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2101
p. 1471-1481
LETTRE de M. le B. Sous Chantre de la Cathédrale d'Auxerre, au R. P. Du Sollier, Jesuite d'Anvers, Continuateur des Recueils de Bollandus, touchant un nouveau Saint, Chanoine du Diocèse de Nevers.
Début :
Comme je me suis apperçû depuis que j'ai l'honneur [...]
Mots clefs :
Nouveau Saint, Église, Auxerre, Père, Autel, Culte, Évêque, Recueils de Bollandus
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le B. Sous Chantre de la Cathédrale d'Auxerre, au R. P. Du Sollier, Jesuite d'Anvers, Continuateur des Recueils de Bollandus, touchant un nouveau Saint, Chanoine du Diocèse de Nevers.
LETTRE de M. le B. Sous Chantre
de la Cathédrale d'Auxerre , au R. P.
Du Sollier , Jesuite d'Anvers , Continuateur des Recueils de Bollandus , touchant
un nouveau Saint , Chanoine du Diocèse
de Nevers.
Omme je me suis apperçû depuis
Cque j'ai l'honneur d'être connu de
vous , Mon Reverend Pere , que vous
n'excluez de votre immense Recueil
d'Acta Sanctorum , aucun des Personnages
qui sont honorez comme Saints ou com
me Bienheureux , dans quelque Eglise
que ce soit , pourvû que les marques de
culte soient exterieures ; jay crû que je
devois vous faire part de la connoissance
qui m'est venuë depuis peu d'un saint
Personnage ,.qui a fini ses jours dans une
Eglise voisine de la nôtre. Ce Saint est
du Diocèse de Nevers , qui , comme vous
sçavcz, confine à celui d'Auxerre , et qui
A vj borne
1472 MERCURE DE FRANCE
borne du côté de Midy la Province Ecclesiastique de Sens.
C'est une opinion assez communément
reçûë , que les Cloîtres et les Deserts ont
formé plus de Saints que les Villes. Depuis que les persécutions cesserent de faire des Martyrs , on ne vit plus que des
saints Anachorettes, quelques saintes Vierges ; on vit encore des Evêques, se sanctifier de temps en temps par leurs travaux Apostoliques ; mais le nombre dominant ne parut point être dans le Clergé
Séculier du second Ordre , quoique les
Martyrologes & les Calendriers ne laissent.pas de fournir un certain nombre
de S. Prêtres , plusieurs Diacres , Soudiacres et même des Clercs , à qui leur sainteté attestée par les Miracles , a fait décerner un culte public.
Mon but n'est point d'examiner ici
pourquoi depuis l'introduction des formes solemnelles de la Canonization , il
y a un si grand nombre de Religieux
canonisez , et si peu de ceux qui se sont
consacrez au Seigneur dans le Clergé Séculier. J'ai dessein seulement , Mon R.P.
de vous faire connoître aujourd'hui un
S. Chanoine d'une Eglise Collegiale , située presque au cœur du Royaume , et
cependant dans un Pays fort solitaire ,
je.
JUILLET. 1732. 1473
je veux dire dans le milieu du Nivernois.
Ce sont deux raisons pressantes qui
m'engagent à vous en écrire dès-à- présent,
la premiere est que vous avancez actuel
lément dans le mois d'Août , mois auquel
il est décedé ; la seconde est parce que
l'on vient de réïterer tout nouvellement
à son égard des marques de culte qui nesont dûës qu'aux Saints.
Ce Bienheureux personnage s'appelle
Nicolas Appleine. Je n'ai pû encore ap--
prendre quelles furent ses actions ; mais
les Miracles qu'il a operez depuis sa mort
prouvent suffisamment sa sainteté. Com
me il ne mourut que sous Louis XI. ces
Miracles ont presque été connus des
Ayeuls de nos Peres. Premery est la petite Ville où il fut Chanoine- Prêtre dans
l'Eglise de S. Marcel. (a) C'est un endroit
fort écarté du tumulte du siecle , et dans
lequel un Chanoine qui ne se propose
que le culte de Dieu , dégagé de toute
affection terrestre , et le soulagement du
Prochain , principalement des Pauvres ,
peut , en menant une vie simple et mortifiée , mériter la Couronne due aux fideles Serviteurs.
On présume que c'est la pratique de ces
( a ) C'est S. Marcel , Martyr de Châllon , du
4. Septembre.
vertus
1474 MERCURE DE FRANCE
vertus qui a fait regarder Nicolas Appleine comme un Saint. Je ne puis vous
en dire rien davantage , jusqu'à- ce que
j'aye reçû des Memoires de sa vie , qu'on
craint fort de ne pas retrouver , parce
qu'ils peuvent avoir été perdus dans le
temps des guerres.
”
gauMais au défaut de ces preuves efficientes de sainteté , je vous marquerai ici
celles qui les supposent comme arrivées et reconnuës. Ce bienheureux Chanoine
mourut l'onzième jour d'Août de l'année
1466. qui étoit le sixième de l'Episcopat
de Pierre de Fontenay , Evêque de Nevers, et du regne de Louis XI.il fut inhumé dans l'Eglise de Premery , à côté
che du grand Autel. Le Prélat et le Prince étant informez de sa sainteté et des
Miracles qui s'opéroient à son Tombeau concoururent à l'établissement de son
culte. Un titre du 14. May 1483. porte- entre autres articles : 1 ° L'érection d'un
Autel à la tête du Tombeau du Bienheureux, par Messire Pierre de Fontenay ,.
Evêque de Nevers , à la priere du Roy
Louis XI. 2°. L'établissement d'une Confrerie en son honneur. 3 ° .L'établissement
d'une Fête aussi en son honneur,fixée au 12.
Août , lendemain de sa mort , le tout à la
requête des Doyen et Chanoines de cette
Eglise,
JUILLET. 17325 147
Eglise , en conséquence des miracles fré
quens qui continuoient au même tom
beau, et desquels l'Evêque même assura
avoir été témoin. L'Autel , dont ce titre
fait mention , étoit orné d'un Tableau ,
qui contenoit les armes de ce Prélat¸et où
le Bienheureux Chanoine étoit representé
guérissant un homme affligé de la vuë ; et
ce Tableau est encore existant dans la même Eglise , avec les mêmes Armoiries..
Jean Boyer , qui succeda à Pierre de
Fontenai , confirma par acte du 25 Septembre 1508. tout ce que son prédecesseur avoit fait en faveur du culte du B.
Nicolas. On voit par d'autres titres , des
années 1484 et 1486. que la Confrerie, érigée en l'honneur du Saint , fut publiée
par les Députez du Chapitre de Prémery
dans les Diocèses voisins , et que les Evêques y donnoient les mains. Mais le titre
le plus remarquable après ceux - là , est une
Lettre de Louis XI.à Pierre de Fontenay,
par laquelle il le remercie de ce qu'il lui
a fait apporter la Robbe du B. Nicolas ,
par la sœur de ce saint homme , et l'assure qu'il envoyeau Chapitre de Prémery ,
un Coffre pour la conserver , ajoutant
qu'on lui fera un singulier plaisir d'en avoir
toujours mémoire , et de publier la dévotion
qu'il a euë envers ce Bienheureux Prêtre.
Сесу
1476 MERCURE DE FRANCE
Cecy ressent assez le style des Lettres
de ce Prince , et vous n'en pouvez douter,
parce que je tiens toutes les choses que je
vous ai rapportées jusqu'icy , d'une personne grave qui a vû les originaux. Le
Corps de ce Saint Personnage , continuë
cette personne , resta au tombeau dans ça
situation naturelle , jusqu'au temps d'Eustache de Chery , Evêque de Nevers. Ce
Prélat crut devoir y apporter quelque
changement. Il fit démolir ce qui étoit
élevé à l'exterieur de la sépulture , et en
place,il lui fit rédiger une Epitaphe qu'on
grava sur la Tombe qu'il fit apposer. En
voicy les termes : Facet hic bone memoria
vir et sancta vita Nicolaus Appleine, Presbyter Canonicus Premeriaci , qui ob crebra
ejus miracula creditur Beatus. Obiit XI. Augusti anno 1466. In memoria æterna erit
justus. Monumentum hoc positum fuit curâ
Eustachii de Chery, Episcopi Nivernensis
anno 1646. On juge par la situation où
l'on a trouvé dernierement les ossemens
du B. Nicolas , de ce que l'Evêque Eustache avoit fait à leur égard. La Tombe
ayant été levée , il a paru une Maçonnerie , au dedans de laquelle étoit une Caisse de plomb , longue de deux pieds et
demi , qui contient tous les ossemens ; et
l'ancien Autel élevé sous l'invocation du
Saint
JUILLET. 1732. 1477
Saint , ayant été détruit en cette presen
te année 1731. comme nuisant aux céré
monies , la Caisse des saints ossemens a
été portée solemnellement dans l'inté
rieur d'un autre Autel , érigé expressément sous le même titre , au fond de l'Eglise , derriere le grand Autel. Cette cé
rémonie a été faite par les ordres de Messire Charles Fontaine des Montées , Evêque de Nevers , le Mardy 3 jour de Juillet dernier , depuis lequel temps. il y a
une affluence bien plus grande qu'aupa
ravantà ces saintes Reliques , et un grand
nombre de Malades se trouvent guéris ou
soulagez par son intercession.
✓
Si la vie de ce S. Prêtre ne se trouve
pas avant que vous soyez parvenu au onziéme jour d'Aoust, ceci servira toujours,
mon R. P. pour fournir à vos Lecteurs
une notice de son culte ; lequel suppose
certainement une sainteté de vie , confirmée par des miracles arrivez peu après sa
mort. C'est , ce me semble, ce qui suffic
pour meriter d'être inséré dans votre Recueil ; au moins je suis certain que si M.
l'Abbé Chastelain , notre ami commun ,
avoit eu connoissance de ce Saint Chanoi
ne ,il l'eut mis dans son Martyrologe uni
versel , au nombre des Bienheureux .Vous
avez , sans doute , remarqué combien il
y
1478 MERCURE DE FRANCE
y a mis de Saints Prêtres du dernier siécle , en qualité de Venerables , lesquels
nesont canonisez que dans l'esprit des
peuples , et qui attendent la voix des
Prélats , pour avoir un culte plus solemnel , quoiqu'on dise ordinairement , vox
populi , vox Dei.
Permettez, mon Reverend Pere , qu'à
cette occasion je vous fasse mes remercimens particuliers , au sujet de la maniere
dont vous et le R. P. Pierre Vandenbosch , venez de traitter au 31. de Juillet
Particle de S. Germain , Evêque d'Auxerre. Vous rendez à ce saint Prélat toute
La gloire qui lui est due ; et votre exemple ne peut que causer de vifs remords
dans l'esprit de certains Reviseurs de Breviaire , qui depuis quelques années ont
fait semblant de méconnoître ce grand
Thaumaturge des Gaules , et en particulier de leur propre Païs , et qui n'ont pas
craint de le biffer entierement du Calendrier. Qui ne doit être content dans notre Diocèse, de la maniere dont vous vous
réunissez à faire son éloge ? En mêmetemps que le Pere de Longueval , votre
confrere , écrit à Paris , que S. Germain
Evêque d'Auxerre , a été l'un des parfaits
modeles de Sainteté , un des plus ardens deffenseurs de la Foy, l'honneur et la consola-
•
tion
JUILLET. 1732. 1479
tion de l'Eglise Gallicane , le Fléau de l'hé
résie , le Pere des peuples , be refuge de tous
les malheureux ( a). Vous confirmez par
votre suffrage , que ce Saint est le seul
que l'ancienne Eglise Gallicane ait comparé au grand S.Martin de Tours, et vous
ajoutez qu'on trouve indifferemment par
tout le Royaume , des Eglises sous l'invocation de l'un comme de l'autre ; en
sorte même qu'on en voit trois , sans sortir de Paris. Et cette multitude étonnante
d'Eglises qui se trouve sous son nom
dans la France , est sans exclure celles.
qui sont ou qui ont existé dans les Royaumes étrangers , et sur tout dans la Grande Bretagne.
Cette étendue et solemnité de culte est
conforme , selon vous , au témoignage de
S. Sidoine Apollinaire , Evêque de Clermont, excellent connoisseur, lequel voulant faire un parallele de S. Agnan , Evêque d'Orleans , avec les plus grands Prélats de son siecle , ne trouvoit point sur
qui il put mieux établir sa comparaison ,
que sur les excellentes vertus de S. Germain d'Auxerre, et de S.Loup de Troyes.
Germano Autissiodorensi, dites - vous , si
quid in Galliis majus atate suâ novisset S.
Apollinaris Sidonius , non satis opinor cx
(a ) Hist. de l'Eglise Gallicane , tom. 1. p-457- arte
1480 MERCURE DE FRANCE
arte laudasset , lib. 8. Epist. 15. S. Ania
num Maximum consummatissimumque
Pontificem , cùm illum diceret, Lupo parem,
Germanoque non imparem. Sedprivata",
ajoutez-vous , que justò longius ablucerent,
mittamus elogia ; quando idem de illo sensus
fuit universa pridem Ecclesia Gallicana ,
qua Sanctis cum indigenis omnibus prætulisse
cultu videatur ac soli Martino Turonensi
ut
exaquasse; cum hujus haudfortè plures quàm
illius nomine dicatas toto passim regno exci
tavit Ecclesias , et in una quidem urbe Pa- risiensi Germano Autissiodorensi , , teste
Bailleto , tres. Prætereà gentes alias atque
imprimis Britannicam , qua ut liquet et Alfordi nostri Annalibus ad annum Christi
441. num. 2. vix ipsis Gallis concedere in
bacparte voluit, structis ejus nominis templis,oppidis , Monasteriis et altaribus (a) ,
Je mets icy ce Texte en entier, non pour
vous rappeller ce que vous sçavez mieux
que moi , mais parce qu'en envoyant ma
lettre à Paris , à l'un de mes amis, qui doit
vous la faire tenir, je suis bien- aise de lui
épargner la peine de recourir à votre dernier Tome de Juillet , qui est peut être
encore assez rare dans cette grande Ville ,
puisqu'il ne fait que commencer à
roître.
pa-
( a ) Acta Sanctorum, Julii. T^m. 7. pag.184.
J'ai
JUILLET. 1732 1481
J'ai lû avec attention tout ce que vous
y dites , contre l'opinion de ceux qui
croïent que les os de S. Germain ne furent pas brulez par les Calvinistes en
1566 ; mais je ne suis point encore per22
suadé
que ce soit
la voie
du feu , que
par
ces saints ossemens se trouvent aujourd'hui soustraits à la veneration des Fideles , et j'espere m'étendre un jour là-dessus,dans mon Histoire des Evêques d'Auxerre. Je suis fâché que vous n'ayez pas
connu deux Manuscrits du Prêtre Constance , qui sont à la Bibliotheque du Roy;
l'un copié au neuviéme siécle sur celui
que les Moines de Saint Germain avoient
présenté à Dagobert I. et l'autre écrit au
commencement du même siecle , par les
soins ou de la plume même d'un nommé
Gundoin , connu par ce qu'en dit le Pere
Martenne dans son premier voyage litteraire , à l'article d'Autun. Ces Manuscrits
m'ont paru être aussi dignes de votre attention que celui de la Cathédrale d'Autan , qui roule presque tout entier sur
notre Saint , et dont vous avez donné
quelques lambeaux qu'en avoit extrait le
P. Chifflet , votre Confrere. Je suis, &c.
AAuxerre, ce 24 Octobre 1731 ,
de la Cathédrale d'Auxerre , au R. P.
Du Sollier , Jesuite d'Anvers , Continuateur des Recueils de Bollandus , touchant
un nouveau Saint , Chanoine du Diocèse
de Nevers.
Omme je me suis apperçû depuis
Cque j'ai l'honneur d'être connu de
vous , Mon Reverend Pere , que vous
n'excluez de votre immense Recueil
d'Acta Sanctorum , aucun des Personnages
qui sont honorez comme Saints ou com
me Bienheureux , dans quelque Eglise
que ce soit , pourvû que les marques de
culte soient exterieures ; jay crû que je
devois vous faire part de la connoissance
qui m'est venuë depuis peu d'un saint
Personnage ,.qui a fini ses jours dans une
Eglise voisine de la nôtre. Ce Saint est
du Diocèse de Nevers , qui , comme vous
sçavcz, confine à celui d'Auxerre , et qui
A vj borne
1472 MERCURE DE FRANCE
borne du côté de Midy la Province Ecclesiastique de Sens.
C'est une opinion assez communément
reçûë , que les Cloîtres et les Deserts ont
formé plus de Saints que les Villes. Depuis que les persécutions cesserent de faire des Martyrs , on ne vit plus que des
saints Anachorettes, quelques saintes Vierges ; on vit encore des Evêques, se sanctifier de temps en temps par leurs travaux Apostoliques ; mais le nombre dominant ne parut point être dans le Clergé
Séculier du second Ordre , quoique les
Martyrologes & les Calendriers ne laissent.pas de fournir un certain nombre
de S. Prêtres , plusieurs Diacres , Soudiacres et même des Clercs , à qui leur sainteté attestée par les Miracles , a fait décerner un culte public.
Mon but n'est point d'examiner ici
pourquoi depuis l'introduction des formes solemnelles de la Canonization , il
y a un si grand nombre de Religieux
canonisez , et si peu de ceux qui se sont
consacrez au Seigneur dans le Clergé Séculier. J'ai dessein seulement , Mon R.P.
de vous faire connoître aujourd'hui un
S. Chanoine d'une Eglise Collegiale , située presque au cœur du Royaume , et
cependant dans un Pays fort solitaire ,
je.
JUILLET. 1732. 1473
je veux dire dans le milieu du Nivernois.
Ce sont deux raisons pressantes qui
m'engagent à vous en écrire dès-à- présent,
la premiere est que vous avancez actuel
lément dans le mois d'Août , mois auquel
il est décedé ; la seconde est parce que
l'on vient de réïterer tout nouvellement
à son égard des marques de culte qui nesont dûës qu'aux Saints.
Ce Bienheureux personnage s'appelle
Nicolas Appleine. Je n'ai pû encore ap--
prendre quelles furent ses actions ; mais
les Miracles qu'il a operez depuis sa mort
prouvent suffisamment sa sainteté. Com
me il ne mourut que sous Louis XI. ces
Miracles ont presque été connus des
Ayeuls de nos Peres. Premery est la petite Ville où il fut Chanoine- Prêtre dans
l'Eglise de S. Marcel. (a) C'est un endroit
fort écarté du tumulte du siecle , et dans
lequel un Chanoine qui ne se propose
que le culte de Dieu , dégagé de toute
affection terrestre , et le soulagement du
Prochain , principalement des Pauvres ,
peut , en menant une vie simple et mortifiée , mériter la Couronne due aux fideles Serviteurs.
On présume que c'est la pratique de ces
( a ) C'est S. Marcel , Martyr de Châllon , du
4. Septembre.
vertus
1474 MERCURE DE FRANCE
vertus qui a fait regarder Nicolas Appleine comme un Saint. Je ne puis vous
en dire rien davantage , jusqu'à- ce que
j'aye reçû des Memoires de sa vie , qu'on
craint fort de ne pas retrouver , parce
qu'ils peuvent avoir été perdus dans le
temps des guerres.
”
gauMais au défaut de ces preuves efficientes de sainteté , je vous marquerai ici
celles qui les supposent comme arrivées et reconnuës. Ce bienheureux Chanoine
mourut l'onzième jour d'Août de l'année
1466. qui étoit le sixième de l'Episcopat
de Pierre de Fontenay , Evêque de Nevers, et du regne de Louis XI.il fut inhumé dans l'Eglise de Premery , à côté
che du grand Autel. Le Prélat et le Prince étant informez de sa sainteté et des
Miracles qui s'opéroient à son Tombeau concoururent à l'établissement de son
culte. Un titre du 14. May 1483. porte- entre autres articles : 1 ° L'érection d'un
Autel à la tête du Tombeau du Bienheureux, par Messire Pierre de Fontenay ,.
Evêque de Nevers , à la priere du Roy
Louis XI. 2°. L'établissement d'une Confrerie en son honneur. 3 ° .L'établissement
d'une Fête aussi en son honneur,fixée au 12.
Août , lendemain de sa mort , le tout à la
requête des Doyen et Chanoines de cette
Eglise,
JUILLET. 17325 147
Eglise , en conséquence des miracles fré
quens qui continuoient au même tom
beau, et desquels l'Evêque même assura
avoir été témoin. L'Autel , dont ce titre
fait mention , étoit orné d'un Tableau ,
qui contenoit les armes de ce Prélat¸et où
le Bienheureux Chanoine étoit representé
guérissant un homme affligé de la vuë ; et
ce Tableau est encore existant dans la même Eglise , avec les mêmes Armoiries..
Jean Boyer , qui succeda à Pierre de
Fontenai , confirma par acte du 25 Septembre 1508. tout ce que son prédecesseur avoit fait en faveur du culte du B.
Nicolas. On voit par d'autres titres , des
années 1484 et 1486. que la Confrerie, érigée en l'honneur du Saint , fut publiée
par les Députez du Chapitre de Prémery
dans les Diocèses voisins , et que les Evêques y donnoient les mains. Mais le titre
le plus remarquable après ceux - là , est une
Lettre de Louis XI.à Pierre de Fontenay,
par laquelle il le remercie de ce qu'il lui
a fait apporter la Robbe du B. Nicolas ,
par la sœur de ce saint homme , et l'assure qu'il envoyeau Chapitre de Prémery ,
un Coffre pour la conserver , ajoutant
qu'on lui fera un singulier plaisir d'en avoir
toujours mémoire , et de publier la dévotion
qu'il a euë envers ce Bienheureux Prêtre.
Сесу
1476 MERCURE DE FRANCE
Cecy ressent assez le style des Lettres
de ce Prince , et vous n'en pouvez douter,
parce que je tiens toutes les choses que je
vous ai rapportées jusqu'icy , d'une personne grave qui a vû les originaux. Le
Corps de ce Saint Personnage , continuë
cette personne , resta au tombeau dans ça
situation naturelle , jusqu'au temps d'Eustache de Chery , Evêque de Nevers. Ce
Prélat crut devoir y apporter quelque
changement. Il fit démolir ce qui étoit
élevé à l'exterieur de la sépulture , et en
place,il lui fit rédiger une Epitaphe qu'on
grava sur la Tombe qu'il fit apposer. En
voicy les termes : Facet hic bone memoria
vir et sancta vita Nicolaus Appleine, Presbyter Canonicus Premeriaci , qui ob crebra
ejus miracula creditur Beatus. Obiit XI. Augusti anno 1466. In memoria æterna erit
justus. Monumentum hoc positum fuit curâ
Eustachii de Chery, Episcopi Nivernensis
anno 1646. On juge par la situation où
l'on a trouvé dernierement les ossemens
du B. Nicolas , de ce que l'Evêque Eustache avoit fait à leur égard. La Tombe
ayant été levée , il a paru une Maçonnerie , au dedans de laquelle étoit une Caisse de plomb , longue de deux pieds et
demi , qui contient tous les ossemens ; et
l'ancien Autel élevé sous l'invocation du
Saint
JUILLET. 1732. 1477
Saint , ayant été détruit en cette presen
te année 1731. comme nuisant aux céré
monies , la Caisse des saints ossemens a
été portée solemnellement dans l'inté
rieur d'un autre Autel , érigé expressément sous le même titre , au fond de l'Eglise , derriere le grand Autel. Cette cé
rémonie a été faite par les ordres de Messire Charles Fontaine des Montées , Evêque de Nevers , le Mardy 3 jour de Juillet dernier , depuis lequel temps. il y a
une affluence bien plus grande qu'aupa
ravantà ces saintes Reliques , et un grand
nombre de Malades se trouvent guéris ou
soulagez par son intercession.
✓
Si la vie de ce S. Prêtre ne se trouve
pas avant que vous soyez parvenu au onziéme jour d'Aoust, ceci servira toujours,
mon R. P. pour fournir à vos Lecteurs
une notice de son culte ; lequel suppose
certainement une sainteté de vie , confirmée par des miracles arrivez peu après sa
mort. C'est , ce me semble, ce qui suffic
pour meriter d'être inséré dans votre Recueil ; au moins je suis certain que si M.
l'Abbé Chastelain , notre ami commun ,
avoit eu connoissance de ce Saint Chanoi
ne ,il l'eut mis dans son Martyrologe uni
versel , au nombre des Bienheureux .Vous
avez , sans doute , remarqué combien il
y
1478 MERCURE DE FRANCE
y a mis de Saints Prêtres du dernier siécle , en qualité de Venerables , lesquels
nesont canonisez que dans l'esprit des
peuples , et qui attendent la voix des
Prélats , pour avoir un culte plus solemnel , quoiqu'on dise ordinairement , vox
populi , vox Dei.
Permettez, mon Reverend Pere , qu'à
cette occasion je vous fasse mes remercimens particuliers , au sujet de la maniere
dont vous et le R. P. Pierre Vandenbosch , venez de traitter au 31. de Juillet
Particle de S. Germain , Evêque d'Auxerre. Vous rendez à ce saint Prélat toute
La gloire qui lui est due ; et votre exemple ne peut que causer de vifs remords
dans l'esprit de certains Reviseurs de Breviaire , qui depuis quelques années ont
fait semblant de méconnoître ce grand
Thaumaturge des Gaules , et en particulier de leur propre Païs , et qui n'ont pas
craint de le biffer entierement du Calendrier. Qui ne doit être content dans notre Diocèse, de la maniere dont vous vous
réunissez à faire son éloge ? En mêmetemps que le Pere de Longueval , votre
confrere , écrit à Paris , que S. Germain
Evêque d'Auxerre , a été l'un des parfaits
modeles de Sainteté , un des plus ardens deffenseurs de la Foy, l'honneur et la consola-
•
tion
JUILLET. 1732. 1479
tion de l'Eglise Gallicane , le Fléau de l'hé
résie , le Pere des peuples , be refuge de tous
les malheureux ( a). Vous confirmez par
votre suffrage , que ce Saint est le seul
que l'ancienne Eglise Gallicane ait comparé au grand S.Martin de Tours, et vous
ajoutez qu'on trouve indifferemment par
tout le Royaume , des Eglises sous l'invocation de l'un comme de l'autre ; en
sorte même qu'on en voit trois , sans sortir de Paris. Et cette multitude étonnante
d'Eglises qui se trouve sous son nom
dans la France , est sans exclure celles.
qui sont ou qui ont existé dans les Royaumes étrangers , et sur tout dans la Grande Bretagne.
Cette étendue et solemnité de culte est
conforme , selon vous , au témoignage de
S. Sidoine Apollinaire , Evêque de Clermont, excellent connoisseur, lequel voulant faire un parallele de S. Agnan , Evêque d'Orleans , avec les plus grands Prélats de son siecle , ne trouvoit point sur
qui il put mieux établir sa comparaison ,
que sur les excellentes vertus de S. Germain d'Auxerre, et de S.Loup de Troyes.
Germano Autissiodorensi, dites - vous , si
quid in Galliis majus atate suâ novisset S.
Apollinaris Sidonius , non satis opinor cx
(a ) Hist. de l'Eglise Gallicane , tom. 1. p-457- arte
1480 MERCURE DE FRANCE
arte laudasset , lib. 8. Epist. 15. S. Ania
num Maximum consummatissimumque
Pontificem , cùm illum diceret, Lupo parem,
Germanoque non imparem. Sedprivata",
ajoutez-vous , que justò longius ablucerent,
mittamus elogia ; quando idem de illo sensus
fuit universa pridem Ecclesia Gallicana ,
qua Sanctis cum indigenis omnibus prætulisse
cultu videatur ac soli Martino Turonensi
ut
exaquasse; cum hujus haudfortè plures quàm
illius nomine dicatas toto passim regno exci
tavit Ecclesias , et in una quidem urbe Pa- risiensi Germano Autissiodorensi , , teste
Bailleto , tres. Prætereà gentes alias atque
imprimis Britannicam , qua ut liquet et Alfordi nostri Annalibus ad annum Christi
441. num. 2. vix ipsis Gallis concedere in
bacparte voluit, structis ejus nominis templis,oppidis , Monasteriis et altaribus (a) ,
Je mets icy ce Texte en entier, non pour
vous rappeller ce que vous sçavez mieux
que moi , mais parce qu'en envoyant ma
lettre à Paris , à l'un de mes amis, qui doit
vous la faire tenir, je suis bien- aise de lui
épargner la peine de recourir à votre dernier Tome de Juillet , qui est peut être
encore assez rare dans cette grande Ville ,
puisqu'il ne fait que commencer à
roître.
pa-
( a ) Acta Sanctorum, Julii. T^m. 7. pag.184.
J'ai
JUILLET. 1732 1481
J'ai lû avec attention tout ce que vous
y dites , contre l'opinion de ceux qui
croïent que les os de S. Germain ne furent pas brulez par les Calvinistes en
1566 ; mais je ne suis point encore per22
suadé
que ce soit
la voie
du feu , que
par
ces saints ossemens se trouvent aujourd'hui soustraits à la veneration des Fideles , et j'espere m'étendre un jour là-dessus,dans mon Histoire des Evêques d'Auxerre. Je suis fâché que vous n'ayez pas
connu deux Manuscrits du Prêtre Constance , qui sont à la Bibliotheque du Roy;
l'un copié au neuviéme siécle sur celui
que les Moines de Saint Germain avoient
présenté à Dagobert I. et l'autre écrit au
commencement du même siecle , par les
soins ou de la plume même d'un nommé
Gundoin , connu par ce qu'en dit le Pere
Martenne dans son premier voyage litteraire , à l'article d'Autun. Ces Manuscrits
m'ont paru être aussi dignes de votre attention que celui de la Cathédrale d'Autan , qui roule presque tout entier sur
notre Saint , et dont vous avez donné
quelques lambeaux qu'en avoit extrait le
P. Chifflet , votre Confrere. Je suis, &c.
AAuxerre, ce 24 Octobre 1731 ,
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Résumé : LETTRE de M. le B. Sous Chantre de la Cathédrale d'Auxerre, au R. P. Du Sollier, Jesuite d'Anvers, Continuateur des Recueils de Bollandus, touchant un nouveau Saint, Chanoine du Diocèse de Nevers.
La lettre de M. le B. Sous Chantre de la Cathédrale d'Auxerre, adressée au R. P. Du Sollier, Jésuite d'Anvers, traite de Nicolas Appleine, un chanoine du diocèse de Nevers. L'auteur note que le R. P. Du Sollier inclut dans ses 'Acta Sanctorum' tous les personnages honorés comme saints ou bienheureux, à condition que les marques de culte soient extérieures. Il observe que les cloîtres et les déserts ont produit plus de saints que les villes et que, depuis la fin des persécutions, les saints sont principalement des anachorètes, des vierges et quelques évêques. Nicolas Appleine, chanoine de l'église de Saint-Marcel à Premery, est décédé le 11 août 1466 sous le règne de Louis XI. Plusieurs miracles lui ont été attribués, et des marques de culte lui ont été rendues. Pierre de Fontenay, évêque de Nevers, et Louis XI ont contribué à l'établissement de son culte, notamment par l'érection d'un autel et la création d'une confrérie en son honneur. Des documents et des témoignages, tels qu'une lettre de Louis XI et des actes épiscopaux, attestent de la sainteté de Nicolas Appleine. L'auteur espère que cette notice permettra d'inclure Nicolas Appleine dans le recueil des saints, même en l'absence de détails sur sa vie, en raison des miracles posthumes qui confirment sa sainteté. Il conclut en exprimant son admiration pour la manière dont le R. P. Du Sollier et le R. P. Pierre Vandenbosch ont honoré saint Germain, évêque d'Auxerre, dans leur dernier tome de juillet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2102
p. 1482-1489
DIVERTISSEMENT. Executé chez Madame *** au sujet de l'Asyle qu'elle a donné à une Assemblée de Musique qu'on avoit voulu détruire.
Début :
PERSONNAGES. MINERVE, Déesse de la Sagesse et des Beaux-Arts. [...]
Mots clefs :
Asile, Assemblée de musique, Triomphe, Heureux, Personnages
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texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT. Executé chez Madame *** au sujet de l'Asyle qu'elle a donné à une Assemblée de Musique qu'on avoit voulu détruire.
DIVERTISSEMENT.
Executé chez Madame *** au sujet de
l'Asyle qu'elle a donné à une Assemblée
de Musique qu'on avoit voulu détruire.
PERSONNAGES.
Minerve , Déesse de la Sagesse et des
Beaux- Arts.
Apollon ,
Terpsicore, Muse qui préside à la Lyre.
Euterpe , Muse qui préside à la Flute.
Eleves de Terpsicore et d'Euterpe.
La Scene est au Parnasse.
Q
Apollon.
Uel silence regne en ces lieux !
Et quel spectacle, ô Ciel, se presente à mes yeux !
Terpsicore désespérée ,
Pousse de longs soupirs, garants de ses douleurs;
Et comme Elle , Euterpe éplorée ,
Me présage quelques malheurs.
Quel est le sujet de vos pleurs ?
Parlez , que sans détour votre bouche plaintive ,
Daigne à ma foy le confier !
Terpsicore , d'où vient que votre Lyre oisive
Est
JUILLET.
1483 1732
Est suspendue à ce Laurier?
Et qu'Euterpe au pied de ce Hêtre ,
Languissant avec vous dans un triste repos,
Du son de sa Flute champêtre
Craint de réveiller nos Echos ? -
Terpsicore.
Non , n'attendez pas que j'expose
Avos yeux le plus noir forfait ;
Le tourment qu'une injure cause,
Redouble au récit qu'on en fait,
Apollon.
Ah! plutôt loin de vous contraindre,
Avos chagrins donnez un libre cours:
La douleur , à se plaindre ,
"
Se soulage toujours.
Terpsicore.
Non , n'attendez pas que j'expos
A vos yeux le plus noir forfait
Le tourment qu'une injure cause
Redouble au récit qu'on en fait.
Apollon.
Eh bien si vous voulez dissimuler l'offense
Qui de vos déplaisirs aigrit la violence ,
Nommez-moi seulement , qui vous ose outfa→
gerEt
1484 MERCURE DE FRANCE
Et mes traits vont vous en venger.
Euterpe.
Ah ! l'espoir de cette vengeance
Suffit pour m'engager à rompre le silence.
Avec des Amphions naissans ,
Par l'ordre de Pallas qui toujours nous seconde
Dans les Climats que l'Ouche arrose de son ondé ,
Tranquilles , nous formions des Accords ravis→
sans ;
Lorsque l'affreuse Envie , ardente à nous détruire ,
Est venueinfecter de ses cruels poisons ,
Le lieu qui résonnoit de nos tendres Chansons
De ma sœur éperduë elle a soüillé la Lyre ,
Et dispersé nos Nourrissons.
८
Apollon.
Muses , croyez- en mon Oracle ,
Vous vaincrez ses efforts jaloux ;
Les Ris renaîtront parmi Vous ;
Plus on a souffert d'un obstacle ,
Et plus le triomphe en est doux.
"Sur les flots , quand l'orage gronde ,
Le pâle Nocher craint la mort ;
Mais si quelque heureux coup du Sort
Le
JUILLET. 1732. 1485
Le dérobe aux fureurs de l'Onde,
Plus joyeux il arrive au Port.
Muses, croyez-en mon Oracle,
Vous vaincrez ses efforts jaloux ;
Les Ris renaîtront parmi Vous;
Plus on a souffert d'un obstacle ,
Et plus le triomphe en est doux.
Mais quelle Déïté suprême ,
En ces lieux tout-à- coup éblouit mes regards
Euterpe.
O Ciel ! c'est Minerve elle-même ,
Qui vient de rassembler nos Nourrissons épars.
SCENE I I.
Minerve , Apollon , Terpsicore , Euterpe .
Eleves de Terpsicore et d'Euterpe.
Euterpe.
Venez , secourable Déesse ,
Venez par vos conseils vainqueurs
Rétablir l'allégresse
Dans le fond de nos cœurs.
Terpsicore. •
Les malheureux en votre absence
S'abandonnent au désespoir ;
1
B Mais
148 MERCURE DE FRANCE
Mais ils recouvrent l'esperance ,
Si-tôt qu'ils peuvent vous revoir.
Euterpe et Terpsicore.
Venez , secourable Déesse ,
Venez par vos conseils vainqueurs ,
Rétablir l'allégresse ,
Dans le fond de nos cœurs.
Minerve.
Devos tristes regrets étouffez le murmure ;
Muses , j'ai sçu , j'ai plaint , j'ai vengé votre injure. "
Pour remplir les projets que vous aviez for- mez ,
TAMYRHE ( a ) qui vous aime autant que vous l'aimez ,
TAMYRHE , à mes conseils docile ,
A tous vos Nourrissons par ma voix ranimez
Dans un superbe lieu promet un sûr Azyle.
Decet heureux succès dont vos cœurs sont chaimez ,
J'ai vû pâlir l'Envie , elle se désespere ,
Et dans son Antre obscur, plein d'Insectes rampans ,
Ce Monstre écumant de colere ,
Est allé loin de vous , dévorer ses Serpens.
( a) L'on désigne sous ce nom , Madame ⋆ ⋆
qui a donnéAsyle à l'Assemblée de Musique , persécutée par les Envieux.
Terpsi-
JUILLET. 1732 1487
Terpsicore et Euterpe.
Triomphe ! Victoire !
De Minerve en ce jour
Celebrons la gloire
Et chantons tour à tour
Triomphe ! Victoire !
Apollon et les Eleves de Terpsicore
et d'Euterpe.
Triomphe ! Victoire !
De Minerve en ce jour ,
Celebrous la gloire ,
Et chantons tour à tour ,
Triomphe ! Victoire !
Minerve.
Pouvois-je moins faire pour vous
Que d'embrasser votre deffense ?
De tous les Arts divers qui sont sous ma puissance ,
Le Vêtre de tout temps m'a paru le plus doux.*
Heureux qui de l'Harmonie
Entend les sons mélodieux !
Ils font dans les Cieux
Le plaisir des Dieux ,
Et par tux des Humains la peine est adoucie.
Heureux qui de l'Harmonie
Bij Entend
1488 MERCURE DE FRANCE
Entend les sons mélodieux !
Les charmes invincibles
D'une agréable Voix
Ont dompté la fureur des Ours les plus terri
bles ,
Et sçû rendre sensibles
Les Rochers et les Bois.
Sur l'infernale Rive ,
Le Dieu même des Morts ?
Aprêté quelquefois une oreille attentive
A de tendres Accords.
Apollon , Terpsicore , Euterpe ;
et leurs Eleves.
Heureux qui de l'Harmonie
Intend les sons mélodieux !
Ils font dans les Cieux
Le plaisir des Dieux ,
Et par eux ,des Humains , la peine est adoucie.
Heureux qui de l'Harmonic
Entend les sons mélodieux !
Minerve.
Ovous qui d'un sort tranquille
Joüirez désormais , en dépit des Jaloux ,
Dans le glorieux azyle,
Que
JUILLET: 1732 . 1489
Que TAMYRHE à mes yeux vient d'accorder pous vous ,
Aux yeux de cette Mortelle ,
Par les Airs les plus touchans
Signalez tous votre zéle ;
Elle est digne de vos Chants ,
Que vos Chants soient dignes
d'Elle.
Terpsicore , Euterpe et leurs Eleves.
Aux yeux de cette Mortelle ,
Par les Airs les plus touchans,
Signalons tous notre zele ;
Elle est digne de nos Chants ,
Que nos Chants soient dignes d'Elle.
Les paroles sont de M. COCQUARD , Avocat au
Parlement de Dijon , et la Musique de M. l'Abbé FAUBERT
Executé chez Madame *** au sujet de
l'Asyle qu'elle a donné à une Assemblée
de Musique qu'on avoit voulu détruire.
PERSONNAGES.
Minerve , Déesse de la Sagesse et des
Beaux- Arts.
Apollon ,
Terpsicore, Muse qui préside à la Lyre.
Euterpe , Muse qui préside à la Flute.
Eleves de Terpsicore et d'Euterpe.
La Scene est au Parnasse.
Q
Apollon.
Uel silence regne en ces lieux !
Et quel spectacle, ô Ciel, se presente à mes yeux !
Terpsicore désespérée ,
Pousse de longs soupirs, garants de ses douleurs;
Et comme Elle , Euterpe éplorée ,
Me présage quelques malheurs.
Quel est le sujet de vos pleurs ?
Parlez , que sans détour votre bouche plaintive ,
Daigne à ma foy le confier !
Terpsicore , d'où vient que votre Lyre oisive
Est
JUILLET.
1483 1732
Est suspendue à ce Laurier?
Et qu'Euterpe au pied de ce Hêtre ,
Languissant avec vous dans un triste repos,
Du son de sa Flute champêtre
Craint de réveiller nos Echos ? -
Terpsicore.
Non , n'attendez pas que j'expose
Avos yeux le plus noir forfait ;
Le tourment qu'une injure cause,
Redouble au récit qu'on en fait,
Apollon.
Ah! plutôt loin de vous contraindre,
Avos chagrins donnez un libre cours:
La douleur , à se plaindre ,
"
Se soulage toujours.
Terpsicore.
Non , n'attendez pas que j'expos
A vos yeux le plus noir forfait
Le tourment qu'une injure cause
Redouble au récit qu'on en fait.
Apollon.
Eh bien si vous voulez dissimuler l'offense
Qui de vos déplaisirs aigrit la violence ,
Nommez-moi seulement , qui vous ose outfa→
gerEt
1484 MERCURE DE FRANCE
Et mes traits vont vous en venger.
Euterpe.
Ah ! l'espoir de cette vengeance
Suffit pour m'engager à rompre le silence.
Avec des Amphions naissans ,
Par l'ordre de Pallas qui toujours nous seconde
Dans les Climats que l'Ouche arrose de son ondé ,
Tranquilles , nous formions des Accords ravis→
sans ;
Lorsque l'affreuse Envie , ardente à nous détruire ,
Est venueinfecter de ses cruels poisons ,
Le lieu qui résonnoit de nos tendres Chansons
De ma sœur éperduë elle a soüillé la Lyre ,
Et dispersé nos Nourrissons.
८
Apollon.
Muses , croyez- en mon Oracle ,
Vous vaincrez ses efforts jaloux ;
Les Ris renaîtront parmi Vous ;
Plus on a souffert d'un obstacle ,
Et plus le triomphe en est doux.
"Sur les flots , quand l'orage gronde ,
Le pâle Nocher craint la mort ;
Mais si quelque heureux coup du Sort
Le
JUILLET. 1732. 1485
Le dérobe aux fureurs de l'Onde,
Plus joyeux il arrive au Port.
Muses, croyez-en mon Oracle,
Vous vaincrez ses efforts jaloux ;
Les Ris renaîtront parmi Vous;
Plus on a souffert d'un obstacle ,
Et plus le triomphe en est doux.
Mais quelle Déïté suprême ,
En ces lieux tout-à- coup éblouit mes regards
Euterpe.
O Ciel ! c'est Minerve elle-même ,
Qui vient de rassembler nos Nourrissons épars.
SCENE I I.
Minerve , Apollon , Terpsicore , Euterpe .
Eleves de Terpsicore et d'Euterpe.
Euterpe.
Venez , secourable Déesse ,
Venez par vos conseils vainqueurs
Rétablir l'allégresse
Dans le fond de nos cœurs.
Terpsicore. •
Les malheureux en votre absence
S'abandonnent au désespoir ;
1
B Mais
148 MERCURE DE FRANCE
Mais ils recouvrent l'esperance ,
Si-tôt qu'ils peuvent vous revoir.
Euterpe et Terpsicore.
Venez , secourable Déesse ,
Venez par vos conseils vainqueurs ,
Rétablir l'allégresse ,
Dans le fond de nos cœurs.
Minerve.
Devos tristes regrets étouffez le murmure ;
Muses , j'ai sçu , j'ai plaint , j'ai vengé votre injure. "
Pour remplir les projets que vous aviez for- mez ,
TAMYRHE ( a ) qui vous aime autant que vous l'aimez ,
TAMYRHE , à mes conseils docile ,
A tous vos Nourrissons par ma voix ranimez
Dans un superbe lieu promet un sûr Azyle.
Decet heureux succès dont vos cœurs sont chaimez ,
J'ai vû pâlir l'Envie , elle se désespere ,
Et dans son Antre obscur, plein d'Insectes rampans ,
Ce Monstre écumant de colere ,
Est allé loin de vous , dévorer ses Serpens.
( a) L'on désigne sous ce nom , Madame ⋆ ⋆
qui a donnéAsyle à l'Assemblée de Musique , persécutée par les Envieux.
Terpsi-
JUILLET. 1732 1487
Terpsicore et Euterpe.
Triomphe ! Victoire !
De Minerve en ce jour
Celebrons la gloire
Et chantons tour à tour
Triomphe ! Victoire !
Apollon et les Eleves de Terpsicore
et d'Euterpe.
Triomphe ! Victoire !
De Minerve en ce jour ,
Celebrous la gloire ,
Et chantons tour à tour ,
Triomphe ! Victoire !
Minerve.
Pouvois-je moins faire pour vous
Que d'embrasser votre deffense ?
De tous les Arts divers qui sont sous ma puissance ,
Le Vêtre de tout temps m'a paru le plus doux.*
Heureux qui de l'Harmonie
Entend les sons mélodieux !
Ils font dans les Cieux
Le plaisir des Dieux ,
Et par tux des Humains la peine est adoucie.
Heureux qui de l'Harmonie
Bij Entend
1488 MERCURE DE FRANCE
Entend les sons mélodieux !
Les charmes invincibles
D'une agréable Voix
Ont dompté la fureur des Ours les plus terri
bles ,
Et sçû rendre sensibles
Les Rochers et les Bois.
Sur l'infernale Rive ,
Le Dieu même des Morts ?
Aprêté quelquefois une oreille attentive
A de tendres Accords.
Apollon , Terpsicore , Euterpe ;
et leurs Eleves.
Heureux qui de l'Harmonie
Intend les sons mélodieux !
Ils font dans les Cieux
Le plaisir des Dieux ,
Et par eux ,des Humains , la peine est adoucie.
Heureux qui de l'Harmonic
Entend les sons mélodieux !
Minerve.
Ovous qui d'un sort tranquille
Joüirez désormais , en dépit des Jaloux ,
Dans le glorieux azyle,
Que
JUILLET: 1732 . 1489
Que TAMYRHE à mes yeux vient d'accorder pous vous ,
Aux yeux de cette Mortelle ,
Par les Airs les plus touchans
Signalez tous votre zéle ;
Elle est digne de vos Chants ,
Que vos Chants soient dignes
d'Elle.
Terpsicore , Euterpe et leurs Eleves.
Aux yeux de cette Mortelle ,
Par les Airs les plus touchans,
Signalons tous notre zele ;
Elle est digne de nos Chants ,
Que nos Chants soient dignes d'Elle.
Les paroles sont de M. COCQUARD , Avocat au
Parlement de Dijon , et la Musique de M. l'Abbé FAUBERT
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Résumé : DIVERTISSEMENT. Executé chez Madame *** au sujet de l'Asyle qu'elle a donné à une Assemblée de Musique qu'on avoit voulu détruire.
Le texte relate un divertissement organisé chez Madame *** en hommage à l'asile qu'elle a offert à une assemblée de musique menacée de destruction. La scène se déroule au Parnasse et implique plusieurs personnages divins : Minerve, Apollon, Terpsicore et Euterpe, ainsi que leurs élèves. Apollon, intrigué par l'atmosphère triste, interroge Terpsicore et Euterpe sur la cause de leur désespoir. Terpsicore refuse d'abord de parler, mais Euterpe révèle que l'Envie a perturbé leurs activités musicales en infectant leur lieu de rassemblement et en dispersant leurs élèves. Apollon les rassure en leur promettant que leurs efforts seront couronnés de succès. Minerve apparaît ensuite, annonçant qu'elle a vengé l'injure subie par les Muses. Elle révèle que Tamyrè, une protectrice des Muses, a offert un asile sûr à leurs élèves dans un superbe lieu. Minerve célèbre la victoire sur l'Envie et exalte les bienfaits de l'harmonie, capable d'apaiser même les créatures les plus féroces. Elle encourage les Muses et leurs élèves à honorer Madame *** par des chants dignes de sa protection. Les paroles du divertissement sont de M. Cocquard et la musique de l'Abbé Faubert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2103
p. 1489-1495
LETTRE écrite à M. D. L. R. par un bas Normand, sur la maniere de faire du vin rouge avec des raisins blancs.
Début :
Quoique je sois Normand, et même bas Normand, vous trouverez [...]
Mots clefs :
Vin rouge, Raisins blancs, Liqueur, Normandie, Champagne, Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. par un bas Normand, sur la maniere de faire du vin rouge avec des raisins blancs.
LETTRE écrite à M. D. L. R. par
un bas Normand , sur la maniere defaire du vin rouge avec des raisins blancs.
Q
Uoique je sois Normand , et même
bas Normand, vous trouverez bon,
Monsieur, que je m'addresse à vous pour
obtenir de quelque Bourguignon la soBiij lution
1490 MERCURE DE FRANCE
lution d'un endroit qui m'a embarrassé
en lisant une Lettre d'un ancien Moine
de S. Denys ( a ). Il n'est pas extraordinaire que nous , qui ne voyons croître
dans nos Campagnes que des Pommes ou
des Poires dont on fait le jus qui sert
de boisson au commun du peuple , ne
soyons pas pleinement informez de la
maniere dont on façonne le vin. Ce Moi
ne qui s'appelloit Guillaume , lassé apparemment du tracas qui est ordinaire dans
les grandes Maisons , sur tout dans celleoù le premier Ministre du Royaume faisoit sa demeure , se retira dans un petit
Monastere de la Province d'Aquitaine ,
pour y finir ses jours,
C'étoit vers le milieu du douzième
siécle, quatre autres Moines qui portoient,
comme lui , le nom de Guillaume ; sçavoir , Guillaume le Préchantre , Guillaume le Cellerier , Guillaume le Notaire ou
le Secretaire , et Guillaume le Médecin
lui écrivirent pour l'exhorter à sortir de
ce trou , et à revenir à S. Denys. Il leur
fit une réponse qui m'a paru fort spirituelle ; et pour prouver qu'il auroit tort
de quirter cette petite Maison, il en a fait
une Description tout à fait réjouissante.
(a ) Thesaur. Anecdotor. P P. Martene et Du¬ rand. Tom. I. pag. 442
JUILLET 1732 1491
Il nemarque point dans quel Diocése étoit
ce petit Couvent ; mais comme il dit que
la Riviere de Vienne ( Vigenna ) passoit à
deux traits d'Arbalestre de cet endroit ; il
y a apparence qu'il étoit bâti dans le Diocèse de Limoges ou dans celui de Poitiers.
Parlant des avantages du terrain , il va
jusqu'à dire que le vin qui y croissoit ,
surpassoit celui de Falerne, puis il ajoute:
Hic mirum in modum ex albis botrionibus
vinum vidi rubeum , et ex nigris èconverso
conficitur album. La premiere partie de
cette phrase fait le sujet de ma curiosité.
Je comprends bien qu'avec des raisins.
noirs l'on peut faire du vin blanc; mais je
ne conçois pas , moi bas Normand, comment avec des raisins blancs seuls , on
peut faire du vin rouge. Plus d'un Parisien pourroit bien y être embarassé comme moi. Passant autrefois à Chablis et ailleurs dans la Champagne , j'ai vû exécuter la seconde partie de ce qu'avance le
Moine de S. Denys ; mais à l'égard de ce
qui précede , je vous avoue que je m'y
perds , et j'ai toujours crû qu'avec des raisins blancs, de quelque maniere qu'on les
écrase, et quelque long que soit le temps
qu'on les laisse dans la Cuve, on n'en peut
,
faire que du vin blanc ou tout au plus du
vin jaune, comme notre Cidre de Bayeux.
B iiij Ce
1492 MERCURE DE FRANCE
Ce Moine donc auroit- il voulu broder?
Se seroit- il exposé à mentir en écrivant
aux amis du grand Abbé Suger? ou bien
y auroit- il quelque équivoque renfermé
dans la premiere Partie de sa proposition?
Il ne seroit pas indifférent de sçavoir d'où
il est natif; car il y a des Nations plus ou
moins sinceres ; je dis ceci , sans prétendre blesser le respect que je dois à mes
compatriotes. Si ce Moine étoit originaire du Païs où le Monastere en question
étoit situé, l'amour de la Patrie a pû le
porter à en exagérer les avantages. Je ne
sçai que croire de tout le bien qu'il en
dit ; il attribuë à
l'Oratoire de cette Maison , (c'est ainsi qu'il appelle l'Eglise) une
prérogative dont l'extension seroit fort à
désirer de nos jours ;
sçavoir , que quiconque y entroit dans le dessein de dérober, étoit tout à coup puni d'aveuglement , ou d'une peine encore plus grande. Ce Privilege seroit fort à
souhaiter ,
nonseulement pour les Eglises de Paris
mais encore pour celles d'un certain Païs
où l'on se défie souvent , avec raison
d'une partie de ceux qui paroissent y entrer dans le plus grand esprit de dévotion ; et je vous avoue que si tous lesvo- leurs tomboient roides morts ou devemoient aveugles en entrant dans les Eglises
JUILLET. 1732 1493
ses , cela auroit épargné bien des ceremonies qui ont été faites à la Grève et
ailleurs.
Après tout , une Description qui ne
porte pas le nom spécifique du lieu, laisse
toujours le Lecteur en suspens ; que ce
soit Poitou ou Limosin , je ne m'en embarasse pas beaucoup , pourvû que vous
me procuriez le secret par lequel on fait
du vin rouge avec des raisins blancs.
Ce n'est pas que je veuille m'en servir ;
vous sçavez par vous-même que nous n'avons icy que des Treilles à verjus ; je suis
éloigné de plus de 25 lieues des dernieres Vignes des Vignobles de Normandie ;
mais je demande seulement comment du
blanc peut devenir rouge ; simpliciter es
sine addito. UnPeintre qui sçait le mélange et la combinaison des couleurs, pourroit m'éclaircir là- dessus , et malheureusement je n'en trouve point dans mon
Village. Ces sortes d'Ouvriers sont rares
dans nos quartiers et n'y font pas long
séjour , lorsqu'ils veulent être sinceres , et
ne pas flatter, conformément au génie du
Païs.
Pour vous , Monsieur , qui voyez les
Nations qui abordent à Paris de tous les
côtez,je vous réïtere ma priere , et je vous
demande ou de m'indiquer , si vous pouBv vez ,
1494 MERCURE DE FRANCE
vez , l'endroit marqué dans la Lettre du
Moine Guillaume , afin que je puisse y
écrire pour sçavoir si ce secret subsiste
toujours , ou , si vous ne pouvez me l'in
diquer , de me procurer de quelque autre Païs Vignoble , une réponse qui satisfasse ma curiosité. Il ne vous sera pas difficile de faire parler , sur le premier atticle , quelques Bourguignons , à vous
qui avez rendu si publiques par toute la
terre les Décisions souveraines de Bacchus en faveur de leur Province , de ceDieu qui dit si volontiers la vérité , in.
vino veritas. Je souscris de tout mon
cœur à la déclaration authentique que
cette Divinité a donnée en faveur des Vins
de la veritable Bourgogne , quelle que.
soit la situation des côtes d'où ils proce
dent , hiute , moyenne et même basse .
pourvû que ce vin soit franc , pectoral ,
et sans goût de craye , de nitre , ou de
souffre , ou enfin de pierre à fusil . Le
corps de l'homme n'étant point un alembic , ni de ces tuyaux de distillation
qu'il n'importe pas de ménager ; les vins
qui sont sujets à certaine fougue subite et passagere , et qui font plutôt monter des vapeurs au cerveau , qu'ils ne répandent de vigueur dans les veines , ne
peuvent lui convenir amniablement; et le
plaisir
JUILELT. 1732 1495
plaisir qu'on ressent à les boire , laisse
toujoursaprès lui le regret d'en avoir usé.
Je mets autant de difference entre les
francs vins de Bourgogne , et les vins
caustiques de certains Païs , où l'on croit
qu'il suffit d'être presque limitrophe de
cette Province pour y être aggrégé , qu'il
y en a entre les Cidres qu'on fait à Bayeux
et dans le Cotentin , et celui qu'on pour
roit faire à Paris. Ne soyez pas surpris , /
Monsieur , qu'un Normand vous écrive
sur ce ton ; c'est un Normand qui abandonne à ses domestiques la liqueur ambrée ou dorée dont il vient de vous parler , et qui n'use en son particulier que
de la rouge , et de la plus sanguine ; soit
qu'elle lui vienne par les côtes de la Mer¸.
soit que ce soit par le Canal de la Seine
et par les voitures de terre. Je suis, &c.
De St... ce 31 Mars 1732–
un bas Normand , sur la maniere defaire du vin rouge avec des raisins blancs.
Q
Uoique je sois Normand , et même
bas Normand, vous trouverez bon,
Monsieur, que je m'addresse à vous pour
obtenir de quelque Bourguignon la soBiij lution
1490 MERCURE DE FRANCE
lution d'un endroit qui m'a embarrassé
en lisant une Lettre d'un ancien Moine
de S. Denys ( a ). Il n'est pas extraordinaire que nous , qui ne voyons croître
dans nos Campagnes que des Pommes ou
des Poires dont on fait le jus qui sert
de boisson au commun du peuple , ne
soyons pas pleinement informez de la
maniere dont on façonne le vin. Ce Moi
ne qui s'appelloit Guillaume , lassé apparemment du tracas qui est ordinaire dans
les grandes Maisons , sur tout dans celleoù le premier Ministre du Royaume faisoit sa demeure , se retira dans un petit
Monastere de la Province d'Aquitaine ,
pour y finir ses jours,
C'étoit vers le milieu du douzième
siécle, quatre autres Moines qui portoient,
comme lui , le nom de Guillaume ; sçavoir , Guillaume le Préchantre , Guillaume le Cellerier , Guillaume le Notaire ou
le Secretaire , et Guillaume le Médecin
lui écrivirent pour l'exhorter à sortir de
ce trou , et à revenir à S. Denys. Il leur
fit une réponse qui m'a paru fort spirituelle ; et pour prouver qu'il auroit tort
de quirter cette petite Maison, il en a fait
une Description tout à fait réjouissante.
(a ) Thesaur. Anecdotor. P P. Martene et Du¬ rand. Tom. I. pag. 442
JUILLET 1732 1491
Il nemarque point dans quel Diocése étoit
ce petit Couvent ; mais comme il dit que
la Riviere de Vienne ( Vigenna ) passoit à
deux traits d'Arbalestre de cet endroit ; il
y a apparence qu'il étoit bâti dans le Diocèse de Limoges ou dans celui de Poitiers.
Parlant des avantages du terrain , il va
jusqu'à dire que le vin qui y croissoit ,
surpassoit celui de Falerne, puis il ajoute:
Hic mirum in modum ex albis botrionibus
vinum vidi rubeum , et ex nigris èconverso
conficitur album. La premiere partie de
cette phrase fait le sujet de ma curiosité.
Je comprends bien qu'avec des raisins.
noirs l'on peut faire du vin blanc; mais je
ne conçois pas , moi bas Normand, comment avec des raisins blancs seuls , on
peut faire du vin rouge. Plus d'un Parisien pourroit bien y être embarassé comme moi. Passant autrefois à Chablis et ailleurs dans la Champagne , j'ai vû exécuter la seconde partie de ce qu'avance le
Moine de S. Denys ; mais à l'égard de ce
qui précede , je vous avoue que je m'y
perds , et j'ai toujours crû qu'avec des raisins blancs, de quelque maniere qu'on les
écrase, et quelque long que soit le temps
qu'on les laisse dans la Cuve, on n'en peut
,
faire que du vin blanc ou tout au plus du
vin jaune, comme notre Cidre de Bayeux.
B iiij Ce
1492 MERCURE DE FRANCE
Ce Moine donc auroit- il voulu broder?
Se seroit- il exposé à mentir en écrivant
aux amis du grand Abbé Suger? ou bien
y auroit- il quelque équivoque renfermé
dans la premiere Partie de sa proposition?
Il ne seroit pas indifférent de sçavoir d'où
il est natif; car il y a des Nations plus ou
moins sinceres ; je dis ceci , sans prétendre blesser le respect que je dois à mes
compatriotes. Si ce Moine étoit originaire du Païs où le Monastere en question
étoit situé, l'amour de la Patrie a pû le
porter à en exagérer les avantages. Je ne
sçai que croire de tout le bien qu'il en
dit ; il attribuë à
l'Oratoire de cette Maison , (c'est ainsi qu'il appelle l'Eglise) une
prérogative dont l'extension seroit fort à
désirer de nos jours ;
sçavoir , que quiconque y entroit dans le dessein de dérober, étoit tout à coup puni d'aveuglement , ou d'une peine encore plus grande. Ce Privilege seroit fort à
souhaiter ,
nonseulement pour les Eglises de Paris
mais encore pour celles d'un certain Païs
où l'on se défie souvent , avec raison
d'une partie de ceux qui paroissent y entrer dans le plus grand esprit de dévotion ; et je vous avoue que si tous lesvo- leurs tomboient roides morts ou devemoient aveugles en entrant dans les Eglises
JUILLET. 1732 1493
ses , cela auroit épargné bien des ceremonies qui ont été faites à la Grève et
ailleurs.
Après tout , une Description qui ne
porte pas le nom spécifique du lieu, laisse
toujours le Lecteur en suspens ; que ce
soit Poitou ou Limosin , je ne m'en embarasse pas beaucoup , pourvû que vous
me procuriez le secret par lequel on fait
du vin rouge avec des raisins blancs.
Ce n'est pas que je veuille m'en servir ;
vous sçavez par vous-même que nous n'avons icy que des Treilles à verjus ; je suis
éloigné de plus de 25 lieues des dernieres Vignes des Vignobles de Normandie ;
mais je demande seulement comment du
blanc peut devenir rouge ; simpliciter es
sine addito. UnPeintre qui sçait le mélange et la combinaison des couleurs, pourroit m'éclaircir là- dessus , et malheureusement je n'en trouve point dans mon
Village. Ces sortes d'Ouvriers sont rares
dans nos quartiers et n'y font pas long
séjour , lorsqu'ils veulent être sinceres , et
ne pas flatter, conformément au génie du
Païs.
Pour vous , Monsieur , qui voyez les
Nations qui abordent à Paris de tous les
côtez,je vous réïtere ma priere , et je vous
demande ou de m'indiquer , si vous pouBv vez ,
1494 MERCURE DE FRANCE
vez , l'endroit marqué dans la Lettre du
Moine Guillaume , afin que je puisse y
écrire pour sçavoir si ce secret subsiste
toujours , ou , si vous ne pouvez me l'in
diquer , de me procurer de quelque autre Païs Vignoble , une réponse qui satisfasse ma curiosité. Il ne vous sera pas difficile de faire parler , sur le premier atticle , quelques Bourguignons , à vous
qui avez rendu si publiques par toute la
terre les Décisions souveraines de Bacchus en faveur de leur Province , de ceDieu qui dit si volontiers la vérité , in.
vino veritas. Je souscris de tout mon
cœur à la déclaration authentique que
cette Divinité a donnée en faveur des Vins
de la veritable Bourgogne , quelle que.
soit la situation des côtes d'où ils proce
dent , hiute , moyenne et même basse .
pourvû que ce vin soit franc , pectoral ,
et sans goût de craye , de nitre , ou de
souffre , ou enfin de pierre à fusil . Le
corps de l'homme n'étant point un alembic , ni de ces tuyaux de distillation
qu'il n'importe pas de ménager ; les vins
qui sont sujets à certaine fougue subite et passagere , et qui font plutôt monter des vapeurs au cerveau , qu'ils ne répandent de vigueur dans les veines , ne
peuvent lui convenir amniablement; et le
plaisir
JUILELT. 1732 1495
plaisir qu'on ressent à les boire , laisse
toujoursaprès lui le regret d'en avoir usé.
Je mets autant de difference entre les
francs vins de Bourgogne , et les vins
caustiques de certains Païs , où l'on croit
qu'il suffit d'être presque limitrophe de
cette Province pour y être aggrégé , qu'il
y en a entre les Cidres qu'on fait à Bayeux
et dans le Cotentin , et celui qu'on pour
roit faire à Paris. Ne soyez pas surpris , /
Monsieur , qu'un Normand vous écrive
sur ce ton ; c'est un Normand qui abandonne à ses domestiques la liqueur ambrée ou dorée dont il vient de vous parler , et qui n'use en son particulier que
de la rouge , et de la plus sanguine ; soit
qu'elle lui vienne par les côtes de la Mer¸.
soit que ce soit par le Canal de la Seine
et par les voitures de terre. Je suis, &c.
De St... ce 31 Mars 1732–
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. par un bas Normand, sur la maniere de faire du vin rouge avec des raisins blancs.
Un Normand résidant en Basse-Normandie écrit à M. D. L. R. pour obtenir des informations sur la fabrication de vin rouge à partir de raisins blancs. Il s'inspire d'une lettre d'un ancien moine de Saint-Denis, Guillaume, qui mentionne cette pratique. Le moine Guillaume, retiré dans un monastère en Aquitaine au XIIe siècle, décrit son lieu de retraite comme produisant un vin rouge exceptionnel à partir de raisins blancs. Intrigué par cette affirmation, le Normand cherche à comprendre le processus, car il ne voit que des pommes et des poires dans sa région. Il mentionne avoir vu du vin blanc fabriqué à partir de raisins noirs, mais reste perplexe sur la transformation de raisins blancs en vin rouge. Il sollicite l'aide de M. D. L. R. pour obtenir des éclaircissements, soit en localisant le monastère mentionné, soit en consultant des experts du vin, comme des Bourguignons. Le Normand exprime également sa préférence pour les vins francs et de qualité, comparant les vins de Bourgogne aux cidres normands.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2104
p. 1501-1510
LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. A. C. D. U. au sujet du Marquis de Rosny, depuis Duc de Sully, &c. contenant quelques Remarques Historiques, &c.
Début :
Je n'ai pû, Monsieur, vous satisfaire plutôt sur les [...]
Mots clefs :
Marquis de Rosny, Duc de Sully, Diocèse, Maximilien de Bethune, Charge, Voyage, Pension
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. A. C. D. U. au sujet du Marquis de Rosny, depuis Duc de Sully, &c. contenant quelques Remarques Historiques, &c.
LETTRE de M. D. L. R. écrite
à M. A. C. D. V. au sujet du Marquis
de Rosny , depuis Duc de Sully , &c.
contenant quelques Remarques Histori
ques , &c.
E n'ai pû , Monsieur , vous satisfaire
Jplutôt sur les éclaircissemensque vous
me demandez par votre derniere Lettre ;
la matiere ma paru mériter attention , et
ce n'est qu'après avoir fait les recherches
convenables , que je me vois enfin en
état de répondre un peu pertinemment
aux questions que vous me faites.
Vous voulez d'abord sçavoir s'il est
vrai que Maximilien de Bethune , Marquis de Rosny, puis I. Duc de Sully , et
Principal Ministre sous le Regne de Henry le Grand , ait possedé l'Abbaye de
S.Taurin d'Evreux,par nomination Royale , ainsi qu'un homme de Lettres , fort
versé dans l'Histoire de votre Diocèse ,
vous l'a assuré. Vous ajoûtez qu'il n'a
pas
502 MERCURE DE FRANCE
pas pû vous en fournir la preuve , et qu'il
ne se trouve aucun vestige de ce fait sin
gulier , même dans les Archives de l'AbBaye en question. La singularité consiste
en ce que le Marquis de Rosny a été de
la Religion P. R.
Je répons , Monsieur , que ce fait a
toujours passé chez moi pour très- certain,
et qu'il se trouve ainsi écrit dans mes
Memoires , recueillis depuis bien des années ; mais comme il faut des preuves et
des preuves solides à quiconque veut ,
comme vous , écrire une Histoire digne
de la Posterité , je me suis mis en devoir
de vous fournir celle dont il s'agit ici.
C'est d'abord inutilement que je l'ai cherchée dans l'Histoire de la Maison de Be
thune , publiée par André du Chesne en
1639. dans laquelle il y a un très- long
Chapitre et un détail curieux de la vie du
Marquis de Rosny , qui vivoit encore en
ce temps- là ; même silence dans le Gallia Christiana de M" de Sainte Marthe
Article de l'Abbaye de S.. Taurin , où
un semblable fait auroit dû , sans doute,
n'être pas omis, et encore dans l'Histoire
Genealogique du P. Anselme..
Je ne me suis pas rebuté pour cela , et
j'ai bien fait car j'ai enfin trouvé ce que:
i cherchois en ouvrant , presque à l'aventure,,
JUILLET. 1732 1503
venture , le premier volume des Memoires de Sully , et cela dans un endroit où
l'ordre des temps et la matiere sembloient
ne pas permettre de l'y trouver. C'est
dans le Chapitre XLIX. intitulé Affaires
d'Etat , avec beaucoup de raison ; car on
y voit la Ville de Roüen réduite à l'obéissance du Roy , et toute la Normandie rendue enfin paisible par les soins du
Marquis de Rosny.
Après un succès si heureux , ce Seigneur partit de Roüen au mois de Mars
1594. pour se rendre auprès du Roy son
Maître , dont la Cour étoit à Paris , et il
vint coucher à Louviers , petite Ville sur
la Riviere d'Eure. Là il lui arriva une:
aventure des plus plaisantes , et qui semble être faite pour servir d'Episode propre à égayer le grand sérieux de cet endroit des Memoires. Je vais vous le narrer. Elle contient le dénoument de votre
premiere Question.
Boisrosé,Gentilhomme Normand, Gou
verneur de Fécamp , arriva fort tard dans
la même Hôtellerie pour y loger , il alloit à Paris pour faire ses remontrances
ausujet de son petit Gouvernement , qu'il
lui falloit abandonner , en execution du
Traité négocié par M. de Rosny ; on lui
dit qu'il y avoit dans cette Maison un
grandi
1504 MERCURE DE FRANCE
grand Train logé d'un Seigneur qui s'en
alloit à la Cour , lequel étoit fort en faveur auprès du Roy, sans en dire le nom;
et sans que Boisrosé , qui croyoit le Marquis de Rosny encore à Rouen , s'avisat
de le demander. Là- dessus il monte à la
chambre de M. de Rosny , qu'il n'avoit
jamais vû , lui fait la réverence , et lui
entame un discours plaintif sur l'injustice criante qu'on lui faisoit , le suppliant
de vouloir bien l'aider de son crédit auprès de S. M. A quoi le bon Seigneur ,
sans le connoître et sans lui demander
son nom , ayant répondu obligeamment,
Boisrosé enhardi , répliqua en ces termes.
» Monsieur , les principales de mes
>> plaintes sont contre un Seigneur qu'on
» nommeM. de Rosny, qu'au diable soit-
» il donné , tant il me fait de mal ; sans
»jamais l'avoir en rien offensé , auquel le
Roy ayant donné pouvoir de traiter
»pour la réduction en son obéïssance de
» toutes les Villes qui sont de la Ligue en
» Normandie , sous ombre qu'il est des
>> anciens amis de M. l'Amiral de Villars,
»il semble qu'il n'aye songé qu'à le con-
»tenter au préjudice de qui que ce puisse
Ȑtre , sans se soucier de plusieurs bons
»Serviteurs du Roy , au nombre desquels
»je suis, et m'appelle Boisrosé , Gouverneur
JUILLET. 1732 1509
neur de Fécamp ; voire n'a pas craint
»de s'adresser à M"de Montpensier * et
» de Biron , tant il abuse de son pouvoir
»et de la faveur qu'il croit avoir auprès
de son Maître ; mais pardieu il en pour
>> roit tant faire , mettant tant de gens au
» desespoir, qu'il se repentiroit , et quel-
>> qu'un aussi étourdi qu'il sçauroit être,
»lui en joüeroit d'une, si l'on ne craignoit
»d'offenser le Roy.
