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5301
p. [2002]-2006
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Le 10. du mois de Fevrier dernier, le Roi de Perse qui avoit formé la resolution de reprendre [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Armée, Montagnes de la Province d'Iran, Janissaires
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
L
›
>
E 10. du mois de Fevrier dernier , le Roi de
Perse qui avoit formé la resolution de reprendre
la Ville de Tauris , se mit en marche
pour aller l'assieger à la tête d'une armée de 100.
mille hommes. Son dessein étoit de la reprendre
d'assaut ; mais ayant été repoussé plusieurs fois
avec perte de ses meilleurs Officiers il s'étoit
determiné à en former le Siege et à ouvrir la
tranchée , lors qu'il fut informé qu'il y avoit une
division à Erivan entre la Garnison et le Seraskier
Ali Pacha , auquel les Jannissaires refusoient
d'obeïr , parce qu'il leur étoit dû plusieurs
mois de leur Solde et qu'on ne leur avoit
pas encore distribué le present que les Sultans
sont dans l'usage de leur faire à leur avenement
au Trône. Sur cet avis le Roy de Perse
partagea son Armée , dont il laissa la moitié devant
Tauris et marcha avec le reste du côté
d'Erivan. La saison qui étoit rigoureuse , rendit
sa marche plus longue qu'il ne croyoit ; il eut
d'ailleurs beaucoup de peine à traverser les Montagnes
de la Province d'Iran . Aly - Pacha qui
avoit été informé du projet , calma les Janissaires
mécontens , en leur payant de ses propres
deniers une partie de ce qui leur étoit dû , et
s'enferma dans Erivan avec un renfort de 12000.
hommes.
>
›
Le Roi de Perse étant arrivé prés de cette Ville
, fit tout ce qu'il pût pour attirer le Seraskier
38
A OUS T. 1731. , 2003
>
au combat . Plusieurs jours se passerent à escarmoucher
avec un pareil avantage ,parce que le commandant
Turc ne vouloit pas risquer un combar
general avant que d'avoir reçu un secours considerable
de Troupes qu'il attendoit ; mais ce
secours étant trop long - temps à arriver , il fit
faire une sortie de 6coo . hommes qui eurent
ordre de fuir à la premiere décharge , et d'attirer
le Roi de Perse sous une batterie de 40. pieces
de canon Cet ordre fut exécuté si à propos .
que les Persans poursuivant les Fuyards , donnerent
dans le piege ; ils essuyerent tout le feu
de la batterie , qui leur tua beaucoup de monde
et le Gouverneur de la place sortit contre eux
la tête de 9000. hommes , ausquels se joignirent
encore 14000. hommes , qui étoient campés derriere
une colline , et qui parurent à un certain
signal. Le combat devint general ; les Persans y
firent paroître beaucoup de valeur ; mais étant
trés - mal armés , ils furent obligés de se retirer
vers la riviere d'Aras où ils se retrancherent :9
Si le Seraskier les eût poursuivis dans leur retraite
, on croit qu'il les auroit taillés en pieces ,
mais il se contenta de ce premier avantage.
Vers le 15 de Mars suivant , les Janissaires
demandant avec instance d'aller une seconde fois
au combat , il se détermina à aller attaquer les
Persans dans leurs retranchemens . Il fut d'abord
repoussé avec perte , ce qui l'obligea à se retirer
dans son camp ; mais le nouveau secours qu'il
attendoit , étant arrivé , il commença le 16. à la
pointe du jour à canonner lcs Persans d'une hauteur
, dont il s'étoit emparé. Ces derniers qui
n'avoient que trés - peu d'artillerie sortirent en
désordre de leurs retranchemens , les Turcs les
poursuivirent ; et comme Ils ne s'étoient point
mé
2/2004 MERCURE DE FRANCE
menagé de retraite , le Seraskier les poussa du
côté de l'Aras , ou la plupart se précipiterent. La
perte du côté des Persans peut monter à 18. ou
20000. hommes , tant tués que noyés. Le Roi
de Perse s'est retiré vers Tauris pour y rejoindre
le reste de son armée , et on croit que malgré la
perte de cette bataille il continuera le Siege de
Cette place.
>
Les mêmes lettres ajoûtent qu'on avoit fait des
rejouissances publiques pendant trois jours à
Constantinople , à l'occasion de cette victoire ,
que le G. S. avoit fait distribuer de l'argent aux
Janissaires et au Peuple , et qu'il avoit été resolu
dans le dernier Divan , d'envoyer un secours de
20000. Janissaires au Seraskier Aly- Pacha.
Parmi les prisonniers de consideration qui ont
été faits à la bataille d'Erivan , il y avoit un
Prince , qui commandoit en chef l'armée du Roi
de Perse ; cet officier general ayant été amené à
Constantinople , fut presenté au G. S. qui lui fit
beaucoup d'accueil. S. H. lui ayant demandé
' il ne pouvoit pas esperer de conclure la paix
avec le Roi de Perse, en lui abandonnant les conquêtes
qu'il avoit faites jusqu'à present ; le General
Persan lui répondit qu'il ne le croyoit pas ,
et ajoûta qu'il esperoit voir dans peu le Roi
son Maître à la tête d'une armée devant Constantinople.
Cette réponse fiere et imprudente
irrita si fort le G. S. qu'il lui fit sur le champ
couper la tête devant les fenêtres de son appartement.
S. H. a envoyé depuis des Ordres pour faire
arrêter sur la frontiere l'Ambassadeur du Roi de
Perse , qui vient pour la complimenter sur son
avenement au Trône sous prétexte qu'il n'a
pas les Passeports necessaires pour entrer sur les
>
terres
A O UST. 1731. 2005
Terres de l'Empire Ottoman
et on doit le >
conduire dans l'Île de Tenedos , aprés lui avoir
pris ses Lettres de Créance
les presens qu'il apporte.
ses instructions et
D'autres avis de Constantinople , portent que.
le 14. du mois de May dernier , le Mufti avoit
été deposé et relegué à Busta ; que Pasmuada
avoit été nommé en sa place ; que le 18. Gianum
Coggia étant revenu du Port , avoit trouvé
chés lui un Officier du G. S. qui l'avoit conduit
au Serrail , où Sa Hautesse lui avoit declaré
qu'il n'étoit plus Capitan Pacha ; qu'une heure
aprés on l'avoit obligé de s'embarquer sur une
>
Galere accompagné d'un Chiaoux , de quelques
autres Officiers , et de quatre ou cinq de ses
Domestiques ; que cette Galere ayant pris la
route de Candie on avoit cru d'abord qu'il
avoit été relegué à Retimo ; mais que l'opinion
la plus commune , étoit qu'il avoit été étranglé
parce que dans la route la Galere avoit debarqué
les domestiques du Capitan Pacha disgracié , et
qu'il étoit resté seul avec le Chiaoux et les autres
Officiers chargés des ordres secrets de S H.
Ces lettres ajoûtent qu'il a été la victime des
premiers Ministres et des Jannissaires , qui ne
pouvoient souffrir qu'il fut en si grand credit
auprès du G. S. qu'il avoit détourné de faire la
Guerre aux Princes Chrétiens .
Il est remplacé dans la charge de Capitan Pacha
par Abdi , qui fut disgracié il y a quelques
'années , et qu'on attendincessamment de son exil.
Marabata , Amiral ordinaire , ou Commandant
du Port , qui exerce la charge de Capitan Pacha
par Interim , fait actuellement équiper 16. Sultanes
, et achever les 23. autres qui étoient sur
les chantiers depuis plusieurs mois.
H
2003 MERCURE DE FRANCE
On continuë de faire des recherches contre les
mécontens , qui ont eu part à la premiere et à
la seconde revolte ; et aussi - tôt qu'on en décou
vre quelques-uns , le G. S. les fait étrangler-en
secret.
L
›
>
E 10. du mois de Fevrier dernier , le Roi de
Perse qui avoit formé la resolution de reprendre
la Ville de Tauris , se mit en marche
pour aller l'assieger à la tête d'une armée de 100.
mille hommes. Son dessein étoit de la reprendre
d'assaut ; mais ayant été repoussé plusieurs fois
avec perte de ses meilleurs Officiers il s'étoit
determiné à en former le Siege et à ouvrir la
tranchée , lors qu'il fut informé qu'il y avoit une
division à Erivan entre la Garnison et le Seraskier
Ali Pacha , auquel les Jannissaires refusoient
d'obeïr , parce qu'il leur étoit dû plusieurs
mois de leur Solde et qu'on ne leur avoit
pas encore distribué le present que les Sultans
sont dans l'usage de leur faire à leur avenement
au Trône. Sur cet avis le Roy de Perse
partagea son Armée , dont il laissa la moitié devant
Tauris et marcha avec le reste du côté
d'Erivan. La saison qui étoit rigoureuse , rendit
sa marche plus longue qu'il ne croyoit ; il eut
d'ailleurs beaucoup de peine à traverser les Montagnes
de la Province d'Iran . Aly - Pacha qui
avoit été informé du projet , calma les Janissaires
mécontens , en leur payant de ses propres
deniers une partie de ce qui leur étoit dû , et
s'enferma dans Erivan avec un renfort de 12000.
hommes.
>
›
Le Roi de Perse étant arrivé prés de cette Ville
, fit tout ce qu'il pût pour attirer le Seraskier
38
A OUS T. 1731. , 2003
>
au combat . Plusieurs jours se passerent à escarmoucher
avec un pareil avantage ,parce que le commandant
Turc ne vouloit pas risquer un combar
general avant que d'avoir reçu un secours considerable
de Troupes qu'il attendoit ; mais ce
secours étant trop long - temps à arriver , il fit
faire une sortie de 6coo . hommes qui eurent
ordre de fuir à la premiere décharge , et d'attirer
le Roi de Perse sous une batterie de 40. pieces
de canon Cet ordre fut exécuté si à propos .
que les Persans poursuivant les Fuyards , donnerent
dans le piege ; ils essuyerent tout le feu
de la batterie , qui leur tua beaucoup de monde
et le Gouverneur de la place sortit contre eux
la tête de 9000. hommes , ausquels se joignirent
encore 14000. hommes , qui étoient campés derriere
une colline , et qui parurent à un certain
signal. Le combat devint general ; les Persans y
firent paroître beaucoup de valeur ; mais étant
trés - mal armés , ils furent obligés de se retirer
vers la riviere d'Aras où ils se retrancherent :9
Si le Seraskier les eût poursuivis dans leur retraite
, on croit qu'il les auroit taillés en pieces ,
mais il se contenta de ce premier avantage.
Vers le 15 de Mars suivant , les Janissaires
demandant avec instance d'aller une seconde fois
au combat , il se détermina à aller attaquer les
Persans dans leurs retranchemens . Il fut d'abord
repoussé avec perte , ce qui l'obligea à se retirer
dans son camp ; mais le nouveau secours qu'il
attendoit , étant arrivé , il commença le 16. à la
pointe du jour à canonner lcs Persans d'une hauteur
, dont il s'étoit emparé. Ces derniers qui
n'avoient que trés - peu d'artillerie sortirent en
désordre de leurs retranchemens , les Turcs les
poursuivirent ; et comme Ils ne s'étoient point
mé
2/2004 MERCURE DE FRANCE
menagé de retraite , le Seraskier les poussa du
côté de l'Aras , ou la plupart se précipiterent. La
perte du côté des Persans peut monter à 18. ou
20000. hommes , tant tués que noyés. Le Roi
de Perse s'est retiré vers Tauris pour y rejoindre
le reste de son armée , et on croit que malgré la
perte de cette bataille il continuera le Siege de
Cette place.
>
Les mêmes lettres ajoûtent qu'on avoit fait des
rejouissances publiques pendant trois jours à
Constantinople , à l'occasion de cette victoire ,
que le G. S. avoit fait distribuer de l'argent aux
Janissaires et au Peuple , et qu'il avoit été resolu
dans le dernier Divan , d'envoyer un secours de
20000. Janissaires au Seraskier Aly- Pacha.
Parmi les prisonniers de consideration qui ont
été faits à la bataille d'Erivan , il y avoit un
Prince , qui commandoit en chef l'armée du Roi
de Perse ; cet officier general ayant été amené à
Constantinople , fut presenté au G. S. qui lui fit
beaucoup d'accueil. S. H. lui ayant demandé
' il ne pouvoit pas esperer de conclure la paix
avec le Roi de Perse, en lui abandonnant les conquêtes
qu'il avoit faites jusqu'à present ; le General
Persan lui répondit qu'il ne le croyoit pas ,
et ajoûta qu'il esperoit voir dans peu le Roi
son Maître à la tête d'une armée devant Constantinople.
Cette réponse fiere et imprudente
irrita si fort le G. S. qu'il lui fit sur le champ
couper la tête devant les fenêtres de son appartement.
S. H. a envoyé depuis des Ordres pour faire
arrêter sur la frontiere l'Ambassadeur du Roi de
Perse , qui vient pour la complimenter sur son
avenement au Trône sous prétexte qu'il n'a
pas les Passeports necessaires pour entrer sur les
>
terres
A O UST. 1731. 2005
Terres de l'Empire Ottoman
et on doit le >
conduire dans l'Île de Tenedos , aprés lui avoir
pris ses Lettres de Créance
les presens qu'il apporte.
ses instructions et
D'autres avis de Constantinople , portent que.
le 14. du mois de May dernier , le Mufti avoit
été deposé et relegué à Busta ; que Pasmuada
avoit été nommé en sa place ; que le 18. Gianum
Coggia étant revenu du Port , avoit trouvé
chés lui un Officier du G. S. qui l'avoit conduit
au Serrail , où Sa Hautesse lui avoit declaré
qu'il n'étoit plus Capitan Pacha ; qu'une heure
aprés on l'avoit obligé de s'embarquer sur une
>
Galere accompagné d'un Chiaoux , de quelques
autres Officiers , et de quatre ou cinq de ses
Domestiques ; que cette Galere ayant pris la
route de Candie on avoit cru d'abord qu'il
avoit été relegué à Retimo ; mais que l'opinion
la plus commune , étoit qu'il avoit été étranglé
parce que dans la route la Galere avoit debarqué
les domestiques du Capitan Pacha disgracié , et
qu'il étoit resté seul avec le Chiaoux et les autres
Officiers chargés des ordres secrets de S H.
Ces lettres ajoûtent qu'il a été la victime des
premiers Ministres et des Jannissaires , qui ne
pouvoient souffrir qu'il fut en si grand credit
auprès du G. S. qu'il avoit détourné de faire la
Guerre aux Princes Chrétiens .
Il est remplacé dans la charge de Capitan Pacha
par Abdi , qui fut disgracié il y a quelques
'années , et qu'on attendincessamment de son exil.
Marabata , Amiral ordinaire , ou Commandant
du Port , qui exerce la charge de Capitan Pacha
par Interim , fait actuellement équiper 16. Sultanes
, et achever les 23. autres qui étoient sur
les chantiers depuis plusieurs mois.
H
2003 MERCURE DE FRANCE
On continuë de faire des recherches contre les
mécontens , qui ont eu part à la premiere et à
la seconde revolte ; et aussi - tôt qu'on en décou
vre quelques-uns , le G. S. les fait étrangler-en
secret.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En février 1731, le roi de Perse entreprit de reprendre la ville de Tauris avec une armée de 100 000 hommes. Après plusieurs assauts infructueux, il décida de mettre la ville en siège. Informé d'une division entre la garnison et le seraskier Ali Pacha à Erivan, il divisa ses forces et marcha vers Erivan. La rigueur de la saison et les montagnes de la province d'Iran ralentirent sa progression. Ali Pacha, ayant apaisé les Janissaires mécontents, se retrancha à Erivan avec 12 000 hommes. Le roi de Perse tenta d'attirer Ali Pacha au combat, mais ce dernier attendit des renforts. Une sortie turque piégea les Persans sous une batterie de canons, déclenchant un combat général. Malgré leur valeur, les Persans, mal armés, se retirèrent vers la rivière d'Aras. Ali Pacha, n'ayant pas poursuivi les Persans, ces derniers se retranchèrent. Le 15 mars, les Janissaires demandèrent à combattre à nouveau. Ali Pacha attaqua les Persans dans leurs retranchements mais fut repoussé. Avec l'arrivée de renforts, il canonna les Persans le 16 mars, les forçant à se retirer vers l'Aras où beaucoup se noyèrent. Les pertes persanes furent estimées à 18 000 ou 20 000 hommes. Le roi de Perse se retira vers Tauris. À Constantinople, des réjouissances publiques furent organisées pour célébrer cette victoire. Le sultan fit distribuer de l'argent et décida d'envoyer 20 000 Janissaires en renfort à Ali Pacha. Un prince persan, commandant en chef de l'armée perse, fut capturé et exécuté après une réponse imprudente au sultan. L'ambassadeur perse fut arrêté à la frontière. Des changements politiques eurent lieu à Constantinople : le mufti fut déposé, et Gianum Coggia fut démis de ses fonctions de Capitan Pacha, probablement exécuté. Il fut remplacé par Abdi. Marabata, commandant du port, équipait 16 sultanes et achevait 23 autres navires. Des recherches contre les mécontents des révoltes précédentes continuaient, avec des exécutions secrètes ordonnées par le sultan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5302
p. 2006
RUSSIE.
Début :
La Czarine a donné ordre à son Ministre auprés de l'Empereur, de reïterer ses instances [...]
Mots clefs :
Tsarine, Troupe d'exécution, Canal de Ladoga
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
secret.
LACzarne a donné ordre à son Ministre au-
,
ces pour obtenir un accommodement pour le
Duc Charles - Leopold de Meckelbourg , beaufrere
de cette Princesse. Ce Prince a fait encore
publier un nouvel écrit , dans lequel il porte ses
plaintes à la Diette des Princes de l'Empire , contre
les troupes d'exécution qui sont dans son
Duché , contre la Noblesse , et contre les procedures
du Conseil Aulique.
,
>
Le Canal de Ladoga , malgré la secheresse
generale dans le Pays a été navigable pendant
P'Eté ; et l'on compte qu'il y a passé cette année
plus de mille Bâtimens chargés de diverses sortes
de Denrées et Marchandises.
secret.
LACzarne a donné ordre à son Ministre au-
,
ces pour obtenir un accommodement pour le
Duc Charles - Leopold de Meckelbourg , beaufrere
de cette Princesse. Ce Prince a fait encore
publier un nouvel écrit , dans lequel il porte ses
plaintes à la Diette des Princes de l'Empire , contre
les troupes d'exécution qui sont dans son
Duché , contre la Noblesse , et contre les procedures
du Conseil Aulique.
,
>
Le Canal de Ladoga , malgré la secheresse
generale dans le Pays a été navigable pendant
P'Eté ; et l'on compte qu'il y a passé cette année
plus de mille Bâtimens chargés de diverses sortes
de Denrées et Marchandises.
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Résumé : RUSSIE.
Le tsar a ordonné à son ministre de négocier pour le Duc Charles-Léopold de Mecklembourg, qui s'est plaint auprès de la Diète des Princes contre les troupes et la noblesse. Le Canal de Ladoga a été navigable malgré la sécheresse, permettant à plus de mille bâtiments de transporter des marchandises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5303
p. 2006
POLOGNE.
Début :
On écrit de Warsovie que le 16. du mois dernier le Primat envoya des Lettres circulaires [...]
Mots clefs :
Primat, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
N écrit de Warsovie que le 16. du mois
O dernier le Primat envoya des Lettres circulaires
à tous les Evêques , pour leur donner
avis que le Roi avoit accordé aux Protestans de
ce Royaume un Rescript favorable , suivant les
quel ils pourtoient exercer librement leur Reli
gion dans toutes les Villes où il leur a été per
mis d'avoir des Eglises et des Ecoles publiques.
N écrit de Warsovie que le 16. du mois
O dernier le Primat envoya des Lettres circulaires
à tous les Evêques , pour leur donner
avis que le Roi avoit accordé aux Protestans de
ce Royaume un Rescript favorable , suivant les
quel ils pourtoient exercer librement leur Reli
gion dans toutes les Villes où il leur a été per
mis d'avoir des Eglises et des Ecoles publiques.
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5304
p. 2007
SUÈDE.
Début :
On écrit de Stokolm que le 16. Juillet, vers les dix heures du soir, le Roy après avoir [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Stockholm, Commerce des Indes orientales, Naturalisés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
>
>
N écrit de Stokolm que le 16. Juillet , vers
les dix heuresdu soir
le Roy après avoir
soupé avec la Reine , partit pour Cassel , prenant
sa route par Warbi , Nickoping et Norkoping
pour aller s'embarquer à Isted. La suite de S. M.
est de 190. personnes , du nombre desquelles
sont le Lieutenant General Verson , l'Amiral
Taube , les Majors Generaux Ocrensted , Diering
, et Bubembourg , Mr. de Dubem , Grand-
Maréchal de la Cour Mr. Wechel Grand
Ecuyer , &c.
> >
On a publié les Lettres Patentes accordées par
de Roy auCommissaire Konig et à sa Compagnie,
pour faire pendant quinze ans le commerce des
Indes Orientales dans tous les Ports situés audelà
du Cap de Bonne-Esperance , excepté dans
ceux où les Puissances d'Europe ont des Comptoirs
ou des Etablissemens. Ceux qui voudront
prendre part à ce commerce doivent être nés
dans le Royaume , ou naturalisés Suedois.
>
>
N écrit de Stokolm que le 16. Juillet , vers
les dix heuresdu soir
le Roy après avoir
soupé avec la Reine , partit pour Cassel , prenant
sa route par Warbi , Nickoping et Norkoping
pour aller s'embarquer à Isted. La suite de S. M.
est de 190. personnes , du nombre desquelles
sont le Lieutenant General Verson , l'Amiral
Taube , les Majors Generaux Ocrensted , Diering
, et Bubembourg , Mr. de Dubem , Grand-
Maréchal de la Cour Mr. Wechel Grand
Ecuyer , &c.
> >
On a publié les Lettres Patentes accordées par
de Roy auCommissaire Konig et à sa Compagnie,
pour faire pendant quinze ans le commerce des
Indes Orientales dans tous les Ports situés audelà
du Cap de Bonne-Esperance , excepté dans
ceux où les Puissances d'Europe ont des Comptoirs
ou des Etablissemens. Ceux qui voudront
prendre part à ce commerce doivent être nés
dans le Royaume , ou naturalisés Suedois.
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Résumé : SUÈDE.
Le 16 juillet, le roi de Suède quitta Stockholm pour Cassel, accompagné de 190 personnes, dont des dignitaires militaires et civils. Il accorda des Lettres Patentes au commissaire Konig pour commercer dans les Indes Orientales pendant quinze ans, excluant les ports européens au-delà du Cap de Bonne-Espérance. Les commerçants doivent être nés ou naturalisés Suédois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5305
p. 2007-2008
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Bareith, que la nuit du 28. au 29. du mois dernier, le feu ayant pris [...]
Mots clefs :
Feu, Flammes, Ours, Chiens, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Na appris de Bareith , que la nuit du 28.
au 29. du mois dernier le feu
> ayant pris
à la maison d'un Tailleur dans la Ville de Wunsiedel
, les flames s'étoient communiquées aux
Maisons voisines avec tant de violence et de ra
pidité , que toute la Ville dans laquelle on
compte plus de 500. maisons , avoit été reduite
en cendres en moins de deux heures , sans que
les habitans eussent eu le temps de sauver leurs
Hij effets !
,
2008 MERCURE DE FRANCE
effets. Douze Personnes ont peri dans les flames
et le nombre des blessés est fort grand.
Le Margrave de Bareith s'y rendit le 30. Juillet
pour consoler les pauvres habitans , qui sont
réduits à la derniere misere ; ce Prince a ordonné
d'y faire voiturer plusieurs chariots chargés de
Pain &c.
"
On mande de Konigsberg , capitale de la Prusse
Ducale , que le Roy y avoit pris sur la fin du
mois dernier le divertissement d'un combar
assez singulier. On vit d'abord combattre deux
Boeufs sauvages contre six Ours três furieux
dont deux furent tués par les premiers. Après
que ce combat eut duré trois heures , S. M. tua
Jes . Boeufs sauvages avec des Arquebuses rayées :
une des bales que le Roi tira sur le plus grand
de ces Boeufs , donna droit au front , mais elle
n'entra point et sauta comme si elle eut été
·
tirée contre une muraille. On lâcha ensuite des
chiens contre les Ours , qu'on fit sortir un à un
Jesquels furent tués par le Comte de Schlieben et
Mr. Bock , Grand - Maître des Forêts. Le dernier
et le plus furieux de ces Ours , pensa coûter
bien cher à M. Bock : cet Animal quoique fort
blessé , ayant deux lances dans le corps , et attaqué
par quinze chiens , vint se jetter sur Mr.
Bock , et après avoir cassé la lance que ce deznier
vouloit luy enfoncer ", il le terrassa , enleva
une partie de son habit , et luy auroit fait un
mauvais parti , si le comte de Schliehen , qui
vint promptement à son secours , ne l'eût percé
d'un coup de lance.
Na appris de Bareith , que la nuit du 28.
au 29. du mois dernier le feu
> ayant pris
à la maison d'un Tailleur dans la Ville de Wunsiedel
, les flames s'étoient communiquées aux
Maisons voisines avec tant de violence et de ra
pidité , que toute la Ville dans laquelle on
compte plus de 500. maisons , avoit été reduite
en cendres en moins de deux heures , sans que
les habitans eussent eu le temps de sauver leurs
Hij effets !
,
2008 MERCURE DE FRANCE
effets. Douze Personnes ont peri dans les flames
et le nombre des blessés est fort grand.
Le Margrave de Bareith s'y rendit le 30. Juillet
pour consoler les pauvres habitans , qui sont
réduits à la derniere misere ; ce Prince a ordonné
d'y faire voiturer plusieurs chariots chargés de
Pain &c.
"
On mande de Konigsberg , capitale de la Prusse
Ducale , que le Roy y avoit pris sur la fin du
mois dernier le divertissement d'un combar
assez singulier. On vit d'abord combattre deux
Boeufs sauvages contre six Ours três furieux
dont deux furent tués par les premiers. Après
que ce combat eut duré trois heures , S. M. tua
Jes . Boeufs sauvages avec des Arquebuses rayées :
une des bales que le Roi tira sur le plus grand
de ces Boeufs , donna droit au front , mais elle
n'entra point et sauta comme si elle eut été
·
tirée contre une muraille. On lâcha ensuite des
chiens contre les Ours , qu'on fit sortir un à un
Jesquels furent tués par le Comte de Schlieben et
Mr. Bock , Grand - Maître des Forêts. Le dernier
et le plus furieux de ces Ours , pensa coûter
bien cher à M. Bock : cet Animal quoique fort
blessé , ayant deux lances dans le corps , et attaqué
par quinze chiens , vint se jetter sur Mr.
Bock , et après avoir cassé la lance que ce deznier
vouloit luy enfoncer ", il le terrassa , enleva
une partie de son habit , et luy auroit fait un
mauvais parti , si le comte de Schliehen , qui
vint promptement à son secours , ne l'eût percé
d'un coup de lance.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 29 du mois dernier, un incendie a détruit plus de 500 maisons à Wunsiedel en Allemagne en moins de deux heures, causant la mort de douze personnes et blessant de nombreux habitants. Le Margrave de Bareith a visité la ville le 30 juillet pour apporter son soutien et a ordonné l'envoi de vivres aux habitants affectés. À Königsberg, capitale de la Prusse Ducale, le roi a assisté à un combat singulier à la fin du mois dernier. Deux bœufs sauvages ont affronté six ours furieux, tuant deux d'entre eux. Après trois heures de combat, le roi a abattu les bœufs avec des arquebuses. Des chiens ont ensuite été lâchés contre les ours, qui ont été tués par le Comte de Schlieben et M. Bock, Grand-Maître des Forêts. Le dernier ours, malgré ses blessures, a attaqué M. Bock, qui a été sauvé in extremis par le Comte de Schlieben.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5306
p. 2009-2012
ITALIE.
Début :
On a appris de Rome que l'Abbé Testa, Maître de chambre du cardinal Coscia [...]
Mots clefs :
Empereur, Cardinal, Pape, Chanoine, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ma
qui étoit allé à Vienne , pour demander la pro
section de l'Empereur en faveur de ce Cardinal
avoit eu ordre de se retirer.
l'Abbé
Na appris de Rome que l'Abbé Testa
Le Pape donna le 3. du mois dernier une audience
particuliere à l'Agent du Roy de Portugal
, qui fit de nouvelles propositions d'accom →
modement dont S. S. a paru satisfaite.
Le Pape a établi une Congrégation particu
Tiere pour répondre au Manifeste que le Cardimal
Coscia a fait imprimer à Naples , et qu'il a
fait distribuer à tous les Cardinaux qui sont
Rome , et aux autres personnes de distinction de
Cette Ville.
On écrit de Rome , que le Ministre de la
Regence de Parme , s'étant rendu dans la grande
Salle de la Chambre Apostolique , il remit le tribut
ordinaire de 16000. écus pour la reconnoissance
du Domaine direct que le Saint Siege
peut avoir sur les Fiefs des Duchés de Parme et
de Plaisance .
Il est arrivé à Rome , un Chanoine de l'isle
de Corse , qui a eu une audience particuliere du
Pape , dans laquelle il a offert à S. S. la Souve-
$saineté de cette Isle il a prié ensuite le Pape
en cas qu'il jugeât à propos de rejetter cette
offre , d'emplo er ses bons offices auprès de la
République de Genes , pour procurer aux habitans
de cette Isle , le rétablissement de leurs anciens
Privileges.
› Lev12. Juillet , le Colonel Vela , qui doit commander
Hiij
2010 MERCURE DE FRANCE
mander les Troupes que l'Empereur a accordées
à la Republique de Genes , s'embarqua pour la
Bastia , où il va reconnoître les principaux postes
de l'Isle de Corse.
Le même jour , le P. Gritti , Recteur de la
Maison Professe des Jesuites , partit de Genes
pour aller à Rome sçavoir quelles sont les Propositions
d'accommodement , que le Pape veut
faire au nom des Rebelles de cette Isle , pour
lesquels on assure que S. S. a promis d'employer
ses bons offices auprès de la Republique..
On a reçu avis de cette Isle que les Rebelles
avoient taillé en pieces un détachement de 300.
hommes de la Garnison d'Ajaccio , que le Gouverneur
avoit envoyé pour les surprendre dans
le temps qu'ils étoient occupés à faire la moisson.
On mande de Genes qu'il y étoit arrivé de
France cinq Religieuses de l'Ordre de la Visitation
, qui devoient s'embarquer pour Palerme ,
où elles vont établir la Regle de leur Ordre dans
un nouveau Convent qu'on y a fondé.
Le 28. Juillet , il y eut à Florence un orage
terrible pendant lequel le Tonnerre tomba sur
le Clocher des Theatins , d'où il passa dans leur
Sacristie et y brûla plusieurs Ornemens d'Eglise.
Il tomba aussi sur le Chateau de S. George
dont il endommagea les fortifications : à Monte
Varchi , un Prêtre disant la Messe , eut son soulier
brûlé , et celui qui la servoit fut tué au bas
de l'Autel.
On écrit de Malthe que M. le Bailly de Froulay
soutient avec éclat l'honneur insigne qu'il a
receu de l'Ordre , dans la confirmation de son
second Generalat des Galeres ; il justifie par sa
valeur distinguée , son habileté , et la sagesse de
sa conduite , la confiance de l'Ordre entier et la
justice
RMMAA OU ST. 1731. 2011
Justice de son choix pour cet importantEmploy.
Ses vertus qui le font briller sont hereditai
→res dans la maison de Froulay également illustre
par l'ancienneté de sa noblesse , par les grandes
Charges et Dignités , et par les grands hommes
qu'elle a produits . Voici la Copie de la Lettre
qu'il a reçue du Grand- Maître de Malthe à l'occasion
du combat qu'il a soutenu contre trois
Vaisseaux Algeriens , avec des forces très- iné
gales , et avec l'experience et la valeur d'un
Géneral consommé .
Venerable, très- cher et bien- Amé Religieuxs
le Patron que vous nous avés dépeché est en-
-tré dans ce Port aujourd'hui . Il nous a presen
té la Lettre que vout nous avés écrite hier .
pour nous informer de la rencontre que vous
avez faite le même jour de trois Corsaires Algeriens
, et de la façon dont vous vous êtes
comporté dans cette occasion . Notre premier
soin a été de convoquer notre vénerable Conseil
, et d'y faire lire votre Lettre ; nous avons
tous unanimement loüé et admiré votre bonne
conduite et l'attention que vous avez eüe d'envoyer
une Felouque pour donner avis au Commandant
de nos Vaisseaux de la rencontre de
ces Algeriens ; nous ne sçaurions assés vous repeter
combien nous sommes contents de vous ;
vous avez fait tout ce que nous pouvions attendre
d'un parfais Général , et même au delà.
nous n'oublierons jamais que la Capitaine er
la S. Antoine, sous vos ordres, ont osé attaquer
trois Corsaires Algeriens , dont deux étoient de
cinquante Canons , se mettre sous leur feu et
s'exposer avec intrépidité au plus grand' danger.
Vous n'avez cedé aux sages réprésentations
de vos Pilotes , qu'aprés avoir tenté l'im-
Hij possible
2012 MERCURE DE FRANCE
possible . Sur ce &c. Signé MANOEL, A Malthe
ce 27 May 1731.
Ma
qui étoit allé à Vienne , pour demander la pro
section de l'Empereur en faveur de ce Cardinal
avoit eu ordre de se retirer.
l'Abbé
Na appris de Rome que l'Abbé Testa
Le Pape donna le 3. du mois dernier une audience
particuliere à l'Agent du Roy de Portugal
, qui fit de nouvelles propositions d'accom →
modement dont S. S. a paru satisfaite.
Le Pape a établi une Congrégation particu
Tiere pour répondre au Manifeste que le Cardimal
Coscia a fait imprimer à Naples , et qu'il a
fait distribuer à tous les Cardinaux qui sont
Rome , et aux autres personnes de distinction de
Cette Ville.
On écrit de Rome , que le Ministre de la
Regence de Parme , s'étant rendu dans la grande
Salle de la Chambre Apostolique , il remit le tribut
ordinaire de 16000. écus pour la reconnoissance
du Domaine direct que le Saint Siege
peut avoir sur les Fiefs des Duchés de Parme et
de Plaisance .
Il est arrivé à Rome , un Chanoine de l'isle
de Corse , qui a eu une audience particuliere du
Pape , dans laquelle il a offert à S. S. la Souve-
$saineté de cette Isle il a prié ensuite le Pape
en cas qu'il jugeât à propos de rejetter cette
offre , d'emplo er ses bons offices auprès de la
République de Genes , pour procurer aux habitans
de cette Isle , le rétablissement de leurs anciens
Privileges.
› Lev12. Juillet , le Colonel Vela , qui doit commander
Hiij
2010 MERCURE DE FRANCE
mander les Troupes que l'Empereur a accordées
à la Republique de Genes , s'embarqua pour la
Bastia , où il va reconnoître les principaux postes
de l'Isle de Corse.
Le même jour , le P. Gritti , Recteur de la
Maison Professe des Jesuites , partit de Genes
pour aller à Rome sçavoir quelles sont les Propositions
d'accommodement , que le Pape veut
faire au nom des Rebelles de cette Isle , pour
lesquels on assure que S. S. a promis d'employer
ses bons offices auprès de la Republique..
On a reçu avis de cette Isle que les Rebelles
avoient taillé en pieces un détachement de 300.
hommes de la Garnison d'Ajaccio , que le Gouverneur
avoit envoyé pour les surprendre dans
le temps qu'ils étoient occupés à faire la moisson.
On mande de Genes qu'il y étoit arrivé de
France cinq Religieuses de l'Ordre de la Visitation
, qui devoient s'embarquer pour Palerme ,
où elles vont établir la Regle de leur Ordre dans
un nouveau Convent qu'on y a fondé.
Le 28. Juillet , il y eut à Florence un orage
terrible pendant lequel le Tonnerre tomba sur
le Clocher des Theatins , d'où il passa dans leur
Sacristie et y brûla plusieurs Ornemens d'Eglise.
Il tomba aussi sur le Chateau de S. George
dont il endommagea les fortifications : à Monte
Varchi , un Prêtre disant la Messe , eut son soulier
brûlé , et celui qui la servoit fut tué au bas
de l'Autel.
On écrit de Malthe que M. le Bailly de Froulay
soutient avec éclat l'honneur insigne qu'il a
receu de l'Ordre , dans la confirmation de son
second Generalat des Galeres ; il justifie par sa
valeur distinguée , son habileté , et la sagesse de
sa conduite , la confiance de l'Ordre entier et la
justice
RMMAA OU ST. 1731. 2011
Justice de son choix pour cet importantEmploy.
Ses vertus qui le font briller sont hereditai
→res dans la maison de Froulay également illustre
par l'ancienneté de sa noblesse , par les grandes
Charges et Dignités , et par les grands hommes
qu'elle a produits . Voici la Copie de la Lettre
qu'il a reçue du Grand- Maître de Malthe à l'occasion
du combat qu'il a soutenu contre trois
Vaisseaux Algeriens , avec des forces très- iné
gales , et avec l'experience et la valeur d'un
Géneral consommé .
Venerable, très- cher et bien- Amé Religieuxs
le Patron que vous nous avés dépeché est en-
-tré dans ce Port aujourd'hui . Il nous a presen
té la Lettre que vout nous avés écrite hier .
pour nous informer de la rencontre que vous
avez faite le même jour de trois Corsaires Algeriens
, et de la façon dont vous vous êtes
comporté dans cette occasion . Notre premier
soin a été de convoquer notre vénerable Conseil
, et d'y faire lire votre Lettre ; nous avons
tous unanimement loüé et admiré votre bonne
conduite et l'attention que vous avez eüe d'envoyer
une Felouque pour donner avis au Commandant
de nos Vaisseaux de la rencontre de
ces Algeriens ; nous ne sçaurions assés vous repeter
combien nous sommes contents de vous ;
vous avez fait tout ce que nous pouvions attendre
d'un parfais Général , et même au delà.
nous n'oublierons jamais que la Capitaine er
la S. Antoine, sous vos ordres, ont osé attaquer
trois Corsaires Algeriens , dont deux étoient de
cinquante Canons , se mettre sous leur feu et
s'exposer avec intrépidité au plus grand' danger.
Vous n'avez cedé aux sages réprésentations
de vos Pilotes , qu'aprés avoir tenté l'im-
Hij possible
2012 MERCURE DE FRANCE
possible . Sur ce &c. Signé MANOEL, A Malthe
ce 27 May 1731.
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Résumé : ITALIE.
En 1731, plusieurs événements politiques et religieux ont marqué l'Italie et les régions voisines. À Rome, le Pape a reçu l'agent du roi de Portugal et a créé une congrégation pour répondre au manifeste du cardinal Coscia diffusé à Naples. Le ministre de la Régence de Parme a versé le tribut annuel au Saint-Siège pour les duchés de Parme et de Plaisance. Un chanoine corse a proposé au Pape la souveraineté de l'île de Corse, et ce dernier a promis d'intercéder auprès de la République de Gênes pour restaurer les privilèges des habitants corses. Le colonel Vela a été envoyé à Bastia pour commander les troupes de la République de Gênes, tandis que le père Gritti s'est rendu à Rome pour connaître les propositions du Pape concernant les rebelles corses. En Corse, les rebelles ont attaqué un détachement de la garnison d'Ajaccio. À Gênes, cinq religieuses de l'Ordre de la Visitation se sont embarquées pour Palerme afin d'y fonder un nouveau couvent. À Florence, un orage a causé des dommages significatifs, affectant notamment le clocher des Théatins et le château de Saint-Georges. Enfin, à Malte, le bailli de Froulay a été félicité pour sa conduite lors d'un combat contre des corsaires algériens, mettant en évidence sa valeur et son habileté.
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5307
p. 2012-2013
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le 14. du mois dernier, le Roy donna Audience publique [...]
Mots clefs :
Séville, Roi de Maroc, Trône, Oran, Tanger, Cadix, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
mande de Seville que fe 14. du mois
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 14 du mois précédent, le roi d'Espagne a reçu Muley-Hamet, prince maure et prétendant au trône du Maroc, qui a sollicité un soutien pour récupérer son trône en échange de la cession des villes d'Oran et de Tanger. Muley-Hamet a également été accueilli par la reine et les membres de la famille royale. Le 28 juin, un ambassadeur de Muley-Abdallah, roi actuel du Maroc, est arrivé à Séville pour proposer des offres au roi d'Espagne afin de dissuader son soutien à Muley-Hamet. Le roi a demandé un emprunt de 1 100 000 pièces de huit à la Chambre du Commerce de Cadix et a publié une ordonnance royale pour confisquer les effets algériens trouvés sur des vaisseaux anglais. Le 14 juillet, trois vaisseaux de guerre et une frégate sont arrivés à Cadix avec une cargaison évaluée à trois millions et 888 pièces de huit. L'escadre royale, renforcée par l'escadre anglaise, comptera 10 vaisseaux de guerre. Les régiments envoyés en Italie seront commandés par le comte de Charny et d'autres officiers généraux. Le 21 juillet, une tempête a détruit le couvent de la Sainte-Épine à Palencia.
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5308
p. 2014
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 17. Juillet, le Chevalier Charles Wager partit des Dunes pour aller joindre le reste [...]
Mots clefs :
Escadre, Vaisseaux de guerre, Traité de Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
E17 Juillet , le Chevalier Charles Wager
Lpartit des Dunes pour aller joindre le reste
de l'Escadre qu'il commande à Spithead , d'où
il partit le 27. à la pointe du jour . L'Escadre est
composée de 13. Vaisseaux de Guerre . On la vit
passer le 30. à la hauteur du Port de Falmouth.
Le 1. de ce mois , un Méssager d'Etat dépê
ché par M. Robinsson , Ministre Plenipotentiaire
du Roy auprés de l'Empereur , arriva de
Vienne à Hamptoncourt , avec la Copie d'un
Traité signé à Vienne le 22. de Juillet entre les
Ministres de l'Empereur et ceux du Roy d'Espagne
et de S. M. Brit. pour l'éxecution des Engagements
pris par le Traité de Seville , et par
le dernier Traité de Vienne , concernant la succession
de l'Infant Don Carlos aux Etats de
Toscane et de Parme.
E17 Juillet , le Chevalier Charles Wager
Lpartit des Dunes pour aller joindre le reste
de l'Escadre qu'il commande à Spithead , d'où
il partit le 27. à la pointe du jour . L'Escadre est
composée de 13. Vaisseaux de Guerre . On la vit
passer le 30. à la hauteur du Port de Falmouth.
Le 1. de ce mois , un Méssager d'Etat dépê
ché par M. Robinsson , Ministre Plenipotentiaire
du Roy auprés de l'Empereur , arriva de
Vienne à Hamptoncourt , avec la Copie d'un
Traité signé à Vienne le 22. de Juillet entre les
Ministres de l'Empereur et ceux du Roy d'Espagne
et de S. M. Brit. pour l'éxecution des Engagements
pris par le Traité de Seville , et par
le dernier Traité de Vienne , concernant la succession
de l'Infant Don Carlos aux Etats de
Toscane et de Parme.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 17 juillet, le Chevalier Charles Wager quitta les Dunes pour rejoindre son escadre à Spithead. Le 30 juillet, cette escadre de 13 vaisseaux fut aperçue au large de Falmouth. Le 1er août, un messager apporta à Hampton Court un traité signé à Vienne le 22 juillet entre l'empereur, le roi d'Espagne et le roi de Grande-Bretagne. Ce traité concernait la succession de l'Infant Don Carlos aux États de Toscane et de Parme.
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5309
p. 2014-2015
HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Début :
Le Duc de Lorraine partit de Bruxelles le 23. Juillet , il arriva le même jour à Namur, [...]
Mots clefs :
Duc de Lorraine, Fortifications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
HOLLANDE ET PAYS-BAS.
E Duc de Lorraine partit de Bruxelles le
L23. Juillet , il arriva le même jour à Namur,
où il fut receu par le Géneral de Colliard qui
lui fit voir toutes les fortifications de la Ville er
du Chateau dont il est Commandant.
Le 25. quelques Bourgeois montés sur des
Echasses fort élevées , donnerent au Duc de
Lorraine le divertissement d'un combat : ce Prince
parut y prendre beaucoup de plaisir , et fit
aux Bourgeois un present considerable.
Le 26. ce Prince en partit pour Charleroy
d'où il ira à Mons , à Ath, à Tournay , à Oudenarde
, à Courtray , à Menin , à Ypres , à Furwit
nes
A OUS T. 1731. 2015
nes , à Nieuport, à Ostende , à Bruges , à Gand,
et à Anvers.
E Duc de Lorraine partit de Bruxelles le
L23. Juillet , il arriva le même jour à Namur,
où il fut receu par le Géneral de Colliard qui
lui fit voir toutes les fortifications de la Ville er
du Chateau dont il est Commandant.
Le 25. quelques Bourgeois montés sur des
Echasses fort élevées , donnerent au Duc de
Lorraine le divertissement d'un combat : ce Prince
parut y prendre beaucoup de plaisir , et fit
aux Bourgeois un present considerable.
Le 26. ce Prince en partit pour Charleroy
d'où il ira à Mons , à Ath, à Tournay , à Oudenarde
, à Courtray , à Menin , à Ypres , à Furwit
nes
A OUS T. 1731. 2015
nes , à Nieuport, à Ostende , à Bruges , à Gand,
et à Anvers.
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Résumé : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Le duc de Lorraine visita Namur le 23 juillet, accueilli par le général de Colliard. Il assista à un combat sur échasses le 25 juillet et partit pour Charleroi le 26 juillet. Son itinéraire incluait ensuite Mons, Ath, Tournai, Oudenarde, Courtrai, Menin, Ypres, Furnes, Nieuport, Ostende, Bruges, Gand et Anvers.
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5310
p. 2015
MORTS, NAISSANCES, des Pays Etrangers.
Début :
Mr. Emanuel Steiguer, Avoyer du Canton de de Berne, mourut le 15. Aoust à cinq heures [...]
Mots clefs :
Attaque de colique, Suisse, Berne, Marquise de Bonac, Ambassadrice de France en Suisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, des Pays Etrangers.
MORTS , NAISSANCES ;
des Pays Etrangers.
R. Emanuel Steiguer , Avoyer du Canton
Mde
de Berne , mourut le 15. Aoust à cinq heures
du matin presque subitement , d'un attaque
de Colique , à l'âge de 84 ans ; il étoit depuis
long-temps regardé comme l'Oracle du Conseil
de Berne ; et pour ainsi dire de toute la Suisse
ayant été continuellement employé aux - affaires
publiques,et s'y étant acquis une réputation d'integrité
, d'impartialité et de prudence où peu de
personnages sont parvenus dans ces Républiques.
Son grand âge n'avoit rien diminué de son
activité dans les affaires qu'il a toujours soutenies
par un travail assidu et par une éloquence
douce et sensée qui faisoient prévaloir presque
toujours l'opinion qu'il soutenoit . Il n'y a pas
encore longtemps qu'il avoit parlé trois à quatre
heures de suite dans le Grand Conseil de son
Canton , et peu de jours avant sa mort , il Y
avoit soutenu fortement l'affaire de l'Alliance à
renouveller avec la France , et donné par là une
derniere preuve de son attachement aux veritables
interêts de sa patrie.
La Marquise de Bonac , Ambassadrice de
France en Suisse , accoucha à Soleure le 21 .
Aoust , entre deux et trois heures aprés midi ,
d'un Garçon.
des Pays Etrangers.
R. Emanuel Steiguer , Avoyer du Canton
Mde
de Berne , mourut le 15. Aoust à cinq heures
du matin presque subitement , d'un attaque
de Colique , à l'âge de 84 ans ; il étoit depuis
long-temps regardé comme l'Oracle du Conseil
de Berne ; et pour ainsi dire de toute la Suisse
ayant été continuellement employé aux - affaires
publiques,et s'y étant acquis une réputation d'integrité
, d'impartialité et de prudence où peu de
personnages sont parvenus dans ces Républiques.
Son grand âge n'avoit rien diminué de son
activité dans les affaires qu'il a toujours soutenies
par un travail assidu et par une éloquence
douce et sensée qui faisoient prévaloir presque
toujours l'opinion qu'il soutenoit . Il n'y a pas
encore longtemps qu'il avoit parlé trois à quatre
heures de suite dans le Grand Conseil de son
Canton , et peu de jours avant sa mort , il Y
avoit soutenu fortement l'affaire de l'Alliance à
renouveller avec la France , et donné par là une
derniere preuve de son attachement aux veritables
interêts de sa patrie.
La Marquise de Bonac , Ambassadrice de
France en Suisse , accoucha à Soleure le 21 .
Aoust , entre deux et trois heures aprés midi ,
d'un Garçon.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, des Pays Etrangers.
Le texte mentionne deux événements notables. Le premier est la mort de Rudolf Emanuel Steiger, Avoyer du Canton de Berne, survenue le 15 août à cinq heures du matin. Âgé de 84 ans, Steiger était reconnu pour son intégrité, son impartialité et sa prudence. Il avait dédié sa vie aux affaires publiques, utilisant son activité et son éloquence pour défendre ses opinions. Peu avant son décès, il avait appuyé l'alliance avec la France, montrant son attachement aux intérêts de sa patrie. Le second événement est la naissance du fils de la Marquise de Bonac, Ambassadrice de France en Suisse, à Soleure le 21 août entre deux et trois heures de l'après-midi.
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5311
p. 2016-2018
ADDITION aux Nouvelles Etrangeres.
Début :
On a appris par Moscou que l'armée du Roy de Perse étoit presentement de 120000. [...]
Mots clefs :
Moscou, Armée du roi de Perse, Artillerie, Bataillons
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION aux Nouvelles Etrangeres.
ADDITION
aux Nouvelles Etrangeres.
Neapps toit presentement de 120000.
Na appris par Moscou que l'armée du Roy
hommes , que ce Prince avoit coupé les vivres
aux Turcs , et que ces derniers étoient tellement
resserrés dans un défilé de Montagnes du côté
d'Erivan , qu'on ne doutoit point qu'ils ne fussent
taillés en pieces s'ils étoient attaqués dans
ce Poste, d'où il leur étoit difficile de sortir pour
secourir la Ville avec laquelle ils n'avoient plus
de communication .
Les Lettres d'Allemagne portent que le r
de ce mois , le Roy de Suede , accompagné du
Prince Maximilien de Hesse- Cassel , son frere
fit son entrée dans Cassel au bruit d'une Salve
generale de l'Artillerie et aux acclamations du
Peuple. Toutes les rues sur son passage étoient
ornées d'Arcs de Triomphe , et bordées par une
double Haye des Soldats de la Garnison. S M.
fut reçue au Palais par la Princesse épouse du
Prince Maximilien , par les Princes ses enfans ,
par les Princesses ses enfans , par les Ministres
du Landgraviat et par les Colleges de Regence et
de Justice , et elle y fut complimentée par le
Chancelier : ensuite le Roy soupa en Public
aprés quoy il alla en chaise se promener dans les
xues de la Ville pour en voir les illuminations.
On écrit de Seville que les Regimens de Cas
tille, de Lombardie , de Naples et de Bourgogne,
qui
AOUST. 1731 2017
qui sont de deux Bataillons chacun , ont été
choisis par le Roy pour passer en Italie , avec
un Regiment Suisse de deux Bataillons le Regi
ment de Batavia , Dragons , deux autres Bataillons
tirés de differens Regimens , et trois Es
cadrons.
Le PrinceMaure qui étoit venu à Seville pour
demander du secours au Roy d'Espagne contre
le Roy de Maroc , eut le 29. de Juillet sa seconde
Audience du Roy , et le premier de ce
mois il partit pour retourner en Afrique..
Le 26. Juillet , jour auquel on celebre à Naples
la fête de sainte Anne , on fit dans l'Eglise
de notre Dame de la Pieté la diftribution ordinaire
des dots de so. ccus chacun à onze filles
portant le nom de cette Sainte..
Le même jour , on exposa dans la Chapelle
du Palais du Prince de Montemileto , le pied de
Sainte Anne qu'on y conserve ; et qu'on dit
avoir été apporté de la Grece par les Ancêtres de
ce Seigneur.
Le 1. Aoust , ily eut à Rome une Congrega
tion extraordinaire de l'Immunité composée de
dix Cardinaux et de neuf Prelats , au sujet des
Déserteurs qui se retirent dans les Eglises Privi
legiées , d'où l'Empereur prétend les faire tirer.
Aprés de grandes contestations sur cette affaire
il fut arrêté que les Déserteurs réfugiés dans les
Aglises , seroient rendus , mais à condition qu'ils
ne seroient point punis de mort.
Le Roy de Sardaigne Victor Amedée , a écrit
au Cardinal Grimaldi pour l'engager à travail
lea
2018 MERCURE DE FRANCE
ler à l'accommodement des differends du S. Siege
avec la Cour de Turin. Ce Cardinal a eu à co
sujet deux Audiences particulieres du Pape , qui
dans un Consistoire tenu le 6. de ce mois , communica
aux Cardinaux tout ce qui s'est fait depuis
six mois par rapport aux differens du S.
Siege avec la Cour de Turin : de 36. Cardinaux
qui assistèrent à ce Consistoire 31. furent d'avis
de confirmer toutes les concessions obtenues par
la Maison de Savoye sous le Pontificat du Pape
Nicolas V. et les cinq autres prierent S. S. de
les dispenser d'opiner.
On a fait au commencement de ce mois d
Genes , des Prieres publiques pour obtenir la
benediction du Ciel sur les Troupes que la République
envoye contre les Rebelles de l'Isle de
Corse. On a déja embarqué la plus grande partie
de ces Troupes , et en attendant que le vent soit
devenu favorable pour les faire partir , le Prince
Doria traite tous les jours magnifiquement les
Officiers Allemands arrivés pour commander les
Troupes auxiliaires de l'Empereur. Trois des Galeres
de la République sont revenuës de l'Isle de
Corse pour escorter les Batimens de transport ,
et faciliter la descente de cesTroupes dans l'Isle,
d'ou on apprend que les Rebelles qui avoient
ouvert la tranchée devant la Ville de la Bastia ,
avoient été repoussés avec perte dans les trois
assauts qu'ils ont donnés pour s'emparer d'un
Forr qui est prés de cette Ville. On assure qu'on
publiera incessamment une Proclamation pour
mettre à prix la tête des Rebelles de l'Isle de
Corse ausquels la République n'accordera point
de Cartel.
aux Nouvelles Etrangeres.
Neapps toit presentement de 120000.
Na appris par Moscou que l'armée du Roy
hommes , que ce Prince avoit coupé les vivres
aux Turcs , et que ces derniers étoient tellement
resserrés dans un défilé de Montagnes du côté
d'Erivan , qu'on ne doutoit point qu'ils ne fussent
taillés en pieces s'ils étoient attaqués dans
ce Poste, d'où il leur étoit difficile de sortir pour
secourir la Ville avec laquelle ils n'avoient plus
de communication .
Les Lettres d'Allemagne portent que le r
de ce mois , le Roy de Suede , accompagné du
Prince Maximilien de Hesse- Cassel , son frere
fit son entrée dans Cassel au bruit d'une Salve
generale de l'Artillerie et aux acclamations du
Peuple. Toutes les rues sur son passage étoient
ornées d'Arcs de Triomphe , et bordées par une
double Haye des Soldats de la Garnison. S M.
fut reçue au Palais par la Princesse épouse du
Prince Maximilien , par les Princes ses enfans ,
par les Princesses ses enfans , par les Ministres
du Landgraviat et par les Colleges de Regence et
de Justice , et elle y fut complimentée par le
Chancelier : ensuite le Roy soupa en Public
aprés quoy il alla en chaise se promener dans les
xues de la Ville pour en voir les illuminations.
On écrit de Seville que les Regimens de Cas
tille, de Lombardie , de Naples et de Bourgogne,
qui
AOUST. 1731 2017
qui sont de deux Bataillons chacun , ont été
choisis par le Roy pour passer en Italie , avec
un Regiment Suisse de deux Bataillons le Regi
ment de Batavia , Dragons , deux autres Bataillons
tirés de differens Regimens , et trois Es
cadrons.
Le PrinceMaure qui étoit venu à Seville pour
demander du secours au Roy d'Espagne contre
le Roy de Maroc , eut le 29. de Juillet sa seconde
Audience du Roy , et le premier de ce
mois il partit pour retourner en Afrique..
Le 26. Juillet , jour auquel on celebre à Naples
la fête de sainte Anne , on fit dans l'Eglise
de notre Dame de la Pieté la diftribution ordinaire
des dots de so. ccus chacun à onze filles
portant le nom de cette Sainte..
Le même jour , on exposa dans la Chapelle
du Palais du Prince de Montemileto , le pied de
Sainte Anne qu'on y conserve ; et qu'on dit
avoir été apporté de la Grece par les Ancêtres de
ce Seigneur.
Le 1. Aoust , ily eut à Rome une Congrega
tion extraordinaire de l'Immunité composée de
dix Cardinaux et de neuf Prelats , au sujet des
Déserteurs qui se retirent dans les Eglises Privi
legiées , d'où l'Empereur prétend les faire tirer.
Aprés de grandes contestations sur cette affaire
il fut arrêté que les Déserteurs réfugiés dans les
Aglises , seroient rendus , mais à condition qu'ils
ne seroient point punis de mort.
Le Roy de Sardaigne Victor Amedée , a écrit
au Cardinal Grimaldi pour l'engager à travail
lea
2018 MERCURE DE FRANCE
ler à l'accommodement des differends du S. Siege
avec la Cour de Turin. Ce Cardinal a eu à co
sujet deux Audiences particulieres du Pape , qui
dans un Consistoire tenu le 6. de ce mois , communica
aux Cardinaux tout ce qui s'est fait depuis
six mois par rapport aux differens du S.
Siege avec la Cour de Turin : de 36. Cardinaux
qui assistèrent à ce Consistoire 31. furent d'avis
de confirmer toutes les concessions obtenues par
la Maison de Savoye sous le Pontificat du Pape
Nicolas V. et les cinq autres prierent S. S. de
les dispenser d'opiner.
On a fait au commencement de ce mois d
Genes , des Prieres publiques pour obtenir la
benediction du Ciel sur les Troupes que la République
envoye contre les Rebelles de l'Isle de
Corse. On a déja embarqué la plus grande partie
de ces Troupes , et en attendant que le vent soit
devenu favorable pour les faire partir , le Prince
Doria traite tous les jours magnifiquement les
Officiers Allemands arrivés pour commander les
Troupes auxiliaires de l'Empereur. Trois des Galeres
de la République sont revenuës de l'Isle de
Corse pour escorter les Batimens de transport ,
et faciliter la descente de cesTroupes dans l'Isle,
d'ou on apprend que les Rebelles qui avoient
ouvert la tranchée devant la Ville de la Bastia ,
avoient été repoussés avec perte dans les trois
assauts qu'ils ont donnés pour s'emparer d'un
Forr qui est prés de cette Ville. On assure qu'on
publiera incessamment une Proclamation pour
mettre à prix la tête des Rebelles de l'Isle de
Corse ausquels la République n'accordera point
de Cartel.
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Résumé : ADDITION aux Nouvelles Etrangeres.
En août 1731, plusieurs événements politiques et militaires marquants se sont produits en Europe. En Russie, l'armée du roi a réussi à couper les vivres aux Turcs, les piégeant dans un défilé près d'Erivan, ce qui a mis ces derniers dans une situation critique. En Allemagne, le roi de Suède a fait une entrée triomphale à Cassel, accompagné du prince Maximilien de Hesse-Cassel, avec des arcs de triomphe et des illuminations. En Espagne, plusieurs régiments ont été sélectionnés pour partir en Italie, et le prince Maure a obtenu une audience pour solliciter de l'aide contre le roi du Maroc. À Naples, la fête de sainte Anne a été célébrée par la distribution de dots. À Rome, une congrégation extraordinaire a décidé que les déserteurs réfugiés dans les églises privilégiées seraient rendus, mais sans être condamnés à mort. Le roi de Sardaigne a également tenté de médiatiser les différends entre le Saint-Siège et la Cour de Turin. Enfin, à Gênes, des prières publiques ont été organisées pour bénir les troupes envoyées contre les rebelles de l'île de Corse, où les assauts des rebelles ont été repoussés.
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5312
p. 2019-2022
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 20. du mois dernier le Roy étant parti de bonne-heure de Fontainebleau [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Comédiens-Français, Amour, Danseurs et danseuses de l'Opéra
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
La
E 20. du mois dernier le Roy étant
parti de bonne - heure de Fontainebleau
pour la Chasse du Cerf , du côté
de Melun , S. M. alla voit ensuite le Marêchal
de Villars , à son magnifique Château
de Vau-le-Villars . Elle examina a vec
beaucoup d'attention les Tableaux répresentant
les Campagnes de ce Géneral ,
les Places qu'il a attaquées et les Batailles
qu'il a données.
Après que le Roy se fut amusé quelque
tems dans les Appartemens , il monta en
Caleche avec la Marêchale de Villars , et
alla se promener dans le Parc , le Marêchal
de Villars marchoit à Cheval à côté
de la Calêche. On fit pendant ce tems- là
plusieurs décharges du Canon qui est
dans l'avant-Cour du Château . Ôn servit
quantité de rafraîchissemens aux Of
ficiers des Gardes du Roy , et à toutes
les personnes qui étoient de la suite de
S. M. qui s'en retourna à Fontainebleau ,
fort satisfaite de la visite qu'il avoit faite
2 au Maréchal de Villars. Le
2020 MERCURE DE FRANCE
Le 2. Aoust , les Comédiens François
representerent à Fontainebleau , la Comédie
du Distrait , qui fut suivie d'Arlequin
poli parl ' Amour, joué par les Comédiens
Italiens .
Le 4. ces derniers représenterent les
Amans réunis et la Sylphide , Pieces du
Théatre Italien .
Le 7. les Comédiens François jouerent
Ia Comédie de Turcaret , il y eut des in--
termedes dansés par les Principaux Danseurs
et Danseuses de l'Opera ..
Le 9. les mêmes Comédiens jouerent
pour la derniere fois devant L. M. le Fa
Toux désabusé , et les Italiens Isle des Es
claves , il y eut les Intermedes dansés par
les fieurs Dumoulin , Laval et Maitaire,
la De Camargo y brilla à son ordinaire,
et fit beaucoup de plaisir à toute la
Cour.
Le 11. de ce mois , le Roy et la Reine
partirent de Fontainebleau vers les trois
heures aprés midi pour aller coucher à.
Petit-Bourg , d'où L. M. arriverent ài
Versailles le 14-
La Comtesse de Mailly , Dame d'Atour
de la Reine , ayant demandé la permission
de se retirer , la Duchesse de Mazarin
sa fille , a été nommée par le Roy
pour lui succeder dans cette Charge , et
te
A O UST. 1731.. 2021
le 19. de ce mois elle prêta serment entre
les mains de la Reine,
On a augmenté de cinquante le nombre
des Pauvres qui habitent les Loges de
la grande Cour de l'Hôpital des petites
Maisons .
La Riviere de Seine , qu'on passe à
pied à plusieurs endroits au dessus de Paris
, n'avoit pas été si basse , ni si longrems
, depuis plus de cent ans , selon les
Registres de l'Hôtel de Ville . Mais malgré
la secheresse , on apprend que la ré
colte du Bled a été fort abondante .
Le 15. Fête de l'Assomption de la Vierge
, il y eut Concert spirituel au Château
des Thuilleries. M. Mouret fit chanter
Exaltabo te Deus. Moter de M. de la Lan
de , dans lequel la Dlle . le Maure chanta
avec beaucoup d'applaudissement , de
même que les Dues Errémens et Petit- pas,
les fieurs Lecler et Blavet joüerent plusieurs
Concerto sur le Violon et la Flute ,
dont l'execution fut parfaite et très ap
plaudie par une nombreuse assemblée
le Concert fut terminé par le Confitebor 2
autre Motet de M. de la Lande.
Le 22 , aprés midi , le Roy fit au
Champ de Mars la revue de la Gendarme-*
rie , dont S. M. parut très satisfaite ::*
après que le Roy cut passé le long de
la
2022 MERCURE DE FRANCE
la Ligne , S. M. vit défiler la Gendarmerie
en Escadrons , par Brigades et quatre
à quatre. La Reine et Monseigneur le
Dauphin se trouverent à cette révuë.
Le 5. Août , le Marquis de Choiseul
Beaupré , Mestre de Camp de Cavalerie ,
Enseigne des Gens-d'armes d'Orleans
prêta serment entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant General
au Gouvernement de Champagne , dans
laquelle il a succedé au Marquis de Choiseul
son Pere , Lieutenant General des
Armées du Roy.
La
E 20. du mois dernier le Roy étant
parti de bonne - heure de Fontainebleau
pour la Chasse du Cerf , du côté
de Melun , S. M. alla voit ensuite le Marêchal
de Villars , à son magnifique Château
de Vau-le-Villars . Elle examina a vec
beaucoup d'attention les Tableaux répresentant
les Campagnes de ce Géneral ,
les Places qu'il a attaquées et les Batailles
qu'il a données.
Après que le Roy se fut amusé quelque
tems dans les Appartemens , il monta en
Caleche avec la Marêchale de Villars , et
alla se promener dans le Parc , le Marêchal
de Villars marchoit à Cheval à côté
de la Calêche. On fit pendant ce tems- là
plusieurs décharges du Canon qui est
dans l'avant-Cour du Château . Ôn servit
quantité de rafraîchissemens aux Of
ficiers des Gardes du Roy , et à toutes
les personnes qui étoient de la suite de
S. M. qui s'en retourna à Fontainebleau ,
fort satisfaite de la visite qu'il avoit faite
2 au Maréchal de Villars. Le
2020 MERCURE DE FRANCE
Le 2. Aoust , les Comédiens François
representerent à Fontainebleau , la Comédie
du Distrait , qui fut suivie d'Arlequin
poli parl ' Amour, joué par les Comédiens
Italiens .
Le 4. ces derniers représenterent les
Amans réunis et la Sylphide , Pieces du
Théatre Italien .
Le 7. les Comédiens François jouerent
Ia Comédie de Turcaret , il y eut des in--
termedes dansés par les Principaux Danseurs
et Danseuses de l'Opera ..
Le 9. les mêmes Comédiens jouerent
pour la derniere fois devant L. M. le Fa
Toux désabusé , et les Italiens Isle des Es
claves , il y eut les Intermedes dansés par
les fieurs Dumoulin , Laval et Maitaire,
la De Camargo y brilla à son ordinaire,
et fit beaucoup de plaisir à toute la
Cour.
Le 11. de ce mois , le Roy et la Reine
partirent de Fontainebleau vers les trois
heures aprés midi pour aller coucher à.
Petit-Bourg , d'où L. M. arriverent ài
Versailles le 14-
La Comtesse de Mailly , Dame d'Atour
de la Reine , ayant demandé la permission
de se retirer , la Duchesse de Mazarin
sa fille , a été nommée par le Roy
pour lui succeder dans cette Charge , et
te
A O UST. 1731.. 2021
le 19. de ce mois elle prêta serment entre
les mains de la Reine,
On a augmenté de cinquante le nombre
des Pauvres qui habitent les Loges de
la grande Cour de l'Hôpital des petites
Maisons .
La Riviere de Seine , qu'on passe à
pied à plusieurs endroits au dessus de Paris
, n'avoit pas été si basse , ni si longrems
, depuis plus de cent ans , selon les
Registres de l'Hôtel de Ville . Mais malgré
la secheresse , on apprend que la ré
colte du Bled a été fort abondante .
Le 15. Fête de l'Assomption de la Vierge
, il y eut Concert spirituel au Château
des Thuilleries. M. Mouret fit chanter
Exaltabo te Deus. Moter de M. de la Lan
de , dans lequel la Dlle . le Maure chanta
avec beaucoup d'applaudissement , de
même que les Dues Errémens et Petit- pas,
les fieurs Lecler et Blavet joüerent plusieurs
Concerto sur le Violon et la Flute ,
dont l'execution fut parfaite et très ap
plaudie par une nombreuse assemblée
le Concert fut terminé par le Confitebor 2
autre Motet de M. de la Lande.
Le 22 , aprés midi , le Roy fit au
Champ de Mars la revue de la Gendarme-*
rie , dont S. M. parut très satisfaite ::*
après que le Roy cut passé le long de
la
2022 MERCURE DE FRANCE
la Ligne , S. M. vit défiler la Gendarmerie
en Escadrons , par Brigades et quatre
à quatre. La Reine et Monseigneur le
Dauphin se trouverent à cette révuë.
Le 5. Août , le Marquis de Choiseul
Beaupré , Mestre de Camp de Cavalerie ,
Enseigne des Gens-d'armes d'Orleans
prêta serment entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant General
au Gouvernement de Champagne , dans
laquelle il a succedé au Marquis de Choiseul
son Pere , Lieutenant General des
Armées du Roy.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 20 du mois précédent, le roi quitta Fontainebleau pour chasser près de Melun, puis visita le maréchal de Villars à Vau-le-Villars. Il examina les tableaux des campagnes militaires du maréchal et se promena en calèche avec la maréchale, tandis que le maréchal les accompagnait à cheval. Des salves de canon furent tirées et des rafraîchissements servis avant que le roi ne retourne à Fontainebleau. À Fontainebleau, les comédiens français et italiens donnèrent plusieurs représentations, dont 'Le Distrait', 'Arlequin poli par l'amour', 'Les Amants réunis', 'La Sylphide', 'Turcaret', 'Le Faux désabusé' et 'L'Île des esclaves'. La danseuse La Camargo se distingua particulièrement. Le 11 août, le roi et la reine partirent pour Versailles, en passant par Petit-Bourg. La comtesse de Mailly demanda à se retirer et la duchesse de Mazarin lui succéda comme dame d'atour de la reine, prêtant serment le 19 août. À Paris, le nombre de pauvres logés à l'Hôpital des petites Maisons augmenta de cinquante. La Seine fut exceptionnellement basse, mais la récolte de blé fut abondante. Le 15 août, un concert spirituel eut lieu aux Tuileries. Le 22 août, le roi passa en revue la gendarmerie au Champ de Mars. Le 5 août, le marquis de Choiseul-Beaupré prêta serment pour la charge de lieutenant général au gouvernement de Champagne.
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5313
p. 2022-2029
Nouveaux Echevins, Discours au Roi, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 16. le Corps de Ville assemblé, fit l'élection de deux nouveaux Echevins [...]
Mots clefs :
Échevins, Scrutin, Maître des cérémonies, Noblesse, Concert d'instruments, Académie royale de musique, Académie française, Académie royale des sciences, Société royale de Londres
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texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Echevins, Discours au Roi, &c. [titre d'après la table]
Le 16. le Corps de Ville assemblé ,
fit l'élection de deux nouveaux Echevins
qui sont M. Pelet , Avocat ès Conseils ,
Bailly de l'Abbaye de S. Germain des
Près , et Conseiller de Ville , et M. Géoffroy
, de l'Académie Royale des Sciences
et de la Societé Royale de Londres.
Le 19. le même Corps de Ville , le
Duc de Tresmes , Gouverneur de Paris ,
étant à la tête , eut Audience du Roy
avec les Céremonies accoûtumées, Il fut
présenté par le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , et conduit par le Marquis
de Brezé , Grand-Maître des Ceremonies
, en survivance du Marquis de
Dreux son Pere , et par M. Desgranges ,
Maître des Ceremonies .
BAN
A O UST. . 1731. 2023
Mr. Pelet et Geoffroy , nouveaux Echevins
, prêterent entre les mains de S. M.
le serment de fidelité dont le Comte de
Maurepas fit la lecture. Le Scrutin fut présenté
par M. de Tourmont de Gournay ,
Conseiller au Parlement , qui s'exprima
en ces termes.
