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101
p. 1806-1809
Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Début :
On a fait depuis peu à Paris, pour le Roi de Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze [...]
Mots clefs :
Pendule, Roi de Sardaigne, Paris, Cadran, Monsieur Thiout
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texteReconnaissance textuelle : Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Ona fait depuis peu à Paris, pour leRoi de
Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze dore d'or mouiu. Quoiqu'elle ne soit pas
d'un grand volume , n'ayant qu'environ
deux pieds de haut , elle ne laisse pas que
d'être très riche, elle est décorée sur le haut
d'un Groupe représentant Zephire et Flo
re, badinant avec des Festons et des Cou
ronnes
AOUST. 1732. 1807
ronnes de fleurs ; un peu plus bas on voit
des Bustes et des Têtes d'enfans ailez , sur.
des Nuées , qui paroissent s'empresser
pour badiner aussi.
Au- dessous du Cadran est un Cartouche
d'où naissent des Cornets d'abondance
avec quantité de fleurs qui vont se retrousser en Festons sur les côtez et autour de la Boëre. Au bas de la Pendule
sont les Signes du Zodiaque en relief ,
que le Temps supporte et découvre en
retroussant une draperie ; le Signe qui
est en face est celui du Bellier, const llation sous laquelle le Prince est né. Elle
est désignée par une Etoille rayonnante
qu'un G'nie vient admirer et couronner
de fleurs ; le reste des Attributs caracte
risent l'abondance et les plaisir à l'aspect
de cet A tre naissant.
- Cet Ouvrage , aussi rich e que de bon
goût et très- recherché, est des Sieurs Slotz,
Sculpteurs du Roy , dont nous avons
déjà parlé dans ce Journal , au sujet d'une Pendule très- magnifique , qu'ils firent
il y a quelques années pour le Roy de
Portugal.
Le Cadran de cette Pendule n'a que
six pouces et demi de diametre , crpendant le sieur Thiout , habile Horloger à
Paris , demeurant ruë de Gêvres , a renfermé
1808 MERCURE DE FRANCE
maret
fermé dans ce petit espace un mouve
ment d'équation très - simple , travaillé
avec jastesse et solidité , qui fait sonner
l'heure et les quarts du temps vrai ,
quant aussi les heures , minutes et secondes du même temps vrai et celles du
temps moyen , très distinctement
quoique borné par le peu d'étendue pour
plus de précision , il a ajoûté le poids au
mouvement , qui se remonte par la sonnerie. Le sieur Thiout a mis à cette Pendule son nouvel échappement à deux
Leviers , dont il continuë de plus en plus
à faire usage , principalement aux Pendules à secondes. Le premier a été mis à
la derniere Pendule d'équation que l'Auteur a faite pour le Roy de Portugal , et
qui fut présentée à l'Académie Royale
des Sciences le 19. Mars 1727. laquelle
en approuva la quadrature , et jugea que
l'échappement à deux Leviers étoit nouveau
et ingénieux , se faisant avec beaucoup de
douceur et d'égalité , et qu'enfin le tout étoit
executé avecbeaucoup d'adresse et d'habileté.
Le sicur Thiout vient aussi de faire un
quantiéme de mois très simple , dont
Fapplication est nouvelle et curieuse ; il
l'a placé dans le fond d'une Boëte de
Montre à répetition ; le changement se
fait lorsque l'on a remonté la Montre
-
le
AOUST. 1732 1809
le chiffre paroît par une petite ouverture
faite à la Boëte , couverte d'un cristal ,
par ce moyen le Quantiéme est tout-àfait indépendant du mouvement et n'est
sujet à nul inconvenient. Pour peu que la
Boëte soit grande , on peut sur le même
principe faire marquer les quantiémes de
mois , de Lune et ses phases , sans qu'il
en résulte autre inconvenient que de tenir la Boëte plus profonde de l'épaisseur
d'environ d'un sixième de ligne.
Sardaigne une Boëte de Pendule de bronze dore d'or mouiu. Quoiqu'elle ne soit pas
d'un grand volume , n'ayant qu'environ
deux pieds de haut , elle ne laisse pas que
d'être très riche, elle est décorée sur le haut
d'un Groupe représentant Zephire et Flo
re, badinant avec des Festons et des Cou
ronnes
AOUST. 1732. 1807
ronnes de fleurs ; un peu plus bas on voit
des Bustes et des Têtes d'enfans ailez , sur.
des Nuées , qui paroissent s'empresser
pour badiner aussi.
Au- dessous du Cadran est un Cartouche
d'où naissent des Cornets d'abondance
avec quantité de fleurs qui vont se retrousser en Festons sur les côtez et autour de la Boëre. Au bas de la Pendule
sont les Signes du Zodiaque en relief ,
que le Temps supporte et découvre en
retroussant une draperie ; le Signe qui
est en face est celui du Bellier, const llation sous laquelle le Prince est né. Elle
est désignée par une Etoille rayonnante
qu'un G'nie vient admirer et couronner
de fleurs ; le reste des Attributs caracte
risent l'abondance et les plaisir à l'aspect
de cet A tre naissant.
- Cet Ouvrage , aussi rich e que de bon
goût et très- recherché, est des Sieurs Slotz,
Sculpteurs du Roy , dont nous avons
déjà parlé dans ce Journal , au sujet d'une Pendule très- magnifique , qu'ils firent
il y a quelques années pour le Roy de
Portugal.
Le Cadran de cette Pendule n'a que
six pouces et demi de diametre , crpendant le sieur Thiout , habile Horloger à
Paris , demeurant ruë de Gêvres , a renfermé
1808 MERCURE DE FRANCE
maret
fermé dans ce petit espace un mouve
ment d'équation très - simple , travaillé
avec jastesse et solidité , qui fait sonner
l'heure et les quarts du temps vrai ,
quant aussi les heures , minutes et secondes du même temps vrai et celles du
temps moyen , très distinctement
quoique borné par le peu d'étendue pour
plus de précision , il a ajoûté le poids au
mouvement , qui se remonte par la sonnerie. Le sieur Thiout a mis à cette Pendule son nouvel échappement à deux
Leviers , dont il continuë de plus en plus
à faire usage , principalement aux Pendules à secondes. Le premier a été mis à
la derniere Pendule d'équation que l'Auteur a faite pour le Roy de Portugal , et
qui fut présentée à l'Académie Royale
des Sciences le 19. Mars 1727. laquelle
en approuva la quadrature , et jugea que
l'échappement à deux Leviers étoit nouveau
et ingénieux , se faisant avec beaucoup de
douceur et d'égalité , et qu'enfin le tout étoit
executé avecbeaucoup d'adresse et d'habileté.
Le sicur Thiout vient aussi de faire un
quantiéme de mois très simple , dont
Fapplication est nouvelle et curieuse ; il
l'a placé dans le fond d'une Boëte de
Montre à répetition ; le changement se
fait lorsque l'on a remonté la Montre
-
le
AOUST. 1732 1809
le chiffre paroît par une petite ouverture
faite à la Boëte , couverte d'un cristal ,
par ce moyen le Quantiéme est tout-àfait indépendant du mouvement et n'est
sujet à nul inconvenient. Pour peu que la
Boëte soit grande , on peut sur le même
principe faire marquer les quantiémes de
mois , de Lune et ses phases , sans qu'il
en résulte autre inconvenient que de tenir la Boëte plus profonde de l'épaisseur
d'environ d'un sixième de ligne.
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Résumé : Pendule pour le Roy de Sardaigne, [titre d'après la table]
Le texte décrit une boîte de pendule en bronze doré à l'or moulu, réalisée pour le Roi de Sardaigne. Cette boîte, haute d'environ deux pieds, est richement décorée. Le haut représente Zéphire et Flore entourés de festons et de couronnes de fleurs. Des bustes et des têtes d'enfants ailés sur des nuées sont également présents. Sous le cadran, des cornes d'abondance ornées de fleurs émergent d'un cartouche. Au bas, les signes du Zodiaque en relief sont soutenus par le Temps, mettant en évidence le signe du Bélier, marqué par une étoile rayonnante admirée par un génie. Cette œuvre a été réalisée par les sculpteurs Slotz. La pendule possède un cadran de six pouces et demi de diamètre, avec un mouvement d'équation simple et précis, permettant de sonner l'heure et les quarts du temps vrai, ainsi que les heures, minutes et secondes du temps vrai et moyen. L'horloger Thiout a ajouté un poids au mouvement et utilisé un nouvel échappement à deux leviers, approuvé par l'Académie Royale des Sciences en 1727. Thiout a également créé un quantième de mois simple et indépendant du mouvement, visible à travers une petite ouverture couverte de cristal dans une boîte de montre à répétition, indiquant les quantièmes de mois et les phases de la Lune.
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102
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paquets, Paris, Librairie
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L'ADRESSE
'
ADRESSE
generale
eft
à
Monfieur
MOREAU
,
Commis au
Mercure , vis - à- vis la Comedie Fran-
goife , à Paris. Ceux qui pour leur com-
modité voudront remettre leurs Paquets ca-
chetez aux Libraires qui vendent le Mer-
cure; à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On
prie
très
-
inftamment
,
quand
on
adreſſe
des
Lettres
ou Paquets
par
la Pofte
,
d'avoir
foin
d'en
affranchir
le
Port
,
comme
cela
s'eft
toujours
pratiqué
,
afin
d'épargner
,
à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
,
&
à
ceux qui
les
envoyent
,
celui
,
non
-
feulement
de ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages ,
même
de
les
perdre
,
s'ils
n'en ont
pas gardé
de
copie
.
#
mais
Les
Libraires des Provinces
&
des
Pays
Etrangers
,
ou
tes
Particuliers
qui
fouhaite-
ront
avoir
le
Mercure de France de la pre-
mierė
main
,
&
plus
promptement
,
n'auront
qu'à donner
leurs adreſſes
à
M.
Moreau
,
qui aura foin
de
faire
leurs
Paquets`fansperte
de temps
,
&
de
les
faire porier furT'heure
à la Pofte
,
ou
aux
Meffageries qu'oului indiquera
.
PRIX XXX
.
SOLS
L'ADRESSE
'
ADRESSE
generale
eft
à
Monfieur
MOREAU
,
Commis au
Mercure , vis - à- vis la Comedie Fran-
goife , à Paris. Ceux qui pour leur com-
modité voudront remettre leurs Paquets ca-
chetez aux Libraires qui vendent le Mer-
cure; à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On
prie
très
-
inftamment
,
quand
on
adreſſe
des
Lettres
ou Paquets
par
la Pofte
,
d'avoir
foin
d'en
affranchir
le
Port
,
comme
cela
s'eft
toujours
pratiqué
,
afin
d'épargner
,
à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
,
&
à
ceux qui
les
envoyent
,
celui
,
non
-
feulement
de ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages ,
même
de
les
perdre
,
s'ils
n'en ont
pas gardé
de
copie
.
#
mais
Les
Libraires des Provinces
&
des
Pays
Etrangers
,
ou
tes
Particuliers
qui
fouhaite-
ront
avoir
le
Mercure de France de la pre-
mierė
main
,
&
plus
promptement
,
n'auront
qu'à donner
leurs adreſſes
à
M.
Moreau
,
qui aura foin
de
faire
leurs
Paquets`fansperte
de temps
,
&
de
les
faire porier furT'heure
à la Pofte
,
ou
aux
Meffageries qu'oului indiquera
.
PRIX XXX
.
SOLS
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur la distribution du périodique Mercure. Les lecteurs parisiens peuvent déposer leurs paquets cachetés chez les libraires vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet et la perte des ouvrages en l'absence de copie. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France dès sa parution, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de l'envoi rapide des paquets par la poste ou par les messageries. Le prix de cette distribution est fixé à trente sols.
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103
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, vis-à-vis [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paquets, Paris, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
325423A VIS.
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FDATIONS
و
.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventse fervir de cette voye
pour les faire tenir,
On prie très- inflamment , quand on adreffe
'des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
Join d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porterfur
L'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS..
ASTOR , LENOX AND
TILDEN FDATIONS
و
.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran
goife , à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventse fervir de cette voye
pour les faire tenir,
On prie très- inflamment , quand on adreffe
'des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
Join d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porterfur
L'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS..
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Résumé : AVIS.
Le document annonce la distribution du 'Mercure de France'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui préparera et enverra les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
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104
p. 481-488
LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
Début :
J'ai lu, Monsieur, avec beaucoup d'attention et de plaisir la Description du [...]
Mots clefs :
Mort, Article, Académie française, Paris, Abbé d'Olivet, Parnasse français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
LETTRE à M Titon du Tillet , ancien
Commissaire Provincial des Guerres
& c. sur la nouvelle Edition de son
Livre , intitulé Le Parnasse François
J
>
" Ai lu , Monsieur , avec beaucoup d'attention
et de plaisir la Descripilon du
Parnasse François , dont vous venez de
donner une nouvelle Edition . Cet Ouvrage
ne peut qu'être d'une extrême utilité
, et d'un agrément infini à ceux qui
voudront connoître le génie des Portes
et des Musiciens que votre zéle et vos
travaux n'immortalisent pas moins que
D les
482 MERCURE DE FRANCE
les beaux Ouvrages qu'ils ont laissez . Cependant
comme il n'est pas possible que
dans un Ouvrage si étendu , et qui a dû
vous coûter beaucoup de soins et de recherches
, il ne soit échapé quelques fau
tes ;je me suis flatté, Monsieur, que vous
ne trouveriez pas mauvais que je vous
fisse part de quelques Remarques que j'y
ai faites. C'est dans cette confiance. que
j'ai l'honneur de vous les addresser,
I
Pag. 211 , 212 , 213. ce n'est point des
Fueteaux qu'il faut écrire , mais des Yveteaux.
Pag, 225 , article de Voiture ; il nâquit
à Amiens en 1598 , & c. Selon la Lettre
de Balzac , citée par M. l'Abbé d'Olivet ,
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, Voiture devoit être né en 1594,
Pag. 24 % Du Ryer n'est point mort en
1656 , mais en 1658, Voyez l'Histoire de
l'Académie Françoise,
Pag. 257. Guill. Colleter n'est point
mort le 25 Février , mais le 19 Février,
La date de sa naissance est omise ; c'est
le 12 Mars 196. selon Moréry.
Pag. 269. article de Saint - Amant, Il
mourut en 1661 , c'étoit sur la fin de Dé
cembre ; il étoit dans sa 67 ° année,
Pag. 281. au lieu de Pillet , il faut
écrire Pilet.
Pag.
MARS. 1733- 483
Pag. 293. article de Loret , mort en 16.5
ou 1666, il est certainement mort en 1665.
Voyez la Muse Historique , tome 4. tout
à la fin.
Pag. 294. article de Racan ; au lieu de
Honorat de Beuil , on doit écrire Honorat
de Bueil.
Pag. 334. Chapelain n'est point mort
le 2 Février , mais le 22 Février.
Pag. 344. d'Andilly n'est point mort
le 7 Septembre , mais le 17 Septembre.
Pag. 36c . Le P. Vavasseur n'est point
mort le 16 Decembre , mais le 14 De-.
cembre.
Pag. 365. Claude Nicole , il faut écrire
Nicolle , selon Bayle.
Pag . 380. Thomas Corneille , né en
165 ajoutez , le 20 Août ; et mettez par
conséquent , mort dans sa quatre- vingtcinquième
année , au lieu de dans sa quatre
vingt quatrième.
Pag. 393. et suivantes. Il faut écrire
Lulli , et non pas Lully ; car c'est faire un
nom François d'un nom Italien .
Pag. 396. ligne 34. Au lieu de Marais
des Marets , il faut lire Marais Desmarets,
car ce sont deux personnes différentes.
Pag. 437. Ménage n'est point mort le
13 Juillet , mais le 23 Juillet.
Pag 444. ( tout au bas . ) On doit écrire
Dij Mon484
MERCURE DE FRANCE
Montreul , &c. M. l'Abbé d'Olivet , dans
son Histoire de l'Académie Françoise ,
dit qu'il faut écrire Montereul.
Pag. 465. article de Santeul , né à Paris
, le 12 Mars 1630. mort le 5 Aout 1697 .
dans sa soixante-septième année. puisqu'il
étoit né au mois de Mars 1630 , il est clair
qu'au mois d'Août 1697. il couroit sa
soixante huitième année .
Pag. 473. Racine ne vint pas au monde
en 1640 mais le 21 Decembre 1639 .
Voyez son Eloge , au devant de l'Edition
de Londres , et encore l'Histoire de
l'Académie Françoise .
Pag. 478. article de Ségrais. La date de
sa naissance est omise ; c'est le 22 Août
1624. Voyez Segraisiana.
Pag. 5oz. Joseph - François Duché. Cet
Auteur signe Duché de Vancy , au bas de
l'Epître Dédicatoire de sa Tragédie de
Jonathas. On a oublié de dire qu'il est
Auteur de la Traduction anonyme des
Préceptes de Phocylide , qui fut imprimée à
Paris , chez Delaulne , en 1698 .
Pag. 519. article de Fléchier. On a oublié
de mettre la date de sa naissance ; il
nâquit le 10 Juin 1632 .
Pag. 533. article de Boileau Despréaux.
il n'est point mort le 11 Mars , mais le 13
Mars.
Pag.
MARS . 485 1733
Pag. 541. Ferme - l'Huis , c'est Fermelhuis.
mais de Piles.
Ce n'est point De Pilles ,
Pag. 553. article de Tourreil , né le 8
Novembre ; il faut mettre le 18 Novembre.
Voyez son Eloge , par M. de Boze ;
Histoire et Mémoires de l'Académie des
Inscriptions et Belles - Lettres .
Pag. 574. M. Huet n'est point mort en
1711. mais en 1721 .
Pag. 584. article de Campistron.
M. le Duc de Vendôme lui demanda de
composer les paroles d'un Divertissement
- pour son Château d'Anet. Il n'eût été
pas
hors de propos de mettre le Titre de cette
Piéce , et en quel temps elle fut fatte.
Vous sçavez , Monsieur , que c'est la Pastorale
d'Acis et Galatée , qui fut mise en
Musique par le celebre Jean Baptiste
Lulli , en 1686. et représentée la même
année à Anet , et l'année suivante à Paris,
avec un succès prodigieux.
·
Pag. 612. au lieu de Richard de la Lande
, il faut écrire , Richard de Lalande.
Pag. 629. M. de la Monnoye , nâquit le
16 Juin 1641. Cette date est omise.
Voyez son Eloge , par M. de Sallengre ,
il est à la tête de ses Poësies .
Pag. 647. Celle de M. de Valincour n'y
Diij est
486 MERCURE DE FRANCE
est point non plus ; il nâquit le 1 Mars
153. Voyez , Monsieur , son Eloge , par
M. de Fontenelle , Histoire et Mémoires
de l'Académie des Sciences , année 1730.
Pag. 650. celle de M. du Cerceau est
aussi oubliée ; c'est le 12 Novemb. 1670 .
Pag. 655 celle de M. de la Motte a
échappé pareillement ; il nâquit le 26
Janvier 1672. Voy.la Lettre de M.l'Abbé
Trublet.
Article de Chaulieu. Ce n'est point
Guillaume Auffrie , ni Guiaume Ansfric,
comme l'écrit M. l'Abbé d'Olivet
, mais Guillaume Amfrye. Sa famille
étoit originaire d'Angleterre , ce nom le .
désigne assez . Il nâquit en 1639. Voyez
la nouvelle Edition de ses Oeuvres.
Le nom d'une Illustre Chanteuse est
tout- à fait défiguré; on doit écrire Mlie de
Leufroy, et non Milele Froid.
On doit être surpris de ne point trouver
parmi les Poëtes le célebre Jean de
Lingendes , qui étoit un Poëte fort tendre :
et fort châtié dans ses expressions Il n'est
pas obligé dans le Recueil de Barbin .
Voicy le Titre d'un de ses Ouvrages :
Les Changemens de la Bergere Iris. Paris
Toussaint du Bray , 1618 in 12. Ce Volume
est d'environ 300 pag. Ce ne sont
d'un bout à l'autre que des Stances sur le
même sujet. M.
MARS. 7733. 487
M. Doujat , de l'Académie Françoise ,
devoit aussi avoir un article dans votre
Livre. Quoique ce Sçavant homme n'ait
pas tiré sa principale gloire de ses Poësies;
il y en a pourtant de lui qui ne sont pas
à mépriser . Il en a fait de Latines et de
Françoises en assez grand nombre , mais
qui n'ont point été recueillies en un corps.
Voici le Titre d'un de ses Ouvrages , en
Vers , qu'il a fait imprimer l'année même
de sa mort : Eloges des Personnes Illustres
de l'ancien Testament , pour donner
quelque teinture de l'Histoire Sacrée : A
Pusage de Monseigneur le Duc de Bour
gogne. Paris , Gab. Martin , 1688. in 8 .
Vous deviez sans doute, Monsieur, par
ler de cet Auteur , comme vous avez fait
mention de Charpentier , et de quelques
autres , dont les Vers ne sont pas , à la vé→
rité , dans la bouche de tout le monde ,
mais que le Public , et sur- tout les Gens
de Lettres , sont bien aises de connoître.
- Entre les Musiciens François , il n'est
point fait mention des deux Boësset , Pere
et Fils , qui pourtant avoient beaucoup
de réputation , et qui sont encore trèsconnus
aujourd'hui par une infinité de
beaux Airs , qui ont été imprimez et que
tout le monde admire ; le Pere est Auteur
entr'autres de celui qu'on appele
D`iiij les
488 MERCURE DE FRANCE
les Folies d'Espagne , sur lequel M. de Sé
grais a fait des paroles charmantes.
Voilà , Monsieur , les Remarquès et les
Observations que j'ai faites sur votre excellent
Ouvrage .J'ai l'honneur d'être, & c.
C. G. M.
Commissaire Provincial des Guerres
& c. sur la nouvelle Edition de son
Livre , intitulé Le Parnasse François
J
>
" Ai lu , Monsieur , avec beaucoup d'attention
et de plaisir la Descripilon du
Parnasse François , dont vous venez de
donner une nouvelle Edition . Cet Ouvrage
ne peut qu'être d'une extrême utilité
, et d'un agrément infini à ceux qui
voudront connoître le génie des Portes
et des Musiciens que votre zéle et vos
travaux n'immortalisent pas moins que
D les
482 MERCURE DE FRANCE
les beaux Ouvrages qu'ils ont laissez . Cependant
comme il n'est pas possible que
dans un Ouvrage si étendu , et qui a dû
vous coûter beaucoup de soins et de recherches
, il ne soit échapé quelques fau
tes ;je me suis flatté, Monsieur, que vous
ne trouveriez pas mauvais que je vous
fisse part de quelques Remarques que j'y
ai faites. C'est dans cette confiance. que
j'ai l'honneur de vous les addresser,
I
Pag. 211 , 212 , 213. ce n'est point des
Fueteaux qu'il faut écrire , mais des Yveteaux.
Pag, 225 , article de Voiture ; il nâquit
à Amiens en 1598 , & c. Selon la Lettre
de Balzac , citée par M. l'Abbé d'Olivet ,
dans son Histoire de l'Académie Françoise
, Voiture devoit être né en 1594,
Pag. 24 % Du Ryer n'est point mort en
1656 , mais en 1658, Voyez l'Histoire de
l'Académie Françoise,
Pag. 257. Guill. Colleter n'est point
mort le 25 Février , mais le 19 Février,
La date de sa naissance est omise ; c'est
le 12 Mars 196. selon Moréry.
Pag. 269. article de Saint - Amant, Il
mourut en 1661 , c'étoit sur la fin de Dé
cembre ; il étoit dans sa 67 ° année,
Pag. 281. au lieu de Pillet , il faut
écrire Pilet.
Pag.
MARS. 1733- 483
Pag. 293. article de Loret , mort en 16.5
ou 1666, il est certainement mort en 1665.
Voyez la Muse Historique , tome 4. tout
à la fin.
Pag. 294. article de Racan ; au lieu de
Honorat de Beuil , on doit écrire Honorat
de Bueil.
Pag. 334. Chapelain n'est point mort
le 2 Février , mais le 22 Février.
Pag. 344. d'Andilly n'est point mort
le 7 Septembre , mais le 17 Septembre.
Pag. 36c . Le P. Vavasseur n'est point
mort le 16 Decembre , mais le 14 De-.
cembre.
Pag. 365. Claude Nicole , il faut écrire
Nicolle , selon Bayle.
Pag . 380. Thomas Corneille , né en
165 ajoutez , le 20 Août ; et mettez par
conséquent , mort dans sa quatre- vingtcinquième
année , au lieu de dans sa quatre
vingt quatrième.
Pag. 393. et suivantes. Il faut écrire
Lulli , et non pas Lully ; car c'est faire un
nom François d'un nom Italien .
Pag. 396. ligne 34. Au lieu de Marais
des Marets , il faut lire Marais Desmarets,
car ce sont deux personnes différentes.
Pag. 437. Ménage n'est point mort le
13 Juillet , mais le 23 Juillet.
Pag 444. ( tout au bas . ) On doit écrire
Dij Mon484
MERCURE DE FRANCE
Montreul , &c. M. l'Abbé d'Olivet , dans
son Histoire de l'Académie Françoise ,
dit qu'il faut écrire Montereul.
Pag. 465. article de Santeul , né à Paris
, le 12 Mars 1630. mort le 5 Aout 1697 .
dans sa soixante-septième année. puisqu'il
étoit né au mois de Mars 1630 , il est clair
qu'au mois d'Août 1697. il couroit sa
soixante huitième année .
Pag. 473. Racine ne vint pas au monde
en 1640 mais le 21 Decembre 1639 .
Voyez son Eloge , au devant de l'Edition
de Londres , et encore l'Histoire de
l'Académie Françoise .
Pag. 478. article de Ségrais. La date de
sa naissance est omise ; c'est le 22 Août
1624. Voyez Segraisiana.
Pag. 5oz. Joseph - François Duché. Cet
Auteur signe Duché de Vancy , au bas de
l'Epître Dédicatoire de sa Tragédie de
Jonathas. On a oublié de dire qu'il est
Auteur de la Traduction anonyme des
Préceptes de Phocylide , qui fut imprimée à
Paris , chez Delaulne , en 1698 .
Pag. 519. article de Fléchier. On a oublié
de mettre la date de sa naissance ; il
nâquit le 10 Juin 1632 .
Pag. 533. article de Boileau Despréaux.
il n'est point mort le 11 Mars , mais le 13
Mars.
Pag.
MARS . 485 1733
Pag. 541. Ferme - l'Huis , c'est Fermelhuis.
mais de Piles.
Ce n'est point De Pilles ,
Pag. 553. article de Tourreil , né le 8
Novembre ; il faut mettre le 18 Novembre.
Voyez son Eloge , par M. de Boze ;
Histoire et Mémoires de l'Académie des
Inscriptions et Belles - Lettres .
Pag. 574. M. Huet n'est point mort en
1711. mais en 1721 .
Pag. 584. article de Campistron.
M. le Duc de Vendôme lui demanda de
composer les paroles d'un Divertissement
- pour son Château d'Anet. Il n'eût été
pas
hors de propos de mettre le Titre de cette
Piéce , et en quel temps elle fut fatte.
Vous sçavez , Monsieur , que c'est la Pastorale
d'Acis et Galatée , qui fut mise en
Musique par le celebre Jean Baptiste
Lulli , en 1686. et représentée la même
année à Anet , et l'année suivante à Paris,
avec un succès prodigieux.
·
Pag. 612. au lieu de Richard de la Lande
, il faut écrire , Richard de Lalande.
Pag. 629. M. de la Monnoye , nâquit le
16 Juin 1641. Cette date est omise.
Voyez son Eloge , par M. de Sallengre ,
il est à la tête de ses Poësies .
Pag. 647. Celle de M. de Valincour n'y
Diij est
486 MERCURE DE FRANCE
est point non plus ; il nâquit le 1 Mars
153. Voyez , Monsieur , son Eloge , par
M. de Fontenelle , Histoire et Mémoires
de l'Académie des Sciences , année 1730.
Pag. 650. celle de M. du Cerceau est
aussi oubliée ; c'est le 12 Novemb. 1670 .
Pag. 655 celle de M. de la Motte a
échappé pareillement ; il nâquit le 26
Janvier 1672. Voy.la Lettre de M.l'Abbé
Trublet.
