François un
188 MERCURE DE FRANCE:
Prince dont la naiffance affuroit de plus en plus Is
Coutonne dans la Maifon Royale : il fit enfuite
féloge du Roi & de Monfeigneur le Dauphin .
"A deux heures après -midi , la Bourgeoifie qui
forme deux Compagnies d'environ so hommes
chacune , les Drapeaux déployés , le trouva fous
les armes dans la place : M. M. Augan , de Liffe
& Boutet , Capitaines , étoient à leur tête , ils parti
rent de là au bruit des tambours , fifres & autres
inftrumens , & marcherent vers l'Abbaye fur deux
colonnes , commandés par M. Thouneuf , Major ,
qui fit mettre en haye cette troupe , lorfque les
Religieux de l'Abbaye vinrent au devant des Juges ,
Officiers de Juftice & Jurats ; ces Magiftrars furent
introduits dans 1 Eglife par Dom Prieur .
Les Muficiens que le Juge avoit fait venir de
Bordeaux , chanterent en mufique les Vêpres & le,
Te Deum , qui furent précédés & fuivis de plufieurs
décharges de moufqueterie.
Les deux Compagnies , les Juges , Officiers ;
Jurats , & les Curés du voifinage qui y étoient in
vités , fe rendirent dans le même ordre au lieu où
étoit le feu de joie . M. Bonneau de Monfauzier ,
Seigneur de Madaillan , Capitaine dans le Régiment
de Bourbonnois ; & M. de Saint Maudé de
Donery , ancien Lieutenant de Cavalerie , Chevaliers
de S. Louis , qui avoient affifté au Te Deum ,
allumerent le feu avec M, M. les Juges & Jurars.
On fit couler des fontaines de vin & diftribuer
du pain & de la viande au peuple ; le foir toutes
les maifons furent illuminées.
La place dont les illuminations étoient ordonnées
avec goût,formoit un coup d'oeil des plus gra
cieux. L'on y avoit placé des infcriptions de vive
le Roi , la Famile Royale & Monfeigneur le Duc
Aquitaine.
JANVIER . 1754. 189
Après le feu tous les invités fe rendirent chez
M. le Juge , où il y avoit deux tables de vingt couverts
, qui furent fervies abondamment & délicatement.
A la fuite du fouper , M. Bonnet , de fon propre
mouvement , donna un bal compofé des perfonnes
de l'un & l'autre fexe les plus diftinguées , qui dura
toute la nuit , auffi bien que les décharges de
moufqueterie que l'on répéta jufqu'au jour .
Cette fête s'eft paffée avec un ordre & une tranquillité
admirables . On eût pris tout le peuple pour
une feule famille uniquement animée du défir de
répondre aux fentimens de M. l'Abbé , & de témoigner
comme lui à fon Roi un attachement in
violable à tout ce qui l'intéreſſe,
au College Royal , Abbé , Seigneur de l'Abbaye
& Châtellenie de Blazimont , érigée en 721 pour
le fervice perfonnel des Ducs d'Aquitaine , & en
cette qualité premier Aumônier du Prince qui
vient de naître , a donné récemment des marques
'éclatantes de fon zele & de fon attachement refpectueux
à la Famille Royale. Il a ordonné à fon
Juge de Blazimont de faire chanter folennellement
un Te Deum en action de graces , pour
naiffance de Monfeigneur le Duc d'Aquitaine.
la
Le 27 Octobre dernier , la fête & les réjouiffan
ces furent annoncées à l'entrée de la nuit par le fon
des cloches. Le même jour M. Bonnet , Juge
de Blazimont , avoit fait publier que le lendemain
chaque habitant illuminât fa maiſon , & fît un feu
devant fa porte .
Le Dimanche 28 , fur les dix heures , Dom Du
puy, Religieux de la Communauté , prononça um
difcours devant une nombreuſe affemblée . Il s'étendit
beaucoup fur la miféricorde du Seigneur ,.
qui venoit d'accorder aux voux des François un
188 MERCURE DE FRANCE:
Prince dont la naiffance affuroit de plus en plus Is
Coutonne dans la Maifon Royale : il fit enfuite
féloge du Roi & de Monfeigneur le Dauphin .
"A deux heures après -midi , la Bourgeoifie qui
forme deux Compagnies d'environ so hommes
chacune , les Drapeaux déployés , le trouva fous
les armes dans la place : M. M. Augan , de Liffe
& Boutet , Capitaines , étoient à leur tête , ils parti
rent de là au bruit des tambours , fifres & autres
inftrumens , & marcherent vers l'Abbaye fur deux
colonnes , commandés par M. Thouneuf , Major ,
qui fit mettre en haye cette troupe , lorfque les
Religieux de l'Abbaye vinrent au devant des Juges ,
Officiers de Juftice & Jurats ; ces Magiftrars furent
introduits dans 1 Eglife par Dom Prieur .
Les Muficiens que le Juge avoit fait venir de
Bordeaux , chanterent en mufique les Vêpres & le,
Te Deum , qui furent précédés & fuivis de plufieurs
décharges de moufqueterie.
Les deux Compagnies , les Juges , Officiers ;
Jurats , & les Curés du voifinage qui y étoient in
vités , fe rendirent dans le même ordre au lieu où
étoit le feu de joie . M. Bonneau de Monfauzier ,
Seigneur de Madaillan , Capitaine dans le Régiment
de Bourbonnois ; & M. de Saint Maudé de
Donery , ancien Lieutenant de Cavalerie , Chevaliers
de S. Louis , qui avoient affifté au Te Deum ,
allumerent le feu avec M, M. les Juges & Jurars.
On fit couler des fontaines de vin & diftribuer
du pain & de la viande au peuple ; le foir toutes
les maifons furent illuminées.
La place dont les illuminations étoient ordonnées
avec goût,formoit un coup d'oeil des plus gra
cieux. L'on y avoit placé des infcriptions de vive
le Roi , la Famile Royale & Monfeigneur le Duc
Aquitaine.
JANVIER . 1754. 189
Après le feu tous les invités fe rendirent chez
M. le Juge , où il y avoit deux tables de vingt couverts
, qui furent fervies abondamment & délicatement.
A la fuite du fouper , M. Bonnet , de fon propre
mouvement , donna un bal compofé des perfonnes
de l'un & l'autre fexe les plus diftinguées , qui dura
toute la nuit , auffi bien que les décharges de
moufqueterie que l'on répéta jufqu'au jour .
Cette fête s'eft paffée avec un ordre & une tranquillité
admirables . On eût pris tout le peuple pour
une feule famille uniquement animée du défir de
répondre aux fentimens de M. l'Abbé , & de témoigner
comme lui à fon Roi un attachement in
violable à tout ce qui l'intéreſſe,
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5580
p. 192-194
« Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Début :
Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...]
Mots clefs :
Hosier, Charges
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Monsieur d'Hofier a
fait recevoir son neveu en
survivance des Charges de
Juge general des Armes &
des Blasons de France,&
de Genealogiste de France,
& des Ecuries de Sa Majesté.
Monsieur d'Hosier
qui a exercé dignement
ces Charges depuis cinquante
quante ans,avoit succedé
au celebre d'Hosier
,
son
pere, homme excellent qui
s'étoit rend u recomandable
en ce genre d'estude. Il
avoit une vasteconnoissance
de toutes les Races de
l'Europe,& unememoire.
qui tenoit du-prodige. Le
fameux d'A blancourt disoit
de ce rare homme
qu'il avoitassisté à , tous les
Contrats de Mariage & à
tous les Baptesmesdel'Univers,
parce qu'il connoissoit
toutes lesfamilles en détail
par Noms
)
Surnoms, Titres,
& Armoiries. Mrs
d'Hosier
, pere & fils,
ayant également travaillé
depuis cent ans à former le
fond d'un precieux Cabinet
qui contient tout ce qu'il
y a de plus sûr & de plus
curieux dans la discussion s
des Genealogies. La No- j
blesse de France doit jerter
# les yeux avecplaisir sur un
Neveu élevé en si bonne
école, & que son Oncle J,
acheve de former en luy •
inspirant l'honneur, l'exactitude,
& laprobité qui
luy ont attiré la confiance i
detoutle monde.
fait recevoir son neveu en
survivance des Charges de
Juge general des Armes &
des Blasons de France,&
de Genealogiste de France,
& des Ecuries de Sa Majesté.
Monsieur d'Hosier
qui a exercé dignement
ces Charges depuis cinquante
quante ans,avoit succedé
au celebre d'Hosier
,
son
pere, homme excellent qui
s'étoit rend u recomandable
en ce genre d'estude. Il
avoit une vasteconnoissance
de toutes les Races de
l'Europe,& unememoire.
qui tenoit du-prodige. Le
fameux d'A blancourt disoit
de ce rare homme
qu'il avoitassisté à , tous les
Contrats de Mariage & à
tous les Baptesmesdel'Univers,
parce qu'il connoissoit
toutes lesfamilles en détail
par Noms
)
Surnoms, Titres,
& Armoiries. Mrs
d'Hosier
, pere & fils,
ayant également travaillé
depuis cent ans à former le
fond d'un precieux Cabinet
qui contient tout ce qu'il
y a de plus sûr & de plus
curieux dans la discussion s
des Genealogies. La No- j
blesse de France doit jerter
# les yeux avecplaisir sur un
Neveu élevé en si bonne
école, & que son Oncle J,
acheve de former en luy •
inspirant l'honneur, l'exactitude,
& laprobité qui
luy ont attiré la confiance i
detoutle monde.
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Résumé : « Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Le texte décrit la succession de charges honorifiques au sein de la famille d'Hosier. Monsieur d'Hosier a exercé les fonctions de Juge général des Armes et des Blasons de France, de Généalogiste de France et des Écuries de Sa Majesté pendant cinquante ans. Il a succédé à son père, également nommé d'Hosier, reconnu pour son excellence et sa vaste connaissance des races de l'Europe ainsi que pour sa mémoire prodigieuse. Le célèbre d'Ablancourt avait loué le père d'Hosier, le qualifiant de connaisseur de toutes les familles de l'univers par leurs noms, surnoms, titres et armoiries. Les d'Hosier, père et fils, ont contribué à la création d'un cabinet précieux contenant des informations sûres et curieuses sur les généalogies. La noblesse de France peut se réjouir de voir le neveu de Monsieur d'Hosier, élevé dans cette tradition, être formé par son oncle aux valeurs d'honneur, d'exactitude et de probité, ce qui lui a valu la confiance de tous.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5581
p. 193-195
Discours froid & court que l'Auteur employe pour se dispenser de donner des nouvelles des autres parties de l'Europe, accompagné de promesses qu'il tiendra s'il peut. [titre d'après la table]
Début :
Les nouvelles d'Espagne ont esté si étenduës ce mois-ci [...]
Mots clefs :
Nouvelles d'Espagne, Mariages
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texteReconnaissance textuelle : Discours froid & court que l'Auteur employe pour se dispenser de donner des nouvelles des autres parties de l'Europe, accompagné de promesses qu'il tiendra s'il peut. [titre d'après la table]
Les nouvelles d'Eſpagne
Mars 1715 . R
194 MERCURE
ont eſté ſi étenduës ce moisci
, & il y a cu depuis peu un
fi grand changement dans ces
Royaumes , que les Memoires
que j'en ay receus ſuffiroient
pour remplir ce Volume ;
mais j'ay eu d'ailleurs tant de
choſes que je n'ay pû me diſpenſer
d'écrire, &ilm'en reſte
encore tant qui n'ont nulrapport
avec les nouvelles étrangeres
, que je prie les Lecteurs
de me permettre de les renvoyer
au Journal du moisprochain
, dans lequel ils en verront
la ſuite , avec un détail
Hiſtorique de la guerre du
GALANT. 195
Nord, & des entrepriſes des
Turcs . Revenons en attendant
aux articles qui ſont de
l'effence du Mercure : l'Hiſtoire
des Mariages en fait undes
plus beaux chapitres , & c'eſt
juſtement où nous en ſommes.
Mars 1715 . R
194 MERCURE
ont eſté ſi étenduës ce moisci
, & il y a cu depuis peu un
fi grand changement dans ces
Royaumes , que les Memoires
que j'en ay receus ſuffiroient
pour remplir ce Volume ;
mais j'ay eu d'ailleurs tant de
choſes que je n'ay pû me diſpenſer
d'écrire, &ilm'en reſte
encore tant qui n'ont nulrapport
avec les nouvelles étrangeres
, que je prie les Lecteurs
de me permettre de les renvoyer
au Journal du moisprochain
, dans lequel ils en verront
la ſuite , avec un détail
Hiſtorique de la guerre du
GALANT. 195
Nord, & des entrepriſes des
Turcs . Revenons en attendant
aux articles qui ſont de
l'effence du Mercure : l'Hiſtoire
des Mariages en fait undes
plus beaux chapitres , & c'eſt
juſtement où nous en ſommes.
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5582
p. 193-195
Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
Début :
La Maison de Polignac est une des plus illustres Maisons [...]
Mots clefs :
Maison de Polignac, Vicomte, Chevalier des Ordres du roi
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texteReconnaissance textuelle : Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
La Maifon de Polignac
eft une des plus illuftres
Maifons de l'Europe. Elle
avoit autrefois en fouverai
neté toutes les terres qu'elle poffede : elle jouit encore de l'honneur fingulier,
qu'aux affemblées des Etats
generaux le Vicomte de
Polignac ne cede le pas
qu'au feul Comte d'Alais ,
Juin 1712.
R
> > ki
R
194 MERCURE
& precede les vingt , deux
Barons qui compofent l'af
femblée de cette Province.
Unediſtinction fi finguliere
dans fa Province marque la
grandeur & la diftinction
de cette Maifon. Elle eſt alliée aux Maifons les plus illuftres du Royaume. Le feu
Vicomte de Polignac étoit
Chevalier des Ordres du
Roy, Gouverneur du Puys:
il fut undes Seigneurs à qui
le Roy fit donner 1 Ordre
Monfeigneur le Prince
de Conty dans la ville de
Pezenas. Il avoit épouſé N.
par
GALANT. 195
de Beauvoir du Roure, ffille
du Comte du Roure , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant general de la
Province de Languedoc ,
Gouverneur de la ville &
citadelle du Saint Eſprit.
eft une des plus illuftres
Maifons de l'Europe. Elle
avoit autrefois en fouverai
neté toutes les terres qu'elle poffede : elle jouit encore de l'honneur fingulier,
qu'aux affemblées des Etats
generaux le Vicomte de
Polignac ne cede le pas
qu'au feul Comte d'Alais ,
Juin 1712.
R
> > ki
R
194 MERCURE
& precede les vingt , deux
Barons qui compofent l'af
femblée de cette Province.
Unediſtinction fi finguliere
dans fa Province marque la
grandeur & la diftinction
de cette Maifon. Elle eſt alliée aux Maifons les plus illuftres du Royaume. Le feu
Vicomte de Polignac étoit
Chevalier des Ordres du
Roy, Gouverneur du Puys:
il fut undes Seigneurs à qui
le Roy fit donner 1 Ordre
Monfeigneur le Prince
de Conty dans la ville de
Pezenas. Il avoit épouſé N.
par
GALANT. 195
de Beauvoir du Roure, ffille
du Comte du Roure , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant general de la
Province de Languedoc ,
Gouverneur de la ville &
citadelle du Saint Eſprit.
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Résumé : Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
La Maison de Polignac est l'une des familles les plus prestigieuses d'Europe. Elle possédait autrefois en souveraineté toutes ses terres et jouit encore d'un honneur particulier lors des assemblées des États généraux, où le Vicomte de Polignac ne cède le pas qu'au Comte d'Alais. Elle précède également les vingt-deux Barons de l'assemblée de cette Province. La Maison de Polignac est alliée aux familles les plus illustres du Royaume. Le feu Vicomte de Polignac était Chevalier des Ordres du Roi et Gouverneur du Puy. Il reçut l'Ordre du Roi par Monseigneur le Prince de Conty à Pezenas. Il avait épousé N. de Beauvoir du Roure, fille du Comte du Roure, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant général de la Province de Languedoc et Gouverneur de la ville et citadelle du Saint Esprit.
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5583
p. 193-195
ENIGME.
Début :
Sans Corps & sans Couleur je raisonne sur tout, [...]
Mots clefs :
Fable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Sans Corps & ſans
Couleur je raisonne
fur tout ,
May 1714. R
194 MERCURE
Toûjours Misterieuse , ou
Simple oufigurée ;
Des animaux, des fleurs
dont la terre estparée ,
Les difcours par mon Art
ont fait un nouveau
:
goût.
Fayfait mille tableaux, où
j'aydepeint leshommes :
La nature a formé mes
traits & mes craiyons ,
Je luy dois les comparaifons
7
Qui nous peignent tels que
noussommes.
GALANT. 125
Mais en vain lesſçavans
qui travaillent fur
mays meling
Employent mon fecours
pour démasquer le
vice,
Chacun mefent,m'avoue,
&l'on a l'injustice
De nourrir les défauts
qu'on reconnoitroit enfoy.
Sans Corps & ſans
Couleur je raisonne
fur tout ,
May 1714. R
194 MERCURE
Toûjours Misterieuse , ou
Simple oufigurée ;
Des animaux, des fleurs
dont la terre estparée ,
Les difcours par mon Art
ont fait un nouveau
:
goût.
Fayfait mille tableaux, où
j'aydepeint leshommes :
La nature a formé mes
traits & mes craiyons ,
Je luy dois les comparaifons
7
Qui nous peignent tels que
noussommes.
GALANT. 125
Mais en vain lesſçavans
qui travaillent fur
mays meling
Employent mon fecours
pour démasquer le
vice,
Chacun mefent,m'avoue,
&l'on a l'injustice
De nourrir les défauts
qu'on reconnoitroit enfoy.
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5584
p. 1039-1042
Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Début :
Le 21. Avril, & les trois jours suivans, les Capucins de la rüe S. Honoré celebrerent avec [...]
Mots clefs :
Capucins, Messe, Église, Évêques, Vêpres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Le 21. Avril , & les trois jours fuivans ,
Capucins de la rue S. Honoré celebrerent avec
beaucoup de folemnité la Beatification du Pere
Fidel de Simarinque , Capucin , Préfet & premier
Martyr de la Miffion ' Apoftolique , établie chez
les Grifons par la Sacrée Congrégation , chargée
de travailler à la propagation de la Foi.
Ces Peres avoient fait élever dans la Cour de
leur Eglife une Galerie ornée de Pilaftres peints
en Marbre , dont les Chapiteaux & les Piedeftaux
étoient peints en or , ce qui formoit une espece
de Colonade ; entre ces Pilaftres , fous des Arcades
ornées de Feftons & de Guirlandes , on avoit
placé des Caiffes de fleurs & d'autres ornemens
& les murs étoient revêtus de très-riches Tapifferies.
"
Au- devant du Porche de l'Eglife , étoit élevé
un Portique peint en Marbre , aufli -bien que les
Colomnes qui le foutenoient , & dans un Cartouche
au-deffus de la grande entrée étoient écri-
I ij
tes
1040 MERCURE DE FRANCE
tes ces paroles tirées du Livre des Proverbes ,
Vir Fidelis multùm laudabitur.
Au même Porche, du côté de la ruë, deux Piramides
étoient élevées fur des Piedeſtaux & furmontées
de Vafes , ce qui formoit une entrée, audeffus
de laquelle étoient écrites ces paroles de
PEcclefiaftique : Sic celebrabitur Fidelis in confpectu
Dei.
Aux deux côtez de la Porte de l'Eglife , étoient
placées fur leurs Piedeftaux , deux Figures grandes
comme le naturel , qui repréfentoient la Foi
& la Charité , le tout orné de très - belles Tapifferies
; on avoit placé au- deffus de la Porte exterieure
de l'Eglife , les Armes du feu Pape Benoît
XIII. celles du Roi & de l'Archevêque de
Paris.
Toute l'Eglife depuis la Corniche jufqu'au
Lambris , étoit ornée de Tapifleries de la Ĉouronne
, au bas defquelles regnoit une espece de
Gradin chargé de Camayeux , qui repréſentoient
les principaux Miracles du Saint , accompagné
de chaque côté de Pots de fleurs. Entre ces Camayeux
étoient des Piramides peintes en or , furmontées
de Girandoles . On avoit écrit au bas des
Piramides differens Paffages de l'Ecriture , convenables
au fujet .
Les Fenêtres de l'Eglife étoient fermées par des
grands rideaux de Damas cramoifi , galonnez
d'or ; la Voute étoit ornée de Feftons & de Guirlandes
, d'où fortoient de gros cordons de foye
pour foutenir quantité de Luftres garnis de bougies.
Le devant de la Tribune deftinée pour la
Mufique , étoit auffi couvert d'une pareille étoffe
de Damas galonné d'or , de même que la Chaire
du Prédicateur. On avoit placé au- deffus de la
Tribune , un grand Camayeu réprefentant le
Bienheureux Fidel martyrifé par les Heretiques,
Le
MAY. 1730. 1041
Le Pavé du Sanctuaire & une partie de la Nef
qui fervoit de Choeur , étoit couvert de quantité
de très-beaux Tapis. On avoit élevé à une petite
diftance de l'Autel , un Trône pour les Evêques
qui ont officié pontificalement , on avoit placé
au -deffous un Fauteuil , & un Prie-Dieu , couvert
d'un Tapis de Velours cramoifi , furmonté d'un
Dais brodé en or & en argent."
Le premier jour de la Fête , les Capucins commencerent
leur Proceffion à une heure après midi,
ils étoient precedez de plufieurs jeunes garçons
vétus en Chevaliers Romains , fous leur Guidon ,
portant les Inftrumens du Martyre du Bienheureux
Fidel , & d'une quantité d'Enfans vétus trèsproprement
en Anges , qui portoient des Banderoles.