SIRE
Votre bonne Ville de Paris vient toujours
avec le même empressement presenter
à Votre Majesté les assurances respectueuses
de sa fidelité ; souffrez , Sire , qu'elle
dise de son amour pour son auguste Maître
comment un Peuple dont vous faites tout le
bonheur ne seroit- il pas pénétré de ces sentimens
? il admire en vous les vertus de tous
les âges ; vous les rendez aimables par les
charmes qu'elles répandent sur vôtre personne
sacrée et nécessaires par votre exemple.
Les graces que la nature vous a prodiguées
ont un éclat qui ne se confund point avec
celui du Trône . Vous regnez sur vous-même
dans cette saison dangereuse où les passions
dominent sur les Maîtres du Monde avec
plus d'empire que sur les autres hommes. Un
discernement juste vousfait choisir ceux que
vous honorez de votre confiance ; et ce choix.
si important est le chef-d'oeuvre d'un Monarque
2024 MERCURE DE FRANCE
7425
que consommé dans l'Art de regner. Vous
nous conservez l'avantage inestimable de ta
Paix. Nous devons à vos soins paternels des
jours heureux dont rien ne pourra désormais
interrompre le cours ; nous en avons pour
garants la tendresse de Votre Majesté pour
un Peuple si fidele , et ces gages precieux de
la fidelité publique , qu'il a plû au Ciel d'ac
corder à vos vertus , et à l'ardeur de nos
voeux.
Le 21. les Députez des Etats de Languedoc
curent Audience du Roy , étant
presentés par le Prince de Dombes , Gouverneur
de la Province , et par le Comte
de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et
conduits en la maniere accoutumée par
le Grand- Maitre , et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com
posée de M. de Segur , Evéque de Saint
Papoul pour le Clergé , lequel porta la
parole du Baron de Lenta pour la Noblesse;
de M. de Lavedan et la Caze , députés
du Tiers Etat , et de M. Joubert ,
Sindic Géneral de la Province . Les Ca
hiers furent presentés par l'Evêque de
S. Papoul , qui parla avec beaucoup d'éloquence
, et dont le discours fût applau
di. Ce Prelat est fils du Marquis de Segure,
Grand- Croix de l'Ordre de S.Louis,
Gouverneur du Pays de Foix , et Lieur
tenant
A O UST. 1731. 2025
tenant Géneral au Gouvernement de
Brie. Il est d'une des meilleures Maisons
de la Province de Guyenne . Ces députés
curent ensuite Audience de la Reine , et
ils rendirent leurs respects à Monseigneur
le Dauphin , à Monseigneur le Duc
d'Anjou et à Mesdames de France .
Le Roy a donné la place de Conseiller
d'Etat vacante par la mort de M. d'Argouges
, à M. de Bouville , Intendant
d'Orléans : S. M. a nommé à l'Intendance
d'Orleans M. de Beaussan qui est
remplacé dans l'Intendance de Poitiers
par M, le Nain , M. des Requetes , et
M. Chauvelin de Beauséjour , Me. des
Requêtes , a été nommé Intendant de
la Géneralité d'Amiens , à la Place de
M. Chauvelin Conseiller d'Etat son
Pere,
Le 23. La Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie,
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 309. Actions,
Le Concert d'Instrumens que l'Aça¬
démic
2026 MEAL
#1
à
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries
Poccasion de la Fête du Roy , a été executé
le 24. veille de S. Louis , par un grand
nombre d'excellens Simphonistes de la
même Académie , qui jouërent differens
morceaux de Musique de M. de Lully ,
et d'autres Maîtres Modernes.
L'Académie Françoise celebra le 25.
de ce mois la Fête de S. Louis dans la
Chapelle du Louvre , la Messe fut celebrée
par l'Archevêque de Sens , l'un
des quarante de l'Académie , et l'Abbé
Laizeau prononça le Panegyrique du
Saint.
Le même jour , l'Académie des Inscriptions
et Belles - Lettres , et celle des
Sciences , celebrerent la fête de S. Louis
dans l'Eglise des Prêtres de l'Oratoire
de S. Honoré ; il y eut une Musique
excellente pendant la Messe. Le R. P.
Meney , Chanoine Regulier de S. Augustin
, Congregation de S. Antoine , prononça
le Panegyrique du S. Roy en présence
des deux Académies et d'une nomé
breuse Assemblée. Son Discours parut fort
éloquent. On y remarqua un grand fond
de Religion et de pieté soutenu par
tous les traits les plus marqués et les plus
biil-
1
AOUST. 2027 17318
brillants de la vie de S. Loüis. Les Pseaumes
, Domine Dominus noster et Cantate
Laus ejus , mis en Musique par les Sieurs
Dornel et du Bousset , furent chantés
pendant ces Messes et fort applaudis.
Le 28. de ce mois après midi , la Reine
accompagnée des Dames de Sa Cour , se
rendit à la Maison Royale de S. Cyr , où
S. M. donna le voile de Religion à la
Dlle. Charpin de Gennetine. Le Sermon
y fut prononcé par l'Abbé de la Pause ;
Predicateur ordinaire du Roy.
Le Roi a nommé à la place de Mede
cin des Enfans de France , M. François
Chicoyneau , Conseiller en la Cour des
Aydes , Comptes et Finances de Languedoc
, Membre de l'Académie Royale des
Sciences de Montpellier , Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Intendant
du Jardin du Roi , Chancelier et Juge de
l'Université en Médecine de la mêmeVille.
M. Chicoyneau fut un des six Mede
cins à Marseille en l'an- S. M. envoya
que
née 1720. pour secourir les Pestiferez ; il
fut gratifié à cette occasion , avec ses Confreres
, d'une pension de 2000. liv. et du
Colier de l'Ordre de S. Michel . On écrit
de Montpellier , qu'il part de cette Ville
regretté
2023 MERCURE DE FRANCE
差
regreté generalement de tout le mon
de , et plus particulierement des P.
vres , ausquels il ne refusoit ni ses visite
ni ses conseils , sans compter les secou
solides qu'il leur fournissoir depuis 30,
ans. C'est aussi par cette consideration
que la Cour des Aydes le dispensoit de
se trouver à ses Audiances , en reconnoissance
de la charité qu'il exerçoit envers
les Pauvres.
En l'année 1715. il fut député de sa
Compagnie pour accompagner M. Bon ,
Premier President , lorsqu'il fut question
de complimenter le Roi sur son avenenement
à la Couronne.
M. Chicoyneau laisse à Montpellier un
fils du premier lit , reçû depuis 172 3 .
en survivance de ces mêmes Charges de
l'Université de Medecine de Montpellier,
dans lesquelles il a donné des preuves distinguées
qu'il est heritier de tous les heureux
talens de M. son Pere, lequel a épousé
en secondes nôces Mlle Chirac , fille unique
de M. Chirac , aujourd'hui Premier
Medecin du Roi , qu'il suffit de nommer
pour en faire l'Eloge.
Le mêine jour , le Roi nomma M. Botiilhac,
Docteur enMedecine de la Faculté de
Montpellier, Medecin du grandCommun
de la Maison du Roi et de la Charité de
Versailles
A O UST. 1731. 2019
Versailles, pour servir près des Enfans de
France , et suppléer à M. Chicoyneau, en
cas de maladie ou d'absence , même pour
l'aider dans ses fonctions , lorsqu'il sera
present.
fit l'élection de deux nouveaux Echevins
qui sont M. Pelet , Avocat ès Conseils ,
Bailly de l'Abbaye de S. Germain des
Près , et Conseiller de Ville , et M. Géoffroy
, de l'Académie Royale des Sciences
et de la Societé Royale de Londres.
Le 19. le même Corps de Ville , le
Duc de Tresmes , Gouverneur de Paris ,
étant à la tête , eut Audience du Roy
avec les Céremonies accoûtumées, Il fut
présenté par le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat , et conduit par le Marquis
de Brezé , Grand-Maître des Ceremonies
, en survivance du Marquis de
Dreux son Pere , et par M. Desgranges ,
Maître des Ceremonies .
BAN
A O UST. . 1731. 2023
Mr. Pelet et Geoffroy , nouveaux Echevins
, prêterent entre les mains de S. M.
le serment de fidelité dont le Comte de
Maurepas fit la lecture. Le Scrutin fut présenté
par M. de Tourmont de Gournay ,
Conseiller au Parlement , qui s'exprima
en ces termes.
SIRE
Votre bonne Ville de Paris vient toujours
avec le même empressement presenter
à Votre Majesté les assurances respectueuses
de sa fidelité ; souffrez , Sire , qu'elle
dise de son amour pour son auguste Maître
comment un Peuple dont vous faites tout le
bonheur ne seroit- il pas pénétré de ces sentimens
? il admire en vous les vertus de tous
les âges ; vous les rendez aimables par les
charmes qu'elles répandent sur vôtre personne
sacrée et nécessaires par votre exemple.
Les graces que la nature vous a prodiguées
ont un éclat qui ne se confund point avec
celui du Trône . Vous regnez sur vous-même
dans cette saison dangereuse où les passions
dominent sur les Maîtres du Monde avec
plus d'empire que sur les autres hommes. Un
discernement juste vousfait choisir ceux que
vous honorez de votre confiance ; et ce choix.
si important est le chef-d'oeuvre d'un Monarque
2024 MERCURE DE FRANCE
7425
que consommé dans l'Art de regner. Vous
nous conservez l'avantage inestimable de ta
Paix. Nous devons à vos soins paternels des
jours heureux dont rien ne pourra désormais
interrompre le cours ; nous en avons pour
garants la tendresse de Votre Majesté pour
un Peuple si fidele , et ces gages precieux de
la fidelité publique , qu'il a plû au Ciel d'ac
corder à vos vertus , et à l'ardeur de nos
voeux.
Le 21. les Députez des Etats de Languedoc
curent Audience du Roy , étant
presentés par le Prince de Dombes , Gouverneur
de la Province , et par le Comte
de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et
conduits en la maniere accoutumée par
le Grand- Maitre , et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com
posée de M. de Segur , Evéque de Saint
Papoul pour le Clergé , lequel porta la
parole du Baron de Lenta pour la Noblesse;
de M. de Lavedan et la Caze , députés
du Tiers Etat , et de M. Joubert ,
Sindic Géneral de la Province . Les Ca
hiers furent presentés par l'Evêque de
S. Papoul , qui parla avec beaucoup d'éloquence
, et dont le discours fût applau
di. Ce Prelat est fils du Marquis de Segure,
Grand- Croix de l'Ordre de S.Louis,
Gouverneur du Pays de Foix , et Lieur
tenant
A O UST. 1731. 2025
tenant Géneral au Gouvernement de
Brie. Il est d'une des meilleures Maisons
de la Province de Guyenne . Ces députés
curent ensuite Audience de la Reine , et
ils rendirent leurs respects à Monseigneur
le Dauphin , à Monseigneur le Duc
d'Anjou et à Mesdames de France .
Le Roy a donné la place de Conseiller
d'Etat vacante par la mort de M. d'Argouges
, à M. de Bouville , Intendant
d'Orléans : S. M. a nommé à l'Intendance
d'Orleans M. de Beaussan qui est
remplacé dans l'Intendance de Poitiers
par M, le Nain , M. des Requetes , et
M. Chauvelin de Beauséjour , Me. des
Requêtes , a été nommé Intendant de
la Géneralité d'Amiens , à la Place de
M. Chauvelin Conseiller d'Etat son
Pere,
Le 23. La Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie,
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 309. Actions,
Le Concert d'Instrumens que l'Aça¬
démic
2026 MEAL
#1
à
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries
Poccasion de la Fête du Roy , a été executé
le 24. veille de S. Louis , par un grand
nombre d'excellens Simphonistes de la
même Académie , qui jouërent differens
morceaux de Musique de M. de Lully ,
et d'autres Maîtres Modernes.
L'Académie Françoise celebra le 25.
de ce mois la Fête de S. Louis dans la
Chapelle du Louvre , la Messe fut celebrée
par l'Archevêque de Sens , l'un
des quarante de l'Académie , et l'Abbé
Laizeau prononça le Panegyrique du
Saint.
Le même jour , l'Académie des Inscriptions
et Belles - Lettres , et celle des
Sciences , celebrerent la fête de S. Louis
dans l'Eglise des Prêtres de l'Oratoire
de S. Honoré ; il y eut une Musique
excellente pendant la Messe. Le R. P.
Meney , Chanoine Regulier de S. Augustin
, Congregation de S. Antoine , prononça
le Panegyrique du S. Roy en présence
des deux Académies et d'une nomé
breuse Assemblée. Son Discours parut fort
éloquent. On y remarqua un grand fond
de Religion et de pieté soutenu par
tous les traits les plus marqués et les plus
biil-
1
AOUST. 2027 17318
brillants de la vie de S. Loüis. Les Pseaumes
, Domine Dominus noster et Cantate
Laus ejus , mis en Musique par les Sieurs
Dornel et du Bousset , furent chantés
pendant ces Messes et fort applaudis.
Le 28. de ce mois après midi , la Reine
accompagnée des Dames de Sa Cour , se
rendit à la Maison Royale de S. Cyr , où
S. M. donna le voile de Religion à la
Dlle. Charpin de Gennetine. Le Sermon
y fut prononcé par l'Abbé de la Pause ;
Predicateur ordinaire du Roy.
Le Roi a nommé à la place de Mede
cin des Enfans de France , M. François
Chicoyneau , Conseiller en la Cour des
Aydes , Comptes et Finances de Languedoc
, Membre de l'Académie Royale des
Sciences de Montpellier , Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Intendant
du Jardin du Roi , Chancelier et Juge de
l'Université en Médecine de la mêmeVille.
M. Chicoyneau fut un des six Mede
cins à Marseille en l'an- S. M. envoya
que
née 1720. pour secourir les Pestiferez ; il
fut gratifié à cette occasion , avec ses Confreres
, d'une pension de 2000. liv. et du
Colier de l'Ordre de S. Michel . On écrit
de Montpellier , qu'il part de cette Ville
regretté
2023 MERCURE DE FRANCE
差
regreté generalement de tout le mon
de , et plus particulierement des P.
vres , ausquels il ne refusoit ni ses visite
ni ses conseils , sans compter les secou
solides qu'il leur fournissoir depuis 30,
ans. C'est aussi par cette consideration
que la Cour des Aydes le dispensoit de
se trouver à ses Audiances , en reconnoissance
de la charité qu'il exerçoit envers
les Pauvres.
En l'année 1715. il fut député de sa
Compagnie pour accompagner M. Bon ,
Premier President , lorsqu'il fut question
de complimenter le Roi sur son avenenement
à la Couronne.
M. Chicoyneau laisse à Montpellier un
fils du premier lit , reçû depuis 172 3 .
en survivance de ces mêmes Charges de
l'Université de Medecine de Montpellier,
dans lesquelles il a donné des preuves distinguées
qu'il est heritier de tous les heureux
talens de M. son Pere, lequel a épousé
en secondes nôces Mlle Chirac , fille unique
de M. Chirac , aujourd'hui Premier
Medecin du Roi , qu'il suffit de nommer
pour en faire l'Eloge.
Le mêine jour , le Roi nomma M. Botiilhac,
Docteur enMedecine de la Faculté de
Montpellier, Medecin du grandCommun
de la Maison du Roi et de la Charité de
Versailles
A O UST. 1731. 2019
Versailles, pour servir près des Enfans de
France , et suppléer à M. Chicoyneau, en
cas de maladie ou d'absence , même pour
l'aider dans ses fonctions , lorsqu'il sera
present.
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Résumé : Nouveaux Echevins, Discours au Roi, &c. [titre d'après la table]
En août 1731, plusieurs événements significatifs ont eu lieu à Paris et en France. Le 16 août, le Corps de Ville a élu deux nouveaux échevins : M. Pelet, avocat et conseiller de ville, et M. Geoffroy, membre de l'Académie Royale des Sciences et de la Société Royale de Londres. Le 19 août, le Corps de Ville, sous la direction du Duc de Tresmes, a été reçu en audience par le roi. Cette audience a été présentée par le Comte de Maurepas et conduite par le Marquis de Brezé et M. Desgranges. Les nouveaux échevins ont prêté serment de fidélité au roi. Le 21 août, les députés des États de Languedoc ont également eu audience avec le roi, présentés par le Prince de Dombes et le Comte de Saint Florentin. La délégation comprenait des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état. Le 23 août, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée pour le remboursement des actions. Le 24 août, un concert de l'Académie Royale de Musique a été donné au Château des Tuileries. Le 25 août, l'Académie Française et les Académies des Inscriptions et Belles-Lettres et des Sciences ont célébré la fête de Saint Louis. Le 28 août, la reine a accompagné la demoiselle Charpin de Gennetine à la Maison Royale de Saint Cyr pour recevoir le voile de religion. Le roi a nommé M. François Chicoyneau comme médecin des Enfants de France et M. Botiilhac comme son suppléant. M. Chicoyneau était reconnu pour ses services lors de l'épidémie de peste à Marseille en 1720 et pour ses soins aux pauvres de Montpellier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5314
p. 2029-230
Memoire présenté par l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRE présenté au Roi par l'Archevêque de Paris, au sujet de l'Arrêt du [...]
Mots clefs :
Mémoire, Procureur général du roi, Instruction pastorale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire présenté par l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
MEMOIRE présenté au Roi par PArchevêque
de Paris , au sujet de l'Arrêt du
Parlement du 5. Mars 1731. qui reçoit le
Procureur General du Roi , Appellant
comme d'Abus de son Ordonnance et
Instruction Pastorale du 1o . Janvier dernier
, avec l'Arrêt du Conseil d'Etat rendu
en consequence. Brochure in 4. de
36 pages. A Paris , chez Pierre Simon , ruë
de la Harpe , 1731 .
>
La longueur de ce Memoire , qui contient
seul 44. pages , ne nous permet pas de lo
rapporter en son entier ; et l'Extrait que
nous pourrions en faire , excéderoit toûjours
les bornes ausquelles nous sommes
assujettis , sans compter qu'il se trouve de
ce Memoire un Abregé qui ne laisse rien
à desirer dans le Vû de l'Arrêt du Conseil
d'Etat imprimé tout de suite . Nous
nous contenterons d'insérer ici ce qu'il y
a de plus essentiel à sçavoir , c'est - à- dire,
le Prononcé de ce même Arrêt.
SA MAJESTE' ETANT EN SON CONSEIL
et évoquant à sa Personne , en consequen-
1
се
2030 MERCURE DE FRANCE
ce de l'Arrêt du 10. Mars dernier , la
connoissance dudit Appel comme d'abus
interjetté par son Procureur General au
Parlement de Paris , et reçû par l'Arrêt
dus . Mars , a fevé et leve les défenses
pottées par ledit Arrêt , et permet audit
sieur Archevêque de faire distribuer ladite
Ordonnance du ro . Janvier dernier.
Ordonne au surplus que l'Arrêt rendu
par S. M. le 10. Mars suivant , soit executé
selon sa forme et teneur ; ce faisant ,
que toutes les disputes ct contestations
qui y sont mentionnées , et pareillement
toutes poursuites et procedures , pour rai-
-son de ce , et de l'execution du
present
Arrêt , demeurent suspenduës , défendant
à toutes ses Cours et autres Juges , d'en
prendre connoissance , et à toutes Parties
d'y avoir recours , à peine de nullité et
de cassation desdites poursuites et procedures
, S. M. se réservant à elle seule
d'y pourvoir , conformément à ce qui est
porté par ledit Arrêt du 10. Mars dernier.
FAIT au Conseil d'Etat du Roi ,
Sa Majesté y étant , tenu à Fontainebleau
le 30. Juillet 1731. Signé , PHELIPEḍux,
de Paris , au sujet de l'Arrêt du
Parlement du 5. Mars 1731. qui reçoit le
Procureur General du Roi , Appellant
comme d'Abus de son Ordonnance et
Instruction Pastorale du 1o . Janvier dernier
, avec l'Arrêt du Conseil d'Etat rendu
en consequence. Brochure in 4. de
36 pages. A Paris , chez Pierre Simon , ruë
de la Harpe , 1731 .
>
La longueur de ce Memoire , qui contient
seul 44. pages , ne nous permet pas de lo
rapporter en son entier ; et l'Extrait que
nous pourrions en faire , excéderoit toûjours
les bornes ausquelles nous sommes
assujettis , sans compter qu'il se trouve de
ce Memoire un Abregé qui ne laisse rien
à desirer dans le Vû de l'Arrêt du Conseil
d'Etat imprimé tout de suite . Nous
nous contenterons d'insérer ici ce qu'il y
a de plus essentiel à sçavoir , c'est - à- dire,
le Prononcé de ce même Arrêt.
SA MAJESTE' ETANT EN SON CONSEIL
et évoquant à sa Personne , en consequen-
1
се
2030 MERCURE DE FRANCE
ce de l'Arrêt du 10. Mars dernier , la
connoissance dudit Appel comme d'abus
interjetté par son Procureur General au
Parlement de Paris , et reçû par l'Arrêt
dus . Mars , a fevé et leve les défenses
pottées par ledit Arrêt , et permet audit
sieur Archevêque de faire distribuer ladite
Ordonnance du ro . Janvier dernier.
Ordonne au surplus que l'Arrêt rendu
par S. M. le 10. Mars suivant , soit executé
selon sa forme et teneur ; ce faisant ,
que toutes les disputes ct contestations
qui y sont mentionnées , et pareillement
toutes poursuites et procedures , pour rai-
-son de ce , et de l'execution du
present
Arrêt , demeurent suspenduës , défendant
à toutes ses Cours et autres Juges , d'en
prendre connoissance , et à toutes Parties
d'y avoir recours , à peine de nullité et
de cassation desdites poursuites et procedures
, S. M. se réservant à elle seule
d'y pourvoir , conformément à ce qui est
porté par ledit Arrêt du 10. Mars dernier.
FAIT au Conseil d'Etat du Roi ,
Sa Majesté y étant , tenu à Fontainebleau
le 30. Juillet 1731. Signé , PHELIPEḍux,
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Résumé : Memoire présenté par l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
Le document est un mémoire présenté au Roi par l'Archevêque de Paris concernant un arrêt du Parlement du 5 mars 1731. Cet arrêt avait reçu l'appel du Procureur Général du Roi contre une ordonnance et une instruction pastorale émises par l'Archevêque le 1er janvier précédent. Le mémoire, long de 44 pages, ne peut être entièrement rapporté en raison de contraintes de longueur. Un abrégé conforme à l'arrêt du Conseil d'État existe déjà. L'essentiel du mémoire est le prononcé de l'arrêt du Conseil d'État. Le Roi, en son Conseil, a évoqué à sa personne la connaissance de l'appel comme d'abus interjeté par son Procureur Général. Il a levé les défenses posées par l'arrêt du 5 mars et permis à l'Archevêque de distribuer son ordonnance du 1er janvier. L'arrêt du 10 mars doit être exécuté selon sa forme et teneur, suspendant toutes disputes, contestations, poursuites et procédures relatives à cette affaire. Toutes les cours et juges sont défendus d'en prendre connaissance, et toute partie est défendue d'y avoir recours, sous peine de nullité et de cassation. Le Roi se réserve le droit d'y pourvoir conformément à l'arrêt du 10 mars. Cet arrêt a été fait au Conseil d'État du Roi à Fontainebleau le 30 juillet 1731 et est signé par Philippe Duplessis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5315
p. 2031-2036
LETTRE écrite de Honfleur le 20. Aoust 1731. par M. Hardouin, sur un Orage extraordinaire mêlé de Tonnerre &c, avec quelques nouvelles du même Pays.
Début :
J'ay quitté Monsieur, pour quelque temps la Ville de Caën, mon séjour ordinaire [...]
Mots clefs :
Catastrophe, Orage extraordinaire, Tonnerre, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Honfleur le 20. Aoust 1731. par M. Hardouin, sur un Orage extraordinaire mêlé de Tonnerre &c, avec quelques nouvelles du même Pays.
LETTRE écrite de Honfleur le 20. Aousi
1731. par M. Hardouin , sur un Orage
extraordinaire mêlé de Tonnerre &c,
avec quelques nouvelles du même Pays.
J'AY
" Ay quitté , Monsieur , pour quelque
temps la Ville de Caen , mon séjour or
dinaire,pour me venir délasser ici desExercices
qui m'occupent la plus grande partie
de l'année. Si j'étois d'humeur à croire
les présages , et qu'il y a des fignes qui
annoncent le bien ou le mal qui doit
arriver , je tirerois un fort mauvais
augure sur la tranquillité et sur les plaisirs
innocens que je me suis proposé de goû
ter dans cette Ville Maritime , par l'orage
affreux qui a ébranlé ici toute la nature
peu de tems aprés mon arrivée : je ne
crois pas , Monsieur , qu'on ait jamais
rien vû en ce genre de plus effrayant
´le Ciel , la Terre , la Mer faisoient entendre
des bruits horribles, et tout étoit dans
une confusion qu'il est difficile d'exprimer
; heureusement cette Catastrophe
pour m'exprimer ainsi n'a pas été de
longue durée , on en a été quitte pour la
peur et pour quelques dégats , mais quelques
particuliers ont souffert des maux
irréparables par les effets singuliers du
I ij
Tonner2032
MERCURE DE FRANCE
Tonnerre. Je me contenterai de vous en
marquer deux traits .
Durant cet orage , qui arriva le 18.
'Août , le Tonnerre tomba dans le Bord
du Capitaine le Fevre , qui étoit à la Rade
de Quilleboeuf , il coupa les deux bras
à un Matelot , assis au pied du grand
Mât , entra sous le Pont , où il fit beaucoup
de dommage , blessa un autre Matelot
, et fendit le Mât de bas en haut en
deux parties égales , comme un ozier . Il
retomba ensuite sur le premier Matelot
et l'écrasa entierement. Tout l'équipage
épouvanté s'étendit tout de son long , la
face contre le Pont,et n'eut point d'autre
mal. Le Capitaine qui m'a fait ce recit ,
ajoûte que ce furieux Tonnerre se jetta
ensuite dans la Mer , et fit un bruit à peu
prés pareil à celui que feroit une Gueuse
qu'on arroseroit dans le moment qu'elle
coule : vous sçavez que Gueuse est le nom
qu'on donne dans les Forges , à une
quantité de fer fondu qui coule dans un
Canal préparé pour cet effet , sur lequel
on jette quelquefois de l'eau .
Dans le même temps , un autre Tonnerre
tomba par la Chéminée , dans
la Chambre de M. Potier , Prêtre de cette
Ville , prés le Monastere de Religieu-
Les ; il marqua bizarement tout le pavé
détruisi
AOUST. 17312 2033
détruisit quantité de bonnes choses , brisa
toute la Cheminée , cassa enfin les vîtres
et fondit tout le plomb. Il abbatit ensuite
ce bon Prêtre , lui grilla presque
tout le corps , sans endommager le moins
du monde ses habits. Il en perdit la parole
pendant deux heures , et ne parla
que pour demander un Confesseur. Il est
très-mal , et on ne croit pas qu'il puisse
revenir de cet accident. Son corps est
aussi rouge que de l'Ecarlate et tout semé
de petites vessies.
Au reste , Monsieur , comme je no
suis pas venu ici pour gémir , l'orage passé
, après avoir loué et remercié Dieu de
tout , nous avons repris notre vie tranquille
et joyeuse avec la bonne compagnie
dont je veux vous parler. Je loge chez
un * Ami de distinction , dont la Maison
est le rendez-vous de tout ce qu'il ya à
Honfleur et aux environs de gens de merite
, de consideration , et de bon goût.
Il vient de donner une Fête qui a été
fort applaudie. Trois filles de cet aimable
Hôte , accomplies en tout , en ont fait
l'ornement , et les honneurs : voici deux
* M. de Lannay Vicomte et Lieutenant Ge - t
neral de Police d'Honfleur , Procureur Genéra
de M. le Duc d'Orleans pour ses Domaines de
Normandie.
I jij
cou2034
MERCURE DE FRANCA
Couplets , que je ne pus me dispenser
de faire à cette occasion , et le verre
à la main , on eût la politesse de les applaudir
en faveur du sujet.
C
Sur l'air de Joconde.
' Est par d'énergiques Menteurs
Que la Fable est écrite.
En vain nous peignent - ils trois soeurs
Du plus rare merite ;
Ce n'est qu'en ces aimables lieux
Qu'on trouve les trois Graces ,
Et non pas dans les songes Creux
Des Ovides , des Staces.
M
Elles ont du Dieu d'Helicon
Le sublime langage ,
De la Mere de Cupidon
Les charmes en partage ;
Des Muses le divin sçavoir ,
De Pallas la sagesse ,
Et du tendre Amour le pouvoir;
Mais non pas sa foiblesse .
C'est ainsi que nous prétendons chas
ser l'ennui pendant ces vacances , et contribuer
à la continuation d'une bonne
santé
AAUST
2035 }
1731 .
santé par le baume d'une innocente joye.
On dit d'ailleurs que cet air est merveilleux
, et qu'on vit long temps dans tout
le Canton. On m'avoit parlé d'une fille
de cette Ville agée de plus de cent ans ,
j'allay hier m'en informer , et je la menay
chez M. le Vicomte avec toutes les preuves
de son âge qui est , ne vous en deplaise
, de 116. ans deux mois dix jours .
Elle voit , marche , parle , entend , dort ,
mange et boit fort bien . Il n'y a que deux
mois qu'elle travailloit encore à la dentelle.
,
Jean Remont de la Paroisse du Menil
Germain près Lisieux , mourut ici il
quelques jours , âgé de cent sept
ans , laissant deux fils , l'un âgé de 70.
ans , et l'autre de 68. cet homme n'avoit
jamais été malade , beuvoit du Cidre et
de l'eau de vie du matin au soir ; et ce
qu'il y a de particulier , il n'avoir jamais
eu de Procez , ny même passé en temoi
gnage , comme on parle en Normandie ,
la chose est rare pour un Normand , et
digne de la curiosité publique.
Nous nous préparons à faire bien des
courses sur Mer et sur Terre dans ces
quartiers : je ne manquerai pas de vous
en faire part. Ce serà peut -être de quoy
fournir un Supplement à votre Voyage
I iiij
de
03 MERCURE DE FRANCE
de Normandie , dont nous avons déja
vû plusieurs Lettres dans le Mercure
et dont nous attendons la suite avec impatience.
Je suis & c .
1731. par M. Hardouin , sur un Orage
extraordinaire mêlé de Tonnerre &c,
avec quelques nouvelles du même Pays.
J'AY
" Ay quitté , Monsieur , pour quelque
temps la Ville de Caen , mon séjour or
dinaire,pour me venir délasser ici desExercices
qui m'occupent la plus grande partie
de l'année. Si j'étois d'humeur à croire
les présages , et qu'il y a des fignes qui
annoncent le bien ou le mal qui doit
arriver , je tirerois un fort mauvais
augure sur la tranquillité et sur les plaisirs
innocens que je me suis proposé de goû
ter dans cette Ville Maritime , par l'orage
affreux qui a ébranlé ici toute la nature
peu de tems aprés mon arrivée : je ne
crois pas , Monsieur , qu'on ait jamais
rien vû en ce genre de plus effrayant
´le Ciel , la Terre , la Mer faisoient entendre
des bruits horribles, et tout étoit dans
une confusion qu'il est difficile d'exprimer
; heureusement cette Catastrophe
pour m'exprimer ainsi n'a pas été de
longue durée , on en a été quitte pour la
peur et pour quelques dégats , mais quelques
particuliers ont souffert des maux
irréparables par les effets singuliers du
I ij
Tonner2032
MERCURE DE FRANCE
Tonnerre. Je me contenterai de vous en
marquer deux traits .
Durant cet orage , qui arriva le 18.
'Août , le Tonnerre tomba dans le Bord
du Capitaine le Fevre , qui étoit à la Rade
de Quilleboeuf , il coupa les deux bras
à un Matelot , assis au pied du grand
Mât , entra sous le Pont , où il fit beaucoup
de dommage , blessa un autre Matelot
, et fendit le Mât de bas en haut en
deux parties égales , comme un ozier . Il
retomba ensuite sur le premier Matelot
et l'écrasa entierement. Tout l'équipage
épouvanté s'étendit tout de son long , la
face contre le Pont,et n'eut point d'autre
mal. Le Capitaine qui m'a fait ce recit ,
ajoûte que ce furieux Tonnerre se jetta
ensuite dans la Mer , et fit un bruit à peu
prés pareil à celui que feroit une Gueuse
qu'on arroseroit dans le moment qu'elle
coule : vous sçavez que Gueuse est le nom
qu'on donne dans les Forges , à une
quantité de fer fondu qui coule dans un
Canal préparé pour cet effet , sur lequel
on jette quelquefois de l'eau .
Dans le même temps , un autre Tonnerre
tomba par la Chéminée , dans
la Chambre de M. Potier , Prêtre de cette
Ville , prés le Monastere de Religieu-
Les ; il marqua bizarement tout le pavé
détruisi
AOUST. 17312 2033
détruisit quantité de bonnes choses , brisa
toute la Cheminée , cassa enfin les vîtres
et fondit tout le plomb. Il abbatit ensuite
ce bon Prêtre , lui grilla presque
tout le corps , sans endommager le moins
du monde ses habits. Il en perdit la parole
pendant deux heures , et ne parla
que pour demander un Confesseur. Il est
très-mal , et on ne croit pas qu'il puisse
revenir de cet accident. Son corps est
aussi rouge que de l'Ecarlate et tout semé
de petites vessies.
Au reste , Monsieur , comme je no
suis pas venu ici pour gémir , l'orage passé
, après avoir loué et remercié Dieu de
tout , nous avons repris notre vie tranquille
et joyeuse avec la bonne compagnie
dont je veux vous parler. Je loge chez
un * Ami de distinction , dont la Maison
est le rendez-vous de tout ce qu'il ya à
Honfleur et aux environs de gens de merite
, de consideration , et de bon goût.
Il vient de donner une Fête qui a été
fort applaudie. Trois filles de cet aimable
Hôte , accomplies en tout , en ont fait
l'ornement , et les honneurs : voici deux
* M. de Lannay Vicomte et Lieutenant Ge - t
neral de Police d'Honfleur , Procureur Genéra
de M. le Duc d'Orleans pour ses Domaines de
Normandie.
I jij
cou2034
MERCURE DE FRANCA
Couplets , que je ne pus me dispenser
de faire à cette occasion , et le verre
à la main , on eût la politesse de les applaudir
en faveur du sujet.
C
Sur l'air de Joconde.
' Est par d'énergiques Menteurs
Que la Fable est écrite.
En vain nous peignent - ils trois soeurs
Du plus rare merite ;
Ce n'est qu'en ces aimables lieux
Qu'on trouve les trois Graces ,
Et non pas dans les songes Creux
Des Ovides , des Staces.
M
Elles ont du Dieu d'Helicon
Le sublime langage ,
De la Mere de Cupidon
Les charmes en partage ;
Des Muses le divin sçavoir ,
De Pallas la sagesse ,
Et du tendre Amour le pouvoir;
Mais non pas sa foiblesse .
C'est ainsi que nous prétendons chas
ser l'ennui pendant ces vacances , et contribuer
à la continuation d'une bonne
santé
AAUST
2035 }
1731 .
santé par le baume d'une innocente joye.
On dit d'ailleurs que cet air est merveilleux
, et qu'on vit long temps dans tout
le Canton. On m'avoit parlé d'une fille
de cette Ville agée de plus de cent ans ,
j'allay hier m'en informer , et je la menay
chez M. le Vicomte avec toutes les preuves
de son âge qui est , ne vous en deplaise
, de 116. ans deux mois dix jours .
Elle voit , marche , parle , entend , dort ,
mange et boit fort bien . Il n'y a que deux
mois qu'elle travailloit encore à la dentelle.
,
Jean Remont de la Paroisse du Menil
Germain près Lisieux , mourut ici il
quelques jours , âgé de cent sept
ans , laissant deux fils , l'un âgé de 70.
ans , et l'autre de 68. cet homme n'avoit
jamais été malade , beuvoit du Cidre et
de l'eau de vie du matin au soir ; et ce
qu'il y a de particulier , il n'avoir jamais
eu de Procez , ny même passé en temoi
gnage , comme on parle en Normandie ,
la chose est rare pour un Normand , et
digne de la curiosité publique.
Nous nous préparons à faire bien des
courses sur Mer et sur Terre dans ces
quartiers : je ne manquerai pas de vous
en faire part. Ce serà peut -être de quoy
fournir un Supplement à votre Voyage
I iiij
de
03 MERCURE DE FRANCE
de Normandie , dont nous avons déja
vû plusieurs Lettres dans le Mercure
et dont nous attendons la suite avec impatience.
Je suis & c .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite de Honfleur le 20. Aoust 1731. par M. Hardouin, sur un Orage extraordinaire mêlé de Tonnerre &c, avec quelques nouvelles du même Pays.
Le 20 août 1731, M. Hardouin écrit depuis Honfleur pour décrire un orage exceptionnel survenu deux jours auparavant. Cet orage, caractérisé par des éclairs et du tonnerre, a causé une grande confusion et des dégâts, bien que de courte durée. Deux incidents notables sont rapportés : le tonnerre a frappé le bateau du capitaine Le Fevre, blessant gravement un matelot et endommageant le navire. Par ailleurs, un éclair a pénétré par la cheminée de la chambre de M. Potier, un prêtre, le blessant sévèrement sans endommager ses vêtements. Malgré ces événements, la vie à Honfleur a rapidement repris son cours normal. M. Hardouin séjourne chez M. de Lannay, un ami de distinction, où il a assisté à une fête acclamée. Il mentionne également les trois filles de son hôte, les louant pour leurs qualités. De plus, il rapporte la présence d'une femme âgée de 116 ans et d'un homme décédé à 107 ans, tous deux en bonne santé jusqu'à un âge avancé. M. Hardouin prévoit de réaliser des excursions et promet de partager ses découvertes, qui pourraient compléter un voyage en Normandie dont il attend la suite avec impatience.
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5316
p. 2036-2037
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. l'Abbé * * * * *. Chanoine de la Cathédrale d'Amiens au sujet du Tonnerre tombé dans cette Ville.
Début :
Le Tonnerre tomba ici hier 12. du courant, et fit des effets inconceyables [...]
Mots clefs :
Tonnerre, Hôtellerie Saint Antoine, Religieuses, Miséricorde
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. l'Abbé * * * * *. Chanoine de la Cathédrale d'Amiens au sujet du Tonnerre tombé dans cette Ville.
EXTRAIT
d'une Lettre écrite par Ma
8 Abbé * * * * *. Chanoine de la Ca
thédrale d'Amiens au sujet du Tonnerre
tombé dans cette Ville.
#
Tonnerre tomba ici hier 12. du
Lcourant ,et fit des effets inconceyables
. I tomba d'abord dans la rue de
S. Leu , d'où il entra en roulant dans
l'Hôtellerie S. Antoine , il s'éleva ensuite
par dessus les maisons , et alla donner
dans le petit Clocher des Religieuses de
sainte Claire , d'où il entra dans leur
Choeur , et y frappa la R. M. Therese
de Jesus votre Tante , qui étoit en
Oraison devant le S. Sacrement avec une
autre Religieuse , parceque c'étoit le
jour de Sainte Claire , o que le S. Sacrement
étoit exposé. Le Tonnerre sortit
par la grille , vint blesser dans l'Eglise
une femme qui étoit sous la Chaire ,
entra dans le Sanctuaire , puis dans la
Sacristie , et blessa en sortant par
fenêtre , un jeune homme au bras , et
à la main. Il monta delà et vint tomber
la
dans
A O UST. ” 1731 . 2037
dans la rue de Sainte Claire , où il tua
une pauvre femme infirme .
Toute la Communauté des Religieuses
fut hier dérangée , il n'y eut ni salut ,
ni presque d'autre exercice , 23. de ces
Dames furent saignées. Ce coup de Ton- .
nerre arriva comme elles étoient au Refectoire
pour dîner , et qu'elles disoient le
Benedicité. Personne ne pensa ensuite à ce
Repas , et ce ne fut toute la journée qu'al-
Iarmes et confusion dans cette pauvre Maison
. Permettez -moy enfin de vous le dire ,
votre chere Tante est morte ; elle fut
inhumée hier au soir , elle ne pouvoit
paroître devant Dieu dans un meilleur
état et dans un jour de misericorde plus
marqué. c'étoit le jour de sa fête , elle ve
noit de communier , et elle étoit actuel
lement prosternée devant le Saint Sacrement.
& c .
d'une Lettre écrite par Ma
8 Abbé * * * * *. Chanoine de la Ca
thédrale d'Amiens au sujet du Tonnerre
tombé dans cette Ville.
#
Tonnerre tomba ici hier 12. du
Lcourant ,et fit des effets inconceyables
. I tomba d'abord dans la rue de
S. Leu , d'où il entra en roulant dans
l'Hôtellerie S. Antoine , il s'éleva ensuite
par dessus les maisons , et alla donner
dans le petit Clocher des Religieuses de
sainte Claire , d'où il entra dans leur
Choeur , et y frappa la R. M. Therese
de Jesus votre Tante , qui étoit en
Oraison devant le S. Sacrement avec une
autre Religieuse , parceque c'étoit le
jour de Sainte Claire , o que le S. Sacrement
étoit exposé. Le Tonnerre sortit
par la grille , vint blesser dans l'Eglise
une femme qui étoit sous la Chaire ,
entra dans le Sanctuaire , puis dans la
Sacristie , et blessa en sortant par
fenêtre , un jeune homme au bras , et
à la main. Il monta delà et vint tomber
la
dans
A O UST. ” 1731 . 2037
dans la rue de Sainte Claire , où il tua
une pauvre femme infirme .
Toute la Communauté des Religieuses
fut hier dérangée , il n'y eut ni salut ,
ni presque d'autre exercice , 23. de ces
Dames furent saignées. Ce coup de Ton- .
nerre arriva comme elles étoient au Refectoire
pour dîner , et qu'elles disoient le
Benedicité. Personne ne pensa ensuite à ce
Repas , et ce ne fut toute la journée qu'al-
Iarmes et confusion dans cette pauvre Maison
. Permettez -moy enfin de vous le dire ,
votre chere Tante est morte ; elle fut
inhumée hier au soir , elle ne pouvoit
paroître devant Dieu dans un meilleur
état et dans un jour de misericorde plus
marqué. c'étoit le jour de sa fête , elle ve
noit de communier , et elle étoit actuel
lement prosternée devant le Saint Sacrement.
& c .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. l'Abbé * * * * *. Chanoine de la Cathédrale d'Amiens au sujet du Tonnerre tombé dans cette Ville.
Le 12 du mois en cours, un violent orage a frappé Amiens, causant des dégâts importants. Le tonnerre a d'abord touché la rue de Saint-Leu, puis s'est dirigé vers l'Hôtellerie Saint-Antoine. Il a ensuite atteint le clocher des Religieuses de Sainte-Claire. À l'intérieur, il a frappé la Révérende Mère Thérèse de Jésus, tante de l'auteur, qui priait devant le Saint-Sacrement avec une autre religieuse lors de la fête de Sainte-Claire. Le tonnerre a blessé une femme dans l'église et un jeune homme dans la sacristie. Dans la rue de Sainte-Claire, il a tué une femme infirme. La communauté des Religieuses a été profondément perturbée, avec 23 sœurs blessées. La tante de l'auteur, qui devait communier ce jour-là, a été tuée sur le coup et inhumée le soir même.
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5317
p. 2037-2038
EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
Début :
Je viens M. R. P. avec bien de la douleur vous apprendre une triste [...]
Mots clefs :
Tante, Religieuse, Communauté, Coup foudroyant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même
sujet par M. l'Abbeffe de ceMonastere.
E viens M. R. P. avec bien de la
douleur vous apprendre une triste
nouvelle ; c'est la mort de vôtre chere
Tante , nôtre R. M. Therese de Jesus,
arrivée hier , jour de la Fête de nôtre
I v M.
2038 MERCURE DE FRANCE
M. Sainte Claire. Elle étoit prés de la
grille devant le Saint Sacrement , un
coup de Tonnerre l'a frappée et fait tomber
morte , la face contre terre , et les
bras étendus , comme prosternée. La
Communauté étoit au Refectoire ; vous
pouvez juger de notre consternation ,
on a saigné une partie de nos Religieuses
qui ne peuvent revenir de leur afflic
tion causée par la perte que nous faisons
; c'étoit un de nos meilleurs sujets ,
d'une solide vertu , et très capable de
toutes choses. Elle a eu le bonheur de
communier une heure avant ce coup ,
foudroyant , qui a fait un grand fracas
dans notre Maison , surtout dans le Clocher
. On regarde comme un Miracle
que les Religieuses n'étoient pas dans .
le hoeur , d'où elles venoient de sortir ,
et où nous croyons que la plus grande
partie auroit peri du même coup, Notre
chere deffunte, étoit Maîtresse des Novices:
ces pauvres Enfants font pitié. &c.
Ces deux Lettres sont écrites au R. P
Dom Martin Bouquer,Religieux de l'Abbaye
S. Germain des Prez , Bibliothe
quaire.
sujet par M. l'Abbeffe de ceMonastere.
E viens M. R. P. avec bien de la
douleur vous apprendre une triste
nouvelle ; c'est la mort de vôtre chere
Tante , nôtre R. M. Therese de Jesus,
arrivée hier , jour de la Fête de nôtre
I v M.
2038 MERCURE DE FRANCE
M. Sainte Claire. Elle étoit prés de la
grille devant le Saint Sacrement , un
coup de Tonnerre l'a frappée et fait tomber
morte , la face contre terre , et les
bras étendus , comme prosternée. La
Communauté étoit au Refectoire ; vous
pouvez juger de notre consternation ,
on a saigné une partie de nos Religieuses
qui ne peuvent revenir de leur afflic
tion causée par la perte que nous faisons
; c'étoit un de nos meilleurs sujets ,
d'une solide vertu , et très capable de
toutes choses. Elle a eu le bonheur de
communier une heure avant ce coup ,
foudroyant , qui a fait un grand fracas
dans notre Maison , surtout dans le Clocher
. On regarde comme un Miracle
que les Religieuses n'étoient pas dans .
le hoeur , d'où elles venoient de sortir ,
et où nous croyons que la plus grande
partie auroit peri du même coup, Notre
chere deffunte, étoit Maîtresse des Novices:
ces pauvres Enfants font pitié. &c.
Ces deux Lettres sont écrites au R. P
Dom Martin Bouquer,Religieux de l'Abbaye
S. Germain des Prez , Bibliothe
quaire.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
L'Abbé du monastère informe Dom Martin Bouquer, religieux et bibliothécaire à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés, de la mort tragique de la tante de Dom Martin, la Révérende Mère Thérèse de Jésus. Cette dernière est décédée la veille, jour de la fête de Notre-Dame de la Merci, après avoir été frappée par un coup de tonnerre près de la grille devant le Saint Sacrement. La communauté, alors au réfectoire, a été profondément choquée. Plusieurs religieuses ont été saignées en raison de leur affliction. Thérèse de Jésus, Maîtresse des Novices, était respectée pour sa vertu et sa polyvalence. Elle avait communié une heure avant l'incident. Le coup de tonnerre a causé des dégâts importants dans la maison, notamment dans le clocher. Il est miraculeux que les religieuses n'étaient pas à la chapelle, où elles venaient de sortir, car elles auraient probablement péri. Les jeunes novices sont particulièrement affectées par sa perte.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5318
p. 2039-2040
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Archevêché de Lyon, à M. de Rochebonne, Evêque de Noyon. [...]
Mots clefs :
Archevêché, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ .
A
100.
Rchevêché de Lyon , à M. de Ro
chebonne, Evêque de Noyon.
Evêché de Noyon , à M. l'Abbé de
S. Simon.
I Evêché de Soissons , à M. le Fevre de
PAubriere , Conseiller au Parlement.
Abbaye Des Ordres à M. de la Roche-
Aimont , Evêque de Tarbes.
Abbaye d'Essonnes , à M. Neel , Doc
teur de Sorbonne .
Abbaye de sainte Marie Magdelaine
de Longvé à M. de la Boixiere , Coad
juteur du Grand-Maitre de la Maison de
Navarre.
Abbaye d'Arthoux à M. de la Coré
Vicaire Géneral de Saintes , Visiteur des
Carmelites ..
L'Abbaye de notre Dame de Nevers
à Madame le Maitre.
Abbaye de Lantenac , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de S. Brieux , à l'Abbé Marin
de Kerbringal.
Abbaye reguliere de Fontaude , Ordre
de Premontré , Diocèse de S. Pons , au
Pere Salvan d'Hauterive ..
Abbaye des Chanoinesses de Lons - le-
Saunier , Diocèse de Besançon , à la Dame
Bellez de Villette ,.
I vj Celle
2040 MERCURE DE FRANCE
L'Abaye de Chateaudun , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Chartres , à
l'Abbé de Rochechouart- Fodoart.
Celle de Selincourt , Ordre de Prémontré
, Diocèse d'Amiens , à l'Abbé de la
Grange , Grand - Vicaire d'Arras .
Celle d'Obasine , Ordre de Citeaux
Diocèse de Limoges , à l'Abbé de la
Briffe.
Celle de Bellevaux , même Ordre ,
Diocèse de Besançon , à l'Abbé de Mar
nezia.
Celle de Buillon , même Ordre et même
Diocèse , à l'Abbé Pelissier .
Celle de la Marquette , en Flandres ,
Ordre de Cîteaux , à la Dame de Rohan ,
Abbesse de Preaux.
Le Prieuré de la Bajasse , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Flour , à
l'Abbé de Bonvoust.
L'Evêque d'Orange ayant donné la démission
de son Evêché , le Roi y a nonmé
l'Abbé de Tilly , et Sa Majesté a don
né l'Abbaye de Mazan , Ordre de Cîteaux
, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evê
que d'Orange.
A
100.
Rchevêché de Lyon , à M. de Ro
chebonne, Evêque de Noyon.
Evêché de Noyon , à M. l'Abbé de
S. Simon.
I Evêché de Soissons , à M. le Fevre de
PAubriere , Conseiller au Parlement.
Abbaye Des Ordres à M. de la Roche-
Aimont , Evêque de Tarbes.
Abbaye d'Essonnes , à M. Neel , Doc
teur de Sorbonne .
Abbaye de sainte Marie Magdelaine
de Longvé à M. de la Boixiere , Coad
juteur du Grand-Maitre de la Maison de
Navarre.
Abbaye d'Arthoux à M. de la Coré
Vicaire Géneral de Saintes , Visiteur des
Carmelites ..
L'Abbaye de notre Dame de Nevers
à Madame le Maitre.
Abbaye de Lantenac , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de S. Brieux , à l'Abbé Marin
de Kerbringal.
Abbaye reguliere de Fontaude , Ordre
de Premontré , Diocèse de S. Pons , au
Pere Salvan d'Hauterive ..
Abbaye des Chanoinesses de Lons - le-
Saunier , Diocèse de Besançon , à la Dame
Bellez de Villette ,.
I vj Celle
2040 MERCURE DE FRANCE
L'Abaye de Chateaudun , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Chartres , à
l'Abbé de Rochechouart- Fodoart.
Celle de Selincourt , Ordre de Prémontré
, Diocèse d'Amiens , à l'Abbé de la
Grange , Grand - Vicaire d'Arras .
Celle d'Obasine , Ordre de Citeaux
Diocèse de Limoges , à l'Abbé de la
Briffe.
Celle de Bellevaux , même Ordre ,
Diocèse de Besançon , à l'Abbé de Mar
nezia.
Celle de Buillon , même Ordre et même
Diocèse , à l'Abbé Pelissier .
Celle de la Marquette , en Flandres ,
Ordre de Cîteaux , à la Dame de Rohan ,
Abbesse de Preaux.
Le Prieuré de la Bajasse , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Flour , à
l'Abbé de Bonvoust.
L'Evêque d'Orange ayant donné la démission
de son Evêché , le Roi y a nonmé
l'Abbé de Tilly , et Sa Majesté a don
né l'Abbaye de Mazan , Ordre de Cîteaux
, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evê
que d'Orange.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le document liste divers bénéfices ecclésiastiques attribués à plusieurs personnalités religieuses en France. Parmi les bénéficiaires figurent des évêques, abbés et autres dignitaires. Par exemple, le Rchevêché de Lyon est attribué à M. de Rochebonne, Evêque de Noyon. L'Abbaye de Sainte-Marie-Madeleine de Longvé est donnée à M. de la Boixière, coadjuteur du Grand-Maître de la Maison de Navarre. L'Abbaye de Lantenac, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saint-Brieux, est attribuée à l'Abbé Marin de Kerbringal. L'Abbaye de Chateaudun, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Chartres, est donnée à l'Abbé de Rochechouart-Fodoart. De plus, après la démission de l'Evêque d'Orange, le Roi a nommé l'Abbé de Tilly à sa place et a attribué l'Abbaye de Mazan, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evêque d'Orange.
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5319
p. 2041-2047
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Le 23. du mois dernier, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des [...]
Mots clefs :
Épouse, Dame, Chevalier, Conseiller, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
T044 MERCURE DE FRANCE
·
@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
E 23. du mois dernier , M. François
Grillet de Brissac , Lieutenant des
Gardes du Corps et Brigadier des Armées.
du Roi , mourut dans un âge avancé.
Dame Marie - Jeanne - Charlotte de
Maupeou , veuve en premieres Nôces de
M.Leon de Fontlebon ,Seigneur de Vitrac-
Montembeuf,Lieutenant au Regiment des
Gardes Françoises, et au jour de son décèds
épouse de M. Michel - Gabriel- Raphaël de
Beauvais , Baron de Gentilly , Capitaine
des Gardes de la Porte de feu Monseigneur
le Duc de Berry , mourut le 25. Juillet ,
âgée de 49. ans.
Dame Elizabeth- Therese le Rebours
veuve de M. Michel Chamillard , Ministre
d'Etat , et qui avoit été Controlleur
General des Finances , Secretaire d'Etat
avec le département de la guerre , Grand-
Trésorier et Commandeur des Ordres
du Roi , mourut en son Château de la
Suze au Maine le 26. du mois dernier
âgée d'environ 74. ans.
Dame Claude- Geneviève Cheriere
yeuve de Lancelot Turpin Crissé , Com-
IC
2042 MERCURE DE FRANCE
te de Sansay , Brigadier des Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Infanterie
de son nom mourut le 28. Juillet en
son Château d'Erouville en Beauce , âgée
de 48. ans.
و
Louis Comte du Bourg , petit-fils du
Maréchal de ce nom , Mestre de Camp ,
mourut à Strasbourg le premier de ce
mois.
Olivier Jegou de Querville , Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris , Evê
que et Comte de Tréguier , mourut dans
son Diocèse , le 2. Août. Il avoit été sacréle
30. Octobre 1697.
Dime Paule de Clermont-Tonnerre de
Chafle , Abbesse de l'Abbaye Royale de
Villiers , Ordre de Cîteaux , Diocèse de
Sens , mourut le 2. Août , âgée de 63. ans..
La Dame des Bertons de Crillon , qu'elle
avoit demandé pour sa Coadjutrice , lui
succede:
Alexandre Dezouches , Seigneur de la
Lande , & c . Chevalier de S. Louis Lieutenant
de Roi de la Ville d'Arras , mou
rut le 2. Août , âgé de 48. ans.
M. de S. Yves , Chirurgien , celebre
Oculiste de S. Côme , est mort à Paris le 3 .
Août , âgé de 66. ans , après avoir exercé
sa Profession avec beaucoup de talens , et
s'être acquis la réputation qu'il méritoit .
laisse
A O UST. 1731. 2043
pour
laisse un Eleve de son nom qui travailloit
sous lui depuis seize ans , et sur lequel
il se reposoit depuis plusieurs années
toutes les Operations que ses infirmitez
ne lui permettoient pas de faire. Il occupe
le même Appartement , Place du
Palais Royal , ruë S. Thomas du Louvre.
Guillaume le Noir , Secretaire du Roi ,
Receveur General des Finances d'Alençon
, et l'un des Fermiers Generaux de
S. M. mourut le 4. Août , âgé de 48. ans ..
Gaspard- Pierre de Fieubet , Chevalier
Seigneur de Vincüil , fils de Louis - Gaspard
de Fieubet , Conseiller au Parlement,
mourut le s . Août , âgé de 17. ans , 3 .
mois.
Jean -Pierre d'Argouges de Ranes , Chevalier
, Marquis de la Chapelle - la- Reine,
Doy n du Conseil d'Etat , mourut à Paris
le 7. de ce mois , dans la 86. année
de son âge.
Le même jour , Dame Loüise Elizabeth
de Marcillac , Epouse de M. Joseph Hennequin
de Charmont , cy devant Secretaire
de la Chambre et Cabinet du Roi ,,
Secretair des Commandemens de Monseigneur
le Dauphin , et Ambassadeur du
Roi auprès de la République de Venise ,
mourut au Château de Charmont en
Champagne, dans la 62. année de son âge
Le
T044 MERCURE DE FRANCE
·
@
Le 12. Alexandre de Rochechouart ;
Marquis de Jars , Capitaine des Gardes
du Corps de la Reine, seconde Doüairiere
d'Espagne , mourut au Château de Meudon
, de la petite verole , âgé de 53. ans.
Henri , Comte de Saulx de Tavannes
ey-devant Mestre de Camp , Lieutenant
du Régiment d'Orleans, Cavalerie , mourut
à Paris le 13. de ce mois , dans la 74 .
année de son âge.
M. François de Montholon , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Commandeur
de celui de S. Lazare , Mestre
de Camp de Cavalerie , ancien Cornette
de la seconde Compagnie des Mousquetaires
de la Garde du Roi , mourut à
S. Germain en Laye le 13 , de ce mois ,
dans un âge avancé. Il étoit petit - fils et
arriere - petit - fils de deux Gardes des
Sceaux de France du même nom .
Le même jour , Dame Anne- Marie-
Barbe Deville , Epouse de Anne Leon de
Montmorency , Chef du nom et Armes
de la Maison , premier Baron Chrétien en
France , Enseigne des Gendarmes de Berry
, Seigneur de Courtalin-Bois - Buffenle
Plessis- d'Arque , le Poilay , le Vernay ,;
des deux Modave , de Biemrcé , de Banderelle
, de Fermée , Termoiyne. , &c.
mourut âgée de 18 ans 7. mois .
L
La
A O UST. 1731. 2045
2.
Le 19. François de la Forest , d'Armaillé
, Chevalier , Baron de Craon , Seigneur
de la Forest d'Armaillé , & c. Conseiller
de la Grand'Chambre du Parle--
ment , mourut âgé d'environ 88. ans .
Dame Françoise Robert , Epouse de
M. François Moreau , Chevalier , Conseiller
du Roi en ses Conseils d'Etat et
Privez , Honoraire en sa Cour de Parlement
, et Procureur de Sa Majesté au
Châtelet de Paris , accoucha d'un fils
qui est le 14me enfant qu'elle a eû depuis
17. ans et demi de mariage , dont il lui
reste encore six garçons et deux filles ; il
fut baptisé le même jour sur les six heures
du soir , en l'Eglise de S.Mery sa Paroisse ,
et nommé Charles-François , par Charles-
François de Vintimille des Comtes de
Marseille , Comte du Luc , Marquis des
Arcs , la Marthe , &c. Chevalier et Commandeur
de tous les Ordres de S. M. son-
Conseiller d'État ordinaire d'Epée , Gouverneur
des Isles de Porquerolles et Lingoustier
, Lieutenant de Roi en Proven
ce , et par Dame Anne-Victoire de La-:
moignon , Epouse de M. René- Charles
de Maupeou , Conseiller du Roi en tous.
ses Conseils , Président de son Parlelement
, Seigneur de Noisy, Vicomte de
Bruyeres , Marquis de Morangue , &G
2046 MERCURE DE FRANCE
Dame V ctoire Guillard , Epouse 'de
Jean Baptiste-Martin Dartaguette- Biron ,
Baron Daguerre , &c. accoucha le 16.
*Juillet d'une fille , qui fut tenuë sur les
Fonts par Jean - Baptiste Guillard , Seigneur
de la Vacherie , Chambellan de
feu M. le Duc de Berry , Gouverneur
d'Arras , et par D. Louise , Adelaïde Herault
, fille de M. Herault , Lieutenant
General de Police .
D. Emilie de Mailly du Brüeil , Epouse
de Jean- François de Creil , Marquis de
Nancré , &c. Brigadier des Armées du
Roi , Capitaine Commandant des Grenadiers
à Cheval , accoucha le premier
Août d'une fille , qui fut nommée Louise
Felicité- Emilie ,, par Louis Gabriël des
Acres , Comte de Laigle , Colonel du.
Regiment d'Anguien , et par D. Bonne-
Felicité Bernard , fille de Samuel Bernard,
Comte de Coubeot , Conseiller d'Etat .
Dame. Louise Thevenin de Coursan ,
Epouse de Jean - Zacharie de la Faurie ,
Baron de Villandreult , Président à la
Cour des Aydes , accoucha le 8. Août
d'une fille qui fut nommée Anne Jeanne,
par Jean Thevenin , Baron de Thorci ,
Conseiller au Parlement , et par D. Anne
Thevenin de Coursan , fille de feu Jean
Thevenin , Baron de Coursan , Maître
des Requêtes.
A O UST. 1731. 2047
1
Dame Jeanne- Françoise Gardien , Epou
se de François - Elie de Chastenay , Che
valier , Marquis de Lanty , Lieutenant-
Colonel du Mestre de Camp General
Cavalerie , Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis , accoucha le 9 .
Août d'un fils , qui fut baptisé le 10. ,à
la Paroisse de S. Eustache , et tenu par
Alexis- Magdelaine Rosalie , Comte de
Chatillon , Chevalier des Ordres du Roi ,
Maréchal de Camp des Armées de S. M.
et Mestre de Camp General de la Cavalerie
Legere de France , et par Dame
Françoise de Pressigny , Epouse de M. le
Président de Nassigny.
D. Anne - Marie - Barbe Deville , Epousé
d'Anne Leon de Montmorency , accoucha
le 11. Août d'un fils , qui fut nommé
Anne Léon , par Léon de Montmorency,
et par D. Anne Barbe de Besser , veuve
de Charles- Joseph de Courcelles.
D. Magdelaine- Angelique de Neuville
de Villeroy , Epouse de Joseph Marie ,
Duc de Boufflers , Pair de France , &c.
accoucha le 17. d'un fils , qui fut nommé
Charles- Joseph , par Nicolas de Neuville
, Duc de Villeroy , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roi ,
&c. et par Dame Catherine - Charlotte de
Grammont , Maréchale de Boufflers , & c.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
En juillet et août 1731, plusieurs décès et naissances notables ont été enregistrés. Parmi les décès, M. François Grillet de Brissac, Lieutenant des Gardes du Corps et Brigadier des Armées du Roi, est décédé à un âge avancé le 23 juillet. Dame Marie-Jeanne-Charlotte de Maupeou, veuve de M. Léon de Fontlebon et épouse de M. Michel-Gabriel-Raphaël de Beauvais, est décédée le 25 juillet à l'âge de 49 ans. Dame Élisabeth-Thérèse Le Rebours, veuve de M. Michel Chamillard, Ministre d'État et ancien Contrôleur Général des Finances, est décédée le 26 juillet à environ 74 ans. Dame Claude-Geneviève Chérière, veuve de Lancelot Turpin Crissé, est décédée le 28 juillet à 48 ans. Louis Comte du Bourg, petit-fils du Maréchal de ce nom, est décédé à Strasbourg le 1er août. Olivier Jegou de Querville, Évêque et Comte de Tréguier, est décédé le 2 août. Dame Paule de Clermont-Tonnerre de Chafle, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée le 2 août à 63 ans. Alexandre Dezouches, Seigneur de la Lande et Lieutenant du Roi de la Ville d'Arras, est décédé le 2 août à 48 ans. M. de Saint-Yves, chirurgien et oculiste célèbre, est décédé à Paris le 3 août à 66 ans. Guillaume Le Noir, Secrétaire du Roi et Receveur Général des Finances d'Alençon, est décédé le 4 août à 48 ans. Gaspard-Pierre de Fieubet, Chevalier et Seigneur de Vincüil, est décédé le 5 août à 17 ans et 3 mois. Jean-Pierre d'Argouges de Ranes, Chevalier et Marquis de la Chapelle-la-Reine, est décédé à Paris le 7 août à 86 ans. Le même jour, Dame Louise Élisabeth de Marcillac, épouse de M. Joseph Hennequin de Charmont, est décédée à 62 ans. Alexandre de Rochechouart, Marquis de Jars et Capitaine des Gardes du Corps de la Reine, est décédé le 12 août à 53 ans. Henri, Comte de Saulx de Tavannes, ancien Mestre de Camp, est décédé à Paris le 13 août à 74 ans. M. François de Montholon, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Mestre de Camp de Cavalerie, est décédé à Saint-Germain-en-Laye le 13 août à un âge avancé. Le même jour, Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, est décédée à 18 ans et 7 mois. François de la Forest d'Armaillé, Chevalier et Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement, est décédé à environ 88 ans le 19 août. Pour les naissances, Dame Françoise Robert, épouse de M. François Moreau, a accouché d'un fils baptisé Charles-François le 19 août. Dame Victoire Guillard, épouse de Jean-Baptiste-Martin Dartaguette-Biron, a accouché d'une fille le 16 juillet. Dame Émilie de Mailly du Brüeil, épouse de Jean-François de Creil, a accouché d'une fille nommée Louise Félicité-Émilie le 1er août. Dame Louise Thevenin de Coursan, épouse de Jean-Zacharie de la Faurie, a accouché d'une fille nommée Anne Jeanne le 8 août. Dame Jeanne-Françoise Gardien, épouse de François-Élie de Chastenay, a accouché d'un fils baptisé le 10 août. Dame Anne-Marie-Barbe Deville, épouse de Anne Léon de Montmorency, a accouché d'un fils nommé Anne Léon le 11 août. Dame Madeleine-Angélique de Neuville de Villeroy, épouse de Joseph Marie, Duc de Boufflers, a accouché d'un fils nommé Charles-Joseph le 17 août.
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5320
p. 2048-2050
ARRESTS.
Début :
ARREST du 12. Juin, qui proroge jusqu'au dernier Décembre 1731. le prix des anciennes [...]
Mots clefs :
Déclaration, Police, Amende, Arrêt
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS.
ARREST S.
RREST du 12. Juin , qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1731.le prix des anciennes
especes et matieres d'Or et d'Argent.
SENTENCE DE POLICE , du 18-
Juin , qui condamne à l'amende les nommez Lemaire
et le Duc , Meneurs de Nourrices , pour
avoir contrevenu à la Déclaration du Roi du
premier Mars 1727. concernant les Recomman
daresses .
AUTRE du même jour , qui ordonne que
le nommé Feron , et les nommées Sandras es
Destouches , seront tenus dans vingt - quatre heu
res , de vuider les Lieux qu'ils occupent , pour
cause de scandale , et d'avoir donné retraite à des
gens de mauvaise vie.
AUTRE du même jour , qui condamne à
l'amende les nommez Boullay er Taubin , pour
avoir vendu des Foins dont les bottes étoienz
d'un moindre poids que celui indiqué par les Qc
donnances.
AUTRE du même jour , qui renouvelle les
deffenses à toutes personnes de s'immiscer dans
le Courtage de la Marchandise de Foin , et d'aller
au-devant des Voitures qui en sont chargées ,
pour les arrher ; et qui condamne les nommez
Pigry et veuve Girard à l'amende pour y avoir
contreyen
AR
A
A O UST. 17318 2049
ㄓ
ARREST du 9 Juillet , par lequel Sa Ma
jesté se reserve la connoissance des demandes en
cassation , formées depuis la Déclaration du s
Février dernier , ou qui pourroit l'être dans la
suite , contre des Jugemens de competence rendus
en faveur des Prevôts des Marêchaux ou des Sic
ges Présidiaux , et les évoque à son Conseil.
AUTRE du 17. Juillet, qui révoque la Commission
établie par les Arrêts des 13. Août 1726
et premier Août 1730. et regle la forme qui doit
être observée pour l'execution de l'Edit du mois
de May 1716. concernant les amendes des Eaux
> et Forêts.
AUTRE du 24. Juillet , en interpretation
des Arrêts des 12. Septembre 1729, et 11 , Février
1731. portant Reglement pour les Toiles ,
Batistes, et Linons qui se fabriquent dans les Pro
vinces de Picardie , d'Artois , du Hainaut , de la
Flandre Françoise , du Cambresis , et dans les
Generalitez de Paris et de Soissons. Le Roi ayant
jugé à propos d'ajoûter quelques nouvelles dispo
sitions aux regles prescrites par lesdits Arrêts
pour la fabrique de ces Toiles , lesquelles dispositions
sont contenues dans sept Articles énoncen
dans l'Arrêt , &C.
ORDONNANCE DE POLICE du 24. Juil◄
let , contenant un nouveau Reglement au sujet
de la qualité et bonne construction des Carosses
de Place , l'ordre et la regle que les Loueurs de
Carosses et leurs Cochers doivent observer , et le
prix qu'ils doivent exiger de chaque Particulier
qui voudront s'en servir , & c. ainsi qu'il est plus
au long expliqué dans les 21. Articles contenus
en ladite Ordonnance,
2050 MERCURE DE FRANCE
DECLARATION DU ROY , qui proroge
jusqu'au premier Septembre 1732. l'attribution
donnée aux Jurisdictions Consulaires pour connoître
des Faillites et Banqueroutes. Donnée à
Fontainebleau le 4. Août 1731. Registrée au Parlement
le 27. dudit mois.
DECLARATION DU ROY , pour la continuation
du Droit annuel , accordée aux Officiers
de Judicature , Police et Finances , pendant
neuf années , qui commenceront le premier Janvier
1732. et finiront le dernier Décembre 1740.
Donné à Versailles le 22. Juillet 1731. Registrée
en Parlement le 27. Août suivant.
RREST du 12. Juin , qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1731.le prix des anciennes
especes et matieres d'Or et d'Argent.
SENTENCE DE POLICE , du 18-
Juin , qui condamne à l'amende les nommez Lemaire
et le Duc , Meneurs de Nourrices , pour
avoir contrevenu à la Déclaration du Roi du
premier Mars 1727. concernant les Recomman
daresses .
AUTRE du même jour , qui ordonne que
le nommé Feron , et les nommées Sandras es
Destouches , seront tenus dans vingt - quatre heu
res , de vuider les Lieux qu'ils occupent , pour
cause de scandale , et d'avoir donné retraite à des
gens de mauvaise vie.
AUTRE du même jour , qui condamne à
l'amende les nommez Boullay er Taubin , pour
avoir vendu des Foins dont les bottes étoienz
d'un moindre poids que celui indiqué par les Qc
donnances.
AUTRE du même jour , qui renouvelle les
deffenses à toutes personnes de s'immiscer dans
le Courtage de la Marchandise de Foin , et d'aller
au-devant des Voitures qui en sont chargées ,
pour les arrher ; et qui condamne les nommez
Pigry et veuve Girard à l'amende pour y avoir
contreyen
AR
A
A O UST. 17318 2049
ㄓ
ARREST du 9 Juillet , par lequel Sa Ma
jesté se reserve la connoissance des demandes en
cassation , formées depuis la Déclaration du s
Février dernier , ou qui pourroit l'être dans la
suite , contre des Jugemens de competence rendus
en faveur des Prevôts des Marêchaux ou des Sic
ges Présidiaux , et les évoque à son Conseil.
