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2351
p. 813-814
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 2 de ce mois, Jeudi-Saint, l'Archevêque d'Yorck, Grand-Aumônier du Roi, lava [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
•
L'Yorck, Grand- Aumônier du Roi , lava
E2 de ce mois , Jeudi - Saint , l'Archevêque
les pieds , selon l'usage , à autant de Pauvres
que S. M. á d'années . et il leur distribua les au
mônes ordinaires.
I ij
814 MERCURE DE FRANCE
Le 21. le Roi , la Reine , le Prince de Galles ,
le, Duc de Cumberland , et les Princesses , virent
au Théatre du Marché au foin , une Représenta
tion de l'Opéra de Débora,
•
L'Yorck, Grand- Aumônier du Roi , lava
E2 de ce mois , Jeudi - Saint , l'Archevêque
les pieds , selon l'usage , à autant de Pauvres
que S. M. á d'années . et il leur distribua les au
mônes ordinaires.
I ij
814 MERCURE DE FRANCE
Le 21. le Roi , la Reine , le Prince de Galles ,
le, Duc de Cumberland , et les Princesses , virent
au Théatre du Marché au foin , une Représenta
tion de l'Opéra de Débora,
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2352
p. 814-816
« Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Début :
Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...]
Mots clefs :
Poncet de la Rivière, Duc d'Orléans, Roi, Carrosse, Détachement, Duc d'Anjou
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texteReconnaissance textuelle : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
L
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
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Résumé : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Le 2 avril, le roi écouta un sermon lors du Jeudi Saint, suivi de l'absoute par l'évêque de Dijon. Il lava ensuite les pieds de douze pauvres et les servit à table, une cérémonie dirigée par le duc de Bourbon et des nobles tels que le comte de Charolois et le comte de Clermont. Après cette cérémonie, le roi se rendit à la chapelle du château pour la messe, la procession et les vêpres. Le 7 avril, le duc d'Anjou mourut à Versailles à l'âge de deux ans, sept mois et huit jours. Le roi et la reine montrèrent une grande sensibilité à cette perte. Le corps du duc fut transporté aux Tuileries pour être embaumé et mis en cercueil. Le 9 avril, le cercueil fut transporté à l'Abbaye Royale de Saint-Denis, accompagné de plusieurs carrosses et détachements militaires. Le duc d'Orléans menait le deuil, accompagné de l'abbé de Bellefonds, de la duchesse de Tallard et du duc de Brissac. Le cœur du duc d'Anjou fut ensuite transporté à l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce.
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2353
p. 816-817
« Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Début :
Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...]
Mots clefs :
Composition, Musique, Maure, Compagnie, Reine, Concert spirituel
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texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le Jeudy Saint 2. Avril , le Concert Spirituel
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
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Résumé : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le 2 avril, un concert du Concert Spirituel eut lieu au Château des Tuileries. Bononcini présenta un Miserere, avec la demoiselle Erremens interprétant des récits au goût italien. La demoiselle Le Maure chanta un nouveau Pange lingua, alternant avec les chœurs sur des extraits de Jephté et de la Bergerie de Roland. M. Mouret ajouta des versets musicaux, acclamés par le public. Le concert fut interrompu trois jours en raison du décès du Duc d'Anjou, puis reprit jusqu'au dimanche de Quasimodo. Les demoiselles Erremens, Le Maure, Courvasier et Lenner, ainsi que le sieur Massé, chantèrent divers motets nouveaux. Le sieur Sommis, violoniste du Roi de Sardaigne, exécuta des sonates et concertos avec maîtrise. Le 10 avril, le psaume Exultate justi de Bordier fut exécuté et applaudi. Le 25 mars, l'Abbé de Fitzjames chanta sa première messe à l'Abbaye Royale de Saint-Victor. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
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2354
p. 817-819
BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Début :
L'Abbaye Commendataire de Bardoüe, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Auch, vacante par le [...]
Mots clefs :
Décès, Abbaye commendataire, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
BENEFICES DONNEZ
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
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Résumé : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Le document du Mercure de France du 4 avril 1733 annonce plusieurs nominations à des postes ecclésiastiques vacants. L'Abbaye Commandataire de Bardoüe, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Auch, est attribuée à M. Jean-Marie Henrion, Évêque de Boulogne, suite au décès de M. de Montesquiou Préchac. L'Abbaye Commandataire de Saint-Liguaire, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saintes, est confiée à l'Abbé d'Harcourt, Prêtre et Doyen de Notre-Dame de Paris, après le décès du dernier Commandataire. L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de Beaulieu, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est donnée à M. Savary, Bachelier de Sorbonne, à la suite de la démission de M. de Bonsens des Epinetz. L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bourges, est attribuée à M. du Mans, Prêtre et Conseiller au Parlement de Paris, après le décès de M. Bruel. L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine, Ordre de Prémontré, Diocèse de Troyes, est confiée à M. de Cicery, Prédicateur ordinaire de la Reine, suite à la démission de M. le Febvre des Chevaliers. L'Abbaye d'Espagne, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Amiens, est attribuée à la Dame de Castellane, Religieuse de l'Ordre de sainte Claire Urbaniste, après la démission de la Dame Lambert de Thorigny. L'Abbaye de Bonneville, Ordre de Citeaux, Diocèse de Rouen, est confiée à la Dame de Lausans, Religieuse du même Ordre, suite au décès de la Dame d'Aubigny. L'Abbaye Régulière de Barbery, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bayeux, est attribuée à Dame Fitshabert, Abbesse Régulière de la Pieté-Dieu, après le décès de la Dame de Lastour. L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est confiée à M. de Quéselin, Aumônier du Roy, suite au décès de M. Trudaine. Le Prieuré Commandataire et Électif de Boscachard, Ordre de Saint Augustin, Diocèse de Rouen, est attribué à M. François-Firmin Trudaine, Évêque de Senlis, après le décès de M. Brochand. L'Abbaye Commandataire de Murceaux, Ordre de Prémontré, Diocèse de Toul, est confiée à M. de Foyal de Donnery, Docteur en Théologie, suite au décès de M. de l'Aigle. Enfin, l'Évêché de Dax est attribué à M. d'Audigue, Doyen et Vicaire Général de Luçon, après le décès de M. d'Abbadie d'Arboucave.
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2355
p. 1013
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a appris de Smirne, que le Commandant de l'Escadre d'Alger, qui avoit moüillé aux [...]
Mots clefs :
Smyrne, Escadre d'Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
O
Na appris de Smirne , que le Commandant
de l'Escadre d'Alger , qui avoit mouillé aux
Fogeri , avoit , selon la permission que le Divan
lui avoit donnée , levé près de 4000. hommes
dans la Natolie et dans la Province de
Sarchan.
On a appris depuis que cette Escadre avoit mis
à la voile le 28. Mars , pour repasser le Canal de
Malte , et qu'elle est accompagnée de quelques
Sultanes et d'un autre Vaisseau chargé de Poudre
et d'autres munitions de guerre, que le Grand
Seigneur a donnez à la Régence d'Alger.
O
Na appris de Smirne , que le Commandant
de l'Escadre d'Alger , qui avoit mouillé aux
Fogeri , avoit , selon la permission que le Divan
lui avoit donnée , levé près de 4000. hommes
dans la Natolie et dans la Province de
Sarchan.
On a appris depuis que cette Escadre avoit mis
à la voile le 28. Mars , pour repasser le Canal de
Malte , et qu'elle est accompagnée de quelques
Sultanes et d'un autre Vaisseau chargé de Poudre
et d'autres munitions de guerre, que le Grand
Seigneur a donnez à la Régence d'Alger.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte décrit les activités militaires de la Turquie et de la Perse. Le commandant de l'escadre d'Alger, après l'autorisation du Divan, a recruté 4000 hommes en Anatolie et en Sarchan. L'escadre, partie le 28 mars des Fogeri, traverse le canal de Malte avec des vaisseaux transportant des sultanes et des munitions fournies par le Grand Seigneur à Alger.
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2356
p. 1013-1017
A Constantinople, le 30. Mars 1733.
Début :
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incertaines, et souvent celles qui se débitent le [...]
Mots clefs :
Constantinople, Pacha , Khan, Topal Osman Pacha, Perse, Ville, Armée, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Constantinople, le 30. Mars 1733.
A Constantinople , le 30. Mars 1733 .
LE
Es nouvelles de Perse sont toujours fort in
certaines , et souvent celles qui se débitent le
matią sont contredites par d'autres qu'on répand'
le
TO14 MERCURE DE FRANCE
le soir. On assure depuis quelques jours , que
Mossoul n'a point été été saccagé par Thamas-
Kouli Kan , comme on l'avoit cy- devant publié.
On dit que sur les premiers bruits qu'il s'en approchoit
, les habitans les plus accommodez de
cette grande Ville avoient d'abord voulu s'enfuir
avec leurs meilleurs effets ; mais que d'un côté ,
Pincertitude de sçavoir où se mettre en sureté
dans un Pays ouvert et inondé de Soldats , et
de l'autre , les représentations , les cris et même
les menaces du peuple , au desespoir de se voir
abandonné, leur avoit fait changer d'avis ; qu'étant
dailleurs informez que le General Persan
n'avoit point de gros Canon à sa suite , ils avoient
tous pris le genereux parti , tant les riches , que
les pauvres , de se renfermer dans leur Ville et
d'en rétablir à la hâte la Forteresse et l'enceinte
presqu'entierement ruinées , à quoi tout le monde
, de tout âge , de tout sexe et de toute condition
avoit travaillé avec tant de zele et de diligence
, que Thamas- Kouli - Kan venant à paroître,
il avoit jugé cette Ville hors d'insulte et avoit
passé outre.
*
>
On ajoute que continuant ses courses rapides ,
dans lesquelles il ravage tout le pays par où il
passe, il étoit tombé tout à coup sur Kouch-Kalessi
, Fauxbourg de Bagdad , séparé de la Ville
par le Tigre , qu'il y avoit fait beaucoup de butin
et y avoit même trouvé un Canon d'une
grosseur prodigieuse , qu'Achmet - Pacha , Gouverneur
de Bagdad , n'avoit pas eu le temps de
retirer ; que comme cependant Thamas - Kouli-
Kouch- Kalessi , signifie en Arabe la Tour des
Oiseaux. C'étoit une Tour qu'il y avoit autrefois ,
dans ce Faubourg, d'où il a pris son nom.
Kan
MAY. 1733. 1015
Kan n'avoit d'autre Artillerie avec lui que quel-..
ques petites Pieces de campagne , portées sur des
chameaux, on présamoit que quant à présent il se
borneroit à tourner en blocus le siege qu'il avoit
paru vouloir former de cette Place , et qu'au surplus
quelque parti qu'il prît , Achmet- Pacha l'avoit
si bien pourvûë de tout , qu'elle étoit en état
de se soutenir long- temps.
Les Turcs ont eu quelques avantages depuis peu
du côté de Tauris , où ils se sont emparez de
deux petites Villes , à la deffense desquelles il a
péri quelques Persans ; et le G. S. résolu de faire
tous ses efforts cette année pour terminer par
quelque Evenement décisif , une guerre si longue
et si ruineuse , a ordonné à tous les Pachas qui
sont sur les Frontieres de Perse , d'y marcher en
diligence avec le plus de Troupes qu'ils pourront
rassembler. De pareils ordres ont été donnez
le 26. de ce mois à 12000 hommes qui partent
d'ici journellement par mer et par terre ; sçavoir,
8000. Jannissaires , commandez par le
Koul-Kiayasei , ou Lieutenans General de cette
Milice , et le reste Topgis et Dgebedgis , aussi
commandez par les Kiayas ou Lieutenant Generaux
de leurs Corps . Mais ce qui releve plus que
toute autre chose le courage des Turcs , c'est que
Topal Osman , Pacha , a été fait Seraskier et
avec une grande autorité , et que les gens de guerre
qui ont une entiere confiance en sa capacité et
en sa bravoure , marchent en Perse avec autant
de bonne volonté qu'ils montroient cy- devant de
* Il est remarquer
que le Jannissaire
Aga , le
Topgi
- Bachi
et le Dgebedgi
-Bachi
, qui sont les
Chefs
de ces trois Corps
, ne marchent
point à l'Armée,
que lorsque
le G.V. la commande
en personne
,
1016 MERCURE DE FRANCE
*
Y
tépugnance à y aller. Ainsi l'Armée Otomane devant
être de plus de 200 mille hommes bien
payez , au moyen des grandes sommes que Sa
Hautesse a fait tenir à Topal - Osman , on se flatte
que la Campagne qui va s'ouvrir sera féconde
en heureux succès . On compte même que cet
actif Séraskier doit avoir déja penetré dans le
Diarbekir.
Le Grand-Seigneur avoit pareillement ordonné
au Kan des Tartares de Crimée , d'envoyer
20 mille hommes de ses Troupes en Perse ; mais
comme, pour abreger considerablement leur rou
te , on étoit convenu de les faire passer sur les
Terres de la Czarine , M. Nepluef, Résident de
cette Princesse à Constantinople , en ayant eu
avis , s'y est formellement opposé , et a signifié
au Reis - Effendi , au nom de sa Souveraine , qu'el
le ne pourroit consentir à ce passage , et que si
l'on persistoit à le vouloir tenter , elle regarderoit
cette entreprise comme une déclaration de
guerre. On ne sçait pas encore la détermination
de la Porte sur ce refus , ni quel chemin prendront
les Tartares.
Outre le Commandement de l'Armée que le
G. S. a donné à Topal - Osman , avec un pouvoir
si absolu , qu'il est le Maitre de tous les Emplois
Militaires , et de distribuer des récompenses er
des pensions à qui il jugera à propos , S. H. l'a
fait Beylerbey d'Anatolie , et en même temps Pa
cha de Cutaya, ces deux dernieres Dignitez étant
toujours unies ; et pour lui marquer encore mieux
sa bienveillance , elle a fait aussi de nouveau le
gendre de ce General , Beylerbey de Romelie et
Pacha de Nisse , Dignitez qui vont pareillement
ensemble , et dont ce dernier avoit déja été revêtu
ey-devant sous le Visiriat de son beaupere.
M.
MAY. 1733. 1017
M. le Comte Sierakousky , envoyé Extraordi
naire de Pologne à la Cour Ottomane ,pour complimenter
le G. S. sur son avenement au Trône ,
et qui arriva à Constantinople le 6.de Novembre
dernier , en est parti le 14. du present mois de
Mars , sur la nouvelle qu'il y reçut le 28. Février .
de la mort du Roy Auguste. M. le Comte Staninsky
, neveu de ce Ministre , est resté ici en
qualité d'Agent , avec l'agrément de la Porte ,
qui lui a donné une Maison à Pera , et un Train
pour sa subsistance journaliere.
"
Djanum- Codja , auquel peu après sa derniere
déposition de la Charge de Capitan-Pacha , il y
a deux ans , on avoit donné le Pachalik de Le
pante , qui ne rapporte qu'environ 20. Bourses ,
a été nommé aujourd'hui à celui de Negrepont
qui produit 60. Bourses , et qui est toujours rempli
par un Visir à trois Queues. Il releve Abdoulla
Cuperly , cy - devant Pacha du Caire , que le
G. V. envoye servir en Perse sous les ordres de
Topal- Osman.
P. V. D.
LE
Es nouvelles de Perse sont toujours fort in
certaines , et souvent celles qui se débitent le
matią sont contredites par d'autres qu'on répand'
le
TO14 MERCURE DE FRANCE
le soir. On assure depuis quelques jours , que
Mossoul n'a point été été saccagé par Thamas-
Kouli Kan , comme on l'avoit cy- devant publié.
On dit que sur les premiers bruits qu'il s'en approchoit
, les habitans les plus accommodez de
cette grande Ville avoient d'abord voulu s'enfuir
avec leurs meilleurs effets ; mais que d'un côté ,
Pincertitude de sçavoir où se mettre en sureté
dans un Pays ouvert et inondé de Soldats , et
de l'autre , les représentations , les cris et même
les menaces du peuple , au desespoir de se voir
abandonné, leur avoit fait changer d'avis ; qu'étant
dailleurs informez que le General Persan
n'avoit point de gros Canon à sa suite , ils avoient
tous pris le genereux parti , tant les riches , que
les pauvres , de se renfermer dans leur Ville et
d'en rétablir à la hâte la Forteresse et l'enceinte
presqu'entierement ruinées , à quoi tout le monde
, de tout âge , de tout sexe et de toute condition
avoit travaillé avec tant de zele et de diligence
, que Thamas- Kouli - Kan venant à paroître,
il avoit jugé cette Ville hors d'insulte et avoit
passé outre.
*
>
On ajoute que continuant ses courses rapides ,
dans lesquelles il ravage tout le pays par où il
passe, il étoit tombé tout à coup sur Kouch-Kalessi
, Fauxbourg de Bagdad , séparé de la Ville
par le Tigre , qu'il y avoit fait beaucoup de butin
et y avoit même trouvé un Canon d'une
grosseur prodigieuse , qu'Achmet - Pacha , Gouverneur
de Bagdad , n'avoit pas eu le temps de
retirer ; que comme cependant Thamas - Kouli-
Kouch- Kalessi , signifie en Arabe la Tour des
Oiseaux. C'étoit une Tour qu'il y avoit autrefois ,
dans ce Faubourg, d'où il a pris son nom.
Kan
MAY. 1733. 1015
Kan n'avoit d'autre Artillerie avec lui que quel-..
ques petites Pieces de campagne , portées sur des
chameaux, on présamoit que quant à présent il se
borneroit à tourner en blocus le siege qu'il avoit
paru vouloir former de cette Place , et qu'au surplus
quelque parti qu'il prît , Achmet- Pacha l'avoit
si bien pourvûë de tout , qu'elle étoit en état
de se soutenir long- temps.
Les Turcs ont eu quelques avantages depuis peu
du côté de Tauris , où ils se sont emparez de
deux petites Villes , à la deffense desquelles il a
péri quelques Persans ; et le G. S. résolu de faire
tous ses efforts cette année pour terminer par
quelque Evenement décisif , une guerre si longue
et si ruineuse , a ordonné à tous les Pachas qui
sont sur les Frontieres de Perse , d'y marcher en
diligence avec le plus de Troupes qu'ils pourront
rassembler. De pareils ordres ont été donnez
le 26. de ce mois à 12000 hommes qui partent
d'ici journellement par mer et par terre ; sçavoir,
8000. Jannissaires , commandez par le
Koul-Kiayasei , ou Lieutenans General de cette
Milice , et le reste Topgis et Dgebedgis , aussi
commandez par les Kiayas ou Lieutenant Generaux
de leurs Corps . Mais ce qui releve plus que
toute autre chose le courage des Turcs , c'est que
Topal Osman , Pacha , a été fait Seraskier et
avec une grande autorité , et que les gens de guerre
qui ont une entiere confiance en sa capacité et
en sa bravoure , marchent en Perse avec autant
de bonne volonté qu'ils montroient cy- devant de
* Il est remarquer
que le Jannissaire
Aga , le
Topgi
- Bachi
et le Dgebedgi
-Bachi
, qui sont les
Chefs
de ces trois Corps
, ne marchent
point à l'Armée,
que lorsque
le G.V. la commande
en personne
,
1016 MERCURE DE FRANCE
*
Y
tépugnance à y aller. Ainsi l'Armée Otomane devant
être de plus de 200 mille hommes bien
payez , au moyen des grandes sommes que Sa
Hautesse a fait tenir à Topal - Osman , on se flatte
que la Campagne qui va s'ouvrir sera féconde
en heureux succès . On compte même que cet
actif Séraskier doit avoir déja penetré dans le
Diarbekir.
Le Grand-Seigneur avoit pareillement ordonné
au Kan des Tartares de Crimée , d'envoyer
20 mille hommes de ses Troupes en Perse ; mais
comme, pour abreger considerablement leur rou
te , on étoit convenu de les faire passer sur les
Terres de la Czarine , M. Nepluef, Résident de
cette Princesse à Constantinople , en ayant eu
avis , s'y est formellement opposé , et a signifié
au Reis - Effendi , au nom de sa Souveraine , qu'el
le ne pourroit consentir à ce passage , et que si
l'on persistoit à le vouloir tenter , elle regarderoit
cette entreprise comme une déclaration de
guerre. On ne sçait pas encore la détermination
de la Porte sur ce refus , ni quel chemin prendront
les Tartares.
Outre le Commandement de l'Armée que le
G. S. a donné à Topal - Osman , avec un pouvoir
si absolu , qu'il est le Maitre de tous les Emplois
Militaires , et de distribuer des récompenses er
des pensions à qui il jugera à propos , S. H. l'a
fait Beylerbey d'Anatolie , et en même temps Pa
cha de Cutaya, ces deux dernieres Dignitez étant
toujours unies ; et pour lui marquer encore mieux
sa bienveillance , elle a fait aussi de nouveau le
gendre de ce General , Beylerbey de Romelie et
Pacha de Nisse , Dignitez qui vont pareillement
ensemble , et dont ce dernier avoit déja été revêtu
ey-devant sous le Visiriat de son beaupere.
M.
MAY. 1733. 1017
M. le Comte Sierakousky , envoyé Extraordi
naire de Pologne à la Cour Ottomane ,pour complimenter
le G. S. sur son avenement au Trône ,
et qui arriva à Constantinople le 6.de Novembre
dernier , en est parti le 14. du present mois de
Mars , sur la nouvelle qu'il y reçut le 28. Février .
de la mort du Roy Auguste. M. le Comte Staninsky
, neveu de ce Ministre , est resté ici en
qualité d'Agent , avec l'agrément de la Porte ,
qui lui a donné une Maison à Pera , et un Train
pour sa subsistance journaliere.
"
Djanum- Codja , auquel peu après sa derniere
déposition de la Charge de Capitan-Pacha , il y
a deux ans , on avoit donné le Pachalik de Le
pante , qui ne rapporte qu'environ 20. Bourses ,
a été nommé aujourd'hui à celui de Negrepont
qui produit 60. Bourses , et qui est toujours rempli
par un Visir à trois Queues. Il releve Abdoulla
Cuperly , cy - devant Pacha du Caire , que le
G. V. envoye servir en Perse sous les ordres de
Topal- Osman.
P. V. D.
Fermer
Résumé : A Constantinople, le 30. Mars 1733.
Le 30 mars 1733, à Constantinople, les informations concernant la Perse restent floues. Contrairement à des rumeurs précédentes, Mossoul n'a pas été saccagée par Thamas-Kouli Kan. Les habitants de Mossoul, initialement prêts à fuir, ont choisi de rester et de renforcer les défenses de la ville après avoir appris que le général persan ne disposait pas d'artillerie lourde. Thamas-Kouli Kan, n'ayant pas pu prendre Mossoul, a poursuivi sa marche et a attaqué Kouch-Kalessi, un faubourg de Bagdad, où il a fait du butin et trouvé un canon. Les Turcs ont récemment pris deux petites villes près de Tauris et préparent une offensive majeure contre la Perse. Le Grand Seigneur a ordonné à tous les pachas des frontières persanes de rassembler leurs troupes. Une armée de plus de 200 000 hommes, commandée par Topal Osman Pacha, est en route vers la Perse. Le Grand Seigneur a également nommé Topal Osman Pacha Seraskier avec des pouvoirs étendus et l'a promu à plusieurs hautes dignités. Le comte Sierakousky, envoyé extraordinaire de Pologne, a quitté Constantinople après avoir appris la mort du roi Auguste. Djanum-Codja a été nommé pacha de Negrepont, remplaçant Abdoulla Cuperly, envoyé en Perse sous les ordres de Topal Osman Pacha.
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2357
p. 1017-1018
POLOGNE.
Début :
Les Remontrances du Prince de Vienovieski, ont déterminé la plus grande partie des Gentilshommes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
P. V. D.
Es Remontrances du Prince de Vienovieski ;
vont déterminé la plus grande partie des Gen
tilshommes du Palatinat de Cracovie , qui étoient
entrez dans la Confédération signée le 23. Février
, à y renoncer ; la Diette particuliere de ce
Palatinat , malgré les oppositions du reste des
Confédérez , a élu les Nonces à la prochaine
Diette de convocation , et les instructions qu'on
leur a données , sont conformes à celles des Nonces
de la Diette particuliere du Palatinat de Ma-
** sovie.
Il est arrivé à Varsovie des Députez des Dietto18
MERCURE DE FRANCE
tes particulieres de divers Palatinats , pour faire.
part au Primat de la résolution où est la Noblesse
de leurs Palatinats , d'exclure de la Couronne
tous les Etrangers , et particulierement ceux dont
les biens ne sont pas situez en Pologne.
On apprend par les dernieres Nouvelles de
Warsovie , que la Diette Generale de Convocation
, avoit élû pour Mareschal, M. Maschalski,
Staroste et l'un des Nonces du Palatinat de
Grodno .
P. V. D.
Es Remontrances du Prince de Vienovieski ;
vont déterminé la plus grande partie des Gen
tilshommes du Palatinat de Cracovie , qui étoient
entrez dans la Confédération signée le 23. Février
, à y renoncer ; la Diette particuliere de ce
Palatinat , malgré les oppositions du reste des
Confédérez , a élu les Nonces à la prochaine
Diette de convocation , et les instructions qu'on
leur a données , sont conformes à celles des Nonces
de la Diette particuliere du Palatinat de Ma-
** sovie.
Il est arrivé à Varsovie des Députez des Dietto18
MERCURE DE FRANCE
tes particulieres de divers Palatinats , pour faire.
part au Primat de la résolution où est la Noblesse
de leurs Palatinats , d'exclure de la Couronne
tous les Etrangers , et particulierement ceux dont
les biens ne sont pas situez en Pologne.
On apprend par les dernieres Nouvelles de
Warsovie , que la Diette Generale de Convocation
, avoit élû pour Mareschal, M. Maschalski,
Staroste et l'un des Nonces du Palatinat de
Grodno .
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Résumé : POLOGNE.
Le texte décrit la situation politique en Pologne, marquée par des événements au sein de la noblesse. Les remontrances du Prince de Vienovieski ont persuadé de nombreux gentilshommes du Palatinat de Cracovie de renoncer à la Confédération signée le 23 février. La Diète particulière de ce Palatinat a élu des nonces pour la prochaine Diète de convocation, malgré les oppositions des autres confédérés. Les instructions données à ces nonces sont similaires à celles des nonces de la Diète particulière du Palatinat de Masovie. À Varsovie, des députés des Diètes particulières de divers Palatinats ont informé le Primat de la décision de la noblesse d'exclure de la Couronne tous les étrangers, notamment ceux dont les biens ne sont pas situés en Pologne. Enfin, la Diète générale de convocation a élu M. Maschalski, Staroste et nonce du Palatinat de Grodno, comme maréchal.
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2358
p. 1018
DANNEMARCK.
Début :
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck et la Suede, par lequel les deux [...]
Mots clefs :
Cartel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEMARCK .
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck
et la Suede , par lequel les deux
Puissances s'engageront à se rendre , non seulement
les Deserteurs , mais encore toutes les personnes
accusées de quelque crime capital , et particulierement
du duel , sans avoir égard à la naissance
, ni au rang des coupables.
On parle d'un Cartel projetté entre le Dannemarck
et la Suede , par lequel les deux
Puissances s'engageront à se rendre , non seulement
les Deserteurs , mais encore toutes les personnes
accusées de quelque crime capital , et particulierement
du duel , sans avoir égard à la naissance
, ni au rang des coupables.
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2359
p. 1018
ALLEMAGNE.
Début :
Le Decret Imperial, par lequel il est ordonné à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
"
E Decret Imperial , par lequel il est ordonné
à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg
de reconnoître le Duc Chrétien Louis , pour
Administrateur de ce Duché , est arrivé depuis
peu à Schwerin , et il y a été publié. L'Empereur
a écrit au Duc Charles Léopold , pour l'exhorter
à se soumettre à ce Decret , et à ne point rroubler
par une résistance inutile et dangereuse ,
la tranquillité
de ses Peuples. Il a écrit en même- temps
au Duc Chrétien Louis , pour lui recommander
de
convoquer au plutôt une Assemblée generale
des Etats du Duché , afin de prendre avec eux les
mesures convenables pour assurer son autorité.
Le Duc de Meckelbourg Strelitz , a reçû aussi
une Lettre de S. M. I. qui l'invite à se trouver à
L'Assemblée des Etats.
"
E Decret Imperial , par lequel il est ordonné
à tous les Habitans du Duché de Meckelbourg
de reconnoître le Duc Chrétien Louis , pour
Administrateur de ce Duché , est arrivé depuis
peu à Schwerin , et il y a été publié. L'Empereur
a écrit au Duc Charles Léopold , pour l'exhorter
à se soumettre à ce Decret , et à ne point rroubler
par une résistance inutile et dangereuse ,
la tranquillité
de ses Peuples. Il a écrit en même- temps
au Duc Chrétien Louis , pour lui recommander
de
convoquer au plutôt une Assemblée generale
des Etats du Duché , afin de prendre avec eux les
mesures convenables pour assurer son autorité.
Le Duc de Meckelbourg Strelitz , a reçû aussi
une Lettre de S. M. I. qui l'invite à se trouver à
L'Assemblée des Etats.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
L'Empereur a ordonné aux habitants du Duché de Mecklembourg de reconnaître le Duc Chrétien Louis comme administrateur. Il a exhorté le Duc Charles Léopold à se soumettre et à éviter toute résistance. L'Empereur a également demandé au Duc Chrétien Louis de convoquer une assemblée générale des États du Duché. Le Duc de Mecklembourg-Strelitz a été invité à participer à cette assemblée.
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2360
p. 1019
ITALIE.
Début :
On apprend de Genes, que Don Loüis Giafery, et le Prêtre Aitelli, deux des quatre [...]
Mots clefs :
Gênes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ofery ,et le Prêtre Aitelli , deux des quatre
N apprend de Genes , que Don Louis Gia-
Chefs des Mécontens de Corse , détenus dans la
Forteresse de Savonne , ont été depuis peu remis
en liberté , sur les assurances qu'ils ont données
d'une meilleure conduite et d'une parfaite soumis
sion aux ordres de la République.
Ofery ,et le Prêtre Aitelli , deux des quatre
N apprend de Genes , que Don Louis Gia-
Chefs des Mécontens de Corse , détenus dans la
Forteresse de Savonne , ont été depuis peu remis
en liberté , sur les assurances qu'ils ont données
d'une meilleure conduite et d'une parfaite soumis
sion aux ordres de la République.
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2361
p. 1019-1020
ESPAGNE.
Début :
Par le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril, on a appris que la nuit du 19. au 20. du même [...]
Mots clefs :
Ennemis, Compagnies, Espagnols, Forts, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
Ar le Courrier arrivé d'Oran le 27. Avril , on
a appris que la nuit du 19. au 20. du même
mois , l'armée des Ennemis s'étoit approchée par
le Barranco ou Vallon creux , des postes qui couvrent
les Travailleurs des nouvelles Fortifications
des Forts S. Ferdinand et S. Philippe . Deux Compagnies
de Grenadiers qui étoient au pied de la
Montagne de la Mazetta , ayant découvert l'avant-
garde des Maures , la chargerent , mais
nayant reconnu le grand nombre des Ennemis
elles se retirerent de leur poste , qui fut occupé
par un Détachement des Ennemis , jusqu'à ce
que le Marquis de Villadarias , Commandant
General des Troupes Espagnoles , eut envoyé
dix autres Compagnies qui les en chasserent. Če
Détachement s'étant retiré sur l'une des éminences
qui commandent le Barranco , obligea par
le feu continuel de sa Mousqueterie , les Espagnols
de quitter ce même poste ; mais ceux - cy
ayant reçû un renfort de sept Compagnies de
Grenadiers , de quatre de Gardes Espagnoles et
Walonnes , d'une du Régiment d'Espagne , et de
deux du Régiment de Victoria , retournerent à la
charge , attaquerent vivement les Troupes postées
SU
1020 MERCURE DE FRANCE
sur la hauteur , et les mirent en fuite. Alors l'armée
des Maures , composée de 9000. hommes
d'Infanterie et de 2000. chevaux , marcha en
Bataille contre les Espagnols , et ceux- cy s'étant
postez sous le Canon des Forts S. Ferdinand
et S. Philippe , les Ennemis avancerent jusqu'à
la demie portée du fusil de ces Forts , d'où
ils furent très-mal traitez par de fréquentes décharges
d'Artillerie et de Mousqueterie. Après
avoir demeuré pendant quelques heures exposez
à ce feu , et voyant qu'ils perdoient beaucoup de
monde , ils se retirerent sans vouloir engager
le combat avec la Cavalerie Espagnole , qui étoit
postée près du Fort S. André , et qui les attaqua
pour les attirer sous le feu de ce Fort. Quelques
Déserteurs des Ennemis ont rapporté que leur
perte montoit à 1500. hommes. Du côté des Espagnols
il n'y a eu que trois Officiers et sept
Soldats de tuez , et environ 80. blessez .
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 27 avril, des informations d'Oran ont rapporté qu'une nuit du 19 au 20 avril, l'armée ennemie s'est approchée des postes couvrant les travailleurs des nouvelles fortifications des forts Saint-Ferdinand et Saint-Philippe. Deux compagnies de grenadiers espagnols ont chargé l'avant-garde des Maures mais se sont retirées face à leur nombre. Le marquis de Villadarias a envoyé des renforts pour chasser les ennemis, qui se sont repliés sur une éminence. Les Espagnols, renforcés par sept compagnies de grenadiers, quatre de gardes espagnols et wallons, une du régiment d'Espagne, et deux du régiment de Victoria, ont attaqué et mis en fuite les troupes ennemies. L'armée maure, composée de 9 000 hommes d'infanterie et 2 000 chevaux, a alors avancé en bataille contre les Espagnols. Ces derniers, positionnés sous le canon des forts, ont repoussé les Maures par des décharges d'artillerie et de mousqueterie. Après plusieurs heures sous ce feu, les Maures se sont retirés sans engager la cavalerie espagnole. Les pertes ennemies sont estimées à 1 500 hommes, tandis que les Espagnols ont déploré trois officiers et sept soldats tués, et environ 80 blessés.
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2362
p. 1020-1023
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 23 du mois dernier, on délibera dans la Chambre des Communes, si on feroit une [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Membres, Parlement, Bill, Ville, Londres, Westminster
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
du mois dernier , on délibera dans la
Chambre des Communes , si on feroit une
seconde lecture du Bill, présenté le 17 à la Chambre
le Chevalier Charles Turner , pour établir
un nouveau Droit sur le Tabac , et d'un
autre Bill pour augmenter les impositions sur
le Vin et sur les Liqueurs fortes , et pour
changer la maniere de les percevoir : plusieurs
Membres insisterent pour que ces deux
Bills fussent rejettés. , et il fut résolu qu'on en
renverroit la lecture au 12 de Juin. Le soir , le
peuple ayant appris cette résolution , donna des
démonstrations de sa joye : on sonna les Cloches
, et la plupart des maisons de la Ville de
LonMAY.
1021 1733.