Ces Peres , au nombre de plus de cent , allerent
proceffionellement prendre les Cordeliers
du Grand Convent qui vinrent avec eux chanter
les premieres Vêpres ; cette Communauté fut faluée
en arrivant d'une décharge de quantité de
Boëtes, & au fon de Trompettes & Timbales , &
reçue à la porte de l'Eglife par quatre Peres Capucins,
dont deux étoient revétus d'Aubes, & pre-
Tentoient de l'Eau - Benite aux Religieux qui entroient
, & les deux autres , en furplis , les encenfoient.
La même ceremonie a été obfervée à l'entrée
& à la fortie de toutes les Communautez
qui font venues aux Capucins, pour y chanter la
Meffe ou les Vêpres.
Le 22. M. Robinet , Official & Vicaire General
de M. l'Archevêque de Paris , fe rendit dans l'Egfife
des Capucins , où il fit la lecture de la Bulle
de la Beatification du Pere Fidel , après laquelle
le Te Deum fut chanté au bruit d'un grand nombre
de Boetes qu'on tira dans le Jardin de ces
Peres.
Le même jour les Capucins allerent procef-
I iij hionnd1042
MERCURE DE FRANCE
fionellement prendre les Religieux Feüillans qui
vinrent chanter la grande Meffe dans leur Eglife..
L'aprés midi , les Jacobins de la rue S. Honoré
y vinrent chanter les Vêpres ; le Panégyrique du
Saint fut prononcé par le P. Dom Jerôme , le Salut
fut chanté enfuite en Mufique , auquel officia
l'Evêque de Quebec.
ac-
Le 23. le Clergé de la Paroiffe de S. Roch ,
compagné des Capucins , vint chanter la grande
Meffe dans leur Eglife,& l'après midi les Feuillans
y chanterent les Vêpres ; le Panegyrique du Saint
fut prononcé par le Pere de la Cofte, Cordelier , l'Evêque
de Laon officia au Salut qui fut chanté après.
Le 24. le Clergé de S. Germain de Lauxerrois
accompagné des Capucins , vint celebrer la
Meffe qui fut chantée par la Mufique du Chapitre
, & l'après midi les Récollets y chanterent les
Vêpres, l'Abbé Billard prononça le Panegyrique .
du Saint , l'Evêque de Cifteron officia au Salut &
an Te Deum qui fut chanté enfuite , à la fin duquei
la Bannière du Saint fut élevée au plus haut
de la voute de l'Eglife , au fon des Trompettes
des Timballes & de la Simphonie. La Fête fut
terminée le foir du même jour par une très - belle
Illumination de la Maifon des Capucins , des
Gours & du Jardin , dans lequel on tira un Feu
d'artifice, qui fut executé avec beaucoup de fuccès.
Capucins de la rue S. Honoré celebrerent avec
beaucoup de folemnité la Beatification du Pere
Fidel de Simarinque , Capucin , Préfet & premier
Martyr de la Miffion ' Apoftolique , établie chez
les Grifons par la Sacrée Congrégation , chargée
de travailler à la propagation de la Foi.
Ces Peres avoient fait élever dans la Cour de
leur Eglife une Galerie ornée de Pilaftres peints
en Marbre , dont les Chapiteaux & les Piedeftaux
étoient peints en or , ce qui formoit une espece
de Colonade ; entre ces Pilaftres , fous des Arcades
ornées de Feftons & de Guirlandes , on avoit
placé des Caiffes de fleurs & d'autres ornemens
& les murs étoient revêtus de très-riches Tapifferies.
"
Au- devant du Porche de l'Eglife , étoit élevé
un Portique peint en Marbre , aufli -bien que les
Colomnes qui le foutenoient , & dans un Cartouche
au-deffus de la grande entrée étoient écri-
I ij
tes
1040 MERCURE DE FRANCE
tes ces paroles tirées du Livre des Proverbes ,
Vir Fidelis multùm laudabitur.
Au même Porche, du côté de la ruë, deux Piramides
étoient élevées fur des Piedeſtaux & furmontées
de Vafes , ce qui formoit une entrée, audeffus
de laquelle étoient écrites ces paroles de
PEcclefiaftique : Sic celebrabitur Fidelis in confpectu
Dei.
Aux deux côtez de la Porte de l'Eglife , étoient
placées fur leurs Piedeftaux , deux Figures grandes
comme le naturel , qui repréfentoient la Foi
& la Charité , le tout orné de très - belles Tapifferies
; on avoit placé au- deffus de la Porte exterieure
de l'Eglife , les Armes du feu Pape Benoît
XIII. celles du Roi & de l'Archevêque de
Paris.
Toute l'Eglife depuis la Corniche jufqu'au
Lambris , étoit ornée de Tapifleries de la Ĉouronne
, au bas defquelles regnoit une espece de
Gradin chargé de Camayeux , qui repréſentoient
les principaux Miracles du Saint , accompagné
de chaque côté de Pots de fleurs. Entre ces Camayeux
étoient des Piramides peintes en or , furmontées
de Girandoles . On avoit écrit au bas des
Piramides differens Paffages de l'Ecriture , convenables
au fujet .
Les Fenêtres de l'Eglife étoient fermées par des
grands rideaux de Damas cramoifi , galonnez
d'or ; la Voute étoit ornée de Feftons & de Guirlandes
, d'où fortoient de gros cordons de foye
pour foutenir quantité de Luftres garnis de bougies.
Le devant de la Tribune deftinée pour la
Mufique , étoit auffi couvert d'une pareille étoffe
de Damas galonné d'or , de même que la Chaire
du Prédicateur. On avoit placé au- deffus de la
Tribune , un grand Camayeu réprefentant le
Bienheureux Fidel martyrifé par les Heretiques,
Le
MAY. 1730. 1041
Le Pavé du Sanctuaire & une partie de la Nef
qui fervoit de Choeur , étoit couvert de quantité
de très-beaux Tapis. On avoit élevé à une petite
diftance de l'Autel , un Trône pour les Evêques
qui ont officié pontificalement , on avoit placé
au -deffous un Fauteuil , & un Prie-Dieu , couvert
d'un Tapis de Velours cramoifi , furmonté d'un
Dais brodé en or & en argent."
Le premier jour de la Fête , les Capucins commencerent
leur Proceffion à une heure après midi,
ils étoient precedez de plufieurs jeunes garçons
vétus en Chevaliers Romains , fous leur Guidon ,
portant les Inftrumens du Martyre du Bienheureux
Fidel , & d'une quantité d'Enfans vétus trèsproprement
en Anges , qui portoient des Banderoles.
Ces Peres , au nombre de plus de cent , allerent
proceffionellement prendre les Cordeliers
du Grand Convent qui vinrent avec eux chanter
les premieres Vêpres ; cette Communauté fut faluée
en arrivant d'une décharge de quantité de
Boëtes, & au fon de Trompettes & Timbales , &
reçue à la porte de l'Eglife par quatre Peres Capucins,
dont deux étoient revétus d'Aubes, & pre-
Tentoient de l'Eau - Benite aux Religieux qui entroient
, & les deux autres , en furplis , les encenfoient.
La même ceremonie a été obfervée à l'entrée
& à la fortie de toutes les Communautez
qui font venues aux Capucins, pour y chanter la
Meffe ou les Vêpres.
Le 22. M. Robinet , Official & Vicaire General
de M. l'Archevêque de Paris , fe rendit dans l'Egfife
des Capucins , où il fit la lecture de la Bulle
de la Beatification du Pere Fidel , après laquelle
le Te Deum fut chanté au bruit d'un grand nombre
de Boetes qu'on tira dans le Jardin de ces
Peres.
Le même jour les Capucins allerent procef-
I iij hionnd1042
MERCURE DE FRANCE
fionellement prendre les Religieux Feüillans qui
vinrent chanter la grande Meffe dans leur Eglife..
L'aprés midi , les Jacobins de la rue S. Honoré
y vinrent chanter les Vêpres ; le Panégyrique du
Saint fut prononcé par le P. Dom Jerôme , le Salut
fut chanté enfuite en Mufique , auquel officia
l'Evêque de Quebec.
ac-
Le 23. le Clergé de la Paroiffe de S. Roch ,
compagné des Capucins , vint chanter la grande
Meffe dans leur Eglife,& l'après midi les Feuillans
y chanterent les Vêpres ; le Panegyrique du Saint
fut prononcé par le Pere de la Cofte, Cordelier , l'Evêque
de Laon officia au Salut qui fut chanté après.
Le 24. le Clergé de S. Germain de Lauxerrois
accompagné des Capucins , vint celebrer la
Meffe qui fut chantée par la Mufique du Chapitre
, & l'après midi les Récollets y chanterent les
Vêpres, l'Abbé Billard prononça le Panegyrique .
du Saint , l'Evêque de Cifteron officia au Salut &
an Te Deum qui fut chanté enfuite , à la fin duquei
la Bannière du Saint fut élevée au plus haut
de la voute de l'Eglife , au fon des Trompettes
des Timballes & de la Simphonie. La Fête fut
terminée le foir du même jour par une très - belle
Illumination de la Maifon des Capucins , des
Gours & du Jardin , dans lequel on tira un Feu
d'artifice, qui fut executé avec beaucoup de fuccès.
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Résumé : Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Du 21 avril au 24 avril, les Capucins de la rue Saint-Honoré célébrèrent la béatification du Père Fidèle de Sigmaringen, premier martyr de la Mission Apostolique chez les Grisons. Pour cette occasion, une galerie ornée de pilastres peints en marbre et dorés fut érigée dans la cour de leur église. Des arcades décorées de festons et de guirlandes, des caisses de fleurs, et des tapisseries richement ornées couvraient les murs. Au-dessus du porche, une inscription tirée des Proverbes, 'Vir Fidelis multùm laudabitur', était affichée. Deux pyramides surmontées de vases flanquaient l'entrée, avec l'inscription 'Sic celebrabitur Fidelis in conspectu Dei'. À l'intérieur, des figures représentant la Foi et la Charité étaient placées de chaque côté de la porte, accompagnées des armes du pape Benoît XIII, du roi et de l'archevêque de Paris. L'église était décorée de tapisseries de la couronne, de camées représentant les miracles du saint, et de pyramides dorées surmontées de girandoles. Les fenêtres étaient fermées par des rideaux de damas cramoisi galonné d'or, et la voûte était ornée de festons et de guirlandes. Les célébrations commencèrent par une procession des Capucins, précédés de jeunes garçons vêtus en chevaliers romains et d'enfants habillés en anges. Les premiers vêpres furent chantés par les Cordeliers du Grand Convent, accueillis par des salves de boîtes à feu et des trompettes. Le 22 avril, M. Robinet, vicaire général de l'archevêque de Paris, lut la bulle de béatification, suivie du Te Deum. Les jours suivants, diverses communautés religieuses, dont les Feuillans, les Jacobins, et les Récollets, se succédèrent pour chanter la messe et les vêpres, et prononcer des panégyriques. La fête se conclut par une illumination et un feu d'artifice dans le jardin des Capucins.
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5585
p. 192-195
ENIGME burlesque.
Début :
Tout ainsi qu'un Regent explique [...]
Mots clefs :
Selle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME burlesque.
ENIGME
burlesque..
Tout ainsî qu'unRegent
explique
Quelemotdecannes'applique
uiubâtonfotuten du vieil.',
lard,
Comme à iponfe, du ca- nards
AïnsiCauteur de cette Erimtie
Quine,fiaitpoint derime
me en igme,
Faitparler sous un mot
plusieursindividus.
Si pareilsmots sont dl..
fendu?,
Et mêmeen Enigmecomique, Jeprens,pourm'excuser
licence énigmatique.
Jesuisfaitepour le reposé Jefatigue à la longueEcoliers & Héros ;
L'on me brode & ionme
rabotte; ,
Sansmoy le joli Savenir
Aurait moins de constance la motte,
-
Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
- fais de -longs voyages
J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
.cF
..1.,..
v
fteJs. vivante-guja >nsu
kmortc
JMefaitrepoferoutracer;
J'embrjfJe c?!mqui me
a.r>v
Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
sçaitbienm*embraser*-
burlesque..
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Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
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J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
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J'embrjfJe c?!mqui me
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Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
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5586
p. 179-182
LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
Début :
Cabinet. L'Archevêque de Tolede. Le Grand Inquisiteur. Le President [...]
Mots clefs :
Espagne, Grimaldo, Philippe V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
LEST E
&es personnes nommées pwr le Gouverne-'
ment de l'Etat t par le Roi Catholique
avant son abdication & de celles que
Sa Majesté a honorées de l'Ordre de 1*
Toison*
Cabinet.
T ' 'Archevêque de Tolede.
Jt^j Le Grand Inquisiteur. . , .
Le President de Castille-
Le M » de Valero. V_ ,
Le M ir.de Lede. $ Grands ^fPW
Le Comte de Sant. lsievan , Plenipoten
tiaire à Cambray.
Don Miguel Franciíco Guerra.
President du Coríseil des Ordres.
Le Comte de Sant.Istevan, Plenipoteni
, tiaire à Cambray .
tïo' MERCURE DÉ FRANCE:
President dit Cónseil des Indes.
Le Marquis dtf Valero.'
President du Conseil de la Guerre.
íff Marquis d'Aitona, Grand d'Espagne*
Secrctairies d'Etat.
Celle dite del Dejpatbo de Estade , dit
Marquis de Grimaldo, à Don Juan.
Celle d'Éstat de Mr; le Marquis de Gri
maldo, à Don Juán Bâutiíta Orendain
íôn Commis'.
Celle des Indes & de la Marine , à Don
Antonio Sopéna, Commis dud. Minií
tre.
Éa Compagnie des fïallebardiers.'
Aw Prince MaíTerah , Grand d'Espagne, r
Chevaliers de la Toison.'
LeDucPriego deMedina.Celi .->
Le Duc del Arco.
Le Marquis de Santa Cruz.
Le ComtedeSant-Istevande
Gormas. j
Le Marquis de Grimaldoi .
Le Marquis d« Valouze.
Lé Duc de la Mirandole. T Grands
Le Duc de Medina Sidânia. $ d? Espagne.
Le Marquis Scotti.
Doa
G.ands
d'E/pagni
f 1 1 Jt 1724. ï8r.
Pon Antonio Arduino, Sicilien.
M. l'Abbé de Grimaldo, Grand Chance
lier de l'Ordre, exerçant pour son Ne
veu.
Gouverneur de C Infant D»n Philippe.
Le Marquis del Surco.
Soui-GoMverneur de ? Infant Don Philippe
M. de Conok, Exempt des Gardes.
Le Rojr Philippe rçste au Palais de St.
lldephqnsc , avec la .Reine. Sa Majesté
s'est reservé cent m.ille pistoles de pen_-
iìçn , à prendre iur tes .revenus de la Fer
me du Tabac, & sun million de piastres,
pour achever çe qui reste d'ouvrages à
faire à St. Ildefoníe. Elle a aussi assigné à
.chacun des Infants & Infante, vingt.cinq
mille.pistoles de pension. Leurs Majestez
Catholiques ne gardent pour leur service
qu'environ soixante personnes des deux
sexes , dont les principales font .:
Le Marquis de Grimaldo, comme Sur-
Intendant.
Le Marquis de Valouse , comme Chef
des Ecuries.
Le Revérend Pere Bermudez , Cpr>-
feffeur du Roy.
Don Domingo Guerra , Confesseur de
la Reine. Le
lù MERCURE DE FRANCE. «
Le Docteur Servi ., qui étoit Premieí
Medecin de la Reine.
M. le Gendre , Premier Chirurgien^
M. Ricçeur , -Premier Apoticaire.
M. Lacombe , Valet de Chambre.
M. Valois , Hem.
M. Vauvel , Tapissier.
„- ;M. Benoît , Chef de la Bouçhe.
Dams,
Madame la Princesse de Robecq»^£
Madame la Comtesse de Solre , pour fai^
te compagnie à la Reine.
Madame la Marquise de Las Nieves..
La Nourrice de la 'Reine.
Quatre Femmes de Chambre.
Le Roi d'Espagne a paru fort sensible k
l'empressement avec lequel les .Grands
^Officiers , & plusieurs Seigneurs lui
. avoient demandé la grace de rester auprès
de lui ; mais , malgré leurs instances , Sa
Majesté n'a retenu auprès de fa personne
. que ceux dont on vient de lire la liste.
Le Roi a voulu en même temps procurer
quelque soulagement à ses Peuples , en
ordonnant la diminution de quelques-
Mmes des impositions qu'on le voií fur eux,
&es personnes nommées pwr le Gouverne-'
ment de l'Etat t par le Roi Catholique
avant son abdication & de celles que
Sa Majesté a honorées de l'Ordre de 1*
Toison*
Cabinet.
T ' 'Archevêque de Tolede.
Jt^j Le Grand Inquisiteur. . , .
Le President de Castille-
Le M » de Valero. V_ ,
Le M ir.de Lede. $ Grands ^fPW
Le Comte de Sant. lsievan , Plenipoten
tiaire à Cambray.
Don Miguel Franciíco Guerra.
President du Coríseil des Ordres.
Le Comte de Sant.Istevan, Plenipoteni
, tiaire à Cambray .
tïo' MERCURE DÉ FRANCE:
President dit Cónseil des Indes.
Le Marquis dtf Valero.'
President du Conseil de la Guerre.
íff Marquis d'Aitona, Grand d'Espagne*
Secrctairies d'Etat.
Celle dite del Dejpatbo de Estade , dit
Marquis de Grimaldo, à Don Juan.
Celle d'Éstat de Mr; le Marquis de Gri
maldo, à Don Juán Bâutiíta Orendain
íôn Commis'.
Celle des Indes & de la Marine , à Don
Antonio Sopéna, Commis dud. Minií
tre.
Éa Compagnie des fïallebardiers.'
Aw Prince MaíTerah , Grand d'Espagne, r
Chevaliers de la Toison.'
LeDucPriego deMedina.Celi .->
Le Duc del Arco.
Le Marquis de Santa Cruz.
Le ComtedeSant-Istevande
Gormas. j
Le Marquis de Grimaldoi .
Le Marquis d« Valouze.
Lé Duc de la Mirandole. T Grands
Le Duc de Medina Sidânia. $ d? Espagne.
Le Marquis Scotti.
Doa
G.ands
d'E/pagni
f 1 1 Jt 1724. ï8r.
Pon Antonio Arduino, Sicilien.
M. l'Abbé de Grimaldo, Grand Chance
lier de l'Ordre, exerçant pour son Ne
veu.
Gouverneur de C Infant D»n Philippe.
Le Marquis del Surco.
Soui-GoMverneur de ? Infant Don Philippe
M. de Conok, Exempt des Gardes.
Le Rojr Philippe rçste au Palais de St.
lldephqnsc , avec la .Reine. Sa Majesté
s'est reservé cent m.ille pistoles de pen_-
iìçn , à prendre iur tes .revenus de la Fer
me du Tabac, & sun million de piastres,
pour achever çe qui reste d'ouvrages à
faire à St. Ildefoníe. Elle a aussi assigné à
.chacun des Infants & Infante, vingt.cinq
mille.pistoles de pension. Leurs Majestez
Catholiques ne gardent pour leur service
qu'environ soixante personnes des deux
sexes , dont les principales font .:
Le Marquis de Grimaldo, comme Sur-
Intendant.
Le Marquis de Valouse , comme Chef
des Ecuries.
Le Revérend Pere Bermudez , Cpr>-
feffeur du Roy.
Don Domingo Guerra , Confesseur de
la Reine. Le
lù MERCURE DE FRANCE. «
Le Docteur Servi ., qui étoit Premieí
Medecin de la Reine.
M. le Gendre , Premier Chirurgien^
M. Ricçeur , -Premier Apoticaire.
M. Lacombe , Valet de Chambre.
M. Valois , Hem.
M. Vauvel , Tapissier.
„- ;M. Benoît , Chef de la Bouçhe.
Dams,
Madame la Princesse de Robecq»^£
Madame la Comtesse de Solre , pour fai^
te compagnie à la Reine.
Madame la Marquise de Las Nieves..
La Nourrice de la 'Reine.
Quatre Femmes de Chambre.
Le Roi d'Espagne a paru fort sensible k
l'empressement avec lequel les .Grands
^Officiers , & plusieurs Seigneurs lui
. avoient demandé la grace de rester auprès
de lui ; mais , malgré leurs instances , Sa
Majesté n'a retenu auprès de fa personne
. que ceux dont on vient de lire la liste.
Le Roi a voulu en même temps procurer
quelque soulagement à ses Peuples , en
ordonnant la diminution de quelques-
Mmes des impositions qu'on le voií fur eux,
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Résumé : LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
Le texte énumère des personnalités nommées par le gouvernement de l'État et le Roi Catholique avant son abdication, ainsi que celles décorées de l'Ordre de la Toison d'Or. Ces personnes incluent des dignitaires religieux et civils tels que l'Archevêque de Tolède, le Grand Inquisiteur, le Président de Castille, et divers marquis, comtes et ducs. Le Roi Philippe réside au Palais de Saint-Ildefonse avec la Reine. Il s'est attribué une pension de cent mille pistoles et un million de piastres pour terminer les travaux du palais. Il a également alloué une pension de vingt-cinq mille pistoles à chacun des Infants et Infantes. Le Roi et la Reine conservent environ soixante personnes à leur service, incluant des surintendants, chefs des écuries, confesseurs, médecins et femmes de chambre. Le Roi a refusé les demandes de nombreux Grands Officiers et seigneurs de rester à son service, ne retenant que ceux mentionnés dans la liste. Il a aussi ordonné la réduction de certaines impositions pour soulager ses sujets.
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5587
p. 193-196
Errata au milieu du Livre, ou plustost Etourderie de l'Auteur reparée si bien que mal, par un Renvoy. [titre d'après la table]
Début :
En voicy la preuve. De fort honnestes gens me reprocherent [...]
