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1
p. 143-147
Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
Début :
La Compagnie des Penitens Bleus de Touluse a jusqu'icy [...]
Mots clefs :
Compagnie des Pénitents bleus de Toulouse, Confrérie, Maréchal de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
La Compagnie des Penitens
Bleus ue Toulouſe a jufqu'icy
fait trop de bruit pour n'eftre
pas generalement connuë , &
elle a cu un figrand nombre
144 MERCURE
d'illuftres Confreres, que l'on
peut dire qu'il n'y en a point
de plus illuftre en Europe.
Vous fçavez que le Roy eft
de cette Confrairie , & que
lorfque Meffeigneurs les Princes pafferent par Touloufe
ils s'y firent recevoir à l'exemple de S. M. Ce fut dans ce
même temps que Mr le Maréchal de Noailles qui les accompagnoit , s'yfit recevoir. Cette Confrairie a tous les ans un
Prieur nouveau , & Mr le Maréchal de Noailles eftant mort
dans l'année qu'il en eftoit
Prieur , les Confreres ordonnerent
GALANY 145
nerent qu'on luy feroit un
Service folemnel , & qu'on
feroit une Oraifon funebre à
la gloire de ce Maréchal; elle
fut prononcée par Mr de Malauberc Archipreftre de Grenade. Cet Eloge funebre fut
trouvé fi beauque l'on fouhaita de le voir imprimé , mais la
modeftie de l'Orateur l'empêcha de le donner au Public.
Cependant s'eftant laiſſé vaincredepuis ce temps-là aux preffantes follicitations de fes
Confreres , & des principales
perfonnes de Toulouſe , il
confentit de le faire imprimer.
Février 1710. N
146 MERCURE
Il fe vend à Toulouſe chez la
veuve Boude , Claude Gilles le
Camus , & Jacques Loyau.
Pour vous marquer combien la Compagnie des Penitens bleus eft illuftre , je dois
vous dire feulement les noms
des Confreres qui ont eu foin
de la Pompe funebre dont je
viens de vous parler. Ce font
Mrs les Comtes de Fimarcon
& d'Efclignac , Maîtres de
Chapelle ; le Comte de Pibrac;
Mauriac ; Nolet ; l'Abbé de
Chalvel de Caulet - Grandmond ; de Lopes ; le Chevalier de Clary ; Pujols , Con-
GALANT 147
feiller au Parlement ; Epigat
Sindic , de la Compagnie , &
de Nupces, Prefident à Mortier , à quifeu Mr le Maréchal
deNoailles avoit confié la direction de la Compagnie dans
l'année de fa Charge de Prieur.
Bleus ue Toulouſe a jufqu'icy
fait trop de bruit pour n'eftre
pas generalement connuë , &
elle a cu un figrand nombre
144 MERCURE
d'illuftres Confreres, que l'on
peut dire qu'il n'y en a point
de plus illuftre en Europe.
Vous fçavez que le Roy eft
de cette Confrairie , & que
lorfque Meffeigneurs les Princes pafferent par Touloufe
ils s'y firent recevoir à l'exemple de S. M. Ce fut dans ce
même temps que Mr le Maréchal de Noailles qui les accompagnoit , s'yfit recevoir. Cette Confrairie a tous les ans un
Prieur nouveau , & Mr le Maréchal de Noailles eftant mort
dans l'année qu'il en eftoit
Prieur , les Confreres ordonnerent
GALANY 145
nerent qu'on luy feroit un
Service folemnel , & qu'on
feroit une Oraifon funebre à
la gloire de ce Maréchal; elle
fut prononcée par Mr de Malauberc Archipreftre de Grenade. Cet Eloge funebre fut
trouvé fi beauque l'on fouhaita de le voir imprimé , mais la
modeftie de l'Orateur l'empêcha de le donner au Public.
Cependant s'eftant laiſſé vaincredepuis ce temps-là aux preffantes follicitations de fes
Confreres , & des principales
perfonnes de Toulouſe , il
confentit de le faire imprimer.
Février 1710. N
146 MERCURE
Il fe vend à Toulouſe chez la
veuve Boude , Claude Gilles le
Camus , & Jacques Loyau.
