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5201
p. 1891-1894
Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi s'éveilla vers les cinq heures du matin avec un mouvement [...]
Mots clefs :
Roi, Matin, Metz, Fièvre, Douleur, Saignée, Bataillons de la milice, Maréchal de Belle-Isle
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texteReconnaissance textuelle : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Le S de ce mois , le Roi s'éveilla vers les:
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
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Résumé : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
En août 1744, le roi tomba malade avec de la fièvre et une douleur à la tête. Une saignée lui apporta un soulagement temporaire, suivie d'une purge qui améliora son état. Le 10 août, les symptômes réapparurent, nécessitant une nouvelle saignée et un médicament pour faciliter l'écoulement de la bile. Parallèlement, le roi arriva à Metz le 4 août après un parcours marqué par des démonstrations de joie. À Metz, il fut accueilli par 16 bataillons de milice et des bataillons de bourgeois et d'enfants. Le maréchal de Belle-Isle lui remit les clefs de la ville. Le roi visita la cathédrale avec l'évêque et le chapitre, puis se rendit au gouvernement. Son passage fut célébré par des arcs de triomphe, des fontaines de vin et des illuminations. Le parlement de Metz, dirigé par M. de Montholon, lui rendit hommage. Les jours suivants, le roi inspecta les fortifications et les nouvelles constructions de la citadelle, exprimant sa satisfaction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5202
p. 1894
« Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...] »
Début :
Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Armée, Rhin
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texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...] »
Le Maréchal de Noailles , qui avoit quitté
le Roi à la Ferre pour ſe rendre à Metz , y
attendit S. M. & après avoir reçû fes ordres
, il partit le 6 , pour fe rendre à l'armée
du Roi , qui eft fur le Rhin , où il devoit
arriver le 9.
2
Les troupes qui ont marché de Flandre
pour aller fur le Rhin , arriverent près de
Metz le z & le 4 de ce mois , & elles en
font parties fur trois Colonnes , pour aller
joindre l'armée commandée par
de Coigny.
le Roi à la Ferre pour ſe rendre à Metz , y
attendit S. M. & après avoir reçû fes ordres
, il partit le 6 , pour fe rendre à l'armée
du Roi , qui eft fur le Rhin , où il devoit
arriver le 9.
2
Les troupes qui ont marché de Flandre
pour aller fur le Rhin , arriverent près de
Metz le z & le 4 de ce mois , & elles en
font parties fur trois Colonnes , pour aller
joindre l'armée commandée par
de Coigny.
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5203
p. 1894-1895
Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On chanta le 8 après midi dans l'Eglise Cathédrale le Te Deum en action de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Te Deum, Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
On chanta le 8 après midi dans l'Eglife
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
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Résumé : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Le 8 août 1744, un Te Deum fut chanté à Metz pour célébrer la prise du Château Dauphin et des retranchements de la Vallée de Sture. L'évêque de Metz officia. La ville fut illuminée et des réjouissances eurent lieu. Le roi, souffrant de fièvre et de maux de tête, ne put assister à la cérémonie. Le 9 août, sa fièvre légère lui permit de prendre un médicament apaisant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5204
p. 1895-1898
« Le Maréchal de Coigny, occupe toujours le camp qu'il a pris derriere la Riviere de [...] »
Début :
Le Maréchal de Coigny, occupe toujours le camp qu'il a pris derriere la Riviere de [...]
Mots clefs :
Troupes, Ennemis, Camp, Armée, Duc d'Harcourt
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texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Coigny, occupe toujours le camp qu'il a pris derriere la Riviere de [...] »
Le Maréchal de Coigny , occupe toujours
le camp qu'il a pris derriere la Riviere de
Brufch , & par fa difpofition il couvre toute
la Haute-Alface , & les Débouchés de la
Gorge de Schirmeck , de celle de Ville , &
de celle de Ste Marie aux Mines , par laquelle
les troupes que le Roi a fait partir
de Flandre , ont marché pour joindre l'armée
commandée par ce Maréchal . Toutes
ces troupes ont dû y être arrivées le 10 de
ce mois , à l'exception des 13 Efcadrons de
la Maifon du Roi , qui ne devoient joindre
l'armée que le 12. Le Maréchal de Coigny
tient par fa droite à la Riviere d'Ill & au
Rhin , & il a établi des communications .
avec la Ville de Strasbourg.
Le Duc d'Harcourt eft campé à Phalfbourg
avec les troupes qui font fous les ordres , &
par le pofte qu'il occupe , il ôte aux ennemis
les moyens de pouvoir pénetrer en deçà des
Vauges dans la Lorraine & dans les Trois
Evêchés.
Le
1896 MERCURE DE FRANCE.
·
1
Le Prince Charles de Lorraine étoit le g
dans fon même camp d'Hochfeld, ayant devant
lui la Riviere de Sorn , qu'il n'avoit
pas encore paffée , & depuis quelques jours
il n'avoit fait aucun mouvement.
Le Corps de troupes que commande le
Comte de Nadafti , & qui eft compofé de
10 à 12000 hommes , eft toujours à Saverne
, & il occupe une partie de la Montagne
qui conduit à Phalfbourg , & dans laquelle
ce Général a fait faire des abbatis d'arbres
& des retranchemens .
Le Comte de Berencklau eft avec un
Corps de troupes à Enheim , entre Strafbourg
& Drufenheim. Les ennemis continuent
de combler les Lignes de la Lautern ,
& de détruire les Ouvrages de Lauterbourg.
Ayant replié les ponts qu'ils avoient fur le
Rhin , ils les ont fait remonter , & il paroît
que le Comte de Berencklau a pour objet
de couvrir les nouveaux ponts que les ennemis
ont deffein d'établir . On a eû ces
nouvelles de la pofition des troupes du Roi
& de celle des ennemis par des lettres de
Metz du 10 de ce mois,
On mande de Phalfbourg du 14 de ce mois,
que le 13 , fur l'avis d'un mouvement fait
par l'armée que commande le Prince Charles
de Lorraine , le Duc d'Harcourt jugea à
propos de chaffer de leur camp les 10 ou
3
12000
AOUST. 1744. 1897
12000 hommes , qui étoient à Saverne fous
les ordres du Comte de Nadafti .
Il fit attaquer de front & par les revers
tous les retranchemens que les ennemis
avoient faits fur la hauteur & qui étoient
gardés par des Pandoures & par des Croates,
& ces retranchemens furent emportés l'épée
à la main. On pourfuivit les ennemis jufques
à Saverne , où l'on entrá pefle-mêle
avec eux; ils furent contraints d'abandonner
auffi ce pofte , & le Duc d'Harcourt , les
ayant pouffés à un quart de lieuë par de-là ,
fit halte pour fe remettre en bataille.
Le Prince Charles , dont le mouvement
n'avoit eû pour objet que de
procurer plus
facilement des fubfiftances à fon armée, ayant
été informé par des Aides de Camp & par
les fuyards, de l'avantage que le Duc d'Harcourt
venoit remporter , détacha fous le
commandement du Baron de Berenklau ,'
pour aller au fecours du Comte de Nadafti ,
toute l'aîle droite de fon armée laquelle
n'étoit qu'à deux lieues de Saverne.”
A l'approche d'un nombre fi fupérieur , qui
marchoit fur deux Colonnes , le Duc d'Harcourt
fe retira , & ayant pris de fi juftes inéfures
, que fon arriere garde ne pût être entamée
, il ramena fes troupes dans fon
camp, qui n'avoit point été détendu.
›
Tous les Déferteurs & les Payfans rapportent
1898 MERCURE DE FRANCE.
portent
unanimement que les ennemis on
perdu en cette occafion près de 1200 hommes.
Les François ont eû 128 hommes de
bleffés , & 71 de tués , du nombre defquels
font trois Officiers.
Depuis cette action , le Baron de Beren-
Klau eft refté à Saverne avec un Corps de
14000 hommes.
le camp qu'il a pris derriere la Riviere de
Brufch , & par fa difpofition il couvre toute
la Haute-Alface , & les Débouchés de la
Gorge de Schirmeck , de celle de Ville , &
de celle de Ste Marie aux Mines , par laquelle
les troupes que le Roi a fait partir
de Flandre , ont marché pour joindre l'armée
commandée par ce Maréchal . Toutes
ces troupes ont dû y être arrivées le 10 de
ce mois , à l'exception des 13 Efcadrons de
la Maifon du Roi , qui ne devoient joindre
l'armée que le 12. Le Maréchal de Coigny
tient par fa droite à la Riviere d'Ill & au
Rhin , & il a établi des communications .
avec la Ville de Strasbourg.
Le Duc d'Harcourt eft campé à Phalfbourg
avec les troupes qui font fous les ordres , &
par le pofte qu'il occupe , il ôte aux ennemis
les moyens de pouvoir pénetrer en deçà des
Vauges dans la Lorraine & dans les Trois
Evêchés.
Le
1896 MERCURE DE FRANCE.
·
1
Le Prince Charles de Lorraine étoit le g
dans fon même camp d'Hochfeld, ayant devant
lui la Riviere de Sorn , qu'il n'avoit
pas encore paffée , & depuis quelques jours
il n'avoit fait aucun mouvement.
Le Corps de troupes que commande le
Comte de Nadafti , & qui eft compofé de
10 à 12000 hommes , eft toujours à Saverne
, & il occupe une partie de la Montagne
qui conduit à Phalfbourg , & dans laquelle
ce Général a fait faire des abbatis d'arbres
& des retranchemens .
Le Comte de Berencklau eft avec un
Corps de troupes à Enheim , entre Strafbourg
& Drufenheim. Les ennemis continuent
de combler les Lignes de la Lautern ,
& de détruire les Ouvrages de Lauterbourg.
Ayant replié les ponts qu'ils avoient fur le
Rhin , ils les ont fait remonter , & il paroît
que le Comte de Berencklau a pour objet
de couvrir les nouveaux ponts que les ennemis
ont deffein d'établir . On a eû ces
nouvelles de la pofition des troupes du Roi
& de celle des ennemis par des lettres de
Metz du 10 de ce mois,
On mande de Phalfbourg du 14 de ce mois,
que le 13 , fur l'avis d'un mouvement fait
par l'armée que commande le Prince Charles
de Lorraine , le Duc d'Harcourt jugea à
propos de chaffer de leur camp les 10 ou
3
12000
AOUST. 1744. 1897
12000 hommes , qui étoient à Saverne fous
les ordres du Comte de Nadafti .
Il fit attaquer de front & par les revers
tous les retranchemens que les ennemis
avoient faits fur la hauteur & qui étoient
gardés par des Pandoures & par des Croates,
& ces retranchemens furent emportés l'épée
à la main. On pourfuivit les ennemis jufques
à Saverne , où l'on entrá pefle-mêle
avec eux; ils furent contraints d'abandonner
auffi ce pofte , & le Duc d'Harcourt , les
ayant pouffés à un quart de lieuë par de-là ,
fit halte pour fe remettre en bataille.
Le Prince Charles , dont le mouvement
n'avoit eû pour objet que de
procurer plus
facilement des fubfiftances à fon armée, ayant
été informé par des Aides de Camp & par
les fuyards, de l'avantage que le Duc d'Harcourt
venoit remporter , détacha fous le
commandement du Baron de Berenklau ,'
pour aller au fecours du Comte de Nadafti ,
toute l'aîle droite de fon armée laquelle
n'étoit qu'à deux lieues de Saverne.”
A l'approche d'un nombre fi fupérieur , qui
marchoit fur deux Colonnes , le Duc d'Harcourt
fe retira , & ayant pris de fi juftes inéfures
, que fon arriere garde ne pût être entamée
, il ramena fes troupes dans fon
camp, qui n'avoit point été détendu.
›
Tous les Déferteurs & les Payfans rapportent
1898 MERCURE DE FRANCE.
portent
unanimement que les ennemis on
perdu en cette occafion près de 1200 hommes.
Les François ont eû 128 hommes de
bleffés , & 71 de tués , du nombre defquels
font trois Officiers.
Depuis cette action , le Baron de Beren-
Klau eft refté à Saverne avec un Corps de
14000 hommes.
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Résumé : « Le Maréchal de Coigny, occupe toujours le camp qu'il a pris derriere la Riviere de [...] »
Le Maréchal de Coigny est positionné derrière la rivière de Bruch pour couvrir la Haute-Alsace et les débouchés des gorges de Schirmeck. Il attend les 13 escadrons de la Maison du Roi pour le 12 août. Ses troupes sont situées à droite sur la rivière d'Ill et le Rhin, avec des communications établies avec Strasbourg. Le Duc d'Harcourt est campé à Phalsbourg pour empêcher les ennemis de pénétrer en Lorraine et dans les Trois-Évêchés. Le Prince Charles de Lorraine est stationné à Hochfeld sans mouvement notable. Le Comte de Nadasti commande un corps de 10 à 12 000 hommes à Saverne, avec des fortifications vers Phalsbourg. Le Comte de Berenklau est à Enheim, entre Strasbourg et Drusenheim, pour surveiller les ponts ennemis sur le Rhin. Le 13 août, le Duc d'Harcourt attaque et repousse les troupes ennemies de Saverne après avoir été alerté par un mouvement du Prince Charles. Les pertes ennemies sont estimées à près de 1 200 hommes, tandis que les Français comptent 128 blessés et 71 morts, dont trois officiers. Après l'affrontement, le Baron de Berenklau reste à Saverne avec 14 000 hommes.
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5205
p. 1898
Départ de Versailles de la Reine, de Monseigneur le Dauphin & de Mesd. de France pour Metz, [titre d'après la table]
Début :
La Reine partit du Château de Versailles le 15 de ce mois à sept heures du matin, [...]
Mots clefs :
Reine, Monseigneur le Dauphin, Mesdames de France
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texteReconnaissance textuelle : Départ de Versailles de la Reine, de Monseigneur le Dauphin & de Mesd. de France pour Metz, [titre d'après la table]
La Reine partit du Château de Verfailles
le 15 de ce mois à fept heures du matin,
pour fe rendre à Metz auprès du Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de
France font auffi partis , pour ſe rapprocher
de S. M.
le 15 de ce mois à fept heures du matin,
pour fe rendre à Metz auprès du Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de
France font auffi partis , pour ſe rapprocher
de S. M.
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5206
p. 1898
« Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Début :
Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Procession
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texteReconnaissance textuelle : « Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Le même jour , Fête de l'Affomption de la
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
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Résumé : « Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Le 15 août, jour de l'Assomption, une procession solennelle a été organisée selon le vœu de Louis XIII. Dirigée par l'abbé d'Harcourt, elle a réuni plusieurs institutions parisiennes. L'archevêque de Paris a ordonné des prières des Quarante-Heures pour la guérison du roi, débutées ce jour-là.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5207
p. 1899-1902
Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 18 de ce mois, que la médecine qu'on fit prendre au Roi le [...]
Mots clefs :
Roi, Douleur de tête, Fièvre, Évacuations, Redoublement, Saignée du pied
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texteReconnaissance textuelle : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 18 de ce mois ,
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
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Résumé : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'état de santé dégradé du Roi, qui souffre d'une fièvre intense et de douleurs à la tête. Le 18 du mois, il apparaît que les médicaments administrés le 11 n'ont pas apporté de soulagement. Le 12, malgré des évacuations abondantes, la fièvre et la douleur s'intensifient. Le 13, une nouvelle saignée est effectuée sans succès. Le Roi reçoit les derniers sacrements avec dévotion. Les jours suivants, divers traitements sont tentés, incluant des saignées, des purgatifs et des applications de sangsues, mais sans amélioration significative. Le 17, le Roi passe une nuit paisible et son état montre une légère amélioration. La Reine arrive à Metz le soir du 17.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5208
p. 1902-1903
« La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...] »
Début :
La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Noailles, Ponts, Armée, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...] »
La nuit du 15 au 16 de ce mois , le Prince
Charles de Lorraine a repaffé la Riviere
de Sorn , & eft allé camper entre Bicheveiller
& Drufenheim , pour être plus à portée
ponts , fur lefquels il a déja fait paffer
une partie de l'aîle gauche de l'armée de
la Reine de Hongrie.
de fes
Le Corps commandé par le Baron de Berenklau
, ayant abandonné Saverne le 15 à
dix heures du foir , le Duc d'Harcourt a fait
occuper ce pofte le lendemain au matin.
On a jetté deux ponts fur le Rhin par ordre
du Maréchal de Noailles , mais une
grande crue d'eau les ayant dérangés,on n'a
dû en faire ufage que le is au foir , & ce
jour- là toutes les troupes venues de Flandre
ont traversé Strafbourg , afin d'aller ſe poſ
ter fous le Ruiffeau de Foufflevierge.
Le Maréchal de Coigny & le Maréchal de
Seckendorf ont paffé le même jour la Bruch,
&
A O UST. 1744. 1903
C
ils ont établi leur camp à la gauche des
troupes qui font fous les ordres du Maréchal
de Noailles. Le Duc d'Harcourt devoit
les aller joindre , & toute l'armée devoit
marcher enfuite , pour s'approcher des ennemis.
Charles de Lorraine a repaffé la Riviere
de Sorn , & eft allé camper entre Bicheveiller
& Drufenheim , pour être plus à portée
ponts , fur lefquels il a déja fait paffer
une partie de l'aîle gauche de l'armée de
la Reine de Hongrie.
de fes
Le Corps commandé par le Baron de Berenklau
, ayant abandonné Saverne le 15 à
dix heures du foir , le Duc d'Harcourt a fait
occuper ce pofte le lendemain au matin.
On a jetté deux ponts fur le Rhin par ordre
du Maréchal de Noailles , mais une
grande crue d'eau les ayant dérangés,on n'a
dû en faire ufage que le is au foir , & ce
jour- là toutes les troupes venues de Flandre
ont traversé Strafbourg , afin d'aller ſe poſ
ter fous le Ruiffeau de Foufflevierge.
Le Maréchal de Coigny & le Maréchal de
Seckendorf ont paffé le même jour la Bruch,
&
A O UST. 1744. 1903
C
ils ont établi leur camp à la gauche des
troupes qui font fous les ordres du Maréchal
de Noailles. Le Duc d'Harcourt devoit
les aller joindre , & toute l'armée devoit
marcher enfuite , pour s'approcher des ennemis.
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Résumé : « La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...] »
La nuit du 15 au 16 du mois, le Prince Charles de Lorraine a traversé la rivière de Sorn et s'est positionné entre Bicheveiller et Drufenheim. Il a déjà fait passer une partie de l'aile gauche de l'armée de la Reine de Hongrie sur les ponts. Le 15, le corps dirigé par le Baron de Berenklau a quitté Saverne à dix heures du soir, et le Duc d'Harcourt a pris position à Saverne le lendemain matin. Sur ordre du Maréchal de Noailles, deux ponts ont été construits sur le Rhin, mais une crue les a endommagés, permettant leur utilisation seulement le 16 au soir. Ce jour-là, toutes les troupes venues de Flandre ont traversé Strasbourg pour se poster sous le ruisseau de Foufflevierge. Les Maréchaux de Coigny et de Seckendorf ont traversé la Bruch et établi leur camp à gauche des troupes du Maréchal de Noailles. Le Duc d'Harcourt devait les rejoindre, et toute l'armée devait ensuite avancer pour se rapprocher des ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5209
p. 1903-1904
« On a appris de S. Malo, que le Navire le Comte de Maurepas, qui y a été armé en [...] »
Début :
On a appris de S. Malo, que le Navire le Comte de Maurepas, qui y a été armé en [...]
Mots clefs :
Corsaire, Equipage, Dunkerque, Navires anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de S. Malo, que le Navire le Comte de Maurepas, qui y a été armé en [...] »
On a appris de S. Malo , que le Navire le
Comte de Maurepas , qui y a été armé en
courſe , avoit conduit à Morlaix le Corfaire
Anglois le Fermer , de 75 hommes d'équipage
, duquel il s'eft emparé après un combat
de deux heures.
Suivant les avis reçûs de Dunkerque , le
Capitaine Omaert-Valeck , qui commande
le Vailleau l'Amitié , a pris les Bâtimens la
Jeune Elizabeth & la Demoiselle Marianne ,
dont la charge confiftoit en Merrains , & le
Boxton , qui avoit la fienne en Charbon de
terre.
Ces avis ajoûtent que le Corfaire le Mercure
volant s'étoit rend maître de trois autres
Navires Anglois , nommés l'un le Thomas
Elizabeth , l'autre le Guilaume & Sara , & le
troifiéme le Friendshys , qu'il a rançonnés
les deux premiers pour la fomme de cent
livres fterlings, le dernier pour 415 , & que
le Vaiffeau le Phoenix , de Witheafen , armé
de dix canons & de dix pierriers , fur lequel
on a trouvé 237 Boucaux de Tabac
avoit
1904 MERCURE DE FRANCE.
avoit été enlevé par le Corfaire le Harang
couronné,
Les lettres de Calais marquent que le
Capitaine Noël Guillaume Denis , Commandant
le Corfaire la Suzanne s'eft emparé
des Navires le Hopwel , le Hofpetil , le Strafford
, le Saly , les Trois Amis , l'Helene
Marguerite l'Unité , la Marguerite & l'Alexandre
, chargés de Riz , de Taffia , de Sel ,
de Stocfish , de Fer , de Gayaç & de Bois de
Campeche ; qu'il a rançonné les fept derniers
pour la fomme de 855 livres fterlings:
qu'il a conduit les deux premiers à Dunkerque
, & qu'après avoir fait paffer fur fon
bord l'équipage & les marchandiſes du Vaiffeau
l'Alexandre , il l'a fait couler à fond à
caufe du mauvais état de ce Bâtiment.
Comte de Maurepas , qui y a été armé en
courſe , avoit conduit à Morlaix le Corfaire
Anglois le Fermer , de 75 hommes d'équipage
, duquel il s'eft emparé après un combat
de deux heures.
Suivant les avis reçûs de Dunkerque , le
Capitaine Omaert-Valeck , qui commande
le Vailleau l'Amitié , a pris les Bâtimens la
Jeune Elizabeth & la Demoiselle Marianne ,
dont la charge confiftoit en Merrains , & le
Boxton , qui avoit la fienne en Charbon de
terre.
Ces avis ajoûtent que le Corfaire le Mercure
volant s'étoit rend maître de trois autres
Navires Anglois , nommés l'un le Thomas
Elizabeth , l'autre le Guilaume & Sara , & le
troifiéme le Friendshys , qu'il a rançonnés
les deux premiers pour la fomme de cent
livres fterlings, le dernier pour 415 , & que
le Vaiffeau le Phoenix , de Witheafen , armé
de dix canons & de dix pierriers , fur lequel
on a trouvé 237 Boucaux de Tabac
avoit
1904 MERCURE DE FRANCE.
avoit été enlevé par le Corfaire le Harang
couronné,
Les lettres de Calais marquent que le
Capitaine Noël Guillaume Denis , Commandant
le Corfaire la Suzanne s'eft emparé
des Navires le Hopwel , le Hofpetil , le Strafford
, le Saly , les Trois Amis , l'Helene
Marguerite l'Unité , la Marguerite & l'Alexandre
, chargés de Riz , de Taffia , de Sel ,
de Stocfish , de Fer , de Gayaç & de Bois de
Campeche ; qu'il a rançonné les fept derniers
pour la fomme de 855 livres fterlings:
qu'il a conduit les deux premiers à Dunkerque
, & qu'après avoir fait paffer fur fon
bord l'équipage & les marchandiſes du Vaiffeau
l'Alexandre , il l'a fait couler à fond à
caufe du mauvais état de ce Bâtiment.
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Résumé : « On a appris de S. Malo, que le Navire le Comte de Maurepas, qui y a été armé en [...] »
Plusieurs actions corsaires ont été menées avec succès contre des navires anglais. Le 'Comte de Maurepas' a capturé le corsaire anglais 'Fermer' après un combat de deux heures. À Dunkerque, le capitaine Omaert-Valeck a pris trois navires : 'Jeune Elizabeth', 'Demoiselle Marianne' et 'Boxton'. Le 'Mercure volant' a capturé trois navires anglais : 'Thomas Elizabeth', 'Guillaume & Sara' et 'Friendshys', les rançonnant pour 100 et 415 livres sterling. Le 'Phoenix', chargé de tabac, a été capturé par le 'Harang couronné'. Le capitaine Noël Guillaume Denis, à bord du 'Suzanne', a capturé plusieurs navires anglais ('Hopwel', 'Hofpetil', 'Strafford', 'Saly', 'Trois Amis', 'Helene Marguerite', 'Unité', 'Marguerite', 'Alexandre'), chargés de diverses marchandises telles que du riz, du tafia, du sel, du stockfish, du fer, du gaïac et du bois de Campeche. Il a rançonné sept de ces navires pour 855 livres sterling, conduit deux à Dunkerque, et coulé l''Alexandre' en raison de son mauvais état.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5210
p. 1904-1911
ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
Début :
Le Roi arriva le 21 Juillet sur les dix heures du matin à la Ville d'Arras. Le chemin, [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Magistrat, Armes, Arras, Échevins, Hôtel de ville, Cité, Joie, Lanternes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
ARRIVEE & féjour du Roi à Arras,
Le Roi arriva le 21 Juillet fur les dix heures
du matin à la Ville d'Arras. Le chemin ,
qui fe trouve entre la Porte de Meaulens &
le Fauxbourg , étoit bordé par les Archers
& les Arbalètriers , habillés uniformement ,
avec leurs Drapeaux & leurs Tambours. On
y avoit aufli fait rraannggeerr en haye le Corps
des Bouchers & celui des Portefaix , qui font
en poffeffion d'escorter le Magiftrat dans les
grandes Cérémonies. Les uns & les autres
étoient vêtus proprement, & armés de fufils,
A O UST. 1744 . 1905
à l'exception d'un certain nombre de Bouchers
, qui , outre leurs habits finguliers ,
portoient de grands couteaux au lieu d'épées
, & des haches au lieu de moufquets .
On avoit placé près de la Barriere tous les
Joueurs d'Inftrumens qu'on avoit pû raffembler.
Au pied du Glacis étoit le Corps de
Ville en Robes noires & en Boucles , * qui
fut préfenté au Roi par M, de la Roque ,
Commandant de la Place , en l'abſence
du Gouverneur & du Lieutenant Général
de la Province , ainfi que du Gouverneur
Particulier de la Ville. A la vûë du Roi,
qui fit fon entrée à cheval , les Echevins &
les autres Officiers du Magiftrat , mirent un
genou en terre , & M. Anfart , Confeiller-
Penfionnaire , complimenta S. M, en ces
termes.
SIRE ,
» Permettez qu'au nom des Habitans de
« votre Ville d'Arras , nous nous jettions
» aux pieds de V. M. pour lui renouveller
» les proteftations de notre fincere obéïffan-
» ce & de notre inviolable fidelité. La joye
» que nous infpire votre augufte préfence ,
» eft d'autant plus vive , que nous pouvons
aujourd'hui par nous -mêmes vous offrir
»
La Boucle eft une bande de velours rouge, brodée
d'or , que le Mayeur , les Echevins & les Affeffeurs
portent fur l'épaule.
I » nos
1906 MERCURE DE FRANCE.
و ر
> nos coeurs , nos fortunes & notre vie ,
» & admirer en la Perfonne facrée de V. M.
l'éclat de fes nouvelles victoires . Tels font,
« SIRE , les vrais fentimens d'un Peuple,
» qui vous eft inviolablement attaché , &
» qui ne ceffera de former des voeux pour la
» confervation de V. M, & pour la profpé-
» rité de fes armes,
La Harangue finie , M. Boucquel du Valhuon
, Moufquetaire de la Garde du Roi, &
Mayeur de la Ville , remit au Commandant
un Baffin d'argent , où étoient deux clefs du
même métail , fur lefquelles étoient gravées
les Armes de la Ville . Le Commandant préfenta
ce Baffin à S. M. qui prit les Clefs , &
les remit au Duc de Villeroi.
Enfuite le Roi entra dans la Ville au fon
des Violons , des Hautbois , des Tambours ,
& au bruit des acclamations du Peuple
; on fonna auffi toutes les cloches , &
il fe fit une triple décharge de l'artillerie
des Remparts.
Le Roi ayant traverſé une partie de la Ville
, prit fa route par la Porte de la Cité , *
dont les Echevins rendirent en cet endroit
leurs refpects à S. M. De-là elle alla faire ſa
priere à l'Eglife Cathédrale , où elle fut
* La Cité eft un Quartier féparé du reste de la Ville
ar une muraille & un foffé. Elle eft ſoumise à la Juifdiction
de l'Evêque , qui en nomme les Echevins,
comAO
UST. 1744. 1907
complimentée par l'Evêque & par le Prévôt
du Chapitre.
Ce Prince étant rentré dans la Ville , fe
rendit au Gouvernement , que le Magiftrat
avoit fait meubler , & S. M. y reçût, fuivant
l'ancien ufage , les préfens de la Ville , confiftant
en quatre douzaines de pains , & en
autant de bouteilles de vin de Bourgogne.
Le lendemain 22 Juillet , le Confeil Provincial
& Supérieur d'Artois fut admis à
l'audience du Roi , M. Palifor d'Incourt .
Premier Préfident , porta la parole en ces .
termes .
SIRE ,
» La guerre , qui attire après elle tant de
» malheurs , procure aujourd'hui à votre
» Confeil Supérieur d'Artois le plus grand
» de tous les bonheurs , celui de vous préfenter
fes plus refpectueux hommages , &
» de porter devant V. M. les voeux ardens ,
que chaque jour nous faifons pour elle
» aux pieds du Trône de l'Eternel.
"
»
L'Europe, aveugle jufqu'à ce jour fur fes
» véritables intérêts & fur toutes les vûës
"pacifiques de V. M. j'ajoûte , SIRE ,
» l'Europe étonnée du progrès glorieux de
» de vos armes , reconnoît avec furpriſe par
» la conquête rapide de Furnes , Ypres &
» Menin , qu'il n'y a pas d'ennemis qui
» ofent foutenir la force de votre bras, quand
I ij » vous
1908 MERCURE DE FRANCE.
» vous portez vous- même les coups dont
» vous les terraffez, La Juftice , qui marche
» à la tête de toutes vos entreprifes le lui
» fait fentir de plus en plus ; elle l'en con-
» vaincra encore davantage , en continuant
» d'accroître vos victoires & vos triomphes .
و ر
» Parmi la joye que caufent dans les coeurs
» de tous vos Sujets vos glorieux Exploits ,
»V.M. nous permettra de l'affûrer qu'il n'y
»en a pas de plus pure & de plus fincere
» que celle que les Habitans de cette Province
reflentent aujourd'hui de poffeder
» votre Perfonne facrée dans la Capitale.
» Le caractere de votre Peuple d'Artois ,
SIRE , eft de refpecter , d'aimer, de fer-
>> vir & d'adorer en quelque forte fon Sou-
» verain , fans le voir. Que ne ferons-nous
point , après avoir contemplé les graces ,
»fenti les bontés , & admiré les vertus de
» V.M !
"
Le Magiftrat avoit fait fabler toutes les
rues où le Roi devoit paffer. La plupart
des maiſons étoient ornées de Tapifleries ,
de Peintures , d'Inſcriptions , de fleurs & de
feuillages.
On éleva au carrefour de S. Aubert un Arc
de triomphe à deux faces . L'une étoit décorée
d'un Ordre Dorique, furmonté d'un Attique
, avec une Balustrade , au- deffus de laquelle
on avoit placé les Armes du Roi dans
le
A O UST. 1744. 1909
le milieu , & aux côtés , des Palmiers por
tant des Drapeaux & toutes fortes d'Inftru
mens Militaires. L'autre face étoit compo
fée d'un Ravalement , fur lequel étoit auffi
un Attique en Baluftrade , dont le milieu of
froit les Armes de la Ville d'Arras ; on voyoit
au-deffus le Chiffre du Roi , accompagné
de Trophées.
Cet Edifice , qui étoit chargé de differens
Emblêmes à la louange de S. M. a été
dreffé fur les Deffeins & exécuté par les foins
du Sr d'Huez , Peintre de l'Académie de
Rome , Sculpteur & Architecte.
Le 21 au foir & les deux jours fuivans ,
la façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée
d'une quantité prodigieufe de Lampions, difpofés
en forme de Soleils , d'Etoiles , de
Fleurs - de- Lys , de Lettres de cinq pieds de
hauteur , qui compofoient plufieurs Vive le
Ri , &c. Dix grandes Niches vuides , qui
fe trouvent à ce Bâtiment , étoient remplies
de Lanternes de toile fort bien éclairées . On
avoit peint fur cinq de ces Lanternes , plus
élevées que les autres, des Perfonnages fymboliques
, repréfentant les principales Vertus
du Roi , fçavoir la Religion , la Bonté , la
Justice , la Val: ur & la Prudence . L'une des
cinq Figures d'en bas offroit la Victoire , tenant
une Palme & une branche d'Olivier ,
avec ces mots : Pariet victoria Pacem. D'un
I iij côté
1910 MERCURE DE FRANCE.
côté étoit une Renommée , embouchant fa
Trompette , dont la banderole portoit Proavum
aquavit , & aux pieds de la Figure étoit
écrit Nuntia veri. On avoit mis de l'autre
côté une feconde Renommée , qui préfentoit
fur fa banderole les noms des quatre
Places fortes , conquiſes en Flandre par
le
Roi , Menin , Ypres , la Kenoque & Furnes :
Au bas étoit cette Infcription , Uno hæc omnia
menfe. L'Hiftoire paroiffoit plus loin ,fous
la forme d'une femme tenant une plume &
un Livre , & regardant fixement le Portrait
du Roi , avec ces paroles , Hiftoria quanta
materies ! Enfin on voyoit un Apollon , touchant
fa Lyre , aux pieds duquel étoit le
Vers fuivant.
Vix rapidos poterit Regis cantare triumphos .
Il y avoit encore à l'Hôtel de Ville plu
feurs Cartouches illuminés , où on lifoit entre
autres ces Infcriptions :
LV DOVICI regls VISV eX V Ltat
atrebatVM. reX IVLIO SIMILIS VenIt ,
VIDet , atqVe VInCIt.
Tot vix Ipra dies quot reftitit Ilion annos.
Le Béfroi , Clocher remarquable par ſa
hauteur , par fa délicateffe & par fon Architecture
, quoique Gothique, fut auffi éclairé
d'un
A O UST. 1744. 1911
•
d'un grand nombre de lanternes & de ter
rines remplies de gaudron .
De plus ,le Magiftrat fit conftruire dans les
trois Places de la Ville , de grandes Piramides
, qui furent entierement garnies de
Lampions.
Il y eut outre cela de très belles Illumina
tions à l'Hôtel des Etats , au Confeil d'Artois
, à la Cathédrale & à l'Hôtel des Echevins
de la Cité , fans compter celles de toutes
les maifons particulieres , entre lefquelles
il s'en eft trouvé beaucoup de frappantes
par le nombre , l'arrangement & la vivacité
des lumieres. On fit des Feux par toute la
Ville & la Cité ; enfin les Habitans n'ont
rien épargné pour témoigner la joye qu'ils
reffentoient de la préfence de leur Souverain;
les rues les plus écartées & , pour ainf
dire, les plus pauvres , retentiffoient des mêmes
acclamations , brilloient des mêmes, fignes
de réjouiffance , que les quartiers les
plus beaux & les mieux habités.
Le Roi,pendant fon féjour à Arras, donna
plufieurs marques de fatisfaction & de
bonté.
Ce Prince partit le 24 vers les fix heures
du matin. Le Magiftrat en Corps l'attendoit
depuis quatre heures à la Barriere de Ronville
, avec le même cortége , dont il étoit
accompagné à l'entrée de S. M. qui prit le
chemin de Bapaume. I iiij VERS
Le Roi arriva le 21 Juillet fur les dix heures
du matin à la Ville d'Arras. Le chemin ,
qui fe trouve entre la Porte de Meaulens &
le Fauxbourg , étoit bordé par les Archers
& les Arbalètriers , habillés uniformement ,
avec leurs Drapeaux & leurs Tambours. On
y avoit aufli fait rraannggeerr en haye le Corps
des Bouchers & celui des Portefaix , qui font
en poffeffion d'escorter le Magiftrat dans les
grandes Cérémonies. Les uns & les autres
étoient vêtus proprement, & armés de fufils,
A O UST. 1744 . 1905
à l'exception d'un certain nombre de Bouchers
, qui , outre leurs habits finguliers ,
portoient de grands couteaux au lieu d'épées
, & des haches au lieu de moufquets .
On avoit placé près de la Barriere tous les
Joueurs d'Inftrumens qu'on avoit pû raffembler.
Au pied du Glacis étoit le Corps de
Ville en Robes noires & en Boucles , * qui
fut préfenté au Roi par M, de la Roque ,
Commandant de la Place , en l'abſence
du Gouverneur & du Lieutenant Général
de la Province , ainfi que du Gouverneur
Particulier de la Ville. A la vûë du Roi,
qui fit fon entrée à cheval , les Echevins &
les autres Officiers du Magiftrat , mirent un
genou en terre , & M. Anfart , Confeiller-
Penfionnaire , complimenta S. M, en ces
termes.
SIRE ,
» Permettez qu'au nom des Habitans de
« votre Ville d'Arras , nous nous jettions
» aux pieds de V. M. pour lui renouveller
» les proteftations de notre fincere obéïffan-
» ce & de notre inviolable fidelité. La joye
» que nous infpire votre augufte préfence ,
» eft d'autant plus vive , que nous pouvons
aujourd'hui par nous -mêmes vous offrir
»
La Boucle eft une bande de velours rouge, brodée
d'or , que le Mayeur , les Echevins & les Affeffeurs
portent fur l'épaule.
I » nos
1906 MERCURE DE FRANCE.
و ر
> nos coeurs , nos fortunes & notre vie ,
» & admirer en la Perfonne facrée de V. M.
l'éclat de fes nouvelles victoires . Tels font,
« SIRE , les vrais fentimens d'un Peuple,
» qui vous eft inviolablement attaché , &
» qui ne ceffera de former des voeux pour la
» confervation de V. M, & pour la profpé-
» rité de fes armes,
La Harangue finie , M. Boucquel du Valhuon
, Moufquetaire de la Garde du Roi, &
Mayeur de la Ville , remit au Commandant
un Baffin d'argent , où étoient deux clefs du
même métail , fur lefquelles étoient gravées
les Armes de la Ville . Le Commandant préfenta
ce Baffin à S. M. qui prit les Clefs , &
les remit au Duc de Villeroi.
Enfuite le Roi entra dans la Ville au fon
des Violons , des Hautbois , des Tambours ,
& au bruit des acclamations du Peuple
; on fonna auffi toutes les cloches , &
il fe fit une triple décharge de l'artillerie
des Remparts.
Le Roi ayant traverſé une partie de la Ville
, prit fa route par la Porte de la Cité , *
dont les Echevins rendirent en cet endroit
leurs refpects à S. M. De-là elle alla faire ſa
priere à l'Eglife Cathédrale , où elle fut
* La Cité eft un Quartier féparé du reste de la Ville
ar une muraille & un foffé. Elle eft ſoumise à la Juifdiction
de l'Evêque , qui en nomme les Echevins,
comAO
UST. 1744. 1907
complimentée par l'Evêque & par le Prévôt
du Chapitre.
Ce Prince étant rentré dans la Ville , fe
rendit au Gouvernement , que le Magiftrat
avoit fait meubler , & S. M. y reçût, fuivant
l'ancien ufage , les préfens de la Ville , confiftant
en quatre douzaines de pains , & en
autant de bouteilles de vin de Bourgogne.
Le lendemain 22 Juillet , le Confeil Provincial
& Supérieur d'Artois fut admis à
l'audience du Roi , M. Palifor d'Incourt .
Premier Préfident , porta la parole en ces .
termes .
SIRE ,
» La guerre , qui attire après elle tant de
» malheurs , procure aujourd'hui à votre
» Confeil Supérieur d'Artois le plus grand
» de tous les bonheurs , celui de vous préfenter
fes plus refpectueux hommages , &
» de porter devant V. M. les voeux ardens ,
que chaque jour nous faifons pour elle
» aux pieds du Trône de l'Eternel.
"
»
L'Europe, aveugle jufqu'à ce jour fur fes
» véritables intérêts & fur toutes les vûës
"pacifiques de V. M. j'ajoûte , SIRE ,
» l'Europe étonnée du progrès glorieux de
» de vos armes , reconnoît avec furpriſe par
» la conquête rapide de Furnes , Ypres &
» Menin , qu'il n'y a pas d'ennemis qui
» ofent foutenir la force de votre bras, quand
I ij » vous
1908 MERCURE DE FRANCE.
» vous portez vous- même les coups dont
» vous les terraffez, La Juftice , qui marche
» à la tête de toutes vos entreprifes le lui
» fait fentir de plus en plus ; elle l'en con-
» vaincra encore davantage , en continuant
» d'accroître vos victoires & vos triomphes .
و ر
» Parmi la joye que caufent dans les coeurs
» de tous vos Sujets vos glorieux Exploits ,
»V.M. nous permettra de l'affûrer qu'il n'y
»en a pas de plus pure & de plus fincere
» que celle que les Habitans de cette Province
reflentent aujourd'hui de poffeder
» votre Perfonne facrée dans la Capitale.
» Le caractere de votre Peuple d'Artois ,
SIRE , eft de refpecter , d'aimer, de fer-
>> vir & d'adorer en quelque forte fon Sou-
» verain , fans le voir. Que ne ferons-nous
point , après avoir contemplé les graces ,
»fenti les bontés , & admiré les vertus de
» V.M !
"
Le Magiftrat avoit fait fabler toutes les
rues où le Roi devoit paffer. La plupart
des maiſons étoient ornées de Tapifleries ,
de Peintures , d'Inſcriptions , de fleurs & de
feuillages.
On éleva au carrefour de S. Aubert un Arc
de triomphe à deux faces . L'une étoit décorée
d'un Ordre Dorique, furmonté d'un Attique
, avec une Balustrade , au- deffus de laquelle
on avoit placé les Armes du Roi dans
le
A O UST. 1744. 1909
le milieu , & aux côtés , des Palmiers por
tant des Drapeaux & toutes fortes d'Inftru
mens Militaires. L'autre face étoit compo
fée d'un Ravalement , fur lequel étoit auffi
un Attique en Baluftrade , dont le milieu of
froit les Armes de la Ville d'Arras ; on voyoit
au-deffus le Chiffre du Roi , accompagné
de Trophées.
Cet Edifice , qui étoit chargé de differens
Emblêmes à la louange de S. M. a été
dreffé fur les Deffeins & exécuté par les foins
du Sr d'Huez , Peintre de l'Académie de
Rome , Sculpteur & Architecte.
Le 21 au foir & les deux jours fuivans ,
la façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée
d'une quantité prodigieufe de Lampions, difpofés
en forme de Soleils , d'Etoiles , de
Fleurs - de- Lys , de Lettres de cinq pieds de
hauteur , qui compofoient plufieurs Vive le
Ri , &c. Dix grandes Niches vuides , qui
fe trouvent à ce Bâtiment , étoient remplies
de Lanternes de toile fort bien éclairées . On
avoit peint fur cinq de ces Lanternes , plus
élevées que les autres, des Perfonnages fymboliques
, repréfentant les principales Vertus
du Roi , fçavoir la Religion , la Bonté , la
Justice , la Val: ur & la Prudence . L'une des
cinq Figures d'en bas offroit la Victoire , tenant
une Palme & une branche d'Olivier ,
avec ces mots : Pariet victoria Pacem. D'un
I iij côté
1910 MERCURE DE FRANCE.
côté étoit une Renommée , embouchant fa
Trompette , dont la banderole portoit Proavum
aquavit , & aux pieds de la Figure étoit
écrit Nuntia veri. On avoit mis de l'autre
côté une feconde Renommée , qui préfentoit
fur fa banderole les noms des quatre
Places fortes , conquiſes en Flandre par
le
Roi , Menin , Ypres , la Kenoque & Furnes :
Au bas étoit cette Infcription , Uno hæc omnia
menfe. L'Hiftoire paroiffoit plus loin ,fous
la forme d'une femme tenant une plume &
un Livre , & regardant fixement le Portrait
du Roi , avec ces paroles , Hiftoria quanta
materies ! Enfin on voyoit un Apollon , touchant
fa Lyre , aux pieds duquel étoit le
Vers fuivant.
Vix rapidos poterit Regis cantare triumphos .
Il y avoit encore à l'Hôtel de Ville plu
feurs Cartouches illuminés , où on lifoit entre
autres ces Infcriptions :
LV DOVICI regls VISV eX V Ltat
atrebatVM. reX IVLIO SIMILIS VenIt ,
VIDet , atqVe VInCIt.
Tot vix Ipra dies quot reftitit Ilion annos.
Le Béfroi , Clocher remarquable par ſa
hauteur , par fa délicateffe & par fon Architecture
, quoique Gothique, fut auffi éclairé
d'un
A O UST. 1744. 1911
•
d'un grand nombre de lanternes & de ter
rines remplies de gaudron .
De plus ,le Magiftrat fit conftruire dans les
trois Places de la Ville , de grandes Piramides
, qui furent entierement garnies de
Lampions.
Il y eut outre cela de très belles Illumina
tions à l'Hôtel des Etats , au Confeil d'Artois
, à la Cathédrale & à l'Hôtel des Echevins
de la Cité , fans compter celles de toutes
les maifons particulieres , entre lefquelles
il s'en eft trouvé beaucoup de frappantes
par le nombre , l'arrangement & la vivacité
des lumieres. On fit des Feux par toute la
Ville & la Cité ; enfin les Habitans n'ont
rien épargné pour témoigner la joye qu'ils
reffentoient de la préfence de leur Souverain;
les rues les plus écartées & , pour ainf
dire, les plus pauvres , retentiffoient des mêmes
acclamations , brilloient des mêmes, fignes
de réjouiffance , que les quartiers les
plus beaux & les mieux habités.
Le Roi,pendant fon féjour à Arras, donna
plufieurs marques de fatisfaction & de
bonté.
