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1
p. 73-84
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les lettres de Madrid portent que le Roy a donné [...]
Mots clefs :
Grenadiers, Archidiacre, Commissaire général, Madrid, Tolède, Grenade, Abbaye, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'E'/pagne.
Les lettres de Madrid
portent que le Roy a donné
la Charge de Regent de
l'Audiance de Seville à Don
Manuel de Torrés, Auditeur
du même Tribynal;
celle de Commissaire géneral
de la Croizade, que
possedoit Don Francisco
Rodriguez de Mendaros
Queta, Archidiacre de Maddrriidd,
à Don Philippe Antoj~
a Plil
nio deTaboada, President
de l'Audiance de Valladolid
; & celle de Regent du
fuprêmc Conseil de Navarre,
vacante par le decés
de Don Carlos de la Penna,
à Don Pedro Afan de
Ribera: que le Roy a ordonné
que dés le commencement
de l'année on afferme
les revenus des vingt
& une Provinces ou districts,
dans lesquelles ce
Royaume est partagé, a
vin gt & une personnes,chacune
desquelles fera chargée
de recevoir tous les revveennuuss&&
iimmppoosritions des
pays pour lesquels ils feront
destinez. Que les quatre
Presidens du Conseil des
Finances ont ordre de regler
ces Fermes de la maniere
suivante.
L'Evêque de Gironne
fera Directeur de celles de
Cordouë
,
de Jaen, de Seville,
de Grenade, de Murcie
& de Cuenca.
Le Marquis de Campo
Florido de celles de Borgos,
de Galice, de Zamo
ra ,
de Toro, de Salamanque
&: de Valladolid.
Don Sebastian Garcia
Romero de cellesd'Avila,
de Guadalaxara, de Palencia,
de Leon & d'Estramadure.
Don Manuel Antonio de
Azevedo de celles de Tolede
,
de la Manche, de Madrid,
deSegovie&deSoria.
Que Sa Majesté a nommé
à l'Evêché de SiguençaDon
Francisco * Rodriguez de
MendarozQueta, Commissaire
general de laCroizade
&Archidiacre de Madrid.
A l'Archevêché de Sarragosse
Don Manuel de
Araziel Evêque de Leon.
A l'Evêché de Leon Don
Joseph de Ulzurrun & Aslança,
Archidiacre de Daroca.
A l'Evêché de Jaen l'Eveque
de Segorbe.
A l'Evêché de Segorbe
Don Diego Munno Vaquerizo,
Inquisiteur de Valence.
A l'Evêché de Horihuela
Don Joseph de Espeja &
Cisneros
,
Archidiacre de
Malaga.
A l'Evêché de Salamanque
l'Evêque de Tortose.
A l'Evêché de Tortose
Don Juan Miguelez, President
de Grenade.
A l'Evêché des Canaries
Don Lucas Conciero
&Molina.
A l"Evêché de Ciudad-
Rodrigo Don Santos de
San Pedro Inquisiteur.
A l'Evêché d'Urgel Don
Simon de Guinda & Aperregni,
Abbé de saintIsidore
de Leon.
Sa Majesté a aussi donné
l'Abbaye de saint Isidore
de Leon à Don Andrez de
Pitillas, Chanoine de Tolede,
& ce Canonicat à
Don Juan Francisco de
Bierga & Vadillo. r
L'Abbaye de San Pedro
de Besalu à Don Francisco
Pastor, Abbé de l'Abbaye
de laO.
Le Prieuré de Roncevaux
à Don Francisco de
la Torre ôc Herrera, Inquisiteur
de Cordouë &
Chanoine de Palencia, &
ce Canonicat à Don Manuel
Curé de Munnez.
L'Archidiaconé de Madrid
à Don Carlos Borja,
Patriarche des Indes, ôc
l'Archidiaconé de Calatrava
qu'il avoit, à Don Raymond
de Villacis.
L'Archidiaconé de Malaga
à Don Juan de Lazaro
& Aparicio.