2
2
>
Condres furent illuminées : divers Membres du '
Parlement soupçonnez d'approuver les deux
ills proposez farent insultez par la populace en
etournant chez eux , et l'on brûla dans diffe-
S entes Places publiques , des figures de paille
usquelles ils avoient mis un cordon bleu en
charpe , tel que le portoient les Chevaliers de
Ordre de la Jarretiere. Le lendemain , sur les
plaintes qui furent portées à la Chambre par
eux de ses Membres qui avoient été insultés
t sur les remontrances qui lui furent faites
qu'il étoit de dangereuse conséquence de souffrir
que le peuple s'assemblat tumultueusement
autour de Westminster pendant les séances de
fa Chambre , elle déclara qu'attaquer ou menacer
un de ses Membres au sujet de sa conduite
dans le Parlement , et former des assemblées tumultueuses
pour faire passer un Bill , ou pour
empêcher qu'il ne passat , c'étoit violer les
droits du Parlement , donner atteinte à sa liberté
, et par conséquent désobéir à une des
plus anciennes et des plus importantes Loix de
l'Etat il fut ordonné que les Membres qui représentent
dans la Chambre la Ville de Londres
, le Comté de Middlesex et la Ville de
Westminster , signifieroient cette déclaration au
Lord Maire de Londres , au Sheriff de Middlesex
, et au Grand Bailly de Westminster , et
leur enjoindroient de la part de la Chambre , de
faire punir les Refractaires selon toute la ri
gueur
des Loix ,
ཌ་ ་
La nouvelle de la résolution prise par la
Chambre des Communes le 23 du mois dernier
au sujet de ce Bill concernant le Tabac , &c . a
été reçue par les habitans des Provinces ,
es inêmes démonstrations de joye que par ceux
avec
de
1022 MERCURE DE FRANCE
de la Ville de Londres. Dans les Villes principales
on a sonné les Cloches , et il y a eu des
feux et des illuminations. Le Conseil Commun
de Londres a fait remercier le Lord Maire , les
Aldermans et les Sheriffs , des soins qu'ils se
sont donnez pour que la Chambre reçût à tems
la Requête qu'ils avoient été chargez de lui présenter.
Il a fait aussi remercier Mrs François
Child , Jean Williams , et Geo . Caswell , Membres
du Parlement pour cette Ville , de la fermeté
avec laquelle ils se sont opposez aux deux
Bills présentez . Tous les Membres du Parlement
qui ont opiné pour qu'on les rejettat
ou pour qu'on en renvoyat la lecture , ont reçû
des complimens de la part des Villes qu'ils représentent
dans la Chambre.
Le 30 du mois dernier , la Chambre des
Communes délibera en grand Comité sur un
Bill pour empêcher les Mariages clandestins ,
et il fut resolu qu'à l'avenir il ne poarra se faire
aucun Mariage , si les Parties ne donnent une
déclaration affirmée par serment , et signée
de l'une des deux , portant leur âge , leur condition
, et leur demeure : qu'elles s'engageront
par un Acte public à payer une amende pour
laquelle elles seront poursuivies en justice , s'il
paroît dans la suite qu'elles ayent donné une
fausse déclaration ; qu'on ne délivrera point de
permissions de Mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n apportent
un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , et que le droit de marier sera
interdit à tout Ministre qui sera en prison. Mais
l'Article portant deffenses de délivrer aucune
permission de mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n'apporzent
MAY.
1023 1733
ent un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , a été rejetté à la pluralité des
voix.
Le Roi enverra dans peu un Messager au Parlement,
pour demander qu'il soit pourvû à la dot
de la Princesse Royale , et on compte que cette
dot sera de cent mille liv. sterl . d'argent comptant
, et de 10000. sterl. par an .
du mois dernier , on délibera dans la
Chambre des Communes , si on feroit une
seconde lecture du Bill, présenté le 17 à la Chambre
le Chevalier Charles Turner , pour établir
un nouveau Droit sur le Tabac , et d'un
autre Bill pour augmenter les impositions sur
le Vin et sur les Liqueurs fortes , et pour
changer la maniere de les percevoir : plusieurs
Membres insisterent pour que ces deux
Bills fussent rejettés. , et il fut résolu qu'on en
renverroit la lecture au 12 de Juin. Le soir , le
peuple ayant appris cette résolution , donna des
démonstrations de sa joye : on sonna les Cloches
, et la plupart des maisons de la Ville de
LonMAY.
1021 1733.
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Condres furent illuminées : divers Membres du '
Parlement soupçonnez d'approuver les deux
ills proposez farent insultez par la populace en
etournant chez eux , et l'on brûla dans diffe-
S entes Places publiques , des figures de paille
usquelles ils avoient mis un cordon bleu en
charpe , tel que le portoient les Chevaliers de
Ordre de la Jarretiere. Le lendemain , sur les
plaintes qui furent portées à la Chambre par
eux de ses Membres qui avoient été insultés
t sur les remontrances qui lui furent faites
qu'il étoit de dangereuse conséquence de souffrir
que le peuple s'assemblat tumultueusement
autour de Westminster pendant les séances de
fa Chambre , elle déclara qu'attaquer ou menacer
un de ses Membres au sujet de sa conduite
dans le Parlement , et former des assemblées tumultueuses
pour faire passer un Bill , ou pour
empêcher qu'il ne passat , c'étoit violer les
droits du Parlement , donner atteinte à sa liberté
, et par conséquent désobéir à une des
plus anciennes et des plus importantes Loix de
l'Etat il fut ordonné que les Membres qui représentent
dans la Chambre la Ville de Londres
, le Comté de Middlesex et la Ville de
Westminster , signifieroient cette déclaration au
Lord Maire de Londres , au Sheriff de Middlesex
, et au Grand Bailly de Westminster , et
leur enjoindroient de la part de la Chambre , de
faire punir les Refractaires selon toute la ri
gueur
des Loix ,
ཌ་ ་
La nouvelle de la résolution prise par la
Chambre des Communes le 23 du mois dernier
au sujet de ce Bill concernant le Tabac , &c . a
été reçue par les habitans des Provinces ,
es inêmes démonstrations de joye que par ceux
avec
de
1022 MERCURE DE FRANCE
de la Ville de Londres. Dans les Villes principales
on a sonné les Cloches , et il y a eu des
feux et des illuminations. Le Conseil Commun
de Londres a fait remercier le Lord Maire , les
Aldermans et les Sheriffs , des soins qu'ils se
sont donnez pour que la Chambre reçût à tems
la Requête qu'ils avoient été chargez de lui présenter.
Il a fait aussi remercier Mrs François
Child , Jean Williams , et Geo . Caswell , Membres
du Parlement pour cette Ville , de la fermeté
avec laquelle ils se sont opposez aux deux
Bills présentez . Tous les Membres du Parlement
qui ont opiné pour qu'on les rejettat
ou pour qu'on en renvoyat la lecture , ont reçû
des complimens de la part des Villes qu'ils représentent
dans la Chambre.
Le 30 du mois dernier , la Chambre des
Communes délibera en grand Comité sur un
Bill pour empêcher les Mariages clandestins ,
et il fut resolu qu'à l'avenir il ne poarra se faire
aucun Mariage , si les Parties ne donnent une
déclaration affirmée par serment , et signée
de l'une des deux , portant leur âge , leur condition
, et leur demeure : qu'elles s'engageront
par un Acte public à payer une amende pour
laquelle elles seront poursuivies en justice , s'il
paroît dans la suite qu'elles ayent donné une
fausse déclaration ; qu'on ne délivrera point de
permissions de Mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n apportent
un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , et que le droit de marier sera
interdit à tout Ministre qui sera en prison. Mais
l'Article portant deffenses de délivrer aucune
permission de mariage aux personnes qui ne
sont pas en âge de contracter , si elles n'apporzent
MAY.
1023 1733
ent un consentement de leurs Parens et de
leurs Curateurs , a été rejetté à la pluralité des
voix.
Le Roi enverra dans peu un Messager au Parlement,
pour demander qu'il soit pourvû à la dot
de la Princesse Royale , et on compte que cette
dot sera de cent mille liv. sterl . d'argent comptant
, et de 10000. sterl. par an .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, la Chambre des Communes a examiné deux projets de loi. Le premier visait à instaurer un nouveau droit sur le tabac, et le second à augmenter les taxes sur le vin et les liqueurs fortes. Plusieurs membres ont plaidé pour le rejet de ces projets, et il a été décidé de reporter leur lecture au 12 juin. La population londonienne a manifesté sa satisfaction par des démonstrations, des illuminations et des insultes envers certains parlementaires. La Chambre a condamné toute attaque ou menace contre ses membres et a ordonné aux représentants de Londres, Middlesex et Westminster de punir les perturbateurs selon la loi. La résolution de la Chambre a été accueillie avec joie dans les provinces, où des cloches ont sonné et des illuminations ont eu lieu. Le Conseil Commun de Londres a remercié les autorités et les membres du Parlement ayant s'opposé aux projets de loi. Le 30 du mois précédent, la Chambre des Communes a discuté d'un projet de loi visant à empêcher les mariages clandestins. Ce projet stipule que les mariages nécessitent une déclaration signée par l'une des parties, indiquant leur âge, condition et domicile. Les mariages des mineurs nécessitent le consentement de leurs parents et tuteurs, et les ministres en prison sont interdits de célébrer des mariages. Cependant, l'article sur le consentement des parents a été rejeté par la majorité des voix. Le Roi enverra prochainement un messager au Parlement pour demander de pourvoir à la dot de la Princesse Royale, estimée à cent mille livres sterling en argent comptant et dix mille livres sterling par an.
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2363
p. 1023-1025
Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Début :
Le 3 de ce mois, le Marquis de Rosignan, Ambassadeur ordinaire du [...]
Mots clefs :
Roi, Ambassadeur, Duchesse d'Orléans, Comte, Duc, Reine, Duchesse de Bourbon, Prince de Guise, Princesse de Conty, Carosses
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texteReconnaissance textuelle : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
E3 de ce mois , le Marquis de Rosignan
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
Ambassadeur ordinaire du
Roi de Sardaigne , fic son Entrée publique
dans Paris. Le Maréchal d'Etrées et
M. Hebert , Introducteur des Ambassadeurs
, allerent le prendre dans les Carosses
de L. M. au Convent de Picpus ,
d'où la Marche se fit en cet ordre : le
Čarosse de l'Introducteur , ceux du Ma
réchal d'Etrées , précedez de son Suisse
de son Ecuyer et de quatre Pages à che
val ; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val ; sa Livrée à pied , quatre de ses Of
` ficiers , un Ecuyer et quatre Pages à che
val ; le Carosse du Roi , aux côtez du
quel marchoient la Livrée du Maréchal
I d'E
1024 MERCURE DE FRANCE
d'Etrées , et celle de M. Hebert ; le Carosse
de la Reine ; celui de Madame là
Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc d'Orleans
, de la Duchesse de Bourbon Douairiere
, du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty , premiere Douairiere ; de la Princesse
de Conty seconde Douairiere
du Prince et de la Princesse de Conty , du
Duc et de la Duchesse du Maine , du
Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du
Comté et de la Comtesse de Toulouse
et celui de M. Chauvelin , Garde des
Sceaux , Ministre et Secretaire d'Etat
ayant le département des Affaires Etrangeres.
Les trois Carosses de l'Ambassadeur
marchoient ensuite à une distance
de 30 à 40 pas . Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son premier
Ecuyer , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans , par le Marquis
de Crevecoeur , premier Ecuyer de cette
Princesse.
Le 5. le Prince de Guise , et M. Hebert
, Introducteur des Ambassadeurs ,
alle
?
MAY.
1025 17330
allerent prendre l'Ambassadeur en son
Hôtel dans les Carosses du Roi et de la
Reine , et le conduisirent à Versailles ,
où il eut sa premiere Audience publique
du Roi. Il trouva à son passage , dans
l'avant- cour du Château , les Compagnies
des Gardes Françoises et Suisses
sous les armes, les Tambours appellants;
dans la Cour , les Gardes de la Porte , et
ceux de la Prévôté de l'Hôtel sous les
armes, àà lleeuurrss postes ordinaires , et sur
l'Escalier , les Cent Suisses en habits de
cérémonie , la Halebarde à la main. Il
fut reçû en dedans de la Salle des Gardes
par le Duc de Bethune , Capitaine des
Gardes du Corps , qui étoient en haye et
sous les armes.
Après l'Audience du Roi , l'Ambassadeur
fut conduit à l'Audience de la Reine
et à celle de Monseigneur le Dauphin,
par le Prince de Guise , et par M. Hebere
: à bert : il fut admis ensuite à celles de
Mesdames de France ; et après avoir été
traité par les Officiers du Roi , il fut reconduit
à Paris dans les Carosses de L.
M. avec les cérémonies accoûtumées.
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Résumé : Entrée publique de l'Ambassad. de Sardaigne, [titre d'après la table]
Le 23 mai, le Marquis de Rosignan, ambassadeur du Roi de Sardaigne, fit son entrée publique à Paris. Le Maréchal d'Etrées et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, l'accueillirent au couvent de Picpus. La procession, organisée avec précision, comprenait les carrosses de l'Introducteur et du Maréchal, suivis par ceux des membres de la famille royale et des dignitaires, puis les trois carrosses de l'ambassadeur. À son arrivée à son hôtel, l'ambassadeur reçut des compliments de représentants du Roi, de la Reine et de Madame la Duchesse d'Orléans. Le 5 mai, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent l'ambassadeur à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. Les Gardes Françaises et Suisses étaient sous les armes lors de son passage. Après l'audience royale, l'ambassadeur fut reçu par la Reine et le Dauphin, puis par Mesdames de France. Il fut ensuite reconduit à Paris avec les cérémonies habituelles.
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2364
p. 1025-1026
« Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Début :
Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...]
Mots clefs :
Actions
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texteReconnaissance textuelle : « Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Le 17. et les deux jours suivans , les
Dominicains du Convent du Noviciat de
Paris , celébrerent dans leur Eglise la Fê-
I ij
te
1025 MERCURE DE FRANCE
•
te de la Béatification de la Bienheureuse
Catherine de Ricci de Florence , Religieuse
Professe de leur Ordre.
Le 21 de ce mois , Monseigneur Id
Dauphin partit de Versailles apès midi
pour aller au Château de Meudon , qui
n'en est qu'à une lieuë , et y passer quel;
ques- tems,
Les deux aînées de Mesdames de Fran
ce y allerent le même jour , et les deux
Cadettes le lendemain ,
Le 23 Mai la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la màniere
accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et Dixiémes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique , faisant en tout le nombre de
314 Actions.
Dominicains du Convent du Noviciat de
Paris , celébrerent dans leur Eglise la Fê-
I ij
te
1025 MERCURE DE FRANCE
•
te de la Béatification de la Bienheureuse
Catherine de Ricci de Florence , Religieuse
Professe de leur Ordre.
Le 21 de ce mois , Monseigneur Id
Dauphin partit de Versailles apès midi
pour aller au Château de Meudon , qui
n'en est qu'à une lieuë , et y passer quel;
ques- tems,
Les deux aînées de Mesdames de Fran
ce y allerent le même jour , et les deux
Cadettes le lendemain ,
Le 23 Mai la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la màniere
accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et Dixiémes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique , faisant en tout le nombre de
314 Actions.
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Résumé : « Le 17. et les deux jours suivans, les Dominicains du Couvent du Noviciat de [...] »
Du 17 au 19 mai, les Dominicains célébrèrent la béatification de Catherine de Ricci. Le 21 mai, le Dauphin se rendit au Château de Meudon, suivi par les deux aînées de Mesdames de France. Le lendemain, les deux cadettes les rejoignirent. Le 23 mai, la lotterie de la Compagnie des Indes remboursa 314 actions.
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2365
p. 1026-1028
Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le jour de la Pentecôte, les Chevaliers Commandeurs et Officiers de l'Ordre du [...]
Mots clefs :
Roi, Ordre du Saint-Esprit, Archevêque d'Albi, Archevêque de Vienne, Chevaliers
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Le jour de la Pentecôte , les Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel les Preu
ves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque
de Vienne , premier Aumônier
MAY. 17337 1027
nier de S. M. nommé Prélat Comman
deur de l'Ordre du S. Esprit , dans le
Chapitre du 2 Février dernier , furent
admises. Le Roi alla ensuite à la Chapelle
, étane précedé du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers- Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le
Roi devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers . Le Čardinal
de Polignac , le Cardinal de Bissy
l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne , marchoient derriere S. M.
Lorsque le Roi fut anivé dans la Chapelle
, on commença le Veni Creator
après lequel S. M. étant montée à son
Trône , l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne y furent conduits
par le Marquis de Breteuil , Prévôt et
Maître des Cérémonies des Ordres du
Roi. Ils prêterent le Serment ordinaire ;
et après que le Roi leur eut passé au col
le Cordon bleu , au bas duquel pendoit
la Croix de l'Ordre , ils furent revêtus
du Mantelet violet que les Prélats - Com-
I iij
>
mang
1028 MERCURE DE FRANCE
mandeurs de l'Ordre du S. Esprit por
tent ordinairement dans les cérémonies
de cet Ordre. Le Roi retourna ensuite
à son P.ie- Dieu , où il entendit la Grande
Messe qui fut célébrée par l'Abbé Brosseau
, Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , et chantée par la Musique.
L'après midi , le Roi entendit le Sermon
du P. Guillaume , Augustin Déchaussé
, et ensuite les Vêpres , qui fu
rent chantées par la Musique.
Commandeurs et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant rendus vers les onze
heures dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel les Preu
ves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque
de Vienne , premier Aumônier
MAY. 17337 1027
nier de S. M. nommé Prélat Comman
deur de l'Ordre du S. Esprit , dans le
Chapitre du 2 Février dernier , furent
admises. Le Roi alla ensuite à la Chapelle
, étane précedé du Duc d'Orleans , du
Duc de Bourbon , du Comte de Charolois
, du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers- Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le
Roi devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers . Le Čardinal
de Polignac , le Cardinal de Bissy
l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne , marchoient derriere S. M.
Lorsque le Roi fut anivé dans la Chapelle
, on commença le Veni Creator
après lequel S. M. étant montée à son
Trône , l'Archevêque d'Alby , et l'Archevêque
de Vienne y furent conduits
par le Marquis de Breteuil , Prévôt et
Maître des Cérémonies des Ordres du
Roi. Ils prêterent le Serment ordinaire ;
et après que le Roi leur eut passé au col
le Cordon bleu , au bas duquel pendoit
la Croix de l'Ordre , ils furent revêtus
du Mantelet violet que les Prélats - Com-
I iij
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mang
1028 MERCURE DE FRANCE
mandeurs de l'Ordre du S. Esprit por
tent ordinairement dans les cérémonies
de cet Ordre. Le Roi retourna ensuite
à son P.ie- Dieu , où il entendit la Grande
Messe qui fut célébrée par l'Abbé Brosseau
, Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , et chantée par la Musique.
L'après midi , le Roi entendit le Sermon
du P. Guillaume , Augustin Déchaussé
, et ensuite les Vêpres , qui fu
rent chantées par la Musique.
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Résumé : Ceremonie des Chevaliers de l'Ordre, &c. [titre d'après la table]
Le 2 février 1733, lors du Chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, les preuves de l'Archevêque d'Alby et de l'Archevêque de Vienne furent admises. Le jour de la Pentecôte, les membres de l'Ordre se rendirent dans le Cabinet du Roi, suivi par plusieurs princes et dignitaires vers la Chapelle. Le Cardinal de Polignac, le Cardinal de Bissy, l'Archevêque d'Alby et l'Archevêque de Vienne marchaient derrière le Roi. Après le chant du Veni Creator, le Roi monta sur son trône et les deux archevêques prirent le serment ordinaire. Le Roi leur passa ensuite le cordon bleu avec la croix de l'Ordre et ils furent revêtus du mantelet violet. Le Roi retourna à son prie-Dieu pour entendre la Grande Messe célébrée par l'Abbé Brosseau et chantée par la Musique. L'après-midi, le Roi écouta le sermon du Père Guillaume, Augustin Déchaussé, suivi des Vêpres chantées par la Musique.
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2366
p. 1028-1029
LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
Début :
Après avoir rendu, Monsieur, dans mon Eglise Cathédrale une partie de ce que je dois à la [...]
Mots clefs :
Archevêque de Rouen, Prières, Prélat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
LETTRE écrite par M. l'Evêque de
Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort
de M. l'Archevêque de Rouen .
A
Près avoir rendu , Monsieur , dans mon Eglise
Cathédrale une partie de ce que je dois à la
mémoire de feu M. l'Archevêque de Rouen ,
je m'empresse de le recommander à vos prieres dans
ce moment , où le Christianisme doit sanctifier tous
nos regrets : vous trouverez sans doute bien légitimes
ceux que me cause la perte d'un Prélat , ave
quel,quoiqu'uni par les liens du sang , je l'étois encore
bien plus intimement par tous ceux que peus
former la reconnoissance pour une longue suite de
bienfaits que j'en avois reçû , et l'heureuse expérience
que j'avois des talens dont le Ciel l'avois
favorisé. J'ai eu part aux uns , et j'ai été témoin
des autres , dès le moment qu'il voulut bien me
sonfier une partie du gouvernement du premier des
Diocèses
ΜΑΥ. 1 ཧ ༣༣ ; 1029
Diocèses où la Providence l'avoit conduit. Je lus
fus redevable des mêmes sentimens , lorsque placé
sur un des Siégesles plus distinguez du Royaume ,
il désira que je l'y suivisse. En tout lieu et en toute
rencontre , soit qu'il présidât aux Etats d'une Province
, dont les interêts se sont trouvés plus d'une
fois difficiles à être menagez , soit qu'il fut un des
Membres des diverses Assemblées du Clergé où il a
toujours parû avec éclat , soit qu'il eut quelque
sorte de part aux affaires publiques , soit qu'il s'appliquât
aux Fonctions ordinaires du Ministere Ecclesiastiqne
, par tout également il se montroit aux :
personnes équitables , digne du Poste qu'il occupoit
, et remplissant tout ce que la situation des
choses pouvoit demander de lui . Plus instruit qu'un
autre , il rendoit volontiers ses lumieres utiles à
tous ceux qui étoient à portée d'en profiter Touché
autant que je devois l'être de cet avantage , je
fus très-sensible à mon éloignement de sa Personne
, lorsqu'il me fut devenu indispensable : Une
mort plus prompte que je n'avois lieu de l'appréhen
der , rend à jamais durable cette séparation que je
ne puis envisager qu'avec l'amertume la plus cúisante.
L'heureuse habitude où je suis de vous voir
entrer dans les dispositions que je crois devoir vous
inspirer , me donne lieu d'esperer que vous m'aiderez
à m'acquitter de ce que la Religion éxige de
moi dans cette conjoncture ; c'est par ce motifque
je vous prie de vous souvenir dans vos Prieres et
dans vos Sacrifices , d'un Prélat auquel je me ferai
toujours l'honneur d'avoir été très - singulierement
attaché. Je suis , &c.
Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort
de M. l'Archevêque de Rouen .
A
Près avoir rendu , Monsieur , dans mon Eglise
Cathédrale une partie de ce que je dois à la
mémoire de feu M. l'Archevêque de Rouen ,
je m'empresse de le recommander à vos prieres dans
ce moment , où le Christianisme doit sanctifier tous
nos regrets : vous trouverez sans doute bien légitimes
ceux que me cause la perte d'un Prélat , ave
quel,quoiqu'uni par les liens du sang , je l'étois encore
bien plus intimement par tous ceux que peus
former la reconnoissance pour une longue suite de
bienfaits que j'en avois reçû , et l'heureuse expérience
que j'avois des talens dont le Ciel l'avois
favorisé. J'ai eu part aux uns , et j'ai été témoin
des autres , dès le moment qu'il voulut bien me
sonfier une partie du gouvernement du premier des
Diocèses
ΜΑΥ. 1 ཧ ༣༣ ; 1029
Diocèses où la Providence l'avoit conduit. Je lus
fus redevable des mêmes sentimens , lorsque placé
sur un des Siégesles plus distinguez du Royaume ,
il désira que je l'y suivisse. En tout lieu et en toute
rencontre , soit qu'il présidât aux Etats d'une Province
, dont les interêts se sont trouvés plus d'une
fois difficiles à être menagez , soit qu'il fut un des
Membres des diverses Assemblées du Clergé où il a
toujours parû avec éclat , soit qu'il eut quelque
sorte de part aux affaires publiques , soit qu'il s'appliquât
aux Fonctions ordinaires du Ministere Ecclesiastiqne
, par tout également il se montroit aux :
personnes équitables , digne du Poste qu'il occupoit
, et remplissant tout ce que la situation des
choses pouvoit demander de lui . Plus instruit qu'un
autre , il rendoit volontiers ses lumieres utiles à
tous ceux qui étoient à portée d'en profiter Touché
autant que je devois l'être de cet avantage , je
fus très-sensible à mon éloignement de sa Personne
, lorsqu'il me fut devenu indispensable : Une
mort plus prompte que je n'avois lieu de l'appréhen
der , rend à jamais durable cette séparation que je
ne puis envisager qu'avec l'amertume la plus cúisante.
L'heureuse habitude où je suis de vous voir
entrer dans les dispositions que je crois devoir vous
inspirer , me donne lieu d'esperer que vous m'aiderez
à m'acquitter de ce que la Religion éxige de
moi dans cette conjoncture ; c'est par ce motifque
je vous prie de vous souvenir dans vos Prieres et
dans vos Sacrifices , d'un Prélat auquel je me ferai
toujours l'honneur d'avoir été très - singulierement
attaché. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE écrite par M. l'Evêque de Grenoble le 27 Avril 1733. sur la mort de M. l'Archevêque de Roüen.
Le 27 avril 1733, l'évêque de Grenoble écrit à propos de la mort de l'archevêque de Rouen. Il mentionne avoir déjà rendu hommage à ce dernier dans son église cathédrale et le recommande aux prières du destinataire. L'évêque exprime ses regrets pour la perte d'un prélat avec qui il était lié par le sang et par la reconnaissance pour les nombreux bienfaits reçus. Il souligne les compétences et les talents de l'archevêque, dont il a été témoin lors de la gestion du diocèse de Rouen et dans diverses fonctions publiques et ecclésiastiques. L'archevêque était connu pour son équité et sa dignité, qu'il manifestait en présidant aux États d'une province, en participant aux assemblées du clergé ou en s'occupant des affaires publiques. L'évêque regrette la séparation soudaine causée par la mort inattendue de l'archevêque et espère l'aide du destinataire pour accomplir ses devoirs religieux. Il prie pour que l'archevêque soit souvenir dans les prières et les sacrifices.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2367
p. 1029-1030
« Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Début :
Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...]
Mots clefs :
Cantate, Concert, Château des Tuileries
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Le 2. et le 9. Mai , il y eut Concert François
au Château des Thuilleries ; on y chanta le Pro-
I üij logue
030 MERCURE DE FRANCE
logue de Phaeton , et une Cantate Allégorique ,
qui a pour titre : Le Soleil , Vainqueur des Nuages.
Le sieur Jeliote , nouveau Chanteur , qu'on
avoit déja entendu à l'Opéra , y chanta pour la
premiere fois une Cantatille avec applaudissement
, ayant une très-belle voix de Hautecontre
.
Le 14 il y eut Concert
Spirituel
à cause
de
la Fête de l'Ascension , on y éxecuta le Te Deum
de M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique
du Roi , qui fut très-applaudi. Le sieur Somis
, dont on a déja parlé , joża un Concerto et
une Sonnate avec de nouveaux applaudissemens.
Le 16. on chanta le Prologue de Rolland , er
la Cantatille de l'Eté , mise en Musique par le
sieur le Maire , qui fut très-goûtée , chantée par
la Dlie Courvasier. La Dlle le Maure chanta la
Cantate de Zephire et Flore , et le beau Récit dans
la Cantate de M. de la Lande.
-Le 24. Fête de la Pentecôte , on éxécuta deux
Motets , l'un du feu sieur Gilles , et un autre
de M. de la Lande , qui termina le Concert ; ils
furent précedez de differentes Piéces de simphonies
, dont l'éxécution fait toujours beaucoup
de plaisir.
au Château des Thuilleries ; on y chanta le Pro-
I üij logue
030 MERCURE DE FRANCE
logue de Phaeton , et une Cantate Allégorique ,
qui a pour titre : Le Soleil , Vainqueur des Nuages.
Le sieur Jeliote , nouveau Chanteur , qu'on
avoit déja entendu à l'Opéra , y chanta pour la
premiere fois une Cantatille avec applaudissement
, ayant une très-belle voix de Hautecontre
.
Le 14 il y eut Concert
Spirituel
à cause
de
la Fête de l'Ascension , on y éxecuta le Te Deum
de M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique
du Roi , qui fut très-applaudi. Le sieur Somis
, dont on a déja parlé , joża un Concerto et
une Sonnate avec de nouveaux applaudissemens.
Le 16. on chanta le Prologue de Rolland , er
la Cantatille de l'Eté , mise en Musique par le
sieur le Maire , qui fut très-goûtée , chantée par
la Dlie Courvasier. La Dlle le Maure chanta la
Cantate de Zephire et Flore , et le beau Récit dans
la Cantate de M. de la Lande.
-Le 24. Fête de la Pentecôte , on éxécuta deux
Motets , l'un du feu sieur Gilles , et un autre
de M. de la Lande , qui termina le Concert ; ils
furent précedez de differentes Piéces de simphonies
, dont l'éxécution fait toujours beaucoup
de plaisir.
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Résumé : « Le 2. et le 9. Mai, il y eut Concert François au Château des Thuilleries ; on y chanta le Prologue [...] »
Du 2 au 24 mai, plusieurs concerts furent organisés au Château des Tuileries. Le 2 et 9 mai, le concert 'Concert François' présenta le prologue de 'Phaeton' et la cantate allégorique 'Le Soleil, Vainqueur des Nuages'. Le chanteur Jeliote interpréta une cantatille, saluée pour sa voix de haute-contre. Le 14 mai, à la fête de l'Ascension, un concert spirituel eut lieu avec l'exécution du 'Te Deum' de M. de Blamont et des œuvres de Somis. Le 16 mai, le prologue de 'Rolland' et la cantatille de 'l'Été' furent interprétés, avec des performances de la demoiselle Courvasier et de la demoiselle le Maure. Le 24 mai, à la fête de la Pentecôte, deux motets furent exécutés, l'un du défunt sieur Gilles et l'autre de M. de la Lande, précédés de diverses pièces de symphonies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2368
p. 1213
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Le Capitaine d'un Vaisseau, arrivé de Mételin, sur les côtes d'Italie, a confirmé que [...]
Mots clefs :
Escadre algérienne, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
E Capitaine d'un Vaisseau , arrivé de Méte-
Llin , pur les côtes d'Italie , a confirme que
l'Escadre Algérienne avoit été surprise le premier
Avril , par une violente tempête , prés du
Port de cette Ville , et qu'elle avoit perdu son
Amiral de 70 Pieces de Canon , deux autres Vaisseaux
et deux Sultanes.
E Capitaine d'un Vaisseau , arrivé de Méte-
Llin , pur les côtes d'Italie , a confirme que
l'Escadre Algérienne avoit été surprise le premier
Avril , par une violente tempête , prés du
Port de cette Ville , et qu'elle avoit perdu son
Amiral de 70 Pieces de Canon , deux autres Vaisseaux
et deux Sultanes.
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2369
p. 1213-1220
A Constantinople, le 22 Avril 1733.
Début :
Les nouvelles venuës de Perse, par plusieurs Couriers, arrivez icy, portent que parmi [...]
Mots clefs :
Constantinople, Bagdad, Thamas Kouli-Kan, Topal Osman Pacha, Prince, Canons, Vaisseaux, Troupes, Côte, Nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Constantinople, le 22 Avril 1733.
A Constantinople , le 22 Avril 1733 .
LE
Es nouvelles venues de Perse , par plusieurs
Couriers , arrivez icy , portent que parmi
les Persans , qui sont en tres- grand nombre dans
Bagdad , il s'étoit formé un complot pour li
rer cette Place à l'Usurpateur Thamas - Kouli-
I. Vol.
Hij Kham
1214 MERCURE DE FRANCE
Kham , lequel faute de Canon pour en entreprendre
le Siége , et comptant sur ce qui s'y
tramoit en sa faveur, s'étoit borné jusqu'alors à
la bloquer du côté de la terre ; mais qu'Achmet
Pacha , Commandant Turc, avoit heureusement
découvert la conspiration peu de jours avant
qu'elle dût éclater : Sur quoi Kouli -Kham voïant
son coup manqué , avoit laissé la plus grande
partie de son armée aux environs de Bagdad ,
pour en continuer le Blocus , et avoit passé le
Tigre avec 25000 de ses meilleurs Soldats , la
pluspart Aghuans , qu'Achinet Pacha , comme
Ges Troupes passaient , avoit fait faire à propos
une sortie sur leur arriere-garde , dont environ
2000 hommes avoient été tuez ou noyez , que
Kouli Kham, après son passage étoit tombé sur
Kouch- Kalessi , Faux - Bourg de Bagdad , dont il
ost séparé par le Tigre , qu'il avoit pillé e
Fauxboug , et s'étoit ensuite campé le long du
Fleuve pour ôter toute communication entre
cette Ville , et l'armée Otomane , qui étoit dans
le Diarbekir , sous les ordres de Topal - Osman
Pacha , nouveau Genenal.
*
- Cependant le Tigre s'étant enflé tout d'un
coup considérablement, par la premiere fonte des
Néges , la rapidité de son cours avoit emporté
tous les Batteaux et Radeaux dont les Persans s'étoient
servis pour le passer ; de sorte que leur
General fort intrigué de ne pouvoir plus communiquer
avec ses Troupes restées de l'autre
côté du Fleuve , soit pour en tirer du secours
soit pour leur en donner , suivant les conjonc
tures , avoit pourtant trouvé moyen de leur faire
Nation barbare et rebelle , qui a donné lieu à la
grande Révolution de Perse,
>
I, Vol.
dire
JUIN. 1733.
1215
dire de filer le long de ce Fleuve , jusques vis-àvis
de Mesie , où, quand les eaux seroient écou
lées , elles pourroient le passer à gué ; qu'en attendant
, ce Général , pour se dédommager d'avoir
échoué à Bagdad , avoit formé le dessein
de surprendre Mosul ; et comme il sçavoit que
les habitans de cette derniere Ville en avoient
eux -mêmes réparé depuis peu l'Enceinte et la
Forteresse, qu'ils y avoient fait venir beaucoup de
provisions du Diarbekir , et que leur Garnison:
étoit renforcée , il avoit voulu joindre la ruse à
la force.
Pour cet effet , il leur avoit envoyé trois
Exprès , en differens temps pour les amuser , les
faisant assurer qu'il étoit venu dans leur voisinage
comme ami , et qu'ils n'avoient à craindre
aucun acte d'hostilité de sa part ; cependant au
moment même qu'il leur avoit dépêché son premier
Emissaire , il avoit fait marcher un Corps
de 10 à 12000 homines vers Mosul , qui y arriva
peu après son troisiéme Courier ; mais les
habitans ne prirent pas le change ; et loin de
prêter l'oreille à ses protestations d'amitié , réïtérées
avec tant d'affectation , ils se tinrent sibien
sur leurs gardes , que lorsque les Troupes
Persannes furent à la portée du Canon , ils firent
tirer dessus toute l'Artillerie de la Place ;
nonobstant le désorde que causa cette décharge,
les Persans ayant continué d'avancer , et étant
même entrez en partie dans la Ville , dont on
avoit exprès laissé une porte ouverte , la Garnison
et le Peuple les reçurent avec tant de bra
youre qu'ils les chasserent et les poursuivirent
* Ville moderne , peu éloignée des ruines de Nimive.
I. Vol. H iij long1216
MERCURE DE FRANCE
long - temps , ensorte qu'après en avoir tué
beaucoup , le reste s'étoit dissipé et avoit pris la
fuite à travers les Déserts .
En conséquence de ces deux Evenemens , qui
sont tres-avantageux aux Turcs dans un commencement
de Campagne , Achmet Pacha avoit ·
mandé au nouveau Séraskier Topal - Osman , de
ne se plus inquiéter pour Bagdad , qui étoit à
present en sûreté et bien pourvû de tout, et qu'il
ne songeât point à se mettre en mouvement
qu'auparavant tous les renforts de Troupes et
les munitions qu'il attendoit ne l'eussent joint.
