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1
p. 53-91
REMARQUES.
Début :
La Floride est la plus belle promenade qu'il y ait [...]
Mots clefs :
Madrid, Rivière, Ville, Promenade, Roi, Séville, Port de Salines, Fête de Taureaux, Aranjuez, Pinto, Porte, Leganés, Manzanares
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQVES.
1. La Floride est la plus
belle promenade qu'il y ait
aauuxxeennvviirroonnssddeeMMaaddrriidd.
Elle est dans un fond, sur
le bord de la riviere;elle
est de la largeur d'une des
plus étroites alléesduCours;
lesarbres dont elle est ornée
sont plantez assez irrégulièrement
:elle a environ
une demi lieuë de longueur.
Plusieurs François dela
Maison du Roy y ont fait
faire des maisons. de campagnefortjolies
;entr'autres,
le Sieur Riqueur
Chymiste , & Apotiquaire
de Sa Majesté Catholique
y a achetéun grandespace
de terre, dans le dessein
d'en faire un jardin des
simples,sur le modele du
Jardin du Roy qui est à
Paris. On me mande de
Madrid que ce dessein est
executé.
i. Mançanares est une petite
riviere qui descend des
montagnes de Guadarama.
Il seroit fort difficile dedire
où elle le perd en Eté. En
Hyver elle accroche quelque
bras du Tage ou du
Karama. Entouttempsce
n'est rien. Le pont de Segovie,
que le Roy Philippe
Eiiii
second fie bâtir sur ce ruiffèiu,
elt un des plus magnifiques
ponrs qu'il y ait
en Europe. Chacun sçait
qu'un ambassadeur dit un
jour, en considerant le
pont & la rivière
,
qu'il
Faudroit vendre le pont
pour acheter de l'eau. On
a propose plusieurs fois aux
Rois d'Espagne les moyens
de rendre le Mançanares
navigable. On m'a dit que
ces propositionsn'avoient, pas é1té1reAçu..es, parce que
l'abondance des eaux qui
auroient rempli le lit de
cette riviere auroit pendant
l'Eté privé les Dames & les
Cavaliers du plaisir de se
promener dans leurs carosses
au milieu du Mançanares.
Ce seroit bien dommage.
3. Leganezest un desplus
beaux villages qu'il y ait en
Espagne. Il est à deux lieuës
de Madrid, dans une plaine
,
sur la droite du chemin
de Madrid à Aranjuez.Les
melons, les figues, & L*s
raisins de Leganez sont excellens.
Ce village appartenoit
au Marquis de Leganez,
quimourutil y a
quelques années à Paris.
--
4. Pinto est un gros bourg
à quatre lieuës de Madrid,
appartenant au Comte de
Pinto, frere de M. le Duc
d'Ossone.
Laporte de la Vega est
une des plus belles portes
de Madrid.C'est par cette
porte que l'on fort pour
prendre la route des Royaumesde
Valence,de Murcie
, de Grenade & d'Andalousie.
6. PradoViejo. Il n'est
point de ville en Europe
dont l'entrée soit plus belle
& plus riante que celle de
Madrid par la porte d'Alcala.
Dés qu'on a passé cette
porte, on entre dans une
ruë grande, belle & propre:
au milieu de cette ruë est
une espece de carrefour,
qui presente de tous les
cotez le plus beau coup
d'oeil du monde. On voit
en perspective & à perte de
vûë la ruë d'Alcala, qui est
la plus belle ruë de Madrid.
C'est en dire peu de chose,
par rapport à l'idée qu'on
a mal à propos de cette
grande ville, dont les maiions
sont fort bien bâties,
& les ruës larges , claires
& bien percées, mais fore
sales. Celle d Alcala, dont
je parle, est si belle, que
je suis sûr qu'à Rome, nià
Paris il n'yen a pas une qui
lui ressemble. Dumilieu de
cette ruë on découvre à
droite & à gauche le Prado
Viejo. C'est une grande
promenade, revêtue du
côté du Buen Reciro de
quatre rangées de grands
arbres. Elle est ornée de
plusieurs fontaines, & sert
de promenade détiquete
auxDames&auxSeigneurs
Espagnols
,
depuis Pâques
jusqu'à la Fête-Dieu.Depuis
laFête-Dieu jusqu'à la
Touflainc on le promène à
la Floride ôc sur le Mançanares,
& depuis laToussaint
jusqu'a Pâques hors la ville;
entre les portes. Cette promenade
s'appelle, elpasseo
mr§pW**h -r.(- iipl::-7
<•7. Elle me passa açveç-Jes
doigts. La contrainteperpetuelle
dans laquelle les
Dénies Espagnoles fp,n|
forcées dp vivre, lcs jettç
dans la necenice de se faire
-
un langage des yeux & des
doi gts, que personne nattrape
comme elles. Les Irai
liennes, & sur-tout les Portugaises
qui ont beaucoup
d'esprit
, ne seroient que
leurs écolieres danscesfaçons
dexpiiqu#Jet*»rë.in4
tentions àleursatttutts.'Elletf
s'en fervent, fæm-tBoia;
presque toutes:;ni<tf& èllês
n'ontnil'art,nileguerre
desEspagnoles,&jeccoy
qu'on peut soutenir, fini
fairetortauxplusspiri
rucHes) aùx- pluèka'&ôitè*
& aux plus delicates, qu'il
n'est point de femmes dans
le monde qui ayent plus
d'industrie, plus de manege,
& plus de refolurion
qu'elles. Les avantures les
plus extraordinaires n'ont
jamais rien de difficile, lors
qu'elles sont conduites par
des Espagnoles, tant elles
ont d'intrigue, de ruse &
de génie. Pour arriver à
leur but,quelques obstacles
qui se presentent,elles n'ont
besoin que d'un homme
docile,&qui ait feulement
la complaisance de se laisser
conduire.