AUTRE du 17. Juillet, qui révoque la Commission
établie par les Arrêts des 13. Août 1726
et premier Août 1730. et regle la forme qui doit
être observée pour l'execution de l'Edit du mois
de May 1716. concernant les amendes des Eaux
> et Forêts.
AUTRE du 24. Juillet , en interpretation
des Arrêts des 12. Septembre 1729, et 11 , Février
1731. portant Reglement pour les Toiles ,
Batistes, et Linons qui se fabriquent dans les Pro
vinces de Picardie , d'Artois , du Hainaut , de la
Flandre Françoise , du Cambresis , et dans les
Generalitez de Paris et de Soissons. Le Roi ayant
jugé à propos d'ajoûter quelques nouvelles dispo
sitions aux regles prescrites par lesdits Arrêts
pour la fabrique de ces Toiles , lesquelles dispositions
sont contenues dans sept Articles énoncen
dans l'Arrêt , &C.
ORDONNANCE DE POLICE du 24. Juil◄
let , contenant un nouveau Reglement au sujet
de la qualité et bonne construction des Carosses
de Place , l'ordre et la regle que les Loueurs de
Carosses et leurs Cochers doivent observer , et le
prix qu'ils doivent exiger de chaque Particulier
qui voudront s'en servir , & c. ainsi qu'il est plus
au long expliqué dans les 21. Articles contenus
en ladite Ordonnance,
2050 MERCURE DE FRANCE
DECLARATION DU ROY , qui proroge
jusqu'au premier Septembre 1732. l'attribution
donnée aux Jurisdictions Consulaires pour connoître
des Faillites et Banqueroutes. Donnée à
Fontainebleau le 4. Août 1731. Registrée au Parlement
le 27. dudit mois.
DECLARATION DU ROY , pour la continuation
du Droit annuel , accordée aux Officiers
de Judicature , Police et Finances , pendant
neuf années , qui commenceront le premier Janvier
1732. et finiront le dernier Décembre 1740.
Donné à Versailles le 22. Juillet 1731. Registrée
en Parlement le 27. Août suivant.
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Résumé : ARRESTS.
En 1731, plusieurs arrêtés et déclarations royaux ont été émis. Le 12 juin, un arrêté prolonge jusqu'au 31 décembre 1731 le prix des anciennes espèces et matières d'or et d'argent. Le 18 juin, des sentences de police condamnent Lemaire et le Duc à une amende pour violation d'une déclaration royale. Feron, Sandras et Destouches sont sommés de quitter les lieux qu'ils occupent pour cause de scandale. Boullay et Taubin sont également condamnés à une amende pour avoir vendu du foin en dessous du poids réglementaire. Pigry et la veuve Girard sont punis pour s'être immiscés dans le courtage du foin. Le 9 juillet, un arrêté réserve au roi la connaissance des demandes en cassation contre des jugements favorables aux prévôts des maréchaux ou aux sièges présidiaux. Le 17 juillet, une commission est révoquée et des règles sont établies pour l'exécution d'un édit sur les amendes des eaux et forêts. Le 24 juillet, un arrêté ajoute des dispositions aux règlements sur la fabrication des toiles, batistes et linons dans plusieurs provinces. Une ordonnance de police régule la qualité et la construction des carrosses de place, ainsi que les prix et règles pour les loueurs et cochers. Le 4 août, une déclaration royale prolonge jusqu'au 1er septembre 1732 les attributions des juridictions consulaires pour les faillites et banqueroutes. Le 22 juillet, une déclaration royale accorde aux officiers de judicature, police et finances un droit annuel pour neuf années, de 1732 à 1740.
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5321
p. 2050-[2052]
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. Ode Sacrée , Explication physique des bruits entendus à [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Pleces
Fugitives
. Ode Sacrée , 1839
Explication physique des bruits entendus à
Ansacq , & c. 1841
Paraphrase du Pseaume , Judica , 1854
Lettre sur la Médisance 1859
2
Adieux aux Muses , 1862
L'Amant Fugitif , Cantate ,
Epigrames tirées de Buchanan ,
Eclaircissemens sur le Paradoxe du P.C. & c.1864
Letrre au sujet des Discours sur la Comedie, 1873
Relation de la défaite des Renards , Nation Sauvage
,
Ode Anacréontique ,
1884
1892
Memoire sur la découverte d'un grand Chemin
des Romains , en Languedoc ,
1870
1883
1894
L'Amour trompeur , Poëme , 1908
Lettre sur le Couvreur de Senlis , &c. 1912
La Jeunesse , Cantate , 1916
Lettre au sujet de S. Front
1920
Vers sur M. de la Faye , 1921
Apologie
des
Enfans
de
la Sapience
, au
sujet
d
Mercure des Philosophes et de la Transmutation
,
Le Baudet et la Jument , Fable ,
1922
1928
Lettre sur les Villes d'Auxerre et de Joigny , 1930
Refléxions ,
Enigme , Logogryphes , & c .
1933
1937
Nouvelles Litteraires , des Beaux- Arts , &c. Lettre
sur le Paradis Perdu ,
1942
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
illustres ,
1943
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des Sçavans,
&c. 1951
Maximes propres à regler le Silence et le Discours
, & c .
1954
Les Devoirs de l'Homme et du Citoyen , 1956-
Recueil d'Inscriptions , & c. 1957
Journal Litteraire de Venise &c . Histoire naturelle
du Mont Vesuve , &c.
Poëme et Pieces de Théatre ,
Barometres et pesanteur de l'air ,
Epitaphes , &c .
1960
1967
ibid.
1974
1977
Þ. Buffier ,
•
1979
1981
Les Poëtes Epiques , Stances , &c.
Le Cours des Sciences par le
OEuvres de Moliere : nouvelle Edition ,
Gallerie de Versailles, Desseins et Estampes, 1982
Nouveaux Volcans , 1983
Tremblement de Terre , & c. 1984
Mort d'une femme de 1c6. ans > 1985
Médaille du Cardinal de Fleury , 1986
. Chanson notée ,
ibid.
1987 5
Spectacles , le Mary curieux , Comedie ,
Tragedie de Regulus et Balet de l'empire de la
Mode , au College des Jesuites , 1992
Brutus , Tragedie , représentée à Caen , et Balet
caracterisé , Prologue , &c . 1997
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse ; 2002.
De Russie , Pologne , Suede et Allemagne , 2006
D'Italie , Espagne , Angleterre et Pays- Bas,
Morts des Pays Etrangers ,
Addition aux Nouvelles Etrangeres ,
2015
2016
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, & c . 2019
Nouveaux Echevins , Discours au Roi , & c . 2012-
Memoire présenté par l'Archevêque deParis, 2c29
Lettre sur un Orage , &c .
Autre sur le Tonnerre , &C.
Benefices donnez ,
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables , &c. •
Errata du second volume de Juin.
PAge
2031
2036
2039
2041
2048
Pleces
Fugitives
. Ode Sacrée , 1839
Explication physique des bruits entendus à
Ansacq , & c. 1841
Paraphrase du Pseaume , Judica , 1854
Lettre sur la Médisance 1859
2
Adieux aux Muses , 1862
L'Amant Fugitif , Cantate ,
Epigrames tirées de Buchanan ,
Eclaircissemens sur le Paradoxe du P.C. & c.1864
Letrre au sujet des Discours sur la Comedie, 1873
Relation de la défaite des Renards , Nation Sauvage
,
Ode Anacréontique ,
1884
1892
Memoire sur la découverte d'un grand Chemin
des Romains , en Languedoc ,
1870
1883
1894
L'Amour trompeur , Poëme , 1908
Lettre sur le Couvreur de Senlis , &c. 1912
La Jeunesse , Cantate , 1916
Lettre au sujet de S. Front
1920
Vers sur M. de la Faye , 1921
Apologie
des
Enfans
de
la Sapience
, au
sujet
d
Mercure des Philosophes et de la Transmutation
,
Le Baudet et la Jument , Fable ,
1922
1928
Lettre sur les Villes d'Auxerre et de Joigny , 1930
Refléxions ,
Enigme , Logogryphes , & c .
1933
1937
Nouvelles Litteraires , des Beaux- Arts , &c. Lettre
sur le Paradis Perdu ,
1942
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes
illustres ,
1943
Bibliotheque raisonnée des Ouvrages des Sçavans,
&c. 1951
Maximes propres à regler le Silence et le Discours
, & c .
1954
Les Devoirs de l'Homme et du Citoyen , 1956-
Recueil d'Inscriptions , & c. 1957
Journal Litteraire de Venise &c . Histoire naturelle
du Mont Vesuve , &c.
Poëme et Pieces de Théatre ,
Barometres et pesanteur de l'air ,
Epitaphes , &c .
1960
1967
ibid.
1974
1977
Þ. Buffier ,
•
1979
1981
Les Poëtes Epiques , Stances , &c.
Le Cours des Sciences par le
OEuvres de Moliere : nouvelle Edition ,
Gallerie de Versailles, Desseins et Estampes, 1982
Nouveaux Volcans , 1983
Tremblement de Terre , & c. 1984
Mort d'une femme de 1c6. ans > 1985
Médaille du Cardinal de Fleury , 1986
. Chanson notée ,
ibid.
1987 5
Spectacles , le Mary curieux , Comedie ,
Tragedie de Regulus et Balet de l'empire de la
Mode , au College des Jesuites , 1992
Brutus , Tragedie , représentée à Caen , et Balet
caracterisé , Prologue , &c . 1997
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse ; 2002.
De Russie , Pologne , Suede et Allemagne , 2006
D'Italie , Espagne , Angleterre et Pays- Bas,
Morts des Pays Etrangers ,
Addition aux Nouvelles Etrangeres ,
2015
2016
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, & c . 2019
Nouveaux Echevins , Discours au Roi , & c . 2012-
Memoire présenté par l'Archevêque deParis, 2c29
Lettre sur un Orage , &c .
Autre sur le Tonnerre , &C.
Benefices donnez ,
Morts , Naissances , &c.
Arrêts Notables , &c. •
Errata du second volume de Juin.
PAge
2031
2036
2039
2041
2048
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Résumé : TABLE.
Le document recense diverses œuvres littéraires et scientifiques publiées entre 1839 et 2048. Ces œuvres incluent des poèmes, des lettres, des mémoires, des traités scientifiques, des pièces de théâtre et des nouvelles. Parmi les titres remarquables figurent 'Fugitives. Ode Sacrée' (1839), 'Explication physique des bruits entendus à Ansacq' (1841), 'Paraphrase du Pseaume, Judica' (1854) et 'Lettre sur la Médisance' (1859). Les sujets traités sont variés, allant de la poésie à des explications scientifiques, en passant par des réflexions morales et des récits historiques. Le document se conclut par des mentions d'événements et de nouvelles, notamment des 'Nouvelles Etrangères' et des 'Nouvelles de la Cour', jusqu'en 2048.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5322
p. [2052]
Errata de Juillet.
Début :
Errata de Juillet. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de Juillet.
Errata de Juillet.
Age 1777. ligne 13. joye , lisez , gloire.
Age 1777. ligne 13. joye , lisez , gloire.
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5323
p. [2052]
Errata du second volume de Juin.
Début :
Page 1431 ligne 5. je dis, lisez , je disois. P. 1436. l. 8. sacritissimam , l. sacratissimam [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du second volume de Juin.
Errata du second volume de Juin.
PAge
2031
2036
2039
2041
2048
Age 1431 ligne 5. je dis , lisez , je disois.
P. 1436. 1. 8. sacritissimam , 1. sacratissimam,
P. 1441. l. 11. des premieres , l. les premieres.
Ibid. 1. 20. même bien , l . moins bien.
Ligne 22. moins generale , l. au moins generale
P. 1447. 1. 22. de ses , l. des.
PAge
2031
2036
2039
2041
2048
Age 1431 ligne 5. je dis , lisez , je disois.
P. 1436. 1. 8. sacritissimam , 1. sacratissimam,
P. 1441. l. 11. des premieres , l. les premieres.
Ibid. 1. 20. même bien , l . moins bien.
Ligne 22. moins generale , l. au moins generale
P. 1447. 1. 22. de ses , l. des.
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5324
p. [2052]
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1858. ligne derniere, des , lisez de tes P. 1909. l. 2 : du bas , Mort, l. 4 Mont [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Age 1858. ligne dernieré , des , lisez de tes
P. 1909. 1. 2 : du bas , Mort , 4 Mont
P. 1925. 1. 25. rhose , l. chose.
P. 1926. I. derniere , neuve , 1. nuë.
P. 1927. 1. 2. maux , 1. mains.
P. 1948. l. 21. avoit , ↳ avoient.
P. 1980. L. 13. Méode , I. Méthode.
P. 1984, 1 12. du 17. l. du dix-septiéme:
P. 2002. 1. 7. reprendre , l. prendre.
La Médaille et l'Air noté doivent regarder A
page
Age 1858. ligne dernieré , des , lisez de tes
P. 1909. 1. 2 : du bas , Mort , 4 Mont
P. 1925. 1. 25. rhose , l. chose.
P. 1926. I. derniere , neuve , 1. nuë.
P. 1927. 1. 2. maux , 1. mains.
P. 1948. l. 21. avoit , ↳ avoient.
P. 1980. L. 13. Méode , I. Méthode.
P. 1984, 1 12. du 17. l. du dix-septiéme:
P. 2002. 1. 7. reprendre , l. prendre.
La Médaille et l'Air noté doivent regarder A
page
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5325
p. [2050]
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Adresse générale, Commis, Poste, Lettres, Libraires des Provinces et des Pays étrangers, Messageries
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leursOuvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pay
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la p
miere main , & plus promptement , n'auro
qu'à donner leurs adreffes à M. More
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porters....
tbeure à la Pofte , ou aux Meffageries
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leursOuvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pay
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la p
miere main , & plus promptement , n'auro
qu'à donner leurs adreffes à M. More
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porters....
tbeure à la Pofte , ou aux Meffageries
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS
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Résumé : AVIS.
Le texte décrit les modalités de distribution et d'envoi du 'Mercure de France'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets cachetés peuvent être remis aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui préparera et enverra les paquets sans délai. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5326
p. 2053-2066
LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
Début :
Nous sommes, Monsieur, dans une année distinguée par la secheresse extrême [...]
Mots clefs :
Sécheresse , Bétail domestique, Bêtes fauves, Cerfs, Hiver, Prières publiques, Palestine, Chrétiens, Évêque de Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
LETTRE écrite à M. Adam, Medecin,
surla secheresse de la presente année 1731 .
et sur la maladie des Bestiaux en certains
Pays.
'Ous sommes , Monsieur , dans une
Narinée distinguée par la secheresse extrême
qui y a regné , et qui y regne encore.
Je ne sçai si nous ne pourrions pas
la comparer à celle dont parle S. Grégoire
de Tours sur la fin de Histoire de
France , et dont il dit : Siccitas immensa
>
fuit que omne pabulum herbarum avertit.
A iij
Cet
2034 MERCURE DE FRANCE
Cet Historien du sixiéme siecle , qui en
fut le témoin, ajoûte que les Quadrupedes
en souffrirent beaucoup , et qu'il en mourut
un si grand nombre , qu'à peine en
resta- t'il pour perpetuer la race , et il
applique à cette occasion ce que dit le
Prophete Habacuc : Abscindetur de ovili
pecus , & c. (a) Il ajoûte que ce ne fut pas
seulement sur le Bétail domestique que
s'étendit le mal , mais encore sur les bêtes
fauves , et qu'on trouvoit dans les Forêts
les Cerfs et autres animaux étendus morts
sur la place .
L'expérience du passé ayant fait craindre
que pareilles choses n'arrivassent de
nos jours , on a sagement prévenu le mal
en plusieurs endroits du Royaume : on
a eu recours aux Intercesseurs qui sont
les Saints , et on s'est mis sous la protection
de ceux qui sont regardez comme les
Tutelaires des Lieux , et il paroît qu'on
s'en est bien trouvé. Une remarque cependant
que quelques- uns ont faite , est
qu'il leur a semblé que les Diocèses dont
S. Etienne est Patron ont été privilegiez
et qu'ils ont eu de la pluye en abondance
(4) Je rapporte ici ce Passage suivant la Vul-
S. Grégoire le cite selon la Version qui
avoit cours dans les Gaules de son temps. Defieient
ab csca oves , Úc.
avánt
SEPTEMBRE . 1731 2055
avant les autres. Il y en a en France au
moins une douzaine ; mais je ne puis cer
tifier le fait qu'à l'égard de deux de ces
Diocèses où je me suis trouvé vers la saint
Jean derniere , dans le temps que ces
pluyes sont venues après la secheresse
commencée au mois de Fevrier . Aussi peutêtre
ne faisoit-on pas des Prieres dans tous,
et peut- être que
dans les lieux où l'on en
faisoit , on n'interroissoit pas également
S. Etienne dans ce qu'on vouloit obtenir .
Ce qu'il y a de certain c'est que depuis la
révelation faite au Prêtre Lucien , dans un
temps de secheresse , que Dieu écouteroit
les Prieres de son Peuple , appuyées de
l'intercession de S. Etienne , et qu'il en
auroit pitié , on a toûjours eu dans l'Eglise
une grande dévotion envers ce saint
Martyr , lorsqu'il a été besoin d'obtenir
la cessation de cette espece de calamité.
Le souvenir de ce qui étoit arrivé au commencement
du V. siecle pendant cette
secheresse d'hyver qui fut si fatale aux
biens de la Terre dans la Palestine , a toûjours
été present à ceux qui lisent l'Histoire
avec attention .
Je prévois dans ce moment que plus
d'une personne seront frappez de ma remarque
; mais je les prie d'observer les
Livres où sont marquées les Prieres pu-
A iiij bliques
056 MERCURE DE FRANCE
bliques de l'Antiquité pour les temps d'af-
Aliction , et ils verront que l'invocation
de S. Etienne y est marquée avec distinc-
´tion . Ce n'est donc pas la faute de nos ancêtres
, si le fait historique d'une pluye
salutaire esperée et obtenue par l'intercession
de S. Etienne , commence à être mise
en oubli . Ils ont toûjours eû soin d'en
inserer quelque chose dans leurs Livres
de l'Office divin , y faisant entrer la Revelation
du Prêtre Lucien , tant en chant
qu'en lecture. Mais depuis que l'on n'en
chante plus rien et qu'on se contente d'en
lire un abregé très- succint , où il n'est
point fait mention de cet évenement , it
est à craindre qu'on n'oublie le fait , ou
du moins qu'on ne l'ait plus si present à
l'esprit .
و
Il en étoit resté quelque vestige dans le
Breviaire de Sens de l'an 1702.à l'Office de
l'Invention deS.Etienne; on s'est fait depuis
ce temps- là un systême qui n'a point permis
que la memoire de ce trait historique
entrât dans l'Office refondu en 1726.Je ne
sçai s'il en sera de même dans toutes les
Eglises. Je tonnois un Chapitre insigne
où il sera difficile d'oublier tout-à-fait
cette ancienne Histoire : l'antiquité des
moyens temps y a pourvû d'une maniere
singuliere ; je ne veux pas la rapporter à
present ,
SETEMBRE. 1731. 2057
present. Au reste Saint Etienne n'est
pas le seul Saint par l'intercession duquel
on ait eu confiance d'obtenir de
la pluye dans les temps de secheresse.
Il paroît seulement qu'il est le premier
dont les Reliques ayent occasionné ce
secours salutaire , et c'est l'époque que.
l'on peut donner à l'antiquité de l'usage
de porter en Procession les Reliques
des Martyrs dans les temps de calamité.
à
Quelques années avant cette désolation
qu'on fixe à l'an 415. la Palestine s'étoit
ressentie d'une semblable affliction. La
secheresse avoit duré dans l'année 394.
ou 395. durant le mois de Die et d'Appellée
, qui sont deux mois de l'hyver
répondant à Novembre et Décembre ,
quelques jours près. Un S. Evêque nouvellement
placé sur le Siege de Gaze , obtint
miraculeusement de la pluye , au
moins pour son Territoire. L'Histoire en
est si curieuse qu'on ne peut la rendre
trop publique en ce temps- cy. Les Idolâtres
de cette Ville étoient allez au Temple
de Marnas , pour y prier et sacrifier ,
croyant que Marnas étoit maître de la
pluye , et qu'il étoit Jupiter même . Ils
continuerent leur chant pendant sept
jours ; mais le voyant sans effet , ils s'en'
retour2058
MERCURE DE FRANCE
retournerent à leurs ouvrages. La vie de
S. Porphyre , Evêque de cette Ville , écrite
par Marc , son Disciple , témoin oculaire ,
rapporte ensuite comment ce saint Prélat
eut le crédit d'obtenir de l'eau du Ciel.
Les Chrétiens , au nombre de 280. étoient
accourus à lui pour le prier de demander
à Dieu la cessation de la secheresse . Il ordonna
d'abord un jeûne , et commanda
qu'on s'assemblat le soir dans la grande
Eglise pour y celebrer les Vigiles , et cette
nuit-là , dit l'Ecrivain qui étoit un des
Diacres , nous y fimes trente Prieres , avec
autant d'agenouillemens , sans compter la
Psalmodie et les Leçons . Le récit de ce
Diacre témoin , appellé Marc , étant trèspropre
à prouver l'antiquité des usages
de l'Eglise Catholique , j'emprunterai ici
ses propres termes . Le matin , continuë- t'il ,
S. Porphyre faisant porter la sainte Croix
devant nous , nous marchames en chantant
des Hymnes vers l'Occident de la Ville , et
allâmes à la vieille Eglise de S. Asclepas
et là nous fimes autant de Prieres que dans
La grande Eglise. Puis nous allâmes à saint
Timothée , où sont les Reliques de sainte
Meure, Martyre, et de sainte Thée, qui a été
mise au nombre des Confesseurs , et y ayant
encore fait autant de Prieres et d'agenowil-
Lemens , nous retournâmes à la Ville ; fil
étoit
SEPTEMBRE. 1731. 2059
étoit trois heures après midi , ) et nous la
trouvâmes fermée; car les Payens vouloient
dissiper la Procession. Nous nous y
tinmes
deux heures sans qu'on voulût nous ouvrir :
et pour lors un vent de midi commença à convrir
le Ciel de nuées , et dès que le Soleilfut
couché, il fit une grosse pluye avec Tonnerre,
et les Payens voyant ce Miracle , nous ouvrirent
et vinrent avec nous à la grande
Eglise , disant : Christ est le seul Dieu. Il
plut donc depuis le buit d'Audynée jusqu'au
dix. (Audynée est le Janvier des Romains ,
hors qu'il commence cinq jours plutôt ,
comme les autres mois. ) L'onze nous celebrâmes
le saint jour de la Théophanie s et
il y eut cent cinq Payens convertis.
Il y a en France une Ville Episcopale
que je connois particulierement , où les
Prieres de cette presente année ont été
reglées à peu près sur le plan de celles
qu'on voit ordonnées par S. Porphire , et .
l'on a eû la consolation d'être exaucé le
lendemain du jeûne qui accompagna la .
ceremonie.
Mais revenons à la mortalité des Bestiaux
. C'est ordinairement la grande secheresse
qui la cause , parce que la secheresse
excessive brûlant l'herbe des Prez , les
animaux se trouvent obligez de brouter
les feuilles des arbres , aux feuilles des-
A vj quels
2060 MERCURE DE FRANCE
quels sont attachez certains Insectes qui
leur sont nuisibles. C'est une expérience
qu'on m'écrit avoir été faite en Bourgogne
au mois de Juin dernier. Elle suffit
ce me semble , pour assurer qu'Agobard,
Evêque de Lyon , avoit grande raison de
se mocquer de ceux qui croyoient de.
son temps que la mortalité qui regna sur
les Bestiaux , venoit d'une certaine poudre
des Maleficiers envoyez par le
Duc de Benevent , répandoient par la
campagne , et que le vent faisoit entrer
dans les narines des Boeufs et des Vaches.
Cette mortalité remarquable arriva en
l'an 810. Il ne faut pas songer à d'autres
causes dans celles qui arrivoient aux temps
de secheresse , qu'aux Insectes attachez
sous les feüillages.
que
Je ne sçai si celle qui arriva sous le
Roi Chilperic I. après la Bataille donnée
à Chateau -Meillan , en Berry , procedoit
d'un pareil principe ; elle fut si grande ,
au rapport de Gregoire de Tours , qu'après
qu'elle eut cessé , on regardoit comme
une chose merveilleuse de trouver une
Vache ou un Cheval sur pied . Sigebert
marque aussi dans sa Chronique à l'an
1137. qu'il y eut une si grande secheresse
en France , que de memoire d'homme
on n'en n'avoit vû de semblable. Il dit
qu'elle
SEPTEMBRE. 1731. 206
qu'elle fit tarir les Fontaines , les Puits ,
et même des Rivieres ; mais il n'ajoûte
pas si elle fut suivie d'aucune mortalité.
Il paroît que les paroles de l'Antiennedu
vieil Office de S. Etienne conviendroient
à merveille en ces ocsasions , et
qu'on peut les adresser à ceux dont il dépendroit
d'obtenir de la pluye par l'intercession
des Saints , mais qui moins diligens.
que S.Porphyre de Gaze , differeroient de
prendre cette voye. Nonne vides quanta
sit siccitas et tribulatio in toto mundo , et tu
negligenter agis ? On connoît à ce langage
alec'est le vieillard Gamaliel qui reprend
Lucien , de la négligence qu'il apportoit à
Gire proceder à la découverte du Corps de
S. Etienne , dont on attendoit le soulageanent
qui étoit si necessaire.J'ai trouvé ces
paroles dans les anciens Breviaires de Langres
et de Toul ; mais il y a une autre Eglise
queje ne veux pas nommer, où l'on chante
Cette Antienne avec une particularité qui
Rous divertira. Comme c'est le soir du
second jour d'Août , veille de l'Invention
de S. Etienne , l'un des Patrons de cette
Eglise, que cette Antienne se présente dans
l'Office , et que c'est au troisiéme Nocturne
,temps auquel la saison permet d'avoir
le gosier desseché après avoir déja chanté
deux grands Nocturnes ; on m'a assuré
qu'aussi-
1
1
2062 MERCURE DE FRANCE
qu'aussi - tôt et à l'instant que cette Antienne
est notifiée ou intimée , arrivent
au Choeur des Bedeaux ou Huissiers d'Eglise
avec des brocs de vin et des tasses .
et qu'ils y font la ronde , en offrant du
vin à tous ceux du Clergé qui en souhaitent
; bien plus , que selon la maxime ne
potus noceat , une ou deux autres personnes
portent sur un bassin des Biscuits ou
des Macarons, et en présentent à ceux qui
veulent redoubler. C'est ainsi que la gran
de secheresse ou chaleur causée au palais
par le chant , se trouve fort à propos hu
mectée et agréablement rafraîchie. Com
me je n'approfondis pas beaucoup les Ru
briques , je ne me suis pas informé si le
Breviaire ou l'Antiphonier marque dupli-,
catur à cette Antienne ; je crois cependant
que non , parce que c'est un Chapitre où
F'on ne suit pas le Breviaire Romain .
Je parierois bien , Monsieur , qu'en lisant
cecy , vous en faites l'application à
quelque Chapitre de l'Allemagne. Si cela
est , je puis vous certifier que vous vous
trompez. Mais je connois une autre pratique
usitée dans les Eglises de la Campagne
du côté de cette Region . Les Sta
Legian 1604*
tuts Synodaux de Metz de l'an 1604
m'ont donné occasion d'en être instruita
Par un article de ces Statuts , il est enjointaux
SEPTEMBRE. 1751. 2063
aux Curez , ut aboleant profana tonitrualia
festa cum paganismum redoleant , cæterasque
vanas observationes pro curandis et conservandis
pecoribus. Remarquez en passant
que les bestiaux sont toûjours en butte à
quelque adversité , que les soins ingénieux
des Paysans sçavent détourner ou faire cesser,
autant qu'il est en eux. Je ne pouvois
deviner ce que c'étoient que ces Fêtes Tonitruales,
qui paroissent influer sur la conservation
des bestiaux, mais j'en ai eu d'expli
cation d'une personne très - versée dans
toute l'Antiquité, et principalement dang
celle du Pays Messin et des environs.
Ce Sçavant m'a écrit que cette cere
monie s'appelle la Fête du Tonnerre: qu'elle
a été abolie presque par tout le Diocèse ,
mais que le voisinage du Diocèse de Tré
ves est cause qu'on n'a pû l'abolir entierement
dans le canton du Diocèse de
Metz , qui confine avec l'Allemagne , et
qu'elle est réservée dans quelques Paroisses
de ces quartiers- là . Cette Fête consiste
à celebrer certains jours de l'année
avec son des Cloches , Messe haute et avec
plusieurs ceremonies superstitieuses dif
ferentes , selon les lieux . On croit que
par ce moyen l'on est préservé du Tonnerre
, et qu'il tomberoit infailliblement
sur le lieu , si l'on n'y celebroit pas cette
Fête.
2064 MERCURE DE FRANCE
Fête .C'est un usage commun dans les Dio
cèses de Tréves , de Spire , de Cologne, de
Mayence , & c L'ancien Calendrier des
Romains , quoique rempli de Fêtes , n'avoit
point celle - la. Il peut se faire qu'elle
ait eu une origine pieuse dans le Christianisme
, et que dans la suite on ait dégeneré.
Le Méteore du Tonnerre étant
inconcevable dans ces effets , est souvent
nuisible , non -seulement aux animaux de
la Campagne , mais encore aux Hommes
et aux Edifices. Il est cependant hors de
toute apparence de croire que jamais il
ne tombe dans les Diocèses que je viens
de nommer , quoiqu'on y soit exact à
celebrer sa Fête ; il est , au contraire, certain
que de tant de milliers de Paroisses
qu'il y a en France où l'on ne la celebre
pas , à peine y en a- t'il vingt ou trente
par an qui ayent le malheur d'en être
frappées.
Je ne vous celerai point, Monsieur, que
quoiqu'on passe pour être plus éclairé en
France qu'on ne l'est en Allemagne , j'ai
trouvé des Villages en Champagne , où
les Paysans ont la même idée de certains
de nos Saints , que les Payens de la Ville
de Gaze avoient de l'Idole Marnas , dont
je vous ai parlé. Il y a de ces Villages où
l'on croit bonnement que S. Abdon
Martyr
SEPTEMBRE. 1731. 206)
Martyr de la Perse , du trente Juillet ,
est Maître du Tonnerre , et qu'il . en
peut disposer comme il lui plaît. C'est
pour cela , me disoit un jour un de ces
Paysans , c'est pour cela que notre Curé ne
manque jamais defaire la Fête de S. Abdon
de bonne heure ; il en fait grande solemnité
dans l'Octave de la Fête - Dieu , avant que
les grandes chaleurs viennent ; et personne ne
se dispense de venir ce jour-la au Service.
Encore si c'étoit de S. Jacques le Majeur
qu'ils eussent cette idée , ou de S. Jean
Evangeliste son frere , on diroit que cela
a quelque fondement dans le langage de
l'Evangile ; mais je vous avoue mon ignorance
touchant le rapport qu'a S. Abdon
avec le Tonnerre. c'est dommage que
S. Ceadde , Evêque de Lindisfarne , dont
parle le venerable Bede , n'ait pas sçû
le secret de nos Diocèses Allemans ; il se
seroit tenu fort tranquille lorsqu'il tonnoit
, lui , qui non - seulement se mettoit
alors en priere , mais y faisoit encore met.
tre les autres.
Au reste , Monsieur , quoique j'aye
attribué cy-dessus aux grandes secheresses
la mortalité des Bestiaux , je ne prétends
pas qu'elle en soit la seule cause .
On en a vû quelquefois artiver en des
années communes ; et même dans les
Pays2066
MERCURE DE FRANCE
Pays-Bas ,où les Canaux empêchent que les
Prez ne deviennent jamais si arides qu'en
France , les Bestiaux y meurent souvent
comme ailleurs ; mais ce qui doit être remarqué,
est que lorsque la maladie se met
sur ces animaux , les Religionnaires accourent
comme les Catholiques aux lieux de
dévotion , et viennent implorer l'intercession
des Saints ; Multiplicate sunt infirmitates
eorum ; postea acceleraverunt . Autour
de Bruxelles , c'est sainte Vivine , premiere
Abbesse du Grand Bigard , qu'on
invoque pour cela , comme étant l'une
des Tutelaires du Pays. Dom Martene
rapporte dans son second Voyage Litteraire
, qu'au mois de Juillet de l'année
1718. un Hollandois à qui il étoit mort
vingt- quatre Bestiaux , et à qui il en restoit
seize malades , étant venu demander
leur guérison à cette Sainte , les trouva
tous parfaitement guéris à son retour . Il
admira la vertu de la Sainte et reconnut
que dans sa Secte on ne trouve point de
si habiles Medecins. Il ne dit point si ce
Hollandois se convertit , comme firent les
Habitans de la Ville de Gaze. C'est peutêtre
ce qu'il n'avoit pas demandé , ou
plutôt ce qu'il auroit fort apprehendê.
Je suis , &c.
Ce dernier Juillet , jour du grand S. Ger
main d'Auxerre 1731 .
surla secheresse de la presente année 1731 .
et sur la maladie des Bestiaux en certains
Pays.
'Ous sommes , Monsieur , dans une
Narinée distinguée par la secheresse extrême
qui y a regné , et qui y regne encore.
Je ne sçai si nous ne pourrions pas
la comparer à celle dont parle S. Grégoire
de Tours sur la fin de Histoire de
France , et dont il dit : Siccitas immensa
>
fuit que omne pabulum herbarum avertit.
A iij
Cet
2034 MERCURE DE FRANCE
Cet Historien du sixiéme siecle , qui en
fut le témoin, ajoûte que les Quadrupedes
en souffrirent beaucoup , et qu'il en mourut
un si grand nombre , qu'à peine en
resta- t'il pour perpetuer la race , et il
applique à cette occasion ce que dit le
Prophete Habacuc : Abscindetur de ovili
pecus , & c. (a) Il ajoûte que ce ne fut pas
seulement sur le Bétail domestique que
s'étendit le mal , mais encore sur les bêtes
fauves , et qu'on trouvoit dans les Forêts
les Cerfs et autres animaux étendus morts
sur la place .
L'expérience du passé ayant fait craindre
que pareilles choses n'arrivassent de
nos jours , on a sagement prévenu le mal
en plusieurs endroits du Royaume : on
a eu recours aux Intercesseurs qui sont
les Saints , et on s'est mis sous la protection
de ceux qui sont regardez comme les
Tutelaires des Lieux , et il paroît qu'on
s'en est bien trouvé. Une remarque cependant
que quelques- uns ont faite , est
qu'il leur a semblé que les Diocèses dont
S. Etienne est Patron ont été privilegiez
et qu'ils ont eu de la pluye en abondance
(4) Je rapporte ici ce Passage suivant la Vul-
S. Grégoire le cite selon la Version qui
avoit cours dans les Gaules de son temps. Defieient
ab csca oves , Úc.
avánt
SEPTEMBRE . 1731 2055
avant les autres. Il y en a en France au
moins une douzaine ; mais je ne puis cer
tifier le fait qu'à l'égard de deux de ces
Diocèses où je me suis trouvé vers la saint
Jean derniere , dans le temps que ces
pluyes sont venues après la secheresse
commencée au mois de Fevrier . Aussi peutêtre
ne faisoit-on pas des Prieres dans tous,
et peut- être que
dans les lieux où l'on en
faisoit , on n'interroissoit pas également
S. Etienne dans ce qu'on vouloit obtenir .
Ce qu'il y a de certain c'est que depuis la
révelation faite au Prêtre Lucien , dans un
temps de secheresse , que Dieu écouteroit
les Prieres de son Peuple , appuyées de
l'intercession de S. Etienne , et qu'il en
auroit pitié , on a toûjours eu dans l'Eglise
une grande dévotion envers ce saint
Martyr , lorsqu'il a été besoin d'obtenir
la cessation de cette espece de calamité.
Le souvenir de ce qui étoit arrivé au commencement
du V. siecle pendant cette
secheresse d'hyver qui fut si fatale aux
biens de la Terre dans la Palestine , a toûjours
été present à ceux qui lisent l'Histoire
avec attention .
Je prévois dans ce moment que plus
d'une personne seront frappez de ma remarque
; mais je les prie d'observer les
Livres où sont marquées les Prieres pu-
A iiij bliques
056 MERCURE DE FRANCE
bliques de l'Antiquité pour les temps d'af-
Aliction , et ils verront que l'invocation
de S. Etienne y est marquée avec distinc-
´tion . Ce n'est donc pas la faute de nos ancêtres
, si le fait historique d'une pluye
salutaire esperée et obtenue par l'intercession
de S. Etienne , commence à être mise
en oubli . Ils ont toûjours eû soin d'en
inserer quelque chose dans leurs Livres
de l'Office divin , y faisant entrer la Revelation
du Prêtre Lucien , tant en chant
qu'en lecture. Mais depuis que l'on n'en
chante plus rien et qu'on se contente d'en
lire un abregé très- succint , où il n'est
point fait mention de cet évenement , it
est à craindre qu'on n'oublie le fait , ou
du moins qu'on ne l'ait plus si present à
l'esprit .
و
Il en étoit resté quelque vestige dans le
Breviaire de Sens de l'an 1702.à l'Office de
l'Invention deS.Etienne; on s'est fait depuis
ce temps- là un systême qui n'a point permis
que la memoire de ce trait historique
entrât dans l'Office refondu en 1726.Je ne
sçai s'il en sera de même dans toutes les
Eglises. Je tonnois un Chapitre insigne
où il sera difficile d'oublier tout-à-fait
cette ancienne Histoire : l'antiquité des
moyens temps y a pourvû d'une maniere
singuliere ; je ne veux pas la rapporter à
present ,
SETEMBRE. 1731. 2057
present. Au reste Saint Etienne n'est
pas le seul Saint par l'intercession duquel
on ait eu confiance d'obtenir de
la pluye dans les temps de secheresse.
Il paroît seulement qu'il est le premier
dont les Reliques ayent occasionné ce
secours salutaire , et c'est l'époque que.
l'on peut donner à l'antiquité de l'usage
de porter en Procession les Reliques
des Martyrs dans les temps de calamité.
à
Quelques années avant cette désolation
qu'on fixe à l'an 415. la Palestine s'étoit
ressentie d'une semblable affliction. La
secheresse avoit duré dans l'année 394.
ou 395. durant le mois de Die et d'Appellée
, qui sont deux mois de l'hyver
répondant à Novembre et Décembre ,
quelques jours près. Un S. Evêque nouvellement
placé sur le Siege de Gaze , obtint
miraculeusement de la pluye , au
moins pour son Territoire. L'Histoire en
est si curieuse qu'on ne peut la rendre
trop publique en ce temps- cy. Les Idolâtres
de cette Ville étoient allez au Temple
de Marnas , pour y prier et sacrifier ,
croyant que Marnas étoit maître de la
pluye , et qu'il étoit Jupiter même . Ils
continuerent leur chant pendant sept
jours ; mais le voyant sans effet , ils s'en'
retour2058
MERCURE DE FRANCE
retournerent à leurs ouvrages. La vie de
S. Porphyre , Evêque de cette Ville , écrite
par Marc , son Disciple , témoin oculaire ,
rapporte ensuite comment ce saint Prélat
eut le crédit d'obtenir de l'eau du Ciel.
Les Chrétiens , au nombre de 280. étoient
accourus à lui pour le prier de demander
à Dieu la cessation de la secheresse . Il ordonna
d'abord un jeûne , et commanda
qu'on s'assemblat le soir dans la grande
Eglise pour y celebrer les Vigiles , et cette
nuit-là , dit l'Ecrivain qui étoit un des
Diacres , nous y fimes trente Prieres , avec
autant d'agenouillemens , sans compter la
Psalmodie et les Leçons . Le récit de ce
Diacre témoin , appellé Marc , étant trèspropre
à prouver l'antiquité des usages
de l'Eglise Catholique , j'emprunterai ici
ses propres termes . Le matin , continuë- t'il ,
S. Porphyre faisant porter la sainte Croix
devant nous , nous marchames en chantant
des Hymnes vers l'Occident de la Ville , et
allâmes à la vieille Eglise de S. Asclepas
et là nous fimes autant de Prieres que dans
La grande Eglise. Puis nous allâmes à saint
Timothée , où sont les Reliques de sainte
Meure, Martyre, et de sainte Thée, qui a été
mise au nombre des Confesseurs , et y ayant
encore fait autant de Prieres et d'agenowil-
Lemens , nous retournâmes à la Ville ; fil
étoit
SEPTEMBRE. 1731. 2059
étoit trois heures après midi , ) et nous la
trouvâmes fermée; car les Payens vouloient
dissiper la Procession. Nous nous y
tinmes
deux heures sans qu'on voulût nous ouvrir :
et pour lors un vent de midi commença à convrir
le Ciel de nuées , et dès que le Soleilfut
couché, il fit une grosse pluye avec Tonnerre,
et les Payens voyant ce Miracle , nous ouvrirent
et vinrent avec nous à la grande
Eglise , disant : Christ est le seul Dieu. Il
plut donc depuis le buit d'Audynée jusqu'au
dix. (Audynée est le Janvier des Romains ,
hors qu'il commence cinq jours plutôt ,
comme les autres mois. ) L'onze nous celebrâmes
le saint jour de la Théophanie s et
il y eut cent cinq Payens convertis.
Il y a en France une Ville Episcopale
que je connois particulierement , où les
Prieres de cette presente année ont été
reglées à peu près sur le plan de celles
qu'on voit ordonnées par S. Porphire , et .
l'on a eû la consolation d'être exaucé le
lendemain du jeûne qui accompagna la .
ceremonie.
Mais revenons à la mortalité des Bestiaux
. C'est ordinairement la grande secheresse
qui la cause , parce que la secheresse
excessive brûlant l'herbe des Prez , les
animaux se trouvent obligez de brouter
les feuilles des arbres , aux feuilles des-
A vj quels
2060 MERCURE DE FRANCE
quels sont attachez certains Insectes qui
leur sont nuisibles. C'est une expérience
qu'on m'écrit avoir été faite en Bourgogne
au mois de Juin dernier. Elle suffit
ce me semble , pour assurer qu'Agobard,
Evêque de Lyon , avoit grande raison de
se mocquer de ceux qui croyoient de.
son temps que la mortalité qui regna sur
les Bestiaux , venoit d'une certaine poudre
des Maleficiers envoyez par le
Duc de Benevent , répandoient par la
campagne , et que le vent faisoit entrer
dans les narines des Boeufs et des Vaches.
Cette mortalité remarquable arriva en
l'an 810. Il ne faut pas songer à d'autres
causes dans celles qui arrivoient aux temps
de secheresse , qu'aux Insectes attachez
sous les feüillages.
que
Je ne sçai si celle qui arriva sous le
Roi Chilperic I. après la Bataille donnée
à Chateau -Meillan , en Berry , procedoit
d'un pareil principe ; elle fut si grande ,
au rapport de Gregoire de Tours , qu'après
qu'elle eut cessé , on regardoit comme
une chose merveilleuse de trouver une
Vache ou un Cheval sur pied . Sigebert
marque aussi dans sa Chronique à l'an
1137. qu'il y eut une si grande secheresse
en France , que de memoire d'homme
on n'en n'avoit vû de semblable. Il dit
qu'elle
SEPTEMBRE. 1731. 206
qu'elle fit tarir les Fontaines , les Puits ,
et même des Rivieres ; mais il n'ajoûte
pas si elle fut suivie d'aucune mortalité.
Il paroît que les paroles de l'Antiennedu
vieil Office de S. Etienne conviendroient
à merveille en ces ocsasions , et
qu'on peut les adresser à ceux dont il dépendroit
d'obtenir de la pluye par l'intercession
des Saints , mais qui moins diligens.
que S.Porphyre de Gaze , differeroient de
prendre cette voye. Nonne vides quanta
sit siccitas et tribulatio in toto mundo , et tu
negligenter agis ? On connoît à ce langage
alec'est le vieillard Gamaliel qui reprend
Lucien , de la négligence qu'il apportoit à
Gire proceder à la découverte du Corps de
S. Etienne , dont on attendoit le soulageanent
qui étoit si necessaire.J'ai trouvé ces
paroles dans les anciens Breviaires de Langres
et de Toul ; mais il y a une autre Eglise
queje ne veux pas nommer, où l'on chante
Cette Antienne avec une particularité qui
Rous divertira. Comme c'est le soir du
second jour d'Août , veille de l'Invention
de S. Etienne , l'un des Patrons de cette
Eglise, que cette Antienne se présente dans
l'Office , et que c'est au troisiéme Nocturne
,temps auquel la saison permet d'avoir
le gosier desseché après avoir déja chanté
deux grands Nocturnes ; on m'a assuré
qu'aussi-
1
1
2062 MERCURE DE FRANCE
qu'aussi - tôt et à l'instant que cette Antienne
est notifiée ou intimée , arrivent
au Choeur des Bedeaux ou Huissiers d'Eglise
avec des brocs de vin et des tasses .
et qu'ils y font la ronde , en offrant du
vin à tous ceux du Clergé qui en souhaitent
; bien plus , que selon la maxime ne
potus noceat , une ou deux autres personnes
portent sur un bassin des Biscuits ou
des Macarons, et en présentent à ceux qui
veulent redoubler. C'est ainsi que la gran
de secheresse ou chaleur causée au palais
par le chant , se trouve fort à propos hu
mectée et agréablement rafraîchie. Com
me je n'approfondis pas beaucoup les Ru
briques , je ne me suis pas informé si le
Breviaire ou l'Antiphonier marque dupli-,
catur à cette Antienne ; je crois cependant
que non , parce que c'est un Chapitre où
F'on ne suit pas le Breviaire Romain .
Je parierois bien , Monsieur , qu'en lisant
cecy , vous en faites l'application à
quelque Chapitre de l'Allemagne. Si cela
est , je puis vous certifier que vous vous
trompez. Mais je connois une autre pratique
usitée dans les Eglises de la Campagne
du côté de cette Region . Les Sta
Legian 1604*
tuts Synodaux de Metz de l'an 1604
m'ont donné occasion d'en être instruita
Par un article de ces Statuts , il est enjointaux
SEPTEMBRE. 1751. 2063
aux Curez , ut aboleant profana tonitrualia
festa cum paganismum redoleant , cæterasque
vanas observationes pro curandis et conservandis
pecoribus. Remarquez en passant
que les bestiaux sont toûjours en butte à
quelque adversité , que les soins ingénieux
des Paysans sçavent détourner ou faire cesser,
autant qu'il est en eux. Je ne pouvois
deviner ce que c'étoient que ces Fêtes Tonitruales,
qui paroissent influer sur la conservation
des bestiaux, mais j'en ai eu d'expli
cation d'une personne très - versée dans
toute l'Antiquité, et principalement dang
celle du Pays Messin et des environs.
Ce Sçavant m'a écrit que cette cere
monie s'appelle la Fête du Tonnerre: qu'elle
a été abolie presque par tout le Diocèse ,
mais que le voisinage du Diocèse de Tré
ves est cause qu'on n'a pû l'abolir entierement
dans le canton du Diocèse de
Metz , qui confine avec l'Allemagne , et
qu'elle est réservée dans quelques Paroisses
de ces quartiers- là . Cette Fête consiste
à celebrer certains jours de l'année
avec son des Cloches , Messe haute et avec
plusieurs ceremonies superstitieuses dif
ferentes , selon les lieux . On croit que
par ce moyen l'on est préservé du Tonnerre
, et qu'il tomberoit infailliblement
sur le lieu , si l'on n'y celebroit pas cette
Fête.
2064 MERCURE DE FRANCE
Fête .C'est un usage commun dans les Dio
cèses de Tréves , de Spire , de Cologne, de
Mayence , & c L'ancien Calendrier des
Romains , quoique rempli de Fêtes , n'avoit
point celle - la. Il peut se faire qu'elle
ait eu une origine pieuse dans le Christianisme
, et que dans la suite on ait dégeneré.
Le Méteore du Tonnerre étant
inconcevable dans ces effets , est souvent
nuisible , non -seulement aux animaux de
la Campagne , mais encore aux Hommes
et aux Edifices. Il est cependant hors de
toute apparence de croire que jamais il
ne tombe dans les Diocèses que je viens
de nommer , quoiqu'on y soit exact à
celebrer sa Fête ; il est , au contraire, certain
que de tant de milliers de Paroisses
qu'il y a en France où l'on ne la celebre
pas , à peine y en a- t'il vingt ou trente
par an qui ayent le malheur d'en être
frappées.
Je ne vous celerai point, Monsieur, que
quoiqu'on passe pour être plus éclairé en
France qu'on ne l'est en Allemagne , j'ai
trouvé des Villages en Champagne , où
les Paysans ont la même idée de certains
de nos Saints , que les Payens de la Ville
de Gaze avoient de l'Idole Marnas , dont
je vous ai parlé. Il y a de ces Villages où
l'on croit bonnement que S. Abdon
Martyr
SEPTEMBRE. 1731. 206)
Martyr de la Perse , du trente Juillet ,
est Maître du Tonnerre , et qu'il . en
peut disposer comme il lui plaît. C'est
pour cela , me disoit un jour un de ces
Paysans , c'est pour cela que notre Curé ne
manque jamais defaire la Fête de S. Abdon
de bonne heure ; il en fait grande solemnité
dans l'Octave de la Fête - Dieu , avant que
les grandes chaleurs viennent ; et personne ne
se dispense de venir ce jour-la au Service.
Encore si c'étoit de S. Jacques le Majeur
qu'ils eussent cette idée , ou de S. Jean
Evangeliste son frere , on diroit que cela
a quelque fondement dans le langage de
l'Evangile ; mais je vous avoue mon ignorance
touchant le rapport qu'a S. Abdon
avec le Tonnerre. c'est dommage que
S. Ceadde , Evêque de Lindisfarne , dont
parle le venerable Bede , n'ait pas sçû
le secret de nos Diocèses Allemans ; il se
seroit tenu fort tranquille lorsqu'il tonnoit
, lui , qui non - seulement se mettoit
alors en priere , mais y faisoit encore met.
tre les autres.
Au reste , Monsieur , quoique j'aye
attribué cy-dessus aux grandes secheresses
la mortalité des Bestiaux , je ne prétends
pas qu'elle en soit la seule cause .
On en a vû quelquefois artiver en des
années communes ; et même dans les
Pays2066
MERCURE DE FRANCE
Pays-Bas ,où les Canaux empêchent que les
Prez ne deviennent jamais si arides qu'en
France , les Bestiaux y meurent souvent
comme ailleurs ; mais ce qui doit être remarqué,
est que lorsque la maladie se met
sur ces animaux , les Religionnaires accourent
comme les Catholiques aux lieux de
dévotion , et viennent implorer l'intercession
des Saints ; Multiplicate sunt infirmitates
eorum ; postea acceleraverunt . Autour
de Bruxelles , c'est sainte Vivine , premiere
Abbesse du Grand Bigard , qu'on
invoque pour cela , comme étant l'une
des Tutelaires du Pays. Dom Martene
rapporte dans son second Voyage Litteraire
, qu'au mois de Juillet de l'année
1718. un Hollandois à qui il étoit mort
vingt- quatre Bestiaux , et à qui il en restoit
seize malades , étant venu demander
leur guérison à cette Sainte , les trouva
tous parfaitement guéris à son retour . Il
admira la vertu de la Sainte et reconnut
que dans sa Secte on ne trouve point de
si habiles Medecins. Il ne dit point si ce
Hollandois se convertit , comme firent les
Habitans de la Ville de Gaze. C'est peutêtre
ce qu'il n'avoit pas demandé , ou
plutôt ce qu'il auroit fort apprehendê.
Je suis , &c.
Ce dernier Juillet , jour du grand S. Ger
main d'Auxerre 1731 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
La lettre adressée à M. Adam, médecin, discute de la sécheresse extrême de l'année 1731 et de la maladie des bestiaux dans certains pays. L'auteur compare cette sécheresse à celle décrite par Grégoire de Tours au VIe siècle, qui avait causé une grande mortalité parmi les animaux. Pour prévenir cette catastrophe, des prières ont été adressées aux saints protecteurs des lieux, notamment saint Étienne, dont les intercessions ont été jugées efficaces dans plusieurs diocèses. Des pratiques anciennes, comme les processions avec les reliques des martyrs, étaient également utilisées pour obtenir de la pluie en temps de sécheresse. La lettre mentionne l'exemple de saint Porphyre à Gaza, qui avait obtenu de la pluie par des prières et des jeûnes. La mortalité des bestiaux est souvent causée par la sécheresse excessive, qui les force à manger des feuilles d'arbres infestées d'insectes nuisibles. Le texte évoque également une fête célébrée dans plusieurs diocèses allemands, comme Trèves, Spire, Cologne et Mayence, visant à se protéger du tonnerre. Ce phénomène météorologique, nuisible aux animaux, aux hommes et aux édifices, est perçu différemment selon les régions. En France, malgré la célébration de cette fête dans certains diocèses allemands, le tonnerre frappe rarement ces lieux, contrairement à certaines paroisses françaises où il cause des dommages. L'auteur mentionne des croyances populaires en Champagne, où les paysans attribuent à Saint Abdon, martyr perse, le pouvoir de contrôler le tonnerre. Cette croyance est comparée à celle des païens de Gaza concernant l'idole Marnas. L'auteur exprime son ignorance quant au lien entre Saint Abdon et le tonnerre et regrette que Saint Cuthbert, évêque de Lindisfarne, n'ait pas connu ces croyances pour se protéger du tonnerre. La lettre aborde également la mortalité des bestiaux, attribuée non seulement aux grandes sécheresses mais aussi à d'autres causes. En Belgique, les religionnaires invoquent sainte Vivine pour guérir leurs animaux malades. Un Hollandais, ayant perdu vingt-quatre bestiaux et en ayant seize malades, les retrouva guéris après avoir imploré sainte Vivine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5327
p. 2068-2082
EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
Début :
MYLORD, De toutes les Médailles de l'Empereur Carausius, dont je fais depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Neptune, Carausius, Médaille, Médailles, Inscription, Mer, Bretons, Temple, Type, Grande-Bretagne, Flotte, Légende, Trident, Vaisseau, Maximien, Lettres, Cheval, Figure, Abondance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
EXPLICATION d'une Médaille ans
tique trés- singuliere de CARAUSIUS
Empereur des Anciens Bretons au temps
de Diocletien et de Maximien Hercule ,
adressée à Mylord Comte de Pembrok •
Pair d'Angleterre & c. Par M. Genebrier
, Docteur en Medecine,
MYLORD,
De toutes les Médailles de l'Empereur
Carausius , dont je fais depuis long-temps
une récherche très- exacte , et qui sont
venues en assés bon nombre à ma connoissance
, l'une des plus singulieres ,
et qui intéresse le plus le Royaume de
la Grande Bretagne , est celle dont j'ai
entrepris de donner une explication .
Elle ne se trouve que dans votre Cabinet
, où j'ai eu la satisfaction de la voir ,
avec quantité d'autres raretez Litteraires
de toute espece , que vous possedez et
que
THE
NEW
YOR
SUCINC
LIBRAF
ASTOR
, LENOX
AN TILDEN
FOUNDATIO
(K
RY
.
N8.
SEPTEMBRE . 1731 2009
que vous vous faites un plaisir de communiquer
aux Amateurs de l'Antiquité ;
ce qui me suffit pour justifier la liberté
que je prens de faire paroître sous vos
Auspices ce que j'ai écrit au sujet de ce
Monument .
La Médaille est de petit Bronze , nette
et bien conservée ; on y voit d'un côté
la tête de Carausius couronnée de rayons,
et tournée du côté gauche , avec cette
Inscription IMP. CARAUSIUS P. F
AUG.
Au revers pour Type , Neptune , et
Carausius débout qui se donnent la main
droite: Neptune , qui est nud au côté
droit , à la réserve des parties inferieures ,
qui sont à demi couvertes d'un manteau
Aottant , s'appuye de la main gauche sur
son Trident , ayant le pied gauche posé
sur la Proue d'un Vaisseau . Carausius de
l'autre côté en habit de Guerre , la tête
couronnée de Laurier , s'appuye de la
main gauche sur une Pique , la pointe en
haut. Pour Legende VBERITAS AUG. et
dans l'Exergue R. S. R.
•
Les Types qu'on avoit vûs jusqu'ici avec
la Legende Ubertas ou Uberitas se reduisoient
à deux differents , dont le
premier ne commence à se trouver sur
les Médailles Imperiales que sous Trajan
Dece
2070 MERCURE DE FRANCE
Dece. On y voit la figure d'une femme
debout , tenant de la main droite une
Bourse , et de la gauche une Corne d'abondance,
couchée sur le bras. Cette Médaille
étoit du Cabinet de feüe S. A. R.
MADAME , dont la Mémoire me sera toujours
en singuliere véneration .
Le second Type se trouve sur une Médaille
de Quintillus , frere de Claude le
Gothique , à qui il succeda à l'Empire
pour peu de jours. C'est une Femme debout
, le corps un peu panché en devant ,
laquelle tient des deux mains une Corne
d'abondance renversée , d'où sortent des
Pieces d'Or et d'Argent , ayant le pied
droit posé sur un Globe terrestre. Médail
le du Duc Darschot.
Il n'y a rien de semblable sur notre
Médaille de Carausius , le Type en est
tout different. Ce sont , comme je l'ai dit ,
deux figures debout ; celle d'une Divinité
, et celle d'un Heros qui se donnent la
main , et dont les divers attributs paroisgent
n'avoir guere de rapport aux autres
Types que nous venons de décrire.
Cependant à bien examiner le Type
et la Legende de celle-ci , rien de plus ingenieux
ni de plus flatteur.
En effet , que pouvoient imaginer de
plus expressif les Bretons pour donner
ung
SEPTEMBRE. 1731 207
ane juste idée de l'heureuse abondance
dont ils joüissoient sous Carausius , que
de représenter , comme ils ont fait , sur
ces Médailles Neptune qui lui donne la
main , et qui par cette attitude paroît
l'associer à l'Empire de la Mer , et le partager
avec lui ? On diroit qu'aprés la défaite
de la Flotte de Maximien Hercule ;
qui n'étoit point present à ce combat
Naval, les Bretons enflés d'une Victoire si
éclatante , eussent voulu mettre dans la
bouche de leur Protecteur cesVers deVirgi
le qui semblent avoir été faits pour relever
la gloire d'un évenement si mémorable.
Maturatefugam , Regique hac dicite vestro,
Non illi Imperium Pelagi savumque tridentem
و
›
Sed mihi sorte datum.
-On sçait qu'un Souverain qui s'est une
fois rendu le maître de la Mer joüit necessairement
de toutes choses suivant l'ex
pression de ( a ) l'Orateur Romain ; qui
mare teneat , eum necesse rerum potiri. Et si
dans le Continent il n'y a point de Peuples
heureux sans commerce , que feroient
sans ce secours ceux qui sont séparés
du reste des hommes par les Mers
C'est laNavigation et le Commerce qui de
(a) Epit. à Atticus¿
tout
2072 MERCURE DE FRANCE
tout temps ont rendu les Etats Maritimes
si florissans , en y apportant l'abondance.
c'est ce qui a formé en peu de temps les
plus puissantes Républiques de l'Univers.
Carausius ayant néttoyé l'Ocean de
Pirates , en ayant chassé les Flottes de
plusieurs Nations rédoutables , celles des
Francs et des Saxons , ayant enfin mis le
comble à ses travaux de Mer par la Victoire
navale qu'il venoit de remporter sur
la Flotte de Maximien Hercule son
concurrent , que pouvoient faire de
mieux les anciens Bretons pour immor
taliser la mémoire de leur Heros , que
de le représenter ainsi avec Neptune
qui lui donne la main ? Quoy de plus
convenable aux temps , aux lieux et aux
autres circonstances que ce Type et que
cette Legende VBERITAS AVG? puisque
par cette Victoire les Bretons demeuroient
les Maîtres de la Mer , et des
Trésors de l'Ocean. Quelque flatteur
que soit cet Eloge symbolique , il me
paroît bien plus modeste et plus beau que
celui que Pompée se donna lui même en
se disant par une vanité outrée le fils *
* Sextus Pompeius Magni Filius eo stultitia
processit inflammatus rerum maritimarum
felicitate , uutt NNeeppttuunnii se Filium diceret , es
Cyanea veste obduceretur Forph, in Horat.
de
SEPTEMBRE. 1731. 2073
de Neptune . Et cela seulement pour avoir
nettoyé, en 33. jours , la Mer de Sicile de
quelques miserables Esclaves revoltés , ou
des fugitifs des Armées de Sicile et de Capoüe.
Če qui lui suffit pour prendre le titre
que nous venons de dire , et pour se parer
d'une robe bleue cum marifeliciter uteretur,
Neptuni se Filium confessus est. Eumque bobus
auratis , et equo placavit. Aur. Victor .
On ne doit donc point être surpris de
voir Neptune sur les Médailles de Carausius
qui s'étoit rendu si redoutable sur
la Mer , et qui avoit surpassé de beaucoup
les Victoires de Pompée par ses exploits
Maritimes .
Cette Médaille de Carausius avec la
Figure de Neptune , n'est pas le seul
• Monument qui nous reste pour prouver
que les Bretons rendoient un culte particulier
à cette Divinité. On a trouvé depuis
quelque temps une Inscription antique
dans la Grande Bretagne qui merite
d'être rapportée ici , laquelle fait
remonter encore plus haut , le Culte de
Neptune dans cette Isle. Voici cette Inscription
exactement copiée sur l'Original
, gravée avec soin et avec les mêmes
Lacunes qui s'y trouvent par l'injure du
temps , mais que M. Roger Gale a heureusement
rétablies par de petits points
B aux
2074 MERCURE DE FRANCE
aux endroits qui ne sont pas assez visi .
bles et où la pierre est tronquée.
Ce Sçavant conjecture que les premieres
lettres qui manquent au commencement
de la septiéme ligne pouvoient être A
SACR. S. ou SACER . S. ( n'y ayant pas
assez de place pour un plus grand nombre
de lettres) pour dire A SACR is sunt ou
Sacerdotes sunt. Quoiqu'il en soit , cette
Inscription nous apprend qu'il y avoit
dans la grande Bretagne un Temple érigé
sous l'invocation de Neptune et sous celle
de Minerve , pour la conservation de la
Famille Imperiale , exprimée par le ter
me de Divine. DOMŪS DIVINAE.
L'Inscription apprend aussi que ce
Temple fut construit des deniers de la ,
Communauté ou du Corps des Maîtres
Charpentiers : Collegium Fabrorum , et des
autres Personnes qui pouvoient y être
admises , comme Ministres ou sous quelque
autre titre , cequi paroît être exprimé
par ces trois lettres D. S. D. de suo
dedicaverunt. Elle apprend encore que
Pudens , fils de Pudentinus , avoit donné
le fond sur lequel le Temple étoit bâti
Donante Aream Pudente Pudentini filio.
Et enfin que ce même Temple fut édifié
par l'autorité du Roy Cogidubnus , surnommé
Tibere-Claude , du nom de cet
Empereux
SEPTEMBRE. 1731. 2075
Empereur Romain , dont le Roy Breton
se faisoit honneur de prendre aussi la
qualité de Lieutenant ou de Viceroy dans
la Partie de la Grande Bretagne qui étoit
soumise à cet Empereur. Ex authoritate
Tiberii Claudii Cogidubni Regis Legati
Augusti in Britannia. C'est ainsi à peu
près que Cesar avoit établi Cavarinus
Roy des Senons , qui fut ensuite chassé
par les Siens.
Ce précieux Monument de l'Antiquité
Payenne fut trouvé à Chichester en 1723 .
·à quatre pieds sous terre , en creusant pour
faire une Cave dans la maison qui fait
le coin de la ruë de S. Martins- lane , en
tirant vers le Nord. Il est enclavé présentement
dans la muraille , sous une fenêtre
de la même Maison d'où il fut déterré.
C'est un Marbre gris , que M. Gale
croit avoir été tiré des Carrieres de Suffex .
Sa longueur est de six pieds, sur deux pieds
et trois quarts de largeur. Les lettres en
sont très-belles ; celles qui sont dans les
deux premieres lignes ont trois pouces de
longueur , et les autres ont deux pouces
un quart. Le mur du Temple * dont il
* Ily a plusieurs exemples d'un Temple consacré
à deux Divinitez. Jupiter et Minerve
avoient un Temple commun à Athenes près du
Trésor public, lequel leur étoit dédié sous le ritre
de CONSERVATEURS.Pausan,dans ses Atriques , & c.
Bij s'agit
2075 MERCURE DE FRANCE
s'agit et dont les Curieux ont examiné les
fondemens , avoit environ trois pieds
d'épaisseur .
Chichester où cette Inscription a été
trouvée , est une Ville d'Angleterre ,
qui n'est qu'à deux milles de la Mer, dont
un bras pouvoit anciennement arroser ses
Murailles. Elle est située assez près de
la Forêt d'Anderida , et de la Côte Meridionale
de l'Isle Britannique.
Minerve , dont il est parlé dans cette
Inscription , comme Inventrice des Arts,
étoit invoquée par tous les Artisans , selon
Lactance , ce qui donne lieu de
conjecturer qu'il y avoit peut-être auprès
de cette Ville un Arcenal pour la fabrique
des Vaisseaux , et que la Ville peut
avoir été autrefois beaucoup plus considerable
qu'on ne pense . On voit en effet
et aux environs les restes de trois grands
Chemins Romains qui y aboutissoient ,
et qui viennent de Porsthmouth, de Mid-,
surst et d'Arondel .
On
peut voir
l'explication
entiere
que
M.
Gale
a donnée
de cette
Inscription
dans
les
Transactions
Philosophiques
, ou
Journal
Anglois
, de l'Académie
Royale
de Londres
, page
379.
du
31. Octobre
1723.
la même
année
de sa découverte
.
* Instit
. Divin
. L. 1. P. 134,
Cet
SEPTEMBRE . 1731. 2077
Cet habile Académicien a fait là-dessus
plusieurs observations qui ne laissent rien
à desirer.
>
Pour revenir au Type de Neptune ,
qui paroît sur notre Médaille , Hygin
observe que ceux qui vouloient représenter
ce Dieu , lui mettoient ordinairement
un Dauphin à la main , ou sous le pied
croyant que c'étoit de tous les Poissons
celui qui lui étoit le plus agréable. Qui
Neptuno simulachrum faciunt Delphinum
aut in manu , aut sub pede ejus constituere
videmus , quod Neptuno gratissimum arbitrantur.
Cela se trouve conforme à la plûpart
des figures que nous avons de Neptune,
sur les Médailles de plusieurs Empereurs
et sur celles de quelques Villes Maritimes
qui représentent ainsi Neptune . Mais sur
les Médailles de Carausius , au lieu d'un
Dauphin , les Bretons ont affecté de mettre
sous les pieds de Neptune la Proie
d'un Vaisseau , pour montrer qu'ils avoient
mis leurs Vaisseaux et leurs Flottes sous
la protection d'une Divinité , laquelle
selon Diodote de Sicile , Livre s . avoit
trouvé l'Art de la Navigation , et de
mettre en Mer une Flotte entiere. Aussi
les Capitaines de Vaisseaux et les Matelots
, ne manquoient jamais avant que de
B iij mettre
3
2078 MERCURE DE FRANCE
mettre à la voile , d'adresser leurs voeux
et leurs prieres à Neptune , pour lui demander
une heureuse Navigation .
Nous avons dans Seneque , dans Plutarque
et dans Ciceron , là formule d'une
Priere que lui faisoient les Grecs avant
que de s'embarquer. Elle est toute des
plus courtes : Ορθαν αν ναῦν , ἀπαξ θανείν.
Les Latins l'ont tournée de la sorte. Quaaunque
Tempestas veniat , Neptune si averas
Navim sedens ad gubernaculum semper
rectam everte. » Divin Neptune , quelque
Tempête qui nous arrive , si vous
>> voyez que notre Vaisseau soit prêt à
» faire nauffrage ou à renverser , prenez
» vous-même le Gouvernail en main , et
" faites , par votre bonté , que notre Vaisseau
ne puisse jamais tomber que debout.
Aristide , dans un Hymne qu'il a composé
en l'honneur de Neptune , nous ap→
prend que les Fleuves , les Fontaines , et
en general toutes les Eaux étoient reverez
comme les plus grands et les premiers
Dieux de l'Antiquité. C'est pour cela que
le culte de Neptune étoit en grande veneration
chez les Grecs , sur tout dans les
Villes Maritimes. Ils avoient les Posidenies
, qui étoient des Fêtes instituées en
l'honneur de Neptune , dont elles portent
le nom . Ils avoient encore les Thynnées
SEPTEMBRE . 1731. 2079
3
nées , qui étoient des autres jours de Fê
tes où les Pêcheurs lui immoloient des
Thons. Tertullien , dans son Traité des
Spectacles , nous apprend que les Jeux
Isthmiens si celebres dans la Grece ,
( quoique le Victorieux n'y fût couronné
que d'Ache ou de Pin ) étoient
consacrez à Neptune. Ces Jeux tiroient
leur nom de Listhme de Corinthe , où
ils furent d'abord celebrez , selon Pausanias.
A Rome on faisoit la Fête de Neptune
le dixième des Kalendes de Septembre ,
sous le nom de Neptunales , et on lui
immoloit un Taureau , selon Virgile.
Taurum Neptuno , Taurum tibi pulchey
Apollo.
Homere avoit dit la même chose dans
le cinquiéme Livre de l'Odissée.
Cyaneos crines Taurus mactetur habenti.
On voit par ce Vers qu'Homere dis
tingue Neptune des autres Dieux par ses
cheveux bleus.
Arnobe , dans son huitiéme Livre contre
les Gentils , donne des yeux bleus à
Neptune. Neptunus oculis glaucis . En quoi
il est du sentiment de Lucien , mais ce
dernier lui donne des cheveux noirs ,
B iiij
contre
2080 MERCURE DE FRANCE
contre l'autorité d'Homere. Le bleu étoit
aussi la couleur de son Manteau , selon
Phurnutus , Neptuni vestis cyanea .
C'est pour cela que le fils de Pompée
prit une robbe
de cette couleur
après
son Expedition
Maritime
. Ce même General
de la Flotte Romaine
dans le passage
d'Aurelius
Victor
, rapporté
ci- dessus,
lui sacrifia
plusieurs
Taureaux
et un Cheval,
Eumque
bobus auratis et equo placavit.
On sçait que le cheval
étoit consacré
à
Neptune
, comme
à la Divinité
qui l'avoit
fait sortir de la terre d'un coup de
Trident
.
•
Tuque , cui prima frementem
Fudit equum Magno tellus percussa Trie
dente. Virg.
C'est aussi pour cette raison qu'on avoit
placé la Statuë de Neptune dans le Cirque
; mais par malheur Auguste y ayant
fait une espece de nauffrage , il en fit
-ôter la Statue , pour punir , en quelque
maniere , ce Dieu du peu de soin qu'il
avoit pris de sa personne.
•
Nous avons dans les Médailles de Gallien
deux Revers differens qui nous apprennent
que le Cheval Marin et le Ca
pricorne étoient aussi consacrez à Neptune.
Ces deux Types ont la même Lẹ-
gende
SEPTEMBRE. 1731. 208r
gende , NEPTUNO Conservatori AvGusti ;
Legende qui est commune avec la figure
du Cheval Marin . Quatre de ces Animaux
tirent ordinairement son Char sur
les Médailles de quelques autres Empereurs
; mais les Médailles de Gallien avec
Ia figure du Capricorne , sont très- rares
ou plutôt elles n'avoient pas encore été
connuës. M. l'Abbé de Rothelin en a
une, dans son Cabinet , et j'en possede une
autre ; je n'en parle ici que parce que
cette Médaille n'a encore été publiée ,
que je sçache , par aucun Antiquaire.