On écrit de Catalogne,
qu'il y avoit de la division
& une grande consternation
parmi les habitans de
Barcelone; que le Duc de
Popoli occupoit tous les
postes de la côte, pour empêcher
qu'on n'introduise
des provisions dans cette
ville-là, & que son camp
étoit bien renforcé par les
troupes Espagnoles arrivées
desPays-Bas, Onmande de
Solfone du 12. Decembre,
que Don Joseph Vallejo,
Brigadier d'armée, qui
commande dans cette ville-
là & sur la frontiere voisine,
ayant été informé que
les rebelles de Cardone en
étoient sortis avec deux
compagnies de grenadiers,
un detachement de cent
cinquante hommes d'infanterie
de trou pes reglées,
cent cinquante Miquelets
ou Sommettans, & tous
leurs volontaires à cheval,
pour attaquer une maison
à une lieuë de Solsone, où
il avoir postéle Sieur Min- ,-
nones de Falco avec sa compagnie
de Miquelets fideles,
le mit en campagne
avec toute la cavalerie &
ses dragons, & tous les grenadiers
de sa garnison. Sitôt
que les rebeles l'apperçurent
,
leur cavalerie se
sauva à toute bride, l'infanterie
prit auni la suite; elle
fut neanmoins jointe par
la cavalerie ôc les dragons,
qui firent main basse sur
eux. La perte des ennemis
consiste en la prise de Don
Pedro d'Alba ôc Marques,
Gouverneur de la ville de
Cardonne, & du Major du
regiment de la ville de Barcelone,
qui l'étoit aussi de
la ville & du château de
Cardonne, tous deux blessez
dangereusement '5 un
Capitaine de grenadiers tue
& l'autre blessé & fait prisonnier
; un Lieutenant de
grenadiers tué & l'autre prisonnier,
aussi bien que les
deux Enseignes un Sergent
& plus de trente hommes
prisonniers,&un grand
* nombre tuez. On leur a
pris deux charettes chargées
de poudre, de balles,
de grenades & d'outils. La
compagnie du Sieur Minnonés
de Falco se défendit
durant deux heures avec
une extrême vigueur.
Les lettres de Madrid
portent que le Roy a donné
la Charge de Regent de
l'Audiance de Seville à Don
Manuel de Torrés, Auditeur
du même Tribynal;
celle de Commissaire géneral
de la Croizade, que
possedoit Don Francisco
Rodriguez de Mendaros
Queta, Archidiacre de Maddrriidd,
à Don Philippe Antoj~
a Plil
nio deTaboada, President
de l'Audiance de Valladolid
; & celle de Regent du
fuprêmc Conseil de Navarre,
vacante par le decés
de Don Carlos de la Penna,
à Don Pedro Afan de
Ribera: que le Roy a ordonné
que dés le commencement
de l'année on afferme
les revenus des vingt
& une Provinces ou districts,
dans lesquelles ce
Royaume est partagé, a
vin gt & une personnes,chacune
desquelles fera chargée
de recevoir tous les revveennuuss&&
iimmppoosritions des
pays pour lesquels ils feront
destinez. Que les quatre
Presidens du Conseil des
Finances ont ordre de regler
ces Fermes de la maniere
suivante.
L'Evêque de Gironne
fera Directeur de celles de
Cordouë
,
de Jaen, de Seville,
de Grenade, de Murcie
& de Cuenca.
Le Marquis de Campo
Florido de celles de Borgos,
de Galice, de Zamo
ra ,
de Toro, de Salamanque
&: de Valladolid.
Don Sebastian Garcia
Romero de cellesd'Avila,
de Guadalaxara, de Palencia,
de Leon & d'Estramadure.
Don Manuel Antonio de
Azevedo de celles de Tolede
,
de la Manche, de Madrid,
deSegovie&deSoria.
Que Sa Majesté a nommé
à l'Evêché de SiguençaDon
Francisco * Rodriguez de
MendarozQueta, Commissaire
general de laCroizade
&Archidiacre de Madrid.
A l'Archevêché de Sarragosse
Don Manuel de
Araziel Evêque de Leon.
A l'Evêché de Leon Don
Joseph de Ulzurrun & Aslança,
Archidiacre de Daroca.
A l'Evêché de Jaen l'Eveque
de Segorbe.
A l'Evêché de Segorbe
Don Diego Munno Vaquerizo,
Inquisiteur de Valence.
A l'Evêché de Horihuela
Don Joseph de Espeja &
Cisneros
,
Archidiacre de
Malaga.
A l'Evêché de Salamanque
l'Evêque de Tortose.
A l'Evêché de Tortose
Don Juan Miguelez, President
de Grenade.
A l'Evêché des Canaries
Don Lucas Conciero
&Molina.
A l"Evêché de Ciudad-
Rodrigo Don Santos de
San Pedro Inquisiteur.
A l'Evêché d'Urgel Don
Simon de Guinda & Aperregni,
Abbé de saintIsidore
de Leon.
Sa Majesté a aussi donné
l'Abbaye de saint Isidore
de Leon à Don Andrez de
Pitillas, Chanoine de Tolede,
& ce Canonicat à
Don Juan Francisco de
Bierga & Vadillo. r
L'Abbaye de San Pedro
de Besalu à Don Francisco
Pastor, Abbé de l'Abbaye
de laO.