L'usage de se parler avec
les doigts, qui estmaintenant
aboli au Palais, étoit
autrefois si bien établi parmi
les Demoiselles & les
Camaristes des Reines,que
toute la journée leurs galans
les entretenoientde
cent pas. J'en ai vû qui entendoient
si bien ce langage
, qu'aprés avoir deviné
ce que leurs amans pouvoient
leur dire, elles leur
irépondoient sans les voir,
les mains derriere le dos.
8. Avant qu'on'fermàt les
fortes. Onferme ordinairement
rement les portes d'une
ville par dedans: il n'en
est pas de même à Madrid,
on les ferme par dehors.
Lorsquetout le monde est
rentré
, ou supposé l'être,
les Commis de la Doüane,
qui sont établis pour empêcher
les contrebandes,
sortent de la ville. Dés qu'ils
sont tous dehorsils ferment
dans l'étenduë de leur jurisdiction
les portes qu'ils
doivent fermer. Chacune
de ces portes est armée de
quatre ou cinq gros cadenats,
dont ces Messieurs
ont les clefs.Ilestvrai qu'il
n'y a aucun danger: mais
cela n'empêche pas que la
te
Capitale de l'Espagne ne
foit toutes les nuits un dépôt
confié à la vigilance de
cinquante ousoixante Car,
des au Tabac.
9.Aoranjuez.Jespere que
ce que j'en vais dire n'ennuyera
personne.
Aranjuezest un lieu que
l'Empereur Charles- Quint
choisitpour la demeure des
Flamansqu'ilavoit amenez
en Espagne. Il y fit bâtir
un Palais fort modique.,
auquel, par des galeries âc
des terrasses de communication
,
il fit attacher un
autre édifice, dont toutes
les chambres, qui font petites
& basses,sontjustement
construites comme
des dortoirs de Moines.
Elles étoient destinées aux
Seigneurs de sa Cour lors
qu'il y alloit. C'est encore
la même chose à present
lorsque les Rois y vont. On
appelle tout ce quartier,
qui eil: fort grand, la Pofàd*
de los Carvalleros.- Tout le terrain d'Aranjuez
est entre le Tage & le
Karama. Il peut avoir environ
trois lieuës de longueur
sur une &demie de
largeur. Il y a dans cet espace
plus de vingt allées
tirées au cordeau, beaucoup
plus longues & plus unies
que celles du Cours de la
Reine, revêtuës chacune
de quatre rangées d'arbres,
tous auni gros & aussi élevez
que les plus hauts & les
plus gros arbres de Fontai.
nebleau.Dans une Isle que
forment ces deux rivieres.
il ya un jardin fort curieux,
qui cil separé du Palais par
un petit pont de bois qui
est sur le Tage. A dix pas
au dessus ( mais à côté de
ce pont) on voit une nappe
d'eau, qui seroit plus belle
sans comparaison que toutes
celles qu'on voit en
France & en Italie, si les
Espagnols, pour profiter
de sa rapidité, ne s'étoient
pas avisez de bâtir un gros
moulin directement au milieu
de cette cascade,qui est
si pleine & si impetueuse,
que le volume d'eau qui
passe fous le moulin suffit
pour faire aller dix-huii
meules. En entrant dans cc jardin, la premiere figure
qu'on voit au milieu d'un
grand bassin de marbre
blanc, est celle d'Hercule
qui tient dans sa main les
pommesd'or du jardin des
Hesperides, & fous ses pieds
le monstrequiendéfendoit
l'encree.
Dans le second est la
figure d'Hercule tirant une
,.
de ses redoutables fleches
sur le Centaure qui lui enleve
Dejanire.
Au tcoisiéme est celle
d'un esclave, qui s'arrache
une épine qui lui étoit entrée
dans le pied au milieu
d'une course qu'il faisoit à
Rome: mais pour ne pas
retarder la joye que la
bonnenouvelle dont il
étoit porteur devoir causer
à la République, il garda
l'épine jusqu'à ce qu'il fût
arrivé. Une Divinité lui met
sur la tête une couronne de
lauriers, dont toutes les
feüilles jettent une assez
grande quantité d'eau. A
l'exception de cette derniere
circonstance, on voit
la même figure à Rome & à Versailles.
Au quatriéme, qu'on ap
pelle le bassin de Don Juan,
on voit la figure d'une belle
Princesse, fille d'un Roy
d'Afrique, qui fut menée
en triomphe à Aranjuez
fous le regne de Philippe
second.
Au cinquiémeest Ganimede,
assis sur,, Jupiter en
aigle, & tenant à sa main
la coupe dans laquelle il
verse l'ambroisie au Maître
-
des Dieux.
Dans le Cxiémebatirn
on
on voit Neptune avec tout
son équipage
,
élevé dans
un char de bronze, sur un
grand piéd'estal de marbre
doré. Le bassin où est
cette figure est orné d'une
balustrade de marbre, sur
laquelle sont enégale distance
six autres figures de
bronzeparfaites, dont deux
representent Cerés sur son
char, traînépar deux lyons,
.& deux Amours à ses pieds;
deuxautres celle de Juivon
anise sur son paon, & les
piedssuruneboule foatè-
.n.uë P4ç;d^iefçlàygëa
cinquiéme est celle de Ju
piter, le foudre à la main
& unpied sur une boule por
tée par quatre esclaves. L,
sixiéme est celle de Neptu
ne,son trident à la main
debout sur sa conque, traî
..née par deux-chevaux ma
rins, guidezpar deuxTri
tons, de mêmequ'il estsu
lepiéd'estal.Cessix prin
ci pales sigures,ausquelle
plusieurs autres font jointes
sonttoutes, en ce quelle
contiennent chacune,d'une piecede bronze. Tou
zoe bassinestun present que
le Duc de Terra Nueva,
ambassadeur à Rome, fit à
Philippe III. Ily a encore
dans ce jardin plus de mille
autres petitesfontaines ou
tuyaux, quelesEspagnols
appellent Burladores, parce
qu'ilsserventà moüiller les
jhjomtn~~ principalement
les femmes, qui se promenentsansy
songer dans les
allées, où îh sont.
