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12552
p. 78-90
ÉLOGE de MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, Duc de SULLY, Sur-Inten[d]ant des Finances sous HENRI IV ; par Mlle Mazarelli ; à Paris, chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au Temple du Goût, 1764 ; avec approbation & permission, in-8 o .
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texteReconnaissance textuelle : ÉLOGE de MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, Duc de SULLY, Sur-Inten[d]ant des Finances sous HENRI IV ; par Mlle Mazarelli ; à Paris, chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au Temple du Goût, 1764 ; avec approbation & permission, in-8 o .
ÉLOGE de MAXIMILIEN DE
BÉTHUNE, Duc de SULLY,
Sur-Inten[d]ant des Finances sous HENRI
IV ; par Mlle Mazarelli ; à Paris,
chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques,
au Temple du Goût, 1764 ;
avec approbation & permission, in-8o.
ENSÉ ES naturelles , diction pure ,
PENSÉES
termes choifis & juftes , fentimens no-
bles , vertueux , pathétiques & touchans,
traits ingénieux fans affectation , rien
qui fente la déclamation , le faux bel-
efprit , le clinquant ; un ton toujours fa-
ge , toujours décent ; une éloquence
en un mot , qui réunit l'élégance & la
précifion à ce goût , à cette politeffe que
donne l'ufage du monde : voilà ce que
le Public , dont nous ne fommes ici que
les interprêtes , a le plus loué dans l'Ou-
vrage de Mlle Mazarelli.
JANVIER. 1764.
79
Sans s'aftreindre à cette marche régu-
lière & fymétrique qui partage , divife &
fubdivife la plupart des Ecrits de ce gen-
re , l'Auteur fuit fon Héros ( qu'on ne
perd jamais de vue ) dans les principales
circonftances de fa vie ; & c'eft d'après
la fimplicité de ce plan , que nous - mê-
mes , fans nous affujettir à aucun ordre ,
nous allons extraire quelques morceaux
qui caractérisent le Duc de Sully , & l'é-
loquence de fon Panégyrifte .
Après un Exorde plein de douceur ,
de fimplicité & de nobleffe fur les carac-
tères de la véritable grandeur , fuit un
tableau de la fituation de la France lorf-
que Sully parut à la Cour de Navarre.
" La France toujours guerrière ne fut
» pas toujours vertueufe. Une politique
» impie alluma dans fon fein les feux de
» la haine & de la vengeance. Ce n'é-
» toient plus ces François fi fidèles à leurs
» Rois , fi généreux aux champs de la
» victoire , fi recommandables par la
» franchiſe & la fimplicité des mœurs.
» Victimes d'un Fanatifme aveugle &
» barbare , ils ne refpiroient que le
» meurtre , les ravages , les profcrip-
tions ; & cet Empire touchoit à fes
» derniers momens , fi , pour lui donner
» une nouvelle fplendeur , le Ciel n'eût
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» confervé Henri IV , qui , joignant à
» fes qualités héroïques l'heureux talent
» de connoître les hommes , choifit pour
» ami , pour Miniftre , Maximilien de Bé-
» thune , Duc de Sully.
» Agé de douze ans , Sully fut con-
» duit par fon père à la Cour de Na-
varre. Je ne puis vous enrichir , dit
» Béthune à fon fils ; mais vous avez des
» vertus , elles vous placeront au - deffus
» de lafortune. Préparez-vous àSuppor-
» ter les malheurs , lesfatigues. Attachez-
» vous au Maître que je vais vous don
» ner , & méritez l'eftime des gens d'hon-
» neur. C'eft ainfi que ce père éclairé
» voit & peint en grand les principes
» d'une fage conduite. A peine forti de
» l'enfance , Sully les entend & les fuit.
» Béthune laiffoit au vulgaire cette févé-
» rité qui ne fert qu'à rendre fufpects ,
» & celui qui l'employe , & celui qui
» l'éprouve. On peut croire que
l'un a
» dans fon propre cœur des raifons pour
» craindre le vice , & que l'autre laiffe
> entrevoir des difpofitions à s'y livrer.
» Une âme forte ne fuccombe jamais ;
» & tel penfe être féduit qui n'eft que
» foible. Sully avoit atteint l'âge des paf-
» fions & des erreurs. Il accompagne le
» Prince de Navarre à la Cour de Cathe
JANVIER. 1764.
81
rine de Médicis. Cette Cour volup-
» tueufe lui préfente des attraits flat-
» teurs , mais dangereux ; la fortune des
» moyens infaillibles , mais criminels :
» il ne peut être ébranlé ni corrompu ;
» l'honneur feul eft écouté. Plein de l'an-
» tique vertu de fes ayeux , Sully mar-
» che fous les enfeignes de Henri. Aimer
» ce Prince , vivre & mourir à fon fer-
» vice fut le premier ferment de fon
» cœur; fa vie entière en fut l'accompliſ
دو
.ferment
Nous rapporterons quelques-unes des
actions qui ont fignalé ce zèle de Sully
pour Henri IV , & dont Mlle Mazarelli
fait un détail fi brillant dans un récit plein
d'intérêt & de chaleur. » Henri com-
» mande en perfonne à Cahors ; avec
quinze cens hommes il furprend la
» Ville , défendue par une nombreufe,
» garnifon ; ce fuccès même dévient un
» danger ; il irrite , il enflamme , il arme
» jufqu'aux habitans , qui des toits de
» leurs maifons lancent une mort cer-
"
taine ; celui qui foutient le choc des
» armes eft écrafé fous les débris des
» édifices ; un monceau de ruines couvre
» Sully; on l'en retire ; foible , refpi-
rant à peine , il demande , il apprend
"" où eftfon roi. Un fi tendre intérêt r-
Dv
82 MERCURE DE FRANCE .
nime toutes fes forces ; il vole où
» Henri , prefque feul , eft entouré d'un
» peuple furieux qui fe renouvelle fans
» ceffe. Tout eft attaqué , tout réſiſte ;
"
plus on gagne de terrein , plus on s'in-
terdit la retraite ; il faut vaincre ou pé-
» rir. Henri brave les efforts des enne-
mis , les repouffe , les terraffe ,, les
» anéantit ; & Sully , que fon armure,
» brifée livre à tous les coups , Sully.
» meurtri , déchiré , fanglant , combat
» pendant cinq jours & cinq nuits , fans
»jamais abandonner fon Maître.
C'eft avec la même rapidité & la mê-
me précifion, que Mile Mazarelli rappelle
tous les autres exploits de Sully. A l'ac-
tivité du Guerrier il fçut allier la pruden-
ce du Négociateur.
Tout autre au-
» roit vu fes deffeins déconcertés à la
» Cour de Henri III : Cour artificieuſe
» & bifarre , où régnoient le menfonge ,
» la fuperftition & la galanterie ; où les
» conjectures les plus oppofées trou-
» voient à s'appuyer fur d'égales vrai-
» femblances. Sourd aux infinuations ,
» indifférent aux careffes , infenfible
» aux menaces ; tranquille au milieu
» des orages , fidèle à l'aftre qui règle fa
» courſe , il fçait éviter les écueils , veil-
ler aux intérêts du Roi de Navarre ,
१
- JANVIER. 1764.
83
» remplir l'objet important & fecret
» dont il eft chargé.
Nous croyons remarquer dans le ftyle
de Mlle Mazarelli , des nuances qui dif-
férencient les diverfes qualités de fon
Héros. Elle peint le Guerrier avec cette
activité , cette chaleur qui caractériſe
l'Homme de Guerre. Il y a moins de
feu , moins de rapidité dans le portrait
du Négociateur ; le ftyle en eft plus me--
furé , pour ainfi dire , plus réfléchi. Le
caractère du Miniftre., de l'Homme d'E-
tat demandoit plus de variété ; auffi y a---
t-on employé toutes les nuances propres
à exprimer les différentes fonctions du:
Ministère. Comme cette partie du Dif-
cours de Mlle Mazarelli eft la plus éten-
due , nous nous bornerons à quelques
citations prifes au hafard » Avec une
» pénétration vive , un efprit jufte , va
» zèle ardent , Sully conçut , il traça ,
" il exécuta les plans des opérations les
» plus difficiles. Que l'ignorance accufe
» la fatalité ; un Miniftre fage fçait en--
» chaîner les fuccès
22
2271Sully veut que la Nobleffe ne doive
» fa. fplendeur qu'au mérite , & qu'elle
» ne puiffe être confondue avec Phom--
» me vil , à qui les richeſſes attirent unë.
fauffe confidération. Illuftres defcen
D vj
84 ME RCURE DE FRANCE.
» dans des anciens Nobles de la France ,
» quelle gloire peut vous procurer votre
» luxe ? Vous n'atteindrez jamais à la
» magnificence de ces enfans de la for-
» tune , qui chaque jour réparent les dé-
»
penfes qu'ils font , par les injuftices
qu'ils commettent. Ce n'eft pas dans
» des palais fuperbes que vous trou ve-
» rez de vrais titrés ; fi vous avez des
» mœurs , il ne vous faut qu'un champ
» & desarmes. Comptez fur vos actions ,
"
» fi vous aimez la vertu pour elle-même ;
» comptez fur votre Roi , fi vous defi-
» rez des honneurs. La Majefté doit ré-
» pandre fon éclat fur ceux qui font fa
دو
grandeur & fa force. Un fleuve , en
» traverfant les terres ,leur donne l'abon-
» dance & la fertilité ; mais ce font elles
» qui le foutiennent , & lui forment ce
» lit qui le porte jufques aux mers.
» Sully eft un témoignage éclatant ,
» que la récompenfe ne manque point
» aux travaux : la fortune , fans ceffe re-
» pouffée par l'austérité du Miniftre , fut
» contrainte , pour parvenir jufqu'à lui ,
» de prendre le nom de la reconnoiffance
"
» dans les mains du Monarque..
"
رو
» Courtifans , qui trompez vos Maî-
tres , craignez d'étendre juſques fur vos
" defcendans l'opprobre dont vous vous
JANVIER. 1764.
84
» couvrez ; & fi jamais vous élevez vos
» defirs fur le Ministère , apprenez de
» Sully qu'il n'eſt d'autre bonheur que
" celui d'en procurer aux hommes que
» l'on gouverne. Ebloui par l'honneur
» d'être le premier dans l'Etat , on ou-
» blie fouvent d'en être le foutien ; on
» oublie que le pouvoir de difpofer des
» richeffes du peuple , n'eft que celui de
» les faire fervir à fa profpérité. Les temps
» de la guerre veulent fans doute des
» reffources extraordinaires ; mais l'in-
» capacité ou l'infidélité les rendent fi
» funeftes , qu'on ne peut jouir des dou-
» ceurs de la paix lorſqu'elle eft rendue
» au monde. Les malheurs s'accumu-
» lent, la confiance fe perd , & le Mi-
» niftre tombe dans un mépris dont
» toute la faveur du Maître ne peut le re-
» lever. Sully fcait faire marcher les fe-
» cours avec les beſoins ; mais il fçait les
» faire ceffer enfemble. Son pouvoir
» & l'amitié de Henri ne l'aveuglèrent
» point fur la néceffité d'être eftimé de
» fes concitoyens. Il fuyoit les plaifirs
" que la foibleffe nomme délaffement ,
" & cette inaction criminelle ,
fi révol-
» tante pour le malheureux qui voit pro-
» longer fes peines . Pefant les intérêts
» facrés qui lui étoient confiés , il vouloir
86 MERCURE DE FRANCE .
» égaler chaque jour le bonheur de fa Na-
>> tion à la gloire de fon Maître; & fes fuc-
» cès annonçoient auRoifes travaux. Un
"
» Prince peut aifément connoître fi fon
" Peuple eft heureux ; qu'il examine cette
»foule qui s'empreffe auour de lui.
99
Si
» l'on abufe de fon autorité , il ne verra
» qu'une froide curiofité; point de ces
» tranfports , de ces cris d'allégreffe
» qu'infpire le bonheur & la préfence
» de celui qui le donne qu'il life fur les
"
» vifages ; l'injuftice de fes Miniftres y
» fera gravée par la fombre trifteffe.
L'Auteur parcourt toutes les parties du
Ministère de Sully , & peint avec au-
tant de variété que de jufteffe , la con-
duite de ce grand Homme , dans l'é-
xercice de toutes fes Charges. C'eft
dans l'Ouvrage même qu'il faut lire
le morceau touchant & pathétique de la
mort de Henri IV : il eft trop long pour
être cité en entier ; & nous l'affoibli-
rions , fi nous ne le rapportions que par
extrait. D'ailleurs les bornes de l'analyſe
nous forcent de finir ; & nous ne nous
arrêterons plus qu'à la peinture touchante
de la retraite de Sully. » La Cour n'é-
» toit plus à fes yeux qu'un théâtre dé-
"
coré pour le vulgaire , où fouvent l'on
ne voit que des Sujets fans talens , fans
"
JANVIER 1764
87.
vertus , ufurpant , à l'abri dela faveur ,
» les honneurs dûs au mérite. Les Cour
tifans , ce peuple défœuvré , ofent por
» ter.fur lui les regards d'une maligne
» curiofité ; fes vêtemens leur paroiffent
antiques; fa modefte contenance eft pri
fe pour la foible timidité . Sully n'eft
» point décoré de ces Ordres que la po-
litique inventa , dont l'orgueil abuſe ,
» & que la faveur donne ; il portoit un
» figne plus touchant pour les âmes ver-
» tueufes
une chaîne d'or fufpendoit
»fur fa poitrine une médaille où les traits
» de Henri IV étoient gravés. Cette
» image précieufe , qui femble accuſer
» la baffeffe des.Courtifans , ne leur en
» impofe pas encore ; ils ont la raillerie
» fur les lévres , quand la honte devroit
couvrir leur front. Mais Sully leur fait
» fentir enfin tout le mépris qu'ils lui inf-
pirent. Sire , dit - il au jeune. Louis
» XIII , lorfque votre Père de glorieufe
» mémoire m'appelloit auprès de fa Per-
fonne , ilfaifoit retirer fes Bouffons.
» Sully s'éloigne ; il emporte avec lui
»l'eftime & les regrets de la France. Un
Miniftre que tout un Peuple pleure , eft
» au-deffus de toutes les injuftices de la
» Cour ; on l'honore , on le reſpecte ;
» fes ennemis les plus cruels n'ofent fe
88 MERCURE DE FRANCE:
» vanter de leur triomphe , & cachent
leurs fuccès honteux , quand Sully pu-
» blie fa difgrace ... L'éloignement de
» Sully remit la France prèfque au mê-
" me état où il l'avoit trouvée. Ainfi
» l'âme échappée des liens du corps , le
livre aux loix de la diffolution.
» Au milieu d'une Famille qui le rés
» vère , Sully entouré de Nobles , de
» Vaffaux qui l'aiment & le refpe&tent ,
meut & régit tout par les mêmes prin-
» cipes qui l'ont rendu le plus grand des
» Miniftres & le premier des Sages. On
» s'empreffe auprès de lui ; on s'inftruit
» à l'entendre ; on fe plaît à l'admirer.
» Sa magnificence fans fafte , fa géné-
rofité fans oftentation , une dignité
» fans hauteur, une bonté fans cette fauf-
» fe familiarité qui infulte ceux qu'elle
accueille , la fimplicité , la décence de
» fes mœurs , la fermeté , la majeſté mê-
» me de fa conduite : tout le diftingue ,
tout le peint.
» Sa vie régulière annonce la gravité
» de fon caractère , & ce goût qu'il eut
" toujours pour l'ordre. Comme fon
" âme a befoin de faire des heureux ,
fon efprit a befoin de travail : ces deux
» mobiles régloient tout fon temps. Il
avoit confervé l'habitude de fè lever
JANVIER. 1764.
84
avec le jour ; une partie de fa matinée
» étoit employée à prendre connoiffance
» de tout ce qui concernoit les Charges
» dont on n'avoit point ofé le dépouiller;
» l'autre à rédiger ces Mémoires écono-
miques , qui font heureusement par-
» venus jufqu'à nous , & qui dès-lors
" rendoient Sully plus utile à l'Etat , que
» ne l'étoient tous ceux qui l'avoient
» remplacé dans le Ministère. En raf
» femblant tous fes papiers , il relifoit
les précieufes Lettres de Henri ; fou-
» vent il s'arrêtoit à contempler le por-
» trait de ce Héros , il le preffoit de les
" lévres , il le baignoit de fes pleurs , fe
» rappellant les malheurs de ce Prince &
» fes vertus , comparant fa bonté avec
» fa mort cruelle . Chaque inftant enfon-
» ce dans fon cœur le trait dont il eſt
» déchiré , & qui feul l'empêche de jouir
» de la tranquilité de fa retraite. En vain
دو
» il s'occupe du bonheur de fes Vaffaux ;
»> il eft digne époux , fidèle ami , tendre
» père , fes larmes coulent fans ceffe :
trente années qu'il furvécut à fon
Maître chéri , ne purent en tarir la
» fource ; & fes derniers foupirs eurent
» encore toute l'amertume des regrets.
Ainfi finit cet Ouvrage intéreffant ,
qu'on ne peut lire fans fe fentir attendri.
go MERCURE DE FRANCE.
C'eft-là principalement ce qui diftingue
le Difcours de Mlle Mazarelli de tous
ceux avec lesquels elle a concouru . Elle
a peint dans Sully l'ami de Henri IV ;
& , fous ce point de vue , que perfonne
n'a faifi comme elle , elle infpire à tous
les François de l'amour pour fon Héros.
BÉTHUNE, Duc de SULLY,
Sur-Inten[d]ant des Finances sous HENRI
IV ; par Mlle Mazarelli ; à Paris,
chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques,
au Temple du Goût, 1764 ;
avec approbation & permission, in-8o.
ENSÉ ES naturelles , diction pure ,
PENSÉES
termes choifis & juftes , fentimens no-
bles , vertueux , pathétiques & touchans,
traits ingénieux fans affectation , rien
qui fente la déclamation , le faux bel-
efprit , le clinquant ; un ton toujours fa-
ge , toujours décent ; une éloquence
en un mot , qui réunit l'élégance & la
précifion à ce goût , à cette politeffe que
donne l'ufage du monde : voilà ce que
le Public , dont nous ne fommes ici que
les interprêtes , a le plus loué dans l'Ou-
vrage de Mlle Mazarelli.
JANVIER. 1764.
79
Sans s'aftreindre à cette marche régu-
lière & fymétrique qui partage , divife &
fubdivife la plupart des Ecrits de ce gen-
re , l'Auteur fuit fon Héros ( qu'on ne
perd jamais de vue ) dans les principales
circonftances de fa vie ; & c'eft d'après
la fimplicité de ce plan , que nous - mê-
mes , fans nous affujettir à aucun ordre ,
nous allons extraire quelques morceaux
qui caractérisent le Duc de Sully , & l'é-
loquence de fon Panégyrifte .
Après un Exorde plein de douceur ,
de fimplicité & de nobleffe fur les carac-
tères de la véritable grandeur , fuit un
tableau de la fituation de la France lorf-
que Sully parut à la Cour de Navarre.
" La France toujours guerrière ne fut
» pas toujours vertueufe. Une politique
» impie alluma dans fon fein les feux de
» la haine & de la vengeance. Ce n'é-
» toient plus ces François fi fidèles à leurs
» Rois , fi généreux aux champs de la
» victoire , fi recommandables par la
» franchiſe & la fimplicité des mœurs.
» Victimes d'un Fanatifme aveugle &
» barbare , ils ne refpiroient que le
» meurtre , les ravages , les profcrip-
tions ; & cet Empire touchoit à fes
» derniers momens , fi , pour lui donner
» une nouvelle fplendeur , le Ciel n'eût
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» confervé Henri IV , qui , joignant à
» fes qualités héroïques l'heureux talent
» de connoître les hommes , choifit pour
» ami , pour Miniftre , Maximilien de Bé-
» thune , Duc de Sully.
» Agé de douze ans , Sully fut con-
» duit par fon père à la Cour de Na-
varre. Je ne puis vous enrichir , dit
» Béthune à fon fils ; mais vous avez des
» vertus , elles vous placeront au - deffus
» de lafortune. Préparez-vous àSuppor-
» ter les malheurs , lesfatigues. Attachez-
» vous au Maître que je vais vous don
» ner , & méritez l'eftime des gens d'hon-
» neur. C'eft ainfi que ce père éclairé
» voit & peint en grand les principes
» d'une fage conduite. A peine forti de
» l'enfance , Sully les entend & les fuit.
» Béthune laiffoit au vulgaire cette févé-
» rité qui ne fert qu'à rendre fufpects ,
» & celui qui l'employe , & celui qui
» l'éprouve. On peut croire que
l'un a
» dans fon propre cœur des raifons pour
» craindre le vice , & que l'autre laiffe
> entrevoir des difpofitions à s'y livrer.
» Une âme forte ne fuccombe jamais ;
» & tel penfe être féduit qui n'eft que
» foible. Sully avoit atteint l'âge des paf-
» fions & des erreurs. Il accompagne le
» Prince de Navarre à la Cour de Cathe
JANVIER. 1764.
81
rine de Médicis. Cette Cour volup-
» tueufe lui préfente des attraits flat-
» teurs , mais dangereux ; la fortune des
» moyens infaillibles , mais criminels :
» il ne peut être ébranlé ni corrompu ;
» l'honneur feul eft écouté. Plein de l'an-
» tique vertu de fes ayeux , Sully mar-
» che fous les enfeignes de Henri. Aimer
» ce Prince , vivre & mourir à fon fer-
» vice fut le premier ferment de fon
» cœur; fa vie entière en fut l'accompliſ
دو
.ferment
Nous rapporterons quelques-unes des
actions qui ont fignalé ce zèle de Sully
pour Henri IV , & dont Mlle Mazarelli
fait un détail fi brillant dans un récit plein
d'intérêt & de chaleur. » Henri com-
» mande en perfonne à Cahors ; avec
quinze cens hommes il furprend la
» Ville , défendue par une nombreufe,
» garnifon ; ce fuccès même dévient un
» danger ; il irrite , il enflamme , il arme
» jufqu'aux habitans , qui des toits de
» leurs maifons lancent une mort cer-
"
taine ; celui qui foutient le choc des
» armes eft écrafé fous les débris des
» édifices ; un monceau de ruines couvre
» Sully; on l'en retire ; foible , refpi-
rant à peine , il demande , il apprend
"" où eftfon roi. Un fi tendre intérêt r-
Dv
82 MERCURE DE FRANCE .
nime toutes fes forces ; il vole où
» Henri , prefque feul , eft entouré d'un
» peuple furieux qui fe renouvelle fans
» ceffe. Tout eft attaqué , tout réſiſte ;
"
plus on gagne de terrein , plus on s'in-
terdit la retraite ; il faut vaincre ou pé-
» rir. Henri brave les efforts des enne-
mis , les repouffe , les terraffe ,, les
» anéantit ; & Sully , que fon armure,
» brifée livre à tous les coups , Sully.
» meurtri , déchiré , fanglant , combat
» pendant cinq jours & cinq nuits , fans
»jamais abandonner fon Maître.
C'eft avec la même rapidité & la mê-
me précifion, que Mile Mazarelli rappelle
tous les autres exploits de Sully. A l'ac-
tivité du Guerrier il fçut allier la pruden-
ce du Négociateur.
Tout autre au-
» roit vu fes deffeins déconcertés à la
» Cour de Henri III : Cour artificieuſe
» & bifarre , où régnoient le menfonge ,
» la fuperftition & la galanterie ; où les
» conjectures les plus oppofées trou-
» voient à s'appuyer fur d'égales vrai-
» femblances. Sourd aux infinuations ,
» indifférent aux careffes , infenfible
» aux menaces ; tranquille au milieu
» des orages , fidèle à l'aftre qui règle fa
» courſe , il fçait éviter les écueils , veil-
ler aux intérêts du Roi de Navarre ,
१
- JANVIER. 1764.
83
» remplir l'objet important & fecret
» dont il eft chargé.
Nous croyons remarquer dans le ftyle
de Mlle Mazarelli , des nuances qui dif-
férencient les diverfes qualités de fon
Héros. Elle peint le Guerrier avec cette
activité , cette chaleur qui caractériſe
l'Homme de Guerre. Il y a moins de
feu , moins de rapidité dans le portrait
du Négociateur ; le ftyle en eft plus me--
furé , pour ainfi dire , plus réfléchi. Le
caractère du Miniftre., de l'Homme d'E-
tat demandoit plus de variété ; auffi y a---
t-on employé toutes les nuances propres
à exprimer les différentes fonctions du:
Ministère. Comme cette partie du Dif-
cours de Mlle Mazarelli eft la plus éten-
due , nous nous bornerons à quelques
citations prifes au hafard » Avec une
» pénétration vive , un efprit jufte , va
» zèle ardent , Sully conçut , il traça ,
" il exécuta les plans des opérations les
» plus difficiles. Que l'ignorance accufe
» la fatalité ; un Miniftre fage fçait en--
» chaîner les fuccès
22
2271Sully veut que la Nobleffe ne doive
» fa. fplendeur qu'au mérite , & qu'elle
» ne puiffe être confondue avec Phom--
» me vil , à qui les richeſſes attirent unë.
fauffe confidération. Illuftres defcen
D vj
84 ME RCURE DE FRANCE.
» dans des anciens Nobles de la France ,
» quelle gloire peut vous procurer votre
» luxe ? Vous n'atteindrez jamais à la
» magnificence de ces enfans de la for-
» tune , qui chaque jour réparent les dé-
»
penfes qu'ils font , par les injuftices
qu'ils commettent. Ce n'eft pas dans
» des palais fuperbes que vous trou ve-
» rez de vrais titrés ; fi vous avez des
» mœurs , il ne vous faut qu'un champ
» & desarmes. Comptez fur vos actions ,
"
» fi vous aimez la vertu pour elle-même ;
» comptez fur votre Roi , fi vous defi-
» rez des honneurs. La Majefté doit ré-
» pandre fon éclat fur ceux qui font fa
دو
grandeur & fa force. Un fleuve , en
» traverfant les terres ,leur donne l'abon-
» dance & la fertilité ; mais ce font elles
» qui le foutiennent , & lui forment ce
» lit qui le porte jufques aux mers.
» Sully eft un témoignage éclatant ,
» que la récompenfe ne manque point
» aux travaux : la fortune , fans ceffe re-
» pouffée par l'austérité du Miniftre , fut
» contrainte , pour parvenir jufqu'à lui ,
» de prendre le nom de la reconnoiffance
"
» dans les mains du Monarque..
"
رو
» Courtifans , qui trompez vos Maî-
tres , craignez d'étendre juſques fur vos
" defcendans l'opprobre dont vous vous
JANVIER. 1764.
84
» couvrez ; & fi jamais vous élevez vos
» defirs fur le Ministère , apprenez de
» Sully qu'il n'eſt d'autre bonheur que
" celui d'en procurer aux hommes que
» l'on gouverne. Ebloui par l'honneur
» d'être le premier dans l'Etat , on ou-
» blie fouvent d'en être le foutien ; on
» oublie que le pouvoir de difpofer des
» richeffes du peuple , n'eft que celui de
» les faire fervir à fa profpérité. Les temps
» de la guerre veulent fans doute des
» reffources extraordinaires ; mais l'in-
» capacité ou l'infidélité les rendent fi
» funeftes , qu'on ne peut jouir des dou-
» ceurs de la paix lorſqu'elle eft rendue
» au monde. Les malheurs s'accumu-
» lent, la confiance fe perd , & le Mi-
» niftre tombe dans un mépris dont
» toute la faveur du Maître ne peut le re-
» lever. Sully fcait faire marcher les fe-
» cours avec les beſoins ; mais il fçait les
» faire ceffer enfemble. Son pouvoir
» & l'amitié de Henri ne l'aveuglèrent
» point fur la néceffité d'être eftimé de
» fes concitoyens. Il fuyoit les plaifirs
" que la foibleffe nomme délaffement ,
" & cette inaction criminelle ,
fi révol-
» tante pour le malheureux qui voit pro-
» longer fes peines . Pefant les intérêts
» facrés qui lui étoient confiés , il vouloir
86 MERCURE DE FRANCE .
» égaler chaque jour le bonheur de fa Na-
>> tion à la gloire de fon Maître; & fes fuc-
» cès annonçoient auRoifes travaux. Un
"
» Prince peut aifément connoître fi fon
" Peuple eft heureux ; qu'il examine cette
»foule qui s'empreffe auour de lui.
99
Si
» l'on abufe de fon autorité , il ne verra
» qu'une froide curiofité; point de ces
» tranfports , de ces cris d'allégreffe
» qu'infpire le bonheur & la préfence
» de celui qui le donne qu'il life fur les
"
» vifages ; l'injuftice de fes Miniftres y
» fera gravée par la fombre trifteffe.
L'Auteur parcourt toutes les parties du
Ministère de Sully , & peint avec au-
tant de variété que de jufteffe , la con-
duite de ce grand Homme , dans l'é-
xercice de toutes fes Charges. C'eft
dans l'Ouvrage même qu'il faut lire
le morceau touchant & pathétique de la
mort de Henri IV : il eft trop long pour
être cité en entier ; & nous l'affoibli-
rions , fi nous ne le rapportions que par
extrait. D'ailleurs les bornes de l'analyſe
nous forcent de finir ; & nous ne nous
arrêterons plus qu'à la peinture touchante
de la retraite de Sully. » La Cour n'é-
» toit plus à fes yeux qu'un théâtre dé-
"
coré pour le vulgaire , où fouvent l'on
ne voit que des Sujets fans talens , fans
"
JANVIER 1764
87.
vertus , ufurpant , à l'abri dela faveur ,
» les honneurs dûs au mérite. Les Cour
tifans , ce peuple défœuvré , ofent por
» ter.fur lui les regards d'une maligne
» curiofité ; fes vêtemens leur paroiffent
antiques; fa modefte contenance eft pri
fe pour la foible timidité . Sully n'eft
» point décoré de ces Ordres que la po-
litique inventa , dont l'orgueil abuſe ,
» & que la faveur donne ; il portoit un
» figne plus touchant pour les âmes ver-
» tueufes
une chaîne d'or fufpendoit
»fur fa poitrine une médaille où les traits
» de Henri IV étoient gravés. Cette
» image précieufe , qui femble accuſer
» la baffeffe des.Courtifans , ne leur en
» impofe pas encore ; ils ont la raillerie
» fur les lévres , quand la honte devroit
couvrir leur front. Mais Sully leur fait
» fentir enfin tout le mépris qu'ils lui inf-
pirent. Sire , dit - il au jeune. Louis
» XIII , lorfque votre Père de glorieufe
» mémoire m'appelloit auprès de fa Per-
fonne , ilfaifoit retirer fes Bouffons.
» Sully s'éloigne ; il emporte avec lui
»l'eftime & les regrets de la France. Un
Miniftre que tout un Peuple pleure , eft
» au-deffus de toutes les injuftices de la
» Cour ; on l'honore , on le reſpecte ;
» fes ennemis les plus cruels n'ofent fe
88 MERCURE DE FRANCE:
» vanter de leur triomphe , & cachent
leurs fuccès honteux , quand Sully pu-
» blie fa difgrace ... L'éloignement de
» Sully remit la France prèfque au mê-
" me état où il l'avoit trouvée. Ainfi
» l'âme échappée des liens du corps , le
livre aux loix de la diffolution.
» Au milieu d'une Famille qui le rés
» vère , Sully entouré de Nobles , de
» Vaffaux qui l'aiment & le refpe&tent ,
meut & régit tout par les mêmes prin-
» cipes qui l'ont rendu le plus grand des
» Miniftres & le premier des Sages. On
» s'empreffe auprès de lui ; on s'inftruit
» à l'entendre ; on fe plaît à l'admirer.
» Sa magnificence fans fafte , fa géné-
rofité fans oftentation , une dignité
» fans hauteur, une bonté fans cette fauf-
» fe familiarité qui infulte ceux qu'elle
accueille , la fimplicité , la décence de
» fes mœurs , la fermeté , la majeſté mê-
» me de fa conduite : tout le diftingue ,
tout le peint.
» Sa vie régulière annonce la gravité
» de fon caractère , & ce goût qu'il eut
" toujours pour l'ordre. Comme fon
" âme a befoin de faire des heureux ,
fon efprit a befoin de travail : ces deux
» mobiles régloient tout fon temps. Il
avoit confervé l'habitude de fè lever
JANVIER. 1764.
84
avec le jour ; une partie de fa matinée
» étoit employée à prendre connoiffance
» de tout ce qui concernoit les Charges
» dont on n'avoit point ofé le dépouiller;
» l'autre à rédiger ces Mémoires écono-
miques , qui font heureusement par-
» venus jufqu'à nous , & qui dès-lors
" rendoient Sully plus utile à l'Etat , que
» ne l'étoient tous ceux qui l'avoient
» remplacé dans le Ministère. En raf
» femblant tous fes papiers , il relifoit
les précieufes Lettres de Henri ; fou-
» vent il s'arrêtoit à contempler le por-
» trait de ce Héros , il le preffoit de les
" lévres , il le baignoit de fes pleurs , fe
» rappellant les malheurs de ce Prince &
» fes vertus , comparant fa bonté avec
» fa mort cruelle . Chaque inftant enfon-
» ce dans fon cœur le trait dont il eſt
» déchiré , & qui feul l'empêche de jouir
» de la tranquilité de fa retraite. En vain
دو
» il s'occupe du bonheur de fes Vaffaux ;
»> il eft digne époux , fidèle ami , tendre
» père , fes larmes coulent fans ceffe :
trente années qu'il furvécut à fon
Maître chéri , ne purent en tarir la
» fource ; & fes derniers foupirs eurent
» encore toute l'amertume des regrets.
Ainfi finit cet Ouvrage intéreffant ,
qu'on ne peut lire fans fe fentir attendri.
go MERCURE DE FRANCE.
C'eft-là principalement ce qui diftingue
le Difcours de Mlle Mazarelli de tous
ceux avec lesquels elle a concouru . Elle
a peint dans Sully l'ami de Henri IV ;
& , fous ce point de vue , que perfonne
n'a faifi comme elle , elle infpire à tous
les François de l'amour pour fon Héros.
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12553
p. 90-94
HISTOIRE des Loix & Usages de la Lorraine & du Barrois, dans les matières bénéficiales, suivie d'une Dissertation sur la manière d'accommoder ces Loix & Usages à l'indult du Pape Clément XII, de 1740, & aux Ordonnances & Maximes de France ; par M. François-Timothée Thibault, Chevalier, Conseiller d'Etat, Procureur-Général du Roi en sa Chambre des Comptes de Lorraine, de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy. A Nancy, chez Pierre Antoine, Imprimeur ordinaire du Roi, de la Cour souveraine de la Chambre des Comptes, du Bailliage Royal, &c ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, volume in-folio.
Début :
L'ACADÉMIE de Nanci s'étant proposé de donner une Histoire Civile, Politique, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE des Loix & Usages de la Lorraine & du Barrois, dans les matières bénéficiales, suivie d'une Dissertation sur la manière d'accommoder ces Loix & Usages à l'indult du Pape Clément XII, de 1740, & aux Ordonnances & Maximes de France ; par M. François-Timothée Thibault, Chevalier, Conseiller d'Etat, Procureur-Général du Roi en sa Chambre des Comptes de Lorraine, de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy. A Nancy, chez Pierre Antoine, Imprimeur ordinaire du Roi, de la Cour souveraine de la Chambre des Comptes, du Bailliage Royal, &c ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, volume in-folio.
HISTOIRE des Loix & Usages de la
Lorraine & du Barrois, dans les matières
bénéficiales, suivie d'une Dissertation
sur la manière d'accommoder
ces Loix & Usages à l'indult du Pape
Clément XII, de 1740, & aux
Ordonnances & Maximes de France ; par
M. François-Timothée Thibault, Chevalier,
Conseiller d'Etat, Procureur-Général
du Roi en sa Chambre des Comptes
de Lorraine, de la Société Royale des
Sciences & Belles-Lettres de Nancy.
A Nancy, chez Pierre Antoine, Imprimeur
ordinaire du Roi, de la Cour
souveraine de la Chambre des Comptes,
du Bailliage Royal, &c ; 1763,
avec Approbation & Privilége du Roi,
volume in-folio.
JANVIER. 1764.
91
L'ACADÉMIE de Nanci s'étant proposé
de donner une Histoire Civile, Politique,
Militaire , Eccléfiaftique , Bé-
néficiale , Littéraire & Naturelle de la
Lorraine & du Barrois , a affigné à
quelques-uns de fes Membres le travail
de ces divers objets , & la matière bé-
néficiale est tombée dans le partage de
M. Thibault , comme la plus relative à
fon état. On fçait que la Lorrainé & le
Barrois faifoient autrefois partie de la
Gaule Belgique ; mais ils avoient trop
perdu de leurs forces , lorfqu'ils en fu
rent détachés, pour pouvoir réfifter aux
réferves apoftoliques qui inonderent
les Etats Catholiques de l'Europe. Les
Ducs montrerent néanmoins la plus
grande fermeté dans la défenfe des
Ufages du Pays ; & c'est l'hiftoire de
leurs Loix & de ces anciennes Coutu-
mes, que l'Auteur entreprend de tracer
dans ce grand Ouvrage.
Il le divife en deux parties : la pre-
mière est toute hiftorique , & commen-
ce à la décadence de l'Empire Ro-
main. L'Auteur la conduit jufqu'à nos
jours ; & quoique fur des matières affez
férieufes par elles-mêmes , il a fçu la
rendre curieufe & intéreffante , même.
2 MERCURE DE FRANCE.
pour les Lecteurs qui ne font point du
Pays. La 2 partie n'eft à proprement
parler qu'un Rudiment des matières
bénéficiales les plus familières au Bar-
teau. On y applique les ufages de la
Lorraine conférés avec les maximes
du Royaume. Nos jeunes Avocats y
trouveront de quoi s'initier plus prompte
ment dans les principes trop répandus ;
pour pouvoir les étudier avec la même
facilité. Il ne faut donc pas croire que
cette hiftoire foit fi particulière à la
Lorraine & au Barrois , qu'elle devienne
inutile pour les Provinces étrangères ;
M. Thibault a comparé les Loix & les
Ufages , & en a tiré des conféquent
ces générales qui conviennent égale-
ment à toutes les Provinces de France:
La différence de leur nature entraînoit
néceffairement la difcuffion des ma-
tières propres aux unes & aux autres.
On fent bien qu'un ouvrage de cette
efpéce n'eft point fufceptible d'une ana
lyfe fuivie & détaillée. Il fuffira d'in-
diquer les divers articles qui compofent
ce volume , & principalement la feconde
partie , pour en faire connoître l'uti
lité. Indépendamment de tout ce qui
concerne ſpécialement la Lorraine , on
y trouve encore des principes généraux
JANVIER. 1764.
93
fur la régale , l'œconomat , le droit de
joyeux avénement , le ferment de fi
délité
de premiere entrée dans les
Eglifes , & des oblats ; les indults des
Chanceliers , des Garde des Sceaux de
France , du Parlement de Paris , des
Maîtres des Requêtes & Univerfités du
Royaume ; l'âge & les qualités, nécef-
faires pour pofféder les bénéfices ; la
maniere d'y pourvoir , la poffeffion ;
le droit de patronage & fes différentes
efpéces ; la vacance des bénéfices ; les
démiffions , réfignations , permutations
penfions & regrès ; les élections , pof-
tulations & compromi ; les unions ,
défunions ; les dévolus , bulles , brefs ,
fignatures , appels des jugemens ecclé-
fiaftiques , le pécule monacal ; l'aliéna-
tion des biens de l'Eglife; les obligations
& charges des bénéficiers ; la juriſdic-
tion éccléfiaftique : voilà les matières
principales qui compofent la feconde
partie du livre eſtimable de M. Thibault,
Les recherches profondes , les difcuf-
fions critiques , la connoiffance des
Loix , la liaifon des matières , l'ordre ,
la clarté, la précision, tout enfin prouve
dans cette ouvrage , que ce travail ne
pouvoit être mieux confié qu'au fage
& fçavant Magiftrat qui décore à la
.
1
94 MERCURE DE FRANCE.
fois la Magiftrature & le Barreau par
fes lumières , & l'Académie de Nan-
cy par l'efprit , le goût , l'élégance qui
régnent dans ce Livre , & dans plu-
fieurs autres écrits de différens genres
qu'il avoit déja donnés au Public.
Lorraine & du Barrois, dans les matières
bénéficiales, suivie d'une Dissertation
sur la manière d'accommoder
ces Loix & Usages à l'indult du Pape
Clément XII, de 1740, & aux
Ordonnances & Maximes de France ; par
M. François-Timothée Thibault, Chevalier,
Conseiller d'Etat, Procureur-Général
du Roi en sa Chambre des Comptes
de Lorraine, de la Société Royale des
Sciences & Belles-Lettres de Nancy.
A Nancy, chez Pierre Antoine, Imprimeur
ordinaire du Roi, de la Cour
souveraine de la Chambre des Comptes,
du Bailliage Royal, &c ; 1763,
avec Approbation & Privilége du Roi,
volume in-folio.
JANVIER. 1764.
91
L'ACADÉMIE de Nanci s'étant proposé
de donner une Histoire Civile, Politique,
Militaire , Eccléfiaftique , Bé-
néficiale , Littéraire & Naturelle de la
Lorraine & du Barrois , a affigné à
quelques-uns de fes Membres le travail
de ces divers objets , & la matière bé-
néficiale est tombée dans le partage de
M. Thibault , comme la plus relative à
fon état. On fçait que la Lorrainé & le
Barrois faifoient autrefois partie de la
Gaule Belgique ; mais ils avoient trop
perdu de leurs forces , lorfqu'ils en fu
rent détachés, pour pouvoir réfifter aux
réferves apoftoliques qui inonderent
les Etats Catholiques de l'Europe. Les
Ducs montrerent néanmoins la plus
grande fermeté dans la défenfe des
Ufages du Pays ; & c'est l'hiftoire de
leurs Loix & de ces anciennes Coutu-
mes, que l'Auteur entreprend de tracer
dans ce grand Ouvrage.
Il le divife en deux parties : la pre-
mière est toute hiftorique , & commen-
ce à la décadence de l'Empire Ro-
main. L'Auteur la conduit jufqu'à nos
jours ; & quoique fur des matières affez
férieufes par elles-mêmes , il a fçu la
rendre curieufe & intéreffante , même.
2 MERCURE DE FRANCE.
pour les Lecteurs qui ne font point du
Pays. La 2 partie n'eft à proprement
parler qu'un Rudiment des matières
bénéficiales les plus familières au Bar-
teau. On y applique les ufages de la
Lorraine conférés avec les maximes
du Royaume. Nos jeunes Avocats y
trouveront de quoi s'initier plus prompte
ment dans les principes trop répandus ;
pour pouvoir les étudier avec la même
facilité. Il ne faut donc pas croire que
cette hiftoire foit fi particulière à la
Lorraine & au Barrois , qu'elle devienne
inutile pour les Provinces étrangères ;
M. Thibault a comparé les Loix & les
Ufages , & en a tiré des conféquent
ces générales qui conviennent égale-
ment à toutes les Provinces de France:
La différence de leur nature entraînoit
néceffairement la difcuffion des ma-
tières propres aux unes & aux autres.
On fent bien qu'un ouvrage de cette
efpéce n'eft point fufceptible d'une ana
lyfe fuivie & détaillée. Il fuffira d'in-
diquer les divers articles qui compofent
ce volume , & principalement la feconde
partie , pour en faire connoître l'uti
lité. Indépendamment de tout ce qui
concerne ſpécialement la Lorraine , on
y trouve encore des principes généraux
JANVIER. 1764.
93
fur la régale , l'œconomat , le droit de
joyeux avénement , le ferment de fi
délité
de premiere entrée dans les
Eglifes , & des oblats ; les indults des
Chanceliers , des Garde des Sceaux de
France , du Parlement de Paris , des
Maîtres des Requêtes & Univerfités du
Royaume ; l'âge & les qualités, nécef-
faires pour pofféder les bénéfices ; la
maniere d'y pourvoir , la poffeffion ;
le droit de patronage & fes différentes
efpéces ; la vacance des bénéfices ; les
démiffions , réfignations , permutations
penfions & regrès ; les élections , pof-
tulations & compromi ; les unions ,
défunions ; les dévolus , bulles , brefs ,
fignatures , appels des jugemens ecclé-
fiaftiques , le pécule monacal ; l'aliéna-
tion des biens de l'Eglife; les obligations
& charges des bénéficiers ; la juriſdic-
tion éccléfiaftique : voilà les matières
principales qui compofent la feconde
partie du livre eſtimable de M. Thibault,
Les recherches profondes , les difcuf-
fions critiques , la connoiffance des
Loix , la liaifon des matières , l'ordre ,
la clarté, la précision, tout enfin prouve
dans cette ouvrage , que ce travail ne
pouvoit être mieux confié qu'au fage
& fçavant Magiftrat qui décore à la
.