Vous jugez bien , Monsieur , que
le Marquis de Rosny pensa perdre sa gravité ordinaire , aussi ne répondit- il qu'en
riant ce que vous allez entendre.
»
>> Monsieur, je n'estime pas que ce M.de
» Rosny , dont vous me parlez , ait rien
fait que suivant le commandement de
>> son Maître ; car il a toûjours affectionné les bons François , et ne doute point
même que le Roy, à sa sollicitation ,
» n'ait pensé à vous donner si bonne ré-
>compense , que vous aurez sujet de con-
»tentement ; car vous jugez bien qu'il
»n'eût pas été raisonnable de manquer 3
conclure un Traité de si grande impor
>>
François de Bourbon , Duc de Montpensier;
Gouverneur de Normandie , &c. Charles de Gonsault , Duc de Biron , Pair et Maréchal de France,
qui avoit beaucoup contribué à réduire cette Pro- wince,
> tance
1505 MERCURE DE FRANCE
·
tance , que celui qu'a manié M. de Ros-
»ny, pour interêts de quelques Particu-
»liers , aussi ai -je appris qu'il a voulu
»commencer par lui-même et donner
»exemple aux autres en quittant l'Abbaye
»de S. Taurin d'Evreux , que le feu Roy
» lui avoit donnée , et m'assure qu'il ne
Vous aura point porté de préjudice sans penser à vous en récompen-
»ser ; de quoi je vous oserai quasi repondre , dautant que je le connois ;
»voire est tellement de mes amis , que je
»lui ferai faire en votre faveur tout ce
>> qui sera raisonnable ; et lorsque nous
»serons à la Cour , venez m'en parler , et
»je vous ferai paroître que je suis votre
»ami , et que je prise votre courage.
"
"
Notre homme , après avoir fait ses remercimens se retira fort satisfait de
l'heureuse rencontre. Il ne lui restoit plus
que de sçavoir le nom d'un Seigneur si
genereux pour recourir à lui en tems et
lieu ; il le demanda dès qu'il fut descendu
au premier qu'il rencontra ; c'étoit justement un des Pages de M. de Rosny,
qui parla selon la verité. Boisrosé en fut
si troublé et prit là - dessus une telle allarme , qu'il remonta soudain à cheval ,
s'en alla loger à une autre Hôtellerie et
partit dès la pointe du jour pour aller à
la
JUILLET 1732. 1507
la Cour faire lui - même ses plaintes au
Roy, &c.
Mais laissons- là le pauvre Boisrosé , et
tirons parti de son aventure. Il étoit nécessaire de vous la raconter , puisqu'elle
contient la preuve d'une verité que nous
cherchons à constater. C'est le Marquis
de Rosny lui- même qui la déclare , et qui
la donne pour preuve de son attachement au Bien Public , de son désinteressement, et și vous voulez aussi pour motif de consolation à un homme qui étoit
dans des sentimens fort opposez.
Voilà donc Maximilien de Bethune
Abbé de S. Taurin d'Evreux , par la nomination du Roi Henry III. On ne peut
guéres que conjecturer le tems auquel il
en fut pourvû , et celui de sa démission ,
en conciliant différentes dates ; mais où
cette recherche nous meneroit- elle ? J'aime mieux vous apprendre ce que tout
habitant que vous êtes du Diocèse d'Evreux , et voisin de la Ville , vous n'avez
pû sçavoir , dites-vous , des Religieux
mêmes , je veux , dis-je , vous confirmer
le fait dont il s'agit ici , par , par les propres
Regitres de S. Taurin. Voici le petit Extrait qu'un sçavant Religieux du même
Ordre et d'une autre Abbaye , beaucoup
plus expert que ceux d'Evreux , vient
de
1508 MERCURE DE FRANCE
de m'envoyer, tiré , dit- il, des Registres
Journaux de cette Maison.
>> Maximilien de Bethune , Marquis de
»Rosny , et depuis Duc de Sully , a été
» Abbé de S. Taurin la donation de par
» Henry III. Il eut pour Successeur
» Guillaume de Pericard , Doyen de l'E-
» glise de Rouen , qui permuta ensuite
» cette Abbaye pour l'Evêché d'E-
» vreux , avec le Cardinal du Perron en
1604.
*
Vous ne me demanderez plus rien sans
doute là- dessus , après ce surcroît de preuve , et vous pourrez par- là rétablir la verité de l'Histoire , quand il en sera tems.
Vous rétablirez aussi ce qui n'est pas
éxact dans Mrs de Sainte Marthe , et dans
l'Histoire d'Evreux de M. le Brasseur , à
l'égard de quelques autres Abbez de Saint
Taurin , qui ont précedé le Marquis de
* Leterme de permuter n'est pas convenable
et paroit unpeu aventuré dans les Registres. Il ess toujours certain que Guillaume de Pericard n'auroit
jamais été Evêque d'Evreux sans la faveur de
M. de Rosny , qui avoit fait donner cet Evêché à
M. du Perron, comme il est marqué dans le 1 . vol.
de ses Mémoires , chap. 39. et qui sans doute avoit
eu part à ce qui se passa ensuite entre ces deux
Prélats , par rapport au changement en question. Il
fallut , sans doute , de nouvelles Provisions pour M. duPerron, devenu Abbé de S. Taurin.
¡Rosny
།
JUILLET . 1732. 1509
Rosny, ou qui lui ont succedé dans cette
Dignité.
Je m'apperçois, au reste,que ma réponse
à vos autres questions ne sçauroit entrer
dans cette Lettre , déja assez allongée.
Mais je ne veux pas la finir sans prévenir
la demande que vous êtes en droit de me
faire sur la suite de l'aventure de Boisrosé, et sur le succès de son Voyage à la
Cour. Le trouble , comme je l'ai dit , lui
donna des aîles ; il arriva un jour plutôt
que M. de Rosny, qui s'arrêta à Rosny
et à Mante , où il coucha. Ainsi ce petit
Gouverneur , petit génie , et on peut dire
encore,tant soit peu malhonnête homme
croyant le premier Miniftre très offense
de ses discours , et le considérant dès- lors
comme son plus cruel ennemi , eût tout
le tems de parler au Roi , et de déclamer
tant qu'il voulut contre lui , en donnant
-un tourNormand à la rencontre de Louviers. Mais qu'en arriva-t-il ? le voici.
Le Marquis de Rosny arrivé à la Cour
eûtd'abord un long entretien avec le Roi
sur sa Négociation de Normandie , » sans
oublier , disent les * Auteurs des Mé
Le Marquis de Rosny n'a pas écrit lui-même ses Mémoires. C'est l'ouvrage de quatre de ses Secretaires , lesquels dans la Narration addressent la
parole à leur Maître.
C » moires ,
1510 MERCURE
DE FRANCE
» moires , quasi une seule particularité ,
» car le Roi les voulut toutes sçavoir
» dont il y eut bien à rire lorsque vous
» lui contâtes ce qui s'étoit passé entre
» vous et le sieur de Boisrosé ; surquoi
» S. M. vous dit qu'il lui étoit venu faire
» de grandes plaintes de vous , et le prier
» de le vouloir pourvoir sans le renvoyer
» à vous , dautant qu'il sçavoit bien que
» vous étiez son ennemi , à cause de quel-
» ques propos qu'il vous avoit tenus sans
»vous connoître , et partant le Roi vous
» pria de l'envoyer querir , &c.
Ce que M. de Rosny éxecuta dès le
lendemain. Il promit à Boisrosé , & lui
assûra deux mille écus de récompense ,
une pension de 1200. liv. et une Place de
Capitaine en pied. Bien plus , ce génereux
Ministre le retint depuis à sa suite , et le
fit enfin son Lieutenant en l'Artillerie au
Département de Normandie , dès que
Roi lui eût donné la Charge de GrandMaître. Voilà quelle fût la fin et le succès de l'aventure de Louviers. Je vous
promets incessamment la réponse à vos
autres Questions , et je suis , Monsieur
Bic.
AParis , le 29 Février 1732
à M. A. C. D. V. au sujet du Marquis
de Rosny , depuis Duc de Sully , &c.
contenant quelques Remarques Histori
ques , &c.
E n'ai pû , Monsieur , vous satisfaire
Jplutôt sur les éclaircissemensque vous
me demandez par votre derniere Lettre ;
la matiere ma paru mériter attention , et
ce n'est qu'après avoir fait les recherches
convenables , que je me vois enfin en
état de répondre un peu pertinemment
aux questions que vous me faites.
Vous voulez d'abord sçavoir s'il est
vrai que Maximilien de Bethune , Marquis de Rosny, puis I. Duc de Sully , et
Principal Ministre sous le Regne de Henry le Grand , ait possedé l'Abbaye de
S.Taurin d'Evreux,par nomination Royale , ainsi qu'un homme de Lettres , fort
versé dans l'Histoire de votre Diocèse ,
vous l'a assuré. Vous ajoûtez qu'il n'a
pas
502 MERCURE DE FRANCE
pas pû vous en fournir la preuve , et qu'il
ne se trouve aucun vestige de ce fait sin
gulier , même dans les Archives de l'AbBaye en question. La singularité consiste
en ce que le Marquis de Rosny a été de
la Religion P. R.
Je répons , Monsieur , que ce fait a
toujours passé chez moi pour très- certain,
et qu'il se trouve ainsi écrit dans mes
Memoires , recueillis depuis bien des années ; mais comme il faut des preuves et
des preuves solides à quiconque veut ,
comme vous , écrire une Histoire digne
de la Posterité , je me suis mis en devoir
de vous fournir celle dont il s'agit ici.
C'est d'abord inutilement que je l'ai cherchée dans l'Histoire de la Maison de Be
thune , publiée par André du Chesne en
1639. dans laquelle il y a un très- long
Chapitre et un détail curieux de la vie du
Marquis de Rosny , qui vivoit encore en
ce temps- là ; même silence dans le Gallia Christiana de M" de Sainte Marthe
Article de l'Abbaye de S.. Taurin , où
un semblable fait auroit dû , sans doute,
n'être pas omis, et encore dans l'Histoire
Genealogique du P. Anselme..
Je ne me suis pas rebuté pour cela , et
j'ai bien fait car j'ai enfin trouvé ce que:
i cherchois en ouvrant , presque à l'aventure,,
JUILLET. 1732 1503
venture , le premier volume des Memoires de Sully , et cela dans un endroit où
l'ordre des temps et la matiere sembloient
ne pas permettre de l'y trouver. C'est
dans le Chapitre XLIX. intitulé Affaires
d'Etat , avec beaucoup de raison ; car on
y voit la Ville de Roüen réduite à l'obéissance du Roy , et toute la Normandie rendue enfin paisible par les soins du
Marquis de Rosny.
Après un succès si heureux , ce Seigneur partit de Roüen au mois de Mars
1594. pour se rendre auprès du Roy son
Maître , dont la Cour étoit à Paris , et il
vint coucher à Louviers , petite Ville sur
la Riviere d'Eure. Là il lui arriva une:
aventure des plus plaisantes , et qui semble être faite pour servir d'Episode propre à égayer le grand sérieux de cet endroit des Memoires. Je vais vous le narrer. Elle contient le dénoument de votre
premiere Question.
Boisrosé,Gentilhomme Normand, Gou
verneur de Fécamp , arriva fort tard dans
la même Hôtellerie pour y loger , il alloit à Paris pour faire ses remontrances
ausujet de son petit Gouvernement , qu'il
lui falloit abandonner , en execution du
Traité négocié par M. de Rosny ; on lui
dit qu'il y avoit dans cette Maison un
grandi
1504 MERCURE DE FRANCE
grand Train logé d'un Seigneur qui s'en
alloit à la Cour , lequel étoit fort en faveur auprès du Roy, sans en dire le nom;
et sans que Boisrosé , qui croyoit le Marquis de Rosny encore à Rouen , s'avisat
de le demander. Là- dessus il monte à la
chambre de M. de Rosny , qu'il n'avoit
jamais vû , lui fait la réverence , et lui
entame un discours plaintif sur l'injustice criante qu'on lui faisoit , le suppliant
de vouloir bien l'aider de son crédit auprès de S. M. A quoi le bon Seigneur ,
sans le connoître et sans lui demander
son nom , ayant répondu obligeamment,
Boisrosé enhardi , répliqua en ces termes.
» Monsieur , les principales de mes
>> plaintes sont contre un Seigneur qu'on
» nommeM. de Rosny, qu'au diable soit-
» il donné , tant il me fait de mal ; sans
»jamais l'avoir en rien offensé , auquel le
Roy ayant donné pouvoir de traiter
»pour la réduction en son obéïssance de
» toutes les Villes qui sont de la Ligue en
» Normandie , sous ombre qu'il est des
>> anciens amis de M. l'Amiral de Villars,
»il semble qu'il n'aye songé qu'à le con-
»tenter au préjudice de qui que ce puisse
Ȑtre , sans se soucier de plusieurs bons
»Serviteurs du Roy , au nombre desquels
»je suis, et m'appelle Boisrosé , Gouverneur
JUILLET. 1732 1509
neur de Fécamp ; voire n'a pas craint
»de s'adresser à M"de Montpensier * et
» de Biron , tant il abuse de son pouvoir
»et de la faveur qu'il croit avoir auprès
de son Maître ; mais pardieu il en pour
>> roit tant faire , mettant tant de gens au
» desespoir, qu'il se repentiroit , et quel-
>> qu'un aussi étourdi qu'il sçauroit être,
»lui en joüeroit d'une, si l'on ne craignoit
»d'offenser le Roy.
Vous jugez bien , Monsieur , que
le Marquis de Rosny pensa perdre sa gravité ordinaire , aussi ne répondit- il qu'en
riant ce que vous allez entendre.
»
>> Monsieur, je n'estime pas que ce M.de
» Rosny , dont vous me parlez , ait rien
fait que suivant le commandement de
>> son Maître ; car il a toûjours affectionné les bons François , et ne doute point
même que le Roy, à sa sollicitation ,
» n'ait pensé à vous donner si bonne ré-
>compense , que vous aurez sujet de con-
»tentement ; car vous jugez bien qu'il
»n'eût pas été raisonnable de manquer 3
conclure un Traité de si grande impor
>>
François de Bourbon , Duc de Montpensier;
Gouverneur de Normandie , &c. Charles de Gonsault , Duc de Biron , Pair et Maréchal de France,
qui avoit beaucoup contribué à réduire cette Pro- wince,
> tance
1505 MERCURE DE FRANCE
·
tance , que celui qu'a manié M. de Ros-
»ny, pour interêts de quelques Particu-
»liers , aussi ai -je appris qu'il a voulu
»commencer par lui-même et donner
»exemple aux autres en quittant l'Abbaye
»de S. Taurin d'Evreux , que le feu Roy
» lui avoit donnée , et m'assure qu'il ne
Vous aura point porté de préjudice sans penser à vous en récompen-
»ser ; de quoi je vous oserai quasi repondre , dautant que je le connois ;
»voire est tellement de mes amis , que je
»lui ferai faire en votre faveur tout ce
>> qui sera raisonnable ; et lorsque nous
»serons à la Cour , venez m'en parler , et
»je vous ferai paroître que je suis votre
»ami , et que je prise votre courage.
"
"
Notre homme , après avoir fait ses remercimens se retira fort satisfait de
l'heureuse rencontre. Il ne lui restoit plus
que de sçavoir le nom d'un Seigneur si
genereux pour recourir à lui en tems et
lieu ; il le demanda dès qu'il fut descendu
au premier qu'il rencontra ; c'étoit justement un des Pages de M. de Rosny,
qui parla selon la verité. Boisrosé en fut
si troublé et prit là - dessus une telle allarme , qu'il remonta soudain à cheval ,
s'en alla loger à une autre Hôtellerie et
partit dès la pointe du jour pour aller à
la
JUILLET 1732. 1507
la Cour faire lui - même ses plaintes au
Roy, &c.
Mais laissons- là le pauvre Boisrosé , et
tirons parti de son aventure. Il étoit nécessaire de vous la raconter , puisqu'elle
contient la preuve d'une verité que nous
cherchons à constater. C'est le Marquis
de Rosny lui- même qui la déclare , et qui
la donne pour preuve de son attachement au Bien Public , de son désinteressement, et și vous voulez aussi pour motif de consolation à un homme qui étoit
dans des sentimens fort opposez.
Voilà donc Maximilien de Bethune
Abbé de S. Taurin d'Evreux , par la nomination du Roi Henry III. On ne peut
guéres que conjecturer le tems auquel il
en fut pourvû , et celui de sa démission ,
en conciliant différentes dates ; mais où
cette recherche nous meneroit- elle ? J'aime mieux vous apprendre ce que tout
habitant que vous êtes du Diocèse d'Evreux , et voisin de la Ville , vous n'avez
pû sçavoir , dites-vous , des Religieux
mêmes , je veux , dis-je , vous confirmer
le fait dont il s'agit ici , par , par les propres
Regitres de S. Taurin. Voici le petit Extrait qu'un sçavant Religieux du même
Ordre et d'une autre Abbaye , beaucoup
plus expert que ceux d'Evreux , vient
de
1508 MERCURE DE FRANCE
de m'envoyer, tiré , dit- il, des Registres
Journaux de cette Maison.
>> Maximilien de Bethune , Marquis de
»Rosny , et depuis Duc de Sully , a été
» Abbé de S. Taurin la donation de par
» Henry III. Il eut pour Successeur
» Guillaume de Pericard , Doyen de l'E-
» glise de Rouen , qui permuta ensuite
» cette Abbaye pour l'Evêché d'E-
» vreux , avec le Cardinal du Perron en
1604.
*
Vous ne me demanderez plus rien sans
doute là- dessus , après ce surcroît de preuve , et vous pourrez par- là rétablir la verité de l'Histoire , quand il en sera tems.
Vous rétablirez aussi ce qui n'est pas
éxact dans Mrs de Sainte Marthe , et dans
l'Histoire d'Evreux de M. le Brasseur , à
l'égard de quelques autres Abbez de Saint
Taurin , qui ont précedé le Marquis de
* Leterme de permuter n'est pas convenable
et paroit unpeu aventuré dans les Registres. Il ess toujours certain que Guillaume de Pericard n'auroit
jamais été Evêque d'Evreux sans la faveur de
M. de Rosny , qui avoit fait donner cet Evêché à
M. du Perron, comme il est marqué dans le 1 . vol.
de ses Mémoires , chap. 39. et qui sans doute avoit
eu part à ce qui se passa ensuite entre ces deux
Prélats , par rapport au changement en question. Il
fallut , sans doute , de nouvelles Provisions pour M. duPerron, devenu Abbé de S. Taurin.
¡Rosny
།
JUILLET . 1732. 1509
Rosny, ou qui lui ont succedé dans cette
Dignité.
Je m'apperçois, au reste,que ma réponse
à vos autres questions ne sçauroit entrer
dans cette Lettre , déja assez allongée.
Mais je ne veux pas la finir sans prévenir
la demande que vous êtes en droit de me
faire sur la suite de l'aventure de Boisrosé, et sur le succès de son Voyage à la
Cour. Le trouble , comme je l'ai dit , lui
donna des aîles ; il arriva un jour plutôt
que M. de Rosny, qui s'arrêta à Rosny
et à Mante , où il coucha. Ainsi ce petit
Gouverneur , petit génie , et on peut dire
encore,tant soit peu malhonnête homme
croyant le premier Miniftre très offense
de ses discours , et le considérant dès- lors
comme son plus cruel ennemi , eût tout
le tems de parler au Roi , et de déclamer
tant qu'il voulut contre lui , en donnant
-un tourNormand à la rencontre de Louviers. Mais qu'en arriva-t-il ? le voici.
Le Marquis de Rosny arrivé à la Cour
eûtd'abord un long entretien avec le Roi
sur sa Négociation de Normandie , » sans
oublier , disent les * Auteurs des Mé
Le Marquis de Rosny n'a pas écrit lui-même ses Mémoires. C'est l'ouvrage de quatre de ses Secretaires , lesquels dans la Narration addressent la
parole à leur Maître.
C » moires ,
1510 MERCURE
DE FRANCE
» moires , quasi une seule particularité ,
» car le Roi les voulut toutes sçavoir
» dont il y eut bien à rire lorsque vous
» lui contâtes ce qui s'étoit passé entre
» vous et le sieur de Boisrosé ; surquoi
» S. M. vous dit qu'il lui étoit venu faire
» de grandes plaintes de vous , et le prier
» de le vouloir pourvoir sans le renvoyer
» à vous , dautant qu'il sçavoit bien que
» vous étiez son ennemi , à cause de quel-
» ques propos qu'il vous avoit tenus sans
»vous connoître , et partant le Roi vous
» pria de l'envoyer querir , &c.
Ce que M. de Rosny éxecuta dès le
lendemain. Il promit à Boisrosé , & lui
assûra deux mille écus de récompense ,
une pension de 1200. liv. et une Place de
Capitaine en pied. Bien plus , ce génereux
Ministre le retint depuis à sa suite , et le
fit enfin son Lieutenant en l'Artillerie au
Département de Normandie , dès que
Roi lui eût donné la Charge de GrandMaître. Voilà quelle fût la fin et le succès de l'aventure de Louviers. Je vous
promets incessamment la réponse à vos
autres Questions , et je suis , Monsieur
Bic.
AParis , le 29 Février 1732
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Résumé : LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. A. C. D. U. au sujet du Marquis de Rosny, depuis Duc de Sully, &c. contenant quelques Remarques Historiques, &c.
La lettre de M. D. L. R. à M. A. C. D. V. aborde la possession de l'Abbaye de Saint-Taurin d'Évreux par Maximilien de Béthune, Marquis de Rosny et Duc de Sully. L'auteur répond à une demande d'éclaircissements sur ce sujet et confirme que Rosny a effectivement possédé cette abbaye par nomination royale sous Henri III. Bien que les archives de l'abbaye et certaines sources historiques ne mentionnent pas ce fait, l'auteur trouve la preuve dans les Mémoires de Sully. Il relate une anecdote où Boisrosé, gouverneur de Fécamp, rencontre Rosny à Louviers et se plaint de lui sans le reconnaître. Rosny, amusé, lui assure qu'il interviendra en sa faveur auprès du roi. L'auteur confirme ensuite la possession de l'abbaye par Rosny grâce à des registres et des témoignages religieux. Il mentionne également la suite de l'aventure de Boisrosé, qui arrive à la cour avant Rosny et se plaint au roi, mais finit par recevoir des récompenses et une place auprès de Rosny.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2105
p. 1513-1515
LETTRE écrite le 18. Juin 1732. au sujet des Barons de la sainte Ampoule.
Début :
Je satisfais, Monsieur, à la demande que vous faites dans [...]
Mots clefs :
Sainte ampoule, Médaille, Fiole, Barons de la Sainte Ampoule
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite le 18. Juin 1732. au sujet des Barons de la sainte Ampoule.
LETTRE écrite le 18. Juin 1732. an
sujet des Barons de la sainte Ampoule.
JE
E satisfais , Monsieur , à la demande
que vous faites dans votre Mercure du
mois de Mars dernier , page 619. au suje
de l'origine des Barons de la Sainte Ampoule. Tout le monde sçait que l'on appelle la sainte Ampoule une petite phiole
qui est conservée dans l'Eglise de S. Res
my de Rheims , que l'on prétend avoir
été apportée du Ciel , pleine de baume
par une Colombe , au Batême de Clovis ,
premier Roi Chrétien , qui fut baptisé la
veille de Noël l'an 496. par S. Remy ,
Archevêque de Rheims, et l'Apôtre de la
France. Ĉette histoire est rapportée par
l'Auteur de la vie de S. Remy , attribuée
Hincmar , par l'Auteur de la vie de
Sainte Clotilde , femme de Clovis , par
Flodoard , par Aimoin , dans les Annales de S. Bertin , et dans plusieurs autres
Historiens.
Il est vrai qu'il n'en est rien dit dans
l'Histoire de Gregoire de Tours , qui sup
pose au contraire que tout étoit préparé.
quand Clovis entra dans l'Eglise pour y
Ciij rece-
1514 MERCURE DE FRANCE
recevoir le Baptême ; il n'en est rien dit
non plus dans l'ancienne vie de S. Remy ,
abregée par Fortunat , qui vivoit environ
o ans après ce Saint. Le silence de Gregoire de Tours qui ne rapporte point ce
miracle , quoiqu'il soit si éxact à écrire
ceux qui sont venus à sa connoissance
est un fort préjugé qu'il n'étoit pas connu de son tems.
Quoiqu'il en soit , on prétend que Clovis aussi- tôt après son Baptême institua
l'Ordre des Chevaliers , Barons de la sainte Ampoule , en l'honneur de cette sainte
Ampoule , dont nous venons de parler
Favin , dans son Histoire de Navarre , assûre que ces Chevaliers ne sont seulement
qu'au nombre de quatre , et que pour
être reçûs ils doivent posseder les quatre
Baronnies de Terrier , de Belestre , de
Sonastre , et de Louvercy , qui relevent
de l'Abbaye de S. Remy de Rheims , à
laquelle ils rendent foi et hommage ; il
dit qu'ils portoient au Sacre de nos Rois
le Dais sous lequel l'Abbé ou le Prieur de
cette Abbaye porte la sainte Ampoule
dans l'Eglise Cathedrale de Notre- Dame.
Ces quatre Barons étoient revêtus à cette
cérémonie d'un Manteau de taffetas noir ,
sur le côté duquel étoit une Croix anglée,
émaillée d'argent,et chargée d'une Colombe
JUILLET. 1732. ISIS
be,tenant enson bec une phiole, reçûë par
une main mouvante dans une nuée ; et ils
portoient encore au cou une Médaille chargée d'une Croix semblable , pendue à un
ruban noir. Le revers de la Médaille étoir
frappé de l'Image de S. Remy , d'où vient
qu'on appelloit aussi les, Chevaliers de la
Ste Ampoule , les Chevaliers de S. Remy.
Le Pere Helyot prétend cependant que
cet Ordre est supposé , et que son origine
que l'on fait monter au tems de Clovis ,
est certainement chimerique. Voyez ce
qu'il en dit au Chapitre 70. des Ordres
Monastiques. Tome VIII. page 438. et
suivantes. Voyez aussi le Livre intitulé :
Les heureux commencemens de la France
Chrétienne sous l'Apôtre de nos Rois
S. Remy. Par le Pere Ceriziers, imprimé à
Rheims en 1633. Je suis , &c.
sujet des Barons de la sainte Ampoule.
JE
E satisfais , Monsieur , à la demande
que vous faites dans votre Mercure du
mois de Mars dernier , page 619. au suje
de l'origine des Barons de la Sainte Ampoule. Tout le monde sçait que l'on appelle la sainte Ampoule une petite phiole
qui est conservée dans l'Eglise de S. Res
my de Rheims , que l'on prétend avoir
été apportée du Ciel , pleine de baume
par une Colombe , au Batême de Clovis ,
premier Roi Chrétien , qui fut baptisé la
veille de Noël l'an 496. par S. Remy ,
Archevêque de Rheims, et l'Apôtre de la
France. Ĉette histoire est rapportée par
l'Auteur de la vie de S. Remy , attribuée
Hincmar , par l'Auteur de la vie de
Sainte Clotilde , femme de Clovis , par
Flodoard , par Aimoin , dans les Annales de S. Bertin , et dans plusieurs autres
Historiens.
Il est vrai qu'il n'en est rien dit dans
l'Histoire de Gregoire de Tours , qui sup
pose au contraire que tout étoit préparé.
quand Clovis entra dans l'Eglise pour y
Ciij rece-
1514 MERCURE DE FRANCE
recevoir le Baptême ; il n'en est rien dit
non plus dans l'ancienne vie de S. Remy ,
abregée par Fortunat , qui vivoit environ
o ans après ce Saint. Le silence de Gregoire de Tours qui ne rapporte point ce
miracle , quoiqu'il soit si éxact à écrire
ceux qui sont venus à sa connoissance
est un fort préjugé qu'il n'étoit pas connu de son tems.
Quoiqu'il en soit , on prétend que Clovis aussi- tôt après son Baptême institua
l'Ordre des Chevaliers , Barons de la sainte Ampoule , en l'honneur de cette sainte
Ampoule , dont nous venons de parler
Favin , dans son Histoire de Navarre , assûre que ces Chevaliers ne sont seulement
qu'au nombre de quatre , et que pour
être reçûs ils doivent posseder les quatre
Baronnies de Terrier , de Belestre , de
Sonastre , et de Louvercy , qui relevent
de l'Abbaye de S. Remy de Rheims , à
laquelle ils rendent foi et hommage ; il
dit qu'ils portoient au Sacre de nos Rois
le Dais sous lequel l'Abbé ou le Prieur de
cette Abbaye porte la sainte Ampoule
dans l'Eglise Cathedrale de Notre- Dame.
Ces quatre Barons étoient revêtus à cette
cérémonie d'un Manteau de taffetas noir ,
sur le côté duquel étoit une Croix anglée,
émaillée d'argent,et chargée d'une Colombe
JUILLET. 1732. ISIS
be,tenant enson bec une phiole, reçûë par
une main mouvante dans une nuée ; et ils
portoient encore au cou une Médaille chargée d'une Croix semblable , pendue à un
ruban noir. Le revers de la Médaille étoir
frappé de l'Image de S. Remy , d'où vient
qu'on appelloit aussi les, Chevaliers de la
Ste Ampoule , les Chevaliers de S. Remy.
Le Pere Helyot prétend cependant que
cet Ordre est supposé , et que son origine
que l'on fait monter au tems de Clovis ,
est certainement chimerique. Voyez ce
qu'il en dit au Chapitre 70. des Ordres
Monastiques. Tome VIII. page 438. et
suivantes. Voyez aussi le Livre intitulé :
Les heureux commencemens de la France
Chrétienne sous l'Apôtre de nos Rois
S. Remy. Par le Pere Ceriziers, imprimé à
Rheims en 1633. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE écrite le 18. Juin 1732. au sujet des Barons de la sainte Ampoule.
La lettre du 18 juin 1732 traite de l'origine des Barons de la Sainte Ampoule. La Sainte Ampoule, conservée à l'église de Saint-Remy de Reims, est une phiole supposée apportée par une colombe lors du baptême de Clovis en 496. Plusieurs historiens rapportent cette histoire, bien que Grégoire de Tours et l'ancienne vie de Saint-Remy ne mentionnent pas ce miracle. Selon la tradition, Clovis aurait créé l'Ordre des Chevaliers, Barons de la Sainte Ampoule, après son baptême. Favin affirme que ces Chevaliers, au nombre de quatre, possèdent les baronnies de Terrier, Belestre, Sonastre et Louvercy, relevant de l'abbaye de Saint-Remy. Lors des sacres royaux, ils portaient le dais sous lequel l'abbé apportait la Sainte Ampoule, vêtus d'un manteau noir avec une croix et une colombe, et portant une médaille représentant Saint-Remy. Le Père Helyot conteste l'authenticité de cet ordre, le qualifiant de supposé et d'origine chimérique. La lettre cite également un livre imprimé à Reims en 1633 intitulé 'Les heureux commencements de la France Chrétienne sous l'Apôtre de nos Rois Saint-Remy'.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2106
p. 1518-1526
REFLEXIONS.
Début :
Il y a quantité d'occasions où les hommes devroient [...]
Mots clefs :
Réflexions, Erreur, Secrets de la nature, Divertir, Poison, Silence, Voile, Être sur ses gardes
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS.
REFLEXIONS.
IL
Ly a quantité d'occasions où les hommes devroient être un peu plus sur leur
garde ; car nous nous étonnons toûjours
trop des évenemens rares , et presque jamais assez de ceux qui sont frequens et
ordinaires; c'est souvent par ce mouvement qu'on tombe dans l'erreur et qu'on
ne s'applique pas comme il faut à péné- trer les secrets de la nature..
Tous les hommes sont flattez du talent
de divertir et de faire rire; mais c'est un
dangereux poison , contre lequel tout esprit raisonnable doit être en garde. Quand
onse donne dans le monde sur ce pied là,
on acquiert un tres- mauvais caractere, car
ceux même qui ont les plus heureuses
saillies , combien s'en faut-il qu'ils soient
plaisans toutes les fois qu'ils plaisantent ?-
On est presque toujours la dupe des
vertus qu'on admire ; car les hommes
sont le plus souvent humbles par vanité,
modestes par amour propre , polis par orgueil ; on paroît borné et simple pour
cacher
JUILLET. 1732. 1519
Cacher quelquefois l'ambition la plus dé- mesurée.
Quand on n'a pas le necessaire , on a
peu de goût pour le superflu. La cupidité ne se reveille et ne devient sans bornes,
qu'à mesure qu'on devient riche et opulent.
Rarement trouve t-on dans un même
homme , autant d'esprit que de goût ;
l'un prévaut presque toujours sur l'autre.
On montre plus de goût que d'esprit ,
quand l'amour propre et l'humeur ne
prévalent pas sur les lumieres naturelles.
Quand les deux Facultez sont dans un
égal dégré de sensibilité , on sent et on
juge sainement de tout. Mais qu'ils sont
rares ces naturels heureux ! Et combien
voit-on tous les jours de gens esclaves du
goût des autres , tour à tour agitez de
plaisir ou d'ennui sur leur parole , sans
parler des goûts faux , capricieux , incertai ns
On se trompe si on croit que l'avarice et la prodigalité ne se trouvent jamais ensemble. Quand l'orgueil est assez
fort , on voit pousser la dépense jusqu'à
F'excès ; et l'économie jusqu'à la lésine.
€ vj Dans
1520 MERCURE DE FRANCE.
Dans la Politique , on donne finiment
le change aux plus rusez , quand on sçait
dire à propos ce qu'il semble qu'on de- vroit taire.
. On peut être prudent sans finesse ,
mais on ne peut être fin sans prudence.
Il y a certaines injures qui punissent
plus ceux qui les font , que ceux contrequi elles sont faites.
Gli grandi , hanno. per loro particola
rissimo costume, di scriver nill'arena le
ingiure , che ricevano da gente vile ; in
saldissimo marmo , con indolebili carat→
teri , i soprammani cheson fatti loro da
gli huomini potenti ; essendo proprieta
del nobile scordarsi l'offese per magnani
mita, non perdonarle per necessita.
Le ingiurie si multiplicano, per assicu
rarsi dalle gia fatte...
Le mépris des injures leur ôte leur force , et le plaisir à ceux qui en sont les
Auteurs. Si vous y êtes sensible , il dépend du plus misérable ennemi , du plus
lâche curieux de troubler le repos de vor
tre vie.
On
JUILLET. 1732.
On est plus porté à venger une injure ,
qu'à reconnoître un bienfait , parce quela
reconnoissance se fait à nos dépens , et la
vengeance aux dépens d'autrui.
Les injures que l'on méprise , perdent
tout crédit ; si on s'en fâche , on donne à
connoître qu'on les a méritées. Convitia spreta enolescunt , si irascare agnita videntur.
Le crime est également grand de loüer
celui qui fait mal , et de blâmer celui qui
fait bien. ,
Il n'est point de douleur plus sensible
que celle d'avoir fait inutilement un grand
crime.
Maxima peccandi illecebra,spes impuni
tatis. Ciceron.
Un caractere de dignité augmente toujours le crime dans la personne de celui qui le commet.
Les grands crimes ne peuvent guere
être imaginez et supposez que par ceux
qui sont capables de les commettre.
Il
A
1522 MERCURE DE FRANCE
Il n'y a point de vertu sans couronne
ni de crime sans châtiment.
Ceux qui ont commis quelque crime ,
sont en quelque façon réduits à la necessité de mal faire , par le peu de seureté
qu'ils trouvent à faire bien. Ils n'osent
devenir innocens , de peur de se mettre
à la merci des Loix qu'ils ont offensées, et
continuent leurs fautes , parce qu'ils ne
voyent aucune apparence qu'on se contentât de leur repentir.
On a souvent observé que la plupart
des hommes ne font les grands crimes
et les grands maux que par les scrupules
qu'ils ont pour les moindres.
La reconnoissance rend la liberalité
plus agréable ; l'ingratitude la rend plus
éclatante. Liberalitatem jucundiorem debitor gratus, clariorem ingratus facit.
La liberalité est un trait de beauté
contre lequel peu de cœur sont à l'épreuve..
Un homme vraiment liberal n'est ja
mais prodigue; il aime mieux contrain
dre la générosité de son humeur , que de
tomber
JUILLET. 1732. 1523
tomber dans un état où il ait besoin de
celle des autres.
Quand on donne , il faut que la main
soit ouverte , mais non pas percées qu'il
en sorte quelque chose , mais qu'il n'em
tombe rien.
La Liberalité donne la Prodigalité
perd.
La Liberalité est d'un bien plus haut
prix, quand le bon goût , le discernement
et l'équité en reglent les profusions.
En donnant promptement, on fait une
double grace ; en differant, le don devient
une récompense d'avoir attendu.
On doit plutôt regarder dans le cœur
que dans la main de celui qui donne.
Selon Diodore de Sicile , il avoit un y
Lac en Ethiopie , qui troubloit tellement
P'esprit de ceux qui avoient bû de son
cau , qu'ils ne pouvoient rien cacher de
ce qu'ils sçavoient.
Personne ne revelera notre secret si nous
ne le revelons à personne. Alium silere quod voles
1524 -MER CURE DE FRANCE:
vales , primus sile. Seneq. Hippol. act. 3 , …….
Les contradictions nous doivent rendre
plus retenus, car souvent on ne nous contredit que pour nous engager à découvrirnos secrets.
Les Politiques ont une maniere de contredire , qui consiste quelquefois en un
doute affecté, en un mépris adroit, en une.
opiniâtreté apparenteà ne pas croire . C'est
par cette addresse qu'ils sondent le plus
profond des cœurs , et qu'ils en décou
vrent tous les secrets.
Ceux qui s'empressent de sçavoir les
affaires des autres , ont rarement assez de
discretion pour en garder le secret ; la cu
riosité qui les anime ne peutêtre bien con→→→
tente qu'elle n'instruise aussi les curicux.
Scire meum nihil est , nisi me scire hoc sciat› a
alter.
En une infinité d'occasions , il faut en
core plus de précaution pour ce que l'on
ne doit pas dire à ses amis , que pour ce
que l'on doit faire contre ses ennemis.
Il faut se taire , ou dire quelque chose
qui soit meilleur que le silence.
1
Les .
JUILLET. · 1732. 15253
Les jeunes gens disent ce qu'ils font, les
vieillards ce qu'ils ont fait , et les sots ca
qu'ils ont envie de faire.
Le Sage parle peu de ce qu'il sçait , et
jamais de ce qu'il ignore..
Quand on a une affaire bien à cœur ,
on la dit et on la repette sans cesse ; les
esprits qui sont en mouvement , conduisent toujours- là , et cette agitation fait
qu'on ne s'apperçoit nullement de ses re- dites.
La science de bien des gens n'est qu'un
enchaînement de mots ; tirez - les de leur
jargon , les voilà tout d'un coup dépour
vûs de science. Ils ont d'ailleurs l'avantage de l'étaler avec plus d'ostentation et
de facilité que ceux qui ont une vraye
capacité ; car dans les uns , c'est la mémoire et la routine seule qui agit ; dans
lès autres , c'est l'esprit et . le jugement.
Le Silence est un voile sous lequel l'î--
gnorance se cache d'ordinaire.
Rien n'est plus capable de décrier la
véritable piété , qu'une dévotion mal réglée, bizarre et incommode. La solidė
vertu
1526 MERCURE DE FRANCE
vertu n'est pas incompatible avec l'honnêteté et les bien-séances de la vie civile.
Sæpè jovem , memini , cum jam sua mittere
vellet
Fulmina , thure dato, sustinuisse manum . Ovid
Est Deus in nobis , et sunt commercia cœli ;
Sedibus æthereis spiritus ille venit. Ibid.
Rien n'est si sujet à l'illusion que les choses qui ont une apparence de piété ou de
Religion toutes sortes d'erreurs se glissent
et se cachent sous ce voile.
IL
Ly a quantité d'occasions où les hommes devroient être un peu plus sur leur
garde ; car nous nous étonnons toûjours
trop des évenemens rares , et presque jamais assez de ceux qui sont frequens et
ordinaires; c'est souvent par ce mouvement qu'on tombe dans l'erreur et qu'on
ne s'applique pas comme il faut à péné- trer les secrets de la nature..
Tous les hommes sont flattez du talent
de divertir et de faire rire; mais c'est un
dangereux poison , contre lequel tout esprit raisonnable doit être en garde. Quand
onse donne dans le monde sur ce pied là,
on acquiert un tres- mauvais caractere, car
ceux même qui ont les plus heureuses
saillies , combien s'en faut-il qu'ils soient
plaisans toutes les fois qu'ils plaisantent ?-
On est presque toujours la dupe des
vertus qu'on admire ; car les hommes
sont le plus souvent humbles par vanité,
modestes par amour propre , polis par orgueil ; on paroît borné et simple pour
cacher
JUILLET. 1732. 1519
Cacher quelquefois l'ambition la plus dé- mesurée.
Quand on n'a pas le necessaire , on a
peu de goût pour le superflu. La cupidité ne se reveille et ne devient sans bornes,
qu'à mesure qu'on devient riche et opulent.
Rarement trouve t-on dans un même
homme , autant d'esprit que de goût ;
l'un prévaut presque toujours sur l'autre.
On montre plus de goût que d'esprit ,
quand l'amour propre et l'humeur ne
prévalent pas sur les lumieres naturelles.
Quand les deux Facultez sont dans un
égal dégré de sensibilité , on sent et on
juge sainement de tout. Mais qu'ils sont
rares ces naturels heureux ! Et combien
voit-on tous les jours de gens esclaves du
goût des autres , tour à tour agitez de
plaisir ou d'ennui sur leur parole , sans
parler des goûts faux , capricieux , incertai ns
On se trompe si on croit que l'avarice et la prodigalité ne se trouvent jamais ensemble. Quand l'orgueil est assez
fort , on voit pousser la dépense jusqu'à
F'excès ; et l'économie jusqu'à la lésine.
€ vj Dans
1520 MERCURE DE FRANCE.
Dans la Politique , on donne finiment
le change aux plus rusez , quand on sçait
dire à propos ce qu'il semble qu'on de- vroit taire.
. On peut être prudent sans finesse ,
mais on ne peut être fin sans prudence.
Il y a certaines injures qui punissent
plus ceux qui les font , que ceux contrequi elles sont faites.
Gli grandi , hanno. per loro particola
rissimo costume, di scriver nill'arena le
ingiure , che ricevano da gente vile ; in
saldissimo marmo , con indolebili carat→
teri , i soprammani cheson fatti loro da
gli huomini potenti ; essendo proprieta
del nobile scordarsi l'offese per magnani
mita, non perdonarle per necessita.
Le ingiurie si multiplicano, per assicu
rarsi dalle gia fatte...
Le mépris des injures leur ôte leur force , et le plaisir à ceux qui en sont les
Auteurs. Si vous y êtes sensible , il dépend du plus misérable ennemi , du plus
lâche curieux de troubler le repos de vor
tre vie.
On
JUILLET. 1732.
On est plus porté à venger une injure ,
qu'à reconnoître un bienfait , parce quela
reconnoissance se fait à nos dépens , et la
vengeance aux dépens d'autrui.
Les injures que l'on méprise , perdent
tout crédit ; si on s'en fâche , on donne à
connoître qu'on les a méritées. Convitia spreta enolescunt , si irascare agnita videntur.
Le crime est également grand de loüer
celui qui fait mal , et de blâmer celui qui
fait bien. ,
Il n'est point de douleur plus sensible
que celle d'avoir fait inutilement un grand
crime.
Maxima peccandi illecebra,spes impuni
tatis. Ciceron.
Un caractere de dignité augmente toujours le crime dans la personne de celui qui le commet.
Les grands crimes ne peuvent guere
être imaginez et supposez que par ceux
qui sont capables de les commettre.
Il
A
1522 MERCURE DE FRANCE
Il n'y a point de vertu sans couronne
ni de crime sans châtiment.
Ceux qui ont commis quelque crime ,
sont en quelque façon réduits à la necessité de mal faire , par le peu de seureté
qu'ils trouvent à faire bien. Ils n'osent
devenir innocens , de peur de se mettre
à la merci des Loix qu'ils ont offensées, et
continuent leurs fautes , parce qu'ils ne
voyent aucune apparence qu'on se contentât de leur repentir.
On a souvent observé que la plupart
des hommes ne font les grands crimes
et les grands maux que par les scrupules
qu'ils ont pour les moindres.
La reconnoissance rend la liberalité
plus agréable ; l'ingratitude la rend plus
éclatante. Liberalitatem jucundiorem debitor gratus, clariorem ingratus facit.
La liberalité est un trait de beauté
contre lequel peu de cœur sont à l'épreuve..
Un homme vraiment liberal n'est ja
mais prodigue; il aime mieux contrain
dre la générosité de son humeur , que de
tomber
JUILLET. 1732. 1523
tomber dans un état où il ait besoin de
celle des autres.
Quand on donne , il faut que la main
soit ouverte , mais non pas percées qu'il
en sorte quelque chose , mais qu'il n'em
tombe rien.
La Liberalité donne la Prodigalité
perd.
La Liberalité est d'un bien plus haut
prix, quand le bon goût , le discernement
et l'équité en reglent les profusions.
En donnant promptement, on fait une
double grace ; en differant, le don devient
une récompense d'avoir attendu.
On doit plutôt regarder dans le cœur
que dans la main de celui qui donne.
Selon Diodore de Sicile , il avoit un y
Lac en Ethiopie , qui troubloit tellement
P'esprit de ceux qui avoient bû de son
cau , qu'ils ne pouvoient rien cacher de
ce qu'ils sçavoient.
Personne ne revelera notre secret si nous
ne le revelons à personne. Alium silere quod voles
1524 -MER CURE DE FRANCE:
vales , primus sile. Seneq. Hippol. act. 3 , …….
Les contradictions nous doivent rendre
plus retenus, car souvent on ne nous contredit que pour nous engager à découvrirnos secrets.
Les Politiques ont une maniere de contredire , qui consiste quelquefois en un
doute affecté, en un mépris adroit, en une.
opiniâtreté apparenteà ne pas croire . C'est
par cette addresse qu'ils sondent le plus
profond des cœurs , et qu'ils en décou
vrent tous les secrets.
Ceux qui s'empressent de sçavoir les
affaires des autres , ont rarement assez de
discretion pour en garder le secret ; la cu
riosité qui les anime ne peutêtre bien con→→→
tente qu'elle n'instruise aussi les curicux.
Scire meum nihil est , nisi me scire hoc sciat› a
alter.
En une infinité d'occasions , il faut en
core plus de précaution pour ce que l'on
ne doit pas dire à ses amis , que pour ce
que l'on doit faire contre ses ennemis.
Il faut se taire , ou dire quelque chose
qui soit meilleur que le silence.
1
Les .
JUILLET. · 1732. 15253
Les jeunes gens disent ce qu'ils font, les
vieillards ce qu'ils ont fait , et les sots ca
qu'ils ont envie de faire.
Le Sage parle peu de ce qu'il sçait , et
jamais de ce qu'il ignore..
Quand on a une affaire bien à cœur ,
on la dit et on la repette sans cesse ; les
esprits qui sont en mouvement , conduisent toujours- là , et cette agitation fait
qu'on ne s'apperçoit nullement de ses re- dites.
La science de bien des gens n'est qu'un
enchaînement de mots ; tirez - les de leur
jargon , les voilà tout d'un coup dépour
vûs de science. Ils ont d'ailleurs l'avantage de l'étaler avec plus d'ostentation et
de facilité que ceux qui ont une vraye
capacité ; car dans les uns , c'est la mémoire et la routine seule qui agit ; dans
lès autres , c'est l'esprit et . le jugement.
Le Silence est un voile sous lequel l'î--
gnorance se cache d'ordinaire.
Rien n'est plus capable de décrier la
véritable piété , qu'une dévotion mal réglée, bizarre et incommode. La solidė
vertu
1526 MERCURE DE FRANCE
vertu n'est pas incompatible avec l'honnêteté et les bien-séances de la vie civile.
Sæpè jovem , memini , cum jam sua mittere
vellet
Fulmina , thure dato, sustinuisse manum . Ovid
Est Deus in nobis , et sunt commercia cœli ;
Sedibus æthereis spiritus ille venit. Ibid.
Rien n'est si sujet à l'illusion que les choses qui ont une apparence de piété ou de
Religion toutes sortes d'erreurs se glissent
et se cachent sous ce voile.
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Résumé : REFLEXIONS.
Le texte examine divers aspects de la nature humaine et des comportements sociaux. Il met en garde contre l'humour excessif et la flatterie, qui peuvent masquer des défauts tels que l'ambition ou l'orgueil. Il observe que la cupidité tend à augmenter avec la richesse et que l'esprit et le goût sont rarement équilibrés chez une même personne. En politique, la prudence et la finesse sont essentielles pour éviter les pièges des injures et des contradictions. Ignorer les injures les affaiblit, tandis que se venger est plus naturel que de reconnaître un bienfait. Le texte explore également la notion de crime et de vertu, soulignant que les grands crimes sont souvent commis par ceux qui en sont capables. La reconnaissance et l'ingratitude influencent la perception de la libéralité. Il est conseillé de donner avec discernement et de ne pas révéler ses secrets pour éviter les trahisons. Le texte aborde aussi la communication et la sagesse. Il critique la curiosité excessive, qui mène souvent à la divulgation des secrets, et souligne l'importance de la discrétion, même envers les amis. Les sages parlent peu de ce qu'ils savent et jamais de ce qu'ils ignorent. Il dénonce ceux dont la science se limite à un enchaînement de mots sans réelle compréhension. Le silence peut masquer l'ignorance, et la vraie piété ne doit pas être ostentatoire. Enfin, il met en garde contre les apparences trompeuses de piété ou de religion, qui peuvent cacher des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2107
p. 1554-1567
LETTRE sur l'Astrologie Judiciaire, et les Horoscopes, écrite par M. Cipiere, à M. l'Abbé B......
Début :
Puisque vous le voulez, Monsieur, je vous écrirai mes sentimens [...]
Mots clefs :
Astrologie judiciaire, Horoscope, Astres, Astrologues, Humains, Savants, Signes célestes, Providence
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur l'Astrologie Judiciaire, et les Horoscopes, écrite par M. Cipiere, à M. l'Abbé B......
LETTRE sur l'Astrologie Judiciare,
et les Horoscopes , écrite par M. Cipiere ,
à M. l'Abbé B....
sur
Uisque vous le voulez , Monsieur ,
Pije vous écrirai mes sentimens
l'Astrologie Judiciaire , cette science des
Prédictions et des Horoscopes. Je commencerai par un Auteur Chrétien , qui
a été Licentié en Droit , et qui a professé
les
JUILLET. 1732. 1555
les Mathématiques à Bordeaux , sa Patrie
et la mienne. C'est Guillaume Desbordes,
Gentilhomme , qui a traduit en François
la Sphere de Jean de Sacrobosco. Sa Traduction fut imprimée à Paris , chez Denis Cavelles , en l'année 1607. Le Traducteur a mis au-devant de l'Ouvrage
une longue Préface pour établir l'utilité
de l'Astrologie Judiciaire , qu'il fonde
sur un sistême moins opposé aux principes de la Religion , que tant d'autres
qui ont parû sur la même matiere,
1°. Il cite Platon, qui dit que les yeux
n'ont été donnez aux hommes que pour
l'Astronomie , c'est-à-dire , pour élever
l'esprit à la connoissance de l'Auteur de
tous les Astres. Il y loüe Purboche , et
Jean de Montroyal , pour avoir rétabli
l'Astrologie. Il croit avec Aristote , que
le monde inferieur est regi par le Superieur.
2º. Nous voyons , dit-il , contre Pic
de la Mirandole, que les conjonctions des
Etoiles ardentes brulent les corps terrestres , et les rendent secs et arides ; que les
Etoiles et les Signes humides augmentent les humeurs ; que les diverses mixtions des Rayons des Corps Celestes , sont
la cause de la diverse temperature de
toutes les qualitez des Corps Terrestres.
3º.
1556 MERCURE DE FRANCE
3. L'auteur attribue aux Corps Celestes la varieté de la temperature de nos
corps , et à cette varieté de temperature ,
celle de nos passions et la diversité des
esprits , si l'éducation ne change le naturel. Dieu est au- dessus de ces forces naturelles , et il nous laisse notre libre arbitre qui change quelquefois l'ordre de
la Nature. Un exemple de cela. Moyse
fut conservé , non par la puissance des
Astres , mais par une volonté particuliere de Dieu. Un autre exemple. S. Pierre
fut délivré de la prison par un Ange ,
non par les Astres. N'est- il pas vrai ,
M. que Desbordes auroit pû mettre dans
la conjonction des Astres , la fille du Roy
qui sauva Moyse des eaux , et l'Ange qui
tira l'Apôtre de la prison ? mais il croyoit
aux Miracles.
- 4°. Il prouve par l'Ecriture Sainte que
les effets de ces causes superieures , sont
subordonnez à Dieu , qui veut que les
hommes ayent en lui une sincere confiance. Dieu a dit par la bouche de Jeremie , de ne craindre point les Signes
du Ciel , mais d'avoir de la confiance en
sa proteccion.
5o. L'Auteur reconnoît encore une
autre cause contraire à la disposition des
Astres, qui influë dans la vie des hom
mes.
JUILLET. 1732 1557
mes. C'est le Démon , ennemi du genre
humain , c'est à lui qu'il faut attribuer
les crimes de Neron et de Caligula.
6. Il croit avec Ptolomée , que les
ordonnances des Astres sont moins efficaces que les Arrêts du Sénat et des Préteurs.
7. Il conclut enfin que les conjonctions des Astres qui disposent de la destinée des Humains , ne nécessitent personne , et qu'il faut mépriser totalement
les prédictions des Astrologues , qui sont
semblables aux pronostics des Medecins ;
mais il seroit déraisonnable , ajoûte l'Auteur, de croire que les Planettes et les
Etoiles fussent dans les cieux sans aucune signification ni effet. Les saintes
Lettres n'ont pas dit en vain , qu'elles seroient des Signes pour les temps , les
ans et les jours. Il faut avoüer , Monsieur,
que si cela est comme Desbordes l'éta
blit , cette science se réduit presqu'à rien
pour les prédictions qui interessent la liberté de l'homme.
D'autres Auteurs ont pressé davantage
l'effet des Prédictions. Thiogenes prédit
l'EmpireàAuguste, selon Suetone . Les Mathématiciens chassez de Rome par Vitellius,lui prédirent le genre de sa mort dans
lesCalendes d'Octobre, ce qui arriva, selon
Xiphilin. Ascletarion , interrogé par DoE mitien
558 MERCURE
DE FRANCE
mitien , de quelle mort , lui Aseletarion
mourroit
, il répondit qu'il seroit devoré
des chiens. L'Empereur
, pour tromper
les Astres , le fit mourir , et ordonna que
son corps fût mis dans une fosse fort profonde. Les Fossoyeurs épouventez
par
une pluye fort abondante
, s'enfuirent et
laisserent le corps en proye aux chiens.
Ainsi le rapporte le même Xiphilin, après
Dion. Mais l'Empire ne fut-il pas prédit de
à Rodolphe
de Harpourg
, au rapport Cuspinian , et le Souverain Pontificat à
Leon X. et à Adrien IV. selon Paul Jove?
Ce sont des Astrologues qui l'ont prédit et non des Prophetes inspirez de Dieu.
10.
Tout le monde n'a pas eû cette foi pour
les Astrologues ; plusieurs Sçavans ont
été contraires à leurs prétentions. Ciceron , auLivre 2. de la Devination ; Sextus
Emperius , contre les Grammairiens , Ch.
ro. Phavorin dans Gellius , L. 14. C. I.
ont renversé tous leurs principes. L'Empereur Tibere les condamna à mort, quoiqu'il eût Thrasyde à son service. Nous
avons dit que Vitellius les avoit chassés ·
de l'Italie , et Valere Maxime , L. 1. C. 3 .
rapporte les raisons qu'il y eut pour les
chasser de Rome sous le Consulat de
M. Popilius Lanos , et Cn. Calpurnius ,
long temps avant Vitellius.
Le
JUILLET. 1732.32. 1559
Le Prophete Isaïe les connoissoit bien ,
quand il dit : Stant et salvent te augures
Cæli , qui contemplabantur sidera , et supputabant menses , ut ex eis annuntiarent
ventura tibi , Cap. 47. V. 18. Les Peres de
l'Eglise n'en ont pas eu meilleure opinion ;
on en pourroit citer un nombre qui ont
ensé la même chose avec Eusebe de Cesarée , Prapar. Evang, et avec les Saints
Basile , dans son Hexameron , Ambroise ,
Irenée , et Augustin , nous y joindrons
les Conciles qui ont condamné les opinions des Priscillanistes sur ce sujet.
P
Je dois vous rapporter ici , M. les sentimens de S. Augustin , Civit. Dei , L.V.
Cap. 2. Il combat les Horoscopes , et en
fait voir la fausseté. Pour cela il examine
la ressemblance de deux Jumeaux , qui
dans un même temps tomberent malades
avec des symptômes et des accidens pareils , et moururent à la même heure.
Hipocrate , qui les avoit vûs , jugea de
cette ressemblance qu'ils étoient Jumeaux.
Le Stoicien Posidonius , qui s'étoit appliqué à l'Astrologie , soutenoit que cette`
ressemblance venoit de ce que ces Jumeaux avoient été conçûs sous le même
Ascendant. Si cette raison étoit bonne ,
dit S. Augustin , on ne devroit voir aucune diversité dans la vie des Jumeaux ,
E ij ce
15 MERCURE DE FRANCE
ce qui est contre l'experience. Nigidius ,
fameux Mathématicien , et le plus sçavant Romain après Varron , soutenoit
dans cette question , que les Jumeaux ne
pouvoient avoir un même ascendant , à
cause de la difference qui se trouve entre
la naissance de l'un et la naissance de
l'autre. La remarque qu'il avoit faite sur
la roue du Potier , qui tournoit de toute
sa force , est très- propre pour faire voir
cette difference ; car les deux marques
qu'il fit sur la roue dans le même temps
et fort près l'une de l'autre , se trouverent assez éloignées entre elles. D'où il
jugea que les Cieux tournant encore plus
rapidement que la roue du Potier , la difference des naissances des deux Jumeaux
devoit être encore plus grande , à cause
du grand cercle que décrivent les Astres
dans les Cieux. C'est de- là que ce Nigidius acquit le surnom de Figulus , ou
Potier. Et de-là on peut conclure que les
Astronomes ne peuvent même considerer la position dos Astres , qui passent si
vîte.
Prenons le systême et le plan d'un sçavant Allemand nommé Mathieu Sluter ,
Jurisconsulte et Syndic de la Ville de
Hambourg. Il croyoit pouvoir prédire les
divers changemens de l'Air , l'humidité
la
JUILLET. 1732. 1561
la secheresse , la serenité , les pluyes , les
orages. La conjonction on l'aspect des
Planettes fait qu'elles se chargent l'une
l'autre de leurs influences particulieres.
Ces influences ou ces corpuscules mêlez
ensemble dans notre Atmosphere , y exeitent les vents et les pluyes , ou rétablissent la serenité. Mais pour prédire
tout cela , il faut avoir une suite d'Observations uniformes et constantes de
tous les chingemens qui sont arrivez
dans l'air aux temps de ces conjonctions.
De là on tírera des axiomes et des regles
sur lesquelles on fondera une Théorie.
Cet Auteur a déja donné une suite de ses
Observations , qui commence au 3. Février 1701. et finit au 3. Avril suivant.
M. Cok , Anglois , avoit donné avant lui
cette idée dans ses Axiomes Metecrolo
giques.
Je doute , M. qu'on puisse jamais faire
de ces Observations constantes et uniformes. Les Signes Celestes qui se levent en
certaines saisons , ne sont appellez Signes
que parce qu'ils se levent en certaines saisons où ordinairement l'air change de
temperature. Ils ne sont donc pas cause,
mais simplement Signes.
Dailleurs quelles difficultez à faire descendre les corpuscules des Planettes dans
E iij notre
1562 MERCURE DE FRANCE
notre Atmosphere ? Pour le moins autant
qu'à faire monter les exhalaisons de la
Terre jusques dans l'Atmosphere de Jupiter et de Saturne , dont la Terre est
prodigieusement éloignée. Comment faire sortir de l'Atmosphere de Saturne les
Corpuscules qui s'en exhalent? S'ils en sor
tent , ne seront-ils pas emportez par la
rapidité du tourbillon de cette grande
Planete ? Ne seront- ils pas dispersez dans
la vaste étendue des Cieux , où ils rencontreront encore d'autres Planettes et
d'autres tourbillons ? et quelle petite
quantité en arrivera sur la Terre ? Mais
encore ce systême, quelque fondé qu'il fût,
n'entrevoit pour rien dans la destinée des
hommes, ou s'il y entroit, ce ne seroit que
comme la nature des divers climats qui
font les hommes d'un temperament ,
plutôt que d'un autre ; et encore ce temperament seroit- il changé par l'éducation
et par la Religion, par la nourriture et la
qualité de l'air. Le Pays de la Beotie , gras
et fertile , ne produisoit point des hommes du genie des Athéniens qui habitoient
un Pays aride. Les Egyptiens dans un Pays
que les eaux seules du Nil rendoient fertile , ont été les premiers inventeurs des
Arts.
J'ai cité plus haut ce celebre Phavorin ,
JUILLET. 1732 1563
rin, un des Favoris de l'Empereur Adrien.
Il avoit fait une Dissertation contre ceux
qu'on appelle Caldéens, qui promettent de
prédire le sort et la destinée des hommes,
par l'inspection des Astres par les conjonctions et le mouvement des Planetes
et des Etoiles , nous avons un abregé de
cette Dissertation dans les Nuits Attiques
d'Aulugelle. L. XIV. Cap. I. L'Auteur dit ces Devins exercent que
leur Art pour de l'argent et pour vivre ;
que leur erreur vient de ce qu'ils ont vû
plusieurs corps terrestres dépendre du
mouvement des Astres , comme la Mer
qui est gouvernée par la Lune. De- la ils
ont conclu que les autres corps étoient
gouvernez par les Planetes et les Etoiles.
Si les hommes , ajoûte-t'il , pouvoient
prédire l'avenir , ils auroient la science
des Dieux ; mais pour en venir aux raisons qui rendent incertaine la science de
l'Astrologie.
1°. Il dit que les Observations de ces
Caldéens ne pouvoient avoir un effet general , parce qu'elles ne pouvoient être
appliquées qu'aux lieux où elles avoient
été faites , et où les Astres confluoient ;
car les Astres ne paroissent pas par tout
dans la même position. S'ils font pleuvoir dans un endroit , ils font le temps
E iiij serein
1564 MERCURE DE FRANCE
serein dans l'autre ; ainsi leurs effets seront differens pour les Caldéens , pour
les Getules , pour les Habitans du Danube et pour ceux du Nil. Il est impossible , ajoûte l'Auteur , que dans une si
grande courbure du Ciel et dans cette
immense profondeur des Cieux étendus
P'un sur l'autre , les Astres soient ou paroissent dans la même conjonction ou situation à l'égard de tous les Peuples de la
Terre , et que leurs influences soient toujours uniformes et toûjours les mêmes.
2º. Si les Caldéens ont observé les effets des Etoiles visibles , combien y en
a- t'il qu'ils n'ont pas vûës, et qui peuvent
être en conjonction avec les visibles ? Si
Phavorin avoit connu les Satellites de
Jupiter et de Saturne , que n'auroit- il
pas dit?
3. Ils ont observé les évenemens arrivez sous certaines conjonctions , et delà ils ont assuré que les mêmes arriveroient sous les mêmes conjonctions. Mais
peut- on faire beaucoup d'observations
sous des conjonctions qui n'arrivent que
dans cent ans , que dans mille ans ? At'on vû des Livres qui nous ayent con..
servé ces Observations anciennes?
4°. Comment peuvent- ils dire qu'il y
a des conjonctions qui président à la
conception
JUILLET. 1732. 1565
conception , à la naissance dix mois après,
à la fortune, aux nôces, à la fécondité
des Epoux ? Les Astres passent trop vîte
et les mêmes ne peuvent faire tout cela.
5. Les Astres pourroient-ils produire
les évenemens qui viennent des causes
exterieures ? Comment causeroient- ils les
nouveaux projets , les jugemens, les désirs , les amours , les inimitiez , les railleries , les doutes ? Ce seroit faire agir les
hommes comme les bêtes , qui ne font rien par leur propre arbitre , et les hommes ont leur propre arbitre , qui ne seroit rien s'il dépendoit de la force des
Astres.
6°. S'ils peuvent prédire, ces Caldéens,
la victoire à Pyrrhus ou à Marius- Curius,
pourquoi ne peuvent-ils pas promettre à
un tel qu'il gagnera au jeu ? Les Astres
ne marquent- ils que de grandes choses ,
et celles-cy sont- elles si petites qu'elles
en soient imperceptibles dans les Astres ?
Mais est-il rien de si petit que le mo
ment auquel l'homme en naissant reçoit
sa destinée ? Cependant cecte petite chose
est marquée dans les Asetes ; et après tout,
les deux Jumeaux conçus en un insant ,
ne sont-ils differens sur leur fortune
dans leurs accions et dans leur mort?
pas
79. Comment accorder ces differens
E v
Astres
1566 MERCURE DE FRANCE
Astres , qui ayant fait naître tant de personnes differentes par leur âge , leur nation , leur condition , les font périr dans
un tremblement de terre , dans la chute
d'une maison , dans une Bataille , dans
un nauffrage ?
8°. Mais les animaux sont- ils aussi sujers aux Astres , comme les hommes ? Je
finirai par où j'ai commencé , et je dirai
avec le Poëte Pacovius :
Nam si qui qua ventura sunt pravideant ,
Equiparant Jovi.
Et je dirai encore avec Accius :
Nihil vides Auguribus qui aures verbi divitant ,
Alienas , suas ut locupletent domos,
Phavorin exhorte les jeunes gens de
ne se fier point aux Astrologues. Si vous
craignez , dit-il , les maux qu'ils vous
prédisent , vous devenez miserables par
cette crainte. Si vous attendez long- tems
les biens qu'ils vous promettent , vous
devenez encore miserables , lorsque vous
appercevez que vous êtes trompez. Ajoûtons à toutes ces raisons , que Dieu n'a
point tracé la conduite du genre humain
dans les Astres , et qu'il ne se repose pas
sur eux du soin qu'il a pour les hommes.
Sa sagesse ,sa bonté et sa justice , condui
sent
JUILLET 1732. 1567
sent tout, et c'est là sa Providence.Qu'estil besoin après cela d'aller dresser des
machines dans les Cieux pour faire naître et mourir des hommes d'une maniere
differente ? et encore de placer ces machines dans des lieux si élevez , pour
n'être vûës que des Astrologues , et avec
des Telescopes ?
Je vous laisse , Monsieur , avec les refléxions que vous pouvez faire en Théologien , ou avec celles que nous a données M. Bayle , dans son Ouvrage sur
les Cometes ; je vous ai assez fait voir
mes sentimens sur cette matiere. Je sou- haite que vous connoissiez ceux que j'ai
pour vous. Je suis , &c.
A Paris le 4. Janvier 1732.
et les Horoscopes , écrite par M. Cipiere ,
à M. l'Abbé B....
sur
Uisque vous le voulez , Monsieur ,
Pije vous écrirai mes sentimens
l'Astrologie Judiciaire , cette science des
Prédictions et des Horoscopes. Je commencerai par un Auteur Chrétien , qui
a été Licentié en Droit , et qui a professé
les
JUILLET. 1732. 1555
les Mathématiques à Bordeaux , sa Patrie
et la mienne. C'est Guillaume Desbordes,
Gentilhomme , qui a traduit en François
la Sphere de Jean de Sacrobosco. Sa Traduction fut imprimée à Paris , chez Denis Cavelles , en l'année 1607. Le Traducteur a mis au-devant de l'Ouvrage
une longue Préface pour établir l'utilité
de l'Astrologie Judiciaire , qu'il fonde
sur un sistême moins opposé aux principes de la Religion , que tant d'autres
qui ont parû sur la même matiere,
1°. Il cite Platon, qui dit que les yeux
n'ont été donnez aux hommes que pour
l'Astronomie , c'est-à-dire , pour élever
l'esprit à la connoissance de l'Auteur de
tous les Astres. Il y loüe Purboche , et
Jean de Montroyal , pour avoir rétabli
l'Astrologie. Il croit avec Aristote , que
le monde inferieur est regi par le Superieur.
2º. Nous voyons , dit-il , contre Pic
de la Mirandole, que les conjonctions des
Etoiles ardentes brulent les corps terrestres , et les rendent secs et arides ; que les
Etoiles et les Signes humides augmentent les humeurs ; que les diverses mixtions des Rayons des Corps Celestes , sont
la cause de la diverse temperature de
toutes les qualitez des Corps Terrestres.
3º.
1556 MERCURE DE FRANCE
3. L'auteur attribue aux Corps Celestes la varieté de la temperature de nos
corps , et à cette varieté de temperature ,
celle de nos passions et la diversité des
esprits , si l'éducation ne change le naturel. Dieu est au- dessus de ces forces naturelles , et il nous laisse notre libre arbitre qui change quelquefois l'ordre de
la Nature. Un exemple de cela. Moyse
fut conservé , non par la puissance des
Astres , mais par une volonté particuliere de Dieu. Un autre exemple. S. Pierre
fut délivré de la prison par un Ange ,
non par les Astres. N'est- il pas vrai ,
M. que Desbordes auroit pû mettre dans
la conjonction des Astres , la fille du Roy
qui sauva Moyse des eaux , et l'Ange qui
tira l'Apôtre de la prison ? mais il croyoit
aux Miracles.
- 4°. Il prouve par l'Ecriture Sainte que
les effets de ces causes superieures , sont
subordonnez à Dieu , qui veut que les
hommes ayent en lui une sincere confiance. Dieu a dit par la bouche de Jeremie , de ne craindre point les Signes
du Ciel , mais d'avoir de la confiance en
sa proteccion.
5o. L'Auteur reconnoît encore une
autre cause contraire à la disposition des
Astres, qui influë dans la vie des hom
mes.
JUILLET. 1732 1557
mes. C'est le Démon , ennemi du genre
humain , c'est à lui qu'il faut attribuer
les crimes de Neron et de Caligula.
6. Il croit avec Ptolomée , que les
ordonnances des Astres sont moins efficaces que les Arrêts du Sénat et des Préteurs.
7. Il conclut enfin que les conjonctions des Astres qui disposent de la destinée des Humains , ne nécessitent personne , et qu'il faut mépriser totalement
les prédictions des Astrologues , qui sont
semblables aux pronostics des Medecins ;
mais il seroit déraisonnable , ajoûte l'Auteur, de croire que les Planettes et les
Etoiles fussent dans les cieux sans aucune signification ni effet. Les saintes
Lettres n'ont pas dit en vain , qu'elles seroient des Signes pour les temps , les
ans et les jours. Il faut avoüer , Monsieur,
que si cela est comme Desbordes l'éta
blit , cette science se réduit presqu'à rien
pour les prédictions qui interessent la liberté de l'homme.
D'autres Auteurs ont pressé davantage
l'effet des Prédictions. Thiogenes prédit
l'EmpireàAuguste, selon Suetone . Les Mathématiciens chassez de Rome par Vitellius,lui prédirent le genre de sa mort dans
lesCalendes d'Octobre, ce qui arriva, selon
Xiphilin. Ascletarion , interrogé par DoE mitien
558 MERCURE
DE FRANCE
mitien , de quelle mort , lui Aseletarion
mourroit
, il répondit qu'il seroit devoré
des chiens. L'Empereur
, pour tromper
les Astres , le fit mourir , et ordonna que
son corps fût mis dans une fosse fort profonde. Les Fossoyeurs épouventez
par
une pluye fort abondante
, s'enfuirent et
laisserent le corps en proye aux chiens.