Pour vous marquer combien la Compagnie des Penitens bleus eft illuftre , je dois
vous dire feulement les noms
des Confreres qui ont eu foin
de la Pompe funebre dont je
viens de vous parler. Ce font
Mrs les Comtes de Fimarcon
& d'Efclignac , Maîtres de
Chapelle ; le Comte de Pibrac;
Mauriac ; Nolet ; l'Abbé de
Chalvel de Caulet - Grandmond ; de Lopes ; le Chevalier de Clary ; Pujols , Con-
GALANT 147
feiller au Parlement ; Epigat
Sindic , de la Compagnie , &
de Nupces, Prefident à Mortier , à quifeu Mr le Maréchal
deNoailles avoit confié la direction de la Compagnie dans
l'année de fa Charge de Prieur.
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Résumé : Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
Le texte évoque la Compagnie des Pénitents Bleus de Toulouse, une confrérie prestigieuse en Europe. Des personnalités telles que le roi, les princes et le maréchal de Noailles y étaient reçues. Chaque année, la confrérie élisait un nouveau prieur. En 1710, le maréchal de Noailles, alors prieur, décéda. Les confrères organisèrent un service solennel et une oraison funèbre, prononcée par M. de Maulaber, archiprêtre de Grenade. Bien que modeste, M. de Maulaber accepta finalement de publier l'oraison après des sollicitations. L'oraison fut vendue à Toulouse chez plusieurs libraires. La renommée de la confrérie est illustrée par la participation de notables, incluant des comtes, des maîtres de chapelle, des conseillers au Parlement et des présidents à mortier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1902-1903
« La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...] »
Début :
La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Noailles, Ponts, Armée, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : « La nuit du 15 au 16 de ce mois, le Prince Charles de Lorraine a repassé la Riviere [...] »
La nuit du 15 au 16 de ce mois , le Prince
Charles de Lorraine a repaffé la Riviere
de Sorn , & eft allé camper entre Bicheveiller
& Drufenheim , pour être plus à portée
ponts , fur lefquels il a déja fait paffer
une partie de l'aîle gauche de l'armée de
la Reine de Hongrie.
de fes
Le Corps commandé par le Baron de Berenklau
, ayant abandonné Saverne le 15 à
dix heures du foir , le Duc d'Harcourt a fait
occuper ce pofte le lendemain au matin.
On a jetté deux ponts fur le Rhin par ordre
du Maréchal de Noailles , mais une
grande crue d'eau les ayant dérangés,on n'a
dû en faire ufage que le is au foir , & ce
jour- là toutes les troupes venues de Flandre
ont traversé Strafbourg , afin d'aller ſe poſ
ter fous le Ruiffeau de Foufflevierge.
Le Maréchal de Coigny & le Maréchal de
Seckendorf ont paffé le même jour la Bruch,
&
A O UST. 1744. 1903
C
ils ont établi leur camp à la gauche des
troupes qui font fous les ordres du Maréchal
de Noailles. Le Duc d'Harcourt devoit
les aller joindre , & toute l'armée devoit
marcher enfuite , pour s'approcher des ennemis.
Charles de Lorraine a repaffé la Riviere
de Sorn , & eft allé camper entre Bicheveiller
& Drufenheim , pour être plus à portée
ponts , fur lefquels il a déja fait paffer
une partie de l'aîle gauche de l'armée de
la Reine de Hongrie.
de fes
Le Corps commandé par le Baron de Berenklau
, ayant abandonné Saverne le 15 à
dix heures du foir , le Duc d'Harcourt a fait
occuper ce pofte le lendemain au matin.
On a jetté deux ponts fur le Rhin par ordre
du Maréchal de Noailles , mais une
grande crue d'eau les ayant dérangés,on n'a
dû en faire ufage que le is au foir , & ce
jour- là toutes les troupes venues de Flandre
ont traversé Strafbourg , afin d'aller ſe poſ
ter fous le Ruiffeau de Foufflevierge.
Le Maréchal de Coigny & le Maréchal de
Seckendorf ont paffé le même jour la Bruch,
&
A O UST. 1744. 1903
C
ils ont établi leur camp à la gauche des
troupes qui font fous les ordres du Maréchal
de Noailles. Le Duc d'Harcourt devoit
les aller joindre , & toute l'armée devoit
marcher enfuite , pour s'approcher des ennemis.