Le Prieuré de Roncevaux
à Don Francisco de
la Torre ôc Herrera, Inquisiteur
de Cordouë &
Chanoine de Palencia, &
ce Canonicat à Don Manuel
Curé de Munnez.
L'Archidiaconé de Madrid
à Don Carlos Borja,
Patriarche des Indes, ôc
l'Archidiaconé de Calatrava
qu'il avoit, à Don Raymond
de Villacis.
L'Archidiaconé de Malaga
à Don Juan de Lazaro
& Aparicio.
On écrit de Catalogne,
qu'il y avoit de la division
& une grande consternation
parmi les habitans de
Barcelone; que le Duc de
Popoli occupoit tous les
postes de la côte, pour empêcher
qu'on n'introduise
des provisions dans cette
ville-là, & que son camp
étoit bien renforcé par les
troupes Espagnoles arrivées
desPays-Bas, Onmande de
Solfone du 12. Decembre,
que Don Joseph Vallejo,
Brigadier d'armée, qui
commande dans cette ville-
là & sur la frontiere voisine,
ayant été informé que
les rebelles de Cardone en
étoient sortis avec deux
compagnies de grenadiers,
un detachement de cent
cinquante hommes d'infanterie
de trou pes reglées,
cent cinquante Miquelets
ou Sommettans, & tous
leurs volontaires à cheval,
pour attaquer une maison
à une lieuë de Solsone, où
il avoir postéle Sieur Min- ,-
nones de Falco avec sa compagnie
de Miquelets fideles,
le mit en campagne
avec toute la cavalerie &
ses dragons, & tous les grenadiers
de sa garnison. Sitôt
que les rebeles l'apperçurent
,
leur cavalerie se
sauva à toute bride, l'infanterie
prit auni la suite; elle
fut neanmoins jointe par
la cavalerie ôc les dragons,
qui firent main basse sur
eux. La perte des ennemis
consiste en la prise de Don
Pedro d'Alba ôc Marques,
Gouverneur de la ville de
Cardonne, & du Major du
regiment de la ville de Barcelone,
qui l'étoit aussi de
la ville & du château de
Cardonne, tous deux blessez
dangereusement '5 un
Capitaine de grenadiers tue
& l'autre blessé & fait prisonnier
; un Lieutenant de
grenadiers tué & l'autre prisonnier,
aussi bien que les
deux Enseignes un Sergent
& plus de trente hommes
prisonniers,&un grand
* nombre tuez. On leur a
pris deux charettes chargées
de poudre, de balles,
de grenades & d'outils. La
compagnie du Sieur Minnonés
de Falco se défendit
durant deux heures avec
une extrême vigueur.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le document expose diverses nominations et décisions royales en Espagne. Le roi a nommé Don Manuel de Torrés au poste de Regent de l'Audience de Séville, Don Philippe Antoñio de Taboada à celui de Commissaire général de la Croisade, et Don Pedro Afan de Ribera comme Regent du Conseil de Navarre. De plus, le roi a ordonné l'affermage des revenus des vingt-et-une provinces du royaume à partir du début de l'année, avec des directeurs désignés pour chaque district. Parmi les nominations ecclésiastiques, on trouve Don Francisco Rodríguez de Mendaroz Queta à l'évêché de Siguença et Don Manuel de Araziel à l'archevêché de Sarragosse, ainsi que plusieurs autres évêques et abbés. En Catalogne, des tensions et des affrontements opposent les troupes royales aux rebelles. Le Brigadier d'armée Don Joseph Vallejo a mené une opération contre des rebelles près de Solsone, résultant en plusieurs prisonniers et morts parmi les ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 79-95
DONS DU ROY.
Début :
Le 31. Mars le Roy nomma à l'Archevêché de Vienne [...]
Mots clefs :
Diocèse, Vence, Vienne, Abbaye, Évêché, Ordre de Saint Benoît, Chanoines, Archidiacre, Romains, Grenoble
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY.
Le 31. Mars le Roy nom
ma à l'Archevêché de Vien
ne M. Berton de Crillon ,
Evêque de Vence.
Giiij
80 MERCURE
Vienne , Capitale du bas
Dauphiné , eft fituée au
bord du Rhône , à cinq
lieuës de Lion , & treize de
Grenoble.