Article de Chaulieu. Ce n'est point
Guillaume Auffrie , ni Guiaume Ansfric,
comme l'écrit M. l'Abbé d'Olivet
, mais Guillaume Amfrye. Sa famille
étoit originaire d'Angleterre , ce nom le .
désigne assez . Il nâquit en 1639. Voyez
la nouvelle Edition de ses Oeuvres.
Le nom d'une Illustre Chanteuse est
tout- à fait défiguré; on doit écrire Mlie de
Leufroy, et non Milele Froid.
On doit être surpris de ne point trouver
parmi les Poëtes le célebre Jean de
Lingendes , qui étoit un Poëte fort tendre :
et fort châtié dans ses expressions Il n'est
pas obligé dans le Recueil de Barbin .
Voicy le Titre d'un de ses Ouvrages :
Les Changemens de la Bergere Iris. Paris
Toussaint du Bray , 1618 in 12. Ce Volume
est d'environ 300 pag. Ce ne sont
d'un bout à l'autre que des Stances sur le
même sujet. M.
MARS. 7733. 487
M. Doujat , de l'Académie Françoise ,
devoit aussi avoir un article dans votre
Livre. Quoique ce Sçavant homme n'ait
pas tiré sa principale gloire de ses Poësies;
il y en a pourtant de lui qui ne sont pas
à mépriser . Il en a fait de Latines et de
Françoises en assez grand nombre , mais
qui n'ont point été recueillies en un corps.
Voici le Titre d'un de ses Ouvrages , en
Vers , qu'il a fait imprimer l'année même
de sa mort : Eloges des Personnes Illustres
de l'ancien Testament , pour donner
quelque teinture de l'Histoire Sacrée : A
Pusage de Monseigneur le Duc de Bour
gogne. Paris , Gab. Martin , 1688. in 8 .
Vous deviez sans doute, Monsieur, par
ler de cet Auteur , comme vous avez fait
mention de Charpentier , et de quelques
autres , dont les Vers ne sont pas , à la vé→
rité , dans la bouche de tout le monde ,
mais que le Public , et sur- tout les Gens
de Lettres , sont bien aises de connoître.
- Entre les Musiciens François , il n'est
point fait mention des deux Boësset , Pere
et Fils , qui pourtant avoient beaucoup
de réputation , et qui sont encore trèsconnus
aujourd'hui par une infinité de
beaux Airs , qui ont été imprimez et que
tout le monde admire ; le Pere est Auteur
entr'autres de celui qu'on appele
D`iiij les
488 MERCURE DE FRANCE
les Folies d'Espagne , sur lequel M. de Sé
grais a fait des paroles charmantes.
Voilà , Monsieur , les Remarquès et les
Observations que j'ai faites sur votre excellent
Ouvrage .J'ai l'honneur d'être, & c.
C. G. M.
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Résumé : LETTRE à Mr Titon du Tillet, ancien Commissaire Provincial des Guerres, &c. sur la nouvelle Edition de son Livre, intitulé Le Parnasse François.
L'auteur écrit à M. Titon du Tillet, ancien commissaire provincial des guerres, pour discuter de la nouvelle édition de son ouvrage 'Le Parnasse François'. Il exprime son enthousiasme pour cet ouvrage, le jugeant à la fois utile et agréable pour découvrir le génie des poètes et des musiciens. Cependant, il note plusieurs erreurs factuelles et orthographiques qu'il a identifiées. Parmi les corrections proposées, figurent des rectifications concernant les dates de naissance et de décès de divers auteurs, des corrections de noms propres et des précisions sur des détails biographiques. L'auteur signale également des omissions notables, comme l'absence de certains poètes ou musiciens célèbres dans le recueil. Il insiste sur l'importance de ces corrections pour garantir l'exactitude et la complétude de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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105
p. 500-5[0]3
LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
Début :
L'Etude des Loix et le tumulte du Barreau, ne m'empêchent pas, Monsieur, [...]
Mots clefs :
Noms, Avocat, Qualifications, Histoire, Paris, Origine, Italie, Sociétés
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
LETTRE de M. C. Avocat au Parlement
de Normandie , écrite à M...
au sujet de quelques Epithetes et Qualifications
singulieres , & c.
'Etude des Loix et le tumulte du
Barreau , ne m'empêchent pas ,
Monsieur
, de donner toujours quelque tems
à une certaine Litterature agréable , qui
en instruisant , délasse des études sérieuses
qu'éxige notre Profession . Vous m'avze
envoyé un peu tard le Mercure * dans lequel,
à l'occasion d'un Extrait de la Bibliotheque
Italique , les Auteurs de ce Journal
ont donné un dénombrement des Académics
d'Italie , surtout de celles qui ont
pris des noms tout-à- fait bizares . Je vous
avoue que cette lecture m'a beaucoup
• Mercure de Janvier 17 32. page 123.
réjoui ,
MARS. 1733
Sor
réjoui , et que n'en déplaise à ces Messicurs
du Mercure , qui veulent qu'on
garde là- dessus le sérieux. Risum teneatis
Amici , j'aurai bien de la peine de ne
pas rire un peu des noms de Mrs les En- `
dormis , les Immobiles , les Fantasques , les
Etourdis , les Opiniâtres , les Insensez , les
Enchainez , les Absurdes , & c.
Il est vrai que la Lettre d'un habile
Italien , rapportée sur ce sujet dans le
même Livre , engage à suspendre son jugement
, et à présumer que les noms en
question n'auront pas été donnez au hazard
par des Iraliens , naturellement spirituels
et par des Italiens Gens de Lettres.
En attendant qu'il vienne là- dessus quelbonne
instruction de l'Italie même ,
que
comme il semble qu'on le fait esperer
dans le Mercure , j'ai pensé qu'il ne seroit
peut-être pas impossible de trouver
des exemples de pareilles ou d'approchantes
Qualifications hors de l'Italie ,
en France même , où je sçai qu'en certains
Cantons les Epithetes burlesques ct les
sobriquets ont été et sont peut- être encore
en vogue ; mais où chercher ces
preuves et ces autoritez je vous en laisse
le soin , Monsieur , yous qui êtes le maître
de tout votre temps et qui ne manquez
ni de curiosité ni de lumieres.
Je
502 MERCURE DE FRANCE
Je vous dirai cependant ce que j'ai
trouvé depuis peu là- dessus , sans le cherchet
et en feuilletant un Livre des plus
sérieux qui puissent tomber entre les
mains d'un Avocat ; cela justifiera d'ail
leurs ce que je viens de vous dire des
Sobriquets plaisants et des Qualifications
burlesques , usitées dans plusieurs endroits
du Royaume . Ce Livre est celui
dont voici le Titre : OBSERVATIONS et
Maximes sur les Matieres Criminelles ,
Avec des Remarques , & c . Par M. Antoine
Bruneau , Avocat au Farlement. 1 .
vol. in 4. Paris , chez Guill. Cavelier
fils , 1715.
Une Procedure Criminelle dont je
suis chargé , m'engagea de lire cet Auteur
, et je trouvai dans la I. Partie
T. XXIII . De la maniere de faire le Procès
aux Communautez des Villes , Bourgs
et Villages , Corps et Compagnies , ce qui
suit , page 215 .
» Je n'ai point prétendu parler de ces
Societez burlesques des Pertantineux à
» Paris , de ceux d'Orleans de la Poule
» à quatre oeufs , des Enfans de quatre
» heures à Amiens , des Goulifats à Mon-
» targis , des Mirandolins de Joigny , de
» la Gueuse à Boulogne - sur - Mer , et à
>> Montreuil des Enfans de la Lune , et
>> de
MARS. 1733 .
de la Messe de Minuit à Clermont en
593
» Auvergne ; à la fin de cette Liste réjouissante
, l'Auteur cite Jover , en sa
Bibliotheque , in verbo , Jeux de hazard ;
il cite aussi , mais je n'en vois pas bien
l'application , le III. L. des Instituts
Tit, 26. de Societate , quale de illicitis factionibus
timeri solet.
Si vous vous embarquez dans cette Recherche
, observez , s'il vous plaît , que
M. Bruneau s'appuye aussi un peu auparavant
, de l'autorité de Cujas , qu'il cite
de cette maniere , Sunt quarum usus , & c.
Recherches de la France et de celle de
Mezeray , dans l'Histoire de Clotaire I.
lesquels ont , dit il , parlé de l'origine de
notre Langue , et dans l'Histoire de Phi
lippe Auguste , de l'origine des Noms,
Vous verrez quel rapport tout cela peut
avoir au sujet en question ; car encore
une fois , je n'ai pas le temps
d'entrer
moi- même dans cette discussion , qui ne
consiste pas tant à rapporter
des cxemples
de pareilles dénominations , qu'à en
découvrir l'origine ou la cause , ce qui
peut fournir des Faits anecdotes et servir
même à l'Histoire generale et partiliere.
Je suis , Mousieur , & c.
A Paris le premier Février 1733 .
de Normandie , écrite à M...
au sujet de quelques Epithetes et Qualifications
singulieres , & c.
'Etude des Loix et le tumulte du
Barreau , ne m'empêchent pas ,
Monsieur
, de donner toujours quelque tems
à une certaine Litterature agréable , qui
en instruisant , délasse des études sérieuses
qu'éxige notre Profession . Vous m'avze
envoyé un peu tard le Mercure * dans lequel,
à l'occasion d'un Extrait de la Bibliotheque
Italique , les Auteurs de ce Journal
ont donné un dénombrement des Académics
d'Italie , surtout de celles qui ont
pris des noms tout-à- fait bizares . Je vous
avoue que cette lecture m'a beaucoup
• Mercure de Janvier 17 32. page 123.
réjoui ,
MARS. 1733
Sor
réjoui , et que n'en déplaise à ces Messicurs
du Mercure , qui veulent qu'on
garde là- dessus le sérieux. Risum teneatis
Amici , j'aurai bien de la peine de ne
pas rire un peu des noms de Mrs les En- `
dormis , les Immobiles , les Fantasques , les
Etourdis , les Opiniâtres , les Insensez , les
Enchainez , les Absurdes , & c.
Il est vrai que la Lettre d'un habile
Italien , rapportée sur ce sujet dans le
même Livre , engage à suspendre son jugement
, et à présumer que les noms en
question n'auront pas été donnez au hazard
par des Iraliens , naturellement spirituels
et par des Italiens Gens de Lettres.
En attendant qu'il vienne là- dessus quelbonne
instruction de l'Italie même ,
que
comme il semble qu'on le fait esperer
dans le Mercure , j'ai pensé qu'il ne seroit
peut-être pas impossible de trouver
des exemples de pareilles ou d'approchantes
Qualifications hors de l'Italie ,
en France même , où je sçai qu'en certains
Cantons les Epithetes burlesques ct les
sobriquets ont été et sont peut- être encore
en vogue ; mais où chercher ces
preuves et ces autoritez je vous en laisse
le soin , Monsieur , yous qui êtes le maître
de tout votre temps et qui ne manquez
ni de curiosité ni de lumieres.
Je
502 MERCURE DE FRANCE
Je vous dirai cependant ce que j'ai
trouvé depuis peu là- dessus , sans le cherchet
et en feuilletant un Livre des plus
sérieux qui puissent tomber entre les
mains d'un Avocat ; cela justifiera d'ail
leurs ce que je viens de vous dire des
Sobriquets plaisants et des Qualifications
burlesques , usitées dans plusieurs endroits
du Royaume . Ce Livre est celui
dont voici le Titre : OBSERVATIONS et
Maximes sur les Matieres Criminelles ,
Avec des Remarques , & c . Par M. Antoine
Bruneau , Avocat au Farlement. 1 .
vol. in 4. Paris , chez Guill. Cavelier
fils , 1715.
Une Procedure Criminelle dont je
suis chargé , m'engagea de lire cet Auteur
, et je trouvai dans la I. Partie
T. XXIII . De la maniere de faire le Procès
aux Communautez des Villes , Bourgs
et Villages , Corps et Compagnies , ce qui
suit , page 215 .
» Je n'ai point prétendu parler de ces
Societez burlesques des Pertantineux à
» Paris , de ceux d'Orleans de la Poule
» à quatre oeufs , des Enfans de quatre
» heures à Amiens , des Goulifats à Mon-
» targis , des Mirandolins de Joigny , de
» la Gueuse à Boulogne - sur - Mer , et à
>> Montreuil des Enfans de la Lune , et
>> de
MARS. 1733 .
de la Messe de Minuit à Clermont en
593
» Auvergne ; à la fin de cette Liste réjouissante
, l'Auteur cite Jover , en sa
Bibliotheque , in verbo , Jeux de hazard ;
il cite aussi , mais je n'en vois pas bien
l'application , le III. L. des Instituts
Tit, 26. de Societate , quale de illicitis factionibus
timeri solet.
Si vous vous embarquez dans cette Recherche
, observez , s'il vous plaît , que
M. Bruneau s'appuye aussi un peu auparavant
, de l'autorité de Cujas , qu'il cite
de cette maniere , Sunt quarum usus , & c.
Recherches de la France et de celle de
Mezeray , dans l'Histoire de Clotaire I.
lesquels ont , dit il , parlé de l'origine de
notre Langue , et dans l'Histoire de Phi
lippe Auguste , de l'origine des Noms,
Vous verrez quel rapport tout cela peut
avoir au sujet en question ; car encore
une fois , je n'ai pas le temps
d'entrer
moi- même dans cette discussion , qui ne
consiste pas tant à rapporter
des cxemples
de pareilles dénominations , qu'à en
découvrir l'origine ou la cause , ce qui
peut fournir des Faits anecdotes et servir
même à l'Histoire generale et partiliere.
Je suis , Mousieur , & c.
A Paris le premier Février 1733 .
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Résumé : LETTRE de M. C. Avocat au Parlement de Normandie, écrite à M... au sujet de quelques Epithetes et Qualifications singulieres, &c.
Dans une lettre datée du 1er février 1733, M. C., avocat au Parlement de Normandie, s'adresse à un destinataire pour discuter des épithètes et qualifications singulières mentionnées dans le Mercure de Janvier 1732. L'auteur exprime sa joie en découvrant les noms d'académies italiennes tels que 'les Endormis', 'les Immobiles' et 'les Fantasques', trouvant ces dénominations amusantes malgré le sérieux des auteurs du Mercure. Il mentionne une lettre d'un Italien qui suggère que ces noms n'ont pas été choisis au hasard. M. C. propose de chercher des exemples similaires en France, où les sobriquets burlesques sont également en vogue. Il cite un livre sérieux, 'Observations et Maximes sur les Matieres Criminelles' de M. Antoine Bruneau, qui mentionne des sociétés burlesques comme 'les Pertantineux' à Paris et 'les Enfans de la Lune' à Montreuil. L'auteur invite son destinataire à explorer l'origine de ces dénominations, ce qui pourrait enrichir l'histoire générale et particulière.
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106
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L
و
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très - inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardi
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
•
PRIX XXX . SOLS.
L
و
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très - inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardi
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
•
PRIX XXX . SOLS.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'avis traite de la distribution du Mercure de France. L'adresse générale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
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107
p. 736-743
Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE DICTIONNAIRE DES CAS DE CONSCIENCE, décidez suivant les principes de [...]
Mots clefs :
Cas de conscience, Sang, Démon, Cadavres, Cadavre, Docteurs, Paris, Maléfice, Remèdes, Vexations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
LE DICTIONNAIRE DES CAS DE CONSCIENCE
, décidez suivant les principes de
la morale , les usages de la Discipline Ecclesiastique
, l'authorité des Conciles et des
Canonistes , et là Jurisprudence du Royaume:
Par feu Mess . de Lamet et Fromageau,
Docteurs de la Maison et Société de Sorbonne
. A Paris , chez J.B. Coignard, fils,
et Hippolyte - Louis Guerin , Libraire , ruë
S. Jacques , 1733. 2 vol. in fol, tom . 1. 878
pag. tom. 2.820 pag. sans la Préface et la
Table des Matieres . Prix , 30 liv. reliez.
Le Recueil des Décisions de ces deux
Sçavans Docteurs , étoit désiré avec ardeur
depuis vingt ans . On peut regarder
cet Ouvrage comme un excellent
supplément au Dictionnaire de Pontas.
Le nom de M" de Lamet et Fromageau ,
fait l'éloge du Livre. Le premier sorti
d'une famille noble et illustre , s'étoit
consacré à l'étude de la Théologie dès
son bas âge. Il avoit été long- temps attaché
au Cardinal de Retz ; ensuite il s'étoit
joint à M. de Sainte- Beuve , pour décider
les cas de conscience qu'on leur
proposoit alors ; delà vient que la plu
part des cas de M. de Sainte- Beuve sonr
aussy
AVRIL . 1733 737
aussi signez de M. de Lamet. C'est dans
ce saint exercice qu'il avoit passé la plus.
grande partie de sa vie , jusqu'à sa mort
arrivée en 1691. à l'âge de 70 ans,
M. Fromageau , mort en 1705. nâquic
à Paris , d'une famille honnête , alliée à
plusieurs autres , distinguées dans la Robe.
Il fut nommé par M. de Lamet pour
être son Exécuteur Testamentaire . Il lui
avoit été associé très - long- temps dans la
décision des Cas de Conscience , dont ces
Docteurs avoient toujours eu attention
de retenir des Minutes sur des Registres
Journaux , qui sont les mêmes sur lesquels
on a imprimé ce Recueil,
Ces deux Docteurs ont été consultez
de leur temps , sur toutes les especes de
Cas ; leurs décisions ont souvent servi à
appuyer des Arrêts , et à terminer des
conteftations de la plus grande impor
tance. Comme ce Livre est déja répandu
dans le public , nous n'entrerons pas
dans un plus grand détail , pour en faire
connoître le mérite ; nous nous arrêterons
seulement à l'article des Malefices
page 13. &c. par le rapport que cette
matiere a avec un Mérnoire sur les Wampires
, que nous avons imprimé dans le
Mercure de May , 1732. pag. 890.
Demande. En Pologne et en Russie on
trou738
MERCURE DE FRANCE
trouve dans des Cadavres humains , qu'on
appelle Siviges , une certaine liqueur que
les peuples et quelques Sçavans même
croïent être du sang. On prétend que le
Demon le prend en des personnes vivantes
, et qu'il le porte dans ces Cadavres.
On dit que cet Esprit en sort de temps
en temps pour tourmenter les hommes ,
et qu'après bien des vexations , il rentre
dans ces Cadavres et y fait couler le sang
qu'il a succé , et qu'on y trouve en si
grande abondance , qu'il sort par la bouche
, par le nez , et sur tout par les oreil
les du Cadavre , qu'on voit nager dans
son Cercueil . Il mange aussi , dit- on , les
linges qui l'enveloppent. Pour l'en empêcher
, on prend garde lorsqu'on enselit
un mort , qu'aucun linge ne soit près
de sa bouche , et on la couvre de terre
aussi-bien que la gorge.
>
L'Esprit , qui sort de ce Cadavre , va la
nuit troubler le repos de ceux avec qui le
deffunt avoit de plus grandes liaisons . Il
les serre , il les embrasse , et leur fait tant
de mal, qu'ils s'éveillent en sursaut , criant
au secours , et assurant qu'ils voïent le
Spectre comme s'il étoit vivant. Ces hommes
ainsi tourmentez , deviennent maigres
et meurent en peu de temps. Le mal
s'étend quelquefois à des familles entieres
AVRIL 1738:
739
res , qui périssent l'un après l'autre.
Quelques -uns de ces esprits attaquent
les hommes , d'autres s'acharnent sur les
Bestiaux dont ils portent aussi le sang
dans les Cadavres , ce qui les fait languir
et mourir. Pour remedier à un si grand
mal , on fait du pain que l'on pétrit avec
le sang qui coule de ces Cadavres , on le
porte sur soy et on en mange , et par là
on se trouve soulagé; mais le grand remede
est de couper la tête du Cadavre.
Il eft à remarquer que quand on va visiter
les corps morts , dont la figure est
apparue en songe , on les trouve mols ,
fléxibles , enflez et rubiconds ; mais dès
qu'on leur a coupé la tête , le démon ne
va plus inquietter ceux qu'il tourmentoit
auparavant , et en peu
ils reprennent
leur embonpoint.
de temps
Une fille ayant été attaquée en dormant
, par un de ces Esprits , se reveilla ,
et criant par la douleur qu'elle sentoit ,
on courut pour la secourir; elle dit qu'el
le avoit vû la figure de sa mere , qui étoit
morte depuis long - temps. Comme on
voyoit qu'elle maigrissoit , on alla au
Cadavre , qu'on trouva mol , flexible et
rubicond. On lui coupa la tête , et on lui
ouvrit le coeur ; il en sortit beaucoup de
sang , après quoi la fille fut soulagée et se
porta très-bien depuis.
Ов
740 vi
On demande s'il est permis d'avoir recours
aux remedes dont on vient de parler
, pour faire cesser les véxations de ces
Esprits ?
On répond qu'on doit avant toutes
choses examiner scrupuleusement la vérité
des faits qui y sont rapportez . Car
ils sont si extraordinaires , qu'on a tout
sujet de craindre qu'il n'y ait beaucoup
d'illusion , et on n'y doit point ajouter .
foy qu'ils ne soient prouvez d'une maniere
si évidente qu'il soit impossible de
les révoquer en doute .
L'imagination, l'ignorance, la créduli-'
té excessive , la superstition , la grossiereté
de ceux qui content de parcilles avantures
, doivent faire craindre qu'il n'y en-'
tre de la fiction , de l'exageration , de
l'imposture , de l'illusion .
Mais supposé que ceux qui consultent
là- dessus , voyent sur les lieux que le peuple
, ou trompé , ou véritablement tourmenté
, employe pour se délivrer , les
deux remedes expliquez cy dessus , on
estime que ceux qui les employent , et
ceux qui demandent qu'on s'en serve
pour eux , pêchent également , et par
deux raisons .
1.Parce qu'on a toujours porté un grand
respect aux Corps des Deffunts , jusqu'à
vouA
V RI L. 1733 . 741
vouloir même que les Sépulchres fussent
inviolables; sur quoi , voyez le tit . 19.du
Code Leg. où il est dit qu'on doit punir
comme sacrilege , les Violateurs des Sépulchres.
Or c'est un attentat énorme
d'entrer dans un Sepulchre pour couper
la tête à un Cadavre. On peut voir enco
re là - dessus dans le Droit Canon les Excommunications
prononcées en pareils
cas. Dans celui dont il s'agit , le prétexte
est moins pardonnable , et plus contraire
au respect que méritent les Corps des
Fidéles. L'Authentique , ut defuncti , tit.
13. coll . 5. avoit dit auparavant , qui hominis
naturam non erubuit , dignus est et
gloriâ et aliis omnibus condemnari.
2º. La fin qu'on se propose dans ce qui
se pratique en Pologne et en Russie rend
encore la chose plus mauvaise . C'est, diton
, pour se délivrer de la véxation du
malin esprit et pour recouvrer la santé
qu'on mange un pain pétri du sang qui
sort des Cadavres , et qu'on leur coupe la
tête. Or il y a tout lieu de présumer que
si ce remede réussit , c'est en vertu d'un
pacte exprès ou tacite fait avec le démon
et qu'on chasse un Malefice par un autre;
car le pain pétri de sang , aussi - bien que
la tête coupée; ne peut pas naturellement
guérir une personne qui se meurt , ni
| Fij chasser
742 MERCURE DE FRANCE
chasser le démon qui la tourmente. On
ne peut pas dire non plus que Dieu fasse
des miracles dans ces occasions ; il faut
donc , supposé le fait vrai , y reconnoître
un pacte et reconnoître aussi que le démon
a promis de se retirer à la presence
du maléfice, après l'avoir lui - même conseillé.
Gerson , dans un Opuscule contre
la doctrine d'un Médecin de Montpellier
, dit , que la Faculté de Paris en a
jugé ainsi,
Or , selon S. Thomas , in 4. dist. 34.Q
1. art. 3. et selon le Decret de la Faculté
de Paris , de l'année 1318. rapporté à la
fin des Oeuvres du Maître des Sentences ,
art. 6. il n'est point permis de chasser
un maléfice par un autre,
Il suit de tout cela deux choses ; la premiere
, qu'on doit condamner la coutume
des Païs dont on vient de parler
comme réprouvée par l'un et l'autre
Droit , et par l'Ecriture , qui deffend de
faire un mal pour procurer un bien.
La seconde, que si après avoir consulté
de pieux et habiles Medecins, on ne peut
découvrir une cause naturelle de ces
maux , ni les guérir par des remedes naturels
, on doit recourir à ceux qui sont
marquez contre les véxations du démon,
dans le chapitre , şi per sortiarias 33.Q.2,
atqne
AVRIL. 1733. 743
atque maleficas occulto , sed numquam injusto
Deijudicio, permittente et Diabolo procurante
, &c. C'est le sentiment de Barthelemi
de Spina , Maître du Sacré Palais,
dans son Traité de Strigibus , cap . 33
Déliberé en Sorbonne , & c.
, décidez suivant les principes de
la morale , les usages de la Discipline Ecclesiastique
, l'authorité des Conciles et des
Canonistes , et là Jurisprudence du Royaume:
Par feu Mess . de Lamet et Fromageau,
Docteurs de la Maison et Société de Sorbonne
. A Paris , chez J.B. Coignard, fils,
et Hippolyte - Louis Guerin , Libraire , ruë
S. Jacques , 1733. 2 vol. in fol, tom . 1. 878
pag. tom. 2.820 pag. sans la Préface et la
Table des Matieres . Prix , 30 liv. reliez.
Le Recueil des Décisions de ces deux
Sçavans Docteurs , étoit désiré avec ardeur
depuis vingt ans . On peut regarder
cet Ouvrage comme un excellent
supplément au Dictionnaire de Pontas.
Le nom de M" de Lamet et Fromageau ,
fait l'éloge du Livre. Le premier sorti
d'une famille noble et illustre , s'étoit
consacré à l'étude de la Théologie dès
son bas âge. Il avoit été long- temps attaché
au Cardinal de Retz ; ensuite il s'étoit
joint à M. de Sainte- Beuve , pour décider
les cas de conscience qu'on leur
proposoit alors ; delà vient que la plu
part des cas de M. de Sainte- Beuve sonr
aussy
AVRIL . 1733 737
aussi signez de M. de Lamet. C'est dans
ce saint exercice qu'il avoit passé la plus.
grande partie de sa vie , jusqu'à sa mort
arrivée en 1691. à l'âge de 70 ans,
M. Fromageau , mort en 1705. nâquic
à Paris , d'une famille honnête , alliée à
plusieurs autres , distinguées dans la Robe.
Il fut nommé par M. de Lamet pour
être son Exécuteur Testamentaire . Il lui
avoit été associé très - long- temps dans la
décision des Cas de Conscience , dont ces
Docteurs avoient toujours eu attention
de retenir des Minutes sur des Registres
Journaux , qui sont les mêmes sur lesquels
on a imprimé ce Recueil,
Ces deux Docteurs ont été consultez
de leur temps , sur toutes les especes de
Cas ; leurs décisions ont souvent servi à
appuyer des Arrêts , et à terminer des
conteftations de la plus grande impor
tance. Comme ce Livre est déja répandu
dans le public , nous n'entrerons pas
dans un plus grand détail , pour en faire
connoître le mérite ; nous nous arrêterons
seulement à l'article des Malefices
page 13. &c. par le rapport que cette
matiere a avec un Mérnoire sur les Wampires
, que nous avons imprimé dans le
Mercure de May , 1732. pag. 890.
Demande. En Pologne et en Russie on
trou738
MERCURE DE FRANCE
trouve dans des Cadavres humains , qu'on
appelle Siviges , une certaine liqueur que
les peuples et quelques Sçavans même
croïent être du sang. On prétend que le
Demon le prend en des personnes vivantes
, et qu'il le porte dans ces Cadavres.
On dit que cet Esprit en sort de temps
en temps pour tourmenter les hommes ,
et qu'après bien des vexations , il rentre
dans ces Cadavres et y fait couler le sang
qu'il a succé , et qu'on y trouve en si
grande abondance , qu'il sort par la bouche
, par le nez , et sur tout par les oreil
les du Cadavre , qu'on voit nager dans
son Cercueil . Il mange aussi , dit- on , les
linges qui l'enveloppent. Pour l'en empêcher
, on prend garde lorsqu'on enselit
un mort , qu'aucun linge ne soit près
de sa bouche , et on la couvre de terre
aussi-bien que la gorge.