Mots clefs :
Comédie, Anciens et Modernes, Fautes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata au milieu du Livre, ou plustost Etourderie de l'Auteur reparée si bien que mal, par un Renvoy. [titre d'après la table]
En voicy la preuve.
De fort honneſtes gens me
reprocherent il y a quelques
jours d'avoir promis au Public
un examen , ou au moins un
diſcours leger ſur toutes les
pieces de Theâtre qu'on repre
ſente à Paris ,& den'avoir pas
dit un mot de la Comedie du
Médiſant. Je convins de cette
faute avec eux ; mais en même
tems je leur avoüai franchement
, que je n'avois negligé
d'en parler , que parce que la
querelle des Anciens & des
Modernes s'emparoit tous les
mois de mon Livre.
Juin 1715 . R
1944 MERCURE
Apropos deComedie , j'ay
fait , & je ne ſçais comment ,
une omiffion dans la Lettre
que M. l'Abbé de Pons écrit à
M. Dufresny , & je crois ne
pouvoir mieux la reparer
qu'en vous priant de retourner .
àla page 105. &de lire aprés le
mot qui vous obſede ... je
fuis fort trompé , ſi vous n'avez
ungarant de ce triomphe ,
jerappelle l'impreſſion queme
fit il y a quelques mois la lecturede
vostre Procés de Famille.
C'eſt une piece de cinq Actes
fur laquelle je fonde de grandes
esperances.prot
GALANT. 195.
t
Je ne faiscomme vous voyez,
• Madame , nulle difficulté d'avoüer
mes fautes , & je vous
afleure que je n'en remarquer
ray pas uunnee ,, qquu''aauufſſfii - tolt je
n'eſſaye de m'en corriger , de
quelque date , & de quelque
confequence qu'elle puiſſe être.
En voicy par exemple encore
une nouvelle.
L'article du mois paſſé ſur
la mort ,& prétenduë Genealogie
de feu M. le Préſident
Larcher n'eſt point juſte , & il
y a quantité de fautes qui ſe
peuvent corriger fur la connoiſſance
que l'on a de la vraye
Rij
196 MERCURE
qui a eſté affez certifiée en
plufieurs endroits .
De fort honneſtes gens me
reprocherent il y a quelques
jours d'avoir promis au Public
un examen , ou au moins un
diſcours leger ſur toutes les
pieces de Theâtre qu'on repre
ſente à Paris ,& den'avoir pas
dit un mot de la Comedie du
Médiſant. Je convins de cette
faute avec eux ; mais en même
tems je leur avoüai franchement
, que je n'avois negligé
d'en parler , que parce que la
querelle des Anciens & des
Modernes s'emparoit tous les
mois de mon Livre.
Juin 1715 . R
1944 MERCURE
Apropos deComedie , j'ay
fait , & je ne ſçais comment ,
une omiffion dans la Lettre
que M. l'Abbé de Pons écrit à
M. Dufresny , & je crois ne
pouvoir mieux la reparer
qu'en vous priant de retourner .
àla page 105. &de lire aprés le
mot qui vous obſede ... je
fuis fort trompé , ſi vous n'avez
ungarant de ce triomphe ,
jerappelle l'impreſſion queme
fit il y a quelques mois la lecturede
vostre Procés de Famille.
C'eſt une piece de cinq Actes
fur laquelle je fonde de grandes
esperances.prot
GALANT. 195.
t
Je ne faiscomme vous voyez,
• Madame , nulle difficulté d'avoüer
mes fautes , & je vous
afleure que je n'en remarquer
ray pas uunnee ,, qquu''aauufſſfii - tolt je
n'eſſaye de m'en corriger , de
quelque date , & de quelque
confequence qu'elle puiſſe être.
En voicy par exemple encore
une nouvelle.
L'article du mois paſſé ſur
la mort ,& prétenduë Genealogie
de feu M. le Préſident
Larcher n'eſt point juſte , & il
y a quantité de fautes qui ſe
peuvent corriger fur la connoiſſance
que l'on a de la vraye
Rij
196 MERCURE
qui a eſté affez certifiée en
plufieurs endroits .
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5588
p. 169-173
« Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Début :
Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Château, Reine, Marquis, Chevaliers, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.;
L
E premier Janvier les Princes et
Princesses du Sang et les Seigneurs
et Dames de la Cour , curent l'honneur
de complimenter le Roy et la Reine sur
la nouvelle année.
170 MERCURE DE FRANCE
,
Le même jour le Roy accompagné du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty du
Duc du Maine , du Prince de Dombes
du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse,
et des Chevaliers Commandeurs et Officiers
des ordres qui s'étoient assemblez
dans le Cabinet de S. M. se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles . Le
Roy devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. Le Roy
entendit la Gran P'Messe chantée par la
Musique à laquelle l'Archevêque de
Vienne , Prélat Commandeur de l'Ordre
officia pontificalement. Après la Messe
$. M. fut reconduite dans son Appartement
avec les Cérémonies accoutumées.
,
Le 2 le Roy accompagné comme le
jour précédent , se rendit à la Chipelle
vers les onze heures : S. M. étoit en
Habit violet er en Manteau court ,
la
Collier de l'Ordre par - dessus, et les Chevaliers
en Habits noirs et Manteau court,
le Roy assista à la Grand'Messe qui fut
célébrée par le même Prélat , pour le repos
des Ames des Chevaliers et Commandeurs
de l'Ordre, morts depuis le Service
solemJANVIER
1734 171
solemnel fait pour le même sujet le 5 Juin
1724, Ce Service ordonné par les Statuts
de l'Ordre , et qui depuis quelque tems
n'avoit été célébré , le sera dans la
pas
suite tous les ans le 2 Janvier où le lendemain
de la Fête de la Purification .
Le 3 la Reine communia par les mains
du Cardinal de Fleury son Grand Aumonier.
Le 3 de ce mois les Députez des Etats
de Bretagne curent audiance publique du
Roy , étant présentez par le Comte de
Toulouze , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Sécretaire
d'Etat , et conduits par le Grand
Maître et par le Maître des Cérémonies.
Ils eurent le même jour audiance de la
Reine , de Monseigneur le Dauphin er
de Mesdames de France. La Députation
étoit composée pour le Clergé de l'Evêque
de Tréguier qui porta la parole , du
Sr Baillon Sénéchal de la Ville de Rennes
pour le Tiers - Etar et du Comte de
Coëtlogon , Syndic de la Province. Le
Député pour la Noblesse étoit le Marquis
de Lannion , Maréchal de Camp , qui ne
s'eft point trouvé à l'audiance de S. M.
parce qu'il est actuellement employê à
l'Armée d'Italie.
172 MERCURE DE FRANCE
Le Roy a accordé au Comte de Tous
louze , Amiral de France , la Survivance
de cette Charge pour le Duc de Penthiévre
son fils , qui prêta serment le 4. entre
les mains de S. M.
Le Marquis de Villars qui étoit parti
e Milan le 30. Décembre après midi,
arriva àVersailles le 4. de ce mois au soir,
et apporta au Roy la nouvelle de la prise
du Château de Milan .
Le 14 après midi , le Roy reçut par le
Marquis de Firmarcon que le Maréchal
de Villars a dépêché à S. M. la nouvelle
de la prise de Novarre et du Fort
d'Arrona.
La Duchesse d'Alincourt ayant demandé
à S. M. la permission de remettre sa
place de Dame du Palais de la Réine
le Roy a nommé pour la remplacer la
Duchesse de Bouflers.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , servant
actuellement en son Armée d'Italie,
et Gouverneur de la Ville , Château et
Principauté de Sédan , a obtenu l'agrément
du Roy de se démettre de la Charge
JANVIER. 1734 175
ge
de Colonel Generai des Dragons , en
faveur de Jean Antoine-François de Franqu
tot , Comte de Coigry , son fils , né
le 27 Septembre 1702. Grand Bailli et
Gouverneur de la Ville et Château de
Caën Le Marquis de Coigny avoit été
pourvû de cette Charge de Colonel General
le 7 Décembre 1704 .
Le Régiment de Cavalerie vacant par
la mort du Marquis d'Urfé , a été donné
à François Bernardin du Chastelet, Marquis
d'Aubigny , Comte de Clémont ,
connu sous le nom de Marquis du Chastelet
, Brigadier des Armées du Roy , du
premier Février 1719 , et Gouverneur du
Château de Vincennes.
L
E premier Janvier les Princes et
Princesses du Sang et les Seigneurs
et Dames de la Cour , curent l'honneur
de complimenter le Roy et la Reine sur
la nouvelle année.
170 MERCURE DE FRANCE
,
Le même jour le Roy accompagné du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty du
Duc du Maine , du Prince de Dombes
du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse,
et des Chevaliers Commandeurs et Officiers
des ordres qui s'étoient assemblez
dans le Cabinet de S. M. se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles . Le
Roy devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. Le Roy
entendit la Gran P'Messe chantée par la
Musique à laquelle l'Archevêque de
Vienne , Prélat Commandeur de l'Ordre
officia pontificalement. Après la Messe
$. M. fut reconduite dans son Appartement
avec les Cérémonies accoutumées.
,
Le 2 le Roy accompagné comme le
jour précédent , se rendit à la Chipelle
vers les onze heures : S. M. étoit en
Habit violet er en Manteau court ,
la
Collier de l'Ordre par - dessus, et les Chevaliers
en Habits noirs et Manteau court,
le Roy assista à la Grand'Messe qui fut
célébrée par le même Prélat , pour le repos
des Ames des Chevaliers et Commandeurs
de l'Ordre, morts depuis le Service
solemJANVIER
1734 171
solemnel fait pour le même sujet le 5 Juin
1724, Ce Service ordonné par les Statuts
de l'Ordre , et qui depuis quelque tems
n'avoit été célébré , le sera dans la
pas
suite tous les ans le 2 Janvier où le lendemain
de la Fête de la Purification .
Le 3 la Reine communia par les mains
du Cardinal de Fleury son Grand Aumonier.
Le 3 de ce mois les Députez des Etats
de Bretagne curent audiance publique du
Roy , étant présentez par le Comte de
Toulouze , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Sécretaire
d'Etat , et conduits par le Grand
Maître et par le Maître des Cérémonies.
Ils eurent le même jour audiance de la
Reine , de Monseigneur le Dauphin er
de Mesdames de France. La Députation
étoit composée pour le Clergé de l'Evêque
de Tréguier qui porta la parole , du
Sr Baillon Sénéchal de la Ville de Rennes
pour le Tiers - Etar et du Comte de
Coëtlogon , Syndic de la Province. Le
Député pour la Noblesse étoit le Marquis
de Lannion , Maréchal de Camp , qui ne
s'eft point trouvé à l'audiance de S. M.
parce qu'il est actuellement employê à
l'Armée d'Italie.
172 MERCURE DE FRANCE
Le Roy a accordé au Comte de Tous
louze , Amiral de France , la Survivance
de cette Charge pour le Duc de Penthiévre
son fils , qui prêta serment le 4. entre
les mains de S. M.
Le Marquis de Villars qui étoit parti
e Milan le 30. Décembre après midi,
arriva àVersailles le 4. de ce mois au soir,
et apporta au Roy la nouvelle de la prise
du Château de Milan .
Le 14 après midi , le Roy reçut par le
Marquis de Firmarcon que le Maréchal
de Villars a dépêché à S. M. la nouvelle
de la prise de Novarre et du Fort
d'Arrona.
La Duchesse d'Alincourt ayant demandé
à S. M. la permission de remettre sa
place de Dame du Palais de la Réine
le Roy a nommé pour la remplacer la
Duchesse de Bouflers.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , servant
actuellement en son Armée d'Italie,
et Gouverneur de la Ville , Château et
Principauté de Sédan , a obtenu l'agrément
du Roy de se démettre de la Charge
JANVIER. 1734 175
ge
de Colonel Generai des Dragons , en
faveur de Jean Antoine-François de Franqu
tot , Comte de Coigry , son fils , né
le 27 Septembre 1702. Grand Bailli et
Gouverneur de la Ville et Château de
Caën Le Marquis de Coigny avoit été
pourvû de cette Charge de Colonel General
le 7 Décembre 1704 .
Le Régiment de Cavalerie vacant par
la mort du Marquis d'Urfé , a été donné
à François Bernardin du Chastelet, Marquis
d'Aubigny , Comte de Clémont ,
connu sous le nom de Marquis du Chastelet
, Brigadier des Armées du Roy , du
premier Février 1719 , et Gouverneur du
Château de Vincennes.
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Résumé : « Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Le 1er janvier, les membres de la cour ont félicité le roi et la reine pour la nouvelle année. Le roi, accompagné de plusieurs ducs et princes, a assisté à la grand-messe à la chapelle du château de Versailles, officiée par l'archevêque de Vienne. Le 2 janvier, le roi a de nouveau participé à la grand-messe, cette fois en mémoire des chevaliers et commandeurs de l'ordre décédés depuis le service solennel du 5 juin 1724. Le 3 janvier, la reine a communié et les députés des États de Bretagne ont été reçus en audience publique par le roi, le dauphin et les princesses de France. À cette occasion, le comte de Toulouse a été nommé amiral de France et son fils a prêté serment pour la survivance de cette charge. Le marquis de Villars a annoncé la prise du château de Milan. Le 14 janvier, le roi a appris la prise de Novarre et du fort d'Arrona. La duchesse d'Alincourt a été remplacée par la duchesse de Bouflers comme dame du palais de la reine. Le marquis de Coigny a obtenu l'approbation du roi pour transmettre la charge de colonel général des dragons à son fils. Enfin, le régiment de cavalerie vacant à la suite du décès du marquis d'Urfé a été attribué au marquis du Chastelet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5589
p. 2497-2501
MALADIE de Monseigneur le Duc d'Orleans, et Actions de Graces renduës pour son heureuse guérison.
Début :
Tout le monde sçait que la pieté de M. le Duc d'Orleans, Premier Prince du Sang, le [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Guérison, Maladie, Actions de grâce, Convalescence, Petite vérole, Te Deum, Église, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MALADIE de Monseigneur le Duc d'Orleans, et Actions de Graces renduës pour son heureuse guérison.
MALADIE de Monseigneur le Due
d'Orleans , et Actions de Gracès renduës
pourson heureuseguérison.
Out le monde sçait que la pieté de M. le TDucd'Orleans ,Fremier Prince du Sang , le
porte à faire des Retraites dans l'Abbaye Royale de Sainte Geneviève. Ce Prince venoit de finir
une de ces Retraites , qui avoit duré 17 jours ,
lorsque M. le Duc de Chartres fut attaqué de la
petite
2498 MERCURE DE FRANCE
à
petite verole. M. le Duc d'Orleans , en vrai Pere,
ne le quitta pas d'un moment. Aussi- tôt qu'il le vît en convalescence , il pensa se retirer de
nouveau à sainte Geneviève. Il y arriva le Jeudi
matin 30 Octobre , ayant déja eu un accès de
fiévre , une diete rigoureuse n'empêcha pas le
mal d'augmenter. Le vendredi 31. on conclut à
la saignée du bras , ce qui fut éxecuté par le
sieur Marsolan , premier Chirurgien de S. A.-S.
qui avoit été de cet avis
La petite verole déclarée , le Prince résolut de
rester à Sainte Geneviève. S. A. R. Madame la
Duchesse d'Orleans, accourut promptement : dans
Cette visite et dans celles qui suivirent , on la vûe des heures entieres devant le S. Sacrement. La
Reine d'Espagne vint le Samedi , Fête de la Toussaints , et les jours suivans , employant chaque
fois beaucoup de tems à la priere , pour implorer
le secours du Ciel. Ces Augustes et pieuses Prin-.
cesses faisoient distribuer en sortant des aumônes considérables.
Le Dimanche matin 2 Novembre , M. l'Arche◄
vêque de Paris vint à Sainte Geneviève , y celébra
la Messe , et salua M. le Duc d'Orleans, malgré
les instances réïterées de S. A. S. qui lui fit représenter poliment qu'un Archevêque , obligé de
communiquer avec toutes sortes de personnes, ne
pouvoit prendre à cet égard trop de précau tions.
Déja les grands Officiers de S. A. S. et les personnes qui en pareil cas deviennent absolument
necessaires , s'étoient rendues du Palais Royal à
Sainte Geneviève. Du nombre de ces derniers
sont le sieur Terre , premier Medecin , et le sieur
Vernage Medecin , le sieur Marsolan , premier
Chirurgien , et le sieur Imbert , Apotiquaire, qui
our
DE
LA
VILLE
NOVEMBRE HOTHEQUE
. 1732.
1732. 249 .
ent conduit la maladie avec prudence et tout
succès possible. On pourroit croire que ce concours auroit causé quelque dérangement dans la
Communauté , mais il n'y en a point eu par la
sagesse de tous ces Officiers.
ger
La maladie qui n'avoit eu aucun mauvais symp
tôme, n'a pas été sujette à des crises fâcheuses , il
n'y a eu de fiévre qu'autant qu'il en falloit pour
faciliter l'éruption , et la fiévre n'étoit pas même
accompagnée de mal de tête. La vie toute frugale
que mene S. A. S. a infiniment contribué à abrela maladie. L'unique attention des Medecins
étoit d'empêcher quele Prince ne s'appliquât trops
il ne voulut cependant pas interrompre ses lectures de pieté , il se faisoit lire assidûment quelques endroits choisis de l'Ecriture-Sainte et des
Peres , et comme on prit la liberté de lui représenter que cela lui pourroit nuire , l'ame , répon
dit-il, est préferable au corps. Accoûtumé à suivre
ce grand principe en santé , il l'a genereusement
suivi dans la maladie. Si- tôt qu'il pût aller à sa
Tribune , qui est de plein pied à son Appartement , et qui donne sur le Sanctuaire , il y assis
ta aux Offices divins. Le peuple en étant informé s'empressa de tourner les yeux vers cette
Tribune , et attira une foule qui ne cessoit d'applaudir et d'admirer.
Le Vendredi 14 Novembre › M. le Duc de
Chartres , à peine sorti de convalescence , vint rendre ses devoirs à S. A. S. son Pere , la conso❤
lation fut entiere de part et d'autre. Le jeune.
Prince marqua des sentimens superieurs à son
âge. Il monta ensuite à la Bibliotheque , et prit
plaisir à voir les curiositez qui s'y conser- vent.
LYON
$
1893
Les Chanoines Réguliers de sainte Genevieve chez
1
2500 MERCURE DE FRANCE
C
2
p
chez qui tout cela s'est passé , ont crû ne pou-"
voir trop faire éclater leur joye. Le Lundi 17
Novembre, ils chanterent une Messe Solemnelle
d'Actions de graces , celebrée pontificalement
par l'Abbé. Le Te Deum suivit la Messe. Dans
cette grande Cerémonie parurent pour la premiere fois les Ornemens faits de l'Etoffe prétieuse dont M. le Duc d'Orleans fit présent quand il nomma la premiere des nouvelles Cloches. Au
Chant on joignit l'Orgue , accompagnée d'Ins trumens.
L'Eglise ornée de Tapisseries magnifiques ,
comme dans là solemnité de sainte Genevieve ,
sembloit avoir perdu cet air de vetusté qui lui
est propre. Des Lustres disposez avec cimetrie ,
et garnis de Bougies , faisoient un fort bel effet :
mais ce qui frappoit davantage étoit la Châsse
de sainte Geneviève , qu'on avoit découverte par
devant , ce qui se fait très-rarement. La Châsse
devenue ainsi plus visible , étoit entourée d'une
quantité de Cierges avantageusement distribués
par differens étages , ce qui faisoit briller les riches pierreries du devant. M. le Duc d'Orleans
assista à la cerémonie dans sa Tribune. M. le
Duc de Chartres vint l'y joindre , et pendant le
Te Deum il-édifia extrêmement par sa pieté , qui
exprimoit une vive reconnoissance.
LaReine d'Espagne étoit dans sa Tribune ordinaire,parée deDamas cramoisi;unTapis deVelours
à Galons et Crepine d'or en paroit le dehors. Visà-vis on voyoit la Tribune de S. A. R. Madame
la Duchesse d'Orleans , et des Princesses de la Maison d'Orleans. Dans l'avant- Sanctuaire orné de Tapis , et dans le Chœur étoient placez
plusieurs Seigneurs et d'autres personnes de disTinc
NOVEMBRE. 1732. 2500
tinction Le Rondpoint et les Chapelles se remplirent également d'Ecclesiastiques , de Gentilshommes , d'Officiers , &c. La Nef le fût d'un
monde infini que la joye de la guérison du Prin- ee avoit attiré. L'Action de Graces fut terminée
par la Benediction pontificale de l'Abbé de sainte Geneviève.
Le soir de la veille de la cerémonie , la Tour
de sainte Geneviève qui par sa situation et par sa
hauteur est apperçue de tout Paris et de la Cam-
·pagne , fut illuminée d'une infinité de Lampions,
et les nouvelles Cloches récemment posées dans
la Tour se firent long- tems entendre. Pareilles illuminations et sonnerie se firent le Lundy au soir,
jour de la Cerémonie. 14
Le 12. de Novembre le Gouverneur du Château de S. Cloud , fit chanter dans la Chapelle du
Château un Te Deum en Musique, en Actions de
graces du parfait rétablissement de la santé de
M le Duc d'Orleans et de M. leDuc deChartres:
le Te Deum auquel M. le Duc de Chartres assis- "ta , fut suivi d'un grand Feu d'artifice et de quantité d'illuminations ; des Fontaines de vin et des
Violons attirerent tous les habitans de S. Cloud
et des environs qui passerent toute la nuit en réjouissances.
d'Orleans , et Actions de Gracès renduës
pourson heureuseguérison.