Ainsi le rapporte le même Xiphilin, après
Dion. Mais l'Empire ne fut-il pas prédit de
à Rodolphe
de Harpourg
, au rapport Cuspinian , et le Souverain Pontificat à
Leon X. et à Adrien IV. selon Paul Jove?
Ce sont des Astrologues qui l'ont prédit et non des Prophetes inspirez de Dieu.
10.
Tout le monde n'a pas eû cette foi pour
les Astrologues ; plusieurs Sçavans ont
été contraires à leurs prétentions. Ciceron , auLivre 2. de la Devination ; Sextus
Emperius , contre les Grammairiens , Ch.
ro. Phavorin dans Gellius , L. 14. C. I.
ont renversé tous leurs principes. L'Empereur Tibere les condamna à mort, quoiqu'il eût Thrasyde à son service. Nous
avons dit que Vitellius les avoit chassés ·
de l'Italie , et Valere Maxime , L. 1. C. 3 .
rapporte les raisons qu'il y eut pour les
chasser de Rome sous le Consulat de
M. Popilius Lanos , et Cn. Calpurnius ,
long temps avant Vitellius.
Le
JUILLET. 1732.32. 1559
Le Prophete Isaïe les connoissoit bien ,
quand il dit : Stant et salvent te augures
Cæli , qui contemplabantur sidera , et supputabant menses , ut ex eis annuntiarent
ventura tibi , Cap. 47. V. 18. Les Peres de
l'Eglise n'en ont pas eu meilleure opinion ;
on en pourroit citer un nombre qui ont
ensé la même chose avec Eusebe de Cesarée , Prapar. Evang, et avec les Saints
Basile , dans son Hexameron , Ambroise ,
Irenée , et Augustin , nous y joindrons
les Conciles qui ont condamné les opinions des Priscillanistes sur ce sujet.
P
Je dois vous rapporter ici , M. les sentimens de S. Augustin , Civit. Dei , L.V.
Cap. 2. Il combat les Horoscopes , et en
fait voir la fausseté. Pour cela il examine
la ressemblance de deux Jumeaux , qui
dans un même temps tomberent malades
avec des symptômes et des accidens pareils , et moururent à la même heure.
Hipocrate , qui les avoit vûs , jugea de
cette ressemblance qu'ils étoient Jumeaux.
Le Stoicien Posidonius , qui s'étoit appliqué à l'Astrologie , soutenoit que cette`
ressemblance venoit de ce que ces Jumeaux avoient été conçûs sous le même
Ascendant. Si cette raison étoit bonne ,
dit S. Augustin , on ne devroit voir aucune diversité dans la vie des Jumeaux ,
E ij ce
15 MERCURE DE FRANCE
ce qui est contre l'experience. Nigidius ,
fameux Mathématicien , et le plus sçavant Romain après Varron , soutenoit
dans cette question , que les Jumeaux ne
pouvoient avoir un même ascendant , à
cause de la difference qui se trouve entre
la naissance de l'un et la naissance de
l'autre. La remarque qu'il avoit faite sur
la roue du Potier , qui tournoit de toute
sa force , est très- propre pour faire voir
cette difference ; car les deux marques
qu'il fit sur la roue dans le même temps
et fort près l'une de l'autre , se trouverent assez éloignées entre elles. D'où il
jugea que les Cieux tournant encore plus
rapidement que la roue du Potier , la difference des naissances des deux Jumeaux
devoit être encore plus grande , à cause
du grand cercle que décrivent les Astres
dans les Cieux. C'est de- là que ce Nigidius acquit le surnom de Figulus , ou
Potier. Et de-là on peut conclure que les
Astronomes ne peuvent même considerer la position dos Astres , qui passent si
vîte.
Prenons le systême et le plan d'un sçavant Allemand nommé Mathieu Sluter ,
Jurisconsulte et Syndic de la Ville de
Hambourg. Il croyoit pouvoir prédire les
divers changemens de l'Air , l'humidité
la
JUILLET. 1732. 1561
la secheresse , la serenité , les pluyes , les
orages. La conjonction on l'aspect des
Planettes fait qu'elles se chargent l'une
l'autre de leurs influences particulieres.
Ces influences ou ces corpuscules mêlez
ensemble dans notre Atmosphere , y exeitent les vents et les pluyes , ou rétablissent la serenité. Mais pour prédire
tout cela , il faut avoir une suite d'Observations uniformes et constantes de
tous les chingemens qui sont arrivez
dans l'air aux temps de ces conjonctions.
De là on tírera des axiomes et des regles
sur lesquelles on fondera une Théorie.
Cet Auteur a déja donné une suite de ses
Observations , qui commence au 3. Février 1701. et finit au 3. Avril suivant.
M. Cok , Anglois , avoit donné avant lui
cette idée dans ses Axiomes Metecrolo
giques.
Je doute , M. qu'on puisse jamais faire
de ces Observations constantes et uniformes. Les Signes Celestes qui se levent en
certaines saisons , ne sont appellez Signes
que parce qu'ils se levent en certaines saisons où ordinairement l'air change de
temperature. Ils ne sont donc pas cause,
mais simplement Signes.
Dailleurs quelles difficultez à faire descendre les corpuscules des Planettes dans
E iij notre
1562 MERCURE DE FRANCE
notre Atmosphere ? Pour le moins autant
qu'à faire monter les exhalaisons de la
Terre jusques dans l'Atmosphere de Jupiter et de Saturne , dont la Terre est
prodigieusement éloignée. Comment faire sortir de l'Atmosphere de Saturne les
Corpuscules qui s'en exhalent? S'ils en sor
tent , ne seront-ils pas emportez par la
rapidité du tourbillon de cette grande
Planete ? Ne seront- ils pas dispersez dans
la vaste étendue des Cieux , où ils rencontreront encore d'autres Planettes et
d'autres tourbillons ? et quelle petite
quantité en arrivera sur la Terre ? Mais
encore ce systême, quelque fondé qu'il fût,
n'entrevoit pour rien dans la destinée des
hommes, ou s'il y entroit, ce ne seroit que
comme la nature des divers climats qui
font les hommes d'un temperament ,
plutôt que d'un autre ; et encore ce temperament seroit- il changé par l'éducation
et par la Religion, par la nourriture et la
qualité de l'air. Le Pays de la Beotie , gras
et fertile , ne produisoit point des hommes du genie des Athéniens qui habitoient
un Pays aride. Les Egyptiens dans un Pays
que les eaux seules du Nil rendoient fertile , ont été les premiers inventeurs des
Arts.
J'ai cité plus haut ce celebre Phavorin ,
JUILLET. 1732 1563
rin, un des Favoris de l'Empereur Adrien.
Il avoit fait une Dissertation contre ceux
qu'on appelle Caldéens, qui promettent de
prédire le sort et la destinée des hommes,
par l'inspection des Astres par les conjonctions et le mouvement des Planetes
et des Etoiles , nous avons un abregé de
cette Dissertation dans les Nuits Attiques
d'Aulugelle. L. XIV. Cap. I. L'Auteur dit ces Devins exercent que
leur Art pour de l'argent et pour vivre ;
que leur erreur vient de ce qu'ils ont vû
plusieurs corps terrestres dépendre du
mouvement des Astres , comme la Mer
qui est gouvernée par la Lune. De- la ils
ont conclu que les autres corps étoient
gouvernez par les Planetes et les Etoiles.
Si les hommes , ajoûte-t'il , pouvoient
prédire l'avenir , ils auroient la science
des Dieux ; mais pour en venir aux raisons qui rendent incertaine la science de
l'Astrologie.
1°. Il dit que les Observations de ces
Caldéens ne pouvoient avoir un effet general , parce qu'elles ne pouvoient être
appliquées qu'aux lieux où elles avoient
été faites , et où les Astres confluoient ;
car les Astres ne paroissent pas par tout
dans la même position. S'ils font pleuvoir dans un endroit , ils font le temps
E iiij serein
1564 MERCURE DE FRANCE
serein dans l'autre ; ainsi leurs effets seront differens pour les Caldéens , pour
les Getules , pour les Habitans du Danube et pour ceux du Nil. Il est impossible , ajoûte l'Auteur , que dans une si
grande courbure du Ciel et dans cette
immense profondeur des Cieux étendus
P'un sur l'autre , les Astres soient ou paroissent dans la même conjonction ou situation à l'égard de tous les Peuples de la
Terre , et que leurs influences soient toujours uniformes et toûjours les mêmes.
2º. Si les Caldéens ont observé les effets des Etoiles visibles , combien y en
a- t'il qu'ils n'ont pas vûës, et qui peuvent
être en conjonction avec les visibles ? Si
Phavorin avoit connu les Satellites de
Jupiter et de Saturne , que n'auroit- il
pas dit?
3. Ils ont observé les évenemens arrivez sous certaines conjonctions , et delà ils ont assuré que les mêmes arriveroient sous les mêmes conjonctions. Mais
peut- on faire beaucoup d'observations
sous des conjonctions qui n'arrivent que
dans cent ans , que dans mille ans ? At'on vû des Livres qui nous ayent con..
servé ces Observations anciennes?
4°. Comment peuvent- ils dire qu'il y
a des conjonctions qui président à la
conception
JUILLET. 1732. 1565
conception , à la naissance dix mois après,
à la fortune, aux nôces, à la fécondité
des Epoux ? Les Astres passent trop vîte
et les mêmes ne peuvent faire tout cela.
5. Les Astres pourroient-ils produire
les évenemens qui viennent des causes
exterieures ? Comment causeroient- ils les
nouveaux projets , les jugemens, les désirs , les amours , les inimitiez , les railleries , les doutes ? Ce seroit faire agir les
hommes comme les bêtes , qui ne font rien par leur propre arbitre , et les hommes ont leur propre arbitre , qui ne seroit rien s'il dépendoit de la force des
Astres.
6°. S'ils peuvent prédire, ces Caldéens,
la victoire à Pyrrhus ou à Marius- Curius,
pourquoi ne peuvent-ils pas promettre à
un tel qu'il gagnera au jeu ? Les Astres
ne marquent- ils que de grandes choses ,
et celles-cy sont- elles si petites qu'elles
en soient imperceptibles dans les Astres ?
Mais est-il rien de si petit que le mo
ment auquel l'homme en naissant reçoit
sa destinée ? Cependant cecte petite chose
est marquée dans les Asetes ; et après tout,
les deux Jumeaux conçus en un insant ,
ne sont-ils differens sur leur fortune
dans leurs accions et dans leur mort?
pas
79. Comment accorder ces differens
E v
Astres
1566 MERCURE DE FRANCE
Astres , qui ayant fait naître tant de personnes differentes par leur âge , leur nation , leur condition , les font périr dans
un tremblement de terre , dans la chute
d'une maison , dans une Bataille , dans
un nauffrage ?
8°. Mais les animaux sont- ils aussi sujers aux Astres , comme les hommes ? Je
finirai par où j'ai commencé , et je dirai
avec le Poëte Pacovius :
Nam si qui qua ventura sunt pravideant ,
Equiparant Jovi.
Et je dirai encore avec Accius :
Nihil vides Auguribus qui aures verbi divitant ,
Alienas , suas ut locupletent domos,
Phavorin exhorte les jeunes gens de
ne se fier point aux Astrologues. Si vous
craignez , dit-il , les maux qu'ils vous
prédisent , vous devenez miserables par
cette crainte. Si vous attendez long- tems
les biens qu'ils vous promettent , vous
devenez encore miserables , lorsque vous
appercevez que vous êtes trompez. Ajoûtons à toutes ces raisons , que Dieu n'a
point tracé la conduite du genre humain
dans les Astres , et qu'il ne se repose pas
sur eux du soin qu'il a pour les hommes.
Sa sagesse ,sa bonté et sa justice , condui
sent
JUILLET 1732. 1567
sent tout, et c'est là sa Providence.Qu'estil besoin après cela d'aller dresser des
machines dans les Cieux pour faire naître et mourir des hommes d'une maniere
differente ? et encore de placer ces machines dans des lieux si élevez , pour
n'être vûës que des Astrologues , et avec
des Telescopes ?
Je vous laisse , Monsieur , avec les refléxions que vous pouvez faire en Théologien , ou avec celles que nous a données M. Bayle , dans son Ouvrage sur
les Cometes ; je vous ai assez fait voir
mes sentimens sur cette matiere. Je sou- haite que vous connoissiez ceux que j'ai
pour vous. Je suis , &c.
A Paris le 4. Janvier 1732.
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Résumé : LETTRE sur l'Astrologie Judiciaire, et les Horoscopes, écrite par M. Cipiere, à M. l'Abbé B......
La lettre de M. Cipiere à l'Abbé B... aborde la question de l'astrologie judiciaire et des horoscopes. L'auteur commence par mentionner Guillaume Desbordes, un gentilhomme et mathématicien de Bordeaux, qui a traduit la 'Sphère' de Jean de Sacrobosco et a écrit une préface en défense de l'astrologie judiciaire. Desbordes soutient que l'astrologie peut être compatible avec la religion, citant des auteurs anciens comme Platon et Aristote. Il reconnaît que Dieu et les miracles peuvent intervenir dans les destinées humaines, comme dans les cas de Moïse et de saint Pierre. Desbordes attribue aux corps célestes des influences sur les tempéraments et les passions humaines, tout en soulignant que l'éducation et le libre arbitre peuvent modifier ces influences. Il cite des exemples de prédictions astrologiques, comme celles faites pour Auguste et pour des empereurs romains. La lettre mentionne également des critiques de l'astrologie par des savants comme Cicéron et des Pères de l'Église, qui ont condamné les pratiques astrologiques. Saint Augustin, par exemple, a contesté la validité des horoscopes en se basant sur des observations de jumeaux. L'auteur évoque ensuite le système de Mathieu Sluter, un juriste allemand, qui croyait pouvoir prédire les changements climatiques en observant les conjonctions planétaires. Cependant, il exprime des doutes sur la possibilité de faire des observations constantes et uniformes. Enfin, la lettre cite Phavorin, un favori de l'empereur Adrien, qui a critiqué les 'Caldéens' pour leur erreur de croire que les corps terrestres dépendent du mouvement des astres. Phavorin souligne les difficultés pratiques et théoriques de l'astrologie, comme la variabilité des positions des astres selon les lieux et les époques. Le texte discute également de la validité de l'astrologie et de la prédestination, posant des questions critiques sur la capacité des astrologues à prédire des événements. Il mentionne la variabilité des destins des jumeaux et la diversité des morts humaines, qu'elles soient dues à des catastrophes naturelles ou à des conflits. Il aborde aussi la question de savoir si les animaux sont soumis aux astres de la même manière que les hommes. Le texte cite des poètes pour renforcer son argumentation contre l'astrologie. Il conclut en affirmant que Dieu ne délègue pas la conduite des hommes aux astres, mais la dirige par sa sagesse, sa bonté et sa justice. L'auteur exprime son souhait que le destinataire réfléchisse à ces questions et mentionne les réflexions de M. Bayle sur les comètes.
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2108
p. 1571
« RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
Début :
RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...]
Mots clefs :
Recueil d'Edits
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texteReconnaissance textuelle : « RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
R
ECUEIL d'Edits , Ordonnances et
Déclarations concernant l'Epargne ,
le Trésor Royal , et les Parties Casuelles
et autres Affaires de Finances , sous les
Regnes de Louis XI. François I. Henry II.
François II. Charles IX. Henry III. Henry IV Louis XIII. Louis XIV. et Louis
XV. avec un Tarifdes anciennes et nouvelles évaluations des Office de France
ensemble des droits de Polette , ou Annuel , et de huitiéme derier , survivance
ou droit de Mutation des mêmes Offices.
Volume in - 8. sans nom d'Imprimeur ,
1732.
ECUEIL d'Edits , Ordonnances et
Déclarations concernant l'Epargne ,
le Trésor Royal , et les Parties Casuelles
et autres Affaires de Finances , sous les
Regnes de Louis XI. François I. Henry II.
François II. Charles IX. Henry III. Henry IV Louis XIII. Louis XIV. et Louis
XV. avec un Tarifdes anciennes et nouvelles évaluations des Office de France
ensemble des droits de Polette , ou Annuel , et de huitiéme derier , survivance
ou droit de Mutation des mêmes Offices.
Volume in - 8. sans nom d'Imprimeur ,
1732.
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Résumé : « RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
Le document 'Recueil d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Épargne, le Trésor Royal, et les Parties Casuelles et autres Affaires de Finances' couvre les règnes de Louis XI à Louis XV. Il compile des édits et ordonnances sur les finances royales et inclut un tarif des évaluations des offices de France et des droits de mutation. Publié en 1732, cet ouvrage in-octavo n'a pas de mention d'imprimeur.
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2109
p. 1571-1572
Memorial de Paris, [titre d'après la table]
Début :
MEMORIAL DE PARIS et de ses Environs, à l'usage [...]
Mots clefs :
Mémorial de Paris
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texteReconnaissance textuelle : Memorial de Paris, [titre d'après la table]
MEMORIAL DE PARIS et de ses Environs ,
1572 MERCURE DE FRANCE
rons,à l'usage des Voyageurs. Par M. l'Abbé Antonini. A Paris , Quai des Augustins , chez Muzier in- 12. de 164.
pages.
J.
Tous les Etrangers et quantité de
François,et mêmedeParisiens auront obligation à l'Auteur de ce petit Ouvrage
de leur avoir indiqué les principales Curiositez de la Ville de Paris.
1572 MERCURE DE FRANCE
rons,à l'usage des Voyageurs. Par M. l'Abbé Antonini. A Paris , Quai des Augustins , chez Muzier in- 12. de 164.
pages.
J.
Tous les Etrangers et quantité de
François,et mêmedeParisiens auront obligation à l'Auteur de ce petit Ouvrage
de leur avoir indiqué les principales Curiositez de la Ville de Paris.
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2110
p. 1572-1571
Les Sultanes de Guzarate, [titre d'après la table]
Début :
LES SULTANES de Guzarate, ou les Songes des Hommes éveillez. [...]
Mots clefs :
Les Sultanes de Guzarate
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texteReconnaissance textuelle : Les Sultanes de Guzarate, [titre d'après la table]
LES SULTANES de Guzarate ou les
Songes des Hommeséveillez. Contes Mo
gols , par M. G.... A Paris , Quai de
Gêves , chez P. Prault , 1732. 3 volumes.
in- 12. de près de 400. pag. chacun.
Nous ne doutons pas que cet Ouvrage
ne soit reçû aussi favorablement du Public que les Contes Tartares et Chinois du
même Auteur , dont il est obligé de faire
une troisième édition , sans compter
impressions qu'on en a faites dans les
Pays Etrangers. Au reste , tous ces Ouvrages sont écrits très- poliment, et la lec
ture en est fort amusante
Songes des Hommeséveillez. Contes Mo
gols , par M. G.... A Paris , Quai de
Gêves , chez P. Prault , 1732. 3 volumes.
in- 12. de près de 400. pag. chacun.
Nous ne doutons pas que cet Ouvrage
ne soit reçû aussi favorablement du Public que les Contes Tartares et Chinois du
même Auteur , dont il est obligé de faire
une troisième édition , sans compter
impressions qu'on en a faites dans les
Pays Etrangers. Au reste , tous ces Ouvrages sont écrits très- poliment, et la lec
ture en est fort amusante
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Résumé : Les Sultanes de Guzarate, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Les Sultanes de Guzarate ou les Songes des Hommes éveillés. Contes Mogols' est écrit par M. G. et publié à Paris en 1732. Composé de trois volumes in-12 de près de 400 pages chacun, il est comparé aux 'Contes Tartares et Chinois' de l'auteur, qui ont connu un grand succès et nécessité une troisième édition en France et plusieurs impressions à l'étranger. Ces ouvrages sont décrits comme bien écrits et amusants.
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2111
p. 1572-1574
Exposition du Droit Canonique, &c. [titre d'après la table]
Début :
EXPOSITIO Juris Canonici per regulas naturalis ordine digestas, &c. c'est [...]
Mots clefs :
Expositio juris Canonici, Droit canonique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Exposition du Droit Canonique, &c. [titre d'après la table]
EXPOSITIO Juris Canonici per regulas naturali ordine digestas , &c. c'est- à- dire
disposition du Droit Canonique par régles , rédigées suivant l'ordre naturel et
Suivant l'usage, tirées tant du Corps de
Droit,
JUILLET. 1732. 1.57.3
Droit , que d'autres sources , divisée en
deux Tomes , dont le premier contiendra
tout ce qui concerne le Droit Canon ,
consideré en lui - même et en général ; le
second traitera de ce droit en particulier.
Par Pierre Gibert , Docteur , Theologien
et Canoniste. A Geneve , aux dépens de
Michel Bousquet et ses Associez.
L'Auteur se propose dans ce nouvel
Ouvrage de corriger trois défauts qu'il
a remarqués dans les Collections qui composent le corps du Droit Canon. Le premier de ces défauts est la confusion ou le
peu d'ordre et d'arrangement dans la
compilation des décisions dont chaque
collection est composée ; défaut qui vient
ou de ce que s'attachant plutôt à l'ordre
Chronologique qu'à la nature des matie
res , on a placé devant,celles qui devoient
être après , et on a fait suivre , celles qui
devoient préceder , ou parce qu'on a fait
plusieurs titres de ce dont on ne pouvoit
en faire qu'un , ou de ce qu'au contraire
on a rassemblé en un soul titre plusieurs
matieres qui , soit par leur importance ,
soit par leur nature differente , devoient
être séparées , ou enfin de ce qu'au lieu
de réunir en un même endroit les matieres qui de leur nature devoient être liées
ensemble , ou de les placer à propos , on
les
1574 MERCURE DE FRANCE
les a dispersées d'une maniere très- embaet dans des endroits où elles
n'ont aucun rapport avec ce qui y est
traité.
rassante ,
Le deuxième défaut est l'omission. Ce
défaut consiste à omettre quelques ter
mes qui caracteriseroient mieux les Canons et les autres décisions ; à ne pas remarquer les loix abrogées , les doutes que
l'on forme sur l'autorité de quelquesunes , ou même sur la supposition et le
faux de quelques autres.
Le troisiéme et dernier défaut est l'inutilité. Il consiste dans la répétition
qu'on fait dans plusieurs endroits d'une
même loi , ou dans un récit d fairs et de
circonstances , sans lequel la loi ne seroit
pas moins claire.
Les Editeurs font distribuer un Prospectus , imprimé en Latin , de 8 pages infol. Ce Prospectus expos: le dessein de
Auteur en un grand nombre d'exemples
des trois défauts qu'on vient de remarquer. Ils promettent l'Ouvrage entier
dans le courant de l'année 1732
disposition du Droit Canonique par régles , rédigées suivant l'ordre naturel et
Suivant l'usage, tirées tant du Corps de
Droit,
JUILLET. 1732. 1.57.3
Droit , que d'autres sources , divisée en
deux Tomes , dont le premier contiendra
tout ce qui concerne le Droit Canon ,
consideré en lui - même et en général ; le
second traitera de ce droit en particulier.
Par Pierre Gibert , Docteur , Theologien
et Canoniste. A Geneve , aux dépens de
Michel Bousquet et ses Associez.
L'Auteur se propose dans ce nouvel
Ouvrage de corriger trois défauts qu'il
a remarqués dans les Collections qui composent le corps du Droit Canon. Le premier de ces défauts est la confusion ou le
peu d'ordre et d'arrangement dans la
compilation des décisions dont chaque
collection est composée ; défaut qui vient
ou de ce que s'attachant plutôt à l'ordre
Chronologique qu'à la nature des matie
res , on a placé devant,celles qui devoient
être après , et on a fait suivre , celles qui
devoient préceder , ou parce qu'on a fait
plusieurs titres de ce dont on ne pouvoit
en faire qu'un , ou de ce qu'au contraire
on a rassemblé en un soul titre plusieurs
matieres qui , soit par leur importance ,
soit par leur nature differente , devoient
être séparées , ou enfin de ce qu'au lieu
de réunir en un même endroit les matieres qui de leur nature devoient être liées
ensemble , ou de les placer à propos , on
les
1574 MERCURE DE FRANCE
les a dispersées d'une maniere très- embaet dans des endroits où elles
n'ont aucun rapport avec ce qui y est
traité.
rassante ,
Le deuxième défaut est l'omission. Ce
défaut consiste à omettre quelques ter
mes qui caracteriseroient mieux les Canons et les autres décisions ; à ne pas remarquer les loix abrogées , les doutes que
l'on forme sur l'autorité de quelquesunes , ou même sur la supposition et le
faux de quelques autres.
Le troisiéme et dernier défaut est l'inutilité. Il consiste dans la répétition
qu'on fait dans plusieurs endroits d'une
même loi , ou dans un récit d fairs et de
circonstances , sans lequel la loi ne seroit
pas moins claire.
Les Editeurs font distribuer un Prospectus , imprimé en Latin , de 8 pages infol. Ce Prospectus expos: le dessein de
Auteur en un grand nombre d'exemples
des trois défauts qu'on vient de remarquer. Ils promettent l'Ouvrage entier
dans le courant de l'année 1732
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Résumé : Exposition du Droit Canonique, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Expositio Juris Canonici per regulas naturali ordine digestas' est une compilation du Droit Canonique rédigée par Pierre Gibert, Docteur, Théologien et Canoniste. Publié à Genève en juillet 1732 par Michel Bousquet et ses associés, cet ouvrage se compose de deux tomes. Le premier tome traite du Droit Canonique en général, tandis que le second aborde des aspects particuliers. Pierre Gibert identifie trois principaux défauts dans les collections existantes du Droit Canonique. Le premier défaut est le manque d'ordre et de clarté, souvent dû à un arrangement chronologique plutôt que thématique. Le second défaut est l'omission, qui inclut l'absence de termes caractérisant mieux les canons, l'ignorance des lois abrogées, et les doutes sur l'autorité de certaines décisions. Le troisième défaut est l'inutilité, marquée par la répétition inutile de lois ou de récits sans valeur ajoutée. Les éditeurs distribuent un prospectus en latin détaillant ces défauts et promettant la publication complète de l'ouvrage au cours de l'année 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2112
p. 1574-1576
Les petits Ouvrages de Droit de Jacques Godefroy, [titre d'après la table]
Début :
JACOBI GOTHOFREDI, &c. Opera Juridica Minora. c'est à-dire [...]
Mots clefs :
Opera Juridica minora, Droit, Gothofredi
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texteReconnaissance textuelle : Les petits Ouvrages de Droit de Jacques Godefroy, [titre d'après la table]
JACOBI GOTHOFREDI , &c. OperaFuridica minora c'est à-dire , les petits Ouvrages de Droit de Jacques Godefroy
Jurisconsulte 2
, Professeur de Droit à Ge-
,
nêve,
·
JUILLET. 1732. 1575
1
nêve , Senateur et Consul de la même
Ville , et Envoyé de sa Nation en France , Allemagne , Piedmont , et en Suisse ,
concernant principalement lesAntiquitez
du Droit sous les Empereurs Payens et
Chrétiens , ou les petits Livres , Traitez ,
Oraisons les plus rares et les plus curieux ,
dans lesquels on trouvera plusieurs matieres choisies , non-seulement de Droit
mais sur l'antiquité , tant Grecque que
Romaine , ce qui peut donner de grands
éclaircissemens pour parvenir à la connoissance du droit ancien. A Leyde , chez
Jean Arnould Langerak.
?
L'importance de la plupart des matieres qui sont traitées dans cet Ouvrage ,
et l'habileté de Jacques Godefroy , connuë par les excellens Commentaires qu'il
a donnés sur le Droit , nous font croire
que ce Livre ne peut être que très- utile
et très-curieux , et la grande réputation
que l'Auteur s'est acquise par ses premiers
Ouvrages , nous fait esperer que les Sçavans recevront favorablement celui ci.
On propose ce Recueil par souscription , il contiendra 240. feüilles , outre
le Portrait de l'Auteur , et un Index trèsétendu. L'Editeur a fait distribuer un Programme qui contient une liste de tous
les Traitez qui composeront l'Ouvrage entier ; 1
1576 MERCURE DE FRANCE
entier ; il assûre qu'une partie est déja
imprimée , et promet tout l'Ouvrage
dans le courant d'Octobre , ou au premier Novembre 1732. Les Souscriptions
se recevront à Paris chez J. B. Coignard ,
Cavelier , Montalan , Saugrain , Mariette fils , Rollin , Guerin , Briasson , et
Didos , dans les autr s Villes et dans lest
Pays Etrangers , en Allemagne , Suisse ,
Brabant , Angleterre , Ecosse , Hybernie ,
et Italie, chez les principaux Libraires de
chaque Ville.
Les Souscripteurs payeront d'avance §.
f.5.liv. et autant en recevant l'Ouvrage.
On ne peut souscrire que jusqu'au dernier de Mai 1732. Si nous avions reçâ
plutôt le Programme , nous en aurions
parlé plutôt..
Jurisconsulte 2
, Professeur de Droit à Ge-
,
nêve,
·
JUILLET. 1732. 1575
1
nêve , Senateur et Consul de la même
Ville , et Envoyé de sa Nation en France , Allemagne , Piedmont , et en Suisse ,
concernant principalement lesAntiquitez
du Droit sous les Empereurs Payens et
Chrétiens , ou les petits Livres , Traitez ,
Oraisons les plus rares et les plus curieux ,
dans lesquels on trouvera plusieurs matieres choisies , non-seulement de Droit
mais sur l'antiquité , tant Grecque que
Romaine , ce qui peut donner de grands
éclaircissemens pour parvenir à la connoissance du droit ancien. A Leyde , chez
Jean Arnould Langerak.
?
L'importance de la plupart des matieres qui sont traitées dans cet Ouvrage ,
et l'habileté de Jacques Godefroy , connuë par les excellens Commentaires qu'il
a donnés sur le Droit , nous font croire
que ce Livre ne peut être que très- utile
et très-curieux , et la grande réputation
que l'Auteur s'est acquise par ses premiers
Ouvrages , nous fait esperer que les Sçavans recevront favorablement celui ci.
On propose ce Recueil par souscription , il contiendra 240. feüilles , outre
le Portrait de l'Auteur , et un Index trèsétendu. L'Editeur a fait distribuer un Programme qui contient une liste de tous
les Traitez qui composeront l'Ouvrage entier ; 1
1576 MERCURE DE FRANCE
entier ; il assûre qu'une partie est déja
imprimée , et promet tout l'Ouvrage
dans le courant d'Octobre , ou au premier Novembre 1732. Les Souscriptions
se recevront à Paris chez J. B. Coignard ,
Cavelier , Montalan , Saugrain , Mariette fils , Rollin , Guerin , Briasson , et
Didos , dans les autr s Villes et dans lest
Pays Etrangers , en Allemagne , Suisse ,
Brabant , Angleterre , Ecosse , Hybernie ,
et Italie, chez les principaux Libraires de
chaque Ville.
Les Souscripteurs payeront d'avance §.
f.5.liv. et autant en recevant l'Ouvrage.
On ne peut souscrire que jusqu'au dernier de Mai 1732. Si nous avions reçâ
plutôt le Programme , nous en aurions
parlé plutôt..
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Résumé : Les petits Ouvrages de Droit de Jacques Godefroy, [titre d'après la table]
Le texte présente les 'Opera Juridica minora' de Jacques Godefroy, juriste et professeur de droit à Genève, sénateur, consul et envoyé de sa nation en France, Allemagne, Piémont et Suisse. Publié en juillet 1732 à Leyde par Jean Arnould Langerak, cet ouvrage se concentre sur les antiquités du droit sous les empereurs païens et chrétiens. Il inclut des traités, oraisons et matières choisies sur le droit et l'antiquité grecque et romaine, offrant des éclaircissements sur le droit ancien. L'œuvre est considérée comme très utile et curieuse en raison de l'importance des matières traitées et de l'habileté de Godefroy, reconnue par ses commentaires sur le droit. Le recueil, proposé par souscription, contient 240 feuilles, un portrait de l'auteur et un index étendu. Un programme distribué par l'éditeur liste tous les traités composant l'ouvrage, dont une partie est déjà imprimée. La livraison complète est promise pour octobre ou novembre 1732. Les souscriptions, au prix de 5 livres à l'avance et autant à la réception, sont acceptées jusqu'au 31 mai 1732 auprès de plusieurs libraires à Paris et dans divers pays européens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2113
p. 1576-1577
« On a publié en Anglois, Essai sur la nature des [...] »
Début :
On a publié en Anglois, Essai sur la nature des [...]
Mots clefs :
Essai sur la nature des aliments, Ulaming
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texteReconnaissance textuelle : « On a publié en Anglois, Essai sur la nature des [...] »
On a publié en Anglois , Essai sur la
nature des alimens , et sur le choix qu'on
en doit faire par rapport aux différens
tempéramens des corps humains , &c.
Par Jean Arbuthnot , Docteur en Médècine , Membre du College des Médecins ,
et de la Societé Royale , in- 8.
Ulaming , Libraire d'Amsterdam , qui
a imprimé plusieurs Poësies Latines des
meilleurs
JUILLET. 1732. 1577
meilleurs Auteurs , entr'autres de Sannazar , doit. publier incessamment celles du
Chancelier de l'Hôpital , augmentées de
plus d'un tiers , et dont on connoît le
mérite, ce sera un gros in-8
nature des alimens , et sur le choix qu'on
en doit faire par rapport aux différens
tempéramens des corps humains , &c.
Par Jean Arbuthnot , Docteur en Médècine , Membre du College des Médecins ,
et de la Societé Royale , in- 8.
Ulaming , Libraire d'Amsterdam , qui
a imprimé plusieurs Poësies Latines des
meilleurs
JUILLET. 1732. 1577
meilleurs Auteurs , entr'autres de Sannazar , doit. publier incessamment celles du
Chancelier de l'Hôpital , augmentées de
plus d'un tiers , et dont on connoît le
mérite, ce sera un gros in-8
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Résumé : « On a publié en Anglois, Essai sur la nature des [...] »
En juillet 1732, Jean Arbuthnot, docteur en médecine, a publié en anglais 'Essai sur la nature des aliments'. L'ouvrage, en format in-8, a été imprimé par Ulaming, un libraire d'Amsterdam. Ulaming a également imprimé des poésies latines et prévoit de publier les poésies du Chancelier de l'Hôpital, augmentées d'un tiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2114
p. 1577-1578
Journal Litteraire de la Haye, [titre d'après la table]
Début :
JOURNAL LITTERAIRE, année 1729. Tome quatriéme, premiere et seconde partie [...]
Mots clefs :
Journal littéraire, 1729, Recueil de Lions, La Haye, Voyage historique d'Italie, Les Imposteurs Insignes, De Re Medica, Phile
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texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire de la Haye, [titre d'après la table]
JOURNAL LITTERAIRE , année 1729.
Tome quatriéme , premiere et seconde
partie de 484. pages in- 12. sans les Tables. A la Haye , chez P. Gosse et Jean
Neaulme.
Comme cet ouvrageest entre les mains
de tout le monde , nous ne donnerons
qu'une très- legere idée de ces deux volumes, quelques titres de Livres , &c.
RECUEIL DE LIONS , dessinez d'après nature par divers Maîtres › et gravez par
Bernard Picart , divisé en six Livres de
chacun six feuilles. A Amsterdam , chez
Bernard Picart , 1729. in- 4, oblong.
VOYAGE HISTORIQUE D'ITALIE , contenant des recherches exactes sur le Gouvernement , les Mœurs , les Fêtes , les
Spectacles et les singularitez des Villes
où l'Auteur a passé ; des Avantures curieuses et des Faits interessans arrivez depuis peu , et qui concernent divers Princes , Papes , Cardinaux , Prélats et autres
grands
1578 MERCURE DE FRANCE
grands Personages , vivans encore pour
la plûpart. Ouvrage semé d'un grand
nombre de bonnes Piéces fugitives de
Poësie , et de Pasquinades ingénieuses
qui ont rapport à l'Histoire du tems. A
la Haye , chez M. G. de Merville , 1719.
2 vol. in- 12. de 1107. pag. pour les deux
Tomes.
"
9
LES IMPOSTEURS INSIGNES ou Histoire de plusieurs hommes de néant de toutes Nations , qui ont usurpé la qualité
d'Empereurs , de Rois et de Princes ; des
guerres qu'ils ont causées , &c. Par J. B.
de Rocolles. A Bruxelles , chez Van
Vlanderen , 1728. 2. vol. in- 8. de 694. p.
pour les deux vol. avec Fig.
DE RE MEDICA. Dissertationes quatuor
Thomæ Simsoni , &c. Edinburgi 1728.
in-8. pag. 188. c'est-à- dire , IV. Dissertations de Thomas Simson , touchant l'usage des Remedes , &c.
›
PHILE, de Animalium proprietate, &c.
à Joanne Cornelio de Paw cum ejusdem Animadversionibus, et Versione Latina Gregorii Bresmanni , &c. Ultrajecti
apud Guill. Strouw. 1730. in-4.
Tome quatriéme , premiere et seconde
partie de 484. pages in- 12. sans les Tables. A la Haye , chez P. Gosse et Jean
Neaulme.
Comme cet ouvrageest entre les mains
de tout le monde , nous ne donnerons
qu'une très- legere idée de ces deux volumes, quelques titres de Livres , &c.
RECUEIL DE LIONS , dessinez d'après nature par divers Maîtres › et gravez par
Bernard Picart , divisé en six Livres de
chacun six feuilles. A Amsterdam , chez
Bernard Picart , 1729. in- 4, oblong.
VOYAGE HISTORIQUE D'ITALIE , contenant des recherches exactes sur le Gouvernement , les Mœurs , les Fêtes , les
Spectacles et les singularitez des Villes
où l'Auteur a passé ; des Avantures curieuses et des Faits interessans arrivez depuis peu , et qui concernent divers Princes , Papes , Cardinaux , Prélats et autres
grands
1578 MERCURE DE FRANCE
grands Personages , vivans encore pour
la plûpart. Ouvrage semé d'un grand
nombre de bonnes Piéces fugitives de
Poësie , et de Pasquinades ingénieuses
qui ont rapport à l'Histoire du tems. A
la Haye , chez M. G. de Merville , 1719.
2 vol. in- 12. de 1107. pag. pour les deux
Tomes.
"
9
LES IMPOSTEURS INSIGNES ou Histoire de plusieurs hommes de néant de toutes Nations , qui ont usurpé la qualité
d'Empereurs , de Rois et de Princes ; des
guerres qu'ils ont causées , &c. Par J. B.
de Rocolles. A Bruxelles , chez Van
Vlanderen , 1728. 2. vol. in- 8. de 694. p.
pour les deux vol. avec Fig.
DE RE MEDICA. Dissertationes quatuor
Thomæ Simsoni , &c. Edinburgi 1728.
in-8. pag. 188. c'est-à- dire , IV. Dissertations de Thomas Simson , touchant l'usage des Remedes , &c.
›
PHILE, de Animalium proprietate, &c.
à Joanne Cornelio de Paw cum ejusdem Animadversionibus, et Versione Latina Gregorii Bresmanni , &c. Ultrajecti
apud Guill. Strouw. 1730. in-4.
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Résumé : Journal Litteraire de la Haye, [titre d'après la table]
Le texte est un extrait d'un journal littéraire de 1729, présentant divers ouvrages. Il mentionne le quatrième tome d'un journal littéraire publié à La Haye, contenant 484 pages sans les tables. Parmi les ouvrages notables, on trouve le 'Recueil de Lions' illustré par Bernard Picart, publié à Amsterdam en 1729. Le 'Voyage Historique d'Italie' est également cité, explorant le gouvernement, les mœurs, les fêtes, les spectacles et les singularités des villes italiennes, ainsi que des aventures et des faits intéressants concernant divers princes, papes, cardinaux et autres grands personnages. Ce livre inclut aussi des pièces de poésie et des pasquinades. Le 'Mercure de France' de 1578, publié à La Haye en 1719, est mentionné avec deux volumes totalisant 1107 pages. Le texte évoque aussi 'Les Imposteurs Insignes', une histoire de personnes ayant usurpé des titres royaux, publiée à Bruxelles en 1728. Enfin, il liste des ouvrages médicaux et scientifiques, tels que 'De Re Medica' de Thomas Simson, publié à Édimbourg en 1728, et 'Phile' de Joanne Cornelio de Paw, publié à Utrecht en 1730.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2115
p. 1579-1587
Assemblée publique de la Société Royale de Montpelier, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 17 Février dernier, la Société Royale des Sciences de Montpellier [...]
Mots clefs :
Société royale des sciences de Montpellier, Assemblée publique, Académie, Mémoires, Lire, Plantes, Etamines, Huiles, Carnosité
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texteReconnaissance textuelle : Assemblée publique de la Société Royale de Montpelier, &c. [titre d'après la table]
Le 17 Février dernier , la Societé Roya
le des Sciences de Montpellier , tint son
Assemblée publique dans la grande Sale
de l'Hôtel de Vilie , en présence des trois
Etats de la Province de Languedoc , qui
occupoient leurs places ordinaires ; l'Académie étoit dans le Parterre , autour
d'une grande Table , au haut de laquelle
étoient placez les Académiciens Honoraires. M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de Languedoc , comme Président cette année , occupoit la place du
milieu. Il avoit à sa droite l'Archevêque
de Narbonne , Président né des Etats , et
P'Archevêque d'Albi , Académicien Honoraire ; et à sa gauche M. de Montferrier le fils , Directeur de la Compagnie.
Les Académiciens étoient placez sur des
bancs , aux côtez de la Table , et les Adjoints occupoient le bas bout sur des
chaises. Le reste de la Sale étoit rempli
d'un grand nombre de personnes, attirées
par la curiosité d'entendre lire les Mémoires , et par la majesté de l'Assemblée ,
qui étoit très-auguste , &c. M. le Président ne manqua pas de remarquer cette
derniere circonstance dans le petit Discours qu'il fir , en parlant des occupations
de la Societé Royale , et en annonçant les
Mémoires qu'on alloit lire.
Celui
580 MERCURE DE FRANCE
Celui de M. Danyzy avoit pour sujet
la Poussée des Voutes. Il examina avec
quelle force , et dans quelle direction les
Voussoirs agissent contre les Pieds droits
pour les renverser. Les connoissances
qu'il a acquises lui ont fourni le moyen
de déterminer l'épaisseur qu'il faut don
ner aux Pieds droits , afin que par leur
propre pesanteur ils soyent en équilibre
avec les efforts , & c.
Comme nous ne pouvons donner ici
qu'une idée succinte de ce qui s'est passé
dans cette Assemblée , nous n'entrerons
pas dans un trop grand détail , ne connoissant les Mémoires lús , que par les
Extraits qu'on en a imprimés à Montpellier , dans une petite Brochure in 4. de
40 pages. Mais nous sommes priez de rétablir une lacune faite dans le même imprimé , ou à la page 7. après la dix- neuviéme ligne , il faut lire ce qui suit.
Pour donner le loisir d'éxaminer la ma
niere dont les Voussoirs agissent , tl´avoit
fait tous les pieds droits H, h , foibles , er
pour les soutenir'yy avoit ajoûté des contreforts K, k, qui étant reculez tout doucement,
ne laissoient écarter les pieds droits que d'une certaine quantité qui n'étoit pas suffisante
pour faire crouler l'arceau , mais qui lefai- soit
JUILLET. 17327 1581
soit voir dans le tems qu'il étoit prêt à
crouler.
On vitpour lors là voute à plein cintre ;
dont le nombre des voussoirs étoit impair ,
s'écraser et s'ouvrir aux deux joints de la
clef, en dedans et en- dehors , en plusieurs
endroits vers les reins. Voyez la seconde
Figure.
M. Chicoyneau le fils , reçû en survivance aux Charges de Chancelier de l'Ecole de Médecine , et de Professeur d'Anatomie et de Botanique , fit part à la
Compagnie des Observations qu'il a faites sur les Plantes sensitives , et sur la
Mécanique d'où dépend cette espéce de
sensibilité qu'on leur attribuë.
pas
Il observa d'abord que les Plantes sensitives proprement dites , n'étoient
les seules dans lesquelles on remarque ces
mouvemens automatiques , puisque les
Etamines de l'Opuntia et de l'Heliantemum n'en sont pas exemples.
Les Etamines de l'Opuntia se raprochent du pistile , dit il , dès qu'on les
touche ou qu'on secoue un peu la plante , et les Etamines de l'Heliantemum ,
s'éloignent de leur pistile , dès qu'on les
met en jeu par quelque mouvement semblable ; mais ces imouvemens , quoique
differens , ne changent rien à la MécaniF que
82 MERCURE DE FRANCE
$que , par laquelle M. Chicoyneau les
explique ; et il a fait voir que par le seul
changement de situation des tuyaux des
Plantes et de ceux des Etamines , il est
aisé de rendre raison d'un Phénomene
qui a éxercé de tout tems les Botanistes et
les Physiciens.
Pour cet effet , il commence par établir trois propositions , qu'on peut regarder comme des principes qui n'ont pas
besoin de preuve , et qui ne peuvent pas
par conséquent lui être contestez.
Le premier principe est , que les fibres des Plantes sont élastiques.
Le second , que les sucs nourriciers cou
lent dans la cavité de ces fibres comme
dans autant de tuyaux.
Le troisième , que les sucs étendent
les parois de ces tuyaux , et tiraillent les fibres dont ils sont composez.
Par le premier et par le second principe , il est clair que quand par quelque
cause exterieure, comme par quelque attouchement , ou par quelque secousse ,
de ressort des fibres sera mis en jeu , elles
dévront chasser le suc qui est contenu
dans leur cavité , et qu'alors la Plante fera un mouvement particulier , qui la fera
changer de figure ; et il est evident par le
troisième principe que la force du ressort
s'étant
JUILLET. 1732. 1583
s'etant affoiblie , le suc de la Plante rentrera peu à peu dans les cavitez de ses fibres , et que la Plante se remettra dans son état ordinaire.
Mais cela supposé , dit M. Chicoyneau , que dans l'état naturel , le ressort et le suc des Plantes sensitives
sont dans une espece d'équilibre ; car si
le suc étoit en trop grande abondance ,
comme il arrive en temps de pluye , avant
le lever ou après le coucher du Soleil ,
ou quand ces Plantes ont été trop arrosées , il est clair qu'alors Lur ressort ne
pouvant pas surmonter la résistance des
fibres trop tendues par l'abondance des
liqueurs dont elles sont remplies , les sen- sitives ne feront aucun mouvement ,
quoiqu'on les touche ou qu'on les secouë,
et elles ne deviendroient sensibles que
pendant le temps sec , et long- temp
après le lever du Soleil ; c'est- là ce qu
l'experience confirme , et c'est aussi la
raison naturelle et generale du mouvement Automatique des Plantes sensitives ;
mais comme ces mouvemens ne sont pas
les mêmes dans toutes les sensitives , et
qu'il y a de ces Plantes dont les branches s'abatent totalement, et d'autres dont
les feuilles ne font que se replier et s'approcher les unes des autres , M. ChicoyFij nean
MERCURE DE FRANCE
1
neau en supposant toujours l'Elasticité
des tuyaux de ces Plantes , ne fait que
les placer par paquets au colet et en dehors des branches ; dans les sensitives
dont toutes les branches sabattent et en
dedans des Pedicules des feuilles , dans
celles dont les feuilles se replient et s'approchent les unes des autres. Il explique
par la même Mécanique , les mouvemens des Etamines de l'Opuntia , et de plusieurs especes d'Héliantemum
qu'il a observées ; et cette explication
très simple et par là très conforme aux
Loix de la Nature , porte avec soi un
caractere de verité auquel on ne peut pas
refuser son consentement , &c.
C Ce sont ces Etamines chargées en Petale , dit M. Chicoineau en finissant , qui
produisent ces agreables Monstres , qu'on
appelle fleurs doubles , et qui étant simples à la campagne , d'où elles ont été
sirées , ont acquis par la culture , ce degré de beauté qui les fait admirer dans
des Jardins.
Untroisiéme Mémoire fut lû par M. de
Plantade , sur quelques nouvelles experiences du Barometre et la pesanteur de
l'Air , faites pour la plupart sur les Pyrenées.
Le quatrième Memoire de M. Lamorier,
JUILLET. 1732 1985
rier, contient ses Observations sur l'usa
ge de l'eau commune dans la Chirurgie.
Il est surprenant, dit l'Auteur duMémoire , que l'eau commune ne soit pas
d'un plus grand usage pour les playes.
Peut-être le reméde est trop commun *;
le Public fait peu de cas de ce que la Nature lui donne avec profusion : il estime
un reméde rare , qui vient de loin , qu'il
achete chérement , et qui même lui paroît inconnu. Plusieurs aussi pensent ,
qu'un reméde aussi simple que l'eau , ne
peut avoir aucune efficacité. Pour ôter
ces préventions il a fait plusieurs expériences trois entr'autres , au mois de
Janvier de l'année derniere sur trois horames , dont l'un avoit un vieux ulcère
-sur la cheville exterieure du pied , de la
grandeur de la paume dela main. Le deuxiéme , Soldar du Régiment de Médoc ,
avoit reçû un coup de sabre sur le dos de
la main , qui lui avoit coupé les tendons
extenseurs du poignet et des doigts , et
avoit séparé les deux os du métacarpe qui
soutiennent le petit doigt et l'annulaire.
Cette playe fut suivie de fluxions et d'abcès , qui inonderent presque tout l'a- vant bras. La fiévre et le desséchement
de tout le corps , faisoient beaucoup
Fiij
,
crain .
1586 MERCURE DE FRANCE
craindre pour sa vie . Le troisiéme , autre
Soldat du même Régiment , avoit reçû
un coup d'épée à travers l'avant bras , et
avoit ouvert l'artère qui est entre les deux.
s. Il y eut bien du sang épanché dans
les muscles , et de très grandes supurations : ce blessé fut en très-mauvais état.
On fit construire une botte de cuir , dans
laquelle on mettoit de l'eau commune
chaude , pour y faire tremper la jambe
ulcerée. Le malade restoit une heure par
jour dans ce bain. Peu de jours après les
duretez des bords se fondirent , la cicatrice s'avançoit sensiblement d'un jour à
l'autre , et il fut parfaitement guéri.
On fit faire deux machines de fer blanc,
dans lesquelles les deux Soldats pûssent
tremper commodément le bras , depuis
la main jusqu'au dessus du coude. A mesure qu'on trempoit leurs playes dans
l'eau , les suppurations se vuidoient beaucoup mieux , ils remuoient plus facilement les doigts , la douleur et la fièvre
diminuoient tous les jours ; en un mot ,
ils furent entierement guéris.
Dans les personnes atteintes de carnositez , difficultez et retentions d'urine ,
Occasionnées par le séjour des glaires ,
épaisses et abondantes , on a accoûtumé
d'injecter l'huile d'amende douce ou de
lait.
JUILLET. 173201587 lait . Les huiles en général échauffent , et
se mêlent avec peine avec les glaires , les
parties butireuses du lait s'épaississent
dans l'hurétre par la chaleur des parties ,
et bouchent le passage ; ce qui a fait imaginer à M. Lamorier d'injecter l'eau com
mune tiéde , qui relâché les carnositez
et se mêlant avec les glaires , les détrempe , et les malades sont soulagezi
le des Sciences de Montpellier , tint son
Assemblée publique dans la grande Sale
de l'Hôtel de Vilie , en présence des trois
Etats de la Province de Languedoc , qui
occupoient leurs places ordinaires ; l'Académie étoit dans le Parterre , autour
d'une grande Table , au haut de laquelle
étoient placez les Académiciens Honoraires. M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de Languedoc , comme Président cette année , occupoit la place du
milieu. Il avoit à sa droite l'Archevêque
de Narbonne , Président né des Etats , et
P'Archevêque d'Albi , Académicien Honoraire ; et à sa gauche M. de Montferrier le fils , Directeur de la Compagnie.
Les Académiciens étoient placez sur des
bancs , aux côtez de la Table , et les Adjoints occupoient le bas bout sur des
chaises. Le reste de la Sale étoit rempli
d'un grand nombre de personnes, attirées
par la curiosité d'entendre lire les Mémoires , et par la majesté de l'Assemblée ,
qui étoit très-auguste , &c. M. le Président ne manqua pas de remarquer cette
derniere circonstance dans le petit Discours qu'il fir , en parlant des occupations
de la Societé Royale , et en annonçant les
Mémoires qu'on alloit lire.
Celui
580 MERCURE DE FRANCE
Celui de M. Danyzy avoit pour sujet
la Poussée des Voutes. Il examina avec
quelle force , et dans quelle direction les
Voussoirs agissent contre les Pieds droits
pour les renverser. Les connoissances
qu'il a acquises lui ont fourni le moyen
de déterminer l'épaisseur qu'il faut don
ner aux Pieds droits , afin que par leur
propre pesanteur ils soyent en équilibre
avec les efforts , & c.
Comme nous ne pouvons donner ici
qu'une idée succinte de ce qui s'est passé
dans cette Assemblée , nous n'entrerons
pas dans un trop grand détail , ne connoissant les Mémoires lús , que par les
Extraits qu'on en a imprimés à Montpellier , dans une petite Brochure in 4. de
40 pages. Mais nous sommes priez de rétablir une lacune faite dans le même imprimé , ou à la page 7. après la dix- neuviéme ligne , il faut lire ce qui suit.
Pour donner le loisir d'éxaminer la ma
niere dont les Voussoirs agissent , tl´avoit
fait tous les pieds droits H, h , foibles , er
pour les soutenir'yy avoit ajoûté des contreforts K, k, qui étant reculez tout doucement,
ne laissoient écarter les pieds droits que d'une certaine quantité qui n'étoit pas suffisante
pour faire crouler l'arceau , mais qui lefai- soit
JUILLET. 17327 1581
soit voir dans le tems qu'il étoit prêt à
crouler.
On vitpour lors là voute à plein cintre ;
dont le nombre des voussoirs étoit impair ,
s'écraser et s'ouvrir aux deux joints de la
clef, en dedans et en- dehors , en plusieurs
endroits vers les reins. Voyez la seconde
Figure.
M. Chicoyneau le fils , reçû en survivance aux Charges de Chancelier de l'Ecole de Médecine , et de Professeur d'Anatomie et de Botanique , fit part à la
Compagnie des Observations qu'il a faites sur les Plantes sensitives , et sur la
Mécanique d'où dépend cette espéce de
sensibilité qu'on leur attribuë.
pas
Il observa d'abord que les Plantes sensitives proprement dites , n'étoient
les seules dans lesquelles on remarque ces
mouvemens automatiques , puisque les
Etamines de l'Opuntia et de l'Heliantemum n'en sont pas exemples.
Les Etamines de l'Opuntia se raprochent du pistile , dit il , dès qu'on les
touche ou qu'on secoue un peu la plante , et les Etamines de l'Heliantemum ,
s'éloignent de leur pistile , dès qu'on les
met en jeu par quelque mouvement semblable ; mais ces imouvemens , quoique
differens , ne changent rien à la MécaniF que
82 MERCURE DE FRANCE
$que , par laquelle M. Chicoyneau les
explique ; et il a fait voir que par le seul
changement de situation des tuyaux des
Plantes et de ceux des Etamines , il est
aisé de rendre raison d'un Phénomene
qui a éxercé de tout tems les Botanistes et
les Physiciens.
Pour cet effet , il commence par établir trois propositions , qu'on peut regarder comme des principes qui n'ont pas
besoin de preuve , et qui ne peuvent pas
par conséquent lui être contestez.
Le premier principe est , que les fibres des Plantes sont élastiques.
Le second , que les sucs nourriciers cou
lent dans la cavité de ces fibres comme
dans autant de tuyaux.
Le troisième , que les sucs étendent
les parois de ces tuyaux , et tiraillent les fibres dont ils sont composez.
Par le premier et par le second principe , il est clair que quand par quelque
cause exterieure, comme par quelque attouchement , ou par quelque secousse ,
de ressort des fibres sera mis en jeu , elles
dévront chasser le suc qui est contenu
dans leur cavité , et qu'alors la Plante fera un mouvement particulier , qui la fera
changer de figure ; et il est evident par le
troisième principe que la force du ressort
s'étant
JUILLET. 1732. 1583
s'etant affoiblie , le suc de la Plante rentrera peu à peu dans les cavitez de ses fibres , et que la Plante se remettra dans son état ordinaire.
Mais cela supposé , dit M. Chicoyneau , que dans l'état naturel , le ressort et le suc des Plantes sensitives
sont dans une espece d'équilibre ; car si
le suc étoit en trop grande abondance ,
comme il arrive en temps de pluye , avant
le lever ou après le coucher du Soleil ,
ou quand ces Plantes ont été trop arrosées , il est clair qu'alors Lur ressort ne
pouvant pas surmonter la résistance des
fibres trop tendues par l'abondance des
liqueurs dont elles sont remplies , les sen- sitives ne feront aucun mouvement ,
quoiqu'on les touche ou qu'on les secouë,
et elles ne deviendroient sensibles que
pendant le temps sec , et long- temp
après le lever du Soleil ; c'est- là ce qu
l'experience confirme , et c'est aussi la
raison naturelle et generale du mouvement Automatique des Plantes sensitives ;
mais comme ces mouvemens ne sont pas
les mêmes dans toutes les sensitives , et
qu'il y a de ces Plantes dont les branches s'abatent totalement, et d'autres dont
les feuilles ne font que se replier et s'approcher les unes des autres , M. ChicoyFij nean
MERCURE DE FRANCE
1
neau en supposant toujours l'Elasticité
des tuyaux de ces Plantes , ne fait que
les placer par paquets au colet et en dehors des branches ; dans les sensitives
dont toutes les branches sabattent et en
dedans des Pedicules des feuilles , dans
celles dont les feuilles se replient et s'approchent les unes des autres. Il explique
par la même Mécanique , les mouvemens des Etamines de l'Opuntia , et de plusieurs especes d'Héliantemum
qu'il a observées ; et cette explication
très simple et par là très conforme aux
Loix de la Nature , porte avec soi un
caractere de verité auquel on ne peut pas
refuser son consentement , &c.
C Ce sont ces Etamines chargées en Petale , dit M. Chicoineau en finissant , qui
produisent ces agreables Monstres , qu'on
appelle fleurs doubles , et qui étant simples à la campagne , d'où elles ont été
sirées , ont acquis par la culture , ce degré de beauté qui les fait admirer dans
des Jardins.
Untroisiéme Mémoire fut lû par M. de
Plantade , sur quelques nouvelles experiences du Barometre et la pesanteur de
l'Air , faites pour la plupart sur les Pyrenées.
Le quatrième Memoire de M. Lamorier,
JUILLET. 1732 1985
rier, contient ses Observations sur l'usa
ge de l'eau commune dans la Chirurgie.
Il est surprenant, dit l'Auteur duMémoire , que l'eau commune ne soit pas
d'un plus grand usage pour les playes.
Peut-être le reméde est trop commun *;
le Public fait peu de cas de ce que la Nature lui donne avec profusion : il estime
un reméde rare , qui vient de loin , qu'il
achete chérement , et qui même lui paroît inconnu. Plusieurs aussi pensent ,
qu'un reméde aussi simple que l'eau , ne
peut avoir aucune efficacité. Pour ôter
ces préventions il a fait plusieurs expériences trois entr'autres , au mois de
Janvier de l'année derniere sur trois horames , dont l'un avoit un vieux ulcère
-sur la cheville exterieure du pied , de la
grandeur de la paume dela main. Le deuxiéme , Soldar du Régiment de Médoc ,
avoit reçû un coup de sabre sur le dos de
la main , qui lui avoit coupé les tendons
extenseurs du poignet et des doigts , et
avoit séparé les deux os du métacarpe qui
soutiennent le petit doigt et l'annulaire.
Cette playe fut suivie de fluxions et d'abcès , qui inonderent presque tout l'a- vant bras. La fiévre et le desséchement
de tout le corps , faisoient beaucoup
Fiij
,
crain .
1586 MERCURE DE FRANCE
craindre pour sa vie . Le troisiéme , autre
Soldat du même Régiment , avoit reçû
un coup d'épée à travers l'avant bras , et
avoit ouvert l'artère qui est entre les deux.
s. Il y eut bien du sang épanché dans
les muscles , et de très grandes supurations : ce blessé fut en très-mauvais état.
On fit construire une botte de cuir , dans
laquelle on mettoit de l'eau commune
chaude , pour y faire tremper la jambe
ulcerée. Le malade restoit une heure par
jour dans ce bain. Peu de jours après les
duretez des bords se fondirent , la cicatrice s'avançoit sensiblement d'un jour à
l'autre , et il fut parfaitement guéri.
On fit faire deux machines de fer blanc,
dans lesquelles les deux Soldats pûssent
tremper commodément le bras , depuis
la main jusqu'au dessus du coude. A mesure qu'on trempoit leurs playes dans
l'eau , les suppurations se vuidoient beaucoup mieux , ils remuoient plus facilement les doigts , la douleur et la fièvre
diminuoient tous les jours ; en un mot ,
ils furent entierement guéris.
Dans les personnes atteintes de carnositez , difficultez et retentions d'urine ,
Occasionnées par le séjour des glaires ,
épaisses et abondantes , on a accoûtumé
d'injecter l'huile d'amende douce ou de
lait.
JUILLET. 173201587 lait . Les huiles en général échauffent , et
se mêlent avec peine avec les glaires , les
parties butireuses du lait s'épaississent
dans l'hurétre par la chaleur des parties ,
et bouchent le passage ; ce qui a fait imaginer à M. Lamorier d'injecter l'eau com
mune tiéde , qui relâché les carnositez
et se mêlant avec les glaires , les détrempe , et les malades sont soulagezi
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Résumé : Assemblée publique de la Société Royale de Montpelier, &c. [titre d'après la table]
Le 17 février, la Société Royale des Sciences de Montpellier a organisé son Assemblée publique dans la grande salle de l'Hôtel de Ville, en présence des trois États de la Province de Languedoc. L'Académie était présidée par M. de Bernage de Saint-Maurice, Intendant de Languedoc. À sa droite se trouvaient l'Archevêque de Narbonne et l'Archevêque d'Albi, et à sa gauche, M. de Montferrier le fils, Directeur de la Compagnie. Les académiciens étaient assis sur des bancs, et les adjoints sur des chaises. La salle était comble de personnes venues écouter les mémoires présentés. M. Danyzy a présenté un mémoire sur la poussée des voûtes, analysant la force et la direction avec lesquelles les voussoirs agissent contre les pieds droits pour les renverser. Il a déterminé l'épaisseur nécessaire des pieds droits pour qu'ils soient en équilibre avec les efforts exercés. M. Chicoyneau le fils, nouvellement nommé Chancelier de l'École de Médecine et Professeur d'Anatomie et de Botanique, a partagé ses observations sur les plantes sensitives et la mécanique de leur sensibilité. Il a expliqué que les mouvements automatiques des plantes sensitives sont dus à l'élasticité des fibres et à la circulation des sucs nourriciers. Il a également observé des mouvements similaires chez les étamines de l'Opuntia et de l'Hélianthemum. M. de Plantade a lu un mémoire sur de nouvelles expériences avec le baromètre et la pesanteur de l'air, réalisées principalement dans les Pyrénées. M. Lamorier a présenté un mémoire sur l'usage de l'eau commune en chirurgie. Il a rapporté des expériences réussies où l'eau chaude a guéri des ulcères et des blessures graves chez des soldats. Il a également recommandé l'injection d'eau commune tiède pour traiter les carnossités et les difficultés urinaires, en remplacement des huiles et du lait.
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2116
p. 1587-1588
L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
Début :
L'ART de se garantir des incommoditez du chaud, selon [...]
Mots clefs :
Incommodités, Chaleur, Rafraîchissement
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texteReconnaissance textuelle : L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
L'ART de se garantir des incommoditez
du chaud, selon les principes de la Physique , de la Medecine, et de l'Economie.
Dépendance de la Physiqué utile de M. de
Vallange. A Paris , chez Ant. Gandeüiu ,
ruï Gist- le-Cœur , Alex. Mesnier , au Palais , et la V Pissat , Quay de Conty, 1732.
Brochure de 64 pages.
Nous n'avons garde de differer d'annoncer ce petit Ouvrage qui doit nous
préserver des ardeurs de la Canicule , et
sans doute des incommoditez qui en sont
inséparables , parmi lesquelles on desireroit fort que les Puces , &c. fussent comprises ; mais nous voyons à regret dès la
seconde page , que ce que l'Auteur a
imaginé pour garantir du froid , et que
nous avons annoncé sans perte de temps
l'hyver dernier , ne sera imprimé qu'à la
fin de l'Eté; nous prions donc M. de ValFiiij langes ,
1588 MERCURE DE FRANCE ANCE
langes , au nom du Public , de ne pas differer plus long-temps l'effet de ses promesses , qui doivent être secourables au
general et au particulier , à l'égal de la faim et de la soif.
L'Auteur parle au Chapitre 4 des Instrumens propres à rafraîchir l'Air ....
Pourquoi l'Eventail rafraîchit .... Pourquoi l'on souffle sur la soupe pour en
temperer la chaleur .... Pourquoi l'on
souffle dans les doigs pour les échauffer...
Pourquoi l'on souffle le chaud et le froid
en changeant la figure de la bouche.
Au 7me Chapitre , on y parle de divers Instrumens Ventilabres , Califilges
Eolie , &c. propres à chasser l'air chaud
des Appartemens .... Moyens d'empêcher que les Souris et les Rats , ou les
Araignées n'entrent dans la Chambre par
les Califuges ... Rafraîchissoirs d'Appartemens , &c. Lit nouveau , propre à
garantir des incommoditez du chaud et
du froid. Nous n'en dirons pas davantage , crainte d'impatienter nos Lecteurs ;
l'Auteur se contentant de promettre les
moyens qu'il propose pour tant de choses utiles ; sans compter l'Art de Rafraîchir le sang, qui est le dernier Article
de ce petit Ouvrage.
du chaud, selon les principes de la Physique , de la Medecine, et de l'Economie.
Dépendance de la Physiqué utile de M. de
Vallange. A Paris , chez Ant. Gandeüiu ,
ruï Gist- le-Cœur , Alex. Mesnier , au Palais , et la V Pissat , Quay de Conty, 1732.
Brochure de 64 pages.
Nous n'avons garde de differer d'annoncer ce petit Ouvrage qui doit nous
préserver des ardeurs de la Canicule , et
sans doute des incommoditez qui en sont
inséparables , parmi lesquelles on desireroit fort que les Puces , &c. fussent comprises ; mais nous voyons à regret dès la
seconde page , que ce que l'Auteur a
imaginé pour garantir du froid , et que
nous avons annoncé sans perte de temps
l'hyver dernier , ne sera imprimé qu'à la
fin de l'Eté; nous prions donc M. de ValFiiij langes ,
1588 MERCURE DE FRANCE ANCE
langes , au nom du Public , de ne pas differer plus long-temps l'effet de ses promesses , qui doivent être secourables au
general et au particulier , à l'égal de la faim et de la soif.
L'Auteur parle au Chapitre 4 des Instrumens propres à rafraîchir l'Air ....
Pourquoi l'Eventail rafraîchit .... Pourquoi l'on souffle sur la soupe pour en
temperer la chaleur .... Pourquoi l'on
souffle dans les doigs pour les échauffer...
Pourquoi l'on souffle le chaud et le froid
en changeant la figure de la bouche.
Au 7me Chapitre , on y parle de divers Instrumens Ventilabres , Califilges
Eolie , &c. propres à chasser l'air chaud
des Appartemens .... Moyens d'empêcher que les Souris et les Rats , ou les
Araignées n'entrent dans la Chambre par
les Califuges ... Rafraîchissoirs d'Appartemens , &c. Lit nouveau , propre à
garantir des incommoditez du chaud et
du froid. Nous n'en dirons pas davantage , crainte d'impatienter nos Lecteurs ;
l'Auteur se contentant de promettre les
moyens qu'il propose pour tant de choses utiles ; sans compter l'Art de Rafraîchir le sang, qui est le dernier Article
de ce petit Ouvrage.
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Résumé : L'Art de se garantir des incommoditez du chaud, [titre d'après la table]
La brochure 'L'ART de se garantir des incommoditez du chaud, selon les principes de la Physique, de la Médecine, et de l'Économie' a été écrite par M. de Vallange et publiée à Paris en 1732. Cet ouvrage de 64 pages vise à protéger les lecteurs des désagréments de la chaleur estivale. L'auteur avait initialement promis des solutions contre le froid, mais celles-ci seront imprimées seulement à la fin de l'été. Le public est encouragé à presser l'auteur de tenir ses promesses. La brochure traite divers sujets, tels que les instruments pour rafraîchir l'air, l'utilisation de l'éventail, et les raisons pour lesquelles on souffle sur la soupe ou dans les doigts. Elle mentionne également des dispositifs comme les ventilabres et les califuges pour chasser l'air chaud des appartements, ainsi que des moyens de prévenir l'entrée des souris, rats et araignées. Un lit spécial est proposé pour se protéger du chaud et du froid. L'ouvrage se conclut par une promesse de moyens pour rafraîchir le sang.
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2117
p. 1589-1591
Relation Historique de l'Ethiopie Occident. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu un Livre intitulé: RELATION HISTORIQUE DE [...]
Mots clefs :
Relation historique de l'Ethiopie Occidentale, Missionnaires, Anne Lingha, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : Relation Historique de l'Ethiopie Occident. [titre d'après la table]
If paroît depuis peu un Livre intitulé:
RELATION HISTORIQUE DE L'ETHIOPIE
OCCIDENTALE , Contenant la Description
des Royaumes de Congo , Angolle et Matamba , traduit de l'Italien par le R. P.
LABAT , imprimée à Paris , chez Charles
Jean-Baptiste Delespine, le fils , Libraire, ruë
S.Jacques, à la Victoire, s . vol. in 12. 1732.
Ce Livre est une Traduction de l'Original Italien , imprimé à Rome par ordre du Pape , examiné et approuvé par
la Congregation de la Propagande ; l'Auteur se nommoit Jean- Antoine Cavazzi
de Monte Cullo , Religieux Capucin , natif de Modene , lequel a demeuré assez
de temps dans ces Royaumes pour en
parler sçavamment , sur tout ayant été
témoin oculaire de tout ce qu'il avance.
Le R.Pere Labat, dont tout le monde connoît la capacité , ne s'est point contenté
de donner une Traduction Litterale de
cet Ouvrage , il l'a traduite librement , .
sans pourtant rien diminuer des beautez :
de l'Original ; le Public , au reste , ne
doit point croire que parce que le P. Cavazzi étoit Missionnaire , il n'est parlé
dans tout ce Livre que de Baptêmes et
de Conversions; il y verra au contraire
un mêlange curieux et très-interessant des
mœurs des Habitans de ces Royaumess
Fy 28 etc
1590 MERCURE DE FRANCE
et de leurs Voisins , leur origine , leurs
établissemens , leurs Keligions differentes , leurs Guerres , leurs Traitez de Paix,
les bornes des differens Etats , leur Gouvernement politique , leurs Loix , leurs
Coûtumes , leurs Usages , leurs cruautez ,
leurs Langues , l'Histoire naturelle n'y
oubliée pour ce qui concerne la
culture des terres et des bons Arbres , les
Fruits les Grains ; enfin leur Commerce,
la maniere dont ils rendent la Justice ,
les Revenus des Princes ; tout y est traité
de manire à faire regarder ce Livre plutôt comme une Histoire generale , que
comme une Relation.
est pas
L'Histoire de la Reine Anne Lingha ,
également grande dans le bien comme
dans le mal , y est toute entiere ; cette
Histoire est d'autant plus fidelle, que cette
Reine n'a rien eu de caché pour l'Auteur ; elle lui a même dit des particularitez de sa vie que les Ministres les plus
favorisez ont toûjours ignorées. On y
trouvera celle de Donna Barbara sa sœur,
qui lui a succedé au Royaume de Matamba. De plus on y a fait entrer la Vie de
Mona Zingha , Mary de Barbara , le plus
cruel de tous les hommes , et qui a eu le
malheur d'apostasier. Il y a lieu de croire
que ce Livre, qui est d'autant plus interessant
JUILLET. 1732. 1591
ressant , que personne jusqu'à present n'a
donné une Relation particuliere de ces
trois Royaumes , sera reçû favorablement
du Public.