>
L'Esprit , qui sort de ce Cadavre , va la
nuit troubler le repos de ceux avec qui le
deffunt avoit de plus grandes liaisons . Il
les serre , il les embrasse , et leur fait tant
de mal, qu'ils s'éveillent en sursaut , criant
au secours , et assurant qu'ils voïent le
Spectre comme s'il étoit vivant. Ces hommes
ainsi tourmentez , deviennent maigres
et meurent en peu de temps. Le mal
s'étend quelquefois à des familles entieres
AVRIL 1738:
739
res , qui périssent l'un après l'autre.
Quelques -uns de ces esprits attaquent
les hommes , d'autres s'acharnent sur les
Bestiaux dont ils portent aussi le sang
dans les Cadavres , ce qui les fait languir
et mourir. Pour remedier à un si grand
mal , on fait du pain que l'on pétrit avec
le sang qui coule de ces Cadavres , on le
porte sur soy et on en mange , et par là
on se trouve soulagé; mais le grand remede
est de couper la tête du Cadavre.
Il eft à remarquer que quand on va visiter
les corps morts , dont la figure est
apparue en songe , on les trouve mols ,
fléxibles , enflez et rubiconds ; mais dès
qu'on leur a coupé la tête , le démon ne
va plus inquietter ceux qu'il tourmentoit
auparavant , et en peu
ils reprennent
leur embonpoint.
de temps
Une fille ayant été attaquée en dormant
, par un de ces Esprits , se reveilla ,
et criant par la douleur qu'elle sentoit ,
on courut pour la secourir; elle dit qu'el
le avoit vû la figure de sa mere , qui étoit
morte depuis long - temps. Comme on
voyoit qu'elle maigrissoit , on alla au
Cadavre , qu'on trouva mol , flexible et
rubicond. On lui coupa la tête , et on lui
ouvrit le coeur ; il en sortit beaucoup de
sang , après quoi la fille fut soulagée et se
porta très-bien depuis.
Ов
740 vi
On demande s'il est permis d'avoir recours
aux remedes dont on vient de parler
, pour faire cesser les véxations de ces
Esprits ?
On répond qu'on doit avant toutes
choses examiner scrupuleusement la vérité
des faits qui y sont rapportez . Car
ils sont si extraordinaires , qu'on a tout
sujet de craindre qu'il n'y ait beaucoup
d'illusion , et on n'y doit point ajouter .
foy qu'ils ne soient prouvez d'une maniere
si évidente qu'il soit impossible de
les révoquer en doute .
L'imagination, l'ignorance, la créduli-'
té excessive , la superstition , la grossiereté
de ceux qui content de parcilles avantures
, doivent faire craindre qu'il n'y en-'
tre de la fiction , de l'exageration , de
l'imposture , de l'illusion .
Mais supposé que ceux qui consultent
là- dessus , voyent sur les lieux que le peuple
, ou trompé , ou véritablement tourmenté
, employe pour se délivrer , les
deux remedes expliquez cy dessus , on
estime que ceux qui les employent , et
ceux qui demandent qu'on s'en serve
pour eux , pêchent également , et par
deux raisons .
1.Parce qu'on a toujours porté un grand
respect aux Corps des Deffunts , jusqu'à
vouA
V RI L. 1733 . 741
vouloir même que les Sépulchres fussent
inviolables; sur quoi , voyez le tit . 19.du
Code Leg. où il est dit qu'on doit punir
comme sacrilege , les Violateurs des Sépulchres.
Or c'est un attentat énorme
d'entrer dans un Sepulchre pour couper
la tête à un Cadavre. On peut voir enco
re là - dessus dans le Droit Canon les Excommunications
prononcées en pareils
cas. Dans celui dont il s'agit , le prétexte
est moins pardonnable , et plus contraire
au respect que méritent les Corps des
Fidéles. L'Authentique , ut defuncti , tit.
13. coll . 5. avoit dit auparavant , qui hominis
naturam non erubuit , dignus est et
gloriâ et aliis omnibus condemnari.
2º. La fin qu'on se propose dans ce qui
se pratique en Pologne et en Russie rend
encore la chose plus mauvaise . C'est, diton
, pour se délivrer de la véxation du
malin esprit et pour recouvrer la santé
qu'on mange un pain pétri du sang qui
sort des Cadavres , et qu'on leur coupe la
tête. Or il y a tout lieu de présumer que
si ce remede réussit , c'est en vertu d'un
pacte exprès ou tacite fait avec le démon
et qu'on chasse un Malefice par un autre;
car le pain pétri de sang , aussi - bien que
la tête coupée; ne peut pas naturellement
guérir une personne qui se meurt , ni
| Fij chasser
742 MERCURE DE FRANCE
chasser le démon qui la tourmente. On
ne peut pas dire non plus que Dieu fasse
des miracles dans ces occasions ; il faut
donc , supposé le fait vrai , y reconnoître
un pacte et reconnoître aussi que le démon
a promis de se retirer à la presence
du maléfice, après l'avoir lui - même conseillé.
Gerson , dans un Opuscule contre
la doctrine d'un Médecin de Montpellier
, dit , que la Faculté de Paris en a
jugé ainsi,
Or , selon S. Thomas , in 4. dist. 34.Q
1. art. 3. et selon le Decret de la Faculté
de Paris , de l'année 1318. rapporté à la
fin des Oeuvres du Maître des Sentences ,
art. 6. il n'est point permis de chasser
un maléfice par un autre,
Il suit de tout cela deux choses ; la premiere
, qu'on doit condamner la coutume
des Païs dont on vient de parler
comme réprouvée par l'un et l'autre
Droit , et par l'Ecriture , qui deffend de
faire un mal pour procurer un bien.
La seconde, que si après avoir consulté
de pieux et habiles Medecins, on ne peut
découvrir une cause naturelle de ces
maux , ni les guérir par des remedes naturels
, on doit recourir à ceux qui sont
marquez contre les véxations du démon,
dans le chapitre , şi per sortiarias 33.Q.2,
atqne
AVRIL. 1733. 743
atque maleficas occulto , sed numquam injusto
Deijudicio, permittente et Diabolo procurante
, &c. C'est le sentiment de Barthelemi
de Spina , Maître du Sacré Palais,
dans son Traité de Strigibus , cap . 33
Déliberé en Sorbonne , & c.
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Résumé : Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
Le texte traite du 'Dictionnaire des Cas de Conscience', rédigé par les docteurs de la Sorbonne, Messieurs de Lamet et Fromageau, publié en 1733 à Paris. Cet ouvrage, en deux volumes, est présenté comme un excellent complément au Dictionnaire de Pontas. Lamet, originaire d'une famille noble, s'était spécialisé en théologie et avait collaboré avec Sainte-Beuve pour résoudre des cas de conscience. Fromageau, issu d'une famille honnête, avait été nommé exécuteur testamentaire de Lamet et avait travaillé avec lui pendant de nombreuses années. Le texte aborde également des croyances populaires en Pologne et en Russie concernant les 'Siviges', des cadavres humains contenant une liqueur supposée être du sang, manipulée par un démon. Ce démon est censé tourmenter les vivants, causant maladies et décès. Les remèdes proposés incluent la consommation de pain pétri avec ce sang ou la décapitation des cadavres. Les auteurs du texte mettent en garde contre ces pratiques, les jugeant contraires au respect dû aux défunts et suspectant un pacte avec le démon. Ils recommandent de consulter des médecins et, en l'absence de cause naturelle, de recourir aux remèdes spirituels contre les vexations démoniaques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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108
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
340.6
M559
1733
L
و
'
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyént , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auronɛ
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
340.6
M559
1733
L
و
'
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyént , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auronɛ
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document est un avis concernant la distribution du Mercure de France en 1733. L'adresse principale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est recommandé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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109
p. 993-995
« [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Début :
[L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...]
Mots clefs :
Glandes, Remède, Sang, Maladie, Guérison, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Se sieur De Nielles , Chirurgien à Paris , a fait
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
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Résumé : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Le texte présente deux chirurgiens, sieur De Nielles et sieur Neilson, et leurs traitements respectifs. Sieur De Nielles, chirurgien à Paris, a découvert un remède interne pour guérir les écrouelles de la gorge sans nécessiter d'ouverture ou d'emplâtres. Ce remède purifie le sang, dissout les glandes gonflées et ulcérées, et traite la source de la maladie dans les glandes du mésentère. La maladie est causée par un mauvais levain dans le sang, qui affecte les glandes et les parties spongieuses des os. Le remède de De Nielles peut être envoyé sans risque et est adapté aux enfants. Il a guéri plusieurs personnes, dont certaines de distinction, et peut fournir des témoignages à Paris. Sieur Neilson, Écossais, est expert dans le traitement des hernies chez les hommes et les femmes de tous âges. Il utilise des remèdes spécifiques sans interrompre les activités du patient et offre ses services aux personnes des provinces. Il traite également les hernies invétérées et empêche les complications.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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110
p. 1036-1044
ARRESTS NOTABLES.
Début :
LETTRES PATENTES, du 3 Mars 1733. Données à Versailles, qui reglent les Coupes [...]
Mots clefs :
Veuve Dumoulin, Arrêt, Gaspard de Fieubet, Wailly et consorts, Paris, Défenses
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
ETTRES PATENTES , du 3 Mars 17330
Lonnées àVersailles , qui reglent les Coupes
des Forêts de S. M. en la Maîtrise de Vierson
, et Gruerie d'Allogny. Registrées au Parle,
ment le 9 May suivant.
AUTRES Lettres Patentes , du 10 du mêm☛
mois, qui ordonnent l'ouverture de cinquantetrois
Routes , ou faux - fuyans , dans les Bois
des environs de S Germain , y énoncez. Regis
trées au Parlement , le 9 May.
SENTENCE rendue en la Chambre de Police
, au Châtelet de Paris , le 13 Mars 1733.
pour les Doyen et Docteurs - Regens de la Faculté
de Médecine , en l'Université de Paris
contre le nominé Fabre soi - disant Médecin i
portant deffenses audit Fabre de plus entrepren
dre de faire la Médecine , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv. de dommages et interêts,
AUTRES Lettres Patentes , du 17, du même
mois , qui ordonnent une ouverture de trente
nouvelles Routes dans la Forêt de Thelles er
Buissons en dépendans . Registrées au Parlemen
le même jour , 9 May.
AUTRE Sentence , rendue en la même Cham
bre de Police , le 27 Mars 1733.pour les Doyen
et Docteurs Regens de la Faculté de Médecine.
contre Jean- Baptiste Livernette , Maître Chirurgien
MAY. 17337 1037
rurgien à Paris , portant deffenses audit Liver
nette et à tous autres d'entreprendre sur la profession
des Médecins , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv . d'amende.
ARREST DU PARLEMENT , du 16 Mars
qui deffere aux Ayculs dans la succession de leurs
petits-enfans les Propres fictifs des Pere et Mere.
Entre Jacques Wailly et Catherine Durand, sa
femme à cause d'elle , Marguerite Dumoulin ,
fille majeure , Antoinette de la Collonge , veuve
de François Dumoulin, et Damoiselle Jeanne de
la Collonge , fille majeure , se prétendans heritiers
chacun pour un quart de Pierre - Gaspard
de Fieubet, décédé mineur,fils de Messire Louis-
Gaspard de Fieubet , Conseiller en la Cour , et
de défunte Dame Marie-Anne Dumoulin . ct
petit fils de la Dame Dumoulin, cy-après nom
mée ; appellans d'une Sentence rendue au Châ
telet de Paris , le 13 Aoust 1732. par laquelle
sur la demande desdits Wailly et Consorts, portéc
par leur Exploit du 1 Avril 1732. contre la
Dame de Santilly , heritiere quant aux Propres
par elle donnez , et quant aux meubles et effets
mobiliers ausquels ledit sieur de Fieubet ne peut
succeder à cause de la stipulation de Propre en
faveur de ladite défunte Dame Marie - Anne Dumoulin
, fille de ladite Dame veuve Dumoulin, et
des siens de son côté et ligne dudit feu sieur de
Fieubet , petir fils de ladite Dame Dumoulin ,
lequel étoit fils dudit sieur Gaspard de Fieubet ,
Conseiller en la Cour , et de ladite Marie Anne
Dumoulin , de laquelle ledit feu sieur de Fieubet
étoit seul et unique héritier. Ladite Dame veuve
Dumoulin ayant liquidé les biens et droits à elle
échus par la succession dudit sieur de Fieuber
·
son
1038 MERCURE DE FRANCE
son petit- fils , par Acte passé entr'elle et ledit
sieur de Fieubet, devant Lecourt et son Confrere
Notaires à Paris , le 17 Février 1732 , ladite demande
tendante à ce que ledit Acte ne puisse
nuire ni préjudicier ausdits Wailly et Consorts ,
et que la moitié des effets donnez en dot par le
feu sieur Dumoulin , et ladite Dame sa veuve , à
ladite Marie- Anne Dumoulin icur fille , ftipulez
Propres à elle et aux siens , de son côté et ligne,
leur soit rendue et restituée ; et sur les deffenses
fournies contre ladire demande du 10 Avril par
ladite Dame Dumoulin , et sa demande incidente ,
du 7 Mars 1732 , à ce que lesdits Wailly et Consorts
soient déclarez non- recevables à demander
compte des deniers stipulez Propres à ladite de
Fieuber , et aux sieus de son côré et ligne ; ausquels
deniers et effets stipulez Propres iis ne succedent
point ; et encore sur la demande incidente
desdits Wailly et Consorts , du 16 Juin dernier ,
à ce qu'attendu que ladite Dame Dumoulin ne
peut prétendre des Propres fictifs que la moitié
par elle donnée, et que l'autre moitié appartient
ausdits Wailly et Consorts, comme étant donnée
par ledit feu sieur Dumoulin ; ladite Dame Dumoulin
sa veuve , comme ayant pris le fait et
cause dudit sieur de Fieubet , fût condamnée
conjointement avec lui à rendre et restituer
ausdits Wailly et Consorts la somme de 172 500
liv. de principal pour la moitié de ladite dot ;
il a été ordonné , sans s'arrêter ausdites demandes
desdits Wailly et Consorts , dont ils
sont déboutez , que l'Acte passé entre ladite
Dame veuve Dumoulin et ledit sieur de Fieubet
seroit exécuté , d'une part ; et Dame Marie-
Anne de Santilly veuve de Pierre Dumoulin ,
Ecuyer , Secretaire du Roy , Maison , Couronne
M A Y. 1733 .
1c39
e de France et deses Finances ; et Messire Gaspard
de Fieubet , Conseiller en la Cour ,
Intimez
, d'autre part ; et entre ladite Dame veuve
Dumoulin ès noms , demanderesse aux fins de
ses Commission et Exploit , des Is Octobre et
14 Novembre 1732. à ce que le present Arrest
fût déclaré commun avec ladite Marguerite
Dumoulin , pour être exécuté avec elle , selon
sa forme et teneur , d'une part ; et Damoiselle
Marguerite Duinoulin , fille majeure , deffenderesse
, d'autre part , et entre lesdits Wailly et
Consorts , demandeurs en Requête , du 23 Février
dernier , d'une part , et lesdits Dame veuve
Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
d'autre ; et encore entre ladite Dame Marguerite
Dumoulin , demanderesse en Requête, du 24 Février
aussi dernier , à fin d'intervention et autres
conclusions y portées , d'une part , et lesdites
Dame veuve Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
, d'autre part. Après que du Vaudier ,
Avocat de Jacques Wailly et Consorts , Normant
, Avocat de Marguerite Dumoulin , er
Cochin , Avocat de Marie -Anne de Santilly et
de Fieubet ont été ojiis pendant cinq Audiances;
ensemble , Chauvelin pour le Procureur General
du Roy. LA COUR a mis et met l'appellation
au néant , ordonne que ce dont est appel
sortira effet ; condamne les Appellans en l'amende
de 12 liv. et aux dépens. Ordonne que le
present Arrêt sera lû et publié par tout ou be
soin sera. Fait en Parlement , & c.
ARREST du Conseil du 31 Mars , portant Réglement
pour la Charge de Chevalier du Guet ,
et les Officiers et Archers , tant à pied qu'à che
val , de sa Compagnie , qui étoient ci- deyant à
sa nomination.
106 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du 14 Avril , qui évoque ceux des
14 Octobre 1732. et 4 Janvier dernier , portant
exemption de tous droits sur les grains
farines et légumes qui seroient transportez en
Dauphiné et dans le Lyonnois.
AUTRE du 21 Avril , qui permet de Contrôler
jusqu'au premier Novembre prochain
les Actes de foi et hommage , adjudications de
bois ; ensemble les déclarations on reconnoissances
aux Papiers Terriers , &c.
AUTRE du 1. Mai 1733. au sujet de l'Arrêt
du Parlement du 25 Avril.
Le Roi s'étant fait représenter ce que Sa
Majesté avoit jugé à propos d'ordonner pour
la révocation du Privilege en vertu duquel on
avoit imprimé à Rouen en l'année 1729. un
Livre qui a pour titre , Nouvelle deffense de la
Constitution , &c. Comme aussi l'Arrêt du 31.
Août dernier , par lequel le Roi auroit ordonné
qu'un autre Ouvrage intitulé : Traité de l'Amour
de Dien , tirê des Livres saints , &c. imprimé à
Paris en l'année 1732 demeureroit supprimé
comme contenant des déclamations également
injurieuses et témeraires , Sa Majesté auroir
jugé à propos de faire éxaminer en son Conseil
. l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris
le z Avril dernier , et Elle auroit reconnu que
non- seulement on y avoit prononcé sur des
Livres déja proscrits par l'autorité de Sa Majesté
qui avoit donné les ordres nécessaires
pour en arrêter entierement le cours et la distribution
, mais que par le même Arrêt ladite
Cour avoit entrepris de décider des questions
qui
MAY. 1733. 1041
qui ne sont nullement de sa compétence , et de
retenir la connoissance d'une affaire particuliere
qui n'étoit pas de nature à être portée , comme
on l'a fait audit Parlement. A quoi étant nécessaire
de pourvoir pour empêcher les suites
d'un exemple si contraire à toute sorte de Régles
et d'Usages. Vû ledit Arrêt du 25 Avril
dernier , er tout consideré. Sa Majesté étant en
son Conseil , sans s'arrêter audit Arrêt qu'Elle
déclare nul et de nul effet ; ensemble tout ce qui
pourroit avoir été ou être fait au sujet des points
qui y sont contenus , a retenu et retient à sa
Personne la connoissance de tout ce qui concerne
les deux Livres ci-dessus marquez , et de
l'éxecution de ce qui a été ordonné à cet égard
par Sa Majesté ; comme aussi des contraventions
, si aucunes y ont été faites ; évoque Sa
Majesté , et réserve pareillement à sa Personne
la connoissance de ce qui regarde l'affaire du
Curé de S. Medard mentionnée audit Arrêt du
Parlement de Paris , pour y être pourvû par
Sa Majesté , ainsi qu'il appartiendra , faisant
très--cexpresses inhibitions et deffenses à toutes
ses Cours de Parlement et autres Juges de
prendre connoissance de tout ce qui est contenu
au présent Arrêt , lequel sera lû , publié
et affiché par tout où besoin sera . Fait , &c .
AUTRE du 9. Mai 1733. qui ordonne la
suppression d'une These dans la Faculté du
Droit d'Orleans .
Le Roi s'étant fait représenter l'Arrêt du 10.
Mars 1731. par lequel , en imposant par provision
un silence géneral et absolu au sujet des
disputes qui s'étoient élevées sur la nature , l'étendue
et les bornes de l'autorité Ecclesiastique
042 MERCURE DE FRANCE
et de la puissance séculiere , Sa Majesté a fair
très- expresses inhibitions et deffenses à toutes
les Universitez du Royaume , notamment aux
Facultez de Théologie , et de Droit Civil et
Canonique , de permettre aucunes disputes dans
les Ecoles sur cette matiere , comme aussi d'enseigner
, ou de souffrir qu'on enseigne rien de
contraire aux principes marquez par ledit Arrêt
sur les deux puissances : Sa Majesté auroit
été informée que contre la disposition de cet
Arrêt , dont l'éxecution a été encore ordonnée
par celui du 30 Juillet suivant , le nommé
François de Sales Daniel Poullin , voulant être
reçû Docteur dans la Faculté de Droit d'Orleans,
y auroit soûtenu une These le 13 Avril dernier ,
dont les Positions qui concernent le Droit Cafonique
, méritent d'autant plus l'animadversion
de Sa Majesté , qu'on a entrepris nonseulement
d'y traiter presque tous les points
qu'Elle a deffendus par l'Arrêt du 10. Mars
1731. de laisser mettre en dispute dans les
Ecoles , mais de le faire dans des termes qui
marquent autant d'ignorance que de témerite
à quoi voulant pourvoir , Sa Majesté étant en
son Conseil , a ordonné et ordonne que ladite
These , ayant pour titre : Positiones utriusque
juris , quas Deo optimo maximo auxiliante , ex
decreto amplissimi juris consultorum ordinis in perantiqua
et celeberrimâ Aurelianensium Academiâ
, D. D. Florentio Goullu du Plessis , Rectore
,magnifico Praside , pro summis in utroque jure
honoribus et privilegiis Doctoralibus ritè consequendis
, publicè discutiendas exhibet Franciscus
Salesus Daniel Poullin , die 23. Aprilis hor
post meridiem secundâ in publico juris auditorio.
Aurelia ex Typographiâ vidua Francisci Borde
UniMAY.
1733- 7043.
Universitatis Typographi 1733. sera et demeurera
supprimée : Enjoint à cet effet à tous ceux qui
en ont des exemplaires , de les remettre au
Greffe du Lieutenant General de Police de la
Ville d'Orleans ; deffend à tous Imprimeurs
Libraires , Colporteurs et autres , de quelque
état , qualité ou condition qu'ils soient , d'en
imprimer , vendre , débiter ou autrement distribuer
, à peine de punition exemplaire. Fait
pareillement Sa Majesté très - expresses inhibitions
et deffenses aux Recteur , Professeurs
Syndic et autres Membres de ladite Université
d'Orleans , de souffrir qu'il y soit soûtenu de
pareilles Theses , leur enjoignant d'observer et
de faire observer exactement le contenu audit
Arrêt du 1o Mars 1731. à peine de privation
de leurs Chaires , ou autres places , même de
ieurs degrez , s'il y écheoit. Et sera le présent
Arrêt transcrit dans les Registres de ladite Université
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , pour être éxecuté selon sa forme et teneur.
Enjoint au sieur de Baussan Intendant
et Commissaire départi dans la Generalité d'Or
leans , d'y tenir la main , &c.
AUTRE du 9 Mai , qui fait deffenses à tous
Armateurs et Négocians , faisant le commerce
des Isles et Colonies Françoises de l'Amérique ,
d'y envoyer des étoffes et toiles peintes des Indes
, de Perse , de la Chine ou du Levant.
ARREST du Parlement , rendu le r
May , en la cinquième Chambre des Enquêtes ,
au rapport de M. le Clerc de Lesseville , en faveur
de l'Hôpital , dit l'Aumône Generale de la
Ville d'Avignon , contre le sieur de Royre , Seigneur
1044 MERCURE DE FRANCE
gaeur de Negrin , &c . Maître des Eaux et Forêts
de S. Pons en Languedoc , et contre la
veuve Charles , de ladite Ville d'Avignon , Partie
intervenante. Cet Arrêt est d'autant plus
notable , que l'Aumône d'Avignon avoit été
déboutée en premiere Instance par les Officiers
de la Sénéchaussée de Lyon , contre les
Conclusions du Procureur du Roi. Au Parlement
, M. le Procureur General a conclu en
faveur des Pauvres , et l'Arrêt a été conforme
aux Conclusions . Cette Affaire a produit plu
sieurs Ecrits qui ont été imprimez , c'est M. le
Clerc de Vodonne , Avocat au Parlement qui
a fait le grand Mémoire et les deux Réponses
pour les Pauvres .
ORDONNANCE DE POLICE du 16 Mai ,
qui fait deffenses de faire aucuns dégats dans les
Bleds , sous prétexte d'y cueillir des Fleurs appellées
Barbeaux , ou autrement , et d'apporter ,
vendre ni débiter aucunes de ces Fleurs dans la
Ville de Paris , même aux Bouquetieres et autres
personnes d'en exposer en vente , à peine de
so liv. d'amende.¸
AUTRE du même jour pour le renouvellement
de l'arrosement des rues de la Ville et
Fauxbourgs de Paris , qui sera fait pendant le
tems des chaleurs , tous les jours à dix heures
du matin et à trois heures après midi , à
compter du jour de la publication de ladite Ordonnance.
ETTRES PATENTES , du 3 Mars 17330
Lonnées àVersailles , qui reglent les Coupes
des Forêts de S. M. en la Maîtrise de Vierson
, et Gruerie d'Allogny. Registrées au Parle,
ment le 9 May suivant.
AUTRES Lettres Patentes , du 10 du mêm☛
mois, qui ordonnent l'ouverture de cinquantetrois
Routes , ou faux - fuyans , dans les Bois
des environs de S Germain , y énoncez. Regis
trées au Parlement , le 9 May.
SENTENCE rendue en la Chambre de Police
, au Châtelet de Paris , le 13 Mars 1733.
pour les Doyen et Docteurs - Regens de la Faculté
de Médecine , en l'Université de Paris
contre le nominé Fabre soi - disant Médecin i
portant deffenses audit Fabre de plus entrepren
dre de faire la Médecine , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv. de dommages et interêts,
AUTRES Lettres Patentes , du 17, du même
mois , qui ordonnent une ouverture de trente
nouvelles Routes dans la Forêt de Thelles er
Buissons en dépendans . Registrées au Parlemen
le même jour , 9 May.
AUTRE Sentence , rendue en la même Cham
bre de Police , le 27 Mars 1733.pour les Doyen
et Docteurs Regens de la Faculté de Médecine.
contre Jean- Baptiste Livernette , Maître Chirurgien
MAY. 17337 1037
rurgien à Paris , portant deffenses audit Liver
nette et à tous autres d'entreprendre sur la profession
des Médecins , et pour l'avoir fait , le
condamne en 200 liv . d'amende.
ARREST DU PARLEMENT , du 16 Mars
qui deffere aux Ayculs dans la succession de leurs
petits-enfans les Propres fictifs des Pere et Mere.
Entre Jacques Wailly et Catherine Durand, sa
femme à cause d'elle , Marguerite Dumoulin ,
fille majeure , Antoinette de la Collonge , veuve
de François Dumoulin, et Damoiselle Jeanne de
la Collonge , fille majeure , se prétendans heritiers
chacun pour un quart de Pierre - Gaspard
de Fieubet, décédé mineur,fils de Messire Louis-
Gaspard de Fieubet , Conseiller en la Cour , et
de défunte Dame Marie-Anne Dumoulin . ct
petit fils de la Dame Dumoulin, cy-après nom
mée ; appellans d'une Sentence rendue au Châ
telet de Paris , le 13 Aoust 1732. par laquelle
sur la demande desdits Wailly et Consorts, portéc
par leur Exploit du 1 Avril 1732. contre la
Dame de Santilly , heritiere quant aux Propres
par elle donnez , et quant aux meubles et effets
mobiliers ausquels ledit sieur de Fieubet ne peut
succeder à cause de la stipulation de Propre en
faveur de ladite défunte Dame Marie - Anne Dumoulin
, fille de ladite Dame veuve Dumoulin, et
des siens de son côté et ligne dudit feu sieur de
Fieubet , petir fils de ladite Dame Dumoulin ,
lequel étoit fils dudit sieur Gaspard de Fieubet ,
Conseiller en la Cour , et de ladite Marie Anne
Dumoulin , de laquelle ledit feu sieur de Fieubet
étoit seul et unique héritier. Ladite Dame veuve
Dumoulin ayant liquidé les biens et droits à elle
échus par la succession dudit sieur de Fieuber
·
son
1038 MERCURE DE FRANCE
son petit- fils , par Acte passé entr'elle et ledit
sieur de Fieubet, devant Lecourt et son Confrere
Notaires à Paris , le 17 Février 1732 , ladite demande
tendante à ce que ledit Acte ne puisse
nuire ni préjudicier ausdits Wailly et Consorts ,
et que la moitié des effets donnez en dot par le
feu sieur Dumoulin , et ladite Dame sa veuve , à
ladite Marie- Anne Dumoulin icur fille , ftipulez
Propres à elle et aux siens , de son côté et ligne,
leur soit rendue et restituée ; et sur les deffenses
fournies contre ladire demande du 10 Avril par
ladite Dame Dumoulin , et sa demande incidente ,
du 7 Mars 1732 , à ce que lesdits Wailly et Consorts
soient déclarez non- recevables à demander
compte des deniers stipulez Propres à ladite de
Fieuber , et aux sieus de son côré et ligne ; ausquels
deniers et effets stipulez Propres iis ne succedent
point ; et encore sur la demande incidente
desdits Wailly et Consorts , du 16 Juin dernier ,
à ce qu'attendu que ladite Dame Dumoulin ne
peut prétendre des Propres fictifs que la moitié
par elle donnée, et que l'autre moitié appartient
ausdits Wailly et Consorts, comme étant donnée
par ledit feu sieur Dumoulin ; ladite Dame Dumoulin
sa veuve , comme ayant pris le fait et
cause dudit sieur de Fieubet , fût condamnée
conjointement avec lui à rendre et restituer
ausdits Wailly et Consorts la somme de 172 500
liv. de principal pour la moitié de ladite dot ;
il a été ordonné , sans s'arrêter ausdites demandes
desdits Wailly et Consorts , dont ils
sont déboutez , que l'Acte passé entre ladite
Dame veuve Dumoulin et ledit sieur de Fieubet
seroit exécuté , d'une part ; et Dame Marie-
Anne de Santilly veuve de Pierre Dumoulin ,
Ecuyer , Secretaire du Roy , Maison , Couronne
M A Y. 1733 .