Le parc de cette maison
estremplidelapins, ôc de
toutes sortes de bêtes fauves,
Il y a plus de 50. chameaux
, on y nourrit une
gratïaeqûahrke'de"paons :
maiscérquilyâdtpus ftff. re,c'est lamanière dont
deuxpetits marmotifetsap*
privôiferïttouste$jcjiflsunô
centaine de fanglier#r;Èly#
au-milieu du bois une plaçfc
femblablcàc'dles^éu-n^a
paysans barttent lêbtedfàtitt
des coins deïcetter,pla?<èeil
yraeunvpetêit qtuaurte dde<tdemi élevées jusqu'à petriprlsà
la hauteur du menton didnt
perifbnnc.C'eitl'endroitou
Renferment ceux qui font
Wfiéttx dit-vdioviiaina
bêrjçç.',Sitôt qu'on est arrive
Jà;; un. jies petits garçons
qui vous menent monte sur
le haut d'un arbre
,
d'où il
criç^ç.çpm^6saforcç>iïtco,
frico..,. machao. L'autre se
promene forttranquilement
dans le milieu de la
place avec un sac d'avoine
surson dos:aux cris de l'un
tous les sangliers arrivent
à travers les broussailles,
avec leur famille, pour
mangerla munition de
l'autre. Quand ils iont tous.
* Comme s'il crioit à-des d'tttàe>petit,petit.
dans la place, le distributeur
dccevade ouvre son
sac, dont il laisse couler,
chemin faisant, en forme
defillon
, toute la mafchariÀo
dise à terre. Ces animaux en
mangent autant qu'on veut
leur en donner:mais lorsque
leur perè nourricier en voit
de trop goulus,illeurdonne
par le museau de bons coups
de pied, qu'ilsreçoivér avec
tout le respect du monde Ils
ont la complaisance de rester
sur cette place,jusqu'à ce
qu'iln'y ait plus d'avoine,&
des que le sac est vuide,ils
1 prennent tous paisiblement
par différentesroutes le
chemin de chez eux.
Environ à trois quarts de
lieuë de là on voit une piece - d'eau, à peu prés de la forme
& de la grandeur de la
piece des Suisses de Verfailles.
On appelle ce bassin
lamard'Antigola. Il est entouré
de tous les cotez de
fort grands arbres, à l'exception
d'un endroit, où il y aunpetit bâtimentdechar
pente qu'on a élève à l'une
desextremitezdece bciilu\
Derricre ce petit édifice est:
une grandeplace,oùl'on tenoitaurrefois
des taureaux;
pour doner aux Rois,quand
ilsalloient à Aranjuez, le
divertissement d'une façon
de chasse assez particulière.
Cette petite maison de
charpenre , qui est sur le
bord du canal, n'est, à vrai
dire,qu'une façon de chambre
quia deux portes, l'une
du côté de la terre, l'autre
du côté de l'eau. Dés qu'on
a passé celle-ci, on trouve
une espece de plancher de
la largeur de six pieds, en
talud
,
qu'on a foin de favonner
& de graisser pour
l'usage que je vais dire.
Des payians habiles au
jeu dont il est question,
chassent devant eux plusieurs
taureaux, l'un aprés
l'autrey jusqu'à ce quils
soient arrivez dans la place,
où ils les poursuivent encore.
Les taureaux, qui ne
voyent point d'autre azile
que cette chambre, dont
les portes sont ouvertes,
s'y jettentavec impetuosité:
mais sitôt qu'ils ont mis les
pieds sur les planches favannées)
ilsglis-sent de la <,
hauteur d'environ vingtcinq
ou trente pieds dans le
bassin, où ils nagent, jusqu'à
ce que les chiens qu'on leur
lâche, & les coups de fusil
qu'on leur tire, leur ayenc
ôté & les forces & la vie.
Enfin, pour ne pas amuser
davantage less ledreurs
du détail d'une infinitéd'au,
tres bagatelles, j'ose assurer,
aprés tous les honnêtes gens
qui ont voyagé en Espagne
avec beaucou p de reste.
xions &de curiosité
,
qu'Aranjuez
est sans contredit
une des plus belles solitudes
du monde.
Duegna. Ce nom eÍr donne
en Espagne à celles qui
font l'employ des Matrones
Italiennes auprès des jeunes
femmes & des jeunes filles
dont les peres, les freres
& les maris jaloux leur
abandonnent le foin. Elles
épient) gardent, trompent,
suivent, & fonc ordinairement
enrager leurs maîtresses
autant qu'elles peuvent.
Le mot de Duegna
• est une des plus grosses injures
qu'on puisse dire à
celles qui ne le sont pas, ôc
souvent mêmeàcelles qui
le font. Duegna,.enchan
géant; laderniere tercreeï
o, fait Duegno,& devient
alors un des plus jolis moti
,,dont lesamans se servent. Braveles%:Cycik une et
pece de bouclier, que le:
guapos, qui veut dire le:
braves
, portent la nuit, &
souveutmême le jour, 11
sont faits d'un cuir fort
épais, tendu sur une tringle
de fer ployée en forme dovale
Jidont le diametre est
traversé d'une barre de fer
courbéalaquelle barre est
attachéun anneau de là
largeur de la main, pour
le renirpar le milieu lors
qu'on ena besoin. La plupart..
