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5801
p. 2456-2459
PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Mots clefs :
Officiers de marine, Vaisseaux, Chevaliers, Brigades, Artillerie
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texteReconnaissance textuelle : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
PROMOTION d'Officiers de Marine,
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
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Résumé : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Le document, daté du 30 septembre 1731, liste les promotions d'officiers de marine réparties en trois catégories : capitaines de vaisseaux, lieutenants de vaisseaux et enseignes de vaisseaux. Parmi les capitaines promus figurent le comte du Quesne, Beaupoirier, Galiffet, de Kermada, Huon, Ravenel, de Cheylus, de Sabran, Bagnols, Bisault, de Joganville, Baraudin, Breugnon, S. Clair, La Maisonfort du Bois des Cours, Chevalier de S. Hermine, Toranl, comte des Gouttes, La Jonquiere, Coulombe, Mauclere, Du Quesnel, Chevalier d'Albert et de Pardaillan. Les lieutenants promus incluent Du Plessis Faucherie, de Réals, La Prévalais, de Vassan, de Liesta, Davaleau, Destry, Clancy, de Selve l'aîné, Desbois, Beaumont le Normant, La Grandiere, Rousier de Bellisle, Courat de Surmont, Pepiner, Vincheguerre, Droualen, de Cussy, Desgrez, Mont S. Pere, Rambures, Bodon de Moisan, Champ-martin, Du Tillet, Fonsenai, Ruillé, de Fraïgne, Chevalier du Mené, Chevalier de Meré, Boisrond d'Orignac, Du Gaspern, Silly de Louvigny, S. Légier Despannes, Francfort Mesnier, d'Ypreville, Pepin de Maisonneuve, Chevalier de Réals, Longueval d'Haraucourt, Luzenno de Kersalaun, de Brague, Chevalier d'Ervaux, Chevalier de Montlovet, Ayde Major, Du Houlbec, de Rossel, Penandref de Kersȧuzon, de Rimberlieu, Chevalier de Kerlorec, de Chabannes, de Martonne, Chevalier de Flavacourt et marquis de Florensac. Les enseignes promus comprennent Desgots, cadet, Chabert de Burgues, Daubigny, l'aîné, Téodat de Sossionde, de Kervenny, La Chivert la Bossierre, de Gats, de Bournonville, de Granvil, Clavier, Du Chesineur, Poutevez cadet, Chevalier de Kersauzon, Du Gémeaux, La Fregonniere, Keramel Patcevaux, de Montalet, Dessonville, Marcouville, La Villeon, de Barazer, Bréchart, Chevalier de Cogolin, Kerjeanmol, Damblart, blart de Lasmatre, de Rochemaure la Devese, de Drucourt, Du Bois de Macquillé, de Marolies, Ripert, des Goutte la Salle, Viry de Lacerée, Chevalier de Pannat, Chevalier de Villiers, de Mine Quinson, Muzino, Du Chateau, Beaulieu, Thivas, Rolland, Dacher, Chevalier de Requiston, de Mézières, S. Hilaire, de Sabran Grammont, Colbert de Turgis, Chevalier de Parcevaux, de Coetsaillan, d'Herville, Droüalen, Kersa de Boisgerlin, Kerjean Kerjean, de Cabannous, de Guerros, de Molien, Saint-Laurens de Sartres, Darcy Montfriol, Beaudouvin, de Gouyon miniac, Chevalier de Castillon, Chevalier de la Routiere, S. André Montmejean, S. Allouarne, de Font Rivaux, La Maisonfort le cadet, Kermabon, Montfort Gaillardbois, Darquemont, de Tour Sagny, Cogolin le cadet, de Saliez, Du Mesnil Norey, Kerlerec de Kerrasegan, Motheux le cadet, de Merville, Chevalier de Vence, Chevalier de Villevieille, de Gourselas, Thiersant, de Tetreneyre, Beaussier de Quiez, de Chezac, Jubert de Bouville, de Chancy, de Kersaint, Tredern du Drence, de Savigny, de Castillon l'aîné, Neveu de Roulon, Odon des Goutes, La Garigue la Tournerie, Bailly S. Mars, Bart. Chapiseaux, de Fransures, de Blacas, de Moisset, Boutteville Sebville, d'Urtubie-Fagosse, Keroulas, marquis des Gouttes.
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5802
p. 2459-2461
EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
Début :
Comme l'amour cause quelquefois la guerre ou du moins simpatise avec elle, je vous [...]
Mots clefs :
Mariage, Permission du roi, Cavalerie, Régiment, Élixir efficace, Reine
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
EXTRAIT d'une Lettre de Mons ;
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
En août, à Maubeuge, un mariage a eu lieu entre un capitaine de cavalerie du régiment de Bretagne et une chanoinesse de haute naissance et de mérite, possédant des biens considérables. Avec la permission du roi, le régiment a organisé deux jours après le mariage des exercices militaires représentant une bataille. Ces manœuvres, exécutées en présence de nombreuses personnes et d'officiers, ont été saluées par une approbation générale. Les mouvements de cavalerie et les manœuvres de guerre ont été jugés prompts et avantageux pour les assaillants. Le régiment, commandé par M. de Tocqueville, lieutenant-colonel, est réputé pour son excellence dans ces exercices. Plusieurs officiers du régiment ont également été loués pour leur émulation et leur confiance en leur lieutenant-colonel. De nombreux officiers des environs prévoient de se rendre aux prochains exercices du régiment pour rendre hommage à l'officier à l'occasion de son mariage. Par ailleurs, le sieur de Fleury propose un élixir efficace pour blanchir les dents, arrêter la carie, fondre le tartre et purifier les gencives sans douleur. Cet élixir a été testé à la cour sur ordre de la reine et est appliqué facilement avec des cure-dents. Pour maintenir des dents blanches et des gencives saines, il recommande de se ratisser la langue, de se laver la bouche avec une éponge, et de se frotter les dents avec du papier fin brûlé. Le sieur de Fleury réside vis-à-vis de M. le Président de Luber, chez Madame Moulé, rue de Clery.
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5803
p. 2461-2468
MORTS, NAISSANCES, & Mariages.
Début :
Claude Henin, Ecuyer, Conseiller, Secretaire du Roy, Maison, Couronne de France et de [...]
Mots clefs :
Morts, Naissances, Mariages, Conseiller, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.
'MORTS , NAISSANCES ,
Cha
Mariages.
et de
Laude Henin , Ecuyer , Conseiller, Secretaire
du Roy , Maison , Couronne de France
ses Finances , Garde des Rôles honoraire des Of
fices de France , mourut le 14. Septembre , âgé
de 81 ans,
I Marie
2462 MERCURE DE FRANCE
Marie -Anne Hyacinthe Visdelou de Bienassis,
Epouse de Louis Engilbert , Comte de la Marck ,
Colonel du Régiment d'Infanterie de ce nom ,
mourut à Aix-la- Chapelle le 17. du mois dernier
dans la 19 année de son âge.
D. Jeanne- Jacqueline Brochet de Pontcharost,
Epouse de M. Nicolas- François Lebret , Tréso
rier General des Fortifications de France , mou→ ·
rut le 23. du même mois , âgée de 18. ans.
D. Anne Desgrés , Epouse de M. François de
de Beauharnois , Intendant au Département de
Rochefort , mourut le 24. âgée de 63. ans.
D. Marie de Jassaud , Veuve de M. Nicolas-
Joseph Foucaud , Conseiller d'Etat Ordinaire , et
Chef du Conseil de feüe Madame , mourut le 25.
du mois dernier , dans la 77 année de son âge.
Ulderic , Prince de Carpegne , mourut
le 26. du même mois , âgé de 79. ans.
Paris
Antoine le Moine , Ecuyer Sieur de la Clartiere
, Conseiller et Medecin du Roy , Docteur
Regent de la Faculté de Paris , mourut le 29. Septembre
, âgé de 38. ans . Il fut envoyé par ordre
de S. M. dans les Provinces affligées de la Peste
en 1720. et ennobli à son retour , en consideration
de ses services .
Dame Louise - Armande - Therese d'Estrades ;
Veuve de M. Pierre - Charles Lambert d'Herbigny
, Conseiller d'Etat , mourut à Marly le 10
de ce mois , âgée d'environ 47. ans .
Antoine le Févre , Chevalier Seigneur de la
Malmaison , Conseiller au Parlement , mourut le
douze , âgé de vingt- cinq ans , six mois et treize
jours.
M. Gaston de Montvala , Comte d'Entrague
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes Ďauphins
, mourut le 13 , à Fontenay, dans la 30 an ~
ée de son âge.
OCTORRE. 1731. 2463
Charles Gabriel Tachereau de Baudry , Conseiller
au Parlement , mourut le 14 Octobre
âgé de 19. ans et six mois.
Thomas de Dreux , Chevalier, Seigneur , Marquis
de Brezé , &c. Conseiller Honoraire de la
Grand Chambre du Parlement , mourut le 20.Ocobre
, âgé de 91. ans.
Dame Catherine - Louise de Corcessin , veuve
de Jean Orry , Chevalier , Président au Parlement
, mourut à Paris le 22 Septembre , âge de
57 ans .
Ulderic- Cajetan- Louis , Prince Souverain de
la Carpegna en Italie , mourut à Paris le 25 Octobre
, âgé d'environ 80 ans.
Joseph de Planque , Ecuyer , Premier Enseigne
au Regiment des Gardes Françoises , Gouverneur
du Château Royal du Puy - Laurent
mourut le même jour , âgé de 25 ans.
Paul Sigismond de Montmorency Luxembourg
, Duc de Chatillon, &c. mourut le 28 Octobre
, dans la 68 e année de son âge . Son Corps
fut porté le lendemain à l'Eglise Paroissiale de
S. Sulpice , et ensuite transporté en grand Convoy
à celle des Celestins , où est la Sépulture de
sa Maison. M. l'Abbé Amé , Docteur en Théologie
, Prêtre de la Communauté de S. Sulpice ,
en presentant le Corps au R. P. Prieur des Célestins
, prononça le Discours suivant : -
MON R. PERE ,
C'est-là le Corps de Très-Haut et très - Puissant
Seigneur , Monseigneur Paul Sigismond
de Montmorency- Luxembourg , Duc de Chátillon
, &c.
I ij Que
2464 MERCURE DE FRANCE
Que de grands noms réunis ensemble ! un
seat suffiroit pour désigner un Héros , et c'est
assez de les nommer pour se rappeller l'idée
de la plus haute naissance , de la valeur , de
la generosité, de toutes les vertus qui forment
un grand Homme . N'attendez pas de moi queje
vous retrace ici les hauts faits de ses glorieux
Ancêtres > et que j'arrache des bras mêmes de
la mort ses plus illustres Trophées : laissons reposer
en paix les cendres respectables des Montmorency
et des Luxembourg , et ne cherchons
pas à les inquieter par le bruit de quelques éloges
trop méritez pour se flatter qu'ils puissent
en être touchez . Il ne sont plusien vain,nous dit
ie Prophete , les chercherions - nous dans les Pa-
Lais superbes qu'ils ont habitez, nous ne les
retrouverons que dans la mémoire et dans le
coeur de ces genies heureux qui ont le courage
de se proposer des modeles inimitables ; attachons-
nous donc à quelques réfléxions plus conformes
à la cérémonie triste et lugubre qui nous
assemble , et plus dignes du caractere dont j'ai
l'honneur d'être revêtu .
Que l'Apôtre S. Paul avoit bien raison de
dire que nous ne devons pas nous attacher à la
figure du monde qui passe , toute grandeur
vient aboutir à la mort ; soixante-sept ans ont
été à M.le Duc de Chatillon comme la porte par
où il est entré dans cette redoutable Eternité ;
heureux s'il en a profité pour son salut ; car enfin
quelque grand qu'ilfût , il est tombé entre
les mains d'un Dieu puissant , d'un Dieu dont
le bras n'est pas plus fatigué à punir un Roy ,
que son Sujet ; un Grand qu'un petit ; c'est dans
la méditation de ces veritez saintes et terribles
que le Roy David s'écrioit : Seigneur , qui
habitera
OCTOBRE. 1731. 2465
habitera dans vos Tabernacles , et qui sera assez
heureux pour se reposer en paix dans votre Montagne
Sainte ? Celui - là seul qui sera entré sams
tache dans cette nuit affreuse, pendant laquelle
il n'est plus permis d'operer. Grand Dieu que
vosjugemens sont justes et redoutables !
Craignons pour nous , puisque la crainte peut
encore nous être salutaire , et esperons pour l'illustre
Mort , qui fait le sujet de nos larmes . Le
Seigneur avoit appesanti sa main sur lui pendant
les derniers temps de sa vie , présage consolant
qu'il a voulu lui faire miséricorde dans
Péternité ; les douleurs d'une maladie longue et
aiguë ont été comme le Sceau sacré dont il l'a
marqué pour le dérober aux coups de l'Ange Exterminateur
; sa patience , la constance même
qu'il a fait éclater dans le cours de sa derniere
maladie , après l'avoir disposé à recevoir avec
édification , les Sacremens de l'Eglise , lui auront
obtenu de Dieu le pardon de quelques foiblesses
, le dirai -je ? ausquelles les Grands n'échapent
que par miracle. Prions pour lui M.R- Ps
offrons à la justice de Dieu le Sang de l'Agneau
sans tache ; il éteindra les flâmes destinées à
punir les malheureux restés du péché et ses plus
légeres offenses , et lui avancera son bonheur
éternel.
Cependant les précieuses dépouilles de M. le
Duc de Châtillon , attendent avec impatience
d'être réunis à celles des Héros , qui lui ont
donné le jour, triste et dernier avantage , où vai
enfin se perdre la grandeur humaine.
Dame Anne-Françoise de Musino , épouse de
Louis de Fenis , Seigneur de Lusanges , Maître
d'Hôtel de feu M. le Duc de Berry ; Ecuyer de
I iij M3-
2466 MERCURE DE FRANCE
Madame Duchesse de Berry , et Capitaine dans
le Regiment Colonel General Cavalerie ; accoucha
le 25 Septembre , d'un fils , qui fut nommé
François -Joseph par François- Joseph de Choiseuil
, Marquis de Steinville , Envoyé extraordinaire
de S. A. R. le Duc de Lorraine ; et par
Dame Pulcherie de Condé , épouse de Nicolas
de Caseau , Capitaine de Dragons.
Le même jour les Cérémonies du Baptême furent
suppléées à une fille d'Alexis - Magdelaine ,
Comte de Châtillon , Chevalier des Ordres du
Roy , Maréchal des Camps et Armées de S. M.
Mestre de Camp General de la Cavalerie Legere ,
Grand Bailli d'Hagueneau ; et de Dame Magdelaine-
Anne- Gabrielle le Veneur de Tillieres . Elle
fut nommée Gabrielle- Loüise,par Louis Vincent,
Comte de Goëbriant , Mestre de Camp du Regiment
de Dragon de Condé , et par Dame Michelle-
Gabrielle Dugué de Bagnols , épouse de
Jacques Tanneguy le Veneur , Comte de Tillieres
, Brigadier des Armées du Roy.
Dame Henriette Bibienne de Franquetot de
Coigny , épouse de Jean- Baptiste - Joachin Colbert
, Marquis de Croissy, &c. Conseiller d'Etat,
Capitaine des Gardes de la Porte ; Colonel du
Regiment Royal Infanterie; accoucha le 17 Septembre
d'un fils , qui fut nommé Simon - Corentin
, par Nicolas - Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , &c. ancien Lieutenant General de
Roy, Commandant pour S. M. au Gouverne
ment de l'Isle de France, Soissonnois, Laonnois ,
&c. Brigadier des Armées du Roy ; et par Dame
Marie Therese de Nevet , épouse de Jean- François
-Antoine de Franquetot , Comte de Coigny ,
Mestre de Camp General des Dragons , Gouverneur
de la Ville et du Chateau de Caën.
Dame
OCTOBRE 1731 2467
Dame Claude - Françoise Guillois , épouse de
M. Jean- Baptiste Camille de Bragelogne , Conseiller
au Parlement , accoucha le 3 de ce mois ,
d'un fille qui fut tenue sur les fonts et nommée
Marie Michelle-Louise , par M. Louis -François
Marandon de la Maisonfort , fils de M. Louis
Marandon , Conseiller , Secretaire du Roy , Seigneur
de la Maisonfort , Receveur General des
Finances , et par Dame Marie- Anne-Louise Guillois
, épouse du sieur Marandon
-
Dame Marie Josephe de Bouffler , Dame du
Palais de la Reine, épouse de M. François Camille
de Neufville de Villeroy , Duc d'Alincourt , Mestre
de Camp du Regiment de Cavalerie de Villeroy
, Lieutenant pour le Roy au Gouvernement
du Lyonnois , Forêts et Beaujollois , Baron de
Marais , &c. accoucha le 8 d'un fils , qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Gabriel- Louis , par M.
Louis Nicolas de Neufville , Duc de Villeroy ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Capitaine de la premiere et plus ancienne Compagnie
Françoise des Gardes du Corps du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur
de la Ville de Lyon , et des Provinces de Lyonnois
, Forêts et Beaujollois , et par D. Gabrielle-
Victoire de Rochechouart , Duchesse de Lesdiguieres
, veuve de M. Armand de Crequy , Duc
de Lesdiguieres.
Le 4 Octobre , le Comte de Blanes , fils du
Marquis de Blanes , est parti pour Tours , où il
va épouser Mademoiselle de la Rochefoucault de
-Neuilly , que Madame la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, a fait élever dans l'Abbaye
de Beaumont.Cette Princesse à qui cette Demoiselle
a l'honneur d'être alliée , et qu'elle regarde
I iiij comme
2468 MERCURE DE FRANCE
comme sa fille , fait ce mariage . Le Prince et la
Princesse de Carignan ont bien voulu se charger
de la Procuration de M. de Blanes pour conclure
ce mariage. Ils ont signé le Contrat , comme parens.
La Maison de Blanes portant les Armes de
Savoye , et n'ayant qu'un même origine avec les
Princes de cette Maison ; ce qui a été reconnu
le feu Roy et par Louis XV . dans differentes
Patentes . Le mariage se fera à Verret , où est son
A. S. Madame la Princesse de Conty. Delà les
nouveaux mariez partiront pour se rendre en
Roussillon , où sont les Terres du Comte de
Blanes.
Cha
Mariages.
et de
Laude Henin , Ecuyer , Conseiller, Secretaire
du Roy , Maison , Couronne de France
ses Finances , Garde des Rôles honoraire des Of
fices de France , mourut le 14. Septembre , âgé
de 81 ans,
I Marie
2462 MERCURE DE FRANCE
Marie -Anne Hyacinthe Visdelou de Bienassis,
Epouse de Louis Engilbert , Comte de la Marck ,
Colonel du Régiment d'Infanterie de ce nom ,
mourut à Aix-la- Chapelle le 17. du mois dernier
dans la 19 année de son âge.
D. Jeanne- Jacqueline Brochet de Pontcharost,
Epouse de M. Nicolas- François Lebret , Tréso
rier General des Fortifications de France , mou→ ·
rut le 23. du même mois , âgée de 18. ans.
D. Anne Desgrés , Epouse de M. François de
de Beauharnois , Intendant au Département de
Rochefort , mourut le 24. âgée de 63. ans.
D. Marie de Jassaud , Veuve de M. Nicolas-
Joseph Foucaud , Conseiller d'Etat Ordinaire , et
Chef du Conseil de feüe Madame , mourut le 25.
du mois dernier , dans la 77 année de son âge.
Ulderic , Prince de Carpegne , mourut
le 26. du même mois , âgé de 79. ans.
Paris
Antoine le Moine , Ecuyer Sieur de la Clartiere
, Conseiller et Medecin du Roy , Docteur
Regent de la Faculté de Paris , mourut le 29. Septembre
, âgé de 38. ans . Il fut envoyé par ordre
de S. M. dans les Provinces affligées de la Peste
en 1720. et ennobli à son retour , en consideration
de ses services .
Dame Louise - Armande - Therese d'Estrades ;
Veuve de M. Pierre - Charles Lambert d'Herbigny
, Conseiller d'Etat , mourut à Marly le 10
de ce mois , âgée d'environ 47. ans .
Antoine le Févre , Chevalier Seigneur de la
Malmaison , Conseiller au Parlement , mourut le
douze , âgé de vingt- cinq ans , six mois et treize
jours.
M. Gaston de Montvala , Comte d'Entrague
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes Ďauphins
, mourut le 13 , à Fontenay, dans la 30 an ~
ée de son âge.
OCTORRE. 1731. 2463
Charles Gabriel Tachereau de Baudry , Conseiller
au Parlement , mourut le 14 Octobre
âgé de 19. ans et six mois.
Thomas de Dreux , Chevalier, Seigneur , Marquis
de Brezé , &c. Conseiller Honoraire de la
Grand Chambre du Parlement , mourut le 20.Ocobre
, âgé de 91. ans.
Dame Catherine - Louise de Corcessin , veuve
de Jean Orry , Chevalier , Président au Parlement
, mourut à Paris le 22 Septembre , âge de
57 ans .
Ulderic- Cajetan- Louis , Prince Souverain de
la Carpegna en Italie , mourut à Paris le 25 Octobre
, âgé d'environ 80 ans.
Joseph de Planque , Ecuyer , Premier Enseigne
au Regiment des Gardes Françoises , Gouverneur
du Château Royal du Puy - Laurent
mourut le même jour , âgé de 25 ans.
Paul Sigismond de Montmorency Luxembourg
, Duc de Chatillon, &c. mourut le 28 Octobre
, dans la 68 e année de son âge . Son Corps
fut porté le lendemain à l'Eglise Paroissiale de
S. Sulpice , et ensuite transporté en grand Convoy
à celle des Celestins , où est la Sépulture de
sa Maison. M. l'Abbé Amé , Docteur en Théologie
, Prêtre de la Communauté de S. Sulpice ,
en presentant le Corps au R. P. Prieur des Célestins
, prononça le Discours suivant : -
MON R. PERE ,
C'est-là le Corps de Très-Haut et très - Puissant
Seigneur , Monseigneur Paul Sigismond
de Montmorency- Luxembourg , Duc de Chátillon
, &c.
I ij Que
2464 MERCURE DE FRANCE
Que de grands noms réunis ensemble ! un
seat suffiroit pour désigner un Héros , et c'est
assez de les nommer pour se rappeller l'idée
de la plus haute naissance , de la valeur , de
la generosité, de toutes les vertus qui forment
un grand Homme . N'attendez pas de moi queje
vous retrace ici les hauts faits de ses glorieux
Ancêtres > et que j'arrache des bras mêmes de
la mort ses plus illustres Trophées : laissons reposer
en paix les cendres respectables des Montmorency
et des Luxembourg , et ne cherchons
pas à les inquieter par le bruit de quelques éloges
trop méritez pour se flatter qu'ils puissent
en être touchez . Il ne sont plusien vain,nous dit
ie Prophete , les chercherions - nous dans les Pa-
Lais superbes qu'ils ont habitez, nous ne les
retrouverons que dans la mémoire et dans le
coeur de ces genies heureux qui ont le courage
de se proposer des modeles inimitables ; attachons-
nous donc à quelques réfléxions plus conformes
à la cérémonie triste et lugubre qui nous
assemble , et plus dignes du caractere dont j'ai
l'honneur d'être revêtu .
Que l'Apôtre S. Paul avoit bien raison de
dire que nous ne devons pas nous attacher à la
figure du monde qui passe , toute grandeur
vient aboutir à la mort ; soixante-sept ans ont
été à M.le Duc de Chatillon comme la porte par
où il est entré dans cette redoutable Eternité ;
heureux s'il en a profité pour son salut ; car enfin
quelque grand qu'ilfût , il est tombé entre
les mains d'un Dieu puissant , d'un Dieu dont
le bras n'est pas plus fatigué à punir un Roy ,
que son Sujet ; un Grand qu'un petit ; c'est dans
la méditation de ces veritez saintes et terribles
que le Roy David s'écrioit : Seigneur , qui
habitera
OCTOBRE. 1731. 2465
habitera dans vos Tabernacles , et qui sera assez
heureux pour se reposer en paix dans votre Montagne
Sainte ? Celui - là seul qui sera entré sams
tache dans cette nuit affreuse, pendant laquelle
il n'est plus permis d'operer. Grand Dieu que
vosjugemens sont justes et redoutables !
Craignons pour nous , puisque la crainte peut
encore nous être salutaire , et esperons pour l'illustre
Mort , qui fait le sujet de nos larmes . Le
Seigneur avoit appesanti sa main sur lui pendant
les derniers temps de sa vie , présage consolant
qu'il a voulu lui faire miséricorde dans
Péternité ; les douleurs d'une maladie longue et
aiguë ont été comme le Sceau sacré dont il l'a
marqué pour le dérober aux coups de l'Ange Exterminateur
; sa patience , la constance même
qu'il a fait éclater dans le cours de sa derniere
maladie , après l'avoir disposé à recevoir avec
édification , les Sacremens de l'Eglise , lui auront
obtenu de Dieu le pardon de quelques foiblesses
, le dirai -je ? ausquelles les Grands n'échapent
que par miracle. Prions pour lui M.R- Ps
offrons à la justice de Dieu le Sang de l'Agneau
sans tache ; il éteindra les flâmes destinées à
punir les malheureux restés du péché et ses plus
légeres offenses , et lui avancera son bonheur
éternel.
Cependant les précieuses dépouilles de M. le
Duc de Châtillon , attendent avec impatience
d'être réunis à celles des Héros , qui lui ont
donné le jour, triste et dernier avantage , où vai
enfin se perdre la grandeur humaine.
Dame Anne-Françoise de Musino , épouse de
Louis de Fenis , Seigneur de Lusanges , Maître
d'Hôtel de feu M. le Duc de Berry ; Ecuyer de
I iij M3-
2466 MERCURE DE FRANCE
Madame Duchesse de Berry , et Capitaine dans
le Regiment Colonel General Cavalerie ; accoucha
le 25 Septembre , d'un fils , qui fut nommé
François -Joseph par François- Joseph de Choiseuil
, Marquis de Steinville , Envoyé extraordinaire
de S. A. R. le Duc de Lorraine ; et par
Dame Pulcherie de Condé , épouse de Nicolas
de Caseau , Capitaine de Dragons.
Le même jour les Cérémonies du Baptême furent
suppléées à une fille d'Alexis - Magdelaine ,
Comte de Châtillon , Chevalier des Ordres du
Roy , Maréchal des Camps et Armées de S. M.
Mestre de Camp General de la Cavalerie Legere ,
Grand Bailli d'Hagueneau ; et de Dame Magdelaine-
Anne- Gabrielle le Veneur de Tillieres . Elle
fut nommée Gabrielle- Loüise,par Louis Vincent,
Comte de Goëbriant , Mestre de Camp du Regiment
de Dragon de Condé , et par Dame Michelle-
Gabrielle Dugué de Bagnols , épouse de
Jacques Tanneguy le Veneur , Comte de Tillieres
, Brigadier des Armées du Roy.
Dame Henriette Bibienne de Franquetot de
Coigny , épouse de Jean- Baptiste - Joachin Colbert
, Marquis de Croissy, &c. Conseiller d'Etat,
Capitaine des Gardes de la Porte ; Colonel du
Regiment Royal Infanterie; accoucha le 17 Septembre
d'un fils , qui fut nommé Simon - Corentin
, par Nicolas - Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , &c. ancien Lieutenant General de
Roy, Commandant pour S. M. au Gouverne
ment de l'Isle de France, Soissonnois, Laonnois ,
&c. Brigadier des Armées du Roy ; et par Dame
Marie Therese de Nevet , épouse de Jean- François
-Antoine de Franquetot , Comte de Coigny ,
Mestre de Camp General des Dragons , Gouverneur
de la Ville et du Chateau de Caën.
Dame
OCTOBRE 1731 2467
Dame Claude - Françoise Guillois , épouse de
M. Jean- Baptiste Camille de Bragelogne , Conseiller
au Parlement , accoucha le 3 de ce mois ,
d'un fille qui fut tenue sur les fonts et nommée
Marie Michelle-Louise , par M. Louis -François
Marandon de la Maisonfort , fils de M. Louis
Marandon , Conseiller , Secretaire du Roy , Seigneur
de la Maisonfort , Receveur General des
Finances , et par Dame Marie- Anne-Louise Guillois
, épouse du sieur Marandon
-
Dame Marie Josephe de Bouffler , Dame du
Palais de la Reine, épouse de M. François Camille
de Neufville de Villeroy , Duc d'Alincourt , Mestre
de Camp du Regiment de Cavalerie de Villeroy
, Lieutenant pour le Roy au Gouvernement
du Lyonnois , Forêts et Beaujollois , Baron de
Marais , &c. accoucha le 8 d'un fils , qui fut tenu
sur les Fonts , et nommé Gabriel- Louis , par M.
Louis Nicolas de Neufville , Duc de Villeroy ,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy ,
Capitaine de la premiere et plus ancienne Compagnie
Françoise des Gardes du Corps du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur
de la Ville de Lyon , et des Provinces de Lyonnois
, Forêts et Beaujollois , et par D. Gabrielle-
Victoire de Rochechouart , Duchesse de Lesdiguieres
, veuve de M. Armand de Crequy , Duc
de Lesdiguieres.
Le 4 Octobre , le Comte de Blanes , fils du
Marquis de Blanes , est parti pour Tours , où il
va épouser Mademoiselle de la Rochefoucault de
-Neuilly , que Madame la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, a fait élever dans l'Abbaye
de Beaumont.Cette Princesse à qui cette Demoiselle
a l'honneur d'être alliée , et qu'elle regarde
I iiij comme
2468 MERCURE DE FRANCE
comme sa fille , fait ce mariage . Le Prince et la
Princesse de Carignan ont bien voulu se charger
de la Procuration de M. de Blanes pour conclure
ce mariage. Ils ont signé le Contrat , comme parens.
La Maison de Blanes portant les Armes de
Savoye , et n'ayant qu'un même origine avec les
Princes de cette Maison ; ce qui a été reconnu
le feu Roy et par Louis XV . dans differentes
Patentes . Le mariage se fera à Verret , où est son
A. S. Madame la Princesse de Conty. Delà les
nouveaux mariez partiront pour se rendre en
Roussillon , où sont les Terres du Comte de
Blanes.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.
Entre septembre et octobre 1731, plusieurs événements marquants ont été enregistrés au sein de la noblesse française. Parmi les décès notables, on compte Laude Henin, conseiller du roi et secrétaire des finances, décédé à l'âge de 81 ans, ainsi que Marie-Anne Hyacinthe Visdelou de Bienassis, épouse du comte de la Marck, morte à 19 ans. D'autres personnalités telles que Jeanne-Jacqueline Brochet de Pontcharost, Anne Desgrés, Marie de Jassaud, Ulderic, prince de Carpegne, Antoine le Moine, et Louise-Armande-Thérèse d'Estrades ont également été mentionnées comme étant décédées. En octobre, Charles Gabriel Tachereau de Baudry, Thomas de Dreux, marquis de Brezé, et Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Châtillon, sont également décédés. Lors des funérailles du duc de Châtillon, un discours a souligné la grandeur de sa famille et la vanité des honneurs terrestres. Du côté des naissances, le 25 septembre, Dame Anne-Françoise de Musino a donné naissance à un fils nommé François-Joseph, et une fille du Comte de Châtillon a été baptisée Gabrielle-Louïse. Le 17 septembre, Dame Henriette Bibienne de Franquetot de Coigny a eu un fils nommé Simon-Corentin. En octobre, Dame Claude-Françoise Guillois a accouché d'une fille nommée Marie Michelle-Louise le 3 octobre, et Dame Marie Josephe de Bouffler a donné naissance à un fils nommé Gabriel-Louis le 8 octobre. Par ailleurs, le mariage du Comte de Blanes avec Mademoiselle de la Rochefoucault de Neuilly a été organisé par la Princesse de Conty, avec la procuration du Prince et de la Princesse de Carignan. La famille Blanes porte les armes de Savoie et partage une origine commune avec les Princes de cette maison, reconnaissance accordée par Louis XV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5804
p. 2468-2482
ARRESTS NOTABLES.
Mots clefs :
Libraires, Imprimeurs, Colporteurs, Mandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
O
RDONNANCE DU ROY du 4. Λούτ,
par laquelle S. M. ordonne que tous les
Vaisseaux marchands qui seront armez et destinez
pour la Colonie de la Louisiane , seront dispensez
pendant six ans , à compter du jour et
date de la presente Ordonnance , d'y porter les
Engagez et Fusils que les Vaisseaux destinez pour
les Colonies de l'Amerique sont assujettis d'y
porter par les Ordonnances et Reglemens faits à
ce sujet.
ORDONNANCE du Roy du même jour , qui
impose des peines aux Voleurs et Receleurs de
Pavez et autres Matereaux destinez et mis en oeuvre
aux Ponts et Chaussées , et à ceux qui dégradent
et embarrassent les chemins publics.
RE
OCTOBRE . 1731. 2469
REGLEMENT pour l'Hôtel Royal des Invalides
, arrêté au Conseil de l'Hôtel , par lequel il
est dit, que bien que la plus grande partie de ceux
qui ont été reçûs en cet Hôtel s'y gouvernent sagement
, et obéissent avec régularité aux ordres
qui y sont érablis ; neanmoins comme il n'est
presque point possible que dans un si grand nom
bre il ne s'en trouve de libertins , sur tout parmi
ceux qui y sont admis nouvellement ; il a été
jugé à propos de dresser la presente Ordonnance,
pour être affichée dans les endroits de l'Hôtel les
plus frequentez, afin que personne ne puisse prétendre
cause d'ignorance de tout ce qui y doit être
observé , tant pour la police et la propreté dudit
Hôtel , que pour autres choses concernant le
service de Sa Majesté. Cette Ordonnance qui contient
48. Articles , est arrêtée et signée par M.
Dangervillers , Ministre , Secretaire d'Etat et
Administrateur General dudit Hôtel Royal le 9.
Août 1731.
› ARREST du Parlement du 14. Août 173'1.
qui ordonne la suppression d'une Thése soutenuë
en Sorbonne.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Nous avons l'honneur de rendre compte à la
Cour d'une These soutenue en Sorbonne le 7 .
de ce mois , et qui étant venue depuis à nôtre
connoissance nous a parue digne de son attention.
Nous conviendrons avec plaisir , qu'en plusieurs
endroits on y reconnoît la plus saine
Iv. Doctrine
2470 MERCURE DE FRANCE
Doctrine de la France , et la plupart des maximes
immuables de nos libertez ; mais on a d'autant
plus de lieu d'être surpris de ce qu'on y
voit d'ailleurs de contraire à ces maximes , ou
qui tend à les énerver.
Qu'il nous soit permis de nous contenter
d'un exemple. L'Auteur pose pour principe la
neceffité du consentement du Corps des Evêques
, pour donner au jugement du Pape en
matiere de Doctrine , le Sceau de l'autorité
de l'Eglise et de l'infaillibilité. Mais en même
temps peu fidéle à l'esprit de cette maxime ,
il veut que le silence des Evêques ou du plas
grand nombre d'entr'eux , soit , malgré la réclamation
expresse d'une partie notable de leur
Corps , une preuve toûjours infaillible de leur
consentement tacite et par conséquent de la
verité. Silentium Episcoporum , aut majoris
corum notoriè partis , parte licet notabili reclamante
, signum est infaillibile consensût
taciti , ac proinde veritatis. Fúr - il jamais une
proposition plus opposée en elle - même aux
rais principes , et plus dangereuse par ses conséquences
, pour les maximes du Royaume dans
ce qu'elles ont de plus inviolable et de plus
saint ?
›
Si on ne sçauroit tolerer de tels principes
dans la Thése on ne doit pas non plus être
insensible à ce qu'elle porte à l'égard de ce qui
s'est passé dès l'origine des dernieres divisions
et sur - tout des appels au futur Concile qui s'éleverent
alors . Convient il de condamner aujourd'hui
ce qu'on a si sagement regardé comme
le sujet d'une conciliation charitable ? Et
pouvons -nous voir , sans nous élever , ces nouveaux
obstacles que l'inquiétude et la passion
-
tentent
OCTOBRE . 1731. 2471
tentent tous les jours d'apporter à la paix , éga
lement necessaire pour le bien de l'Eglise , et
pour celui de l'Etat.
Sans nous étendre davantage , ç'en est assez ,
MESSIEURS , pour appuyer les conclusions
que nous avons crû devoir prendre
que nous laissons à la Cour , avec la Thése que
nous venons lui déferer.
Eux retirez :
>
>
et
Vû la Thése intitulée , Innocentia vindici
quastio Theologica , et à la fin , has Theses, Deo
duce , auspice Dei parâ , ac Praside S. M. N.
Fr. Joanne Mathon sacra Facultatis Pari
siensis Doctore Theologo , anteà Abbate Belliloci
Pramonstratensis , tueri conabitur Maurillius
- Petrus - Joannes Hay de Bouteville
Presbiter Rhedonensis ejusdem Facultatis
Baccalaureus insignis Ecclesia Rhedonensis
Canonicus , die Martis 7. mensis Augusti anno
Domini 1731 , ab octavâ matutinâ ad sextam
vespertinam , in Sorboni, pro majore ordinariâ.
La matiere mise en déliberation .
•
>
LA COUR a ordonné et ordonne que ladite
Thése sera et demeurera supprimée enjoint à
ceux qui pourroient en avoir des Exemplaires ,
de les apporter à cet effet au Greffe de la Cour ;
fait inhibitions et deffenses à toutes sortes de
personnes , d'inserer dans aucune Thése , et au
Syndic de la Faculté de Théologie , de souffrir
qu'il y soit inseré aucune proposition qui soit
contraire aux maximcs du Royaume et capable
de troubler la paix de l'Eglise
quillité de l'Etat ; ordonne que le present Arrêt
sera signifié au Syndic de la Faculté de Théologie
, lû publié et affiché par tout où besoin
sera , et que copies collationnées d'icelui , seront
>
>
>
et la tran-
I vj
en2472
MERCURE DE FRANCE
, envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du
Ressort , pour y être lûes , publiées et registrées
; enjoint aux Substituts du Procureur General
du Roy d'y tenir la main et d'en certi
fier la Cour dans un mois. Signé , YSABEAU.
1
›
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du 2.
Septembre 1731. qui ordonne la suppression de
l'Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Laon
&c . du premier Avril 1731 .
*
LE ROY êtant informé que depuis quelquesjours
on répand dans le Public un Ouvrage qui
a pour titre, Instruction Pastorale de M. l'Evêque
Duc de L on , second Pair de France ,
contre les Requisitoires de M. Gilbert Avocat
General , &c . ladite Instruction imprimée
à Laon , en vertu du Privilege accordé par S M.
audit Sr. Evêque en l'année 1724 Elle auroit
jugé à propos de la faire examiner en son Conseil
; et par le compte qui lui en a été rendu
Sa Majesté auroit reconnu , qu'outre que le
seul titre de cette Instruction suffit pour en faire
sentir les dangereuses conséquences elle ne
contient presque qu'une déclamation vehemente,
et remplie de traits injurieux contre un Magistrat
que le ministere qu'il exerce au nom de
Sa Majesté , devoit mettre à couvert de pareils
excès : Qu'il y a d'ailleurs dans le même ouvrage
, plusieurs expressions dont on pourroit
aisément abuser , pour renouveller les disputes
qui ont été suspendues par l'Arrêt du 10. Mars
dernier A quoi étant nécessaire de pourvoir ,
jconformément audit Arrêt , par lequel Sa Ma-
; esté s'est reservé à Elle seule la connoissance de
out ce qui auroit rapport ausdites disputes ;
A MAJESTE ETANT EN SON CONSEIL-,
OCTOBRE. 1731.2 2473
M
a
P
a ordonné et ordonne qué ladite Instruction
Pastorale sera et demeurerà supprimée , comme
contraire au respect dû à l'authorité du Roy ,
et à la Justice , tendante à émouvoir les esprits ,
et à troubler la tranquillité publique : Fait défenses
audit Sr. Evêque de Laon , de publier ou
distribuer de pareils Ecrits , à peine d'être procedé
contre lui par saisie de son temporel , et
autres voyes de droit , ainsi qu'il appartiendra.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui ont des exeplaires
de ladite Instruction , de les remettre
incessamment au Greffe du Conseil , pour y être
supprimez Fait deffenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs , et autres , de quelque
état et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de
punition exemplaire. Et attendu l'abus fait par
ledit Sr. Evêque de Laon , du Privilege general
à lui accordé par Sa Majesté le 11. Avril 1724.
pour l'impression de tous Mandemens , Lettres
Pastorales ou Instructions à l'usage de son
Diocèse , &c Ordonne que ledit Privilege demeurera
revoqué , comme Sa Majesté le revoque
par le present Arrêt , sauf à être par Elle pourvû
aiusi qu'il appartiendra dans le cas où ledit
Sr Evêque de Laon pourroit avoir besoin de
permissions particulieres. Et sera le present
Arrêt lû , publié et affiché par tout où besoin
sera. FAIT & C.
>.
›
AUTRE du 5. Septembre , pour faire cesser
toutes disputes et contestations au sujet de la
Constitution Unigenitus . Le Roy ayant jugé à
propos de suspendre par l'Arrêt rendu en son
Conseil du 10. Mars dernier , toutes les disputes
et contestations qui s'étoient élevées sur les bormes
1474 MERCURE DE FRANCE
nes de l'autorité spirituelle , et de la puissance
temporelle : Sa Majesté est persuadée qu'il n'est
pas moins necessaire d'étouffer absolument un
autre genre de disputes , qui renaissent tous les
jours à l'occasion de la Bulle Unigenitus , et qui
ne pouvant répandre aucune nouvelle lumiere sur
les questions qu'on agite avec tant de chaleur ,
ne sçauroient avoir d'autre effet que de perpetuer
le trouble et la division , au sujet d'une affaire
qui doit être regardée de tous côtez comme entierement
finie. Le Decret du S Siege , suivi
d'une acceptation solemnelle , revêtu du caractere
de l'autorité Royale , et publié avec les plus sages
précautions , soit de la part des Evêques , ou de
celle des Parlemens , pour la conservation des
Maximes du Royaume et des Droits sacrez de
la Couronne , est devenu , par le consentement
du corps des Pasteurs , le jugement de l'Eglise
universelle . Ainsi tout étant terminé par le
concours des deux Puissances , il ne reste plus
que de faire cesser les suites d'une division si
dangereuse , et si consraire au bien commun
de la Religion et de l'Etat : Sa Majesté ne peut
prendre une route plus sûre pour y faire succeder
une paix durable , qu'en suivant l'exemple
du feu Roy son Bisayeul , qui après avoir
donné plusieurs Lettres Patentes , Declarations
et Arrêts pour affermir l'authorité des Constitutions
des Papes ; acceptées par les Evêques
de son Royaume sur la condamnation du
Livre de Jansenius , crut devoir mettre la derniere
main à la pacification des troubles dont
l'Eglise de France avoit été agitée à cette occasion
, en faisant cesser toutes disputes sur les
matieres contestées , ainsi qu'il s'en expliqua
par ses Arrêts du 23. Octobre 1668 , et du s .
