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1
p. 312-317
Antiquitez de la Ville de Génes, & les divers changemens arrivez dans son Gouvernement, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déjà parlé de Genes & de son Gouvernement. [...]
Mots clefs :
Gênes, Gouvernement, Consuls, Président, Élection, Nobles, Archevêque de Milan, Marquis, Successeurs, Duc de Milan, Conflits, Seigneurie
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texteReconnaissance textuelle : Antiquitez de la Ville de Génes, & les divers changemens arrivez dans son Gouvernement, [titre d'après la table]
Je
vous ay déja parlé de Genes
& de fon Gouvernement.
C'eſt uneVille tres - ancienne;
dont les Hiftoires fontmention
depuis plus de dix-huit
cens ans. Elle a eſté gouvernée
par des Confuls depuis
l'an 1100. juſqu'en 1257. que
le Peuple éleut Guillaume
Boccanegra pour Préſident
& pour Capitaine. Les Nobles
ayant repris le Gouvernement
en 1262. la mefme
faction
GALANT. 313
faction du Peuple éleut Si
mon Boccanegra en 1339. &
luy donna le titre de Duc.
Aprés que Jean de Murra,
& Jean de Valenti eurent
fucceſſivement occupé ſa place,
les Genois ſe ſoumirent à
Jean Visconti Archeveſque
de Milan , qui fit Guillaume
Marquis Pallavicini,Gouverneur
de Genes. Ce Marquis
fut chaffé trois ans aprés , &
on rétablit Simon Boccanegra
, Gabriel Adorneluy fuc-
Geda en 1363. Dominique
Fregoſe occupa ſa place en
1370. Il eut divers ſucceſſeurs
Avril 1685. Dd
314 MERCURE
juſqu'en 1384. que les Genois
le donnerent à la France. Le
Roy Charles VI. envoyoit
des Gouverneurs àGenes! Le
dernier fut Jean le Maingre,
dit Boucicaut Les Genois
ayant maſſacré les François
en 1409. ſe ſoumirent au Marquis
de Montferrat juſqu'en
1413. qu'ils ſe choiſirent des
Ducs. Thomas Fregoſe qui
avoir cette Charge , ſe foumit
à Philippes Marie Vif
conti Duc de Milan en 1425.
Les Génois ayant pris les armes
en 1435. fe mirent en li
berté , & eurent des Dics
GALANT 315
2
juſqu'en 1458. En ce temps-la
ils ſe donnerent de nouveau
aux François ſous Charles
VII. & les chaſſerent en 1461.
Leur inconftance fut telle ,
qu'ils ſe choiſirent ſept Ducs
en trois ans , aprés quoy la
Ville ſe donna à François
Sforce Duc de Milan.
Les Milanois en ayantefte
chaſſez en 1478. Baptifte &
Paul Fregoſe furent nommez
Ducs ſucceſſivement. Pauli
Fregoſe ceda encore au Duc
de Milan en 1488. & onze ans
aprés, le Roy Louis XIL
conquit Genes. Elle ſe révol
Dd ij
316 MERCURE
ta en 1506.& on la reprit l'an
née ſuivante. François de Roi
chechotuart qui en estoit
Gouverneur , fut chaſſé en
1512. & on nomma Jean Fre
gofe Duc. Les François, de
dépoſſederent en 1513. &donnerent
le Gouvernement à
Antoniot , qui fut chafferun
mois aprés par le Peuple.
Octavien Fregoſe que l'on
fit Duc , ſoumit la Ville aux
François , qui luy en laifle
rent le Gouvernement. Il
s'en acquitta avec beaucoup
de ſageſſe. Genes fut pillée
en 1522. par l'Armée de l'EmGALANTA
317
pereur Charles Quint. Le Roy
François 12 la reconquit en
1527. & AndréDoria la remit
en liberté peu d'années aprés.
Depuis ce temps là elle eſt
devenue une Ariftocratie ,
dont le Chefeft nomméDoge
ou Duc. Il n'eſt enChar
ge que deux ans de ſuite ,&
eſt aſſiſté de huit Senateurs
qui gouvernent avec luy ,&
qu'on nomme Gouverneurs.
Il y a enſuite les Procureurs,
&les quatre cens du Grand
Conſeil. C'eſt ce qu'on ap
pellela Seigneurie.
vous ay déja parlé de Genes
& de fon Gouvernement.
C'eſt uneVille tres - ancienne;
dont les Hiftoires fontmention
depuis plus de dix-huit
cens ans. Elle a eſté gouvernée
par des Confuls depuis
l'an 1100. juſqu'en 1257. que
le Peuple éleut Guillaume
Boccanegra pour Préſident
& pour Capitaine. Les Nobles
ayant repris le Gouvernement
en 1262. la mefme
faction
GALANT. 313
faction du Peuple éleut Si
mon Boccanegra en 1339. &
luy donna le titre de Duc.
Aprés que Jean de Murra,
& Jean de Valenti eurent
fucceſſivement occupé ſa place,
les Genois ſe ſoumirent à
Jean Visconti Archeveſque
de Milan , qui fit Guillaume
Marquis Pallavicini,Gouverneur
de Genes. Ce Marquis
fut chaffé trois ans aprés , &
on rétablit Simon Boccanegra
, Gabriel Adorneluy fuc-
Geda en 1363. Dominique
Fregoſe occupa ſa place en
1370. Il eut divers ſucceſſeurs
Avril 1685. Dd
314 MERCURE
juſqu'en 1384. que les Genois
le donnerent à la France. Le
Roy Charles VI. envoyoit
des Gouverneurs àGenes! Le
dernier fut Jean le Maingre,
dit Boucicaut Les Genois
ayant maſſacré les François
en 1409. ſe ſoumirent au Marquis
de Montferrat juſqu'en
1413. qu'ils ſe choiſirent des
Ducs. Thomas Fregoſe qui
avoir cette Charge , ſe foumit
à Philippes Marie Vif
conti Duc de Milan en 1425.
Les Génois ayant pris les armes
en 1435. fe mirent en li
berté , & eurent des Dics
GALANT 315
2
juſqu'en 1458. En ce temps-la
ils ſe donnerent de nouveau
aux François ſous Charles
VII. & les chaſſerent en 1461.
Leur inconftance fut telle ,
qu'ils ſe choiſirent ſept Ducs
en trois ans , aprés quoy la
Ville ſe donna à François
Sforce Duc de Milan.
Les Milanois en ayantefte
chaſſez en 1478. Baptifte &
Paul Fregoſe furent nommez
Ducs ſucceſſivement. Pauli
Fregoſe ceda encore au Duc
de Milan en 1488. & onze ans
aprés, le Roy Louis XIL
conquit Genes. Elle ſe révol
Dd ij
316 MERCURE
ta en 1506.& on la reprit l'an
née ſuivante. François de Roi
chechotuart qui en estoit
Gouverneur , fut chaſſé en
1512. & on nomma Jean Fre
gofe Duc. Les François, de
dépoſſederent en 1513. &donnerent
le Gouvernement à
Antoniot , qui fut chafferun
mois aprés par le Peuple.
Octavien Fregoſe que l'on
fit Duc , ſoumit la Ville aux
François , qui luy en laifle
rent le Gouvernement. Il
s'en acquitta avec beaucoup
de ſageſſe. Genes fut pillée
en 1522. par l'Armée de l'EmGALANTA
317
pereur Charles Quint. Le Roy
François 12 la reconquit en
1527. & AndréDoria la remit
en liberté peu d'années aprés.