1
94 MERCURE DE FRANCE.
fois la Magiftrature & le Barreau par
fes lumières , & l'Académie de Nan-
cy par l'efprit , le goût , l'élégance qui
régnent dans ce Livre , & dans plu-
fieurs autres écrits de différens genres
qu'il avoit déja donnés au Public.
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12553
HISTOIRE des Loix & Usages de la Lorraine & du Barrois, dans les matières bénéficiales, suivie d'une Dissertation sur la manière d'accommoder ces Loix & Usages à l'indult du Pape Clément XII, de 1740, & aux Ordonnances & Maximes de France ; par M. François-Timothée Thibault, Chevalier, Conseiller d'Etat, Procureur-Général du Roi en sa Chambre des Comptes de Lorraine, de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy. A Nancy, chez Pierre Antoine, Imprimeur ordinaire du Roi, de la Cour souveraine de la Chambre des Comptes, du Bailliage Royal, &c ; 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, volume in-folio.
12554
p. 94-9[7]
INTRODUCTION à la Science des Médailles, pour servir à la connoissance des Dieux, de la Religion, des Sciences, des Arts, & de tout ce qui appartient à l'Histoire ancienne, avec les preuves tirées des Médailles ; Ouvrage propre à servir de Supplément à l'Antiquité expliquée par Dom Monfaucon ; par Dom Thomas Mangeart, Religieux Bénédictin de la Congrégation de S. Vannes & S. Hidulphe, Antiquaire, Bibliothécaire & Conseiller de Son Altesse Monseigneur le Duc CHARLES DE LORRAINE, &c, &c, &c. A Paris, chez D'houry, Imprimeur-Libraire de Monseigneur le Duc d'Orléans, rue de la vieille Bouclerie ; & se trouve aussi chez Davidts & Tilliard, quai des Augustins, 1763 ; avec Approbation & Privilége du Roi, un volume , grand in-folio.
Début :
LE titre de ce Livre en forme le précis, en même temps qu'il en fait voir [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INTRODUCTION à la Science des Médailles, pour servir à la connoissance des Dieux, de la Religion, des Sciences, des Arts, & de tout ce qui appartient à l'Histoire ancienne, avec les preuves tirées des Médailles ; Ouvrage propre à servir de Supplément à l'Antiquité expliquée par Dom Monfaucon ; par Dom Thomas Mangeart, Religieux Bénédictin de la Congrégation de S. Vannes & S. Hidulphe, Antiquaire, Bibliothécaire & Conseiller de Son Altesse Monseigneur le Duc CHARLES DE LORRAINE, &c, &c, &c. A Paris, chez D'houry, Imprimeur-Libraire de Monseigneur le Duc d'Orléans, rue de la vieille Bouclerie ; & se trouve aussi chez Davidts & Tilliard, quai des Augustins, 1763 ; avec Approbation & Privilége du Roi, un volume , grand in-folio.
INTRODUCTION à la Science des
Médailles, pour servir à la connoissance
des Dieux, de la Religion,
des Sciences, des Arts, & de tout
ce qui appartient à l'Histoire ancienne,
avec les preuves tirées des Médailles ;
Ouvrage propre à servir de
Supplément à l'Antiquité expliquée
par Dom Monfaucon ; par Dom Thomas
Mangeart, Religieux Bénédictin
de la Congrégation de S. Vannes
& S. Hidulphe, Antiquaire, Bibliothécaire
& Conseiller de Son Altesse
Monseigneur le Duc CHARLES DE
LORRAINE, &c, &c, &c. A Paris,
chez D'houry, Imprimeur-Libraire
de Monseigneur le Duc d'Orléans, rue de la vieille Bouclerie ; & se trouve aussi chez Davidts & Tilliard, quai des Augustins, 1763 ; avec Approbation & Privilége du Roi, un volume , grand in-folio.
JANVIER. 1764.
,
95
LE titre de ce Livre en forme le précis,
en même temps qu'il en fait voir
l'objet & l'utilité. Le but de l'Auteur a
été de raffembler , pour ainfi dire , tout
ce qu'il y a de plus utile & de plus in-
téreffànt dans les autres Ouvrages qui
traitent de la même matière. Ce -volu-
me n'eft donc que comme l'Extrait rai-
fonné de plufieurs traités & mémoires
donnés par d'illuftres Antiquaires. Dom
Mangeart n'a fait que raffembler fous
un nouvel ordre , & préfenter fous un
point de vue fimple , tout ce qui peut
faciliter la connoiffance des Médailles.
En deux mots , voici l'efquiffe de cet
Ouvrage après avoir traité de tout ce
qui regarde les Médailles en général ,
c'est-à- dire
de leur fabrique , de leur
matière , de leurs modules , de leurs fa-
ces , de leur antiquité , &c , l'Auteur
rapporte à différentes claffes ces mêmes
monumens , & tout ce qui peut y avoir
quelque rapport. Pour donner à fes
96 MERCURE DE FRANCE.
Lecteurs une idée jufte de la Mytholo-
gie ancienne , il commence par les Mé-
dailles qui regardent les divinités des an-
ciens , leurs facrifices , leurs autels , &
tout ce qui eft relatif à la Religion . Il
parle enfuite des Médailles qui ont rap-
port aux Sciences & aux Arts. On trou
ve dans plufieurs Chapitres tout ce que
les Anciens nous ont tranfmis fur les
types des monnoyes , foit au fujet du
au
foleil , de la lune , des étoiles , du
temps , des faifons , &c , ſoit par rap-
port à la terre , aux trois parties du
monde connues de leurs temps , aux
Provinces , aux Villes , aux Animaux ,
aux plantes , aux édifices , & à ce qui
fert d'ornement à la terre , & c ; foit en-
fin concernant la mer , les fleuves , les
rivieres , les animaux , les poiffons qui
les habitent , &c,
De ces différens objets , Dom Man-
geart paffe aux Médailles qui regardent
les jeux des anciens , leurs fpectacles ,
leurs danfes, leurs exercices , leurs guer,
res , leurs armes , leurs victoires , leurs
trophées , leurs triomphes , leurs cou-
ronnes , leurs récompenfes , leurs ha-
billemens , & c, Il donne enfuite tous
les titres & les marques des
les noms , les titres & les
dignités , des charges , des emplois fa-
crés
JANVIER. 1764.
99
crés , civiles & militaires dont les mé-
dailles grecques & latines font mention.
C'eft-la que les curieux apprendront
ce que les Romains entendoient par
les titre de Pontife , de Prêtre , de Prê-
treffe , de Veftale , d'augure , d'Empe-
reur , de Conful , de Cenfeur , de Tri-
bun, d'Ediles , de Prêteur, de Préfet, & c.
& ce que fignifient ceux d'Archonte ,
de Pritanes , & c. chez les Grecs.
Il finit enfin par des réfléxions fur
l'utilité & les avantages que l'on peut
tirer de l'étude de la Numifmatique.
Pour prévenir les jeunes amateurs con-
tre les fraudes de certains marchands de
Médailles , il ajoute le détail des moyens
que l'on met en ufage pour tromper les
nouveaux connoiffeurs , comme de ceux
que l'on peut employer pour fe garan-
tir de leurs rufes & de leurs fuperche-
ries.
Médailles, pour servir à la connoissance
des Dieux, de la Religion,
des Sciences, des Arts, & de tout
ce qui appartient à l'Histoire ancienne,
avec les preuves tirées des Médailles ;
Ouvrage propre à servir de
Supplément à l'Antiquité expliquée
par Dom Monfaucon ; par Dom Thomas
Mangeart, Religieux Bénédictin
de la Congrégation de S. Vannes
& S. Hidulphe, Antiquaire, Bibliothécaire
& Conseiller de Son Altesse
Monseigneur le Duc CHARLES DE
LORRAINE, &c, &c, &c. A Paris,
chez D'houry, Imprimeur-Libraire
de Monseigneur le Duc d'Orléans, rue de la vieille Bouclerie ; & se trouve aussi chez Davidts & Tilliard, quai des Augustins, 1763 ; avec Approbation & Privilége du Roi, un volume , grand in-folio.
JANVIER. 1764.
,
95
LE titre de ce Livre en forme le précis,
en même temps qu'il en fait voir
l'objet & l'utilité. Le but de l'Auteur a
été de raffembler , pour ainfi dire , tout
ce qu'il y a de plus utile & de plus in-
téreffànt dans les autres Ouvrages qui
traitent de la même matière. Ce -volu-
me n'eft donc que comme l'Extrait rai-
fonné de plufieurs traités & mémoires
donnés par d'illuftres Antiquaires. Dom
Mangeart n'a fait que raffembler fous
un nouvel ordre , & préfenter fous un
point de vue fimple , tout ce qui peut
faciliter la connoiffance des Médailles.
En deux mots , voici l'efquiffe de cet
Ouvrage après avoir traité de tout ce
qui regarde les Médailles en général ,
c'est-à- dire
de leur fabrique , de leur
matière , de leurs modules , de leurs fa-
ces , de leur antiquité , &c , l'Auteur
rapporte à différentes claffes ces mêmes
monumens , & tout ce qui peut y avoir
quelque rapport. Pour donner à fes
96 MERCURE DE FRANCE.
Lecteurs une idée jufte de la Mytholo-
gie ancienne , il commence par les Mé-
dailles qui regardent les divinités des an-
ciens , leurs facrifices , leurs autels , &
tout ce qui eft relatif à la Religion . Il
parle enfuite des Médailles qui ont rap-
port aux Sciences & aux Arts. On trou
ve dans plufieurs Chapitres tout ce que
les Anciens nous ont tranfmis fur les
types des monnoyes , foit au fujet du
au
foleil , de la lune , des étoiles , du
temps , des faifons , &c , ſoit par rap-
port à la terre , aux trois parties du
monde connues de leurs temps , aux
Provinces , aux Villes , aux Animaux ,
aux plantes , aux édifices , & à ce qui
fert d'ornement à la terre , & c ; foit en-
fin concernant la mer , les fleuves , les
rivieres , les animaux , les poiffons qui
les habitent , &c,
De ces différens objets , Dom Man-
geart paffe aux Médailles qui regardent
les jeux des anciens , leurs fpectacles ,
leurs danfes, leurs exercices , leurs guer,
res , leurs armes , leurs victoires , leurs
trophées , leurs triomphes , leurs cou-
ronnes , leurs récompenfes , leurs ha-
billemens , & c, Il donne enfuite tous
les titres & les marques des
les noms , les titres & les
dignités , des charges , des emplois fa-
crés
JANVIER. 1764.
99
crés , civiles & militaires dont les mé-
dailles grecques & latines font mention.
C'eft-la que les curieux apprendront
ce que les Romains entendoient par
les titre de Pontife , de Prêtre , de Prê-
treffe , de Veftale , d'augure , d'Empe-
reur , de Conful , de Cenfeur , de Tri-
bun, d'Ediles , de Prêteur, de Préfet, & c.
& ce que fignifient ceux d'Archonte ,
de Pritanes , & c. chez les Grecs.
Il finit enfin par des réfléxions fur
l'utilité & les avantages que l'on peut
tirer de l'étude de la Numifmatique.
Pour prévenir les jeunes amateurs con-
tre les fraudes de certains marchands de
Médailles , il ajoute le détail des moyens
que l'on met en ufage pour tromper les
nouveaux connoiffeurs , comme de ceux
que l'on peut employer pour fe garan-
tir de leurs rufes & de leurs fuperche-
ries.
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12554
INTRODUCTION à la Science des Médailles, pour servir à la connoissance des Dieux, de la Religion, des Sciences, des Arts, & de tout ce qui appartient à l'Histoire ancienne, avec les preuves tirées des Médailles ; Ouvrage propre à servir de Supplément à l'Antiquité expliquée par Dom Monfaucon ; par Dom Thomas Mangeart, Religieux Bénédictin de la Congrégation de S. Vannes & S. Hidulphe, Antiquaire, Bibliothécaire & Conseiller de Son Altesse Monseigneur le Duc CHARLES DE LORRAINE, &c, &c, &c. A Paris, chez D'houry, Imprimeur-Libraire de Monseigneur le Duc d'Orléans, rue de la vieille Bouclerie ; & se trouve aussi chez Davidts & Tilliard, quai des Augustins, 1763 ; avec Approbation & Privilége du Roi, un volume , grand in-folio.
12555
p. 9[7]-100
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur M. le Président de MONTESQUIEU.
Début :
PLUSIEURS Gens de Lettres, Monsieur, ont lu avec autant de surprise [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur M. le Président de MONTESQUIEU.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur
M. le Président de MONTESQUIEU.
PLUSIEURS Gens de Lettres, Monsieur,
ont lu avec autant de surprise
que de peine, une prétendue Anec-
II. Vol.
E
08 MERCURE DE FRANCE .
dote , rapportée dans le N° 33 , de
l'Année Littéraire , pag. 177 , au fujet
de l'Esprit des Loix , de M.le Préfident
de Montefquieu.
Le but de cette hiftoriette eft de tra-
veftir ce fçavant Magiftrat , nommé par
les Etrangers mêmes , le Légiflateur des
Nations , en un bel-efprit frivole & fu-
perficiel , en un compilateur fans jufteffe
& fans fidélité. Pour y parvenir › on
avance que les 70 premieres pages de
l'Esprit des Loix , font pleines de ci-
tations fauffes , tronquées ou alterées ;
on ajoute que cette infidélité de M. de
Montesquieu a été prouvée par un Livre
en deux volumes que l'illuftre mort eft
venu à bout de faire fupprimer.
Rien de plus mal-adroit qu'une pa-
reille accufation. J'ai vérifié , Monfieur ,
tous les endroits cités avec le texte même
des Auteurs dont ils font tirés. Je puis
vous garantir l'exactitude fcrupuleufe de
tous les paffages renfermés dans ces 70
pages : à l'exception d'une demie dou-
zaine au plus , que la mémoire du dé-
funt lui avoit fait citer d'après un tel
Livre , tandis qu'on le trouve dans l'au-
tre. Mépriſe pardonnable à tour Auteur ,
qui cite beaucoup , & plus encore à
M. de Montefquieu dont le fyftême ,
JANVIER. 1764.
Au refte ,
99
après tout , peut fe paffer des citations.
Je vous enverrois la confrontation
de plus de 54 paffages fur 60 à-
peu-
près qui fe trouvent dans le Livre qu'on
attaque , fi je ne craignois d'occuper déjà
trop de place dans un volume que la
nouvelle année doit remplir de matières
plus intéreffantes
qu'un texte grec ,
d'Ariftote , de Platon , de Lyfias ou de
Denys d'Halicarnaffe.
J'ai les preuves dans les mains , & je
vous les enverrai dans le Mercure fui-
vant , fi vous le defirez & fi le Public,
les Gens de Lettres , ou l'anonyme dont
parle l'Année Littéraire , le demandent.
il fuffit d'avoir des yeux &
de comparer , pour fe convaincre de
de ce j'avance.
J'efpére que vous voudrez bien in-
férer ma Lettre dans votre Journal. C'eſt
remplir fon véritable objet que de laif-
fer rendre à la vérité l'hommage qui
lui eft du , à un Ecrivain fi célébre
le tribut de reconnoiffance que lui doit
la Nation pour l'avoir juſtifiée de la fri-
volité que lui reprochoient les Etran-
gers , indignés de voir outrager ainfi
ce grand homme dans fa Patrie : c'eſt
procurer aux Gens de Lettres , dont
votre Journal oft déja le patrimoine ,
E ij
Too MERCURE DE FRANCE .
la confolation de voir qu'on ne trou-
ble point impunément leurs cendres
après leur mort.
Je fuis , & c.
ANGAR. 9 Décembre 1763.
M. le Président de MONTESQUIEU.
PLUSIEURS Gens de Lettres, Monsieur,
ont lu avec autant de surprise
que de peine, une prétendue Anec-
II. Vol.
E
08 MERCURE DE FRANCE .
dote , rapportée dans le N° 33 , de
l'Année Littéraire , pag. 177 , au fujet
de l'Esprit des Loix , de M.le Préfident
de Montefquieu.
Le but de cette hiftoriette eft de tra-
veftir ce fçavant Magiftrat , nommé par
les Etrangers mêmes , le Légiflateur des
Nations , en un bel-efprit frivole & fu-
perficiel , en un compilateur fans jufteffe
& fans fidélité. Pour y parvenir › on
avance que les 70 premieres pages de
l'Esprit des Loix , font pleines de ci-
tations fauffes , tronquées ou alterées ;
on ajoute que cette infidélité de M. de
Montesquieu a été prouvée par un Livre
en deux volumes que l'illuftre mort eft
venu à bout de faire fupprimer.
Rien de plus mal-adroit qu'une pa-
reille accufation. J'ai vérifié , Monfieur ,
tous les endroits cités avec le texte même
des Auteurs dont ils font tirés. Je puis
vous garantir l'exactitude fcrupuleufe de
tous les paffages renfermés dans ces 70
pages : à l'exception d'une demie dou-
zaine au plus , que la mémoire du dé-
funt lui avoit fait citer d'après un tel
Livre , tandis qu'on le trouve dans l'au-
tre. Mépriſe pardonnable à tour Auteur ,
qui cite beaucoup , & plus encore à
M. de Montefquieu dont le fyftême ,
JANVIER. 1764.
Au refte ,
99
après tout , peut fe paffer des citations.
Je vous enverrois la confrontation
de plus de 54 paffages fur 60 à-
peu-
près qui fe trouvent dans le Livre qu'on
attaque , fi je ne craignois d'occuper déjà
trop de place dans un volume que la
nouvelle année doit remplir de matières
plus intéreffantes
qu'un texte grec ,
d'Ariftote , de Platon , de Lyfias ou de
Denys d'Halicarnaffe.
J'ai les preuves dans les mains , & je
vous les enverrai dans le Mercure fui-
vant , fi vous le defirez & fi le Public,
les Gens de Lettres , ou l'anonyme dont
parle l'Année Littéraire , le demandent.
il fuffit d'avoir des yeux &
de comparer , pour fe convaincre de
de ce j'avance.
J'efpére que vous voudrez bien in-
férer ma Lettre dans votre Journal. C'eſt
remplir fon véritable objet que de laif-
fer rendre à la vérité l'hommage qui
lui eft du , à un Ecrivain fi célébre
le tribut de reconnoiffance que lui doit
la Nation pour l'avoir juſtifiée de la fri-
volité que lui reprochoient les Etran-
gers , indignés de voir outrager ainfi
ce grand homme dans fa Patrie : c'eſt
procurer aux Gens de Lettres , dont
votre Journal oft déja le patrimoine ,
E ij
Too MERCURE DE FRANCE .
la confolation de voir qu'on ne trou-
ble point impunément leurs cendres
après leur mort.
Je fuis , & c.
ANGAR. 9 Décembre 1763.
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12556
p. 100-101
A L'AUTEUR DU MERCURE, sur deux Médailles.
Début :
ETANT l'année dernière en Picardie, Monsieur, il me tomba entre les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE, sur deux Médailles.
A L'AUTEUR DU MERCURE,
sur deux Médailles.
ETANT l'année dernière en Picardie,
Monsieur,
il me tomba entre les
mains deux Médailles qui me paroif-
fent fort curieufes , & dont je vou-
drois avoir une explication préciſe. Le
peu de connoiffance que j'ai de ces
fortes de matières , m'a engagé à re-
courir à vous , perfuadé que vous vou-
drez bien inférer ma lettre dans votre
prochain Mercure
peut-être quelque
Antiquaire y répondra-t-il.
La premiere , que je crois fort an-
cienne , repréfente une tête affez gro-
fièrement gravée , fans aucune infcrip-
tion , du moins n'en apperçoit-on point.
J'ai cru lire fur le revers ces mots à
demi effacés : vici Germanos apud cof...
•
*
JANVIER. 1764.
d'exergue.
101
le refte m'eft inconnu , il n'y a point
La feconde qui eft incomparablement
mieux frappée , repréſente auffi une fort
belle tête.
Il paroît que cette perfonne
ainfi repréſentée , portoit une côte d'ar-
mes , ou un collier. Voici ce que j'ai
pu ramaffer de l'infcription qu'on voit
encore affez bien.
I M( effacé) ANAVGCO VIII.
Sur le revers eft une belle femme de-
bout , ayant le bras gauche levé fur
Pépaule , la main fermée , entièrement.
excepté le doigt index ; l'autre bras
eft dans une attitude qui me paroît
ménagée , comme pour donner ou re-
cevoir quelque chofe. Cette figure eft
placée entre ces deux lettres S C qu'on
remarque fur le champ de la médaille.
Il y a une légende que des gens ver-
fés dans ces matières déchiffroient aifé
ment. Il n'y a point d'exergue.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DE CAYEUX.
A Paris, le 16 Décembre 1763.
sur deux Médailles.
ETANT l'année dernière en Picardie,
Monsieur,
il me tomba entre les
mains deux Médailles qui me paroif-
fent fort curieufes , & dont je vou-
drois avoir une explication préciſe. Le
peu de connoiffance que j'ai de ces
fortes de matières , m'a engagé à re-
courir à vous , perfuadé que vous vou-
drez bien inférer ma lettre dans votre
prochain Mercure
peut-être quelque
Antiquaire y répondra-t-il.
La premiere , que je crois fort an-
cienne , repréfente une tête affez gro-
fièrement gravée , fans aucune infcrip-
tion , du moins n'en apperçoit-on point.
J'ai cru lire fur le revers ces mots à
demi effacés : vici Germanos apud cof...
•
*
JANVIER. 1764.
d'exergue.
101
le refte m'eft inconnu , il n'y a point
La feconde qui eft incomparablement
mieux frappée , repréſente auffi une fort
belle tête.
Il paroît que cette perfonne
ainfi repréſentée , portoit une côte d'ar-
mes , ou un collier. Voici ce que j'ai
pu ramaffer de l'infcription qu'on voit
encore affez bien.
I M( effacé) ANAVGCO VIII.
Sur le revers eft une belle femme de-
bout , ayant le bras gauche levé fur
Pépaule , la main fermée , entièrement.
excepté le doigt index ; l'autre bras
eft dans une attitude qui me paroît
ménagée , comme pour donner ou re-
cevoir quelque chofe. Cette figure eft
placée entre ces deux lettres S C qu'on
remarque fur le champ de la médaille.
Il y a une légende que des gens ver-
fés dans ces matières déchiffroient aifé
ment. Il n'y a point d'exergue.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DE CAYEUX.
A Paris, le 16 Décembre 1763.
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12557
p. 102-103
LETTRE A M. DE LA PLACE.
Début :
L'UTILE & l'agréable, Monsieur, se trouvent mêlés si heureufement dans [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. DE LA PLACE.
LETTRE A M. DE LA PLACE.
L'UTILE & l'agréable, Monsieur, se
trouvent mêlés
si heureufement dans
votre Journal , qu'on le voit toujours
avec un nouveau plaifir. L'amour que
j'ai pour les Sciences joint au defir que
j'ai d'être utile au Public , m'ont fait
préférer le Mercure pour lui faire part
de deux problêmes fuivans. Une der-
nière raifon qui m'enhardit à vous prier
'de vouloir bien les y honorer d'une
place , eft qu'ils ont paffé , de tout
tems,pour infolubles : & que je les crois
d'ailleurs propres à donner jour à de
nouvelles découvertes.La chofe trouvera
fans doute bien des incrédules. Je m'y at-
tends.Au refte,fi perfonne ne veut fe don-
ner la peine de les réfoudre , j'aurai
l'honneur de vous faire paffer dans peu
la folution que je me propofe d'en
donner.
JANVIER. 1764.
103
La méthode dont je me fers , & que
je crois unique , eft auffi fimple qu'in-
faillible. Un autre avantage qu'elle
réunit eft d'être applicable à tous les
cas imaginables ; ce qu'on ne sçauroit
faire éxactement par la méthode ordi-
naire de l'extraction des racines quar-
rées & cubiques , fi les nombres fur
lefquelles elle fe propofe d'agir
thode fimple & fans Algèbre.
,
ne
font eux-mêmes des quarrés & des
cubes parfaits ; ce qui éxige déja
comme vous le fcavez , une certaine
fagacité dans les Mathématiques ; au
lieu que par ma méthode il ne faut
fçavoir que le gros de l'Arithmétique.
J'ai l'honneur d'être , & c.
M***.
On propofe de trouver 2 moyennes
géométriques entre 3 & 7 , par une mé-
On propofe de trouver 2 moyennes
proportionnelles Arithmétiques entre les
deux mêmes nombres avec les mêmes
conditions , de forte que les deux mé-
thodes foient appliquables à tous les
.cas poffibles.
L'UTILE & l'agréable, Monsieur, se
trouvent mêlés
si heureufement dans
votre Journal , qu'on le voit toujours
avec un nouveau plaifir. L'amour que
j'ai pour les Sciences joint au defir que
j'ai d'être utile au Public , m'ont fait
préférer le Mercure pour lui faire part
de deux problêmes fuivans. Une der-
nière raifon qui m'enhardit à vous prier
'de vouloir bien les y honorer d'une
place , eft qu'ils ont paffé , de tout
tems,pour infolubles : & que je les crois
d'ailleurs propres à donner jour à de
nouvelles découvertes.La chofe trouvera
fans doute bien des incrédules. Je m'y at-
tends.Au refte,fi perfonne ne veut fe don-
ner la peine de les réfoudre , j'aurai
l'honneur de vous faire paffer dans peu
la folution que je me propofe d'en
donner.
JANVIER. 1764.
103
La méthode dont je me fers , & que
je crois unique , eft auffi fimple qu'in-
faillible. Un autre avantage qu'elle
réunit eft d'être applicable à tous les
cas imaginables ; ce qu'on ne sçauroit
faire éxactement par la méthode ordi-
naire de l'extraction des racines quar-
rées & cubiques , fi les nombres fur
lefquelles elle fe propofe d'agir
thode fimple & fans Algèbre.
,
ne
font eux-mêmes des quarrés & des
cubes parfaits ; ce qui éxige déja
comme vous le fcavez , une certaine
fagacité dans les Mathématiques ; au
lieu que par ma méthode il ne faut
fçavoir que le gros de l'Arithmétique.
J'ai l'honneur d'être , & c.
M***.
On propofe de trouver 2 moyennes
géométriques entre 3 & 7 , par une mé-
On propofe de trouver 2 moyennes
proportionnelles Arithmétiques entre les
deux mêmes nombres avec les mêmes
conditions , de forte que les deux mé-
thodes foient appliquables à tous les
.cas poffibles.
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12558
p. 104-105
NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES qu'on peut orienter sans le secours de la Boussole.
Début :
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur du Roi pour les Instrumens de Mathématiques, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES qu'on peut orienter sans le secours de la Boussole.
NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES
qu'on peut orienter sans le secours
de la Boussole.
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur
du Roi pour les Instrumens de Mathématiques,
demeurant à Paris.
>
Quai de l'Horloge du Palais , à l'en-
feigne de l'Obfervatoire , donne avis
qu'il a conftruit huit Cadrans verticaux
qu'on peut orienter fans le fecours de
la bouffole. Ces Cadrans font collés
fur une feuille de carton de la gran-
deur d'un in-8°. Ils marquent l'heure
par le moyen d'une pinule de peau &
d'un fil à plomb avec une perle qu'on
fait gliffer fur les jours du mois. C'eft
un invention de feu M. de la Hire
qui eft connue & eftimée fous le nom
de la Harpe de M. de la Hire . Les lieux
pour lesquels ces Cadrans font conftruits,
font 1. Paris. 2. Marfeille & Bayonne. 3
Turin & Bordeaux. 4. Lyon . 5. Dijon
& Tours. 6. Vienne en Autriche &
Breft. 7. Rheims & Rouen. 8. Amiens.
Ils peuvent fervir non-feulement pour
1
JANVIER. 1764.
105
tous les lieux qui ont la même latitude,
mais encore pour tous ceux qui n'en
différent que d'un quart ou d'un tiers
de degrés en deffus & en deffous de
chacun de ces Cadrans nommés ci-
deffus ; parce que cette différence n'eft
pas fenfible. Ces Cadrans font tracés
gravés & faits fort proprement : leur
ufage fe trouve derrière le carton fur
lequel ils font collés. L'on y trouve auffi
les temps des Equinoxes de Printemps
& d'Automne , ceux des folftices d'Eté.
& d'Hyver ; on peut encore par leur
moyen , connoître l'heure du lever &
du coucher du folei!. Le prix de cha-
cun de ces Cadrans , eft de 2 liv..
qu'on peut orienter sans le secours
de la Boussole.
LE Sieur BARADELLE, Ingénieur
du Roi pour les Instrumens de Mathématiques,
demeurant à Paris.
>
Quai de l'Horloge du Palais , à l'en-
feigne de l'Obfervatoire , donne avis
qu'il a conftruit huit Cadrans verticaux
qu'on peut orienter fans le fecours de
la bouffole. Ces Cadrans font collés
fur une feuille de carton de la gran-
deur d'un in-8°. Ils marquent l'heure
par le moyen d'une pinule de peau &
d'un fil à plomb avec une perle qu'on
fait gliffer fur les jours du mois. C'eft
un invention de feu M. de la Hire
qui eft connue & eftimée fous le nom
de la Harpe de M. de la Hire . Les lieux
pour lesquels ces Cadrans font conftruits,
font 1. Paris. 2. Marfeille & Bayonne. 3
Turin & Bordeaux. 4. Lyon . 5. Dijon
& Tours. 6. Vienne en Autriche &
Breft. 7. Rheims & Rouen. 8. Amiens.
Ils peuvent fervir non-feulement pour
1
JANVIER. 1764.
105
tous les lieux qui ont la même latitude,
mais encore pour tous ceux qui n'en
différent que d'un quart ou d'un tiers
de degrés en deffus & en deffous de
chacun de ces Cadrans nommés ci-
deffus ; parce que cette différence n'eft
pas fenfible. Ces Cadrans font tracés
gravés & faits fort proprement : leur
ufage fe trouve derrière le carton fur
lequel ils font collés. L'on y trouve auffi
les temps des Equinoxes de Printemps
& d'Automne , ceux des folftices d'Eté.
& d'Hyver ; on peut encore par leur
moyen , connoître l'heure du lever &
du coucher du folei!. Le prix de cha-
cun de ces Cadrans , eft de 2 liv..
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12559
p. 105-108
TOPIQUE pour détourner la GOUTE. LETTRE à M. de BOISANDRÉ, Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC d'ORLÉANS.
Début :
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois un secret pour attirer la Goute au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TOPIQUE pour détourner la GOUTE. LETTRE à M. de BOISANDRÉ, Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC d'ORLÉANS.
TOPIQUE pour détourner la GOUTE.
LETTRE à M. de BOISANDRÉ,
Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC
d'ORLÉANS.
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois
un secret pour attirer la Goute au
ped . Je voudrois bien l'avoir ce fecret ;
E.v.
roб MERCURE DE FRANCE .
mais je n'en connois uniquement que
la vertu. Voici le fait.
Un homme digne de foi & affu--
,
rément très-refpectable à tous égards ,
m'adreffa il y a quinze jours un Par-
ticulier qu'il avoit vû détourner une
goute remontée par le fecours d'un fim-
ple topique ; en m'adreffant ce parti-
culier , il me garantit que je pouvois
avoir toute confiance en lui,
Six femaines auparavant j'avois hor-
riblement fouffert de la goute dans les
reins & dans les entrailles , avec des
vomiffemens de vingt-quatre heures.
L'humeur alloit reprendre la même
route. Elle étoit déja au col , dans les
reins , & très
-
forte fur un genou.
Avec le confentement de M. Dixte
mon Médecin & mon ami , j'effayai
de me faire appliquer le topique fur les
deux pieds. Dès le lendemain le col
& les reins fe trouverent dégagés
toute l'humeur enfin tomba des ge-
noux fur les pieds , ils devinrent fort
enflés , un peu rouges. Chaque jour il-
en fortoit des férofités • quelquefois
à percer les linges
les linges , quoiqu'ils fuffent
en plufieurs doubles. Le Topique a agi
pendant douze jours environ
& je
fuis depuis Mercredi fans la moindre
enflure ni la moindre douleur,
JANVIER. 1764. -
107
Je ne prendrai pas la liberté de ha-
zarder des confeils fur une ſanté auffi
précieufe que celle de S. A. mais je di-
rai que ma fanté m'eft très- précieuſe
auffi , & que je fuis bien sûr qu'à la
premiere tracafferie de goute , je ne per-
drai pas un moment à faire encore ufage
du Topique. M. Dixte , témoin du fuc-
cès en a été étonné , & a promis de
bonne foi qu'il en rendroit témoignage
dans l'occafion. Voilà , Monfieur , tout
ce que je fçai de ma goute & du To-
pique ..
Votre homme m'a dit ce matin , en
me remettant votre Lettre , que vous
étiez mieux depuis deux jours . Jugez
du plaifir que j'en ai , par les fentimens
que vous connoiffez depuis fi long-
temps au vieux
MONTDORGE.
A Paris,le 23 Décembre 1763.
P. S. J'oubliois de vous dire , Mon-
fieur , que le poffeffeur du Topique
fe nomme M. de Mezoneis.
Il loge par
entrepôt , au coin de la rue des Foffés
Monmartre , du côté de la rue Mon-
martre même. Il a , de père en fils ,
la goute & le Topique. Il avoue qu'il
Evi
2
108 MERCURE DE FRANCE.
n'eft ni Médecin , ni rien qui en ap-
proche
il répond en conféquence aux
questions qu'on peut lui faire fur les
grands principes. Mais en revanche il
eft affuré, par une longue expérience, de
déloger la goute quand elle eft mal pla-
cée ; & l'expériencc eft plus forte, ce me
femble , que les plus beaux raiſonne-
mens.
LETTRE à M. de BOISANDRÉ,
Ecuyer de S. A. S. Mgr le DUC
d'ORLÉANS.
ON vous a dit, Monsieur, que j'avois
un secret pour attirer la Goute au
ped . Je voudrois bien l'avoir ce fecret ;
E.v.
roб MERCURE DE FRANCE .
mais je n'en connois uniquement que
la vertu. Voici le fait.
Un homme digne de foi & affu--
,
rément très-refpectable à tous égards ,
m'adreffa il y a quinze jours un Par-
ticulier qu'il avoit vû détourner une
goute remontée par le fecours d'un fim-
ple topique ; en m'adreffant ce parti-
culier , il me garantit que je pouvois
avoir toute confiance en lui,
Six femaines auparavant j'avois hor-
riblement fouffert de la goute dans les
reins & dans les entrailles , avec des
vomiffemens de vingt-quatre heures.
L'humeur alloit reprendre la même
route. Elle étoit déja au col , dans les
reins , & très
-
forte fur un genou.
Avec le confentement de M. Dixte
mon Médecin & mon ami , j'effayai
de me faire appliquer le topique fur les
deux pieds. Dès le lendemain le col
& les reins fe trouverent dégagés
toute l'humeur enfin tomba des ge-
noux fur les pieds , ils devinrent fort
enflés , un peu rouges. Chaque jour il-
en fortoit des férofités • quelquefois
à percer les linges
les linges , quoiqu'ils fuffent
en plufieurs doubles. Le Topique a agi
pendant douze jours environ
& je
fuis depuis Mercredi fans la moindre
enflure ni la moindre douleur,
JANVIER. 1764. -
107
Je ne prendrai pas la liberté de ha-
zarder des confeils fur une ſanté auffi
précieufe que celle de S. A. mais je di-
rai que ma fanté m'eft très- précieuſe
auffi , & que je fuis bien sûr qu'à la
premiere tracafferie de goute , je ne per-
drai pas un moment à faire encore ufage
du Topique. M. Dixte , témoin du fuc-
cès en a été étonné , & a promis de
bonne foi qu'il en rendroit témoignage
dans l'occafion. Voilà , Monfieur , tout
ce que je fçai de ma goute & du To-
pique ..
Votre homme m'a dit ce matin , en
me remettant votre Lettre , que vous
étiez mieux depuis deux jours . Jugez
du plaifir que j'en ai , par les fentimens
que vous connoiffez depuis fi long-
temps au vieux
MONTDORGE.
A Paris,le 23 Décembre 1763.
P. S. J'oubliois de vous dire , Mon-
fieur , que le poffeffeur du Topique
fe nomme M. de Mezoneis.
Il loge par
entrepôt , au coin de la rue des Foffés
Monmartre , du côté de la rue Mon-
martre même. Il a , de père en fils ,
la goute & le Topique. Il avoue qu'il
Evi
2
108 MERCURE DE FRANCE.
n'eft ni Médecin , ni rien qui en ap-
proche
il répond en conféquence aux
questions qu'on peut lui faire fur les
grands principes. Mais en revanche il
eft affuré, par une longue expérience, de
déloger la goute quand elle eft mal pla-
cée ; & l'expériencc eft plus forte, ce me
femble , que les plus beaux raiſonne-
mens.
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12560
p. 140
ADDITION envoyée après l'impression de l'Ouvrage.
Début :
A la page 119, lig. 25, où il est parlé des Etrusques, après ces mots : Stratagême [...]
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION envoyée après l'impression de l'Ouvrage.
ADDITION envoyée après l'impression
de l'Ouvrage.
A la page 119, lig. 25, où il est parlé
des Etrusques, après ces mots : Stratagême
victorieux pour fe dégager de leurs
mains , ajoutezce quifuit.
Ces Peuples fe coëffoient auffi avec
des peaux de bêtes.
Virgile , parlant
d'Ornyte , ce vieux Chaffeur qui ofa dé-
fier Camille , Reine des Volfques , ra-
conte que le téméraire Etrurien n'avoit
les épaules couvertes que d'une peau
chées des dents très-blanches.
de
boeuf fans apprêt , & que fon cafque
étoit formé de la tête d'un loup qui'ou-
vroit la gueule , où étoient encore atta-
de l'Ouvrage.
A la page 119, lig. 25, où il est parlé
des Etrusques, après ces mots : Stratagême
victorieux pour fe dégager de leurs
mains , ajoutezce quifuit.
Ces Peuples fe coëffoient auffi avec
des peaux de bêtes.
Virgile , parlant
d'Ornyte , ce vieux Chaffeur qui ofa dé-
fier Camille , Reine des Volfques , ra-
conte que le téméraire Etrurien n'avoit
les épaules couvertes que d'une peau
chées des dents très-blanches.
de
boeuf fans apprêt , & que fon cafque
étoit formé de la tête d'un loup qui'ou-
vroit la gueule , où étoient encore atta-
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12561
p. 157-167
SUPPLÉMENT à l'Article des Nouvelles Littéraires. ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ESSAI critique sur l'Etat présent de la République des Lettres, par M. l'Abbé [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Article des Nouvelles Littéraires. ANNONCES DE LIVRES.
SUPPLÉMENT à l'Article des Nouvelles
Littéraires.
ANNONCES DE LIVRES.
ESSAI critique sur l'Etat présent de la
République des Lettres, par M. l'Abbé
le Franc de Pompignan , aujourd'hui
Evêque du Puy. Nouvelle Edition . Pe-
tite brochure in- 12 , petit format , dont
on trouve des Exemplaires chez Chau
bert ,Libraire, rue du Hurepoix , près le
158 MERCURE DE FRANCE .
quai des Auguftins , 1764. Cet Ecrit a
été compofé il y a environ 24 ans , &
parut imprimé pour la première fois dans
les Recueils de l'Académie de Montau-
ban. On y voit ce que M. de Pompignan
penfoit de la Littérature Françoife , &
du goût qui régnoit en France dans le
temps qu'il écrivoit.
ABRÉGÉ chronologique de l'Hiftoire
générale d'Italie , depuis la chute de
l'Empire Romain en Occident ; c'eſt-à-
dire , depuis l'an 476 de l'Ere Chrétien-
ne, jufqu'au Traité d'Aix- la- Chapelle
en 1748 ; par M. de Saint - Marc , de
l'Académie de la Rochelle ; tome fe-
cond , ou feconde partie du tome pre-
mier , depuis l'an 840jufqu'à l'an 1027 ;
à Paris , chez Jean-Thomas Hériffant ,
Imprimeur ordinaire du Roi , des Cabi-
net & Maifon de Sa Majefté , rue S. Jac-
ques , à S. Paul & à S. Hilaire ; avec ap-
probation & Privilége du Roi , 1763.
Nous avons annoncé dans le temps la
première partie de cet Ouvrage , qui
n'eft point entièrement modelé fur celui
de M. le Préfident Hainault. Il n'auroit
pas fuffi , pour des Lecteurs François à
qui l'Hiftoire d'Italie n'eft pas auffi con-
nue que la nôtre , de rappeller en peu de
JANVIER. 1764.
159
mots les principaux événemens. M. de
Saint-Marc , ayant à conduire fes Lec-
teurs dans des routes peu battues , s'eft
appliqué à les leur applanir : il détaille
donc,jufqu'à un certain point, les événe→
mens , & les préfente avec leurs caufes
& leurs fuites.
DISCOURS de M. d'Açarcq, de la So-
ciété Littéraire d'Arras , pour fa récep-
tion à l'Académie Royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ; à Amfterdam ,
1763 , brochure in- 8°. Ce Difcours eft
la première partie d'un Ouvrage que
l'Auteur médite , & qui doit avoir pour
titre , la Balance philofophique . Cette
première partie eft un Effaifur les Idées.
ALMANACH des Centenaires , ou du-
rée de la Vie humaine au-delà de cent
ans , démontrée par des éxemples fans
nombre , tant anciens que modernes ;
avec le Calendrier de l'année 1764. Se-
cond Supplément , avec cette Epigra
phe : Sic vivite juvenes , utfenes ;fenes
ut feniores fiatis. A Paris , chez A. M.
Lottin , Libraire & Imprimeur de M. le
Duc de Berry , rue S. Jacques , près S.
Yves , au Coq , 1764 ; avec approbation
& permiffion , in-16. Voici la troiſième
160 MERCURE DE FRANCE.
annéé que ce petit Almanach paroît. On
continue de prier ceux qui pourrontjuf-
tifier leur qualité de Centenaire , d'en-
voyer leurs noms écrits bien lifiblement
pour être cités dans l'Almanach de l'an-
née prochaine. On trouve chez le même
Libraire les deux premières parties de cet.
Ouvrage..
LE TRIOMPHE du Beau-Séxe , ou Ca
lendrier des Dames Illuftres,contenant les
Eloges hiftoriques des Dames qui fe font:
diftinguées par leur politique , leur atta-
chement pour leurs époux , leur courage,.
leur chasteté & leur efprit ; enrichi de
Chanfons nouvelles fur les plus beaux .
Airs connus ; à Paris , chez Grange &
Dufour, au Cabinet Littéraire , Pont:
Notre-Dame , près la Pompe ; & chez
Manier , dans S. Jean de Latran ; in-32-
On ne doit pas confondre cet Almanach
avec les Etrennes aux Dames , qui fe
vendent chez Mufier. Le deffein en eft
différent. Celui de Mufier contient une
notice des Femmes qui fe font diſtin-
guées dans les Belles- Lettres ; & leur:
Eloge hiftorique.
Campagne de M. le Maréchal de
Créquy, en Lorraine & en Alface., en
JANVIER. 1764.
161
1677 , rédigée par M. Carlet de la Ro-
ziére , Chevalier de l'Ordre Royal & Mi-
litaire de S. Louis , Capitaine réformé de
Dragons , & ci-devant Aide - Maréchal
Général des Logis de l'Armée du Haut-
Rhin ; avec cette Epigraphe : Sæpius:
enim penuria , quam pugna , confumit
exercitum ; &ferrofæviorfames eft. Veg..
lib. 3 , cap. 3. à Paris , 1764. Volume
petit in-8 . Nous rendrons un compte
détaillé de cet Ouvrage utile aux Gens
de Guerre.
MAGASIN hiftorique pour l'Efprit &
le Cœur; à Strasbourg, chez J. Godefroy-
Bauer , Libraire , & fe trouve à Paris ,.
chez Durand neveu , Libraire , rue S.
Jacques , à la Sageffe ; 1764 , 2 volum..
in-12 ; prix 2. liv. 8 f. brochés. Cette
double Brochure renferme . trois cens
traits historiques très-connus pour la plu--
part , & dont nous croyons pouvoir nous
difpenfer d'entretenir nos lecteurs . L'Au--
teur de cette Collection nous apprend
qu'il ne l'a entreprise que pour ceux qui
s'appliquent à l'étude des Langues Fran-
çoife & Allemande ; & , pour cet effet ,
on a eu foin de publier en même temps.
une Traduction Allemande de cet Ou-
vrage ; elle fe trouve chez le même
Libraire..
162 MERCURE DE FRANCE.
OBSERVATIONS fur les Principes de
l'Harmonie , occafionnées par quelques
Ecrits modernes fur ce fujet , & particu
lièrement par l'Article FONDAMENTAL
de M. d'Alembert , dans l'Encyclopédie ;
le Traité de Théorie Muficale de M. Tar
tini , & le Guide Harmonique de M. Ge-
miniani ; par M. J. A. Serra ; avec cette
Epigraphe
Amant alterna camenæ ; à
Genève, chez Henri- Albert Goſſe & Jean
Goffe , Libraires & Imprimeurs ; 1763.