RELATION HISTORIQUE DE L'ETHIOPIE
OCCIDENTALE , Contenant la Description
des Royaumes de Congo , Angolle et Matamba , traduit de l'Italien par le R. P.
LABAT , imprimée à Paris , chez Charles
Jean-Baptiste Delespine, le fils , Libraire, ruë
S.Jacques, à la Victoire, s . vol. in 12. 1732.
Ce Livre est une Traduction de l'Original Italien , imprimé à Rome par ordre du Pape , examiné et approuvé par
la Congregation de la Propagande ; l'Auteur se nommoit Jean- Antoine Cavazzi
de Monte Cullo , Religieux Capucin , natif de Modene , lequel a demeuré assez
de temps dans ces Royaumes pour en
parler sçavamment , sur tout ayant été
témoin oculaire de tout ce qu'il avance.
Le R.Pere Labat, dont tout le monde connoît la capacité , ne s'est point contenté
de donner une Traduction Litterale de
cet Ouvrage , il l'a traduite librement , .
sans pourtant rien diminuer des beautez :
de l'Original ; le Public , au reste , ne
doit point croire que parce que le P. Cavazzi étoit Missionnaire , il n'est parlé
dans tout ce Livre que de Baptêmes et
de Conversions; il y verra au contraire
un mêlange curieux et très-interessant des
mœurs des Habitans de ces Royaumess
Fy 28 etc
1590 MERCURE DE FRANCE
et de leurs Voisins , leur origine , leurs
établissemens , leurs Keligions differentes , leurs Guerres , leurs Traitez de Paix,
les bornes des differens Etats , leur Gouvernement politique , leurs Loix , leurs
Coûtumes , leurs Usages , leurs cruautez ,
leurs Langues , l'Histoire naturelle n'y
oubliée pour ce qui concerne la
culture des terres et des bons Arbres , les
Fruits les Grains ; enfin leur Commerce,
la maniere dont ils rendent la Justice ,
les Revenus des Princes ; tout y est traité
de manire à faire regarder ce Livre plutôt comme une Histoire generale , que
comme une Relation.
est pas
L'Histoire de la Reine Anne Lingha ,
également grande dans le bien comme
dans le mal , y est toute entiere ; cette
Histoire est d'autant plus fidelle, que cette
Reine n'a rien eu de caché pour l'Auteur ; elle lui a même dit des particularitez de sa vie que les Ministres les plus
favorisez ont toûjours ignorées. On y
trouvera celle de Donna Barbara sa sœur,
qui lui a succedé au Royaume de Matamba. De plus on y a fait entrer la Vie de
Mona Zingha , Mary de Barbara , le plus
cruel de tous les hommes , et qui a eu le
malheur d'apostasier. Il y a lieu de croire
que ce Livre, qui est d'autant plus interessant
JUILLET. 1732. 1591
ressant , que personne jusqu'à present n'a
donné une Relation particuliere de ces
trois Royaumes , sera reçû favorablement
du Public.
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Résumé : Relation Historique de l'Ethiopie Occident. [titre d'après la table]
Le livre 'Relation historique de l'Éthiopie occidentale' est une traduction française réalisée par le Père Labat à partir de l'original italien de Jean-Antoine Cavazzi de Monte Cullo, un religieux capucin de Modène. L'ouvrage, imprimé à Rome sous l'ordre du Pape et approuvé par la Congrégation de la Propagande, décrit les royaumes de Congo, Angolle et Matamba. Cavazzi, ayant résidé longtemps dans ces régions, en parle en témoin oculaire. Le Père Labat a traduit l'œuvre en conservant ses qualités originales. Le livre ne se limite pas aux aspects religieux mais explore les mœurs, l'origine, les établissements, les religions, les guerres, les traités de paix, les gouvernements, les lois, les coutumes, les langues, et l'histoire naturelle des royaumes. Il traite également de la justice et des revenus des princes. L'ouvrage inclut les histoires de la Reine Anne Lingha, de Donna Barbara, et de Mona Zingha, Marie de Barbara, décrit comme un homme cruel et apostat. Le livre est notable pour sa relation détaillée de ces trois royaumes, une première dans la littérature de l'époque.
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2118
p. 1592-1608
PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
Début :
LE 11. du mois dernier, premier Mardy d'après la [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Assemblée publique, Compagnie, Carcinôme, Sang, Observations, Collique bilieuse, Rectum, Sphincter, Tumeur, Opération, Intestins, Prostate, Fistule anale
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texteReconnaissance textuelle : PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
PREMIRE ASSEMBLE'E PUBLIQUE
de l'Académie de Chirurgie.
Lay
E II. du mois dernier , premier Mard'après la Trinité , l'Académie.
Royale de Chirurgie , conformément à
ses Reglemens , tint une Assemblée publique dans la grande Sale de S. Côme.
Mr Maréchal et de la Peyronie , Premiers
Chirurgiens du Roy , et en cette qualité Présidens de l'Académie , n'ayant pû
s'y trouver , M. Petit le pere , présida
en qualité de Directeur.
M. Morand , Secretaire de l'Académie
fit l'ouverture de la Scénce par l'Histoire
de l'établissement de cette Societé. Il en
exposa le plan,, etet fit fit voir que le principal
objet de cette Compagnie é oit de perfectionner la Chirurgie par l'experience
et l'observation , en rassemblant tous les
faits de pratique qui seront communiquez par les Chirurgiens , tant du Koyaume que des Pays Etrangers.
..
11
JUILLET. 1732. r593 Il fit sentir ensuite que si pour éviter
la confusion , inséparable des nombreu
ses Assemblees , on avoit été obligé de
fixer le nombre des Académiciens ordi-.
naires à 70. cela n'empêchoit point
que tous les Mes. Chirurgiens de Paris
ne fussent veritablement du Corps de
P'Académie , puisqu'ils avoient tous le.
droit d'y prendre séance , lorsqu'ils auroient des Mémoires à lire , et que leurs
noms et leurs Ouvrages seroient imprimez sans distinction dans les Recueils
qu'on donneroit au Public.
Il ajoûta à l'occasion de certaines Critiques , qu'il suffisoit à cette nouvelle Acàdémie d'être protegée par le Roy et par
ses Ministres. Que d'ailleurs l'estime de
M.le Premier Medecin , le zele de Mies
Premiers Chirurgiens , l'Approbation de
ceux qui aiment le bien public , et lès .
Eloges de plusieurs Journalistes éclairez ,
la dédommageroient amplément de tous
les traits que l'ignorance ou l'envie роцvoient faire lancer contre elle.
M. Morand finit par une Réponse à
l'Auteur d'une These soutenue aux Ecoles de Medecine le 18. Mars dernier , dans
laquelle on avoit critiqué le Programe
publié par l'Académie sur une question
importante de Chirurgie.
C
1594 MERCURE DE FRANCE
Ce Discours , que le Public reçut favorablement , fut suivi de la lecture de
neuf Memoires ou Observations Chirurgicales. Les Chefs de l'Académie se sont
fait un devoir de témoigner leur zele.en
fournissant eux-mêmes une partie de ces
Memoires.
M. Maréchal envoya une Observation
des plus singulieres et dont voici le sujet.
Une Dame étoit sujette depuis plus de
quinze ans à des attaques de Collique
Bilieuse , et depuis dix ans , à de trèsgrandes difficultez d'aller à la selle.
Les douleurs étoient si insuportables ·
dans les derniers temps , que la Malade
ne pouvant garder aucune situation , se
roulant sur son plancher, &c. M. Maré
chal 'eut occasion de la voir dans cet état
déplorable ; et soupçonnant un ulcere
carcinomateux dans le Rectum , il mit le
doigt dans le fondement , et l'ayant
porté aussi , haut qu'il lui fut possible , il
sentit un corps étranger solide. C'étoit
une pierre d'un volume si considerable ,
qu'il fallut pour en faire l'extraction
non-seulement dilater l'Anus , mais encore l'inciser en plusieurs endroits. Il ne
falloit pas une main moins habile que
celle de M. Maréchal ,. pour réussir dans
une operation qui demandoit tant de
ména -
JUILLET. 1732. 1595
ménagement et de dexterité. Un mois
après la Malade fut parfaitement guérie.
On fit après la lecture d'un Memoire
envoyé par M. de la Peyronie. La Cure
dont ce Memoire contient le détail , prouve qu'un courage éclairé peut souvent trouver dans l'Art des ressources pour les'
maladies les plus desesperées.
Un homme âgé de 63. ans , étoit attaqué depuis près de trente , d'une Hernie
qu'il avoit jusqu'alors contenue avec succès , au moyen d'un Bandage ; mais ayant
négligé de s'en servir depuis deux ans ,
il tomba dans l'accident de l'étranglement. Il n'eut recours à M. de la Peyronie que le huitième jour de l'accident,
et quoiqu'alors l'augmentation considerable de la tumeur , sa tension et celle
de tout le ventre , la violence des dou
leurs , le hoquet , le poux concentré , la
lividité et pourriture , qui déja avoient
paru à l'extremité de la tumeur , et qui
permettoient la sortie des matieres fœcales ; quoique tous ces desordres annonÇassent une mort prochaine, M.de la Pey.
ronie espera assez du secours de la Chirurgie pour entreprendre l'Operation.
Ayant ouvert le sac hernaire dans toute
son étendue , il trouva six ou sept pou--
ces des Intestins grêles , entierement gangrencz
1595 MERCURE DE FRANCE
grenez et criblez de trous qui laissoient ·
sortir les mitieres focales. Il dilata l'anneau ; et après avoir tiré un peu les Intestins pour s'assurer du progrès de la
gangrene , il emporta toute la portion du
canal qui parut être gangrennée au point
de ne pouvoir être ranimée. Il fit ensuite
au Mezentere un pli ; de façon à boucher les deux bouts flotants de l'Intestin,
et par un point d'ég ille fait à ce pli ,
il assujettit les deux bouches du canal
intestinal. Il fit enfin avec les extrémi
tez du fil une anse qui resta au dehors
et servit à retenir vers le haut de la playe
l'ouverture de l'intestin ; précaution sans
laquelle cet intestin qui n'avoit contracté
aucune adherince aux environs de l'anneau, eût pû faire dans la cavité du ventre
un épanchement des matieres fœcales qui,
ût été mortel. On eut grand soin dans
les pansemens de leur laisser une issue libre.
Le 25 jour de l'Operation , le lien du Me,
zentere se sépara , et au bout de six se,
maines les excremens ne sortirent plus
avec la même abondance , le Malide en
ren lant une partie par les voyes ordi
naires. La playe n'a cependant êté entie,
rement cicatrisée qu'au bout de quatre
mois, et après que le Malade se fut ré.
duit à une nourriture très-legere et prise
en temps éloignez .
3
JUILLET. 1732. 1597
Cette maladie , toute fâcheuse qu'on
vient de la représenter , étoit encore compliquée d'un gonflement très- ancien et
très- considerable au Testicule , qu'on fut
obligé d'emporter , malgré la grosseur
du cordon spermatique qui avoit près
de deux pouces de diametre et dont l'engorgement se continuoit fort avant dans
le ventre. M. de la Peyronie lia le cordon
à la hauteur des anneaux , et il le coupa
un pouce au dessous. Cette premiere ligature,quoiqu'extrêmement serrée, s'étant
lâchée , et un champignon fort gros
et qui parossoit carcinomateux , s'étant
élevé de l'extremité du cordon coupé ,
il fit au bout de quelques jours une nou
-velle ligature, et emporta ce champignon.
Le 18mejour cette derniere ligature tomba et le cordon se dégorgea entierement
par la suppuration. M. de la Peyronie
fait observer que ce gonflement étoit la
suite d'une cause externe.
Les bornes d'un Extrait ne nous permettent point de faire mention du reste du
Memoire ni des excellentes Reflexions qui
le terminent. Nous avertirons seulement
qu'à l'égard de la gangrene de l'Intestin ,
M.de la Peyronie a plus d'une fois mis heureusement en pratique la Méthode qu'il expose. Il est même fait mention dans l'Histoire
1598 MERCURE DE FRANCE
toire de l'Académie Royale des Sciences ,
année 1723. des suites heureuses d'une
semblable Operation qu'il fit en 1712
M. Petit lût ensuite l'histoire d'une Fiştule au Périné , pour laquelle on avoit
fait deux fois , sans succès , l'opération
dans la Province , et qu'il a cependant
guérie radicalement , ayant reconnu ce qui
avoit empêché de réussir dans les deux
premieres opérations. La Fistule au Périné dont il s'agit , étoit la suite de l'ouverture d'un dépôt gangréneux , formé
en conséquence d'une retention d'urine.
M. Petit , en examinant le malade , observa que la partie antérieure de l'Anus
étoit aussi dure que les environs de la Fistule , et que la prostate étoit le centre
de la dureté, qui s'étendoir si avant, qu'a
vec le doigt mis dans le fondement, on ne
pouvoit en sentir les bornes. Il reconnut
par des sign's certains que cette dureté
avoit une cause vénérienne. Il reconnut
encore que le trou interne de la Fistule
étoit au delà du Sphincter , parce que le
malade , sans être averti du besoin d'u
riner , et sans faire aucun effort , rendoit
continuellement la plus grande partie de
ses urines par le trou de la Fistule , et
sans en rendre par la Verge , ou du moins
s'il urinoit par la Verge, c'étoit toujours
Yo-
JUILLET. 1732. 15999
*
volontairement, et lorsqu'il y étoit excité
par le résidu des urines 3 par cet examen
M. Petit comprit qu'il ne guériroit jamais cette Fistule , si avant que de faire
l'opération , il ne commençoit par dé--
truire le Virus Vénérien , et si en second
lieu , dans l'opération ( dont il décrit le
manuel ) il n'incisoit la Prostate , pour
comprendre dans l'incision , le trou interne de la Fistule. Il a agi en conséquence , et le malade a été parfaitement
guéri.
Ce Mémoire parut d'autant plus utile ,
que pour l'ordinaire dans le traitement
de la maladie , qui en fait le sujet , et qui
est fort commune , on ne fait point assezd'attention aux circonstances que M. Petit expose dans son observation , et qui
dans des cas semblables , déterminent la
seule voïe possible de guérison.
La quatriéme Observation est de M
Malaval , Vice - Directeur de l'Académie.
Un homme, âgé de 25 ans , fut, après de
vives douleurs , attaqué d'une Exortose
tres considérable, à la tête du Peroné. Cette
Exortose ayant paru dès son commencement tenir du Carcinome ; M. Malaval
sentit la nécessité d'amputer la Cuisse ;
cependantcommeil y avoit de justes soup
çons de Vérole , il fit , avant l'opération ;
passer
1600 MERCURE DE FRANCE
passer le malade par le grand remede , ce
qui calma beaucoup ses douleurs , et lui
fendit le sommeil qu'il avoit entierement
perdu. M. Malaval fit ensuite l'opération ; mais peu de jours après les élancemens , qui se firent sentir dans la plaïe
et la mauvaise qualité des suppurations ,
qui étoient de couleur verdâtre , confirmerent les craintes qu'il avoit d'abord
conçû au sujet du Levain Cancereux ; cependant après avoir donné des remedes
propres à corriger et à adoucir la Limphe , l'exfoliation de l'os se fit, et fut avec
assez de difficulté suivie de la Cicatrice:
Après 18 mois d'une assez bonne santé, le
malade fut attaqué d'une toux séche et
fréquente. Deux mois après , la fièvre
survint , avec un crachement de sang. Oir
employa , sans succès , les remedes qui
paroissoient les mieux indiquez. La fiés
vre, d'aiguë qu'elle étoit , devint lente ; l'enflure clemateuse ; et de suite tous
les signes de l'hydropisie de poitrine parurent. M. Malaval fit la ponction avec
le Troiscart, & tira environ trois pintes
d'une sérosité sanguinolente. La poitrine.
s'étant de nouveau remplie , il l'ouvrit
cette fois avec le Bistouri , et il évacua
deux pintes d'une sérosité . semblable à
la premiere , et à des Laveures de chair .
mal-
.
JUILLET. 1732. 1601
malgré tous ces secours , le malade mourut peu de jours après , et on trouva par
Fouverture du Cadavre que le Poulmon
éroit presque totalement osseux et carcinomateux.
: Cette observation donne lieu à M. Malaval de faire des réfléxions: 1 °. Sur ceque
le Levain carcinomateux attaque indifferemment toutes les parties : 20. Sur ce
qu'il est tres - difficile , pour ne pas dire
impossible , de détruire ce Levain , parvenu à un certain dégré: 3°. Sur ce que
la salivation que quelques Auteurs ont
vantée pour la guérison des Cancers, n'est
d'aucune ressource contre ce mal. Enfin
surce que dansles soupçons légitimes d'épanchement d'eau dans la poitrine , la
ponction qu'on n'entreprend que rarement , pourroit être plus fréquemment
employée.
Le Mémoirè suivant est de M. Houstet; il renferme plusieurs expérience qui
prouvent qu'il se trouve dans la Vessie des
Pierres situées de façon à ne pouvoir être
tirées, et qu'il est par conséquent plus avan- tageux d'abandonner que de s'opiniâtrer
à en faire l'extraction. Dans la premiere
de ces observations , M. Houstet rapporte qu'un homme , âgé de 76 ans , qui
Souffroit des douleurs très- vives au Périné
601 MERCURE DE FRANCE
riné , en conséquence de Pierre dans la
Vessie , le pressa de le tailler. Il fit l'opération au grand appareil , et elle fut treslaborieuse , tant à cause d'un gonflement
et d'une dureté extraordinaire à la Prostate , qu'à cause de deux Champignons et
de trois Pierres , dont il fallut faire l'extraction à differentes reprises. Quoi qu'il
sentit encore des Pierres ; il fit remettre
le malade au lit , dans la crainte de le
trop fatiguer ; mais malgré ce ménagement , le malade mourut le cinquiéme
jour de l'opération. A l'ouverture du Cadavre on observa entr'autres choses , que
le fond de la Vessie étoit parsemé dans
toute sa circonference de plusieurs embouchures , qui conduisoient dans des cavitez ou célules , dont le fond étoit beaucoup plus large que l'entrée. Plusieurs de
ces Célules ou Loges consenoient des Pierres parmi lesquelles on en distinguoit
trois , d'un volume médiocre , lisses et
polies , ayant quatre ou cinq facettes et
pareilles à celles qu'on avoit tirées dans l'opération.Ces Pierres étoient retenuës chacune dans leur cavité particuliere ; l'entrée de ces Célules étant fort étroite , et
les Pierres ne présentant qu'un de leurs
angles , ou une de leurs facettes , sans saillies ; il étoit , dit M. Houstot , impossible
JUILLET. 1732. 1603
ble de les charger, quoiqu'on put les toucher avec le bout des Tenettes.
Il rassemble à la suite de cette observation un grand nombre de faits , dont il a
eu connoissance , et qui tous se rapportent à l'impossibilité qu'il y a dans certains
cas , de charger et de tirer la Pierre ; soit
parce qu'elle se trouve engagée dans des
Loges ou prolongemens du Corps de la
Vessie , soit parce qu'elle est retenue par
des replis ou des brides de la membrane
interne.
Al'égard des Pierres Enkistées , du genre de celles dont il est question dans la
premiere observation , il pense que la Célule s'est formée d'abord , et qu'ensuite
quelque petit Gravier qui s'y est insinué,
y grossit et que la cavité de la Celule augmente à mesure ; ayant observé que ces
Célules ne succedent guéres qu'aux retentions d'urines , il les regarde comme des
especes de Hernies de la membrane interne de la Vessie , qui dans la dilatation ,
a forcé l'intervale des Fibres charnuës.
Il prétend que ces Vessies à célules , à
poches et à brides ne sont point si rares
qu'on l'avoit cru jusqu'à present. Il fonde
son sentiment sur ce qu'il a observé đans
T'ouverture d'un grand nombre de personnes mortes de maladie de Vessie; et il
conclud
1604 MERCURE DE FRANCE
conclud de ces observations que généralement dans toutes les opérations de la taille,
la prudence exige qu'avant que d'essayer
de charger et d'extraire la Pierre , on reconnoisse autant qu'il est possible, avec le
doigt , l'état de la Vessie. Si l'on trouve la
Pierre engagée dans quelque Kiste ou Célule , on doit tâcher de la déchatoner, s'il
est possible , avec le doigt ; mais si le
doigt ne peut y atteindre, ou si l'on trouve des obstacles insurmontables , le Chirurgien , sans fatiguer inutilement le malade , ou plutôt sans faire des tentatives
périlleuses, doit alors abandonner la Pierre, qui quelquefois se détache d'elle- même ,dans la suite des pansemens , tant
par la suppuration que par les injections
Long-temps continuces.
Ces observations ne sont point seulement curieuses , elles paroissent pouvoir
être d'une grande utilité , par les conséquences que l'Auteur en tire pour la
tique,
praLe sixième Mémoire est de M. Caumont. C'est une observation sur un écra
sement des doigts du milieu et annulaire
de la main , dont les deux dernieres phalanges étoient fracturées en plusieurs piéces , avec déplacement , les articulations
découvertes , dix lignes de l'extrêmité des
tendons
JUILLET. 1732 1605
tendons extenseurs déchirées et entierement emportées , enfin la peau détruite
depuis le milieu de la seconde Phalange ,
jusqu'à la racine de l'ongle.
M. Caumont n'espera pas d'abord
pouvoir conserver l'extrêmité de ces
doigts , ou du moins la mobilité de leurs
Phalanges. L' Anchilose étoit à craindre ,
et d'ailleurs une portion considérable des
tendons extenseurs ayant été emportée ,
et les bouts restans n'ayant pû être raprochez que jusqu'au bord des articulations,
il ne voyoit point à quoi ces bouts de tendons coupez pourroient s'attacher. Il pansa cependant si artistement cette playe ,
qu'il vit au bout de quelques jours s'élever sur la surface des os , une chair loüable et grenuë, qui couvroit les articulations. Les os fracturez se sont aussi consolidez , les articulations se sont raffermies
sans Anchiloses , la peau s'est cicatrisée
et ce qui paroît le plus remarquable à M.
Caumont, l'union de toutes ces parties
entr'elles , a fourni un point d'attache à
chaque tendon' ; de sorte que les mouvemens de fléxion et d'extension , s'exécutent aujourd'hui dans toutes ces Phalangés , presque avec la même liberté
qu'avant l'accident.
La septiéme observation roule sur une
G playe
150 MERCURE DE FRANCE
playe contuse au ply du bras , laquelle fut
accompagnée d'accidens très funestes . M.
Gravier , qui rapporte ce fait , fut obligé
de couper le tendon du Biceps à la fin du
corps charnu de ce muscle , et assés près
de son insertion au Radius. Ce tendon
avoit tellement souffert , qu'en l'emportant ainsi presque tout entier , on ne fit
guére que prévenir la séparation qui s'en
seroit faite naturellement par la mortification , s'il eut été permis de l'attendre. La
cure a été si heureuse , que malgré la perte du tendon du Biceps , le malade porte
l'avant bras dans le dernier dégré de fléxion et est capable des plus grands efforts.
Sur cela M.Gravier s'étonne que dans des
rapports faits en justice sur la piquure du
tendon , ou de l'Aponeurose du Biceps , à
P'occasion de la saignée on air quelquefois
décidé de l'invalidité du bras , sur la símple apparence des accidens qu'il rapporte.
Un Emphiseme de cause interne , fait le
sujet de la huitiéme observation , donnée
par M. Lombard. Une fille , âgée de six
ans et demi, fut attaquée d'une fluxion
de poitrine , qui fut suivie de la petite
Vérole ; mais quoique bien guérie , en
apparence, elle commença environ un an
après à devenir languissante, et à se plaindre de la poitrine , et au bout de quatre
mois
JUILLET. 17320 1607
mois il lui survint subitement une enAure considérable à la poitrine.
M. Lombard fut appellé , il trouva le
poux extrêmement foible , la respiration
lente et difficile, et l'enflure extrêmement
douloureuse ; il reconnut que cette enflute qui s'étoit étendue sur tout le bas-ventre , étoit un Emphiséme. Il conçut dèslors que la Plevre et lePoumon ayant contracté quelque adhérence , il s'y étoit pû
faire une suppuration , dont la suite avoit
été la destruction de la Plévre des muscles
intercostaux de la membrane interne du
Poumon , et l'ouverture de quelques Vé
sicules,ou de quelques Rameaux des Bronches , de sorte que l'air contenu dans le
Poumon, avoit pû s'infiltrer en partie danş
les Célules graisseuses , dans le tissu célulaire des muscles de l'extérieur de la poitrine,et delà dans toutes les Célules voisines
Dans cette idée , il se préparoit à faire
l'opération de l'Empiéme , en consultant
les signes qui pouvoient désigner l'endroit le plus convenable pour ouvrir la
poitrine ; mais l'oppression de la malade
augmenta si fort,qu'elle la suffoqua avant
qu'oncur pûemployer ce secours. Les conjectures de M. Lombard se trouverent en- tierement confirmées par l'ouverture du
Cadavre.c
V Gij Le
1608 MERCURE DE FRANCE
< و
Le neuvième et dernier Mémoire , est
une observation donnée par M.Chauvin,
sur une fracture du Crâne , suivie d'épanchement sur la dure-mere , et d'une fusée
purulente , pour laquelle il fut obligé de
faire une contre - ouverture ou trépan
éloigné de ceux qu'il avoit d'abord appliqué à l'endroit fracturé. M. Chauvin
sauva par cette manoeuvre l'application
d'un grand nombre de trepans. Les matieres épanchées ayant de la pente et l'issue libre , la dure- mere se recolla trespromptement à toute la portion de l'os ,
ou se trouvoit entre le premier et le second trépan , et il n'y cut d'autres exfoliations que celles qui arrivent ordinai
rement à la circonférence des trépans.
On nous pardonnera , sans doute , d'avoir donné un si long Extrait de ces observations. Rien de ce qui peut contribuer
à la conservation de la vie des hommes ,
ne nous paroît indifferent; du reste , c'est
au public à juger , par les Extraits que
nous venons de donner, si l'application
des Chirurgiens à enrichir leur Art de
semblables observations , n'est pas la réponse la plus solide qu'ils puissent faire
aux critiques qui ont parû contr'eux
de l'Académie de Chirurgie.
Lay
E II. du mois dernier , premier Mard'après la Trinité , l'Académie.
Royale de Chirurgie , conformément à
ses Reglemens , tint une Assemblée publique dans la grande Sale de S. Côme.
Mr Maréchal et de la Peyronie , Premiers
Chirurgiens du Roy , et en cette qualité Présidens de l'Académie , n'ayant pû
s'y trouver , M. Petit le pere , présida
en qualité de Directeur.
M. Morand , Secretaire de l'Académie
fit l'ouverture de la Scénce par l'Histoire
de l'établissement de cette Societé. Il en
exposa le plan,, etet fit fit voir que le principal
objet de cette Compagnie é oit de perfectionner la Chirurgie par l'experience
et l'observation , en rassemblant tous les
faits de pratique qui seront communiquez par les Chirurgiens , tant du Koyaume que des Pays Etrangers.
..
11
JUILLET. 1732. r593 Il fit sentir ensuite que si pour éviter
la confusion , inséparable des nombreu
ses Assemblees , on avoit été obligé de
fixer le nombre des Académiciens ordi-.
naires à 70. cela n'empêchoit point
que tous les Mes. Chirurgiens de Paris
ne fussent veritablement du Corps de
P'Académie , puisqu'ils avoient tous le.
droit d'y prendre séance , lorsqu'ils auroient des Mémoires à lire , et que leurs
noms et leurs Ouvrages seroient imprimez sans distinction dans les Recueils
qu'on donneroit au Public.
Il ajoûta à l'occasion de certaines Critiques , qu'il suffisoit à cette nouvelle Acàdémie d'être protegée par le Roy et par
ses Ministres. Que d'ailleurs l'estime de
M.le Premier Medecin , le zele de Mies
Premiers Chirurgiens , l'Approbation de
ceux qui aiment le bien public , et lès .
Eloges de plusieurs Journalistes éclairez ,
la dédommageroient amplément de tous
les traits que l'ignorance ou l'envie роцvoient faire lancer contre elle.
M. Morand finit par une Réponse à
l'Auteur d'une These soutenue aux Ecoles de Medecine le 18. Mars dernier , dans
laquelle on avoit critiqué le Programe
publié par l'Académie sur une question
importante de Chirurgie.
C
1594 MERCURE DE FRANCE
Ce Discours , que le Public reçut favorablement , fut suivi de la lecture de
neuf Memoires ou Observations Chirurgicales. Les Chefs de l'Académie se sont
fait un devoir de témoigner leur zele.en
fournissant eux-mêmes une partie de ces
Memoires.
M. Maréchal envoya une Observation
des plus singulieres et dont voici le sujet.
Une Dame étoit sujette depuis plus de
quinze ans à des attaques de Collique
Bilieuse , et depuis dix ans , à de trèsgrandes difficultez d'aller à la selle.
Les douleurs étoient si insuportables ·
dans les derniers temps , que la Malade
ne pouvant garder aucune situation , se
roulant sur son plancher, &c. M. Maré
chal 'eut occasion de la voir dans cet état
déplorable ; et soupçonnant un ulcere
carcinomateux dans le Rectum , il mit le
doigt dans le fondement , et l'ayant
porté aussi , haut qu'il lui fut possible , il
sentit un corps étranger solide. C'étoit
une pierre d'un volume si considerable ,
qu'il fallut pour en faire l'extraction
non-seulement dilater l'Anus , mais encore l'inciser en plusieurs endroits. Il ne
falloit pas une main moins habile que
celle de M. Maréchal ,. pour réussir dans
une operation qui demandoit tant de
ména -
JUILLET. 1732. 1595
ménagement et de dexterité. Un mois
après la Malade fut parfaitement guérie.
On fit après la lecture d'un Memoire
envoyé par M. de la Peyronie. La Cure
dont ce Memoire contient le détail , prouve qu'un courage éclairé peut souvent trouver dans l'Art des ressources pour les'
maladies les plus desesperées.
Un homme âgé de 63. ans , étoit attaqué depuis près de trente , d'une Hernie
qu'il avoit jusqu'alors contenue avec succès , au moyen d'un Bandage ; mais ayant
négligé de s'en servir depuis deux ans ,
il tomba dans l'accident de l'étranglement. Il n'eut recours à M. de la Peyronie que le huitième jour de l'accident,
et quoiqu'alors l'augmentation considerable de la tumeur , sa tension et celle
de tout le ventre , la violence des dou
leurs , le hoquet , le poux concentré , la
lividité et pourriture , qui déja avoient
paru à l'extremité de la tumeur , et qui
permettoient la sortie des matieres fœcales ; quoique tous ces desordres annonÇassent une mort prochaine, M.de la Pey.
ronie espera assez du secours de la Chirurgie pour entreprendre l'Operation.
Ayant ouvert le sac hernaire dans toute
son étendue , il trouva six ou sept pou--
ces des Intestins grêles , entierement gangrencz
1595 MERCURE DE FRANCE
grenez et criblez de trous qui laissoient ·
sortir les mitieres focales. Il dilata l'anneau ; et après avoir tiré un peu les Intestins pour s'assurer du progrès de la
gangrene , il emporta toute la portion du
canal qui parut être gangrennée au point
de ne pouvoir être ranimée. Il fit ensuite
au Mezentere un pli ; de façon à boucher les deux bouts flotants de l'Intestin,
et par un point d'ég ille fait à ce pli ,
il assujettit les deux bouches du canal
intestinal. Il fit enfin avec les extrémi
tez du fil une anse qui resta au dehors
et servit à retenir vers le haut de la playe
l'ouverture de l'intestin ; précaution sans
laquelle cet intestin qui n'avoit contracté
aucune adherince aux environs de l'anneau, eût pû faire dans la cavité du ventre
un épanchement des matieres fœcales qui,
ût été mortel. On eut grand soin dans
les pansemens de leur laisser une issue libre.
Le 25 jour de l'Operation , le lien du Me,
zentere se sépara , et au bout de six se,
maines les excremens ne sortirent plus
avec la même abondance , le Malide en
ren lant une partie par les voyes ordi
naires. La playe n'a cependant êté entie,
rement cicatrisée qu'au bout de quatre
mois, et après que le Malade se fut ré.
duit à une nourriture très-legere et prise
en temps éloignez .
3
JUILLET. 1732. 1597
Cette maladie , toute fâcheuse qu'on
vient de la représenter , étoit encore compliquée d'un gonflement très- ancien et
très- considerable au Testicule , qu'on fut
obligé d'emporter , malgré la grosseur
du cordon spermatique qui avoit près
de deux pouces de diametre et dont l'engorgement se continuoit fort avant dans
le ventre. M. de la Peyronie lia le cordon
à la hauteur des anneaux , et il le coupa
un pouce au dessous. Cette premiere ligature,quoiqu'extrêmement serrée, s'étant
lâchée , et un champignon fort gros
et qui parossoit carcinomateux , s'étant
élevé de l'extremité du cordon coupé ,
il fit au bout de quelques jours une nou
-velle ligature, et emporta ce champignon.
Le 18mejour cette derniere ligature tomba et le cordon se dégorgea entierement
par la suppuration. M. de la Peyronie
fait observer que ce gonflement étoit la
suite d'une cause externe.
Les bornes d'un Extrait ne nous permettent point de faire mention du reste du
Memoire ni des excellentes Reflexions qui
le terminent. Nous avertirons seulement
qu'à l'égard de la gangrene de l'Intestin ,
M.de la Peyronie a plus d'une fois mis heureusement en pratique la Méthode qu'il expose. Il est même fait mention dans l'Histoire
1598 MERCURE DE FRANCE
toire de l'Académie Royale des Sciences ,
année 1723. des suites heureuses d'une
semblable Operation qu'il fit en 1712
M. Petit lût ensuite l'histoire d'une Fiştule au Périné , pour laquelle on avoit
fait deux fois , sans succès , l'opération
dans la Province , et qu'il a cependant
guérie radicalement , ayant reconnu ce qui
avoit empêché de réussir dans les deux
premieres opérations. La Fistule au Périné dont il s'agit , étoit la suite de l'ouverture d'un dépôt gangréneux , formé
en conséquence d'une retention d'urine.
M. Petit , en examinant le malade , observa que la partie antérieure de l'Anus
étoit aussi dure que les environs de la Fistule , et que la prostate étoit le centre
de la dureté, qui s'étendoir si avant, qu'a
vec le doigt mis dans le fondement, on ne
pouvoit en sentir les bornes. Il reconnut
par des sign's certains que cette dureté
avoit une cause vénérienne. Il reconnut
encore que le trou interne de la Fistule
étoit au delà du Sphincter , parce que le
malade , sans être averti du besoin d'u
riner , et sans faire aucun effort , rendoit
continuellement la plus grande partie de
ses urines par le trou de la Fistule , et
sans en rendre par la Verge , ou du moins
s'il urinoit par la Verge, c'étoit toujours
Yo-
JUILLET. 1732. 15999
*
volontairement, et lorsqu'il y étoit excité
par le résidu des urines 3 par cet examen
M. Petit comprit qu'il ne guériroit jamais cette Fistule , si avant que de faire
l'opération , il ne commençoit par dé--
truire le Virus Vénérien , et si en second
lieu , dans l'opération ( dont il décrit le
manuel ) il n'incisoit la Prostate , pour
comprendre dans l'incision , le trou interne de la Fistule. Il a agi en conséquence , et le malade a été parfaitement
guéri.
Ce Mémoire parut d'autant plus utile ,
que pour l'ordinaire dans le traitement
de la maladie , qui en fait le sujet , et qui
est fort commune , on ne fait point assezd'attention aux circonstances que M. Petit expose dans son observation , et qui
dans des cas semblables , déterminent la
seule voïe possible de guérison.
La quatriéme Observation est de M
Malaval , Vice - Directeur de l'Académie.
Un homme, âgé de 25 ans , fut, après de
vives douleurs , attaqué d'une Exortose
tres considérable, à la tête du Peroné. Cette
Exortose ayant paru dès son commencement tenir du Carcinome ; M. Malaval
sentit la nécessité d'amputer la Cuisse ;
cependantcommeil y avoit de justes soup
çons de Vérole , il fit , avant l'opération ;
passer
1600 MERCURE DE FRANCE
passer le malade par le grand remede , ce
qui calma beaucoup ses douleurs , et lui
fendit le sommeil qu'il avoit entierement
perdu. M. Malaval fit ensuite l'opération ; mais peu de jours après les élancemens , qui se firent sentir dans la plaïe
et la mauvaise qualité des suppurations ,
qui étoient de couleur verdâtre , confirmerent les craintes qu'il avoit d'abord
conçû au sujet du Levain Cancereux ; cependant après avoir donné des remedes
propres à corriger et à adoucir la Limphe , l'exfoliation de l'os se fit, et fut avec
assez de difficulté suivie de la Cicatrice:
Après 18 mois d'une assez bonne santé, le
malade fut attaqué d'une toux séche et
fréquente. Deux mois après , la fièvre
survint , avec un crachement de sang. Oir
employa , sans succès , les remedes qui
paroissoient les mieux indiquez. La fiés
vre, d'aiguë qu'elle étoit , devint lente ; l'enflure clemateuse ; et de suite tous
les signes de l'hydropisie de poitrine parurent. M. Malaval fit la ponction avec
le Troiscart, & tira environ trois pintes
d'une sérosité sanguinolente. La poitrine.
s'étant de nouveau remplie , il l'ouvrit
cette fois avec le Bistouri , et il évacua
deux pintes d'une sérosité . semblable à
la premiere , et à des Laveures de chair .
mal-
.
JUILLET. 1732. 1601
malgré tous ces secours , le malade mourut peu de jours après , et on trouva par
Fouverture du Cadavre que le Poulmon
éroit presque totalement osseux et carcinomateux.
: Cette observation donne lieu à M. Malaval de faire des réfléxions: 1 °. Sur ceque
le Levain carcinomateux attaque indifferemment toutes les parties : 20. Sur ce
qu'il est tres - difficile , pour ne pas dire
impossible , de détruire ce Levain , parvenu à un certain dégré: 3°. Sur ce que
la salivation que quelques Auteurs ont
vantée pour la guérison des Cancers, n'est
d'aucune ressource contre ce mal. Enfin
surce que dansles soupçons légitimes d'épanchement d'eau dans la poitrine , la
ponction qu'on n'entreprend que rarement , pourroit être plus fréquemment
employée.
Le Mémoirè suivant est de M. Houstet; il renferme plusieurs expérience qui
prouvent qu'il se trouve dans la Vessie des
Pierres situées de façon à ne pouvoir être
tirées, et qu'il est par conséquent plus avan- tageux d'abandonner que de s'opiniâtrer
à en faire l'extraction. Dans la premiere
de ces observations , M. Houstet rapporte qu'un homme , âgé de 76 ans , qui
Souffroit des douleurs très- vives au Périné
601 MERCURE DE FRANCE
riné , en conséquence de Pierre dans la
Vessie , le pressa de le tailler. Il fit l'opération au grand appareil , et elle fut treslaborieuse , tant à cause d'un gonflement
et d'une dureté extraordinaire à la Prostate , qu'à cause de deux Champignons et
de trois Pierres , dont il fallut faire l'extraction à differentes reprises. Quoi qu'il
sentit encore des Pierres ; il fit remettre
le malade au lit , dans la crainte de le
trop fatiguer ; mais malgré ce ménagement , le malade mourut le cinquiéme
jour de l'opération. A l'ouverture du Cadavre on observa entr'autres choses , que
le fond de la Vessie étoit parsemé dans
toute sa circonference de plusieurs embouchures , qui conduisoient dans des cavitez ou célules , dont le fond étoit beaucoup plus large que l'entrée. Plusieurs de
ces Célules ou Loges consenoient des Pierres parmi lesquelles on en distinguoit
trois , d'un volume médiocre , lisses et
polies , ayant quatre ou cinq facettes et
pareilles à celles qu'on avoit tirées dans l'opération.Ces Pierres étoient retenuës chacune dans leur cavité particuliere ; l'entrée de ces Célules étant fort étroite , et
les Pierres ne présentant qu'un de leurs
angles , ou une de leurs facettes , sans saillies ; il étoit , dit M. Houstot , impossible
JUILLET. 1732. 1603
ble de les charger, quoiqu'on put les toucher avec le bout des Tenettes.
Il rassemble à la suite de cette observation un grand nombre de faits , dont il a
eu connoissance , et qui tous se rapportent à l'impossibilité qu'il y a dans certains
cas , de charger et de tirer la Pierre ; soit
parce qu'elle se trouve engagée dans des
Loges ou prolongemens du Corps de la
Vessie , soit parce qu'elle est retenue par
des replis ou des brides de la membrane
interne.
Al'égard des Pierres Enkistées , du genre de celles dont il est question dans la
premiere observation , il pense que la Célule s'est formée d'abord , et qu'ensuite
quelque petit Gravier qui s'y est insinué,
y grossit et que la cavité de la Celule augmente à mesure ; ayant observé que ces
Célules ne succedent guéres qu'aux retentions d'urines , il les regarde comme des
especes de Hernies de la membrane interne de la Vessie , qui dans la dilatation ,
a forcé l'intervale des Fibres charnuës.
Il prétend que ces Vessies à célules , à
poches et à brides ne sont point si rares
qu'on l'avoit cru jusqu'à present. Il fonde
son sentiment sur ce qu'il a observé đans
T'ouverture d'un grand nombre de personnes mortes de maladie de Vessie; et il
conclud
1604 MERCURE DE FRANCE
conclud de ces observations que généralement dans toutes les opérations de la taille,
la prudence exige qu'avant que d'essayer
de charger et d'extraire la Pierre , on reconnoisse autant qu'il est possible, avec le
doigt , l'état de la Vessie. Si l'on trouve la
Pierre engagée dans quelque Kiste ou Célule , on doit tâcher de la déchatoner, s'il
est possible , avec le doigt ; mais si le
doigt ne peut y atteindre, ou si l'on trouve des obstacles insurmontables , le Chirurgien , sans fatiguer inutilement le malade , ou plutôt sans faire des tentatives
périlleuses, doit alors abandonner la Pierre, qui quelquefois se détache d'elle- même ,dans la suite des pansemens , tant
par la suppuration que par les injections
Long-temps continuces.
Ces observations ne sont point seulement curieuses , elles paroissent pouvoir
être d'une grande utilité , par les conséquences que l'Auteur en tire pour la
tique,
praLe sixième Mémoire est de M. Caumont. C'est une observation sur un écra
sement des doigts du milieu et annulaire
de la main , dont les deux dernieres phalanges étoient fracturées en plusieurs piéces , avec déplacement , les articulations
découvertes , dix lignes de l'extrêmité des
tendons
JUILLET. 1732 1605
tendons extenseurs déchirées et entierement emportées , enfin la peau détruite
depuis le milieu de la seconde Phalange ,
jusqu'à la racine de l'ongle.
M. Caumont n'espera pas d'abord
pouvoir conserver l'extrêmité de ces
doigts , ou du moins la mobilité de leurs
Phalanges. L' Anchilose étoit à craindre ,
et d'ailleurs une portion considérable des
tendons extenseurs ayant été emportée ,
et les bouts restans n'ayant pû être raprochez que jusqu'au bord des articulations,
il ne voyoit point à quoi ces bouts de tendons coupez pourroient s'attacher. Il pansa cependant si artistement cette playe ,
qu'il vit au bout de quelques jours s'élever sur la surface des os , une chair loüable et grenuë, qui couvroit les articulations. Les os fracturez se sont aussi consolidez , les articulations se sont raffermies
sans Anchiloses , la peau s'est cicatrisée
et ce qui paroît le plus remarquable à M.
Caumont, l'union de toutes ces parties
entr'elles , a fourni un point d'attache à
chaque tendon' ; de sorte que les mouvemens de fléxion et d'extension , s'exécutent aujourd'hui dans toutes ces Phalangés , presque avec la même liberté
qu'avant l'accident.
La septiéme observation roule sur une
G playe
150 MERCURE DE FRANCE
playe contuse au ply du bras , laquelle fut
accompagnée d'accidens très funestes . M.
Gravier , qui rapporte ce fait , fut obligé
de couper le tendon du Biceps à la fin du
corps charnu de ce muscle , et assés près
de son insertion au Radius. Ce tendon
avoit tellement souffert , qu'en l'emportant ainsi presque tout entier , on ne fit
guére que prévenir la séparation qui s'en
seroit faite naturellement par la mortification , s'il eut été permis de l'attendre. La
cure a été si heureuse , que malgré la perte du tendon du Biceps , le malade porte
l'avant bras dans le dernier dégré de fléxion et est capable des plus grands efforts.
Sur cela M.Gravier s'étonne que dans des
rapports faits en justice sur la piquure du
tendon , ou de l'Aponeurose du Biceps , à
P'occasion de la saignée on air quelquefois
décidé de l'invalidité du bras , sur la símple apparence des accidens qu'il rapporte.
Un Emphiseme de cause interne , fait le
sujet de la huitiéme observation , donnée
par M. Lombard. Une fille , âgée de six
ans et demi, fut attaquée d'une fluxion
de poitrine , qui fut suivie de la petite
Vérole ; mais quoique bien guérie , en
apparence, elle commença environ un an
après à devenir languissante, et à se plaindre de la poitrine , et au bout de quatre
mois
JUILLET. 17320 1607
mois il lui survint subitement une enAure considérable à la poitrine.
M. Lombard fut appellé , il trouva le
poux extrêmement foible , la respiration
lente et difficile, et l'enflure extrêmement
douloureuse ; il reconnut que cette enflute qui s'étoit étendue sur tout le bas-ventre , étoit un Emphiséme. Il conçut dèslors que la Plevre et lePoumon ayant contracté quelque adhérence , il s'y étoit pû
faire une suppuration , dont la suite avoit
été la destruction de la Plévre des muscles
intercostaux de la membrane interne du
Poumon , et l'ouverture de quelques Vé
sicules,ou de quelques Rameaux des Bronches , de sorte que l'air contenu dans le
Poumon, avoit pû s'infiltrer en partie danş
les Célules graisseuses , dans le tissu célulaire des muscles de l'extérieur de la poitrine,et delà dans toutes les Célules voisines
Dans cette idée , il se préparoit à faire
l'opération de l'Empiéme , en consultant
les signes qui pouvoient désigner l'endroit le plus convenable pour ouvrir la
poitrine ; mais l'oppression de la malade
augmenta si fort,qu'elle la suffoqua avant
qu'oncur pûemployer ce secours. Les conjectures de M. Lombard se trouverent en- tierement confirmées par l'ouverture du
Cadavre.c
V Gij Le
1608 MERCURE DE FRANCE
< و
Le neuvième et dernier Mémoire , est
une observation donnée par M.Chauvin,
sur une fracture du Crâne , suivie d'épanchement sur la dure-mere , et d'une fusée
purulente , pour laquelle il fut obligé de
faire une contre - ouverture ou trépan
éloigné de ceux qu'il avoit d'abord appliqué à l'endroit fracturé. M. Chauvin
sauva par cette manoeuvre l'application
d'un grand nombre de trepans. Les matieres épanchées ayant de la pente et l'issue libre , la dure- mere se recolla trespromptement à toute la portion de l'os ,
ou se trouvoit entre le premier et le second trépan , et il n'y cut d'autres exfoliations que celles qui arrivent ordinai
rement à la circonférence des trépans.
On nous pardonnera , sans doute , d'avoir donné un si long Extrait de ces observations. Rien de ce qui peut contribuer
à la conservation de la vie des hommes ,
ne nous paroît indifferent; du reste , c'est
au public à juger , par les Extraits que
nous venons de donner, si l'application
des Chirurgiens à enrichir leur Art de
semblables observations , n'est pas la réponse la plus solide qu'ils puissent faire
aux critiques qui ont parû contr'eux
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Résumé : PREMIRE ASSEMBLÉE PUBLIQUE de l'Académie de Chirurgie.
Le 2 juillet 1732, l'Académie Royale de Chirurgie organisa une assemblée publique dans la grande salle de Saint-Côme. En l'absence des Premiers Chirurgiens du Roy, M. Petit le père présida en tant que Directeur. M. Morand, secrétaire de l'Académie, ouvrit la séance en retraçant l'histoire de la société, dont l'objectif principal est de perfectionner la chirurgie par l'expérience et l'observation. Il souligna que, bien que le nombre d'académiciens ordinaires soit limité à 70 pour éviter la confusion, tous les chirurgiens de Paris peuvent participer aux assemblées et voir leurs mémoires publiés. M. Morand répondit également à des critiques en affirmant que l'Académie est protégée par le Roy et ses ministres, et qu'elle bénéficie de l'estime de personnalités influentes. Il conclut par une réponse à une thèse critique publiée aux Écoles de Médecine. La séance fut suivie de la lecture de neuf mémoires ou observations chirurgicales. M. Maréchal présenta une observation sur l'extraction d'une pierre volumineuse du rectum d'une dame souffrant de coliques bilieuses et de difficultés à déféquer. L'opération, réussie grâce à l'habileté de M. Maréchal, permit à la patiente de guérir en un mois. M. de la Peyronie lut ensuite un mémoire sur la cure d'une hernie étranglée chez un homme de 63 ans. Malgré des complications graves, l'opération fut un succès, et le patient se rétablit après plusieurs mois. M. Petit lut l'histoire d'une fistule au périnée, guérie après deux tentatives infructueuses. Il identifia une cause vénérienne et effectua une opération réussie en détruisant le virus vénérien et en incisant la prostate. M. Malaval, Vice-Directeur, présenta une observation sur l'amputation de la cuisse d'un homme de 25 ans souffrant d'une exostose cancéreuse. Après une opération et des traitements, le patient mourut d'une hydropisie de poitrine. M. Houstet rapporta des expériences sur des pierres dans la vessie, soulignant qu'il est parfois préférable de ne pas tenter leur extraction. Il décrivit une opération complexe sur un homme de 76 ans, qui décéda malgré les efforts pour le soigner. M. Houstot décrivit des pierres retenues dans des cavités étroites de la vessie, rendant leur extraction difficile. Il observa que ces cellules se forment souvent après des rétentions d'urine et les compara à des hernies de la membrane interne de la vessie. Il recommanda de reconnaître l'état de la vessie avant toute opération et d'abandonner l'extraction de la pierre si des obstacles insurmontables sont rencontrés. M. Caumont rapporta une observation sur un écrasement des doigts, avec fractures multiples et tendons déchirés. Malgré les pronostics initiaux défavorables, les doigts guérirent, retrouvant leur mobilité grâce à une cicatrisation remarquable. M. Gravier décrivit une plaie contuse au bras, nécessitant la coupe du tendon du biceps. Le patient récupéra une bonne mobilité de l'avant-bras malgré la perte du tendon. M. Lombard présenta un cas d'emphysème chez une fille de six ans et demi, décédée avant qu'une opération puisse être réalisée. L'autopsie confirma ses conjectures sur la cause de l'emphysème. Enfin, M. Chauvin relata une fracture du crâne avec épanchement purulent, traité par une contre-ouverture éloignée du premier trépan, permettant une guérison rapide.
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2119
p. 1608-1610
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
On donne avis aux Curieux que l'on a mis [...]
Mots clefs :
Estampes, Antoine Watteau, L'Amour de Village
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
On donne avis aux Curieux que
1
l'on amis en
vente
JUILLET. 1732 1609
vente , chez la veuve Chereau , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surrugue , Gra
veur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
gravée nouvellement d'après un des plus beaux
Tableaux de feu Vvatteau , qui a pour titre :
Fêtes Vénitiennes.
Il va aussi paroître une grande Estampe , gravée d'après la fameuse Enseigne que Watteau
peignit en Plafond pour M. Gersain , son ami,
sur le Pont Notre Dame , et qui fut regardée par
tous les connoisseurs comme un des plus beaux
Tableaux de ce grand Maître. Ce morceau est à
present dans le Cabinet de M. de Jullienne. Il
l'a fait graver à la suite de toute l'œuvre à laquelle il continue depuis plus de douze années de
faire travailler , par les plus habiles Graveurs du temps.
Il paroît une nouvelle Estampe , en hauteur ovale , intitulée L'Amour de Village , ou l'Amour Naif. Ce sont deux demi figures qui expriment de la maniere du monde la plus fine t
la plus naïve cette pensée ; une tres-belle personne , fâchée contre son Amant , qu'elle voit à ses genoux , plein de soumission , d'ardeur et de
crainte , paroît le rebuter , et ne pas vouloir en- tendre sa justification , dans le temps qu'on lit
dans ses yeux que son dépit ne durera pas longtemps, et qu'elle seroit très - piquée si son Berger étoit infidele. Cela est rendu d'une maniere parfaitement heureuse , d'après un Tableau de M.
Charles Coypel. On lit ces Vers au bas:
La Bergere , long-temps ne sçauroit soûtenir ,
Le courroux qu'un Berger lui donne ;
Contre un retour sincere , elle ne peut tenir ;
G iij Sa
1610 MERCURE DE FRANCE
Sa bouche vainement dit qu'elle veut punir
Ses yeux difent qu'elle pardonne.
Le sieur Lépicié, dont les talens sont tres- connus, auteur de cette Estampe, grave actuellement
son pendant , d'après le même Peintre. Il represente l'Amour de Ville ou l'Amour Coquet.
Le sieur Lépicié demeure rue Saint Louis ,
coin de l'Abreuvoir du Quay des Orfevres , chez
M. Marlié.
au
Il paroît encore une nouvelle Estampe en hau
teur , d'une grande beauté , c'est le Roy à Che
val , suivi d'un détachement de ses Gardes , l'’Epée haute, tres-ressemblant , gravé d'après le Tableau original de M. Parocel , Peintre distingué
de l'Académie Royale : Par N.de Larmessin, Graveur du Roy , ruë des Noyers
1
l'on amis en
vente
JUILLET. 1732 1609
vente , chez la veuve Chereau , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surrugue , Gra
veur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
gravée nouvellement d'après un des plus beaux
Tableaux de feu Vvatteau , qui a pour titre :
Fêtes Vénitiennes.
Il va aussi paroître une grande Estampe , gravée d'après la fameuse Enseigne que Watteau
peignit en Plafond pour M. Gersain , son ami,
sur le Pont Notre Dame , et qui fut regardée par
tous les connoisseurs comme un des plus beaux
Tableaux de ce grand Maître. Ce morceau est à
present dans le Cabinet de M. de Jullienne. Il
l'a fait graver à la suite de toute l'œuvre à laquelle il continue depuis plus de douze années de
faire travailler , par les plus habiles Graveurs du temps.
Il paroît une nouvelle Estampe , en hauteur ovale , intitulée L'Amour de Village , ou l'Amour Naif. Ce sont deux demi figures qui expriment de la maniere du monde la plus fine t
la plus naïve cette pensée ; une tres-belle personne , fâchée contre son Amant , qu'elle voit à ses genoux , plein de soumission , d'ardeur et de
crainte , paroît le rebuter , et ne pas vouloir en- tendre sa justification , dans le temps qu'on lit
dans ses yeux que son dépit ne durera pas longtemps, et qu'elle seroit très - piquée si son Berger étoit infidele. Cela est rendu d'une maniere parfaitement heureuse , d'après un Tableau de M.
Charles Coypel. On lit ces Vers au bas:
La Bergere , long-temps ne sçauroit soûtenir ,
Le courroux qu'un Berger lui donne ;
Contre un retour sincere , elle ne peut tenir ;
G iij Sa
1610 MERCURE DE FRANCE
Sa bouche vainement dit qu'elle veut punir
Ses yeux difent qu'elle pardonne.
Le sieur Lépicié, dont les talens sont tres- connus, auteur de cette Estampe, grave actuellement
son pendant , d'après le même Peintre. Il represente l'Amour de Ville ou l'Amour Coquet.
Le sieur Lépicié demeure rue Saint Louis ,
coin de l'Abreuvoir du Quay des Orfevres , chez
M. Marlié.
au
Il paroît encore une nouvelle Estampe en hau
teur , d'une grande beauté , c'est le Roy à Che
val , suivi d'un détachement de ses Gardes , l'’Epée haute, tres-ressemblant , gravé d'après le Tableau original de M. Parocel , Peintre distingué
de l'Académie Royale : Par N.de Larmessin, Graveur du Roy , ruë des Noyers
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
En juillet 1732, deux estampes sont mises en vente. La première, intitulée 'Fêtes Vénitiennes', est gravée d'après un tableau de Jean-Antoine Watteau et est disponible chez la veuve Chereau et chez Surrugue, graveur du roi. Une autre estampe, également d'après une œuvre de Watteau peinte pour M. Gersain, est annoncée. Cette œuvre, actuellement dans le cabinet de M. de Jullienne, fait partie d'un projet de gravure de l'œuvre complète de Watteau, entrepris depuis plus de douze ans. Une nouvelle estampe ovale, 'L'Amour de Village ou l'Amour Naif', représentant deux demi-figures dans une scène amoureuse, est également présentée. Elle est gravée d'après un tableau de Charles Coypel et accompagnée de vers soulignant la tension entre la colère et le pardon dans l'amour. Cette estampe est réalisée par le sieur Lépicié, qui grave aussi son pendant, 'L'Amour de Ville ou l'Amour Coquet'. Enfin, une estampe représentant le roi à cheval, suivi de ses gardes, est annoncée. Elle est gravée d'après un tableau de M. Parocel par N. de Larmessin, graveur du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2120
p. 1610-1612
Exposition de Tableaux, [titre d'après la table]
Début :
L'usage d'exposer les Ouvrages des Peintres à la [...]
Mots clefs :
Exposition de tableaux, Peintres, Académie royale de peinture et de sculpture, Salon du vieux Louvre
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texteReconnaissance textuelle : Exposition de Tableaux, [titre d'après la table]
L'usage d'exposer les Ouvrages des Peintres
la critique du Public, est tres - ancien et tres utile,
les observations sensées par l'on fait pour la
perfection de l'Art , dont les esprits dociles et les gens qui ont du talent , sçavent profiter ; mais
plus encore par la noble émulation et par l'ardeur naturelle dans tous les hommes d'acquerir
de la réputation et de s'élever. Cet usage s'ob- serve tres exactement à Rome , où l'Académie
de S. Luc fait à certains jours un pompeux étá- lage de ses productions , ce qui attire toujours
un grand concours et ouvie un vaste champ aux
réfléxions et à la critique des Artistes , des cof.
·
noisseurs , &c.
Notre Académie Royale de Peinture et Sculptu
re fit une superbe montre de ses ouvrages en 1699. dans la grande Gallerie du Louvre , qui fit
beaucoup
JUILLET.
1732. 1617
beaucoup d'honneur à l'Ecole Françoise , et qui
dès ce temps- là lui donna la supériorité sur toutes les autres , au jugement même des Etrangers;
jugement qui fut confirmé il y a cinq ans dans
le grand Salon du vieux Louvre , où les jeunes
Peintres et Sculpteurs de l'Académie exposerent leurs Ouvrages, ausquels le Public rendit jus
tice , en les honorant d'un concours prodigieux.
On étoit dans l'habitude d'exposer tous les ans ,
à l'occasion des Processions de la Fête- Dieu, dans
la Place Dauphine , et à l'entrée de cette Place ,
du côté du Pont- Neuf, quantité de Tableaux de
Peintres anciens et modernes, qui attiroient beau- coup de Spectateurs; mais depuis quelque- temps
on n'en voyoit presque plus , au grand regret dupublic , qui a sçu tres- bon gré à quelques jeunes.
Peintres , qui y ont exposé cette année plusieurs
de leurs Tableaux , qu'on a vus avec beaucoup
de plaisir , principalement ceux du sieur Char
din , de l'Académie Royale , qui sont peints avec
un soin et une vérité à ne rien laisser à désirer .
Deux de ces Tableaux , qui ont été faits pour
le Comte de Rottembourg Ambassadeur de France à la Cour de Madrid , representant differens
animaux , des Instrumens et Trophées de Musique , et plusieurs autres petits Tableaux , d'ustenciles, & c. Mais ce qui lui a fait le plus d'honneur , c'est un Bas- relief , peint d'après un Basrelief de bronze , de François Flamand , représentant des Enfans , que ce fameux Maftre faisoit à merveilles , et que le Pinceau de l'habile
Peintre a si -bien sçu imiter , que par le secours
des yeux , quelque près que l'on soit , on est encore séduit au point qu'il faut absolument mettre la main sur la toile et toucher le Tableau pour
être détrompé. On peut voir ce Tableau dans le
G iiij Cabi
1612 MERCURE DE FRANCE
Cabinet de M. Vanlo , Peintre de l'Académie,
du premier rang.
Ön voyoit encore dans la même Place , un
beau Tableau du sieur Grimoud , representant un
Joueur de Vielle , quatre Portraits du Sr Autrean
le fils , qui ont été fort approuvez, plusieurs du
Sr le Sueur , et quelques autres. Mais ce qui fit le
plus de plaisir, c'est le Portrait du grand pere du
Sr Matheron, Marchand Jouaillier à Paris,peint
il y a 49 ans , par l'illustre M. Rigaud , et qui
est un des plus beaux morceaux qu'on sçauroit voir.
la critique du Public, est tres - ancien et tres utile,
les observations sensées par l'on fait pour la
perfection de l'Art , dont les esprits dociles et les gens qui ont du talent , sçavent profiter ; mais
plus encore par la noble émulation et par l'ardeur naturelle dans tous les hommes d'acquerir
de la réputation et de s'élever. Cet usage s'ob- serve tres exactement à Rome , où l'Académie
de S. Luc fait à certains jours un pompeux étá- lage de ses productions , ce qui attire toujours
un grand concours et ouvie un vaste champ aux
réfléxions et à la critique des Artistes , des cof.
·
noisseurs , &c.
Notre Académie Royale de Peinture et Sculptu
re fit une superbe montre de ses ouvrages en 1699. dans la grande Gallerie du Louvre , qui fit
beaucoup
JUILLET.
1732. 1617
beaucoup d'honneur à l'Ecole Françoise , et qui
dès ce temps- là lui donna la supériorité sur toutes les autres , au jugement même des Etrangers;
jugement qui fut confirmé il y a cinq ans dans
le grand Salon du vieux Louvre , où les jeunes
Peintres et Sculpteurs de l'Académie exposerent leurs Ouvrages, ausquels le Public rendit jus
tice , en les honorant d'un concours prodigieux.
On étoit dans l'habitude d'exposer tous les ans ,
à l'occasion des Processions de la Fête- Dieu, dans
la Place Dauphine , et à l'entrée de cette Place ,
du côté du Pont- Neuf, quantité de Tableaux de
Peintres anciens et modernes, qui attiroient beau- coup de Spectateurs; mais depuis quelque- temps
on n'en voyoit presque plus , au grand regret dupublic , qui a sçu tres- bon gré à quelques jeunes.
Peintres , qui y ont exposé cette année plusieurs
de leurs Tableaux , qu'on a vus avec beaucoup
de plaisir , principalement ceux du sieur Char
din , de l'Académie Royale , qui sont peints avec
un soin et une vérité à ne rien laisser à désirer .
Deux de ces Tableaux , qui ont été faits pour
le Comte de Rottembourg Ambassadeur de France à la Cour de Madrid , representant differens
animaux , des Instrumens et Trophées de Musique , et plusieurs autres petits Tableaux , d'ustenciles, & c. Mais ce qui lui a fait le plus d'honneur , c'est un Bas- relief , peint d'après un Basrelief de bronze , de François Flamand , représentant des Enfans , que ce fameux Maftre faisoit à merveilles , et que le Pinceau de l'habile
Peintre a si -bien sçu imiter , que par le secours
des yeux , quelque près que l'on soit , on est encore séduit au point qu'il faut absolument mettre la main sur la toile et toucher le Tableau pour
être détrompé. On peut voir ce Tableau dans le
G iiij Cabi
1612 MERCURE DE FRANCE
Cabinet de M. Vanlo , Peintre de l'Académie,
du premier rang.
Ön voyoit encore dans la même Place , un
beau Tableau du sieur Grimoud , representant un
Joueur de Vielle , quatre Portraits du Sr Autrean
le fils , qui ont été fort approuvez, plusieurs du
Sr le Sueur , et quelques autres. Mais ce qui fit le
plus de plaisir, c'est le Portrait du grand pere du
Sr Matheron, Marchand Jouaillier à Paris,peint
il y a 49 ans , par l'illustre M. Rigaud , et qui
est un des plus beaux morceaux qu'on sçauroit voir.
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Résumé : Exposition de Tableaux, [titre d'après la table]
Le texte aborde l'importance historique des expositions d'œuvres d'art pour l'amélioration de l'art et la reconnaissance des artistes. À Rome, l'Académie de Saint-Luc organise régulièrement des expositions publiques. En France, l'Académie Royale de Peinture et Sculpture a présenté ses œuvres au Louvre en 1699, soulignant la supériorité de l'École Française. Des expositions annuelles se tenaient également à la Place Dauphine lors des Processions de la Fête-Dieu, attirant un large public. Récemment, des jeunes peintres, dont Chardin, ont exposé leurs tableaux, suscitant un grand intérêt. Chardin a été particulièrement distingué pour un bas-relief imitant une œuvre de François Flamand. D'autres artistes comme Grimoud, Autrean, et Le Sueur ont également exposé leurs œuvres, ainsi qu'un portrait du grand-père du sieur Matheron, réalisé par Rigaud.
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2121
p. 1612
« On mande de Londres, que la Czarine y a fait [...] »
Début :
On mande de Londres, que la Czarine y a fait [...]
Mots clefs :
Londres, Fauteuil de parade, Rome, Galerie du Palais du Quirinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande de Londres, que la Czarine y a fait [...] »
On mande de Londres , que la Czarine Y
fait faire , par M. Cowse , Ouvrier Allemand ,
un Fauteuil de parade , pour son Trône ; le dos
de ce Fauteuil est une Aigle déployée , couronnée d'une Couronne Impériale , et tenant dans ses
Serres un Sceptre et d'autres pieces d'honneur :
L'Ouvrier y à employé 247 maics d'argent.
On écrit de Rome , que les Juillet , des Ouvriers creusant la terre , dans un champ qui appartient au Chapitre de S. Jean de Latran, y trouverent quatre Statuës , une Colonne de Jaspe antique , des Urnes sépulcrales , quelques Lampes
de terre cuite , et plusieurs Médailles d'Empe- reurs Romains.
On ajoute que le Pape a fait placer dans la
Gallerie du Palais du Quirinal , les différens desseins qu'il a fait faire par les plus habiles Architectes d'Italie, pour la façade du nouveau Portail de l'Eglise de S. Jean de Latran , afin qu'ils soient exposez à la critique des connoisseurs , et
que S. S. puisse choisir celui qui sera le plus geeralement approuvé.
fait faire , par M. Cowse , Ouvrier Allemand ,
un Fauteuil de parade , pour son Trône ; le dos
de ce Fauteuil est une Aigle déployée , couronnée d'une Couronne Impériale , et tenant dans ses
Serres un Sceptre et d'autres pieces d'honneur :
L'Ouvrier y à employé 247 maics d'argent.
On écrit de Rome , que les Juillet , des Ouvriers creusant la terre , dans un champ qui appartient au Chapitre de S. Jean de Latran, y trouverent quatre Statuës , une Colonne de Jaspe antique , des Urnes sépulcrales , quelques Lampes
de terre cuite , et plusieurs Médailles d'Empe- reurs Romains.
On ajoute que le Pape a fait placer dans la
Gallerie du Palais du Quirinal , les différens desseins qu'il a fait faire par les plus habiles Architectes d'Italie, pour la façade du nouveau Portail de l'Eglise de S. Jean de Latran , afin qu'ils soient exposez à la critique des connoisseurs , et
que S. S. puisse choisir celui qui sera le plus geeralement approuvé.
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Résumé : « On mande de Londres, que la Czarine y a fait [...] »
À Londres, la tsarine Y a commandé un fauteuil de parade à M. Cowse, orné d'un aigle impérial, pour 247 marks d'argent. À Rome, des ouvriers ont découvert des artefacts antiques, dont des statues et des médailles d'empereurs romains. Le pape expose des dessins pour la façade de l'église Saint-Jean-de-Latran afin de choisir le meilleur projet.
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2122
p. 1613-1614
« Au commencement de ce mois les Comédiens François ont remis [...] »
Début :
Au commencement de ce mois les Comédiens François ont remis [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, La Fausse Inconstance, Jodelet
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texteReconnaissance textuelle : « Au commencement de ce mois les Comédiens François ont remis [...] »
SPECTACLE S.
U commencement de ce mois les
AComédiens François ont remis au
Theatre , la Comédie du Chevalier à la
mode, dans laquelle la De Poisson ; épouse
1614 MERCURE DE FRANCE
du Sr Poisson , nouvellement reçûë , joüa
le Rôle de la Petite- Brune, avec beaucoup
d'applaudissement ; ainsi que l'Amoureu
se , dans la Comédie de Jodelet , Maître et
Valet , qu'on a aussi remis au Théatre, La
Dile le Grand , épouse du St le Grand , la
pareillement été reçûë dans la Troupe du
Roy , et elle a joué , avec applaudissement le Rôle de Salomith , dans la Tragédie d'Athalie , et celui d'Enone , dans
Phédre.
On repete et on jouera incessamment
la Tragédie nouvelle de M. de Voltaire.
Les mêmes Comédiens ont reçû une
Comédie en trois Actes , et en Vers , qui
a pour titre : La Fausse Inconstance : ls
la doivent jouer à Paris, pendant le voyage de la Cour à Fontainebleau. La Piece
est encore anonime ; nous en parleron's
en son temps.
U commencement de ce mois les
AComédiens François ont remis au
Theatre , la Comédie du Chevalier à la
mode, dans laquelle la De Poisson ; épouse
1614 MERCURE DE FRANCE
du Sr Poisson , nouvellement reçûë , joüa
le Rôle de la Petite- Brune, avec beaucoup
d'applaudissement ; ainsi que l'Amoureu
se , dans la Comédie de Jodelet , Maître et
Valet , qu'on a aussi remis au Théatre, La
Dile le Grand , épouse du St le Grand , la
pareillement été reçûë dans la Troupe du
Roy , et elle a joué , avec applaudissement le Rôle de Salomith , dans la Tragédie d'Athalie , et celui d'Enone , dans
Phédre.
On repete et on jouera incessamment
la Tragédie nouvelle de M. de Voltaire.
Les mêmes Comédiens ont reçû une
Comédie en trois Actes , et en Vers , qui
a pour titre : La Fausse Inconstance : ls
la doivent jouer à Paris, pendant le voyage de la Cour à Fontainebleau. La Piece
est encore anonime ; nous en parleron's
en son temps.
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Résumé : « Au commencement de ce mois les Comédiens François ont remis [...] »
Les Comédiens Français ont repris 'Le Chevalier à la mode' et 'Jodelet, Maître et Valet'. Madame de Poisson et Madame l'Amoureuse ont été acclamées. Madame le Grand a joué dans 'Athalie' et 'Phèdre'. La tragédie de Voltaire est en répétition. La comédie 'La Fausse Inconstance' sera jouée à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2123
p. 1614-1615
Vers pour la Dlle d'Angeville, [titre d'après la table]
Début :
M. Fuzelier, Auteur de la petite Comédie du Procès des [...]
Mots clefs :
Procès des Sens, Ouïe, Demoiselle Dangeville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers pour la Dlle d'Angeville, [titre d'après la table]
M. Fuzelier , Auteur de la petite Comédie du Procès des Sens , que le public
voit toujours avec plaisir , y a fait quelques changemens et augmentations , au
sujet de l'Entrée de l'Ouie, qu'on a donnée
à l'Opéra depuis peu, qui ont été applaudis. La Dile Dangeville , qui joue le principal Rôle , avec tant de finesse dans
cette Piéce , s'est attiré les justes éloges
qu'on va lire :
Pour-
JUILLET 32. 1615
Pourquoi tant differer , aimable Dangeville ,
Aprononcer dans le Procês des Sens
Le jugement peut-il paroître difficile
A qui peut , comme toy , consulter le bon sens ?