1c39
e de France et deses Finances ; et Messire Gaspard
de Fieubet , Conseiller en la Cour ,
Intimez
, d'autre part ; et entre ladite Dame veuve
Dumoulin ès noms , demanderesse aux fins de
ses Commission et Exploit , des Is Octobre et
14 Novembre 1732. à ce que le present Arrest
fût déclaré commun avec ladite Marguerite
Dumoulin , pour être exécuté avec elle , selon
sa forme et teneur , d'une part ; et Damoiselle
Marguerite Duinoulin , fille majeure , deffenderesse
, d'autre part , et entre lesdits Wailly et
Consorts , demandeurs en Requête , du 23 Février
dernier , d'une part , et lesdits Dame veuve
Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
d'autre ; et encore entre ladite Dame Marguerite
Dumoulin , demanderesse en Requête, du 24 Février
aussi dernier , à fin d'intervention et autres
conclusions y portées , d'une part , et lesdites
Dame veuve Dumoulin et sieur de Fieubet , deffendeurs
, d'autre part. Après que du Vaudier ,
Avocat de Jacques Wailly et Consorts , Normant
, Avocat de Marguerite Dumoulin , er
Cochin , Avocat de Marie -Anne de Santilly et
de Fieubet ont été ojiis pendant cinq Audiances;
ensemble , Chauvelin pour le Procureur General
du Roy. LA COUR a mis et met l'appellation
au néant , ordonne que ce dont est appel
sortira effet ; condamne les Appellans en l'amende
de 12 liv. et aux dépens. Ordonne que le
present Arrêt sera lû et publié par tout ou be
soin sera. Fait en Parlement , & c.
ARREST du Conseil du 31 Mars , portant Réglement
pour la Charge de Chevalier du Guet ,
et les Officiers et Archers , tant à pied qu'à che
val , de sa Compagnie , qui étoient ci- deyant à
sa nomination.
106 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du 14 Avril , qui évoque ceux des
14 Octobre 1732. et 4 Janvier dernier , portant
exemption de tous droits sur les grains
farines et légumes qui seroient transportez en
Dauphiné et dans le Lyonnois.
AUTRE du 21 Avril , qui permet de Contrôler
jusqu'au premier Novembre prochain
les Actes de foi et hommage , adjudications de
bois ; ensemble les déclarations on reconnoissances
aux Papiers Terriers , &c.
AUTRE du 1. Mai 1733. au sujet de l'Arrêt
du Parlement du 25 Avril.
Le Roi s'étant fait représenter ce que Sa
Majesté avoit jugé à propos d'ordonner pour
la révocation du Privilege en vertu duquel on
avoit imprimé à Rouen en l'année 1729. un
Livre qui a pour titre , Nouvelle deffense de la
Constitution , &c. Comme aussi l'Arrêt du 31.
Août dernier , par lequel le Roi auroit ordonné
qu'un autre Ouvrage intitulé : Traité de l'Amour
de Dien , tirê des Livres saints , &c. imprimé à
Paris en l'année 1732 demeureroit supprimé
comme contenant des déclamations également
injurieuses et témeraires , Sa Majesté auroir
jugé à propos de faire éxaminer en son Conseil
. l'Arrêt rendu par son Parlement de Paris
le z Avril dernier , et Elle auroit reconnu que
non- seulement on y avoit prononcé sur des
Livres déja proscrits par l'autorité de Sa Majesté
qui avoit donné les ordres nécessaires
pour en arrêter entierement le cours et la distribution
, mais que par le même Arrêt ladite
Cour avoit entrepris de décider des questions
qui
MAY. 1733. 1041
qui ne sont nullement de sa compétence , et de
retenir la connoissance d'une affaire particuliere
qui n'étoit pas de nature à être portée , comme
on l'a fait audit Parlement. A quoi étant nécessaire
de pourvoir pour empêcher les suites
d'un exemple si contraire à toute sorte de Régles
et d'Usages. Vû ledit Arrêt du 25 Avril
dernier , er tout consideré. Sa Majesté étant en
son Conseil , sans s'arrêter audit Arrêt qu'Elle
déclare nul et de nul effet ; ensemble tout ce qui
pourroit avoir été ou être fait au sujet des points
qui y sont contenus , a retenu et retient à sa
Personne la connoissance de tout ce qui concerne
les deux Livres ci-dessus marquez , et de
l'éxecution de ce qui a été ordonné à cet égard
par Sa Majesté ; comme aussi des contraventions
, si aucunes y ont été faites ; évoque Sa
Majesté , et réserve pareillement à sa Personne
la connoissance de ce qui regarde l'affaire du
Curé de S. Medard mentionnée audit Arrêt du
Parlement de Paris , pour y être pourvû par
Sa Majesté , ainsi qu'il appartiendra , faisant
très--cexpresses inhibitions et deffenses à toutes
ses Cours de Parlement et autres Juges de
prendre connoissance de tout ce qui est contenu
au présent Arrêt , lequel sera lû , publié
et affiché par tout où besoin sera . Fait , &c .
AUTRE du 9. Mai 1733. qui ordonne la
suppression d'une These dans la Faculté du
Droit d'Orleans .
Le Roi s'étant fait représenter l'Arrêt du 10.
Mars 1731. par lequel , en imposant par provision
un silence géneral et absolu au sujet des
disputes qui s'étoient élevées sur la nature , l'étendue
et les bornes de l'autorité Ecclesiastique
042 MERCURE DE FRANCE
et de la puissance séculiere , Sa Majesté a fair
très- expresses inhibitions et deffenses à toutes
les Universitez du Royaume , notamment aux
Facultez de Théologie , et de Droit Civil et
Canonique , de permettre aucunes disputes dans
les Ecoles sur cette matiere , comme aussi d'enseigner
, ou de souffrir qu'on enseigne rien de
contraire aux principes marquez par ledit Arrêt
sur les deux puissances : Sa Majesté auroit
été informée que contre la disposition de cet
Arrêt , dont l'éxecution a été encore ordonnée
par celui du 30 Juillet suivant , le nommé
François de Sales Daniel Poullin , voulant être
reçû Docteur dans la Faculté de Droit d'Orleans,
y auroit soûtenu une These le 13 Avril dernier ,
dont les Positions qui concernent le Droit Cafonique
, méritent d'autant plus l'animadversion
de Sa Majesté , qu'on a entrepris nonseulement
d'y traiter presque tous les points
qu'Elle a deffendus par l'Arrêt du 10. Mars
1731. de laisser mettre en dispute dans les
Ecoles , mais de le faire dans des termes qui
marquent autant d'ignorance que de témerite
à quoi voulant pourvoir , Sa Majesté étant en
son Conseil , a ordonné et ordonne que ladite
These , ayant pour titre : Positiones utriusque
juris , quas Deo optimo maximo auxiliante , ex
decreto amplissimi juris consultorum ordinis in perantiqua
et celeberrimâ Aurelianensium Academiâ
, D. D. Florentio Goullu du Plessis , Rectore
,magnifico Praside , pro summis in utroque jure
honoribus et privilegiis Doctoralibus ritè consequendis
, publicè discutiendas exhibet Franciscus
Salesus Daniel Poullin , die 23. Aprilis hor
post meridiem secundâ in publico juris auditorio.
Aurelia ex Typographiâ vidua Francisci Borde
UniMAY.
1733- 7043.
Universitatis Typographi 1733. sera et demeurera
supprimée : Enjoint à cet effet à tous ceux qui
en ont des exemplaires , de les remettre au
Greffe du Lieutenant General de Police de la
Ville d'Orleans ; deffend à tous Imprimeurs
Libraires , Colporteurs et autres , de quelque
état , qualité ou condition qu'ils soient , d'en
imprimer , vendre , débiter ou autrement distribuer
, à peine de punition exemplaire. Fait
pareillement Sa Majesté très - expresses inhibitions
et deffenses aux Recteur , Professeurs
Syndic et autres Membres de ladite Université
d'Orleans , de souffrir qu'il y soit soûtenu de
pareilles Theses , leur enjoignant d'observer et
de faire observer exactement le contenu audit
Arrêt du 1o Mars 1731. à peine de privation
de leurs Chaires , ou autres places , même de
ieurs degrez , s'il y écheoit. Et sera le présent
Arrêt transcrit dans les Registres de ladite Université
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , pour être éxecuté selon sa forme et teneur.
Enjoint au sieur de Baussan Intendant
et Commissaire départi dans la Generalité d'Or
leans , d'y tenir la main , &c.
AUTRE du 9 Mai , qui fait deffenses à tous
Armateurs et Négocians , faisant le commerce
des Isles et Colonies Françoises de l'Amérique ,
d'y envoyer des étoffes et toiles peintes des Indes
, de Perse , de la Chine ou du Levant.
ARREST du Parlement , rendu le r
May , en la cinquième Chambre des Enquêtes ,
au rapport de M. le Clerc de Lesseville , en faveur
de l'Hôpital , dit l'Aumône Generale de la
Ville d'Avignon , contre le sieur de Royre , Seigneur
1044 MERCURE DE FRANCE
gaeur de Negrin , &c . Maître des Eaux et Forêts
de S. Pons en Languedoc , et contre la
veuve Charles , de ladite Ville d'Avignon , Partie
intervenante. Cet Arrêt est d'autant plus
notable , que l'Aumône d'Avignon avoit été
déboutée en premiere Instance par les Officiers
de la Sénéchaussée de Lyon , contre les
Conclusions du Procureur du Roi. Au Parlement
, M. le Procureur General a conclu en
faveur des Pauvres , et l'Arrêt a été conforme
aux Conclusions . Cette Affaire a produit plu
sieurs Ecrits qui ont été imprimez , c'est M. le
Clerc de Vodonne , Avocat au Parlement qui
a fait le grand Mémoire et les deux Réponses
pour les Pauvres .
ORDONNANCE DE POLICE du 16 Mai ,
qui fait deffenses de faire aucuns dégats dans les
Bleds , sous prétexte d'y cueillir des Fleurs appellées
Barbeaux , ou autrement , et d'apporter ,
vendre ni débiter aucunes de ces Fleurs dans la
Ville de Paris , même aux Bouquetieres et autres
personnes d'en exposer en vente , à peine de
so liv. d'amende.¸
AUTRE du même jour pour le renouvellement
de l'arrosement des rues de la Ville et
Fauxbourgs de Paris , qui sera fait pendant le
tems des chaleurs , tous les jours à dix heures
du matin et à trois heures après midi , à
compter du jour de la publication de ladite Ordonnance.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En mars et mai 1733, plusieurs arrêtés et lettres patentes ont été publiés en France. Le 3 mars, des lettres patentes réglaient les coupes des forêts royales dans la maîtrise de Vierson et la gruerie d'Allogny, enregistrées au Parlement le 9 mai. Le 10 mars, d'autres lettres ordonnaient l'ouverture de cinquante-trois routes dans les bois autour de Saint-Germain, également enregistrées le 9 mai. Le 17 mars, des lettres patentes ordonnaient l'ouverture de trente nouvelles routes dans la forêt de Thelles et ses dépendances, enregistrées le même jour. Le 13 mars, la Chambre de Police au Châtelet de Paris condamnait Fabre, se disant médecin, à une amende de 200 livres pour exercice illégal de la médecine. Le 27 mars, Jean-Baptiste Livernette, maître chirurgien, était condamné à la même amende pour avoir empiété sur la profession de médecin. Le 16 mars, un arrêt du Parlement déférait aux aïeuls la succession de leurs petits-enfants concernant les propres fictifs des père et mère. Cet arrêt concernait une succession complexe impliquant Jacques Wailly, Catherine Durand, Marguerite Dumoulin, Antoinette de la Collonge, et Jeanne de la Collonge, tous prétendant à des parts de l'héritage de Pierre-Gaspard de Fieubet. Le 31 mars, un arrêt du Conseil réglementait la charge de Chevalier du Guet et ses officiers. Le 14 avril, un autre arrêt exemptait les grains, farines et légumes transportés en Dauphiné et Lyonnois de droits. Le 21 avril, un arrêt permettait le contrôle des actes de foi et hommage jusqu'au 1er novembre. Le 1er mai, le roi révoquait un privilège d'impression et supprimait un ouvrage intitulé 'Traité de l'Amour de Dieu'. Le 9 mai, un arrêt ordonnait la suppression d'une thèse à la Faculté de Droit d'Orléans pour avoir traité des sujets interdits. Un autre arrêt du même jour interdisait l'envoi d'étoffes et toiles peintes des Indes, de Perse, de Chine ou du Levant vers les colonies françaises d'Amérique. Enfin, le 9 mai, un arrêt du Parlement favorisait l'Hôpital de l'Aumône Générale de la Ville d'Avignon contre le sieur de Royre et la veuve Charles. Le document traite également d'une affaire parisienne ayant donné lieu à plusieurs écrits imprimés, notamment un grand Mémoire et deux Réponses rédigés par M. le Clerc de Vodonne, Avocat au Parlement, en faveur des Pauvres. Deux ordonnances de police ont été émises le 16 mai. La première interdisait de causer des dégâts dans les champs pour cueillir des fleurs appelées Barbeaux, ainsi que d'apporter, vendre ou exposer ces fleurs à Paris, sous peine d'une amende de soixante livres. La seconde ordonnance concernait le renouvellement de l'arrosage des rues de Paris et de ses faubourgs pendant les périodes chaudes, à raison de deux fois par jour, à dix heures du matin et à trois heures de l'après-midi, à compter de la publication de l'ordonnance.
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111
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
Mes8
1733
June
v.1.2
L ›
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MORE AU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adrefe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
BJ
↓
PRIX XXX. SOLS.
Mes8
1733
June
v.1.2
L ›
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MORE AU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adrefe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
BJ
↓
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document annonce la distribution du Mercure de France en 1733. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau pour recevoir le Mercure rapidement, soit par la poste, soit par les messageries. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
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112
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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A VIS.
340.6
M553
LA
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
1733 pour les faire tenir. いる
V. 2
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
June foin
d'en
affranchir
le
Port
, comme
cela
s'eft
toûjours
pratiqué
, afin
d'épargner
, à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
, &
à
ceux
qui
les
envoyent
, celui
, non
-feulement
de
ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages
,
même
de
les
perdre
, s'ils
n'en
ont
pas
gardé
de
copie
.
mais
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans,
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
Ini indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
340.6
M553
LA
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
1733 pour les faire tenir. いる
V. 2
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
June foin
d'en
affranchir
le
Port
, comme
cela
s'eft
toûjours
pratiqué
, afin
d'épargner
, à
nous
le
déplaifir
de
les
rebuter
, &
à
ceux
qui
les
envoyent
, celui
, non
-feulement
de
ne
pas
voir
paroître
leurs
Ouvrages
,
même
de
les
perdre
, s'ils
n'en
ont
pas
gardé
de
copie
.
mais
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans,
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
Ini indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document présente les instructions pour l'envoi et la réception du Mercure, une publication. L'adresse générale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets peuvent être remis aux libraires vendant le Mercure à Paris, avec la mention de l'année 1733. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des ouvrages si aucune copie n'a été conservée. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et enverra les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix de cet envoi est de trente sols.
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113
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
TILDEN' FUNDAADRESSE generale eft à
105 Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Rofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours
2, afin a
sposa
nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
pre-
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoirele Mercure de France de la
miere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps de les faire porter fur
Cheure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
TILDEN' FUNDAADRESSE generale eft à
105 Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Rofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours
2, afin a
sposa
nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
pre-
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoirele Mercure de France de la
miere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps de les faire porter fur
Cheure à la Pofte , ou aux Meſſageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le texte fournit des instructions pour la distribution du Mercure de France. L'adresse générale pour les envois est le 105, rue Monsieur Moreau, près du théâtre de la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également déposer leurs paquets cachetés chez les libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces, des pays étrangers, ou les particuliers souhaitant recevoir le Mercure directement doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui se chargera de l'envoi sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure est de trente sols.
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114
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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A VIS.
L'ADRESSE
30
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
&
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter à ceux qui
les envoyent , colui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie,
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps de les faire porier fur
T'heure à la Pofte on aux Meſſageries qu'on
tui indiquera.
A
PAIZ XXX. SOLS.
L'ADRESSE
30
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
&
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres on Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter à ceux qui
les envoyent , colui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie,
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps de les faire porier fur
T'heure à la Pofte on aux Meſſageries qu'on
tui indiquera.
A
PAIZ XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document détaille les procédures pour l'envoi et la réception du 'Mercure'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également déposer leurs paquets cachetés chez les libraires vendant le Mercure à Paris. Il est conseillé d'affranchir les lettres et paquets pour éviter leur rejet et la perte des œuvres en l'absence de copie. Les libraires des provinces, des pays étrangers, ou les particuliers souhaitant recevoir le Mercure en priorité doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui expédiera les paquets sans délai par la poste ou les messageries indiquées. Cette prestation coûte 30 sols.
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115
p. 1764-1771
LETTRE écrite d'Auxerre, à M.... sur cette expression : Faire le déposuit, et sur les Bâtons des Confreries.
Début :
Vous me marquez, Monsieur, la peine où vous êtes de comprendre [...]
Mots clefs :
Deposuit, Bâton, Confréries, Verset, Vêpres, Bâtons, Paris, Évêque, Magnificat, Règlement
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite d'Auxerre, à M.... sur cette expression : Faire le déposuit, et sur les Bâtons des Confreries.
LETTRE écrite d'Auxerre , à M. ...
sur cette expression : Faire le déposuit ,
et sur les Bâtons des Confreries.
Ous me marquez , Monsieur , la
peine où vous êtes de comprendre
le sens d'un ancien Reglement de Saint
Jacques de l'Hôpital de Paris , dont on
vous afait voir une copie ; et quoique ce
Reglement n'ait que 230 ans ou environ ,
il contient , dites - vous , certains usages
que vous n'entendez pas , et dont vous
souhaiteriez avoir l'explication. Selon ce
Reglement le Crieur est tenu , avant la
» Fête Monseigneur S. Jacques , d'aller
>> par la Ville à tout sa Clochette , et ves-
» tu de son Corset , crier la Confrairie.
» Item , doit à chaque Pelerin et Peleri-
»> ne quatre épingles pour attacher les
» quatre Cornets des Mantelets des hom-
» mes et les Chapeaux de fleurs des Fem--
» mes ; les Pelerins au Cueur , les Peleri-
» nes hors le Cueur . Item , doit May et
herbes vertes pour la jonchée. Et après
le dîner on porte le Bâton au Cueur , et l'a
est le Trésorier , qui chante et fait le Dé-
» posuit. » Vous demandez ce que c'est
"'
» que
AOUST. 1733. 1765
que faire le Deposuit. On dit bien en
France : Faire le Pain - beni , faire la Saint
Martin . On disoit autrefois, faire les Anges
, faire les trois Maries ,faire le Defruc
in , et même faire les Rois , pour signifier
que trois Ecclesiastiques étoient habillez
en maniere de Rois le jour de l'Epiphanie.
Mais il n'étoit pas plus rare d'y faire
le Deposuit. Ce n'est que le non- usage
qui a fit perdre de vûë la signification
de ce langage . Je vous prie d'avoir attention
à la pénultiéme ligne du Reglement;
elle sert à donner le dénouement de la
cérémonie du Deposuit. ( On porte le Bâton
au Cueur. )
C'est que dans les Confreries , outre
l'Image du S. Patron , placée ordinairement
au dessus des Autels des Eglises ,
ou dans quelque niche , et qu'il est impossible
de transporter , il y en avoit une
petite , que chacun des Confreres étoit
tenu de conserver chez lui pendant un
an à tour de Rôle , et cette Image au retour
de la Fêre, chaque année , étoit mise
sur la Table des Trésoriers ou Receveurs
de la Confrerie, dans la Nef de l'Eglise ,
ou même au Vestibule ; et afiu qu'elle
ne fut pas portée rustiquement par les
rues , mais avec dignité , on avoit un Bâ
ton , orné et embelli selon le temps , au
D iiij
bout
1766 MERCURE DE FRANCE
bout duquel on la portoit élevée ; et même
depuis cette Image resta ainsi posée
sur le Bâton même , qu'on orna dans la
suite de Fuzeaux , garnis de Fleurs et de
Rubans , et on eut soin de la couvrir
d'un petit Plafond ou d'une Arcade en
forme de Coquille ..
Les Bâtons modernes des Chantres de
plusieurs Eglises sont des diminutifs de
ces Bâtons de Confreries pour la forme ; il
n'y a que dans quelques-unes que l'on a
conservé l'ancien usage de les terminer
en Pommeau , en figure d'Oiseau , ou en
bec de Corbin , sans mettre aucun Saint
dessus . Mais venons au Deposuit. Le Magnificat
des Vêpres étant commencé , રે
T'approche du Verset :Deposuit potentes de
sede celui qui avoit rendu ou rapporté
le Bâton , sortoit de Charge ; et à ces paroles
suivantes : Et exaltavit humiles, on
mettoit en place celui à qui c'étoit le tour
de le prendre. Il y avoit quelques variétez
là- dessus selon les Païs ; mais presque
dans toute la France on avoit imaginé
que ce Verset du Magnificat exprimeroit
fort bien la céremonie ; l'un descendoit
en sortant de charge , et l'autre
montoit en y entrant.
;
Il y avoit des Endroits où c'étoit aux
Prêtres à faire cette espece d'installation;
d'au
AOUST. 1733. 1767
d'autres , où celui qui quittoit le Bâton
le mettoit entre les mains de celui qui lui
succedoit. Il paroît qu'à S. Jacques de
l'Hôpital c'étoit le Trésorier qui installoit
le nouveau Bâtonnier , et qui déposoit
l'ancien , en chantant Deposuit , ou'
bien c'étoit celui qui rendoit le Bâton
qu'on appelloit du nom de Trésorier.
Mais en quelques sens que vous le preniez
, soit qu'il installât et mît en place
ou qu'il cedât seulement sa place à un
autre , cela s'appelloit faire le Deposuit..
Dans le Diocèse dont je suis , je sçai que,
jusques bien avant dans le dernier siécle
le Deposuit étoit un Verset si distingué
dans le Magnifieit des secondes Vêpres
d'une Confrerie , qu'aussi - tôt qu'on le
commençoit , celui qui finissoit son année
de Bâtonnier , mettoit le Bâton entre
les mains de celui qui entroit en Charge ,
et à l'instant on sortoit du Choeur et les
Confreres alloient conduire le Bâ:on et
le Bâtonnier jusques dans sa maison.
剩
De vous dire si le Clergé étoit de cette
Procession , c'est ce que je ne sçai pas :
A Paris c'étoit l'usage au milieu de l'avant-
dernier siécle ; mais j'ai reconnu
par un grand nombre d'Ordonnances
Episcopales, faites vers l'an 16 20 et 1622 .
qne l'on finissoit ces jours- là les Vêpres
D.v ex:
1768 MERCURE DE FRANCE
ex abrupto , à Deposuit inclusivement ;
ce qui fut condamné avec raison par
M. de Donadieu , noire Evêque , qui
prescrit de finir les Vêpres à l'ordinaire ;
ce mauvais usage de cesser l'Office à ce
Verset , et de ne le pas continuer , mais
d'entonner tout d'un coup le Te Deum ,
ne pouvoit venir que de la complaisance
de quelques Ecclesiastiques , qui pour un´
leger interêt s'avillissoient jusqu'à aller
conduire des Laïques chez eux , et rendoient
ainsi ces Larques les maîtres des
cérémonies ; de même qu'on a vu encore
de nos jours , des ignares et non - lettrez
qui ont osé s'immiscer de montrer les
Rubriques à leurs Prêtres , et de regler
P'Office divin à leur fantaisie.
Comme un abus invetéré ne peut être
aboli que peu à peu et par la suite du
temps , qu'arriva-t- il de ces deffenses ?
On acheva les Vêpres ; mais après qu'el
les furent dites , on recommençoit le Magnificat
de nouveau , pour faire la cérémonie
; et afin d'avoir occasion de chanter
ce Cantique en entier, on trouva qu'il
étoit plus à propos de ne délivrer le Bâvon
à celui qui devoit le prendre , qu'au
Verset : Suscepit Israël , mais c'étoit toujours
à Deposuit que se faisoit l'abdication
de la Charge du Bâtonnier précédent.
AOUST. 1733. 1769
dent. Voici les termes d'un des Statuts
Synodaux , du 6 May 1642. Nous avions
alors pour Evêque Pierre de Broc. Pendant
que les Baons de Confrerie seront exposez
pour être encheris , l'on ne chantera
Magnificat , et n'appliquera- t- on point ces
Versets Deposuit et Suscepit àla délivranse
d'iceux ; ains , on chantera quelque Antienne
et Répons avec l'Oraison propre en
bonneur du Saint duquel on celebre la fête.
Que l'usage de faire ainsi le Deposuit fur
ancien , c'est ce qui paroît par le Régle
ment d'une des plus anciennes Confrexies
que je connoisse. C'e t celle de la
Fête du premier Janvier , qu'on appelloit
en quelques li ux La Fête des Foux &
Eudes de Sully , Evêque de Paris , ne
voulant et n'osant peut-ut-être pas Fabolir
sout à fait , se contenta de lui prescrire
certaines bornes , er statua pour ce qui
étoit des secondes Vêpres , que le Verset
Deposuit seroit dit tout au plus cinq fois à
et que si le Bâton étoit p is par quel
qu'un , alors on insererot le Te Deum
dans les Vêpres qui seroient terminées
par celui qui les auroit commencées
Deposuit quinquies ad plus dicetur loco
suo , er , si captus fuerit baculus , finito Te
Deum , consummabuntur Vespera ab eo
quofuerant inchoata.
*...
D vj
Co
1770 MERCURE DE FRANCE
Ce Statut qui est de l'an 1198 nous ap
prend l'antiquité des Bâtons des Confre
ries ; mais il nous insinue en même tems
qu'à Paris l'usage avoit été jusqu'alors
de chanter le Verset Deposuit tout autant
de fois qu'il étoit necessaire , jusqu'à ce
que quelqu'un eut pris le Bâton. Le Re
glement de l'Evêque restraint ce nombre
à cinq fois , en supposant qu'il pouvoir
arriver que le Bâton ne fut pas pris ; mais
il permet , au cas qu'il soit accepté , que
ie Te Deum. soit placé dans les Vêpres en
action de graces. Il semble par cet exposé
, que faire alors le Deposuit , étoit de
présenter le Baton pendant qu'on chante
le Verset Deposuit. Je ne sçai si je vous
mets au fait de ce langage, comme j'y suis;
moi , qui dès ma jeunesse , ait été accou
tumé à entendre faire des encheres sur
ces Batons des Saints après l'Office fini .