Out le monde sçait que la pieté de M. le TDucd'Orleans ,Fremier Prince du Sang , le
porte à faire des Retraites dans l'Abbaye Royale de Sainte Geneviève. Ce Prince venoit de finir
une de ces Retraites , qui avoit duré 17 jours ,
lorsque M. le Duc de Chartres fut attaqué de la
petite
2498 MERCURE DE FRANCE
à
petite verole. M. le Duc d'Orleans , en vrai Pere,
ne le quitta pas d'un moment. Aussi- tôt qu'il le vît en convalescence , il pensa se retirer de
nouveau à sainte Geneviève. Il y arriva le Jeudi
matin 30 Octobre , ayant déja eu un accès de
fiévre , une diete rigoureuse n'empêcha pas le
mal d'augmenter. Le vendredi 31. on conclut à
la saignée du bras , ce qui fut éxecuté par le
sieur Marsolan , premier Chirurgien de S. A.-S.
qui avoit été de cet avis
La petite verole déclarée , le Prince résolut de
rester à Sainte Geneviève. S. A. R. Madame la
Duchesse d'Orleans, accourut promptement : dans
Cette visite et dans celles qui suivirent , on la vûe des heures entieres devant le S. Sacrement. La
Reine d'Espagne vint le Samedi , Fête de la Toussaints , et les jours suivans , employant chaque
fois beaucoup de tems à la priere , pour implorer
le secours du Ciel. Ces Augustes et pieuses Prin-.
cesses faisoient distribuer en sortant des aumônes considérables.
Le Dimanche matin 2 Novembre , M. l'Arche◄
vêque de Paris vint à Sainte Geneviève , y celébra
la Messe , et salua M. le Duc d'Orleans, malgré
les instances réïterées de S. A. S. qui lui fit représenter poliment qu'un Archevêque , obligé de
communiquer avec toutes sortes de personnes, ne
pouvoit prendre à cet égard trop de précau tions.
Déja les grands Officiers de S. A. S. et les personnes qui en pareil cas deviennent absolument
necessaires , s'étoient rendues du Palais Royal à
Sainte Geneviève. Du nombre de ces derniers
sont le sieur Terre , premier Medecin , et le sieur
Vernage Medecin , le sieur Marsolan , premier
Chirurgien , et le sieur Imbert , Apotiquaire, qui
our
DE
LA
VILLE
NOVEMBRE HOTHEQUE
. 1732.
1732. 249 .
ent conduit la maladie avec prudence et tout
succès possible. On pourroit croire que ce concours auroit causé quelque dérangement dans la
Communauté , mais il n'y en a point eu par la
sagesse de tous ces Officiers.
ger
La maladie qui n'avoit eu aucun mauvais symp
tôme, n'a pas été sujette à des crises fâcheuses , il
n'y a eu de fiévre qu'autant qu'il en falloit pour
faciliter l'éruption , et la fiévre n'étoit pas même
accompagnée de mal de tête. La vie toute frugale
que mene S. A. S. a infiniment contribué à abrela maladie. L'unique attention des Medecins
étoit d'empêcher quele Prince ne s'appliquât trops
il ne voulut cependant pas interrompre ses lectures de pieté , il se faisoit lire assidûment quelques endroits choisis de l'Ecriture-Sainte et des
Peres , et comme on prit la liberté de lui représenter que cela lui pourroit nuire , l'ame , répon
dit-il, est préferable au corps. Accoûtumé à suivre
ce grand principe en santé , il l'a genereusement
suivi dans la maladie. Si- tôt qu'il pût aller à sa
Tribune , qui est de plein pied à son Appartement , et qui donne sur le Sanctuaire , il y assis
ta aux Offices divins. Le peuple en étant informé s'empressa de tourner les yeux vers cette
Tribune , et attira une foule qui ne cessoit d'applaudir et d'admirer.
Le Vendredi 14 Novembre › M. le Duc de
Chartres , à peine sorti de convalescence , vint rendre ses devoirs à S. A. S. son Pere , la conso❤
lation fut entiere de part et d'autre. Le jeune.
Prince marqua des sentimens superieurs à son
âge. Il monta ensuite à la Bibliotheque , et prit
plaisir à voir les curiositez qui s'y conser- vent.
LYON
$
1893
Les Chanoines Réguliers de sainte Genevieve chez
1
2500 MERCURE DE FRANCE
C
2
p
chez qui tout cela s'est passé , ont crû ne pou-"
voir trop faire éclater leur joye. Le Lundi 17
Novembre, ils chanterent une Messe Solemnelle
d'Actions de graces , celebrée pontificalement
par l'Abbé. Le Te Deum suivit la Messe. Dans
cette grande Cerémonie parurent pour la premiere fois les Ornemens faits de l'Etoffe prétieuse dont M. le Duc d'Orleans fit présent quand il nomma la premiere des nouvelles Cloches. Au
Chant on joignit l'Orgue , accompagnée d'Ins trumens.
L'Eglise ornée de Tapisseries magnifiques ,
comme dans là solemnité de sainte Genevieve ,
sembloit avoir perdu cet air de vetusté qui lui
est propre. Des Lustres disposez avec cimetrie ,
et garnis de Bougies , faisoient un fort bel effet :
mais ce qui frappoit davantage étoit la Châsse
de sainte Geneviève , qu'on avoit découverte par
devant , ce qui se fait très-rarement. La Châsse
devenue ainsi plus visible , étoit entourée d'une
quantité de Cierges avantageusement distribués
par differens étages , ce qui faisoit briller les riches pierreries du devant. M. le Duc d'Orleans
assista à la cerémonie dans sa Tribune. M. le
Duc de Chartres vint l'y joindre , et pendant le
Te Deum il-édifia extrêmement par sa pieté , qui
exprimoit une vive reconnoissance.
LaReine d'Espagne étoit dans sa Tribune ordinaire,parée deDamas cramoisi;unTapis deVelours
à Galons et Crepine d'or en paroit le dehors. Visà-vis on voyoit la Tribune de S. A. R. Madame
la Duchesse d'Orleans , et des Princesses de la Maison d'Orleans. Dans l'avant- Sanctuaire orné de Tapis , et dans le Chœur étoient placez
plusieurs Seigneurs et d'autres personnes de disTinc
NOVEMBRE. 1732. 2500
tinction Le Rondpoint et les Chapelles se remplirent également d'Ecclesiastiques , de Gentilshommes , d'Officiers , &c. La Nef le fût d'un
monde infini que la joye de la guérison du Prin- ee avoit attiré. L'Action de Graces fut terminée
par la Benediction pontificale de l'Abbé de sainte Geneviève.
Le soir de la veille de la cerémonie , la Tour
de sainte Geneviève qui par sa situation et par sa
hauteur est apperçue de tout Paris et de la Cam-
·pagne , fut illuminée d'une infinité de Lampions,
et les nouvelles Cloches récemment posées dans
la Tour se firent long- tems entendre. Pareilles illuminations et sonnerie se firent le Lundy au soir,
jour de la Cerémonie. 14
Le 12. de Novembre le Gouverneur du Château de S. Cloud , fit chanter dans la Chapelle du
Château un Te Deum en Musique, en Actions de
graces du parfait rétablissement de la santé de
M le Duc d'Orleans et de M. leDuc deChartres:
le Te Deum auquel M. le Duc de Chartres assis- "ta , fut suivi d'un grand Feu d'artifice et de quantité d'illuminations ; des Fontaines de vin et des
Violons attirerent tous les habitans de S. Cloud
et des environs qui passerent toute la nuit en réjouissances.
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Résumé : MALADIE de Monseigneur le Duc d'Orleans, et Actions de Graces renduës pour son heureuse guérison.
Le texte relate la maladie et la guérison du Duc d'Orléans, premier Prince du Sang, qui contracta la petite vérole après une retraite de 17 jours à l'Abbaye Royale de Sainte Geneviève. Son fils, le Duc de Chartres, fut également atteint. Malgré sa propre maladie, le Duc d'Orléans resta à Sainte Geneviève pour être auprès de son fils. La Duchesse d'Orléans et la Reine d'Espagne vinrent lui rendre visite, priant pour sa guérison et distribuant des aumônes. La maladie du Duc d'Orléans fut soignée avec prudence par ses médecins et chirurgiens, notamment le sieur Marsolan et le sieur Terre. La maladie évolua favorablement sans symptômes graves, facilitée par le mode de vie frugal du Duc. Il continua ses lectures de piété malgré les recommandations médicales. Le 2 novembre, l'Archevêque de Paris vint célébrer la messe à Sainte Geneviève. Le 14 novembre, le Duc de Chartres, convalescent, rendit visite à son père. Le 17 novembre, les Chanoines de Sainte Geneviève célébrèrent une messe solennelle d'actions de grâces, accompagnée d'un Te Deum et d'une illumination de la tour de Sainte Geneviève. La cérémonie fut marquée par la présence de nombreuses personnalités et l'ornementation somptueuse de l'église. Le soir du 17 novembre, des illuminations et des sonneries de cloches eurent lieu. Le 12 novembre, un Te Deum et un feu d'artifice furent organisés au Château de Saint-Cloud pour célébrer le rétablissement des deux Ducs.
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5590
p. 827-831
« Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
Début :
Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Évêque, Église, Messe, Sermon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
Le s. la Lotterie pour le Remboursement des
Rentes de l'Hôtel de Ville , fut tirée en preſence
du Prévôt dès Marchands & des Echevins , en la
maniere accoûtumée. Le fonds de ce mois s'eſt
I ij trouvé
828 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1447450 livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les
Lots qui leur font échus, conformement à la Lifte
generale qui en a été rendue publique,
Le Vendredy - Saint 7. de ce mois , le Roy &
la Reine entendirent le Sermon de la Paffion de
l'Evêque de Cifteron; S. M. affifta enfuite à lOffice
, & alla à l'Adoration de la Croix. La Reine
entendit l'Office dans la Tribune. Le foir L. M.
affifterent à l'Office des Tenebres , chanté par la
Mufique.
Le 8. le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit en ceremonie à l'Eglife de
la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe & com
munia par les mains de l'Evêque de Metz , fon
premier Aumônier. Enfuite S. M. toucha un
grand nombre de Malades. Le foir , le Roi & fa
Reine affifterent dans la Chapelle du Château ,
aux Complies & au Salut , pendant lequel l'o
Filii fut chanté par la Mufique.
1
<
Le jour de Pâques , 9 de ce mois , L. M. entendirent
dans la même Chapelle la grande Meſſe
celebrée pontificalement par l'Evêque de Tulles ,
& chantée par la Mufique .
L'après - midi , elles affifterent à la Prédication
de l'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
aufquelles le même Prélat officia.
Le Roy a donné au Maréchal du Bourg le
Gouvernement de la Haute & Baffe Alface ; &
celui de la Ville de Strasbourg au Maréchal Duc
de Barwick.
Le 17. dé ce mois , le Roy partit de Verfailles
à 'onze heures du matin , pour aller doucher au
Château de Petit- Bourg , & le lendemain à Fontainebleau
, où S. M. doit demeurer quelque
temps.
Le 10. de ce mois , le Roy prit le deuil pour
AVRIL. 1730. 829
Le 11.
la mort de l'Electrice Douairiere de Baviere.
pendant la Meffe du Roy ; l'Archevêque
de Bordeaux prêta ferment de fidelité entre
les mains de S. M.
Le 16. l'Abbé de Saleon , nommé par le Roy à
l'Evêché d'Agen, fut facré à Paris , dans la Chapelle
de l'Archevêché , par l'Evêque de Xaintes ,
affifté des Evêques de Châlons fur Saone & de
Tarbe.
Le 13. de ce mois , le Roy fit dans la Plaine
des Sablons , la Revue des Regimens des Gardes
Françoifes & Suiffes. S. M. leur fit faire
PExercice , & enfuite les vit défiler.
.
M. Mocenigo , Ambaffadeur de la République
de Venife , arrivé à Paris le 4. de ce mois , alla à
Verfailles le 11. avec M. Zacharie Canal , Ambaffadeur
de la même République, auquel il fuccede
; & il eut audience particuliere du Roy , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , étant
conduit par M. Hebert , Introducteur des Ambaffadeurs.
: On mande de Lille que l'on y fit le z 1. de ce
mois , daus l'Eglife des RR.PP. Dominicains , les
Obfeques de Benoît XIII . Souverain Pontife &
Religieux Profès du même Ordre , avec beaucoup
de pompe & de magnificence. Le Pere Theodore
Chevalier , Religieux du même Couvent , y prononça
l'Eloge Funebre du deffunt Pape, avec une
éloquence qui lui merita un applaudiffement univerfel.
Le 24. de ce mois , la Reine partit de Verſailles
vers le midi , pour aller coucher au Château de
Petit- Bourg , d'où S. M. fe rendit le lendemain
à Fontainebleau.
Le 1. de ce mois , le Concert Spirituel continua
au Château des Tuilleries , & a été donné
tous les jours , jufques & compris le Dimanche
I iij
de
830 MERCURE DE FRANCE
de Quasimodo. On y a chanté les plus beaux
Motets de feu M. de la Lande , & differens petits
Motets nouveaux , convenables au temps de Pâques
, de la compofition des Sieurs Mouret , le
Maire & du Bouffet , qui ont été très-goutez ;
les Diles Erremans , le Maure & Petitpas y ont
chanté differens Recits , avec applaudiffement.
On a executé auffi plufieurs Concerto fur le Violon
, la Flute & le Hautbois , avec autant de vivacité
que de précifion. Le Concert ne recommencera
que le 18. May , jour de la Fête de
PAfcenfion.
Le 22. Avril & les deux jours fuivans , les
Capucins de la rue S. Honoré , celebrerent avec
grande folemnité , la fête de la Beatification du
bienheureux Fidel de Sigmariny , Religieux de
leur Ordre.
On celebre tous les ans , le jour du Dimanche
de Quasimodo , dans l'Eglife du grand Couvent
des Cordeliers, une Fête que les Chevaliers Voya
geurs Palmiers de l'Archi - Confrairie Royale du
S. Sepulcre , établie dans cette Eglife , rendent
folemnelle par une Proceffion publique d'un
grand nombre de Religieux & de tous les Confreres
portant des Palmes , parmi lefqnels il s'en
trouve quelques- uns qui ont fait le voyage de
Jerufalem. Ils font précedez de Trompettes,Timbales
& Hautbois.
La Meffe fe chante ce jour - là en Grec,& après
l'Evangile on y prêche en la même langue.
A la Proceffion qui fe fit le 16. de ce mois, les
Confreres délivrerent proceffionnellement des
Prifons de cette Ville , 48. prifonniers pour dettes,
qui fe trouverent entre les deux Guichets du
grand Châtelet , & affifterent à la Proceffion depuis
ce lieu jufqu'à l'Eglife du S. Sepulchre ,
rue S. Denis , & delà aux Cordeliers , où ils enrendirent.
AVRIL. 1730. 831
tendirent la Meffe & le Sermon. Du Syndicat de
M. de la Mare, & de l'adminiftration des Sieurs
Breval , Razoir , Dubuy & Harmont.
Ce pieux & charitable établiffement , applaudi
des Magiftrats , fut fait l'année 1727. par les
foins de M. Louis - Policarpe Jarry Marchand
Epicier , Juré Contrôleur de la Marchandiſe de
Foin , ancien Guidon de ladite Confrairie , des
quêtes faites chez les Confreres & Soeurs , & autres
Bienfaiteurs , par les Sieurs Boucher , Salvia,"
le Vaffeur , Tréforier & David le Gros , Notables
Bourgeois , de ladite Confrairie , choifis
par ledit fieur Jarry , Inftituteur de cette bonne
oeuvre & reçu pardevant M. le Lieutenant Civil.
Le nombre des Prifonniers ne fut la premiere
année que de fix ; en 1728. de 15. en 1729. de
14. & à la délivrance des Captifs des RR. PP.de
la Merci , accompagnans la Proceſſion,en ont délivré
fix , des deniers de leur charité.
Rentes de l'Hôtel de Ville , fut tirée en preſence
du Prévôt dès Marchands & des Echevins , en la
maniere accoûtumée. Le fonds de ce mois s'eſt
I ij trouvé
828 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1447450 livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les
Lots qui leur font échus, conformement à la Lifte
generale qui en a été rendue publique,
Le Vendredy - Saint 7. de ce mois , le Roy &
la Reine entendirent le Sermon de la Paffion de
l'Evêque de Cifteron; S. M. affifta enfuite à lOffice
, & alla à l'Adoration de la Croix. La Reine
entendit l'Office dans la Tribune. Le foir L. M.
affifterent à l'Office des Tenebres , chanté par la
Mufique.
Le 8. le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit en ceremonie à l'Eglife de
la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe & com
munia par les mains de l'Evêque de Metz , fon
premier Aumônier. Enfuite S. M. toucha un
grand nombre de Malades. Le foir , le Roi & fa
Reine affifterent dans la Chapelle du Château ,
aux Complies & au Salut , pendant lequel l'o
Filii fut chanté par la Mufique.
1
<
Le jour de Pâques , 9 de ce mois , L. M. entendirent
dans la même Chapelle la grande Meſſe
celebrée pontificalement par l'Evêque de Tulles ,
& chantée par la Mufique .
L'après - midi , elles affifterent à la Prédication
de l'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
aufquelles le même Prélat officia.
Le Roy a donné au Maréchal du Bourg le
Gouvernement de la Haute & Baffe Alface ; &
celui de la Ville de Strasbourg au Maréchal Duc
de Barwick.
Le 17. dé ce mois , le Roy partit de Verfailles
à 'onze heures du matin , pour aller doucher au
Château de Petit- Bourg , & le lendemain à Fontainebleau
, où S. M. doit demeurer quelque
temps.
Le 10. de ce mois , le Roy prit le deuil pour
AVRIL. 1730. 829
Le 11.
la mort de l'Electrice Douairiere de Baviere.
pendant la Meffe du Roy ; l'Archevêque
de Bordeaux prêta ferment de fidelité entre
les mains de S. M.
Le 16. l'Abbé de Saleon , nommé par le Roy à
l'Evêché d'Agen, fut facré à Paris , dans la Chapelle
de l'Archevêché , par l'Evêque de Xaintes ,
affifté des Evêques de Châlons fur Saone & de
Tarbe.
Le 13. de ce mois , le Roy fit dans la Plaine
des Sablons , la Revue des Regimens des Gardes
Françoifes & Suiffes. S. M. leur fit faire
PExercice , & enfuite les vit défiler.
.
M. Mocenigo , Ambaffadeur de la République
de Venife , arrivé à Paris le 4. de ce mois , alla à
Verfailles le 11. avec M. Zacharie Canal , Ambaffadeur
de la même République, auquel il fuccede
; & il eut audience particuliere du Roy , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , étant
conduit par M. Hebert , Introducteur des Ambaffadeurs.
: On mande de Lille que l'on y fit le z 1. de ce
mois , daus l'Eglife des RR.PP. Dominicains , les
Obfeques de Benoît XIII . Souverain Pontife &
Religieux Profès du même Ordre , avec beaucoup
de pompe & de magnificence. Le Pere Theodore
Chevalier , Religieux du même Couvent , y prononça
l'Eloge Funebre du deffunt Pape, avec une
éloquence qui lui merita un applaudiffement univerfel.
Le 24. de ce mois , la Reine partit de Verſailles
vers le midi , pour aller coucher au Château de
Petit- Bourg , d'où S. M. fe rendit le lendemain
à Fontainebleau.
Le 1. de ce mois , le Concert Spirituel continua
au Château des Tuilleries , & a été donné
tous les jours , jufques & compris le Dimanche
I iij
de
830 MERCURE DE FRANCE
de Quasimodo. On y a chanté les plus beaux
Motets de feu M. de la Lande , & differens petits
Motets nouveaux , convenables au temps de Pâques
, de la compofition des Sieurs Mouret , le
Maire & du Bouffet , qui ont été très-goutez ;
les Diles Erremans , le Maure & Petitpas y ont
chanté differens Recits , avec applaudiffement.
On a executé auffi plufieurs Concerto fur le Violon
, la Flute & le Hautbois , avec autant de vivacité
que de précifion. Le Concert ne recommencera
que le 18. May , jour de la Fête de
PAfcenfion.
Le 22. Avril & les deux jours fuivans , les
Capucins de la rue S. Honoré , celebrerent avec
grande folemnité , la fête de la Beatification du
bienheureux Fidel de Sigmariny , Religieux de
leur Ordre.
On celebre tous les ans , le jour du Dimanche
de Quasimodo , dans l'Eglife du grand Couvent
des Cordeliers, une Fête que les Chevaliers Voya
geurs Palmiers de l'Archi - Confrairie Royale du
S. Sepulcre , établie dans cette Eglife , rendent
folemnelle par une Proceffion publique d'un
grand nombre de Religieux & de tous les Confreres
portant des Palmes , parmi lefqnels il s'en
trouve quelques- uns qui ont fait le voyage de
Jerufalem. Ils font précedez de Trompettes,Timbales
& Hautbois.
La Meffe fe chante ce jour - là en Grec,& après
l'Evangile on y prêche en la même langue.
A la Proceffion qui fe fit le 16. de ce mois, les
Confreres délivrerent proceffionnellement des
Prifons de cette Ville , 48. prifonniers pour dettes,
qui fe trouverent entre les deux Guichets du
grand Châtelet , & affifterent à la Proceffion depuis
ce lieu jufqu'à l'Eglife du S. Sepulchre ,
rue S. Denis , & delà aux Cordeliers , où ils enrendirent.
AVRIL. 1730. 831
tendirent la Meffe & le Sermon. Du Syndicat de
M. de la Mare, & de l'adminiftration des Sieurs
Breval , Razoir , Dubuy & Harmont.
Ce pieux & charitable établiffement , applaudi
des Magiftrats , fut fait l'année 1727. par les
foins de M. Louis - Policarpe Jarry Marchand
Epicier , Juré Contrôleur de la Marchandiſe de
Foin , ancien Guidon de ladite Confrairie , des
quêtes faites chez les Confreres & Soeurs , & autres
Bienfaiteurs , par les Sieurs Boucher , Salvia,"
le Vaffeur , Tréforier & David le Gros , Notables
Bourgeois , de ladite Confrairie , choifis
par ledit fieur Jarry , Inftituteur de cette bonne
oeuvre & reçu pardevant M. le Lieutenant Civil.