L'hiſtoire nous apprend
qu'elle eft fi ancienne , que
les Romains l'ont habitée
cinq cens ans avant la venuë
de Jeius . Chrift . Auffi
y voit- on encore en divers
endroits quelques reftes
d'amphiteatres
, de murailles
, de grands Palais , & autres
antiquitez. Du temps
des Empereurs Romains il
y avoit une Univerſité fort
GALANT. 81
•
eft
celebre La Cathedrale , dediée
à faint Maurice
confiderable par fa largeur
& par fa hauteur. On voit
devant l'autel un tombeau
fous lequel eft le coeur du
Dauphin François , fils aîné
de François Premier Roy
de France . Il n'y a dans
cette Egliſe ni tapiſſeries , ni
tableaux , en quoy les Chanoines
imitent ceux de faint
Jean de Lion . Les murailles.
du Cloître de cette Eglife
font bâties de pierre de marbre,
de morceaux de colonnes
, & de quelques figures .
82 MERCURE
Le Chapitre eft compofé
d'un Doyen , d'un Archidiacre
, d'un Procureur ,
d'un Sacriftain , d'un Ouvrier
, & de vingt Chanoines.
Le Dioceſe renferme
une partie du Dauphiné, du
Lionnois , du Forez & du
Vivarez , & comprend trois
cent trente- cinq Paroiffes.
L'Archevêque, qui fe pretend
Primat des Primats , a
pour fuffragans les Evêques
de Grenoble , de Die , de
Viviers & de Geneve . On
ne doute point que les Allobroges
n'ayent été les
GALANT. 83
Vienne ; ce qui la fait
peller Vienna Allobrogum .
Depuis que les Romains ſe
furent rendus maîtres du
fondateurs de la ville de
ap-
Dauphiné , ils la furnommerent
Senatoria, pour marque
de la grandeur & de la
fouveraineté
de leur Senat .
Tiberius Gracchus paffant
en Gaule, y fit faire un pont
l'an 576. de Rome , & les
deux bouts de ce pont furent
fortifiez de deux châteaux
pour la défenſe du
paffage. Cefar y fit faire
des greniers & des maga84
MERCURE
fins pour les proviſions de
guerre , & dit lui - même
dans le feptieme livre de
fes Commentaires , qu'y étant
allé en diligence , il y
rencontra une cavalerie
toute fraîche , qu'il y avoit
envoyée plufieurs jours auparavant.
Augufte la fit Colonie du
Droit Italique , & ce fut en
ce temps- là qu'on y relegua
Pilate & Archelaüs, fils
d'Herodote .Tibere lui donna
les privileges de la Cité
Romaine , & Gallus l'honora
de grandes faveurs.
GALANT .
83
Vitellius y étant au Tribunal
de Juſtice , un coq vola
fur fes épaules , & enfuite
fur fa tête ; ce qui fut pris
pour un pronoftic qu'un
Gaulois le feroit tomber
dans quelque difgrace. La
chofe arriva comme elle lui
avoit été prédite , puifque
le premier qui le défit fut
un Antoine natif de Toulouſe
; cui Tolofa nato , dit
Suetone .
Conftantin érigea Vienne
en Metropole de la Gaule
Narbonnoife , & aprés
Honorius elle fut la Capi86
MERCURE
tale du Royaume des Bourguignons.
Saint Creſcent ,
diſciple de faint Paul , a été
le premier Evêque. Le Pape
Gregoire II . l'érigea en Archevêché
fous Auftrobert.
Le Pape Clement V. y aſfembla
un Concile univerfel
en 1311.
M. du Mont , dans le
premier tome de ſes voyages
, dit ce qui fuit de la
ville de Vienne. L'Eglife de
faint Severe eft bâtie dans un
endroit où l'on adoroit les
Dieux , fous un grand arbre
qui fervoit de Temple . Saint
GALANT. 87
.
Severe le fit couper & déra
ciner , comme le témoignent ces
mots écritsfur une colonne :
Arborem Deos Severus evertit
Centum Deorum.
Pilate , Gouverneur de
Jerufalem , fous lequel Nô .
tre Seigneur fut condamné
à la mort , fut envoyé de
puis à Vienne , où l'on voit
encore le Pretoire où il
rendoit la justice . On montre
auffi une tour quarrée
où l'on veut qu'il ait été
detenu priſonnier l'eſpace
88 MERCURE
de fept ans , & qu'il y foit
mort. Cependant Euſebe
affure que peu aprés l'injufte
jugement qu'il rendit
contre le Sauveur du monde
, l'Empereur
Tibere lui
ôta fon Gouvernement , &
l'envoya en exilà Lion , qui
étoit le lieu de fa naiſſance
afin que le vif chagrin de
fe voir expofé au mépris de
fes parens & de fes compatriotes
, lui rendît la vie
plus infupportable. Auffi
dit on qu'il fut tellement
touché des infultes qu'il recevoit
de ſes ennemis , fans
en
GALANT . 89
en pouvoir tirer aucune
vengeance , qu'il ſe tua de
La propre main. Il main . Il y en a
toutefois qui tiennent qu'il
fit penitence & mourut
Chrétien , Dieu s'étant fervi
de fa femme pour le convertir.