Brochure in-8°. Ce Livre divifé en trois
parties , contient , 1 °. des Réflexions fur
divers points de Théorie Muficale traités
dans l'Encyclopédie par M. d'Alembert ;
2º. une Analyſe critique de l'Ouvrage
de M. Tartini ; 3 ° . des Réfléxions criti-
ques fur l'Ecrit de M. Gemeniani.
TRAITÉ des Odeurs , fuite du Traité
de la Diſtilation , par M. de Jean , Difti-
lateur ; à Paris chez Nyon , à l'Occafion,
chez Guillyn , au Lys d'or , chez Sau-
grain , le jeune , à la Fleurs-de-lys , Quai
des Auguftins , du côté du Pont faint
Michel , 1764 , avec Approbation &
Privilége du Roi , un vol . in
-
12. prix
2 livres. Dans fon Traité de la Diftila-
tion , M. de Jean avoit donné une partie
des parfums, les huiles effentielles, quel-
ques eaux d'odeurs fpiritueufes & fimples,
JANVIER. 1764.
163
Ces différens objets entroient naturel-
lement dans cette feconde partie que
l'Auteur continue fur le même plan ,
pour rendre complet fon premier Ou-
vrage.
AVIS très-important au Public , fur
differentes espèces de Corps & de Botti-
nes d'une nouvelle invention , par le
Sr. d'Offémont , Maître & Marchand
Tailleur de corps de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , rue de la Verrerie
,
vis-à-vis l'Eglife de faint Merry , à côté
du Coq-lié de perles , au coin de la rue
faint Bon , au fecond fur le devant ; à
Paris , chez le Prieur , rue faint Jac-
ques , 1763. Cet avis important que
l'Auteur diftribue gratuitement , paroît
déjà depuis plufieurs années , & ap
prend aux lecteurs de quel avantage
peuvent être les Corps & Bottines de
M. d'Offémont.
》』 》
ECOLE de Littérature , tirée de nos
meilleurs Ecrivains ; à Paris chez Ba-
buty , fils , Libraire , Quai des Auguf-
tins , entre les rues Gille- Coeur & Pavée,
à l'Etoile , & chez Brocas & Humblot
rue faint Jacques , au - deffus de la rue
des Mathurins , au Chef S. Jean ; 1764,
164 MERCURE DE FRANCE.
avec Approbation & Privilége du Roi ;
2 vol. in 12. Prix 2 livres 10 fols brc
ché , 3 liv. relié. M. Duclos a dit dans fes
Confidérations fur les Mœurs , que le
plus grand fervice que les Académies
puffent
rendre aux Lettres
9
aux
Sciences & aux Arts , étoit de faire des
méthodes , & de tracer des routes qui
épargnaffent du travail & des erreurs ,.
& qui conduififfent à la vérité par les
voyes les plus courtes & les plus fûres.
M. de la Chalotais , dans fon plan d'é-
tude pour la jeuneffe , cite les mêmes
paroles de M. Duclos , & forme les mê-
mes vœux dans le cours de fon
ouvrage.
Les Sociétés littéraire n'ont point encore
éxécuté ce projet , & peut- être en feront
elles difpenfées quand elles auront vû
cette Ecole de Littérature composée ex-
actement d'après l'idée de M. Duclos ,
& le plan de M: de la Chalotais : ce font
en effet , non pas des Sociétés littérai-
res , mais tout ce que nous avons eu
d'Ecrivains diftingués , ou de célébres
Académiciens , qui ont fourni le fond
de cet ouvrage , le plus utile que nous
ayons en ce genre , & fur lequel nous
feront obligés de revenir plus d'une fois.
Nous dirons feulement aujourd'hui que
depuis l'impromptu jufqu'au poëme
épique, depuis lé dialogue jufqu'au fer-
JANVIER 1764
165
mon, depuis le conte jufqu'à l'hiftoire
générale , il n'y a point de genre de lit-
térature qui ne trouve ici des précéptes
fournis par les plus grands Maitres ;
non feulement pour juger de ces dif
ferens ouvrages, mais pour en compofer
avec fuccès.
APPEL aux Sçavans & aux Gens de
Lettres , au fujet de la Bibliographie
inftructive. Brochure in-8°. 1764. On
apprend dans cet écrit , que le Sr Debure
Libraire , Auteur d'un Catalogue des
Livres les plus curieux & les plus rares,
ayant effuyé plufieurs critiques fur cet
Ouvrage , s'eft cru enfin obligé d'y ré-
pondre , & il en appelle aux Sçavans &
aux Gens de Lettres qu'il prend pour-
Juges entre lui & fes Adverfaires.
L'OFFICIER Partifan ; par M. de
S. Geniés , Chevalier de l'Ordre Mili-
taire de S. Louis , & Commandant de
Bataillon ; à Paris , chez Mufier , Li-
braire , quai des Auguftins , & chez
Panckoucke , Libraire , rue de la Co-,
médie Françoife ; 1763 , avec approba-
tion & privilége du Roi , 1 vol. in 12.
3
C'est une feconde édition revue & cor-
rigée , & confidérablement augmentée
166 MERCURE DE FRANCE,
par l'Auteur. La première parut en
1754. Cet Ouvrage eft connu , & on
l'a traduit en plufieurs langues. On en
promet inceffamment un fecond volu-
me dont nous rendrons compte dans
le temps.
DISSSERTATION fur la petite Vérole
& l'Inoculation ; Londres , 1763. Bro-
chure in-12 , dont la première partie
prouve que la petite vérole n'eft pas
dangereufe ; & la feconde donne les
moyens de prévenir les dommages qu'-
elle fait à la beauté,
RÉPONSE à une des principales ob-
jections qu'on oppoſe maintenant aux
Partifans de l'Inoculation de la petite
vérole ; feuille in- 12.
NOUVEAUX éclairciffemens fur l'i-
noculation de la petite vérole , pour.
fervir de réponse à un écrit de M. Raft,
Médecin à Lyon ; Brochure in- 12.
LETTRE de Barnevelt dans fa priſon,
à Truman fon ami , précédée d'une Let-
tre de l'Auteur, In-8° . Paris , 1764.
Chez Sébastien Jorry , Imprimeur- Li-
braire, rue & vis-à-vis la Comédie Fran-
goife.
JANVIER. 1764.
1.67
Les âmes fenfibles peuvent feules ap-
précier tout le mérite de cet Ouvrage ,
dont nous nous propofons de rendre
compte dans le Mercure prochain. On
peut d'ailleurs le regarder comme un
petit chef- d'œuvre d'impreffion.
Littéraires.
ANNONCES DE LIVRES.
ESSAI critique sur l'Etat présent de la
République des Lettres, par M. l'Abbé
le Franc de Pompignan , aujourd'hui
Evêque du Puy. Nouvelle Edition . Pe-
tite brochure in- 12 , petit format , dont
on trouve des Exemplaires chez Chau
bert ,Libraire, rue du Hurepoix , près le
158 MERCURE DE FRANCE .
quai des Auguftins , 1764. Cet Ecrit a
été compofé il y a environ 24 ans , &
parut imprimé pour la première fois dans
les Recueils de l'Académie de Montau-
ban. On y voit ce que M. de Pompignan
penfoit de la Littérature Françoife , &
du goût qui régnoit en France dans le
temps qu'il écrivoit.
ABRÉGÉ chronologique de l'Hiftoire
générale d'Italie , depuis la chute de
l'Empire Romain en Occident ; c'eſt-à-
dire , depuis l'an 476 de l'Ere Chrétien-
ne, jufqu'au Traité d'Aix- la- Chapelle
en 1748 ; par M. de Saint - Marc , de
l'Académie de la Rochelle ; tome fe-
cond , ou feconde partie du tome pre-
mier , depuis l'an 840jufqu'à l'an 1027 ;
à Paris , chez Jean-Thomas Hériffant ,
Imprimeur ordinaire du Roi , des Cabi-
net & Maifon de Sa Majefté , rue S. Jac-
ques , à S. Paul & à S. Hilaire ; avec ap-
probation & Privilége du Roi , 1763.
Nous avons annoncé dans le temps la
première partie de cet Ouvrage , qui
n'eft point entièrement modelé fur celui
de M. le Préfident Hainault. Il n'auroit
pas fuffi , pour des Lecteurs François à
qui l'Hiftoire d'Italie n'eft pas auffi con-
nue que la nôtre , de rappeller en peu de
JANVIER. 1764.
159
mots les principaux événemens. M. de
Saint-Marc , ayant à conduire fes Lec-
teurs dans des routes peu battues , s'eft
appliqué à les leur applanir : il détaille
donc,jufqu'à un certain point, les événe→
mens , & les préfente avec leurs caufes
& leurs fuites.
DISCOURS de M. d'Açarcq, de la So-
ciété Littéraire d'Arras , pour fa récep-
tion à l'Académie Royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ; à Amfterdam ,
1763 , brochure in- 8°. Ce Difcours eft
la première partie d'un Ouvrage que
l'Auteur médite , & qui doit avoir pour
titre , la Balance philofophique . Cette
première partie eft un Effaifur les Idées.
ALMANACH des Centenaires , ou du-
rée de la Vie humaine au-delà de cent
ans , démontrée par des éxemples fans
nombre , tant anciens que modernes ;
avec le Calendrier de l'année 1764. Se-
cond Supplément , avec cette Epigra
phe : Sic vivite juvenes , utfenes ;fenes
ut feniores fiatis. A Paris , chez A. M.
Lottin , Libraire & Imprimeur de M. le
Duc de Berry , rue S. Jacques , près S.
Yves , au Coq , 1764 ; avec approbation
& permiffion , in-16. Voici la troiſième
160 MERCURE DE FRANCE.
annéé que ce petit Almanach paroît. On
continue de prier ceux qui pourrontjuf-
tifier leur qualité de Centenaire , d'en-
voyer leurs noms écrits bien lifiblement
pour être cités dans l'Almanach de l'an-
née prochaine. On trouve chez le même
Libraire les deux premières parties de cet.
Ouvrage..
LE TRIOMPHE du Beau-Séxe , ou Ca
lendrier des Dames Illuftres,contenant les
Eloges hiftoriques des Dames qui fe font:
diftinguées par leur politique , leur atta-
chement pour leurs époux , leur courage,.
leur chasteté & leur efprit ; enrichi de
Chanfons nouvelles fur les plus beaux .
Airs connus ; à Paris , chez Grange &
Dufour, au Cabinet Littéraire , Pont:
Notre-Dame , près la Pompe ; & chez
Manier , dans S. Jean de Latran ; in-32-
On ne doit pas confondre cet Almanach
avec les Etrennes aux Dames , qui fe
vendent chez Mufier. Le deffein en eft
différent. Celui de Mufier contient une
notice des Femmes qui fe font diſtin-
guées dans les Belles- Lettres ; & leur:
Eloge hiftorique.
Campagne de M. le Maréchal de
Créquy, en Lorraine & en Alface., en
JANVIER. 1764.
161
1677 , rédigée par M. Carlet de la Ro-
ziére , Chevalier de l'Ordre Royal & Mi-
litaire de S. Louis , Capitaine réformé de
Dragons , & ci-devant Aide - Maréchal
Général des Logis de l'Armée du Haut-
Rhin ; avec cette Epigraphe : Sæpius:
enim penuria , quam pugna , confumit
exercitum ; &ferrofæviorfames eft. Veg..
lib. 3 , cap. 3. à Paris , 1764. Volume
petit in-8 . Nous rendrons un compte
détaillé de cet Ouvrage utile aux Gens
de Guerre.
MAGASIN hiftorique pour l'Efprit &
le Cœur; à Strasbourg, chez J. Godefroy-
Bauer , Libraire , & fe trouve à Paris ,.
chez Durand neveu , Libraire , rue S.
Jacques , à la Sageffe ; 1764 , 2 volum..
in-12 ; prix 2. liv. 8 f. brochés. Cette
double Brochure renferme . trois cens
traits historiques très-connus pour la plu--
part , & dont nous croyons pouvoir nous
difpenfer d'entretenir nos lecteurs . L'Au--
teur de cette Collection nous apprend
qu'il ne l'a entreprise que pour ceux qui
s'appliquent à l'étude des Langues Fran-
çoife & Allemande ; & , pour cet effet ,
on a eu foin de publier en même temps.
une Traduction Allemande de cet Ou-
vrage ; elle fe trouve chez le même
Libraire..
162 MERCURE DE FRANCE.
OBSERVATIONS fur les Principes de
l'Harmonie , occafionnées par quelques
Ecrits modernes fur ce fujet , & particu
lièrement par l'Article FONDAMENTAL
de M. d'Alembert , dans l'Encyclopédie ;
le Traité de Théorie Muficale de M. Tar
tini , & le Guide Harmonique de M. Ge-
miniani ; par M. J. A. Serra ; avec cette
Epigraphe
Amant alterna camenæ ; à
Genève, chez Henri- Albert Goſſe & Jean
Goffe , Libraires & Imprimeurs ; 1763.
Brochure in-8°. Ce Livre divifé en trois
parties , contient , 1 °. des Réflexions fur
divers points de Théorie Muficale traités
dans l'Encyclopédie par M. d'Alembert ;
2º. une Analyſe critique de l'Ouvrage
de M. Tartini ; 3 ° . des Réfléxions criti-
ques fur l'Ecrit de M. Gemeniani.
TRAITÉ des Odeurs , fuite du Traité
de la Diſtilation , par M. de Jean , Difti-
lateur ; à Paris chez Nyon , à l'Occafion,
chez Guillyn , au Lys d'or , chez Sau-
grain , le jeune , à la Fleurs-de-lys , Quai
des Auguftins , du côté du Pont faint
Michel , 1764 , avec Approbation &
Privilége du Roi , un vol . in
-
12. prix
2 livres. Dans fon Traité de la Diftila-
tion , M. de Jean avoit donné une partie
des parfums, les huiles effentielles, quel-
ques eaux d'odeurs fpiritueufes & fimples,
JANVIER. 1764.
163
Ces différens objets entroient naturel-
lement dans cette feconde partie que
l'Auteur continue fur le même plan ,
pour rendre complet fon premier Ou-
vrage.
AVIS très-important au Public , fur
differentes espèces de Corps & de Botti-
nes d'une nouvelle invention , par le
Sr. d'Offémont , Maître & Marchand
Tailleur de corps de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , rue de la Verrerie
,
vis-à-vis l'Eglife de faint Merry , à côté
du Coq-lié de perles , au coin de la rue
faint Bon , au fecond fur le devant ; à
Paris , chez le Prieur , rue faint Jac-
ques , 1763. Cet avis important que
l'Auteur diftribue gratuitement , paroît
déjà depuis plufieurs années , & ap
prend aux lecteurs de quel avantage
peuvent être les Corps & Bottines de
M. d'Offémont.
》』 》
ECOLE de Littérature , tirée de nos
meilleurs Ecrivains ; à Paris chez Ba-
buty , fils , Libraire , Quai des Auguf-
tins , entre les rues Gille- Coeur & Pavée,
à l'Etoile , & chez Brocas & Humblot
rue faint Jacques , au - deffus de la rue
des Mathurins , au Chef S. Jean ; 1764,
164 MERCURE DE FRANCE.
avec Approbation & Privilége du Roi ;
2 vol. in 12. Prix 2 livres 10 fols brc
ché , 3 liv. relié. M. Duclos a dit dans fes
Confidérations fur les Mœurs , que le
plus grand fervice que les Académies
puffent
rendre aux Lettres
9
aux
Sciences & aux Arts , étoit de faire des
méthodes , & de tracer des routes qui
épargnaffent du travail & des erreurs ,.
& qui conduififfent à la vérité par les
voyes les plus courtes & les plus fûres.
M. de la Chalotais , dans fon plan d'é-
tude pour la jeuneffe , cite les mêmes
paroles de M. Duclos , & forme les mê-
mes vœux dans le cours de fon
ouvrage.
Les Sociétés littéraire n'ont point encore
éxécuté ce projet , & peut- être en feront
elles difpenfées quand elles auront vû
cette Ecole de Littérature composée ex-
actement d'après l'idée de M. Duclos ,
& le plan de M: de la Chalotais : ce font
en effet , non pas des Sociétés littérai-
res , mais tout ce que nous avons eu
d'Ecrivains diftingués , ou de célébres
Académiciens , qui ont fourni le fond
de cet ouvrage , le plus utile que nous
ayons en ce genre , & fur lequel nous
feront obligés de revenir plus d'une fois.
Nous dirons feulement aujourd'hui que
depuis l'impromptu jufqu'au poëme
épique, depuis lé dialogue jufqu'au fer-
JANVIER 1764
165
mon, depuis le conte jufqu'à l'hiftoire
générale , il n'y a point de genre de lit-
térature qui ne trouve ici des précéptes
fournis par les plus grands Maitres ;
non feulement pour juger de ces dif
ferens ouvrages, mais pour en compofer
avec fuccès.
APPEL aux Sçavans & aux Gens de
Lettres , au fujet de la Bibliographie
inftructive. Brochure in-8°. 1764. On
apprend dans cet écrit , que le Sr Debure
Libraire , Auteur d'un Catalogue des
Livres les plus curieux & les plus rares,
ayant effuyé plufieurs critiques fur cet
Ouvrage , s'eft cru enfin obligé d'y ré-
pondre , & il en appelle aux Sçavans &
aux Gens de Lettres qu'il prend pour-
Juges entre lui & fes Adverfaires.
L'OFFICIER Partifan ; par M. de
S. Geniés , Chevalier de l'Ordre Mili-
taire de S. Louis , & Commandant de
Bataillon ; à Paris , chez Mufier , Li-
braire , quai des Auguftins , & chez
Panckoucke , Libraire , rue de la Co-,
médie Françoife ; 1763 , avec approba-
tion & privilége du Roi , 1 vol. in 12.
3
C'est une feconde édition revue & cor-
rigée , & confidérablement augmentée
166 MERCURE DE FRANCE,
par l'Auteur. La première parut en
1754. Cet Ouvrage eft connu , & on
l'a traduit en plufieurs langues. On en
promet inceffamment un fecond volu-
me dont nous rendrons compte dans
le temps.
DISSSERTATION fur la petite Vérole
& l'Inoculation ; Londres , 1763. Bro-
chure in-12 , dont la première partie
prouve que la petite vérole n'eft pas
dangereufe ; & la feconde donne les
moyens de prévenir les dommages qu'-
elle fait à la beauté,
RÉPONSE à une des principales ob-
jections qu'on oppoſe maintenant aux
Partifans de l'Inoculation de la petite
vérole ; feuille in- 12.
NOUVEAUX éclairciffemens fur l'i-
noculation de la petite vérole , pour.
fervir de réponse à un écrit de M. Raft,
Médecin à Lyon ; Brochure in- 12.
LETTRE de Barnevelt dans fa priſon,
à Truman fon ami , précédée d'une Let-
tre de l'Auteur, In-8° . Paris , 1764.
Chez Sébastien Jorry , Imprimeur- Li-
braire, rue & vis-à-vis la Comédie Fran-
goife.
JANVIER. 1764.
1.67
Les âmes fenfibles peuvent feules ap-
précier tout le mérite de cet Ouvrage ,
dont nous nous propofons de rendre
compte dans le Mercure prochain. On
peut d'ailleurs le regarder comme un
petit chef- d'œuvre d'impreffion.
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12562
p. 167-169
GRAVURE.
Début :
TABLEAU généalogique & chronologique de la Maison Royale de FRANCE, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
TABLEAU généalogique & chronologique
de la Maison Royale de FRANCE,
dédié à Mgr LE COMTE D'AR-
TOIS , par M. Clabault. Gravé en 8
feuilles , grand Colombier , fe vend à
Paris , chez l'Auteur , rue du Petit-Pont ,
près le petit Châtelet , dans la porte
cochère , entre un Marchand Papetier
& un Marchand Chapelier.
Cet Ouvrage plein de recherches in-
téreffantes , eft très- bien exécuté de la
part du Graveur. On en trouve l'ana-
lyfe chez Aug. Mart. Lottin l'aîné
168 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur-Libraire de Mgr le DUC DE
BERRY , rue S. Jacques , près S. Yves ,
au Coq. Brochure in- 8°.
ON diftribue actuellement avec fuc-
cès chez le fieur BASAN , Graveur
rue du Foin S. Jacques à Paris les 2
vol. in-fol. forme d'Atlas , qui compo-
fent l'Ouvrage connu fous le nom du
Cabinet de Crozat qui depuis plufieurs
années étoit devenu rare faute d'être
imprimé.
Ces deux vol. contiennent
182 Eftampes gravées à grands frais &
par les foins de M. Crozat , d'après les
plus beaux Tableaux des plus grands
Maîtres Italiens , qui font en France
dans les cabinets du Roi , du Duc d'Or-
léans , & c. A la tête de chaque volume
il y a une defcription de chaque Ef-
tampe qui le compofe. Les Graveurs
qui ont été employés à cet Ouvrage
ont été & font encore les plus habiles
de ce fiécle , tels que les Chereau , Du-
change , l'Epicié , Desplaces , Larmeſ-
fin , Simoneau , Tardieu , Vallée , Ver-
meulen , Dupuis , le Bas , Ravenet
&c. &c.
Le fieur Bafan aujourd'hui poffef-
feur defi.tes Planches , n'a rien ménagé,
pour la perfection de l'Ouvrage tant
pour
JANVIER. 1764.
pour l'impreffion que le papier ;
fur celui de Colombier
169
il le
vend en feuilles imprimé fur le papier
de grand Aigle fin 192 liv. & 160 liv.
Il eft auffi poffeffeur des 118 Plan
ches qui compofent le volume , connu
fous le nom du Cabinet d'Aguilles , le-
quel étoit auffi devenu rare faute d'ê
tre imprimé ; il vient de l'être avec
foin & fe diftribue auffi chez ledit Sr
pour 90 liv. en feuilles , imprimé fur
le papier de grand aigle fin & 72 liv.
fur celui de Colombier. On trouve
chez le fieur Bafan un affortiment gé-
néral d'Eſtampes anciennes & moder
nes tant Etrangères que Françoifes . II.
vient de mettre en vente une Eftampe
nouvelle d'après Poters , d'après le Sr
Charpentier , dont le Sujet eft une Tem-
pêre . Elle eft d'un très-grand effet , &
foigneufement exécutée.
ro f.
TABLEAU généalogique & chronologique
de la Maison Royale de FRANCE,
dédié à Mgr LE COMTE D'AR-
TOIS , par M. Clabault. Gravé en 8
feuilles , grand Colombier , fe vend à
Paris , chez l'Auteur , rue du Petit-Pont ,
près le petit Châtelet , dans la porte
cochère , entre un Marchand Papetier
& un Marchand Chapelier.
Cet Ouvrage plein de recherches in-
téreffantes , eft très- bien exécuté de la
part du Graveur. On en trouve l'ana-
lyfe chez Aug. Mart. Lottin l'aîné
168 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur-Libraire de Mgr le DUC DE
BERRY , rue S. Jacques , près S. Yves ,
au Coq. Brochure in- 8°.
ON diftribue actuellement avec fuc-
cès chez le fieur BASAN , Graveur
rue du Foin S. Jacques à Paris les 2
vol. in-fol. forme d'Atlas , qui compo-
fent l'Ouvrage connu fous le nom du
Cabinet de Crozat qui depuis plufieurs
années étoit devenu rare faute d'être
imprimé.
Ces deux vol. contiennent
182 Eftampes gravées à grands frais &
par les foins de M. Crozat , d'après les
plus beaux Tableaux des plus grands
Maîtres Italiens , qui font en France
dans les cabinets du Roi , du Duc d'Or-
léans , & c. A la tête de chaque volume
il y a une defcription de chaque Ef-
tampe qui le compofe. Les Graveurs
qui ont été employés à cet Ouvrage
ont été & font encore les plus habiles
de ce fiécle , tels que les Chereau , Du-
change , l'Epicié , Desplaces , Larmeſ-
fin , Simoneau , Tardieu , Vallée , Ver-
meulen , Dupuis , le Bas , Ravenet
&c. &c.
Le fieur Bafan aujourd'hui poffef-
feur defi.tes Planches , n'a rien ménagé,
pour la perfection de l'Ouvrage tant
pour
JANVIER. 1764.
pour l'impreffion que le papier ;
fur celui de Colombier
169
il le
vend en feuilles imprimé fur le papier
de grand Aigle fin 192 liv. & 160 liv.
Il eft auffi poffeffeur des 118 Plan
ches qui compofent le volume , connu
fous le nom du Cabinet d'Aguilles , le-
quel étoit auffi devenu rare faute d'ê
tre imprimé ; il vient de l'être avec
foin & fe diftribue auffi chez ledit Sr
pour 90 liv. en feuilles , imprimé fur
le papier de grand aigle fin & 72 liv.
fur celui de Colombier. On trouve
chez le fieur Bafan un affortiment gé-
néral d'Eſtampes anciennes & moder
nes tant Etrangères que Françoifes . II.
vient de mettre en vente une Eftampe
nouvelle d'après Poters , d'après le Sr
Charpentier , dont le Sujet eft une Tem-
pêre . Elle eft d'un très-grand effet , &
foigneufement exécutée.
ro f.
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12563
p. 169-170
MUSIQUE.
Début :
LES CHARMES de l'HARMONIE, Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
7.
LES CHARMES de l'HARMONIE,
Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus,
avec grande Symphonie , chan-
II. Vol.
jouant le rôle de
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Muficien dans les deur Talens , Comé
die nouvelle mife en Mufique par M.
le Chevalier d'Herbain , & repréſentée
fur le Théâtre Italien. Prix , 2 liv. 8 f.
aux adreffes ordinaires de Mufique.
Le Cœur enflammé , Ariette en ron-
deau , avec fymphonie , chantée par
Madame la Ruette , jouant le rôle d'E-
leonore dans les deux Talens. Par le
même Auteur & aux mêmes adreffes.
91-
La Famille chantante , ou le Journal
hebdomadaire , compofé de Chanfons
Vaudevilles , Rondeaux , Ariettes , Ro-
mances , Duo , Brunettes , & c, avec ac-
compagnement de Violon & Baffe chif-
frée pour le Clavecin ou la Harpe , dont
il paroîtra une feuille périodique tous
les Lundis , à commencer, du 2 Janvier
1764. Le prix de la Soufcription pour
Paris eft de 12 liv. par an ,
par an , & pour la
Province , port franc , 18 liv. On fouf-
crit à Paris chez M. de la Chevardiere
Editeur de ce Journal , rue du Roule
à la Croix d'Or.
7.
LES CHARMES de l'HARMONIE,
Ariette de Basse-Taille, Taille, ou Bas-dessus,
avec grande Symphonie , chan-
II. Vol.
jouant le rôle de
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Muficien dans les deur Talens , Comé
die nouvelle mife en Mufique par M.
le Chevalier d'Herbain , & repréſentée
fur le Théâtre Italien. Prix , 2 liv. 8 f.
aux adreffes ordinaires de Mufique.
Le Cœur enflammé , Ariette en ron-
deau , avec fymphonie , chantée par
Madame la Ruette , jouant le rôle d'E-
leonore dans les deux Talens. Par le
même Auteur & aux mêmes adreffes.
91-
La Famille chantante , ou le Journal
hebdomadaire , compofé de Chanfons
Vaudevilles , Rondeaux , Ariettes , Ro-
mances , Duo , Brunettes , & c, avec ac-
compagnement de Violon & Baffe chif-
frée pour le Clavecin ou la Harpe , dont
il paroîtra une feuille périodique tous
les Lundis , à commencer, du 2 Janvier
1764. Le prix de la Soufcription pour
Paris eft de 12 liv. par an ,
par an , & pour la
Province , port franc , 18 liv. On fouf-
crit à Paris chez M. de la Chevardiere
Editeur de ce Journal , rue du Roule
à la Croix d'Or.
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12564
p. 171-175
« LE Mardi 20 Décembre les Comédiens François représenterent le Jaloux [...] »
Début :
LE Mardi 20 Décembre les Comédiens François représenterent le Jaloux [...]
Mots clefs :
Fleur, Musique, Acte, Rôle, Jouer, Spectacles, Lekain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE Mardi 20 Décembre les Comédiens François représenterent le Jaloux [...] »
A VERSAILLES.
LE Mardi 20 Décembre les Comédiens
François représenterent le Jaloux
défabufé , Comédie en cinq Actes en
vers de feu M. CAMPISTRON , ( de
1709. ) Le fieur BELLECOUR a joué
le rôle de Dorante , le fieur MOLÉ
celui d'Erafte , le fieur ARMAND celui
de Dubois , & le fieur PRÉVILLE celui
de Champagne. Les rôles de Célie & de
Julie étoient remplis par les Dlles PRÉ-
VILLE & DOLIGNI . Les Dlle BEL-
LECOUR & le KAIN ont joué les
rôles de Juftine & de Babet. Pour la
feconde Piéce on donna Crifpin rival
de fon Maître , Comédie en un Acte
& en profe de feu M. LE SAGE , ( de
1707. ) Le rôle de Crispin a été joué
par le fieur PREVILLE. La Dile
DROUIN jouoit Mde Oronté & la Dlle
Hij
1
*
172 MERCURE DE FRANCE .
DOLIGNI Angélique. La Dlle le Kain
celui de Lifette.
Le Mercredi , jour des Italiens ,
il
n'y eut point de Spectacle à caufe de
la Fête.
Le Jeudi 22 , on repréfenta l'Orphe-
lin de la Chine de M. DE VOLTAIRE ,
( de 1755. ).
Gingis- Kan des Tartares repréfenté
par M. LE Kain , Zamti Mandarin par
le fieur BRIZARD , Idamé par la Dlle
CLAIRON , & c. Pour petite Piéce
Impromptu de Campagne , Comédie
en un Acte & en vers de feu M.
POISSON , ( de 1731. ) Le rôle d'Erafte
joué par le fieur MOLE , celui de Père
par le fieur Brizard
?
par la Dile DROUIN , Ifabelle par la
Dlle DOLIGNI , Lifette par la Dlle
LE KAIN , & c.
la Comtefe
La folemnité des Fêtes de Noël ayant
interrompu les Spectacles, les jours fui-
vans , on a terminé cette année , le
Jeudi 29 Décembre , par la repréfen-
tation de deux Actes d'Opéra. L'un
de ces Actes étoit le Feu , troifiéme
Entrée du Ballet des Elémens , Poëme
de feu M. Roy , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel ,
la Mufique de feu M.
* M. Roy , étoit mort peu de temps aupas .
JANVIER. 1764.
173
DESTOUCHES Surintendant de la Mu-
fique du Roi.
( de 1721. )
M. le BERTON , Maître de Mufique
de l'Académie Royale , a fait les aug-
mentations & les changemens qu'on
avoit crû néceffaires à la perfection
de cet Acte , compofé dans un temps
où les progrès de la Mufique n'étoient
pas encore portés en France au point
où cet Art eft aujourd'hui .
D'ailleurs cet Acte eft trop connu
pour en renouveller l'éloge .
La Dile ARNOUD a chanté le rôle
d'Emilie. Le fieur LARRIVÉE celui
de Valere. Le fieur DUBUT jeune
homme dont nous avons eu occafion
de parler avantageufement dans l'article
des Concerts Spirituels , exécuta le rôle
ravant cette repréſentation. Tout le monde con-
noît les Poëmes qu'il a faits pour le Théâtre de
l'Opéra,& les talens particuliers de fa mufe pour
ce genre de Poëfie. Qu'il nous foit permis à
fon occafion de nous plaindre publiquement de
la négligence des familles ou des perfonnes qui
ont des mémoires exacts fur les Gens de Lettres
d'une certaine célébrité , auxquels il ne devroit
pas être auffi indifférent que leur conduite le
laiffe croire , de nous mettre en état de con-
figner dans ce Journal les particularités ou au
moins des époques de réputation littéraire qui
procureroient autant de certitude que de facili-.
té à cette branche intéreffante de notre hiftoire.
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
de l'Amour. La Demoifelle LAN Y
danfoit les Entrées feulés dans le ca-
ractère de Prêtreffe , & le fieur LAVAL
dans celui du Chevalier Romain . Les
fieurs GARDEL & CAMPIONI ont
danfé dans les Entrées de Peuples ,
ainfi que la Dlle ALLARD .
L'autre Acte étoit la Guirlande ou
les Fleurs enchantées , Poëme de M.
MARMONTEL , Mufique de M. Ra-
MEAU , ( de 1751. ) Le fieur JÉLIOTE
& la Dile LARRIVÉE ont chanté les
rôles de Berger & de Bergère qui
forment tonte l'action de cet Acte.
La Dlle VESTRIS & la Dile GUI-
MARD ont danfé les principales En-
trées de Bergères , les fieurs GARDEL
& CAMPIONI celles de Bergers. Le
fieur LANY & la Dlle ALLARD étoient
à la tête des Pâtres & des Paftourelles.
Nous avons précédemment nommé
tous ceux dont les talens font employés
à l'ordonnance de ces Spectacles. MM .
LAVALpère & fils , Maîtres des Ballets ,
& c ; ainfi nous ne les répéterons plus .
N B. Nous croyons obliger tous ceux qui
ordonnent & font exécuter des Spectacles en
Europe , de rappeller ici le goût & les talens
du fieur L'ECUYER , Pannacher du Roi , pour tous
les genres de Coeffures en ufage au Théâtre,
JANVIER 1764
# 175
ainfifi que dans tout ce qui a rapport aux orne-
mens en Plumes.
On peut dire de même de l'intelligence du .
fieur de LAITRE chargé de l'exécution des ha-
billemens de Théâtre & Mafcarades des Menus.
Plaifirs du Roi & de l'Académie Royale de
Mufique.
La fuite des Spectacles , en Janvier,
pour le Mercure prochain.
LE Mardi 20 Décembre les Comédiens
François représenterent le Jaloux
défabufé , Comédie en cinq Actes en
vers de feu M. CAMPISTRON , ( de
1709. ) Le fieur BELLECOUR a joué
le rôle de Dorante , le fieur MOLÉ
celui d'Erafte , le fieur ARMAND celui
de Dubois , & le fieur PRÉVILLE celui
de Champagne. Les rôles de Célie & de
Julie étoient remplis par les Dlles PRÉ-
VILLE & DOLIGNI . Les Dlle BEL-
LECOUR & le KAIN ont joué les
rôles de Juftine & de Babet. Pour la
feconde Piéce on donna Crifpin rival
de fon Maître , Comédie en un Acte
& en profe de feu M. LE SAGE , ( de
1707. ) Le rôle de Crispin a été joué
par le fieur PREVILLE. La Dile
DROUIN jouoit Mde Oronté & la Dlle
Hij
1
*
172 MERCURE DE FRANCE .
DOLIGNI Angélique. La Dlle le Kain
celui de Lifette.
Le Mercredi , jour des Italiens ,
il
n'y eut point de Spectacle à caufe de
la Fête.
Le Jeudi 22 , on repréfenta l'Orphe-
lin de la Chine de M. DE VOLTAIRE ,
( de 1755. ).
Gingis- Kan des Tartares repréfenté
par M. LE Kain , Zamti Mandarin par
le fieur BRIZARD , Idamé par la Dlle
CLAIRON , & c. Pour petite Piéce
Impromptu de Campagne , Comédie
en un Acte & en vers de feu M.
POISSON , ( de 1731. ) Le rôle d'Erafte
joué par le fieur MOLE , celui de Père
par le fieur Brizard
?
par la Dile DROUIN , Ifabelle par la
Dlle DOLIGNI , Lifette par la Dlle
LE KAIN , & c.
la Comtefe
La folemnité des Fêtes de Noël ayant
interrompu les Spectacles, les jours fui-
vans , on a terminé cette année , le
Jeudi 29 Décembre , par la repréfen-
tation de deux Actes d'Opéra. L'un
de ces Actes étoit le Feu , troifiéme
Entrée du Ballet des Elémens , Poëme
de feu M. Roy , Chevalier de l'Ordre
de S. Michel ,
la Mufique de feu M.
* M. Roy , étoit mort peu de temps aupas .
JANVIER. 1764.
173
DESTOUCHES Surintendant de la Mu-
fique du Roi.
( de 1721. )
M. le BERTON , Maître de Mufique
de l'Académie Royale , a fait les aug-
mentations & les changemens qu'on
avoit crû néceffaires à la perfection
de cet Acte , compofé dans un temps
où les progrès de la Mufique n'étoient
pas encore portés en France au point
où cet Art eft aujourd'hui .
D'ailleurs cet Acte eft trop connu
pour en renouveller l'éloge .
La Dile ARNOUD a chanté le rôle
d'Emilie. Le fieur LARRIVÉE celui
de Valere. Le fieur DUBUT jeune
homme dont nous avons eu occafion
de parler avantageufement dans l'article
des Concerts Spirituels , exécuta le rôle
ravant cette repréſentation. Tout le monde con-
noît les Poëmes qu'il a faits pour le Théâtre de
l'Opéra,& les talens particuliers de fa mufe pour
ce genre de Poëfie. Qu'il nous foit permis à
fon occafion de nous plaindre publiquement de
la négligence des familles ou des perfonnes qui
ont des mémoires exacts fur les Gens de Lettres
d'une certaine célébrité , auxquels il ne devroit
pas être auffi indifférent que leur conduite le
laiffe croire , de nous mettre en état de con-
figner dans ce Journal les particularités ou au
moins des époques de réputation littéraire qui
procureroient autant de certitude que de facili-.
té à cette branche intéreffante de notre hiftoire.
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
de l'Amour. La Demoifelle LAN Y
danfoit les Entrées feulés dans le ca-
ractère de Prêtreffe , & le fieur LAVAL
dans celui du Chevalier Romain . Les
fieurs GARDEL & CAMPIONI ont
danfé dans les Entrées de Peuples ,
ainfi que la Dlle ALLARD .
L'autre Acte étoit la Guirlande ou
les Fleurs enchantées , Poëme de M.
MARMONTEL , Mufique de M. Ra-
MEAU , ( de 1751. ) Le fieur JÉLIOTE
& la Dile LARRIVÉE ont chanté les
rôles de Berger & de Bergère qui
forment tonte l'action de cet Acte.
La Dlle VESTRIS & la Dile GUI-
MARD ont danfé les principales En-
trées de Bergères , les fieurs GARDEL
& CAMPIONI celles de Bergers. Le
fieur LANY & la Dlle ALLARD étoient
à la tête des Pâtres & des Paftourelles.
Nous avons précédemment nommé
tous ceux dont les talens font employés
à l'ordonnance de ces Spectacles. MM .
LAVALpère & fils , Maîtres des Ballets ,
& c ; ainfi nous ne les répéterons plus .
N B. Nous croyons obliger tous ceux qui
ordonnent & font exécuter des Spectacles en
Europe , de rappeller ici le goût & les talens
du fieur L'ECUYER , Pannacher du Roi , pour tous
les genres de Coeffures en ufage au Théâtre,
JANVIER 1764
# 175
ainfifi que dans tout ce qui a rapport aux orne-
mens en Plumes.
On peut dire de même de l'intelligence du .
fieur de LAITRE chargé de l'exécution des ha-
billemens de Théâtre & Mafcarades des Menus.
Plaifirs du Roi & de l'Académie Royale de
Mufique.
La fuite des Spectacles , en Janvier,
pour le Mercure prochain.
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12565
p. 175-177
OPERA.
Début :
L'OUVERTURE de ce Théâtre, dans la nouvelle Salle du Palais des Thuileries, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'OUVERTURE de ce Théâtre, dans
la nouvelle Salle du Palais des Thuileries,
doit fefaire le Mardi 24 de ce mois , par
la repréſentation de Caftor & Pollux ,
Tragédie-Opéra , Poëme de M. BER-
NARD , Mufique de M. RAMEAU .
Nous avons déjà parlé de cet Opéra
dans l'Article des Spectacles de la Cour
à Fontainebleau . Il feroit fuperflu de
répéter ici les éloges tant de fois don-
nés par le Public au mérite de cet
Ouvrage.
Il paroît que l'on fait les
plus grands efforts pour fuppléer par
d'autres parties , dans la repréfentation ,
à Paris , à quelques avantages exclu-
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
fivement attachés à celles qu'on a don-
nées à la Cour.
On continuera le même Opéra les
Jeudi , Vendredi & Dimanche fuivans.
Il y aura Bal le Dimanche 29.
Le Public entrera dans cette Salle par
deux endroits. D'un côté par la prin-
cipale porte , Cour des Suiffes ; de l'autre
par une conduite pratiquée à l'extré-
mité d'une des deux Galleries qui régnent
fur le Jardin , à laquelle on pourra ar-
river à couvert en defcendant dans la
Cour des Princes. Il y aura à chacune de
ces entrées des Bureaux pour délivrer les
billets & recevoir l'argent ; mais on ne
le rendra aux perfonnes qui fortent
avant le Spectacle qu'au Bureau de la
porte principale du côté de la Cour des
Suiffes ; laquelle fera auffi l'unique en-
trée pour les Bals. Lorfqu'on aura pris
des billets on entrera dans un très-grand
veftibule bien éclairé , d'où par deux
perrons on fe diftribuera dans toute
les places de la Salle. Une des portes
de ce veftibule , donnant fur le Jardin
des Thuileries, fera ouverte pour la for-
tie du Public , dans les beaux jours ,
à la fin du Spectacle. Indépendament
des deux entrées générales ,
1
il y en a
de particulières pour fe rendre fur le
JANVIER. 1764:
177
Théâtre & d'autres pour une partie des
Logês louées à l'année.
Ceux qui ont droit d'ordonner fur la
police des Voitures aux entrées & forties
des Spectacles , ont pris les plus fages
mefures pour la circulation libre & fa-
cile de ces voitures , & en même temps
pour la fùreté des gens de pied.
En donnant dans le deuxième vo-
lume de Juillet de l'année précédente
les Etats des Acteurs des deux Comé-
dies , nous avions remis à l'ouverture
du Théâtre après Pâques celui de l'O-
péra ; on fçait les conjonctures qui
l'ont fufpendu. Nous croyons devoir
publier actuellement cet Etat dont nous
pouvons garantir l'éxactitude.
L'OUVERTURE de ce Théâtre, dans
la nouvelle Salle du Palais des Thuileries,
doit fefaire le Mardi 24 de ce mois , par
la repréſentation de Caftor & Pollux ,
Tragédie-Opéra , Poëme de M. BER-
NARD , Mufique de M. RAMEAU .
Nous avons déjà parlé de cet Opéra
dans l'Article des Spectacles de la Cour
à Fontainebleau . Il feroit fuperflu de
répéter ici les éloges tant de fois don-
nés par le Public au mérite de cet
Ouvrage.
Il paroît que l'on fait les
plus grands efforts pour fuppléer par
d'autres parties , dans la repréfentation ,
à Paris , à quelques avantages exclu-
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
fivement attachés à celles qu'on a don-
nées à la Cour.
On continuera le même Opéra les
Jeudi , Vendredi & Dimanche fuivans.
Il y aura Bal le Dimanche 29.
Le Public entrera dans cette Salle par
deux endroits. D'un côté par la prin-
cipale porte , Cour des Suiffes ; de l'autre
par une conduite pratiquée à l'extré-
mité d'une des deux Galleries qui régnent
fur le Jardin , à laquelle on pourra ar-
river à couvert en defcendant dans la
Cour des Princes. Il y aura à chacune de
ces entrées des Bureaux pour délivrer les
billets & recevoir l'argent ; mais on ne
le rendra aux perfonnes qui fortent
avant le Spectacle qu'au Bureau de la
porte principale du côté de la Cour des
Suiffes ; laquelle fera auffi l'unique en-
trée pour les Bals. Lorfqu'on aura pris
des billets on entrera dans un très-grand
veftibule bien éclairé , d'où par deux
perrons on fe diftribuera dans toute
les places de la Salle. Une des portes
de ce veftibule , donnant fur le Jardin
des Thuileries, fera ouverte pour la for-
tie du Public , dans les beaux jours ,
à la fin du Spectacle. Indépendament
des deux entrées générales ,
1
il y en a
de particulières pour fe rendre fur le
JANVIER. 1764:
177
Théâtre & d'autres pour une partie des
Logês louées à l'année.
Ceux qui ont droit d'ordonner fur la
police des Voitures aux entrées & forties
des Spectacles , ont pris les plus fages
mefures pour la circulation libre & fa-
cile de ces voitures , & en même temps
pour la fùreté des gens de pied.
En donnant dans le deuxième vo-
lume de Juillet de l'année précédente
les Etats des Acteurs des deux Comé-
dies , nous avions remis à l'ouverture
du Théâtre après Pâques celui de l'O-
péra ; on fçait les conjonctures qui
l'ont fufpendu. Nous croyons devoir
publier actuellement cet Etat dont nous
pouvons garantir l'éxactitude.
Fermer
12566
p. 178-180
ETAT de l'Académie Royale de Musique, a l'Ouverture du Théâtre dans la Salle des Thuileries, le 24 Janvier 1764.