C'est faire trop long- temps injustice à la vûë ;
Surses quatre rivaux elle doit l'emporter,
Puisque sans elle en vain le Ciel t'auroit pourvûë ,
Des graces , des appas , que l'on voit t'escorter ;
Peut - être le Toucher auroit - il plus de charmes ,
Mais , hélas ! il m'est deffendu ;
La vue a seule droit qu'on lui rende les armes
Même en dépit de ta vertu ;
Je m'y tiens donc , d'autant qu'elle a cet avan
tage ,
Que c'est par elle que je voi,
Que l'on doit convenir , pour peu que l'on soit
sage,
•
Qu'Amour est moins Amour ques toi
voit toujours avec plaisir , y a fait quelques changemens et augmentations , au
sujet de l'Entrée de l'Ouie, qu'on a donnée
à l'Opéra depuis peu, qui ont été applaudis. La Dile Dangeville , qui joue le principal Rôle , avec tant de finesse dans
cette Piéce , s'est attiré les justes éloges
qu'on va lire :
Pour-
JUILLET 32. 1615
Pourquoi tant differer , aimable Dangeville ,
Aprononcer dans le Procês des Sens
Le jugement peut-il paroître difficile
A qui peut , comme toy , consulter le bon sens ?
C'est faire trop long- temps injustice à la vûë ;
Surses quatre rivaux elle doit l'emporter,
Puisque sans elle en vain le Ciel t'auroit pourvûë ,
Des graces , des appas , que l'on voit t'escorter ;
Peut - être le Toucher auroit - il plus de charmes ,
Mais , hélas ! il m'est deffendu ;
La vue a seule droit qu'on lui rende les armes
Même en dépit de ta vertu ;
Je m'y tiens donc , d'autant qu'elle a cet avan
tage ,
Que c'est par elle que je voi,
Que l'on doit convenir , pour peu que l'on soit
sage,
•
Qu'Amour est moins Amour ques toi
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Résumé : Vers pour la Dlle d'Angeville, [titre d'après la table]
Le texte décrit les modifications et ajouts réalisés par M. Fuzelier à sa pièce 'Le Procès des Sens', notamment l'entrée de l'Ouie à l'Opéra, qui ont été favorablement reçus par le public. La comédienne La Dangeville, qui joue le rôle principal, est particulièrement saluée pour sa finesse et ses éloges appropriés. Le texte inclut également un poème daté du 32 juillet 1615, qui célèbre les qualités de La Dangeville et la supériorité de la vue parmi les sens. Le poème souligne que, bien que le toucher puisse avoir des charmes, la vue est privilégiée car elle permet de voir et de reconnaître l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2124
p. 1615-1619
L'Entrée de l'Oüie, Opera, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 Juillet, l'Académie Royale de Musique, qui continuë [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Ballet des sens, Ulysse, Ouïe, Sirène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Entrée de l'Oüie, Opera, [titre d'après la table]
Le 8 Juillet , l'Académie Royale de
Musique , qui continue toujours avec
beaucoup de succès , le Ballet des Sens' ,
supprima la deuxième Entrée, qui a pour
titre , le Toucher , et donna pour la pre
miere fois celle de l'Ouïe , qui a été reçuë
tres- favorablement dupublic. Nous avons Gvj don-
1616 MERCURE DE FRANCE
donné l'Extrait dans le dernier Mercure
des trois premieres Entrées ; voicy celuide l'Oue qu'on vient de faire paroître.
Le Théatre represente l'Isle des Syrenes; Ulisse et Orphée font la premiere
Scene :Orphée presse Ulisse de s'arracher
aux Piéges dangereux que les Sirenes tendent aux Mortels par la funeste douceur
de leurs chants. Ulisse lui dit que ce sont
là des Monstres qui lui restent à surmonter, pour mettre le comble à sa gloire. Il
prie Orphée d'aller rassûrer ses Grecs , et
de leur dire qu'ils quitteront bien- tôt ce
dangereux rivage.
Ulisse , tout occupé d'une voix mélodieuse qu'il a entendue,s'éloigne de l'Isle
des Sirenes, pour chercher encore le charme qui l'a frappé.
La Reine des Sirenes , suivie de ses
sœurs Leucosie et Partenope , n'ose consentir à la perte des malheureux que le sort a
conduits près d'elles. Ses sœurs ont beau
lui representer qu'un Oracle lui a prédit
qu'elle perdroit le jour et l'Empire, si un
seul Mortel échappoit à leur fureur. Ulisse
est plus fort dans son cœur que tous les
malheurs qui lui sont annoncez : Voicy
ce qu'elle leur répond ;
De ma raison , je chetche en vain l'usage ;
Je veux la rappeller , mais sur tous mes efforts ,
Ulisse
JUILLET. 1732. 1617
Ulisse a toujours l'avantage ;
Invisible et presente à l'aide d'un nuage,
Je le suis , je l'observe ; il entend mes transports,
Rougirai-je à ses yeux d'un indigne esclavage ?
S'il dédaigne mes feux , quel affront ? quels remords ?
L'immolerai- je , hélas ! si son cœur les partage à
Elle congédie ses sœurs , et leur defenfend de rien entreprendre sans son ordre
exprès.
La Reine refléchit sur la triste situation
où l'amour vient de la mettre : Ulisse attiré par sa voix , s'approche d'elle ; il la
prend d'abord pour une Déesse ; elle lui
répond, qu'il doit juger par ses larmes ,
qu'elle n'est qu'une Mortelle , et des plus
infortunées : Ulisse lui dit tendrement :
Reprochez - vous aux Dieux des rigueurs trop,
cruelles ?
D'un tendre Amant,pleurez-vous le trépas ?
De si beaux yeux ne pleurent pas
Des ingrats , ni des infidelles,
Il est aussi touché des charmes de ses
yeux , qu'il l'a été de la douceur de ses
chants; c'est ce qu'il lui exprime par ces
Vers:
Vosaccents en ces lieux, captivoient mon courage,
Je cherchois d'ou partoit le trait qui m'a blessé ;
Vos
4
1
1
1
1618 MERCURE DE FRANCE
Vos attraits sur mon cœur ont achevé l'ouvrage
Que vos chants avoient commencé.
La Sirene le presse de fuir des monstres
qui en veulent à sa vie ; elle se fait connoître pour leur Reine. Ulisse la prie de
le suivre dans ses Etats ; elle y consent
enfin, et va tout préparer pour leur fuite.
Les Sirenes et leur suite viennent enchanter Ulisse , et forment la fête de cet
Acte.
Orphée vient , et voyantà quel danger
Ulisse est exposé , il profite de son sommeil pour le faire transporter dans son
Vaisseau , armé du pouvoir d'Apollon ,
son Pere ; il transforme les Sirenes en
Rochers ; la Reine vient , prête à partir
avec Ulisse ; mais voïant son Vaisseau s'éloigner du rivage , elle se précipite dans
les flots , avec une grace , qui a donné
lieu à ce Madrigal.
Pelissier , flatteuse Sirene ,
Non , jamais au Théatre on n'a mieux exprimé ;
Le plaisir , la douleur , la tendresse et la haine ;
En toi , jusqu'à la mort , tout paroît animé ;
On diroit à te voir , dans les flots de Neptune
T'élancer , voler au trépas ,
Qu'un Triton, à bonne fortune ,
Va te recevoir dans ses bras.
La
-
JUILLET. 1732. 1619
La De Pellissier n'est pas la scule qui se
soit distinguée dans l'Acte de l'Ouïc ; le
S Chassé , et la Dlle Salé , lui en ont dis
puté la gloire ; l'un , par la beauté du
chant ; l'autre, par les graces de la danse
Musique , qui continue toujours avec
beaucoup de succès , le Ballet des Sens' ,
supprima la deuxième Entrée, qui a pour
titre , le Toucher , et donna pour la pre
miere fois celle de l'Ouïe , qui a été reçuë
tres- favorablement dupublic. Nous avons Gvj don-
1616 MERCURE DE FRANCE
donné l'Extrait dans le dernier Mercure
des trois premieres Entrées ; voicy celuide l'Oue qu'on vient de faire paroître.
Le Théatre represente l'Isle des Syrenes; Ulisse et Orphée font la premiere
Scene :Orphée presse Ulisse de s'arracher
aux Piéges dangereux que les Sirenes tendent aux Mortels par la funeste douceur
de leurs chants. Ulisse lui dit que ce sont
là des Monstres qui lui restent à surmonter, pour mettre le comble à sa gloire. Il
prie Orphée d'aller rassûrer ses Grecs , et
de leur dire qu'ils quitteront bien- tôt ce
dangereux rivage.
Ulisse , tout occupé d'une voix mélodieuse qu'il a entendue,s'éloigne de l'Isle
des Sirenes, pour chercher encore le charme qui l'a frappé.
La Reine des Sirenes , suivie de ses
sœurs Leucosie et Partenope , n'ose consentir à la perte des malheureux que le sort a
conduits près d'elles. Ses sœurs ont beau
lui representer qu'un Oracle lui a prédit
qu'elle perdroit le jour et l'Empire, si un
seul Mortel échappoit à leur fureur. Ulisse
est plus fort dans son cœur que tous les
malheurs qui lui sont annoncez : Voicy
ce qu'elle leur répond ;
De ma raison , je chetche en vain l'usage ;
Je veux la rappeller , mais sur tous mes efforts ,
Ulisse
JUILLET. 1732. 1617
Ulisse a toujours l'avantage ;
Invisible et presente à l'aide d'un nuage,
Je le suis , je l'observe ; il entend mes transports,
Rougirai-je à ses yeux d'un indigne esclavage ?
S'il dédaigne mes feux , quel affront ? quels remords ?
L'immolerai- je , hélas ! si son cœur les partage à
Elle congédie ses sœurs , et leur defenfend de rien entreprendre sans son ordre
exprès.
La Reine refléchit sur la triste situation
où l'amour vient de la mettre : Ulisse attiré par sa voix , s'approche d'elle ; il la
prend d'abord pour une Déesse ; elle lui
répond, qu'il doit juger par ses larmes ,
qu'elle n'est qu'une Mortelle , et des plus
infortunées : Ulisse lui dit tendrement :
Reprochez - vous aux Dieux des rigueurs trop,
cruelles ?
D'un tendre Amant,pleurez-vous le trépas ?
De si beaux yeux ne pleurent pas
Des ingrats , ni des infidelles,
Il est aussi touché des charmes de ses
yeux , qu'il l'a été de la douceur de ses
chants; c'est ce qu'il lui exprime par ces
Vers:
Vosaccents en ces lieux, captivoient mon courage,
Je cherchois d'ou partoit le trait qui m'a blessé ;
Vos
4
1
1
1
1618 MERCURE DE FRANCE
Vos attraits sur mon cœur ont achevé l'ouvrage
Que vos chants avoient commencé.
La Sirene le presse de fuir des monstres
qui en veulent à sa vie ; elle se fait connoître pour leur Reine. Ulisse la prie de
le suivre dans ses Etats ; elle y consent
enfin, et va tout préparer pour leur fuite.
Les Sirenes et leur suite viennent enchanter Ulisse , et forment la fête de cet
Acte.
Orphée vient , et voyantà quel danger
Ulisse est exposé , il profite de son sommeil pour le faire transporter dans son
Vaisseau , armé du pouvoir d'Apollon ,
son Pere ; il transforme les Sirenes en
Rochers ; la Reine vient , prête à partir
avec Ulisse ; mais voïant son Vaisseau s'éloigner du rivage , elle se précipite dans
les flots , avec une grace , qui a donné
lieu à ce Madrigal.
Pelissier , flatteuse Sirene ,
Non , jamais au Théatre on n'a mieux exprimé ;
Le plaisir , la douleur , la tendresse et la haine ;
En toi , jusqu'à la mort , tout paroît animé ;
On diroit à te voir , dans les flots de Neptune
T'élancer , voler au trépas ,
Qu'un Triton, à bonne fortune ,
Va te recevoir dans ses bras.
La
-
JUILLET. 1732. 1619
La De Pellissier n'est pas la scule qui se
soit distinguée dans l'Acte de l'Ouïc ; le
S Chassé , et la Dlle Salé , lui en ont dis
puté la gloire ; l'un , par la beauté du
chant ; l'autre, par les graces de la danse
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Résumé : L'Entrée de l'Oüie, Opera, [titre d'après la table]
Le 8 juillet, l'Académie Royale de Musique a supprimé la deuxième entrée du ballet 'Les Sens' intitulée 'Le Toucher' et a présenté pour la première fois celle de 'L'Ouïe', qui a été bien accueillie par le public. Le théâtre représentait l'île des Sirènes, où Ulisse et Orphée jouaient la première scène. Orphée incitait Ulisse à échapper aux pièges des Sirènes, mais Ulisse était attiré par leurs chants. La Reine des Sirènes, malgré les avertissements de ses sœurs, était incapable de résister à Ulisse. Elle le suivait, croyant qu'il pourrait partager ses sentiments. Ulisse, touché par ses charmes, acceptait de l'emmener. Cependant, Orphée, profitant du sommeil d'Ulisse, le transportait sur son vaisseau et transformait les Sirènes en rochers. La Reine des Sirènes, voyant le vaisseau s'éloigner, se précipitait dans les flots. Plusieurs artistes, dont Pelissier, Chassé et la Demoiselle Salé, se sont distingués lors de cette représentation.
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2125
p. 1619
« Le 26 Juillet, les Comédiens Italiens donnerent une petite Pièce [...] »
Début :
Le 26 Juillet, les Comédiens Italiens donnerent une petite Pièce [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Opéra-Comique, Ecole des Mères, Fille Sauvage, Sophie et Sigismond
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texteReconnaissance textuelle : « Le 26 Juillet, les Comédiens Italiens donnerent une petite Pièce [...] »
Le 26 Juillet , les Comédiens Italiens
donnerent une petite Piéce nouvelle , eà
un Acte en Prose , qui a pour titre l'E;
cole des Meres , avec un Divertissement.
Elle est de M.de Marivaux. Le Public l'a
reçuë tres favorablement. On en parlera
plus au long.
Le 7 Juillet, l'Opera Comique fit l'ou
verture de son Théatre de la Foire S.Lau
rent , par deux Pieces nouvelles , d'un
Acte chacune, avec des Divertissements
intitulées : Sophie et Sigismond, et la Fille
Sauvage , précédées d'un Prologue. C'est
le S' Hamoche , connu depuis tres- longtemps du public , sous le nom de Pierrot
qui est presentement l'Entrepreneur de
ce Theatre , et le St Gilliers compose la
Musique des Divertissemens, qui est toujours goûtée du public.
donnerent une petite Piéce nouvelle , eà
un Acte en Prose , qui a pour titre l'E;
cole des Meres , avec un Divertissement.
Elle est de M.de Marivaux. Le Public l'a
reçuë tres favorablement. On en parlera
plus au long.
Le 7 Juillet, l'Opera Comique fit l'ou
verture de son Théatre de la Foire S.Lau
rent , par deux Pieces nouvelles , d'un
Acte chacune, avec des Divertissements
intitulées : Sophie et Sigismond, et la Fille
Sauvage , précédées d'un Prologue. C'est
le S' Hamoche , connu depuis tres- longtemps du public , sous le nom de Pierrot
qui est presentement l'Entrepreneur de
ce Theatre , et le St Gilliers compose la
Musique des Divertissemens, qui est toujours goûtée du public.
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Résumé : « Le 26 Juillet, les Comédiens Italiens donnerent une petite Pièce [...] »
Le 26 juillet, les Comédiens Italiens ont joué 'L'École des Mères' de Marivaux. Le 7 juillet, l'Opéra Comique a inauguré son théâtre de la Foire Saint-Laurent avec 'Sophie et Sigismond' et 'La Fille Sauvage'. L'entrepreneur était S' Hamoche, et la musique était de St Gilliers. Les représentations ont été bien accueillies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2126
p. 1637-1643
LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. au sujet de l'Armement du Roy d'Espagne, et de la Ville d'Oran.
Début :
L'Interêt que vous prenez, Monsieur, au succès des Armes [...]
Mots clefs :
Armement du roi d'Espagne, Conquête d'Oran, Flotte, Chrétienté Maritime, Afrique, Marine, Médaille, Barberousse
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. au sujet de l'Armement du Roy d'Espagne, et de la Ville d'Oran.
MORTS,
XXXXX
NAISSANCES,
et Mariage des Pays Etrangers.
E Duc Theodore , Prince Souverain de Sultz- bach, de la Maison Palatine,mourut le 11.
de ce mois à Dinckelspiel , dans la 74e année de
son âge , étant né le 14. Février 1659. Ce Prince
qui avoit épousé le 9. Juin 1692. Marie- Elonore
Amelie de Hesse- Reinfels- Rotembourg , morte
le 19. Janvier 1720. laisse pour heritier de ses
Etats , le Prince Joseph- Charles- Emanuel de Sultzbach , né le 17 Mars 1693. lequel avoit
épousé en 1717. Sophie- Auguste , fille de Charles Philippe Electeur Palatin , qui mourut en
couches le 30. Janvier 1728. duquel Mariage il
reste un Prince né le 15 Juin 1724.
Le 8. Juin , la Duchesse de Brunswick Beve- ren , sœur de l'Imperatrice et Epouse du Duc
Ferdinand Albert de Brunswick , accoucha d'un Prince.
On a appris de Milan, que le General Comte de
Stampa avoit conclu le Mariage du jeune Prince
Eugene de Savoye , avec la Princesse fille unique et heritiere du feu Duc de Massa de Carrara , et
que la celebration de ce Mariage devoit se faire incessamment.
XXXXX
NAISSANCES,
et Mariage des Pays Etrangers.
E Duc Theodore , Prince Souverain de Sultz- bach, de la Maison Palatine,mourut le 11.
de ce mois à Dinckelspiel , dans la 74e année de
son âge , étant né le 14. Février 1659. Ce Prince
qui avoit épousé le 9. Juin 1692. Marie- Elonore
Amelie de Hesse- Reinfels- Rotembourg , morte
le 19. Janvier 1720. laisse pour heritier de ses
Etats , le Prince Joseph- Charles- Emanuel de Sultzbach , né le 17 Mars 1693. lequel avoit
épousé en 1717. Sophie- Auguste , fille de Charles Philippe Electeur Palatin , qui mourut en
couches le 30. Janvier 1728. duquel Mariage il
reste un Prince né le 15 Juin 1724.
Le 8. Juin , la Duchesse de Brunswick Beve- ren , sœur de l'Imperatrice et Epouse du Duc
Ferdinand Albert de Brunswick , accoucha d'un Prince.
On a appris de Milan, que le General Comte de
Stampa avoit conclu le Mariage du jeune Prince
Eugene de Savoye , avec la Princesse fille unique et heritiere du feu Duc de Massa de Carrara , et
que la celebration de ce Mariage devoit se faire incessamment.
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Résumé : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. au sujet de l'Armement du Roy d'Espagne, et de la Ville d'Oran.
Le texte évoque plusieurs événements familiaux et décès au sein de la noblesse européenne. Le duc Théodore, prince souverain de Sulzbach, est décédé le 11 du mois à Dinckelspiel à l'âge de 74 ans. Né le 14 février 1659, il avait épousé Marie-Éléonore Amélie de Hesse-Reinfel-Rotembourg le 9 juin 1692, décédée le 19 janvier 1720. Leur héritier, le prince Joseph-Charles-Emanuel de Sulzbach, né le 17 mars 1693, avait épousé en 1717 Sophie-Auguste, fille de Charles Philippe Électeur Palatin, décédée en couches le 30 janvier 1728. De cette union est né un prince le 15 juin 1724. Le 8 juin, la duchesse de Brunswick-Bevern, sœur de l'impératrice et épouse du duc Ferdinand Albert de Brunswick, a accouché d'un prince. À Milan, le général comte de Stampa a arrangé le mariage du jeune prince Eugène de Savoie avec la princesse héritière du défunt duc de Massa de Carrara, dont la célébration devait avoir lieu prochainement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2127
p. 1643-1645
« Le premier de ce mois, le Roi arriva du Château [...] »
Début :
Le premier de ce mois, le Roi arriva du Château [...]
Mots clefs :
Roi, Compiègne, Thésée, Armide, Cardinal de Polignac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, le Roi arriva du Château [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E premier de ce mois , le Roi arriva
du Château de Compiegne à Versailles vers les 7. heures du soir.
Le 2 Juillet il y eut Concert dans le Salon de la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique du Roi , présentement de Semestre , fit chanter le Prologue et le premier Acte de l'Opera de
Thesée.
3
Le 7. on continua la même Piéce par
le second et le troisiéme Acte , et le 9. on
finit par le quatrième et cinquiéme Acte.
Les principaux Rôles furent chantés par
les
1644 MERCURE DE FRANCE
les Diles Antier et Mathieu , et par les
Sieurs d'Angerville , Petillot et du Bourg.
Ce Concert fut terminé par une Cantatille
de M. de Blamont chantée par la Dlle Antier , qui fut fort applaudie ; elle fut suivie du grand morceau de simfonie du même Auteur , qui a pour titre le Départ de
la Renommée , dont l'éxécution fut admi--
rable.
Le 15. 16. et 21. on chanta le Prologue
et les cinq Actes d'Armide , dont les
principaux Rôles furent remplis par less
Dies Antier , Pitron , Courvazier et Mathieu et par les Sieurs d'Angerville
Petillot et le Clair , ce dernier fit le Rôle
de la Haine avec la plus belle voix du
monde.
,
ه
Le 23 , on concerta le Prologue et le
premier Acte d'Arys. Après le Concert
on.fit entendre à la Reine la Dlle Duhamel, qui a une des plus belles voix qu'on
puisse entendre ; elle d buta par la premiere Scene de l'Opera de Belterophon ,
qu'elle chanta parfaitement bien : la beauté de sa voix fut admirée et applaudie de
tout le monde.
Le 5. vers les cinq heures après midi
le Duc de Penthievre reçût dans la Chapelle du Château de Versailles les céré- i
monies
JUILLET. 1732. 16155
monies du Baptême : il fut nommé Louis .
Jean- Marie par le Roi et la Reine , qui
furent ses Parain et Maraine.. Cette cérémonie fut faite par l'Abbé de Choiseuil
Aumônier du Roi en quartier , en prê
sence du Curé de la Paroisse.
Le 10. de ce mois , le Cardinal de Polignac , Ambassadeur de France à la Cour
de Rome depuis près de dix ans , arriva
à Paris. Il eut l'honneur de saluer le Roi
et la Reine quelques jours après , et il en
fut reçû très favorablement. Un Poëte
s'est exprimé en ces termes sur son
sujet.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E premier de ce mois , le Roi arriva
du Château de Compiegne à Versailles vers les 7. heures du soir.
Le 2 Juillet il y eut Concert dans le Salon de la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant de la Musique du Roi , présentement de Semestre , fit chanter le Prologue et le premier Acte de l'Opera de
Thesée.
3
Le 7. on continua la même Piéce par
le second et le troisiéme Acte , et le 9. on
finit par le quatrième et cinquiéme Acte.
Les principaux Rôles furent chantés par
les
1644 MERCURE DE FRANCE
les Diles Antier et Mathieu , et par les
Sieurs d'Angerville , Petillot et du Bourg.
Ce Concert fut terminé par une Cantatille
de M. de Blamont chantée par la Dlle Antier , qui fut fort applaudie ; elle fut suivie du grand morceau de simfonie du même Auteur , qui a pour titre le Départ de
la Renommée , dont l'éxécution fut admi--
rable.
Le 15. 16. et 21. on chanta le Prologue
et les cinq Actes d'Armide , dont les
principaux Rôles furent remplis par less
Dies Antier , Pitron , Courvazier et Mathieu et par les Sieurs d'Angerville
Petillot et le Clair , ce dernier fit le Rôle
de la Haine avec la plus belle voix du
monde.
,
ه
Le 23 , on concerta le Prologue et le
premier Acte d'Arys. Après le Concert
on.fit entendre à la Reine la Dlle Duhamel, qui a une des plus belles voix qu'on
puisse entendre ; elle d buta par la premiere Scene de l'Opera de Belterophon ,
qu'elle chanta parfaitement bien : la beauté de sa voix fut admirée et applaudie de
tout le monde.
Le 5. vers les cinq heures après midi
le Duc de Penthievre reçût dans la Chapelle du Château de Versailles les céré- i
monies
JUILLET. 1732. 16155
monies du Baptême : il fut nommé Louis .
Jean- Marie par le Roi et la Reine , qui
furent ses Parain et Maraine.. Cette cérémonie fut faite par l'Abbé de Choiseuil
Aumônier du Roi en quartier , en prê
sence du Curé de la Paroisse.
Le 10. de ce mois , le Cardinal de Polignac , Ambassadeur de France à la Cour
de Rome depuis près de dix ans , arriva
à Paris. Il eut l'honneur de saluer le Roi
et la Reine quelques jours après , et il en
fut reçû très favorablement. Un Poëte
s'est exprimé en ces termes sur son
sujet.
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Résumé : « Le premier de ce mois, le Roi arriva du Château [...] »
En juillet 1732, le roi de France séjourna au château de Versailles. Le 2 juillet, un concert eut lieu dans le salon de la reine, où M. de Blamont présenta le prologue et le premier acte de l'opéra 'Thésée'. Les 7 et 9 juillet, les actes suivants furent joués. Les principaux rôles furent interprétés par les demoiselles Antier et Mathieu, et les sieurs d'Angerville, Petillot et du Bourg. Le concert se termina par une cantatille et une symphonie de M. de Blamont intitulée 'Le Départ de la Renommée'. Les 15, 16 et 21 juillet, le prologue et les cinq actes de l'opéra 'Armide' furent chantés. Les principaux rôles furent tenus par les demoiselles Antier, Pitron, Courvazier et Mathieu, et les sieurs d'Angerville, Petillot et le Clair, ce dernier interprétant le rôle de la Haine avec une voix remarquable. Le 23 juillet, le prologue et le premier acte de l'opéra 'Arys' furent joués. La demoiselle Duhamel chanta la première scène de l'opéra 'Bellerophon', admirée pour la beauté de sa voix. Le 5 juillet, le duc de Penthièvre reçut les cérémonies du baptême au château de Versailles, étant nommé Louis-Jean-Marie par le roi et la reine, qui furent ses parrain et marraine. La cérémonie fut dirigée par l'abbé de Choiseul, aumônier du roi. Le 10 juillet, le cardinal de Polignac, ambassadeur de France à la cour de Rome depuis près de dix ans, arriva à Paris. Il salua le roi et la reine quelques jours après et fut reçu favorablement.
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2128
p. 1648-1653
« Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
Début :
Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Conversion religieuse, Te Deum, Collège royal de Navarre, Camargo, Mademoiselle Sallé, Ballet, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
Le 14 , le Prévôt des Marchands et
Echevins descendirent la Riviere de Seine dans leur Gondole , et firent faire , selon la coûtume , par des Plorgeurs , la
visite des Ponts et des Quays de Paris.
On a eu avis de Toulouse que le 31.
Mai dernier , veille de la Pentecôte , le
sieur Hain Petit , Juif de la Syna- gogue d'Avignon ayant été converti
à la foi par les soins de l'Abbé de La-
-
و
rocque ,
JUILLET. 1732. 1649
rocque , Conseiller Clerc au Parlement
de Toulouse , et Doyen des Enquêtes , et
après avoir été par lui instruit des principes de la Religion , y avoit reçû le Baptême dans l'Eglise Métropolitaine , par
les mains de M. l'Archevêque de Toulause , qui fit à cette occasion un Discours très-éloquent , et rempli d'érudition. Le nouveau Chrétien eut pour
Parrain M. de Maniban , Premier Prési
dent du Parlement de Toulouse , et pour
Maraine Mad. le Mazuyer , épouse
du Procureur Géneral du même Parlement. On lui donna les noms de JosephMarie Gaspard. Après les cérémonies da
-Baptême , l'Archevêque de Toulouse lui
donna le Sacrement de Confirmation , et
ayant ensuite célebré la Messe , il donna
Eucharistie à ce Neophite , qui avoit été
pareillement disposé à recevoir ces Sacremens , par les soins de l'Abbé de Laroque.
Le 19.de ce mois , M. le Grand-Prieur
fit chanter sur le soir dans l'Eglise du
Temple un Te Deum en musique à grand
Choeur , pour la convalescence de Mademoiselle Son Altesse Royale y assista
avec cette Princesse.
3
L'Eglise étoit magnifiquement ornée
et
1650 MERCURE DE FRANCE
et éclairée ; on avoit élevé dans la Nef
une Tribune pour y placer la Musique
le Te Deum de la composition de M. de
Blamont , Sur-Intendant de la Musique
du Roi , y fut éxecuté sous ses ordres et
applaudi d'un grand nombre de personnes de considération qui s'y trouverent.
Après le Te Deum il se fit une décharge
de quantité de Boëtes , et S. A. R. fut
conduite aux Appartemens du Palais
Prieural , où l'on servit des rafraîchissemens.
A l'entrée de la nuit on tira du haut
des Tours des Fusées avec d'autres artifices , dont l'Assemblée qui s'étoit repandue dans le Jardin,pût voir agréablement
tout l'effet.
Le TeDeum fut admirablement éxecuté
par 80. Musiciens des plus célebres , avec
un Motet à voix seule et simphonie , aussi de la composition de M. de Blamont
ainsi que plusieurs grandes Simphonies
à Trompettes et Timbales. Les principaux
qui réciterent furent les Dlles le Maure
Petitpas , Courvassier , Ducroc er Bourbonnois l'aînée ; les Sieurs le Prince
Ducroc , le Baigue , Hardouin , Petitot ,
Cuvillier , Sautier , et les Abbez Benoît
et Maline , qui tous à l'envie se surpasserent ,
JUILLET. 1732. 1651
•
=
tent , ensorte qu'il n'y avoit rien à désirer pour la beauté de l'éxécution et l'effet
de la Musique , dont l'Auteur reçût des
complimens très-gracieux.
,
Le 20. il y eut un Acte considérable au
College Royal de Navarre. M. de Bauffremont , Chevalier de Malthe ay sou
tint des Theses de Mathematiques en présence d'une illustre et nombreuse Assemblée , depuis trois heures jusqu'à six heures du soir. Les Theses étoient sur la
Géometrie spéculative et pratique , sur la
Trigonométrie Rectiligne , sur la Longi
métrie , et sur la Mécanique. Jamais Répondant ne mérita mieux des applaudissemens que ceux que fûrent donnez à
M. de Bauffremont par quantité de Connoisseurs , par ceux même qui disputerent
contre lui, ou qui lui proposerent des difficultez capables d'embarasser des personnes très-avancées dans cette Science.
dans
Il y eut dans cet Exercice une singularité ; c'est pour la premiere fois que
le Pays Latin on a imprimé et distribué
des Theses de Mathematiques en François.
M. le Recteur a bien voulu le permettre ,
à cause que l'usage étant que les Objections , les Demandes et les Réponses ne
se fassent qu'en François dans le tems de
l'Exer
r52 MERCURE DE FRANCE
Exercice , on a crû qu'il y auroit plus
d'uniformité à imprimer aussi les Theses
en François , et que cela donneroit lieu
de proposer les Objections avec plus de
justesse. Il y a lieu de croire que ce premier exemple sera suivi.
Le 24. de ce mois , il y eut une trèsgrande et très-illustre Assemblée au PaLais de Bourbon , chez Madame la Duchesse Douairiere. On y representa , dans
la grande Gallerie , sur un Théatre trèsbien disposé , ainsi que le reste de la Gallerie , la Tragédie de Venceslas , et ensuite une petite Comédie de la composition
de M. de Moncrif , intitulée les Abderites , qui fut extrêmement applaudie : elle
fut terminée par un Balet , dans lequel
les Diles Camargo et Sallé danserent.
Quelques Seigneurs de la Cour ne craignirent point de paroître sous le masque aux
côtez de ces illustres Danseuses , et firent
admirer leur grace et leur noblesse. D'autres Seigneurs joüerent avec beaucoup
d'intelligence les principaux Rôles dans
les deux Piéces dont on vient de parler.
Le 24. Juillet , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere
JUILLET. 17320 1653
maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319.
Actions.
Le 27. de ce mois , l'Abbé de Valras
nommé par le Roi à l'Evêché de Mâcon
fut sacré dans la Chapelle du Seminaire
de S. Sulpice par l'Archevêque de Cambray , assisté de l'Evêque d'Uzès , et de
l'Evêque de Bayeux
Echevins descendirent la Riviere de Seine dans leur Gondole , et firent faire , selon la coûtume , par des Plorgeurs , la
visite des Ponts et des Quays de Paris.
On a eu avis de Toulouse que le 31.
Mai dernier , veille de la Pentecôte , le
sieur Hain Petit , Juif de la Syna- gogue d'Avignon ayant été converti
à la foi par les soins de l'Abbé de La-
-
و
rocque ,
JUILLET. 1732. 1649
rocque , Conseiller Clerc au Parlement
de Toulouse , et Doyen des Enquêtes , et
après avoir été par lui instruit des principes de la Religion , y avoit reçû le Baptême dans l'Eglise Métropolitaine , par
les mains de M. l'Archevêque de Toulause , qui fit à cette occasion un Discours très-éloquent , et rempli d'érudition. Le nouveau Chrétien eut pour
Parrain M. de Maniban , Premier Prési
dent du Parlement de Toulouse , et pour
Maraine Mad. le Mazuyer , épouse
du Procureur Géneral du même Parlement. On lui donna les noms de JosephMarie Gaspard. Après les cérémonies da
-Baptême , l'Archevêque de Toulouse lui
donna le Sacrement de Confirmation , et
ayant ensuite célebré la Messe , il donna
Eucharistie à ce Neophite , qui avoit été
pareillement disposé à recevoir ces Sacremens , par les soins de l'Abbé de Laroque.
Le 19.de ce mois , M. le Grand-Prieur
fit chanter sur le soir dans l'Eglise du
Temple un Te Deum en musique à grand
Choeur , pour la convalescence de Mademoiselle Son Altesse Royale y assista
avec cette Princesse.
3
L'Eglise étoit magnifiquement ornée
et
1650 MERCURE DE FRANCE
et éclairée ; on avoit élevé dans la Nef
une Tribune pour y placer la Musique
le Te Deum de la composition de M. de
Blamont , Sur-Intendant de la Musique
du Roi , y fut éxecuté sous ses ordres et
applaudi d'un grand nombre de personnes de considération qui s'y trouverent.
Après le Te Deum il se fit une décharge
de quantité de Boëtes , et S. A. R. fut
conduite aux Appartemens du Palais
Prieural , où l'on servit des rafraîchissemens.
A l'entrée de la nuit on tira du haut
des Tours des Fusées avec d'autres artifices , dont l'Assemblée qui s'étoit repandue dans le Jardin,pût voir agréablement
tout l'effet.
Le TeDeum fut admirablement éxecuté
par 80. Musiciens des plus célebres , avec
un Motet à voix seule et simphonie , aussi de la composition de M. de Blamont
ainsi que plusieurs grandes Simphonies
à Trompettes et Timbales. Les principaux
qui réciterent furent les Dlles le Maure
Petitpas , Courvassier , Ducroc er Bourbonnois l'aînée ; les Sieurs le Prince
Ducroc , le Baigue , Hardouin , Petitot ,
Cuvillier , Sautier , et les Abbez Benoît
et Maline , qui tous à l'envie se surpasserent ,
JUILLET. 1732. 1651
•
=
tent , ensorte qu'il n'y avoit rien à désirer pour la beauté de l'éxécution et l'effet
de la Musique , dont l'Auteur reçût des
complimens très-gracieux.
,
Le 20. il y eut un Acte considérable au
College Royal de Navarre. M. de Bauffremont , Chevalier de Malthe ay sou
tint des Theses de Mathematiques en présence d'une illustre et nombreuse Assemblée , depuis trois heures jusqu'à six heures du soir. Les Theses étoient sur la
Géometrie spéculative et pratique , sur la
Trigonométrie Rectiligne , sur la Longi
métrie , et sur la Mécanique. Jamais Répondant ne mérita mieux des applaudissemens que ceux que fûrent donnez à
M. de Bauffremont par quantité de Connoisseurs , par ceux même qui disputerent
contre lui, ou qui lui proposerent des difficultez capables d'embarasser des personnes très-avancées dans cette Science.
dans
Il y eut dans cet Exercice une singularité ; c'est pour la premiere fois que
le Pays Latin on a imprimé et distribué
des Theses de Mathematiques en François.
M. le Recteur a bien voulu le permettre ,
à cause que l'usage étant que les Objections , les Demandes et les Réponses ne
se fassent qu'en François dans le tems de
l'Exer
r52 MERCURE DE FRANCE
Exercice , on a crû qu'il y auroit plus
d'uniformité à imprimer aussi les Theses
en François , et que cela donneroit lieu
de proposer les Objections avec plus de
justesse. Il y a lieu de croire que ce premier exemple sera suivi.
Le 24. de ce mois , il y eut une trèsgrande et très-illustre Assemblée au PaLais de Bourbon , chez Madame la Duchesse Douairiere. On y representa , dans
la grande Gallerie , sur un Théatre trèsbien disposé , ainsi que le reste de la Gallerie , la Tragédie de Venceslas , et ensuite une petite Comédie de la composition
de M. de Moncrif , intitulée les Abderites , qui fut extrêmement applaudie : elle
fut terminée par un Balet , dans lequel
les Diles Camargo et Sallé danserent.
Quelques Seigneurs de la Cour ne craignirent point de paroître sous le masque aux
côtez de ces illustres Danseuses , et firent
admirer leur grace et leur noblesse. D'autres Seigneurs joüerent avec beaucoup
d'intelligence les principaux Rôles dans
les deux Piéces dont on vient de parler.
Le 24. Juillet , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere
JUILLET. 17320 1653
maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Com
pagnie. La Liste des Numeros gagnans
des Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être remboursées a été renduë publique ,
faisant en tout le nombre de 319.
Actions.
Le 27. de ce mois , l'Abbé de Valras
nommé par le Roi à l'Evêché de Mâcon
fut sacré dans la Chapelle du Seminaire
de S. Sulpice par l'Archevêque de Cambray , assisté de l'Evêque d'Uzès , et de
l'Evêque de Bayeux
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Résumé : « Le 14, le Prévôt des Marchands et Echevins descendirent la [...] »
En juillet 1732, plusieurs événements marquants ont eu lieu à Paris et en France. Le 14 juillet, le Prévôt des Marchands et les Échevins ont inspecté les ponts et les quais de Paris selon la tradition. À Toulouse, le 31 mai précédent, le sieur Hain Petit, un Juif de la synagogue d'Avignon, s'est converti au christianisme grâce à l'Abbé de La Roque. Il a été baptisé dans l'église métropolitaine de Toulouse, avec pour parrain M. de Maniban, Premier Président du Parlement, et pour marraine Madame le Mazuyer, épouse du Procureur Général. Après le baptême, l'Archevêque de Toulouse lui a administré les sacrements de confirmation et d'eucharistie. Le 19 juillet, un Te Deum a été chanté dans l'église du Temple pour célébrer la convalescence de Mademoiselle, fille de Son Altesse Royale. L'église était somptueusement décorée et éclairée, et le Te Deum, composé par M. de Blamont, a été interprété par 80 musiciens renommés. Des feux d'artifice et des rafraîchissements ont suivi au Palais Prieural. Le 20 juillet, M. de Bauffremont a soutenu des thèses de mathématiques au Collège Royal de Navarre devant une assemblée nombreuse. Les thèses portaient sur la géométrie, la trigonométrie, la longimétrie et la mécanique. Pour la première fois, les thèses ont été imprimées et distribuées en français. Le 24 juillet, une grande assemblée s'est tenue au Palais de Bourbon chez Madame la Duchesse Douairière. La tragédie de Venceslas et la comédie 'Les Abderites' ont été représentées, suivies d'un ballet où les danseuses Camargo et Sallé ont excellé. Le même jour, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 319 actions gagnantes. Enfin, le 27 juillet, l'Abbé de Valras, nommé par le Roi à l'évêché de Mâcon, a été sacré dans la chapelle du Séminaire de Saint-Sulpice par l'Archevêque de Cambrai, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2129
p. 1653-1654
BENEFICES DONNEZ le 25 Juillet.
Début :
L'Abbaye de S. Martin des Aires, Ordre de S. [...]
Mots clefs :
Bénéfices donnés, Ordres, Abbaye, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ le 25 Juillet.
BENEFICES DONNEZ
le 25 Juillet.
L'Abbaye de S. Martin des Aires , Or dre de S. Augustin , Diocèse de
Troyes , à M. Jacques.Charles Lallemant
de Bez , Evêque de Séés.
Celle de Chaume , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de Sens , à M. Jean Couturier ,
Prêtre et Superieur Generalde la Congrés
gation de S. Sulpice.
Celle de Loroux , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Angers , à M. Davernet , Prêtre
et Grand- Vicaire de Lizieux.
Celle de l'Eau , Ordre de Citeaux, Dio
cèse de Chartres ,à la Dame Denise- Fran
I çoise
1654 MERCURE DE FRANCE
çoise de Montiers de Merinville.
L'Abbaye de Sainte Geneviève de Chaillot , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
Paris , à la Dame Louise- Françoise du Vivier de Tournefort.
Celle de Nante , Diocèse de Vabres , à
M. Claude Berger de Moidieu , Prêtre et
Doyen de l'Eglise Cathedrale de Dye.
L'Abbaye Réguliere de S. Aubert de
Cambray , Ordre de S. Augustin , à Dom
Tahon.
Celle de Phalempin , près de Lille ,
même Ordre , à Dom Bourgeois.
Celle de S. Augustin , Ordre de Prémontré , Diocèse de Saint Omer , à
M. Sterin.
le 25 Juillet.
L'Abbaye de S. Martin des Aires , Or dre de S. Augustin , Diocèse de
Troyes , à M. Jacques.Charles Lallemant
de Bez , Evêque de Séés.
Celle de Chaume , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de Sens , à M. Jean Couturier ,
Prêtre et Superieur Generalde la Congrés
gation de S. Sulpice.
Celle de Loroux , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Angers , à M. Davernet , Prêtre
et Grand- Vicaire de Lizieux.
Celle de l'Eau , Ordre de Citeaux, Dio
cèse de Chartres ,à la Dame Denise- Fran
I çoise
1654 MERCURE DE FRANCE
çoise de Montiers de Merinville.
L'Abbaye de Sainte Geneviève de Chaillot , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
Paris , à la Dame Louise- Françoise du Vivier de Tournefort.
Celle de Nante , Diocèse de Vabres , à
M. Claude Berger de Moidieu , Prêtre et
Doyen de l'Eglise Cathedrale de Dye.
L'Abbaye Réguliere de S. Aubert de
Cambray , Ordre de S. Augustin , à Dom
Tahon.
Celle de Phalempin , près de Lille ,
même Ordre , à Dom Bourgeois.
Celle de S. Augustin , Ordre de Prémontré , Diocèse de Saint Omer , à
M. Sterin.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ le 25 Juillet.
Le 25 juillet 1654, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués à divers dignitaires religieux. L'Abbaye de Saint-Martin des Aires, de l'Ordre de Saint-Augustin, diocèse de Troyes, a été donnée à M. Jacques-Charles Lallemant de Bez, évêque de Sées. L'Abbaye de Chaume, de l'Ordre de Saint-Benoît, diocèse de Sens, a été attribuée à M. Jean Couturier, prêtre et supérieur général de la Congrégation de Saint-Sulpice. L'Abbaye de Loroux, de l'Ordre de Cîteaux, diocèse d'Angers, a été donnée à M. Davernet, prêtre et grand-vicaire de Lisieux. L'Abbaye de l'Eau, également de l'Ordre de Cîteaux, diocèse de Chartres, a été attribuée à la Dame Denise-Françoise de Montiers de Merinville. L'Abbaye de Sainte-Geneviève de Chailot, de l'Ordre de Saint-Augustin, diocèse de Paris, a été donnée à la Dame Louise-Françoise du Vivier de Tournefort. L'Abbaye de Nante, diocèse de Vabres, a été attribuée à M. Claude Berger de Moidieu, prêtre et doyen de l'église cathédrale de Dye. L'Abbaye régulière de Saint-Aubert de Cambray, de l'Ordre de Saint-Augustin, a été donnée à Dom Tahon. L'Abbaye de Phalempin, près de Lille, également de l'Ordre de Saint-Augustin, a été attribuée à Dom Bourgeois. Enfin, l'Abbaye de Saint-Augustin, de l'Ordre de Prémontré, diocèse de Saint-Omer, a été donnée à M. Sterin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2130
p. 1654-1658
CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
Début :
Voici, Monsieur, un narré fidele de la Cérémonie qui se fait [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Fête-Dieu, Vernon, Notre-Dame de Grâce, Procession, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
CEREMONIE Anniversaire , faite le
jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de
cette Ville le 20. Juin 1732.
V
oici , Monsieur , un narré fidele de
la Cérémonie qui se fait tous les ans
dans cette Ville , et dont vous n'avez entendu parler que confusément. Nous
avons ici , comme dans presque toutes les
Villes de cette Province , une Confrerie ,
dite de la Charité , dont les membres , au
nombre de treize , s'engagent à porter et
JUILLE 1. 1732. 1655
servent que
à enterrer les Morts gratuitement. Le Chef
de cette Societé est tiré au sort et nommé
le Roi ; il y a aussi deux Officiers nommez Senechaux , lesquels , avec le Roi , ne
durant une année , les autres
servent deux ans entiers ; ensorte qu'il
faut toutes les années proceder à une nouvelle Election , tant pour les trois personnes dont on vient de parler , que pour
remplir le nombre des Confreres qui peu
vent déceder pendant leur éxercice ; c'est
ce qui se fait dans l'Octave du S. Sacrement , ordinairement le Vendredy ; on
enregistre d'abord les noms de ceux qui
se présentent pour entrer dans la Confrerie , et le Lundi suivant ils vont tous en
Pélerinage à Notre- Dame de Grace , dévotion célebre à deux lieuës de 11 Ville :
c'est-là qu'après la Messe entenduë , le
Roi est tiré au sort : pour les Senechaux
c'est un Office qui s'achette au profit de
la Confrerie. Le jour suivant ils s'assemblent tous et le Curé de Notre - Dame, ou
son Vicaire , leur fait une Exhortation au
*sujet de leurs obligations , de leurs fonc- tions , & c.
Les Officiers en Charge vont tous les
ans en céremonie, la veille de la Fête- Dieu,
prendre un des anciens Confreres , selon
son tour et son rang , qu'on appelle l: Roj
I ij des
1656 MERCURE DE FRANCE
des Rois , ou le Roi des anciens Rois , et
ils le conduisent de son logis à l'Eglise de
Notre- Dame , où il assiste avec eux aux
premieres Vêpres , et à Matines , et le
tendemain à la Grand Messe , et tout de
suite à la Procession solemnelle du S. Sacrement , suivant immédiatement le Dais
et portant une couronne à la main. Ceux
qui l'accompagnent et les anciens Rois
c'est-à-dire , tous ceux qui ont porté le
Chapperon , marque de cette dignité ,
portent des flambeaux ornez de fleurs
et sont en habit ordinaire , il n'y a que
ceux qui servent actuellement qui portent
la Robe longue de la Confrerie.
La Procession finie et la Messe , qui se
célebre au retour , étant dite , on reconduit le Roi des Rois chez lui , où toute
la Confrerie dîne .
Mais avant que de se mettre à table , ils
sont obligez d'aller servir douze Pauvres ,
dont le couvert est mis sur une Table
dressée dans la rue , à la porte de la maison du Roi. Ce Repas consiste en un porage , en bouilli , en rôti , avec une bouteille de vin pour chaque Pauvre , qui
leur est versé par les Confreres. Ceux- ci
sont debout autour de la Table , et la serviette sur le bras , et le Roi est au bout
de la même Table , aussi debout , la Cou
tonne sur la tête.
JUILLET. 1732 1657
Le Jeudi , jour de l'Octave , on distribue encore un gros pain à douze autres
Pauvres , chacun le sien ; ce sont les Freres en exercice qui font cette derniere distribution , le tout aux dépens d'une fondation , dont je ne sçai ni l'époque , ni le
nom de l'Auteur.
Ne vous attendez pas non plus , Monsieur , que je vous dise ici quelque chose
sur la premiere institution de cette pieuse
Confrerie ; nous ne sommes pas si sçavans dans ce Canton. Je crois qu'on peut
la faire remonter aussi haut que l'on voudra , et lui donner même pour Instituteur,
du moins pour premier modele et pour
Patron le saint homme Tobie. Le Peintre
du grand Tableau , dont vous me parlez ,
qui se voit dans l'Eglise Paroissiale de Louviers , à quatre lieuës d'ici , étoit bien
persuadé de son antiquité , puisqu'il fait
assister des Confreres de la Charité , à ge
noux , en habit de céremonie , autour du
Lit de la Sainte Vierge , dont il a prétendu representer le Trépas et les Obseques ,
avec un Benitier aux pieds , &c.
,
J'ajoûterai à cela , puisque vous êtes curieux de nos Cérémonies , que les Cha→
noines de notre Collegiale ont choisi pour
leur Patron S. Barnabé. On chante le jour
de la Fête une Messe des plus solemnelI iij les ,
1658 MERCURE DE FRANCE
les , à laquelle assistent tous les Officiers ,
tant Ecclésiastiques , que Laïques. A l'Offertoire , les hauts Vicaires présentent à
chacun de ces Officiers une Couronne et
un Bouquet de fleurs. Le Diacre même et
le Soudiacre quittent l'Autel pour satisfaire à cette obligation. Je dis obligation ,
car ces Messieurs ayant voulu se dispenser
il y a quelquetems de la cérémonie
formé pour cela, une Instance au Parlement , les Officiers ont été maintenus dans
la possession de ce droit par un Arrêt contradictoire.
jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de
cette Ville le 20. Juin 1732.
V
oici , Monsieur , un narré fidele de
la Cérémonie qui se fait tous les ans
dans cette Ville , et dont vous n'avez entendu parler que confusément. Nous
avons ici , comme dans presque toutes les
Villes de cette Province , une Confrerie ,
dite de la Charité , dont les membres , au
nombre de treize , s'engagent à porter et
JUILLE 1. 1732. 1655
servent que
à enterrer les Morts gratuitement. Le Chef
de cette Societé est tiré au sort et nommé
le Roi ; il y a aussi deux Officiers nommez Senechaux , lesquels , avec le Roi , ne
durant une année , les autres
servent deux ans entiers ; ensorte qu'il
faut toutes les années proceder à une nouvelle Election , tant pour les trois personnes dont on vient de parler , que pour
remplir le nombre des Confreres qui peu
vent déceder pendant leur éxercice ; c'est
ce qui se fait dans l'Octave du S. Sacrement , ordinairement le Vendredy ; on
enregistre d'abord les noms de ceux qui
se présentent pour entrer dans la Confrerie , et le Lundi suivant ils vont tous en
Pélerinage à Notre- Dame de Grace , dévotion célebre à deux lieuës de 11 Ville :
c'est-là qu'après la Messe entenduë , le
Roi est tiré au sort : pour les Senechaux
c'est un Office qui s'achette au profit de
la Confrerie. Le jour suivant ils s'assemblent tous et le Curé de Notre - Dame, ou
son Vicaire , leur fait une Exhortation au
*sujet de leurs obligations , de leurs fonc- tions , & c.
Les Officiers en Charge vont tous les
ans en céremonie, la veille de la Fête- Dieu,
prendre un des anciens Confreres , selon
son tour et son rang , qu'on appelle l: Roj
I ij des
1656 MERCURE DE FRANCE
des Rois , ou le Roi des anciens Rois , et
ils le conduisent de son logis à l'Eglise de
Notre- Dame , où il assiste avec eux aux
premieres Vêpres , et à Matines , et le
tendemain à la Grand Messe , et tout de
suite à la Procession solemnelle du S. Sacrement , suivant immédiatement le Dais
et portant une couronne à la main. Ceux
qui l'accompagnent et les anciens Rois
c'est-à-dire , tous ceux qui ont porté le
Chapperon , marque de cette dignité ,
portent des flambeaux ornez de fleurs
et sont en habit ordinaire , il n'y a que
ceux qui servent actuellement qui portent
la Robe longue de la Confrerie.
La Procession finie et la Messe , qui se
célebre au retour , étant dite , on reconduit le Roi des Rois chez lui , où toute
la Confrerie dîne .
Mais avant que de se mettre à table , ils
sont obligez d'aller servir douze Pauvres ,
dont le couvert est mis sur une Table
dressée dans la rue , à la porte de la maison du Roi. Ce Repas consiste en un porage , en bouilli , en rôti , avec une bouteille de vin pour chaque Pauvre , qui
leur est versé par les Confreres. Ceux- ci
sont debout autour de la Table , et la serviette sur le bras , et le Roi est au bout
de la même Table , aussi debout , la Cou
tonne sur la tête.
JUILLET. 1732 1657
Le Jeudi , jour de l'Octave , on distribue encore un gros pain à douze autres
Pauvres , chacun le sien ; ce sont les Freres en exercice qui font cette derniere distribution , le tout aux dépens d'une fondation , dont je ne sçai ni l'époque , ni le
nom de l'Auteur.
Ne vous attendez pas non plus , Monsieur , que je vous dise ici quelque chose
sur la premiere institution de cette pieuse
Confrerie ; nous ne sommes pas si sçavans dans ce Canton. Je crois qu'on peut
la faire remonter aussi haut que l'on voudra , et lui donner même pour Instituteur,
du moins pour premier modele et pour
Patron le saint homme Tobie. Le Peintre
du grand Tableau , dont vous me parlez ,
qui se voit dans l'Eglise Paroissiale de Louviers , à quatre lieuës d'ici , étoit bien
persuadé de son antiquité , puisqu'il fait
assister des Confreres de la Charité , à ge
noux , en habit de céremonie , autour du
Lit de la Sainte Vierge , dont il a prétendu representer le Trépas et les Obseques ,
avec un Benitier aux pieds , &c.
,
J'ajoûterai à cela , puisque vous êtes curieux de nos Cérémonies , que les Cha→
noines de notre Collegiale ont choisi pour
leur Patron S. Barnabé. On chante le jour
de la Fête une Messe des plus solemnelI iij les ,
1658 MERCURE DE FRANCE
les , à laquelle assistent tous les Officiers ,
tant Ecclésiastiques , que Laïques. A l'Offertoire , les hauts Vicaires présentent à
chacun de ces Officiers une Couronne et
un Bouquet de fleurs. Le Diacre même et
le Soudiacre quittent l'Autel pour satisfaire à cette obligation. Je dis obligation ,
car ces Messieurs ayant voulu se dispenser
il y a quelquetems de la cérémonie
formé pour cela, une Instance au Parlement , les Officiers ont été maintenus dans
la possession de ce droit par un Arrêt contradictoire.
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Résumé : CEREMONIE Anniversaire, faite le jour de la Fête-Dieu à Vernon en Normandie. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 20. Juin 1732.
Le texte relate une cérémonie annuelle célébrée à Vernon en Normandie à l'occasion de la Fête-Dieu, décrite dans une lettre datée du 20 juin 1732. Cette cérémonie est organisée par une confrérie de la Charité, composée de treize membres qui s'engagent à enterrer gratuitement les morts. Chaque année, un chef, appelé le Roi, et deux officiers, les Sénéchaux, sont élus par tirage au sort ou achat de charge. La cérémonie commence par un pèlerinage à Notre-Dame de Grace, suivi d'une exhortation par le curé ou son vicaire. La veille de la Fête-Dieu, les officiers accompagnent un ancien confrère, appelé le Roi des Rois, à l'église pour les vêpres, matines et la grand-messe, puis à la procession solennelle du Saint-Sacrement. Après la procession, ils reconduisent le Roi des Rois chez lui, où ils dînent ensemble après avoir servi douze pauvres dans la rue. Le jeudi suivant, douze autres pauvres reçoivent un pain, distribué par les frères en exercice. Le texte mentionne également que les chanoines de la collégiale de Vernon ont choisi saint Barnabé comme patron et célèbrent une messe solennelle à laquelle assistent divers officiers, qui reçoivent des couronnes et des bouquets de fleurs.
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2131
p. 1658-1659
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
Début :
L'Affaire dont je vais vous parler fait grand bruit [...]
Mots clefs :
Affaire criminelle, Jean de Matheron d'Almaric, Domestiques, Prise de Corps, Arrêt, Parlement, Greffier Gautier
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en
Provence , au sujet d'une offrire criminelle.
'Affaire dont je vais vous parler fait
Legrandbruit dans cette Province. Jean
,
de Matheron d'Amalric , Seigneur en partie de l'Escale , Jean- Louis Matheron , son
fils , Anne de Bertatis , sa sœur , AnneMonpezat , Joseph Faudon et André
Julien , ses domestiques , ont été décretez de prise de corps , par Sentence définitive du Siége de Sisteron , du 13 Mars ,'
et le sieur Jean Matheron , condamné en
deux mille livres pour dommages , interêts envers le Lieutenant Particulier au
Siége de Sisteron , son créancier , contre
qui
JUILLET. 1734. 1659
qui il avoit formé une accusation grave.
Par Arrêt , publié à la Barre du Parlement
de Provence , séant à Aix le 25 Juin 1732.
Toutes les Sentences du Siége de Sisteron
ont été confirmées avec de plus grands
dommages , interêts soufferts depuis la
Sentence , et à tous les dépens par corps.
Le sieur Castagni , Seigneur de Vilhoc
Lieutenant Général Civil et Criminel au
Siége de Sisteron , Débiteur du Lieutenant
Particulier , s'étant indignement prêté
pour soûtenir l'imposture du sieur Matheron , a reçû la Lettre suivante par ordre du Parlement.
La Cour m'ordonne de vous faire sçavoir
qu'elle a jugé le Procès criminel entre,
&c.
elle a confirmé toutes les Sentences rendues
par Me Duvirail , comme très-justes et trèsrégulieres ; elle a été surprise que sur la fin
de votre carriere vous vous soyez fi indignement prêté pour soûtenir l'imposture ; si elle
ne vous a pas decreté, comme vous le meri
tiez , c'est par rapport à votre grand âge ,
faites- moi un mot de réponse , afin que je
puisse rendre compte à la Courde ma de ma condui
te. Je suis , &c. Signé , GAUTIER , Greffier.
ou
L'impression et l'affiche de l'Arrêt ont
été permises. Si on nous envoye la Réponse de ce Magistrat avec l'Arrêt qui est I iiij inter-
1660 MERCURE DE FRANCE
4
intervenu , on pourra parler plus amplement et plus éxactement de cette Affaire extraordinaire.
Provence , au sujet d'une offrire criminelle.
'Affaire dont je vais vous parler fait
Legrandbruit dans cette Province. Jean
,
de Matheron d'Amalric , Seigneur en partie de l'Escale , Jean- Louis Matheron , son
fils , Anne de Bertatis , sa sœur , AnneMonpezat , Joseph Faudon et André
Julien , ses domestiques , ont été décretez de prise de corps , par Sentence définitive du Siége de Sisteron , du 13 Mars ,'
et le sieur Jean Matheron , condamné en
deux mille livres pour dommages , interêts envers le Lieutenant Particulier au
Siége de Sisteron , son créancier , contre
qui
JUILLET. 1734. 1659
qui il avoit formé une accusation grave.
Par Arrêt , publié à la Barre du Parlement
de Provence , séant à Aix le 25 Juin 1732.
Toutes les Sentences du Siége de Sisteron
ont été confirmées avec de plus grands
dommages , interêts soufferts depuis la
Sentence , et à tous les dépens par corps.
Le sieur Castagni , Seigneur de Vilhoc
Lieutenant Général Civil et Criminel au
Siége de Sisteron , Débiteur du Lieutenant
Particulier , s'étant indignement prêté
pour soûtenir l'imposture du sieur Matheron , a reçû la Lettre suivante par ordre du Parlement.
La Cour m'ordonne de vous faire sçavoir
qu'elle a jugé le Procès criminel entre,
&c.
elle a confirmé toutes les Sentences rendues
par Me Duvirail , comme très-justes et trèsrégulieres ; elle a été surprise que sur la fin
de votre carriere vous vous soyez fi indignement prêté pour soûtenir l'imposture ; si elle
ne vous a pas decreté, comme vous le meri
tiez , c'est par rapport à votre grand âge ,
faites- moi un mot de réponse , afin que je
puisse rendre compte à la Courde ma de ma condui
te. Je suis , &c. Signé , GAUTIER , Greffier.
ou
L'impression et l'affiche de l'Arrêt ont
été permises. Si on nous envoye la Réponse de ce Magistrat avec l'Arrêt qui est I iiij inter-
1660 MERCURE DE FRANCE
4
intervenu , on pourra parler plus amplement et plus éxactement de cette Affaire extraordinaire.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
L'affaire concerne une offre criminelle en Provence impliquant Jean Matheron d'Amalric, son fils Jean-Louis, sa sœur Anne de Bertatis, Anne Monpezat, et leurs domestiques Joseph Faudon et André Julien. Ces individus ont été arrêtés le 13 mars par le siège de Sisteron. Jean Matheron a été condamné à payer deux mille livres de dommages et intérêts à son créancier, le Lieutenant Particulier du siège de Sisteron, contre qui il avait formé une accusation grave. Le 25 juin 1732, le Parlement de Provence à Aix a confirmé toutes les sentences du siège de Sisteron, ajoutant des dommages et intérêts supplémentaires et les dépens par corps. Le sieur Castagni, seigneur de Vilhoc et Lieutenant Général Civil et Criminel au siège de Sisteron, a été réprimandé pour avoir soutenu l'imposture de Matheron. Il a reçu une lettre du Parlement confirmant les sentences et exprimant la surprise de la Cour quant à son comportement. La Cour a décidé de ne pas le décréter en raison de son grand âge et lui a demandé de répondre pour justifier sa conduite. L'impression et l'affiche de l'arrêt ont été autorisées, et une réponse du magistrat ainsi que l'arrêt intervenu sont attendus pour discuter davantage de cette affaire.
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2132
p. 1672-1674
ARRETS NOTABLES.
Début :
DECLARATION DU ROY, du 7. May, Registrée en Parlement le [...]
Mots clefs :
Arrêts, Déclaration du roi, Ordonnance du roi
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texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
ARRETS NOTABLES.
ECLARATION DU ROY , du 7. May,
DRegistrée en Parlement le 20. Juin , qui per
met à tous Marchands , tant de la Ville de Paris
que Forains , faisant commerce de Bois neuf à
bruler , de mettre en chantier lesdites Marchan◄
dises , &c.
ARREST du 27. May , qui proroge jusqu'au
premier Octobre 1733. le pouvoir accordé à
Messieurs les Intendans des Generalitez où la
Taille est personnelle , de faire proceder pardeyant eux , ou ceux qu'ils commettront à la con- fection:
JUILLE T. 1732. 1-673
fection des Rôles des Tailles des Villes , Bourgs
Paroisses où ils le jugeront à propos.
·
AUTRE du 31. May , qui permet en faveur des habitans de la Flandre et du Pays conquis
le transit des Marchandises de leurs Manufactures , destinées pour le Portugal et la Biscaye , par les Ports de Rouen et du Havre.
AUTRE du même jour , qui adjuge à MarieAnne Hubert , veuve Berthelin , la fourniture des
Chandelles publiques pour six années , à commencer au premier Juin 1732. et finir à pareil
jour de l'année 1738.
AUTRE du 3. Juin , qui continuë pendant le
Bail de Nicolas Desboves , les abonnemens des
droits sur les Huiles et Savons , dans les Provinces et Generalitez y énoncées.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Juin ;
pour reunir les deux Compagnies de Gentilshom
mes et n'en former qu'une seule de 600. Cadets,
dans la Citadelle de Metz , par laquelle S. M. or- donne que la Compagnie de Cadets Gentilshommes , entretenue dans la Citadelle de Strasbourg,
sera incorporée dans celle qui est en la Citadelle
de Metz , pour en former une seule Compagnie.
Et au moyen de cette incorporation , la Compa
gnie de Metz sera composée d'un Capitaine , d'un
Lieutenant , de sept Sous- Lieutenans , l'un desquels fera la charge d'Ayde- Major , de vingtquatre Sergens , trente- six Caporaux , trente- six
Anspessades , 504 Cadets et 12. Tambours , &c.
ARREST du 11. Juin , qui ordonne la suppression des secondes marques en pârchemin et
1674 MERCURE DE FRANCE
en plomb sur les Toiles de Coton blanches ,
Mousselines et Mouchoirs , provenant des Pays
de la concession de la Compagnie des Indes.
ORDONNANCE DE POLICE du 20. Juin ,
portant deffense aux Proprietaires en Locataires
des Maisons voisines de la Foire S. Laurent , d'en
louer aucunes parties pendant la tenuë de ladite
Foire , sans la participation de Maître Aubert ,
Commissaire proposé à cet effet.
AUTRE du 21. Juin , qui enjoint à tous Au-
´bergistes , Hôtelliers , Loueurs de Carosses et de Chevaux et autres Particuliers , de se conformer
aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la conduite des Chevaux et Mulets , tant à
l'Abreuvoir que dans les rues de la Ville de Paris,
ECLARATION DU ROY , du 7. May,
DRegistrée en Parlement le 20. Juin , qui per
met à tous Marchands , tant de la Ville de Paris
que Forains , faisant commerce de Bois neuf à
bruler , de mettre en chantier lesdites Marchan◄
dises , &c.
ARREST du 27. May , qui proroge jusqu'au
premier Octobre 1733. le pouvoir accordé à
Messieurs les Intendans des Generalitez où la
Taille est personnelle , de faire proceder pardeyant eux , ou ceux qu'ils commettront à la con- fection:
JUILLE T. 1732. 1-673
fection des Rôles des Tailles des Villes , Bourgs
Paroisses où ils le jugeront à propos.
·
AUTRE du 31. May , qui permet en faveur des habitans de la Flandre et du Pays conquis
le transit des Marchandises de leurs Manufactures , destinées pour le Portugal et la Biscaye , par les Ports de Rouen et du Havre.
AUTRE du même jour , qui adjuge à MarieAnne Hubert , veuve Berthelin , la fourniture des
Chandelles publiques pour six années , à commencer au premier Juin 1732. et finir à pareil
jour de l'année 1738.
AUTRE du 3. Juin , qui continuë pendant le
Bail de Nicolas Desboves , les abonnemens des
droits sur les Huiles et Savons , dans les Provinces et Generalitez y énoncées.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Juin ;
pour reunir les deux Compagnies de Gentilshom
mes et n'en former qu'une seule de 600. Cadets,
dans la Citadelle de Metz , par laquelle S. M. or- donne que la Compagnie de Cadets Gentilshommes , entretenue dans la Citadelle de Strasbourg,
sera incorporée dans celle qui est en la Citadelle
de Metz , pour en former une seule Compagnie.
Et au moyen de cette incorporation , la Compa
gnie de Metz sera composée d'un Capitaine , d'un
Lieutenant , de sept Sous- Lieutenans , l'un desquels fera la charge d'Ayde- Major , de vingtquatre Sergens , trente- six Caporaux , trente- six
Anspessades , 504 Cadets et 12. Tambours , &c.
ARREST du 11. Juin , qui ordonne la suppression des secondes marques en pârchemin et
1674 MERCURE DE FRANCE
en plomb sur les Toiles de Coton blanches ,
Mousselines et Mouchoirs , provenant des Pays
de la concession de la Compagnie des Indes.
ORDONNANCE DE POLICE du 20. Juin ,
portant deffense aux Proprietaires en Locataires
des Maisons voisines de la Foire S. Laurent , d'en
louer aucunes parties pendant la tenuë de ladite
Foire , sans la participation de Maître Aubert ,
Commissaire proposé à cet effet.
AUTRE du 21. Juin , qui enjoint à tous Au-
´bergistes , Hôtelliers , Loueurs de Carosses et de Chevaux et autres Particuliers , de se conformer
aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la conduite des Chevaux et Mulets , tant à
l'Abreuvoir que dans les rues de la Ville de Paris,
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Résumé : ARRETS NOTABLES.
En 1732, plusieurs arrêtés et ordonnances royaux ont été publiés. Le 7 mai, une déclaration royale autorise les marchands à fabriquer des marchandises de bois neuf à brûler. Le 27 mai, un arrêt prolonge jusqu'au 1er octobre 1733 les pouvoirs des intendants pour établir les rôles des tailles dans certaines localités. Le 31 mai, deux arrêtés sont émis : l'un permet le transit des marchandises manufacturées destinées au Portugal et à la Biscaye via Rouen et Le Havre pour les habitants de la Flandre et du Pays conquis, et l'autre attribue à Marie-Anne Hubert, veuve Berthelin, la fourniture des chandelles publiques pour six ans à partir du 1er juin 1732. Le 3 juin, un arrêt maintient les abonnements des droits sur les huiles et savons pendant le bail de Nicolas Desboves. Le 10 juin, une ordonnance royale fusionne deux compagnies de gentilshommes en une seule de 600 cadets à Metz. Le 11 juin, un arrêt supprime les secondes marques sur les toiles de coton, mousselines et mouchoirs des pays de la concession de la Compagnie des Indes. Le 20 juin, une ordonnance de police interdit aux propriétaires et locataires des maisons voisines de la foire Saint-Laurent de louer des parties de leurs biens sans Maître Aubert. Enfin, le 21 juin, un arrêté impose aux aubergistes, hôteliers, loueurs de carrosses et de chevaux, ainsi qu'à d'autres particuliers, de respecter les ordonnances de police concernant la conduite des chevaux et mulets à Paris.
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2133
p. 1709-1734
DEFFENSE d'un Trait Historique de Lampride sur Ovinius Camillus, adressée à M. Bouhier, President au Parlement de Dijon.
Début :
Il a dû vous paroître, Monsieur, par ce que j'ai [...]
Mots clefs :
Trait historique, Lampride, Ovinius Camillus, Association, Histoire, Empereur, Alexandre, Médailles, Lois, Xiphilin
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texteReconnaissance textuelle : DEFFENSE d'un Trait Historique de Lampride sur Ovinius Camillus, adressée à M. Bouhier, President au Parlement de Dijon.
DEFFENS E d'un Trait Historique
de Lampride sur Ovinius Camillus ,
adressée à M. Bouhier , President an
Parlement de Dijon.