Ce Prince partit le 24 vers les fix heures
du matin. Le Magiftrat en Corps l'attendoit
depuis quatre heures à la Barriere de Ronville
, avec le même cortége , dont il étoit
accompagné à l'entrée de S. M. qui prit le
chemin de Bapaume. I iiij VERS
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Résumé : ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
Le roi arriva à Arras le 21 juillet vers dix heures du matin, accueilli par des groupes armés et vêtus uniformément, ainsi que par des musiciens. Le corps de ville, en robes noires et boucles, présenta le roi, bien que le gouverneur et le lieutenant général de la province fussent absents. À l'entrée du roi à cheval, les échevins et officiers du magistrat s'agenouillèrent et M. Anfart, conseiller-pensionnaire, exprima la loyauté et la joie des habitants. M. Boucquel du Valhuon, maire, remit les clés de la ville au roi, qui les confia au duc de Villeroi. Le roi entra ensuite dans la ville au son des instruments et des acclamations, tandis que les cloches sonnaient et que l'artillerie tirait des salves. Il se rendit à la cathédrale pour prier, puis reçut des présents de la ville. Le lendemain, le conseil provincial d'Artois fut reçu par le roi, exprimant ses hommages et ses vœux pour ses victoires. Les rues étaient ornées de tapisseries, peintures, inscriptions, fleurs et feuillages. Un arc de triomphe fut érigé au carrefour de Saint-Aubert, décoré des armes du roi et de la ville. La façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée avec des lampions formant des soleils, étoiles, fleurs de lys et lettres proclamant 'Vive le Roi'. Les niches du bâtiment étaient remplies de lanternes représentant des vertus royales et des figures symboliques. Le Béguinage et diverses institutions furent également éclairés. Les habitants manifestèrent leur joie par des feux et des acclamations. Le roi quitta Arras le 24 au matin, accueilli par le magistrat à la barrière de Ronville.
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5211
p. 1912
VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
Début :
DE la splendeur qui l'environne [...]
Mots clefs :
Roi, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
VERS de M. Bauvin , Avocat , & Membre
de la Societé Littéraire d'Arras
l'arrivée du Roi en cette Ville.
DE la fplendeur qui l'environne
Sur
LOUIS daigne nous honorer ;
Profitons des inftans que ce Héros nous donne ,
Pour le voir & pour l'admirer.
Où font donc ces regards menaçans & terribles
Dont il frappoit nos ennemis ?
Ils ofoient fe croire invincibles ;
Son ſeul aſpect les a ſoumis.
De fa préfence formidable
1
Nous ne fentons pas les effets ;
Contre fes ennemis c'eft un Roi redoutable ;
C'eft un Pere pour les Sujers.
de la Societé Littéraire d'Arras
l'arrivée du Roi en cette Ville.
DE la fplendeur qui l'environne
Sur
LOUIS daigne nous honorer ;
Profitons des inftans que ce Héros nous donne ,
Pour le voir & pour l'admirer.
Où font donc ces regards menaçans & terribles
Dont il frappoit nos ennemis ?
Ils ofoient fe croire invincibles ;
Son ſeul aſpect les a ſoumis.
De fa préfence formidable
1
Nous ne fentons pas les effets ;
Contre fes ennemis c'eft un Roi redoutable ;
C'eft un Pere pour les Sujers.
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Résumé : VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
Le poème de M. Bauvin, avocat et membre de la Société Littéraire d'Arras, célèbre la visite du roi Louis dans cette ville. Il souligne l'honneur de cette visite et invite les habitants à admirer le roi. Le roi est décrit comme redoutable envers ses ennemis et bienveillant envers ses sujets, qu'il protège comme un père. Sa splendeur, sa puissance et son rôle protecteur sont mis en avant.
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5212
p. 1912-1914
PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Début :
Le 24 Juillet, sur les neuf heures du matin, le Roi passant à Bapaume, en Artois, pour se rendre [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Peuple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Le 24 Juillet , fur les neuf heures du matin , le
Roi paffant à Bapaume , en Artois , pour se rendre
de la Frontiere de Flandre à fon armée d'Alface ,
Sa Majesté fut reçûë hors de la Ville par le Magiftrat
en Corps & en habits de cérémonie , ayant à ſa
tête M. Dubois , Lieutenant de Roi & Commandant
de la Place.
Les Compagnies des Archers & des Arbalêtriers
étoient rangées en haye pour contenir le Peuple,qui
s'etoit raffemblé de toutes parts , & qui faifoit éclatex
A O US. T. 1744. 1913
er la joye par des cris réiterés de Vive le Roi. On
fi ceffer le plûtôt qu'il fut poffible , ces premieres
acclamations , & M. Lorin , Subdelegué de l'Intendance
, qui s'étoit chargé de porter la parole , ayant
mis un genou en terre , dit au Roi :
כ כ
>>
SIRE ,
Quel bonheur pour la petite Ville de Bapaume
d'apporter ces foibles marques de fon relpect &
» de fon obéiffance jufqu'aux pieds d'un Roi pré-
» cieux à fes Sujets & réveré de fes ennemis même,
plus grand encore par la pureté de les motifs, que
par la rapidité de les fuccès , dont l'augufte pré-
» fence affûre partout le repos de fes Frontieres , &
» fait respecter par les Nations , les plus jaloufes de
notre bonheur , la fageffe & la fupériorité de fes
» Vûës pour le bien général de l'Europe !
, כ
Puiffe , SIRE , le Dieu des Victoires & de la
" Paix combler Votre Majefté de fes Bénédictions
les plus abondantes , & les mefurer fur les Voeux
" ardens d'un Peuple dont vous emportez tous les
" coeurs !
Le Roi parut fatisfait de cette courte Harangue ,
qu'il avoit écoutée avec bonté , & S. M. ayant pris
deux Clefs d'argent , qui lui furent préfentées dans
un Baffin par M. Devife , Mayeur de la Ville , à genoux
, auffi bien que le reste du Magiftrat , elle les
remit au Duc de Villeroi , Capitaine de fes Gardes
, après quoi ayant reçû le Plan de cette Place
de M de Salmon , Ingénieur en Chef, S. M. traverfa
la Ville au bruit du canon des Remparts &
aux acclamations d'un Peuple nombreux.
-Les rues par où le Roi paffa , & prefque toutes cel
les de la Ville , étoient fablées & ornées de feuillages
, de Guirlandes & de Couronnes de fleurs , entremêlées
d'Infcriptions & de Devifes à la gloire de
S. M. On avoit préparé en face de l'Hôtel de Ville
un Feu de tonneaux , à la maniere du Pays , embelli
LY de
1914 MERCURE DE FRANCE.
de Peintures & de Banderoles , mais ce feu ne fut
allumé que le 26 au foir , les habitans de cette petite
Ville ayant continué pendant trois jours entiers
les marques publiques qu'ils ont données d'une
fatisfaction inexprimable.
Le 24 Juillet , fur les neuf heures du matin , le
Roi paffant à Bapaume , en Artois , pour se rendre
de la Frontiere de Flandre à fon armée d'Alface ,
Sa Majesté fut reçûë hors de la Ville par le Magiftrat
en Corps & en habits de cérémonie , ayant à ſa
tête M. Dubois , Lieutenant de Roi & Commandant
de la Place.
Les Compagnies des Archers & des Arbalêtriers
étoient rangées en haye pour contenir le Peuple,qui
s'etoit raffemblé de toutes parts , & qui faifoit éclatex
A O US. T. 1744. 1913
er la joye par des cris réiterés de Vive le Roi. On
fi ceffer le plûtôt qu'il fut poffible , ces premieres
acclamations , & M. Lorin , Subdelegué de l'Intendance
, qui s'étoit chargé de porter la parole , ayant
mis un genou en terre , dit au Roi :
כ כ
>>
SIRE ,
Quel bonheur pour la petite Ville de Bapaume
d'apporter ces foibles marques de fon relpect &
» de fon obéiffance jufqu'aux pieds d'un Roi pré-
» cieux à fes Sujets & réveré de fes ennemis même,
plus grand encore par la pureté de les motifs, que
par la rapidité de les fuccès , dont l'augufte pré-
» fence affûre partout le repos de fes Frontieres , &
» fait respecter par les Nations , les plus jaloufes de
notre bonheur , la fageffe & la fupériorité de fes
» Vûës pour le bien général de l'Europe !
, כ
Puiffe , SIRE , le Dieu des Victoires & de la
" Paix combler Votre Majefté de fes Bénédictions
les plus abondantes , & les mefurer fur les Voeux
" ardens d'un Peuple dont vous emportez tous les
" coeurs !
Le Roi parut fatisfait de cette courte Harangue ,
qu'il avoit écoutée avec bonté , & S. M. ayant pris
deux Clefs d'argent , qui lui furent préfentées dans
un Baffin par M. Devife , Mayeur de la Ville , à genoux
, auffi bien que le reste du Magiftrat , elle les
remit au Duc de Villeroi , Capitaine de fes Gardes
, après quoi ayant reçû le Plan de cette Place
de M de Salmon , Ingénieur en Chef, S. M. traverfa
la Ville au bruit du canon des Remparts &
aux acclamations d'un Peuple nombreux.
-Les rues par où le Roi paffa , & prefque toutes cel
les de la Ville , étoient fablées & ornées de feuillages
, de Guirlandes & de Couronnes de fleurs , entremêlées
d'Infcriptions & de Devifes à la gloire de
S. M. On avoit préparé en face de l'Hôtel de Ville
un Feu de tonneaux , à la maniere du Pays , embelli
LY de
1914 MERCURE DE FRANCE.
de Peintures & de Banderoles , mais ce feu ne fut
allumé que le 26 au foir , les habitans de cette petite
Ville ayant continué pendant trois jours entiers
les marques publiques qu'ils ont données d'une
fatisfaction inexprimable.
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Résumé : PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Le 24 juillet, le roi traversa la ville de Bapaume en Artois, se rendant de la frontière de Flandre à son armée d'Allemagne. Il fut accueilli par le magistrat, dirigé par M. Dubois, et des compagnies d'archers et d'arbalétriers. La foule exprima sa joie par des cris de 'Vive le Roi'. M. Lorin, subdélégué de l'Intendance, prononça une harangue en l'honneur du roi, soulignant son respect, son obéissance et les succès rapides du roi. Le roi reçut deux clefs d'argent du maire, M. Devise, et un plan de la place de M. Salmon, ingénieur en chef. Il traversa ensuite la ville au son du canon et des acclamations, les rues étant décorées de feuillages, de guirlandes, de couronnes de fleurs et de devises en l'honneur du roi. Un feu de tonneaux fut allumé devant l'hôtel de ville le 26 au soir. Les habitants de Bapaume manifestèrent leur satisfaction pendant trois jours.
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5213
p. 1914-1916
TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Début :
LE Parlement ayant été informé de la maladie du Roi, s'assembla le 17 Août & arrêta que M. [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Chapelle, Cour, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
TEDEUM chanté à la Chapelle du Palais
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
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Résumé : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Le Parlement de Paris, informé de la maladie du roi, s'est réuni le 17 août et a envoyé M. Dufranc à Metz pour évaluer son état de santé. M. Dufranc a rencontré le roi le 19 août et a rapporté une amélioration. De retour à Paris le 21 août, il a informé le Parlement, qui a décidé de célébrer un Te Deum en action de grâce. Le 22 août, les chambres du Parlement se sont assemblées pour écouter le compte rendu de M. Dufranc. La cérémonie religieuse a eu lieu dans la chapelle de la grand'salle du Palais, dirigée par M. de Vichy de Chanron, avec la participation du chœur de la Sainte-Chapelle et d'autres musiciens. Après le Te Deum, le 'Domine salvum fac Regem' a été chanté, suivi de prières et d'une bénédiction.
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5214
p. 1916
« Le Roi a appris par le Comte de Montmorency, que le Prince de Conty a envoyé à S. M. & qui arriva [...] »
Début :
Le Roi a appris par le Comte de Montmorency, que le Prince de Conty a envoyé à S. M. & qui arriva [...]
Mots clefs :
Château de Démont
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roi a appris par le Comte de Montmorency, que le Prince de Conty a envoyé à S. M. & qui arriva [...] »
Le Roi a appris par le Comte de Montmorency ,
que le Prince de Conty a envoyé à S. M. & qui arriva
à Metz le 24 au matin , que le Château de
Démont s'étoit rendu le 17 ; que la Garniſon compofée
d'onze cent hommes , étoit prifonniere de
guerre ,& qu'on avoit trouvé dans ce Château 150
milliers de poudre , & 56 piéces de canon , dont il
il n'y en avoit que 8 de fer.
que le Prince de Conty a envoyé à S. M. & qui arriva
à Metz le 24 au matin , que le Château de
Démont s'étoit rendu le 17 ; que la Garniſon compofée
d'onze cent hommes , étoit prifonniere de
guerre ,& qu'on avoit trouvé dans ce Château 150
milliers de poudre , & 56 piéces de canon , dont il
il n'y en avoit que 8 de fer.
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5215
p. 1916-1918
« Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...] »
Début :
Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Maréchal de Noailles, Armée
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texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...] »
Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce
mois à Brumpt avec l'armée du Roi , il fut obligé de
I'y laiffer repofer le lendemain , & il envoya feulement
trois Détachemens , compofés chacun de
2020 hommes d'Infanterie & de 1000 de Cavalerie
, fous les ordres du Chevalier de Belle- Ifle , du
Comte de Lowendalh , & de M. de Berchiny ,
Lieutenans Généraux , pour inquiéter l'arrieregarde
AOUST. 1744. 1917
garde des ennemis , dont la marche faifoit juger
que le Prince Charles fe difpofoit à repaffer le
Rhin.
Le Maréchal de Noailles reçût avis le 23 , que les
ennemis fe retiroient , mefure que les Détachemens
s'approchoient d'eux , & fur cette nouvelle ik
Le porta fur les hauteurs de Haguenau ; il trouva à
Bicheveillers les troupes qui étoient aux ordres du
Comte de Lowendall , & il les fit paffer par Drufenheim
; il donna ordre aux deux autres Détachemens
, de s'avancer vers le Fort - Louis , en marchant
par Suffelsheim . Les ennemis étant dans ce
Village en grand nombre , & dans des retranchemens
formés par des abbatis d'Arbres , le Maréchal
de Noailles envoya au Chevalier de Belle Ifle
de nouvelles troupes , il fit marcher en même tems
la Brigade des Gardes par Drufenheim , pour toutenir
le Détachement commandé par le Comte de
Lowendalh , & il fe mit en marche avec le refte de
l'armée , pour aller attaquer le Prince Charles , lequel
étoit campé , la gauche à fes ponts de Benheim
, & la droite au Village de Rechvangle
.
Les retranchemens de Suffelsheim ayant été attaqués
, ils furent emportés avec la plus grande valeur.
Les ennemis y ont perdu beaucoup de monde
, & on y a fait plus de 200 prifonniers.
L'attaque des retranchemens que les ennemis
avoient formés près du Village d'Angenheim , n'a
pas eu moins de fuccès ; & les Grenadiers , après
les avoir forcés , ont pourſuivi les ennemis jufqu'à
dix heures du foir.
L'armée du Roi étant restée en bataille toute la
nuit , elle marcha à la pointe du jour , & elle commençoit
à paffer le défilé qui conduit à Benheim ,
lorfque le Maréchal de Noailles apprit que le Prin
ce Charles avoit profité de la nuit , pour repaffer le
Rhin.
Les
1918 MERCURE DE FRANCE. -
Les ennemis ont perdu aux attaques de leurs re
tranchemens environ 3000 hommes ; on leur a fait
un grand nombre de prifonniers , & il n'y a eû de
notre côté que 200 hommes de tués ou de bleffés .
Le Grand Prieur de France a reçû dans la cuiffe
un coup de fufil , qu'on ne croit pas dangereux.
Ces nouvelles ont été apportées au Roi par le
Marquis de Croiffy , que le Maréchal de Noailles a
dépêché à S. M. & qui eft arrivé à Metz le 25 ,
vers midi.
mois à Brumpt avec l'armée du Roi , il fut obligé de
I'y laiffer repofer le lendemain , & il envoya feulement
trois Détachemens , compofés chacun de
2020 hommes d'Infanterie & de 1000 de Cavalerie
, fous les ordres du Chevalier de Belle- Ifle , du
Comte de Lowendalh , & de M. de Berchiny ,
Lieutenans Généraux , pour inquiéter l'arrieregarde
AOUST. 1744. 1917
garde des ennemis , dont la marche faifoit juger
que le Prince Charles fe difpofoit à repaffer le
Rhin.
Le Maréchal de Noailles reçût avis le 23 , que les
ennemis fe retiroient , mefure que les Détachemens
s'approchoient d'eux , & fur cette nouvelle ik
Le porta fur les hauteurs de Haguenau ; il trouva à
Bicheveillers les troupes qui étoient aux ordres du
Comte de Lowendall , & il les fit paffer par Drufenheim
; il donna ordre aux deux autres Détachemens
, de s'avancer vers le Fort - Louis , en marchant
par Suffelsheim . Les ennemis étant dans ce
Village en grand nombre , & dans des retranchemens
formés par des abbatis d'Arbres , le Maréchal
de Noailles envoya au Chevalier de Belle Ifle
de nouvelles troupes , il fit marcher en même tems
la Brigade des Gardes par Drufenheim , pour toutenir
le Détachement commandé par le Comte de
Lowendalh , & il fe mit en marche avec le refte de
l'armée , pour aller attaquer le Prince Charles , lequel
étoit campé , la gauche à fes ponts de Benheim
, & la droite au Village de Rechvangle
.
Les retranchemens de Suffelsheim ayant été attaqués
, ils furent emportés avec la plus grande valeur.
Les ennemis y ont perdu beaucoup de monde
, & on y a fait plus de 200 prifonniers.
L'attaque des retranchemens que les ennemis
avoient formés près du Village d'Angenheim , n'a
pas eu moins de fuccès ; & les Grenadiers , après
les avoir forcés , ont pourſuivi les ennemis jufqu'à
dix heures du foir.
L'armée du Roi étant restée en bataille toute la
nuit , elle marcha à la pointe du jour , & elle commençoit
à paffer le défilé qui conduit à Benheim ,
lorfque le Maréchal de Noailles apprit que le Prin
ce Charles avoit profité de la nuit , pour repaffer le
Rhin.
Les
1918 MERCURE DE FRANCE. -
Les ennemis ont perdu aux attaques de leurs re
tranchemens environ 3000 hommes ; on leur a fait
un grand nombre de prifonniers , & il n'y a eû de
notre côté que 200 hommes de tués ou de bleffés .
Le Grand Prieur de France a reçû dans la cuiffe
un coup de fufil , qu'on ne croit pas dangereux.
Ces nouvelles ont été apportées au Roi par le
Marquis de Croiffy , que le Maréchal de Noailles a
dépêché à S. M. & qui eft arrivé à Metz le 25 ,
vers midi.
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Résumé : « Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...] »
En août 1744, le Maréchal de Noailles arriva à Brumpt avec l'armée royale et envoya des détachements harceler l'arrière-garde ennemie dirigée par le Prince Charles, qui semblait vouloir repasser le Rhin. Le 23 août, informé du retrait ennemi, le Maréchal déplaça ses troupes vers les hauteurs de Haguenau. Il ordonna à deux détachements de se diriger vers le Fort-Louis via Suffelsheim, où les ennemis étaient retranchés. Le Maréchal renforça le détachement du Chevalier de Belle-Isle et fit avancer la Brigade des Gardes pour soutenir celui du Comte de Lowendahl. L'armée attaqua ensuite le Prince Charles, campé entre Benheim et Rechvangle. Les retranchements de Suffelsheim furent pris, faisant plus de 200 prisonniers. Une autre attaque réussie eut lieu près d'Angenheim. L'armée resta en bataille toute la nuit et se mit en marche à l'aube, mais apprit que le Prince Charles avait traversé le Rhin durant la nuit. Les pertes ennemies s'élevèrent à environ 3000 hommes, avec un grand nombre de prisonniers, tandis que les forces royales perdirent 200 hommes. Le Grand Prieur de France fut blessé à la cuisse. Ces informations furent rapportées au Roi par le Marquis de Croissy, envoyé par le Maréchal de Noailles, qui arriva à Metz le 25 août.
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5216
p. 1918
« Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Début :
Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Ambassadeurs, Metz, Compliment
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texteReconnaissance textuelle : « Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Le 22 au foir , les Ambaffadeurs & les Miniftres
Etrangers , lefquels fur la premiere nouvelle de la
maladie du Roi , fe rendirent avec empreffement à
Metz , furent admis à faire à S. M. leur compliment
fur la guérifon. Ils furent conduits tous enfemble
chés le Roi par M. de Verneuil , Introducteur des
Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Tering , que l'Empereur
a envoyé au Roi , pour fçavoir des nouvelles
de la fanté de S. M. s'acquitta de cette commiffion
& préfenta au Roi une Lettre de S. M. I.
Le Comte de Vactendonck , Grand Chambellan
de l'Electeur Palatin , & fon Miniftre d'Etat , ayant
été envoyé à Metz par ce Prince pour le même fujet
, il eut le 23 l'honneur de voir le Roi , & il félicita
S. M. de la part de l'Electeur Palatin . Ils furent
préfentés par le même Introducteur , ainfi que le
Comte de Spada , Grand - Maître de la Ducheffe de
Lorraine Doiiairiere , lequel fit le 24 , au nom de
cette Princeffe , fon compliment fur la guériſon
de S. M.
Etrangers , lefquels fur la premiere nouvelle de la
maladie du Roi , fe rendirent avec empreffement à
Metz , furent admis à faire à S. M. leur compliment
fur la guérifon. Ils furent conduits tous enfemble
chés le Roi par M. de Verneuil , Introducteur des
Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Tering , que l'Empereur
a envoyé au Roi , pour fçavoir des nouvelles
de la fanté de S. M. s'acquitta de cette commiffion
& préfenta au Roi une Lettre de S. M. I.
Le Comte de Vactendonck , Grand Chambellan
de l'Electeur Palatin , & fon Miniftre d'Etat , ayant
été envoyé à Metz par ce Prince pour le même fujet
, il eut le 23 l'honneur de voir le Roi , & il félicita
S. M. de la part de l'Electeur Palatin . Ils furent
préfentés par le même Introducteur , ainfi que le
Comte de Spada , Grand - Maître de la Ducheffe de
Lorraine Doiiairiere , lequel fit le 24 , au nom de
cette Princeffe , fon compliment fur la guériſon
de S. M.
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Résumé : « Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Le 22 août, des ambassadeurs et ministres étrangers se rendirent à Metz pour souhaiter un prompt rétablissement au roi malade. Le Comte de Tering remit une lettre de l'Empereur. Le 23 août, le Comte de Vaictendonck transmit les félicitations de l'Électeur Palatin. Le 24 août, le Comte de Spada présenta les compliments de la Duchesse de Lorraine. Tous furent introduits par M. de Verneuil.
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5217
p. 1918-1920
Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 25 de ce mois, que le calme, dans lequel le Roi se trouva le 18 après [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Nouvelles, Santé, Convalescence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 25 de ce mois , que le
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
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Résumé : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Du 18 au 25 août 1744, l'état de santé du roi s'améliore progressivement. Le 18 août, il dort huit heures sans interruption, signe d'un calme relatif. Le 19 août, son état s'améliore significativement, suscitant une grande joie parmi le peuple. Le 22 août, une médecine douce élimine les restes de bile, favorisant sa convalescence. Le 25 août, il prend un potage et se lève l'après-midi, montrant des signes de rétablissement rapide. La reine, informée de son état, quitte Versailles le 15 août pour le rejoindre à Metz le 17 août. Le dauphin et les princesses de France voient le roi guéri le 20 août. Les autorités parisiennes envoient des officiers à Metz pour rapporter régulièrement les nouvelles de sa convalescence. La guérison du roi inspire une grande joie parmi ses proches et la cour.
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5218
p. 1920-1922
« La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
Début :
La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Maladie, Conservation, Nouvelles, Joie, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
La Ville de Metz & les habitans du Pays Meffin ,
qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz , &
pendant qu'il y étoit en bonne fanté , fe font entierement
occupés du loin de prouver à S. M. leur
amour & leur refpect , lui ont marqué dans fa maladie
F'un & l'autre , de la maniere la plus éclatante
, par leurs prieres continuelles pour la confervation
du Roi , par l'empreffement avec lequel ils fe
mettoient à portée d'apprendre à tout inftant des
nouvelles de S. M. par leurs tranfports de joye ,
dès qu'ils ont été certains de fa guérifon , & par
tout ce qu'ils ont crû le plus capable de faire connoître
leur fidélité & leut affection pour le Roi.
Toutes les Villes du Royaume ont donné pendant
AOUS T. 1921
1744 .
dant la maladie du Roi les plus fortes preuves de
leur refpectueux attachement pour S. M. & celle
de Paris , qui s'eft toujours fait un devoir de fe diftinguer
par fon zéle , a fait éclater fes fentimens ,
d'une maniere , qui depuis long - tems n'a point eú
d'exemple.
>
La premiere nouvelle de la maladie de S. M.
avoit répandu à Paris une affliction générale , & de
vives allarmes fe joignirent à cette affliction , lorfqu'on
fut informé par les lettres de Metz du 11 au
foir & par celles des jours fuivans , que les faignées
du pied , faites à S. M. n'avoient pas eû plus de fuccès
que les autres remédes employés , pour lui procurer
du foulagement.
On tomba dans une défolation inexprimable , en
apprenant que le 13 le Roi avoit reçû le Viatique ;
le furlendemain on lui avoit donné l'Extrêmeque
Onction , & qu'on avoit perdu prefque entierement
l'efperance de la guérifon de S. M. Les Eglifes ,
pendant les Prieres de Quarante - Heures , ordonnées
pour demander à Dieu la confervation du Roi ,
furent remplies le jour & la nuit par les perfonnes
de tous les Ordres , lefquelles par la ferveur dont
elles prioient , montroient combien elles défiroient
d'être exaucées. La plupart ne fe contentant pas de
mêler aux chants du Clergé leurs voix entrecou
pées de foupirs & de fanglots , & mettant en ufage
toutes les bonnes oeuvres que la Piété pouvoit leur
infpirer , diftribuoient d'abondantes aumônes aux
Pauvres , & elles portoient des fommes confidérables
aux Sacrifties , pour faire dire des Mefles. Des
perfonnes même , à qui leur peu de fortune fembloit
ne permettre que d'adreffer des voeux au
Ciel , pour en obtenir la grace qui faifoit l'objet
des fouhaits publics , employoient à ces ufages
pieux tout l'argent dont leurs befoins leur laiffoient
la
1922 MERCURE DE FRANCE.
la liberté de difpofer. On ne fortoit des Eglifes ,
que pour aller chercher des nouvelles de la fanté du
Roi chés ceux qu'on jugeoit être plus à portée d'en
être inftruits , & il y avoit une affluence conti
nuelle aux portes des Miniftres , ainsi qu'au Bureau
de la Pofte.
Le Peuple arrêtoit tous les couriers qu'il croyoit
arriver de Metz ; il les queftionnoit avec crainte
& felon leurs réponſes , il ſe livroit à la confterna
tion ou à l'efperance . Il fembloit que tous les habitans
de cette Ville partageaffent le danger avec le
Roi , & qu'ils éprouvaffent les mêmes orages que
S. M.
Cette agitation diminua par les nouvelles qu'on
reçût de l'état dans lequel le Roi s'étoit trouvé le
18 au foir , & elle fit place à la joye la plus parfaite
dès qu'on fut affûré que le 19 au matin S. M. étoit
hors de danger. Alors , on retourna aux Eglifes ,
pour rendre des actions de graces , avec le même
empreffement qu'on avoit eeuû ,, pour demander la
guérifon du Roi. La Ville ne retentit plus que de
cris d'allegreffe ; on voyoit de tous côtés des gens
courir dans les rues , & fe dire avec transport : Le
Roi eft guéri , & ces mots étoient accompagnés de
voeux ardens pour la confervation de S. M. La fatisfaction
augmente , à mesure qu'on apprend que
le Roi avance dans fa convalefcence , & il ne manque
à la joye des Parifiens que le plaifir d'avoir S.
pour témoin des démonſtrations de leur amour
& de leur refpect , lefquelles leur font autant d'honneur
, qu'elles font flateufes pour notre Augufte
Monarque.
qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz , &
pendant qu'il y étoit en bonne fanté , fe font entierement
occupés du loin de prouver à S. M. leur
amour & leur refpect , lui ont marqué dans fa maladie
F'un & l'autre , de la maniere la plus éclatante
, par leurs prieres continuelles pour la confervation
du Roi , par l'empreffement avec lequel ils fe
mettoient à portée d'apprendre à tout inftant des
nouvelles de S. M. par leurs tranfports de joye ,
dès qu'ils ont été certains de fa guérifon , & par
tout ce qu'ils ont crû le plus capable de faire connoître
leur fidélité & leut affection pour le Roi.
Toutes les Villes du Royaume ont donné pendant
AOUS T. 1921
1744 .
dant la maladie du Roi les plus fortes preuves de
leur refpectueux attachement pour S. M. & celle
de Paris , qui s'eft toujours fait un devoir de fe diftinguer
par fon zéle , a fait éclater fes fentimens ,
d'une maniere , qui depuis long - tems n'a point eú
d'exemple.
>
La premiere nouvelle de la maladie de S. M.
avoit répandu à Paris une affliction générale , & de
vives allarmes fe joignirent à cette affliction , lorfqu'on
fut informé par les lettres de Metz du 11 au
foir & par celles des jours fuivans , que les faignées
du pied , faites à S. M. n'avoient pas eû plus de fuccès
que les autres remédes employés , pour lui procurer
du foulagement.
On tomba dans une défolation inexprimable , en
apprenant que le 13 le Roi avoit reçû le Viatique ;
le furlendemain on lui avoit donné l'Extrêmeque
Onction , & qu'on avoit perdu prefque entierement
l'efperance de la guérifon de S. M. Les Eglifes ,
pendant les Prieres de Quarante - Heures , ordonnées
pour demander à Dieu la confervation du Roi ,
furent remplies le jour & la nuit par les perfonnes
de tous les Ordres , lefquelles par la ferveur dont
elles prioient , montroient combien elles défiroient
d'être exaucées. La plupart ne fe contentant pas de
mêler aux chants du Clergé leurs voix entrecou
pées de foupirs & de fanglots , & mettant en ufage
toutes les bonnes oeuvres que la Piété pouvoit leur
infpirer , diftribuoient d'abondantes aumônes aux
Pauvres , & elles portoient des fommes confidérables
aux Sacrifties , pour faire dire des Mefles. Des
perfonnes même , à qui leur peu de fortune fembloit
ne permettre que d'adreffer des voeux au
Ciel , pour en obtenir la grace qui faifoit l'objet
des fouhaits publics , employoient à ces ufages
pieux tout l'argent dont leurs befoins leur laiffoient
la
1922 MERCURE DE FRANCE.
la liberté de difpofer. On ne fortoit des Eglifes ,
que pour aller chercher des nouvelles de la fanté du
Roi chés ceux qu'on jugeoit être plus à portée d'en
être inftruits , & il y avoit une affluence conti
nuelle aux portes des Miniftres , ainsi qu'au Bureau
de la Pofte.
Le Peuple arrêtoit tous les couriers qu'il croyoit
arriver de Metz ; il les queftionnoit avec crainte
& felon leurs réponſes , il ſe livroit à la confterna
tion ou à l'efperance . Il fembloit que tous les habitans
de cette Ville partageaffent le danger avec le
Roi , & qu'ils éprouvaffent les mêmes orages que
S. M.
Cette agitation diminua par les nouvelles qu'on
reçût de l'état dans lequel le Roi s'étoit trouvé le
18 au foir , & elle fit place à la joye la plus parfaite
dès qu'on fut affûré que le 19 au matin S. M. étoit
hors de danger. Alors , on retourna aux Eglifes ,
pour rendre des actions de graces , avec le même
empreffement qu'on avoit eeuû ,, pour demander la
guérifon du Roi. La Ville ne retentit plus que de
cris d'allegreffe ; on voyoit de tous côtés des gens
courir dans les rues , & fe dire avec transport : Le
Roi eft guéri , & ces mots étoient accompagnés de
voeux ardens pour la confervation de S. M. La fatisfaction
augmente , à mesure qu'on apprend que
le Roi avance dans fa convalefcence , & il ne manque
à la joye des Parifiens que le plaifir d'avoir S.
pour témoin des démonſtrations de leur amour
& de leur refpect , lefquelles leur font autant d'honneur
, qu'elles font flateufes pour notre Augufte
Monarque.
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Résumé : « La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
En 1744, lors de la maladie du roi, les habitants de Metz et du Pays Messin ont manifesté leur loyauté et leur affection en priant pour sa guérison, en suivant de près l'évolution de sa santé et en exprimant leur joie à l'annonce de son rétablissement. Cette réaction était partagée par toutes les villes du royaume, notamment Paris. À Paris, la nouvelle de la maladie du roi a suscité une grande affliction et des inquiétudes intenses, aggravées par les rapports indiquant l'inefficacité des traitements. La ville est tombée dans une profonde désolation lorsque le roi a reçu le Viatique et l'Extrême-Onction, laissant peu d'espoir de guérison. Les églises étaient constamment remplies de personnes de tous milieux, priant avec ferveur et faisant des aumônes aux pauvres. Le peuple interceptait les courriers pour obtenir des nouvelles et partageait les angoisses du roi. L'anxiété a commencé à diminuer avec les nouvelles positives sur son état de santé, et la joie a éclaté lorsqu'il a été déclaré hors de danger. Paris a alors résonné de cris de joie et de vœux pour la conservation du roi, intensifiés à mesure que sa convalescence progressait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5219
p. 1922-1923
« M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
Début :
M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Paris, Te Deum, Sainte-Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
M. Dufranc , Sécretaire du Roi , fervant près de
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
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Résumé : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
En 1744, M. Dufranc, secrétaire du Roi, rapporta au Parlement la guérison du Roi après une mission à Metz. Le 23, le Parlement pria à la Sainte-Chapelle et organisa des réjouissances publiques. Paris s'illumina, et le peuple célébra la convalescence du Roi toute la nuit avec des acclamations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5220
p. 1923
« Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...] »
Début :
Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...]
Mots clefs :
Fête de Saint-Louis, Carmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...] »
Le 25 , Fête de S. Louis , la Proceffion des Car
mes du Grand Convent , à laquelle le Corps de
Ville affifta , alla fuivant la coûtume , à la Chapelle
des Thuilleries , où ces Religieux chanterent la
Meffe.
mes du Grand Convent , à laquelle le Corps de
Ville affifta , alla fuivant la coûtume , à la Chapelle
des Thuilleries , où ces Religieux chanterent la
Meffe.
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5221
p. 1923
« Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...] »
Début :
Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...]
Mots clefs :
Fête de Saint-Louis, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...] »
Le même jour , l'Académie Françoiſe célébra la
Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant
la Meffe ,on chanta un Pleaume en Mufique, &
l'Abbé de l'Eclufe des Loges prononça le Panégyrique
du Saint.
Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant
la Meffe ,on chanta un Pleaume en Mufique, &
l'Abbé de l'Eclufe des Loges prononça le Panégyrique
du Saint.
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5222
p. 1923
« L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...] »
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des sciences, Fête de Saint-Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...] »
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles
Lettres , & celle des Sciences , célébrerent la même
Fête dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où le
Panégyrique du Saint fut prononcé par M. Adam
Curé de la Paroiffe de S. Barthelemi.
Lettres , & celle des Sciences , célébrerent la même
Fête dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où le
Panégyrique du Saint fut prononcé par M. Adam
Curé de la Paroiffe de S. Barthelemi.
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5223
p. 1923-1924
« Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...] »
Début :
Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...]
Mots clefs :
Versailles, Procession, Peuple, François Colin de Blamont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...] »
Le Jeudi 27 Août , jour de la Clôture de la Neuvaine
,
1924 MERCURE DE FRANCE.
vaine, & du Vou fait par la Ville de Verfailles, pour
le rétabliſſement de la fanté de S. M. le Clergé de la
Paroiffe de Verfailles , fuivi de tout le Peuple , alla
en Proceſſion à 6 heures du matin , à Ste Geneviève
de Nanterre. On y célébra une grande Meffe . M.
de Blamont , Sur Intendant de la Mufique du Roi ,
y avoit raffemblé une partie des Muficiens de S. M.
& fit exécuter à l'Elévation , le beau recit de M de
la Lande , Adorate eum omnes Angeli ejus ; il fut
chanté admirablement bien par M. l'Abbé Dotta ,
& l'accompagnement ne laiffa rien à défirer. Le
jeune M. de Bury , neveu de M. de Blamont , & furvivancier
d'une de fes Charges , toucha l'Orgue ,
& n'oublia rien de fon heureux talent , pour feconder
le zéle de fon oncle.
La Proceffion à fon retour à Versailles , fut reçûê
dans l'Eglife par une Symphonie de la Compofition
de M. de Blamont , qu'il fit exécuter avec Timballes
& Trompettes. M. l'Abbé Dotta y chanta le
même recit Adorate , &c. qui fut fuivi d'un Domine
Jalvum, c. compofé par M. de Blamont , lequel
donna à la derniere Rénédiction un autre morceau
de fes Symphonies , dont l'execution fut parfaite .
On ne peut être trop édifié de la part , que la Piété
du Peuple & fon amour pour le Roi prit à ces ac
tions de graces .
,
1924 MERCURE DE FRANCE.
vaine, & du Vou fait par la Ville de Verfailles, pour
le rétabliſſement de la fanté de S. M. le Clergé de la
Paroiffe de Verfailles , fuivi de tout le Peuple , alla
en Proceſſion à 6 heures du matin , à Ste Geneviève
de Nanterre. On y célébra une grande Meffe . M.
de Blamont , Sur Intendant de la Mufique du Roi ,
y avoit raffemblé une partie des Muficiens de S. M.
& fit exécuter à l'Elévation , le beau recit de M de
la Lande , Adorate eum omnes Angeli ejus ; il fut
chanté admirablement bien par M. l'Abbé Dotta ,
& l'accompagnement ne laiffa rien à défirer. Le
jeune M. de Bury , neveu de M. de Blamont , & furvivancier
d'une de fes Charges , toucha l'Orgue ,
& n'oublia rien de fon heureux talent , pour feconder
le zéle de fon oncle.
La Proceffion à fon retour à Versailles , fut reçûê
dans l'Eglife par une Symphonie de la Compofition
de M. de Blamont , qu'il fit exécuter avec Timballes
& Trompettes. M. l'Abbé Dotta y chanta le
même recit Adorate , &c. qui fut fuivi d'un Domine
Jalvum, c. compofé par M. de Blamont , lequel
donna à la derniere Rénédiction un autre morceau
de fes Symphonies , dont l'execution fut parfaite .
On ne peut être trop édifié de la part , que la Piété
du Peuple & fon amour pour le Roi prit à ces ac
tions de graces .
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Résumé : « Le Jeudi 27 Août, jour de la Clôture de la Neuvaine, & du Voeu fait par la Ville de Versailles, pour [...] »
Le 27 août 1924, à la clôture de la Neuvaine et de la procession pour la santé du roi à Versailles, une grande messe fut célébrée à Sainte-Geneviève de Nanterre. Monsieur de Blamont, surintendant de la musique du roi, organisa des performances musicales. À Nanterre, l'abbé Dotta interpréta le récitatif 'Adorate eum omnes Angeli ejus' de Monsieur de la Lande, accompagné par Monsieur de Bury à l'orgue. De retour à Versailles, la procession fut accueillie par une symphonie de Monsieur de Blamont, jouée avec timbales et trompettes. L'abbé Dotta chanta à nouveau le récitatif, suivi d'un 'Domine Salvum' composé par Monsieur de Blamont. La cérémonie se termina par une autre symphonie de Monsieur de Blamont, exécutée parfaitement. La piété du peuple et son attachement au roi furent particulièrement manifestes durant ces actions de grâce.
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5224
p. 1924
« L'Académie Françoise tint le 25, Fête de S. Louis une Assemblée publique, dans laquelle elle [...] »
Début :
L'Académie Françoise tint le 25, Fête de S. Louis une Assemblée publique, dans laquelle elle [...]
Mots clefs :
Académie française, Fête de Saint-Louis, Prix de poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Françoise tint le 25, Fête de S. Louis une Assemblée publique, dans laquelle elle [...] »
L'Académie Françoife tint le 25 , Fête de S.
Louis une Affemblée publique , dans laquelle elle
diſtribua le Prix de Poëfie qu'elle avoit reſervé l'année
derniere , & qui a été remporté par M. Linand.
C'eft pour la troifiéme fois que cet Auteur eft cou
ronné par cette Académie.
Louis une Affemblée publique , dans laquelle elle
diſtribua le Prix de Poëfie qu'elle avoit reſervé l'année
derniere , & qui a été remporté par M. Linand.
C'eft pour la troifiéme fois que cet Auteur eft cou
ronné par cette Académie.
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5225
p. 1924-1925
« Le 26, dans l'Assemblée générale du Corps de Ville, M. de Bernage, Conseiller d'Etat Ordinaire, [...] »
Début :
Le 26, dans l'Assemblée générale du Corps de Ville, M. de Bernage, Conseiller d'Etat Ordinaire, [...]
Mots clefs :
Prévôt des marchands, Échevins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 26, dans l'Assemblée générale du Corps de Ville, M. de Bernage, Conseiller d'Etat Ordinaire, [...] »
Le 26 , dans l'Affemblée générale du Corps de
Ville , M. de Bernage , Confeiller d'Etat Ordinaire ,
fut
A OUST. 1744: 1925
fut élû Prévôt des Marchands , & l'on nomma pous
Echevins Mrs Sauvage & Huet.
Ville , M. de Bernage , Confeiller d'Etat Ordinaire ,
fut
A OUST. 1744: 1925
fut élû Prévôt des Marchands , & l'on nomma pous
Echevins Mrs Sauvage & Huet.
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5226
p. 1925
MORTS.
Début :
LE 21 Juillet, D. Claire-Charlotte-Seraphine du Tillet de S. Mathieu, femme de François du Prat, [...]
Mots clefs :
Famille du Tillet, Comte, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS,
E 21 Juillet , D. Claire -Charlotte- Seraphine du
Tillet de S.Mathieu, femme de François du Prat,
Comte de Barbançon , Brigadier des Armées du
Roi , du premier Février 1719 , ci -devant premier
Veneur de M. le Duc d'Orleans , Régent du Royaume
, avec lequel elle avoit été mariée le 8 Octobre
1712 , mourut à Bourbon , âgée de 61 ans , laiffant
plufieurs enfans , entre autres le Comte de Barbançon
, Meftre de Camp d'un Régiment de fon nom ,
depuis 1735 , Brigadier d'Armée de la derniere Promotion
. Elle étoit fille de Jean- François du Tillet ,
Vicomte de S. Mathieu , & de D. Jeanne-Marguerite
de Botrant-Nanteuil. La Famille du Tillet eft
une des premieres de la Robe ; pour celle de du Prat,
voyez la Généalogie, qui en eft rapportée dans l'Hif
toire des Grands Officiers de la Couronne ,Vol . VI .
fol . 456 .
3.
Le 23 , D. Marguerite Ferrant de S. Dizant
femme de Raoul- Antoine de S. Simon , Comte de
Courtomer , Capitaine d'une Compagnie dans le
Régiment des Gardes Françoifes , & Maréchal des
Camps & Armées du Roi , avec lequel elle étoit
mariée depuis 1719 , mourut en fon Château de
Flain , âgée de 46 ans , laiffant plufieurs enfans. Ele
étoit fille d'Etienne Ferrant, Seigneur de S. Dizant ,
Intendant & Contrôleur Général de l'Argenterie ,
Menus plaifirs & Affaires de la Chambre du Roi , &
d'Anne Beffet de la Chapelle.
E 21 Juillet , D. Claire -Charlotte- Seraphine du
Tillet de S.Mathieu, femme de François du Prat,
Comte de Barbançon , Brigadier des Armées du
Roi , du premier Février 1719 , ci -devant premier
Veneur de M. le Duc d'Orleans , Régent du Royaume
, avec lequel elle avoit été mariée le 8 Octobre
1712 , mourut à Bourbon , âgée de 61 ans , laiffant
plufieurs enfans , entre autres le Comte de Barbançon
, Meftre de Camp d'un Régiment de fon nom ,
depuis 1735 , Brigadier d'Armée de la derniere Promotion
. Elle étoit fille de Jean- François du Tillet ,
Vicomte de S. Mathieu , & de D. Jeanne-Marguerite
de Botrant-Nanteuil. La Famille du Tillet eft
une des premieres de la Robe ; pour celle de du Prat,
voyez la Généalogie, qui en eft rapportée dans l'Hif
toire des Grands Officiers de la Couronne ,Vol . VI .
fol . 456 .
3.
Le 23 , D. Marguerite Ferrant de S. Dizant
femme de Raoul- Antoine de S. Simon , Comte de
Courtomer , Capitaine d'une Compagnie dans le
Régiment des Gardes Françoifes , & Maréchal des
Camps & Armées du Roi , avec lequel elle étoit
mariée depuis 1719 , mourut en fon Château de
Flain , âgée de 46 ans , laiffant plufieurs enfans. Ele
étoit fille d'Etienne Ferrant, Seigneur de S. Dizant ,
Intendant & Contrôleur Général de l'Argenterie ,
Menus plaifirs & Affaires de la Chambre du Roi , &
d'Anne Beffet de la Chapelle.
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Résumé : MORTS.
Le 21 juillet, Claire-Charlotte-Seraphine du Tillet de Saint-Mathieu, épouse de François du Prat, Comte de Barbançon et Brigadier des Armées du Roi, décéda à Bourbon à l'âge de 61 ans. Elle avait épousé François du Prat le 8 octobre 1712 et était mère de plusieurs enfants, dont le Comte de Barbançon, Maître de Camp d'un régiment portant son nom depuis 1735 et Brigadier d'Armée lors de la dernière promotion. Elle était la fille de Jean-François du Tillet, Vicomte de Saint-Mathieu, et de Jeanne-Marguerite de Botrant-Nanteuil. La famille du Tillet est l'une des premières familles de la Robe. Le 23 juillet, Marguerite Ferrant de Saint-Dizant, épouse de Raoul-Antoine de Saint-Simon, Comte de Courtomer, Capitaine d'une compagnie dans le Régiment des Gardes Françaises et Maréchal des Camps et Armées du Roi, décéda à son château de Flain à l'âge de 46 ans. Elle laissait plusieurs enfants. Elle était la fille d'Étienne Ferrant, Seigneur de Saint-Dizant, Intendant et Contrôleur Général de l'Argenterie, Menus Plaisirs et Affaires de la Chambre du Roi, et d'Anne Besset de la Chapelle.