>
Mars
OCTOBRE. 1731. 2475
>
Mars 1703. A quoy êtant nécessaire de pourvoir
, SA MAJESTE ' E'TANT EN SON CONSEIL ,
a ordonné et ordonne que ladite Constitution
Unigenitus continuë d'être inviolablement observée
et executée dans toute l'étendue de ses
Etats , conformément aux Letrets Patentes du
14. Fevrier 1714 aux Arrêts d'enregistrement
d'icelles , et aux Declarations du 4. Août 1720.
et du 24. Mars 1730 Fait Sa Majesté très- expresses
inhibitions et deffenses à tous ses sujets
de quelque état et condition qu'ils soient , d'écrire
ou composer , imprimer , vendre , débiter
ni autrement distribuer , directement ou indirectement
sous quelque nom et titre que ce
soit , aucuns Ouvrages , Memoires , ou Ecrits ,
tendants à entretenir les disputes qui se sont
formées au sujet de ladite Constitution , ou à
remettre en question ce qui est décidé , ni de
s'attaquer ou provoquer les uns les autres , par
des termes injurieux de Novateurs , Heretiques ,
Schismatiques , Jansenistes , Semi Pelagicns ,
ou autres noms de parti ; le tout à peine contre
les contrevenans , d'être traitez comme rebelles ,
désobéissants aux ordres de Sa Majesté , seditieux
, et perturbateurs du repos public , notam.
ment ceux qui auroient composé , publié ou
répandu des Ecrits contraires à la Religion
au respect dû au St. Siege , à Nôtre Saint pere
le Pape et aux Evêques , à l'authorité de l’Eglise
, et à celle de Sa Majesté , aux Droits de
sa Couronne et aux libertez de l'Eglise Gallicane.
Enjoit Sa Majesté à toutes les Universitez
de son Royaume notamment aux Facultez de
Théologie , d'empêcher qu'on insere dans les
Leçons ou dans les Theses , aucunes propositions
qui puissent donner lieu d'agiter les ques-
>
>
>
tions
2476 MERCURE DE FRANCE
tions décidées , ou d'en former de nouvelles ,
au sujet de la Constitution Unigenitus. Exhorte ,
et néanmoins enjoint à tous les Archevêques et
Evêques , de veiller , chacun dans leur Diocèse ,
à ce que la paix et la tranquillité y soit charitablement
ei inviolablement conservée , et que
lesdites disputes et contestations n'y soient plus
renouvellees. Et sera le present Arrêt lû , publié
et affiché par tout où besoin sera
, pour être
executé selon sa forme et teneur , nonobstant
oppositions ou appellations quelconques , dont
si aucuns interviennent , Sa Majesté s'est reservé
la connoissance et à son Conseil , et l'a interdite
à toutes ses Cours et Juges. FAIT au Conseil
&c.
AUTRE , au sujet du Mandement de M.
PArchevêque d'Embrun.
LE ROY ayant été informé qu'on répandoit
dans le Public un ouvrage qui a pour titre :
Mandement de M. l'Archevêque d'Embrun ,
contre un Ecrit intitulé Arrêt du Parlement
de Paris , &c. ledit Mandement imprimé à
Grenoble , en vertu du Privilege general accor◄
dé audit Sr. Archevêque d'Embrun , Sa Majesté
auroit jugé à propos de le faire examiner
en son Conseil ; et par le compte qui lui en a
été rendu , Elle auroit reconnu que ce Mandement
, justement suspect par le titre même qu'il
porte et qui en fait sentir toutes les conséquences
, merite encore plus d'attention parce
qu'il contient dans són exposé , et dans sa conclusion
: Qu'on y remarque par tout une déclamation
indécente et injurieuse contre des Officiers
qui ont l'honneur de parler au nom du
Roy et contre un Tribunal qui est déposi- 2
>
taire
OCTOBRE . 1731. 2477
,
taire de son authorité dans l'administration de
la Justice ; Qu'on y prodigue les termes d'heresie
et d'heretique , dont l'Eglise n'use jamais
qu'avec la plus grande circonspection , et qu'elle
n'applique aux personnes qu'après une conviction
legitime ; Qu'on y fait naître d'ailleurs de
nouveaux sujets de trouble et de division à l'égard
de la Constitution Unigenitus' , dont l'au
thorité est si pleinement éeablie ; et qu'on y
trouve aussi des expressions qui ne peuvent servir
qu'à ranimer les disputes que Sa Majesté
a suspendues par l'Arrêt du 10. Mars dernier ;;
Qu'enfin , sans avoir recours au Roy , auquel
seul ses Officiers sont comptables de l'usage
qu'ils font de leur ministere , le Sr. Archevêque
d'Embrun se constitue Juge dans sa propre
cause de ce qu'ils ont fait contre ses Ecrits
dans l'exercice de leurs fonctions , et entreprend
d'employer la voye des censures dans un cas
où elles ont toûjours été regardées comme contraires
aux Maximes les plus inviolables de ce
Royaume ; A quoy étant nécessaire de pourvoir
, pour maintenir les regles de l'ordre pu
blic faire cesser tout ce qui pourroit troubler
la paix de l'Eglise et de l'Etat et assurer le
succès des mesures que le Roy prend pour la
rétablir entierement. SA MAJESJE' E'TANT EN
SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que ledit
Mandement sera et demeurera supprimé Com
me contraire au respect dû au Roy et à la Justice
, attentatoire aux maximes du Royaume ,
tendant à soulever les esprits contre l'authorité
légitime , et à troubler la tranquillité publique.
Fait deffenses audit Sr. Archevêque d'Embrun ,
de publier ou distribuer de pareils Ecrits , à peine
d'être procedé contre lui , par saisie de son tem¹
porel
"
>
›
2478 MERCURE DE FRANCE
:
porel , et autres voyes de droit , ainsi qu'il
appartiendra Enjoint Sa Majesté à tous ceux
qui ont des exemplaires dudit Mandement , de
les remettre incessamment au Greffe du Conseil
, pour y être supprimez . Fait deffenses à
tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs et
autres , de quelque état et condition qu'ils soient ,
d'en vendre ou autrement distribuer , à peine
de punition exemplaire. Et attendu l'abus fait
par ledit Sr. Archevêque d'Embrun , du privilege
general à lui accordé par Sa Majesté pour
l'impression de tous Mandemens , Lettres Pastorales
ou Instructions à l'usage de son Diocèse
&c. ordonne que ledit Privilege demeurera
revoqué , comme Sa Majesté le revoque
par le present Arrêt , sauf à être par Elle pourvû
, ainsi qu'il appartiendra , dans le cas où ledit
Sr. Archevêque d'Embrun pourroit avoir besoin
de permissions particulieres. Et sera le present
Arrêt lu , publié et affiché par tout où besoin
sera. FAIT au Conseil d'Etat du Roy , Sa Majesté
y étant , tenu à Versailles , le vingt-quatre
Septembre 1731. Signé , BAUYN
>
AUTRE du Parlement , du 28. Septembre ,
qui ordonne la suppression de deux Decrets de
la Cour de Rome.
Ce jour est entré en la Cour le Procureur
General du Roy , qui a dit :
MESSIEURS ,
Deux Decrets émanez de la Cour de Rome ,
qui se répandent dans le Public , m'obligent de
récourir à vôtre autorité pour en arrêter
ptement le cours .
prom-
Il ne faut que lire le titre du premier , qui
conOCTOBRE.
1731. 2479
condamne une Ordonnance de M. l'Evêque de
Montpellier , pour reconnoître que le Pape voudroit
y exercer de son propre mouvement , une
Jurisdiction immediate dans le Royaume , sur
le Mandement d'un Evêque. Il se trouve d'ailleurs
accompagné de plusieurs de ces clauses ,
contre lesquelles le Ministere public s'est tant
de fois élevé , qu'il paroit inutile d'entrer dans
un plus grand détail de toutes ces clauses pour
faire sentir les suites dangereuses de ce Bref.
Un objet encore plus important doit exciter
toute votre artention , ce sont les consequences
de ce Jugement. On y flétrit de la maniere la
plus dure , et avec les qualifications les plus fortes
l'Ordonnance d'un Prélat dont il est vrai
que plusieurs Ecrits ont merité l'adnimadversion
de la Cour ; mais qui établit dans celui
dont il s'agit , que les Evêques sont Juges de la
Doctrine ; que cette qualité est inséparablement
unie à leur caractere et qu'on ne peut leur
contester ce droit sans violer les regles les plus
certaines de l'Ordre Hierarchique.
Je ne puis présumer que le Pape ait eu intertion
de donner atteinte à des principes si incontestables
, mais il suffit que l'Ordonnance qui
les contient ait été condamnée pour engager
la Cour à veiller dans cette occasion à la conservation
de la Doctrine du Royaume et des
libertez de l'Eglise Gallicane.
A l'égard du second Decret , c'est l'ouvrage
d'une Congrégation qui condamne un Livre
intitulé , La Vie de M. de Paris ; et quoique ce
Livre soit imprimé hors du Royaume , et qu'il
s'y repande sans aucune marque d'approbation
la Cour sent quel seroit le danger de laisser répandre
ces sortes de Decrets , qui ne sont >
pro2480
MERCURE DE FRANCE
> proprement parler , que des avis et qui te
peuvent jamais être regardez comme des jugemens
; ce seroit en attribuer le caractere ch
quelque sorté , à celui dont il s'agit , que de
vouloir relever tout ce qui peut s'y trouver de
contraire à nos maximes , et toutes les précaurtions
particulieres qu'on pourroit prendre à
cet égard sont renfermées dans l'observation
exacte de la regle constante et inviolable , qui
refuse à de pareils Actes toute autorité et toute
exécution dans le Royaume tels sont les mo
tifs des conclusions que j'ai prises par écrit ,
tant pour la suppression des Exemplaires de ces
deux Decrets , que pour renouveller les deffenses
de recevoir , publier , ni executer aucunes Bud
les ni Brefs de Cour de Rome , sans être autorisez
par des Lettres Patentes enregistrées en
la Cour.
Le Procureur General du Roi retiré.
Vu le Bref du Pape intitulé SS. D. N. D. Clementis
, Diviná providentia Papa XII. decla
ratio nullitatis , damnatio et prohibitio Mandati
Episcopi Montispessulan. sub titulo ,
donnance de Monseigneur de Montpellier , contre
la déliberation de son Chapitre du 27 Août
1731. ensemble le Decret intitulé , Decretum
feria quarta die 22. Augusti 1731. et à la fin
die 29. Augusti 1731. portant condamnation
d'un livre intitulé , la vie de M. Paris , Diacre.
A Bruxelles , chez Foppens , à l'enseigne du
saint Esprit , 1731. Vû aussi les Artêts de la
Cour des 15. May 1647. 9. May 1703 16.
Decembre 1716. 3. Octobre 1718. 10. Janvier
1719. et autres ; ensemble les Conclusions du
Procureur General du Roy : la matiere mise
en déliberation.
La
OCTOBRE. 1731. 2481
La Chambre a ordonné et ordonne que les
Exemplaires dudit Bref & dudit Decret seront
et demeureront supprimez ; fait défenses à toutes
sortes de personnes d'imprimer , faire imprimer ,
vendre , débiter ou distribuer aucun Exemplaire
d'iceux , même de les retenir. Enjoint à cet effet
à tous ceux qui pourroient en avoir des Exemplaires
de les apporter au Greffe de la Cour pour
y être supprimez. Ordonne en outre que les Arrêts
des is May 1647. 9 May 1703.16 Decembre
1716. 3 Octobre 1718 et 10 Janvier 1719.seront
executez selon leur forme et teneur. Fait en
conséquence inhibitions et deffenses à tous Archevêques
et Evêques , leurs Vicaires ou Officiaux,
à tous Recteurs et Suppôts des Universitez , Corps
ou Communautez Ecclesiastiques, et à tous autres
de recevoir ou faire lire, publier ou executer aucunes
Bulles ou Brefs ,ou autres Expeditions de Cour
de Rome, sans Lettres Patentes du Roy, registrées
en
la Cour , pour en ordonner la publication ; à
l'exception neanmoins des Brefs de Pénitencerie ,
Provisions de Benefices ou autres Expeditions ordinaires
concernant les affaires des Particuliers ,
lesquelles s'obtiennent en Cour de Rome, suivant
les Ordonnances et usages du Royaume. Fait défenses
à tous Libraires ou Imprimeurs , Colporteurs
et autres , d'imprimer ou faire imprimer ,
vendre et débiter ou autrement disttibuer aucunes
Bulles , Brefs ou autres expéditions de Cour de
Rome , à la réserve des Brefs de Pénitencerie et
autres expeditions cy- dessus marquées , sans Lettres
Patentes du Roy , Registrées en la Cour , qui
en ordonnent la publication , à peine de soo liv.
d'amende, même de déchéance de leurs Maîtrises
o vacatlon , et autte plus grande peine s'il y
êchet Ordonne que le present Arrêt sera envoyé
dans
2482 MERCURE DE FRANCE1
dans les Bailliages et Sénéchaussées du Ressort ;
pour y être lû , pubié et enregistré , et affiché par
tout où besoin sera : Enjoint aux Substituts du Procureur
General du Roy , d'y tenir la main et d'en
certifier la Cour dans un mois. Fait en Parlement,
én Vacations , & c.
O
RDONNANCE DU ROY du 4. Λούτ,
par laquelle S. M. ordonne que tous les
Vaisseaux marchands qui seront armez et destinez
pour la Colonie de la Louisiane , seront dispensez
pendant six ans , à compter du jour et
date de la presente Ordonnance , d'y porter les
Engagez et Fusils que les Vaisseaux destinez pour
les Colonies de l'Amerique sont assujettis d'y
porter par les Ordonnances et Reglemens faits à
ce sujet.
ORDONNANCE du Roy du même jour , qui
impose des peines aux Voleurs et Receleurs de
Pavez et autres Matereaux destinez et mis en oeuvre
aux Ponts et Chaussées , et à ceux qui dégradent
et embarrassent les chemins publics.
RE
OCTOBRE . 1731. 2469
REGLEMENT pour l'Hôtel Royal des Invalides
, arrêté au Conseil de l'Hôtel , par lequel il
est dit, que bien que la plus grande partie de ceux
qui ont été reçûs en cet Hôtel s'y gouvernent sagement
, et obéissent avec régularité aux ordres
qui y sont érablis ; neanmoins comme il n'est
presque point possible que dans un si grand nom
bre il ne s'en trouve de libertins , sur tout parmi
ceux qui y sont admis nouvellement ; il a été
jugé à propos de dresser la presente Ordonnance,
pour être affichée dans les endroits de l'Hôtel les
plus frequentez, afin que personne ne puisse prétendre
cause d'ignorance de tout ce qui y doit être
observé , tant pour la police et la propreté dudit
Hôtel , que pour autres choses concernant le
service de Sa Majesté. Cette Ordonnance qui contient
48. Articles , est arrêtée et signée par M.
Dangervillers , Ministre , Secretaire d'Etat et
Administrateur General dudit Hôtel Royal le 9.
Août 1731.
› ARREST du Parlement du 14. Août 173'1.
qui ordonne la suppression d'une Thése soutenuë
en Sorbonne.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
MESSIEURS ,
Nous avons l'honneur de rendre compte à la
Cour d'une These soutenue en Sorbonne le 7 .
de ce mois , et qui étant venue depuis à nôtre
connoissance nous a parue digne de son attention.
Nous conviendrons avec plaisir , qu'en plusieurs
endroits on y reconnoît la plus saine
Iv. Doctrine
2470 MERCURE DE FRANCE
Doctrine de la France , et la plupart des maximes
immuables de nos libertez ; mais on a d'autant
plus de lieu d'être surpris de ce qu'on y
voit d'ailleurs de contraire à ces maximes , ou
qui tend à les énerver.
Qu'il nous soit permis de nous contenter
d'un exemple. L'Auteur pose pour principe la
neceffité du consentement du Corps des Evêques
, pour donner au jugement du Pape en
matiere de Doctrine , le Sceau de l'autorité
de l'Eglise et de l'infaillibilité. Mais en même
temps peu fidéle à l'esprit de cette maxime ,
il veut que le silence des Evêques ou du plas
grand nombre d'entr'eux , soit , malgré la réclamation
expresse d'une partie notable de leur
Corps , une preuve toûjours infaillible de leur
consentement tacite et par conséquent de la
verité. Silentium Episcoporum , aut majoris
corum notoriè partis , parte licet notabili reclamante
, signum est infaillibile consensût
taciti , ac proinde veritatis. Fúr - il jamais une
proposition plus opposée en elle - même aux
rais principes , et plus dangereuse par ses conséquences
, pour les maximes du Royaume dans
ce qu'elles ont de plus inviolable et de plus
saint ?
›
Si on ne sçauroit tolerer de tels principes
dans la Thése on ne doit pas non plus être
insensible à ce qu'elle porte à l'égard de ce qui
s'est passé dès l'origine des dernieres divisions
et sur - tout des appels au futur Concile qui s'éleverent
alors . Convient il de condamner aujourd'hui
ce qu'on a si sagement regardé comme
le sujet d'une conciliation charitable ? Et
pouvons -nous voir , sans nous élever , ces nouveaux
obstacles que l'inquiétude et la passion
-
tentent
OCTOBRE . 1731. 2471
tentent tous les jours d'apporter à la paix , éga
lement necessaire pour le bien de l'Eglise , et
pour celui de l'Etat.
Sans nous étendre davantage , ç'en est assez ,
MESSIEURS , pour appuyer les conclusions
que nous avons crû devoir prendre
que nous laissons à la Cour , avec la Thése que
nous venons lui déferer.
Eux retirez :
>
>
et
Vû la Thése intitulée , Innocentia vindici
quastio Theologica , et à la fin , has Theses, Deo
duce , auspice Dei parâ , ac Praside S. M. N.
Fr. Joanne Mathon sacra Facultatis Pari
siensis Doctore Theologo , anteà Abbate Belliloci
Pramonstratensis , tueri conabitur Maurillius
- Petrus - Joannes Hay de Bouteville
Presbiter Rhedonensis ejusdem Facultatis
Baccalaureus insignis Ecclesia Rhedonensis
Canonicus , die Martis 7. mensis Augusti anno
Domini 1731 , ab octavâ matutinâ ad sextam
vespertinam , in Sorboni, pro majore ordinariâ.
La matiere mise en déliberation .
•
>
LA COUR a ordonné et ordonne que ladite
Thése sera et demeurera supprimée enjoint à
ceux qui pourroient en avoir des Exemplaires ,
de les apporter à cet effet au Greffe de la Cour ;
fait inhibitions et deffenses à toutes sortes de
personnes , d'inserer dans aucune Thése , et au
Syndic de la Faculté de Théologie , de souffrir
qu'il y soit inseré aucune proposition qui soit
contraire aux maximcs du Royaume et capable
de troubler la paix de l'Eglise
quillité de l'Etat ; ordonne que le present Arrêt
sera signifié au Syndic de la Faculté de Théologie
, lû publié et affiché par tout où besoin
sera , et que copies collationnées d'icelui , seront
>
>
>
et la tran-
I vj
en2472
MERCURE DE FRANCE
, envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du
Ressort , pour y être lûes , publiées et registrées
; enjoint aux Substituts du Procureur General
du Roy d'y tenir la main et d'en certi
fier la Cour dans un mois. Signé , YSABEAU.
1
›
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du 2.
Septembre 1731. qui ordonne la suppression de
l'Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Laon
&c . du premier Avril 1731 .
*
LE ROY êtant informé que depuis quelquesjours
on répand dans le Public un Ouvrage qui
a pour titre, Instruction Pastorale de M. l'Evêque
Duc de L on , second Pair de France ,
contre les Requisitoires de M. Gilbert Avocat
General , &c . ladite Instruction imprimée
à Laon , en vertu du Privilege accordé par S M.
audit Sr. Evêque en l'année 1724 Elle auroit
jugé à propos de la faire examiner en son Conseil
; et par le compte qui lui en a été rendu
Sa Majesté auroit reconnu , qu'outre que le
seul titre de cette Instruction suffit pour en faire
sentir les dangereuses conséquences elle ne
contient presque qu'une déclamation vehemente,
et remplie de traits injurieux contre un Magistrat
que le ministere qu'il exerce au nom de
Sa Majesté , devoit mettre à couvert de pareils
excès : Qu'il y a d'ailleurs dans le même ouvrage
, plusieurs expressions dont on pourroit
aisément abuser , pour renouveller les disputes
qui ont été suspendues par l'Arrêt du 10. Mars
dernier A quoi étant nécessaire de pourvoir ,
jconformément audit Arrêt , par lequel Sa Ma-
; esté s'est reservé à Elle seule la connoissance de
out ce qui auroit rapport ausdites disputes ;
A MAJESTE ETANT EN SON CONSEIL-,
OCTOBRE. 1731.2 2473
M
a
P
a ordonné et ordonne qué ladite Instruction
Pastorale sera et demeurerà supprimée , comme
contraire au respect dû à l'authorité du Roy ,
et à la Justice , tendante à émouvoir les esprits ,
et à troubler la tranquillité publique : Fait défenses
audit Sr. Evêque de Laon , de publier ou
distribuer de pareils Ecrits , à peine d'être procedé
contre lui par saisie de son temporel , et
autres voyes de droit , ainsi qu'il appartiendra.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui ont des exeplaires
de ladite Instruction , de les remettre
incessamment au Greffe du Conseil , pour y être
supprimez Fait deffenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs , et autres , de quelque
état et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de
punition exemplaire. Et attendu l'abus fait par
ledit Sr. Evêque de Laon , du Privilege general
à lui accordé par Sa Majesté le 11. Avril 1724.
pour l'impression de tous Mandemens , Lettres
Pastorales ou Instructions à l'usage de son
Diocèse , &c Ordonne que ledit Privilege demeurera
revoqué , comme Sa Majesté le revoque
par le present Arrêt , sauf à être par Elle pourvû
aiusi qu'il appartiendra dans le cas où ledit
Sr Evêque de Laon pourroit avoir besoin de
permissions particulieres. Et sera le present
Arrêt lû , publié et affiché par tout où besoin
sera. FAIT & C.
>.
›
AUTRE du 5. Septembre , pour faire cesser
toutes disputes et contestations au sujet de la
Constitution Unigenitus . Le Roy ayant jugé à
propos de suspendre par l'Arrêt rendu en son
Conseil du 10. Mars dernier , toutes les disputes
et contestations qui s'étoient élevées sur les bormes
1474 MERCURE DE FRANCE
nes de l'autorité spirituelle , et de la puissance
temporelle : Sa Majesté est persuadée qu'il n'est
pas moins necessaire d'étouffer absolument un
autre genre de disputes , qui renaissent tous les
jours à l'occasion de la Bulle Unigenitus , et qui
ne pouvant répandre aucune nouvelle lumiere sur
les questions qu'on agite avec tant de chaleur ,
ne sçauroient avoir d'autre effet que de perpetuer
le trouble et la division , au sujet d'une affaire
qui doit être regardée de tous côtez comme entierement
finie. Le Decret du S Siege , suivi
d'une acceptation solemnelle , revêtu du caractere
de l'autorité Royale , et publié avec les plus sages
précautions , soit de la part des Evêques , ou de
celle des Parlemens , pour la conservation des
Maximes du Royaume et des Droits sacrez de
la Couronne , est devenu , par le consentement
du corps des Pasteurs , le jugement de l'Eglise
universelle . Ainsi tout étant terminé par le
concours des deux Puissances , il ne reste plus
que de faire cesser les suites d'une division si
dangereuse , et si consraire au bien commun
de la Religion et de l'Etat : Sa Majesté ne peut
prendre une route plus sûre pour y faire succeder
une paix durable , qu'en suivant l'exemple
du feu Roy son Bisayeul , qui après avoir
donné plusieurs Lettres Patentes , Declarations
et Arrêts pour affermir l'authorité des Constitutions
des Papes ; acceptées par les Evêques
de son Royaume sur la condamnation du
Livre de Jansenius , crut devoir mettre la derniere
main à la pacification des troubles dont
l'Eglise de France avoit été agitée à cette occasion
, en faisant cesser toutes disputes sur les
matieres contestées , ainsi qu'il s'en expliqua
par ses Arrêts du 23. Octobre 1668 , et du s .
>
Mars
OCTOBRE. 1731. 2475
>
Mars 1703. A quoy êtant nécessaire de pourvoir
, SA MAJESTE ' E'TANT EN SON CONSEIL ,
a ordonné et ordonne que ladite Constitution
Unigenitus continuë d'être inviolablement observée
et executée dans toute l'étendue de ses
Etats , conformément aux Letrets Patentes du
14. Fevrier 1714 aux Arrêts d'enregistrement
d'icelles , et aux Declarations du 4. Août 1720.
et du 24. Mars 1730 Fait Sa Majesté très- expresses
inhibitions et deffenses à tous ses sujets
de quelque état et condition qu'ils soient , d'écrire
ou composer , imprimer , vendre , débiter
ni autrement distribuer , directement ou indirectement
sous quelque nom et titre que ce
soit , aucuns Ouvrages , Memoires , ou Ecrits ,
tendants à entretenir les disputes qui se sont
formées au sujet de ladite Constitution , ou à
remettre en question ce qui est décidé , ni de
s'attaquer ou provoquer les uns les autres , par
des termes injurieux de Novateurs , Heretiques ,
Schismatiques , Jansenistes , Semi Pelagicns ,
ou autres noms de parti ; le tout à peine contre
les contrevenans , d'être traitez comme rebelles ,
désobéissants aux ordres de Sa Majesté , seditieux
, et perturbateurs du repos public , notam.
ment ceux qui auroient composé , publié ou
répandu des Ecrits contraires à la Religion
au respect dû au St. Siege , à Nôtre Saint pere
le Pape et aux Evêques , à l'authorité de l’Eglise
, et à celle de Sa Majesté , aux Droits de
sa Couronne et aux libertez de l'Eglise Gallicane.
Enjoit Sa Majesté à toutes les Universitez
de son Royaume notamment aux Facultez de
Théologie , d'empêcher qu'on insere dans les
Leçons ou dans les Theses , aucunes propositions
qui puissent donner lieu d'agiter les ques-
>
>
>
tions
2476 MERCURE DE FRANCE
tions décidées , ou d'en former de nouvelles ,
au sujet de la Constitution Unigenitus. Exhorte ,
et néanmoins enjoint à tous les Archevêques et
Evêques , de veiller , chacun dans leur Diocèse ,
à ce que la paix et la tranquillité y soit charitablement
ei inviolablement conservée , et que
lesdites disputes et contestations n'y soient plus
renouvellees. Et sera le present Arrêt lû , publié
et affiché par tout où besoin sera
, pour être
executé selon sa forme et teneur , nonobstant
oppositions ou appellations quelconques , dont
si aucuns interviennent , Sa Majesté s'est reservé
la connoissance et à son Conseil , et l'a interdite
à toutes ses Cours et Juges. FAIT au Conseil
&c.
AUTRE , au sujet du Mandement de M.
PArchevêque d'Embrun.
LE ROY ayant été informé qu'on répandoit
dans le Public un ouvrage qui a pour titre :
Mandement de M. l'Archevêque d'Embrun ,
contre un Ecrit intitulé Arrêt du Parlement
de Paris , &c. ledit Mandement imprimé à
Grenoble , en vertu du Privilege general accor◄
dé audit Sr. Archevêque d'Embrun , Sa Majesté
auroit jugé à propos de le faire examiner
en son Conseil ; et par le compte qui lui en a
été rendu , Elle auroit reconnu que ce Mandement
, justement suspect par le titre même qu'il
porte et qui en fait sentir toutes les conséquences
, merite encore plus d'attention parce
qu'il contient dans són exposé , et dans sa conclusion
: Qu'on y remarque par tout une déclamation
indécente et injurieuse contre des Officiers
qui ont l'honneur de parler au nom du
Roy et contre un Tribunal qui est déposi- 2
>
taire
OCTOBRE . 1731. 2477
,
taire de son authorité dans l'administration de
la Justice ; Qu'on y prodigue les termes d'heresie
et d'heretique , dont l'Eglise n'use jamais
qu'avec la plus grande circonspection , et qu'elle
n'applique aux personnes qu'après une conviction
legitime ; Qu'on y fait naître d'ailleurs de
nouveaux sujets de trouble et de division à l'égard
de la Constitution Unigenitus' , dont l'au
thorité est si pleinement éeablie ; et qu'on y
trouve aussi des expressions qui ne peuvent servir
qu'à ranimer les disputes que Sa Majesté
a suspendues par l'Arrêt du 10. Mars dernier ;;
Qu'enfin , sans avoir recours au Roy , auquel
seul ses Officiers sont comptables de l'usage
qu'ils font de leur ministere , le Sr. Archevêque
d'Embrun se constitue Juge dans sa propre
cause de ce qu'ils ont fait contre ses Ecrits
dans l'exercice de leurs fonctions , et entreprend
d'employer la voye des censures dans un cas
où elles ont toûjours été regardées comme contraires
aux Maximes les plus inviolables de ce
Royaume ; A quoy étant nécessaire de pourvoir
, pour maintenir les regles de l'ordre pu
blic faire cesser tout ce qui pourroit troubler
la paix de l'Eglise et de l'Etat et assurer le
succès des mesures que le Roy prend pour la
rétablir entierement. SA MAJESJE' E'TANT EN
SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que ledit
Mandement sera et demeurera supprimé Com
me contraire au respect dû au Roy et à la Justice
, attentatoire aux maximes du Royaume ,
tendant à soulever les esprits contre l'authorité
légitime , et à troubler la tranquillité publique.
Fait deffenses audit Sr. Archevêque d'Embrun ,
de publier ou distribuer de pareils Ecrits , à peine
d'être procedé contre lui , par saisie de son tem¹
porel
"
>
›
2478 MERCURE DE FRANCE
:
porel , et autres voyes de droit , ainsi qu'il
appartiendra Enjoint Sa Majesté à tous ceux
qui ont des exemplaires dudit Mandement , de
les remettre incessamment au Greffe du Conseil
, pour y être supprimez . Fait deffenses à
tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs et
autres , de quelque état et condition qu'ils soient ,
d'en vendre ou autrement distribuer , à peine
de punition exemplaire. Et attendu l'abus fait
par ledit Sr. Archevêque d'Embrun , du privilege
general à lui accordé par Sa Majesté pour
l'impression de tous Mandemens , Lettres Pastorales
ou Instructions à l'usage de son Diocèse
&c. ordonne que ledit Privilege demeurera
revoqué , comme Sa Majesté le revoque
par le present Arrêt , sauf à être par Elle pourvû
, ainsi qu'il appartiendra , dans le cas où ledit
Sr. Archevêque d'Embrun pourroit avoir besoin
de permissions particulieres. Et sera le present
Arrêt lu , publié et affiché par tout où besoin
sera. FAIT au Conseil d'Etat du Roy , Sa Majesté
y étant , tenu à Versailles , le vingt-quatre
Septembre 1731. Signé , BAUYN
>
AUTRE du Parlement , du 28. Septembre ,
qui ordonne la suppression de deux Decrets de
la Cour de Rome.
Ce jour est entré en la Cour le Procureur
General du Roy , qui a dit :
MESSIEURS ,
Deux Decrets émanez de la Cour de Rome ,
qui se répandent dans le Public , m'obligent de
récourir à vôtre autorité pour en arrêter
ptement le cours .
prom-
Il ne faut que lire le titre du premier , qui
conOCTOBRE.
1731. 2479
condamne une Ordonnance de M. l'Evêque de
Montpellier , pour reconnoître que le Pape voudroit
y exercer de son propre mouvement , une
Jurisdiction immediate dans le Royaume , sur
le Mandement d'un Evêque. Il se trouve d'ailleurs
accompagné de plusieurs de ces clauses ,
contre lesquelles le Ministere public s'est tant
de fois élevé , qu'il paroit inutile d'entrer dans
un plus grand détail de toutes ces clauses pour
faire sentir les suites dangereuses de ce Bref.
Un objet encore plus important doit exciter
toute votre artention , ce sont les consequences
de ce Jugement. On y flétrit de la maniere la
plus dure , et avec les qualifications les plus fortes
l'Ordonnance d'un Prélat dont il est vrai
que plusieurs Ecrits ont merité l'adnimadversion
de la Cour ; mais qui établit dans celui
dont il s'agit , que les Evêques sont Juges de la
Doctrine ; que cette qualité est inséparablement
unie à leur caractere et qu'on ne peut leur
contester ce droit sans violer les regles les plus
certaines de l'Ordre Hierarchique.
Je ne puis présumer que le Pape ait eu intertion
de donner atteinte à des principes si incontestables
, mais il suffit que l'Ordonnance qui
les contient ait été condamnée pour engager
la Cour à veiller dans cette occasion à la conservation
de la Doctrine du Royaume et des
libertez de l'Eglise Gallicane.
A l'égard du second Decret , c'est l'ouvrage
d'une Congrégation qui condamne un Livre
intitulé , La Vie de M. de Paris ; et quoique ce
Livre soit imprimé hors du Royaume , et qu'il
s'y repande sans aucune marque d'approbation
la Cour sent quel seroit le danger de laisser répandre
ces sortes de Decrets , qui ne sont >
pro2480
MERCURE DE FRANCE
> proprement parler , que des avis et qui te
peuvent jamais être regardez comme des jugemens
; ce seroit en attribuer le caractere ch
quelque sorté , à celui dont il s'agit , que de
vouloir relever tout ce qui peut s'y trouver de
contraire à nos maximes , et toutes les précaurtions
particulieres qu'on pourroit prendre à
cet égard sont renfermées dans l'observation
exacte de la regle constante et inviolable , qui
refuse à de pareils Actes toute autorité et toute
exécution dans le Royaume tels sont les mo
tifs des conclusions que j'ai prises par écrit ,
tant pour la suppression des Exemplaires de ces
deux Decrets , que pour renouveller les deffenses
de recevoir , publier , ni executer aucunes Bud
les ni Brefs de Cour de Rome , sans être autorisez
par des Lettres Patentes enregistrées en
la Cour.
Le Procureur General du Roi retiré.
Vu le Bref du Pape intitulé SS. D. N. D. Clementis
, Diviná providentia Papa XII. decla
ratio nullitatis , damnatio et prohibitio Mandati
Episcopi Montispessulan. sub titulo ,
donnance de Monseigneur de Montpellier , contre
la déliberation de son Chapitre du 27 Août
1731. ensemble le Decret intitulé , Decretum
feria quarta die 22. Augusti 1731. et à la fin
die 29. Augusti 1731. portant condamnation
d'un livre intitulé , la vie de M. Paris , Diacre.
A Bruxelles , chez Foppens , à l'enseigne du
saint Esprit , 1731. Vû aussi les Artêts de la
Cour des 15. May 1647. 9. May 1703 16.
Decembre 1716. 3. Octobre 1718. 10. Janvier
1719. et autres ; ensemble les Conclusions du
Procureur General du Roy : la matiere mise
en déliberation.
La
OCTOBRE. 1731. 2481
La Chambre a ordonné et ordonne que les
Exemplaires dudit Bref & dudit Decret seront
et demeureront supprimez ; fait défenses à toutes
sortes de personnes d'imprimer , faire imprimer ,
vendre , débiter ou distribuer aucun Exemplaire
d'iceux , même de les retenir. Enjoint à cet effet
à tous ceux qui pourroient en avoir des Exemplaires
de les apporter au Greffe de la Cour pour
y être supprimez. Ordonne en outre que les Arrêts
des is May 1647. 9 May 1703.16 Decembre
1716. 3 Octobre 1718 et 10 Janvier 1719.seront
executez selon leur forme et teneur. Fait en
conséquence inhibitions et deffenses à tous Archevêques
et Evêques , leurs Vicaires ou Officiaux,
à tous Recteurs et Suppôts des Universitez , Corps
ou Communautez Ecclesiastiques, et à tous autres
de recevoir ou faire lire, publier ou executer aucunes
Bulles ou Brefs ,ou autres Expeditions de Cour
de Rome, sans Lettres Patentes du Roy, registrées
en
la Cour , pour en ordonner la publication ; à
l'exception neanmoins des Brefs de Pénitencerie ,
Provisions de Benefices ou autres Expeditions ordinaires
concernant les affaires des Particuliers ,
lesquelles s'obtiennent en Cour de Rome, suivant
les Ordonnances et usages du Royaume. Fait défenses
à tous Libraires ou Imprimeurs , Colporteurs
et autres , d'imprimer ou faire imprimer ,
vendre et débiter ou autrement disttibuer aucunes
Bulles , Brefs ou autres expéditions de Cour de
Rome , à la réserve des Brefs de Pénitencerie et
autres expeditions cy- dessus marquées , sans Lettres
Patentes du Roy , Registrées en la Cour , qui
en ordonnent la publication , à peine de soo liv.
d'amende, même de déchéance de leurs Maîtrises
o vacatlon , et autte plus grande peine s'il y
êchet Ordonne que le present Arrêt sera envoyé
dans
2482 MERCURE DE FRANCE1
dans les Bailliages et Sénéchaussées du Ressort ;
pour y être lû , pubié et enregistré , et affiché par
tout où besoin sera : Enjoint aux Substituts du Procureur
General du Roy , d'y tenir la main et d'en
certifier la Cour dans un mois. Fait en Parlement,
én Vacations , & c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En octobre 1731, plusieurs ordonnances et arrêts royaux ont été publiés. Le roi a ordonné que les vaisseaux marchands destinés à la colonie de Louisiane soient dispensés d'embarquer des engagés et des fusils pendant six ans. Une autre ordonnance impose des peines aux voleurs et receleurs de matériaux destinés aux ponts et chaussées, ainsi qu'à ceux qui dégradent les chemins publics. Un règlement pour l'Hôtel Royal des Invalides, contenant 48 articles pour la police et la propreté de l'établissement, a été arrêté au Conseil de l'Hôtel. Le Parlement a supprimé une thèse soutenue en Sorbonne, jugée contraire aux maximes du Royaume et capable de troubler la paix de l'Église et de l'État. Le Conseil d'État a supprimé l'Instruction Pastorale de l'évêque de Laon, jugée injurieuse envers un magistrat et susceptible de renouveler des disputes. Un arrêt royal a ordonné la cessation de toutes disputes concernant la Constitution Unigenitus pour préserver la paix et la tranquillité publique. Un mandement imprimé à Grenoble, sous le privilège de l'archevêque d'Embrun, a été examiné par le roi et son conseil. Ce mandement, intitulé 'Arrêt du Parlement de Paris', a été jugé suspect et injurieux envers les officiers royaux et le tribunal de justice. Il contenait des accusations d'hérésie et d'hérétique, des termes utilisés sans la circonspection nécessaire, et des expressions susceptibles de ranimer des disputes suspendues par un arrêt royal du 10 mars précédent. L'archevêque d'Embrun s'est constitué juge dans sa propre cause, contournant ainsi l'autorité royale. Pour maintenir l'ordre public et la paix de l'Église et de l'État, le roi a ordonné la suppression du mandement, jugé contraire au respect dû au roi et à la justice, et attentatoire aux maximes du royaume. Il a interdit à l'archevêque d'Embrun de publier ou distribuer de tels écrits, sous peine de sanctions. Tous les exemplaires du mandement doivent être remis au greffe du conseil, et les imprimeurs, libraires et colporteurs sont interdits d'en vendre ou distribuer, sous peine de punition exemplaire. Le privilège accordé à l'archevêque pour l'impression de ses écrits a été révoqué. Le Parlement de Paris a ordonné la suppression de deux décrets de la Cour de Rome. Le premier condamnait une ordonnance de l'évêque de Montpellier, exerçant une juridiction immédiate dans le royaume. Le second condamnait un livre intitulé 'La Vie de M. de Paris'. Le Parlement a interdit la réception, publication ou exécution de toute bulle ou bref de la Cour de Rome sans lettres patentes royales enregistrées en cour. Les arrêts antérieurs confirmant cette règle ont été réaffirmés.
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5805
p. 2482-[2483]
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. La Vie Champêtre, Ode, Lettre sur deux Médailles antiques [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE .
Teces Fugitives. La Vie Champêtre,Ode, 2271
Lettre sur deux Médailles antiques
2277
Deux Sonnets , Italien et François , sur la Mort
de M. de la Faye , 2295
Lettre sur la Tragedie d'Astrate , 2297
Idille de Mule de la Vigne , 2309
Ode in Prose de la même , 2311
Vers sur une Figure Renommée , 2317
Lettre de M. Gaullier , contre M. ***
2318
Stances sur les Enigmes , & c ,
2327
La Fauvette Conte , 2338
Remarques sur une Médaille de Posthume , 2329
Képonse aux Remarques sur l'Inscription trouvée
à Auxerre ,
L'Amour et l'Interêt , Fable ,
2334
2352
Réponse à une Lettre de M. de Fontenelle , 2354
Epitre à Mile Camargo , 2318
Reflexions de M Capperon , sur les anciens Tombeaux
,
Enigmes , Logogriphes , &c.
2362
2364
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 2368
Douze Tragédics sur le même sujet d'Edipe, 2 370
Essai sur la Poësie et sur la Peinture , 2374
Bibliotheque raisonnée , &c. 2375
Cures de M de S. Evremont , 2380
Reception deM.de Crebillon à l'Acad. Franç 2384
DesDescription
d'un Globle mouvant , 2391
M.P Lettre au sujet d'un Remede qui dissout la
Pierre , 2394
Maladie et Remede pour les Chevaux et Bestiaux
,
Grape de Raisin , production singuliere ,
Lettre sur la petite Verole ,
2396
2399
2400
Composition de l'Orvietan et du Mitridate, 2402
Lettre et Réponse sur le Bureau Tpographi
que ,
Vers Latins sur M. Chirac ,
Air noté ,
Spectacles , Amadis , &c.
2405
2406
2411
2412
La Réconciliation Normande , Comédie , 2424
Le Chevalier Bayard , &c. 2425
Nouvelles de Turquie et de Perse. Lettre de Constantinople
, &c. 2429
Autre Lett. sur l'Incendie de Constantinople, 2436
De Pologne , Allemagne et Italie , 2438
D'Espagne , d'Angleterre et Pays - Bas , 2456
Morts des Pays Etrangers , 2460
France, Nouvelles de la Cour, de Paris , & c. Ibid.
Promotion d'Gfficiers de Marine , 2466
Lettre écrite de Mons , 2469
Morts , Naissances et Mariages , 2461
Arrêts Notables , 247 I
Teces Fugitives. La Vie Champêtre,Ode, 2271
Lettre sur deux Médailles antiques
2277
Deux Sonnets , Italien et François , sur la Mort
de M. de la Faye , 2295
Lettre sur la Tragedie d'Astrate , 2297
Idille de Mule de la Vigne , 2309
Ode in Prose de la même , 2311
Vers sur une Figure Renommée , 2317
Lettre de M. Gaullier , contre M. ***
2318
Stances sur les Enigmes , & c ,
2327
La Fauvette Conte , 2338
Remarques sur une Médaille de Posthume , 2329
Képonse aux Remarques sur l'Inscription trouvée
à Auxerre ,
L'Amour et l'Interêt , Fable ,
2334
2352
Réponse à une Lettre de M. de Fontenelle , 2354
Epitre à Mile Camargo , 2318
Reflexions de M Capperon , sur les anciens Tombeaux
,
Enigmes , Logogriphes , &c.
2362
2364
Nouvelles Litteraires , des Beaux Arts , &c. 2368
Douze Tragédics sur le même sujet d'Edipe, 2 370
Essai sur la Poësie et sur la Peinture , 2374
Bibliotheque raisonnée , &c. 2375
Cures de M de S. Evremont , 2380
Reception deM.de Crebillon à l'Acad. Franç 2384
DesDescription
d'un Globle mouvant , 2391
M.P Lettre au sujet d'un Remede qui dissout la
Pierre , 2394
Maladie et Remede pour les Chevaux et Bestiaux
,
Grape de Raisin , production singuliere ,
Lettre sur la petite Verole ,
2396
2399
2400
Composition de l'Orvietan et du Mitridate, 2402
Lettre et Réponse sur le Bureau Tpographi
que ,
Vers Latins sur M. Chirac ,
Air noté ,
Spectacles , Amadis , &c.