A l'égard du Trident sur lequel Neptune
s'appuye de la main gauche dans
notre Médaille , c'est , comme l'on sçait
le Sceptre qui lui fut fabriqué par les
Cyclopes , lorsque l'Empire de la Mer
Iui échut en partage.
Commodien , assez mauvais Poëte du
temps de Constantin , dit que Neptune
porte un Trident pour percer les Poissons.
Neptunum facitis Divum ex Saturno pronatum
Et Tridentem gerit , ut Pisces suffigere possit
Mais Prudence pense plus noblement,
forsqu'il dit que le Trident désigne la
triple qualité de l'Eau , qui est d'être liquide
, féconde , et potable. Tridentem
B. v verò
2082 MERCURE DE FRANCE
vero ob hanc rem gerere pingitur, quod aquarum
natura triplici virtute fungatur , id est
liquida , foecunda , potabili.
Je n'entrerai point ici dans un plus
grand détail sur le culte qu'on rendoit à
Neptune , principalement dans la Grece
et dans la Grande Bretagne en particulier..
Je n'ay pas dessein aussi de rapporter tout
ce que les Médailles , les Marbres , les
Pierres gravées , les Statuës et les autres
Monumens antiques , pourroient nous
fournir sur ce sujet. Tout ce que j'ay dit,
Milord , me paroît suffire pour l'explication
de cette Médaille singuliere de Carausius
, qui ne se trouve jusqu'à present
que dans votre Cabinet , et qui fut frappée
au sujet de la défaite de la Flotte de Maximien
Hercules , par le même Carausius.
J'ajoûte que c'est un Monument des plus
glorieux et des plus interessans qui puisse
se trouver pour le Royaume de la Gran
de Bretagne. Je suis avec beaucoup de
Respect , &c.
tique trés- singuliere de CARAUSIUS
Empereur des Anciens Bretons au temps
de Diocletien et de Maximien Hercule ,
adressée à Mylord Comte de Pembrok •
Pair d'Angleterre & c. Par M. Genebrier
, Docteur en Medecine,
MYLORD,
De toutes les Médailles de l'Empereur
Carausius , dont je fais depuis long-temps
une récherche très- exacte , et qui sont
venues en assés bon nombre à ma connoissance
, l'une des plus singulieres ,
et qui intéresse le plus le Royaume de
la Grande Bretagne , est celle dont j'ai
entrepris de donner une explication .
Elle ne se trouve que dans votre Cabinet
, où j'ai eu la satisfaction de la voir ,
avec quantité d'autres raretez Litteraires
de toute espece , que vous possedez et
que
THE
NEW
YOR
SUCINC
LIBRAF
ASTOR
, LENOX
AN TILDEN
FOUNDATIO
(K
RY
.
N8.
SEPTEMBRE . 1731 2009
que vous vous faites un plaisir de communiquer
aux Amateurs de l'Antiquité ;
ce qui me suffit pour justifier la liberté
que je prens de faire paroître sous vos
Auspices ce que j'ai écrit au sujet de ce
Monument .
La Médaille est de petit Bronze , nette
et bien conservée ; on y voit d'un côté
la tête de Carausius couronnée de rayons,
et tournée du côté gauche , avec cette
Inscription IMP. CARAUSIUS P. F
AUG.
Au revers pour Type , Neptune , et
Carausius débout qui se donnent la main
droite: Neptune , qui est nud au côté
droit , à la réserve des parties inferieures ,
qui sont à demi couvertes d'un manteau
Aottant , s'appuye de la main gauche sur
son Trident , ayant le pied gauche posé
sur la Proue d'un Vaisseau . Carausius de
l'autre côté en habit de Guerre , la tête
couronnée de Laurier , s'appuye de la
main gauche sur une Pique , la pointe en
haut. Pour Legende VBERITAS AUG. et
dans l'Exergue R. S. R.
•
Les Types qu'on avoit vûs jusqu'ici avec
la Legende Ubertas ou Uberitas se reduisoient
à deux differents , dont le
premier ne commence à se trouver sur
les Médailles Imperiales que sous Trajan
Dece
2070 MERCURE DE FRANCE
Dece. On y voit la figure d'une femme
debout , tenant de la main droite une
Bourse , et de la gauche une Corne d'abondance,
couchée sur le bras. Cette Médaille
étoit du Cabinet de feüe S. A. R.
MADAME , dont la Mémoire me sera toujours
en singuliere véneration .
Le second Type se trouve sur une Médaille
de Quintillus , frere de Claude le
Gothique , à qui il succeda à l'Empire
pour peu de jours. C'est une Femme debout
, le corps un peu panché en devant ,
laquelle tient des deux mains une Corne
d'abondance renversée , d'où sortent des
Pieces d'Or et d'Argent , ayant le pied
droit posé sur un Globe terrestre. Médail
le du Duc Darschot.
Il n'y a rien de semblable sur notre
Médaille de Carausius , le Type en est
tout different. Ce sont , comme je l'ai dit ,
deux figures debout ; celle d'une Divinité
, et celle d'un Heros qui se donnent la
main , et dont les divers attributs paroisgent
n'avoir guere de rapport aux autres
Types que nous venons de décrire.
Cependant à bien examiner le Type
et la Legende de celle-ci , rien de plus ingenieux
ni de plus flatteur.
En effet , que pouvoient imaginer de
plus expressif les Bretons pour donner
ung
SEPTEMBRE. 1731 207
ane juste idée de l'heureuse abondance
dont ils joüissoient sous Carausius , que
de représenter , comme ils ont fait , sur
ces Médailles Neptune qui lui donne la
main , et qui par cette attitude paroît
l'associer à l'Empire de la Mer , et le partager
avec lui ? On diroit qu'aprés la défaite
de la Flotte de Maximien Hercule ;
qui n'étoit point present à ce combat
Naval, les Bretons enflés d'une Victoire si
éclatante , eussent voulu mettre dans la
bouche de leur Protecteur cesVers deVirgi
le qui semblent avoir été faits pour relever
la gloire d'un évenement si mémorable.
Maturatefugam , Regique hac dicite vestro,
Non illi Imperium Pelagi savumque tridentem
و
›
Sed mihi sorte datum.
-On sçait qu'un Souverain qui s'est une
fois rendu le maître de la Mer joüit necessairement
de toutes choses suivant l'ex
pression de ( a ) l'Orateur Romain ; qui
mare teneat , eum necesse rerum potiri. Et si
dans le Continent il n'y a point de Peuples
heureux sans commerce , que feroient
sans ce secours ceux qui sont séparés
du reste des hommes par les Mers
C'est laNavigation et le Commerce qui de
(a) Epit. à Atticus¿
tout
2072 MERCURE DE FRANCE
tout temps ont rendu les Etats Maritimes
si florissans , en y apportant l'abondance.
c'est ce qui a formé en peu de temps les
plus puissantes Républiques de l'Univers.
Carausius ayant néttoyé l'Ocean de
Pirates , en ayant chassé les Flottes de
plusieurs Nations rédoutables , celles des
Francs et des Saxons , ayant enfin mis le
comble à ses travaux de Mer par la Victoire
navale qu'il venoit de remporter sur
la Flotte de Maximien Hercule son
concurrent , que pouvoient faire de
mieux les anciens Bretons pour immor
taliser la mémoire de leur Heros , que
de le représenter ainsi avec Neptune
qui lui donne la main ? Quoy de plus
convenable aux temps , aux lieux et aux
autres circonstances que ce Type et que
cette Legende VBERITAS AVG? puisque
par cette Victoire les Bretons demeuroient
les Maîtres de la Mer , et des
Trésors de l'Ocean. Quelque flatteur
que soit cet Eloge symbolique , il me
paroît bien plus modeste et plus beau que
celui que Pompée se donna lui même en
se disant par une vanité outrée le fils *
* Sextus Pompeius Magni Filius eo stultitia
processit inflammatus rerum maritimarum
felicitate , uutt NNeeppttuunnii se Filium diceret , es
Cyanea veste obduceretur Forph, in Horat.
de
SEPTEMBRE. 1731. 2073
de Neptune . Et cela seulement pour avoir
nettoyé, en 33. jours , la Mer de Sicile de
quelques miserables Esclaves revoltés , ou
des fugitifs des Armées de Sicile et de Capoüe.
Če qui lui suffit pour prendre le titre
que nous venons de dire , et pour se parer
d'une robe bleue cum marifeliciter uteretur,
Neptuni se Filium confessus est. Eumque bobus
auratis , et equo placavit. Aur. Victor .
On ne doit donc point être surpris de
voir Neptune sur les Médailles de Carausius
qui s'étoit rendu si redoutable sur
la Mer , et qui avoit surpassé de beaucoup
les Victoires de Pompée par ses exploits
Maritimes .
Cette Médaille de Carausius avec la
Figure de Neptune , n'est pas le seul
• Monument qui nous reste pour prouver
que les Bretons rendoient un culte particulier
à cette Divinité. On a trouvé depuis
quelque temps une Inscription antique
dans la Grande Bretagne qui merite
d'être rapportée ici , laquelle fait
remonter encore plus haut , le Culte de
Neptune dans cette Isle. Voici cette Inscription
exactement copiée sur l'Original
, gravée avec soin et avec les mêmes
Lacunes qui s'y trouvent par l'injure du
temps , mais que M. Roger Gale a heureusement
rétablies par de petits points
B aux
2074 MERCURE DE FRANCE
aux endroits qui ne sont pas assez visi .
bles et où la pierre est tronquée.
Ce Sçavant conjecture que les premieres
lettres qui manquent au commencement
de la septiéme ligne pouvoient être A
SACR. S. ou SACER . S. ( n'y ayant pas
assez de place pour un plus grand nombre
de lettres) pour dire A SACR is sunt ou
Sacerdotes sunt. Quoiqu'il en soit , cette
Inscription nous apprend qu'il y avoit
dans la grande Bretagne un Temple érigé
sous l'invocation de Neptune et sous celle
de Minerve , pour la conservation de la
Famille Imperiale , exprimée par le ter
me de Divine. DOMŪS DIVINAE.
L'Inscription apprend aussi que ce
Temple fut construit des deniers de la ,
Communauté ou du Corps des Maîtres
Charpentiers : Collegium Fabrorum , et des
autres Personnes qui pouvoient y être
admises , comme Ministres ou sous quelque
autre titre , cequi paroît être exprimé
par ces trois lettres D. S. D. de suo
dedicaverunt. Elle apprend encore que
Pudens , fils de Pudentinus , avoit donné
le fond sur lequel le Temple étoit bâti
Donante Aream Pudente Pudentini filio.
Et enfin que ce même Temple fut édifié
par l'autorité du Roy Cogidubnus , surnommé
Tibere-Claude , du nom de cet
Empereux
SEPTEMBRE. 1731. 2075
Empereur Romain , dont le Roy Breton
se faisoit honneur de prendre aussi la
qualité de Lieutenant ou de Viceroy dans
la Partie de la Grande Bretagne qui étoit
soumise à cet Empereur. Ex authoritate
Tiberii Claudii Cogidubni Regis Legati
Augusti in Britannia. C'est ainsi à peu
près que Cesar avoit établi Cavarinus
Roy des Senons , qui fut ensuite chassé
par les Siens.
Ce précieux Monument de l'Antiquité
Payenne fut trouvé à Chichester en 1723 .
·à quatre pieds sous terre , en creusant pour
faire une Cave dans la maison qui fait
le coin de la ruë de S. Martins- lane , en
tirant vers le Nord. Il est enclavé présentement
dans la muraille , sous une fenêtre
de la même Maison d'où il fut déterré.
C'est un Marbre gris , que M. Gale
croit avoir été tiré des Carrieres de Suffex .
Sa longueur est de six pieds, sur deux pieds
et trois quarts de largeur. Les lettres en
sont très-belles ; celles qui sont dans les
deux premieres lignes ont trois pouces de
longueur , et les autres ont deux pouces
un quart. Le mur du Temple * dont il
* Ily a plusieurs exemples d'un Temple consacré
à deux Divinitez. Jupiter et Minerve
avoient un Temple commun à Athenes près du
Trésor public, lequel leur étoit dédié sous le ritre
de CONSERVATEURS.Pausan,dans ses Atriques , & c.
Bij s'agit
2075 MERCURE DE FRANCE
s'agit et dont les Curieux ont examiné les
fondemens , avoit environ trois pieds
d'épaisseur .
Chichester où cette Inscription a été
trouvée , est une Ville d'Angleterre ,
qui n'est qu'à deux milles de la Mer, dont
un bras pouvoit anciennement arroser ses
Murailles. Elle est située assez près de
la Forêt d'Anderida , et de la Côte Meridionale
de l'Isle Britannique.
Minerve , dont il est parlé dans cette
Inscription , comme Inventrice des Arts,
étoit invoquée par tous les Artisans , selon
Lactance , ce qui donne lieu de
conjecturer qu'il y avoit peut-être auprès
de cette Ville un Arcenal pour la fabrique
des Vaisseaux , et que la Ville peut
avoir été autrefois beaucoup plus considerable
qu'on ne pense . On voit en effet
et aux environs les restes de trois grands
Chemins Romains qui y aboutissoient ,
et qui viennent de Porsthmouth, de Mid-,
surst et d'Arondel .
On
peut voir
l'explication
entiere
que
M.
Gale
a donnée
de cette
Inscription
dans
les
Transactions
Philosophiques
, ou
Journal
Anglois
, de l'Académie
Royale
de Londres
, page
379.
du
31. Octobre
1723.
la même
année
de sa découverte
.
* Instit
. Divin
. L. 1. P. 134,
Cet
SEPTEMBRE . 1731. 2077
Cet habile Académicien a fait là-dessus
plusieurs observations qui ne laissent rien
à desirer.
>
Pour revenir au Type de Neptune ,
qui paroît sur notre Médaille , Hygin
observe que ceux qui vouloient représenter
ce Dieu , lui mettoient ordinairement
un Dauphin à la main , ou sous le pied
croyant que c'étoit de tous les Poissons
celui qui lui étoit le plus agréable. Qui
Neptuno simulachrum faciunt Delphinum
aut in manu , aut sub pede ejus constituere
videmus , quod Neptuno gratissimum arbitrantur.
Cela se trouve conforme à la plûpart
des figures que nous avons de Neptune,
sur les Médailles de plusieurs Empereurs
et sur celles de quelques Villes Maritimes
qui représentent ainsi Neptune . Mais sur
les Médailles de Carausius , au lieu d'un
Dauphin , les Bretons ont affecté de mettre
sous les pieds de Neptune la Proie
d'un Vaisseau , pour montrer qu'ils avoient
mis leurs Vaisseaux et leurs Flottes sous
la protection d'une Divinité , laquelle
selon Diodote de Sicile , Livre s . avoit
trouvé l'Art de la Navigation , et de
mettre en Mer une Flotte entiere. Aussi
les Capitaines de Vaisseaux et les Matelots
, ne manquoient jamais avant que de
B iij mettre
3
2078 MERCURE DE FRANCE
mettre à la voile , d'adresser leurs voeux
et leurs prieres à Neptune , pour lui demander
une heureuse Navigation .
Nous avons dans Seneque , dans Plutarque
et dans Ciceron , là formule d'une
Priere que lui faisoient les Grecs avant
que de s'embarquer. Elle est toute des
plus courtes : Ορθαν αν ναῦν , ἀπαξ θανείν.
Les Latins l'ont tournée de la sorte. Quaaunque
Tempestas veniat , Neptune si averas
Navim sedens ad gubernaculum semper
rectam everte. » Divin Neptune , quelque
Tempête qui nous arrive , si vous
>> voyez que notre Vaisseau soit prêt à
» faire nauffrage ou à renverser , prenez
» vous-même le Gouvernail en main , et
" faites , par votre bonté , que notre Vaisseau
ne puisse jamais tomber que debout.
Aristide , dans un Hymne qu'il a composé
en l'honneur de Neptune , nous ap→
prend que les Fleuves , les Fontaines , et
en general toutes les Eaux étoient reverez
comme les plus grands et les premiers
Dieux de l'Antiquité. C'est pour cela que
le culte de Neptune étoit en grande veneration
chez les Grecs , sur tout dans les
Villes Maritimes. Ils avoient les Posidenies
, qui étoient des Fêtes instituées en
l'honneur de Neptune , dont elles portent
le nom . Ils avoient encore les Thynnées
SEPTEMBRE . 1731. 2079
3
nées , qui étoient des autres jours de Fê
tes où les Pêcheurs lui immoloient des
Thons. Tertullien , dans son Traité des
Spectacles , nous apprend que les Jeux
Isthmiens si celebres dans la Grece ,
( quoique le Victorieux n'y fût couronné
que d'Ache ou de Pin ) étoient
consacrez à Neptune. Ces Jeux tiroient
leur nom de Listhme de Corinthe , où
ils furent d'abord celebrez , selon Pausanias.
A Rome on faisoit la Fête de Neptune
le dixième des Kalendes de Septembre ,
sous le nom de Neptunales , et on lui
immoloit un Taureau , selon Virgile.
Taurum Neptuno , Taurum tibi pulchey
Apollo.
Homere avoit dit la même chose dans
le cinquiéme Livre de l'Odissée.
Cyaneos crines Taurus mactetur habenti.
On voit par ce Vers qu'Homere dis
tingue Neptune des autres Dieux par ses
cheveux bleus.
Arnobe , dans son huitiéme Livre contre
les Gentils , donne des yeux bleus à
Neptune. Neptunus oculis glaucis . En quoi
il est du sentiment de Lucien , mais ce
dernier lui donne des cheveux noirs ,
B iiij
contre
2080 MERCURE DE FRANCE
contre l'autorité d'Homere. Le bleu étoit
aussi la couleur de son Manteau , selon
Phurnutus , Neptuni vestis cyanea .
C'est pour cela que le fils de Pompée
prit une robbe
de cette couleur
après
son Expedition
Maritime
. Ce même General
de la Flotte Romaine
dans le passage
d'Aurelius
Victor
, rapporté
ci- dessus,
lui sacrifia
plusieurs
Taureaux
et un Cheval,
Eumque
bobus auratis et equo placavit.
On sçait que le cheval
étoit consacré
à
Neptune
, comme
à la Divinité
qui l'avoit
fait sortir de la terre d'un coup de
Trident
.
•
Tuque , cui prima frementem
Fudit equum Magno tellus percussa Trie
dente. Virg.
C'est aussi pour cette raison qu'on avoit
placé la Statuë de Neptune dans le Cirque
; mais par malheur Auguste y ayant
fait une espece de nauffrage , il en fit
-ôter la Statue , pour punir , en quelque
maniere , ce Dieu du peu de soin qu'il
avoit pris de sa personne.
•
Nous avons dans les Médailles de Gallien
deux Revers differens qui nous apprennent
que le Cheval Marin et le Ca
pricorne étoient aussi consacrez à Neptune.
Ces deux Types ont la même Lẹ-
gende
SEPTEMBRE. 1731. 208r
gende , NEPTUNO Conservatori AvGusti ;
Legende qui est commune avec la figure
du Cheval Marin . Quatre de ces Animaux
tirent ordinairement son Char sur
les Médailles de quelques autres Empereurs
; mais les Médailles de Gallien avec
Ia figure du Capricorne , sont très- rares
ou plutôt elles n'avoient pas encore été
connuës. M. l'Abbé de Rothelin en a
une, dans son Cabinet , et j'en possede une
autre ; je n'en parle ici que parce que
cette Médaille n'a encore été publiée ,
que je sçache , par aucun Antiquaire.
A l'égard du Trident sur lequel Neptune
s'appuye de la main gauche dans
notre Médaille , c'est , comme l'on sçait
le Sceptre qui lui fut fabriqué par les
Cyclopes , lorsque l'Empire de la Mer
Iui échut en partage.
Commodien , assez mauvais Poëte du
temps de Constantin , dit que Neptune
porte un Trident pour percer les Poissons.
Neptunum facitis Divum ex Saturno pronatum
Et Tridentem gerit , ut Pisces suffigere possit
Mais Prudence pense plus noblement,
forsqu'il dit que le Trident désigne la
triple qualité de l'Eau , qui est d'être liquide
, féconde , et potable. Tridentem
B. v verò
2082 MERCURE DE FRANCE
vero ob hanc rem gerere pingitur, quod aquarum
natura triplici virtute fungatur , id est
liquida , foecunda , potabili.
Je n'entrerai point ici dans un plus
grand détail sur le culte qu'on rendoit à
Neptune , principalement dans la Grece
et dans la Grande Bretagne en particulier..
Je n'ay pas dessein aussi de rapporter tout
ce que les Médailles , les Marbres , les
Pierres gravées , les Statuës et les autres
Monumens antiques , pourroient nous
fournir sur ce sujet. Tout ce que j'ay dit,
Milord , me paroît suffire pour l'explication
de cette Médaille singuliere de Carausius
, qui ne se trouve jusqu'à present
que dans votre Cabinet , et qui fut frappée
au sujet de la défaite de la Flotte de Maximien
Hercules , par le même Carausius.
J'ajoûte que c'est un Monument des plus
glorieux et des plus interessans qui puisse
se trouver pour le Royaume de la Gran
de Bretagne. Je suis avec beaucoup de
Respect , &c.
Fermer
Résumé : EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
Le texte présente une médaille antique de l'empereur Carausius, un souverain des anciens Bretons ayant régné à l'époque de Diocletien et de Maximien Hercule. Cette médaille, conservée dans le cabinet de Mylord Comte de Pembrok, est en petit bronze et bien conservée. Elle porte sur une face la tête de Carausius couronnée de rayons, avec l'inscription 'IMP. CARAUSIUS P. F AUG.' Sur l'autre face, on voit Neptune et Carausius se donnant la main, avec Neptune appuyé sur son trident et Carausius sur une pique. La légende indique 'VBERITAS AUG.' et 'R. S. R.' dans l'exergue. Cette médaille se distingue des autres types de médailles impériales, qui représentent généralement une femme tenant une bourse et une corne d'abondance. La représentation de Neptune et Carausius se donnant la main symbolise la maîtrise de la mer et l'abondance apportée par la navigation et le commerce maritime. Cette scène célèbre la victoire navale de Carausius sur la flotte de Maximien Hercule, soulignant son contrôle sur les mers et les richesses océaniques. Le texte mentionne également une inscription antique trouvée à Chichester, en Angleterre, dédiée à Neptune et Minerve. Cette inscription prouve le culte rendu à ces divinités par les anciens Bretons et révèle l'existence d'un temple construit par la communauté des maîtres charpentiers sous l'autorité du roi Cogidubnus. Le culte de Neptune était particulièrement vénéré dans les villes maritimes, et les marins lui adressaient des prières pour une navigation sûre. Les Jeux Isthmiens, célébrés en Grèce en l'honneur de Neptune, étaient couronnés d'ache ou de pin et tiraient leur nom de l'Isthme de Corinthe. À Rome, la fête de Neptune, appelée Neptunales, se déroulait le 21 août et incluait le sacrifice d'un taureau. Homère et Arnobe décrivent Neptune avec des cheveux bleus, tandis que Lucien lui attribue des cheveux noirs. La couleur bleue était également associée à son manteau. Neptune était souvent représenté avec un trident, symbole de son pouvoir sur les mers. Le cheval, sorti de la terre par un coup de trident, était également consacré à Neptune. À Rome, une statue de Neptune était placée dans le Cirque, mais fut retirée après un incident impliquant Auguste. Des médailles, notamment celles de Gallien, montrent Neptune avec un cheval marin ou un capricorne, soulignant son lien avec les mers. Le trident de Neptune, fabriqué par les Cyclopes, symbolisait les trois qualités de l'eau : liquide, féconde et potable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5328
p. 2086-2104
EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
Début :
Notre General jugeant qu'il étoit necessaire avant de rien entreprendre, [...]
Mots clefs :
Défaite, Chactas, Natches, Louisiane, Traités de commerce et d'alliance, Guerre, Détachement des troupes de la Marine, Sauvages, Rivière-Rouge, Embuscades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
EXTRAIT d'une Lettre contenant la
*
Relation de la défaite des Natches (a)
par M. Perier, Commandant General à
la Louisianne , au mois de Janvier 1731 .
No
,
Otre General jugeant qu'il étoit ne
cessaire avant de rien entreprendre ,
de s'éclaircir avec les Chactas , Nation
Sauvage la plus considerable de la Loüisianne
sur les differens bruits qui s'étoient
répandus de leur mauvaise volonté
pour nous , se rendit à la Mobile , Fort
occupé par les Françóis , à la Côte de l'Est
de la Louisianne , où il avoit fait avertir
leurs Chefs de se rendre dans les premiers
jours de Novembre , et les ayant trouvez
bien disposez , il renouvella en la manie◄
re ordinaire , les Traitez de Commerce et
d'Alliance que nous avons depuis longtemps
avec eux , et leur proposa de re
connoître pour Grand- Chef de la partie
du Ouest , qu'on appelle Bas- Chacra , le
Chef des Castacha , Village de la mêmę
( a ) C'est une Nation Sauvage , qui au mois
de Decembre 1729. massacra les François qui
étoient établis auprès d'elle , quoiqu'elle fût en
paix avec eux.
Nation,
SEPTEMBRE. 1731 2087
Nation. Ils l'accepterent avec plaisir et
promirent de nous renvoyer le reste des
Negres qu'ils avoient pris sur les Natches
, et de payer tout ce qu'ils devoient
aux François , avec lesquels ils avoient
négocié. Ils lui demanderent ensuite d'aller
en guerre contre les Natches , mais i'
leur répondit seulement qu'il les feroit
avertir s'il avoit besoin d'eux , étant bien
résolu de ne s'en pas servir pour les tirer
de l'erreur où ils étoient , que nous ne
pouvions nous passer de leur secours , et
que sans leur appui nous serions obligez:
d'abandonner nos établissemens.
Après les avoir renvoyez chez eux
il partit pour la nouvelle Orleans , où il
arriva le 13. Novembre 1730. il y trouva
M. de Salvert son frere , Lieutenant de
Vaisseau , commandant un Détachement
des Troupes de la Marine , très - avancé
dans les préparatifs dont il l'avoit chargé
pour aller attaquer les Natches. L'Equipage
du Vaisseau du Roi , qu'il commandoit
, y avoit travaillé fort utilement , et
on peut assurer que sans lui nous n'eussions
pas été si-tôt prêt à marcher contre
l'Ennemi .
Le 9. Decembre M. de Salvert partit à
la tête du Détachement de la Marine ,
qui formoit un petit Bataillon , il avoit
ordre
2088 MERCURE DE FRANCE
ordre d'attendre au Village de Carlestin
Habitations françoises , situées à environ
15. lieües au-dessus de la nouvelle Orleans
, en montant le Fleuve , le General
qui le joignit le 13. avec les Troupes de
la Colonie et les Munitions de guerre.
Le 14. ils marcherent ensemble jus
qu'aux Bayagoulas , où ils resterent quatre
jours pour attendre le Détachement
des Milices du Pays , commandé par M. de
Benac , Officier retiré du Service , qui
s'est établi dans la Colonie , et les grands
Bateaux chargez de vivres qui ne pou
voient suivre..
Le General avoit divisé ses forces en
trois Corps , pour éviter toute tracasseric
et donner plus d'émulation . Le premier
étoit commandé par M. de Salvert ; il
étoit composé de iso . Soldats de la Marine
et d'environ 40. hommes de son
Equipage . Le second étoit commandé par
le Baron de Crenay , Lieutenant - Colo❤
nel , et étoit composé d'un Détachement
de 150. hommes des Troupes de la Co-
Ionie ; et le troisième étoit commandé par
le sieur de Benac , et étoit composé de
120. habitans qui s'étoient offerts d'aller
à la guerre
.
Le 22. tout étant rassemblé , on se mit
en marche et on fat coucher à Manchac
où
SEPTEMBRE. 1731. 2089
ù le sieur de Laye , Habitant , attendoit
le General , il lui dit que s'il vouloit se
servir des Sauvages Tonnicas , petite Nation
située sur les bords du Fleuve ,
environ 70. lieuës au - dessus de la nouvelle
Orleans , en suivant le Fleuve , il
étoit necessaire qu'il se rendît lui -même
chez eux pour les faire marcher ; ce qu'il
fit en laissant la conduite de la petite
armée à M. son frere , qui malgré la
neige et le verglas , le joignit aux Tonnicas
le 27.
Le 28. il continua sa marche jusqu'à
l'entrée de la Riviere Rouge , (a ) où étoit
le rendez - vous general. Le Vaisseau le
Prince de Conty , sur lequel on avoit fai ■
faire des Fours , y arriva le même jour.
Le General fut obligé de rester jusqu'au .
3. de Janvier aux Tonnicas pour leur
faire achever leurs préparatifs de guerre ,
ils étoient d'autant plus lents , que la
peur les avoit saisis sur la nouvelle qu'ils
venoient d'apprendre que le sieur de Coulange
, ( Canadien , frère d'un Officier des
Troupes de la Colonie , et fils du sieur
de Livilliers , Officier des Troupes de Ca
nada , ) qui avoit été envoyé dans une
grande Pirogue , armée de zo. hommes :
(a) A 9. lieues au- dessus du Village des Tonnicas
, situé à present au portage de la Croix .
grande
2090 MERCURE DE FRANCE
volontaires Sauvages , et Negres libres ,
pour faire porter les ordres du General
aux Arkansas , avoit été attaqué à quelques
journées de chez eux par les Natches , qui
lui avoient tué ou blessé la moitié de ses
gens , parmi lesquels les sieurs de la Touche
,Beaulieu et Cochart, ( le premier, Gen--
tilhomme Breton ; le second , Officier de
Marine de la Compagnie , ) ont eu le
malheur de se trouver au nombre des
morts. Le sieur de Coulange y reçût deux
coups de fusil , dont un au travers du
été mortel. Cette accorps
, qui n'a pas
tion , qui ne décidoit de rien , avoit cependant
si fort abattu le courage de nos
Sauvages , qu'il ne s'en trouva que iso .
des plus braves à l'Armée , les autres s'étant
retirez peu à peu sous differens pré
textes.
Le 4. Janvier , le General joignit l'Ar
mée à la Riviere Rouge , où il trouva les
Détachemens des Garnisons des Natches
et Natchitoches (a) arrivez , et la division
des Habitans , partie pour se montrer à
la hauteur des Natches , (b) afin de faire
(a) Forts François qui portent le nom des Na→
tions Sauvages auprès desquelles ils ont éte cons
truits.
(b) C'est la Nation même qui depuis qu'elle se
vit menacée d'être châtiée par les Frauçois , aban--
croire
SEPTEMBRE . 1731. 209%
croire à leurs découvreurs s'ils nous rencontroient
, que notre intention étoit de
les aller attaquer par le Fleuve , quoique
notre parti fût pris , d'aller par la Riviere
Rouge.
Le 11. l'Armée entra dans cette Riviere
pour chercher l'Ennemi , car nous n'avions
pû sçavoir depuis 9. mois l'endroit
positif où les Natches avoient fait leur
Fort , quoique le General y eût envoyé
zo . Partis differens , tant forts que foi
bles ; ensorte que ce ne fut que sur le
peu de connoissance qu'il avoit tirée d'un
enfant de 12 à 13. ans , qui avoit deserté
de cette Nation , qu'il se hazarda à l'aller
- chercher , contre le sentiment general des
Sauvages , vers la Riviere Rouge , dans ,
des Pays marécageux et coupez , jusques
là inconnus à nos Sauvages du Fleuve .
Cependant l'Armée guidée par l'esperance
et encouragée par son General dans
les peines inexprimables que le mauvais
temps et la difficulté du Pays, lui faisoient
souffrir , se trouva le 19. sans le sçavoir ,
précisement à une lieuë du Fort de Valeur
, c'est le Fort de la Nation Natches.
donna le lieu de sa demeure ordinaire et se transporta
dans un autre endroit qu'elle croyoit inconnu
à tous autres Sauvages et inaccessibles aux
François.
Le
2092 MERCURE DE FRANCE
Le General prenoit toutes sortes de me
sures pour éviter les embuscades qu'il
étoit aisé de nous dresser , y ayant apparence
que les Ennemis sçavoient notre
marche , puisque le 18. quelques - uns de
nos Sauvages qui étoient allez à la découverte
, ( car ils s'étoient un peu rassurez
par l'exemple des François qu'ils voyoient
marcher courageusement par terre ) étant
venus avertir qu'ils avoient appefçû un
. Parti de Natches à deux lieuës au - dessous
de nous , de l'autre côté de la Riviere,
le General y envoya un Détachement de
François et de Sauvages , pour tâcher de
le surprendre , mais on ne put y réussir
par la jalousie de six Sauvages Houmas ;
qui tirerent dessus avant que nos gens
fussent arrivez ; ensorte que ce Parti prie
la fuite et s'éloigna en peu de temps. Si
nous avions pû l'attaquer , on se flattoit
de pouvoir faire quelque prisonnier et
d'apprendre des nouvelles positives du
lieu où la Nation s'étoit retirée .
Nous restâmes le 19. dans la même in
quietude , quoique nos Sauvages vissent
encore plusieurs Natches , dont ils tuerent
un homme et une femme , mais le
20. le General ayant envoyé à la découverte
un Parti d'Habitans et de Sauvages,
soutenus par les Compagnies de Mrs de
la
S
SEPTEMBRE. 1731. 2093
la Giroüardiere et de Lusser ; le premier
Capitaine d'une Compagnie de la Marine,
l'autre Capitaine d'une Compagnie des
Troupes de la Colonie. On vint lui dire
une demie heure après leur départ qu'ils
se trouvoient dans un chemin battu ;
aussi-tôt on ne douta point que ce ne fût
celui du Fort , et on se prépara à marcher.
Le General fit monter les Bateaux vis-àvis
cet endroit , et ayant ordonné au Baron
de Crenay d'y rester avec 100. hommes
, il se tenoit prèt à marcher avec
M. Salvert , pour aller investir le Fort
dès qu'il en auroit quelque nouvelle. A
peine les Bateaux et Pirogues furent- ils
arrivez l'on entendit la Mousqueteque
rie du Fort et celle des Escarmoucheurs
du Détachement qui avoit toûjours suivi
le chemin battu ; dans l'instant on marcha
et on rencontra les sieurs Marin et
Outlas , qui venoient dire que nos gens
avoient trouvé le Fort , nous y arrivâmes
en une heure de marche par un Pays
tout couvert de bois ; dès que nous
l'apperçûmes , le General fit battre aux
champs . A ce bruit les Tonnicas se sentant
soutenus , attaquerent quelques Cases
aux environs du Fort , d'où ils chasserent
les Natches et y mirent le feu."
Pendant ce temps M. de Salvert marcha
pan
094 MERCURE DE FRANCE
1
35.
la droite avec partie des Troupes
par
et le General par la gauche pour rejoindre
Mrs de la Giroüardiere et de Lusser,
Il les trouva qui s'étoient avancez à
toises du Fort , à la faveur de plusieurs
arbres , où ils resterenr jusqu'à ce qu'il
leur dit de venir se mettre derriere une
butte qui étoit à 120. toises du Fort , lieu
qui lui étoit très- favorablement situé pour
mettre une partie de notre Camp à cou
vert. Il fut aussi - tôt joindre M. de Salvert
, et ils passerent ensemble une petite
Riviere ou gros Ruisseau , auprès duquel
les Natches avoient construit leur Fort ;
ils étoient suivis par les Compagnies de
Dartaguette et de Sanzei , la premiere
de la Colonie , l'autre , de la Marine. Ils
rangerent ce Fort de très-près , à la faveur
de quelques Cabanes , et après avoir
reconnu le terrain , ils firent l'un et
l'autre le tour du Fort par les derrieres
jusqu'à la butte dont on vient de parler,
et ils convinrent d'y établir le Quartier
general , par rapport à la facilité qu'il y
avoit de recevoir là nos besoins qui venoient
du bord de la Riviere , sans que
l'on fût obligé de passer le Ruisseau.
Le 21. le General envoya ordre au Baron
de Crenay de venir le joindre pour
commander l'attaque de la gauche , et le.
même
SEPTEMBRE. 1731 2095
même jour il fit arborer un Drapeau blanc
pour demander aux Sauvages qu'ils eussent
à lui remettre des Negres qu'ils
avoient pris ; ils tirerent sur le Drapeau
en disant à l'Interprete qu'ils ne vouloient
pas parler à des chiens comme nous.
Sur les deux heures un de nos Mortiers
de bois arriva. ( a) On jetta sur le champ
quelques Grenades Royales , dont deux
tomberent dans le Fort , sur une de leurs
maisons et y mit le feu. Après qu'elles
eurent crevé , nous entendîmes de grands
cris et des pleurs de femmes et d'enfans,'
ce qui nous fit redoubler notre feu de
Mousqueterie et de double Grenade , mais
malheureusement nos Mortiers furent
trop tôt hors de service par les cercles
qui manquerent.
A 5. heures et demie du soir , les Natches
firent une sortie sur un de nos Postes, oùil
y avoit 15. hommes retranchez derriere un
gros arbre qui n'étoit qu'à 20 toises du
Fort ; ils le prirent à revers et tuerent un
Grenadier de la Marine, Un Sergent des
Troupes de la Colonie y reçut un coup
de fusil qui lui perça les deux épaules.
Dès que nous eûmes connoissance de
(a) C'étoit des Mortiers portatifs , que le sieur
Baron , Ingenieur , avoit inventez , ils étoient
faits d'un bois fort dur , et çerçlez de fer.
cette
20961 MERCURE DE FRANCE
cette sortie , nous crûmes que les Ennemis
alloient tenter de se sauver dans les
Bois par l'intervale du Camp des Habitans
au nôtre , ce qui détermina M. Salvert à
prendre la Compagnie de Lusser , pour
les couper. Mais voyant qu'ils n'en vouloient
qu'à notre Poste , il donna dessus
avec quelques Habitans et les obligea de
rentrer avec précipitation dans leur Fort.
Dans cette Action le sieur Dehaye ,
Capitaine de Milice , reçut deux coups.
de fusil , et un Negre fut tué.
A 8. heures du soir , quoique le tems
fût très- mauvais , le General fit ouvrir de
son côté la Tranchée à 30. toises du Fort,
et nous ne la poussâmes qu'à 15. toises,
faute de Gabions.
Le 22. on fit venir le Canon et le der
nier Mortier ; nous en tirâmes quelques
coups sur la fin du jour en redoublant
le feu de notre Mousqueterie , qui ne discontinua
point toute la nuit.
Avant que de continuer le travail de
la Tranchée , le General fit visiter sur le
soir une maison forte , qui enfiloit nos
travaux ; il envoya un Officier avec 12 .
Grenadiers et autant de Sappeurs armez
pour s'en emparer , mais ils furent repoussez
par le feu des Ennemis , qui étoit
extrémement vif. M. de Salvert y accou
rug
SEPTEMBRE. 1731. 2097
rut ; et se mettant à la tête des Assaillants
, il recommença si vivement l'attaque
, qu'en un quart d'heure il força l'Ennemi
d'abandonner la maison . Il trouva
que c'étoit une espece de redoute à l'épreuve
du coup de fusil , avec des meurtrieres
tout autour ; il la fit garder , jugeant
qu'elle serviroit bien à deffendre la
tête de notre Tranchée.
En effet le 23. nous poussâmes trèsvigoureusement
le travail de la Tranchće,
à la faveur de cette redoute , de façon que
le General comptoit achever le lendemain
la communication de ses Travaux avec
ceux de M. le Baron de Crenay , qui de
son côté travailloit aussi avec beaucoup
de vigueur.
Le 24. les Natches voyant que nous
les serrions de fort près , et se trouvant
fort incommodez par nos doubles Grenades
et par le Canon , ( quoique notre
petite Artillerie ne tirât que de loin en
Loin , ) ( a ) arborerent un Drapeau blanc
7. heures du matin , et nous envoyeà
(a ), Ils avoient bien trouvé le secret de se garantir
du Canon et de la Mousqueterie , en faisant
des trous en terre , dans lesquels te tenoient
leurs femmes et leurs enfans , et où ils se reposoient
eux-mêmes , mais ces trous étant ouverts
par le haut , les Grenades ou leurs éclats qui y
tomboient y causoient beaucoup de desordre.
C rent
2098 MERCURE DE FRANCE
rent un Sauvage qui parloit un peu François.
Le General lui dit qu'il ne les écouteroit
point qu'ils ne lui eussent renvoyé
tous les Negres qui étoient dans le Fort.
Ce Député retourné , on vit arriver avec
lui un moment après 19. Negres et une
Negresse , qui rapporterent que six autres
Negres étoient à la Chasse avec des Natches
, et que le reste avoit été tué. Le General
dit au même Sauvage qu'il ne vou
loit donner sa parole sur rien qu'il n'eût
les Chefs de sa Nation dans son Camp ;
après quoi il le renvoya.
Il vint ensuite un autre Sauvage nommé
S. Côme , (a) mais il le renvoya aussi
sans l'entendre , en lui disant , que si le
Grand - Chef, celui de la Farine et lui (b)
ne venoient pas bien - tôt ensemble , il-fe-
(a ) Quand les Sauvages sont bien avec les
François , ils se font honneur de prendre des
noms que ceux- cy portent.
(b) Avant que cette Nation eût frappé les François
, elle étoit divisée en 5. Villages , le premier
nommé la Valeur ; le 2. la Farine ; le 3 ° . la
Pomme ; le 4. les Gris , et le se . le grand Village
.Chaque Village avoit son Chef, et cependant
tous étoient soumis à un Grand - Chef , et tous
ces Chefs particuliers s'appelloient Soleil par Excellence
; ces Sauvages ayant une dévotion toute
particuliere pour cet Astre , en l'honneur duquel
ils entretenoient un feu perpetuel.
ne
SEPTEMR E. 1731. 2099
-
roit recommencer à tirer sur eux . Malgré
le mauvais temps ils se rendirent à
notre Camp sur les 4. heures du soir ; on
les conduisit au General ; ils l'aborderent
avec toutes les façons qui parmi eux peuvent
marquer le repentiret la soumission,
et ils dirent qu'ils ressentoient la grandeur
du crime qu'ils avoient commis ,
qu'ils n'osoient demander la vie , mais
qu'ils s'estimeroient heureux en mourant,
si on vouloit l'accorder à leurs femmes
et à leurs enfans.
Le General leur répondit qu'il la donneroit
à tous ceux de la Nation , même
aux hommes qui se rendroient à lui le
lendemain , mais que passé ce jour là , il
feroit bruler ceux qui ne profiteroient
pas de la grace qu'il vouloit bien leur
faire ; ils répliquerent que sa résolution
étoit juste. Cependant à minuit le Chef
de la Farine , qui étoit dans une Tente
gardée par 12. hommes , tant François
que Sauvages des plus alertes , doutant
de la parole du General , se sauva à la faveur
de la nuit , qui étoit la plus obscure
que l'on ait jamais vûë , et du temps effroyable
qu'il faisoit , la pluye tombant
si furieusement , qu'il falloit être Sauvage
et craindre le bucher pour tenir dehors ;
on tira sur lui sans l'atteindre.
Cij Le
2100 MERCURE DE FRANCE
Le 25. quoique le temps continuât d'être
mauvais , ( ce qui nous incommodoit
extrémement ) la femme du Grand- Chef
et sa Famille , sortirent le matin du Fort
avec 450. femmes ou enfans , et vinrent
se rendre. A l'égard des hommes , ils ne
venoient que l'un après l'autre , ensorte
que le soir il en restoit encore dans le
Fort environ 20. qui demanderent qu'on
les laissât jusqu'au lendemain , ce qui leur
fut accordé , parce que le temps ne permettoit
pas de les aller prendre. Nous
étions alors entre deux eaux ; car là pluye
ne cessa que vers les 9 , heures du soir. A
8. he es , presque tous ceux qui étoient
restez dans le Fort s'évaderent. Le quartier
des Habitans s'en apperçut ,
fut impossible ni de tirer sur eux un seul
coup de fusil , ni de les faire poursuivre
par nos Sauvages , l'eau du Ciel nous ayant
réduits en tel état que nos gens ne pouvoient
ni marcher , ni faire usage de leurs
armes. Cependant la pluye ayant cessé
nous entrâmes dans le Fort , où nous
trouvâmes seulement deux hommes et
une femme , et nous apprîmes que ceux
qui s'étoient enfuis , étoient au nombre
de 16. hommes et de 4. femmes.
mais il
Le General fit ensuite le recensement
de ses Prisonniers qu'il avoit résolu pour
l'exemple
SEPTEMBRE. 1731. zioł
;
l'exemple d'envoyer dans une autre Colonie
pour y être vendus comme Esclaves
; et voyant qu'il ne se trouvoit que
45. hommes , il demanda ce que les autres
étoient devenus , parce que cette Nation
devoit être forte d'envirom 500. Guerriers
,lorsqu'elle surprit le Poste François .
le principal d'entr'eux dit qu'ils avoient
perdu du monde dans cette malheureuse
Action , qu'ensuite les Partis des Nations
Sauvages qui sont dans notre Alliance ,
les ayant attaquez en differens endroits ,
et nous-mêmes les ayant assiegez dans
leurs anciens Forts , ils y avoient encore
fait de grandes pertes que depuis s'étant
venus établir dans l'endroit où nous venons
de les prendre , la fatigue du chemin
et le mauvais air du lieu , avoient
fait périr par maladie plus de la moitié
de leurs gens. Que tandis qu'ils souffroient
tant de miseres , les Partis de nos Sauvages
leur avoient détruit peu à peu et en
differens Cantons beaucoup de Guerriers,
que nous venions de leur en tuer encore
un grand nombre en les forçant de se rendre
; et qu'enfin il n'en restoit point d'autres
que ceux que l'on voyoit prisonniers ,
que les 16. qui s'étoient sauvez du Fort ,
et qu'un très- petit nombre qui étoit à la
Chasse , lorsque nous les avons assiegez
C iij .
il
2102 MERCURE DE FRANCE
dizil
fut facile de juger que le
compte
Sauvage étoit juste , et le General en parut
content.
Le lendemain 26 , nos Sauvages qui
étoient en course , prirent deux Ñatches
qu'ils brulerent , et enleverent la chevefure
d'un autre qu'ils avoient tué.
Ce jour- là et le suivant furent employez
à démolir le Fort , et à bruler les
bois dont il étoit construit. Le General
envoya M. son frere avec le Bataillon de
la Marine et 25o . Esclaves , au Camp qui
gardoit les Bateaux.
Le 28. tout ce qui appartenoit aux Natches
se trouvant détruit , le General partit
avec le reste de son monde et des Esclaves
pour joindre M. de Salvert , et le
29. tout se mit en mouvement pour se
rendre dans le Fleuve de Mississipy , ou
chacun avoit grand besoin d'arriver en
un lieu commode , pour se remettre des
fatigues qu'il avoit essuyées.
On jugera aisément par cette Relation
que si nous n'avions pas pressé l'Ennemi
aussi vivement que nous avons fait , nous
cussions couru grand risque de ne pas
réüissir et de perdre la plus grande partie
de notre petite Armée par la fatigue et
par le mauvais temps , ce qui infailliblement
auroit causé des maladies , qui toutes
SEPTEMBRE. 1731. 2103
tes auroient été mortelles dans un lieu où
les hommes les plus vigoureux souffriroient
beaucoup.
Jamais Expedition ne fut plus utile ;
elle a vangé la Nation Françoise d'un horrible
massacre fait d'une partie de ses Habitans
à la Louisianne par des Sauvages
qui étoient en pleine Paix avec eux , et
qui pour les surprendre s'étoient répandus
dans leurs maisons , sous l'apparence
de l'amitié et sous le prétexte de leur
rendre service . Elle a servi en même-temps
à faire connoître à tous les Sauvages du
Continent , que les François ne trouvent
rien d'impossible lorsqu'il s'agit de punir
le crime , et qu'ils sçavent trouver et
dompter leurs Ennemis dans les lieux les
plus écartez , les plus difficiles à abor
der et les mieux fortifiez .
Et enfin cette Expedition a dû effacer
de l'esprit des Sauvages Chaetas , Nation
très- nombreuse et la plus redoutable du
Continent , l'opinion qu'elle avoit que
nous ne pouvions châtier nos Ennemis.
sans son secours , ce qui la rendoit le
plus souvent si insolente , que M. Perrier
s'étoit déterminé à ne la point employer
dans l'entreprise qu'il avoit projettée
contre les Natches , ainsi qu'on l'a
dit dans le commencement de cette Re-
Lation C iiij Tous
2104 MERCURE DE FRANCE
Tous ces objets animoient tellement
nos gens dans cette affaire , qu'il n'y a
eû aucun Officier ni Soldat , tant des
Troupes reglées , que des Milices , qui
n'ait fait tout ce qui a dépendu de ses
forces pour avancer le travail , chacun
ayant mis la main à l'oeuvre , et qui n'ait
agi avec toute la valeur imaginable . Il
est vrai que le bon exemple des Chefs
y a beaucoup contribué , et certainement
les deux frères ont bien Fait connoître
qu'ils sçavent former une entreprise difficile
, et qu'ils sont également habiles et
courageux dans l'execution. Ils ont donné
beaucoup de loüanges à M. le Baron
de Crenay , et generalement à tous les
Officiers qui ont eû part à cette Expedition.
*
Relation de la défaite des Natches (a)
par M. Perier, Commandant General à
la Louisianne , au mois de Janvier 1731 .
No
,
Otre General jugeant qu'il étoit ne
cessaire avant de rien entreprendre ,
de s'éclaircir avec les Chactas , Nation
Sauvage la plus considerable de la Loüisianne
sur les differens bruits qui s'étoient
répandus de leur mauvaise volonté
pour nous , se rendit à la Mobile , Fort
occupé par les Françóis , à la Côte de l'Est
de la Louisianne , où il avoit fait avertir
leurs Chefs de se rendre dans les premiers
jours de Novembre , et les ayant trouvez
bien disposez , il renouvella en la manie◄
re ordinaire , les Traitez de Commerce et
d'Alliance que nous avons depuis longtemps
avec eux , et leur proposa de re
connoître pour Grand- Chef de la partie
du Ouest , qu'on appelle Bas- Chacra , le
Chef des Castacha , Village de la mêmę
( a ) C'est une Nation Sauvage , qui au mois
de Decembre 1729. massacra les François qui
étoient établis auprès d'elle , quoiqu'elle fût en
paix avec eux.
Nation,
SEPTEMBRE. 1731 2087
Nation. Ils l'accepterent avec plaisir et
promirent de nous renvoyer le reste des
Negres qu'ils avoient pris sur les Natches
, et de payer tout ce qu'ils devoient
aux François , avec lesquels ils avoient
négocié. Ils lui demanderent ensuite d'aller
en guerre contre les Natches , mais i'
leur répondit seulement qu'il les feroit
avertir s'il avoit besoin d'eux , étant bien
résolu de ne s'en pas servir pour les tirer
de l'erreur où ils étoient , que nous ne
pouvions nous passer de leur secours , et
que sans leur appui nous serions obligez:
d'abandonner nos établissemens.
Après les avoir renvoyez chez eux
il partit pour la nouvelle Orleans , où il
arriva le 13. Novembre 1730. il y trouva
M. de Salvert son frere , Lieutenant de
Vaisseau , commandant un Détachement
des Troupes de la Marine , très - avancé
dans les préparatifs dont il l'avoit chargé
pour aller attaquer les Natches. L'Equipage
du Vaisseau du Roi , qu'il commandoit
, y avoit travaillé fort utilement , et
on peut assurer que sans lui nous n'eussions
pas été si-tôt prêt à marcher contre
l'Ennemi .
Le 9. Decembre M. de Salvert partit à
la tête du Détachement de la Marine ,
qui formoit un petit Bataillon , il avoit
ordre
2088 MERCURE DE FRANCE
ordre d'attendre au Village de Carlestin
Habitations françoises , situées à environ
15. lieües au-dessus de la nouvelle Orleans
, en montant le Fleuve , le General
qui le joignit le 13. avec les Troupes de
la Colonie et les Munitions de guerre.
Le 14. ils marcherent ensemble jus
qu'aux Bayagoulas , où ils resterent quatre
jours pour attendre le Détachement
des Milices du Pays , commandé par M. de
Benac , Officier retiré du Service , qui
s'est établi dans la Colonie , et les grands
Bateaux chargez de vivres qui ne pou
voient suivre..
Le General avoit divisé ses forces en
trois Corps , pour éviter toute tracasseric
et donner plus d'émulation . Le premier
étoit commandé par M. de Salvert ; il
étoit composé de iso . Soldats de la Marine
et d'environ 40. hommes de son
Equipage . Le second étoit commandé par
le Baron de Crenay , Lieutenant - Colo❤
nel , et étoit composé d'un Détachement
de 150. hommes des Troupes de la Co-
Ionie ; et le troisième étoit commandé par
le sieur de Benac , et étoit composé de
120. habitans qui s'étoient offerts d'aller
à la guerre
.
Le 22. tout étant rassemblé , on se mit
en marche et on fat coucher à Manchac
où
SEPTEMBRE. 1731. 2089
ù le sieur de Laye , Habitant , attendoit
le General , il lui dit que s'il vouloit se
servir des Sauvages Tonnicas , petite Nation
située sur les bords du Fleuve ,
environ 70. lieuës au - dessus de la nouvelle
Orleans , en suivant le Fleuve , il
étoit necessaire qu'il se rendît lui -même
chez eux pour les faire marcher ; ce qu'il
fit en laissant la conduite de la petite
armée à M. son frere , qui malgré la
neige et le verglas , le joignit aux Tonnicas
le 27.
Le 28. il continua sa marche jusqu'à
l'entrée de la Riviere Rouge , (a ) où étoit
le rendez - vous general. Le Vaisseau le
Prince de Conty , sur lequel on avoit fai ■
faire des Fours , y arriva le même jour.
Le General fut obligé de rester jusqu'au .
3. de Janvier aux Tonnicas pour leur
faire achever leurs préparatifs de guerre ,
ils étoient d'autant plus lents , que la
peur les avoit saisis sur la nouvelle qu'ils
venoient d'apprendre que le sieur de Coulange
, ( Canadien , frère d'un Officier des
Troupes de la Colonie , et fils du sieur
de Livilliers , Officier des Troupes de Ca
nada , ) qui avoit été envoyé dans une
grande Pirogue , armée de zo. hommes :
(a) A 9. lieues au- dessus du Village des Tonnicas
, situé à present au portage de la Croix .
grande
2090 MERCURE DE FRANCE
volontaires Sauvages , et Negres libres ,
pour faire porter les ordres du General
aux Arkansas , avoit été attaqué à quelques
journées de chez eux par les Natches , qui
lui avoient tué ou blessé la moitié de ses
gens , parmi lesquels les sieurs de la Touche
,Beaulieu et Cochart, ( le premier, Gen--
tilhomme Breton ; le second , Officier de
Marine de la Compagnie , ) ont eu le
malheur de se trouver au nombre des
morts. Le sieur de Coulange y reçût deux
coups de fusil , dont un au travers du
été mortel. Cette accorps
, qui n'a pas
tion , qui ne décidoit de rien , avoit cependant
si fort abattu le courage de nos
Sauvages , qu'il ne s'en trouva que iso .
des plus braves à l'Armée , les autres s'étant
retirez peu à peu sous differens pré
textes.
Le 4. Janvier , le General joignit l'Ar
mée à la Riviere Rouge , où il trouva les
Détachemens des Garnisons des Natches
et Natchitoches (a) arrivez , et la division
des Habitans , partie pour se montrer à
la hauteur des Natches , (b) afin de faire
(a) Forts François qui portent le nom des Na→
tions Sauvages auprès desquelles ils ont éte cons
truits.
(b) C'est la Nation même qui depuis qu'elle se
vit menacée d'être châtiée par les Frauçois , aban--
croire
SEPTEMBRE . 1731. 209%
croire à leurs découvreurs s'ils nous rencontroient
, que notre intention étoit de
les aller attaquer par le Fleuve , quoique
notre parti fût pris , d'aller par la Riviere
Rouge.
Le 11. l'Armée entra dans cette Riviere
pour chercher l'Ennemi , car nous n'avions
pû sçavoir depuis 9. mois l'endroit
positif où les Natches avoient fait leur
Fort , quoique le General y eût envoyé
zo . Partis differens , tant forts que foi
bles ; ensorte que ce ne fut que sur le
peu de connoissance qu'il avoit tirée d'un
enfant de 12 à 13. ans , qui avoit deserté
de cette Nation , qu'il se hazarda à l'aller
- chercher , contre le sentiment general des
Sauvages , vers la Riviere Rouge , dans ,
des Pays marécageux et coupez , jusques
là inconnus à nos Sauvages du Fleuve .
Cependant l'Armée guidée par l'esperance
et encouragée par son General dans
les peines inexprimables que le mauvais
temps et la difficulté du Pays, lui faisoient
souffrir , se trouva le 19. sans le sçavoir ,
précisement à une lieuë du Fort de Valeur
, c'est le Fort de la Nation Natches.
donna le lieu de sa demeure ordinaire et se transporta
dans un autre endroit qu'elle croyoit inconnu
à tous autres Sauvages et inaccessibles aux
François.
Le
2092 MERCURE DE FRANCE
Le General prenoit toutes sortes de me
sures pour éviter les embuscades qu'il
étoit aisé de nous dresser , y ayant apparence
que les Ennemis sçavoient notre
marche , puisque le 18. quelques - uns de
nos Sauvages qui étoient allez à la découverte
, ( car ils s'étoient un peu rassurez
par l'exemple des François qu'ils voyoient
marcher courageusement par terre ) étant
venus avertir qu'ils avoient appefçû un
. Parti de Natches à deux lieuës au - dessous
de nous , de l'autre côté de la Riviere,
le General y envoya un Détachement de
François et de Sauvages , pour tâcher de
le surprendre , mais on ne put y réussir
par la jalousie de six Sauvages Houmas ;
qui tirerent dessus avant que nos gens
fussent arrivez ; ensorte que ce Parti prie
la fuite et s'éloigna en peu de temps. Si
nous avions pû l'attaquer , on se flattoit
de pouvoir faire quelque prisonnier et
d'apprendre des nouvelles positives du
lieu où la Nation s'étoit retirée .
Nous restâmes le 19. dans la même in
quietude , quoique nos Sauvages vissent
encore plusieurs Natches , dont ils tuerent
un homme et une femme , mais le
20. le General ayant envoyé à la découverte
un Parti d'Habitans et de Sauvages,
soutenus par les Compagnies de Mrs de
la
S
SEPTEMBRE. 1731. 2093
la Giroüardiere et de Lusser ; le premier
Capitaine d'une Compagnie de la Marine,
l'autre Capitaine d'une Compagnie des
Troupes de la Colonie. On vint lui dire
une demie heure après leur départ qu'ils
se trouvoient dans un chemin battu ;
aussi-tôt on ne douta point que ce ne fût
celui du Fort , et on se prépara à marcher.
Le General fit monter les Bateaux vis-àvis
cet endroit , et ayant ordonné au Baron
de Crenay d'y rester avec 100. hommes
, il se tenoit prèt à marcher avec
M. Salvert , pour aller investir le Fort
dès qu'il en auroit quelque nouvelle. A
peine les Bateaux et Pirogues furent- ils
arrivez l'on entendit la Mousqueteque
rie du Fort et celle des Escarmoucheurs
du Détachement qui avoit toûjours suivi
le chemin battu ; dans l'instant on marcha
et on rencontra les sieurs Marin et
Outlas , qui venoient dire que nos gens
avoient trouvé le Fort , nous y arrivâmes
en une heure de marche par un Pays
tout couvert de bois ; dès que nous
l'apperçûmes , le General fit battre aux
champs . A ce bruit les Tonnicas se sentant
soutenus , attaquerent quelques Cases
aux environs du Fort , d'où ils chasserent
les Natches et y mirent le feu."
Pendant ce temps M. de Salvert marcha
pan
094 MERCURE DE FRANCE
1
35.
la droite avec partie des Troupes
par
et le General par la gauche pour rejoindre
Mrs de la Giroüardiere et de Lusser,
Il les trouva qui s'étoient avancez à
toises du Fort , à la faveur de plusieurs
arbres , où ils resterenr jusqu'à ce qu'il
leur dit de venir se mettre derriere une
butte qui étoit à 120. toises du Fort , lieu
qui lui étoit très- favorablement situé pour
mettre une partie de notre Camp à cou
vert. Il fut aussi - tôt joindre M. de Salvert
, et ils passerent ensemble une petite
Riviere ou gros Ruisseau , auprès duquel
les Natches avoient construit leur Fort ;
ils étoient suivis par les Compagnies de
Dartaguette et de Sanzei , la premiere
de la Colonie , l'autre , de la Marine. Ils
rangerent ce Fort de très-près , à la faveur
de quelques Cabanes , et après avoir
reconnu le terrain , ils firent l'un et
l'autre le tour du Fort par les derrieres
jusqu'à la butte dont on vient de parler,
et ils convinrent d'y établir le Quartier
general , par rapport à la facilité qu'il y
avoit de recevoir là nos besoins qui venoient
du bord de la Riviere , sans que
l'on fût obligé de passer le Ruisseau.
Le 21. le General envoya ordre au Baron
de Crenay de venir le joindre pour
commander l'attaque de la gauche , et le.
même
SEPTEMBRE. 1731 2095
même jour il fit arborer un Drapeau blanc
pour demander aux Sauvages qu'ils eussent
à lui remettre des Negres qu'ils
avoient pris ; ils tirerent sur le Drapeau
en disant à l'Interprete qu'ils ne vouloient
pas parler à des chiens comme nous.
Sur les deux heures un de nos Mortiers
de bois arriva. ( a) On jetta sur le champ
quelques Grenades Royales , dont deux
tomberent dans le Fort , sur une de leurs
maisons et y mit le feu. Après qu'elles
eurent crevé , nous entendîmes de grands
cris et des pleurs de femmes et d'enfans,'
ce qui nous fit redoubler notre feu de
Mousqueterie et de double Grenade , mais
malheureusement nos Mortiers furent
trop tôt hors de service par les cercles
qui manquerent.
A 5. heures et demie du soir , les Natches
firent une sortie sur un de nos Postes, oùil
y avoit 15. hommes retranchez derriere un
gros arbre qui n'étoit qu'à 20 toises du
Fort ; ils le prirent à revers et tuerent un
Grenadier de la Marine, Un Sergent des
Troupes de la Colonie y reçut un coup
de fusil qui lui perça les deux épaules.
Dès que nous eûmes connoissance de
(a) C'étoit des Mortiers portatifs , que le sieur
Baron , Ingenieur , avoit inventez , ils étoient
faits d'un bois fort dur , et çerçlez de fer.
cette
20961 MERCURE DE FRANCE
cette sortie , nous crûmes que les Ennemis
alloient tenter de se sauver dans les
Bois par l'intervale du Camp des Habitans
au nôtre , ce qui détermina M. Salvert à
prendre la Compagnie de Lusser , pour
les couper. Mais voyant qu'ils n'en vouloient
qu'à notre Poste , il donna dessus
avec quelques Habitans et les obligea de
rentrer avec précipitation dans leur Fort.
Dans cette Action le sieur Dehaye ,
Capitaine de Milice , reçut deux coups.
de fusil , et un Negre fut tué.
A 8. heures du soir , quoique le tems
fût très- mauvais , le General fit ouvrir de
son côté la Tranchée à 30. toises du Fort,
et nous ne la poussâmes qu'à 15. toises,
faute de Gabions.
Le 22. on fit venir le Canon et le der
nier Mortier ; nous en tirâmes quelques
coups sur la fin du jour en redoublant
le feu de notre Mousqueterie , qui ne discontinua
point toute la nuit.
Avant que de continuer le travail de
la Tranchée , le General fit visiter sur le
soir une maison forte , qui enfiloit nos
travaux ; il envoya un Officier avec 12 .
Grenadiers et autant de Sappeurs armez
pour s'en emparer , mais ils furent repoussez
par le feu des Ennemis , qui étoit
extrémement vif. M. de Salvert y accou
rug
SEPTEMBRE. 1731. 2097
rut ; et se mettant à la tête des Assaillants
, il recommença si vivement l'attaque
, qu'en un quart d'heure il força l'Ennemi
d'abandonner la maison . Il trouva
que c'étoit une espece de redoute à l'épreuve
du coup de fusil , avec des meurtrieres
tout autour ; il la fit garder , jugeant
qu'elle serviroit bien à deffendre la
tête de notre Tranchée.
En effet le 23. nous poussâmes trèsvigoureusement
le travail de la Tranchće,
à la faveur de cette redoute , de façon que
le General comptoit achever le lendemain
la communication de ses Travaux avec
ceux de M. le Baron de Crenay , qui de
son côté travailloit aussi avec beaucoup
de vigueur.
Le 24. les Natches voyant que nous
les serrions de fort près , et se trouvant
fort incommodez par nos doubles Grenades
et par le Canon , ( quoique notre
petite Artillerie ne tirât que de loin en
Loin , ) ( a ) arborerent un Drapeau blanc
7. heures du matin , et nous envoyeà
(a ), Ils avoient bien trouvé le secret de se garantir
du Canon et de la Mousqueterie , en faisant
des trous en terre , dans lesquels te tenoient
leurs femmes et leurs enfans , et où ils se reposoient
eux-mêmes , mais ces trous étant ouverts
par le haut , les Grenades ou leurs éclats qui y
tomboient y causoient beaucoup de desordre.
C rent
2098 MERCURE DE FRANCE
rent un Sauvage qui parloit un peu François.
Le General lui dit qu'il ne les écouteroit
point qu'ils ne lui eussent renvoyé
tous les Negres qui étoient dans le Fort.
Ce Député retourné , on vit arriver avec
lui un moment après 19. Negres et une
Negresse , qui rapporterent que six autres
Negres étoient à la Chasse avec des Natches
, et que le reste avoit été tué. Le General
dit au même Sauvage qu'il ne vou
loit donner sa parole sur rien qu'il n'eût
les Chefs de sa Nation dans son Camp ;
après quoi il le renvoya.
Il vint ensuite un autre Sauvage nommé
S. Côme , (a) mais il le renvoya aussi
sans l'entendre , en lui disant , que si le
Grand - Chef, celui de la Farine et lui (b)
ne venoient pas bien - tôt ensemble , il-fe-
(a ) Quand les Sauvages sont bien avec les
François , ils se font honneur de prendre des
noms que ceux- cy portent.
(b) Avant que cette Nation eût frappé les François
, elle étoit divisée en 5. Villages , le premier
nommé la Valeur ; le 2. la Farine ; le 3 ° . la
Pomme ; le 4. les Gris , et le se . le grand Village
.Chaque Village avoit son Chef, et cependant
tous étoient soumis à un Grand - Chef , et tous
ces Chefs particuliers s'appelloient Soleil par Excellence
; ces Sauvages ayant une dévotion toute
particuliere pour cet Astre , en l'honneur duquel
ils entretenoient un feu perpetuel.
ne
SEPTEMR E. 1731. 2099
-
roit recommencer à tirer sur eux . Malgré
le mauvais temps ils se rendirent à
notre Camp sur les 4. heures du soir ; on
les conduisit au General ; ils l'aborderent
avec toutes les façons qui parmi eux peuvent
marquer le repentiret la soumission,
et ils dirent qu'ils ressentoient la grandeur
du crime qu'ils avoient commis ,
qu'ils n'osoient demander la vie , mais
qu'ils s'estimeroient heureux en mourant,
si on vouloit l'accorder à leurs femmes
et à leurs enfans.
Le General leur répondit qu'il la donneroit
à tous ceux de la Nation , même
aux hommes qui se rendroient à lui le
lendemain , mais que passé ce jour là , il
feroit bruler ceux qui ne profiteroient
pas de la grace qu'il vouloit bien leur
faire ; ils répliquerent que sa résolution
étoit juste. Cependant à minuit le Chef
de la Farine , qui étoit dans une Tente
gardée par 12. hommes , tant François
que Sauvages des plus alertes , doutant
de la parole du General , se sauva à la faveur
de la nuit , qui étoit la plus obscure
que l'on ait jamais vûë , et du temps effroyable
qu'il faisoit , la pluye tombant
si furieusement , qu'il falloit être Sauvage
et craindre le bucher pour tenir dehors ;
on tira sur lui sans l'atteindre.
Cij Le
2100 MERCURE DE FRANCE
Le 25. quoique le temps continuât d'être
mauvais , ( ce qui nous incommodoit
extrémement ) la femme du Grand- Chef
et sa Famille , sortirent le matin du Fort
avec 450. femmes ou enfans , et vinrent
se rendre. A l'égard des hommes , ils ne
venoient que l'un après l'autre , ensorte
que le soir il en restoit encore dans le
Fort environ 20. qui demanderent qu'on
les laissât jusqu'au lendemain , ce qui leur
fut accordé , parce que le temps ne permettoit
pas de les aller prendre. Nous
étions alors entre deux eaux ; car là pluye
ne cessa que vers les 9 , heures du soir. A
8. he es , presque tous ceux qui étoient
restez dans le Fort s'évaderent. Le quartier
des Habitans s'en apperçut ,
fut impossible ni de tirer sur eux un seul
coup de fusil , ni de les faire poursuivre
par nos Sauvages , l'eau du Ciel nous ayant
réduits en tel état que nos gens ne pouvoient
ni marcher , ni faire usage de leurs
armes. Cependant la pluye ayant cessé
nous entrâmes dans le Fort , où nous
trouvâmes seulement deux hommes et
une femme , et nous apprîmes que ceux
qui s'étoient enfuis , étoient au nombre
de 16. hommes et de 4. femmes.
mais il
Le General fit ensuite le recensement
de ses Prisonniers qu'il avoit résolu pour
l'exemple
SEPTEMBRE. 1731. zioł
;
l'exemple d'envoyer dans une autre Colonie
pour y être vendus comme Esclaves
; et voyant qu'il ne se trouvoit que
45. hommes , il demanda ce que les autres
étoient devenus , parce que cette Nation
devoit être forte d'envirom 500. Guerriers
,lorsqu'elle surprit le Poste François .
le principal d'entr'eux dit qu'ils avoient
perdu du monde dans cette malheureuse
Action , qu'ensuite les Partis des Nations
Sauvages qui sont dans notre Alliance ,
les ayant attaquez en differens endroits ,
et nous-mêmes les ayant assiegez dans
leurs anciens Forts , ils y avoient encore
fait de grandes pertes que depuis s'étant
venus établir dans l'endroit où nous venons
de les prendre , la fatigue du chemin
et le mauvais air du lieu , avoient
fait périr par maladie plus de la moitié
de leurs gens. Que tandis qu'ils souffroient
tant de miseres , les Partis de nos Sauvages
leur avoient détruit peu à peu et en
differens Cantons beaucoup de Guerriers,
que nous venions de leur en tuer encore
un grand nombre en les forçant de se rendre
; et qu'enfin il n'en restoit point d'autres
que ceux que l'on voyoit prisonniers ,
que les 16. qui s'étoient sauvez du Fort ,
et qu'un très- petit nombre qui étoit à la
Chasse , lorsque nous les avons assiegez
C iij .
il
2102 MERCURE DE FRANCE
dizil
fut facile de juger que le
compte
Sauvage étoit juste , et le General en parut
content.
Le lendemain 26 , nos Sauvages qui
étoient en course , prirent deux Ñatches
qu'ils brulerent , et enleverent la chevefure
d'un autre qu'ils avoient tué.
Ce jour- là et le suivant furent employez
à démolir le Fort , et à bruler les
bois dont il étoit construit. Le General
envoya M. son frere avec le Bataillon de
la Marine et 25o . Esclaves , au Camp qui
gardoit les Bateaux.
Le 28. tout ce qui appartenoit aux Natches
se trouvant détruit , le General partit
avec le reste de son monde et des Esclaves
pour joindre M. de Salvert , et le
29. tout se mit en mouvement pour se
rendre dans le Fleuve de Mississipy , ou
chacun avoit grand besoin d'arriver en
un lieu commode , pour se remettre des
fatigues qu'il avoit essuyées.