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5227
s. p.
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES. Ode sur la Police perfectionnée sous le Regne de LOUIS LE GRAND, 1715 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
P
IECES FUGITIVES . Ode fur la Police perfectionnée
fous le Regne de LOUIS LE GRAND, 1715
Extrait d'un Difcours Latin fur l'Amour de la Patrie
,
1720
Lettre de M. Desforges Maillard à M. le Préfident
Bouhier ,
1736
Suite de l'Extrait de la Lettre du Cardinal Quirini à
M. de Boze ,
Déclaration d'Amour à Mlle Ponchard ,
1739
1749
Effai d'une Traduction libre des Paftorales de Vir-
1751
gile ,
Epitre fur un Sermon du Dim. de la Paffion , 1761
Réponſe de M. l'Abbé Bertault à la Lettre de M. de
Launay ,
Le Vautour , Fable 1
Lettre de M. Boyer à M. Maloüin
Epitre à M. Darnaud ,
1764
1778
1780 Я
1784
1787
1804
Lettre fur l'Apologie des Normands ,
L'Aurore , Idylle ,
Séance publique de l'Académie de Chirurgie, 1807
Explications des deux Logogryphes du prem. Volume
de Juin, & des trois Enigmes du fecond , 1823
Mots de l'Enigme & du Logogryphe de Juillet, ibid.
Enigme & Logogryphes , 1824
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX ARTS , & C.
Mémoires pour fervir à l'Hiftoire des Gaules , & c.
Extrait , 1827
VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de
M. Boffuet ,
X Tome des Vies des Hommes Illuftres ,
Effais d'Exhortations , & c.
Catalogue d'une Bibliothéque de Livres
res ,
Affemblées publiques de l'Academie des
Arts de Lyon ,
1828
1829
1833
très- ra-
1834
Beaux-
1835
Eftampes nouvelles , 1851
Nouvelle Carte de la France , 1853
Extrait de Lettre fur un Remede éprouvé contre la
Goute invéterée ,
Chanfon notée ,
Spectacles ,
1854
1855
1856
Les Talens déplacés , nouvelle Piéce , jouée à la Co-
1858
1860
Nouvelles Etrangeres , Turquie , Suede , Ruffie ,
médie Italienne ,
Extrait des Amours Grivois ,
Pruffe ,
Manifefte du Roi de Pruffe ,
Allemagne ,
Espagne ,
Génes & Ile de Corfe ,
Grande Bretagne ,
Hollande & Pays - Bas
1868
1870
1874
1876
1879
1879
1880
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 188г
Mandement du Cardinal de Tencin ,
Le Te Deum chanté à N. D.
1882
1884
Lettres du Roi à M. l'Archevêque de Pariss , 1885
Mandement en conféquence ,
Maladie du Roi ,
Le Te Deum chanté à Metz ,
1886
1891
1894
Départ de Verfailles de la Reine,de Manfeigneur le
Dauphin & de Mefd. de France pour Metz, 1898
Suite de la Maladie du Roi ,
Arrivée de la Reine à Metz ,
Arrivée & féjour du Roi à Arras ,
Vers fur l'arrivée du Roi en cette Ville ,
Paffage du Roi par la Ville de Bapaume ,
Le Te Deum chanté au Palais à Paris
Convalescence du Roi ,
>
1899
1902
1903
1912
ibid.
1914
1919
Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à
ibid.
Metz ,
Morts ,
1925 ,
Errata
P
IECES FUGITIVES . Ode fur la Police perfectionnée
fous le Regne de LOUIS LE GRAND, 1715
Extrait d'un Difcours Latin fur l'Amour de la Patrie
,
1720
Lettre de M. Desforges Maillard à M. le Préfident
Bouhier ,
1736
Suite de l'Extrait de la Lettre du Cardinal Quirini à
M. de Boze ,
Déclaration d'Amour à Mlle Ponchard ,
1739
1749
Effai d'une Traduction libre des Paftorales de Vir-
1751
gile ,
Epitre fur un Sermon du Dim. de la Paffion , 1761
Réponſe de M. l'Abbé Bertault à la Lettre de M. de
Launay ,
Le Vautour , Fable 1
Lettre de M. Boyer à M. Maloüin
Epitre à M. Darnaud ,
1764
1778
1780 Я
1784
1787
1804
Lettre fur l'Apologie des Normands ,
L'Aurore , Idylle ,
Séance publique de l'Académie de Chirurgie, 1807
Explications des deux Logogryphes du prem. Volume
de Juin, & des trois Enigmes du fecond , 1823
Mots de l'Enigme & du Logogryphe de Juillet, ibid.
Enigme & Logogryphes , 1824
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX ARTS , & C.
Mémoires pour fervir à l'Hiftoire des Gaules , & c.
Extrait , 1827
VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de
M. Boffuet ,
X Tome des Vies des Hommes Illuftres ,
Effais d'Exhortations , & c.
Catalogue d'une Bibliothéque de Livres
res ,
Affemblées publiques de l'Academie des
Arts de Lyon ,
1828
1829
1833
très- ra-
1834
Beaux-
1835
Eftampes nouvelles , 1851
Nouvelle Carte de la France , 1853
Extrait de Lettre fur un Remede éprouvé contre la
Goute invéterée ,
Chanfon notée ,
Spectacles ,
1854
1855
1856
Les Talens déplacés , nouvelle Piéce , jouée à la Co-
1858
1860
Nouvelles Etrangeres , Turquie , Suede , Ruffie ,
médie Italienne ,
Extrait des Amours Grivois ,
Pruffe ,
Manifefte du Roi de Pruffe ,
Allemagne ,
Espagne ,
Génes & Ile de Corfe ,
Grande Bretagne ,
Hollande & Pays - Bas
1868
1870
1874
1876
1879
1879
1880
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , &c. 188г
Mandement du Cardinal de Tencin ,
Le Te Deum chanté à N. D.
1882
1884
Lettres du Roi à M. l'Archevêque de Pariss , 1885
Mandement en conféquence ,
Maladie du Roi ,
Le Te Deum chanté à Metz ,
1886
1891
1894
Départ de Verfailles de la Reine,de Manfeigneur le
Dauphin & de Mefd. de France pour Metz, 1898
Suite de la Maladie du Roi ,
Arrivée de la Reine à Metz ,
Arrivée & féjour du Roi à Arras ,
Vers fur l'arrivée du Roi en cette Ville ,
Paffage du Roi par la Ville de Bapaume ,
Le Te Deum chanté au Palais à Paris
Convalescence du Roi ,
>
1899
1902
1903
1912
ibid.
1914
1919
Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à
ibid.
Metz ,
Morts ,
1925 ,
Errata
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Résumé : TABLE.
Le document présente une chronologie d'écrits et d'événements littéraires et historiques entre 1715 et 1925. Il inclut diverses œuvres littéraires telles que des odes, lettres, épîtres, fables, traductions et mémoires. Parmi les auteurs cités figurent Louis le Grand, M. Desforges Maillard, le Cardinal Quirini, M. de Boze, Mlle Ponchard et M. l'Abbé Bertault. Le texte mentionne aussi des publications académiques, des assemblées publiques, des catalogues de bibliothèques et des extraits de lettres. Des événements notables incluent des séances de l'Académie de Chirurgie, des explications de logogryphes et énigmes, ainsi que des nouvelles littéraires variées. Les dernières années évoquent des événements royaux, des mandements, des maladies du roi et des célébrations religieuses comme le Te Deum. La liste se conclut par des mentions de décès et des errata.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5228
s. p.
Errata d'Avril.
Début :
Page 765, ligne antépénultiéme, Dortels de Mairan, lisez, Dortous de Mairan. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata d'Avril.
Errata d'Avril,
PAge 765 , ligne antépénultiéme , Dortels de
Mairan , lifez , Dortous de Mairan.
PAge 765 , ligne antépénultiéme , Dortels de
Mairan , lifez , Dortous de Mairan.
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5229
s. p.
Errata de Mai.
Début :
Page 963, ligne 10, Ruhard Cumberland, lisez Richard Cumberland. P. 1059, l. 30, Alexis [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Mai.
Errata de Mai.
Age 963 , ligne 10 , Ruhard Cumberland , li
fez Richard Cumberland. P. 1059 , 1. 30 , Alexis
Barfol , 1. Alexis Barjot.
Age 963 , ligne 10 , Ruhard Cumberland , li
fez Richard Cumberland. P. 1059 , 1. 30 , Alexis
Barfol , 1. Alexis Barjot.
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5230
s. p.
Errata du premier Volume de Juin.
Début :
Page 1276, ligne 25, le vieux Marquis de Rouvroy épousa en secondes nôces la fille de Jean [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier Volume de Juin.
Errata du premier Volume de Juin.
Age 1276 ,ligne 25 , le vieux Marquis de Rouvroy
époufa en fecondes nôces la fille de Jean
Prevôt, Capitaine des Gardes du Maréchal de Boufflers
, & de Marie Claire Adam , à préſent ſa veuve
fans enfans . P. 1275 , I. 9. ce n'eſt pas le Marquis
de Goefbriant qui eft mort en 1736 , mais fa fenime
Rofalie de Châtillon,
Age 1276 ,ligne 25 , le vieux Marquis de Rouvroy
époufa en fecondes nôces la fille de Jean
Prevôt, Capitaine des Gardes du Maréchal de Boufflers
, & de Marie Claire Adam , à préſent ſa veuve
fans enfans . P. 1275 , I. 9. ce n'eſt pas le Marquis
de Goefbriant qui eft mort en 1736 , mais fa fenime
Rofalie de Châtillon,
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5231
s. p.
Errata de Juillet.
Début :
Page 1640, ligne 7 du bas, le Barques, l. les Barques. P. 1687, l. 18, Maître, l. Maîtres. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Juillet.
Errata de fuillet.
PBaiques. P. 1687 , 1. 15 , Maitre ,deities.
PBaiques. P. 1687 , 1. 15 , Maitre ,deities.
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5232
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1720, ligne 16, qni, lisez, qui. P. 1779, l. 15, danger, l. danger ? P. 1780, l. 7, Faculté [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre,
Age 1710 , ligne 16 , qni , lifez , qui . P. 1779 ,
1. 15 , danger , l . danger ? P. 1780 , l . 7 , Faculté
. Faculté , P. 1782 , 1. 20 , fuis , 1. fuis. P.
1783 , l. 12 , de S. A. R. Mad. la Ducheffe d'Orleans
ôtez ces mots , & mettez, du Roi , par M. Boudin
, Teret & Falconet . P. 1813,1 . 4 , faignée , l .
faignées. P. 1817 , 1. 2 , aprè , l. après . P. 1822 , 1 .
10 , Mémoire , ajoûtez , que. P. 1844 , l . 5 , ôtez la
virgule après tout . P. 1853 , 1. 6 du bas , Royame ,
J. Royaume. P. 1867 , l . 14 , qni , l. qui. P. 1884,1 .
10 , ôtez la virgule après invitées . P. 1897 , l . 20 ,
remporter , 1. de remporter. P. 1900 , l. 19 & 20 ,
Sanclues , I. Sangfues.
Age 1710 , ligne 16 , qni , lifez , qui . P. 1779 ,
1. 15 , danger , l . danger ? P. 1780 , l . 7 , Faculté
. Faculté , P. 1782 , 1. 20 , fuis , 1. fuis. P.
1783 , l. 12 , de S. A. R. Mad. la Ducheffe d'Orleans
ôtez ces mots , & mettez, du Roi , par M. Boudin
, Teret & Falconet . P. 1813,1 . 4 , faignée , l .
faignées. P. 1817 , 1. 2 , aprè , l. après . P. 1822 , 1 .
10 , Mémoire , ajoûtez , que. P. 1844 , l . 5 , ôtez la
virgule après tout . P. 1853 , 1. 6 du bas , Royame ,
J. Royaume. P. 1867 , l . 14 , qni , l. qui. P. 1884,1 .
10 , ôtez la virgule après invitées . P. 1897 , l . 20 ,
remporter , 1. de remporter. P. 1900 , l. 19 & 20 ,
Sanclues , I. Sangfues.
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document énumère des corrections pour un livre, incluant des modifications orthographiques et grammaticales. Par exemple, 'qni' devient 'qui' à la page 1710, ligne 16. À la page 1779, ligne 15, 'danger' doit être suivi d'un point d'interrogation. Des ajustements de ponctuation et des changements de mots sont également nécessaires, comme 'faignée' en 'faignées' et 'Royame' en 'Royaume'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5233
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 1855 [...] »
La Chanjon notée doit regarder la page 1855
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5234
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à vis [...]
Mots clefs :
Paquets, Paris, Libraires, Poste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VI S.
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
L'MORES,Commisan Mercatofrour
' ADRESSE générale eft à Monfieur
"
à vis la Comédie Françoife , à Paris. Ceux qui
pour leur commodité voudront remettre leurs
Paquets cachetés aux Libraires qui vendent le
Mercure , à Paris , peuvent fe fervir de cette
voye pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous le
déplaifir de les rebuter , & à ceux qui les
envoyent , celui , non-feulement de ne voir
pas
paroître leurs Ouvrages , mais même de les perdre
, s'ils n'en ont pas gardé de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir leMercure de France de la premiere main ,
&plus promptement , n'auront qu'à donner leurs
adreffes à M. Moreau , qui aura foin de faire
leurs Paquets fans perte de tems , & de lesfaire
porter fur l'heure à la Pofte , ou aux Meſſage
ries qu'on lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS
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Résumé : AVIS.
Le document traite de la distribution du périodique 'Mercure de France'. L'adresse principale pour recevoir ce périodique est la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également déposer leurs paquets cachetés chez les libraires parisiens vendant le 'Mercure'. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet et la perte des œuvres si aucune copie n'est conservée. Les libraires des provinces, des pays étrangers, ainsi que les particuliers désirant recevoir directement et rapidement le 'Mercure de France' doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit via les messageries indiquées. Le prix du 'Mercure de France' est fixé à trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5235
p. 1931-1935
LES Progrès de la Comédie, sous le Regne de LOUIS LE GRAND. ODE.
Début :
LAISSE tomber ce masque, ô divine THALIE ; [...]
Mots clefs :
Louis, Gloire, Yeux, Molière, Grèce, Heureux, Avare, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES Progrès de la Comédie, sous le Regne de LOUIS LE GRAND. ODE.
LES Progrès de la Comédie , fous le Regne
de LOUIS LE GRAN D.
L
OD E.
AISSE tomber ce mafque , ô divine
THALIS ;
Ton front pour le triomphe eft déja
couronné ,
Et derriere ton char , par P'humaine folic
Je vois l'Univers enchaîné .
Par tes rians attraits des Mortels adorée ,
Par de fages leçons à jamais révérée ,
1
A ij
Parois ,
1932 MERCURE DE FRANCE.
Parois ; tout fléchit fous tes Loix ;
Si le plus grand des Dieux te donna la naiffance ,
Tes rapides progrès , ta gloire , & ta puiſſance
Sont les dons du plus grand des Rois.
+34
Quels Cyniques appas t'avoit prêté la Gréce !
Tu les vis , & ton front rougit de tant d'excès.
La pudeur diffipa cette honteufe yvreffey
Mais le tems borna tes fuccès .
Au mépris de ton nom , l'Ignorance groffiere
Sur les vils brodequins rampa dans la pouffiere ,
Du peuple amulant les regards :
Louis te fait renaître , & fçait venger ta gloire ;
Louis , qui remporta les fruits de la victoire ,
La Paix , l'Abondance , & les Arts,
**
Ton éclat a banni l'aveugle barbarie ;
L'Ordre , le Vrai , le Goût , rétabliffent tes droits
La décence , les moeurs , la fine raillerie ,
Donnent des charmes à ta voix.
Mais quels nobles accords ont frappé mon oreille ?
MELPOMENE eft jalouſe , & t'enleve Corneille ;
Par toi Moliere eft infpiré.
Dignes du premier rang , où l'un & l'autre aſpire ;
A l'envi , du Théatre ils partagent l'empire ,
De nos Ancêtres ignoré .
Dans
SEPTEMBRE. 1744. 1933
Dans un étroit efpace , & dans un champ fterile ,
Le Comique jadis épuifa fes travaux.
Quels modéles heureux & la Cour & la Ville
Offrent à fes riches tableaux !
C'eft ainfi que la Terre , ouvrant fon fein avare
Prodigua des tréfors , ignorés du Barbare ,
A nos talens induftrieux .
Prends ton Pinceau , Moliere , & d'une main fçavante
Exprime de nos moeurs la Peinture vivante ;
Rends nous rifibles à nos yeux.
*3 *X
Trace dans l'Etourdi la fougueufe imprudence ;
La Jeuneffe indifcrette , & le fourbe intérêt ;
Surmonte par degrés l'Envie & l'Ignorance ;
Qu'elles t'admirent à regret !
Diffame pour toujours la fade Précieuſe ,
La Sçavante au ton fier , la Prude impérieufe ,
La Coquette aux yeux féduifans :
Peins du fombre jaloux les foupçons , les fupplices ,
D'un fexe déguisé les fubtils artifices ,
Et les faux airs des Courtifans.
炒菜
C'eft peu ; donne à ta Mufe un effor digne d'elle ;
Rends dans un feul tableau mille tableaux divers ;
Fais de ton Misantrope un fi parfait modéle ,
Qu'il foit l'amour de l'Univers .
A iij Par
1934 MERCURE DE FRANCE.
Par quel heureux contrafte , enfant de ton génie,
As-tu fait de ce tout adorer l'harmonie ,
En tendant les ris férieux ?
Ces objets oppofés , dont tå bile s'enflâme ,'
Enchantent la Raifon , & ne portent dans l'Ame
Que des plaifirs dignes des Dieux .
32
Riche de ces tréfors , que la France idolâtre ,
Et qui feront envie à la Pofterité ,
Ira- t'il dépouiller le fterile Théatre
De la fuperbe Antiquité ?
Tout eft neuffous fa main , tout renaît de ſes veilles.
Les déferts à ſa voix font féconds en merveilles ; '
La Beauté germe , & reproduit :
L'Avare qu'il retrace , eft il le même Avare ?
De quels divins attraits , belle Alcmene , il te pare
Jupiter même en eſt ſéduit ..
Rival de Rofcius , de Plaute , & de Menandre,
Seul tu fçais encherir fur leur Art fi vanté ;
Dans cette aimable Ecole , où tu te fais entendre ,
Que de grace , & de nouveauté !
Quel Comique , avant toi , joüa fans retenuë
L'Art douteux , dont l'abus impunément nous tuë ,
Nous égorgeant avec froideur ?
Le Citoyen d'Athéne apprit-il de THALIE ,
A
SEPTEMBRE. 1744. 1935
A fur le fol excès du Bourgeois qui s'oublie ,
Singe & duppe de la Grandeur ?
Qu'on eût acquis de gloire & ravi le Parterre ,
Si de traits enjoüés armant la Vérité ,
Aux Dandins de la Gréce on avoit fait la Guerre ,
Et ri d'un fot de qualité !
Quel Mime eût mieux atteint l'Art fortuné de plaire,
Qu'un Malade expirant d'un mal imaginaire ,
Aux yeux des Romains expofé ?
Eh ! Rome auroit peut - être applaudi fans fcrupule
Au bizarre Scapin , dont le fac ridicule
Sur notre Scéne eft mépriſé .
Xxxx
Quoi ! ta gloire effaça la Gréce & l'Italie ;
Siécle heureux de Louis , &, déja tu n'es plus !
Ramene tes beaux jours , immortelle THALIE ;
Calme nos regrets fuperAus..
Nos voeux font exaucés ; ton flambeau ſe rallume ;
Tes fucceffeurs , Moliere , héritent de ta plume ;
Tu fembles revivre à nos yeux :
Brueis, de l'Ifle & Renard t'ont choisi pour modéle
Marivaux , la Chauffée , épris du même zéle ,
Eternifent encor nos jeux.
de LOUIS LE GRAN D.
L
OD E.
AISSE tomber ce mafque , ô divine
THALIS ;
Ton front pour le triomphe eft déja
couronné ,
Et derriere ton char , par P'humaine folic
Je vois l'Univers enchaîné .
Par tes rians attraits des Mortels adorée ,
Par de fages leçons à jamais révérée ,
1
A ij
Parois ,
1932 MERCURE DE FRANCE.
Parois ; tout fléchit fous tes Loix ;
Si le plus grand des Dieux te donna la naiffance ,
Tes rapides progrès , ta gloire , & ta puiſſance
Sont les dons du plus grand des Rois.
+34
Quels Cyniques appas t'avoit prêté la Gréce !
Tu les vis , & ton front rougit de tant d'excès.
La pudeur diffipa cette honteufe yvreffey
Mais le tems borna tes fuccès .
Au mépris de ton nom , l'Ignorance groffiere
Sur les vils brodequins rampa dans la pouffiere ,
Du peuple amulant les regards :
Louis te fait renaître , & fçait venger ta gloire ;
Louis , qui remporta les fruits de la victoire ,
La Paix , l'Abondance , & les Arts,
**
Ton éclat a banni l'aveugle barbarie ;
L'Ordre , le Vrai , le Goût , rétabliffent tes droits
La décence , les moeurs , la fine raillerie ,
Donnent des charmes à ta voix.
Mais quels nobles accords ont frappé mon oreille ?
MELPOMENE eft jalouſe , & t'enleve Corneille ;
Par toi Moliere eft infpiré.
Dignes du premier rang , où l'un & l'autre aſpire ;
A l'envi , du Théatre ils partagent l'empire ,
De nos Ancêtres ignoré .
Dans
SEPTEMBRE. 1744. 1933
Dans un étroit efpace , & dans un champ fterile ,
Le Comique jadis épuifa fes travaux.
Quels modéles heureux & la Cour & la Ville
Offrent à fes riches tableaux !
C'eft ainfi que la Terre , ouvrant fon fein avare
Prodigua des tréfors , ignorés du Barbare ,
A nos talens induftrieux .
Prends ton Pinceau , Moliere , & d'une main fçavante
Exprime de nos moeurs la Peinture vivante ;
Rends nous rifibles à nos yeux.
*3 *X
Trace dans l'Etourdi la fougueufe imprudence ;
La Jeuneffe indifcrette , & le fourbe intérêt ;
Surmonte par degrés l'Envie & l'Ignorance ;
Qu'elles t'admirent à regret !
Diffame pour toujours la fade Précieuſe ,
La Sçavante au ton fier , la Prude impérieufe ,
La Coquette aux yeux féduifans :
Peins du fombre jaloux les foupçons , les fupplices ,
D'un fexe déguisé les fubtils artifices ,
Et les faux airs des Courtifans.
炒菜
C'eft peu ; donne à ta Mufe un effor digne d'elle ;
Rends dans un feul tableau mille tableaux divers ;
Fais de ton Misantrope un fi parfait modéle ,
Qu'il foit l'amour de l'Univers .
A iij Par
1934 MERCURE DE FRANCE.
Par quel heureux contrafte , enfant de ton génie,
As-tu fait de ce tout adorer l'harmonie ,
En tendant les ris férieux ?
Ces objets oppofés , dont tå bile s'enflâme ,'
Enchantent la Raifon , & ne portent dans l'Ame
Que des plaifirs dignes des Dieux .
32
Riche de ces tréfors , que la France idolâtre ,
Et qui feront envie à la Pofterité ,
Ira- t'il dépouiller le fterile Théatre
De la fuperbe Antiquité ?
Tout eft neuffous fa main , tout renaît de ſes veilles.
Les déferts à ſa voix font féconds en merveilles ; '
La Beauté germe , & reproduit :
L'Avare qu'il retrace , eft il le même Avare ?
De quels divins attraits , belle Alcmene , il te pare
Jupiter même en eſt ſéduit ..
Rival de Rofcius , de Plaute , & de Menandre,
Seul tu fçais encherir fur leur Art fi vanté ;
Dans cette aimable Ecole , où tu te fais entendre ,
Que de grace , & de nouveauté !
Quel Comique , avant toi , joüa fans retenuë
L'Art douteux , dont l'abus impunément nous tuë ,
Nous égorgeant avec froideur ?
Le Citoyen d'Athéne apprit-il de THALIE ,
A
SEPTEMBRE. 1744. 1935
A fur le fol excès du Bourgeois qui s'oublie ,
Singe & duppe de la Grandeur ?
Qu'on eût acquis de gloire & ravi le Parterre ,
Si de traits enjoüés armant la Vérité ,
Aux Dandins de la Gréce on avoit fait la Guerre ,
Et ri d'un fot de qualité !
Quel Mime eût mieux atteint l'Art fortuné de plaire,
Qu'un Malade expirant d'un mal imaginaire ,
Aux yeux des Romains expofé ?
Eh ! Rome auroit peut - être applaudi fans fcrupule
Au bizarre Scapin , dont le fac ridicule
Sur notre Scéne eft mépriſé .
Xxxx
Quoi ! ta gloire effaça la Gréce & l'Italie ;
Siécle heureux de Louis , &, déja tu n'es plus !
Ramene tes beaux jours , immortelle THALIE ;
Calme nos regrets fuperAus..
Nos voeux font exaucés ; ton flambeau ſe rallume ;
Tes fucceffeurs , Moliere , héritent de ta plume ;
Tu fembles revivre à nos yeux :
Brueis, de l'Ifle & Renard t'ont choisi pour modéle
Marivaux , la Chauffée , épris du même zéle ,
Eternifent encor nos jeux.
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Résumé : LES Progrès de la Comédie, sous le Regne de LOUIS LE GRAND. ODE.
Le texte célèbre les avancées de la comédie sous le règne de Louis XIV, en commençant par une invocation à Thalie, la muse de la comédie, dont la renommée est rehaussée par les bienfaits du roi. Initialement, la comédie grecque était marquée par des aspects cyniques et excessifs, mais la pudeur et le passage du temps ont atténué ces excès. Sous Louis XIV, la comédie connaît une renaissance, éliminant la barbarie et rétablissant l'ordre, le goût et la décence. La comédie française, représentée par Molière et Corneille, dépasse désormais les modèles grecs et latins. Le texte détaille ensuite les thèmes et les personnages explorés par Molière dans ses œuvres, tels que la jeunesse imprudente, la précieuse, la coquette et le jaloux. Molière est acclamé pour son génie créatif, capable de concevoir des personnages parfaits et des situations variées, rivalisant ainsi avec les grands auteurs antiques comme Roscio, Plaute et Ménandre. Le texte se conclut par un appel à restaurer les beaux jours de la comédie, soulignant que les successeurs de Molière, tels que Brueys, de L'Isle, Renard, Marivaux et La Chaussée, continuent de perpétuer son héritage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5236
p. 1936-1948
LA SUPERIORITÉ des Dames sur les Hommes. Extrait d'un Discours de M. La Coste, le Cadet.
Début :
Si les Hommes paroissent quelquefois injustes dans leurs décisions, c'est, surtout, [...]
Mots clefs :
Dames, Hommes, Esprit, Homme, Sexe, Femme, Femmes, Nature, Raison, Supériorité, Monde, Tous les jours, Éducation, Art, Conversation, Défendre
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texteReconnaissance textuelle : LA SUPERIORITÉ des Dames sur les Hommes. Extrait d'un Discours de M. La Coste, le Cadet.
LA SUPERIORITE' des Dames fur
les Hommes. Extrait d'un Difcours de
M. La Cofte , le Cadet.
Hommes paroiffent quelquefois
Sinjuftes dans leurs décifions , c'eft , furtout
, à l'égard des Dames. La Nature ayant
donné aux premiers un corps plus robufte ,
ils ont crû que la raifon du plus fort étoit
la meilleure : convaincus de la Superiorité
d'un Sexe qu'ils eftimoiert hier , qu'ils mépriſent
aujourd'hui , & qu'ils adorent tous
les jours , ils ont voulu , pour autorifer
leurs caprices , obtenir de la force , ce que
le mérite leur refufoit. Fiers du Defpotifme
qu'ils ont ufurpé , ils s'imaginent que les
Dames doivent foufcrire à des Loix , où jamais
elles n'ont eu de
•
part.
,
Quoique le préjugé & la mode me foyent
favorables , la vérité m'excite à prendre la
défenſe d'un Sexe , qui fe feroit déja juſtifié
, fi nous n'avions eû foin d'écarter de fon
éducation l'Art d'écrire. Il falloit en venir
là. En effet , il auroit bien - tôt recouvré la
place qui lui avoit été marquée par la Sageffe
, mais dont nous l'avons chaffé , fi on
lui avoit enfeigné l'Art de fe défendre
com-
1
SEPTEMBRE . 1744 . 1937
comme on nous a inftruit dans la maniere
de l'attaquer.
Nous ne pouvons afpirer à la Superiorité
fur les Dames , que par l'Efprit & par le
Coeur. La force eft étrangere au mérite ,
parce qu'elle ne dépend pas de nous . D'ailleurs
, la Beauté étant le partage des Dames ,
& l'écueil où vient échouer tous les jours
l'orgueil de l'Homme , nous n'avons jufqu'ici
aucun reproche à leur faire. Au contraire
, fi moins robuftes que nous , elles ont
pris un afcendant fur notre fexe , cela caracteriſe
allés notre foibleffe .
Je vais donc tâcher d'établir que les Da
mes ont beaucoup plus d'Efprit , & les fentimens
plus nobles que les Hommes. Ces
deux Propofitions feront l'economie de ce
Difcours. Je ne me fervirai que du Raiſonnement
, laiffant la pitié à l'écart ; le coupable
l'employe comme le jufte , & ce feroit
deshonorer l'innocent que de le juftifier
par des moyens qui lui feroient communs
avec le criminel . D'ailleurs , l'Homme eſt
trop endurci fur ce point , pour ſe laiffer
fléchir ; heureux fi la Raifon peut encore ſe
faire entendre , & fi on ne l'étouffe pas ,
avant qu'elle prenne la parole !
- PREMIERE PARTIE.
Une Perfonne qui a l'imagination vive ,
A v les
1938 MERCURE DE FRANCE.
les penfées fines , les expreffions naturelles ,
polies & délicates , peut paffer pour avoir
de l'Efprit. La Science , l'Erudition , la Litterature
s'acquierent avec le tems . Il ne faut
pas beaucoup de génie , pour être Jurifconfulte
, encore moins , pour fçavoir l'Hiſtoire
, & peut- être point du tout , pour devenir
grand Géométre . L'Etude eft la Mere
des Connoiffances. On pourroit même penfer
de quelques Sçavans, ce que difoit Scarron
des Sots , qu'ils mourront fans rendre
l'efprit .
Qu'est- ce qu'Efprit ? Raiſon aſſaiſonnée.
Efprit fans fel eft fade nourriture ;
Sel fans Raifon eft folide pâture ;
De tous les deux fe forme Eſprit parfait ,
De l'un fans l'autre un Monftre contrefait.
Or , 1. il n'eft pas douteux que les Dames
n'ayent beaucoup plus de fel & de prudence
que les Hommes. Ayant les fibres plus
déliées , elles doivent avoir les faillies plus
agréables que nous . Auffi voit- on tous les
jours que les Hommes ne fçavent ce qu'on
appelle bien vivre , que lorfque les Dames
s'en font mêlées. Le Monde eft une Ecole
où l'on apprend à faire ufage de ce que l'on
a vû dans les Livres ; cependant , fans les
Dames,où en feroient la plupart de nos Sçavans
,
SEPTEMBRE. 1744. 1939
" vans , renfermés dans leur mifantropie
n'ayant pour régle que leurs caprices ? On
les verroit comme les anciens Humains
Errants au gré de la Nature ,
Avec les Ours difputer la pâture .
Leur génie qui , felon S. Evremond , eſt
ennuyeux & péfant , connoîtroit-il ce que
c'eft que l'Amitié , la Douceur , la Politeffe ?
L'Homme , né pour la Société , l'éviteroit
comme fa perte , fi fes bizarreries n'étoient
temperées par les manieres gracieufes d'un
objet qu'il croit inférieur à lui . 11 ne frequenteroit
point fes pareils , ou bien - tôt le
flambeau de la Difcorde romproit une union ,
qui ne peut être bien cimentée que par le
Commerce des Dames..
A peine un jeune Homme a-t'il du monde
, qu'il s'imagine s'acquerir l'eftime du
Public , en déchirant un Sexe qui l'a formé.
D'autres accufent les Dames d'être comme
imbecilles , parce qu'elles ne font ni impies
, ni dépourvûës de fens commun ; ces
traits partent des prétendus efprits forts.
Les Dames , accoûtumées à parler d'un air
poli , ingénieufes à relever leurs penfées par
des expreffions vives , s'abftiennent avec
foin de ces termes équivoques , de ces paroles
groffieres , dont fe fervent nos jeunes
Libertins. La modeftie des Dames , loin de
A vj
les
1940 MERCURE DE FRANCE.
les juftifier , paroît un crime. Elles font açcufées
de n'avoir point d'efprit par ceux ,
qui n'en ayant pas
affés pour
voir qu'ils en
manquent , ne font pas Juges compétens en
pareille matiere.
Si l'Esprit doit briller quelque part , c'eſt
fans doute dans la converfation . Les entretiens
familiers , quoiqu'ils ne doivent pas
occuper toute notre vie , fervent beaucoup
à maintenir la Société. En effet , la converfation
, comme le remarque Balzac , a du
rapport au Gouvernement Populaire ; chacun
y a droit de fuffrages ; tous y jouiffent
de la liberté. On peut dire avec S. Evremont
, que fi l'Etude augmente les talens de
la Nature , c'eſt la converfation qui les met
en oeuvre & qui les perfectionne.
Combien d'avantages les Dames n'ontelles
pas fur nous dans ce lien de la Société ?
Avec quelle énergie leurs Efprits fe communiquent-
ils leurs penfées ? Avec quelles graces
leurs coeurs expriment- ils leurs mouvemens
? Les Doctes n'avancent rien qui ne
foit étudié ; les Ignorans difent tout au hazard
; l'Efprit & la Nature parlent avec les
Dames .
C'eſt peu d'être agréable & charmant dans un Livre;
Il faut fçavoir encor & converfer & vivre.
Auffi , pour fuivre le Précepte de Boileau,
Legifte ,
SEPTEMBRE. 1744. 1941
Legifte , Cadet , Moufquetaire , Robin , tout
vient à l'Ecole des Dames. Ciceron avouë
que , quoiqu'il eût étudié l'Eloquence fous
Molon , la Poëfie fous Archias , la Jurifprudence
fous Scævola , que quoiqu'il eut
eû pour Maîtres de Philofophie Phédre ,
Philon & Diodore le Stoicien , il eft en partie
redevable de fon fuccès dans l'Art oratoire
au Commerce qu'il a eû avec la Mere
de Gracchus , la fille de Caïus , l'Epoufe de
Craffus , & les deux Licinies.
N'est- ce pas manquer de prudence , que
de faire profeffion de ne point eftimer les
Dames , quand on fent qu'on peut les aimer?
Auffi arrive-t'il fouvent qu'on eft puni de
fon imprudence. Les Dames font ignorantes
pour la plûpart ; je l'avouë ; mais , injuftes
que nous fommes , n'avons- nous pas
eû foin d'éloigner de leur éducation les
Maîtres , qui auroient pû leur donner les
lumieres que nous avons acquifes ? Nous
avons borné leur Science à être belles ; l'Etude
nous les rendroit infupportables .
>
Il s'eft cependant trouvé des Dames , qui
ont percé l'obscurité des ténébres dont
nous avions eû foin de les envelopper.
Quelle Erudition dans une Chriftine ! Quelle
délicateffe dans les Poëfies d'une Deshoulieres
& d'une Villedieu ! Quelle legereté dans
la plume d'une la Suze , d'une Scudery !
1
20%
1942 MERCURE DE FRANCE.
2º. Une des preuves les plus convaincantes
de l'Eſprit des Dames ,
c'est que dépourvûës
de la force & de la Science , avec
ces Braffelets , ces Coëffures , ces Coliers ,
ces foibles armes que nous méprifons , elles
enchaînent les plus redoutables Guerriers ,
ces Hommes dont le bras étoit invaincu
& dont le coeur eut été invincible , s'il n'y
eut point eû de femmes. Le Philofophe s'at
tendrit ; la Raifon s'égare , elle autorife fouvent
une Paffion qu'elle condamnoit , avant
que de la connoître .
Si nous aimons les Femmes avec leurs dé
fauts , fi la Coquetterie même n'eſt pas un
antitode fouverain contre nos foibleffes
ou il y a dans le Sexe quelque chofe de fupérieur
, qui nous attire , ou les plus honteufes
Paffions nous dominent . De quelque
côté que l'Homme fe tourne , il trouvera
dans ce Dilemme une preuve de fon infériorité.
D'ailleurs , il eft sûr que les Dames ont
naturellement plus de retenuë que les Hommes
; fi donc nous rampons devant celles
qui ont perdu ce caractere pour mener une
vie licentieufe , à plus forte raiſon devonsnous
fléchir le genou devant celles , qui joignent
aux dons de la Nature une Vertu à
toute épreuve. Le contraire , dit- on , arrive
jourSEPTEMBRE.
1744. 1943
journellement ; je l'avoue , & c'eft en cela
que nous faifons paroître moins d'Efprit &
de Raifon que le beau Sexe . Les Hommes
préférent les Concubines à des femmes reſpectables
; les Dames préférent les Hommes
vertueux aux débauchés , quelle difference
de goût !
Une troifiéme preuve de l'Efprit des Dames
, c'eft que , plus foibles que nous , elles
viennent plûtôt à bout de leurs entrepriſes.
Sçais- tu bien ce que peut une femme en fureur è
S'écrie l'expérience avec Corneille ; auffi
lorfque la Confidente de Medée lui dit :
Votre Pays vous hait ; votre Epoux eft fans foi
Dans ce revers fatal que vous refte- t'il ?
Medée répond :
Moi.
Quel reffort , quelle adreffe dans une
Femme qui aime !
Thefée eut été immolé aux Manes d'Andragée,
fans le fecours d'Ariane , & s'il fortit
du Labyrinthe , c'eft que cette Princeſſe
lui confeilla d'attacher un fil dès l'entrée ,
qui le conduifit dans tous les détours & le
reconduifit ,
Un
1944 MERCURE DE FRANCE .
Un jeune Homme , magnifique au dehors,
petit en lui-même , extravagant par tout ,
refufera dans fes fottes décifions la Superiorité
aux Dames pour l'Efprit , mais s'il eft
encore capable de refléxions , il embraffera
le fentiment contraire ; ce n'eft pas à dire
qu'il n'en eft point qui n'en foient dépourvues
, mais en général les Dames ont plus
de faillies , & en même-tems plus de retenuë
, plus de prudence que les Hommes.
Parce que dans une Ville il fe trouvera peutêtre
vingt Femmes , qui n'auront jamais
penfé délicatement , il ne faut pas que l'affront
rejailliffe fur tout le Sexe.
SECONDE PARTIE.
Doit- on refufer le Courage aux Dames ?
Non fans doute. Sémiramis ajoûta aux Conquêtes
de Ninus la Lybie , la Perfe , l'Egypte
; elle recula les Frontieres de fon Empire
jufqu'à l'Inde. Babylone lui dût fes Jardins
admirables & en quelque façon fufpendus ,
la triple enceinte de fes Murs , ces fameufes
Tours , qui l'emportoient fur celle de Ninive
, & les so Portes d'Airain maffif. La fier-
50
témodefte de Syfigambis rendit refpectueux
le redoutable vainqueur de Darius. Avec
quel courage Polixéne brava- t'elle la fureur
du
SEPTEMBRE. 1744. 1945
du fils d'Achille , qui l'immola aux Mânes
de fon Pere ! L'intrépide Judith , en abattant
la tête coupable d'Holopherne , délivra
Béthulie , que le Général Affyrien , envoyé
par Nabuchodonofor , tenoit affiégée . Le
corps enfanglanté de Lucrece chaffa les Tarquins
de Rome , & cette Dame violée , en
fe donnant la mort , affranchit fa Patrie de
l'esclavage où l'avoient tenu ſept Rois confécutifs
. Coriolan , ayant battu plufieurs fois
les Romains , alloit réduire leur Capitale
en cendres , fi fa Mere n'eût parlé. Elle
adoucit l'humeur de fon fils ; le vainqueur
admire fon courage ; Rome eft délivrée , &
les Volfques fe retirent. Paroiffez Illuftre
Matrone , qui dans une pareille conjoncture,
fauvâtes votre Patrie, en parlant en Mere
courroucée à votre fils rebelle . Dans peu
fe feroit emparé de Babylone , fi Balthazar
eût hérité de la grandeur d'Ame de Nitocris
?
il
J'avoue que les Dames n'étant pas dans
l'ufage d'aller à la guerre , leurs exploits
font plus rares , mais fi les Hommes font
chargés du foin de défendre les Etats , ce
font eux qui les ont troublés. L'ambition
de vaincre fes pareils , eft le partage des Héros.
Les femmes s'attachent à donner de l'éducation
à leurs enfans , à entretenir la paix
dans
1946 MERCURE DE FRANCE.
dans leur famille , voilà où fe borne leur
ambition. Le tumulte des affaires , l'horreur
que les armes entraînent après elles , ne troublent
point leur vie paifible, mais auffi lorfqu'elles
font forcées à fe défendre , quelle
intrépidité ! Sans aller chercher dans l'Hiftoire
ces Illuftres Héroïnes , qui de leurs
cheveux firent des cordes pour les Machines
de guerre , confultons l'expérience . Repréfentons-
nous ces Meres furieufes , arrachant
leurs filles tremblantes des mains effrenées
d'un Soldat qui s'eft emparé d'une
Ville , & c.
La véritable grandeur d'Ame confifte à
vaincre fes Paflions , à triompher du vice ,
à remplir les devoirs de l'Amitié , à pratiquer
les Vertus Morales ; on accorde auffi
aux Dames , avec l'Eglife , la Dévotion .
Rien n'eft d'ailleurs plus héroïque que la
fidélité dont fe pique une Dame de 15 à
20 ans , envers un Mari plus que fexagenaire.
La choſe arrive cependant tous les jours.
L'intérêt eft ordinairement l'origine & la
baze de la fidélité dans les Hommes. Maffiniffa
, vaincu par les charmes de l'Epouſe
de Syphax , auroit peut-être toujours aimé
Sophoniſbe , fi l'intérêt n'eût agi fur lui .
Allié des Romains , il leur immola le foir
de fes nôces cette Princeffe Africaine.
Les
SEPTEMBRE. 1744. 1947
Les femmes ont naturellement le coeur
plus tendre que nous. Nul objet férieux ne
les attache , auffi rempliffent- elles , mieux que
les hommes , les devoirs de l'Amitié . Ce
fuperbe Monument , qu'érigea Artemife en
l'honneur de fon cher Maufole , ne fubfifte
plus , quoiqu'il fût une des fept Merveilles
du Monde , mais la tendreffe de cette Reine
de Carie a bravé les injures du tems , & nous
a mieux fait connoître le Roi , fon Epoux
que l'Eloquence d'Ifocrate & de Théopompe.
Toutes les Dames font bien aifes de plaire,
mais c'eſt un effet de l'amour propre, auquel
les hommes font moins fujets , parce
qu'ils ont plus d'occupations.
On n'a peut-être jamais vû de femme qui
fe foit glorifiée du titre d'Athée ou de Déifte
, tandis qu'on voit de jeunes Gens , encore
couverts de la pouffiere des Bancs , qui
donnent dans ces abominables Principes.
་
Les Dames ont ordinairement plus de
foin de l'honneur de leurs Maris , que les
Hommes n'en ont de celui de leurs Epouſes.
Elles s'efforcent de fe cacher à elles- mêmes
leurs défauts , qu'elles dérobent aux yeux
du Public. Un Jaloux inftruit tout le monde
de fes foupçons mal fondés ; il s'expofe
par- là à la rifée publique; fa femme , dit- on,
en eft la caufe ; fuppofons un inftant qu'elle
1948 MERCURE DE FRANCE.
sûr ,
le fût coquette ; l'Homme , à coup
manque plus fouvent à fes engagemens que
la Femme , Quelle Loi lui accorde ce Privilége
?
Enfin il s'écoula fept cent ans , fans qu'au
cune Femme de l'Ile de Chio eût donné le
moindre foupçon fur fa vertu . Les Matrônes
Grecques poufferent fi loin la fageffe & la
chafteté , que Pétrone , n'en trouvant aucune
à qui il pût reprocher quelque incontinence
, fut forcé d'inventer l'Hiftoire de
la Matrône d'Ephéfe . Je ferois infini , fi
j'entreprenois de rapporter ici tout ce qui
peut entrer dans la défenſe des Dames , que
je crois , en général , fupérieures aux Hommes.
A Dijon le 6 Juin 1744.
les Hommes. Extrait d'un Difcours de
M. La Cofte , le Cadet.
Hommes paroiffent quelquefois
Sinjuftes dans leurs décifions , c'eft , furtout
, à l'égard des Dames. La Nature ayant
donné aux premiers un corps plus robufte ,
ils ont crû que la raifon du plus fort étoit
la meilleure : convaincus de la Superiorité
d'un Sexe qu'ils eftimoiert hier , qu'ils mépriſent
aujourd'hui , & qu'ils adorent tous
les jours , ils ont voulu , pour autorifer
leurs caprices , obtenir de la force , ce que
le mérite leur refufoit. Fiers du Defpotifme
qu'ils ont ufurpé , ils s'imaginent que les
Dames doivent foufcrire à des Loix , où jamais
elles n'ont eu de
•
part.
,
Quoique le préjugé & la mode me foyent
favorables , la vérité m'excite à prendre la
défenſe d'un Sexe , qui fe feroit déja juſtifié
, fi nous n'avions eû foin d'écarter de fon
éducation l'Art d'écrire. Il falloit en venir
là. En effet , il auroit bien - tôt recouvré la
place qui lui avoit été marquée par la Sageffe
, mais dont nous l'avons chaffé , fi on
lui avoit enfeigné l'Art de fe défendre
com-
1
SEPTEMBRE . 1744 . 1937
comme on nous a inftruit dans la maniere
de l'attaquer.