de ces brogeles sont
doubliezd'uneplaquede
fctrJL-fsÈfjbagnols:Les portenenxredeun1jjustaùcorps
&J?ur înanteaa, pour s'en
ie^Mir^iaris1'Qcaaiionvi.p:M
O'jJ2..?3Êfe eflmretf, de_.iones:
Gsi: sont;proprement des
natDea'^teijancsjtravaillées
fcYCCi tout/l'aircimaginable,
EirEte Ici Damessafleycnt
dchefefmuseénptloaurcêôtrteedp'Alufsrfirqauî-e
&!V£fpag^,foacqpki«d
de ces joncs. Il n'y a poin
de si petite maison en Es
pagne qui n'aie ses esterres
Elles ne durent ordinaire.
ment quedeux hyvers. On
commenceàles étendre
dans. les chambresà la
Toussaint,&oncles levéà Pâques.Onen
propret tatre's-ifnies,avec
des desseins, pour ics>faké
servir de mpiÍferiegJen.esié;
&de rienenhyvenNous
n'avonspointen France
l'usage ni la c®mmqdkerda
ces nattes quinecoambuentpaspeuyselon
leï
faisons,àdonner de la chaleur
ou de la fraîcheur partout
où l'on s'en fert.
13. Fête de Taureaux.Il
n'y a presque personne qui
ne croye avoir une idée assez
juste de ces fêtes. Ceux
qui ont lû Gulrnan d'Alfarache,
Don Quichotte, le
Voyage d'Espagne de Madame
Daunoy
,
& vingt autres
Ronians Espagnols,
s'imaginent avoirappris.,
surle témoignage de ces
Ecrivains) ce que c'est veriÇy||
ment qu'un combat
de-*ureaux; mais je pro-
::: !
mersd'en raconter quelque
jour une fête que j'ai vue
& dont le recit fidele fuf
lErae-, pomur déotronmpdereto.u
-> 14. Puerto de las Salinas
Comme qui diroit le pori
de Salines. C'est un petw
endroitàsix lieuës dc¡Ma.
drid
,
qui,du milieude l'Ef
pagne :où'iL est ,fournitdu à!toilte.iaiMatikhc. :&
ta^ix deuxCastilles;parl'a-
? tendance.;dès>rflàaoeïal&s
qu'on enripe.Ildtfitué/ur
: le pencliaryd'imeotorête
-
«nagnifique j.d'oiiiW jiecouvre
couvre un dcs'eaux
praaysaatgeisqcui'iilycaàietécneEaucpéfe-*
Mi uWevàfteplai-| ne,couverte d'arbres de
toutes forces d'especes, de
grains &deraisins que le
Tâgé'>:êâ leKarama arrofent6c
iiirJa droite on voit
à merveille les prez, les
bois,les ^pdihs', les eaux, lé-villas5^'Jce Palais d'A-
«ranjuiez.l:)cîo:*'
1u$;';Sénvifiée-,Cap.itale de grande^
Mîè^riéh'eydbnt les ruës
fOfltJc-croites.&; mal bâties.
Le commerce de la mer,
dont elle est voisine, faitsa
richesse.. Elle est frequemment
exposée aux debordemens
du Guadalquivir,
qui lui cause souvent de
grands dommages.
Je ne sçai pas si on me
fçaura aucun gré de ces
remarques: mais je sçai bien
que j'aicrû ne pouvoir
mieux faire,que,d'orienter,
le lecteur partout, d'une
maniere qui lui apprenne,
en l'amusant, toucçç^.qrôt
peut apprendre des lieux &
des choses dont il lira les
noms dans les nouvelles
que je lui donne.
1. La Floride est la plus
belle promenade qu'il y ait
aauuxxeennvviirroonnssddeeMMaaddrriidd.
Elle est dans un fond, sur
le bord de la riviere;elle
est de la largeur d'une des
plus étroites alléesduCours;
lesarbres dont elle est ornée
sont plantez assez irrégulièrement
:elle a environ
une demi lieuë de longueur.
Plusieurs François dela
Maison du Roy y ont fait
faire des maisons. de campagnefortjolies
;entr'autres,
le Sieur Riqueur
Chymiste , & Apotiquaire
de Sa Majesté Catholique
y a achetéun grandespace
de terre, dans le dessein
d'en faire un jardin des
simples,sur le modele du
Jardin du Roy qui est à
Paris. On me mande de
Madrid que ce dessein est
executé.
i. Mançanares est une petite
riviere qui descend des
montagnes de Guadarama.
Il seroit fort difficile dedire
où elle le perd en Eté. En
Hyver elle accroche quelque
bras du Tage ou du
Karama. Entouttempsce
n'est rien. Le pont de Segovie,
que le Roy Philippe
Eiiii
second fie bâtir sur ce ruiffèiu,
elt un des plus magnifiques
ponrs qu'il y ait
en Europe. Chacun sçait
qu'un ambassadeur dit un
jour, en considerant le
pont & la rivière
,
qu'il
Faudroit vendre le pont
pour acheter de l'eau. On
a propose plusieurs fois aux
Rois d'Espagne les moyens
de rendre le Mançanares
navigable. On m'a dit que
ces propositionsn'avoient, pas é1té1reAçu..es, parce que
l'abondance des eaux qui
auroient rempli le lit de
cette riviere auroit pendant
l'Eté privé les Dames & les
Cavaliers du plaisir de se
promener dans leurs carosses
au milieu du Mançanares.
Ce seroit bien dommage.
3. Leganezest un desplus
beaux villages qu'il y ait en
Espagne. Il est à deux lieuës
de Madrid, dans une plaine
,
sur la droite du chemin
de Madrid à Aranjuez.Les
melons, les figues, & L*s
raisins de Leganez sont excellens.
Ce village appartenoit
au Marquis de Leganez,
quimourutil y a
quelques années à Paris.
--
4. Pinto est un gros bourg
à quatre lieuës de Madrid,
appartenant au Comte de
Pinto, frere de M. le Duc
d'Ossone.