On jugera aisément par cette Relation
que si nous n'avions pas pressé l'Ennemi
aussi vivement que nous avons fait , nous
cussions couru grand risque de ne pas
réüissir et de perdre la plus grande partie
de notre petite Armée par la fatigue et
par le mauvais temps , ce qui infailliblement
auroit causé des maladies , qui toutes
SEPTEMBRE. 1731. 2103
tes auroient été mortelles dans un lieu où
les hommes les plus vigoureux souffriroient
beaucoup.
Jamais Expedition ne fut plus utile ;
elle a vangé la Nation Françoise d'un horrible
massacre fait d'une partie de ses Habitans
à la Louisianne par des Sauvages
qui étoient en pleine Paix avec eux , et
qui pour les surprendre s'étoient répandus
dans leurs maisons , sous l'apparence
de l'amitié et sous le prétexte de leur
rendre service . Elle a servi en même-temps
à faire connoître à tous les Sauvages du
Continent , que les François ne trouvent
rien d'impossible lorsqu'il s'agit de punir
le crime , et qu'ils sçavent trouver et
dompter leurs Ennemis dans les lieux les
plus écartez , les plus difficiles à abor
der et les mieux fortifiez .
Et enfin cette Expedition a dû effacer
de l'esprit des Sauvages Chaetas , Nation
très- nombreuse et la plus redoutable du
Continent , l'opinion qu'elle avoit que
nous ne pouvions châtier nos Ennemis.
sans son secours , ce qui la rendoit le
plus souvent si insolente , que M. Perrier
s'étoit déterminé à ne la point employer
dans l'entreprise qu'il avoit projettée
contre les Natches , ainsi qu'on l'a
dit dans le commencement de cette Re-
Lation C iiij Tous
2104 MERCURE DE FRANCE
Tous ces objets animoient tellement
nos gens dans cette affaire , qu'il n'y a
eû aucun Officier ni Soldat , tant des
Troupes reglées , que des Milices , qui
n'ait fait tout ce qui a dépendu de ses
forces pour avancer le travail , chacun
ayant mis la main à l'oeuvre , et qui n'ait
agi avec toute la valeur imaginable . Il
est vrai que le bon exemple des Chefs
y a beaucoup contribué , et certainement
les deux frères ont bien Fait connoître
qu'ils sçavent former une entreprise difficile
, et qu'ils sont également habiles et
courageux dans l'execution. Ils ont donné
beaucoup de loüanges à M. le Baron
de Crenay , et generalement à tous les
Officiers qui ont eû part à cette Expedition.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
En janvier 1731, M. Perier, Commandant Général en Louisiane, entreprit de clarifier les relations avec les Chactas, une nation amérindienne influente, après des rumeurs de mauvaise volonté. Il se rendit à la Mobile pour renouveler les traités de commerce et d'alliance avec les Chactas, qui acceptèrent de renvoyer des esclaves capturés sur les Natches et de payer leurs dettes aux Français. Perier se rendit ensuite à la Nouvelle-Orléans, où il retrouva son frère, M. de Salvert, commandant un détachement des troupes de la marine. Le 9 décembre, M. de Salvert partit pour le village de Carlestin, où il rejoignit Perier avec les troupes de la colonie et les munitions. Ils marchèrent ensuite vers les Bayagoulas, où ils attendirent les milices du pays et les bateaux de vivres. Les forces françaises furent divisées en trois corps : le premier commandé par M. de Salvert, le second par le Baron de Crenay, et le troisième par le sieur de Benac. Le 22 décembre, ils se mirent en marche vers les Tonnicas, une petite nation amérindienne. Perier dut rester jusqu'au 3 janvier pour permettre aux Tonnicas de finaliser leurs préparatifs de guerre, retardés par la peur après une attaque des Natches. Le 4 janvier, Perier rejoignit l'armée à la Rivière Rouge, où il trouva des détachements des garnisons des Natches et des Natchitoches. Le 11 janvier, l'armée entra dans la Rivière Rouge pour chercher les Natches, dont le fort était inconnu. Guidés par un jeune déserteur, ils découvrirent le fort des Natches le 19 janvier. Le 20 janvier, après avoir repéré le chemin menant au fort, les Français se préparèrent à l'attaquer. Le 21 janvier, ils trouvèrent le fort et commencèrent à le bombarder avec des mortiers et des grenades. Les Natches firent une sortie, tuant un grenadier et blessant un sergent. Les Français ouvrirent une tranchée à 30 toises du fort. Le 22 janvier, ils continuèrent à bombarder le fort avec du canon et un mortier. En septembre 1731, les troupes françaises engagées dans une expédition contre les Natches ont affronté des conditions difficiles. La nuit précédant une attaque, la mousqueterie française continua sans interruption. M. de Salvert captura une redoute ennemie, utilisée pour défendre la tête de la tranchée française. Le 23 septembre, les travaux de la tranchée furent poussés vigoureusement à l'abri de cette redoute. Le 24 septembre, face à la pression des Français et aux attaques de grenades et de canon, les Natches arborèrent un drapeau blanc à 7 heures du matin. Ils demandèrent la paix en échange de la reddition de leurs esclaves noirs. Le général exigea la présence des chefs de la nation Natché pour négocier. Malgré le mauvais temps, les chefs Natches se rendirent au camp français en fin d'après-midi. Ils exprimèrent leur repentir et leur soumission, demandant la clémence pour leurs femmes et enfants. Le général accorda la vie à tous ceux qui se rendraient le lendemain, mais menaça de brûler ceux qui refuseraient. Le 25 septembre, de nombreux Natches se rendirent, mais environ 20 hommes restèrent dans le fort. La nuit suivante, la plupart des hommes restants s'enfuirent. Les Français démolirent ensuite le fort et brûlèrent les bois. Le 26 septembre, des Sauvages alliés capturèrent et brûlèrent deux Natches, et en tuèrent un autre. Les jours suivants furent consacrés à la démolition du fort et à la préparation du départ. Le 29 septembre, l'expédition quitta les lieux pour rejoindre le fleuve Mississippi. Cette expédition venger un massacre perpétré par les Natches et renforça la réputation des Français auprès des autres nations sauvages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5329
p. 2106-2123
VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
Début :
J'ay fait depuis peu, Messieurs, un voyage assez subit et singulier. J'ay visité [...]
Mots clefs :
Voyage, Ordonnance, Registres, Recueil des déclarations du dieu Bacchus, Empire, Vin, Rivage de l'Yonne, Auxerre, Joigny, Vignes
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texteReconnaissance textuelle : VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
VOYAGE dans les Etats de Bacchus..
Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
J4y fait depuis peu , Messieurs
, un
voyage assezsubit et singulier.Fay visité
sans le secours d'aucun guide ni d'aucune
voiture, les Châteaux et les Palais des Dieuxdu
Paganisme. A ce langage , vous vous·
imaginez que mon voyage a dû être de longue
durée , et vous ne vous tromperiez pas,
SZ
SEPTEMBRE. 1731. 2107
si je l'eusse fait physiquement ; mais la verité
est que je n'ay voyagé qu'en esprit. Fe
n'ai point marqué sur mes Tablettes le jour
de mon départ ; je sçai seulement que je
commençai à parcourir tous ces Palais et
ces Châteaux un certain soir du mois de
Fevrier dernier, auquel les fumées du repas
ne m'incommodoient pas beaucoup , et j'ai
idée que le Soleil étoit déja pour lors dans
le Signe des Poissons . Quel qu'ait été mon
voyage , et qu'elle qu'en ait été la cause , me
voila heureusement de retour ; j'ai rapporté
avec moi certaines Ordonnancės assez curieuses
, que les Bibliothequaires de ces Palais,
plus complaisans et moins formalistes
que certains d'Italie , m'ont permis de transcrire
de dessus les Registres dont ils ont la
garde.
En parcourant le Recueil des Déclarations
du Dieu Bacchus , qui est écrit en belles
lettres d'or sur un Velin couleur de Pourpre,
grand in folio , j'en ai apperçû une qui m'a
frappé plus que toutes les autres. Je pense que
c'est l'avant derniere du volume. Sur le champ
j'en ai tiré une copie , avec la résolution de
m'en servir dans l'occasion. Cette occasion
s'est presentée , Messieurs , plutôt que je ne
Faurois crû ; car à peine étois-je un pew
remis de mon vryage spirituel vers le milieu
du mois de Mars , quun de mes amis m'en..
Cvj tendant
1108 MERCURE DE FRANCE
tendant plaindre à table d'un certain vin
clairet et leger que l'on m'avoit servi , tira
de sa poche le Mercure de Fevrier 1731-
et my fit voir à la page 271. un Ecrit que
j'ai reconnu à l'instant être celui que le Dieu
Bacchus a eù en vue de faire supprimer par
son Ordonnanoe. Je vous laisse à juger du
rapport que ces deux Pieces ont l'une avec
l'autre. J'en retranche une partie du préambule
qui est dans le style ordinaire des Sonverains
, et qui ne vous apprendroit autre
chose que les Provinces et les Seigneuries qui
composent le vaste Empire de cette Divinité.
ORDONNANCE du Dieu Bacchus,
donnée dans le Printemps dernier.
fils de Jupiter dit ......
Biber , Lycus , Lenæus , Osyris ,
Dionysus , &c. Jadis la Déesse de la Paix
accorda les differends qui s'étoient élevez
entre la Bourgogne et la Champagne , sur
la primauté du Fruit qui nous est consacré
dans l'étendue de ces deux Provinces
des Gaules ; il y avoit eû force procedures
écrites , mainte Poësie signifiée de part
et d'autre , Pourchot et Grenan , plaidans
pour la Bourgogne , et Coffin pour la
Champagne. (4) Cette bonne Déesse en-
(a) Voyez le Procès Poëtique , imprimé à Paris
an 1712. chez la veuve de Claude Thiboust .
fin
SEPTEMBRE 1731. 2109
in trouva le secret de les mettre tous
d'accord ; elle fit verser dans une grande
Couppe une quantité égale de vin de
Bourgogne et de Champagne , et soudain
ayant fait gouter de ce mêlange aux deux
Partis , ils mirent les armes bas , la Champagne
cedant l'honneur à la Bourgogne ,
dont le vin avoit dominé dans la Couppe
, en gout , en couleur et en force.
Aujourd'hui un Ecrivain récemment
formé sur le Rivage de l'Yonne , réveille
en quelque sorte ce Procès , qui avoit
été jugé définitivement. Il semble avoir
pour but dans son raisonnement de donner
gain de cause à la Champagne , essayant
de faire comprendre que des vins
tendres , peu colorez , de peu de durée ,
et qui de plus ont un goût de terroir ,
doivent aller de pair avec des vins qui
ent du corps , une couleur bien rosée ,
qui sont francs , bien - faisans , amis de
l'estomach , et dont la séve est fine en
même-temps qu'elle est mâle et vigoureuse.
Et ce qu'il y a encore de plus sur
prenant dans son procedé, c'est qu'il prétend
être bon Bourguignon , en écrivant,
comme il fait , en faveur de ces vins tendres
et délicats .
Ce trop zelé Partisan fait paroître sur
les rangs Joigny , petite Ville , qu'il lui
plaît
110 MERCURE DE FRANCE
plaît de placer dans notre Province de
Bourgogne , quoiqu'elle n'y soit point
comprise , suivant l'exacte Géographie de
notre Empire ; et après avoir égalé ses
vins à ceux de notre bonne et ancienne
Ville d'Auxerre , de tout temps renfermée
dans notre Cercle de Bourgogne ,
il pousse la prévention et l'audace jusqu'à
leur donner le dessus. Oubliant lui - même
d'où il est natif , et faisant semblant
de ne pas appercevoir que c'est l'amour
aveugle de sa Patrie qui le rend Auteur,
il va jusqu'à reprocher à notre zelé Analiste
d'Auxerre , duquel Mercure nous
a fait voir les Ecrits , de s'être trop étendu
par l'effet du même amour , à rapporter
les avantages de son Pays. Nous DECLARONS
que nous aimons tous nos fideles
Sujets ; mais nous devons aussi rendre.
justice à qui elle appartient , et réfuter
ce qui mérite de l'être. Sans nous arrê
ter à remarquer que l'Avocat des vins
de joigny pourroit avoir besoin de passer
quelques mois , tant sur le Parnasse
que
dans l'une de nos Universitez , pour
y apprendre à discerner les vins par la fréquentation
des personnages versez en cette
Scienće , et à ne pas prodiguer , comme
il fait , les Citations des Poëtes Latins
dont il abuse quelquefois. Nous disons.
>
qu'il
SEPTEMBRE. 1731. 21FT
qu'il paroît par son langage qu'il n'a jamais
vû de ses yeux ces Vignobles qui
sont si renommez dans nos Etats , qu'à
l'entendre raisonner il semble que jamais:
il n'est sorti des limites de son petit Ter--
ritoire , si ce n'est peut-être pour venir à
Auxerre considerer superficiellement la
situation des Côteaux .
Si ce jeune Ecrivain avoit voulu se détromper
serieusement et de bonne foi ,
ainsi que font tous ceux qui sont étroitement
attachez à notre service , il auroit
pû recourir à nos Papiers - Terriers de
Coulanges - les - Vineuses , à ceux de nos:
Vignobles d'autour de Beaune et des environs,
de Nuys , Volnay , Pomar , Chase
sagne , à ceux des climats du clos de Vougeot
, ( a ) Champbertin , Savigny , la
Romance les Serrieres proche Dijon
et les côtes de Chenove auprès de la
même Ville. Il y auroit appris par les
Declarations circonstanciées de nos féaux
et amez sujets qui peuplent ces cantons ,
que les Vignes qu'ils appellent des meilleurs
endroits et du produit le plus ex-
,
3-
( a ) Vougeot est un Village entre Dijon &
Nuys , où M. l'Abbé de Citeaux a un. Clos de
Vignes très- vaste et presque tout plat , lequel
cependant produit un Vin très- excellent , contre
la Maxime de l'Avocat des Vins de Joigny.
cellent
2111 MERCURE DE FRANCE
cellent , ne sont pas situées dans un territoire
dont l'extension soit comme perpendiculaire
du Ciel vers la Terre , ainsi
qu'il se figure par une idée bizarre , que
doivent être plantées les Vignes d'une
qualité superieure. Pour peu qu'il eût
jetté la vue sur les Cartes Topographiques
qui décorent les murs de nos sallons ,
il y eût appris que dans les côteaux de
Vignes , il y a la Region suprême , la
moyenne et l'inferieure ; que comme ce
n'est pas dans la region la plus basse , la
plus applanie ou la plus inondée que croît
le meilleur vin , ce n'est pas non plus
dans la Region la plus échauffée ou la
plus chauve , et pour parler humainement
, que ce n'est pas dans le plus roide
de la côte qu'on recueille ce Vin supe ♣
rieur et transcendant , mais que c'est dans
la naissance du plis des côteaux , parce
que c'est comme le lieu de concentration ,
tant des sucs choisis de la Terre , que de
la refléxion des rayons solaires . De- là
vient que dans la Capitale de Bourgogne ,
on appelle cet endroit Le Rognon de la Côte.
L'un de nos Geographes qui connoît jusqu'aux
moindres cantons de nos Etats ,
se donna autrefois la peine d'enluminer
de couleur rouge les endroits de ces Cartes
Topographiques , dont les Vignes
sont
SEPTEMBRE. 1731. 2113
•
sont dans la situation la plus heureuse
et dont le grain de terre est en même
temps le plus favorable.
Après l'exhibition qui nous a été faite
de ces Cartes , nous déclarons n'avoir apperçû
que quelques legers coups de pinceau
sur les côtes de Joigny , au lieu que
les climats des environs d'Auxerre sont
presque tous chargez de riches et nombreux
traits de ce pinceau décisif , qui
marquent que ce qui constituë radicalement
le bon vin , y est commun et ordinaire
, c'est-à - dire › que generalement
parlant , les Vignes d'autour notre bienaimée
Ville d'Auxerre sont dans une
و
bonne exposition et qu'elles naissent
dans un grain de terre qui n'est vitié ni
par des veines nitreuses ni par une superficie
sulfureuse. Ces coups de pinceau se
trouvent abondamment
marquez entre
autres Climats , sur ceux de la Chainette,
Migraine , Boivin , Clerion , qui sont au
Septentrion
et à l'Occident de la Ville ,
et sur plus de vingt autres qui sont au
levant et au midi de la même Ville , à
une demi - lieue , ou un peu plus de distance
, dont les productions
par une
licence que jusqu'ici nous avons tolerée ,
quoique contraire à la sincerité de notre
caractere , ne sont point distribuées dans
,
>
la
2114 MERCURE DE FRANCE
la Capitale des Gaules et plus loin , sous
d'autre nom que sous celui de Vin de
Coulanges .
En vain le zelateur des Vins de Joigny,
mal instruit du prix des Vins de notre
illustre Ville d'Auxerre , voudroit - il les
abaisser jusqu'à les mettre de Niveau avec
ceux de sa Patrie. Les Historiens de nos
Etats marquent dans leurs Annales Latines
, qu'en tout temps les Vins d'Autricum
Senonum se sont vendus le double ou
environ des Vins de Joviniacum : Et même
notre Controlleur General nous ayant
representé le Registre de l'Année courante
, nous y avons vû que le Vin de la
derniere récolte , que le Partisan vante
tant , a été débité à Auxerre , à un prix
une fois plus haut que celui du cru de
Joigny. ( a ) Nous ne croyons point qu'il
y ait mortel assez téméraire pour oser
s'inscrire en faux contre un témoignage
si authentique. On sçait que nous sommes
disposez à punir de peines très- séveres
les faussaires ou les faux témoins s'il
( a ) Les Vins du plus haut prix à Joigny
n'ont pas êté à 80. livres le Muid , au lieu qu'à
Auxerre ils ont été vendus 130. et 140. livres
quoique les Tonneaux ne soient pas plus grands ,
et qu'il y ait un plus grand éloignement de la
Ville de Paris.
s'en
SEPTEMBRE. 1731. 2215
s'en trouvoit sur nos Terres , et que nous
les condamnerions à user le reste de leurs
jours d'une boisson , qui n'est ni rare ni
délicieuse.
Si après le temps de l'Hyver il reste
peu de Vins dans notre Vignoble de Joigny
, il n'est pas besoin que nous en rapportions
ici la cause ; elle est connuë du
Bourgeois comme du Vigneron ; ils
avouent franchement l'un et l'autre que
leur liqueur est de peu de garde. Qui
pourroit après cela les blâmer de ce qu'ils
s'en défont promptement ? Deplus , leur
territoire n'est point de l'étenduë dont
est celui de notre bonne Ville d'Auxerre
ni fertile au même point. Il est notoire
par la simple confrontation des Inventaires
dressez par nos Inquisiteurs modernes
, ( a ) que les reservoirs soûterrains de
Joigny n'ont jamais eû l'honneur de contenir
dans leur capacité une quantité égale
à celle de nos reservoirs d'Auxerre.
Cette Ville qui est la clef de notre incomparable
Province de Bourgogne ,
jouit d'un Territoire si avantagé des bénignes
influences des autres Divinitez qui
nous sont amies , qu'avec la qualité du
( a ) On entend sous ce nom les Tabeliers qui
wont depuis peu dans les Caves , pour prendre
le nombre des Tonneaux pleins.
Raisin J
2118 MERCURE DE FRANCE
Raisin , il y en a toujours une quantité
qui excede celle du produit de Joigny.
Phoebus et Cybele semblent s'être accordez
à le combler de leurs bienfaits . Auxerre
a mille et mille côteaux renfermez
dans des sinuositez tortueuses qui regnent
en differens vallons ; et le Vignoble de
Joigny n'est, pour ainsi dire, qu'un simple
revers d'une ou de deux Montagnes , sur
lequel est arboré celui des Domaines du
Dieu Sylvain , que l'antiquité appelle
La Forêt d'Othe. Outre cela , par une justice
qui étoit dûë au Territoire d'Auxerre,
ancienne Cité Romaine , nous l'avons
aggrandi de diverses Colonies celebres
qui lui sont soumises à trois et quatre
lieuës vers la Region Australe , et qui le
regardent comme le chef- lieu .
د
Telles sont ces Colonies , dites Vineufes
par excellence ; tel est Irancy , Jussy
Ecouleves , la Palote &c. Joigny au contraire
, au rapport des Enquêteurs nos
Commissaires en cette Partie , n'est qu'un
simple Château qui sert de Rempart au
Territoire du Dieu Sylvain ci - dessus
nommé , autour duquel Château , l'on a
fait disparoître depuis fort peu de siécles ,
l'Arbre Favori des Druides Gaulois , pour
y planter de notre Bois tortu . Mais pour
çe faire , il a bien fallu de nécessité prendre
SEPTEMBRE . 1731 . 2117
dre le terrain tel qu'il s'est presenté , terrain
caustique , rempli de craye , de cailloux
enflâmez et petillans , terrain que
nous regardons comme une écume recuite
de la Bourbe qu'engendra sur plusieurs
Côtes de l'Univers le mêlange des Fleuves
et des Mers au siécle de Deucalion. C'est
ce qui fait que dans les années les plus favorisées
par Phoebus notre frere pour les
bons Vins , ceux de Joigny ont un goût
que les Mortels appellent fort à propos
goût de Terroir ; ne sont point francs ,
sentent le Tufou le Crayon ; et plus les
rayons de Phoebus ont été violemment
lancés , plus il est besoin de faire sur les
Cuves une salutaire injection d'une lymphe
benigne et temperative.
et
Le Vin de Joigny au rapport des mêmes
Enquêteurs , est non - seulement de
peu de durée
de durée , mais encore de difficile
transport dans les Pays éloignez ; ainsi
qu'il nous a paru par certaines Querimonies
inserées dans des Placets que les Députez
de ces Pays lointains nous ont presentez.
Ce Vin est tel , presque universellement
parlant , qu'il a de la peine à se
bien comporter jusqu'au signe de la Vierge
et de la Balance dans les années qu'il
est bon. Il a si peu de corps , au dire des
mêmes Commissaires , que la moindre
cau
2118 MERCURE DE FRANCE
eau suffit pour l'éteindre et l'amortir ; et
c'est mal à propos qu'on lui donneroit
l'épitette de Generofum. Quiconque veut
le garder chaste et sans alteration doit
>
و
mettre en pratique une espece de Paradoxe
, c'est-à- dire , qu'il faut nécessairement
qu'il le marie avec d'autre Vin ,
sinon sa propre vertu fait voir combien
d'elle-même elle est fragile et caduque.
Il est Capiteux , ajoutent- ils , à raison du
terrain brûlant qui le produit. C'est ce
qui fait que les Seps en sont si courts et
si petits qu'un simple fétu les soutient.
Deplus la Déesse Cybele et le Dieu Sylvain
ont certifié à nos Secretaires par plusieurs
de leurs Vassaux , qu'il est faux que
les habitans de la Colline Jovinienne ne
mettent rien dans leurs Vignes . Ils tirent
adroitement du Domaine voisin
appartenant au dieu Sylvain , une certaine
terre jaune qu'ils appellent du Lateux
dont ils sçavent imprégner leur
terrain blanchâtre pour en corriger le défaut,
si faire se pouvoit ; au lieu qu'Auxerre
n'a besoin ni de Lateux ni de Fumier :
Aussi n'avons nous permis d'y mettre du
Fumier dans certaines Vignes basses , qu'à
ceux de nos Vassaux , qui ont déclaré à
notre Chancelier,que ces héritages étoient
destinés à abreuver abondamment le Pay-
›
san
SEPTEMBRE 1731. 2119
-san apporteur de provisions , et à humecter
journellement le gosier du Laboureur
Artisan et de l'infatigable Vigneron : em
ploi qui est conforme à nos anciennes
Ordonnances , Registre premier.
Quant à la proposition par laquelle le
Panegyriste attribue à la vente du jus dont
nous daignons favoriser la côte de Joigny,
le nombre de mâles qu'il dit y surpasser
considerablement celui des femeles ; supposant
pour un moment la verité de son
calcul , nous disons que sa conclusion est
fausse , comme se trouvant absolument
détruite par l'experience dont les disciples
d'Hippocrate nous sont garants. Et
en nous servant de leur langage clair et
précis , nous ajoûtons qu'il prend pour
cause ce qui ne l'est pas. Ces habiles Scrutateurs
de l'origine du genre humain
admis dans notre Conseil , nous assurent
que communément, c'est en tous pays que
le nombre des mâles excede d'un peu celui
des femmes ; en quoi ils font remarquer la
sagesse du Conseil des Dieux , qui a prohibé
la Polygamie. Mais ce qu'ils observent
de plus , c'est que ce n'est pas
dans
quelques Villes de pays de Vignobles seulement
qu'on trouve le nombre de mâles
excéder notablement celui de l'autre sexe ;
ils ajoûtent que cela se rencontre aussi
dans
2120 MERCURE DE FRANCE
›
dans des Villes où le mauvais usage est
resté de ne dissoudre les Alimens et de
n'éteindre la soif qu'avec dujus de pomme,
ou avec une certaine eau bouillie , et même
dans des Pays , où par un effet de notre
colere , les Animaux raisonnables et
les irraisonnables usent d'une seule et même
boisson. Les Habitans des Ifles Britanniques
, bons connoisseurs, de notre Vin
de Bourgogne se sont donné la peine
de faire là - dessus des supputations qui
sont restées sans replique. ( a )
و
Toutes ces raisons pesées et murement
examinées , dans notre Conseil , les Hippocrates
et les Galiens de toutes les Nations,
duement appellez , et entendus, ensemble
les Echansons de tous les Dieux
nos Freres ; NOUS DECLARONS les Vins
de notre bonne Ville d'Auxerre à perpetuité
superieurs en qualité à ceux de
Joigny , ainsi qu'ils l'étoient par le passé
et qu'ils le sont actuellement . Voulons
en outre que l'on mette dans le même
rang de superiorité tous Vignobles dont
les Vins supportent la limphe , ct qui au
lieu de se laisser vaincre par ce foible
Element , le parfument du goût de la
celeste ambrosie , que les Mortels appel-
( a ) Lifez les Transactions Philosophiques ,
Du Journaux de l'Académie des Sciences de`
Londres.
lent
SEPTEMBRE . 1731. 272T
lent du nom de Pinot , (i) et donnent
réellement à ceux qui en usent , des forces
perseverantes et fermement inhérentes
. Accordons de grace speciale aux Vins
de Joigny d'être d'usage aux déj ûnez de
nos Courtisans, qui les ont reconnus suffisamment
apéritifs et proportionnez à
l'exercice qu'ils prennent. Permettons pareillement
à notre Grand Bouteillier de
nous en servir au même repas , avec deffenses
, sous peine de leze- Majesté , de
nous en présenter en d'autres temps , et
sur tout à l'heure du coucher de Phébus,
et lorsque Morphée vient nous inviter
au repos. Deffendons d'usurper le titre
de superiorité , à tous Vignobles dont les
Vins ne donnent que de ces forces passageres
, qu'on ne voit briller que durant
quelques jours , lesquels n'étant point éta-
Blis sur celui de notre Jus qui a le plus
de solidité , disparoissent aisément , s'évanoüissent
à la longueur du travail , et
font succomber les Champions qui en
usoient habituellement , par un aveu forcé
de leur foiblesse et de leur insuffisance.
(a) Le Pinot est une espece de Raisin noir,
qui fait le meilleur Vin. Les Comptes de la
Ville d'Auxerre pariant des Présens de Vin ,
faits aux Princes , specifient ordinairement
qu'ils sont de Vin de Pinet,
D Faisons
2122 MERCURE DE FRANCE
Faisons les mêmes deffenses et prohibitions
à tous Vignobles quelconques , dont
les Vins contiennent trop de ce Nitre fatal
aux intestins des Buveurs , comme
étant sujets à y causer une relaxation qui
devient sensible et deshonnorante , lorsqu'elle
concourt avec certains exercices du
corps au milieu des chaleurs de la Canicule.
(a)
Er sera notre presente Déclaration affichée
ès Carrefours de la Ville de Joigny
, à ce que nul n'en ignore , et publiée
chaque année esdits lieux aux jours
suivans , par Nous spécialement choisis ,
pour raisons à Nous connues ; sçavoir
en. Août le jour de la Consecration, des,
Autels de la Déesse Ops et de Cérès . (b)
Item. En Septembre , le jour de la Dé-
(a) Il est clair que Bacchus veut parler ici
de l'antiperistase qui éclatta à Auxerre les premiersjours
d'Août de l'an 1723. lorsque le Vin
de cette Ville commença à combattre la bile
formée delongue main dans le corps des Joueurs
de Paulme de Joigny..
(b) Bacchus parle ici suivant le Calendrier
des anciens Romains ; Les quatre jours qu'il
indique répondent au 10. Août , 14. Septembre
1. Octobre et 1. janvier , jours des quatre For-
RES deJoigny et par consequent de grand concours.
C'est celle du 10. Août qui est la cause
du choix qu'a fait Bacchus.
dicace
SEPTEMBRE. 1731. 2823
dicace du Temple de Jupiter Capitolin.
De plus , aux Calendes d'Octobre et de
Janvier. SI MANDONS à nos Baillifs.
et Sénechaux , &c.
Il n'est
pas
nécessaire , Messieurs , de
vous prier de rendre publique une Ordonnance
si juste et si équitable , et à laquelle
#outes les Langues les plus fines de Paris et
des Pays- Bas ne manqueront pas d'applandir.
J'aurois souhaité d'en trouver un plus
grand nombre de pareille nature dans ce
précieux in Folio , qui me fût communiqué
fort poliment par l' Archiviste du Dieu Bac
chus. Mais je me souviens que cette Ordonnance
étoit la seule dans son genre , et qu'après
elle le Volume n'en contenoit qu'une à
baquelle le Sceau venoit d'être mis tout recem
ment après la tenue des Etats Generaux. C'est
celle qui défend de planter de la Vigne dans
des endroits qui ne conviennent point à ce
Bois. Cette derniere Ordonnance vient d'être
heureusement notifiée dans le Royaume de
France par les Publications et Placards ordinaires
; et il faut esperer que l'on tiendra la
main à son observation.
Je suis & c. ce 12. Juillet 1731.
Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
J4y fait depuis peu , Messieurs
, un
voyage assezsubit et singulier.Fay visité
sans le secours d'aucun guide ni d'aucune
voiture, les Châteaux et les Palais des Dieuxdu
Paganisme. A ce langage , vous vous·
imaginez que mon voyage a dû être de longue
durée , et vous ne vous tromperiez pas,
SZ
SEPTEMBRE. 1731. 2107
si je l'eusse fait physiquement ; mais la verité
est que je n'ay voyagé qu'en esprit. Fe
n'ai point marqué sur mes Tablettes le jour
de mon départ ; je sçai seulement que je
commençai à parcourir tous ces Palais et
ces Châteaux un certain soir du mois de
Fevrier dernier, auquel les fumées du repas
ne m'incommodoient pas beaucoup , et j'ai
idée que le Soleil étoit déja pour lors dans
le Signe des Poissons . Quel qu'ait été mon
voyage , et qu'elle qu'en ait été la cause , me
voila heureusement de retour ; j'ai rapporté
avec moi certaines Ordonnancės assez curieuses
, que les Bibliothequaires de ces Palais,
plus complaisans et moins formalistes
que certains d'Italie , m'ont permis de transcrire
de dessus les Registres dont ils ont la
garde.
En parcourant le Recueil des Déclarations
du Dieu Bacchus , qui est écrit en belles
lettres d'or sur un Velin couleur de Pourpre,
grand in folio , j'en ai apperçû une qui m'a
frappé plus que toutes les autres. Je pense que
c'est l'avant derniere du volume. Sur le champ
j'en ai tiré une copie , avec la résolution de
m'en servir dans l'occasion. Cette occasion
s'est presentée , Messieurs , plutôt que je ne
Faurois crû ; car à peine étois-je un pew
remis de mon vryage spirituel vers le milieu
du mois de Mars , quun de mes amis m'en..
Cvj tendant
1108 MERCURE DE FRANCE
tendant plaindre à table d'un certain vin
clairet et leger que l'on m'avoit servi , tira
de sa poche le Mercure de Fevrier 1731-
et my fit voir à la page 271. un Ecrit que
j'ai reconnu à l'instant être celui que le Dieu
Bacchus a eù en vue de faire supprimer par
son Ordonnanoe. Je vous laisse à juger du
rapport que ces deux Pieces ont l'une avec
l'autre. J'en retranche une partie du préambule
qui est dans le style ordinaire des Sonverains
, et qui ne vous apprendroit autre
chose que les Provinces et les Seigneuries qui
composent le vaste Empire de cette Divinité.
ORDONNANCE du Dieu Bacchus,
donnée dans le Printemps dernier.
fils de Jupiter dit ......
Biber , Lycus , Lenæus , Osyris ,
Dionysus , &c. Jadis la Déesse de la Paix
accorda les differends qui s'étoient élevez
entre la Bourgogne et la Champagne , sur
la primauté du Fruit qui nous est consacré
dans l'étendue de ces deux Provinces
des Gaules ; il y avoit eû force procedures
écrites , mainte Poësie signifiée de part
et d'autre , Pourchot et Grenan , plaidans
pour la Bourgogne , et Coffin pour la
Champagne. (4) Cette bonne Déesse en-
(a) Voyez le Procès Poëtique , imprimé à Paris
an 1712. chez la veuve de Claude Thiboust .
fin
SEPTEMBRE 1731. 2109
in trouva le secret de les mettre tous
d'accord ; elle fit verser dans une grande
Couppe une quantité égale de vin de
Bourgogne et de Champagne , et soudain
ayant fait gouter de ce mêlange aux deux
Partis , ils mirent les armes bas , la Champagne
cedant l'honneur à la Bourgogne ,
dont le vin avoit dominé dans la Couppe
, en gout , en couleur et en force.
Aujourd'hui un Ecrivain récemment
formé sur le Rivage de l'Yonne , réveille
en quelque sorte ce Procès , qui avoit
été jugé définitivement. Il semble avoir
pour but dans son raisonnement de donner
gain de cause à la Champagne , essayant
de faire comprendre que des vins
tendres , peu colorez , de peu de durée ,
et qui de plus ont un goût de terroir ,
doivent aller de pair avec des vins qui
ent du corps , une couleur bien rosée ,
qui sont francs , bien - faisans , amis de
l'estomach , et dont la séve est fine en
même-temps qu'elle est mâle et vigoureuse.
Et ce qu'il y a encore de plus sur
prenant dans son procedé, c'est qu'il prétend
être bon Bourguignon , en écrivant,
comme il fait , en faveur de ces vins tendres
et délicats .
Ce trop zelé Partisan fait paroître sur
les rangs Joigny , petite Ville , qu'il lui
plaît
110 MERCURE DE FRANCE
plaît de placer dans notre Province de
Bourgogne , quoiqu'elle n'y soit point
comprise , suivant l'exacte Géographie de
notre Empire ; et après avoir égalé ses
vins à ceux de notre bonne et ancienne
Ville d'Auxerre , de tout temps renfermée
dans notre Cercle de Bourgogne ,
il pousse la prévention et l'audace jusqu'à
leur donner le dessus. Oubliant lui - même
d'où il est natif , et faisant semblant
de ne pas appercevoir que c'est l'amour
aveugle de sa Patrie qui le rend Auteur,
il va jusqu'à reprocher à notre zelé Analiste
d'Auxerre , duquel Mercure nous
a fait voir les Ecrits , de s'être trop étendu
par l'effet du même amour , à rapporter
les avantages de son Pays. Nous DECLARONS
que nous aimons tous nos fideles
Sujets ; mais nous devons aussi rendre.
justice à qui elle appartient , et réfuter
ce qui mérite de l'être. Sans nous arrê
ter à remarquer que l'Avocat des vins
de joigny pourroit avoir besoin de passer
quelques mois , tant sur le Parnasse
que
dans l'une de nos Universitez , pour
y apprendre à discerner les vins par la fréquentation
des personnages versez en cette
Scienće , et à ne pas prodiguer , comme
il fait , les Citations des Poëtes Latins
dont il abuse quelquefois. Nous disons.
>
qu'il
SEPTEMBRE. 1731. 21FT
qu'il paroît par son langage qu'il n'a jamais
vû de ses yeux ces Vignobles qui
sont si renommez dans nos Etats , qu'à
l'entendre raisonner il semble que jamais:
il n'est sorti des limites de son petit Ter--
ritoire , si ce n'est peut-être pour venir à
Auxerre considerer superficiellement la
situation des Côteaux .
Si ce jeune Ecrivain avoit voulu se détromper
serieusement et de bonne foi ,
ainsi que font tous ceux qui sont étroitement
attachez à notre service , il auroit
pû recourir à nos Papiers - Terriers de
Coulanges - les - Vineuses , à ceux de nos:
Vignobles d'autour de Beaune et des environs,
de Nuys , Volnay , Pomar , Chase
sagne , à ceux des climats du clos de Vougeot
, ( a ) Champbertin , Savigny , la
Romance les Serrieres proche Dijon
et les côtes de Chenove auprès de la
même Ville. Il y auroit appris par les
Declarations circonstanciées de nos féaux
et amez sujets qui peuplent ces cantons ,
que les Vignes qu'ils appellent des meilleurs
endroits et du produit le plus ex-
,
3-
( a ) Vougeot est un Village entre Dijon &
Nuys , où M. l'Abbé de Citeaux a un. Clos de
Vignes très- vaste et presque tout plat , lequel
cependant produit un Vin très- excellent , contre
la Maxime de l'Avocat des Vins de Joigny.
cellent
2111 MERCURE DE FRANCE
cellent , ne sont pas situées dans un territoire
dont l'extension soit comme perpendiculaire
du Ciel vers la Terre , ainsi
qu'il se figure par une idée bizarre , que
doivent être plantées les Vignes d'une
qualité superieure. Pour peu qu'il eût
jetté la vue sur les Cartes Topographiques
qui décorent les murs de nos sallons ,
il y eût appris que dans les côteaux de
Vignes , il y a la Region suprême , la
moyenne et l'inferieure ; que comme ce
n'est pas dans la region la plus basse , la
plus applanie ou la plus inondée que croît
le meilleur vin , ce n'est pas non plus
dans la Region la plus échauffée ou la
plus chauve , et pour parler humainement
, que ce n'est pas dans le plus roide
de la côte qu'on recueille ce Vin supe ♣
rieur et transcendant , mais que c'est dans
la naissance du plis des côteaux , parce
que c'est comme le lieu de concentration ,
tant des sucs choisis de la Terre , que de
la refléxion des rayons solaires . De- là
vient que dans la Capitale de Bourgogne ,
on appelle cet endroit Le Rognon de la Côte.
L'un de nos Geographes qui connoît jusqu'aux
moindres cantons de nos Etats ,
se donna autrefois la peine d'enluminer
de couleur rouge les endroits de ces Cartes
Topographiques , dont les Vignes
sont
SEPTEMBRE. 1731. 2113
•
sont dans la situation la plus heureuse
et dont le grain de terre est en même
temps le plus favorable.
Après l'exhibition qui nous a été faite
de ces Cartes , nous déclarons n'avoir apperçû
que quelques legers coups de pinceau
sur les côtes de Joigny , au lieu que
les climats des environs d'Auxerre sont
presque tous chargez de riches et nombreux
traits de ce pinceau décisif , qui
marquent que ce qui constituë radicalement
le bon vin , y est commun et ordinaire
, c'est-à - dire › que generalement
parlant , les Vignes d'autour notre bienaimée
Ville d'Auxerre sont dans une
و
bonne exposition et qu'elles naissent
dans un grain de terre qui n'est vitié ni
par des veines nitreuses ni par une superficie
sulfureuse. Ces coups de pinceau se
trouvent abondamment
marquez entre
autres Climats , sur ceux de la Chainette,
Migraine , Boivin , Clerion , qui sont au
Septentrion
et à l'Occident de la Ville ,
et sur plus de vingt autres qui sont au
levant et au midi de la même Ville , à
une demi - lieue , ou un peu plus de distance
, dont les productions
par une
licence que jusqu'ici nous avons tolerée ,
quoique contraire à la sincerité de notre
caractere , ne sont point distribuées dans
,
>
la
2114 MERCURE DE FRANCE
la Capitale des Gaules et plus loin , sous
d'autre nom que sous celui de Vin de
Coulanges .
En vain le zelateur des Vins de Joigny,
mal instruit du prix des Vins de notre
illustre Ville d'Auxerre , voudroit - il les
abaisser jusqu'à les mettre de Niveau avec
ceux de sa Patrie. Les Historiens de nos
Etats marquent dans leurs Annales Latines
, qu'en tout temps les Vins d'Autricum
Senonum se sont vendus le double ou
environ des Vins de Joviniacum : Et même
notre Controlleur General nous ayant
representé le Registre de l'Année courante
, nous y avons vû que le Vin de la
derniere récolte , que le Partisan vante
tant , a été débité à Auxerre , à un prix
une fois plus haut que celui du cru de
Joigny. ( a ) Nous ne croyons point qu'il
y ait mortel assez téméraire pour oser
s'inscrire en faux contre un témoignage
si authentique. On sçait que nous sommes
disposez à punir de peines très- séveres
les faussaires ou les faux témoins s'il
( a ) Les Vins du plus haut prix à Joigny
n'ont pas êté à 80. livres le Muid , au lieu qu'à
Auxerre ils ont été vendus 130. et 140. livres
quoique les Tonneaux ne soient pas plus grands ,
et qu'il y ait un plus grand éloignement de la
Ville de Paris.
s'en
SEPTEMBRE. 1731. 2215
s'en trouvoit sur nos Terres , et que nous
les condamnerions à user le reste de leurs
jours d'une boisson , qui n'est ni rare ni
délicieuse.
Si après le temps de l'Hyver il reste
peu de Vins dans notre Vignoble de Joigny
, il n'est pas besoin que nous en rapportions
ici la cause ; elle est connuë du
Bourgeois comme du Vigneron ; ils
avouent franchement l'un et l'autre que
leur liqueur est de peu de garde. Qui
pourroit après cela les blâmer de ce qu'ils
s'en défont promptement ? Deplus , leur
territoire n'est point de l'étenduë dont
est celui de notre bonne Ville d'Auxerre
ni fertile au même point. Il est notoire
par la simple confrontation des Inventaires
dressez par nos Inquisiteurs modernes
, ( a ) que les reservoirs soûterrains de
Joigny n'ont jamais eû l'honneur de contenir
dans leur capacité une quantité égale
à celle de nos reservoirs d'Auxerre.
Cette Ville qui est la clef de notre incomparable
Province de Bourgogne ,
jouit d'un Territoire si avantagé des bénignes
influences des autres Divinitez qui
nous sont amies , qu'avec la qualité du
( a ) On entend sous ce nom les Tabeliers qui
wont depuis peu dans les Caves , pour prendre
le nombre des Tonneaux pleins.
Raisin J
2118 MERCURE DE FRANCE
Raisin , il y en a toujours une quantité
qui excede celle du produit de Joigny.
Phoebus et Cybele semblent s'être accordez
à le combler de leurs bienfaits . Auxerre
a mille et mille côteaux renfermez
dans des sinuositez tortueuses qui regnent
en differens vallons ; et le Vignoble de
Joigny n'est, pour ainsi dire, qu'un simple
revers d'une ou de deux Montagnes , sur
lequel est arboré celui des Domaines du
Dieu Sylvain , que l'antiquité appelle
La Forêt d'Othe. Outre cela , par une justice
qui étoit dûë au Territoire d'Auxerre,
ancienne Cité Romaine , nous l'avons
aggrandi de diverses Colonies celebres
qui lui sont soumises à trois et quatre
lieuës vers la Region Australe , et qui le
regardent comme le chef- lieu .
د
Telles sont ces Colonies , dites Vineufes
par excellence ; tel est Irancy , Jussy
Ecouleves , la Palote &c. Joigny au contraire
, au rapport des Enquêteurs nos
Commissaires en cette Partie , n'est qu'un
simple Château qui sert de Rempart au
Territoire du Dieu Sylvain ci - dessus
nommé , autour duquel Château , l'on a
fait disparoître depuis fort peu de siécles ,
l'Arbre Favori des Druides Gaulois , pour
y planter de notre Bois tortu . Mais pour
çe faire , il a bien fallu de nécessité prendre
SEPTEMBRE . 1731 . 2117
dre le terrain tel qu'il s'est presenté , terrain
caustique , rempli de craye , de cailloux
enflâmez et petillans , terrain que
nous regardons comme une écume recuite
de la Bourbe qu'engendra sur plusieurs
Côtes de l'Univers le mêlange des Fleuves
et des Mers au siécle de Deucalion. C'est
ce qui fait que dans les années les plus favorisées
par Phoebus notre frere pour les
bons Vins , ceux de Joigny ont un goût
que les Mortels appellent fort à propos
goût de Terroir ; ne sont point francs ,
sentent le Tufou le Crayon ; et plus les
rayons de Phoebus ont été violemment
lancés , plus il est besoin de faire sur les
Cuves une salutaire injection d'une lymphe
benigne et temperative.
et
Le Vin de Joigny au rapport des mêmes
Enquêteurs , est non - seulement de
peu de durée
de durée , mais encore de difficile
transport dans les Pays éloignez ; ainsi
qu'il nous a paru par certaines Querimonies
inserées dans des Placets que les Députez
de ces Pays lointains nous ont presentez.
Ce Vin est tel , presque universellement
parlant , qu'il a de la peine à se
bien comporter jusqu'au signe de la Vierge
et de la Balance dans les années qu'il
est bon. Il a si peu de corps , au dire des
mêmes Commissaires , que la moindre
cau
2118 MERCURE DE FRANCE
eau suffit pour l'éteindre et l'amortir ; et
c'est mal à propos qu'on lui donneroit
l'épitette de Generofum. Quiconque veut
le garder chaste et sans alteration doit
>
و
mettre en pratique une espece de Paradoxe
, c'est-à- dire , qu'il faut nécessairement
qu'il le marie avec d'autre Vin ,
sinon sa propre vertu fait voir combien
d'elle-même elle est fragile et caduque.
Il est Capiteux , ajoutent- ils , à raison du
terrain brûlant qui le produit. C'est ce
qui fait que les Seps en sont si courts et
si petits qu'un simple fétu les soutient.
Deplus la Déesse Cybele et le Dieu Sylvain
ont certifié à nos Secretaires par plusieurs
de leurs Vassaux , qu'il est faux que
les habitans de la Colline Jovinienne ne
mettent rien dans leurs Vignes . Ils tirent
adroitement du Domaine voisin
appartenant au dieu Sylvain , une certaine
terre jaune qu'ils appellent du Lateux
dont ils sçavent imprégner leur
terrain blanchâtre pour en corriger le défaut,
si faire se pouvoit ; au lieu qu'Auxerre
n'a besoin ni de Lateux ni de Fumier :
Aussi n'avons nous permis d'y mettre du
Fumier dans certaines Vignes basses , qu'à
ceux de nos Vassaux , qui ont déclaré à
notre Chancelier,que ces héritages étoient
destinés à abreuver abondamment le Pay-
›
san
SEPTEMBRE 1731. 2119
-san apporteur de provisions , et à humecter
journellement le gosier du Laboureur
Artisan et de l'infatigable Vigneron : em
ploi qui est conforme à nos anciennes
Ordonnances , Registre premier.
Quant à la proposition par laquelle le
Panegyriste attribue à la vente du jus dont
nous daignons favoriser la côte de Joigny,
le nombre de mâles qu'il dit y surpasser
considerablement celui des femeles ; supposant
pour un moment la verité de son
calcul , nous disons que sa conclusion est
fausse , comme se trouvant absolument
détruite par l'experience dont les disciples
d'Hippocrate nous sont garants. Et
en nous servant de leur langage clair et
précis , nous ajoûtons qu'il prend pour
cause ce qui ne l'est pas. Ces habiles Scrutateurs
de l'origine du genre humain
admis dans notre Conseil , nous assurent
que communément, c'est en tous pays que
le nombre des mâles excede d'un peu celui
des femmes ; en quoi ils font remarquer la
sagesse du Conseil des Dieux , qui a prohibé
la Polygamie. Mais ce qu'ils observent
de plus , c'est que ce n'est pas
dans
quelques Villes de pays de Vignobles seulement
qu'on trouve le nombre de mâles
excéder notablement celui de l'autre sexe ;
ils ajoûtent que cela se rencontre aussi
dans
2120 MERCURE DE FRANCE
›
dans des Villes où le mauvais usage est
resté de ne dissoudre les Alimens et de
n'éteindre la soif qu'avec dujus de pomme,
ou avec une certaine eau bouillie , et même
dans des Pays , où par un effet de notre
colere , les Animaux raisonnables et
les irraisonnables usent d'une seule et même
boisson. Les Habitans des Ifles Britanniques
, bons connoisseurs, de notre Vin
de Bourgogne se sont donné la peine
de faire là - dessus des supputations qui
sont restées sans replique. ( a )
و
Toutes ces raisons pesées et murement
examinées , dans notre Conseil , les Hippocrates
et les Galiens de toutes les Nations,
duement appellez , et entendus, ensemble
les Echansons de tous les Dieux
nos Freres ; NOUS DECLARONS les Vins
de notre bonne Ville d'Auxerre à perpetuité
superieurs en qualité à ceux de
Joigny , ainsi qu'ils l'étoient par le passé
et qu'ils le sont actuellement . Voulons
en outre que l'on mette dans le même
rang de superiorité tous Vignobles dont
les Vins supportent la limphe , ct qui au
lieu de se laisser vaincre par ce foible
Element , le parfument du goût de la
celeste ambrosie , que les Mortels appel-
( a ) Lifez les Transactions Philosophiques ,
Du Journaux de l'Académie des Sciences de`
Londres.
lent
SEPTEMBRE . 1731. 272T
lent du nom de Pinot , (i) et donnent
réellement à ceux qui en usent , des forces
perseverantes et fermement inhérentes
. Accordons de grace speciale aux Vins
de Joigny d'être d'usage aux déj ûnez de
nos Courtisans, qui les ont reconnus suffisamment
apéritifs et proportionnez à
l'exercice qu'ils prennent. Permettons pareillement
à notre Grand Bouteillier de
nous en servir au même repas , avec deffenses
, sous peine de leze- Majesté , de
nous en présenter en d'autres temps , et
sur tout à l'heure du coucher de Phébus,
et lorsque Morphée vient nous inviter
au repos. Deffendons d'usurper le titre
de superiorité , à tous Vignobles dont les
Vins ne donnent que de ces forces passageres
, qu'on ne voit briller que durant
quelques jours , lesquels n'étant point éta-
Blis sur celui de notre Jus qui a le plus
de solidité , disparoissent aisément , s'évanoüissent
à la longueur du travail , et
font succomber les Champions qui en
usoient habituellement , par un aveu forcé
de leur foiblesse et de leur insuffisance.
(a) Le Pinot est une espece de Raisin noir,
qui fait le meilleur Vin. Les Comptes de la
Ville d'Auxerre pariant des Présens de Vin ,
faits aux Princes , specifient ordinairement
qu'ils sont de Vin de Pinet,
D Faisons
2122 MERCURE DE FRANCE
Faisons les mêmes deffenses et prohibitions
à tous Vignobles quelconques , dont
les Vins contiennent trop de ce Nitre fatal
aux intestins des Buveurs , comme
étant sujets à y causer une relaxation qui
devient sensible et deshonnorante , lorsqu'elle
concourt avec certains exercices du
corps au milieu des chaleurs de la Canicule.
(a)
Er sera notre presente Déclaration affichée
ès Carrefours de la Ville de Joigny
, à ce que nul n'en ignore , et publiée
chaque année esdits lieux aux jours
suivans , par Nous spécialement choisis ,
pour raisons à Nous connues ; sçavoir
en. Août le jour de la Consecration, des,
Autels de la Déesse Ops et de Cérès . (b)
Item. En Septembre , le jour de la Dé-
(a) Il est clair que Bacchus veut parler ici
de l'antiperistase qui éclatta à Auxerre les premiersjours
d'Août de l'an 1723. lorsque le Vin
de cette Ville commença à combattre la bile
formée delongue main dans le corps des Joueurs
de Paulme de Joigny..
(b) Bacchus parle ici suivant le Calendrier
des anciens Romains ; Les quatre jours qu'il
indique répondent au 10. Août , 14. Septembre
1. Octobre et 1. janvier , jours des quatre For-
RES deJoigny et par consequent de grand concours.
C'est celle du 10. Août qui est la cause
du choix qu'a fait Bacchus.
dicace
SEPTEMBRE. 1731. 2823
dicace du Temple de Jupiter Capitolin.
De plus , aux Calendes d'Octobre et de
Janvier. SI MANDONS à nos Baillifs.
et Sénechaux , &c.
Il n'est
pas
nécessaire , Messieurs , de
vous prier de rendre publique une Ordonnance
si juste et si équitable , et à laquelle
#outes les Langues les plus fines de Paris et
des Pays- Bas ne manqueront pas d'applandir.
J'aurois souhaité d'en trouver un plus
grand nombre de pareille nature dans ce
précieux in Folio , qui me fût communiqué
fort poliment par l' Archiviste du Dieu Bac
chus. Mais je me souviens que cette Ordonnance
étoit la seule dans son genre , et qu'après
elle le Volume n'en contenoit qu'une à
baquelle le Sceau venoit d'être mis tout recem
ment après la tenue des Etats Generaux. C'est
celle qui défend de planter de la Vigne dans
des endroits qui ne conviennent point à ce
Bois. Cette derniere Ordonnance vient d'être
heureusement notifiée dans le Royaume de
France par les Publications et Placards ordinaires
; et il faut esperer que l'on tiendra la
main à son observation.
Je suis & c. ce 12. Juillet 1731.
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Résumé : VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
La lettre adressée aux auteurs du Mercure relate un voyage spirituel effectué par l'auteur dans les États de Bacchus en février 1731. Ce périple a permis à l'auteur de visiter les châteaux et palais des dieux du paganisme et de transcrire des ordonnances trouvées dans leurs bibliothèques. L'une de ces ordonnances, datée du printemps précédent, traite d'un ancien différend entre la Bourgogne et la Champagne concernant la primauté du vin. La déesse de la Paix avait tranché en faveur de la Bourgogne, dont le vin avait dominé dans un mélange testé par les deux parties. Un écrivain récent de l'Yonne a relancé ce débat en faveur des vins de Champagne, qualifiés de tendres et délicats, contrairement aux vins bourguignons, décrits comme ayant du corps et une couleur bien rosée. L'ordonnance de Bacchus réfute ces arguments, soulignant que les vins de Bourgogne proviennent de terroirs exceptionnels et sont reconnus pour leur qualité supérieure. Elle critique l'écrivain pour son manque de connaissance des vignobles bourguignons et son utilisation abusive des citations poétiques. L'ordonnance met en avant la supériorité des vins d'Auxerre et des environs, soutenue par des documents historiques et des inventaires modernes. Les vins de Joigny sont décrits comme de faible garde et produits dans des terroirs moins favorables. Ils ont un goût de terroir, sentent le tuf et le crayon, et sont de courte durée, s'altérant facilement même avant la fin de l'été. Leur faible corps les rend sensibles à l'eau, nécessitant souvent d'être mélangés avec d'autres vins pour éviter l'altération. Les vignerons de Joigny utilisent du 'lateux', une terre jaune tirée du domaine voisin, pour améliorer leur terroir. En revanche, les vins d'Auxerre n'ont pas besoin de tels amendements et sont jugés supérieurs en qualité. Ils sont reconnus pour leur solidité et leur capacité à résister à l'eau. Les vins de Joigny sont autorisés pour les déjeuners des courtisans mais interdits à d'autres moments. Le texte se conclut par des instructions pour afficher et publier ces déclarations à Joigny à des dates spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5330
p. 2126-2145
LETTRE de M. à M. sur la Musique.
Début :
Nous avons eu très-souvent occasion, Monsieur, de parler Musique, vous [...]
Mots clefs :
Musique, Basse fondamentale, Dissonances, Ton majeur, Septième superflue, Quinte, Note tonique, Basse continue, Tierce mineure, Dominante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. à M. sur la Musique.
LETTRE
de M. à M. sur la Musique.
Ous avons eu très- souvent occasion.
Monsieur , de parler Musique , vous
m'avez
SEPTEMBRE 1731. 2127
m'avez fait l'honneur de me demander
raison sur bien des choses ; et comme
vous ne m'avez pas paru satisfait de mes
réponses sur la façon de placer les accords
, de les sauver , et de les préparer ;
je viens de faire une Carte generale de
la Basse fondamentalle , après laquelle
vous trouverez une suite de gès . ét 11es.
une suite de secondes une suite de
, septiémes
en montant et en descendant , et
un éxemple pour les Dissonances ; le tout
me paroît clair et je me flate que vous
le trouverez de même. J'ay l'honneur
d'être &c.
>
Explication de la Carte generale de la
Basse fondamentale et de ses dérivés , di
visée en quatre Articles .
Il n'y a que deux accords dans la mu
sique , d'où dérivent tous les autres , sçavoir
le parfait et la septiéme ; mais il y a
trois sortes de septiéme dans la Basse fondamentale
; sçavoir, dans le ton majeur et
mineur la septième de la seconde note dut
on , et la septième de la dominante ou
cinquiéme note du ton , et dans le ton
mineur seulement la septiéme diminuće
de la note sensible ou septiéme note
du ton.
Diiij Toute
2128 MER CURE DE FRANCE
Toute note qui porte septième ou accord
parfait , est Basse fondamentale
excepté la septiéme superfluë '
comme
vous le verrez dans les articles 3. et 4º .
LaBasse Fondamentale de la seconde , est
la septième de la note au -dessus , comme
par exemple , la Basse fondamentale de
la seconde de l'ut , est le re portant septiéme
, comme vous le verrez dans le car
ticle, excepté qu'elle ne soit accompagnée
de la 11. ou 4º , et de la se. Car alors
c'est la se..en- dessus portant septiéme qui
en est la Basse fondamentale, comme vous
le verrez dans le 3 article..
La Basse fondamentale des neuvièmes
est la tierce en dessus , portante com
me par exemple , la Basse fondamentale
de la neuvième du mi est le sol , portant
7. comme vous le verrez dans le 3e. article.
Il y a une sorte de neuviéme dans le
ton mineur , accompagnée de la quinta
superfluë , qui se met sur la médiante ou
troisiéme note du ton ; elle suit toûjours
la regle de la neuviéme précedente pour
la Basse fondamentale. comme vous le
verrez dans la 3 article , où je la marquerai
par un 5. avec une croix devant pour
la distinguer des autres .
›
La B sse fondamentale des 11es ou 4es.
est la je en -dessus portant 7e , comme
Vous
SEPTEMBRE. 1731. 2129
vous le verrez dans le 2e. article , et dans
la suite des ges et 11es. , excepté qu'elle.
ne soit accompagnée de la se superfluë ,
car alors c'est la se superfluë en -dessus
portant 7. diminuée qui en est la Basse:
fondamentale.
Dans le premier Article où je traite de:
l'accord parfait de la note tonique ou note:
du ton où l'on est , et de ses derivés , vous
trouverez la sixte de la médiante ou troi- .
siéme note du ton et la sixte et quarte
de la dominante ou cinquième note du:
ton . La regle est generale pour. le majeur
et le mineur..
,
و
Dans le second Article où je traite de
la septième , de la seconde note du ton et
de ses derivés , vous trouverez dans la
premiere partie mede majeur , la sixte et .
quinte sur la quatriéme note du ton , ce
la sixte qui se met sur la sixième note du
ton en montant , en retranchant l'oc
tave de la Basse fondamentale ; et sans y
rien retrancher , vous trouverez la petitesixte
mineure , qui se met sur la sixième :
note du ton en descendant , et sur la mê
me note vous trouverez la petite sixte:
majeure en mettant tierce majeure, à la
Basse fondamentale , qui devient alorss
dominante , et la note où l'on a mis la pea
tite sixte majeure , devient seconde note:
Div. dir
2
2130 MERCURE DE FRANCE
› du ton et en remettant
la tierce
au naturel
dans
la Basse
fondamentale
, ce qui
nous
fait
revenir
à nôtre
premier
ton
vous
trouverez
la seconde
de la note
tonique
et l'accord
de petite
onzième
ou quar
te sur la
dominante
ou
cinquiéme
note
du ton en retranchant
la tierce
et la
quinte
de la Basse
fondamentale
, et ajoûtant
l'octave
de la Basse
continuë
, qu'il
faut
regarder
comme
une
note
étrangere
à l'accord
, ainsi
que la Basse
continuë
puisqu'elle
n'en
est que la répetition
.
›
>
Dans la seconde partie mode mineure ,
ou la septième de la seconde note du ton,
est accompagnée de la fausse quinte , vous
trouverez l'accord de sixte et quinte avec
la tierce mineure sur la quatrième note
du ton , et la petite sixte majeure sur la
sixième note du ton et sur la même note
vous trouverez encore la petite sixte .
superfluë , en mettant dans la Basse fondamentale
la tierce majeure , quoi qu'il
y ait une fausse quinte et remettant
la tierce au naturel , vous trouverez la
seconde de la note tonique accompagnée
de la sixte mineure.
"
Dans le troisiéme Article où je traite
de la septième de la dominante , ou cinquiéme
note du ton et de ses derivés ,
premiere partie mode majeur , vous trou
verez
SEPTEMBRE. 1731. 2131
que ,
verez la sixte mineure qui se met sur la
septiéme note du ton en descendant , en
retranchant la septième de la Basse fondamentale
qui devient alors note tonique ,
et la note où l'on a mis la sixte , en devient
la mediante , er remettant la septie
me ce qui la fait revenir dominante , vous
trouverez la fausse quinte sur la note sensible
ou septiéme note du ton en montant,
et la septiéme superfluë de la note toniaccompagnée
de la seconde et de
la onzième ou quarte et de la quinte ;
Vous trouverez encore la petite sixte majeure
sur la seconde note du ton , et la
neuviéme sur la médiante ou troisiéme
note du ton , et le triton sur la quatriéme
note du ton accompagné de la se
conde et de la sixte, en retranchant la septiéme
de la Basse fondamentale , qui feroit
octave contre la Basse continue , er
remettant la septième dans la Basse fondamentale
, et retranchant la tierce , vous
trouverez la seconde accompagnée de la
onzième ou quarte , et de la quinte sur
la note tonique.
,
J Dans la seconde partie mode mineur
vous trouverez la sixte majeure sur la
septiême note du ton en descendant , en
retranchanr la septième de la Basse fondamentale
ce qui la fait devenir note
D vj tonique,
>
2132 MERCURE DE FRANCE
tonique , et la note où est la sixte majeure
, en devient la médiante , et en remettant
la septiéme , et l'accompagnant,
de la tierce majeure , ce qui la fait revenir
do ninante , vous trouverez la quinte
superfluë sur la mediante..
,
>
Dans le quatriéme Article mode mineur,
où je traite de la septiéme diminuée
de la note sensible , ou septiéme note du,
ton et de ses derivés vous trouverez la
septiéme superfluë de la no - e tonique „
accompagnée de la seconde , de la onzié
me ou quarte et de la sixte mineure , et
la sixte majeure sur la seconde note du.
ton accompagnée de la tierce et de la,
fauss quinte , et la onzième complette.
ou quarte accompagnée de la quinte su-.
perfluë de la septième et de la neuvième
sur la médiante ou troisiéme note du ton,
et le triton sur la quatriéme note du ton .
accompagné de la tierce mineure et de
la sixte , et la neuvième min´ure sur la
dominante ou cinquiéme note du ton
et le seconde superfluë sur la sixième note
du ton.
La onzime complette et là petite onziéme
se préparent par la sixte et quinte :
et se sauvent par l'acco d de septiéme
comme vous le verrez dans la suite des
sest lies. mais la 11 accompagnée de
le
SEPTEMBRE . 1731 2133
la
5e. superfluë qui se met sur la médiante
ou troisiéme note du ton , se doit sauver
la 6e. accord ordinaire de la médiante
, parceque la se superflue doit toû
jours remonter.
par
La petite onzième se prépare encore de
plusieurs façons , par la petite e sur la
6e. note du ton ou par la 7e de la se
2..
, conde note du ton ce qui revient au
même par l'accord parfait de la note to .
nique ou par ses derivés .
Quand il y a deux onzièmes de suite
la seconde se trouve preparée par la 7e.
La neuvième se prépare et se sauve parlae.
et se excepté la 9e. accompagnée de
la se superflue , qui se sauve. par l'accord:
de 6e.. pour faire remonter tou ours la se
superflue ; mais quand il y a deux ges. de :
suite et que
la premiere est accompa
gnée de la se superflue , la seconde setrouve
préparée de la 6e. comme vous le
verrez dans la suite des ges. et iles.
Après la suite des ges, et 11es . vous trouverez
une suite dé secondes préparées etsauvées
de la 6 et je . excepté la seconde :
accompagnée de la 11. ou 4 et de las
se qu'il fut préparer par l'accord par
fait , ce qui fera faire le veritable mouvement
à la Basse fondamentale car si on:
la préparoit de la 6. et se la Basse fon-.
damentale
2134 MERCURE DE FRANCE
3
damentale iroit par degrés conjoints em
descendant d'une septième sur l'autre
mouvement qu'elle ne peut pas faire.
Quoique vous trouviez le triton dans la
suite des secondes , il n'est pas toûjours
nécessaire de le préparer , et il ne suit pas.
la regle des secondes pour être sauvé , car
on le sauve ordinairement par la sixte sur
la médiante , ou par l'accord parfait de la
note tonique , ce qui revient au même.
Après cette suite de secondes , vous trouverez
une suite de septiémes en montant ,
préparées et sauvées de 6e et se et en
descendant preparées et sauvées de petite:
6. , mais dans le ton mineur il faut sauver
la 7. de la mediante en montant par
l'accord de 6. et la septiéme de la dominante
en descendant' par la 6e. et 4 .
car si on sauvoit la premiere par la ce et
se et la seconde par la petite 6. , cela
donneroit un accord de 7e. superfluë accompagnée
de la tierce mineure dans la
Basse fondamentale ce qu'on ne doit
jamais faire.
Quoique je n'aye pas mis l'octave dans:
toutes les 7es. de cette suite , cela n'empêche
pas qu'on ne puisse la mettre dans
f'accompagnement ; toute note qui monte
de quatre ou descend de cinq demande
76 ou accord parfait.
程
SEPTEMBRE. 7731. 2135
Il faut remarquer que la seconde superflue
et la septiéme superfluë n'ont pas besoin
d'être preparées , mais qu'on sauve
la seconde superflue par un des derivés
de l'accord parfait de la note tonique , et
la 7. superfluë par l'accord parfait de la
note tonique.
Regle generale pour préparer et sauver les:
Dissonantes du dessus ou d'une partie
à la Basse.
>
Il y a deux sortes de Dissonances qu'on
appelle majeures et mineures ; les majeu
res n'ont pas besoin d'être preparées , et
se sauvent en faisant remonter d'un degré
le dessus ou la partie qui , les a faites ,
comme vous le verrez dans le premier
article de l'exemple des dissonances ; dans
les dissonances mineures , il y en a qui
n'ont pas besoin d'être preparées , et
d'autres qu'il faut preparer ; mais elles se
sauvent toutes en faisant descendre d'un
degré le dessus ou la partie qui les a faites,
excepté la seconde , où c'est la Basse qui
est obligée de descendre d'un degré
comme vous le verrez dans le second
article.
Dans le premier Article , vous trouverez
la septiéme superflue , qui se sauve par
L'octave en faisant remonter le dessus.
d'un
2136 MERCURE DE FRANCE
d'un degré la Basse tenant le même son "
la petite sixte majeure qui se sauve par la
sixte , en faisant remonter le dessus d'ún
degré et la basse d'un autre , ou par
l'oc
tave , en faisant descendre la basse d'un
degré , ce qui revient au même , la quinte
superfluë qui se sauve par la sixte , en faisant
remonter le dessus d'un degré la
Basse tenant le même son , lè triton què
se sauve par là sixte en faisant remonter
le dessus d'un degré et descendre la Bassed'un
autre ou par
l'octave , en faisant
descendre la Basse de quatre ; Enfin vous
y trouverez la seconde superfluë qui se
sauve en faisant monter le dessus d'un
degré et descendre -la Basse d'un autre par
la quarte consonante sur la dominante
c'est à-dire , accompagnée de la sixte et
de l'octave Ou
,
la sixte sur la me
par
diante , en faisant descendre la Basse.da
quatre degrés.
,
La sixte superfluë se sauve par l'octave
en faisant monter le dessus d'un degré ec
descendre la Basse d'un autre , cet accord
se met sur la sixième note du ton dans le
mode mineur pour descendre à l'accord
parfait de la dominante.
Dans le second Article , vous trouverez
la seconde qui se prepare par la sincope
de la Basse , c'est- à-dire , que si l'on veur
faire.
SEPTEMBRE. 1731 2137
3.
2
faire une seconde sur l'ut , il faut que cet
ut ait paru un temps avant que la seconde
frappe dessus , elle se sauve par la tierce,
en faisant descendre la Basse d'un degré
le dessus tenant le même son ou par la
sixte , en faisant monter le dessus de quatre
degrés ; vous trouverez la fausse quinte
qui n'a pas besoin d'être preparée , et qui
se sauve par la tierce , en faisant descendre
le dessus d'un degré et monter la Basse
d'un autre ; vous y trouverez la septième
diminuée , qu'il n'est pas toûjours necessaire
de preparer , et qui se sauve par la
sixte , en faisant descendre le dessus d'un
degré,la Basse tenant le même son , ou par
la quinte , en faisant monter la Basse d'um
degré , ou par la tierce , en faisant monter
la Basse de quatre degrés , ou descendre
de cinq , mais qui se prepare quelquefois
comme vous le verrez ensuite ; vous
y trouverez les septièmes qui se preparent
par la sincope du dessus
conde par la sincope de la Basse , et qui se
sauvent par la sixte , en faisant descendre.
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ou par la tierce , en faisant
monter la Basse de quatre degrés ou descendre
de cinq ; vous trouverez la neuviéme
qui se prepare par la sincope du
dessus comme la septième , et qui se
2.
comme la sesauve
138 MERCURE DE FRANCE
sauve par l'octave , en faisant descendre
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ; enfin vous trouverez la onziéme
ou quarte qui se prepare par la sincope
du dessus , comme la neuvième , et
qui se sauve par la dixième ou tierce , en
faisant descendre le dessus d'un degré , la
Basse tenant le même son.
La septième de la dominante n'a pas
toûjours besoin d'être préparée , comme
vous le verrez à la fin de ce dernier article.
La septiéme diminuée et la septiéme ,
se sauvent quelquefois par la sixte majeure
, en faisant descendre le dessus d'un
degré et la note de la basse d'un demi
ton , comme vous le verrez par la seconde
septiéme diminuée du même article
, qui est sur le Si naturel , et qui est
sauvée par la sixte majeure sur le Si bmo!,
et par la septiéme qui est après sur le
La naturel , qui est encore sauvée par la
sixte majeure sur le La bmol.
Quoique dans le second article de ma
Carte , j'aye mis la Sixte sur la sixième
note du ton , je ne l'ai fait que pour me
conformer à la regle de l'Octave , et je
croi qu'il seroit mieux d'y mettre la petite
Sixte , tant en montant qu'en descendant
; car puisqu'on l'y met en descendant
SEPTEMBRE. 1731. 2139
tendant sur la dominante , on doit la .
mettre aussi pour monter à la note sensible
, puisque la note sensible représente
la dominante , et la preuve de ce que je
dis se trouve dans la regle de l'Octave
sur la seconde note du ton où l'on met
la petite Sixte , quoique la basse monte à
la mediante ou qu'elle descende à la
note tonique.