Nous ne pouvons afpirer à la Superiorité
fur les Dames , que par l'Efprit & par le
Coeur. La force eft étrangere au mérite ,
parce qu'elle ne dépend pas de nous . D'ailleurs
, la Beauté étant le partage des Dames ,
& l'écueil où vient échouer tous les jours
l'orgueil de l'Homme , nous n'avons jufqu'ici
aucun reproche à leur faire. Au contraire
, fi moins robuftes que nous , elles ont
pris un afcendant fur notre fexe , cela caracteriſe
allés notre foibleffe .
Je vais donc tâcher d'établir que les Da
mes ont beaucoup plus d'Efprit , & les fentimens
plus nobles que les Hommes. Ces
deux Propofitions feront l'economie de ce
Difcours. Je ne me fervirai que du Raiſonnement
, laiffant la pitié à l'écart ; le coupable
l'employe comme le jufte , & ce feroit
deshonorer l'innocent que de le juftifier
par des moyens qui lui feroient communs
avec le criminel . D'ailleurs , l'Homme eſt
trop endurci fur ce point , pour ſe laiffer
fléchir ; heureux fi la Raifon peut encore ſe
faire entendre , & fi on ne l'étouffe pas ,
avant qu'elle prenne la parole !
- PREMIERE PARTIE.
Une Perfonne qui a l'imagination vive ,
A v les
1938 MERCURE DE FRANCE.
les penfées fines , les expreffions naturelles ,
polies & délicates , peut paffer pour avoir
de l'Efprit. La Science , l'Erudition , la Litterature
s'acquierent avec le tems . Il ne faut
pas beaucoup de génie , pour être Jurifconfulte
, encore moins , pour fçavoir l'Hiſtoire
, & peut- être point du tout , pour devenir
grand Géométre . L'Etude eft la Mere
des Connoiffances. On pourroit même penfer
de quelques Sçavans, ce que difoit Scarron
des Sots , qu'ils mourront fans rendre
l'efprit .
Qu'est- ce qu'Efprit ? Raiſon aſſaiſonnée.
Efprit fans fel eft fade nourriture ;
Sel fans Raifon eft folide pâture ;
De tous les deux fe forme Eſprit parfait ,
De l'un fans l'autre un Monftre contrefait.
Or , 1. il n'eft pas douteux que les Dames
n'ayent beaucoup plus de fel & de prudence
que les Hommes. Ayant les fibres plus
déliées , elles doivent avoir les faillies plus
agréables que nous . Auffi voit- on tous les
jours que les Hommes ne fçavent ce qu'on
appelle bien vivre , que lorfque les Dames
s'en font mêlées. Le Monde eft une Ecole
où l'on apprend à faire ufage de ce que l'on
a vû dans les Livres ; cependant , fans les
Dames,où en feroient la plupart de nos Sçavans
,
SEPTEMBRE. 1744. 1939
" vans , renfermés dans leur mifantropie
n'ayant pour régle que leurs caprices ? On
les verroit comme les anciens Humains
Errants au gré de la Nature ,
Avec les Ours difputer la pâture .
Leur génie qui , felon S. Evremond , eſt
ennuyeux & péfant , connoîtroit-il ce que
c'eft que l'Amitié , la Douceur , la Politeffe ?
L'Homme , né pour la Société , l'éviteroit
comme fa perte , fi fes bizarreries n'étoient
temperées par les manieres gracieufes d'un
objet qu'il croit inférieur à lui . 11 ne frequenteroit
point fes pareils , ou bien - tôt le
flambeau de la Difcorde romproit une union ,
qui ne peut être bien cimentée que par le
Commerce des Dames..
A peine un jeune Homme a-t'il du monde
, qu'il s'imagine s'acquerir l'eftime du
Public , en déchirant un Sexe qui l'a formé.
D'autres accufent les Dames d'être comme
imbecilles , parce qu'elles ne font ni impies
, ni dépourvûës de fens commun ; ces
traits partent des prétendus efprits forts.
Les Dames , accoûtumées à parler d'un air
poli , ingénieufes à relever leurs penfées par
des expreffions vives , s'abftiennent avec
foin de ces termes équivoques , de ces paroles
groffieres , dont fe fervent nos jeunes
Libertins. La modeftie des Dames , loin de
A vj
les
1940 MERCURE DE FRANCE.
les juftifier , paroît un crime. Elles font açcufées
de n'avoir point d'efprit par ceux ,
qui n'en ayant pas
affés pour
voir qu'ils en
manquent , ne font pas Juges compétens en
pareille matiere.
Si l'Esprit doit briller quelque part , c'eſt
fans doute dans la converfation . Les entretiens
familiers , quoiqu'ils ne doivent pas
occuper toute notre vie , fervent beaucoup
à maintenir la Société. En effet , la converfation
, comme le remarque Balzac , a du
rapport au Gouvernement Populaire ; chacun
y a droit de fuffrages ; tous y jouiffent
de la liberté. On peut dire avec S. Evremont
, que fi l'Etude augmente les talens de
la Nature , c'eſt la converfation qui les met
en oeuvre & qui les perfectionne.
Combien d'avantages les Dames n'ontelles
pas fur nous dans ce lien de la Société ?
Avec quelle énergie leurs Efprits fe communiquent-
ils leurs penfées ? Avec quelles graces
leurs coeurs expriment- ils leurs mouvemens
? Les Doctes n'avancent rien qui ne
foit étudié ; les Ignorans difent tout au hazard
; l'Efprit & la Nature parlent avec les
Dames .
C'eſt peu d'être agréable & charmant dans un Livre;
Il faut fçavoir encor & converfer & vivre.
Auffi , pour fuivre le Précepte de Boileau,
Legifte ,
SEPTEMBRE. 1744. 1941
Legifte , Cadet , Moufquetaire , Robin , tout
vient à l'Ecole des Dames. Ciceron avouë
que , quoiqu'il eût étudié l'Eloquence fous
Molon , la Poëfie fous Archias , la Jurifprudence
fous Scævola , que quoiqu'il eut
eû pour Maîtres de Philofophie Phédre ,
Philon & Diodore le Stoicien , il eft en partie
redevable de fon fuccès dans l'Art oratoire
au Commerce qu'il a eû avec la Mere
de Gracchus , la fille de Caïus , l'Epoufe de
Craffus , & les deux Licinies.
N'est- ce pas manquer de prudence , que
de faire profeffion de ne point eftimer les
Dames , quand on fent qu'on peut les aimer?
Auffi arrive-t'il fouvent qu'on eft puni de
fon imprudence. Les Dames font ignorantes
pour la plûpart ; je l'avouë ; mais , injuftes
que nous fommes , n'avons- nous pas
eû foin d'éloigner de leur éducation les
Maîtres , qui auroient pû leur donner les
lumieres que nous avons acquifes ? Nous
avons borné leur Science à être belles ; l'Etude
nous les rendroit infupportables .
>
Il s'eft cependant trouvé des Dames , qui
ont percé l'obscurité des ténébres dont
nous avions eû foin de les envelopper.
Quelle Erudition dans une Chriftine ! Quelle
délicateffe dans les Poëfies d'une Deshoulieres
& d'une Villedieu ! Quelle legereté dans
la plume d'une la Suze , d'une Scudery !
1
20%
1942 MERCURE DE FRANCE.
2º. Une des preuves les plus convaincantes
de l'Eſprit des Dames ,
c'est que dépourvûës
de la force & de la Science , avec
ces Braffelets , ces Coëffures , ces Coliers ,
ces foibles armes que nous méprifons , elles
enchaînent les plus redoutables Guerriers ,
ces Hommes dont le bras étoit invaincu
& dont le coeur eut été invincible , s'il n'y
eut point eû de femmes. Le Philofophe s'at
tendrit ; la Raifon s'égare , elle autorife fouvent
une Paffion qu'elle condamnoit , avant
que de la connoître .
Si nous aimons les Femmes avec leurs dé
fauts , fi la Coquetterie même n'eſt pas un
antitode fouverain contre nos foibleffes
ou il y a dans le Sexe quelque chofe de fupérieur
, qui nous attire , ou les plus honteufes
Paffions nous dominent . De quelque
côté que l'Homme fe tourne , il trouvera
dans ce Dilemme une preuve de fon infériorité.
D'ailleurs , il eft sûr que les Dames ont
naturellement plus de retenuë que les Hommes
; fi donc nous rampons devant celles
qui ont perdu ce caractere pour mener une
vie licentieufe , à plus forte raiſon devonsnous
fléchir le genou devant celles , qui joignent
aux dons de la Nature une Vertu à
toute épreuve. Le contraire , dit- on , arrive
jourSEPTEMBRE.
1744. 1943
journellement ; je l'avoue , & c'eft en cela
que nous faifons paroître moins d'Efprit &
de Raifon que le beau Sexe . Les Hommes
préférent les Concubines à des femmes reſpectables
; les Dames préférent les Hommes
vertueux aux débauchés , quelle difference
de goût !
Une troifiéme preuve de l'Efprit des Dames
, c'eft que , plus foibles que nous , elles
viennent plûtôt à bout de leurs entrepriſes.
Sçais- tu bien ce que peut une femme en fureur è
S'écrie l'expérience avec Corneille ; auffi
lorfque la Confidente de Medée lui dit :
Votre Pays vous hait ; votre Epoux eft fans foi
Dans ce revers fatal que vous refte- t'il ?
Medée répond :
Moi.
Quel reffort , quelle adreffe dans une
Femme qui aime !
Thefée eut été immolé aux Manes d'Andragée,
fans le fecours d'Ariane , & s'il fortit
du Labyrinthe , c'eft que cette Princeſſe
lui confeilla d'attacher un fil dès l'entrée ,
qui le conduifit dans tous les détours & le
reconduifit ,
Un
1944 MERCURE DE FRANCE .
Un jeune Homme , magnifique au dehors,
petit en lui-même , extravagant par tout ,
refufera dans fes fottes décifions la Superiorité
aux Dames pour l'Efprit , mais s'il eft
encore capable de refléxions , il embraffera
le fentiment contraire ; ce n'eft pas à dire
qu'il n'en eft point qui n'en foient dépourvues
, mais en général les Dames ont plus
de faillies , & en même-tems plus de retenuë
, plus de prudence que les Hommes.
Parce que dans une Ville il fe trouvera peutêtre
vingt Femmes , qui n'auront jamais
penfé délicatement , il ne faut pas que l'affront
rejailliffe fur tout le Sexe.
SECONDE PARTIE.
Doit- on refufer le Courage aux Dames ?
Non fans doute. Sémiramis ajoûta aux Conquêtes
de Ninus la Lybie , la Perfe , l'Egypte
; elle recula les Frontieres de fon Empire
jufqu'à l'Inde. Babylone lui dût fes Jardins
admirables & en quelque façon fufpendus ,
la triple enceinte de fes Murs , ces fameufes
Tours , qui l'emportoient fur celle de Ninive
, & les so Portes d'Airain maffif. La fier-
50
témodefte de Syfigambis rendit refpectueux
le redoutable vainqueur de Darius. Avec
quel courage Polixéne brava- t'elle la fureur
du
SEPTEMBRE. 1744. 1945
du fils d'Achille , qui l'immola aux Mânes
de fon Pere ! L'intrépide Judith , en abattant
la tête coupable d'Holopherne , délivra
Béthulie , que le Général Affyrien , envoyé
par Nabuchodonofor , tenoit affiégée . Le
corps enfanglanté de Lucrece chaffa les Tarquins
de Rome , & cette Dame violée , en
fe donnant la mort , affranchit fa Patrie de
l'esclavage où l'avoient tenu ſept Rois confécutifs
. Coriolan , ayant battu plufieurs fois
les Romains , alloit réduire leur Capitale
en cendres , fi fa Mere n'eût parlé. Elle
adoucit l'humeur de fon fils ; le vainqueur
admire fon courage ; Rome eft délivrée , &
les Volfques fe retirent. Paroiffez Illuftre
Matrone , qui dans une pareille conjoncture,
fauvâtes votre Patrie, en parlant en Mere
courroucée à votre fils rebelle . Dans peu
fe feroit emparé de Babylone , fi Balthazar
eût hérité de la grandeur d'Ame de Nitocris
?
il
J'avoue que les Dames n'étant pas dans
l'ufage d'aller à la guerre , leurs exploits
font plus rares , mais fi les Hommes font
chargés du foin de défendre les Etats , ce
font eux qui les ont troublés. L'ambition
de vaincre fes pareils , eft le partage des Héros.
Les femmes s'attachent à donner de l'éducation
à leurs enfans , à entretenir la paix
dans
1946 MERCURE DE FRANCE.
dans leur famille , voilà où fe borne leur
ambition. Le tumulte des affaires , l'horreur
que les armes entraînent après elles , ne troublent
point leur vie paifible, mais auffi lorfqu'elles
font forcées à fe défendre , quelle
intrépidité ! Sans aller chercher dans l'Hiftoire
ces Illuftres Héroïnes , qui de leurs
cheveux firent des cordes pour les Machines
de guerre , confultons l'expérience . Repréfentons-
nous ces Meres furieufes , arrachant
leurs filles tremblantes des mains effrenées
d'un Soldat qui s'eft emparé d'une
Ville , & c.
La véritable grandeur d'Ame confifte à
vaincre fes Paflions , à triompher du vice ,
à remplir les devoirs de l'Amitié , à pratiquer
les Vertus Morales ; on accorde auffi
aux Dames , avec l'Eglife , la Dévotion .
Rien n'eft d'ailleurs plus héroïque que la
fidélité dont fe pique une Dame de 15 à
20 ans , envers un Mari plus que fexagenaire.
La choſe arrive cependant tous les jours.
L'intérêt eft ordinairement l'origine & la
baze de la fidélité dans les Hommes. Maffiniffa
, vaincu par les charmes de l'Epouſe
de Syphax , auroit peut-être toujours aimé
Sophoniſbe , fi l'intérêt n'eût agi fur lui .
Allié des Romains , il leur immola le foir
de fes nôces cette Princeffe Africaine.
Les
SEPTEMBRE. 1744. 1947
Les femmes ont naturellement le coeur
plus tendre que nous. Nul objet férieux ne
les attache , auffi rempliffent- elles , mieux que
les hommes , les devoirs de l'Amitié . Ce
fuperbe Monument , qu'érigea Artemife en
l'honneur de fon cher Maufole , ne fubfifte
plus , quoiqu'il fût une des fept Merveilles
du Monde , mais la tendreffe de cette Reine
de Carie a bravé les injures du tems , & nous
a mieux fait connoître le Roi , fon Epoux
que l'Eloquence d'Ifocrate & de Théopompe.
Toutes les Dames font bien aifes de plaire,
mais c'eſt un effet de l'amour propre, auquel
les hommes font moins fujets , parce
qu'ils ont plus d'occupations.
On n'a peut-être jamais vû de femme qui
fe foit glorifiée du titre d'Athée ou de Déifte
, tandis qu'on voit de jeunes Gens , encore
couverts de la pouffiere des Bancs , qui
donnent dans ces abominables Principes.
་
Les Dames ont ordinairement plus de
foin de l'honneur de leurs Maris , que les
Hommes n'en ont de celui de leurs Epouſes.
Elles s'efforcent de fe cacher à elles- mêmes
leurs défauts , qu'elles dérobent aux yeux
du Public. Un Jaloux inftruit tout le monde
de fes foupçons mal fondés ; il s'expofe
par- là à la rifée publique; fa femme , dit- on,
en eft la caufe ; fuppofons un inftant qu'elle
1948 MERCURE DE FRANCE.
sûr ,
le fût coquette ; l'Homme , à coup
manque plus fouvent à fes engagemens que
la Femme , Quelle Loi lui accorde ce Privilége
?
Enfin il s'écoula fept cent ans , fans qu'au
cune Femme de l'Ile de Chio eût donné le
moindre foupçon fur fa vertu . Les Matrônes
Grecques poufferent fi loin la fageffe & la
chafteté , que Pétrone , n'en trouvant aucune
à qui il pût reprocher quelque incontinence
, fut forcé d'inventer l'Hiftoire de
la Matrône d'Ephéfe . Je ferois infini , fi
j'entreprenois de rapporter ici tout ce qui
peut entrer dans la défenſe des Dames , que
je crois , en général , fupérieures aux Hommes.
A Dijon le 6 Juin 1744.
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Résumé : LA SUPERIORITÉ des Dames sur les Hommes. Extrait d'un Discours de M. La Coste, le Cadet.
Dans son discours 'La Supériorité des Dames sur les Hommes' de septembre 1744, M. La Cofte critique les hommes pour leur injustice envers les femmes, affirmant que ces dernières possèdent plus d'esprit et de sentiments nobles. Le texte se structure autour de deux propositions principales : la supériorité intellectuelle et émotionnelle des femmes. L'auteur définit l'esprit comme une raison assaisonnée et souligne que les femmes, grâce à leur imagination vive et leurs expressions naturelles, possèdent davantage de sel et de prudence. Il critique les hommes pour leur manque de savoir-vivre et leur incapacité à apprécier la société sans l'influence des femmes. Les femmes sont décrites comme modérées et polies, évitant les termes équivoques et grossiers utilisés par certains hommes. Dans la conversation, elles brillent par leur capacité à communiquer leurs pensées avec énergie et grâce. Le texte discute de la valeur et de l'esprit des femmes à travers divers exemples historiques et littéraires. Il souligne que les interactions avec les femmes sont essentielles pour le succès, comme le montre Cicéron, qui attribue une part de son talent oratoire à ses relations avec des femmes influentes. Le texte critique la société pour avoir limité l'éducation des femmes, les rendant ainsi ignorantes, mais reconnaît que certaines femmes ont acquis une grande érudition et délicatesse, comme Christine de Suède, Madame Deshoulières, et Madame Villedieu. Les femmes, bien que dépourvues de force physique et de science, parviennent à charmer et à dominer les hommes grâce à leur esprit et leur coquetterie. Elles montrent souvent plus de retenue et de vertu que les hommes, qui préfèrent souvent les concubines aux femmes respectables. Le texte cite des exemples littéraires et historiques, comme Médée et Ariane, pour illustrer la détermination et l'adresse des femmes. Il aborde également le courage des femmes, citant des figures historiques telles que Sémiramis, Syphax, Polixène, Judith, Lucrèce, et la mère de Coriolan. Les femmes sont perçues comme ayant un cœur plus tendre et remplissant mieux les devoirs de l'amitié. Leur amour-propre les pousse à vouloir plaire, bien que cela soit moins marqué chez les hommes en raison de leurs nombreuses occupations. En conclusion, le texte défend l'idée que les femmes sont généralement supérieures aux hommes en termes de vertus et de comportements moraux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5237
p. 1949-1956
EPITRE, De M. Nericault Destouches, à M. Frigot.
Début :
Qu'exiges-tu de ma veine assoupie ? [...]
Mots clefs :
Esprit, Zèle, Impie, Dieu, Chrétien, Orgueil, Vérité, Pierre Bayle, Ridicule, Incrédule
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE, De M. Nericault Destouches, à M. Frigot.
EPITRE ,
De M. Nericault Deftouches , à M. Frigot.
Qu'exiges-tu de ma veine afſoupie ?
Que je l'excite à combattre l'Impie
Veux-tu toujours que ma Profe & mes Vers ,
Pour l'attaquer , parcourent l'Univers ?
N'eft-il pas tems de finir cette guerre ?
Si l'Incrédule affronte le Tonnerre
Si du fophifme il ofe fe munir,
Pour braver Dieu, toûjours lent à punir ,
Quelle recette affés bien préparée
Pourra guérir la raiſon égarée ,
Et
Y
Ouvrir les yeux bleffés par le grand jour ,
que l'erreur a fermés fans retour ?
A de tels maux il n'eft point de remede ,
Que d'implorer la Grace à qui tout cede
Pour obtenir qu'elle daigne frapper
Un coeur ingrat , qui lui veut échapper.
Qu'opéreront nos argumens fans elle ?
Sans ce fecours l'ardeur du plus beau zéle
Eft ridicule aux yeux d'un vain Docteur ,
Fier partifan d'un orgueil impofteur
Qui le fafcine , & qui lui perfuade
Que tout Chrétien eft un efprit malade ,
- Un vil eſclave au ſcrupule enchaîné ,
Pat
1950 MERCURE DE FRANCE
Par les frayeurs follement entraîné .
Oui , plus l'Impie au Ciel eft redevable ,
Plus il s'efforce à fe rendre coupable ;
Efprit , talens , fçavoir , fagacité ,
Tout s'arme en lui contre la Vérité ;
Pour l'obfcurcir fans ceffe il les déploye ;
La décrier eft fa plus douce joye,
Son vrai triomphe , & fon parfait bonheur.
Il fait le faire un malheureux honneur
De s'illuftrer par de fameux blafphêmes:
Charmé d'un nom , fruit de cent anathêmes ,
Il s'applaudit de ſe voir révéré
Par mille fous dont il eft entouré.
Comment matter cet efprit frénétique ?
Contre les Faits il n'eft point de répliques`
Tout doit s'y rendre avec foumiffion ,
Mais rien n'impoſe à la préfomption,
Qui ne connoît aucune Loi fuptême ,
Que les decrets qu'elle dicte elle- même.
Tu vois , ami , qu'à cet aveuglement
En vain j'oppofe un zele véhément ;
D'un fol orgueil l'Incrédule s'enyvre ;
La Providence à lui - même le livre ,
Terrible prix de fa témérité ,
Qui loin de lui fait fair la Vérité.
Déplore donc fon aveugle manie ,
Sans exiger que mon foible génie ,
Quifit contre elle un aflés vain effort ,
Pour
SEPTEMBRE. 1744. 1951
Pour la dompter prenne un nouvel effor .
Que m'ont produit mon ardeur & mon zéle
Mille ennemis : Querelle fur querelle.
Mes amis même entre eux ont murmuré ,
Quand ils m'ont vû d'un viſage aſſûré
Livrer bataille à la Raifon perverfe ,
Qui contre Dieu dans ce fiéclé s'exerce ,
Et fur la foi de Bayle , fon Docteur ,
Ofe douter de fon divin Auteur ;
Car le Démon , pour vaincre mon courage ,
Toujours fur moi fait tomber quelque orage ,
Et pour venger fes fideles fuppôts ,
Uſe ſes traits à troubler mon repos.
Tantôt d'un Poëte , impudent Anonyme ,
Et froid railleur , il exerce la rime
Pour m'infulter , & veut faire d'un fot ,
D'un ignorant , un Singe de Marot.
Tantôt il pouffe un rêveur lunatique
A m'excéder de ſa Métaphysique ,
Dont il oppofe à mes raiſonnemens
La profondeur & les fins argumens ,
Amas confus de chimeres fubtiles ,
Contre les Faits reffources inutiles.
Une autrefois il me fait
envoyer
Un vil monceau du plus fale papier ,
Affaifonné d'un billet , qui me marque
Que ce papier , digne d'un Ariſtarque ,
Et d'un Prêcheur auffi profond que moi ,
Mérite bien que j'en faffe l'emploi,
Pour
1952 MERCURE DE FRANCE.
Pour fignaler mon efprit fec & trifte ,
Contre l'Impie & contre le Déifte .
Ce n'eft pas tout. Il fufcite un pié plat ,
Efprit Normand , qui pourtant n'eſt qu'un fat ,
( Si par le ftyle on connoît la perfonne )
Pour m'attefter que chacun me foupçonne
De n'être au fond qu'un hypocrite altier ;
Que contre Bayle en vain j'oſe crier ,
Que je ne fuis qu'un Nain pufillanime ,
Près d'un Géant , qu'une éternelle eftime
Fera paffer pour le plus bel efprit ,
→
Et le plus grand , qui jamais ait écrit ;
Que s'il vivoit , fa plume , comme un foudre,
Dupremier coup me réduiroit en poudre ,
Prompt châtiment par moi trop mérité
Par mon audace & par ma vanité ;
Qu'en mes Ecrits mon orgueil fe décelle ,
Quoique caché fous le mafque du zéle ;
so Et taifez-vous , plat Théologien ,
» Laiffez en paix vivre l'anti - Chrétien
Ajoûte-t'il ; & d'un ftyle folâtre ,
» Allez plûtôt prêcher fur le Théâtre ,
>> Où quelquefois on vous a fupporté.
Fixez-vous-là . Votre zéle emporté
» Contre l'Impie & contre l'Incrédule ,
>> Paroît en vous un tic fort ridicule ,
» Loin d'impoſer , vous nous faites pitié.
Suis je , Frigot ,
affés humilié
יכ
C.x
SEPTEMBRE. 1744.
1953
Car chaque jour, par cent routes obfcures ,
Il pleut fur moi des volumes d'injures ;
Tous les matins c'eft mon plus doux régal.
Mes ennemis n'endurciffent au mal .
De tant d'efforts tu vois la récompenfe ;
Voilà les traits que le Démon me lance ,
Pour le venger de mes vives clameurs ,
Contre l'effain de fes noirs Sectateurs ,
Que tour à tour en fecret il déchaîne ,
Pour amortir le zéle qui m'entraîne ,
Et me forcer à reprendre un métier ,
Que malgré lui , j'ai fait voeu d'oublier.
Eh ! plût à Dieu qu'un rayon de lumiere
M'eût fait moins tard fortir d'une carriere ,
Où , trop jaloux d'un frivole talent ,
Je n'ai jamais couru qu'en chancelant ,
Pour acquérir , avide de fumée ,
Le foible éclat d'un peu de renommée!
A ce trait-ci , mes ennemis fecrets
Vont s'écrier : D'hypocrites regrets
Notre Précheur veut faire en vain parade ¿
Son air pieux n'eft qu'une maſcarade,
Pour impoſer aux crédules Dévots ,
Sots Partifans de fes maigres travaux :
Son Orviétan n'eft fait que pour des gruësi
Qu'il le débite à tous les coins des ruës,
Où la canaille en fera fon profit; ·
Mais quant à nous,que la Naturefit ,
>
3
B Grace
1954 MERCURE DE FRANCE.
Grace au hazard , d'une plus fine étoffe
Nous voyons tout d'un oeil trop philoſophe ,
Pour nous laiffer éblouir aujargon
De ce Tartuffe. Il lui faut un Orgon ,
Pour favourer fes fades balivernes.
2. 71.
Gens , tels que nous, ne vont point fans lanternes.
Nous voyons clair dans la plus fombre nuit.
Un beau dehors jamais ne nous féduit ;
Le moindrefard nous frappe , nous irrite,
Et de cent pas nous flairons l'hypocrite.
Eh ! par quel art peut-on venir à bout
De nous tromper , nous qui doutons de tout?
Doute éclairé: fource du Pyrrhonisme ,
Tu fais regner tout au moins le Déiſme !
Doute charmant , par qui la Vérité ,
S'il en eft une eft dans l'obſcurité ,.
Pénétre nous jufqu'en nos moindres fibres ,
Et fais de nous des Etres toujours libres ,
Aux préjugés, aux vulgaires fraycurs ,
Par ton pouvoir toujoursfupérieurs ,
Et le que nom de Bayle notre Maître ,
Vive à jamais ,pour t'avoir fait renaître..
Un tel propos te furprend & t'aigrit ,
Cu tu le crois un jeu de mon efprit ;
Non , cher ami , c'eft le fuc d'une Lettre
Qu'on s'empreffa de me faire remettre ,
Huit jours après que je t'eus répondu
Par le Mercure, & qui m'eût confondu ,
S'il
SEPTEMBRE. 1744. 1955
S'il étoit vrai que mon orgueil fantafque
D'un vrai Chrétien m'eût fait prendre le mafque ,,:
Pour ajoûter au vain titre d'Auteur,
L'air d'un Sçavant , & d'un Prédicateur.
Heureufement, ma candeur eft connuë ,
Et mon humeur n'eft que trop ingénuë.
Mon coeur ouvert m'a fouvent compromis ,
Et m'a privé d'un grand nombre d'amis.
Si Bayle en moi trouve un vif Adverfaire ,
C'eft que j'ai crû cet effor néceffaire ,
Pour décrier un Philofophe adroit ,
Qui croit douteux tout ce qu'un Chrétien croit
Differtateur d'autant plus redoutable ,
Qu'il cache mieux fon venin déteftable ,
Et que le ton qu'il prend , quand il écrit,
Corrompt le coeur , en amulant l'efprit
J'en fis d'abord l'épreuve malheureuſe.
Duppe , autrefois de fa candeur trompeuſe ,
Je me jettai , le fuivant pas à pas ,
Dans un bourbier que je ne voyois pas ;
Heureux enfin d'avoir ſçû reconnoître
L'objet affreux d'un fi dangereux Maître ;
Mais non content de l'avoir déteſté ,
Je fis la guerre au Docteur empeſté ,
Dont les talens , féduifant l'innocence ,
Jettent partout le doute & la licence ,
Et d'un Chrétien, peu précautionné ,
Font un impie , au vice abandonné.
Bij Oui ,
1956 MERCURE DE FRANCE.
Oui ; je l'ai dit , & je le dis encore ,
Un faux fçavant le révére , l'adore ,
Mais un coeur pur , muni d'un vrai fçavoir ,
Ne voit en lui qu'un efprit fouple & noir ,
Qui toujours cache & vomit le blafphême ,
Et j'oferois l'en convaincre lui -même ,
En m'expofant à ſon foudre irrité.
Quand pour appui l'on a la Vérité ,
Qu'a-t'on à craindre ? un Nain très- ridicule,
Peut avec elle attaquer un Hercule.
Après m'avoir enfeigné mon chemin ,
Elle m'a mis les armes à la main ,
Pour la défendre , & rempli d'un vrai zéle ,
J'ai rifqué tout, en combattant pour elle.
Et plût au Ciel qu'un auffi long débat ,
Eût mis enfin l'impie hors de Combat !
Mais à Dieu feul appartient cette gloire ;
C'eft de Dieu feul que j'attends la victoire,
Pour me venger de mes Perfécuteurs ,
Je la demande à ce Maître des coeurs.
De M. Nericault Deftouches , à M. Frigot.
Qu'exiges-tu de ma veine afſoupie ?
Que je l'excite à combattre l'Impie
Veux-tu toujours que ma Profe & mes Vers ,
Pour l'attaquer , parcourent l'Univers ?
N'eft-il pas tems de finir cette guerre ?
Si l'Incrédule affronte le Tonnerre
Si du fophifme il ofe fe munir,
Pour braver Dieu, toûjours lent à punir ,
Quelle recette affés bien préparée
Pourra guérir la raiſon égarée ,
Et
Y
Ouvrir les yeux bleffés par le grand jour ,
que l'erreur a fermés fans retour ?
A de tels maux il n'eft point de remede ,
Que d'implorer la Grace à qui tout cede
Pour obtenir qu'elle daigne frapper
Un coeur ingrat , qui lui veut échapper.
Qu'opéreront nos argumens fans elle ?
Sans ce fecours l'ardeur du plus beau zéle
Eft ridicule aux yeux d'un vain Docteur ,
Fier partifan d'un orgueil impofteur
Qui le fafcine , & qui lui perfuade
Que tout Chrétien eft un efprit malade ,
- Un vil eſclave au ſcrupule enchaîné ,
Pat
1950 MERCURE DE FRANCE
Par les frayeurs follement entraîné .
Oui , plus l'Impie au Ciel eft redevable ,
Plus il s'efforce à fe rendre coupable ;
Efprit , talens , fçavoir , fagacité ,
Tout s'arme en lui contre la Vérité ;
Pour l'obfcurcir fans ceffe il les déploye ;
La décrier eft fa plus douce joye,
Son vrai triomphe , & fon parfait bonheur.
Il fait le faire un malheureux honneur
De s'illuftrer par de fameux blafphêmes:
Charmé d'un nom , fruit de cent anathêmes ,
Il s'applaudit de ſe voir révéré
Par mille fous dont il eft entouré.
Comment matter cet efprit frénétique ?
Contre les Faits il n'eft point de répliques`
Tout doit s'y rendre avec foumiffion ,
Mais rien n'impoſe à la préfomption,
Qui ne connoît aucune Loi fuptême ,
Que les decrets qu'elle dicte elle- même.
Tu vois , ami , qu'à cet aveuglement
En vain j'oppofe un zele véhément ;
D'un fol orgueil l'Incrédule s'enyvre ;
La Providence à lui - même le livre ,
Terrible prix de fa témérité ,
Qui loin de lui fait fair la Vérité.
Déplore donc fon aveugle manie ,
Sans exiger que mon foible génie ,
Quifit contre elle un aflés vain effort ,
Pour
SEPTEMBRE. 1744. 1951
Pour la dompter prenne un nouvel effor .
Que m'ont produit mon ardeur & mon zéle
Mille ennemis : Querelle fur querelle.
Mes amis même entre eux ont murmuré ,
Quand ils m'ont vû d'un viſage aſſûré
Livrer bataille à la Raifon perverfe ,
Qui contre Dieu dans ce fiéclé s'exerce ,
Et fur la foi de Bayle , fon Docteur ,
Ofe douter de fon divin Auteur ;
Car le Démon , pour vaincre mon courage ,
Toujours fur moi fait tomber quelque orage ,
Et pour venger fes fideles fuppôts ,
Uſe ſes traits à troubler mon repos.
Tantôt d'un Poëte , impudent Anonyme ,
Et froid railleur , il exerce la rime
Pour m'infulter , & veut faire d'un fot ,
D'un ignorant , un Singe de Marot.
Tantôt il pouffe un rêveur lunatique
A m'excéder de ſa Métaphysique ,
Dont il oppofe à mes raiſonnemens
La profondeur & les fins argumens ,
Amas confus de chimeres fubtiles ,
Contre les Faits reffources inutiles.
Une autrefois il me fait
envoyer
Un vil monceau du plus fale papier ,
Affaifonné d'un billet , qui me marque
Que ce papier , digne d'un Ariſtarque ,
Et d'un Prêcheur auffi profond que moi ,
Mérite bien que j'en faffe l'emploi,
Pour
1952 MERCURE DE FRANCE.
Pour fignaler mon efprit fec & trifte ,
Contre l'Impie & contre le Déifte .
Ce n'eft pas tout. Il fufcite un pié plat ,
Efprit Normand , qui pourtant n'eſt qu'un fat ,
( Si par le ftyle on connoît la perfonne )
Pour m'attefter que chacun me foupçonne
De n'être au fond qu'un hypocrite altier ;
Que contre Bayle en vain j'oſe crier ,
Que je ne fuis qu'un Nain pufillanime ,
Près d'un Géant , qu'une éternelle eftime
Fera paffer pour le plus bel efprit ,
→
Et le plus grand , qui jamais ait écrit ;
Que s'il vivoit , fa plume , comme un foudre,
Dupremier coup me réduiroit en poudre ,
Prompt châtiment par moi trop mérité
Par mon audace & par ma vanité ;
Qu'en mes Ecrits mon orgueil fe décelle ,
Quoique caché fous le mafque du zéle ;
so Et taifez-vous , plat Théologien ,
» Laiffez en paix vivre l'anti - Chrétien
Ajoûte-t'il ; & d'un ftyle folâtre ,
» Allez plûtôt prêcher fur le Théâtre ,
>> Où quelquefois on vous a fupporté.
Fixez-vous-là . Votre zéle emporté
» Contre l'Impie & contre l'Incrédule ,
>> Paroît en vous un tic fort ridicule ,
» Loin d'impoſer , vous nous faites pitié.
Suis je , Frigot ,
affés humilié
יכ
C.x
SEPTEMBRE. 1744.
1953
Car chaque jour, par cent routes obfcures ,
Il pleut fur moi des volumes d'injures ;
Tous les matins c'eft mon plus doux régal.
Mes ennemis n'endurciffent au mal .
De tant d'efforts tu vois la récompenfe ;
Voilà les traits que le Démon me lance ,
Pour le venger de mes vives clameurs ,
Contre l'effain de fes noirs Sectateurs ,
Que tour à tour en fecret il déchaîne ,
Pour amortir le zéle qui m'entraîne ,
Et me forcer à reprendre un métier ,
Que malgré lui , j'ai fait voeu d'oublier.
Eh ! plût à Dieu qu'un rayon de lumiere
M'eût fait moins tard fortir d'une carriere ,
Où , trop jaloux d'un frivole talent ,
Je n'ai jamais couru qu'en chancelant ,
Pour acquérir , avide de fumée ,
Le foible éclat d'un peu de renommée!
A ce trait-ci , mes ennemis fecrets
Vont s'écrier : D'hypocrites regrets
Notre Précheur veut faire en vain parade ¿
Son air pieux n'eft qu'une maſcarade,
Pour impoſer aux crédules Dévots ,
Sots Partifans de fes maigres travaux :
Son Orviétan n'eft fait que pour des gruësi
Qu'il le débite à tous les coins des ruës,
Où la canaille en fera fon profit; ·
Mais quant à nous,que la Naturefit ,
>
3
B Grace
1954 MERCURE DE FRANCE.
Grace au hazard , d'une plus fine étoffe
Nous voyons tout d'un oeil trop philoſophe ,
Pour nous laiffer éblouir aujargon
De ce Tartuffe. Il lui faut un Orgon ,
Pour favourer fes fades balivernes.
2. 71.
Gens , tels que nous, ne vont point fans lanternes.
Nous voyons clair dans la plus fombre nuit.
Un beau dehors jamais ne nous féduit ;
Le moindrefard nous frappe , nous irrite,
Et de cent pas nous flairons l'hypocrite.
Eh ! par quel art peut-on venir à bout
De nous tromper , nous qui doutons de tout?
Doute éclairé: fource du Pyrrhonisme ,
Tu fais regner tout au moins le Déiſme !
Doute charmant , par qui la Vérité ,
S'il en eft une eft dans l'obſcurité ,.
Pénétre nous jufqu'en nos moindres fibres ,
Et fais de nous des Etres toujours libres ,
Aux préjugés, aux vulgaires fraycurs ,
Par ton pouvoir toujoursfupérieurs ,
Et le que nom de Bayle notre Maître ,
Vive à jamais ,pour t'avoir fait renaître..
Un tel propos te furprend & t'aigrit ,
Cu tu le crois un jeu de mon efprit ;
Non , cher ami , c'eft le fuc d'une Lettre
Qu'on s'empreffa de me faire remettre ,
Huit jours après que je t'eus répondu
Par le Mercure, & qui m'eût confondu ,
S'il
SEPTEMBRE. 1744. 1955
S'il étoit vrai que mon orgueil fantafque
D'un vrai Chrétien m'eût fait prendre le mafque ,,:
Pour ajoûter au vain titre d'Auteur,
L'air d'un Sçavant , & d'un Prédicateur.
Heureufement, ma candeur eft connuë ,
Et mon humeur n'eft que trop ingénuë.
Mon coeur ouvert m'a fouvent compromis ,
Et m'a privé d'un grand nombre d'amis.
Si Bayle en moi trouve un vif Adverfaire ,
C'eft que j'ai crû cet effor néceffaire ,
Pour décrier un Philofophe adroit ,
Qui croit douteux tout ce qu'un Chrétien croit
Differtateur d'autant plus redoutable ,
Qu'il cache mieux fon venin déteftable ,
Et que le ton qu'il prend , quand il écrit,
Corrompt le coeur , en amulant l'efprit
J'en fis d'abord l'épreuve malheureuſe.
Duppe , autrefois de fa candeur trompeuſe ,
Je me jettai , le fuivant pas à pas ,
Dans un bourbier que je ne voyois pas ;
Heureux enfin d'avoir ſçû reconnoître
L'objet affreux d'un fi dangereux Maître ;
Mais non content de l'avoir déteſté ,
Je fis la guerre au Docteur empeſté ,
Dont les talens , féduifant l'innocence ,
Jettent partout le doute & la licence ,
Et d'un Chrétien, peu précautionné ,
Font un impie , au vice abandonné.
Bij Oui ,
1956 MERCURE DE FRANCE.
Oui ; je l'ai dit , & je le dis encore ,
Un faux fçavant le révére , l'adore ,
Mais un coeur pur , muni d'un vrai fçavoir ,
Ne voit en lui qu'un efprit fouple & noir ,
Qui toujours cache & vomit le blafphême ,
Et j'oferois l'en convaincre lui -même ,
En m'expofant à ſon foudre irrité.
Quand pour appui l'on a la Vérité ,
Qu'a-t'on à craindre ? un Nain très- ridicule,
Peut avec elle attaquer un Hercule.
Après m'avoir enfeigné mon chemin ,
Elle m'a mis les armes à la main ,
Pour la défendre , & rempli d'un vrai zéle ,
J'ai rifqué tout, en combattant pour elle.
Et plût au Ciel qu'un auffi long débat ,
Eût mis enfin l'impie hors de Combat !
Mais à Dieu feul appartient cette gloire ;
C'eft de Dieu feul que j'attends la victoire,
Pour me venger de mes Perfécuteurs ,
Je la demande à ce Maître des coeurs.
Fermer
Résumé : EPITRE, De M. Nericault Destouches, à M. Frigot.
Dans une lettre de septembre 1744, M. Nericault Destouches exprime son mécontentement face à l'incrédulité et à l'impieté ambiantes. Il doute de l'efficacité de ses tentatives pour convaincre les incrédules, estimant que les arguments rationnels et le zèle ne suffisent pas. Il déplore les attaques et les critiques dont il est l'objet, notamment des accusations d'hypocrisie et de vanité provenant de divers adversaires, tels que des poètes anonymes, des métaphysiciens et des esprits normands. Destouches regrette de ne pas avoir abandonné plus tôt une carrière littéraire frivole pour se consacrer à des œuvres spirituelles. Il affirme que le doute éclairé, associé au pyrrhonisme, permet de découvrir la vérité et de se libérer des préjugés. Il cite Pierre Bayle comme maître du doute, le qualifiant de philosophe dangereux qui corrompt les cœurs tout en amusant les esprits. Destouches reconnaît avoir été influencé par Bayle avant de percevoir le danger de ses enseignements. Il se déclare prêt à affronter Bayle, soutenu par la vérité, et espère une victoire divine contre les impies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5238
p. 1957-1965
OBSERVATIONS sur l'usage de la Critique, par M. L. Yart.
Début :
On sçait que la Critique consiste à juger des Ouvrages, & à marquer [...]
Mots clefs :
Critique, Mauvais goût, Lettres, Auteurs, Préceptes, Défauts, Critiques, Perfectionner, Honnêtes gens, République des Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur l'usage de la Critique, par M. L. Yart.
OBSERVATIONS fur l'ufage de la
Critique, par M. L. Tart.
ON fçait que la Critique conſiſte à juger
des Ouvrages , & à marquer
précisément leurs beautés & leurs défauts ;
cet Art bien exercé, eft d'une grande utilité ;
il s'oppofe au mauvais goût ; il perfectionne
les Sciences ; il forme & il éclaire les Gens
de Lettres , mais dès qu'on en fait un mauvais
ufage , il décourage les Auteurs ; il divife
les Sçavans ; il trouble le repos de la-
Société.
Il n'eſt point d'hommes qui nous foient
plus odieux que ces Cenfeurs , qui n'ou
vrent les yeux que pour découvrir nos défauts
, qui n'ont que des avis à donner , &
qui nous font appercevoir à chaque inftant
qu'ils fentent la fupériorité de leurs lumicres
, & la foibleffe des nôtres . Boileau fe fit
beaucoup d'ennemis par fes Satyres ; il ne
fut jamais tranquille, & il eut toujours à ef
fuyer des médifances , des calomnies , de
mauvais traitemens. Les Académies , le Gouvernement
, les Auteurs , & tous les honnêtes
gens ont horreur de ces hommes dangereux
, qui, de l'obfcurité où ils fe cachent,
répandent de tous côtés des Critiques que
B iij
la
1958 MERCURE DE FRANCE.
la demangeaifon d'écrire , le vil intérêt , la
haine du mérite , l'habitude de contredire
de médire, de railler , leur infpirent , & qui
fous prétexte de réfifter au mauvais goût ,
s'oppofent à la tranquillité publique .
Tyrans de la République des Lettres , ils
regardent bien moins les Auteurs comme
Feurs Confreres , que comme leurs ennemis ,
& fous prétexte de vouloir perfectionner
fes Arts , ils n'ont pour but que l'abbaiffe
ment de ceux qui les cultivent ; s'ils portent
leur jugement fur un Livre , ils employent
toutes les lumieres de leur efprit , pour en
démêler les défauts , & parce qu'ils défirent
en trouver , ils en trouvent toujours ; ils ne
font
grace ni au fond , ni au ſtyle ; ils foüillent
chés les Ecrivains Anciens & Modernes
, chés nos voifins dans leurs
Ecrits , pour faire des paralleles défavantageux
à l'Auteur , ou pour avoir le plaifir de
Tui reprocher qquu''iill les a pillés , lorfque le
plus fouvent il ne les a point lûs. S'ils font
affés heureux pour faire quelque découverte
contre la réputation d'un homme de Lettres
; s'il tombe entre leurs mains quelque
Epigramme qui le deshonore , quelque
Anecdote qui l'humilie , ils la répetent à
toute la terre ; ils la font imprimer , & ils
ont grand foin que celui , contre qui ils écrivent
, en foit inftruit des premiers.
propres
Ils
SEPTEMBRE. 1952
•
1744.
Ils n'en veulent , difent- ils , qu'aux Ou
vrages , mais ils attaquent les perfonnes ; ils
font ce qu'ils peuvent pour leur enlever l'eftime
du Public ; ils jettent fur eux un ridicule
que l'impreffion rend fouvent immortel,
& ils les humilient dans ce qui diftingue
le plus tous les hommes dans leur efprit.
Quel courage ne faut-il pas avoir , pour
écrire de fang froid contre des gens aimables
, qui s'efforcent d'être utiles à leur Patrie
! Quelle fureur pour s'attacher aux endroits
foibles d'un Ouvrage , pour en diffimuler
ou en défigurer les beautés , comme ces
Harpies , qui corrompoient tout par leurs
attouchemens !
Immando.
Contactu que omniafoedans
Et quelle folie que de fe confumer d'érudes
& de recherches pour dire du mal de
tout le monde, & fe faire détefter ! Le plaifir
de critiquer peut-il donc confoler quelqu'un
du fupplice d'être hai ?
Si ces Critiques ont réellement pour but
de perfectionner les Lettres , & d'éclairer
ceux qui les cultivent , ne peuvent- ils pas y
parvenir par des moyens plus fürs & plus
raifonnables ?