Ce qu'il y a de certain
, c'eft que ce pays- là ne
lui étoit pas étranger , &
qu'il en avoit été tiré vers
l'an 15 de notre falut , pour
être Gouverneur de Jeru-
I falem.
A l'Evêché de Vence
l'Abbé de Brochenu, grand
Avril 1714.
H
་
90 MERCURE
Vicaire de Grenoble.
Vence , ville de Provence
, eft fituée à trois lieuës
de Gratz Son Evêché eft
fuffragant de l'Archevêché
d'Ambrun, & la Cathedrale
eſt conſacrée à la Vierge.
Il y a dans fon Chapitre un
Prevôt , un Archidiacre ,
un Sacriftain , un Theologal
, & cinq Chanoines . Le
Dioceſe de Vence eft feparé
du Comté de Nice par
le Var, du Dioceſe de Gratz
par la petite riviere du
Loup . On n'y compte que
vingt-trois Paroiffes , dont
GALANT. GI
il y en a trois dans le Comté
de Nice. Le Domaine temporel
eft partagé entre l'E.
vêque & le Baron de Vence
; & comme l'étendue de
ce Dioceſe eft trés petite ,
le Siege en avoit été uni
avec celui de Gratz : mais
on l'en a feparé depuis.Saint
Euſebe eft le plus ancien de
fes Evêques , faint Lambert
& faint Veran ont été au
nombre de fes fucceffeurs.
Vence fut autrefois fort.
confiderable
; elle appartenoit
aux Nerufiens. Les
Romains voulant confer-
Hij
92 MERCURE
*
ver un paffage dans les Alpes
, la firent fortifier , &
long - temps aprés Augufte
la comprit dans la Viennoife
quatrième
, qu'on appelloit
autrement la Province
des Alpes maritimes .
A l'Evêché de faint Paul
Trois Châteaux l'Abbé du
Chaffaud , grand Vicaire
d'Aix .
Saint Paul Trois Châ
reaux , ville du Valentinois
dans le Dauphiné , eft fituée
à une lieue du Rhône & du
Saint Efprit. Son Evêché eft
GALANT.
93
:
fuffragant de l'Archevêché
d'Arles faint Sulpice en a
été le premier Evêque . L'Eglife
Cathedrale eft confacrée
à l'Affomption de la
Vierge , & le Chapitre eft
compofé d'un Prevôt , d'un
Archidiacre , d'un Sacrif
tain , d'un Theologal , &
de fix Chanoines . Il
y a
trente - trois Paroiffes & une
Abbaye dans ce Dioceſe .
Les anciens ont nommé la
ville Lenomagus , ou Neomagas.
Auguſte en fit une Colonie
Romaine , & voulut
qu'on l'apellât Augufta Tri-,
caftinorum .
94
MERCURE
Le Roy donna auffi l'Ab .
baye de fainte Colombe de
Sens , Ordre de faint Benoît
, à M. l'Abbé de Choifeul
, Aumonier du Roy.
L'Abbaye de Nerlac, Ordre
de Cîteaux , Dioceſe de
Bourges , à l'Abbé d'Orillac
.
La Coadjutorerie de
l'Abbaye de Hafnon , Ordre
de faint Benoît , Diocefe
d'Arras , à Dom N.
Pouillaude.
GALANT.
95
L'Abbaye de Felixpré ,
Ordre de faint Benoît, Dioceſe
de Liege , à la Dame
Daubrebis.
Et la Coadjutorerie de
l'Abbaye d'Origny , Ordre
de faint Benoît , Dioceſe de
Laon , à la Dame N. de Rohan.
Le 31. Mars le Roy nom
ma à l'Archevêché de Vien
ne M. Berton de Crillon ,
Evêque de Vence.
Giiij
80 MERCURE
Vienne , Capitale du bas
Dauphiné , eft fituée au
bord du Rhône , à cinq
lieuës de Lion , & treize de
Grenoble.