Il faut remarquer encore que la basse
fondamentale ne peut pas toûjours servir
de seconde basse , comme par exemple, dessous
les neuvièmes septièmes superfluës ,
seconde accompagnée de onzième ou
quarte et de quinte , et accord de onziéme
ou quarte , dans lesquels endroits elle
ne sert que de preuve , au lieu que dans
tout le reste elle sert de preuve et peut
presque toûjours servir de seconde basse.
Reflexions sur la nature des Onziémes
ou Quartes.
Il y a plusieurs especes de quartes ,
dont les unes ne méritent pas même le
nom d'accord , mais celui de remplissage,
les autres sont celles dont j'ai déja parlé
sous le nom de onzièmes ou quartes.
Celles de la premiere espece ne sont
jamais sauvées , parce qu'elles dérivent
de deux consonances , les unes de l'Octave
2140 MERCURE DE FRANCE
tave et les autres de la tierce de la basse
fondamentale , comme par exemple , si
je fais la petite Sixte sur la seconde note
du ton qui est Ré , la bassefon damentale
en est Sol dominante , et son octave
fait quarte contre le Ré , cette quarte ne
peut pas être sauvée , parce que si je fais
monter le Ré à la médiante de l'Ut¸
qui est Mi , ou que je le fasse descendre
à la note tonique , le Sol est obligé de
tenir pour faire la tierce sur la médiante
ou la quinte sur la note tonique : la regle
est la même pour toutes les petites Sixtess
Si je fais la seconde sur l'Ut , la basse
fondamentale en est le Ré , et la tierce de
la basse fondamentale qui est Fa , fair
quarte contre l'Ut , cette quarte ne peut
pas être sauvée , parce que si je fais descendre
l'Ut au S naturel ou au Si bmol,
le Fa est obligé de tenir pour faire la
fausse quinte du Sï naturel ou la quinte.
du Si bmol.
Il y a encore une raison pour prouver que
la quarte de la petite Sixte ne peut pas être
sauvée et qu'elle est obligée de tenir le
même son après cet accord , parce qu'elle
est accompagnée de la tierce , et que y
ayant seconde entre elles , il faut qu'elle
attende que cette tierce ait descendu d'un
degré , mouvement que fait toûjours la
tierce
SEPTEMBRE. 1731. 2141
tierce de la petite Sixte , parce qu'elle fait
septiéme contre la basse fondamentale et
que la septième est obligé de descendre
d'un degré pour trouver son repos.
La petite Sixte se trouve quelquefois
accompagnée du Triton à la place de la
quarte par la force de la modulation
mais ce Triton ne se sauve pas mieux que
la quarte , car il est obligé de tenir le même
son pour faire la quinte dans l'accord
qui suit.
Celles de la seconde espece dont j'ai
déja parlé sous le nom de onzième ou
quarte , se sauvent toutes en les faisant
descendre d'un degré , parce qu'elles dérivent
de trois dissonances , les unes de
la septième , les autres de la septiéme diminuée
, et les autres de la fausse quinte
de la basse fondamentale.
. Il faut distinguer deux sortes de onziémes,
dons les unes se préparent comme la
neuvième , par la sincope du dessus et les
autres ne se préparent point .
. Il faut encore diviser celles qui se préparent
en trois especes et celles qui ne
se préparent point aussi en trois especes.
La premiere espece d'onzièmes ou
quartes de celles qui se préparent, dérive de
la septième , c'est celle qui se met sur la
seconde note du ton dont j'ai déja parlé
Sous
142 MERCURE DE FRANCE
sous le nom d'onziémé complette ou quarte
accompagnée de la 9 , de la 7e & de
la se ou fausse quinte dans le ton mineur,
comme vous le verrez dans la suite des
ges et 11es , elle se sauve par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré , la basse tenant le même son .
La seconde dérive de la 7 diminuée
de la note sensible , c'est celle qui se met
sur la médiante dans le ton mineur accompagnée
de la quinte superfluë de la
septième et de la neuvième , comme vous
le verrez dans le quatrième article de la
Carte , elle se sauve aussi par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré de la basse , tenant le même son.
La troisiéme dérive de la septiéme de
la seconde note du ton , c'est celle dont
j'ai déja parlé sous le nom de petite onziéme
ou quarte , parce qu'elle n'est accompagnée
que de la quinte et de l'octave
, comme vous le verrez dans le second
article de la Carte premiere partie
mode majeur , et quelquefois de la septiéme
, comme vous le verrez dans la suite,
des ges et 11es ; elle se met sur la dominante
pour faire la cadence finale et elle
se sauve par la dixième ou tierce majeure,
la basse tenant le même son .
La premiere espece de celles qui ne se
prépare
SEPTEMBRE . 1731. 2143
réparent point , dérive de la 7 de la doninante
, c'est celle qui accompagne la
superflue sur la note tonique , comme
ous le verrez dans le 3 article de la Carse
premiere partie mode majeure ,
elle se
sauve par la 10 ou 3e , en la faisant descendre
d'un degré , la basse tenant le
:
ême son.
,
La seconde dérive aussi de la 7 de la
Hominante , c'est celle qui accompagne la
et se sur la note tonique ; elle ne se
Ive pas comme les autres mais elle
obligée de tenir le même son pour
aire la fausse quinte sur la note sensible
où la note tonique qui porte cet accord
doit toûjous descendre , mais elle
se sauve par la tierce , en la faisant descendre
d'un dégré quand la basse continuë
est remontée à la note tonique , l
raison qui l'oblige à tenir le même son
pour faire la fausse quinte , c'est que son
fondement , qui est la dominante continuë
aussi , comme vous le verrez à la fin
de la suité des secondes .
La troisiéme dérive de la fausse quinte
de la note sensible , portant septiéme diminuée
, c'est celle qui se met sur la note
ronique dans le mode mineur avec la sepiéme
superflue , accompagnée de la Sixte
nineure et de la seconde , comme vous le
verrez
2144 MERCURE DE FRANCE
verrez dans le quatrième article de la Car
te , elle se sauve par la 10 ou tierce , en
la faisant descendre d'un degré , la basse
tenant le même son .
La raison qui fait que ces trois onzićimes
n'ont pas besoin d'être préparées
c'est qu'elles dérivent de deux dissonar.
ces qui ne le demandent pas .
Il y a encore ue quarte qui dérive d
l'octave de la basse fondamentale no
tonique , portant accord parfait , c'est ce
te qu'on appelle la quarte consonant
c'est- à - dire accompagnée de la Sixte et
l'octave ; elle se met sur la dominante
descend ordinairement sur la tierce n
jeure , mais elle sincope quelquefois po
attendre que la Sixte qui l'accompag
soit descendue à la quinte pour faire l'acord
de petite onzième sur la dominante .
1
Explication des Signes.
I
Par tout où il faudra une petite Sixte
je la marquerai par un 6.
Aux endroits où il faudra retranch
des notes pour la compositio
les marquerai par un r qui
dera la note.
1. Et les notes ou chiffres qu'il faudra
retrancher pour l'accompagnement
et la composition , par un ret
'un point.
C
NEW
YORK
Article premier dissonan
Exemple pour les dissor
22
फ
x7
20
O
94
dissonances mineures.
Second Article
O
9999
PUBLIC
LIBRARY
ondamentale
Partie
neur
be bebe
888
POR,
LENOX, AND
TILDEN F
Article Disreme
1rePartie Modemajeur
о
8 8 8 8
dant .
70
9-0000
7
1000
O
f
7
Хо
ने
7
et
C
191
SEPTEMBRE .
1731. 2845.
J
Ce qu'il faudra ajoûter , par un a
Je
remarquerai la note tonique ou
note du ton où l'on est par un t qui
la
précedera.
La seconde note du ton pár un s.
m La médiante ou troisiéme note du
ton , par un m .
q La quatriéme note du ton , par un q
d La
dominante ou
cinquiéme note du
ton , par un d.
si La sixième note du ton , par si .
se Et la note sensible ou septiéme note
du ton , pår se.
de M. à M. sur la Musique.
Ous avons eu très- souvent occasion.
Monsieur , de parler Musique , vous
m'avez
SEPTEMBRE 1731. 2127
m'avez fait l'honneur de me demander
raison sur bien des choses ; et comme
vous ne m'avez pas paru satisfait de mes
réponses sur la façon de placer les accords
, de les sauver , et de les préparer ;
je viens de faire une Carte generale de
la Basse fondamentalle , après laquelle
vous trouverez une suite de gès . ét 11es.
une suite de secondes une suite de
, septiémes
en montant et en descendant , et
un éxemple pour les Dissonances ; le tout
me paroît clair et je me flate que vous
le trouverez de même. J'ay l'honneur
d'être &c.
>
Explication de la Carte generale de la
Basse fondamentale et de ses dérivés , di
visée en quatre Articles .
Il n'y a que deux accords dans la mu
sique , d'où dérivent tous les autres , sçavoir
le parfait et la septiéme ; mais il y a
trois sortes de septiéme dans la Basse fondamentale
; sçavoir, dans le ton majeur et
mineur la septième de la seconde note dut
on , et la septième de la dominante ou
cinquiéme note du ton , et dans le ton
mineur seulement la septiéme diminuće
de la note sensible ou septiéme note
du ton.
Diiij Toute
2128 MER CURE DE FRANCE
Toute note qui porte septième ou accord
parfait , est Basse fondamentale
excepté la septiéme superfluë '
comme
vous le verrez dans les articles 3. et 4º .
LaBasse Fondamentale de la seconde , est
la septième de la note au -dessus , comme
par exemple , la Basse fondamentale de
la seconde de l'ut , est le re portant septiéme
, comme vous le verrez dans le car
ticle, excepté qu'elle ne soit accompagnée
de la 11. ou 4º , et de la se. Car alors
c'est la se..en- dessus portant septiéme qui
en est la Basse fondamentale, comme vous
le verrez dans le 3 article..
La Basse fondamentale des neuvièmes
est la tierce en dessus , portante com
me par exemple , la Basse fondamentale
de la neuvième du mi est le sol , portant
7. comme vous le verrez dans le 3e. article.
Il y a une sorte de neuviéme dans le
ton mineur , accompagnée de la quinta
superfluë , qui se met sur la médiante ou
troisiéme note du ton ; elle suit toûjours
la regle de la neuviéme précedente pour
la Basse fondamentale. comme vous le
verrez dans la 3 article , où je la marquerai
par un 5. avec une croix devant pour
la distinguer des autres .
›
La B sse fondamentale des 11es ou 4es.
est la je en -dessus portant 7e , comme
Vous
SEPTEMBRE. 1731. 2129
vous le verrez dans le 2e. article , et dans
la suite des ges et 11es. , excepté qu'elle.
ne soit accompagnée de la se superfluë ,
car alors c'est la se superfluë en -dessus
portant 7. diminuée qui en est la Basse:
fondamentale.
Dans le premier Article où je traite de:
l'accord parfait de la note tonique ou note:
du ton où l'on est , et de ses derivés , vous
trouverez la sixte de la médiante ou troi- .
siéme note du ton et la sixte et quarte
de la dominante ou cinquième note du:
ton . La regle est generale pour. le majeur
et le mineur..
,
و
Dans le second Article où je traite de
la septième , de la seconde note du ton et
de ses derivés , vous trouverez dans la
premiere partie mede majeur , la sixte et .
quinte sur la quatriéme note du ton , ce
la sixte qui se met sur la sixième note du
ton en montant , en retranchant l'oc
tave de la Basse fondamentale ; et sans y
rien retrancher , vous trouverez la petitesixte
mineure , qui se met sur la sixième :
note du ton en descendant , et sur la mê
me note vous trouverez la petite sixte:
majeure en mettant tierce majeure, à la
Basse fondamentale , qui devient alorss
dominante , et la note où l'on a mis la pea
tite sixte majeure , devient seconde note:
Div. dir
2
2130 MERCURE DE FRANCE
› du ton et en remettant
la tierce
au naturel
dans
la Basse
fondamentale
, ce qui
nous
fait
revenir
à nôtre
premier
ton
vous
trouverez
la seconde
de la note
tonique
et l'accord
de petite
onzième
ou quar
te sur la
dominante
ou
cinquiéme
note
du ton en retranchant
la tierce
et la
quinte
de la Basse
fondamentale
, et ajoûtant
l'octave
de la Basse
continuë
, qu'il
faut
regarder
comme
une
note
étrangere
à l'accord
, ainsi
que la Basse
continuë
puisqu'elle
n'en
est que la répetition
.
›
>
Dans la seconde partie mode mineure ,
ou la septième de la seconde note du ton,
est accompagnée de la fausse quinte , vous
trouverez l'accord de sixte et quinte avec
la tierce mineure sur la quatrième note
du ton , et la petite sixte majeure sur la
sixième note du ton et sur la même note
vous trouverez encore la petite sixte .
superfluë , en mettant dans la Basse fondamentale
la tierce majeure , quoi qu'il
y ait une fausse quinte et remettant
la tierce au naturel , vous trouverez la
seconde de la note tonique accompagnée
de la sixte mineure.
"
Dans le troisiéme Article où je traite
de la septième de la dominante , ou cinquiéme
note du ton et de ses derivés ,
premiere partie mode majeur , vous trou
verez
SEPTEMBRE. 1731. 2131
que ,
verez la sixte mineure qui se met sur la
septiéme note du ton en descendant , en
retranchant la septième de la Basse fondamentale
qui devient alors note tonique ,
et la note où l'on a mis la sixte , en devient
la mediante , er remettant la septie
me ce qui la fait revenir dominante , vous
trouverez la fausse quinte sur la note sensible
ou septiéme note du ton en montant,
et la septiéme superfluë de la note toniaccompagnée
de la seconde et de
la onzième ou quarte et de la quinte ;
Vous trouverez encore la petite sixte majeure
sur la seconde note du ton , et la
neuviéme sur la médiante ou troisiéme
note du ton , et le triton sur la quatriéme
note du ton accompagné de la se
conde et de la sixte, en retranchant la septiéme
de la Basse fondamentale , qui feroit
octave contre la Basse continue , er
remettant la septième dans la Basse fondamentale
, et retranchant la tierce , vous
trouverez la seconde accompagnée de la
onzième ou quarte , et de la quinte sur
la note tonique.
,
J Dans la seconde partie mode mineur
vous trouverez la sixte majeure sur la
septiême note du ton en descendant , en
retranchanr la septième de la Basse fondamentale
ce qui la fait devenir note
D vj tonique,
>
2132 MERCURE DE FRANCE
tonique , et la note où est la sixte majeure
, en devient la médiante , et en remettant
la septiéme , et l'accompagnant,
de la tierce majeure , ce qui la fait revenir
do ninante , vous trouverez la quinte
superfluë sur la mediante..
,
>
Dans le quatriéme Article mode mineur,
où je traite de la septiéme diminuée
de la note sensible , ou septiéme note du,
ton et de ses derivés vous trouverez la
septiéme superfluë de la no - e tonique „
accompagnée de la seconde , de la onzié
me ou quarte et de la sixte mineure , et
la sixte majeure sur la seconde note du.
ton accompagnée de la tierce et de la,
fauss quinte , et la onzième complette.
ou quarte accompagnée de la quinte su-.
perfluë de la septième et de la neuvième
sur la médiante ou troisiéme note du ton,
et le triton sur la quatriéme note du ton .
accompagné de la tierce mineure et de
la sixte , et la neuvième min´ure sur la
dominante ou cinquiéme note du ton
et le seconde superfluë sur la sixième note
du ton.
La onzime complette et là petite onziéme
se préparent par la sixte et quinte :
et se sauvent par l'acco d de septiéme
comme vous le verrez dans la suite des
sest lies. mais la 11 accompagnée de
le
SEPTEMBRE . 1731 2133
la
5e. superfluë qui se met sur la médiante
ou troisiéme note du ton , se doit sauver
la 6e. accord ordinaire de la médiante
, parceque la se superflue doit toû
jours remonter.
par
La petite onzième se prépare encore de
plusieurs façons , par la petite e sur la
6e. note du ton ou par la 7e de la se
2..
, conde note du ton ce qui revient au
même par l'accord parfait de la note to .
nique ou par ses derivés .
Quand il y a deux onzièmes de suite
la seconde se trouve preparée par la 7e.
La neuvième se prépare et se sauve parlae.
et se excepté la 9e. accompagnée de
la se superflue , qui se sauve. par l'accord:
de 6e.. pour faire remonter tou ours la se
superflue ; mais quand il y a deux ges. de :
suite et que
la premiere est accompa
gnée de la se superflue , la seconde setrouve
préparée de la 6e. comme vous le
verrez dans la suite des ges. et iles.
Après la suite des ges, et 11es . vous trouverez
une suite dé secondes préparées etsauvées
de la 6 et je . excepté la seconde :
accompagnée de la 11. ou 4 et de las
se qu'il fut préparer par l'accord par
fait , ce qui fera faire le veritable mouvement
à la Basse fondamentale car si on:
la préparoit de la 6. et se la Basse fon-.
damentale
2134 MERCURE DE FRANCE
3
damentale iroit par degrés conjoints em
descendant d'une septième sur l'autre
mouvement qu'elle ne peut pas faire.
Quoique vous trouviez le triton dans la
suite des secondes , il n'est pas toûjours
nécessaire de le préparer , et il ne suit pas.
la regle des secondes pour être sauvé , car
on le sauve ordinairement par la sixte sur
la médiante , ou par l'accord parfait de la
note tonique , ce qui revient au même.
Après cette suite de secondes , vous trouverez
une suite de septiémes en montant ,
préparées et sauvées de 6e et se et en
descendant preparées et sauvées de petite:
6. , mais dans le ton mineur il faut sauver
la 7. de la mediante en montant par
l'accord de 6. et la septiéme de la dominante
en descendant' par la 6e. et 4 .
car si on sauvoit la premiere par la ce et
se et la seconde par la petite 6. , cela
donneroit un accord de 7e. superfluë accompagnée
de la tierce mineure dans la
Basse fondamentale ce qu'on ne doit
jamais faire.
Quoique je n'aye pas mis l'octave dans:
toutes les 7es. de cette suite , cela n'empêche
pas qu'on ne puisse la mettre dans
f'accompagnement ; toute note qui monte
de quatre ou descend de cinq demande
76 ou accord parfait.
程
SEPTEMBRE. 7731. 2135
Il faut remarquer que la seconde superflue
et la septiéme superfluë n'ont pas besoin
d'être preparées , mais qu'on sauve
la seconde superflue par un des derivés
de l'accord parfait de la note tonique , et
la 7. superfluë par l'accord parfait de la
note tonique.
Regle generale pour préparer et sauver les:
Dissonantes du dessus ou d'une partie
à la Basse.
>
Il y a deux sortes de Dissonances qu'on
appelle majeures et mineures ; les majeu
res n'ont pas besoin d'être preparées , et
se sauvent en faisant remonter d'un degré
le dessus ou la partie qui , les a faites ,
comme vous le verrez dans le premier
article de l'exemple des dissonances ; dans
les dissonances mineures , il y en a qui
n'ont pas besoin d'être preparées , et
d'autres qu'il faut preparer ; mais elles se
sauvent toutes en faisant descendre d'un
degré le dessus ou la partie qui les a faites,
excepté la seconde , où c'est la Basse qui
est obligée de descendre d'un degré
comme vous le verrez dans le second
article.
Dans le premier Article , vous trouverez
la septiéme superflue , qui se sauve par
L'octave en faisant remonter le dessus.
d'un
2136 MERCURE DE FRANCE
d'un degré la Basse tenant le même son "
la petite sixte majeure qui se sauve par la
sixte , en faisant remonter le dessus d'ún
degré et la basse d'un autre , ou par
l'oc
tave , en faisant descendre la basse d'un
degré , ce qui revient au même , la quinte
superfluë qui se sauve par la sixte , en faisant
remonter le dessus d'un degré la
Basse tenant le même son , lè triton què
se sauve par là sixte en faisant remonter
le dessus d'un degré et descendre la Bassed'un
autre ou par
l'octave , en faisant
descendre la Basse de quatre ; Enfin vous
y trouverez la seconde superfluë qui se
sauve en faisant monter le dessus d'un
degré et descendre -la Basse d'un autre par
la quarte consonante sur la dominante
c'est à-dire , accompagnée de la sixte et
de l'octave Ou
,
la sixte sur la me
par
diante , en faisant descendre la Basse.da
quatre degrés.
,
La sixte superfluë se sauve par l'octave
en faisant monter le dessus d'un degré ec
descendre la Basse d'un autre , cet accord
se met sur la sixième note du ton dans le
mode mineur pour descendre à l'accord
parfait de la dominante.
Dans le second Article , vous trouverez
la seconde qui se prepare par la sincope
de la Basse , c'est- à-dire , que si l'on veur
faire.
SEPTEMBRE. 1731 2137
3.
2
faire une seconde sur l'ut , il faut que cet
ut ait paru un temps avant que la seconde
frappe dessus , elle se sauve par la tierce,
en faisant descendre la Basse d'un degré
le dessus tenant le même son ou par la
sixte , en faisant monter le dessus de quatre
degrés ; vous trouverez la fausse quinte
qui n'a pas besoin d'être preparée , et qui
se sauve par la tierce , en faisant descendre
le dessus d'un degré et monter la Basse
d'un autre ; vous y trouverez la septième
diminuée , qu'il n'est pas toûjours necessaire
de preparer , et qui se sauve par la
sixte , en faisant descendre le dessus d'un
degré,la Basse tenant le même son , ou par
la quinte , en faisant monter la Basse d'um
degré , ou par la tierce , en faisant monter
la Basse de quatre degrés , ou descendre
de cinq , mais qui se prepare quelquefois
comme vous le verrez ensuite ; vous
y trouverez les septièmes qui se preparent
par la sincope du dessus
conde par la sincope de la Basse , et qui se
sauvent par la sixte , en faisant descendre.
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ou par la tierce , en faisant
monter la Basse de quatre degrés ou descendre
de cinq ; vous trouverez la neuviéme
qui se prepare par la sincope du
dessus comme la septième , et qui se
2.
comme la sesauve
138 MERCURE DE FRANCE
sauve par l'octave , en faisant descendre
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ; enfin vous trouverez la onziéme
ou quarte qui se prepare par la sincope
du dessus , comme la neuvième , et
qui se sauve par la dixième ou tierce , en
faisant descendre le dessus d'un degré , la
Basse tenant le même son.
La septième de la dominante n'a pas
toûjours besoin d'être préparée , comme
vous le verrez à la fin de ce dernier article.
La septiéme diminuée et la septiéme ,
se sauvent quelquefois par la sixte majeure
, en faisant descendre le dessus d'un
degré et la note de la basse d'un demi
ton , comme vous le verrez par la seconde
septiéme diminuée du même article
, qui est sur le Si naturel , et qui est
sauvée par la sixte majeure sur le Si bmo!,
et par la septiéme qui est après sur le
La naturel , qui est encore sauvée par la
sixte majeure sur le La bmol.
Quoique dans le second article de ma
Carte , j'aye mis la Sixte sur la sixième
note du ton , je ne l'ai fait que pour me
conformer à la regle de l'Octave , et je
croi qu'il seroit mieux d'y mettre la petite
Sixte , tant en montant qu'en descendant
; car puisqu'on l'y met en descendant
SEPTEMBRE. 1731. 2139
tendant sur la dominante , on doit la .
mettre aussi pour monter à la note sensible
, puisque la note sensible représente
la dominante , et la preuve de ce que je
dis se trouve dans la regle de l'Octave
sur la seconde note du ton où l'on met
la petite Sixte , quoique la basse monte à
la mediante ou qu'elle descende à la
note tonique.
Il faut remarquer encore que la basse
fondamentale ne peut pas toûjours servir
de seconde basse , comme par exemple, dessous
les neuvièmes septièmes superfluës ,
seconde accompagnée de onzième ou
quarte et de quinte , et accord de onziéme
ou quarte , dans lesquels endroits elle
ne sert que de preuve , au lieu que dans
tout le reste elle sert de preuve et peut
presque toûjours servir de seconde basse.
Reflexions sur la nature des Onziémes
ou Quartes.
Il y a plusieurs especes de quartes ,
dont les unes ne méritent pas même le
nom d'accord , mais celui de remplissage,
les autres sont celles dont j'ai déja parlé
sous le nom de onzièmes ou quartes.
Celles de la premiere espece ne sont
jamais sauvées , parce qu'elles dérivent
de deux consonances , les unes de l'Octave
2140 MERCURE DE FRANCE
tave et les autres de la tierce de la basse
fondamentale , comme par exemple , si
je fais la petite Sixte sur la seconde note
du ton qui est Ré , la bassefon damentale
en est Sol dominante , et son octave
fait quarte contre le Ré , cette quarte ne
peut pas être sauvée , parce que si je fais
monter le Ré à la médiante de l'Ut¸
qui est Mi , ou que je le fasse descendre
à la note tonique , le Sol est obligé de
tenir pour faire la tierce sur la médiante
ou la quinte sur la note tonique : la regle
est la même pour toutes les petites Sixtess
Si je fais la seconde sur l'Ut , la basse
fondamentale en est le Ré , et la tierce de
la basse fondamentale qui est Fa , fair
quarte contre l'Ut , cette quarte ne peut
pas être sauvée , parce que si je fais descendre
l'Ut au S naturel ou au Si bmol,
le Fa est obligé de tenir pour faire la
fausse quinte du Sï naturel ou la quinte.
du Si bmol.
Il y a encore une raison pour prouver que
la quarte de la petite Sixte ne peut pas être
sauvée et qu'elle est obligée de tenir le
même son après cet accord , parce qu'elle
est accompagnée de la tierce , et que y
ayant seconde entre elles , il faut qu'elle
attende que cette tierce ait descendu d'un
degré , mouvement que fait toûjours la
tierce
SEPTEMBRE. 1731. 2141
tierce de la petite Sixte , parce qu'elle fait
septiéme contre la basse fondamentale et
que la septième est obligé de descendre
d'un degré pour trouver son repos.
La petite Sixte se trouve quelquefois
accompagnée du Triton à la place de la
quarte par la force de la modulation
mais ce Triton ne se sauve pas mieux que
la quarte , car il est obligé de tenir le même
son pour faire la quinte dans l'accord
qui suit.
Celles de la seconde espece dont j'ai
déja parlé sous le nom de onzième ou
quarte , se sauvent toutes en les faisant
descendre d'un degré , parce qu'elles dérivent
de trois dissonances , les unes de
la septième , les autres de la septiéme diminuée
, et les autres de la fausse quinte
de la basse fondamentale.
. Il faut distinguer deux sortes de onziémes,
dons les unes se préparent comme la
neuvième , par la sincope du dessus et les
autres ne se préparent point .
. Il faut encore diviser celles qui se préparent
en trois especes et celles qui ne
se préparent point aussi en trois especes.
La premiere espece d'onzièmes ou
quartes de celles qui se préparent, dérive de
la septième , c'est celle qui se met sur la
seconde note du ton dont j'ai déja parlé
Sous
142 MERCURE DE FRANCE
sous le nom d'onziémé complette ou quarte
accompagnée de la 9 , de la 7e & de
la se ou fausse quinte dans le ton mineur,
comme vous le verrez dans la suite des
ges et 11es , elle se sauve par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré , la basse tenant le même son .
La seconde dérive de la 7 diminuée
de la note sensible , c'est celle qui se met
sur la médiante dans le ton mineur accompagnée
de la quinte superfluë de la
septième et de la neuvième , comme vous
le verrez dans le quatrième article de la
Carte , elle se sauve aussi par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré de la basse , tenant le même son.
La troisiéme dérive de la septiéme de
la seconde note du ton , c'est celle dont
j'ai déja parlé sous le nom de petite onziéme
ou quarte , parce qu'elle n'est accompagnée
que de la quinte et de l'octave
, comme vous le verrez dans le second
article de la Carte premiere partie
mode majeur , et quelquefois de la septiéme
, comme vous le verrez dans la suite,
des ges et 11es ; elle se met sur la dominante
pour faire la cadence finale et elle
se sauve par la dixième ou tierce majeure,
la basse tenant le même son .
La premiere espece de celles qui ne se
prépare
SEPTEMBRE . 1731. 2143
réparent point , dérive de la 7 de la doninante
, c'est celle qui accompagne la
superflue sur la note tonique , comme
ous le verrez dans le 3 article de la Carse
premiere partie mode majeure ,
elle se
sauve par la 10 ou 3e , en la faisant descendre
d'un degré , la basse tenant le
:
ême son.
,
La seconde dérive aussi de la 7 de la
Hominante , c'est celle qui accompagne la
et se sur la note tonique ; elle ne se
Ive pas comme les autres mais elle
obligée de tenir le même son pour
aire la fausse quinte sur la note sensible
où la note tonique qui porte cet accord
doit toûjous descendre , mais elle
se sauve par la tierce , en la faisant descendre
d'un dégré quand la basse continuë
est remontée à la note tonique , l
raison qui l'oblige à tenir le même son
pour faire la fausse quinte , c'est que son
fondement , qui est la dominante continuë
aussi , comme vous le verrez à la fin
de la suité des secondes .
La troisiéme dérive de la fausse quinte
de la note sensible , portant septiéme diminuée
, c'est celle qui se met sur la note
ronique dans le mode mineur avec la sepiéme
superflue , accompagnée de la Sixte
nineure et de la seconde , comme vous le
verrez
2144 MERCURE DE FRANCE
verrez dans le quatrième article de la Car
te , elle se sauve par la 10 ou tierce , en
la faisant descendre d'un degré , la basse
tenant le même son .
La raison qui fait que ces trois onzićimes
n'ont pas besoin d'être préparées
c'est qu'elles dérivent de deux dissonar.
ces qui ne le demandent pas .
Il y a encore ue quarte qui dérive d
l'octave de la basse fondamentale no
tonique , portant accord parfait , c'est ce
te qu'on appelle la quarte consonant
c'est- à - dire accompagnée de la Sixte et
l'octave ; elle se met sur la dominante
descend ordinairement sur la tierce n
jeure , mais elle sincope quelquefois po
attendre que la Sixte qui l'accompag
soit descendue à la quinte pour faire l'acord
de petite onzième sur la dominante .
1
Explication des Signes.
I
Par tout où il faudra une petite Sixte
je la marquerai par un 6.
Aux endroits où il faudra retranch
des notes pour la compositio
les marquerai par un r qui
dera la note.
1. Et les notes ou chiffres qu'il faudra
retrancher pour l'accompagnement
et la composition , par un ret
'un point.
C
NEW
YORK
Article premier dissonan
Exemple pour les dissor
22
फ
x7
20
O
94
dissonances mineures.
Second Article
O
9999
PUBLIC
LIBRARY
ondamentale
Partie
neur
be bebe
888
POR,
LENOX, AND
TILDEN F
Article Disreme
1rePartie Modemajeur
о
8 8 8 8
dant .
70
9-0000
7
1000
O
f
7
Хо
ने
7
et
C
191
SEPTEMBRE .
1731. 2845.
J
Ce qu'il faudra ajoûter , par un a
Je
remarquerai la note tonique ou
note du ton où l'on est par un t qui
la
précedera.
La seconde note du ton pár un s.
m La médiante ou troisiéme note du
ton , par un m .
q La quatriéme note du ton , par un q
d La
dominante ou
cinquiéme note du
ton , par un d.
si La sixième note du ton , par si .
se Et la note sensible ou septiéme note
du ton , pår se.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. à M. sur la Musique.
La lettre de septembre 1731 aborde la musique, en se concentrant particulièrement sur la basse fondamentale. L'auteur y répond à une demande d'explications sur la manière de placer, sauvegarder et préparer les accords. Il présente une carte générale de la basse fondamentale, accompagnée d'exemples de secondes, neuvièmes, onzièmes et dissonances. L'auteur distingue deux types d'accords fondamentaux en musique : l'accord parfait et la septième. Il détaille les différentes sortes de septièmes dans les tons majeurs et mineurs, ainsi que les règles pour les préparer et les résoudre. Le texte explique également les accords dérivés, les dissonances majeures et mineures, et les règles générales pour les préparer et les résoudre. Certaines dissonances n'ont pas besoin d'être préparées et se résolvent en faisant monter ou descendre les notes concernées. Par exemple, la septième peut se préparer par la sincope du dessus et se résoudre par la sixte ou la tierce. La neuvième et l'onzième se préparent également par la sincope du dessus et se résolvent respectivement par l'octave et la dixième. La septième de la dominante n'a pas toujours besoin d'être préparée. Le texte distingue entre les quartes qui sont des remplissages et celles qui sont des onzièmes ou quartes. Ces dernières se divisent en plusieurs espèces, certaines nécessitant une préparation par sincope, d'autres non. Des exemples spécifiques de ces espèces et leurs résolutions sont fournis. La petite sixte et le triton sont également abordés, soulignant qu'ils ne se résolvent pas de la même manière que les autres quartes. Enfin, le texte explique les signes utilisés pour marquer les notes à retrancher ou à ajouter dans la composition musicale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5331
p. 2150-2155
RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
Début :
Puisque j'ay osé m'introduire dans la République des Lettres, je dois comme [...]
Mots clefs :
Républiques des Lettres, Tribunal de la critique, Journal de Trévoux, Réfutation, Géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
RE'PONSE du P. Romuald le Muët
Religieux de la Charité , à M. le Monnier.
Puisque j'ay osé m'introduire dans la
République des Lettres , je dois comme
bon Citoyen , me soûmettre à la Jurisdiction
qui s'y trouve établie dès son
commencement. C'est le tribunal de la
Critique , dont la puissance est soûtenuë
de l'autorité du Droit Public.
Les
SEPTEMBRE. 1731. 21ST
114
,
Les sentimens d'estime que j'ay pour la
saine Critique , peuvent persuader d'a
bord M. le Monnier , que j'ay vû avec
plaisir dans le Journal de Trevoux du
mois de Mars 1731. la réfutation qu'il a
faite de mon petit ouvrage sur la Quadrature
du Cercle la Duplication da
Cube et la Trisection de l'Angle ; mais
quelque soit mon respect pour sa personne
, et mon estime pour la Critique ,
je ne pense pas qu'il doive en inferer que
je sois disposé à me soûmettre aux loix
qu'il me préscrit , et que je me déporte
de ma methode simple et nouvelle,s'il veut,
mais exacte , mais solide , de diviser les
360. degrez de la circonference du Cercle
en vingt- deux parties , dont vingt et
une étant de seize degrez vingt - deux minutes
chacune , laissent seize degrez dixhuit
minutes pour la vingt - deuxième
qui est une difference de quatre minutes
moins que les autres , laquelle fait connoître
qu'elle est la portion que le Polygone
circonscrit de 360 , côtez , a de plus
que la circonférence du Cercle de 360 .
degrez , et qu'elle donne ainsi le dévelopement
entier de la solution parfaite du
fameux Problême de la Quadrature du
Cercle , en donnant le vrai rapport du
Diametre, 114. degrez 34. m. à la circonference
E iiij
2152 MERCURE DE FRANCE
•
ference du Cercle de 360. degrez , qui est
celui de sept à vingt- deux moins quelque
chose , lequel quelque chose , l'on voit
enfin ici , fixé à quatre minutes , à quoi
se doivent aussi fixer les difficultez que
M. le Monnier essaye inutilement d'y
opposer .
A l'égard de ce que j'ay dit que la Géometrie
simple est la seule réelle , la seule
solide , quoi qu'en puisse dire M. le Monnier
, en faveur des sections coniques , et
même de la Géometrie de l'infini , il ne
peut disconvenir sans se commettre un
peu , que ce qu'il y a de plus utile et de
plus dans l'usage , n'excede point le ressort
de la Géometrie simple , et que ce
qu'on y a imaginé de plus par la nouvelle
Algébre , cet art ingenieux , speculatif
et séduisant , qui parle aux yeux , et fait
taire la bouche , ne sont que des traits ,
que des figures symboliques qui ne servent
gueres plus qu'à irriter la curiosité
et à amuser l'esprit en effet n'est- ce pas
dans la plus haute sublimité de son intelligence
, à laquelle ses éleves puissent par
venir , qu'elle leur apprend à démontrer
que deux et deux , à quelques égards
ne font pas quatre ? Grande preuve
de sa
solidité et de son utilité ! Ce n'est pas que
je méprise ces connoissances , au contraire,
:
>
IG
SEPTEMBRE. 1731. 2153
je reconnois qu'elles ne m'ont amusé que
trop agréablement , et peut-être trop souvent;
mais je voudrois qu'on ne les encherit
point au- dessus de la valeur que le sçavant
P. Castel leur a si judicieusement
assignée dans son excellent livre de Mathématique
universelle.
C'est sincerement avec peine que je me
trouve obligé de dire que M. le Monnier
n'a pû parvenir à connoître , quelque effort
qu'il paroisse avoir fait que cinquante-
sept fois 57. degrez 17. m. valent
3265. degrez9.m. , et que dix-sept fois 17 .
m. valent quatre degrez quarante- neuf minutes
, qui font la somme totale 3269 .
degrez 58. m. J'admire comment il a squ
trouver des secondes où il ne s'agit que
de primes , je veux dire que de minutes .
N'y a-t-il point encore sujet de s'étonner
que M. le Monnier me propose de
comparer des nombres à des nombres
pour la Duplication du Cube , lui qui
doit sçavoir , que comme la Duplication
du quarré est impossible en nombre et
possible en ligne , de même la Duplication
du Cube ne se peut faire en nombre
et peut se faire en ligne , en trouvant deux
lignes moyennes proportionnelles entre
une et deux ? Quoique jusqu'à present
on ait cherché inutilement ces movennes
proportionnelles par la Géometrie
simple , E v
2154 MERCURE DE FRANCE
simple ; je crois cependant les avoir
trouvées par ce proċedé ici . Soit la ligne
A
ر
B
1
,
C D
E
" divisée en B en deux parties égales
pour faire une et deux , comme on le
verra dans la suite et chacune moitié
subdivisée en deux autres qui fassent quatre
parties égales . Alors prenant la seconde
moitié de la ligne AB , pour le côté
d'un quarré , soit sa diagonale , conduite
en C , et que D marque la moitié de la
ligne BE ; car en procedant ainsi , il est
indubitable que AB : AC AD : AE. Et
par conséquent que ces quatre lignes sont
en proportion Géometrique et continuellement
proportionnelles
, desquelles AC
et AD sont les deux moyennes. Et comme
il est démontré depuis long- temps , que
la premiere est la racine cubique du Cube
deux , il s'ensuit que la ligne AC est le
côté du Cube double du Cube de AB ,
d'où l'on doit indubitablement conclure
que la solution du célebre Problême de la
Duplication du Cube est enfin trouvée.
Quant àl'operation de la Trisection de
l'Angle , M. le Monnier peut continuer
à la faire ; les difficultez en sont levées ;
il n'a plus de Paralogisme à craindre
ayant autant de sagacité et de pénetra
tion que je lui en crois .
>
Voici
SEPTEMBRE . 1731. 2155
Voici donc bien démontrées les solutions
tant désirées et presque inesperées
de ces anciens Apores , la Quadrature du
Cercle , la Duplication du Cube et la
Trisection de l'Angle par la Géometrie
simple , sans le secours des sections Coniques
, ni de la Géometrie de l'infini ,
dont les operations ne sont point si lumi
neuses , qu'elles ne laissent quelque doute.
Religieux de la Charité , à M. le Monnier.
Puisque j'ay osé m'introduire dans la
République des Lettres , je dois comme
bon Citoyen , me soûmettre à la Jurisdiction
qui s'y trouve établie dès son
commencement. C'est le tribunal de la
Critique , dont la puissance est soûtenuë
de l'autorité du Droit Public.
Les
SEPTEMBRE. 1731. 21ST
114
,
Les sentimens d'estime que j'ay pour la
saine Critique , peuvent persuader d'a
bord M. le Monnier , que j'ay vû avec
plaisir dans le Journal de Trevoux du
mois de Mars 1731. la réfutation qu'il a
faite de mon petit ouvrage sur la Quadrature
du Cercle la Duplication da
Cube et la Trisection de l'Angle ; mais
quelque soit mon respect pour sa personne
, et mon estime pour la Critique ,
je ne pense pas qu'il doive en inferer que
je sois disposé à me soûmettre aux loix
qu'il me préscrit , et que je me déporte
de ma methode simple et nouvelle,s'il veut,
mais exacte , mais solide , de diviser les
360. degrez de la circonference du Cercle
en vingt- deux parties , dont vingt et
une étant de seize degrez vingt - deux minutes
chacune , laissent seize degrez dixhuit
minutes pour la vingt - deuxième
qui est une difference de quatre minutes
moins que les autres , laquelle fait connoître
qu'elle est la portion que le Polygone
circonscrit de 360 , côtez , a de plus
que la circonférence du Cercle de 360 .
degrez , et qu'elle donne ainsi le dévelopement
entier de la solution parfaite du
fameux Problême de la Quadrature du
Cercle , en donnant le vrai rapport du
Diametre, 114. degrez 34. m. à la circonference
E iiij
2152 MERCURE DE FRANCE
•
ference du Cercle de 360. degrez , qui est
celui de sept à vingt- deux moins quelque
chose , lequel quelque chose , l'on voit
enfin ici , fixé à quatre minutes , à quoi
se doivent aussi fixer les difficultez que
M. le Monnier essaye inutilement d'y
opposer .
A l'égard de ce que j'ay dit que la Géometrie
simple est la seule réelle , la seule
solide , quoi qu'en puisse dire M. le Monnier
, en faveur des sections coniques , et
même de la Géometrie de l'infini , il ne
peut disconvenir sans se commettre un
peu , que ce qu'il y a de plus utile et de
plus dans l'usage , n'excede point le ressort
de la Géometrie simple , et que ce
qu'on y a imaginé de plus par la nouvelle
Algébre , cet art ingenieux , speculatif
et séduisant , qui parle aux yeux , et fait
taire la bouche , ne sont que des traits ,
que des figures symboliques qui ne servent
gueres plus qu'à irriter la curiosité
et à amuser l'esprit en effet n'est- ce pas
dans la plus haute sublimité de son intelligence
, à laquelle ses éleves puissent par
venir , qu'elle leur apprend à démontrer
que deux et deux , à quelques égards
ne font pas quatre ? Grande preuve
de sa
solidité et de son utilité ! Ce n'est pas que
je méprise ces connoissances , au contraire,
:
>
IG
SEPTEMBRE. 1731. 2153
je reconnois qu'elles ne m'ont amusé que
trop agréablement , et peut-être trop souvent;
mais je voudrois qu'on ne les encherit
point au- dessus de la valeur que le sçavant
P. Castel leur a si judicieusement
assignée dans son excellent livre de Mathématique
universelle.
C'est sincerement avec peine que je me
trouve obligé de dire que M. le Monnier
n'a pû parvenir à connoître , quelque effort
qu'il paroisse avoir fait que cinquante-
sept fois 57. degrez 17. m. valent
3265. degrez9.m. , et que dix-sept fois 17 .
m. valent quatre degrez quarante- neuf minutes
, qui font la somme totale 3269 .
degrez 58. m. J'admire comment il a squ
trouver des secondes où il ne s'agit que
de primes , je veux dire que de minutes .
N'y a-t-il point encore sujet de s'étonner
que M. le Monnier me propose de
comparer des nombres à des nombres
pour la Duplication du Cube , lui qui
doit sçavoir , que comme la Duplication
du quarré est impossible en nombre et
possible en ligne , de même la Duplication
du Cube ne se peut faire en nombre
et peut se faire en ligne , en trouvant deux
lignes moyennes proportionnelles entre
une et deux ? Quoique jusqu'à present
on ait cherché inutilement ces movennes
proportionnelles par la Géometrie
simple , E v
2154 MERCURE DE FRANCE
simple ; je crois cependant les avoir
trouvées par ce proċedé ici . Soit la ligne
A
ر
B
1
,
C D
E
" divisée en B en deux parties égales
pour faire une et deux , comme on le
verra dans la suite et chacune moitié
subdivisée en deux autres qui fassent quatre
parties égales . Alors prenant la seconde
moitié de la ligne AB , pour le côté
d'un quarré , soit sa diagonale , conduite
en C , et que D marque la moitié de la
ligne BE ; car en procedant ainsi , il est
indubitable que AB : AC AD : AE. Et
par conséquent que ces quatre lignes sont
en proportion Géometrique et continuellement
proportionnelles
, desquelles AC
et AD sont les deux moyennes. Et comme
il est démontré depuis long- temps , que
la premiere est la racine cubique du Cube
deux , il s'ensuit que la ligne AC est le
côté du Cube double du Cube de AB ,
d'où l'on doit indubitablement conclure
que la solution du célebre Problême de la
Duplication du Cube est enfin trouvée.
Quant àl'operation de la Trisection de
l'Angle , M. le Monnier peut continuer
à la faire ; les difficultez en sont levées ;
il n'a plus de Paralogisme à craindre
ayant autant de sagacité et de pénetra
tion que je lui en crois .
>
Voici
SEPTEMBRE . 1731. 2155
Voici donc bien démontrées les solutions
tant désirées et presque inesperées
de ces anciens Apores , la Quadrature du
Cercle , la Duplication du Cube et la
Trisection de l'Angle par la Géometrie
simple , sans le secours des sections Coniques
, ni de la Géometrie de l'infini ,
dont les operations ne sont point si lumi
neuses , qu'elles ne laissent quelque doute.
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Résumé : RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
Le Père Romuald le Muët, religieux de la Charité, répond à M. le Monnier après que ce dernier ait critiqué son ouvrage sur la quadrature du cercle, la duplication du cube et la trisection de l'angle. Le Père Romuald exprime son respect pour la critique mais refuse de se soumettre aux lois que M. le Monnier lui prescrit. Il défend sa méthode de division des 360 degrés de la circonférence du cercle en vingt-deux parties, affirmant que cette méthode permet de résoudre le problème de la quadrature du cercle en déterminant le rapport entre le diamètre et la circonférence. Le Père Romuald soutient que la géométrie simple est la seule réelle et solide, contrairement aux sections coniques et à la géométrie de l'infini, qu'il considère comme des artifices symboliques. Il reconnaît l'utilité de ces connaissances mais les juge surévaluées. Il critique également M. le Monnier pour ses erreurs de calcul, notamment dans la duplication du cube, et affirme avoir trouvé une solution en utilisant la géométrie simple. Il explique que la duplication du cube peut se faire en ligne en trouvant deux lignes moyennes proportionnelles entre une et deux. Le Père Romuald conclut que les solutions aux problèmes de la quadrature du cercle, de la duplication du cube et de la trisection de l'angle sont démontrées par la géométrie simple, sans recours aux sections coniques ou à la géométrie de l'infini.
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5332
p. 2157-2161
« COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Début :
COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...]
Mots clefs :
Coutumes, Avocat, Grèce, Sermons, Psaume, Jésus
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texteReconnaissance textuelle : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
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Résumé : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Le document recense diverses publications littéraires et scientifiques parues entre 1728 et 1741. Parmi les ouvrages notables, on trouve 'Usages des Bailliages de Sens et de Langres', commenté par Juste Delaistre, avocat au Parlement, publié en 1731. Le 'Mercure de France' mentionne également 'Pausanias, ou Voyage Historique de la Grèce', traduit par l'Abbé Gedoyn, publié en deux volumes en 1731. D'autres publications incluent les 'Sermons' de l'Abbé Anselme, 'Les Gémissements d'un cœur Chrétien' par M. H***, et 'Jésus au Calvaire' par Jacques Chardon. Le document liste également des ouvrages historiques et scientifiques tels que 'Histoire de l'Isle Espagnole' par le Père Pierre-François de Charlevoix, enrichi de plans et de cartes géographiques, et 'Essai sur l'esprit' publié par André Cailleau en 1731. D'autres publications notables incluent 'La Vie et le Devoir des Évêques' par le Père Thomas-Marie Alfani, 'Explication de l'ouverture du côté et de la sépulture de J. Ch.' en nouvelle édition, et 'Traité sur la Nature et le choix des Aliments' par M. Arbuthnot. Le document mentionne également des ouvrages juridiques et médicaux, comme 'Décisions sur chaque Article de la Coutume de Normandie' par Pierre de Merville, et 'Traité des Opérations de Chirurgie' par René Jacques Croissant de Garengeot, publié en trois volumes en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5333
p. 2162-2163
Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE GENERALE de l'Eglise Cathredrale de Vaison, avec une Chronologie [...]
Mots clefs :
Paroisses, Chapelles, Diocèse, Chorographie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE GENERALE de l'Eglise Cathr
drale de Vaison , avec une Chronologie
de tous les Evêques qui l'ont gouvernée ;
et une Corographie , ou Description en
Vers Latins et François des Villes, Bourgs,
Villages , Paroisses et Chapelles qui composent
ce Diocese. Par le R. P. Louis- Anselme
Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon
, Professeur en Théologie de l'Ordre
des FF . Prêcheurs , de la Congrégation du
Três Saint Sacrement. Livre premier 1
Vol. in 4. à Avignon , de l'Imprimerie de
Marc Chave , 1731. pp. 260. pour le
1. livre.
1
, Le second livre ou plutôt le second
tome de cet Ouvrage , compris dans le
même Volume , contient environ cent
pages , y compris la Table generale. Il
renferme en particulier la Corographie ;
dont il est parlé dans le Titre general. ·
Cetre Description du Diocèse de Vaison
a été faite en Vers Latins par Joseph- Marie
Suarez , Evêque de Vaison , l'un des
plus sçavants Prelats qui ayent gouverné
ce Diocèse . Le P. Boyer , Auteur de cette
Histoire a cru devoir traduire en Vers
François les Vers Latins de l'habile Prelar:
les Lecteurs intelligents en sentiront la
difference , et trouveront peut- être à re-.
dire
SEPTEMBRE. 173. 2163
dire aur stile peu châtié de tout l'ouvrage
historique. Cet ouvrage est cependant le
fruit de beaucoup de recherches , et d'un
long et assidu travail . Il se fera toûjours
lire avec plaisir par les Amateurs de la
Patrie , et par quantité de Personnes curieuses
, à qui les Histoires particulieres
ne sont pas indifferentes .
drale de Vaison , avec une Chronologie
de tous les Evêques qui l'ont gouvernée ;
et une Corographie , ou Description en
Vers Latins et François des Villes, Bourgs,
Villages , Paroisses et Chapelles qui composent
ce Diocese. Par le R. P. Louis- Anselme
Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon
, Professeur en Théologie de l'Ordre
des FF . Prêcheurs , de la Congrégation du
Três Saint Sacrement. Livre premier 1
Vol. in 4. à Avignon , de l'Imprimerie de
Marc Chave , 1731. pp. 260. pour le
1. livre.
1
, Le second livre ou plutôt le second
tome de cet Ouvrage , compris dans le
même Volume , contient environ cent
pages , y compris la Table generale. Il
renferme en particulier la Corographie ;
dont il est parlé dans le Titre general. ·
Cetre Description du Diocèse de Vaison
a été faite en Vers Latins par Joseph- Marie
Suarez , Evêque de Vaison , l'un des
plus sçavants Prelats qui ayent gouverné
ce Diocèse . Le P. Boyer , Auteur de cette
Histoire a cru devoir traduire en Vers
François les Vers Latins de l'habile Prelar:
les Lecteurs intelligents en sentiront la
difference , et trouveront peut- être à re-.
dire
SEPTEMBRE. 173. 2163
dire aur stile peu châtié de tout l'ouvrage
historique. Cet ouvrage est cependant le
fruit de beaucoup de recherches , et d'un
long et assidu travail . Il se fera toûjours
lire avec plaisir par les Amateurs de la
Patrie , et par quantité de Personnes curieuses
, à qui les Histoires particulieres
ne sont pas indifferentes .
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Résumé : Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Générale de l'Église Cathédrale de Vaison' se compose de deux livres en un seul volume. Le premier livre, publié en 1731 par le Père Louis-Anselme Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon, professeur en théologie de l'Ordre des Frères Prêcheurs, compte 260 pages. Il présente une chronologie des évêques du diocèse de Vaison et une corographie décrivant les villes, bourgs, villages, paroisses et chapelles du diocèse en vers latins et français. Le second livre, d'environ cent pages, se concentre également sur la corographie. Cette description a été rédigée en vers latins par Joseph-Marie Suarez, évêque de Vaison, et traduite en vers français par le Père Boyer. L'ouvrage, bien que critiqué pour son style, est le fruit de nombreuses recherches et d'un travail assidu. Il est destiné aux amateurs de la patrie et aux personnes curieuses des histoires locales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5334
p. 2163-2170
Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Début :
CONTINUATION de l'Article de Guill. Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires [...]
Mots clefs :
Histoire, Langues, Académie des sciences, Phosphore, Végétations, Évaporation de l'air
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texteReconnaissance textuelle : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
CONTINUATION de l'Article de Guill .
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
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Résumé : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et les contributions scientifiques de M. Homberg. Après avoir acquis diverses connaissances et inventé une machine pneumatique améliorée, Homberg revint à Paris et devint rapidement un des premiers savants grâce à ses découvertes en chimie et ses instruments, tels que les microscopes et les phosphores. En 1691, l'abbé Bignon, directeur de l'Académie des Sciences, lui offrit un laboratoire, lui permettant de travailler librement en chimie. En 1702, le duc d'Orléans, intéressé par la chimie et la physique expérimentale, engagea Homberg comme son physicien, lui fournissant une pension et un laboratoire bien équipé. Cette même année, Homberg utilisa un miroir ardent convexe pour de nouvelles expériences. En 1704, il fut nommé premier médecin du duc d'Orléans, malgré des offres plus avantageuses de l'Électeur Palatin. Homberg conserva ses postes à l'Académie des Sciences et auprès du duc grâce à une exception royale. Il se maria en 1708 avec Marguerite-Angélique Dodart. Homberg souffrit d'une dissenterie qui s'aggrava et causa sa mort le 24 septembre 1715, à l'âge de 63 ans. Malgré une constitution faible, il était très laborieux et avait une mémoire exceptionnelle pour les faits de physique. Il maîtrisait plusieurs langues, y compris l'hébreu. Homberg n'a pas publié de grands ouvrages, mais plusieurs mémoires de ses recherches furent publiés dans l'histoire de l'Académie des Sciences. Ces mémoires couvrent une large gamme de sujets, allant des expériences sur le phosphore et les végétations métalliques aux observations sur les acides et les alcalis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5335
p. 2170-2179
Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
Début :
SETHOS, Histoire ou Vie tirée des Monumens anecdotes de l'ancienne Egypte [...]
Mots clefs :
Ancienne Égypte, Prince, Reine, Académies, Éducation, Peinture, Carthage, Observatoire des prêtres thébains, Phéniciens, Esclaves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
SETHOS , Histoire ou Vie tirée des Monumens
anecdotes de l'ancienne Egypte
traduite d'un Manuscrit Grec . A Paris ,
chez les Freres Guerin , Quay des Augustins
, et rue S. Jacques , 1731. trois Volumes
in 12. de plus de 400 , pages chacun
sans la Préface , l'Epitre et les Additions,
Cartes d'Egypte , d'Affrique , &c.
Le nom de M. l'Abbé Terrasson
qui n'est pas à la tête du livre , se trouve
dans le Privilege . Nous ne prétendons
pas donner au Public dans le mois de
Septembre , la premiere nouvelle d'un
Ouvrage , qui a été fort répandu dès les
premiers jours de Juillet : mais les trois
volumes in 12.dont il est composé , ne nous
ont pas permis plutôt d'en faire quelque
rapport au Public . C'est un ouvrage de
fiction à peu près dans le goût de Telema
que,ou des Voyages de Cyrus. Mais au lieu
que ces deux-cy se bornent en quelque
sorte à l'idée d'une éducation ; ce sujet
particulier ne remplit que le premier volume
de Sethos . Ce jeune Prince est fils
d'Osoroth , Roi de Memphis , Prince âgé
et indolent. Sethos dès le premier livre
perd
SEPTEMBRE . 1731. 2171
L
perd Nephté sa mere , Reine admirable
par sa vertu et par sa sagesse . Le Grand
Prêtre en la presentant au Senat , qui ju
geoit les morts en Egypte , fait d'elle un
Eloge Funebre , dont tous les lecteurs
ont été également frappez. Nephté en
mourant , avoit laissé pour Gouverneur
à son fils unique , âgé de huit ans , un excellent
homme , nommé Amedés , qui
conduit toute l'éducation de Sethos . Outre
le soin qu'il en prend par lui - même ,
il le fait profiter de l'éducation publique
des Egyptiens. A cette occasion , l'Auteur
fait dans le second livre une description
historique des Académies de Memphis. Il
donne là un leger crayon de toutes les
sciences qui ont rendu cette Nation si
fameuse , et il joint à ce narré d'excellens
avis pour tous ceux qui sont chargez de
l'instruction de la jeunesse , ou qui veulent
s'instruire eux - mêmes. Il insinuë , suivant
le principe déja exposé dans la Préface
, que les Sciences sont une des plus
grandes sources des vertus humaines et
civiles , non -seulement par l'occupation
qui est un obstacle au déreglement des
moeurs , mais encore par les préceptes et
par les exemples que la lecture nous
fournit. La Reine Daluca , qui épouse
Osoroth après la mort de Nephté , et qui
Fij vouloit
2172 MERCURE DE FRANCE
› vouloit perdre Sethos pour faire place
à l'aîné des deux Enfans qu'elle eût de
lui , songea d'abord à corrompre la Cour,
dans le dessein de faire passer son projet.
Elle ne trouva point de plus sûr moyen
pour introduire cette corruption , que de
décréditer ces Académies , et de jetter
les jeunes Seigneurs dans l'oisiveté et dans
le goût des amusemens frivoles. Elle Y
réussit dont les femmes de sa cour par
l'Auteur fait une peinture qui s'est attiré
une appro bation generale.
с
genereux ,
,
et mê-
Après huit ans de cette éducation pu
blique et particuliere , Amedés concevant
que son disciple avoit besoin d'un
mérite plus qu'ordinaire pour surmonter
les entreprises de ses ennemis domestiques
, conçoit le dessein
me perilleux , de lui procurer l'initiation.
C'étoit alors l'école des vertus les plus
héroïques, Les épreuves du corps qu'il
falloit subir , demandoient un courage
extrême , et les épreuves de l'ame exigeoient
une docilité qui faisoient de l'aspirant
un homme nouveau L'autheur fait
de ces pratiques un tableau qu'on n'a
vû encore nulle part , et où la fiction ne
sert que d'ornement à un fond vrai
mais qui n'a été sçû jusqu'à present que
de ceux qui ont une grande connoissance
9
de
SEPTEMBRE. 1737. 2173
de l'Antiquité.Ces exercices exposez dans
le troisième livre finissent à l'égard de
Sethos , par trois questions qu'on lui
propose sur l'héroïsme : les réponses qu'il
y donne font , pour ainsi dire , la base de
tout le reste de sa vie. Il satisfait à ces
questions dans le quatriéme livre à l'occasion
de l'histoire de deux freres , fils du
Prince de Carthage , qui avoit promis sa
succession à celui des deux qui feroit
dans le cours de trois années l'action la
plus héroïque . Sethos ayant décidé que
la premiere vertu du Heros , est un amour
zelé du genre humain , se consacre luimême
au service des hommes en general:
et en conséquence de cette résolution , it
employe le long exil où le jette la persécution
de Daluca , à faire chez des peuples
inconnus les voyages utiles pour eux,
qui font le sujet du second volume.
Le cinquiéme livre le premier des
trois qui composent ce volume , contient
le détail d'une guerre que le Roi de Thebes
fait au Roy de Memphis. L'artificieuse
Daluca veut se servir de cette
guerre pour faire perir Sethos . Elle arrache
, pour ainsi dire , le consentement
du Roy pour la nomination d'un General
indigne , nommé Thoris , auquel elle
communique ses intentions. Le Roy se
Fiij. COR
2174 MERCURE DE FRANCE
}
contente de soustraire son fils à l'obéïssance
d'un tel chef , et de ne lui donner
aucun autre Commandant qu'Amedés.
Le jeune Prince part pour Captos que le
Roy de Thebes menaçoit d'un Siége.
Mais avant qu'il fût formé , Sethos profite
du Privilege commun à tous les initiez
, pour visiter secretement sous la
conduite des Prêtres , les curiositez principales
du Royaume de Thebes. On trou
ve ici en abregé les singularitez dù Nil .
Sethos termine cette petite course par la
visite de l'Observatoire des Prêtres Thebains.
Il prend là des connoissances utiles
et nécessaires à une grande navigation ,
où il conduira bien- tôt les Phéniciens , et
qu'il montrera le premier aux hommes.
Revenu à Captos , les essais de son intelligence
et de son courage en fait de guerre
, sont des actions merveilleuses ; et
quoi qu'il ne combattit encore que comme
volontaire , il s'attire l'admiration
des assiegez et même des assiegeans . Enfin
pourtant le traître Thoris pressé d'ailleurs
les lettres de la Reine , et sçapar
chant qu'Amedés ne permettoit point au
jeune Prince de sortir de la place , imagine
un moyen de faire entrer à la faveur
d'une attaque de nuit , les ennemis dans
la Ville , qu'il défendoit lui- même au - de-
,
hors
SEPTEMBRE. 1731. 2179
porte
:
,
›
hors. Les ennemis néanmoins n'entrerent
pas mais Sethos et Amedés lui-même
combattant avec les Assiegez dans une
alors ouverte se trouverent sortis
eux-mêmes dans le fort de l'action , et
séparez l'un de l'autre. Sethos fut griévement
blessé , fut pris par des Soldats
Ethiopiens , et porté dans une Ville voisine
, où les Pheniciens avoient un établissement
considérable. Les Ethiopiens
qui ne le connoissoient pas ; vendirent ce
Prince aux Pheniciens qui ne le reconnurent
pas non plus . Ce jeune Prince
commençoit à se rétablir , lorsque la publication
d'une Lettre du Roy son Pere ,
par laquelle il offroit la moitié de son
Royaume au Roy de Thebes pour racheter
son fils , si on le trouvoit , arriva jusques
dans la chambre où il étoit couché.
Sethos qu'on croyoit déja par tout avoir
été tué se confirma à la vûë de cette rancon
énorme , dans la reserve qu'il avoit
gardée jusqu'alors sur sa condition : et il
pria lui-même les Pheniciens de le conduire
jusqu'à la flote qu'ils avoient sur la
mer rouge , et qui alloit mettre à la voile
pour un voyage de long cours.
Dans le sixième livre , Sethos déguisé
sous le nom de Cherés , se distingue d'apar
ses connoissances auprès d'Ors-
Fiiij tarte
bord
2176 MERCURE DE FRANCE
tarte , Commandant de cette Flotte, où il
venoit d'entrer Esclave .. Il se signala encore
davantage dans un combat naval , que
les Pheniciens donnerent contre la Flotte
des Rois de la Taprobane. Ces Rois s'opposoient
aux Pheniciens qui venoient deffendre
leur Colonie établie dans cette Isledepuis
quelque - temps ; et on les soupçonnoit
de l'avoir exterminée . Astrate
après une victoire sur Mer , qui étoit dûë
en sa plus grande partie aux conseils et
au courage de Cherés , débarqua la nuit
pour achever la déstruction des insulaires
: mais se trouvant au point du jour à
la vûë de leur camp , les Rois lui députent
un Heraut pour lui demander une
conférence dans la plaine. Que là on lui
exposeroit le sujet de la Guerre qu'ils faisoient
à Pheletés, chef de la Colonie Phenicienne
; s'ils acceptoient pour Arbitredu
differend qu'ils avoient avec la Phenicie
, l'Egyptien même qu'Aytarte avoit
amené , et dont quelques Prisonniers
qu'ils avoient faits dans le combat de la
veille , leur avoient parlé avec de grands
éloges. Astrate ayant accordé au Heraut
cette demande ; on apprit dans la conférence
, que Pheletés avoit fait égorger en
une nuit le Gouverneur et la Garnison de
Galiba , ville maritime de la Taprobane
Qu
SEPTEMBRE . 1731 2177
où l'on avoit reçû les Pheniciens : ce qui
obligeoit les Rois d'assieger cette Ville
pour la reprendre. Cherés interrogé sur
cette question , prend hautement le parti
des insulaires
Pheniciens mêmes , le combat et la victoire
de la Ville . Pheletés qui assistoit à
cette conférence , commençoit à se deffendre
d'une maniere injurieuse pour
Cherés , lorsqu'Astrate montra une lettre
patente du Roy de Phenicie. Il étoit dit:
dans cette lettre , que le Roy ne sçachant
que confusément la cause de cette guerre ,.
envoyoit Astrate pour défendre la Colo--
nie si les Rois de l'Isle lui vouloient ôter
l'établissement qu'on lui avoit accordé :
autrefois. Il lui donnoit en même temps
la place de Pheletés , qui n'étoit agréable :
ny aux Pheniciens ny aux Insulaires , et
joignoit à l'égard de ce dernier , un ordre
de lui faire son Procez , s'il avoit fait aux
Rois ses amis et ses alliez , quelque offen--
se capitale. Pheletés entendant ces paroles
, sort brusquement de la tente , et se
jette dans la Mer : après quoi la Ville de
Galiba fut rendue à ses légitimes posses--
seurs et la Paix. rétablie entre les deux
Peuples.
et désavoie au nom des
Mais avant que la conférence se romapît
, Cherés proposa aux deux Nations
Fy Pen
2178 MERCURE DE FRANCE
l'entreprise de faire le tour de l'Affrique
par son extrêmité méridionale. Ilinsinua
qu'il avoit sur ce sujet des connoissances
particulieres dont il ne pouvoit pas dire
la source. C'étoient les Notions Geographiques
que les Prêtres de Thebes lui
avoient données. Il demanda à chacun
des deux Peuples six grands Vaisseaux , et
quelques autres plus petits , qui leur por
teroient de ses nouvelles pendant sa course
, et qui rapporteroient les provisions
dont il auroit besoin. Le credit que
Cherés s'étoit acquis , et l'esperance d'un
commerce avantageux fit consentir l'Assemblée
à ce dessein. Cherés commence
icy à devenir Chef et Commandant et
l'on verra dans toute la suite , que la réputation
de sa vertu , de son intelligence
et de son courage le rendra le Maître dans
tous les lieux où il arrivera.
›
:
Le sixième livre contient encore la route
qu'il fait le premier par la pleine Mer à
Menuthias , aujourd'huy Madagascar . I}
soûmet sans effusion de sang les Sauvages
de cette Isle , qui n'avoient aucune
forme de gouvernement , par une conquête
qui les rend plus heureux qu'ils ne
Fétoient avant son arrivée : et il leur
donne pour maîtres sous des conditions:
équitables , les Rois de la Taprobane,
Cheréa
SEPTEMBRE 1731. 2179
Cherés est plus severe à l'égard des Antropophages
, qui possedoient sur les cô
tes orientales de l'Affrique , les mines de
Sophir , ou Ophir , sans connoître leurs
richesses. Mais leur coûtumé étoit de
manger les hommes que les tempêtes ou
les naufrages jettoient sur leurs côtes. Ils
parurent d'abord se soûmetrre à un vain
queur bien-faisant. Mais s'étant revoltez
ensuite , et ayant fait massacrer avant un
combat qu'ils livrerent à Cherés , tous les
prisonniers qu'ils destinoient à leurs nourritures
; le vainqueur fit mettre en croix
le long du rivage tous les chefs , et condamna
tous les habitans à ouvrir les mines,
dont il donna la possession aux Pheni--
ciens..Il n'oublia pas néanmoins de faire
à l'égard de ces Esclaves , des loix qui
changerent leur punition en un travail
reglé et suportable:
Ce fût là enfin que Cherés se disposa
à découvrir le passage de la mer orientale
à la mer occidentale de l'Affriques pas
sage que l'on avoit souhaitté jusqu'alors.
sans aucun espoir. L'Auteur entre par- là
dans le septiéme livre que nous renvoyons;
avec les trois suivans au mois prochain
anecdotes de l'ancienne Egypte
traduite d'un Manuscrit Grec . A Paris ,
chez les Freres Guerin , Quay des Augustins
, et rue S. Jacques , 1731. trois Volumes
in 12. de plus de 400 , pages chacun
sans la Préface , l'Epitre et les Additions,
Cartes d'Egypte , d'Affrique , &c.
Le nom de M. l'Abbé Terrasson
qui n'est pas à la tête du livre , se trouve
dans le Privilege . Nous ne prétendons
pas donner au Public dans le mois de
Septembre , la premiere nouvelle d'un
Ouvrage , qui a été fort répandu dès les
premiers jours de Juillet : mais les trois
volumes in 12.dont il est composé , ne nous
ont pas permis plutôt d'en faire quelque
rapport au Public . C'est un ouvrage de
fiction à peu près dans le goût de Telema
que,ou des Voyages de Cyrus. Mais au lieu
que ces deux-cy se bornent en quelque
sorte à l'idée d'une éducation ; ce sujet
particulier ne remplit que le premier volume
de Sethos . Ce jeune Prince est fils
d'Osoroth , Roi de Memphis , Prince âgé
et indolent. Sethos dès le premier livre
perd
SEPTEMBRE . 1731. 2171
L
perd Nephté sa mere , Reine admirable
par sa vertu et par sa sagesse . Le Grand
Prêtre en la presentant au Senat , qui ju
geoit les morts en Egypte , fait d'elle un
Eloge Funebre , dont tous les lecteurs
ont été également frappez. Nephté en
mourant , avoit laissé pour Gouverneur
à son fils unique , âgé de huit ans , un excellent
homme , nommé Amedés , qui
conduit toute l'éducation de Sethos . Outre
le soin qu'il en prend par lui - même ,
il le fait profiter de l'éducation publique
des Egyptiens. A cette occasion , l'Auteur
fait dans le second livre une description
historique des Académies de Memphis. Il
donne là un leger crayon de toutes les
sciences qui ont rendu cette Nation si
fameuse , et il joint à ce narré d'excellens
avis pour tous ceux qui sont chargez de
l'instruction de la jeunesse , ou qui veulent
s'instruire eux - mêmes. Il insinuë , suivant
le principe déja exposé dans la Préface
, que les Sciences sont une des plus
grandes sources des vertus humaines et
civiles , non -seulement par l'occupation
qui est un obstacle au déreglement des
moeurs , mais encore par les préceptes et
par les exemples que la lecture nous
fournit. La Reine Daluca , qui épouse
Osoroth après la mort de Nephté , et qui
Fij vouloit
2172 MERCURE DE FRANCE
› vouloit perdre Sethos pour faire place
à l'aîné des deux Enfans qu'elle eût de
lui , songea d'abord à corrompre la Cour,
dans le dessein de faire passer son projet.
Elle ne trouva point de plus sûr moyen
pour introduire cette corruption , que de
décréditer ces Académies , et de jetter
les jeunes Seigneurs dans l'oisiveté et dans
le goût des amusemens frivoles. Elle Y
réussit dont les femmes de sa cour par
l'Auteur fait une peinture qui s'est attiré
une appro bation generale.
с
genereux ,
,
et mê-
Après huit ans de cette éducation pu
blique et particuliere , Amedés concevant
que son disciple avoit besoin d'un
mérite plus qu'ordinaire pour surmonter
les entreprises de ses ennemis domestiques
, conçoit le dessein
me perilleux , de lui procurer l'initiation.