Début :
DIRECTEURS, M. REBEL, Chevalier de l'Ordre de S. Michel. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT de l'Académie Royale de Musique, a l'Ouverture du Théâtre dans la Salle des Thuileries, le 24 Janvier 1764.
ETAT de l'Académie Royale de Musique, a
l'Ouverture du Théâtre dans la Salle des Thuileries,
le 24 Janvier 1764.
DIRECTEURS,
M. REBEL, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
GELIN
LARRIVÉE ,
REGNAULT ,
CASSAGNADE ,
Surintendans de la
l'Ordre de S. Michel. 3 Mufique du Roi.
M. FRANCŒUR.
SECRETAIRE PERPÉTUEL ,
PILLOT ,
M. JO LIVEAU.
'ACTEURS chantans dans les Rôles.
DURAND ,
MUGUET ,
LE GROS ,
DU PAR ,
CHEVALIER ,
ARNOUD ,
DU BOIS ,
RIVIERE ,
ROZET ,
MESSIEURS
Baffes-Tailles.
Hautes-Contres.
ACTRICES chantantes dans les Rôles.
MESDEMOISELLES
SAINT-HILLAIRE ,
LE MIERRE ( Epoufe du Sieur Larrivée ) ,
DU RANCI ,
BERNARD ,
DU BRIEULle.
N. B. On n'apas cru devoirgroffir cet Etat decelui
des Chaurs chantans , attendu qu'il fe trouve impri-
mé àlatêtedechaque Edition des Livres de Paroles,
JANVIER 1764.
BALLET
Maitre & Compofiteur des Ballets.
M. LANY.
LANY ,
VESTRIS,
BEAT ,
TRUSTY ,
DANSEURS feuls.
7
HYACINTHE ,
MESSIEURS
3.
LAVAL, Adjoint au Maître des Ballets ,
LYONNOIS J
I. GARDEL.
MESSIEURS
ROGIER ,
DUBOIS
RIVIERE
LANY C
179
DANSEURS en double & figurans,
HAMOCHE L.
CESERON ,
GOUGY ,
LIESSE .
MARTINET
LANY ,
HENRY.
A SURNUMERAIRES.
PESLIN ,
MESSIEURS
ANO DOSSION ,
HAMOCHE COM
DANSEUSES feules
JAMESDEMOISELLES
LYONNOISMESTRIS
,
ALLARD.
MESDEMOISELLES
GUIMARD.
H vj
A
DANSEUSES feules , en double & figurantes
180 MERCURE DE FRANCE.
DANSEUSES en double & figurantes..
DEMIRÉ ,
REI ,
BASSE ,
PERRIN ,
DORNET ,
SIANNE ,
LA HAYE ,
MISDEMOISELLEST
VILLETTE ,
MARTAISE ,
CONTAT
DACHÉ ,
BOUSCARELLE ;
TELIS ,
4.09
SARON ,
SAINT-MARTIN ,
PETITOT,
LE CLERC.
SURNUMERAIRES.
MBSDEMOISELLES
LOZANGE ,
M. BERTON.
*
T
GODEAU ,
MARCILLY
ROUSSILLON ,
LAVEAU ,
COUSTON ,
VERNIER,
MIMI ,
CORNU ,
BUARD.
Maître de Mufique de l'Orchestre battant la Meſure.
ECOLE DE CHANT.
M. LE VASSEUR , Maître de Chant .
M. CHAPOTIN , Maître de Mufique.
4
ECOLE DE DANS E.
M. HYACINTHE , Maître de Danſe.
l'Ouverture du Théâtre dans la Salle des Thuileries,
le 24 Janvier 1764.
DIRECTEURS,
M. REBEL, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
GELIN
LARRIVÉE ,
REGNAULT ,
CASSAGNADE ,
Surintendans de la
l'Ordre de S. Michel. 3 Mufique du Roi.
M. FRANCŒUR.
SECRETAIRE PERPÉTUEL ,
PILLOT ,
M. JO LIVEAU.
'ACTEURS chantans dans les Rôles.
DURAND ,
MUGUET ,
LE GROS ,
DU PAR ,
CHEVALIER ,
ARNOUD ,
DU BOIS ,
RIVIERE ,
ROZET ,
MESSIEURS
Baffes-Tailles.
Hautes-Contres.
ACTRICES chantantes dans les Rôles.
MESDEMOISELLES
SAINT-HILLAIRE ,
LE MIERRE ( Epoufe du Sieur Larrivée ) ,
DU RANCI ,
BERNARD ,
DU BRIEULle.
N. B. On n'apas cru devoirgroffir cet Etat decelui
des Chaurs chantans , attendu qu'il fe trouve impri-
mé àlatêtedechaque Edition des Livres de Paroles,
JANVIER 1764.
BALLET
Maitre & Compofiteur des Ballets.
M. LANY.
LANY ,
VESTRIS,
BEAT ,
TRUSTY ,
DANSEURS feuls.
7
HYACINTHE ,
MESSIEURS
3.
LAVAL, Adjoint au Maître des Ballets ,
LYONNOIS J
I. GARDEL.
MESSIEURS
ROGIER ,
DUBOIS
RIVIERE
LANY C
179
DANSEURS en double & figurans,
HAMOCHE L.
CESERON ,
GOUGY ,
LIESSE .
MARTINET
LANY ,
HENRY.
A SURNUMERAIRES.
PESLIN ,
MESSIEURS
ANO DOSSION ,
HAMOCHE COM
DANSEUSES feules
JAMESDEMOISELLES
LYONNOISMESTRIS
,
ALLARD.
MESDEMOISELLES
GUIMARD.
H vj
A
DANSEUSES feules , en double & figurantes
180 MERCURE DE FRANCE.
DANSEUSES en double & figurantes..
DEMIRÉ ,
REI ,
BASSE ,
PERRIN ,
DORNET ,
SIANNE ,
LA HAYE ,
MISDEMOISELLEST
VILLETTE ,
MARTAISE ,
CONTAT
DACHÉ ,
BOUSCARELLE ;
TELIS ,
4.09
SARON ,
SAINT-MARTIN ,
PETITOT,
LE CLERC.
SURNUMERAIRES.
MBSDEMOISELLES
LOZANGE ,
M. BERTON.
*
T
GODEAU ,
MARCILLY
ROUSSILLON ,
LAVEAU ,
COUSTON ,
VERNIER,
MIMI ,
CORNU ,
BUARD.
Maître de Mufique de l'Orchestre battant la Meſure.
ECOLE DE CHANT.
M. LE VASSEUR , Maître de Chant .
M. CHAPOTIN , Maître de Mufique.
4
ECOLE DE DANS E.
M. HYACINTHE , Maître de Danſe.
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12567
p. 181-182
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Νous avions précédemment annoncé, d'après les Affiches publiques, la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
Νous avions précédemment annoncé,
d'après les Affiches publiques, la
première repréſentation d'une Comédie
de M. BRET , intitulée , la Confiance
trahie. Comme nos Lecteurs éloignés
pourroient foupçonner notre filence fur
cette Piéce , d'un voile officieux à fon
mauvais fuccès , nous fommes obligés
d'avertir qu'elle n'a pas été repréſentée ,
par des raifons particulières qu'il ne nous
appartient pas de fçavoir ; mais qui ne
doivent & ne peuvent donner aucune
idée contre le mérite de l'Ouvrage , ni
le talent de l'Auteur , ni les procédés
des Comédiens.
Le II du préfent mois , Mlle FANİER,
jeune Actrice nouvelle , qui n'avoit para
fur aucun Théâtre , a débuté dans les
rôles de Soubrettes du Diſſipateur , &
du Préjugé vaincu. La taille & le carac-
tère de la phyfionomie de cette jeune
Perfonne ont paru affez convenables à
celui de l'emploi pour lequel elle fe pré-
fente. On a applaudi au commence-
ment de fon premier rôle , dans lequel
182 MERCURE DE FRANCE .
on a été fatisfait de plufieurs traits. Au
furplus , nous avons fi fouvent expofé
les juftes raifons qu'il y a pour ne rien
hazarder fur les talens des Débutans
dans les premiers jours , que l'on ne
doit pas être furpris fi nous différons de
rendre compte du fuccès de ce début.
Νous avions précédemment annoncé,
d'après les Affiches publiques, la
première repréſentation d'une Comédie
de M. BRET , intitulée , la Confiance
trahie. Comme nos Lecteurs éloignés
pourroient foupçonner notre filence fur
cette Piéce , d'un voile officieux à fon
mauvais fuccès , nous fommes obligés
d'avertir qu'elle n'a pas été repréſentée ,
par des raifons particulières qu'il ne nous
appartient pas de fçavoir ; mais qui ne
doivent & ne peuvent donner aucune
idée contre le mérite de l'Ouvrage , ni
le talent de l'Auteur , ni les procédés
des Comédiens.
Le II du préfent mois , Mlle FANİER,
jeune Actrice nouvelle , qui n'avoit para
fur aucun Théâtre , a débuté dans les
rôles de Soubrettes du Diſſipateur , &
du Préjugé vaincu. La taille & le carac-
tère de la phyfionomie de cette jeune
Perfonne ont paru affez convenables à
celui de l'emploi pour lequel elle fe pré-
fente. On a applaudi au commence-
ment de fon premier rôle , dans lequel
182 MERCURE DE FRANCE .
on a été fatisfait de plufieurs traits. Au
furplus , nous avons fi fouvent expofé
les juftes raifons qu'il y a pour ne rien
hazarder fur les talens des Débutans
dans les premiers jours , que l'on ne
doit pas être furpris fi nous différons de
rendre compte du fuccès de ce début.
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12568
p. 182-183
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LE 2 de ce mois on donna sur ce Théâtre la première réprésentation du Sorcier, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LE 2 de ce mois on donna sur ce Théâtre
la première réprésentation du Sorcier,
Comédie en deux Actes mêlée
d'Ariettes , les paroles font de M. Poin-
cinet le jeune , & la Mufique de M. Phi-
lidor.
Dans ce genre même qui domine
aujourd'hui la raifon en la contra-
il n'avoit paru encore aucun
ouvrage dont le fuccès eût été mar-
qué , à la première répréfentation , par
des circonftances auffi éclatantes. Après
des applaudiffemens redoublés , les Au-
teurs furent forcés par les acclamations
du Public de paroître fur la Scène , ce
qui n'étoit point encore en ufage à ce
Théâtre , & ce qui confirme bien que
les goûts de mode ont des Périodes
JANVIER. 1764.
DANS la première fcène ,
183
dont on ne peut mefurer les bornes.
Ne pouvant tranfmettre à ros Lecteurs
aucune idée précife des beautés qu'on
admire dans la Mufique de cette Piéce ,
nous allons effayer de leur en donner
une du Drame , par une Analyfe exac-
tement fuivie ; afin , s'il eft poffible , de
les mettre en état d'entrevoir les motifs
fur lefquels eft fondé en partie un fi
grand fuccès.
LE 2 de ce mois on donna sur ce Théâtre
la première réprésentation du Sorcier,
Comédie en deux Actes mêlée
d'Ariettes , les paroles font de M. Poin-
cinet le jeune , & la Mufique de M. Phi-
lidor.
Dans ce genre même qui domine
aujourd'hui la raifon en la contra-
il n'avoit paru encore aucun
ouvrage dont le fuccès eût été mar-
qué , à la première répréfentation , par
des circonftances auffi éclatantes. Après
des applaudiffemens redoublés , les Au-
teurs furent forcés par les acclamations
du Public de paroître fur la Scène , ce
qui n'étoit point encore en ufage à ce
Théâtre , & ce qui confirme bien que
les goûts de mode ont des Périodes
JANVIER. 1764.
DANS la première fcène ,
183
dont on ne peut mefurer les bornes.
Ne pouvant tranfmettre à ros Lecteurs
aucune idée précife des beautés qu'on
admire dans la Mufique de cette Piéce ,
nous allons effayer de leur en donner
une du Drame , par une Analyfe exac-
tement fuivie ; afin , s'il eft poffible , de
les mettre en état d'entrevoir les motifs
fur lefquels eft fondé en partie un fi
grand fuccès.
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12569
p. 183-188
ANALYSE du drame de la Piéce intitulée le Sorcier.
Début :
Le Théâtre représente un Paysage. Dans la première scène, Agathe s'occupe à [...]
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texteReconnaissance textuelle : ANALYSE du drame de la Piéce intitulée le Sorcier.
ANALYSE du drame de la Piéce
intitulée le Sorcier.
Le Théâtre représente un Paysage. Dans la première scène, Agathe s'occupe à
repaffer , refléchit fur fes malheurs & regrette
fon Amant Julien. Blaife
Agathe s'occupe ✯
Vigneron , qui la
doit époufer , profite de l'inftant où elle eft feule
& voudroit lui ravir un bailer. Mais Agathe à qui
l'on veut en vain faire accroire qu'elle ne re-
verra plus fon Amant , parce qu'il y a trois ans
qu'on n'a eu de fes nouvelles , Agathe qui n'a
point perdu l'efpoir , reçoit fort mal les careffes
de Blaife. Il s'en plaint à Simone fa future Belle-
Mère. celle - ci qui a intérêt de fe débarraſſer de
fa fille pour fe remarier , la force d'écouter Blaife
qui fait un long éloge de fonétat , & fort pour
avertir le Notaire de tenir le contrat prêt pour
le foir même. Agathe repréfente inutilement
184 MERCURE DE FRANCE .
à fa mère qu'elle eft promiſe à Julien , qu'elle
l'aime , qu'il peut revenir ; en vain elle lui de-
mande la permiffion d'aller confulter un forcier
qui fait grand bruit aux environs. Simone ne
veut rien entendre. Juftine la filleule & foeur
de Julien abfent , vient prier fa maraine de lui
donner un mari ; tout en difant qu'elle n'aime
pas Baflien , l'éloge naïf qu'elle en fait , fâche
Simone, qui voit avec chagrin fa filleule prétendre
à un Garçon fur lequel elle a des vues pour
elle-même. Elle lui défend d'y penfer
mais
Baftien qui furvient , loin d'entrer dans les vues
de Simone ,
protefte qu'il n'a jamais aimé que
Juftine. La bonne femme très-piquée , congédie
les filles ; elle envoye Agathe joindre Blaife &
le Notaire qui l'attendent , défend à Juftine
de jamais caufer avec un Garçon , & fort elle
même en faisant à Baflien quelques careffes qui
lui ouvrent les yeux fur les prétentions de la
mère. Mais elle le prive de Juftine . Le retour de
Julien pourroit aider à fon bonheur , il déter-
mineroit Juftine , qui jeune encore ne voit pas
clair dans fon cœur. C'est en s'occupant de
ces idées & en inftruifant les Auditeurs de la
naiffance & des progrès de fon amour que Baf-
tien , feul alors fur la fcène , chante cette jolie
Romance que nous avons reconnu être imitée
d'un fonnet italien du Chevalier ZAPPI . Nous
croyons faire plaifir à nos Lecteurs de la mettre
fous leurs yeux,
>> Nous étions dans cet âge encore
» Où chacun ignore
» L'amour & l'efpoir ,
J...
כפ
JANVIER. 1764.
Dans fon cœur on ne fent éclore
» Que le feul defir de fe voir.
» D'un bouquet cueilli pour Juftine ,
>> Que ma main badine
» Dans fon fein a mis ,
Sur fa bouche encore enfantine
» Le plus doux baifer fut le prix.
» Aujourd'hui la friponne oublie
» La fleur fi jolie
» Qui fit fon plaifir
» Et je n'oublîrai de ma vie
» Le baiſer que j'oſai cueillir.
185
Cette Romance nous a paru d'autant plas re-
marquable qu'elle a comme un Poëme plus con-
fidérable , une expoſition , un nœud & une con-
clufion , telles que devroient être toutes ces for-
tes de chanfons. L'imitation du Poëte Italien ne
déprime point l'honneur du talent de l'Auteur
françois , elle prouve au contraire le bon ufage
qu'il fait de la connoiffance d'une langue étran
gère. On nous permettra fans doute cette légère
difgreffion : nous revenons à Baftien. Ainsi qu'A-
gathe , il n'attend fon honheur que du retour de
Julien, il fe détermine , comme elle , à con-
fulter le forcier dont on a déja parlé . Un foldat
arrive , Baftien l'envifage , ce foldat eft Julien. Il
apprend à Baflien qu'il revient des Indes , qu'il
s'eft fait foldat. J'étois né pour fervir , dit-il , ah
j'ai choifi le meilleur maître ! Tout François fent
pourquoi cette phraſe eft fi vivement applaudie à
·
186 MERCURE DE FRANCE.
chaque repréſentation. Julien fait la defcription
d'une tempête & s'informe d'Agathe. Quelle eft fa
douleur en apprenant qu'elle va le marier avec le
Vigneron Blaife , qu'il croioit fon plus fidéle ami,
auquel même en partant , il avoit confié tout fon
bien;qu'il n'a pas fait difficulté de s'approprier! Il
fe livre à fa colère , il veurt retourner d'où il
il vient , il veut fuir pour toujours Agathe ;
Cependant il veut auparavant la voir & lui
parler. Tandis qu'il en cherche les moyens, Juf
tine s'avile de lui conter l'hiftoire du forcier
qu'on attend ; elle lui confeille de le faire paf-
fer pour ce forcier. Il accepte ce parti, Il a rap-
porté avec lui l'habit d'un Dervis indien; il fe pro-
pofe de l'employer & fort en terminant cet Acte
par un Duo du plus grand effet. Baftien ouvre
le fecond acte fuivi de Julien travelti. Il lui re-
commande à ſon tour les propres intérêts & le
prie de déterminer la petite Juftine en fa fa-
veur , elle paroît. Baflien le cache. La jeune en-
fant commence par avoir peur du forcier . qu'elle
eft bien loin de croire fon frère. Mais peu-à- peu
elle s'enhardit , & finit par avouer , dans une
chanfon très - applaudie ,
qu'elle aime Baftien.
L'heureux Amant l'entend & paroît. Tout le
Village , informé de l'arrivée du forcier , fe raf-
femble pour le confulter. A l'afpe&t d'Agathe &
de Blaife , Julien a peine à calmer fa colère.
Il fe contient cependant , chacun veut être écouté
le premier. Simone , plus bavarde que les autres ,
s'empare du forcier , chacun fe retire en fe pro-
mettant de revenir dans un moment plus favo-
rable. Simone ne croit pas trop aux forciers , mais.
elle croit defon intérêt de faire parler celui-ci con-
formément à les vues & lui donne de l'argent.
JANVIER. 1764.
187
En conféquence. En caufant avec lui elle lui
dit beaucoup de mal de lui- même , enfin de tout
ce qu'elle lui dit , il ne peut rien conclure qui
ne ferve à le convaincre de l'infidélité d'Agathe
Simone l'apperçoit , fe retire , & entraîne avec
elle Julien. Agathe , feule prête a figner le con-
trat qui l'unit a Blaife , fe livre alors à tout fon
chagrin. Elle appelle Julien , le Sorcier ou plutôt
ce cher Julien arrive ; il fe repand en reproches ,
elle tremble , elle fe juftifie ,
il renaît , en ap-
prenant qu'il eft encore aimé , dans l'exces de fa
joie , il va fe découvrir : mais Blaife le furprend
& l'arrête. Blaife eft jaloux ,
qu'on caufe avec fa future
il n'aime pas
auffi la ren-
voye-t-il auprès de fa mere , & le détermine à
confulter le Sorcier , fur les fuites de fon mariage.
Julien profite de l'occafion pour recouvrer fa
caflette , il en parle a Blaife qui commence par
nier ; mais Julien,affecte de faire des conjurations
terribles. Blaife s'intimide & fe couvre les yeux.
Julien imite fucceffivement un choeur de Démons >
& la voix du Diable même qui prononce a Blaife
fon Arrêt. Le pauvre Vigneron , épouvanté.
Avoue fa furpercherie , il promet de tout rendre
& fort en effet pour aller chercher la caffette.
C'eſt en ce moment que Baftien , Juftine , Agathe ,
accourent rapidément les uns après - les-autres
pour confier au Sorcier , qu'ils font perdus,
s'ils ne les confeille , ou plutôt s'il ne leur rend
Julien , ainsi qu'il l'a promis. Juftement enchan-
té , celui - ci le raffure , les réunit , & les prend
entre fes bras. En moins d'un clin - d'œil cette
robe finiftre , dont il s'étoit affublé , ſe détruit , dif-
paroît , & Julien le montre à leurs yeux tel qu'on
l'a vu aupremier Acte. Il y a dans cette Scène de
la naïveté & de la chaleur, cequi ne peut être bien
188 MERCURE DE FRANCE .
rendu dans un Extrait. La joie fuccéde aux allar-
mes. Blaife arrive avec la caffette ; il reconnoît
Julien , il veut fuir ; on l'arrête. Simone accourt au
bruit qu'elle entend , & reconnoît Julien à lon tour.
D'abord elle veut fe fâcher ; mais elle eft contrainte
de céder elle-même. L'heureux Sorcier , qui n'a
plus befoin de l'être , reprend la Maîtrelle & fon
argent; donne Jufine la foeur à Baftien ; & , pour
terminer les débats , engage Dame Simone à époui-
fer Blaife : elle y confent ; tout le monde s'em-
braffe , & la Piéce finit par un Vaudeville très-
agréable en Paroles & en Mufique.
intitulée le Sorcier.
Le Théâtre représente un Paysage. Dans la première scène, Agathe s'occupe à
repaffer , refléchit fur fes malheurs & regrette
fon Amant Julien. Blaife
Agathe s'occupe ✯
Vigneron , qui la
doit époufer , profite de l'inftant où elle eft feule
& voudroit lui ravir un bailer. Mais Agathe à qui
l'on veut en vain faire accroire qu'elle ne re-
verra plus fon Amant , parce qu'il y a trois ans
qu'on n'a eu de fes nouvelles , Agathe qui n'a
point perdu l'efpoir , reçoit fort mal les careffes
de Blaife. Il s'en plaint à Simone fa future Belle-
Mère. celle - ci qui a intérêt de fe débarraſſer de
fa fille pour fe remarier , la force d'écouter Blaife
qui fait un long éloge de fonétat , & fort pour
avertir le Notaire de tenir le contrat prêt pour
le foir même. Agathe repréfente inutilement
184 MERCURE DE FRANCE .
à fa mère qu'elle eft promiſe à Julien , qu'elle
l'aime , qu'il peut revenir ; en vain elle lui de-
mande la permiffion d'aller confulter un forcier
qui fait grand bruit aux environs. Simone ne
veut rien entendre. Juftine la filleule & foeur
de Julien abfent , vient prier fa maraine de lui
donner un mari ; tout en difant qu'elle n'aime
pas Baflien , l'éloge naïf qu'elle en fait , fâche
Simone, qui voit avec chagrin fa filleule prétendre
à un Garçon fur lequel elle a des vues pour
elle-même. Elle lui défend d'y penfer
mais
Baftien qui furvient , loin d'entrer dans les vues
de Simone ,
protefte qu'il n'a jamais aimé que
Juftine. La bonne femme très-piquée , congédie
les filles ; elle envoye Agathe joindre Blaife &
le Notaire qui l'attendent , défend à Juftine
de jamais caufer avec un Garçon , & fort elle
même en faisant à Baflien quelques careffes qui
lui ouvrent les yeux fur les prétentions de la
mère. Mais elle le prive de Juftine . Le retour de
Julien pourroit aider à fon bonheur , il déter-
mineroit Juftine , qui jeune encore ne voit pas
clair dans fon cœur. C'est en s'occupant de
ces idées & en inftruifant les Auditeurs de la
naiffance & des progrès de fon amour que Baf-
tien , feul alors fur la fcène , chante cette jolie
Romance que nous avons reconnu être imitée
d'un fonnet italien du Chevalier ZAPPI . Nous
croyons faire plaifir à nos Lecteurs de la mettre
fous leurs yeux,
>> Nous étions dans cet âge encore
» Où chacun ignore
» L'amour & l'efpoir ,
J...
כפ
JANVIER. 1764.
Dans fon cœur on ne fent éclore
» Que le feul defir de fe voir.
» D'un bouquet cueilli pour Juftine ,
>> Que ma main badine
» Dans fon fein a mis ,
Sur fa bouche encore enfantine
» Le plus doux baifer fut le prix.
» Aujourd'hui la friponne oublie
» La fleur fi jolie
» Qui fit fon plaifir
» Et je n'oublîrai de ma vie
» Le baiſer que j'oſai cueillir.
185
Cette Romance nous a paru d'autant plas re-
marquable qu'elle a comme un Poëme plus con-
fidérable , une expoſition , un nœud & une con-
clufion , telles que devroient être toutes ces for-
tes de chanfons. L'imitation du Poëte Italien ne
déprime point l'honneur du talent de l'Auteur
françois , elle prouve au contraire le bon ufage
qu'il fait de la connoiffance d'une langue étran
gère. On nous permettra fans doute cette légère
difgreffion : nous revenons à Baftien. Ainsi qu'A-
gathe , il n'attend fon honheur que du retour de
Julien, il fe détermine , comme elle , à con-
fulter le forcier dont on a déja parlé . Un foldat
arrive , Baftien l'envifage , ce foldat eft Julien. Il
apprend à Baflien qu'il revient des Indes , qu'il
s'eft fait foldat. J'étois né pour fervir , dit-il , ah
j'ai choifi le meilleur maître ! Tout François fent
pourquoi cette phraſe eft fi vivement applaudie à
·
186 MERCURE DE FRANCE.
chaque repréſentation. Julien fait la defcription
d'une tempête & s'informe d'Agathe. Quelle eft fa
douleur en apprenant qu'elle va le marier avec le
Vigneron Blaife , qu'il croioit fon plus fidéle ami,
auquel même en partant , il avoit confié tout fon
bien;qu'il n'a pas fait difficulté de s'approprier! Il
fe livre à fa colère , il veurt retourner d'où il
il vient , il veut fuir pour toujours Agathe ;
Cependant il veut auparavant la voir & lui
parler. Tandis qu'il en cherche les moyens, Juf
tine s'avile de lui conter l'hiftoire du forcier
qu'on attend ; elle lui confeille de le faire paf-
fer pour ce forcier. Il accepte ce parti, Il a rap-
porté avec lui l'habit d'un Dervis indien; il fe pro-
pofe de l'employer & fort en terminant cet Acte
par un Duo du plus grand effet. Baftien ouvre
le fecond acte fuivi de Julien travelti. Il lui re-
commande à ſon tour les propres intérêts & le
prie de déterminer la petite Juftine en fa fa-
veur , elle paroît. Baflien le cache. La jeune en-
fant commence par avoir peur du forcier . qu'elle
eft bien loin de croire fon frère. Mais peu-à- peu
elle s'enhardit , & finit par avouer , dans une
chanfon très - applaudie ,
qu'elle aime Baftien.
L'heureux Amant l'entend & paroît. Tout le
Village , informé de l'arrivée du forcier , fe raf-
femble pour le confulter. A l'afpe&t d'Agathe &
de Blaife , Julien a peine à calmer fa colère.
Il fe contient cependant , chacun veut être écouté
le premier. Simone , plus bavarde que les autres ,
s'empare du forcier , chacun fe retire en fe pro-
mettant de revenir dans un moment plus favo-
rable. Simone ne croit pas trop aux forciers , mais.
elle croit defon intérêt de faire parler celui-ci con-
formément à les vues & lui donne de l'argent.
JANVIER. 1764.
187
En conféquence. En caufant avec lui elle lui
dit beaucoup de mal de lui- même , enfin de tout
ce qu'elle lui dit , il ne peut rien conclure qui
ne ferve à le convaincre de l'infidélité d'Agathe
Simone l'apperçoit , fe retire , & entraîne avec
elle Julien. Agathe , feule prête a figner le con-
trat qui l'unit a Blaife , fe livre alors à tout fon
chagrin. Elle appelle Julien , le Sorcier ou plutôt
ce cher Julien arrive ; il fe repand en reproches ,
elle tremble , elle fe juftifie ,
il renaît , en ap-
prenant qu'il eft encore aimé , dans l'exces de fa
joie , il va fe découvrir : mais Blaife le furprend
& l'arrête. Blaife eft jaloux ,
qu'on caufe avec fa future
il n'aime pas
auffi la ren-
voye-t-il auprès de fa mere , & le détermine à
confulter le Sorcier , fur les fuites de fon mariage.
Julien profite de l'occafion pour recouvrer fa
caflette , il en parle a Blaife qui commence par
nier ; mais Julien,affecte de faire des conjurations
terribles. Blaife s'intimide & fe couvre les yeux.
Julien imite fucceffivement un choeur de Démons >
& la voix du Diable même qui prononce a Blaife
fon Arrêt. Le pauvre Vigneron , épouvanté.
Avoue fa furpercherie , il promet de tout rendre
& fort en effet pour aller chercher la caffette.
C'eſt en ce moment que Baftien , Juftine , Agathe ,
accourent rapidément les uns après - les-autres
pour confier au Sorcier , qu'ils font perdus,
s'ils ne les confeille , ou plutôt s'il ne leur rend
Julien , ainsi qu'il l'a promis. Juftement enchan-
té , celui - ci le raffure , les réunit , & les prend
entre fes bras. En moins d'un clin - d'œil cette
robe finiftre , dont il s'étoit affublé , ſe détruit , dif-
paroît , & Julien le montre à leurs yeux tel qu'on
l'a vu aupremier Acte. Il y a dans cette Scène de
la naïveté & de la chaleur, cequi ne peut être bien
188 MERCURE DE FRANCE .
rendu dans un Extrait. La joie fuccéde aux allar-
mes. Blaife arrive avec la caffette ; il reconnoît
Julien , il veut fuir ; on l'arrête. Simone accourt au
bruit qu'elle entend , & reconnoît Julien à lon tour.
D'abord elle veut fe fâcher ; mais elle eft contrainte
de céder elle-même. L'heureux Sorcier , qui n'a
plus befoin de l'être , reprend la Maîtrelle & fon
argent; donne Jufine la foeur à Baftien ; & , pour
terminer les débats , engage Dame Simone à époui-
fer Blaife : elle y confent ; tout le monde s'em-
braffe , & la Piéce finit par un Vaudeville très-
agréable en Paroles & en Mufique.
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12570
p. 188-190
REMARQUES Sur le Drame, & sur la Musique.
Début :
Ce Drame, a par-dessus beaucoup d'autres, dans les Ouvrages de ce genre [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES Sur le Drame, & sur la Musique.
REMARQUES
Sur le Drame, & sur la Musique.
Ce Drame, a par-dessus beaucoup
d'autres, dans les Ouvrages de ce genre
moitié lyrique moitié récité , d'être plus
lié , plus filé , & de contenir une forte
de conduite réguliére dans l'action . Pour
faire fentir cet avantage à nos Lecteurs ,
qui feroient étonnés peut- être de l'éten-
duë de cette Analyfe , il étoit indifpen-
fable d'expofer non feulement le Plan
de toute cette petite intrigue , mais en-
core prèfque celui du Dialogue , afin de
faire connoître le fil des Scènes , & les
mouvemens de l'action : cela nous a
paru d'autant plus nécéffaire qu'un précis
plus abregé n'auroit fait voir que les
fources d'où l'Auteur ne paroît pas dif-
JANVIER. 1764,
189
fimuler avoir puifé la principale par-
tie de l'invention ; mais dont on ne
peut lui refufer le mérite d'un ufage
adroit , d'où réfulte de l'agrément , &
furtout un fond très
heureux pour
mettre en œuvre le génie du Muficien
& lui procurer une grande variété de
caractères. La grande part qu'a ce der-
nier au brillant fuccès de cette Piéce
ne nous permet pas de nous taire fur
les juftes éloges qu'il mérite ; elle fem-
ble en effet mettre le fceau à la réputa
tion de M. Philidor. Les amateurs les
plus outrés de la frivolité du nouveau
genre , ont vu cependant avec fatis-
faction ce jeune Muficien fournir une
carrière nouvelle , & s'éloigner de ce
genre peut-être naturel , mais toujours
trivial quand il n'eft pas bifarre , qui do-
mine dans bien des Pièces de cette nou-
velle eſpéce. Au- contraire ici , fuccef-
fivement intéreffant , fouvent fublime
fçavant fans être moins gracieux, il fem
ble avoir déployé les plus heureuſes ref
fources de fon Art. Nous avons pour
preuves de ce que nous avançons entre
autres morceaux la Romance dont nous
avons rapporté les paroles ; le Duo du
premier Acte , la defcription de la Tem-
pête , l'Ariette de Blaiſe , la Scène de
130 MERCURE DE FRANCE.
la Reconnoiffance de Julien , l'admira-
ble Monologue d'Agathe , enfin le Vau-
deville de la fin , & nous pourrions dire
tout l'ouvrage. Ce qui laiffe efpérer que
le Muficien ne négligera pas d'étendre
fa gloire , en briguant de pareils fuccès
dans le premier genre, plus digne de fes
talens , & auquel il paroît fait pour at-
teindre , & pour y réuffir.
Nous defirerions que l'étenduë qu'a
déjà cet Article nous permît de rendre
inftice en particulier au talent de cha-
que Acteur, dans la jufte appréciation
que l'on doit faire de ce genre. On peut
toujours convenir que M. Caillot , entre
autres , indépendament des dons heureux
de la nature , & du talent de chanter ,
acquiert journellement celui de bon Co-
médien.
Les Amateurs de ce Théâtre ont vu
avec plaifir le retour de M. Audinot, dans
fes , Rôles de certains Caractéres qu'il
avoit pour ainfi dire établis dans leur
origine.
Sur le Drame, & sur la Musique.
Ce Drame, a par-dessus beaucoup
d'autres, dans les Ouvrages de ce genre
moitié lyrique moitié récité , d'être plus
lié , plus filé , & de contenir une forte
de conduite réguliére dans l'action . Pour
faire fentir cet avantage à nos Lecteurs ,
qui feroient étonnés peut- être de l'éten-
duë de cette Analyfe , il étoit indifpen-
fable d'expofer non feulement le Plan
de toute cette petite intrigue , mais en-
core prèfque celui du Dialogue , afin de
faire connoître le fil des Scènes , & les
mouvemens de l'action : cela nous a
paru d'autant plus nécéffaire qu'un précis
plus abregé n'auroit fait voir que les
fources d'où l'Auteur ne paroît pas dif-
JANVIER. 1764,
189
fimuler avoir puifé la principale par-
tie de l'invention ; mais dont on ne
peut lui refufer le mérite d'un ufage
adroit , d'où réfulte de l'agrément , &
furtout un fond très
heureux pour
mettre en œuvre le génie du Muficien
& lui procurer une grande variété de
caractères. La grande part qu'a ce der-
nier au brillant fuccès de cette Piéce
ne nous permet pas de nous taire fur
les juftes éloges qu'il mérite ; elle fem-
ble en effet mettre le fceau à la réputa
tion de M. Philidor. Les amateurs les
plus outrés de la frivolité du nouveau
genre , ont vu cependant avec fatis-
faction ce jeune Muficien fournir une
carrière nouvelle , & s'éloigner de ce
genre peut-être naturel , mais toujours
trivial quand il n'eft pas bifarre , qui do-
mine dans bien des Pièces de cette nou-
velle eſpéce. Au- contraire ici , fuccef-
fivement intéreffant , fouvent fublime
fçavant fans être moins gracieux, il fem
ble avoir déployé les plus heureuſes ref
fources de fon Art. Nous avons pour
preuves de ce que nous avançons entre
autres morceaux la Romance dont nous
avons rapporté les paroles ; le Duo du
premier Acte , la defcription de la Tem-
pête , l'Ariette de Blaiſe , la Scène de
130 MERCURE DE FRANCE.
la Reconnoiffance de Julien , l'admira-
ble Monologue d'Agathe , enfin le Vau-
deville de la fin , & nous pourrions dire
tout l'ouvrage. Ce qui laiffe efpérer que
le Muficien ne négligera pas d'étendre
fa gloire , en briguant de pareils fuccès
dans le premier genre, plus digne de fes
talens , & auquel il paroît fait pour at-
teindre , & pour y réuffir.
Nous defirerions que l'étenduë qu'a
déjà cet Article nous permît de rendre
inftice en particulier au talent de cha-
que Acteur, dans la jufte appréciation
que l'on doit faire de ce genre. On peut
toujours convenir que M. Caillot , entre
autres , indépendament des dons heureux
de la nature , & du talent de chanter ,
acquiert journellement celui de bon Co-
médien.
Les Amateurs de ce Théâtre ont vu
avec plaifir le retour de M. Audinot, dans
fes , Rôles de certains Caractéres qu'il
avoit pour ainfi dire établis dans leur
origine.
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12571
p. 191
De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Bienlinski, Staroste de Czersk, est parti le 7 [...]
Mots clefs :
Comte, Versailles, Majesté très chrétienne, Commission, Décès, Roi Auguste III
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
De WARSOVIE , le 10 Décembre 1763.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
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12572
p. 191
De STOCKOLM, le 6 Décembre 1763.
Début :
Le Baron de Breteuil, Ambassadeur de Sa Majesté Très-Chrétienne auprès du Roi, [...]
Mots clefs :
Baron, Capitale, Danemark, Ministre, Ambassadeur
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texteReconnaissance textuelle : De STOCKOLM, le 6 Décembre 1763.
De STOCKOLM , le 6 Décembre 1763.
Le Baron de Breteuil Ambafladeur de Sa
Majefté Très- Chrétienne auprès du Roi , vient
d'arriver en cette Capitale avec la Baronne fon
époule. En paffant par les Etats de Dannemarck,
ce Miniftre fut préfenté le 18 Novembre à Leurs
Majeftés , qui étoient à Friedensbourg , par le
Préfident Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté :
Très-Chrétienne auprès du Roi de Dannemarck .
Le Baron de Breteuil Ambafladeur de Sa
Majefté Très- Chrétienne auprès du Roi , vient
d'arriver en cette Capitale avec la Baronne fon
époule. En paffant par les Etats de Dannemarck,
ce Miniftre fut préfenté le 18 Novembre à Leurs
Majeftés , qui étoient à Friedensbourg , par le
Préfident Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté :
Très-Chrétienne auprès du Roi de Dannemarck .
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12573
p. 191-192
De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Début :
Le Président Ogier, Ambassadeur de France en cette Cour, remit, le 20 du mois [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Majesté très chrétienne, Épée d'or, Capitaine, Service, Distinction, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
De COPPENHAGUE , le 3 Décembre 1763 .
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
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Résumé : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Le 3 décembre 1763, à Copenhague, l'ambassadeur de France Ogier remit une épée d'or au capitaine danois Laub pour ses services distingués dans la Marine française. Sept officiers danois avaient servi avec les Français, deux étaient morts au combat, et un autre après son retour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12574
p. 192
De VIENNE, le 21 Novembre 1763.
Début :
Madame l'Archiduchesse Infante a été attaquée, le 18 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Maux, Reins, Petite vérole, Symptômes, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 21 Novembre 1763.
De VIENNE , le 21 Novembre 1763.
Madame l'Archiducheffe Infante a été attaquée,
le 18 de ce mois , d'une fiévre affez forte , accompagnée
de maux de reins : elle a été faignée
le 19. Le lendemain la petite vérole s'eſt manifeftée
, elle eft aflez abondante , mais elle eft fortie
avec des fymptômes favorables , fans qu'on
puille encore juger fi elle eft de bonne ou de¹
mauvaiſe eſpéce. Cette Princeffe eft aujourd'hui
aufli bien que fon état le comporte.
Madame l'Archiducheffe Infante a été attaquée,
le 18 de ce mois , d'une fiévre affez forte , accompagnée
de maux de reins : elle a été faignée
le 19. Le lendemain la petite vérole s'eſt manifeftée
, elle eft aflez abondante , mais elle eft fortie
avec des fymptômes favorables , fans qu'on
puille encore juger fi elle eft de bonne ou de¹
mauvaiſe eſpéce. Cette Princeffe eft aujourd'hui
aufli bien que fon état le comporte.
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12575
p. 192-193
Du 24.
Début :
Madame l'Archiduchesse Infante, qui étoit grosse de sept mois, [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Accouchement, Maladies, Princesse, Symptômes, Médecins, Désolation, Fausse couche, Affaiblissement, Empereur, Commissaire, Diète, Conseiller
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texteReconnaissance textuelle : Du 24.
Du 24.
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
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Résumé : Du 24.
Le 24 janvier 1764, Madame l'Archiduchesse Infante, enceinte de sept mois, accoucha d'une fille qui fut baptisée. Cependant, sa grossesse compliqua une infection de petite vérole qu'elle avait contractée. Les symptômes s'aggravèrent, avec des boutons sur le visage et la tête, provoquant une inquiétude croissante. Le 24, une amélioration temporaire fut observée, mais ses forces diminuèrent, rendant l'évolution de la maladie plus dangereuse. Le 25, des signes de gangrène apparurent, suivis de difficultés à avaler et d'un refus de nourriture. Son pouls s'affaiblit, sa respiration devint laborieuse, et elle mourut à cinq heures du matin après une agonie courte et tranquille. Elle avait reçu les sacrements le 22 et l'extrême-onction le lendemain. L'Archiduc resta à ses côtés jusqu'à son dernier moment. Par ailleurs, l'Empereur nomma le Prince Joseph de Lichtenstein et le Baron de Bartenstein comme commissaires pour la Diète électorale de Francfort, et les préparatifs pour le départ de l'Empereur et des ambassadeurs étaient en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12576
p. 193-194
De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Début :
Voici la liste des noms des Ambassadeurs qui doivent assister [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Assemblée électorale, Barons, Comte, Conseiller d'État
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
De RATISBONNE , le 19 Novembre 1763 .
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
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Résumé : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Le document du 19 novembre 1763 convoque les ambassadeurs à l'Assemblée Electorale d'Augsbourg du 15 décembre. Les représentants incluent les Barons d'Erthal et de Grofchlag pour Mayence, les Barons de Breidenbach et de Keffelstadt pour Trèves, et le Comte de Hohenzollern pour Cologne. La Bohême est représentée par le Prince Esterházy, la Saxe par le Comte de Rex, et le Brandebourg par le Comte de Reuss. La Bavière est représentée par le Comte de Paumgarten, le Palatinat par le Comte de Linange, et Hanovre par les Barons de Busch.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12577
p. 194
De BERLIN, le 15 Novembre 1763.
Début :
L'Envoyé de la Porte, Achmet Effendi, fut le 9 de ce mois son entrée [...]
Mots clefs :
Envoyé de la Porte, Arrivée, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 15 Novembre 1763.
De BERLIN , le 15 Novembre 1763.
L'Envoyé de la Porte , Achmet Effendi , fit le
de ce mois fon entrée publique en cette Ville
& alla loger au Palais de Wernefobre qui avoit
étédifpofe pour le recevoir.
L'Envoyé de la Porte , Achmet Effendi , fit le
de ce mois fon entrée publique en cette Ville
& alla loger au Palais de Wernefobre qui avoit
étédifpofe pour le recevoir.
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12578
p. 194
De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
Début :
Le Chevalier de Saint Priest, Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ministre plénipotentiaire, Majesté très chrétienne, Consul de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 22 Novembre 1763.
De LISBONNE , le 22 Novembre 1763 .
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
Le Chevalier de Saint Prieft , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majesté Très- Chrétienne , & le
Geur Semonin , Conful de France , font arrivés
hier fur la Frégate la Terpficore..
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12579
p. 194-195
De ROME, le 14 Décembre 1763.
Début :
Le Marquis d'Aubeterre, Ambassadeur Extraordinaire du Roi Très-Chrétien, [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur extraordinaire, Capitale, Cardinal, Abbé, Audience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 14 Décembre 1763.
De ROME , le 14 Décembre 1763.
Le Marquis d'Aubeterre, Ambaffadeur Extraor
dinaire du Roi Très- Chrétien , auprès du Saint
Siége , arriva le 6 de Lerici en cette Capitale : il y
entra dans les équipages que le Cardinal Colonna
de Sciarra , Protecteur des Eglifes de France, avoir
envoyés à la rencontre . Le Bailli de Breteuil , Ams
bafladeur de Malte , le Chevalier de la Houze ,
chargé des Affaires de France , & l'Abbé de Véri ,
Auditeur de Rote , étoient allés au -devant de cer
Ambaffadeur hors des portes dela Ville. Le Marquis
d'Aubeterre vit hier le Cardinal Neveu & le
JANVIER. 1764. 195
Cardinal Secrétaire d'Etat : il a eu , ce foir , une
audience du Souverain Pontife qui lui a fait l'accueil
le plus diftingué & à qui il a préſenté le fieur
Melon , fon Secrétaire d'Ambaſſade , ainſi que
plufieurs François de fa fuite , parmi lesquels s'eft
trouvé l'Abbé Coyer , connu par divers ouvrages
eftimés.