Le premier feroit de fournir aux Ecrivains
des Modéles qu'ils puffent imiter ; un
Bij Ouvrage
iiij
1960 MERCURE DE FRANCE.
Ouvrage de génie & d'invention inftruit
mieux que tant d'avis & de préceptes. Je
fens plus le fublime dans les Poëtes que
dans les fçavantes Explications que Longin
m'en donne . L'Art avec lequel les Vers de
Boileau font faits , a plus formé de Verfificateurs
, que tous les traits fatyriques ; les
Odes de Rouffeau ont plus infpiré de Poëtes
Lyriques , que fes Epigrammes contre
celles de M. de la Motte , & s'il m'eft
permis de nommer après eux un Poëte
qui ne fut jamais fatyrique , & qui n'a été
Critique que dans un Ouvrage fort court,
M. de V. a plus fait d'Ecrivains par l'harmonie
de fès Vers & l'élégante précision
de fa Profe , que par fon Temple du Goût.
Une Bataille d'Alexandre , par le Brun; une
Tête deRubens,perfectionnent plus un Peintre
, que tout ce que Félibien a jamais écrit
fur la Peinture . Une Phyfique de M. l'Abbé
Nollet ; une Piéce d'Eloquence du Pere de
Neuville , un Morceau d'Hiftoire de M.
Rollin ; une Tragédie de M. de Voltaire ,
contribuent plus au progrès des Arts & du
Goût , que toutes les Critiques qu'on a faites
en chacun de ces genres. L'exemple eſt
toûjours sûr de fon effet. Ariftote & Quintilien
n'ont fait qu'enfeigner les Regles aux
Poëtes & aux Orateurs. Homere & Démolthéne
leur ont élevé le génie ; l'un a enfanté
Virgile , l'autre Ciceron, Les
SEPTEM BRE. 1744. 1961
Les Préceptes font un autre moyen de
perfectionner les Arts , mais il n'appartient
qu'aux Artistes d'en donner ; eux feuls en
connoiffent les fecrets, puifqu'ils les ont mis
en oeuvre ; les autres ne font que les deviner
; il feroit avantageux pour les Arts , que
tous les Artiſtes ajoûtaflent aux grands
Exemples qu'ils donnent , les Remarques
qu'ils font. Comme il ne convient qu'au
Militaire de parler deCampemens ,de Siéges,
de Batailles , il ne devroit être permis qu'au
Poëte d'écrire fur la Poëfie , qu'à l'Hiftorien
de raifonner fur l'Hiftoire , & c. J'ai une
plus grande idée de l'Eloquence dans l'Orateur
de Ciceron , que dans les Préceptes des
Rhéteurs. Je préfere l'Art Poëtique d'Horace
aux Sçavantes Poëtiques d'Ariftote , &
j'aime beaucoup mieux lire les Remarques
ingénieufes de M. de V. fur le Poëme Epique
, que le long Traité du Pere le Boffu .
Cependant il y auroit de l'injuftice à profcrire
de la République des Lettres tant de
Traités , d'Obfervations , de Remarques ,
de Differtations , de Commentaires , qui
ont leur utilité. Ces differensEcrits peuvent
arrêter le progrès du mauvais goût , & combattre
les défauts dominans de la plupart de
nos Auteurs , le ftyle précieux ou empoulé
de prefque toutes nos Piéces de Théatre ,
les fictions chimériques de nos Romans
B v l'inu1962
MERCURE DE FRANCE.
l'inutilité de ces petites Brochures , qui ne
fervent qu'à entretenir le goût des riens , &
de la plupart de ces Recherches fçavantes
qui ne font qu'appéfantir l'efprit ; tel a été
le but des Ouvrages immortels des meilleurs
Critiques ; ils ont tous attaqué les défauts
de leur Siècle. Ariftote , Longin , Denis
d'Halicarnaffe , Quintilien , parmi les Anciens;
M. de Fenelon , le P. Bouhours , le P.
Rapin , le P. Buffier , Mrs de la Motte, Rollin
, de Fontenelle , &c . parmi les Modernes
, ont donné des Préceptes pour parvenir
à la perfection en chaque genre ,
& ils ont
porté leurs jugemens fur les Ecrivains célébres
, mais la plupart d'entre eux n'ont propofé
que des doutes , ou ils n'ont parû approfondir
les matieres que pour s'inftruire
eux-mêmes; ils ont trouvé le fecret de crititiquer
& d'être aimables.
C'eft prefque toujours déplaire , que de
donner des Préceptes ; c'eft offenfer, que de
nommer publiquement ceux à qui on les
donne ; c'eft infulter , que de les donner
impoliment ; c'eft fe faire méprifer , que de
les donner mal- à- propos. Quelle attention
un Critique ne doit-il donc pas avoir à ne
jamais donner des Préceptes , fur tout avec
le ton de Maitre ; à ne nommer jamais publiquement
ceux qu'il critique avec févéri-
-té, à être d'autant plus poli , que ſes avis
font
SEPTEMBRE. 1744. 1953
font plus raisonnables , & peuvent plus mor
tifier l'amour propre ; enfin à refléchir
long-tems avant que de décider , ou plûtôt
à ne jamais décider , quelques refléxions
qu'il ait faites , de peur de fe tromper honteufement
2
Les petits efprits décident toujours , n'étant
jamais frappés que d'un petit nombre
d'objets , & ne pouvant les confidérer de
plufieurs côtés differens , ils ne font jamais
embarraffés ni partagés entre le pour & le
contre. Voilà pourquoi ceux, qui n'ont que
des préjugés & de la prévention , qu'une
lecture fans ordre , & qu'une étude fans génje
, décident de tout , apprécient le mérite
des plus grands hommes , blâment prefque
toujours les vivans , & ne loüent ordinairement
que les morts . Cependant les morts
ne fentent point nos louanges.
Id cineres credis aut manes curare ſepultos ?
J
Elles ne font point perdues pour les vivans;
elles peuvent les encourager au travail , orner
les vérités qu'on leur dit , & leur adoucir
la rigueur de la Critique.
Nous ne fommes plus aux fiécles des Scaligers
, des Burmans & de ces Sçavans , qui
fe difoient les plus groffieres injures ; la Societé
Civile a poli la Societé Littéraire. Un
Critique , qui veut être eftimé , fait entrer
' B vj
dans
1964 MERCURE DE FRANCE.
-
dans fes Ecrits toute la politeffe des François
, la douceur de leurs moeurs , & furtout
cette attention que les honnêtes gens ont à
ne fe rien dire qui puiffe les offenfer.
Tels font nos bons Ecrivains. Mrs les
Journaliſtes de France ne font jamais appercevoir
dans leurs Critiques ni hauteur , ni
ironie , ni mépris ; ils dédaignent de faire
des Extraits d'Ouvrages mauvais ou médiocres
, & ils ne rendent compte que de
ceux dont la Critique peut être utile au Public
, & agréable aux Auteurs ; ils caractérifent
autant la Nation Françoife par lear
modération & leur politeffe , que par leur
fcience & leur goût.
M. de la Motte , dans fa difpute contre
Madame Dacier & fon illuftre Ami M. de
Fontenelle ,feront des Modéles immortels
de douceur & de modtefte . L'adreffe avec
laquelle M. de V. réfute M. de la Motte ,
fur fes differens Systêmes de Poëfie , en rendant
juftice à fes talens , l'habileté avec laquelle
il louie M. le Marquis Maffei , en
critiquant la Tragédie de Mérope , font
bien voir que les plus grands Génies
font les hommes les plus doux & les plus
modeftes. J'ai toujours penfe , dit notre Poëte
Epique , j'ai dit , j'ai écrit que
les gens de
Lettres devroient être Confreres; ne les perfecute-
t'on pas affés , fans qu'ils fe perfecutent
euxSEPTEMBRE
. 1744. 1968
eux-mêmes les uns les autres ? Plût à Dien
qu'ils puffent s'aider , fe foûtenir , fe confoler
mutuellement !
Les Académies font encore des moyens
sûrs d'épurer le goût & de perfectionner
les Sciences ; elles fourniffent aux gens de
Lettres des fecours de toute efpece , des
confeils qui les éclairent , & des amis qui
les critiquent. L'ufage où l'on eft dans ces
Affemblées fçavantes , de lire fes Ouvrages,
& de les foûmettre à l'examen ,avant que de
les mettre au jour , contribuë déja beaucoup
à diminuer le nombre des mauvais
Livres , & à augmenter celui des bons Auteurs.
Il manquoit à la Patrie du grand Corneille
, des Fontenelles , des Durenels , un
fi grand avantage. Il y a lieu d'efpérer que
la Ville de Rouen , fi féconde en Grands
Hommes , va te devenir de plus en plus ,
étant éclairée par fa nouvelle Académie .
Critique, par M. L. Tart.
ON fçait que la Critique conſiſte à juger
des Ouvrages , & à marquer
précisément leurs beautés & leurs défauts ;
cet Art bien exercé, eft d'une grande utilité ;
il s'oppofe au mauvais goût ; il perfectionne
les Sciences ; il forme & il éclaire les Gens
de Lettres , mais dès qu'on en fait un mauvais
ufage , il décourage les Auteurs ; il divife
les Sçavans ; il trouble le repos de la-
Société.
Il n'eſt point d'hommes qui nous foient
plus odieux que ces Cenfeurs , qui n'ou
vrent les yeux que pour découvrir nos défauts
, qui n'ont que des avis à donner , &
qui nous font appercevoir à chaque inftant
qu'ils fentent la fupériorité de leurs lumicres
, & la foibleffe des nôtres . Boileau fe fit
beaucoup d'ennemis par fes Satyres ; il ne
fut jamais tranquille, & il eut toujours à ef
fuyer des médifances , des calomnies , de
mauvais traitemens. Les Académies , le Gouvernement
, les Auteurs , & tous les honnêtes
gens ont horreur de ces hommes dangereux
, qui, de l'obfcurité où ils fe cachent,
répandent de tous côtés des Critiques que
B iij
la
1958 MERCURE DE FRANCE.
la demangeaifon d'écrire , le vil intérêt , la
haine du mérite , l'habitude de contredire
de médire, de railler , leur infpirent , & qui
fous prétexte de réfifter au mauvais goût ,
s'oppofent à la tranquillité publique .
Tyrans de la République des Lettres , ils
regardent bien moins les Auteurs comme
Feurs Confreres , que comme leurs ennemis ,
& fous prétexte de vouloir perfectionner
fes Arts , ils n'ont pour but que l'abbaiffe
ment de ceux qui les cultivent ; s'ils portent
leur jugement fur un Livre , ils employent
toutes les lumieres de leur efprit , pour en
démêler les défauts , & parce qu'ils défirent
en trouver , ils en trouvent toujours ; ils ne
font
grace ni au fond , ni au ſtyle ; ils foüillent
chés les Ecrivains Anciens & Modernes
, chés nos voifins dans leurs
Ecrits , pour faire des paralleles défavantageux
à l'Auteur , ou pour avoir le plaifir de
Tui reprocher qquu''iill les a pillés , lorfque le
plus fouvent il ne les a point lûs. S'ils font
affés heureux pour faire quelque découverte
contre la réputation d'un homme de Lettres
; s'il tombe entre leurs mains quelque
Epigramme qui le deshonore , quelque
Anecdote qui l'humilie , ils la répetent à
toute la terre ; ils la font imprimer , & ils
ont grand foin que celui , contre qui ils écrivent
, en foit inftruit des premiers.
propres
Ils
SEPTEMBRE. 1952
•
1744.
Ils n'en veulent , difent- ils , qu'aux Ou
vrages , mais ils attaquent les perfonnes ; ils
font ce qu'ils peuvent pour leur enlever l'eftime
du Public ; ils jettent fur eux un ridicule
que l'impreffion rend fouvent immortel,
& ils les humilient dans ce qui diftingue
le plus tous les hommes dans leur efprit.
Quel courage ne faut-il pas avoir , pour
écrire de fang froid contre des gens aimables
, qui s'efforcent d'être utiles à leur Patrie
! Quelle fureur pour s'attacher aux endroits
foibles d'un Ouvrage , pour en diffimuler
ou en défigurer les beautés , comme ces
Harpies , qui corrompoient tout par leurs
attouchemens !
Immando.
Contactu que omniafoedans
Et quelle folie que de fe confumer d'érudes
& de recherches pour dire du mal de
tout le monde, & fe faire détefter ! Le plaifir
de critiquer peut-il donc confoler quelqu'un
du fupplice d'être hai ?
Si ces Critiques ont réellement pour but
de perfectionner les Lettres , & d'éclairer
ceux qui les cultivent , ne peuvent- ils pas y
parvenir par des moyens plus fürs & plus
raifonnables ?
Le premier feroit de fournir aux Ecrivains
des Modéles qu'ils puffent imiter ; un
Bij Ouvrage
iiij
1960 MERCURE DE FRANCE.
Ouvrage de génie & d'invention inftruit
mieux que tant d'avis & de préceptes. Je
fens plus le fublime dans les Poëtes que
dans les fçavantes Explications que Longin
m'en donne . L'Art avec lequel les Vers de
Boileau font faits , a plus formé de Verfificateurs
, que tous les traits fatyriques ; les
Odes de Rouffeau ont plus infpiré de Poëtes
Lyriques , que fes Epigrammes contre
celles de M. de la Motte , & s'il m'eft
permis de nommer après eux un Poëte
qui ne fut jamais fatyrique , & qui n'a été
Critique que dans un Ouvrage fort court,
M. de V. a plus fait d'Ecrivains par l'harmonie
de fès Vers & l'élégante précision
de fa Profe , que par fon Temple du Goût.
Une Bataille d'Alexandre , par le Brun; une
Tête deRubens,perfectionnent plus un Peintre
, que tout ce que Félibien a jamais écrit
fur la Peinture . Une Phyfique de M. l'Abbé
Nollet ; une Piéce d'Eloquence du Pere de
Neuville , un Morceau d'Hiftoire de M.
Rollin ; une Tragédie de M. de Voltaire ,
contribuent plus au progrès des Arts & du
Goût , que toutes les Critiques qu'on a faites
en chacun de ces genres. L'exemple eſt
toûjours sûr de fon effet. Ariftote & Quintilien
n'ont fait qu'enfeigner les Regles aux
Poëtes & aux Orateurs. Homere & Démolthéne
leur ont élevé le génie ; l'un a enfanté
Virgile , l'autre Ciceron, Les
SEPTEM BRE. 1744. 1961
Les Préceptes font un autre moyen de
perfectionner les Arts , mais il n'appartient
qu'aux Artistes d'en donner ; eux feuls en
connoiffent les fecrets, puifqu'ils les ont mis
en oeuvre ; les autres ne font que les deviner
; il feroit avantageux pour les Arts , que
tous les Artiſtes ajoûtaflent aux grands
Exemples qu'ils donnent , les Remarques
qu'ils font. Comme il ne convient qu'au
Militaire de parler deCampemens ,de Siéges,
de Batailles , il ne devroit être permis qu'au
Poëte d'écrire fur la Poëfie , qu'à l'Hiftorien
de raifonner fur l'Hiftoire , & c. J'ai une
plus grande idée de l'Eloquence dans l'Orateur
de Ciceron , que dans les Préceptes des
Rhéteurs. Je préfere l'Art Poëtique d'Horace
aux Sçavantes Poëtiques d'Ariftote , &
j'aime beaucoup mieux lire les Remarques
ingénieufes de M. de V. fur le Poëme Epique
, que le long Traité du Pere le Boffu .
Cependant il y auroit de l'injuftice à profcrire
de la République des Lettres tant de
Traités , d'Obfervations , de Remarques ,
de Differtations , de Commentaires , qui
ont leur utilité. Ces differensEcrits peuvent
arrêter le progrès du mauvais goût , & combattre
les défauts dominans de la plupart de
nos Auteurs , le ftyle précieux ou empoulé
de prefque toutes nos Piéces de Théatre ,
les fictions chimériques de nos Romans
B v l'inu1962
MERCURE DE FRANCE.
l'inutilité de ces petites Brochures , qui ne
fervent qu'à entretenir le goût des riens , &
de la plupart de ces Recherches fçavantes
qui ne font qu'appéfantir l'efprit ; tel a été
le but des Ouvrages immortels des meilleurs
Critiques ; ils ont tous attaqué les défauts
de leur Siècle. Ariftote , Longin , Denis
d'Halicarnaffe , Quintilien , parmi les Anciens;
M. de Fenelon , le P. Bouhours , le P.
Rapin , le P. Buffier , Mrs de la Motte, Rollin
, de Fontenelle , &c . parmi les Modernes
, ont donné des Préceptes pour parvenir
à la perfection en chaque genre ,
& ils ont
porté leurs jugemens fur les Ecrivains célébres
, mais la plupart d'entre eux n'ont propofé
que des doutes , ou ils n'ont parû approfondir
les matieres que pour s'inftruire
eux-mêmes; ils ont trouvé le fecret de crititiquer
& d'être aimables.
C'eft prefque toujours déplaire , que de
donner des Préceptes ; c'eft offenfer, que de
nommer publiquement ceux à qui on les
donne ; c'eft infulter , que de les donner
impoliment ; c'eft fe faire méprifer , que de
les donner mal- à- propos. Quelle attention
un Critique ne doit-il donc pas avoir à ne
jamais donner des Préceptes , fur tout avec
le ton de Maitre ; à ne nommer jamais publiquement
ceux qu'il critique avec févéri-
-té, à être d'autant plus poli , que ſes avis
font
SEPTEMBRE. 1744. 1953
font plus raisonnables , & peuvent plus mor
tifier l'amour propre ; enfin à refléchir
long-tems avant que de décider , ou plûtôt
à ne jamais décider , quelques refléxions
qu'il ait faites , de peur de fe tromper honteufement
2
Les petits efprits décident toujours , n'étant
jamais frappés que d'un petit nombre
d'objets , & ne pouvant les confidérer de
plufieurs côtés differens , ils ne font jamais
embarraffés ni partagés entre le pour & le
contre. Voilà pourquoi ceux, qui n'ont que
des préjugés & de la prévention , qu'une
lecture fans ordre , & qu'une étude fans génje
, décident de tout , apprécient le mérite
des plus grands hommes , blâment prefque
toujours les vivans , & ne loüent ordinairement
que les morts . Cependant les morts
ne fentent point nos louanges.
Id cineres credis aut manes curare ſepultos ?
J
Elles ne font point perdues pour les vivans;
elles peuvent les encourager au travail , orner
les vérités qu'on leur dit , & leur adoucir
la rigueur de la Critique.
Nous ne fommes plus aux fiécles des Scaligers
, des Burmans & de ces Sçavans , qui
fe difoient les plus groffieres injures ; la Societé
Civile a poli la Societé Littéraire. Un
Critique , qui veut être eftimé , fait entrer
' B vj
dans
1964 MERCURE DE FRANCE.
-
dans fes Ecrits toute la politeffe des François
, la douceur de leurs moeurs , & furtout
cette attention que les honnêtes gens ont à
ne fe rien dire qui puiffe les offenfer.
Tels font nos bons Ecrivains. Mrs les
Journaliſtes de France ne font jamais appercevoir
dans leurs Critiques ni hauteur , ni
ironie , ni mépris ; ils dédaignent de faire
des Extraits d'Ouvrages mauvais ou médiocres
, & ils ne rendent compte que de
ceux dont la Critique peut être utile au Public
, & agréable aux Auteurs ; ils caractérifent
autant la Nation Françoife par lear
modération & leur politeffe , que par leur
fcience & leur goût.
M. de la Motte , dans fa difpute contre
Madame Dacier & fon illuftre Ami M. de
Fontenelle ,feront des Modéles immortels
de douceur & de modtefte . L'adreffe avec
laquelle M. de V. réfute M. de la Motte ,
fur fes differens Systêmes de Poëfie , en rendant
juftice à fes talens , l'habileté avec laquelle
il louie M. le Marquis Maffei , en
critiquant la Tragédie de Mérope , font
bien voir que les plus grands Génies
font les hommes les plus doux & les plus
modeftes. J'ai toujours penfe , dit notre Poëte
Epique , j'ai dit , j'ai écrit que
les gens de
Lettres devroient être Confreres; ne les perfecute-
t'on pas affés , fans qu'ils fe perfecutent
euxSEPTEMBRE
. 1744. 1968
eux-mêmes les uns les autres ? Plût à Dien
qu'ils puffent s'aider , fe foûtenir , fe confoler
mutuellement !
Les Académies font encore des moyens
sûrs d'épurer le goût & de perfectionner
les Sciences ; elles fourniffent aux gens de
Lettres des fecours de toute efpece , des
confeils qui les éclairent , & des amis qui
les critiquent. L'ufage où l'on eft dans ces
Affemblées fçavantes , de lire fes Ouvrages,
& de les foûmettre à l'examen ,avant que de
les mettre au jour , contribuë déja beaucoup
à diminuer le nombre des mauvais
Livres , & à augmenter celui des bons Auteurs.
Il manquoit à la Patrie du grand Corneille
, des Fontenelles , des Durenels , un
fi grand avantage. Il y a lieu d'efpérer que
la Ville de Rouen , fi féconde en Grands
Hommes , va te devenir de plus en plus ,
étant éclairée par fa nouvelle Académie .
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Résumé : OBSERVATIONS sur l'usage de la Critique, par M. L. Yart.
Dans 'Observations sur l'usage de la Critique', M. L. Tart analyse les aspects bénéfiques et nuisibles de la critique littéraire. Une critique constructive évalue les œuvres, révèle leurs qualités et défauts, combat le mauvais goût et favorise le progrès des sciences et des lettres. En revanche, une critique malveillante peut décourager les auteurs, diviser les savants et perturber la société. Les censeurs sont souvent décrits comme des tyrans qui cherchent à humilier les auteurs plutôt qu'à les aider, en attaquant les personnes plutôt que les œuvres et en répandant des anecdotes déshonorantes. Pour améliorer les lettres, il est plus efficace de fournir des modèles à imiter plutôt que des avis et des préceptes. Les œuvres de génie, telles celles de Boileau, Rousseau et Voltaire, ont eu plus d'influence sur les écrivains que les critiques. Les artistes, maîtrisant les secrets de leur art, doivent donner des préceptes. Les exemples concrets et les remarques des artistes sont essentiels pour le progrès des arts et du goût. Les traités, observations et commentaires sont utiles pour corriger le mauvais goût et les défauts des auteurs contemporains. Les critiques célèbres ont toujours cherché à améliorer la qualité littéraire en attaquant les défauts de leur époque. Cependant, donner des préceptes peut être perçu comme offensant s'il est fait de manière impolie. Les critiques doivent être attentifs et polis, évitant de blesser l'amour-propre des auteurs. Les petits esprits, souvent guidés par des préjugés, critiquent facilement les vivants tout en louant les morts. Les critiques français modernes se distinguent par leur modération, politesse et science. Les académies jouent un rôle crucial en épurant le goût et en perfectionnant les sciences, en offrant des conseils et en examinant les œuvres avant leur publication. La ville de Rouen, avec sa nouvelle académie, est espérée pour continuer cette tradition d'excellence littéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5239
p. 1966-1972
EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
Début :
LA résolution que le Roi a prise de se mettre à la tête de ses armées, pour [...]
Mots clefs :
Ode, Strophe, Roi, Bellone, Gloire, Louis, Conquêtes, Critique, Élie-Catherine Fréron
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
EXTRAIT d'une Ode fur les Conquêtes
L
du Roi,
A réfolution que le Roi a prife de le
mettre à la tête de fes armées , pour
avancer le grand Ouvrage de la Paix
ayant ranimé les Mufes en France , a fait
éclore un nombre infini de Piéces de Poëfie.
>
M. l'Abbé Freron a fait part au Public d'une
Ode de fa façon , affés belle
pour exciter la
Critique nous avons cru qu'on nous fçauroit
bon gré d'en donner une idée dans ce
Journal par un Extrait.
,
Cette Ode qu'on peut dire belle , fans la
garantir bonne dans toutes fes parties a
pour objet & pour titre les Conquêtes du
Ro : commençons par l'oeconomie que l'ingénieux
Auteur y à mife. La Guerre vient
Le préfenter au jeune Monarque , & l'invite
à ne plus differer de venger les droits violés.
L'Auteur , avant que de la faire parler ,
la peint fous ces horribles traits :
Quelle Divinité barbare
S'offre à mes yeux épouvantés !
Deux glaives , forgés au Tarrare ,
Arment fes bras enfanglantés ;
Des
SEPTEMBRE. 1744. 1967
Des Serpens forment la Couronne ;
L'ombre du trépas l'environne ;
Le tonnerre gronde à l'entour
Les inexorables furies ,
;
Les Gorgones , de fang nourries ',
Compolent fon horrible Cour.
On a trouvé cette image trop noire ; on
auroi : voulu , que cette Guerre que l'Auteur
confond avec Pallas ou Bellonne dans
les autres Strophes , infpirât plus de terreur
que d'horreur , furtout devant fervir de
guide à un Roi , dont il fait cette aimable
peinture dans fa troifiéme Strophe.
Je fçais que mon pouvoir ſuprême
Ne fut jamais l'appui du tien ;
Que l'éclat de ton Diadême
A la clémence pour ſoutien ;
Mais fur des Rivaux mercénaires ,
Yvres d'exploits imagina: res ,
C'eft affés verfer de bienfaits ;
L'ennemi , que ta vertu bleſſe ,
Taxeroit enfin de foibleffe
La jufte horreur de mes forfaits.
B llonne animeroit le vengeur des droits ,
par l'exemple de Titus devant Soline , &
furtout par celui de fes plus grands Ayeux
comme on le voit dans la feptiéme Strophe :
>
Tes
1968 MERCURE DE FRANCE.
Tes Peres , Souverains Arbitres
Des querelles des Potentats ,
Ne t'ont eux - mêmes qu'à ces titres
Tranfmis de fi vaftes Etats ;
Ce n'eft qu'en marchant fur la trace
Du Dieu Conquerant de la Thrace ,
Que leurs pas fe font annoblis ;
Au haut du Temple de la Gloire ,
Sur les ailes de la victoire ,
Ils n'euffent point porté tes Lis.
LOUIS , inftruit par des leçons fi nobles
, fuit Bellonne dans la Flandre. Voici
quels font les Guerriers , à la tête defquels
il va fe mettre :
LOUIS apperçoit dans fa courfe
Ces vieux Guerriers , Maîtres du Sort ,
Avides de tarir la fource
D'un fang refpecté par la Mort .
Ce Sang dans leurs veines bouillonne ;
De leur Prince , aux Champs de Bellonne,
Ils brûlent de fuivre les pas ;
Dans fes yeux leur ame ravie
Puifant une nouvelle vie ,
Ne refpire que le trépas .
Nous fupprimons , pour abbreger , plufieurs
Strophes , & nous paffons à la dixiéme
, où il s'agit de la prife de Menin ; voici
la
SEPTEMBRE. 1744 1969
la Deſcription de cette premiere Place conquife
:
Sufpendant fon deſtin tragique ,
A l'abri des retranchemens ,
Vainement le Lion Belgique
Remplit l'air de rugiffemens ;
Vainement-fa gueule enflâmée
Vomit le fang & la fumée ;
Effrayé de nos appareils ,
Il héfite , il tremble , il recule ;
Dans LOUIS il croit voir Hercule ,
Le Destructeur de fes pareils.
la flâme
'Armé de la terrible Lance,
Que la Guerre mit dans ſa main ,
Le Héros s'approche & s'élance
A travers cent foudres d'airain ;
Le bruit , l'horreur , les eaux ,
Rien n'épouvante fa grande Ame ;
Ses Soldats en font éblouis ;
Bellonne elle- même l'admire,
Orgueilleufe quefon Empire
Ait un Guerrier tel que Louis.
La douziéme Strophe eft confacrée à la
gloire d'un de nos vaillans Princes ; le Public
la verra avec fatisfaction .
Mais
T
1970 MERCURE DEFRANCE.
Mais tandis que ma voix rapide
T'arrête au milieu des hazards ,
Quel eft ce Guerrier intrépide
Qui brave les horreurs de Mars ?
Mes yeux peuvent- ils méconnoître
L'Augufte Sang qui le fit naître ?
C'eſt le tien ; c'eft le Sang des Dieux ;
Clermont tonne ; le Ciel s'embrafe
La foudre gronde , tombe , écrase
L'antre du Lion furieux.
L'Auteur ayant paffé avec le même feu ,
de la réduction de Menin à celle d'Ypres ,
& aux autres Conquêtes du Roi , pourſuit
ainfi :
Sur les débris de ces murailles
Bellonne s'éleve foudain.
D'affreux monceaux de funerailles -
Soûtiennent fon Trône d'airain ;
Son oeil farouche au loin contemple
Tous les Peuples , qui dans fon Temple
Rendent hommage à fes fureurs ;
Son ame de joye enyvrée ,
Voit la terre aux combats livrée ,
Et s'applaudit de ces horreurs.
Quelques Profateurs ont critiqué le terme
prifes pour des enterre- de funerailles , priſes pour
mens ,
SEPTEMBRE. 1744 1971
mens , & non pour la mort même . Mais
l'exemple de Corneille dans le Cid , autorife
l'Auteur à s'exprimer , comme il a fait ;
eh ! que deviendroit le langage des Dieux ,
fi l'on le réduifoit à s'en tenir à celui des
Hommes : paffons à une Strophe qui a réuni
tous les fuffrages ; c'eft Bellonne qui parle :
Ah ! dit-elle , quel doux ſpectacle
Les Alpes offrent à mes fens !
CONTY s'indigne de l'obſtacle
Des Rocs fous fes pas renaiffans.
Kival du Héros de Carthage ,
Sa gloire devient, ton partage ;
L'orgueil des Monts eft démenti ,
Et ces roches du Ciel voiſines ,
Dans l'Hiftoire de leurs ruines
Verront Annibal & CONTY.
L'Hiftoire ne fait point paffer les Alpes à
Annibal , mais de cette Critique , quelque
jufte quelle foit , il n'en revient que plus
de gloire au Prince que l'Auteur veut célé
brer , puifqu'il a plus fait qu'Annibal.
Bellonne finit l'Ode par cette Strophe ,
adreffée aux François :
François , fous de plus doux aufpices
Vous verrez renaître ces jours ,
Don
1972 MERCURE DE FRANCE
Dont les Dieux , jadis fi propices ,
Prenoient foin d'embellir le cours ;
Et moi , plongeant aux noirs abîmes
L'horrible amas de mes victimes ,
La Mort , le Tumulte & l'Effroi ,
J'irai dans les demeures fombres
Etonner les plus fiéres ombres
Des triomphes de votre Roi.
Les voix recueillies fur cette Piéce , on
dire que fi elle a eu des Contradicpeut
teurs , l'Auteur doit fe flater que les vrais
Connoiffeurs lui ont rendu avec éloge la
juſtice qui lui eſt dûë.
L
du Roi,
A réfolution que le Roi a prife de le
mettre à la tête de fes armées , pour
avancer le grand Ouvrage de la Paix
ayant ranimé les Mufes en France , a fait
éclore un nombre infini de Piéces de Poëfie.
>
M. l'Abbé Freron a fait part au Public d'une
Ode de fa façon , affés belle
pour exciter la
Critique nous avons cru qu'on nous fçauroit
bon gré d'en donner une idée dans ce
Journal par un Extrait.
,
Cette Ode qu'on peut dire belle , fans la
garantir bonne dans toutes fes parties a
pour objet & pour titre les Conquêtes du
Ro : commençons par l'oeconomie que l'ingénieux
Auteur y à mife. La Guerre vient
Le préfenter au jeune Monarque , & l'invite
à ne plus differer de venger les droits violés.
L'Auteur , avant que de la faire parler ,
la peint fous ces horribles traits :
Quelle Divinité barbare
S'offre à mes yeux épouvantés !
Deux glaives , forgés au Tarrare ,
Arment fes bras enfanglantés ;
Des
SEPTEMBRE. 1744. 1967
Des Serpens forment la Couronne ;
L'ombre du trépas l'environne ;
Le tonnerre gronde à l'entour
Les inexorables furies ,
;
Les Gorgones , de fang nourries ',
Compolent fon horrible Cour.
On a trouvé cette image trop noire ; on
auroi : voulu , que cette Guerre que l'Auteur
confond avec Pallas ou Bellonne dans
les autres Strophes , infpirât plus de terreur
que d'horreur , furtout devant fervir de
guide à un Roi , dont il fait cette aimable
peinture dans fa troifiéme Strophe.
Je fçais que mon pouvoir ſuprême
Ne fut jamais l'appui du tien ;
Que l'éclat de ton Diadême
A la clémence pour ſoutien ;
Mais fur des Rivaux mercénaires ,
Yvres d'exploits imagina: res ,
C'eft affés verfer de bienfaits ;
L'ennemi , que ta vertu bleſſe ,
Taxeroit enfin de foibleffe
La jufte horreur de mes forfaits.
B llonne animeroit le vengeur des droits ,
par l'exemple de Titus devant Soline , &
furtout par celui de fes plus grands Ayeux
comme on le voit dans la feptiéme Strophe :
>
Tes
1968 MERCURE DE FRANCE.
Tes Peres , Souverains Arbitres
Des querelles des Potentats ,
Ne t'ont eux - mêmes qu'à ces titres
Tranfmis de fi vaftes Etats ;
Ce n'eft qu'en marchant fur la trace
Du Dieu Conquerant de la Thrace ,
Que leurs pas fe font annoblis ;
Au haut du Temple de la Gloire ,
Sur les ailes de la victoire ,
Ils n'euffent point porté tes Lis.
LOUIS , inftruit par des leçons fi nobles
, fuit Bellonne dans la Flandre. Voici
quels font les Guerriers , à la tête defquels
il va fe mettre :
LOUIS apperçoit dans fa courfe
Ces vieux Guerriers , Maîtres du Sort ,
Avides de tarir la fource
D'un fang refpecté par la Mort .
Ce Sang dans leurs veines bouillonne ;
De leur Prince , aux Champs de Bellonne,
Ils brûlent de fuivre les pas ;
Dans fes yeux leur ame ravie
Puifant une nouvelle vie ,
Ne refpire que le trépas .
Nous fupprimons , pour abbreger , plufieurs
Strophes , & nous paffons à la dixiéme
, où il s'agit de la prife de Menin ; voici
la
SEPTEMBRE. 1744 1969
la Deſcription de cette premiere Place conquife
:
Sufpendant fon deſtin tragique ,
A l'abri des retranchemens ,
Vainement le Lion Belgique
Remplit l'air de rugiffemens ;
Vainement-fa gueule enflâmée
Vomit le fang & la fumée ;
Effrayé de nos appareils ,
Il héfite , il tremble , il recule ;
Dans LOUIS il croit voir Hercule ,
Le Destructeur de fes pareils.
la flâme
'Armé de la terrible Lance,
Que la Guerre mit dans ſa main ,
Le Héros s'approche & s'élance
A travers cent foudres d'airain ;
Le bruit , l'horreur , les eaux ,
Rien n'épouvante fa grande Ame ;
Ses Soldats en font éblouis ;
Bellonne elle- même l'admire,
Orgueilleufe quefon Empire
Ait un Guerrier tel que Louis.
La douziéme Strophe eft confacrée à la
gloire d'un de nos vaillans Princes ; le Public
la verra avec fatisfaction .
Mais
T
1970 MERCURE DEFRANCE.
Mais tandis que ma voix rapide
T'arrête au milieu des hazards ,
Quel eft ce Guerrier intrépide
Qui brave les horreurs de Mars ?
Mes yeux peuvent- ils méconnoître
L'Augufte Sang qui le fit naître ?
C'eſt le tien ; c'eft le Sang des Dieux ;
Clermont tonne ; le Ciel s'embrafe
La foudre gronde , tombe , écrase
L'antre du Lion furieux.
L'Auteur ayant paffé avec le même feu ,
de la réduction de Menin à celle d'Ypres ,
& aux autres Conquêtes du Roi , pourſuit
ainfi :
Sur les débris de ces murailles
Bellonne s'éleve foudain.
D'affreux monceaux de funerailles -
Soûtiennent fon Trône d'airain ;
Son oeil farouche au loin contemple
Tous les Peuples , qui dans fon Temple
Rendent hommage à fes fureurs ;
Son ame de joye enyvrée ,
Voit la terre aux combats livrée ,
Et s'applaudit de ces horreurs.
Quelques Profateurs ont critiqué le terme
prifes pour des enterre- de funerailles , priſes pour
mens ,
SEPTEMBRE. 1744 1971
mens , & non pour la mort même . Mais
l'exemple de Corneille dans le Cid , autorife
l'Auteur à s'exprimer , comme il a fait ;
eh ! que deviendroit le langage des Dieux ,
fi l'on le réduifoit à s'en tenir à celui des
Hommes : paffons à une Strophe qui a réuni
tous les fuffrages ; c'eft Bellonne qui parle :
Ah ! dit-elle , quel doux ſpectacle
Les Alpes offrent à mes fens !
CONTY s'indigne de l'obſtacle
Des Rocs fous fes pas renaiffans.
Kival du Héros de Carthage ,
Sa gloire devient, ton partage ;
L'orgueil des Monts eft démenti ,
Et ces roches du Ciel voiſines ,
Dans l'Hiftoire de leurs ruines
Verront Annibal & CONTY.
L'Hiftoire ne fait point paffer les Alpes à
Annibal , mais de cette Critique , quelque
jufte quelle foit , il n'en revient que plus
de gloire au Prince que l'Auteur veut célé
brer , puifqu'il a plus fait qu'Annibal.
Bellonne finit l'Ode par cette Strophe ,
adreffée aux François :
François , fous de plus doux aufpices
Vous verrez renaître ces jours ,
Don
1972 MERCURE DE FRANCE
Dont les Dieux , jadis fi propices ,
Prenoient foin d'embellir le cours ;
Et moi , plongeant aux noirs abîmes
L'horrible amas de mes victimes ,
La Mort , le Tumulte & l'Effroi ,
J'irai dans les demeures fombres
Etonner les plus fiéres ombres
Des triomphes de votre Roi.
Les voix recueillies fur cette Piéce , on
dire que fi elle a eu des Contradicpeut
teurs , l'Auteur doit fe flater que les vrais
Connoiffeurs lui ont rendu avec éloge la
juſtice qui lui eſt dûë.
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Résumé : EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
L'ode de l'Abbé Fréron célèbre les conquêtes militaires d'un roi tout en reconnaissant certaines critiques. Elle débute par une description effrayante de la guerre, personnifiée, appelant le roi à venger les droits violés. Le roi est présenté comme un souverain clément mais déterminé, comparé à ses ancêtres glorieux et à des figures historiques telles que Titus et Hercule. L'ode relate notamment la prise de Menin, où le roi est comparé à Hercule terrassant un lion symbolisant la résistance ennemie. La guerre, incarnée par Bellonne, se réjouit des conquêtes et des horreurs des batailles. Des images poétiques fortes et des références aux mythes antiques sont utilisées pour décrire les exploits militaires du roi. L'ode se conclut par une prophétie de Bellonne annonçant des jours glorieux et des triomphes futurs pour les Français sous la conduite de leur roi. Par ailleurs, l'auteur réfléchit sur une œuvre littéraire ou théâtrale, évoquant une descente aux 'noirs abîmes' pour rencontrer 'l'horrible amas de [ses] victimes', symbolisant les thèmes sombres et les personnages tragiques. Il mentionne également la 'Mort, le Tumulte & l'Effroi', soulignant les éléments dramatiques et terrifiants de son travail. L'auteur exprime son ambition d'étonner même 'les plus fières ombres' par les 'triomphes de [son] Roi'. Concernant la réception de l'œuvre, bien qu'elle ait suscité des contradicteurs, les véritables connaisseurs ont reconnu sa qualité en adressant des éloges à l'auteur.
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5240
p. 1973
A M. B**. C. D. V. à l'occasion du jour de sa Fête. RONDEAU.
Début :
Tout est dit, en Vers comme en Prose ; [...]
Mots clefs :
Bouquet, Voltaire, Fleur, Amitié
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texteReconnaissance textuelle : A M. B**. C. D. V. à l'occasion du jour de sa Fête. RONDEAU.
AM. B**. C. D, V. à l'occafion du jour
de fa Fête.
RONDE A U.
Tout eft dit , en Vers comme en Profe ;
Tout eft donné , Tulipe & Role ;
Tout gentil Bouquet eft écrit ;
Tout s'eft offert à quelque efprit ,
Et l'Art d'inventer fe repoſe.
On fe reffemble en quelque chofes
Jufquesfur Voltaire l'on gloſe ;
Soit en grand , ou foit en petit ,
Tout eft dit.
Même toute fleur eſt écloſe.
Tendre amitié , malgré fa dofe ,
Dans tout mortel enfin périt :
La mienne , que le coeur régit ,
Ne craint point de Métamorphofe
Tout eft dit.
Laffichard.
de fa Fête.
RONDE A U.
Tout eft dit , en Vers comme en Profe ;
Tout eft donné , Tulipe & Role ;
Tout gentil Bouquet eft écrit ;
Tout s'eft offert à quelque efprit ,
Et l'Art d'inventer fe repoſe.
On fe reffemble en quelque chofes
Jufquesfur Voltaire l'on gloſe ;
Soit en grand , ou foit en petit ,
Tout eft dit.
Même toute fleur eſt écloſe.
Tendre amitié , malgré fa dofe ,
Dans tout mortel enfin périt :
La mienne , que le coeur régit ,
Ne craint point de Métamorphofe
Tout eft dit.
Laffichard.
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Résumé : A M. B**. C. D. V. à l'occasion du jour de sa Fête. RONDEAU.
La poésie décrit l'épuisement des expressions et des idées dans la littérature et la société. Tout a déjà été dit, toutes les formes d'hommages ont été offertes, et les thèmes ainsi que les métaphores sont épuisés. Malgré cela, l'amitié persiste, régie par le cœur. La conclusion réaffirme la répétition et l'épuisement des nouvelles idées.
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5241
p. 1974-1986
SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
Début :
Le second Mémoire qui fut lû dans cette Assemblée, est de M. Puzos ; il traite [...]
Mots clefs :
Matrice, Maladie, Hernie de la vessie, Opération, Fracture de la rotule, Placenta, Renversement de la matrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
SUITE de la Séance publique de l'Académie
Royale de Chirurgie.
E fecond Mémoire qui fut lû dans cette
Affemblée , eft de M. Puzos ; il traite
de l'inverfion ou du renverfement de la
Matrice : c'eft une maladie , dit ce Chirurgien
, qui n'a été bien connue avant nous ,
que quand elle a été portée à la plus fâcheufe
extrêmité , & qu'elle eft devenue
fenfible à la vûe & au toucher , par l'inverfion
totale de la Matrice , c'est-à- dire , que
cette partie étoit pendante au- dehors.
La caufe d'une tele maladie, dépendante
immédiatement de l'extraction du Placenta,
adhérent au fond de la Matrice , ne devoit
pas être alors plus ignorée que la maladie
même , puifque le moment qui produifoit
la caufe , étoit commun à la naiffance de
l'effet ; enfin, le danger qui fuivoit la maladie
de très-près , ne fouffroit aucune équivoque
fur le parti qu'il y avoit à prendre ;
ou réduire fur le champ la Matrice , pour
fauver une femme ainfi maltraitée , ou la
voir périr une heure ou deux après l'accident
, fi le fecours lui manquoit. L'Auteur
conclut de-là que les Anciens n'ont réelle-
•
ment
SEPTEMBRE. 1744. 1973
mentconnu que le renversement de Matrice
porté au dernier degré , & fait par une
caufe externe , c'eft-à-dire , fait dans l'extraction
forcée du Placenta , adhérent au
fond de la Matrice.
C'est par rapport à une connoiffance fi bornée
fur une maladie , qui peut furvenir par
d'autres caufes , & qui a differens degrés
d'inverfion , que M. Puzos a crû néceffaire
de donner tous les éclairciffemens dont elle
a befoin ; il efpere par là rendre les gens
qui s'adonnent à l'Art des accouchemens ,
plus circonfpects pour prevenir cet accident
; mieux inftruits pour le connoître
dans les cas où il peut être ignoré , & plus
hardis pour y rémédier , dans quelque degré
d'inverfion que foit la Matrice.
Avant que d'entrer en matiere , il avertit
que , quoique le renversement de la Matrice
ait communément pour cauſe l'impéritie
, ce malheur peut néanmoins arriver à
des gens prudens , & raisonnablement inftruits
, foit que la Matrice y foit difpofée par
foibleffe , foit qu'elle foit forcée d'obéir , &
de fuivre un Placenta charnu, & trop péfant
pour le plancher qui le foutient. Cependant
l'Auteur met une difference effentielle entre
la main expérimentée , & la main téméraire
: la premiere, dit- il , s'apperçoit bien- tôt
du défordre qu'elle a fait ; elle y rémédie
fur
1976 MERCURE DE FRANCE.
fur le champ ; l'autre, au contraire , igno
rant le déplacement des parties , les entraî
ne jufqu'au dernier degré ; elle n'a pas le
courage , ni la capacité d'y mettre ordre ,
& faute d'un fecours prompt , elle met la
femme en danger de périr peu de tems
après.
A la fuite d'une diftinction qui paroiffoit
néceffaire , & qui fe trouve autorisée par
l'aveu du fçavant Ruifch , & de plufieurs
bons Praticiens , à qui pareil malheur eft
arrivé plus d'une fois dans le cours de leur
vie , l'Auteur pafle au renversement de Matrice
par caufe interne , cauſe inconnuë jufqu'ici
, & tellement indépendante de l'ac
couchement , que la maladie qu'elle produit
, a été reconnue à des filles hors de tour
foupçon , à des femmes qui n'avoient jamais
cu d'enfans , à d'autres qui , depuis quinze
ou vingt ans , qu'elles étoient accouchées
pour la derniere fois , n'avoient fenti aucune
incommodité , fi ce n'eft vers le tems
où la maladie avoit commencé à prendre
naiffance.
Pour prouver l'existence de ces renverfemens
, il rapporte des faits dont il a été témoin,
& qu'on ne peut révoquer en doute ,
par
les circonstances qui les ont accompa
gnées ; pour ce qui regarde la caufe qui ne
peut pas être auffi fenfiblement démontrée
que
SEPTEMBRE. 1744. 1977
que la maladie , il l'établit fur des fignes qui
fe font trouvés communs à toutes les femmes
, attaquées de renverſement par cauſe
interne , & qui doivent autorifer le jugement
qu'en porte l'Auteur.