2405
2406
2411
2412
La Réconciliation Normande , Comédie , 2424
Le Chevalier Bayard , &c. 2425
Nouvelles de Turquie et de Perse. Lettre de Constantinople
, &c. 2429
Autre Lett. sur l'Incendie de Constantinople, 2436
De Pologne , Allemagne et Italie , 2438
D'Espagne , d'Angleterre et Pays - Bas , 2456
Morts des Pays Etrangers , 2460
France, Nouvelles de la Cour, de Paris , & c. Ibid.
Promotion d'Gfficiers de Marine , 2466
Lettre écrite de Mons , 2469
Morts , Naissances et Mariages , 2461
Arrêts Notables , 247 I
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Résumé : TABLE.
Le document recense diverses œuvres littéraires et correspondances publiées entre 2271 et 2471. Les genres incluent des poèmes, des lettres, des fables, des tragédies, des essais et des nouvelles littéraires. Parmi les titres notables figurent 'Teces Fugitives. La Vie Champêtre' (2271), 'Lettre sur deux Médailles antiques' (2277) et 'Douze Tragédies sur le même sujet d'Edipe' (2370). Les sujets abordés couvrent l'art, l'histoire, la médecine et les événements contemporains. Le document mentionne également des lettres échangées avec des figures telles que M. de Fontenelle et M. de Crebillon. Les nouvelles littéraires traitent de spectacles, de productions singulières et d'événements politiques et sociaux dans divers pays comme la Turquie, la Perse, la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre et les Pays-Bas. Le document se conclut par des annonces de promotions, de naissances, de mariages et d'arrêts notables.
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5806
p. [2483]-[2484]
Errata du mois de Septembre.
Début :
Page 2111.ligne 18.Romancé, lisez Romanée, Ibid. Les Serrieres , l. les Perrieres. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du mois de Septembre.
Errata du mois de Septembre.
Page 2111.ligne 18.Romancé, liſez Romanée;
Ibid. Les Serrieres , l. les Perrieres .
Pag. 2112. lig. 15. echauffée , L. exhaussée .
Pag- 2114. lig 27. 130 et 140 liv . l . 140 et 150
livres .
Ce dernier prix est celui du Vin de M.le Prieur
de Saint-Marien.
Pag. 2115, lig. 28. Tabeliers , l . Gabeliers;
Pag. 2116. lig. 21. Ecouleves , l . Ecoulives.
Pag. 2119. lig. 2. laboureur , l. laborieux.
Ibid. lig. 7. vente , vertu.
Pug. 2122. lig. 3. de la note , 1723. l. 1724.
Pag. 2157.
Page 2111.ligne 18.Romancé, liſez Romanée;
Ibid. Les Serrieres , l. les Perrieres .
Pag. 2112. lig. 15. echauffée , L. exhaussée .
Pag- 2114. lig 27. 130 et 140 liv . l . 140 et 150
livres .
Ce dernier prix est celui du Vin de M.le Prieur
de Saint-Marien.
Pag. 2115, lig. 28. Tabeliers , l . Gabeliers;
Pag. 2116. lig. 21. Ecouleves , l . Ecoulives.
Pag. 2119. lig. 2. laboureur , l. laborieux.
Ibid. lig. 7. vente , vertu.
Pug. 2122. lig. 3. de la note , 1723. l. 1724.
Pag. 2157.
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Résumé : Errata du mois de Septembre.
Le document liste les corrections pour un texte en septembre, spécifiant page, ligne et mot incorrect. Exemples : 'Romancé' en 'Romanée' à la page 2111, 'Les Serrieres' en 'les Perrieres'. Il inclut aussi une correction de prix pour le vin de M. le Prieur de Saint-Marien et une correction de date de 1723 à 1724.
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5807
p. [2484]
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 2276. ligne 3. humides, lisez Numides. Pag. 2296.lig. 2. che , ôtez ce mot. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.",
Page 2276. ligne 3. humides, lifez Numides.
Pag. 2296.lig. 2. che , ôtez ce mot.
Pag. 2306. lig. 9. jusqu'à , l. jusques à.
Pag. 2308. lig. 7. cocher , l. cacher.
Pag. 2357. lig. 19. tros , l . trop.
Pag. 2358. lig. 8. juger , 1. juges,
Pag. 2365.lig. 19. Secte , Italique.
P. 2366. après le Vers Si vous &c. ajoûtez ,
qui me possede un jour , peut imposer des
Loix. Enfin &c.
Pe 2432. l. 6. son lisez de son
P.
2434 1.
> "
7. auprès , l. au prix.
de ses.
P. 2374. l. 9. l'obscurité , 1. l'obscenité.
P. 2385. l. 6. luisoit , l. luiroit.
> P. 2388. 1. 2. M. de la Motte
mettez entre
deux Parantheses.
P. 2437. l. 15. fruits , l. fours.
P. 2442. l. 15. est au lit , l est retenu au.
P. 2447. 1. 23. quinte , l. 15.
P. 2452. l. 11. öptetaire , 1. opterre.
P. 2453. l. 15. plus , 1. plût.
P. 2457. l. 7. Despannes , l. Despennes
Page 2276. ligne 3. humides, lifez Numides.
Pag. 2296.lig. 2. che , ôtez ce mot.
Pag. 2306. lig. 9. jusqu'à , l. jusques à.
Pag. 2308. lig. 7. cocher , l. cacher.
Pag. 2357. lig. 19. tros , l . trop.
Pag. 2358. lig. 8. juger , 1. juges,
Pag. 2365.lig. 19. Secte , Italique.
P. 2366. après le Vers Si vous &c. ajoûtez ,
qui me possede un jour , peut imposer des
Loix. Enfin &c.
Pe 2432. l. 6. son lisez de son
P.
2434 1.
> "
7. auprès , l. au prix.
de ses.
P. 2374. l. 9. l'obscurité , 1. l'obscenité.
P. 2385. l. 6. luisoit , l. luiroit.
> P. 2388. 1. 2. M. de la Motte
mettez entre
deux Parantheses.
P. 2437. l. 15. fruits , l. fours.
P. 2442. l. 15. est au lit , l est retenu au.
P. 2447. 1. 23. quinte , l. 15.
P. 2452. l. 11. öptetaire , 1. opterre.
P. 2453. l. 15. plus , 1. plût.
P. 2457. l. 7. Despannes , l. Despennes
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document liste des corrections à apporter dans un livre. Les modifications concernent des erreurs de mots, d'orthographe et de typographie sur diverses pages et lignes. Par exemple, remplacer 'lifez' par 'humides Numides' à la page 2276, ligne 3, et mettre 'Secte' en italique à la page 2365, ligne 19.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5808
p. [2484]
« La Médaille gravée doit regarder la page 2278 L'Air noté, celle de 2411 [...] »
Début :
La Médaille gravée doit regarder la page 2278 L'Air noté, celle de 2411 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Médaille gravée doit regarder la page 2278 L'Air noté, celle de 2411 [...] »
La Médaille gravée doit regarder la page 2278 L'Air noté, celle de 2411
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5809
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Adresse générale, Comédie-Française, Paris, Lettres, Paquets, Postes, Libraires des Provinces et des Pays étrangers, Sols
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
TILDEN' FOUN ATIONS DRESSE generale eft à
190 Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran- و
goife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent ſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers, ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XX X. SOLS.
TILDEN' FOUN ATIONS DRESSE generale eft à
190 Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran- و
goife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent ſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
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avoir le Mercure de France de la premiere
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qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5810
p. 2488-2516
MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Début :
LES AGHUANS, ces fameux Rebelles, qui pendant près de huit [...]
Mots clefs :
Mémoire historique, Schah, Rebelles, Barbares, Turcs, Moscovites, Alcoran, Mahomet, Armée royale
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
MEMOIRE HISTORIQUE , sur la dé
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
Fermer
Résumé : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Le texte relate la rébellion des Aghuans en Perse et l'ascension de Schah Thamas au trône. Les Aghuans, originaires de la province de Szyrvan, avaient dominé une grande partie du royaume de Perse pendant près de huit ans avec une armée de 30 000 hommes. Leur succès était davantage dû à la fortune qu'à une stratégie bien concertée. Ils avaient pris la ville d'Hispaham, détrôné Schah Hussein et battu une armée turque de 120 000 hommes. Leur arrogance fut renforcée par la paix et l'ambassade du Grand Seigneur, qui les reconnaissait comme une puissance majeure. Schah Thamas, fils de Schah Hussein, travailla à rétablir ses affaires malgré les revers. Il fut aidé par Thamas Kouli Kan, un seigneur brave et loyal, qui l'aida à discipliner son armée et à corriger ses vices. En 1729, Schah Thamas remporta plusieurs victoires contre les Afdalis et soumit les rebelles du Corassan. En 1730, il affronta les Aghuans à Damguam. Malgré une attaque vigoureuse des rebelles, les Persans tinrent ferme, repoussant les détachements ennemis et défaisant le corps principal commandé par Acheraf. Cette victoire marqua le début de la fin pour les Aghuans et permit à Schah Thamas de remonter sur le trône de ses ancêtres. En novembre 1731, une armée royale persane, dirigée par le général Thamas Koulikan, affronta des rebelles près de Tairon. Les rebelles, menés par Acheraf, prirent la fuite après une brève bataille, abandonnant leurs canons et équipages. Ils se réfugièrent à Ispaham, où ils se retranchèrent dans une enceinte fortifiée, pillant et ravageant les biens des Persans. Les rebelles se déplacèrent ensuite vers Machakor, établissant leur camp à proximité. L'armée royale avança sans obstacle, accueillie favorablement par les habitants des villes libérées. Le 13 novembre 1729, les deux armées se rencontrèrent. Les rebelles, bien positionnés, furent rapidement vaincus par la charge audacieuse des Persans. Acheraf et ses partisans fuirent vers Chiras, massacrant les Persans sur leur passage. La ville d'Ispaham fut ensuite pillée par la population locale. Le roi de Perse, Shah Thamas, arriva à Ispaham en décembre, accueilli avec joie par les habitants. Il reçut les hommages des différents ordres de l'État et des étrangers de distinction. Malgré la misère causée par la tyrannie des rebelles, le peuple paya volontiers les taxes imposées. Cependant, le roi resta préoccupé par la présence des meurtriers de son père et de ses frères à Chiras. Le général Thamas Koulikan prépara une nouvelle expédition, et l'armée se remit en campagne à la fin du mois de décembre, malgré les conditions hivernales défavorables. Le général persan Koulikan, après avoir perdu de nombreux hommes et chevaux lors de sa marche depuis Ispaham, rejoignit les rebelles près de Chiras après 20 jours. Malgré l'avantage du terrain des rebelles, il les battit et les força à fuir. Il ne les poursuivit pas pour éviter les embuscades et pour maintenir la cohésion de son armée. Les rebelles se rallièrent à Chiras, mais avaient perdu leur féroce fierté et cherchaient des conseils auprès de tous, y compris leurs femmes et esclaves. Ils tentèrent une dernière bataille, mais furent rapidement vaincus. Acheraf, leur chef, tenta de négocier, mais Koulikan refusa toute proposition sauf la reddition d'Acheraf. Les rebelles s'enfuirent, mais furent harcelés par les paysans et les détachements persans. Acheraf fut finalement tué près de Candahar par Hussein Kan. Koulikan entra à Chiras et fit exécuter les rebelles restants. Après cette victoire, les Persans se tournèrent vers les Turcs, battant les Turcs en deux batailles et reprenant plusieurs villes. Koulikan, bien que redouté et respecté, suscitait des craintes à la cour du roi en raison de son pouvoir et de son ambition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5811
p. 2541-2549
ELOGE de M. de Lavaur, celebre Avocat. Lettre écrite par M. B. B. à M. de S. Aigne, Conseiller de la Cour des Aides de Clermont.
Début :
Je viens, Monsieur, répandre dans vôtre sein la juste douleur que me [...]
Mots clefs :
Éloge, Écuyer, Avocat, Seigneur, Jurisprudence, Gentilhomme ordinaire du roi, Arbitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de M. de Lavaur, celebre Avocat. Lettre écrite par M. B. B. à M. de S. Aigne, Conseiller de la Cour des Aides de Clermont.
ELOGE de M. de Lavaur , celebre Avocat.
Lettre écrite
›
par
M. B. B. à M..de
Conseiller de la Cour des
S.
Aigne
Aides de Clermont
.
E viens , Monsieur , répandre dans
vôtre sein la juste douleur que me
cause la mort de M. de Lavaur , Ecuyer,
Seigneur de la Boisse , Avocat au Parlement
de Paris ; l'illustre défunt m'a
honoré de son amitié pendant toute sa
vie Sa mort arrivée à S. Cere le 8 Avril
dernier après avoir fait le sujet de mes
larmes exige , ce me semble , quelque
chose de plus de ma reconnoissance . Voici
, Monsieur , un leger crayon de sa
vie , pour honorer en quelque façon sa
mémoire et pour la satisfaction de ses
Amis , entre lesquels vous tenez un des
premiers rangs.
,
3
Guillaume de Lavaur étoit né à Saint
Cere dans la Vicomté de Turenne en
Querci , le 11. Juin 1653. Paul , son
Pere , Avocat au Parlement de Toulouse,
étoit très habile dans sa Profession. Il
aimoit singulierement l'étude des Belles--
Lettres
et il → inspira cet amour à son
-
Fils..
2542 MERCURE DE FRANCE
Fils. Ses lumieres , son experience , sa
probité lui meriterent la confiance du
Public ; et il fut très- estimé dans sa Patrie
, à laquelle il rendit des services importans
,
et dont la memoire est encore
récente. Il descendoit d'un Cadet des Seigneurs
de Lavaur , Maison considerable
et des plus anciennes du Querci.
,
,
Guillaume son digne Fils , la rendra
encore plus célebre. A peine eût- il fini
son Droit à Toulouse , que son Pere jaloux
de son éducation , l'envoya à Paris
pour suivre le Barreaut et pour s'y former
sur les grands modeles de ce tems-là .
Nôtre jeune Avocat ne s'appliqua pas
seulement à la Jurisprudence , mais il
fit encore de grands progrès dans l'étude
des Belles- Letttes , pour lesquelles il avoit
beaucoup de goût et de talent. Son ap
plication infatigable la sagesse de sa
conduite , la bonté de ses moeurs
manieres nobles , polies , genereuses lui
firent des amis de distinction . Les affaires
de sa Famille l'ayant obligé de retourner
en Province , il épousa Marie-
Charlotte Maynard , Fille de Charles
Gentilhomme ordinaire du Roy , et Petite-
Fille de François , Président à Aurillac
en Auvergne , Secretaire de la
Reine Marguerite , et honoré avant sa
ses
J'
most
NOVEMBRE 1731. 254
mort d'un Brevet de Conseiller d'Etat :
mais beaucoup plus connu par les ouvrages
dont il a enrichi le Public.
M. de Lavaur se trouva attaché à
S. Cere ,
par la tendresse qu'il avoit
pour cette digne Epouse , par ses affaires
domestiques , et par la délicatesse de sa
santé , qui ne se soutenoit que par un
grand regime de vie. Il ne s'absenta
du Querci , que pour un Voyage qu'il
fut obligé de faire à Paris en 1700, et
pour quelques autres voyages de nécessité
qu'il fit à Toulouze , où l'on n'oublia
rien pour le retenir.
>
و
Il étoit le Conseil , l'Arbitre , l'Oracle
du Païs. Sa maison étoit ouverte à tous
et à toute heure sur- tout aux Pauvres
et aux Affligés ausquels il accordoit
volontiers son secours et une bonne partie
de son revenu qui étoit considerable.
L'Illustre Fenelon , Archevêque de
Cambrai , le Duc de Bouillon , et plusieurs
personnes du premier rang et d'un
goût exquis , connoissant la solidité de
son mérite , lui donnerent leur confiance
la plus intime et la plus étroite.
Aussi parfait Chrétien , que bon Citoyen
, il donnoit chaque jour un temps
considerable à la priere et à la lecture
de l'Ecriture , des Peres , et de la Morale
Chré
2544 MERCURE DE FRANCE
›
Chrétienne. Sa religion et sa pieté étoient
la regle de ses Etudes : et ses Etudes l'affermissoient
dans sa Religion , et n'altererent
jamais sa pieté. Tout éclairé qu'il
étoit il vivoit dans une merveilleuse
simplicité , religieux dans les moindres
de ses actions , aussi -bien que dans les
plus grandes , il étoit exact et fidele à
toutes les pratiques de la Religion , assidu
à sa Paroisse attaché à son Pasteur
, que la noblesse de son extraction
lui rendoit moins recommandable , que
la pureté de sa Doctrine et de ses moeurs.
,
,
M. de Lavaur joignit à cette haute pieté
une profonde érudition . Il étoit Philosophe
, Orateur , et Poëte. Il sçavoit
parfaitement le Grec et l'Hebreu , et
toutes les finesses de la Langue Latine.
Pour ce qui est de nôtre Langue la
pureté et la beauté de son élocution , le
choix , l'arrangement , l'harmonie de ses
expressions , la hardiesse et la magnificence
de ses figures , la rapidité de son
éloquence , l'artifice de sa composition ,
Ia beauté de ses discours ne laissoient
rien à desirer.
Quelque attaché qu'il fut aux devoirs
de son état , il trouvoit encore assez de
Toisir pour cultiver l'étude des Sciences.
En 1726. il fit imprimer chez E. Ganeau-,
PHisNOVEMBRE
1731. 2545
> J
Histoire secrete de Neron , ou le Festin
de Trimalcion traduit de Petrone avec
des Notes historiques , in 12 de 446. pages ,
sans le Discours préliminaire qui en remplit
72. Les quatre premieres ne sont
qu'une Traduction du Portrait que Tacite
fait de Petrone , au livre xvj . de ses
'Annales. La suite de ce discours est trèsrecherchée
, on y trouve des remarques
curieuses sur les affranchis , sur les factions
, les jeux et leurs couleurs , sur les
Sevirs , sur les habits et les noms des Romains
, et sur les Sesterces. La Traduction
de l'Histoire est pure et élegante : on
trouve une Critique exacte dans les notes:
elles sont courtes et dégagées de tout
fatras d'érudition , et l'on ne peut s'em- >
pêcher de convenir que personne n'a
mieux pénetré que lui le sens de Petrone
; il est entré parfaitement bien dans
le Plan de son Auteur ; il a conservé
dans sa version les beautez presque inimitables
de l'Original , sans lui rien faire
perdre de ses traits , de ses couleurs , de
son prix ; il fait sentir par tout la finesse
de ses tours et la délicatesse de ses pensées
et si Petrone a été nommé Autor
›
in obscoenitate purus , ne pourroit-on pas
appeller le sçavant Traducteur qui l'a si
bien épuré , en retranchant toutes les
obsce-
1
2546 MERCURE DE FRANCE
obscenités , Purissimus impurissimi Auctoris
Interpres ?
Un autre ouvrage plus considerable de
M. de L. est intitulé : Conférence de la
Fable avec l'Histoire Sainte où l'on voit
›
>
que les grandes Fables le culte et les mysteres
du Paganisme ne sont que des Copies
alterées des Histoires , des Usages , et des
Traditions des Hebreux 2. vol . in 12. le
premier de 96. pages , sans le Discourspréliminaire
qui en contient 122. Le second
tome est de 361. pages . M. le Cardinal
de Fleury a bien voulu être le Mecene
de ce Livre , et ce n'est pas une approbation
mediocre pour l'ouvrage , ni
une petite louange pour l'Auteur , qui ,
d'ailleurs a tout-à - fait bien rempli son
dessein , lequel se trouve heureusement
exprimé dès le Frontispice
par ce passage
du I. livre des Macchabées
, c. 3. v. 48.
expanserunt libros legis , de quibus scrutabantur
gentes similitudinem
simulachrorum
suorum & c.
>
Avant lui , Steuchus , Evêque de Kisanie
, qui vivoit au milieu du xvj . siécle
, Bochard dans sa Géographie sacrée
M. Huet , Evêque d'Avranches , dans sa
Démonstration Evangelique , et le Pere
Thomassin , dans sa méthode d'étudier
les Poëtes , avoient travaillé après Eusebe
aux
NOVEMBRE 1731. 2547
aux Remarques de quelques traits de ressemblance
entre les personnages du vieux
Testament , et les Dieux du Paganisme .
M. de Lavaur a poussé ces recherches
plus loin , et il a découvert heureusement
la ressemblance des avantures et de la
vie des plus célebres personnages de la
Fable , avec ceux de nos saintes Ecritures.
Il prouve solidement , que les Fables
du Paganisme ne sont qu'une copie alterée
de la Religion , et par ce moyen
il établit le droit d'aînesse , et l'autorité
des livres divins sur les inventions des
hommes , de la verité sur le mensonge ,
de la vraie Religion et de la vraie Divinité
sur les fausses , qui n'en sont qu'une
imitation corrompue. Il démontre clairement
l'origine du Paganisme , sortie du
sein de Dieu même , sans que les Payens
s'en soient apperçûs ; il établit évidemment
la conformité des Fables avec les
Textes sacrés , et développe si nettement
les Metaphores des Auteurs Profanes
qu'on diroit qu'il a conferé avec les plus:
illustres morts de l'antiquité , pour nous
apprendre le vrai sens de leurs Enigmes.
Le témoignage de M. l'Abbé Raguer
me sera un bon et solide garand de ce
que je viens d'avancer. M. de Lavaur
dit-il , dans son approbation , fait paroître
2548 MERCURE DE FRANCE
foître dans cet ouvrage beaucoup d'éru-
»dition , un zele extrême pour les inte-
→ rêts de la verité , et une grande saga-
» cité à découvrir les traces précieuses de
» la Tradition des Hebreux parmi les té-
>> nebres du Paganisme. Il fait par tout
>> sentir l'autorité supprimée des livres
» sacrez , et par des conjectures ordinai-
» rement très heureuses , et par les mo-
» numens les plus acréditez de ceux qui
»> ne sembloient s'être instruits dans les
» Divines Ecritures , que pour les alterer ,
» suivant l'égarement de leur esprit , et
» la corruption de leur coeur.
Cet homme digne de l'immortalité
nous a laissé non - seulement ces deuxbeaux
ouvrages , mais encore trois fils ,
qui sont la gloire et la couronne d'un
tel Pere. Pierre - Louis de Lavaur son
aîné , Trésorier de France , disputa au
sortir des Ecoles une Chaire de Droit dans
l'Université de Cahors , et s'il ne l'ob
rint pas
›
pas , par un coup de faveur qui la
fit donner à son concurrent , il la mérita
suivant la justice que lui rendirent les
Sçavans desinteressez qui assisterent à
cette dispute. Il s'est allié aux meilleures
Maisons du Querci , par son mariage
avec Dame Elisabeth de Banze. Il suit
Les traces de son Pere , par son application
NOVEMBRE. 1731. 2549
tion à la Jurisprudence et aux Belles-
Lettres.
Philippe , son puîné , est Chanoine
de S. Sernin à Toulouse , et Syndic du
Chapitre , ce qui n'est pas une petite
distinction .
Le troisiéme Fils est François , Sieur
de l'Ort , il a eu soin de l'Edition du Livre
de la Conférence , qu'il a fait imprimer
à Paris , chez Cailleau 1730. 11
est premier Secretaire de M. le Marquis
de Fenelon Ambassadeur du Roy en
Hollande. J'ai l'honneur d'être , Mon
sieur , & c.
Ce 1. May 1731,
Lettre écrite
›
par
M. B. B. à M..de
Conseiller de la Cour des
S.
Aigne
Aides de Clermont
.
E viens , Monsieur , répandre dans
vôtre sein la juste douleur que me
cause la mort de M. de Lavaur , Ecuyer,
Seigneur de la Boisse , Avocat au Parlement
de Paris ; l'illustre défunt m'a
honoré de son amitié pendant toute sa
vie Sa mort arrivée à S. Cere le 8 Avril
dernier après avoir fait le sujet de mes
larmes exige , ce me semble , quelque
chose de plus de ma reconnoissance . Voici
, Monsieur , un leger crayon de sa
vie , pour honorer en quelque façon sa
mémoire et pour la satisfaction de ses
Amis , entre lesquels vous tenez un des
premiers rangs.
,
3
Guillaume de Lavaur étoit né à Saint
Cere dans la Vicomté de Turenne en
Querci , le 11. Juin 1653. Paul , son
Pere , Avocat au Parlement de Toulouse,
étoit très habile dans sa Profession. Il
aimoit singulierement l'étude des Belles--
Lettres
et il → inspira cet amour à son
-
Fils..
2542 MERCURE DE FRANCE
Fils. Ses lumieres , son experience , sa
probité lui meriterent la confiance du
Public ; et il fut très- estimé dans sa Patrie
, à laquelle il rendit des services importans
,
et dont la memoire est encore
récente. Il descendoit d'un Cadet des Seigneurs
de Lavaur , Maison considerable
et des plus anciennes du Querci.
,
,
Guillaume son digne Fils , la rendra
encore plus célebre. A peine eût- il fini
son Droit à Toulouse , que son Pere jaloux
de son éducation , l'envoya à Paris
pour suivre le Barreaut et pour s'y former
sur les grands modeles de ce tems-là .
Nôtre jeune Avocat ne s'appliqua pas
seulement à la Jurisprudence , mais il
fit encore de grands progrès dans l'étude
des Belles- Letttes , pour lesquelles il avoit
beaucoup de goût et de talent. Son ap
plication infatigable la sagesse de sa
conduite , la bonté de ses moeurs
manieres nobles , polies , genereuses lui
firent des amis de distinction . Les affaires
de sa Famille l'ayant obligé de retourner
en Province , il épousa Marie-
Charlotte Maynard , Fille de Charles
Gentilhomme ordinaire du Roy , et Petite-
Fille de François , Président à Aurillac
en Auvergne , Secretaire de la
Reine Marguerite , et honoré avant sa
ses
J'
most
NOVEMBRE 1731. 254
mort d'un Brevet de Conseiller d'Etat :
mais beaucoup plus connu par les ouvrages
dont il a enrichi le Public.
M. de Lavaur se trouva attaché à
S. Cere ,
par la tendresse qu'il avoit
pour cette digne Epouse , par ses affaires
domestiques , et par la délicatesse de sa
santé , qui ne se soutenoit que par un
grand regime de vie. Il ne s'absenta
du Querci , que pour un Voyage qu'il
fut obligé de faire à Paris en 1700, et
pour quelques autres voyages de nécessité
qu'il fit à Toulouze , où l'on n'oublia
rien pour le retenir.
>
و
Il étoit le Conseil , l'Arbitre , l'Oracle
du Païs. Sa maison étoit ouverte à tous
et à toute heure sur- tout aux Pauvres
et aux Affligés ausquels il accordoit
volontiers son secours et une bonne partie
de son revenu qui étoit considerable.
L'Illustre Fenelon , Archevêque de
Cambrai , le Duc de Bouillon , et plusieurs
personnes du premier rang et d'un
goût exquis , connoissant la solidité de
son mérite , lui donnerent leur confiance
la plus intime et la plus étroite.
Aussi parfait Chrétien , que bon Citoyen
, il donnoit chaque jour un temps
considerable à la priere et à la lecture
de l'Ecriture , des Peres , et de la Morale
Chré
2544 MERCURE DE FRANCE
›
Chrétienne. Sa religion et sa pieté étoient
la regle de ses Etudes : et ses Etudes l'affermissoient
dans sa Religion , et n'altererent
jamais sa pieté. Tout éclairé qu'il
étoit il vivoit dans une merveilleuse
simplicité , religieux dans les moindres
de ses actions , aussi -bien que dans les
plus grandes , il étoit exact et fidele à
toutes les pratiques de la Religion , assidu
à sa Paroisse attaché à son Pasteur
, que la noblesse de son extraction
lui rendoit moins recommandable , que
la pureté de sa Doctrine et de ses moeurs.
,
,
M. de Lavaur joignit à cette haute pieté
une profonde érudition . Il étoit Philosophe
, Orateur , et Poëte. Il sçavoit
parfaitement le Grec et l'Hebreu , et
toutes les finesses de la Langue Latine.
Pour ce qui est de nôtre Langue la
pureté et la beauté de son élocution , le
choix , l'arrangement , l'harmonie de ses
expressions , la hardiesse et la magnificence
de ses figures , la rapidité de son
éloquence , l'artifice de sa composition ,
Ia beauté de ses discours ne laissoient
rien à desirer.
Quelque attaché qu'il fut aux devoirs
de son état , il trouvoit encore assez de
Toisir pour cultiver l'étude des Sciences.
En 1726. il fit imprimer chez E. Ganeau-,
PHisNOVEMBRE
1731. 2545
> J
Histoire secrete de Neron , ou le Festin
de Trimalcion traduit de Petrone avec
des Notes historiques , in 12 de 446. pages ,
sans le Discours préliminaire qui en remplit
72. Les quatre premieres ne sont
qu'une Traduction du Portrait que Tacite
fait de Petrone , au livre xvj . de ses
'Annales. La suite de ce discours est trèsrecherchée
, on y trouve des remarques
curieuses sur les affranchis , sur les factions
, les jeux et leurs couleurs , sur les
Sevirs , sur les habits et les noms des Romains
, et sur les Sesterces. La Traduction
de l'Histoire est pure et élegante : on
trouve une Critique exacte dans les notes:
elles sont courtes et dégagées de tout
fatras d'érudition , et l'on ne peut s'em- >
pêcher de convenir que personne n'a
mieux pénetré que lui le sens de Petrone
; il est entré parfaitement bien dans
le Plan de son Auteur ; il a conservé
dans sa version les beautez presque inimitables
de l'Original , sans lui rien faire
perdre de ses traits , de ses couleurs , de
son prix ; il fait sentir par tout la finesse
de ses tours et la délicatesse de ses pensées
et si Petrone a été nommé Autor
›
in obscoenitate purus , ne pourroit-on pas
appeller le sçavant Traducteur qui l'a si
bien épuré , en retranchant toutes les
obsce-
1
2546 MERCURE DE FRANCE
obscenités , Purissimus impurissimi Auctoris
Interpres ?
Un autre ouvrage plus considerable de
M. de L. est intitulé : Conférence de la
Fable avec l'Histoire Sainte où l'on voit
›
>
que les grandes Fables le culte et les mysteres
du Paganisme ne sont que des Copies
alterées des Histoires , des Usages , et des
Traditions des Hebreux 2. vol . in 12. le
premier de 96. pages , sans le Discourspréliminaire
qui en contient 122. Le second
tome est de 361. pages . M. le Cardinal
de Fleury a bien voulu être le Mecene
de ce Livre , et ce n'est pas une approbation
mediocre pour l'ouvrage , ni
une petite louange pour l'Auteur , qui ,
d'ailleurs a tout-à - fait bien rempli son
dessein , lequel se trouve heureusement
exprimé dès le Frontispice
par ce passage
du I. livre des Macchabées
, c. 3. v. 48.
expanserunt libros legis , de quibus scrutabantur
gentes similitudinem
simulachrorum
suorum & c.
>
Avant lui , Steuchus , Evêque de Kisanie
, qui vivoit au milieu du xvj . siécle
, Bochard dans sa Géographie sacrée
M. Huet , Evêque d'Avranches , dans sa
Démonstration Evangelique , et le Pere
Thomassin , dans sa méthode d'étudier
les Poëtes , avoient travaillé après Eusebe
aux
NOVEMBRE 1731. 2547
aux Remarques de quelques traits de ressemblance
entre les personnages du vieux
Testament , et les Dieux du Paganisme .
M. de Lavaur a poussé ces recherches
plus loin , et il a découvert heureusement
la ressemblance des avantures et de la
vie des plus célebres personnages de la
Fable , avec ceux de nos saintes Ecritures.
Il prouve solidement , que les Fables
du Paganisme ne sont qu'une copie alterée
de la Religion , et par ce moyen
il établit le droit d'aînesse , et l'autorité
des livres divins sur les inventions des
hommes , de la verité sur le mensonge ,
de la vraie Religion et de la vraie Divinité
sur les fausses , qui n'en sont qu'une
imitation corrompue. Il démontre clairement
l'origine du Paganisme , sortie du
sein de Dieu même , sans que les Payens
s'en soient apperçûs ; il établit évidemment
la conformité des Fables avec les
Textes sacrés , et développe si nettement
les Metaphores des Auteurs Profanes
qu'on diroit qu'il a conferé avec les plus:
illustres morts de l'antiquité , pour nous
apprendre le vrai sens de leurs Enigmes.
Le témoignage de M. l'Abbé Raguer
me sera un bon et solide garand de ce
que je viens d'avancer. M. de Lavaur
dit-il , dans son approbation , fait paroître
2548 MERCURE DE FRANCE
foître dans cet ouvrage beaucoup d'éru-
»dition , un zele extrême pour les inte-
→ rêts de la verité , et une grande saga-
» cité à découvrir les traces précieuses de
» la Tradition des Hebreux parmi les té-
>> nebres du Paganisme. Il fait par tout
>> sentir l'autorité supprimée des livres
» sacrez , et par des conjectures ordinai-
» rement très heureuses , et par les mo-
» numens les plus acréditez de ceux qui
»> ne sembloient s'être instruits dans les
» Divines Ecritures , que pour les alterer ,
» suivant l'égarement de leur esprit , et
» la corruption de leur coeur.
Cet homme digne de l'immortalité
nous a laissé non - seulement ces deuxbeaux
ouvrages , mais encore trois fils ,
qui sont la gloire et la couronne d'un
tel Pere. Pierre - Louis de Lavaur son
aîné , Trésorier de France , disputa au
sortir des Ecoles une Chaire de Droit dans
l'Université de Cahors , et s'il ne l'ob
rint pas
›
pas , par un coup de faveur qui la
fit donner à son concurrent , il la mérita
suivant la justice que lui rendirent les
Sçavans desinteressez qui assisterent à
cette dispute. Il s'est allié aux meilleures
Maisons du Querci , par son mariage
avec Dame Elisabeth de Banze. Il suit
Les traces de son Pere , par son application
NOVEMBRE. 1731. 2549
tion à la Jurisprudence et aux Belles-
Lettres.
Philippe , son puîné , est Chanoine
de S. Sernin à Toulouse , et Syndic du
Chapitre , ce qui n'est pas une petite
distinction .
Le troisiéme Fils est François , Sieur
de l'Ort , il a eu soin de l'Edition du Livre
de la Conférence , qu'il a fait imprimer
à Paris , chez Cailleau 1730. 11
est premier Secretaire de M. le Marquis
de Fenelon Ambassadeur du Roy en
Hollande. J'ai l'honneur d'être , Mon
sieur , & c.
Ce 1. May 1731,
Fermer
Résumé : ELOGE de M. de Lavaur, celebre Avocat. Lettre écrite par M. B. B. à M. de S. Aigne, Conseiller de la Cour des Aides de Clermont.
Guillaume de Lavaur, avocat renommé, est loué dans une lettre de M. B. B. adressée à un conseiller de la Cour des Aides de Clermont. Né le 11 juin 1653 à Saint-Céré dans la vicomté de Turenne en Quercy, Guillaume était le fils de Paul de Lavaur, avocat au Parlement de Toulouse, reconnu pour son talent et son amour des lettres. Guillaume suivit les pas de son père en étudiant le droit à Toulouse, puis à Paris, où il se forma au barreau. Il se distingua par son sérieux, sa sagesse et ses manières distinguées, gagnant ainsi des amis influents. De retour en province, il épousa Marie-Charlotte Maynard, fille d'un gentilhomme du Roi. Malgré une santé fragile, il devint une figure influente à Saint-Céré, conseillant et aidant les pauvres. Il était respecté par des personnalités telles que l'archevêque Fénelon et le duc de Bouillon. Sa piété et son érudition étaient remarquables; il maîtrisait le grec, l'hébreu et le latin, et était également poète et orateur. En 1726, il publia 'Histoire secrète de Néron' et en 1730, 'Conférence de la Fable avec l'Histoire Sainte', ouvrage approuvé par le cardinal de Fleury. Ce livre démontre que les fables païennes sont des copies altérées des histoires hébraïques, établissant ainsi la supériorité des textes sacrés. M. de Lavaur eut trois fils : Pierre-Louis, trésorier de France et juriste; Philippe, chanoine à Toulouse; et François, secrétaire de l'ambassadeur du Roi en Hollande. La lettre se conclut par des marques de respect et d'admiration pour l'illustre défunt.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5812
p. 2549-2551
ODE Sur le respect dû aux Eglises. Pavete ad Sanctuarium meum.
Début :
Du redoutable éclat de sa magnificence [...]
Mots clefs :
Magnificence, Mortels coupables, Asile, Vengeance, Pénitent, Profanateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur le respect dû aux Eglises. Pavete ad Sanctuarium meum.
ODE
Sur le respect dû aux Eglises,
Pavete ad Sanctuarium meum.
U redoutable éclat de sa magnificence
Le Seigneur autrefois marchoit environné ;
Les Eclairs et la Foudre annonçoient sa presence
Au Peuple prosterné.
Mais
2550 MERCURE DE FRANCE
Mais aujourd'hui voilant sous des ombres palpables
Les rayons de sa gloire à nos trop foibles yeux,
Ce même Dieu descend chez les mortels coupables
Le
Pour écouter leurs voeux.
témps est un azile où regne la Clemence
1
De nos gémissemens dés qu'elle entend la voix ;
Elle arrache les traits des mains de la vengeance
Qui lui cede ses droits.
Mais je frémis > ô Ciel ! quel attentat , quel
crime !
'Anges , le voyez -vous sans en être irrités ?
L'hommeaux pieds des Autels insulte à la victime
De ses iniquités ,
Des objets indécens , des discours sacrileges
Ravissent au très-haut les coeurs de toutes parts
L'innocence aux abois ne trouve que
Dans ses plus saints Remparts.
des piéges
Est- ce avec tant d'orgueil , de vanité , d'audace ,
Que l'humble Penitent y porte ses remords ?
D'un
NOVEMBRE. 1731. 2551
D'un Chef anéanti croit - il obtenir grace
Sous ces pompeux dehors ?
Nous tremblons à l'aspect des Princes de la
Terre ,
Leur Trône est entouré des vils adorateurs ;
Et l'on ne voit aux pieds du Maître du Tonnerre
Que des Prophanateurs,
Faut-il que l'Eternel arrache nos hommages
Par l'horreur et l'effroi dans un coeur égaré ?
d'un libre amour sous de tendres , non › Non
images
Il veut être honoré.
Pour être moins terrible , est-il moins respec
table ?
Un Dieu nous traite en pere , aimons - le donc
en fils.
Sa tendresse doit- elle , ô Mortel exécrable
Enhardir tes mépris ≥
Dieu vangera son culte , il t'observe en silence à
Inexorable Juge à l'instant du trépas ,
Ainsi que sa bonté sa colere est immense ;
Crains les coups de son braş.
Sur le respect dû aux Eglises,
Pavete ad Sanctuarium meum.
U redoutable éclat de sa magnificence
Le Seigneur autrefois marchoit environné ;
Les Eclairs et la Foudre annonçoient sa presence
Au Peuple prosterné.
Mais
2550 MERCURE DE FRANCE
Mais aujourd'hui voilant sous des ombres palpables
Les rayons de sa gloire à nos trop foibles yeux,
Ce même Dieu descend chez les mortels coupables
Le
Pour écouter leurs voeux.
témps est un azile où regne la Clemence
1
De nos gémissemens dés qu'elle entend la voix ;
Elle arrache les traits des mains de la vengeance
Qui lui cede ses droits.
Mais je frémis > ô Ciel ! quel attentat , quel
crime !
'Anges , le voyez -vous sans en être irrités ?
L'hommeaux pieds des Autels insulte à la victime
De ses iniquités ,
Des objets indécens , des discours sacrileges
Ravissent au très-haut les coeurs de toutes parts
L'innocence aux abois ne trouve que
Dans ses plus saints Remparts.
des piéges
Est- ce avec tant d'orgueil , de vanité , d'audace ,
Que l'humble Penitent y porte ses remords ?
D'un
NOVEMBRE. 1731. 2551
D'un Chef anéanti croit - il obtenir grace
Sous ces pompeux dehors ?
Nous tremblons à l'aspect des Princes de la
Terre ,
Leur Trône est entouré des vils adorateurs ;
Et l'on ne voit aux pieds du Maître du Tonnerre
Que des Prophanateurs,
Faut-il que l'Eternel arrache nos hommages
Par l'horreur et l'effroi dans un coeur égaré ?
d'un libre amour sous de tendres , non › Non
images
Il veut être honoré.
Pour être moins terrible , est-il moins respec
table ?
Un Dieu nous traite en pere , aimons - le donc
en fils.
Sa tendresse doit- elle , ô Mortel exécrable
Enhardir tes mépris ≥
Dieu vangera son culte , il t'observe en silence à
Inexorable Juge à l'instant du trépas ,
Ainsi que sa bonté sa colere est immense ;
Crains les coups de son braş.
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Résumé : ODE Sur le respect dû aux Eglises. Pavete ad Sanctuarium meum.
L''ODE' est un poème qui exalte le respect dû aux églises et à la divinité. Il commence par rappeler la majesté divine passée, marquée par des phénomènes spectaculaires comme les éclairs et la foudre. Aujourd'hui, Dieu se montre plus clément et accessible, prêt à écouter les prières des hommes. Cependant, le poète exprime son indignation face aux profanations et aux insultes commises par les hommes aux pieds des autels. Il dénonce l'orgueil et l'audace de ceux qui se présentent humblement en pénitents tout en étant remplis de vanité. Le poème critique également ceux qui ne respectent pas Dieu malgré sa tendresse paternelle, soulignant que Dieu observera et jugera les hommes avec sévérité. Il conclut en appelant à craindre la colère divine et à honorer Dieu avec un amour sincère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5813
p. 2568-2572
A M. BOUHIER, Nommé premier Evêque de Dijon. ODE.
Début :
Dieu, dont la bonté féconde, [...]
Mots clefs :
Dieu, Bonté féconde, Miracles, Lyre, Zèle, Censure
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texteReconnaissance textuelle : A M. BOUHIER, Nommé premier Evêque de Dijon. ODE.
A M. BOUHIER ,
Nommé premier Evêque de Dijon.
ODE.
Dieu , dont la bonté féconde ,
Par des Miracles divers ,
Remplissant la Terre et l'Onde ,
Embrasse tout l'Univers :
Fais retentir sur ma Lyre ,
Ce qu'un saint amour m'inspire ,
En un jour si plein d'attraits.
J'encourage le Fidele ,
A s'enflammer d'un beau zele ,
Pour celebrer tes bienfaits.
Je n'irai point au Parnasse ,
Pour y chercher des accords.
Je n'ai pas besoin d'Horace y
Pour animer mes efforts.
Je suis la verité pure ,
Et méprisant la censure ,
Je
NOVEMBRE. 1731 ° 2569
Je publie avec éclat ,
Du grand BоUHIER la noblesse ,
Les Vertus et la Sagesse ,
Qui l'ont fait notre Prélat.
Je consacre les prémices ;
Du feu qui saisit mon coeur ,
A faire sous ses auspices ,
L'essai de ma noble ardeur.
'Aux vertus qu'il fit paroître ,
Depuis qu'on le put connoître ,
J'offre un légitime encens .
Heureux ! si ma voix timide ,
Dans le transport qui me guide ,
Exprime ce que je sens !
Comme on voit une Fontaine ,
Par le secours de ses Eaux ,
'Arroser toute une Plaine
Et former mille Ruisseaux :
BOUHIER , ainsi ta Famille ,
Ici se répand et brille ;
De Dijon elle est l'honneur
Du Peuple la Protectrice
De l'Orphelin la Nourrice ,
De tous elle est le bonheur.
Combien
2570 MERCURE DE FRANCE
Combien en a- t'on vû naître
De Guerriers et de Héros ?