Laporte de la Vega est
une des plus belles portes
de Madrid.C'est par cette
porte que l'on fort pour
prendre la route des Royaumesde
Valence,de Murcie
, de Grenade & d'Andalousie.
6. PradoViejo. Il n'est
point de ville en Europe
dont l'entrée soit plus belle
& plus riante que celle de
Madrid par la porte d'Alcala.
Dés qu'on a passé cette
porte, on entre dans une
ruë grande, belle & propre:
au milieu de cette ruë est
une espece de carrefour,
qui presente de tous les
cotez le plus beau coup
d'oeil du monde. On voit
en perspective & à perte de
vûë la ruë d'Alcala, qui est
la plus belle ruë de Madrid.
C'est en dire peu de chose,
par rapport à l'idée qu'on
a mal à propos de cette
grande ville, dont les maiions
sont fort bien bâties,
& les ruës larges , claires
& bien percées, mais fore
sales. Celle d Alcala, dont
je parle, est si belle, que
je suis sûr qu'à Rome, nià
Paris il n'yen a pas une qui
lui ressemble. Dumilieu de
cette ruë on découvre à
droite & à gauche le Prado
Viejo. C'est une grande
promenade, revêtue du
côté du Buen Reciro de
quatre rangées de grands
arbres. Elle est ornée de
plusieurs fontaines, & sert
de promenade détiquete
auxDames&auxSeigneurs
Espagnols
,
depuis Pâques
jusqu'à la Fête-Dieu.Depuis
laFête-Dieu jusqu'à la
Touflainc on le promène à
la Floride ôc sur le Mançanares,
& depuis laToussaint
jusqu'a Pâques hors la ville;
entre les portes. Cette promenade
s'appelle, elpasseo
mr§pW**h -r.(- iipl::-7
<•7. Elle me passa açveç-Jes
doigts. La contrainteperpetuelle
dans laquelle les
Dénies Espagnoles fp,n|
forcées dp vivre, lcs jettç
dans la necenice de se faire
-
un langage des yeux & des
doi gts, que personne nattrape
comme elles. Les Irai
liennes, & sur-tout les Portugaises
qui ont beaucoup
d'esprit
, ne seroient que
leurs écolieres danscesfaçons
dexpiiqu#Jet*»rë.in4
tentions àleursatttutts.'Elletf
s'en fervent, fæm-tBoia;
presque toutes:;ni<tf& èllês
n'ontnil'art,nileguerre
desEspagnoles,&jeccoy
qu'on peut soutenir, fini
fairetortauxplusspiri
rucHes) aùx- pluèka'&ôitè*
& aux plus delicates, qu'il
n'est point de femmes dans
le monde qui ayent plus
d'industrie, plus de manege,
& plus de refolurion
qu'elles. Les avantures les
plus extraordinaires n'ont
jamais rien de difficile, lors
qu'elles sont conduites par
des Espagnoles, tant elles
ont d'intrigue, de ruse &
de génie. Pour arriver à
leur but,quelques obstacles
qui se presentent,elles n'ont
besoin que d'un homme
docile,&qui ait feulement
la complaisance de se laisser
conduire.
L'usage de se parler avec
les doigts, qui estmaintenant
aboli au Palais, étoit
autrefois si bien établi parmi
les Demoiselles & les
Camaristes des Reines,que
toute la journée leurs galans
les entretenoientde
cent pas. J'en ai vû qui entendoient
si bien ce langage
, qu'aprés avoir deviné
ce que leurs amans pouvoient
leur dire, elles leur
irépondoient sans les voir,
les mains derriere le dos.
8. Avant qu'on'fermàt les
fortes. Onferme ordinairement
rement les portes d'une
ville par dedans: il n'en
est pas de même à Madrid,
on les ferme par dehors.
Lorsquetout le monde est
rentré
, ou supposé l'être,
les Commis de la Doüane,
qui sont établis pour empêcher
les contrebandes,
sortent de la ville. Dés qu'ils
sont tous dehorsils ferment
dans l'étenduë de leur jurisdiction
les portes qu'ils
doivent fermer. Chacune
de ces portes est armée de
quatre ou cinq gros cadenats,
dont ces Messieurs
ont les clefs.Ilestvrai qu'il
n'y a aucun danger: mais
cela n'empêche pas que la
te
Capitale de l'Espagne ne
foit toutes les nuits un dépôt
confié à la vigilance de
cinquante ousoixante Car,
des au Tabac.
9.Aoranjuez.Jespere que
ce que j'en vais dire n'ennuyera
personne.
Aranjuezest un lieu que
l'Empereur Charles- Quint
choisitpour la demeure des
Flamansqu'ilavoit amenez
en Espagne. Il y fit bâtir
un Palais fort modique.,
auquel, par des galeries âc
des terrasses de communication
,
il fit attacher un
autre édifice, dont toutes
les chambres, qui font petites
& basses,sontjustement
construites comme
des dortoirs de Moines.
Elles étoient destinées aux
Seigneurs de sa Cour lors
qu'il y alloit. C'est encore
la même chose à present
lorsque les Rois y vont. On
appelle tout ce quartier,
qui eil: fort grand, la Pofàd*
de los Carvalleros.- Tout le terrain d'Aranjuez
est entre le Tage & le
Karama. Il peut avoir environ
trois lieuës de longueur
sur une &demie de
largeur. Il y a dans cet espace
plus de vingt allées
tirées au cordeau, beaucoup
plus longues & plus unies
que celles du Cours de la
Reine, revêtuës chacune
de quatre rangées d'arbres,
tous auni gros & aussi élevez
que les plus hauts & les
plus gros arbres de Fontai.
nebleau.Dans une Isle que
forment ces deux rivieres.
il ya un jardin fort curieux,
qui cil separé du Palais par
un petit pont de bois qui
est sur le Tage. A dix pas
au dessus ( mais à côté de
ce pont) on voit une nappe
d'eau, qui seroit plus belle
sans comparaison que toutes
celles qu'on voit en
France & en Italie, si les
Espagnols, pour profiter
de sa rapidité, ne s'étoient
pas avisez de bâtir un gros
moulin directement au milieu
de cette cascade,qui est
si pleine & si impetueuse,
que le volume d'eau qui
passe fous le moulin suffit
pour faire aller dix-huii
meules. En entrant dans cc jardin, la premiere figure
qu'on voit au milieu d'un
grand bassin de marbre
blanc, est celle d'Hercule
qui tient dans sa main les
pommesd'or du jardin des
Hesperides, & fous ses pieds
le monstrequiendéfendoit
l'encree.