Le nombre des Prifonniers ne fut la premiere
année que de fix ; en 1728. de 15. en 1729. de
14. & à la délivrance des Captifs des RR. PP.de
la Merci , accompagnans la Proceſſion,en ont délivré
fix , des deniers de leur charité.
Fermer
Résumé : « Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
En avril 1730, plusieurs événements marquants ont eu lieu. Le 7 avril, le roi et la reine ont assisté à un sermon sur la Passion, suivi de l'office et de l'adoration de la Croix. Le lendemain, le roi, portant le grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, a assisté à la messe, communié et touché un grand nombre de malades. Le jour de Pâques, le 9 avril, ils ont entendu la grande messe célébrée par l'évêque de Tulle et ont assisté à une prédication et aux vêpres. La Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville a été tirée en présence du Prévôt des Marchands et des Échevins, distribuant 1 447 450 livres aux rentiers. Le roi a nommé le Maréchal du Bourg gouverneur de la Haute et Basse Alsace et le Maréchal Duc de Barwick gouverneur de Strasbourg. Le 17 avril, le roi est parti de Versailles pour Fontainebleau. Le 10 avril, il a pris le deuil pour la mort de l'Électrice Douairière de Bavière. Le 16 avril, l'abbé de Saleon a été sacré évêque d'Agen à Paris. Le 13 avril, le roi a passé en revue les régiments des Gardes Françaises et Suisses. L'ambassadeur de la République de Venise, M. Mocenigo, est arrivé à Paris et a été reçu à Versailles. À Lille, les obsèques de Benoît XIII ont été célébrées avec pompe. Le 24 avril, la reine est partie de Versailles pour Fontainebleau. Le Concert Spirituel a continué au Château des Tuileries jusqu'au dimanche de Quasimodo, avec des motets et des concertos appréciés. Les Capucins de la rue Saint-Honoré ont célébré la fête de la béatification du bienheureux Fidèle de Sigmaringen. Le dimanche de Quasimodo, les Chevaliers Voyageurs Palmiers de l'Archi-Confrérie Royale du Saint-Sépulcre ont organisé une procession et une messe en grec. Le 16 avril, 48 prisonniers pour dettes ont été libérés lors d'une procession organisée par la confrérie du Saint-Sépulcre, un établissement créé en 1727 par Louis-Policarpe Jarry.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5591
p. 191-196
ALLEMAGNE.
Début :
Le deux Escadres Russiennes qui ont fait voile, l'une de Cronstadt, [...]
Mots clefs :
Dantzig, Escadres russes, Amiral, Port de Memel, Vienne, Attaques, Troupes de l'Impératrice Reine, Général, Garnison, Prince, Armée, Corps, Dresde, Roi de Prusse, Camp de Pirna, Prague, Dégâts, Mouvements des troupes, Corvey, Duc d'Orléans, Hesse, Marquis, Maréchal de camp, Hambourg, Électeur de Saxe, Actions, Camp de Holtzminden, Prise de la ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DANTZICK , le 29 Juin.
Les deux Efcadres Ruffiennes qui ont fait voile,
l'une de Cronstadt , l'autre de Revel , fe font
jointes fur les côtes de Pruffe. L'Amiral Mifchukoff
commande la premiere. La feconde eft aux
ordres du Vice- Amiral Lewis. Elles compofent
enſemble une flotte de trente- un vaiſſeaux , deſtinée
à bloquer le port de Memel , tandis que
trente -fept mille hommes de l'armée du Feld-
Maréchal Apraxin feront le fiege de cette Place.
Depuis quelques jours cette flotte s'eſt emparée
de plufieurs bâtimens Pruffiens.
DE VIENNE , le 28 Juillet.
Le 18 de ce mois , le Colonel Mac Ellicot arriva
ici précédé de huit poftillons, pour informer Leurs
Majeftés Impériales , que le Général Comte de
Maguire , à la tête d'un corps compofé de douze
compagnies de Grenadiers , de trente piquets
d'Infanterie , & de cinq cens chevaux , avoit forcé
le pofte important de Gabel . L'attaque & la défenfe
ont été également vives . Les troupes de
l'Impératrice Reine rompirent fucceffivement
deux portes à coups de hache ; mais on trouyą
192 MERCURE DE FRANCE.
derriere la feconde plufieurs barricades , à la faveur
defquelles les Pruffiens firent la réſiſtance la
plus opiniâtre. Le Général Maguire , commençant
à manquer de munitions , fe diſpoſoit à la
retraite , lorfqu'il fut agréablement furpris en
voyant la Garniſon arborer le Drapeau blanc . Elle
confiftoit en deux Bataillons du Régiment de Grenadiers
du Roi de Pruffe , deux Bataillons de fufiliers
, & cent fept tant Dragons que Huffards.
Ces troupes , formant un Corps d'environ trois
mille cinq cens hommes , fe font rendues prifonnieres
de guerre. Par confidération pour la valeur
qu'elles ont montrée , le Général Maguire à laiffé
aux Officiers leurs épées & leurs équipages. On
a trouvé à Gabel quatre pieces de canon de trois
livres de balle , fix autres pieces de plus petit ca-
Libre , & un grand nombre de charriots de vivres.
Nous avons eu près de çoo hommes tués ou bleſſés .
Le Corps commandé par le Prince de Pruffe
ayant pris , ainfi que celui du Prince de Bevern ,
le parti de fe replier vers la Saxe , décampa le 17
de Pifnich. Le 18 il occupa le camp de Kamnitz
, que le Prince de Bevern venoit d'abandonner.
Le Prince de Pruffe ne voulut point que les
bagages s'y arrêtaffent , & il leur fit continuer pendant
la nuit leur marche vers Freydenberg , à la
lueur de quantité de lanternes & de torches , fous
l'eſcorte de quatre Régimens d'Infanterie , d'un
Régiment de Cavalerie , & d'un de Huffards. A
la pointe du jour , le Comte d'Efterhafy , Colonel
, les attaqua dans les défilés de Haffel. Les
troupes qui efcortoient les bagages , furent mifes
en déroute. On renverfa les charriots , on jetta
les pontons de deffus les haquets , on s'empara de
deux pieces de canon , & l'on prit environ cinq
cens chevaux.
L'armée
SEPTEMBRE. 1757. 193
L'armée de l'Impératrice Reine s'avança le 19
à Gabel , & le 21 à Krottau. Le 22 on s'empara
de Gorlitz , & les deux princes de Saxe s'y établirent
avec un Corps de troupes . Le Prince Charles
de Lorraine avoit fait marcher le 19 un détachement
confidérable , pour inveftir Zittau. En même
temps , le Lieutenant - Général Morocz étoit
parti de Zuickau , pour ſe joindre à ce détachement.
On cominença le 21 à bombarder la Place ,
& l'attaque a été pouffée fi vivement , que la Garnifon
, compofée de deux Bataillons , à été obligée
de fe rendre prifonniere de guerre après quelquesjours
de fiege.
DE DRESDE , le 29 Juillet.
Le 25 de ce mois , le Roi de Pruffe , après
avoir fait les difpofitions convenables pour fermer
l'entrée de la Saxe aux troupes Autrichiennes ,
vint occuper le camp de Pirna. Avant- hier , fur
l'avis que le Prince de Pruffe couroit rifque d'être
enveloppé par le Feld- Maréchal Comte de Daun ,
Sa Majefté Pruffienne partit brusquement avec
feize bataillons & trente-deux Escadrons , pour
tâcher de dégager ce Prince.
DE PRAGUE , le 9 Juillet.
Suivant l'examen qu'on a fait des dommages
caufés à cette ville , les boulets rouges ont réduit en
cendres cent trente-huit maifons. Deux cens quatre-
vingt- quatre ont été détruites par les bombes.
Il y en a cinq cens vingt- neuffort endommagées.
Des rues entieres n'offrent que des amas de ruines.
Parmi les maifons brûlées ou renversées , on
compte plufieurs magnifiques Hôtels & divers édi-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
fices publics. L'Eglife Métropolitaine a extrêmement
fouffert .
Les troupes , détachées par le Général Comte .
de Nadafty , ont harcelé fans relâche les Pruffiens
dans leur retraite de Jung Buntzlau vers Hirfchberg
. Le détachement du Colonel Ried , en particulier
, a tué deux cens hommes de leur arrieregarde
, & fait cinquante prifonniers. Le Pont de
Jung- Buntzlau , que l'ennemi avoit détruit , a
été rétabli. L'armée de l'Impératrice Reine marcha
le 4 à Alt- Benateck , le 5 à Kofmonos , le
6 à Jung Buntzlau , & le 7 à Munchfgratz. Elle
s'eft avancée la nuit derniere jufqu'à Schweigan
& l'avant- garde s'eft portée à une lieue & demie
par- delà Reichenberg. Dans ces marches , les
troupes légeres du Comte de Nadafty ont toujours
dévancé de deux ou trois lieues le gros de l'armée .
Les Corps Pruffiens , qui étoient à Reitchenberg
& dans les environs , fe font retirés précipitamment
à Zittau , & l'on efpere que demain l'ennemi
aura évacué la Luface. Le Colonel Laudon a
coulé à fond quinze Bateaux de tranſport venus
de Drefde , & a fait prifonnieres les troupes qui
les efcortoient. Il a fait occuper par des détachemens
les poftes de Toplitz & de Marie-Schein.
DE CORWEY , le 13 Juillet ,
Les ennemis , à ce qu'on affure , foutiennent
leur pofition de Minden. M. le Marquis d'Armentieres
eft revenu camper avec la réserve à Forf
temberg , & M. le Maréchal d'Eftrées a attendu
ici avec les Corps du Marquis de Souvré & de
M. de Chevert , & une partie de celui du Duc
d'Orléans , le refte de l'armée qui arrive aujour
d'hui. Il a fait établir deux nouveaux Ponts de
pontons àTonnenborg..
SEPTEMBRE . 1757.
195
Sur l'avis qu'il avoit reçu des difpofitions de
Caffel , il a jugé à propos de fufpendre la marche
du Duc d'Orléans , qui s'étoit acheminé vers la
Heffe avec vingt- huit Bataillons & trente- deux
Escadrons . Ce Prince eſt reſté à l'armée , & le
Maréchal a envoyé à Caffel le Marquis de Contades
avec quatre Brigades d'Infanterie & vingt Efcadrons
de Cavalerie.
a
Le Marquis de Pereufe , Maréchal de Camp ,
qui s'étoit porté avec une Brigade d'Infanterie &
une de Cavalerie de ce détachement à Munden ,
envoyé hier un Courier au Maréchal , pour l'informer
de la priſe de cette Place. La Garnifon
Hanovrienne , compofée de 300 hommes , a été
faite prifonniere de guerre.
Dans l'inftant , le Marquis de Contades mande
de Varborg , qu'il y a été joint par le Grand
Ecuyer du Landgrave , qui eft venu l'affurer de
la foumiffion du pays , ainfi que des difpofitions
certaines où eft ce Prince de procurer à l'armée
Françoiſe tous les fecours , que les refſources du
pays pourront fournir. Le Marquis de Contades
a reçu des ôtages pour fûreté de la convention ,
& nos troupes font en marche pour aller occuper
Caffel.
誓
DE HAMBOURG , le 16 Juillet.
Selon des avis reçus de Konifberg , la Ville de
Memel ayant été canonnée & bombardée très-vi◄
vement pendant fix jours par les Ruffiens , la Garniſon
a cápitulé le 5 de ce mois , & eft fortie de la
Place avec les honneurs de la guerre . Le Feld-
Maréchal de Lehwald s'eft porté de Tilſen ſur
Infterbourg.
On mande de Warfovie , que le Roi de Polc
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
gne Electeur de Saxe , a déclaré le Comte de Noftitz
& le fieur de Zefchwitz Lieutenans-Feld-
Maréchaux , le fieur de Goefnitz Major Général ,
& le fieur de Beckendorff Colonel , en confidéra.
tion des actions par lefquelles ces Officiers ſe ſont
diftingués dans la bataille de Chotzemitz .
DU CAMP DE HOLTZMINDEN , le 16 Juillet.
L'armée eft campée ici à la droite du Wefer. Le
Marquis d'Armentieres eft à deux lieues en avant
vers Hombourg avec fa réſerve. Aujourd'hui , le
Marquis de Pereufe s'eft emparé de la Ville de
Gottingue, dont la Garniſon a été faite prifonniere
de guerre .
DE DANTZICK , le 29 Juin.
Les deux Efcadres Ruffiennes qui ont fait voile,
l'une de Cronstadt , l'autre de Revel , fe font
jointes fur les côtes de Pruffe. L'Amiral Mifchukoff
commande la premiere. La feconde eft aux
ordres du Vice- Amiral Lewis. Elles compofent
enſemble une flotte de trente- un vaiſſeaux , deſtinée
à bloquer le port de Memel , tandis que
trente -fept mille hommes de l'armée du Feld-
Maréchal Apraxin feront le fiege de cette Place.
Depuis quelques jours cette flotte s'eſt emparée
de plufieurs bâtimens Pruffiens.
DE VIENNE , le 28 Juillet.
Le 18 de ce mois , le Colonel Mac Ellicot arriva
ici précédé de huit poftillons, pour informer Leurs
Majeftés Impériales , que le Général Comte de
Maguire , à la tête d'un corps compofé de douze
compagnies de Grenadiers , de trente piquets
d'Infanterie , & de cinq cens chevaux , avoit forcé
le pofte important de Gabel . L'attaque & la défenfe
ont été également vives . Les troupes de
l'Impératrice Reine rompirent fucceffivement
deux portes à coups de hache ; mais on trouyą
192 MERCURE DE FRANCE.
derriere la feconde plufieurs barricades , à la faveur
defquelles les Pruffiens firent la réſiſtance la
plus opiniâtre. Le Général Maguire , commençant
à manquer de munitions , fe diſpoſoit à la
retraite , lorfqu'il fut agréablement furpris en
voyant la Garniſon arborer le Drapeau blanc . Elle
confiftoit en deux Bataillons du Régiment de Grenadiers
du Roi de Pruffe , deux Bataillons de fufiliers
, & cent fept tant Dragons que Huffards.
Ces troupes , formant un Corps d'environ trois
mille cinq cens hommes , fe font rendues prifonnieres
de guerre. Par confidération pour la valeur
qu'elles ont montrée , le Général Maguire à laiffé
aux Officiers leurs épées & leurs équipages. On
a trouvé à Gabel quatre pieces de canon de trois
livres de balle , fix autres pieces de plus petit ca-
Libre , & un grand nombre de charriots de vivres.
Nous avons eu près de çoo hommes tués ou bleſſés .
Le Corps commandé par le Prince de Pruffe
ayant pris , ainfi que celui du Prince de Bevern ,
le parti de fe replier vers la Saxe , décampa le 17
de Pifnich. Le 18 il occupa le camp de Kamnitz
, que le Prince de Bevern venoit d'abandonner.
Le Prince de Pruffe ne voulut point que les
bagages s'y arrêtaffent , & il leur fit continuer pendant
la nuit leur marche vers Freydenberg , à la
lueur de quantité de lanternes & de torches , fous
l'eſcorte de quatre Régimens d'Infanterie , d'un
Régiment de Cavalerie , & d'un de Huffards. A
la pointe du jour , le Comte d'Efterhafy , Colonel
, les attaqua dans les défilés de Haffel. Les
troupes qui efcortoient les bagages , furent mifes
en déroute. On renverfa les charriots , on jetta
les pontons de deffus les haquets , on s'empara de
deux pieces de canon , & l'on prit environ cinq
cens chevaux.
L'armée
SEPTEMBRE. 1757. 193
L'armée de l'Impératrice Reine s'avança le 19
à Gabel , & le 21 à Krottau. Le 22 on s'empara
de Gorlitz , & les deux princes de Saxe s'y établirent
avec un Corps de troupes . Le Prince Charles
de Lorraine avoit fait marcher le 19 un détachement
confidérable , pour inveftir Zittau. En même
temps , le Lieutenant - Général Morocz étoit
parti de Zuickau , pour ſe joindre à ce détachement.
On cominença le 21 à bombarder la Place ,
& l'attaque a été pouffée fi vivement , que la Garnifon
, compofée de deux Bataillons , à été obligée
de fe rendre prifonniere de guerre après quelquesjours
de fiege.
DE DRESDE , le 29 Juillet.
Le 25 de ce mois , le Roi de Pruffe , après
avoir fait les difpofitions convenables pour fermer
l'entrée de la Saxe aux troupes Autrichiennes ,
vint occuper le camp de Pirna. Avant- hier , fur
l'avis que le Prince de Pruffe couroit rifque d'être
enveloppé par le Feld- Maréchal Comte de Daun ,
Sa Majefté Pruffienne partit brusquement avec
feize bataillons & trente-deux Escadrons , pour
tâcher de dégager ce Prince.
DE PRAGUE , le 9 Juillet.
Suivant l'examen qu'on a fait des dommages
caufés à cette ville , les boulets rouges ont réduit en
cendres cent trente-huit maifons. Deux cens quatre-
vingt- quatre ont été détruites par les bombes.
Il y en a cinq cens vingt- neuffort endommagées.
Des rues entieres n'offrent que des amas de ruines.
Parmi les maifons brûlées ou renversées , on
compte plufieurs magnifiques Hôtels & divers édi-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
fices publics. L'Eglife Métropolitaine a extrêmement
fouffert .
Les troupes , détachées par le Général Comte .
de Nadafty , ont harcelé fans relâche les Pruffiens
dans leur retraite de Jung Buntzlau vers Hirfchberg
. Le détachement du Colonel Ried , en particulier
, a tué deux cens hommes de leur arrieregarde
, & fait cinquante prifonniers. Le Pont de
Jung- Buntzlau , que l'ennemi avoit détruit , a
été rétabli. L'armée de l'Impératrice Reine marcha
le 4 à Alt- Benateck , le 5 à Kofmonos , le
6 à Jung Buntzlau , & le 7 à Munchfgratz. Elle
s'eft avancée la nuit derniere jufqu'à Schweigan
& l'avant- garde s'eft portée à une lieue & demie
par- delà Reichenberg. Dans ces marches , les
troupes légeres du Comte de Nadafty ont toujours
dévancé de deux ou trois lieues le gros de l'armée .
Les Corps Pruffiens , qui étoient à Reitchenberg
& dans les environs , fe font retirés précipitamment
à Zittau , & l'on efpere que demain l'ennemi
aura évacué la Luface. Le Colonel Laudon a
coulé à fond quinze Bateaux de tranſport venus
de Drefde , & a fait prifonnieres les troupes qui
les efcortoient. Il a fait occuper par des détachemens
les poftes de Toplitz & de Marie-Schein.
DE CORWEY , le 13 Juillet ,
Les ennemis , à ce qu'on affure , foutiennent
leur pofition de Minden. M. le Marquis d'Armentieres
eft revenu camper avec la réserve à Forf
temberg , & M. le Maréchal d'Eftrées a attendu
ici avec les Corps du Marquis de Souvré & de
M. de Chevert , & une partie de celui du Duc
d'Orléans , le refte de l'armée qui arrive aujour
d'hui. Il a fait établir deux nouveaux Ponts de
pontons àTonnenborg..
SEPTEMBRE . 1757.
195
Sur l'avis qu'il avoit reçu des difpofitions de
Caffel , il a jugé à propos de fufpendre la marche
du Duc d'Orléans , qui s'étoit acheminé vers la
Heffe avec vingt- huit Bataillons & trente- deux
Escadrons . Ce Prince eſt reſté à l'armée , & le
Maréchal a envoyé à Caffel le Marquis de Contades
avec quatre Brigades d'Infanterie & vingt Efcadrons
de Cavalerie.
a
Le Marquis de Pereufe , Maréchal de Camp ,
qui s'étoit porté avec une Brigade d'Infanterie &
une de Cavalerie de ce détachement à Munden ,
envoyé hier un Courier au Maréchal , pour l'informer
de la priſe de cette Place. La Garnifon
Hanovrienne , compofée de 300 hommes , a été
faite prifonniere de guerre.
Dans l'inftant , le Marquis de Contades mande
de Varborg , qu'il y a été joint par le Grand
Ecuyer du Landgrave , qui eft venu l'affurer de
la foumiffion du pays , ainfi que des difpofitions
certaines où eft ce Prince de procurer à l'armée
Françoiſe tous les fecours , que les refſources du
pays pourront fournir. Le Marquis de Contades
a reçu des ôtages pour fûreté de la convention ,
& nos troupes font en marche pour aller occuper
Caffel.
誓
DE HAMBOURG , le 16 Juillet.
Selon des avis reçus de Konifberg , la Ville de
Memel ayant été canonnée & bombardée très-vi◄
vement pendant fix jours par les Ruffiens , la Garniſon
a cápitulé le 5 de ce mois , & eft fortie de la
Place avec les honneurs de la guerre . Le Feld-
Maréchal de Lehwald s'eft porté de Tilſen ſur
Infterbourg.
On mande de Warfovie , que le Roi de Polc
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
gne Electeur de Saxe , a déclaré le Comte de Noftitz
& le fieur de Zefchwitz Lieutenans-Feld-
Maréchaux , le fieur de Goefnitz Major Général ,
& le fieur de Beckendorff Colonel , en confidéra.
tion des actions par lefquelles ces Officiers ſe ſont
diftingués dans la bataille de Chotzemitz .
DU CAMP DE HOLTZMINDEN , le 16 Juillet.
L'armée eft campée ici à la droite du Wefer. Le
Marquis d'Armentieres eft à deux lieues en avant
vers Hombourg avec fa réſerve. Aujourd'hui , le
Marquis de Pereufe s'eft emparé de la Ville de
Gottingue, dont la Garniſon a été faite prifonniere
de guerre .