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3
p. 1916-1918
« Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...] »
Début :
Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Maréchal de Noailles, Armée
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texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce mois à Brumpt avec l'armée du Roi, il fut obligé de [...] »
Le Maréchal de Noailles étant arrivé le 21 de ce
mois à Brumpt avec l'armée du Roi , il fut obligé de
I'y laiffer repofer le lendemain , & il envoya feulement
trois Détachemens , compofés chacun de
2020 hommes d'Infanterie & de 1000 de Cavalerie
, fous les ordres du Chevalier de Belle- Ifle , du
Comte de Lowendalh , & de M. de Berchiny ,
Lieutenans Généraux , pour inquiéter l'arrieregarde
AOUST. 1744. 1917
garde des ennemis , dont la marche faifoit juger
que le Prince Charles fe difpofoit à repaffer le
Rhin.
Le Maréchal de Noailles reçût avis le 23 , que les
ennemis fe retiroient , mefure que les Détachemens
s'approchoient d'eux , & fur cette nouvelle ik
Le porta fur les hauteurs de Haguenau ; il trouva à
Bicheveillers les troupes qui étoient aux ordres du
Comte de Lowendall , & il les fit paffer par Drufenheim
; il donna ordre aux deux autres Détachemens
, de s'avancer vers le Fort - Louis , en marchant
par Suffelsheim . Les ennemis étant dans ce
Village en grand nombre , & dans des retranchemens
formés par des abbatis d'Arbres , le Maréchal
de Noailles envoya au Chevalier de Belle Ifle
de nouvelles troupes , il fit marcher en même tems
la Brigade des Gardes par Drufenheim , pour toutenir
le Détachement commandé par le Comte de
Lowendalh , & il fe mit en marche avec le refte de
l'armée , pour aller attaquer le Prince Charles , lequel
étoit campé , la gauche à fes ponts de Benheim
, & la droite au Village de Rechvangle
.
Les retranchemens de Suffelsheim ayant été attaqués
, ils furent emportés avec la plus grande valeur.
Les ennemis y ont perdu beaucoup de monde
, & on y a fait plus de 200 prifonniers.
L'attaque des retranchemens que les ennemis
avoient formés près du Village d'Angenheim , n'a
pas eu moins de fuccès ; & les Grenadiers , après
les avoir forcés , ont pourſuivi les ennemis jufqu'à
dix heures du foir.
L'armée du Roi étant restée en bataille toute la
nuit , elle marcha à la pointe du jour , & elle commençoit
à paffer le défilé qui conduit à Benheim ,
lorfque le Maréchal de Noailles apprit que le Prin
ce Charles avoit profité de la nuit , pour repaffer le
Rhin.
Les
1918 MERCURE DE FRANCE. -
Les ennemis ont perdu aux attaques de leurs re
tranchemens environ 3000 hommes ; on leur a fait
un grand nombre de prifonniers , & il n'y a eû de
notre côté que 200 hommes de tués ou de bleffés .
Le Grand Prieur de France a reçû dans la cuiffe
un coup de fufil , qu'on ne croit pas dangereux.
Ces nouvelles ont été apportées au Roi par le
Marquis de Croiffy , que le Maréchal de Noailles a
dépêché à S. M. & qui eft arrivé à Metz le 25 ,
vers midi.
mois à Brumpt avec l'armée du Roi , il fut obligé de
I'y laiffer repofer le lendemain , & il envoya feulement
trois Détachemens , compofés chacun de
2020 hommes d'Infanterie & de 1000 de Cavalerie
, fous les ordres du Chevalier de Belle- Ifle , du
Comte de Lowendalh , & de M. de Berchiny ,
Lieutenans Généraux , pour inquiéter l'arrieregarde
AOUST. 1744. 1917
garde des ennemis , dont la marche faifoit juger
que le Prince Charles fe difpofoit à repaffer le
Rhin.
Le Maréchal de Noailles reçût avis le 23 , que les
ennemis fe retiroient , mefure que les Détachemens
s'approchoient d'eux , & fur cette nouvelle ik
Le porta fur les hauteurs de Haguenau ; il trouva à
Bicheveillers les troupes qui étoient aux ordres du
Comte de Lowendall , & il les fit paffer par Drufenheim
; il donna ordre aux deux autres Détachemens
, de s'avancer vers le Fort - Louis , en marchant
par Suffelsheim . Les ennemis étant dans ce
Village en grand nombre , & dans des retranchemens
formés par des abbatis d'Arbres , le Maréchal
de Noailles envoya au Chevalier de Belle Ifle
de nouvelles troupes , il fit marcher en même tems
la Brigade des Gardes par Drufenheim , pour toutenir
le Détachement commandé par le Comte de
Lowendalh , & il fe mit en marche avec le refte de
l'armée , pour aller attaquer le Prince Charles , lequel
étoit campé , la gauche à fes ponts de Benheim
, & la droite au Village de Rechvangle
.