Que de Magistrats paroître ,
Pour remplir nos Tribunaux !
Dans le Sénat équitable ,
Dans les Combats redoutable
Son lustre éclata toûjours .
Du Peuple , des Grands , chérie,
Elle fit de sa Patrie ,
Et la gloire et les amours.
Tu suis noblement les traces ,
De tes illustres Ayeux ;
graces ,
Que de vertus , que de
Tu fais briller à nos yeux !
Quant à la Cour on t'honore ;
A tous tu parois encore ,
Bien plus grand par ta vertu
Que par le glorieux Titre ,
Et par la brillante Mitre ,
Dont Louis t'a revétu.
Le courage que te donne
Ton amour pour l'équité
Te fait la ferme Colomne ,
Qui soutient la verité
Thémis , à qui tu sçûs plaire ,
Te fit dans son Sanctuaire ,
・
1
L'inNOVEMBRE
1731. 2579.
L'Interprete de ses Loix ;
Te mit en main sa Balance ;
Et sûre de ta prudence ,
T'abandonna tous ses droits.
C'est de toi que la Province ,
A reçû tant de bienfaits ,
Par toi , son AUGUSTE PRINCE ,
Comble nos plus doux souhaits.
A ton zele infatigable ,
La Bourgogne est redevable ,
De ces sçavantes leçons ,
Qui dans une illustre Ecole ,
De Gratien , de Barthole ,
Instruisent les Nourrissons.
La vertu toûjours entiere
Depuis long-temps éclatoit ;
Dans l'Eglise ta lumiere ,
De plus en plus s'augmentoit
Il étoit temps que la France ,
Vît placer en évidence ,
Ton Chandelier sur l'Autel ,
Que la divine Sagesse ,
Accomplissant sa promesse ,
Rendit ton nom immortel.
Plus ta vertu favorite ,
Te
2572 MERCURE DE FRANCE
Te faisoit fuir la grandeur ;
Plus le prix qu'elle mérite ,
Fera briller ta splendeur.
C'est ainsi que sur la Terre
La main qui tient le Tonnerre
Exalte l'humilité :
Cette humilité profonde ,
Trouve son prix dans le monde ;
Comme dans l'Eternité.
L *. B *.
Nommé premier Evêque de Dijon.
ODE.
Dieu , dont la bonté féconde ,
Par des Miracles divers ,
Remplissant la Terre et l'Onde ,
Embrasse tout l'Univers :
Fais retentir sur ma Lyre ,
Ce qu'un saint amour m'inspire ,
En un jour si plein d'attraits.
J'encourage le Fidele ,
A s'enflammer d'un beau zele ,
Pour celebrer tes bienfaits.
Je n'irai point au Parnasse ,
Pour y chercher des accords.
Je n'ai pas besoin d'Horace y
Pour animer mes efforts.
Je suis la verité pure ,
Et méprisant la censure ,
Je
NOVEMBRE. 1731 ° 2569
Je publie avec éclat ,
Du grand BоUHIER la noblesse ,
Les Vertus et la Sagesse ,
Qui l'ont fait notre Prélat.
Je consacre les prémices ;
Du feu qui saisit mon coeur ,
A faire sous ses auspices ,
L'essai de ma noble ardeur.
'Aux vertus qu'il fit paroître ,
Depuis qu'on le put connoître ,
J'offre un légitime encens .
Heureux ! si ma voix timide ,
Dans le transport qui me guide ,
Exprime ce que je sens !
Comme on voit une Fontaine ,
Par le secours de ses Eaux ,
'Arroser toute une Plaine
Et former mille Ruisseaux :
BOUHIER , ainsi ta Famille ,
Ici se répand et brille ;
De Dijon elle est l'honneur
Du Peuple la Protectrice
De l'Orphelin la Nourrice ,
De tous elle est le bonheur.
Combien
2570 MERCURE DE FRANCE
Combien en a- t'on vû naître
De Guerriers et de Héros ?
Que de Magistrats paroître ,
Pour remplir nos Tribunaux !
Dans le Sénat équitable ,
Dans les Combats redoutable
Son lustre éclata toûjours .
Du Peuple , des Grands , chérie,
Elle fit de sa Patrie ,
Et la gloire et les amours.
Tu suis noblement les traces ,
De tes illustres Ayeux ;
graces ,
Que de vertus , que de
Tu fais briller à nos yeux !
Quant à la Cour on t'honore ;
A tous tu parois encore ,
Bien plus grand par ta vertu
Que par le glorieux Titre ,
Et par la brillante Mitre ,
Dont Louis t'a revétu.
Le courage que te donne
Ton amour pour l'équité
Te fait la ferme Colomne ,
Qui soutient la verité
Thémis , à qui tu sçûs plaire ,
Te fit dans son Sanctuaire ,
・
1
L'inNOVEMBRE
1731. 2579.
L'Interprete de ses Loix ;
Te mit en main sa Balance ;
Et sûre de ta prudence ,
T'abandonna tous ses droits.
C'est de toi que la Province ,
A reçû tant de bienfaits ,
Par toi , son AUGUSTE PRINCE ,
Comble nos plus doux souhaits.
A ton zele infatigable ,
La Bourgogne est redevable ,
De ces sçavantes leçons ,
Qui dans une illustre Ecole ,
De Gratien , de Barthole ,
Instruisent les Nourrissons.
La vertu toûjours entiere
Depuis long-temps éclatoit ;
Dans l'Eglise ta lumiere ,
De plus en plus s'augmentoit
Il étoit temps que la France ,
Vît placer en évidence ,
Ton Chandelier sur l'Autel ,
Que la divine Sagesse ,
Accomplissant sa promesse ,
Rendit ton nom immortel.
Plus ta vertu favorite ,
Te
2572 MERCURE DE FRANCE
Te faisoit fuir la grandeur ;
Plus le prix qu'elle mérite ,
Fera briller ta splendeur.
C'est ainsi que sur la Terre
La main qui tient le Tonnerre
Exalte l'humilité :
Cette humilité profonde ,
Trouve son prix dans le monde ;
Comme dans l'Eternité.
L *. B *.
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Résumé : A M. BOUHIER, Nommé premier Evêque de Dijon. ODE.
Le texte est une ode dédiée à M. Bouhier, nommé premier évêque de Dijon en novembre 1731. L'auteur exprime sa dévotion et son admiration pour Bouhier, soulignant ses vertus, sa sagesse et sa noblesse. La famille de Bouhier est célèbre pour avoir produit des guerriers, des héros et des magistrats, toujours chérie par le peuple et les grands. Bouhier est loué pour suivre les traces de ses ancêtres et pour être honoré à la cour non seulement pour son titre, mais surtout pour sa vertu. Sa passion pour l'équité et la justice lui a valu la confiance de Thémis, la déesse de la justice. La province de Bourgogne lui doit de nombreux bienfaits, notamment des leçons savantes dispensées dans une école illustre. L'auteur conclut en affirmant que la vertu de Bouhier, malgré son humilité, le mènera à une splendeur éternelle, exaltée par la main divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5814
p. 2572-2580
RÉFLEXIONS sur l'explication Physique, donnée par M. Capperon, ancien Doyen de S. Maixent, de l'Akousmate d'Ansacq, inserée dans le Mercure de France, du mois d'Aoust 1731.
Début :
Je n'aurois eu garde de hazarder une explication Physique de l'Akousmate [...]
Mots clefs :
Explication physique, Ansacq, Témérité, tintamarre, Colonnes d'air, Fermentation froide, Liquide, Substance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉFLEXIONS sur l'explication Physique, donnée par M. Capperon, ancien Doyen de S. Maixent, de l'Akousmate d'Ansacq, inserée dans le Mercure de France, du mois d'Aoust 1731.
RÉFLEXIONS sur l'explication Physique
,
donnée
par M. Capperon , ancien
Doyen de S. Maixent , de lAkousmate
d'Ansacq , inserée dans le Mercure de
France , du mois d'Aoust 1731.
E n'aurois eu garde de hazarder une
explication Physique de l'Akousmate
d'Ansacq , si j'eusse sçu que dans le même
temps que j'écrivois , M. Capperon
avoit la plume à la main pour traiter la
la même matiere.Concourir avec une personne
qui a produit à la République des
Lettres , tant de coups de maître ; c'auroit
été assurément une témérité à un apprentif
Physicien. Mais puisque la chose est
faite
NOVEMBRE. 1731 .
2573
faite , j'ai tout lieu de m'en consoler par
l'union et la conformité de nos sentimens.
Nous confinons , en effet l'un et l'autre
le tintamare d'Ansacq dans une nuée 3
nous disons l'un et l'autre que la rarefaction
ou fermentation d'une matiere concentrée
dans quelque concavité de la nuée,
et qui forçant sa prison , frape les colomnes
d'air voisines , est la cause des sons ';
enfin nous faisons l'un et l'autre dépendre
la variété de ces sons des differentes
manieres dont cette matiere s'échapera de
l'endroit d'où elle sort.
Nos explications ne different donc que
dans le plus ou le moins d'étenduë; peutêtre
que ce sçavant Physicien a crû les
principes Physiques si intelligibles qu'il
étoit inutile de les éclaircir davantage
du moins en cela a- t- il jugé des autres par
lui- même ; peut-être aussi , plutôt par
une prolixité trop ordinaire aux jeunes
gens , que par necessité , ai - je conduit
trop loin mes réfléxions : C'est au Lecteur
à en juger.
Il me reste neanmoins quelques scrupules
sur l'explication de M. Capperon.
1º. Je confesse avec sincerité que je ne
comprens pas bien ce que c'est que fermentation
froide. J'ai toujours crû que la
chaleur étoit le principe de la fermentation
2574 MERCURE DE FRANCE
tion , et que la violence ou le peu de
sensibilité qu'on y éprouve , n'avoit d'autre
cause que la difference du dégré de
chaleur,
2º. La cause que donne M. Capperon
de la fermentation m'embarrasse.» La ma-
» tiere subtile ( dit- il ) agitant continuel-
» lement leurs parties grossieres , poreu-
» ses et tartareuses ( des liquides ) par ses
>> tourbillonemens , elles les pousse si vi-
» vement les uns contre les autres , que
les petites s'introduisent par ce moyen
» dans les pores des plus grossieres . Je
me suis persuadé jusqu'ici que
les parties
des fluides n'avoient point de pores , que
la fluidité ne consistoit que dans un ar.
rangement de parties tres - délicates , tresfléxibles
et un peu longues , toutes contigues
ou couchées les unes sur les autres ,
sans y être adherantes ; en sorte que la
matiere subtile ait passage entre chaque
partie.
3°. Ces termes de M. Capperon , qui
se trouvent à la page 1850. » Dans les va-
» peurs qui s'élevent en l'air , il y en a
» qui emportent avec elles quantité de
parties simplement terrestres , qui con-
» tiennent aussi de l'air , et quantité d'au
» tres parties purement salines . Ces termes
, dis-je , jettent dans mon esprit une
cer-
14
NOVEMBRE. 1731. 2575
certaine confusion sur la nature des vapeurs
et de l'air. Pour dissiper tous ces
scrupules et pour me desabuser de mes
erreurs Phylosophiques , je proposerai
trois réfléxions ; j'attens de la politesse.de
M. Capperon qu'il voudra bien se donner
la peine d'y répondre s'il les trouve rai
sonnables.
PREMIERE REFLEXION.
De l'idée que nous donne M. Cappeton
de la fermentation , naissent dans l'esprit
trois conséquences , que l'expérience
contredit également.
A
9
S'il s'y peut trouver des fermentations
froides , et qu'on puisse les attribuer aux
liqueurs et à presque tous les Corps que
nous voyons capables de fermentation ;
il s'ensuivra qu'en quelque situation que
soient ces corps et en toute saison , ils seront
capables de la même fermentation
et qu'ils devront conserver ce même dégré
de froid qu'ils ont hors de ces momens
de fermentation , parce qu'ils contiendront
en eux - mêmes , et toujours ,
leur ferment , qui sera indépendant de
toute autre cause , et que la matiere subtile
roulera sans interruption ou dans leurs
pores ou entre leurs parties. Premiere
consequence,
>
Si
2576 MERCURE DE FRANCE
Si la fermentation n'avoit pour cause
que l'agitation des parties , occasionnée
par la matiere subtile, cette agitation étant
continuelle , suivant le principe même de
M. Capperon , il s'ensuivroit que cette
fermentation arriveroit aussi-bien dans un
vin fait , &c. dans un vin nouveau ;
que
et qu'elle devroit être continuelle. Seconde
conséquence.
Enfin si tout l'effet de la matiere subtile
n'est qu'une injection , pour ainsi dire ,
des parties les plus fines dans les pores des
plus grossieres , il s'ensuivra une condensation
, une diminution de volume , sans
perte de substance ( cè qui est le contraire
de la fermentation ) , parce qu'un corps
remplit d'autant moins d'espace que ses
pores sont plus serrez , ses intervalles
plus remplis par ses propres parties ; c'est
ainsi qu'une livre de laine à un volume
plus considerable qu'une livre d'or. Troisiéme
conséquence.
SECONDE REFLEXION.
Pour éviter ces trois inconvéniens , il
> me semble qu'on peut assigner trois causes
de la fermentation .
1º. Un mouvement circulaire trop violent
de la matiere subtile , occasionné par
un corps étranger ; précipitation qui ne
1
lui
NOVEMBRE. 1731. 2577
lui permet plus de glisser par ses corps
ordinaires , mais qui la chasse avec confusion
sur la surface même des parties ;
d'où il arrive que secondée par les globules
du second élement qu'elle a frappées ,
elle souleve , émousse , rompt ces parties,
entraîne avec elles toutes celles dont elle
peut se charger , qu'elle écarte ou pousse
au dehors toutes les parties qui lui résistent.
De-là les boüllons , de là le bruit , la
fumée , le tarissement. De-là l'admirable
fermentation du lait et de toutes les autres
liquides , dont les parties grasses et branchues
résistent à l'effort de ces matieres.
De -là la difference de saveur des liqueurs
qui ont boüilli , d'avec les crues , & c.
2. Un entrelassement de parties grasses
et branchuës avec les globules du second
élement, qui en enferme ou en retrécit
les interstices , et précipite par là le
mouvement de la matiere subtile ; précipitation
qui ébranle ces Globules, Ces Globules
frappez unissent leur action avec
celle de la matiere subtile , ils soulevent
ensemble ces parties grasses , les brisent,
chassent au dehors ou précipitent en bas
par leur mouvement orbiculaire les plus
grossieres , qui s'opposoient à leurs passages
,et leur action sera d'autant plus prompre
et plus sensible que l'espace sera plus
E rem- .
2578 MERCURE DE FRANCE
rempli , que les passages seront plus serrez
par ces parties grasses , et qu'elles mêmes
seront plus facilement ébranlées et
moins poreuses . De- là cette fermentation
ne doit durer qu'autant que cet obstacle
subsistera, De-là la douceur de toutes les
liqueurs nouvelles ; de- là leur dégré de
chaleur dans le tems de la fermentation
de -là plus elles ont bouilli , plus elles sont
claires , plus elles sont belles , meilleures
elles sont , et moins ily a de lie , &c,
3º. L'activité de la matiere subtile , qui
poussée par un corps étranger , détache
peu à peu les parties les plus Aéxibles d'un
corps solide , les brise , les émousse , entraine
avec elles les plus déliées , pousse ,
souleve,écarte les autres ; et son action reçoit
son dégré de vélocité , de la maniere
dont le corps étranger agit surelle.En sor,
te même que si ce corps étranger agit trop
violemment , elle enleve les parties les plus
legeres;et chassant les autres les unes dans
les autres , elle condense le corps et le fait
durcir. Tellé est la fermentation qui arrive
dans la pâte de certains fromages. Delà
il est aisé de concevoir pourquoi ces
fermentations sont plus promptes et plus
violentes l'été que l'hyver ; de-la dans
cette derniere saison cès fermentations
n'arriveroient pas , si l'on n'échauffoit la
pâte
NOVEMBRE. 1731 . 2579
pâte , si l'on ne mettoit les fromages dans
une cave chaude , & c.
Je crois,en un mot , qu'on peut par ces
trois causes donner une raison probable
de tous les phénoménes que nous voyons
dans la fermentation , sans qu'il en puisse
résulter aucune absurdité.
que
TROISIEME REFLEXION.
Les Philosophes entendent par ces termes
: Vapeur , Exhalaison , une grande
quantité de Molecules , de petites parties ,
le plus souvent insensibles , qui s'élevent
jusqu'à une hauteur indéterminée. Il est
facile de se convaincre qu'il s'en détache
de toutes sortes de corps , quoiqu'il y ait ,
des corps qui en fournissent de plus faci-)
les à se lier et à s'acrocher. Il n'est question
de
sçavoir comment ces particules s'élevent
, ce qui n'est pas fort difficile à
comprendre , quand on est persuadé
les matieres du premier et du second élement
( et sur tout la premiere ) passent
avec rapidité et continuellement dans les
pores ou intervalles de quelque corps que
ce soit ; or il est impossible qu'en passant
ainsi , ces matieres n'ébranlent,, ne détachent
et n'enlevent avec elles quelques petites
parties , qui ne pourront être plus
grosses ou plutôt même que d'un moin-
Eij dre
que
2580 MERCURE DE FRANCE
dre volume que celles qui les détachent,
Il ne faut réfléchir sur le tarissement
que
de tous les fluides , sur l'alteration de tous
les corps, pour n'en pouvoir douter. Delà
les nuées , de- là le tonnerre et tout son
tintamare , en y joignant mes principes sur
la fermentation .
De cette derniere réfléxion on doit nécessairement
conclure que les parties qui
composent ce qu'on appelle Vapeurs, sont
trop fines pour être poreuses, et pour pou :
voir par conséquent contenir de l'air ,
qu'elles sont elles -mêmes enlevées et contenuës
; d'où il suit qu'elles ne peuvent
enlever une quantité de parties qui contiennent
de l'air , comme le prétend M.
Capperon.
Telles sont les réfléxions dans lesquel
les l'ouvrage de M. Capperon m'a engagé.
Ces réfléxions n'ayant d'autre but
que de m'instruire , d'éclaircir la verité
et de profiter des grandes lumieres de ce
Sçavant, Je l'en fais volontiers le juge,
Lalonat de Soulàines,
,
donnée
par M. Capperon , ancien
Doyen de S. Maixent , de lAkousmate
d'Ansacq , inserée dans le Mercure de
France , du mois d'Aoust 1731.
E n'aurois eu garde de hazarder une
explication Physique de l'Akousmate
d'Ansacq , si j'eusse sçu que dans le même
temps que j'écrivois , M. Capperon
avoit la plume à la main pour traiter la
la même matiere.Concourir avec une personne
qui a produit à la République des
Lettres , tant de coups de maître ; c'auroit
été assurément une témérité à un apprentif
Physicien. Mais puisque la chose est
faite
NOVEMBRE. 1731 .
2573
faite , j'ai tout lieu de m'en consoler par
l'union et la conformité de nos sentimens.
Nous confinons , en effet l'un et l'autre
le tintamare d'Ansacq dans une nuée 3
nous disons l'un et l'autre que la rarefaction
ou fermentation d'une matiere concentrée
dans quelque concavité de la nuée,
et qui forçant sa prison , frape les colomnes
d'air voisines , est la cause des sons ';
enfin nous faisons l'un et l'autre dépendre
la variété de ces sons des differentes
manieres dont cette matiere s'échapera de
l'endroit d'où elle sort.
Nos explications ne different donc que
dans le plus ou le moins d'étenduë; peutêtre
que ce sçavant Physicien a crû les
principes Physiques si intelligibles qu'il
étoit inutile de les éclaircir davantage
du moins en cela a- t- il jugé des autres par
lui- même ; peut-être aussi , plutôt par
une prolixité trop ordinaire aux jeunes
gens , que par necessité , ai - je conduit
trop loin mes réfléxions : C'est au Lecteur
à en juger.
Il me reste neanmoins quelques scrupules
sur l'explication de M. Capperon.
1º. Je confesse avec sincerité que je ne
comprens pas bien ce que c'est que fermentation
froide. J'ai toujours crû que la
chaleur étoit le principe de la fermentation
2574 MERCURE DE FRANCE
tion , et que la violence ou le peu de
sensibilité qu'on y éprouve , n'avoit d'autre
cause que la difference du dégré de
chaleur,
2º. La cause que donne M. Capperon
de la fermentation m'embarrasse.» La ma-
» tiere subtile ( dit- il ) agitant continuel-
» lement leurs parties grossieres , poreu-
» ses et tartareuses ( des liquides ) par ses
>> tourbillonemens , elles les pousse si vi-
» vement les uns contre les autres , que
les petites s'introduisent par ce moyen
» dans les pores des plus grossieres . Je
me suis persuadé jusqu'ici que
les parties
des fluides n'avoient point de pores , que
la fluidité ne consistoit que dans un ar.
rangement de parties tres - délicates , tresfléxibles
et un peu longues , toutes contigues
ou couchées les unes sur les autres ,
sans y être adherantes ; en sorte que la
matiere subtile ait passage entre chaque
partie.
3°. Ces termes de M. Capperon , qui
se trouvent à la page 1850. » Dans les va-
» peurs qui s'élevent en l'air , il y en a
» qui emportent avec elles quantité de
parties simplement terrestres , qui con-
» tiennent aussi de l'air , et quantité d'au
» tres parties purement salines . Ces termes
, dis-je , jettent dans mon esprit une
cer-
14
NOVEMBRE. 1731. 2575
certaine confusion sur la nature des vapeurs
et de l'air. Pour dissiper tous ces
scrupules et pour me desabuser de mes
erreurs Phylosophiques , je proposerai
trois réfléxions ; j'attens de la politesse.de
M. Capperon qu'il voudra bien se donner
la peine d'y répondre s'il les trouve rai
sonnables.
PREMIERE REFLEXION.
De l'idée que nous donne M. Cappeton
de la fermentation , naissent dans l'esprit
trois conséquences , que l'expérience
contredit également.
A
9
S'il s'y peut trouver des fermentations
froides , et qu'on puisse les attribuer aux
liqueurs et à presque tous les Corps que
nous voyons capables de fermentation ;
il s'ensuivra qu'en quelque situation que
soient ces corps et en toute saison , ils seront
capables de la même fermentation
et qu'ils devront conserver ce même dégré
de froid qu'ils ont hors de ces momens
de fermentation , parce qu'ils contiendront
en eux - mêmes , et toujours ,
leur ferment , qui sera indépendant de
toute autre cause , et que la matiere subtile
roulera sans interruption ou dans leurs
pores ou entre leurs parties. Premiere
consequence,
>
Si
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Si la fermentation n'avoit pour cause
que l'agitation des parties , occasionnée
par la matiere subtile, cette agitation étant
continuelle , suivant le principe même de
M. Capperon , il s'ensuivroit que cette
fermentation arriveroit aussi-bien dans un
vin fait , &c. dans un vin nouveau ;
que
et qu'elle devroit être continuelle. Seconde
conséquence.
Enfin si tout l'effet de la matiere subtile
n'est qu'une injection , pour ainsi dire ,
des parties les plus fines dans les pores des
plus grossieres , il s'ensuivra une condensation
, une diminution de volume , sans
perte de substance ( cè qui est le contraire
de la fermentation ) , parce qu'un corps
remplit d'autant moins d'espace que ses
pores sont plus serrez , ses intervalles
plus remplis par ses propres parties ; c'est
ainsi qu'une livre de laine à un volume
plus considerable qu'une livre d'or. Troisiéme
conséquence.
SECONDE REFLEXION.
Pour éviter ces trois inconvéniens , il
> me semble qu'on peut assigner trois causes
de la fermentation .
1º. Un mouvement circulaire trop violent
de la matiere subtile , occasionné par
un corps étranger ; précipitation qui ne
1
lui
NOVEMBRE. 1731. 2577
lui permet plus de glisser par ses corps
ordinaires , mais qui la chasse avec confusion
sur la surface même des parties ;
d'où il arrive que secondée par les globules
du second élement qu'elle a frappées ,
elle souleve , émousse , rompt ces parties,
entraîne avec elles toutes celles dont elle
peut se charger , qu'elle écarte ou pousse
au dehors toutes les parties qui lui résistent.
De-là les boüllons , de là le bruit , la
fumée , le tarissement. De-là l'admirable
fermentation du lait et de toutes les autres
liquides , dont les parties grasses et branchues
résistent à l'effort de ces matieres.
De -là la difference de saveur des liqueurs
qui ont boüilli , d'avec les crues , & c.
2. Un entrelassement de parties grasses
et branchuës avec les globules du second
élement, qui en enferme ou en retrécit
les interstices , et précipite par là le
mouvement de la matiere subtile ; précipitation
qui ébranle ces Globules, Ces Globules
frappez unissent leur action avec
celle de la matiere subtile , ils soulevent
ensemble ces parties grasses , les brisent,
chassent au dehors ou précipitent en bas
par leur mouvement orbiculaire les plus
grossieres , qui s'opposoient à leurs passages
,et leur action sera d'autant plus prompre
et plus sensible que l'espace sera plus
E rem- .
2578 MERCURE DE FRANCE
rempli , que les passages seront plus serrez
par ces parties grasses , et qu'elles mêmes
seront plus facilement ébranlées et
moins poreuses . De- là cette fermentation
ne doit durer qu'autant que cet obstacle
subsistera, De-là la douceur de toutes les
liqueurs nouvelles ; de- là leur dégré de
chaleur dans le tems de la fermentation
de -là plus elles ont bouilli , plus elles sont
claires , plus elles sont belles , meilleures
elles sont , et moins ily a de lie , &c,
3º. L'activité de la matiere subtile , qui
poussée par un corps étranger , détache
peu à peu les parties les plus Aéxibles d'un
corps solide , les brise , les émousse , entraine
avec elles les plus déliées , pousse ,
souleve,écarte les autres ; et son action reçoit
son dégré de vélocité , de la maniere
dont le corps étranger agit surelle.En sor,
te même que si ce corps étranger agit trop
violemment , elle enleve les parties les plus
legeres;et chassant les autres les unes dans
les autres , elle condense le corps et le fait
durcir. Tellé est la fermentation qui arrive
dans la pâte de certains fromages. Delà
il est aisé de concevoir pourquoi ces
fermentations sont plus promptes et plus
violentes l'été que l'hyver ; de-la dans
cette derniere saison cès fermentations
n'arriveroient pas , si l'on n'échauffoit la
pâte
NOVEMBRE. 1731 . 2579
pâte , si l'on ne mettoit les fromages dans
une cave chaude , & c.
Je crois,en un mot , qu'on peut par ces
trois causes donner une raison probable
de tous les phénoménes que nous voyons
dans la fermentation , sans qu'il en puisse
résulter aucune absurdité.
que
TROISIEME REFLEXION.
Les Philosophes entendent par ces termes
: Vapeur , Exhalaison , une grande
quantité de Molecules , de petites parties ,
le plus souvent insensibles , qui s'élevent
jusqu'à une hauteur indéterminée. Il est
facile de se convaincre qu'il s'en détache
de toutes sortes de corps , quoiqu'il y ait ,
des corps qui en fournissent de plus faci-)
les à se lier et à s'acrocher. Il n'est question
de
sçavoir comment ces particules s'élevent
, ce qui n'est pas fort difficile à
comprendre , quand on est persuadé
les matieres du premier et du second élement
( et sur tout la premiere ) passent
avec rapidité et continuellement dans les
pores ou intervalles de quelque corps que
ce soit ; or il est impossible qu'en passant
ainsi , ces matieres n'ébranlent,, ne détachent
et n'enlevent avec elles quelques petites
parties , qui ne pourront être plus
grosses ou plutôt même que d'un moin-
Eij dre
que
2580 MERCURE DE FRANCE
dre volume que celles qui les détachent,
Il ne faut réfléchir sur le tarissement
que
de tous les fluides , sur l'alteration de tous
les corps, pour n'en pouvoir douter. Delà
les nuées , de- là le tonnerre et tout son
tintamare , en y joignant mes principes sur
la fermentation .
De cette derniere réfléxion on doit nécessairement
conclure que les parties qui
composent ce qu'on appelle Vapeurs, sont
trop fines pour être poreuses, et pour pou :
voir par conséquent contenir de l'air ,
qu'elles sont elles -mêmes enlevées et contenuës
; d'où il suit qu'elles ne peuvent
enlever une quantité de parties qui contiennent
de l'air , comme le prétend M.
Capperon.
Telles sont les réfléxions dans lesquel
les l'ouvrage de M. Capperon m'a engagé.
Ces réfléxions n'ayant d'autre but
que de m'instruire , d'éclaircir la verité
et de profiter des grandes lumieres de ce
Sçavant, Je l'en fais volontiers le juge,
Lalonat de Soulàines,
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Résumé : RÉFLEXIONS sur l'explication Physique, donnée par M. Capperon, ancien Doyen de S. Maixent, de l'Akousmate d'Ansacq, inserée dans le Mercure de France, du mois d'Aoust 1731.
Le texte traite de l'explication physique de l'Akousmate d'Ansacq, un phénomène naturel, proposée par M. Capperon et publiée dans le Mercure de France en août 1731. L'auteur, bien que réticent à proposer une explication concurrente, se réjouit de la conformité de leurs points de vue. Les deux auteurs attribuent les sons de l'Akousmate à la rarefaction ou fermentation d'une matière concentrée dans une nuée, qui en se libérant, frappe les colonnes d'air voisines. Les différences entre leurs explications résident dans le niveau de détail. L'auteur exprime des scrupules sur l'explication de M. Capperon, notamment concernant la notion de 'fermentation froide', qu'il trouve contradictoire avec l'idée que la chaleur est le principe de la fermentation. Il questionne également la description de la matière subtile agitant les parties grossières des liquides et la nature des vapeurs et de l'air. Pour clarifier ces points, l'auteur propose trois réflexions. La première critique les conséquences logiques de la théorie de M. Capperon sur la fermentation. La seconde propose trois causes alternatives à la fermentation : un mouvement violent de la matière subtile, un entrelacement de parties grasses avec les globules du second élément, et l'activité de la matière subtile détachant les parties d'un corps solide. La troisième réflexion aborde la nature des vapeurs et des exhalaisons, concluant que les particules composant les vapeurs sont trop fines pour être poreuses et contenir de l'air. L'auteur conclut en exprimant son désir d'instruction et d'éclaircissement de la vérité, laissant à M. Capperon le rôle de juge de ses réflexions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5815
p. 2581-2584
L'ADORATION DES MAGES. POEME.
Mots clefs :
Adoration, Mages, Bethléem, Sceau, Vérité, Cantiques
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texteReconnaissance textuelle : L'ADORATION DES MAGES. POEME.
L'ADORATION DES MAGES .
J
POEM E.
E chante les saints Rois qui des bords de l'Asie
,
Vinrent à Bethéem adorer le Messie ,
Et qui par
leur respects , leur amour et leur foy ,
Furent marquez du Sceau de la nouvelle loy.
!
O toi , divin rayon qui leur servit de guide
Esprit , qui rassuras leur démarche timide ,
Tu peus seul mé guider dans un si grand dessein,
Sans ton secours ma voix s'éforceroit en vain ,
Source de verité prête - moi ton langage ,
Que chacun dans mes vers admire ton ouvrage
Ce jour , cet heureux jour si long- tems attendu
Ne tient plus des humains le bonheur suspendu ,
Les Chantres immortels des celebrès portiques ,
Du Redempteur qui naît entonnent des Cantiques
L'Univers attentif applaudit aux Concerts
Dont la sainte harmonie éclate dans les airs.
Tout anonce sa gloire, et qui peut méconnoître ,
Le Sauveur d'Israël que la terre voit naître ?
Trois Rois , chéris du Dieu , qui répand ses
bienfaits ,
'Aperçoivent , ravis , le signal de la paix ,
2
E iij Es
2582 MERCURE DE FRANCE
Et par l'heureux secours d'un brillant caractere
Pénétrent le secret de l'auguste Myftere.
Le germe de la foy qui fructifie en eux ,
Les assure dèslors du succès de leurs veux ,
Et versant dans leurs coeurs une allégresse extrême,
Soumet à leur devoir , l'orgueil du diadême ,
Ils partent de ces bords , que d'un oeil tout rian
Embell it le Soleil , sorti de l'Orient ;
Le rayon répandu sous la voute azurée
Vient tracer à leurs yeux une route assurée,
Déja Sion les voit , cherchant le nouveau né ,
Rassembler autour d'eux , un grand peuple éton
né ,
Ils parlent et soudain Jérusalem se trouble ,
D'Herode , soupçonneux , l'épouvante redouble ;
Il consulte , effrayé , les Docteurs de la Loy ,
Mais leur réponse encore augmente son effroy ;
Et reveille en son coeur sa fureur homicide.
Le traitre cependant , sous un dehors perfide ,
Voit les Mages , s'informe , et cachant dans son
sein ,
Du plus noir attentat , le barbare dessein
Béthléem, leur dit - il , est l'endrolt où l'on pense.
Que le CHRIST des Hébreux peut avoir pris naissance
,
Allez lui rendre hommage , Hérode avec sa Cour,
Pour l'aller adorer , attend votre retour.
Cet Ennemi juré , de la race chérie ,
ComNOVEMBRE.
1731. 258 ž
Comme un loup ravissant , qu'anime la furie
Dans son piége bien - tôt croit tenir cet enfant ,,
Immolê sous les coups d'un Couteau triom
phant.
Ministre des enfers , ton esperance est vaine ;
Celui qui s'est soumis à la nature humaine ,
Est le Fils du Tres- haut , le même dont la voix "
Commande à l'Univers , et fait trembler les Rois
Son Berceau ne craint rien de tes mains criminelles
,
Un Chérubin le garde à l'ombre de ses aîles,
L'horreur d'un tel complot a fait pâlir les
cieux.
Hâtez - vous , sages Rois , d'abandonner ces
lieux ,
De vos pieds chancelans secouez la poussiere ;
Le rayon éclipsé , redonne sa lumiere.
Les Mages transportez d'amour et de plaisir ,
Découvrent le séjour , objet de leur désir .
Le celeste flambeau sur Béthléem s'arrête:
Son éclat est fixé sur une humble retraite ,
Là, se montre à leurs yeux l'enfant emmailloté
Entouré des rayons de sa divinité ;
Quel spectacle admirable ? Eh! quelle main puissante
Fait agir à l'instant la grace triomphante !
Leur coeur est devenu le
rampart de la foy ;
Les Mages transportez reconnoissent leur Roy ;
Et du Verbe fait chair , l'éclatante victoire ,
E iiij Et 1
2584 MERCURE DE FRANCE
Couronne l'Eternel d'une nouvelle gloire ,
Ces zélez courtisans ; ces illustres rivaux ,
Changez par l'Esprit Saint en des hommes nouveaux
,
Vont répandre chez eux la semence feconde ,
Qui doit de ses erreurs purifier le monde ;
Les Gentils au vrai Dieu consacrent leurs Autels ,
Entraînent avec eux le reste des mortels ;
Le Très- Haut s'applaudit , et pour prix de leur
zelę ,
Dans les Cieux leur prépare une Palme immortelle
.
J
POEM E.
E chante les saints Rois qui des bords de l'Asie
,
Vinrent à Bethéem adorer le Messie ,
Et qui par
leur respects , leur amour et leur foy ,
Furent marquez du Sceau de la nouvelle loy.
!
O toi , divin rayon qui leur servit de guide
Esprit , qui rassuras leur démarche timide ,
Tu peus seul mé guider dans un si grand dessein,
Sans ton secours ma voix s'éforceroit en vain ,
Source de verité prête - moi ton langage ,
Que chacun dans mes vers admire ton ouvrage
Ce jour , cet heureux jour si long- tems attendu
Ne tient plus des humains le bonheur suspendu ,
Les Chantres immortels des celebrès portiques ,
Du Redempteur qui naît entonnent des Cantiques
L'Univers attentif applaudit aux Concerts
Dont la sainte harmonie éclate dans les airs.
Tout anonce sa gloire, et qui peut méconnoître ,
Le Sauveur d'Israël que la terre voit naître ?
Trois Rois , chéris du Dieu , qui répand ses
bienfaits ,
'Aperçoivent , ravis , le signal de la paix ,
2
E iij Es
2582 MERCURE DE FRANCE
Et par l'heureux secours d'un brillant caractere
Pénétrent le secret de l'auguste Myftere.
Le germe de la foy qui fructifie en eux ,
Les assure dèslors du succès de leurs veux ,
Et versant dans leurs coeurs une allégresse extrême,
Soumet à leur devoir , l'orgueil du diadême ,
Ils partent de ces bords , que d'un oeil tout rian
Embell it le Soleil , sorti de l'Orient ;
Le rayon répandu sous la voute azurée
Vient tracer à leurs yeux une route assurée,
Déja Sion les voit , cherchant le nouveau né ,
Rassembler autour d'eux , un grand peuple éton
né ,
Ils parlent et soudain Jérusalem se trouble ,
D'Herode , soupçonneux , l'épouvante redouble ;
Il consulte , effrayé , les Docteurs de la Loy ,
Mais leur réponse encore augmente son effroy ;
Et reveille en son coeur sa fureur homicide.
Le traitre cependant , sous un dehors perfide ,
Voit les Mages , s'informe , et cachant dans son
sein ,
Du plus noir attentat , le barbare dessein
Béthléem, leur dit - il , est l'endrolt où l'on pense.
Que le CHRIST des Hébreux peut avoir pris naissance
,
Allez lui rendre hommage , Hérode avec sa Cour,
Pour l'aller adorer , attend votre retour.
Cet Ennemi juré , de la race chérie ,
ComNOVEMBRE.
1731. 258 ž
Comme un loup ravissant , qu'anime la furie
Dans son piége bien - tôt croit tenir cet enfant ,,
Immolê sous les coups d'un Couteau triom
phant.
Ministre des enfers , ton esperance est vaine ;
Celui qui s'est soumis à la nature humaine ,
Est le Fils du Tres- haut , le même dont la voix "
Commande à l'Univers , et fait trembler les Rois
Son Berceau ne craint rien de tes mains criminelles
,
Un Chérubin le garde à l'ombre de ses aîles,
L'horreur d'un tel complot a fait pâlir les
cieux.
Hâtez - vous , sages Rois , d'abandonner ces
lieux ,
De vos pieds chancelans secouez la poussiere ;
Le rayon éclipsé , redonne sa lumiere.
Les Mages transportez d'amour et de plaisir ,
Découvrent le séjour , objet de leur désir .
Le celeste flambeau sur Béthléem s'arrête:
Son éclat est fixé sur une humble retraite ,
Là, se montre à leurs yeux l'enfant emmailloté
Entouré des rayons de sa divinité ;
Quel spectacle admirable ? Eh! quelle main puissante
Fait agir à l'instant la grace triomphante !
Leur coeur est devenu le
rampart de la foy ;
Les Mages transportez reconnoissent leur Roy ;
Et du Verbe fait chair , l'éclatante victoire ,
E iiij Et 1
2584 MERCURE DE FRANCE
Couronne l'Eternel d'une nouvelle gloire ,
Ces zélez courtisans ; ces illustres rivaux ,
Changez par l'Esprit Saint en des hommes nouveaux
,
Vont répandre chez eux la semence feconde ,
Qui doit de ses erreurs purifier le monde ;
Les Gentils au vrai Dieu consacrent leurs Autels ,
Entraînent avec eux le reste des mortels ;
Le Très- Haut s'applaudit , et pour prix de leur
zelę ,
Dans les Cieux leur prépare une Palme immortelle
.
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Résumé : L'ADORATION DES MAGES. POEME.
Le poème 'L'Adoration des Mages' relate l'arrivée des Rois Mages d'Asie à Bethléem pour adorer le Messie. Guidés par un rayon divin et une étoile brillante, ils découvrent la naissance du Christ. Leur foi et leur respect les conduisent à Bethléem, où ils trouvent l'enfant emmailloté. Leur cœur est transformé par l'Esprit Saint, et ils repartent pour répandre la foi. À Jérusalem, leur arrivée trouble Hérode, qui consulte les Docteurs de la Loi et dissimule ses intentions meurtrières en les envoyant à Bethléem. Le Christ est protégé par un chérubin. Les Mages reconnaissent leur Roi et purifient le monde de ses erreurs. Les Gentils consacrent leurs autels au vrai Dieu, et le Très-Haut leur prépare une palme immortelle dans les Cieux.
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5816
p. 2584-2594
DIXIEME LETTRE sur la Méthode du Bureau Tipographique.
Début :
On a remarqué, Monsieur, que les enfans de deux à trois ans, afamez d'idées et d'images [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Images, Enfants, Méthode vulgaire, Étude des Lettres, Jeux, Exercices, Leçons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIXIEME LETTRE sur la Méthode du Bureau Tipographique.
DIXIEME LETTRE sur la
Méthode du Bureau Tipographique...
ON
Na remarqué , Monsieur , que les enfans
de deux à trois ans , afamez d'idées et d'images
, s'amusoient plus volontiers au Bureau
sans le comprendre , que des enfans de quatre à
six ans , déjà remplis de trop d'idées inutiles et
nuisibles aux prémiers élemens des Lettres. L'enfant
qui commence de bonne heure les jeux ou
les exercices du Bureau Tipographique , apprend
à lire avec plaisir , ou avec moins de peine que
par la Méthode vulgaire;il ne se souvient pas dans
la suite d'avoir commencé l'étude des lettres , il
est exemt du triste souvenir qui a dégouté et qui
dégoute ordinairement les autres enfans trop
avancez en âge , et conduits par la méthode vulgaire.
C'est une erreur et une suite du préjugé ,
que
NOVEMBRE 1731. 2585
que de croire toujours pénible pour un enfant
ce qu'on Ini montre méthodiquement ; la peine
et les épines sont pour le bon Maître méthodique
, qui ne prépare que des jeux et des roses
pour ses enfans. Dans la Méthode vulgaire,, bien
des Maîtres prendroient volontiers les roses pour
eux , et laisseroient les épines aux enfans qu'ils
ne recherchent que comme une Marchandise lucrative
. Il faut cependant convenir qu'il y a de
très- bons Maîtres qui partagent les épines avec
leurs enfans , et qui tâchent de leur en épargner
une bonne partie. Voici , Monsieur , la suite que
je vous ai promise , des diverses opérations tipographiques.
JEUX , EXERCICES , Operations
et Leçons , qu'on pourra pratiquer avec
des enfans de 2. à 6. et à 7. ans , mis
aux classes du Bureau Tipographique.
Pour l'exercice de la premiere et de la seconde
Classe du Bureau en Latin .
JEF
Eu du Singe ou de pure imitation , pour ran
ger les cartes ou les lettres sur la table de la
premiere classe du Bureau Tipographique.
de l'Echo ou de pure articulation pour la dé-
* monstration et la vraye dénomination des lettres .
de l'homme ou d'operation téorique et pratique
, dont voici les especes.
Jeu des cinq voyeles capitales et de 25. cartes ,
sçavoir 5. pour chaque voyelle , A , E , I , O , U.