C'étoit alors l'école des vertus les plus
héroïques, Les épreuves du corps qu'il
falloit subir , demandoient un courage
extrême , et les épreuves de l'ame exigeoient
une docilité qui faisoient de l'aspirant
un homme nouveau L'autheur fait
de ces pratiques un tableau qu'on n'a
vû encore nulle part , et où la fiction ne
sert que d'ornement à un fond vrai
mais qui n'a été sçû jusqu'à present que
de ceux qui ont une grande connoissance
9
de
SEPTEMBRE. 1737. 2173
de l'Antiquité.Ces exercices exposez dans
le troisième livre finissent à l'égard de
Sethos , par trois questions qu'on lui
propose sur l'héroïsme : les réponses qu'il
y donne font , pour ainsi dire , la base de
tout le reste de sa vie. Il satisfait à ces
questions dans le quatriéme livre à l'occasion
de l'histoire de deux freres , fils du
Prince de Carthage , qui avoit promis sa
succession à celui des deux qui feroit
dans le cours de trois années l'action la
plus héroïque . Sethos ayant décidé que
la premiere vertu du Heros , est un amour
zelé du genre humain , se consacre luimême
au service des hommes en general:
et en conséquence de cette résolution , it
employe le long exil où le jette la persécution
de Daluca , à faire chez des peuples
inconnus les voyages utiles pour eux,
qui font le sujet du second volume.
Le cinquiéme livre le premier des
trois qui composent ce volume , contient
le détail d'une guerre que le Roi de Thebes
fait au Roy de Memphis. L'artificieuse
Daluca veut se servir de cette
guerre pour faire perir Sethos . Elle arrache
, pour ainsi dire , le consentement
du Roy pour la nomination d'un General
indigne , nommé Thoris , auquel elle
communique ses intentions. Le Roy se
Fiij. COR
2174 MERCURE DE FRANCE
}
contente de soustraire son fils à l'obéïssance
d'un tel chef , et de ne lui donner
aucun autre Commandant qu'Amedés.
Le jeune Prince part pour Captos que le
Roy de Thebes menaçoit d'un Siége.
Mais avant qu'il fût formé , Sethos profite
du Privilege commun à tous les initiez
, pour visiter secretement sous la
conduite des Prêtres , les curiositez principales
du Royaume de Thebes. On trou
ve ici en abregé les singularitez dù Nil .
Sethos termine cette petite course par la
visite de l'Observatoire des Prêtres Thebains.
Il prend là des connoissances utiles
et nécessaires à une grande navigation ,
où il conduira bien- tôt les Phéniciens , et
qu'il montrera le premier aux hommes.
Revenu à Captos , les essais de son intelligence
et de son courage en fait de guerre
, sont des actions merveilleuses ; et
quoi qu'il ne combattit encore que comme
volontaire , il s'attire l'admiration
des assiegez et même des assiegeans . Enfin
pourtant le traître Thoris pressé d'ailleurs
les lettres de la Reine , et sçapar
chant qu'Amedés ne permettoit point au
jeune Prince de sortir de la place , imagine
un moyen de faire entrer à la faveur
d'une attaque de nuit , les ennemis dans
la Ville , qu'il défendoit lui- même au - de-
,
hors
SEPTEMBRE. 1731. 2179
porte
:
,
›
hors. Les ennemis néanmoins n'entrerent
pas mais Sethos et Amedés lui-même
combattant avec les Assiegez dans une
alors ouverte se trouverent sortis
eux-mêmes dans le fort de l'action , et
séparez l'un de l'autre. Sethos fut griévement
blessé , fut pris par des Soldats
Ethiopiens , et porté dans une Ville voisine
, où les Pheniciens avoient un établissement
considérable. Les Ethiopiens
qui ne le connoissoient pas ; vendirent ce
Prince aux Pheniciens qui ne le reconnurent
pas non plus . Ce jeune Prince
commençoit à se rétablir , lorsque la publication
d'une Lettre du Roy son Pere ,
par laquelle il offroit la moitié de son
Royaume au Roy de Thebes pour racheter
son fils , si on le trouvoit , arriva jusques
dans la chambre où il étoit couché.
Sethos qu'on croyoit déja par tout avoir
été tué se confirma à la vûë de cette rancon
énorme , dans la reserve qu'il avoit
gardée jusqu'alors sur sa condition : et il
pria lui-même les Pheniciens de le conduire
jusqu'à la flote qu'ils avoient sur la
mer rouge , et qui alloit mettre à la voile
pour un voyage de long cours.
Dans le sixième livre , Sethos déguisé
sous le nom de Cherés , se distingue d'apar
ses connoissances auprès d'Ors-
Fiiij tarte
bord
2176 MERCURE DE FRANCE
tarte , Commandant de cette Flotte, où il
venoit d'entrer Esclave .. Il se signala encore
davantage dans un combat naval , que
les Pheniciens donnerent contre la Flotte
des Rois de la Taprobane. Ces Rois s'opposoient
aux Pheniciens qui venoient deffendre
leur Colonie établie dans cette Isledepuis
quelque - temps ; et on les soupçonnoit
de l'avoir exterminée . Astrate
après une victoire sur Mer , qui étoit dûë
en sa plus grande partie aux conseils et
au courage de Cherés , débarqua la nuit
pour achever la déstruction des insulaires
: mais se trouvant au point du jour à
la vûë de leur camp , les Rois lui députent
un Heraut pour lui demander une
conférence dans la plaine. Que là on lui
exposeroit le sujet de la Guerre qu'ils faisoient
à Pheletés, chef de la Colonie Phenicienne
; s'ils acceptoient pour Arbitredu
differend qu'ils avoient avec la Phenicie
, l'Egyptien même qu'Aytarte avoit
amené , et dont quelques Prisonniers
qu'ils avoient faits dans le combat de la
veille , leur avoient parlé avec de grands
éloges. Astrate ayant accordé au Heraut
cette demande ; on apprit dans la conférence
, que Pheletés avoit fait égorger en
une nuit le Gouverneur et la Garnison de
Galiba , ville maritime de la Taprobane
Qu
SEPTEMBRE . 1731 2177
où l'on avoit reçû les Pheniciens : ce qui
obligeoit les Rois d'assieger cette Ville
pour la reprendre. Cherés interrogé sur
cette question , prend hautement le parti
des insulaires
Pheniciens mêmes , le combat et la victoire
de la Ville . Pheletés qui assistoit à
cette conférence , commençoit à se deffendre
d'une maniere injurieuse pour
Cherés , lorsqu'Astrate montra une lettre
patente du Roy de Phenicie. Il étoit dit:
dans cette lettre , que le Roy ne sçachant
que confusément la cause de cette guerre ,.
envoyoit Astrate pour défendre la Colo--
nie si les Rois de l'Isle lui vouloient ôter
l'établissement qu'on lui avoit accordé :
autrefois. Il lui donnoit en même temps
la place de Pheletés , qui n'étoit agréable :
ny aux Pheniciens ny aux Insulaires , et
joignoit à l'égard de ce dernier , un ordre
de lui faire son Procez , s'il avoit fait aux
Rois ses amis et ses alliez , quelque offen--
se capitale. Pheletés entendant ces paroles
, sort brusquement de la tente , et se
jette dans la Mer : après quoi la Ville de
Galiba fut rendue à ses légitimes posses--
seurs et la Paix. rétablie entre les deux
Peuples.
et désavoie au nom des
Mais avant que la conférence se romapît
, Cherés proposa aux deux Nations
Fy Pen
2178 MERCURE DE FRANCE
l'entreprise de faire le tour de l'Affrique
par son extrêmité méridionale. Ilinsinua
qu'il avoit sur ce sujet des connoissances
particulieres dont il ne pouvoit pas dire
la source. C'étoient les Notions Geographiques
que les Prêtres de Thebes lui
avoient données. Il demanda à chacun
des deux Peuples six grands Vaisseaux , et
quelques autres plus petits , qui leur por
teroient de ses nouvelles pendant sa course
, et qui rapporteroient les provisions
dont il auroit besoin. Le credit que
Cherés s'étoit acquis , et l'esperance d'un
commerce avantageux fit consentir l'Assemblée
à ce dessein. Cherés commence
icy à devenir Chef et Commandant et
l'on verra dans toute la suite , que la réputation
de sa vertu , de son intelligence
et de son courage le rendra le Maître dans
tous les lieux où il arrivera.
›
:
Le sixième livre contient encore la route
qu'il fait le premier par la pleine Mer à
Menuthias , aujourd'huy Madagascar . I}
soûmet sans effusion de sang les Sauvages
de cette Isle , qui n'avoient aucune
forme de gouvernement , par une conquête
qui les rend plus heureux qu'ils ne
Fétoient avant son arrivée : et il leur
donne pour maîtres sous des conditions:
équitables , les Rois de la Taprobane,
Cheréa
SEPTEMBRE 1731. 2179
Cherés est plus severe à l'égard des Antropophages
, qui possedoient sur les cô
tes orientales de l'Affrique , les mines de
Sophir , ou Ophir , sans connoître leurs
richesses. Mais leur coûtumé étoit de
manger les hommes que les tempêtes ou
les naufrages jettoient sur leurs côtes. Ils
parurent d'abord se soûmetrre à un vain
queur bien-faisant. Mais s'étant revoltez
ensuite , et ayant fait massacrer avant un
combat qu'ils livrerent à Cherés , tous les
prisonniers qu'ils destinoient à leurs nourritures
; le vainqueur fit mettre en croix
le long du rivage tous les chefs , et condamna
tous les habitans à ouvrir les mines,
dont il donna la possession aux Pheni--
ciens..Il n'oublia pas néanmoins de faire
à l'égard de ces Esclaves , des loix qui
changerent leur punition en un travail
reglé et suportable:
Ce fût là enfin que Cherés se disposa
à découvrir le passage de la mer orientale
à la mer occidentale de l'Affriques pas
sage que l'on avoit souhaitté jusqu'alors.
sans aucun espoir. L'Auteur entre par- là
dans le septiéme livre que nous renvoyons;
avec les trois suivans au mois prochain
Fermer
Résumé : Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Sethos, Histoire ou Vie tirée des Monumens anecdotiques de l'ancienne Egypte' a été traduit d'un manuscrit grec et publié à Paris en 1731 par les Frères Guerin. Il se compose de trois volumes in-12, chacun contenant plus de 400 pages, sans compter la préface, l'épître et les additions. Le nom de l'abbé Terrasson apparaît dans le privilège, mais pas à la tête du livre. L'histoire relate la vie de Sethos, fils d'Osoroth, roi de Memphis, et de la reine Nephté. Après la mort de Nephté, Sethos est élevé par Amedés, un gouverneur sage et vertueux. Le second volume décrit les académies de Memphis et les sciences qui ont rendu l'Égypte célèbre, soulignant l'importance des sciences pour les vertus humaines et civiles. La reine Daluca, nouvelle épouse d'Osoroth, cherche à éliminer Sethos pour favoriser ses propres enfants. Elle tente de discréditer les académies et de corrompre la cour. Amedés, pour protéger Sethos, décide de lui faire subir l'initiation, un processus exigeant des épreuves physiques et morales. Après son initiation, Sethos se consacre au service de l'humanité et entreprend des voyages utiles. Le cinquième volume relate une guerre entre le roi de Thèbes et le roi de Memphis, où Daluca tente de faire périr Sethos en nommant un général indigne. Sethos, malgré les trahisons, se distingue par son courage et son intelligence. Capturé et vendu comme esclave, Sethos se retrouve sur un navire phénicien sous le nom de Cherés. Il se distingue lors d'un combat naval et aide à résoudre un conflit entre les Phéniciens et les rois de la Taprobane. Il propose ensuite une expédition pour faire le tour de l'Afrique par son extrémité méridionale, utilisant les connaissances géographiques acquises auprès des prêtres de Thèbes. Le sixième volume décrit les aventures de Cherés en Afrique, où il soumet les habitants de Madagascar et des côtes orientales de l'Afrique, mettant fin à leurs pratiques anthropophages et établissant des lois équitables. Il découvre finalement le passage entre la mer orientale et la mer occidentale de l'Afrique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5336
p. 2179-2190
Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES de M. Charles Riviere du Fresni. A Paris, rue St. Jacques, chez [...]
Mots clefs :
Théâtre, Musique, Jardinage, Plaisir, Volupté, Libertinage, Peinture, Sculpture, Chansons, Imagination, Charles Dufresny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
OEUVRES de M, Charles Riviere d
Fresnil A Paris , rue St. Jacques: che
Fvi Briase
2180 MERCURE DE FRANCE
Briasson , 1731. 6. vol. in 12. prix 15.
liv..relié.
On voit à la tête un Portrait fort ressemblant
de l'Auteur , gravé par François .
Jollain , d'après le Tableau original de M..
Ch. Coypel ; et dans un Avertissement de
37. pages , l'Editeur donne cette idée du
caractere de feu M. du Fresni .
-C
il
il ne
En donnant simplement l'essor à son
Imagination , naturellement tournée à la
gayeté et aux idées singulieres gagna
les bonnes graces du feu Roi , et se trouva
comblé de ses bienfaits , qui , joints à son
bien de patrimoine , rendirent bien -tôt sa
situation opulante ; mais son goût pour la
dépense , l'empêcha de la rendre solide.
Comme il étoit né sans ambition
désiroit les richesses que pour satisfaire
aux; commoditez de la vie , ( car il n'en
avoit pas encore connu les besoins ; ) il:
aimoit le plaisir comme volupté et non
comme libertinage ; une table délicate et
des amis choisis étoient les choses qui le
flattoient le plus . Il avoit reçu de la natu
re beaucoup de goût pour tous les Arts ;;
Peinture , Sculpture , Architecture , Jar
dinage , tous sembloient lui être familiers :
par les jugemens justes qu'il portoit de
leurs productions.
Outre le goût pour les Arts , il avoit
encore
SEPTEMBRE. 173 218
1
encore un talent naturel et particulier
pour la Musique et pour le Dessein ; quoi--
que les principes de l'un et de l'autre n'eussent
point fait partie de son éducation , ill
a néanmoins produit dans ces deux genres
des choses inimitables. Les airs de ses
chansons de caractere en sont une preuve
convainquante ; car il n'y a pas un de ces:
airs qui ne soit de sa composition : mais
ce que l'on ne peut transmettre , c'est l'intelligence
et le goût avec lesquels il les
chantoit. Il est vrai que la fecondité deson
genie lui en faisoit varier les chants
toutes les fois qu'on l'engageoit à les exe--
cuter ; ce qui souvent lui déplaisoit , etsur-
tout lorsqu'on le loiioit sur un talent:
qu'il regardoit comme fört inferieur aux:
autres. Il est cependant facheux qu'il nous
reste si peu de ses chansons , puisqu'il
convient lui -même dans un de ses Mercures
, d'en avoir fait plus de cent.
Il n'étoit pas moins surprenant du côté
du Dessein , que du côté de la Musique s
il n'avoit , il est vrai , aucune pratique du
crayon , du pinceau ni de la plume ; mais
il s'étoit fait à lui- même un équivalent de
tout cela , en prenant dans differentes Es
tampes des parties d'homme , d'animaux,.
de plantes ou d'arbres qu'il découpoit , et
dont il formoit un sujet dessiné seulement
dans;
T82 MERCURE DE FRANCE
dans son imagination ; il les disposoit et
les colloit les unes auprès des autres , selon
que le sujet le demandoit : il lui arrivoit
même de changer l'expression des
têtes , qui ne convenoit pas à son idée, en
supprimant les yeux , la bouche , le nez
et les autres parties du visage , et y en
fubstituant d'autres qui étoient propres à
exprimer la passion qu'il vouloit peindre ;
tant il étoit sûr du jeu de ces parties pour
Feffet qu'il en attendoit. Mais ce qu'il y a
d'étonnant , c'est que cet assemblage de
pieces rapportées , en apparence , au hazard
et sans esquisse , formoit un tout
agréable , dont l'incorrection de Dessein
n'étoit sensible qu'à des yeux connoise
seurs.
Quelques séduisans que fussent pour lui
ees deux talens , ils ne prévaloient pas au
goût dominant qu'il avoit pour l'art de
construire des Jardins. Il avoit pour cet
Art un genie singulier , mais nullement
susceptible de comparaison avec celui dés
grands hommes que nous avons eû , et
que nous avons encore dans ce genre. Dufreny
ne travailloit avec plaisir , et pour
ainsi dire , à l'aise , que sur un terrain irregulier
et inégal .. If lui falloit des obstar
cles à vaincre , et quand la nature ne lui
en fournissoit pas , il s'en donnoit luimême,
SEPTEMBRE. 173. 28
même ; c'est-à dire que d'un emplacement
regulier , et d'un terrain plat , il en faisoit
un montueux ; afin de varier , disoit
il , les objets en les multipliant , et se garantir
des vûës voisines , en leur oppo
sant des élevations de terre , qui servoient
en même temps de Belveders. Tels étoient
les jardins de Mignaux près Poissy ; es
tels sont encore ceux qu'ils a faits dans le
Faubourg S. Antoine , pendant les dix
dernieres années de sa vie , dont l'un est
connu sous le nom du Moulin , et l'autre
qu'il appelloit le chemin creux. Tout le
monde connoit aussi la maison et les jardins
de M. l'Abbé Pajot près de Vincennes
; par là on peut juger du goût et du
genie de Dufreny dans ce genre.
Louis XIV. ayant pris la résolution de
faire faire à Versailles des Jardins dont la
grandeur et la magnificence surpassassent
tout ce qu'on avoit vû et même imaginé
jusqu'alors , lui demanda des Desseins..
Dufreny en fit deux differens ; ce Prince
les examina et les compara avec ceux
qu'on lui avoit presentez ; Il en parut
content , et ne les refusa que par l'exces--
sive dépense dans laquelle l'exécution
l'auroit engagé . Ce Monarque qui aimoit
les Arts , et qui les avoit portez à leurplus
haut degré de perfection par les :
›
tecome
2184 MERCURE DE FRANCE
recompenses dont il prévenoit ceux qu'i
s'y distinguoient , accorda à Dufreny un
Brevet de Contrôleur de ses Jardins . Peu
de temps après il obtint encore de Sa Majesté
le Privilege d'une nouvelle Manufac
ture de grandes Glaces que l'on proposoit
d'établir , et dont le succès a passé de beau--
Coup ce qu'on en attendoit.
›
Si Dufreny avoit été capable de prévoir
l'avenir , il auroit senti la valeur du
don que le Roy lui avoit fait mais sa
maniere de penser ne lui läissoit jamais
imaginer le lendemain ; le present étoit
son seul point de vûë , et faisoit son bon-
Keur ou son malheur desorte que pressé
de satisfaire à quelques caprices, qui en lui:
étoient aussi, forts que des besoins , il ceda
le Privilege des Glaces pour une somme
assez modique , &c. M. Dufreny ayant
ensuite vendu sa charge et quitté la Cour,
se fixa à Paris , et les liaisons étroites qu'il!
eut avec Renard , Philosophe voluptueux
comme lui , et celebre Auteur comique
déveloperent les talens qu'ils avoient pour
le Theatre. La Comedie Italienne fleuris- _
soit alors ; et les Acteurs qui la compo
soient avoient surmonté les difficultezz
d'une langue étrangere. Leurs Pieces
étoient presque entierement françoises ;
d'etoit la mode de fréquenter ce Theatre ,
est
SEPTEMBRE. 173. 2185
et par conséquent les Auteurs y portoient
leurs ouvrages par préference.
Des Pieces sans regles et sans conduite
mais lucratives , convenoient parfaite
ment à Dufreny ; car, à dire vray , son genie
étoit plus propre à produire des Scenes.
détachées , qu'à bien conduire une Comedie.
En effet , n'auroit-il pas été étonnant ,
qu'un homme qui avoit eû si peu de conduite
dans le cours de sa vie , en eût mis
beaucoup dans ses Pieces de Theatre.
C'est aussi le seul défaut qu'on puisse
lui reprocher à cet égard. D'ailleurs on
y trouve des caracteres bien peints et bien
soutenus , un Dialogue juste et concis
un Comique pris dans la pensée , et rarement
jouant sur le mot ; des portraits ,
critiques sans être satyriques ; et dans
tout une vivacité de genie qui lui prom
pre. Tel on dépeint Dufreny dans ses ouvrages
,.
tel il étoit avec ses amis ; c'està-
dire , aimable sans médisance , et plai..
sant sans raillerie piquante ; aussi disoitil
; Qu'on est plus excusable de ne pas penser
juste , que de penser malignement.
Ce que j'ai dit à l'égard des Comedies.
de nôtre Auteur , poursuit l'Editeur , regarde
principalement celles qu'il a données
au Theatre François ; car il regnoit
sur celui des Italiens un goût de satyre et
d'équi
2186 MERCURE DE FRANCE
d'équivoque auquel il falloit nécessaire
ment se préter pour reüssir.
Après a suppression de leur Theatre ,
notre Auteur travailla pour celui des
François les Pieces qu'il y donna , n’eurent
pas tout le succès qu'il en esperoit ;
et il ne pouvoit compter de veritables
succès que ceux du double. Veuvage et de
P'Esprit de Contradiction ; encore cette der
niere qui passe pour un chef - d'oeuvre
dans son genre , eût- elle le sort de quel
ques -unes de nos anciennes Pieces , qui
font cependant aujourd'huy les délices
du Public
M. Dufreny avoit été marié deux fois.
Distrait par l'application involontaire de
son esprit à ses compositions qui le sui
voient par tout , il lui auroit été fort difficile
de se livrer aux soins d'une famille.
Il le sentoit bien ; et peut-être étoit - ce
pour s'en dispenser entierement qu'il
avoit imaginé d'avoir en même temps 3.
ou 4. logemens dans differens quartiers de
Paris ; et qu'il les quittoit dès qu'il soupçonnoit
d'y être connu de ceux avec les
quels il ne vouloit point avoir de commerce
, & c.
A sa mort , arrivée le 6. Octobre 1724.
en la 7 me. année de son âge , ses sentimans
de pieté et de resignation furent i
sin
SEPTEMBRE. 1731. 2187
sinceres , qu'il consentit, à la sollicitation
des deux enfans qu'il avoit eû de son premier
mariage , que l'on brûlât tous ses
ouvrages , le seul bien qui lui restoit alors .
C'étoit une seconde partie des Amusemens
serieux et comiques , les Vapeurs , Comedie
en un Acte , qu'il avoit lûës à tous ses
amis , et dont ils ne se rappellent le souvenir
qu'avec regret ; La Joueuse , qu'il
avoit mise en vers ; le Superstitieux , et le
Valet-Maître , Comedies en cinq Actes ,
presque finies , de même
que l'Epreuve
en trois Actes , avec des Intermedes qu'il
comptoit donner incessamment au Public.
Si jamais ouvrages de Theatre devoient
être épargnés , c'étoient ceux de notre
Auteur par la pureté des moeurs qui y regnoit
; mais ce zéle pour lequel le seul
nom de Comedie est un crime , et celui
de Theatre une profanation , en ordonna
autrement ; Scenes détachées , canevas da
Pieces , Refléxions , Ouvrages même de
ses mains ; tout fût mis en cendre , & c . >
On ne peut donc donner qu'un recueil
le plus complet qu'il a été possible de ses
oeuvres déja imprimées , mais , ou malimprimées
, ou devenuës rares ; on y a
ajoûté tout ce qu'on a jugé être de lui
dans les Mercures , comme Paralleles ,
Dissertations ou Examens critiques ,
›
His2188
MERCURE DE FRANCE
Historietes nouvelles et Chansons dong
on a toûjours désiré d'avoir une suite. I
est vrai que ce qui enrichir le plus cette
édition , ce sont trois Comedies , qui n'avoient
jamais été imprimées , et dont une
n'avoit pas encore été répresentée . Ces
trois Pieces sont la Malade sans maladie
La Joueuse , en Prose , et le faux Sincere.
On est redevable des deux premieres à
générosité des Comediens François ,
qui possedoient dans leur dépôt les seuls
Manuscrits qui existassent de ces deux
Pieces , et qui ont bien voulu les abandonner
à l'impression ; ils ont fait même
toutes les recherches possibles pour l'aug
menter encore de trois autres Pieces , intitulées
: Sancho Pansa en trois Actes ;
le Portrait , en un Acte , et les Dominos ,
aussi en un Acte ; mais malgré tous les
soins qu'ils se sont donnez , ils n'ont pû
les recouvrer , & c ..
>
>
La multiplicité d'avis differens , et la
facilité que M. Dufreny avoit à repro
duire lui faisoient presque toûjours
changer ses Pieces et les tourner de diffe
rentes façons , et souvent à leur désavantage.
C'est pour cette raison que M. de
M.... exigea de Dufreny , qu'il prit copie
de sonfaux Sincere , afin de la conserver
dans le meilleur état que ses amis .
ju+.
SEPTEMBRE . 1731. 2189
jugerent qu'il le pouvoit nettre : Jugement
que le Public a confirmé par l'accueil
favorable qu'il a fait à cette Comedie
Voilà ce que nous croyons pouvoir extraire
de cette Préface sur la vie , le caractere et les
Ouvrages defeu M. Dufreny. Voici le Cata-
Logue de ses Pieces , sçavoir , celles qui ont
été données au Theatre François.
Le Negligent. Prose , f . Actes.
Attendez- moy sous l'Orme. Prose , 1. Acte
Le Chevalier Joueur. 5. Actes . Prose .
La Nôce interrompuë. 1. Acte. Prose.
La Malade sans maladie. 5. Actes. Prose
L'esprit de contradiction. 1. Acte. Prose.
Le double Veuvage. 3. Actes. Prose.
Lefaux Honnête - Homme. 3. Actes . Prose
Le faux Instinct. 3. Actes. Prose.
Le Jaloux honteux. 5. Actes . Prose.
La Joueuse. 5. Actes . Prose.
Le Lot suposé. En Vers . 3. Actes.
La Réconciliation Normande. 5. Act. Vers
Le Dédit. 1. Acte . Vers.
Le Mariage fait et rompu. 3. Actes. Vers
Le faux Sincere. 5. Actes . Vers.
Comedies pour le Theatre Italien,
L'Opera de Campagne. 3. Actes.
L'union des deux Opera. Un Acté.
Les
2190 MERCURE DE FRANCE
Les Chinois. 4. Actes et un Prologue.
La Baguette de Vulcain . Un Acte .
Les Adieux des Officiers , ou Venus justifiée
. Un Acte.
Les Mal- Assortis . 2. Actes .
Le Départ des Comédiens. Un Acte.
Attendez- moi sous l'orme . Un Acte.
La Foire S. Germain. 3. Actes.
Les Momies d'Egypte. Un Acte.
Pasquin et Morphorio, Medecins des Moeurs.
3. Actes.
Les Fées , ou les Contes de ma Mere.
l'Oye. Un Acte.
Les 4. premiers Volumes contiennent les
Comédies joüées sur le Théatre François.
Le quatriéme Tome rempli par les
Amusemens serieux et comiques , Ouvrage
très- excellent et rrès - connu , puis
qu'il est traduit dans toutes les Langues
l'Europe.
Le Puits de la Verité. Histoire Gauloise.
Parallele d'Homere et de Rabelais.
Reflexions sur la Tragedie de Rhadamiste
et Zénobie.
Réponse Apologetique de l'Auteur du Mercure
Galant , au Mercure de Trévoux .
Le sixième Volume , de 300. pages sans
les Chansons notées , contient les Oenvres
diverses de Dufresny , &c.
Fresnil A Paris , rue St. Jacques: che
Fvi Briase
2180 MERCURE DE FRANCE
Briasson , 1731. 6. vol. in 12. prix 15.
liv..relié.
On voit à la tête un Portrait fort ressemblant
de l'Auteur , gravé par François .
Jollain , d'après le Tableau original de M..
Ch. Coypel ; et dans un Avertissement de
37. pages , l'Editeur donne cette idée du
caractere de feu M. du Fresni .
-C
il
il ne
En donnant simplement l'essor à son
Imagination , naturellement tournée à la
gayeté et aux idées singulieres gagna
les bonnes graces du feu Roi , et se trouva
comblé de ses bienfaits , qui , joints à son
bien de patrimoine , rendirent bien -tôt sa
situation opulante ; mais son goût pour la
dépense , l'empêcha de la rendre solide.
Comme il étoit né sans ambition
désiroit les richesses que pour satisfaire
aux; commoditez de la vie , ( car il n'en
avoit pas encore connu les besoins ; ) il:
aimoit le plaisir comme volupté et non
comme libertinage ; une table délicate et
des amis choisis étoient les choses qui le
flattoient le plus . Il avoit reçu de la natu
re beaucoup de goût pour tous les Arts ;;
Peinture , Sculpture , Architecture , Jar
dinage , tous sembloient lui être familiers :
par les jugemens justes qu'il portoit de
leurs productions.
Outre le goût pour les Arts , il avoit
encore
SEPTEMBRE. 173 218
1
encore un talent naturel et particulier
pour la Musique et pour le Dessein ; quoi--
que les principes de l'un et de l'autre n'eussent
point fait partie de son éducation , ill
a néanmoins produit dans ces deux genres
des choses inimitables. Les airs de ses
chansons de caractere en sont une preuve
convainquante ; car il n'y a pas un de ces:
airs qui ne soit de sa composition : mais
ce que l'on ne peut transmettre , c'est l'intelligence
et le goût avec lesquels il les
chantoit. Il est vrai que la fecondité deson
genie lui en faisoit varier les chants
toutes les fois qu'on l'engageoit à les exe--
cuter ; ce qui souvent lui déplaisoit , etsur-
tout lorsqu'on le loiioit sur un talent:
qu'il regardoit comme fört inferieur aux:
autres. Il est cependant facheux qu'il nous
reste si peu de ses chansons , puisqu'il
convient lui -même dans un de ses Mercures
, d'en avoir fait plus de cent.
Il n'étoit pas moins surprenant du côté
du Dessein , que du côté de la Musique s
il n'avoit , il est vrai , aucune pratique du
crayon , du pinceau ni de la plume ; mais
il s'étoit fait à lui- même un équivalent de
tout cela , en prenant dans differentes Es
tampes des parties d'homme , d'animaux,.
de plantes ou d'arbres qu'il découpoit , et
dont il formoit un sujet dessiné seulement
dans;
T82 MERCURE DE FRANCE
dans son imagination ; il les disposoit et
les colloit les unes auprès des autres , selon
que le sujet le demandoit : il lui arrivoit
même de changer l'expression des
têtes , qui ne convenoit pas à son idée, en
supprimant les yeux , la bouche , le nez
et les autres parties du visage , et y en
fubstituant d'autres qui étoient propres à
exprimer la passion qu'il vouloit peindre ;
tant il étoit sûr du jeu de ces parties pour
Feffet qu'il en attendoit. Mais ce qu'il y a
d'étonnant , c'est que cet assemblage de
pieces rapportées , en apparence , au hazard
et sans esquisse , formoit un tout
agréable , dont l'incorrection de Dessein
n'étoit sensible qu'à des yeux connoise
seurs.
Quelques séduisans que fussent pour lui
ees deux talens , ils ne prévaloient pas au
goût dominant qu'il avoit pour l'art de
construire des Jardins. Il avoit pour cet
Art un genie singulier , mais nullement
susceptible de comparaison avec celui dés
grands hommes que nous avons eû , et
que nous avons encore dans ce genre. Dufreny
ne travailloit avec plaisir , et pour
ainsi dire , à l'aise , que sur un terrain irregulier
et inégal .. If lui falloit des obstar
cles à vaincre , et quand la nature ne lui
en fournissoit pas , il s'en donnoit luimême,
SEPTEMBRE. 173. 28
même ; c'est-à dire que d'un emplacement
regulier , et d'un terrain plat , il en faisoit
un montueux ; afin de varier , disoit
il , les objets en les multipliant , et se garantir
des vûës voisines , en leur oppo
sant des élevations de terre , qui servoient
en même temps de Belveders. Tels étoient
les jardins de Mignaux près Poissy ; es
tels sont encore ceux qu'ils a faits dans le
Faubourg S. Antoine , pendant les dix
dernieres années de sa vie , dont l'un est
connu sous le nom du Moulin , et l'autre
qu'il appelloit le chemin creux. Tout le
monde connoit aussi la maison et les jardins
de M. l'Abbé Pajot près de Vincennes
; par là on peut juger du goût et du
genie de Dufreny dans ce genre.
Louis XIV. ayant pris la résolution de
faire faire à Versailles des Jardins dont la
grandeur et la magnificence surpassassent
tout ce qu'on avoit vû et même imaginé
jusqu'alors , lui demanda des Desseins..
Dufreny en fit deux differens ; ce Prince
les examina et les compara avec ceux
qu'on lui avoit presentez ; Il en parut
content , et ne les refusa que par l'exces--
sive dépense dans laquelle l'exécution
l'auroit engagé . Ce Monarque qui aimoit
les Arts , et qui les avoit portez à leurplus
haut degré de perfection par les :
›
tecome
2184 MERCURE DE FRANCE
recompenses dont il prévenoit ceux qu'i
s'y distinguoient , accorda à Dufreny un
Brevet de Contrôleur de ses Jardins . Peu
de temps après il obtint encore de Sa Majesté
le Privilege d'une nouvelle Manufac
ture de grandes Glaces que l'on proposoit
d'établir , et dont le succès a passé de beau--
Coup ce qu'on en attendoit.
›
Si Dufreny avoit été capable de prévoir
l'avenir , il auroit senti la valeur du
don que le Roy lui avoit fait mais sa
maniere de penser ne lui läissoit jamais
imaginer le lendemain ; le present étoit
son seul point de vûë , et faisoit son bon-
Keur ou son malheur desorte que pressé
de satisfaire à quelques caprices, qui en lui:
étoient aussi, forts que des besoins , il ceda
le Privilege des Glaces pour une somme
assez modique , &c. M. Dufreny ayant
ensuite vendu sa charge et quitté la Cour,
se fixa à Paris , et les liaisons étroites qu'il!
eut avec Renard , Philosophe voluptueux
comme lui , et celebre Auteur comique
déveloperent les talens qu'ils avoient pour
le Theatre. La Comedie Italienne fleuris- _
soit alors ; et les Acteurs qui la compo
soient avoient surmonté les difficultezz
d'une langue étrangere. Leurs Pieces
étoient presque entierement françoises ;
d'etoit la mode de fréquenter ce Theatre ,
est
SEPTEMBRE. 173. 2185
et par conséquent les Auteurs y portoient
leurs ouvrages par préference.
Des Pieces sans regles et sans conduite
mais lucratives , convenoient parfaite
ment à Dufreny ; car, à dire vray , son genie
étoit plus propre à produire des Scenes.
détachées , qu'à bien conduire une Comedie.
En effet , n'auroit-il pas été étonnant ,
qu'un homme qui avoit eû si peu de conduite
dans le cours de sa vie , en eût mis
beaucoup dans ses Pieces de Theatre.
C'est aussi le seul défaut qu'on puisse
lui reprocher à cet égard. D'ailleurs on
y trouve des caracteres bien peints et bien
soutenus , un Dialogue juste et concis
un Comique pris dans la pensée , et rarement
jouant sur le mot ; des portraits ,
critiques sans être satyriques ; et dans
tout une vivacité de genie qui lui prom
pre. Tel on dépeint Dufreny dans ses ouvrages
,.
tel il étoit avec ses amis ; c'està-
dire , aimable sans médisance , et plai..
sant sans raillerie piquante ; aussi disoitil
; Qu'on est plus excusable de ne pas penser
juste , que de penser malignement.
Ce que j'ai dit à l'égard des Comedies.
de nôtre Auteur , poursuit l'Editeur , regarde
principalement celles qu'il a données
au Theatre François ; car il regnoit
sur celui des Italiens un goût de satyre et
d'équi
2186 MERCURE DE FRANCE
d'équivoque auquel il falloit nécessaire
ment se préter pour reüssir.
Après a suppression de leur Theatre ,
notre Auteur travailla pour celui des
François les Pieces qu'il y donna , n’eurent
pas tout le succès qu'il en esperoit ;
et il ne pouvoit compter de veritables
succès que ceux du double. Veuvage et de
P'Esprit de Contradiction ; encore cette der
niere qui passe pour un chef - d'oeuvre
dans son genre , eût- elle le sort de quel
ques -unes de nos anciennes Pieces , qui
font cependant aujourd'huy les délices
du Public
M. Dufreny avoit été marié deux fois.
Distrait par l'application involontaire de
son esprit à ses compositions qui le sui
voient par tout , il lui auroit été fort difficile
de se livrer aux soins d'une famille.
Il le sentoit bien ; et peut-être étoit - ce
pour s'en dispenser entierement qu'il
avoit imaginé d'avoir en même temps 3.
ou 4. logemens dans differens quartiers de
Paris ; et qu'il les quittoit dès qu'il soupçonnoit
d'y être connu de ceux avec les
quels il ne vouloit point avoir de commerce
, & c.
A sa mort , arrivée le 6. Octobre 1724.
en la 7 me. année de son âge , ses sentimans
de pieté et de resignation furent i
sin
SEPTEMBRE. 1731. 2187
sinceres , qu'il consentit, à la sollicitation
des deux enfans qu'il avoit eû de son premier
mariage , que l'on brûlât tous ses
ouvrages , le seul bien qui lui restoit alors .
C'étoit une seconde partie des Amusemens
serieux et comiques , les Vapeurs , Comedie
en un Acte , qu'il avoit lûës à tous ses
amis , et dont ils ne se rappellent le souvenir
qu'avec regret ; La Joueuse , qu'il
avoit mise en vers ; le Superstitieux , et le
Valet-Maître , Comedies en cinq Actes ,
presque finies , de même
que l'Epreuve
en trois Actes , avec des Intermedes qu'il
comptoit donner incessamment au Public.
Si jamais ouvrages de Theatre devoient
être épargnés , c'étoient ceux de notre
Auteur par la pureté des moeurs qui y regnoit
; mais ce zéle pour lequel le seul
nom de Comedie est un crime , et celui
de Theatre une profanation , en ordonna
autrement ; Scenes détachées , canevas da
Pieces , Refléxions , Ouvrages même de
ses mains ; tout fût mis en cendre , & c . >
On ne peut donc donner qu'un recueil
le plus complet qu'il a été possible de ses
oeuvres déja imprimées , mais , ou malimprimées
, ou devenuës rares ; on y a
ajoûté tout ce qu'on a jugé être de lui
dans les Mercures , comme Paralleles ,
Dissertations ou Examens critiques ,
›
His2188
MERCURE DE FRANCE
Historietes nouvelles et Chansons dong
on a toûjours désiré d'avoir une suite. I
est vrai que ce qui enrichir le plus cette
édition , ce sont trois Comedies , qui n'avoient
jamais été imprimées , et dont une
n'avoit pas encore été répresentée . Ces
trois Pieces sont la Malade sans maladie
La Joueuse , en Prose , et le faux Sincere.
On est redevable des deux premieres à
générosité des Comediens François ,
qui possedoient dans leur dépôt les seuls
Manuscrits qui existassent de ces deux
Pieces , et qui ont bien voulu les abandonner
à l'impression ; ils ont fait même
toutes les recherches possibles pour l'aug
menter encore de trois autres Pieces , intitulées
: Sancho Pansa en trois Actes ;
le Portrait , en un Acte , et les Dominos ,
aussi en un Acte ; mais malgré tous les
soins qu'ils se sont donnez , ils n'ont pû
les recouvrer , & c ..
>
>
La multiplicité d'avis differens , et la
facilité que M. Dufreny avoit à repro
duire lui faisoient presque toûjours
changer ses Pieces et les tourner de diffe
rentes façons , et souvent à leur désavantage.
C'est pour cette raison que M. de
M.... exigea de Dufreny , qu'il prit copie
de sonfaux Sincere , afin de la conserver
dans le meilleur état que ses amis .
ju+.
SEPTEMBRE . 1731. 2189
jugerent qu'il le pouvoit nettre : Jugement
que le Public a confirmé par l'accueil
favorable qu'il a fait à cette Comedie
Voilà ce que nous croyons pouvoir extraire
de cette Préface sur la vie , le caractere et les
Ouvrages defeu M. Dufreny. Voici le Cata-
Logue de ses Pieces , sçavoir , celles qui ont
été données au Theatre François.
Le Negligent. Prose , f . Actes.
Attendez- moy sous l'Orme. Prose , 1. Acte
Le Chevalier Joueur. 5. Actes . Prose .
La Nôce interrompuë. 1. Acte. Prose.
La Malade sans maladie. 5. Actes. Prose
L'esprit de contradiction. 1. Acte. Prose.
Le double Veuvage. 3. Actes. Prose.
Lefaux Honnête - Homme. 3. Actes . Prose
Le faux Instinct. 3. Actes. Prose.
Le Jaloux honteux. 5. Actes . Prose.
La Joueuse. 5. Actes . Prose.
Le Lot suposé. En Vers . 3. Actes.
La Réconciliation Normande. 5. Act. Vers
Le Dédit. 1. Acte . Vers.
Le Mariage fait et rompu. 3. Actes. Vers
Le faux Sincere. 5. Actes . Vers.
Comedies pour le Theatre Italien,
L'Opera de Campagne. 3. Actes.
L'union des deux Opera. Un Acté.
Les
2190 MERCURE DE FRANCE
Les Chinois. 4. Actes et un Prologue.
La Baguette de Vulcain . Un Acte .
Les Adieux des Officiers , ou Venus justifiée
. Un Acte.
Les Mal- Assortis . 2. Actes .
Le Départ des Comédiens. Un Acte.
Attendez- moi sous l'orme . Un Acte.
La Foire S. Germain. 3. Actes.
Les Momies d'Egypte. Un Acte.
Pasquin et Morphorio, Medecins des Moeurs.
3. Actes.
Les Fées , ou les Contes de ma Mere.
l'Oye. Un Acte.
Les 4. premiers Volumes contiennent les
Comédies joüées sur le Théatre François.
Le quatriéme Tome rempli par les
Amusemens serieux et comiques , Ouvrage
très- excellent et rrès - connu , puis
qu'il est traduit dans toutes les Langues
l'Europe.
Le Puits de la Verité. Histoire Gauloise.
Parallele d'Homere et de Rabelais.
Reflexions sur la Tragedie de Rhadamiste
et Zénobie.
Réponse Apologetique de l'Auteur du Mercure
Galant , au Mercure de Trévoux .
Le sixième Volume , de 300. pages sans
les Chansons notées , contient les Oenvres
diverses de Dufresny , &c.
Fermer
Résumé : Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
Le texte présente les œuvres de Charles Riviere Dufreny, publiées à Paris en 1731. L'ouvrage se compose de six volumes in-12, reliés, et inclut un portrait de l'auteur gravé par François Jollain d'après un tableau de Charles Coypel. Dufreny est décrit comme un homme à l'imagination vive et aux idées singulières, favori du roi Louis XIV, qui lui accorda de nombreux bienfaits. Il avait un goût prononcé pour les arts, notamment la peinture, la sculpture, l'architecture et le jardinage. Bien qu'il n'ait jamais reçu de formation formelle, Dufreny possédait un talent naturel pour la musique et le dessin. Ses chansons et compositions musicales étaient très appréciées. En jardinage, Dufreny préférait les terrains irréguliers et inégaux, créant des jardins variés et pittoresques. Louis XIV lui confia des projets pour les jardins de Versailles et lui accorda des privilèges, comme celui de contrôler les jardins royaux et d'établir une manufacture de grandes glaces. Cependant, Dufreny vendit ce privilège pour satisfaire ses caprices. Il se consacra ensuite au théâtre, écrivant des pièces pour la Comédie Italienne et la Comédie Française. Ses œuvres théâtrales étaient caractérisées par des scènes détachées et un comique subtil. Dufreny fut marié deux fois et eut des enfants de son premier mariage. À sa mort en 1724, il demanda que ses œuvres soient brûlées, mais certaines furent sauvées et publiées. Le texte liste également plusieurs de ses œuvres littéraires, telles que 'Le Puits de la Vérité. Histoire Gauloise', 'Parallèle d'Homère et de Rabelais', 'Réflexions sur la Tragédie de Rhadamiste et Zénobie', et 'Réponse Apologétique de l'Auteur du Mercure Galant, au Mercure de Trévoux'. Un sixième volume contient diverses œuvres de Dufreny, totalisant 300 pages sans compter les chansons notées. Une de ses œuvres est particulièrement excellente et connue, traduite dans toutes les langues d'Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5337
p. 2193-2195
Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
Début :
On débite chez Pierre Giffart et Jul. Michel Gandoüin, le III. Tome des Monumens de la [...]
Mots clefs :
Monarchie française, Règne, Cortège du roi, Officiers, Anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
On débite chez Pierre Giffart et Jul. Miehel
Gandoüin le III. Tome des Monumens de la
Monarchie Françoise, par Don Bernard de Monfaucon.
Ce Volume contient les Histoires de
Charles
2194 MERCURE DE FRANCE
Charles V , de Charles VI , de Charles VII , er
de Louis XI. Les monumens du premier Regne
presentent des Chasses , des Prestations de serment
, le Cortege du Roy à la campagne , deş
Assemblées devant le Roy , où se trouvoient le
Chancelier et les autres Officiers , le Duel fameux
d'un Gentilhomme Assassin et d'un Chien , en
presence de toute la Cour , dans un Amphitheatre
, & c.
On voit sous le Regne suivant le Sacre du Roi
les douze Pairs de France qui y assisterent , la
bataille de Rosebec et d'autres les habillemens
du tems , &c.
;
Sous Charles VII . l'Entrée triomphante de ce
Prince dans Paris , d'où son armée avoit chassé
les Anglois , et de même dans les Villes de Rouen
et de Caën ; la Bastille de bois , faite par les Anglois
devant Dieppe , l'attaque de cette Bastille
par le Dauphin Louis l'Artillerie de ce temslà
, &c. On apprend sous le même Regne , dans
un écrit de l'Historien Berry , Roy d'Armes ,
imprimé dans ce Volume pour la premiere fois
et accompagné de figures la maniere dont les
Princes et les Seigneurs devoient paroître à
cheval.
>
Le Regne de Louis XI . montre en Peinture
originale la Création de l'Ordre de S. Michel ,
les Portraits de presque tous les Princes et Seigneurs
de ce tems , et , ce qui est encore plus
remarquable , un Parlement de Charles Duc de
Bourgogne où sont écrits les noms de tous
ceux qui le composent , &c. Dans le corps de
l'Histoire , l'Auteur s'est particulierement attaché
à produire certains faits interressants , et des
circonstances curieuses , qui ne se trouvent que
dans les Originaux.
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2195
Le quatriéme Volume des Veillées de Thessa
le , paroît chez J. Fr. Josse , ruë S. Jacques .
Gandoüin le III. Tome des Monumens de la
Monarchie Françoise, par Don Bernard de Monfaucon.
Ce Volume contient les Histoires de
Charles
2194 MERCURE DE FRANCE
Charles V , de Charles VI , de Charles VII , er
de Louis XI. Les monumens du premier Regne
presentent des Chasses , des Prestations de serment
, le Cortege du Roy à la campagne , deş
Assemblées devant le Roy , où se trouvoient le
Chancelier et les autres Officiers , le Duel fameux
d'un Gentilhomme Assassin et d'un Chien , en
presence de toute la Cour , dans un Amphitheatre
, & c.
On voit sous le Regne suivant le Sacre du Roi
les douze Pairs de France qui y assisterent , la
bataille de Rosebec et d'autres les habillemens
du tems , &c.
;
Sous Charles VII . l'Entrée triomphante de ce
Prince dans Paris , d'où son armée avoit chassé
les Anglois , et de même dans les Villes de Rouen
et de Caën ; la Bastille de bois , faite par les Anglois
devant Dieppe , l'attaque de cette Bastille
par le Dauphin Louis l'Artillerie de ce temslà
, &c. On apprend sous le même Regne , dans
un écrit de l'Historien Berry , Roy d'Armes ,
imprimé dans ce Volume pour la premiere fois
et accompagné de figures la maniere dont les
Princes et les Seigneurs devoient paroître à
cheval.
>
Le Regne de Louis XI . montre en Peinture
originale la Création de l'Ordre de S. Michel ,
les Portraits de presque tous les Princes et Seigneurs
de ce tems , et , ce qui est encore plus
remarquable , un Parlement de Charles Duc de
Bourgogne où sont écrits les noms de tous
ceux qui le composent , &c. Dans le corps de
l'Histoire , l'Auteur s'est particulierement attaché
à produire certains faits interressants , et des
circonstances curieuses , qui ne se trouvent que
dans les Originaux.
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2195
Le quatriéme Volume des Veillées de Thessa
le , paroît chez J. Fr. Josse , ruë S. Jacques .
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Résumé : Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
Le troisième tome des 'Monumens de la Monarchie Françoise' de Don Bernard de Monfaucon est désormais disponible chez Pierre Giffart et Jul. Michel. Ce volume traite des règnes de Charles V, Charles VI, Charles VII et Louis XI. Il présente des illustrations et descriptions variées, telles que des chasses, des prestations de serment, des cortèges royaux et des assemblées devant le roi sous Charles V. Le règne de Charles VI est marqué par son sacre, la bataille de Rosebec et les habits de l'époque. Sous Charles VII, le livre détaille l'entrée triomphante du roi à Paris, Rouen et Caen, ainsi que des événements militaires comme l'attaque d'une bastille de bois par le dauphin Louis. Le règne de Louis XI est illustré par la création de l'Ordre de Saint-Michel, des portraits de princes et seigneurs, et un parlement de Charles Duc de Bourgogne. L'auteur a inclus des faits et des circonstances curieuses tirés des originaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5338
p. 2195-2196
Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Début :
On nous a prié d'avertir le Public, que quelques Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
On nous a prié d'avertir le Public , que quelques
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
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Résumé : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Un groupe d'érudits entreprend de rédiger la biographie de Guillaume Postel, savant normand. Ils demandent au public de fournir des informations et des mémoires à transmettre au libraire Charles Rouan à Paris. Les auteurs sont conscients des travaux du Père Niceron sur Postel, mais cherchent à corriger certaines erreurs, notamment dans le catalogue des œuvres de Postel. Ils signalent une erreur concernant le livre 'De Magistratibus Atheniensium Liber', imprimé pour la première fois à Bâle en 1543 et réimprimé à Leipzig en 1591 et 1691. La plupart des ouvrages de Postel ont été imprimés au XVIe siècle. Par ailleurs, des élections ont eu lieu à l'Académie Royale des Sciences : le 1er septembre, Mr. Camus et Mr. Bouguier ont été élus pour remplacer Mr. de Maupertuis, et Mr. Morgagni et Mr. Herman pour succéder à Mr. Stahl. Le 5 septembre, le Comte de Maurepas a confirmé le choix du roi pour les places de Mr. Bouguier et Mr. Morgagni.
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5339
p. 2196-2198
PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
Début :
L'ACADÉMIE ayant été obligée de reserver le prix de cette année ; Elle en propose deux [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts, Bordeaux, Marseille, Dissertations , Paquets
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texteReconnaissance textuelle : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
PROGRAME de l'Académie Royale
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
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Résumé : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
En 1732, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix. Le premier récompense l'explication du magnétisme dans les corps, sa cause et ses lois. Le second concerne le mouvement de la sève dans les plantes et ses lois. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1731. Les auteurs doivent inclure une sentence en bas de leur dissertation et envoyer cette même sentence avec leur nom et adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarray ou au Sieur Brun. L'Académie de Marseille propose également un prix pour une dissertation sur le thème 'Adversité n'abat que ceux que la Prosperité avait aveuglés' de Sénèque. L'ouvrage, en prose et d'une durée de lecture entre un quart d'heure et une demi-heure, doit être soumis avant le 1er décembre. Les paquets doivent être adressés à M. de Chalamont de la Visclede, secrétaire perpétuel de l'Académie, et doivent être affranchis. Les noms des auteurs doivent rester cachés. Le prix sera attribué le premier mercredi après la Quasimodo.
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5340
p. 2198-2199
Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
Début :
DIFFICULTÉ Historique sur la Ville d'Evreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux, le [...]
Mots clefs :
Normandie, Histoire manuscrite
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texteReconnaissance textuelle : Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
DIFFICULTE' Historique sur la Ville d'E.
vreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux , le
premier Juillet 1731 .
J'ay , Monsieur
une difficulté
que je vous
prie de m'éclaircir
, ou de me faire éclaircir. Elle
regarde
l'ancien
nom d'Evreux
. Selon M. le
Brasseur
dans son Histoire
manuscrite
de Normandie
, c'étoit Mediolanum
ou Mediolanium
Aulercorum
; mais depuis qu'on a divisé les
Aulerques
en Eburovices
, Cenomans
et Diablin¬
tres , Evreux fût nommé
Mediolanum
Eburovicum
en François Evreux , d'où l'on a fait
dans la suite pat corruption Ebroica , Ebroica ,
Ebroa. On appelloit Evreux Mediolanum Eburovicum
, comme ceux de Saintes , Mediolanum
Sancionum .
2- M. le Brasseur dans son Histoire d'Evreux
fait une Remarque qui me paroît frivole ; il
prétend que le nom Mediolauum ou Mediolanium
se donnoit autrefois à la Capitale de tout
un Pays : Cependant je ne connois que trois Villes
qui portent ce nom Milan , Mediolanum Insubrium
, Saintes , Mediolanum Sanetonum , et
Evreux Mediolanum Eburovicum. Si cette déno .
mination avoit été la dénomination ordinaire
> d'une Ville Capitale on en verroit une infinité
qui porteroient ce même nom ; si Meun sur
Yeure étoit une Capitale , il serviroit à autoriser
lc
SEPTEMBRE . 1731. 2199
le sentiment de M. le Brasseur ; Mais par malheur
il ne l'est pas. Armoris , 1. 3. c. 49. l'appelle
Castrum Mediolanense , sed Biturigi , dit
ce Moine , Apud Castrum Mediolanense quod
nunc Magdunum dicitur quindecim armatorum
millia desiderio duci opponentes cum eo conflixere
: faites attention , je vous prie , à cette diffic
culté , et donnez - en communication aux Experts
par la voye du Mercure , afin d'en avoir la réso
lution , &e.
vreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux , le
premier Juillet 1731 .
J'ay , Monsieur
une difficulté
que je vous
prie de m'éclaircir
, ou de me faire éclaircir. Elle
regarde
l'ancien
nom d'Evreux
. Selon M. le
Brasseur
dans son Histoire
manuscrite
de Normandie
, c'étoit Mediolanum
ou Mediolanium
Aulercorum
; mais depuis qu'on a divisé les
Aulerques
en Eburovices
, Cenomans
et Diablin¬
tres , Evreux fût nommé
Mediolanum
Eburovicum
en François Evreux , d'où l'on a fait
dans la suite pat corruption Ebroica , Ebroica ,
Ebroa. On appelloit Evreux Mediolanum Eburovicum
, comme ceux de Saintes , Mediolanum
Sancionum .
2- M. le Brasseur dans son Histoire d'Evreux
fait une Remarque qui me paroît frivole ; il
prétend que le nom Mediolauum ou Mediolanium
se donnoit autrefois à la Capitale de tout
un Pays : Cependant je ne connois que trois Villes
qui portent ce nom Milan , Mediolanum Insubrium
, Saintes , Mediolanum Sanetonum , et
Evreux Mediolanum Eburovicum. Si cette déno .
mination avoit été la dénomination ordinaire
> d'une Ville Capitale on en verroit une infinité
qui porteroient ce même nom ; si Meun sur
Yeure étoit une Capitale , il serviroit à autoriser
lc
SEPTEMBRE . 1731. 2199
le sentiment de M. le Brasseur ; Mais par malheur
il ne l'est pas. Armoris , 1. 3. c. 49. l'appelle
Castrum Mediolanense , sed Biturigi , dit
ce Moine , Apud Castrum Mediolanense quod
nunc Magdunum dicitur quindecim armatorum
millia desiderio duci opponentes cum eo conflixere
: faites attention , je vous prie , à cette diffic
culté , et donnez - en communication aux Experts
par la voye du Mercure , afin d'en avoir la réso
lution , &e.
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Résumé : Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
Le 1er juillet 1731, une lettre discute de l'ancien nom de la ville d'Évreux. L'auteur mentionne que, selon M. le Brasseur, Évreux était initialement nommé Mediolanum ou Mediolanium Aulercorum. Après la division des Aulerques en Eburovices, Cenomans et Diablintes, Évreux fut renommé Mediolanum Eburovicum, évoluant ensuite en Ebroica, Ebroica, Ebroa. L'auteur conteste l'affirmation de M. le Brasseur selon laquelle Mediolanum désignait une capitale, notant que seules trois villes portent ce nom : Milan, Saintes et Évreux. Il argue que si cette dénomination avait été courante pour les capitales, davantage de villes porteraient ce nom. Il cite également Meun-sur-Yèvre et un moine parlant du Castrum Mediolanense. L'auteur demande à son destinataire de résoudre cette difficulté en consultant des experts via le Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5341
p. 2199-2203
Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
Début :
Vous voulez donc sçavoir, mon cher Monsieur, la suite des disputes, au sujet du Bureau [...]
Mots clefs :
Système typographique, Maîtres mercenaires, Critique anonyme, Collège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
Lettre d'un Partisan du systême typogra
phique , à un de ses amis.
V sicur , la suite des disputes , au sujet du Bu-
Ous voulez donc sçavoir , mon cher Mon-
›
reau Typographique la voici ; l'Auteur de cette
methode , bien loin de se rebuter des vaines déclamations
des petits genies remplis d'eux-mêmes
, suit le conseil que de grands hommes lui
ont donné , qui est de ne pas se mettre beaucoup
en peine des critiqueurs de College , dont tout le
plaisir seroit de vouloir faire adopter leur ignorance
comme une science certaine et infaillible.
Cet Aureur va toûjours son train, en prouvant et
établissant de plus en plus , par le raisonnement
et par l'expérience le systême du Bureau , il néglige
ce que la prévention et la mauvaise foi des
Maîtres mercenaires pourroient dire contre la
verité et l'utilité de ce systême . La plupart de ces
Maîtres regardent les anciennes methodes comme
incorporées avec leur être : L'indifference pour le
bien public er pour la bonne éducation , les rendent
insensibles aux avantages des nouvelles mé
thodes . Au contraire les Partisans du Bureau
méprisent la ridicule prévention où l'on est d'a-
Giiij. muser
2200 MERCURE DE FRANCE
muser les enfans à des niaiseries qui ne leur laissent
rien de bon dans la mémoire , et les parens
sensés goûtent volontiers une méthode qui débarasse
leurs enfans de toutes les épines qui accompagnent
les premiers principes.
Vous sçaurez d'abord que la critique anonime
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, fût encore plus mal reçûë du Public , que
celle du mois de Janvier. M. Gaullyer , regent
de quatrième au College du Plessis , se flâta d'être
plus heureux en donnant avec des notes de
sa façon une nouvelle édition de la methode de
M. Lefevre , voici ce qu'en dit le Nouveliste du
Parnasse , lettre 28. page 285.
>
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur au
College du Plessis a publié une méthode pour
l'étude des Humanités . C'est un Grammairien
fecond , qui suivant toutes les apparences , regalera
encore ses écoliers d'un bon nombre de
Volumes. Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire ; il me semble que le grand nombre
de regles accable plus l'esprit qu'il ne le soulage.
>
La réponse inserée dans le second volume du
Mercure de Juin a fait voir à ce Regent qu'il
n'avoit pas tous les rieurs de son côté. La Cour
et la Ville ont fort goûté cette réponse de l'Auteur
des Tropes , et l'on doute avec raison que
M. Gaullyer y puisse répondre comme il faut.
dit- on ,
M.
Gaullyer voyant donc le peu de succês de
ses critiques et de ses brochures , a eu ,
recours au Regent de seconde du même College
pour tâcher de tourner en ridicule le systême du
Bureau et les Personnes
de la Cour et de la Ville
qui en aprouveroient
l'usage. On exigea là-dessus
un secret inviolable
de la part des Acteurs de
cetto
SEPTEMBRE . 1731. 220L
›
cette nouvelle Piece et le secret synderetique
fut si grand , que la plupart des Spectateurs s'en
retournerent sans sçavoir le sujet de cette farce ,
annoncée le Mercredy 22. Août , pour le lendemain
Jeudy 23. après la Tragedie de Joseph de
M. l'Abbé Genest . Une personne au fait des
Spectacles , et de l'ordre qu'on y doit observer ,
ayant été témoin des traits injurieux et personnels
dont cette Piece étoit remplie , et de l'accident
vrayement tragique qui arriva pendant la
premiere , par la chûte d'un échafaut , sous lequel
il y eût des bras et des jambes cassées , ne
pût s'empêcher de dire publiquement qu'il seroit
de l'ordre de la Police d'empêcher de tels abus ,
de prévenir de pareils accidens dans les répresentations
de College , d'en faire auparavant examiner
ler Pieces et visiter les échafauts comme
il se pratique dans les autres Theatres.
2
Pour revenir à cette petite Piece , dont le sujet
devoit, disoit- on, s'anoncer de lui- même , Momus:
ouvre la Scene , en se tenant les côtez de rire du
projet ridicule de certains avanturiers de la me--
nuë literature , qui s'érigeant en réformateursdu
Parnasse , voudroient renvoyer les Muses à
l'école ; et remettre Apollon lui- même à l'Abécé..
Jupiter , personnage entierement inutile , et qui .
ne sert au plus qu'à multiplier les rôles de la
Piece pour le compte du Regent qui en est l'Auteur
, vient demander à Momus quel est ce bruit:
de Scies et de Marteaux qu'on entend sur le Par
nasse ? Momus lui répond que c'est une Manu--
facture de Bureaux Typographiques qu'on veut .
Y établir , et dont un visionnaire , nommé M.
Buriver , vient demander à Apollon le Privilege
Apollon survient , et entendant parler de Buriver ,.
demande à Momus , quelle espece d'homme est .
Gy CC
2202 MERCURE DE FRANCE
ce Buriver ? Momus lui dit que c'est un fou sérieux
, qui croit avoir une Mission pour changer
le nom des Lettres de l'Alphabet , et qui a telleà
coeur de mettre à profit les premieres années
de l'enfance , qu'il veut absolument ( au dire
de l'Auteur ) qu'on apprenne à lire aux Enfans,
dès le maillot , pour réparer le temps qu'ils ont
perdu dans le ventre de leur Mere.
ment
2
Apollon ayant donné ordre de l'introduire
on voit entrer M. Buriver , suivi de deux autres.
réformateurs ausquels on ne comprend rien , et :
qui n'étant-là , que pour faire nombre , ne servent
, comme on l'a dit de Jupiter , qu'à multiplier
les personnages de la Piece. L'Auteur fait
ensuite exposer à M. Buvier le projet et la pratique
de sa réforme de la maniere du monde la
plus plate et la plus insipide aux yeux des Spec-.
tateurs , mais d'une maniere très - ingenieuse aux
yeux des Regens , qui trouvent que cette Piece
petille d'esprit. L'on en peut juger par l'exemple:
suivant Pour empêcher les Enfans de ronger
leurs Livres , Buriver , dit - on , a imaginé de
leur donner des Rudimens de bois , et d'en mettre
les Leçons sur des cartes détachées › pour les.
empêcher d'épuiser leur salive , et d'user leur
pouce à en tourner les feuillets..
Voilà les gentillesses que l'Auteur met dans la
bouche de M. Buriver , et il n'a eû garde de faire
un mauvais usage de son esprit , en lui faisant
dire › pour prouver les effets merveilleux de sa
méthode , que c'étoit par son moyen , que la
chienne de la Foire S. Germain avoit appris à
lire , tant il a eu soin d'éviter les basses plaisanseries
, quoique plus naturelles et plus propres à
son sujet.
Enfin , un Menuisier nommé Thibaud , an-
допсе
SEPTEMBRE . 1731. 2203
nonce pour
"'
dénoüment les Muses viennent
que
de:
de mettre en pieces tous ses Bureaux , de briser
ses outils et de lui rompre ses Regles sur le
corps , et il finit la piece en se proposant
retourner à sa boutique , et en conseillant à M..
Buriver de le suivre et de devenir son garçon
c'est ainsi que des gens de College s'éforcent de
tourner en ridicule la métode du Bureau , pendant
que les personnes les plus sages de la Ville
et de la Cour font gloire d'en reconnoître l'uti
lité , et que cette métode a l'avantage d'être em
ployée à l'instruction des ENFANS DE FRANCE
Voici , Monsieur , un Certificat qui vous fera
voir le Jugement de la societé des Arts " uns peus
different de celui des Regens du College du
Plessis..
phique , à un de ses amis.
V sicur , la suite des disputes , au sujet du Bu-
Ous voulez donc sçavoir , mon cher Mon-
›
reau Typographique la voici ; l'Auteur de cette
methode , bien loin de se rebuter des vaines déclamations
des petits genies remplis d'eux-mêmes
, suit le conseil que de grands hommes lui
ont donné , qui est de ne pas se mettre beaucoup
en peine des critiqueurs de College , dont tout le
plaisir seroit de vouloir faire adopter leur ignorance
comme une science certaine et infaillible.
Cet Aureur va toûjours son train, en prouvant et
établissant de plus en plus , par le raisonnement
et par l'expérience le systême du Bureau , il néglige
ce que la prévention et la mauvaise foi des
Maîtres mercenaires pourroient dire contre la
verité et l'utilité de ce systême . La plupart de ces
Maîtres regardent les anciennes methodes comme
incorporées avec leur être : L'indifference pour le
bien public er pour la bonne éducation , les rendent
insensibles aux avantages des nouvelles mé
thodes . Au contraire les Partisans du Bureau
méprisent la ridicule prévention où l'on est d'a-
Giiij. muser
2200 MERCURE DE FRANCE
muser les enfans à des niaiseries qui ne leur laissent
rien de bon dans la mémoire , et les parens
sensés goûtent volontiers une méthode qui débarasse
leurs enfans de toutes les épines qui accompagnent
les premiers principes.
Vous sçaurez d'abord que la critique anonime
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, fût encore plus mal reçûë du Public , que
celle du mois de Janvier. M. Gaullyer , regent
de quatrième au College du Plessis , se flâta d'être
plus heureux en donnant avec des notes de
sa façon une nouvelle édition de la methode de
M. Lefevre , voici ce qu'en dit le Nouveliste du
Parnasse , lettre 28. page 285.
>
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur au
College du Plessis a publié une méthode pour
l'étude des Humanités . C'est un Grammairien
fecond , qui suivant toutes les apparences , regalera
encore ses écoliers d'un bon nombre de
Volumes. Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire ; il me semble que le grand nombre
de regles accable plus l'esprit qu'il ne le soulage.
>
La réponse inserée dans le second volume du
Mercure de Juin a fait voir à ce Regent qu'il
n'avoit pas tous les rieurs de son côté. La Cour
et la Ville ont fort goûté cette réponse de l'Auteur
des Tropes , et l'on doute avec raison que
M. Gaullyer y puisse répondre comme il faut.
dit- on ,
M.
Gaullyer voyant donc le peu de succês de
ses critiques et de ses brochures , a eu ,
recours au Regent de seconde du même College
pour tâcher de tourner en ridicule le systême du
Bureau et les Personnes
de la Cour et de la Ville
qui en aprouveroient
l'usage. On exigea là-dessus
un secret inviolable
de la part des Acteurs de
cetto
SEPTEMBRE . 1731. 220L
›
cette nouvelle Piece et le secret synderetique
fut si grand , que la plupart des Spectateurs s'en
retournerent sans sçavoir le sujet de cette farce ,
annoncée le Mercredy 22. Août , pour le lendemain
Jeudy 23. après la Tragedie de Joseph de
M. l'Abbé Genest . Une personne au fait des
Spectacles , et de l'ordre qu'on y doit observer ,
ayant été témoin des traits injurieux et personnels
dont cette Piece étoit remplie , et de l'accident
vrayement tragique qui arriva pendant la
premiere , par la chûte d'un échafaut , sous lequel
il y eût des bras et des jambes cassées , ne
pût s'empêcher de dire publiquement qu'il seroit
de l'ordre de la Police d'empêcher de tels abus ,
de prévenir de pareils accidens dans les répresentations
de College , d'en faire auparavant examiner
ler Pieces et visiter les échafauts comme
il se pratique dans les autres Theatres.
2
Pour revenir à cette petite Piece , dont le sujet
devoit, disoit- on, s'anoncer de lui- même , Momus:
ouvre la Scene , en se tenant les côtez de rire du
projet ridicule de certains avanturiers de la me--
nuë literature , qui s'érigeant en réformateursdu
Parnasse , voudroient renvoyer les Muses à
l'école ; et remettre Apollon lui- même à l'Abécé..
Jupiter , personnage entierement inutile , et qui .
ne sert au plus qu'à multiplier les rôles de la
Piece pour le compte du Regent qui en est l'Auteur
, vient demander à Momus quel est ce bruit:
de Scies et de Marteaux qu'on entend sur le Par
nasse ? Momus lui répond que c'est une Manu--
facture de Bureaux Typographiques qu'on veut .
Y établir , et dont un visionnaire , nommé M.
Buriver , vient demander à Apollon le Privilege
Apollon survient , et entendant parler de Buriver ,.
demande à Momus , quelle espece d'homme est .
Gy CC
2202 MERCURE DE FRANCE
ce Buriver ? Momus lui dit que c'est un fou sérieux
, qui croit avoir une Mission pour changer
le nom des Lettres de l'Alphabet , et qui a telleà
coeur de mettre à profit les premieres années
de l'enfance , qu'il veut absolument ( au dire
de l'Auteur ) qu'on apprenne à lire aux Enfans,
dès le maillot , pour réparer le temps qu'ils ont
perdu dans le ventre de leur Mere.
ment
2
Apollon ayant donné ordre de l'introduire
on voit entrer M. Buriver , suivi de deux autres.
réformateurs ausquels on ne comprend rien , et :
qui n'étant-là , que pour faire nombre , ne servent
, comme on l'a dit de Jupiter , qu'à multiplier
les personnages de la Piece. L'Auteur fait
ensuite exposer à M. Buvier le projet et la pratique
de sa réforme de la maniere du monde la
plus plate et la plus insipide aux yeux des Spec-.
tateurs , mais d'une maniere très - ingenieuse aux
yeux des Regens , qui trouvent que cette Piece
petille d'esprit. L'on en peut juger par l'exemple:
suivant Pour empêcher les Enfans de ronger
leurs Livres , Buriver , dit - on , a imaginé de
leur donner des Rudimens de bois , et d'en mettre
les Leçons sur des cartes détachées › pour les.
empêcher d'épuiser leur salive , et d'user leur
pouce à en tourner les feuillets..
Voilà les gentillesses que l'Auteur met dans la
bouche de M. Buriver , et il n'a eû garde de faire
un mauvais usage de son esprit , en lui faisant
dire › pour prouver les effets merveilleux de sa
méthode , que c'étoit par son moyen , que la
chienne de la Foire S. Germain avoit appris à
lire , tant il a eu soin d'éviter les basses plaisanseries
, quoique plus naturelles et plus propres à
son sujet.
Enfin , un Menuisier nommé Thibaud , an-
допсе
SEPTEMBRE . 1731. 2203
nonce pour
"'
dénoüment les Muses viennent
que
de:
de mettre en pieces tous ses Bureaux , de briser
ses outils et de lui rompre ses Regles sur le
corps , et il finit la piece en se proposant
retourner à sa boutique , et en conseillant à M..
Buriver de le suivre et de devenir son garçon
c'est ainsi que des gens de College s'éforcent de
tourner en ridicule la métode du Bureau , pendant
que les personnes les plus sages de la Ville
et de la Cour font gloire d'en reconnoître l'uti
lité , et que cette métode a l'avantage d'être em
ployée à l'instruction des ENFANS DE FRANCE
Voici , Monsieur , un Certificat qui vous fera
voir le Jugement de la societé des Arts " uns peus
different de celui des Regens du College du
Plessis..