L'hiſtoire nous apprend
qu'elle eft fi ancienne , que
les Romains l'ont habitée
cinq cens ans avant la venuë
de Jeius . Chrift . Auffi
y voit- on encore en divers
endroits quelques reftes
d'amphiteatres
, de murailles
, de grands Palais , & autres
antiquitez. Du temps
des Empereurs Romains il
y avoit une Univerſité fort
GALANT. 81
•
eft
celebre La Cathedrale , dediée
à faint Maurice
confiderable par fa largeur
& par fa hauteur. On voit
devant l'autel un tombeau
fous lequel eft le coeur du
Dauphin François , fils aîné
de François Premier Roy
de France . Il n'y a dans
cette Egliſe ni tapiſſeries , ni
tableaux , en quoy les Chanoines
imitent ceux de faint
Jean de Lion . Les murailles.
du Cloître de cette Eglife
font bâties de pierre de marbre,
de morceaux de colonnes
, & de quelques figures .
82 MERCURE
Le Chapitre eft compofé
d'un Doyen , d'un Archidiacre
, d'un Procureur ,
d'un Sacriftain , d'un Ouvrier
, & de vingt Chanoines.
Le Dioceſe renferme
une partie du Dauphiné, du
Lionnois , du Forez & du
Vivarez , & comprend trois
cent trente- cinq Paroiffes.
L'Archevêque, qui fe pretend
Primat des Primats , a
pour fuffragans les Evêques
de Grenoble , de Die , de
Viviers & de Geneve . On
ne doute point que les Allobroges
n'ayent été les
GALANT. 83
Vienne ; ce qui la fait
peller Vienna Allobrogum .
Depuis que les Romains ſe
furent rendus maîtres du
fondateurs de la ville de
ap-
Dauphiné , ils la furnommerent
Senatoria, pour marque
de la grandeur & de la
fouveraineté
de leur Senat .
Tiberius Gracchus paffant
en Gaule, y fit faire un pont
l'an 576. de Rome , & les
deux bouts de ce pont furent
fortifiez de deux châteaux
pour la défenſe du
paffage. Cefar y fit faire
des greniers & des maga84
MERCURE
fins pour les proviſions de
guerre , & dit lui - même
dans le feptieme livre de
fes Commentaires , qu'y étant
allé en diligence , il y
rencontra une cavalerie
toute fraîche , qu'il y avoit
envoyée plufieurs jours auparavant.
Augufte la fit Colonie du
Droit Italique , & ce fut en
ce temps- là qu'on y relegua
Pilate & Archelaüs, fils
d'Herodote .Tibere lui donna
les privileges de la Cité
Romaine , & Gallus l'honora
de grandes faveurs.
GALANT .
83
Vitellius y étant au Tribunal
de Juſtice , un coq vola
fur fes épaules , & enfuite
fur fa tête ; ce qui fut pris
pour un pronoftic qu'un
Gaulois le feroit tomber
dans quelque difgrace. La
chofe arriva comme elle lui
avoit été prédite , puifque
le premier qui le défit fut
un Antoine natif de Toulouſe
; cui Tolofa nato , dit
Suetone .
Conftantin érigea Vienne
en Metropole de la Gaule
Narbonnoife , & aprés
Honorius elle fut la Capi86
MERCURE
tale du Royaume des Bourguignons.
Saint Creſcent ,
diſciple de faint Paul , a été
le premier Evêque. Le Pape
Gregoire II . l'érigea en Archevêché
fous Auftrobert.
Le Pape Clement V. y aſfembla
un Concile univerfel
en 1311.
M. du Mont , dans le
premier tome de ſes voyages
, dit ce qui fuit de la
ville de Vienne. L'Eglife de
faint Severe eft bâtie dans un
endroit où l'on adoroit les
Dieux , fous un grand arbre
qui fervoit de Temple . Saint
GALANT. 87
.
Severe le fit couper & déra
ciner , comme le témoignent ces
mots écritsfur une colonne :
Arborem Deos Severus evertit
Centum Deorum.
Pilate , Gouverneur de
Jerufalem , fous lequel Nô .
tre Seigneur fut condamné
à la mort , fut envoyé de
puis à Vienne , où l'on voit
encore le Pretoire où il
rendoit la justice . On montre
auffi une tour quarrée
où l'on veut qu'il ait été
detenu priſonnier l'eſpace
88 MERCURE
de fept ans , & qu'il y foit
mort. Cependant Euſebe
affure que peu aprés l'injufte
jugement qu'il rendit
contre le Sauveur du monde
, l'Empereur
Tibere lui
ôta fon Gouvernement , &
l'envoya en exilà Lion , qui
étoit le lieu de fa naiſſance
afin que le vif chagrin de
fe voir expofé au mépris de
fes parens & de fes compatriotes
, lui rendît la vie
plus infupportable. Auffi
dit on qu'il fut tellement
touché des infultes qu'il recevoit
de ſes ennemis , fans
en
GALANT . 89
en pouvoir tirer aucune
vengeance , qu'il ſe tua de
La propre main. Il main . Il y en a
toutefois qui tiennent qu'il
fit penitence & mourut
Chrétien , Dieu s'étant fervi
de fa femme pour le convertir.