Depuis ce temps là elle eſt
devenue une Ariftocratie ,
dont le Chefeft nomméDoge
ou Duc. Il n'eſt enChar
ge que deux ans de ſuite ,&
eſt aſſiſté de huit Senateurs
qui gouvernent avec luy ,&
qu'on nomme Gouverneurs.
Il y a enſuite les Procureurs,
&les quatre cens du Grand
Conſeil. C'eſt ce qu'on ap
pellela Seigneurie.
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2
p. 98-107
« Le droit qu'à la Ville de Perpignan de créer des Bourgeois [...] »
Début :
Le droit qu'à la Ville de Perpignan de créer des Bourgeois [...]
Mots clefs :
Perpignan, Bourgeois nobles, Consuls, Privilèges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le droit qu'à la Ville de Perpignan de créer des Bourgeois [...] »
98 MERCURE
Le droit qu'à la Ville de
Perpignan de créer des Bourgeois Nobles , eft un des plus
beaux qu'une Ville puiſſe
avoir. Nous n'enavons aucun
exemple en France , & je ne
fçay que la Ville de Barcelonne
à qui ce Privilege foit commun.
Tous les ans le 16. Juin , les
cinq Confuls s'affemblent à
Perpignan , avec ceux des
Bourgeois Nobles qui font
alors dans la Ville , qui ong
efté premiers ou feconds Confuls , & ce Confeil qui doit,
eftre au moins de quatorze
THEQUE
LYON
1893-
BE
LA
GAD
THE
QUE
GALANT
perfonnes , a le pouvoir c
jour -là feulement d'annobit
99
quelques perfonnes en les
admettant dans le Corps des
Bourgeois Nobles de la Ville.
Cc Privilege eft tres- ancien.
On le trouve établi avant le
regne de Jacques I I. Roy
d'Arragon qui monta fur le
Trône en 1291. Ils en jouiffoient fous Pierre IV. dans
le 14. fiecle , fous Alfonfe V.
dont il y a deux Actes fort
avantageux pour les Bourgeois de Perpignan , l'un du
17. Janvier 1436. & l'autre
du 20. Mars 1448. le Roy
I ij
100 MERCURE
d'Arragon , & de Caſtille ›
Ferdinand V. confirma ce
privilege le 31. Aouſt 1510.
& le Roy Phippe II. en 1585.
& le 13. Juillet 1599. Dans
ce dernier Acte de confirmation ce Prince dit que les
Bourgeois de Perpignan qui
feront immatriculez fur les
Regiſtres de la Ville , & leurs
defcendans en ligne maſculine,
à perpetuité, joüiront de tous
les Privileges , libertez , franchifes , immunitez , faveurs &
Prerogatives des Nobles, comme s'ils avoient efté armez
Chevaliers par le Roy luy- mê.
GALANT TOI
me: qu'ils pourront porter le
titre de Cavallers , fans qu'ils
foient obligez pour cet effet à
fervir dans les Armées. Auffi
font-ils de la Jurifdiction du
Viguier de Rouffillon de même que les Gentilshommes : ils
peuvent timbrer l'écuffon de
leurs Armoiries , ils portent
toûjours l'épée de quelque profeffion qu'ils foient : ils eftoient.
reçus de même que les Gentilshommes aux Jouxtes & Tournois du temps que l'on en faifoit enfin ils font admis dans
les Ordres de Chevalerie , & en
particulier dans celuy de MalI iij 1
102 MERCURE
1
te , &leurs preuves y font requës. C'eſt dequoy il y a plu--
fieurs exemples : Un des plus
celebres eft du feiziéme fiecle ,
enla perfonne de François Caftelle Bourgeois de Perpignan ,
quifut Commandeur d'Efplugé de Francoli ; & Prieur de
Catalogne. Cependant quelque ancienneté que l'on ait de
Bourgeoife , fût - elle de deux
ou trois cens années , on reſte
toûjours dans le Corps des
Bourgeois Nobles fans entrer
dans celui des Gentilshommes ,
à moins que le Roy ne donne
des Lettres particulieres.
GALANT 103.
V
Ces Privileges ont eſté confirmez non- feulement par le
Roy Loy Louis XIII. lorsqu'il
fit la conquefte de Perpignan ,
mais encore par le Roy Louis
Grand, ainfi qu'il paroift par
plufieurs Arreſts du Confeil ,
qui ont exempté Mrs de Perpignan de toute recherche de
Nobleffe:Sa Majefté leur ayant
même donné le titre de Bourgeois Nobles , au lieu qu'on ne
les appelloit auparavant que
Bourgeois , ou Honorables Bourgeois , Burges Honrats.
Pour eftre admis dans ce
Corps , il faut avoir au moins
I iiij
104 MERCURE
les deux tiers des voix ; c'eſt-àdire dix , fi il n'y a que quatorze
Votans. Mr Rigaud les a euës
toutes & avec de grands applaudiffemens. Deux autres
l'un Avocat , l'autre Capitaine
d'Infanterie , ont efté reçus
aprés luy.
Autrefois il n'y avoit à Perpignan que trois Confuls , &
pour lors un Bourgeois eftoit
toûjours le premier. En 1601 .
les Gentilshommes furent admis dans le Confulat , ce qui
produifit un quatriéme Conful ; & pour lors il fut reglé
que les places de premier &fe-
GALANT 105.
cond Confulrouleroient entre
ces deux Corps ; en forte qu'-
une année un Gentilhomme
feroit premier Conful & un
Bourgeois feroit le fecond , &
que l'année fuivante un Bourgeois feroit le premier & un
Gentilhomme le fecond: On
change de Confuls tous les ans:
maisce qu'il y a de particulier
eft que dans l'année où un Gentilhomme eft àla tefte duCon203
fulat , le Corps des Bourgeois
Nobles a la droite dans les ALA
femblées de Ville fur le Corps
des Gentilshommes , & lorfqu'un Bourgeois Noble occu- ?
106 MERCURE
pe cette premiere place , le
Corps des Gentilshommes
prend la droite. Les trois &
quatre Confuls font toûjours
du Corps de ce que l'on nomme à Perpignan les Mercaders
& en 1622. on créa un cinquiéme Conful pour le Corps
des Artiftes.
Enfin ce qu'il y a de remarquable dans le privilege qu'à
la Ville de Perpignan de créer
des Nobles , eft que le Confulat n'y annoblit point , comme
il fait à Touloufe & à Lyon ;
ainfi les trois , quatre & cinq
Confuls qui ont voix à cet-
GALANT 107
**
te création , & qui ne ſont jamais du Corps des Nobles
donnent aux autres par leurs
fuffrages ce qu'ils n'ont pas
eux-mêmes.
Le droit qu'à la Ville de
Perpignan de créer des Bourgeois Nobles , eft un des plus
beaux qu'une Ville puiſſe
avoir. Nous n'enavons aucun
exemple en France , & je ne
fçay que la Ville de Barcelonne
à qui ce Privilege foit commun.
Tous les ans le 16. Juin , les
cinq Confuls s'affemblent à
Perpignan , avec ceux des
Bourgeois Nobles qui font
alors dans la Ville , qui ong
efté premiers ou feconds Confuls , & ce Confeil qui doit,
eftre au moins de quatorze
THEQUE
LYON
1893-
BE
LA
GAD
THE
QUE
GALANT
perfonnes , a le pouvoir c
jour -là feulement d'annobit
99
quelques perfonnes en les
admettant dans le Corps des
Bourgeois Nobles de la Ville.
Cc Privilege eft tres- ancien.