Voilà , au reste , une espece de Baton à
inserer dans le Glossaire de M.du Cange,
sous le titre de Baculus Confratriarum ou
Festivitatum. J'ai été surpris de ne le pas
trouver dans la nouvelle Edition qui
vient de paroître , non plus que le Defructus
, dont j'ai donné une ample explication
dans le Mercure de Février
1726. pag. 218.-
Je ne suis pas sorti des limites de l'ang
cienne
AOUST. 1733- 1771
cienne Province de Sens , pour ne pas
trop m'étendre en remarques sur cet usage
de faire le Deposuit ; vous pourrez apprendre
dans la suite , quelle étoit la pra
tique de quelques autres Provinces . Voici
les termes des Staturs du Synode de Paris-
1557. que j'ai cité cy dessus : Baculorum
eum imaginibus conductum ad domos Late
corum cum turba Sacerdotum Laïcorum mimorum
districtè.. .inhibemus . (fol.1 . n.18 . ),
Le P. le Brun a paru croire dans son Livre
contre les Comédiens que l'on faisoit des
boufonneries de Théatre en ces sortes,
d'occasions ; mais , non ; il est seulement
vrai que pour la conduite de ces Batons , il
y avoit des Violons qui joüoient des airs
d'Eglise , et les Farceurs ne sont nommez
dans ce Statut , que parce que souvent on
se servoit d'eux pour enen jouer, mais alors
ils étoient habillez modestement et de la
même maniere que l'on a pû en voir en
certains Pays encore de nos jours , à la
Procession de la Fête-Dieu , avant que le
tems fut venu d'y regarder de plus près.
Je suis , Monsieur , & c.
Ce 10 Avril 1733 .
sur cette expression : Faire le déposuit ,
et sur les Bâtons des Confreries.
Ous me marquez , Monsieur , la
peine où vous êtes de comprendre
le sens d'un ancien Reglement de Saint
Jacques de l'Hôpital de Paris , dont on
vous afait voir une copie ; et quoique ce
Reglement n'ait que 230 ans ou environ ,
il contient , dites - vous , certains usages
que vous n'entendez pas , et dont vous
souhaiteriez avoir l'explication. Selon ce
Reglement le Crieur est tenu , avant la
» Fête Monseigneur S. Jacques , d'aller
>> par la Ville à tout sa Clochette , et ves-
» tu de son Corset , crier la Confrairie.
» Item , doit à chaque Pelerin et Peleri-
»> ne quatre épingles pour attacher les
» quatre Cornets des Mantelets des hom-
» mes et les Chapeaux de fleurs des Fem--
» mes ; les Pelerins au Cueur , les Peleri-
» nes hors le Cueur . Item , doit May et
herbes vertes pour la jonchée. Et après
le dîner on porte le Bâton au Cueur , et l'a
est le Trésorier , qui chante et fait le Dé-
» posuit. » Vous demandez ce que c'est
"'
» que
AOUST. 1733. 1765
que faire le Deposuit. On dit bien en
France : Faire le Pain - beni , faire la Saint
Martin . On disoit autrefois, faire les Anges
, faire les trois Maries ,faire le Defruc
in , et même faire les Rois , pour signifier
que trois Ecclesiastiques étoient habillez
en maniere de Rois le jour de l'Epiphanie.
Mais il n'étoit pas plus rare d'y faire
le Deposuit. Ce n'est que le non- usage
qui a fit perdre de vûë la signification
de ce langage . Je vous prie d'avoir attention
à la pénultiéme ligne du Reglement;
elle sert à donner le dénouement de la
cérémonie du Deposuit. ( On porte le Bâton
au Cueur. )
C'est que dans les Confreries , outre
l'Image du S. Patron , placée ordinairement
au dessus des Autels des Eglises ,
ou dans quelque niche , et qu'il est impossible
de transporter , il y en avoit une
petite , que chacun des Confreres étoit
tenu de conserver chez lui pendant un
an à tour de Rôle , et cette Image au retour
de la Fêre, chaque année , étoit mise
sur la Table des Trésoriers ou Receveurs
de la Confrerie, dans la Nef de l'Eglise ,
ou même au Vestibule ; et afiu qu'elle
ne fut pas portée rustiquement par les
rues , mais avec dignité , on avoit un Bâ
ton , orné et embelli selon le temps , au
D iiij
bout
1766 MERCURE DE FRANCE
bout duquel on la portoit élevée ; et même
depuis cette Image resta ainsi posée
sur le Bâton même , qu'on orna dans la
suite de Fuzeaux , garnis de Fleurs et de
Rubans , et on eut soin de la couvrir
d'un petit Plafond ou d'une Arcade en
forme de Coquille ..
Les Bâtons modernes des Chantres de
plusieurs Eglises sont des diminutifs de
ces Bâtons de Confreries pour la forme ; il
n'y a que dans quelques-unes que l'on a
conservé l'ancien usage de les terminer
en Pommeau , en figure d'Oiseau , ou en
bec de Corbin , sans mettre aucun Saint
dessus . Mais venons au Deposuit. Le Magnificat
des Vêpres étant commencé , રે
T'approche du Verset :Deposuit potentes de
sede celui qui avoit rendu ou rapporté
le Bâton , sortoit de Charge ; et à ces paroles
suivantes : Et exaltavit humiles, on
mettoit en place celui à qui c'étoit le tour
de le prendre. Il y avoit quelques variétez
là- dessus selon les Païs ; mais presque
dans toute la France on avoit imaginé
que ce Verset du Magnificat exprimeroit
fort bien la céremonie ; l'un descendoit
en sortant de charge , et l'autre
montoit en y entrant.
;
Il y avoit des Endroits où c'étoit aux
Prêtres à faire cette espece d'installation;
d'au
AOUST. 1733. 1767
d'autres , où celui qui quittoit le Bâton
le mettoit entre les mains de celui qui lui
succedoit. Il paroît qu'à S. Jacques de
l'Hôpital c'étoit le Trésorier qui installoit
le nouveau Bâtonnier , et qui déposoit
l'ancien , en chantant Deposuit , ou'
bien c'étoit celui qui rendoit le Bâton
qu'on appelloit du nom de Trésorier.
Mais en quelques sens que vous le preniez
, soit qu'il installât et mît en place
ou qu'il cedât seulement sa place à un
autre , cela s'appelloit faire le Deposuit..
Dans le Diocèse dont je suis , je sçai que,
jusques bien avant dans le dernier siécle
le Deposuit étoit un Verset si distingué
dans le Magnifieit des secondes Vêpres
d'une Confrerie , qu'aussi - tôt qu'on le
commençoit , celui qui finissoit son année
de Bâtonnier , mettoit le Bâton entre
les mains de celui qui entroit en Charge ,
et à l'instant on sortoit du Choeur et les
Confreres alloient conduire le Bâ:on et
le Bâtonnier jusques dans sa maison.
剩
De vous dire si le Clergé étoit de cette
Procession , c'est ce que je ne sçai pas :
A Paris c'étoit l'usage au milieu de l'avant-
dernier siécle ; mais j'ai reconnu
par un grand nombre d'Ordonnances
Episcopales, faites vers l'an 16 20 et 1622 .
qne l'on finissoit ces jours- là les Vêpres
D.v ex:
1768 MERCURE DE FRANCE
ex abrupto , à Deposuit inclusivement ;
ce qui fut condamné avec raison par
M. de Donadieu , noire Evêque , qui
prescrit de finir les Vêpres à l'ordinaire ;
ce mauvais usage de cesser l'Office à ce
Verset , et de ne le pas continuer , mais
d'entonner tout d'un coup le Te Deum ,
ne pouvoit venir que de la complaisance
de quelques Ecclesiastiques , qui pour un´
leger interêt s'avillissoient jusqu'à aller
conduire des Laïques chez eux , et rendoient
ainsi ces Larques les maîtres des
cérémonies ; de même qu'on a vu encore
de nos jours , des ignares et non - lettrez
qui ont osé s'immiscer de montrer les
Rubriques à leurs Prêtres , et de regler
P'Office divin à leur fantaisie.
Comme un abus invetéré ne peut être
aboli que peu à peu et par la suite du
temps , qu'arriva-t- il de ces deffenses ?
On acheva les Vêpres ; mais après qu'el
les furent dites , on recommençoit le Magnificat
de nouveau , pour faire la cérémonie
; et afin d'avoir occasion de chanter
ce Cantique en entier, on trouva qu'il
étoit plus à propos de ne délivrer le Bâvon
à celui qui devoit le prendre , qu'au
Verset : Suscepit Israël , mais c'étoit toujours
à Deposuit que se faisoit l'abdication
de la Charge du Bâtonnier précédent.
AOUST. 1733. 1769
dent. Voici les termes d'un des Statuts
Synodaux , du 6 May 1642. Nous avions
alors pour Evêque Pierre de Broc. Pendant
que les Baons de Confrerie seront exposez
pour être encheris , l'on ne chantera
Magnificat , et n'appliquera- t- on point ces
Versets Deposuit et Suscepit àla délivranse
d'iceux ; ains , on chantera quelque Antienne
et Répons avec l'Oraison propre en
bonneur du Saint duquel on celebre la fête.
Que l'usage de faire ainsi le Deposuit fur
ancien , c'est ce qui paroît par le Régle
ment d'une des plus anciennes Confrexies
que je connoisse. C'e t celle de la
Fête du premier Janvier , qu'on appelloit
en quelques li ux La Fête des Foux &
Eudes de Sully , Evêque de Paris , ne
voulant et n'osant peut-ut-être pas Fabolir
sout à fait , se contenta de lui prescrire
certaines bornes , er statua pour ce qui
étoit des secondes Vêpres , que le Verset
Deposuit seroit dit tout au plus cinq fois à
et que si le Bâton étoit p is par quel
qu'un , alors on insererot le Te Deum
dans les Vêpres qui seroient terminées
par celui qui les auroit commencées
Deposuit quinquies ad plus dicetur loco
suo , er , si captus fuerit baculus , finito Te
Deum , consummabuntur Vespera ab eo
quofuerant inchoata.
*...
D vj
Co
1770 MERCURE DE FRANCE
Ce Statut qui est de l'an 1198 nous ap
prend l'antiquité des Bâtons des Confre
ries ; mais il nous insinue en même tems
qu'à Paris l'usage avoit été jusqu'alors
de chanter le Verset Deposuit tout autant
de fois qu'il étoit necessaire , jusqu'à ce
que quelqu'un eut pris le Bâton. Le Re
glement de l'Evêque restraint ce nombre
à cinq fois , en supposant qu'il pouvoir
arriver que le Bâton ne fut pas pris ; mais
il permet , au cas qu'il soit accepté , que
ie Te Deum. soit placé dans les Vêpres en
action de graces. Il semble par cet exposé
, que faire alors le Deposuit , étoit de
présenter le Baton pendant qu'on chante
le Verset Deposuit. Je ne sçai si je vous
mets au fait de ce langage, comme j'y suis;
moi , qui dès ma jeunesse , ait été accou
tumé à entendre faire des encheres sur
ces Batons des Saints après l'Office fini .
Voilà , au reste , une espece de Baton à
inserer dans le Glossaire de M.du Cange,
sous le titre de Baculus Confratriarum ou
Festivitatum. J'ai été surpris de ne le pas
trouver dans la nouvelle Edition qui
vient de paroître , non plus que le Defructus
, dont j'ai donné une ample explication
dans le Mercure de Février
1726. pag. 218.-
Je ne suis pas sorti des limites de l'ang
cienne
AOUST. 1733- 1771
cienne Province de Sens , pour ne pas
trop m'étendre en remarques sur cet usage
de faire le Deposuit ; vous pourrez apprendre
dans la suite , quelle étoit la pra
tique de quelques autres Provinces . Voici
les termes des Staturs du Synode de Paris-
1557. que j'ai cité cy dessus : Baculorum
eum imaginibus conductum ad domos Late
corum cum turba Sacerdotum Laïcorum mimorum
districtè.. .inhibemus . (fol.1 . n.18 . ),
Le P. le Brun a paru croire dans son Livre
contre les Comédiens que l'on faisoit des
boufonneries de Théatre en ces sortes,
d'occasions ; mais , non ; il est seulement
vrai que pour la conduite de ces Batons , il
y avoit des Violons qui joüoient des airs
d'Eglise , et les Farceurs ne sont nommez
dans ce Statut , que parce que souvent on
se servoit d'eux pour enen jouer, mais alors
ils étoient habillez modestement et de la
même maniere que l'on a pû en voir en
certains Pays encore de nos jours , à la
Procession de la Fête-Dieu , avant que le
tems fut venu d'y regarder de plus près.
Je suis , Monsieur , & c.
Ce 10 Avril 1733 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite d'Auxerre, à M.... sur cette expression : Faire le déposuit, et sur les Bâtons des Confreries.
En août 1733, une lettre rédigée à Auxerre répond à une demande d'explication sur un ancien règlement de la confrérie de Saint-Jacques de l'Hôpital de Paris, daté d'environ 230 ans plus tôt. Ce règlement décrit plusieurs pratiques, notamment le rôle du crieur avant la fête de Saint-Jacques, la distribution d'épingles aux pèlerins, et la préparation de jonchées pour la cérémonie. La lettre se concentre principalement sur l'explication de l'expression 'faire le déposuit,' une cérémonie où le bâton de la confrérie est porté au cœur de l'église. Ce bâton, souvent orné et surmonté d'une image sainte, est transmis d'un confrère à un autre lors du verset 'Deposuit' du Magnificat des vêpres. Cette cérémonie marque la fin du mandat d'un confrère et l'entrée en fonction d'un nouveau. La lettre mentionne également les variations de cette pratique selon les régions et les époques, soulignant l'antiquité et la diversité des usages associés aux bâtons des confréries.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
116
p. 1843-1850
Morts de Personnes Illustres.
Début :
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre certains devoirs à la Mémoire des Personnes celebres [...]
Mots clefs :
Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, Personnes célèbres, Mort, Esprit, Lieutenant, Roi, Paris, Seigneur, Gouverneur, Église, Jean-François Félibien, Jacques Leullier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts de Personnes Illustres.
Mors de Personnes Illustres.
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre
certains devoirs à la Mémoire des Personnes ce- i
lebres que la mort nous enleve , nous commencerions
par la Marquise de Lambert , décedée à
Paris le 12 . Juillet 1733. dans la 86.année de son
âge , géneralment regrettée , à cause des grandes
qualitez de son coeur et de son esprit. Nous
avons d'elle un excellent Ouvrage sous ce titre :
Avi
1814 MERCURE DE FRANCE
Avis d'une Mere à son Fils et à sa Fille , imprimé
à Paris chez Ganeau en 1728. 1. vol . in 12.
et des Refléxions sur les Femmes , dont il y a une
Edition de Hollande.
La Marquise le Lambert, qui se nommoit Anne-
Therese de Marguenat de Courcelles , étoit
Fille unique d'Etienne de Marguenat, Seigneur de
Courcelles , Maître ordinaire en la Chambre des
Comptes, mort le 22. May 1650. et de Monique
Passart , morte le 21. Juillet 1692. alors
femme en secondes Nôces de François le Coigneux
, Seigneur de la Rocheturpin et de Bachau-:
mont , celebre par son bel esprit . Elle avoit été
mariée le 22. Février 1666. avec Henri de Lambert
, Marquis de S. Bris en Auxerrois , Baron de
Chitry et Augy , alors Capitaine au Régiment
Royal , et depuis Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , fait Brigadier en 1674. Maréchal
de Camp le 25. Février 1677. Commandant de
Fribourg en Brisgaw, au mois de Novembre suivant
, Gouverneur de Longwy , et Lieutenant
General des Armées du Roy , au mois de Juillet
1682. et enfin Gouverneur et Lieutenant Gene
ral de la Ville et Duché de Luxembourg , au
mois de Juin 1684. mort au mois de Juillet 686.
Elle en avoit eu , outre deux Filles mortes en
bas âge , un Fils et une autre Fille , le Fils est
Henry- François de Lambert , Mirquis de saint
Eris , né le 13. Décembre 1677. Lieutenant general
des Armées du Roy du 30. Mars 1720. et
Gouverneur de la Ville d'Auxerre , autrefois Colonel
du Régiment de Périgord. Il a été marié le
12. Janvier 1725. avec Angélique de Lariam de
Rochefort , veuve de Louis- François du Parc ,
Marquis de Loëmmaria , Lieutenant General des
Armées du Roy, mort le 4. Octobre 1709. la
Fille
AOUS T. 1733. 1815
Fille de la Marquise de Lambert étoit Marie-Thérese
de Lambert , qui avoit été mariée en 1703 .
avec Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie ,
Colonel - Lieutenant du Régiment d'Enguien ,
Infanterie , tué au Combat de Ramersheim , dans
la haute Alsace , le 26. Août 1709. elle est morte
le 13. Juillet 1731. âgée de 52. ans , ayant laissé
une File unique nommée Therese- Eulalie de
Beaupoil de S. Aulaire , mariée le 7. révrier
1725. avec Anne - Pierre d'Harcourt , Marquis de
Beuvron , Seigneur de Tourneville , Lieutenant
General pour le Roy au Gouvernement de Normandie
, Gouverneur du vieux Palais de Roun
et Mestre de Camp de Cavalerie , Frere du Duc
d'Harcourt.
La Mere de la Marquise de Lambert , épousa ,
comme on l'a dit , M. de Bachaumont , qui nonseulement
faisoit fort agréablement des Vers
comme tout le monde sçait par le fameux vorge
dont il partagea la gloire avec la Chapelle , mais
qui de plus étoit homme de beaucoup d'esprit et
de plus encore , homme de très- bonne compagnie
, dans un temps où la bonne et la mauvaise
se mêloient beaucoup moins , et où l'on y étoit
bien plus difficile. Il s'affectionna à sa Belle fille ,
presque encore enfant , cause des dispositions
heureuses qu'il découvrit bien - tôt en elle et
il s'appliqua à les cultiver , tant par lui-mêmeque
par le monde choisi qui venoit dans sa maison
, et dont elle apprenoit sa Langue comme
on fait la Langue maternelle.
a
Elle se déroboit souvent aux plaisirs de son
age pour aller ire en son particulier , et elle s'accoûtuma
dès lors , de son propre mouvement , à
faire de petits Extraits de ce qui la frappoit le
plus
1846 MERCURE DE FRANCE
plus. C'étoient déja, ou des reflexions fines sur le
coeur humain , ou des tours d'expressions ingenieux
, mais le plus souvent des réfléxions .
Ce goût ne la quitta, ni quand elle fut obligée
de représenter à Luxembourg, dont M. le Marquis
de Lambert étoit Gouverneur , ni quand
après sa mort elle eut à essuyer de longs et
cruels Procès où il s'agissoit de toute sa fortune ;
enfin quand elle les eut conduits et gagnez avec
toute la capacité d'une personne qui n'eut point
eu d'autre talent ; libre enfin et Maîtresse d'un
bien assez considerable qu'elle avoit presque conquis
, elle établit dans Paris une Maison où il
étoit honorable d'être reçû. C'étoit la seule , à un
petit nombre d'exceptions près , qui se fût préservée
de la maladie Epidémique du jeu ; la seule
où l'on se trouvât pour se parler raisonnab ement
les uns les autres , et même avec esprit , selon
l'occasion . Aussi ceux qui avoient leurs raisons
pour trouver mauvais qu'il y eût encore de la
Conversation que que part , lançoient - ils , quand
ils le pouvoient , quelques traits malins contre
la Maison de Madame de Lambert , et Mme de
Lambert elle- même , très-délicate sur les discours
et sur l'opinion du Public , craignoit quelquefois
de donner trop à son goût ; elle avoit le
soin de se rassurer, en faisant refléxion , que
cette même Maison , si accusée d'esprit , elle y
faisoit une dépense très - noble et y recevoit beaucoup
plus de gens du Monde et de condition que
de gens illustres dans les Lettres ..
dans
Son extrême sensibilité sur les discours du Public
, fut mise à une bien plus rude épreuve . Elle
s'amusoit volontiers à écrire pour elle seule , et
elle voulut bien lire ses Ecrits à un très - petit
nombre d'amis particuliers ; car quoiqu'on n'écrive
A O UST. 1733. 1847
crive que pour soi , on écrit aussi un peu pour
les autres sans s'en douter . Elle fit plus , elle
laissa sortir ses papiers de ses mains , sous les
sermens les plus forts qu'on lui fit de la fidelité
la plus exacte. On viola les sermens ; des Auteurs
ne crurent point qu'une modestie d'Auteur pûr
être sincere ; is prirent des copies qui ne manquerent
pas d'échapper. Voilà les Avis d'une
Mere à son Fils , les Avis à sa Fille , imprimez ,
et elle se croit deshonorée . Une Femme de condition
faire des Livres , comment soutenir cette
infamie !
Le Public sentit bien cependant le mérite de
ces Ouvrages , la beauté du stile , la finesse et
l'élevation des sentimens , le ton aimable de vertu
qui y regne par tout. Il s'en fit en peu de temps
plusieurs Editions , soit en France , soit ailleurs ,
et ils furent traduits en Anglois. Mais Mme de
Lambert ne se consoloit point ; et on n'auroit
pas la hardiesse d'assurer ici une chose si peu
vrai-semblable , si après ces succès , on ne lui
avoit vû retirer de chez un Libraire , et payer au
prix qu'il voulut , toute l'Edition qu'il venoit de
faire d'un autre Ouvrage qu'on lui avoit dérobé.
Les qualitez de l'ame p us importantes , et
plus rares , surpassoient encore en elle les qualitez
de l'esprit. Elle étoit née courageuse , peu
susceptible d'aucune crainte , si ce n'étoit sur la
gloire; incapable de se rendre aux obstacles dang
une entreprise nécessaire ou vertueuse . Elle n'étoit
pas seulement ardente à servir ses amis sans
attendre leurs prieres , ni l'exposition , souvent
humiliante de leurs besoins , mais une bonne
action à faire , même en faveur des personnes
indifférentes , la tentoit toujours vivement , et il
falloit que les circonstances fussent bien contraires
,
1818 FRCURE DE FRANCE
traires , si elle n'y succomboit pas . Quelque
mauvais succès de ses générositez ne l'en avoient
point corrigée , et elle étoit toujours également
prête à hazarder de faire le bien . Ele fut fort
infirme pendant tout le cours de sa vie . Ses dernieres
années furent accablées de souffrances
pour lesquelles son courage naturel n'eût pas
suffi sans le secours de toute sa Religion.
Jean-François Felibien , Ecuyer , Sieur des Awaux
et de Javercy , Conseiller et Historiographe
du Roy , et de ses Bâtimens, Arts et Manufactures
de France , et Garde du Cabinet Royal
des Antiques , Secretaire de l'Académie Royale
d'Architecture , et cy- devant l'un des Pensionnaires
et Trésorier perpétuel de l'Académie des
Inscriptions et Biles Lettres , mourut à Paris le
23 Juin 1733 âgé d'environ 75 ans . Il étoit d'une
Famille fort connue dans la République des Lettres
. André Félibien , son pere , auquel il avoit
succedé en 1695.dans la place d'Historiographe
des Bâtimens et de Garde du Cabinet des Antiques,
a donné au public un grand nombre d'Ouvrages
, comme on peut le voir dans son éloge ,
rapporté d'aprés le trente- neuviéme Journal des
Sçavans , de l'année 695. dans le Dictionnaire
Historique , éditions de 1715 et 1732. Jacques
Fé ibien , son oncle , Chanoine et Archidiacre
de Vendôme , en l'Eglise de Chartres , mort
le 25 Novembre 1716. dans la 80 année de son
âge ; et Dom Michel Fél bien son frere , Bénédictin
, de la Congrégation de S. Maur, mort
le 25 Septembre 1719. Se sont aussi rendus célébres
par leurs Ouvrages . Il s'est fait connoître
aussi par les sens dont les principaux sont un
Recueil Historique de la Vie et des Ouvrages
des plus célebres Architectes ; les Plans des Mai-
1
1
sons
AOUS T. 1733. 1849
sons de Pline et leur Description ; la Description
de Versailles , et de celle de l'Eglise des Invalides.
Il s'étoit marié le 1 Septembre 1712 , avec
Caterine-Elizabeth Minet , fille de Louis Minet ,
Conseiller , Secretaire du Roy , et Avocat aux
Conseils, et d'Elizabeth Moufle.Il en avoit eu 11
enfans,mais ils sont tous morts jeunes ; de sorte
qu'il ne laisse pour héritiere qu'une Soeur , sçavoir
Marie- Anne Fé.ibien , veuve de Joachim
de Bruet , Chevalier , Seigneur de la Chesnais,
qui avoit commandé la Noblesse de la Provin
ce d'Orleans , Chartres et Pais Blésois , Vendômois
, Montargis , Estampes , Gien et Amboise
pendant les cinq dernieres années de la guerre
qui a été terminée psr la Paix de Risvvich.
Jacques Lullier , Prêtre, Docteur et Doyen de
de Faculté de Théologie de Paris , dont il avoit
reçu le Bonnet le 10 Juin 1675. Sénieur de la
Maison de Sorbonne , et ancien Curé de la Paroisse
de S. Louis en l'Isle Notre Dame mourut
en Sorbonne le 30 Juin , âgé d'environ 86
ans , son corps ayant été porté à S. Louis en
FIsle , il y fut inhumé le 2 Juillet . Il étoit le
quatriéme Curé de cette Paroisse , ayant succedé à
Bernard Crosse,mort le 6 Avril 1693 , à l'exemple
de ses Prédecesseurs qui avoient déja fait construire
le Choeur de l'Eglise de S.Louis , il entreprit
d'en continuer le Bâtiment , et vint à bout
de faire édifier la Nef , avec son Jubé, la Voute
de la Croisée , et une tres - belle Chapelle de la
Communion . Ce fut par ses soins que cette
nouvelle Eglise fut , cor sacrée le 14 Juillet 1726
par l'Evêque de Grenoble. Après avoir gouverné
cette Paroisse pendant plus de 33 ans , il résigna
sa Cure à Jacques- Barthelemi de la Broise
Curé de Notre-Dame de Bonnes Nouvelles, quì
en
1810 MERCURE DE FRANCE
en prit possession le 3 Novembre 1726. Voyez
touchant la cérémonie de la consécration de la
nouvelle Eglise de S. Louis , le Mercure du mois
d'Août 1726. pag. 1787.
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre
certains devoirs à la Mémoire des Personnes ce- i
lebres que la mort nous enleve , nous commencerions
par la Marquise de Lambert , décedée à
Paris le 12 . Juillet 1733. dans la 86.année de son
âge , géneralment regrettée , à cause des grandes
qualitez de son coeur et de son esprit. Nous
avons d'elle un excellent Ouvrage sous ce titre :
Avi
1814 MERCURE DE FRANCE
Avis d'une Mere à son Fils et à sa Fille , imprimé
à Paris chez Ganeau en 1728. 1. vol . in 12.
et des Refléxions sur les Femmes , dont il y a une
Edition de Hollande.
La Marquise le Lambert, qui se nommoit Anne-
Therese de Marguenat de Courcelles , étoit
Fille unique d'Etienne de Marguenat, Seigneur de
Courcelles , Maître ordinaire en la Chambre des
Comptes, mort le 22. May 1650. et de Monique
Passart , morte le 21. Juillet 1692. alors
femme en secondes Nôces de François le Coigneux
, Seigneur de la Rocheturpin et de Bachau-:
mont , celebre par son bel esprit . Elle avoit été
mariée le 22. Février 1666. avec Henri de Lambert
, Marquis de S. Bris en Auxerrois , Baron de
Chitry et Augy , alors Capitaine au Régiment
Royal , et depuis Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , fait Brigadier en 1674. Maréchal
de Camp le 25. Février 1677. Commandant de
Fribourg en Brisgaw, au mois de Novembre suivant
, Gouverneur de Longwy , et Lieutenant
General des Armées du Roy , au mois de Juillet
1682. et enfin Gouverneur et Lieutenant Gene
ral de la Ville et Duché de Luxembourg , au
mois de Juin 1684. mort au mois de Juillet 686.
Elle en avoit eu , outre deux Filles mortes en
bas âge , un Fils et une autre Fille , le Fils est
Henry- François de Lambert , Mirquis de saint
Eris , né le 13. Décembre 1677. Lieutenant general
des Armées du Roy du 30. Mars 1720. et
Gouverneur de la Ville d'Auxerre , autrefois Colonel
du Régiment de Périgord. Il a été marié le
12. Janvier 1725. avec Angélique de Lariam de
Rochefort , veuve de Louis- François du Parc ,
Marquis de Loëmmaria , Lieutenant General des
Armées du Roy, mort le 4. Octobre 1709. la
Fille
AOUS T. 1733. 1815
Fille de la Marquise de Lambert étoit Marie-Thérese
de Lambert , qui avoit été mariée en 1703 .
avec Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie ,
Colonel - Lieutenant du Régiment d'Enguien ,
Infanterie , tué au Combat de Ramersheim , dans
la haute Alsace , le 26. Août 1709. elle est morte
le 13. Juillet 1731. âgée de 52. ans , ayant laissé
une File unique nommée Therese- Eulalie de
Beaupoil de S. Aulaire , mariée le 7. révrier
1725. avec Anne - Pierre d'Harcourt , Marquis de
Beuvron , Seigneur de Tourneville , Lieutenant
General pour le Roy au Gouvernement de Normandie
, Gouverneur du vieux Palais de Roun
et Mestre de Camp de Cavalerie , Frere du Duc
d'Harcourt.