. Pour mettre le Public en état d'en décider
, on rapporte l'endroit du Mémoire où
il eft dit , que tous les renverfemens reconnus
pour être de caufe interne , ne fe font
déclarés que dans l'âge Critique des femmes
, qu'à des perfonnes extrêmement graffes
, & à qui l'exercice ou le marcher coûtoit
beaucoup de peines . En conféquence
il affure que la graiffe énorme , & le poids
confidérable des vifceres du bas ventre , qui
porte perpendiculairement fur le fond de
la Matrice , principalement dans le tems de
fon affaiffement , l'enfonce peu à peu , &
fait paffer ce fond de la Matrice au travers
de l'orifice, en forme de hernie, par fucceffion
de tems . Cette maladie , dit M. Puzos , eft
incurable , parce qu'on ne peut en détruire
la caufe , qui eft le poids énorme des vifceres
fur la Matrice ; & quand bien même on
pourroit réuffir à la replacer dans fon lieu
naturel , le fuccès ne feroit pas de longue
durée : expofée à foûtenir comme auparavant
une charge au- deffus de fes forces , elle
fuccomberoit de nouveau , & fon enfoncement
ne tarderoit pas à reparoître , comme
C il
1978 MERCURE DE FRANCE.
il arrive aux hernies d'inteftins , qui retom
bent toujours , quoique bien réduites , ſi
on ne foutient l'effort & le poids des parties
par un bandage convenable.
Auffi l'Auteur dit-il naturellement , que
mal-à- propos il a tenté deux fois cette ef
péce de réduction fans fuccès ; il confeille
d'abandonner cette maladie aux foins de la
Nature , plûtôt qu'à l'événement de l'opération
, parce qu'il a l'expérience , que le
tems a fouvent adouci la plus grande partie
de ces incommodités , & que l'opération ,
abfolument inutile , peut- être funefte par
les douleurs qu'elle cauſe .
A l'égard des renverfemens de Matrice
par caufe externe , caufe immédiatement attachée
à l'accouchement dans l'extraction
du Placenta , l'Auteur y diftingue differens
dégrés , qu'il croit très-effentiel de reconnoître
pour la curation .
Le renverſement au premier degré , ſe
nomme incomplet . Dans cette efpéce , l'enfoncement
du fond de la Matrice eft queiquefois
fi léger , & fi éloigné de fon orifice
après l'extraction du Placenta , qu'il eft trèspoffible
d'ignorer ce déplacement de partie ;
de croire au contraire l'opération heureufe
ment terminée , fi on ne prend , pour s'en
affûrer , les précautions qu'on preſcrit dans
Je Mémoire , & qu'il feroit trop long de
"rapSEPTEMBRE.
1744. 1979
A
rapporter ici . Or ce renversement ignoré ,
qui forme une maladie , à laquelle on rémédieroit
fur l'heure avec facilité , fi on s'en
appercevoit, devient dans la fuite incurable,
tant par fon accroiffement › que par les
adhérences qu'il contracte avec des parties
d'où il ne feroit pas prudent de le féparer.
Le renverſement au fecond degré eſt prefque
complet. La tumeur qu'il forme eft encore
renfermée dans le Vagin , mais elle y
préfente un-fi gros volume , qu'il faut être
abfolument fans expérience pour ne pas
connoître que la Matrice eft renverfée . On
l'a cependant prife en cet état , pour une
Môle , ou une tête d'enfant , & tirée trèsmal-
à-propos. Quoique cette maladie ait
des accidens affés urgens , & qu'elle ait befoin
d'une prompte réduction , elle a quelquefois
foutenu les délais de plufieurs jours ,
après lefquels la réduction n'a pas été moins
heureufe , que fi elle avoit été faite fur le
-champ .
Enfin le renverſement complet & au dernier
degré , eft lorfque la Matrice a été entraînée
hors des parties naturelles , lorfque
toutàfait retournée,elle repréfente en dehors
la figure qu'elle avoit auparavant au-dedans .
Cette maladie auffi effrayante à voir , que
funefte , lorfqu'on eft une ou deux heures
fans lui donner le fecours dont elle a be-
Cij foin ,
1980 MERCURE DE FRANCE.
foin > eft cependant plus communément
guérie radicalement , que celle de la premiere
efpéce dont nous avons parlé , parce
que cette grande maladie faute aux yeux , &
qu'elle femble demander elle- même l'opération
qui lui eft néceffaire , au lieu que
l'autre , inconnue dans fa naiffance , ne fe
manifefte que lorsqu'il n'eft plus poffible
d'y rémédier,
Une réfléxion faite par l'Auteur fur les
differens accidens qui accompagnent & fuivent
les accouchemens , lui fait croire que
le défaut d'inftructions , n'y a que trop fou
vent part : il fe plaint de ce que cetre partie
de la Chirurgie eft la feule pour laquelle
l'Etat n'a point établi de Leçons publiques ;
que les connoiffances en font commiſes ,
pour la plupart de ceux qui l'exercent , au
hazard ou par habitudes que pour beaucoup
d'autres , trois mois paffés dans un Hôpital,
où le difficile fe voit rarement , dans un efpace
fi court , & où l'on n'apporte aucune
théorie , fuffisent pour obtenir le droit de
pratiquer l'Art des accouchemens,
Enfin , M. Puzos exhorte à ne point craindre
de bleffer la Matrice , quand il eft queftion
de la replacer . Il affure , d'après l'expérience
, qu'il eft plus avantageux de la
meurtrir , de l'entamer même , quand on ne
peut s'en difpenfer, pour la remettre dans fa
place ,
SEPTEMBRE. 1744. 1981
place ,, que de la laiffer renverfée , par la
crainte d'y faire quelque défordre. La Matrice,
dit- il , eft une partie charnue qui fuppure
, qui s'exfolie & fe cicatrife comme
fait un muſcle ; & c'eſt bien mal-à -propos
que la Tradition a confervé de Siécles en
Siécles , le faux Aviome , que la moindre
écorchûre à la Matrice eft mortelle , quand
il s'en eft trouvé d'extrêmement
maltraitées
, foit par entamûre , foit par renverfement
, qui peu de tems après avoir été rétablies
, font devenues fufceptibles de conception
, & ont apporté des enfans à terme
& bien vivans. C'eft à l'appui de plufieurs
exemples qu'en a l'Auteur , qu'il eft en droit
de détruire le faux préjugé qu'on avoit eu
de tous tems fur la Matrice.
que
M. Verdier lut enfuite la feconde partie
d'un Mémoire fur la hernie de la Veffie ,
dont il avoit donné la premiere partie dans
l'Affemblée publique de l'année précédente.
Après avoir combattu dans cette feconde
partie le fentiment de ceux qui veulent
la hernie de la Veffie foit toujours un vice
de la premiere conformation , M. Verdier
explique comment la dilatation confidérable
qui arrive à la Veffie dans la rétention
d'urine , peut produire la hernie , en occafionnant
le paffage d'une portion de la Veffie.
e , par les anneaux des muſcles du bas ven-
C iij tre
2
$ 982 MERCURE DE FRANCE.
tre , & c. Il y indique enfuite les fignes qui
diftinguent cette hernie particuliere ; le
moins équivoque lui paroît être l'augmentation
du volume de la hernie , lorfque le
malade a été long- tems fans uriner , & fa
diminution par la fortie des urines.
A l'égard du prognoftic , ou jugement
que
l'on doit faire fur les fuites de cette maladie
, il fait connoître qu'elle n'eft pas dangereufe
, lorfqu'il y a une communication
libre entre la partie de la Veffie deſcenduë
dans les bourſes , & celle qui eft restée dans
le baffin , & qu'il n'y a de danger , que lorfque
cette communication vient à celler, foit
par quelque pierre arrêtée dans la portion
de la Veffie qui répond à l'anneau , foir
foir par
une inflammation furvenue à cette même
portion de la Veffie.
Dans le traitement de la hernie de la Vef
fie , M. Verdier confeille l'ufage du ſuſpenfoir
, lorfqu'elle s'avance jufques dans le
Serotum , que fon volume eft confidérable ,
& qu'elle ne peut fe vuider , qu'en la foulevant
, & la comprimant avec les mains.
Mais fi la hernie fe bornoit à l'aine , il
penfe qu'on doit employer le bandage ordinaire
, ou Brayer , pour contenir la portion
de la Vellie qu'on aura fait rentrer . Si
la hernie fe trouve accompagnée d'étranglement
, on aura recours à l'opération .
L'AuSEPTEMBRE
. 1744. 1983
L'Auteur finit , en avertiſſant les jeunes
Chirurgiens de ne jamais entreprendre l'opération
d'une hernie , foit d'inteftin , foit
d'épiploon , defcendus dans les boutfes
fans s'être affûrés , fi la Veffie n'eft pas comprife
dans la tumeur , ce qu'ils reconnoîtront
aisément par le figne indiqué ci - devant.
Car s'ils fe déterminoient à emporter
une portion du Scrotum & du fac herniaire
, ou étoit renfermé l'inteftin ou l'épiploon
, & qu'il y eut complication de la
hernie de la Veffie avec celle de l'inteftin ou
de l'épiploon , ils rifqueroient d'emporter
une portion de la Veffie , qui fe trouveroit
alors cachée immédiatement derriere le fac
herniaire ; on fent bien que ce retrancheiment
d'une portion de la Vellie , feroit capable
de faire périr le malade .
M. Baffuel termina la Séance par la lecture
d'un Mémoire fur la fracture de la rotule
: l'objet de la premiere partie de ce
Mémoire , eft d'achever de diffiper l'efpece
de furprife où l'on eft refté touchant cette
fracture , parce que la caufe n'en avoit pas
été apparemment affés développée ; & c'eſt
ce que M. Baffuel a entrepris , de faire. A
cette occafion. , il publie avec reconnoiffan
ce dès le commencement du Memoire , ce
qui eft dû à un grand Chirurgien ( M. Petit)
qui a mis le premier fur la voye qu'il falloit
Ċ iiij
te1984
MERCUREDE FRANCE.
pour découvrir les agens de cette frac tenir
ture .
Afin de mieux conduire à fon but, il rappelle
d'abord toutes les parties relatives à
cette fracture ; os , articulation , ligamens ,
mufcles , tendons , & c. & il tâche de mettre
à profit la ftructure & la pofition par
rapport à fon fujet , ce qui le fait entrer
plus avant dans differens effets méchaniques
: effets qui ne doivent pas moins réfulter
des mouvemens les plus déréglés qui
peuvent conduire à une chûte prochaine ,
que des mouvemens réguliérement combipour
l'action naturelle d'une partie. nés
M. Baffuel fait fentir que l'on avoit raiſon
de n'être pas entierement rendu fur la force
admife pour déterminer cette fracture : effectivement
tout bien examiné , les quatre
mufcles extenfeurs de la jambe qui s'attachent
à la rotule , qui eft un os très - court
pour fon épaiffeur ,, ne devoient point paroître
fuffire , quelque contraction qui y
arrivât ; encore peut-elle n'être pas fi grande
qu'on le croiroit bien , dans le fens dont
l'accident a été conçû. Un changement d'attitude
qui doit arriver en un inftant aux os
du baffin, eu égard à ceux des cuiffes , quand
on eft prêt à tomber , fait préfumer à l'Auteur
, que d'autres mufcles pofterieurs viennent
en même-tems à la charge contre la
roSEPTEMBRE.
1744. 1985
rotule. Ceux - ci en faififfant dans le fort de
leur contraction le point avantageux du balancement
imprimé par la péfanteur du
corps , . entraînent tout d'une pièce
les muſcles extenfeurs contractés : car il juge
qu'alors tous les muſcles environnans font
tout à la fois & fubitement en action ; c'eft
furquoi il a crû devoir infifter .
On ne peut fuivre , ni même parcourir
dans les bornes d'un Extrait , le détail où
eft entré M. Baffuel , par rapport aux preuves
méchaniques de tout ce qu'il avance.
En général , il confidere dans l'os des hanches
un lévier qui traverſe fon articulation
avec la cuiffe : à ce lévier inégalement pofé ,
felon qu'il le fait voir , s'attachent les mufcles
qui en deviennent les moteurs ; les extenfeurs
au bras le plus court , les fléchif
feurs au plus long. C'eft de- là , à ce que prétend
M. Baffuel , que doit fe tirer tout le
dénoûment , à l'égard des forces multipliées
qui exécutent fi précipitamment la rupture
de la rotule la longue branche du lévier
ne peut être abaillée , par un renversement
en arrière du baffin , qu'elle n'entraîne inpérieufement
en haut les mufcles qui s'inferent
en devant à la courte branche , qui
s'élève pour lors aux dépens de la rotule.
•
:
La feconde partie du Mémoire renferme
des réfléxions Hiftoriques , & enfuite cura-
Cv tives
1986 MERCURE DE FRANCE.
tives touchant la fracture de la rotule.
M. Baffuel dit que par la lecture des Auteurs
de Chirurgie , à remonter jufqu'à
Hypocrate , il a vû que l'on a été pendant
bien des Siècles , fans donner , ou au moins
fans avoir de véritables fecours pour cette
forte de dérangement : quelques guérifons ,
à ce qu'il croit , s'opéroient fans doute quelquefois
, fi les difficultés n'étoient pas trop
grandes , encore falloit- il les mains rares
des plus habiles : il ajoûte que c'eft feulement
dans le dernier Siécle que des Chirurgiens
de Paris , entr'autres M. Verduc , le
pere , ont procuré à leur Art , des moyens
prefque sûrs pour réuffir , qui fouvent depuis
par des changemens arbitraires & malentendus
, fe font affoiblis dans la Pratique.
M. Baitue termine fon Mémoire par
la
defcription
d'un
bandage
qu'il
a rendu
fort
fimple
, & d'autant
plus
utile
pour
la gué
rifon
de
cette
fracture
, que
des
Chirur
giens
moins
expérimentés
peuvent
l'employer
aisément
& avec
fuccès
.
Royale de Chirurgie.
E fecond Mémoire qui fut lû dans cette
Affemblée , eft de M. Puzos ; il traite
de l'inverfion ou du renverfement de la
Matrice : c'eft une maladie , dit ce Chirurgien
, qui n'a été bien connue avant nous ,
que quand elle a été portée à la plus fâcheufe
extrêmité , & qu'elle eft devenue
fenfible à la vûe & au toucher , par l'inverfion
totale de la Matrice , c'est-à- dire , que
cette partie étoit pendante au- dehors.
La caufe d'une tele maladie, dépendante
immédiatement de l'extraction du Placenta,
adhérent au fond de la Matrice , ne devoit
pas être alors plus ignorée que la maladie
même , puifque le moment qui produifoit
la caufe , étoit commun à la naiffance de
l'effet ; enfin, le danger qui fuivoit la maladie
de très-près , ne fouffroit aucune équivoque
fur le parti qu'il y avoit à prendre ;
ou réduire fur le champ la Matrice , pour
fauver une femme ainfi maltraitée , ou la
voir périr une heure ou deux après l'accident
, fi le fecours lui manquoit. L'Auteur
conclut de-là que les Anciens n'ont réelle-
•
ment
SEPTEMBRE. 1744. 1973
mentconnu que le renversement de Matrice
porté au dernier degré , & fait par une
caufe externe , c'eft-à-dire , fait dans l'extraction
forcée du Placenta , adhérent au
fond de la Matrice.
C'est par rapport à une connoiffance fi bornée
fur une maladie , qui peut furvenir par
d'autres caufes , & qui a differens degrés
d'inverfion , que M. Puzos a crû néceffaire
de donner tous les éclairciffemens dont elle
a befoin ; il efpere par là rendre les gens
qui s'adonnent à l'Art des accouchemens ,
plus circonfpects pour prevenir cet accident
; mieux inftruits pour le connoître
dans les cas où il peut être ignoré , & plus
hardis pour y rémédier , dans quelque degré
d'inverfion que foit la Matrice.
Avant que d'entrer en matiere , il avertit
que , quoique le renversement de la Matrice
ait communément pour cauſe l'impéritie
, ce malheur peut néanmoins arriver à
des gens prudens , & raisonnablement inftruits
, foit que la Matrice y foit difpofée par
foibleffe , foit qu'elle foit forcée d'obéir , &
de fuivre un Placenta charnu, & trop péfant
pour le plancher qui le foutient. Cependant
l'Auteur met une difference effentielle entre
la main expérimentée , & la main téméraire
: la premiere, dit- il , s'apperçoit bien- tôt
du défordre qu'elle a fait ; elle y rémédie
fur
1976 MERCURE DE FRANCE.
fur le champ ; l'autre, au contraire , igno
rant le déplacement des parties , les entraî
ne jufqu'au dernier degré ; elle n'a pas le
courage , ni la capacité d'y mettre ordre ,
& faute d'un fecours prompt , elle met la
femme en danger de périr peu de tems
après.
A la fuite d'une diftinction qui paroiffoit
néceffaire , & qui fe trouve autorisée par
l'aveu du fçavant Ruifch , & de plufieurs
bons Praticiens , à qui pareil malheur eft
arrivé plus d'une fois dans le cours de leur
vie , l'Auteur pafle au renversement de Matrice
par caufe interne , cauſe inconnuë jufqu'ici
, & tellement indépendante de l'ac
couchement , que la maladie qu'elle produit
, a été reconnue à des filles hors de tour
foupçon , à des femmes qui n'avoient jamais
cu d'enfans , à d'autres qui , depuis quinze
ou vingt ans , qu'elles étoient accouchées
pour la derniere fois , n'avoient fenti aucune
incommodité , fi ce n'eft vers le tems
où la maladie avoit commencé à prendre
naiffance.
Pour prouver l'existence de ces renverfemens
, il rapporte des faits dont il a été témoin,
& qu'on ne peut révoquer en doute ,
par
les circonstances qui les ont accompa
gnées ; pour ce qui regarde la caufe qui ne
peut pas être auffi fenfiblement démontrée
que
SEPTEMBRE. 1744. 1977
que la maladie , il l'établit fur des fignes qui
fe font trouvés communs à toutes les femmes
, attaquées de renverſement par cauſe
interne , & qui doivent autorifer le jugement
qu'en porte l'Auteur.
. Pour mettre le Public en état d'en décider
, on rapporte l'endroit du Mémoire où
il eft dit , que tous les renverfemens reconnus
pour être de caufe interne , ne fe font
déclarés que dans l'âge Critique des femmes
, qu'à des perfonnes extrêmement graffes
, & à qui l'exercice ou le marcher coûtoit
beaucoup de peines . En conféquence
il affure que la graiffe énorme , & le poids
confidérable des vifceres du bas ventre , qui
porte perpendiculairement fur le fond de
la Matrice , principalement dans le tems de
fon affaiffement , l'enfonce peu à peu , &
fait paffer ce fond de la Matrice au travers
de l'orifice, en forme de hernie, par fucceffion
de tems . Cette maladie , dit M. Puzos , eft
incurable , parce qu'on ne peut en détruire
la caufe , qui eft le poids énorme des vifceres
fur la Matrice ; & quand bien même on
pourroit réuffir à la replacer dans fon lieu
naturel , le fuccès ne feroit pas de longue
durée : expofée à foûtenir comme auparavant
une charge au- deffus de fes forces , elle
fuccomberoit de nouveau , & fon enfoncement
ne tarderoit pas à reparoître , comme
C il
1978 MERCURE DE FRANCE.
il arrive aux hernies d'inteftins , qui retom
bent toujours , quoique bien réduites , ſi
on ne foutient l'effort & le poids des parties
par un bandage convenable.
Auffi l'Auteur dit-il naturellement , que
mal-à- propos il a tenté deux fois cette ef
péce de réduction fans fuccès ; il confeille
d'abandonner cette maladie aux foins de la
Nature , plûtôt qu'à l'événement de l'opération
, parce qu'il a l'expérience , que le
tems a fouvent adouci la plus grande partie
de ces incommodités , & que l'opération ,
abfolument inutile , peut- être funefte par
les douleurs qu'elle cauſe .
A l'égard des renverfemens de Matrice
par caufe externe , caufe immédiatement attachée
à l'accouchement dans l'extraction
du Placenta , l'Auteur y diftingue differens
dégrés , qu'il croit très-effentiel de reconnoître
pour la curation .
Le renverſement au premier degré , ſe
nomme incomplet . Dans cette efpéce , l'enfoncement
du fond de la Matrice eft queiquefois
fi léger , & fi éloigné de fon orifice
après l'extraction du Placenta , qu'il eft trèspoffible
d'ignorer ce déplacement de partie ;
de croire au contraire l'opération heureufe
ment terminée , fi on ne prend , pour s'en
affûrer , les précautions qu'on preſcrit dans
Je Mémoire , & qu'il feroit trop long de
"rapSEPTEMBRE.
1744. 1979
A
rapporter ici . Or ce renversement ignoré ,
qui forme une maladie , à laquelle on rémédieroit
fur l'heure avec facilité , fi on s'en
appercevoit, devient dans la fuite incurable,
tant par fon accroiffement › que par les
adhérences qu'il contracte avec des parties
d'où il ne feroit pas prudent de le féparer.
Le renverſement au fecond degré eſt prefque
complet. La tumeur qu'il forme eft encore
renfermée dans le Vagin , mais elle y
préfente un-fi gros volume , qu'il faut être
abfolument fans expérience pour ne pas
connoître que la Matrice eft renverfée . On
l'a cependant prife en cet état , pour une
Môle , ou une tête d'enfant , & tirée trèsmal-
à-propos. Quoique cette maladie ait
des accidens affés urgens , & qu'elle ait befoin
d'une prompte réduction , elle a quelquefois
foutenu les délais de plufieurs jours ,
après lefquels la réduction n'a pas été moins
heureufe , que fi elle avoit été faite fur le
-champ .
Enfin le renverſement complet & au dernier
degré , eft lorfque la Matrice a été entraînée
hors des parties naturelles , lorfque
toutàfait retournée,elle repréfente en dehors
la figure qu'elle avoit auparavant au-dedans .
Cette maladie auffi effrayante à voir , que
funefte , lorfqu'on eft une ou deux heures
fans lui donner le fecours dont elle a be-
Cij foin ,
1980 MERCURE DE FRANCE.
foin > eft cependant plus communément
guérie radicalement , que celle de la premiere
efpéce dont nous avons parlé , parce
que cette grande maladie faute aux yeux , &
qu'elle femble demander elle- même l'opération
qui lui eft néceffaire , au lieu que
l'autre , inconnue dans fa naiffance , ne fe
manifefte que lorsqu'il n'eft plus poffible
d'y rémédier,
Une réfléxion faite par l'Auteur fur les
differens accidens qui accompagnent & fuivent
les accouchemens , lui fait croire que
le défaut d'inftructions , n'y a que trop fou
vent part : il fe plaint de ce que cetre partie
de la Chirurgie eft la feule pour laquelle
l'Etat n'a point établi de Leçons publiques ;
que les connoiffances en font commiſes ,
pour la plupart de ceux qui l'exercent , au
hazard ou par habitudes que pour beaucoup
d'autres , trois mois paffés dans un Hôpital,
où le difficile fe voit rarement , dans un efpace
fi court , & où l'on n'apporte aucune
théorie , fuffisent pour obtenir le droit de
pratiquer l'Art des accouchemens,
Enfin , M. Puzos exhorte à ne point craindre
de bleffer la Matrice , quand il eft queftion
de la replacer . Il affure , d'après l'expérience
, qu'il eft plus avantageux de la
meurtrir , de l'entamer même , quand on ne
peut s'en difpenfer, pour la remettre dans fa
place ,
SEPTEMBRE. 1744. 1981
place ,, que de la laiffer renverfée , par la
crainte d'y faire quelque défordre. La Matrice,
dit- il , eft une partie charnue qui fuppure
, qui s'exfolie & fe cicatrife comme
fait un muſcle ; & c'eſt bien mal-à -propos
que la Tradition a confervé de Siécles en
Siécles , le faux Aviome , que la moindre
écorchûre à la Matrice eft mortelle , quand
il s'en eft trouvé d'extrêmement
maltraitées
, foit par entamûre , foit par renverfement
, qui peu de tems après avoir été rétablies
, font devenues fufceptibles de conception
, & ont apporté des enfans à terme
& bien vivans. C'eft à l'appui de plufieurs
exemples qu'en a l'Auteur , qu'il eft en droit
de détruire le faux préjugé qu'on avoit eu
de tous tems fur la Matrice.
que
M. Verdier lut enfuite la feconde partie
d'un Mémoire fur la hernie de la Veffie ,
dont il avoit donné la premiere partie dans
l'Affemblée publique de l'année précédente.
Après avoir combattu dans cette feconde
partie le fentiment de ceux qui veulent
la hernie de la Veffie foit toujours un vice
de la premiere conformation , M. Verdier
explique comment la dilatation confidérable
qui arrive à la Veffie dans la rétention
d'urine , peut produire la hernie , en occafionnant
le paffage d'une portion de la Veffie.
e , par les anneaux des muſcles du bas ven-
C iij tre
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$ 982 MERCURE DE FRANCE.
tre , & c. Il y indique enfuite les fignes qui
diftinguent cette hernie particuliere ; le
moins équivoque lui paroît être l'augmentation
du volume de la hernie , lorfque le
malade a été long- tems fans uriner , & fa
diminution par la fortie des urines.
A l'égard du prognoftic , ou jugement
que
l'on doit faire fur les fuites de cette maladie
, il fait connoître qu'elle n'eft pas dangereufe
, lorfqu'il y a une communication
libre entre la partie de la Veffie deſcenduë
dans les bourſes , & celle qui eft restée dans
le baffin , & qu'il n'y a de danger , que lorfque
cette communication vient à celler, foit
par quelque pierre arrêtée dans la portion
de la Veffie qui répond à l'anneau , foir
foir par
une inflammation furvenue à cette même
portion de la Veffie.
Dans le traitement de la hernie de la Vef
fie , M. Verdier confeille l'ufage du ſuſpenfoir
, lorfqu'elle s'avance jufques dans le
Serotum , que fon volume eft confidérable ,
& qu'elle ne peut fe vuider , qu'en la foulevant
, & la comprimant avec les mains.
Mais fi la hernie fe bornoit à l'aine , il
penfe qu'on doit employer le bandage ordinaire
, ou Brayer , pour contenir la portion
de la Vellie qu'on aura fait rentrer . Si
la hernie fe trouve accompagnée d'étranglement
, on aura recours à l'opération .
L'AuSEPTEMBRE
. 1744. 1983
L'Auteur finit , en avertiſſant les jeunes
Chirurgiens de ne jamais entreprendre l'opération
d'une hernie , foit d'inteftin , foit
d'épiploon , defcendus dans les boutfes
fans s'être affûrés , fi la Veffie n'eft pas comprife
dans la tumeur , ce qu'ils reconnoîtront
aisément par le figne indiqué ci - devant.
Car s'ils fe déterminoient à emporter
une portion du Scrotum & du fac herniaire
, ou étoit renfermé l'inteftin ou l'épiploon
, & qu'il y eut complication de la
hernie de la Veffie avec celle de l'inteftin ou
de l'épiploon , ils rifqueroient d'emporter
une portion de la Veffie , qui fe trouveroit
alors cachée immédiatement derriere le fac
herniaire ; on fent bien que ce retrancheiment
d'une portion de la Vellie , feroit capable
de faire périr le malade .
M. Baffuel termina la Séance par la lecture
d'un Mémoire fur la fracture de la rotule
: l'objet de la premiere partie de ce
Mémoire , eft d'achever de diffiper l'efpece
de furprife où l'on eft refté touchant cette
fracture , parce que la caufe n'en avoit pas
été apparemment affés développée ; & c'eſt
ce que M. Baffuel a entrepris , de faire. A
cette occafion. , il publie avec reconnoiffan
ce dès le commencement du Memoire , ce
qui eft dû à un grand Chirurgien ( M. Petit)
qui a mis le premier fur la voye qu'il falloit
Ċ iiij
te1984
MERCUREDE FRANCE.
pour découvrir les agens de cette frac tenir
ture .
Afin de mieux conduire à fon but, il rappelle
d'abord toutes les parties relatives à
cette fracture ; os , articulation , ligamens ,
mufcles , tendons , & c. & il tâche de mettre
à profit la ftructure & la pofition par
rapport à fon fujet , ce qui le fait entrer
plus avant dans differens effets méchaniques
: effets qui ne doivent pas moins réfulter
des mouvemens les plus déréglés qui
peuvent conduire à une chûte prochaine ,
que des mouvemens réguliérement combipour
l'action naturelle d'une partie. nés
M. Baffuel fait fentir que l'on avoit raiſon
de n'être pas entierement rendu fur la force
admife pour déterminer cette fracture : effectivement
tout bien examiné , les quatre
mufcles extenfeurs de la jambe qui s'attachent
à la rotule , qui eft un os très - court
pour fon épaiffeur ,, ne devoient point paroître
fuffire , quelque contraction qui y
arrivât ; encore peut-elle n'être pas fi grande
qu'on le croiroit bien , dans le fens dont
l'accident a été conçû. Un changement d'attitude
qui doit arriver en un inftant aux os
du baffin, eu égard à ceux des cuiffes , quand
on eft prêt à tomber , fait préfumer à l'Auteur
, que d'autres mufcles pofterieurs viennent
en même-tems à la charge contre la
roSEPTEMBRE.
1744. 1985
rotule. Ceux - ci en faififfant dans le fort de
leur contraction le point avantageux du balancement
imprimé par la péfanteur du
corps , . entraînent tout d'une pièce
les muſcles extenfeurs contractés : car il juge
qu'alors tous les muſcles environnans font
tout à la fois & fubitement en action ; c'eft
furquoi il a crû devoir infifter .
On ne peut fuivre , ni même parcourir
dans les bornes d'un Extrait , le détail où
eft entré M. Baffuel , par rapport aux preuves
méchaniques de tout ce qu'il avance.
En général , il confidere dans l'os des hanches
un lévier qui traverſe fon articulation
avec la cuiffe : à ce lévier inégalement pofé ,
felon qu'il le fait voir , s'attachent les mufcles
qui en deviennent les moteurs ; les extenfeurs
au bras le plus court , les fléchif
feurs au plus long. C'eft de- là , à ce que prétend
M. Baffuel , que doit fe tirer tout le
dénoûment , à l'égard des forces multipliées
qui exécutent fi précipitamment la rupture
de la rotule la longue branche du lévier
ne peut être abaillée , par un renversement
en arrière du baffin , qu'elle n'entraîne inpérieufement
en haut les mufcles qui s'inferent
en devant à la courte branche , qui
s'élève pour lors aux dépens de la rotule.
•
:
La feconde partie du Mémoire renferme
des réfléxions Hiftoriques , & enfuite cura-
Cv tives
1986 MERCURE DE FRANCE.
tives touchant la fracture de la rotule.
M. Baffuel dit que par la lecture des Auteurs
de Chirurgie , à remonter jufqu'à
Hypocrate , il a vû que l'on a été pendant
bien des Siècles , fans donner , ou au moins
fans avoir de véritables fecours pour cette
forte de dérangement : quelques guérifons ,
à ce qu'il croit , s'opéroient fans doute quelquefois
, fi les difficultés n'étoient pas trop
grandes , encore falloit- il les mains rares
des plus habiles : il ajoûte que c'eft feulement
dans le dernier Siécle que des Chirurgiens
de Paris , entr'autres M. Verduc , le
pere , ont procuré à leur Art , des moyens
prefque sûrs pour réuffir , qui fouvent depuis
par des changemens arbitraires & malentendus
, fe font affoiblis dans la Pratique.
M. Baitue termine fon Mémoire par
la
defcription
d'un
bandage
qu'il
a rendu
fort
fimple
, & d'autant
plus
utile
pour
la gué
rifon
de
cette
fracture
, que
des
Chirur
giens
moins
expérimentés
peuvent
l'employer
aisément
& avec
fuccès
.
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Résumé : SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie, M. Puzos a présenté un mémoire sur l'inversion ou le renversement de la matrice, une condition souvent mal comprise et diagnostiquée tardivement. Cette affection est principalement causée par l'extraction forcée du placenta et nécessite une intervention immédiate. M. Puzos insiste sur l'importance de reconnaître les différents degrés et causes de cette maladie, qui peut toucher des femmes de tous âges, y compris celles n'ayant jamais accouché. Il distingue les inversions internes, généralement incurables, des inversions externes, qui requièrent une intervention rapide. Le mémoire décrit trois degrés de renversement de la matrice : le premier degré est léger et souvent ignoré, le second degré est presque complet et visible dans le vagin, et le troisième degré est complet avec la matrice entièrement retournée. M. Puzos critique le manque de formation adéquate en chirurgie des accouchements et encourage les chirurgiens à ne pas hésiter à intervenir pour réinsérer la matrice, même au risque de la blesser. Le texte aborde également la hernie de la vessie, causée par la dilatation de la vessie lors de la rétention d'urine. Les signes incluent l'augmentation du volume de la hernie après une longue rétention d'urine et sa diminution après la miction. Le traitement varie selon la localisation et la gravité de la hernie. Enfin, M. Baffuel a présenté un mémoire sur la fracture de la rotule. Il explique les causes mécaniques de cette fracture, soulignant l'intervention des muscles postérieurs lors d'un changement brusque d'attitude. Il décrit la rotule comme un levier et propose un bandage simple pour favoriser la guérison de cette fracture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5242
p. 1987-1992
L'HONNESTE-HOMME, ODE.
Début :
Je chante cet homme héroïque, [...]
Mots clefs :
Honnête homme, Sage, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'HONNESTE-HOMME, ODE.
L'HONNESTE - HOMME ,
ODE ,
E chante cet homme héroïque ,
Qu'à la honte du genre humain ,
En plein je ur, un fameux Cynique
Cherchoit la lanterne à la main.
Si ce n'est point un vain phantôme ,
Sous des lambris ou ſous le chaume
En quel Lieu qu'il frappe mes fens ,
Pour lui feul je monte ma Lyre;
C'eft le feul mortel que j'admire ,
Le feul digne de mon encens.
+3x+
Que vois- je ? d'an mortel fi rare
Chacun veut ufurper le nom .
Mais c'eft vainement qu'on le pare
D'une adroite imitation.
Ainfi qu'aifément on démêle
D'avec la beauté naturelle
1516 -
La beauté qui provient du fard ,.
On reconnoît la difference
De l'honnête-homme par effence
D'avec l'honnête-homme par art.
....
C vj
1988 MERCURE DE FRANCE.
Que le Public fe préoccupe
Pour d'apparentes qualités ,
Je ne ferai jamais la dupe
De quelques dehors empruntés.
Dans le Sage que j'imagine
La Vertu doit prendre racine ,
Et germer au fond de fon coeur.
Il doit , toujours droit , équitable,
Sçavoir de l'honneur véritable
Bien diftinguer le faux honneur.
La paffion , qu'on s'eft permife ,
Croit fouvent que tout eft permis.
Afoi-même l'on le déguiſe
Les crimes que l'on a commis.
Jadis un Prince formidable
Crût être un Héros respectable
Par les excès de fa valeur ;
Il ne vit
N'étoit
pas que fon courage
que fureur & que rage
Et lui , qu'un infigne voleur.
+34
Qu'on foit au rang le plus fuprême ,
Qu'on foit affis au dernier rang ,
Tout mortel d'un autre lui -même
Doit craindre de verſer je fang.
Il doit à toute autre victoire
PréféSEPTEMBRE.
1744.
1989
Préférer la folide gloire
D'avoir vaincu fes paffions
Et déteftant toute avarice ,
Régler fur l'exacte juftice
Ses defirs & les actions.
*X3X+
Celui que la Vertu dirige ,
Ami de la tranquillité ,
Aucun intérêt ne l'oblige
A troubler la Societé .
Une ambition importune
De voir accroître fa fortune ,
Ne caufa jamais ſon ennui ;
Toujours content de fon partage ,
Tout Terme d'un autre héritage
Eft encore un vrai Dieu pour lui.
*
*3X+
Jaloux l'un de l'autre , on ne ceffe
De s'envier de vains honneurs .
L'honnête- homme aime la fageffe , 40
Plus que les biens & les grandeurs.
Dans un fort propice ou contraire ,
Son coeur , que jamais rien n'altere ,
Les Romains , pour marquer combien les bornes qui
Séparent les Domaines les Héritages devoient être faz
crées & refpectables , en avoient fait une Divinité ,
qu'on révéroit fous le nom du Dieu Terme.
Tou
1990 MERCURE DE FRANCE
Toujours grand , toujours généreux ,
Souffre des maux du miférable ,
Goûte une joye inexprimable
A la rencontre d'un heureux.
Porté de lui-même à bien faire ,
Il n'a befoin de nul attrait ,
Et ne prétend d'autre falaire
Que le plaifir d'avoir bien fait .
Puiffant , il n'aime fa puiffance
Que pour proteger l'innocence ,
La juftice , & la vérité ,
Et s'il fait cas de la richeffe ,
C'eft pour fournir avec largeffe
Aux befoins de la pauvreté.
4x3x+
Abhorrant toute politique
Contraire à l'auftere Vertu ,
Le Sage jamais ne s'explique
Par un difcours feint ou tortu
Né l'efclave de fa parole ,
Dans aucun cas il ne viole
Ses promefles & fes Serinens
Fidéle à la foi qu'il engage ,
Regulus retourne à Carthage
Sûr d'y fouffrir mille tourmens,
Exempt
SEPTEMBRE. 1744. 1991
Exempt des préjugés vulgaires ,
Mon Héros n'eft pas moins foumis
Au divin culte , que fes peres
Des uns aux autres ont tranſmis.
Exact à fuivre leurs exemples ,
A l'Eternel dans fes faints Temples
Il rend des refpects affidus ,
Mais il croit que de tout hommage ,
Celui qui lui plaît davantage
Eft la pratique des Vertus.
***
Les Jugemens irrévocables
Du Créateur de l'Univers ,
A des peines épouventables
Livrent les méchans , les pervers ;
Conftant dans la Vertu qu'il aime
Le vrai Sage contre lui même
N'irritera jamais les Cieux ,
Non par la crainte des fupplices ,
Mais par la feule horreur des vices
S'abftenant d'être vicieux. }
J'ai peint la Vertu l'a plus pure ,
Cher Maffiere , & tonfouvenir
Dans le cours de cette Peinture
N'a ceffé de me revenir .
Il convient que je te l'adreſſes
N'as
1991 MERCURE DE FRANCE.
N'as - tu pas droit fur une Piéce
Dont tu m'asfourni chaque trait ;
Quandje te préfente l'image
De l'honnête- homme , du vrai Sage ,
C'eft te préfenter ton Portrait.
ODE ,
E chante cet homme héroïque ,
Qu'à la honte du genre humain ,
En plein je ur, un fameux Cynique
Cherchoit la lanterne à la main.
Si ce n'est point un vain phantôme ,
Sous des lambris ou ſous le chaume
En quel Lieu qu'il frappe mes fens ,
Pour lui feul je monte ma Lyre;
C'eft le feul mortel que j'admire ,
Le feul digne de mon encens.
+3x+
Que vois- je ? d'an mortel fi rare
Chacun veut ufurper le nom .
Mais c'eft vainement qu'on le pare
D'une adroite imitation.
Ainfi qu'aifément on démêle
D'avec la beauté naturelle
1516 -
La beauté qui provient du fard ,.
On reconnoît la difference
De l'honnête-homme par effence
D'avec l'honnête-homme par art.
....
C vj
1988 MERCURE DE FRANCE.
Que le Public fe préoccupe
Pour d'apparentes qualités ,
Je ne ferai jamais la dupe
De quelques dehors empruntés.
Dans le Sage que j'imagine
La Vertu doit prendre racine ,
Et germer au fond de fon coeur.
Il doit , toujours droit , équitable,
Sçavoir de l'honneur véritable
Bien diftinguer le faux honneur.
La paffion , qu'on s'eft permife ,
Croit fouvent que tout eft permis.
Afoi-même l'on le déguiſe
Les crimes que l'on a commis.
Jadis un Prince formidable
Crût être un Héros respectable
Par les excès de fa valeur ;
Il ne vit
N'étoit
pas que fon courage
que fureur & que rage
Et lui , qu'un infigne voleur.
+34
Qu'on foit au rang le plus fuprême ,
Qu'on foit affis au dernier rang ,
Tout mortel d'un autre lui -même
Doit craindre de verſer je fang.
Il doit à toute autre victoire
PréféSEPTEMBRE.
1744.
1989
Préférer la folide gloire
D'avoir vaincu fes paffions
Et déteftant toute avarice ,
Régler fur l'exacte juftice
Ses defirs & les actions.
*X3X+
Celui que la Vertu dirige ,
Ami de la tranquillité ,
Aucun intérêt ne l'oblige
A troubler la Societé .
Une ambition importune
De voir accroître fa fortune ,
Ne caufa jamais ſon ennui ;
Toujours content de fon partage ,
Tout Terme d'un autre héritage
Eft encore un vrai Dieu pour lui.
*
*3X+
Jaloux l'un de l'autre , on ne ceffe
De s'envier de vains honneurs .
L'honnête- homme aime la fageffe , 40
Plus que les biens & les grandeurs.
Dans un fort propice ou contraire ,
Son coeur , que jamais rien n'altere ,
Les Romains , pour marquer combien les bornes qui
Séparent les Domaines les Héritages devoient être faz
crées & refpectables , en avoient fait une Divinité ,
qu'on révéroit fous le nom du Dieu Terme.
Tou
1990 MERCURE DE FRANCE
Toujours grand , toujours généreux ,
Souffre des maux du miférable ,
Goûte une joye inexprimable
A la rencontre d'un heureux.
Porté de lui-même à bien faire ,
Il n'a befoin de nul attrait ,
Et ne prétend d'autre falaire
Que le plaifir d'avoir bien fait .
Puiffant , il n'aime fa puiffance
Que pour proteger l'innocence ,
La juftice , & la vérité ,
Et s'il fait cas de la richeffe ,
C'eft pour fournir avec largeffe
Aux befoins de la pauvreté.
4x3x+
Abhorrant toute politique
Contraire à l'auftere Vertu ,
Le Sage jamais ne s'explique
Par un difcours feint ou tortu
Né l'efclave de fa parole ,
Dans aucun cas il ne viole
Ses promefles & fes Serinens
Fidéle à la foi qu'il engage ,
Regulus retourne à Carthage
Sûr d'y fouffrir mille tourmens,
Exempt
SEPTEMBRE. 1744. 1991
Exempt des préjugés vulgaires ,
Mon Héros n'eft pas moins foumis
Au divin culte , que fes peres
Des uns aux autres ont tranſmis.
Exact à fuivre leurs exemples ,
A l'Eternel dans fes faints Temples
Il rend des refpects affidus ,
Mais il croit que de tout hommage ,
Celui qui lui plaît davantage
Eft la pratique des Vertus.
***
Les Jugemens irrévocables
Du Créateur de l'Univers ,
A des peines épouventables
Livrent les méchans , les pervers ;
Conftant dans la Vertu qu'il aime
Le vrai Sage contre lui même
N'irritera jamais les Cieux ,
Non par la crainte des fupplices ,
Mais par la feule horreur des vices
S'abftenant d'être vicieux. }
J'ai peint la Vertu l'a plus pure ,
Cher Maffiere , & tonfouvenir
Dans le cours de cette Peinture
N'a ceffé de me revenir .
Il convient que je te l'adreſſes
N'as
1991 MERCURE DE FRANCE.
N'as - tu pas droit fur une Piéce
Dont tu m'asfourni chaque trait ;
Quandje te préfente l'image
De l'honnête- homme , du vrai Sage ,
C'eft te préfenter ton Portrait.
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Résumé : L'HONNESTE-HOMME, ODE.
Le texte est une ode dédiée à l'honnête homme, un individu vertueux et héroïque. L'auteur exprime son admiration pour cet homme rare qui incarne la véritable vertu et l'honneur. Il distingue l'honnête homme authentique de celui qui imite superficiellement ces qualités. La véritable vertu doit être authentique et profondément enracinée dans le cœur, et non simplement affichée pour tromper les autres. L'honnête homme est décrit comme quelqu'un qui préfère la gloire intérieure d'avoir vaincu ses passions à toute autre forme de victoire. Il est juste, équitable et généreux, aidant les malheureux et protégeant l'innocence. Il respecte ses promesses et ses serments, comme le montre l'exemple de Régulus retournant à Carthage malgré les souffrances qu'il y subira. L'honnête homme est également dévot, respectant les traditions religieuses de ses ancêtres, mais valorisant surtout la pratique des vertus. Il évite les vices par une véritable aversion pour eux, plutôt que par la peur des punitions divines. Le texte se conclut par une dédicace à Massière, dont les traits de caractère inspirent cette description de l'honnête homme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5243
p. 1992-2013
LE PLAN ou l'Idée générale d'un nouveau Systême du Monde, qui sera incessamment mis au jour par le Baron de Carbonnieres.
Début :
L'Auteur se défend depuis plusieurs années de rendre son Systême public, [...]
Mots clefs :
Flamme, Matière, Aimant, Pores, Fer, Fluide, Circulation, Phénomènes, Flamme ténébreuse, Cercles, Corps, Animal, Boîte céleste, Système, Eau, Élasticité, Inflammable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PLAN ou l'Idée générale d'un nouveau Systême du Monde, qui sera incessamment mis au jour par le Baron de Carbonnieres.
LE PLANou l'Idée générale d'un nouveau
Systême du Monde , qui fera inceffamment
mis aujour par le Baron de Carbonnieres.
L'nées
' Auteur fe défend depuis plufieurs années
de rendre fon Systême public ,
mais les inftances réiterées de plufieurs
bons Phyficiens , & l'explication qui fe fait
par fes principes de tous les Phénomenes ,
qui fe préfentent journellement fous les
fens , l'ayant parfaitement convaincu ,
n'ayant rien trouvé d'ailleurs dans les Obfervations
& les Expériences anciennes &
modernes , qui combatte fon Syftême , &
qui au contraire ne lui ferve de preuve , il
s'eft enfin déterminé à le mettre au jour
par le feul motif, que pouvant être adopté
par quelque perfonne capable , il pourra
être perfectionné , au point de devenir utile
, foit pour la Chymie , la Médecine , la
Navigation, l'Agriculture , &c.
L'Auteur ne penfoit point à faire un
SylEMBRE.
1744. 1995
Systême, car il ne s'eft appliqué, depuis plus
de 12 ans , à la recherche de la Vérité , que
pour fa fatisfaction particuliere ; il étoit
d'ailleurs fi prévenu de certains faits que
la Philofophie Scholaftique a toujours regardés
comme indubitables, qu'il eut lui - même
pris pour une abfurdité de les révoquer
en doute.