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En juin 1757, deux escadres russes, dirigées par l'Amiral Michtchukoff et le Vice-Amiral Lewis, se sont réunies sur les côtes de Prusse avec une flotte de trente et un vaisseaux. Leur objectif était de bloquer le port de Memel, tandis que trente-sept mille hommes de l'armée du Feld-Maréchal Apraxin assiégeaient cette place. La flotte a capturé plusieurs bâtiments prussiens. En juillet, le Colonel Mac Ellicot a informé les Majestés Impériales que le Général Comte de Maguire avait pris le poste stratégique de Gabel avec un corps composé de douze compagnies de Grenadiers, trente piquets d'Infanterie et cinq cents chevaux. Après une résistance acharnée, la garnison prussienne, forte de trois mille cinq cents hommes, s'est rendue. Les troupes prussiennes se sont repliées vers la Saxe, mais ont été attaquées et mises en déroute par le Comte d'Esterházy, qui a capturé des chariots, des chevaux et deux pièces de canon. L'armée de l'Impératrice Reine a avancé vers Gabel, Krottau et Gorlitz, où les princes de Saxe s'étaient établis. Le Prince Charles de Lorraine a bombardé et pris Zittau. À Dresde, le Roi de Prusse a occupé le camp de Pirna pour protéger la Saxe des troupes autrichiennes. À Prague, les bombardements ont causé des dommages considérables, avec de nombreuses maisons détruites ou endommagées. Les troupes du Général Comte de Nadasty ont harcelé les Prussiens en retraite, capturant des prisonniers et rétablissant un pont détruit. L'armée de l'Impératrice Reine a ensuite avancé vers Schweigan, forçant les troupes prussiennes à se retirer. En Allemagne, les ennemis tenaient leur position à Minden. Le Maréchal d'Estrées a établi des ponts à Tonnenborg et suspendu la marche du Duc d'Orléans vers la Hesse. Le Marquis de Contades a pris la ville de Munden et reçu des assurances de soutien du Landgrave. À Hambourg, la ville de Memel a capitulé après un bombardement intense, et le Roi de Pologne a promu plusieurs officiers pour leurs actions lors de la bataille de Chotzemitz. L'armée française était campée à Holtzminden, et le Marquis de Pereuse a pris la ville de Göttingen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5592
p. 189-197
DÉCORATIONS du nouveau Théâtre.
Début :
Quelqu'étendue que nous ayent déja couté les détails de cet Article, plus intéressant [...]
Mots clefs :
Décorations, Décoration, Opéra, Théâtre, Acte, Palais, Architecture, Genre, Jupiter, Spectacle, Palais des Tuileries
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texteReconnaissance textuelle : DÉCORATIONS du nouveau Théâtre.
DÉCORATIONS du nouveau Théâtre.
Quelqu'étendue que nous ayent déja
couté les détails de cet Article , plus intéreſſant
qu'à l'ordinaire par les circonſtances
, nous ne pourrions refufer
ſans injustice , de configner ici & d'apprendre
aux Lecteurs le ſuccès des foins
qu'on a pris pour la ſplendeur du Spectacle.
Le premier Acte offre à l'ouverture
du rideau un vaſte Palais , d'une belle
architecture , percé par des colonades
en point de côté. Cette décoration occupe
une grande partie de la fuperficie
du Théâtre dont elle annonce d'abord
affez avantageuſement l'étendue. En
effet diverſes évolutions & tous les évé
nemens de deux combats y ſont exécutés
par près de 80 hommes armés,ſans
embarras ,& les Tableaux en font toujours
distinctement apperçus dans l'ordre
naturel des vraiſemblances , par
ceque les eſpaces qui les environnens
font toujours aſſez vaſtes.
Les curieux voyent avec plaifir au
deuxiéme Acte , un de ces grands Monumens
funéraires de l'Antiquité ; où
l'on dépoſoit les Corps ou les Cendres
des Rois , & des Héros. On en apperçoit
l'intérieur par une vaſte ouverture qui
laiſſe voir, parmi d'autres, le Mauſolée de
Caſtor,au-deſſusduquel ſont ſuſpendues
des lampes ſépulcrales. On n'eſt pas
tombé dans l'erreur d'en faire un Catafalque
moderne. Les ornemens font
caractériſtiques ; ce lieu eſt environné
d'obéliſques , de pyramides ,&de Tombeaux.
Le tout eſt dans le vrai genre de
l'Antique , & d'un fort bon Ton de
couleur. Des perſonnages , couverts de
grands voiles de deuil ,pleurans ſur ce
Tombeau & tout le reſte de la Pompe
funébre, ajoutent à la vérité de l'image,
analogue aux admirables morceaux
de muſique que tout le monde connoît.
L'intérieur du Palais de Jupiter enFEVRIER
. 1764. Ign 1
vironné de toute ſa gloire , au troifiéme
Acte , est d'autant plus impoſant
qu'il laiſſe voir prèſque toute la grandeur
de ce Théâtre. Le Péryſtile du
Temple de ce Dieu , qui précéde l'ouverture
de cette décoration , a pour les
connoiffeurs le mérite de la compofition&
de l'execution d'unTableau d'Architecture.
Ils donnent en même tems
de juſtes éloges à la maniére dont eſt
traitée la Cavernne , qui ſert d'entrée
aux Enfers, au quatriéme Acte. Ce qui
plaît , ou plutôt , ce qui enchante généralement
tous les yeux , eſt la décoration
qui ſuit immédiatement celle-ci ,
pour repréſenter les Champs Elyſées . Il
n'eſt pas poſſible au Génie pittoreſque
de mieux réaliſer le Génie Poëtique
que l'on a fait en cette occaſion. L'image
que l'on y donne,du ſéjour délicieux
des ombres , eſt le plus beau choix de
la nature , c'eſt en même temps plus que
la nature ; dans le charme des effets.
L'oeil ſe promene , perce dans les allées
& fur les bords du Léthé. La vue
s'y repoſe ; elle y fixe , pour ainſi dire
l'âme par une volupté penſible , dont
rien ne trouble la douceur. Une gradation
bien ménagée , une entente heureuſe
des lumières , une fraîcheur ſuave
,
192 MERCURE DE FRANCE.
dans le coloris , tout donne à cette décoration
, le vrai , le fini , & le précieux
du plus agréable Tableau de Païfage
peint ſur le chevalet. Si cette précédente
décoration raſſemble tout ce
qu'on peut imaginer d'agrémens dans
l'ordre de la nature , celle qui termine
l'Opéra ,fait voir , par un effort ſupérieur
de l'Art , tout ce que l'imagination pourroit
ſe peindre dans l'ordre ſurnaturel
des merveilles .
Elle repréſente , au milieu des Airs , un
Palais iſolé de Jupiter , d'une Architecture
légère , foutenu fur des nuages. Il
communique par des galleries aux (pavillons
des Génies qui préfident aux Planettes
, déſignés par les attributs de ces
Divinités; celui de Jupiter , couronné
d'une coupole élégante & riche eſt défigné
par les Aigles. On voit au-delà une
partie du Zodiaque où ſont les deux Jumeaux
nouvellement inſtallés. Le globe
du Soleil y parcourt ſa carrière . Indépendamment
des attributs, on a fort ingénieufement
exprimé le Phyſique des
Planettes , par la ſuppoſition de globes
lumineux , placés dans chaque Pavillon,
dont les émiſſions rayonnantes paſſent
à travers les entre-colonnes . Un feul ,
qui fait fond au Pavillon de Jupiter ,
eft
FEVRIER. 1764. 193
eſt vû de face & en plein . Une chaleur,
un feu vaporeux , régne tellement dans
cette décoration , que tout eſt lumière
, & qu'il ſemble que la couleur
en ſoit la cauſe première. L'ordonnance
des parties d'Architecture eſt élégante
, noble & céleste. La matière paroît
en être de lapis ſurhauffé d'or. Mais
plutôt , par un preſtige fingulier la matière
s'y diftingue à peine , tout y eſt
fondu & tout y eſt diſtinct , en forte que
dans ce brillant enſemble on ne voit ,
on ne fent que la Divinité dont on peint
le ſéjour. Par un effet étonnant , les
rayons des globes lumineux ſemblent
abfolument diaphanes ſur des fonds de
la matière la plus opaque . En un mot ,
toute cette décoration peut être regardée
comme une forte de magie qui ne
doit ſes preſtiges qu'aux propres forces
de l'art. Nous n'avons encore rien vû
d'auffi neuf en ce genre au Théâtre
ſans qu'on ait employé aucuns de ces
fecours étrangers à la Peinture, qui doivent
toujours être dédaignés par les
Artiſtes dans les imitations d'un
grand genre . On ſera moins furpris de
ce que nous rapportons ici de ces deux
décorations , quand on ſçaura que le
célébre M. BOUCHER prèſque toujours
I
194 MERCURE DE FRANCE .
inſpiré par le génie & guidé par
le goût , s'eſt prêté à en donner
l'idée , & qu'elles ont été exécutées
ſur ſes deſſeins par d'habiles Artiſtes
qui ont déja donné des preuves de
leurs talens. Ils ont tellement ſaiſi
la penſée & même la manière de ce
grand Maître , qu'on diroit que ſa main
&fon eſprit ont conduit leurs pinceaux.
C'eſt une fatisfaction pour les
Amateurs de voir renaître & perfectionner
en France un genre qui paroifſoit
devoir, après le fameux Servandoni,
retomber dans la barbarie d'où il l'avoit
tiré. Ces deux principales décorations
ne doivent pas faire négliger le
mérite d'une autre qui précéde la grande
décoration de la fin& qui repréſente
les dehors de la Ville de Sparte avec
un Arc de Triomphe. Le ſeul rideau du
fond eſt pour les Connoiffeurs une
preuve du talent le plus diftingué ; la
compofition & l'exécution font , ainſi
que toutes les autres décorations de l'Opéra
, des mêmes Artiſtes qui ont peint
* M. Baudon a peint les Champs Elysées & la
Caverne de l'Enfer , MM. Canot & Lallemand la
Décoration de l'Olympe du cinquiéme Acte. Le
Rideau des dehors de la Ville de Sparte eſt encore
de M. Baudon .
FEVRIER . 1764. 195
d'après M. Boucher , les Champs Elyfées
& la derniere décoration .
En conſidérant le nombre & la
richeſſe des habillemens ; en y joignant
le détail que nous venons de faire des
décorations, dans le nombre deſquelles
deux ſeulement * ne ſont pas entièrement
neuves,mais réparées & augmenrées
relativement aux nouvelles proportions
; on ne peut refuſer de juſtes
Eloges au zèle & a l'attention des Directeurs
de ce Spectacle , qui doit faire
la gloire de la Nation, mais où tous
les genres de dépenſes vont ſe trouver
confidérablement multipliés.
On doit remettre l'Opéra de Titon &
l'Aurore , le Jeudi 9 du préſent mois
de Février . Onle continuera les Jeudis
de chaque ſemaine.
La nuit du deux au trois de ce mois
on donna le premier Bal , dans la nouvelle
Salle qui a été univerſellement admirée.
En décrivant celle de l'Opéra ,
nous avons décrit plus haut celle-ci qui
eſt une répétition entiére &exacte des
trois rangs de Loges ſur le Théâtre , depuis
les Balcons qui forment la Partie
du milieu & dans lesquels ſont établis
*Celle du premier Alte & celle du troifiéme..
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
**
des Buffets vis-à-vis de grands trumeaux
de glaces . Les deux extrémités
de la Salle font ceintrées uniformément.
Sur le Plafond, qui eſt continué , ſont répétés
les mêmes compartimens & il eſt
terminé par une coupole,pareille à celle
du deffus de l'Amphiteâtre. La Salle , en
totalité, eſt plus longue & plus large qu'à
l'ancienOpéra.Celle - ci a d'une extrémité
à l'autre environ 80 pieds dans oeuvre
& 28 a 30 de largeur. Les proportions
en font d'un effet fatisfaiſantau premier
coup d'oeil. Sa régularité & l'uniformité
des Ornemens des Loges , lui donnent
en même tems une nobleſſe & un éclat
dont il paroît que tout le monde convient.
Nous ne rappellons pas ici les
commodités & les agrémens que procurent
les parties extérieures, dont nous
avons parlé dans l'Article de la Salle
d'Opéra , & dont la néceſſité dans
celle-ci , en fait encore mieux fentir
tous les avantages.
:
Elle est éclairée par une quantité
confidérable de fort beaux Luftres &
Girandoles de Criſtal.
,
Le Roi ayant bien voulu favoriſer la
commodité du Public juſqu'à permettre
la même liberté de paſſage ,
indiſtinctement dans toutes les Cours ,
FEVRIER. 1764 . 197
tant
du Palais des Thuileries , que dans les
rues de la Ville , on arrive à toutes les
heures , dans toute eſpéce de Voitures ,
Carroffes de Place , comme autres ,
à l'Opéra qu'au Bal. On peut dans
tel temps de la nuit que ce fait , faire
avancer en ſortant un Carroſſe de Place .
juſques a la Porte de la Salle , moyennant
une marque qu'on délivre à ceux
qui en demandent.
Ces Salles pour l'Opéra & pour le
Bal , ont été ainſi diſpoſées dans celle
des Thuileries , avec les aſſujettiſſemens
preſcrits, par les ſoins de M. GABRIEL,
premier Architecte du ROI , concertés
avec M. SoUFFLOT , Contrôleur des
Bâtimens pour ce Palais ,& fous fa conduite.
M. GIRAULD, Ingénieur Machiniſte
de l'Académie Royale de Muſique , &
des Menus Plaiſirs du Roi , a donné de
nouvelles preuves , en cette occafion ,
de ſes talens & de fa grande intelligence.
Aucuns des mouvemens , fi compliqués
, n'ayant manqué leur jeu dès la
première repréſentation , & le changement
fingulier de la Salle de Spectacle
en celle de Bal , s'opérant en moins de
trois heures.
Quelqu'étendue que nous ayent déja
couté les détails de cet Article , plus intéreſſant
qu'à l'ordinaire par les circonſtances
, nous ne pourrions refufer
ſans injustice , de configner ici & d'apprendre
aux Lecteurs le ſuccès des foins
qu'on a pris pour la ſplendeur du Spectacle.
Le premier Acte offre à l'ouverture
du rideau un vaſte Palais , d'une belle
architecture , percé par des colonades
en point de côté. Cette décoration occupe
une grande partie de la fuperficie
du Théâtre dont elle annonce d'abord
affez avantageuſement l'étendue. En
effet diverſes évolutions & tous les évé
nemens de deux combats y ſont exécutés
par près de 80 hommes armés,ſans
embarras ,& les Tableaux en font toujours
distinctement apperçus dans l'ordre
naturel des vraiſemblances , par
ceque les eſpaces qui les environnens
font toujours aſſez vaſtes.
Les curieux voyent avec plaifir au
deuxiéme Acte , un de ces grands Monumens
funéraires de l'Antiquité ; où
l'on dépoſoit les Corps ou les Cendres
des Rois , & des Héros. On en apperçoit
l'intérieur par une vaſte ouverture qui
laiſſe voir, parmi d'autres, le Mauſolée de
Caſtor,au-deſſusduquel ſont ſuſpendues
des lampes ſépulcrales. On n'eſt pas
tombé dans l'erreur d'en faire un Catafalque
moderne. Les ornemens font
caractériſtiques ; ce lieu eſt environné
d'obéliſques , de pyramides ,&de Tombeaux.
Le tout eſt dans le vrai genre de
l'Antique , & d'un fort bon Ton de
couleur. Des perſonnages , couverts de
grands voiles de deuil ,pleurans ſur ce
Tombeau & tout le reſte de la Pompe
funébre, ajoutent à la vérité de l'image,
analogue aux admirables morceaux
de muſique que tout le monde connoît.
L'intérieur du Palais de Jupiter enFEVRIER
. 1764. Ign 1
vironné de toute ſa gloire , au troifiéme
Acte , est d'autant plus impoſant
qu'il laiſſe voir prèſque toute la grandeur
de ce Théâtre. Le Péryſtile du
Temple de ce Dieu , qui précéde l'ouverture
de cette décoration , a pour les
connoiffeurs le mérite de la compofition&
de l'execution d'unTableau d'Architecture.
Ils donnent en même tems
de juſtes éloges à la maniére dont eſt
traitée la Cavernne , qui ſert d'entrée
aux Enfers, au quatriéme Acte. Ce qui
plaît , ou plutôt , ce qui enchante généralement
tous les yeux , eſt la décoration
qui ſuit immédiatement celle-ci ,
pour repréſenter les Champs Elyſées . Il
n'eſt pas poſſible au Génie pittoreſque
de mieux réaliſer le Génie Poëtique
que l'on a fait en cette occaſion. L'image
que l'on y donne,du ſéjour délicieux
des ombres , eſt le plus beau choix de
la nature , c'eſt en même temps plus que
la nature ; dans le charme des effets.
L'oeil ſe promene , perce dans les allées
& fur les bords du Léthé. La vue
s'y repoſe ; elle y fixe , pour ainſi dire
l'âme par une volupté penſible , dont
rien ne trouble la douceur. Une gradation
bien ménagée , une entente heureuſe
des lumières , une fraîcheur ſuave
,
192 MERCURE DE FRANCE.
dans le coloris , tout donne à cette décoration
, le vrai , le fini , & le précieux
du plus agréable Tableau de Païfage
peint ſur le chevalet. Si cette précédente
décoration raſſemble tout ce
qu'on peut imaginer d'agrémens dans
l'ordre de la nature , celle qui termine
l'Opéra ,fait voir , par un effort ſupérieur
de l'Art , tout ce que l'imagination pourroit
ſe peindre dans l'ordre ſurnaturel
des merveilles .
Elle repréſente , au milieu des Airs , un
Palais iſolé de Jupiter , d'une Architecture
légère , foutenu fur des nuages. Il
communique par des galleries aux (pavillons
des Génies qui préfident aux Planettes
, déſignés par les attributs de ces
Divinités; celui de Jupiter , couronné
d'une coupole élégante & riche eſt défigné
par les Aigles. On voit au-delà une
partie du Zodiaque où ſont les deux Jumeaux
nouvellement inſtallés. Le globe
du Soleil y parcourt ſa carrière . Indépendamment
des attributs, on a fort ingénieufement
exprimé le Phyſique des
Planettes , par la ſuppoſition de globes
lumineux , placés dans chaque Pavillon,
dont les émiſſions rayonnantes paſſent
à travers les entre-colonnes . Un feul ,
qui fait fond au Pavillon de Jupiter ,
eft
FEVRIER. 1764. 193
eſt vû de face & en plein . Une chaleur,
un feu vaporeux , régne tellement dans
cette décoration , que tout eſt lumière
, & qu'il ſemble que la couleur
en ſoit la cauſe première. L'ordonnance
des parties d'Architecture eſt élégante
, noble & céleste. La matière paroît
en être de lapis ſurhauffé d'or. Mais
plutôt , par un preſtige fingulier la matière
s'y diftingue à peine , tout y eſt
fondu & tout y eſt diſtinct , en forte que
dans ce brillant enſemble on ne voit ,
on ne fent que la Divinité dont on peint
le ſéjour. Par un effet étonnant , les
rayons des globes lumineux ſemblent
abfolument diaphanes ſur des fonds de
la matière la plus opaque . En un mot ,
toute cette décoration peut être regardée
comme une forte de magie qui ne
doit ſes preſtiges qu'aux propres forces
de l'art. Nous n'avons encore rien vû
d'auffi neuf en ce genre au Théâtre
ſans qu'on ait employé aucuns de ces
fecours étrangers à la Peinture, qui doivent
toujours être dédaignés par les
Artiſtes dans les imitations d'un
grand genre . On ſera moins furpris de
ce que nous rapportons ici de ces deux
décorations , quand on ſçaura que le
célébre M. BOUCHER prèſque toujours
I
194 MERCURE DE FRANCE .
inſpiré par le génie & guidé par
le goût , s'eſt prêté à en donner
l'idée , & qu'elles ont été exécutées
ſur ſes deſſeins par d'habiles Artiſtes
qui ont déja donné des preuves de
leurs talens. Ils ont tellement ſaiſi
la penſée & même la manière de ce
grand Maître , qu'on diroit que ſa main
&fon eſprit ont conduit leurs pinceaux.
C'eſt une fatisfaction pour les
Amateurs de voir renaître & perfectionner
en France un genre qui paroifſoit
devoir, après le fameux Servandoni,
retomber dans la barbarie d'où il l'avoit
tiré. Ces deux principales décorations
ne doivent pas faire négliger le
mérite d'une autre qui précéde la grande
décoration de la fin& qui repréſente
les dehors de la Ville de Sparte avec
un Arc de Triomphe. Le ſeul rideau du
fond eſt pour les Connoiffeurs une
preuve du talent le plus diftingué ; la
compofition & l'exécution font , ainſi
que toutes les autres décorations de l'Opéra
, des mêmes Artiſtes qui ont peint
* M. Baudon a peint les Champs Elysées & la
Caverne de l'Enfer , MM. Canot & Lallemand la
Décoration de l'Olympe du cinquiéme Acte. Le
Rideau des dehors de la Ville de Sparte eſt encore
de M. Baudon .
FEVRIER . 1764. 195
d'après M. Boucher , les Champs Elyfées
& la derniere décoration .
En conſidérant le nombre & la
richeſſe des habillemens ; en y joignant
le détail que nous venons de faire des
décorations, dans le nombre deſquelles
deux ſeulement * ne ſont pas entièrement
neuves,mais réparées & augmenrées
relativement aux nouvelles proportions
; on ne peut refuſer de juſtes
Eloges au zèle & a l'attention des Directeurs
de ce Spectacle , qui doit faire
la gloire de la Nation, mais où tous
les genres de dépenſes vont ſe trouver
confidérablement multipliés.