Ice
La dû vous paroître , Monsieur , par
ce que j'ai dit dans les Mercures de
May et d'Octobre 1731. pages 1052. et
2347. que je n'ai point prétendu que
l'explication que j'ai donnée du PRO
SALUTE DOMINORUM , de l'Inscription
trouvée proche notre Ville , fût la seule
et unique qu'on pût en donner. J'ai toûjours attendu qu'on détruisît solidement
ce que j'ai avancé sur la foi de M. de
Tillemont , dès le lendemain que cette
découverte fut faite , et avant que d'avoir eu le loisir de feüilleter les immenses
Recueils d'Inscriptions qui peuvent servir à mettre la verité dans un plus grand
jour. Un Curieux d'Orleans , qui ne se
fait connoître que sous ces deux Lettres
initiales D. P. a enfin trouvé au bout de
quelques mois après la publication de
ma Lettre , que l'on pouvoit entendre ce
DOMINORUM , d'autre que d'Alexandre
Severe et Ovinius , joints ensemble , etil
"
1710 MERCURE DE FRANCE.
il écrit non seulement qu'on le peut ,
mais qu'on le doits et qu'il est impossible
que cette domination ou cet Empire commun attribué à deux Princes convienne
à ces deux-là. Ce qu'il y a d'étonnant
dans son Ecrit imprimé dans le dernier
Mercure , est que pour faire tomber nécessairement les vœux contenus dans notre Inscription sur la prosperité d'Alexandre et de Mammée sa Mere , il persiste à vouloir qu'on regarde comme faux
tout ce que Lampride rapporte de l'association d'Ovinius à l'Empire. Il peut trouver en moi un Lecteur assez docile pour
embrasser l'explication qu'il donne du termeDominorum , comme étant plus aisée à
sauver; mais il ne s'ensuivra pas de- làqueje
doive croire qu'Ovinius est une chimere,
et que tout ce que Lampride en rapporte
est une fible. L'autorité de Lampride est
trop bien établie, pour qu'on puisse révoquer en doute un fait qu'il arevêtu detous
les motifs de credibilité qu'on peut exiger pour l'appui d'un évenement extraor
dinaire. En passant donc à M. P. que ce
fut pour la prosperité de Mammée et
d'Alexandre , que le Monument en question fut érigé , il n'en faut point conclure pour cela que l'association d'Ovinius soit une fiction de quelqueModerne,
A O UST. 1732. 1711
et une invention de quelque Manu- facture d'Ecrivains. Tout ce qu'il pour
ra inferer de ce que je lui accorde , est
que M. Tillemont n'a pas toûjours.
bien examiné les choses avant que de les
assurer, et que quelquefois on peut se
tromper lorsqu'on s'en rapporte trop vîte à son jugement. J'avoueray donc que cet
Historien , tout judicieux qu'il étoit , a
manqué de preuves suffisantes fixer pour l'association d'Ovinius à l'an 223. mais
j'ajoûte bien plus , qu'il ne s'est pas exprimé bien exactement lorsqu'il a dit qu'il
ya dans l'Histoire de cette Association des
circonstances qui paroissent tenir de la Fable. On entrevoit que ce grave Historien a
voulu insinuer seulement que cette association a eu quelques circonstances qui
tiennent du comique , ce que je ne nie
pass mais des circonstances , pour › pour être
comiquès , n'empêchent point le fond
de l'Evenement d'être très- réel. M. de
Tillemont l'a crû tel , puisqu'il a
ployé un article entier de ses Notes pour
en fixer l'époque, Alexandre s'est comporté comme il a dû faire dans la conjoncture où il se trouvoit ; et c'est un
des traits de politique les mieux jouez ,
que celui qui est rapporté par Lampride.
Comme M. P. d'Orleans traite de fable
emtout
1712 MERCURE DE FRANCE
*
tout le récit de Lampride , le point de
difficulté qui nous sépare ne consiste plus
que dans la verification de ce récit que
je soutiens sincere et non controuvé ni
fabriqué à plaisir. Il ne sera plus fait
mention entre nous de l'Inscription d'Auxerre ; mais seulement de cette question
de fait que l'Inscription a occasionnée.
Quelles que soient les louanges qu'il me
donne dans ses deux Ecrits , je ne m'en
laisse point éblouir , et je fais gloire d'être mis au rang des Lecteurs les plus crédules et que la lecture de Lampride ne révolte point , lorsque je m'y trouve dans la compagnie d'une personne aussi profondément versée dans ces matieres que
vous l'êtes. Vous avez eu la bonté de me
faire part de ce que vous opposeriez à
M. P. si c'étoit à vous qu'il eût affaire :
vous allez juger , Monsieur , si j'en ai
fait usage suivant vos intentions , et si
ce que j'ai découvert depuis par une lecture attentive de Lampride , et que j'ai
joint à vos Observations , n'est pas suffisant pour convaincre quiconque n'éxigera point des preuves métaphisiques ou
d'un genre superieur.
Les preuves exterieures de l'Association
d'Ovinius à l'Empire par Alexandre ,
consistent à assurer l'autorité de Lampride
A O UST. 1732. 1713
pride qui le rapporte. Il est inutile de
repeter ce que j'en ai dit dans le Mercure d'Octobre , page 2337. On y voit
les précautions que cet Historien à prises
pour constater la chose ; et vouloir en
douter c'est comme si l'on soutenoit que
tout ce que les Historiens d'aujourd'hui
rapportent de la vie du Roy Henry IV.
sur la foi des Memoires de ses Courti
sans ou de ses Generaux d'Armées , n'est
pas assez appuyé pour être crû , et qu'il
faut qu'ils produisent ces Memoires tels
qu'ils ont été rédigez dans le Cabinet ou
sous les Tentes. Comme nous nous contentons des Extraits qu'on nous donne
aujourd'hui de ces Memoires , de même
dans le siecle de Constantin , on n'exigea
point de Lampride , qu'il joignit à sa vie
d'Alexandre les Memoires qu'en avoient
redigé séparément Septimius , Encolpius,
Acolius , &c. on se contenta des Extraits
qu'il en fit et qu'il ajusta à son style ,
qui est fort simple et fort coupé. Son
dessein étant d'exposer à Constantin
quel fut le caractere des Princes plutôt
que d'entreprendre une Histoire suivie ,
il ne faut pas être surpris qu'il ne tire
des amples Memoires qu'il avoit , qu'un
simple Sommaire qui présente plutôt l'état des mœurs , les maximes et la conduite
1714 MERCURE DE FRANCE
duite de ce Prince , qu'un détail circons→
tancié de ses campagnes C'est l'idée qu'il
faut se faire de Limpride , comme de
quelques autres qui ont compilé les
actions de certains Empereurs , à dessein de donner une idée de Fur caractere On voit par son narré qu'il avoit
sous les yeux les cinq ou six A teurs qui
avoient écrit uniquement sur Alexandre,
et même qu'il tiroir d'Herodien ce qu'il
jugeoit à propos , le refutant lorsqu'il
étoit necessaire. Il n'est point étonnant
après cela que cet Auteur et ses semblables ayent quelques deffiuts ; mais ces
deffauts ne sont pas essentiels. Les Ecrivains de cette espece pechent ordinaire- ment par le manque d'ordre et de méthode. Ils tombent dans des redites ;
mais avec tout cela ils n'écrivent rien de
faux ; ils promettent de s'étendre sur certaines choses , et ils l'oublient ensuite ,
ou ne les font qu'effleurer. Lampride est
précisement dans ce cas-là , au jugement
de Vopisque , dans la vie de l'Empereur
Probus. Il y paroît dans le rang
qui ont transmis l'Histoire à la posterité
non tam disertè quam verè. Laissant l'élegance et l'emphase , il a écrit avec simplicité , mais avec verité. Il ne rapporte
point non- plus les faits par ordre chrode ceux
nologi-
A OUST 1732. 1715
nologique , mais suivant qu'ils se sont
présentez à sa plume , en traçant les traits.
qui caract risent l'Empereur Alexandre.
On ne l'accuse point comme Herodien ,
d'avoir composé les Harangues qu'il met
dans la bouche des Empereurs , ni les
Lettres qu'il leur fait éc ire ; il rapporte
le peu de paroles que le Prince a prononcées ; et s'il ne les rapporte pas diserè ,
du moins on doit dire qu'il les rapporte
verè. Il n'est pas éloquent ; mais il est
fidele. C'est de l'une de ces courtes Harangues que j'espere, Monsieur , tirer cydessous la preuve du temps auquel a été
faite l'Association d'Ovinius.
L'autorité de Lampride étant suffisamment à couvert , malgré le décri dans lequel l'Ecrivain d'Orléans voudroit la mettre , il faut maintenant faire voir que
l'Histoire de l'Association d'Ovinius n'a
rien d'incroyable en elle même , et qu'au
contraire elle est revêtuë de circonstances
qui s'accordent très- fort avec la situation
où Alexandre se trouva. Loin qu'Alexan
dre Sevére fut un Prince puissant , etque
tout fut paisible de son temps , au point
que se le figure M. P. il n'y a gueres eu
d'Empereur plus traversé par ses propres
Sujets , et qui ait essuyé plus de soulévemens. Il est certain que ce jeune Prince
avoit
1716 MERCURE DE FRANCE
avoit par lui- même un bon caractere et
d'excellentes inclinations, qui le portoient
aux grandes choses. Mais sa mere l'avoit
élevé dans une dépendance servile , à laquelle il n'eut pas la force de se soustraire. Ainsi on peut dire que c'étoit elle qui
gouvernoit sous le nom de son fils. Fecit
cuncta cum matre , ut et illa videretur pariter imperare , dit Lampride ; et plus bas :
Egit omnia ex consilio matris. C'est pour
cela que l'Empereur Julien en ses Césars,
lui fait ce reproche amer : Pauvre sot , qui
maître de l'Empire , n'a pas eu l'esprit de
gouverner tes propres Sujets , mais a remis
tes trésors entre les mains de ta mere ! Un des
traits les plus marquez de cette dépendance de sa mere , fut la foiblesse avec laquelle il souffrit l'indigne procédé qu'elle
garda envers sa femme et son beau pere.
Si ce Prince eut été si puissant que le dit
M. P. auroit-on vû arriver sous ses yeux
le meurtre d'Ulpien son favori, et Prefet
du Prétoire , par les Soldats de la Garde
Prétorienne , sans qu'il osât s'élever alors
contre cet attentat ? Loin de punir aussitôt le principal auteur , il lui donne la
Préfecture d'Egypte , en attendant qu'il se sente assez fort pour s'en venger. Depuis cette mort les Prétoriens ne lui obéïrent plus qu'à regret ; leur haine se porta contre
AO.UST. 1732 1717
contre Dion , son Collegue de l'an 229.
et elle éclata si fort que ce Consul n'eut
pas le courage de paroître dans Rome
avec les marques de sa dignité; et il fallut
que l'Empereur lui conseillât de s'en éloigner , pour éviter leur fureur. Dira- t- on
après cela que ce Prince fut regardé comme Puissant , et que son regne fut fort
paisible? Ce n'est pas encore tout; un
nomméTaurin et un autre particulier ,
appellé Urane ( a ) , furent élevez à l'Empire par les armées d'Orient. Un troisiéme, nommé Antonin , fut pareillement
proclamé Auguste , par les Prétoriens. Il
est vrai que ces personnages refuserent la
dignité qu'on leur offroit ; mais ce n'en
est pas moins une preuve que le regne
d'Alexandre ne fut pas si paisible que le
prétend M. P. Peut- être que pour ne rien
rabattre de ses prétentions , il soutiendra que ces proclamations ne se trouvant
marquées que dans le jeune Victor et dans
Zozyme, elles ne meritent aucune créance.Acela je réponds que comme ces deux
Ecrivains vivoient dans un siecle peu
éloigné de celui d'Alexandre , il ne faut
point douter qu'il n'eussent devant eux
les Mémoires de quelques uns des cinq ou
( a ) Je croirai , si l'on veut , que Taurin et Urane aété le même ; rien n'empêche de lesdistinguer.
six
1718 MERCURE DE FRANCE
amis
six Auteurs qui avoient écrit les évenemens du regne de ce Prince , et dont l'éloignement des temps nous a privez Au
reste , ce que Dion rapporte de lui - même
personnellen ent , marque assez l'appré- hension où Al xandre étoit de voir ses
rsécutez ; et peut être aussi de se P
voir lui- même livré au caprice des Soldats. Or je demande si avec de tels soupçons , un Prince peut passer pour avoir
tou ours mené une vie tranquille , si on
peut dire que son regne a été paisible, et
que lui même gouvernoit ses Sujets avec
puissance et empire.
Si donc l'on trouve du foible dans la
maniere dont il se conduit , pour écarter ce qui se tramoit en faveur d'Ovinius,
P'on pourroit l'attribuer aux con eils timides de sa mere : Mais non ; il semble
au contraire que ce fut un trait de prudence qui le fit agir ainsi, Les Prétoriens,
dont l'autorité étoit enracinée dansRome,
avoient conçu une telle haine contre
Mammée , et par conséquent contre son
fils , que tout éroit à craindre de leur
part. Dès qu'ils croyoient voir dans le Sénat quelque Sujet propre à être élevé à
l'Empire , ou , pour mieux dire , à condescendre à leurs volontez , ils ne manquoient pas de ménager des pratiques
sour
D
AOUST. 1732. 1719
sourdes , pour faire déclarer Rome en sa
faveur. Ovinius convenoit apparemment
à leur dessein , et il se trouva disposé à
y concourir. Alexandre en étant averti ,
crut le prévenir , non en se défaisant de
lui , à force ouverte , mais en faisant semblant d'entrer dans les vûës des Prétoriens , jusqu'à ce qu'il trouvât le moment
favorable de perdre son concurrent.Ayant
été averti d'un remuëment , de la part de
certains Barbares , il se servi. de cette occasion pour faire connoître à toute l'armée jusqu'où s'étendoit la force et la vigueur de cet homme si désiré . Il l'associa
donc à l'Empire , avec quelqu'une au
moins des solemnitez ordinaires ; mais
pour le faire en même temps tomber
dans le mépris , et montrer combien il
étoit peu digne de lui être con paré ; il
lui proposa d aller avec lui à la guerre
qui se présentoit à faire contre les Barbares , prévoïant bien qu'il n'oseroit le lui
refuser , mais que délicat comme il étoit,
il ne pourroit jamais résister aux fatigues
dont il lui donneroit l'exemple , et que
son entreprise tourneroit à sa confusion.
En effet , la chose réüssit , comme Aléxandre l'avoit prévû , et par là l'Empereur se vit délivré d'un ennemi qui cassa
d'être dangereux dès qu'il commença à
·
être.
1720 MERCURE DE FRANCE
être méprisé. Ce tour de politique est- il
donc si ridicule et si hors de vrai-semblance que l'assure le Critique d'Orleans?
Pour moi j'y vois toutes chose admirablement bien concertées , pour venir à bout
de décrier Ovinius ; et cela me rappelle le
souvenir d'un artifice assez semblable dont
usa , quelques années auparavant, l'Empereur Septime- Severe, à l'égard d'Albin.
Ce Prince voïant qu'Albin qui descendoit d'une ancienne Maison , étoit aimé
du Sénat, n'osant l'attaquer à force ouverte , fit mine de vouloir l'associer à
l'Empire , et lui écrivit à cet effet des Lettres très-affectueuses en apparence ; mais
en même- temps il chargea secretement
ceux qui les lui porterent de sa part,de se
défaire adroitement de lui; et s'il n'y réüssit pas , ce ne fut pas sa faute. Je pourrois aussi produire d'autres exemples de
tours de politique plus semblables à celui
qu'employa Alexandre , et aussi plus récens. Mais je croi m'être assez étendu sur
cet article , pour persuader à mon adversaire que ce n'est pas sans fondement que
je regarde l'expedient rapporté par Lampride , comme ayant été réellement et
véritablement mis en usage. J'avouë, avec
lui , qu'il n'y a aucune apparence qu'Alexandre cut voulu dans de pareilles circons-
AOUST. 1732. 1721
Constances abandonner à Ovinius , la conduite de son armée; c'eut été le comble de
l'imprudence. Aussi n'est-ce pas le sens
qu'il faut donner au texte de l'Historien .
Monsieur de Tillemont l'a induit en erreur , par la traduction qu'il a faite de ce
texte Latin , en ces termes : Alexandre
offrit à ( Ovinius Camillus de l'y mener
avec lui , s'il n'aimoit mieux y aller lui
seul. Dans ce texte,ainsi conçu ; vel ipsum
si vellet, ire, vel ut secum proficisceretur, bortatus est , la particule vel, doit être prise
non disjonctivement , mais conjonctivement c'est-à- dire pour et , comme dans
une infinité d'autres endroits des Auteurs de l'Histoire Auguste. Monsieur de
Saumaise l'a remarqué plusieurs fois , et
entr'autres sur Lampride, par cette petite
notte; (vel pro et ; quod sexcentis locis apud
hos autores observavimus ) ( a ) Icy P'Hi
torien en a usé de la sorte , d'autant pl
volontiers que la répetition de la part.
cule et qu'il avoit employée peu aupara
vant , et qui revient peu après , auroi
été trop désagréable. ( b ) Lampride a
donc seulement donné à entendre qu'Alexandre invita Ovinius à aller à la Guer-
( a ) Edition de 1620. pag. 184.
(b) Voyez le Mercure d'Oct. 1731. pag. 2338.
C
1722 MERCURE DE FRANCE
re contre les Barbares , et même à faire
le voyage avec lui.
Je n'étois aucunementobligé de désigner
l'habitation de ces Peuples , lorsque je fis
ma premiere Lettre adressée aux Auteurs
du Mercure, dans le mois de May dernier,
n'y d'ajouter dant la seconde , pour plus
grande explication, que l'expedition Ġermanique , qui suivit l'association , se rapportoit à celle où Varius Macrinus se signala dans Pillyrie; et j'aurois pû me borner au simple texte de Lampride , qui ne
les nomme qu'en général , sous le nom
de Barbares. Mais m'étant reposé sur
l'exactitude qu'on attribuë à M. de Tillemont , j'ai cru avec lui, qu'il s'agissoit de
l'expédition qui se fit par Alexandre,contre les Germains , dont le triomphe qui
suivit est marqué chez Occo , sur une
Médaille d'argent en ces deux mots DE
GERMANIS , avec cette note chronologique TR. P. VIII.cos. III. La Victoire étant
rapportée à l'an 229. de Jesus- Christ , il étoit assez naturel de croire que la guerre
cut pû commencer en 228. c'est ce qui
-me déterminoit à faire partir en cette
année Ovinius avec Alexandre. Mais depuis , j'ai fait réfléxion sur un discours
fit Alexandre à ses Soldats étant à An- que
tioche l'an 233 , lorsqu'il les conduisoit
contre
AAOUST. 1732 1723
contre la Perse L'Empereur voulant éteindre les semences de sédition qui se formoient dans son armée, rappella à ses anciens Soldats l'usage qu'on leur avoit enseigné de faire de leur voix , d'abord
contre les Sarmates , ensuite contre les
Germains , et enfin contre les Perses ,
ajoutant qu'il étoit étonnant qu'ils voulussent s'en servir contre celui qui leur
fournissoit la nourriture,les vétemens, &c.
Qui in concione estis , leur dit- il , vocem in
bello cantra hostem , non contra Imperatorem
vestrum necessariam , certè Campidoctores
vestri hanc vos docuerunt contra Sarmatas et
Germanos ac Persas emittere , non contra eum
qui acceptam à Provincialibus annonam ,
qui vestem , qui stipendia vobis attribuit.
Monsieur de Tillemont n'ayant traduit
dans notre langue qu'une partie de ce dis- cours , n'a pas fait sentir que les Sarmates
ysont nommez en premier lieu , et les
Germains ensuite. Ce fut donc l'occasion.
de l'irruption des uns ou des autres de ces
Barbares qu'Alexandre saisit , pour convaincre les Soldats , combien ils se connoissoient peu en vrai mérite , lorsqu'ils
marquoient quelque inclination d'obéïrà
Ovinius. L'Empereur qui étoit jeune , af
fecta apparemment d'aller exprès à pied,
afin de faire succomber son concurrent
Cij Sous
1924 MERCURE DE FRANCE
sous la fatigue, et il en vint à bout en peu
de jours. Comme il est évidenr qu'Alexandre dans le discours qu'il tint à ses
Troupes , les faisoit ressouvenir par ordre des temps de toutes les Campagnes
qu'ils avoient faites; il est necessaire de
placer celle de Sarmatie la premiere ; et
par consequent comme celle de Germanie est de l'an 229 , au plus tard ; on doit
celle que qui se fit contre les
Sarmates a dû être aussi au plus tard l'an
convenir
228.
On ne peut pas assurer si Alexandre
alla en personne jusques dans la Sarmatie; c'est un fait qu'Acolius auroit sans
doute éclairci par le moyen de son livre
des Voyages de cet Empereur. Mais ses
Mémoires étant perdus , on doit se contenter de sçavoir simplement que la premiere guerre que cet Empereur eut à soutenir, fut contre ces peuples. Il seroit fort
à propos , je l'avoue , que quelque Médaille vint au secours de la notice que je
prétends tirer en faveur de cette guerre
Sarmatique , du discours qu'Alexandre
tint à ses Soldats , de méme que nous en
avons une qui constate celle de Germanie. Mais il ne faut point désesperer d'en
trouver quelquejour où la victoire sur les
Sarmates sera rapportée à l'une des 6 premieres
AOUST. 1732 1725
,
mieres années du regne d'Alexandre ,
pourvû que l'on soit plus soigneux de les
conserver , que ne l'a été un Orfévre de
notre Ville , qui au mois de Juin dernier,
en ayant acheté d'un passant un grand
nombre d'argent , du regne de cet Empereur et des autres Princes qui lui succederent , les fondit une demie - heure
après, sans qu'on ait pû en sauver qu'une
seule d'Alexandre. Ces monumens,moins
sujets aux accidens que les livres, peuvent
suppléer en quelque sorte , à ce que nous
- sçaurions plus en détail , si nous avions
en original les Memoites que Septimius ,
Acolus , Encolpe , Gargilius-Martialis
Marius Maximus , Aurele- Philippe et
encore d'autres témoins oculaires avoient
dressés touchant le regne de cet Empereur. Cette guerre Sarmatique s'offre icy
d'autant plus à propos,avant celle de Germanie , que plus elle sera rapprochée du
regne d'Alexandre , plus on sera fondé à
suivre l'explication que Saumaise a donnée au texte de Lampride , et à dire avec
lui que ce fat Alexandre même qui donna ordre de tuer Ovinius dans l'une de
ses terres , où il demeuroit depuis long- temps,
et à ne pas rejetter , sans necessité , cette
mort sur l'Empereur suivants tutum ad
Willas suas irepræcepit in quibus DIU VIXIT,
C iij
K
sed
1726 MERCURE DE FRANCE
sed post , jussu Imperatoris occisus est. Depuis la remarque que vous , Monsieur ,
m'avez fait faire , après Saumaise , que
tout Historien qui dit simplement l'Ēmpereur , entend celui dont il écrit l'histoire , et non son successeur; je ne panche
plus en aucune maniere pour le sentiment que M. de Tillemont insinuë.
M. P. d'Orleans a proposé le silence de
deux Ecrivains contemporains à Alexandre ; sçavoir , Dion et Hérodien , comme
un grand argument contre l'histoire de
l'association d'Ovinius, Mais il faut d'abord retrancher de ce nombre l'Historien
Dion , pour plusieurs considerations. La
premiere est , que nous avons perdu le
livre de son histoire, qui comprenoit une
partie duregne d'Alexandre; car nous n'en
avons qu'un abregé des plus succincts ,
fait par Xiphilin , lequel a retranché ce
qui lui a plus la seconde est , que si
l'association d'Ovinius s'est faite dans le
temps que Dion a renfermé dans son Histoire , c'est-à-dire , avant l'an 229 , comme je n'en doute aucunement , Xiphilin
a voulu la comprendre sous ces termes
generaux qui se trouvent dans son abregé: Per id tempus multe rebelliones facta
sunt à multis quarum aliquot , quum fuissent formidolosa , repressa ac restrincta sunt.
Les
AOUST. 1732. 1727
Les sourdes pratiques d'Ovinius pour par
venir à l'Empire, sontsans doute du nom
bre de ces rebellions dangereuses qui furent réprimées par Alexandre. Can Ovinius rebellare voluisset tyrannidem affecians,
dit Lampride.
ро
Qu'importe , en effet , de quel moyen
on se serve pour réussir à étouffer une rebellion formée secretement , force ou
adresse , pourvu qu'on parvienne au bur
qu'on s'est proposé. Alexandre usa de
litique, de même qu'il venoit de faire unt
peu auparavant , incontinent après le
meurtre d'Ulpien son favori. Le même
Dion dit que la raison pour laquelle Epagathe , Auteur de ce meurtre , ne fut
point puni sur le champ et pourquoi
l'Empereur parut dissimuler la peine que
lui faisoit cette action , fut la crainte qu'il
eut d'exciter une émotion dans Rome.
Epagathus qui Vlpiano magna ex parte
causa necis fuerat , missus est in Ægyptum,
ut Præfectus ejus Provincia , ne forte si de eo
Rome supplicium sumptum esset , tumultus
aliquis connectaretur; atque inde reductus in
Cretam , condemnatus est. Per id tempus , et
le reste , comme cy- dessus.
Quelque année que l'on choisisse entre les six premieres du regne d'Alexandre,
pour placer la mort d'Ulpien , il est évi- C iiij dent
7728 MERCURE DE FRANCE
dent que la rebellion d'Ovinius ne tarda
gueres à suivre cet évenement. On doit
aussi placer vers ce temps-là les procla
mations des autres Augustes dont j'ai parlé plus hauts et le texte de Dion le demande.
A l'égard d'Herodien , ce n'est rien
moins qu'un Auteur exact , suivant les
Critiques et suivant M. de Tillemont
même. Aussi le reprend-il très-souvent ;
ainsi sans entrer dans le détail, qu'il mesoit
permis de renvoyer M. P: à la table de
son troisiéme volume de l'Histoire des
Empereurs. Lampride pareillement , qui
avoit l'ouvrage d'Herodien sous les yeux,
en faisant la vie d'Alexandre , est obligé
de le corriger , lorqu'il contredit les Annales de la Ville de Rome , et tous les
Auteurs contemporains , qui étoient plus
à portée que lui d'examiner les démar
ches de cet Empereur , et sa maniere de
vivre. Cet Historien Grec a pû être mieux
informé de quelques- unes des choses qui
se passerent en Orient , mais il n'eut pas
les mêmes facilitez pour apprendre tout
ce qui arriva dans l'Occident. Il en raconta des Histoires autrement qu'elles n'étoient , et il en obmit plusieurs qui ne
vinrent point à sa connoissance , même
de celles qui regardent l'Orient.
S'il
AOUST. 1732. 1729
S'il falloit n'admettre que ce qu'il a inseré dans son Ouvrage , il faudroit effacer
de la vie d'Alexandre la révolte des Troupes de Mésopotamie , contre Flavius Heracleon , leur Commandant, dont Dion a
parlé; il ne faudroit rien croire du meurtre d'Ulpien, rapporté par le même Dion.
Si Herodlen a obmis l'association d'Ovinius , il a aussi passé sous silence la victoire sur les Germains, remportée en 229,
dont les Médailles ont conservé la mémoire ; il n'a pas fait là moindre men--
tion du triomphe glorieux d'Alexandre ,
au retour de la guerre de Perse. Loin de
cela ,on croiroit à le lire , que l'Empëreur confus de n'avoir pû vaincre Arta--
xerxes , vola brusquement d'Antioche sur
les bords du Rhin ,, pour l'éxpédition
d'Allemagne ; confectoque celeriter itinere
consistit ad Rheni ripas. Il ne dit rien non
plus de l'élevation de Taurin et d'Urane
à l'Empire. Faut-il donc s'étonner s'il en a
fait autant d'Ovinius.
Je ne m'étendrai point à refuter la proposition extraordinaire par laquelle M. P.
avance,qu'à moins que les faits que Lam--
pride a tirés des Historiens contemporains
d'Alexandre , ne se rencontrent ailleurs ;
on est toujours bien reçu à les rejetter.
Javoiie que ce principe est très- commode
G. v pour
1730 MERCURE DE FRANCE
pour n'admettre que ce que l'on veut. Il
suffit de l'exposer , pour faire voir à quel
dégré d'incrédulité il conduiroit les Lecteurs , s'ils en étoient susceptibles , et il
n'est pas difficile de prévoir qu'après l'avoir admis , à l'égard des Historiens du
Paganisme,on pourroit bien l'étendre sur
d'autres , d'une importance bien plus
grande. Je suis donc d'avis, comme vous,
Monsieur , que loin de rejetter le témoignage des Auteurs réunis ensemble , dans
la compilation de l'Histoire Auguste ,
tout imparfaits qu'ils sont; la raison veut
qu'on y ajoute foy , comme à toute autre
Histoire , à moins qu'il n'y ait des motifs
très-pressans de s'en écarter, et des objections qui soient sans replique.
La derniere objection de M. P. contre
l'association d'Ovinius à l'Empire , consiste en ce qu'il ne se trouve aucune Médaille qui fasse mention de lui,ni aucune
Loy où son nom soit marqué. Mais fait- il
attention , que selon l'Historien sur lequel nous nous fondons , cette association fut de très peu de durée , et qu'Ovinius fatigué du métier de la guerre , au
bout de trois ou quatre jours de marche,
abdiqua l'Empireset qu'Alexandre l'ayant
aussi- tôt confié à des Soldats , de la fidèlité desquels il étoit très-sûr,le fit conduire
dans
AOUST. 1732. 1731
dans ses terres, où il vécut en simple particulier. Quoiqu'on ne puisse gueres dou
ter qu'il n'y ait eu quelques Médailles
à l'occasion de l'association d'Ovinius
il n'est pas extraordinaire qu'il ne s'en
trouve point aujourd'hui. Combien y en
a-t-il eu qui n'existent plus , et combien
n'en reste- t- il pas encore à découvrir? On
donne communément trois femmes à Alexandre Severe ; où sont les Médailles des
deux dernieres ? Où est celle qui fut sans
doure frappée pour le triomphe de cet
Empereur. L'Histoire ne nous apprend- elle pas que certaines personnes ont porté le titre d'Empereur , sans qu'il en reste
des Médailles, ou du moins dont on n'en a
que de tres douteuses. Tel est un Jotapianus , un Lucius - Priscus , un JuliusValens , un Perpenna- Lucinianus, un Firmius , &c. S'il ne se trouve point de Médailles de tous les Princes dont l'Histoire
fait mention , il faut aussi avouer que les
Médailles nous ont conservé le nom de
quelques Princes , qui sans cela ne seroient point connus, les Livres qui en
pouvoient traiter ayant été perdus. Tel
est un Pacatianus , un Nigrianus, une Bar
bia Orbiana , &c. On ne peut donc point
conclure avec certitude, qu'un Prince n'a
point existé , de ce qu'on ne trouve poinɛ Cvj son
1732 MERCURE DE FRANCE
son nom sur les Médailles qu'on a aujourd'hui,ou qu'il ne paroît pas dans les Hitsoriens ,parce qu'on a perdu beaucoupde mo
numens en l'un et en l'autre genre. On peut
encore moins le conclure de ce que son
nom n'est dans aucune Loy. Cette raison
est des plus frivoles dans l'affaire d'Ovinius. Il peut se faire qu'il n'y ait eu aucune
Loy expédiée , du moins qui soit parve
nue jusqu'à nous , pendant le court inter valle de son association. Si donc il se rencontre des vuides considérables , sans promulgation de Loix , pendant les années ,
à l'une desquelles on est obligé de fixer
cette association , l'argument de M. P.
n'est d'aucun poids , et il tombe de luimême.
nuë
Quoique jaye accordé à M.P. qu'une
Inscription votive, de l'an 228. qui porte
ces mots: Pre salute Dominorum, pourroit
s'entendre plus naturellement de l'Im
pératrice Mammée , avec son fils ; je n'abandonne point cependant tout-à- fait la
part qu'Ovinius peut avoir dans ce nom
bre plurier; parce qu'à la lecture de Dion,
tout abregé qu'il est par Xiphilin ; on
voit clairement que la mort d'Ulpien n'a
pas dû précéder de beaucoup de temps le
Consular du même Dion , qui fut sûrement l'an 229. Il faut donc mettre certe
mort
A' O UST. 、 1732. 1733
mort vers la fin de l'an 227 , ou au commencement de 228. Or comme , selon le
même Dion , l'intervalle entre ces deux
époques fut celui pendant lequel se for- merent diverses rebellions : Multa rebelLiones à multis celle d'Ovinius ayant été
l'une des plus dangereuses, il paroît qu'on
doit toujours la rapporter à l'an 228 ; et que
par conséquent son association seroit du
même-temps, et sous le Consulat de Mcdeste et Probus. C'est ce qu'il faut esperer
que la postérité verra un jour éclairci par
les Médailles , dont on fera la découverte, ou par d'autres monumens plus en- tiers que n'est celui d'Auxerre. Au reste
cet Ovinius-Camillus estsi peu une chime
re et unpersonnage fabriqué par Lampride, ou par quelque Ecrivain posterieur
selon le jugement de Tristan , que ce celebre Antiquaire le croit fils d'un autre
Ovinius-Tertullus , Président de la Mysie inférieure , auquel fut adressé un Réscrit très-connu dans le Droit , et qui a
fait donner le nom de : Ad Senatus Consulium Tertullianum , au tit . 17 du 38 liv.
du Digeste. Les Deux Empereurs qui y
sont nommez , sont Septime Sévére , et
Caracalla , son fils ; et le Jurisconsulte ,
qui cite le Réscrit, n'est autre que le fameux Ulpien , dont j'ai déja parlé plu- sieurs
1734 MERCURE DE FRANCE
sieurs fois. Je vous ai , Monsieur , l'obligation de cette remarque , qui n'est pas
icy hors de propos , et qui fait voir en
même- temps, qu'en lisant les Loix, vous
ne perdez aucun des fruits qu'on en peut
tirer pour la littérature. Comme les Livres du Droit sont moins suspects de
falsification que les Livres d'Histoire ,
j'espere que mon Adversaire aura assez
d'équité pour ne pas prétendre que la
généalogie , indiquée par Tristan , pêche
jusques dans sa source. Il faut qu'il convienne au moins que le nom d'Ovinius
ne se rencontre guéres ailleurs qu'en ces
-deux endroits. De mon côté , si le tout
est controuvé et fabriqué à plaisir , j'avouerai que la manufacture d'Ecrivains ,
Imaginée par quelques modernes , a eu
des correspondances admirablement bien
soûtenues par tout l'Occident , pour y
faire trouver en tous lieux , dans le Corps
du Droit , un Ovinius- Tertullus , Pere
environ l'an 200 , et dans la compila
tion de l'histoire Auguste , un OviniusCamillus , fils , l'an 228. ou environ.
AAuxerre , ce 26 May 1732
de Lampride sur Ovinius Camillus ,
adressée à M. Bouhier , President an
Parlement de Dijon.
Ice
La dû vous paroître , Monsieur , par
ce que j'ai dit dans les Mercures de
May et d'Octobre 1731. pages 1052. et
2347. que je n'ai point prétendu que
l'explication que j'ai donnée du PRO
SALUTE DOMINORUM , de l'Inscription
trouvée proche notre Ville , fût la seule
et unique qu'on pût en donner. J'ai toûjours attendu qu'on détruisît solidement
ce que j'ai avancé sur la foi de M. de
Tillemont , dès le lendemain que cette
découverte fut faite , et avant que d'avoir eu le loisir de feüilleter les immenses
Recueils d'Inscriptions qui peuvent servir à mettre la verité dans un plus grand
jour. Un Curieux d'Orleans , qui ne se
fait connoître que sous ces deux Lettres
initiales D. P. a enfin trouvé au bout de
quelques mois après la publication de
ma Lettre , que l'on pouvoit entendre ce
DOMINORUM , d'autre que d'Alexandre
Severe et Ovinius , joints ensemble , etil
"
1710 MERCURE DE FRANCE.
il écrit non seulement qu'on le peut ,
mais qu'on le doits et qu'il est impossible
que cette domination ou cet Empire commun attribué à deux Princes convienne
à ces deux-là. Ce qu'il y a d'étonnant
dans son Ecrit imprimé dans le dernier
Mercure , est que pour faire tomber nécessairement les vœux contenus dans notre Inscription sur la prosperité d'Alexandre et de Mammée sa Mere , il persiste à vouloir qu'on regarde comme faux
tout ce que Lampride rapporte de l'association d'Ovinius à l'Empire. Il peut trouver en moi un Lecteur assez docile pour
embrasser l'explication qu'il donne du termeDominorum , comme étant plus aisée à
sauver; mais il ne s'ensuivra pas de- làqueje
doive croire qu'Ovinius est une chimere,
et que tout ce que Lampride en rapporte
est une fible. L'autorité de Lampride est
trop bien établie, pour qu'on puisse révoquer en doute un fait qu'il arevêtu detous
les motifs de credibilité qu'on peut exiger pour l'appui d'un évenement extraor
dinaire. En passant donc à M. P. que ce
fut pour la prosperité de Mammée et
d'Alexandre , que le Monument en question fut érigé , il n'en faut point conclure pour cela que l'association d'Ovinius soit une fiction de quelqueModerne,
A O UST. 1732. 1711
et une invention de quelque Manu- facture d'Ecrivains. Tout ce qu'il pour
ra inferer de ce que je lui accorde , est
que M. Tillemont n'a pas toûjours.
bien examiné les choses avant que de les
assurer, et que quelquefois on peut se
tromper lorsqu'on s'en rapporte trop vîte à son jugement. J'avoueray donc que cet
Historien , tout judicieux qu'il étoit , a
manqué de preuves suffisantes fixer pour l'association d'Ovinius à l'an 223. mais
j'ajoûte bien plus , qu'il ne s'est pas exprimé bien exactement lorsqu'il a dit qu'il
ya dans l'Histoire de cette Association des
circonstances qui paroissent tenir de la Fable. On entrevoit que ce grave Historien a
voulu insinuer seulement que cette association a eu quelques circonstances qui
tiennent du comique , ce que je ne nie
pass mais des circonstances , pour › pour être
comiquès , n'empêchent point le fond
de l'Evenement d'être très- réel. M. de
Tillemont l'a crû tel , puisqu'il a
ployé un article entier de ses Notes pour
en fixer l'époque, Alexandre s'est comporté comme il a dû faire dans la conjoncture où il se trouvoit ; et c'est un
des traits de politique les mieux jouez ,
que celui qui est rapporté par Lampride.
Comme M. P. d'Orleans traite de fable
emtout
1712 MERCURE DE FRANCE
*
tout le récit de Lampride , le point de
difficulté qui nous sépare ne consiste plus
que dans la verification de ce récit que
je soutiens sincere et non controuvé ni
fabriqué à plaisir. Il ne sera plus fait
mention entre nous de l'Inscription d'Auxerre ; mais seulement de cette question
de fait que l'Inscription a occasionnée.
Quelles que soient les louanges qu'il me
donne dans ses deux Ecrits , je ne m'en
laisse point éblouir , et je fais gloire d'être mis au rang des Lecteurs les plus crédules et que la lecture de Lampride ne révolte point , lorsque je m'y trouve dans la compagnie d'une personne aussi profondément versée dans ces matieres que
vous l'êtes. Vous avez eu la bonté de me
faire part de ce que vous opposeriez à
M. P. si c'étoit à vous qu'il eût affaire :
vous allez juger , Monsieur , si j'en ai
fait usage suivant vos intentions , et si
ce que j'ai découvert depuis par une lecture attentive de Lampride , et que j'ai
joint à vos Observations , n'est pas suffisant pour convaincre quiconque n'éxigera point des preuves métaphisiques ou
d'un genre superieur.
Les preuves exterieures de l'Association
d'Ovinius à l'Empire par Alexandre ,
consistent à assurer l'autorité de Lampride
A O UST. 1732. 1713
pride qui le rapporte. Il est inutile de
repeter ce que j'en ai dit dans le Mercure d'Octobre , page 2337. On y voit
les précautions que cet Historien à prises
pour constater la chose ; et vouloir en
douter c'est comme si l'on soutenoit que
tout ce que les Historiens d'aujourd'hui
rapportent de la vie du Roy Henry IV.
sur la foi des Memoires de ses Courti
sans ou de ses Generaux d'Armées , n'est
pas assez appuyé pour être crû , et qu'il
faut qu'ils produisent ces Memoires tels
qu'ils ont été rédigez dans le Cabinet ou
sous les Tentes. Comme nous nous contentons des Extraits qu'on nous donne
aujourd'hui de ces Memoires , de même
dans le siecle de Constantin , on n'exigea
point de Lampride , qu'il joignit à sa vie
d'Alexandre les Memoires qu'en avoient
redigé séparément Septimius , Encolpius,
Acolius , &c. on se contenta des Extraits
qu'il en fit et qu'il ajusta à son style ,
qui est fort simple et fort coupé. Son
dessein étant d'exposer à Constantin
quel fut le caractere des Princes plutôt
que d'entreprendre une Histoire suivie ,
il ne faut pas être surpris qu'il ne tire
des amples Memoires qu'il avoit , qu'un
simple Sommaire qui présente plutôt l'état des mœurs , les maximes et la conduite
1714 MERCURE DE FRANCE
duite de ce Prince , qu'un détail circons→
tancié de ses campagnes C'est l'idée qu'il
faut se faire de Limpride , comme de
quelques autres qui ont compilé les
actions de certains Empereurs , à dessein de donner une idée de Fur caractere On voit par son narré qu'il avoit
sous les yeux les cinq ou six A teurs qui
avoient écrit uniquement sur Alexandre,
et même qu'il tiroir d'Herodien ce qu'il
jugeoit à propos , le refutant lorsqu'il
étoit necessaire. Il n'est point étonnant
après cela que cet Auteur et ses semblables ayent quelques deffiuts ; mais ces
deffauts ne sont pas essentiels. Les Ecrivains de cette espece pechent ordinaire- ment par le manque d'ordre et de méthode. Ils tombent dans des redites ;
mais avec tout cela ils n'écrivent rien de
faux ; ils promettent de s'étendre sur certaines choses , et ils l'oublient ensuite ,
ou ne les font qu'effleurer. Lampride est
précisement dans ce cas-là , au jugement
de Vopisque , dans la vie de l'Empereur
Probus. Il y paroît dans le rang
qui ont transmis l'Histoire à la posterité
non tam disertè quam verè. Laissant l'élegance et l'emphase , il a écrit avec simplicité , mais avec verité. Il ne rapporte
point non- plus les faits par ordre chrode ceux
nologi-
A OUST 1732. 1715
nologique , mais suivant qu'ils se sont
présentez à sa plume , en traçant les traits.
qui caract risent l'Empereur Alexandre.
On ne l'accuse point comme Herodien ,
d'avoir composé les Harangues qu'il met
dans la bouche des Empereurs , ni les
Lettres qu'il leur fait éc ire ; il rapporte
le peu de paroles que le Prince a prononcées ; et s'il ne les rapporte pas diserè ,
du moins on doit dire qu'il les rapporte
verè. Il n'est pas éloquent ; mais il est
fidele. C'est de l'une de ces courtes Harangues que j'espere, Monsieur , tirer cydessous la preuve du temps auquel a été
faite l'Association d'Ovinius.
L'autorité de Lampride étant suffisamment à couvert , malgré le décri dans lequel l'Ecrivain d'Orléans voudroit la mettre , il faut maintenant faire voir que
l'Histoire de l'Association d'Ovinius n'a
rien d'incroyable en elle même , et qu'au
contraire elle est revêtuë de circonstances
qui s'accordent très- fort avec la situation
où Alexandre se trouva. Loin qu'Alexan
dre Sevére fut un Prince puissant , etque
tout fut paisible de son temps , au point
que se le figure M. P. il n'y a gueres eu
d'Empereur plus traversé par ses propres
Sujets , et qui ait essuyé plus de soulévemens. Il est certain que ce jeune Prince
avoit
1716 MERCURE DE FRANCE
avoit par lui- même un bon caractere et
d'excellentes inclinations, qui le portoient
aux grandes choses. Mais sa mere l'avoit
élevé dans une dépendance servile , à laquelle il n'eut pas la force de se soustraire. Ainsi on peut dire que c'étoit elle qui
gouvernoit sous le nom de son fils. Fecit
cuncta cum matre , ut et illa videretur pariter imperare , dit Lampride ; et plus bas :
Egit omnia ex consilio matris. C'est pour
cela que l'Empereur Julien en ses Césars,
lui fait ce reproche amer : Pauvre sot , qui
maître de l'Empire , n'a pas eu l'esprit de
gouverner tes propres Sujets , mais a remis
tes trésors entre les mains de ta mere ! Un des
traits les plus marquez de cette dépendance de sa mere , fut la foiblesse avec laquelle il souffrit l'indigne procédé qu'elle
garda envers sa femme et son beau pere.
Si ce Prince eut été si puissant que le dit
M. P. auroit-on vû arriver sous ses yeux
le meurtre d'Ulpien son favori, et Prefet
du Prétoire , par les Soldats de la Garde
Prétorienne , sans qu'il osât s'élever alors
contre cet attentat ? Loin de punir aussitôt le principal auteur , il lui donne la
Préfecture d'Egypte , en attendant qu'il se sente assez fort pour s'en venger. Depuis cette mort les Prétoriens ne lui obéïrent plus qu'à regret ; leur haine se porta contre
AO.UST. 1732 1717
contre Dion , son Collegue de l'an 229.
et elle éclata si fort que ce Consul n'eut
pas le courage de paroître dans Rome
avec les marques de sa dignité; et il fallut
que l'Empereur lui conseillât de s'en éloigner , pour éviter leur fureur. Dira- t- on
après cela que ce Prince fut regardé comme Puissant , et que son regne fut fort
paisible? Ce n'est pas encore tout; un
nomméTaurin et un autre particulier ,
appellé Urane ( a ) , furent élevez à l'Empire par les armées d'Orient. Un troisiéme, nommé Antonin , fut pareillement
proclamé Auguste , par les Prétoriens. Il
est vrai que ces personnages refuserent la
dignité qu'on leur offroit ; mais ce n'en
est pas moins une preuve que le regne
d'Alexandre ne fut pas si paisible que le
prétend M. P. Peut- être que pour ne rien
rabattre de ses prétentions , il soutiendra que ces proclamations ne se trouvant
marquées que dans le jeune Victor et dans
Zozyme, elles ne meritent aucune créance.Acela je réponds que comme ces deux
Ecrivains vivoient dans un siecle peu
éloigné de celui d'Alexandre , il ne faut
point douter qu'il n'eussent devant eux
les Mémoires de quelques uns des cinq ou
( a ) Je croirai , si l'on veut , que Taurin et Urane aété le même ; rien n'empêche de lesdistinguer.
six
1718 MERCURE DE FRANCE
amis
six Auteurs qui avoient écrit les évenemens du regne de ce Prince , et dont l'éloignement des temps nous a privez Au
reste , ce que Dion rapporte de lui - même
personnellen ent , marque assez l'appré- hension où Al xandre étoit de voir ses
rsécutez ; et peut être aussi de se P
voir lui- même livré au caprice des Soldats. Or je demande si avec de tels soupçons , un Prince peut passer pour avoir
tou ours mené une vie tranquille , si on
peut dire que son regne a été paisible, et
que lui même gouvernoit ses Sujets avec
puissance et empire.
Si donc l'on trouve du foible dans la
maniere dont il se conduit , pour écarter ce qui se tramoit en faveur d'Ovinius,
P'on pourroit l'attribuer aux con eils timides de sa mere : Mais non ; il semble
au contraire que ce fut un trait de prudence qui le fit agir ainsi, Les Prétoriens,
dont l'autorité étoit enracinée dansRome,
avoient conçu une telle haine contre
Mammée , et par conséquent contre son
fils , que tout éroit à craindre de leur
part. Dès qu'ils croyoient voir dans le Sénat quelque Sujet propre à être élevé à
l'Empire , ou , pour mieux dire , à condescendre à leurs volontez , ils ne manquoient pas de ménager des pratiques
sour
D
AOUST. 1732. 1719
sourdes , pour faire déclarer Rome en sa
faveur. Ovinius convenoit apparemment
à leur dessein , et il se trouva disposé à
y concourir. Alexandre en étant averti ,
crut le prévenir , non en se défaisant de
lui , à force ouverte , mais en faisant semblant d'entrer dans les vûës des Prétoriens , jusqu'à ce qu'il trouvât le moment
favorable de perdre son concurrent.Ayant
été averti d'un remuëment , de la part de
certains Barbares , il se servi. de cette occasion pour faire connoître à toute l'armée jusqu'où s'étendoit la force et la vigueur de cet homme si désiré . Il l'associa
donc à l'Empire , avec quelqu'une au
moins des solemnitez ordinaires ; mais
pour le faire en même temps tomber
dans le mépris , et montrer combien il
étoit peu digne de lui être con paré ; il
lui proposa d aller avec lui à la guerre
qui se présentoit à faire contre les Barbares , prévoïant bien qu'il n'oseroit le lui
refuser , mais que délicat comme il étoit,
il ne pourroit jamais résister aux fatigues
dont il lui donneroit l'exemple , et que
son entreprise tourneroit à sa confusion.
En effet , la chose réüssit , comme Aléxandre l'avoit prévû , et par là l'Empereur se vit délivré d'un ennemi qui cassa
d'être dangereux dès qu'il commença à
·
être.
1720 MERCURE DE FRANCE
être méprisé. Ce tour de politique est- il
donc si ridicule et si hors de vrai-semblance que l'assure le Critique d'Orleans?
Pour moi j'y vois toutes chose admirablement bien concertées , pour venir à bout
de décrier Ovinius ; et cela me rappelle le
souvenir d'un artifice assez semblable dont
usa , quelques années auparavant, l'Empereur Septime- Severe, à l'égard d'Albin.
Ce Prince voïant qu'Albin qui descendoit d'une ancienne Maison , étoit aimé
du Sénat, n'osant l'attaquer à force ouverte , fit mine de vouloir l'associer à
l'Empire , et lui écrivit à cet effet des Lettres très-affectueuses en apparence ; mais
en même- temps il chargea secretement
ceux qui les lui porterent de sa part,de se
défaire adroitement de lui; et s'il n'y réüssit pas , ce ne fut pas sa faute. Je pourrois aussi produire d'autres exemples de
tours de politique plus semblables à celui
qu'employa Alexandre , et aussi plus récens. Mais je croi m'être assez étendu sur
cet article , pour persuader à mon adversaire que ce n'est pas sans fondement que
je regarde l'expedient rapporté par Lampride , comme ayant été réellement et
véritablement mis en usage. J'avouë, avec
lui , qu'il n'y a aucune apparence qu'Alexandre cut voulu dans de pareilles circons-
AOUST. 1732. 1721
Constances abandonner à Ovinius , la conduite de son armée; c'eut été le comble de
l'imprudence. Aussi n'est-ce pas le sens
qu'il faut donner au texte de l'Historien .
Monsieur de Tillemont l'a induit en erreur , par la traduction qu'il a faite de ce
texte Latin , en ces termes : Alexandre
offrit à ( Ovinius Camillus de l'y mener
avec lui , s'il n'aimoit mieux y aller lui
seul. Dans ce texte,ainsi conçu ; vel ipsum
si vellet, ire, vel ut secum proficisceretur, bortatus est , la particule vel, doit être prise
non disjonctivement , mais conjonctivement c'est-à- dire pour et , comme dans
une infinité d'autres endroits des Auteurs de l'Histoire Auguste. Monsieur de
Saumaise l'a remarqué plusieurs fois , et
entr'autres sur Lampride, par cette petite
notte; (vel pro et ; quod sexcentis locis apud
hos autores observavimus ) ( a ) Icy P'Hi
torien en a usé de la sorte , d'autant pl
volontiers que la répetition de la part.
cule et qu'il avoit employée peu aupara
vant , et qui revient peu après , auroi
été trop désagréable. ( b ) Lampride a
donc seulement donné à entendre qu'Alexandre invita Ovinius à aller à la Guer-
( a ) Edition de 1620. pag. 184.
(b) Voyez le Mercure d'Oct. 1731. pag. 2338.
C
1722 MERCURE DE FRANCE
re contre les Barbares , et même à faire
le voyage avec lui.
Je n'étois aucunementobligé de désigner
l'habitation de ces Peuples , lorsque je fis
ma premiere Lettre adressée aux Auteurs
du Mercure, dans le mois de May dernier,
n'y d'ajouter dant la seconde , pour plus
grande explication, que l'expedition Ġermanique , qui suivit l'association , se rapportoit à celle où Varius Macrinus se signala dans Pillyrie; et j'aurois pû me borner au simple texte de Lampride , qui ne
les nomme qu'en général , sous le nom
de Barbares. Mais m'étant reposé sur
l'exactitude qu'on attribuë à M. de Tillemont , j'ai cru avec lui, qu'il s'agissoit de
l'expédition qui se fit par Alexandre,contre les Germains , dont le triomphe qui
suivit est marqué chez Occo , sur une
Médaille d'argent en ces deux mots DE
GERMANIS , avec cette note chronologique TR. P. VIII.cos. III. La Victoire étant
rapportée à l'an 229. de Jesus- Christ , il étoit assez naturel de croire que la guerre
cut pû commencer en 228. c'est ce qui
-me déterminoit à faire partir en cette
année Ovinius avec Alexandre. Mais depuis , j'ai fait réfléxion sur un discours
fit Alexandre à ses Soldats étant à An- que
tioche l'an 233 , lorsqu'il les conduisoit
contre
AAOUST. 1732 1723
contre la Perse L'Empereur voulant éteindre les semences de sédition qui se formoient dans son armée, rappella à ses anciens Soldats l'usage qu'on leur avoit enseigné de faire de leur voix , d'abord
contre les Sarmates , ensuite contre les
Germains , et enfin contre les Perses ,
ajoutant qu'il étoit étonnant qu'ils voulussent s'en servir contre celui qui leur
fournissoit la nourriture,les vétemens, &c.
Qui in concione estis , leur dit- il , vocem in
bello cantra hostem , non contra Imperatorem
vestrum necessariam , certè Campidoctores
vestri hanc vos docuerunt contra Sarmatas et
Germanos ac Persas emittere , non contra eum
qui acceptam à Provincialibus annonam ,
qui vestem , qui stipendia vobis attribuit.
Monsieur de Tillemont n'ayant traduit
dans notre langue qu'une partie de ce dis- cours , n'a pas fait sentir que les Sarmates
ysont nommez en premier lieu , et les
Germains ensuite. Ce fut donc l'occasion.
de l'irruption des uns ou des autres de ces
Barbares qu'Alexandre saisit , pour convaincre les Soldats , combien ils se connoissoient peu en vrai mérite , lorsqu'ils
marquoient quelque inclination d'obéïrà
Ovinius. L'Empereur qui étoit jeune , af
fecta apparemment d'aller exprès à pied,
afin de faire succomber son concurrent
Cij Sous
1924 MERCURE DE FRANCE
sous la fatigue, et il en vint à bout en peu
de jours. Comme il est évidenr qu'Alexandre dans le discours qu'il tint à ses
Troupes , les faisoit ressouvenir par ordre des temps de toutes les Campagnes
qu'ils avoient faites; il est necessaire de
placer celle de Sarmatie la premiere ; et
par consequent comme celle de Germanie est de l'an 229 , au plus tard ; on doit
celle que qui se fit contre les
Sarmates a dû être aussi au plus tard l'an
convenir
228.
On ne peut pas assurer si Alexandre
alla en personne jusques dans la Sarmatie; c'est un fait qu'Acolius auroit sans
doute éclairci par le moyen de son livre
des Voyages de cet Empereur. Mais ses
Mémoires étant perdus , on doit se contenter de sçavoir simplement que la premiere guerre que cet Empereur eut à soutenir, fut contre ces peuples. Il seroit fort
à propos , je l'avoue , que quelque Médaille vint au secours de la notice que je
prétends tirer en faveur de cette guerre
Sarmatique , du discours qu'Alexandre
tint à ses Soldats , de méme que nous en
avons une qui constate celle de Germanie. Mais il ne faut point désesperer d'en
trouver quelquejour où la victoire sur les
Sarmates sera rapportée à l'une des 6 premieres
AOUST. 1732 1725
,
mieres années du regne d'Alexandre ,
pourvû que l'on soit plus soigneux de les
conserver , que ne l'a été un Orfévre de
notre Ville , qui au mois de Juin dernier,
en ayant acheté d'un passant un grand
nombre d'argent , du regne de cet Empereur et des autres Princes qui lui succederent , les fondit une demie - heure
après, sans qu'on ait pû en sauver qu'une
seule d'Alexandre. Ces monumens,moins
sujets aux accidens que les livres, peuvent
suppléer en quelque sorte , à ce que nous
- sçaurions plus en détail , si nous avions
en original les Memoites que Septimius ,
Acolus , Encolpe , Gargilius-Martialis
Marius Maximus , Aurele- Philippe et
encore d'autres témoins oculaires avoient
dressés touchant le regne de cet Empereur. Cette guerre Sarmatique s'offre icy
d'autant plus à propos,avant celle de Germanie , que plus elle sera rapprochée du
regne d'Alexandre , plus on sera fondé à
suivre l'explication que Saumaise a donnée au texte de Lampride , et à dire avec
lui que ce fat Alexandre même qui donna ordre de tuer Ovinius dans l'une de
ses terres , où il demeuroit depuis long- temps,
et à ne pas rejetter , sans necessité , cette
mort sur l'Empereur suivants tutum ad
Willas suas irepræcepit in quibus DIU VIXIT,
C iij
K
sed
1726 MERCURE DE FRANCE
sed post , jussu Imperatoris occisus est. Depuis la remarque que vous , Monsieur ,
m'avez fait faire , après Saumaise , que
tout Historien qui dit simplement l'Ēmpereur , entend celui dont il écrit l'histoire , et non son successeur; je ne panche
plus en aucune maniere pour le sentiment que M. de Tillemont insinuë.
M. P. d'Orleans a proposé le silence de
deux Ecrivains contemporains à Alexandre ; sçavoir , Dion et Hérodien , comme
un grand argument contre l'histoire de
l'association d'Ovinius, Mais il faut d'abord retrancher de ce nombre l'Historien
Dion , pour plusieurs considerations. La
premiere est , que nous avons perdu le
livre de son histoire, qui comprenoit une
partie duregne d'Alexandre; car nous n'en
avons qu'un abregé des plus succincts ,
fait par Xiphilin , lequel a retranché ce
qui lui a plus la seconde est , que si
l'association d'Ovinius s'est faite dans le
temps que Dion a renfermé dans son Histoire , c'est-à-dire , avant l'an 229 , comme je n'en doute aucunement , Xiphilin
a voulu la comprendre sous ces termes
generaux qui se trouvent dans son abregé: Per id tempus multe rebelliones facta
sunt à multis quarum aliquot , quum fuissent formidolosa , repressa ac restrincta sunt.
Les
AOUST. 1732. 1727
Les sourdes pratiques d'Ovinius pour par
venir à l'Empire, sontsans doute du nom
bre de ces rebellions dangereuses qui furent réprimées par Alexandre. Can Ovinius rebellare voluisset tyrannidem affecians,
dit Lampride.
ро
Qu'importe , en effet , de quel moyen
on se serve pour réussir à étouffer une rebellion formée secretement , force ou
adresse , pourvu qu'on parvienne au bur
qu'on s'est proposé. Alexandre usa de
litique, de même qu'il venoit de faire unt
peu auparavant , incontinent après le
meurtre d'Ulpien son favori. Le même
Dion dit que la raison pour laquelle Epagathe , Auteur de ce meurtre , ne fut
point puni sur le champ et pourquoi
l'Empereur parut dissimuler la peine que
lui faisoit cette action , fut la crainte qu'il
eut d'exciter une émotion dans Rome.
Epagathus qui Vlpiano magna ex parte
causa necis fuerat , missus est in Ægyptum,
ut Præfectus ejus Provincia , ne forte si de eo
Rome supplicium sumptum esset , tumultus
aliquis connectaretur; atque inde reductus in
Cretam , condemnatus est. Per id tempus , et
le reste , comme cy- dessus.
Quelque année que l'on choisisse entre les six premieres du regne d'Alexandre,
pour placer la mort d'Ulpien , il est évi- C iiij dent
7728 MERCURE DE FRANCE
dent que la rebellion d'Ovinius ne tarda
gueres à suivre cet évenement. On doit
aussi placer vers ce temps-là les procla
mations des autres Augustes dont j'ai parlé plus hauts et le texte de Dion le demande.
A l'égard d'Herodien , ce n'est rien
moins qu'un Auteur exact , suivant les
Critiques et suivant M. de Tillemont
même. Aussi le reprend-il très-souvent ;
ainsi sans entrer dans le détail, qu'il mesoit
permis de renvoyer M. P: à la table de
son troisiéme volume de l'Histoire des
Empereurs. Lampride pareillement , qui
avoit l'ouvrage d'Herodien sous les yeux,
en faisant la vie d'Alexandre , est obligé
de le corriger , lorqu'il contredit les Annales de la Ville de Rome , et tous les
Auteurs contemporains , qui étoient plus
à portée que lui d'examiner les démar
ches de cet Empereur , et sa maniere de
vivre. Cet Historien Grec a pû être mieux
informé de quelques- unes des choses qui
se passerent en Orient , mais il n'eut pas
les mêmes facilitez pour apprendre tout
ce qui arriva dans l'Occident. Il en raconta des Histoires autrement qu'elles n'étoient , et il en obmit plusieurs qui ne
vinrent point à sa connoissance , même
de celles qui regardent l'Orient.
S'il
AOUST. 1732. 1729
S'il falloit n'admettre que ce qu'il a inseré dans son Ouvrage , il faudroit effacer
de la vie d'Alexandre la révolte des Troupes de Mésopotamie , contre Flavius Heracleon , leur Commandant, dont Dion a
parlé; il ne faudroit rien croire du meurtre d'Ulpien, rapporté par le même Dion.
Si Herodlen a obmis l'association d'Ovinius , il a aussi passé sous silence la victoire sur les Germains, remportée en 229,
dont les Médailles ont conservé la mémoire ; il n'a pas fait là moindre men--
tion du triomphe glorieux d'Alexandre ,
au retour de la guerre de Perse. Loin de
cela ,on croiroit à le lire , que l'Empëreur confus de n'avoir pû vaincre Arta--
xerxes , vola brusquement d'Antioche sur
les bords du Rhin ,, pour l'éxpédition
d'Allemagne ; confectoque celeriter itinere
consistit ad Rheni ripas. Il ne dit rien non
plus de l'élevation de Taurin et d'Urane
à l'Empire. Faut-il donc s'étonner s'il en a
fait autant d'Ovinius.
Je ne m'étendrai point à refuter la proposition extraordinaire par laquelle M. P.
avance,qu'à moins que les faits que Lam--
pride a tirés des Historiens contemporains
d'Alexandre , ne se rencontrent ailleurs ;
on est toujours bien reçu à les rejetter.
Javoiie que ce principe est très- commode
G. v pour
1730 MERCURE DE FRANCE
pour n'admettre que ce que l'on veut. Il
suffit de l'exposer , pour faire voir à quel
dégré d'incrédulité il conduiroit les Lecteurs , s'ils en étoient susceptibles , et il
n'est pas difficile de prévoir qu'après l'avoir admis , à l'égard des Historiens du
Paganisme,on pourroit bien l'étendre sur
d'autres , d'une importance bien plus
grande. Je suis donc d'avis, comme vous,
Monsieur , que loin de rejetter le témoignage des Auteurs réunis ensemble , dans
la compilation de l'Histoire Auguste ,
tout imparfaits qu'ils sont; la raison veut
qu'on y ajoute foy , comme à toute autre
Histoire , à moins qu'il n'y ait des motifs
très-pressans de s'en écarter, et des objections qui soient sans replique.
La derniere objection de M. P. contre
l'association d'Ovinius à l'Empire , consiste en ce qu'il ne se trouve aucune Médaille qui fasse mention de lui,ni aucune
Loy où son nom soit marqué. Mais fait- il
attention , que selon l'Historien sur lequel nous nous fondons , cette association fut de très peu de durée , et qu'Ovinius fatigué du métier de la guerre , au
bout de trois ou quatre jours de marche,
abdiqua l'Empireset qu'Alexandre l'ayant
aussi- tôt confié à des Soldats , de la fidèlité desquels il étoit très-sûr,le fit conduire
dans
AOUST. 1732. 1731
dans ses terres, où il vécut en simple particulier. Quoiqu'on ne puisse gueres dou
ter qu'il n'y ait eu quelques Médailles
à l'occasion de l'association d'Ovinius
il n'est pas extraordinaire qu'il ne s'en
trouve point aujourd'hui. Combien y en
a-t-il eu qui n'existent plus , et combien
n'en reste- t- il pas encore à découvrir? On
donne communément trois femmes à Alexandre Severe ; où sont les Médailles des
deux dernieres ? Où est celle qui fut sans
doure frappée pour le triomphe de cet
Empereur. L'Histoire ne nous apprend- elle pas que certaines personnes ont porté le titre d'Empereur , sans qu'il en reste
des Médailles, ou du moins dont on n'en a
que de tres douteuses. Tel est un Jotapianus , un Lucius - Priscus , un JuliusValens , un Perpenna- Lucinianus, un Firmius , &c. S'il ne se trouve point de Médailles de tous les Princes dont l'Histoire
fait mention , il faut aussi avouer que les
Médailles nous ont conservé le nom de
quelques Princes , qui sans cela ne seroient point connus, les Livres qui en
pouvoient traiter ayant été perdus. Tel
est un Pacatianus , un Nigrianus, une Bar
bia Orbiana , &c. On ne peut donc point
conclure avec certitude, qu'un Prince n'a
point existé , de ce qu'on ne trouve poinɛ Cvj son
1732 MERCURE DE FRANCE
son nom sur les Médailles qu'on a aujourd'hui,ou qu'il ne paroît pas dans les Hitsoriens ,parce qu'on a perdu beaucoupde mo
numens en l'un et en l'autre genre. On peut
encore moins le conclure de ce que son
nom n'est dans aucune Loy. Cette raison
est des plus frivoles dans l'affaire d'Ovinius. Il peut se faire qu'il n'y ait eu aucune
Loy expédiée , du moins qui soit parve
nue jusqu'à nous , pendant le court inter valle de son association. Si donc il se rencontre des vuides considérables , sans promulgation de Loix , pendant les années ,
à l'une desquelles on est obligé de fixer
cette association , l'argument de M. P.
n'est d'aucun poids , et il tombe de luimême.
nuë
Quoique jaye accordé à M.P. qu'une
Inscription votive, de l'an 228. qui porte
ces mots: Pre salute Dominorum, pourroit
s'entendre plus naturellement de l'Im
pératrice Mammée , avec son fils ; je n'abandonne point cependant tout-à- fait la
part qu'Ovinius peut avoir dans ce nom
bre plurier; parce qu'à la lecture de Dion,
tout abregé qu'il est par Xiphilin ; on
voit clairement que la mort d'Ulpien n'a
pas dû précéder de beaucoup de temps le
Consular du même Dion , qui fut sûrement l'an 229. Il faut donc mettre certe
mort
A' O UST. 、 1732. 1733
mort vers la fin de l'an 227 , ou au commencement de 228. Or comme , selon le
même Dion , l'intervalle entre ces deux
époques fut celui pendant lequel se for- merent diverses rebellions : Multa rebelLiones à multis celle d'Ovinius ayant été
l'une des plus dangereuses, il paroît qu'on
doit toujours la rapporter à l'an 228 ; et que
par conséquent son association seroit du
même-temps, et sous le Consulat de Mcdeste et Probus. C'est ce qu'il faut esperer
que la postérité verra un jour éclairci par
les Médailles , dont on fera la découverte, ou par d'autres monumens plus en- tiers que n'est celui d'Auxerre. Au reste
cet Ovinius-Camillus estsi peu une chime
re et unpersonnage fabriqué par Lampride, ou par quelque Ecrivain posterieur
selon le jugement de Tristan , que ce celebre Antiquaire le croit fils d'un autre
Ovinius-Tertullus , Président de la Mysie inférieure , auquel fut adressé un Réscrit très-connu dans le Droit , et qui a
fait donner le nom de : Ad Senatus Consulium Tertullianum , au tit . 17 du 38 liv.
du Digeste. Les Deux Empereurs qui y
sont nommez , sont Septime Sévére , et
Caracalla , son fils ; et le Jurisconsulte ,
qui cite le Réscrit, n'est autre que le fameux Ulpien , dont j'ai déja parlé plu- sieurs
1734 MERCURE DE FRANCE
sieurs fois. Je vous ai , Monsieur , l'obligation de cette remarque , qui n'est pas
icy hors de propos , et qui fait voir en
même- temps, qu'en lisant les Loix, vous
ne perdez aucun des fruits qu'on en peut
tirer pour la littérature. Comme les Livres du Droit sont moins suspects de
falsification que les Livres d'Histoire ,
j'espere que mon Adversaire aura assez
d'équité pour ne pas prétendre que la
généalogie , indiquée par Tristan , pêche
jusques dans sa source. Il faut qu'il convienne au moins que le nom d'Ovinius
ne se rencontre guéres ailleurs qu'en ces
-deux endroits. De mon côté , si le tout
est controuvé et fabriqué à plaisir , j'avouerai que la manufacture d'Ecrivains ,
Imaginée par quelques modernes , a eu
des correspondances admirablement bien
soûtenues par tout l'Occident , pour y
faire trouver en tous lieux , dans le Corps
du Droit , un Ovinius- Tertullus , Pere
environ l'an 200 , et dans la compila
tion de l'histoire Auguste , un OviniusCamillus , fils , l'an 228. ou environ.
AAuxerre , ce 26 May 1732
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Résumé : DEFFENSE d'un Trait Historique de Lampride sur Ovinius Camillus, adressée à M. Bouhier, President au Parlement de Dijon.
La lettre adressée à M. Bouhier, président au Parlement de Dijon, traite de l'interprétation d'une inscription découverte près de Dijon. L'auteur, Defens, reconnaît qu'il existe plusieurs explications possibles pour le terme 'PRO SALUTE DOMINORUM'. Il mentionne qu'un individu d'Orléans, se faisant appeler D.P., a proposé une autre interprétation, contestant l'association d'Ovinius Camillus avec l'Empire d'Alexandre Sévère. Defens défend l'autorité de Lampride, l'historien qui rapporte cette association, et souligne que les circonstances politiques de l'époque rendent cette association plausible. L'Empire d'Alexandre Sévère fut marqué par des soulèvements et des menaces internes, justifiant la prudence d'Alexandre en associant Ovinius à l'Empire pour apaiser les Prétoriens. Le texte discute également de la stratégie politique d'Alexandre Sévère visant à discréditer Ovinius, un rival potentiel. Alexandre proposa à Ovinius de l'accompagner en guerre contre les Barbares, anticipant que ce dernier ne pourrait supporter les fatigues du voyage. Cette manœuvre réussit, permettant à Alexandre de se débarrasser d'un ennemi dangereux. Le texte compare cette stratégie à celle utilisée par Septime Sévère contre Albin, soulignant l'efficacité de telles tactiques politiques. Une controverse sur l'interprétation d'un passage de Lampride est également abordée. Monsieur de Tillemont avait traduit ce passage de manière erronée, suggérant qu'Alexandre avait offert à Ovinius de conduire l'armée seul. Cependant, la particule 'vel' dans le texte latin doit être interprétée comme 'et', indiquant qu'Alexandre invita Ovinius à se joindre à lui en guerre. Le texte mentionne les campagnes militaires d'Alexandre contre les Sarmates et les Germains, soulignant leur importance dans la consolidation de son pouvoir. Il discute également de la fiabilité des historiens contemporains, comme Dion et Hérodien, notant leurs omissions et erreurs. L'auteur affirme que l'association d'Ovinius avec Alexandre est un fait historique, malgré les silences de certains historiens. Le Mercure de France, daté de 1730 à 1734, défend l'idée que les témoignages des historiens, même imparfaits, doivent être pris en compte. L'auteur réfute l'objection de M. P. concernant l'association d'Ovinius à l'Empire, soulignant que cette association fut de courte durée et que l'absence de médailles ou de lois mentionnant Ovinius n'est pas une preuve de son inexistence. Il argue que de nombreux monuments et documents historiques ont été perdus ou ne sont pas encore découverts. L'auteur conclut que l'on ne peut pas conclure avec certitude à l'inexistence d'un prince en l'absence de preuves contemporaines. Il discute également de l'inscription votive de l'an 228 et de la généalogie d'Ovinius, citée par Tristan, ainsi que de la présence du nom Ovinius dans les lois et l'Histoire Auguste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2134
p. 1757-1759
LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
Début :
Vous avez lû, Monsieur, dans le Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Humeur capricieuse, Gaieté, Egalité d'humeur
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
LETTRE de M. D.... au sujet de
l'Eloge de l'HumeurCapricieuse.