On le trouve établi avant le
regne de Jacques I I. Roy
d'Arragon qui monta fur le
Trône en 1291. Ils en jouiffoient fous Pierre IV. dans
le 14. fiecle , fous Alfonfe V.
dont il y a deux Actes fort
avantageux pour les Bourgeois de Perpignan , l'un du
17. Janvier 1436. & l'autre
du 20. Mars 1448. le Roy
I ij
100 MERCURE
d'Arragon , & de Caſtille ›
Ferdinand V. confirma ce
privilege le 31. Aouſt 1510.
& le Roy Phippe II. en 1585.
& le 13. Juillet 1599. Dans
ce dernier Acte de confirmation ce Prince dit que les
Bourgeois de Perpignan qui
feront immatriculez fur les
Regiſtres de la Ville , & leurs
defcendans en ligne maſculine,
à perpetuité, joüiront de tous
les Privileges , libertez , franchifes , immunitez , faveurs &
Prerogatives des Nobles, comme s'ils avoient efté armez
Chevaliers par le Roy luy- mê.
GALANT TOI
me: qu'ils pourront porter le
titre de Cavallers , fans qu'ils
foient obligez pour cet effet à
fervir dans les Armées. Auffi
font-ils de la Jurifdiction du
Viguier de Rouffillon de même que les Gentilshommes : ils
peuvent timbrer l'écuffon de
leurs Armoiries , ils portent
toûjours l'épée de quelque profeffion qu'ils foient : ils eftoient.
reçus de même que les Gentilshommes aux Jouxtes & Tournois du temps que l'on en faifoit enfin ils font admis dans
les Ordres de Chevalerie , & en
particulier dans celuy de MalI iij 1
102 MERCURE
1
te , &leurs preuves y font requës. C'eſt dequoy il y a plu--
fieurs exemples : Un des plus
celebres eft du feiziéme fiecle ,
enla perfonne de François Caftelle Bourgeois de Perpignan ,
quifut Commandeur d'Efplugé de Francoli ; & Prieur de
Catalogne. Cependant quelque ancienneté que l'on ait de
Bourgeoife , fût - elle de deux
ou trois cens années , on reſte
toûjours dans le Corps des
Bourgeois Nobles fans entrer
dans celui des Gentilshommes ,
à moins que le Roy ne donne
des Lettres particulieres.
GALANT 103.
V
Ces Privileges ont eſté confirmez non- feulement par le
Roy Loy Louis XIII. lorsqu'il
fit la conquefte de Perpignan ,
mais encore par le Roy Louis
Grand, ainfi qu'il paroift par
plufieurs Arreſts du Confeil ,
qui ont exempté Mrs de Perpignan de toute recherche de
Nobleffe:Sa Majefté leur ayant
même donné le titre de Bourgeois Nobles , au lieu qu'on ne
les appelloit auparavant que
Bourgeois , ou Honorables Bourgeois , Burges Honrats.
Pour eftre admis dans ce
Corps , il faut avoir au moins
I iiij
104 MERCURE
les deux tiers des voix ; c'eſt-àdire dix , fi il n'y a que quatorze
Votans. Mr Rigaud les a euës
toutes & avec de grands applaudiffemens. Deux autres
l'un Avocat , l'autre Capitaine
d'Infanterie , ont efté reçus
aprés luy.
Autrefois il n'y avoit à Perpignan que trois Confuls , &
pour lors un Bourgeois eftoit
toûjours le premier. En 1601 .
les Gentilshommes furent admis dans le Confulat , ce qui
produifit un quatriéme Conful ; & pour lors il fut reglé
que les places de premier &fe-
GALANT 105.
cond Confulrouleroient entre
ces deux Corps ; en forte qu'-
une année un Gentilhomme
feroit premier Conful & un
Bourgeois feroit le fecond , &
que l'année fuivante un Bourgeois feroit le premier & un
Gentilhomme le fecond: On
change de Confuls tous les ans:
maisce qu'il y a de particulier
eft que dans l'année où un Gentilhomme eft àla tefte duCon203
fulat , le Corps des Bourgeois
Nobles a la droite dans les ALA
femblées de Ville fur le Corps
des Gentilshommes , & lorfqu'un Bourgeois Noble occu- ?
106 MERCURE
pe cette premiere place , le
Corps des Gentilshommes
prend la droite. Les trois &
quatre Confuls font toûjours
du Corps de ce que l'on nomme à Perpignan les Mercaders
& en 1622. on créa un cinquiéme Conful pour le Corps
des Artiftes.
Enfin ce qu'il y a de remarquable dans le privilege qu'à
la Ville de Perpignan de créer
des Nobles , eft que le Confulat n'y annoblit point , comme
il fait à Touloufe & à Lyon ;
ainfi les trois , quatre & cinq
Confuls qui ont voix à cet-
GALANT 107
**
te création , & qui ne ſont jamais du Corps des Nobles
donnent aux autres par leurs
fuffrages ce qu'ils n'ont pas
eux-mêmes.
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Résumé : « Le droit qu'à la Ville de Perpignan de créer des Bourgeois [...] »
Le texte traite d'un privilège distinctif de la ville de Perpignan, celui de créer des bourgeois nobles. Ce droit, partagé uniquement avec Barcelone, permet à un conseil de quatorze membres, composé des cinq consuls et des bourgeois nobles en exercice, de conférer la noblesse à certaines personnes chaque 16 juin. Ce privilège est ancien, attesté avant le règne de Jacques II d'Aragon en 1291, et a été confirmé par plusieurs rois, dont Ferdinand V et Philippe II. Les bourgeois nobles de Perpignan jouissent de nombreux avantages, tels que le port du titre de cavalier, l'exemption de la juridiction du viguier de Rouffillon, et l'admission dans les ordres de chevalerie. Ces privilèges ont été confirmés par Louis XIII et Louis XIV. Pour être admis dans ce corps, il est nécessaire d'obtenir au moins les deux tiers des voix des votants. Historiquement, les consuls de Perpignan étaient initialement au nombre de trois, puis sont passés à quatre en 1601 avec l'admission des gentilshommes, et à cinq en 1622 avec l'ajout d'un consul pour les artisans. Les consuls, issus des corps des marchands et des artisans, votent pour anoblir d'autres personnes sans être eux-mêmes nobles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 43-45
Réjoüissances faites au sujet de la paix.
Début :
Parmi les empressements des peuples à faire éclater leur joye [...]
Mots clefs :
Paix, Chartes, Célébrations, Consuls, Aumônes, Te Deum, Cathédrale, Acclamations, Juridiction consulaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances faites au sujet de la paix.
Rêjoüissances faites au sujet
delapaix.
Parmi les empressemens
des peuples à faire éclater
leur joye aux publications
qui se sont faites de la paix
dans toutes les principales
villes du Royaume, par les
actions de graces qu'ils en
ont renduës à Dieu, & par
les réjoüissances publiques
qui ont étéfaites, les habitans
de laville de Chartres
.te. sont fort signalez
,
surtout
les Juges-Consuls &
Corps des Marchands.
Le il. de May ils assemblerent
tous les Membres
qui composent les Corps
de la Juridiction Consulaire,
des Marchands, &
Communautez de la ville.
Après une distribution d'aumônes,
qui fut faire à plus
de trois mille pauvres en
l'Eglise où fut chanté le Te
Deum par le Doyen de la
Cathedrale,ensuite duquel
ils ,allerent à la place publique,
où étoit dresse un
feu d'artifice'," lequel!fut
allumé par le grand Juge
en Charge des Consuls
avec des fréquentés acclamations
de joye, & de
voeux pour la santédu Roy
& de toute: la Famille
Royale.
delapaix.