La Mere de la Marquise de Lambert , épousa ,
comme on l'a dit , M. de Bachaumont , qui nonseulement
faisoit fort agréablement des Vers
comme tout le monde sçait par le fameux vorge
dont il partagea la gloire avec la Chapelle , mais
qui de plus étoit homme de beaucoup d'esprit et
de plus encore , homme de très- bonne compagnie
, dans un temps où la bonne et la mauvaise
se mêloient beaucoup moins , et où l'on y étoit
bien plus difficile. Il s'affectionna à sa Belle fille ,
presque encore enfant , cause des dispositions
heureuses qu'il découvrit bien - tôt en elle et
il s'appliqua à les cultiver , tant par lui-mêmeque
par le monde choisi qui venoit dans sa maison
, et dont elle apprenoit sa Langue comme
on fait la Langue maternelle.
a
Elle se déroboit souvent aux plaisirs de son
age pour aller ire en son particulier , et elle s'accoûtuma
dès lors , de son propre mouvement , à
faire de petits Extraits de ce qui la frappoit le
plus
1846 MERCURE DE FRANCE
plus. C'étoient déja, ou des reflexions fines sur le
coeur humain , ou des tours d'expressions ingenieux
, mais le plus souvent des réfléxions .
Ce goût ne la quitta, ni quand elle fut obligée
de représenter à Luxembourg, dont M. le Marquis
de Lambert étoit Gouverneur , ni quand
après sa mort elle eut à essuyer de longs et
cruels Procès où il s'agissoit de toute sa fortune ;
enfin quand elle les eut conduits et gagnez avec
toute la capacité d'une personne qui n'eut point
eu d'autre talent ; libre enfin et Maîtresse d'un
bien assez considerable qu'elle avoit presque conquis
, elle établit dans Paris une Maison où il
étoit honorable d'être reçû. C'étoit la seule , à un
petit nombre d'exceptions près , qui se fût préservée
de la maladie Epidémique du jeu ; la seule
où l'on se trouvât pour se parler raisonnab ement
les uns les autres , et même avec esprit , selon
l'occasion . Aussi ceux qui avoient leurs raisons
pour trouver mauvais qu'il y eût encore de la
Conversation que que part , lançoient - ils , quand
ils le pouvoient , quelques traits malins contre
la Maison de Madame de Lambert , et Mme de
Lambert elle- même , très-délicate sur les discours
et sur l'opinion du Public , craignoit quelquefois
de donner trop à son goût ; elle avoit le
soin de se rassurer, en faisant refléxion , que
cette même Maison , si accusée d'esprit , elle y
faisoit une dépense très - noble et y recevoit beaucoup
plus de gens du Monde et de condition que
de gens illustres dans les Lettres ..
dans
Son extrême sensibilité sur les discours du Public
, fut mise à une bien plus rude épreuve . Elle
s'amusoit volontiers à écrire pour elle seule , et
elle voulut bien lire ses Ecrits à un très - petit
nombre d'amis particuliers ; car quoiqu'on n'écrive
A O UST. 1733. 1847
crive que pour soi , on écrit aussi un peu pour
les autres sans s'en douter . Elle fit plus , elle
laissa sortir ses papiers de ses mains , sous les
sermens les plus forts qu'on lui fit de la fidelité
la plus exacte. On viola les sermens ; des Auteurs
ne crurent point qu'une modestie d'Auteur pûr
être sincere ; is prirent des copies qui ne manquerent
pas d'échapper. Voilà les Avis d'une
Mere à son Fils , les Avis à sa Fille , imprimez ,
et elle se croit deshonorée . Une Femme de condition
faire des Livres , comment soutenir cette
infamie !
Le Public sentit bien cependant le mérite de
ces Ouvrages , la beauté du stile , la finesse et
l'élevation des sentimens , le ton aimable de vertu
qui y regne par tout. Il s'en fit en peu de temps
plusieurs Editions , soit en France , soit ailleurs ,
et ils furent traduits en Anglois. Mais Mme de
Lambert ne se consoloit point ; et on n'auroit
pas la hardiesse d'assurer ici une chose si peu
vrai-semblable , si après ces succès , on ne lui
avoit vû retirer de chez un Libraire , et payer au
prix qu'il voulut , toute l'Edition qu'il venoit de
faire d'un autre Ouvrage qu'on lui avoit dérobé.
Les qualitez de l'ame p us importantes , et
plus rares , surpassoient encore en elle les qualitez
de l'esprit. Elle étoit née courageuse , peu
susceptible d'aucune crainte , si ce n'étoit sur la
gloire; incapable de se rendre aux obstacles dang
une entreprise nécessaire ou vertueuse . Elle n'étoit
pas seulement ardente à servir ses amis sans
attendre leurs prieres , ni l'exposition , souvent
humiliante de leurs besoins , mais une bonne
action à faire , même en faveur des personnes
indifférentes , la tentoit toujours vivement , et il
falloit que les circonstances fussent bien contraires
,
1818 FRCURE DE FRANCE
traires , si elle n'y succomboit pas . Quelque
mauvais succès de ses générositez ne l'en avoient
point corrigée , et elle étoit toujours également
prête à hazarder de faire le bien . Ele fut fort
infirme pendant tout le cours de sa vie . Ses dernieres
années furent accablées de souffrances
pour lesquelles son courage naturel n'eût pas
suffi sans le secours de toute sa Religion.
Jean-François Felibien , Ecuyer , Sieur des Awaux
et de Javercy , Conseiller et Historiographe
du Roy , et de ses Bâtimens, Arts et Manufactures
de France , et Garde du Cabinet Royal
des Antiques , Secretaire de l'Académie Royale
d'Architecture , et cy- devant l'un des Pensionnaires
et Trésorier perpétuel de l'Académie des
Inscriptions et Biles Lettres , mourut à Paris le
23 Juin 1733 âgé d'environ 75 ans . Il étoit d'une
Famille fort connue dans la République des Lettres
. André Félibien , son pere , auquel il avoit
succedé en 1695.dans la place d'Historiographe
des Bâtimens et de Garde du Cabinet des Antiques,
a donné au public un grand nombre d'Ouvrages
, comme on peut le voir dans son éloge ,
rapporté d'aprés le trente- neuviéme Journal des
Sçavans , de l'année 695. dans le Dictionnaire
Historique , éditions de 1715 et 1732. Jacques
Fé ibien , son oncle , Chanoine et Archidiacre
de Vendôme , en l'Eglise de Chartres , mort
le 25 Novembre 1716. dans la 80 année de son
âge ; et Dom Michel Fél bien son frere , Bénédictin
, de la Congrégation de S. Maur, mort
le 25 Septembre 1719. Se sont aussi rendus célébres
par leurs Ouvrages . Il s'est fait connoître
aussi par les sens dont les principaux sont un
Recueil Historique de la Vie et des Ouvrages
des plus célebres Architectes ; les Plans des Mai-
1
1
sons
AOUS T. 1733. 1849
sons de Pline et leur Description ; la Description
de Versailles , et de celle de l'Eglise des Invalides.
Il s'étoit marié le 1 Septembre 1712 , avec
Caterine-Elizabeth Minet , fille de Louis Minet ,
Conseiller , Secretaire du Roy , et Avocat aux
Conseils, et d'Elizabeth Moufle.Il en avoit eu 11
enfans,mais ils sont tous morts jeunes ; de sorte
qu'il ne laisse pour héritiere qu'une Soeur , sçavoir
Marie- Anne Fé.ibien , veuve de Joachim
de Bruet , Chevalier , Seigneur de la Chesnais,
qui avoit commandé la Noblesse de la Provin
ce d'Orleans , Chartres et Pais Blésois , Vendômois
, Montargis , Estampes , Gien et Amboise
pendant les cinq dernieres années de la guerre
qui a été terminée psr la Paix de Risvvich.
Jacques Lullier , Prêtre, Docteur et Doyen de
de Faculté de Théologie de Paris , dont il avoit
reçu le Bonnet le 10 Juin 1675. Sénieur de la
Maison de Sorbonne , et ancien Curé de la Paroisse
de S. Louis en l'Isle Notre Dame mourut
en Sorbonne le 30 Juin , âgé d'environ 86
ans , son corps ayant été porté à S. Louis en
FIsle , il y fut inhumé le 2 Juillet . Il étoit le
quatriéme Curé de cette Paroisse , ayant succedé à
Bernard Crosse,mort le 6 Avril 1693 , à l'exemple
de ses Prédecesseurs qui avoient déja fait construire
le Choeur de l'Eglise de S.Louis , il entreprit
d'en continuer le Bâtiment , et vint à bout
de faire édifier la Nef , avec son Jubé, la Voute
de la Croisée , et une tres - belle Chapelle de la
Communion . Ce fut par ses soins que cette
nouvelle Eglise fut , cor sacrée le 14 Juillet 1726
par l'Evêque de Grenoble. Après avoir gouverné
cette Paroisse pendant plus de 33 ans , il résigna
sa Cure à Jacques- Barthelemi de la Broise
Curé de Notre-Dame de Bonnes Nouvelles, quì
en
1810 MERCURE DE FRANCE
en prit possession le 3 Novembre 1726. Voyez
touchant la cérémonie de la consécration de la
nouvelle Eglise de S. Louis , le Mercure du mois
d'Août 1726. pag. 1787.
Fermer
Résumé : Morts de Personnes Illustres.
Le texte rend hommage à plusieurs personnalités décédées, en mettant particulièrement en lumière la Marquise de Lambert. Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, connue sous le nom de Marquise de Lambert, est décédée à Paris le 12 juillet 1733 à l'âge de 86 ans. Elle était réputée pour ses grandes qualités de cœur et d'esprit. Parmi ses œuvres notables figurent 'Avis d'une Mère à son Fils et à sa Fille' et 'Réflexions sur les Femmes'. Née fille unique d'Étienne de Marguenat et de Monique Passart, elle épousa Henri de Lambert, un militaire distingué qui atteignit le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. La Marquise de Lambert eut un fils, Henri-François de Lambert, et une fille, Marie-Thérèse de Lambert, mariée à Louis de Beaupoil, Comte de Saint-Aulaire. La mère de la Marquise, Monique Passart, se remaria avec François Le Coigneux, connu pour son esprit et sa compagnie agréable. La Marquise de Lambert était également connue pour sa maison parisienne, où elle recevait des personnes de qualité, et pour ses écrits, qui furent publiés malgré ses réticences. Elle était également reconnue pour son courage et sa générosité. Le texte mentionne également la mort de Jean-François Felibien, historien et architecte, et de Jacques Lullier, doyen de la Faculté de Théologie de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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117
p. 1892-1901
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 7. Juillet, Henry-Louis Colomne du Lac, de Parthenay, en Poitou, [...]
Mots clefs :
Roi, Paris, Seigneur, Lieutenant, Maison, Henri-Louis Colonne du Lac, Marie Geneviève Amyot, Jacques Geoffroy, Marie Megret, Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, Catherine-Henriette Feydeau, César-Antoine de La Luzerne, Marie-Élisabeth de Lamoignon de Blancmesnil, Alexandre-Maximilien Balthazar Dominique de Gand-Vilain de Merode de Montmorency
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
LE
et Mariages .
E 7. Juillet , Henry- Louis Colomne
u Lac , de Parthenay , en Poitou
Docteur en Theologie , Doyen de l'Eglise
Royale et Collegiale de S. Marcel
les Paris , nommé en 1732. à l'Abbaye
de Landais , Ordre de Cîteaux , Diocèse
de Bourges , mourut en sa maison Déconale
, agé de 80. ans 3. mois. Il étoit
fort curieux et amateur de Fleurs , et
it en cultivoit des plus belles et des plus
rares dans son Jardin à Paris.
Le 25. Juillet , D. Marie - Anne Leoward,
Epouse de M. Daniel Chardon ,
Conseiller en la Cour des Aydes de Paris
, mourut après une longue maladie ,
laissant un fils unique , âgé de deux ans
et demi.
AOUST. 1733 . 1893
Le 27. Juillet , D. Marie Genevieve
Anyot , Epouse de M. Paul Emile de
Braque , Chevalier , Seigreur. du Luat ,
er du Fief de Domont , scis à S. Brice ,
Sarcelles et environs , et fille de Benoît-
Jean- François Amyot , Seigneur d'Inville
, Conseiller en la Cour des Aydes.
de Paris , et de D. Marguerite Yvonnet
mourut à Paris , âgée de 33. ans , et fut
inhumée le lendemain à la Me cy , liew
de la sépulture de la famille de Braque ,
qui étoit déja considerable sous le Regne
de Philippe de Valois , dans le 14.
siecle , et c'est d'elle que la rue de Braque
tire son nom. La Marquise de Braque
, qui vient de mourir , avoit éte marite
le 12. Juin 1724 et n'a laissé que
des filles .
Le 28. Juillet, Jacques Gerffy, Ecuyer,
Seigneur de Coiffy , Nozry er S Etienne,
autrefois Lieutenant au Régiment des
Gardes Françoises , mourut à Paris tout
sub tement en sortand dîner , âgé d' nviron
60. ans et sans avoir ét ' marié ,
laisant pour heritier Marc - Antoine
Geoffroy de Coiffy , Abbé Commardataire
de l'Abbaye de Cercanç ux riocèse
de Sens , et D. Anne Geoffroy
de Coiffy , veuve de Henry Pa ot . Seigncur
du Bouchet , Secretaire du Roy ,
mort
1894 MERCURE DE FRANCE
mort le 4. Octobre 1713. ses frere et
soeur.
D. Marie Megret , fille de François
Nicolas Megret , Seigneur de Passy , Conseiller-
Secretaire du Roy , Maison Couronne
de France et de ses Finances , et
Grand- Audiencier de France , et de Marguerite
Beaucousin , Epouse de Claude
Pellot , Comte de Tréviers , Seigneur des
grand et petit Deffand , Port - David ,
Saillencourt , &c. Conseiller au Parlement
de Paris , avec lequel elle avoit été
marié le 29. Avril 1726. mourut d'une
maladie de poitrine à la Campagne au
commencement du mois d'Août 1733-
laissant deux fils en bas âge.
Jacques d'Iliers de Balsac d'Entragues?
appellé le Marquis d'Illiers , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , et Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
qui s'étoit retiré depuis 2. ans dans la
Maison des Prêtres de l'Oratoire à Notre-
Dame des Vertus , y mourut vers le
commencement de ce mois , âgé d'environ
65. ans , sans avoir été marié . Il avoit
été autrefois successivement Guidon des
Gendarmes Flamans , en 1689. Enseigne
des Gendarmes de Bourgogne , en 1690.
Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers de
Berry , en 1693. et enfin Capitaine Lieutenant
A O UST. 1732. 1895
tenant de cette Compagnie en 1703. II
fut fait Brigadier le 10. Février 1754.
et Maréchal de Camp le 20. Mars 1709 .
Il avoit eu pour freres pui nez , Henry
Comte d'Illers , Capitaine de Vaisseau
du Roy , mort au Pont S. E prit , en
revenant de Toulon , le 26. Novembre
1727. qui avoit épousé la fille de Marcellin
Florent de Selles , Trésorier general
de la Marine , dont il n'a laissé qu'une
fille en bas âge ; et le Chevalier d'Illiers ,
tué à la bataille de Ramilles en 1706.
Ils étoient tous trois fils de Henry d'Illiers
de Balsac, Seigneur de Chantemesle,
Beaumont , la Grange , &c. Sous - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux-
Legers de la Garde du Roy , tué au Combat
de Senefen 1674. et de Louise- Magdeleine
de Grimouville,
Le 20. Août , D. Catherine Henriette
Feydeau , Epouse d'Arnaud - Paul de Fieubet
, Mestre de Camp de Cavalerie , et
Enseigne des Gendarmes de la Garde ordinaire
du Roy , accoucha d'une fille ,
son second enfant , qui fut nommée par
M. Pierre Gilbert , Seigneur de Voisins ,
Premier Avocat General au Parlement
de Paris , son oncle paternel , à cause de
D. Anne-Louise de Fieubet , sa femme i
ct
1896 MERCURE DE FRANCE
,
et par D. Catherine Croiset , veuve de
M. Guillaume Briconnet , Comte d'Auteüil
vivant Président en la troisiéme
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris sa grande - tante maternelle , et
sceur de D. Marie Louise Croiset , veuve
de M. Henry Feydeau , Seigneur de Calende
, vivant , aussi Président aux Enquêtes
du même Parlement, Ayeule maternelle
de l'Enfant.
و
Le 3. Août , fut celebré à Malesherbes
en Gâtinois , le Mariage de César - An
toine de la Luzerne , Comte de Beusseville
Seigneur de Moulin - Chapelle
Houllebec , & c. Mestre de Camp du Régiment
de Cavalerie des Curassiers du
Roy , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , veuf de Germaine Françoise
de la Vieuville , morte le 19. Décembre
17 29. à l'âge de 22. ans ; avec Dlle Ma
rie - Elisabeth de Lamoignon de Blancménil
, née le 10. Mars 1716. fille aînée
de Guillaume de Lamoignon , Seigneur
de Blancménil , du Bourget , de Malesherbes
, &c . Président au Parlement de
Paris , et de D. Anne Elizabeth Roujault,
sa seconde femme. La Maison de la Luzerne
est une des plus anciennes de la
Province de Normandie , étant connuë
par
AOUS T. 1733. 1897
par titres dès la fin du 13. siecle. Elle
porte pour Armes d'azur à la Croix
d'or encrée , chargée de 5. Coquilles de guenles.
Le nouveau Marié est fils aîné de
Gui-Cesar de la Luzerne , marquis de
Beusseville , Baron de Garencieres , et de
Beaudemont , Seigneur de Lorcy et de
Courteville , Capitaine des Côtes de la
Mer en Normandie , cy - devant Cornette
des Chevaux -Legers de la Garde du Roy,
et de deffunte D. Magdeleine- Françoise.
de Pommerciil , Dame de Moulins- Chapelle
, morte le 12. May 1725. Il avoit
eu de sa premiere femme un fils unique ,
nommé Cesar- François de la Luzerne ,
né le 16. Décembre 1729. mais cet enfant
mourut le 15. Août 1732.
Le 10. Août , Alexandre- Maximilien-
Balthasar Dominique de Gand - Villain
de Merode et de Montmorency , Comte
de Middelbourg , Colonel du Régiment
de la Marine depuis 1716. et auparavant
de celui des Landes en 1704. Brigadier
des Armées du Roy , du premier
Février 1719. et Gouverneur de la
Ville de Bouchain , depuis 1724. frere
puîné de Louis de Gand- Villain de Merode
de Montmorency , Prince d'Isenghien
et de Masmimes , Lieutenant General
des Armées du Roy , du 8. Mars
1728.
I'
900 MERCURE DE FRANCE
1718. Chevalier des Ordres de S. M. du
3. Juin 1724. Lieutenant general en la
Province d'Artois , du mois d'Août 1724.
et Gouverneur de la Ville et Cité d'Arras
, depuis 17 : 5 . et fils de Jean - Alphonse
de Gand . Villain de Merode de Montmorency
, Prince d'Isenghien et de Masmimes
, mort le 6. May 1687. à l'âge
de 30. ans , et de Marie- Therese de Crevant
d'Humieres , morte le 19. Août 1732.
âgée de 79. ans , fut marié dans la
Chapelle des hauts- Thermes , au bout
des Champs Elizées , avec la Dile de la
Rochefoucault , âgée de 16. à 17. ans ,
fille unique de feu Barthelemi de Roye
de la Rochefoucault , dit le Marquis de
la Roch foucault , Lieutenant General
des Armées du Roy , ancien Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Flamans , Capitaine des Gardes
du Corps de deffunts le Duc et la Duchesse
de Berry , mort le 3. Novembre
1724. à lâge de 51. ans , et de D. Pauline
Marguerite Prondre , sa veuve. La Maison
de Villain , surnommée de Gand , est
une des grandes et premieres Maisons
de Flandres . Elle remonte son origine ,
aux anciens Comtes et Chastelains de
Gand. On en trouve la généalogie dans
le Dictionnaire Historique , Editions de
1725.
A O UST. 1901 1733 .
1725. et 1732. sous le nom de Gand .
Celle de la Maison de la Rochefoucault
est rapportée dans le 4. tome des Grands
Officiers de la Couronne , de la derniere
Edition , page 418 .
Nous remettons au mois prochain à parler
du Mariage de M. le Marquis de
Mirepoix , avec Mdeumoiselle Bernard de
Rieux et de la magnifique Fête
M. Bernard , Comte de Coubert , á donné:
à cette occasion .
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En juillet 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Henry-Louis Colomne, docteur en théologie et doyen de l'église royale de Saint-Marcel à Paris, est décédé à l'âge de 80 ans. Passionné de fleurs, il cultivait des espèces rares dans son jardin parisien. Marie-Anne Leoward, épouse de Daniel Chardon, conseiller à la Cour des Aides de Paris, est morte après une longue maladie, laissant un fils de deux ans et demi. Marie Geneviève Amyot, épouse de Paul Émile de Braque, est décédée à Paris à l'âge de 33 ans et a été inhumée à la Madeleine. Jacques Gerffy, écuyer et seigneur de Coiffy, est mort subitement à Paris à l'âge d'environ 60 ans. Marie Megret, épouse de Claude Pellot, comte de Tréviers, est décédée d'une maladie de poitrine au début du mois d'août, laissant deux fils en bas âge. Jacques d'Illiers de Balsac d'Entragues, maréchal des camps et armées du roi, est mort à l'âge d'environ 65 ans. En août 1733, Catherine Henriette Feydeau, épouse d'Arnaud-Paul de Fieubet, a accouché d'une fille. Le 3 août, César-Antoine de la Luzerne, comte de Beusseville, s'est marié avec Marie-Elisabeth de Lamoignon de Blancménil à Malesherbes. Le 10 août, Alexandre-Maximilien-Balthasar Dominique de Gand-Villain de Merode et de Montmorency, comte de Middelbourg, s'est marié avec la fille de Barthélemi de Roye de la Rochefoucault.
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118
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
夔
ASTOR , LOX MODRESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre, s'ils n'en ont pas gard
de copie. 氨
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de de les faire porterfur
temps,
Pheure à la Pofte , on aux Meffageries qu'or
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
夔
ASTOR , LOX MODRESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mer
cure, à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre, s'ils n'en ont pas gard
de copie. 氨
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui ſouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de de les faire porterfur
temps,
Pheure à la Pofte , on aux Meffageries qu'or
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur la distribution du Mercure de France, une publication. Les lecteurs parisiens peuvent déposer leurs paquets cachetés chez les libraires vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter leur rejet et leur perte. Les libraires des provinces, des pays étrangers et les particuliers désirant recevoir le Mercure de France en priorité doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier assurera l'envoi rapide et sécurisé par la poste ou les messageries. Le coût de cette distribution est de trente sols.
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119
p. 2011-2021
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Début :
Le premier de ces deux volumes contient les changemens, les corrections et [...]
Mots clefs :
Pontus de Tyard, Paris, Lyon, France, Jean de Tournes, Ouvrage, Volumes, Savants, Écrit, Traité, Français, Mamert Patisson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
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Résumé : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Le texte présente deux volumes d'une œuvre intitulée 'Mémoire pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres'. Le vingtième volume inclut des corrections et des additions pour les tomes précédents, ainsi que trois tables utiles : une Table Générale des Matières, une Table alphabétique des Auteurs et une Table Nécrologique. Le vingt-et-unième volume éloge 36 savants, dont Pontus de Tyard. Pontus de Tyard, né vers 1521 au Château de Bissy, reçut une éducation précoce en langues anciennes et en poésie. Il est reconnu pour avoir introduit les sonnets en France. Par la suite, il se consacra à des études plus sérieuses telles que la philosophie, les mathématiques et la théologie. Sa carrière le mena à la cour de Henri III, où il obtint l'évêché de Châlons-sur-Saône. Il soutint l'autorité royale lors des États de Blois en 1588. Après vingt ans d'épiscopat, il se retira et mourut en 1605 à l'âge de 84 ans. Le texte mentionne également plusieurs des œuvres de Tyard, qui couvrent une large gamme de genres, allant des poèmes à des traités théologiques et philosophiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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120
p. 2078-2084
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
Le 25. Juillet, la Coadjutorerie de l'Abbaye de Notre Dame de Meaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Évêque, Roi, Paris, Rouen, Vicaire général, Abbé commandataire, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
Fermer
Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En juillet 1733, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le roi. La coadjutorerie de l'Abbaye de Notre-Dame de Meaux a été accordée à la Dame de Bonnardy, Prieure. La Dame Pajot, Abbesse de l'Abbaye de Mondenis, a consenti à la nomination de la Dame de Bonnardy comme Prieure perpétuelle de ce couvent. L'Abbaye de Chazeaux à Lyon, vacante après le décès de la Dame de Silvecanne, a été donnée à la Dame de Beaumont, Prieure des Religieuses Bénédictines de Cognac. L'Abbaye Régulière de Barbery, vacante par la démission de Dom Fitsharbert, a été attribuée à Dom Lambelin, Prieur de l'Abbaye de Royaumont. L'Abbaye de Saint-Paul de Besançon, vacante après le décès de M. de Beauffremont, a été donnée à M. Boisot. L'Abbaye de Saint-Taurin, vacante après le décès de M. le Normant, Évêque d'Évreux, a été attribuée à M. d'Harcourt, Doyen de Notre-Dame de Paris. L'Abbaye de Saint-Liguaire, vacante après le décès du dernier Titulaire Commandataire, a été donnée à M. de Foudras, Évêque de Poitiers. L'Abbaye Royale du Lis, près de Melun, vacante après la mort de Madame d'Apremont, a été attribuée à Madame Crapadot, Prieure des Bénédictines de Provins. Le 28 août 1733, le roi a nommé plusieurs évêques. Nicolas de Saulx de Tavannes a été nommé à l'Archevêché de Rouen, vacant depuis le 18 avril 1733. Claude de Saint-Simon a été nommé à l'Évêché de Metz, vacant depuis le 28 novembre 1732. Claude Antoine de Choiseul a été nommé à l'Évêché de Châlons. Jean-François de la Cropte de Bourzac a été nommé à l'Évêché de Noyon. Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte a été nommé à l'Évêché d'Amiens. Pierre-Jules-César de Rochechouart a été nommé à l'Évêché d'Évreux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
121
p. 2085-2109
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Antoine Paris, Ecuyer, Conseiller d'Etat, cy-devant Trésorier général [...]