Ce qu'il y a de certain
, c'eft que ce pays- là ne
lui étoit pas étranger , &
qu'il en avoit été tiré vers
l'an 15 de notre falut , pour
être Gouverneur de Jeru-
I falem.
A l'Evêché de Vence
l'Abbé de Brochenu, grand
Avril 1714.
H
་
90 MERCURE
Vicaire de Grenoble.
Vence , ville de Provence
, eft fituée à trois lieuës
de Gratz Son Evêché eft
fuffragant de l'Archevêché
d'Ambrun, & la Cathedrale
eſt conſacrée à la Vierge.
Il y a dans fon Chapitre un
Prevôt , un Archidiacre ,
un Sacriftain , un Theologal
, & cinq Chanoines . Le
Dioceſe de Vence eft feparé
du Comté de Nice par
le Var, du Dioceſe de Gratz
par la petite riviere du
Loup . On n'y compte que
vingt-trois Paroiffes , dont
GALANT. GI
il y en a trois dans le Comté
de Nice. Le Domaine temporel
eft partagé entre l'E.
vêque & le Baron de Vence
; & comme l'étendue de
ce Dioceſe eft trés petite ,
le Siege en avoit été uni
avec celui de Gratz : mais
on l'en a feparé depuis.Saint
Euſebe eft le plus ancien de
fes Evêques , faint Lambert
& faint Veran ont été au
nombre de fes fucceffeurs.
Vence fut autrefois fort.
confiderable
; elle appartenoit
aux Nerufiens. Les
Romains voulant confer-
Hij
92 MERCURE
*
ver un paffage dans les Alpes
, la firent fortifier , &
long - temps aprés Augufte
la comprit dans la Viennoife
quatrième
, qu'on appelloit
autrement la Province
des Alpes maritimes .
A l'Evêché de faint Paul
Trois Châteaux l'Abbé du
Chaffaud , grand Vicaire
d'Aix .
Saint Paul Trois Châ
reaux , ville du Valentinois
dans le Dauphiné , eft fituée
à une lieue du Rhône & du
Saint Efprit. Son Evêché eft
GALANT.
93
:
fuffragant de l'Archevêché
d'Arles faint Sulpice en a
été le premier Evêque . L'Eglife
Cathedrale eft confacrée
à l'Affomption de la
Vierge , & le Chapitre eft
compofé d'un Prevôt , d'un
Archidiacre , d'un Sacrif
tain , d'un Theologal , &
de fix Chanoines . Il
y a
trente - trois Paroiffes & une
Abbaye dans ce Dioceſe .
Les anciens ont nommé la
ville Lenomagus , ou Neomagas.
Auguſte en fit une Colonie
Romaine , & voulut
qu'on l'apellât Augufta Tri-,
caftinorum .
94
MERCURE
Le Roy donna auffi l'Ab .
baye de fainte Colombe de
Sens , Ordre de faint Benoît
, à M. l'Abbé de Choifeul
, Aumonier du Roy.
L'Abbaye de Nerlac, Ordre
de Cîteaux , Dioceſe de
Bourges , à l'Abbé d'Orillac
.
La Coadjutorerie de
l'Abbaye de Hafnon , Ordre
de faint Benoît , Diocefe
d'Arras , à Dom N.
Pouillaude.
GALANT.
95
L'Abbaye de Felixpré ,
Ordre de faint Benoît, Dioceſe
de Liege , à la Dame
Daubrebis.
Et la Coadjutorerie de
l'Abbaye d'Origny , Ordre
de faint Benoît , Dioceſe de
Laon , à la Dame N. de Rohan.
Fermer
Résumé : DONS DU ROY.