Ce Seraskier avoit déja rassemblé 60000 hommes
dans ce Diarbekir , et reçu une bonne partie
des provisions qu'on lui avoit envoyées de
Constantinople par Aléxandrete. On ajoute
qu'ayant été obligé d'user de sévérité , pour
maintenir en vigueur la subordination dans son
armée , et pour tenir le monde dans son devoir ,
il avoit fait couper la tête à un Pacha , qui refusoit
d'obéir à ses Ordres , s'il ne montroit
ceux du G. S. et qu'il avoit fait subir le même
supplice à quelques Officiers , dont les Compagnies
n'étoient pas completes. Achmet Pacha
de son côté a exterminé tous ceux qui avoient
trempé dans la conspiration dont on a parlé au
commencement de ces nouvelles , et a fait passer
au fil de l'Epée les habitans d'un gros Village
près de Bagdad , nommé Gherbelai- Mahaladé” ,
pour avoir favorisé Thamis Kouli Kham.
Enfin , que les Troupes de ce dernier , qui
pour la plus grande partie sont composées de
toute sorte de gens ramassez , mal vétus , mal
armez , et propres seulement à faire du ravage
où ils ne trouvent point de résistance , avoient
fait un si grand dégat dans les Plaines de Bad-
1. Vol. dad,
JUIN. 1733. 1217
dad , pendant le Blocus de cette Place , que tous
son territoire est ruiné, de maniere à ne pouvoir
se rétablir de 20 ou 30 ans.
Les mêmes nouvelles portent que , sans avoir
égard au refus que fit dernierement M. Nepluck
au nom de la Czarine , d'accorder le passage sur
les Terres de sa Souveraine aux Tartares , le
Kham de la Crimée avoit ordre de faire`marcher
en Perse , il en étoit d'abord passé un Corps
d'environ 10 mille , qui sont à la solde du G. S.
et que depuis , plus de 20 mille volontaires de
cette même Nation , avoient pris journellement
la même route.
Mikal Voda , qui a été deux fois Prince de
Moldavie , et qui du temps de la Révolution
avoit obtenu la Principauté de Valaquie , dont il
fût déposé il y a plus d'un an , avoit fait depuis
peu quelques tentatives pour rentrer dans cette
derniere Principauté. Ses amis représenterent à
la Porte , qu'il paroissoit que le fils du feu Prince
Nicolas Mauro - Cordato , qui gouverne à
present la Valaquie , se trouvant trop jeune , et
n'ayant pas assez d'expérience , il seroit d'une
extrême conséquence pour cet Empire , de ne la
confier qu'à un Prince qui fut capable de la bien
gouverner , tel qu'étoit Mikal , qui avoit cydevant
donné des preuves de sa bonne conduite;
mais ces représentations n'ont rien produit en
sa faveur , et la Porte pour marquer cependant
qu'elle y avoit fait attention , s'est contentée do
donner la Principauté de Valaquie au Prince de
Moldavie , qui est un homme fait , et celle - ci
au jeune Prince de Valaquie . Les Ordres pour
faire cet échange , qui jettera ces Princes dans
d'aussi grandes dépenses que s'ils succedoient à
d'autres , ont été signifiez le 16 de ce mois à
Hij
•
+
I. Vol. leurs
1218 MERCURE DE FRANCE
leurs Kapi-Kiayar , ou Agens à la Porte , ausquels
on a donné le Caftan d'honneur , suivant
l'usage .
Les Algériens , qui étoient à Smirne depuis
às mois pour y faire des Recrues , et recevoir
celles qu'on faisoit icy pour eux , ayant mis à
la voile de Fogeri , dans les derniers jours du
mois de Mars , au nombre de neuf Vaisseaux ,
furent surpris , le premier d'Avril , vers les 9
heures du soir , d'un vent de Sud- Est si violent ,
que ne pouvant plus tenir la Mer sans un péri
évident , ils voulurent gagner la Rade de Mosconisy
pour s'y mettre à l'abri ; mais soit que
l'obscurité trompât les Pilotes , ou qu'ils ne connussent
pas bien ces Parages , au lieu de prendre
la grande Passe , qui est sure , et au Nord de
l'Ise de Metelin , ils prirent la petite , au Nord-
Ouest de cette Isie , qui est fort dangereuse la
Duit , parce qu'elle n'a qu'environ deux Cables
de l'argeur , dix pieds d'eau en quelques endroits,
et qu'elle a un Banc de Rochers du côté de l'Est ;
de sorte , que la nouvelle Patrone d'Alger , fort
beau Vaisseau de 70 Pieces de Canons de Fonte ,
construit depuis un an , échoua en entrant dans
ce mauvais passage , et que celui qui le commandoit
n'ayant pas eu l'attention d'éteindre
son Fanal de Poupe , ni de faire aucun signal ,
deux autres Vaisseaux qui le crurent mouillé ,
le suivirent , et écoüerent de même ; sçavoir, un
des deux Vaisseaux , dont le G. S. avoit fait
présent depuis peu à la République d'Alger, aussi
de 70 Canons , & l'ancienne Patrone de cette
Régence , percée pour un pareil nombre de Canons
, mais qui n'en avoit que 40 .
Des autres 6 Vaisseaux de cette Escadre, 3 qui
étoient les plus proches , et qui prenoient la mê-
I. Val me
JUIN.
1219 17337
même sort ;
me route , auroient eu vrai- semblablement le
mais une Chaloupe qu'on leur en
voya , les ayant informez du malheur qui venoit
d'arriver , ils gagnerent la grande Passe , et allerent
donner fond dans la Rade de Mosconisy.
A l'égard des trois derniers , ils étoient dispersez
et si fort au large qu'il ne fut pas possible
d'en joindre aucun , et qu'on a été même
plusieurs jours sans en avoir de nouvelles .
On a appris depuis , que l'un d'eux étoit venu
moüiller à Mosconisy avec ceux qui y étoient
déja , et qu'un autre ayant voulu regagner Foye
ri , avoit péri en rentrant dans ce Port , qu'à la.
vérité tout l'Equipage avoit eu le temps de se
sauver , mais que peu après ce Bâtiment , qui
étoit de 40 Canons , avoit coulé bas et disparu
totalement. Quant au troisiéme Vaisseau , on ne
sçait point encore ce qu'il est devenu .
les
Quoiqu'il ne se soit noyé que aix personnes
dans tous ces naufrages , et que les Aigériens se
fatent de relever leur ancienne Patrone , à quot
on doute pourtant qu'ils puissent parvenir ; il
est certain que la perte qu'ils ont faite en cette
occasion sera toujours fort considérable ; outre
qu'ils ne pourront rien retirer des deux premiers
gros Vaisseaux naufragez ;; que les Canons ,
Ancres et ce qu'il y avoit sur le premier et le
second Pont , toute la Mâture de ces Bâtimens
étant tombée tout à la fois , un quart d'heure
après qu'ils eurent échoué , on assure que 3 à
hommes en ont été écrașez ou estropiez, et
que la plupart de leurs Recruès , effrayées de tant
de désastres , ont deserté et pris la fuite de côté
400
et d'autre en Asie .
Jérémie , qui avoit été fait Patriarche de
Constantinople pour la seconde fois , au mois
I Vol Hv d'Oc1220
MERCURE DE FRANCE
d'Octobre de l'année derniere , a été déposé aujourd'hui
et exilé suivant la coûtume ; et Sera
phin , Archevêque de Nicomédie , a été mis à sa
place.
LE
Es nouvelles venues de Perse , par plusieurs
Couriers , arrivez icy , portent que parmi
les Persans , qui sont en tres- grand nombre dans
Bagdad , il s'étoit formé un complot pour li
rer cette Place à l'Usurpateur Thamas - Kouli-
I. Vol.
Hij Kham
1214 MERCURE DE FRANCE
Kham , lequel faute de Canon pour en entreprendre
le Siége , et comptant sur ce qui s'y
tramoit en sa faveur, s'étoit borné jusqu'alors à
la bloquer du côté de la terre ; mais qu'Achmet
Pacha , Commandant Turc, avoit heureusement
découvert la conspiration peu de jours avant
qu'elle dût éclater : Sur quoi Kouli -Kham voïant
son coup manqué , avoit laissé la plus grande
partie de son armée aux environs de Bagdad ,
pour en continuer le Blocus , et avoit passé le
Tigre avec 25000 de ses meilleurs Soldats , la
pluspart Aghuans , qu'Achinet Pacha , comme
Ges Troupes passaient , avoit fait faire à propos
une sortie sur leur arriere-garde , dont environ
2000 hommes avoient été tuez ou noyez , que
Kouli Kham, après son passage étoit tombé sur
Kouch- Kalessi , Faux - Bourg de Bagdad , dont il
ost séparé par le Tigre , qu'il avoit pillé e
Fauxboug , et s'étoit ensuite campé le long du
Fleuve pour ôter toute communication entre
cette Ville , et l'armée Otomane , qui étoit dans
le Diarbekir , sous les ordres de Topal - Osman
Pacha , nouveau Genenal.
*
- Cependant le Tigre s'étant enflé tout d'un
coup considérablement, par la premiere fonte des
Néges , la rapidité de son cours avoit emporté
tous les Batteaux et Radeaux dont les Persans s'étoient
servis pour le passer ; de sorte que leur
General fort intrigué de ne pouvoir plus communiquer
avec ses Troupes restées de l'autre
côté du Fleuve , soit pour en tirer du secours
soit pour leur en donner , suivant les conjonc
tures , avoit pourtant trouvé moyen de leur faire
Nation barbare et rebelle , qui a donné lieu à la
grande Révolution de Perse,
>
I, Vol.
dire
JUIN. 1733.
1215
dire de filer le long de ce Fleuve , jusques vis-àvis
de Mesie , où, quand les eaux seroient écou
lées , elles pourroient le passer à gué ; qu'en attendant
, ce Général , pour se dédommager d'avoir
échoué à Bagdad , avoit formé le dessein
de surprendre Mosul ; et comme il sçavoit que
les habitans de cette derniere Ville en avoient
eux -mêmes réparé depuis peu l'Enceinte et la
Forteresse, qu'ils y avoient fait venir beaucoup de
provisions du Diarbekir , et que leur Garnison:
étoit renforcée , il avoit voulu joindre la ruse à
la force.
Pour cet effet , il leur avoit envoyé trois
Exprès , en differens temps pour les amuser , les
faisant assurer qu'il étoit venu dans leur voisinage
comme ami , et qu'ils n'avoient à craindre
aucun acte d'hostilité de sa part ; cependant au
moment même qu'il leur avoit dépêché son premier
Emissaire , il avoit fait marcher un Corps
de 10 à 12000 homines vers Mosul , qui y arriva
peu après son troisiéme Courier ; mais les
habitans ne prirent pas le change ; et loin de
prêter l'oreille à ses protestations d'amitié , réïtérées
avec tant d'affectation , ils se tinrent sibien
sur leurs gardes , que lorsque les Troupes
Persannes furent à la portée du Canon , ils firent
tirer dessus toute l'Artillerie de la Place ;
nonobstant le désorde que causa cette décharge,
les Persans ayant continué d'avancer , et étant
même entrez en partie dans la Ville , dont on
avoit exprès laissé une porte ouverte , la Garnison
et le Peuple les reçurent avec tant de bra
youre qu'ils les chasserent et les poursuivirent
* Ville moderne , peu éloignée des ruines de Nimive.
I. Vol. H iij long1216
MERCURE DE FRANCE
long - temps , ensorte qu'après en avoir tué
beaucoup , le reste s'étoit dissipé et avoit pris la
fuite à travers les Déserts .
En conséquence de ces deux Evenemens , qui
sont tres-avantageux aux Turcs dans un commencement
de Campagne , Achmet Pacha avoit ·
mandé au nouveau Séraskier Topal - Osman , de
ne se plus inquiéter pour Bagdad , qui étoit à
present en sûreté et bien pourvû de tout, et qu'il
ne songeât point à se mettre en mouvement
qu'auparavant tous les renforts de Troupes et
les munitions qu'il attendoit ne l'eussent joint.
Ce Seraskier avoit déja rassemblé 60000 hommes
dans ce Diarbekir , et reçu une bonne partie
des provisions qu'on lui avoit envoyées de
Constantinople par Aléxandrete. On ajoute
qu'ayant été obligé d'user de sévérité , pour
maintenir en vigueur la subordination dans son
armée , et pour tenir le monde dans son devoir ,
il avoit fait couper la tête à un Pacha , qui refusoit
d'obéir à ses Ordres , s'il ne montroit
ceux du G. S. et qu'il avoit fait subir le même
supplice à quelques Officiers , dont les Compagnies
n'étoient pas completes. Achmet Pacha
de son côté a exterminé tous ceux qui avoient
trempé dans la conspiration dont on a parlé au
commencement de ces nouvelles , et a fait passer
au fil de l'Epée les habitans d'un gros Village
près de Bagdad , nommé Gherbelai- Mahaladé” ,
pour avoir favorisé Thamis Kouli Kham.
Enfin , que les Troupes de ce dernier , qui
pour la plus grande partie sont composées de
toute sorte de gens ramassez , mal vétus , mal
armez , et propres seulement à faire du ravage
où ils ne trouvent point de résistance , avoient
fait un si grand dégat dans les Plaines de Bad-
1. Vol. dad,
JUIN. 1733. 1217
dad , pendant le Blocus de cette Place , que tous
son territoire est ruiné, de maniere à ne pouvoir
se rétablir de 20 ou 30 ans.
Les mêmes nouvelles portent que , sans avoir
égard au refus que fit dernierement M. Nepluck
au nom de la Czarine , d'accorder le passage sur
les Terres de sa Souveraine aux Tartares , le
Kham de la Crimée avoit ordre de faire`marcher
en Perse , il en étoit d'abord passé un Corps
d'environ 10 mille , qui sont à la solde du G. S.
et que depuis , plus de 20 mille volontaires de
cette même Nation , avoient pris journellement
la même route.
Mikal Voda , qui a été deux fois Prince de
Moldavie , et qui du temps de la Révolution
avoit obtenu la Principauté de Valaquie , dont il
fût déposé il y a plus d'un an , avoit fait depuis
peu quelques tentatives pour rentrer dans cette
derniere Principauté. Ses amis représenterent à
la Porte , qu'il paroissoit que le fils du feu Prince
Nicolas Mauro - Cordato , qui gouverne à
present la Valaquie , se trouvant trop jeune , et
n'ayant pas assez d'expérience , il seroit d'une
extrême conséquence pour cet Empire , de ne la
confier qu'à un Prince qui fut capable de la bien
gouverner , tel qu'étoit Mikal , qui avoit cydevant
donné des preuves de sa bonne conduite;
mais ces représentations n'ont rien produit en
sa faveur , et la Porte pour marquer cependant
qu'elle y avoit fait attention , s'est contentée do
donner la Principauté de Valaquie au Prince de
Moldavie , qui est un homme fait , et celle - ci
au jeune Prince de Valaquie . Les Ordres pour
faire cet échange , qui jettera ces Princes dans
d'aussi grandes dépenses que s'ils succedoient à
d'autres , ont été signifiez le 16 de ce mois à
Hij
•
+
I. Vol. leurs
1218 MERCURE DE FRANCE
leurs Kapi-Kiayar , ou Agens à la Porte , ausquels
on a donné le Caftan d'honneur , suivant
l'usage .
Les Algériens , qui étoient à Smirne depuis
às mois pour y faire des Recrues , et recevoir
celles qu'on faisoit icy pour eux , ayant mis à
la voile de Fogeri , dans les derniers jours du
mois de Mars , au nombre de neuf Vaisseaux ,
furent surpris , le premier d'Avril , vers les 9
heures du soir , d'un vent de Sud- Est si violent ,
que ne pouvant plus tenir la Mer sans un péri
évident , ils voulurent gagner la Rade de Mosconisy
pour s'y mettre à l'abri ; mais soit que
l'obscurité trompât les Pilotes , ou qu'ils ne connussent
pas bien ces Parages , au lieu de prendre
la grande Passe , qui est sure , et au Nord de
l'Ise de Metelin , ils prirent la petite , au Nord-
Ouest de cette Isie , qui est fort dangereuse la
Duit , parce qu'elle n'a qu'environ deux Cables
de l'argeur , dix pieds d'eau en quelques endroits,
et qu'elle a un Banc de Rochers du côté de l'Est ;
de sorte , que la nouvelle Patrone d'Alger , fort
beau Vaisseau de 70 Pieces de Canons de Fonte ,
construit depuis un an , échoua en entrant dans
ce mauvais passage , et que celui qui le commandoit
n'ayant pas eu l'attention d'éteindre
son Fanal de Poupe , ni de faire aucun signal ,
deux autres Vaisseaux qui le crurent mouillé ,
le suivirent , et écoüerent de même ; sçavoir, un
des deux Vaisseaux , dont le G. S. avoit fait
présent depuis peu à la République d'Alger, aussi
de 70 Canons , & l'ancienne Patrone de cette
Régence , percée pour un pareil nombre de Canons
, mais qui n'en avoit que 40 .
Des autres 6 Vaisseaux de cette Escadre, 3 qui
étoient les plus proches , et qui prenoient la mê-
I. Val me
JUIN.
1219 17337
même sort ;
me route , auroient eu vrai- semblablement le
mais une Chaloupe qu'on leur en
voya , les ayant informez du malheur qui venoit
d'arriver , ils gagnerent la grande Passe , et allerent
donner fond dans la Rade de Mosconisy.
A l'égard des trois derniers , ils étoient dispersez
et si fort au large qu'il ne fut pas possible
d'en joindre aucun , et qu'on a été même
plusieurs jours sans en avoir de nouvelles .
On a appris depuis , que l'un d'eux étoit venu
moüiller à Mosconisy avec ceux qui y étoient
déja , et qu'un autre ayant voulu regagner Foye
ri , avoit péri en rentrant dans ce Port , qu'à la.
vérité tout l'Equipage avoit eu le temps de se
sauver , mais que peu après ce Bâtiment , qui
étoit de 40 Canons , avoit coulé bas et disparu
totalement. Quant au troisiéme Vaisseau , on ne
sçait point encore ce qu'il est devenu .
les
Quoiqu'il ne se soit noyé que aix personnes
dans tous ces naufrages , et que les Aigériens se
fatent de relever leur ancienne Patrone , à quot
on doute pourtant qu'ils puissent parvenir ; il
est certain que la perte qu'ils ont faite en cette
occasion sera toujours fort considérable ; outre
qu'ils ne pourront rien retirer des deux premiers
gros Vaisseaux naufragez ;; que les Canons ,
Ancres et ce qu'il y avoit sur le premier et le
second Pont , toute la Mâture de ces Bâtimens
étant tombée tout à la fois , un quart d'heure
après qu'ils eurent échoué , on assure que 3 à
hommes en ont été écrașez ou estropiez, et
que la plupart de leurs Recruès , effrayées de tant
de désastres , ont deserté et pris la fuite de côté
400
et d'autre en Asie .
Jérémie , qui avoit été fait Patriarche de
Constantinople pour la seconde fois , au mois
I Vol Hv d'Oc1220
MERCURE DE FRANCE
d'Octobre de l'année derniere , a été déposé aujourd'hui
et exilé suivant la coûtume ; et Sera
phin , Archevêque de Nicomédie , a été mis à sa
place.
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Résumé : A Constantinople, le 22 Avril 1733.
En avril 1733, des informations provenant de Perse signalent un complot à Bagdad visant à libérer la ville de l'usurpateur Thamas-Kouli-Kham. Ce dernier, manquant de canons, avait bloqué la ville par terre. Achmet Pacha, commandant turc, avait découvert la conspiration et lancé une sortie contre les forces persanes, tuant ou noyant environ 2000 hommes. Kouli-Kham, après avoir traversé le Tigre, avait pillé un faubourg de Bagdad et s'était campé le long du fleuve pour couper les communications entre Bagdad et l'armée ottomane. Le Tigre en crue avait emporté les bateaux et radeaux des Persans, empêchant leur général de communiquer avec ses troupes. Ce général avait alors ordonné à ses troupes de longer le fleuve jusqu'à Mesie pour le traverser à gué une fois les eaux écoulées. En attendant, il avait tenté de surprendre Mosul, mais les habitants, bien préparés, avaient repoussé l'attaque avec succès. Ces événements avaient rassuré Achmet Pacha concernant la sécurité de Bagdad. Topal-Osman Pacha, nouveau général ottoman, avait rassemblé 60 000 hommes à Diarbekir et reçu des provisions de Constantinople. Achmet Pacha avait également réprimé la conspiration à Bagdad et puni les habitants complices. Les troupes de Kouli-Kham, composées de gens mal armés, avaient ravagé les plaines de Bagdad, ruinant la région pour plusieurs décennies. Par ailleurs, malgré le refus de la Russie de laisser passer les Tartares, le khan de Crimée avait envoyé des troupes en Perse. En Moldavie, Mikal Voda avait tenté de récupérer la principauté de Valachie, mais la Porte avait préféré échanger les princes des deux principautés. Enfin, une escadre algérienne avait subi des naufrages près de Mosconisy en avril 1733, perdant plusieurs vaisseaux et canons. Les Algériens tentaient de relever leur ancienne patrone, mais la perte était considérable. À Constantinople, Jérémie avait été déposé de sa fonction de patriarche et remplacé par Séraphin, archevêque de Nicomédie.
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2370
p. 1220-1221
POLOGNE.
Début :
Le Maréchal de la Diette fit l'ouverture de la treiziéme Séance par la lecture du Projet de [...]
Mots clefs :
Diète, Primat, Nonces, Polonais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E Maréchal de la Diette fit l'ouverture de la
Lreizième Séance par la lecture du Projet de
conféderation generale , lequel porte que les seuls
Gentilshommes Polonois , nez de pere et de mere
Polonois et Catholiques , pourront prétendre à la
Couronne ; que personne , hors le Primat , n'osera
proclamer le Roy , sous peine d'être déclaré
ennemi de la Patrie , et que l'on confisquera les
biens de tous les Gentilshommes qui sans raison
légitime , manqueront de se trouver à la Diette
d'Election .
Le 15.May, les Nonces tinrent les Sessions Pro
vinciales et allerent au Sénat, où on lût de nouveau
le Projet de Conféderation , dans lequel l'Evêque
de Plokow , le Palatin de Podolie et celui de
Vitebsk , chargez par le Primat d'y faire les
changemens qu'ils jugeroient convenables, avoient
insere que le Primat ni aucun Evêque ne procla→
meroit, en cas de scission , et que la Couronne ne
pourroit être déferée qu'à un Polonois qui n'auroit
aucune liaison de parenté ou d'alliance avec
les Puissances étrangeres ; la plupart des Nonces
s'éleverent contre cette derniere clause ; et dirent
qu'en l'admettant , on donneroit l'exclusion à
presque tous les Seigneurs de la Nation , puisqu'il
y en avoit très peu qui ne fussent alliez de
quelques Souverains ; ainsi elle fut rejettée à la
pluralité des voix.
Dans les Scéances du 17 et 18. May , le Primat
ayant demandé qu'on reglât le temps auquel
1. Vol. com.
JUIN. 1221 1733.
commenceroit la Diette d'Election , elle a été
fixée au 25. d'Août prochain.
que
Les Lettres de Warsovie du 22. May , portent
la Diette de convocation s'étoit séparée , et
que les Sénateurs et les Nonces avoient signé un
Acte de Confédération , conformément aux propositions
faites dans l'Assemblée par M. Maskalski
, Maréchal de la Diette , et par quelques
uns des Nonces.
Le Corps du Roy Sobieski , qui étoit en dépôt
depuis 37. aus dans un Appartement du Palais ,
a été mis sur un magnifique Lit de parade que le
Prince Jacques Sobieski , son fils , lui a fait préparer
dans une Chapelle de l'Eglise des Capucins.
La nuit du 20 au 21. May , le feu prit aux
Ecuries du Palais de Latti , appartenant au Prince
Lubomirski , Palatin de Cracovie , et elles furent
entierement brulées , aussi bien qu'un Corps
de Garde voisin , une Brasserie qui dépend du
Monastere des Religieuses Bernardines , et quelques
aurres Maisons ; on n'a pû sauver qu'une
très- petite partie des Chevaux et des Equipages
du Prince , et les fammes se seroient communiquées
au Palais du Roy , si on n'eût apporté un
prompt secours,
E Maréchal de la Diette fit l'ouverture de la
Lreizième Séance par la lecture du Projet de
conféderation generale , lequel porte que les seuls
Gentilshommes Polonois , nez de pere et de mere
Polonois et Catholiques , pourront prétendre à la
Couronne ; que personne , hors le Primat , n'osera
proclamer le Roy , sous peine d'être déclaré
ennemi de la Patrie , et que l'on confisquera les
biens de tous les Gentilshommes qui sans raison
légitime , manqueront de se trouver à la Diette
d'Election .
Le 15.May, les Nonces tinrent les Sessions Pro
vinciales et allerent au Sénat, où on lût de nouveau
le Projet de Conféderation , dans lequel l'Evêque
de Plokow , le Palatin de Podolie et celui de
Vitebsk , chargez par le Primat d'y faire les
changemens qu'ils jugeroient convenables, avoient
insere que le Primat ni aucun Evêque ne procla→
meroit, en cas de scission , et que la Couronne ne
pourroit être déferée qu'à un Polonois qui n'auroit
aucune liaison de parenté ou d'alliance avec
les Puissances étrangeres ; la plupart des Nonces
s'éleverent contre cette derniere clause ; et dirent
qu'en l'admettant , on donneroit l'exclusion à
presque tous les Seigneurs de la Nation , puisqu'il
y en avoit très peu qui ne fussent alliez de
quelques Souverains ; ainsi elle fut rejettée à la
pluralité des voix.
Dans les Scéances du 17 et 18. May , le Primat
ayant demandé qu'on reglât le temps auquel
1. Vol. com.
JUIN. 1221 1733.
commenceroit la Diette d'Election , elle a été
fixée au 25. d'Août prochain.
que
Les Lettres de Warsovie du 22. May , portent
la Diette de convocation s'étoit séparée , et
que les Sénateurs et les Nonces avoient signé un
Acte de Confédération , conformément aux propositions
faites dans l'Assemblée par M. Maskalski
, Maréchal de la Diette , et par quelques
uns des Nonces.
Le Corps du Roy Sobieski , qui étoit en dépôt
depuis 37. aus dans un Appartement du Palais ,
a été mis sur un magnifique Lit de parade que le
Prince Jacques Sobieski , son fils , lui a fait préparer
dans une Chapelle de l'Eglise des Capucins.
La nuit du 20 au 21. May , le feu prit aux
Ecuries du Palais de Latti , appartenant au Prince
Lubomirski , Palatin de Cracovie , et elles furent
entierement brulées , aussi bien qu'un Corps
de Garde voisin , une Brasserie qui dépend du
Monastere des Religieuses Bernardines , et quelques
aurres Maisons ; on n'a pû sauver qu'une
très- petite partie des Chevaux et des Equipages
du Prince , et les fammes se seroient communiquées
au Palais du Roy , si on n'eût apporté un
prompt secours,
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Résumé : POLOGNE.
En 1733, la treizième séance de la Diète polonaise a présenté un projet de confédération générale restreignant l'accès à la couronne aux gentilshommes polonais catholiques de père et de mère polonais. Ce projet interdisait à quiconque, sauf au Primat, de proclamer le roi sous peine de trahison et prévoyait la confiscation des biens des gentilshommes absents sans raison légitime. Le 15 mai, les nonces ont relu le projet et ajouté des modifications, notamment que la couronne ne pourrait être offerte qu'à un Polonais sans liens de parenté avec des puissances étrangères, clause rejetée par la majorité des nonces. Les 17 et 18 mai, le Primat a fixé la date de la Diète d'élection au 25 août. Le 22 mai, la Diète de convocation s'est séparée après la signature d'un acte de confédération. Par ailleurs, le corps du roi Sobieski a été transféré dans une chapelle de l'église des Capucins. La nuit du 20 au 21 mai, un incendie a détruit les écuries du Palais de Latti appartenant au prince Lubomirski, mais un prompt secours a évité une catastrophe majeure.
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2371
p. 1221-1223
ALLEMAGNE.
Début :
On mande de Vienne, que l'Infant Don Emanuel de Portugal, qui depuis que le [...]
Mots clefs :
Régiment, Empereur, Prince, Charles Léopold, Régiment de Khevenhüller, Compagnies du régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N mande de Vienne , que l'Infant Don
Emanuel de Portugal , qui depuis que le
, son frere , lui a donné une pension de
80000. florins , s'est démis du Régiment qu'il
avoit au service de l'Empereur , est allé passer
quelques jours à Laxembourg ; ce Prince occupe
l'Appartement du Duc de Lorraine , qui est retourné
à Presbourg , et il a mangé plusieurs fois
avec l'Empereur et Pimperatrice , ce qui ne lui
1. Vol. Hvi étoit
1222 MERCURE DE FRANCE
étoit point encore arrivé depuis qu'il étoit à la
Cour de Vienne. On vient d'apprendre que ce
Prince est parti pour S. Polten , où il doit faire
sa résidence.
Le s . de May , le Camp de Silesie commença
à se former dans le lieu que les Commissaires
envoyez par l'Empereur avoient marqué , entre
Oppelen et Brieg , et le Régiment du Prince de
Lichteinstein , celui d'Amilton , sept Compagnies
du Régiment de Khevenhuller , quatre de
celui de Daun , et un pareil nombre de celui des
Carabiniers , y camperent. Les deux jours suivans,
il y arriva six Compagnies du Régiment du
Grand- Maître de l'Ordre Teutonique , quatre de
Hussars , une des grands Grenadiers , trois du
Régiment de Khevenhuller , et deux de celui de
Caraffe.
On append de Wurtzbourg , que le z . du mois
dernier , il étoit tombé dans les environs de cette
Ville , une si grande quantité de grêle , que la
terre en étoit couverte de la hauteur de trois
pieds , que les Torrens que la grêle avoit formez
en se fondant, avoient inondé le plat pays , ruiné
plusieurs Hameaux et ravagé toutes les terres des
Villages de Greussen , &c. et qu'il y étoit péri
un grand nombre de Païsans et de bestiaux .
On a appris de Sehwerin , que le Commandant
de cette Place et celui de Domitz , avoien
reçû ordre de l'Empereur d'ouvrir leurs portes
au Duc Chrétien Louis , et de ne plus reconnoître
l'autorité du Duc Charles Léopold , sous peine
d'être traitez comme rebelles ; mais selon les
Lettres reçues depuis , on ne croit pas que les
Coinmandans obéissent au Decret Impérial.
Selon les derniers avis reçûs , le Duc Charles-
Léopold de Meckelbourg , a fait publier le 24.
1. Fol May
JUIN. 1223 1733 .
May dans toutes les Eglises de son Duché , une
deffense à ses Sujets de reconnoître l'autorité de
Duc Chrétien Louis.
N mande de Vienne , que l'Infant Don
Emanuel de Portugal , qui depuis que le
, son frere , lui a donné une pension de
80000. florins , s'est démis du Régiment qu'il
avoit au service de l'Empereur , est allé passer
quelques jours à Laxembourg ; ce Prince occupe
l'Appartement du Duc de Lorraine , qui est retourné
à Presbourg , et il a mangé plusieurs fois
avec l'Empereur et Pimperatrice , ce qui ne lui
1. Vol. Hvi étoit
1222 MERCURE DE FRANCE
étoit point encore arrivé depuis qu'il étoit à la
Cour de Vienne. On vient d'apprendre que ce
Prince est parti pour S. Polten , où il doit faire
sa résidence.
Le s . de May , le Camp de Silesie commença
à se former dans le lieu que les Commissaires
envoyez par l'Empereur avoient marqué , entre
Oppelen et Brieg , et le Régiment du Prince de
Lichteinstein , celui d'Amilton , sept Compagnies
du Régiment de Khevenhuller , quatre de
celui de Daun , et un pareil nombre de celui des
Carabiniers , y camperent. Les deux jours suivans,
il y arriva six Compagnies du Régiment du
Grand- Maître de l'Ordre Teutonique , quatre de
Hussars , une des grands Grenadiers , trois du
Régiment de Khevenhuller , et deux de celui de
Caraffe.
On append de Wurtzbourg , que le z . du mois
dernier , il étoit tombé dans les environs de cette
Ville , une si grande quantité de grêle , que la
terre en étoit couverte de la hauteur de trois
pieds , que les Torrens que la grêle avoit formez
en se fondant, avoient inondé le plat pays , ruiné
plusieurs Hameaux et ravagé toutes les terres des
Villages de Greussen , &c. et qu'il y étoit péri
un grand nombre de Païsans et de bestiaux .
On a appris de Sehwerin , que le Commandant
de cette Place et celui de Domitz , avoien
reçû ordre de l'Empereur d'ouvrir leurs portes
au Duc Chrétien Louis , et de ne plus reconnoître
l'autorité du Duc Charles Léopold , sous peine
d'être traitez comme rebelles ; mais selon les
Lettres reçues depuis , on ne croit pas que les
Coinmandans obéissent au Decret Impérial.
Selon les derniers avis reçûs , le Duc Charles-
Léopold de Meckelbourg , a fait publier le 24.
1. Fol May
JUIN. 1223 1733 .
May dans toutes les Eglises de son Duché , une
deffense à ses Sujets de reconnoître l'autorité de
Duc Chrétien Louis.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit plusieurs événements en Allemagne et dans les régions voisines. L'Infant Don Emanuel de Portugal, après avoir reçu une pension de son frère, a quitté son régiment au service de l'Empereur et a séjourné à Luxembourg, occupant l'appartement du Duc de Lorraine. Il a également dîné avec l'Empereur et l'Impératrice à Vienne avant de s'installer à Saint-Pölten. En Silésie, un camp militaire s'est formé entre Oppeln et Brieg, avec l'arrivée de divers régiments, dont ceux du Prince de Liechtenstein, d'Amilton, de Khevenhuller, de Daun, des Carabiniers, du Grand-Maître de l'Ordre Teutonique, des Hussards, des Grenadiers et de Caraffe. À Wurtzbourg, une forte grêle a causé des inondations, détruit des hameaux et ravagé les terres des villages de Greussen, entraînant la mort de nombreux paysans et bestiaux. À Schwérin, les commandants des places de Schwérin et de Domitz ont reçu l'ordre de l'Empereur d'ouvrir leurs portes au Duc Chrétien Louis et de ne plus reconnaître l'autorité du Duc Charles Léopold, sous peine de rébellion. Cependant, il est peu probable qu'ils obéissent à ce décret. Le Duc Charles-Léopold de Mecklembourg a publié une défense à ses sujets de reconnaître l'autorité du Duc Chrétien Louis.
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2372
p. 1223-1224
ITALIE.
Début :
Le Pape signa le 9. May, le Jugement rendu par la Congrégation de Nonnullis, contre le [...]
Mots clefs :
Cardinal Coscia, Pape, Jugement, Revenus, Château Saint-Ange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E Pape signa le 9. May , le Jugement rendu
par la Congrégation de Nonnullis , contre le
Cardinal Coscia. Il a été rendu public et porte
que ce Cardinal restera prisonnier pendant dix
ans dans le Donjon du Château S. Ange ; qu'il
sera pendant le même temps privé de voix active
et passive dans l'Election d'un Pape ; qu'il ne sera
pas permis aux Cardinaux de l'appeller au Conelave
; et que si malgré cette deffense il y étoit
entré , l'Election dans laquelle il auroit donné sa
voix , sera nulle ; que jusqu'à- ce qu'il ait restitué
toutes les sommes qu'il a acquises par des voyes
illégitimes , il restera excommunié sans pouvoir
être absous par aucune autre personne que par
S. S. hors in articulo mortis ; que les sommes
provenantes de la restitution à laquelle il est condamné
, seront distribuées aux pauvres , suivant
la disposition des Bulles Apostoliques ; que préalablement
il payera 100. mille ducats qui seront
employez au soulagement des pauvres Paroisses
du Royaume de Hongrie ; que les revenus de ses
Abbayes de sainte Sophie et de S. Marc in Lermis
seront administrez par les Commissaires
qui seront nommez par le Pape , et qu'il ne conservera
aucune Jurisdiction spirituelle ni temporelle
sur les deux Abbayes , et sur tous les Benefices
ayant charge d'ames .