En effet , lorfque fes fens & fa raiſon ſe
révoltoient contre l'opacité de la Lune ,
ainfi que fur plufieurs autres Phénomenes ,
que la Phyſique lui avoit expliqués, par des
preuves qui avoient été jufqu'ici univer-
Tellement reconnues pour indubitables , fes
préjugés décidoient fouverainement.
Cependant , à force de combattre , il parvint
à fufpendre la violence des préjugés ,
pour laiffer fes fens & fa raiſon agir en
pleine liberté.
Ce fut dans cette nouvelle fituation , que
fe trouvant comme régénéré dans un nouveau
Monde , il conçut le Systême dont il
s'agit ici , lequel fappe par le fondement tous
ceux qui ont parû juſqu'à préſent.
Deux motifs le déterminent d'en faire
inférer une idée générale dans les Journaux
publics ; le premier eft ,
eft , que comme il en a
conféré avec beaucoup de Philofophes , &
qu'il a même communiqué fes cahiers , il
ne feroit pas impoffible que quelqu'un ne
pûr
3
994 MERCURE DE FRANCE.
pût le l'adopter , & qu'il ne fût
figuré.
par
là dé-
Le fecond eft , qu'après que ce Systême
aura effuyé dans cet abbregé la Critique
publique , il aura plus de force pour pénétrer
au travers des préjugés , par ſon évidence
, dans la raifon du Public.
Voici donc l'Idée générale & fuperficielle
du nouveau Systême . Cet Ouvrage n'eft autre
chofe que l'Anatomie fimple & facile
du Monde , par laquelle l'efprit le plus borappercevra
diſtinctement , fans peine , ni
méditation ,
né
1. Que le Monde eft un feul Corps , renfermé
dans une boëtte , qui eſt le Ciel , qui
lui fert comme de peau ; que cette boëtteeft
immobile , que fa matiere peut être confiderée
comme une glace aqueufe , & d'une
épaiffeur prodigieufe & fans pores.
2. Que le Soleil , la Lune , les Etoiles &
tous les Aftres avec la Terre , qui eft immobile
au Centre , font les parties qui compo
fent ce Corps.
3. Qu'une flâme obfcure ou ténébreuſe ,
fluide & univerfelle , extrêmement compreffée
dans cette boëtte Célefte , ne pou
vant y laiffer aucun vuide , unit toutes les
parties de ce Corps , & le rend continu .
4. Que pour avoir une notion fenfible
de cette flâme ténébreuſe , on peut la confiderer
SEPTEMBRE. 1744. 1999
derer comme de la fumée extrêmement rarefiée.
5. Que de même que d'un Vin noir il
s'en fépare la fubftance la plus fubtile , &
qui eft clair à proportion de fa fubtilité ,
comme l'Eau-de- Vie , l'Efprit de Vin , &c.
ainfi s'exprime-t'il de la flâme ténébreuſe
une fubftance , d'autant plus ou moins fubtile
, que les pores où elle eft filtrée , font
plus ou moins ferrés.
6. Que la matiere exprimée de la flâme
ténébreufe , eft une flâme de même fubftance
, mais d'autant plus ou moins lumineufe
& ardente , qu'elle a été plus ou moins fubtilifée
, fuivant que les pores où elle a été
filtrée , font plus ou moins ferrés .
7. Que c'eft la compreffion extrême &
univerfelle où eft la flâme ténébreufe , qui
opere cette filtration.
8. Que c'eft de cette même compreffion
que dérive l'élafticité de la flâme fubtile ou
lumineufe , laquelle étant dégagée des
parties homogénes où elle étoit enfermée
par le brifement de ces mêmes parties , trouve
du vuide , pour s'étendre dans les pores
de la flâme ténébreufe , laquelle étant plus
groffiere , a fes pores affés grands , pour y
recevoir la flâme fubtile.
9. Que conféquemment l'élafticité eſt
proportionnée à la ſubtilité de la flâme lumineufe,
10.
1996 MERCURE DE FRANCE.
10. Que les Corps ne font inflâmables &
combuftibles , que parce qu'il s'eft filtré dans
leurs parties matérielles de la flâme fubtilifée
par cette filtration , & qui en reffort par
fon élasticité , à mefure que les particules
qui la contenoient , font brifées ; tels font
le Nitre , le Souffre , le Bithume , le Bois ,
l'Huile , e.
11. Que le Soleil , la Lune , les Etoiles ,
& généralement tous les Aftres , ne font
autre chofe que des flâmes lumineufes &
ardentes .
12. Que la matiere qui produit ces flâmes
, n'eft autre chofe que le Souffre , le
Nitre , le Bithume , l'Huile , &c . dont les
Cercles afpiraux fimples ou doublés que par
courent ces flâmes , font imbibés ou impregnés.
13. Que la difference de lumiere ou de
lueur & ardeur, qui fe trouve entre ces flâmes
, ne provient que de celle qu'il y a entre
les pores de la matiere qui les produit.
14. Qu'à mefure que la matiere
qui produit
ces flâmes eft réduite en combuftion
,
elle eft remplacée par de ſemblable maticre
, dont les Cercles s'imbibent de nouveau.
15. Que ce remplacement fe fait par une
circulation continuelle de la flâme ténébreuſe
, laquelle eft chaffée & pouffée par
l'élafticité de toutes ces flâmes lumineufes ,
lef
SEPTEMBRE. 1744. 1997
lefquelles ayant leurs cours parallele à la
Ligne Equinoctiale , font prendre fon cours
à la flâme ténébreufe vers les deux Poles
Céleftes ,
16. Que comme la boëtte Célefte eft faite
en façon d'un OEuf , n'étant pas abfolument
ronde , à mesure que la flâme ténébreuſe ,
remplit ou compreſſe les Poles Céleſtes , elle
ne peut prendre d'autre cours que par le
centre où eft la Terre ; & c'eft aux approches
de la Ligne Terreftre que ces cours
Polaires fe rencontrent
, enforte que ne
pouvant rétrograder , ils ne font plus qu'un
feul cours , qui ne peut être que vers les
Aftres,où ils reprennent de nouveau le cours
de chaque Pole , & ainfi fueceffivement il
s'enfuit une circulation continuelle.
17. Que comme la flâme lumineuse ou ardente
ne confomme rien , ne faiſant
que
brifer & divifer les parties de la matiere qui
eft réduite en combustion , & que rien de ce
qui eft contenu dans la boëtte Célefte , ne
fçauroit en fortir ni fe perdre , il s'enfuit
que la matiere inflâmable , dont les Cercles
s'imbibent continuellement de nouveau , ne
fçauroit rien diminuer du volume de matiere
dont le Monde eft rempli .
18. Qu'à mesure que la matiere combufrible
des Cercles eft réduite en cendres , en
poulliere , en fumée , &c , ces mêmes cendres
,
1998 MERCURE DE FRANCE.
drés , cette même pouffiere , & c. font rap- гар-
portées par la même circulation à la Terre ,
où elles remplacent la matiere inflâmable ,
qui en eft continuellement féparée , en s'imbibant
dans la flâme ténébreufe , qui y circule
toujours.
19. Car de même que la Terre morte qui
a été dépouillée de fon Nitre ou Salpêtre ,
étant miſe dehors , s'imprégne de nouveau
-Salpêtre que la flâme ténébreufe y dépofe ,
en la traverfant par la circulation , ainſi la
flâme ténébreufe s'imbibe , en paffant par la
Terre , d'autant de matiere inflâmable qu'elle
en avoit dépofé , & les Cercles qu'elle
traverſe par la même circulation , en font
de même , s'imbibant d'autant de matiere
inflâmable , dont ils ont été dépouillés , &
qu'ils font capables d'en contenir , laquelle
ils reçoivent de la flâme ténébreuſe.
20. De même que fi on met dans une
Cuvette de l'Eau , de l'Huile & autres Liqueurs
, & qu'on imprégne de petites piéces
de Drap de chacune de ces Liqueurs , chaque
morceau de Drap ne s'imbibera dans la
Cuvette que de la même Liqueur dont il
étoit imbibé , & dont la glutinofité étoit
conforme , auffi chaque Cercle ne s'imbibet'il
que de la même matiere dont il avoit
été imprégné , & dont la glutinofité ſe trouve
de même nature ou pareille.
21.
SEPTEMBRE. 1744. 1999
21. Comme l'eau dans laquelle on fait
diffoudre du fel , s'en imbibe d'autant qu'elle
eft capable d'en contenir , après quoi elle
n'en peut plus diffoudre , auffi la Åâme ténébreuſe
, ainfi que les Cercles s'imbibentils
continuellement par la circulation d'au
tant de matiere inflamable , dont ils avoient
été dépouillés & qu'ils en peuvent contenir.
22. La prodigieufe quantité de matiere
inflâmable qui eft réduite en combuſtion
par tant de differens Cercles enflâmés, n'empêche
pas qu'il ne s'en trouve toujours la
même quantité pour la remplacer , parce
que cette matiere , brifée , en paffant par la
circulation dans tant de differens Cercles,
dont la chaleur eft differente , elle y reçoit
une nouvelle trituration & concoction , qui
la difpofent à recevoir fa premiere figure
d'inflamable , en paffant par la Terre .
23. Il s'enfuit donc que toutes les parties.
du Corps du Monde s'entretiennent mutuellement
par la circulation , & que la matiere
qui leur fert de nourriture , reçoit la même
trituration concoction & digeftion , de
-même que s'entretient le corps de l'Animal
irraifonnable , qui eft le feul dont l'Auteur
entend parler dans fon Ouvrage , comme
de la Vie materielle d'une Plante ou autre
Végétal : car pour l'Animal raifonnable
qui
2000 MERCURE DE FRANCE.
qui eſt l'Homme , dont la Vie n'eft pas materielle
, mais pure , fpirituelle , & qui vient
immédiatement de Dieu , il n'a garde de
toucher à ce qui eft purement Métaphysi
que , & dont il fe reconnoît fi indigne d'ap
procher.
24. Ainfi le Monde eft un grand Animal ,
& l'Animal eft un petit Monde , ne differant
entr'eux que par la grandeur & la fenfibilité
, la Vie Végétative de l'un & de l'autre
s'entretenant par les régles d'un feul &
même Méchanifme , qui confifte uniquement
dans la compreffion , où Dieu a mis la
Hâme ténébreufe dans la boëtte Célefte , car
cette compreffion caufe l'élafticité , & celleci
produit la circulation , & conféquem
ment le mouvement , qui eft le fiége de la
Vie , ou plutôt la Vie même du Corps mondain
& du Corps animal , ainfi c'eft cette
compreffion univerfelle de la flâme ténébreufe
qui eft le grand reffort , qui fait agir
toute la Nature.
25. Comme la matiere inflâmable eſt l'humide
radical , ou le Chyle qui entretient
dans les vaiffeaux de l'Animal , qui repréfentent
les Cercles du Corps mondain , la
Alâme fubtile , qui par fon élasticité produit
la circulation & le mouvement qui vivifie
materiellement l'Animal , eft une matiere
dont les pores
font plus groffiers ou moins
ferSEPTEMBRE.
1744. 2001
ferrés que ceux du Nitre , du Souffre , &c.
elle produit auffi une flâme moins fubtile, &
conféquemment moins ardente , laquelle fe
trouve proportionnée au tempérament de
l'Animal , & n'en peut brûler ni alterer les
parties , de même que la flâme ,produite par
l'Eau-de- Vie, ne brûle pas le linge.
26. Mais s'il s'engendre parmi le liquide
du corps Animal d'autre matiere , qui ait fes
pores plus ferrés que celle du Chyle ou de
l'humide radical , & qu'elle vienne à s'en-
Alâmer, la flâme qu'elle produira , étant plus
fubtile , occafionnera une circulation plus
rapide & plus ardente , conféquemment
une pulfation du poulx plus vive ; c'eft ce
que l'on nomme la fiévre , laquelle durera
autant qu'il y aura de cette matiere étrangere
difpofée à s'enflâmer ; & comme il faut
enfuite du tems , pour qu'il fe forme de
femblable matiere , & qu'elle s'enflâme de
nouveau , c'eft ce tems qu'on appelle l'intervalle
des accès .
27. Lorsque cette matiere étrangere commence
à s'enflâmer peu à peu , elle bouche
par fon élasticité les conduits , & empêche
la flâme naturelle ou du Chyle d'avoir fon
cours libre ; c'est ce qui occafionne les friffons
au commencement de la fiévre , qui durent
jufqu'à ce qu'il y ait une fuffifante
quantité de cette matiere étrangere, qui foit
D en2002
MERCURE DE FRANCE.
enflâmée
rapide.
, pour produire une circulation
28. Si l'Animal avale d'autre matiere
dont les pores foient groffiers , elle produira
une flâme moins fubtile , laquelle étant
mêlée avec celle qui occafionne la fiévre ,
en temperera l'ardeur & l'activité &
pourra la rendre conforme à la flâme naturelle
, & guerir le Malade ; mais fi la matiere
étrangere , qui produit la fiévre, eft tropabondante
, elle pourra fuffoquer par fon élafticité
la flâme naturelle ; enforte que l'accès
finiffant défaut de matiere étrangere
l'Animal fe trouvera fans flâme , conféquemment
fans circulation , fans mouvement
& fans vie.
par
29. Comme la flâme ténébreuſe eft univerfellement
compreffée dans la boëtte Célefte
, elle ne sçauroit avoir d'élafticité , n'y
ayant aucun vuide pour s'étendre ; mais la
Alâme fubtile trouve moyen de s'étendre
dans les pores de la flâme ténébreuſe , lefquels
font affés grands pour la recevoir :
c'eft pourquoi fi l'on bouchoit un four allumé
, la flâme feroit fuffoquée , dès qu'elle
feroit privée de la flâme exterieure , qui eft
la ténébreufe , qui lui fournit des pores.
pour s'étendre , & de même, dès que la flâine
fubtile du corps Animal a bouché les
pores de la flâme ténébreufe , il repouffe en
dehors celle-ci pour en refpirer de nouvelle
SEPTEMBRE. 1744. 2003
velle à la place , fans quoi la flâme naturelle
feroit fans action , ne pouvant s'étendre , &
l'Animal mourroit.
de tou-
30. Toutes les fermentations , en général ,
font le pur effet d'une matiere qui s'enflâme ,
auffi voit - on que lorfque les particules
du levain commencent à s'enflâmer , l'élafticité
de leur flâme fait peu à peu gon
fler la pâte, jufqu'à ce que la matiere du levain
ayant fini , la pâte s'affaiffe & reprend
fa premiere fituation . Il en eft de même du
Mouft ou Vin nouveau , ainfi que
tes fortes de fermentations , qui font plus
ou moins grandes & violentes , que la matiere
, qui s'enflâme , a fes pores plus ou
moins ferrés, d'où peuvent s'enfuivre l'efferveſcence,
& une infinité de Phénomenes qui
arrivent par le mêlange de certaines Liqueurs
, lefquels font expliqués naturellement
par ce principe , fans avoir recours à
des acides & à des alkalis chimeriques.
de 31. Puifque rien n'eft fi naturel que
concevoir , que la compreffion extrême où
Dieu a mis le fluide ou flâme ténébreufe
dans la boëtte Célefte , doit néceffairement
operer une filtration de la fubftance la plus
rafinée dans les pores de la matiere , où la
Alâme ténébreufe eft trop groffiere pour s'y
filtrer , que cette flame rafinée doit néceffairement
, à cauſe de la compreffion géné-
Dij
ra2004
MERCURE DE FRANCE.
rale , être élastique , dès qu'elle trouve une
efpece de vuide pour s'étendre dans les pores
de la flâme ténébreuſe , à mesure qu'elle
eft dégagée de la matiere où elle s'étoit filtrée
, par le briſement de fes parties , que
>
cette élasticité met néceffairement la matiere
en action & en mouvement il est donc
abfurde d'admettre aucune vertu dans la
matiere , pour expliquer les Phénomenes
& pour démontrer la caufe du mouvement
des Aftres & autres , ni de donner au feu
qui eft une matiere , la vertu ou propriété
d'échauffer, puifqu'il eft ridicule, encore un
coup , d'admettre quelque vertu ou propriété
dans la matiere , rien n'étant fi facile
à démontrer que ce n'eft point par une propriété
que le feu produit la chaleur , mais
par un pur eeffffeett ddee ll''ééllaaffttiicciittéé , comme on
le trouvera démontré par le nouveau Syftême
.
32. Si les Anciens Philofophes euffent
compris ce qui eft démontré dans le nouveau
Systême ; fçavoir , que la Lune eft une
pure flame , quelle eft la caufe de fa variation
à notre afpect , quelle eft celle de fes
taches invariables , & celle de fon Eclipfe
par l'abſence des rayons du Soleil , ils n'euffent
pas abandonné la raifon , pour fe livrer
à une opacité Lunaire , auſſi impoſſible
qu'elle eft abfurde,
33. C'eſt cependant de cette erreur où
l'on
SEPTEMBRE . 1744. 2005
l'on a demeuré enfeveli jufqu'à préfent, que
fe font engendrés Systêmes fur Systêmes, tous
contraires au fens & à la raifon , & qui pis
eft , à la Religion , pour la plûpart ; mais
comme l'erreur ne fçauroit être ſtable , tous
ces Systêmes erronnés fe font fucceffivement
détruits , & fe détruifent journellement les
uns les autres .
34. La feule Académie Royale des Sciences
, invariable dans fes fublimes lumieres ,
n'en a encore adopté aucun , regardant jufqu'à
préfent la Phyfique , comme enfevelie
dans les ténébres , & comme étant du moins
encore au berceau , comme le dit un Sçavant
Auteur Moderne * ; c'eſt par cette raifon
qu'elle eft obligée de propofer annuellement
des Prix pour l'explication des Phénomenes
les plus fimples , & que le nouveau
Systême mettroit un Villageois , même
fans étude , en état de les expliquer fur le
champ , fans héfiter .
35. En effet , l'homme le plus borné verra
dans le nouveau Systême, d'un feul trait, que
l'élafticité des flâmes Céleftes , dont le cours
eft parallele à la Ligne Equinoctiale , doit
néceffairement produire un cours de fluide
d'un Pole à l'autre , que ce cours doit produire
un flux d'environ fix heures , & fuc-
* M. Rollin , dans fon Extrait de l'Hift . des Egypt.
Carthag. &c. Edit. 1735. Tom, x111 . p. 75.
Diij ceffi2006
MERCURE DE FRANCE.
ceffivement un reflux , que les Marées doivent
être plus grandes aux Equinoxes qu'aux
Solftices , qu'elles doivent auffi être plus
hautes aux nouvelles & pleines Lunes qu'aux
Quadratures , que le flux & le reflux doivent
être conformes au cours journalier de
la Lune , qu'ils devoient arriver à differentes
heures fur les Côtes , & que celles du
Midi devoient l'avoir avant celles duNord ,
que dans les mêmes Lieux & à la même
heure , où les Marées font les plus hautes
en nouvelle & pleine Lune , elles devoient
être les plus baffes dans les Quadratures ,
que fans le flux & le reflux , le Monde finiroit
néceffairement , qu'il doit Y avoir des
cours variables dans la Mer , que le flux &
le reflux de la Méditerranée ne peut être
fenfible que dans l'embouchure de l'Euripe,
qui eft à fon Levant ; il verra enfin que
tous ces effets font produits par une feule
cauſe.
36. De cette même caufe , il concevra la
fource des vents & celle des rivieres & fontaines
, & l'explication de tous les Phénomenes
de l'Aimant.
37. Enfin on verra par ce nouveau Syftême
, qu'on n'a pas befoin d'avoir recours.
à tous ces prétendus miracles Philofophiques
, pour appercevoir diftinctement la
propagation & la vivification de l'Animal ,
celSEPTEMBRE.
1744. 2007
celles du Végétal , & la formation du Mineral.
L'Auteur refutera exactement les Objections
qui lui feront faites par le même Journal
public. Il avoit même le deffein de commencer
l'attaque , en mettant en pleine évidence
l'impoffibilité de l'opacité & folidité
de la Lune , & en prouvant tout de fuite
fa lumiere , mais il differera cet article pour
placer celui de l'Aimant.
Cette préférence qu'il donne à l'Aimant
provient de l'émulation qu'il a euë ,
voyant dans la Gazette de France du 23 Mai
1744 , que depuis 1742 , l'Académie des
Sciences n'ait pû parvenir à avoir aucun
Mémoire fuffifant fur ce fujet,& qu'elle foit
obligée d'en renvoyer fa décifion jufqu'en
1746.
1
Il y a déja long-tems que l'Auteur auroit
envoyé un Traité à l'Académie des Sciences
fur ce fujet , s'il n'avoit crû que fon
Ouvrage eut été imparfait , s'il n'eut prouvé
la caufe du cours d'un fluide d'un Pole à
F'autre , & c'est ce qu'il ne pouvoit faire
qu'en mettant au jour tout fon Systême.
Mais comme d'un côté , il a donné ici une
idée , du moins fuperficielle , de la caufe de
ce cours de fluide Polaire, & que de l'autre,
ce cours eft reconnu & n'eft conteſté
›
perſonne , l'Auteur va fur ce principe ex-
Diiij pliquer
par
2008 MERCURE DE FRANCE.
pliquer en détail tous les Phénomenes de
l'Aimant ; il le rend public , afin que fon
fentiment ayant effuyé pendant deux ans la
Critique & les objections du Public, l'Académie
des Sciences foit mieux à portée de
donner fa décision en 1746.
L'Auteur foûtient en premier lieu , que
l'Aimant étant une matiere , elle ne fçauroit
avoir ni vertu ni proprieté attractive , ni
autre, non plus que le Fer ni le Pole, ni aucune
autre forte de matiere .
Il s'agit d'examiner fi , fans s'écarter de
ce principe indubitable , on peut expliquer
quelle eft la caufe de la direction de l'Aiguille
Aimantée vers le Nord , à la difference
de toute autre matiere , & celle de
l'attraction du Fer par l'Aimant , qui eſt
exclufive de toute autre matiere , & enfin
la caufe de tous les autres Phénoménes de
l'Aimant.
L'explication de ces Phénomenes n'eft cependant
pas la Pierre Philofophale , car il
n'y a rien de furprenant ni de merveilleux ,
rien au contraire n'eft fi fimple , ni plus à la
portée de tout le monde. Voici donc de
quoi il s'agit.
Tout le mystere confifte à fçavoir que le
Fer eft un compofé de petites lamilles ,
couchées les unes fur les autres , à la difference
des autres matieres qui ont leurs Poles
droits ;
SEPTEMBRE. 1744. 2009
droits ; l'Analyfe que les Chymiftes ont
faite du Fer , qui eft imprimée , & qui n'eft
conteſtée , rend ce fait certain . pas
L'Aimant eft une matiere dont les pores
font extraordinairement plus ferrés que
ceux de toute autre matiere enforte
que le fluide Polaire n'y fçauroit pénétrer.
L'Aimant , dont on frotte l'Aiguille de
Fer , s'infinuant entre les petites lamilles qui
le compofent , en bouchent étroitement
tous les pores , & de même que l'on voit un
bâton mis en façon d'Aiguille Aimantée fur
un pivot dans le courant rapide d'un Ruiffeau
, ce bâton tournera toujours tandis que
l'eau le frappera obliquement , & il n'aura
d'affiette ftable que lorfque fa pointe regardera
la fource , de même qu'un Coq qui fert
de girouette au haut d'un Clocher , n'a de
ftabilité que lorfque la pointe de fon bec
regarde la fource du vent.
C'eft ainfi que le cours rapide du fluide
Polaire , ne pouvant traverfer l'Aiguille de
Fer , parce que l'Aimant en bouche les pores
, cette Aiguille ne peut avoir d'affiette
fixe , tandis que ce fluide la frappe obliquement
, & ne devient ftable que lorfque fa
pointe regarde la fource du fluide, qui vient
directement du Nord.
Comme deux Ruiffeaux qui auroient leur
fource oppofée , recevroient néceffairement
Dy de
2010 MERCURE DE FRANCE.
8
de la variation dans leur cours , lors de leur
rencontre , ainfi les deux cours de fluide
Polaire étant directement oppofés , & venant
à fe rencontrer aux environs de la Ligne
Equinoxiale , leur cours reçoit néceffairement
de la variation à leur rencontre , &
conféquemment l'Aiguille Aimantée ; c'eſt
ce que l'on nomme déclinaifon & inclinaifon
de l'Aiguille Aimantée , qui arrive aux
environs de la Ligne , plus ou moins près ,
fuivant la fituation où fe trouve le Soleil ,
par la raison qui en eft expliquée par le
Systême.
A l'égard de l'attraction , nous voyons par
expérience que la matiere qui a fes pores
très -ferrés , comme la Cire d'Eſpagne , le
Corail , & c. ne pouvant recevoir que le
plus fubtil de la flâme ténebreuſe , fi l'on
frotte cette matiere , on agite par conféquent
cette flâme fubtile , qui la pénetre ,
laquelle fortant & fe trouvant très rarefiée ,
donne moyen à la flâme ténébreufe de s'étendre
pour remplir cette rarefaction , enforte
qu'elle enleve avec elle la paille , le
fétu , qui en étcient pénetrés.
L'Aimant ayant les pores encore plus
ferrés que ces matieres , n'eft traversé que
par une flâme encore plus fubtile , & dont
la rarefaction eft encore plus grande
mais elle ne l'eft cependant pas affés , pour
enlever
SEPTEMBRE. 1744 2011
enlever le Fer , à caufe de fa pefanteur , elle
n'enleveroit même pas la paille , parce que
fa flâme étant infiniment fubtile , elle fe
gliffe dans les pores de la flâme ténébreuſe ,
fans violence & fans lui caufer d'agitation ,
ainfi celle- ci n'en peut donner à la paille ,
qui en eft remplie .
Il faut donc chercher une rarefaction
plus grande que ne l'eft celle qui fe trouve
dans la flâme qui pénetre l'Aimant , & qui
augmente la force de l'attraction .
En voici une expérience bien facile ; prenez
un fufil , bouchez-en la lumiere , rempliffez-
le d'eau , pliez le bout de la baguette
à la groffeur du calibre avec de l'étoupe de
filaffe , enfoncez- là dans le fufil jufqu'à un
pied du fond , il en tombera de l'eau , parce
que le canon eft trop plein , mais il reftera
de l'eau au-deffus du bouchon de la baguette
; agitez la baguette , comme pour nettoyer
le canon , en la retirant d'environ un
pied , il fe forme entre l'eau du fond &
celle d'au- deffus du bouchon , une rarefaction
qui eft comme une efpece de vuide.
Comme la flâme , dont la baguette eft remplie
, trouve moyen de s'étendre dans cette
efpece de vuide ou de rarefaction , vous ſentirez
une attraction fi violente , qu'à peine
aurez-vous la force de tenir la baguette , &
fi vous la lâchez , elle s'enfoncera avec tant
D vj de
2012 MERCURE DE FRANCE.
de violence , qu'elle enleveroit un poids de
plus de 20 livres , qui feroit attaché à l'autre
bout , & elle heurte avec force & avec
grand bruit contre l'eau du fond.
De-même que dans le cours rapide d'un
Ruiffeau , y mettant un caillou ou autre
maffe, que l'eau ne puiffe pas penetrer , l'eau
rejaillira contre & laiffera un vuide derriere
cette maffe ; c'eſt ainfi que le cours du
fluide Polaire ne pouvant pénétrer la Pierre
d'Aimant , rejaillit contre , & laille à l'oppofite
une espece de vuide ou rarefaction ,
qui augmente celle de la flâme fubtile , qui
pénetre l'Aimant , réciproquement celleci
augmente la premiere par le choc qu'elle
lui donne en fortant de l'Aimant , & c'est
à la faveur de cette rarefaction que la flâme
ténebreuſe , dont le fer eft rempli , trouve
moyen de s'étendre , & comme elle ne peut
facilement fe débarraffer d'entre ces couches
de lamilles de Fer , elle entraîne le Fer
avec elle , & c'eft là l'attraction du Fer.
Comme ce fluide , qui venant du Nord ,
rejaillit contre l'Aimant , comme s'il rétrogradoit,
ce fluide Polaire repouffe en arriere
la limaille de Fer , ce qui a fait croire que
l'Aimant avoit deux vertus magnétiques ,
l'une attractive & l'autre expulfive.
,
Lorfque la Pierre d'Aimant eft armée
c'eft-à- dire , qu'elle eft bordée de Fer aux
deux
SEPTEMBRE. 1744. 2013
・ツ
deux côtés , l'attraction en eft plus grande ,
parce que le fluide fubtil qui pénétre l'Aimant
, ne pouvant facilement pénétrer ces
couches de lamilles de fer , gliffe entre le
Fer & l'Aimant, & fort avec plus d'abondance
par les deux bouts de la ferrure ; c'eſt
pour cela que c'eſt à ces deux bouts que le
Fer s'accroche , parce que la rarefaction y
eft plus grande.
>
Ce Sujet demanderoit un plus ample détail
, tel qu'il eft dans le Systême nouveau
mais l'Auteur fe flate qu'il y en a affés ici
pour exciter la Critique & les Objections ,
dont la réfutation éclairera la matiere , au
point de pouvoir être décidée
par l'Académie
des Sciences.
Systême du Monde , qui fera inceffamment
mis aujour par le Baron de Carbonnieres.
L'nées
' Auteur fe défend depuis plufieurs années
de rendre fon Systême public ,
mais les inftances réiterées de plufieurs
bons Phyficiens , & l'explication qui fe fait
par fes principes de tous les Phénomenes ,
qui fe préfentent journellement fous les
fens , l'ayant parfaitement convaincu ,
n'ayant rien trouvé d'ailleurs dans les Obfervations
& les Expériences anciennes &
modernes , qui combatte fon Syftême , &
qui au contraire ne lui ferve de preuve , il
s'eft enfin déterminé à le mettre au jour
par le feul motif, que pouvant être adopté
par quelque perfonne capable , il pourra
être perfectionné , au point de devenir utile
, foit pour la Chymie , la Médecine , la
Navigation, l'Agriculture , &c.
L'Auteur ne penfoit point à faire un
SylEMBRE.
1744. 1995
Systême, car il ne s'eft appliqué, depuis plus
de 12 ans , à la recherche de la Vérité , que
pour fa fatisfaction particuliere ; il étoit
d'ailleurs fi prévenu de certains faits que
la Philofophie Scholaftique a toujours regardés
comme indubitables, qu'il eut lui - même
pris pour une abfurdité de les révoquer
en doute.
En effet , lorfque fes fens & fa raiſon ſe
révoltoient contre l'opacité de la Lune ,
ainfi que fur plufieurs autres Phénomenes ,
que la Phyſique lui avoit expliqués, par des
preuves qui avoient été jufqu'ici univer-
Tellement reconnues pour indubitables , fes
préjugés décidoient fouverainement.
Cependant , à force de combattre , il parvint
à fufpendre la violence des préjugés ,
pour laiffer fes fens & fa raiſon agir en
pleine liberté.
Ce fut dans cette nouvelle fituation , que
fe trouvant comme régénéré dans un nouveau
Monde , il conçut le Systême dont il
s'agit ici , lequel fappe par le fondement tous
ceux qui ont parû juſqu'à préſent.
Deux motifs le déterminent d'en faire
inférer une idée générale dans les Journaux
publics ; le premier eft ,
eft , que comme il en a
conféré avec beaucoup de Philofophes , &
qu'il a même communiqué fes cahiers , il
ne feroit pas impoffible que quelqu'un ne
pûr
3
994 MERCURE DE FRANCE.
pût le l'adopter , & qu'il ne fût
figuré.
par
là dé-
Le fecond eft , qu'après que ce Systême
aura effuyé dans cet abbregé la Critique
publique , il aura plus de force pour pénétrer
au travers des préjugés , par ſon évidence
, dans la raifon du Public.
Voici donc l'Idée générale & fuperficielle
du nouveau Systême . Cet Ouvrage n'eft autre
chofe que l'Anatomie fimple & facile
du Monde , par laquelle l'efprit le plus borappercevra
diſtinctement , fans peine , ni
méditation ,
né
1. Que le Monde eft un feul Corps , renfermé
dans une boëtte , qui eſt le Ciel , qui
lui fert comme de peau ; que cette boëtteeft
immobile , que fa matiere peut être confiderée
comme une glace aqueufe , & d'une
épaiffeur prodigieufe & fans pores.
2. Que le Soleil , la Lune , les Etoiles &
tous les Aftres avec la Terre , qui eft immobile
au Centre , font les parties qui compo
fent ce Corps.
3. Qu'une flâme obfcure ou ténébreuſe ,
fluide & univerfelle , extrêmement compreffée
dans cette boëtte Célefte , ne pou
vant y laiffer aucun vuide , unit toutes les
parties de ce Corps , & le rend continu .
4. Que pour avoir une notion fenfible
de cette flâme ténébreuſe , on peut la confiderer
SEPTEMBRE. 1744. 1999
derer comme de la fumée extrêmement rarefiée.
5. Que de même que d'un Vin noir il
s'en fépare la fubftance la plus fubtile , &
qui eft clair à proportion de fa fubtilité ,
comme l'Eau-de- Vie , l'Efprit de Vin , &c.
ainfi s'exprime-t'il de la flâme ténébreuſe
une fubftance , d'autant plus ou moins fubtile
, que les pores où elle eft filtrée , font
plus ou moins ferrés.
6. Que la matiere exprimée de la flâme
ténébreufe , eft une flâme de même fubftance
, mais d'autant plus ou moins lumineufe
& ardente , qu'elle a été plus ou moins fubtilifée
, fuivant que les pores où elle a été
filtrée , font plus ou moins ferrés .
7. Que c'eft la compreffion extrême &
univerfelle où eft la flâme ténébreufe , qui
opere cette filtration.
8. Que c'eft de cette même compreffion
que dérive l'élafticité de la flâme fubtile ou
lumineufe , laquelle étant dégagée des
parties homogénes où elle étoit enfermée
par le brifement de ces mêmes parties , trouve
du vuide , pour s'étendre dans les pores
de la flâme ténébreufe , laquelle étant plus
groffiere , a fes pores affés grands , pour y
recevoir la flâme fubtile.
9. Que conféquemment l'élafticité eſt
proportionnée à la ſubtilité de la flâme lumineufe,
10.
1996 MERCURE DE FRANCE.
10. Que les Corps ne font inflâmables &
combuftibles , que parce qu'il s'eft filtré dans
leurs parties matérielles de la flâme fubtilifée
par cette filtration , & qui en reffort par
fon élasticité , à mefure que les particules
qui la contenoient , font brifées ; tels font
le Nitre , le Souffre , le Bithume , le Bois ,
l'Huile , e.
11. Que le Soleil , la Lune , les Etoiles ,
& généralement tous les Aftres , ne font
autre chofe que des flâmes lumineufes &
ardentes .
12. Que la matiere qui produit ces flâmes
, n'eft autre chofe que le Souffre , le
Nitre , le Bithume , l'Huile , &c . dont les
Cercles afpiraux fimples ou doublés que par
courent ces flâmes , font imbibés ou impregnés.
13. Que la difference de lumiere ou de
lueur & ardeur, qui fe trouve entre ces flâmes
, ne provient que de celle qu'il y a entre
les pores de la matiere qui les produit.
14. Qu'à mefure que la matiere
qui produit
ces flâmes eft réduite en combuftion
,
elle eft remplacée par de ſemblable maticre
, dont les Cercles s'imbibent de nouveau.
15. Que ce remplacement fe fait par une
circulation continuelle de la flâme ténébreuſe
, laquelle eft chaffée & pouffée par
l'élafticité de toutes ces flâmes lumineufes ,
lef
SEPTEMBRE. 1744. 1997
lefquelles ayant leurs cours parallele à la
Ligne Equinoctiale , font prendre fon cours
à la flâme ténébreufe vers les deux Poles
Céleftes ,
16. Que comme la boëtte Célefte eft faite
en façon d'un OEuf , n'étant pas abfolument
ronde , à mesure que la flâme ténébreuſe ,
remplit ou compreſſe les Poles Céleſtes , elle
ne peut prendre d'autre cours que par le
centre où eft la Terre ; & c'eft aux approches
de la Ligne Terreftre que ces cours
Polaires fe rencontrent
, enforte que ne
pouvant rétrograder , ils ne font plus qu'un
feul cours , qui ne peut être que vers les
Aftres,où ils reprennent de nouveau le cours
de chaque Pole , & ainfi fueceffivement il
s'enfuit une circulation continuelle.
17. Que comme la flâme lumineuse ou ardente
ne confomme rien , ne faiſant
que
brifer & divifer les parties de la matiere qui
eft réduite en combustion , & que rien de ce
qui eft contenu dans la boëtte Célefte , ne
fçauroit en fortir ni fe perdre , il s'enfuit
que la matiere inflâmable , dont les Cercles
s'imbibent continuellement de nouveau , ne
fçauroit rien diminuer du volume de matiere
dont le Monde eft rempli .
18. Qu'à mesure que la matiere combufrible
des Cercles eft réduite en cendres , en
poulliere , en fumée , &c , ces mêmes cendres
,
1998 MERCURE DE FRANCE.
drés , cette même pouffiere , & c. font rap- гар-
portées par la même circulation à la Terre ,
où elles remplacent la matiere inflâmable ,
qui en eft continuellement féparée , en s'imbibant
dans la flâme ténébreufe , qui y circule
toujours.
19. Car de même que la Terre morte qui
a été dépouillée de fon Nitre ou Salpêtre ,
étant miſe dehors , s'imprégne de nouveau
-Salpêtre que la flâme ténébreufe y dépofe ,
en la traverfant par la circulation , ainſi la
flâme ténébreufe s'imbibe , en paffant par la
Terre , d'autant de matiere inflâmable qu'elle
en avoit dépofé , & les Cercles qu'elle
traverſe par la même circulation , en font
de même , s'imbibant d'autant de matiere
inflâmable , dont ils ont été dépouillés , &
qu'ils font capables d'en contenir , laquelle
ils reçoivent de la flâme ténébreuſe.
20. De même que fi on met dans une
Cuvette de l'Eau , de l'Huile & autres Liqueurs
, & qu'on imprégne de petites piéces
de Drap de chacune de ces Liqueurs , chaque
morceau de Drap ne s'imbibera dans la
Cuvette que de la même Liqueur dont il
étoit imbibé , & dont la glutinofité étoit
conforme , auffi chaque Cercle ne s'imbibet'il
que de la même matiere dont il avoit
été imprégné , & dont la glutinofité ſe trouve
de même nature ou pareille.
21.
SEPTEMBRE. 1744. 1999
21. Comme l'eau dans laquelle on fait
diffoudre du fel , s'en imbibe d'autant qu'elle
eft capable d'en contenir , après quoi elle
n'en peut plus diffoudre , auffi la Åâme ténébreuſe
, ainfi que les Cercles s'imbibentils
continuellement par la circulation d'au
tant de matiere inflamable , dont ils avoient
été dépouillés & qu'ils en peuvent contenir.
22. La prodigieufe quantité de matiere
inflâmable qui eft réduite en combuſtion
par tant de differens Cercles enflâmés, n'empêche
pas qu'il ne s'en trouve toujours la
même quantité pour la remplacer , parce
que cette matiere , brifée , en paffant par la
circulation dans tant de differens Cercles,
dont la chaleur eft differente , elle y reçoit
une nouvelle trituration & concoction , qui
la difpofent à recevoir fa premiere figure
d'inflamable , en paffant par la Terre .
23. Il s'enfuit donc que toutes les parties.
du Corps du Monde s'entretiennent mutuellement
par la circulation , & que la matiere
qui leur fert de nourriture , reçoit la même
trituration concoction & digeftion , de
-même que s'entretient le corps de l'Animal
irraifonnable , qui eft le feul dont l'Auteur
entend parler dans fon Ouvrage , comme
de la Vie materielle d'une Plante ou autre
Végétal : car pour l'Animal raifonnable
qui
2000 MERCURE DE FRANCE.
qui eſt l'Homme , dont la Vie n'eft pas materielle
, mais pure , fpirituelle , & qui vient
immédiatement de Dieu , il n'a garde de
toucher à ce qui eft purement Métaphysi
que , & dont il fe reconnoît fi indigne d'ap
procher.
24. Ainfi le Monde eft un grand Animal ,
& l'Animal eft un petit Monde , ne differant
entr'eux que par la grandeur & la fenfibilité
, la Vie Végétative de l'un & de l'autre
s'entretenant par les régles d'un feul &
même Méchanifme , qui confifte uniquement
dans la compreffion , où Dieu a mis la
Hâme ténébreufe dans la boëtte Célefte , car
cette compreffion caufe l'élafticité , & celleci
produit la circulation , & conféquem
ment le mouvement , qui eft le fiége de la
Vie , ou plutôt la Vie même du Corps mondain
& du Corps animal , ainfi c'eft cette
compreffion univerfelle de la flâme ténébreufe
qui eft le grand reffort , qui fait agir
toute la Nature.
25. Comme la matiere inflâmable eſt l'humide
radical , ou le Chyle qui entretient
dans les vaiffeaux de l'Animal , qui repréfentent
les Cercles du Corps mondain , la
Alâme fubtile , qui par fon élasticité produit
la circulation & le mouvement qui vivifie
materiellement l'Animal , eft une matiere
dont les pores
font plus groffiers ou moins
ferSEPTEMBRE.
1744. 2001
ferrés que ceux du Nitre , du Souffre , &c.
elle produit auffi une flâme moins fubtile, &
conféquemment moins ardente , laquelle fe
trouve proportionnée au tempérament de
l'Animal , & n'en peut brûler ni alterer les
parties , de même que la flâme ,produite par
l'Eau-de- Vie, ne brûle pas le linge.
26. Mais s'il s'engendre parmi le liquide
du corps Animal d'autre matiere , qui ait fes
pores plus ferrés que celle du Chyle ou de
l'humide radical , & qu'elle vienne à s'en-
Alâmer, la flâme qu'elle produira , étant plus
fubtile , occafionnera une circulation plus
rapide & plus ardente , conféquemment
une pulfation du poulx plus vive ; c'eft ce
que l'on nomme la fiévre , laquelle durera
autant qu'il y aura de cette matiere étrangere
difpofée à s'enflâmer ; & comme il faut
enfuite du tems , pour qu'il fe forme de
femblable matiere , & qu'elle s'enflâme de
nouveau , c'eft ce tems qu'on appelle l'intervalle
des accès .
27. Lorsque cette matiere étrangere commence
à s'enflâmer peu à peu , elle bouche
par fon élasticité les conduits , & empêche
la flâme naturelle ou du Chyle d'avoir fon
cours libre ; c'est ce qui occafionne les friffons
au commencement de la fiévre , qui durent
jufqu'à ce qu'il y ait une fuffifante
quantité de cette matiere étrangere, qui foit
D en2002
MERCURE DE FRANCE.
enflâmée
rapide.
, pour produire une circulation
28. Si l'Animal avale d'autre matiere
dont les pores foient groffiers , elle produira
une flâme moins fubtile , laquelle étant
mêlée avec celle qui occafionne la fiévre ,
en temperera l'ardeur & l'activité &
pourra la rendre conforme à la flâme naturelle
, & guerir le Malade ; mais fi la matiere
étrangere , qui produit la fiévre, eft tropabondante
, elle pourra fuffoquer par fon élafticité
la flâme naturelle ; enforte que l'accès
finiffant défaut de matiere étrangere
l'Animal fe trouvera fans flâme , conféquemment
fans circulation , fans mouvement
& fans vie.
par
29. Comme la flâme ténébreuſe eft univerfellement
compreffée dans la boëtte Célefte
, elle ne sçauroit avoir d'élafticité , n'y
ayant aucun vuide pour s'étendre ; mais la
Alâme fubtile trouve moyen de s'étendre
dans les pores de la flâme ténébreuſe , lefquels
font affés grands pour la recevoir :
c'eft pourquoi fi l'on bouchoit un four allumé
, la flâme feroit fuffoquée , dès qu'elle
feroit privée de la flâme exterieure , qui eft
la ténébreufe , qui lui fournit des pores.
pour s'étendre , & de même, dès que la flâine
fubtile du corps Animal a bouché les
pores de la flâme ténébreufe , il repouffe en
dehors celle-ci pour en refpirer de nouvelle
SEPTEMBRE. 1744. 2003
velle à la place , fans quoi la flâme naturelle
feroit fans action , ne pouvant s'étendre , &
l'Animal mourroit.
de tou-
30. Toutes les fermentations , en général ,
font le pur effet d'une matiere qui s'enflâme ,
auffi voit - on que lorfque les particules
du levain commencent à s'enflâmer , l'élafticité
de leur flâme fait peu à peu gon
fler la pâte, jufqu'à ce que la matiere du levain
ayant fini , la pâte s'affaiffe & reprend
fa premiere fituation . Il en eft de même du
Mouft ou Vin nouveau , ainfi que
tes fortes de fermentations , qui font plus
ou moins grandes & violentes , que la matiere
, qui s'enflâme , a fes pores plus ou
moins ferrés, d'où peuvent s'enfuivre l'efferveſcence,
& une infinité de Phénomenes qui
arrivent par le mêlange de certaines Liqueurs
, lefquels font expliqués naturellement
par ce principe , fans avoir recours à
des acides & à des alkalis chimeriques.
de 31. Puifque rien n'eft fi naturel que
concevoir , que la compreffion extrême où
Dieu a mis le fluide ou flâme ténébreufe
dans la boëtte Célefte , doit néceffairement
operer une filtration de la fubftance la plus
rafinée dans les pores de la matiere , où la
Alâme ténébreufe eft trop groffiere pour s'y
filtrer , que cette flame rafinée doit néceffairement
, à cauſe de la compreffion géné-
Dij
ra2004
MERCURE DE FRANCE.
rale , être élastique , dès qu'elle trouve une
efpece de vuide pour s'étendre dans les pores
de la flâme ténébreuſe , à mesure qu'elle
eft dégagée de la matiere où elle s'étoit filtrée
, par le briſement de fes parties , que
>
cette élasticité met néceffairement la matiere
en action & en mouvement il est donc
abfurde d'admettre aucune vertu dans la
matiere , pour expliquer les Phénomenes
& pour démontrer la caufe du mouvement
des Aftres & autres , ni de donner au feu
qui eft une matiere , la vertu ou propriété
d'échauffer, puifqu'il eft ridicule, encore un
coup , d'admettre quelque vertu ou propriété
dans la matiere , rien n'étant fi facile
à démontrer que ce n'eft point par une propriété
que le feu produit la chaleur , mais
par un pur eeffffeett ddee ll''ééllaaffttiicciittéé , comme on
le trouvera démontré par le nouveau Syftême
.
