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1
p. 2223-2226
Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens représenterent pour la premiere fois [...]
Mots clefs :
Pièce en vers libres, Éloquence, Déesse des Amours, Critique
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texteReconnaissance textuelle : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
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Résumé : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12 septembre, la pièce 'Le Je ne sçai quoi' fut représentée pour la première fois par les comédiens. Écrite par Monsieur de Boissy, cette œuvre en vers libres et en un acte, accompagnée d'un divertissement, connut un succès immédiat et attira un public nombreux chaque jour. La pièce se déroule dans un lieu champêtre où le 'Je ne sçai quoi', incarné par Arlequin, s'est retiré. Vénus, Apollon et Momus tentent de le ramener à Paris, mais Arlequin refuse, jugeant ces divinités trop éloignées de la nature. Une Dame, représentant le public féminin, affirme que les femmes déterminent le succès des pièces de théâtre. Le 'Je ne sçai quoi' lui demande du temps pour réfléchir et lui conseille de se rapprocher davantage de la nature. Une scène appréciée du peuple imite celle du Maître à chanter et du Maître à danser des Fêtes vénitiennes de l'Opéra. Cependant, le 'Je ne sçai quoi' n'est satisfait ni par le chanteur ni par la danseuse. D'autres personnages, comme un petit maître, un Suisse et un géomètre, sont également renvoyés par le 'Je ne sçai quoi'. Dans la dernière scène, une Calotine et le 'Je ne sçai quoi' décident de ne jamais se quitter. Momus célèbre cette alliance, confirmée par le Régiment de la Calotte. La musique de la pièce, très ingénieuse et bien caractérisée, est de Monsieur Mouret. Le 18 septembre, la pièce fut jouée à la Cour, où elle fut également très appréciée. L'auteur prévoit d'ajouter de nouvelles scènes à l'œuvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2636-2640
Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent le 5. Novembre, une petite Piece en Vers libres [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Pièce en vers libres, Versification, Jardinier
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texteReconnaissance textuelle : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Les Comédiens Italiens donnerent le
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
•
〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
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〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
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Résumé : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
En novembre 1731, les Comédiens Italiens présentèrent la pièce en vers libres 'Le Phénix, ou la Fidélité mise à l'épreuve', premier essai de son auteur. Cette œuvre raconte l'histoire d'Isabelle, épouse de Cynthia, qui se retire dans un château après avoir appris la mort présumée de son mari. Cynthia, revenu, découvre qu'Isabelle s'est retirée du monde par fidélité. Pour tester sa fidélité, Cynthia ordonne à son jardinier de garder son retour secret et demande à son ami Mario de se déguiser en prince pour séduire Isabelle. Malgré les tentatives de Mario, Isabelle reste fidèle. Cynthia, insatisfait, se déguise ensuite en corsaire pour tenter de forcer Isabelle, mais échoue à nouveau. La pièce se termine par une fête de matelots. Parallèlement, Arlequin tente de tester la fidélité de Rosette, mais celle-ci lui fait une demi-infidélité. Le 10 novembre, les mêmes comédiens représentèrent à la cour 'L'Amant difficile' de M. de La Mothe et 'Le Je ne sçai quoi' de M. de Boissy, toutes deux très bien reçues. L'Académie Royale de Musique continua les représentations de l'opéra 'Amadis', où la De Le Maure reçut des applaudissements pour son rôle d'Oriane. La Dile Camargo dansa deux airs au quatrième acte. Le 15 novembre, le ballet 'Les Fêtes Vénitiennes' fut remis au théâtre avec une nouvelle entrée. Le 11 novembre, à la fête de Saint-Martin, l'Académie donna le premier bal public de l'année.
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