Aussi tôt que le Pape eut signé ce Jugement ,
il fut signifié au Cardinal Coscia , lequel après
avoir demeuré quelque temps sans parler , demanda
une Cassette, sous prétexte qu'il avoit be- L. Vol
soim
1224 MERCURE DE FRANCE
soin d'y prendre quelques Elexirs , et l'Officier
qui commandoit la Garde mise auprès de lui de
puis le 28. d'Avril , y ayant trouvé deux paquets.
de papiers , s'en saisit et les envoya à M. Ricci ,
Commissaire General des Armées , qui les porta
au Cardinal Secretaire d'Etat ; le soir on condui .
sit le Cardinal Coscia au Château S. Ange , et le
bruit court que M. Coscia , son frere , sera relégué
dans la Citadelle de Perouse.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit non- seulement
que le Jugement prononcé coutre le Cardinal
Coscia , fút executé dans toute sa rigueur , mais
encore que ce Cardinal subît les peines portées .
par l'ancien Decret publié contre lui , par lequel
il étoit ordonné que pour être sorti de l'Etat Ecclesiastique
sans permission , et pour n'être point
revenu dans le terme de six mois , qui lui avoit
été accordé , il seroit interdit de toutes fonctions
Ecclesiastiques , privé de ses revenus , ainsi que
de toutes prérogatives , immunitez et exemptions
et même de l'entrée de l'Eglise , incapable de
conférer aucun Benefice , et de disposer par testament
d'aucun des biens qu'il avoit reçûs du
S. Siege.
La République de Génes a accordé la liberté
aux quatre Chefs des Mécontens de l'Ile de
Corse ; Don Louis Clafferi et l'Abbé Astelli ,
deux d'entre eux ont même obtenu du Gouvernement
, le premier , une pension de cent écus
par mois , avec Commission de Capitaine , er le
second, un Bencfice ; les deux autres ont refusé
d'être élargis , parce qu'on n'a pas voulu leur
permettre de retourner en Corse , où ils ont des
revenus considérables .
E Pape signa le 9. May , le Jugement rendu
par la Congrégation de Nonnullis , contre le
Cardinal Coscia. Il a été rendu public et porte
que ce Cardinal restera prisonnier pendant dix
ans dans le Donjon du Château S. Ange ; qu'il
sera pendant le même temps privé de voix active
et passive dans l'Election d'un Pape ; qu'il ne sera
pas permis aux Cardinaux de l'appeller au Conelave
; et que si malgré cette deffense il y étoit
entré , l'Election dans laquelle il auroit donné sa
voix , sera nulle ; que jusqu'à- ce qu'il ait restitué
toutes les sommes qu'il a acquises par des voyes
illégitimes , il restera excommunié sans pouvoir
être absous par aucune autre personne que par
S. S. hors in articulo mortis ; que les sommes
provenantes de la restitution à laquelle il est condamné
, seront distribuées aux pauvres , suivant
la disposition des Bulles Apostoliques ; que préalablement
il payera 100. mille ducats qui seront
employez au soulagement des pauvres Paroisses
du Royaume de Hongrie ; que les revenus de ses
Abbayes de sainte Sophie et de S. Marc in Lermis
seront administrez par les Commissaires
qui seront nommez par le Pape , et qu'il ne conservera
aucune Jurisdiction spirituelle ni temporelle
sur les deux Abbayes , et sur tous les Benefices
ayant charge d'ames .
Aussi tôt que le Pape eut signé ce Jugement ,
il fut signifié au Cardinal Coscia , lequel après
avoir demeuré quelque temps sans parler , demanda
une Cassette, sous prétexte qu'il avoit be- L. Vol
soim
1224 MERCURE DE FRANCE
soin d'y prendre quelques Elexirs , et l'Officier
qui commandoit la Garde mise auprès de lui de
puis le 28. d'Avril , y ayant trouvé deux paquets.
de papiers , s'en saisit et les envoya à M. Ricci ,
Commissaire General des Armées , qui les porta
au Cardinal Secretaire d'Etat ; le soir on condui .
sit le Cardinal Coscia au Château S. Ange , et le
bruit court que M. Coscia , son frere , sera relégué
dans la Citadelle de Perouse.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit non- seulement
que le Jugement prononcé coutre le Cardinal
Coscia , fút executé dans toute sa rigueur , mais
encore que ce Cardinal subît les peines portées .
par l'ancien Decret publié contre lui , par lequel
il étoit ordonné que pour être sorti de l'Etat Ecclesiastique
sans permission , et pour n'être point
revenu dans le terme de six mois , qui lui avoit
été accordé , il seroit interdit de toutes fonctions
Ecclesiastiques , privé de ses revenus , ainsi que
de toutes prérogatives , immunitez et exemptions
et même de l'entrée de l'Eglise , incapable de
conférer aucun Benefice , et de disposer par testament
d'aucun des biens qu'il avoit reçûs du
S. Siege.
La République de Génes a accordé la liberté
aux quatre Chefs des Mécontens de l'Ile de
Corse ; Don Louis Clafferi et l'Abbé Astelli ,
deux d'entre eux ont même obtenu du Gouvernement
, le premier , une pension de cent écus
par mois , avec Commission de Capitaine , er le
second, un Bencfice ; les deux autres ont refusé
d'être élargis , parce qu'on n'a pas voulu leur
permettre de retourner en Corse , où ils ont des
revenus considérables .
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Résumé : ITALIE.
Le 9 mai, le Pape a signé un jugement de la Congrégation de Nonnullis condamnant le Cardinal Coscia à dix ans de prison au Château Saint-Ange. Ce jugement le prive de ses droits de vote lors des élections papales et interdit aux cardinaux de l'appeler au conclave. Toute élection où Coscia aurait voté serait nulle. Il reste excommunié jusqu'à la restitution des sommes acquises illégalement, qui seront distribuées aux pauvres. Il doit également payer 100 000 ducats pour aider les paroisses du Royaume de Hongrie. Les revenus de ses abbayes seront administrés par des commissaires nommés par le Pape, et il perd toute juridiction sur ces abbayes et bénéfices. Après la signature du jugement, des papiers compromettants ont été trouvés en sa possession. Le Pape a également déclaré que Coscia subirait les peines d'un ancien décret pour être sorti de l'État ecclésiastique sans permission. Par ailleurs, la République de Gênes a libéré quatre chefs des mécontents de l'île de Corse, accordant à deux d'entre eux des pensions et des bénéfices, tandis que les deux autres ont refusé la liberté pour ne pas pouvoir retourner en Corse.
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2373
p. 1225
ESPAGNE.
Début :
Le 16. du mois dernier, le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Séville
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
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2374
p. 1225-1226
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 19. May, le Duc de Newcastle remit à la Chambre des Pairs, un Message du Roy, par [...]
Mots clefs :
Mariage, Roi, Princesse royale, Prince d'Orange-Nassau
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 19. May , le Duc de Newcastle remit à la
Chambre des Pairs , un Message du Roy , par
lequel S. M. leur donnoit part des propositions
qu'il avoit reçûës de la part du Prince de Nassau
Orange , pour le Mariage de la Princesse Royale
avec ce Prince , qui ayant obtenu le consentement
du Roy, avoit envoyé à Londres un Ministre
avec les pouvoirs nécessaires pour en signer
les articles .
Le Roy ajoûtoit dans ce Message , que ne dou
tant point que ce Mariage ne donnât une satisfaction
générale à tous ses bons Sujets , il se promettoit
l'approbation de la Chambre des Seigneurs
, en accomplissant une a fiance qui contribuoit
à maintenir la succession à la Couronne
dans une Maison Protestante. Les Seigneurs ayant
déliberé sur ce Message , allerent le lendemain
présenter au Roy une Adresse de Remerciment
et de félicitation , S. M leur répondit :
MILORDS , je vous remercie de cette marque
d'affection pour moi et pour ma Famills ; ce m'est
une grande satisfaction de voir que le Mariage projetté
entre ma Fille et le Prince d'Orange , vous
I. Vol. soit
1226 MERCURE DE FRANCE
être
assurez que La
soit si agréable : vous pouvez
conservation des libertez de mon Peuple , sera mon
principal soin et mon unique attention .
Le Chancelier de l'Echiquier ayant présenté à
la Chambre des Communes , un Message semblable
à celui que le Roy avoit envoyé à celle des
Pairs , dans lequel S. M. ajoûtoit qu'elle se pro--
mettoit que la Chambre la mettroit en état de
donner à la Princesse Royale une dot convenable
à l'occasion présente , et qui pût la mettre en état
de soutenir son rang avec dignité , la Chambre
résolut d'accorder une dot de 80000. liv. sterlins
à la Princesse Royale , et elle présenta une Adresse
au Roy , pour le remercier d'avoir bien voulu
lui communiquer ses intentions touchant le Mariage
de la Princesse sa . Fille , et pour assurer
S. M. que la Chambre contribueroit de tout son
pouvoir à la conclusion de ce Mariage.
On a envoyé ordre à tous les Ministres du
Roy d'Angleterre dans les Cours étrangeres , de
donner part aux Princes auprès desquels ils résident
, du Mariage de la Princesse Royale avec le
Prince de Nassau- Orange. On frappe à la Tour
plusieurs Médailles d'or et d'argent à l'occasion
de ce Mariage.
E 19. May , le Duc de Newcastle remit à la
Chambre des Pairs , un Message du Roy , par
lequel S. M. leur donnoit part des propositions
qu'il avoit reçûës de la part du Prince de Nassau
Orange , pour le Mariage de la Princesse Royale
avec ce Prince , qui ayant obtenu le consentement
du Roy, avoit envoyé à Londres un Ministre
avec les pouvoirs nécessaires pour en signer
les articles .
Le Roy ajoûtoit dans ce Message , que ne dou
tant point que ce Mariage ne donnât une satisfaction
générale à tous ses bons Sujets , il se promettoit
l'approbation de la Chambre des Seigneurs
, en accomplissant une a fiance qui contribuoit
à maintenir la succession à la Couronne
dans une Maison Protestante. Les Seigneurs ayant
déliberé sur ce Message , allerent le lendemain
présenter au Roy une Adresse de Remerciment
et de félicitation , S. M leur répondit :
MILORDS , je vous remercie de cette marque
d'affection pour moi et pour ma Famills ; ce m'est
une grande satisfaction de voir que le Mariage projetté
entre ma Fille et le Prince d'Orange , vous
I. Vol. soit
1226 MERCURE DE FRANCE
être
assurez que La
soit si agréable : vous pouvez
conservation des libertez de mon Peuple , sera mon
principal soin et mon unique attention .
Le Chancelier de l'Echiquier ayant présenté à
la Chambre des Communes , un Message semblable
à celui que le Roy avoit envoyé à celle des
Pairs , dans lequel S. M. ajoûtoit qu'elle se pro--
mettoit que la Chambre la mettroit en état de
donner à la Princesse Royale une dot convenable
à l'occasion présente , et qui pût la mettre en état
de soutenir son rang avec dignité , la Chambre
résolut d'accorder une dot de 80000. liv. sterlins
à la Princesse Royale , et elle présenta une Adresse
au Roy , pour le remercier d'avoir bien voulu
lui communiquer ses intentions touchant le Mariage
de la Princesse sa . Fille , et pour assurer
S. M. que la Chambre contribueroit de tout son
pouvoir à la conclusion de ce Mariage.
On a envoyé ordre à tous les Ministres du
Roy d'Angleterre dans les Cours étrangeres , de
donner part aux Princes auprès desquels ils résident
, du Mariage de la Princesse Royale avec le
Prince de Nassau- Orange. On frappe à la Tour
plusieurs Médailles d'or et d'argent à l'occasion
de ce Mariage.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 19 mai, le Duc de Newcastle a transmis à la Chambre des Pairs un message du roi de Grande-Bretagne annonçant les propositions du Prince de Nassau Orange pour le mariage de la Princesse Royale. Le roi a espéré l'approbation de la Chambre des Seigneurs, soulignant que ce mariage maintiendrait la succession à la Couronne dans une maison protestante. Les Seigneurs ont remercié et félicité le roi, qui a assuré que la conservation des libertés de son peuple serait sa priorité. Le Chancelier de l'Échiquier a informé la Chambre des Communes du souhait du roi d'accorder une dot convenable à la Princesse Royale. La Chambre a résolu d'accorder une dot de 80 000 livres sterling et a remercié le roi, assurant son soutien au mariage. Des ordres ont été envoyés aux ministres du roi dans les cours étrangères pour annoncer le mariage, et des médailles commémoratives ont été frappées.
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2375
p. 1226-1229
« Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Début :
Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...]
Mots clefs :
Roi, Assemblée, Doctrine chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
E 26. May , les Prêtres de la Doctrihe
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
Chrétienne , tinrent leur Assemblée
Générale en cette Ville dans leur
1. Vol. Maison
MA Y. 1733 1227
Maison de S. Charles. Après la Messe
du S. Esprit , M. Hérault , Conseiller d'Etat
, nommé Commissaire par le Roy
pour y présider , en fit l'ouverture par
un Discours très- poli et très- éloquent ,
rempli sur tout de témoignages d'estime
et de consideration pour la Congrégation
de la Doctrine Chrétienne.
L'Assemblée cut d'autant plus lieu
d'être contente de ce Magistrat , qu'il
déclara expressément ne venir que dans
un esprit de paix , et qu'en effet il ne
proposa rien qui fût capable ni de bløsser
les sentimens , ni de gêner la liberté
des suffrages de ceux ausquels il parloit ;
aussi tout s'est- il passé dans une tranquillité
parfaite et dans une intelligence
si grande que dès ce jour là même et
à la premiere nomination , le Pere Bacarere
a été élû Superieur Général . Ce
Pere étoit actuellement Assistant pour
la troisième foit.
M. Herault, en sortant de l'Assemblée ,
ne put s'empêcher de marquer combien
il étoit édifié et satisfait de la maniere
dont toutes les choses s'étoient passées
dans cette Election . La Congrégation
espere beaucoup de la sagesse de ce nouveau
Général .
1. Vol.
Le
# 228 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Chalmazel , que le Roy
a nommé son Envoyé Extraordinaire pour
aller complimenter l'Electeur de Saxe
sur la mort du Roy de Pologne , som
Pere , partit le 2. de ce mois pour se rendre
à Dresde.
Le 4. Fête du S. Sacrement , le Roy
accompagné du Duc d'Orleans , du Prince
de Conty , du Prince de Dombes , du
Comte d'Eu , et de ses principaux Officiers
, se rendit à l'Eglise de la Paroisse
de Versailles , où S.M. entendit la grand'-
Messe après avoir assisté à la Proces
sion qui alla , suivant l'usage , à la Chapelle
du Château.
Le même jour , il y eut Concert Spirituel
au Château des Tuilleries ; on
y chanta deux Motets de M. de la Lande,
dont l'exécution fit beaucoup de plaisir
; la Dile le Maure chanta seule un
Motet , qui fut tres- applaudi . Le sicur
le Clair l'aîné , dont on a déja eu occasion
de parler plusieurs fois au sujet de
differens Ouvrages qu'il a donnez au pu-'
blic , joiia un nouveau Concerto de sa
composition , qui fut généralement goûté
et applaudi par une tres nombreuse
assemblée.
尊
1. Vol Le
JUIN. 1733 . 1229
Le 7 Juin , le R. P. Bacarere , nouveau
General de la Doctrine Chrétienne
eut l'honneur de saluer le Roy , accompagné
de ses Assistans. Il fut présenté à
Sa Majesté par S. E. M. le Cardinal de
Fleury ; et fit un petit Discours que S.M.
écouta avec bonté.
Il alla ensuite chez les Ministres et les
principaux Seigneurs de la Cour , qui lui
firent compliment sur sa nouvelle Digni
té de General.
Le 12. le Roy partit de Versailles pour
aller à Compiegne.
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Résumé : « Le 26. May, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne, tinrent leur Assemblée [...] »
Le 26 mai 1733, les Prêtres de la Doctrine Chrétienne tinrent leur Assemblée Générale à Paris. M. Hérault, Conseiller d'État et Commissaire du Roi, ouvrit l'assemblée en témoignant d'estime et de considération pour la congrégation. L'élection du Supérieur Général se déroula dans la tranquillité, et le Père Bacarere fut élu dès le premier tour. M. Hérault exprima sa satisfaction quant au déroulement de l'élection. Le même mois, le Marquis de Chalmazel partit pour Dresde afin de complimenter l'Électeur de Saxe sur la mort du Roi de Pologne. Le 4 mai, le Roi assista à la fête du Saint-Sacrement à Versailles et à une procession au château, suivie d'un concert spirituel aux Tuileries. Le 7 juin, le Père Bacarere salua le Roi et fut présenté par le Cardinal de Fleury. Il rendit ensuite visite aux ministres et principaux seigneurs de la cour. Le 12 juin, le Roi partit de Versailles pour se rendre à Compiègne.
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2376
p. 1229-1231
« Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Début :
Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...]
Mots clefs :
Dauphin, Collège d'Harcourt, Prince, Écoliers, Congé, Dîner, Collège Louis le Grand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Le Lundy 15 Juin , jour de grande Fête
dans l'Université , à cause du Lendi, dont
on peut voir l'origine dans son Histoire
et ailleurs , auquel tous les Ecoliers ont
un Congé extraordinaire , et vont ordinairement
se promener aux environs de
Paris , un nombre d'élite des plus jeunes
de ceux du College d'Harcourt , choisirent
le Château de Meudon , pour avoir
l'honneur de voir Monseigneur le Dau
phin , et de faire leur Cour. Ce Prince
les reçut avec beaucoup de graces et de
bonté; et leur ayant donné sa main à
baiser , leur fit plusieurs questions sur
leurs noms , leurs études , leurs divertis
1. Vol. semcas
1130 MERCURE DE FRANCE
semens, &c. il les écouta avec une attention
et un discernement au dessus de son
âge. Il voulut sur tout être informé du
sujet de leur voyage , de la Fête qui y
donnoit lieu , et qui dispensoit les Ecoliers
de travailler ce jour - là , ajoûtant
agréablement , qu'il chomeroit aussi cette
Fête et qu'il ne travailleroit pas non
plus dans la journée. Le Prince attentif à
tout , trouva qu'un de ces Mrs ne portoit
pas bien son Epée , et qu'il falloit l'élever
davantage à son côté ; ce qui donna occasion
à l'Ecolier de répondre que s'il ne
portoit pas bien l'Epée , il sçauroit bien
s'en servir un jour pour le service du
Roy. Tout cela se passa dans la Promenade
que fit M. le Dauphin dans le Parc
un peu après son lever. La promenade
finie , le Prince ordonna que les mêmes
Ecoliers d'Harcourt se trouvassent à son
diner , ce qui fut exécuté , et cela donna
lieu à de nouvelles marques de bonté et
à d'autres questions ingénieuses.
Après le dîner , les Ecoliers , tant du
College d'Harcourt que de quelques autres
Colleges qui s'y trouverent , propo-.
serent , sous le bon plaisir de MONSEIGNEUR
, une Partie de Ballon , qui fut
parfaitement bien jouée , et qui divertit
beaucoup le Prince. Pour marque de son
1. Vol. conJUIN.
1733
1231
contentement de tout ce qui s'étoit passé
, il leur accorda quatre jours de congé
; surquoi il y eut des Billets expédiez ,
signez de Madame la Duchesse de Ventadour
; et dans cette expédition le Marquis
Doria , Ecolier , Pensionnaire d'Harcourt
, fut particulierement distingué.
Douze Ecoliers choisis , du College de
LOUIS LE GRAND , vinrent aussi , après le
dîner , faire leur cour à M. le Dauphin ,
qui les reçut avec les mêmes bontez.
M. Gérard , Ecolier de cinquième , porta
la parole et fit , avec grace , un petit
Discours , qui fut écouté avec plaisir. Le
Prince leur donna aussi sa main à baiser, et
voulut qu'ils participassent à la mêmẹ
faveur des jours de congé.
dans l'Université , à cause du Lendi, dont
on peut voir l'origine dans son Histoire
et ailleurs , auquel tous les Ecoliers ont
un Congé extraordinaire , et vont ordinairement
se promener aux environs de
Paris , un nombre d'élite des plus jeunes
de ceux du College d'Harcourt , choisirent
le Château de Meudon , pour avoir
l'honneur de voir Monseigneur le Dau
phin , et de faire leur Cour. Ce Prince
les reçut avec beaucoup de graces et de
bonté; et leur ayant donné sa main à
baiser , leur fit plusieurs questions sur
leurs noms , leurs études , leurs divertis
1. Vol. semcas
1130 MERCURE DE FRANCE
semens, &c. il les écouta avec une attention
et un discernement au dessus de son
âge. Il voulut sur tout être informé du
sujet de leur voyage , de la Fête qui y
donnoit lieu , et qui dispensoit les Ecoliers
de travailler ce jour - là , ajoûtant
agréablement , qu'il chomeroit aussi cette
Fête et qu'il ne travailleroit pas non
plus dans la journée. Le Prince attentif à
tout , trouva qu'un de ces Mrs ne portoit
pas bien son Epée , et qu'il falloit l'élever
davantage à son côté ; ce qui donna occasion
à l'Ecolier de répondre que s'il ne
portoit pas bien l'Epée , il sçauroit bien
s'en servir un jour pour le service du
Roy. Tout cela se passa dans la Promenade
que fit M. le Dauphin dans le Parc
un peu après son lever. La promenade
finie , le Prince ordonna que les mêmes
Ecoliers d'Harcourt se trouvassent à son
diner , ce qui fut exécuté , et cela donna
lieu à de nouvelles marques de bonté et
à d'autres questions ingénieuses.
Après le dîner , les Ecoliers , tant du
College d'Harcourt que de quelques autres
Colleges qui s'y trouverent , propo-.
serent , sous le bon plaisir de MONSEIGNEUR
, une Partie de Ballon , qui fut
parfaitement bien jouée , et qui divertit
beaucoup le Prince. Pour marque de son
1. Vol. conJUIN.
1733
1231
contentement de tout ce qui s'étoit passé
, il leur accorda quatre jours de congé
; surquoi il y eut des Billets expédiez ,
signez de Madame la Duchesse de Ventadour
; et dans cette expédition le Marquis
Doria , Ecolier , Pensionnaire d'Harcourt
, fut particulierement distingué.
Douze Ecoliers choisis , du College de
LOUIS LE GRAND , vinrent aussi , après le
dîner , faire leur cour à M. le Dauphin ,
qui les reçut avec les mêmes bontez.
M. Gérard , Ecolier de cinquième , porta
la parole et fit , avec grace , un petit
Discours , qui fut écouté avec plaisir. Le
Prince leur donna aussi sa main à baiser, et
voulut qu'ils participassent à la mêmẹ
faveur des jours de congé.
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Résumé : « Le Lundy 15 Juin, jour de grande Fête dans l'Université, à cause du Lendi, dont [...] »
Le lundi 15 juin, à l'occasion du Lendi, les écoliers bénéficiaient d'un congé extraordinaire. Un groupe d'élèves du Collège d'Harcourt se rendit au Château de Meudon pour voir le Dauphin. Le prince les accueillit avec grâce et bonté, s'intéressant à leurs noms, études et divertissements. Il nota qu'un écolier ne portait pas bien son épée et écouta une réponse engageante sur le service du roi. Après une promenade dans le parc, le Dauphin invita les écoliers à dîner et continua de leur montrer de la bonté. Une partie de ballon divertit beaucoup le prince, qui leur accorda quatre jours de congé, notifiés par des billets signés par Madame la Duchesse de Ventadour. Le Marquis Doria fut particulièrement distingué. Douze écoliers du Collège Louis-le-Grand vinrent également rendre visite au Dauphin, qui les reçut avec la même bonté. M. Gérard prononça un discours gracieux, et le prince leur accorda également des jours de congé.
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2377
p. 1231-1232
« On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
Début :
On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...]
Mots clefs :
Comte de Belle-Isle, Metz
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
On écrit de Mets que M. le Comte de
Belle -Isle y fut reçû le 18 Avril , en qualité
de Gouverneur de cette Ville et du
Païs Messin. Sa réception fut des plus
magnifiques ; il donna un grand Repas ,
servi avec toute la délicatesse possible
à plusieurs Membres du Parlement ; et
le 21 , Madame de Belle - Isle régala à sou
per quarante Dames , sur une Table en
Fer- à- Cheval. Après le souper , on tira
an fort - beau Feu d'Artifice , suivi d'un
Bal , qui dura toute la nuit, On y servit
1. Vol.
avec
1232 MERCURE DE FRANCE
avec profusion , toute sorte de rafraîchis
semens.
On mande de la même Ville , du 24
May , qu'on y avoit ressenti une légere
secousse de tremblement de Terre, et que
depuis ce temps - là , les Pluyes étoient
continuelles ; ce qui empêchoit la continuation
des nouvelles Fortifications.
Belle -Isle y fut reçû le 18 Avril , en qualité
de Gouverneur de cette Ville et du
Païs Messin. Sa réception fut des plus
magnifiques ; il donna un grand Repas ,
servi avec toute la délicatesse possible
à plusieurs Membres du Parlement ; et
le 21 , Madame de Belle - Isle régala à sou
per quarante Dames , sur une Table en
Fer- à- Cheval. Après le souper , on tira
an fort - beau Feu d'Artifice , suivi d'un
Bal , qui dura toute la nuit, On y servit
1. Vol.
avec
1232 MERCURE DE FRANCE
avec profusion , toute sorte de rafraîchis
semens.
On mande de la même Ville , du 24
May , qu'on y avoit ressenti une légere
secousse de tremblement de Terre, et que
depuis ce temps - là , les Pluyes étoient
continuelles ; ce qui empêchoit la continuation
des nouvelles Fortifications.
Fermer
Résumé : « On écrit de Mets que M. le Comte de Belle-Isle y fut reçu le 18 Avril, en qualité [...] »
Le Comte de Belle-Isle fut accueilli à Metz le 18 avril en tant que Gouverneur. Des réceptions somptueuses furent organisées, incluant un grand repas pour le Parlement et un dîner pour quarante dames. Le 24 mai, une légère secousse sismique et des pluies continues perturbèrent la construction des fortifications.
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2378
p. 1232-1237
RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
Début :
Pierre Claus, du Bailliage de Schwartzembourg, Canton de Berne, cy-devant Soldat aux [...]
Mots clefs :
Figure, Nation, Suisse, Gardes suisses, Arsenal, Pierre Claus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
RELATION de ce qui s'est passé
dans l'Arsenal de Paris , le premier jour
de fuillet 1732. au sujet de la figure
d'ozier , que le peuple nomme , mal à
propos :
Le Suisse de la ruë aux Ours .
Pierre Claus , du Bailliage de Schwartzembourg
, Canton de Berne , cy- devant Soldat aux
Gardes Suisses , Compagnie d'Affry , à present
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maiwe
, sous , la Porte de l'Horloge , préposé pour
Garde de l'Arsenal , apperçut ledit jour 1 Juiller
1732. sur les trois heures après midi , une foule
de monde , qui étant entrée dans l'Arsenal , du
côté de la Bastille , se mettoit en devoir de traverser
la Cour du Manége , portant la Figure
d'osier, qu'on nomme, mal à propos : Le Suisse
de la rue aux Ours , et auquel on attribue une
impiété commise contre PImage de la Vierge ,
en 1418 .
Comme cette Figure se trouvoit habillée de
rouge , avec des agrémens , ainsi que les Gardes
Suisses du Roy ; ledit sieur Claus ferma la
Porte dudit Arsenal , poursuivit la populace et
I. Vol. saisit
JUIN.
1733. 1233.
isit la Figure représentant un Suisse , d'autant
lieux que cette entrée dans une Maison Royale
toit un manque de respect , et que l'habit dont
a Figure étoit revêtuë , faisoit insulte â une Nation
depuis long- temps alliée à la France.
Les Chefs de la Société de la ruë aux Ours
informez que ladite Figure étoit saisie , se rendient
à l'instant chez ledit sieur Claus , pour lui
fare excuse de l'insulte du passage à travers de
P'Arsenal , en lui protestant qu'ils n'avoient jamais
prétendu représenter un Suisse par cette Figure
, et pour le lui prouver , ils le lui envoyeent
le même jour un ancien Tableau , qui fait
simplement mention d'un malheureux Soldat ,
ans spécifier de quelle Nation il fût . Ledit sieur
Claus rempli de satisfaction en son particulier
le découvrir la vérité d'un fait qui lui faisoit
le la peine depuis long- temps , comme à toute sa
Nation en general , et cela par les personnes les
fus interessées dans cette cérémonie, après avoir
endu la Figure , crut ne pouvoir mieux faire
que d'envoyer sur le champ ledit Tableau à S. A.
. Monseigneur le Duc du Maine , tant pour sa
justification personnelle sur ce qui s'étoit passé
à l'Arsenal , que pour l'interêt que ce Prince
prend à ce qui regarde la Nation Suisse.
•
S. A. S. ayant jugé à propos de faire éclaireir
la chose , on trouva , tant par des Pieces authentiques
, que par le récit des Historiens, même
contemporains , que cet impie n'étoit connu
que sous le nom d'un Goujat ou Soldat en
general , sans qu'il y ait aucune apparence que ce
ce fut un Suisse ; que d'ailleurs par les. Epoques
les plus constantes , il n'étoit pas possible que ce
malheureux Soldat fut de cette Nation , puisque
la premiere alliance entre la France et les Suisses AI, Vol.
ne
1234 MERCURE DE FRANCE
ne s'étoit faite qu'en 1444. et qu'avant ce tempslà
aucun Militaire de cette Nation n'avoit par
dans le Royaume, et que par conséquent l'opinion
du peuple , peu instruit , ne pouvoit avoir
aucun fondement à croire que ce malheureux
fut un Suisse , si ce n'est par l'habillement qu
la Société lui donne depuis long- temps , san:
fondement.
Ceux qui par une association de piété sont
chargez de faire cette cérémonie annuelle , ont
été eux- mêmes si persuadez de toutes ces véri
tez , qu'ils ont volontairement donné un acte de
déclaration en bonne forme à ce sujet , dont
ledit sieur Claus a cru qu'il étoit de son devoir
de faire part au Public , pour la satisfaction de
ses compatriotes , qui verront par là tomber a
abus populaire dont ils n'ont pas eu lieu d'être
édifiez jusqu'à présent..
Cet Acte a été dressé de la maniere qu
suit :
Aujourd'hui sont comparus pardevant les Con
seillers du Roy , Notaires à Paris soussignez ,Claudi
Piccard Rolland, Maître Layetier , ancien Juré d
sa Communauté , Rox en charge de la Sociéé
de la Sainte Vierge , rue aux Ours , de cette Ville,
Leon-François Terreau , ancien Garde des Grands
Gardes du Corps des Marchands de Vins , ancien
Consul de la Ville de Paris , Roy deux fois de la
Société ; Siméon Jacob , Marchand de Vins , ancien
Roy de ladite Société ; Jean Vallée , Maitro
Rotisseur , ancien Roy de ladite Société ; Paul Chevillot
, Maitre Boulanger , Associé, et Edme Langlois
, Maître Rotisseur , Cuisinier Privilegié du
Roy , ancien Roy de ladite Société , tous demeurans
an ladite rue aux Qurs , et stipulans , tant pour
I.Vol.
JUI N. 1732- 1235
eux que pour tous leurs Associez , tant présens que
futurs , et leurs Successeurs à perpetuité. Lesquels ,
sur la demande et réquisition du sieurPierre Claus,
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maine,
à l'Arsenal de Paris , à ce present , ont dit et déclaré
qu'ils désavoüoient, comme par ces Présentes ils le
désavoüent , en la meilleure forme qu'il leur est
possible , le particulier qui a été chargé les premiers
jours du present mois , de porter par les rues de Paris
, la Figure d'ozier , qui représente un soldat
qui en 1418. commit une impiété sur une Image
de la très-Sainte Vierge ; qu'ils désavoüoient pas
reillement ledit particulier , Porteur de ladite Figure
, de l'avoir fait entrer dans l'Arsenal , ce qui
est contre le respect dû à une Maison Royale.
?
Déclarant en outre , que ni eux ni personne de
leur Société n'ont jamais prétendu représenter par
ladite Figure , aucun Soldat Suisse , ni autre de
leur Nation , étant certain que l'Histoire ne fait
mention que d'un Soldat impie en general , sans
marquer de quelle Nation il étoit ; et cela d'autant
plus que ceux de la Nation Suisse n'ont commencé
d'être au service de la France qu'après l'année
1444 .
De plus , ils auront une attention particuliere à
ce que
ladite Figure ne soit plus à l'avenir habillée
d'une maniere qui puisse dénoter l'uniforme
d'aucun Soldat Suisse , ni autre de cette Nation, ni
portée dans l'Arsenal ; c'est ce qui a donné sujet
audit sieur Pierre Claus d'être scandalisé , et
porté à s'opposer au passage de ladite Figure au
travers de l'Arsenal , et à demander en conséquence
la présente déclaration , tant pour lui-même ,
que pour la satisfaction de tous ceux de sa Nation ,
Militaires et autres,; laquelle déclaration les soussignez
accordent volontairement , sur la demande
I. Vol. I qui
1236 MERCURE DE FRANCE
qui leur en est faite , et pour marquer de leurpart
la considération et estime qu'ils ont pour tous ceux
de la Nation Suisse en general , et en particulier
pour ledit sieur Claus. Fait et passé à Paris ès demeures
des soussignez , le 19 Ïuillet 1732. et ont
signé la minute des Présentes, demeurée à lagar¬
de et possession de Veillard , Notaire.
Signé , Melin et Veillard , Notaires ,
arca paraphes.
* Ces mêmes Associez , pour donner plus de
poids à leur déclaration se rendirent le jour
même chez M. le Baron de Bézenval , Lieutenant
General des Armées du Roy , et Colonel du Régiment
des Gardes Suisses, pour la lui présenter;
Tequel après l'avoir lûe,approuva leurs sentimens
sinceres et équitables à réformer cet abus; les assurant
qu'il en feroit part à Messieurs les Officiers
Suisses , et autres de cette Nation ; ce qui
continueroit à maintenir la tranquilité dans la
Cérémonie annuelle qu'ils avoient coutume de
faire. Ce qui fut annéxé à la déclaration cy - dessus.
A Bale , chez, Pierre Bicler , Imprimeur- Libraire,
La Relation qu'on vient de lire , nous a été
envoyée par Messieurs les Maire et Bourgeois de
la Ville de Bâle, accompagnée d'une Leute, dont
voici la teneur :
Nous vous prions , Monsieur , de faire usa
ge dans votre prochain Mercure , de la Relation
que nous avons l'honneur de vous addresser
; vous verrez , en la lisant , de quoi i
s'agit ; nous ne pûmes vous l'envoyer l'année
passée assez à temps pour être mise dans celui
de 1732. mais comme cette Cérémonie se ré-
I. Val
pere
JUIN. 1733. 1237
pete tous les ans , à pareil jour , nous esperons
qu'elle pourra trouver place cette année dans
votre Mercure, d'autant plus qu'elle ne contient
rien que de trés- vrai . Nous sommes tres- parfai
tement , Monsieur , vos tres - humbles et tresobéissans
serviteurs , les Maire et Bourgeois de
Bâle.
Ce 1 Juin 1733.
dans l'Arsenal de Paris , le premier jour
de fuillet 1732. au sujet de la figure
d'ozier , que le peuple nomme , mal à
propos :
Le Suisse de la ruë aux Ours .
Pierre Claus , du Bailliage de Schwartzembourg
, Canton de Berne , cy- devant Soldat aux
Gardes Suisses , Compagnie d'Affry , à present
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maiwe
, sous , la Porte de l'Horloge , préposé pour
Garde de l'Arsenal , apperçut ledit jour 1 Juiller
1732. sur les trois heures après midi , une foule
de monde , qui étant entrée dans l'Arsenal , du
côté de la Bastille , se mettoit en devoir de traverser
la Cour du Manége , portant la Figure
d'osier, qu'on nomme, mal à propos : Le Suisse
de la rue aux Ours , et auquel on attribue une
impiété commise contre PImage de la Vierge ,
en 1418 .