Le Marquis d'Aubeterre, Ambaffadeur Extraor
dinaire du Roi Très- Chrétien , auprès du Saint
Siége , arriva le 6 de Lerici en cette Capitale : il y
entra dans les équipages que le Cardinal Colonna
de Sciarra , Protecteur des Eglifes de France, avoir
envoyés à la rencontre . Le Bailli de Breteuil , Ams
bafladeur de Malte , le Chevalier de la Houze ,
chargé des Affaires de France , & l'Abbé de Véri ,
Auditeur de Rote , étoient allés au -devant de cer
Ambaffadeur hors des portes dela Ville. Le Marquis
d'Aubeterre vit hier le Cardinal Neveu & le
JANVIER. 1764. 195
Cardinal Secrétaire d'Etat : il a eu , ce foir , une
audience du Souverain Pontife qui lui a fait l'accueil
le plus diftingué & à qui il a préſenté le fieur
Melon , fon Secrétaire d'Ambaſſade , ainſi que
plufieurs François de fa fuite , parmi lesquels s'eft
trouvé l'Abbé Coyer , connu par divers ouvrages
eftimés.
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Résumé : De ROME, le 14 Décembre 1763.
Le Marquis d'Aubeterre, ambassadeur du Roi de France, arriva à Rome le 6 décembre 1763. Il fut accueilli par le Cardinal Colonna et d'autres dignitaires. Le 19 janvier 1764, il rencontra le pape, qui lui réserva un accueil distingué. Il présenta son secrétaire et plusieurs Français, dont l'Abbé Coyer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12580
p. 195-196
De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
Début :
La magasin à poudre du Fort Augusta a sauté en l'air, [...]
Mots clefs :
Magasin à poudre, Accident, Explosions, Dégâts, Officiers, Bâtiments, Fort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
De LONDRES , le 8 Décembre 1763 .
Extrait d'une Lettre écrite de Kingston à la Jamaique
le 30 Septembre 1763 .
Le magafin à poudre du Fort Auguſta a ſauté
en l'air , le 28 de ce mois , entre une & deux heures
après midi. Cet accident , que l'on croit occa
fionné par le tonnerre , a détruit la meilleure fortereffe
qu'il y eût dans l'ifle . L'exploſion a été fi
violente qu'il n'eft pas refté en ſa place une feule
pierre du bâtiment & des murs qui l'environnoient.
Une partie du terrein fur lequel étoit ſitué le magafin
, a fauté auffi en l'air , & a formé une ouver
rure de plus de vingt pieds de profondeur , de
cinquante de largeur , & de cent de longueur.
Plufieurs canons de vingt- quatre livres de balle
qui étoient placés fur un baltion contigu , ont été
démontés de leurs affuts , & ily en a eu un qui a été
enlevé à plus de cent toifés de la Place. On a fenti
la terre trembler dans l'efpace de dix milles à la
ronde. Tout ce qui fe trouvoit dans le port a été
bouleverfé : la maison du Commandant , les baraques
des Officiers & plufieurs autres bâtimens
ont été renverfés : il y a eu un grand nombre de
perfonnes tuées ou bleflées; onfait monter le nom
bre des morts à trente blancs & onze négres . Le
Fort avoitt été conftruit par Amiral Knowlles
& étoit regardé comme un des meilleurs des In-
-Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
des Occidentales : les murs avoient feize pieds
d'épaiffeur. On évalue à plus de 150000 livres
Sterling les dommages occafionnés par cet accident
, fans compter plus de 28 50 barils de pou-.
dre.
Extrait d'une Lettre écrite de Kingston à la Jamaique
le 30 Septembre 1763 .
Le magafin à poudre du Fort Auguſta a ſauté
en l'air , le 28 de ce mois , entre une & deux heures
après midi. Cet accident , que l'on croit occa
fionné par le tonnerre , a détruit la meilleure fortereffe
qu'il y eût dans l'ifle . L'exploſion a été fi
violente qu'il n'eft pas refté en ſa place une feule
pierre du bâtiment & des murs qui l'environnoient.
Une partie du terrein fur lequel étoit ſitué le magafin
, a fauté auffi en l'air , & a formé une ouver
rure de plus de vingt pieds de profondeur , de
cinquante de largeur , & de cent de longueur.
Plufieurs canons de vingt- quatre livres de balle
qui étoient placés fur un baltion contigu , ont été
démontés de leurs affuts , & ily en a eu un qui a été
enlevé à plus de cent toifés de la Place. On a fenti
la terre trembler dans l'efpace de dix milles à la
ronde. Tout ce qui fe trouvoit dans le port a été
bouleverfé : la maison du Commandant , les baraques
des Officiers & plufieurs autres bâtimens
ont été renverfés : il y a eu un grand nombre de
perfonnes tuées ou bleflées; onfait monter le nom
bre des morts à trente blancs & onze négres . Le
Fort avoitt été conftruit par Amiral Knowlles
& étoit regardé comme un des meilleurs des In-
-Iij
196 MERCURE DE FRANCE.
des Occidentales : les murs avoient feize pieds
d'épaiffeur. On évalue à plus de 150000 livres
Sterling les dommages occafionnés par cet accident
, fans compter plus de 28 50 barils de pou-.
dre.
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Résumé : De LONDRES, le 8 Décembre 1763. Extrait d'une Lettre écrite à Kingston à la Jamaïque le 30 Septembre 1763.
Le 28 septembre 1763, le magasin à poudre du Fort Augusta à Kingston, en Jamaïque, a explosé entre une et deux heures de l'après-midi, probablement à cause du tonnerre. Cette explosion a entièrement détruit la forteresse, considérée comme la meilleure de l'île. Elle a laissé un cratère de plus de vingt pieds de profondeur, cinquante de largeur et cent de longueur. Plusieurs canons ont été délogés de leurs affûts, l'un d'eux étant projeté à plus de cent toises. La secousse a été ressentie dans un rayon de dix milles. Les bâtiments du port, y compris la maison du commandant et les baraques des officiers, ont été renversés. Le bilan humain est de trente blancs et onze noirs tués ou blessés. Le Fort Augusta, construit par l'amiral Knowles, était réputé pour ses murs épais de seize pieds. Les dommages sont évalués à plus de 150 000 livres sterling, sans compter les 285 barils de poudre détruits.
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12581
p. 196-197
De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Wartensleben, Ministre des Seigneurs Etats-Généraux auprès des trois [...]
Mots clefs :
Comte, Ministres, Landgrave de Hesle-Cassel, Arrestation, Mémoire, Résumé des faits, États généraux, Détention, Motifs, Testament, Mauvaises intentions, Injures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
De la HAYE , le 23 Décembre 1763 .
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
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Résumé : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Le 23 décembre 1763, le Comte de Wartenfleben, ministre des États-Généraux, a été arrêté à Cassel par le Landgrave de Hesse. Cet acte a provoqué l'indignation des Hautes Puissances, qui ont demandé des explications au Landgrave. Ce dernier a justifié son action par un mémoire, tout comme le Comte de Wartenfleben. Les motifs du Landgrave n'ont pas été jugés suffisants, et les États-Généraux ont exigé une satisfaction proportionnée à l'injure faite à la République. Ils ont souhaité résoudre l'affaire par l'équité du Prince, évitant des moyens plus radicaux. L'arrestation est liée à un conflit concernant l'exécution du testament de la Baronne de Gorz, qui avait légué ses biens pour établir un Chapitre de Dames à Homberg. Le Landgrave accuse le Comte de vouloir établir ce Chapitre hors de la Hesse, contraignant ainsi l'arrestation du Comte pour le forcer à se conformer aux clauses testamentaires.
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12582
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
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12583
p. 206-207
AVIS DIVERS.
Début :
Le Sieur Marme vend la véritable Pâte d'amande qui blanchit & adoucit [...]
Mots clefs :
Pâte d'amande, Peau, Visage, Adoucissant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
AVIS DIVER S.
LE Sieur MAR ME vend la véritable Pâte ďa
mande qui blanchit & adoucit la peau. L'on s'en
fert fans eau ou avec de l'eau : mais elle eft meilleure
fans eau. L'on s'en fert pour le vifage , les
mains & le bain, Elle garantit des boutons qui
viennent fur la peau , emporte toutes fortes de taches
d'encre , nourire & garantit la peau féche,
Certe Pâte ne s'aigrit ni ne fe moifit jamais , & fe
conferve fur mer comme fur terre & ne fe cor
rompt point. Elle fe vend chez le Suiffe de S. A S.
M. le Comte de Clermont , au Palais Abbatial de
l'Abbaye S. Germain' des Prés , à Paris. Les pots
ordinaires font du poids d'une livre , & le vendent
3 liv. 12 fols , & en rapportant le por 3 liv. Hyd
JANVIER. 1764 . 207
dès pots depuis une livre jufqu'à huit. On fait des
envois en Province & dans les Pays Etrangers.
Pareilles Affiches font fur les Pocs.
LE Sieur MAR ME vend la véritable Pâte ďa
mande qui blanchit & adoucit la peau. L'on s'en
fert fans eau ou avec de l'eau : mais elle eft meilleure
fans eau. L'on s'en fert pour le vifage , les
mains & le bain, Elle garantit des boutons qui
viennent fur la peau , emporte toutes fortes de taches
d'encre , nourire & garantit la peau féche,
Certe Pâte ne s'aigrit ni ne fe moifit jamais , & fe
conferve fur mer comme fur terre & ne fe cor
rompt point. Elle fe vend chez le Suiffe de S. A S.
M. le Comte de Clermont , au Palais Abbatial de
l'Abbaye S. Germain' des Prés , à Paris. Les pots
ordinaires font du poids d'une livre , & le vendent
3 liv. 12 fols , & en rapportant le por 3 liv. Hyd
JANVIER. 1764 . 207
dès pots depuis une livre jufqu'à huit. On fait des
envois en Province & dans les Pays Etrangers.
Pareilles Affiches font fur les Pocs.
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Résumé : AVIS DIVERS.
Le document présente une pâte d'amande pour blanchir et adoucir la peau, efficace sans eau. Elle convient au visage, aux mains et au bain, prévient les boutons, élimine les taches d'encre et nourrit la peau sèche. Cette pâte se conserve bien et est vendue à Paris chez le Suiffe de S. A. S. M. le Comte de Clermont. Les pots varient de une à huit livres et peuvent être envoyés en province et à l'étranger.
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12584
p. 207
« Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
Début :
Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...]
Mots clefs :
Baume souverain, Crampes, Cure, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
LE Sieur DE CRAMPIGNY donne avis au Public',
qu'il a obtenu la Permiffion de diftribuer un Bagme
fouverain pour la Guérifon des Crampes , par le
moyen duquel un Médecin de les parens faifoit
des Cures furprenantes dans le Levant. Ceux qui
en font attaqués , & qui auront befoin de fon reméde
, s'adrefferont à Paris , rue & Hôtel du Pe--
tit-Lion , fauxbourg S. Germain , chez Madame-
BERTEL , au premier étage , entre un Vinaigrier
& un Marchand de Vin , vis- à- vis un Pâtiffier.
Le prix de ce Baume eft de 6 liv. l'once. One
donnera des Imprimés qui enfeigneront la manière
de s'en fervir . Les Perfonnes de la Provincequi
écriront au Sieur DE CRAMPIGNY , pour avoir
de fon Baume , font priées d'affranchir leurs Let--
tres , fans quoi elles ne feront pas reçues.
qu'il a obtenu la Permiffion de diftribuer un Bagme
fouverain pour la Guérifon des Crampes , par le
moyen duquel un Médecin de les parens faifoit
des Cures furprenantes dans le Levant. Ceux qui
en font attaqués , & qui auront befoin de fon reméde
, s'adrefferont à Paris , rue & Hôtel du Pe--
tit-Lion , fauxbourg S. Germain , chez Madame-
BERTEL , au premier étage , entre un Vinaigrier
& un Marchand de Vin , vis- à- vis un Pâtiffier.
Le prix de ce Baume eft de 6 liv. l'once. One
donnera des Imprimés qui enfeigneront la manière
de s'en fervir . Les Perfonnes de la Provincequi
écriront au Sieur DE CRAMPIGNY , pour avoir
de fon Baume , font priées d'affranchir leurs Let--
tres , fans quoi elles ne feront pas reçues.
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Résumé : « Le Sieur de Crampiony donne avis au Public, qu'il a obtenu la Permission de [...] »
Le Sieur DE CRAMPIGNY a obtenu l'autorisation de distribuer un baume pour les crampes, utilisé par un médecin dans le Levant. Ce baume est disponible à Paris, rue et Hôtel du Petit-Lion, faubourg Saint-Germain, chez Madame BERTEL. Le prix est de six livres l'once. Des instructions seront fournies. Les commandes des provinces doivent être affranchies.
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12585
p. 207-208
« Le Sieur Sauvel, Marchand Distilateur, rue neuve des Petits-Champs, au [...] »
Début :
Le Sieur Sauvel, Marchand Distilateur, rue neuve des Petits-Champs, au [...]
Mots clefs :
Distillateur, Liqueurs, Bouteilles, Eaux de senteur, Chocolat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Sauvel, Marchand Distilateur, rue neuve des Petits-Champs, au [...] »
LE Sieur SAUVEL , Marchand Diftilateur , rue
neuve des Petits - Champs , au coin de la rue des
Bons- Enfans , au Magafin de Provence , avertit le
Public qu'il lui eft arrivé plufieurs fortes de Liqueurs
étrangères ; entr'autres , du Marafquin de
Zara & de Bologne , à 18 liv . la bouteille ; nouvelle
Crême de Fleur-d'Orange au Vin de S. Lautent
, Supérieure à celle au Vin de Champagne
à 6 liv la bouteille ; Roffoglio de Bologne à 10 liv.
la bouteille ; Huile de Gérofle à 6 liv . la bouteille ;
Huile & Crême d'Anis des Indes à 6 liv . la bouteille
, double Hypotheque de Gérofle à 3 liv . la
bouteille de pinte.
Il vend auffi des Eaux de Senteur ; Eau de
Fleur- d'Orange de Malthe à 3 liv. la bouteilles
Eau de Lavande à a liv. 10 f. la pinte ; la parfu
mée à 3 liv.
208 MERCURE DE FRANCE.
On trouve encore dans fon Magafin d'excellent
Chocolat de toute eſpéce . La réputation de cet Ar
tifte s'étend tous les jours davantage , il ne peut
trop mériter l'empreffement du Public.
neuve des Petits - Champs , au coin de la rue des
Bons- Enfans , au Magafin de Provence , avertit le
Public qu'il lui eft arrivé plufieurs fortes de Liqueurs
étrangères ; entr'autres , du Marafquin de
Zara & de Bologne , à 18 liv . la bouteille ; nouvelle
Crême de Fleur-d'Orange au Vin de S. Lautent
, Supérieure à celle au Vin de Champagne
à 6 liv la bouteille ; Roffoglio de Bologne à 10 liv.
la bouteille ; Huile de Gérofle à 6 liv . la bouteille ;
Huile & Crême d'Anis des Indes à 6 liv . la bouteille
, double Hypotheque de Gérofle à 3 liv . la
bouteille de pinte.
Il vend auffi des Eaux de Senteur ; Eau de
Fleur- d'Orange de Malthe à 3 liv. la bouteilles
Eau de Lavande à a liv. 10 f. la pinte ; la parfu
mée à 3 liv.
208 MERCURE DE FRANCE.
On trouve encore dans fon Magafin d'excellent
Chocolat de toute eſpéce . La réputation de cet Ar
tifte s'étend tous les jours davantage , il ne peut
trop mériter l'empreffement du Public.
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Résumé : « Le Sieur Sauvel, Marchand Distilateur, rue neuve des Petits-Champs, au [...] »
Le Sieur Sauvel, marchand distillateur, annonce l'arrivée de diverses liqueurs étrangères, dont du Marasquin de Zara et de Bologne à 18 livres, une crème de Fleur-d'Orange au vin de Saint-Laurent à 6 livres, et du Rossoglio de Bologne à 10 livres. Il propose également des eaux de senteur et du chocolat. Sa réputation croissante mérite l'attention du public.
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12586
p. 208
« Chaumont, Perruquier, fait non-seulement toute sortes de Perruques dans les [...] »
Début :
Chaumont, Perruquier, fait non-seulement toute sortes de Perruques dans les [...]
Mots clefs :
Perruques, Mode, Visage, Coiffe, Nouveautés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Chaumont, Perruquier, fait non-seulement toute sortes de Perruques dans les [...] »
CHAUMONT , Perruquier , fait non -feulement
toutes fortes de Perruques dans les goûts les plus
nouveaux , fpécialement celles qui font nouées
& celles en bourfes ; mais le deſſein dont il fait
ufage lui donne une grande facilité pour bien
prendre l'air du vifage , & coëffer le plus avantageufement
qu'on puiffe le defirer. Il fait voir
fes Defleins en plufieurs genres d'Accommodages
, & variés fuivant les différens goûts. Il les
éxécute enfuite au choix & à la fatisfaction des
perfonnes qui les lui demandent. De plus , il vient
de trouver l'invention d'un nouveau Reffort pour
fes Perruques bien fupérieur à tous ceux qui ont
paru jufques à ce jour , lequel eft d'autant plus
avantageux qu'il maintient l'ouvrage dans fa première
forme , l'empêche de fe retirer , & que fon
élafticité qui eft très- douce , ne fe relâche jamais
par l'ufage : en forte que durant tout celui de la
Perruque , elle joint également bien le contour du
vifage , & aufli parfaitement , pour ainfi dire , que
le pourroit faire le naturel des cheveux .
Il demeure rae S. Nicaife , au Mont Véluve.
toutes fortes de Perruques dans les goûts les plus
nouveaux , fpécialement celles qui font nouées
& celles en bourfes ; mais le deſſein dont il fait
ufage lui donne une grande facilité pour bien
prendre l'air du vifage , & coëffer le plus avantageufement
qu'on puiffe le defirer. Il fait voir
fes Defleins en plufieurs genres d'Accommodages
, & variés fuivant les différens goûts. Il les
éxécute enfuite au choix & à la fatisfaction des
perfonnes qui les lui demandent. De plus , il vient
de trouver l'invention d'un nouveau Reffort pour
fes Perruques bien fupérieur à tous ceux qui ont
paru jufques à ce jour , lequel eft d'autant plus
avantageux qu'il maintient l'ouvrage dans fa première
forme , l'empêche de fe retirer , & que fon
élafticité qui eft très- douce , ne fe relâche jamais
par l'ufage : en forte que durant tout celui de la
Perruque , elle joint également bien le contour du
vifage , & aufli parfaitement , pour ainfi dire , que
le pourroit faire le naturel des cheveux .
Il demeure rae S. Nicaife , au Mont Véluve.
Fermer
Résumé : « Chaumont, Perruquier, fait non-seulement toute sortes de Perruques dans les [...] »
Le texte décrit les services et innovations de Chaumont, un perruquier. Chaumont crée diverses perruques selon les dernières modes, notamment celles nouées et en boucles. Il maîtrise l'art de modeler les perruques pour qu'elles s'adaptent parfaitement au visage et coiffent avantageusement. Il propose plusieurs genres d'accommodements pour les cheveux, adaptés aux différents goûts des clients, et les exécute à leur satisfaction. Chaumont a récemment inventé un nouveau ressort pour les perruques, supérieur à ceux existants. Ce ressort maintient la perruque dans sa forme initiale, empêche son retrait et conserve son élasticité douce, même avec l'usage. Ainsi, la perruque épouse constamment le contour du visage et imite parfaitement les cheveux naturels. Chaumont exerce son métier au Mont Valais, rue Saint-Nicaise.
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12587
p. 208-210
« Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
Début :
Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...]
Mots clefs :
Estampes, Dessins, Vignettes, Ouvrage, Alphabet, Livre, Papiers, Emblèmes, Marchands, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
LE Sieur BRESSON DE MAILLARD , Marchand
d'Eftampes , & Privilégié des Enfans de France ,
en ouvrages de Caractères , Deffeins , Vignettes ,
demeurant rue S. Jacques , Maifon de M. de Lambon
, Avocat , proche M. Duchefne , Marchand
Libraire à Paris , tient un affortiment de Caractères,
Vignettes , & de différentes Fleurs , qu'il a
deffinées d'après nature, & exécutées fur des Planches
de cuivre , avec lefquelles on peut, avec faci
JANVIER . 1764. 209
lité & fur le champ , faire divers Deffeins pour
meubles , & c .
Ledit Sieur exécute pareillement à jour nombre
d'autres ouvrages utiles , & d'une même facilité
dans l'ufage , comme des Adreſſes , Alphabeths
pour apprendre les Enfans à lire , Notes , Etiquettes
, Noms à laiffer en vifite , ou pour mettre fur
les Livres , Marques & Chiffres , Deffeins au fimple
trait pour broder ou peindre d'après.
Il dient auffi un alfortiment de toutes fortes de
Papiers peints en Vignettes , & entreprend de noter
les Livres de Plein- chant.
Il grave auffi en Taille-douce des Adreſſes avec
les attributs des différentes Profeffions , & autres
fujets.
L'Epoufe du Sieur MAILLARD deffine & colore
très - proprement les Fleurs , Emblêmes & Armoiries
, Ecrans. Elle montre aux Dames la manière
de fe fervir des Planches à jour , que l'on peut
qualifier d'Art de deffiner & de peindrefans Maitres
& fournit les Couleurs & autres chofes qui y font
relatives.
On trouvera auffi chez ledit Sieur une fuite affez
confidérable de petites Eftampes en Emblèmes ,
Deviles , Fables choilies , Prières , Bouquets & Sou
haits de bonnes Fêtes , Etrennes brochées en forme
de Calendrier, Emblématiques & Chantantes , pour
la nouvelle Année , préfentées aux Enjans de France..
Ceux qui defireront acheter & connoitre plus
particulièrement toutes lefdites Marchan difes d'Eltampes
, Caractères & Deffeins , & qui fouhaiteront
les vrais Originaux , s'adrefferont directement à
Paris au Sieur MAILLARD ; & en Province à MM.
les Libraires & Marchands d'Eftampes qu'il fournit.
Sçavoir ,
A Lyon , M. Daudet.
Rouen , M. Frere , fur le Port.
2TO MERCURE DE FRANCE.
Toulouſe , M. Jouques , rue S. Rome.
Tours , M. Jagus , Marchand Papetier.
Poitiers , M, Fatour.
Bordeaux , M. Noblet.
La Rochelle , M. Pavie , Marchand, Libraire.
A Nantes , M. Tancrer.
Liege , M. Soer , Marchand Libraire.
Dijon , M. Desventes , Marchand Libraire .
d'Eftampes , & Privilégié des Enfans de France ,
en ouvrages de Caractères , Deffeins , Vignettes ,
demeurant rue S. Jacques , Maifon de M. de Lambon
, Avocat , proche M. Duchefne , Marchand
Libraire à Paris , tient un affortiment de Caractères,
Vignettes , & de différentes Fleurs , qu'il a
deffinées d'après nature, & exécutées fur des Planches
de cuivre , avec lefquelles on peut, avec faci
JANVIER . 1764. 209
lité & fur le champ , faire divers Deffeins pour
meubles , & c .
Ledit Sieur exécute pareillement à jour nombre
d'autres ouvrages utiles , & d'une même facilité
dans l'ufage , comme des Adreſſes , Alphabeths
pour apprendre les Enfans à lire , Notes , Etiquettes
, Noms à laiffer en vifite , ou pour mettre fur
les Livres , Marques & Chiffres , Deffeins au fimple
trait pour broder ou peindre d'après.
Il dient auffi un alfortiment de toutes fortes de
Papiers peints en Vignettes , & entreprend de noter
les Livres de Plein- chant.
Il grave auffi en Taille-douce des Adreſſes avec
les attributs des différentes Profeffions , & autres
fujets.
L'Epoufe du Sieur MAILLARD deffine & colore
très - proprement les Fleurs , Emblêmes & Armoiries
, Ecrans. Elle montre aux Dames la manière
de fe fervir des Planches à jour , que l'on peut
qualifier d'Art de deffiner & de peindrefans Maitres
& fournit les Couleurs & autres chofes qui y font
relatives.
On trouvera auffi chez ledit Sieur une fuite affez
confidérable de petites Eftampes en Emblèmes ,
Deviles , Fables choilies , Prières , Bouquets & Sou
haits de bonnes Fêtes , Etrennes brochées en forme
de Calendrier, Emblématiques & Chantantes , pour
la nouvelle Année , préfentées aux Enjans de France..
Ceux qui defireront acheter & connoitre plus
particulièrement toutes lefdites Marchan difes d'Eltampes
, Caractères & Deffeins , & qui fouhaiteront
les vrais Originaux , s'adrefferont directement à
Paris au Sieur MAILLARD ; & en Province à MM.
les Libraires & Marchands d'Eftampes qu'il fournit.
Sçavoir ,
A Lyon , M. Daudet.
Rouen , M. Frere , fur le Port.
2TO MERCURE DE FRANCE.
Toulouſe , M. Jouques , rue S. Rome.
Tours , M. Jagus , Marchand Papetier.
Poitiers , M, Fatour.
Bordeaux , M. Noblet.
La Rochelle , M. Pavie , Marchand, Libraire.
A Nantes , M. Tancrer.
Liege , M. Soer , Marchand Libraire.
Dijon , M. Desventes , Marchand Libraire .
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Résumé : « Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
Le document présente le Sieur Bresson de Maillard, un marchand d'estampes parisien, privilégié des Enfants de France, spécialisé dans les caractères, dessins et vignettes. Il réside rue Saint-Jacques, à la maison de M. de Lambon, avocat, près de M. Duchefne, libraire. Maillard propose divers produits comme des caractères, vignettes, fleurs définis d'après nature, et des outils pour réaliser des dessins pour meubles. Il offre également des adresses, alphabets pour enfants, notes, étiquettes, marques, chiffres, et dessins pour broder ou peindre. Il fournit des papiers peints en vignettes et grave des adresses avec les attributs des différentes professions. Son épouse colore les fleurs, emblèmes, armoiries et écrans, et enseigne aux dames l'utilisation des planches à jour. Le magasin vend des estampes en emblèmes, devises, fables, prières, bouquets et vœux pour les bonnes fêtes, présentés sous forme de calendriers emblématiques et chantants pour la nouvelle année. Les articles sont disponibles à Paris chez Maillard ou en province via des libraires et marchands d'estampes spécifiques, tels que M. Daudet à Lyon, M. Frère à Rouen, M. Jouques à Toulouse, et d'autres dans diverses villes françaises et belges.
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12588
p. 210
« On s'abonne au Cabinet Littéraire, Pont de Notre-Dame, pour la lecture de tous les [...] »
Début :
On s'abonne au Cabinet Littéraire, Pont de Notre-Dame, pour la lecture de tous les [...]
Mots clefs :
Cabinet littéraire, Abonnement, Tablettes, Almanach
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texteReconnaissance textuelle : « On s'abonne au Cabinet Littéraire, Pont de Notre-Dame, pour la lecture de tous les [...] »
ON S'ABONNE au Cabinet Littéraire , Pont de
Notre-Dame , pour la lecture de tous les Livres
qui compofent le Cabinet ,
pour l'année
pour
fix mois
pour
trois mois
pour un mois •
au volume , pour deux jours .
18 liv.
12.
T
3
1
10 £
4f..
On diftribue un Avis plus détaillé , & le Cataloguegratis.
On tient au Cabinet un affortiment complet de
tous les Almanachs chantans & autres intéreffans
pour l'année 1764 5 & particulièrement les Almanachs
fuivans en grand nombre,
*
9
Les Tablettes Mythologiques & Pirtorefques
ou l'explication & la manière de connoître les Tableaux
& Statues , avec des Couplers relatifs au:
fujet. (fous preffe. )
Le Cadeau de l'Amour. ( fous preffe. )
Les Délaffemens de Paphos. fous preſſe . )
Tous lefdits Almanachs fur les Airs les plus
nouveaux .
L'Almanach fous verre ,
L'Almanach de Cabinet de la petite Pofte de
Baris , en carton .
L'Almanach Hiftorique de la petite Pofte de
Paris , avec une notion exacte de ce qu'il y a de
curieux & de rare à Paris , avec la Lifte des Rues
de Paris ; Almanach très- utile aux Etrangers.
Notre-Dame , pour la lecture de tous les Livres
qui compofent le Cabinet ,
pour l'année
pour
fix mois
pour
trois mois
pour un mois •
au volume , pour deux jours .
18 liv.
12.
T
3
1
10 £
4f..
On diftribue un Avis plus détaillé , & le Cataloguegratis.
On tient au Cabinet un affortiment complet de
tous les Almanachs chantans & autres intéreffans
pour l'année 1764 5 & particulièrement les Almanachs
fuivans en grand nombre,
*
9
Les Tablettes Mythologiques & Pirtorefques
ou l'explication & la manière de connoître les Tableaux
& Statues , avec des Couplers relatifs au:
fujet. (fous preffe. )
Le Cadeau de l'Amour. ( fous preffe. )
Les Délaffemens de Paphos. fous preſſe . )
Tous lefdits Almanachs fur les Airs les plus
nouveaux .
L'Almanach fous verre ,
L'Almanach de Cabinet de la petite Pofte de
Baris , en carton .
L'Almanach Hiftorique de la petite Pofte de
Paris , avec une notion exacte de ce qu'il y a de
curieux & de rare à Paris , avec la Lifte des Rues
de Paris ; Almanach très- utile aux Etrangers.
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Résumé : « On s'abonne au Cabinet Littéraire, Pont de Notre-Dame, pour la lecture de tous les [...] »
Le document décrit les modalités d'abonnement au Cabinet Littéraire au Pont de Notre-Dame. Les tarifs sont les suivants : 18 livres pour un an, 12 livres pour six mois, 3 livres pour trois mois, et 10 sous pour un mois. Il est aussi possible de louer un volume pour deux jours. Un avis détaillé et un catalogue sont disponibles gratuitement. Le Cabinet propose une large sélection d'almanachs pour les années 1764 et 1765, incluant des almanachs chantants et diverses publications intéressantes. Parmi les titres mentionnés figurent 'Les Tablettes Mythologiques & Pirtorefques', 'Le Cadeau de l'Amour', et 'Les Délaffemens de Paphos'. Des éditions spécifiques comme 'L'Almanach fous verre', 'L'Almanach de Cabinet de la petite Pofte de Baris' et 'L'Almanach Hiftorique de la petite Pofte de Paris' sont également disponibles. Ce dernier almanach est particulièrement utile pour les étrangers, offrant des informations sur les curiosités et les rues de Paris.
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12589
p. 211-213
SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
Début :
Abonnés de Paris. Messieurs, Antoine, à l'Ecu Dauphin, rue Bourg-l'Abbé. [...]
Mots clefs :
Abonnés, Liste, Noms, Paris, Province
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texteReconnaissance textuelle : SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
SECOND SUPPLÉMENT à la Lifte des
Abonnés au Mercure , qui fe trouve
dans le Volume de Décembre dernier ,
& dont lepremier Supplément eft dans
le Mercure du premier Janvier. *
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
-ANTOINE , à l'Ecu Dauphin , rue Bourg- l'Abbé..
Bardou de Farceville , rue d'Argenteuil.
Chardon , Fermier du Roi , rue Montmartre , vis--
à-vis la rue du Jours
Chopin , Confeiller au Grand-Confeil , à l'Hôtel
d'Aumont , rue de Jouy.
Cochu , Médecin , cloître Notre-Dame.
D'Aihene , Maître des Requêtes , rue des Deux
Portes:
D'Hémery ( Madame ) , rue des Poftes..
La Bonne ( de ) , Lieutenant de MM . les Maré--
chaux de France rue du Bacq , à l'Hôtel de
Nevers.
Le Fevre , Avocat au Parlement , rue la Tixeran--
derie .
* Onfoufcrit en tout temps pour le Mercure , chez
M. LUTTON , Greffier au Parlement , rue Sainte
Anne , Butte S. Roch , au Bureau du Mercure de
France. En fe faifant infcrire chez lui , on reçoit le
Mercure plus promptement , & plus exactement
212 MERCURE DE FRANCE .
Noël , Marchand de Bois , place de la Baftille.
Paulain , Commiffaire des Guerres , rue des Francs-
Bourgeois.
Puffan , Fermier Général , rue S Marc.
Puiffan , Premier Commis de la Police, rue Saint-
Marc.
Wimpffen ( le Baron de ) , Brigadier des Armées
du Roi , Colonel - Commandant da Régiment
de la Marck , à l'Hôtel de Luxembourg , rue S.
Marc
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS
Alcock & Compagnie , Entrepreneur de la Manufacture
Royale , à la Charitéfür Loire,
Barrey ( le Chevalier de , Capitaine d'Infanterie,
à Bernay en Normandie .
Batlematon l'aîné , à Quimper.
Beaufort le Comte de ) , en
lé en Artois.
fon Château de Moul-
Blachere , Directeur de la Pofte , à l'Argentiere ,
par Aubenas en Vivarais.
Boillelet ( de ) , ancien Moufquetaire du Roi , au
Château de la Noue , près Vierzon.
Cannac , à Lyon.
Champdoré de , ancien Notaire , à Fontenayle-
Comte en Bas- Poitou .
Comcy de ) , Maréchal de Camp , Commandant
à Toulon.
Courrejolles ( de ) , Négociant , à Baïonne .
Crefcia ( la Marquife de ) , enfa Terre de Crefcia ,
près d'Orgelet , en Franche-Comté .
Dupin , à Saint Jean-pied-de-port.
Geoffroy de Vaudiere, Secrétaire du 'Roi , à Epernay
en Champagne.
Gros , Libraire , à Lons -le-Saunier en Franche-
Comté,
JANVIER . 1764.
213
Hébert , Tréforier de France honoraire au Bureau
des Finances , à Soiffons.
La Baupaumerie ( de , Lieutenant Général , à
Montere u-faut- Yonne.
Laporte ( de ) , Directeur des Poftes , à Betfort.
Le Baron l'aîné , Libraire , à Caën .
Le Roux , Libraire , à Strasbourg , deux exemplaires.
L'Efcouer le Marquis de ) , au Château de L'Efquiffiou
, près Morlaix.
Lobreau ( Madame ) , Directrice des Spectacles , à
Lyon .
May ( de ) , Officier au Régiment de la Ferre , à
Perpignan.
Portalis ( de ) , Chevalier de S. Louis , Commiffaire
Ordonnateur des Guerres , à Toulon.
Portally , Négociant , à Toulon.
Rannon , Lieutenant de l'Amirauté , à Quimper.
Saint-Vaft ( de ) , ancien Capitaine de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Røyal & Militaire de Saint
Louis , à Tinchebray.
Turin ( le Comte de ) , au Mans .
Abonnés au Mercure , qui fe trouve
dans le Volume de Décembre dernier ,
& dont lepremier Supplément eft dans
le Mercure du premier Janvier. *
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
-ANTOINE , à l'Ecu Dauphin , rue Bourg- l'Abbé..
Bardou de Farceville , rue d'Argenteuil.
Chardon , Fermier du Roi , rue Montmartre , vis--
à-vis la rue du Jours
Chopin , Confeiller au Grand-Confeil , à l'Hôtel
d'Aumont , rue de Jouy.
Cochu , Médecin , cloître Notre-Dame.
D'Aihene , Maître des Requêtes , rue des Deux
Portes:
D'Hémery ( Madame ) , rue des Poftes..
La Bonne ( de ) , Lieutenant de MM . les Maré--
chaux de France rue du Bacq , à l'Hôtel de
Nevers.
Le Fevre , Avocat au Parlement , rue la Tixeran--
derie .
* Onfoufcrit en tout temps pour le Mercure , chez
M. LUTTON , Greffier au Parlement , rue Sainte
Anne , Butte S. Roch , au Bureau du Mercure de
France. En fe faifant infcrire chez lui , on reçoit le
Mercure plus promptement , & plus exactement
212 MERCURE DE FRANCE .
Noël , Marchand de Bois , place de la Baftille.
Paulain , Commiffaire des Guerres , rue des Francs-
Bourgeois.
Puffan , Fermier Général , rue S Marc.
Puiffan , Premier Commis de la Police, rue Saint-
Marc.
Wimpffen ( le Baron de ) , Brigadier des Armées
du Roi , Colonel - Commandant da Régiment
de la Marck , à l'Hôtel de Luxembourg , rue S.
Marc
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS
Alcock & Compagnie , Entrepreneur de la Manufacture
Royale , à la Charitéfür Loire,
Barrey ( le Chevalier de , Capitaine d'Infanterie,
à Bernay en Normandie .
Batlematon l'aîné , à Quimper.
Beaufort le Comte de ) , en
lé en Artois.
fon Château de Moul-
Blachere , Directeur de la Pofte , à l'Argentiere ,
par Aubenas en Vivarais.
Boillelet ( de ) , ancien Moufquetaire du Roi , au
Château de la Noue , près Vierzon.
Cannac , à Lyon.
Champdoré de , ancien Notaire , à Fontenayle-
Comte en Bas- Poitou .
Comcy de ) , Maréchal de Camp , Commandant
à Toulon.
Courrejolles ( de ) , Négociant , à Baïonne .
Crefcia ( la Marquife de ) , enfa Terre de Crefcia ,
près d'Orgelet , en Franche-Comté .
Dupin , à Saint Jean-pied-de-port.
Geoffroy de Vaudiere, Secrétaire du 'Roi , à Epernay
en Champagne.
Gros , Libraire , à Lons -le-Saunier en Franche-
Comté,
JANVIER . 1764.
213
Hébert , Tréforier de France honoraire au Bureau
des Finances , à Soiffons.
La Baupaumerie ( de , Lieutenant Général , à
Montere u-faut- Yonne.
Laporte ( de ) , Directeur des Poftes , à Betfort.
Le Baron l'aîné , Libraire , à Caën .
Le Roux , Libraire , à Strasbourg , deux exemplaires.
L'Efcouer le Marquis de ) , au Château de L'Efquiffiou
, près Morlaix.
Lobreau ( Madame ) , Directrice des Spectacles , à
Lyon .
May ( de ) , Officier au Régiment de la Ferre , à
Perpignan.
Portalis ( de ) , Chevalier de S. Louis , Commiffaire
Ordonnateur des Guerres , à Toulon.
Portally , Négociant , à Toulon.
Rannon , Lieutenant de l'Amirauté , à Quimper.
Saint-Vaft ( de ) , ancien Capitaine de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Røyal & Militaire de Saint
Louis , à Tinchebray.
Turin ( le Comte de ) , au Mans .
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Résumé : SECOND SUPPLÉMENT à la Liste des Abonnés au Mercure, qui se trouve dans le Volume de Décembre dernier, & dont le premier Supplément est dans le Mercure du premier Janvier.
Le document est un supplément à la liste des abonnés au Mercure de France, publié en janvier 1764. Il répertorie les abonnés de Paris et de province. Parmi les abonnés parisiens figurent des personnalités telles que Antoine, Bardou de Farceville, Chardon, Chopin, Cochu, D'Aihene, D'Hémery, La Bonne, Le Fevre, Noël, Paulain, Puffan, Puiffan, et le Baron de Wimpffen. Les abonnés de province incluent Alcock & Compagnie, le Chevalier de Barrey, Batlematon l'aîné, le Comte de Beaufort, Blachere, de Boillelet, Cannac, Champdoré, Comcy de, Courrejolles, la Marquise de Crescia, Dupin, Geoffroy de Vaudiere, Gros, Hébert, de La Baupaumerie, Laporte, Le Baron l'aîné, Le Roux, le Marquis de L'Escouër, Madame Lobreau, de May, Portalis, Portally, Rannon, de Saint-Vast, et le Comte de Turin. Les abonnements peuvent être souscrits auprès de M. LUTTON, greffier au Parlement, rue Sainte Anne, Butte S. Roch, au Bureau du Mercure de France.
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12590
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Ode sur la mort de M. Racine. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN Prose.
ARTICLE PREMIER.
ODE fur DE fur la mort de M. Racine.
ÉPITAPHE d'une jolie Enfant de 4 ans &
demi.
VERS à Mile L. P.
VERS à Mile Camille.
LES Péris & les Néris , Conte.
Page 5
ΤΟ
II
13
14
38
39
ibid.
40
VERS à M. l'Evêque d'Orléans , par M.
Ygou.
DIANE & Endimion.
MADRIGAL.
AUTRE Madrigal.
4I VERS à M. le Marquis d'Entragues , &c.
ÉTRENNES à Madame la Marquile de Pr... ibid.
RÉFLEXIONS fur les Hommes , par Madame
D***
LETTRE à M. De la Place , fur les Priviléges
des Dames de Beauvais.
QUATRIEME Lettre d'une jeune Étrangère
fur les Modes & Usages de France.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
42
44
46
50 & SI
51 &52
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , Auteur du Mercure
, fur l'éloge de Sully par M. Thomas . 53
LETTRE à l'Auteur du Mercure . 66
JANVIER. 1764.
275
LETTRE fur un Auteur du 17. Siécle , par
M. de Maffac , &c.
ELOGE de Maximilien de Béthune , Duc de
Sully , & c. par Mile Mazarelli.
HISTOIRE des Loix &Ufages de la Lorraine
& du Barrois , par M. François - Timothée
Thibault.
INTRODUCTION à la Science des Médailles ,
&c , par Dom Thomas Mangeart.
LETTRE à M. de la Piace , fur M. le Préfident
de Montefquieu .
A l'Auteur du Mercure , fur deux Médailles.
70
78
90.
94
99
100
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETtres.
GEOMÉTRIE.
LETTRE à M. de la Place.
ASTRONOMIB.
NOUVEAUX Cadrans folaires qu'on peut
orienter fans le fecours de la Bouffole.
MÉDECINE.
102
104
TOPIQUE pour détourner la Goute.
blimé corroſif.
OBSERVATION fur les mauvais effets du Su-
109
108
RECHERCHES hiftoriques, &c. Par M. D. R. 113
OBSERVATIONS fur le Ver folitaire.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ANNONCES de Livres.
140
157 & fuiv.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
167
169
216 MERCURE DE FRANCE.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles. 171
SPECTACLES de Paris , Opéra. 175
LETTRE de l'Auteur de l'Almanach des Théâtres
à M. Dela Garde. 177
COMÉDIE Françoife. 181
COMÉDIE Italienne. 182
ART. VI. Nouvelles Politiques. 191
AVIS, 296
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN Prose.
ARTICLE PREMIER.
ODE fur DE fur la mort de M. Racine.
ÉPITAPHE d'une jolie Enfant de 4 ans &
demi.
VERS à Mile L. P.
VERS à Mile Camille.
LES Péris & les Néris , Conte.
Page 5
ΤΟ
II
13
14
38
39
ibid.
40
VERS à M. l'Evêque d'Orléans , par M.
Ygou.
DIANE & Endimion.
MADRIGAL.
AUTRE Madrigal.
4I VERS à M. le Marquis d'Entragues , &c.
ÉTRENNES à Madame la Marquile de Pr... ibid.
RÉFLEXIONS fur les Hommes , par Madame
D***
LETTRE à M. De la Place , fur les Priviléges
des Dames de Beauvais.
QUATRIEME Lettre d'une jeune Étrangère
fur les Modes & Usages de France.
ENIGMES.
LOGOGRYPHES.
CHANSON.
42
44
46
50 & SI
51 &52
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
LETTRE à M. de la Place , Auteur du Mercure
, fur l'éloge de Sully par M. Thomas . 53
LETTRE à l'Auteur du Mercure . 66
JANVIER. 1764.
275
LETTRE fur un Auteur du 17. Siécle , par
M. de Maffac , &c.
ELOGE de Maximilien de Béthune , Duc de
Sully , & c. par Mile Mazarelli.
HISTOIRE des Loix &Ufages de la Lorraine
& du Barrois , par M. François - Timothée
Thibault.
INTRODUCTION à la Science des Médailles ,
&c , par Dom Thomas Mangeart.
LETTRE à M. de la Piace , fur M. le Préfident
de Montefquieu .
A l'Auteur du Mercure , fur deux Médailles.
70
78
90.
94
99
100
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETtres.
GEOMÉTRIE.
LETTRE à M. de la Place.
ASTRONOMIB.
NOUVEAUX Cadrans folaires qu'on peut
orienter fans le fecours de la Bouffole.
MÉDECINE.
102
104
TOPIQUE pour détourner la Goute.
blimé corroſif.
OBSERVATION fur les mauvais effets du Su-
109
108
RECHERCHES hiftoriques, &c. Par M. D. R. 113
OBSERVATIONS fur le Ver folitaire.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ANNONCES de Livres.
140
157 & fuiv.
ART. IV . BEAUX - ARTS .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
167
169
216 MERCURE DE FRANCE.
ART. V. SPECTACLES.
SPECTACLES de la Cour à Versailles. 171
SPECTACLES de Paris , Opéra. 175
LETTRE de l'Auteur de l'Almanach des Théâtres
à M. Dela Garde. 177
COMÉDIE Françoife. 181
COMÉDIE Italienne. 182
ART. VI. Nouvelles Politiques. 191
AVIS, 296
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'article premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des odes, épitaphes, contes, madrigaux, réflexions, lettres, énigmes, logogryphes et chansons. L'article II contient des nouvelles littéraires, telles que des lettres et des éloges, notamment sur Sully et Maximilien de Béthune, ainsi que des ouvrages historiques et scientifiques. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur la géométrie, l'astronomie, la médecine et des recherches historiques. L'article IV traite des beaux-arts, incluant la gravure et la musique. L'article V se concentre sur les spectacles, détaillant les spectacles de la cour à Versailles, les spectacles de Paris, et les comédies françaises et italiennes. Enfin, l'article VI présente des nouvelles politiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12591
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY
rue & vis-à- vis la Comédie Françoife.
rue & vis-à- vis la Comédie Françoife.