N°. 1.
des consonnes capitales , B , D , P , ajoutées
au jeu des cinq voyelles, et dont la dénomination
E v vulgaire
2586, MERCURE DE FRANCE
vulgaire , Be, De , Pe , est bonne comme dans les
mots , Job , Gad ; Gap , &c . Nº. 2 .
des premieres capitales qui n'ayant qu'un
son , qu'une valeur , n'ont aussi qu'une dénomi
nation simple et monosillabe , comme F , V , M , N,
qu'il faut appeller Fe , Ve , Me , Ne , exemple ,
dans les mots vif, Joseph , venir , Sem , bimen ,
none , & c. N°. 3 .
des autres capitales à simple valeur , comme
H, K, Q, qu'on peut appeller He , Ka , Qu ,
exemple, dans les mots Heros, Kam, Quï &c . Nº.4
-des deux liquides, L,R, et du J, qu'on doit appeller
Le, Re , Jeja , ou Ja , comme dans les mots
Sol , Mer , Jujube , jamais , &c. No. 5.
des quatre capitales qui ayant double valeur
ou double son , ont aussi une dénomination composée
ou polisillabe , comme C , G , S , Z , qu'on
doit nommer Ceke, Ge - ga, Se- ze, Ze- ce, exemple,
dans les mots Cecrops, gigot, Suson, Uscz, Zelez,
&c. N° . 6.
des trois autres consonnes capitales à dénomination
polisillabe , comme T , X , Y , qu'on
doit nommer Te-ci , Kze- gze , I - ïe , exemple ,
dans les mots tentation , Alexis , axe , exil ,
exemple , mystere , payen , païen , &c. Nº. 7.
Jeu de réduction à moins de cartes, où l'on donne
une seule carte pour toutes les lettres de chaque
jeu, c'est-à- dire sept cartes pour les sept jeux
specifiez cy- dessus , une carte pour chaque jeu :
ane seule carte pour le jeu des cinq voyeles , &c.
Cartes No. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7 .
des cinq voyelles capitales à côté des cinq
petites voyelles en forme de croix , ou tout de
suite , comme Aa , Ee , li , Oo , Uu , sur une
seule carte. N. 1 .
des autres capitales que l'on mettra avec les
petites
1
NOVEMBRE .. 1731. 2587
petites consonnes , chaque jeu sur une carte ,
comme 3b , Dd , Pp , sur une autre carte Nº . 2
Ff, Vv , Mm , Nn , sur une autre carte , No. 3.
Hh , Kk , Qq , Sur une autre carte , Nº. Ll,
Rr, Jj , sur une autre carte , No. 5. Cc , Gg , Ss ,
Zz, sur une autre carte , N° . 6. Tt , Xx , Yy ,
sur une autre carte , Ѻ. 7.
4..
Jeu des grandes ressemblantes, comme AV, CG,
EF , BP , TL , BR , OQ , sur une autre carte ,
No. 8.
des quatre petites ressemblantes b , d , p , q.
mises à côté de leurs capitales , coinme Bb , Dd
Pp, Qq , sur une autre carte , Nº. 9%
des quatre petites ressemblantes differamment
combinées sans capitales , comme b , d , p , q ; d ,
q, p, b , &c. sur une autre carte ,
N°. 10% (
des autres lettres ressemblantes , I , ff , fJ ,
hy , ec , irt , qu , sur une autre carte , Nº. II .
des ch , ph , rh , th , en petites et en grandes
lettres , ensemble ou séparement , comme CH ch,
PH ph , & c. sur une autre carte , No. 12.
- des lettres doubles ou redoublées , &t , ft , &,
æ, æ , &c. Nº. 13 .
des cinq voyelles nasales ou à titre , a , e, i,
☎ , ũ , N°. 14.
des cinq même voyelles nasales , á , e , i , o ,
-ũ, à côté des voyelles an , en , in , on, un, comme
an en in on un › N°. 15.
>
de la dénomination des consones imprimées
sur la table du Bureau d'après la copie Be, Ce-ke,
De , Fe , Ge-gu , He , Ja , Ka , Le , Me , Ne , Pe-
Qu , Re, Se-ze , Te-ci , Ve , Kse- gze , Yi- ie , Zeee
, & c. Nº . 16.
Six jeux des combinaisons élementaires , sça
voir des combinaisons Ab , cb, ib , ob , ub , &c.
Mo
2588 MERCURE DE FRANCE
N°.P. 1 , Aba , ebe , ibi , obo , ubu , &c. Nº. 2. Ba ,
be , bi, bo , bu , &c . N. ° . 3. Bab , beb , bib ,
"bob, bub , &c. No. 4. Bla , ble , bli , blo ,
blu >
&c. No. 5. Bia , bre , bri , bro , bru , &c N°. 6.
Exercice à imprimer lettre à lettre sur la table
de la seconde classe , les sillabes des mots latins
donnez pour copie à l'enfant , exemple , Do - minus
, Do mi- no- rum , Nº . 1. N°. 2. &c.
des monosillabes latins à lire et à imprimer ,
exemple , Abs , bis , clam , &c. Nº. 1. Nº. 2. & c.
des noms propres et des mots connus et aisez
à imprimer lettre à lettre Ex . Pe-trus Lu- do- vicus
, &c. Paris , Samuel , Monomotapa , Abel ,
Phanix , &c. Nº. 1. 2. & c.
Exercice Tipographique sur la copie du discours
donné à imprimer. Ex. Pater noster qui es in
calis , &c; Nº. 1. N°. 2 , &c.
Pourl'exercice des quatre classes du Bureau,
soit en latin , soit en François .
>
Exercice des sons François simples , ou des quatorze
voyelles a , e , i , o , u‚ã‚é‚í‚õ , ú, eu ,
è , é , ou : comme dans les mots la , le , ni , со
nu , an , bien , ingrat , onde , lundi , Dieu , proz
cès , bonté , cou & c . No. 1 .
,
des sons composez oudes consonnes latines et
françoises qui sonnent comme dans les mots robe,
face , croc, grade , Caiphe , étoffe , juge, gigue,
heros, seule, ame , aune , coupe , quicõque, rare,
saisă , Fraçois , tête , tetatio , vive , Xerxès
axe , exil , fixe , taxe , chevreau , agneau ,
ouaille , loi , lui , ludi , &c. Nº. 2.
des diftongues à l'oeil seulement ou par rap-
Iport aux signes , comme au , eu , ou , &c. dans
es mots haubois , feu , sou , &c. N° . 3.
des diftongues à l'oreille et aux yeux , ou par
rapport
NOVEMBRE. 1731. 2589
rapport aux sons , comme ui , oi , & c. dans les
mots nuit , toit ; &c. Nº . 4,
des combinaisons élementaires foibles et fortes
, comme dans les sillabes ba , pa ; da , ta ; cla,
gla ; fra , vra , &c. et dans les mots bas , pas ;
don , ton ; gris , cris ; zele , sele ; vin , fini
Gige , chiche , &c . Nº . f.
Exercice des combinaisons avec les lettres liqui
des , sons mouillez , &c. comme dans les sillabes ,
Lé , lè , leu , lou , lau.
:
Ré , rè , reu , roù , rau.
Gné, gnè , gneu , gnou , gnau.
Lhé , lhè , Iheu , Thou , Ihau , et dans les
mots , plat , croc , oignon , paille , chignon ,
païen , &c. Nº. 6.
sur les combinaisons difficiles et plus compo
sées , comme dans les mots Stix , Sphinx , constant
, arctique , Amsterdam , &c. N °. 7.
des monosillabes françois masculins . Exemple,
as , bec , cri , dol , &c. N° . 8 .
des monosillabes feminins ou des mots ,
qui
outre leur sillabe, ont encore de plus l'é muet ou
la rime feminine, comme vie, lue, roue, & c.N ° . 9 .
des noms propres et des mots sensibles conaus
et aisez à imprimer son à son , comme Louis,
Charles , Agnès , soupe , mouchoir , paille , &c.
N°. 10.
Exercice tipographique sur la copie donnée à
imprimer. Exemple , Mon Dieu , je vous aime
bien , & c. N°. 11 .
à deviner la premiere voyelle d'un mot prononcé
, comme la premiere voyelle des mots
table , café , diner , doner , curé , venir , &c.
N°. 12.
à deviner la consonne initiale d'un mot prononcé
comme la premiere consonne des mots
bal , Dieu , pome , &c . N. 13.
1490 MERCURE DE FRANCE
·
à deviner toutes les lettres d'un mot latin
prononcé , comme celle des mots , Dominus, omnipotens
, &c. Nº. 14.
à deviner les sons d'un mot françois prononcé
, comme les sons du mot ouaille , & c N° . 15
à deviner les mots qui donnent les sons proposez
, initiaux , médiaux , ou finaux . Exemple
le son on étant donné , on trouve les mots oži ,
pour , trou , & c . N'. 16.
-à dicter à l'enfant Tipographe , c'est - à- dire
qui imprime la dictée sur la table de son Bureau
selon l'ortographe passagere d'enfant , ou l'ortographe
des sons et de l'oreille , en attendant de
pouvoir imprimer selon l'ortographe permanente
d'homme , ou celle des Lettres , des yeux et de
Fusage. Exemple , chapo , pèn , rèzon , au lieu de
chapeau , pain , raison , &c. Nº. 17.
-à trouver des rimes . Exemple , des rimes en
able , table , miserable, pardonnable, &c. No. 18%-
-à imprimer de petits Vers françois. Exemple.
Sarrasin ,
Mon voisin , &c . Nɔ. 19.
des têmes scientifiques et manuscrits pour la
lecture.
Na. On appelle témes scientifiques, les cartes
au dos desquelles on écrit une ou plusieurs li
gnes de françois avec toute l'exactitude possible
sur les accens , sur les sons de la langue et sur la
veritable ortographe , ensorte que l'enfant puisse
pratiquer les principes de lecture qu'on lui a
donnez et qu'il ne soit jamais induit en erreur,
NOVEMBRE 1731 . 2598
d'un tême seientifique.
EXEMPLE
La troisième classe imprime lettreà lettre, et
La seconde classe du Bureau imprime lettreà lettre
La premiere classe du Bureau montre les lettres.
sonà son.
La quatrième classe imprime lettre lettre, son
à sonet motà mot.
No.20.
Pour l'étude des deux Langues.
Leçon de la glose interlinaire une Langue
sous l'autre , mot à mot. Exemple :
{{
Seigneur , sauvez le Roi.
Domine , salvum fac Regem.
Leçon en glose , une Langue sous l'autre,
et non mot à mot comme dans
Il n'en ira pas ainsi
2 Nonentre pasains
Exercice de la version.
de la composition.
à imprimer sur la même ligne , une Langne
après
2592 MERCURE DE FRANCE
après l'autre pour la version et pour la composi
tion. Ex. celui qui , Ille qui , &c. ou Ille qui' ,
celui qui , &c.
Leçon du Phedre construit numeroté, exemple :
I 2 3 4 6 7 &
Lupus et agnus compulsi siti venerant ad eundem_
rivum , & c.
à imprimer des Vers latins avec la quantité ,
les pieds , &c. Exemple :
Tot tibi sunt do tes vir go quot sïděra coelo .
omniă sunt homi num teuŭ i pën dentiă filō.
Et subi tō cā sū , quæ vălu ērẽ rù ūnt.
des Vers tournez sur la table du Bureau
après avoir donné à l'enfant tous les mots sur
autant de cartes , comme les mots des Vers précedens
.
des Anagrammes sur la table du Bureau.
Exemple : sac, cas , beau , aube , Abel , bale , &c.
Du Vocabulaire ou du Dictionnaire de l'enfant.
Pour l'agréable et utile varieté.
Operation des lettres grecques à côté des lettres
latines.
des lettres hebraïques à côté des lettres françoises.
de la casse françoise de droit à gauche.
à imprimer sans voyelles et à lire avec les
seules consonnes , comme Srpns , au lieu de Serpens
en latin , et emndmnt , au lieu de comandement
en françois.
A imprimer le latin et le françois en caracteres
grecs ou hebreux , en attendant de pouvoir imprimer
ces deux dernieres.Langues.
de la casse grecque , hebraïque , &c.
Leçons numeriques , algebriques , &c.
Pour
NOVEMBRE. 1731. 2593
Pour ranger et relire à haute voix des suites
numerotées sur des cartes.
Leçon pour ranger les suites des têmes sientifiques
, ou des copies que l'enfant a déja imprimées.
à ranger en glose interlinaire les têmes que
l'enfant a déja imprimez sur la table de son Burcau .
Leçon des indéclinables que l'enfant a lûs et imprimez.
des déclinables et des cinq déclinaisons que
P'enfant aura sur des cartes differentes , comme
les cinq paradigmes de Luna , Lupus , Soror ,
fructus , facies.
des cinq pronoms , Ego , tu , ille , hic, qui.
des terminaisons des déclinaisons des noms.
Exemple : a , a , a , am , &c.
pour lire et ranger les cartes numerotées du
verbe substantif sum ( je suis ) &c.
de la conjugaison active , &c.
des terminaisons actives , & c.
de la conjugaison passive , &c .
des terminaisons passives , &c.
des tems et des modes , &c.
de l'Echo grammatical pour décliner et
conjuguer tous les mots donnez et proposez sur
les paradigmes
du Breviaire grammatical et journalier pour
mettre un enfant en état de répondre et de pratiquer.
de la Sintaxe téorique et pratique,
de l'interrogation et des exemples .
de la récitation et de la memoire.
des racines des Langues et des étimologies.
du recueil des fautes et des corrections
grammaticales sur le françois et le latin.
des regles et des exceptions grammaticales.
de
2594 MERCURE DE FRANCE
de la garniture du Bureau et des étiquetes
tipographiques.
Leçon pour ranger les faits de l'Histoire Sainte.
les faits de l'Histoire Profane,
les suites géographiques
.
les suites chronologigues.
les suites heraldiques.
les cartes sur la Mitologie.
le Calendrier.
la Table de Pitagore.
les Signes tipographiques.
les miscellanées et le Supplement.
Voilà , Monsieur , de quoi exercer les Maîtres
et les enfans , en attendant la suite des Lettres
promises sur les articles de la Version , de la
composition , de la memoire , de l'écriture , des
Méthodes, &c. J'ai toujours l'honneur d'être,&c.
Méthode du Bureau Tipographique...
ON
Na remarqué , Monsieur , que les enfans
de deux à trois ans , afamez d'idées et d'images
, s'amusoient plus volontiers au Bureau
sans le comprendre , que des enfans de quatre à
six ans , déjà remplis de trop d'idées inutiles et
nuisibles aux prémiers élemens des Lettres. L'enfant
qui commence de bonne heure les jeux ou
les exercices du Bureau Tipographique , apprend
à lire avec plaisir , ou avec moins de peine que
par la Méthode vulgaire;il ne se souvient pas dans
la suite d'avoir commencé l'étude des lettres , il
est exemt du triste souvenir qui a dégouté et qui
dégoute ordinairement les autres enfans trop
avancez en âge , et conduits par la méthode vulgaire.
C'est une erreur et une suite du préjugé ,
que
NOVEMBRE 1731. 2585
que de croire toujours pénible pour un enfant
ce qu'on Ini montre méthodiquement ; la peine
et les épines sont pour le bon Maître méthodique
, qui ne prépare que des jeux et des roses
pour ses enfans. Dans la Méthode vulgaire,, bien
des Maîtres prendroient volontiers les roses pour
eux , et laisseroient les épines aux enfans qu'ils
ne recherchent que comme une Marchandise lucrative
. Il faut cependant convenir qu'il y a de
très- bons Maîtres qui partagent les épines avec
leurs enfans , et qui tâchent de leur en épargner
une bonne partie. Voici , Monsieur , la suite que
je vous ai promise , des diverses opérations tipographiques.
JEUX , EXERCICES , Operations
et Leçons , qu'on pourra pratiquer avec
des enfans de 2. à 6. et à 7. ans , mis
aux classes du Bureau Tipographique.
Pour l'exercice de la premiere et de la seconde
Classe du Bureau en Latin .
JEF
Eu du Singe ou de pure imitation , pour ran
ger les cartes ou les lettres sur la table de la
premiere classe du Bureau Tipographique.
de l'Echo ou de pure articulation pour la dé-
* monstration et la vraye dénomination des lettres .
de l'homme ou d'operation téorique et pratique
, dont voici les especes.
Jeu des cinq voyeles capitales et de 25. cartes ,
sçavoir 5. pour chaque voyelle , A , E , I , O , U.
N°. 1.
des consonnes capitales , B , D , P , ajoutées
au jeu des cinq voyelles, et dont la dénomination
E v vulgaire
2586, MERCURE DE FRANCE
vulgaire , Be, De , Pe , est bonne comme dans les
mots , Job , Gad ; Gap , &c . Nº. 2 .
des premieres capitales qui n'ayant qu'un
son , qu'une valeur , n'ont aussi qu'une dénomi
nation simple et monosillabe , comme F , V , M , N,
qu'il faut appeller Fe , Ve , Me , Ne , exemple ,
dans les mots vif, Joseph , venir , Sem , bimen ,
none , & c. N°. 3 .
des autres capitales à simple valeur , comme
H, K, Q, qu'on peut appeller He , Ka , Qu ,
exemple, dans les mots Heros, Kam, Quï &c . Nº.4
-des deux liquides, L,R, et du J, qu'on doit appeller
Le, Re , Jeja , ou Ja , comme dans les mots
Sol , Mer , Jujube , jamais , &c. No. 5.
des quatre capitales qui ayant double valeur
ou double son , ont aussi une dénomination composée
ou polisillabe , comme C , G , S , Z , qu'on
doit nommer Ceke, Ge - ga, Se- ze, Ze- ce, exemple,
dans les mots Cecrops, gigot, Suson, Uscz, Zelez,
&c. N° . 6.
des trois autres consonnes capitales à dénomination
polisillabe , comme T , X , Y , qu'on
doit nommer Te-ci , Kze- gze , I - ïe , exemple ,
dans les mots tentation , Alexis , axe , exil ,
exemple , mystere , payen , païen , &c. Nº. 7.
Jeu de réduction à moins de cartes, où l'on donne
une seule carte pour toutes les lettres de chaque
jeu, c'est-à- dire sept cartes pour les sept jeux
specifiez cy- dessus , une carte pour chaque jeu :
ane seule carte pour le jeu des cinq voyeles , &c.
Cartes No. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7 .
des cinq voyelles capitales à côté des cinq
petites voyelles en forme de croix , ou tout de
suite , comme Aa , Ee , li , Oo , Uu , sur une
seule carte. N. 1 .
des autres capitales que l'on mettra avec les
petites
1
NOVEMBRE .. 1731. 2587
petites consonnes , chaque jeu sur une carte ,
comme 3b , Dd , Pp , sur une autre carte Nº . 2
Ff, Vv , Mm , Nn , sur une autre carte , No. 3.
Hh , Kk , Qq , Sur une autre carte , Nº. Ll,
Rr, Jj , sur une autre carte , No. 5. Cc , Gg , Ss ,
Zz, sur une autre carte , N° . 6. Tt , Xx , Yy ,
sur une autre carte , Ѻ. 7.
4..
Jeu des grandes ressemblantes, comme AV, CG,
EF , BP , TL , BR , OQ , sur une autre carte ,
No. 8.
des quatre petites ressemblantes b , d , p , q.
mises à côté de leurs capitales , coinme Bb , Dd
Pp, Qq , sur une autre carte , Nº. 9%
des quatre petites ressemblantes differamment
combinées sans capitales , comme b , d , p , q ; d ,
q, p, b , &c. sur une autre carte ,
N°. 10% (
des autres lettres ressemblantes , I , ff , fJ ,
hy , ec , irt , qu , sur une autre carte , Nº. II .
des ch , ph , rh , th , en petites et en grandes
lettres , ensemble ou séparement , comme CH ch,
PH ph , & c. sur une autre carte , No. 12.
- des lettres doubles ou redoublées , &t , ft , &,
æ, æ , &c. Nº. 13 .
des cinq voyelles nasales ou à titre , a , e, i,
☎ , ũ , N°. 14.
des cinq même voyelles nasales , á , e , i , o ,
-ũ, à côté des voyelles an , en , in , on, un, comme
an en in on un › N°. 15.
>
de la dénomination des consones imprimées
sur la table du Bureau d'après la copie Be, Ce-ke,
De , Fe , Ge-gu , He , Ja , Ka , Le , Me , Ne , Pe-
Qu , Re, Se-ze , Te-ci , Ve , Kse- gze , Yi- ie , Zeee
, & c. Nº . 16.
Six jeux des combinaisons élementaires , sça
voir des combinaisons Ab , cb, ib , ob , ub , &c.
Mo
2588 MERCURE DE FRANCE
N°.P. 1 , Aba , ebe , ibi , obo , ubu , &c. Nº. 2. Ba ,
be , bi, bo , bu , &c . N. ° . 3. Bab , beb , bib ,
"bob, bub , &c. No. 4. Bla , ble , bli , blo ,
blu >
&c. No. 5. Bia , bre , bri , bro , bru , &c N°. 6.
Exercice à imprimer lettre à lettre sur la table
de la seconde classe , les sillabes des mots latins
donnez pour copie à l'enfant , exemple , Do - minus
, Do mi- no- rum , Nº . 1. N°. 2. &c.
des monosillabes latins à lire et à imprimer ,
exemple , Abs , bis , clam , &c. Nº. 1. Nº. 2. & c.
des noms propres et des mots connus et aisez
à imprimer lettre à lettre Ex . Pe-trus Lu- do- vicus
, &c. Paris , Samuel , Monomotapa , Abel ,
Phanix , &c. Nº. 1. 2. & c.
Exercice Tipographique sur la copie du discours
donné à imprimer. Ex. Pater noster qui es in
calis , &c; Nº. 1. N°. 2 , &c.
Pourl'exercice des quatre classes du Bureau,
soit en latin , soit en François .
>
Exercice des sons François simples , ou des quatorze
voyelles a , e , i , o , u‚ã‚é‚í‚õ , ú, eu ,
è , é , ou : comme dans les mots la , le , ni , со
nu , an , bien , ingrat , onde , lundi , Dieu , proz
cès , bonté , cou & c . No. 1 .
,
des sons composez oudes consonnes latines et
françoises qui sonnent comme dans les mots robe,
face , croc, grade , Caiphe , étoffe , juge, gigue,
heros, seule, ame , aune , coupe , quicõque, rare,
saisă , Fraçois , tête , tetatio , vive , Xerxès
axe , exil , fixe , taxe , chevreau , agneau ,
ouaille , loi , lui , ludi , &c. Nº. 2.
des diftongues à l'oeil seulement ou par rap-
Iport aux signes , comme au , eu , ou , &c. dans
es mots haubois , feu , sou , &c. N° . 3.
des diftongues à l'oreille et aux yeux , ou par
rapport
NOVEMBRE. 1731. 2589
rapport aux sons , comme ui , oi , & c. dans les
mots nuit , toit ; &c. Nº . 4,
des combinaisons élementaires foibles et fortes
, comme dans les sillabes ba , pa ; da , ta ; cla,
gla ; fra , vra , &c. et dans les mots bas , pas ;
don , ton ; gris , cris ; zele , sele ; vin , fini
Gige , chiche , &c . Nº . f.
Exercice des combinaisons avec les lettres liqui
des , sons mouillez , &c. comme dans les sillabes ,
Lé , lè , leu , lou , lau.
:
Ré , rè , reu , roù , rau.
Gné, gnè , gneu , gnou , gnau.
Lhé , lhè , Iheu , Thou , Ihau , et dans les
mots , plat , croc , oignon , paille , chignon ,
païen , &c. Nº. 6.
sur les combinaisons difficiles et plus compo
sées , comme dans les mots Stix , Sphinx , constant
, arctique , Amsterdam , &c. N °. 7.
des monosillabes françois masculins . Exemple,
as , bec , cri , dol , &c. N° . 8 .
des monosillabes feminins ou des mots ,
qui
outre leur sillabe, ont encore de plus l'é muet ou
la rime feminine, comme vie, lue, roue, & c.N ° . 9 .
des noms propres et des mots sensibles conaus
et aisez à imprimer son à son , comme Louis,
Charles , Agnès , soupe , mouchoir , paille , &c.
N°. 10.
Exercice tipographique sur la copie donnée à
imprimer. Exemple , Mon Dieu , je vous aime
bien , & c. N°. 11 .
à deviner la premiere voyelle d'un mot prononcé
, comme la premiere voyelle des mots
table , café , diner , doner , curé , venir , &c.
N°. 12.
à deviner la consonne initiale d'un mot prononcé
comme la premiere consonne des mots
bal , Dieu , pome , &c . N. 13.
1490 MERCURE DE FRANCE
·
à deviner toutes les lettres d'un mot latin
prononcé , comme celle des mots , Dominus, omnipotens
, &c. Nº. 14.
à deviner les sons d'un mot françois prononcé
, comme les sons du mot ouaille , & c N° . 15
à deviner les mots qui donnent les sons proposez
, initiaux , médiaux , ou finaux . Exemple
le son on étant donné , on trouve les mots oži ,
pour , trou , & c . N'. 16.
-à dicter à l'enfant Tipographe , c'est - à- dire
qui imprime la dictée sur la table de son Bureau
selon l'ortographe passagere d'enfant , ou l'ortographe
des sons et de l'oreille , en attendant de
pouvoir imprimer selon l'ortographe permanente
d'homme , ou celle des Lettres , des yeux et de
Fusage. Exemple , chapo , pèn , rèzon , au lieu de
chapeau , pain , raison , &c. Nº. 17.
-à trouver des rimes . Exemple , des rimes en
able , table , miserable, pardonnable, &c. No. 18%-
-à imprimer de petits Vers françois. Exemple.
Sarrasin ,
Mon voisin , &c . Nɔ. 19.
des têmes scientifiques et manuscrits pour la
lecture.
Na. On appelle témes scientifiques, les cartes
au dos desquelles on écrit une ou plusieurs li
gnes de françois avec toute l'exactitude possible
sur les accens , sur les sons de la langue et sur la
veritable ortographe , ensorte que l'enfant puisse
pratiquer les principes de lecture qu'on lui a
donnez et qu'il ne soit jamais induit en erreur,
NOVEMBRE 1731 . 2598
d'un tême seientifique.
EXEMPLE
La troisième classe imprime lettreà lettre, et
La seconde classe du Bureau imprime lettreà lettre
La premiere classe du Bureau montre les lettres.
sonà son.
La quatrième classe imprime lettre lettre, son
à sonet motà mot.
No.20.
Pour l'étude des deux Langues.
Leçon de la glose interlinaire une Langue
sous l'autre , mot à mot. Exemple :
{{
Seigneur , sauvez le Roi.
Domine , salvum fac Regem.
Leçon en glose , une Langue sous l'autre,
et non mot à mot comme dans
Il n'en ira pas ainsi
2 Nonentre pasains
Exercice de la version.
de la composition.
à imprimer sur la même ligne , une Langne
après
2592 MERCURE DE FRANCE
après l'autre pour la version et pour la composi
tion. Ex. celui qui , Ille qui , &c. ou Ille qui' ,
celui qui , &c.
Leçon du Phedre construit numeroté, exemple :
I 2 3 4 6 7 &
Lupus et agnus compulsi siti venerant ad eundem_
rivum , & c.
à imprimer des Vers latins avec la quantité ,
les pieds , &c. Exemple :
Tot tibi sunt do tes vir go quot sïděra coelo .
omniă sunt homi num teuŭ i pën dentiă filō.
Et subi tō cā sū , quæ vălu ērẽ rù ūnt.
des Vers tournez sur la table du Bureau
après avoir donné à l'enfant tous les mots sur
autant de cartes , comme les mots des Vers précedens
.
des Anagrammes sur la table du Bureau.
Exemple : sac, cas , beau , aube , Abel , bale , &c.
Du Vocabulaire ou du Dictionnaire de l'enfant.
Pour l'agréable et utile varieté.
Operation des lettres grecques à côté des lettres
latines.
des lettres hebraïques à côté des lettres françoises.
de la casse françoise de droit à gauche.
à imprimer sans voyelles et à lire avec les
seules consonnes , comme Srpns , au lieu de Serpens
en latin , et emndmnt , au lieu de comandement
en françois.
A imprimer le latin et le françois en caracteres
grecs ou hebreux , en attendant de pouvoir imprimer
ces deux dernieres.Langues.
de la casse grecque , hebraïque , &c.
Leçons numeriques , algebriques , &c.
Pour
NOVEMBRE. 1731. 2593
Pour ranger et relire à haute voix des suites
numerotées sur des cartes.
Leçon pour ranger les suites des têmes sientifiques
, ou des copies que l'enfant a déja imprimées.
à ranger en glose interlinaire les têmes que
l'enfant a déja imprimez sur la table de son Burcau .
Leçon des indéclinables que l'enfant a lûs et imprimez.
des déclinables et des cinq déclinaisons que
P'enfant aura sur des cartes differentes , comme
les cinq paradigmes de Luna , Lupus , Soror ,
fructus , facies.
des cinq pronoms , Ego , tu , ille , hic, qui.
des terminaisons des déclinaisons des noms.
Exemple : a , a , a , am , &c.
pour lire et ranger les cartes numerotées du
verbe substantif sum ( je suis ) &c.
de la conjugaison active , &c.
des terminaisons actives , & c.
de la conjugaison passive , &c .
des terminaisons passives , &c.
des tems et des modes , &c.
de l'Echo grammatical pour décliner et
conjuguer tous les mots donnez et proposez sur
les paradigmes
du Breviaire grammatical et journalier pour
mettre un enfant en état de répondre et de pratiquer.
de la Sintaxe téorique et pratique,
de l'interrogation et des exemples .
de la récitation et de la memoire.
des racines des Langues et des étimologies.
du recueil des fautes et des corrections
grammaticales sur le françois et le latin.
des regles et des exceptions grammaticales.
de
2594 MERCURE DE FRANCE
de la garniture du Bureau et des étiquetes
tipographiques.
Leçon pour ranger les faits de l'Histoire Sainte.
les faits de l'Histoire Profane,
les suites géographiques
.
les suites chronologigues.
les suites heraldiques.
les cartes sur la Mitologie.
le Calendrier.
la Table de Pitagore.
les Signes tipographiques.
les miscellanées et le Supplement.
Voilà , Monsieur , de quoi exercer les Maîtres
et les enfans , en attendant la suite des Lettres
promises sur les articles de la Version , de la
composition , de la memoire , de l'écriture , des
Méthodes, &c. J'ai toujours l'honneur d'être,&c.
Fermer
Résumé : DIXIEME LETTRE sur la Méthode du Bureau Tipographique.
Le texte décrit une méthode d'enseignement de la lecture et de l'écriture destinée aux enfants âgés de 2 à 7 ans, au sein d'un Bureau Tipographique. Les enfants de 2 à 3 ans apprennent à lire avec plus de plaisir et de facilité que ceux de 4 à 6 ans, car ils sont moins encombrés d'idées inutiles. La méthode vise à rendre l'apprentissage des lettres agréable et à éviter les souvenirs pénibles souvent associés à l'apprentissage traditionnel. Contrairement à certaines méthodes où les maîtres privilégient leur confort, cette approche prépare des jeux et des activités ludiques pour les élèves. Le texte détaille divers jeux et exercices, tels que le rangement des cartes ou des lettres, la dénomination des lettres, et des jeux spécifiques pour les voyelles et les consonnes. Il mentionne également des exercices de réduction de cartes, de ressemblances entre lettres, et des jeux de combinaison de lettres. Pour les classes de latin et de français, des exercices variés sont proposés, allant des sons simples aux combinaisons plus complexes, en passant par des jeux de devinettes et de dictée. Le texte inclut aussi des leçons de glose interlinéaire, de version, et de composition, ainsi que des exercices sur les anagrammes et les déclinaisons latines. Des opérations sur les lettres grecques et hébraïques, ainsi que des leçons numériques et algébriques, sont également mentionnées. Enfin, le texte évoque des exercices de mémorisation, de récitation, et de correction grammaticale. Le document présente également une liste de sujets et d'outils pédagogiques destinés à l'enseignement de divers domaines. Il inclut des leçons pour organiser les événements de l'Histoire Sainte et de l'Histoire Profane, ainsi que des études sur les suites géographiques, chronologiques et héraldiques. Le texte mentionne également des cartes sur la Mythologie, un calendrier, la table de Pythagore et divers signes typographiques. De plus, il fait référence à des miscellanées et à un supplément. Ces ressources sont destinées à exercer à la fois les maîtres et les élèves en attendant la publication de lettres supplémentaires sur des sujets tels que la version, la composition, la mémoire, l'écriture et les méthodes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5817
p. 2594-2595
ENIGME.
Début :
Parmi tous ceux de mon engeance, [...]
Mots clefs :
Aigle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
PArmi tous ceux de mon engeance ,
Je passe pour le souverain .
Jadis , la celeste puissance
A moi seul borna tout son train ;
Je porte en mes pieds ma deffense ,
J'ai le regard vif et perçant ;
On m'a vû faire diligence ,
En levant plus que moi pesant.
Plus d'un grand à ma ressemblance ,
Plaça toute sa vanité.
A quel point de magnificence ,
Un
NOVEMBRE. 1731. 2995
Un grand peuple m'a-t-il porté ?
Et non loin encor de la France ,
Sous deux chefs je conserve un corps ,
J'y sers même de recompence ,
A ses plus illustres supports.
Au temple en très - belle apparence ,
J'attire les yeux sur mon dos ,
J'y fait observer la cadence
Sans que rien trouble mon repos.
Si tu prens de moi connoissance ,
Lecteur , il faut t'en sçavoir gré ,
On dit que finement je pense ;
Ainsi , tu m'auras pénétré.
PArmi tous ceux de mon engeance ,
Je passe pour le souverain .
Jadis , la celeste puissance
A moi seul borna tout son train ;
Je porte en mes pieds ma deffense ,
J'ai le regard vif et perçant ;
On m'a vû faire diligence ,
En levant plus que moi pesant.
Plus d'un grand à ma ressemblance ,
Plaça toute sa vanité.
A quel point de magnificence ,
Un
NOVEMBRE. 1731. 2995
Un grand peuple m'a-t-il porté ?
Et non loin encor de la France ,
Sous deux chefs je conserve un corps ,
J'y sers même de recompence ,
A ses plus illustres supports.
Au temple en très - belle apparence ,
J'attire les yeux sur mon dos ,
J'y fait observer la cadence
Sans que rien trouble mon repos.
Si tu prens de moi connoissance ,
Lecteur , il faut t'en sçavoir gré ,
On dit que finement je pense ;
Ainsi , tu m'auras pénétré.
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5818
p. 2595-2596
LOGOGRYPHE.
Début :
Phoebus, vous voulez qu'on me biffe [...]
Mots clefs :
Bayonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Phoebus › vous voulez qu'on me
biffe
Du Registre de l'Hélicon ,
Si je ne fais un Logogrife ,
Le voici tant mauvais bon.
que
Sept lettres composent mon nom ;
Un,trois,sept,cinq ou six,heureux qui me possede
Cinq , quatre , sept , je suis le patron des bu
veurs ,
Un, deux , trois , cinq , je deviens un remede
Contre
2596 MERCURE DE FRANCE
Contre les plus vives chaleurs.
Cinq , deux , trois , six , hélas ! j'ai honte de pa
roître "
Tant nature m'a fait petit ,
Trois , quatre , un te fera connoitre
Un Malheureux sur un fumier réduit ,
Deux , cinq , six , et puis sept en ajoutant Marie
Je suis Reine de l'Iberie.
Trois , sept , deux , cinq , combine bien
Mon nom dans l'Empire chrétien ,
Est respecté , même dans la Turquie ;
Adjoutés-y mes trois membres restans,
Je suis un mets des plus friands.
Mon Enigme est enfin finie.
in un mot , cher Lecteur , je suis une Cité
Qui toujours à nos Rois garda fidelité.´
DERRONVILLE.
Phoebus › vous voulez qu'on me
biffe
Du Registre de l'Hélicon ,
Si je ne fais un Logogrife ,
Le voici tant mauvais bon.
que
Sept lettres composent mon nom ;
Un,trois,sept,cinq ou six,heureux qui me possede
Cinq , quatre , sept , je suis le patron des bu
veurs ,
Un, deux , trois , cinq , je deviens un remede
Contre
2596 MERCURE DE FRANCE
Contre les plus vives chaleurs.
Cinq , deux , trois , six , hélas ! j'ai honte de pa
roître "
Tant nature m'a fait petit ,
Trois , quatre , un te fera connoitre
Un Malheureux sur un fumier réduit ,
Deux , cinq , six , et puis sept en ajoutant Marie
Je suis Reine de l'Iberie.
Trois , sept , deux , cinq , combine bien
Mon nom dans l'Empire chrétien ,
Est respecté , même dans la Turquie ;
Adjoutés-y mes trois membres restans,
Je suis un mets des plus friands.
Mon Enigme est enfin finie.
in un mot , cher Lecteur , je suis une Cité
Qui toujours à nos Rois garda fidelité.´
DERRONVILLE.
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5819
p. 2596-2597
SECOND LOGOGRYPHE.
Début :
Mon nom s'est rendu si fameux, [...]
Mots clefs :
Virgile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND LOGOGRYPHE.
SECOND LOGOGRYP HE.
Mon nom s'est rendu si fameux ; On
Que presque tous sont curieux
De m'estimer et me connoître ;
Je puis , sans vanité , passer pour un grand maî
tre ;
Mais sans nombrer içi mes rares qualiteż ,
Je
NOVEMBRE . 1731. 2597.
Je n'ai que sept pieds bien comptez.
Les trois premiers vous font paroître .
Un mot latin , qui sert à désigner mon être :
Par les quatre derniers , souvent dans un Mar
ché
Je fais rire la populace ,
Et me vois des Sots recherché.
Ce n'est pas tout encor ; j'ai bien plus d'une
face.
Si vous joignez au mot latin
La lettre qui forme ma fin ;
Je suis une Ville connue >
Où la chicane en corps semble être descenduë, )
Ensuite , sans me rien changer ,
Tranchez ma troisième partie ,
Il n'est rien que pour moi l'homme ne sacrifie,
Remettez-moi comme on doit m'arranger ;
Jay sept lettres ; alors supprimez la troisième ,
J'exprime certains jouts fâcheux
Que l'estomac craint plus qu'il n'aime ,
Et dans un sens plus malheureux
J'exerce les poulmons d'un chautre ;
En cet état , coupez ma syllabe du centre ,
Je suis ce qui paroîr méprisable à nos yeux.
Si vous cherchez en moy vous verrez la colere
D'Orphée et d'Amphion l'instrument favori
Un oiseau du Chasseur chéri ,
Enfin pour la cuisine un meuble necessaire .
Mon nom s'est rendu si fameux ; On
Que presque tous sont curieux
De m'estimer et me connoître ;
Je puis , sans vanité , passer pour un grand maî
tre ;
Mais sans nombrer içi mes rares qualiteż ,
Je
NOVEMBRE . 1731. 2597.
Je n'ai que sept pieds bien comptez.
Les trois premiers vous font paroître .
Un mot latin , qui sert à désigner mon être :
Par les quatre derniers , souvent dans un Mar
ché
Je fais rire la populace ,
Et me vois des Sots recherché.
Ce n'est pas tout encor ; j'ai bien plus d'une
face.
Si vous joignez au mot latin
La lettre qui forme ma fin ;
Je suis une Ville connue >
Où la chicane en corps semble être descenduë, )
Ensuite , sans me rien changer ,
Tranchez ma troisième partie ,
Il n'est rien que pour moi l'homme ne sacrifie,
Remettez-moi comme on doit m'arranger ;
Jay sept lettres ; alors supprimez la troisième ,
J'exprime certains jouts fâcheux
Que l'estomac craint plus qu'il n'aime ,
Et dans un sens plus malheureux
J'exerce les poulmons d'un chautre ;
En cet état , coupez ma syllabe du centre ,
Je suis ce qui paroîr méprisable à nos yeux.
Si vous cherchez en moy vous verrez la colere
D'Orphée et d'Amphion l'instrument favori
Un oiseau du Chasseur chéri ,
Enfin pour la cuisine un meuble necessaire .
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5820
p. *2598
« Curedent , Féve et Charme, sont les mots de l'Enigme et des deux Logogryphes du [...] »
Début :
Curedent , Féve et Charme, sont les mots de l'Enigme et des deux Logogryphes du [...]
Mots clefs :
Cure-dent, Fève, Charme
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texteReconnaissance textuelle : « Curedent , Féve et Charme, sont les mots de l'Enigme et des deux Logogryphes du [...] »
Curedent , Féve et Charme , sont les motsde
l'Enigme et des deux Logogryphes du
Mercure d'Octobre.
l'Enigme et des deux Logogryphes du
Mercure d'Octobre.
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5821
p. 2598-2599
Le je ne fçai quoi, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le JOURNALISTE AMUSANT, ou le Monde sérieux et comique. A Paris, [...]
Mots clefs :
Critique, Comédie italienne, Pièce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le je ne fçai quoi, &c. [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , & C.
C
E JOURNALISTE AMUSANT , ou le
Monde sérieux et comique. A Paris,
au Palais, chez Greg. Ant. Dupuis , 1731 .
in 12. de 399. pages , sans l'Avertissement.
in
LE JE NE SÇAY Quoy , Comedie de M.
de Boissy , représentée pour la premiere
fois par les Comédiens Italiens , le 10.
Septembre 1731. A Paris , Quay de Gevres
, chez P. Prault , 1731. in 8.
Cette Piece est fort bien imprimée ;
elle soutient dans la lecture les applaudissemens
qu'elle a eus sur le Theatre.
L'Extrait qu'on en peut life dans le Mercure
de Septembre , nous dispense d'entrer
dans aucun détail . La petite Estampe
qui est à la tête de cette Comédie , "merite
NOVEMBRE. 1731. 1599.
rite d'être remarquée ; c'est une heureuse
production du Pinceau et du Burin de
Mrs. Lancret et Cars. On y voit les Portraits
en pied des deux plus excellens Sujets
de la Comédie Italienne ; la Dlle.
Silvia et Arlequin , fort ressemblans ;
quoique ce dernier soit sous le Masque
on reconnoit très - bien le Sr. Thomassin .
On lit ces quatre Vers au bas.
Ces aimables Acteurs sont un Portrait vivant
De ce Je ne sçay quoy, que l'Art ne peut atteindre.
Qui pourroit rendre aux yeux leur jeu plein d'agrément
,
Seroit sûr de le peindre .
IDE'E GENERALE du Gouvernement et
de la Morale des Chinois ; et Réponse à
trois Critiques. A Paris , ruë Galande
chez G. F, Quillau , 1731. in 12. Prix
30. sols.
>
VOYAGES EN ANGLOIS ET EN FRANÇOIS ,
Par D. A de la Motraye , en diverses
Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale de la Russie , de la Pologne .
&c. Tome troisiéme , imprimé à la Haye,
chez Adrien Moetjens , et se vend à Pa- .
ris , chez Antoine de Henqueville , Rue
Gillecoeur.
DES BEAUX ARTS , & C.
C
E JOURNALISTE AMUSANT , ou le
Monde sérieux et comique. A Paris,
au Palais, chez Greg. Ant. Dupuis , 1731 .
in 12. de 399. pages , sans l'Avertissement.
in
LE JE NE SÇAY Quoy , Comedie de M.
de Boissy , représentée pour la premiere
fois par les Comédiens Italiens , le 10.
Septembre 1731. A Paris , Quay de Gevres
, chez P. Prault , 1731. in 8.
Cette Piece est fort bien imprimée ;
elle soutient dans la lecture les applaudissemens
qu'elle a eus sur le Theatre.
L'Extrait qu'on en peut life dans le Mercure
de Septembre , nous dispense d'entrer
dans aucun détail . La petite Estampe
qui est à la tête de cette Comédie , "merite
NOVEMBRE. 1731. 1599.
rite d'être remarquée ; c'est une heureuse
production du Pinceau et du Burin de
Mrs. Lancret et Cars. On y voit les Portraits
en pied des deux plus excellens Sujets
de la Comédie Italienne ; la Dlle.
Silvia et Arlequin , fort ressemblans ;
quoique ce dernier soit sous le Masque
on reconnoit très - bien le Sr. Thomassin .
On lit ces quatre Vers au bas.