Les retranchemens de Suffelsheim ayant été attaqués
, ils furent emportés avec la plus grande valeur.
Les ennemis y ont perdu beaucoup de monde
, & on y a fait plus de 200 prifonniers.
L'attaque des retranchemens que les ennemis
avoient formés près du Village d'Angenheim , n'a
pas eu moins de fuccès ; & les Grenadiers , après
les avoir forcés , ont pourſuivi les ennemis jufqu'à
dix heures du foir.
L'armée du Roi étant restée en bataille toute la
nuit , elle marcha à la pointe du jour , & elle commençoit
à paffer le défilé qui conduit à Benheim ,
lorfque le Maréchal de Noailles apprit que le Prin
ce Charles avoit profité de la nuit , pour repaffer le
Rhin.
Les
1918 MERCURE DE FRANCE. -
Les ennemis ont perdu aux attaques de leurs re
tranchemens environ 3000 hommes ; on leur a fait
un grand nombre de prifonniers , & il n'y a eû de
notre côté que 200 hommes de tués ou de bleffés .
Le Grand Prieur de France a reçû dans la cuiffe
un coup de fufil , qu'on ne croit pas dangereux.
Ces nouvelles ont été apportées au Roi par le
Marquis de Croiffy , que le Maréchal de Noailles a
dépêché à S. M. & qui eft arrivé à Metz le 25 ,
vers midi.
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4
p. 2086-2090
Prise du Fort de Démont, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Château Dauphin du 26 du même mois, que la tranchée ayant été [...]
Mots clefs :
Fort de Démont, Roi de Sardaigne, Prince de Conti, Magasins, Troupes, Maréchal de Noailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise du Fort de Démont, [titre d'après la table]
On mande de Château Dauphin du 26
du même mois, que la tranchée ayant etc
ouverte devant le Fort de Démont, & que
trois batteries, l'une de mortiers,les deux
autres de canons, dont il y en avoir une de
six pièces de vingt-quatre, destinées à battre
en brèche
, ayant été mises le 16 en état
de tirer,le feu prit le 17, vers les trois heures
aprèsmidi, à un magasin de mèches, qui
étoit dans le Fort.
Les fiâmesfirent en peu de tems un progrès
si rapide. qu'elles se communiquerenr
à la maison du Gouverneur & à une grande
quantité de bois de blindage dont elle étoit
environnée. Le Gouverneur ôc la garnison
+ craignant qu'elles ne gagnaffent trois magasins
à poudre, qui n'en étoient pas éloignés,
& qu'elles ne les fissent-faut-er
,
prirent
aussi-rôt le parti d'arborer le Drapeau
blanc, ôc de sortir du Fort, pour se rendre
à discrétion
,
& ils ont été faits prisonniers
de guerre. La garnison étoit composée d'environ1000
Soldats:, de 152Canoniers&
BomBombardierg,&
de cinquante-deuxOfficers
Les assiégeans évacuèrent la tranchée
? afinden'être point incommodés des éclats
qui viendraient du Fort,, s'il arrivoit un
accident aux magasins à poudre,mais heu*
reusement cette précaution fut inutile, divers
obstacles ayant empêché les fiâmes de
s'étendre jusqu'à ces magasins. L'incendie
dura toute la nuit, & le feu s'étant appaisé
le 18 au matin,. on fit entrer dans la Place
quelques Piquets., qui travaillèrent avec
tant de diligence à éteindre le feu, que les
magasins furent bien-tôt hors de danger.
Par ce hazard heureux,les fortifications de
la Place font aussi enricres, que lorsqu'elle
était au pouvoir du Roi de Sardaigne; on
est maître de toutes les munitions qu'il y
avoit fait conduire, & l'on a,de plus, toutes
celles qu'il auroitfallu consommer pendant
le Siége; ce dernier objet est d'une grande
importance
, parce que les chemins ont été
tellement rompus par les Piedmontois , qu'on re peut y rien transporter sans beaucoup
de dimculcé..
L'événement, qui a précipité la prise du
Fort de Demont, est d'autant plus favorable
, qu'on appréhendoir que le Siège ne fin:
plus long qu'on ne s'y croit arendu Ce
Fort étoit pourvu de munitions peur six
lIlois" &ilavait été lebâti presqueentièrement
ment par ordre du Roi de Sardaigne
,
qull
y a fait travailler pendant quatre années en-l' tieres. On y a trouvé 56 pièces de canon,
dont 48 font de bronze,& 14 de 24 livres
de balles.