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12592
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Mots clefs :
Mercure, Volumes, Bureau
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure est chez M.
Lutton , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
duMercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnantt , que 24 livres pour feize volumes
,à raiſon de 30 fols pièce.
Les perſonnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la poſte
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront d'autres voies que
laPofte pour le faire venir , & qui prendront
les frais du portfur leur compte
, ne payeront comme à Paris , qu'à
raison de 30 fols par volume , c'est-àdire
, 24 liv . d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
A ij
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire vemir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les personnes des provinces
d'envoyer par la poſte , en payani
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, resteront au rebut.
On prieles personnes qui envoyent
des Livres , Estampes & Musique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préſent cent trois vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
fe trouve à la fin du ſoixante-douziéme.
LE Bureau du Mercure est chez M.
Lutton , Avocat , Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie littéraire
, à M. DE LA PLACE , Auteur
duMercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnantt , que 24 livres pour feize volumes
,à raiſon de 30 fols pièce.
Les perſonnes de province auſquelles
on enverra le Mercure par la poſte
payeront pour ſeize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les recevront
francs de port.
Celles qui auront d'autres voies que
laPofte pour le faire venir , & qui prendront
les frais du portfur leur compte
, ne payeront comme à Paris , qu'à
raison de 30 fols par volume , c'est-àdire
, 24 liv . d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
A ij
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire vemir
le Mercure , écriront à l'adreſſe cideffus.
On fupplie les personnes des provinces
d'envoyer par la poſte , en payani
le droit , leurs ordres , afin que le payement
en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affranchis
, resteront au rebut.
On prieles personnes qui envoyent
des Livres , Estampes & Musique à annoncer
, d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format , le nombre
de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a jufqu'à
préſent cent trois vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
fe trouve à la fin du ſoixante-douziéme.
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12593
p. 5-6
LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
Début :
ON SE PLAINT tous les jours, Monsieur, des progrès que fait l'esprit de [...]
Mots clefs :
Frivolité, République romaine, Annales, Cicéron
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure.
LETTRE à M. DE LAPLACE,
Auteur du Mercure.
N SE PLAINT tous les jours , Monfieur
, des progrès que fait l'eſprit de
frivolité chez la Nation Françoiſe. En
réfléchiffant ſur les cauſes de la décadence
du goût , j'ai cru la trouver
dans l'oubli prèſque total des grands modèles.
Les Ecrivains célébres de l'ancienne
Rome , relégués dans la pouffière des
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE .
Ecoles , ſemblent faits poury reſter inconnus
: la lecture de leurs Ouvrages
éffraye ; on croiroit être ſuſpect de pédanterie
pour peu que l'on fût ſoupçonné
d'être en commerce avec ces illuftres
morts. Vous avez trop de lumières , Monfieur
, pour ne pas ſentir combien laRépublique
des Lettres y gagneroit , fi nous
abjurions une pareille façon de penſer.
Mon avis ne ſçauroit faire loi ; puiſſe au
moins mon éxemple être ſuivi par des Littérateurs
plus habiles. Les Plaidoyers de
Ciceron font regardés comme autantd'époques
dans les Annales de la République
Romaine. J'ai formé le deſſein d'en
donner l'Histoire au Public. En voici un
éſſai : fi vous en faites uſage , il ſera ſuivi
des Catilinaires , &c . &c. &c .
J'ai l'honneur d'être , &c .
Auteur du Mercure.
N SE PLAINT tous les jours , Monfieur
, des progrès que fait l'eſprit de
frivolité chez la Nation Françoiſe. En
réfléchiffant ſur les cauſes de la décadence
du goût , j'ai cru la trouver
dans l'oubli prèſque total des grands modèles.
Les Ecrivains célébres de l'ancienne
Rome , relégués dans la pouffière des
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE .
Ecoles , ſemblent faits poury reſter inconnus
: la lecture de leurs Ouvrages
éffraye ; on croiroit être ſuſpect de pédanterie
pour peu que l'on fût ſoupçonné
d'être en commerce avec ces illuftres
morts. Vous avez trop de lumières , Monfieur
, pour ne pas ſentir combien laRépublique
des Lettres y gagneroit , fi nous
abjurions une pareille façon de penſer.
Mon avis ne ſçauroit faire loi ; puiſſe au
moins mon éxemple être ſuivi par des Littérateurs
plus habiles. Les Plaidoyers de
Ciceron font regardés comme autantd'époques
dans les Annales de la République
Romaine. J'ai formé le deſſein d'en
donner l'Histoire au Public. En voici un
éſſai : fi vous en faites uſage , il ſera ſuivi
des Catilinaires , &c . &c. &c .
J'ai l'honneur d'être , &c .
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12594
p. 6-9
HISTOIRE du Discours prononcé par M. T. CICERON, en faveur du Poëte ARCHIAS.
Début :
UNE coutume assez ordinaire aux Orateurs du Barreau, c'est de faire l'éloge de [...]
Mots clefs :
Cicéron, Poète Archias, Mérite, Poète, Titre, Maître
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE du Discours prononcé par M. T. CICERON, en faveur du Poëte ARCHIAS.
HISTOIRE du Discours prononcépar
M. T. CICERON , enfaveur du Poëte
ARCHIAS.
UNE coutume aſſez ordinaire aux Orateurs
du Barreau , c'eſt de faire l'éloge de
ceux pour qui ils parlent ; c'eſt un moyen
de plus d'intéreſſer les Juges en leur faveur.
Quoique Ciceron ait uſé de cette
eſpèce de privilége , en plaidant laCauſe
FEVRIER. 1764. 7
du Poëte Archias , les louanges qu'il
prodigue à cet homme célébre ne doivent
point paroître ſuſpectes. Les Ouvrages
de ce génie diſtingué , malheureufement
perdus pour la poſtérité , firent
dans leur temps les délices de tout ce
qu'il y avoit de gens éclairés à Rome.
Le titre du Diſcours de Ciceron porte
qu'il fut prononcé pour défendre la cauſe
du Poëte Archias. Cette épithète ſemble
avoir fait tort à ſes autres qualités. Perfonne
ne lui conteſte ſon mérite en Poëfre
; mais on veut qu'il n'en ait eu que
dans ce genre. Outre qu'il étoit bon
Poëte , il fut cependant encore profond
Mathématicien , Hiſtorien fincère & impartial
, Ecrivain élégant & délicat. Aces
traits d'un mérite peu commun , il joignoit
les qualités du coeur les plus eſtimables.
Philoſophe ami de l'humanité , il ne
fitcasde ſes talens , qu'autant qu'ilput en
faire jouir ſes ſemblables. Il préſida à l'éducation
des Citoyens des meilleures
Maiſons de la République ; & , ce qui
eſt bien rare , prèſque tous ſes élèves
lui firent honneur. Ciceron fut de ce
nombre. C'eſt un problême que je laiſſe
à réfoudre , lequel fut le plus heureux ,
ou le Maître d'avoir eu un tel Diſciple ,
ou le Difciple d'avoir été formé par un
tel Maître ? Aiv
Voici ce qui donna occafion à ce dernier
de compoſer & de prononcer le
Difcours dont il eſt queſtion .
A. Licinius Archias étoit d'Antioche .
Il vint à Rome l'an 648 de ſa fondation .
Treize ans après , c'est-à-dire , l'an 661 ,
on lui donna le droit de Bourgeoifie
Romaine. La République étoit alors
dans ſes beaux jours , & le titre de Citoye.
nRomain honoroit juſqu'aux Souverains.
Une distinction fi flateuſe étoit
bien dûe au mérite de notre Philoſophe .
La Ville d'Héraclée , quelque temps auparavant,
s'étoit empreſſée de rendre
juſtice au mérite , en le faiſant inſcrire
fur le tableau de ſes Citoyens. Il jouit
en paix de tous ces avantages pendant
l'eſpace de vingt-huit ans ; reçu dans les
meilleures ſociétés dont il faiſoit l'ornement
par l'agrément de ſon commerce ,
recherché des Sçavans qu'il éclairoit ,
chéri du Public dont ſes Ouvrages faifoient
les délices , ſes jours ſe paſſoient
dans cette tranquillité philoſophique qui
fait le charme de la vie d'un Sage. Un
certain Grætius, jaloux ſans doute de voir
jouir Archias d'un bonheur ſans mêlange
,& plus encore peut-être de fon mérite
perſonnel,s'aviſa, ſur je ne ſçais quel fondement
, de lui diſputer le titre de Citoyen
Romain , & les prérogatives qui
1704. 9
y étoient attachées. Ciceron ſaiſit avec
empreſſement cette occafion de marquer
fa reconnoiſſance à fon ancien Maître .
Le diſcours qu'il prononça , & dont l'éloquence
victorieuſe triompha des lâches
artifices de ſon adverſaire , a été regardé
par tous les Gens de Lettres comme un
chef d'oeuvre d'éloquence & de délicarefſfe.
Les âmes ſenſibles , & c'eſt ce qui
en fait le plus bel éloge , les âmes fenfibles
yont vu quelque choſe de plus : um
monument élevé à la gloire de leur vertu
favorite. Par M. D.F.
M. T. CICERON , enfaveur du Poëte
ARCHIAS.
UNE coutume aſſez ordinaire aux Orateurs
du Barreau , c'eſt de faire l'éloge de
ceux pour qui ils parlent ; c'eſt un moyen
de plus d'intéreſſer les Juges en leur faveur.
Quoique Ciceron ait uſé de cette
eſpèce de privilége , en plaidant laCauſe
FEVRIER. 1764. 7
du Poëte Archias , les louanges qu'il
prodigue à cet homme célébre ne doivent
point paroître ſuſpectes. Les Ouvrages
de ce génie diſtingué , malheureufement
perdus pour la poſtérité , firent
dans leur temps les délices de tout ce
qu'il y avoit de gens éclairés à Rome.
Le titre du Diſcours de Ciceron porte
qu'il fut prononcé pour défendre la cauſe
du Poëte Archias. Cette épithète ſemble
avoir fait tort à ſes autres qualités. Perfonne
ne lui conteſte ſon mérite en Poëfre
; mais on veut qu'il n'en ait eu que
dans ce genre. Outre qu'il étoit bon
Poëte , il fut cependant encore profond
Mathématicien , Hiſtorien fincère & impartial
, Ecrivain élégant & délicat. Aces
traits d'un mérite peu commun , il joignoit
les qualités du coeur les plus eſtimables.
Philoſophe ami de l'humanité , il ne
fitcasde ſes talens , qu'autant qu'ilput en
faire jouir ſes ſemblables. Il préſida à l'éducation
des Citoyens des meilleures
Maiſons de la République ; & , ce qui
eſt bien rare , prèſque tous ſes élèves
lui firent honneur. Ciceron fut de ce
nombre. C'eſt un problême que je laiſſe
à réfoudre , lequel fut le plus heureux ,
ou le Maître d'avoir eu un tel Diſciple ,
ou le Difciple d'avoir été formé par un
tel Maître ? Aiv
Voici ce qui donna occafion à ce dernier
de compoſer & de prononcer le
Difcours dont il eſt queſtion .
A. Licinius Archias étoit d'Antioche .
Il vint à Rome l'an 648 de ſa fondation .
Treize ans après , c'est-à-dire , l'an 661 ,
on lui donna le droit de Bourgeoifie
Romaine. La République étoit alors
dans ſes beaux jours , & le titre de Citoye.
nRomain honoroit juſqu'aux Souverains.
Une distinction fi flateuſe étoit
bien dûe au mérite de notre Philoſophe .
La Ville d'Héraclée , quelque temps auparavant,
s'étoit empreſſée de rendre
juſtice au mérite , en le faiſant inſcrire
fur le tableau de ſes Citoyens. Il jouit
en paix de tous ces avantages pendant
l'eſpace de vingt-huit ans ; reçu dans les
meilleures ſociétés dont il faiſoit l'ornement
par l'agrément de ſon commerce ,
recherché des Sçavans qu'il éclairoit ,
chéri du Public dont ſes Ouvrages faifoient
les délices , ſes jours ſe paſſoient
dans cette tranquillité philoſophique qui
fait le charme de la vie d'un Sage. Un
certain Grætius, jaloux ſans doute de voir
jouir Archias d'un bonheur ſans mêlange
,& plus encore peut-être de fon mérite
perſonnel,s'aviſa, ſur je ne ſçais quel fondement
, de lui diſputer le titre de Citoyen
Romain , & les prérogatives qui
1704. 9
y étoient attachées. Ciceron ſaiſit avec
empreſſement cette occafion de marquer
fa reconnoiſſance à fon ancien Maître .
Le diſcours qu'il prononça , & dont l'éloquence
victorieuſe triompha des lâches
artifices de ſon adverſaire , a été regardé
par tous les Gens de Lettres comme un
chef d'oeuvre d'éloquence & de délicarefſfe.
Les âmes ſenſibles , & c'eſt ce qui
en fait le plus bel éloge , les âmes fenfibles
yont vu quelque choſe de plus : um
monument élevé à la gloire de leur vertu
favorite. Par M. D.F.
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12595
p. 11-15
LETTRE mêlée de Vers & de Prose, à M. VERNET, Peintre du ROI.
Début :
VOUS ne vous douteriez jamais, mon cher & illustre ami, des étrènnes que [...]
Mots clefs :
Temps, Mot, Claude Joseph Vernet, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE mêlée de Vers & de Prose, à M. VERNET, Peintre du ROI.
LETTRE mêlée de Vers & de Profe , à
M. VERNET , Peintre du Ro1.
Vous ne vous douteriez jamais ,mon
cher & illuftre ami , des étrènnes que
je vous deſtine. C'eſt mon rêve de la
nuit dernière , oui mon rêve ! &
quelque précieux que foient vos momens
, vous en employerez quelquesuns
à l'écouter. Il m'eſt arrivé enfin ce
que je defirois depuis longtemps. Grace
au fommeil , j'ai franchi cette nuit
l'eſpace qui me ſéparoit de vous , & je
me fuis vû dans votre attelier. A côté
de moi étoit un artiſte célébree , debout,
A vj
?
II
12 MERCURE DE FRANCE .
immobile , la vue fortement attachée
fur vos ouvrages , & dans la vraie attitude
d'un contemplatif. Ses yeux fuivoient
de temps en temps les mouvemens
de votre pinceau , & l'inſtant d'après
il retomboit dans la méditation la
plus profonde. Revenu enfin de cette extaſe
, » J'ai vû quantité de belles choſes ,
>>>a- t - il dit ; mais elles n'étoient point
>> un myſtère pour moi. Si je ne puis en
>> faire autant , je ſçais du moins com-
>>ment on y peut parvenir : mais à l'é-
>> gard de ces tableaux , j'ignore abſo-
>> lument par quelle magie on arrive à
>> ce degréde vérité. « * Vous n'êtes pas
un homme morbleu , a-t- il. continué
vivement en vous adreſſant la parole ;
vous êtes le Diable , ou vous avez fait
un pacte avec lui. Cette incartade vous a
fait rire ; pour moi je l'ai priſe fort ſerieuſement
, & je me fuis rangé de
fon parti de la meilleure foi du monde;
car enfin , vous diſois-je , autant que
je puis me le rappeller :
*
Sans quelque peu de diablerie,
Comment expliquer , je vous prie ,
C'est l'éloge qu'un Artiſte distingué afait des
Tableaux de M. Vernet au dernier Sallon, Ann..
Litt. t. 6. p. 15. 1763 .
FEVRIER. 1764.
Certe trompeuſe profondeur
Sur la toile la plus unie ,
Cesfigures dont la rondeur
Au ciſeau pourroit faire envie
Ces traits vivans , ce coloris
Qui n'étoient que dans la nature ,
Avant qu'ils ſe viſſent tranfmis
Dansvotre magique peinture ?
Vous avez , lauf meilleur avis ,
Fort bien fait de prendre naiſſance
Dans un temps comme celui- ci ;
Car au fiécle de Goffredi *,
Notre Parlement de Provence
Vous eût fait un mauvais parti.
Vous auriez pu par aventure
Finir vos jours par la brûlure ,
Comme ce pauvre preſtolet ;
Et votre procès , je vous jure ,
Vous eût même été plutôt fait.
Car, être l'allié du Diable ,
Auroit dit quelque homme capable
Parmi la Gent porte-rabat ;
Est-ce par la métempſycoſe
Entrer au corps de quelque chat ?
Vieilleerreur ! c'eſt tout autre choſe.
Fai lû dans de vieux Almanachs
Qui dévoiloient tous les myſtères
* Louis Goffredy brûlé à Aix pour crime.
Magie en 1611.
14 MERCURE DE FRANCE.
Des gens qui hantent les fabbats ,
Que les plus habiles Sorcières
Prenoient quelquefois leurs ébats
A faire le beau-temps , l'orage ,
Couvrir l'air d'un ſombre nuage ,
Arracher la lune des Cieux ,
Bâtir des maiſons enchantées ,
Elever monts , creuſer vallées ,
A faire enfin mille autres jeux
Peu chrétiens , mais fort curieux.
Vernet depuis maintes années ,
En fait autant ; dans le beſoin
Je pourrois ſervir de témoin.
D'un coup de baguette puiſſante ,
J'ai vu , j'en donne mon ferment ,
J'ai vu la Lune obéiſſante
Deſcendre en ſon appartement.
J'ai vu les Airs , le Firmament ,
Les flots de la mer , le rivage ,
Toutes les horreurs d'un naufrage
Eclore à ſon commandement.
Sorgeant à cet affreux orage ,
Je friſſonne encor de terreur ,
Et je partage la douleur
De ces pauvres gens dont l'image
Reſtera longtemps dans mon coeur.
Hélas ! leur horrible malheur
N'étoit que l'effet de la rage
De ce déteſtable Enchanteur.
FEVRIER 1764 .
'omets mille & mille autres choſes
Plus ſurprenantes à nos yeux
Quetoutes les métamorphoſes
De nos Sorciers les plus fameux.
Partant l'avis que je propoſe
En juge équitable & chrétien ,
C'eſt , Meſſieurs, quoiqu'il nous oppoſe
Pour nous prouver qu'il n'en eſt rien ,
Qu'on le brûle: il eſt Magicien.
Vous fentez bien que fur cette éloquente
harangue , on auroit opiné au
feu du Bonnet. Et voilà à quoi auroient
abouti alors ces mêmes talens qui vous
attirent aujourd'hui l'admiration des
Peuples & des Rois. Toute choſe a fon
temps , dit le Sage. Aujourd'hui c'eſt le
régne des beaux Tableaux; autrefois
c'étoit celui des méchans Vers. Du
temps de feu Cotin j'aurois été de l'Académie
Françoiſe. Heureuſement pour
vous&malheureuſement pour moi,tout
eft rentré dans l'ordre. Je fuis ,&c.
M. VERNET , Peintre du Ro1.
Vous ne vous douteriez jamais ,mon
cher & illuftre ami , des étrènnes que
je vous deſtine. C'eſt mon rêve de la
nuit dernière , oui mon rêve ! &
quelque précieux que foient vos momens
, vous en employerez quelquesuns
à l'écouter. Il m'eſt arrivé enfin ce
que je defirois depuis longtemps. Grace
au fommeil , j'ai franchi cette nuit
l'eſpace qui me ſéparoit de vous , & je
me fuis vû dans votre attelier. A côté
de moi étoit un artiſte célébree , debout,
A vj
?
II
12 MERCURE DE FRANCE .
immobile , la vue fortement attachée
fur vos ouvrages , & dans la vraie attitude
d'un contemplatif. Ses yeux fuivoient
de temps en temps les mouvemens
de votre pinceau , & l'inſtant d'après
il retomboit dans la méditation la
plus profonde. Revenu enfin de cette extaſe
, » J'ai vû quantité de belles choſes ,
>>>a- t - il dit ; mais elles n'étoient point
>> un myſtère pour moi. Si je ne puis en
>> faire autant , je ſçais du moins com-
>>ment on y peut parvenir : mais à l'é-
>> gard de ces tableaux , j'ignore abſo-
>> lument par quelle magie on arrive à
>> ce degréde vérité. « * Vous n'êtes pas
un homme morbleu , a-t- il. continué
vivement en vous adreſſant la parole ;
vous êtes le Diable , ou vous avez fait
un pacte avec lui. Cette incartade vous a
fait rire ; pour moi je l'ai priſe fort ſerieuſement
, & je me fuis rangé de
fon parti de la meilleure foi du monde;
car enfin , vous diſois-je , autant que
je puis me le rappeller :
*
Sans quelque peu de diablerie,
Comment expliquer , je vous prie ,
C'est l'éloge qu'un Artiſte distingué afait des
Tableaux de M. Vernet au dernier Sallon, Ann..
Litt. t. 6. p. 15. 1763 .
FEVRIER. 1764.
Certe trompeuſe profondeur
Sur la toile la plus unie ,
Cesfigures dont la rondeur
Au ciſeau pourroit faire envie
Ces traits vivans , ce coloris
Qui n'étoient que dans la nature ,
Avant qu'ils ſe viſſent tranfmis
Dansvotre magique peinture ?
Vous avez , lauf meilleur avis ,
Fort bien fait de prendre naiſſance
Dans un temps comme celui- ci ;
Car au fiécle de Goffredi *,
Notre Parlement de Provence
Vous eût fait un mauvais parti.
Vous auriez pu par aventure
Finir vos jours par la brûlure ,
Comme ce pauvre preſtolet ;
Et votre procès , je vous jure ,
Vous eût même été plutôt fait.
Car, être l'allié du Diable ,
Auroit dit quelque homme capable
Parmi la Gent porte-rabat ;
Est-ce par la métempſycoſe
Entrer au corps de quelque chat ?
Vieilleerreur ! c'eſt tout autre choſe.
Fai lû dans de vieux Almanachs
Qui dévoiloient tous les myſtères
* Louis Goffredy brûlé à Aix pour crime.
Magie en 1611.
14 MERCURE DE FRANCE.
Des gens qui hantent les fabbats ,
Que les plus habiles Sorcières
Prenoient quelquefois leurs ébats
A faire le beau-temps , l'orage ,
Couvrir l'air d'un ſombre nuage ,
Arracher la lune des Cieux ,
Bâtir des maiſons enchantées ,
Elever monts , creuſer vallées ,
A faire enfin mille autres jeux
Peu chrétiens , mais fort curieux.
Vernet depuis maintes années ,
En fait autant ; dans le beſoin
Je pourrois ſervir de témoin.
D'un coup de baguette puiſſante ,
J'ai vu , j'en donne mon ferment ,
J'ai vu la Lune obéiſſante
Deſcendre en ſon appartement.
J'ai vu les Airs , le Firmament ,
Les flots de la mer , le rivage ,
Toutes les horreurs d'un naufrage
Eclore à ſon commandement.
Sorgeant à cet affreux orage ,
Je friſſonne encor de terreur ,
Et je partage la douleur
De ces pauvres gens dont l'image
Reſtera longtemps dans mon coeur.
Hélas ! leur horrible malheur
N'étoit que l'effet de la rage
De ce déteſtable Enchanteur.
FEVRIER 1764 .
'omets mille & mille autres choſes
Plus ſurprenantes à nos yeux
Quetoutes les métamorphoſes
De nos Sorciers les plus fameux.
Partant l'avis que je propoſe
En juge équitable & chrétien ,
C'eſt , Meſſieurs, quoiqu'il nous oppoſe
Pour nous prouver qu'il n'en eſt rien ,
Qu'on le brûle: il eſt Magicien.
Vous fentez bien que fur cette éloquente
harangue , on auroit opiné au
feu du Bonnet. Et voilà à quoi auroient
abouti alors ces mêmes talens qui vous
attirent aujourd'hui l'admiration des
Peuples & des Rois. Toute choſe a fon
temps , dit le Sage. Aujourd'hui c'eſt le
régne des beaux Tableaux; autrefois
c'étoit celui des méchans Vers. Du
temps de feu Cotin j'aurois été de l'Académie
Françoiſe. Heureuſement pour
vous&malheureuſement pour moi,tout
eft rentré dans l'ordre. Je fuis ,&c.
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12596
p. 25-54
SUITE DES PÉRIS ET DES NÉRIS, Ou l'Amour comme on le méne. CONTE.
Début :
EN VÉRITÉ, disoit Alcindor à Zélinde, en traversant les airs, je regarde [...]
Mots clefs :
Alcindor, Zélinde, Amour, Jeune, Femmes, Néris, Péris, Femme, Maître, Nation, Lieu, Belle, Usage, Mot, Française, Espagnol, Mari, Jaloux, Jalousie, Recherches, Aimer, Français, Marquise , Croire, Maris, Gazettes, Liberté, Veuve, Savoir, Voyageurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES PÉRIS ET DES NÉRIS, Ou l'Amour comme on le méne. CONTE.
SUITE
DES
PÉRIS ET DES
NÉRIS ,
Ou
l'Amour
comme on le méne.
CONTE.
EN VÉRITÉ , diſoit Alcindor à Zelinde
, en traverſant les airs , je regarde
notre voyage comme une franche corvée
!C'eſtfaire trop d'honneur aux hom-
B
26 MERCURE DE FRANCE.
mes. Eſt-il à croire que nous trouvions
chez eux ce qui nous manque ? N'est-ce
pas à eux plutôt à ſe modéler fur nous ?
C'eſt ce qui ne leur arrive que trop fouvent
, reprit Zélinde , comme à nous de
prétendre égaler les plus fublimes Intelligences.
Que réſulte-t-il de cette double
ambition ? L'ennui pour nous & pour
eux. Il faut ſçavoir deſcendre à propos :
c'eſt la route que fuit prèſque toujours
le bonheur. Tout en philofophant ainsi ,
nos voyageurs ſe trouvèrent au centre
des vaſtes Etats du Mogol. Ils y firent
diverſes pauſes , & ne virent dans.certains
cantons , que ce qu'ils avoient déja
vu dans quelques autres : des Bonzes
qui ſéduiſoient de jeunes innocentes ,&
s'accordoient , on ne peut mieux , avec
celles qui n'avoient pas beſoin d'être ſéduites
: des femmes qui ſe brûloient fur
le corps d'un mari qu'elles avoient haï
& trompé ; des maris qui méritoient
toute l'averſion de leurs femmes , &
qu'on traitoit ſelon leur mérite. Plus
loin , de vaſtes Sérails remplis de belles
eſclaves ignorées, pour la plupart, de leur
Maître , & qui riſquoient de mourir fans
avoir fait ſa connoiſſance. Celles même..
quien jouiſſoient avoient prèſque auffi
ſouvent lieu de s'ennuyer que les preFEVRIER.
1764 . 27
mières. Un amour fi partagé mettoit
peu de différence entre l'état des unes &
des autres.
Alcindor & Zélinde jugèrent qu'il
étoit à propos de paſſer outre. Ils pénétrèrent
dans les Etats du Sophi de Perſe ,
&ſe rendirent à Iſpahan. Mais ils crurent
être encore une fois à la Chine ,
tantcertainsuſages leur parurent ſemblables
chez les deux Nations. A Iſpahan ,
comme à Pekin, l'union des deux ſéxes
eſt un véritablejeu de haſard. Un Perſan
époufe une femme comme unjoueur accepte
une carte , ſans ſçavoir ce qu'elle
vaut , ni de quelle couleur elle eſt . Il
arrive auſſi que l'une & l'autre eſt miſe à
l'écart dès qu'elle ſe trouve remplacée
par quelque choſe de mieux. Il eſt même
permis à un Perſan de chercher ce mieux
autant de fois qu'il eſpère le rencontrer :
privilége qu'il ſçait faire valoir dans toute
fon étendue.
Zélinde entra , ſans ſe laiſſer voir ,
dans une maiſon de noble apparence.
Elle en vit le Maître occupé à compter
une ſomme en or à une très -belle femme
, qui enſuite fut embraſſer , en verſant
quelques larmes , deux petits enfans
placés aux pieds d'une autre femme affife
elle-même dans un fauteuil magnifique.
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
Après quoi la première ſe proſternahumblement
devant la ſeconde , qui la congédia
d'un figne de tête.,Voilà , diſoit intérieurement
la Néris , voilà fans doute
une Eſclave qui prend congéde ſes Maîtres
& de leurs enfans. Mais bientôt elle
reconnoît que ces mêmes enfans font
ceux de cette Eſclave prétendue; que le
Maître de la maiſon a été ſon époux , &
n'a ceffé de l'être que parce que le bail
paffé entre eux eſt expiré. La Dame affife
étoit réellement la Dame en titre ,
celle que le mari ne peut répudier qu'après
certaines formalités : mais il peut la
négliger , & la néglige. En revanche ,
elle eft réputée la mère de tous les enfans
qu'il a de ſes rivales.
Tandis que Zélinde obſervoit toutes
ces chofes , Alcindor ne reſtoit pas oifif.
Il aborde une jeune Perſanne qui marchoit
à viſage découvert. Un eſclave la
devançoit en fonnant de la cimbale . Elle
étoit vêtue d'une robe de brocard d'argent
, affez courte pour laiſſer voir la
beauté de ſa jambe. Ses longs cheveux
étoient artiſtement relevés ſur ſa tête.
Une gaſe d'or ſervoit à les attacher , &
flottoit en partie au gré du vent. De riches
pierreries ornoient ſes oreilles :
des fleurs couvroient ſes bras. De plus ,
FEVRIER. 1764 . 29
elle étoit belle , & fembloit fort defirer
de le paroître. Alcindor entra dans ſes
vues , loua fes charmes , & ſe félicita de
ce qu'elle daignoit les rendre vifibles ,
en dépit de l'uſage. Point du tout , reprit-
elle , c'eſt l'usage qui me défend de
les cacher. J'ai acquis le droit de paroître
telle que je fuis , de parler comme je
penſe , d'agir comme je le ſouhaite. Bien
des femmes qui mépriſent moi & mes
ſemblables , feroient grand cas de nos
priviléges : mais il faut des talens pour
les acquérir & pour les conferver. Ces
talens , comme Alcindor l'apprit d'ellemême,
conſiſtoient fur- toutdans la Mufique&
la Danſe. Le Périsdemanda à la
Danfeufe , quels talens il falloit avoirauſſi
pour lui plaire. Mon nom vous le dira ,
répondit-elle : je m'appelle la Vingt tomans
* ; jamais on ne ſcut m'attendrir à
moins,&je m'attendris à proportion que
le nombre en augmente.
En parlant ainfi , la jeune Perfanne
continuoit de marcher , mais Alcindor
ceſſa de la ſuivre. Il rejoignit Zélinde
qui lui fit part de ce qu'elle avoit vû.
Elle ajouta que dans cette contrée les
hommes étoient trop abfolus. Et les
* Le toman eſt une Monnoie Perſanne qui équi--
vaut à nos Louis d'or de France.
B iij
30 MERCURE DE FRANCE .
femmes trop dociles , reprit Alcindor.
Voyons files unes & les autres différent
dans le reſte de l'Afie.
Ils eurent hou d'admirer les charmes
des Géorgiennes , des Circaſſiennes , des
Mingréliennes . On diroit que la beauté
ne ſe plaît que dans ces païs barbares ,
tant ſes dons s'y trouvent généralement
répandus. Une laide femme y paroît un
phénomène. Une femme délicate en eſt
un bien plus rare encore. Toutes ſe
croyent faites pour être vendues & non
pour ſe donner . Ce font de vrais meuble
de férail. Ces meubles ne font cependant
pas toujours neufs lorſqu'ils y
arrivent. C'eſt de quoi Alcindor pouvoit
s'inſtruire à fond , & ce qu'il négligea
de faire. Les femmes qui ont leurs
maris font encore moins circonſpectes ';
mais ces maris, quoiqu'Aſiatiques, font
peu jaloux. Une belle Mingrélienne s'étoit
enfermée avec Alcindor: il n'avoit
fur elle aucun deſſein qui éxigeât cette
précaution. Le mari ſurvient & ne
la croit pas inutile. Tu ne peux t'en
défendre , dit-il au voyageur ,le cochon
m'eſt dû : c'eſt l'amende qu'on paye en
pareil cas . Je conſens même à le manger
avec toi. Il eſt inutile d'ajouter qu'Alcindor
difparut fans rien répondre , & que
FEVRIER. 1764. 31
Zelinde& lui continuerent leur voyage.
De pauſe en pauſe ils arrivent à Conftantinople.
Son étendue leur fait éſperer
d'heureuſes découvertes , des uſages qui
lui foient propres. Ils font bien-tôt détrompés.
Ils n'y apperçoivent que ce
qu'ils ont déja vû ailleurs ; une jaloufie
affreuſe dans les hommes , une ſervile
obeiſſance dens les femmes ; peu d'Amour
de part & d'autre . Un Turc entre
dans ſon Sérail. Aucun objet déterminé
ne l'occupe. U eſt ſans paffion , ſouvent
même ſans deſirs. Une troupe d'Eſclaves
s'empreſſe de les faire naître , & n'éprouve
elle-même que des beſoins. Zélinde
, qui ſans être vue voyoit toutes
ces chofes , en conclut que l'Amour
à la Turque feroit peu du goût des Néris.
Pour Alcindor , il fut moins prompt à
fe décider. Peut- être , diſoit-il en lui
même , le beſoin d'aimer , & la difficul
té d'avoir des Amans , réduiſent-ils une
femme Turque à chérir ſon mari. Il en
vit une qui prodiguoit au ſien toutes
les marques extérieures de la plus vive
tendreſſe. L'un & l'autre fortirent pour
pour ſe rendre à la Moſquée , & Alcindor
les ſuivit. La belle Turque étoit
voilée , ſelon l'uſage inventé par la
jaloufie : mais il exiſte un autre uſage
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
peu favorable aux jaloux ; c'eſt que le
voile & l'habit des femmes font ordinairement
les mêmes pour la forme &
la couleur. De forte qu'un mari qui perd
un inſtant de vue ſa femme , riſque de
ne la pouvoir plus diftinguer parmi les
autres. C'eſt de quoiAlcindor fut témoin.
Le couple qu'il avoit ſuivi ſe ſépara dans
la Moſquée , lieu où les deux ſexes n'ont
pas la liberté d'être confondus. Le mari
de la belle Ottomane ſe poſta vis-à- vis
d'elle . Alcindor , toujours inviſible , ſe
plaça tout à côté. Il la vit , au bout de
quelques inftans , ſe mêler parmi ſes
voiſines , s'éloigner de plus en plus , &
enfin diſparoître entièrement. On préfume
bien qu'il la ſuivit. La traite ne
fut pas longue ; elle entra dans une mai-
Yon tierce où un jeune Turc l'avoit devancée.
Leur abord indiquoit aſſez bien
le motif de leur entrevue , & Alcindorn'eut
pas beſoin de faire uſage de toute
ſon intelligence pour prévoir quelles
en ſeroient les ſuites. Il ſortit , perfuadé
que les précautions inventées par
la jalouſie des Aſiatiques , n'étoient éfficaces
que contre eux-mêmes.
Zélinde & lui mirent en queſtion s'ils
viſiteroient l'Europe où ils avoient déja
mis le pied , ou s'ils donneroient la préFEVRIER.
1764 . 33
férence à l'Afrique. La Néris opina pour
le ſecond parti , & Alcindor fit ce qu'elle
voulut. Ils en prirent occafion de vifiter
l'Arabie & l'Egypte , qu'ils n'avoient fait
que cotoyer. Ni l'un , ni l'autre pays ne
borna leurs recherches . C'étoit une répétition
de ce qu'ils avoient vu & blamé
ailleurs. La brûlante Ethiopie offrit
à leurs yeux un Peuple immenſe. L'extrême
chaleur du climat influoit également
ſur les deux ſéxes ; ils lui devoient
tout le penchant qui les attiroit l'ün vers:
l'autre ; & ce penchant n'étoit que matériel.
Ce fut encore pis à mesure que
nos voyageurs avancèrent. Parvenusau
centre de la Guinée , ce qu'ils avoient
vu ne leur parut que l'ombre de ce qu'ils
voyoient: Alcindor prit plaifir à écouter
l'entretien d'un jeune homme & d'une
jeune fille de Congo. Ils se connoiffoient
àpeine : ce qui n'empêcha pas le jeune
Africain de débuter ainſi: Silava in
quinté, je te ſalue , ma femme. Elle ré--
pondit fur le champ. Silava moïné , je ter
ſalue , Maître. Gay zoleze minou , pour
fuivit- il , m'aimes-tu bien ? Gayté moi
nézolezé béné , reprit- elle , oui , Maître ,
je t'aime bien: Le jeune homme porta
beaucoupplus loin ſes queſtions , & elle
y fit cette docile réponſe : Ninga moï-
Bv
34 MERCURE DE FRANCE .
né, oui , Maître. Alors elle ſe mit à genou
en battant des mains , & s'écriant
par trois fois , Silava moïné , je te ſalue ,
Maître. A quoi il répondit , en remuant
tous les doigts , calam bom botté , cela eft
bon . Enfuite , il lui donna ſa main noire
à baifer. Ce qu'elle fit avec autant de joie
que d'empreſſement. Enfuite lui-même
la prit ſous le bras , & la conduiſit en un
lieu plus commode pour achever l'entretien.
A quelques pas plus loin , le couple
voyageur fit rencontre d'une jeune Africaine
, qu'on n'eût pas priſe pour telle à
ſa couleur. Toute ſa perſonne étoit couverte
d'une pommade rouge , faite avec
de l'huile de palme , & du bois de toucoula.
Que fignifie cet ornement , lui
demanda Zélinde ? Que j'ai l'honneur
d'avoir caffé calbaſſe , répondit - elle ;
konneur le plus grand qui puiſſe arriver
à une fille parmi nous. Cette couleur
doit tomber d'elle-même , & juſqu'a ce
qu'elle m'ait entièrement quittée , je ne
dois prendre part à aucun travail ; je ne
dois m'occuper que du plaifir. Eh quelles
feront les ſuites de tout cela , demanda
encore la Néris ? D'être vendue , reprit
l'Africaine , par celui qui m'aura époufée
, & qui épouſera vingt femmes pour
avoir l'avantage de les vendre,
FEVRIER. 1764. 35
Zelinde n'en voulut pas ſçavoir davanrage
, & Alcindor en ſavoit déja trop.
Ils continuerent à faire le tour de l'Afrique
& arriverent chez les Caffres ,
nation qui n'en mérite guères mieux le
tître que ces troupes de Bêtes féroces fi
communes dans cette partie du Monde,
Le nom même de l'Amour est ignoré
chez ce Peuple barbare. Une même
cabane raſſemble durant la nuit toute
une Tribu. Le brutalité y trouve amplement
à ſe fatisfaire , ne s'y refuſe rien ,
n'y eſt jamais contredite. Là , nulle diftinction
, nul choix , nul reſpect pour
les noeuds du ſang , nul ſouvenir des
liens de la Veille.... Alcindor& Zélinde
détournerent leurs yeux de cet affreux
Tableau. Ce qu'ils virent , en avançant
toujours , ne leur parut guères moins
révoltant. Ils furent un peu plus fatisfaits
de la Barbarie , contrée qui , malgré
fon nom , est vraiment le païs policé
de l'Afrique. Mais ils n'y retrouverent
que les moeurs Arabes & Turques , &
dès - lors n'y trouverent pas ce qu'ils
cherchoient. Ils prirent donc le parti de
viſiter l'Europe ; ce qu'ils regardoient ,
à-peu-près , comme un parti déféſperé.
L'Eſpagne ſembloit s'offrir d'elle même
à leurs recherches. L'Italie n'étoit
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
guères moins à leur portée. Ils aimerent
mieux débuter par le Nord. Mais bientôt
ils s'apperçurent que , ſi. Vénus étoit
née dans l'eau , les Amours jouoient
rarement ſur la glace. On eſt , à coup
fûr , plus tendre dans un boſquet fleuri
qu'au pied d'une montagne de neige.
Alcindor & Zélinde s'avancerent au
centre de l'Allemagne. Les coeurs s'y
adoucifſoient en raiſon du climat. Toutefois
, les hommes parurent à la Néris
tenir encore des Germains leurs aïeux ,
nation plus guerrière que galante. Les
femmes elles-mêmes parurent aux yeux
du Péris , être en général plutôt foibles
que tendres. Dailleurs , dans ce païs
l'Amour ne ſçait point déroger. Un
noble ne peut s'y réfoudre à aimer une
Plébéienne. Il faut pour le ſéduire au
moins ſeize quartiers. Il enviſage moins
les attraits de ſa Maîtreffe que l'antiquité
de ſes parchemins. En un mot , l'Amour
au lieu de carquois & de flambeau
, porte un Magazin d'Ecuffons&
des Arbres Généalogiques.
Alcindor & Zélinde mirent en quef
tion la route qu'ils devoient tenir. Tout
endifputant , ils ſe trouverent aux fronrieres
d'Italie. Il faut, dit la Néris, hazarder
quelques recherches dans cette Con
FEVRIER. 1764. 37
trée. Hé bien ! dit Alcindor , d'un ton
qui marquoit peu d'eſpérance , voyons
ce qui en arrivera. Ils s'avancerent jufques
dans cette ville qui fut autrefois
la Capitale du Monde.
9.
Les veſtiges de fon ancienne grandeur
occupoient les regards d'une foule
d'Etrangers. Nos voyageurs n'y firent
aucune attention. Ils n'avoient qu'un
objet , ils ne le perdoient pas un inſtant
de vue. Mais le remplir c'étoit là le
point vraiment difficile , & Rome ne
leur parut pas devoir abréger ces difficultés.
Aux Temples près , ils ſe crurent
au ſein d'une Ville d'Afie. Les femmes
n'y fortent que voilées , fortent rarement
& plus rarement encore ſont
viſitées chez elles . En un mot, la jaloufie
des Romains modernes égale celle des
Afiatiques de tous les tems. Alcindor
apprit même qu'elle avoit recours àdes
éxpédiens dont les plus jaloux d'entre
les Orientaux rougiroientde faire uſage.
Ah quelle horreur ! s'écrioit Zélindes
Au moins , diſoit Alcindor , s'il n'eſt
guères poffible qu'on les aime , il ne
l'eſt pas plus qu'on les trompe. A peine
il achevoit ces mots qu'une Duègne
ſeptuagénaire lui fait figne d'une certaine
diſtance. Il s'approche , & elle l'exhorte
38 MERCURE DE FRANCE.
à metre à profit le bien que lui veut
une jeune Beauté qui vient de l'appercevoir
à travers de ſa jaloufie. Le Péris
demande qui peut être cette perſonne
obligeante ? C'eſt ma maîtreſſe , reprit
la vieille : l'inſtant eſt merveilleux à
ſaiſir. Notre jaloux eſt abſent & ſe repoſe
entierement ſur moi du ſoin de lui
garder un tréſor que vous méritez mieux
que lui . J'ai rempli d'abord ma charge
avec aſſez de rigueur ; mais je ſuis naturellement
bonne , & voici la vingtiéme
fois que je donne à ma maîtreſſe de
pareilles preuves de bonté. Alcindor admiroitla
bienfaiſance de l'une & de l'au
tre. Mais , pourſuivit-il ,n'éxiſte t- il pas
d'autres obſtacles ? Oh ! nous faurons
les lever , quels qu'ils foient , reprit la
Duégne : cen'est pas la première fois....
Un incidenttragique interrompit le difcours
de la vieille. Un Italien aborda
& poignarda furtivement certain François
qui avoit ſçu lever certains obſtacles.
Onne parut étonné ni du fait , ni de
lavengeance. L'affaffin eut le bonheur
de gagner un Temple voifin , & par
conféquent de ſe voir abſous.
Pour Alcindor il rejoignit Zelinde.
L'une& l'autre quitterent l'ancienne Patriedes
Cefars. Ils vifiterent d'autresVil
FEVRIER . 1764. 39
les d'Italie où ils n'apperçurent que ce
qu'ils avoient vû à Rome & ſouvent pis
encore . Ah ! s'écrioit Zélinde avec indignation
, franchiſſons vîte les Alpest
Mais Alcindor , on ignore pourquoi ,
la détermina à franchir les mers , & à fe
rendre en Eſpagne.
Là , ils virent d'autres Tableaux. L'amour
fidéle juſqu'à l'obſtination y régne
pour ainſi dire de toutes parts . L'amourjaloux
juſqu'à la frénéfie l'accompagne
pour l'ordinaire. Là ſe réaliſent
les paffions éternelles; paſſions qui n'oſent
plus figurer ailleurs , même dans les
Romans. Alcindor & Zélinde prirent
l'extérieur d'un François & d'une Françoiſe.
L'alliance venoit d'être , plus que
jamais , reſſerrée entre les deux nations ,
&nos voyageurs furent traités en amis.