Le 31 mars, le roi nomma M. Berton de Crillon, évêque de Vence, à l'Archevêché de Vienne. Vienne, capitale du Bas-Dauphiné, est située au bord du Rhône, à cinq lieues de Lyon et treize de Grenoble. Fondée avant l'arrivée de Jésus-Christ, elle fut habitée par les Romains pendant cinq cents ans. On y trouve encore des vestiges d'amphithéâtres, de murailles et de palais antiques. Sous les Empereurs Romains, Vienne possédait une université renommée. La cathédrale Saint-Maurice, dédiée à saint Maurice, est notable pour sa largeur et sa hauteur. Elle abrite le cœur du Dauphin François, fils aîné de François Ier. Le chapitre de la cathédrale est composé d'un doyen, d'un archidiacre, d'un procureur, d'un sacrificateur, d'un ouvrier et de vingt chanoines. Le diocèse de Vienne inclut des parties du Dauphiné, du Lyonnais, du Forez et du Vivarais, et comprend trois cent trente-cinq paroisses. L'archevêque de Vienne se prétend Primat des Primats et a pour suffragants les évêques de Grenoble, de Die, de Viviers et de Genève. Les Allobroges sont considérés comme les fondateurs de Vienne, qui fut surnommée 'Vienna Allobrogum' par les Romains. Tibère Gracchus y fit construire un pont en 576 de Rome. César y établit des greniers pour les provisions de guerre. Auguste en fit une colonie du droit italique, et Tibère lui accorda les privilèges de la cité romaine. Constantin érigea Vienne en métropole de la Gaule Narbonnaise, et après Honorius, elle devint la capitale du royaume des Bourguignons. Saint Crescent, disciple de saint Paul, fut le premier évêque de Vienne. Le pape Grégoire II érigea Vienne en archevêché sous Austrobald. Le pape Clément V y convoqua un concile universel en 1311. La ville de Vence, située à trois lieues de Grasse, est sous la juridiction de l'archevêché d'Ambrun. Son diocèse est séparé du comté de Nice par le Var et de celui de Grasse par la rivière du Loup, et compte vingt-trois paroisses. Saint Eusèbe fut l'un des premiers évêques de Vence. Saint Paul Trois Châteaux, ville du Valentinois dans le Dauphiné, est située à une lieue du Rhône et du Saint-Esprit. Son diocèse, suffragant de l'archevêché d'Arles, compte trente-trois paroisses et une abbaye. Les rois ont également fait des dons à diverses abbayes, notamment l'abbaye de Sainte-Colombe de Sens à l'abbé de Choiseul, l'abbaye de Nercat à l'abbé d'Orillac, et la coadjutorerie de l'abbaye de Hasnon à Dom Pouillaude.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 96-148
RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
Début :
L'Abbaïe du Ronceray, aliàs de Nôtre-Dame de la [...]
Mots clefs :
Abbaye, Choeur, Église, Vierges, Voeux, Autel, Cérémonie, Angers, Religieuses, Dame, Abbaye du Ronceray, Abbesse, Chapelle, Consécration, Chanoine, Sainte Trinité, Diacre, Royaume, Dieu, Filles, Voix, Archidiacre, Genoux, Paroles
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
RELATIO N
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
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4
p. 195
MORTS.
Début :
Le sieur Aunillon, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Gué-de-l'Annay, [...]
Mots clefs :
Abbé commandataire, Ordre, Abbaye, Archidiacre, Décès
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Le fieur Aunillon , Abbé Commendataire de
P'Abbaye Royale de Gué - de- l'Annay , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe du Mans , mourut en cette
Ville , le 15 du mois dernier , dans fa foixante &
dix-feptiéme année.
Le fieur Du Vigier , Abbé de l'Abbaye Royale
de Gondon , Ordre de Citeaux , Diocèle d'Agen ,
eft mort à Bordeaux , le 17 , âgé de foixante ans.
N. de Valcroiffant , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale d'Aix , Abbé de l'Abbaye Royale de
Saint Sauveur de Vertus , Ordre de Saint Benoît
, Diocèſe de Châlons- fur- Marne , mourut à
Aix , le 18 , dans la quatre- vingt-troifiéme année
de fon âge.
Le fieur Aunillon , Abbé Commendataire de
P'Abbaye Royale de Gué - de- l'Annay , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe du Mans , mourut en cette
Ville , le 15 du mois dernier , dans fa foixante &
dix-feptiéme année.
Le fieur Du Vigier , Abbé de l'Abbaye Royale
de Gondon , Ordre de Citeaux , Diocèle d'Agen ,
eft mort à Bordeaux , le 17 , âgé de foixante ans.
N. de Valcroiffant , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale d'Aix , Abbé de l'Abbaye Royale de
Saint Sauveur de Vertus , Ordre de Saint Benoît
, Diocèſe de Châlons- fur- Marne , mourut à
Aix , le 18 , dans la quatre- vingt-troifiéme année
de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte annonce le décès de trois ecclésiastiques. Le sieur Aunillon, Abbé de l'Abbaye Royale de Gué-de-l'Annay, est décédé à soixante-dix-sept ans. Le sieur Du Vigier, Abbé de l'Abbaye Royale de Gondon, est mort à Bordeaux à soixante ans. N. de Valcroissant, Archidiacre de l'Église Cathédrale d'Aix, est décédé à Aix à quatre-vingt-trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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