Ces aimables Acteurs sont un Portrait vivant
De ce Je ne sçay quoy, que l'Art ne peut atteindre.
Qui pourroit rendre aux yeux leur jeu plein d'agrément
,
Seroit sûr de le peindre .
IDE'E GENERALE du Gouvernement et
de la Morale des Chinois ; et Réponse à
trois Critiques. A Paris , ruë Galande
chez G. F, Quillau , 1731. in 12. Prix
30. sols.
>
VOYAGES EN ANGLOIS ET EN FRANÇOIS ,
Par D. A de la Motraye , en diverses
Provinces et Places de la Prusse Ducale et
Royale de la Russie , de la Pologne .
&c. Tome troisiéme , imprimé à la Haye,
chez Adrien Moetjens , et se vend à Pa- .
ris , chez Antoine de Henqueville , Rue
Gillecoeur.
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Résumé : Le je ne fçai quoi, &c. [titre d'après la table]
En 1731, plusieurs publications littéraires et artistiques marquantes ont vu le jour. Parmi elles, 'Le Journaliste Amusant, ou le Monde sérieux et comique', publié à Paris par Greg. Ant. Dupuis, compte 399 pages sans avertissement. La comédie 'Le Je ne sçay Quoy' de M. de Boissy a été jouée pour la première fois par les Comédiens Italiens le 10 septembre 1731. Imprimée chez P. Prault à Paris, cette pièce a été bien reçue et son impression qualifiée de bonne. Une estampe réalisée par Lancret et Cars illustre la comédie, représentant les acteurs Silvia et Arlequin, ce dernier interprété par le Sr. Thomassin. Par ailleurs, l'ouvrage 'Idée Générale du Gouvernement et de la Morale des Chinois; et Réponse à trois Critiques' a été publié chez G. F. Quillau à Paris. Enfin, un livre de voyages en anglais et en français de D. A de la Motraye, couvrant diverses provinces de la Prusse, de la Russie et de la Pologne, a été imprimé à la Haye et vendu à Paris chez Antoine de Henqueville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5822
p. 2600-605
Rituel du Diocèse de Blois, [titre d'après la table]
Début :
RITUEL du Diocèse de Blois, publié par l'autorité de Monseigneur Jean-François-Paul de Caumartin [...]
Mots clefs :
Images, Instructions, Mandement, Société civile, Rituel, Cérémonie religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rituel du Diocèse de Blois, [titre d'après la table]
RITUEL du Diocèse de Blois , publié
par l'autorité de Monseigneur Jean- François
- Paul de Caumartin Evêque de
Blois. Volume in 4. d'environ 640. pages.
Prix dix livres . Se vend à Paris • chez
Barthelemy Alix , Libraire , ruë S. Facques
, près la Fontaine S. Severin an
Griffon.
,
Le Rituel de Blois est formé sur le
plan et dans le goût des plus excellens
Rituels qui ont paru en France. Chaque
Action ou Ceremonie Religieuse est précedée
d'une Instruction qui exprime ce
qu'il y a de plus interessant pour le Dogme
, la Morale et la Discipline. On y
ajoûte des Exhortations , lorsque les circonstances
le demandent. On y trouve
des Formules pour annoncer aux Prônes
les principaux Mysteres et Fêtes de l'Année.
On s'est exactement conformé aux
Ordonnances de nos Rois , et à la Juris
prudence des Cours Seculieres . Et comme
le Mariage est un des engagemens les
plus importants pour l'Eglise et pour la
Societé Civile , l'Instruction qui précede
l'Administration de ce Sacrement , a été
particulierement communiquée et concertée
avec des Personnes de la Magistrature
et du Barreau très -respectables
et très -éclairées.
Dans
NOVEMBRE . 1731. 2601
tructions
......
Dans le magnifique Mandement qui
sert de Préface au Rituel , M. l'Evêque de
Blois explique ainsi l'ordre et la méthode
qu'on y a suivis Nous avons consulté
plusieurs Personnes pieuses et éclairées . C'est
sur leurs avis , pris dans un grand nombre
de Conférences , qu'ont été dressées les Insque
le Rituel renferme. Nous nous
sommes assujettis autant qu'il s'est trouvé
possible , aux Usages de l'Eglise Romaine
dont les Rits sont reçûs et respectez dans
PEglise Gallicane depuis tant de siécles
Nous nous sommes conformez avec respect
aux Déclarations du Clergé de France , qui
pouvoient y avoir rapport ...... Sur divers
Points de Discipline , Nous avons exactement
observé les Ordonnances de nos Rois
Protecteurs et Executeurs des saints Canons ,
et la Jurisprudence des Cours Seculieres du
Royaume..... Le Rituel que nous vous presentons
continue ce Prélat , n'est point
un simple Recueil de Rits et de Ceremonies ;
chaque Instruction vous donnera une exposition
abregée et précise du Dogme , de la
Morale , de la Discipline , qui ont quelque
rapport au Point qui est traité.
›
1
INSTRUCTIONS tirées du Rituel de
Blois , in 12. 2. vol. petit papier. Prix 3 .
liv. 10. sols. Se vend à Paris , chez le
ême Libraire. F IMA2602
MERCURE DE FRANCI
1
IMAGES DES HEROS ET DES GRAND
HOMMES DE L'ANTIQUITE' , gravées su
les Médailles Antiques de Banini
par Picard le Romain. vol . in 4. et s
vend chez J. Jombert , Libraire , ruë de i
Bucherie proche les Ecoles de Med.
cine.
3
LIVRES nouvellement reçûs des Pay
Etrangers , qui se trouvent chez G. C
velier, Libraire , rue S. Jacques , à Pari
in
Manget , ( Jo Jac ) Bibliotheca Script
rum Medicorum veterum et recentiorum.
qua sub eorum omnium qui Mun
Primordiis ad hunc usque Annum vix.
runt nominibus ordine Alphabetico a
Scriptis vita compendia enarrantur &.
vol. Geneva , 1731 .
fol. 4.
Aeliani
Sophista
varia
Historia
, cum
N
tis
integris
Perizonii
et variorum
>
CL
rante Abrah. Gronovio , qui et suas a
Notationes adjecit. in 4. 2. vol. Gr. Lat
Lugd. Batavorum. 1731 .
Eutropii Historia Romana , cum Metaphro
Graca Pacanii et Notis Integris vari.
rum recensuit Havercampus , qui et su
et Heumanni Notas adjecit. in 8. Lug
Batavorum. 1729.
Veteris Testamenti Libri Hagiographie:
Trans
NOVEMBRE. 1731. 260.
Translatione Jo . Clerici cum ejusdem
Commentario Philologico . In fol . 2. vol.
Amst. 1731.
Pensées secretes et Refléxions sur la Religion
et sur la Vie Chrétienne , par
Beveridge , Evêque d'Asaph , traduit
de l'Anglois sur la onzième Edition .
2. vol. in 12. Amst. 1731 .
Gorfer Medicine Compendium in usum
Exercitationis Domestica digestum , in 4.
Lug. Bat. 1731.
Barbeique , Dissert. sur les Maladies de
la Poitrine , du Coeur , de l'Estomach
des Femmes ,Veneriennes , et quelques
Maladies particulieres , avec la Description
de deux Maladies , par M.
Boerhaave , in 12. Amst. 1731 .
Duverney , Tractatus de Organo Auditus.
in 4. cum Fig. Lug. Bat. 1730 .
Duverney , Traité de l'Organe de l'Oüie ,
contenant les Maladies , de toutes les
Parties de l'Oreille , in 12 . in 12. Fig. Lug
1731.
Boerhaave ( Herm. ) Oratio de usu Ratic
cinii Mechanici in Medicina
Lug. Bat. 1730.
?
1
>
in 4
Mead ( Ric , ) Oratio Anniversar
Harvejana in Regii Medicorum Lond
neus. Collegii habita accessit Dissert.
nummis in Medicorum honorem percu
sis , in 8. Fig. 1728 .
Fij
Ꮴ
2604 MERCURE DE FRANCE
Vesalii ( And. ) Opera omnia Anatomica
et Chirurgica cura Herm. Boerhaave et
Ber. Albini , in fol. 2. vol . c. Fig. Lug.
Bat. 1725. Carta maxima .
Keilii ( Jac. ) Tentamina Medico ,Physica
de sanguinis quantitate de velocitate
sanguinis , de vi cordis , de secretione animali
de motu musculari , accedit Medicina
Statica Britannica , nova Editio
aucta , in 4. Lug. Bat. 1730 .
>
Celsi ( Cornelii ) Medicina Scholiis et
Locis parallelis illustrata studio Almeloveen
Nova Editio aucta. 2. vol . in 8.
Lug. Bat. 1730 .
›
HISTOIRE DU BAÏANISME , ou de l'Heresie
de Michel Baïus , avec des Notes
Historiques , Chronologiques , Critiques,
&c. suivie d'Eclaircissemens Theologiques
, et d'un Recueil de Pieces justificatives.
Par le P. Jean - Baptiste Du Chesne,
de la Compagnie de Jesus. A Douay ,
chez Wuillerval , 1731. in 4. de 450. pages
pour le corps de l'Histoire , 76. pour
les Eclaircissemens , et 82. pour les Pieces
justificatives , sans la Préface et les
Tables.
DES PARTAGES PAR SOUCHE et par Representation,
suivant les Articles 18 er 19
de
NOVEMBRE . 1731. 2603
du titre 8. de la Coûtume du Duché de
Bourgogne. A Dijon , chez F. Siron , ruë
de Condé. 1730. in 12. de 13.9 . pages.
LES CARACTERES DET HEOPHRASTE
avec les moeurs de ce siècle . Par M. de la
Bruyere. Augmentez de la défense de M.
de la Bruyere et de ses Caracteres , par
M. Coste. A Amsterdam , 1731. 2. vol.
in douze.
DISSERTATION THE'OLOGIQUE , touchant
l'invocation du St. Esprit dans les Liturgies
Grecques et Orientales. Par le R. P.
J. A. Orsi , de l'Ordre des Freres Prêcheurs
, Lecteur en Théologie . A Milan
chez J. B. Malatesta , 1731. in 8,
Cet ouvrage est en Latin.
و
NOUVEAU SYSTEME sur la maniere de
défendre les Places , par le moyen des
Contremines. Ouvrage posthume de M.
d'Azin , dedié au Roy. A Paris , ruë
S. Jacques , chez J. Clousier , 1731. in 12.
de 182. pages pour le corps de l'ouvrage ,
152. pour le Discours préliminaire , avec
plusieurs Planches.
par l'autorité de Monseigneur Jean- François
- Paul de Caumartin Evêque de
Blois. Volume in 4. d'environ 640. pages.
Prix dix livres . Se vend à Paris • chez
Barthelemy Alix , Libraire , ruë S. Facques
, près la Fontaine S. Severin an
Griffon.
,
Le Rituel de Blois est formé sur le
plan et dans le goût des plus excellens
Rituels qui ont paru en France. Chaque
Action ou Ceremonie Religieuse est précedée
d'une Instruction qui exprime ce
qu'il y a de plus interessant pour le Dogme
, la Morale et la Discipline. On y
ajoûte des Exhortations , lorsque les circonstances
le demandent. On y trouve
des Formules pour annoncer aux Prônes
les principaux Mysteres et Fêtes de l'Année.
On s'est exactement conformé aux
Ordonnances de nos Rois , et à la Juris
prudence des Cours Seculieres . Et comme
le Mariage est un des engagemens les
plus importants pour l'Eglise et pour la
Societé Civile , l'Instruction qui précede
l'Administration de ce Sacrement , a été
particulierement communiquée et concertée
avec des Personnes de la Magistrature
et du Barreau très -respectables
et très -éclairées.
Dans
NOVEMBRE . 1731. 2601
tructions
......
Dans le magnifique Mandement qui
sert de Préface au Rituel , M. l'Evêque de
Blois explique ainsi l'ordre et la méthode
qu'on y a suivis Nous avons consulté
plusieurs Personnes pieuses et éclairées . C'est
sur leurs avis , pris dans un grand nombre
de Conférences , qu'ont été dressées les Insque
le Rituel renferme. Nous nous
sommes assujettis autant qu'il s'est trouvé
possible , aux Usages de l'Eglise Romaine
dont les Rits sont reçûs et respectez dans
PEglise Gallicane depuis tant de siécles
Nous nous sommes conformez avec respect
aux Déclarations du Clergé de France , qui
pouvoient y avoir rapport ...... Sur divers
Points de Discipline , Nous avons exactement
observé les Ordonnances de nos Rois
Protecteurs et Executeurs des saints Canons ,
et la Jurisprudence des Cours Seculieres du
Royaume..... Le Rituel que nous vous presentons
continue ce Prélat , n'est point
un simple Recueil de Rits et de Ceremonies ;
chaque Instruction vous donnera une exposition
abregée et précise du Dogme , de la
Morale , de la Discipline , qui ont quelque
rapport au Point qui est traité.
›
1
INSTRUCTIONS tirées du Rituel de
Blois , in 12. 2. vol. petit papier. Prix 3 .
liv. 10. sols. Se vend à Paris , chez le
ême Libraire. F IMA2602
MERCURE DE FRANCI
1
IMAGES DES HEROS ET DES GRAND
HOMMES DE L'ANTIQUITE' , gravées su
les Médailles Antiques de Banini
par Picard le Romain. vol . in 4. et s
vend chez J. Jombert , Libraire , ruë de i
Bucherie proche les Ecoles de Med.
cine.
3
LIVRES nouvellement reçûs des Pay
Etrangers , qui se trouvent chez G. C
velier, Libraire , rue S. Jacques , à Pari
in
Manget , ( Jo Jac ) Bibliotheca Script
rum Medicorum veterum et recentiorum.
qua sub eorum omnium qui Mun
Primordiis ad hunc usque Annum vix.
runt nominibus ordine Alphabetico a
Scriptis vita compendia enarrantur &.
vol. Geneva , 1731 .
fol. 4.
Aeliani
Sophista
varia
Historia
, cum
N
tis
integris
Perizonii
et variorum
>
CL
rante Abrah. Gronovio , qui et suas a
Notationes adjecit. in 4. 2. vol. Gr. Lat
Lugd. Batavorum. 1731 .
Eutropii Historia Romana , cum Metaphro
Graca Pacanii et Notis Integris vari.
rum recensuit Havercampus , qui et su
et Heumanni Notas adjecit. in 8. Lug
Batavorum. 1729.
Veteris Testamenti Libri Hagiographie:
Trans
NOVEMBRE. 1731. 260.
Translatione Jo . Clerici cum ejusdem
Commentario Philologico . In fol . 2. vol.
Amst. 1731.
Pensées secretes et Refléxions sur la Religion
et sur la Vie Chrétienne , par
Beveridge , Evêque d'Asaph , traduit
de l'Anglois sur la onzième Edition .
2. vol. in 12. Amst. 1731 .
Gorfer Medicine Compendium in usum
Exercitationis Domestica digestum , in 4.
Lug. Bat. 1731.
Barbeique , Dissert. sur les Maladies de
la Poitrine , du Coeur , de l'Estomach
des Femmes ,Veneriennes , et quelques
Maladies particulieres , avec la Description
de deux Maladies , par M.
Boerhaave , in 12. Amst. 1731 .
Duverney , Tractatus de Organo Auditus.
in 4. cum Fig. Lug. Bat. 1730 .
Duverney , Traité de l'Organe de l'Oüie ,
contenant les Maladies , de toutes les
Parties de l'Oreille , in 12 . in 12. Fig. Lug
1731.
Boerhaave ( Herm. ) Oratio de usu Ratic
cinii Mechanici in Medicina
Lug. Bat. 1730.
?
1
>
in 4
Mead ( Ric , ) Oratio Anniversar
Harvejana in Regii Medicorum Lond
neus. Collegii habita accessit Dissert.
nummis in Medicorum honorem percu
sis , in 8. Fig. 1728 .
Fij
Ꮴ
2604 MERCURE DE FRANCE
Vesalii ( And. ) Opera omnia Anatomica
et Chirurgica cura Herm. Boerhaave et
Ber. Albini , in fol. 2. vol . c. Fig. Lug.
Bat. 1725. Carta maxima .
Keilii ( Jac. ) Tentamina Medico ,Physica
de sanguinis quantitate de velocitate
sanguinis , de vi cordis , de secretione animali
de motu musculari , accedit Medicina
Statica Britannica , nova Editio
aucta , in 4. Lug. Bat. 1730 .
>
Celsi ( Cornelii ) Medicina Scholiis et
Locis parallelis illustrata studio Almeloveen
Nova Editio aucta. 2. vol . in 8.
Lug. Bat. 1730 .
›
HISTOIRE DU BAÏANISME , ou de l'Heresie
de Michel Baïus , avec des Notes
Historiques , Chronologiques , Critiques,
&c. suivie d'Eclaircissemens Theologiques
, et d'un Recueil de Pieces justificatives.
Par le P. Jean - Baptiste Du Chesne,
de la Compagnie de Jesus. A Douay ,
chez Wuillerval , 1731. in 4. de 450. pages
pour le corps de l'Histoire , 76. pour
les Eclaircissemens , et 82. pour les Pieces
justificatives , sans la Préface et les
Tables.
DES PARTAGES PAR SOUCHE et par Representation,
suivant les Articles 18 er 19
de
NOVEMBRE . 1731. 2603
du titre 8. de la Coûtume du Duché de
Bourgogne. A Dijon , chez F. Siron , ruë
de Condé. 1730. in 12. de 13.9 . pages.
LES CARACTERES DET HEOPHRASTE
avec les moeurs de ce siècle . Par M. de la
Bruyere. Augmentez de la défense de M.
de la Bruyere et de ses Caracteres , par
M. Coste. A Amsterdam , 1731. 2. vol.
in douze.
DISSERTATION THE'OLOGIQUE , touchant
l'invocation du St. Esprit dans les Liturgies
Grecques et Orientales. Par le R. P.
J. A. Orsi , de l'Ordre des Freres Prêcheurs
, Lecteur en Théologie . A Milan
chez J. B. Malatesta , 1731. in 8,
Cet ouvrage est en Latin.
و
NOUVEAU SYSTEME sur la maniere de
défendre les Places , par le moyen des
Contremines. Ouvrage posthume de M.
d'Azin , dedié au Roy. A Paris , ruë
S. Jacques , chez J. Clousier , 1731. in 12.
de 182. pages pour le corps de l'ouvrage ,
152. pour le Discours préliminaire , avec
plusieurs Planches.
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Résumé : Rituel du Diocèse de Blois, [titre d'après la table]
Le texte présente le Rituel du Diocèse de Blois, publié sous l'autorité de Monseigneur Jean-François-Paul de Caumartin, évêque de Blois. Ce volume de 640 pages est disponible à Paris chez Barthélemy Alix et suit le plan des meilleurs rituels français. Chaque action ou cérémonie religieuse est précédée d'une instruction expliquant les aspects dogmatiques, moraux et disciplinaires. Des exhortations sont ajoutées selon les circonstances, et des formules sont fournies pour annoncer les mystères et fêtes principales de l'année. Le rituel respecte les ordonnances des rois et la jurisprudence des cours séculières. L'instruction sur le mariage a été concertée avec des personnes de la magistrature et du barreau. Dans un mandement, l'évêque de Blois explique que le rituel a été élaboré après consultation de personnes pieuses et éclairées, en suivant les usages de l'Église romaine et les déclarations du clergé de France. Il observe également les ordonnances des rois et la jurisprudence des cours séculières. Le rituel n'est pas seulement un recueil de rites, mais offre aussi des expositions abrégées et précises du dogme, de la morale et de la discipline.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5823
p. 2605-2606
« VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
Début :
VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...]
Mots clefs :
Calendrier chronologique et historique, Année bissextile, Naissances et morts, Rois, Reines, Princes, Princesses, Journal
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texteReconnaissance textuelle : « VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
VERITABLE CALENDRIER CHRONOLO
GIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bi-
Fiij sextile
2606 MERCURE DE FRANCE
-
sextile 1732. changé et augmenté ; contenant
la connoissance des Temps , et les
plus curieuses Epoques continuées jusqu'à
la fin de l'Année 1731. Ensemble
les Naissances et Morts des Rois , Reines
, Princes et Princesses de l'Europe
&c. huitiéme Edition , enrichie de nouvelles
remarques et matieres variées , curieuses
et utiles. A Paris , chez Gissey ,
ruë de la vieille Bouclerie , au bas du Pon
S. Michel , à l'Arbre de Jessé,
L'Opinion avantageuse que l'on a de
ce petit Journal , nous dispense de rien
ajoûter à ce que nous en avons déja dit.
Nous ferons seulement observer que cette
nouvelle Edition est avantageusement
chargée et décorée de nombreuses Remarques
en tous Genres , curieuses , sçavantes
et utiles. On s'en appercevra d'abord
, en jettant les yeux sur les Naissances
ou Morts des Princes . A chaque
Article de Naissance d'un Roi , est jointe
la datte de son Couronnement , du nombre
de ceux qui l'ont précedé , de la Fondation
de sa Monarchie de son Mariage
, & c.
GIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bi-
Fiij sextile
2606 MERCURE DE FRANCE
-
sextile 1732. changé et augmenté ; contenant
la connoissance des Temps , et les
plus curieuses Epoques continuées jusqu'à
la fin de l'Année 1731. Ensemble
les Naissances et Morts des Rois , Reines
, Princes et Princesses de l'Europe
&c. huitiéme Edition , enrichie de nouvelles
remarques et matieres variées , curieuses
et utiles. A Paris , chez Gissey ,
ruë de la vieille Bouclerie , au bas du Pon
S. Michel , à l'Arbre de Jessé,
L'Opinion avantageuse que l'on a de
ce petit Journal , nous dispense de rien
ajoûter à ce que nous en avons déja dit.
Nous ferons seulement observer que cette
nouvelle Edition est avantageusement
chargée et décorée de nombreuses Remarques
en tous Genres , curieuses , sçavantes
et utiles. On s'en appercevra d'abord
, en jettant les yeux sur les Naissances
ou Morts des Princes . A chaque
Article de Naissance d'un Roi , est jointe
la datte de son Couronnement , du nombre
de ceux qui l'ont précedé , de la Fondation
de sa Monarchie de son Mariage
, & c.
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Résumé : « VERITABLE CALENDRIER CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE pour l'Année Bisextile 1732 [...] »
Le document est un calendrier chronologique et historique pour l'année 1732, publié par Mercure de France. Il s'agit de la huitième édition, enrichie de nouvelles remarques et matières variées. Le calendrier couvre les événements notables jusqu'à la fin de l'année 1731, incluant les naissances et décès des rois, reines, princes et princesses d'Europe. Pour chaque naissance d'un roi, il mentionne la date de son couronnement, le nombre de ses prédécesseurs, la fondation de sa monarchie et son mariage, entre autres informations. L'édition est disponible à Paris chez Gissey, rue de la vieille Bouclerie, au bas du Pont Saint-Michel, à l'Arbre de Jessé. Le texte souligne l'opinion favorable dont jouit ce journal et met en avant les nombreuses remarques curieuses, savantes et utiles ajoutées dans cette nouvelle édition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5824
p. 2606-2608
Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
Début :
On distribuë depuis peu un Almanach de Cabinet, gravé, qui a pour titre : [...]
Mots clefs :
Almanach, Cabinet, Gens d'affaires, Marchands, Négociants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
On distribue depuis peu un Almanach
de Cabinet , gravé , qui a pour titre :
Almanach fixe , mobile , perpetuel , dedié
24
OCTOBRE . 1731. 2607
>
à Monseigneur le Dauphin . Cet Almanach
est fort curieux et des mieux inventés
; il est fixe par lui- même , mobile
par un simple mouvement , et perpetuel
dans toute son étenduë ; son invention
est toute nouvelle et presque inconnuë ;
il est d'une grande commodité pour les
Gens d'Affaires » pour les Marchands
Negocians , et generalement pour toutes
sortes de Personnes . En faisant les Retrogradations
des révolutions portées sur
l'Almanach , et observant la même disposition
établie , on levera les difficultez
qui pourroient se rencontrer , tant dans
les dattes des Pieces de procedures , que
pour les dattes qui interessent differens
Particuliers dans leurs affaires ; on voit
toute la disposition de l'Almanach en
face , sans le détacher de sa place ; on y
trouve Pâques , les Fêtes Mobiles , et les
Lunes à perpetuité ; on voit dans quel
signe du Zodiaque est la Lune tous les
jours de l'Année aussi à perpetuité , avec
les differentes qualitez des signes à la tête
de chaque Mois ; enfin , on y trouve
tous les arrangemens nécessaires pour
rendre un Almanach perpetuellement
utile . On a mis aussi sur chaque Colonne
et Table , les Instructions utiles pour
s'en servir avec des exemples qui y sont
Fiiij rap2608
MERCURE DE FRANCE
il
rapportés pour en faciliter l'intelligence ;
la petite manoeuvre de cet Almanach ne
consiste qu'à tirer une fois le Ruban d'en
bas d'une ligne dans chaques années communes
, et deux fois dans les Années Bissextiles.
Si les Curieux vont chez l'Auteur
pour en prendre connoissance
les satisfera autant qu'il lui sera possible ,
et ceux qui trouveront quelques difficultés
à proposer , l'Auteur en profitera
avec docilité . Il se vend chez Girard de
la Motte , Marchand Epicier , cour et ruë
Abbatiale de S. Germain des Prez , au
Fasmin fleury , et chez M. de la Motte x
au College de Reims , à Paris.
de Cabinet , gravé , qui a pour titre :
Almanach fixe , mobile , perpetuel , dedié
24
OCTOBRE . 1731. 2607
>
à Monseigneur le Dauphin . Cet Almanach
est fort curieux et des mieux inventés
; il est fixe par lui- même , mobile
par un simple mouvement , et perpetuel
dans toute son étenduë ; son invention
est toute nouvelle et presque inconnuë ;
il est d'une grande commodité pour les
Gens d'Affaires » pour les Marchands
Negocians , et generalement pour toutes
sortes de Personnes . En faisant les Retrogradations
des révolutions portées sur
l'Almanach , et observant la même disposition
établie , on levera les difficultez
qui pourroient se rencontrer , tant dans
les dattes des Pieces de procedures , que
pour les dattes qui interessent differens
Particuliers dans leurs affaires ; on voit
toute la disposition de l'Almanach en
face , sans le détacher de sa place ; on y
trouve Pâques , les Fêtes Mobiles , et les
Lunes à perpetuité ; on voit dans quel
signe du Zodiaque est la Lune tous les
jours de l'Année aussi à perpetuité , avec
les differentes qualitez des signes à la tête
de chaque Mois ; enfin , on y trouve
tous les arrangemens nécessaires pour
rendre un Almanach perpetuellement
utile . On a mis aussi sur chaque Colonne
et Table , les Instructions utiles pour
s'en servir avec des exemples qui y sont
Fiiij rap2608
MERCURE DE FRANCE
il
rapportés pour en faciliter l'intelligence ;
la petite manoeuvre de cet Almanach ne
consiste qu'à tirer une fois le Ruban d'en
bas d'une ligne dans chaques années communes
, et deux fois dans les Années Bissextiles.
Si les Curieux vont chez l'Auteur
pour en prendre connoissance
les satisfera autant qu'il lui sera possible ,
et ceux qui trouveront quelques difficultés
à proposer , l'Auteur en profitera
avec docilité . Il se vend chez Girard de
la Motte , Marchand Epicier , cour et ruë
Abbatiale de S. Germain des Prez , au
Fasmin fleury , et chez M. de la Motte x
au College de Reims , à Paris.
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Résumé : Almanach, fixe, perpetuel , &c. [titre d'après la table]
Un nouvel Almanach de Cabinet, intitulé 'Almanach fixe, mobile, perpétuel', a été récemment distribué. Dédié à Monseigneur le Dauphin, cet ouvrage est décrit comme très curieux et bien conçu. Il est fixe par nature, mobile par un simple mouvement, et perpétuel dans son étendue. Cet Almanach est particulièrement utile pour les gens d'affaires, les marchands, les négociants, et diverses personnes. Il permet de résoudre les difficultés liées aux dates des pièces de procédure et aux affaires personnelles. Il affiche la disposition des Pâques, des fêtes mobiles, et des lunes à perpétuité, ainsi que le signe zodiacal de la Lune chaque jour de l'année, avec les qualités des signes à la tête de chaque mois. Des instructions et des exemples facilitent son utilisation. La manipulation de l'Almanach consiste à tirer un ruban une fois par an pour les années communes et deux fois pour les années bissextiles. L'auteur invite les curieux à le consulter pour toute difficulté. L'Almanach est disponible chez Girard de la Motte, Marchand Epicier, cour et rue Abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, au Fasmin Fleury, et chez M. de la Motte au Collège de Reims, à Paris.
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5825
p. 2608-2609
Almanach Ecclésiastique, [titre d'après la table]
Début :
ALMANACH ECCLESIASTIQUE et Historique, pour l'Année 1732. A Paris, [...]
Mots clefs :
Almanach ecclésiastique, Conciles généraux, Chronologie des papes, Origine des Cardinaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Almanach Ecclésiastique, [titre d'après la table]
ALMANACH ECCLESIASTIQUE et Historique
, pour l'Année 1732. A Paris
chez, N. P. Armand.
2
Il contient 1 ° . La Chronologie des
Conciles Generaux , Nationaux , Provinciaux
et Synodaux , avec l'Année de la
tenue des Conciles , et le nom des Papes
Sous lesquels ils ont été célebrez .
2º. Une Chronologie des Papes et des
'Anti- Papes .
3º. Un Traité de l'origine des Cardinaux
les noms de ceux qui sont actuellement
vivans , et l'Année de leur
,
motion.
pro-
4°
NOVEMBRE 1732 2609
4°. Les noms des Archevêchez et Evêchez
de France , avec leurs Revenus , et
par qui ils sont possedez .
>
5. Les Cures de la Ville de Paris et
ceux qui y presentent.
6°. L'Année de la Fondation des Or.
dres Religieux qui sont dans Paris , avec
le nom de leur Fondateur.
7°. L'Université , avec l'Année de la
Fondation de ses Colleges , et à qui ap
partient la nomination des Bourses .
8. Un petit Traité des Benefices.
La vente des Livres de feu M. Dodart,
Premier Medecin du Roy , doit se faire
en détail au commencement de Janvier
1732. Le Catalogue de cette Bibliotheque
se trouve chez Gabriel Martin et Louis
Guerin , rue S. Jacques. Les mêmes Libraires
viennent de faire une nouvelle
Edition de la Bibliotheque choisie de M.
Colomiés, avec des Additions et des Notes
de M. Bonnet Bourdelot , de la Monnoye ,
et autres en un vol. in 12.
, pour l'Année 1732. A Paris
chez, N. P. Armand.
2
Il contient 1 ° . La Chronologie des
Conciles Generaux , Nationaux , Provinciaux
et Synodaux , avec l'Année de la
tenue des Conciles , et le nom des Papes
Sous lesquels ils ont été célebrez .
2º. Une Chronologie des Papes et des
'Anti- Papes .
3º. Un Traité de l'origine des Cardinaux
les noms de ceux qui sont actuellement
vivans , et l'Année de leur
,
motion.
pro-
4°
NOVEMBRE 1732 2609
4°. Les noms des Archevêchez et Evêchez
de France , avec leurs Revenus , et
par qui ils sont possedez .
>
5. Les Cures de la Ville de Paris et
ceux qui y presentent.
6°. L'Année de la Fondation des Or.
dres Religieux qui sont dans Paris , avec
le nom de leur Fondateur.
7°. L'Université , avec l'Année de la
Fondation de ses Colleges , et à qui ap
partient la nomination des Bourses .
8. Un petit Traité des Benefices.
La vente des Livres de feu M. Dodart,
Premier Medecin du Roy , doit se faire
en détail au commencement de Janvier
1732. Le Catalogue de cette Bibliotheque
se trouve chez Gabriel Martin et Louis
Guerin , rue S. Jacques. Les mêmes Libraires
viennent de faire une nouvelle
Edition de la Bibliotheque choisie de M.
Colomiés, avec des Additions et des Notes
de M. Bonnet Bourdelot , de la Monnoye ,
et autres en un vol. in 12.
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Résumé : Almanach Ecclésiastique, [titre d'après la table]
L'Almanach Ecclésiastique et Historique pour l'Année 1732, édité par N. P. Armand à Paris, offre diverses sections chronologiques et descriptives. Il présente la chronologie des conciles généraux, nationaux, provinciaux et synodaux, avec les années de leur tenue et les papes correspondants. Il inclut également une chronologie des papes et des antipapes. Un traité sur l'origine des cardinaux est fourni, listant les cardinaux vivants et les années de leur promotion. L'ouvrage détaille les archevêchés et évêchés de France, leurs revenus et leurs possesseurs actuels. Il mentionne les cures de la ville de Paris et ceux qui y présentent. Les années de fondation des ordres religieux à Paris et les noms de leurs fondateurs sont également indiqués. L'Almanach traite de l'Université, avec les années de fondation de ses collèges et les personnes nommées pour les bourses. Un traité sur les bénéfices est inclus. Enfin, il annonce la vente des livres de feu M. Dodart et la nouvelle édition de la Bibliothèque choisie de M. Colomiès, enrichie d'additions et de notes par plusieurs auteurs.
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5826
p. 2611-2616
Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Début :
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire Metallique des Pays-Bas, qui s'imprime à la [...]
Mots clefs :
Histoire métallique, Histoire civile, Histoire généalogique, Histoire ecclésiastique, Police, Église gallicane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
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Résumé : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Le document décrit un projet de souscription pour une œuvre intitulée 'Histoire Métallique des Pays-Bas', imprimée à La Haye. Cet ouvrage offre une histoire complète des XVII provinces des Pays-Bas, couvrant les aspects métallique, civil, militaire, ecclésiastique et généalogique. Il repose sur des sources historiques fiables et des documents authentiques, tels que les résolutions des États-Généraux, les statuts des villes, les chartes des églises et les mémoires généalogiques des familles illustres. L'auteur a également intégré un grand nombre de médailles rares et authentiques pour enrichir son travail. L'édition française de cette œuvre est proposée en cinq volumes in-folio, comprenant 675 feuilles de papier, 1945 médailles gravées et expliquées, ainsi que divers ornements. Le coût de la souscription est de 90 florins pour le petit papier et 135 florins pour le grand papier, à payer en quatre termes. Les deux premiers volumes sont prévus pour le 1er avril 1732, le troisième pour le 1er octobre 1732, et les deux derniers pour 1733.
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5827
p. 2616-2618
La Boussole perpetuelle des Banquiers, &c. [titre d'après la table]
Début :
On donne avis aux Banquiers, Négocians, Gens d'Affaires, Agens de Change [...]
Mots clefs :
Banquiers, Négociants, Agents de change, Gens d'affaires, Perte et bénéfice
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texteReconnaissance textuelle : La Boussole perpetuelle des Banquiers, &c. [titre d'après la table]
On donne avis aux Banquiers , Négo
cians , Gens d'Affaires , Agens de Chan-
& c. que M. Giraudeau Neveu , mettra
sous Presse aur commencement de
l'Année prochaine 1732. un ouvrage
qu'il vient de composer en un seul Volume
sous ce titre La Boussole perpetuelle
des Banquiers de l'Europe : Ouvrage
nouveau , calculé sur tous les differens Pays,
dans lequel on trouve en un seul endroit
et sans aucun calcul , la Perte et le Bénéfice
pour cent , que chaque Place fait sur
sa Monnoye dans toutes les operations
>
:
>
de
NOVEMBRE 1731. 2617
de Banque qu'elle peut faire , et à quelque
prix de Change qu'elles soient faites.
Avec des Principes et des Exemples pour
faire , par regle , les Changes Etrangers
les Arbitrages , et les Ordres et Commissions
en Banque , &c. Pour donner une
idée de cer ouvrage , on va exposer de
quelle maniere il est arrangé.
Il contient plusieurs Chapitres , divisez
en Sections. Le premier pour la France
et les Places de sa correspondance di
recte ; ainsi la premiere section de ce
Chapitre , est pour la Hollande , la 2.
pour la Flandre , la 3. pour l'Angleterre,
la 4. pour Hambourg , la f . pour Francfort
, la 6. pour Nuremberg , la 7. pour
Saint Gal , la 8. pour Genéve , la 9. pour
Rome , la 10. pour Venise , la 11. pour
Genes , la 12. pour Ligourne , la 13. pour
l'Espagne , la 14. pour le Portugal , &c.
Comme Bordeaux , Nantes et la Rochelle
changent pour l'Etranger differemment
de Paris , on a eu soin de faire des
Tables particulieres à l'usage de ces trois
Places .
Le second Chapitre est pour la Hollan
de et les Places de sa correspondance directe
, le 3. pour la Flandre , le 4. pour
P'Angleterre , le 5. pour Hambourg ,
le 6. pour Francfort , le 7. pour Nurem
berg
2618 MERCURE DE FRANCE
pour
berg , le 8. Saint Gal , le 9. pour
:
Geneve
, le io . pour Rome , le 11. pour
Venise , le 12. pour Genes , le 13. pour
Ligourne
, le 14. pour l'Espagne
, le 15. pour le Portugal.
On trouve au commencement de cha-
و
que Chapitre , le nom , la division et
la valeur des Monnoyes les differens
Pays ; la maniere dont on tient les Ecritures
dans toutes les Places dont il est
parlé , celle dont toutes ces Places changent
entr'elles ; enfin des Principes et
des Exemples pour faire par Regle les
Changes Etrangers , les Arbitrages , et
les Ordres et Commissions en Banque des
Places dont il est fait mention dans chaque
Chapitre.
,
Un mois avant que l'Ouvrage soit
achevé d'imprimer on aura soin d'en
avertir le Public , de lui dire le prix , et
l'endroit où il se vendra.
cians , Gens d'Affaires , Agens de Chan-
& c. que M. Giraudeau Neveu , mettra
sous Presse aur commencement de
l'Année prochaine 1732. un ouvrage
qu'il vient de composer en un seul Volume
sous ce titre La Boussole perpetuelle
des Banquiers de l'Europe : Ouvrage
nouveau , calculé sur tous les differens Pays,
dans lequel on trouve en un seul endroit
et sans aucun calcul , la Perte et le Bénéfice
pour cent , que chaque Place fait sur
sa Monnoye dans toutes les operations
>
:
>
de
NOVEMBRE 1731. 2617
de Banque qu'elle peut faire , et à quelque
prix de Change qu'elles soient faites.
Avec des Principes et des Exemples pour
faire , par regle , les Changes Etrangers
les Arbitrages , et les Ordres et Commissions
en Banque , &c. Pour donner une
idée de cer ouvrage , on va exposer de
quelle maniere il est arrangé.
Il contient plusieurs Chapitres , divisez
en Sections. Le premier pour la France
et les Places de sa correspondance di
recte ; ainsi la premiere section de ce
Chapitre , est pour la Hollande , la 2.
pour la Flandre , la 3. pour l'Angleterre,
la 4. pour Hambourg , la f . pour Francfort
, la 6. pour Nuremberg , la 7. pour
Saint Gal , la 8. pour Genéve , la 9. pour
Rome , la 10. pour Venise , la 11. pour
Genes , la 12. pour Ligourne , la 13. pour
l'Espagne , la 14. pour le Portugal , &c.
Comme Bordeaux , Nantes et la Rochelle
changent pour l'Etranger differemment
de Paris , on a eu soin de faire des
Tables particulieres à l'usage de ces trois
Places .
Le second Chapitre est pour la Hollan
de et les Places de sa correspondance directe
, le 3. pour la Flandre , le 4. pour
P'Angleterre , le 5. pour Hambourg ,
le 6. pour Francfort , le 7. pour Nurem
berg
2618 MERCURE DE FRANCE
pour
berg , le 8. Saint Gal , le 9. pour
:
Geneve
, le io . pour Rome , le 11. pour
Venise , le 12. pour Genes , le 13. pour
Ligourne
, le 14. pour l'Espagne
, le 15. pour le Portugal.
On trouve au commencement de cha-
و
que Chapitre , le nom , la division et
la valeur des Monnoyes les differens
Pays ; la maniere dont on tient les Ecritures
dans toutes les Places dont il est
parlé , celle dont toutes ces Places changent
entr'elles ; enfin des Principes et
des Exemples pour faire par Regle les
Changes Etrangers , les Arbitrages , et
les Ordres et Commissions en Banque des
Places dont il est fait mention dans chaque
Chapitre.
,
Un mois avant que l'Ouvrage soit
achevé d'imprimer on aura soin d'en
avertir le Public , de lui dire le prix , et
l'endroit où il se vendra.
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Résumé : La Boussole perpetuelle des Banquiers, &c. [titre d'après la table]
En 1732, M. Giraudeau Neveu annonce la publication de 'La Boussole perpétuelle des Banquiers de l'Europe'. Cet ouvrage en un volume fournit des informations sur les pertes et bénéfices des places financières dans diverses opérations bancaires, indépendamment du prix de change. Il inclut des principes et des exemples pour les changes étrangers, les arbitrages, et les ordres et commissions en banque. L'ouvrage est structuré en chapitres et sections couvrant différents pays et leurs places financières. Le premier chapitre traite de la France et de ses places de correspondance directe, avec des sections dédiées à la Hollande, la Flandre, l'Angleterre, Hambourg, Francfort, Nuremberg, Saint-Gall, Genève, Rome, Venise, Gênes, Livourne, l'Espagne, et le Portugal. Des tables spécifiques sont incluses pour Bordeaux, Nantes, et La Rochelle. Le second chapitre couvre la Hollande et ses places de correspondance directe, suivi de chapitres similaires pour d'autres pays. Chaque chapitre commence par le nom, la division, et la valeur des monnaies des différents pays, ainsi que la manière de tenir les écritures et les changes entre ces places. Le public sera informé un mois avant la fin de l'impression de l'ouvrage, avec des détails sur le prix et l'endroit où il sera disponible.
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5828
p. 2618-2620
Assemblées publiques des Academies, [titre d'après la table]
Début :
Le Mardy 13. Novembre, l'Académie Royale des Inscriptions, et Belles-Lettres [...]
Mots clefs :
Curé, Église, Académie royale des sciences, Pensionnaire anatomiste
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texteReconnaissance textuelle : Assemblées publiques des Academies, [titre d'après la table]
Le Mardy 13. Novembre , l'Académie
Royale des Inscriptions , et Belles - Lettres
, reprit ses séances par une Assemblée
publique , où M. l'Abbé Sevin lût
d'abord une Dissertation sur la vie et les
ouvrages de Panatius , ancien Philosophe
Stoïcien . Cette lecture fut suivie de celle
d'un Discours de M. Hardion sur la
TraNOVEMBRE
1731 2619
Tragedie de Rhesus , qui se trouve dans
le Recueil de celles d'Euripide. Il en fait
la Critique , et rapporte les raisons qu'il
a de croire que cette Piece n'étoit ni de
Sophocle ni d'Euripide. M. l'Abbé Souchay
lût ensuite une Dissertation sur l'Epithalam
, où il recherche l'origine de
ce genre de Poësie , et examine sa nature.
et ses differentes especes. La séance fût
terminée par un Memoire de M. Lancelot
, sur la vie et les ouvrages de François
Philelphe , l'un de ces premiers Sçavants
qui dans le commencement du quinziéme
siécle firent fleurir les Lettres en
Italie.
Le Mercredy 14. l'Académie Royale
des Sciences tint son assemblée publique.
que, La séance s'ouvrit par l'Eloge du
Comte de Marsigli , Associé Etranger ,
mort depuis quelque temps. Cet Eloge
écrit , selon la coûtume , par M. de Fontenelle
,
fut lû par M. l'Abbé de Bragelogne.