Quelques jours avant que le Fort de Démont
se foit rendu, le feu avoit pris en quatre
endroits différens au Village d'ison, où
l'Infant Don Philippe & le Prince de Conty
avoient établi leur quartier. La perte causée
par cet accident, qu'on ne regarde point
comme l'effet d'un simple hazard
,
& à l'occassôn
duquelonaarrêté quelques personnes
, qu'on soupçonne en être les auteurs-,
est rrès-considerable. L'Infant Don Philippe
& le Prince de Conty ont couru risque d'être
enveloppés par les fiâmes, & 60 chevaux
ou mulets du Prince de Conty ont été
brûlés.
Depuis que l'Inant est maître du Fort de
Démont, la plus grande partie des troupes
Espagnoles & Françoises a marché pour attaquer
le Roi de Sardaigne) qui étoit campé
en deçà du Pô avec son armée
y
mais ce
Princen'a pas jugé à propos de hazarder un
combat, & il a repassé précipitamment cette
Riviere.
On a fair toutes les disposîtions nécessaires,
pour asséger la Ville de Coni
,
qui devoit
être investie sur la fin du mois dernier.
On
Où apprend de Strasbourg du 19 du moi
dernier,que le Maréchal de Noailles; après
avoir campé pendant quelques jours près de
cette Ville avec le Corps de troupes que S.
M. a fait partir de Flandre pour se rendre
sur le Rhin, a été joint par l'arméequiétoit
aux ordres du Maréchal de Coigny,par
l'armée Impériale, & par les troupes que
commandoit le Duc d'Harcourt.
Toutes les troupes s'étant mises ensemble
en marche, elles arrivèrent le i 1 au camp
de Brumpt, &: comme elles étoient très fatiguées
,
le Maréchal de Noaillesjugea indispensable
de les y faire séjourner le 11 , mais il détacha trois Corps, chacun de 2000
- hommes d'Infanterie & de 1000 hommes
de Cavalerie,dont il donna le commandement
auChevaiier de Belle-Isle, au Comte
de Lowendahl & au Comte de Berchiny
Lieutenans Généraux. Son objet étoit de1
faireinquiéter par ces Détachemens l'arriere-
garde des ennemis, qui se retirerent, à
mesure que ces Détachemens avancèrent sur
eux.
Le 23 ,
le Maréchal de Noailles se porta
sur les hauteurs de Haguenau, 5c ayant
trouvé à Bicheveiller le Détachement du
Comte de Lowendahl,il le fit paffer par
Drufenheim, que les ennemisavoient abandonné.
Le Comte de Lowendahl y trouva
quatre
quatre pièces de canon qu'ils y avoient lait:
sées, & il apprit qu'ils avoient jette dans la
Maurern 7 â800 fusils & une grande quantité
de barils de poudre.
du même mois, que la tranchée ayant etc
ouverte devant le Fort de Démont, & que
trois batteries, l'une de mortiers,les deux
autres de canons, dont il y en avoir une de
six pièces de vingt-quatre, destinées à battre
en brèche
, ayant été mises le 16 en état
de tirer,le feu prit le 17, vers les trois heures
aprèsmidi, à un magasin de mèches, qui
étoit dans le Fort.
Les fiâmesfirent en peu de tems un progrès
si rapide. qu'elles se communiquerenr
à la maison du Gouverneur & à une grande
quantité de bois de blindage dont elle étoit
environnée. Le Gouverneur ôc la garnison
+ craignant qu'elles ne gagnaffent trois magasins
à poudre, qui n'en étoient pas éloignés,
& qu'elles ne les fissent-faut-er
,
prirent
aussi-rôt le parti d'arborer le Drapeau
blanc, ôc de sortir du Fort, pour se rendre
à discrétion
,
& ils ont été faits prisonniers
de guerre. La garnison étoit composée d'environ1000
Soldats:, de 152Canoniers&
BomBombardierg,&
de cinquante-deuxOfficers
Les assiégeans évacuèrent la tranchée
? afinden'être point incommodés des éclats
qui viendraient du Fort,, s'il arrivoit un
accident aux magasins à poudre,mais heu*
reusement cette précaution fut inutile, divers
obstacles ayant empêché les fiâmes de
s'étendre jusqu'à ces magasins. L'incendie
dura toute la nuit, & le feu s'étant appaisé
le 18 au matin,. on fit entrer dans la Place
quelques Piquets., qui travaillèrent avec
tant de diligence à éteindre le feu, que les
magasins furent bien-tôt hors de danger.