On doit remettre l'Opéra de Titon &
l'Aurore , le Jeudi 9 du préſent mois
de Février . Onle continuera les Jeudis
de chaque ſemaine.
La nuit du deux au trois de ce mois
on donna le premier Bal , dans la nouvelle
Salle qui a été univerſellement admirée.
En décrivant celle de l'Opéra ,
nous avons décrit plus haut celle-ci qui
eſt une répétition entiére &exacte des
trois rangs de Loges ſur le Théâtre , depuis
les Balcons qui forment la Partie
du milieu & dans lesquels ſont établis
*Celle du premier Alte & celle du troifiéme..
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
**
des Buffets vis-à-vis de grands trumeaux
de glaces . Les deux extrémités
de la Salle font ceintrées uniformément.
Sur le Plafond, qui eſt continué , ſont répétés
les mêmes compartimens & il eſt
terminé par une coupole,pareille à celle
du deffus de l'Amphiteâtre. La Salle , en
totalité, eſt plus longue & plus large qu'à
l'ancienOpéra.Celle - ci a d'une extrémité
à l'autre environ 80 pieds dans oeuvre
& 28 a 30 de largeur. Les proportions
en font d'un effet fatisfaiſantau premier
coup d'oeil. Sa régularité & l'uniformité
des Ornemens des Loges , lui donnent
en même tems une nobleſſe & un éclat
dont il paroît que tout le monde convient.
Nous ne rappellons pas ici les
commodités & les agrémens que procurent
les parties extérieures, dont nous
avons parlé dans l'Article de la Salle
d'Opéra , & dont la néceſſité dans
celle-ci , en fait encore mieux fentir
tous les avantages.
:
Elle est éclairée par une quantité
confidérable de fort beaux Luftres &
Girandoles de Criſtal.
,
Le Roi ayant bien voulu favoriſer la
commodité du Public juſqu'à permettre
la même liberté de paſſage ,
indiſtinctement dans toutes les Cours ,
FEVRIER. 1764 . 197
tant
du Palais des Thuileries , que dans les
rues de la Ville , on arrive à toutes les
heures , dans toute eſpéce de Voitures ,
Carroffes de Place , comme autres ,
à l'Opéra qu'au Bal. On peut dans
tel temps de la nuit que ce fait , faire
avancer en ſortant un Carroſſe de Place .
juſques a la Porte de la Salle , moyennant
une marque qu'on délivre à ceux
qui en demandent.
Ces Salles pour l'Opéra & pour le
Bal , ont été ainſi diſpoſées dans celle
des Thuileries , avec les aſſujettiſſemens
preſcrits, par les ſoins de M. GABRIEL,
premier Architecte du ROI , concertés
avec M. SoUFFLOT , Contrôleur des
Bâtimens pour ce Palais ,& fous fa conduite.
M. GIRAULD, Ingénieur Machiniſte
de l'Académie Royale de Muſique , &
des Menus Plaiſirs du Roi , a donné de
nouvelles preuves , en cette occafion ,
de ſes talens & de fa grande intelligence.
Aucuns des mouvemens , fi compliqués
, n'ayant manqué leur jeu dès la
première repréſentation , & le changement
fingulier de la Salle de Spectacle
en celle de Bal , s'opérant en moins de
trois heures.
Fermer
5593
p. 181-195
Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. du dernier mois, Dame Elisabeth Gabrielle Françoise Rouxel [...]
Mots clefs :
Dame de Médavy, Serment, Parlement, Dignité, Abbaye de Remiremont, Assemblée, Fille, Baron, Princesse, Abbesse, Audiences, Érudition, Chapitre, Esprit, Vertu, Archevêque, Comte, Chanoinesses, Établissement, Doyenne, Habillement, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23. du dernier mois , Dame
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
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Résumé : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23 août 1685, Élisabeth Gabrielle Françoise Rouxel de Médavy a prêté serment au Parlement de Metz pour devenir Secrétaire ou Sacristine de l'Illustre Collège, Chapitre et Abbaye de Remiremont. Elle avait été élue lors de l'assemblée du 16 juillet précédent, suite à un arrêt du Parlement. Cette élection faisait suite au décès de Dame Anne de Malin de Luz, dernière Secrétaire, survenu en avril 1684 après 48 ans de service. La succession a été marquée par des conflits, notamment entre Madame la Princesse de Salm, abbesse de Remiremont, qui soutenait Madame Christine de Salm, sa nièce, et le Chapitre de Remiremont, qui avait élu Madame de Médavy. Après plusieurs audiences et plaidoiries, le procureur général Corberon a conclu en faveur de Madame de Médavy. Une nouvelle élection a été ordonnée le 15 septembre 1685, confirmant son élection. Madame de Médavy est issue d'une famille illustre, fille de Guillaume de Rouxel de Médavy, Comte de Marey, et de Marie d'Achey. L'Abbaye de Remiremont, fondée par Romaric au début du septième siècle, compte plus de cinquante dames de haute qualité. Le texte décrit également les vêtements et pratiques des dignitaires féminines, comme l'Abbesse, la Doyenne et la Secrétaire, qui portent des manteaux et des couvre-chefs spécifiques. Lors de la fête de l'Invention de Saint Étienne, les dames d'église participent à une procession vers la cathédrale Saint-Étienne de Metz, chantant un motet et suivant un ordre précis. Lors de la dernière procession, une grosse cloche est tombée, endommageant deux planchers et une voûte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5594
p. 192-212
Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Début :
L'Academie Royale des Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Discours, Mercure, Opium, Vitriol, Vapeurs, Sel, Chaux, Tartre, Chimiste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Ne croyant pas pou voir donner ce mois-ci
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
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Résumé : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale des Sciences le 6 avril, l'Abbé Bignon félicita la compagnie pour l'absence de décès d'académiciens au dernier semestre. Plusieurs mémoires furent présentés. Mr Lemery, fils, lut un mémoire sur les différentes couleurs des précipités du mercure, expliquant que le mercure dissous dans l'esprit de nitre change de couleur selon les substances ajoutées. Il attribua la couleur jaune ou rouge du mercure à la présence de 'parties de feu' dans les substances mélangées. Mr Cassini, fils, présenta un mémoire sur le flux et le reflux de la mer, fournissant des moyens de déterminer l'heure des marées en France et démontrant que les mouvements réguliers de la mer dépendent principalement de la pression lunaire. Mr Boulduc, père, découvrit un nouvel opium à partir des fleurs de coquelicot, somnifère doux et utile, contrairement à l'opium ordinaire qui peut avoir des effets néfastes. Mr Vinflou, anatomiste, discuta des glandes animales, les classant en six catégories : glandes conglobées, conglomérées, en grain, à poil, irrégulières et imperceptibles. Il décrivit la structure de plusieurs glandes, comme celles de l'estomac, du rein, du foie et de la rate. L'Abbé Bignon conclut chaque présentation en soulignant l'utilité des observations et découvertes présentées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5595
p. 193-219
HISTORIETTE.
Début :
Il y auroit plus d'Amans heureux que l'on en voit, [...]
Mots clefs :
Amants, Marquis, Conseiller, Comte, Jeune héritière, Soeur, Parente, Coeur, Pouvoir, Amant, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE.
HISTORIETTE,
IL y auroit plus d'Amans
heureux que l'on n'en voit
fi on laiffoit l'amour mail
tre de fes entrepriſes , mais
s'il peut toucher les coeurs
quand il luy plaiſt , il n'a
pas toûjours le pouvoir de
les unir. Des obftacles invincibles
renverfent fouvent
fes plus grands deffeins
, & ce qui eft le plus
chagrinant , c'eft qu'il fe
Mars
1714.
R
194 MERCURE
rencontre des occafions où
il fe nuit par luy même.
Un jeune Homme de qualité
, qui ayant un Marquifat
eftoit Marquis à bon titre,
devint amoureux d'une
des plus aimables Perfonnes
de la Ville où il demeuroit.
Elle eftoit d'une Famille
de Robe , & un Frere
unique qu'elle avoit
eftoit Confeiller au Parlement
de fa Province
mais il s'attendoit bien à
monter avec l'âge dans des
Charges plus confidéra-
Eles. Ce Frere eftoit alors
GALANT. 195
fur le point de revenir d'un
voyage d'Italie , & quoy
que fon retour fuft fort
proche , le Marquis nelaiffa
pas de faire affez de progrés
dans le coeur de cette
Belle , avant qu'il fuft revenu.
Elle eftoit vive naturel.
lement,, pleine de foins &
de zele pour ce qu'elle aimoit
, & fi fenfible à l'amitié
qu'on luy témoignoit
,
qu'il y avoit fujet d'efperer
que les empreffemens
de
l'amour ne luy feroient pas
indifférens
. Elle trouva le
Marquis affez aimable
Rij
196 MERCURE
>
pour le perfuader qu'elle
en pourroit eftre aimée , &
elle eftoit trop fincere pour
douter long- temps de la
fincerité des autres fur
tout quand ils eftoient agréables
. Enfin de la ma.
niere dont le Confeiller
vit les chofes difpofées à
fon retour
il jugea bien
qu'il ne feroit plus chargé
de fa Soeur , qu'autant que
des Articles de mariage à
regler le demanderoient
car elle ne dépendoit que
de luy. Le Marquis fit tous.
les pas neceffaires , & les
GALANT
* . 197
Amans alloient eftre heureux
, s'il n'y euft point eu
d'autre amour que le leur
dans leur Famille . Le Marquis
avoit une Couſine germaine
, qui eftoit demeurée
feule Heritiere d'un
grand Ben , par la mort
de fon Pere & de fa Mere.
Elle eftoit tombée fous fa
Tutelle , parce qu'un autre
Tuteur qu'elle avoit eu
d'abord , cftoit mort depuis
fix mois. C'eftoit au jeune
Tuteur à difpofer de fa jeu
ne Pupille ; mais elle avoit
difpofé elle mefme de fon
FR iij
198 MERCURE
coeur , fans avis de Parens .
Un Gentilhomme fort fpirituel
, & qui avoit affez
de naiffance , pour pouvoir
prendre le titre de Comte ,
avoit entrepris de plaire à
la Belle , & luy avoit plû.
Il avoit fait diverfes Campagnes
avec beaucoup de
dépenfe , & affez de réputation
. Cela ébloüiffoit fort:
l'aimable Héritiere
avoit le coeur tres - bien placé
. Par malheur pour le
Marquis , le Confeiller la
vit trop fouvent , & fon
coeur en fut touché. Elle
qui
THEQUE
GALANT.
BIBLIO
avoit tout l'air d'une
LY
BAD
DE
LA
VILLE
de naiſſance , une certain e
fierté qui luy feyoit bien ,
moins de beauté que de
manieres agréables , & un
art particulier de fe faire
extrémement valoir , fans
avoir pourtant d'orgueil
qui choquaft . Peut - eftre
auroit - il choqué dans une
Perfonne, qui cuft eu moins
de naiffance , moins de jeuneffe
, & moins de Bien .
Elle ne regardoit guére les
Hommes qu'avec une efpece
de dédain . Le Comre
eftoit le plus excepté ; en-
R iiij
200 MERCURE
core le traitoit elle quelquefois
comme les autres
, quand elle en avoit
envie . Tout cela charma
le Confeiller, Ileftoit affez
riche pour ne devoir pas
eftre foupçonné d'aimer la
jeune Heritiere pour fon
Bien. Cependant il ne laif
fa peut eft e pas d'avoir
quelques veues de ce coftélà.
Ce qui luy parut d'un
fort bon augure pour fa
paffion , ce fut l'amour du
Marquis & de fa Soeur. 11
trouvoit mefme quelque
chofe d'agréable à s'imaGALANT
. 201
giner la double alliance de
leurs Maifons , & l'échange
qu'elles ferojent entreelles
de ces deux jeunes
Perfonnes . Il découvrit fon
deffein au Marquis , & luy
exagera fort le plaifir qu'il
fe feroit de devenir fon
Coufin-germain , en mef
me temps qu'il deviendroit
fon Beau -frere . Le Marquis
ne reçût point cette
propofition avec autant de
joye qu'il euft dû naturellement
la recevoir . Il luy
parut auffi - toft , fans qu'il
fçuft trop pourquoy , que
202 MERCURE
4
c'eftoit une difficulté furvenue
à fes affaires il
euft beaucoup mieux aimé
qu'on n'euft parlé que d'une
alliance. Cependant
quand il y eut fait refléxion
, il ne trouva pas que
le mariage du Confeiller
avec la Parente , duft cftre
une chofe fi malaisée , &
it fe perfuada , ou il tâcha
de fe le perfuader que
quand mefme il ne fe feroit
pas , cela n'apportéroit
point d'obſtacle à fon
bonheur. Il alla donc propofer
le Confeiller à fa
.
GALANT. 103
Coufine , avec toute l'addreffe
dont fa paffion le
rendoit capable ; mais elle
luy fit connoiftre combien
elle eftoit peu difpofée à
fonger à ce Party . Il pric
encore trois ou quatre fois
le temps le plus favorable
qu'il put , pour traiter la
mefme matiere mais ce
fut toûjours inutilement .
Le Comte n'eftoit point
trop connu pour un Amant
de la Parente du Marquis ,
& moins encore pour un
Amant qu'elle aimaſt . Elle
avoit avec luy une manie-
>
204 MERCURE
re d'agir fi inégale , que
l'on eftoit bien embaraffé à
pouvoir juger de ce qui
eftoit entre eux . Ainfi le
Marquis ne fceut pas précifement
s'il devoit fe prendre
au Comte , de l'éloi
gnement que fa Coufine
montroit pour leConfeiller,
ou s'il ne devoit s'en pren
dre qu'au peu d'inclination
qu'elle faifoit voir en general
pour la Robe , ce qui
femblait eftre affez natu
rel à une jeune Perfonne ,
dont les yeux font plus fla
tez de l'équipage d'un Ca.
GALANT.
205
valier , que de celuy d'un
Magiftrat , & dont les oreilles
fe plaifent davantage au
récit d'une Campagne
qu'à celuy du jugement
d'un Procés. Le Marquis
fit entendre au Confeiller .
le plus honneftement qu'il
luy fur poffible , le mauvais
fuccés de fa négotiation. 11
ne luy en dit qu'un partie ,
pour l'accoûtumer douce
ment au déplaifir d'être refufé
, & il quita ce difcours
fort vifte , pour luy parler
de ce qui le regardoit
mais le Confeiller luy parut
206 MERCURE
fort refroidy fur le mariage
de fa Soeur , & le Marquis
jugea bien déflors qu'il auroit
de la peine à eftre le
Beau- frere du Confeiller ,
s'il ne devenoit auffi fon
Coufin. Il fit de nouveaux
efforts fur fa Parente , qui
luy parut toûjours moins
difpofée à faire ce qu'il
vouloit. Il loüa le Confeiller
& toute la Robe & dit
tout le mal qu'il put des
Gens d'Epée . Il alla meſme
jufqu'à tourner le Comte
en ridicule , & juſqu'à
le décrier , fans épargner
•
GALANT . 207
que fon nom ; mais tout
cela ne gagna rien fur cette
Parente . A la fin voyant
qu'il ne pouvoit luy donner
de gouft pour le Confeiller
, il crut devoir le dégoûter
d'elle . Il luy dit en confidence
qu'elle n'eftoit pas
d'une humeur aiſée , & qu'-
elle donneroit aſſez de peine
à un Mary ; que mefme
elle n'avoit pas autant de
Bien qu'on s'imaginoit ,
qu'il le fçavoit mieux qu'un
autre , puis qu'il eftoit fon`
Tuteur ; mais le Confeiller
ne fe rendit point à ces ar-
&
208 MERCURE
tifices . Il foupçonna que le
Marquis ne les employoit
que pour ſe diſpenſer de le
fervir de tout fon pouvoir ,
& dans l'humeur chagrine
où il fe trouva , il luy déclara
fort nettement que le
feul moyen d'obtenir la
Soeur , eftoit de le faire aimer
de fa Parente . Le Marquis
qui eftoit fort amoureux
, fut au défefpoir. Il
repréſenta au Confeiller ,
avec toute la force & toute
la vivacité imaginable
qu'il ne devoit pas eftre
puny des bizarreries de fa
Pupille
GALANT. 209
Pupille ; mais le Confeiller
fut inexorable
. Sa Soeur
commença
à fentir pour
la jeune Heritiere
, toute la
haine qu'elle euft pû avoir
pour une Rivale . Elle n'en
parloit jamais que comme
d'une Demoifelle de Campagne
, qu'une fierté ridicule
rendoit infuportable
par tout , & qui fe croyoit
d'une meilleure Maifon
qu'une autre , parce que
fes Parens n'avoient pas
coûtume de demeurer dans
les Villes . Le Comte eftoit
charmé de la réfiftance
Mars 1714.
"
S
110 MERCURE
qu'on faiſoit pour luy aux
volontez du Marquis ; mais
il fut au déſeſpoir , quand
le Marquis dit un jour à
fa Coufine , d'un ton ferme
& prefque abfolu , que
fi c'eftoit à caufe du Comte
'qu'elle refufoit le Confeiller
, elle devoit s'affeurer
qu'il s'oppoferoit toûjours
de tout fon pouvoir aux
prétentions de cet Amant.
Elle nia que le Comte fuft
fon Amant , & qu'elle l'euft
jamais regardé fur ce piedlà
. Le Comte qui vit fes
affaires en défordre , s'aviGALANT.
21I
fa d'un expédient affez extraordinaire
. Il confidera
qui s'il pouvoit rompre l'u
nion du Marquis & de l'aimable
Perfonne à qui il
eftoit fi fort attaché , le
Marquis ne s'obſtineroit
plus à vouloir donner fa
Parente au Conſeiller ;
mais comment mettre mal
enfemble deux Perfonnes
qui s'aimoient fi tendrement
1 eftoit entreprenant
ne défefperoit jamais
de rien , & fur tout
il comptoit beaucoup fur
l'inconftance des Femmes.
,
Sij
212 MERCURE
Ainfi de concert avec la
jeune Heritiere , il réfolut
de fe feindre Amant de la
Soeur du Confeiller , & de
la conduire à faire une infidélité
au Marquis . Il fe
rendit peu à peu & fans
marque d'affectation , plus
affidu à la voir. Comme il
n'eftoit pas Amant déclaré
de l'Heritiere , fa conduite
ne parut pas fi étrange.
Le Confeiller luy - mefme
qui le foupçonnoit d'eftre
fon Rival , eftoit bien - aiſe
de commencer à avoir lieu
d'en douter. L'Heritiere de
GALANT . 20:3
fon cofté , qui vouloit favorifer
les affiduitez du
Comte chez la Soeur du
Confeiller , recevoit le Confeiller
bien plus agréablement
, depuis que le Comte
alloit moins fouvent chez
elle . Ainfi il n'y ayoit que le
Marquis à qui le nouvel attachement
du Comte ne
plaifoit pas trop. Elle eftoit
née pour la tendreffe , mais
non pas pour la conftance.
Elle avoit un coeur qui recevoit
des impreffions affez
vivement mais encore plus
facilement . Enfin elle eftoit
214 MERCURE
faite comme la plupart des
Femmes ont accoûtumé de
l'eftre . Le Comte avoit de
l'aſcendant ſur le Marquis.ll
l'étoufoit , & l'empefchant
de paroiftre en fa préfence ,
il pouffoit la converſation
jufqu'à un ton de gayeté &
d'enjouëment , où le Marquis
ne pouvoit aller , &
avoit l'adreſſe de mettre
toujours fon Rival hors de
fon génie naturel . La diférence
qui eftoit entre - eux ,
frapoit trop les yeux de la
Belle pour nnee la pas déterminer
en faveur du Com-
3
GALANT .
215
te. D'abord elle luy applaudiffoit
bien plus qu'au
Marquis. Enfuite elle le
trouva beaucoup plus à dire
quand il n'eftoit pas chez
elle , que quand le Marquis
n'y eftoit pas. Enfin
foit par fes regards , foit par
fes manieres, elle luy donna
une préference fi viſible ,
que le Marquis , aprés plufieurs
plaintes qui furent
affez mal reçûës , ne pút
douter qu'il ne fuft trahy.
Le Confeiller qui fe crut
heureux , fur ce qu'il ne
trouvoit plus le Comte en
216
MERCURE
fon chemin , & qui s'apper- '
eevoit qu'il eftoit micux
dans l'efprit de l'Heritiere ,
s'imagina que
le
temps
eftoit favorable pour pref
fer le Marquis d'achever
ce qu'il avoit commencé ;
mais le Marquis luy répondit
léchement , que fa Soeur
avoit changé , qu'elle l'avoit
quitté pour un autre , qu'il
ne fongeoit plus à elle ; &
vous ne devez pas trouver
mauvais , pourfuivir - il , que
je vous redile ce que vous
m'avez dit fi fouvent , que
nous ne pouvons faire aucunc
GALANT. 217
>
cune alliance , fi nous n'en
faifons deux à la fois. Jamais
le Confeiller ne fut
plus furpris . Il querella fa
Soeur , & luy fit mille reproches
. Il éloigna tout- àfait
le Comte de chez luy
& de Comte en fut trescontent.
La Seur meſme
qui foupçonna quelque
trahison ; auroit fouhaité
de tout fon coeur fe raccommoder
avec le Marquis.
Le Confeiller y travailla
de tout fon pouvoir ;
mais le Marquis ne put digerer
l'injure qu'on luy
Mars
1714.
T
218
MERCURE
pas
;
avoit faite . Le Comte , qui
eftoit caufe de toute cette
révolution , ne fut pas plus
heureux que les autres . Son
deffein luy avoit paru plai
fant à imaginer , & à executer
mais il n'en avoit
bien préveu les fuites.