Comme cette Figure se trouvoit habillée de
rouge , avec des agrémens , ainsi que les Gardes
Suisses du Roy ; ledit sieur Claus ferma la
Porte dudit Arsenal , poursuivit la populace et
I. Vol. saisit
JUIN.
1733. 1233.
isit la Figure représentant un Suisse , d'autant
lieux que cette entrée dans une Maison Royale
toit un manque de respect , et que l'habit dont
a Figure étoit revêtuë , faisoit insulte â une Nation
depuis long- temps alliée à la France.
Les Chefs de la Société de la ruë aux Ours
informez que ladite Figure étoit saisie , se rendient
à l'instant chez ledit sieur Claus , pour lui
fare excuse de l'insulte du passage à travers de
P'Arsenal , en lui protestant qu'ils n'avoient jamais
prétendu représenter un Suisse par cette Figure
, et pour le lui prouver , ils le lui envoyeent
le même jour un ancien Tableau , qui fait
simplement mention d'un malheureux Soldat ,
ans spécifier de quelle Nation il fût . Ledit sieur
Claus rempli de satisfaction en son particulier
le découvrir la vérité d'un fait qui lui faisoit
le la peine depuis long- temps , comme à toute sa
Nation en general , et cela par les personnes les
fus interessées dans cette cérémonie, après avoir
endu la Figure , crut ne pouvoir mieux faire
que d'envoyer sur le champ ledit Tableau à S. A.
. Monseigneur le Duc du Maine , tant pour sa
justification personnelle sur ce qui s'étoit passé
à l'Arsenal , que pour l'interêt que ce Prince
prend à ce qui regarde la Nation Suisse.
•
S. A. S. ayant jugé à propos de faire éclaireir
la chose , on trouva , tant par des Pieces authentiques
, que par le récit des Historiens, même
contemporains , que cet impie n'étoit connu
que sous le nom d'un Goujat ou Soldat en
general , sans qu'il y ait aucune apparence que ce
ce fut un Suisse ; que d'ailleurs par les. Epoques
les plus constantes , il n'étoit pas possible que ce
malheureux Soldat fut de cette Nation , puisque
la premiere alliance entre la France et les Suisses AI, Vol.
ne
1234 MERCURE DE FRANCE
ne s'étoit faite qu'en 1444. et qu'avant ce tempslà
aucun Militaire de cette Nation n'avoit par
dans le Royaume, et que par conséquent l'opinion
du peuple , peu instruit , ne pouvoit avoir
aucun fondement à croire que ce malheureux
fut un Suisse , si ce n'est par l'habillement qu
la Société lui donne depuis long- temps , san:
fondement.
Ceux qui par une association de piété sont
chargez de faire cette cérémonie annuelle , ont
été eux- mêmes si persuadez de toutes ces véri
tez , qu'ils ont volontairement donné un acte de
déclaration en bonne forme à ce sujet , dont
ledit sieur Claus a cru qu'il étoit de son devoir
de faire part au Public , pour la satisfaction de
ses compatriotes , qui verront par là tomber a
abus populaire dont ils n'ont pas eu lieu d'être
édifiez jusqu'à présent..
Cet Acte a été dressé de la maniere qu
suit :
Aujourd'hui sont comparus pardevant les Con
seillers du Roy , Notaires à Paris soussignez ,Claudi
Piccard Rolland, Maître Layetier , ancien Juré d
sa Communauté , Rox en charge de la Sociéé
de la Sainte Vierge , rue aux Ours , de cette Ville,
Leon-François Terreau , ancien Garde des Grands
Gardes du Corps des Marchands de Vins , ancien
Consul de la Ville de Paris , Roy deux fois de la
Société ; Siméon Jacob , Marchand de Vins , ancien
Roy de ladite Société ; Jean Vallée , Maitro
Rotisseur , ancien Roy de ladite Société ; Paul Chevillot
, Maitre Boulanger , Associé, et Edme Langlois
, Maître Rotisseur , Cuisinier Privilegié du
Roy , ancien Roy de ladite Société , tous demeurans
an ladite rue aux Qurs , et stipulans , tant pour
I.Vol.
JUI N. 1732- 1235
eux que pour tous leurs Associez , tant présens que
futurs , et leurs Successeurs à perpetuité. Lesquels ,
sur la demande et réquisition du sieurPierre Claus,
Suisse de S. A. S. Monseigneur le Duc du Maine,
à l'Arsenal de Paris , à ce present , ont dit et déclaré
qu'ils désavoüoient, comme par ces Présentes ils le
désavoüent , en la meilleure forme qu'il leur est
possible , le particulier qui a été chargé les premiers
jours du present mois , de porter par les rues de Paris
, la Figure d'ozier , qui représente un soldat
qui en 1418. commit une impiété sur une Image
de la très-Sainte Vierge ; qu'ils désavoüoient pas
reillement ledit particulier , Porteur de ladite Figure
, de l'avoir fait entrer dans l'Arsenal , ce qui
est contre le respect dû à une Maison Royale.
?
Déclarant en outre , que ni eux ni personne de
leur Société n'ont jamais prétendu représenter par
ladite Figure , aucun Soldat Suisse , ni autre de
leur Nation , étant certain que l'Histoire ne fait
mention que d'un Soldat impie en general , sans
marquer de quelle Nation il étoit ; et cela d'autant
plus que ceux de la Nation Suisse n'ont commencé
d'être au service de la France qu'après l'année
1444 .
De plus , ils auront une attention particuliere à
ce que
ladite Figure ne soit plus à l'avenir habillée
d'une maniere qui puisse dénoter l'uniforme
d'aucun Soldat Suisse , ni autre de cette Nation, ni
portée dans l'Arsenal ; c'est ce qui a donné sujet
audit sieur Pierre Claus d'être scandalisé , et
porté à s'opposer au passage de ladite Figure au
travers de l'Arsenal , et à demander en conséquence
la présente déclaration , tant pour lui-même ,
que pour la satisfaction de tous ceux de sa Nation ,
Militaires et autres,; laquelle déclaration les soussignez
accordent volontairement , sur la demande
I. Vol. I qui
1236 MERCURE DE FRANCE
qui leur en est faite , et pour marquer de leurpart
la considération et estime qu'ils ont pour tous ceux
de la Nation Suisse en general , et en particulier
pour ledit sieur Claus. Fait et passé à Paris ès demeures
des soussignez , le 19 Ïuillet 1732. et ont
signé la minute des Présentes, demeurée à lagar¬
de et possession de Veillard , Notaire.
Signé , Melin et Veillard , Notaires ,
arca paraphes.
* Ces mêmes Associez , pour donner plus de
poids à leur déclaration se rendirent le jour
même chez M. le Baron de Bézenval , Lieutenant
General des Armées du Roy , et Colonel du Régiment
des Gardes Suisses, pour la lui présenter;
Tequel après l'avoir lûe,approuva leurs sentimens
sinceres et équitables à réformer cet abus; les assurant
qu'il en feroit part à Messieurs les Officiers
Suisses , et autres de cette Nation ; ce qui
continueroit à maintenir la tranquilité dans la
Cérémonie annuelle qu'ils avoient coutume de
faire. Ce qui fut annéxé à la déclaration cy - dessus.
A Bale , chez, Pierre Bicler , Imprimeur- Libraire,
La Relation qu'on vient de lire , nous a été
envoyée par Messieurs les Maire et Bourgeois de
la Ville de Bâle, accompagnée d'une Leute, dont
voici la teneur :
Nous vous prions , Monsieur , de faire usa
ge dans votre prochain Mercure , de la Relation
que nous avons l'honneur de vous addresser
; vous verrez , en la lisant , de quoi i
s'agit ; nous ne pûmes vous l'envoyer l'année
passée assez à temps pour être mise dans celui
de 1732. mais comme cette Cérémonie se ré-
I. Val
pere
JUIN. 1733. 1237
pete tous les ans , à pareil jour , nous esperons
qu'elle pourra trouver place cette année dans
votre Mercure, d'autant plus qu'elle ne contient
rien que de trés- vrai . Nous sommes tres- parfai
tement , Monsieur , vos tres - humbles et tresobéissans
serviteurs , les Maire et Bourgeois de
Bâle.
Ce 1 Juin 1733.
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Résumé : RELATION de ce qui s'est passé dans l'Arsenal de Paris, le premier jour de Juillet 1732. au sujet de la figure d'ozier, que le peuple nomme, mal à propos : Le Suisse de la ruë aux Ours.
Le 1er juillet 1732, Pierre Claus, un Suisse au service du Duc du Maine, observa une foule pénétrer dans l'Arsenal de Paris avec une figure d'osier appelée 'Le Suisse de la rue aux Ours'. Cette figure, vêtue comme les Gardes Suisses, était liée à un acte d'impiété commis en 1418 contre une image de la Vierge. Claus estima cette entrée irrespectueuse et insultante pour la nation suisse, alliée à la France. Il ferma la porte de l'Arsenal et saisit la figure. Les responsables de la Société de la rue aux Ours affirmèrent que la figure ne représentait pas un Suisse et présentèrent à Claus un ancien tableau montrant un soldat sans spécifier sa nation. Satisfait de cette explication, Claus envoya le tableau au Duc du Maine. Une enquête confirma que l'individu impie n'était pas connu comme un Suisse et que la première alliance franco-suisse datait de 1444, rendant improbable que le soldat fût suisse. Les organisateurs de la cérémonie annuelle désavouèrent l'incident et déclarèrent que la figure ne représenterait plus un soldat suisse ni ne serait portée dans l'Arsenal. Ils signèrent une déclaration à ce sujet, approuvée par le Baron de Bézenval, Lieutenant Général des Armées du Roi et Colonel des Gardes Suisses. La relation de cet événement fut envoyée par les Maire et Bourgeois de Bâle pour publication dans le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2379
p. 1237-1240
« Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Début :
Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...]
Mots clefs :
Église, Noviciat général, Faubourg Saint-Germain, Coeur, Sanctuaire, Dominicains, Catherine de Ricci
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Le Samedy 16 May , les RR . PP, Dominiquains
du Noviciat Général , du
Faubourg S. Germain , firent l'ouverture
d'une Solemnité , qui devoit durer'
trois jours dans leur Eglise, au sujet de la
Béatification de la Bienheureuse Catherine
de Ricci , Religieuse Prof.sse du Tiers-
Ordre de S. Dominique , au Monastere
de la Ville de Prato , dans la Toscane. La
Cérémonie commença par la publication
de la Bulle , accordée par N.S.P. le Pape
Clement XII. à l'instance du Grand Duc
de Toscane , et de tout l'Ordre de Saint
Dominique.
L'Eglise du Noviciat , l'une des plus
régulieres de Paris , étoit magnifiquement
ornée ; le Sanctuaire éclairé de plusieurs
Lustres , et le Maître Autel enrichi de
quantité de Reliquaires , de Vases , et de
Chandeliers d'argent. Le Portrait de la
Bienheureuse , paroissoit élevé au milieu
d'ure Gloire , sous le grand ceintre , qui
1. Vol. Iij sé1238
MERCURE DE FRANCE
sépare le Choeur du Sanctuaire , d'où
pendoient des Guirlandes , et de longs
Festons , soutenus par des Anges.
,
Le lendemain Dimanche , M. Menay ,
Chanoine Régulier de la Congrégation
de S. Antoine , prononça après Vêpres ,
le Panégyrique avec beaucoup de succès ;
et quelque temps après la Communauté
des RR. PP. Benedictins de l'Abbaye
Royale de S. Germain Desprez , vint processionnellement
chanter le Salut
l'Officiant donna la Benediction du tres-
Saint Sacrement. Le Lundy , la Commu
nauté des RR. PP. Augustins du Fauxbourg
S. Germain ; et le Mardy , celle des
RR. PP . Prémontrez , du même Fauxbourg
, firent les mêmes Cérémonies, qui
furent terminées par un Te Deum , sọ-
lemnellement chanté.
La sainte Religieuse, qui a donné lieu
à cette solemnité nâquit à Florence , le
2 Avril 1522 , de l'illustre Mai on de
Ricci , qui a donné divers Prélats et des
Cardinaux à l'Eglise . Elle fût un parfait
modele de la plus sublime piété , dont
l'éclat a brillé dans toute l'Italie , ensorte
que les Personnes les plus éminentes
dans l'Eglise et dans le Monde Chrétien,
voulurent la visiter et la consulter , à
I. Vol. Cause
JUIN 1733.
1239
cause des lumiéres extraordinaires , confirmées
par plusieurs Miracles , dont il
plaisoit au Ciel de la favoriser ; ce qui a
été reconnu par les plus grands Serviteurs
de Dieu de son temps ; en particulier
par S. Philippe de Néri , qui ne pouvoit
se lasser de publier les merveilles , qu'il
reconnoissoit dans cette Servante de Dieu.
Elle mourut le 3 Février 1589 , dans la
77 année de son âge. M. Cartari , Evêque
de Fiesoli a donné sa vie au Public
et M. l'Evêque de Pistoye fit en l'année
1614 les informations juridiques des Miracles
opérez par son intercession , pour
proceder ensuite à sa Béatification , laquelle
a été enfin concluë , déclarée , et
célébrée à Rome en cette année 1733 .
ainsi que dans tous les Monasteres de
l'Ordre de S, Dominique.
Le concours que cette cérémonie a áttiré
à celui du Noviciat de Paris , a don
né occasion de remarquer les nouveaux
Ouvrages qui en ont embelli l'Eglise. Le
principal est la construction d'un Choeur
à la Romaine , avec un double rang de
Stales , d'une Menuiserie, ornée de beaucoup
de Sculpture , les Panneaux sont
chargez de differens Tableaux de l'histoire
de la Passion, & c, sans compter deux
I. Vol. I iij autres
1240 MERCURE DE FRANCE
·
autres grands Tableaux , qui sont élevez
à l'entrée , en regard ; l'un , de S. Thomas
d'Aquin , l'autre , du S. Pape Pie V.
d'une très belle exécution. Le Plafond
peint par M. le Moine , Peintre fameux
de l'Académie Royale , attire les regards
des connoisseurs. Les Tableaux du Choeur
dont on vient de parler , et beaucoup.
d'autres qui sont dans cette Eglise et ailleurs
, sont du Frere André , Religieux
de la Maison , qui s'est acquis beaucoup
de réputation dans cet Art.On remarque
enfin la nouvelle disposition du Maître
Autel,tout construit d'un tres- beau Marbre,
avec les ornemens convenables, mais
d'une noble simplicité , sans parler du
Sanctuaire et des autres accompagnemens
qui donnent à cette Eglise une nouvelle
décoration , et un certain air de majesté.
du Noviciat Général , du
Faubourg S. Germain , firent l'ouverture
d'une Solemnité , qui devoit durer'
trois jours dans leur Eglise, au sujet de la
Béatification de la Bienheureuse Catherine
de Ricci , Religieuse Prof.sse du Tiers-
Ordre de S. Dominique , au Monastere
de la Ville de Prato , dans la Toscane. La
Cérémonie commença par la publication
de la Bulle , accordée par N.S.P. le Pape
Clement XII. à l'instance du Grand Duc
de Toscane , et de tout l'Ordre de Saint
Dominique.
L'Eglise du Noviciat , l'une des plus
régulieres de Paris , étoit magnifiquement
ornée ; le Sanctuaire éclairé de plusieurs
Lustres , et le Maître Autel enrichi de
quantité de Reliquaires , de Vases , et de
Chandeliers d'argent. Le Portrait de la
Bienheureuse , paroissoit élevé au milieu
d'ure Gloire , sous le grand ceintre , qui
1. Vol. Iij sé1238
MERCURE DE FRANCE
sépare le Choeur du Sanctuaire , d'où
pendoient des Guirlandes , et de longs
Festons , soutenus par des Anges.
,
Le lendemain Dimanche , M. Menay ,
Chanoine Régulier de la Congrégation
de S. Antoine , prononça après Vêpres ,
le Panégyrique avec beaucoup de succès ;
et quelque temps après la Communauté
des RR. PP. Benedictins de l'Abbaye
Royale de S. Germain Desprez , vint processionnellement
chanter le Salut
l'Officiant donna la Benediction du tres-
Saint Sacrement. Le Lundy , la Commu
nauté des RR. PP. Augustins du Fauxbourg
S. Germain ; et le Mardy , celle des
RR. PP . Prémontrez , du même Fauxbourg
, firent les mêmes Cérémonies, qui
furent terminées par un Te Deum , sọ-
lemnellement chanté.
La sainte Religieuse, qui a donné lieu
à cette solemnité nâquit à Florence , le
2 Avril 1522 , de l'illustre Mai on de
Ricci , qui a donné divers Prélats et des
Cardinaux à l'Eglise . Elle fût un parfait
modele de la plus sublime piété , dont
l'éclat a brillé dans toute l'Italie , ensorte
que les Personnes les plus éminentes
dans l'Eglise et dans le Monde Chrétien,
voulurent la visiter et la consulter , à
I. Vol. Cause
JUIN 1733.
1239
cause des lumiéres extraordinaires , confirmées
par plusieurs Miracles , dont il
plaisoit au Ciel de la favoriser ; ce qui a
été reconnu par les plus grands Serviteurs
de Dieu de son temps ; en particulier
par S. Philippe de Néri , qui ne pouvoit
se lasser de publier les merveilles , qu'il
reconnoissoit dans cette Servante de Dieu.
Elle mourut le 3 Février 1589 , dans la
77 année de son âge. M. Cartari , Evêque
de Fiesoli a donné sa vie au Public
et M. l'Evêque de Pistoye fit en l'année
1614 les informations juridiques des Miracles
opérez par son intercession , pour
proceder ensuite à sa Béatification , laquelle
a été enfin concluë , déclarée , et
célébrée à Rome en cette année 1733 .
ainsi que dans tous les Monasteres de
l'Ordre de S, Dominique.
Le concours que cette cérémonie a áttiré
à celui du Noviciat de Paris , a don
né occasion de remarquer les nouveaux
Ouvrages qui en ont embelli l'Eglise. Le
principal est la construction d'un Choeur
à la Romaine , avec un double rang de
Stales , d'une Menuiserie, ornée de beaucoup
de Sculpture , les Panneaux sont
chargez de differens Tableaux de l'histoire
de la Passion, & c, sans compter deux
I. Vol. I iij autres
1240 MERCURE DE FRANCE
·
autres grands Tableaux , qui sont élevez
à l'entrée , en regard ; l'un , de S. Thomas
d'Aquin , l'autre , du S. Pape Pie V.
d'une très belle exécution. Le Plafond
peint par M. le Moine , Peintre fameux
de l'Académie Royale , attire les regards
des connoisseurs. Les Tableaux du Choeur
dont on vient de parler , et beaucoup.
d'autres qui sont dans cette Eglise et ailleurs
, sont du Frere André , Religieux
de la Maison , qui s'est acquis beaucoup
de réputation dans cet Art.On remarque
enfin la nouvelle disposition du Maître
Autel,tout construit d'un tres- beau Marbre,
avec les ornemens convenables, mais
d'une noble simplicité , sans parler du
Sanctuaire et des autres accompagnemens
qui donnent à cette Eglise une nouvelle
décoration , et un certain air de majesté.
Fermer
Résumé : « Le Samedy 16 May, les RR. PP. Dominiquains du Noviciat Général, du [...] »
Du 16 au 18 mai, les Dominicains du Noviciat Général à Paris ont célébré une solennité de trois jours en l'honneur de la béatification de la Bienheureuse Catherine de Ricci, religieuse du Tiers-Ordre de Saint Dominique au monastère de Prato, en Toscane. La cérémonie a débuté par la publication de la bulle papale accordée par le Pape Clément XII à la demande du Grand Duc de Toscane et de l'Ordre de Saint Dominique. L'église du Noviciat, magnifiquement ornée, présentait un sanctuaire éclairé par plusieurs lustres et un maître-autel enrichi de reliquaires, vases et chandeliers d'argent. Le portrait de la bienheureuse était exposé au milieu d'une gloire, sous le grand cintre séparant le chœur du sanctuaire, décoré de guirlandes et de festons soutenus par des anges. Le dimanche suivant, le Chanoine Régulier M. Menay a prononcé un panégyrique après les vêpres. Les communautés des Bénédictins de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, des Augustins et des Prémontrés ont participé aux cérémonies, qui se sont conclues par un Te Deum solennellement chanté. Catherine de Ricci, née à Florence le 2 avril 1522 dans une famille illustre, fut un modèle de piété. Ses lumières spirituelles et les miracles attribués à son intercession attirèrent des visites de personnalités éminentes, dont Saint Philippe de Néri. Elle mourut le 3 février 1589 à l'âge de 77 ans. Sa béatification, reconnue par les informations juridiques des miracles opérés par son intercession, a été célébrée en 1733 à Rome et dans tous les monastères de l'Ordre de Saint Dominique. La solennité a également mis en lumière les nouveaux ouvrages d'art dans l'église du Noviciat, notamment la construction d'un chœur à la romaine, des sculptures, des tableaux historiques et des œuvres de peintres renommés comme le Frère André. Le maître-autel, construit en marbre, et la nouvelle disposition du sanctuaire ont ajouté une majesté à l'église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2380
p. 1240-1245
INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Début :
La Riviere qui avoit commencé à croître la premiere Fête de la Pentecôte, se [...]
Mots clefs :
Inondation, Loire, Pont, Rivière, Levées, Maisons, Eaux , Côte
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texteReconnaissance textuelle : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
INONDATION de la Riviere de
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Or
leans , le 8 Juin 1733 .
La Riviere qui avoit commencé à croî
tre la premiere Fête de la Pentecôte , se
trouva tres grosse le Mercredy au soir ,
et ce qu'on appelle , en plein chantier ; ce
qui n'étonna encor personne ; cette Riviere
croissant d'ordinaire considérable-,
I. Vol.
ment
JUIN. 1733. 121
ment vers ce temps cy. C'est ce que nos
Mariniers nomment , je ne sçais - pourquoi
; La crûë des Sapins Depuis , la Riviere
augm nta de telle sorte , qu'elle se
trouva au Niveau de Lévées , se répandit
ensuite sur les Quais , entra dans la
Ville e inonda les rues basses ; mais comme
Orleans est bâti sur le penchant d'un
côteau , elle ne pût s'avancer beaucoup
de ce côté là. Il n'en fut pas de même
de l'autre côté , dans le Fauxbourg , appellé
Portereau, qui fut tout inonde étant
dans un Terrain bas , égal à celui du Val
de Loire.
Comme on ne douta point que les Lévées
ne rompissent , l'eau augmentant
toujours , et une partie des Arches du
Pont , proche des Lévées , étant bouchées;
on sonna le Tocsin dans les Paroisses du
Val , pour avertir les Habitans de se précautionner
contre l'Inondation . Les plus
prochains accoururent à laVille,avec leurs
Enfans et leurs Bestiaux . Les autres montèrent
dans les Greniers de leurs maisons .
La nuit arriva, qui augmenta de beaucoup
la terreur et la confusion où tout se trouvoit
; et ce fut dans ce temps- là que sur
les 9 à 10 heures , un petit Pont de pierre
, qui fait la communication du grand
Pont à une des Mottes , qui forment une
1. Vol. I iiij Isle
1242 MERCURE DE FRANCE
Isle au milieu , vint tout à coup à s'écrouler
et emporta une quinzaine de
personnes , entre lesquelles on compte
trois jeunes Ecoliers avec leur Précepteur,
un mari et une femme , qui laissent neuf
à dix enfans , et d'autres personnes de
differens états.
Pendant la nuit la Riviére passa par
dessus les Levées , et entra dans le Fauxbourg
, en montant vers les Capucins.
Elle rompit les Levées en trois endroits .
La rupture la plus violente fut celle qui
se fit à côté des Ursulines de S. Charles ,
où l'eau emporta les Murs du Monastére ,
renversa cinq ou six maisons de fond
en comble , en dispersa les Décombres
et se répandit comme un torrent affreux
dans le Val. Tout ce qui se trouva à l'opposite
des deux autres ruptures, éprouva
le même sort . Plus de 40 toises de Murailles
du revêtement des Mottes du Pont
furent entraînées , aussi bien que deux
Maisons qui étoient sur le grand Pont ,
dont l'une fut entierement renversée , et
l'autre tellement ébranlée qu'on la démolit
actuellement.
Ily eut encore une rupture à un quart
de lieuë en deçà des Ponts , toutes ces Eaux
se réunissant à celles du Loiret , qui se
regonflérent et inondérent bien- tôt tout
J. Vol. le
JUI N. 1733. 1243
le Val. De plus, comme la Riviere avoit
emporté un Déchargeoir , pratiqué dans
les Levées , du côté de Darnoi , à trois
lieues d'Orleans, en remontant , les Eaux
qui entrerent par cette rupture , recevant
celles qui venoient d'une rupture
plus haute à un endroit nommé Bouteilles,
ne firent plus , jointes ensemble , qu'un
Lac de tout le Val de Loire , sur lequel
Lac on ne voioit que la Cime des Arbres,
et le Toît des Maisons . Cette désolation
a duré vingt quatre heures ; pendant le
quel temps , Messieurs de Ville firent
tout ce qu'on devoit attendre de leur
zéle , envoïant par tout , malgré le danger
des Barques, pour sauver ceux que
la
ruine de leurs Maisons , où le peu de
hauteur du terrain , mettoit en danger
de périr , et faisant porter des vivres à
ceux qui avoient pû trouver quelque retraite
dans leurs Greniers. On ne dit
point qu'il soit péri personne , si ce n'est
ceux que l'accident du petit Pont de la
Motte a emportez , mais on a perdu beau
coup de Bétail . Les Eaux se sont enfin retirées
, et nous ont laissé voir un triste
Tableau de leur fureur.Des Maisons renversées
de fond en comble , leurs Décom
breş dispersez çà et là , des Murs et des
Chemins rompus , les Bleds et les Foins
1. Vol. I'v perdus
1244 MERCURE DE FRANCE
perdus , ou par les Sables que la Riviere
a jettez sur les terres , ou par la Fange
qui se durcissant au Soleil , les brûle
après les avoir abbatus ; les Vignes , dans
les endroits où les Eaux ont séjourné ,
sans esperance de récolte , et dans les courans
, emportées ; les Marais qui sont de ce
côté- là en plus grand nombre,et qui font
la richesse de tout le Fauxbourg , enticrement
ruinez. Je n'entrerai point dans
le détail de toutes les pertes que l'Inondation
peut avoir causées ; il est immense
, et plus on examine ces pertes , plus
on les trouve grandes. Voilà le triste état
où se trouve la Ville d'Orléans . Je ne
parle que de ce que nous pouvons voir
du haut de nos Murs ; j'ajouterai seulement
que le Pont de le Pont de Gergeau , à quatre
lieuës au dessus d'Orleans , a eu deux Arches
d'emportées ; comme c'est un grand
passage,principalement pour les Bestiaux,
cela incommodera beaucoup le commerce
, & c.
La Loire , selon une Lettre de Blois ,
s'est tellement débordée, qu'il n'est ici personne
qui se souvienne de l'avoir vûë
en cet état. Sans en faire un plus grand
détail , je vous dirai seulement que l'on
ne voyoit que l'Arche du milieu de notre
Pont , les eaux avoient entierement bou-
I. Vola ché
JUIN. 17337
1245
ché les autres. On ne voyoit flotter sur
la Riviere que bestiaux de toute espece et
morceaux de Charpente de la démolition
des maisons . Les Ponts Chastré et celui de
S. Michel , ont été rompus en differens
endroits. Les Garennes et les Vignes ont
été déracinées , les Prez et les Bleds sont
sans aucune esperance de récolte . Les Levées
ont été rompues en plusieurs endroits;
il s'est même trouvé des gens sur des
morceaux de Levées , tout environneg
d'eau , luttant contre la faim et contre la
crainte que la terre ne vint à leur manquer
tout-à- fait. Le pain a valu jusqu'à 20. sols
la livre pendant cette huitaine.
On dit qu'il y a eû aussi de grand ravages
à Tours , &c.
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Résumé : INONDATION de la Riviere de Loire. Extrait d'une Lettre écrite d'Orleans, le 8 Juin 1733.
Le 8 juin 1733, Orléans a été frappée par une inondation majeure de la Loire. La rivière avait commencé à monter lors de la Pentecôte et avait atteint un niveau critique le mercredi soir, submergeant les quais et les rues basses de la ville. Orléans, construite sur une colline, a été partiellement protégée, mais le faubourg de Portereau, situé dans une zone basse, a été entièrement inondé. La population, craignant la rupture des levées, s'est réfugiée dans les greniers ou a fui vers la ville. La nuit, un petit pont s'est effondré, entraînant la mort de quinze personnes. L'eau a finalement débordé, rompant les levées en plusieurs endroits et causant des destructions massives. Les murs du monastère des Ursulines et plusieurs maisons ont été renversés. Les eaux de la Loire et du Loiret se sont réunies, formant un lac sur le Val de Loire. Les autorités ont organisé des secours pour sauver les habitants et distribuer des vivres. Les dégâts matériels sont considérables, avec des maisons détruites, des cultures perdues et des marais ruinés. Le pont de Gergeau a également subi des dommages, affectant le commerce. À Blois, la Loire a également débordé, causant des ravages similaires. Le prix du pain a augmenté en raison de la crise. Des inondations importantes ont également été signalées à Tours.
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2381
p. 1442-1443
De Constantinople, le 14 Mai 1733.
Début :
Les nouvelles de Perse varient toûjours ; les unes portent que le Blocus de Bagdad est [...]
Mots clefs :
Constantinople, Thamas Kouli-Kan, Pacha , Khan, Khans, Troupes, Armée, Perse
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texteReconnaissance textuelle : De Constantinople, le 14 Mai 1733.
D: Constantinople , le 14 Mai 1733-
Es nouvelles de Perse varient toûjours ; les
Lunes portent que le Blocus de Bagdad est
levé ; les autres , qu'il continue encore ; ce qui
se dit de plus generalement , c'est que la mésintelligence
s'est glissée dans l'Armée de Talimas-
Kouli Khan , les Khans et autres principaux
Officiers , ayant fort murmuré contre ce Génétal
, de ce qu'il s'obstinoit à perdre le temps
devant une Place , dont il n'étoit pas en état de
former le Siége , tandis que les Turcs ravagcoient
plusieurs Provinces de Perse,massacroient
Ieurs Sujets , et emmenoient leurs Femmes er
kurs Enfans en esclavage ; que sur les avis que
Achmet Pacha avoit eus de ces divisions , et que
Parmee Persanne devoit décamper , il avoit détaché
plusieurs Partis de sa Garnison , qui s'étant
joints à quelques Troupes d'un Prince Arabe
, son beau pere , avoient harcelé cette Armée
dans sa marche , par de continuelles Escarmouches
, dans lesquelles Tahmas-Kouli-Khan avoit
perdu beaucoup de monde ; enfin que Topal
Osman , Pacha , étoit parti depuis 25 jours du
Diarbekir, pour s'approcher de Bagdad, et combatre
les Persans , s'il en trouvoit l'occasion favorable
, et qu'il n'avoit pris avec lui que 40000
hommes , ayant laissé le reste de son Armée au
Camp , pour y recevoir les Troupes et les Munitions
qui devoient lui venir encore.
Curde-Demir, Pacha , qui commande du côté
II. Vol.
de
JUIN . 1733 1443
de Tiflis, et plusieurs autres Pachas qui l'avoient
joint avec leurs Troupes, ont fait des Incursions
dans les Campagnes de Tauris et d'Erivan , où ils
ont passé au fil de l'Epée beaucoup de Petits-
Corps de Persans, qui étoient postez en differens ·
endroits pour la garde du Pais. Tauris , Erivan ,
Roumié et plusieurs autres Villes ont été entiement
saccagés.
Les Sultans Fetih ou le Conquerant , et Islam
* Ghuirai , fils de Deulet Ghuirai , Khan de
Crimée , déposé , sont les Chefs des Tartares ,
qui ont été commandez pour pénétrer dans le
coeur de la Perse. Fetih , Sultan , l'aîné de ces
deux Princes , mande au Khan régnant , son
oncle , par sa Lettre , dattée du Mont - Caucase ,
et arrivée à Bacché - Saraï le 24 Avril , qu'ils se
sont frayez une route dans cette Montagne , qui
aboutit proche de Tiflis , et qui est éloignée de 6
lieuës de Kabarta , canton de la Circassie , que
les Moscovites prétendent leur appartenir ; que
ses Troupes et celles de son frere , au nombre de
30 à 40 mille hommes , marchent sur deux colonnes
, et se tiennent fort sur leur garde dans
la crainte d'être attaquées par des peuples inconnus
, habitans du Caucase , qu'elles trouvent
souvent dans leur
passage.
Djanum-Codja , qui avoit été nommé depuis
peu Pacha de Négrépont, vient d'être fait Pacha
de Candie, et Inspecteur Général des Armemens
du G. S. Les Commandans des Vaisseaux et les
Beys des Galeres , qui seront en Mer, iront prendre
ses ordres , et n'entreprendront rien que sur
ses avis.
* Islam, l'Ortodoxe.
Es nouvelles de Perse varient toûjours ; les
Lunes portent que le Blocus de Bagdad est
levé ; les autres , qu'il continue encore ; ce qui
se dit de plus generalement , c'est que la mésintelligence
s'est glissée dans l'Armée de Talimas-
Kouli Khan , les Khans et autres principaux
Officiers , ayant fort murmuré contre ce Génétal
, de ce qu'il s'obstinoit à perdre le temps
devant une Place , dont il n'étoit pas en état de
former le Siége , tandis que les Turcs ravagcoient
plusieurs Provinces de Perse,massacroient
Ieurs Sujets , et emmenoient leurs Femmes er
kurs Enfans en esclavage ; que sur les avis que
Achmet Pacha avoit eus de ces divisions , et que
Parmee Persanne devoit décamper , il avoit détaché
plusieurs Partis de sa Garnison , qui s'étant
joints à quelques Troupes d'un Prince Arabe
, son beau pere , avoient harcelé cette Armée
dans sa marche , par de continuelles Escarmouches
, dans lesquelles Tahmas-Kouli-Khan avoit
perdu beaucoup de monde ; enfin que Topal
Osman , Pacha , étoit parti depuis 25 jours du
Diarbekir, pour s'approcher de Bagdad, et combatre
les Persans , s'il en trouvoit l'occasion favorable
, et qu'il n'avoit pris avec lui que 40000
hommes , ayant laissé le reste de son Armée au
Camp , pour y recevoir les Troupes et les Munitions
qui devoient lui venir encore.
Curde-Demir, Pacha , qui commande du côté
II. Vol.
de
JUIN . 1733 1443
de Tiflis, et plusieurs autres Pachas qui l'avoient
joint avec leurs Troupes, ont fait des Incursions
dans les Campagnes de Tauris et d'Erivan , où ils
ont passé au fil de l'Epée beaucoup de Petits-
Corps de Persans, qui étoient postez en differens ·
endroits pour la garde du Pais. Tauris , Erivan ,
Roumié et plusieurs autres Villes ont été entiement
saccagés.
Les Sultans Fetih ou le Conquerant , et Islam
* Ghuirai , fils de Deulet Ghuirai , Khan de
Crimée , déposé , sont les Chefs des Tartares ,
qui ont été commandez pour pénétrer dans le
coeur de la Perse. Fetih , Sultan , l'aîné de ces
deux Princes , mande au Khan régnant , son
oncle , par sa Lettre , dattée du Mont - Caucase ,
et arrivée à Bacché - Saraï le 24 Avril , qu'ils se
sont frayez une route dans cette Montagne , qui
aboutit proche de Tiflis , et qui est éloignée de 6
lieuës de Kabarta , canton de la Circassie , que
les Moscovites prétendent leur appartenir ; que
ses Troupes et celles de son frere , au nombre de
30 à 40 mille hommes , marchent sur deux colonnes
, et se tiennent fort sur leur garde dans
la crainte d'être attaquées par des peuples inconnus
, habitans du Caucase , qu'elles trouvent
souvent dans leur
passage.