V
Ous avez lû , Monsieur , dans le
Mercure du mois de May dernier
P'Eloge de l'Humeur Capricieuse ; il y a
bien de l'apparence , soit dit sans en offenser l'Auteur , qu'il s'est dépeint luimême; cependant malgré les avantages
qu'il trouve dans le caprice , je croi qu'il
suffiroit pour le détromper de lui faire
le portrait de Mlle de C... Jamais humeur
ne fut plus égale et plus charmante que
la sienne , vous la connoissez , Monsieur ,
elle est gaye , polie , gracieuse , préve
nante , douce , modeste , vertueuse et
d'une si aimable figure, qu'il seroit difficile de décider si tant de belles qualitez rassemblées dans une aussi jolie personne , doivent inspirer plus d'amour
que de respect , ou plus de respect que
d'amour ; en effet si l'on découvre à chaque instant de nouveaux charmes dans
son esprit et dans son caractere , m lle
beautez nouvelles se font admirer tous
les jours dans sa personne ; en vain le
Partisan de l'Humeur Capricieuse dira
que
1758 MERCURE DE FRANCE
que l'humeur égale devient insipide , ennuyeuse , qu'elle nous fait tomber dans
la tiedeur et dans l'indolence ; l'humeur
de Mile C.... est , à la verité , toujours
égale dans sa gayeté ; mais cette gayeté
est soutenue de tant de graces et d'attraits si séduisants , que plus on la connoît , plus on cn est enchanté ; peut- on
comparer l'incertitude gênante où nous
jette l'humeur capricieuse , au plaisir que
P'on trouve dans l'égalité d'humeur de
Mile de.... plaisir sans cesse ranimé par
des traits si vifs et si spirituels , qu'il
paroît toujours nouveau ; qui ne préferera pas un chemin semé de roses à un
autre qui sera mêlé de roses et d'épines.
Je me trompe peut-être , mais je pense
que l'égalité d'humeur est le caractere
d'unebelle ame et la marque certaine de
cette bonté de cœur dont tout le monde
se picque,et qui est si rare. Effectivement
rien de si commun en apparence que
bons cœurs , rien de si difficile à trouver
qu'un cœur bon, sans interêt, sans amour
propre, sans respect humain , sans ostentation ; tel est uniquement le cœur de
celui qui dans un heureux calme , jouit
d'une paix que la violence et le desordre
des passions ne peuvent troubler. Il faut
de l'esprit, dit- on, pour être capricieux;
les
assuré-
AOUST. 17320 1759
assurément Mlle de C .... en a autant
qu'il en faut , mais son esprit assez enjoué pour être agréable , a de- même assez
de solidité pour se faire une douce ha- bitude de résister aux mouvemens tumultueux qui causent le caprice ; enfin je
veux bien demeurer d'accord avec notre
Auteur qu'il faut un génie superieur pour
être parfaitement capricieux , pourvû
qu'il convienne à son tour que le caprice est l'effet d'un génie mal reglé.
Après cela qui pourroit hesiter à donner la préference à l'humeur égale , telle
que l'est celle de Mile de C....
Jamais il ne parut un objet plus charmant è
Douce , modeste , vertueuse
Mais prévenante , gracieuse ,
De son aimable Sexe elle fait l'ornement,
Et par des graces naturelles ,
Par des beautez toujours nouvelles ,
Elle sçait à nos cœurs inspirer tour à tour,
Autant de respect que d'amour
l'Eloge de l'HumeurCapricieuse.
V
Ous avez lû , Monsieur , dans le
Mercure du mois de May dernier
P'Eloge de l'Humeur Capricieuse ; il y a
bien de l'apparence , soit dit sans en offenser l'Auteur , qu'il s'est dépeint luimême; cependant malgré les avantages
qu'il trouve dans le caprice , je croi qu'il
suffiroit pour le détromper de lui faire
le portrait de Mlle de C... Jamais humeur
ne fut plus égale et plus charmante que
la sienne , vous la connoissez , Monsieur ,
elle est gaye , polie , gracieuse , préve
nante , douce , modeste , vertueuse et
d'une si aimable figure, qu'il seroit difficile de décider si tant de belles qualitez rassemblées dans une aussi jolie personne , doivent inspirer plus d'amour
que de respect , ou plus de respect que
d'amour ; en effet si l'on découvre à chaque instant de nouveaux charmes dans
son esprit et dans son caractere , m lle
beautez nouvelles se font admirer tous
les jours dans sa personne ; en vain le
Partisan de l'Humeur Capricieuse dira
que
1758 MERCURE DE FRANCE
que l'humeur égale devient insipide , ennuyeuse , qu'elle nous fait tomber dans
la tiedeur et dans l'indolence ; l'humeur
de Mile C.... est , à la verité , toujours
égale dans sa gayeté ; mais cette gayeté
est soutenue de tant de graces et d'attraits si séduisants , que plus on la connoît , plus on cn est enchanté ; peut- on
comparer l'incertitude gênante où nous
jette l'humeur capricieuse , au plaisir que
P'on trouve dans l'égalité d'humeur de
Mile de.... plaisir sans cesse ranimé par
des traits si vifs et si spirituels , qu'il
paroît toujours nouveau ; qui ne préferera pas un chemin semé de roses à un
autre qui sera mêlé de roses et d'épines.
Je me trompe peut-être , mais je pense
que l'égalité d'humeur est le caractere
d'unebelle ame et la marque certaine de
cette bonté de cœur dont tout le monde
se picque,et qui est si rare. Effectivement
rien de si commun en apparence que
bons cœurs , rien de si difficile à trouver
qu'un cœur bon, sans interêt, sans amour
propre, sans respect humain , sans ostentation ; tel est uniquement le cœur de
celui qui dans un heureux calme , jouit
d'une paix que la violence et le desordre
des passions ne peuvent troubler. Il faut
de l'esprit, dit- on, pour être capricieux;
les
assuré-
AOUST. 17320 1759
assurément Mlle de C .... en a autant
qu'il en faut , mais son esprit assez enjoué pour être agréable , a de- même assez
de solidité pour se faire une douce ha- bitude de résister aux mouvemens tumultueux qui causent le caprice ; enfin je
veux bien demeurer d'accord avec notre
Auteur qu'il faut un génie superieur pour
être parfaitement capricieux , pourvû
qu'il convienne à son tour que le caprice est l'effet d'un génie mal reglé.
Après cela qui pourroit hesiter à donner la préference à l'humeur égale , telle
que l'est celle de Mile de C....
Jamais il ne parut un objet plus charmant è
Douce , modeste , vertueuse
Mais prévenante , gracieuse ,
De son aimable Sexe elle fait l'ornement,
Et par des graces naturelles ,
Par des beautez toujours nouvelles ,
Elle sçait à nos cœurs inspirer tour à tour,
Autant de respect que d'amour
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Résumé : LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
Dans une lettre, M. D.... commente un éloge de l'humeur capricieuse paru dans le Mercure de mai précédent. Il suggère que l'auteur de cet éloge se serait dépeint lui-même. Pour contester les avantages du caprice, M. D.... décrit Mlle de C..., dont l'humeur est toujours égale et charmante. Elle est gaie, polie, gracieuse, prévenante, douce, modeste, vertueuse et d'une beauté remarquable. Son esprit et son caractère révèlent constamment de nouveaux charmes. L'auteur critique l'humeur capricieuse, la qualifiant d'incertaine et gênante, contrairement à l'humeur égale de Mlle de C..., soutenue par des grâces et des attraits séduisants. Il préfère l'égalité d'humeur, signe d'une belle âme et d'une véritable bonté de cœur. Il souligne que les bons cœurs sont rares et que l'humeur égale résulte d'un esprit enjoué mais solide, capable de résister aux mouvements tumultueux. M. D.... reconnaît que l'humeur capricieuse peut nécessiter un génie supérieur, mais la voit comme l'effet d'un génie mal réglé. Il conclut en affirmant que l'humeur égale, telle que celle de Mlle de C..., est préférable.
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2135
p. 1762-1768
REMARQUES sur les Médailles qui portent le nom de Lucille.
Début :
Les Antiquaires sont partagez sur les Médailles qui portent le [...]
Mots clefs :
Médailles, Antiquiaires, Lucille, Princesse, Impératrice, Objection, Erreur, Observation
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur les Médailles qui portent le nom de Lucille.
REMARQUES sur les Médailles qui
portent le nom de Lucille.
LMédailles qui portent le nomde Lu- Es Antiquaires sont partagez sur les
cille. Les uns les donnent toutes à Lucille,
femme de Verus , qui regna avec MarcAurele ; et selon les autres, il faut les partager entre cette Princesse , et la femme
d'Elius Cesar , adopté par Adrien.
Ceux qui reconnoissent deux Lucilles ',
se fondent principalement,sur ce que Lucille ,femme de Verus,se fait appeller sur
ses Médailles , fille d'Antonin Auguste
LUCILLE. AUG. ANTONINI AUG. F. à la
difference, de Lucille femme d'Ælius ,
qui
AOUST. 1732. 1763
qui se contente du titre d'Auguste , LuCILLA AUGUSTA. Cette raison , quelque
spécieuse qu'elle le paroît d'abord , n'est
d'aucune considération , aussi - tôt qu'on
vient à faire attention que Faustine , femme, de Marc - Aurele , s'appella dans les
commencemens , fille d'Antonin le Débonnaire. FAUSTINA AUG. PII AUG. F. et
qu'en suite elle quitta ce titre , pour ne
garder que celui d'Auguste,FAUSTINA AUSTINA
AUGUSTA. Ce qui est arrivé à cette Princesse , est sans doute arrivé à Lucille sa
fille. Toutes deux nées d'un pere Empereur ; elles eurent soin dans le commencement de s'en faire honneur, en se nommant d'eux , pour faire connoître par là
que ce n'étoit pas de leur maris seuls
qu'elles empruntoient leur noblesse, mais
ce titre une fois reconnu devint assez inutile dans la suite , et elles ont pû le négliger tres aisément.
La différence de la Coëffure qu'on re
marque dans les Médailles de l'une et de
l'autre Princesse est un argument plus
foible que le premier; car , je vous prie ,
si cette observation avoit lieu , combien
de Princesses serions - nous obligez de
multiplier. Nous reconnoitrions au moins
quatre Sabines , femmes d'Adrien , puisqu'il se trouve autant et plus de CoëffuLOS
1764 MERCURE DE FRANCE
res differentes sur les Médailles de cette
Impératrice.
J'en dis autant de quelques différences
de traits, qu'on prétend appercevoir dans
les Médailles qu'on attribueune Lucil
le , et dans celles qu'on reconnoît pour
être de l'autre , outre quelle est tres- légere ; ainsi qu'on en convient, c'est qu'on
remarque cette même différence dans les
Médailles, qui d'un communaccord n'appartiennent qu'à une seule ; c'est ce dont
il est aisé de se convaincre , en confrontant les Médailles de la Lucille , qu'on
prétend femme d'Elius , qui portent
pour légende HILARITAS. S. c. avec celles
où l'on lit FECUNDITAS. S. C. où l'on trou
vera une difference surement plus grande
que celle qu'on veut trouver dans les autres.
Mais , dit- on , Lucille , femme de Verus , n'a jamais eu d'enfans, au lieu qu'on
en trouve jusqu'à trois , sur les Médailles
de Lucille , femme d'Elius.
: Il n'est pas difficile de répondre à cette
objection , jamais proposition ne fut plus
légere ; tout concourt à en faire voir le
peu de solidité. 1º . Selon quelques His- toriens , Lucille , femme de Verns , eut
de Pompeianus , qu'elle épousa après la
mort de ce Prince , un fils qui porta le
nom de son pere , et qui fut tué par le
com-
AOUST. 17320 1769
commandement de Caracalla. Ce que je
remarque , parce qu'Angelloni , pour
mieux prouver la stérilité de Lucille , l'a
avancée , comme constant , dans son second , comme dans son premier mariage.
2. Les Médailles et les Inscriptions
nous prouvent clairement que cette Princesse eut des enfans de son premier mari ;
en effet , sur quelques- unes de ses Médailles , j'entens parler de celles qu'on ne
lui dispute point et où elle est : ANTONINI
AVG. F. Ne lit-on pas : IVNONI LVCIANAE.
FECVNDITAS. AVGVSTAE. avec l'Image de
ces Déesses , tenant un enfant dans les
bras : Qu'à-t on voulu faire entendre parlà ; si-non que Lucille étoit mere , lorsque ces monumens ont été frappez. Mais
les Inscriptions s'expliquent encore plus
clairement. Je n'en veux pour témoin que
celle- cy , rapportée par Gruter , qui semble faite exprès , pour expliquer les Médailles que je viens de citer.
IVNONI LVCINAE
PRO SALVTE DOMVS AVGVSTORVM.
IMP. CAES. M. AVREĻI. ANTONINI. AVO.
ARMENIACI. PARTICI. MAXIMI. MEDICI. ET
FAVSTINAE. AVG. EIVS. ET IMP, CAES. L.AV,
RELI. VERI. AVG, ARMENIACI, PARTICI
MEDICI. ET LVCILLAE, AVGVSTAE. EIVS.
LIBERORVM. QVE. EORVM.
FORTVNATVS , et le reste.
1766 MERCURE DE FRANCE
Peut- on avancer après cela , que Lucille n'a jamais eu d'enfans ; le silence des
Historiens sur leur sujet , insinuë seulement , que ces enfans sont morts au berceau , ou si jeunes , que l'histoire n'a pas
crû en devoir faire mention.
Après ces observations , qui pourroient
suffire pour le sentiment qui ne reconnoît qu'une Lucille , dont nous ayons eu
des Médailles, et qui est femme de Verus ;
j'ajouterai deux autres Remarques , qui achevent de mettre la chose dans une plus
grande évidence.
La premiere consiste dans le titre d'Auguste qu'on donne à la femme d'Elius.
LVCILLA AVGVSTA. titre que cette Princesse n'a jamais pû porter ; Ælius n'ayant
été que César , et n'ayant jamais eu luimême la qualité d'Auguste. Nous ne
voyons pas même , avant le regne de
Constantin , des titres particuliers pour
les femmes des Césars , qui commencerent alors à s'appeller Dames Illustres :
NOBIL. F. Mais pour le nom d'Auguste ,
aucune ne l'a jamais eu; et si Constantine ,
femme du César Gallus , paroît avec ce
titre , dans une Légende de Médaille, citée
par Golzius , on doit se souvenir qu'avant d'épouser Gallus , elle avoit été déja
mariée à Anniballien , qui prenoit le titre
de
AOUST. 1732. 1767
de Roy , et que Philostorge ( lib . 3. ) nous
marque expressement que Constantin le
Grand , son pere , avoit de son vivant
donné le titre d'Auguste à cette Princesse ; ainsi elle ne peut faire d'exception à
la Regle générale.
La seconde observation par laquelle je
finis; c'est que la dispute n'est fondée que
sur unesupposition que l'on fait. On veut
que la femme d'Alius se soit appellée Lucille, et cependant aucun Autheur ne nous
a appris sonnom.Nous sçavons seulement
qu'elle étoit fille de Nigrinus , qu'elle cut
deux enfans , l'Empereur Verus , et une
fille appellée Fadia , qui avoit été destinée par Adrien , pour épouse à MarcAurele , mais que ce Prince n'épousa pas
à cause de sa jeunesse. Voilà tout ce que
l'hitoire nous en apprend ; son nom est
un mystere inconnu ; et ceux qui l'ont
nommée Domitia Lucilla , se sont trompez. Qu'il me soit permis de le dire , un
manque d'attention les a jettez dans l'erreur. Marc Aurele et Verus sont toûjours
appellez Freres. DIVI FRATRES ; les Auteurs voyant que la mere du premier s'appelloit Domitia Lucilla, ont cru assez légerement qu'elle l'étoit du second , sans
se ressouvenir que la fraternité de ces
Princes ne venoit que d'adoption.
,
Voilà
1768 MERCURE DE FRANCE
Voilà la cause de l'erreur ; cause qui a
fait naître la question , mais qui une fois
reconnuë , ne fait plus de difficulté pour
la décision , à sçavoir que toutes les Médailles qui nous restent , avec le nom de
Lucille , appartiennent toutes à la femme
de Verus. D. P.
A Orleans, ce 12 Avril 1732.
portent le nom de Lucille.
LMédailles qui portent le nomde Lu- Es Antiquaires sont partagez sur les
cille. Les uns les donnent toutes à Lucille,
femme de Verus , qui regna avec MarcAurele ; et selon les autres, il faut les partager entre cette Princesse , et la femme
d'Elius Cesar , adopté par Adrien.
Ceux qui reconnoissent deux Lucilles ',
se fondent principalement,sur ce que Lucille ,femme de Verus,se fait appeller sur
ses Médailles , fille d'Antonin Auguste
LUCILLE. AUG. ANTONINI AUG. F. à la
difference, de Lucille femme d'Ælius ,
qui
AOUST. 1732. 1763
qui se contente du titre d'Auguste , LuCILLA AUGUSTA. Cette raison , quelque
spécieuse qu'elle le paroît d'abord , n'est
d'aucune considération , aussi - tôt qu'on
vient à faire attention que Faustine , femme, de Marc - Aurele , s'appella dans les
commencemens , fille d'Antonin le Débonnaire. FAUSTINA AUG. PII AUG. F. et
qu'en suite elle quitta ce titre , pour ne
garder que celui d'Auguste,FAUSTINA AUSTINA
AUGUSTA. Ce qui est arrivé à cette Princesse , est sans doute arrivé à Lucille sa
fille. Toutes deux nées d'un pere Empereur ; elles eurent soin dans le commencement de s'en faire honneur, en se nommant d'eux , pour faire connoître par là
que ce n'étoit pas de leur maris seuls
qu'elles empruntoient leur noblesse, mais
ce titre une fois reconnu devint assez inutile dans la suite , et elles ont pû le négliger tres aisément.
La différence de la Coëffure qu'on re
marque dans les Médailles de l'une et de
l'autre Princesse est un argument plus
foible que le premier; car , je vous prie ,
si cette observation avoit lieu , combien
de Princesses serions - nous obligez de
multiplier. Nous reconnoitrions au moins
quatre Sabines , femmes d'Adrien , puisqu'il se trouve autant et plus de CoëffuLOS
1764 MERCURE DE FRANCE
res differentes sur les Médailles de cette
Impératrice.
J'en dis autant de quelques différences
de traits, qu'on prétend appercevoir dans
les Médailles qu'on attribueune Lucil
le , et dans celles qu'on reconnoît pour
être de l'autre , outre quelle est tres- légere ; ainsi qu'on en convient, c'est qu'on
remarque cette même différence dans les
Médailles, qui d'un communaccord n'appartiennent qu'à une seule ; c'est ce dont
il est aisé de se convaincre , en confrontant les Médailles de la Lucille , qu'on
prétend femme d'Elius , qui portent
pour légende HILARITAS. S. c. avec celles
où l'on lit FECUNDITAS. S. C. où l'on trou
vera une difference surement plus grande
que celle qu'on veut trouver dans les autres.
Mais , dit- on , Lucille , femme de Verus , n'a jamais eu d'enfans, au lieu qu'on
en trouve jusqu'à trois , sur les Médailles
de Lucille , femme d'Elius.
: Il n'est pas difficile de répondre à cette
objection , jamais proposition ne fut plus
légere ; tout concourt à en faire voir le
peu de solidité. 1º . Selon quelques His- toriens , Lucille , femme de Verns , eut
de Pompeianus , qu'elle épousa après la
mort de ce Prince , un fils qui porta le
nom de son pere , et qui fut tué par le
com-
AOUST. 17320 1769
commandement de Caracalla. Ce que je
remarque , parce qu'Angelloni , pour
mieux prouver la stérilité de Lucille , l'a
avancée , comme constant , dans son second , comme dans son premier mariage.
2. Les Médailles et les Inscriptions
nous prouvent clairement que cette Princesse eut des enfans de son premier mari ;
en effet , sur quelques- unes de ses Médailles , j'entens parler de celles qu'on ne
lui dispute point et où elle est : ANTONINI
AVG. F. Ne lit-on pas : IVNONI LVCIANAE.
FECVNDITAS. AVGVSTAE. avec l'Image de
ces Déesses , tenant un enfant dans les
bras : Qu'à-t on voulu faire entendre parlà ; si-non que Lucille étoit mere , lorsque ces monumens ont été frappez. Mais
les Inscriptions s'expliquent encore plus
clairement. Je n'en veux pour témoin que
celle- cy , rapportée par Gruter , qui semble faite exprès , pour expliquer les Médailles que je viens de citer.
IVNONI LVCINAE
PRO SALVTE DOMVS AVGVSTORVM.
IMP. CAES. M. AVREĻI. ANTONINI. AVO.
ARMENIACI. PARTICI. MAXIMI. MEDICI. ET
FAVSTINAE. AVG. EIVS. ET IMP, CAES. L.AV,
RELI. VERI. AVG, ARMENIACI, PARTICI
MEDICI. ET LVCILLAE, AVGVSTAE. EIVS.
LIBERORVM. QVE. EORVM.
FORTVNATVS , et le reste.
1766 MERCURE DE FRANCE
Peut- on avancer après cela , que Lucille n'a jamais eu d'enfans ; le silence des
Historiens sur leur sujet , insinuë seulement , que ces enfans sont morts au berceau , ou si jeunes , que l'histoire n'a pas
crû en devoir faire mention.
Après ces observations , qui pourroient
suffire pour le sentiment qui ne reconnoît qu'une Lucille , dont nous ayons eu
des Médailles, et qui est femme de Verus ;
j'ajouterai deux autres Remarques , qui achevent de mettre la chose dans une plus
grande évidence.
La premiere consiste dans le titre d'Auguste qu'on donne à la femme d'Elius.
LVCILLA AVGVSTA. titre que cette Princesse n'a jamais pû porter ; Ælius n'ayant
été que César , et n'ayant jamais eu luimême la qualité d'Auguste. Nous ne
voyons pas même , avant le regne de
Constantin , des titres particuliers pour
les femmes des Césars , qui commencerent alors à s'appeller Dames Illustres :
NOBIL. F. Mais pour le nom d'Auguste ,
aucune ne l'a jamais eu; et si Constantine ,
femme du César Gallus , paroît avec ce
titre , dans une Légende de Médaille, citée
par Golzius , on doit se souvenir qu'avant d'épouser Gallus , elle avoit été déja
mariée à Anniballien , qui prenoit le titre
de
AOUST. 1732. 1767
de Roy , et que Philostorge ( lib . 3. ) nous
marque expressement que Constantin le
Grand , son pere , avoit de son vivant
donné le titre d'Auguste à cette Princesse ; ainsi elle ne peut faire d'exception à
la Regle générale.
La seconde observation par laquelle je
finis; c'est que la dispute n'est fondée que
sur unesupposition que l'on fait. On veut
que la femme d'Alius se soit appellée Lucille, et cependant aucun Autheur ne nous
a appris sonnom.Nous sçavons seulement
qu'elle étoit fille de Nigrinus , qu'elle cut
deux enfans , l'Empereur Verus , et une
fille appellée Fadia , qui avoit été destinée par Adrien , pour épouse à MarcAurele , mais que ce Prince n'épousa pas
à cause de sa jeunesse. Voilà tout ce que
l'hitoire nous en apprend ; son nom est
un mystere inconnu ; et ceux qui l'ont
nommée Domitia Lucilla , se sont trompez. Qu'il me soit permis de le dire , un
manque d'attention les a jettez dans l'erreur. Marc Aurele et Verus sont toûjours
appellez Freres. DIVI FRATRES ; les Auteurs voyant que la mere du premier s'appelloit Domitia Lucilla, ont cru assez légerement qu'elle l'étoit du second , sans
se ressouvenir que la fraternité de ces
Princes ne venoit que d'adoption.
,
Voilà
1768 MERCURE DE FRANCE
Voilà la cause de l'erreur ; cause qui a
fait naître la question , mais qui une fois
reconnuë , ne fait plus de difficulté pour
la décision , à sçavoir que toutes les Médailles qui nous restent , avec le nom de
Lucille , appartiennent toutes à la femme
de Verus. D. P.
A Orleans, ce 12 Avril 1732.
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Résumé : REMARQUES sur les Médailles qui portent le nom de Lucille.
Le texte examine les médailles portant le nom de Lucille et présente deux interprétations principales. La première attribue toutes les médailles à Lucille, épouse de Verus et co-régnante avec Marc-Aurèle. La seconde suggère de partager ces médailles entre cette Lucille et la femme d'Élius César, adopté par Adrien. Les partisans de l'existence de deux Lucilles se basent sur les titres présents sur les médailles. Lucille, femme de Verus, se désigne comme fille d'Antonin Auguste, tandis que Lucille, femme d'Élius, utilise simplement le titre d'Auguste. Cependant, cette distinction est contestée car Faustine, femme de Marc-Aurèle, a également changé de titre au cours de sa vie. La différence de coiffure et de traits sur les médailles est jugée insuffisante pour distinguer deux Lucilles, car ces variations existent aussi parmi les médailles d'une même personne. Une objection majeure concerne la maternité. Lucille, femme de Verus, est souvent considérée comme stérile, contrairement à Lucille, femme d'Élius, qui aurait eu trois enfants. Toutefois, des historiens et des inscriptions indiquent que Lucille, femme de Verus, a pu avoir des enfants, peut-être morts jeunes. Enfin, le texte souligne que la femme d'Élius n'a jamais porté le titre d'Auguste, réservé aux épouses des empereurs. De plus, le nom de la femme d'Élius n'est pas confirmé comme étant Lucille, ce qui renforce l'hypothèse que toutes les médailles appartiennent à Lucille, femme de Verus.
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2136
p. 1770-1772
« LE LIVRE DES ENFANS, ou idées générales et définitions des [...] »
Début :
LE LIVRE DES ENFANS, ou idées générales et définitions des [...]
Mots clefs :
Livre des enfants, Le Meilleur Livre, Histoire de France, Peste de Marseille, Traité sur la Magie, Concile de Rimini, Principes de la Nature
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texteReconnaissance textuelle : « LE LIVRE DES ENFANS, ou idées générales et définitions des [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS, &c.
LasE LIVRE DES ENFANS , ou idées générales et définitions des choses , dont
les Enfans doivent être instruits. Ouvra
ge très- utile aux personnes qui sont char
gées du soin de les élever. Nouvelle Edi
tion , revûë , corrigée et augmentée. A Paris , chez P. Prault, Quai de Gêvres, 1732.
in 12. de 187 pages, sans l'Avertissement,
la
AOUST. 1732. 1771
la Table et le Catalogue des Livres né
cessaires aux enfans.
LE MEILLEUR LIVRE , ou les meilleures
Etrennes qu'on puisse donner ou recevoir :
Prenez , lisez et pratiquez. Chezle même ;
in 24. 5e édition , augmentée de plusieurs
choses tres- utiles.
METHODE FACILE pour apprendre l'Histoire de France , avec une idée générale
des Sciences , par Demandes et par Réponses , dédiée à Monseigneur le Duc
par M. D.... Nouvelle édition , continuée jusqu'à present , mise dans un ordre tres clair et tres- aisé pour sçavoir
P'Histoire , et enrichie d'une Carte de la
France , et de tous les Portraits des Rois
de France , in 12. 1731. Chez le même.
HISTOIRE de la derniere Peste de Marseille, d'Aix , d'Arles et de Toulon, avec
plusieurs avantures , arrivées pendant la
contagion , divisée en deux Parties , par
M. Martin chez Paulus- du- Mesnil,au
Palais , 1732. in 12.
TRAITE' SUR LA MAGIE, le Sortilège, les
Possessions, Obsessions et Maléfices, où l'on
endémontrela véritéet la réalité, avec une
E ij Mé
1772 MERCURE DE FRANCE
Méthode sure et facile pour les discerner ; et les Reglemens contre les Devins,
Sorciers , Magiciens , &c. Ouvrage tresutile aux Ecclesiastiques , aux Médecins
et aux Sages. Par M. D... A Paris , chez
P. Prault , Quay de Gêvres, 1732. in 12.
de 304 pag. sans la Préface , &c.
,
DISSERTATION Critique et Chronologique sur le Concile de Rimini , dédiée à
M. l'Archevêque de Sens. A Paris , chez
de Lusseux , 1732. in 12. de 384 pages.
DESCRIPTION des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une
Explication historique des Peintures, Tableaux , Reliefs , Statues et Ornemens qui
s'y voyent; et la vie des Architectes ,
Peintres et Sculpteurs qui y ont travaillé ,
enrichie de plusieurs Plans et Figures ,
Par M. l'Abbé Guillebert , Precepteur des
-Pages du Roy. AParis , chez And. Cail
3lean , 1731. 2 vol. in 12.
LES PRINCIPES de la Nature , ou de la
Génération des choses , par M. Colonne.
A Paris , chez le même, in 1 2.
DES BEAUX ARTS, &c.
LasE LIVRE DES ENFANS , ou idées générales et définitions des choses , dont
les Enfans doivent être instruits. Ouvra
ge très- utile aux personnes qui sont char
gées du soin de les élever. Nouvelle Edi
tion , revûë , corrigée et augmentée. A Paris , chez P. Prault, Quai de Gêvres, 1732.
in 12. de 187 pages, sans l'Avertissement,
la
AOUST. 1732. 1771
la Table et le Catalogue des Livres né
cessaires aux enfans.
LE MEILLEUR LIVRE , ou les meilleures
Etrennes qu'on puisse donner ou recevoir :
Prenez , lisez et pratiquez. Chezle même ;
in 24. 5e édition , augmentée de plusieurs
choses tres- utiles.
METHODE FACILE pour apprendre l'Histoire de France , avec une idée générale
des Sciences , par Demandes et par Réponses , dédiée à Monseigneur le Duc
par M. D.... Nouvelle édition , continuée jusqu'à present , mise dans un ordre tres clair et tres- aisé pour sçavoir
P'Histoire , et enrichie d'une Carte de la
France , et de tous les Portraits des Rois
de France , in 12. 1731. Chez le même.
HISTOIRE de la derniere Peste de Marseille, d'Aix , d'Arles et de Toulon, avec
plusieurs avantures , arrivées pendant la
contagion , divisée en deux Parties , par
M. Martin chez Paulus- du- Mesnil,au
Palais , 1732. in 12.
TRAITE' SUR LA MAGIE, le Sortilège, les
Possessions, Obsessions et Maléfices, où l'on
endémontrela véritéet la réalité, avec une
E ij Mé
1772 MERCURE DE FRANCE
Méthode sure et facile pour les discerner ; et les Reglemens contre les Devins,
Sorciers , Magiciens , &c. Ouvrage tresutile aux Ecclesiastiques , aux Médecins
et aux Sages. Par M. D... A Paris , chez
P. Prault , Quay de Gêvres, 1732. in 12.
de 304 pag. sans la Préface , &c.
,
DISSERTATION Critique et Chronologique sur le Concile de Rimini , dédiée à
M. l'Archevêque de Sens. A Paris , chez
de Lusseux , 1732. in 12. de 384 pages.
DESCRIPTION des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une
Explication historique des Peintures, Tableaux , Reliefs , Statues et Ornemens qui
s'y voyent; et la vie des Architectes ,
Peintres et Sculpteurs qui y ont travaillé ,
enrichie de plusieurs Plans et Figures ,
Par M. l'Abbé Guillebert , Precepteur des
-Pages du Roy. AParis , chez And. Cail
3lean , 1731. 2 vol. in 12.
LES PRINCIPES de la Nature , ou de la
Génération des choses , par M. Colonne.
A Paris , chez le même, in 1 2.
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Résumé : « LE LIVRE DES ENFANS, ou idées générales et définitions des [...] »
Le document recense des publications littéraires et historiques parues entre 1731 et 1732. Parmi elles, 'Le Livre des Enfants' est une œuvre éducative destinée aux éducateurs, publiée en 1732. 'Le Meilleur Livre' est présenté comme un cadeau idéal pour les étrennes, avec une cinquième édition augmentée. La 'Méthode Facile pour apprendre l'Histoire de France' est dédiée au Duc et inclut des portraits des rois de France et une carte. L''Histoire de la dernière Peste de Marseille' décrit les événements survenus pendant la contagion dans plusieurs villes. Le 'Traité sur la Magie' traite des questions de sorcellerie et de maléfices, proposant des règlements contre les devins et sorciers. La 'Dissertation Critique et Chronologique sur le Concile de Rimini' est dédiée à l'Archevêque de Sens. La 'Description des Château, Bourg et Forêt de Fontainebleau' offre des explications historiques et des illustrations. Enfin, 'Les Principes de la Nature' aborde la génération des choses.
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2137
p. 1772-1773
Journal du Regne d'Henry IV. &c [titre d'après la table]
Début :
JOURNAL DU Regne d'Henry IV. Roy de France et [...]
Mots clefs :
Henry IV, Lacune, Manuscrit
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texteReconnaissance textuelle : Journal du Regne d'Henry IV. &c [titre d'après la table]
JOURNAL du Regne d'Henry IV.Roy
de France et de Navarre ; par M.Pierre de
l'Etoile
A OUST. 1732. 1773
#
Etoile , Grand- Audiencier en la Chancellerie de Paris. Tiré sur un Manuscrit
temps. 1732. 2 vol. in 12.Le 1 *.de 292
et le 2. de 300. On les trouve chez quel
ques Libraires de Paris.
du
Cet Ouvrage est connu et estimé de
puis long-temps , sous le titre de Journal
du Regne d'Henry III. mais ce qui n'avoit pas encore paru, et qu'on publie au
jourd'hui , c'est une Lacune dans les Mé
moires , depuis 1594 , jusqu'en 1706 , sur ,
un Manuscrit , qui laisse cependant encore quelque chose à désirer. On trouve
par tout un stile libre et naturel , qui
porte avec soy des marques de l'exactitu
de et de la probité de l'Auteur. Ces sort
tes d'Ouvrages ont pour l'ordinaire de
l'agrément , et peuvent être quelquefois
d'une grande utilité.
de France et de Navarre ; par M.Pierre de
l'Etoile
A OUST. 1732. 1773
#
Etoile , Grand- Audiencier en la Chancellerie de Paris. Tiré sur un Manuscrit
temps. 1732. 2 vol. in 12.Le 1 *.de 292
et le 2. de 300. On les trouve chez quel
ques Libraires de Paris.
du
Cet Ouvrage est connu et estimé de
puis long-temps , sous le titre de Journal
du Regne d'Henry III. mais ce qui n'avoit pas encore paru, et qu'on publie au
jourd'hui , c'est une Lacune dans les Mé
moires , depuis 1594 , jusqu'en 1706 , sur ,
un Manuscrit , qui laisse cependant encore quelque chose à désirer. On trouve
par tout un stile libre et naturel , qui
porte avec soy des marques de l'exactitu
de et de la probité de l'Auteur. Ces sort
tes d'Ouvrages ont pour l'ordinaire de
l'agrément , et peuvent être quelquefois
d'une grande utilité.
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Résumé : Journal du Regne d'Henry IV. &c [titre d'après la table]
Le 'Journal du Regne d'Henry IV, Roy de France et de Navarre' est rédigé par Pierre de l'Étoile. Publié en 1732 en deux volumes, il comble une lacune dans les mémoires de 1594 à 1706. Le style de l'auteur est libre et naturel, témoignant de son exactitude et de sa probité. Disponible chez quelques libraires de Paris, cet ouvrage offre de l'agrément et peut être utile.
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2138
p. 1773-1774
Traité des Forces mouvantes, &c. [titre d'après la table]
Début :
TRAITÉ des Forces mouvantes, par M. de Camus, Gentilhomme Lorrain. [...]
Mots clefs :
Forces mouvantes, Équilibre, Centre, Levier
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texteReconnaissance textuelle : Traité des Forces mouvantes, &c. [titre d'après la table]
TRAITE' des Forces mouvantes, parM.
de Camus,Gentilhomme Lorrain. 1 vol.in
8. AParis , chez. Jombert et le Comte
1732. pages 535.
L'Auteur paroît avoir rempli les engagemens qu'il a pris avec le Public dans
sa Préface; plus attaché à la pratique qu'à
la théorie , il a voulu mettre les choses
qu'il traite , à portée d'être entendues des
simples Ouvriers; et comme ces gens- là
E lij ne
1774 MERCURE DE FRANCE
ne peuvent pas ordinairement se donner
à l'étude des Démonstrations , sur lesquelles la bonne Méchanique est fondée ,
il a été obligé de les omettre. Il est donc
réduit à prouver ce qu'il avance , ou par
des Experiences ou par des raisonnemens
qui soient à la portée de tout le monde:
C'est ainsi que dans sa premiere Partie il
parle de l'Equilibre et du Centre de gravité. Il traite ensuite de même du Lévier,
de la Poulie , du Coin , et de la Vis , rapportant le tout au Lévier. Il a ajouté plusieurs Expériences sur la Percussion et sur
les Frotemens:
La seconde Partie est employée à faire
le détail de plusieurs Machines de l'invention de l'Auteur, qui paroissent également utiles et ingénieuses.
de Camus,Gentilhomme Lorrain. 1 vol.in
8. AParis , chez. Jombert et le Comte
1732. pages 535.
L'Auteur paroît avoir rempli les engagemens qu'il a pris avec le Public dans
sa Préface; plus attaché à la pratique qu'à
la théorie , il a voulu mettre les choses
qu'il traite , à portée d'être entendues des
simples Ouvriers; et comme ces gens- là
E lij ne
1774 MERCURE DE FRANCE
ne peuvent pas ordinairement se donner
à l'étude des Démonstrations , sur lesquelles la bonne Méchanique est fondée ,
il a été obligé de les omettre. Il est donc
réduit à prouver ce qu'il avance , ou par
des Experiences ou par des raisonnemens
qui soient à la portée de tout le monde:
C'est ainsi que dans sa premiere Partie il
parle de l'Equilibre et du Centre de gravité. Il traite ensuite de même du Lévier,
de la Poulie , du Coin , et de la Vis , rapportant le tout au Lévier. Il a ajouté plusieurs Expériences sur la Percussion et sur
les Frotemens:
La seconde Partie est employée à faire
le détail de plusieurs Machines de l'invention de l'Auteur, qui paroissent également utiles et ingénieuses.
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Résumé : Traité des Forces mouvantes, &c. [titre d'après la table]
Le traité 'Des Forces mouvantes' a été rédigé par M. de Camus, un gentilhomme lorrain, et publié à Paris en 1732 par Jombert et le Comte. L'ouvrage, composé de 535 pages, vise à rendre les concepts mécaniques accessibles aux ouvriers en évitant les démonstrations théoriques complexes. L'auteur utilise des expériences et des raisonnements simples pour prouver ses assertions. La première partie du traité traite de l'équilibre, du centre de gravité, du levier, de la poulie, du coin, et de la vis, en rapportant tout au levier. Elle inclut également des expériences sur la percussion et les frottements. La seconde partie décrit plusieurs machines inventées par l'auteur, jugées utiles et ingénieuses.
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2139
p. 1774-1775
« L'EVANGILE des Chrétiens, ou l'Art du Salut, tiré [...] »
Début :
L'EVANGILE des Chrétiens, ou l'Art du Salut, tiré [...]
Mots clefs :
L'Évangile des Chrétiens, Traité des Matières Criminelles
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texteReconnaissance textuelle : « L'EVANGILE des Chrétiens, ou l'Art du Salut, tiré [...] »
L'EVANGILE des Chrétiens , ou l'Art du
Salut , tiré de l'Ecriture- Sainte. AParis,
chez Mesnier, ruë S.Severin , 1732. in 12.
de 401 pag. Dédié à S. E. M. le Cardinal
de Polignac.
LE TRAITE' des Matieres Criminelles ,
suivant l'Ordonnance de 1670. conte
nant les differentes Questions qui peuvent
naître sur cette Matiere avec les Edits et
Déclarations du Roy, Arrests et Régle
>
mens ,
AOUST. 1732 1775
mens intervenus depuis l'Ordonnance.
Se vend à Paris , au Palais , chez Théodore le Gras , vol. in 4 .
Salut , tiré de l'Ecriture- Sainte. AParis,
chez Mesnier, ruë S.Severin , 1732. in 12.
de 401 pag. Dédié à S. E. M. le Cardinal
de Polignac.
LE TRAITE' des Matieres Criminelles ,
suivant l'Ordonnance de 1670. conte
nant les differentes Questions qui peuvent
naître sur cette Matiere avec les Edits et
Déclarations du Roy, Arrests et Régle
>
mens ,
AOUST. 1732 1775
mens intervenus depuis l'Ordonnance.
Se vend à Paris , au Palais , chez Théodore le Gras , vol. in 4 .
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Résumé : « L'EVANGILE des Chrétiens, ou l'Art du Salut, tiré [...] »
Le document décrit deux ouvrages du XVIIIe siècle. Le premier, 'L'Evangile des Chrétiens', publié en 1732 à Paris, compte 401 pages et est dédié au Cardinal de Polignac. Le second, 'Le Traité des Matieres Criminelles', publié en 1732 et réédité en 1775, traite des questions criminelles et des édits royaux.
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2140
p. 1775-1776
L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ANATOMIE GENERALE DU CHEVAL, contenant une ample et exacte [...]
Mots clefs :
Cheval, Parties, Figures
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texteReconnaissance textuelle : L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
L'ANATOMIE GENERALE DU CHEVAL :
contenant une ample et exacte Description de la forme , situation et usages de
toutes ses Parties. Leurs differences et
leurs correspondances avec celles de
l'homme. La generation du Poulet et
celle du Lapin. Un Discours du mouvement du Chile et de la circulation du
sang. La maniere de dissequer certaines
parties du Cheval , difficiles à anatomiser
Et quelques Observations Physiques, anacomiques et curieuses sur differentes parties du corps et sur quelques Maladies.
Le tout enrichi de figures. Traduit de
Anglois, par F. A. de Garsault, Capitaine du Haras du Roy, en survivance . A
Paris , chez Barth. Laisnel , ruë S. Jacques Alex, Mesnier, au Palais. Ant. Gandouin , Quay des Augustins , et la V.
Pissot,QuaydeConty, 1732. in 4. de 3 3 2,
pag. sans les Tables , les Figures , les Préfaces de l'Auteur et du Traducteur , et
l'explication des Termes pour l'intelligence de ce Livre, divisé en cinq Parties,
où il est traité du Bas- ventre , de la Poitrine on Ventre du milieu , de la Tête ou
E iiij Ventre
}
1776 MERCURE DE FRANCE
F
Ventre superieur , des Nerfs , des Muscles, et des Os. Differens Chapitres composent les differentes Parties.
Cet Ouvrage est fort méthodique et
nous paroît d'une grande utilité ; il est
écrit d'un stile simple et aisé ; les Planches répandent encore une grande clarté.
Elles sont gravées avec soin et précision.
Avec l'utile on trouve souvent dans ce
Livre des choses curieuses qui en rendent la lecture agréable. Nous croyons.
que les Peintres et les Sculpteurs , que
fAuteur n'a , sans doute , pas eu en vûë,
en peuventtirer des secours considerables
contenant une ample et exacte Description de la forme , situation et usages de
toutes ses Parties. Leurs differences et
leurs correspondances avec celles de
l'homme. La generation du Poulet et
celle du Lapin. Un Discours du mouvement du Chile et de la circulation du
sang. La maniere de dissequer certaines
parties du Cheval , difficiles à anatomiser
Et quelques Observations Physiques, anacomiques et curieuses sur differentes parties du corps et sur quelques Maladies.
Le tout enrichi de figures. Traduit de
Anglois, par F. A. de Garsault, Capitaine du Haras du Roy, en survivance . A
Paris , chez Barth. Laisnel , ruë S. Jacques Alex, Mesnier, au Palais. Ant. Gandouin , Quay des Augustins , et la V.
Pissot,QuaydeConty, 1732. in 4. de 3 3 2,
pag. sans les Tables , les Figures , les Préfaces de l'Auteur et du Traducteur , et
l'explication des Termes pour l'intelligence de ce Livre, divisé en cinq Parties,
où il est traité du Bas- ventre , de la Poitrine on Ventre du milieu , de la Tête ou
E iiij Ventre
}
1776 MERCURE DE FRANCE
F
Ventre superieur , des Nerfs , des Muscles, et des Os. Differens Chapitres composent les differentes Parties.
Cet Ouvrage est fort méthodique et
nous paroît d'une grande utilité ; il est
écrit d'un stile simple et aisé ; les Planches répandent encore une grande clarté.
Elles sont gravées avec soin et précision.
Avec l'utile on trouve souvent dans ce
Livre des choses curieuses qui en rendent la lecture agréable. Nous croyons.
que les Peintres et les Sculpteurs , que
fAuteur n'a , sans doute , pas eu en vûë,
en peuventtirer des secours considerables
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Résumé : L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'L'Anatomie générale du cheval', publié en 1732 à Paris, offre une description détaillée de la forme, de la situation et des usages des parties du cheval, ainsi que leurs différences et correspondances avec celles de l'homme. Il traite également de la génération du poulet et du lapin, du mouvement du cheval et de la circulation du sang. Le livre inclut des instructions sur la dissection de certaines parties difficiles à anatomiser et des observations physiques et anatomiques sur diverses parties du corps et certaines maladies. Traduit de l'anglais par F. A. de Garsault, capitaine du Haras du Roy, l'ouvrage est divisé en cinq parties : le bas-ventre, la poitrine, la tête, les nerfs, les muscles et les os. Il est écrit dans un style simple et aisé, enrichi de figures gravées avec soin et précision. L'ouvrage est utile non seulement pour les anatomistes, mais aussi pour les artistes comme les peintres et les sculpteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2141
p. 1776-1781
Deffense du Franc-Aleu, &c. [titre d'après la table]
Début :
DEFFENSE du Franc-Aleu du Païs de Provence. A Aix [...]
Mots clefs :
Provence, Franc-Aleu, Pays de droit, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : Deffense du Franc-Aleu, &c. [titre d'après la table]
DEFFENSE du Franc-Aleu du Païs de
Provence. A Aix , chez Joseph David.
Brochure in 4.
C'est un Factum de la Provence , contre le Fermier du Domaine , qui prétend
assujettir toute cette Province à la Seigneurie directe du Roy. Le but de cet
Ouvrage est de prouver que la Provence
est un Païs de Franc- Aleu roturier de
nature , sur lequel nul Seigneur, le Roy
même, ne peut prétendre aucune directe
s'il ne rapporte des titres de la mouvance.
L'Ouvrage entier contient 295. pages ,
il est distribué en cinq Parties outre l'Exorde et l'état de la question , où l'Auteur
A O UST. 1732. 1777
teur pose quelques définitions et quelques principes generaux pour servir à la
décision de cette question. Chaque partie est divisée en plusieurs Paragraphes ,
autant pour le soulagement du Lecteur ,
que pour l'éclaircissement des matieres.
Dans la premiere Partie qui sert de
fait , l'Auteur parcourt toutes les differentes dominations sous lesquelles les
Provençaux ont vécu avant que d'appar--
tenir à la France. Ce morceau d'Histoire
appuyé sur le témoignage de plusieurs
bons Auteurs , sur le Corps de Droit ,
est curieux. Vient ensuite un Extrait du
Testament de Charles d'Anjou , 23 et
dernier Comte de Provence , en faveur
de Louis XI. Roy de France. Ce Testament , qui est le titre de la réunion de
la Provence à la France , est de l'année
1481. l'Auteur détaille toutes les poursuites , toutes les procedures qui se sott
faites entre les Procureurs du Païs et les
differens Fermiers du Domaine , tant au
Conseil du Roy, qu'au Parlement d'Aix ,
pardevant les Commissaires et en la
Chambre du Domaine. Les Procureurs
du Païs sont les Agens generaux des Affaires de la Province.
Cette seule Partie suffiroit pour écarter
la prétention du Fermier et pour se dé- Ev ter-
1778 MERCURE DE FRANCE
terminer en faveur de l'Avocat Provençal , puisqu'on y trouve la question résolue définitivement et contradictoire
ment par des Edits , des Lettres Patentes,
suivies de Déclarations du Roy , et par
des Arrêts du Conseil , en consequence
desquels la Provence a payé des Taxes
considerables , dont il a plu au Roy de
charger en differens temps les Païs de
Franc Aleu de nature.
Dans les quatre autres Parties , l'Auteur établit ses principes et ses preuves ,
répond aux objections que le Fermier
tire ou des faits ou des textes du Droit .
et contredit les Pieces produites par ce
Fermier. Il s'attache dans la seconde Partie à prouver que cette maxime , ou pour
parler plus exactement ce vieux Proverbe François , nulle Terre sans Seigneur
ne peut avoir lieu en Provence ni en aucun Païs régi par le Droit Ecrit , si ce
n'est la Jurisdiction. Il passe plus
avant , il prétend même qu'en Païs Coutumier on ne peut donner à ce Proverbe
plus d'extention , et que pour que dans
les Provinces de Coûtume on adjuge au
Seigneur la directe , il faut qu'il rapporte un titre ou qu'il y ait une présomption en sa faveur qui vaille titre ; c'està- dire qu'il faut que le Seigneur air un
pour
Territoire
AOUST. 1732. 1779
Territoire circonscript et limité , qu'il y
possede toutes les Terres en friche ou
incultes , qu'il y ait une directe répandue en tous les quartiers et sur plus de la
moitié du Territoires qu'alors on présume
que le Seigneur a la directe sur tout le
Territoire. Il appuye cette doctrine par
les Auteurs et réfute les autoritez sur les
quelles le Fermier s'appuye.
*
Dans la troisiéme proposition il prouve que la Provence est un Païs de Droit
Ecrit , et que le Droit Romain ne reconnoît point de directe , qu'il n'admet
que le Franc- Aleu.
Dans la quatrième et dans la cinquié
me , il rappelle les faits qu'il a établis
dans la premiere, il rapporte les Pieces
qu'il adétailléesdans cette premierePartie.
Il est aisé de juger par cet abregé des
quatre dernieres Propositions,que ce n'est
qu'une application un peu étendue de
ce qui a été dit dans la premiere.
Et pour donner en peu de mots une
idée juste de tout l'Ouvrage, il suffit de
dire que l'Auteur se propose de prouver
que la Provence est un Païs de Franc
Aleu. Voici ses preuves.
1. La Provence a de tout temps été
et est encore régie par le Droit Ron
Un des principaux effets du Droit Ro
E vj mainy
1780 MERCURE DE FRANCE
main est de rendre tous les heritages
allodiaux, et de rejetter toute directe sans
titres. Par cette seule raison le Languedoc a été maintenu dans le Franc- Aleu,
2°. Toutes les differentes dominations
que les Provençaux ont éprouvées n'ont
point alteré ce droit d'être reglé par le
Droit Romain , ni de tenir leurs Terres
en Franc-Aleu.
"
39. La Provence n'a été réunie à la
France qu'à la charge d'entretenir tous
ces Privileges.
4. En effet , Louis XI. Charles VIII.
Louis XII. et tous les Rois jusqu'à Louis
XIV. l'ont confirmée dans ces Privileges.
5. Les Fermiers ayant inquieté ce
Païs, il a été maintenu dans le Franc- Aleu
de nature , par des Edits , des Lettres Patentes , des Déclarations du Roy duement enregistrées , par plusieurs Arrêts
du Conseil contradictoires, avec les Fermiers et les Officiers du Domaine. Il a
payé en differens temps des Taxes considerables pour être conservé dans ce
droit. Il a été déchargé des taxes imposées sur les biens du Franc- Aleu de Privilege , comme joüissänt du Franc-Aleu
de nature.
6. Enfin la possession revêtuë de ces
caracteres , suffiroit seule pour établir son
droit,
Ces
AOUST. 1732. 1781.
Ces propositions , prouvées dans une
juste étenduë, ne permettent pas de douter du grand travail et de la capacité de l'Auteur.
Provence. A Aix , chez Joseph David.
Brochure in 4.
C'est un Factum de la Provence , contre le Fermier du Domaine , qui prétend
assujettir toute cette Province à la Seigneurie directe du Roy. Le but de cet
Ouvrage est de prouver que la Provence
est un Païs de Franc- Aleu roturier de
nature , sur lequel nul Seigneur, le Roy
même, ne peut prétendre aucune directe
s'il ne rapporte des titres de la mouvance.
L'Ouvrage entier contient 295. pages ,
il est distribué en cinq Parties outre l'Exorde et l'état de la question , où l'Auteur
A O UST. 1732. 1777
teur pose quelques définitions et quelques principes generaux pour servir à la
décision de cette question. Chaque partie est divisée en plusieurs Paragraphes ,
autant pour le soulagement du Lecteur ,
que pour l'éclaircissement des matieres.
Dans la premiere Partie qui sert de
fait , l'Auteur parcourt toutes les differentes dominations sous lesquelles les
Provençaux ont vécu avant que d'appar--
tenir à la France. Ce morceau d'Histoire
appuyé sur le témoignage de plusieurs
bons Auteurs , sur le Corps de Droit ,
est curieux. Vient ensuite un Extrait du
Testament de Charles d'Anjou , 23 et
dernier Comte de Provence , en faveur
de Louis XI. Roy de France. Ce Testament , qui est le titre de la réunion de
la Provence à la France , est de l'année
1481. l'Auteur détaille toutes les poursuites , toutes les procedures qui se sott
faites entre les Procureurs du Païs et les
differens Fermiers du Domaine , tant au
Conseil du Roy, qu'au Parlement d'Aix ,
pardevant les Commissaires et en la
Chambre du Domaine. Les Procureurs
du Païs sont les Agens generaux des Affaires de la Province.
Cette seule Partie suffiroit pour écarter
la prétention du Fermier et pour se dé- Ev ter-
1778 MERCURE DE FRANCE
terminer en faveur de l'Avocat Provençal , puisqu'on y trouve la question résolue définitivement et contradictoire
ment par des Edits , des Lettres Patentes,
suivies de Déclarations du Roy , et par
des Arrêts du Conseil , en consequence
desquels la Provence a payé des Taxes
considerables , dont il a plu au Roy de
charger en differens temps les Païs de
Franc Aleu de nature.
Dans les quatre autres Parties , l'Auteur établit ses principes et ses preuves ,
répond aux objections que le Fermier
tire ou des faits ou des textes du Droit .
et contredit les Pieces produites par ce
Fermier. Il s'attache dans la seconde Partie à prouver que cette maxime , ou pour
parler plus exactement ce vieux Proverbe François , nulle Terre sans Seigneur
ne peut avoir lieu en Provence ni en aucun Païs régi par le Droit Ecrit , si ce
n'est la Jurisdiction. Il passe plus
avant , il prétend même qu'en Païs Coutumier on ne peut donner à ce Proverbe
plus d'extention , et que pour que dans
les Provinces de Coûtume on adjuge au
Seigneur la directe , il faut qu'il rapporte un titre ou qu'il y ait une présomption en sa faveur qui vaille titre ; c'està- dire qu'il faut que le Seigneur air un
pour
Territoire
AOUST. 1732. 1779
Territoire circonscript et limité , qu'il y
possede toutes les Terres en friche ou
incultes , qu'il y ait une directe répandue en tous les quartiers et sur plus de la
moitié du Territoires qu'alors on présume
que le Seigneur a la directe sur tout le
Territoire. Il appuye cette doctrine par
les Auteurs et réfute les autoritez sur les
quelles le Fermier s'appuye.
*
Dans la troisiéme proposition il prouve que la Provence est un Païs de Droit
Ecrit , et que le Droit Romain ne reconnoît point de directe , qu'il n'admet
que le Franc- Aleu.
Dans la quatrième et dans la cinquié
me , il rappelle les faits qu'il a établis
dans la premiere, il rapporte les Pieces
qu'il adétailléesdans cette premierePartie.
Il est aisé de juger par cet abregé des
quatre dernieres Propositions,que ce n'est
qu'une application un peu étendue de
ce qui a été dit dans la premiere.
Et pour donner en peu de mots une
idée juste de tout l'Ouvrage, il suffit de
dire que l'Auteur se propose de prouver
que la Provence est un Païs de Franc
Aleu. Voici ses preuves.
1. La Provence a de tout temps été
et est encore régie par le Droit Ron
Un des principaux effets du Droit Ro
E vj mainy
1780 MERCURE DE FRANCE
main est de rendre tous les heritages
allodiaux, et de rejetter toute directe sans
titres. Par cette seule raison le Languedoc a été maintenu dans le Franc- Aleu,
2°. Toutes les differentes dominations
que les Provençaux ont éprouvées n'ont
point alteré ce droit d'être reglé par le
Droit Romain , ni de tenir leurs Terres
en Franc-Aleu.
"
39. La Provence n'a été réunie à la
France qu'à la charge d'entretenir tous
ces Privileges.
4. En effet , Louis XI. Charles VIII.
Louis XII. et tous les Rois jusqu'à Louis
XIV. l'ont confirmée dans ces Privileges.
5. Les Fermiers ayant inquieté ce
Païs, il a été maintenu dans le Franc- Aleu
de nature , par des Edits , des Lettres Patentes , des Déclarations du Roy duement enregistrées , par plusieurs Arrêts
du Conseil contradictoires, avec les Fermiers et les Officiers du Domaine. Il a
payé en differens temps des Taxes considerables pour être conservé dans ce
droit. Il a été déchargé des taxes imposées sur les biens du Franc- Aleu de Privilege , comme joüissänt du Franc-Aleu
de nature.
6. Enfin la possession revêtuë de ces
caracteres , suffiroit seule pour établir son
droit,
Ces
AOUST. 1732. 1781.
Ces propositions , prouvées dans une
juste étenduë, ne permettent pas de douter du grand travail et de la capacité de l'Auteur.
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Résumé : Deffense du Franc-Aleu, &c. [titre d'après la table]
Le document 'Défense du Franc-Aleu du Païs de Provence' est une brochure publiée à Aix par Joseph David. Elle présente un factum de la Provence contre le fermier du domaine royal, qui cherche à soumettre la province à la seigneurie directe du roi. L'ouvrage vise à démontrer que la Provence est un pays de franc-aleu roturier, où aucun seigneur, y compris le roi, ne peut prétendre à une seigneurie directe sans titres de mouvance. L'ouvrage, composé de 295 pages, est structuré en cinq parties, outre l'exorde et l'état de la question. La première partie retrace les différentes dominations sous lesquelles les Provençaux ont vécu avant d'appartenir à la France, appuyée par des témoignages d'auteurs et des textes juridiques. Elle inclut également un extrait du testament de Charles d'Anjou, dernier comte de Provence, en faveur de Louis XI, daté de 1481. L'auteur détaille les procédures entre les procureurs du pays et les fermiers du domaine, soulignant que la Provence a payé des taxes considérables pour maintenir son statut de franc-aleu. Les quatre autres parties établissent les principes et les preuves de l'auteur, répondant aux objections du fermier et réfutant les pièces produites par celui-ci. La deuxième partie contredit la maxime 'nulle terre sans seigneur' en Provence et dans les pays de droit écrit. La troisième partie prouve que la Provence est régie par le droit romain, qui reconnaît le franc-aleu. Les quatrième et cinquième parties rappellent les faits et les pièces déjà détaillés dans la première partie. En résumé, l'auteur soutient que la Provence est un pays de franc-aleu, appuyé par des preuves historiques et juridiques, et confirme que la province a toujours été régie par le droit romain, rejetant toute seigneurie directe sans titres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2142
p. 1782-1787
Recueil de Discours sur diverses matieres, [titre d'après la table]
Début :
RECUEIL de Discours sur diverses matieres importantes, traduits ou composez [...]
Mots clefs :
Recueil de discours, Honneur, Duels, Combats, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de Discours sur diverses matieres, [titre d'après la table]
RECUEIL de Discours sur diverses.
matieres importantes , traduits ou composez par Jean Barbeyrac , Professeur
en Droit dans l'Université de Groningue. Il y a joint un Eloge historique
de feu M. Noord. En deux Tomes in 12.
dont le premier contient 417 pages , et
le second 344. A Amsterdam , chez Pierre Humbert, 1731.
Le second Tome de ce Recueil com
mence par une Dissertation , de la juste
deffense de l'honneur , où l'on traite en par
ticulier des Duels. Le but de cette Disser-
}
tation
A O UST 1732. 1783
tation qui fut publiée en 1717.en Latin,
à Amsterdam , est de montrer l'origine
du Duel , et la maniere dont on pourroit s'y prendre pour en arrêter l'usage
barbare , plus efficacement qu'on n'a fait
jusqu'ici.
La Dissertation contient cinq Chapitres. On donne dans le premier une idée
generale de la matieres on traite dans
le second des injures qui donnent quelque atteinte à l'honneur , lorsqu'on les
souffre ; dans le troisiéme des autres sortes d'injures que l'on peut mépriser , sans
préjudice de l'honneur. Le quatriéme
Chapitre roule sur les moyens légitimes
ou illegitimes de deff ndre l'honneur
et dans le cinquiéme on traite des Duels,
qui sont l'objet principal de cet Ouvrage.
On fait d'abord une énumeration des
differentes sortes de Duels , ou Combats
singuliers , et des diverses causes pour
lesquelles on en est venu à ces Combats.
chez differentes Nations , selon ce que
l'Histoire nous en apprend. On en trouve jusqu'à onze sortes , dont la derniere
est le Duel qu'on se propose de combattre,
ou celui qui se rapporte à la réparation
d'honneur.
Cette espece de Duel étoit absolument
hors d'usage , non- seulement chez les
Grecs
1784 MERCURE DE FRANCE
Grecs et les Romains , mais encore chez
les, Egyptiens et les anciens Peuples de
l'Asie. Il doit uniquement son origine à
des Peuples barbares , venus des Parties
Septentrionales de l'Europe , qui ne pouvant souffrir la discipline des Loix ou
des Magistrats , vouloient décider toute
sorte de differends à la pointe de l'épée.
De- là naquit le Duel qu'on introduisit
pour se purger de quelque crime ; dans
la pensée que Dieu déclareroit par l'éve•
nement du combat , qui avoit raison ,
du Diffamateur ou du Diffamé.
Les Lombards porterent en Italie cette
mauvaise coûtume ; et , comme le remarque M. Barbeyrac , les autres Peuples du
Nord l'introduisirent dans tous les Païs
au dedans et au dehors de l'Empire Romain , où ils s'établirent ; les Saxons , par
exemple , en Angleterre. On fit des Loix
là - dessus aussi sérieusement que s'il se fûr
agi de la chose du monde la plus raisonnable et la plus légitime. Lorsque le Droit
Romain eut été remis en vogue, les Commentateurs tâcherent d'y trouver de quoi
autoriser le Duel. A cela se joignirent les
Croisades et l'institution des Ordres de
Chevaleries. Ces Chevaliers vinrent à
former des regles du point d'honneur.
Les Jurisconsultes traiterent cette matiere
comme
A O UST. 1732 1785
comme une partie de la Jurisprudence ;
d'autres , comme une science particuliere et toute nouvelle. Cela produisit une,
infinité de Livres sur le Duel , sur la
science de la Chevalerie , comme parlent
les Italiens , et sous divers autres titres
semblables , &c.
Il est facile de montrer comment l'usage du Duel est contraire à la raison ,
à la Loi naturelle et sur tout aux maximes de la Religion Chrétienne. Aussi
suppose- t'on cela comme suffisamment
démontré par divers Auteurs. La grande difficulté consiste à trouver les moyens de
déraciner de l'esprit des sots, dont le nombre est toûjours fort grand , le préjugé du
point d'honneur , qui empêche que tou
tes les Loix les plus severes faites jusques ici contre cette mode pernicieuse ,
ne soient assez efficaces pour l'abolir.
M. Slicher, Auteur de la Dissertation Latine , veut qu'on tire le remede du mal
même, et que l'on retienne par la crainte
d'un plus grand deshonneur , ceux qui
croyent être deshonorez , s'ils n'ont reCours au Duel. Il faudroit , dit- il , faire
de nouvelles Loix qui exposassent les contrevenans au mépris, et à la risée publique ; ordonner, par exemple, que les corps
de ceux qui auroient été tuez en Duel,
fussent
1786 MERCURE DE FRANCE
fussent traitez de même que ceux des
Criminels , punis du dernier supplice ;
deffendre de porter les armes aux Duellistes , à qui on auroit fait grace de la vie,
et cela sous condition que s'ils les portoient depuis , leur pardon deviendroit
nul ; exclure de tout emploi militaire
ceux qui auroient appellé quelqu'un en
Duel , ou qui auroient répondu à l'appel,
en un mot , faire ensorte que de telles
gens , qui par une pure folie , auroient
ainsi violé les Loix de la societé humaine, fussent desormais bannis de la Socie
té et du commerce des Sages , &c.
On trouve dans l'article des nouvelles
de Londres , que le sieur Pine , habile
Graveur , travaille à donner les Ouvrages d'Horace , gravez sur des Planches
de cuivre. Il en a distribué un Essai contenant les six premieres Odes , qui a paru
fort beau. Chaque Ode est accompagnée
d'une Vignette , d'une Lettre grise et
d'un Cul- de- Lampe ; on y voit les têtes
des personnes à qui les Odes sont adres
sées , ou des représentations qui ont du
rapport au sujet de la Piece. A l'égard
du Texte , on se conforme à l'Edition'
d'Horace , publiée à Cambridge en 1701,
in 12. par les soins du Doct. Talbot. L'Edition
A O UST. 1732. 1787
dition du sieur Pine contiendra deux vo
lumes in 8.
matieres importantes , traduits ou composez par Jean Barbeyrac , Professeur
en Droit dans l'Université de Groningue. Il y a joint un Eloge historique
de feu M. Noord. En deux Tomes in 12.
dont le premier contient 417 pages , et
le second 344. A Amsterdam , chez Pierre Humbert, 1731.
Le second Tome de ce Recueil com
mence par une Dissertation , de la juste
deffense de l'honneur , où l'on traite en par
ticulier des Duels. Le but de cette Disser-
}
tation
A O UST 1732. 1783
tation qui fut publiée en 1717.en Latin,
à Amsterdam , est de montrer l'origine
du Duel , et la maniere dont on pourroit s'y prendre pour en arrêter l'usage
barbare , plus efficacement qu'on n'a fait
jusqu'ici.
La Dissertation contient cinq Chapitres. On donne dans le premier une idée
generale de la matieres on traite dans
le second des injures qui donnent quelque atteinte à l'honneur , lorsqu'on les
souffre ; dans le troisiéme des autres sortes d'injures que l'on peut mépriser , sans
préjudice de l'honneur. Le quatriéme
Chapitre roule sur les moyens légitimes
ou illegitimes de deff ndre l'honneur
et dans le cinquiéme on traite des Duels,
qui sont l'objet principal de cet Ouvrage.
On fait d'abord une énumeration des
differentes sortes de Duels , ou Combats
singuliers , et des diverses causes pour
lesquelles on en est venu à ces Combats.
chez differentes Nations , selon ce que
l'Histoire nous en apprend. On en trouve jusqu'à onze sortes , dont la derniere
est le Duel qu'on se propose de combattre,
ou celui qui se rapporte à la réparation
d'honneur.
Cette espece de Duel étoit absolument
hors d'usage , non- seulement chez les
Grecs
1784 MERCURE DE FRANCE
Grecs et les Romains , mais encore chez
les, Egyptiens et les anciens Peuples de
l'Asie. Il doit uniquement son origine à
des Peuples barbares , venus des Parties
Septentrionales de l'Europe , qui ne pouvant souffrir la discipline des Loix ou
des Magistrats , vouloient décider toute
sorte de differends à la pointe de l'épée.
De- là naquit le Duel qu'on introduisit
pour se purger de quelque crime ; dans
la pensée que Dieu déclareroit par l'éve•
nement du combat , qui avoit raison ,
du Diffamateur ou du Diffamé.
Les Lombards porterent en Italie cette
mauvaise coûtume ; et , comme le remarque M. Barbeyrac , les autres Peuples du
Nord l'introduisirent dans tous les Païs
au dedans et au dehors de l'Empire Romain , où ils s'établirent ; les Saxons , par
exemple , en Angleterre. On fit des Loix
là - dessus aussi sérieusement que s'il se fûr
agi de la chose du monde la plus raisonnable et la plus légitime. Lorsque le Droit
Romain eut été remis en vogue, les Commentateurs tâcherent d'y trouver de quoi
autoriser le Duel. A cela se joignirent les
Croisades et l'institution des Ordres de
Chevaleries. Ces Chevaliers vinrent à
former des regles du point d'honneur.
Les Jurisconsultes traiterent cette matiere
comme
A O UST. 1732 1785
comme une partie de la Jurisprudence ;
d'autres , comme une science particuliere et toute nouvelle. Cela produisit une,
infinité de Livres sur le Duel , sur la
science de la Chevalerie , comme parlent
les Italiens , et sous divers autres titres
semblables , &c.
Il est facile de montrer comment l'usage du Duel est contraire à la raison ,
à la Loi naturelle et sur tout aux maximes de la Religion Chrétienne. Aussi
suppose- t'on cela comme suffisamment
démontré par divers Auteurs. La grande difficulté consiste à trouver les moyens de
déraciner de l'esprit des sots, dont le nombre est toûjours fort grand , le préjugé du
point d'honneur , qui empêche que tou
tes les Loix les plus severes faites jusques ici contre cette mode pernicieuse ,
ne soient assez efficaces pour l'abolir.
M. Slicher, Auteur de la Dissertation Latine , veut qu'on tire le remede du mal
même, et que l'on retienne par la crainte
d'un plus grand deshonneur , ceux qui
croyent être deshonorez , s'ils n'ont reCours au Duel. Il faudroit , dit- il , faire
de nouvelles Loix qui exposassent les contrevenans au mépris, et à la risée publique ; ordonner, par exemple, que les corps
de ceux qui auroient été tuez en Duel,
fussent
1786 MERCURE DE FRANCE
fussent traitez de même que ceux des
Criminels , punis du dernier supplice ;
deffendre de porter les armes aux Duellistes , à qui on auroit fait grace de la vie,
et cela sous condition que s'ils les portoient depuis , leur pardon deviendroit
nul ; exclure de tout emploi militaire
ceux qui auroient appellé quelqu'un en
Duel , ou qui auroient répondu à l'appel,
en un mot , faire ensorte que de telles
gens , qui par une pure folie , auroient
ainsi violé les Loix de la societé humaine, fussent desormais bannis de la Socie
té et du commerce des Sages , &c.
On trouve dans l'article des nouvelles
de Londres , que le sieur Pine , habile
Graveur , travaille à donner les Ouvrages d'Horace , gravez sur des Planches
de cuivre. Il en a distribué un Essai contenant les six premieres Odes , qui a paru
fort beau. Chaque Ode est accompagnée
d'une Vignette , d'une Lettre grise et
d'un Cul- de- Lampe ; on y voit les têtes
des personnes à qui les Odes sont adres
sées , ou des représentations qui ont du
rapport au sujet de la Piece. A l'égard
du Texte , on se conforme à l'Edition'
d'Horace , publiée à Cambridge en 1701,
in 12. par les soins du Doct. Talbot. L'Edition
A O UST. 1732. 1787
dition du sieur Pine contiendra deux vo
lumes in 8.