32. Si les Anciens Philofophes euffent
compris ce qui eft démontré dans le nouveau
Systême ; fçavoir , que la Lune eft une
pure flame , quelle eft la caufe de fa variation
à notre afpect , quelle eft celle de fes
taches invariables , & celle de fon Eclipfe
par l'abſence des rayons du Soleil , ils n'euffent
pas abandonné la raifon , pour fe livrer
à une opacité Lunaire , auſſi impoſſible
qu'elle eft abfurde,
33. C'eſt cependant de cette erreur où
l'on
SEPTEMBRE . 1744. 2005
l'on a demeuré enfeveli jufqu'à préfent, que
fe font engendrés Systêmes fur Systêmes, tous
contraires au fens & à la raifon , & qui pis
eft , à la Religion , pour la plûpart ; mais
comme l'erreur ne fçauroit être ſtable , tous
ces Systêmes erronnés fe font fucceffivement
détruits , & fe détruifent journellement les
uns les autres .
34. La feule Académie Royale des Sciences
, invariable dans fes fublimes lumieres ,
n'en a encore adopté aucun , regardant jufqu'à
préfent la Phyfique , comme enfevelie
dans les ténébres , & comme étant du moins
encore au berceau , comme le dit un Sçavant
Auteur Moderne * ; c'eſt par cette raifon
qu'elle eft obligée de propofer annuellement
des Prix pour l'explication des Phénomenes
les plus fimples , & que le nouveau
Systême mettroit un Villageois , même
fans étude , en état de les expliquer fur le
champ , fans héfiter .
35. En effet , l'homme le plus borné verra
dans le nouveau Systême, d'un feul trait, que
l'élafticité des flâmes Céleftes , dont le cours
eft parallele à la Ligne Equinoctiale , doit
néceffairement produire un cours de fluide
d'un Pole à l'autre , que ce cours doit produire
un flux d'environ fix heures , & fuc-
* M. Rollin , dans fon Extrait de l'Hift . des Egypt.
Carthag. &c. Edit. 1735. Tom, x111 . p. 75.
Diij ceffi2006
MERCURE DE FRANCE.
ceffivement un reflux , que les Marées doivent
être plus grandes aux Equinoxes qu'aux
Solftices , qu'elles doivent auffi être plus
hautes aux nouvelles & pleines Lunes qu'aux
Quadratures , que le flux & le reflux doivent
être conformes au cours journalier de
la Lune , qu'ils devoient arriver à differentes
heures fur les Côtes , & que celles du
Midi devoient l'avoir avant celles duNord ,
que dans les mêmes Lieux & à la même
heure , où les Marées font les plus hautes
en nouvelle & pleine Lune , elles devoient
être les plus baffes dans les Quadratures ,
que fans le flux & le reflux , le Monde finiroit
néceffairement , qu'il doit Y avoir des
cours variables dans la Mer , que le flux &
le reflux de la Méditerranée ne peut être
fenfible que dans l'embouchure de l'Euripe,
qui eft à fon Levant ; il verra enfin que
tous ces effets font produits par une feule
cauſe.
36. De cette même caufe , il concevra la
fource des vents & celle des rivieres & fontaines
, & l'explication de tous les Phénomenes
de l'Aimant.
37. Enfin on verra par ce nouveau Syftême
, qu'on n'a pas befoin d'avoir recours.
à tous ces prétendus miracles Philofophiques
, pour appercevoir diftinctement la
propagation & la vivification de l'Animal ,
celSEPTEMBRE.
1744. 2007
celles du Végétal , & la formation du Mineral.
L'Auteur refutera exactement les Objections
qui lui feront faites par le même Journal
public. Il avoit même le deffein de commencer
l'attaque , en mettant en pleine évidence
l'impoffibilité de l'opacité & folidité
de la Lune , & en prouvant tout de fuite
fa lumiere , mais il differera cet article pour
placer celui de l'Aimant.
Cette préférence qu'il donne à l'Aimant
provient de l'émulation qu'il a euë ,
voyant dans la Gazette de France du 23 Mai
1744 , que depuis 1742 , l'Académie des
Sciences n'ait pû parvenir à avoir aucun
Mémoire fuffifant fur ce fujet,& qu'elle foit
obligée d'en renvoyer fa décifion jufqu'en
1746.
1
Il y a déja long-tems que l'Auteur auroit
envoyé un Traité à l'Académie des Sciences
fur ce fujet , s'il n'avoit crû que fon
Ouvrage eut été imparfait , s'il n'eut prouvé
la caufe du cours d'un fluide d'un Pole à
F'autre , & c'est ce qu'il ne pouvoit faire
qu'en mettant au jour tout fon Systême.
Mais comme d'un côté , il a donné ici une
idée , du moins fuperficielle , de la caufe de
ce cours de fluide Polaire, & que de l'autre,
ce cours eft reconnu & n'eft conteſté
›
perſonne , l'Auteur va fur ce principe ex-
Diiij pliquer
par
2008 MERCURE DE FRANCE.
pliquer en détail tous les Phénomenes de
l'Aimant ; il le rend public , afin que fon
fentiment ayant effuyé pendant deux ans la
Critique & les objections du Public, l'Académie
des Sciences foit mieux à portée de
donner fa décision en 1746.
L'Auteur foûtient en premier lieu , que
l'Aimant étant une matiere , elle ne fçauroit
avoir ni vertu ni proprieté attractive , ni
autre, non plus que le Fer ni le Pole, ni aucune
autre forte de matiere .
Il s'agit d'examiner fi , fans s'écarter de
ce principe indubitable , on peut expliquer
quelle eft la caufe de la direction de l'Aiguille
Aimantée vers le Nord , à la difference
de toute autre matiere , & celle de
l'attraction du Fer par l'Aimant , qui eſt
exclufive de toute autre matiere , & enfin
la caufe de tous les autres Phénoménes de
l'Aimant.
L'explication de ces Phénomenes n'eft cependant
pas la Pierre Philofophale , car il
n'y a rien de furprenant ni de merveilleux ,
rien au contraire n'eft fi fimple , ni plus à la
portée de tout le monde. Voici donc de
quoi il s'agit.
Tout le mystere confifte à fçavoir que le
Fer eft un compofé de petites lamilles ,
couchées les unes fur les autres , à la difference
des autres matieres qui ont leurs Poles
droits ;
SEPTEMBRE. 1744. 2009
droits ; l'Analyfe que les Chymiftes ont
faite du Fer , qui eft imprimée , & qui n'eft
conteſtée , rend ce fait certain . pas
L'Aimant eft une matiere dont les pores
font extraordinairement plus ferrés que
ceux de toute autre matiere enforte
que le fluide Polaire n'y fçauroit pénétrer.
L'Aimant , dont on frotte l'Aiguille de
Fer , s'infinuant entre les petites lamilles qui
le compofent , en bouchent étroitement
tous les pores , & de même que l'on voit un
bâton mis en façon d'Aiguille Aimantée fur
un pivot dans le courant rapide d'un Ruiffeau
, ce bâton tournera toujours tandis que
l'eau le frappera obliquement , & il n'aura
d'affiette ftable que lorfque fa pointe regardera
la fource , de même qu'un Coq qui fert
de girouette au haut d'un Clocher , n'a de
ftabilité que lorfque la pointe de fon bec
regarde la fource du vent.
C'eft ainfi que le cours rapide du fluide
Polaire , ne pouvant traverfer l'Aiguille de
Fer , parce que l'Aimant en bouche les pores
, cette Aiguille ne peut avoir d'affiette
fixe , tandis que ce fluide la frappe obliquement
, & ne devient ftable que lorfque fa
pointe regarde la fource du fluide, qui vient
directement du Nord.
Comme deux Ruiffeaux qui auroient leur
fource oppofée , recevroient néceffairement
Dy de
2010 MERCURE DE FRANCE.
8
de la variation dans leur cours , lors de leur
rencontre , ainfi les deux cours de fluide
Polaire étant directement oppofés , & venant
à fe rencontrer aux environs de la Ligne
Equinoxiale , leur cours reçoit néceffairement
de la variation à leur rencontre , &
conféquemment l'Aiguille Aimantée ; c'eſt
ce que l'on nomme déclinaifon & inclinaifon
de l'Aiguille Aimantée , qui arrive aux
environs de la Ligne , plus ou moins près ,
fuivant la fituation où fe trouve le Soleil ,
par la raison qui en eft expliquée par le
Systême.
A l'égard de l'attraction , nous voyons par
expérience que la matiere qui a fes pores
très -ferrés , comme la Cire d'Eſpagne , le
Corail , & c. ne pouvant recevoir que le
plus fubtil de la flâme ténebreuſe , fi l'on
frotte cette matiere , on agite par conféquent
cette flâme fubtile , qui la pénetre ,
laquelle fortant & fe trouvant très rarefiée ,
donne moyen à la flâme ténébreufe de s'étendre
pour remplir cette rarefaction , enforte
qu'elle enleve avec elle la paille , le
fétu , qui en étcient pénetrés.
L'Aimant ayant les pores encore plus
ferrés que ces matieres , n'eft traversé que
par une flâme encore plus fubtile , & dont
la rarefaction eft encore plus grande
mais elle ne l'eft cependant pas affés , pour
enlever
SEPTEMBRE. 1744 2011
enlever le Fer , à caufe de fa pefanteur , elle
n'enleveroit même pas la paille , parce que
fa flâme étant infiniment fubtile , elle fe
gliffe dans les pores de la flâme ténébreuſe ,
fans violence & fans lui caufer d'agitation ,
ainfi celle- ci n'en peut donner à la paille ,
qui en eft remplie .
Il faut donc chercher une rarefaction
plus grande que ne l'eft celle qui fe trouve
dans la flâme qui pénetre l'Aimant , & qui
augmente la force de l'attraction .
En voici une expérience bien facile ; prenez
un fufil , bouchez-en la lumiere , rempliffez-
le d'eau , pliez le bout de la baguette
à la groffeur du calibre avec de l'étoupe de
filaffe , enfoncez- là dans le fufil jufqu'à un
pied du fond , il en tombera de l'eau , parce
que le canon eft trop plein , mais il reftera
de l'eau au-deffus du bouchon de la baguette
; agitez la baguette , comme pour nettoyer
le canon , en la retirant d'environ un
pied , il fe forme entre l'eau du fond &
celle d'au- deffus du bouchon , une rarefaction
qui eft comme une efpece de vuide.
Comme la flâme , dont la baguette eft remplie
, trouve moyen de s'étendre dans cette
efpece de vuide ou de rarefaction , vous ſentirez
une attraction fi violente , qu'à peine
aurez-vous la force de tenir la baguette , &
fi vous la lâchez , elle s'enfoncera avec tant
D vj de
2012 MERCURE DE FRANCE.
de violence , qu'elle enleveroit un poids de
plus de 20 livres , qui feroit attaché à l'autre
bout , & elle heurte avec force & avec
grand bruit contre l'eau du fond.
De-même que dans le cours rapide d'un
Ruiffeau , y mettant un caillou ou autre
maffe, que l'eau ne puiffe pas penetrer , l'eau
rejaillira contre & laiffera un vuide derriere
cette maffe ; c'eſt ainfi que le cours du
fluide Polaire ne pouvant pénétrer la Pierre
d'Aimant , rejaillit contre , & laille à l'oppofite
une espece de vuide ou rarefaction ,
qui augmente celle de la flâme fubtile , qui
pénetre l'Aimant , réciproquement celleci
augmente la premiere par le choc qu'elle
lui donne en fortant de l'Aimant , & c'est
à la faveur de cette rarefaction que la flâme
ténebreuſe , dont le fer eft rempli , trouve
moyen de s'étendre , & comme elle ne peut
facilement fe débarraffer d'entre ces couches
de lamilles de Fer , elle entraîne le Fer
avec elle , & c'eft là l'attraction du Fer.
Comme ce fluide , qui venant du Nord ,
rejaillit contre l'Aimant , comme s'il rétrogradoit,
ce fluide Polaire repouffe en arriere
la limaille de Fer , ce qui a fait croire que
l'Aimant avoit deux vertus magnétiques ,
l'une attractive & l'autre expulfive.
,
Lorfque la Pierre d'Aimant eft armée
c'eft-à- dire , qu'elle eft bordée de Fer aux
deux
SEPTEMBRE. 1744. 2013
・ツ
deux côtés , l'attraction en eft plus grande ,
parce que le fluide fubtil qui pénétre l'Aimant
, ne pouvant facilement pénétrer ces
couches de lamilles de fer , gliffe entre le
Fer & l'Aimant, & fort avec plus d'abondance
par les deux bouts de la ferrure ; c'eſt
pour cela que c'eſt à ces deux bouts que le
Fer s'accroche , parce que la rarefaction y
eft plus grande.
>
Ce Sujet demanderoit un plus ample détail
, tel qu'il eft dans le Systême nouveau
mais l'Auteur fe flate qu'il y en a affés ici
pour exciter la Critique & les Objections ,
dont la réfutation éclairera la matiere , au
point de pouvoir être décidée
par l'Académie
des Sciences.
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Résumé : LE PLAN ou l'Idée générale d'un nouveau Systême du Monde, qui sera incessamment mis au jour par le Baron de Carbonnieres.
Le Baron de Carbonnières propose un nouveau système du monde après des années de recherche, appuyé par plusieurs physiciens. Ce système est conçu pour être applicable à diverses disciplines telles que la chimie, la médecine, la navigation et l'agriculture. Selon ce modèle, l'univers est un corps unique contenu dans une boîte immobile, le ciel, englobant le Soleil, la Lune, les étoiles, la Terre (immobile au centre) et une flamme obscure, fluide et universelle, qui unit toutes les parties du corps céleste. Cette flamme ténébreuse, similaire à une fumée extrêmement rarefiée, permet la filtration de substances plus ou moins subtiles et lumineuses. Les corps inflammables et combustibles le deviennent grâce à cette flamme subtile présente dans leurs particules. Le Soleil, la Lune et les étoiles sont des flammes lumineuses et ardentes produites par des matières comme le soufre, le nitre et le bitume. La différence de luminosité entre ces flammes dépend de la taille des pores de la matière qui les produit. La matière consumée est continuellement remplacée par une circulation de la flamme ténébreuse, poussée par l'élasticité des flammes lumineuses. Ce processus est comparé à des phénomènes terrestres, comme l'imbibition de liquides par des tissus ou la dissolution de sel dans l'eau. Chaque organe s'imbibe uniquement de la matière qui lui est conforme. La matière inflammable, après avoir été consumée, est triturée et concoctée dans différents cercles, lui permettant de retrouver sa forme inflammable en passant par la Terre. Ce processus maintient l'équilibre et la vie dans l'univers et les êtres vivants. L'auteur compare l'univers à un grand animal et l'animal à un petit monde, tous deux fonctionnant selon les mêmes mécanismes de circulation et de mouvement. La compression de la flamme ténébreuse cause l'élasticité, produisant ainsi la circulation et le mouvement, essentiels à la vie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5244
p. 2013
« Les mots de l'Enigme & des Logogryphes du Mercure d'Août sont la Langue, Bail & [...] »
Début :
Les mots de l'Enigme & des Logogryphes du Mercure d'Août sont la Langue, Bail & [...]
Mots clefs :
Langue, Bail, Papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les mots de l'Enigme & des Logogryphes du Mercure d'Août sont la Langue, Bail & [...] »
Les mots de l'Enigme & des Logogryphes
du Mercure d'Août font la Langue , Bail &
le Papier. On trouve dans le premier Logogryphe
Ail , Lia & Bal.
du Mercure d'Août font la Langue , Bail &
le Papier. On trouve dans le premier Logogryphe
Ail , Lia & Bal.
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5245
p. 2014
ENIGME.
Début :
Lecteur, je suis un excrement, [...]
Mots clefs :
Ongles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Lecteur
Ecteur , je fuis un excrement ,
A tout le monde fort utile ,
Et , quoique de nature vile ,
Je fers à l'Homme d'ornement.
9"
On exprime par moi ce qu'on fçait fûrement
J'embarraffe fort les Poëtes ;
Je change de nom chés les Bêtes ,.
A qui je fers également.
Pour peu de progrès que je faffe ,
D'abord on m'arrête fans bruit ,
Et je crois que pour toute grace ,
On dit que l'on me fait , lorsque l'on me détruit.
Auffi je détruis à mon tour ,
Et dans ma faiſon favorite ,
Quoique de taille bien petite ,.
J'en fais mourir plus de mille par jour.
Lecteur
Ecteur , je fuis un excrement ,
A tout le monde fort utile ,
Et , quoique de nature vile ,
Je fers à l'Homme d'ornement.
9"
On exprime par moi ce qu'on fçait fûrement
J'embarraffe fort les Poëtes ;
Je change de nom chés les Bêtes ,.
A qui je fers également.
Pour peu de progrès que je faffe ,
D'abord on m'arrête fans bruit ,
Et je crois que pour toute grace ,
On dit que l'on me fait , lorsque l'on me détruit.
Auffi je détruis à mon tour ,
Et dans ma faiſon favorite ,
Quoique de taille bien petite ,.
J'en fais mourir plus de mille par jour.
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5246
p. 2014-2015
AUTRE.
Début :
Quoique dépourvû d'existence, [...]
Mots clefs :
Mouvement
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Quoique dépourvá d'exiſtence ,
J'ai bien des attributs divers ;
Quand Dieu conftruifit l'Univers ,
Entre les mains je pris naiffance ;
Ici bas , comme dans les Airs ,.
Je fuis en tous lieux néceſſaire ;
Je
SEPTEMBRE . 1744 2015
Je fais des maux dans les Enfers ;
Je fais des heureux fur la Terre ;
Je fais la paix , je fais la guerre ,
Et je fais gronder le Tonnerre ;
Sans moi , fur leurs Trônes les Rois
N'auroient ni bonheur ni puiffance ;;
Toute la Nature aux abois ,
Se fentiroit de mon abſence ;
L'Univers s'anéantiroit ,
Que dis-je ? Rien ne finiroit ,
Et quand Dieu même le voudroit ,,
A peine en feroit- il le maître ;
Vous me voyez partout paroître ,
Mais trouvez mon nom feulement ;,
Ce qui définit mon Effence ,
N'eft point à votre connoiffance ;
On la recherche vainement..
Quoique dépourvá d'exiſtence ,
J'ai bien des attributs divers ;
Quand Dieu conftruifit l'Univers ,
Entre les mains je pris naiffance ;
Ici bas , comme dans les Airs ,.
Je fuis en tous lieux néceſſaire ;
Je
SEPTEMBRE . 1744 2015
Je fais des maux dans les Enfers ;
Je fais des heureux fur la Terre ;
Je fais la paix , je fais la guerre ,
Et je fais gronder le Tonnerre ;
Sans moi , fur leurs Trônes les Rois
N'auroient ni bonheur ni puiffance ;;
Toute la Nature aux abois ,
Se fentiroit de mon abſence ;
L'Univers s'anéantiroit ,
Que dis-je ? Rien ne finiroit ,
Et quand Dieu même le voudroit ,,
A peine en feroit- il le maître ;
Vous me voyez partout paroître ,
Mais trouvez mon nom feulement ;,
Ce qui définit mon Effence ,
N'eft point à votre connoiffance ;
On la recherche vainement..
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5247
p. 2015-2016
LOGOGRYPHE.
Début :
Je marche sur neuf pieds, Lecteur ; c'est mon allure, [...]
Mots clefs :
Courlande
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E marche für neuf pieds , Lecteur ; c'eſt mon
JE
marallure ,
Mais pour ne point d'abord te montrer ma figure ,.
Je partage mon tout en differens Portraits .
Un , quatre , trois , neuf , cinq , d'un Tyran font
les traits ;
Six ,fept, neuf, font un nom qu'un ignorant mérite,
Et dont , pour l'ordinaire , il s'offenſe & s'irrite.
Trois
2016 MERCURE DE FRANCE.
Trois, deux, cinq, neuf, je fais les defirs d'un Joueur;
Cinq , deux , trois , quatre & huit , font un mauvais
Sauteur ;
Ajufte à mon milieu la moitié de ma tête ,
Je fupporte dans l'Homme , ainfi que dans la Bête,
Ce qui le plus il importe à fon tout ,
Joins cinq , fix , quatre & hujt , je fais plaifir au goût ;
Et fans moi , quelque bien qu'un Rotiffeur travaille,
Dans fon métier fouvent, ne feroit rien qui vaille .
Cinq , trois, fept , joints à neuf , je fuis un corps
brillant
Servant également le Riche & le Manant ;
Affemblant quatre, fix , huit & neuf , un Pilote
Me defire ardemment , quand la mer le balotte.
Un , deux , quatre , fept , neuf, une fois réunis ,
Je deviens la terreur des malheureux Maris ;
Sept & fix, quatre & huit , font enfemble une Plante ,
Dont l'odeur eft toujours très-odoriferante ;
Pour ne plus t'ennuyer , en me décompofant ,
Mon tout dépend d'un Grand, devine maintenant.
L. C. D. M.
E marche für neuf pieds , Lecteur ; c'eſt mon
JE
marallure ,
Mais pour ne point d'abord te montrer ma figure ,.
Je partage mon tout en differens Portraits .
Un , quatre , trois , neuf , cinq , d'un Tyran font
les traits ;
Six ,fept, neuf, font un nom qu'un ignorant mérite,
Et dont , pour l'ordinaire , il s'offenſe & s'irrite.
Trois
2016 MERCURE DE FRANCE.
Trois, deux, cinq, neuf, je fais les defirs d'un Joueur;
Cinq , deux , trois , quatre & huit , font un mauvais
Sauteur ;
Ajufte à mon milieu la moitié de ma tête ,
Je fupporte dans l'Homme , ainfi que dans la Bête,
Ce qui le plus il importe à fon tout ,
Joins cinq , fix , quatre & hujt , je fais plaifir au goût ;
Et fans moi , quelque bien qu'un Rotiffeur travaille,
Dans fon métier fouvent, ne feroit rien qui vaille .
Cinq , trois, fept , joints à neuf , je fuis un corps
brillant
Servant également le Riche & le Manant ;
Affemblant quatre, fix , huit & neuf , un Pilote
Me defire ardemment , quand la mer le balotte.
Un , deux , quatre , fept , neuf, une fois réunis ,
Je deviens la terreur des malheureux Maris ;
Sept & fix, quatre & huit , font enfemble une Plante ,
Dont l'odeur eft toujours très-odoriferante ;
Pour ne plus t'ennuyer , en me décompofant ,
Mon tout dépend d'un Grand, devine maintenant.
L. C. D. M.
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5248
p. 2017-2023
Traité sur l'Aberration apparente des Etoiles, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Mr Fontaine des Crutes, vient de faire imprimer chés Quillau, Libraire, ruë [...]
Mots clefs :
Étoiles fixes, Aberration, Étoile, Lune, Mouvement, Ascension, Terre, Soleil, Éclipses, Parallaxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité sur l'Aberration apparente des Etoiles, Extrait, [titre d'après la table]
MR Fontaine des Crutes , vient de faire
imprimer chés Quillau, Libraire, ruë
Galande , près la Place Maubert à Paris, un
Traité complet fur l'Aberration apparente
des Etoiles fixes, qu'il avoit annoncé dans le
fecondVolume duMercure & dans le Journal
de Trévoux du mois de Juin de l'année derniere
, à l'occafion de l'Occultation d'une
Etoile du Sagittaire par la Lune , arrivée le
2 Août , vers les dix heures & demie du
foir.
Cet Ouvrage , qui eft in 8 ° . imprimé ſur
de bon papier & en beaux Caractéres , eſt
orné de huit Planches , & diftribué en
quatre Parties , lefquelles font précédées
d'une Hiftoire Générale de l'Aftronomie
ancienne.
La premiere partie contient un Expofé du
Systême Général du Monde , felon les Principes
de la Philofophie ancienne & moderd'où
l'on déduit le mouvement annuel
de la Terre autour du Soleil , & fa rotation
en 24 heures autour de fon Axe.
ne ,
La
2018 MERCURE DE FRANCE.
La feconde Partie eft un Abregé de la
Sphère, où il eft feulement traité des principaux
Cercles , Lignes & Points les plus
néceffaires pour l'intelligence du refte de
P'Ouvrage on y traite auffi , en peu de
mots , des réfractions , de la parallaxe & de
leurs effets.
On trouve enfuite un Traité complet &
fort étendu fur l'Aberration des Etoiles fixes
, avec plufieurs Tables qui ont rapport
à cette matiere , ce qui fait le fujet de la
troifiéme Partie ; on y fait voir dans quel
tems , & qui ont été les Aftronomes , qui
les premiers , fe font apperçus de l'Aberration
; qui font ceux , qui , en conféquence
de cette heureufe découverte , ont fait des
Obfervations innombrables pour la confirmer
; enfin , après avoir été convaincu de
ces apparences , & avoir rejetté differentes
hypothéfes , qu'on auroit formées pour les
expliquer , on verra comment on fauve ces
apparences , & de quelle façon on vient à
bout de les expliquer , au moyen du mouvement
annuel de la Terre autour du Soleil
, comparé au mouvement fucceffif de
la lumiere.
On fçait de quelle importance font les
corrections que l'on fait ordinairement
dans les hauteurs des Aftres , par rapport
aux réfractions , & à la parallaxe , & que
l'effet
SEPTEMBRE. 1744. 2019
l'effet de celle- ci détruit toujours une partie
, très-petite à la vérité , de l'effet de
l'autre , parce qu'elles font en fens contraires
; mais enfin quoique la parallaxe produife
un effet d'autant plus petit , que l'AL
tre eft proche du Zénith , fi néanmoins il
faut y avoir égard , combien , à plus forte
raifon , doit- on tenir compte de l'Aberration
, qui influë , non-feulement fur la Latitude
d'un Aftre, comme les deux caufes précédentes
, mais encore fait varier fa Longitude
fon Afcenfion droite & fa Déclinaifon
?
,
Cela fait voir qu'on étoit très -éloigné
d'avoir la vraie fituation des Etoiles fixes ,
& qu'on auroit été perpétuellement dans
F'erreur , fans cette admirable découverte ;
en effet , fi la paral'axe ne caufe que quelques
fecondes d'erreur dans les hauteurs ,
Aberration a un effet bien plus confidérable
, & on voit fouvent qu'elle peut déran
ger en apparence , d'une certaine quantité ,
non - feulement de fecondes , mais même
de plufieurs minutes , certaines Etoiles
de leur vrai lieu . C'eft ainfi que dans l'E
toile Polaire fon Aberration annuelle en
Latitude eft de 36 fecondes & demie ; elle eſt
d'une minute 40 fecondes en Longitude ,
d'environ 40 fecondes pour la Déclinaifon,
& l'Afcenfion droite de cette Etoile eft prefde
17. minutes. Après que
2020 MERCURE DE FRANCE.
Après que l'Auteur de cet Ouvrage a démontré
dans le courant de cette Partie
toutes les regles & les formules qu'on doit
fuivre pour calculer les differentes Aberrations
d'une Etoile quelconque , après avoir
averti de l'ordre qu'il convient de fuivre , &
même avoir fait l'application des regles an
Calcul d'une Etoile , il a jugé à propos ,
afin que le Lecteur ne fût point embarrallé
dans la recherche de toutes ces regles , de
les récapituler dans un Chapitre particulier,
& de renfermer dans des Cartouches , les
formules qu'il a déduites de la Théorie .
44
Il a de plus calculé & donné dans l'Ouvrage
une Table des plus grandes Aberrations
des Etoiles en Latitude , felon leurs diftances
de l'Ecliptique , de 10 minutes en
10 minutes , & depuis o jufqu'à 90 degrés.
Il a auffi donné deux autres Tables , l'une
des Longitudes & des Latitudes , & l'antre
des Afcenfions droites & Déclinaifons
de 20 des principales Etoiles, telles qu'elles
étoient au commencement de l'année 1740,
& vis-à-vis de chaque Etoile , il a eu foin de
placer fon mouvement annuel , tant en Afcenfion
droite , qu'en Déclinaiſon , afin
qu'on puiffe faire les réductions convenables
pour d'autres années , foit précédentes
ou à venir.
Deux autres Tables fuccedent à celles
dont
SEPTEMBRE, 1744. 2021
que
dont on vient de parler ; la premiere contient
les Lieux où fe trouve le Soleil , lorfl'Aberration
des mêmes 20 Etoiles eft
nulle en Afcenfion droite , elle contient
encore leurs plus grandes variations en
Aberration , qu'on trouve pofées entre les
deux tems de l'année où elles arrivent ; la
Partie du Monde yers laquelle ces variations
fe font , eft indiquée par ces mots Or.
& Occ. , c'est- à-dire Orient & Occident,
La deuxième Table contient l'Aberration
en Déclinaison de ces 20 Etoiles ,avec le mê
me ordre qu'on vient de dire pour l'Afcenfion
droite.Toutes ces Tables font fuivies de
leurs ufages, c'eft- à- dire, de la maniere d'appliquer
l'Aberration ,foit par rapport auxCalculs
, ou par rapport aux Obfervations Aftronomiques
; avec des Remarques très-curieufes
touchant les proprietés de la lumiere
lancée par les Etoiles.
Enfin la quatriéme & derniere partie traite
de l'Occultation des Etoiles fixes par la Lune.
On a déja fait remarquer dans le Mercure
& dans le Journal dont on a parlé cidevant
, de combien ces fortes d'Occultations
étoient préférables aux Phaſes obfervées
dans une Eclipfe de Lune , & même
aux Eclipfes des Satellites de Jupiter dans la
détermination des Longitudes ; car dans les
premieres Obfervations , on eft au moins
une
2022 MERCURE DE FRANCE
une minute ou deux dans l'incertitude du
commencement ou de la fin d'une Phaſe , &'
dans les Eclipfes des Satellites , une demie
minute & plus ; joint à cela que pour obferver
ces fortes d'Eclipfes , il faut employer
des Lunettes depuis 7 ou 8 pieds jufqu'à 18
& 20 de longueur. Les Occultations , des
Etoiles par la Lune , ne font point fujettes
à tous ces inconvéniens, car à caufe de la rapidité
du mouvement de la Lune, lorfqu'el
le paffe au-deffous d'une Etoile , l'Eclipſe eſt
inſtantanée , c'eſt- à -dire , qu'elle ſe fair ſi lubitement
, qu'il n'eft pas poffible qu'un Obfervateur
foit une demie feconde de tems
dans l'incertitude, ce qui eft un grand avantage,
fans compter qu'une Lunette de deux
ou trois pieds fuffit pour l'obferver.
Toutes ces confidérations ont engagé
l'Auteur à donner une Methode courte &
aifée pour déterminer facilement ces fortes
d'Eclipfes , au moyen d'une projection ; il
conduit même fon Lecteur dans la conftruction
de cette figure , & lui en fait faire l'application
, en prenant pour exemple une
Etoile du Sagittaire dont l'Eclipfe eft arrivée
le 2 Août 1743 , & à l'occafion de laquelle
il lui en fait détermir er toutes les
Phaſes ; cependant malgré la fimplicité de
cette Méthode , elle deviendroit ſouvent
inutile, fi , avant que d'entreprendre le Calcul
,
SEPTEMBRE. 1744. 1023
cul , on ne pouvoit pas s'affûrer fi une conjonction
de la Lune avec une Etoile fera
Ecliptique & de plus , vifible fur l'Horifon ,
c'eft à quoi l'Auteur s'eft attaché , de façon
qu'il efpere que le Public n'aura plus rien
à défirer fur cette matiere.
L'Auteur avertit encore les Curieux qu'ils
vont avoir la plus belle occafion de s'exercer
avec utilité fur cette matiere , qu'on puiffe
fouhaiter; car la Lune pendant trois ou quacre
années de fuite , va rencontrer chaque
mois quelques unes des 72 Etoiles qui compofent
la Conſtellation des Pleïades ; peuton
rien trouver de plus favorable à la Géographie
, pour la rétablir & la porter au plus
haut degré de perfection ? En effet , fi l'on
obferve ces Occultations avec foin dans les
Villes principales & dans tous les Ports de
Mer,pour enfuite fe les communiquer , il eſt
hors de doute qu'on aura la fituation de tous
ces Lieux , les uns à l'égard des autres ,
dans la derniere exactitude ; c'eft ce qu'on
a lieu d'efperer dans la fuite , & ce qui a
été le but de l'Auteur.
On doit bien obferver que le Lecteur aura
la fatisfaction de voir comment on peut faire
application de l'Aberration dans de
reils Calculs.
imprimer chés Quillau, Libraire, ruë
Galande , près la Place Maubert à Paris, un
Traité complet fur l'Aberration apparente
des Etoiles fixes, qu'il avoit annoncé dans le
fecondVolume duMercure & dans le Journal
de Trévoux du mois de Juin de l'année derniere
, à l'occafion de l'Occultation d'une
Etoile du Sagittaire par la Lune , arrivée le
2 Août , vers les dix heures & demie du
foir.
Cet Ouvrage , qui eft in 8 ° . imprimé ſur
de bon papier & en beaux Caractéres , eſt
orné de huit Planches , & diftribué en
quatre Parties , lefquelles font précédées
d'une Hiftoire Générale de l'Aftronomie
ancienne.
La premiere partie contient un Expofé du
Systême Général du Monde , felon les Principes
de la Philofophie ancienne & moderd'où
l'on déduit le mouvement annuel
de la Terre autour du Soleil , & fa rotation
en 24 heures autour de fon Axe.
ne ,
La
2018 MERCURE DE FRANCE.
La feconde Partie eft un Abregé de la
Sphère, où il eft feulement traité des principaux
Cercles , Lignes & Points les plus
néceffaires pour l'intelligence du refte de
P'Ouvrage on y traite auffi , en peu de
mots , des réfractions , de la parallaxe & de
leurs effets.
On trouve enfuite un Traité complet &
fort étendu fur l'Aberration des Etoiles fixes
, avec plufieurs Tables qui ont rapport
à cette matiere , ce qui fait le fujet de la
troifiéme Partie ; on y fait voir dans quel
tems , & qui ont été les Aftronomes , qui
les premiers , fe font apperçus de l'Aberration
; qui font ceux , qui , en conféquence
de cette heureufe découverte , ont fait des
Obfervations innombrables pour la confirmer
; enfin , après avoir été convaincu de
ces apparences , & avoir rejetté differentes
hypothéfes , qu'on auroit formées pour les
expliquer , on verra comment on fauve ces
apparences , & de quelle façon on vient à
bout de les expliquer , au moyen du mouvement
annuel de la Terre autour du Soleil
, comparé au mouvement fucceffif de
la lumiere.
On fçait de quelle importance font les
corrections que l'on fait ordinairement
dans les hauteurs des Aftres , par rapport
aux réfractions , & à la parallaxe , & que
l'effet
SEPTEMBRE. 1744. 2019
l'effet de celle- ci détruit toujours une partie
, très-petite à la vérité , de l'effet de
l'autre , parce qu'elles font en fens contraires
; mais enfin quoique la parallaxe produife
un effet d'autant plus petit , que l'AL
tre eft proche du Zénith , fi néanmoins il
faut y avoir égard , combien , à plus forte
raifon , doit- on tenir compte de l'Aberration
, qui influë , non-feulement fur la Latitude
d'un Aftre, comme les deux caufes précédentes
, mais encore fait varier fa Longitude
fon Afcenfion droite & fa Déclinaifon
?
,
Cela fait voir qu'on étoit très -éloigné
d'avoir la vraie fituation des Etoiles fixes ,
& qu'on auroit été perpétuellement dans
F'erreur , fans cette admirable découverte ;
en effet , fi la paral'axe ne caufe que quelques
fecondes d'erreur dans les hauteurs ,
Aberration a un effet bien plus confidérable
, & on voit fouvent qu'elle peut déran
ger en apparence , d'une certaine quantité ,
non - feulement de fecondes , mais même
de plufieurs minutes , certaines Etoiles
de leur vrai lieu . C'eft ainfi que dans l'E
toile Polaire fon Aberration annuelle en
Latitude eft de 36 fecondes & demie ; elle eſt
d'une minute 40 fecondes en Longitude ,
d'environ 40 fecondes pour la Déclinaifon,
& l'Afcenfion droite de cette Etoile eft prefde
17. minutes. Après que
2020 MERCURE DE FRANCE.
Après que l'Auteur de cet Ouvrage a démontré
dans le courant de cette Partie
toutes les regles & les formules qu'on doit
fuivre pour calculer les differentes Aberrations
d'une Etoile quelconque , après avoir
averti de l'ordre qu'il convient de fuivre , &
même avoir fait l'application des regles an
Calcul d'une Etoile , il a jugé à propos ,
afin que le Lecteur ne fût point embarrallé
dans la recherche de toutes ces regles , de
les récapituler dans un Chapitre particulier,
& de renfermer dans des Cartouches , les
formules qu'il a déduites de la Théorie .
44
Il a de plus calculé & donné dans l'Ouvrage
une Table des plus grandes Aberrations
des Etoiles en Latitude , felon leurs diftances
de l'Ecliptique , de 10 minutes en
10 minutes , & depuis o jufqu'à 90 degrés.
Il a auffi donné deux autres Tables , l'une
des Longitudes & des Latitudes , & l'antre
des Afcenfions droites & Déclinaifons
de 20 des principales Etoiles, telles qu'elles
étoient au commencement de l'année 1740,
& vis-à-vis de chaque Etoile , il a eu foin de
placer fon mouvement annuel , tant en Afcenfion
droite , qu'en Déclinaiſon , afin
qu'on puiffe faire les réductions convenables
pour d'autres années , foit précédentes
ou à venir.
Deux autres Tables fuccedent à celles
dont
SEPTEMBRE, 1744. 2021
que
dont on vient de parler ; la premiere contient
les Lieux où fe trouve le Soleil , lorfl'Aberration
des mêmes 20 Etoiles eft
nulle en Afcenfion droite , elle contient
encore leurs plus grandes variations en
Aberration , qu'on trouve pofées entre les
deux tems de l'année où elles arrivent ; la
Partie du Monde yers laquelle ces variations
fe font , eft indiquée par ces mots Or.
& Occ. , c'est- à-dire Orient & Occident,
La deuxième Table contient l'Aberration
en Déclinaison de ces 20 Etoiles ,avec le mê
me ordre qu'on vient de dire pour l'Afcenfion
droite.Toutes ces Tables font fuivies de
leurs ufages, c'eft- à- dire, de la maniere d'appliquer
l'Aberration ,foit par rapport auxCalculs
, ou par rapport aux Obfervations Aftronomiques
; avec des Remarques très-curieufes
touchant les proprietés de la lumiere
lancée par les Etoiles.
Enfin la quatriéme & derniere partie traite
de l'Occultation des Etoiles fixes par la Lune.
On a déja fait remarquer dans le Mercure
& dans le Journal dont on a parlé cidevant
, de combien ces fortes d'Occultations
étoient préférables aux Phaſes obfervées
dans une Eclipfe de Lune , & même
aux Eclipfes des Satellites de Jupiter dans la
détermination des Longitudes ; car dans les
premieres Obfervations , on eft au moins
une
2022 MERCURE DE FRANCE
une minute ou deux dans l'incertitude du
commencement ou de la fin d'une Phaſe , &'
dans les Eclipfes des Satellites , une demie
minute & plus ; joint à cela que pour obferver
ces fortes d'Eclipfes , il faut employer
des Lunettes depuis 7 ou 8 pieds jufqu'à 18
& 20 de longueur. Les Occultations , des
Etoiles par la Lune , ne font point fujettes
à tous ces inconvéniens, car à caufe de la rapidité
du mouvement de la Lune, lorfqu'el
le paffe au-deffous d'une Etoile , l'Eclipſe eſt
inſtantanée , c'eſt- à -dire , qu'elle ſe fair ſi lubitement
, qu'il n'eft pas poffible qu'un Obfervateur
foit une demie feconde de tems
dans l'incertitude, ce qui eft un grand avantage,
fans compter qu'une Lunette de deux
ou trois pieds fuffit pour l'obferver.
Toutes ces confidérations ont engagé
l'Auteur à donner une Methode courte &
aifée pour déterminer facilement ces fortes
d'Eclipfes , au moyen d'une projection ; il
conduit même fon Lecteur dans la conftruction
de cette figure , & lui en fait faire l'application
, en prenant pour exemple une
Etoile du Sagittaire dont l'Eclipfe eft arrivée
le 2 Août 1743 , & à l'occafion de laquelle
il lui en fait détermir er toutes les
Phaſes ; cependant malgré la fimplicité de
cette Méthode , elle deviendroit ſouvent
inutile, fi , avant que d'entreprendre le Calcul
,
SEPTEMBRE. 1744. 1023
cul , on ne pouvoit pas s'affûrer fi une conjonction
de la Lune avec une Etoile fera
Ecliptique & de plus , vifible fur l'Horifon ,
c'eft à quoi l'Auteur s'eft attaché , de façon
qu'il efpere que le Public n'aura plus rien
à défirer fur cette matiere.
L'Auteur avertit encore les Curieux qu'ils
vont avoir la plus belle occafion de s'exercer
avec utilité fur cette matiere , qu'on puiffe
fouhaiter; car la Lune pendant trois ou quacre
années de fuite , va rencontrer chaque
mois quelques unes des 72 Etoiles qui compofent
la Conſtellation des Pleïades ; peuton
rien trouver de plus favorable à la Géographie
, pour la rétablir & la porter au plus
haut degré de perfection ? En effet , fi l'on
obferve ces Occultations avec foin dans les
Villes principales & dans tous les Ports de
Mer,pour enfuite fe les communiquer , il eſt
hors de doute qu'on aura la fituation de tous
ces Lieux , les uns à l'égard des autres ,
dans la derniere exactitude ; c'eft ce qu'on
a lieu d'efperer dans la fuite , & ce qui a
été le but de l'Auteur.
On doit bien obferver que le Lecteur aura
la fatisfaction de voir comment on peut faire
application de l'Aberration dans de
reils Calculs.
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Résumé : Traité sur l'Aberration apparente des Etoiles, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'un traité sur l'aberration apparente des étoiles fixes par MR Fontaine des Crutes, imprimé chez Quillau à Paris. Cet ouvrage, au format in-8°, contient huit planches et est structuré en quatre parties, précédées d'une histoire générale de l'astronomie ancienne. La première partie expose le système général du monde selon les principes philosophiques anciens et modernes, incluant le mouvement annuel de la Terre autour du Soleil et sa rotation en 24 heures autour de son axe. La deuxième partie offre un abrégé de la sphère, détaillant les principaux cercles, lignes et points nécessaires à la compréhension de l'ouvrage, ainsi que les réfractions et la parallaxe. La troisième partie présente un traité complet sur l'aberration des étoiles fixes, avec des tables et des explications sur les observations et les corrections nécessaires pour déterminer la véritable situation des étoiles. Elle inclut également les règles et formules pour calculer les aberrations et des tables des plus grandes aberrations des étoiles en latitude, longitude, ascension droite et déclinaison. La quatrième partie aborde les occultations des étoiles fixes par la Lune, soulignant leur importance dans la détermination des longitudes. Les occultations sont préférées car elles permettent une observation instantanée, évitant ainsi les incertitudes présentes dans les autres méthodes. L'auteur propose une méthode simplifiée pour déterminer ces occultations via une projection, illustrée par l'exemple d'une étoile du Sagittaire observée le 2 août 1743. Il mentionne aussi une opportunité exceptionnelle pour les observateurs : la Lune rencontrera plusieurs des 72 étoiles des Pléiades chaque mois pendant trois à quatre années, permettant de déterminer avec exactitude la situation géographique des villes principales et des ports de mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5249
p. 2023-2024
Dissertations & Consultations Médicinales de Mrs Chirac & Silva, [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATIONS & Consultations Médicinales de Mrs Chirac, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Dissertations et consultations médicinales, Pierre Chirac, Jean-Baptiste Silva
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texteReconnaissance textuelle : Dissertations & Consultations Médicinales de Mrs Chirac & Silva, [titre d'après la table]
DISSERTATIONS & Confultations
Médi2024
MERCURE DE FRANCE.
Médicinales de Mrs Chirac , Confeiller d'Etat
, & Premier Médecin du Roi , & Silva ,
Médecin Confultant du Roi , & Premier
Médecin de M. le Duc ; à Paris , chés Durand
, tue S. Jacques , à S. Landry , & au
Griffon. Deux vol . in- 12. Le premier Tome
de 342 pag. fans les commencemens de
107 pag. le fecond de 420 , y compris la
Table des Matieres des deux vol . 1744.
Médi2024
MERCURE DE FRANCE.
Médicinales de Mrs Chirac , Confeiller d'Etat
, & Premier Médecin du Roi , & Silva ,
Médecin Confultant du Roi , & Premier
Médecin de M. le Duc ; à Paris , chés Durand
, tue S. Jacques , à S. Landry , & au
Griffon. Deux vol . in- 12. Le premier Tome
de 342 pag. fans les commencemens de
107 pag. le fecond de 420 , y compris la
Table des Matieres des deux vol . 1744.
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5250
p. 2024
Histoire de la Conquête du Mexique, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE de la Conquête du Mexique & de la Nouvelle Espagne, par Fernand [...]
Mots clefs :
Conquête du Mexique et de la Nouvelle Espagne, Hernàn Cortés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de la Conquête du Mexique, [titre d'après la table]
HISTOIRE de la Conquête du Mexique
& de la Nouvelle Efpagne , par Fernand
Cortez , traduite de l'Efpagnol de Dom Antoine
de Solis , par l'Auteur du Triumvirat.
Deux volumes in- 12 , à Paris , chés Didot ,
Libraire , Quai des Auguftins , à la Bible
d'Or.
& de la Nouvelle Efpagne , par Fernand
Cortez , traduite de l'Efpagnol de Dom Antoine
de Solis , par l'Auteur du Triumvirat.
Deux volumes in- 12 , à Paris , chés Didot ,
Libraire , Quai des Auguftins , à la Bible
d'Or.
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