Parmi les empressemens
des peuples à faire éclater
leur joye aux publications
qui se sont faites de la paix
dans toutes les principales
villes du Royaume, par les
actions de graces qu'ils en
ont renduës à Dieu, & par
les réjoüissances publiques
qui ont étéfaites, les habitans
de laville de Chartres
.te. sont fort signalez
,
surtout
les Juges-Consuls &
Corps des Marchands.
Le il. de May ils assemblerent
tous les Membres
qui composent les Corps
de la Juridiction Consulaire,
des Marchands, &
Communautez de la ville.
Après une distribution d'aumônes,
qui fut faire à plus
de trois mille pauvres en
l'Eglise où fut chanté le Te
Deum par le Doyen de la
Cathedrale,ensuite duquel
ils ,allerent à la place publique,
où étoit dresse un
feu d'artifice'," lequel!fut
allumé par le grand Juge
en Charge des Consuls
avec des fréquentés acclamations
de joye, & de
voeux pour la santédu Roy
& de toute: la Famille
Royale.
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Résumé : Réjoüissances faites au sujet de la paix.
Le 11 mai, Chartres a célébré la paix avec enthousiasme. Les Juges-Consuls et le Corps des Marchands ont distribué des aumônes à trois mille pauvres et chanté le Te Deum. Un feu d'artifice a été allumé sur la place publique, accompagné d'acclamations pour le Roi et la Famille Royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2908-2913
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
Début :
L'Infant Don Carlos, qui arriva le 27 de Novembre à Perpignan, et qui y séjourna le 28, [...]
Mots clefs :
Prince, Régiment, Garde, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
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Résumé : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
La lettre du 2 décembre 1731 relate le voyage de l'Infant Don Carlos depuis Perpignan jusqu'à Montpellier. Don Carlos arriva à Perpignan le 27 novembre et entra en Languedoc le 29 novembre. À son arrivée aux Cabanes de Fitou, il fut accueilli par le Marquis de la Fare et l'Intendant de la Province, M. de Bernage de Saint-Maurice. Il baptisa une enfant née la veille et fit des dons au père et au curé. Après avoir dîné sur place, il poursuivit son voyage jusqu'à Sigean, où il arriva de nuit. Le lendemain, il se rendit à Narbonne, où il fut reçu par les Consuls et les autorités locales. Il visita ensuite Béziers, Pezenas, et Loupian, où il chassa et fut accueilli par les autorités locales. Le 2 décembre, il arriva à Montpellier et logea à la Maison du Roy. Il reçut les compliments des autorités locales et des corps constitués. La suite de l'Infant, composée d'environ 250 personnes et 1000 chevaux et mulets, était en bon état malgré la longue route. Don Carlos est décrit comme un prince affable, populaire et généreux, apprécié par les populations locales. Il prévoit de continuer son voyage vers Nîmes, Tarascon, Marseille, Toulon, et Antibes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Fermer
Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1460-1466
ARRESTS NOTABLES.
Début :
EDIT DU ROY, portant suppression des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de [...]
Mots clefs :
Majesté, Cavalerie, Régiments, Cavaliers, Chevaux, Habillement, Consuls, Général, Ordonnance, Capitaines
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
E
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
ARRESTS NOTABLES.
DIT DU ROY , portant suppression
des six Offices d'Affineurs des Monnoyes de
Paris et de Lyon , et création de pareils Offices.
Donnée à Versailles , au mois de May 17 3 3 .
Registré en la Cour des Monnoyes , les Juin
suivant.
ORDONNANCE DU ROY , du 27 May
concernant les droits des Consuls et Vice- Consuls
des Eschelles de Négrépont , la Cavalle
Rhodes , Mételin , Scio , Mile , Tine et Miconi,
par laquelle S. M. ordonne que les Consuls er
Vice Consuls des susdites Eschelles , qui n'ont
point d'appointemens payez par la Chambre du
Commerce de Marseille , percevront à l'avenir
deux pour cent seulement , sur le prix des Nolisemens
que les Capitaines et Patrons des Bâtimens
François feront dans leurs Eschelles ; def
fendant ausdits Consuls et Vice- Consuls , d'exiger
ledit droit sur un plus haut pied , et ausdits
Capitaines et Patrons d'en frustrer lesdits Consuls
et Vice -Consu's , sous les peines portées par
le Réglement du 28 Février 1732. que S.M veut
au surplus être exécuté selon sa forme et teneur.
4
VI. Vol OR
JUIN. 1733 . 1461
ORDONNANCE DU ROY , portant Regles
ment pour l'Habillement , Equippement et Ar
mement de la Cavalerie , du 28 May 1733.
Sa Majesté étant informée des différens usages
qui se sont introduits dans l'Habillement, Equippement
et Armement de la Cavalerie : Et vou
lant non seulement régler ledit Habillement
Equipement et Armement , de maniere qu'il soit
uniforme dans tous les Régimens , mais aussi la
taille des Chevaux , et faire reprendre aux Officiers
la Cuirasse , et aux Cavaliers le Plastron
qui ont été abandonnez depuis la paix : Sa Majesté
a ordonné et ordonne ce qui suit :
ART. I L'Habillement des Brigadiers & Cavaliers
demeurera composé d'un Juste- au-Corps
de Drap de Lodéve ou de Berry , blanc , bleu ou
rouge , selon la couleur affectée au Régiment ,
doublé de Serge d'Aumale ou autre étoffe de même
qualité , avec un Buffle , ou une Veste de
tricot , couleur de Chamois , suivant qu'il sera
convenu dans le Régiment ; d'un Chapeau , dont
la forme aura quatre pouces deux lignes au
moins de profondeur , en sorte qu'il puisse être
aisément garni d'une Calotte de fer ou de méche
; le bordé en or ou en argent sera d'une
once : Deffend , Sa Majesté, d'employer les cour
leurs fines aux Habits des Brigadiers ou Cavafiers
; et permet seulement un bordé d'or ou
d'argent , du poids d'une once , à la Manche des
Brigadiers ; deffend pareillement Sa Majesté, les
Cartouches sur les Housses , Bourses ou Chaperons
, ausquelles il sera mis un simple bordé
en laine ou galon de livrée .
II. Les Habits uniformes des Officiers seront
en tout semblables à ceux des Cavaliers , à l'exception
qu'ils seront de Drap d'Elbeuf ou autre
1
11. Vol.
Ma
1462 MERCURE DE FRANCE
Manufacture semblable ; il n'y sera employé d
Doublures d'aucune autre étoffe que de laine ,
ni aucun galon ou fil d'or ou d'argent sur les
Juste-au-Corps ni sur les Vestes , mais seule
ment des Boutons de cuivre doré ou d'argent
sur bois.
III. Il ne sera fait à l'avenir aucun Habillement
par les Régimens de Cavalerie ,
que sur des
marchez , contenant les qualitez , les quantitez
& les prix des différentes especes de fournitures.
Lesquels marchez seront présentez par les Offciers
, chargez du détail aux Inspecteurs , pour
être par eux examinez et envoyez, avec leur avis,
au Secretaire d'Etat, ayant le département de la
Guerre , pour en rendre compte à Sa Majesté ;
faisant deffense de mettre à exécution lesdits
marchez , qu'après qu'Elle les aura approuvez .
IV. N'entend , Sa Majesté , comprendre dans
les articles cy - dessus , le Régiment Royal des
Carabiniers , celui de Royal Allemand , et les
Régimens de Hussards , à l'Habillement des
quels il ne sera fait aucun changement.
V. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie, y compris les Carabiniers et Royal
Allemand , seront tous en Bottes molles , sans
qu'à l'avenir les Capitaines puissent en donner
de fortes , sous quelque prétexte que ce soit.
VI. Les Brigadiers et Cavaliers des Régimens
de Cavalerie continueront d'être armez d'un
Mousqueton , deux Pistolets et un Sabre ; et attendu
que Sa Majesté a été informée qu'il n'y
a point d'uniformité entre les Régimens , soit
pour les longueurs ou pour le calibre desdites
Armes , Sa Majesté veut qu'à l'avenir la longueur
des Mousquetons demeure fixée à trois
pieds six pouces six lignes ; la longueur du Ca-
II. Vela non
JUIN. 1733. 1463
non à deux pieds , quatre ponces , ayant chacun
une Grenadiere , et la longueur des Pistolets à
seize pouces , tous montez ; que lesdits Mousquetons
et Pistolets soient mis auCalibre de l'Infanterie
,, pour recevoir la Balle de 18 à la livre
et que les Lames des Sabres soient de deux pieds
neuf pouces de longueur , sans la Poignée , qui
sera faite de façon que la main et le pouce
soient couverts ; et auront lesdits Cavaliers des
Bandoulieres de Buffle à anneau roulant , de la
largeur de deux pouces , une ou deux lignes , le
Ceinturon de même qualité et moins large ; le
tout simplement picqué dans les bords , suivant
les modeles qui seront envoyez aux Régimens.
Veut néanmoins Sa Majesté , que le Regiment
Royal des Carabiniers , le Régiment Royal Allemand
et les Hussards , demeurent armez comme
ils le sont à
present,
>
VII. Sa Majesté ayant reconnu qu'il est im
portant que toutes ses Troupes , tant de Gendarmerie
que de Cavalerie soient cuirassées et
plastronnées , même en temps de paix , pour
être accoûtumées à l'usage des Armes deffensives
en temps de guerre Sa Majesté a ordonné
et ordonne que conformément à l'Ordonnance ,
du 1 Février 1703. tous les Officiers , tant de
Gendarmerie , que de Cavalerie , se pourvoiront
incessamment de Cuirasses à l'épreuve, au moins
du Pistolet ; en sorte qu'ils en ayent tous à la
Revûë que les Directeurs et Inspecteurs feront
l'année prochaine 1734. et que les Brigadiers ,
Gendarmes , Chevaux - legers et Cavaliers , 2
l'exception des Hussards , auront des Plastrons ,
et les porteront dans tous les Exercices , aux Revûës
et dans les Marches , à commencer du jour
que Sa Majesté leur en aura fait distribuer de ses
II. Vol. Ma1464
MERCURE DE FRANCE
Magazins ; ce qui sera fait pour une premiere
fois , après quoi les Capitaines demeureront
chargez de l'entretien .
VIII. Sa Majesté pareillement informée que,
quoique la Talie des Chevaux ait été réglée par
differentes Ordonnances , notamment celles des
2 Septembre 1680. et 25 Octobre 1689. neanmoins
les Capitaines acheptent des Chevaux
beaucoup plus elevez que ce qui est prescrit par
lesdites Ordonnances : Sa Majesté veut qu'il ne
soit doresnavant point reçû de Chevaux pour la
remonte de la Cavalerie legere , de la Taille audessus
, de quatre pieds huit à dix pouces an
plus , mesurez depuis le dessous du fer . jusqu'à
la naissance des Crins sur le garost ; qu'ils soient
tous à longue Queue , et que les Directeurs et
Inspecteurs Généraux et Commissaires des guerres
qui feront les Revûës , réforment tous les
nouveaux Chevaux qui seront donnez aux Cavaliers
, d'une Taille autre que celle marquée cydessus.
IX. Les changemens cy-dessus pour les Bottes,
armement et la Taille des Chevaux , auront lieu,
à mesure qu'il sera besoin de les renouveller :
Voulant , Sa Majesté , qué les Directeurs et Inspecteurs
, à la premiere Revue qu'ils feront ,
prescrivent à chaque Régiment , un temps fixe
pour s'y conformer , et qu'ils en donnent avis à
Sa Majesté: Mandant , Sa Majesté, à M.le Comte
d'Evreux , Colonel Général de sa Cavalerie , et
au Sieur de Châtillon , Mestre de Camp Général
de ladite Cavalerie , de tenir la main chacun ,
ainsi qu'il lui appartiendra , à l'exécution de la
Présente.
Mande et ordonne , Sa Majesté , aux Gouver
meurs , et à ses Lieutenaus Généraux en ses Pro-
II. Vol. vinces
JUIN. 1733. 1468
es , aux Officiers Généraux , ayant comidement
sur ses Troupes , aux Camps où
its Régimens seront assemblez , aux Gouneurs
de ses Villes et Places , aux Intendans
ites Provinces , et sur ses Frontieres , aux Di
teurs et Inspecteurs Généraux sur ses Troupes
aux Commissaires de ses Guerres , de tenir la
in à l'exécution de la Présente ; laquelle sera
et publiée à la tête desdites Troupes , à ce
aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait à
rsailles , le 28 May 1733. Signé, LOUIS. E
Es bas , BAUYN .
OUIS DE LA TOUR D'AUVERGNE ,
Comte d'Evreux , Colonel Général de la Cavalerie
légere , Françoise et Etrangere, Lieutenanı
Général des Armées du Roy , Gouverneur et
Lieutenant Général pour Sa Majesté au Gouvernement
de l'Isle de France.
Vû l'Ordonnance cy - dessus , en date du 28 du
ois dernier , par laquelle Sa Majesté a reglé
Habillement , Equipement et Armement de la
avalerie , la Taille des Chevaux , comme aussi
our faire reprendre aux Officiers la Cuirasse
aux Cavaliers le Plastron , qui ont été aban
onnez depuis la paix , ainsi qu'il est plus an
-ng contenu dans ladite Ordonnance , pour
exécution de laquelle Sa Majesté nous mande
e tenir la main.
Nous , en vertu du pouvoir à Nous donné par
a Majesté , à cause de notre Charge de Colo
el Général de la Cavalerie , mandons à Monieur
le Comte de Châtillon , Mestre de Camp
Général de ladite Cavalerie , de tenir exactement
la main à l'exécution de ladite Ordonnan
e , suivant l'intention de Sa Majesté : Ordon-
II. Vol. nons
1465 MERCURE DE FRAN
nons à tous Mestres de Camp des Régimer
Cavalerie , et des Brigades du Régiment R
des Carabiniers ; Lieutenans Colonels , Majet
Capitaines desdits Régimens et Brigades , d
server et exécuter ponctuellement la volont
Sa Majesté , mentionnée en ladite Ordonna
sans y contrevenir : Laquelledite Ordonnanc
la Présente seront lûës et publiées à la tête
Régimens de Cavalerie , et des Brigades de C
rabiniers , par les Commissaires des Guerres
en ont la Police ; afin que personne n'en igno
Fait à Paris , le 3 Juin 1733. Signé , LOUIS E
LA TOUR D'AUVERGNE , Comte d'Ev
Et plus bas : Par Monseigneur MITOUFLET
I ORDONNANCE DU ROY , du 1 Juin, por
regler le traitement des Troupes qui dows
camper sur la Meuse et au Comté de Bourg
gne , près de Gray.