Djanum-Codja , qui avoit été nommé depuis
peu Pacha de Négrépont, vient d'être fait Pacha
de Candie, et Inspecteur Général des Armemens
du G. S. Les Commandans des Vaisseaux et les
Beys des Galeres , qui seront en Mer, iront prendre
ses ordres , et n'entreprendront rien que sur
ses avis.
* Islam, l'Ortodoxe.
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Résumé : De Constantinople, le 14 Mai 1733.
Le 14 mai 1733, les informations sur la situation en Perse sont contradictoires. Certaines sources affirment que le blocus de Bagdad est levé, tandis que d'autres indiquent qu'il persiste. Une discordance règne au sein de l'armée de Tahmas-Kouli Khan, critiqué pour avoir perdu du temps devant une place forte, permettant aux Turcs de ravager plusieurs provinces persanes et d'enlever des habitants. Achmet Pacha a envoyé des troupes harceler les Persans, causant des pertes à Tahmas-Kouli Khan. De plus, Topal Osman Pacha a quitté le Diarbekir avec 40 000 hommes pour se diriger vers Bagdad. Du côté de Tiflis, Curde-Demir Pacha et d'autres pachas ont mené des incursions en Tauris et Erivan, massacrant des Persans et saccageant plusieurs villes. Les sultans Fetih et Islam Ghuirai, fils de Deulet Ghuirai, khan de Crimée, ont été désignés pour pénétrer en Perse avec 30 à 40 000 hommes. Enfin, Djanum-Codja, nommé pacha de Candie, est devenu inspecteur général des armements du Grand Sultan, avec autorité sur les commandants des vaisseaux et les beys des galères.
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2382
p. 1444
Le 16 May.
Début :
Danum-Codja a été nommé hier Capitan-Pacha ; c'est la troisiéme fois qu'il est revêtu de [...]
Mots clefs :
Capitan pacha, Négrepont, Abdi Pacha
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le 16 May.
Le 16 May.
Danum Codja a été nommé hier Capitan-
Pacha; c'est la troisième fois qu'il est revêtu de
cette importante Charge. Son Muhurdar , ou
Garde Sceau , qu'il avoit envoyé ici pour affaia
eu ordre du G. V. d'aller à Négrépont
porter cette agréable nouvelle à son Maître.
res ,
Abdi , Pacha , qui a aussi été déja deux fois
Capitan Pacha , en fera les fonctions par interim,
jusqu'à l'arrivée de D'janum -Codja.
Bekir-Pacha , beau -frere du G. S. que celui- ci
releve , a été fait * Nidchangi de sa Hautesse ;
Cuperli , qui exerçoit cet emploi , va à Viddin ,
en qualité de Pacha ; celui qu'il remplace , vient
à Négrépont , et Abdoulla Cuperli , qui étoit Pacha
de cette Isle , et qu'on avoit dit dans les dernieres
nouvelles, avoir été envoyé en Perse, pour
y servir sous Topal - Osman Pacha , passe
Smirne , où il doit attendre de nouveaux ordres
du Grand Seigneur.
P. V. D.
* C'est celui qui fait le Paraphe du G. S.
Danum Codja a été nommé hier Capitan-
Pacha; c'est la troisième fois qu'il est revêtu de
cette importante Charge. Son Muhurdar , ou
Garde Sceau , qu'il avoit envoyé ici pour affaia
eu ordre du G. V. d'aller à Négrépont
porter cette agréable nouvelle à son Maître.
res ,
Abdi , Pacha , qui a aussi été déja deux fois
Capitan Pacha , en fera les fonctions par interim,
jusqu'à l'arrivée de D'janum -Codja.
Bekir-Pacha , beau -frere du G. S. que celui- ci
releve , a été fait * Nidchangi de sa Hautesse ;
Cuperli , qui exerçoit cet emploi , va à Viddin ,
en qualité de Pacha ; celui qu'il remplace , vient
à Négrépont , et Abdoulla Cuperli , qui étoit Pacha
de cette Isle , et qu'on avoit dit dans les dernieres
nouvelles, avoir été envoyé en Perse, pour
y servir sous Topal - Osman Pacha , passe
Smirne , où il doit attendre de nouveaux ordres
du Grand Seigneur.
P. V. D.
* C'est celui qui fait le Paraphe du G. S.
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Résumé : Le 16 May.
Le 16 mai, Danum Codja a été nommé Capitain-Pacha pour la troisième fois. En attendant son arrivée, Abdi Pacha assure l'intérim. Bekir-Pacha devient Nidchangi, remplaçant Cuperli, envoyé à Viddin. Abdoulla Cuperli, ancien Pacha de Négrépont, est à Smirne, attendant de nouveaux ordres.
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2383
p. 1444
RUSSIE.
Début :
Le 23. May, la Princesse Anne de Meckelbourg, reçut à Petersbourg, des mains du [...]
Mots clefs :
Anne de Mecklembourg, Saint-Petersbourg, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 23. May , la Princesse Anne de Meckel-
Lbourg , reçut à Petersbourg , des mains du
Confesseur de la Czarine , la Communion , selon
le Rit de l'Eglise Grecque.
La Czarine a ordonné qu'on choisît des Pilotes
experts qui connussent parfaitement le Pôle
pour tenter de nouveau le voyage de la Chine
par la Mer de Tartarie.
E 23. May , la Princesse Anne de Meckel-
Lbourg , reçut à Petersbourg , des mains du
Confesseur de la Czarine , la Communion , selon
le Rit de l'Eglise Grecque.
La Czarine a ordonné qu'on choisît des Pilotes
experts qui connussent parfaitement le Pôle
pour tenter de nouveau le voyage de la Chine
par la Mer de Tartarie.
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2384
p. 1445-1447
POLOGNE.
Début :
La Diette de convocation, avant que de se séparer, a reglé, qu'on ne presentera au Roy [...]
Mots clefs :
Diète, Diète d'élection, Empereur, République, Tsarine, Primat, Sénateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
A Diette de convocation , avant que de se
séparer a reglé , qu'on ne presentera au Roy
qui sera élu , les Pacta Conventa , qu'après qu'ils
auront été examinez dans la Diette d'Election ;
que cette Diette connoîtra de tous les excès qui
auront été commis pendant l'interregne , que les
Diettes particulieres des Palatinats commenceront
à s'assembler le 24. du mois prochain ; que
personne ne pourra être admis à donner sa voix
pour l'Election du Roy, sans avoir prêté le même
serment qn'ont prêté les Sénateurs et les
Nonces , que ceux qui refuseront de prêter ce
serment , seront non-seulement privez du droit
de suffrage , mais encore déclarez ennemis de la
Patrie.
Il a été ordonné aussi qu'aucune Charge , de
quelque nature qu'elle soit , ni même aucune
place dans les Finances , ne pourront être possedées
que par les Catholiques; qu'on donneroit au
Primat et au Sénat,des pleins pouvoirs pour augmenter
les Troupes de la République, soit avant,
soit pendant la Diettt d'Election , selon que les
Occurences l'exigeroient.
les .
L'Acte de Conféderation , signé par tous les
Sénateurs et par les Nonces qui ont assisté à la
Diette génerale de Convocation , renferme quelques
articles qui n'étoient pas contenus dans le
Projet présenté par M. Maschalski , Maréchal de
la Diette , et dont les principaux sont , que la
Diette d'Election ne pourra durer plus de six semaines
; que le Primat ne proclamera point le
Roy qu'après qu'il aura demandé trois fois si on
est d'accord sur le Sujet qu'on veut élire , et qu'on
lui aura répondu chaque fois qu'il y a unanimité
II. Vol. de
1446 MERCURE DE FRANCE
de suffrages ; que le Roy qui sera élu , s'enga.
gera par serment avant son Couronnement ,
observer les nouveaux Pacta Conventa dont on
sera convenu dans la Diette ; que la formule de
ce serment sera la même que celle du serment de
Sigismond II. Henry , Etienne , Sigismond III.
Uladislas IV . Jean Casimir, Michel , Jean III . et le
feu Roi , ont preté ; qu'après le Couronnement ,
les nouveaux Pacta Conventa seront confirmez
par une Diette generale qui se tiendra pour cet
effet , que la Répblique accordera aux Eglises du
Rit Grec , qui sont dans les Terres de son obéïssance
, sa protection , et qu'on les maintiendra
dans tous leurs droits et dans toutes leurs prérogatives
.
Dans l'Assemblée du premier , il fut résolu
qu'avant de rien déterminer on députeroit aux
Ambassadeurs de l'Empereur et de la Czarine ,
et que les Sénateurs qu'on leur envoyeroit , seroient
chargez de les prier de faire de nouvelles
instances auprès de S. Majesté Impériale er de Sa
Majesté Czarienne, pour qu'elles retirassent incessamment
les Troupes qu'elles ont dans la Silesie
et dans la Curlande. Dans l'Assemblée du jour
suivant , le Primat présenta au Sénat une Lettre
que l'Empereur écrivoit à la République , et qui
ne fut point ouverte , parce que ce Prince n'y
donnoit pas à la République le titre de Sérénissime.
Les Députez qu'on avoit envoyez à l'Ambassadeur
de S. M. Imp. et à celui de S. M. Cz.
rapporterent que ces Ministres leur avoient répondu
que l'Empereur et la Czarine avoient fait
avancer des Troupes sur les Frontieres de Pologne,
uniquement dans le dessein de mettre leurs
Provinces à couvert des incursions de quelques
Polonois vagabons qui y avoient causé plusieurs
II. Vol.
déJUIN.
1733.
1447
désordres , et que le petit nombre de ces Troupes.
n'étoit pas capable de donner aucune inquiétude
à la République. Cette réponse n'ayant pas para
satisfaisante , on convint que le Primat écriroit
à l'Empereur et à la Czarine , pour les presser
de faire cesser les sujets d'allarmes que le voisinage
de leurs Troupes donnoit à la Nation : quelques
Sénateurs proposerent de faire monter la
Noblesse à cheval , mais cet avis ne passa point ,
et l'on croit que le Sénat se contentera d'envoyer
des Lettres circulaires dans tous les Palatinats ,
pour qu'elle se tienne prête à marcher au premier
ordre.
On prépare entre Warsovie et Wola, le lieu
où la Diette d'Election se tiendra , suivant la
coutume , et l'on commence à travailler aux fossez
et aux autres ouvrages qui y sont nécessaires,
A Diette de convocation , avant que de se
séparer a reglé , qu'on ne presentera au Roy
qui sera élu , les Pacta Conventa , qu'après qu'ils
auront été examinez dans la Diette d'Election ;
que cette Diette connoîtra de tous les excès qui
auront été commis pendant l'interregne , que les
Diettes particulieres des Palatinats commenceront
à s'assembler le 24. du mois prochain ; que
personne ne pourra être admis à donner sa voix
pour l'Election du Roy, sans avoir prêté le même
serment qn'ont prêté les Sénateurs et les
Nonces , que ceux qui refuseront de prêter ce
serment , seront non-seulement privez du droit
de suffrage , mais encore déclarez ennemis de la
Patrie.
Il a été ordonné aussi qu'aucune Charge , de
quelque nature qu'elle soit , ni même aucune
place dans les Finances , ne pourront être possedées
que par les Catholiques; qu'on donneroit au
Primat et au Sénat,des pleins pouvoirs pour augmenter
les Troupes de la République, soit avant,
soit pendant la Diettt d'Election , selon que les
Occurences l'exigeroient.
les .
L'Acte de Conféderation , signé par tous les
Sénateurs et par les Nonces qui ont assisté à la
Diette génerale de Convocation , renferme quelques
articles qui n'étoient pas contenus dans le
Projet présenté par M. Maschalski , Maréchal de
la Diette , et dont les principaux sont , que la
Diette d'Election ne pourra durer plus de six semaines
; que le Primat ne proclamera point le
Roy qu'après qu'il aura demandé trois fois si on
est d'accord sur le Sujet qu'on veut élire , et qu'on
lui aura répondu chaque fois qu'il y a unanimité
II. Vol. de
1446 MERCURE DE FRANCE
de suffrages ; que le Roy qui sera élu , s'enga.
gera par serment avant son Couronnement ,
observer les nouveaux Pacta Conventa dont on
sera convenu dans la Diette ; que la formule de
ce serment sera la même que celle du serment de
Sigismond II. Henry , Etienne , Sigismond III.
Uladislas IV . Jean Casimir, Michel , Jean III . et le
feu Roi , ont preté ; qu'après le Couronnement ,
les nouveaux Pacta Conventa seront confirmez
par une Diette generale qui se tiendra pour cet
effet , que la Répblique accordera aux Eglises du
Rit Grec , qui sont dans les Terres de son obéïssance
, sa protection , et qu'on les maintiendra
dans tous leurs droits et dans toutes leurs prérogatives
.
Dans l'Assemblée du premier , il fut résolu
qu'avant de rien déterminer on députeroit aux
Ambassadeurs de l'Empereur et de la Czarine ,
et que les Sénateurs qu'on leur envoyeroit , seroient
chargez de les prier de faire de nouvelles
instances auprès de S. Majesté Impériale er de Sa
Majesté Czarienne, pour qu'elles retirassent incessamment
les Troupes qu'elles ont dans la Silesie
et dans la Curlande. Dans l'Assemblée du jour
suivant , le Primat présenta au Sénat une Lettre
que l'Empereur écrivoit à la République , et qui
ne fut point ouverte , parce que ce Prince n'y
donnoit pas à la République le titre de Sérénissime.
Les Députez qu'on avoit envoyez à l'Ambassadeur
de S. M. Imp. et à celui de S. M. Cz.
rapporterent que ces Ministres leur avoient répondu
que l'Empereur et la Czarine avoient fait
avancer des Troupes sur les Frontieres de Pologne,
uniquement dans le dessein de mettre leurs
Provinces à couvert des incursions de quelques
Polonois vagabons qui y avoient causé plusieurs
II. Vol.
déJUIN.
1733.
1447
désordres , et que le petit nombre de ces Troupes.
n'étoit pas capable de donner aucune inquiétude
à la République. Cette réponse n'ayant pas para
satisfaisante , on convint que le Primat écriroit
à l'Empereur et à la Czarine , pour les presser
de faire cesser les sujets d'allarmes que le voisinage
de leurs Troupes donnoit à la Nation : quelques
Sénateurs proposerent de faire monter la
Noblesse à cheval , mais cet avis ne passa point ,
et l'on croit que le Sénat se contentera d'envoyer
des Lettres circulaires dans tous les Palatinats ,
pour qu'elle se tienne prête à marcher au premier
ordre.
On prépare entre Warsovie et Wola, le lieu
où la Diette d'Election se tiendra , suivant la
coutume , et l'on commence à travailler aux fossez
et aux autres ouvrages qui y sont nécessaires,
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Résumé : POLOGNE.
Lors de la Diète de convocation en Pologne, plusieurs décisions importantes ont été prises. Les Pacta Conventa doivent être présentés au roi élu après examen. La gestion des excès commis pendant l'interrègne est également abordée, ainsi que la convocation des Diètes particulières des Palatinats. Seuls les catholiques peuvent occuper des charges ou des postes financiers. Le Primat et le Sénat reçoivent des pleins pouvoirs pour augmenter les troupes de la République. L'Acte de Confédération, signé par les Sénateurs et les Nonces, stipule que la Diète d'Élection ne durera pas plus de six semaines et que le roi élu devra prêter serment d'observer les nouveaux Pacta Conventa. La République accorde sa protection aux Églises du Rite Grec. Lors des assemblées, il est décidé d'envoyer des députés aux ambassadeurs de l'Empereur et de la Czarine pour demander le retrait des troupes en Silésie et en Courlande. La réponse des ambassadeurs, jugée insatisfaisante, conduit le Sénat à envisager des mesures de préparation militaire. Enfin, des préparatifs sont en cours pour la tenue de la Diète d'Élection entre Varsovie et Wola.
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2385
p. 1447
ALLEMAGNE.
Début :
Le Baron de Wittigenau, nommé pour commander par interim, le Camp d'Oppelen en [...]
Mots clefs :
Oppeln, Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E Baron de Wittigenau , nommé pour com-
Lander par interim , le Camp d'Oppelen en
Silesie , y maintient une discipline fort exacte.
On écrit de Vienne , qu'on a donné ordre à
M. de Feldeek , Major general d'Artillerie , de
faire conduire à ce Camp 16. Pieces de Canon,
et le bruit court qu'on y fera marcher encore
trois ou quatre Bataillons .
E Baron de Wittigenau , nommé pour com-
Lander par interim , le Camp d'Oppelen en
Silesie , y maintient une discipline fort exacte.
On écrit de Vienne , qu'on a donné ordre à
M. de Feldeek , Major general d'Artillerie , de
faire conduire à ce Camp 16. Pieces de Canon,
et le bruit court qu'on y fera marcher encore
trois ou quatre Bataillons .
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2386
p. 1447-1449
ITALIE.
Début :
Le premier Juin, le Comte Jules Viscomti[,] nouveau Viceroy de Naples, accompagné de [...]
Mots clefs :
Giulio de Visconti, Vice-roi, Pape, Cardinal, Naples, Archevêque, Carrosses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E premier Juin , le Comte Jules Viscomti
nouveau Viceroy de Naples , accompagné de
M. Gamberucci , Archevêque d'Amasie , de
M. Spinelli , Archevêque de Corinthe , de M. Alberti
, Archevêque de Palmire, et du Majordome
du Pape , et suivi d'un très - grand nombre de
II. Vel
Ca1448
MERCURE DE FRANCE
Carosses , alla visiter l'Eglise de S. Pierre , à la
porte de laquelle il fut reçu par plusieurs Députez
du Chapitre , qui suivant l'ordre que S. s.
avoit donné , lui montrerent les Reliques qu'on
y conserve.
Le 2. il eut Audience du Pape , étant conduit
par le Cardinal Cienfuegos , chargé des affaires
de l'Empereur à la Cour de Rome , et présenté
par le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , le
même jour il eut l'honneur de dîner avec S. S.
On avoit dressé deux tables , l'une sous un magnifique
Dais pour le Pape , l'autre à quelque
distance pour le Viceroy ; S. S. après avoir pris
dé lui la serviette et avoir beni les viandes , lui
fit signe de s'asseoir à la table qui lui avoit été
pféparée , et de se couvrir ; il y eut pendant le
repas un Concert , executé par la Musique de la
Chapelle ; après le repas , le Pape passa dans une
autre Salle avec le Viceroy , qui s'étant assis par
ordre de S. S. mais sans se couvrir , s'entreting
avec Elle pendant quelque temps ; il fut ensuite
reconduit dans son Appartement par le Majordome
et les deux premiers Maîtres des Cerémonies.
Le 4. le Viceroy eut du Pape son Audience
publique de congé , et il est parti accompagné
des Carosses du Cardinal Cienfuegos , de ceux de
l'Ambassadeur de Malte , et d'un grand nombre
d'autres Carosses , pour Castel-Gandolphe , où
S. S. lui avoit fait préparer un Appartement dans
Château. Il a reçu du Pape divers présens , entre
autres , le Corps de S. Clément Martyr , et
quatre Pieces de Tapisserie , réprésentant les quatres
Evangélistes , d'après les Tableaux du Guide,
t il a été traité par les Officiers de S. S. pendanɛ
tout le temps qu'il a demeuré à Rome,
II, Vol. LE
JUI N. 1733 . 1449
Le Pape a ordonné au Duc de Palombara ,
Gouverneur du Château S. Ange , de permettre
au Cardinal Coscia , de se promener de temps en
temps sur la platte- forme , à condition qu'il sera
gardé à vûë , qu'il n'approchera point du Parapet
et qu'il ne parlera à personne,
On apprend de Venise , que M. Alexandre
Zeno , est nommé pour aller résider à la Cour
de France , en qualité d'Ambassadeur Ordinaire
de la République , à la place de M. Mocenigo.
E premier Juin , le Comte Jules Viscomti
nouveau Viceroy de Naples , accompagné de
M. Gamberucci , Archevêque d'Amasie , de
M. Spinelli , Archevêque de Corinthe , de M. Alberti
, Archevêque de Palmire, et du Majordome
du Pape , et suivi d'un très - grand nombre de
II. Vel
Ca1448
MERCURE DE FRANCE
Carosses , alla visiter l'Eglise de S. Pierre , à la
porte de laquelle il fut reçu par plusieurs Députez
du Chapitre , qui suivant l'ordre que S. s.
avoit donné , lui montrerent les Reliques qu'on
y conserve.
Le 2. il eut Audience du Pape , étant conduit
par le Cardinal Cienfuegos , chargé des affaires
de l'Empereur à la Cour de Rome , et présenté
par le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , le
même jour il eut l'honneur de dîner avec S. S.
On avoit dressé deux tables , l'une sous un magnifique
Dais pour le Pape , l'autre à quelque
distance pour le Viceroy ; S. S. après avoir pris
dé lui la serviette et avoir beni les viandes , lui
fit signe de s'asseoir à la table qui lui avoit été
pféparée , et de se couvrir ; il y eut pendant le
repas un Concert , executé par la Musique de la
Chapelle ; après le repas , le Pape passa dans une
autre Salle avec le Viceroy , qui s'étant assis par
ordre de S. S. mais sans se couvrir , s'entreting
avec Elle pendant quelque temps ; il fut ensuite
reconduit dans son Appartement par le Majordome
et les deux premiers Maîtres des Cerémonies.
Le 4. le Viceroy eut du Pape son Audience
publique de congé , et il est parti accompagné
des Carosses du Cardinal Cienfuegos , de ceux de
l'Ambassadeur de Malte , et d'un grand nombre
d'autres Carosses , pour Castel-Gandolphe , où
S. S. lui avoit fait préparer un Appartement dans
Château. Il a reçu du Pape divers présens , entre
autres , le Corps de S. Clément Martyr , et
quatre Pieces de Tapisserie , réprésentant les quatres
Evangélistes , d'après les Tableaux du Guide,
t il a été traité par les Officiers de S. S. pendanɛ
tout le temps qu'il a demeuré à Rome,
II, Vol. LE
JUI N. 1733 . 1449
Le Pape a ordonné au Duc de Palombara ,
Gouverneur du Château S. Ange , de permettre
au Cardinal Coscia , de se promener de temps en
temps sur la platte- forme , à condition qu'il sera
gardé à vûë , qu'il n'approchera point du Parapet
et qu'il ne parlera à personne,
On apprend de Venise , que M. Alexandre
Zeno , est nommé pour aller résider à la Cour
de France , en qualité d'Ambassadeur Ordinaire
de la République , à la place de M. Mocenigo.
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Résumé : ITALIE.
Le 1er juin 1733, le Comte Jules Visconti, nouveau Viceroy de Naples, visita l'Église de Saint-Pierre à Rome en compagnie de dignitaires ecclésiastiques. Il fut accueilli par des députés du Chapitre qui lui montrèrent les reliques de l'église. Le 2 juin, il eut une audience avec le Pape, introduit par le Cardinal Cienfuegos et présenté par le Cardinal Banchieri. Le même jour, il dîna avec le Pape, qui bénit les viandes et ordonna un concert exécuté par la musique de la Chapelle. Après le dîner, le Pape s'entretint avec le Viceroy dans une autre salle. Le 4 juin, le Viceroy reçut son audience publique de congé du Pape et partit pour Castel-Gandolfo, où un appartement lui avait été préparé. Il reçut divers présents, dont le corps de Saint Clément Martyr et quatre pièces de tapisserie représentant les quatre Évangélistes. Le Pape ordonna également au Duc de Palombara de permettre au Cardinal Coscia de se promener sur la plate-forme du Château Saint-Ange sous certaines conditions. De plus, M. Alexandre Zeno fut nommé ambassadeur ordinaire de la République de Venise à la Cour de France, remplaçant M. Mocenigo.
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2387
p. 1449-1451
ESPAGNE.
Début :
Le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, séjournerent le 4. de ce mois au [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Maures, Ennemis, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, la famille royale, incluant la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, a participé à la fête de la Fête Dieu le 4 juin au village de Viso, où ils ont prié dans l'église paroissiale. Le 5 juin, ils se sont rendus à Valdepennas. Le 12 juin, la cour est arrivée au Château d'Aranjues, accueillie par les seigneurs et la noblesse de Madrid. L'Infant Don Louis et les Infantes ont rejoint Aranjues le 16 juin après un voyage à petites journées. Le retour de la famille royale a suscité une grande joie. À Oran, les Maures ont subi des pertes importantes lors de leurs attaques contre les Espagnols. Lors de la dernière action, ils ont perdu près de 3 000 hommes et ont eu un grand nombre de blessés. Les Maures ont tenté de s'emparer du bastion de la place d'Oduc côté d'Ytro, mais ont été repoussés par les grenadiers et les volontaires espagnols, soutenus par les dragons. Le combat a été intense, avec des pertes considérables pour les Maures. La garnison espagnole a également subi des pertes, avec près de 400 hommes tués ou blessés, dont plusieurs officiers de haut rang. Après le combat, les Espagnols se sont retirés en bon ordre dans la place et leurs postes.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2388
p. 1451-1453
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Début :
Je vous dirai d'abord ce que je viens d'apprendre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave, [...]
Mots clefs :
Maures, Turcs, Marquis de Villadarias, Oran, Travailleurs, Espagnol, Feu, Place, Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Le 25 mai, une lettre rapporte des nouvelles d'Oran par un Espagnol récemment arrivé à Alger. Cet ancien soldat indique qu'Oran est bien approvisionnée en vivres et en matériel de guerre. La maladie contagieuse a cessé et les châteaux sont fortifiés, permettant de repousser les attaques barbaresques. De nombreux Maures, lassés du siège, désertent et fournissent des vivres aux assiégés via les Maures de paix. Les Turcs, conscients de ce commerce, ne peuvent l'empêcher et craignent autant les Maures que les Chrétiens. Ils demandent des renforts, mais le Dey d'Alger ne peut en envoyer, car il doit maintenir l'ordre parmi les Maures et lever des tributs, ce qui nécessite de retirer des soldats de la ville. Le marquis de Villadarias, commandant espagnol, a construit une structure pour protéger les travailleurs à la fontaine. Les Maures, tentant de capturer ces travailleurs, sont tombés dans une embuscade préparée par les Espagnols. Les grenadiers espagnols ont ouvert le feu, causant des pertes importantes parmi les Turcs et les Maures. Les Turcs, affligés par cette défaite, cherchent maintenant à se protéger et à conserver leurs forces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2389
p. 1453-1455
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres, que M. Guillaume Rener, convaincu d'avoir publié un Libelle [...]
Mots clefs :
Londres, Roi, Chambre des communes, Parlement, Princesse royale, Chambre des pairs
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
One de un
N écrit de Londres , que M. Guillaume Rener
, convaincu d'avoir publié un Libelle
scandaleux et séditieux , intitulé , La Chance de
sept , a été condamné par la Cour du Banc du
Roy, à payer cinquante livres sterlings , à garder
prison pendant deux ans , et à donner pendant
sept des cautions de sa conduite.
Le 24. Juin , vers les quatre heures du soir ,
- le Roy se rendit à la Chambre des Pairs , avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. ayant mandé
la Chambre des Communes , donna son consentement
Royal au Bill , pour employer soo. mille
livres sterlings du fonds d'amortissement , au
service de l'année courante , et pour prendre sur
l'argent restant dans la Caisse de l'Echiquier les
80000. liv. sterl . accordées par le Parlement pour
la Dot de la Princesse Royale , et à plusieurs autres
Bills publics et particuliers ; S. M. fit ensuite
saux deux Chambres le Discours suivant.
Mylords et Messieurs , la saison où nous sommes
, et la diligence avec laquelle vous avez terminé
les affaires publiques , me font trouver à
propos de mettre fin à cette Séance du Parlement.
Messieurs de la Chambre des Communes , je
Nous remercie du zele avec lequel vous avez
II. Vol. I iiij pourvû
1454 MERCURE DE FRANCE
pourvû au service de l'année courante. Je n'ai
jamais demandé aucuns subsides à monPeuple que
ceux qui étoient absolument nécessaires pour
l'honneur , la sûreté et la deffense de ma Personne
et de mon Royaume , et je suis toujours trèssatisfait
, lorsqu'on peut fournir aux dépenses publiques
d'une maniere moins onereuse à mes
Sujets.
Mylords et Messieurs , je ne puis m'empêcher
de remarquer les efforts dont on a eu en dernier
lieu la méchanceté de se servir pour aigrir l'esprit
du Peuple , et pour exciter par les plus injustes
et les plus fausses représentations des tumultes
et des désordres qui ont presque menacé
la tranquillité du Royaume ; mais je me repose
sur la force de la verité pour dissiper des soupçons
mal fondez qui ont été répandus dans le
Public , qu'on formoit des desseins contre la liberté
de la Nation et sur votre fidelité , pour
› renverser et détruire les espérances de ceux qui
se plaisent dans la confusion . C'est mon inclination
, et ç'a toujours été mon étude de conserver
les droits de la Religion et de mes Sujets.De vo
tre côté, appliquez-vous à détromper ceux qui s'en
sont laissé imposer , et à les rendre sensibles au
bonheur dont ils joüissent , et au danger qu'ils
courent,en se laissant entraîner inconsidérément,
par des prétextes peu specieux , à leur propre
destruction.
Ensuite le Lord - Chancelier › par ordre du
Roy , prorogea le Parlement jusqu'au 26. de
Juillet prochain.
Dans la Session d'Amirauté , qui se tint le 16.
de Juin à Old- Baly , le Capitaine Harris , cydevant
Commandant le Vaisseau le Jean et Richard,
fut jugé pour le meurtre du nomméBeard,
II. Val.
JUIN. 1733. 1455
an de ses Matelots , qu'il tua le 2. Juin 173 1.
dans son passage de la Côte de Guinée à la Jamaïque
, et après une Séance d'environ 5. heu
res , il fut condamné à mort .
Le bruit court que le Prince d'Orange n'ira pas
en Angleterre , parce que plusieurs Ducs refursent
de lui ceder le pas , et que son Mariage avec
la Princesse Royale se fera par Procureur , aussi
bien que son installation en qualité de Chevalier
de l'Ordre de la Jarretiere.
One de un
N écrit de Londres , que M. Guillaume Rener
, convaincu d'avoir publié un Libelle
scandaleux et séditieux , intitulé , La Chance de
sept , a été condamné par la Cour du Banc du
Roy, à payer cinquante livres sterlings , à garder
prison pendant deux ans , et à donner pendant
sept des cautions de sa conduite.
Le 24. Juin , vers les quatre heures du soir ,
- le Roy se rendit à la Chambre des Pairs , avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. ayant mandé
la Chambre des Communes , donna son consentement
Royal au Bill , pour employer soo. mille
livres sterlings du fonds d'amortissement , au
service de l'année courante , et pour prendre sur
l'argent restant dans la Caisse de l'Echiquier les
80000. liv. sterl . accordées par le Parlement pour
la Dot de la Princesse Royale , et à plusieurs autres
Bills publics et particuliers ; S. M. fit ensuite
saux deux Chambres le Discours suivant.
Mylords et Messieurs , la saison où nous sommes
, et la diligence avec laquelle vous avez terminé
les affaires publiques , me font trouver à
propos de mettre fin à cette Séance du Parlement.
Messieurs de la Chambre des Communes , je
Nous remercie du zele avec lequel vous avez
II. Vol. I iiij pourvû
1454 MERCURE DE FRANCE
pourvû au service de l'année courante. Je n'ai
jamais demandé aucuns subsides à monPeuple que
ceux qui étoient absolument nécessaires pour
l'honneur , la sûreté et la deffense de ma Personne
et de mon Royaume , et je suis toujours trèssatisfait
, lorsqu'on peut fournir aux dépenses publiques
d'une maniere moins onereuse à mes
Sujets.
Mylords et Messieurs , je ne puis m'empêcher
de remarquer les efforts dont on a eu en dernier
lieu la méchanceté de se servir pour aigrir l'esprit
du Peuple , et pour exciter par les plus injustes
et les plus fausses représentations des tumultes
et des désordres qui ont presque menacé
la tranquillité du Royaume ; mais je me repose
sur la force de la verité pour dissiper des soupçons
mal fondez qui ont été répandus dans le
Public , qu'on formoit des desseins contre la liberté
de la Nation et sur votre fidelité , pour
› renverser et détruire les espérances de ceux qui
se plaisent dans la confusion . C'est mon inclination
, et ç'a toujours été mon étude de conserver
les droits de la Religion et de mes Sujets.De vo
tre côté, appliquez-vous à détromper ceux qui s'en
sont laissé imposer , et à les rendre sensibles au
bonheur dont ils joüissent , et au danger qu'ils
courent,en se laissant entraîner inconsidérément,
par des prétextes peu specieux , à leur propre
destruction.
Ensuite le Lord - Chancelier › par ordre du
Roy , prorogea le Parlement jusqu'au 26. de
Juillet prochain.
Dans la Session d'Amirauté , qui se tint le 16.
de Juin à Old- Baly , le Capitaine Harris , cydevant
Commandant le Vaisseau le Jean et Richard,
fut jugé pour le meurtre du nomméBeard,
II. Val.
JUIN. 1733. 1455
an de ses Matelots , qu'il tua le 2. Juin 173 1.
dans son passage de la Côte de Guinée à la Jamaïque
, et après une Séance d'environ 5. heu
res , il fut condamné à mort .
Le bruit court que le Prince d'Orange n'ira pas
en Angleterre , parce que plusieurs Ducs refursent
de lui ceder le pas , et que son Mariage avec
la Princesse Royale se fera par Procureur , aussi
bien que son installation en qualité de Chevalier
de l'Ordre de la Jarretiere.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, M. Guillaume Rener a été condamné par la Cour du Banc du Roy à payer cinquante livres sterlings, à passer deux ans en prison et à fournir des cautions pour sa conduite après avoir publié un libelle scandaleux et séditieux intitulé 'La Chance de sept'. Le 24 juin, le roi a donné son consentement royal à plusieurs bills, notamment pour employer 500 000 livres sterlings du fonds d'amortissement et pour prélever 80 000 livres sterlings de la Caisse de l'Échiquier pour la dot de la Princesse Royale. Il a prononcé un discours, remerciant les membres du Parlement pour leur zèle et soulignant les efforts malveillants visant à troubler l'ordre public. Il a exprimé sa confiance en la vérité pour dissiper les soupçons et a prorogé le Parlement jusqu'au 26 juillet. Par ailleurs, le capitaine Harris a été jugé et condamné à mort pour le meurtre d'un matelot lors d'un voyage de la Côte de Guinée à la Jamaïque. Des rumeurs circulent également sur le mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Royale, qui pourrait se faire par procureur en raison de désaccords protocolaires.
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2390
p. 1455-1456
« Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
Début :
Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...]
Mots clefs :
Actions, Supérieur, Manière, Compagnie, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
E Roy a donné la Direction generale des
Economats , qu'avoit feu l'Archevêque de
Rouen , à M. Daguesseau du Fresne , Maître des
Requêtes , second fils da Chancelier de France.
Le 13. Juin , les Frêtres de l'Oratoire , élurent
pour Supérieur General de leur Congrégation,
le R.P. de la Valette, qui étoit Supérieur de
leur Maison de la ruë S. Honoré.
Le 28. la Reine se rendit à la Chapelle du
Château de Versailles ; et après avoir entendu
la Messe , S. M. fut relevée de ses couches par
l'Evêque Comte de Châlons , son premier Au
mônier.
Le 25. Juin , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
II. Vol.
tions
1416 MERCURE DE FRANCE
tions , fut tirée en la maniere accoûumée ,
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
, faisant en tout le nombre de 314,
Actions.
Le 30. Juin , l'ouverture de la Foire de S. Laus
rent fut faite par le Lieutenant General de Police,
en la maniere accoûtumée.