Mots clefs :
Marquis de Mirepoix, Gaston Pierre de Lévis-Mirepoix, Anne-Gabrielle-Henriette Bernard de Rieux, Roi, Fille unique, Paris, Seigneur, Marquis, Comte, Épouser, Mariée , Chambre, Salle, Finances, Brigadier des armées du roi, Parlement de Paris, Lampions, Terrines, Rez-de-chaussée, Fer à cheval, Façade, Fronton, Pourtour, Pilastres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Ntoine Paris, Écuyer et Conseiller d'État, ancien Trésorier général des Finances de la Province de Dauphiné, est décédé le 29 juillet à Sampigny, près de Commercy, en Lorraine. Il était veuf de Marie-Elisabeth Jeanne de la Roche et avait une fille unique mariée à Jean Paris de Montmartel, son oncle. Le 25 août, Dame Suzanne de Louvat, veuve de Raoul des Champs, Chevalier et Seigneur de Boishebert, est décédée à l'âge d'environ 61 ans. Elle était fille de Claude de Louvat, Maréchal des Champs et Armées du Roy, et de Geneviève Robert de Lay. Le même jour, Chrétien-Nicolas de Lamoignon, Seigneur de Bournau et Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy, est décédé à Paris à l'âge de 33 ans. Il était fils d'Urbain-Guillaume de Lamoignon, Comte de Launay Courfon et de Montrevaux, et de Marie-Françoise Méliand. Le 30 août, Jean-François-Paul Le Fèvre de Caumartin, Évêque de Blois et Abbé commandataire de l'Abbaye de Buzai, est décédé d'une attaque d'apoplexie à l'âge de 65 ans. Il avait embrassé l'état ecclésiastique après avoir été destiné à l'Ordre de Malthe. Le 1er septembre, Charles de Y de Seraucourt, ancien Capitaine au Régiment des Gardes Françoises, est décédé à l'âge de 78 ans. Il était fils d'Antoine de Y, sieur de Seraucourt, et d'Isabelle d'Epagnol. Le 8 septembre, Jean Le Boulanger, Maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris, est décédé septuagénaire. Il avait épousé Marie-Agnès Soulet et laissé un fils et une fille. Le 11 septembre, Marie-Christine-Victoire de Prougent, épouse d'Anne-François de Vandeuil, Chevalier et Seigneur d'Estelfay, est décédée à l'âge d'environ 48 ans. Elle était fille unique de Marie-Joseph de Prougent et de Catherine Davy de la Pailleterie. Le 12 septembre, Dame Françoise Le Gendre, épouse de Jean-Baptiste Bosc, Seigneur de Souscarriere, est décédée à Paris après une longue maladie à l'âge de 49 ans. Elle avait deux filles, Marguerite Bosc et la Dame de Sourrière. Le 13 septembre, Marie-Elisabeth Daret de Chevry, veuve d'Antoine-François de La Trémoille de Noirmontier, Duc de Royan, est décédée à Paris à l'âge de 61 ans sans postérité. Elle était fille de Charles-François Duret et de Marie-Elisabeth Bellier de Platbuisson. Le 19 septembre, Henriette-Louise Colbert, Duchesse de Beauvillier, est décédée à Paris à l'âge de 76 ans. Elle était seconde fille de Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, et de Marie Charron. Le 20 septembre, Charlotte de Rohan, épouse de Jean-Antoine de Créqui, Comte de Canaples, est décédée d'une apoplexie à l'âge de 53 ans. Elle était fille de Charles de Rohan, Prince de Guimené, et de Charlotte-Elisabeth de Cochefilet de Vauvineux. Le 21 septembre, Marie-Anne Tronçon, veuve de Mathieu Garnier, Seigneur de Monthereau, est décédée à Paris à l'âge d'environ 89 ans. Elle avait une fille unique, Marie-Jeanne Garnier de Monthereau. Le 28 septembre, François Le Maistre, Seigneur de Persac et Conseiller honoraire au Parlement de Paris, est décédé à l'âge d'environ 65 ans. Il était marié à Marie-Marguerite Boucher et avait une fille, Marie-Anne Le Maistre. En termes de naissances, le 25 août, Augustine-Julie, fille d'Anne-Gabriel de Cugnac et de Jeanne-Marie-Joseph Guyon de Disier, est née. Ses parrains et marraines étaient Antoine-Hiacinte de Mainville, Comte de Marigny, et Mademoiselle Julie-Augustine Hurault de Vibraye. Le 13 septembre, Marie-Charlotte-Dorothée, fille de Michel-Charles-Dorothée de Roncherolles et de Charlotte-Marguerite de Romilley de la Chesnelaye, a été baptisée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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122
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
→
>
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets ca-.
chetez aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir,
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
pre-
"miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
Cheure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
lui indiquera,
PRIX XXX. SOLS.
>
L
→
>
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris, Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets ca-.
chetez aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour lesfaire tenir,
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
pre-
"miere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
Cheure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
lui indiquera,
PRIX XXX. SOLS.
>
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document présente les modalités de distribution et de réception du 'Mercure'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également confier leurs paquets aux libraires parisiens qui vendent le 'Mercure'. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces, des pays étrangers ou les particuliers souhaitant recevoir le 'Mercure' directement doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui préparera et expédiera les paquets par la poste ou par les messageries indiquées. Le prix du 'Mercure' est de trente sols.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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123
p. 2220-2222
EXTRAIT des Actes qui sont en dépôt au Greffe de la Jurisdiction de M. le Chantre de l'Eglise de Paris. A M. le Grand-Chantre de l'Eglise de Paris.
Début :
Supplie humblement, &c[.] Soit communiqué à notre Promoteur, ce premier Septembre [...]
Mots clefs :
Paris, Enfants, Promoteur, Chantre, Système, Bureau typographique, Bibliothèque des enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Actes qui sont en dépôt au Greffe de la Jurisdiction de M. le Chantre de l'Eglise de Paris. A M. le Grand-Chantre de l'Eglise de Paris.
EXTRAIT des Actes qui sont en
dépôt an Greffe de la Jurisdiction de
M. le Chantre de l'Eglise de Paris.
P A M. le Grand Chantre de l'Eglise
de Paris ..
Supplie humblement , &c Soit communiqué.
à notre Promoteur , ce premier Septembre
1732. Signé , F. Vivant.
Vu l'utilité que le Public peut retirer d'une
Méthode qui passe pour abreger un temps considerable
que les Maîtres employent ordinairement
, pour apprendre à. la jeunesse confiée à
leurs soins , les premiers principes de la lecture ,
je n'empêche les fins de la présenté Requête . A
Paris , ce 2 Septembre 1732. Signé , Collin , Promoteur
, avec paraphe .
Vû la Requête de l'autre part et les Conclusions
de notre Promoteur nous nommons
pour Commissairrs les sieurs Ceullin , le Faux
et Chompré, lesquels conjointement avec notre
Promoteur et notre Greffier , examineront la
susdite Méthode et noùs en feront leur rapport
pour ordonner ce que nous jugerons le plus utile -
au
OCTOBRE . 1733 2227
au bien public et à l'instruction de la jeunesse.
A Paris, ce 2. Septembre 1732. Signé, F. Vivant
Vu par par Nous la Requête présentée à M. le
Chantre de l'Eglise de Paris , par le sieur Dumas,
Auteur du Systême du Bureau Tipographique et
de la Bibliotheque des Enfans , Livre qui contient
la maniere de se servir dudit Bureau et de la Méthode
pour montrer aux enfans les premiers élemens
des Lettres , en date du premier Septembre
1732. au bas de laquelle Requête sont les Conclusions
de M. le Promoteur en datte du 2. dudit
mois et an. Vû l'Ordonnance de M. le Chantre, du
même jour et an , par laquelle il a jugé à propos
de nous nommer Commissaires à l'effet d'éxaminer
le susdit Systême et la susdite Méthode
dont on fait actuellement usage pour Monseigneur
le Dauphin et pour les augustes Enfans
de France.
Nous , après avoir entendu l'Auteur, er vi des
enfans travailler audit Bureau ; ayant examiné
le tout avec exactitude , avons jugé ledit Systême
très- ingénieux , fort propre à avancer la jeunesse
sans la dégoûter , et très - capable d'ôter
les épines qui se trouvent , surtout en apprenant
aux enfans les premiers élémens ; c'est pourquoi
nous estimons et croyons que M. le Chantre
peut permettre la pratique de ce Systême, l'usage
de la Bibliotheque des Enfans,dans les Ecoles de sa
Jurisdiction , et exhorter les Maîtres qui le pourront
commodément, à les pratiquer , et l'exercice
du Bureau Tipographique;c'est le témoignage que
nous avons cru devoir rendre à la vérité en faveur
de l'utilité publique , en foi de quoi nous avons
signé ce 11. Novembre 1732 Signé, Collin , Promoteur,
le Faux , Ceullin , Chompré , Chanu,
Nous , François Vivant , Prêtre , Docteur en
Théo2222
MERCURE DE FRANCE
Théologie de la Maison et Societé de Sorbonne,
Grand- Vicaire de M. l'Archevêque de Paris ,
Chantre et Chanoine de l'Eglise Métropolitaine
de Paris , Collateur , Juge et Directeur des petites
Ecoles de la Ville , Cité , Université , Fauxbourgs.
etBanlieuë de Paris , après avoir oui notre Promoteur
, en notre Jurisdiction , et les Commissaires
par nous nommez pour l'examen du Livre intitulé
, la Bibliotheque des Enfans , ou les premiers
Elemens de Lettres , contenant le Systéme du Bureau.
Tipographique , à l'usage de Monseigneur le Dauphin
, et des augustes Enfans de France . Vû et lû
le rapport desdits Commissaites , permettons
d'introduire l'usage dudit Systême, Livre et Méthode
dans les Ecoles de notre Jurisdiction , et
exhortons les Maîtres , Maîtresses et autres , enseignant
sous notre autorité , qui le pourront
commodément , à les pratiquer , et.l'exercice du
Bureau Tipographique. Fait en notre Hôtel à
Paris , ce 24. Novembre 1732. Signé, F. Vivant.
Collationné à la minute originale , étant au
Greffe desdites Ecoles , par moi Greffier d'icelles ,
spussigné ce 1. Decembre 1732. Chanu , Greffier.
dépôt an Greffe de la Jurisdiction de
M. le Chantre de l'Eglise de Paris.
P A M. le Grand Chantre de l'Eglise
de Paris ..
Supplie humblement , &c Soit communiqué.
à notre Promoteur , ce premier Septembre
1732. Signé , F. Vivant.
Vu l'utilité que le Public peut retirer d'une
Méthode qui passe pour abreger un temps considerable
que les Maîtres employent ordinairement
, pour apprendre à. la jeunesse confiée à
leurs soins , les premiers principes de la lecture ,
je n'empêche les fins de la présenté Requête . A
Paris , ce 2 Septembre 1732. Signé , Collin , Promoteur
, avec paraphe .
Vû la Requête de l'autre part et les Conclusions
de notre Promoteur nous nommons
pour Commissairrs les sieurs Ceullin , le Faux
et Chompré, lesquels conjointement avec notre
Promoteur et notre Greffier , examineront la
susdite Méthode et noùs en feront leur rapport
pour ordonner ce que nous jugerons le plus utile -
au
OCTOBRE . 1733 2227
au bien public et à l'instruction de la jeunesse.
A Paris, ce 2. Septembre 1732. Signé, F. Vivant
Vu par par Nous la Requête présentée à M. le
Chantre de l'Eglise de Paris , par le sieur Dumas,
Auteur du Systême du Bureau Tipographique et
de la Bibliotheque des Enfans , Livre qui contient
la maniere de se servir dudit Bureau et de la Méthode
pour montrer aux enfans les premiers élemens
des Lettres , en date du premier Septembre
1732. au bas de laquelle Requête sont les Conclusions
de M. le Promoteur en datte du 2. dudit
mois et an. Vû l'Ordonnance de M. le Chantre, du
même jour et an , par laquelle il a jugé à propos
de nous nommer Commissaires à l'effet d'éxaminer
le susdit Systême et la susdite Méthode
dont on fait actuellement usage pour Monseigneur
le Dauphin et pour les augustes Enfans
de France.
Nous , après avoir entendu l'Auteur, er vi des
enfans travailler audit Bureau ; ayant examiné
le tout avec exactitude , avons jugé ledit Systême
très- ingénieux , fort propre à avancer la jeunesse
sans la dégoûter , et très - capable d'ôter
les épines qui se trouvent , surtout en apprenant
aux enfans les premiers élémens ; c'est pourquoi
nous estimons et croyons que M. le Chantre
peut permettre la pratique de ce Systême, l'usage
de la Bibliotheque des Enfans,dans les Ecoles de sa
Jurisdiction , et exhorter les Maîtres qui le pourront
commodément, à les pratiquer , et l'exercice
du Bureau Tipographique;c'est le témoignage que
nous avons cru devoir rendre à la vérité en faveur
de l'utilité publique , en foi de quoi nous avons
signé ce 11. Novembre 1732 Signé, Collin , Promoteur,
le Faux , Ceullin , Chompré , Chanu,
Nous , François Vivant , Prêtre , Docteur en
Théo2222
MERCURE DE FRANCE
Théologie de la Maison et Societé de Sorbonne,
Grand- Vicaire de M. l'Archevêque de Paris ,
Chantre et Chanoine de l'Eglise Métropolitaine
de Paris , Collateur , Juge et Directeur des petites
Ecoles de la Ville , Cité , Université , Fauxbourgs.
etBanlieuë de Paris , après avoir oui notre Promoteur
, en notre Jurisdiction , et les Commissaires
par nous nommez pour l'examen du Livre intitulé
, la Bibliotheque des Enfans , ou les premiers
Elemens de Lettres , contenant le Systéme du Bureau.
Tipographique , à l'usage de Monseigneur le Dauphin
, et des augustes Enfans de France . Vû et lû
le rapport desdits Commissaites , permettons
d'introduire l'usage dudit Systême, Livre et Méthode
dans les Ecoles de notre Jurisdiction , et
exhortons les Maîtres , Maîtresses et autres , enseignant
sous notre autorité , qui le pourront
commodément , à les pratiquer , et.l'exercice du
Bureau Tipographique. Fait en notre Hôtel à
Paris , ce 24. Novembre 1732. Signé, F. Vivant.
Collationné à la minute originale , étant au
Greffe desdites Ecoles , par moi Greffier d'icelles ,
spussigné ce 1. Decembre 1732. Chanu , Greffier.
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Résumé : EXTRAIT des Actes qui sont en dépôt au Greffe de la Jurisdiction de M. le Chantre de l'Eglise de Paris. A M. le Grand-Chantre de l'Eglise de Paris.
En septembre 1732, une requête fut soumise à M. le Grand Chantre de l'Église de Paris concernant une méthode d'enseignement de la lecture. Cette méthode visait à réduire le temps nécessaire pour apprendre les premiers principes de la lecture aux jeunes élèves. Le Promoteur, après examen, ne s'opposa pas à cette méthode et recommanda son étude par des commissaires. Ces derniers, après avoir observé des enfants utilisant la méthode et entendu son auteur, la jugèrent ingénieuse et efficace pour avancer l'instruction sans décourager les élèves. Ils recommandèrent son adoption dans les écoles sous la juridiction de M. le Chantre. Le 24 novembre 1732, M. le Grand Chantre autorisa l'introduction de cette méthode et encouragea les enseignants à l'adopter. Le document fut ensuite collationné et signé par le greffier le 1er décembre 1732.
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124
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A V I S.
336
ADRESSE generale eft à ASTOR, ENOX ND
TILDEN Monsieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran-
1905
,
goife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'aurons
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
Ini indiquera,
PRIX XXX, SOLS,
336
ADRESSE generale eft à ASTOR, ENOX ND
TILDEN Monsieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Fran-
1905
,
goife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'aurons
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
Ini indiquera,
PRIX XXX, SOLS,
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Résumé : AVIS.
L'avis traite de la distribution du Mercure de France. L'adresse générale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est recommandé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
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125
p. 2385-2387
LETTRE écrite de Paris, le 15 d'Octobre 1733. sur le Testament de Pierre Pithou.
Début :
Il y a quelques jours, Monsieur, que le Testament de Pierre Pithou me [...]
Mots clefs :
Pierre Pithou, Paris, Testament, Troyes, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Paris, le 15 d'Octobre 1733. sur le Testament de Pierre Pithou.
LETTRE écrite de Paris , le 15 d'Octobre
1733. sur le Testament de Pierre Pithon.
Ly a quelques jours , Monsieur , que
le Testament de Pierre Pithou me
tomba sous la main, il respire un si grand
amour de la vertu ; il contient des Préceptes
si excellents pour régler la conduite
des hommes dans tous les temps , que
j'ai cru qu'une traduction françoise de ce
petit ouvrage ne pourroit qu'être utile
C V
et
2386 MERCURE DE FRANCE
et mériteroit peut- être d'avoir sa place
dans votre Journal.
Ce Testament a été imprimé en Latin
en 1628. à Troyes, chez du Ruau , à la
tête du Commentaire de Pithou , sur la
Coutume de Troyes.On le trouve au commencement
du premier volume du Corpus
Juris Canonici Gregorii XIII. notis illustratum
Pet. et Franc. Pithai , ex Bibliotheca
illustrissimi Claudii le Peletier.A Paris
, chez Thierry, 1687. il étoit encore
parmi les OEuvres de M. Boivin , Garde
de la Bibliotheque du Roy , imprimées
en 1711 .
Pithou a occupé une des premieres
Places entre les Jurisconsultes et les Sçavans
du quinziéme siécle. Quel siecle
Monsieur , pour les Sciences et pour les
Belles Lettres ! Les plus Grands Hommes
de son temps , Cujas , Turnebe , de Thou,
Scaliger , Pasquier , Loisel , Papire Masson
, Rapin , Passerat ; tous, en un mot,
en faisoient un cas singulier; tous lui ont
consacré des Eloges . Le mordant Scaliger
avouë qu'il étoir parfaitement honnête homme
, aimant à faire, plaisir à un chacun ,
menant tout le monde dans sa Bibliotheque ,
prêtant volontiers et présentant ce qu'il avoit,
si l'on vouloit s'en servir. Ce suffrage seul
confirme tout ce que Pithou dit de foi-.
même. II
NOVEMBRE. 1733. 2387
Il étoit de la Ville de Troyes en Champagne
, descendu d'une noble et ancienne
famille de Normandie ; il fit sa principale
occupation des affaires du Palais.
Le Roy Henry III . l'honora en 1585.
de la Commission de son Procureur General
de la Chambre de Justice , qu'il
envoya en Guyenne. Henry IV. lui donna
la même Commission en 1594. pour
le rétablissement de fon Parlement à
Paris. Pithou a enrichi la République
des Lettres d'une quantité de Livres de
Théologie , d'Histoire et de Belles - Lettres
; une vie si laborieuse et si utile
finit trop tôt ; il mourut âgé seulement
de 57. ans , le premier de Novembre
de l'année 1596.
1733. sur le Testament de Pierre Pithon.
Ly a quelques jours , Monsieur , que
le Testament de Pierre Pithou me
tomba sous la main, il respire un si grand
amour de la vertu ; il contient des Préceptes
si excellents pour régler la conduite
des hommes dans tous les temps , que
j'ai cru qu'une traduction françoise de ce
petit ouvrage ne pourroit qu'être utile
C V
et
2386 MERCURE DE FRANCE
et mériteroit peut- être d'avoir sa place
dans votre Journal.
Ce Testament a été imprimé en Latin
en 1628. à Troyes, chez du Ruau , à la
tête du Commentaire de Pithou , sur la
Coutume de Troyes.On le trouve au commencement
du premier volume du Corpus
Juris Canonici Gregorii XIII. notis illustratum
Pet. et Franc. Pithai , ex Bibliotheca
illustrissimi Claudii le Peletier.A Paris
, chez Thierry, 1687. il étoit encore
parmi les OEuvres de M. Boivin , Garde
de la Bibliotheque du Roy , imprimées
en 1711 .
Pithou a occupé une des premieres
Places entre les Jurisconsultes et les Sçavans
du quinziéme siécle. Quel siecle
Monsieur , pour les Sciences et pour les
Belles Lettres ! Les plus Grands Hommes
de son temps , Cujas , Turnebe , de Thou,
Scaliger , Pasquier , Loisel , Papire Masson
, Rapin , Passerat ; tous, en un mot,
en faisoient un cas singulier; tous lui ont
consacré des Eloges . Le mordant Scaliger
avouë qu'il étoir parfaitement honnête homme
, aimant à faire, plaisir à un chacun ,
menant tout le monde dans sa Bibliotheque ,
prêtant volontiers et présentant ce qu'il avoit,
si l'on vouloit s'en servir. Ce suffrage seul
confirme tout ce que Pithou dit de foi-.
même. II
NOVEMBRE. 1733. 2387
Il étoit de la Ville de Troyes en Champagne
, descendu d'une noble et ancienne
famille de Normandie ; il fit sa principale
occupation des affaires du Palais.
Le Roy Henry III . l'honora en 1585.
de la Commission de son Procureur General
de la Chambre de Justice , qu'il
envoya en Guyenne. Henry IV. lui donna
la même Commission en 1594. pour
le rétablissement de fon Parlement à
Paris. Pithou a enrichi la République
des Lettres d'une quantité de Livres de
Théologie , d'Histoire et de Belles - Lettres
; une vie si laborieuse et si utile
finit trop tôt ; il mourut âgé seulement
de 57. ans , le premier de Novembre
de l'année 1596.
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Résumé : LETTRE écrite de Paris, le 15 d'Octobre 1733. sur le Testament de Pierre Pithou.
La lettre du 15 octobre 1733 évoque le testament de Pierre Pithou, juriste et savant du XVIe siècle. L'auteur, ayant découvert ce testament, le décrit comme un ouvrage rempli d'amour pour la vertu et contenant des préceptes excellents pour guider la conduite humaine. Il suggère de publier une traduction française dans le journal Mercure de France. Le testament de Pithou a été imprimé en latin en 1628 à Troyes et figure dans le Corpus Juris Canonici de 1687 et les œuvres de M. Boivin en 1711. Pithou, originaire de Troyes, appartenait à une noble famille normande et a occupé des postes importants sous les rois Henri III et Henri IV, notamment en tant que procureur général de la Chambre de Justice. Reconnu comme l'un des juristes et savants les plus éminents de son siècle, il était apprécié par des figures notables telles que Cujas, Turnebe, de Thou et Scaliger. Pithou a enrichi la République des Lettres par ses nombreux ouvrages en théologie, histoire et belles-lettres. Il est décédé à l'âge de 57 ans, le 1er novembre 1596.
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126
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L'A
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à- vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps & de les faire porier fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
,
PRIX XXX. SOLS.
L'A
>
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à- vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perie de temps & de les faire porier fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
,
PRIX XXX. SOLS.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document présente les instructions pour l'envoi de lettres ou de paquets destinés au Mercure de France. L'adresse générale est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les expéditeurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires qui vendent le Mercure à Paris. Il est recommandé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter qu'ils ne soient rejetés et perdus. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France dès sa parution, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier s'engage à préparer et expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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127
p. 2743-[2]746
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Dme Marie-Magdelaine Prevôt, épouse de M. Silva, Docteur-Régent de la Faculté [...]
Mots clefs :
Roi, Général, Épouse, Paris, Jean-Jacques Damas, Nicolas de Fresnoy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
ME Marie - Magdelaine Prevôt , épouse de
M. Silva , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Medecin Consultant du
-
I. Vol.
I vj Roy
2744 MERCURE DE FRANCE
Roy , et Medecin Consultant du Duc de Bout
bon , mourut à Paris le 2 du mois dernier , âgée
d'environ 45 ans.
Jean-Jacques Damas , Comte du Breuil , Lientenant
General des Armées du Roy, Gouverneur
de, Maubeuge , mourut à Mâcon le 7 Novembre
dernier , dans un âge tres avancé. Il étoit troi
siéme fils de Jean Damas, Comte du Breuil,Marquis
d'Antigny , Gouverneur de la Principauté
de Dombes, et de Claudine. Alexandrine de Vienne,
Il avoit quitté depuis quelques années la
Croix de Malte. Il fut fait Brigadier au mois de
Février 1704. Maréchal de Camp en Février 1711.
et Lieutenant General le 30 Mars 1710. Enfin
Gouverneur de Maubeuge , à la mort et en la
place de Louis Anne- Marie Damas , Comte de
Ruffey , son frere , Lieutenant General des Armées
du Roy , Premier Sous - Lieutenant de la
premiere Compagnie des Mousquetaires et Sous-
Gouverneur de la Personne du Roy. La Maison
de Damas est une des plus anciennes et des plus
illustres du Royaume. La Genealogie en est rap-1
portée dans l'Histoire des Grands Officiers de la
Couronne . Nouv. Edit. tom. 8. page 317. Damas
, Porte d'or , à la Croix ancrée de Gueule.
Pierre-Joseph Faure , Maître ordinaire en la
Chambre des Comptes de Paris , mourut le 16
Novembre , dans son Château de Boissette , près -
de Melun , âgé d'environ 74 ans laissant d'Anne
Fautrier , son Epouse , une Fille unique.
D. Anne- Eléonore de Béthune d'Orval , Reli➡-
giuse Professe de l'Abbaye de Réaulieu , Ordre
de S. Benoît , Diocèse de Soissons , er Abbesse
de celle de N. D. du Val de Gif , du même Or~
dre , Diocèse de Paris , depuis le 15 Août 1686 .
mourut en ce Monastere le 28 Novembre , âgée.
de
DECEMBR E. 1733. 2745
de 78 ans ; elle étoit Fille de François de Bethune
, Duc d'Orval , Pair de France, Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, et du Pais Chatttain , Premier Ecuyer de
la Reine Anne d'Autriche
, et de D. Aune de
Harville de Palaiseau . Par cette mort , la Dame
de Ségur devient titulaire de l'Abbaye de Gif,
dont elle fût nommée Coadjutrice
par le Roy ,
le 2 Mars 1719 .
I
Nicolas Emanuel de Villers , ancien Conseiller
au Parlement , mourut le r Decembre, fort âgé.
Alexandre Baillot , President , Tresorier de
France au Bureau des Finances, et Gran - Voyer
en la Generalité de Paris , mourut le 4 Decembre
, dans la 48 année de son âge.
D. Marie- Elizabeth- Claude - Petronille Bouchu
, épouse de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , &c. Grand d'Espagne , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, et au Gouvernement des Pays du Maine,
Perche et Laval , Premier Ecuyer de la Reine ,
mourut le 9 Decembre,âgée de 48 ans. Elle étoit :
Fille de Jean- Etienne de Bouchu , Conseiller d'Etat
ordinaire , et de D. Elizabeth Rouillé des
Meslay.
Nicolas de Fresnoy , Marquis de Fresnoy ,
mourut à Paris , le Decembre , âgé de 74
ans , il avoit été dans sa jeunesse Chevalier de
l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , et Abbé de
S. Taurin d'Evreux , Ordre de S. Benoît . Són
frere aîné étant mort sans alliance , il quitra la
Croix de Malte , et remit son Abbaye en 1685% ]
Ilentra depuis dans le Service , et fut successivement
Guidon en 1691. et Enseigne en 1693 de
la Compagnie des Gendarmes d'Anjou . Il se retira
du Service en 1699. et épousa Louise- Ale➡ › ,
I. Vola
1746 MERCURE DE FRANCE
xandrine de Coligny, fille de Jean Comte de Coligny
, &c. Gouverneur d'Autun , et Grand Bailly
de Charolois, Lieutenant General des Armées
du Roy , et d'Anne- Nicole Cauchon de Maupas.
Il a laissé de ce mariage Marie, Marquis de Fresnoy
, né en 1701. leque, a épousé en 1730 Charlotte
Rivié , dont il a un fils .
·
Jean du Chastelet , Seigneur de Fresnieres ,
Conseiller au Grand Conseil, mourut le 15 Decembre
, âgé d'environ 72 ans. Sa famille noble
d'extraction est originaire de Picardie. Il avoit
épousé en 1689, Susanne - Geneviève Talon , fille
unique de Jean Jacques Talon , Seigneur de
S. Val , Contrôleur General des Décimes en
Champagne , et de Genevieve Brussel ; il en a
laissé Alexandre Gaston , appellé le Comte du
Chastelet , cy-devant Ecuyer du Roy , et Alexis-
Jean du Chastelet , appellé le Marquis de Fres
njeres , Ecuyer du Roy , depuis la démission de
son frere.
Le 22 Decembre , Paul Emile , Marquis de
Braque , Chevalier Seigneur du Luat , a épousé
Dlle Elizabeth Lorimier , fille d'Antoine- Charles
Lorimier , Ecuyer , Conseiller Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses
Finances , et de Dame Marie - Louise Boucher.
ME Marie - Magdelaine Prevôt , épouse de
M. Silva , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Medecin Consultant du
-
I. Vol.
I vj Roy
2744 MERCURE DE FRANCE
Roy , et Medecin Consultant du Duc de Bout
bon , mourut à Paris le 2 du mois dernier , âgée
d'environ 45 ans.
Jean-Jacques Damas , Comte du Breuil , Lientenant
General des Armées du Roy, Gouverneur
de, Maubeuge , mourut à Mâcon le 7 Novembre
dernier , dans un âge tres avancé. Il étoit troi
siéme fils de Jean Damas, Comte du Breuil,Marquis
d'Antigny , Gouverneur de la Principauté
de Dombes, et de Claudine. Alexandrine de Vienne,
Il avoit quitté depuis quelques années la
Croix de Malte. Il fut fait Brigadier au mois de
Février 1704. Maréchal de Camp en Février 1711.
et Lieutenant General le 30 Mars 1710. Enfin
Gouverneur de Maubeuge , à la mort et en la
place de Louis Anne- Marie Damas , Comte de
Ruffey , son frere , Lieutenant General des Armées
du Roy , Premier Sous - Lieutenant de la
premiere Compagnie des Mousquetaires et Sous-
Gouverneur de la Personne du Roy. La Maison
de Damas est une des plus anciennes et des plus
illustres du Royaume. La Genealogie en est rap-1
portée dans l'Histoire des Grands Officiers de la
Couronne . Nouv. Edit. tom. 8. page 317. Damas
, Porte d'or , à la Croix ancrée de Gueule.