>
ORDONNANCE DU ROY, du 10 Juin, d
permet de faire faucher les Prez avant la S.Je
par laquelle S. M. permet à tous Fermiers , L
boureurs et autres dans la Généralité de Pars ,
même dans l'étendue des Capitaineries , de fat
faucher pendant la présente année seulement t
sans tirer à consequence , tous les Prez, de que
que nature et qualité qu'ils soient , dans le tems,
qu'ils le jugeront à propos , sans en demand )
permission aux Seigneurs , aux Capitaines da
Chasses , à leurs Officiers et autres.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En mai et juin 1733, plusieurs ordonnances royales ont été émises. Le 17 mai, une ordonnance a supprimé les six offices d'affineurs des monnaies de Paris et de Lyon, et en a créé de nouveaux. Le 27 mai, une autre ordonnance a réglé les droits des consuls et vice-consuls des échelles de Négrépont, Rhodes, Mételin, Scio, Mile, Tine et Miconi, fixant leurs perceptions à deux pour cent sur le prix des nolisements des bâtiments français. Le 28 mai, une ordonnance a établi des règles pour l'habillement, l'équipement et l'armement de la cavalerie. Elle a imposé un uniforme standardisé et la réintroduction de la cuirasse pour les officiers et du plastron pour les cavaliers. Elle a également fixé la taille des chevaux et les spécifications des armes. Le 1er juin, une ordonnance a réglé le traitement des troupes devant camper sur la Meuse et au Comté de Bourgogne, près de Gray. Enfin, le 10 juin, une ordonnance a permis de faucher les prés avant la Saint-Jean dans la généralité de Paris et les capitaineries.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 2731-2736
RECEPTION de M. le Comte du Dognon, en la Charge de Lieutenant de Roy de la Province du Haut-Limousin. Extrait d'une Lettre écrite de Limoges le 25. Novembre 1733.
Début :
Mr. le Comte du Dognon, Colonnel d'Infanterie, Brigadier des Armées [...]
Mots clefs :
Comte du Dognon, Limoges, Officiers, Roi, Lieutenant général, Consuls, Département, Députés, Cérémonie, Présidial de Limoges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION de M. le Comte du Dognon, en la Charge de Lieutenant de Roy de la Province du Haut-Limousin. Extrait d'une Lettre écrite de Limoges le 25. Novembre 1733.
RECEPTION de M. le Comte du
Dognon , en la Charge de Lieutenant
de Roy de la Province du Haut- Limousin.
Extrait d'une Lettre écrite de
Limoges le 25. Novembre 1733.
Mah
R. le Comte du Dognon , Colonel
.d'Infanterie , Brigadier des Armées
du Roy , Commandant des Villes et
Châteaux de Brest et dépendances, ayant
été pourvû en l'année 1731. de la Char
ge de Lieutenant General pour S. M.
de la Province du Haut- Limousin , il
L. Vol ... surving
1732 MERCURE DE FRANCE
survint quelques difficultez de la part
des Officiers du Présidial et de la Séne
chaussée de Limoges sur les honneurs
qui lui étoient dûs le jour de son installa
tion ; ces difficultez ont été levées par
une Ordonnance du Roy que j'insere ici
d'autant plus volontiers qu'elle est fort
sommaire et qu'elle pourra servir de Reglement
, s'il arrive jamais de contestations
en pareille maticre..
DE PAR LE Roy, Sa Majesté ayant
ié informée de la contestation qui s'est élevée
entre le Sieur Comte du Dognon et les Officiers
du Préfidial de Limoges , au sujet
&c. Sa Majesté a ordonné et ordonne ee
qui suit.
39
I. Que lorsque ledit Sieur Comte du
» Dognon sera arrivé dans la Ville de
Limoges , il fera sçavoir au Présidial le
» jour qu'il souhaitera être installé , que
» ce jour-là les Maire et Echevins le vien-
» dront prendre en sa maison pour l'ac-
» compagner au Présidial , et le recon-
» duire chez lui après son installation .
» II. Qu'à son passage , en allant et en
>> revenant chez lui , la Milice Bourgeoise
» sera sous les Armes en haye , et fera
» chaque fois une décharge de Mousqueterie
. III. Que le même jour le Prési-
1. Vol.
מ
>> dial
DECEMBRE. 1733- 2733
dialet autresCorps et Compagnies delad.
Ville et des autres de son département,
seront tenus et obligez d'envoyer des
» députez saluer et complimenter ledit
» Sr Comte du Dognon, er qu'ils se serviront
en lui parlant de termes respec-
> tueux. IV . Que dans la Ville de Limoges
>> et autres de son département , en l'ab-,
» sence du Gouverneur et du Lieutenant
» General de la Province , ledit Sieur
» Comte du Dognon aura le rang et la
» préseance au dessus de ceux desdits
» Corps et Compagnies , dans tous les
» endroits où ils se trouveront ensemble,
» même dans les Choeurs des Eglises indistinctement
de la Ville de Limoges ,
» et autres dudit département. V. Que
» les Maire et Echevins desdites Villes en
>> l'absence du Gouverneur et du Lieute-
» nant General , ne pourront faire, pren-
» dre les Armes aux Bourgeois ,sous quel
» que prérexte que ce soit, sans l'ordre du
>> Sieur Comte du Dognon . MANDE et
» ordonne Sa Majesté aux Officiers du
» Présidial &c . de faire enregistrer la
» presente Ordonnance &c. Fait à Versailles
le 30 May 1733. Signé Louis ,
» et plus bas Phelippeaux.
Les choses ainsi reglées , et le Jeudi
12 Novembre dernier ayant été pris
I. Vol.
I pour
2734 MERCURE DE FRANCE
pour cette Cérémonie , les Consuls de
Limoges vinrent la veille sçavoir les
Ordres de M. le Comte du Dognon , et
elle fut annoncée par une d charge des
Canons de la Ville , apportez dans la
grande Place audevant de sa Maison . A
L'entrée de la nuit on alluma uu grand
Bucher au milieu de cette Place , et on
vit des illuminations aux fenêtres, des
maisons qui durerent toute la nuit.
Le lendemain les Consuls, en habits de »
Cérémonie , accompagnez des Officiers
de Ville , vinrent avec leurs Gardes prendre
le Comte du Dognon dans sa maison ,
pour l'accompagner au Palais. Il étoit
précédé dans sa marche de tous les Officiers
militaires , des Gentilshommes et
autres personnes distinguées qui se trouverent
dans la Ville , après lesquelles
suivoit une Symphonie de violons et
d'autres instruments. Le Comte du
Dognon étoit précédé immédiatement
de ses Gardes , et avoit à ses côtez
les Consuls de la Ville. Cependant
toute la Bourgeoisie étoit sous les Armes
formant une double haye sur son passage,
les Tambours battants.
Il trouva dans la Salle d'Audiance ',
extraordinairement ornée un grand
nombre de Dames de la Ville et des en-
-L.Fol-
>
virons
DECEMBRE . 1733. 2735:
virons placées pour voir la Cérémonie
qu'il salua , la séance se tint en cet otdre.
Le Lieutenant General de la Séné
chaussée Président , ayant à sa droite.
tous les Officiers de cette Jurisdiction
et à sa gauche les députez du Chapitre
de la Cathedrale , de la Collegiale et de
l'Election. Au milieu du Parquet étoit
placé M. le Comte du Dognon assis dans
un grand Fauteuil , ayant à sa droite et:
à sa gauche les Consuls de Limoges , et
ies principaux Officiers de Ville , sur des
siéges ordinaires .