Par ce hazard heureux,les fortifications de
la Place font aussi enricres, que lorsqu'elle
était au pouvoir du Roi de Sardaigne; on
est maître de toutes les munitions qu'il y
avoit fait conduire, & l'on a,de plus, toutes
celles qu'il auroitfallu consommer pendant
le Siége; ce dernier objet est d'une grande
importance
, parce que les chemins ont été
tellement rompus par les Piedmontois , qu'on re peut y rien transporter sans beaucoup
de dimculcé..
L'événement, qui a précipité la prise du
Fort de Demont, est d'autant plus favorable
, qu'on appréhendoir que le Siège ne fin:
plus long qu'on ne s'y croit arendu Ce
Fort étoit pourvu de munitions peur six
lIlois" &ilavait été lebâti presqueentièrement
ment par ordre du Roi de Sardaigne
,
qull
y a fait travailler pendant quatre années en-l' tieres. On y a trouvé 56 pièces de canon,
dont 48 font de bronze,& 14 de 24 livres
de balles.
Quelques jours avant que le Fort de Démont
se foit rendu, le feu avoit pris en quatre
endroits différens au Village d'ison, où
l'Infant Don Philippe & le Prince de Conty
avoient établi leur quartier. La perte causée
par cet accident, qu'on ne regarde point
comme l'effet d'un simple hazard
,
& à l'occassôn
duquelonaarrêté quelques personnes
, qu'on soupçonne en être les auteurs-,
est rrès-considerable. L'Infant Don Philippe
& le Prince de Conty ont couru risque d'être
enveloppés par les fiâmes, & 60 chevaux
ou mulets du Prince de Conty ont été
brûlés.
Depuis que l'Inant est maître du Fort de
Démont, la plus grande partie des troupes
Espagnoles & Françoises a marché pour attaquer
le Roi de Sardaigne) qui étoit campé
en deçà du Pô avec son armée
y
mais ce
Princen'a pas jugé à propos de hazarder un
combat, & il a repassé précipitamment cette
Riviere.
On a fair toutes les disposîtions nécessaires,
pour asséger la Ville de Coni
,
qui devoit
être investie sur la fin du mois dernier.
On
Où apprend de Strasbourg du 19 du moi
dernier,que le Maréchal de Noailles; après
avoir campé pendant quelques jours près de
cette Ville avec le Corps de troupes que S.
M. a fait partir de Flandre pour se rendre
sur le Rhin, a été joint par l'arméequiétoit
aux ordres du Maréchal de Coigny,par
l'armée Impériale, & par les troupes que
commandoit le Duc d'Harcourt.
Toutes les troupes s'étant mises ensemble
en marche, elles arrivèrent le i 1 au camp
de Brumpt, &: comme elles étoient très fatiguées
,
le Maréchal de Noaillesjugea indispensable
de les y faire séjourner le 11 , mais il détacha trois Corps, chacun de 2000
- hommes d'Infanterie & de 1000 hommes
de Cavalerie,dont il donna le commandement
auChevaiier de Belle-Isle, au Comte
de Lowendahl & au Comte de Berchiny
Lieutenans Généraux. Son objet étoit de1
faireinquiéter par ces Détachemens l'arriere-
garde des ennemis, qui se retirerent, à
mesure que ces Détachemens avancèrent sur
eux.
Le 23 ,
le Maréchal de Noailles se porta
sur les hauteurs de Haguenau, 5c ayant
trouvé à Bicheveiller le Détachement du
Comte de Lowendahl,il le fit paffer par
Drufenheim, que les ennemisavoient abandonné.
Le Comte de Lowendahl y trouva
quatre
quatre pièces de canon qu'ils y avoient lait:
sées, & il apprit qu'ils avoient jette dans la
Maurern 7 â800 fusils & une grande quantité
de barils de poudre.
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5
p. 2090-2096
Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Début :
Le Maréchal de Noailles envoya ordre aux deux autres Détachemens que commandoient [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Roi, Troupes, Maréchal de Noailles, Rhin, Compagnies, Chevalier de Belle-Isle, Village, Ponts, Grenadiers, Détachement, Santé du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
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