Economats , qu'avoit feu l'Archevêque de
Rouen , à M. Daguesseau du Fresne , Maître des
Requêtes , second fils da Chancelier de France.
Le 13. Juin , les Frêtres de l'Oratoire , élurent
pour Supérieur General de leur Congrégation,
le R.P. de la Valette, qui étoit Supérieur de
leur Maison de la ruë S. Honoré.
Le 28. la Reine se rendit à la Chapelle du
Château de Versailles ; et après avoir entendu
la Messe , S. M. fut relevée de ses couches par
l'Evêque Comte de Châlons , son premier Au
mônier.
Le 25. Juin , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Ac-
II. Vol.
tions
1416 MERCURE DE FRANCE
tions , fut tirée en la maniere accoûumée ,
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gaguans des Actions et Dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique
, faisant en tout le nombre de 314,
Actions.
Le 30. Juin , l'ouverture de la Foire de S. Laus
rent fut faite par le Lieutenant General de Police,
en la maniere accoûtumée.
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Résumé : « Le Roy a donné la Direction generale des Economats, qu'avait feu l'Archevêque de [...] »
En juin, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le roi a nommé M. Daguesseau du Fresne, Maître des Requêtes et second fils du Chancelier de France, à la Direction générale des Économats, succédant ainsi à l'Archevêque de Rouen. Le 13 juin, les Frères de l'Oratoire ont élu le R.P. de la Valette comme Supérieur Général, alors qu'il était Supérieur de leur maison de la rue Saint-Honoré. Le 28 juin, la reine a assisté à la messe à la Chapelle du Château de Versailles et a été relevée de ses couches par l'Évêque Comte de Châlons, son premier aumônier. Le 25 juin, la loterie de la Compagnie des Indes, visant au remboursement des actions, a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 314 actions gagnantes dont la liste a été publiée. Enfin, le 30 juin, la Foire de Saint-Laurent a été ouverte par le Lieutenant Général de Police, suivant la procédure habituelle.
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2391
p. 1457-1458
PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
Début :
La Lieutenance de Roy de Strasbourg, vacante par la mort de M. de Montmiral, a été [...]
Mots clefs :
Régiment, Mort, Lieutenant, Lieutenance, Roi, M. Léautaud, Promotion, Place vacante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
PROMOTIONS d'Etats Majors
LA
des Places. 1
A Lieutenance de Roy de Strasbourg , vácante
par la mort de M. de Montmiral , a été
donnée à M. le Baron de Trelans , Brigadier
d'Infanterie , Lieutenant pour le Roy à Besançon
.
Čelle de Mezieres , vacante par la mort de
M. de Leautaud , à M. de Leautaud , son frere ,
Major d'Amiens.
Celle de Besançon , vacante par la Promotion
de M. de Trélans , à celle de Strasbourg , à M. de
la Tour Sraguier , Lieutenant Colonel du Régiment
de la Marine.
,
Celle ' Embrun vacante par la mort de
M. Maynard, à M. de la Courcelle , qui avõit
été nommé depuis peu à celle du Fort des Bains.
' Le Gouvernement de Thionville , vacant par
la démission de M. le Comte de Muret , Lieutehant
General , à M. Berthelot de Rebourseau ,
Maréchal de Camp , en remettant les 3000. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal .
Celui de Longwy , vacant par la démission de
M. Muret, Lieutenant General , à M. de Visé ,
Brigadier d'Infanterie , Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises , en remettant 1200. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal.
La Lieutenance de Roy de Mezieres , vacante
par la mort de M. de Leautaud , qui venoit d'y
être nommé , à la place de son frere , à M. Bouzier
, Commandant un Bataillon au Régiment
de Navarre.
Le Commandement du Fort des Bains , vacant
par la Promotion de M. de la Corcelle , à la
11. Vol. "I'vi Licu
1458 MERCURE DE FRANCE
Lieutenance de Roy d'Embrun , à M. de Landa ,
Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen.
La Majorité d'Amiens , vacante . par la Promotion
de M. de Leautaud , à la Lieutenance de
Mezieres , et qui est mort depuis , à M. de Neuville
, Major du Régiment de Tournesis.
LA
des Places. 1
A Lieutenance de Roy de Strasbourg , vácante
par la mort de M. de Montmiral , a été
donnée à M. le Baron de Trelans , Brigadier
d'Infanterie , Lieutenant pour le Roy à Besançon
.
Čelle de Mezieres , vacante par la mort de
M. de Leautaud , à M. de Leautaud , son frere ,
Major d'Amiens.
Celle de Besançon , vacante par la Promotion
de M. de Trélans , à celle de Strasbourg , à M. de
la Tour Sraguier , Lieutenant Colonel du Régiment
de la Marine.
,
Celle ' Embrun vacante par la mort de
M. Maynard, à M. de la Courcelle , qui avõit
été nommé depuis peu à celle du Fort des Bains.
' Le Gouvernement de Thionville , vacant par
la démission de M. le Comte de Muret , Lieutehant
General , à M. Berthelot de Rebourseau ,
Maréchal de Camp , en remettant les 3000. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal .
Celui de Longwy , vacant par la démission de
M. Muret, Lieutenant General , à M. de Visé ,
Brigadier d'Infanterie , Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises , en remettant 1200. liv.
de pension qu'il avoit sur le Trésor Royal.
La Lieutenance de Roy de Mezieres , vacante
par la mort de M. de Leautaud , qui venoit d'y
être nommé , à la place de son frere , à M. Bouzier
, Commandant un Bataillon au Régiment
de Navarre.
Le Commandement du Fort des Bains , vacant
par la Promotion de M. de la Corcelle , à la
11. Vol. "I'vi Licu
1458 MERCURE DE FRANCE
Lieutenance de Roy d'Embrun , à M. de Landa ,
Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen.
La Majorité d'Amiens , vacante . par la Promotion
de M. de Leautaud , à la Lieutenance de
Mezieres , et qui est mort depuis , à M. de Neuville
, Major du Régiment de Tournesis.
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Résumé : PROMOTIONS d'Etats Majors des Places.
Le document relate plusieurs promotions et nominations au sein des États Majors. La Lieutenance de Roy de Strasbourg a été attribuée à M. le Baron de Trelans, Brigadier d'Infanterie, suite au décès de M. de Montmiral. La Lieutenance de Mezieres a été confiée au frère de M. de Leautaud, Major d'Amiens, après le décès de ce dernier. M. de la Tour Sraguier, Lieutenant Colonel du Régiment de la Marine, a pris la Lieutenance de Besançon, vacante après la promotion de M. de Trelans. M. de la Courcelle a été nommé à la Lieutenance d'Embrun, succédant à M. Maynard. Le Gouvernement de Thionville a été confié à M. Berthelot de Rebourseau, Maréchal de Camp, qui a renoncé à une pension de 3000 livres. Le Gouvernement de Longwy a été attribué à M. de Visé, Brigadier d'Infanterie, après la démission de M. Muret, Lieutenant General. M. Bouzier a pris la Lieutenance de Roy de Mezieres, vacante après le décès de M. de Leautaud. Le Commandement du Fort des Bains a été confié à M. de Landa, Lieutenant Colonel du Régiment de Rosnivinen, après la promotion de M. de la Courcelle. Enfin, M. de Neuville a été nommé Major d'Amiens, succédant à M. de Leautaud.
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2392
p. 1627-1628
« On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
Début :
On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...]
Mots clefs :
Général, Lisbonne, Comte, Directeur, Académie royale d'histoire portugaise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale
de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du
mois de Mai dernier , Don François - Xavier de
Menezés , Comte d'Ericeira , lût l'Eloge de
deffunt Marquis d'Abrantes , Directeur de cette
Académie ; son Discours fut trouvé fort éloquent
; il n'y eut rien d'oublié sur les grandes
qualitez et sur la vaste érudition de cet illus
tre Directeur. Don Pierre d'Almeïda , Comté
d'Assumar , General de Bataille , Gouverneur
et Capitaine General de la Province das Minas ,
fut élu dans la même Assemblée pour lui succeder
dans cette qualité.
On mande de Lisbonne qu'on y avoit aussi
appris d'Aurique , que la femme de Blaise Figueira
, habitant du Village de Junqueiros dans
les environs de certe Ville , est accouchée le 10.
du mois dernier d'une fille , le lendemain d'une
seconde ,
1628 MERCURE DE FRANCE
seconde , le 13 d'une troisiéme , et le 14 d'une
quatrième , qui ont toutes reçû le Baptême ,
mais qui sont mortes peu après leur nais
sance.
de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du
mois de Mai dernier , Don François - Xavier de
Menezés , Comte d'Ericeira , lût l'Eloge de
deffunt Marquis d'Abrantes , Directeur de cette
Académie ; son Discours fut trouvé fort éloquent
; il n'y eut rien d'oublié sur les grandes
qualitez et sur la vaste érudition de cet illus
tre Directeur. Don Pierre d'Almeïda , Comté
d'Assumar , General de Bataille , Gouverneur
et Capitaine General de la Province das Minas ,
fut élu dans la même Assemblée pour lui succeder
dans cette qualité.
On mande de Lisbonne qu'on y avoit aussi
appris d'Aurique , que la femme de Blaise Figueira
, habitant du Village de Junqueiros dans
les environs de certe Ville , est accouchée le 10.
du mois dernier d'une fille , le lendemain d'une
seconde ,
1628 MERCURE DE FRANCE
seconde , le 13 d'une troisiéme , et le 14 d'une
quatrième , qui ont toutes reçû le Baptême ,
mais qui sont mortes peu après leur nais
sance.
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Résumé : « On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a honoré le Marquis d'Abrantes par un discours de Don François-Xavier de Menezés. Don Pierre d'Almeïda a été élu pour lui succéder. Par ailleurs, la femme de Blaise Figueira a donné naissance à quatre filles en quatre jours, toutes décédées après leur baptême.
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2393
p. 1654-1655
POLOGNE.
Début :
Dans la crainte que les Puissances Etrangeres pourroient troubler la liberté des suffrages [...]
Mots clefs :
Diète de convocation, Puissances étrangères, Troupes, Élection, Noblesse, Primat, Sénat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
Ans la crainte que les Puissances Etrangeres
D pourroient troubler la liberté des suffrages
dans la prochaine Diette d'Election , le Primat et
le.Senat ont résolu d'augmenter les Troupes de
la République , pour s'opposer à leurs entrepri
ses , et on assûre que si la Noblesse est contrainte
de monter à cheval , comme on dit qu'elle en
recevra l'ordre incessamment , le Primat la
commandera en personne.
Il a écrit sur la fin de Juin une Lettre Circulaire
JUILLET. 1732 . IESS
1
laire aux Seigneurs et aux Gentilshommes , qui
n'ont point assisté à la Diette de Convocation
pour leur donner part de l'Acte de Confédération
générale , par lequel il a été résolu d'ex-.
clure de la Couronne tous les Etrangers ; il les
exhorte par cette Lettre à ne point faire difficulté
de prêter le même Serment qu'ont prêté .
les Senateurs et les Nonces qui se sont trouvés
à cette Diette. Il les rassûre au sujet des
mouvemens des Troupes de quelques Puissances
voisines. Il remarque qu'elles ont trop d'équité
pour vouloir troubler le repos d'une Républi
que , qui ne les a point offensées , et qui souvent
même a sacrifié ses interêts au désir de
conserver avec elles une bonne intelligence , et
que si elles étoient assez injustes pour traiter
la Nation comme ennemie , parce qu'elle veut
être libre , les autres Puissances ne lui refuseroient
pas les secours dont elle auroit besoin
pour se délivrer de l'oppression.
Ce Prélat insinue ensuite que le Senat pourra
déroger au Réglement fait dans la Diette - de-
Convocation , pour fixer le nombre des personpes
, que chaque Gentilhomme pourroit mener
avec lui à celle d'Election , et qu'il sera peut-
Are convenable , que la Noblesse s'y fasse suivre
du plus grand nombre de gens armés qu'il serapossible.
Ans la crainte que les Puissances Etrangeres
D pourroient troubler la liberté des suffrages
dans la prochaine Diette d'Election , le Primat et
le.Senat ont résolu d'augmenter les Troupes de
la République , pour s'opposer à leurs entrepri
ses , et on assûre que si la Noblesse est contrainte
de monter à cheval , comme on dit qu'elle en
recevra l'ordre incessamment , le Primat la
commandera en personne.
Il a écrit sur la fin de Juin une Lettre Circulaire
JUILLET. 1732 . IESS
1
laire aux Seigneurs et aux Gentilshommes , qui
n'ont point assisté à la Diette de Convocation
pour leur donner part de l'Acte de Confédération
générale , par lequel il a été résolu d'ex-.
clure de la Couronne tous les Etrangers ; il les
exhorte par cette Lettre à ne point faire difficulté
de prêter le même Serment qu'ont prêté .
les Senateurs et les Nonces qui se sont trouvés
à cette Diette. Il les rassûre au sujet des
mouvemens des Troupes de quelques Puissances
voisines. Il remarque qu'elles ont trop d'équité
pour vouloir troubler le repos d'une Républi
que , qui ne les a point offensées , et qui souvent
même a sacrifié ses interêts au désir de
conserver avec elles une bonne intelligence , et
que si elles étoient assez injustes pour traiter
la Nation comme ennemie , parce qu'elle veut
être libre , les autres Puissances ne lui refuseroient
pas les secours dont elle auroit besoin
pour se délivrer de l'oppression.
Ce Prélat insinue ensuite que le Senat pourra
déroger au Réglement fait dans la Diette - de-
Convocation , pour fixer le nombre des personpes
, que chaque Gentilhomme pourroit mener
avec lui à celle d'Election , et qu'il sera peut-
Are convenable , que la Noblesse s'y fasse suivre
du plus grand nombre de gens armés qu'il serapossible.
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Résumé : POLOGNE.
En juillet 1732, en Pologne, le Primat et le Sénat ont décidé d'augmenter les troupes de la République pour prévenir toute ingérence étrangère lors de la prochaine Diète d'Élection, afin de protéger la liberté des suffrages. Le Primat a envoyé une lettre circulaire aux seigneurs et gentilshommes absents, les informant de la confédération générale excluant les étrangers de la Couronne et les exhortant à prêter le même serment que les sénateurs présents. La lettre rassure également sur les mouvements des troupes voisines, affirmant que la Pologne n'a jamais offensé leurs intérêts et que d'autres puissances viendraient en aide à la Pologne en cas d'oppression. De plus, le Primat suggère que le Sénat pourrait modifier le règlement concernant le nombre de personnes que chaque gentilshomme peut emmener à la Diète d'Élection, recommandant que la noblesse soit accompagnée du plus grand nombre de gens armés possible.
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2394
p. 1655-1658
ALLEMAGNE.
Début :
Les Troupes campées entre Oppellen et Brieg, ont reçû ordre de marcher vers Glogaw [...]
Mots clefs :
Bourgeois, Troupes, Église, Armes, Capitulaires, Mayence, Statue, Heures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Troupes campées entre Oppellen et
• de
le
gaw et d'y former un nouveau Camp
Prince Louis de Wittemberg
a été nommé
pour y commander
, et il doit partir incessamment
1655 MERCURE DE FRANCE
1
ment pour s'y rendre. Il aura sous ses ordres
les Barons de Wittigenau et de Schmertau,Ma
jors généraux de Bataille , et le Baron de Scherr,
Major général de la Cavalerie.
Le 9 de ce mois l'Electeur de Mayence reçut les
hommages de ses Etats dans sa ville Capitale. On
avoit élevé dans la Place du Marché , en face de
l'Eglise Cathedrale, une Estrade de la hauteur de
12 à 14 pieds , longue de 8 à ro toises , sur la
largeur d'environ 30 pieds . Le Plancher et les
Dégrez pour y monter étoient couverts d'un drap
écarlatte , bordé et chamarré de galons d'or. On
avoit dressé au milieu une espece de Trône , dont le
Siége et le Baldaquin étoient couverts de velours
de la même couleur, relevé d'une riche broderie
d'or à festons . A droite et à gauche étoient des
Siéges de même étoffe , pour les 24 Chanoines
Capitulaires de l'Eglise Métropolitaine .
Les deux Bataillons des Troupes de 5. A. E.et
plusieurs Compagnies du Régiment de Nassau ,
en garnison à Mayence , furent commandés . et
borderent toute la Place et les environs. La Bourgeoisie
de la Ville sous les armes , et celle des
Villes du Rheingaw occupoient toutes les rues,
depuis la Place jusqu'au Palais Electoral .
Sur les neuf heures du matin toute PArtillerie
des Ramparts , celle de la Citadelle ; du Port et
des deux Forts, firent trois Salves qui furent sui→
vies de celles des Troupes et des Bourgeois.
Vers les dix heures S. A. E. sortit de son Pa
lais et vint en Carrosse au lieu destiné pour recevoir
les hommages de ses Etats , accompagnée
de toute sa Cour. Elle prit séance sous un Dais ,
au milieu de ses Chanoines Capitulaires , qui
ayant à leur tête le Doyen de la Cathédrale
étoient venus au devant de S, A. On fit ensuite
lecture
JUILLET. 1733. 1557
lecture des articles du serment que devoient prêtér
les Bourgeois ; apres quoi S. A. donna sa
main à baiser aux plus qualifiez d'entr'eux et aux
Chefs de la Ville ; ensuite le Chancelier leur fit
lever la main et prêter serment de fidelité à S. A.
E et au Chapitre.Cette Cérémonie achevée S.A.
E. se retira en son Palais avec toute la Noblesse ,
au bruit du Canon et de la Mousqueterie des
Troupes et des Bourgeois.
ཧཱུྃ་ Depuis midi jusqu'à huit heures du soir , les
Bourgeois firent avec autant de goût que d'activité
les préparatifs de la Fête qu'ils vouloient
donner à S. A. La Place représentoit un magnifique
Jardin , dont les Parterres formoienr les
Chiffres , les Armes et les Attributs de S. A. II
étoit environné de 38 Arcades, séparées par des
Piramides qui portoient des Emblêmes et des
Devises convenables au sujet. Sur la principale
de ces Arcades étoit placée la Statuë de S.A.
de grandeur naturelle , au dessus de laquelle s'élevoit
la Renommée , qui lui présentoit une
Couronne , et au bas le Génie de Mayence, qui
lui offroit ses homages. Sur l'Arca de qui étoit
vis à- vis étoit placée la Statuë de S. Martin , Patron
de l'Eglise Métropolitaine , et sous le ceintre
de l'Arcade , les Arines de S. A. étoient représentées
sur un Médaillon , orné de Guirlandes
et de Festons ; les 36 autres Arcades
droite et à gauche portoient sur des Médaillons
les armes des 12 Suffragans, et celles des 24 Chanoises
Capitulaires du Dôme.Les 4 coins du Jardins
representez , étoient occupez par les 4 Saisons
, d'où sortoient des Fontaiues. S. A. E. se
rendit sur les 9 heures du soir , au Lieu qui lui
avoit été préparé , pour voir l'exécution d'un
tres- beau Feu d'artifice , qui fut suivi d'une Col-
I lation
16:8 MERCURE DE FRANCE
lation , où l'on avoit représenté en Karamel et
Confitures , le dessein de cette Fête . Il y eût un .
Concert magnifique de toutes sortes d'Instiumens
, qui dura jusqu'à onze heures que S. A. se
retira . La Noblesse ouvrit alors le Bal, qui dura
jusqu'à 4 heures du matin.
Es Troupes campées entre Oppellen et
• de
le
gaw et d'y former un nouveau Camp
Prince Louis de Wittemberg
a été nommé
pour y commander
, et il doit partir incessamment
1655 MERCURE DE FRANCE
1
ment pour s'y rendre. Il aura sous ses ordres
les Barons de Wittigenau et de Schmertau,Ma
jors généraux de Bataille , et le Baron de Scherr,
Major général de la Cavalerie.
Le 9 de ce mois l'Electeur de Mayence reçut les
hommages de ses Etats dans sa ville Capitale. On
avoit élevé dans la Place du Marché , en face de
l'Eglise Cathedrale, une Estrade de la hauteur de
12 à 14 pieds , longue de 8 à ro toises , sur la
largeur d'environ 30 pieds . Le Plancher et les
Dégrez pour y monter étoient couverts d'un drap
écarlatte , bordé et chamarré de galons d'or. On
avoit dressé au milieu une espece de Trône , dont le
Siége et le Baldaquin étoient couverts de velours
de la même couleur, relevé d'une riche broderie
d'or à festons . A droite et à gauche étoient des
Siéges de même étoffe , pour les 24 Chanoines
Capitulaires de l'Eglise Métropolitaine .
Les deux Bataillons des Troupes de 5. A. E.et
plusieurs Compagnies du Régiment de Nassau ,
en garnison à Mayence , furent commandés . et
borderent toute la Place et les environs. La Bourgeoisie
de la Ville sous les armes , et celle des
Villes du Rheingaw occupoient toutes les rues,
depuis la Place jusqu'au Palais Electoral .
Sur les neuf heures du matin toute PArtillerie
des Ramparts , celle de la Citadelle ; du Port et
des deux Forts, firent trois Salves qui furent sui→
vies de celles des Troupes et des Bourgeois.
Vers les dix heures S. A. E. sortit de son Pa
lais et vint en Carrosse au lieu destiné pour recevoir
les hommages de ses Etats , accompagnée
de toute sa Cour. Elle prit séance sous un Dais ,
au milieu de ses Chanoines Capitulaires , qui
ayant à leur tête le Doyen de la Cathédrale
étoient venus au devant de S, A. On fit ensuite
lecture
JUILLET. 1733. 1557
lecture des articles du serment que devoient prêtér
les Bourgeois ; apres quoi S. A. donna sa
main à baiser aux plus qualifiez d'entr'eux et aux
Chefs de la Ville ; ensuite le Chancelier leur fit
lever la main et prêter serment de fidelité à S. A.
E et au Chapitre.Cette Cérémonie achevée S.A.
E. se retira en son Palais avec toute la Noblesse ,
au bruit du Canon et de la Mousqueterie des
Troupes et des Bourgeois.
ཧཱུྃ་ Depuis midi jusqu'à huit heures du soir , les
Bourgeois firent avec autant de goût que d'activité
les préparatifs de la Fête qu'ils vouloient
donner à S. A. La Place représentoit un magnifique
Jardin , dont les Parterres formoienr les
Chiffres , les Armes et les Attributs de S. A. II
étoit environné de 38 Arcades, séparées par des
Piramides qui portoient des Emblêmes et des
Devises convenables au sujet. Sur la principale
de ces Arcades étoit placée la Statuë de S.A.
de grandeur naturelle , au dessus de laquelle s'élevoit
la Renommée , qui lui présentoit une
Couronne , et au bas le Génie de Mayence, qui
lui offroit ses homages. Sur l'Arca de qui étoit
vis à- vis étoit placée la Statuë de S. Martin , Patron
de l'Eglise Métropolitaine , et sous le ceintre
de l'Arcade , les Arines de S. A. étoient représentées
sur un Médaillon , orné de Guirlandes
et de Festons ; les 36 autres Arcades
droite et à gauche portoient sur des Médaillons
les armes des 12 Suffragans, et celles des 24 Chanoises
Capitulaires du Dôme.Les 4 coins du Jardins
representez , étoient occupez par les 4 Saisons
, d'où sortoient des Fontaiues. S. A. E. se
rendit sur les 9 heures du soir , au Lieu qui lui
avoit été préparé , pour voir l'exécution d'un
tres- beau Feu d'artifice , qui fut suivi d'une Col-
I lation
16:8 MERCURE DE FRANCE
lation , où l'on avoit représenté en Karamel et
Confitures , le dessein de cette Fête . Il y eût un .
Concert magnifique de toutes sortes d'Instiumens
, qui dura jusqu'à onze heures que S. A. se
retira . La Noblesse ouvrit alors le Bal, qui dura
jusqu'à 4 heures du matin.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1655, en Allemagne, des troupes furent positionnées entre Oppellen et le Gaw pour former un nouveau camp sous le commandement du Prince Louis de Wittemberg. Il était assisté par les Barons de Wittigenau et de Schmertau, majors généraux de bataille, et le Baron de Scherr, major général de la cavalerie. Le 9 juillet 1733, l'Électeur de Mayence reçut les hommages de ses États dans sa capitale. Une estrade décorée de drap écarlate et de galons d'or fut érigée sur la place du marché, avec un trône de velours orné de broderies d'or entouré de sièges pour les chanoines capitulaires. Les troupes, la bourgeoisie de la ville et celles des villes du Rheingaw bordèrent la place. À neuf heures, l'artillerie tira trois salves, et l'Électeur prit séance sous un dais. Après la lecture des articles du serment, les bourgeois et les chefs de la ville prêtèrent serment de fidélité. Depuis midi jusqu'à huit heures du soir, une fête en l'honneur de l'Électeur fut organisée. La place fut transformée en jardin décoré avec des parterres représentant les chiffres, les armes et les attributs de l'Électeur. Des arcades et des statues, dont celles de l'Électeur et de Saint Martin, furent installées. À neuf heures, un feu d'artifice suivi d'une collation eut lieu, puis un concert se déroula jusqu'à onze heures. La noblesse ouvrit ensuite le bal, qui dura jusqu'à quatre heures du matin.
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2395
p. 1658-1660
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le 12 Juin, le Cardinal Otthoboni proposa [...]
Mots clefs :
Conseil collatéral, Comte, Venise, Vice-roi, Pape, Abbé, Église ducale de Saint-Marc, Doge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint le
12 Juin , le Cardinal Otthoboni proposa
PAbbare de S. Serge d'Angers, pour l'Abbe de la
Rochechouart , et preconisa l'Abbé Dandigné
pour l'Evêché d'Acqs , et l'Abbé de Toyal de
Donnery , pour l'Abbaie de N. D. de Mirval ,
Diocèse de Tou !.
Le Pape a nommé M. Ariozzi , Auditeur de la
Nonciature d'Avignon , à la place de M. Cervia
fait depuis peu Recteur de l'Eglise
ni ,
S. S que
de Carpentras.
On mande de Venise que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S.Marc , le Doge,
accompagné de toute la Seigneurie , assista au
Service Divin , dans l'Eglise Ducale de S. Marc ,
où l'on avoit exposé à la vénération du public ,
le Doigt de ce Saint , et l'Evangile écrit de sa
propre main , transporté d'Aquilée en 1420.
à Venise.
?
On a appris de Venise , de Milan et de plusieurs
autres Endroits que les Pluyes continuelles
qui regnent en Italie depuis près de deux mois ,
font craindre que la récolte du bled sur tout, ne
soit tres - mauvaise . On écrit en dernier lieu de
Turin , que l'aboudance des Pluies a tellemeng
grossi la Doire , que cette Riviere a inondé une
partie des Campagnes qu'elle arrose et qu'elle a
renversé le Pont qui conduisoit à la Venerie.
[ ... QA
JUILLET . 1733 . 1659
On écrit de Naples que le 11 Juin , le Comte
d'Arrach , cy-devant Viceroi de ce Royaume ,
revint de la Barra, et prit congé du Conseil Col
latéral et des autres Tribunaux , avec les cérémonis
accoutumées; l'après midi , accompagné
d'un grand nombre de Seigneurs et d'Officiers
de distinction , et suivi de plusieurs Carosses à
six Chevaux , il alla à B. itto, sur le chemin d'A–
verse , à la rencontre du Comte Jules Visconti ;
qui y arriva vers les six heures du soir , escorté
de Compagnies de Cuirassiers , qu'on avoit envoyées
audevant de lui sur la Frontiere.
Après avoir complimenté le nouveau Viceroi
sur son heureuse arrivée , il le fit monter dans
son Carosse avec le Comte Figuerola , Duc de
Mayera , General des Postes du Royaume, Don
Thomas Scarano , Maître des Couriers, et Don
François Martellone , Commissaire de la Campagne
à leur Entrée dans Naples ils furent salucz
de plusieurs décharges generales de l'Artillerie
des Remparts et de ja Citadelle , et des Canons
des Vaisseaux du Port ; et s'étant rendus
au Palais au bruit des acclamations du Peuple
qui bordoit les rues de leur passage , ils furent
feçûs au bas de l'Escalier par le Conseil Collateral
et par les autres Tribunaux , le Comte d'Artach
ayant conduit le nouveau Viceroi en son
appartement , alla à la Salle du Conseil , où il
déposa le dement
entre les mains du
Président; il partit ensuite avec la Comitesse son
épouse , pour retourner à la Cour de Vienne.
Le lendemain au matin le Conseil Collateral
sassembla de nouveau , et il distribua , selon l'usage,
quelques graces , comme étant dépositairede
l'authorité souveraine , jusqu'à l'installation
du Viceioi. Vers les dix heures , le Comte Vis-
I ij comti
2221
1660 MERCURE DE FRANCE
comti , se rendit au Conseil , et après les formalitez
ordinaires , il y grit possession de la Vice-
Royauté et du commandement des Troupes.
Un Armateur Gênois ayant pris dans les Croi
sieres , un Vaisseau Turc , et l'ayant conduit à
Malte , n'a pu obtenir que le Grand- Maître déclarât
la prise bonne , parce qu'il se trouvoit à
bord de ce Bâtiment quelques Passagers Grecs ,
munis d'un Passeport de l'Empereur . Cet Armateur
s'est rendu à Gênes avec sa Prise , qui est
fort considerable.
Voicy l'Amnistic accordée par la République
de Gênes à ses Sujets de l'Ile de Corse , &c.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint le
12 Juin , le Cardinal Otthoboni proposa
PAbbare de S. Serge d'Angers, pour l'Abbe de la
Rochechouart , et preconisa l'Abbé Dandigné
pour l'Evêché d'Acqs , et l'Abbé de Toyal de
Donnery , pour l'Abbaie de N. D. de Mirval ,
Diocèse de Tou !.
Le Pape a nommé M. Ariozzi , Auditeur de la
Nonciature d'Avignon , à la place de M. Cervia
fait depuis peu Recteur de l'Eglise
ni ,
S. S que
de Carpentras.
On mande de Venise que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S.Marc , le Doge,
accompagné de toute la Seigneurie , assista au
Service Divin , dans l'Eglise Ducale de S. Marc ,
où l'on avoit exposé à la vénération du public ,
le Doigt de ce Saint , et l'Evangile écrit de sa
propre main , transporté d'Aquilée en 1420.
à Venise.
?
On a appris de Venise , de Milan et de plusieurs
autres Endroits que les Pluyes continuelles
qui regnent en Italie depuis près de deux mois ,
font craindre que la récolte du bled sur tout, ne
soit tres - mauvaise . On écrit en dernier lieu de
Turin , que l'aboudance des Pluies a tellemeng
grossi la Doire , que cette Riviere a inondé une
partie des Campagnes qu'elle arrose et qu'elle a
renversé le Pont qui conduisoit à la Venerie.
[ ... QA
JUILLET . 1733 . 1659
On écrit de Naples que le 11 Juin , le Comte
d'Arrach , cy-devant Viceroi de ce Royaume ,
revint de la Barra, et prit congé du Conseil Col
latéral et des autres Tribunaux , avec les cérémonis
accoutumées; l'après midi , accompagné
d'un grand nombre de Seigneurs et d'Officiers
de distinction , et suivi de plusieurs Carosses à
six Chevaux , il alla à B. itto, sur le chemin d'A–
verse , à la rencontre du Comte Jules Visconti ;
qui y arriva vers les six heures du soir , escorté
de Compagnies de Cuirassiers , qu'on avoit envoyées
audevant de lui sur la Frontiere.
Après avoir complimenté le nouveau Viceroi
sur son heureuse arrivée , il le fit monter dans
son Carosse avec le Comte Figuerola , Duc de
Mayera , General des Postes du Royaume, Don
Thomas Scarano , Maître des Couriers, et Don
François Martellone , Commissaire de la Campagne
à leur Entrée dans Naples ils furent salucz
de plusieurs décharges generales de l'Artillerie
des Remparts et de ja Citadelle , et des Canons
des Vaisseaux du Port ; et s'étant rendus
au Palais au bruit des acclamations du Peuple
qui bordoit les rues de leur passage , ils furent
feçûs au bas de l'Escalier par le Conseil Collateral
et par les autres Tribunaux , le Comte d'Artach
ayant conduit le nouveau Viceroi en son
appartement , alla à la Salle du Conseil , où il
déposa le dement
entre les mains du
Président; il partit ensuite avec la Comitesse son
épouse , pour retourner à la Cour de Vienne.
Le lendemain au matin le Conseil Collateral
sassembla de nouveau , et il distribua , selon l'usage,
quelques graces , comme étant dépositairede
l'authorité souveraine , jusqu'à l'installation
du Viceioi. Vers les dix heures , le Comte Vis-
I ij comti
2221
1660 MERCURE DE FRANCE
comti , se rendit au Conseil , et après les formalitez
ordinaires , il y grit possession de la Vice-
Royauté et du commandement des Troupes.
Un Armateur Gênois ayant pris dans les Croi
sieres , un Vaisseau Turc , et l'ayant conduit à
Malte , n'a pu obtenir que le Grand- Maître déclarât
la prise bonne , parce qu'il se trouvoit à
bord de ce Bâtiment quelques Passagers Grecs ,
munis d'un Passeport de l'Empereur . Cet Armateur
s'est rendu à Gênes avec sa Prise , qui est
fort considerable.
Voicy l'Amnistic accordée par la République
de Gênes à ses Sujets de l'Ile de Corse , &c.
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Résumé : ITALIE.
Le 12 juin, le Pape tint un Consistoire secret où le Cardinal Otthoboni proposa plusieurs nominations : l'Abbé de S. Serge d'Angers pour l'Abbaye de la Rochechouart, l'Abbé Dandigné pour l'Évêché d'Acqs, et l'Abbé de Toyal de Donnery pour l'Abbaye de N. D. de Mirval dans le Diocèse de Toul. Le Pape nomma également M. Ariozzi pour remplacer M. Cervia à Carpentras. À Venise, le 25 mai, le Doge et la Seigneurie assistèrent à un service divin où étaient exposés le Doigt de Saint Marc et un Évangile écrit de sa main. En Italie, des pluies continues depuis deux mois menacent les récoltes, notamment de blé, et ont causé des inondations à Turin. À Naples, le 11 juin, le Comte d'Arrach, ancien Vice-roi, remit ses pouvoirs au Comte Jules Visconti, nouveau Vice-roi, avant de quitter Naples pour Vienne. Un armateur génois, ayant capturé un vaisseau turc, n'a pas pu valider sa prise à Malte en raison de la présence de passagers grecs munis d'un passeport impérial et est retourné à Gênes avec sa prise.
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2396
p. 1660-1666
LE DOGE, les Gouverneurs et les Procurateurs, &c. de la République de Genes.
Début :
I. APRÉS avoir manifesté aux Peuples de notre Royaume de Corse, notre très grande modération [...]
Mots clefs :
Royaume de Corse, Magistrat, Peuples, Corse, Lieux, Nobles, Orateur, Corses, Villes, Bastia, Amnistie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE DOGE, les Gouverneurs et les Procurateurs, &c. de la République de Genes.
LE DOGE , les Gouverneurs et les
Procurateurs , &c. de la République de
Genes.
I. APRE's avoir manifesté aux Peuples de
notre Royaume de Corse , notre trèsgrande modération
et clémence , par le moyen d'une Amnistie
et d'un pardon general accordé à ceux qui
avoient encouru notre disgrace à l'occasion des
troubles passez , dans la vue de déclarer plus distinctement
notre volonté ferme et inviolable
non-seulement nous renouvellons et nous confirmons
l'Amnistie et le pardon general par nous
accordé , mais nous voulons de plus l'étendre er
P'appliquer à ceux qui , pour des fautes commises
auroient été citez et ensuite condamnez , tant
par contumace qu'autrement , jusqu'au mois
de juin de l'année 1732. inclusivement › sans
néanmoins y comprendre ceux qui auroient , depuis
ce temps-là,, commis de nouvelles fautes.