Dans le second est la
figure d'Hercule tirant une
,.
de ses redoutables fleches
sur le Centaure qui lui enleve
Dejanire.
Au tcoisiéme est celle
d'un esclave, qui s'arrache
une épine qui lui étoit entrée
dans le pied au milieu
d'une course qu'il faisoit à
Rome: mais pour ne pas
retarder la joye que la
bonnenouvelle dont il
étoit porteur devoir causer
à la République, il garda
l'épine jusqu'à ce qu'il fût
arrivé. Une Divinité lui met
sur la tête une couronne de
lauriers, dont toutes les
feüilles jettent une assez
grande quantité d'eau. A
l'exception de cette derniere
circonstance, on voit
la même figure à Rome & à Versailles.
Au quatriéme, qu'on ap
pelle le bassin de Don Juan,
on voit la figure d'une belle
Princesse, fille d'un Roy
d'Afrique, qui fut menée
en triomphe à Aranjuez
fous le regne de Philippe
second.
Au cinquiémeest Ganimede,
assis sur,, Jupiter en
aigle, & tenant à sa main
la coupe dans laquelle il
verse l'ambroisie au Maître
-
des Dieux.
Dans le Cxiémebatirn
on
on voit Neptune avec tout
son équipage
,
élevé dans
un char de bronze, sur un
grand piéd'estal de marbre
doré. Le bassin où est
cette figure est orné d'une
balustrade de marbre, sur
laquelle sont enégale distance
six autres figures de
bronzeparfaites, dont deux
representent Cerés sur son
char, traînépar deux lyons,
.& deux Amours à ses pieds;
deuxautres celle de Juivon
anise sur son paon, & les
piedssuruneboule foatè-
.n.uë P4ç;d^iefçlàygëa
cinquiéme est celle de Ju
piter, le foudre à la main
& unpied sur une boule por
tée par quatre esclaves. L,
sixiéme est celle de Neptu
ne,son trident à la main
debout sur sa conque, traî
..née par deux-chevaux ma
rins, guidezpar deuxTri
tons, de mêmequ'il estsu
lepiéd'estal.Cessix prin
ci pales sigures,ausquelle
plusieurs autres font jointes
sonttoutes, en ce quelle
contiennent chacune,d'une piecede bronze. Tou
zoe bassinestun present que
le Duc de Terra Nueva,
ambassadeur à Rome, fit à
Philippe III. Ily a encore
dans ce jardin plus de mille
autres petitesfontaines ou
tuyaux, quelesEspagnols
appellent Burladores, parce
qu'ilsserventà moüiller les
jhjomtn~~ principalement
les femmes, qui se promenentsansy
songer dans les
allées, où îh sont.
Le parc de cette maison
estremplidelapins, ôc de
toutes sortes de bêtes fauves,
Il y a plus de 50. chameaux
, on y nourrit une
gratïaeqûahrke'de"paons :
maiscérquilyâdtpus ftff. re,c'est lamanière dont
deuxpetits marmotifetsap*
privôiferïttouste$jcjiflsunô
centaine de fanglier#r;Èly#
au-milieu du bois une plaçfc
femblablcàc'dles^éu-n^a
paysans barttent lêbtedfàtitt
des coins deïcetter,pla?<èeil
yraeunvpetêit qtuaurte dde<tdemi élevées jusqu'à petriprlsà
la hauteur du menton didnt
perifbnnc.C'eitl'endroitou
Renferment ceux qui font
Wfiéttx dit-vdioviiaina
bêrjçç.',Sitôt qu'on est arrive
Jà;; un. jies petits garçons
qui vous menent monte sur
le haut d'un arbre
,
d'où il
criç^ç.çpm^6saforcç>iïtco,
frico..,. machao. L'autre se
promene forttranquilement
dans le milieu de la
place avec un sac d'avoine
surson dos:aux cris de l'un
tous les sangliers arrivent
à travers les broussailles,
avec leur famille, pour
mangerla munition de
l'autre. Quand ils iont tous.
* Comme s'il crioit à-des d'tttàe>petit,petit.
dans la place, le distributeur
dccevade ouvre son
sac, dont il laisse couler,
chemin faisant, en forme
defillon
, toute la mafchariÀo
dise à terre. Ces animaux en
mangent autant qu'on veut
leur en donner:mais lorsque
leur perè nourricier en voit
de trop goulus,illeurdonne
par le museau de bons coups
de pied, qu'ilsreçoivér avec
tout le respect du monde Ils
ont la complaisance de rester
sur cette place,jusqu'à ce
qu'iln'y ait plus d'avoine,&
des que le sac est vuide,ils
1 prennent tous paisiblement
par différentesroutes le
chemin de chez eux.
Environ à trois quarts de
lieuë de là on voit une piece - d'eau, à peu prés de la forme
& de la grandeur de la
piece des Suisses de Verfailles.