Le Marquis conceur pour
luy toute la haine que l'on
peut avoir pour un Rival.
il mit bon ordre à empef
cher qu'il ne put voir fouvent
la jeune Heritiere , &
il fouleva tellement toute
la Parenté contre luy >
qu'il n'auroit pas efté bien
GALANT .• 0219
receu à parler de Mariage .
Ainfi perfonne ne ſe maria ;
ce ne fut que divifion de
tous coftez. Peut - eftre
quand la belle Heritiere
fera en âge de difpofer
d'elle , elle fera choix du
Comte qui l'aime toujours
; mais dans le temps
qu'il faudra attendre , c'eſt
grande merveille , fi l'une
des deux paffions ne s'affoiblit.
Aprés tout pour
tant , elles pourront ne s'affoiblir
pas , car les deux
Amans ne fe voyent guére.
IL y auroit plus d'Amans
heureux que l'on n'en voit
fi on laiffoit l'amour mail
tre de fes entrepriſes , mais
s'il peut toucher les coeurs
quand il luy plaiſt , il n'a
pas toûjours le pouvoir de
les unir. Des obftacles invincibles
renverfent fouvent
fes plus grands deffeins
, & ce qui eft le plus
chagrinant , c'eft qu'il fe
Mars
1714.
R
194 MERCURE
rencontre des occafions où
il fe nuit par luy même.
Un jeune Homme de qualité
, qui ayant un Marquifat
eftoit Marquis à bon titre,
devint amoureux d'une
des plus aimables Perfonnes
de la Ville où il demeuroit.
Elle eftoit d'une Famille
de Robe , & un Frere
unique qu'elle avoit
eftoit Confeiller au Parlement
de fa Province
mais il s'attendoit bien à
monter avec l'âge dans des
Charges plus confidéra-
Eles. Ce Frere eftoit alors
GALANT. 195
fur le point de revenir d'un
voyage d'Italie , & quoy
que fon retour fuft fort
proche , le Marquis nelaiffa
pas de faire affez de progrés
dans le coeur de cette
Belle , avant qu'il fuft revenu.
Elle eftoit vive naturel.
lement,, pleine de foins &
de zele pour ce qu'elle aimoit
, & fi fenfible à l'amitié
qu'on luy témoignoit
,
qu'il y avoit fujet d'efperer
que les empreffemens
de
l'amour ne luy feroient pas
indifférens
. Elle trouva le
Marquis affez aimable
Rij
196 MERCURE
>
pour le perfuader qu'elle
en pourroit eftre aimée , &
elle eftoit trop fincere pour
douter long- temps de la
fincerité des autres fur
tout quand ils eftoient agréables
. Enfin de la ma.
niere dont le Confeiller
vit les chofes difpofées à
fon retour
il jugea bien
qu'il ne feroit plus chargé
de fa Soeur , qu'autant que
des Articles de mariage à
regler le demanderoient
car elle ne dépendoit que
de luy. Le Marquis fit tous.
les pas neceffaires , & les
GALANT
* . 197
Amans alloient eftre heureux
, s'il n'y euft point eu
d'autre amour que le leur
dans leur Famille . Le Marquis
avoit une Couſine germaine
, qui eftoit demeurée
feule Heritiere d'un
grand Ben , par la mort
de fon Pere & de fa Mere.
Elle eftoit tombée fous fa
Tutelle , parce qu'un autre
Tuteur qu'elle avoit eu
d'abord , cftoit mort depuis
fix mois. C'eftoit au jeune
Tuteur à difpofer de fa jeu
ne Pupille ; mais elle avoit
difpofé elle mefme de fon
FR iij
198 MERCURE
coeur , fans avis de Parens .
Un Gentilhomme fort fpirituel
, & qui avoit affez
de naiffance , pour pouvoir
prendre le titre de Comte ,
avoit entrepris de plaire à
la Belle , & luy avoit plû.
Il avoit fait diverfes Campagnes
avec beaucoup de
dépenfe , & affez de réputation
. Cela ébloüiffoit fort:
l'aimable Héritiere
avoit le coeur tres - bien placé
. Par malheur pour le
Marquis , le Confeiller la
vit trop fouvent , & fon
coeur en fut touché. Elle
qui
THEQUE
GALANT.
BIBLIO
avoit tout l'air d'une
LY
BAD
DE
LA
VILLE
de naiſſance , une certain e
fierté qui luy feyoit bien ,
moins de beauté que de
manieres agréables , & un
art particulier de fe faire
extrémement valoir , fans
avoir pourtant d'orgueil
qui choquaft . Peut - eftre
auroit - il choqué dans une
Perfonne, qui cuft eu moins
de naiffance , moins de jeuneffe
, & moins de Bien .
Elle ne regardoit guére les
Hommes qu'avec une efpece
de dédain . Le Comre
eftoit le plus excepté ; en-
R iiij
200 MERCURE
core le traitoit elle quelquefois
comme les autres
, quand elle en avoit
envie . Tout cela charma
le Confeiller, Ileftoit affez
riche pour ne devoir pas
eftre foupçonné d'aimer la
jeune Heritiere pour fon
Bien. Cependant il ne laif
fa peut eft e pas d'avoir
quelques veues de ce coftélà.
Ce qui luy parut d'un
fort bon augure pour fa
paffion , ce fut l'amour du
Marquis & de fa Soeur. 11
trouvoit mefme quelque
chofe d'agréable à s'imaGALANT
. 201
giner la double alliance de
leurs Maifons , & l'échange
qu'elles ferojent entreelles
de ces deux jeunes
Perfonnes . Il découvrit fon
deffein au Marquis , & luy
exagera fort le plaifir qu'il
fe feroit de devenir fon
Coufin-germain , en mef
me temps qu'il deviendroit
fon Beau -frere . Le Marquis
ne reçût point cette
propofition avec autant de
joye qu'il euft dû naturellement
la recevoir . Il luy
parut auffi - toft , fans qu'il
fçuft trop pourquoy , que
202 MERCURE
4
c'eftoit une difficulté furvenue
à fes affaires il
euft beaucoup mieux aimé
qu'on n'euft parlé que d'une
alliance. Cependant
quand il y eut fait refléxion
, il ne trouva pas que
le mariage du Confeiller
avec la Parente , duft cftre
une chofe fi malaisée , &
it fe perfuada , ou il tâcha
de fe le perfuader que
quand mefme il ne fe feroit
pas , cela n'apportéroit
point d'obſtacle à fon
bonheur. Il alla donc propofer
le Confeiller à fa
.
GALANT. 103
Coufine , avec toute l'addreffe
dont fa paffion le
rendoit capable ; mais elle
luy fit connoiftre combien
elle eftoit peu difpofée à
fonger à ce Party . Il pric
encore trois ou quatre fois
le temps le plus favorable
qu'il put , pour traiter la
mefme matiere mais ce
fut toûjours inutilement .
Le Comte n'eftoit point
trop connu pour un Amant
de la Parente du Marquis ,
& moins encore pour un
Amant qu'elle aimaſt . Elle
avoit avec luy une manie-
>
204 MERCURE
re d'agir fi inégale , que
l'on eftoit bien embaraffé à
pouvoir juger de ce qui
eftoit entre eux . Ainfi le
Marquis ne fceut pas précifement
s'il devoit fe prendre
au Comte , de l'éloi
gnement que fa Coufine
montroit pour leConfeiller,
ou s'il ne devoit s'en pren
dre qu'au peu d'inclination
qu'elle faifoit voir en general
pour la Robe , ce qui
femblait eftre affez natu
rel à une jeune Perfonne ,
dont les yeux font plus fla
tez de l'équipage d'un Ca.
GALANT.
205
valier , que de celuy d'un
Magiftrat , & dont les oreilles
fe plaifent davantage au
récit d'une Campagne
qu'à celuy du jugement
d'un Procés. Le Marquis
fit entendre au Confeiller .
le plus honneftement qu'il
luy fur poffible , le mauvais
fuccés de fa négotiation. 11
ne luy en dit qu'un partie ,
pour l'accoûtumer douce
ment au déplaifir d'être refufé
, & il quita ce difcours
fort vifte , pour luy parler
de ce qui le regardoit
mais le Confeiller luy parut
206 MERCURE
fort refroidy fur le mariage
de fa Soeur , & le Marquis
jugea bien déflors qu'il auroit
de la peine à eftre le
Beau- frere du Confeiller ,
s'il ne devenoit auffi fon
Coufin. Il fit de nouveaux
efforts fur fa Parente , qui
luy parut toûjours moins
difpofée à faire ce qu'il
vouloit. Il loüa le Confeiller
& toute la Robe & dit
tout le mal qu'il put des
Gens d'Epée . Il alla meſme
jufqu'à tourner le Comte
en ridicule , & juſqu'à
le décrier , fans épargner
•
GALANT . 207
que fon nom ; mais tout
cela ne gagna rien fur cette
Parente . A la fin voyant
qu'il ne pouvoit luy donner
de gouft pour le Confeiller
, il crut devoir le dégoûter
d'elle . Il luy dit en confidence
qu'elle n'eftoit pas
d'une humeur aiſée , & qu'-
elle donneroit aſſez de peine
à un Mary ; que mefme
elle n'avoit pas autant de
Bien qu'on s'imaginoit ,
qu'il le fçavoit mieux qu'un
autre , puis qu'il eftoit fon`
Tuteur ; mais le Confeiller
ne fe rendit point à ces ar-
&
208 MERCURE
tifices . Il foupçonna que le
Marquis ne les employoit
que pour ſe diſpenſer de le
fervir de tout fon pouvoir ,
& dans l'humeur chagrine
où il fe trouva , il luy déclara
fort nettement que le
feul moyen d'obtenir la
Soeur , eftoit de le faire aimer
de fa Parente . Le Marquis
qui eftoit fort amoureux
, fut au défefpoir. Il
repréſenta au Confeiller ,
avec toute la force & toute
la vivacité imaginable
qu'il ne devoit pas eftre
puny des bizarreries de fa
Pupille
GALANT. 209
Pupille ; mais le Confeiller
fut inexorable
. Sa Soeur
commença
à fentir pour
la jeune Heritiere
, toute la
haine qu'elle euft pû avoir
pour une Rivale . Elle n'en
parloit jamais que comme
d'une Demoifelle de Campagne
, qu'une fierté ridicule
rendoit infuportable
par tout , & qui fe croyoit
d'une meilleure Maifon
qu'une autre , parce que
fes Parens n'avoient pas
coûtume de demeurer dans
les Villes . Le Comte eftoit
charmé de la réfiftance
Mars 1714.
"
S
110 MERCURE
qu'on faiſoit pour luy aux
volontez du Marquis ; mais
il fut au déſeſpoir , quand
le Marquis dit un jour à
fa Coufine , d'un ton ferme
& prefque abfolu , que
fi c'eftoit à caufe du Comte
'qu'elle refufoit le Confeiller
, elle devoit s'affeurer
qu'il s'oppoferoit toûjours
de tout fon pouvoir aux
prétentions de cet Amant.
Elle nia que le Comte fuft
fon Amant , & qu'elle l'euft
jamais regardé fur ce piedlà
. Le Comte qui vit fes
affaires en défordre , s'aviGALANT.
21I
fa d'un expédient affez extraordinaire
. Il confidera
qui s'il pouvoit rompre l'u
nion du Marquis & de l'aimable
Perfonne à qui il
eftoit fi fort attaché , le
Marquis ne s'obſtineroit
plus à vouloir donner fa
Parente au Conſeiller ;
mais comment mettre mal
enfemble deux Perfonnes
qui s'aimoient fi tendrement
1 eftoit entreprenant
ne défefperoit jamais
de rien , & fur tout
il comptoit beaucoup fur
l'inconftance des Femmes.
,
Sij
212 MERCURE
Ainfi de concert avec la
jeune Heritiere , il réfolut
de fe feindre Amant de la
Soeur du Confeiller , & de
la conduire à faire une infidélité
au Marquis . Il fe
rendit peu à peu & fans
marque d'affectation , plus
affidu à la voir. Comme il
n'eftoit pas Amant déclaré
de l'Heritiere , fa conduite
ne parut pas fi étrange.
Le Confeiller luy - mefme
qui le foupçonnoit d'eftre
fon Rival , eftoit bien - aiſe
de commencer à avoir lieu
d'en douter. L'Heritiere de
GALANT . 20:3
fon cofté , qui vouloit favorifer
les affiduitez du
Comte chez la Soeur du
Confeiller , recevoit le Confeiller
bien plus agréablement
, depuis que le Comte
alloit moins fouvent chez
elle . Ainfi il n'y ayoit que le
Marquis à qui le nouvel attachement
du Comte ne
plaifoit pas trop. Elle eftoit
née pour la tendreffe , mais
non pas pour la conftance.
Elle avoit un coeur qui recevoit
des impreffions affez
vivement mais encore plus
facilement . Enfin elle eftoit
214 MERCURE
faite comme la plupart des
Femmes ont accoûtumé de
l'eftre . Le Comte avoit de
l'aſcendant ſur le Marquis.ll
l'étoufoit , & l'empefchant
de paroiftre en fa préfence ,
il pouffoit la converſation
jufqu'à un ton de gayeté &
d'enjouëment , où le Marquis
ne pouvoit aller , &
avoit l'adreſſe de mettre
toujours fon Rival hors de
fon génie naturel . La diférence
qui eftoit entre - eux ,
frapoit trop les yeux de la
Belle pour nnee la pas déterminer
en faveur du Com-
3
GALANT .
215
te. D'abord elle luy applaudiffoit
bien plus qu'au
Marquis. Enfuite elle le
trouva beaucoup plus à dire
quand il n'eftoit pas chez
elle , que quand le Marquis
n'y eftoit pas. Enfin
foit par fes regards , foit par
fes manieres, elle luy donna
une préference fi viſible ,
que le Marquis , aprés plufieurs
plaintes qui furent
affez mal reçûës , ne pút
douter qu'il ne fuft trahy.
Le Confeiller qui fe crut
heureux , fur ce qu'il ne
trouvoit plus le Comte en
216
MERCURE
fon chemin , & qui s'apper- '
eevoit qu'il eftoit micux
dans l'efprit de l'Heritiere ,
s'imagina que
le
temps
eftoit favorable pour pref
fer le Marquis d'achever
ce qu'il avoit commencé ;
mais le Marquis luy répondit
léchement , que fa Soeur
avoit changé , qu'elle l'avoit
quitté pour un autre , qu'il
ne fongeoit plus à elle ; &
vous ne devez pas trouver
mauvais , pourfuivir - il , que
je vous redile ce que vous
m'avez dit fi fouvent , que
nous ne pouvons faire aucunc
GALANT. 217
>
cune alliance , fi nous n'en
faifons deux à la fois. Jamais
le Confeiller ne fut
plus furpris . Il querella fa
Soeur , & luy fit mille reproches
. Il éloigna tout- àfait
le Comte de chez luy
& de Comte en fut trescontent.
La Seur meſme
qui foupçonna quelque
trahison ; auroit fouhaité
de tout fon coeur fe raccommoder
avec le Marquis.
Le Confeiller y travailla
de tout fon pouvoir ;
mais le Marquis ne put digerer
l'injure qu'on luy
Mars
1714.
T
218
MERCURE
pas
;
avoit faite . Le Comte , qui
eftoit caufe de toute cette
révolution , ne fut pas plus
heureux que les autres . Son
deffein luy avoit paru plai
fant à imaginer , & à executer
mais il n'en avoit
bien préveu les fuites.
Le Marquis conceur pour
luy toute la haine que l'on
peut avoir pour un Rival.
il mit bon ordre à empef
cher qu'il ne put voir fouvent
la jeune Heritiere , &
il fouleva tellement toute
la Parenté contre luy >
qu'il n'auroit pas efté bien
GALANT .• 0219
receu à parler de Mariage .
Ainfi perfonne ne ſe maria ;
ce ne fut que divifion de
tous coftez. Peut - eftre
quand la belle Heritiere
fera en âge de difpofer
d'elle , elle fera choix du
Comte qui l'aime toujours
; mais dans le temps
qu'il faudra attendre , c'eſt
grande merveille , fi l'une
des deux paffions ne s'affoiblit.
Aprés tout pour
tant , elles pourront ne s'affoiblir
pas , car les deux
Amans ne fe voyent guére.
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Résumé : HISTORIETTE.
Au début du XVIIIe siècle, une histoire d'amour complexe se déroule entre plusieurs personnages de la noblesse et de la robe. Un jeune marquis s'éprend d'une femme issue d'une famille de robe, dont le frère unique est conseiller au Parlement. Bien que le marquis fasse des progrès dans le cœur de cette femme, des obstacles surgissent. Le conseiller, de retour d'Italie, approuve l'union de sa sœur avec le marquis. Cependant, il est lui-même amoureux de la cousine germaine du marquis, une jeune héritière sous la tutelle de ce dernier. Cette héritière est éprise d'un comte spirituel et réputé. Le conseiller espère une double alliance et propose au marquis d'épouser l'héritière, mais celle-ci refuse. Pour faciliter son propre mariage, le comte tente de semer la discorde entre le marquis et sa bien-aimée en se faisant passer pour son amant. Cette manœuvre échoue, et les relations entre les familles se dégradent. Finalement, personne ne se marie, et les passions restent vives, bien que les amants ne se voient plus fréquemment.
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5596
p. 192
« Voyez la suite des Annonces sur la couverture. [...] »
Début :
Voyez la suite des Annonces sur la couverture. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Voyez la suite des Annonces sur la couverture. [...] »
Voyez la fuite des Annonces fur la couverture,
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5597
p. 210
ESPAGNE.
Début :
Les habitants d'Oporto, en punition de leur révolte, sont condamnés à avoir chez [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Punition, Troupes, Emprisonnement, Pendaison, Madrid, Corsaire anglais, Tirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne et au Portugal, des mesures sévères sont prises contre les révoltés. À Oporto, les habitants doivent héberger des troupes à leurs frais, perdent leur droit de vote et voient leurs institutions supprimées. Plus de trois cents personnes sont emprisonnées. À Madrid, un corsaire anglais tue deux Espagnols après un refus de visite.
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5598
p. 2070
Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Joigny le 4 Septembre, que le 25. du mois passé, jour de S. Louis, vers les 9. [...]
Mots clefs :
Joigny, Orage, Pluie, Vignes, Grêle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
On écrit de Joigny le 4 Septembre , que le
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
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Résumé : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Le 4 septembre, une lettre de Joigny signale un violent orage survenu le 25 août, causant des dégâts importants dans une vaste région. Dix-sept villages ou hameaux de l'élection de Joigny, notamment entre Villeneuve-le-Roi et Joigny, ont été sévèrement touchés. Les dommages incluent des maisons détruites, des vignes déracinées et des bois taillis endommagés par des grêlons pesant jusqu'à cinq quarts. De nombreux animaux, y compris des oiseaux, ont péri, et des cultures comme les emblaves et les blés stockés dans les greniers ont été détruits. Le vent puissant et la pluie torrentielle ont amplifié les pertes agricoles. Cependant, les célèbres coteaux de la région, connus pour leurs vins délicieux, ont été épargnés, laissant espérer une bonne récolte viticole malgré les ravages.
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5599
p. 2090
Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Début :
MON COUSIN, les tendres témoignages que je reçois en toute occasion de l'amour & du [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
La piété du Roy ne pût fouffrir aucun
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
délay ; le même jour de cette heureuſe
naiffance , S. M. écrivit la Lettre qui fuit
à M. l'Archevêque de Paris.
MON COUSIN , les tendres témoignages
que je reçois en toute occafion de l'amour & du
zele de mes Sujets , me rendent encore plus fenfible
aux Evenemens de mon Regne qui peuvent
contribuer à leur bonheur. Rien n'eft plus capable
d'en affurer la durée que la Naiffance d'un fecond
Fils , dont la Reine , ma très-chere Epouſe
& Compagne , vient d'être heureufement délivrée.
Cet Evenement eft une fuite des Bénédictions
qu'il plaît à Dieu de répandre fur moi &
fur mon Etat , il excite de plus en plus ma jufte
reconnoiffance envers la Providence Divine ; &
c'eft pour lui rendre les actions de graces qui lui
en font dues , & obtenir de fa bonté par les plus
ferventes Priéres , la confervation de fes préeieux
dons , que je vous fais cette Lettre , pour
vous dire que mon intention eft que vous faffiez
chanter le Te Deum en l'Eglife Métropolitaine de
ma bonne Ville de Paris , au jour & à l'heure que
le grand Maître ou le Maître des Cérémonies
vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il
vous ait , mon Coufin , en fa fainte & digne garde.
Ecrite à Versailles le 30 Aouft 1730. Signé ,
LOUIS. Et plus bas , PHELYPEAUX . Et au dos
eft écrit : A mon Coufin l'Archevêque de Paris ,
Duc de S. Cloud , Pair de France , Commandeur
de mes Ordres.
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Résumé : Lettre du Roi à l'Archevêque de Paris [titre d'après la table]
Le roi Louis XV exprime sa joie et sa piété à la suite de la naissance de son fils, le 30 août 1730. Il écrit une lettre à l'archevêque de Paris pour partager cet événement. Le roi souligne les témoignages d'amour et de zèle de ses sujets et voit la naissance de son fils comme une bénédiction divine. Il souhaite assurer la durée de son règne et le bonheur de ses sujets. Louis XV demande à l'archevêque de faire chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris, à une date et une heure à déterminer par le grand maître ou le maître des cérémonies. La lettre est adressée à son cousin, l'archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France et commandeur de ses ordres. Elle est signée par Louis XV et Philippeaux.
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5600
p. 193
« Je ne fais point de préambule pour annoncer la nouvelle [...] »
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Je ne fais point de préambule pour annoncer la nouvelle [...]
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Je ne fais point de pr éambule
pour annoncer la nouvelle
extraordinaire qu'onva
lire; j'aime mieux laisser aux
Lecteurs le plaisir de la furprise
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