II.De plus dans la vue de consoler les Corses ,
et de nous préter à leurs supplications , nous
voulons bien leur remettre libéralement les dépenses
JUILLET. 1733. 1661
enses énormes que nous avons été obligez de
Faire pour rétablir la tranquillité et pour assurer
la prosperité de ce Royaume. Ensorte que les
Corses ne pourront jamais , à l'avenir , être molestez
, ni en géneral , ni en particulier , sur ce
sujet. Et pour effacer jusqu'au souvenir des troubles
passez , nous deffendons , sous peines trèsgriéves
, à toutes sortes de personnes de les inju
rier par des paroles ou d'une autre maniere , en
les traitant de Rebelles ou d'autres semblables expressions.
III. De tout temps nous avons donné aux
Corses des preuves de notre tendre affection jusqu'à
épuiser nos Finances pour la prosperité , la,
deffense et la conservation de ce Royaume. Cependant
, comme nous desirons de leur donner
une preuve nouvelle et genereuse de nos dispositions
favorables , nous leur remettons liberalement
à tous en general , à toutes les Villes , Communautez
et Lieux de cette Ifle , toutes dettes
dont ils pourroient nous rester redevables , tanti
pour les Tailles , que pour toutes les autres impo
sitions ordonnées pendant l'an 1732. et pour les
autres subsides en argent et en victuailles , qu'on
leur a fournies pendant les temps de disette ;
tellement que nous voulons que tous les comptes
passez pour les Tailles et subsides étant étéints,
on en commence de nouveaux depuis le frois de
Janvier de cette année courante , où seront ‘marquées
les dettes à venit desdits Corses.
IV . Pour entrer dans les desirs et les instances )
de ces Peuples , nous leur accordons la création
d'un Ordre de Noblesse natureile au Royaume
que nous donnerons pour cette premiere fois et
pour toutes les autres dans la suite , à des personnes
tirées des Familles du Royaume , que
I iij hous
162 MERCURE DE FRANCE
}
nous trouverons digne de ce degré , et qui après
les informations faites et vûes par nous , paroîtront
pourvûes des qualitez nécessaires pour soutenir
ce rang avec honneur.
V On aura pour ces Nobles les mêmes égards
qu'on a pour ceux qui sont tirez des Villes de
Terre-Ferme ; ils jouiront du titre de Magnifique
et du Privilege de se couvrir dans les Sérénissimes
Colleges de l'Etat et dans le Sénat Sérénissime
; ils seront aussi reçus à se couvrir en
présence des Magistrats et des Juges de la Répubique
, y compris les Gouverneurs Generaux et
les illustres Syndics,
V I. Le Livre où seront écrits les Nobles avec
leurs légitimes Descendans , sera conservé à Gé- ,
nes , entre les mains du Sérénissime Magistrat de
P'Ile de Corse , et un autre semblable à Bastie.
Les noms des Nobles seront écrits dans ce Livre
par le Chancelier dudit Magistrat et en sa présence
, et le même Chancelier fournira un Extrait
authentique du Livre de Génes , pour être ,
déposé à Bastie ; le susdit Magistrat établira encore
un Tarif modique pour les Inscriptions et
Extraits desdits Livres.
VII. Ce Noble jouira dans les lieux de la
résidence du Gouverneur de l'Ile , de la distinction
d'une Antichambre , où il ne sera pas permis
d'entrer à ceux qui ne seront pas dans le
rang des Nobles , ou du nombre des Juges et des
Magistrats du Royaume ou des Officiers de
guerre , jusqu'à l'Enseigne , inclusivement.
VIII. Comme notre principale attention
toajours été de conserver les loibles Coûtumes
et de favoriser tous les moyens propres à faire
fleurir la Religion et la pieté Chrétienne dans
l'Ile de Corse , à quoi la bonne vie des Ecclet
siastiques
JUILLET. 1922. 1563
siastiques contribue le plus , nous déclarons que
pour entretenir l'émulation nécessaire au Clergé,
pour s'avancer dans les 9ciences et dans la prati .
que des Canons , nous ne m ttrons aucun obsta
cle au concours des Esclesiastiques pour être élûs
à quelque Evêché de l'Ifle , à moins qu'ils ne nous
ayent donné des sujets de mécontentement ; et
afin que notre présent Decret ait toute la vigueur
qu'on peut desirer , nous révoquons tout autre
Decret qui seroit contraire .
IX. Dans cette vûe , afin que Sa Sainteté daigne
exaucer les instantes prieres des Peuples qui
demandent un Visiteur Apostolique , pour corriger
les abus et les désordres , et pour rétablir
la discipline Ecclesiastique dans les Diocèses
nous coopérerons volontiers à leurs desseins , sauf
certains égards que nous jugerons à propos de ne
pas perdre de vie , afin d'éviter que le Royaume
ne soit surchargé par le grand nombre de ces
visites , qui pourroient à la fin devenir onéreuses .
X. De- même toutes les fois qu'il arrivera que
Jes Peuples demanderont la permission de fonder
et de renter à leurs dépens un College dans les
Villes de l'Ifle , pour l'éducation et instruction
de la Jeunesse du Pays , dans les Sciences divines
et humaines , nous y donnerons volontiers les
mains , en appuyant leur déssein de notre autorité
et de notre protection , en le permettant et
même le favorisant , pourvû que la forme , les
reglemens et le régime de cè College soit par
nous approuvé , nous réservant la liberté de
changer lesdits Reglemens , suivant le besoin et
l'exigence des conjectures.
•
XI. Le Royaume pourra tenir à Gênes un Sujet
avec le titre d'Orateur , qui sera de la Nation
même , tiré du nombre de ceux qui seront les
I iiij plus
1664 MERCURE DE FRANCE
plus propres à cet emploi , suivant les ordres que
nous donnerons dans son temps. Il sera du devoir
de l'Orateur de nous représenter , et au Magistrat
de Corse , les suppliques du Royaume ,
des Provinces et autres lieux , quand même elles
seroient en forme de plainte contre les Juges qui
seroient accusez de grever les Peuples dans l'administration
de la Justice Civile et Criminelle ,
ou de quelqu'autre maniere que ce soit. Et ledit
Orateur sera pendant le temps de sa Charge , reçu
par les Magistrats comme s'il avoit le
Noble , quoique peut - être ne le fût pas.
rang de
XII. Nous avons de tout temps employé tous
les moyens pour augmenter la culture des terres
incultes et abandonnéesde l'Ifle. Nous avons à
ce sujet , dépensé des sommes d'argent considerables
, offert des Privileges et d'autres avantages.
Nous n'avons pas eu moins d'application à faire
valoir le Commerce, et à mettre en honneur les
Arts Méchaniques ; c'est pourquoi pour satisfaire
notre empressement pour la prosperité da
Royaume et le profit des Peuples , nous ordonnons
que le Magistrat dudit Royaume élira tous
les trois ans trois Députez de la Nation , deux
par-çà et un par- delà les Monts , avec le titre de
Promoteurs des Arts et du Commerce , avec les
Privileges et les Exemptions que nous jugerons à
propos de leur accorder , avec obligation à eux
de veiller , et d'agir pour arriver à cette fin , et
avec liberté à eux de representer aux suprêmes
Commandans de l'Ile et au Magistrat , par le ca.
nal de l'Orateur , ou d'une autre maniere , les
moyens pratiquables pour parvenir au but qu'on
se propose , et pour executer ensuite les mesures
que nous , ou le Magistrat , aurons jugé â propos
de prendre.
XIII
JUILLET. 1733. 1665
XIII. Un des plus grands profits qui pourroient
enrichir les Peuples , seroit la Récolte d'une
plus grande quantité de Soye . C'est pourquoi
pour les y engager davantage et pour exciter
leur industrie à cet égard , nous les exemptons
pour 25 ans du payement de tous droits sur lesdites
Soyes qui se pourroient tirer du Royaume .
XIV. Nous pensions , depuis quelque temps ,
d'établir deux Charges de Capitaines pour les
Ports de Bastie et d'Ayaccio , sur la consideration
des avantages que nous en pourrions tirer
pour notre service public. Aujourd'hui nous
sommes déterminez à établir ces deux Charges
qui seront conferées par nous , avec les appointemens
que nous donnons à notre Capitaine de
Cavalerie, de Bastie.Nous voulons de plus que ces
deux postes de Capitaines pour ces deux Ports ,
soient donnez à des Sujets de Nation Corse , qui
pendant le cours de leur Charge , seront traitez'
comme les Nobles , quand d'ailleurs ils ne seroient
pas tirez du Corps de la Noblesse , et feront les '
fonctions dont nous jugerons à propos de les
charger , suivant l'exigence de notre service public.
XV. Dans tous les Lieux où résideront les
Gouverneurs , les Magistrats et les Juges , il doit
y avoir un Avocat des pauvres Prisonniers , qui
sera chargé de veiller et presser le Jugement de
leur Cause , avec la liberté à eux accordée d'avoir
, en cas de besoin , recours à nous ou au Magistrat
de Corse , par le moyen de l'Orateur , ou
autrement. Il sera ainsi du devoir du Noble , tiré.
des douze , d'assister et de proteger les Prisonniers
, et même de faire expedier les autres qui
ont recours à la Justice , quand ils sont pauvres.
X V I. Les douze Nobles de de- çà les Monts et
I v les
1666 MERCURE DE FRANCE
1
les six de de- là , pourront élire un Avocat dans
leur district , pour assister tous ceux qui sont
poursuivis par la Justice , et pour appuyer les ,
suppliques de ceux qui sont pauvres , contre les
injustices les Juges , des Officiers et des Ministres.
Ils pourront encore , pour tous les Lieux où il y,
a des Juges , députer un Avocat pour cette Jurisdiction
, qui sera chargé , comme cy - dessus , de
nous informer, ou le Magistrat de Corse, par le
canal de l'Orateur , des suppliques de ceux qui
auroient sujet de se plaindre de leurs Juges.
"
XVII . Enfin , comme le retour sincere que.
nous nous promettons de la part des Corses ,
nous a engagé à leur faire ressentir les effets de
notre modération , les Communautez , les Villes,
les Lieux ou les Particuliers qui ne se rendroient
pas au devoir de la soumission envers la Répu-,
blique , comme le doivent des Sujets obéissants,
et fidels , sont déchus tout-à -fair du pardon et,
de 1 Amnistie qui est accordée par ces Présentes,
et toutes les poursuites déja intentées contre eux,
revivront au profit de notre Fisc. , puisqu'ils se
rendront indignes par leur perséverance à désobéir
, de recevoir les preuves de la génereuse clémence
qui n'est que pour favoriser la démarche
légitime de ceux qui rentrent dans le devoir.
Procurateurs , &c. de la République de
Genes.
I. APRE's avoir manifesté aux Peuples de
notre Royaume de Corse , notre trèsgrande modération
et clémence , par le moyen d'une Amnistie
et d'un pardon general accordé à ceux qui
avoient encouru notre disgrace à l'occasion des
troubles passez , dans la vue de déclarer plus distinctement
notre volonté ferme et inviolable
non-seulement nous renouvellons et nous confirmons
l'Amnistie et le pardon general par nous
accordé , mais nous voulons de plus l'étendre er
P'appliquer à ceux qui , pour des fautes commises
auroient été citez et ensuite condamnez , tant
par contumace qu'autrement , jusqu'au mois
de juin de l'année 1732. inclusivement › sans
néanmoins y comprendre ceux qui auroient , depuis
ce temps-là,, commis de nouvelles fautes.
II.De plus dans la vue de consoler les Corses ,
et de nous préter à leurs supplications , nous
voulons bien leur remettre libéralement les dépenses
JUILLET. 1733. 1661
enses énormes que nous avons été obligez de
Faire pour rétablir la tranquillité et pour assurer
la prosperité de ce Royaume. Ensorte que les
Corses ne pourront jamais , à l'avenir , être molestez
, ni en géneral , ni en particulier , sur ce
sujet. Et pour effacer jusqu'au souvenir des troubles
passez , nous deffendons , sous peines trèsgriéves
, à toutes sortes de personnes de les inju
rier par des paroles ou d'une autre maniere , en
les traitant de Rebelles ou d'autres semblables expressions.
III. De tout temps nous avons donné aux
Corses des preuves de notre tendre affection jusqu'à
épuiser nos Finances pour la prosperité , la,
deffense et la conservation de ce Royaume. Cependant
, comme nous desirons de leur donner
une preuve nouvelle et genereuse de nos dispositions
favorables , nous leur remettons liberalement
à tous en general , à toutes les Villes , Communautez
et Lieux de cette Ifle , toutes dettes
dont ils pourroient nous rester redevables , tanti
pour les Tailles , que pour toutes les autres impo
sitions ordonnées pendant l'an 1732. et pour les
autres subsides en argent et en victuailles , qu'on
leur a fournies pendant les temps de disette ;
tellement que nous voulons que tous les comptes
passez pour les Tailles et subsides étant étéints,
on en commence de nouveaux depuis le frois de
Janvier de cette année courante , où seront ‘marquées
les dettes à venit desdits Corses.
IV . Pour entrer dans les desirs et les instances )
de ces Peuples , nous leur accordons la création
d'un Ordre de Noblesse natureile au Royaume
que nous donnerons pour cette premiere fois et
pour toutes les autres dans la suite , à des personnes
tirées des Familles du Royaume , que
I iij hous
162 MERCURE DE FRANCE
}
nous trouverons digne de ce degré , et qui après
les informations faites et vûes par nous , paroîtront
pourvûes des qualitez nécessaires pour soutenir
ce rang avec honneur.
V On aura pour ces Nobles les mêmes égards
qu'on a pour ceux qui sont tirez des Villes de
Terre-Ferme ; ils jouiront du titre de Magnifique
et du Privilege de se couvrir dans les Sérénissimes
Colleges de l'Etat et dans le Sénat Sérénissime
; ils seront aussi reçus à se couvrir en
présence des Magistrats et des Juges de la Répubique
, y compris les Gouverneurs Generaux et
les illustres Syndics,
V I. Le Livre où seront écrits les Nobles avec
leurs légitimes Descendans , sera conservé à Gé- ,
nes , entre les mains du Sérénissime Magistrat de
P'Ile de Corse , et un autre semblable à Bastie.
Les noms des Nobles seront écrits dans ce Livre
par le Chancelier dudit Magistrat et en sa présence
, et le même Chancelier fournira un Extrait
authentique du Livre de Génes , pour être ,
déposé à Bastie ; le susdit Magistrat établira encore
un Tarif modique pour les Inscriptions et
Extraits desdits Livres.
VII. Ce Noble jouira dans les lieux de la
résidence du Gouverneur de l'Ile , de la distinction
d'une Antichambre , où il ne sera pas permis
d'entrer à ceux qui ne seront pas dans le
rang des Nobles , ou du nombre des Juges et des
Magistrats du Royaume ou des Officiers de
guerre , jusqu'à l'Enseigne , inclusivement.
VIII. Comme notre principale attention
toajours été de conserver les loibles Coûtumes
et de favoriser tous les moyens propres à faire
fleurir la Religion et la pieté Chrétienne dans
l'Ile de Corse , à quoi la bonne vie des Ecclet
siastiques
JUILLET. 1922. 1563
siastiques contribue le plus , nous déclarons que
pour entretenir l'émulation nécessaire au Clergé,
pour s'avancer dans les 9ciences et dans la prati .
que des Canons , nous ne m ttrons aucun obsta
cle au concours des Esclesiastiques pour être élûs
à quelque Evêché de l'Ifle , à moins qu'ils ne nous
ayent donné des sujets de mécontentement ; et
afin que notre présent Decret ait toute la vigueur
qu'on peut desirer , nous révoquons tout autre
Decret qui seroit contraire .
IX. Dans cette vûe , afin que Sa Sainteté daigne
exaucer les instantes prieres des Peuples qui
demandent un Visiteur Apostolique , pour corriger
les abus et les désordres , et pour rétablir
la discipline Ecclesiastique dans les Diocèses
nous coopérerons volontiers à leurs desseins , sauf
certains égards que nous jugerons à propos de ne
pas perdre de vie , afin d'éviter que le Royaume
ne soit surchargé par le grand nombre de ces
visites , qui pourroient à la fin devenir onéreuses .
X. De- même toutes les fois qu'il arrivera que
Jes Peuples demanderont la permission de fonder
et de renter à leurs dépens un College dans les
Villes de l'Ifle , pour l'éducation et instruction
de la Jeunesse du Pays , dans les Sciences divines
et humaines , nous y donnerons volontiers les
mains , en appuyant leur déssein de notre autorité
et de notre protection , en le permettant et
même le favorisant , pourvû que la forme , les
reglemens et le régime de cè College soit par
nous approuvé , nous réservant la liberté de
changer lesdits Reglemens , suivant le besoin et
l'exigence des conjectures.
•
XI. Le Royaume pourra tenir à Gênes un Sujet
avec le titre d'Orateur , qui sera de la Nation
même , tiré du nombre de ceux qui seront les
I iiij plus
1664 MERCURE DE FRANCE
plus propres à cet emploi , suivant les ordres que
nous donnerons dans son temps. Il sera du devoir
de l'Orateur de nous représenter , et au Magistrat
de Corse , les suppliques du Royaume ,
des Provinces et autres lieux , quand même elles
seroient en forme de plainte contre les Juges qui
seroient accusez de grever les Peuples dans l'administration
de la Justice Civile et Criminelle ,
ou de quelqu'autre maniere que ce soit. Et ledit
Orateur sera pendant le temps de sa Charge , reçu
par les Magistrats comme s'il avoit le
Noble , quoique peut - être ne le fût pas.
rang de
XII. Nous avons de tout temps employé tous
les moyens pour augmenter la culture des terres
incultes et abandonnéesde l'Ifle. Nous avons à
ce sujet , dépensé des sommes d'argent considerables
, offert des Privileges et d'autres avantages.
Nous n'avons pas eu moins d'application à faire
valoir le Commerce, et à mettre en honneur les
Arts Méchaniques ; c'est pourquoi pour satisfaire
notre empressement pour la prosperité da
Royaume et le profit des Peuples , nous ordonnons
que le Magistrat dudit Royaume élira tous
les trois ans trois Députez de la Nation , deux
par-çà et un par- delà les Monts , avec le titre de
Promoteurs des Arts et du Commerce , avec les
Privileges et les Exemptions que nous jugerons à
propos de leur accorder , avec obligation à eux
de veiller , et d'agir pour arriver à cette fin , et
avec liberté à eux de representer aux suprêmes
Commandans de l'Ile et au Magistrat , par le ca.
nal de l'Orateur , ou d'une autre maniere , les
moyens pratiquables pour parvenir au but qu'on
se propose , et pour executer ensuite les mesures
que nous , ou le Magistrat , aurons jugé â propos
de prendre.
XIII
JUILLET. 1733. 1665
XIII. Un des plus grands profits qui pourroient
enrichir les Peuples , seroit la Récolte d'une
plus grande quantité de Soye . C'est pourquoi
pour les y engager davantage et pour exciter
leur industrie à cet égard , nous les exemptons
pour 25 ans du payement de tous droits sur lesdites
Soyes qui se pourroient tirer du Royaume .
XIV. Nous pensions , depuis quelque temps ,
d'établir deux Charges de Capitaines pour les
Ports de Bastie et d'Ayaccio , sur la consideration
des avantages que nous en pourrions tirer
pour notre service public. Aujourd'hui nous
sommes déterminez à établir ces deux Charges
qui seront conferées par nous , avec les appointemens
que nous donnons à notre Capitaine de
Cavalerie, de Bastie.Nous voulons de plus que ces
deux postes de Capitaines pour ces deux Ports ,
soient donnez à des Sujets de Nation Corse , qui
pendant le cours de leur Charge , seront traitez'
comme les Nobles , quand d'ailleurs ils ne seroient
pas tirez du Corps de la Noblesse , et feront les '
fonctions dont nous jugerons à propos de les
charger , suivant l'exigence de notre service public.
XV. Dans tous les Lieux où résideront les
Gouverneurs , les Magistrats et les Juges , il doit
y avoir un Avocat des pauvres Prisonniers , qui
sera chargé de veiller et presser le Jugement de
leur Cause , avec la liberté à eux accordée d'avoir
, en cas de besoin , recours à nous ou au Magistrat
de Corse , par le moyen de l'Orateur , ou
autrement. Il sera ainsi du devoir du Noble , tiré.
des douze , d'assister et de proteger les Prisonniers
, et même de faire expedier les autres qui
ont recours à la Justice , quand ils sont pauvres.
X V I. Les douze Nobles de de- çà les Monts et
I v les
1666 MERCURE DE FRANCE
1
les six de de- là , pourront élire un Avocat dans
leur district , pour assister tous ceux qui sont
poursuivis par la Justice , et pour appuyer les ,
suppliques de ceux qui sont pauvres , contre les
injustices les Juges , des Officiers et des Ministres.
Ils pourront encore , pour tous les Lieux où il y,
a des Juges , députer un Avocat pour cette Jurisdiction
, qui sera chargé , comme cy - dessus , de
nous informer, ou le Magistrat de Corse, par le
canal de l'Orateur , des suppliques de ceux qui
auroient sujet de se plaindre de leurs Juges.
"
XVII . Enfin , comme le retour sincere que.
nous nous promettons de la part des Corses ,
nous a engagé à leur faire ressentir les effets de
notre modération , les Communautez , les Villes,
les Lieux ou les Particuliers qui ne se rendroient
pas au devoir de la soumission envers la Répu-,
blique , comme le doivent des Sujets obéissants,
et fidels , sont déchus tout-à -fair du pardon et,
de 1 Amnistie qui est accordée par ces Présentes,
et toutes les poursuites déja intentées contre eux,
revivront au profit de notre Fisc. , puisqu'ils se
rendront indignes par leur perséverance à désobéir
, de recevoir les preuves de la génereuse clémence
qui n'est que pour favoriser la démarche
légitime de ceux qui rentrent dans le devoir.
Fermer
Résumé : LE DOGE, les Gouverneurs et les Procurateurs, &c. de la République de Genes.
Le document est un édit émanant du Doge, des Gouverneurs et des Procurateurs de la République de Gênes, adressé aux peuples du Royaume de Corse. Les points essentiels sont les suivants : L'édit annonce une amnistie générale et un pardon pour les Corses condamnés jusqu'en juin 1732, à l'exception de ceux ayant commis de nouvelles fautes. Les dépenses engagées pour rétablir la tranquillité et assurer la prospérité du Royaume sont remises, et les Corses ne seront plus inquiétés à ce sujet. Toutes les dettes des Corses, qu'elles soient pour les tailles, les impôts ou les subsides, sont également remises. Les comptes passés sont effacés et de nouveaux commencent en janvier 1733. Un Ordre de Noblesse est créé pour le Royaume, avec des privilèges spécifiques pour les nobles, qui pourront se couvrir en présence des magistrats et des juges. Un livre des nobles sera conservé à Gênes et à Bastia. Les ecclésiastiques pourront concourir pour les évêchés sans obstacle, sauf en cas de mécontentement. Un Visiteur Apostolique pourrait être demandé pour corriger les abus. Les peuples pourront fonder des collèges pour l'éducation de la jeunesse, avec l'approbation des règlements par les autorités. Le Royaume pourra avoir un Orateur à Gênes pour représenter les suppliques et les plaintes des peuples. Des promoteurs des arts et du commerce seront élus pour veiller à la prospérité du Royaume. Les peuples sont exemptés du paiement des droits sur la soie pour 25 ans. Deux charges de capitaines pour les ports de Bastia et d'Ajaccio seront établies et confiées à des sujets corses. Un avocat des pauvres prisonniers sera nommé pour veiller à leur jugement. Enfin, les communautés ou particuliers ne se soumettant pas à la République seront déchus de l'amnistie et les poursuites contre eux revivront.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2397
p. 1666-1667
ESPAGNE.
Début :
La nuit du 7. au 8. de ce mois, le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, [...]
Mots clefs :
Turcs, Château d'Aranjuez, Palais de Buen Retiro, Château de Saint-Ildefonse, Maures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
A nuit du 7. au 8. de ce mois , le Roy , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies ,
les Infants et les Infantes , vinrent du Château
d'Aranjuez au Palais du Buen- Retiro . Le lende
main , Leurs Majestez partirent avec les Princes
et les Princesses de la Maison Royale , pour se
rendre au Château de S. Ildefonse , où clies arri
verent le 9. au soir . Ов
JUILLET. 1734 1667
On apprend par les Lettres d'Oran , que selon
le rapport de quelques Maures , qui se sont rendus
dans la Place , les Infidelles ont perdu dans .
P'action du 1o. Juin , deux de leurs principaux
Chefs et environ 1300. hommes , la plupart .
Turcs , perte d'autant plus considerable pour Bigotille
, qui commande l'Armée ennemie , que
les Turcs sont ses meilleures Troupes.
A nuit du 7. au 8. de ce mois , le Roy , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies ,
les Infants et les Infantes , vinrent du Château
d'Aranjuez au Palais du Buen- Retiro . Le lende
main , Leurs Majestez partirent avec les Princes
et les Princesses de la Maison Royale , pour se
rendre au Château de S. Ildefonse , où clies arri
verent le 9. au soir . Ов
JUILLET. 1734 1667
On apprend par les Lettres d'Oran , que selon
le rapport de quelques Maures , qui se sont rendus
dans la Place , les Infidelles ont perdu dans .
P'action du 1o. Juin , deux de leurs principaux
Chefs et environ 1300. hommes , la plupart .
Turcs , perte d'autant plus considerable pour Bigotille
, qui commande l'Armée ennemie , que
les Turcs sont ses meilleures Troupes.
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Résumé : ESPAGNE.
Du 7 au 8 juillet 1734, la famille royale espagnole se déplaça du Château d'Aranjuez au Palais du Buen Retiro, puis au Château de Saint-Ildefonse. Par ailleurs, une action militaire à Oran le 10 juin causa la perte de deux chefs et de 1300 hommes turcs, affaiblissant l'armée ennemie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2398
p. 1668-1670
« Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
Début :
Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...]
Mots clefs :
Actions, Fête, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
LonLiettenant
E Roy a accordé au Marquis de Rubampré ,
sonLieutenant de la Compagnie desGendarmes
Ecossois , l'agrément de la Charge de Capitaine-
Lieutenant de cette Compagnie , vacante par la
démission volontaire du Comte de Mailly , son
frere .
S. M. a nommé l'Abbé de Canillac , Auditeur
de Rotte pour la France.
Le 23. Juillet , M. l'Archevêque de Paris , fit
dans son Eglise Métropoliitaine , la Benediction
des Drapeaux , Guidons et Etendarts des trois
cent Gardes de la Ville , tous habillez de neuf,
M. Taitbout , leur Colonel , étant à la tête . La
nouveauté de cette Cérémonie , qui ne s'étoit pas
encore faite à N.D. pour ce Corps, y avoit attiré
quantité de monde. Les Prévôt des Marchands
et Echevins y assisterent , et dînerent ensuite à
l'Archevêché.
Le 27 la Loterie de la Compagnie des Indes,éta
bli
JUILLET. 1733. 1669
ble pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compaghie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant en tout le
nombre de 328. Actions.
La Fête de Sainte Anne , Patrone de M. de
Vandeil , Ecuyer du Roi , très -connu par Tes
excellens Hommes de cheval qu'il a formez
a été célebrée avec éclat le 27 de ce mois , par
les Gentilshommes - Pensionnaires de l'Académie
, dont il est le Chef. La Fête commença par
un très - beau Concert , après lequel une Sérénade
des meilleurs Instrumens , et quantité de Boëtes
ont précedé un Feu d'Artifice de très - grand
goût , avec de belles illuminations. Plusieurs
Seigneurs et Dames de distinction qui avoient
été invités , ont été charmés de la galanterie de
la Fête , et de la politesse avec laquelle cette
jeune Noblesse en ont fait les honneurs et
marqué leur reconnoissance à M. de Van
deüil.
>
Le bruit que l'on a fait courir que M. de Vandeuil
quittoit son Académie , n'a aucun fondement
, étant toujours dans le dessein de conti
nuer ses soins à la Noblesse .
Le Commandement du Réduit de la Porte-
Blanche de Strasbourg , vacant par la mort de
M. du Cheron , a été donné à M. de Tavignon
, Capitaine au Régiment de Bourbonnois.
-M. de Malesfre , Lieutenant de Rai de Longwy
, s'étant retiré , sa pension de 800. liv. a été
augmentée de 1100. et cette Lieutenance de Roy
1670 MERCURE DE FRANCE
a été donnée à M. de Villure , commandant un
Bataillon du Régiment Royal , Artillerie , auquel
il a été conservé 1200. liv . sur la Pension
de 2500. liv. qu'il avoit avant d'être placé .
E Roy a accordé au Marquis de Rubampré ,
sonLieutenant de la Compagnie desGendarmes
Ecossois , l'agrément de la Charge de Capitaine-
Lieutenant de cette Compagnie , vacante par la
démission volontaire du Comte de Mailly , son
frere .
S. M. a nommé l'Abbé de Canillac , Auditeur
de Rotte pour la France.
Le 23. Juillet , M. l'Archevêque de Paris , fit
dans son Eglise Métropoliitaine , la Benediction
des Drapeaux , Guidons et Etendarts des trois
cent Gardes de la Ville , tous habillez de neuf,
M. Taitbout , leur Colonel , étant à la tête . La
nouveauté de cette Cérémonie , qui ne s'étoit pas
encore faite à N.D. pour ce Corps, y avoit attiré
quantité de monde. Les Prévôt des Marchands
et Echevins y assisterent , et dînerent ensuite à
l'Archevêché.
Le 27 la Loterie de la Compagnie des Indes,éta
bli
JUILLET. 1733. 1669
ble pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compaghie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant en tout le
nombre de 328. Actions.
La Fête de Sainte Anne , Patrone de M. de
Vandeil , Ecuyer du Roi , très -connu par Tes
excellens Hommes de cheval qu'il a formez
a été célebrée avec éclat le 27 de ce mois , par
les Gentilshommes - Pensionnaires de l'Académie
, dont il est le Chef. La Fête commença par
un très - beau Concert , après lequel une Sérénade
des meilleurs Instrumens , et quantité de Boëtes
ont précedé un Feu d'Artifice de très - grand
goût , avec de belles illuminations. Plusieurs
Seigneurs et Dames de distinction qui avoient
été invités , ont été charmés de la galanterie de
la Fête , et de la politesse avec laquelle cette
jeune Noblesse en ont fait les honneurs et
marqué leur reconnoissance à M. de Van
deüil.
>
Le bruit que l'on a fait courir que M. de Vandeuil
quittoit son Académie , n'a aucun fondement
, étant toujours dans le dessein de conti
nuer ses soins à la Noblesse .
Le Commandement du Réduit de la Porte-
Blanche de Strasbourg , vacant par la mort de
M. du Cheron , a été donné à M. de Tavignon
, Capitaine au Régiment de Bourbonnois.
-M. de Malesfre , Lieutenant de Rai de Longwy
, s'étant retiré , sa pension de 800. liv. a été
augmentée de 1100. et cette Lieutenance de Roy
1670 MERCURE DE FRANCE
a été donnée à M. de Villure , commandant un
Bataillon du Régiment Royal , Artillerie , auquel
il a été conservé 1200. liv . sur la Pension
de 2500. liv. qu'il avoit avant d'être placé .
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Résumé : « Le Roy a accordé au Marquis de Rubampré, son Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes [...] »
En juillet 1733, plusieurs nominations et événements marquants ont eu lieu. Le lieutenant E Roy a approuvé la nomination du Marquis de Rubampré au poste de Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes Écossais, vacant après la démission du Comte de Mailly. Le roi a nommé l'Abbé de Canillac Auditeur de Rotte pour la France. Le 23 juillet, l'Archevêque de Paris a béni les drapeaux des trois cents Gardes de la Ville, en présence de M. Taitbout et de nombreux spectateurs. Le 27 juillet, la loterie de la Compagnie des Indes a remboursé 328 actions. La fête de Sainte Anne, patronne de M. de Vandeil, a été célébrée par les Gentilshommes Pensionnaires de l'Académie qu'il dirige, avec des concerts, des feux d'artifice et des illuminations. Contrairement aux rumeurs, M. de Vandeil n'a pas quitté son Académie. M. de Tavignon a reçu le Commandement du Réduit de la Porte-Blanche de Strasbourg. M. de Malesfre, ayant quitté sa fonction de Lieutenant du Roi à Longwy, a vu sa pension augmentée à 1900 livres, tandis que M. de Villure a hérité de sa lieutenance, conservant 1200 livres sur sa pension précédente de 2500 livres.
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2399
p. 1670
REMPLACEMENT fait dans la Marine le 10 Juin 1733.
Début :
Capitaines de Vaisseaux, Mrs le Chevalier de Cresnay, Capitaine d'Artillerie, Descoun, Capitaine [...]
Mots clefs :
Marine, Capitaines de vaisseaux, Lieutenants de vaisseaux, Enseignes de vaisseaux, Remplacement
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texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT fait dans la Marine le 10 Juin 1733.
REMPLACEMENT fait dans la
Marine le 10 Juin 1733 .
Capitaines de Vaisseaux , Mrs le Chevalier de
Cresnay , Capitaine d'Artillerie , Descoun , Ca- '
pitaine de Frégate , du Deffend , Capitaine de
Frégate.
Lieutenans de Vaisseaux. Mrs Giffort , Lieutenant
d'Artillerie, S. Surin de Montagne, Lieutenant
d'Artillerie.
Enseignes de Vaisseaux. Mrs Keralio , Brigadier
des Gardes du Pavillon , de Ruither , id.
Du Chaffaut de Besné id. Le Vassor de la
Touche , id. de Fontenay- Montreuil , Garde
Marine.
Marine le 10 Juin 1733 .
Capitaines de Vaisseaux , Mrs le Chevalier de
Cresnay , Capitaine d'Artillerie , Descoun , Ca- '
pitaine de Frégate , du Deffend , Capitaine de
Frégate.
Lieutenans de Vaisseaux. Mrs Giffort , Lieutenant
d'Artillerie, S. Surin de Montagne, Lieutenant
d'Artillerie.
Enseignes de Vaisseaux. Mrs Keralio , Brigadier
des Gardes du Pavillon , de Ruither , id.
Du Chaffaut de Besné id. Le Vassor de la
Touche , id. de Fontenay- Montreuil , Garde
Marine.
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2400
p. 1670
REMPLACEMENT dans l'Artillerie.
Début :
Capitaine d'Artillerie. M. Dupin de Bellegard, Lieutenant d'Artillerie. [...]
Mots clefs :
Artillerie, Capitaine d'artillerie, Lieutenants d'artillerie, Sous-lieutenants d'artillerie, Aides d'artillerie, Remplacement
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texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT dans l'Artillerie.
REMPLACEMENT dans l'Artillerie. ACEMENT
Capitaine Artillerie. M. Dupin de Bellegard
, Lieutenant d'Artilleric.
Lieutenans d'Artillerie. Mrs Boispineau , Sous-
Lieutenant , Beaussier d'Ayrand , id. Serquigny
d'Aché , id.
Sous Lieutenans d'Artillerie. Mrs Clavel de
Gobrant , Ayde d'Artillerie . Mathezon de Ker !
pesch , id. La Bosse , id.
Aydes Artillerie. Mrs de Caillé - Farcy , Sous-
Brigadier des Gardes Marines , de Fayet , Garde-
Marine de Fontenay
villon.
Capitaine Artillerie. M. Dupin de Bellegard
, Lieutenant d'Artilleric.
Lieutenans d'Artillerie. Mrs Boispineau , Sous-
Lieutenant , Beaussier d'Ayrand , id. Serquigny
d'Aché , id.
Sous Lieutenans d'Artillerie. Mrs Clavel de
Gobrant , Ayde d'Artillerie . Mathezon de Ker !
pesch , id. La Bosse , id.
Aydes Artillerie. Mrs de Caillé - Farcy , Sous-
Brigadier des Gardes Marines , de Fayet , Garde-
Marine de Fontenay
villon.
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