Zélinde fit autant de conquêtes qu'elle
en voulut faire& plus qu'elle n'en vouloit
garder. Elle parut donner la préférence
à un jeune Eſpagnol qui à mille
égards la méritoit. Il n'en devint que
plus tendre & plus empreſſé , mais en
même temps plus jaloux. A peine eur
il lieu de préſumer qu'on l'aimoit , qu'il:
craignit qu'on ne ceſſât de l'aimer. Il
étoit reſpectueux dans ſes manières ; il
l'étoit dans ſes diſcours , & ce fut auffi
très- reſpectueuſement qu'il pria la Néris
40 MERCURE DE FRANCE..
d'interdire fa maiſon à tout autre qu'à
lui. Alcindor lui - même n'en fut pas
éxcepté. Voilà,diſoit intérieurement Zélinde
, voilà une inquiétude qui tient de
la tyrannie, une délicateſſe qu'on porte
juſqu'à l'outrage. N'importe , pourſuivit-
elle , voyons fi ces demandes , une
fois fatisfaites , feront ſuivies de quelques
autres. Dès ce moment elle devient
inacceffible à tous ceux que l'Eſpagnol
regarde comme ſes rivaux. Alcindor
lui -même , ſe prête à cette épreuve.
Tant de ſacrifices comblerent de
joie l'amoureux Caſtillan , & ne purent
le tranquiliſer. Il trouva que la prétendue
Françoiſe n'oubloit point affez les
uſages de ſa Nation. Zélinde adopta
fur le champ ceux d'une véritable Efpagnole
, ne parut plus que maſquée ,
ſe montra même très-rarement ſous cet
attirail ; en un mot , elle marqua fur
tous ces points une docilité capable
de décéler qu'elle n'étoit pas Françoiſe.
Le jour ſuivant elle vit l'Epagnol à ſes
genoux la remercier de toutes ces preuves
de complaiſance & en éxiger une
nouvelle . C'étoit de permettre qu'on
réformât ſes jaloufies de manière qu'en
voulant voir , elle- même ne riſquât
point d'être apperçue . Zélinde vit bien
FEVRIER . 1764. 41
qu'il s'agiſſoit de l'empêcher elle-même
de rien appercevoir. Elle ordonna
ce qu'on la prioit tacitement de permettre.
Le jour ſuivant l'Eſpagnol ſe
retrouve à ſes genoux & lui préſente
humblement une Duégne .
Ce dernier trait lui parut une ſuite
naturelle des précédens. Elle le ſoutint.
comme elle avoit fait les autres ; mais
la fin de l'épreuve approchoit. L'Eſpagnol
fortit & la Duégne reſta. Au milieu
de la nuit ſuivante , Zélinde entendit ſous
ſes fenêtres un concert de pluſieurs inftrumens.
Degrands cris & un cliquetisd'armes
ſuccédèrent à cette muſique :ce
qui déſignoit au moins une Tragédie-
Opéra. Le lendemain , Zélinde apprit
que fon Amant avoit voulu la gratifier
d'une ſérénade , ſelon l'uſage du pays ;
qu'un autre Eſpagnol , dont la maîtreſſe
logeoit vis-à-vis d'elle , étoit furvenu
dans le même deſſein : que les deux galans
s'étoient crus rivaux , s'étoient battus
en conféquence ,& mis l'un & l'autre
au bord de la tombe: preuve certaine,di--
foit-on, que l'un & l'autre aimoit bien ſa
maîtreffe. On ajoutoitqu'une telle preu
ve d'amour alloit rendre jalouſes toutes
lès beautés de Madrid. Mais Zélinde en
inféra de nouveau , que l'amour Eſpas
42 MERCURE DE FRANCE.
gnol ne ſéduiroit ni elle ni ſes compagnes.
Pour Alcindor , il plaiſoit beaucoup à
une jeune & belle Caftillanne , qui jufqu'alors
avoit été nommée l'inſenſible .
Malheureuſement ſa manière d'aimer
étoit toute ſemblable à celle des Néris.
Tout ſe réduiſoit aux petits ſoins , & a
l'affiduité la plus rigoureuſe. Elle vouloit
qu'on défirất ſans ceſſe , & ne laiſſoit
jamais rien eſpérer. Après tout , diſoit
Alcindor , l'objet de mon voyage feroit
bien mal rempli. Prudes pour bégueules ,
il valoit autant ne pas me déplacer. In
fit d'autres recherches & vit que c'étoit-
là le génie dominant du beau fexe
Ibérien . Zélinde , elle-même étoit ſuffiſamment
inſtruite. Elle propoſa au Péris
de riſquer une tournée en France ; mais
il n'attendoit abfolument rien de cette
démarche. Il détermina la Néris à paſſer
chez certain Peuple , rival éternel de la
Nation Françoiſe , & qui ſe pique de ne
l'imiter en rien .
C'eſt avoir fuffifamment déſigné l'Angleterre.
Le couple voyageury parut ſous
I'habit Eſpagnol. Dès les premiers jours ,
la Néris apperçut dans les hommes de
cette ifle peu d'eſtime pour les femmes ,
&encore moins de complaiſance . DèsFEVRIER.
1764. 43
lors , elle rallentit fes recherches , & s'épargna
, en effet , une peine inutile.
Alcindor augura mieux de celles qu'il
alloit prendre. Il remarqua dans le Beau-
Séxe Anglois un germe de tendreffe qui
faifoit comme partie de ſon exiſtence.
*Quel dommage , diſoit- il , qu'un naturel
fi heureux foit négligé par ceux qui ſont
le plus intéreſſés àle faire valoir ! Il voulut
, cependant , voir par lui - même ,
c'est-à- dire , voir juſqu'à un certain
point , le parti qu'on pouvoit tirer de ces
favorables diſpoſitions. Auparavant il lui
tomba ſous la main unpapier public , où
il lut ces propres paroles : >> Depuis l'or-
>> dinaire dernier ( c'est-à-dire depuis
>> trois jours ) on n'a retiré que fix jeu-
>> nes perſonnes du Lac de Roſémonde.
>> Il faut croire que les amours ont été
>> moins vifs , ou plus heureuxqu'à l'or-
>>> dinaire durantcetintervalle: ily a bien
>> eu auſſi quelques galans poignardés
>>par leurs Belles , qu'ils avoient quit-
>> tées : mais , pour cette fois , cela ne
>> fait pas nombre. C'eſt pourquoi nous
>>ne les déſignerons qu'avec ceux de la
>> feuille prochaine. »
Le Péris ajouta peu de foi à cet article.
Il jugea que , depuis le rétabliffement
de la paix ,le Gazetier en étoit
44 MERCURE DE FRANCE.
réduit à compoſer des fables périodiques,
& il réſolut de n'en croire que fa propre
expérience. L'occaſion s'en préſenta
d'abord comme d'elle-même. Une jeune
veuve qui avoit le regard tendre &
doux , lui parut très- propre à démentir
le Gazetier ſatyrique. Il s'attacha à lui
plaire , y réuffit & parvint même à la
fixer entiérement. Il vit enfin combien
le coeur des femmes de cette contrée
eſt actif : mais ce coeur éxige qu'on le
ſuive ; il défend , ſurtout , de rétrograder.
Alcindor , qui ne vouloit pas aller
trop loin , ralentit ſubitement ſa marche
,& bientôt même parut diſpoſé à
faire retraite. Ce fut alors qu'il eut lieu
de juger qu'une gazette n'eſt pas tou
jours fauſſe. La jeune veuve n'épargna
rien pour prévenir ſon inconſtance. Elle
pria , ſupplia , gémit ; & lorſqu'elle vit
que tout étoit fuperflu , elle fit fuccéder
les menaces aux gémiſſemens , la
fureur aux menaces : en un mot le poignard
fut levé. On préſume bien d'avance
que ce fut en vain : mais la veuve
n'en devint que plus furieuſe. Elle fortit,
réſolue de ſe punir elle-même de ſa cré--
dulité. Elle alloit fournir un article à la
Gazette prochaine : déja même elle s'é
toit élancée à l'endroit le plus profond
FEVRIER . 1764 . 45
du lac. Le Péris , qui avoit pris une autre
forme pour la ſuivre, la ſecourut à temps,
la conſola de ſon mieux,& fi bien qu'elle
eut de la joie d'avoir pour libérateur un
homme ſi propre à faire oublier les torts
de ſes pareils. Alcindor ſe garda bien de
la détromper. Il ſe rendit auprès de Zélinde
, pourdécider avec elle ſi leur miffion
n'étoit pas réellement terminée. Ils
avoient parcouru toute la terre , excepté
-la France ; & la France leur ſembloitafſez
inutile à parcourir. Tout confidéré
cependant , ils s'y déterminèrent ; moins
dans l'eſpérance de trouver là ce qu'ils
cherchoient , que pour éviter le reproche
de ne l'avoir pas éxactement cherché.
Arrivés dans la Capitale , ils s'y annoncerent
pour Anglois. Ils en avoient
pris l'extérieur , & en affectoient le langage.
Cet expédient leur eût mal réuſſi
un fiécle plutôt ; mais depuis peu tout
avoit bien changé de face. La mode
régnante à Paris étoit d'admirer les
Anglois en tout& partout. On les applaudiſſoit
ſur la Scène , on les fêtoit
dans les cercles , on les copioit dans les
Livres , on ſacrifioit nos héroïnes à
leur héros .... D'après ces diſpoſitions
le couple voyageur ne pouvoit manquer
d'être bien accueilli. Il le fut mieux
46 MERCURE DE FRANCE.
encore qu'il n'avoit ofé le prévoir. Zélinde
qui à la beauté des plus belles Angloiſes
affectoit de joindre leur air tant
ſoit peu gauche , trouva une foule d'Elégans
qui tous aſpiroient à la former.
Leur perfifflage ne lui parut pas dangereux
; mais il l'amuſoit. Elle mit fur
le chapitre de la conſtance un Petit-
Maître des plus à la mode. Il en parla en
homme qui la pratique peu , & qui
l'eſtime encore moins. La conſtance en
amour , diſoit- il , n'est bonne qu'a fournir
vingt volumes à unRomancier. C'eſt
une vertu qui de tous ſes héros fait autant
de vitimes : & d'ailleurs , un amant
fidéle eſt un être ſi infipide , ſi incommode
! Il n'en eſt pas moins vrai ,
Madame , pourſuivit le François , que
vous m'allez contraindre d'imiter ce que
je blâme dans autrui : mais daignez me
pardonner d'avance l'ennui queje vais
vous caufer. On n'a point avec vous la
liberté du choix .
....
C'étoit-là le ton qu'en général on prenoit
avec Zélinde. Elleen conclut qu'en
France l'amour n'étoit point misau rang
des affaires férieuſes. Alcindor lui-même
tiroit des conféquences toutes ſemblables
dece qu'ilvoyoit. L'extrême liberté dont
jouiffoient les femmes , l'usage qu'elles
FEVRIER. 1764. 47
en faifoient , le peu de penchant qu'ont
leurs maris , ou leurs amans à la jaloufie ,
le ridicule attaché à ce foible ; en un
mot, ce qu'on nomme en France le ton
delabonne compagnie : tout cela diftinguoit
, felon lui , cette Nation d'avec
toutes les autres .
Il parut s'attacher à une jeune Marquiſe
, devenue veuve , & par cette raiſon
encore plus libre qu'étant mariée :
ce qui fignifie beaucoup. Sa maiſon
étoit fréquentée par une foule de jeunes
gens du bon ton , qui tous s'affichoient
pour rivaux , & n'en étoient pas moins
bons amis. Les politeſſes qu'Alcindor en
reçut lui- même l'étonnèrent Il s'en expliqua
ingenuement avec l'un d'entr'eux.
Voici la réponſe que lui fit lejeune François.
Nos aïeux avoient la manie d'adorer
leurs Dames , de n'ofer le leur dire ,
&de s'égorger entr'eux pour les en informer.
Nous ſuivons un tout autre
uſage. Nous débutons par un je vous
aime ; nous aimons beaucoup moins
que nos aïeux , & chacun de nous croit
être aimé. Dès-lors plus de jaloufie. Nous
n'enviſageons un rival que comme le
témoinde notre triomphe actuel , ou futur.
C'eſt une victime que nous plaignons
fincèrement , loin de la hair ; &
48 MERCURE DE FRANCE.
d'ailleurs , ce pays eſt ſi fertile en refſources
! Les femmes ſont devenues ſi raiſonnables
! Elles ſe prêtent ſi volontiers
ànos arrangemens ! ... Oh parbleu ! il
faudroit être bien gauche pour ſe trouvet
au dépourvu ; & chez les Spartiates , où
les fonds étoient en commun , y eut-il
jamais de diſputes d'intérêts ?
Le Péris ne trouva pas ce diſcours des
plus ridicules. Peut- être , diſoit- il , aimet-
on moins ici qu'ailleurs ; mais l'amour
yprend une phyſionomie plus riante. La
confiance le guide , & ne l'abandonne
jamais. Un échec eſt prèſque toujours
fuivi d'un triomphe : un triomphe ne ſe
fait attendre qu'autant qu'il eſt néceſſaire.
L'Amour enfin eſt ici le Dieu de la concorde
, lui qui ſéme la diviſion chez tant
de Peuples , qui a caufé la ruine de tant
d'autres. Ah ! ſans doute , que Troye
éxiſteroit encorree , fi Ménélas eût été
François .
Il revit la jeune Marquiſe. Elle parut
flattée de ſes viſites ; mais elle en
recevoit une foule d'autres , & aucune
ne ſembloit lui déplaire. Le faux Anglois
en témoigna quelque inquiétude ,
ce qui divertit beaucoup lajeune Françoiſe.
Eh quoi , Monfieur , lui dit-elle ,
êtes-vous donc encore ſi peu au fait ?
Quelles
FEVRIER . 1764 . 49
Quelles que foient vos prétentions ,
ignorez-vous que la confiance eſt l'âme
de la Société ? Voyez le Monde , Monfieur
, & ces miféres- là vous paſſeront.
Elle-même voulut lui ſervir d'Introductrice.
Il admiroit l'aiſance avec laquelle
cette jeune veuve le préſentoit
dans différens cercles choifis . Ces cercles
étoient pour lui un autre genre de
Spectacle où les femmes jouoient toujours
les grands rôles , où les maris n'ofoient
paroître,ou ne paroiffoient qu'incognito.
La vivacité d'eſprit qui diftingue
les Françoiſes , la gaîté qui anime
leurs diſcours , les grâces qui accompagnent
toutes leurs actions , ſe diſputoient
le prix dans ces momens , &
furtout au milieu d'un élégant ſoupé.
Quel dommage diſoit Alcindor ,
que des objets ſi ſéduiſans ne ſe bornent
qu'à plaire ! choſe qui ne leur eſt
que trop facile. Grace à cette extrême
facilité elles dédaignent de garder
leurs conquêtes. Alexandre donnoit des
couronnes , persuadé qu'il lui étoit aifé
d'en conquérir d'autres. Telles font les
Françoiſes .
,
,
Il eut cependant lieu de juger que
l'amour conſtant n'étoit pas un phénomène
chez cette Nation. Mais cet amour
C
50 MERCURE DE FRANCE .
eſt ſi paiſible , fi peu éxigeant , ſi peu
jaloux , qu'ailleurs il paſſeroit pour indifférence.
Ah , s'il eſt ainſi , diſoit notre
voyageur , à coup für la jeuneMarquiſe
m'aime , & m'aime un peu plus
qu'à la Françoiſe . Il eſt bon d'obſerver
que fi le Péris avoit avoit le don de
prendre la même forme que les humains
, il n'avoit pas celui de lire dans
leur intérieur.
Il voulut donc que l'âme de la Marquiſe
ſe manifeſtât au dehors. C'étoit
pour lui un paſſetemps affez flatteur de
pouvoir d'un ſeul coup dérouter trente
Petits-Maîtres. Il plaignoit cependant
la belle Françoise , & redoutoit quelque
avanture ſemblable à celle de Londres.
Il est vrai ,diſoit- il, que ni le Mercure
de France , ni le nombre exceffif
de Journaux & de Gazettes qu'on y diftribue
, n'offrent nulle tracede pareilles
catastrophes.Mais, pourſuivoit Alcindor ,
il eſt toujours fâcheux de moleſter une
jolie femme.
Au milieu de ces réflexions , il reçoit
de la Marquiſe une lettre de reproches .
Elle s'y plaignoit ſpirituellement de fon
abfence , & même de ſa tiédeur. C'étoit
le confirmer dans l'opinion qu'il
avoit de ſa bonne fortune . Il retourne
FEVRIER . 1764. 5
auprès d'elle , expoſe des griefs , des
inquiétudes , veut éxiger des facrifices ,
en un mot , joue le rôle d'un Amant
Eſpagnol. Mais la ſcène devint affez comique
des deux parts. La jeune Marquiſe
le pria de s'épargner un ridicule.
un travers intolérable. Profitez mieux ,
lui dit-elle , des exemples que vous offre
ma Nation , la ſeule qui ſcache réduire
l'Amour à ce qu'il doit être,ou du moins
à ce qu'il doit paroître. Ce n'eſt pas
'qu'il ne briſe quelquefois les entraves
qu'on lui donne. Eh , où en ferionsnous
, pourſuivit-elle , fi malheureuſement
je vous aimois aſſez pour vous
croire!
Qu'entends-je ? s'écria le Péris étonné
, est- il bien vrai que vous ne me diftinguiez
pas del'éſſain frivole qui vous
entoureprèſque ſans ceſſe ? Pardonnezmoi
, Mylord , reprit la Marquiſe , je
vous diftingue ; j'ai voulu vous faire les
honneurs de ma Nation : mais tous ces
égards diſparoîtront s'il eſt jamais queftion
de vous aimer. L'étonnement d'Alcindor
augmentoit à chaque parole de
la jeune Françoiſe. Au moins , Madame
, pourſuivit-il , daignez faire votre
confident de celui qui aſpiroit à quelque
choſe de plus : daignez me faire
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
,
ce
connoître l'heureux Mortel que vous
me préférez. Dites qui vous a prévenu ,
reprit la Marquise ; quant au reſte
n'eſt point un myſtère. Un peu plus de
connoiffance de nos uſages vous eût d'abord
mis au fait. L'heureux Mortel dont
vous parlez eſt le même qui vous a introduit
chez moi , que vous avez vû y
& donner entrée à beaucoup d'autres , &
qui s'y montre plus rarement que vous
& eux. Telle eſt chez nous la conduite
ordinaire d'un Amant préféré : celle
d'un époux eft encore plus circonfpecte
. Il lui eſt permis d'aimer tacitement
ſa femme , & c'eſt tout: garre le ridicule
s'il ofe afficher la tendreſſe & l'affiduité
! En un mot , les chaînes de l'Amour
& de l'Hymen font devenues
pour nous fi légères , qu'une Françoife
peut ſe croire libre en les portant.
Après tout , diſoit Alcindor en luimême
, cette liberté a fon mérite ; les
deux ſéxes peuvent y trouver leur compte
: refte à ſçavoir fi la fatifaction eſt
générale. Toutes les nouvelles recherches
que fit Alcindor lui prouvérent
qu'elle l'étoit. Zélinde elle-même commençoit
à goûter cette manière de vivre
cette liberté qui tient le milieu
entre la licence & le bégueulisme. L'A-
و
FEVRIER. 1764. 53
mour est un enfant ,diſoit-elle au Péris
, il faut badiner avec lui ſi l'on veut
lui plaire , ou qu'il plaiſe.
Ce fut dans ces diſpoſitions qu'Alcindor
& Zélinde retournérent à leur féjour
habituel. Ils arrivent, ſe ſéparent ,
& aſſemblent , l'une ſes compagnes ,
l'autre ſes compagnons. Des deux
parts l'empreſſement est le même à les
entourer ; l'attention qu'on leur prête
eſt égale , & leur rapport tout ſemblable.
A l'inſtant on s'écrie chez les Péris
qu'il faut appeller des Françoiſes. Les
Néris parurent moins promptes à ſe décider
: elles vouloient qu'on délibérât
fur cette matière , au moins pour la
forme. Hélas ! mes chères compagnes ,
leur dit Zélinde , une délibération eſt
bien ſuperflue , quand la queſtion ſe
trouve jugée d'avance. Epargnons aux
Péris une démarche qui va nous en
coûter d'autres ; & d'ailleurs n'eſpérez
pas trouver les François plus refpectueux
que nos voiſins. Cette remontrance
produifit ſon effet : les deux partis
ſe rapprochérent : Alcindor & Zelinde
firent l'office de médiateurs , & leurs
foins furent fi éfficaces , on ſe trouva
fi bien de leurs avis , que la plus mo-
4.
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
defte des Néris grava en lettres d'or cette
maxime : Ceux qui ont beaucoup viê
font bons à confulter.
DES
PÉRIS ET DES
NÉRIS ,
Ou
l'Amour
comme on le méne.
CONTE.
EN VÉRITÉ , diſoit Alcindor à Zelinde
, en traverſant les airs , je regarde
notre voyage comme une franche corvée
!C'eſtfaire trop d'honneur aux hom-
B
26 MERCURE DE FRANCE.
mes. Eſt-il à croire que nous trouvions
chez eux ce qui nous manque ? N'est-ce
pas à eux plutôt à ſe modéler fur nous ?
C'eſt ce qui ne leur arrive que trop fouvent
, reprit Zélinde , comme à nous de
prétendre égaler les plus fublimes Intelligences.
Que réſulte-t-il de cette double
ambition ? L'ennui pour nous & pour
eux. Il faut ſçavoir deſcendre à propos :
c'eſt la route que fuit prèſque toujours
le bonheur. Tout en philofophant ainsi ,
nos voyageurs ſe trouvèrent au centre
des vaſtes Etats du Mogol. Ils y firent
diverſes pauſes , & ne virent dans.certains
cantons , que ce qu'ils avoient déja
vu dans quelques autres : des Bonzes
qui ſéduiſoient de jeunes innocentes ,&
s'accordoient , on ne peut mieux , avec
celles qui n'avoient pas beſoin d'être ſéduites
: des femmes qui ſe brûloient fur
le corps d'un mari qu'elles avoient haï
& trompé ; des maris qui méritoient
toute l'averſion de leurs femmes , &
qu'on traitoit ſelon leur mérite. Plus
loin , de vaſtes Sérails remplis de belles
eſclaves ignorées, pour la plupart, de leur
Maître , & qui riſquoient de mourir fans
avoir fait ſa connoiſſance. Celles même..
quien jouiſſoient avoient prèſque auffi
ſouvent lieu de s'ennuyer que les preFEVRIER.
1764 . 27
mières. Un amour fi partagé mettoit
peu de différence entre l'état des unes &
des autres.
Alcindor & Zélinde jugèrent qu'il
étoit à propos de paſſer outre. Ils pénétrèrent
dans les Etats du Sophi de Perſe ,
&ſe rendirent à Iſpahan. Mais ils crurent
être encore une fois à la Chine ,
tantcertainsuſages leur parurent ſemblables
chez les deux Nations. A Iſpahan ,
comme à Pekin, l'union des deux ſéxes
eſt un véritablejeu de haſard. Un Perſan
époufe une femme comme unjoueur accepte
une carte , ſans ſçavoir ce qu'elle
vaut , ni de quelle couleur elle eſt . Il
arrive auſſi que l'une & l'autre eſt miſe à
l'écart dès qu'elle ſe trouve remplacée
par quelque choſe de mieux. Il eſt même
permis à un Perſan de chercher ce mieux
autant de fois qu'il eſpère le rencontrer :
privilége qu'il ſçait faire valoir dans toute
fon étendue.
Zélinde entra , ſans ſe laiſſer voir ,
dans une maiſon de noble apparence.
Elle en vit le Maître occupé à compter
une ſomme en or à une très -belle femme
, qui enſuite fut embraſſer , en verſant
quelques larmes , deux petits enfans
placés aux pieds d'une autre femme affife
elle-même dans un fauteuil magnifique.
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
Après quoi la première ſe proſternahumblement
devant la ſeconde , qui la congédia
d'un figne de tête.,Voilà , diſoit intérieurement
la Néris , voilà fans doute
une Eſclave qui prend congéde ſes Maîtres
& de leurs enfans. Mais bientôt elle
reconnoît que ces mêmes enfans font
ceux de cette Eſclave prétendue; que le
Maître de la maiſon a été ſon époux , &
n'a ceffé de l'être que parce que le bail
paffé entre eux eſt expiré. La Dame affife
étoit réellement la Dame en titre ,
celle que le mari ne peut répudier qu'après
certaines formalités : mais il peut la
négliger , & la néglige. En revanche ,
elle eft réputée la mère de tous les enfans
qu'il a de ſes rivales.
Tandis que Zélinde obſervoit toutes
ces chofes , Alcindor ne reſtoit pas oifif.
Il aborde une jeune Perſanne qui marchoit
à viſage découvert. Un eſclave la
devançoit en fonnant de la cimbale . Elle
étoit vêtue d'une robe de brocard d'argent
, affez courte pour laiſſer voir la
beauté de ſa jambe. Ses longs cheveux
étoient artiſtement relevés ſur ſa tête.
Une gaſe d'or ſervoit à les attacher , &
flottoit en partie au gré du vent. De riches
pierreries ornoient ſes oreilles :
des fleurs couvroient ſes bras. De plus ,
FEVRIER. 1764 . 29
elle étoit belle , & fembloit fort defirer
de le paroître. Alcindor entra dans ſes
vues , loua fes charmes , & ſe félicita de
ce qu'elle daignoit les rendre vifibles ,
en dépit de l'uſage. Point du tout , reprit-
elle , c'eſt l'usage qui me défend de
les cacher. J'ai acquis le droit de paroître
telle que je fuis , de parler comme je
penſe , d'agir comme je le ſouhaite. Bien
des femmes qui mépriſent moi & mes
ſemblables , feroient grand cas de nos
priviléges : mais il faut des talens pour
les acquérir & pour les conferver. Ces
talens , comme Alcindor l'apprit d'ellemême,
conſiſtoient fur- toutdans la Mufique&
la Danſe. Le Périsdemanda à la
Danfeufe , quels talens il falloit avoirauſſi
pour lui plaire. Mon nom vous le dira ,
répondit-elle : je m'appelle la Vingt tomans
* ; jamais on ne ſcut m'attendrir à
moins,&je m'attendris à proportion que
le nombre en augmente.
En parlant ainfi , la jeune Perfanne
continuoit de marcher , mais Alcindor
ceſſa de la ſuivre. Il rejoignit Zélinde
qui lui fit part de ce qu'elle avoit vû.
Elle ajouta que dans cette contrée les
hommes étoient trop abfolus. Et les
* Le toman eſt une Monnoie Perſanne qui équi--
vaut à nos Louis d'or de France.
B iij
30 MERCURE DE FRANCE .
femmes trop dociles , reprit Alcindor.
Voyons files unes & les autres différent
dans le reſte de l'Afie.
Ils eurent hou d'admirer les charmes
des Géorgiennes , des Circaſſiennes , des
Mingréliennes . On diroit que la beauté
ne ſe plaît que dans ces païs barbares ,
tant ſes dons s'y trouvent généralement
répandus. Une laide femme y paroît un
phénomène. Une femme délicate en eſt
un bien plus rare encore. Toutes ſe
croyent faites pour être vendues & non
pour ſe donner . Ce font de vrais meuble
de férail. Ces meubles ne font cependant
pas toujours neufs lorſqu'ils y
arrivent. C'eſt de quoi Alcindor pouvoit
s'inſtruire à fond , & ce qu'il négligea
de faire. Les femmes qui ont leurs
maris font encore moins circonſpectes ';
mais ces maris, quoiqu'Aſiatiques, font
peu jaloux. Une belle Mingrélienne s'étoit
enfermée avec Alcindor: il n'avoit
fur elle aucun deſſein qui éxigeât cette
précaution. Le mari ſurvient & ne
la croit pas inutile. Tu ne peux t'en
défendre , dit-il au voyageur ,le cochon
m'eſt dû : c'eſt l'amende qu'on paye en
pareil cas . Je conſens même à le manger
avec toi. Il eſt inutile d'ajouter qu'Alcindor
difparut fans rien répondre , & que
FEVRIER. 1764. 31
Zelinde& lui continuerent leur voyage.
De pauſe en pauſe ils arrivent à Conftantinople.
Son étendue leur fait éſperer
d'heureuſes découvertes , des uſages qui
lui foient propres. Ils font bien-tôt détrompés.
Ils n'y apperçoivent que ce
qu'ils ont déja vû ailleurs ; une jaloufie
affreuſe dans les hommes , une ſervile
obeiſſance dens les femmes ; peu d'Amour
de part & d'autre . Un Turc entre
dans ſon Sérail. Aucun objet déterminé
ne l'occupe. U eſt ſans paffion , ſouvent
même ſans deſirs. Une troupe d'Eſclaves
s'empreſſe de les faire naître , & n'éprouve
elle-même que des beſoins. Zélinde
, qui ſans être vue voyoit toutes
ces chofes , en conclut que l'Amour
à la Turque feroit peu du goût des Néris.
Pour Alcindor , il fut moins prompt à
fe décider. Peut- être , diſoit-il en lui
même , le beſoin d'aimer , & la difficul
té d'avoir des Amans , réduiſent-ils une
femme Turque à chérir ſon mari. Il en
vit une qui prodiguoit au ſien toutes
les marques extérieures de la plus vive
tendreſſe. L'un & l'autre fortirent pour
pour ſe rendre à la Moſquée , & Alcindor
les ſuivit. La belle Turque étoit
voilée , ſelon l'uſage inventé par la
jaloufie : mais il exiſte un autre uſage
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
peu favorable aux jaloux ; c'eſt que le
voile & l'habit des femmes font ordinairement
les mêmes pour la forme &
la couleur. De forte qu'un mari qui perd
un inſtant de vue ſa femme , riſque de
ne la pouvoir plus diftinguer parmi les
autres. C'eſt de quoiAlcindor fut témoin.
Le couple qu'il avoit ſuivi ſe ſépara dans
la Moſquée , lieu où les deux ſexes n'ont
pas la liberté d'être confondus. Le mari
de la belle Ottomane ſe poſta vis-à- vis
d'elle . Alcindor , toujours inviſible , ſe
plaça tout à côté. Il la vit , au bout de
quelques inftans , ſe mêler parmi ſes
voiſines , s'éloigner de plus en plus , &
enfin diſparoître entièrement. On préfume
bien qu'il la ſuivit. La traite ne
fut pas longue ; elle entra dans une mai-
Yon tierce où un jeune Turc l'avoit devancée.
Leur abord indiquoit aſſez bien
le motif de leur entrevue , & Alcindorn'eut
pas beſoin de faire uſage de toute
ſon intelligence pour prévoir quelles
en ſeroient les ſuites. Il ſortit , perfuadé
que les précautions inventées par
la jalouſie des Aſiatiques , n'étoient éfficaces
que contre eux-mêmes.
Zélinde & lui mirent en queſtion s'ils
viſiteroient l'Europe où ils avoient déja
mis le pied , ou s'ils donneroient la préFEVRIER.
1764 . 33
férence à l'Afrique. La Néris opina pour
le ſecond parti , & Alcindor fit ce qu'elle
voulut. Ils en prirent occafion de vifiter
l'Arabie & l'Egypte , qu'ils n'avoient fait
que cotoyer. Ni l'un , ni l'autre pays ne
borna leurs recherches . C'étoit une répétition
de ce qu'ils avoient vu & blamé
ailleurs. La brûlante Ethiopie offrit
à leurs yeux un Peuple immenſe. L'extrême
chaleur du climat influoit également
ſur les deux ſéxes ; ils lui devoient
tout le penchant qui les attiroit l'ün vers:
l'autre ; & ce penchant n'étoit que matériel.
Ce fut encore pis à mesure que
nos voyageurs avancèrent. Parvenusau
centre de la Guinée , ce qu'ils avoient
vu ne leur parut que l'ombre de ce qu'ils
voyoient: Alcindor prit plaifir à écouter
l'entretien d'un jeune homme & d'une
jeune fille de Congo. Ils se connoiffoient
àpeine : ce qui n'empêcha pas le jeune
Africain de débuter ainſi: Silava in
quinté, je te ſalue , ma femme. Elle ré--
pondit fur le champ. Silava moïné , je ter
ſalue , Maître. Gay zoleze minou , pour
fuivit- il , m'aimes-tu bien ? Gayté moi
nézolezé béné , reprit- elle , oui , Maître ,
je t'aime bien: Le jeune homme porta
beaucoupplus loin ſes queſtions , & elle
y fit cette docile réponſe : Ninga moï-
Bv
34 MERCURE DE FRANCE .
né, oui , Maître. Alors elle ſe mit à genou
en battant des mains , & s'écriant
par trois fois , Silava moïné , je te ſalue ,
Maître. A quoi il répondit , en remuant
tous les doigts , calam bom botté , cela eft
bon . Enfuite , il lui donna ſa main noire
à baifer. Ce qu'elle fit avec autant de joie
que d'empreſſement. Enfuite lui-même
la prit ſous le bras , & la conduiſit en un
lieu plus commode pour achever l'entretien.
A quelques pas plus loin , le couple
voyageur fit rencontre d'une jeune Africaine
, qu'on n'eût pas priſe pour telle à
ſa couleur. Toute ſa perſonne étoit couverte
d'une pommade rouge , faite avec
de l'huile de palme , & du bois de toucoula.
Que fignifie cet ornement , lui
demanda Zélinde ? Que j'ai l'honneur
d'avoir caffé calbaſſe , répondit - elle ;
konneur le plus grand qui puiſſe arriver
à une fille parmi nous. Cette couleur
doit tomber d'elle-même , & juſqu'a ce
qu'elle m'ait entièrement quittée , je ne
dois prendre part à aucun travail ; je ne
dois m'occuper que du plaifir. Eh quelles
feront les ſuites de tout cela , demanda
encore la Néris ? D'être vendue , reprit
l'Africaine , par celui qui m'aura époufée
, & qui épouſera vingt femmes pour
avoir l'avantage de les vendre,
FEVRIER. 1764. 35
Zelinde n'en voulut pas ſçavoir davanrage
, & Alcindor en ſavoit déja trop.
Ils continuerent à faire le tour de l'Afrique
& arriverent chez les Caffres ,
nation qui n'en mérite guères mieux le
tître que ces troupes de Bêtes féroces fi
communes dans cette partie du Monde,
Le nom même de l'Amour est ignoré
chez ce Peuple barbare. Une même
cabane raſſemble durant la nuit toute
une Tribu. Le brutalité y trouve amplement
à ſe fatisfaire , ne s'y refuſe rien ,
n'y eſt jamais contredite. Là , nulle diftinction
, nul choix , nul reſpect pour
les noeuds du ſang , nul ſouvenir des
liens de la Veille.... Alcindor& Zélinde
détournerent leurs yeux de cet affreux
Tableau. Ce qu'ils virent , en avançant
toujours , ne leur parut guères moins
révoltant. Ils furent un peu plus fatisfaits
de la Barbarie , contrée qui , malgré
fon nom , est vraiment le païs policé
de l'Afrique. Mais ils n'y retrouverent
que les moeurs Arabes & Turques , &
dès - lors n'y trouverent pas ce qu'ils
cherchoient. Ils prirent donc le parti de
viſiter l'Europe ; ce qu'ils regardoient ,
à-peu-près , comme un parti déféſperé.
L'Eſpagne ſembloit s'offrir d'elle même
à leurs recherches. L'Italie n'étoit
B vj
36 MERCURE DE FRANCE.
guères moins à leur portée. Ils aimerent
mieux débuter par le Nord. Mais bientôt
ils s'apperçurent que , ſi. Vénus étoit
née dans l'eau , les Amours jouoient
rarement ſur la glace. On eſt , à coup
fûr , plus tendre dans un boſquet fleuri
qu'au pied d'une montagne de neige.
Alcindor & Zélinde s'avancerent au
centre de l'Allemagne. Les coeurs s'y
adoucifſoient en raiſon du climat. Toutefois
, les hommes parurent à la Néris
tenir encore des Germains leurs aïeux ,
nation plus guerrière que galante. Les
femmes elles-mêmes parurent aux yeux
du Péris , être en général plutôt foibles
que tendres. Dailleurs , dans ce païs
l'Amour ne ſçait point déroger. Un
noble ne peut s'y réfoudre à aimer une
Plébéienne. Il faut pour le ſéduire au
moins ſeize quartiers. Il enviſage moins
les attraits de ſa Maîtreffe que l'antiquité
de ſes parchemins. En un mot , l'Amour
au lieu de carquois & de flambeau
, porte un Magazin d'Ecuffons&
des Arbres Généalogiques.
Alcindor & Zélinde mirent en quef
tion la route qu'ils devoient tenir. Tout
endifputant , ils ſe trouverent aux fronrieres
d'Italie. Il faut, dit la Néris, hazarder
quelques recherches dans cette Con
FEVRIER. 1764. 37
trée. Hé bien ! dit Alcindor , d'un ton
qui marquoit peu d'eſpérance , voyons
ce qui en arrivera. Ils s'avancerent jufques
dans cette ville qui fut autrefois
la Capitale du Monde.
9.
Les veſtiges de fon ancienne grandeur
occupoient les regards d'une foule
d'Etrangers. Nos voyageurs n'y firent
aucune attention. Ils n'avoient qu'un
objet , ils ne le perdoient pas un inſtant
de vue. Mais le remplir c'étoit là le
point vraiment difficile , & Rome ne
leur parut pas devoir abréger ces difficultés.
Aux Temples près , ils ſe crurent
au ſein d'une Ville d'Afie. Les femmes
n'y fortent que voilées , fortent rarement
& plus rarement encore ſont
viſitées chez elles . En un mot, la jaloufie
des Romains modernes égale celle des
Afiatiques de tous les tems. Alcindor
apprit même qu'elle avoit recours àdes
éxpédiens dont les plus jaloux d'entre
les Orientaux rougiroientde faire uſage.
Ah quelle horreur ! s'écrioit Zélindes
Au moins , diſoit Alcindor , s'il n'eſt
guères poffible qu'on les aime , il ne
l'eſt pas plus qu'on les trompe. A peine
il achevoit ces mots qu'une Duègne
ſeptuagénaire lui fait figne d'une certaine
diſtance. Il s'approche , & elle l'exhorte
38 MERCURE DE FRANCE.
à metre à profit le bien que lui veut
une jeune Beauté qui vient de l'appercevoir
à travers de ſa jaloufie. Le Péris
demande qui peut être cette perſonne
obligeante ? C'eſt ma maîtreſſe , reprit
la vieille : l'inſtant eſt merveilleux à
ſaiſir. Notre jaloux eſt abſent & ſe repoſe
entierement ſur moi du ſoin de lui
garder un tréſor que vous méritez mieux
que lui . J'ai rempli d'abord ma charge
avec aſſez de rigueur ; mais je ſuis naturellement
bonne , & voici la vingtiéme
fois que je donne à ma maîtreſſe de
pareilles preuves de bonté. Alcindor admiroitla
bienfaiſance de l'une & de l'au
tre. Mais , pourſuivit-il ,n'éxiſte t- il pas
d'autres obſtacles ? Oh ! nous faurons
les lever , quels qu'ils foient , reprit la
Duégne : cen'est pas la première fois....
Un incidenttragique interrompit le difcours
de la vieille. Un Italien aborda
& poignarda furtivement certain François
qui avoit ſçu lever certains obſtacles.
Onne parut étonné ni du fait , ni de
lavengeance. L'affaffin eut le bonheur
de gagner un Temple voifin , & par
conféquent de ſe voir abſous.
Pour Alcindor il rejoignit Zelinde.
L'une& l'autre quitterent l'ancienne Patriedes
Cefars. Ils vifiterent d'autresVil
FEVRIER . 1764. 39
les d'Italie où ils n'apperçurent que ce
qu'ils avoient vû à Rome & ſouvent pis
encore . Ah ! s'écrioit Zélinde avec indignation
, franchiſſons vîte les Alpest
Mais Alcindor , on ignore pourquoi ,
la détermina à franchir les mers , & à fe
rendre en Eſpagne.
Là , ils virent d'autres Tableaux. L'amour
fidéle juſqu'à l'obſtination y régne
pour ainſi dire de toutes parts . L'amourjaloux
juſqu'à la frénéfie l'accompagne
pour l'ordinaire. Là ſe réaliſent
les paffions éternelles; paſſions qui n'oſent
plus figurer ailleurs , même dans les
Romans. Alcindor & Zélinde prirent
l'extérieur d'un François & d'une Françoiſe.
L'alliance venoit d'être , plus que
jamais , reſſerrée entre les deux nations ,
&nos voyageurs furent traités en amis.
Zélinde fit autant de conquêtes qu'elle
en voulut faire& plus qu'elle n'en vouloit
garder. Elle parut donner la préférence
à un jeune Eſpagnol qui à mille
égards la méritoit. Il n'en devint que
plus tendre & plus empreſſé , mais en
même temps plus jaloux. A peine eur
il lieu de préſumer qu'on l'aimoit , qu'il:
craignit qu'on ne ceſſât de l'aimer. Il
étoit reſpectueux dans ſes manières ; il
l'étoit dans ſes diſcours , & ce fut auffi
très- reſpectueuſement qu'il pria la Néris
40 MERCURE DE FRANCE..
d'interdire fa maiſon à tout autre qu'à
lui. Alcindor lui - même n'en fut pas
éxcepté. Voilà,diſoit intérieurement Zélinde
, voilà une inquiétude qui tient de
la tyrannie, une délicateſſe qu'on porte
juſqu'à l'outrage. N'importe , pourſuivit-
elle , voyons fi ces demandes , une
fois fatisfaites , feront ſuivies de quelques
autres. Dès ce moment elle devient
inacceffible à tous ceux que l'Eſpagnol
regarde comme ſes rivaux. Alcindor
lui -même , ſe prête à cette épreuve.
Tant de ſacrifices comblerent de
joie l'amoureux Caſtillan , & ne purent
le tranquiliſer. Il trouva que la prétendue
Françoiſe n'oubloit point affez les
uſages de ſa Nation. Zélinde adopta
fur le champ ceux d'une véritable Efpagnole
, ne parut plus que maſquée ,
ſe montra même très-rarement ſous cet
attirail ; en un mot , elle marqua fur
tous ces points une docilité capable
de décéler qu'elle n'étoit pas Françoiſe.
Le jour ſuivant elle vit l'Epagnol à ſes
genoux la remercier de toutes ces preuves
de complaiſance & en éxiger une
nouvelle . C'étoit de permettre qu'on
réformât ſes jaloufies de manière qu'en
voulant voir , elle- même ne riſquât
point d'être apperçue . Zélinde vit bien
FEVRIER . 1764. 41
qu'il s'agiſſoit de l'empêcher elle-même
de rien appercevoir. Elle ordonna
ce qu'on la prioit tacitement de permettre.
Le jour ſuivant l'Eſpagnol ſe
retrouve à ſes genoux & lui préſente
humblement une Duégne .
Ce dernier trait lui parut une ſuite
naturelle des précédens. Elle le ſoutint.
comme elle avoit fait les autres ; mais
la fin de l'épreuve approchoit. L'Eſpagnol
fortit & la Duégne reſta. Au milieu
de la nuit ſuivante , Zélinde entendit ſous
ſes fenêtres un concert de pluſieurs inftrumens.
Degrands cris & un cliquetisd'armes
ſuccédèrent à cette muſique :ce
qui déſignoit au moins une Tragédie-
Opéra. Le lendemain , Zélinde apprit
que fon Amant avoit voulu la gratifier
d'une ſérénade , ſelon l'uſage du pays ;
qu'un autre Eſpagnol , dont la maîtreſſe
logeoit vis-à-vis d'elle , étoit furvenu
dans le même deſſein : que les deux galans
s'étoient crus rivaux , s'étoient battus
en conféquence ,& mis l'un & l'autre
au bord de la tombe: preuve certaine,di--
foit-on, que l'un & l'autre aimoit bien ſa
maîtreffe. On ajoutoitqu'une telle preu
ve d'amour alloit rendre jalouſes toutes
lès beautés de Madrid. Mais Zélinde en
inféra de nouveau , que l'amour Eſpas
42 MERCURE DE FRANCE.
gnol ne ſéduiroit ni elle ni ſes compagnes.
Pour Alcindor , il plaiſoit beaucoup à
une jeune & belle Caftillanne , qui jufqu'alors
avoit été nommée l'inſenſible .
Malheureuſement ſa manière d'aimer
étoit toute ſemblable à celle des Néris.
Tout ſe réduiſoit aux petits ſoins , & a
l'affiduité la plus rigoureuſe. Elle vouloit
qu'on défirất ſans ceſſe , & ne laiſſoit
jamais rien eſpérer. Après tout , diſoit
Alcindor , l'objet de mon voyage feroit
bien mal rempli. Prudes pour bégueules ,
il valoit autant ne pas me déplacer. In
fit d'autres recherches & vit que c'étoit-
là le génie dominant du beau fexe
Ibérien . Zélinde , elle-même étoit ſuffiſamment
inſtruite. Elle propoſa au Péris
de riſquer une tournée en France ; mais
il n'attendoit abfolument rien de cette
démarche. Il détermina la Néris à paſſer
chez certain Peuple , rival éternel de la
Nation Françoiſe , & qui ſe pique de ne
l'imiter en rien .