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Résumé : Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
La lettre d'un partisan du système typographique à un ami met en lumière les controverses entourant cette méthode d'enseignement. L'auteur de la méthode, malgré les critiques des 'petits génies' et des maîtres mercenaires attachés aux anciennes méthodes, continue de promouvoir son système. Il est soutenu par des grands hommes et des parents sensibles aux avantages de cette nouvelle approche. Les critiques anonymes, comme celle publiée dans le Mercure de février, ont été mal reçues par le public. M. Gaullyer, un régent du Collège du Plessis, a tenté de discréditer la méthode en publiant une édition annotée de la méthode de M. Lefevre. Cependant, sa critique a été réfutée dans le Mercure de juin. Gaullyer a ensuite essayé de ridiculiser le système typographique à travers une pièce de théâtre, mais cette tentative a été un échec, marquée par un accident tragique. La pièce, jouée au Collège du Plessis, a été critiquée pour ses traits injurieux et personnels. Malgré ces attaques, les personnes sages de la Ville et de la Cour reconnaissent l'utilité de la méthode typographique, qui est utilisée pour l'instruction des enfants en France. Un certificat de la société des Arts confirme ce jugement positif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5342
p. 2203-2204
EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
Début :
Ce jour, Messieurs Medallon, Romieu, Degua et Romond, Commissaires nommés, [...]
Mots clefs :
Société des arts, Extrait, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
EXTRAIT du Registre des déliberations
de la societé des Arts , du Dimanche
dix- septiéme Decembre 1730.
CEjour ,Messieurs Medallon
Romiew
Degua et Romond , Commissaires nommés,
par déliberation. de la Societé du 27. Août dern
mier , pourl'examen d'une nouvelle Machine
servant à apprendre aux enfans plus facile
ment et plus promptement à connoître les let
tres , à les assembler , à lire , à ortographier
tant en Latin qu'en François , et même less
premiers Principes de la Langue Latine , présentée
à la Societé par le Sieur Damas , seuss
le nom de Bureau Typographique , ont fait leur ·
rapport à la Compagnie , conçu en ces termes :
Nous Commissaires nommés par la Societé pour
L'examen du Bureau Typographique , inventé:
G› vjs
1
2204 MERCURE DE FRANCE
par le Sieur Dumas ; Certifions que cette now
velle invention nous a paru mériter à plusieurs
titres une enviere préference sur toutes les mé
todes employées jusqu'à present pour l'instruc
tion des enfans , en ce qu'elle fournit un moyen
infaillible d'employer utilement les premieres
années de la plus tendre enfance , en mettant
en oeuvre la mesure d'intelligence , qui accom◄
pagne cet âge , en épargnant les préceptes , em
ne parlant qu'aux sens et à l'imagination qui
sont le seul partage de l'enfance , en profitant
même des imperfections de cet âge pour le progrès
des connoissances , puisqu'on n'y employe
que la voye du plaisir , et d'une pratique aisée
et toute mécanique , laquelle est néanmoins
fondée sur la Teorie la plus éxacte et la mieux
suivie ; Enfin en donnant aux enfans une habitude
d'ordre et de travail , et ce qui mérite
encore plus d'attention en leur épargnant le
dégout , qui , les éloignant de l'étude , décide
souvent de leur sort pour le reste de leur vie.
Nous croyons que tous ceux qui sentent l'importance
de l'employ, des premieres années de
l'enfance , regarderont avec estime une invention
dont l'utilité s'étend sur tous les âges
que l'Auteur récüeillera par le succès et l'ap-.
probation generale du Public , la seule récompense
qu'il ait attenduë de son travail.
> et
Je soussigné , Secretaire de la Societé des
Arts ; certifie que l'Extrait cy - dessus a été tiré
du Registre des déliberations de la Societé , et
qu'il est en tout conforme à son Original. Donné
à Paris , ce 14. Septembre 173 1..
HYNAULT
de la societé des Arts , du Dimanche
dix- septiéme Decembre 1730.
CEjour ,Messieurs Medallon
Romiew
Degua et Romond , Commissaires nommés,
par déliberation. de la Societé du 27. Août dern
mier , pourl'examen d'une nouvelle Machine
servant à apprendre aux enfans plus facile
ment et plus promptement à connoître les let
tres , à les assembler , à lire , à ortographier
tant en Latin qu'en François , et même less
premiers Principes de la Langue Latine , présentée
à la Societé par le Sieur Damas , seuss
le nom de Bureau Typographique , ont fait leur ·
rapport à la Compagnie , conçu en ces termes :
Nous Commissaires nommés par la Societé pour
L'examen du Bureau Typographique , inventé:
G› vjs
1
2204 MERCURE DE FRANCE
par le Sieur Dumas ; Certifions que cette now
velle invention nous a paru mériter à plusieurs
titres une enviere préference sur toutes les mé
todes employées jusqu'à present pour l'instruc
tion des enfans , en ce qu'elle fournit un moyen
infaillible d'employer utilement les premieres
années de la plus tendre enfance , en mettant
en oeuvre la mesure d'intelligence , qui accom◄
pagne cet âge , en épargnant les préceptes , em
ne parlant qu'aux sens et à l'imagination qui
sont le seul partage de l'enfance , en profitant
même des imperfections de cet âge pour le progrès
des connoissances , puisqu'on n'y employe
que la voye du plaisir , et d'une pratique aisée
et toute mécanique , laquelle est néanmoins
fondée sur la Teorie la plus éxacte et la mieux
suivie ; Enfin en donnant aux enfans une habitude
d'ordre et de travail , et ce qui mérite
encore plus d'attention en leur épargnant le
dégout , qui , les éloignant de l'étude , décide
souvent de leur sort pour le reste de leur vie.
Nous croyons que tous ceux qui sentent l'importance
de l'employ, des premieres années de
l'enfance , regarderont avec estime une invention
dont l'utilité s'étend sur tous les âges
que l'Auteur récüeillera par le succès et l'ap-.
probation generale du Public , la seule récompense
qu'il ait attenduë de son travail.
> et
Je soussigné , Secretaire de la Societé des
Arts ; certifie que l'Extrait cy - dessus a été tiré
du Registre des déliberations de la Societé , et
qu'il est en tout conforme à son Original. Donné
à Paris , ce 14. Septembre 173 1..
HYNAULT
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Résumé : EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
Le 17 décembre 1730, les commissaires Medallon, Romiew, Degua et Romond, désignés par la Société des Arts, ont soumis un rapport sur le Bureau Typographique, une invention du Sieur Damas. Cette machine est conçue pour enseigner aux enfants les lettres, la lecture, l'orthographe en latin et en français, ainsi que les bases de la langue latine. Les commissaires ont souligné plusieurs avantages de cette invention par rapport aux méthodes traditionnelles. Elle utilise les premières années de l'enfance de manière productive en stimulant les sens et l'imagination. Elle évite les préceptes théoriques en favorisant le plaisir et la pratique mécanique, tout en étant basée sur une théorie précise. De plus, elle inculque aux enfants l'habitude de l'ordre et du travail, évitant ainsi le dégoût de l'étude. Les commissaires ont estimé que cette invention serait appréciée par ceux qui reconnaissent l'importance des premières années de l'enfance et qu'elle serait utile à tous les âges. Le rapport a été certifié conforme par le secrétaire de la Société des Arts le 14 septembre 1731.
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5343
p. 2205-2206
« Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Début :
Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...]
Mots clefs :
Enfants typographes, École vulgaire, Bibliothèque des enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Les Parens curieux en fait d'éducation , qui
voudront connoître par eux - mêmes le mérite
et l'utilité du Bureau Typographique , pourront
prendre la peine d'aller voir les Enfans Typographes
, instruits et exercéz selon cette nouvelle
métode. On trouvera chez un Marchand de Soye;
au bras d'or , dans la rue S. Denis vis- à- vis
Sainte Catherine , une aimable petite fille ,
dessous de trois ans qui , en peu de mois a appris
avec le Bureau ce que bien des enfans ignorent
après des années d'école vulgaire. On trouvera
chez Madame Beaulieu , à l'égoût Montmartre
vis - à - vis le petit Hôtel de Charot , un digne
Enfant , dont le seul exemple est capable de fermer
la bouche à tous les critiques. On pourroitindiquer
un grand nombre d'autres Enfans Typogriphes
, si on ne craignoit de fatiguer les
Parens ou les Maîtres. Dom Ventura de Liria ,
qui a un Bureau au College d'Harcourt , a fais
en peu de tems . l'heureuse expérience de cette
métode , de même que le petit Remilli , qui ,
ayant aussi un Bureau au College du Plessis
eu un des prix de mémoire distribués le jour de
la Tragedie , et qui est en état d'aller en classe
selon le goût et la volonté de ses Parens .
Les Personnes bien intentionnées qui aiment
le bien public , sçachant que Monseigneur le
DAUPHIN et MES DAMES DE FRANCE ,
apprennent à lire par la métode du Bureau Typographique
, et que l'Auteur par commission ,
en a déja envoyé dans les Provinces , ces persondis
je s'embarrasseront peu des
critiques
qu'ont produit jusqu'ici l'ignorance , la préven
tion , et peut-être l'Envie ou la mauvaise foi.
nes ,
·
>
,
a
2
Ceux qui souhaitteront avoir quelqu'unes des
quatre Classes du Bureau Typographique "
en
trous
2206 MERCURE DE FRANCE
twouveront de toutes garnies dans la maison ate---
nant la porte du College de Lisieux , ruë Saint
Etienne des Grès ; l'Avis , le Prix et l'instruction
sur ces quatre Classes se trouvent à la fin de la
neuviéme lettre sur la Bibliotheque des Enfans .
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, p. 209. ou 234. En attendant la suite de la…
Relation Typographique , J'ay l'honneur d'être
&c..A. Paris ce 15. Septembre 173 I.
RIOMBA L.
voudront connoître par eux - mêmes le mérite
et l'utilité du Bureau Typographique , pourront
prendre la peine d'aller voir les Enfans Typographes
, instruits et exercéz selon cette nouvelle
métode. On trouvera chez un Marchand de Soye;
au bras d'or , dans la rue S. Denis vis- à- vis
Sainte Catherine , une aimable petite fille ,
dessous de trois ans qui , en peu de mois a appris
avec le Bureau ce que bien des enfans ignorent
après des années d'école vulgaire. On trouvera
chez Madame Beaulieu , à l'égoût Montmartre
vis - à - vis le petit Hôtel de Charot , un digne
Enfant , dont le seul exemple est capable de fermer
la bouche à tous les critiques. On pourroitindiquer
un grand nombre d'autres Enfans Typogriphes
, si on ne craignoit de fatiguer les
Parens ou les Maîtres. Dom Ventura de Liria ,
qui a un Bureau au College d'Harcourt , a fais
en peu de tems . l'heureuse expérience de cette
métode , de même que le petit Remilli , qui ,
ayant aussi un Bureau au College du Plessis
eu un des prix de mémoire distribués le jour de
la Tragedie , et qui est en état d'aller en classe
selon le goût et la volonté de ses Parens .
Les Personnes bien intentionnées qui aiment
le bien public , sçachant que Monseigneur le
DAUPHIN et MES DAMES DE FRANCE ,
apprennent à lire par la métode du Bureau Typographique
, et que l'Auteur par commission ,
en a déja envoyé dans les Provinces , ces persondis
je s'embarrasseront peu des
critiques
qu'ont produit jusqu'ici l'ignorance , la préven
tion , et peut-être l'Envie ou la mauvaise foi.
nes ,
·
>
,
a
2
Ceux qui souhaitteront avoir quelqu'unes des
quatre Classes du Bureau Typographique "
en
trous
2206 MERCURE DE FRANCE
twouveront de toutes garnies dans la maison ate---
nant la porte du College de Lisieux , ruë Saint
Etienne des Grès ; l'Avis , le Prix et l'instruction
sur ces quatre Classes se trouvent à la fin de la
neuviéme lettre sur la Bibliotheque des Enfans .
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, p. 209. ou 234. En attendant la suite de la…
Relation Typographique , J'ay l'honneur d'être
&c..A. Paris ce 15. Septembre 173 I.
RIOMBA L.
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Résumé : « Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Le Bureau Typographique est une nouvelle méthode d'éducation qui attire l'attention des parents. Pour en évaluer l'efficacité, ils peuvent observer des enfants ayant appris à lire rapidement grâce à cette méthode. Par exemple, une petite fille de moins de trois ans a appris à lire rapidement, contrairement à d'autres enfants ayant suivi l'enseignement traditionnel. Un autre enfant, chez Madame Beaulieu, illustre également les avantages de cette méthode. Dom Ventura de Liria et le petit Remilli, utilisant le Bureau Typographique dans leurs collèges respectifs, ont constaté son efficacité. Le petit Remilli a même reçu un prix de mémoire. Le Dauphin et les Dames de France apprennent également à lire par cette méthode, et des bureaux ont été envoyés dans les provinces. Les personnes intéressées par le bien public sont encouragées à ne pas se laisser décourager par les critiques. Les quatre classes du Bureau Typographique sont disponibles dans la maison attenante à la porte du Collège de Lisieux, rue Saint-Étienne des Grès. Des informations supplémentaires sont disponibles dans la neuvième lettre sur la Bibliothèque des Enfants, publiée dans le Mercure de France de février.
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5344
p. 2206-2207
MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
Début :
Dieu ayant châtié l'insolence de nos Peres, par la confusion des Langues à l'entreprise [...]
Mots clefs :
Science, Latin, Grec, Arts, Grammaire anglaise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
MEMOIRE sur l'Etude des Langues;
vivantes.
D
Leu ayant: châtié l'insolence de nos Peres 2"
par la confusion des Langues à l'entreprise :
de Babel ; il n'y a pas de meilleur moyen pour
adoucir l'effet de cette punition , que d'apprendre
plusieurs Langues ; et l'on doit regarder
cette science comme la clef de la Sagesse des
differentes Nations.
La plus grande partie de notre jeunesse est .
occupée à apprendre le Latin et le Grec ; sur
quoi il faut observer , qu'on se fait par - là , à la
verité un bon fond , mais presque tous les
Auteurs Grecs ee Latins étant traduits en François
, il seroit sans doute , plus utile de s'ap
pliquer à l'étude des Langues de nos . Voisins.
>
L'on ne peut donc excuser l'ignorance de nos
Sçavans là-dessus ; car ne pas approfondir la
science des étrangers , est une présomption de
soi -même , et un mépris des autres qui n'est pas
pardonnable. Sur- tout si ceux que l'on méprise ,.
sont gens d'érudition ; c'est même une arrogance
insupportable de soutenir que les moindress
SEPTEMBRE 1731. 2207
Peuples ne puissent avoir quelque chose digne
de notre attention ..
Ainsi , à mon avis , aucun homme ne devroit
passer pour Sçavant parmi nous , s'il ignore
la Langue de ses voisins : et parmi ceux - cy , les..
Anglois semblent meriter notre premiere attention.
En effet , ce Peuple par une sagacité particuliere
, et par une application infatigable , travaille
beaucoup à l'avancement des Arts et des
Sciences et y fait tous les jours de grands
Progrès.
"
:
C'est sur quoi je trouve que c'est un malheur
que nous n'ayons pas une bonne Grammaire.
Angloise il y a presentement à Paris , Eaubourg
S. Jacques , près les Feuillantines , chez Monsieur
Wallon , un Gentilhomme Anglois , qui a
entrepris de faire une Grammaire Angloise , laquelle
donnera de grandes facilitez ; mais le peu
d'inclination qu'il reconnoît dans norre nation
pour l'étude aux Langues Etrangeres , le décourage
presque entierement d'éxecuter son Projet ;;
le zele pour notre Patrie également renommée
du côté des Sciences , des Arts et des Armes
devroit faire cesser cette plainte : car comme nos
voisins étudient assidument notre Langue si.
nous n'étudions pas la leur , ils seront bien- tôt
plus sçavans que nous ; et ceux que nous semblons
mépriser , auront lieu de nous mépriser à
leur tour.
vivantes.
D
Leu ayant: châtié l'insolence de nos Peres 2"
par la confusion des Langues à l'entreprise :
de Babel ; il n'y a pas de meilleur moyen pour
adoucir l'effet de cette punition , que d'apprendre
plusieurs Langues ; et l'on doit regarder
cette science comme la clef de la Sagesse des
differentes Nations.
La plus grande partie de notre jeunesse est .
occupée à apprendre le Latin et le Grec ; sur
quoi il faut observer , qu'on se fait par - là , à la
verité un bon fond , mais presque tous les
Auteurs Grecs ee Latins étant traduits en François
, il seroit sans doute , plus utile de s'ap
pliquer à l'étude des Langues de nos . Voisins.
>
L'on ne peut donc excuser l'ignorance de nos
Sçavans là-dessus ; car ne pas approfondir la
science des étrangers , est une présomption de
soi -même , et un mépris des autres qui n'est pas
pardonnable. Sur- tout si ceux que l'on méprise ,.
sont gens d'érudition ; c'est même une arrogance
insupportable de soutenir que les moindress
SEPTEMBRE 1731. 2207
Peuples ne puissent avoir quelque chose digne
de notre attention ..
Ainsi , à mon avis , aucun homme ne devroit
passer pour Sçavant parmi nous , s'il ignore
la Langue de ses voisins : et parmi ceux - cy , les..
Anglois semblent meriter notre premiere attention.
En effet , ce Peuple par une sagacité particuliere
, et par une application infatigable , travaille
beaucoup à l'avancement des Arts et des
Sciences et y fait tous les jours de grands
Progrès.
"
:
C'est sur quoi je trouve que c'est un malheur
que nous n'ayons pas une bonne Grammaire.
Angloise il y a presentement à Paris , Eaubourg
S. Jacques , près les Feuillantines , chez Monsieur
Wallon , un Gentilhomme Anglois , qui a
entrepris de faire une Grammaire Angloise , laquelle
donnera de grandes facilitez ; mais le peu
d'inclination qu'il reconnoît dans norre nation
pour l'étude aux Langues Etrangeres , le décourage
presque entierement d'éxecuter son Projet ;;
le zele pour notre Patrie également renommée
du côté des Sciences , des Arts et des Armes
devroit faire cesser cette plainte : car comme nos
voisins étudient assidument notre Langue si.
nous n'étudions pas la leur , ils seront bien- tôt
plus sçavans que nous ; et ceux que nous semblons
mépriser , auront lieu de nous mépriser à
leur tour.
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Résumé : MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
Le texte 'MÉMOIRE sur l'Étude des Langues vivantes' met en avant l'importance d'apprendre plusieurs langues pour pallier la confusion des langues à Babel. L'auteur estime que la maîtrise des langues étrangères est cruciale pour accéder à la sagesse des différentes nations. Il critique l'accent mis sur le latin et le grec, arguant que la plupart des auteurs grecs et latins sont déjà traduits en français. Il recommande de se concentrer sur les langues des voisins, notamment l'anglais, en raison des avancées de ce peuple dans les arts et les sciences. L'auteur déplore l'ignorance des savants français concernant les langues étrangères, qualifiant cette attitude de présomptueuse et arrogante. Il propose que toute personne se prétendant savante en France devrait connaître la langue de ses voisins. Il souligne également l'absence d'une bonne grammaire anglaise à Paris et encourage son développement. Enfin, il met en garde contre le risque que les voisins, en étudiant le français, deviennent plus savants que les Français s'ils ne s'intéressent pas à leurs langues.
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5345
p. 2207-2209
MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
Début :
Monsieur de Voolhouse, celebre Medecin Oculiste est retiré depuis peu à cause [...]
Mots clefs :
Retraite, Oculiste , Art ophtalmique, Maladie des yeux, Cicatrices, Restes d'ulcères et d'abcès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
MEMOIRE envoyé aux Auteurs du
Mercure , à l'occasion de la Retraite de
M. de Woolhouse.
de Voolhouse celebre Medecina
MOculiste est retiré depuis peu à cause
>
de
2208 MERCURE DE FRANCE
2
de son grand âge : mais pour répondre à la con
fiance du Public , et pour continuer de lui être
utile , il a mis en possession de sa pratique et de
tous ses secrets concernant l'Art Ophthalmique
le Sieur Babelin , comme celui de tous ses Eleves
le plus en état de lui succeder pour la dexterité
de ses operations , et par la parfaite connoissance
qu'il a de tout ce qui concerne la maladie
des Yeux et des Remedes, convenables "
dequoi il a donné des marques par une pratique
de dix années consécutives avec tout le succès
possible , sous le même M. de Voolhouse.
>
>
>
>
Affermi dans les Principes , et en suivant la
méthode d'un si excellent Maître , le Sieur Babelin
ne craint point. d'assurer le Public , qu'il
emporte toutes les Taches , Nuages. Tayes ,
Mailles , Cicatrices , Unglets , restes d'Ul- .
ceres et d'Abscès mauvaises empreintes de la.
petite Verole , de la Rougeole et d'Inflammations
inveterées ou des Ecroüelles , des coups
de feu , et des Corps étrangers qui ont blessé la
Visiere . Ces guérisons se font en quinze jours
de temps , pourvû que la partie n'ait pas été
abbreuvée et imbue de quelque liqueur étrangere
d'une vertu.caustique et brûlante , et qu'on n'y.
ait pas touché avec le feu potentiel ; ce qui rend.
ces maux incurables en cauterisant la transparance
du miroir ;. ce qui n'arrive que trop souvent
à des Personnes qui ont le malheur d'être
mal adresées .
2
Sa méthode est de déclarer d'abord la Nature .
du mal en question ; et s'il est guérissable ,, en
combien de temps à peu près , par quels remedes
et operations. Il a été heureux jusqu'à present
dans les plus subtiles et les plus délicates de
es . Operations. Il guérit particulierement et radica
SEPTEMBRE. 1731. 2209
dicalement la Cataracte vraye en huit jours , de
quoy il peut fournir un grand nombre d'és
xemples .
Le Sieur Babelin est sur le point de publier une
Dissertation de sa façon , qu'il a faite sous les
yeux de M. Voolhouse , sur les Collyres Aqueux,
ou Eaux Ophthalmiques qui se débitent à Paris ,
pour toutes sortes de maladies des yeux .
On le trouve constamment tous les jours ,
depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures
après midi à l'Hôpital Royal des Quinzevingts ,
à la Porte cochere de la grande Aumônerie ,
Cour de la Pompe. Il recevrà les Pauvres gratis ,
le Lundy et le Samedy jusqu'à midi.
Mercure , à l'occasion de la Retraite de
M. de Woolhouse.
de Voolhouse celebre Medecina
MOculiste est retiré depuis peu à cause
>
de
2208 MERCURE DE FRANCE
2
de son grand âge : mais pour répondre à la con
fiance du Public , et pour continuer de lui être
utile , il a mis en possession de sa pratique et de
tous ses secrets concernant l'Art Ophthalmique
le Sieur Babelin , comme celui de tous ses Eleves
le plus en état de lui succeder pour la dexterité
de ses operations , et par la parfaite connoissance
qu'il a de tout ce qui concerne la maladie
des Yeux et des Remedes, convenables "
dequoi il a donné des marques par une pratique
de dix années consécutives avec tout le succès
possible , sous le même M. de Voolhouse.
>
>
>
>
Affermi dans les Principes , et en suivant la
méthode d'un si excellent Maître , le Sieur Babelin
ne craint point. d'assurer le Public , qu'il
emporte toutes les Taches , Nuages. Tayes ,
Mailles , Cicatrices , Unglets , restes d'Ul- .
ceres et d'Abscès mauvaises empreintes de la.
petite Verole , de la Rougeole et d'Inflammations
inveterées ou des Ecroüelles , des coups
de feu , et des Corps étrangers qui ont blessé la
Visiere . Ces guérisons se font en quinze jours
de temps , pourvû que la partie n'ait pas été
abbreuvée et imbue de quelque liqueur étrangere
d'une vertu.caustique et brûlante , et qu'on n'y.
ait pas touché avec le feu potentiel ; ce qui rend.
ces maux incurables en cauterisant la transparance
du miroir ;. ce qui n'arrive que trop souvent
à des Personnes qui ont le malheur d'être
mal adresées .
2
Sa méthode est de déclarer d'abord la Nature .
du mal en question ; et s'il est guérissable ,, en
combien de temps à peu près , par quels remedes
et operations. Il a été heureux jusqu'à present
dans les plus subtiles et les plus délicates de
es . Operations. Il guérit particulierement et radica
SEPTEMBRE. 1731. 2209
dicalement la Cataracte vraye en huit jours , de
quoy il peut fournir un grand nombre d'és
xemples .
Le Sieur Babelin est sur le point de publier une
Dissertation de sa façon , qu'il a faite sous les
yeux de M. Voolhouse , sur les Collyres Aqueux,
ou Eaux Ophthalmiques qui se débitent à Paris ,
pour toutes sortes de maladies des yeux .
On le trouve constamment tous les jours ,
depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures
après midi à l'Hôpital Royal des Quinzevingts ,
à la Porte cochere de la grande Aumônerie ,
Cour de la Pompe. Il recevrà les Pauvres gratis ,
le Lundy et le Samedy jusqu'à midi.
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Résumé : MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
Le mémoire informe les auteurs du Mercure de la retraite de M. de Woolhouse, un oculiste renommé. Woolhouse a transmis sa pratique et ses secrets à M. Babelin, son élève le plus compétent. Après dix années de succès sous Woolhouse, Babelin annonce sa capacité à traiter divers maux des yeux, tels que les taches, nuages, cicatrices, et les séquelles de maladies comme la variole ou la rougeole. Il garantit des guérisons en quinze jours, sauf si la zone affectée a été traitée avec des substances caustiques ou par cautérisation. Babelin affirme également pouvoir guérir radicalement la cataracte en huit jours. Il prévoit de publier une dissertation sur les collyres aqueux utilisés à Paris pour les maladies des yeux. Babelin est disponible quotidiennement à l'Hôpital Royal des Quinze-Vingts et offre des consultations gratuites aux pauvres les lundis et samedis jusqu'à midi.
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5346
p. 2209-2212
Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
Début :
M. Charles- Nicolas Cochin de Paris, habile Graveur, a été reçu de l'Académie Royale de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Académie française de peinture et sculpture, Marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
M. Charles- Nicolas Cochin de Paris ' , habile
> reçu
Graveur a été de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , le dernier jour d'Août ,
sur deux Portraits gravés , l'un de M. le Sueur
peint par lui- même et l'autre de M. Sarazin ,
Paîné , Sculpteur , peint par le même M. le
Sueur.
•
Le Portrait de M. René Herault , Conseiller
d'Etat Lieutenant Général de Police , paroît
en Estampe , peint et gravé par le Sieur Jean-
Etienne Liotard. Il se vend rue S. Jacques , chez
la veuve Chereau.
Il paroît une nouvelle Estampe , d'après Var
teau , intitulée le Chat malade , gravée par le
même Liotard , qui se vend au même endroit .
Par une Lettre de Rome >
on nous prie d'Inserer
dans le Mercure de France les Vers suivans
, ausquels le Buste du Cardinal de Polignac
a donné lieu
>
D&
2210 MERCURE DE FRANCE
De Bouchardon , la main sçavante
Ne pouvoit mieux transmettre à la posterité ,
Ces traits dont Polignac enchante ,
Tous ceux qui de le voir ont la félicité .
Ce marbre vit , il pense , et seul il fera croire
Tant de faits merveilleux dont il montre l'Auteur.
On y reconnoîtrà comme dans notre histoire ,
Des interêts des Rois le Conciliateur ,
Et l'oracle du consistoire.
Par Dom Le Blanc , Procureur Général de
Fordre de Cluny en Cour de Rome .
Le sieur Bouchardon est un François élevé à
Rome ; à l'Académie Françoise de Peinture et
Sculpture. I travaille actuellement au Buste
du Pape.
elle a
On écrit de Vienne en Autriche , qué l'Aloe
Spinosa mucronate folio Americana major
Plante qu'on cultive depuis trente- trois ans dans
les Jardins du Palais de la Favorite , et dont on
voit rarement la Fleur en Europe , y a fleuri depuis
environ la my - Août de cette année ;
Commencé à pousser la tige de son Bouquet vers
la fin du mois de May dernier ; et.depuis ce
temps là cette tige s'étant élevée à la hauteur de
vingt sept pieds et demy , avec 41. branches ,
le Bouquet total épanoui est de 5548. fleurs .
Cette rareté attire à Vienne un grand nombre de
Botanistes et des Curieux des principales Villes
d'Allemagne.
On écrit de Perpignan , que la femme d'us
Sellier
SEPTEMBRE . 1731. 2211
Sellier de cette Ville > étoit accouchée le 10.
d'Août de cinq filles , lesquelles avoient été baptisées
le lendemain ; que 15. jours auparavant ,
la Soeur de cette femme étoit accouchée de cinq
garçons , dont 4. étoient encore en vie , et que
leur Mere qui avoit eû quinze enfans en avoir
´mis au monde 12. en trois couches.
>
On apprend de Londres , qu'une Lionne qui
étoit enfermée dans la Tour , fit le 27. du mois
dernier des Petits ; il est à remarquer que cette
Lionne , ainsi que le mâle >
y nâquirent il y a
environ six ans.
"
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire du Roy
en l'Artillerie , fait et vend la veritable et bonne
Pate de Guimauve et Suc de Reglisse blanc
pour la guérison des maladies de poitrine , toutes.
sortes de Thoux , Rhumes , adoucissent les Serosités
âcres, qui tombent sur les Poulmons , gué
rissent les inflammations et maux de gorge.
Sa demeure est toûjours à Paris , ruë de la
Verrerie , prache la ruë des Carmes Billettes.
>
› Messieurs Girandeau le jeune et fils Mar
chands à Montpellier , qui font depuis environ
trente ans un commerce considérable en gros ,
en Liqueurs , Syrops , Eau d'Hongrie , et autres
marchandises permises ont crû devoir avertir
le Public qu'ils continuent la vente de l'Eau
Dauphine , qu'ils ont inventée sur la fin de l'année
derniere 1730. avec un débit étonnant ; mais
que s'étant apperçus que plusieurs Particuliers.
qui se sont imaginé d'avoir trouvé la composition
de cette liqueur quoiqu'ils en soient infiniment
éloignez , s'avisent d'en offrir
>
2.
et même
de
2212 MERCURE DE FRANCE
>
de contrefaire la signature que lesdits Sieurs Grrandeau
le jeune et fils mettent sur l'Etiquette ;
bien plus , que certaines Personnes de leur commerce
, qu'on a chargé d'acheter chez eux de leur
Eau Dauphine , n'en ont pris que la moitié du
nombre des Bouteilles qu'on leur en demandoit
et d'une bouteille en ont fait deux , dans le des
sein de diminuer , s'il leur étoit possible , la juste
préférence qu'on donne à cette liqueur sur toutes
celles qui sont connues ; c'est ce qui les a déter
minez à mettre sur chacune des Bouteilles de.
cette liqueur deux cachets en cire rouge , le premier
est sur le Parchemin , qui couvre le bouchon
de Liege , autour duquel on trouve ces
mots , Girandeau jeune et au milieu est fils ,
entre le commencement du nom Girandeau et
mot jeune , il y a un petit Dauphin ; l'autre cachet
est aposé sur le noud du fil qui serre le
Parchemin , il ne contient que ces trois lettres
GJ F. ce sera à ces marques qu'on pourra distinguer
leur Eau Dauphine , d'avec celle qu'on
supposera en être.
& c.
Les Personnes qui auront besoin tant d'Ean
Dauphine , que d'autres liqueurs , Syrops , Eau
d'Hongrie , P'Esprit de Vin , Eaux-de- Vie ,
sont priez de s'adresser à ceux à droitute , comme
leur commerce est très - étendu , ils ont des cor .
respondances dans toutes les principales Villes du
Royaume et des Pays Etrangers , par le moyen
desquelles il leur sera aisé de faire parvenir les
Marchandises qu'on leur demandera . Leur adresse
est à Mrs. Girandeau le jeune et fils , Marz
ebands à lagrande ruë , à Montpellier.
> reçu
Graveur a été de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , le dernier jour d'Août ,
sur deux Portraits gravés , l'un de M. le Sueur
peint par lui- même et l'autre de M. Sarazin ,
Paîné , Sculpteur , peint par le même M. le
Sueur.
•
Le Portrait de M. René Herault , Conseiller
d'Etat Lieutenant Général de Police , paroît
en Estampe , peint et gravé par le Sieur Jean-
Etienne Liotard. Il se vend rue S. Jacques , chez
la veuve Chereau.
Il paroît une nouvelle Estampe , d'après Var
teau , intitulée le Chat malade , gravée par le
même Liotard , qui se vend au même endroit .
Par une Lettre de Rome >
on nous prie d'Inserer
dans le Mercure de France les Vers suivans
, ausquels le Buste du Cardinal de Polignac
a donné lieu
>
D&
2210 MERCURE DE FRANCE
De Bouchardon , la main sçavante
Ne pouvoit mieux transmettre à la posterité ,
Ces traits dont Polignac enchante ,
Tous ceux qui de le voir ont la félicité .
Ce marbre vit , il pense , et seul il fera croire
Tant de faits merveilleux dont il montre l'Auteur.
On y reconnoîtrà comme dans notre histoire ,
Des interêts des Rois le Conciliateur ,
Et l'oracle du consistoire.
Par Dom Le Blanc , Procureur Général de
Fordre de Cluny en Cour de Rome .
Le sieur Bouchardon est un François élevé à
Rome ; à l'Académie Françoise de Peinture et
Sculpture. I travaille actuellement au Buste
du Pape.
elle a
On écrit de Vienne en Autriche , qué l'Aloe
Spinosa mucronate folio Americana major
Plante qu'on cultive depuis trente- trois ans dans
les Jardins du Palais de la Favorite , et dont on
voit rarement la Fleur en Europe , y a fleuri depuis
environ la my - Août de cette année ;
Commencé à pousser la tige de son Bouquet vers
la fin du mois de May dernier ; et.depuis ce
temps là cette tige s'étant élevée à la hauteur de
vingt sept pieds et demy , avec 41. branches ,
le Bouquet total épanoui est de 5548. fleurs .
Cette rareté attire à Vienne un grand nombre de
Botanistes et des Curieux des principales Villes
d'Allemagne.
On écrit de Perpignan , que la femme d'us
Sellier
SEPTEMBRE . 1731. 2211
Sellier de cette Ville > étoit accouchée le 10.
d'Août de cinq filles , lesquelles avoient été baptisées
le lendemain ; que 15. jours auparavant ,
la Soeur de cette femme étoit accouchée de cinq
garçons , dont 4. étoient encore en vie , et que
leur Mere qui avoit eû quinze enfans en avoir
´mis au monde 12. en trois couches.
>
On apprend de Londres , qu'une Lionne qui
étoit enfermée dans la Tour , fit le 27. du mois
dernier des Petits ; il est à remarquer que cette
Lionne , ainsi que le mâle >
y nâquirent il y a
environ six ans.
"
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire du Roy
en l'Artillerie , fait et vend la veritable et bonne
Pate de Guimauve et Suc de Reglisse blanc
pour la guérison des maladies de poitrine , toutes.
sortes de Thoux , Rhumes , adoucissent les Serosités
âcres, qui tombent sur les Poulmons , gué
rissent les inflammations et maux de gorge.
Sa demeure est toûjours à Paris , ruë de la
Verrerie , prache la ruë des Carmes Billettes.
>
› Messieurs Girandeau le jeune et fils Mar
chands à Montpellier , qui font depuis environ
trente ans un commerce considérable en gros ,
en Liqueurs , Syrops , Eau d'Hongrie , et autres
marchandises permises ont crû devoir avertir
le Public qu'ils continuent la vente de l'Eau
Dauphine , qu'ils ont inventée sur la fin de l'année
derniere 1730. avec un débit étonnant ; mais
que s'étant apperçus que plusieurs Particuliers.
qui se sont imaginé d'avoir trouvé la composition
de cette liqueur quoiqu'ils en soient infiniment
éloignez , s'avisent d'en offrir
>
2.
et même
de
2212 MERCURE DE FRANCE
>
de contrefaire la signature que lesdits Sieurs Grrandeau
le jeune et fils mettent sur l'Etiquette ;
bien plus , que certaines Personnes de leur commerce
, qu'on a chargé d'acheter chez eux de leur
Eau Dauphine , n'en ont pris que la moitié du
nombre des Bouteilles qu'on leur en demandoit
et d'une bouteille en ont fait deux , dans le des
sein de diminuer , s'il leur étoit possible , la juste
préférence qu'on donne à cette liqueur sur toutes
celles qui sont connues ; c'est ce qui les a déter
minez à mettre sur chacune des Bouteilles de.
cette liqueur deux cachets en cire rouge , le premier
est sur le Parchemin , qui couvre le bouchon
de Liege , autour duquel on trouve ces
mots , Girandeau jeune et au milieu est fils ,
entre le commencement du nom Girandeau et
mot jeune , il y a un petit Dauphin ; l'autre cachet
est aposé sur le noud du fil qui serre le
Parchemin , il ne contient que ces trois lettres
GJ F. ce sera à ces marques qu'on pourra distinguer
leur Eau Dauphine , d'avec celle qu'on
supposera en être.
& c.
Les Personnes qui auront besoin tant d'Ean
Dauphine , que d'autres liqueurs , Syrops , Eau
d'Hongrie , P'Esprit de Vin , Eaux-de- Vie ,
sont priez de s'adresser à ceux à droitute , comme
leur commerce est très - étendu , ils ont des cor .
respondances dans toutes les principales Villes du
Royaume et des Pays Etrangers , par le moyen
desquelles il leur sera aisé de faire parvenir les
Marchandises qu'on leur demandera . Leur adresse
est à Mrs. Girandeau le jeune et fils , Marz
ebands à lagrande ruë , à Montpellier.
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Résumé : Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
En septembre 1731, le Mercure de France a publié plusieurs événements et annonces notables. M. Charles-Nicolas Cochin, graveur de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, a été distingué pour deux portraits gravés : ceux de M. le Sueur et de M. Sarazin, tous deux peints par M. le Sueur. Jean-Étienne Liotard a réalisé une estampe du Portrait de M. René Herault, Conseiller d'État Lieutenant Général de Police, disponible chez la veuve Chereau rue Saint-Jacques. Liotard a également gravé une estampe intitulée 'Le Chat malade' d'après Watteau, vendue au même endroit. Une lettre de Rome demande l'insertion de vers dédiés au buste du Cardinal de Polignac, sculpté par Bouchardon, un Français élevé à Rome. Bouchardon est actuellement occupé à sculpter le buste du Pape. De Vienne, on rapporte la floraison rare d'une plante, l'Aloe Spinosa mucronate folio Americana major, dans les jardins du Palais de la Favorite, attirant de nombreux botanistes. De Perpignan, on apprend qu'une femme a accouché de cinq filles, tandis que sa sœur avait précédemment donné naissance à cinq garçons. À Londres, une lionne a mis bas dans la Tour. Le Sieur Julien, apothicaire du Roi, vend des remèdes pour les maladies de poitrine et les maux de gorge à Paris. Enfin, les marchands Girandeau à Montpellier avertissent le public de la contrefaçon de leur Eau Dauphine et décrivent les marques distinctives pour authentifier leur produit.
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5347
p. 2213-2218
« Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
Début :
Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...]
Mots clefs :
Feuille volante, Tragédie, Académie de Marseille, Collège de Vernon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
SPECTACLE S.
U fille ,nous apprend que fur la fin
Ne Feüille volante imprimée à Mar
du mois passé , on y representa avec beaucoup
de succès sur le Theatre du College
des PP. de l'Oratoire , la Tragedie de
Themistocle , dont l'Argument est exposé
au long dans la même feuille. Les Echevins
et tout le Corps de Ville assisterent à
ce Spectacle , auquel il y eût un concours
extraordinaire. Voici le Compliment qui
fut fait aux Echevins , pris du fonds du
sujet de la Piéce Tragique , et qui receut
de justes applaudissemens , sur tout dans
l'endroit qui regarde la nouvelle Academie
de Marseille.
Vous le sçavez , MESSIEURS , Mar
seille étoit sçavante & polie , lorsque le refte
desGaules n'étoit éclairé quepar le sçavoir bar
bare des Druïdes. Elle a déja repris cet ancien
éclat ; elle est devenue encore le séjour des
Lettres, une Société qui réunit tous les talens,
y met , pour ainsi dire , l'esprit en commun ,
& le travail particulier devient le profit general.
De là , nous verrons une succeffion de
génies
2214 MERCURE DE FRANCE
génies rares que la Capitale nous enviera ,
comme Rome en envia autrefois à nos Ancêtres.
De là, vos noms passeront avec les leurs,
à l'immortalité , et nos derniers Neveux admireront
tout ensemble et vos vertus et leurs
progrès.
Če Compliment fut prononcé par Louis
de Saint-Jacques, et l'Argument de la Tragédie
, récité par Pierre - Augustin Guis
Ecoliers d'élite , tous deux de Marseille.
du
Mr de Vernon , fort jolie Ville ,
Diocèse d'Evreux, ne se plaindront pas de
se trouver mal placez , si ensuite de ce
qui s'est passé à Marseille , nous rendons
aussi compte de ce qui les regarde en fait
de Spectacle. Voici l'Extrait d'une Lettre ,
écrite de cette Ville , le 25 Aoust.
Le College de Vernon est aujourd'hui
l'un des meilleurs et des plus florissans de
la Province de Normandie.
Le 22. Août on repréſenta fur le Theatre
de ce College , pour la distribution
des Prix , la Mort d'Antiochus , l'illuftre
Roy de Syrie , qui fit mourir les Maccabées
, fujet des plus tragiques , et tiré de
l'Ecriture Sainte.
Un fpectacle si touchant , et qui fut heureuſement
executé devant une nombreuſe
Affemblée , demandoit quelque chofe à
fa
SEPTEMBRE. 1731. 2215
fa fuite qui fût capable de divertir les Auditeurs
, et de les dédommager , pour ainsi
dire , des sentimens de terreur et de pitié
qui venoient de les émouvoir. On ne pouvoit
guere mieux y réussir qu'en représentant
, comme on fit , les Rufes des Ecoliers,
Comedie en trois Actes , de la compofition
de MM. Gautier et d'Orvilliers ,
dont voici un petit Extrait.
ACTE I. Tripolin , le plus espiegle des
Ecoliers , engage quatre ou cinq de ses
Compagnons à ne plus retourner au College
: il parle plaisamment des mauvais
traitemens des Regens ; les autres applaudissent
et se plaignent à leur tour . Pygron se
mocque de Filidor qu'il trouve allant porter
des liqueurs à son Regent pour en être
mieux traité, et l'engage à aller boire les liqueurs
avec deux ou trois de ses camarades.
ACTE II. Les Ecoliers se disent mutuellement
les tours qu'ils jouent à leurs Parens
pour attraper de l'argent. Tripolin
déclare à Brufcambille, que pour lui il fait
l'esprit folet pendant la nuit , et que ce
moyen lui donne lieu de voler, &c. Pigron
dit qu'ayant acheté un écu faux , et l'ayant
donné à garder à sa grand'mere , qui le
mit avec d'autres écus dans sa cassette , la
bonne femme lui avoit rendu un bon écu
au lieu du faux . Ils proposent ensuite de
joiier
2216 MERCURE DE FRANCE
jouer une partie de Lansquenet. Ils joüent
un moment , et sur un coup douteux ils
contestent , et se querellent en Ecoliers.
Un de leurs camarades vient fort essouflé
les avertir qu'on les cherche de tous
côtez , ce qui les fait tous disparoître.
ACTE III. & le plus comique. Deux
Ecoliers étant allé voler du fruit dans le
verger d'un Paysan , le disent à deux autres
qui ne manquent pas d'y aller. Guingan,
maître du Verger , les ayant surpris ,
s'empare du chapeau de Bruscambille , et
dit en jurant , qu'il ne le rendra qu'après
qu'on lui aura payé ses poires. Tripolin
s'écarte un moment pour consulter avec
Pigron sur les moyens de se tirer d'intrigue
, et d'attraper le Paysan . Voici comment
ils s'y prennent.
Ils reviennent en disputant fortement
l'un contre l'autre à qui aura un
mauvais bonnet qu'ils tiennent : Guingan
tâche de les mettre d'accord , et leur
dit qu'une pareille guenille ne vaut pas la
peine de disputer. Ils lui persuadent que
ce bonnet n'a point de prix , et qu'il rend
invisibles ceux qui le portent : ils le lui
prouvent en le mettant alternativement
sur leur tête et en s'esquivant adroitement,
ce qui fait un très plaisant jeu de Theatre.
Enfin ils prêtent le bonnet au Paysan qui
les
SEPTEMBRE. 1731 2217
les en prie , et qui rend le chapeau de Bruscambille
, se promettant de bien profiter
du temps qu'il possedera cet heureux bonnet.
Il le met sur sa tête et se croît invisi -
ble , les Ecoliers jurant qu'ils ne le voyent
pas , &c. Un Marquis paroît , auquel le
Paysan veut voler l'épée , croyant qu'il
n'en sera pas apperçû , mais il est chassé
et battu .
Tripolin rentre aussi-tôt sur la Scene
en riant du tour qu'il vient de jouer au
Paysan ; son pere qui le cherche arrive ,
le saisit et veut le conduire à St. L. Les
autres Ecoliers surviennent; ils sont si touchez
du péril où se trouve leur ami , qu'ils
jurent de rentrer dans leur devoir , de se
corriger , &c. C'est la fin de la Piéce ,
qui a fait beaucoup de plaisir.
M. de Guiry de Beaumont , Docteur de
Sorbonne , Chanoine de la Collegiale , et
Principal du College , a voulu lui -même
en faire le Prologue qui a été goûté des
Connoisseurs ; mais ce qui a été particu
lierement applaudi , c'eft un Compliment
que déclama , avec beaucoup de grace ,
en Vers de sa façon , un jeune Ecolier de
Troisiéme , et l'un des Acteurs de la Comedie.
Il est fils de M. d'Orvilliers ; c'est
à dire,fils de Maître . On ne mettra ici que
la fin de son Compliment , pour abreger
cet Extrait. H Avec
7218 MERCURE DE FRANCE
Avec quelque talent , beaucoup de hardiesse ,
Nous avons découvert tous nos tours de jeunesse,
Vous amuser étoit notre plus grand plaisir;
Des Acteurs de notre âge ont peine à réussir.
Mais si nous n'avons pû , Messieurs , vous satisfaire
,
'Applaudissez du moins au desir de vous plaire.
Le 13. de ce mois , les Comédiens
François remirent au Theatre la Tragede
Romulus de M. de la Motte , que le
Public revoit avec beaucoup de plaisir.
Les principaux Personnages de cette Piéce
sont Romulus , Tatius , Proculus , Erfilie, et
ces rôles sont remplis par les S" Du Fresne,
Sarrazin , Le Grand , la Dlle Du Fresne ,
&c. Nous renvoyons pour l'Extrait de
ce Poëme au Mercure de Janvier 1722 .
page 96.
Le Lundi 17. les mêmes Comédiens
représenterent à la Cour la Comédie du
Misantrope , qui fut suivie des Folies-
Amoureufes.
U fille ,nous apprend que fur la fin
Ne Feüille volante imprimée à Mar
du mois passé , on y representa avec beaucoup
de succès sur le Theatre du College
des PP. de l'Oratoire , la Tragedie de
Themistocle , dont l'Argument est exposé
au long dans la même feuille. Les Echevins
et tout le Corps de Ville assisterent à
ce Spectacle , auquel il y eût un concours
extraordinaire. Voici le Compliment qui
fut fait aux Echevins , pris du fonds du
sujet de la Piéce Tragique , et qui receut
de justes applaudissemens , sur tout dans
l'endroit qui regarde la nouvelle Academie
de Marseille.
Vous le sçavez , MESSIEURS , Mar
seille étoit sçavante & polie , lorsque le refte
desGaules n'étoit éclairé quepar le sçavoir bar
bare des Druïdes. Elle a déja repris cet ancien
éclat ; elle est devenue encore le séjour des
Lettres, une Société qui réunit tous les talens,
y met , pour ainsi dire , l'esprit en commun ,
& le travail particulier devient le profit general.
De là , nous verrons une succeffion de
génies
2214 MERCURE DE FRANCE
génies rares que la Capitale nous enviera ,
comme Rome en envia autrefois à nos Ancêtres.
De là, vos noms passeront avec les leurs,
à l'immortalité , et nos derniers Neveux admireront
tout ensemble et vos vertus et leurs
progrès.
Če Compliment fut prononcé par Louis
de Saint-Jacques, et l'Argument de la Tragédie
, récité par Pierre - Augustin Guis
Ecoliers d'élite , tous deux de Marseille.
du
Mr de Vernon , fort jolie Ville ,
Diocèse d'Evreux, ne se plaindront pas de
se trouver mal placez , si ensuite de ce
qui s'est passé à Marseille , nous rendons
aussi compte de ce qui les regarde en fait
de Spectacle. Voici l'Extrait d'une Lettre ,
écrite de cette Ville , le 25 Aoust.
Le College de Vernon est aujourd'hui
l'un des meilleurs et des plus florissans de
la Province de Normandie.
Le 22. Août on repréſenta fur le Theatre
de ce College , pour la distribution
des Prix , la Mort d'Antiochus , l'illuftre
Roy de Syrie , qui fit mourir les Maccabées
, fujet des plus tragiques , et tiré de
l'Ecriture Sainte.
Un fpectacle si touchant , et qui fut heureuſement
executé devant une nombreuſe
Affemblée , demandoit quelque chofe à
fa
SEPTEMBRE. 1731. 2215
fa fuite qui fût capable de divertir les Auditeurs
, et de les dédommager , pour ainsi
dire , des sentimens de terreur et de pitié
qui venoient de les émouvoir. On ne pouvoit
guere mieux y réussir qu'en représentant
, comme on fit , les Rufes des Ecoliers,
Comedie en trois Actes , de la compofition
de MM. Gautier et d'Orvilliers ,
dont voici un petit Extrait.
ACTE I. Tripolin , le plus espiegle des
Ecoliers , engage quatre ou cinq de ses
Compagnons à ne plus retourner au College
: il parle plaisamment des mauvais
traitemens des Regens ; les autres applaudissent
et se plaignent à leur tour . Pygron se
mocque de Filidor qu'il trouve allant porter
des liqueurs à son Regent pour en être
mieux traité, et l'engage à aller boire les liqueurs
avec deux ou trois de ses camarades.
ACTE II. Les Ecoliers se disent mutuellement
les tours qu'ils jouent à leurs Parens
pour attraper de l'argent. Tripolin
déclare à Brufcambille, que pour lui il fait
l'esprit folet pendant la nuit , et que ce
moyen lui donne lieu de voler, &c. Pigron
dit qu'ayant acheté un écu faux , et l'ayant
donné à garder à sa grand'mere , qui le
mit avec d'autres écus dans sa cassette , la
bonne femme lui avoit rendu un bon écu
au lieu du faux . Ils proposent ensuite de
joiier
2216 MERCURE DE FRANCE
jouer une partie de Lansquenet. Ils joüent
un moment , et sur un coup douteux ils
contestent , et se querellent en Ecoliers.
Un de leurs camarades vient fort essouflé
les avertir qu'on les cherche de tous
côtez , ce qui les fait tous disparoître.
ACTE III. & le plus comique. Deux
Ecoliers étant allé voler du fruit dans le
verger d'un Paysan , le disent à deux autres
qui ne manquent pas d'y aller. Guingan,
maître du Verger , les ayant surpris ,
s'empare du chapeau de Bruscambille , et
dit en jurant , qu'il ne le rendra qu'après
qu'on lui aura payé ses poires. Tripolin
s'écarte un moment pour consulter avec
Pigron sur les moyens de se tirer d'intrigue
, et d'attraper le Paysan . Voici comment
ils s'y prennent.
Ils reviennent en disputant fortement
l'un contre l'autre à qui aura un
mauvais bonnet qu'ils tiennent : Guingan
tâche de les mettre d'accord , et leur
dit qu'une pareille guenille ne vaut pas la
peine de disputer. Ils lui persuadent que
ce bonnet n'a point de prix , et qu'il rend
invisibles ceux qui le portent : ils le lui
prouvent en le mettant alternativement
sur leur tête et en s'esquivant adroitement,
ce qui fait un très plaisant jeu de Theatre.
Enfin ils prêtent le bonnet au Paysan qui
les
SEPTEMBRE. 1731 2217
les en prie , et qui rend le chapeau de Bruscambille
, se promettant de bien profiter
du temps qu'il possedera cet heureux bonnet.
Il le met sur sa tête et se croît invisi -
ble , les Ecoliers jurant qu'ils ne le voyent
pas , &c. Un Marquis paroît , auquel le
Paysan veut voler l'épée , croyant qu'il
n'en sera pas apperçû , mais il est chassé
et battu .
Tripolin rentre aussi-tôt sur la Scene
en riant du tour qu'il vient de jouer au
Paysan ; son pere qui le cherche arrive ,
le saisit et veut le conduire à St. L. Les
autres Ecoliers surviennent; ils sont si touchez
du péril où se trouve leur ami , qu'ils
jurent de rentrer dans leur devoir , de se
corriger , &c. C'est la fin de la Piéce ,
qui a fait beaucoup de plaisir.
M. de Guiry de Beaumont , Docteur de
Sorbonne , Chanoine de la Collegiale , et
Principal du College , a voulu lui -même
en faire le Prologue qui a été goûté des
Connoisseurs ; mais ce qui a été particu
lierement applaudi , c'eft un Compliment
que déclama , avec beaucoup de grace ,
en Vers de sa façon , un jeune Ecolier de
Troisiéme , et l'un des Acteurs de la Comedie.
Il est fils de M. d'Orvilliers ; c'est
à dire,fils de Maître . On ne mettra ici que
la fin de son Compliment , pour abreger
cet Extrait. H Avec
7218 MERCURE DE FRANCE
Avec quelque talent , beaucoup de hardiesse ,
Nous avons découvert tous nos tours de jeunesse,
Vous amuser étoit notre plus grand plaisir;
Des Acteurs de notre âge ont peine à réussir.
Mais si nous n'avons pû , Messieurs , vous satisfaire
,
'Applaudissez du moins au desir de vous plaire.
Le 13. de ce mois , les Comédiens
François remirent au Theatre la Tragede
Romulus de M. de la Motte , que le
Public revoit avec beaucoup de plaisir.
Les principaux Personnages de cette Piéce
sont Romulus , Tatius , Proculus , Erfilie, et
ces rôles sont remplis par les S" Du Fresne,
Sarrazin , Le Grand , la Dlle Du Fresne ,
&c. Nous renvoyons pour l'Extrait de
ce Poëme au Mercure de Janvier 1722 .
page 96.
Le Lundi 17. les mêmes Comédiens
représenterent à la Cour la Comédie du
Misantrope , qui fut suivie des Folies-
Amoureufes.
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Résumé : « Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
En septembre 1731, la tragédie 'Themistocle' a été représentée avec succès au théâtre du Collège des Pères de l'Oratoire à Marseille. Cette représentation a attiré un public nombreux, y compris les échevins et le corps de ville. Louis de Saint-Jacques a adressé un compliment aux échevins, mettant en avant l'antique savoir de Marseille et son renouveau intellectuel grâce à une société réunissant divers talents. Pierre-Augustin Guis a récité l'argument de la tragédie. À Vernon, le Collège, l'un des meilleurs de Normandie, a organisé une représentation pour la distribution des prix. La tragédie 'La Mort d'Antiochus' a été suivie de la comédie 'Les Ruses des Écoliers'. Cette comédie, en trois actes, a été composée par MM. Gautier et d'Orvilliers et a diverti le public après la tragédie. Le spectacle a été complété par un prologue du Docteur de Sorbonne M. de Guiry de Beaumont et un compliment en vers d'un jeune écolier, fils de M. d'Orvilliers. À Paris, les comédiens français ont repris la tragédie 'Romulus' de M. de la Motte et la comédie 'Le Misantrope' suivie des 'Folies Amoureuses'.
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5348
p. 2218-2222
Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Theatre François vient de faire une très-grande perte en la personne de Pierre [...]
Mots clefs :
Troupe de Molière, Amoureuses comiques, Manigances, Fourberies
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texteReconnaissance textuelle : Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Le Theatre François vient de faire une
très-grande perte en la personne de Pierre
le Noir de la THORILLIERE , mort à Paris le
18. de ce mois , dans la 75. année de son
âge , aprés avoir reçû tous ses Sacremens.
Il étoit fort aimé du Public , qui vraisemblaSEPTEMBR.
E . 1731. 2219
>
semblablement le regretera long - temps ;
c'étoit le seul qui restoit de la Troupe de
Moliere . Il étoit frere de Louise et Therese
le Noir , épouses des feu sieurs Baron et
Dancourt toutes deux mortes depuis
quelques années. Le Public garde encore
un précieux souvenir de la derniere , qui
jusqu'à l'âge de 60. ans , avoit conservé
les airs enfantins et les graces de la jeunesse
dans les rôles d'Amoureuses comiques,
avec une finesse , un naturel et une
noblesse admirable.
Le sieur de la Thorilliere avoit joué d'abord
dans le Tragique les rôles d'Oreste §
de Bajazet , &c. et les Amoureux Comiques;
mais en 1693. après la mort de J. B.
Siret Raifin , le plus excellent Comique
de la Scene Françoise , dont Moliere avoit
cultivé les heureux talens , il lui succeda
dans la plus grande partie de ses rôles , et
l'on peut dire qu'aprés l'inimitable Acteur
dont on vient de parler , le sieur de la
Thorilliere étoit le meilleur Comédieu
dans son genre de tous ceux que Moliere
avoit formés : aucun n'a si bien réussi , ni
si bien attrapé , et avec tant de graces et
de finesses naïves , les manigances , les
fourberies , les manieres et le ridicule d'un
Valet.
Il étoit d'une taille médiocre, mais très-
Hij bien
2220 MERCURE DE FRANCE
bien prise , dansant très bien et de bonne
grace ; le visage ouvert et gracieux , de
beaux yeux et le regard agréable , vif et
expressif; la voix legere , pleine et sonore,
Son jeu étoit plein d'action et d'un badinage
aimable et gay , sans être trivial : un
mouvement , une attitude , un geste , un
souris , un clin d'oeil , tout parloit en lui;
il animoit tout , sans sortir de l'esprit de
son rôle et de son vrai caractere. Ses heureux
talens et une longue pratique lui
avoient acquis cette perfection et la grande
réputation dont il a joüi ; car peu d'Acteurs
peuvent se vanter d'avoir été autant
et si constamment cheris du Public . Cependant
dans sa jeunesse , il chargeoit et
outroit un peu ses caracteres , pour plaire
au bas Parterre , qui l'accabloit d'applau
dissemens écueil fatal pour un Comédien
, qui naturellement au moins aussi vain
que les autres hommes,se prévient de son
merite sur de tels suffrages, sans compter
encore les fades complimens faits d'aprés
pareils juges ; en sorte que non seulenient
il se croit sans défaut , mais encore arrivé
au comble de la perfection ; tandis que
les gens sensez qui ont quelques lumieres
et du goût , haussent les épaules de yoir
applaudir une déclamation entierement
hors de la bienséance et du vrai , et qui
manque
SEPTEMBRE. 173. 22it
manque totalement de vrai- semblance et
de naturel .
Qu'on nous passe cette petite digres
sion à l'occasion de l'excellent Acteur que
nous regrettons avec tout le Public. " II
étoit fils de N. le Noir de la Thorilliere ,
mort il y a plus de 60. ans , très-gracieux
Comédien , quoique d'une taille médiocre
; sur tout il avoit de beaux yeux et de
belles dents. Il excelloit dans les rôles de
Roy et de Paysan . Il avoit été , dit- on ,
Officier de Cavalerie , et succeda à Juvenen
de la Fleur , fameux Comédien qui joüa
d'original le rôle d'Acomat , dans la Tragedie
de Bajazet.
Le sieur de la Thorilliere dansoit avec
beaucoup de grace et de legereté, et chantoit
fort agréablement . Il étoit bon convive
et aimoit la table quelquefois avec excès.
Le plaisir qu'il avoit fait à la Cour et à la
Ville , avoit été récompensé par une pension
de 1200. liv. que le Roy lui avoit accordée
, dont il jouissoit depuis dix ans.
Le 6. l'Académie Royale de Musique ,
reprit l'Opera de Phaeton , et redonna
Les Festes Venitiennes le 28. On répete
Amadis de Gaule , qu'on doit donner au
commencement d'Octobre.
Le 18. Août dernier , le Roy par Arrêt
de son Conseil du même jour , a ac-
Hij corde
2222 MERCURE DE FRANCE
cordé le Privilege de l'Académie Royale
du Musique au sieur le Comte , qu'avoit
ci-devant le sieur Gruer.
très-grande perte en la personne de Pierre
le Noir de la THORILLIERE , mort à Paris le
18. de ce mois , dans la 75. année de son
âge , aprés avoir reçû tous ses Sacremens.
Il étoit fort aimé du Public , qui vraisemblaSEPTEMBR.
E . 1731. 2219
>
semblablement le regretera long - temps ;
c'étoit le seul qui restoit de la Troupe de
Moliere . Il étoit frere de Louise et Therese
le Noir , épouses des feu sieurs Baron et
Dancourt toutes deux mortes depuis
quelques années. Le Public garde encore
un précieux souvenir de la derniere , qui
jusqu'à l'âge de 60. ans , avoit conservé
les airs enfantins et les graces de la jeunesse
dans les rôles d'Amoureuses comiques,
avec une finesse , un naturel et une
noblesse admirable.
Le sieur de la Thorilliere avoit joué d'abord
dans le Tragique les rôles d'Oreste §
de Bajazet , &c. et les Amoureux Comiques;
mais en 1693. après la mort de J. B.
Siret Raifin , le plus excellent Comique
de la Scene Françoise , dont Moliere avoit
cultivé les heureux talens , il lui succeda
dans la plus grande partie de ses rôles , et
l'on peut dire qu'aprés l'inimitable Acteur
dont on vient de parler , le sieur de la
Thorilliere étoit le meilleur Comédieu
dans son genre de tous ceux que Moliere
avoit formés : aucun n'a si bien réussi , ni
si bien attrapé , et avec tant de graces et
de finesses naïves , les manigances , les
fourberies , les manieres et le ridicule d'un
Valet.
Il étoit d'une taille médiocre, mais très-
Hij bien
2220 MERCURE DE FRANCE
bien prise , dansant très bien et de bonne
grace ; le visage ouvert et gracieux , de
beaux yeux et le regard agréable , vif et
expressif; la voix legere , pleine et sonore,
Son jeu étoit plein d'action et d'un badinage
aimable et gay , sans être trivial : un
mouvement , une attitude , un geste , un
souris , un clin d'oeil , tout parloit en lui;
il animoit tout , sans sortir de l'esprit de
son rôle et de son vrai caractere. Ses heureux
talens et une longue pratique lui
avoient acquis cette perfection et la grande
réputation dont il a joüi ; car peu d'Acteurs
peuvent se vanter d'avoir été autant
et si constamment cheris du Public . Cependant
dans sa jeunesse , il chargeoit et
outroit un peu ses caracteres , pour plaire
au bas Parterre , qui l'accabloit d'applau
dissemens écueil fatal pour un Comédien
, qui naturellement au moins aussi vain
que les autres hommes,se prévient de son
merite sur de tels suffrages, sans compter
encore les fades complimens faits d'aprés
pareils juges ; en sorte que non seulenient
il se croit sans défaut , mais encore arrivé
au comble de la perfection ; tandis que
les gens sensez qui ont quelques lumieres
et du goût , haussent les épaules de yoir
applaudir une déclamation entierement
hors de la bienséance et du vrai , et qui
manque
SEPTEMBRE. 173. 22it
manque totalement de vrai- semblance et
de naturel .
Qu'on nous passe cette petite digres
sion à l'occasion de l'excellent Acteur que
nous regrettons avec tout le Public. " II
étoit fils de N. le Noir de la Thorilliere ,
mort il y a plus de 60. ans , très-gracieux
Comédien , quoique d'une taille médiocre
; sur tout il avoit de beaux yeux et de
belles dents. Il excelloit dans les rôles de
Roy et de Paysan . Il avoit été , dit- on ,
Officier de Cavalerie , et succeda à Juvenen
de la Fleur , fameux Comédien qui joüa
d'original le rôle d'Acomat , dans la Tragedie
de Bajazet.
Le sieur de la Thorilliere dansoit avec
beaucoup de grace et de legereté, et chantoit
fort agréablement . Il étoit bon convive
et aimoit la table quelquefois avec excès.
Le plaisir qu'il avoit fait à la Cour et à la
Ville , avoit été récompensé par une pension
de 1200. liv. que le Roy lui avoit accordée
, dont il jouissoit depuis dix ans.
Le 6. l'Académie Royale de Musique ,
reprit l'Opera de Phaeton , et redonna
Les Festes Venitiennes le 28. On répete
Amadis de Gaule , qu'on doit donner au
commencement d'Octobre.
Le 18. Août dernier , le Roy par Arrêt
de son Conseil du même jour , a ac-
Hij corde
2222 MERCURE DE FRANCE
cordé le Privilege de l'Académie Royale
du Musique au sieur le Comte , qu'avoit
ci-devant le sieur Gruer.
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Résumé : Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Pierre le Noir de la Thorillière, acteur renommé, est décédé à Paris le 18 septembre 1731 à l'âge de 75 ans, après avoir reçu les sacrements. Il était le dernier survivant de la troupe de Molière et le frère de Louise et Thérèse le Noir, épouses des défunts sieurs Baron et Dancourt. Thérèse était connue pour ses rôles d'amoureuses comiques et conservait des grâces juvéniles jusqu'à 60 ans. La Thorillière a d'abord interprété des rôles tragiques comme Oreste et Bajazet, ainsi que des rôles comiques. En 1693, après la mort de Jean-Baptiste Siret Raffin, il lui a succédé dans la plupart de ses rôles et est devenu l'un des meilleurs comédiens dans le genre formé par Molière, excellant particulièrement dans les rôles de valets. Physiquement, il avait une taille moyenne mais bien proportionnée, dansait avec grâce et possédait un visage ouvert et gracieux avec de beaux yeux expressifs. Sa voix était légère, pleine et sonore. Son jeu était plein d'action et de badinage aimable, sans jamais sortir de l'esprit de son rôle. Malgré une jeunesse marquée par des excès pour plaire au public, il a acquis une grande réputation et une perfection reconnue. Il était le fils de Nicolas le Noir de la Thorillière, comédien gracieux et Officier de Cavalerie, qui avait succédé à Juvenal de la Fleur. Pierre le Noir de la Thorillière dansait et chantait agréablement, aimait la bonne table et recevait une pension de 1200 livres accordée par le roi depuis dix ans.
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5349
p. 2222-2223
L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. Août, les Comédiens Italiens joüerent l'Amante difficile, Comédie de [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Comédie, Divertissements
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texteReconnaissance textuelle : L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 23. Août , les Comédiens Italiens
joüerent l'Amante difficile , Comédie de
M. de la Motte , en Prose et en cinq
Actes , avec trois Divertissemens mis en
Musique par M. Mouret. Le Canevas de
cette Piéce avoit été donné par M. de la
Motte aux Comédiens Italiens à leur premiere
nouveauté ; ils l'executerent en 1716
en Italien avec beaucoup de succès , sans
en avoir fait une seule répetition , et seulement
aprés avoir écouté avec beaucoup
d'attention le sujet bien détaillé par le
sieur Lelio. Le plaisir que fit le gros de
P'action ( quoi que le détail se sentit bien
de l'impromptu ) persuada à M. de la
Motte , que les Scenes écrites avec soin
ne feroient qu'augmenter l'agrément du
Sujet. Il y a répandu beaucoup d'esprit et
'de sentiment.. L'action est bien conduite
et interessante ; et elle le seroit encoredavantage
, si les Scenes entre les Valets :
qui sont trop épisodiques et trop boufonnes
, ne l'interrompoient et ne l'avilissoient
même un peu . La De Silvia jouë
dans la perfection le rôle de l'Amantedifficile
: elle en a rendu les differens déguis
SEPTEMBRE . 1731. 2223
.
guisemens dans leur vrai caractere , et fur
tout le personnage de Gascon , avec toutes
les graces et la vivacité qui lui sont propres.
joüerent l'Amante difficile , Comédie de
M. de la Motte , en Prose et en cinq
Actes , avec trois Divertissemens mis en
Musique par M. Mouret. Le Canevas de
cette Piéce avoit été donné par M. de la
Motte aux Comédiens Italiens à leur premiere
nouveauté ; ils l'executerent en 1716
en Italien avec beaucoup de succès , sans
en avoir fait une seule répetition , et seulement
aprés avoir écouté avec beaucoup
d'attention le sujet bien détaillé par le
sieur Lelio. Le plaisir que fit le gros de
P'action ( quoi que le détail se sentit bien
de l'impromptu ) persuada à M. de la
Motte , que les Scenes écrites avec soin
ne feroient qu'augmenter l'agrément du
Sujet. Il y a répandu beaucoup d'esprit et
'de sentiment.. L'action est bien conduite
et interessante ; et elle le seroit encoredavantage
, si les Scenes entre les Valets :
qui sont trop épisodiques et trop boufonnes
, ne l'interrompoient et ne l'avilissoient
même un peu . La De Silvia jouë
dans la perfection le rôle de l'Amantedifficile
: elle en a rendu les differens déguis
SEPTEMBRE . 1731. 2223
.
guisemens dans leur vrai caractere , et fur
tout le personnage de Gascon , avec toutes
les graces et la vivacité qui lui sont propres.
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Résumé : L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 23 août, les Comédiens Italiens ont interprété 'L'Amante difficile', une comédie en prose et en cinq actes écrite par M. de la Motte. La pièce incluait trois divertissements musicaux composés par M. Mouret. Le canevas de cette œuvre avait été donné par M. de la Motte aux Comédiens Italiens lors de leur première nouveauté en 1716, qu'ils avaient jouée en italien avec succès après une préparation rapide. La pièce est riche en esprit et en sentiment, avec une action bien conduite et intéressante. Cependant, les scènes entre les valets sont trop épisodiques et bouffonnes, interrompant et avilissant légèrement l'action. La comédienne De Silvia a interprété à la perfection le rôle de l'Amante difficile, rendant les différents déguisements avec toutes les grâces et la vivacité nécessaires, notamment le personnage de Gascon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5350
p. 2223-2226
Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens représenterent pour la premiere fois [...]
Mots clefs :
Pièce en vers libres, Éloquence, Déesse des Amours, Critique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
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Résumé : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12 septembre, la pièce 'Le Je ne sçai quoi' fut représentée pour la première fois par les comédiens. Écrite par Monsieur de Boissy, cette œuvre en vers libres et en un acte, accompagnée d'un divertissement, connut un succès immédiat et attira un public nombreux chaque jour. La pièce se déroule dans un lieu champêtre où le 'Je ne sçai quoi', incarné par Arlequin, s'est retiré. Vénus, Apollon et Momus tentent de le ramener à Paris, mais Arlequin refuse, jugeant ces divinités trop éloignées de la nature. Une Dame, représentant le public féminin, affirme que les femmes déterminent le succès des pièces de théâtre. Le 'Je ne sçai quoi' lui demande du temps pour réfléchir et lui conseille de se rapprocher davantage de la nature. Une scène appréciée du peuple imite celle du Maître à chanter et du Maître à danser des Fêtes vénitiennes de l'Opéra. Cependant, le 'Je ne sçai quoi' n'est satisfait ni par le chanteur ni par la danseuse. D'autres personnages, comme un petit maître, un Suisse et un géomètre, sont également renvoyés par le 'Je ne sçai quoi'. Dans la dernière scène, une Calotine et le 'Je ne sçai quoi' décident de ne jamais se quitter. Momus célèbre cette alliance, confirmée par le Régiment de la Calotte. La musique de la pièce, très ingénieuse et bien caractérisée, est de Monsieur Mouret. Le 18 septembre, la pièce fut jouée à la Cour, où elle fut également très appréciée. L'auteur prévoit d'ajouter de nouvelles scènes à l'œuvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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