M. Bolduc lût ensuite un Memoire
sur le Sel d'Epsom : après quoy l'Abbé
de Bragelogne lût encore pour M. de
Fontenelle , l'Eloge de M. Duvernay
Pensionnaire Anatomiste , mort aussi depuis
quelque temps.
M.
#620 MERCURE DE FRANCE
M. Duhamel lût après une Dissertation
sur la greffe des Arbres , et M. Morand
finit la séance par un Memoire sur
certains déchiremens du coeur , qui occasionnent
la mort subite.
On donnera des Extraits de tous ces
Memoires..............................................................................
Royale des Inscriptions , et Belles - Lettres
, reprit ses séances par une Assemblée
publique , où M. l'Abbé Sevin lût
d'abord une Dissertation sur la vie et les
ouvrages de Panatius , ancien Philosophe
Stoïcien . Cette lecture fut suivie de celle
d'un Discours de M. Hardion sur la
TraNOVEMBRE
1731 2619
Tragedie de Rhesus , qui se trouve dans
le Recueil de celles d'Euripide. Il en fait
la Critique , et rapporte les raisons qu'il
a de croire que cette Piece n'étoit ni de
Sophocle ni d'Euripide. M. l'Abbé Souchay
lût ensuite une Dissertation sur l'Epithalam
, où il recherche l'origine de
ce genre de Poësie , et examine sa nature.
et ses differentes especes. La séance fût
terminée par un Memoire de M. Lancelot
, sur la vie et les ouvrages de François
Philelphe , l'un de ces premiers Sçavants
qui dans le commencement du quinziéme
siécle firent fleurir les Lettres en
Italie.
Le Mercredy 14. l'Académie Royale
des Sciences tint son assemblée publique.
que, La séance s'ouvrit par l'Eloge du
Comte de Marsigli , Associé Etranger ,
mort depuis quelque temps. Cet Eloge
écrit , selon la coûtume , par M. de Fontenelle
,
fut lû par M. l'Abbé de Bragelogne.
M. Bolduc lût ensuite un Memoire
sur le Sel d'Epsom : après quoy l'Abbé
de Bragelogne lût encore pour M. de
Fontenelle , l'Eloge de M. Duvernay
Pensionnaire Anatomiste , mort aussi depuis
quelque temps.
M.
#620 MERCURE DE FRANCE
M. Duhamel lût après une Dissertation
sur la greffe des Arbres , et M. Morand
finit la séance par un Memoire sur
certains déchiremens du coeur , qui occasionnent
la mort subite.
On donnera des Extraits de tous ces
Memoires..............................................................................
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Résumé : Assemblées publiques des Academies, [titre d'après la table]
Le 13 novembre 1731, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres reprit ses séances publiques. L'Abbé Sevin présenta une dissertation sur la vie et les œuvres de Panatius, un philosophe stoïcien. Hardion lut un discours critiquant la tragédie de Rhésus, attribuée à Euripide, et argumenta qu'elle n'était ni de Sophocle ni d'Euripide. L'Abbé Souchay discuta de l'épithalame, explorant son origine et ses différentes espèces. La séance se conclut par un mémoire de Lancelot sur la vie et les œuvres de François Philelphe, un savant italien du quinzième siècle. Le 14 novembre, l'Académie Royale des Sciences tint son assemblée publique. La séance débuta par l'éloge du Comte de Marsigli, rédigé par de Fontenelle et lu par l'Abbé de Bragelogne. Bolduc lut un mémoire sur le sel d'Epsom. L'Abbé de Bragelogne lut ensuite l'éloge de Duvernay, anatomiste. Duhamel présenta une dissertation sur la greffe des arbres, et Morand conclut la séance avec un mémoire sur certaines déchirures du cœur causant la mort subite. Des extraits de tous ces mémoires seront publiés.
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5829
p. 2620-2622
Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
Début :
M. le Curé de S. Nicolas des Champs, étant décedé au mois de May dernier [...]
Mots clefs :
Curé, Abbé, Épitaphe, Dictionnaire héraldique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
M. le Curé de S. Nicolas des Champs ,
étant décedé au mois de May dernier
M. l'Abbé de Laval a composé l'Epitaphe
qui suit , pour être mise sur son Tom
beau , dans la même Eglise.
D. O. M.
Hic jacet
Philippus - Michael Bonnet , Presbiter
Parisinus , sacræ Facultatis Doctor
Theologus , socius
>
Sorbonicus , hujus Ecclesiæ vigilantissi
mus, beneficentissimusque Pastor ,
Nicolai æmulator,
Suâ super involutos pauperiè , cautè et
abundè intelligens ,
Orphanorum adjutor
Viduarum solatium et patronus ,
Providens puellis nuptias :
Gregis
NOVEMBRE 2628
1731 .
Gregis sibi commissi forma factus
ex animo ,
Assiduus rigidusque à teneris annis ad
ultimum usque diem eximia
pietatis cultor.
Vir simplex et rectus ,
Cultu modestus
Pacis amantissimus :
Orationi manè semper primus instans ,
Sollicitudine pastorali non piger :
Hospitium sacerdotibus dedit
victumque supplevit.
Majori decentiorique pompâ divinum
officium decantari curavit.
Ità dilexit decorem Domus Domini ut
si oblivioni dederint komines
lapides meminerint .
Plenus dierum bonorumque operum obdormivit
in Domino die XXIII . Maii
Anno ætatis LXXVII
Anno verò reparatæ salutis
M. DCC. XXXI .
Huic Parochiæ præfuit An . XXXI.
Mens. VI. dieb. XXIV.
Memor judiciorum ejus qui justitias ju
dicat, obitum perennem fundavit.
Suig
2322 MERCURE DE FRANCE
Suis precibus vobis vivens profuit , vestris
nunc mortuo memores favete.
Hujus Ecclesiæ Administri grato animo
monumentum hoc posuêre.
vre ,
>
>
,
Le Sieur Chevillard , l'aîné , qui a déja donné
au Public le Dictionnaire Heraldique , et
le Livre ou Carte des Armes de la Noblesse des
Provinces de Bourgogne Bresse , Bugey et
Gex , vient de publier et mettre en vente une
nouvelle Carte , qui peut aussi se réduire en Licontenant
les armes >
noms et qualitez des
Gouverneurs , Capitaines , et Lieutenans - Generaux
de la Ville de Paris , suivant l'Ordre Chronologique.
Il continue ce même genre de travall
, et donnera incessamment au Public , un
Livre in- folio , contenant les Armes de tous les
Nobles du Gouvernement de l'Isle de France
et Soissonnois , suivant les Arrêts de maintenuë
des dernieres recherches de la Noblesse, Il demeure
toujours sur le petit Pont , vis - à- vis la
Rue Neuve Nôtre - Dame , à l'Enseigne du
Bras d'Or. Le prix de la nouvelle Carte est de
2. 1. en feuilles . "
,
Mr. Tardieu , Graveur du Roy , ruë Sair .
Jacques , chez Mr. Villette Fils Libraire ,
S. Bernard , vient de graver un St. Charles
d'après un Tableau de Mr. Dulin , imprimé s
la demi- feuille du grand Aigle qu'il vend tro
livres . C'est un morceau que les Curieux reche
cheront avec empressement. Le Prix et de s
sels.
étant décedé au mois de May dernier
M. l'Abbé de Laval a composé l'Epitaphe
qui suit , pour être mise sur son Tom
beau , dans la même Eglise.
D. O. M.
Hic jacet
Philippus - Michael Bonnet , Presbiter
Parisinus , sacræ Facultatis Doctor
Theologus , socius
>
Sorbonicus , hujus Ecclesiæ vigilantissi
mus, beneficentissimusque Pastor ,
Nicolai æmulator,
Suâ super involutos pauperiè , cautè et
abundè intelligens ,
Orphanorum adjutor
Viduarum solatium et patronus ,
Providens puellis nuptias :
Gregis
NOVEMBRE 2628
1731 .
Gregis sibi commissi forma factus
ex animo ,
Assiduus rigidusque à teneris annis ad
ultimum usque diem eximia
pietatis cultor.
Vir simplex et rectus ,
Cultu modestus
Pacis amantissimus :
Orationi manè semper primus instans ,
Sollicitudine pastorali non piger :
Hospitium sacerdotibus dedit
victumque supplevit.
Majori decentiorique pompâ divinum
officium decantari curavit.
Ità dilexit decorem Domus Domini ut
si oblivioni dederint komines
lapides meminerint .
Plenus dierum bonorumque operum obdormivit
in Domino die XXIII . Maii
Anno ætatis LXXVII
Anno verò reparatæ salutis
M. DCC. XXXI .
Huic Parochiæ præfuit An . XXXI.
Mens. VI. dieb. XXIV.
Memor judiciorum ejus qui justitias ju
dicat, obitum perennem fundavit.
Suig
2322 MERCURE DE FRANCE
Suis precibus vobis vivens profuit , vestris
nunc mortuo memores favete.
Hujus Ecclesiæ Administri grato animo
monumentum hoc posuêre.
vre ,
>
>
,
Le Sieur Chevillard , l'aîné , qui a déja donné
au Public le Dictionnaire Heraldique , et
le Livre ou Carte des Armes de la Noblesse des
Provinces de Bourgogne Bresse , Bugey et
Gex , vient de publier et mettre en vente une
nouvelle Carte , qui peut aussi se réduire en Licontenant
les armes >
noms et qualitez des
Gouverneurs , Capitaines , et Lieutenans - Generaux
de la Ville de Paris , suivant l'Ordre Chronologique.
Il continue ce même genre de travall
, et donnera incessamment au Public , un
Livre in- folio , contenant les Armes de tous les
Nobles du Gouvernement de l'Isle de France
et Soissonnois , suivant les Arrêts de maintenuë
des dernieres recherches de la Noblesse, Il demeure
toujours sur le petit Pont , vis - à- vis la
Rue Neuve Nôtre - Dame , à l'Enseigne du
Bras d'Or. Le prix de la nouvelle Carte est de
2. 1. en feuilles . "
,
Mr. Tardieu , Graveur du Roy , ruë Sair .
Jacques , chez Mr. Villette Fils Libraire ,
S. Bernard , vient de graver un St. Charles
d'après un Tableau de Mr. Dulin , imprimé s
la demi- feuille du grand Aigle qu'il vend tro
livres . C'est un morceau que les Curieux reche
cheront avec empressement. Le Prix et de s
sels.
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Résumé : Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
En mai 1731, Philippe-Michel Bonnet, docteur en théologie et curé de Saint-Nicolas-des-Champs, est décédé à l'âge de 77 ans après 31 ans de service. L'Abbé de Laval a composé une épitaphe en latin pour honorer Bonnet, le décrivant comme un pasteur dévoué aux pauvres, orphelins, veuves et jeunes filles, ainsi qu'un homme simple, droit, modeste et amoureux de la paix. L'épitaphe invite à se souvenir de ses jugements justes. Par ailleurs, le Sieur Chevillard a publié une nouvelle carte des armes, noms et qualités des gouverneurs et capitaines de Paris, vendue 2 livres. Il prévoit également un livre sur les armes des nobles de l'Île-de-France et du Soissonnais. Enfin, Jacques, graveur du roi, a gravé un Saint-Charles d'après un tableau de M. Dulin, vendu 3 livres, destiné aux amateurs d'art.
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5830
p. 2623-2624
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux d'Estampes sont avertis que l'on a mis en vente chez la Veuve de François [...]
Mots clefs :
Londres, Estampes, Manuscrits, Machine
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Les Curieux d'Estampes sont avertis
a mis en vente chez la Veuve de Françoi :
Chereau Graveur du Roy , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'Or et chez Surugues ,
aussi Graveur du Roy , Rue des Noyers , toute
la suite des Figures Chinoises , gravées d'après
les Peintures d'Antoine Watteau , qui sont
dans le Cabinet du Roy au Château de la
Meutte , en 30. morceaux ; comme auffi deuxnouvelles
Estampes de grande composition ,
gravées d'après deux des plus beaux Tableaux
de ce gracieux Peintre ; l'une a pour titre , Assemblée
Galante l'autre , Rendez - vous de
Chasse.
,
Ces charmans Tableaux , qu'on continuë de
graver avec beaucoup de soin , fourniront dans
peu une oeuvre des plus agréables qui ait encore
paru.
On vient de mettre en vente une trés - belle
Estampe en large , qui est extrémement recherchée
et qui mérite de l'être , elle est gravée pa
M. Lepicier , d'après un Tableau du Cabinet .
M. Fagon , Conseiller d'Etat , peine par M. Ch
Coypel. Cette ingenieuse composition represent
un nombre d'enfans , qui devant et autour d'u
Toilette dressée , se parent des hardes , des nip
et des ajustemens de leurs parens qu'ils ont f
attraper , en imitant avec beaucoup de grace
de naïveté , les airs et les manieres des grand
personnes. Ce joli badinage , dans lequel les Mc.
des du temps sont exactement observées ,
donné lieu à ces quatre Vers qu'on lit au bas c
l'Estampe :
01
Ce
2624 MERCURE DE FRANCE
De la Mode et de ses boutades ,
Ce jeu d'enfant rend les excès ;
Ces atours , malgré leurs succès ,
Sont bien souvent des Mascarades .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë
3. Jacques , au- dessus des Jacobins , & chex
Surugue , rue des Noyers.
On écrit de Londres , que M. Jean Guest a inventé
une Machine qui a été examinée par le
Chevalier Charles Wager , avant son départ
pour la Méditerranée , et depuis par le Docteur
Halley , Astronome du Roy , qui l'ont approuvée.
On assure qu'il doit partir dans peu pour
les Indes Occidentales , afin d'éprouver en Mer
si , comme ce Mathématicien le prétend , sa Machine
donnera exactement la Latitude et la Longitude
en tout temps et en tout lieu , la variation
exacte de l'Aiguille aimantée , et l'heure du jour,
à une minute près. On assure que les Commissaires
de l'Amirauté lui ont promis une récompense
considerable , si cette Machine est aussi
utile qu'il le prétend.
On a aussi appris de Londres , une nouvelle à
1aquelle les Sçavans seront sensibles . Le 3. de ce
mois le feu prit à la Maison du feu Comte
d'Ashburnham , près de l'Abbaye de Westminster
, où l'on conservoit la fameuse Bibliotheque
de Cotton : plusieurs des Manuscrits précieux de
cette Bibliotheque furent consumez par les flammes
, ainsi qu'une partie considerable de cette
Maison.
a mis en vente chez la Veuve de Françoi :
Chereau Graveur du Roy , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'Or et chez Surugues ,
aussi Graveur du Roy , Rue des Noyers , toute
la suite des Figures Chinoises , gravées d'après
les Peintures d'Antoine Watteau , qui sont
dans le Cabinet du Roy au Château de la
Meutte , en 30. morceaux ; comme auffi deuxnouvelles
Estampes de grande composition ,
gravées d'après deux des plus beaux Tableaux
de ce gracieux Peintre ; l'une a pour titre , Assemblée
Galante l'autre , Rendez - vous de
Chasse.
,
Ces charmans Tableaux , qu'on continuë de
graver avec beaucoup de soin , fourniront dans
peu une oeuvre des plus agréables qui ait encore
paru.
On vient de mettre en vente une trés - belle
Estampe en large , qui est extrémement recherchée
et qui mérite de l'être , elle est gravée pa
M. Lepicier , d'après un Tableau du Cabinet .
M. Fagon , Conseiller d'Etat , peine par M. Ch
Coypel. Cette ingenieuse composition represent
un nombre d'enfans , qui devant et autour d'u
Toilette dressée , se parent des hardes , des nip
et des ajustemens de leurs parens qu'ils ont f
attraper , en imitant avec beaucoup de grace
de naïveté , les airs et les manieres des grand
personnes. Ce joli badinage , dans lequel les Mc.
des du temps sont exactement observées ,
donné lieu à ces quatre Vers qu'on lit au bas c
l'Estampe :
01
Ce
2624 MERCURE DE FRANCE
De la Mode et de ses boutades ,
Ce jeu d'enfant rend les excès ;
Ces atours , malgré leurs succès ,
Sont bien souvent des Mascarades .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë
3. Jacques , au- dessus des Jacobins , & chex
Surugue , rue des Noyers.
On écrit de Londres , que M. Jean Guest a inventé
une Machine qui a été examinée par le
Chevalier Charles Wager , avant son départ
pour la Méditerranée , et depuis par le Docteur
Halley , Astronome du Roy , qui l'ont approuvée.
On assure qu'il doit partir dans peu pour
les Indes Occidentales , afin d'éprouver en Mer
si , comme ce Mathématicien le prétend , sa Machine
donnera exactement la Latitude et la Longitude
en tout temps et en tout lieu , la variation
exacte de l'Aiguille aimantée , et l'heure du jour,
à une minute près. On assure que les Commissaires
de l'Amirauté lui ont promis une récompense
considerable , si cette Machine est aussi
utile qu'il le prétend.
On a aussi appris de Londres , une nouvelle à
1aquelle les Sçavans seront sensibles . Le 3. de ce
mois le feu prit à la Maison du feu Comte
d'Ashburnham , près de l'Abbaye de Westminster
, où l'on conservoit la fameuse Bibliotheque
de Cotton : plusieurs des Manuscrits précieux de
cette Bibliotheque furent consumez par les flammes
, ainsi qu'une partie considerable de cette
Maison.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le document annonce la vente de diverses estampes et œuvres d'art. Chez la veuve de François Chereau et chez Surugues, graveurs du roi, sont disponibles la suite des Figures Chinoises d'Antoine Watteau, présentes dans le cabinet du roi au Château de la Muette, ainsi que deux nouvelles estampes intitulées 'Assemblée Galante' et 'Rendez-vous de Chasse'. Une autre estampe, gravée par M. Lepicier d'après un tableau de Charles Coypel, représentant des enfants imitant les adultes, est également en vente. Cette estampe est accompagnée de quatre vers sur la mode et ses excès. Par ailleurs, une invention de M. Jean Guest, une machine pour déterminer la latitude, la longitude, la variation de l'aiguille aimantée et l'heure du jour, a été approuvée par le Chevalier Charles Wager et le Docteur Halley. M. Guest doit tester cette machine en mer lors d'un voyage aux Indes Occidentales. Enfin, un incendie à Londres a détruit une partie de la bibliothèque du comte d'Ashburnham près de l'abbaye de Westminster.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5831
p. 2625-2627
COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
Début :
Viens à mon secours, [...]
Mots clefs :
Menuet, Ballet, Opéra-Comique, Amours, Grâces, Jeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
COUPLETS ,
Sur le Menuet des Berceaux , du Ballet des
Anglois , de l'Opera Comique.
Viens àmon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute la Victoire ;
Viens à mon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute mes beaux jours.
Soutiens un Buveur
Ma langueur ,
Affoiblit ta gloire ;
Orné d'un Pampre fleuri ,
Verse ton jus chéri ;
A boire ,
A boire ,
Je serai guéri.
Amans malheuroux ,
Chérissez vos noeuds ,
pour Climene : S'ils sont faits
Amans malheureux ,
Chérissez vos noeuds
Quoiqu'ils soient rigoureux.
G US
2626 MERCURE DE FRANCE
Un coeur vainement .
Fait serment ,
De fuir l'Inhumaine a
Loin même de ses attraits ,
On en ressent les traits.
Climene ,
Ta chaîne ,
Ne se rompt jamais,
Philis , tes accens ,
Toûjours ravissans >
Triomphent des Canentes ;
Philis , tes accens
Toujours ravissans ,
Ne nous laissent qu'un sens.
Ah ! qu'ils sont puissants !
Que je sens ,
Leurs douceurs touchantes !
Philis quel coeur indompté ,
T'a jamais résisté ?
Tu chantes
Νε
Tu chantes ,
Tout est enchanté.
CHANSON.
E vous étonnez pas , Julie ,
Si prés de vous l'esprit s'oublie ;
Tous les écarts sont de saison ,
NOVEMBRE. 1731. 2627,
Où regnent les Jeux et les Graces ;
Trop d'Amours volent sur vos traces
Pour y rencontrer la Raison .
Sur le Menuet des Berceaux , du Ballet des
Anglois , de l'Opera Comique.
Viens àmon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute la Victoire ;
Viens à mon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute mes beaux jours.
Soutiens un Buveur
Ma langueur ,
Affoiblit ta gloire ;
Orné d'un Pampre fleuri ,
Verse ton jus chéri ;
A boire ,
A boire ,
Je serai guéri.
Amans malheuroux ,
Chérissez vos noeuds ,
pour Climene : S'ils sont faits
Amans malheureux ,
Chérissez vos noeuds
Quoiqu'ils soient rigoureux.
G US
2626 MERCURE DE FRANCE
Un coeur vainement .
Fait serment ,
De fuir l'Inhumaine a
Loin même de ses attraits ,
On en ressent les traits.
Climene ,
Ta chaîne ,
Ne se rompt jamais,
Philis , tes accens ,
Toûjours ravissans >
Triomphent des Canentes ;
Philis , tes accens
Toujours ravissans ,
Ne nous laissent qu'un sens.
Ah ! qu'ils sont puissants !
Que je sens ,
Leurs douceurs touchantes !
Philis quel coeur indompté ,
T'a jamais résisté ?
Tu chantes
Νε
Tu chantes ,
Tout est enchanté.
CHANSON.
E vous étonnez pas , Julie ,
Si prés de vous l'esprit s'oublie ;
Tous les écarts sont de saison ,
NOVEMBRE. 1731. 2627,
Où regnent les Jeux et les Graces ;
Trop d'Amours volent sur vos traces
Pour y rencontrer la Raison .
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Résumé : COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
Le texte extrait du 'Mercure de France' de novembre 1731 présente des couplets et des chansons. Les couplets, inspirés du menuet des Berceaux du Ballet des Anglois de l'Opéra Comique, implorent Bacchus de secourir un buveur affaibli. Ce dernier demande au dieu de soutenir sa langueur et de verser son vin pour le guérir. Les amants malheureux sont encouragés à chérir leurs liens, malgré leur rigueur. Une chanson exprime l'incapacité d'un cœur à fuir une personne inhumaine, malgré les serments. Climène est décrite avec une chaîne inbrisable, tandis que Philis, par ses accents ravissants, triomphe des Canentes et charme irrésistiblement. La dernière chanson s'adresse à Julie, soulignant que près d'elle, l'esprit s'oublie et que les amours et les grâces y règnent, laissant peu de place à la raison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5832
p. [2627]-2634
La réunion des Amours, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens François ont donné au commencement de ce mois, la [...]
Mots clefs :
Cupidon, Amour, Vertu, Minerve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La réunion des Amours, [titre d'après la table]
SPECTACLE S.
L
Es Comédiens François ont donné
au commencement de ce mois , la
Réunion des Amours , Comédie Heroïque,
en un Acte en Prose , qui est fort bien
représentée et fort applaudie. Elle est
bien écrite et avec beaucoup d'esprits
ornée de traits fins et délicats . Nous allons
tâcher de mettre le Lecteur en état
d'en juger.
Personnages.
le sieur Granval.
L'Amour
la Dille Gossin.
Cupidon ,
la Dille d'Angeville.
Apollon ,
Mercure
Plutus .
Minerve ;
La Verité .
La Vertu ,
le sieur Armand.
le sieur Duchemin.
la Dil Baron.
la De La Motte.
La Dile Labat.
Le sujet de cette Comédie est purement
allegorique ; on voit bien que l'Auteur ne
Gij l'a
2628 MERCURE DE FRANCE
pas
l'avoit d'abord traité comme on l'a
vû représenter , et qu'il ne fait que mettre
en hypothese ce qui en faisoit l'action
principale. Deux sortes d'Amours , dont
Fun s'appelle le Dieu de la tendresse ,
et l'autre Cupidon , ouvrent la Scene ; ils
se reprochent réciproquement leurs deffauts
; le Dieu de la tendresse traite son
Rival de libertin , et Cupidon le traite
de benest. Le premier expose le sujet pas
çes mots :
Allez , petit libertin que vous êtes , votre
audace ne m'offense point , et votre Empire
touche peut-être à sa fin. Jupiter au
jourd'huy fait assembler tous les Dieux ; il
veut que chacun d'eux fasse un don an Fils
d'un grand Roy qu'il aime ; je suis invité à
Assemblée ; Tremblez des suites que peut
avoir cette avanture.
Cupidon un peu étonné d'une Convo
cation generale , à laquelle il n'est pas
invité , veut s'éclaircir de cet oubli avec
Mercure qu'il voit venir. Mercure lui
apprend qu'il avoit une deffense expresse
de le mettre dans la Liste , et que cette.
deffense venoit de Minerve ; Plutus et
Apollon entrent dans cette Scene , mais
ils n'y sont pas absolument nécessaires
pour l'intelligence du Sujet , ainsi nous
pouvons nous dispenser de les faire
parler
Minerve
NOVEMBRE 1731 . 2629
Minerve vient entendre le Plaidoyer
des deux Amours ; elle ne juge pas à propos
de prononcer entre eux ; elle veut
qu'ils plaident encore devant la Vertu
Personnage Episodique , auquel on a
trouvé Minerve auroit bien pû supque
pléer.
-même
La Vertu vient entendre le Demandeur
et le Deffendeur ; ils lui font tous deux
une déclaration d'amour ; mais celle de
Cupidon est si vive , que la vertu même
est contrainte de s'en garantir par la fuite.
Minerve vient enfin leur prononcer
l'Arrêt irrevocable du Conseil des Dieux ;
voici comme elle s'explique Cupidon
la Vertu décidoit contre vous , et moy -
j'allois être de son sentiment , si Jupiter
n'eûtjugé à propos de vous réunir , en vous
corrigeant , pour former le coeur du Prince,
avec vôtre Confrere , il est vray , l'Ame est
trop tendres mais avec vous elle est trop libertine
; il fait souvent des coeurs ridicules ,
mais vous n'en faites que de méprisables ;
il égare l'esprit , mais vous ruinez les moeurs ;
il n'a que des défauts , mais vous avez des
vices. Unissez- vous tous deux ; rendez- le
plus vif et plus passionné , et qu'il vous rende
plus tendre et plus raisonnable , et vens
serez sans reproche. Au reste , ce n'est pas
un Conseil que je vous donne , c'est un ordre
de Jupiter que je vous annonce.
G iij
"
La
2630 MERCURE DE FRANCE
2
La Piece finit par cette courte réponse
de Cupidon , c'est - à -dire de , l'Amour libertin's
Allons, mon Camarade , je le veux
bien ; embrassons- nous ; je vous apprendray
àn'être plus si sot , et vous m'apprendrez à
être plus sage.
❤
On doit juger par ce petit Extrait
qu'on auroit fait un très joli Dialogue
ou un Prologue de cette Piece simplifice ,
et sans y parler du grand Prince , qui en
est l'objer. Le Public nous sçaura gré
d'inserer ici quelques fragments de cette
aimable Allegorie : Nous les reduirons
aux Plaidoyers et aux Déclarations d'Amour,
Devant Minerve , l'Amour s'exprime
ainsi.
Qui êtes- vous , pour oser me disputer quel-
•que chose ? vous qui n'avez pour attribist
que le vice , digne heritage d'une origine
aussi impure que la vôtre ? Divinité scanda-
Jense , dont le culte est un crime à qui la
seule corruption des hommes a dressé des
Autels ? Vous à qui les devoirs les plus sa-
Brez servent de victimes ? Vous qu'on ne
peut bonorer sans immolér la Vertu ? Funeste
Auteur des plus hanteuses flêtrissures , qui ,
・pour récompense à ceux qui vous suivent
ne leur laissez que le déshonneur , repentir
, et la misere en partage ? osez - vous
vons comparer à moy ? An Dien de la plits
noble
le
NOVEMBRE 1731 2639
moble , de la plus estimable , de la plus tendre
des passions , et , j'ose dive , de la plus
feconde en Héros ?
Cupidon.
Bon , des Héros ! nous voilà bien riches ;
est-ce que vous croyez que la Terre ne se
passeroit pas bien de ces Messieurs là ?
Alle ; ils sont plus curieux à voir que
nécessaires ; leur gloire a trop d'attirail ; si
Fon rabbatoit tous les frais qu'il en coûte
pourles avoir on verroit qu'on les achette
plus qu'ils ne valent. On est bien dupe de
les admirer , puisqu'on en paye lafaçon. Il
faui que les hommes vivent un peu plus uniment
les uns avec les autres , pour être en
repos vos Héros sortent du niveau et ne
font que du tintamarre : Poursuivons & e...
2
L'Amour.
J
Qu'est-ce que c'étoit autrefoisque l'Amour 3
Je l'appellois tout à l'heure une passion ; c'étoit
une veriu , Déesse ; c'étoit du moins l'origine
de toutes les vertus , &c. De mon temps
La Pudeur étoit la plus aimable des graces.
Cupidon-
Eh bien , il ne faut pas faire tant de bruit,
c'est encore de même ; je n'en connois point de
si piquante , moi , que la pudeur;je l'adore
O iiij et
2632 MERCURE DE FRANCE
La
et mes sujets aussi . Ils la trouvent si charmante
qu'ils la poursniventpar tout où ils la tronvent.
Je m'appelle l'Amour ; mon mêtier n'est
pas d'avoir soin d'elle , il y a le respect ,
sagesse , l'honneur qui sont commis à sa garde
, voilà ses Officiers ; c'est à eux à la deffendre
du danger qu'elle court , et ce dangèr
' est moi , &c.
Voici comme parle l'Amour à la Vertu .
Je vous dirai, Madame , que mon respect
a réduit mes sentimens à se taire . Ils n'ont osé
se produire que dans mes timides regards ;
mais il n'estplus temps defeindre,ni de vous
dérober votre victime , je sçais tout ce que je
risque à vous déclarer ma flamme , vos rigueurs
vont punir món audace , vous allez
accabler un temeraire ; mais , Madame , aw
milieu du courroux qui va vous saisir , souvenez
- vous du moins que ma témerité n'a
jamais passéjusqu'à l'esperance , et que ma
respectueuse ardeur..
Cupidon.
Encore du respect ! voilà mes vapeurs qui
me reprennent , &c... Non , Déesse adorable
, ne m'exposez point à vous dire que je
vous aime. Vous regardez ceci comme une
feinte
NOVEMBRE. 1737. 2633
feinte , mais vous êtes trop aimable , et mon
• coeur pourroit s'y méprendre. Je vous dis la
verité ; ce n'est pas d'aujourd'hui que vous
me touche ; je me connois aux charmes , ni
sur la terre , ni dans les cieux,je ne vois rien
qui ne le cede aux vôtres. Combien de fois
n'ai-je pas êté tenté de me jetter à vos genoux
? Quelles délices pour moi que d'aimer
la vertu , sije pouvois être aimé d'elle . Eh!
pourquoi ne m'aimeriez- vous pas ? Que veut
dire ce penchant qui me porte à vous , s'il
n'annonce que vous y serez sensible ? Je sens
que tout mon coeur vous est dû , n'avez- vous
pas quelque repugnance à me refuser le vôtre?
Aimable vertu , me fuirez - vous toujours ,
regardez-moi , vous ne me connoissez pas :
c'est l'amour à vos genoux qui vous parle
essayez de le voir , il est soumis , il ne veut
que vous flechir je vous aime je vous le dis ,
vous m'entendez ; mais vos yeux ne me rassurent
pas , un regard acheveroit mon bonheur.
Un regard ? Ah ! quel plaisir ! vous
me l'accordez,chere main que j'idolatre , recevez
mes transports . Voici leplus heureux ins
tant qui me soit échu en partage.
J: 1
Cette vivacité de stile , secondée de la
légéreté et de la grace que la Die Dangeville
a naturellement à s'énoncer, a charmé
également la Cour et la Ville ; et nous
Gv
2634 MERCURE DE FRANCE
ne doutons point que nos Lecteurs ne
conviennent que la reunion des Amours ,
est un ouvrage à faire beaucoup d'honneur
à son ingénieux Auteur. Au reste les Dlles
Dangeville et Gossin , qui sont deux jeunes
et aimables personnes, remplies d'heureux
talens pour la déclamation , satisfont
également l'esprit et les regards avides
des Spectateurs , charmez de leurs agrémens
personnels , sous cet heureux et
riant déguisement.
Là- dessus une Muse , délicatement ba
dine , s'est exercée en cette maniere.
L
Es Comédiens François ont donné
au commencement de ce mois , la
Réunion des Amours , Comédie Heroïque,
en un Acte en Prose , qui est fort bien
représentée et fort applaudie. Elle est
bien écrite et avec beaucoup d'esprits
ornée de traits fins et délicats . Nous allons
tâcher de mettre le Lecteur en état
d'en juger.
Personnages.
le sieur Granval.
L'Amour
la Dille Gossin.
Cupidon ,
la Dille d'Angeville.
Apollon ,
Mercure
Plutus .
Minerve ;
La Verité .
La Vertu ,
le sieur Armand.
le sieur Duchemin.
la Dil Baron.
la De La Motte.
La Dile Labat.
Le sujet de cette Comédie est purement
allegorique ; on voit bien que l'Auteur ne
Gij l'a
2628 MERCURE DE FRANCE
pas
l'avoit d'abord traité comme on l'a
vû représenter , et qu'il ne fait que mettre
en hypothese ce qui en faisoit l'action
principale. Deux sortes d'Amours , dont
Fun s'appelle le Dieu de la tendresse ,
et l'autre Cupidon , ouvrent la Scene ; ils
se reprochent réciproquement leurs deffauts
; le Dieu de la tendresse traite son
Rival de libertin , et Cupidon le traite
de benest. Le premier expose le sujet pas
çes mots :
Allez , petit libertin que vous êtes , votre
audace ne m'offense point , et votre Empire
touche peut-être à sa fin. Jupiter au
jourd'huy fait assembler tous les Dieux ; il
veut que chacun d'eux fasse un don an Fils
d'un grand Roy qu'il aime ; je suis invité à
Assemblée ; Tremblez des suites que peut
avoir cette avanture.
Cupidon un peu étonné d'une Convo
cation generale , à laquelle il n'est pas
invité , veut s'éclaircir de cet oubli avec
Mercure qu'il voit venir. Mercure lui
apprend qu'il avoit une deffense expresse
de le mettre dans la Liste , et que cette.
deffense venoit de Minerve ; Plutus et
Apollon entrent dans cette Scene , mais
ils n'y sont pas absolument nécessaires
pour l'intelligence du Sujet , ainsi nous
pouvons nous dispenser de les faire
parler
Minerve
NOVEMBRE 1731 . 2629
Minerve vient entendre le Plaidoyer
des deux Amours ; elle ne juge pas à propos
de prononcer entre eux ; elle veut
qu'ils plaident encore devant la Vertu
Personnage Episodique , auquel on a
trouvé Minerve auroit bien pû supque
pléer.
-même
La Vertu vient entendre le Demandeur
et le Deffendeur ; ils lui font tous deux
une déclaration d'amour ; mais celle de
Cupidon est si vive , que la vertu même
est contrainte de s'en garantir par la fuite.
Minerve vient enfin leur prononcer
l'Arrêt irrevocable du Conseil des Dieux ;
voici comme elle s'explique Cupidon
la Vertu décidoit contre vous , et moy -
j'allois être de son sentiment , si Jupiter
n'eûtjugé à propos de vous réunir , en vous
corrigeant , pour former le coeur du Prince,
avec vôtre Confrere , il est vray , l'Ame est
trop tendres mais avec vous elle est trop libertine
; il fait souvent des coeurs ridicules ,
mais vous n'en faites que de méprisables ;
il égare l'esprit , mais vous ruinez les moeurs ;
il n'a que des défauts , mais vous avez des
vices. Unissez- vous tous deux ; rendez- le
plus vif et plus passionné , et qu'il vous rende
plus tendre et plus raisonnable , et vens
serez sans reproche. Au reste , ce n'est pas
un Conseil que je vous donne , c'est un ordre
de Jupiter que je vous annonce.
G iij
"
La
2630 MERCURE DE FRANCE
2
La Piece finit par cette courte réponse
de Cupidon , c'est - à -dire de , l'Amour libertin's
Allons, mon Camarade , je le veux
bien ; embrassons- nous ; je vous apprendray
àn'être plus si sot , et vous m'apprendrez à
être plus sage.
❤
On doit juger par ce petit Extrait
qu'on auroit fait un très joli Dialogue
ou un Prologue de cette Piece simplifice ,
et sans y parler du grand Prince , qui en
est l'objer. Le Public nous sçaura gré
d'inserer ici quelques fragments de cette
aimable Allegorie : Nous les reduirons
aux Plaidoyers et aux Déclarations d'Amour,
Devant Minerve , l'Amour s'exprime
ainsi.
Qui êtes- vous , pour oser me disputer quel-
•que chose ? vous qui n'avez pour attribist
que le vice , digne heritage d'une origine
aussi impure que la vôtre ? Divinité scanda-
Jense , dont le culte est un crime à qui la
seule corruption des hommes a dressé des
Autels ? Vous à qui les devoirs les plus sa-
Brez servent de victimes ? Vous qu'on ne
peut bonorer sans immolér la Vertu ? Funeste
Auteur des plus hanteuses flêtrissures , qui ,
・pour récompense à ceux qui vous suivent
ne leur laissez que le déshonneur , repentir
, et la misere en partage ? osez - vous
vons comparer à moy ? An Dien de la plits
noble
le
NOVEMBRE 1731 2639
moble , de la plus estimable , de la plus tendre
des passions , et , j'ose dive , de la plus
feconde en Héros ?
Cupidon.
Bon , des Héros ! nous voilà bien riches ;
est-ce que vous croyez que la Terre ne se
passeroit pas bien de ces Messieurs là ?
Alle ; ils sont plus curieux à voir que
nécessaires ; leur gloire a trop d'attirail ; si
Fon rabbatoit tous les frais qu'il en coûte
pourles avoir on verroit qu'on les achette
plus qu'ils ne valent. On est bien dupe de
les admirer , puisqu'on en paye lafaçon. Il
faui que les hommes vivent un peu plus uniment
les uns avec les autres , pour être en
repos vos Héros sortent du niveau et ne
font que du tintamarre : Poursuivons & e...
2
L'Amour.
J
Qu'est-ce que c'étoit autrefoisque l'Amour 3
Je l'appellois tout à l'heure une passion ; c'étoit
une veriu , Déesse ; c'étoit du moins l'origine
de toutes les vertus , &c. De mon temps
La Pudeur étoit la plus aimable des graces.
Cupidon-
Eh bien , il ne faut pas faire tant de bruit,
c'est encore de même ; je n'en connois point de
si piquante , moi , que la pudeur;je l'adore
O iiij et
2632 MERCURE DE FRANCE
La
et mes sujets aussi . Ils la trouvent si charmante
qu'ils la poursniventpar tout où ils la tronvent.
Je m'appelle l'Amour ; mon mêtier n'est
pas d'avoir soin d'elle , il y a le respect ,
sagesse , l'honneur qui sont commis à sa garde
, voilà ses Officiers ; c'est à eux à la deffendre
du danger qu'elle court , et ce dangèr
' est moi , &c.
Voici comme parle l'Amour à la Vertu .
Je vous dirai, Madame , que mon respect
a réduit mes sentimens à se taire . Ils n'ont osé
se produire que dans mes timides regards ;
mais il n'estplus temps defeindre,ni de vous
dérober votre victime , je sçais tout ce que je
risque à vous déclarer ma flamme , vos rigueurs
vont punir món audace , vous allez
accabler un temeraire ; mais , Madame , aw
milieu du courroux qui va vous saisir , souvenez
- vous du moins que ma témerité n'a
jamais passéjusqu'à l'esperance , et que ma
respectueuse ardeur..
Cupidon.
Encore du respect ! voilà mes vapeurs qui
me reprennent , &c... Non , Déesse adorable
, ne m'exposez point à vous dire que je
vous aime. Vous regardez ceci comme une
feinte
NOVEMBRE. 1737. 2633
feinte , mais vous êtes trop aimable , et mon
• coeur pourroit s'y méprendre. Je vous dis la
verité ; ce n'est pas d'aujourd'hui que vous
me touche ; je me connois aux charmes , ni
sur la terre , ni dans les cieux,je ne vois rien
qui ne le cede aux vôtres. Combien de fois
n'ai-je pas êté tenté de me jetter à vos genoux
? Quelles délices pour moi que d'aimer
la vertu , sije pouvois être aimé d'elle . Eh!
pourquoi ne m'aimeriez- vous pas ? Que veut
dire ce penchant qui me porte à vous , s'il
n'annonce que vous y serez sensible ? Je sens
que tout mon coeur vous est dû , n'avez- vous
pas quelque repugnance à me refuser le vôtre?
Aimable vertu , me fuirez - vous toujours ,
regardez-moi , vous ne me connoissez pas :
c'est l'amour à vos genoux qui vous parle
essayez de le voir , il est soumis , il ne veut
que vous flechir je vous aime je vous le dis ,
vous m'entendez ; mais vos yeux ne me rassurent
pas , un regard acheveroit mon bonheur.
Un regard ? Ah ! quel plaisir ! vous
me l'accordez,chere main que j'idolatre , recevez
mes transports . Voici leplus heureux ins
tant qui me soit échu en partage.
J: 1
Cette vivacité de stile , secondée de la
légéreté et de la grace que la Die Dangeville
a naturellement à s'énoncer, a charmé
également la Cour et la Ville ; et nous
Gv
2634 MERCURE DE FRANCE
ne doutons point que nos Lecteurs ne
conviennent que la reunion des Amours ,
est un ouvrage à faire beaucoup d'honneur
à son ingénieux Auteur. Au reste les Dlles
Dangeville et Gossin , qui sont deux jeunes
et aimables personnes, remplies d'heureux
talens pour la déclamation , satisfont
également l'esprit et les regards avides
des Spectateurs , charmez de leurs agrémens
personnels , sous cet heureux et
riant déguisement.
Là- dessus une Muse , délicatement ba
dine , s'est exercée en cette maniere.
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Résumé : La réunion des Amours, [titre d'après la table]
La pièce 'La Réunion des Amours' a été représentée par les Comédiens Français au début du mois de novembre 1731. Cette comédie héroïque en un acte en prose a été bien accueillie pour son écriture spirituelle et ses traits fins et délicats. L'intrigue est allégorique et met en scène deux types d'Amours : le Dieu de la tendresse et Cupidon. Ces personnages se reprochent mutuellement leurs défauts, le premier traitant Cupidon de libertin et Cupidon le traitant de benêt. Le sujet principal est une assemblée des dieux convoquée par Jupiter, où chaque dieu doit faire un don au fils d'un grand roi. Cupidon, étonné de ne pas être invité, apprend de Mercure que Minerve s'y oppose. Minerve, après avoir entendu les plaidoyers des deux Amours, décide de les renvoyer devant la Vertu. Cupidon, par sa déclaration d'amour, contraint la Vertu à fuir. Minerve prononce finalement l'arrêt de Jupiter, ordonnant aux deux Amours de se réunir pour former un cœur équilibré, ni trop tendre ni trop libertin. La pièce se termine par l'acceptation de Cupidon de cette union. Les acteurs, notamment les demoiselles Dangeville et Gossin, ont été salués pour leur talent et leur grâce, charmant à la fois la cour et la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5833
p. 2634-2636
MADRIGAL.
Début :
Enfin je l'ai vu sur la Scene, [...]
Mots clefs :
Cupidon, Comédiens-Français, Amours
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
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Résumé : MADRIGAL.