C'eſt avoir fuffifamment déſigné l'Angleterre.
Le couple voyageury parut ſous
I'habit Eſpagnol. Dès les premiers jours ,
la Néris apperçut dans les hommes de
cette ifle peu d'eſtime pour les femmes ,
&encore moins de complaiſance . DèsFEVRIER.
1764. 43
lors , elle rallentit fes recherches , & s'épargna
, en effet , une peine inutile.
Alcindor augura mieux de celles qu'il
alloit prendre. Il remarqua dans le Beau-
Séxe Anglois un germe de tendreffe qui
faifoit comme partie de ſon exiſtence.
*Quel dommage , diſoit- il , qu'un naturel
fi heureux foit négligé par ceux qui ſont
le plus intéreſſés àle faire valoir ! Il voulut
, cependant , voir par lui - même ,
c'est-à- dire , voir juſqu'à un certain
point , le parti qu'on pouvoit tirer de ces
favorables diſpoſitions. Auparavant il lui
tomba ſous la main unpapier public , où
il lut ces propres paroles : >> Depuis l'or-
>> dinaire dernier ( c'est-à-dire depuis
>> trois jours ) on n'a retiré que fix jeu-
>> nes perſonnes du Lac de Roſémonde.
>> Il faut croire que les amours ont été
>> moins vifs , ou plus heureuxqu'à l'or-
>>> dinaire durantcetintervalle: ily a bien
>> eu auſſi quelques galans poignardés
>>par leurs Belles , qu'ils avoient quit-
>> tées : mais , pour cette fois , cela ne
>> fait pas nombre. C'eſt pourquoi nous
>>ne les déſignerons qu'avec ceux de la
>> feuille prochaine. »
Le Péris ajouta peu de foi à cet article.
Il jugea que , depuis le rétabliffement
de la paix ,le Gazetier en étoit
44 MERCURE DE FRANCE.
réduit à compoſer des fables périodiques,
& il réſolut de n'en croire que fa propre
expérience. L'occaſion s'en préſenta
d'abord comme d'elle-même. Une jeune
veuve qui avoit le regard tendre &
doux , lui parut très- propre à démentir
le Gazetier ſatyrique. Il s'attacha à lui
plaire , y réuffit & parvint même à la
fixer entiérement. Il vit enfin combien
le coeur des femmes de cette contrée
eſt actif : mais ce coeur éxige qu'on le
ſuive ; il défend , ſurtout , de rétrograder.
Alcindor , qui ne vouloit pas aller
trop loin , ralentit ſubitement ſa marche
,& bientôt même parut diſpoſé à
faire retraite. Ce fut alors qu'il eut lieu
de juger qu'une gazette n'eſt pas tou
jours fauſſe. La jeune veuve n'épargna
rien pour prévenir ſon inconſtance. Elle
pria , ſupplia , gémit ; & lorſqu'elle vit
que tout étoit fuperflu , elle fit fuccéder
les menaces aux gémiſſemens , la
fureur aux menaces : en un mot le poignard
fut levé. On préſume bien d'avance
que ce fut en vain : mais la veuve
n'en devint que plus furieuſe. Elle fortit,
réſolue de ſe punir elle-même de ſa cré--
dulité. Elle alloit fournir un article à la
Gazette prochaine : déja même elle s'é
toit élancée à l'endroit le plus profond
FEVRIER . 1764 . 45
du lac. Le Péris , qui avoit pris une autre
forme pour la ſuivre, la ſecourut à temps,
la conſola de ſon mieux,& fi bien qu'elle
eut de la joie d'avoir pour libérateur un
homme ſi propre à faire oublier les torts
de ſes pareils. Alcindor ſe garda bien de
la détromper. Il ſe rendit auprès de Zélinde
, pourdécider avec elle ſi leur miffion
n'étoit pas réellement terminée. Ils
avoient parcouru toute la terre , excepté
-la France ; & la France leur ſembloitafſez
inutile à parcourir. Tout confidéré
cependant , ils s'y déterminèrent ; moins
dans l'eſpérance de trouver là ce qu'ils
cherchoient , que pour éviter le reproche
de ne l'avoir pas éxactement cherché.
Arrivés dans la Capitale , ils s'y annoncerent
pour Anglois. Ils en avoient
pris l'extérieur , & en affectoient le langage.
Cet expédient leur eût mal réuſſi
un fiécle plutôt ; mais depuis peu tout
avoit bien changé de face. La mode
régnante à Paris étoit d'admirer les
Anglois en tout& partout. On les applaudiſſoit
ſur la Scène , on les fêtoit
dans les cercles , on les copioit dans les
Livres , on ſacrifioit nos héroïnes à
leur héros .... D'après ces diſpoſitions
le couple voyageur ne pouvoit manquer
d'être bien accueilli. Il le fut mieux
46 MERCURE DE FRANCE.
encore qu'il n'avoit ofé le prévoir. Zélinde
qui à la beauté des plus belles Angloiſes
affectoit de joindre leur air tant
ſoit peu gauche , trouva une foule d'Elégans
qui tous aſpiroient à la former.
Leur perfifflage ne lui parut pas dangereux
; mais il l'amuſoit. Elle mit fur
le chapitre de la conſtance un Petit-
Maître des plus à la mode. Il en parla en
homme qui la pratique peu , & qui
l'eſtime encore moins. La conſtance en
amour , diſoit- il , n'est bonne qu'a fournir
vingt volumes à unRomancier. C'eſt
une vertu qui de tous ſes héros fait autant
de vitimes : & d'ailleurs , un amant
fidéle eſt un être ſi infipide , ſi incommode
! Il n'en eſt pas moins vrai ,
Madame , pourſuivit le François , que
vous m'allez contraindre d'imiter ce que
je blâme dans autrui : mais daignez me
pardonner d'avance l'ennui queje vais
vous caufer. On n'a point avec vous la
liberté du choix .
....
C'étoit-là le ton qu'en général on prenoit
avec Zélinde. Elleen conclut qu'en
France l'amour n'étoit point misau rang
des affaires férieuſes. Alcindor lui-même
tiroit des conféquences toutes ſemblables
dece qu'ilvoyoit. L'extrême liberté dont
jouiffoient les femmes , l'usage qu'elles
FEVRIER. 1764. 47
en faifoient , le peu de penchant qu'ont
leurs maris , ou leurs amans à la jaloufie ,
le ridicule attaché à ce foible ; en un
mot, ce qu'on nomme en France le ton
delabonne compagnie : tout cela diftinguoit
, felon lui , cette Nation d'avec
toutes les autres .
Il parut s'attacher à une jeune Marquiſe
, devenue veuve , & par cette raiſon
encore plus libre qu'étant mariée :
ce qui fignifie beaucoup. Sa maiſon
étoit fréquentée par une foule de jeunes
gens du bon ton , qui tous s'affichoient
pour rivaux , & n'en étoient pas moins
bons amis. Les politeſſes qu'Alcindor en
reçut lui- même l'étonnèrent Il s'en expliqua
ingenuement avec l'un d'entr'eux.
Voici la réponſe que lui fit lejeune François.
Nos aïeux avoient la manie d'adorer
leurs Dames , de n'ofer le leur dire ,
&de s'égorger entr'eux pour les en informer.
Nous ſuivons un tout autre
uſage. Nous débutons par un je vous
aime ; nous aimons beaucoup moins
que nos aïeux , & chacun de nous croit
être aimé. Dès-lors plus de jaloufie. Nous
n'enviſageons un rival que comme le
témoinde notre triomphe actuel , ou futur.
C'eſt une victime que nous plaignons
fincèrement , loin de la hair ; &
48 MERCURE DE FRANCE.
d'ailleurs , ce pays eſt ſi fertile en refſources
! Les femmes ſont devenues ſi raiſonnables
! Elles ſe prêtent ſi volontiers
ànos arrangemens ! ... Oh parbleu ! il
faudroit être bien gauche pour ſe trouvet
au dépourvu ; & chez les Spartiates , où
les fonds étoient en commun , y eut-il
jamais de diſputes d'intérêts ?
Le Péris ne trouva pas ce diſcours des
plus ridicules. Peut- être , diſoit- il , aimet-
on moins ici qu'ailleurs ; mais l'amour
yprend une phyſionomie plus riante. La
confiance le guide , & ne l'abandonne
jamais. Un échec eſt prèſque toujours
fuivi d'un triomphe : un triomphe ne ſe
fait attendre qu'autant qu'il eſt néceſſaire.
L'Amour enfin eſt ici le Dieu de la concorde
, lui qui ſéme la diviſion chez tant
de Peuples , qui a caufé la ruine de tant
d'autres. Ah ! ſans doute , que Troye
éxiſteroit encorree , fi Ménélas eût été
François .
Il revit la jeune Marquiſe. Elle parut
flattée de ſes viſites ; mais elle en
recevoit une foule d'autres , & aucune
ne ſembloit lui déplaire. Le faux Anglois
en témoigna quelque inquiétude ,
ce qui divertit beaucoup lajeune Françoiſe.
Eh quoi , Monfieur , lui dit-elle ,
êtes-vous donc encore ſi peu au fait ?
Quelles
FEVRIER . 1764 . 49
Quelles que foient vos prétentions ,
ignorez-vous que la confiance eſt l'âme
de la Société ? Voyez le Monde , Monfieur
, & ces miféres- là vous paſſeront.
Elle-même voulut lui ſervir d'Introductrice.
Il admiroit l'aiſance avec laquelle
cette jeune veuve le préſentoit
dans différens cercles choifis . Ces cercles
étoient pour lui un autre genre de
Spectacle où les femmes jouoient toujours
les grands rôles , où les maris n'ofoient
paroître,ou ne paroiffoient qu'incognito.
La vivacité d'eſprit qui diftingue
les Françoiſes , la gaîté qui anime
leurs diſcours , les grâces qui accompagnent
toutes leurs actions , ſe diſputoient
le prix dans ces momens , &
furtout au milieu d'un élégant ſoupé.
Quel dommage diſoit Alcindor ,
que des objets ſi ſéduiſans ne ſe bornent
qu'à plaire ! choſe qui ne leur eſt
que trop facile. Grace à cette extrême
facilité elles dédaignent de garder
leurs conquêtes. Alexandre donnoit des
couronnes , persuadé qu'il lui étoit aifé
d'en conquérir d'autres. Telles font les
Françoiſes .
,
,
Il eut cependant lieu de juger que
l'amour conſtant n'étoit pas un phénomène
chez cette Nation. Mais cet amour
C
50 MERCURE DE FRANCE .
eſt ſi paiſible , fi peu éxigeant , ſi peu
jaloux , qu'ailleurs il paſſeroit pour indifférence.
Ah , s'il eſt ainſi , diſoit notre
voyageur , à coup für la jeuneMarquiſe
m'aime , & m'aime un peu plus
qu'à la Françoiſe . Il eſt bon d'obſerver
que fi le Péris avoit avoit le don de
prendre la même forme que les humains
, il n'avoit pas celui de lire dans
leur intérieur.
Il voulut donc que l'âme de la Marquiſe
ſe manifeſtât au dehors. C'étoit
pour lui un paſſetemps affez flatteur de
pouvoir d'un ſeul coup dérouter trente
Petits-Maîtres. Il plaignoit cependant
la belle Françoise , & redoutoit quelque
avanture ſemblable à celle de Londres.
Il est vrai ,diſoit- il, que ni le Mercure
de France , ni le nombre exceffif
de Journaux & de Gazettes qu'on y diftribue
, n'offrent nulle tracede pareilles
catastrophes.Mais, pourſuivoit Alcindor ,
il eſt toujours fâcheux de moleſter une
jolie femme.
Au milieu de ces réflexions , il reçoit
de la Marquiſe une lettre de reproches .
Elle s'y plaignoit ſpirituellement de fon
abfence , & même de ſa tiédeur. C'étoit
le confirmer dans l'opinion qu'il
avoit de ſa bonne fortune . Il retourne
FEVRIER . 1764. 5
auprès d'elle , expoſe des griefs , des
inquiétudes , veut éxiger des facrifices ,
en un mot , joue le rôle d'un Amant
Eſpagnol. Mais la ſcène devint affez comique
des deux parts. La jeune Marquiſe
le pria de s'épargner un ridicule.
un travers intolérable. Profitez mieux ,
lui dit-elle , des exemples que vous offre
ma Nation , la ſeule qui ſcache réduire
l'Amour à ce qu'il doit être,ou du moins
à ce qu'il doit paroître. Ce n'eſt pas
'qu'il ne briſe quelquefois les entraves
qu'on lui donne. Eh , où en ferionsnous
, pourſuivit-elle , fi malheureuſement
je vous aimois aſſez pour vous
croire!
Qu'entends-je ? s'écria le Péris étonné
, est- il bien vrai que vous ne me diftinguiez
pas del'éſſain frivole qui vous
entoureprèſque ſans ceſſe ? Pardonnezmoi
, Mylord , reprit la Marquiſe , je
vous diftingue ; j'ai voulu vous faire les
honneurs de ma Nation : mais tous ces
égards diſparoîtront s'il eſt jamais queftion
de vous aimer. L'étonnement d'Alcindor
augmentoit à chaque parole de
la jeune Françoiſe. Au moins , Madame
, pourſuivit-il , daignez faire votre
confident de celui qui aſpiroit à quelque
choſe de plus : daignez me faire
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
,
ce
connoître l'heureux Mortel que vous
me préférez. Dites qui vous a prévenu ,
reprit la Marquise ; quant au reſte
n'eſt point un myſtère. Un peu plus de
connoiffance de nos uſages vous eût d'abord
mis au fait. L'heureux Mortel dont
vous parlez eſt le même qui vous a introduit
chez moi , que vous avez vû y
& donner entrée à beaucoup d'autres , &
qui s'y montre plus rarement que vous
& eux. Telle eſt chez nous la conduite
ordinaire d'un Amant préféré : celle
d'un époux eft encore plus circonfpecte
. Il lui eſt permis d'aimer tacitement
ſa femme , & c'eſt tout: garre le ridicule
s'il ofe afficher la tendreſſe & l'affiduité
! En un mot , les chaînes de l'Amour
& de l'Hymen font devenues
pour nous fi légères , qu'une Françoife
peut ſe croire libre en les portant.
Après tout , diſoit Alcindor en luimême
, cette liberté a fon mérite ; les
deux ſéxes peuvent y trouver leur compte
: refte à ſçavoir fi la fatifaction eſt
générale. Toutes les nouvelles recherches
que fit Alcindor lui prouvérent
qu'elle l'étoit. Zélinde elle-même commençoit
à goûter cette manière de vivre
cette liberté qui tient le milieu
entre la licence & le bégueulisme. L'A-
و
FEVRIER. 1764. 53
mour est un enfant ,diſoit-elle au Péris
, il faut badiner avec lui ſi l'on veut
lui plaire , ou qu'il plaiſe.
Ce fut dans ces diſpoſitions qu'Alcindor
& Zélinde retournérent à leur féjour
habituel. Ils arrivent, ſe ſéparent ,
& aſſemblent , l'une ſes compagnes ,
l'autre ſes compagnons. Des deux
parts l'empreſſement est le même à les
entourer ; l'attention qu'on leur prête
eſt égale , & leur rapport tout ſemblable.
A l'inſtant on s'écrie chez les Péris
qu'il faut appeller des Françoiſes. Les
Néris parurent moins promptes à ſe décider
: elles vouloient qu'on délibérât
fur cette matière , au moins pour la
forme. Hélas ! mes chères compagnes ,
leur dit Zélinde , une délibération eſt
bien ſuperflue , quand la queſtion ſe
trouve jugée d'avance. Epargnons aux
Péris une démarche qui va nous en
coûter d'autres ; & d'ailleurs n'eſpérez
pas trouver les François plus refpectueux
que nos voiſins. Cette remontrance
produifit ſon effet : les deux partis
ſe rapprochérent : Alcindor & Zelinde
firent l'office de médiateurs , & leurs
foins furent fi éfficaces , on ſe trouva
fi bien de leurs avis , que la plus mo-
4.
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
defte des Néris grava en lettres d'or cette
maxime : Ceux qui ont beaucoup viê
font bons à confulter.
Fermer
12597
p. 54-55
IPHIS ET ANAXARETTE, ROMANCE tirée des Métam. d'Ovide. Sur l'AIR : L'Amour m'a fait la peinture. A Mlle de H.....
Début :
LA folâtre Anaxarette [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IPHIS ET ANAXARETTE, ROMANCE tirée des Métam. d'Ovide. Sur l'AIR : L'Amour m'a fait la peinture. A Mlle de H.....
IPHIS ET ANAXARETTE,
ROMANCE tirée des Métam. d'Ovide.
Sur l'AIR : L'Amour m'a fait la peinture.
A Mlle de H.....
LA folâtre Anaxarette
A rire paſſoit le jour.
Malgré ſon humeur coquetté,
Iphis aimoit la follette
Qui rioit de ſon amour.
De ſon embarras extrême
D'abord elle rit tout bas.
Mais quand le pauvret tout blême,
Dit en tremblant je vous aime ,
Elle en rit juſqu'aux éclats.
Il ne peut vivre avec elle,
Il ne peut s'en ſéparer.
Sesris la rendoient plusbelle ,
Prêt à quitter la cruelle ,
Il reſtoit pour l'admirer.
FEVRIER. 1764.
Maislas de tant de ſouffrance ,
Sçavez-vous bien cequ'il fit ?
Au Ciel il cria vengeance ,
Puisdans les bois en ſilence
Un matin il ſe pendit.
Jadis que d'Amans fidéles
Ontpéri par cet abus !
Ces mœurs étoient bien cruelles ,
Mais aujourd'hui pour nos Belles
Onditqu'onneſe pendplus.
Plein d'unejuſte colère
Amour ſoudain ſevengea.
Cette Beauté dure & fière
Soudain fut changée en pièrre;
Mais ſon cœur l'étoit déja.
O vous que rien n'intéreſſe ,
Craignez un pareildeſtin.
Riez moins de ma foibleſſe :
UneBelleſans tendreſſe,
Fait toujours mauvaiſe fin.
55
D. L. R.
ROMANCE tirée des Métam. d'Ovide.
Sur l'AIR : L'Amour m'a fait la peinture.
A Mlle de H.....
LA folâtre Anaxarette
A rire paſſoit le jour.
Malgré ſon humeur coquetté,
Iphis aimoit la follette
Qui rioit de ſon amour.
De ſon embarras extrême
D'abord elle rit tout bas.
Mais quand le pauvret tout blême,
Dit en tremblant je vous aime ,
Elle en rit juſqu'aux éclats.
Il ne peut vivre avec elle,
Il ne peut s'en ſéparer.
Sesris la rendoient plusbelle ,
Prêt à quitter la cruelle ,
Il reſtoit pour l'admirer.
FEVRIER. 1764.
Maislas de tant de ſouffrance ,
Sçavez-vous bien cequ'il fit ?
Au Ciel il cria vengeance ,
Puisdans les bois en ſilence
Un matin il ſe pendit.
Jadis que d'Amans fidéles
Ontpéri par cet abus !
Ces mœurs étoient bien cruelles ,
Mais aujourd'hui pour nos Belles
Onditqu'onneſe pendplus.
Plein d'unejuſte colère
Amour ſoudain ſevengea.
Cette Beauté dure & fière
Soudain fut changée en pièrre;
Mais ſon cœur l'étoit déja.
O vous que rien n'intéreſſe ,
Craignez un pareildeſtin.
Riez moins de ma foibleſſe :
UneBelleſans tendreſſe,
Fait toujours mauvaiſe fin.
55
D. L. R.
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12598
p. 59
ÉPIGRAMME.
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAMME.
ÉPIGRAMME.
BON Dieu, disoit Agnès, que les hommes sont fous !
Qu'ils s'occupent de peu de choſe ! ... J'enconviens , répondit Manrofe
S'il en eſt qui penſentà vous.
BON Dieu, disoit Agnès, que les hommes sont fous !
Qu'ils s'occupent de peu de choſe ! ... J'enconviens , répondit Manrofe
S'il en eſt qui penſentà vous.
Fermer
12599
p. 60-68
LETTRES D'UN JEUNE HOMME. O sentiment, sentiment ! douce vie de l'âme ! ROUSSEAU de Genève.
Début :
QU'UN Agréable ou qu'une Elégante se moquent du ton & de la morale [...]
Mots clefs :
Jeune homme, Ami, Amitié, Coeur, Hommes, Amour, Bonheur, Vertu, Sentiment, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRES D'UN JEUNE HOMME. O sentiment, sentiment ! douce vie de l'âme ! ROUSSEAU de Genève.
LETTRES
D'UN JEUNE HOMME.
O ſentiment , ſentiment ! douce vie de l'âme !
ROUSSEAU de Genève.
QU'UN Agréable ou qu'une Elégante
ſe moquent du ton & de la morale
de ces lettres , je n'en ſerai pas ſurpris ;
j'oſerai même en augurerfavorablement.
Ames honnêtes & fenfibles ! permettez-
moi de vous les offrir ; vos fuffrages
font les ſeuls qui puiſſent me
flatter.
J
LETTRE PREMIÈRE.
E vous écris ,, mon Ami , du plus
agréable endroit de la Terre ; tout ici
refpire la paix , & promet le bonheur.
Vous y fentez partout la main du maître
; fon heureux génie anime & remplit
ces beaux lieux . L'ordre & la bonne
intelligence qui regnent dans ſa maifon
, le goût , l'aimable ſimplicité qui
la décorent , la douce liberté dont on
FEVRIER. 1764. 6
y jouit , tout annonce un être reſpecté
chéri & digne de l'être.
,
Je découvre de ma fenêtre un point
de vue dont le contraſte eſt gracieux
& frappant. D'un côté toutes les
richeffes du printemps ; des fleurs , des
prés, des ruiſeaux,de grands arbres fruitiers
tout couverts de ces beaux bouquets
de neige qui répandent l'éclat le
plus vif,& le plus doux parfum.De l'autre ,
une campagne agreſte , ſauvage , de
vieux arbres chenus & dépouillés ;
des torrents plus pittoreſques, plus impoſans
que vos caſcades ; une nature
aride & déferte ; mais dont vous connoiſſez
le prix , Voyez , ami , contraſter
avec tous ces objets nos jeunes
villageoiſes , auſſi belles qu'ingé
nues. Cet aſpect a quelque choſe d'enchanté.
Il ne manque ici que vous ,
mon bon ami.
Mais tandis que je m'amuſe à te
peindre ce payſage , ton âme eſt en
proie à la douleur. Tu pleures une foeur
charmante . Le ſouvenir de Folni attendrit
& déchire ton coeur. Aimable
Folni ! ... Cette ſanté ſi belle , fi brillante
, cet enjoûment , cette douceur...
Jeuneſſe, eſprit , grâces, vertus, la mort
atout dévoré ! Mais non , ami , ta foeur
62 MERCURE DE FRANCE.
éxiſte encore. Cette âme fimple & pure
n'eſt point anéantie . Elle repoſe au fein
de l'être des êtres . Belle âme , vois couler
nos pleurs ! Je crois te voir ſenfible
à nos regrets. Nos coeurs ſe réuniront
au tient , nous partagerons ton
bonheur.
O , mon Ami ! ne fermez pas votre
âme à la confolation. Que je mépriſe
ces hommes aveugles & durs qui voudroient
que la mort détruisît tout notre
être ! Ainfi donc , les vertus les plus
aimables & les plus fublimes ſeroient
fans récompenfe , & l'eſprit ſeroit confondu
avec la matière ! Malheureux fyf
tême , que le coeur & la raiſon défavouent
: l'impatience & l'immenfité de
nos defirs te trahiront toujours.
T
Ecrivez - moi , mon cher ami. Nos
lettres feront triftes ; mais cette triſteſſe
aura plus d'attraits pour moi , que toutes
les fauſſes joies d'un monde auſſi frivole
que diſſipé.
LETTRE II.
Vouspenſez ſurl'amitié comme faiſoit
Madame de Guion ſur l'amour de Dieu .
Vous ſcavez qu'elle imaginoit une
FEVRIER. 1764. 63
charité bien défintéreſſée , & qui dans.
ſon ſyſtême devoit anéantir l'amour de
nous-mêmes . Elle trouvoit cette idée
admirable . Elle avoit du moins , d'après
fon Directeur , adopté fortement cette
opinion ; elle la défendoit avec, chaleur.
Ce n'étoit qu'une rêverie ; & je vais
vous convaincre , mon bon ami , que
vous rêvez auſſi quelquefois. Paſſezmoi
ce propos , vous m'avez donné
de l'humeur.
Nous n'aimons que nous dans les
perfonnes qui nous font les plus cheres ;
ce font vos termes. tout se rapporte à
notre bien- être. Mais , mon ami , croyezvous
que l'on aime moins Dieu , parce
que l'on y trouve de l'attrait ? L'amour
de la vertu , cet amour fi pur
n'eſt pas lui-même éxemt d'intérêt dans
un certain ſens : mais , croyez -moi ,
il eſt beau , il eſt grand de s'aimer foimême
dans l'ordre. Le rare mérite de
ta foeur nous attiroit , il eſt vrai. Nous
en étoit-elle moins chère ?
Ah ! que je hais ces affligeans ſyſtêmes
qui ne ſemblent imaginés que
pour inſulter à l'humanité, pour avilir
&décourager notre âme. Vous qui
regardez l'intérêt comme le ſeul principe
de nos actions , froids & triftes
64 MERCURE DE FRANCE.
(
raiſonneurs , la divine image de l'honnête
& du beau n'a-t- elle jamais échauffé
vos coeurs ? N'avez - vous jamais ſacrifié
à la vertu ? Quelle est donc cette
malheureuſe & funeſte Philofophie, qui
ne croit pas aux fublimes éfforts, à l'intrépide
fermeté du Sage , ou qui ne ceffe de
la calomnier ?
Une choſe que vous n'hésiterez pas
à croire , mon ami , quoiqu'elle ait l'air
d'un paradoxe, c'eſt que les gens médiocres
ne font pas faits pour la ſolide
amitié. Le commerce des hommes fimples
eſt aſſez für ; mais ne sont- ils pas
fufceptibles de prévention ? S'ils favent
aimer , font- ils capables de cette amitié
fublime , de cet enthouſiaſme qui diftinguent
les ames ſupérieures ? Non ,
ils n'ont jamais fenti ce génie du coeur ,
ce feu du ſentiment qui pénétre l'âme ,
& qui l'éclaire. Ils peuvent être ſincères
&bons ; mais jamais leur froide amitié
ne fera rien de grand.
Cependant je préférerai toujours les
bonnes gens à ceux dont les démonftrations
vous poursuivent ſans ceſſe.
Ton ami , tu n'en ſçaurois douter
adore la fincérité. Quelle âme ſtupide
& lâche peut renoncer à cette vertu ,
qui nous rapproche de la divinité ? Mais
,
FEVRIER . 174 . 65
je dédaigne cette polliteſſe artificieuſe ,
qui met les manières à la place des
ſentimens , qui ne rougit pas de prendre
l'air & le ton de la bienveillance ,
qui tue en carefſſant , ou du moins qui
voile fon indifférence & ſa froideur des
attraits de la franchiſe & de l'amitié.
Mon coeur ſe révolte dès qu'il ne trouve
plus la candeur. Je dois ton eſtime à
cette qualité ; c'eſt elle qui m'attache
à toi. Mon ami , notre amitié durera
toujours.
LETTRE ΙΙΙ.
1
JEE ſuis encore ému de ce que l'on
me fit voir hier. Mon ami c'eſt un
Sage , c'eſt un Dieu qui habite ce ſéjour
ignoré !
د
Le jour commençoit à tomber : il
me prit en particulier , & me dit ;
vous êtes digne de m'accompagner ;
venez voir un ſpectacle attendriflant....
Mais que tout ceci demeure entre vous
& moi.
Je le fuis à l'extrémité du hameau ;
nous entrons dans une chaumière.......
Ciel ! Quels objets ! Une vielle femme
étendue ſur un grabat ; auprès d'elle
66 MERCURE DE FRANCE .
une jeune perſonne dont la douceur &
la beauté brilloient ſous le plus groffier
vêtement. Elle prodiguoit ſes ſoins àla
malade. Mon Enfant, lui dit mon digne
Ami , voilà donc votre mère ? Hélas
oui , Monfieur ! Depuis huit jours elle
n'a pu fortir du lit; je ne puis la quitter ;
&nous allons manquerde pain.....
O piété ! ô vertu ! diſois-je intérieurement
, voilà donc votre aſyle ! Mais , reprit
M. d'Aubigné , pourquoi manquer
de confiance , mon cher Enfant ? Que
ne veniez-vous me confier vos douleurs ?
Je ſçais combien vous êtes bon , Monfieur
; mais j'ai craint ...... Ah ! ne
craignez plus : les indigens honnêtes
font toujours accueillis chez moi; ils y
font reſpectés , ma Fille. Tenez ,& fouvenez-
vous queje ne vous abandonnerai
jamais.
La jeune perſonne ſanglottoit ; elle
baiſoit les mains de ſon bienfaiteur ,
qui lui dit en ſe retirant : ayez ſoin de
votre mère , ſoyez toujours vertueuſe ,
&comptez fur moi. Ce que je fais pour
vous , ce que je ferai par la ſuite eſt fort
fimple. Pourquoi s'étonner d'une bonne
action ? C'eſt la dureté des hommes qui
doit ſeule nous étonner.
C'eſt ainſi qu'il ſe fait adorer. Les
JANVIER. 1764. 67
travaux ruſtiques , animés par ſes regards
, ramènent par-tout l'abondance;
l'affreuſe pauvreté diſparoît devant lui ;
d'heureux mariages réuniſſent les familles;
lejeune berger peut ſuivre le penchantde
fon coeur , & remplir à la fois
les voeux de l'amour & de la fociété :
tout offre l'image du bonheur; la joie
naît du ſein du travail. Le tableau de ces
hommes ſains &robuſtes , de ces femmes
diligentes & fidèles , tous occupés
de laſubſiſtance commune , ne reſpire
que les plaiſirs ſimples & naturels , les
ſeuls vrais plaiſirs. De-là ces fêtes , ces
jeux innocens , où préſide cette allégreſſe
naïve , inféparable de la paix du coeur ,
&de la ſanté.
Telle étoit la vie des Patriarches , de
ces hommes heureux & fimples. Je ne
parcours point , ſans la plus douce émotion
, cette Hiſtoire des premiers temps.
Jacob & Rachel , l'heureux Booz, la
douce & fage Ruth ne vous charmentils
pas , mon Ami ? L'aimable Folni ,
portant du vin à ſa cuisinière , me rappelle
Rebecca . Je crois voir cette belle
vierge abreuvant les troupeaux du bon
Eliezer.
Mais je ne vous ai rien dit de Madame
d'Aubigné. Elle eſt digne de celui dont
68 MERCURE DE FRANCE.
1
elle porte le nom. Tendre épouſe , bonne
mère , maîtreffe compatiſſante , amie
ſenſible & généreuſe ; jeune encore &
charmante , elle fait le bonheur de tout
ce qui l'environne. Simple dans ſa parure
, fon plus cher ornement eſt ſa famille.
Ses enfans font tous d'une figure
aimable , & je n'en connois pas de mieux
élevés. Mon Ami , vous connoîtrez bientôt
cette maiſon : on vous y defire déja.
Lafuite au Mercure prochain .
D'UN JEUNE HOMME.
O ſentiment , ſentiment ! douce vie de l'âme !
ROUSSEAU de Genève.
QU'UN Agréable ou qu'une Elégante
ſe moquent du ton & de la morale
de ces lettres , je n'en ſerai pas ſurpris ;
j'oſerai même en augurerfavorablement.
Ames honnêtes & fenfibles ! permettez-
moi de vous les offrir ; vos fuffrages
font les ſeuls qui puiſſent me
flatter.
J
LETTRE PREMIÈRE.
E vous écris ,, mon Ami , du plus
agréable endroit de la Terre ; tout ici
refpire la paix , & promet le bonheur.
Vous y fentez partout la main du maître
; fon heureux génie anime & remplit
ces beaux lieux . L'ordre & la bonne
intelligence qui regnent dans ſa maifon
, le goût , l'aimable ſimplicité qui
la décorent , la douce liberté dont on
FEVRIER. 1764. 6
y jouit , tout annonce un être reſpecté
chéri & digne de l'être.
,
Je découvre de ma fenêtre un point
de vue dont le contraſte eſt gracieux
& frappant. D'un côté toutes les
richeffes du printemps ; des fleurs , des
prés, des ruiſeaux,de grands arbres fruitiers
tout couverts de ces beaux bouquets
de neige qui répandent l'éclat le
plus vif,& le plus doux parfum.De l'autre ,
une campagne agreſte , ſauvage , de
vieux arbres chenus & dépouillés ;
des torrents plus pittoreſques, plus impoſans
que vos caſcades ; une nature
aride & déferte ; mais dont vous connoiſſez
le prix , Voyez , ami , contraſter
avec tous ces objets nos jeunes
villageoiſes , auſſi belles qu'ingé
nues. Cet aſpect a quelque choſe d'enchanté.
Il ne manque ici que vous ,
mon bon ami.
Mais tandis que je m'amuſe à te
peindre ce payſage , ton âme eſt en
proie à la douleur. Tu pleures une foeur
charmante . Le ſouvenir de Folni attendrit
& déchire ton coeur. Aimable
Folni ! ... Cette ſanté ſi belle , fi brillante
, cet enjoûment , cette douceur...
Jeuneſſe, eſprit , grâces, vertus, la mort
atout dévoré ! Mais non , ami , ta foeur
62 MERCURE DE FRANCE.
éxiſte encore. Cette âme fimple & pure
n'eſt point anéantie . Elle repoſe au fein
de l'être des êtres . Belle âme , vois couler
nos pleurs ! Je crois te voir ſenfible
à nos regrets. Nos coeurs ſe réuniront
au tient , nous partagerons ton
bonheur.
O , mon Ami ! ne fermez pas votre
âme à la confolation. Que je mépriſe
ces hommes aveugles & durs qui voudroient
que la mort détruisît tout notre
être ! Ainfi donc , les vertus les plus
aimables & les plus fublimes ſeroient
fans récompenfe , & l'eſprit ſeroit confondu
avec la matière ! Malheureux fyf
tême , que le coeur & la raiſon défavouent
: l'impatience & l'immenfité de
nos defirs te trahiront toujours.
T
Ecrivez - moi , mon cher ami. Nos
lettres feront triftes ; mais cette triſteſſe
aura plus d'attraits pour moi , que toutes
les fauſſes joies d'un monde auſſi frivole
que diſſipé.
LETTRE II.
Vouspenſez ſurl'amitié comme faiſoit
Madame de Guion ſur l'amour de Dieu .
Vous ſcavez qu'elle imaginoit une
FEVRIER. 1764. 63
charité bien défintéreſſée , & qui dans.
ſon ſyſtême devoit anéantir l'amour de
nous-mêmes . Elle trouvoit cette idée
admirable . Elle avoit du moins , d'après
fon Directeur , adopté fortement cette
opinion ; elle la défendoit avec, chaleur.
Ce n'étoit qu'une rêverie ; & je vais
vous convaincre , mon bon ami , que
vous rêvez auſſi quelquefois. Paſſezmoi
ce propos , vous m'avez donné
de l'humeur.
Nous n'aimons que nous dans les
perfonnes qui nous font les plus cheres ;
ce font vos termes. tout se rapporte à
notre bien- être. Mais , mon ami , croyezvous
que l'on aime moins Dieu , parce
que l'on y trouve de l'attrait ? L'amour
de la vertu , cet amour fi pur
n'eſt pas lui-même éxemt d'intérêt dans
un certain ſens : mais , croyez -moi ,
il eſt beau , il eſt grand de s'aimer foimême
dans l'ordre. Le rare mérite de
ta foeur nous attiroit , il eſt vrai. Nous
en étoit-elle moins chère ?
Ah ! que je hais ces affligeans ſyſtêmes
qui ne ſemblent imaginés que
pour inſulter à l'humanité, pour avilir
&décourager notre âme. Vous qui
regardez l'intérêt comme le ſeul principe
de nos actions , froids & triftes
64 MERCURE DE FRANCE.
(
raiſonneurs , la divine image de l'honnête
& du beau n'a-t- elle jamais échauffé
vos coeurs ? N'avez - vous jamais ſacrifié
à la vertu ? Quelle est donc cette
malheureuſe & funeſte Philofophie, qui
ne croit pas aux fublimes éfforts, à l'intrépide
fermeté du Sage , ou qui ne ceffe de
la calomnier ?
Une choſe que vous n'hésiterez pas
à croire , mon ami , quoiqu'elle ait l'air
d'un paradoxe, c'eſt que les gens médiocres
ne font pas faits pour la ſolide
amitié. Le commerce des hommes fimples
eſt aſſez für ; mais ne sont- ils pas
fufceptibles de prévention ? S'ils favent
aimer , font- ils capables de cette amitié
fublime , de cet enthouſiaſme qui diftinguent
les ames ſupérieures ? Non ,
ils n'ont jamais fenti ce génie du coeur ,
ce feu du ſentiment qui pénétre l'âme ,
& qui l'éclaire. Ils peuvent être ſincères
&bons ; mais jamais leur froide amitié
ne fera rien de grand.
Cependant je préférerai toujours les
bonnes gens à ceux dont les démonftrations
vous poursuivent ſans ceſſe.
Ton ami , tu n'en ſçaurois douter
adore la fincérité. Quelle âme ſtupide
& lâche peut renoncer à cette vertu ,
qui nous rapproche de la divinité ? Mais
,
FEVRIER . 174 . 65
je dédaigne cette polliteſſe artificieuſe ,
qui met les manières à la place des
ſentimens , qui ne rougit pas de prendre
l'air & le ton de la bienveillance ,
qui tue en carefſſant , ou du moins qui
voile fon indifférence & ſa froideur des
attraits de la franchiſe & de l'amitié.
Mon coeur ſe révolte dès qu'il ne trouve
plus la candeur. Je dois ton eſtime à
cette qualité ; c'eſt elle qui m'attache
à toi. Mon ami , notre amitié durera
toujours.
LETTRE ΙΙΙ.
1
JEE ſuis encore ému de ce que l'on
me fit voir hier. Mon ami c'eſt un
Sage , c'eſt un Dieu qui habite ce ſéjour
ignoré !
د
Le jour commençoit à tomber : il
me prit en particulier , & me dit ;
vous êtes digne de m'accompagner ;
venez voir un ſpectacle attendriflant....
Mais que tout ceci demeure entre vous
& moi.
Je le fuis à l'extrémité du hameau ;
nous entrons dans une chaumière.......
Ciel ! Quels objets ! Une vielle femme
étendue ſur un grabat ; auprès d'elle
66 MERCURE DE FRANCE .
une jeune perſonne dont la douceur &
la beauté brilloient ſous le plus groffier
vêtement. Elle prodiguoit ſes ſoins àla
malade. Mon Enfant, lui dit mon digne
Ami , voilà donc votre mère ? Hélas
oui , Monfieur ! Depuis huit jours elle
n'a pu fortir du lit; je ne puis la quitter ;
&nous allons manquerde pain.....
O piété ! ô vertu ! diſois-je intérieurement
, voilà donc votre aſyle ! Mais , reprit
M. d'Aubigné , pourquoi manquer
de confiance , mon cher Enfant ? Que
ne veniez-vous me confier vos douleurs ?
Je ſçais combien vous êtes bon , Monfieur
; mais j'ai craint ...... Ah ! ne
craignez plus : les indigens honnêtes
font toujours accueillis chez moi; ils y
font reſpectés , ma Fille. Tenez ,& fouvenez-
vous queje ne vous abandonnerai
jamais.
La jeune perſonne ſanglottoit ; elle
baiſoit les mains de ſon bienfaiteur ,
qui lui dit en ſe retirant : ayez ſoin de
votre mère , ſoyez toujours vertueuſe ,
&comptez fur moi. Ce que je fais pour
vous , ce que je ferai par la ſuite eſt fort
fimple. Pourquoi s'étonner d'une bonne
action ? C'eſt la dureté des hommes qui
doit ſeule nous étonner.
C'eſt ainſi qu'il ſe fait adorer. Les
JANVIER. 1764. 67
travaux ruſtiques , animés par ſes regards
, ramènent par-tout l'abondance;
l'affreuſe pauvreté diſparoît devant lui ;
d'heureux mariages réuniſſent les familles;
lejeune berger peut ſuivre le penchantde
fon coeur , & remplir à la fois
les voeux de l'amour & de la fociété :
tout offre l'image du bonheur; la joie
naît du ſein du travail. Le tableau de ces
hommes ſains &robuſtes , de ces femmes
diligentes & fidèles , tous occupés
de laſubſiſtance commune , ne reſpire
que les plaiſirs ſimples & naturels , les
ſeuls vrais plaiſirs. De-là ces fêtes , ces
jeux innocens , où préſide cette allégreſſe
naïve , inféparable de la paix du coeur ,
&de la ſanté.
Telle étoit la vie des Patriarches , de
ces hommes heureux & fimples. Je ne
parcours point , ſans la plus douce émotion
, cette Hiſtoire des premiers temps.
Jacob & Rachel , l'heureux Booz, la
douce & fage Ruth ne vous charmentils
pas , mon Ami ? L'aimable Folni ,
portant du vin à ſa cuisinière , me rappelle
Rebecca . Je crois voir cette belle
vierge abreuvant les troupeaux du bon
Eliezer.
Mais je ne vous ai rien dit de Madame
d'Aubigné. Elle eſt digne de celui dont
68 MERCURE DE FRANCE.
1
elle porte le nom. Tendre épouſe , bonne
mère , maîtreffe compatiſſante , amie
ſenſible & généreuſe ; jeune encore &
charmante , elle fait le bonheur de tout
ce qui l'environne. Simple dans ſa parure
, fon plus cher ornement eſt ſa famille.
Ses enfans font tous d'une figure
aimable , & je n'en connois pas de mieux
élevés. Mon Ami , vous connoîtrez bientôt
cette maiſon : on vous y defire déja.
Lafuite au Mercure prochain .
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Résumé : LETTRES D'UN JEUNE HOMME. O sentiment, sentiment ! douce vie de l'âme ! ROUSSEAU de Genève.
En février 1764, un jeune homme écrit à son ami pour décrire un paysage paisible contrastant avec une campagne sauvage. Il exprime sa tristesse après la perte de Folni, mais croit en la persistance de son âme. Il encourage son ami à trouver la consolation et critique ceux qui pensent que la mort anéantit tout. Dans une deuxième lettre, l'auteur aborde les thèmes de l'amitié et de l'amour-propre. Il affirme que l'amour de soi est naturel et que seule une amitié sincère et profonde est véritable. Il valorise la sincérité et la candeur. Dans une troisième lettre, l'auteur raconte une rencontre avec un sage ou un dieu dans un lieu inconnu, demandant à son ami de garder cela secret. Il décrit ensuite une scène touchante où une jeune femme soigne sa mère malade. M. d'Aubigné, l'ami du narrateur, offre son aide et assure son soutien, valorisant ainsi la vertu et la dignité. La bonté et la générosité de M. d'Aubigné transforment la communauté, ramenant abondance et bonheur. Les travaux rustiques sont revitalisés par son influence, et des mariages heureux réunissent les familles. Le narrateur admire cette vie simple et heureuse, la comparant à celle des Patriarches bibliques. Il mentionne également Madame d'Aubigné, une femme tendre et compatissante, contribuant au bonheur de son entourage. La famille d'Aubigné est décrite comme aimable et bien élevée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12600
p. 70
ÉPIGRAΜΜΕ. LE CONSEIL RÉCIPROQUE.
Début :
BRULE ces vers, disoit un vieux Poëte [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAΜΜΕ. LE CONSEIL RÉCIPROQUE.
ÉPIGRAΜΜΕ.
LE CONSEIL RÉCIPROQUE.
BRULE ces vers, disoit un vieux Poëte
Très-ſubalterne , à certain Jouvenceau
Sur le Permeſſe arrivé de nouveau.
Mauvais ils font: phébus , froide épithére ,
Rime bâtarde , & nul grain de bon ſens :
Và , n'en fais plus .... à l'arrêt je conſens ,
Dit l'Ecolier : la leçon eſt complerte.
Mais pour n'offrir , comme moi , fade encens ,
Frère , entre nous partageons la recette.
LE CONSEIL RÉCIPROQUE.
BRULE ces vers, disoit un vieux Poëte
Très-ſubalterne , à certain Jouvenceau
Sur le Permeſſe arrivé de nouveau.
Mauvais ils font: phébus , froide épithére ,
Rime bâtarde , & nul grain de bon ſens :
Và , n'en fais plus .... à l'arrêt je conſens ,
Dit l'Ecolier : la leçon eſt complerte.
Mais pour n'offrir , comme moi , fade encens ,
Frère , entre nous partageons la recette.
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