On appelle ce bassin
lamard'Antigola. Il est entouré
de tous les cotez de
fort grands arbres, à l'exception
d'un endroit, où il y aunpetit bâtimentdechar
pente qu'on a élève à l'une
desextremitezdece bciilu\
Derricre ce petit édifice est:
une grandeplace,oùl'on tenoitaurrefois
des taureaux;
pour doner aux Rois,quand
ilsalloient à Aranjuez, le
divertissement d'une façon
de chasse assez particulière.
Cette petite maison de
charpenre , qui est sur le
bord du canal, n'est, à vrai
dire,qu'une façon de chambre
quia deux portes, l'une
du côté de la terre, l'autre
du côté de l'eau. Dés qu'on
a passé celle-ci, on trouve
une espece de plancher de
la largeur de six pieds, en
talud
,
qu'on a foin de favonner
& de graisser pour
l'usage que je vais dire.
Des payians habiles au
jeu dont il est question,
chassent devant eux plusieurs
taureaux, l'un aprés
l'autrey jusqu'à ce quils
soient arrivez dans la place,
où ils les poursuivent encore.
Les taureaux, qui ne
voyent point d'autre azile
que cette chambre, dont
les portes sont ouvertes,
s'y jettentavec impetuosité:
mais sitôt qu'ils ont mis les
pieds sur les planches favannées)
ilsglis-sent de la <,
hauteur d'environ vingtcinq
ou trente pieds dans le
bassin, où ils nagent, jusqu'à
ce que les chiens qu'on leur
lâche, & les coups de fusil
qu'on leur tire, leur ayenc
ôté & les forces & la vie.
Enfin, pour ne pas amuser
davantage less ledreurs
du détail d'une infinitéd'au,
tres bagatelles, j'ose assurer,
aprés tous les honnêtes gens
qui ont voyagé en Espagne
avec beaucou p de reste.
xions &de curiosité
,
qu'Aranjuez
est sans contredit
une des plus belles solitudes
du monde.
Duegna. Ce nom eÍr donne
en Espagne à celles qui
font l'employ des Matrones
Italiennes auprès des jeunes
femmes & des jeunes filles
dont les peres, les freres
& les maris jaloux leur
abandonnent le foin. Elles
épient) gardent, trompent,
suivent, & fonc ordinairement
enrager leurs maîtresses
autant qu'elles peuvent.
Le mot de Duegna
• est une des plus grosses injures
qu'on puisse dire à
celles qui ne le sont pas, ôc
souvent mêmeàcelles qui
le font. Duegna,.enchan
géant; laderniere tercreeï
o, fait Duegno,& devient
alors un des plus jolis moti
,,dont lesamans se servent. Braveles%:Cycik une et
pece de bouclier, que le:
guapos, qui veut dire le:
braves
, portent la nuit, &
souveutmême le jour, 11
sont faits d'un cuir fort
épais, tendu sur une tringle
de fer ployée en forme dovale
Jidont le diametre est
traversé d'une barre de fer
courbéalaquelle barre est
attachéun anneau de là
largeur de la main, pour
le renirpar le milieu lors
qu'on ena besoin. La plupart..
de ces brogeles sont
doubliezd'uneplaquede
fctrJL-fsÈfjbagnols:Les portenenxredeun1jjustaùcorps
&J?ur înanteaa, pour s'en
ie^Mir^iaris1'Qcaaiionvi.p:M
O'jJ2..?3Êfe eflmretf, de_.iones:
Gsi: sont;proprement des
natDea'^teijancsjtravaillées
fcYCCi tout/l'aircimaginable,
EirEte Ici Damessafleycnt
dchefefmuseénptloaurcêôtrteedp'Alufsrfirqauî-e
&!V£fpag^,foacqpki«d
de ces joncs. Il n'y a poin
de si petite maison en Es
pagne qui n'aie ses esterres
Elles ne durent ordinaire.
ment quedeux hyvers. On
commenceàles étendre
dans. les chambresà la
Toussaint,&oncles levéà Pâques.Onen
propret tatre's-ifnies,avec
des desseins, pour ics>faké
servir de mpiÍferiegJen.esié;
&de rienenhyvenNous
n'avonspointen France
l'usage ni la c®mmqdkerda
ces nattes quinecoambuentpaspeuyselon
leï
faisons,àdonner de la chaleur
ou de la fraîcheur partout
où l'on s'en fert.
13. Fête de Taureaux.Il
n'y a presque personne qui
ne croye avoir une idée assez
juste de ces fêtes. Ceux
qui ont lû Gulrnan d'Alfarache,
Don Quichotte, le
Voyage d'Espagne de Madame
Daunoy
,
& vingt autres
Ronians Espagnols,
s'imaginent avoirappris.,
surle témoignage de ces
Ecrivains) ce que c'est veriÇy||
ment qu'un combat
de-*ureaux; mais je pro-
::: !
mersd'en raconter quelque
jour une fête que j'ai vue
& dont le recit fidele fuf
lErae-, pomur déotronmpdereto.u
-> 14. Puerto de las Salinas
Comme qui diroit le pori
de Salines. C'est un petw
endroitàsix lieuës dc¡Ma.
drid
,
qui,du milieude l'Ef
pagne :où'iL est ,fournitdu à!toilte.iaiMatikhc. :&
ta^ix deuxCastilles;parl'a-
? tendance.;dès>rflàaoeïal&s
qu'on enripe.Ildtfitué/ur
: le pencliaryd'imeotorête
-
«nagnifique j.d'oiiiW jiecouvre
couvre un dcs'eaux
praaysaatgeisqcui'iilycaàietécneEaucpéfe-*
Mi uWevàfteplai-| ne,couverte d'arbres de
toutes forces d'especes, de
grains &deraisins que le
Tâgé'>:êâ leKarama arrofent6c
iiirJa droite on voit
à merveille les prez, les
bois,les ^pdihs', les eaux, lé-villas5^'Jce Palais d'A-
«ranjuiez.l:)cîo:*'
1u$;';Sénvifiée-,Cap.itale de grande^
Mîè^riéh'eydbnt les ruës
fOfltJc-croites.&; mal bâties.