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Résumé : Recueil de Discours sur diverses matieres, [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil de discours sur diverses matières importantes, traduit ou composé par Jean Barbeyrac, professeur en droit à l'Université de Groningue. Ce recueil, publié en deux tomes à Amsterdam en 1731, inclut un éloge historique de feu M. Noord. Le second tome commence par une dissertation sur la juste défense de l'honneur, publiée en latin en 1717, qui traite particulièrement des duels. Cette dissertation, composée de cinq chapitres, explore l'origine des duels et les moyens de les abolir. Elle énumère onze types de duels, dont le dernier est celui visant à réparer l'honneur, une pratique inconnue des Grecs, Romains, Égyptiens et anciens peuples d'Asie. Cette coutume est attribuée à des peuples barbares du Nord de l'Europe, qui préféraient régler leurs différends par l'épée plutôt que par la loi. Les Lombards ont introduit cette pratique en Italie, et d'autres peuples du Nord l'ont répandue dans divers pays. Les commentateurs du droit romain et les croisades ont contribué à légitimer les duels, tandis que les chevaliers ont établi des règles du point d'honneur. La dissertation critique l'usage des duels, contraire à la raison, à la loi naturelle et aux maximes de la religion chrétienne. L'auteur propose des lois sévères pour dissuader les duels, comme traiter les corps des duelistes comme ceux des criminels et exclure les duelistes des emplois militaires. Le texte mentionne également un graveur, le sieur Pine, travaillant sur une édition illustrée des œuvres d'Horace.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2143
p. 1787-1798
Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA PEINTURE. prononcé dans les Conferences de l'Académie [...]
Mots clefs :
Peinture, Conférences, Académie royale de peinture et de sculpture, Charles Coypel, Art, Dessein, Jugement, Coloris, Critique, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA PEINTURE , pronondans les Conferences de l'Académie
Royale de Peinture et Sculpture. Par
2. Charles Coypel , Premier Peintre de V. le Duc d'Orleans. A Paris , chez
P. F. Mariette , rue S Jacques , 1732. Brochure in 4. de 34. pages.
Le sujet, du premier Discours est sur
necessité de recevoir des avis. La premiere chose dont le Lecteur s'apperçoit
dans la lecture agréable et utile de cet
Ouvrage , c'est que M. Coypel , outre ses
lens pour l'Art qu'il professe , a une
plume aussi sage et aussi élegante que
son Pinceau ; deux qualitez qu'on trouve assez rarement ensemble. On renarque dans ses Ecrits le même génie ,
le même tour et le même ordre qu'on
voir avec plaisir dans ses heureuses Ĉompositions , où l'on trouve tant d'expres
sions fines et délicates.
M. Coypel entre en matiere très-moaestement , en soumettant ces Refléxions
qu'il n'avoit faites , dit- il , que pour lui ,
au jugement de l'Académie , et ne pou
vant croire qu'elles puissent être utiles
à d'autres qu'à lui ; sur quoi nous- pensons
1788 MERCURE DE FRANCE
sons qu'il s'expose à un démenti de là
part de tous ses Lecteurs et peut être
de toute l'Académie.
-
Sur la necessité de recevoir des avis ,
M. Coypel s'exprime ainsi. La Peinture
est composée de tant de parties , que nous
ne devons presque jamais nous flater de
ne pas perdre de vûe les unes , en nous
attachant à chercher les autres.
Il n'est pas moins rare de trouver des
amis qui soient également touchez de
toutes ces Parties. L'un n'est sensible
qu'à la couleur , et n'est que peu flaté
de l'élegance du Dessein ; l'autre , au
contraire , prétend que sans le grand
goût, la délicatesse et la pureté du Dessein , la Peinture n'est qu'une affaire de
Mécanique. L'homme d'esprit et de sentiment ne s'attachera qu'à l'expression des
têtes et à l'ordonnance. L'homme d'érudition sera satisfait si le Costume est
scrupuleusement observé dans un Tableau , ainsi des autres.
Chacun ayant donc presque toûjours
son goût déterminé pour une partie de
la Peinture , et la préferant aux autres ,
rarement est-il possible que les avis d'un
seul ami soient suffisans ; nous devons
donc necessairement faire societé avec
des personnes de goûts differens ; l'un
apper-
AOUST. 1732. 1789
appercevra ce que l'autre avoit laissé
échapper.Nous verrons aujourd'hui notre
Ouvrage par les yeux de l'homme de
Lettres , demain il sera éclairé par les lu- mieres de l'Amateur du coloris ; une aure fois les regards du Partisan du Desçin donneront aux nôtres une nouvelle
éverité , &c.
Mais il arrive quelquefois , poursuit
Auteur sur la maniere d'avoir des avis,
que la façon dont nous les demandons
ne prouve autre chose que le desir que
nous avons de recevoir des loüanges. Souvent un Auteur trouve moyen de faire
Péloge de son Ouvrage, dans le temps mêrê qu'il semble implorer le secours de
de la Critique. Trouvez- vous , dira-t'il ,
que je me sois tiré heureusement de telle
difficulté ? Fe crains que la finesse de ces
expressions ne soit pas sentie du Public.
J'aurois moins de défiance si je n'avois
affaire qu'à des Connoisseurs tels que
vous dites moi votre sentiment. Le
moyen de dire des choses fâcheuses à
quelqu'un qui déclare que vous êtes seul
capable de connoître l'excellence de son
mérite. Ne prévenons nos Juges que sur
,
desir que nous avons de nous corriger
et sur l'obligation que nous aurions à
quelqu'un qui nous voudroit assez de
bien
1
pour nous faire part de sa critique , au
risque de nous affliger. D'ailleurs laissons
parler notre Ouvrage ; ce qu'il ne dira
pas, cest qu'il ne le peut dire, &c. Soyons
prompts à démêler sur le visage de celui
que nous consultons , l'impression qu'il
reçoit au premier coup d'œil , c'est le
sentiment que sa politesse même ne peur
nous cacher. Mais ne craignons pas de
manquer d'avis quand il sera bien établi
que nous les recevons avec plaisir.
Après avoir dit que c'est dans l'idée de
critiquer ses propres ouvrages , qu'il faut
consulter ceux des grands Maîtres anciens , il ajoute : Nous devrions faire la
même chose à la vûë de ceux des habiles
gens avec qui nous vivons. Malheureusement cela nous devient plus difficile :
nous avons peine àconvenir qu'il se trouve de notre temps des personnes qui possedent dans notre Art des perfections que
nous n'avons pû acquerir ; nous le pardonnons aux anciens; ils semblent avoir
expié cette offense en cessant de vivre.
D'ailleurs ceux de nos jours que nous
envions , sont obligés de leur rendre la
même justice ; c'est une consolation pour
notre amour propre ; mais qu'en arrive-,
t-il? Nous nous bornons à admirer ceux
qui sont venus avant nous , sans nous efforcer
AOUST. 1732 1791
forcer de les égaler ; nous renonçons à
ce noble désir , dans l'esperance que nos
contemporains ne parviendront pas plus
que nous à cet éminent dégré de perfec
tion ; et quant aux Ouvrages nouveaux
si nous y remarquons des parties qui
nous manquent, loin de tâcher de mettre
à profit le mouvement de jalousie qu'el
les nous inspirent , en les étudiant assez
pour les acquerir ; nous cherchons promtement de la consolation , en y faisant la
recherche de défauts que nous aurions
peut- être évitez. De là nous retournons
regarder nos productions avec autant de
complaisance pour nous mêmes, que nous
avons de sévérité pour les autres : Nous
y admirons la partie que nous croïons posséder ; nous ne manquons pas de lui donner la prééminence sur toutes les autres ;
nos ennemis ont la malice de nous fortifier dans cette ridicule opinion ; nos flateurs ont la fausseté de l'augmenter en
nous , et nos amis ont souvent la foiblesse de nous la laisser , et d'en prendre leur
part.
La seule comparaison de nos Ouvrages,
avec ceux des autres , peut nous rendre
nos deffauts sensibles. Lorsque nous passons notre temps vis- à-vis nos produc
tions , il est rare que nous persistions dans
1792 MERCURE DE FRANCE
dans le désir de leur chercher querelle.
Combien de femmes, dans l'arriere saison,
sont contentes de leur visage , après une
longue toilette ! La grande habitude dans
laquelle elles sont, d'y considerer toujours
le même objet , qu'elles pensent embellir
souvent par de ridicules ajustemens , leur
persuade aisément qu'il est même du remede aux Outrages du temps. Qu'une jeune et belle personne paroisse , cette vûë
leur fait sentir dans l'instant des veritez
que le Miroir leur avoit montrées vainement. Gardons-nous donc de croire que
nous puissions , sans aucun secours , parvenir à nous bien critiquer; nous sommes
trop échauffez de nos propres idées pour
conserver ce sang froid, si nécessaire pour
bien juger.
Avant le Dialogue sur la connoissance
-de la Peinture , M. Coypel rend compte
du motif qui le lui a fait composer , sur
ce principe , que la Peinture n'ayant pour
objet que la parfaite imitation de la nature ,
tout homme de bon sens et d'esprit, sans avoir
étudié les mysteres de cet art , est à portée de
sentir les grandes beautez d'un Tableau , et
defaire souvent même d'excellentes remarques
Il suppose un veritable connoisseur en
conversation , avec un homme d'esprit ,
qui
A OUST. 1732. 1793
qui n'ayant jamais eu de principes sur la
peinture , n'ose s'en rapporter à ses yeux;
ou , pour dire plus, dit- il , n'ose ceder au
plaisir qu'il ressent , en voyant des Tableaux , dans la crainte de n'être pas satisfait selon les regles , &c.
Seriez-vous dans l'erreur de croire , dit
Alcipeà Damon,comme beaucoup de gens,
que l'on ne sçauroit sentir les beautez
d'un Ouvrage que lorsque l'on sçait de
quelle main il est sorti ? ... Je conviens
que celui qui est au fait des principes de
Art, doit avoir encore plus de plaisir
qu'un autre ; mais je ne conviens pas que
cela soit absolument nécessaire. Selon
votre idée , on ne pourroit lire les Vers
avec plaisir , qu'autant qu'on seroit capable d'en faire soi-même ; et il ne seroit
plus permis qu'à ceux qui sçavent la Musique , d'écouter un Concert. Non , mon
cher Damon, les beaux Arts sont faits
pour toutes les personnes de bon sens et
d'esprit et sur tout la Peinture , qui
n'a d'autre objet que l'imitation du vrai.
Croyez qu'il y a tel homme d'esprit , qui
sera plus capable de sentir les grandes
beautez d'un Tableau , que quantité de
prétendus connoisseurs qui vous imposent par leur jargon ; de ces gens qui ont
passé leur vie à étudier les differentes maF nicres
1794 MERCURE DE FRANCE
nieres de tels et tels , sans s'appliquer à
connoître quelle partie a rendu celui-cy
plus fameux que cet autre. Il leur suffit
de reconnoître la touche du Titien, ou du
Carache dans un Tableau, pour le déclarer merveilleux. Ne croyez pas même
qu'ils aillent chercher les preuves de l'originalité dans les grandes parties ;-non ,
c'est souvent un petit coin du Tableau
la touche d'une Plante , d'un Nuage, ou
le derriere de la Toile qui les déterminent. D'ailleurs ces gens - là n'ignorent
aucuns termes de l'Art , sçavent exactement la vie des Peintres , l'Histoire de
chaque Tableau , &c.
Ce que j'y trouve de pis , c'est que ces
diseurs de grands mots sont des Éleves.
Un homme qui voudra se jetter dans la
connoissance de la Peinture , s'addressera
plutôt à eux qu'à un Peintre ; car ces
Mr ont leur interêt pour publier que les
Peintres sont ceux qui s'y connoissent le
moins. C'est-là le premier préjugé sur lequel ils établissent les autres. Si - tôt que
Eleve en est rempli , il marche à grands
pas ; en peu de jours le voilà bien persuadé qu'il peut en toute sureté , mépriser
tous les Tableaux peints sur des toiles neu--
ves ; et admirer ceux qui menacent ruine.
Jugez alors si l'amour propre est satis- fait ?
AOUST. 17320 1795
it. Quel air de capacité ne se donne
int mon homme en se récriant devant
monde sur les beautez d'un vieux Taeau noirci , où les autres ne connoisnt plus rien , et où il ne découvre plus
n lui-même on le suit , on l'écoute
Sa décision est pitoyable , mais
e lui importe ; on le prend pour un
mme capable, il est content.Car il faut
convenir ; souvent nous avons des Taaux, des Livres ; nous courons les Conts , bien moins parce que nous aimons
Peinture , les Lettres ou la Musique
pour nous donner un air de capacité.
is se le donne - t - on en réfléchissant
g-temps avant que de hazarder son
timent ? Non, c'est en décidant promient , &c.
On blâme plus volontiers les Ouvranouveaux qui paroissent , qu'on ne les
3. Je ne sçai pourquoi , dit Alcipe, mais
utencore l'avouer,à notre honte; nous
ons une secrete et détestable joïe à reher un homme qui a fait ses efforts
nous plaire ; et vû cette malheureuclination , il devient bien plus diffid'approuver un Ouvrage nouveau ,
ue de leblâmer.Dites qu'il ne vaut rien;
on vous croît , sans que vous soyez obligé de vous expliquer davantage ; mais si
Fij Vous
1796 MERCURE DE FRANCE
vous en parlez avec éloge , ( au cas qu'on
veuille bien ne vous pas traiter d'imbécille ) on vous demande au moins raison.
de votre approbation ; c'est alors qu'il
faut véritablement s'y connoître pour
prouver sa capacité ; et peut - être même
faut-il plus de gout et d'esprit pour bien
sentir les grandes beautez , que pour découvrir les deffauts. D'ailleurs , que risquons- nous en blâmant? Si l'Ouvrage est
bon et reconnu pour tel dans la suite,nous
donnons à perser , en le regardant avec
froideur , que nous avons une idée du
beau bien supérieure à celle qu'en a le
vulgaire ; mais quand par malheur la critique l'emporte sur nos applaudissemens,
nous courons risque de passer pour des
esprits bornés. A l'égard des productions
des anciens , on ne peut que se faire honneur en les louant , parce que la posterité
les a consacrez. N'allez pas croire que je
prétende dire qu'ils ne sont pas dignes de
cette admiration ; personne ne leur rend
plus de justice que moi ; et c'est parce
que je les aime , que je suis outré de les
entendre loüer par des ignorans, qui n'en
démêlent que la rareté , et point du tout
l'excellence.
Mais, quoy ! dit Damon, jugeriez-vous
à propos que j'allasse me mêler de parler
de
A O UST. 1732. 1797
de la composition d'un Tableau : Eh
pourquoi pas ? répond Alcipe. Quelle
est , à votre avis , la premiere partie de la
composition ? N'est- ce pas de vous rendre , avec vérité , le sujet que l'on vous
annonce ? Si on veut vous representer ,
par exemple , la mort de Jules - César
n'êtes-vous pas à portée de juger si le
Peintre a rendu l'image de cette Scene ?
N'en jugeriez vous pas au Théatre ? Ne
verriez-vous pas bien si César et Brutus sont les principaux objets qui frappent votre vûë ? Si les autres personnages ont dans l'action , dans laquelle ils doivent être Enfin si le mouvement de
cètte Scene vous inspire la terreur qu'il
doit vous inspirer ? Si ces principales par
ties ne s'y trouvent point , dites en sûreté
que la composion de ce Tableau ne vous
plaît pas ; et vous aurez raison ; mais ne
vous pressez pas de dire que ce Tableau
ne vaut rien ; car il pourroit se trouver
d'excellentes choses dans le détail. La
Peinture est composée de tant de parties... Regardez donc , avant de condamner entierement , si , la composition
à part , vous ne serez point frappé de la
vérité de la couleur , de l'effet du clairobscur , du relief des figures , &c.
Sur la composition , sur le dessein , sur
Fiij le
1798 MERCURE DE FRANCE
le coloris , un homme d'esprit peut dire
son sentiment , dit Alcipe , puisqu'il ne
s'agit que de comparer le vrai, avec l'imitation. Quant à l'harmonie generale
poursuit-il,pourquoi nos yeux n'auroient- ils pas les mêmes facultez que nos oreilles ? Nous ne sommes touchez du son des
Instrumens , que lorsqu'ils sont parfaitement d'accord. Les couleurs d'un Tableau
doivent faire sur nous les mêmes impressions.Si une Musique harmonieuse et brillante nous frappe plus qu'une Musique
plate , quoique nous ne sçachions pas les
regles de la composition ; pourquoi un
Tableau brillant et suave ne nous plairat-il pas plus qu'un Tableau dur et sans
accord?
Royale de Peinture et Sculpture. Par
2. Charles Coypel , Premier Peintre de V. le Duc d'Orleans. A Paris , chez
P. F. Mariette , rue S Jacques , 1732. Brochure in 4. de 34. pages.
Le sujet, du premier Discours est sur
necessité de recevoir des avis. La premiere chose dont le Lecteur s'apperçoit
dans la lecture agréable et utile de cet
Ouvrage , c'est que M. Coypel , outre ses
lens pour l'Art qu'il professe , a une
plume aussi sage et aussi élegante que
son Pinceau ; deux qualitez qu'on trouve assez rarement ensemble. On renarque dans ses Ecrits le même génie ,
le même tour et le même ordre qu'on
voir avec plaisir dans ses heureuses Ĉompositions , où l'on trouve tant d'expres
sions fines et délicates.
M. Coypel entre en matiere très-moaestement , en soumettant ces Refléxions
qu'il n'avoit faites , dit- il , que pour lui ,
au jugement de l'Académie , et ne pou
vant croire qu'elles puissent être utiles
à d'autres qu'à lui ; sur quoi nous- pensons
1788 MERCURE DE FRANCE
sons qu'il s'expose à un démenti de là
part de tous ses Lecteurs et peut être
de toute l'Académie.
-
Sur la necessité de recevoir des avis ,
M. Coypel s'exprime ainsi. La Peinture
est composée de tant de parties , que nous
ne devons presque jamais nous flater de
ne pas perdre de vûe les unes , en nous
attachant à chercher les autres.
Il n'est pas moins rare de trouver des
amis qui soient également touchez de
toutes ces Parties. L'un n'est sensible
qu'à la couleur , et n'est que peu flaté
de l'élegance du Dessein ; l'autre , au
contraire , prétend que sans le grand
goût, la délicatesse et la pureté du Dessein , la Peinture n'est qu'une affaire de
Mécanique. L'homme d'esprit et de sentiment ne s'attachera qu'à l'expression des
têtes et à l'ordonnance. L'homme d'érudition sera satisfait si le Costume est
scrupuleusement observé dans un Tableau , ainsi des autres.
Chacun ayant donc presque toûjours
son goût déterminé pour une partie de
la Peinture , et la préferant aux autres ,
rarement est-il possible que les avis d'un
seul ami soient suffisans ; nous devons
donc necessairement faire societé avec
des personnes de goûts differens ; l'un
apper-
AOUST. 1732. 1789
appercevra ce que l'autre avoit laissé
échapper.Nous verrons aujourd'hui notre
Ouvrage par les yeux de l'homme de
Lettres , demain il sera éclairé par les lu- mieres de l'Amateur du coloris ; une aure fois les regards du Partisan du Desçin donneront aux nôtres une nouvelle
éverité , &c.
Mais il arrive quelquefois , poursuit
Auteur sur la maniere d'avoir des avis,
que la façon dont nous les demandons
ne prouve autre chose que le desir que
nous avons de recevoir des loüanges. Souvent un Auteur trouve moyen de faire
Péloge de son Ouvrage, dans le temps mêrê qu'il semble implorer le secours de
de la Critique. Trouvez- vous , dira-t'il ,
que je me sois tiré heureusement de telle
difficulté ? Fe crains que la finesse de ces
expressions ne soit pas sentie du Public.
J'aurois moins de défiance si je n'avois
affaire qu'à des Connoisseurs tels que
vous dites moi votre sentiment. Le
moyen de dire des choses fâcheuses à
quelqu'un qui déclare que vous êtes seul
capable de connoître l'excellence de son
mérite. Ne prévenons nos Juges que sur
,
desir que nous avons de nous corriger
et sur l'obligation que nous aurions à
quelqu'un qui nous voudroit assez de
bien
1
pour nous faire part de sa critique , au
risque de nous affliger. D'ailleurs laissons
parler notre Ouvrage ; ce qu'il ne dira
pas, cest qu'il ne le peut dire, &c. Soyons
prompts à démêler sur le visage de celui
que nous consultons , l'impression qu'il
reçoit au premier coup d'œil , c'est le
sentiment que sa politesse même ne peur
nous cacher. Mais ne craignons pas de
manquer d'avis quand il sera bien établi
que nous les recevons avec plaisir.
Après avoir dit que c'est dans l'idée de
critiquer ses propres ouvrages , qu'il faut
consulter ceux des grands Maîtres anciens , il ajoute : Nous devrions faire la
même chose à la vûë de ceux des habiles
gens avec qui nous vivons. Malheureusement cela nous devient plus difficile :
nous avons peine àconvenir qu'il se trouve de notre temps des personnes qui possedent dans notre Art des perfections que
nous n'avons pû acquerir ; nous le pardonnons aux anciens; ils semblent avoir
expié cette offense en cessant de vivre.
D'ailleurs ceux de nos jours que nous
envions , sont obligés de leur rendre la
même justice ; c'est une consolation pour
notre amour propre ; mais qu'en arrive-,
t-il? Nous nous bornons à admirer ceux
qui sont venus avant nous , sans nous efforcer
AOUST. 1732 1791
forcer de les égaler ; nous renonçons à
ce noble désir , dans l'esperance que nos
contemporains ne parviendront pas plus
que nous à cet éminent dégré de perfec
tion ; et quant aux Ouvrages nouveaux
si nous y remarquons des parties qui
nous manquent, loin de tâcher de mettre
à profit le mouvement de jalousie qu'el
les nous inspirent , en les étudiant assez
pour les acquerir ; nous cherchons promtement de la consolation , en y faisant la
recherche de défauts que nous aurions
peut- être évitez. De là nous retournons
regarder nos productions avec autant de
complaisance pour nous mêmes, que nous
avons de sévérité pour les autres : Nous
y admirons la partie que nous croïons posséder ; nous ne manquons pas de lui donner la prééminence sur toutes les autres ;
nos ennemis ont la malice de nous fortifier dans cette ridicule opinion ; nos flateurs ont la fausseté de l'augmenter en
nous , et nos amis ont souvent la foiblesse de nous la laisser , et d'en prendre leur
part.
La seule comparaison de nos Ouvrages,
avec ceux des autres , peut nous rendre
nos deffauts sensibles. Lorsque nous passons notre temps vis- à-vis nos produc
tions , il est rare que nous persistions dans
1792 MERCURE DE FRANCE
dans le désir de leur chercher querelle.
Combien de femmes, dans l'arriere saison,
sont contentes de leur visage , après une
longue toilette ! La grande habitude dans
laquelle elles sont, d'y considerer toujours
le même objet , qu'elles pensent embellir
souvent par de ridicules ajustemens , leur
persuade aisément qu'il est même du remede aux Outrages du temps. Qu'une jeune et belle personne paroisse , cette vûë
leur fait sentir dans l'instant des veritez
que le Miroir leur avoit montrées vainement. Gardons-nous donc de croire que
nous puissions , sans aucun secours , parvenir à nous bien critiquer; nous sommes
trop échauffez de nos propres idées pour
conserver ce sang froid, si nécessaire pour
bien juger.
Avant le Dialogue sur la connoissance
-de la Peinture , M. Coypel rend compte
du motif qui le lui a fait composer , sur
ce principe , que la Peinture n'ayant pour
objet que la parfaite imitation de la nature ,
tout homme de bon sens et d'esprit, sans avoir
étudié les mysteres de cet art , est à portée de
sentir les grandes beautez d'un Tableau , et
defaire souvent même d'excellentes remarques
Il suppose un veritable connoisseur en
conversation , avec un homme d'esprit ,
qui
A OUST. 1732. 1793
qui n'ayant jamais eu de principes sur la
peinture , n'ose s'en rapporter à ses yeux;
ou , pour dire plus, dit- il , n'ose ceder au
plaisir qu'il ressent , en voyant des Tableaux , dans la crainte de n'être pas satisfait selon les regles , &c.
Seriez-vous dans l'erreur de croire , dit
Alcipeà Damon,comme beaucoup de gens,
que l'on ne sçauroit sentir les beautez
d'un Ouvrage que lorsque l'on sçait de
quelle main il est sorti ? ... Je conviens
que celui qui est au fait des principes de
Art, doit avoir encore plus de plaisir
qu'un autre ; mais je ne conviens pas que
cela soit absolument nécessaire. Selon
votre idée , on ne pourroit lire les Vers
avec plaisir , qu'autant qu'on seroit capable d'en faire soi-même ; et il ne seroit
plus permis qu'à ceux qui sçavent la Musique , d'écouter un Concert. Non , mon
cher Damon, les beaux Arts sont faits
pour toutes les personnes de bon sens et
d'esprit et sur tout la Peinture , qui
n'a d'autre objet que l'imitation du vrai.
Croyez qu'il y a tel homme d'esprit , qui
sera plus capable de sentir les grandes
beautez d'un Tableau , que quantité de
prétendus connoisseurs qui vous imposent par leur jargon ; de ces gens qui ont
passé leur vie à étudier les differentes maF nicres
1794 MERCURE DE FRANCE
nieres de tels et tels , sans s'appliquer à
connoître quelle partie a rendu celui-cy
plus fameux que cet autre. Il leur suffit
de reconnoître la touche du Titien, ou du
Carache dans un Tableau, pour le déclarer merveilleux. Ne croyez pas même
qu'ils aillent chercher les preuves de l'originalité dans les grandes parties ;-non ,
c'est souvent un petit coin du Tableau
la touche d'une Plante , d'un Nuage, ou
le derriere de la Toile qui les déterminent. D'ailleurs ces gens - là n'ignorent
aucuns termes de l'Art , sçavent exactement la vie des Peintres , l'Histoire de
chaque Tableau , &c.
Ce que j'y trouve de pis , c'est que ces
diseurs de grands mots sont des Éleves.
Un homme qui voudra se jetter dans la
connoissance de la Peinture , s'addressera
plutôt à eux qu'à un Peintre ; car ces
Mr ont leur interêt pour publier que les
Peintres sont ceux qui s'y connoissent le
moins. C'est-là le premier préjugé sur lequel ils établissent les autres. Si - tôt que
Eleve en est rempli , il marche à grands
pas ; en peu de jours le voilà bien persuadé qu'il peut en toute sureté , mépriser
tous les Tableaux peints sur des toiles neu--
ves ; et admirer ceux qui menacent ruine.
Jugez alors si l'amour propre est satis- fait ?
AOUST. 17320 1795
it. Quel air de capacité ne se donne
int mon homme en se récriant devant
monde sur les beautez d'un vieux Taeau noirci , où les autres ne connoisnt plus rien , et où il ne découvre plus
n lui-même on le suit , on l'écoute
Sa décision est pitoyable , mais
e lui importe ; on le prend pour un
mme capable, il est content.Car il faut
convenir ; souvent nous avons des Taaux, des Livres ; nous courons les Conts , bien moins parce que nous aimons
Peinture , les Lettres ou la Musique
pour nous donner un air de capacité.
is se le donne - t - on en réfléchissant
g-temps avant que de hazarder son
timent ? Non, c'est en décidant promient , &c.
On blâme plus volontiers les Ouvranouveaux qui paroissent , qu'on ne les
3. Je ne sçai pourquoi , dit Alcipe, mais
utencore l'avouer,à notre honte; nous
ons une secrete et détestable joïe à reher un homme qui a fait ses efforts
nous plaire ; et vû cette malheureuclination , il devient bien plus diffid'approuver un Ouvrage nouveau ,
ue de leblâmer.Dites qu'il ne vaut rien;
on vous croît , sans que vous soyez obligé de vous expliquer davantage ; mais si
Fij Vous
1796 MERCURE DE FRANCE
vous en parlez avec éloge , ( au cas qu'on
veuille bien ne vous pas traiter d'imbécille ) on vous demande au moins raison.
de votre approbation ; c'est alors qu'il
faut véritablement s'y connoître pour
prouver sa capacité ; et peut - être même
faut-il plus de gout et d'esprit pour bien
sentir les grandes beautez , que pour découvrir les deffauts. D'ailleurs , que risquons- nous en blâmant? Si l'Ouvrage est
bon et reconnu pour tel dans la suite,nous
donnons à perser , en le regardant avec
froideur , que nous avons une idée du
beau bien supérieure à celle qu'en a le
vulgaire ; mais quand par malheur la critique l'emporte sur nos applaudissemens,
nous courons risque de passer pour des
esprits bornés. A l'égard des productions
des anciens , on ne peut que se faire honneur en les louant , parce que la posterité
les a consacrez. N'allez pas croire que je
prétende dire qu'ils ne sont pas dignes de
cette admiration ; personne ne leur rend
plus de justice que moi ; et c'est parce
que je les aime , que je suis outré de les
entendre loüer par des ignorans, qui n'en
démêlent que la rareté , et point du tout
l'excellence.
Mais, quoy ! dit Damon, jugeriez-vous
à propos que j'allasse me mêler de parler
de
A O UST. 1732. 1797
de la composition d'un Tableau : Eh
pourquoi pas ? répond Alcipe. Quelle
est , à votre avis , la premiere partie de la
composition ? N'est- ce pas de vous rendre , avec vérité , le sujet que l'on vous
annonce ? Si on veut vous representer ,
par exemple , la mort de Jules - César
n'êtes-vous pas à portée de juger si le
Peintre a rendu l'image de cette Scene ?
N'en jugeriez vous pas au Théatre ? Ne
verriez-vous pas bien si César et Brutus sont les principaux objets qui frappent votre vûë ? Si les autres personnages ont dans l'action , dans laquelle ils doivent être Enfin si le mouvement de
cètte Scene vous inspire la terreur qu'il
doit vous inspirer ? Si ces principales par
ties ne s'y trouvent point , dites en sûreté
que la composion de ce Tableau ne vous
plaît pas ; et vous aurez raison ; mais ne
vous pressez pas de dire que ce Tableau
ne vaut rien ; car il pourroit se trouver
d'excellentes choses dans le détail. La
Peinture est composée de tant de parties... Regardez donc , avant de condamner entierement , si , la composition
à part , vous ne serez point frappé de la
vérité de la couleur , de l'effet du clairobscur , du relief des figures , &c.
Sur la composition , sur le dessein , sur
Fiij le
1798 MERCURE DE FRANCE
le coloris , un homme d'esprit peut dire
son sentiment , dit Alcipe , puisqu'il ne
s'agit que de comparer le vrai, avec l'imitation. Quant à l'harmonie generale
poursuit-il,pourquoi nos yeux n'auroient- ils pas les mêmes facultez que nos oreilles ? Nous ne sommes touchez du son des
Instrumens , que lorsqu'ils sont parfaitement d'accord. Les couleurs d'un Tableau
doivent faire sur nous les mêmes impressions.Si une Musique harmonieuse et brillante nous frappe plus qu'une Musique
plate , quoique nous ne sçachions pas les
regles de la composition ; pourquoi un
Tableau brillant et suave ne nous plairat-il pas plus qu'un Tableau dur et sans
accord?
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Résumé : Discours sur la Peinture, &c. [titre d'après la table]
En 1732, Charles Coypel, Premier Peintre du Duc d'Orléans, prononce un discours lors des conférences de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il y souligne la nécessité pour les artistes de recevoir des avis pour améliorer leur travail. La peinture, composée de nombreuses parties, peut être critiquée sous différents aspects tels que la couleur, le dessin, l'expression ou le costume. Coypel insiste sur l'importance de demander des avis de manière sincère et ouverte, sans chercher uniquement des louanges. Il critique ceux qui se contentent d'admirer les œuvres des anciens maîtres sans essayer de les égaler ou d'apprendre des contemporains. Il met également en garde contre l'habitude de trouver des défauts dans les œuvres nouvelles pour se consoler de ses propres insuffisances. Coypel aborde ensuite la capacité de chacun à apprécier les beautés d'un tableau, indépendamment des connaissances techniques. Il critique les prétendus connaisseurs qui se basent sur des détails superficiels pour juger une œuvre. Il encourage à juger les tableaux en fonction de leur composition et de leur capacité à représenter fidèlement le sujet. Le texte discute également de la perception des éléments artistiques par l'observateur, tels que la vérité de la couleur, l'effet du clair-obscur et le relief des figures. Alcipe, un personnage mentionné, affirme qu'un homme d'esprit peut exprimer son avis sur la composition, le dessin et le coloris en comparant le vrai avec l'imitation. Il compare l'harmonie générale d'un tableau à celle de la musique, suggérant que les yeux devraient avoir les mêmes facultés que les oreilles. Les couleurs d'un tableau doivent produire les mêmes impressions que les sons des instruments lorsqu'ils sont en accord parfait. De même que la musique harmonieuse et brillante est plus frappante que la musique plate, un tableau brillant et suave devrait plaire davantage qu'un tableau dur et sans accord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2144
p. 1798-1800
« INSTRUCTION CHRÉTIENNE sur les huit Béatitudes, par Demandes et par Réponses, [...] »
Début :
INSTRUCTION CHRÉTIENNE sur les huit Béatitudes, par Demandes et par Réponses, [...]
Mots clefs :
Instruction chrétienne, Entretiens physiques, Auteurs sacrés et ecclésiastiques, Jeunesse, Virgile, Histoire d'Émilie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTION CHRÉTIENNE sur les huit Béatitudes, par Demandes et par Réponses, [...] »
INSTRUCTION CHRE'TIENNE sur les huit
Béatitudes , par Demandes et par Réponses ; tirée des SS. PP. de l'Eglise , et en
particulier , de S. Augustin. Avec des
Prieres et Aspirations sur chaque Instruction. Ouvrage orné de Figures en tailledouce. ChezWitte et Henry, rue S.Jacques.
1732. in 12.
LES ENTRETIENS PHYSIQUES d'Ariste et
d'Eudoxe ; ou Physique nouvelle en Dialogues , qui renferme précisément ce qui
s'est
AOUST. 1732. 17.99
s'est découvert de plus curieux et de plus
utile dans la nature ; enrichis de beaucoup de Figures. Nouvelle Edition , revûë et augmentée d'un Volume. Par le
P. Regnault , de la Compagnie de Jesus.
Chez Jacques Clouzier , rue S. Jacques ,
1732. 4 vol. in 12.
HISTOIRE GENERALE des Auteurs Sacrez et Ecclesiastiques , qui contient leur
vie , le Catalogue , la Critique , le Jugement, la Chronologie, l'Analyse et le dé
nombrement des différentes Editions de
leurs Ouvrages , ce qu'ils renferment de
plus interessant sur le Dogme , sur la
Morale et sur la Discipline de l'Eglise ;
l'Histoire des Conciles, tant Généraux que
Particuliers , et les Actes choisis des Martyrs. Par le R. P. Dom Remy Ceillier, Benedictin , de la Congrégation de S. Vanne et de S. Hydulph , Coadjuteur de Flavigny. Tome 3. Chez Paulus- du-Mesnil,
au Palais. 1732. in 4°.
L'ART D'E LEVER LA JEUNESSE,
selon la différence du sexe , des âges et
des conditions ; en suivant les Principes
de la Religion , de la Politique et de l'Economie. A Paris , Quai des Augustins .
chez Antoine Gandouin , & c. 1732. Brochure de 77 pages.
Fiiij L'E-
1800 MERCURE DE FRANCE
L'EDUCATION DES ENFANS , renduë utile aux Souverains , au Public et aux Parens. Deuxième Partie , de l'Art d'élever
la Jeunesse , selon le systême de Monsieur de Vallanger , &c.
OEUVRES MESLE'ES de M.... contenant un Discours sur la fin qu'a eu Virgile en composant ses Bucoliques ; une
Traductionde ses Eglogues, en Vers François ; un autre Discours sur les Regles
de l'Eglogue. Des Paraphrases en Vers
sur des Pseaumes de David , et sur quelques Chapitres des Proverbes de Salomon. Des Lettres , des Epîtres en Vers
des Réfléxions Morales , quelques Odes,
quelques autres Piéces de Poësie , et pour
fin , un Traité sur la maniere de juger des
Ouvrages d'esprit. Chez Barrois, Quai des
Augustins. 1732. in 12.
HISTOIRE D'EMILIE , ou les Amours de
Mlle de *** Par Mad. Mehault. Ruë
S. Jacques , et au Palais , chez Delespine ,
et chez Dupuis. 1732. in 12.
Béatitudes , par Demandes et par Réponses ; tirée des SS. PP. de l'Eglise , et en
particulier , de S. Augustin. Avec des
Prieres et Aspirations sur chaque Instruction. Ouvrage orné de Figures en tailledouce. ChezWitte et Henry, rue S.Jacques.
1732. in 12.
LES ENTRETIENS PHYSIQUES d'Ariste et
d'Eudoxe ; ou Physique nouvelle en Dialogues , qui renferme précisément ce qui
s'est
AOUST. 1732. 17.99
s'est découvert de plus curieux et de plus
utile dans la nature ; enrichis de beaucoup de Figures. Nouvelle Edition , revûë et augmentée d'un Volume. Par le
P. Regnault , de la Compagnie de Jesus.
Chez Jacques Clouzier , rue S. Jacques ,
1732. 4 vol. in 12.
HISTOIRE GENERALE des Auteurs Sacrez et Ecclesiastiques , qui contient leur
vie , le Catalogue , la Critique , le Jugement, la Chronologie, l'Analyse et le dé
nombrement des différentes Editions de
leurs Ouvrages , ce qu'ils renferment de
plus interessant sur le Dogme , sur la
Morale et sur la Discipline de l'Eglise ;
l'Histoire des Conciles, tant Généraux que
Particuliers , et les Actes choisis des Martyrs. Par le R. P. Dom Remy Ceillier, Benedictin , de la Congrégation de S. Vanne et de S. Hydulph , Coadjuteur de Flavigny. Tome 3. Chez Paulus- du-Mesnil,
au Palais. 1732. in 4°.
L'ART D'E LEVER LA JEUNESSE,
selon la différence du sexe , des âges et
des conditions ; en suivant les Principes
de la Religion , de la Politique et de l'Economie. A Paris , Quai des Augustins .
chez Antoine Gandouin , & c. 1732. Brochure de 77 pages.
Fiiij L'E-
1800 MERCURE DE FRANCE
L'EDUCATION DES ENFANS , renduë utile aux Souverains , au Public et aux Parens. Deuxième Partie , de l'Art d'élever
la Jeunesse , selon le systême de Monsieur de Vallanger , &c.
OEUVRES MESLE'ES de M.... contenant un Discours sur la fin qu'a eu Virgile en composant ses Bucoliques ; une
Traductionde ses Eglogues, en Vers François ; un autre Discours sur les Regles
de l'Eglogue. Des Paraphrases en Vers
sur des Pseaumes de David , et sur quelques Chapitres des Proverbes de Salomon. Des Lettres , des Epîtres en Vers
des Réfléxions Morales , quelques Odes,
quelques autres Piéces de Poësie , et pour
fin , un Traité sur la maniere de juger des
Ouvrages d'esprit. Chez Barrois, Quai des
Augustins. 1732. in 12.
HISTOIRE D'EMILIE , ou les Amours de
Mlle de *** Par Mad. Mehault. Ruë
S. Jacques , et au Palais , chez Delespine ,
et chez Dupuis. 1732. in 12.
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Résumé : « INSTRUCTION CHRÉTIENNE sur les huit Béatitudes, par Demandes et par Réponses, [...] »
Le document de 1732 présente plusieurs ouvrages. 'Instruction Chrétienne sur les huit Béatitudes' par Demandes et Réponses, enrichi de prières et d'illustrations, s'appuie sur les écrits de Saint Augustin et d'autres Pères de l'Église. 'Les Entretiens Physiques d'Ariste et d'Eudoxe' est une œuvre de physique en dialogues, révisée par le Père Regnault de la Compagnie de Jésus. 'Histoire Générale des Auteurs Sacrés et Ecclésiastiques' par le Père Dom Remy Ceillier, bénédictin, offre des informations sur la vie des auteurs, leurs œuvres et l'histoire des conciles. 'L'Art d'Élever la Jeunesse' aborde l'éducation selon les principes de la religion, de la politique et de l'économie. 'L'Éducation des Enfants' est la deuxième partie de cet ouvrage, suivant le système de Monsieur de Vallanger. 'Œuvres Mêlées' de M.... incluent des discours, des traductions, des paraphrases, des lettres, des réflexions morales, des odes et un traité sur l'évaluation des œuvres d'esprit. Enfin, 'Histoire d'Émilie' raconte les amours de Mademoiselle de *** par Madame Mehault.
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2145
p. 1800-1801
Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé Auroux, Prêtre, Docteur en Théologie, et Conseiller-Clerc au [...]
Mots clefs :
Coutumes, Pays et duché bourbonnais, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
M. l'Abbé Auroux , Prêtre , Docteur
en Théologie , et ,Conseiller - Clerc au
Présidial de Moulins , vient de donner au
Fu
A O UST. 1732. 1801.
Public un COMMENTAIRE sur les Coutumes Generales et Locales du Païs et Duché
de Bourbonnois.
• La lecture de cet Ouvrage serà fort utile , non seulement à ceux qui veulent
s'instruire des dispositions de la Coutume
de Bourbonnois ; mais encore à ceux qui
s'attachent à la Jurisprudence Coutumiere de tout le Royaume. L'Auteur a traité,
avec beaucoup d'érudition et d'ordre les
questions qui naissent de cette Coutume. Il les a proposées à la fin de chaque
article , et a puisé principalement ses réfléxions , tant dans les Ouvrages de Dumoulin , Papon et Potier , qui ont donné des Nottes sur la même Coutume ,
que dans ceux de plusieurs bons Commentaires Manuscrits , et dans les décisions rendues en la Sénéchaussée et
Présidial de Moulins , confirmées par
Parlement.
le
Ce Livre se vend à Paris , chez Cleuzier,
Libraire , au coin de la rue de la Parcheminerie , et chez Lebreton , fils , à l'entrée
du Quai des Augustins , près la, ruë Gistle - Cœur ; chcz Paulus- du-Mesnil , à la
Grande Salle du Palais , et chez Osmond,
Paîné, rue S. Jacques , 2732. 2. volumes
in folio.
en Théologie , et ,Conseiller - Clerc au
Présidial de Moulins , vient de donner au
Fu
A O UST. 1732. 1801.
Public un COMMENTAIRE sur les Coutumes Generales et Locales du Païs et Duché
de Bourbonnois.
• La lecture de cet Ouvrage serà fort utile , non seulement à ceux qui veulent
s'instruire des dispositions de la Coutume
de Bourbonnois ; mais encore à ceux qui
s'attachent à la Jurisprudence Coutumiere de tout le Royaume. L'Auteur a traité,
avec beaucoup d'érudition et d'ordre les
questions qui naissent de cette Coutume. Il les a proposées à la fin de chaque
article , et a puisé principalement ses réfléxions , tant dans les Ouvrages de Dumoulin , Papon et Potier , qui ont donné des Nottes sur la même Coutume ,
que dans ceux de plusieurs bons Commentaires Manuscrits , et dans les décisions rendues en la Sénéchaussée et
Présidial de Moulins , confirmées par
Parlement.
le
Ce Livre se vend à Paris , chez Cleuzier,
Libraire , au coin de la rue de la Parcheminerie , et chez Lebreton , fils , à l'entrée
du Quai des Augustins , près la, ruë Gistle - Cœur ; chcz Paulus- du-Mesnil , à la
Grande Salle du Palais , et chez Osmond,
Paîné, rue S. Jacques , 2732. 2. volumes
in folio.
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Résumé : Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
En 1732, M. l'Abbé Auroux, prêtre et docteur en théologie, ainsi que conseiller-clerc au Présidial de Moulins, a publié un commentaire sur les coutumes générales et locales du pays et duché de Bourbonnois. Cet ouvrage est destiné à ceux qui souhaitent comprendre les dispositions de la coutume de Bourbonnois et la jurisprudence coutumière du royaume. L'auteur aborde les questions relatives à cette coutume avec érudition et ordre, en s'appuyant sur les œuvres de Dumoulin, Papon et Potier, ainsi que sur des commentaires manuscrits et des décisions judiciaires confirmées par le Parlement. Le livre est disponible à Paris en deux volumes in-folio chez plusieurs libraires.
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2146
p. 1802-1803
Nouveau Lexicon Medicum, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les Nouvelles Litteraires d'Hollande nous apprennent qu'on y va donner incessamment [...]
Mots clefs :
Lexicon Medicum, Médecine, Définitions, Étymologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveau Lexicon Medicum, &c. [titre d'après la table]
Les Nouvelles Litteraires d'Hollande
nous apprennent qu'on y va donner incessamment un Ouvrage considérable ,
qui ne sçauroit manquer d'être bien reçû
du public. C'est un Lexicon Medicum
dont on manquoit en Medecine On s'étoit contentéjusqu'icy des définitions des
Maladies de Gorræus , de l'Oeconomie
d'Hippocrate , par Foesius , en forme de
Léxicon. Le petit Lexicon Medicum , de
Blanchard , Grec et Latin , ne laissoit pas
d'avoir son utilité ; mais l'ouvrage qu'on
nous promet , semble devoir épuiser la
matiere Mrs Theod. Tronchin et Louis
de Neuville , Docteurs en Médecine , travaillent à l'Edition de cet Ouvrage. Ces
M" promettent d'y comprendre generalement tous les termes qui concernent la
Médecine , soit dans la Thore , soit dans
la Pratique , l'Anatomie , la Chirurgie
la Chymie , les Méchiniques , la Pharmacie , la Botanique, l'Histoire naturelle,
&c. Le tout tiré des meilleurs Auteurs
de chaque Nation , tant Anciens que Modernes.
Ony donnera
en même
-temps
l'éthymologie
et les
differentes
significations
des
mots
Grecs
, avec
l'interprétation
des
termes
Latins
, Anglois
, Flamans
, François
, Allemands
et Italiens
.
On
AOUST. 1732. 18031
On y trouvera de plus les noms des
Médicamens, tant simples que composez ;
comme aussi des Planches gravées, de toutes les Parties du Corps Humain , suivant
les nouvelles découvertes des plus habiles Anatomistes ; les différens caracteres
dont on se sert en Médecine et en Chymie , avec leurs explications ; et à la fin ,
une Table des matiéres très- ample. C'est
l'idée qu'on donne de cet Ouvrage, par le
Projet, imprimé à Amsterdam , chez R.et
J. Westeins , et G. Smith. 1732. in 4º.
On avoit déja donné le titre de ce Lexicon , il y a plus de six mois , dans le 7 .
tome, premiere Partie, de la Bibliotheque
Raisonnée ; ce qui n'a pas empêché M.
Jean Philippe Burggrave le jeune , Medecin à Francfort , sur le Maine , de pu
blier presqu'en même-temps , un Projet à
peu près semblable. Si ces Mrs tiennent
leur parole,au lieu d'un Lexicon Medicum,
le public en aura deux. Un Sujet de cette importance ne sçauroit être trop discuté.
nous apprennent qu'on y va donner incessamment un Ouvrage considérable ,
qui ne sçauroit manquer d'être bien reçû
du public. C'est un Lexicon Medicum
dont on manquoit en Medecine On s'étoit contentéjusqu'icy des définitions des
Maladies de Gorræus , de l'Oeconomie
d'Hippocrate , par Foesius , en forme de
Léxicon. Le petit Lexicon Medicum , de
Blanchard , Grec et Latin , ne laissoit pas
d'avoir son utilité ; mais l'ouvrage qu'on
nous promet , semble devoir épuiser la
matiere Mrs Theod. Tronchin et Louis
de Neuville , Docteurs en Médecine , travaillent à l'Edition de cet Ouvrage. Ces
M" promettent d'y comprendre generalement tous les termes qui concernent la
Médecine , soit dans la Thore , soit dans
la Pratique , l'Anatomie , la Chirurgie
la Chymie , les Méchiniques , la Pharmacie , la Botanique, l'Histoire naturelle,
&c. Le tout tiré des meilleurs Auteurs
de chaque Nation , tant Anciens que Modernes.
Ony donnera
en même
-temps
l'éthymologie
et les
differentes
significations
des
mots
Grecs
, avec
l'interprétation
des
termes
Latins
, Anglois
, Flamans
, François
, Allemands
et Italiens
.
On
AOUST. 1732. 18031
On y trouvera de plus les noms des
Médicamens, tant simples que composez ;
comme aussi des Planches gravées, de toutes les Parties du Corps Humain , suivant
les nouvelles découvertes des plus habiles Anatomistes ; les différens caracteres
dont on se sert en Médecine et en Chymie , avec leurs explications ; et à la fin ,
une Table des matiéres très- ample. C'est
l'idée qu'on donne de cet Ouvrage, par le
Projet, imprimé à Amsterdam , chez R.et
J. Westeins , et G. Smith. 1732. in 4º.
On avoit déja donné le titre de ce Lexicon , il y a plus de six mois , dans le 7 .
tome, premiere Partie, de la Bibliotheque
Raisonnée ; ce qui n'a pas empêché M.
Jean Philippe Burggrave le jeune , Medecin à Francfort , sur le Maine , de pu
blier presqu'en même-temps , un Projet à
peu près semblable. Si ces Mrs tiennent
leur parole,au lieu d'un Lexicon Medicum,
le public en aura deux. Un Sujet de cette importance ne sçauroit être trop discuté.
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Résumé : Nouveau Lexicon Medicum, &c. [titre d'après la table]
Les Nouvelles Littéraires d'Hollande annoncent la publication prochaine du Lexicon Medicum, un ouvrage majeur en médecine. Jusqu'alors, les médecins utilisaient les définitions de Gorræus, l'Oeconomie d'Hippocrate par Foesius, et le petit Lexicon Medicum de Blanchard. Le Lexicon Medicum, édité par Théodore Tronchin et Louis de Neuville, vise à être exhaustif en couvrant la médecine théorique et pratique, l'anatomie, la chirurgie, la chimie, les mécaniques, la pharmacie, la botanique et l'histoire naturelle. Il inclura l'étymologie et les significations des mots grecs, ainsi que les interprétations en latin, anglais, flamand, français, allemand et italien. L'ouvrage comprendra les noms des médicaments, des planches anatomiques, les caractères médicaux et chimiques, et une table des matières détaillée. Le projet a été imprimé à Amsterdam en 1732. Parallèlement, Jean Philippe Burggrave a publié un projet similaire, ce qui pourrait aboutir à la publication de deux lexiques médicaux.
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2147
p. 1803-1804
« On vient d'imprimer à Utrecht, chez Corneille-Guillaume le Fèvre, un Livre [...] »
Début :
On vient d'imprimer à Utrecht, chez Corneille-Guillaume le Fèvre, un Livre [...]
Mots clefs :
Brigandage, Médecine, Histoire générale du monde
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texteReconnaissance textuelle : « On vient d'imprimer à Utrecht, chez Corneille-Guillaume le Fèvre, un Livre [...] »
On vient d'imprimet à Utrecht , chez
Corneille Guillaume le Févre , un Livre
intitulé : Le Brigandage de la Médecine ,
dans la maniere de traiter les Petites-Veroles, et les plusgrandes Maladies , par l'EF vj métique
1804 MERCURE DE FRANCE
mérique , la Saignée du pied , et le KermeZ
Mineral ; avec un Traité de la meilleure
maniere deguérir les Petites- Véroles, pardes
remedes et des observations , tirées de l'usa
ge. Cet Ouvrage contient 225 pages , et
se vend 30 sols. Les raisonnemens et le
stile font croire qu'il part de la plume
d'un des plus fameux et des plus anciens
Médecins de la Faculté de Paris. Nous en
pourrons rendre compte dans la suite. On
le trouve à Paris , chez Barthelemi Alix ,
Libraire , rue S. Jacques , au Griffon.
>
On a imprimé à Londres , en Anglois ,
P'Histoire Generale du Monde depuis la
création jusqu'à la destruction de Ferusalem par Nabuchodonosor. Par M. Th. Brett,
che Giles. 1732. in 8
Corneille Guillaume le Févre , un Livre
intitulé : Le Brigandage de la Médecine ,
dans la maniere de traiter les Petites-Veroles, et les plusgrandes Maladies , par l'EF vj métique
1804 MERCURE DE FRANCE
mérique , la Saignée du pied , et le KermeZ
Mineral ; avec un Traité de la meilleure
maniere deguérir les Petites- Véroles, pardes
remedes et des observations , tirées de l'usa
ge. Cet Ouvrage contient 225 pages , et
se vend 30 sols. Les raisonnemens et le
stile font croire qu'il part de la plume
d'un des plus fameux et des plus anciens
Médecins de la Faculté de Paris. Nous en
pourrons rendre compte dans la suite. On
le trouve à Paris , chez Barthelemi Alix ,
Libraire , rue S. Jacques , au Griffon.
>
On a imprimé à Londres , en Anglois ,
P'Histoire Generale du Monde depuis la
création jusqu'à la destruction de Ferusalem par Nabuchodonosor. Par M. Th. Brett,
che Giles. 1732. in 8
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Résumé : « On vient d'imprimer à Utrecht, chez Corneille-Guillaume le Fèvre, un Livre [...] »
Le texte mentionne deux ouvrages. Le premier, 'Le Brigandage de la Médecine', traite des traitements des petites véroles et des grandes maladies, incluant l'EF vj métique, la saignée du pied et le KermeZ Minéral. Il est publié à Utrecht et disponible à Paris. Le second, 'L'Histoire Générale du Monde', est écrit par M. Th. Brett et publié à Londres en 1732.
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2148
p. 1804-1806
LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
Début :
J'ay rendu compte au Public, Monsieur, en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Taille latérale, Hôpital, Académie royale des sciences, Opération
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
LETTRE écrite par M. Morand,
le 14. Août , à M. de la R.
J'
' Ay rendu compte au Public , Monsieur , en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit passé sur la Taille Laterale par la
Méthode de M. Cheselden , Chirurgien
Anglois. Il y en a eu quatre dans le Printemps de cette année 1732. qui ont réüssi
toutes quatre. Voici les noms de ceux qui
ont opéré , et les noms des Taillez. Andry
AOUST. 1732. 1809
dry Querru , âgé de 3. ans et demi , fils
du Vigneron des Religieux Feüillans à
Montmorency, a été taillé par leur Chirurgien , Eleve de l'Hôpital de la Charité,
qui lui a tiré deux Pierres ; il a été entierement guéri au bout de quinze jours.
J'ai taillé François Coquelin , âgé de
18. ans et demi , retiré aux Incurables ,
parce qu'il est contrefait et très- incommodé. Il avoit été taillé à l'Hôtel- Dieu
à l'âge de 4. ans , par la méthode ordinaire , et depuis ce temps- là il perdoit ses urines involontairement. Je lui ai tiré une
assez grosse Pierre , en présence de M. Syl
va, de plusieurs Maîtres Chirurgiens , du
Chirurgien Major des Incurables , de plusieurs Chirurgiens de l'Hôpital de la Charité , et de quelques Etrangers. Il est parfaitement guéri , et retient ses urines. Il
m'étoit recommandé par Madame la Duchesse de la Rochefoucault , Doüairiere.
George Lite , âgé de 14 ans , a été taillé
à Gaillon , Maison de l'Archevêque de
Rouen, par le sieur le Cat , éleve de l'Hôpital de la Charité , et reçû en survivance
Chirurgien Major de l'Hôtel- Dieu de
Rouen , je lui tenois sa Sónde dans l'Operation, il a tiré une Pierre grosse comme un Abricot , noire et fort dure ; le
Malade a été guéri en zo. jours.
Jacques
1
1806 MERCURE DE FRANCE
Jacques Lienard , âgé de 7. ans , a été
taillé à Gaillon , par le même Chirurgien,
je lui tenois sa Sonde , il a tiré une petite
Pierre. Le Malade a rendu plusieurs vers
dans le cours du traitement ; il a été guéri
en 23. jours. Ces quatre Taillez ont été
présentez le 13. d'Août dans l'Assemblée
de l'Académie Royale des Sciences. Ces
Messieurs ont vû les Sujets, leurs Pierres
et leurs cicatrices.
P. S. Il faut , Monsieur , pour l'exactitude de l'histoire de cette Operation ,
ajoûter à la fin de 1731. une Taille à la
Méthode de M. Cheselden , faite à Mante,
par M. Garengeot , et dont le Malade est
guéri ; une autre faite à Paris , par M. Perchet , dont le Malade est mort ; et deux
faites par M. Foubert , avec quelques
changemens , dont il a fait part à l'Académie de Chirurgie ; ses deux Malades
ont été guéris. Je suis , &c.
le 14. Août , à M. de la R.
J'
' Ay rendu compte au Public , Monsieur , en 1730. et 1731. de ce qui s'étoit passé sur la Taille Laterale par la
Méthode de M. Cheselden , Chirurgien
Anglois. Il y en a eu quatre dans le Printemps de cette année 1732. qui ont réüssi
toutes quatre. Voici les noms de ceux qui
ont opéré , et les noms des Taillez. Andry
AOUST. 1732. 1809
dry Querru , âgé de 3. ans et demi , fils
du Vigneron des Religieux Feüillans à
Montmorency, a été taillé par leur Chirurgien , Eleve de l'Hôpital de la Charité,
qui lui a tiré deux Pierres ; il a été entierement guéri au bout de quinze jours.
J'ai taillé François Coquelin , âgé de
18. ans et demi , retiré aux Incurables ,
parce qu'il est contrefait et très- incommodé. Il avoit été taillé à l'Hôtel- Dieu
à l'âge de 4. ans , par la méthode ordinaire , et depuis ce temps- là il perdoit ses urines involontairement. Je lui ai tiré une
assez grosse Pierre , en présence de M. Syl
va, de plusieurs Maîtres Chirurgiens , du
Chirurgien Major des Incurables , de plusieurs Chirurgiens de l'Hôpital de la Charité , et de quelques Etrangers. Il est parfaitement guéri , et retient ses urines. Il
m'étoit recommandé par Madame la Duchesse de la Rochefoucault , Doüairiere.
George Lite , âgé de 14 ans , a été taillé
à Gaillon , Maison de l'Archevêque de
Rouen, par le sieur le Cat , éleve de l'Hôpital de la Charité , et reçû en survivance
Chirurgien Major de l'Hôtel- Dieu de
Rouen , je lui tenois sa Sónde dans l'Operation, il a tiré une Pierre grosse comme un Abricot , noire et fort dure ; le
Malade a été guéri en zo. jours.
Jacques
1
1806 MERCURE DE FRANCE
Jacques Lienard , âgé de 7. ans , a été
taillé à Gaillon , par le même Chirurgien,
je lui tenois sa Sonde , il a tiré une petite
Pierre. Le Malade a rendu plusieurs vers
dans le cours du traitement ; il a été guéri
en 23. jours. Ces quatre Taillez ont été
présentez le 13. d'Août dans l'Assemblée
de l'Académie Royale des Sciences. Ces
Messieurs ont vû les Sujets, leurs Pierres
et leurs cicatrices.
P. S. Il faut , Monsieur , pour l'exactitude de l'histoire de cette Operation ,
ajoûter à la fin de 1731. une Taille à la
Méthode de M. Cheselden , faite à Mante,
par M. Garengeot , et dont le Malade est
guéri ; une autre faite à Paris , par M. Perchet , dont le Malade est mort ; et deux
faites par M. Foubert , avec quelques
changemens , dont il a fait part à l'Académie de Chirurgie ; ses deux Malades
ont été guéris. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE écrite par M. Morand, le 14. Août, à M. de la R.
Dans une lettre du 14 août, M. Morand informe M. de la R. des opérations de taille latérale réalisées selon la méthode de M. Cheselden. En 1732, quatre interventions ont été couronnées de succès. André Querru, âgé de 3 ans et demi, a été opéré à Montmorency par un élève de l'Hôpital de la Charité. Deux pierres ont été retirées, et l'enfant a guéri en quinze jours. François Coquelin, 18 ans et demi, a été opéré par M. Morand aux Incurables, où une grosse pierre a été retirée en présence de plusieurs chirurgiens et étrangers. Coquelin a guéri et retient désormais ses urines. George Lite, 14 ans, a été opéré à Gaillon par le sieur le Cat, qui a retiré une pierre grosse comme un abricot, et le patient a guéri en vingt jours. Jacques Lienard, 7 ans, a également été opéré à Gaillon par le même chirurgien, avec retrait d'une petite pierre et guérison en vingt-trois jours. Ces quatre cas ont été présentés à l'Académie Royale des Sciences le 13 août. M. Morand mentionne aussi une opération réussie à Mante par M. Garengeot, une opération mortelle à Paris par M. Perchet, et deux opérations réussies par M. Foubert avec quelques modifications.
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2149
p. 1806-1809
Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Début :
On a fait depuis peu à Paris, pour le Roi de Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze [...]
Mots clefs :
Pendule, Roi de Sardaigne, Paris, Cadran, Monsieur Thiout
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texteReconnaissance textuelle : Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Ona fait depuis peu à Paris, pour leRoi de
Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze dore d'or mouiu. Quoiqu'elle ne soit pas
d'un grand volume , n'ayant qu'environ
deux pieds de haut , elle ne laisse pas que
d'être très riche, elle est décorée sur le haut
d'un Groupe représentant Zephire et Flo
re, badinant avec des Festons et des Cou
ronnes
AOUST. 1732. 1807
ronnes de fleurs ; un peu plus bas on voit
des Bustes et des Têtes d'enfans ailez , sur.
des Nuées , qui paroissent s'empresser
pour badiner aussi.
Au- dessous du Cadran est un Cartouche
d'où naissent des Cornets d'abondance
avec quantité de fleurs qui vont se retrousser en Festons sur les côtez et autour de la Boëre. Au bas de la Pendule
sont les Signes du Zodiaque en relief ,
que le Temps supporte et découvre en
retroussant une draperie ; le Signe qui
est en face est celui du Bellier, const llation sous laquelle le Prince est né. Elle
est désignée par une Etoille rayonnante
qu'un G'nie vient admirer et couronner
de fleurs ; le reste des Attributs caracte
risent l'abondance et les plaisir à l'aspect
de cet A tre naissant.
- Cet Ouvrage , aussi rich e que de bon
goût et très- recherché, est des Sieurs Slotz,
Sculpteurs du Roy , dont nous avons
déjà parlé dans ce Journal , au sujet d'une Pendule très- magnifique , qu'ils firent
il y a quelques années pour le Roy de
Portugal.
Le Cadran de cette Pendule n'a que
six pouces et demi de diametre , crpendant le sieur Thiout , habile Horloger à
Paris , demeurant ruë de Gêvres , a renfermé
1808 MERCURE DE FRANCE
maret
fermé dans ce petit espace un mouve
ment d'équation très - simple , travaillé
avec jastesse et solidité , qui fait sonner
l'heure et les quarts du temps vrai ,
quant aussi les heures , minutes et secondes du même temps vrai et celles du
temps moyen , très distinctement
quoique borné par le peu d'étendue pour
plus de précision , il a ajoûté le poids au
mouvement , qui se remonte par la sonnerie. Le sieur Thiout a mis à cette Pendule son nouvel échappement à deux
Leviers , dont il continuë de plus en plus
à faire usage , principalement aux Pendules à secondes. Le premier a été mis à
la derniere Pendule d'équation que l'Auteur a faite pour le Roy de Portugal , et
qui fut présentée à l'Académie Royale
des Sciences le 19. Mars 1727. laquelle
en approuva la quadrature , et jugea que
l'échappement à deux Leviers étoit nouveau
et ingénieux , se faisant avec beaucoup de
douceur et d'égalité , et qu'enfin le tout étoit
executé avecbeaucoup d'adresse et d'habileté.
Le sicur Thiout vient aussi de faire un
quantiéme de mois très simple , dont
Fapplication est nouvelle et curieuse ; il
l'a placé dans le fond d'une Boëte de
Montre à répetition ; le changement se
fait lorsque l'on a remonté la Montre
-
le
AOUST. 1732 1809
le chiffre paroît par une petite ouverture
faite à la Boëte , couverte d'un cristal ,
par ce moyen le Quantiéme est tout-àfait indépendant du mouvement et n'est
sujet à nul inconvenient. Pour peu que la
Boëte soit grande , on peut sur le même
principe faire marquer les quantiémes de
mois , de Lune et ses phases , sans qu'il
en résulte autre inconvenient que de tenir la Boëte plus profonde de l'épaisseur
d'environ d'un sixième de ligne.
Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze dore d'or mouiu. Quoiqu'elle ne soit pas
d'un grand volume , n'ayant qu'environ
deux pieds de haut , elle ne laisse pas que
d'être très riche, elle est décorée sur le haut
d'un Groupe représentant Zephire et Flo
re, badinant avec des Festons et des Cou
ronnes
AOUST. 1732. 1807
ronnes de fleurs ; un peu plus bas on voit
des Bustes et des Têtes d'enfans ailez , sur.
des Nuées , qui paroissent s'empresser
pour badiner aussi.
Au- dessous du Cadran est un Cartouche
d'où naissent des Cornets d'abondance
avec quantité de fleurs qui vont se retrousser en Festons sur les côtez et autour de la Boëre. Au bas de la Pendule
sont les Signes du Zodiaque en relief ,
que le Temps supporte et découvre en
retroussant une draperie ; le Signe qui
est en face est celui du Bellier, const llation sous laquelle le Prince est né. Elle
est désignée par une Etoille rayonnante
qu'un G'nie vient admirer et couronner
de fleurs ; le reste des Attributs caracte
risent l'abondance et les plaisir à l'aspect
de cet A tre naissant.
- Cet Ouvrage , aussi rich e que de bon
goût et très- recherché, est des Sieurs Slotz,
Sculpteurs du Roy , dont nous avons
déjà parlé dans ce Journal , au sujet d'une Pendule très- magnifique , qu'ils firent
il y a quelques années pour le Roy de
Portugal.
Le Cadran de cette Pendule n'a que
six pouces et demi de diametre , crpendant le sieur Thiout , habile Horloger à
Paris , demeurant ruë de Gêvres , a renfermé
1808 MERCURE DE FRANCE
maret
fermé dans ce petit espace un mouve
ment d'équation très - simple , travaillé
avec jastesse et solidité , qui fait sonner
l'heure et les quarts du temps vrai ,
quant aussi les heures , minutes et secondes du même temps vrai et celles du
temps moyen , très distinctement
quoique borné par le peu d'étendue pour
plus de précision , il a ajoûté le poids au
mouvement , qui se remonte par la sonnerie. Le sieur Thiout a mis à cette Pendule son nouvel échappement à deux
Leviers , dont il continuë de plus en plus
à faire usage , principalement aux Pendules à secondes. Le premier a été mis à
la derniere Pendule d'équation que l'Auteur a faite pour le Roy de Portugal , et
qui fut présentée à l'Académie Royale
des Sciences le 19. Mars 1727. laquelle
en approuva la quadrature , et jugea que
l'échappement à deux Leviers étoit nouveau
et ingénieux , se faisant avec beaucoup de
douceur et d'égalité , et qu'enfin le tout étoit
executé avecbeaucoup d'adresse et d'habileté.
Le sicur Thiout vient aussi de faire un
quantiéme de mois très simple , dont
Fapplication est nouvelle et curieuse ; il
l'a placé dans le fond d'une Boëte de
Montre à répetition ; le changement se
fait lorsque l'on a remonté la Montre
-
le
AOUST. 1732 1809
le chiffre paroît par une petite ouverture
faite à la Boëte , couverte d'un cristal ,
par ce moyen le Quantiéme est tout-àfait indépendant du mouvement et n'est
sujet à nul inconvenient. Pour peu que la
Boëte soit grande , on peut sur le même
principe faire marquer les quantiémes de
mois , de Lune et ses phases , sans qu'il
en résulte autre inconvenient que de tenir la Boëte plus profonde de l'épaisseur
d'environ d'un sixième de ligne.
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Résumé : Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Le texte décrit une boîte de pendule en bronze doré à l'or moulu, réalisée pour le Roi de Sardaigne. Cette boîte, haute d'environ deux pieds, est richement décorée. Le haut représente Zéphire et Flore entourés de festons et de couronnes de fleurs. Des bustes et des têtes d'enfants ailés sur des nuées sont également présents. Sous le cadran, des cornes d'abondance ornées de fleurs émergent d'un cartouche. Au bas, les signes du Zodiaque en relief sont soutenus par le Temps, mettant en évidence le signe du Bélier, marqué par une étoile rayonnante admirée par un génie. Cette œuvre a été réalisée par les sculpteurs Slotz. La pendule possède un cadran de six pouces et demi de diamètre, avec un mouvement d'équation simple et précis, permettant de sonner l'heure et les quarts du temps vrai, ainsi que les heures, minutes et secondes du temps vrai et moyen. L'horloger Thiout a ajouté un poids au mouvement et utilisé un nouvel échappement à deux leviers, approuvé par l'Académie Royale des Sciences en 1727. Thiout a également créé un quantième de mois simple et indépendant du mouvement, visible à travers une petite ouverture couverte de cristal dans une boîte de montre à répétition, indiquant les quantièmes de mois et les phases de la Lune.
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2150
p. 1809-1810
Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
Début :
On trouva il y a quelques années auprès de la Ville d'Apt en Provence, deux [...]
Mots clefs :
Apt, Marbre blanc, Monuments antiques
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texteReconnaissance textuelle : Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
On trouva il y a quelques années auprès de la Ville d'Apt en Provence , deux
Monumens antiques de Marbre blanc ,
d'une très-grande beauté ; sçavoir , la Sta
tuë en pied d'un homme , et sur un autre
bloc de Marbre , la figure d'une femme
assise , coëffée de la maniere que quelques
Imperatrices le sont dans les Médailles du
haut Empire , ayant auprès d'elle une
jeune fille debout , le tout d'un grand
goût, tant pour les airs de tête et l'expression , que pour la legereté des Draperies , &c. M. le Bret , Premier Président
et Intendant de la Province , le Marquis
de Caumont , le Président de Mazaugues,
&c. s'interesserent d'abord à cette découverte , et le R. P. de Montfaucon en a
profité pour le Public , en faisant graver
ces
1810 MERCURE DE FRANCE
ces Figures dans le III . Tome, page 11. de
ses Supplémens. Nous apprenons aujour
d'hui aux Amateurs de la belle Antiquité , quelque chose de plus ; ces précieux
Originaux ont été depuis peu transportez
à Paris, et ils sont actuellement exposez en
vente chez Mme de S. Didier , ruë de l'Eperon , près la rue S. André des Arcs.
Monumens antiques de Marbre blanc ,
d'une très-grande beauté ; sçavoir , la Sta
tuë en pied d'un homme , et sur un autre
bloc de Marbre , la figure d'une femme
assise , coëffée de la maniere que quelques
Imperatrices le sont dans les Médailles du
haut Empire , ayant auprès d'elle une
jeune fille debout , le tout d'un grand
goût, tant pour les airs de tête et l'expression , que pour la legereté des Draperies , &c. M. le Bret , Premier Président
et Intendant de la Province , le Marquis
de Caumont , le Président de Mazaugues,
&c. s'interesserent d'abord à cette découverte , et le R. P. de Montfaucon en a
profité pour le Public , en faisant graver
ces
1810 MERCURE DE FRANCE
ces Figures dans le III . Tome, page 11. de
ses Supplémens. Nous apprenons aujour
d'hui aux Amateurs de la belle Antiquité , quelque chose de plus ; ces précieux
Originaux ont été depuis peu transportez
à Paris, et ils sont actuellement exposez en
vente chez Mme de S. Didier , ruë de l'Eperon , près la rue S. André des Arcs.
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Résumé : Statuës antiques, trouvées en Provence, [titre d'après la table]
Près de la ville d'Apt en Provence, deux monuments antiques en marbre blanc ont été découverts. Ces monuments incluent une statue en pied d'un homme et une figure de femme assise, coiffée à la manière de certaines impératrices du haut Empire. À côté de cette femme se trouve une jeune fille debout. Ces œuvres se distinguent par leur beauté, l'expression des visages et la légèreté des draperies. Plusieurs personnalités, dont M. le Bret, Premier Président et Intendant de la Province, le Marquis de Caumont et le Président de Mazaugues, ont manifesté de l'intérêt pour cette découverte. Le R. P. de Montfaucon a contribué à la diffusion de ces œuvres en les faisant graver dans le troisième tome de ses suppléments. Récemment, ces originaux ont été transportés à Paris et sont actuellement exposés en vente chez Mme de S. Didier, rue de l'Éperon, près la rue Saint-André des Arcs.
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