Le Mercure de France de novembre 1731 présente divers extraits de madrigaux et de nouvelles théâtrales. Un madrigal décrit le pouvoir envoûtant de Cupidon, capable de charmer et captiver les cœurs. Un autre madrigal célèbre la beauté et le charme naturel de la jeune Dangeville, qui n'a pas besoin d'artifices pour plaire. Un extrait relate une méprise où Psiché, déguisée en Cupidon, rencontre Dangeville et ressent des émotions intenses. Le texte mentionne également des représentations théâtrales, notamment la tragédie 'Ariane' de Pierre Corneille, interprétée par la Duclos, et la comédie héroïque 'Le Chevalier Bayard' de M. Autreau, appréciée pour son écriture et ses personnages bien définis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5834
p. 2636-2640
Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent le 5. Novembre, une petite Piece en Vers libres [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Pièce en vers libres, Versification, Jardinier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Les Comédiens Italiens donnerent le
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
•
〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
•
〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
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Résumé : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
En novembre 1731, les Comédiens Italiens présentèrent la pièce en vers libres 'Le Phénix, ou la Fidélité mise à l'épreuve', premier essai de son auteur. Cette œuvre raconte l'histoire d'Isabelle, épouse de Cynthia, qui se retire dans un château après avoir appris la mort présumée de son mari. Cynthia, revenu, découvre qu'Isabelle s'est retirée du monde par fidélité. Pour tester sa fidélité, Cynthia ordonne à son jardinier de garder son retour secret et demande à son ami Mario de se déguiser en prince pour séduire Isabelle. Malgré les tentatives de Mario, Isabelle reste fidèle. Cynthia, insatisfait, se déguise ensuite en corsaire pour tenter de forcer Isabelle, mais échoue à nouveau. La pièce se termine par une fête de matelots. Parallèlement, Arlequin tente de tester la fidélité de Rosette, mais celle-ci lui fait une demi-infidélité. Le 10 novembre, les mêmes comédiens représentèrent à la cour 'L'Amant difficile' de M. de La Mothe et 'Le Je ne sçai quoi' de M. de Boissy, toutes deux très bien reçues. L'Académie Royale de Musique continua les représentations de l'opéra 'Amadis', où la De Le Maure reçut des applaudissements pour son rôle d'Oriane. La Dile Camargo dansa deux airs au quatrième acte. Le 15 novembre, le ballet 'Les Fêtes Vénitiennes' fut remis au théâtre avec une nouvelle entrée. Le 11 novembre, à la fête de Saint-Martin, l'Académie donna le premier bal public de l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5835
p. 2640-2642
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Depuis la déposition du Grand Visir, on assure que le Divan a pris la résolution de faire [...]
Mots clefs :
Conspiration , Janissaire, Troupes, Mufti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERS E.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En Turquie, après la déposition du Grand Vizir, le Divan a conclu un traité de paix avec le roi de Perse et accepté l'abandon de la Géorgie. Le Grand Vizir déposé a été nommé Pacha de Négrépont, conservant ses effets malgré les rumeurs initiales de confiscation. Les nouvelles de Perse restent incertaines : les Turcs ont célébré la prise des villes de Sina et de Kirmenscha, mais des lettres ultérieures suggèrent que les Persans les ont abandonnées volontairement. Le Grand Vizir Ibrahim Pacha a été déposé le 10 novembre et remplacé par le Janissaire Aga. Cette décision a été motivée par des accusations selon lesquelles Ibrahim Pacha cherchait à devenir maître absolu de l'Empire. La population de Constantinople, irritée par les massacres et l'insolence des troupes, était prête à se révolter. La déposition du Grand Vizir a apaisé le peuple et rétabli la tranquillité. Le Grand Seigneur a également mis en place une garde de Janissaires pour protéger les ambassadeurs chrétiens et interdit aux officiers des douanes d'exiger des droits supplémentaires aux vaisseaux chrétiens.
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5836
p. 2642-2647
LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
Début :
Le 18. du mois passé, on déposa le Mufti Mirza zade, vieillard, encore plus respectable [...]
Mots clefs :
Déposition, Mufti, Sentences de mort, Conspiration , Pacha , Flotte ottomane
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , ce 226
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
En juin 1731, Mirzazade, le Mufti de Constantinople, fut démis de ses fonctions pour excès de scrupulosité dans l'émission de sentences de mort. Il fut remplacé par Pasmadgi-Zadé, un courtisan habile et complaisant. Le même jour, Djanum-Codjca, Capitain-Pacha, fut déposé en raison de son manque de prudence et de ses critiques ouvertes du gouvernement. Initialement condamné à mort, il fut exilé à Retimo après que le sultan eut suspendu son exécution. En novembre 1731, des victoires turques en Perse furent annoncées, notamment près d'Erivan et sur les bords du Kouchab. Veli-Kouli-Kham, ancien Grand-Vizir, fut exécuté à Constantinople après avoir été capturé. Malgré cette exécution, les Turcs décidèrent de poursuivre la guerre contre le Shah Thamas. Des préparatifs pour les sièges de Tauris et d'Ispahan furent signalés. Un ambassadeur perse fut arrêté et maltraité au château de Tenedos. À Constantinople, une pénurie de pain en novembre 1731 provoqua des troubles rapidement réprimés. Le Grand Vizir ordonna la distribution de pain sous peine de mort et fit inspecter les fours et magasins pour libérer le blé caché. Des navires furent envoyés chercher du blé sur les côtes de la mer Noire et de la mer Blanche. Les sorties de grains furent interdites et des officiers furent envoyés pour faire respecter cette interdiction. Le 19 novembre, Abdi Pacha arriva à Constantinople pour succéder à Djanum Codjea comme Capitain-Pacha. Il traita son prédécesseur avec respect, lui laissant sa maison meublée et des domestiques. À son arrivée, il fut accueilli par le Grand Vizir et reçut les hommages des officiers de la marine à l'arsenal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5837
p. 2648-2653
RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
Début :
Depuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les Janissaires donnerent encore des marques [...]
Mots clefs :
Aga des Janissaires, Incendie, Révolte, Pacha , Persans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
2648 MERCURE DE FRANCE
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
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Résumé : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
En juillet 1731, un incendie à Constantinople révéla la disposition des Janissaires à la révolte. Le 1er septembre, le Dgebedgi Bachi informa le Grand Vizir d'une nouvelle conspiration prévue pour le lendemain. Le Grand Vizir, ignorant le nombre et la qualité des rebelles, renforça les patrouilles et la garde. Deux Dgebedgis armés furent arrêtés et avouèrent faire partie d'une conspiration impliquant 1500 hommes, 20 étendards, et un plan pour soulever le peuple. Leur objectif était de se faire une réputation, s'enrichir, et forcer l'Empereur à faire la paix avec les Persans et la guerre aux Chrétiens. Six chefs et de nombreux complices furent identifiés et arrêtés. Les rebelles étaient principalement des Janissaires du Caire et des Albanais récemment revenus à Constantinople. Des exécutions massives suivirent, et les cadavres furent jetés à la mer ou exposés. Malgré ces mesures, des incidents continuèrent, et le Grand Vizir prit des précautions supplémentaires pour prévenir de futurs complots. Une nouvelle conspiration impliquant un Vizir et des gens de loi fut également découverte et réprimée. Le Grand Vizir fut finalement exilé, et le Grand Sceau de l'Empire fut donné à l'Aga des Janissaires. Parallèlement, des nouvelles de la guerre contre les Persans mentionnaient des désertions et des maladies dans l'armée turque, ainsi que des défections de deux Pachas turcs.
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5838
p. 2654-2655
RUSSIE.
Début :
Les Capucins arrivez à Moscou depuis peu pour y établir une Mission, ont été reçus [...]
Mots clefs :
Capucins, Monastère, Tsarine, Noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, les Capucins, nouvellement installés à Moscou, ont été bien accueillis par la Czarine, qui leur a octroyé un terrain pour construire un monastère. Des conférences privées avec les principaux ministres ont eu lieu à Ismalow, alimentant des rumeurs sur la volonté de la Czarine de désigner un successeur au trône, à l'instar du Czar Pierre I. Les forces armées de la Czarine comptent 500 000 hommes en Moscovie, 44 000 dans les provinces suédoises et en Curlande, et 66 000 à Astracan, Derbent et dans les villes persanes conquises. Environ 150 000 Cosaques et Tartares complètent ces troupes. La Russie dispose également de 460 vaisseaux de guerre et 60 frégates. Par ailleurs, une caravane venue de Nanquin a rapporté un tremblement de terre en Chine, causant 36 000 victimes et détruisant la pagode de porcelaine près de Pékin. La Czarine a assuré aux députés de la noblesse de Curlande qu'elle maintiendrait des troupes dans ce duché pour empêcher la Pologne de le diviser après la mort du souverain.
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5839
p. 2655
POLOGNE.
Début :
Le 28. Octobre, le Roy arriva à Warsovie au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie [...]
Mots clefs :
Roi, Concours de noblesse, Conspiration , Aurore boréale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
PoO L GN B
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
Fermer
Résumé : POLOGNE.
Le 28 octobre, le roi arriva à Varsovie. La noblesse le félicita. Durant son voyage, il découvrit une conspiration, menant à l'arrestation du baron de Geisberg et d'un autre étranger. À Grodno, une aurore boréale intense fut observée trois nuits de suite.
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5840
p. 2655-2656
SUÈDE.
Début :
Le Roy a actuellement sur pied 40000. hommes, tant d'Infanterie que de Cavalerie. Les [...]
Mots clefs :
Infanterie, Ratification, Convention préliminaire, Traité de Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
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Résumé : SUÈDE.
En Suède, les magasins de la Finlande sont bien approvisionnés en grains, assurant la subsistance jusqu'à la prochaine récolte. Au Danemark, une convention préliminaire a été conclue entre le roi et les États Généraux des Pays-Bas, probablement concernant le commerce.
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5841
p. 2656-2657
ALLEMAGNE.
Début :
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17. d'Octobre pour retourner à Constantinople ; [...]
Mots clefs :
Envoyé , Cardinal, Tutelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1731, l'Envoyé du Grand Seigneur quitta Vienne pour Constantinople, escorté jusqu'à Comorre par un détachement de la garnison de Vienne et accompagné par le Consul de sa nation, dont le mandat fut renouvelé pour trois ans. Le Comte de Staremberg, Ministre de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, revint de Munich après une mission concernant la garantie de la Pragmatique Sanction, visant à assurer la succession des Pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'Archiduchesse, fille aînée de l'Empereur. Les régiments d'infanterie et de cavalerie revenant d'Italie étaient en marche vers la Basse-Autriche. Le Comte Salvatico, Envoyé du Duc de Parme à Vienne depuis dix ans, fut reconduit dans ses fonctions par l'Infant Don Carlos. Le Cardinal d'Althan résidait dans un couvent près de Presbourg, selon les ordres de l'Empereur. Un décret du Conseil Aulique, daté du 16 octobre, annonça que l'Empereur avait accepté l'émancipation de l'Infant Don Carlos par le Roi d'Espagne et nommé la Duchesse Dorothée Sophie, Duchesse douairière de Parme et de Plaisance, comme tutrice, et le Grand-Duc de Toscane comme tuteur du Prince.
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5842
p. 2657-2660
ITALIE.
Début :
La Congregation établie à Rome pour faire construire le nouveau Portail de l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Congrégation, Rome, Pape, Obédience, Régence, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1731, à Rome, une congrégation se réunit pour discuter de la construction du nouveau portail de l'église Saint-Jean-de-Latran. Il fut décidé de solliciter une contribution financière du Pape et des princes catholiques. L'architecte proposa de réaliser le projet sans rémunération. Le Pape rétablit également l'usage des entrées publiques des nouveaux cardinaux. Le 30 octobre, 66 criminels, dont un caporal des sbires, furent envoyés aux galères à Civita-Vecchia. À Naples, une secousse de tremblement de terre le 7 octobre effraya la population, entraînant la fermeture des théâtres et l'exposition des principales reliques de l'église métropolitaine. À Parme, la régence versa 60 000 pistoles à la duchesse douairière Henriette de Modène et se préparait à recevoir l'infant Don Carlos. Des rumeurs circulaient sur la fortification de certaines places du duché. À Florence, l'auditeur général Marmos lut un projet de serment que le grand-duc devait prêter en tant que tuteur de Don Carlos. La princesse Dorothée était également tutrice jusqu'à la majorité du prince, fixée à 18 ans. Les escadres du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre, composées de 36 vaisseaux de guerre et 116 bâtiments de transport, apparurent à Livourne le 26 octobre. Le 27, elles commencèrent à débarquer les troupes espagnoles. Les gouverneurs de Pise et de Porto-Ferrajo se rendirent à leurs postes pour recevoir les détachements des troupes espagnoles. À Venise, le renégat Jean Joggia attaqua un vaisseau de la République, massacrant l'équipage et capturant le capitaine. À Gênes, le grand conseil nomma des gentilshommes pour accueillir l'ambassadeur du roi auprès du Saint-Siège. En Corse, le colonel Vela s'empara de la ville de Luncio et reçut la soumission de plusieurs autres villes. Des négociations étaient en cours pour terminer les affaires de l'île, avec l'Empereur comme médiateur potentiel. Les rebelles furent attaqués dans leurs retranchements de Vescovado, mais les troupes subirent des pertes.
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5843
p. 2660
PORTUGAL.
Début :
On écrit de Lisbonne, que le 4. Octobre le Roi, accompagné de l'Infant Don Antoine [...]
Mots clefs :
Infant, Lisbonne, Religieux franciscains de la Réforme
5844
p. 2661
ESPAGNE.
Début :
L'Infant Don Carlos partit de Seville le 20 Octobre ; il est accompagné du Comte de [...]
Mots clefs :
Grand d'Espagne de la premiere classe, Prince, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 20 octobre, l'Infant Don Carlos quitta Séville, accompagné du Comte de Sant Estevan, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit et Grand d'Espagne de la première Classe. Ce dernier exerçait les fonctions de Gouverneur, Grand-Maître de la Maison et Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Catholique. Le Duc de Tursis Doria nomma plusieurs dignitaires pour le Prince : le Prince Corsini comme Grand Chambellan et Grand Échanson, le Comte Ugolini comme Grand Écuyer, le Duc d'Arion comme premier Gentilhomme de la Chambre, et les Marquis de Villaverde, Giustiniani et Don Joseph Castellar comme Majordômes de Semaine. D'autres personnalités, telles que Don Joseph de Miranda et Don Pedre Gasca, furent nommées Gentilshommes de la Chambre, Don Joseph Joachin de Montalegre comme Secrétaire d'État, et Don Lelio Caraffe comme Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps. Le trajet du Prince jusqu'à Perpignan durerait 47 jours. L'Infant fut accompagné jusqu'à trois lieues de Séville par le Prince des Asturies, la Princesse des Asturies et l'Infant Don Philippe. Le lendemain, le Marquis Scotti se rendit à Carmona au nom du Roi et de la Reine pour prendre des nouvelles de la santé du Prince.
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5845
p. 2661-2663
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 21 Octobre vers les 8. heures du soir, le Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans [...]
Mots clefs :
Duc de Lorraine, Ambassadeur, Statue équestre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 21 Octobre vers les 8. heures du soir , le
Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans
le Yacht des Etats - Generaux , à bord duquel il
Pasta
2662 MERCURE DE FRANCE
>
,
passa la nuit. Le 24. vers les neuf heures diz
matin il alla débarquer à la Tour , où le
Comte de Kinski , Envoyé Extr . de l'Empereur,.
alla le recevoir et le conduisit à son Hôtel ,
dans la Place d'Hanover où ce Prince recût
les complimens des Ministres Etrangers , et de
plusieurs Seigneurs de la Cour. L'après-midy,
il fut complimenté de la part du Roy par le
Comte de Scarborough , et de la part du Prince:
de Galles par le Lord Malpas .
>
le
Le 2s ,le Duc de Lorraine partit pour Hamp
toncourt , dans le Carosse du Comte de Kinski
où étoient cet Ambassadeur , et deux autres Personnes
de distinction . Ce Prince étant arrivé à
Hamptoncourt vers les deux heures après midy
il fut reçu par le Lord . Chambellan et par
Comte de Dunmore , Gentil-homme de la Chambre
en quartier ,, qui le conduisirent dans le
Cabinet de S. M d'où il fut conduit à l'Appartement
de la Reine par le Comte de Gran--
tham et ensuite à celui du Prince de Galles..
Vers les 4. heures après midi , le Duc de Lorraine
alla diner à la Maison de Campagne du
Comte de Kinski . Le 27. le Roy , la Reine et
le Duc de Lorraine allerent courir le Cerf dans.
la Forêt de Windsor , avec les Princes et Prin
cesses de la Famille Royale ; vers les
4. heures
êtant revenus à Hamploncourt , ce Prince dina
avec L. M.
•
On apprend de Londres , que le 2 de ce
mois il se tint une Assemblée à l'Hôtel de Ville ,
dans laquelle on présenta une Requête , signée
par un grand nombre de Citoyens et autres 2
pour demander permission d'ériger à leurs propres
frais une Statue Equestre du feu Roy
Guillaume , à l'entrée de Cheapside , qui est la
plus
NOVEMBRE. 1731. 2663
plus belle rue de la Cité ; mais la question ayant:
été proposée , si on feroit la lecture de cette Requête
, la Negative l'emporta de 77. voix contre :
25 , quoique le Lord Maire et huit des Aldermans
qui y étoient presens , eussent vôté
nimement pour en faire la lecture.
E 21 Octobre vers les 8. heures du soir , le
Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans
le Yacht des Etats - Generaux , à bord duquel il
Pasta
2662 MERCURE DE FRANCE
>
,
passa la nuit. Le 24. vers les neuf heures diz
matin il alla débarquer à la Tour , où le
Comte de Kinski , Envoyé Extr . de l'Empereur,.
alla le recevoir et le conduisit à son Hôtel ,
dans la Place d'Hanover où ce Prince recût
les complimens des Ministres Etrangers , et de
plusieurs Seigneurs de la Cour. L'après-midy,
il fut complimenté de la part du Roy par le
Comte de Scarborough , et de la part du Prince:
de Galles par le Lord Malpas .
>
le
Le 2s ,le Duc de Lorraine partit pour Hamp
toncourt , dans le Carosse du Comte de Kinski
où étoient cet Ambassadeur , et deux autres Personnes
de distinction . Ce Prince étant arrivé à
Hamptoncourt vers les deux heures après midy
il fut reçu par le Lord . Chambellan et par
Comte de Dunmore , Gentil-homme de la Chambre
en quartier ,, qui le conduisirent dans le
Cabinet de S. M d'où il fut conduit à l'Appartement
de la Reine par le Comte de Gran--
tham et ensuite à celui du Prince de Galles..
Vers les 4. heures après midi , le Duc de Lorraine
alla diner à la Maison de Campagne du
Comte de Kinski . Le 27. le Roy , la Reine et
le Duc de Lorraine allerent courir le Cerf dans.
la Forêt de Windsor , avec les Princes et Prin
cesses de la Famille Royale ; vers les
4. heures
êtant revenus à Hamploncourt , ce Prince dina
avec L. M.
•
On apprend de Londres , que le 2 de ce
mois il se tint une Assemblée à l'Hôtel de Ville ,
dans laquelle on présenta une Requête , signée
par un grand nombre de Citoyens et autres 2
pour demander permission d'ériger à leurs propres
frais une Statue Equestre du feu Roy
Guillaume , à l'entrée de Cheapside , qui est la
plus
NOVEMBRE. 1731. 2663
plus belle rue de la Cité ; mais la question ayant:
été proposée , si on feroit la lecture de cette Requête
, la Negative l'emporta de 77. voix contre :
25 , quoique le Lord Maire et huit des Aldermans
qui y étoient presens , eussent vôté
nimement pour en faire la lecture.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Du 21 au 27 octobre, le Duc de Lorraine effectua une visite officielle en Angleterre. Le 21 octobre, il arriva à Greenwich et passa la nuit à bord du yacht des États-Généraux. Le 24 octobre, il débarqua à la Tour de Londres où il fut accueilli par le Comte de Kinski, envoyé de l'Empereur, et reçut les compliments des ministres étrangers et de plusieurs seigneurs de la cour. Dans l'après-midi, il fut salué par le Comte de Scarborough au nom du roi et par le Lord Malpas au nom du Prince de Galles. Le 25 octobre, il se rendit à Hampton Court dans le carrosse du Comte de Kinski et fut reçu par le Lord Chambellan et le Comte de Dunmore, qui le conduisirent dans les appartements royaux. Vers 16 heures, il dîna à la maison de campagne du Comte de Kinski. Le 27 octobre, le roi, la reine et le Duc de Lorraine participèrent à une chasse au cerf dans la forêt de Windsor avec les princes et princesses de la famille royale, avant de dîner ensemble à Hampton Court. Par ailleurs, le 2 novembre, une assemblée à l'Hôtel de Ville de Londres rejeta une requête pour ériger une statue équestre du roi Guillaume à l'entrée de Cheapside, malgré le soutien du Lord Maire et de huit aldermen.
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5846
p. 2663-2664
ADDITION.
Début :
Par les dernieres Lettres de Constantinople, on a appris que c'étoit Osman, Pacha de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Grand vizir, Divan, Milice, Tremblement de terre, Bataillon, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
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Résumé : ADDITION.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. À Constantinople, Osman, Pacha de Bosnie, a été nommé Grand Visir et a proposé des mesures pour rétablir la paix entre le Grand Sultan, la milice et le peuple. Il a recommandé de cesser les poursuites contre les suspects des récentes révoltes et de rouvrir les cafés publics, ce qui a conduit à l'abandon des procès en cours et à la nomination de nouveaux responsables militaires. À Moscou, une victoire du roi de Perse sur une troupe ottomane de 20 000 hommes près de Bagdad a été confirmée. En Italie, un tremblement de terre a détruit une grande partie de Barletta et de nombreuses maisons à Canosa, causant plusieurs morts. Par ailleurs, deux bataillons du régiment de Ligneville et le régiment de dragons de Saxe-Gotha se préparent à partir pour Gênes pour renforcer les troupes impériales contre les rebelles corses. À Lisbonne, un décret royal a levé les interdictions de correspondance avec la Cour de Rome, mises en place en juillet 1728.
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5847
p. 2665-2666
MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
Début :
La Princesse Proscovie Jwanewna, sœur de la Czarine mourut à Moscou le 19 du [...]
Mots clefs :
Princesse, Archiduchesse
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
MORTS ,
NAISSANCES ,
L
&
Mariages.
A Princesse Proscovie Jwanewna , soeur de
la Czarine mourut à Moscou le 19 du
mois dernier , dans la 37. année de son âge.
>
La Princesse Jeanne - Christine- Amelie , née
Comtesse de Promniz , Epouse du Prince Auguste
Louis d'Anhalt-Cothen accoucha à
Francfort le 26 d'Octobre , d'un Prince , qui
à été nommé Frederic- Armand .
Le 4. Novembre , l'Archiduchesse , Epouse
du Prince Electoral de Saxe , accoucha à Dresde
d'une Princesse , qui fut baptisée le même jour ,
et nommée Caroline.
La nommée Sara- Fuch , femme d'un Marinier
de Roterbilh , accoucha le io Novembre de
trois enfans , deux mâles et une fille , qui furent
baptisés , et le lendemain d'un autre enfant mâle
qui étoit mort.
Le Lord Jean Russel , épousa à Londres le 227
d'Octobre , Mylady Diane Spencer chez la Duchesse
Douairiere de Marlborough , qui , à cette
occasion , donna un répas magnifique , où l'on
ne se servit que d'assiettes , de plats et de fourchettes
d'or. Cette Dame a eû 30000 livres ster
lings en mariage , et la Duchesse de Marlborough,
sa grande Mere, lui a encore assuré 100
mille livres sterlings après sa mort.
Le Margrave Frederick Ernest , frere du Margrave
2666 MERCURE DE FRANCE
grave de Culmbach Bareith , de la Reine de
Dannemarc , et de la Princesse d'Oestfrise , a été
fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-
Sophie , fille du Duc Ernest Ferdinand de Bruns
wuick-Beveren et de la Princesse Eleonore→
Charlotte de Curlande..
NAISSANCES ,
L
&
Mariages.
A Princesse Proscovie Jwanewna , soeur de
la Czarine mourut à Moscou le 19 du
mois dernier , dans la 37. année de son âge.
>
La Princesse Jeanne - Christine- Amelie , née
Comtesse de Promniz , Epouse du Prince Auguste
Louis d'Anhalt-Cothen accoucha à
Francfort le 26 d'Octobre , d'un Prince , qui
à été nommé Frederic- Armand .
Le 4. Novembre , l'Archiduchesse , Epouse
du Prince Electoral de Saxe , accoucha à Dresde
d'une Princesse , qui fut baptisée le même jour ,
et nommée Caroline.
La nommée Sara- Fuch , femme d'un Marinier
de Roterbilh , accoucha le io Novembre de
trois enfans , deux mâles et une fille , qui furent
baptisés , et le lendemain d'un autre enfant mâle
qui étoit mort.
Le Lord Jean Russel , épousa à Londres le 227
d'Octobre , Mylady Diane Spencer chez la Duchesse
Douairiere de Marlborough , qui , à cette
occasion , donna un répas magnifique , où l'on
ne se servit que d'assiettes , de plats et de fourchettes
d'or. Cette Dame a eû 30000 livres ster
lings en mariage , et la Duchesse de Marlborough,
sa grande Mere, lui a encore assuré 100
mille livres sterlings après sa mort.
Le Margrave Frederick Ernest , frere du Margrave
2666 MERCURE DE FRANCE
grave de Culmbach Bareith , de la Reine de
Dannemarc , et de la Princesse d'Oestfrise , a été
fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-
Sophie , fille du Duc Ernest Ferdinand de Bruns
wuick-Beveren et de la Princesse Eleonore→
Charlotte de Curlande..
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, & Mariages.2265
Le texte relate plusieurs événements familiaux au sein de la noblesse européenne. La Princesse Proscovie Jwanewna, sœur de la Czarine, est décédée à Moscou à l'âge de 37 ans. La Princesse Jeanne-Christine-Amélie, Comtesse de Promniz et épouse du Prince Auguste Louis d'Anhalt-Cothen, a donné naissance à un prince nommé Frédéric-Armand à Francfort. L'Archiduchesse, épouse du Prince Électeur de Saxe, a accouché d'une princesse nommée Caroline à Dresde. Sara Fuch, femme d'un marinier de Roterbilh, a donné naissance à trois enfants, dont un est décédé le lendemain. Le Lord Jean Russel a épousé Mylady Diane Spencer à Londres, avec une dot de 30 000 livres sterling et une assurance de 100 000 livres sterling après le décès de la Duchesse de Marlborough. Le Margrave Frederick Ernest, frère du Margrave de Culmbach Bareith, de la Reine de Dannemarc et de la Princesse d'Oestfrise, s'est fiancé à Brunswick avec la Princesse Christine-Sophie, fille du Duc Ernest Ferdinand de Brunswick-Beveren et de la Princesse Éléonore-Charlotte de Curlande.
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5848
p. 2666-2672
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La veille de la Fête de tous les Saints le Roy, revêtu du grand Colier de [...]
Mots clefs :
Fête de tous les Saints, Ambassadeur extraordinaire, Abbé, Comte, Comédiens-Français
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c:
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En novembre 1731, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour de France. À la veille de la Toussaint, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, se rendit à la chapelle du Château de Versailles pour assister à la messe et communier. La reine fit de même, communiant par les mains du Cardinal de Fleury. Le jour de la fête de la Toussaint, le roi et la reine assistèrent à la grand-messe célébrée par l'évêque de Lectoure et aux vêpres chantées par la musique, avec un sermon du Père Boursault, supérieur des Théatins. Le roi procéda à plusieurs nominations et attributions. Il nomma le Marquis de Vau-cremant ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. L'Abbé Couturier fut élu supérieur général du Séminaire de Saint-Sulpice. Le roi accorda également la survivance de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes à M. Nicolai pour son fils aîné. Le Comte et la Comtesse du Roure arrivèrent de Languedoc et furent reçus avec honneurs au Saint-Esprit, leur gouvernement. Des représentations théâtrales eurent lieu à la cour, notamment 'Le Comte d'Essex' et 'La Reconciliation Normande'. Le 12 novembre, l'ouverture du Parlement se fit par une messe solennelle célébrée par l'évêque de Nevers. Le 1er novembre, un concert spirituel fut donné aux Tuileries, avec des œuvres de M. Mouret et de M. de la Lande. Le 26 novembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée, remboursant 309 actions. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques, dont l'Abbaye de Madieu à l'Abbé Bastarot et l'Abbaye de Vauluisant à l'archevêque de Besançon. Une lettre du Comte de Blannes décrivit la fête donnée par la Princesse de Conti à l'occasion de son mariage avec Mademoiselle de la Rochefoucault de Nuilly. Cette fête inclut un souper illuminé, une épithalame chantée, un feu d'artifice et une bénédiction nuptiale par l'archevêque de Tours.
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5849
p. 2677-2679
ODE A M. BOUHIER. Nommé premier Evêque de Dijon.
Début :
Scavantes filles de mémoire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Lyre, Ouvrage, Grandeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A M. BOUHIER. Nommé premier Evêque de Dijon.
ODE
A M. BOUHI ER.
Nommé premier Evêque de Dijon .
Scavantes Cavantes filles de mémoire ,
Daignez m'inspirer en ce jour ,
C'est travailler à votre gloire ,
Que de seconder mon amour.
Mais quel est le feu qui m'inspire ,
A prendre en main ma foible Lyre ?
'Auriez-vous exaucé mes voeux ?
Oui , Muses , un secret présage
7
Me dit que c'est là votre ouvrage;
Soutenez vos soins genereux.
D'un Prélat ennemi du vice ,
Le mérite est enfin connu ,
Un Roy , guidé par la justice ,
Vient de couronner sa vertu ;
BOUHIER , ne crois pas que je fonde ,
Sur ta tige illustre et féconde ,
Ce nouvel éclat de Grandeur ;
Ce Monarque en tout équitable ,
S'il en croyoit un plus capable ,
Ne te feroit pas cet honneur.
I iij Bijon
2678 MERCURE
DE FRANCE
Dijon , ton heureuse patrie ,
A mes accents mêle sa voix ;
Tu l'entends cette voix chérie
Du Prince elle approuve le choix ,
Ce Roy le plus sage du monde ,
Sans ton humilité profonde
T'auroit couronné dès long- temps ,
Mais la sagesse qui te guide
Met la gloire la plus solide ,
A fuir les honneurs éclatans.
>
Déja chacun de nous soupire
Après ce moment précieux ,
Où la vertu sous ton Empire ,
Fera le bonheur de ces lieux ;
La foible et timide innocence ,
Depuis si long-temps sans deffense
Va retrouver un protecteur.
Déja par une fuite prompte
Le vice porte ailleurs la honte
De voir en toy son
1
destructeur.
Mais si de mon ardeur extrême
Je voulois suivre les transports ,
Ma Lyre en louant ce que j'aime ,
Pourroit enfin manquer d'accords ;
Impa
OVEMBRE . 1731. 2679
imposons
silence à ma Muse ;
Car je m'apperçois que trop j'abuse
Du temps qu'il perd à m'écouter ,
Les momens sont chers à son zele
Le soin de son Troupeau l'appelle ,
Et ce soin lui fait tout quittér.
C. R. C. V. S. E.
A M. BOUHI ER.
Nommé premier Evêque de Dijon .
Scavantes Cavantes filles de mémoire ,
Daignez m'inspirer en ce jour ,
C'est travailler à votre gloire ,
Que de seconder mon amour.
Mais quel est le feu qui m'inspire ,
A prendre en main ma foible Lyre ?
'Auriez-vous exaucé mes voeux ?
Oui , Muses , un secret présage
7
Me dit que c'est là votre ouvrage;
Soutenez vos soins genereux.
D'un Prélat ennemi du vice ,
Le mérite est enfin connu ,
Un Roy , guidé par la justice ,
Vient de couronner sa vertu ;
BOUHIER , ne crois pas que je fonde ,
Sur ta tige illustre et féconde ,
Ce nouvel éclat de Grandeur ;
Ce Monarque en tout équitable ,
S'il en croyoit un plus capable ,
Ne te feroit pas cet honneur.
I iij Bijon
2678 MERCURE
DE FRANCE
Dijon , ton heureuse patrie ,
A mes accents mêle sa voix ;
Tu l'entends cette voix chérie
Du Prince elle approuve le choix ,
Ce Roy le plus sage du monde ,
Sans ton humilité profonde
T'auroit couronné dès long- temps ,
Mais la sagesse qui te guide
Met la gloire la plus solide ,
A fuir les honneurs éclatans.
>
Déja chacun de nous soupire
Après ce moment précieux ,
Où la vertu sous ton Empire ,
Fera le bonheur de ces lieux ;
La foible et timide innocence ,
Depuis si long-temps sans deffense
Va retrouver un protecteur.
Déja par une fuite prompte
Le vice porte ailleurs la honte
De voir en toy son
1
destructeur.
Mais si de mon ardeur extrême
Je voulois suivre les transports ,
Ma Lyre en louant ce que j'aime ,
Pourroit enfin manquer d'accords ;
Impa
OVEMBRE . 1731. 2679
imposons
silence à ma Muse ;
Car je m'apperçois que trop j'abuse
Du temps qu'il perd à m'écouter ,
Les momens sont chers à son zele
Le soin de son Troupeau l'appelle ,
Et ce soin lui fait tout quittér.
C. R. C. V. S. E.
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Résumé : ODE A M. BOUHIER. Nommé premier Evêque de Dijon.
L'ode célèbre la nomination de M. Bouhier comme premier évêque de Dijon. Inspirée par les Muses, l'œuvre exprime la joie et l'admiration de l'auteur pour cette distinction. Le roi, guidé par la justice, a récompensé la vertu de Bouhier non pas en raison de sa lignée, mais de ses mérites personnels. Dijon, la patrie de Bouhier, approuve ce choix royal. L'auteur souligne que l'humilité de Bouhier a retardé cette reconnaissance, mais il est désormais attendu avec impatience comme protecteur de l'innocence et destructeur du vice. L'auteur conclut en imposant silence à sa muse, respectant le dévouement de Bouhier à ses responsabilités pastorales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5850
p. 2683-2688
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Charles-Maurice Colbert de Villacerf, Abbé de S. Pierre de Neusle [...]
Mots clefs :
Marquis, Écuyer du roi, Docteur en théologie, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
· Harles Maurice Colbert de Villacert
,Abbé de S. Pierre de Neanfle
-le vieil et de S. André en Goulfer
mourut le 26 d'Octobre .
"
>
Le 27 , N. Pezey , Herault er Garde-
Armorial , Frere servant d'Armes des
Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. de Mont-Carmel et de
S. Lazare de Jerusalem , ancien Directeur
de l'Académie de S. Luc , mourut
âgé de 83 ans.
D. Claire-Marie , née Princesse de Lis
...I vj gre,
2684 MERCURE DE FRANCE
gne , Epouse de M. Scipion-Louis-Joseph
de la Garde , Marquis de Chambonas
, Comte de S. Julliat , Baron des
Etats de Languedoc , Lieutenant de Roy
de la même Province , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde
du Roy , mourut à Paris le 5 de ce mois ,
âgée de 30. ans.
> M. Claude-Adrien de Baussan Chevalier
, Seigneur de Toiry , Frere de
l'Intendant de Poitiers , ancien Ecuyer
du Roy , mourut le 7 , âgé de so. ans,
ou environ. Il fut nommé par le Roy
pour commander l'Equipage que S. M.
envoya pour conduire la Reine en Fran
ce. Cette Princesse l'honora d'une pension
, et lui donna d'autres marques dignes
de la liberalité de S. M.
>
Le même jour , M. Louis - François
Maurin, Doyen des Auditeurs des Comptes
, mourut âgé de 77. ans .
D. Charlotte de Serre , Veuve de M.
François le Bas du Plessis , Ecuyer , ancien
Trésorier de l'Extraordinaire des
Guerres mourut aussi le même jour ,
âgée de 66. ans .
و
Honoré , Comte de Ste. Maure , Marquis
d'Archiac , Baron de la Tour Blanche
, Seigneur de la Feüillade , Premier
Ecuyer de la Grande Ecurie du Roy
mourut
NOVEMBRE . 1731. 2635
mourut à Paris le 8 , dans la 79 année
de son âge. Il avoit été Menin de M. le
Dauphin , Ayeul de S. M
Ecuyer de M. le Duc de Berry , et Capitaine
de la Plaine S. Denis.
و
M ,
Premier
>
Le ୨ D. Marguerite Cherré Veuve
de Nicolas le Clerc , Ecuyer , Seigneur
de Brisguiche et de Riberpré , ancien
Trésorier General de l'Extraordinaire des
Cuerres , mourut âgée de 64. ans.
Dame Pelagic Constance du Lis , Epou
se de M. Pierre de Brilhac , Seigneur de
la Vicomté de Geneay , &c . Premier Président
du Parlement de Bretagne , Con-
-seiller du Roy en tous ses Conseils
mourut à Paris le 11 Novembre , âgée
d'environ 40. ans .
Michel- Pierre d'Argouges , Evêque de
Perigueux , et Abbé de N. D. de Jouy',
mourut dans son Diocèse le 13. de ce
mois , dans la 47. année de son âge.
Guy de la Rochefoucauld , Duc de la
Rocheguyon , Comte de Durtal , Baron
d'Estissac , &c. Mestre de Camp de Cavalerie
, mourut le 16 de ce mois , âgé
d'environ 32. ans. Son corps fut transporté
de l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse ,
en celle de Ste . Geneviève , où est la sé
pulture de sa Maison. Il fut presenté au
R. P. Prieur par M. l'Abbé Amé , Docteur
2636 MERCURE DE FRANCE
teur en Théologie , lequel fit à ce sujet
un Discours également pieux et éloquent.
Le 3 Septembre dernier , le Marquis
de Sabrevois des Cluselles , Capitaine au
Regiment du Maine Cavalerie , épousa
Françoise Louise de Quiry , fille de Louis,
Comte de Quiry , Lieutenant General de
la Province d'Aunix , Ville et Gouverne
ment de la Roch lle , Isle de Rhé , Brouage
, Rochefort , Oleron , Places et Forteresses
en dépendantes , Châteaux et
Isles adjacentes , Gouverneur des Tours ,
Ports , Havres et Chaines de la Rochelle,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de l'Ordre Royal et Militaire de S.
Louis , et de Dame Marie de Malesieux
Dame d'honneur de S. A. S. Mademoiselle
du Maine , La maison de Sabrevois
est ancienne , puisqu'elle tenoir rang dès
Pan 1368 , suivant un compte de Jean le
Mercier , Trésorier General des Guerres
en ladite année . Claude de Sabrevois ,
en 1932. Chambellan du Roy , et Chevalier
de son ordre . Charles de Sabrevois ,
Chevalier de Malthe , fut reçu Grand
Prieur de France le 12 Juin 1617 , alliez
à la maison de Mailly , de vieux Pont
Epinay , Alegre , &c. La Ceremonie fut
faite par l'Evêque de Lavaur , Oncle de
La
NOVEMBRE . 1731. 287
la nouvelle mariée , dans la Chapelle de
M. le Comte de Guiry , à Bagneux , près
Paris..
M. François du Four, sieur de la Tour,
Chevalier , Seigneur , Baron de Veze en
Auvergne , Capitaine au Regiment de la
Ferté Imbaut ; épousa le trois du mois
passé au Château de Pully , près de Baugenci
, M Rose Gédoyn , fille de M.Alphonse
Gédoyn , Chevalier , Seigneur de
Pully , Capitaine des Vaisseaux du Roy
Gouverneur de la Ville et du Château de
Baugenci , et de Dame Rose Tourtié.
Cette Demoiselle qui a l'honneur d'être
alliée à plusieurs grandes Maisons , telles
que les Maisons de Gesvre , de Canillac ,
de Saucour , de Gravilles , et à plusieurs
familles distinguées dans l'Epée et dans
la Robbe , descend en droite ligne de ce
Robert Gédoyn , si célébre en son temps,,
qui a été Sécretaire des Commandemens
sous quatre de nos Rois , et dont nous./
lisons cette belle Epitaphe dans les Ocuvres
de Marot.
Sçais- tu , passant , de qui est ce tombeau ?
D'un , qui jadis , en cheminant tout beau ,
Monta plus haut que tous ceux qui se hâtent
C'est le tombeau , là où les vers s'apartent,
C'est
2888 MERCURE DE FRANCE
Du bon vieillard agréable et heureux ,
Dont tu as vû tout le monde amoureux .
Cy - gît , hélas ! plus je ne le puis taire ,
Robert Gédoyn , excellent Secretaire ,
Qui quatre Rois servit sans désaroi ,
Maintenant est avecque le grand Roy ,
Où il repose après travail et peine.
Or avécu personne d'âge plein ,
Pleine de biens & vertus honorables ',
Puis a laissé ce monde misérable "
Sans le regret qui l'homme souvent mord ;
O vie heureuse ! ô bien heureuse mort !
François - Louis de Lovel de Murat ,
Comte de Nogaret de Calvisson , âgé
d'environ dix huit ans , fils de Louis de
Murat de Nogaret , Marquis de Calvisson
, &c. Baron des Etats de Languedoc ,
Colonel d'Infanterie , Commandant pour
le Roy de la Ville de Marsillargues , et de
Dame Louise de Louet de Murat de Nogaret
de Calvisson, épousa le 22 Novembre
, Dame Anne- Magdelaine - Adelaïde
de Maupeou , âgée de seize ans ; fille de
René-Charles de Maupeou , Marquis de
Morangle et de Montigny, &c . President
au Parlement ; et de Dame Anne- Victoire
de Lamoignon de Courson . La célébration
fut faite dans l'Eglise Paroissialle
de S. Paul de cette Ville .
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En octobre et novembre 1731, plusieurs décès et mariages notables ont été enregistrés. En octobre, plusieurs personnalités ont décédé, notamment Harles Maurice Colbert de Villacert, abbé de Saint-Pierre de Neanfle et de Saint-André en Goulfer, le 26 octobre. N. Pezey, héraldiste et ancien directeur de l'Académie de Saint-Luc, est mort à l'âge de 83 ans le 27 octobre. Claire-Marie, princesse de Lisle et épouse de Scipion-Louis-Joseph de la Garde, marquis de Chambonas, est décédée à l'âge de 30 ans le 5 octobre. Claude-Adrien de Baussan, chevalier et ancien écuyer du roi, est mort à l'âge de 60 ans le 7 octobre. Louis-François Maurin, doyen des auditeurs des comptes, est décédé à l'âge de 77 ans le 7 octobre. Charlotte de Serre, veuve de François le Bas du Plessis, ancien trésorier des guerres, est morte à l'âge de 66 ans le 7 octobre. Honoré, comte de Sainte-Maure et marquis d'Archiac, premier écuyer de la grande écurie du roi, est décédé à l'âge de 79 ans le 8 octobre. En novembre, d'autres décès ont été signalés, tels que Marguerite Cherré, veuve de Nicolas le Clerc, ancien trésorier général des guerres, à l'âge de 64 ans le 10 novembre. Pelagic Constance du Lis, épouse de Pierre de Brilhac, premier président du Parlement de Bretagne, est morte à environ 40 ans le 11 novembre. Michel-Pierre d'Argouges, évêque de Périgueux, est décédé à l'âge de 47 ans le 13 novembre. Guy de La Rochefoucauld, duc de La Rocheguyon et maître de camp de cavalerie, est mort à environ 32 ans le 16 novembre. Concernant les mariages, le marquis de Sabrevois des Cluselles a épousé Françoise Louise de Quiry le 3 septembre 1731. François du Four, seigneur de Vèze, a épousé Rose Gédoyn le 3 octobre 1731. Enfin, François-Louis de Lovel de Murat, comte de Nogaret de Calvisson, a épousé Anne-Magdelaine-Adélaïde de Maupeou le 22 novembre 1731.
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