Le commerce de la mer,
dont elle est voisine, faitsa
richesse.. Elle est frequemment
exposée aux debordemens
du Guadalquivir,
qui lui cause souvent de
grands dommages.
Je ne sçai pas si on me
fçaura aucun gré de ces
remarques: mais je sçai bien
que j'aicrû ne pouvoir
mieux faire,que,d'orienter,
le lecteur partout, d'une
maniere qui lui apprenne,
en l'amusant, toucçç^.qrôt
peut apprendre des lieux &
des choses dont il lira les
noms dans les nouvelles
que je lui donne.
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Résumé : REMARQUES.
Le texte offre une description de divers lieux et événements en Espagne, principalement autour de Madrid. La Floride est présentée comme la plus belle promenade de Madrid, située au bord de la rivière. Elle est étroite, bordée d'arbres plantés de manière irrégulière, et mesure environ une demi lieue de longueur. Plusieurs nobles français y ont construit des maisons de campagne, dont le Sieur Riqueur, qui a acquis un grand terrain pour y créer un jardin de simples. Le Mançanares est une petite rivière descendant des montagnes de Guadarama. Elle est presque invisible en été mais peut rejoindre le Tage ou le Karama en hiver. Le pont de Segovie, construit par le roi Philippe II, est l'un des plus magnifiques d'Europe. Plusieurs propositions pour rendre la rivière navigable ont été rejetées, car cela priverait les habitants du plaisir de se promener en carrosse. Leganez est un beau village situé à deux lieues de Madrid, connu pour ses melons, figues et raisins excellents. Pinto est un gros bourg à quatre lieues de Madrid, appartenant au Comte de Pinto. La porte de la Vega est l'une des plus belles portes de Madrid, menant aux royaumes de Valence, Murcie, Grenade et Andalousie. La rue d'Alcala est la plus belle rue de Madrid, offrant une perspective magnifique. Le Prado Viejo est une grande promenade ornée de fontaines, utilisée par les Dames et les Seigneurs espagnols de Pâques à la Fête-Dieu. Le texte mentionne également des détails sur les mœurs espagnoles, comme l'usage des nattes dans les maisons et les fêtes de taureaux. Puerto de las Salinas est un petit endroit à six lieues de Madrid, fournissant du sel à toute l'Espagne. Séville est décrite comme une ville riche grâce au commerce maritime, mais souvent endommagée par les débordements du Guadalquivir.
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2
p. 1168
ESPAGNE.
Début :
On apprend de Seville, que M. Kéenne, Ministre du Roy d'Angleterre, a remis aux [...]
Mots clefs :
Ministre, Séville, Traité, Cabinet du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE
ON apprend de Seville , que M. Kéene , Ministre
du Roy d'Angleterre , a. remis aux
Ministres du Roi la copie du Traité conclu à Vienne
entre l'Empereur et S.M. Britanique;qu'il y a eu
à ce sujet plusieurs Conferences des Ministres,dans
le Cabinet du Roi, et que
le bruit court que S.M.
a refusé jusqu'à present d'y prendre part .
ON apprend de Seville , que M. Kéene , Ministre
du Roy d'Angleterre , a. remis aux
Ministres du Roi la copie du Traité conclu à Vienne
entre l'Empereur et S.M. Britanique;qu'il y a eu
à ce sujet plusieurs Conferences des Ministres,dans
le Cabinet du Roi, et que
le bruit court que S.M.
a refusé jusqu'à present d'y prendre part .
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3
p. 2012-2013
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le 14. du mois dernier, le Roy donna Audience publique [...]
Mots clefs :
Séville, Roi de Maroc, Trône, Oran, Tanger, Cadix, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
mande de Seville que fe 14. du mois
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 14 du mois précédent, le roi d'Espagne a reçu Muley-Hamet, prince maure et prétendant au trône du Maroc, qui a sollicité un soutien pour récupérer son trône en échange de la cession des villes d'Oran et de Tanger. Muley-Hamet a également été accueilli par la reine et les membres de la famille royale. Le 28 juin, un ambassadeur de Muley-Abdallah, roi actuel du Maroc, est arrivé à Séville pour proposer des offres au roi d'Espagne afin de dissuader son soutien à Muley-Hamet. Le roi a demandé un emprunt de 1 100 000 pièces de huit à la Chambre du Commerce de Cadix et a publié une ordonnance royale pour confisquer les effets algériens trouvés sur des vaisseaux anglais. Le 14 juillet, trois vaisseaux de guerre et une frégate sont arrivés à Cadix avec une cargaison évaluée à trois millions et 888 pièces de huit. L'escadre royale, renforcée par l'escadre anglaise, comptera 10 vaisseaux de guerre. Les régiments envoyés en Italie seront commandés par le comte de Charny et d'autres officiers généraux. Le 21 juillet, une tempête a détruit le couvent de la Sainte-Épine à Palencia.
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4
p. 2871-2872
AFFRIQUE.
Début :
On a appris par les Lettres de Mazagaon, du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de [...]
Mots clefs :
Roi de Maroc, Ceuta, Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFFRIQUE.
AFFRIQUE.
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
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5
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
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Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
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6
p. 1225
ESPAGNE.
Début :
Le 16. du mois dernier, le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
E 16. du mois dernier , le Roy , la Reine ,
Liele Prince et la Princesse des Asturies et l'Infant
Don Philippe , partirent de Séville , et l'on
a eu avis que L. M. étoient arrivées le 19. à
Rambla , où elles ont séjourné jusqu'au 26. qu'el
les en sont parties pour continuer leur route vers
Aranjuez . L'Infant Don Louis et les Infantes
ne sont partis de Séville que le 31. May.
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