Le premier Huissier ayant fait son apel,
le Sieur de Voyon , Avocat, prononça un ,
fort beau Discours sur le sujet de la Séance
, s'étendant sur les Services militaires
du nouveau Lieutenant de Roy ; il re-.
marqua surtout l'intrépidité avec laquel
le il deffendit en 1708. le fameux Tenaillou
de l'Ille pendant l'espace de 37 jours,
ce qui lui attira des Eloges de nos Generaux
et des Generaux ennemis , et lui me-.
rita l'honneur d'être presenté au feu Roy,
dont il reçû des marques d'estime et de
bonté.
Ce Discours fût suivi de celui de M.
Muret, Avocat du Roy , qui parla avec
beaucoup d'éloquence et de dignité sur
le même sujet. Après quoi le Président
1. Vol.
$ I ij ayant
2736 MERCURE DE FRANCE
ayant pris les voix , prononça l'enregistre
ment des Lettres et de l'Acte d'installation
.
Le Comte du Dognon s'étant levé et
ayant salué la compagnie , il reprit sa
marche dans le même ordre au bruit de
la Mousqueterie & des Tambours , jettant
, comme il avoit fait en allant , des
piéces d'argent au peuple , qui fût encore
régalé de plusieurs Barriques de vin ,
coulant audevant de sa Maison . Il retint
à diner un grand nombre des personnes
qui l'avoient accompagné au Palais.
L'après diner se passa à recevoir les
députations et les compliments de tous
les Corps de la Ville , ausquels il répon
dit avec beaucoup d'esprit et de politesse.
Le soir il donna un grand et magnifique
soupé aux Consuls , à tous les députez des
Compagnies , au Colonel, aux Capitaines
, et à tous les Officiers dé la Bourgeoisie.
Il y avoit quatre Tables de 18
couverts chacune. Tout s'y passa dans un
grand ordre avec le plaisir d'entendre une
agréable Symphonie, et au bruit des Canons
qui tiroient sur la Place par intervalles.
Enfin chacun se retira charmé des
honneurs qu'il avoit rendus ou reçûs, à la
clarté des feux de joye , et des illumi
pations qui durerent toute la nuit,
Dognon , en la Charge de Lieutenant
de Roy de la Province du Haut- Limousin.
Extrait d'une Lettre écrite de
Limoges le 25. Novembre 1733.
Mah
R. le Comte du Dognon , Colonel
.d'Infanterie , Brigadier des Armées
du Roy , Commandant des Villes et
Châteaux de Brest et dépendances, ayant
été pourvû en l'année 1731. de la Char
ge de Lieutenant General pour S. M.
de la Province du Haut- Limousin , il
L. Vol ... surving
1732 MERCURE DE FRANCE
survint quelques difficultez de la part
des Officiers du Présidial et de la Séne
chaussée de Limoges sur les honneurs
qui lui étoient dûs le jour de son installa
tion ; ces difficultez ont été levées par
une Ordonnance du Roy que j'insere ici
d'autant plus volontiers qu'elle est fort
sommaire et qu'elle pourra servir de Reglement
, s'il arrive jamais de contestations
en pareille maticre..
DE PAR LE Roy, Sa Majesté ayant
ié informée de la contestation qui s'est élevée
entre le Sieur Comte du Dognon et les Officiers
du Préfidial de Limoges , au sujet
&c. Sa Majesté a ordonné et ordonne ee
qui suit.
39
I. Que lorsque ledit Sieur Comte du
» Dognon sera arrivé dans la Ville de
Limoges , il fera sçavoir au Présidial le
» jour qu'il souhaitera être installé , que
» ce jour-là les Maire et Echevins le vien-
» dront prendre en sa maison pour l'ac-
» compagner au Présidial , et le recon-
» duire chez lui après son installation .
» II. Qu'à son passage , en allant et en
>> revenant chez lui , la Milice Bourgeoise
» sera sous les Armes en haye , et fera
» chaque fois une décharge de Mousqueterie
. III. Que le même jour le Prési-
1. Vol.
מ
>> dial
DECEMBRE. 1733- 2733
dialet autresCorps et Compagnies delad.
Ville et des autres de son département,
seront tenus et obligez d'envoyer des
» députez saluer et complimenter ledit
» Sr Comte du Dognon, er qu'ils se serviront
en lui parlant de termes respec-
> tueux. IV . Que dans la Ville de Limoges
>> et autres de son département , en l'ab-,
» sence du Gouverneur et du Lieutenant
» General de la Province , ledit Sieur
» Comte du Dognon aura le rang et la
» préseance au dessus de ceux desdits
» Corps et Compagnies , dans tous les
» endroits où ils se trouveront ensemble,
» même dans les Choeurs des Eglises indistinctement
de la Ville de Limoges ,
» et autres dudit département. V. Que
» les Maire et Echevins desdites Villes en
>> l'absence du Gouverneur et du Lieute-
» nant General , ne pourront faire, pren-
» dre les Armes aux Bourgeois ,sous quel
» que prérexte que ce soit, sans l'ordre du
>> Sieur Comte du Dognon . MANDE et
» ordonne Sa Majesté aux Officiers du
» Présidial &c . de faire enregistrer la
» presente Ordonnance &c. Fait à Versailles
le 30 May 1733. Signé Louis ,
» et plus bas Phelippeaux.
Les choses ainsi reglées , et le Jeudi
12 Novembre dernier ayant été pris
I. Vol.
I pour
2734 MERCURE DE FRANCE
pour cette Cérémonie , les Consuls de
Limoges vinrent la veille sçavoir les
Ordres de M. le Comte du Dognon , et
elle fut annoncée par une d charge des
Canons de la Ville , apportez dans la
grande Place audevant de sa Maison . A
L'entrée de la nuit on alluma uu grand
Bucher au milieu de cette Place , et on
vit des illuminations aux fenêtres, des
maisons qui durerent toute la nuit.
Le lendemain les Consuls, en habits de »
Cérémonie , accompagnez des Officiers
de Ville , vinrent avec leurs Gardes prendre
le Comte du Dognon dans sa maison ,
pour l'accompagner au Palais. Il étoit
précédé dans sa marche de tous les Officiers
militaires , des Gentilshommes et
autres personnes distinguées qui se trouverent
dans la Ville , après lesquelles
suivoit une Symphonie de violons et
d'autres instruments. Le Comte du
Dognon étoit précédé immédiatement
de ses Gardes , et avoit à ses côtez
les Consuls de la Ville. Cependant
toute la Bourgeoisie étoit sous les Armes
formant une double haye sur son passage,
les Tambours battants.
Il trouva dans la Salle d'Audiance ',
extraordinairement ornée un grand
nombre de Dames de la Ville et des en-
-L.Fol-
>
virons
DECEMBRE . 1733. 2735:
virons placées pour voir la Cérémonie
qu'il salua , la séance se tint en cet otdre.
Le Lieutenant General de la Séné
chaussée Président , ayant à sa droite.
tous les Officiers de cette Jurisdiction
et à sa gauche les députez du Chapitre
de la Cathedrale , de la Collegiale et de
l'Election. Au milieu du Parquet étoit
placé M. le Comte du Dognon assis dans
un grand Fauteuil , ayant à sa droite et:
à sa gauche les Consuls de Limoges , et
ies principaux Officiers de Ville , sur des
siéges ordinaires .
Le premier Huissier ayant fait son apel,
le Sieur de Voyon , Avocat, prononça un ,
fort beau Discours sur le sujet de la Séance
, s'étendant sur les Services militaires
du nouveau Lieutenant de Roy ; il re-.
marqua surtout l'intrépidité avec laquel
le il deffendit en 1708. le fameux Tenaillou
de l'Ille pendant l'espace de 37 jours,
ce qui lui attira des Eloges de nos Generaux
et des Generaux ennemis , et lui me-.
rita l'honneur d'être presenté au feu Roy,
dont il reçû des marques d'estime et de
bonté.
Ce Discours fût suivi de celui de M.
Muret, Avocat du Roy , qui parla avec
beaucoup d'éloquence et de dignité sur
le même sujet. Après quoi le Président
1. Vol.
$ I ij ayant
2736 MERCURE DE FRANCE
ayant pris les voix , prononça l'enregistre
ment des Lettres et de l'Acte d'installation
.
Le Comte du Dognon s'étant levé et
ayant salué la compagnie , il reprit sa
marche dans le même ordre au bruit de
la Mousqueterie & des Tambours , jettant
, comme il avoit fait en allant , des
piéces d'argent au peuple , qui fût encore
régalé de plusieurs Barriques de vin ,
coulant audevant de sa Maison . Il retint
à diner un grand nombre des personnes
qui l'avoient accompagné au Palais.
L'après diner se passa à recevoir les
députations et les compliments de tous
les Corps de la Ville , ausquels il répon
dit avec beaucoup d'esprit et de politesse.
Le soir il donna un grand et magnifique
soupé aux Consuls , à tous les députez des
Compagnies , au Colonel, aux Capitaines
, et à tous les Officiers dé la Bourgeoisie.
Il y avoit quatre Tables de 18
couverts chacune. Tout s'y passa dans un
grand ordre avec le plaisir d'entendre une
agréable Symphonie, et au bruit des Canons
qui tiroient sur la Place par intervalles.
Enfin chacun se retira charmé des
honneurs qu'il avoit rendus ou reçûs, à la
clarté des feux de joye , et des illumi
pations qui durerent toute la nuit,
Fermer
Résumé : RECEPTION de M. le Comte du Dognon, en la Charge de Lieutenant de Roy de la Province du Haut-Limousin. Extrait d'une Lettre écrite de Limoges le 25. Novembre 1733.
En 1731, le Comte du Dognon, Colonel d'Infanterie et Brigadier des Armées du Roi, fut nommé Lieutenant Général pour Sa Majesté dans la Province du Haut-Limousin. Lors de son installation en 1732, des contestations surgirent avec les Officiers du Présidial et de la Sénéchaussée de Limoges concernant les honneurs qui lui étaient dus. Ces difficultés furent résolues par une ordonnance royale du 30 mai 1733, qui détaillait les protocoles pour son installation. L'ordonnance stipulait que le Comte du Dognon devait informer le Présidial du jour de son installation. Les Maire et Echevins devaient le chercher pour l'accompagner au Présidial et le reconduire chez lui. La Milice Bourgeoise devait être sous les armes et tirer des salves de mousqueterie à son passage. Les corps et compagnies de la ville devaient envoyer des députés pour le saluer, et il devait avoir la préséance sur eux en l'absence du Gouverneur et du Lieutenant Général. Les Maire et Echevins ne pouvaient prendre les armes aux Bourgeois sans l'ordre du Comte du Dognon. Le 12 novembre 1733, la cérémonie d'installation eut lieu. La veille, les Consuls de Limoges vinrent prendre les ordres du Comte du Dognon, et la cérémonie fut annoncée par une décharge de canons. La nuit fut illuminée par des feux et des illuminations. Le lendemain, les Consuls, accompagnés des Officiers de Ville, vinrent chercher le Comte du Dognon pour l'accompagner au Palais, précédés par des Officiers militaires, des Gentilshommes et une symphonie. La salle d'audience était ornée et remplie de Dames de la ville. Le discours de l'Avocat de Voyon souligna les services militaires du Comte du Dognon, notamment la défense du Tenaillou de l'Ille en 1708. Après l'enregistrement des lettres et de l'acte d'installation, le Comte du Dognon reprit sa marche au bruit de la mousqueterie et des tambours, jetant des pièces d'argent au peuple. Il offrit un dîner et un souper magnifiques aux Consuls et aux députés des compagnies, avec une symphonie et des salves de canons. La nuit se termina par des feux de joie et des illuminations.
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8
p. 197
AFRIQUE.
Début :
Plusieurs des factieux qui ont eu part au meurtre du feu [...]
Mots clefs :
Alger, Meurtre, Dey d'Alger, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
D'ALGER , le 23 Decembre .
Purédu feu Dey
tre du feu Dey s'étoient cachés , en attendant
quelque occafion de prendre la fuite . On en a dé-
Couvert dix , dont fix ont été empalés , & les quatre
autres étranglés. Le nouveau Dey a fait allurer
les Confuls de France , d'Angleterre & de
Hollande , ainsi que le Conful Impérial , qu'il
étoit dans la réfolution d'entretenir la paix avec
leurs Souverains.
D'ALGER , le 23 Decembre .
Purédu feu Dey
tre du feu Dey s'étoient cachés , en attendant
quelque occafion de prendre la fuite . On en a dé-
Couvert dix , dont fix ont été empalés , & les quatre
autres étranglés. Le nouveau Dey a fait allurer
les Confuls de France , d'Angleterre & de
Hollande , ainsi que le Conful Impérial , qu'il
étoit dans la réfolution d'entretenir la paix avec
leurs Souverains.
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9
p. 204-207
De PARIS, le 17 Février 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Premier Président & deux Présidens du Parlement se sont [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Déclaration, Procureurs, Impératrice de Russie, Académie des sciences, Médecins, Roi de Prusse, Juridiction consulaire, Scrutin, Consuls, Exécution, Souscription, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Février 1764.
De PARIs , le 17 Février 1764.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
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Résumé : De PARIS, le 17 Février 1764.
En février 1764, plusieurs événements marquants se déroulèrent en France et en Europe. Le 19 février, le Premier Président et deux Présidents du Parlement se rendirent à Versailles pour présenter au roi les remontrances arrêtées le 18 février. Le 21 février, le roi publia une Déclaration ordonnant l'exécution de celle du 21 novembre précédent et imposant un silence absolu sur les événements passés relatifs à cette Déclaration, interdisant toute poursuite à ce sujet. Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général au service des Majestés Impériales et Royale, arriva de Bruxelles et fut présenté à Versailles au roi et à la Famille Royale par le Comte de Starhenberg, Ambassadeur de la Cour de Vienne. L'Impératrice de Russie reconnut les efforts du Sieur Morand, membre de l'Académie des Sciences et de Chirurgie, en lui remettant des médailles d'or et d'argent via le Prince de Gallitzin, son Ministre Plénipotentiaire. Par ailleurs, l'Académie Impériale des Sciences de Pétersbourg admit le Sieur Delalande comme membre, tandis que le Roi de Prusse désigna le Chevalier de Jaucourt comme Associé Étranger de son Académie. Le 28 février, la Jurisdiction Consulaire de Paris élut les Juges et Consuls pour l'année : le Sieur Darlu fut nommé Juge, et les Sieurs Vaudichon, Hérissant, de la Voye-Pierre et de Haynault furent élus Consuls. La Gazette Littéraire de l'Europe, dont les obstacles à la publication avaient cessé, devait paraître le premier mercredi de mars. Le prix de la souscription était de 24 livres pour le papier ordinaire et de 30 livres pour un papier plus grand et plus fin. Le 24 janvier, le trente-septième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, attribuant des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. Le 6 février, la Loterie de l'École Royale Militaire fut tirée, avec les numéros 37, 87, 73, 64 et 27. Le prochain tirage devait se faire le 5 mars.
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