Pierre-Joseph Faure , Maître ordinaire en la
Chambre des Comptes de Paris , mourut le 16
Novembre , dans son Château de Boissette , près -
de Melun , âgé d'environ 74 ans laissant d'Anne
Fautrier , son Epouse , une Fille unique.
D. Anne- Eléonore de Béthune d'Orval , Reli➡-
giuse Professe de l'Abbaye de Réaulieu , Ordre
de S. Benoît , Diocèse de Soissons , er Abbesse
de celle de N. D. du Val de Gif , du même Or~
dre , Diocèse de Paris , depuis le 15 Août 1686 .
mourut en ce Monastere le 28 Novembre , âgée.
de
DECEMBR E. 1733. 2745
de 78 ans ; elle étoit Fille de François de Bethune
, Duc d'Orval , Pair de France, Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, et du Pais Chatttain , Premier Ecuyer de
la Reine Anne d'Autriche
, et de D. Aune de
Harville de Palaiseau . Par cette mort , la Dame
de Ségur devient titulaire de l'Abbaye de Gif,
dont elle fût nommée Coadjutrice
par le Roy ,
le 2 Mars 1719 .
I
Nicolas Emanuel de Villers , ancien Conseiller
au Parlement , mourut le r Decembre, fort âgé.
Alexandre Baillot , President , Tresorier de
France au Bureau des Finances, et Gran - Voyer
en la Generalité de Paris , mourut le 4 Decembre
, dans la 48 année de son âge.
D. Marie- Elizabeth- Claude - Petronille Bouchu
, épouse de René Mans de Froulay , Comte
de Tessé , &c. Grand d'Espagne , Chevalier des
Ordres du Roy , Lieutenant General de ses Armées
, et au Gouvernement des Pays du Maine,
Perche et Laval , Premier Ecuyer de la Reine ,
mourut le 9 Decembre,âgée de 48 ans. Elle étoit :
Fille de Jean- Etienne de Bouchu , Conseiller d'Etat
ordinaire , et de D. Elizabeth Rouillé des
Meslay.
Nicolas de Fresnoy , Marquis de Fresnoy ,
mourut à Paris , le Decembre , âgé de 74
ans , il avoit été dans sa jeunesse Chevalier de
l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , et Abbé de
S. Taurin d'Evreux , Ordre de S. Benoît . Són
frere aîné étant mort sans alliance , il quitra la
Croix de Malte , et remit son Abbaye en 1685% ]
Ilentra depuis dans le Service , et fut successivement
Guidon en 1691. et Enseigne en 1693 de
la Compagnie des Gendarmes d'Anjou . Il se retira
du Service en 1699. et épousa Louise- Ale➡ › ,
I. Vola
1746 MERCURE DE FRANCE
xandrine de Coligny, fille de Jean Comte de Coligny
, &c. Gouverneur d'Autun , et Grand Bailly
de Charolois, Lieutenant General des Armées
du Roy , et d'Anne- Nicole Cauchon de Maupas.
Il a laissé de ce mariage Marie, Marquis de Fresnoy
, né en 1701. leque, a épousé en 1730 Charlotte
Rivié , dont il a un fils .
·
Jean du Chastelet , Seigneur de Fresnieres ,
Conseiller au Grand Conseil, mourut le 15 Decembre
, âgé d'environ 72 ans. Sa famille noble
d'extraction est originaire de Picardie. Il avoit
épousé en 1689, Susanne - Geneviève Talon , fille
unique de Jean Jacques Talon , Seigneur de
S. Val , Contrôleur General des Décimes en
Champagne , et de Genevieve Brussel ; il en a
laissé Alexandre Gaston , appellé le Comte du
Chastelet , cy-devant Ecuyer du Roy , et Alexis-
Jean du Chastelet , appellé le Marquis de Fres
njeres , Ecuyer du Roy , depuis la démission de
son frere.
Le 22 Decembre , Paul Emile , Marquis de
Braque , Chevalier Seigneur du Luat , a épousé
Dlle Elizabeth Lorimier , fille d'Antoine- Charles
Lorimier , Ecuyer , Conseiller Secretaire du
Roy , Maison , Couronne de France et de ses
Finances , et de Dame Marie - Louise Boucher.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En 1733, plusieurs personnalités notables ont connu des décès et des mariages marquants. Marie-Magdelaine Prevôt, épouse du Dr Silva, médecin consultant du Duc de Boutbon, est décédée à Paris à l'âge d'environ 45 ans. Jean-Jacques Damas, Comte du Breuil et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Mâcon à un âge avancé. Il avait occupé divers postes militaires et provenait d'une famille illustre. Pierre-Joseph Faure, Maître en la Chambre des Comptes de Paris, est décédé à l'âge de 74 ans, laissant une fille unique. Anne-Éléonore de Béthune d'Orval, Abbesse de l'Abbaye de N.D. du Val de Gif, est morte à 78 ans. Nicolas Emanuel de Villers, ancien Conseiller au Parlement, et Alexandre Baillot, Président et Trésorier de France, sont également décédés en décembre. Marie-Élisabeth-Claude-Pétronille Bouchu, épouse du Comte de Tessé, est morte à 48 ans. Jean du Chastelet, Seigneur de Fresnieres, est décédé à 72 ans, laissant deux fils. Nicolas de Fresnoy, Marquis de Fresnoy, a quitté l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et a épousé Louise-Alexandrine de Coligny. Enfin, Paul Emile, Marquis de Braque, a épousé Elizabeth Lorimier le 22 décembre.
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128
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
" 'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Françaife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventse fervir de cette voye .
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
fain d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
Les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
G
mais
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , et de les faire porier fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'az
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
L
" 'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Françaife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventse fervir de cette voye .
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
fain d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
Les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
G
mais
Les Libraires des Provinces des Pays
Etrangers , on les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , et de les faire porier fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'az
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document détaille les procédures pour l'envoi et la réception du 'Mercure'. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé en face de la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets cachetés peuvent être remis aux libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des œuvres. Les libraires des provinces, des pays étrangers et les particuliers désirant recevoir le Mercure de France en priorité doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries. Le prix du Mercure est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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129
p. 2819-2834
SECONDE Lettre de M. D. L. R. sur la Litterature des Mahometans, et sur celle des Turcs en particulier.
Début :
Je réponds, Monsieur, le plutôt qu'il m'est possible à la derniere Lettre que [...]
Mots clefs :
Littérature des mahométans, Turcs, Constantinople, Bibliothèque, Histoire, Ignorance, Sciences, Roi, Vérité, Paris, Levant, Lettres, Mosquée, Préjugé, Langues
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE Lettre de M. D. L. R. sur la Litterature des Mahometans, et sur celle des Turcs en particulier.
SECONDE Lettre de M. D. L. R.
sur la Litterature des Mahometans , et
sur celle des Turcs en particulier.
J
E réponds , Monsieur , le plutôt qu'il
m'est possible à la derniere Lettre que
vous m'avez fait l'honneur de m'écrire
de Constantinople le 30 Mars dernier ,
et je commence par l'Article le plus es
sentiel et que vous me recommandez
particulierement. Vous me demandez si
j'ai prétendu parler bien sérieusement ,
II. Vol.
2820 MERCURE DE FRANCE
du moins s'il n'y a rien d'exagéré dans
la Lettre qui concerne la Litterature des
Mahometans et celle des Turcs en particulier
, que vous avez lue dans le Mercure
de Septembre 1732. ajoûtant que
vous attendez ma réponse pour me développer
les Reflexions que vous avez
faites là-dessus et que dès à présent, c'està-
dire , sans attendre ma Réponse , vous
êtes dans le Préjugé general que les Turcs
sont d'une ignorance crasse ,
très- peu
curieux d'en sortir , &c.
Je vous dirai d'abord , Monsieur , que
j'ai écrit très sérieusement sur le sujet en
question , que je ne crois pas avoir rien
exageré et que je n'ai rien avancé sans
autorité , sur quoi je vous renvoye à ma
Lettre même du Mercure , sans préjudice
des autres autoritez que je puis encore
vous alleguer.
J'ajoûterai à cette affirmation que ce
n'est pas mon Voyage du Levant seul
qui m'a détrompé sur la prétendue ignorance
des Turcs ; je suis allé dans l'Orient
presque avec le même Préjugé où
vous êtes aujourd'hui , et que plusieurs
années de séjour n'ont pas encore détruit
chez vous , Préjugé , pour le dire
en passant , qui empêche , qui ôte l'envie
de s'instruire et de parvenir à la découverte
de la verité.
DECEMBRE . 1733. 2827
Mon voyage ne m'a donné là - dessus
qu'une premiere lueur , mais cette lueur
est devenue lumiere et certitude par les
lectures que j'ai faites depuis mon retour
des ouvrages des Mahometans Anciens et
Modernes , qui fe trouvent dans la Bibliotheque
du Roy et ailleurs , et par le
long commerce que j'ai eû avec plusieurs
sçavans d'élite en érudition orientale ,
qui ont passé une partie de leur vie dans
le Levant et qui sont morts à Paris dans
une haute réputation de vertu , et d'amour
pour la verité. Je n'en nommerai
ici que deux , sçavoir.
François Peris de la Croix Parisien
Sécretaire , Interprete du Roy pour les
Langues Orientales , Professeur en Arabe
au Collège Royal , mort sur la fin de
l'année 1713. M. Colbert le fit passer
dans fa jeunesse et séjourner fuccessivement
à Alep , à Hispaham , à Constantinople
, pour apprendre en perfection les
trois principales Langues , l'Histoire , les
Coutumes & c . des Nations du Levant.
Dans son instruction , dont j'ai une copie,
cette habile Ministre lui ordonne de
s'instruire particulierement à l'égard des
Sciences et des Arts cultivez dans ces differens
Pays. M. Petis en rapporta beaucoup
de doctrine Orientale , dequoi il a
?
11, Vol. donné
822 MERCURE DE FRANCE
·
donné des preuves toute sa vie , et plusieurs
Manuscrits utiles , dont il a tra
duit une bonne partie , entre lesquels est
la curieuse Bibliotheque de Hadgi Calfa,
Turc moderne de Constantinople , * qui
feule est capable de détruire le Préjugé
commun de la prétendue ignorance des
Mahometans & c .
Et Antoine Galland de Noyon , de
PAcadémie Royale des Inscriptions et
des Belles Lettres associé à celle des
Ricovrati de Padoue , Antiquaire du Roy,
Professeur en Arabe au Collège Royal ,
mort au mois de Février 1715 Il suivie
le Marquis de Nointel dans fon Ambassade
de Constantinople , dans son voyage
de la Palestine,et dans sa visite des Echelles
du Levant. De retour en France il fit
encore dux voyages à Constantinople
et au Levant par les ordres de M M. Col
* Ce seul Ouvrage peut détromper bien des gens,
et même quelques Sçavans , qui croyent que les
Turcs et autres Mahometans négligent les Sciences ,
trompez par des Voyageurs , qui ne sçackant pas les
Langues , n'ont pas på conferer avec les Sçavans
des l'ays qu'ils ont parcourus . Cette Bibliotheque
est une veritable Encyclopedie de toutes les Sciences
et de tous les Arts chez les Orientaux . Préface de
P'Histoire de Tamerlan , traduite du Persan pat
M. Peus de la Croix, et donnée au Public après
sa mort. 4. vol. 1 12. Paris 1722.
11. Vol. bert
DECEMBRE . 1733. 2823
1
bert er de Louvois , pour la recherche
des Medalles et des Manuscrits . ce qui
acheva de le perf.ctionner dans l'intelligence
des Langues , et dans la connoissance
de l'Histoire et de tout ce qui concerne
les Orientaux . Il étoit d'ailleurs bon
Critique , excellent Antiquaire et naturellement
Philofophe. Il a composé plusieurs
Ouvrages , dont quelques uns ont
été imprimez. De ses Manuscrits ceux
qui regardent l'Orient ont passé dans la
Bibliotheque du Roy. On lui doit l'Edition
de la Bibliotheque Crientale de
M. d'He belot , faite à Paris en 1697 ,
grand in fol.de 106 pag. et la belle Préface
qui est à la tête . a Preface dont la
(a) On fait quelque grace aux Arabes , et ils
passent pour avoir autrefois cult vé les Sciences aves
grande application. On attribue de la politesse aux
Per ans et on leur rend justice .Mais , par leur nom
seul , les Turcs sont tellement décriez , qu'il suffit
ordinairement de les nommer pour signifier une
Nation grossiere , barbare et d'une ignorance achevée
, et sous leur nom on entend parler de ceux qui
sont sous la domination de l'Empire Ottoman . Cependant
on leur fait injustice ; car sans s'arréter à
Les justifier ici de barbarie et de grossiereté , ce qui
demanderoit un détail .... On peut dire à l'égard
de l'ignorance , qu'ils ne cedent ni aux Arabės ni
aux Iersans dans les Sciences et dans les Belles- Lettrer
, communes à ces trois at.ons , et qu'ils les
cultivent presque dès le commencement de lcur Em-
II. Vol.
scule
2824 ME RCURE DE FRANCE
seule lecture est capable de détruire l'erreur
des Européens qui excluent la cul
ture des Sciences et des beaux Arts de
tout le Mahométisme.
Je pourrois , Monsieur , m'en tenir à
ces autoritez , persuadé qu'elles sont plus
que suffisantes pour confirmer tout ce
que j'ai avancé dans ma premiere Lettres
mais je ne puis omettre un troisiéme Témoin
qui se presente icy bien naturelle.
ment ; Témoin illustre et des plus recevables
sur le sujet qui est en question ;
c'est le fameux Comte de Marsigli, dort
on vient de publier un bel Ouvrage sur
l'Etat (a ) Militaire de l'Empire Ottoman ,
& c.
Ce Seigneur vint à Constantinople avec
pire. La Bibliotheque Orientale en fait foi, et observe
dans leur Histoire une suite continuelle de Docteurs
de leur Religion et de leur Loy , très fameux et
très estimez parmi eux , tant pa . leur Doctrine que
par leurs Ecrits. Ils ont aussi des Historiens trèscelebres
e: très - exacts des Actions de leurs Sultans ,
et on peut compter comme une marque de la délicatesse
de leur esprit le nombre considerable de leurs
Poëtes , qui montoit à 590. vers la fin du siecle
passé , & c. A. Galland , dans son Discours pour
servir de Préface à la Bibliotheque Orientale de
B. d'Herbelot.
(a ) STATO MILITARE dell' Imperio Ottomano
, &c. 1. vol . fol. A la Haye et à Amsterdam
1732.
11. Vol.
DECEM DK E. 1733. 2825
an Ambassadeur de la République de
Venise , n'étant encore âgé que de vingt
ans , dans le dessein de s'instruire à fond,
principalement sur le sujet que je viens
que
de dire , rempli auparavant des préjugez
ordinaires , & c . Il servit ensuite l'Empereur
dans les Guerres de Hongrie . Pris
par les Tartares,qui le vendirent au Pacha
de Témiswar , &c. il sçut mettre à profit
son infortune , pour acquerir toutes les
connoissances qui lui manquoient. Après
avoir recouvré sa liberté , il reprit ses
Emplois dans l'Armée Impériale , et il les
conserva jusqu'à la Paix de Carlowits
à laquelle il servit même utilement ; et ,
après la Paix il fut établi Commissaire
Général pour le Reglement des Limites.
Dans l'Ouvrage qui vient de paroître ,
où il ne s'agit rien moins que de Science
et de Litterature , l'Auteur n'a pû
s'empêcher de rendre là - dessus un témoignage
à la verité. Après avoir dépeint
les Turcs , qu'il dégrade tant qu'il
peut , indolens , mous , oisifs , sur tout
les Asiatiques , n'agissant que par nécessité
, &c. il se récrie contre nos préjugez
sur le point de leurs Etudes. Il par
fe de Constantinople et des autres grandes
Villes , » comme étant remplies de
Personnes instruites dans le Mahome-
II. Vol. Ꭰ tisme
2020 TRANCE
» tisme , qui sçavent au moins les trois
» Langues , le Turc , le Persan et l'A-
» rabe : Esprits cultivez en plus d'un gen-
» re de Litterature , Poëtes délicats , His-
» toriens polis , mais d'une exactitude ,
» scrupuleuse , et par là un peu ennuyeuxs
Dialecticiens subtils , Moralistes pro-
» fonds , Géomêtres , Astronomes , Géographes
, et par dessus tout grands Alchymistes
; ce qu'il a été en état , de :
» prouver par un Catalogue de plus de
» 86000 Ecrivains du dernier siécle , re
>> cueillis dans sa Bibliotheque de Boulogne
, et dont il à fourni une Copie:
» pour celle du Vatican . Si les Turcs
n'impriment pas , ce n'est pas , dit il ,
» qu'il ne leur soit libre de le faire ; leur
» motif est de ne pas empêcher une mul-
>> titude innombrable de Copistes de ga
» gner leur vie. On en comptoit 90009
>> pendant son séjour à Constantinople..
» Une autre sorte d'Etude , selon le mê
» me Auteur , c'est que nul Gouverne,
ment au monde n'est plus appliqué et
plus ponctuel que le Gouvernement
Turc , pour conserver des Registres
A
* Le Comte de Marsigli est de Boulogne , et y a
fondé une Académie . Il est des Académies Royales
des Sciences de Paris et de Montpellier , et de la
Societé Royale de Londres,
II. Vol exacts
DECEM DN E. 1733• 2027
exacts en tout ce qui regarde les Trai-,
a tez avec les Puissances Etrangeres , le..
» Domaine , le Cérémonial , l'Expédi
tion des Ordres , celles des Arrêts ou
Ordonnances et Commandemens ; l'E-
>> tat des Officiers en service , et singulie
☐rement les Finances.
Au reste , Monsieur , je vous connois
un si bon esprit , tant d'amour et de vénération
pour la vérité , pour me servir
de vos termes sur ce sujet , que je ne désespere
pas de vous voir changer un jour
de sentiment , sur tout si vous voulez
vous donner la peine d'apprendre seulement
le Turc , qui n'est pas une Langue
fort difficile, et dans laquelle je vous crois
déja initié;cela vous mettroit en état d'entrer
plus souvent dans cette grande Ville,
de laquelle vous êtes peut - être autant separé
par le préjugé , que par un petit bras
de Mer , et de vous instruire par vousmême
, en conferant avec les Gens de Lettres
, & c. Je ne doute pas que vous
in'ayez trouvé des Turcs d'une ignorance
crasse , et comme vous dites , tres- peu
curieux d'en sortir ; mais ce n'est pas
assez pour affirmet la même chose de
toute la Nation . Où ne trouve- t-on pas
dans l'Europe même , de la rusticité et de
l'ignorance ? On trouve aussi du goûr
II. Vol. Dij de
2808 MENCURE
de la Politesse , et de l'Erudition , quand
rien n'empêche d'en chercher. Mais en
voilà asez sur ce sujet.
Rien n'est plus sensé et plus dans le
vrai que ce que vous me dites , Monsieur,
sur l'impropriété du mot de Sophi , par
lequel les Ecrivains Européens , suivis en
dernier lieu par le a P. du Cerceau , désignent
le Roy de Perse. Vous convenez
qu'à ne consulter que la raison , cette
expression est tout- à fait vicieuse , comme
je l'ai prouvé dans un article de mes
Lettres , auquel votre politesse donne le
nom de Dissertation. La verité est qu'on
n'a point encore décidé dans les formes
que ce terme doive être proscrit parmi
ceux qui se piquent de parler correcte
ment mais en attendant cette décision ,
et malgré la continuation du mauvais
usage par des Ecrivains mal instruits , ou
entêtez , ibn'est pas moins certain qu'on
-he prescrit jamais contre la vérité et contre
la raison , et qu'il est toujours temps
de reclamer en leur faveur. L'usage ,j'en
-conviens ; décide le plus souvent en fait
de langue , au préjudice du bon sens et
des régles, mais c'est quand il ne s'agit
précisément que de la Grammaire. Icy il
( a ) Hissoire de la derniere Révolution de Perse
2 vol . in 12. Paris. 1728,
M. Vel.
s'agie
DECEMBRE . 1733. 2829
s'agit d'un point d'Histoire et de Critique.
J'espere m'étendre davantage sur
ce sujet dans un Ecrit que je prépare , et
qui soutiendra peut- être le titre que vous
voulez bien lui donner par avance .
J'ai enfin reçu depuis peu le beau Jusdam
, ou le Porte Lettres de fabrique
Turque , que vous m'aviez annoncé, orné
d'une broderie parlante ; et si cela se
peut dire , bien obligeante de la part de
ceux qui me font l'honneur de me l'envoyer.
Ils devoient en envoyer aussi l'interprétation
; car je ne sçai si nous aurons
bien réussi à expliquer les deux Vers Persans
qui sont si artistement brodez dessus.
C'est ce que vous pourrez faire examiner
par vos Experts . Voici comment
on a lû et interpreté icy cette galanterie
orientale.
Djah toй hemtchou ni i met ferdaous bi zevăl ,
Felicitas tua sicut gratia Paradisi sine defectu
Umr toй hemtchou middet eflāk bi chumăr,
Atas tua sicut spatium sæculorum sine numero.
On s'est servi de la Langue latine pour
mieux rendre l'original Persan , auquel
les Vers suivans , ajoutez par l'Autheur
ême de la Traduction , pourront servir
de Paraphrase :
II. Vol. Djij N...
2830 MERCURE DE FRANCE
N... qu'un bonheur durable
Soit compagnon de tes travaux ,
Qu'il soit exempt de tous les maux ,
Qu'aux biens du ciel il soit semblable.
Que des jours longs et gracieux
Rendenr ton sort digne d'envie ,
Que le terme du cours des Cieux
Soit aussi celui de ta vie.
J'ai reçu presque en même- tems et da
-même Païs , une très- belle Cornaline ,
qui à, sans doute, servi de Cachet à quelque
dévot Musulman de distinction , car
on y lit ces mots Arabes , tres-bien gravez
en caracteres Persans : Mazhar ila
faiz Aichay , c'est- à-dire , protegé par les
faveurs d'Aichay.
Aichay ou Aischah est une Personne
des plus respectables du Mahométisme
en qualité de troisiéme Femme de Mahomet
, et de Fille d'Abdallah , surnommé
depuis a Abubekre ou Pere de la Pudelle
, parce qu'à son exception , ce faux
Prophete n'a épousé que des Veuves . S'il
y a jamais eu des Héroïnes et des Femmes
sçavantes chez les Musulmans , cel
(a ) Abubckre , successeur immédiat de Mabomet
, et le premier des Califes.
11. Kola
k.
DECEMBRÉ . 1933 . 2831
le-cy doit être considérée comme la plus
celebre et la plus ancienne. Son autorité
dans la Religion fut grande de tout tems
parmi les Sunnites , ou les Orthodoxes
pour avoir retenu et transmis ce grand.
nombre de Paroles prétendues Remarquables
de Mahomet , et de Traditions ,
qui ont fait depuis un corps de Doctrine
appellé la Sunna. Aischah par cette raison
est souvent qualifiée de Nabiah ơs
de Prophétesse , et de Seddika , ou de témoin
fidele et authentique. Ils l'appel
lent aussi la Mere des Fidelles .
Sa renommée n'est gueres moins grande
dans l'Histoire du côté de la Politique
et du Gouvernement , et par la valeur
qu'elle fit enfin paroître à la fatale journée
du (a ) Chameau, dans la Bataille qu'elle
donna contre l'Armée d'Ali , pour vanger
la mort du Kalife - Othman , donnant
par sa présence et par son exemple le
mouvement et le courage à ses Troupes.
Bataille sanglante dans laquelle il y eut
près de zo mille Arabes de tuez sur la
place ; qu'elle perdit cependant avec sa
: ( a ) Ainsi nommée par les Historiens , à cause
du Chameau que montoit Aischah , lequel on ne
put jamais arrêter dans la mêlée , qu'en lui coupant
les Jarrets , ce qui donna lieu à la prise de la
Princesse , et à la déroute de son armée , c. )
II. Vol. D iiij.li2832
MERCURE DE FRANCE
liberté. Ali la lui rendit depuis , en la
renvoyant à Médine, où elle mourut l'an
58 de l'Hégire (a) , c'est à.dire fort âgée,
et fut inhumée auprès de Mahomet son
Epoux.
Je vous envoye avec plaisir, le Plan de
la Principale Face de la Mosquée de sainte
Sophie de Constantinople , gravé icy
par le Sr Surugue , Graveur du Roy , à
l'occasion duquel on a fait en peu de
mots la Description et l'Histoire de ce
fameux Temple, dans le II.Vol.du Mercure
de Juin 1732. Cette Description a
donné lieu à une Critique . M. A .. . de
Marseille , qui a séjourné à Constantinople
, soutient que l'eau de la Mer entre
dans les voutes souterraines , sur les
quelles tout l'Edifice est bâti , et qu'on
peut y aller en Batteau ; circonstance
qu'il ne falloit pas , dit-il , omettre dans
cette Description ; promettant de don
ner là-dessus un Ecrit , qu'il ne donne ce
pendant point.
J'admire , Monsieur , votre complaisance
, laquelle , quoique persuadé du
contraire , par la haute situation où se
trouve cette Mosquée , et par son grand
éloignement du Niveau de la Mer , vous
a porté à vouloir éclaircir ce fait extraor
(a ) 677 de JESUS -CHRIS T.
1x 11. Vol.
diDECEMBRE.
1733. 2833
'dinaire. Cet article de votre Lettre est
réjouissant ; il me semble vor ce vieux
Officier de la Mosquée , chargé du soin
de conduire par tout les Etrangers de
distinction , que vous avez consulté,douter
d'abord , si on lui parloit sérieusement
, puis hausser les épaules , éclater
de rire , et enfin après avoir repris son
sérieux , et bien promené sa main sur sa
barbe , vous assurer gravement qu'il n'y
avoit point d'autre Eau sous Sainte Sophie
, que celle d'une Citerne tres - spacieuse
, d'où on la tire pour l'usage des
Gens attachez au service de la Mosquée ,
par un Puits , dont l'ouverture est dans
le Temple même , et que le reste de ces
Voutes souterraines est divisé en plusieurs
Magazins remplis de Munitions de
Guerre , &c. Cet article mérite d'être
communiqué à M. A... si ses autres Mémoires
sur Constantinople ne sont pas
plus exacts , on ne lui conseille pas de les
mettre au jour.
Au reste j'ai été ravi de voir confirmer
par votre Officier de Sainte Sophie , tout
ce que Guillaume-Joseph Grelor, fameux
Ingénieur François , avoit déja dit de
Eaux souterraines de cette Mosquée
presque dans les mêmes termes , en mar
quant dans ses Plans , la Place précise
II. Vol Dv P
2834 MERCURE DE FRANCE
Puits , de la Citerne , des dégrez pour
descendre aux différens Robiners , & c,
Ce qui marque la grande exactitude de
ce Voyageur , envoyé exprès dans le Levant
par le feu Roy , et dont nous avons
un excellent Ouvrage sur Constantino
ple. Je suis , Monsieur , & c.
A Paris , ce fuillet 1733 .
sur la Litterature des Mahometans , et
sur celle des Turcs en particulier.
J
E réponds , Monsieur , le plutôt qu'il
m'est possible à la derniere Lettre que
vous m'avez fait l'honneur de m'écrire
de Constantinople le 30 Mars dernier ,
et je commence par l'Article le plus es
sentiel et que vous me recommandez
particulierement. Vous me demandez si
j'ai prétendu parler bien sérieusement ,
II. Vol.
2820 MERCURE DE FRANCE
du moins s'il n'y a rien d'exagéré dans
la Lettre qui concerne la Litterature des
Mahometans et celle des Turcs en particulier
, que vous avez lue dans le Mercure
de Septembre 1732. ajoûtant que
vous attendez ma réponse pour me développer
les Reflexions que vous avez
faites là-dessus et que dès à présent, c'està-
dire , sans attendre ma Réponse , vous
êtes dans le Préjugé general que les Turcs
sont d'une ignorance crasse ,
très- peu
curieux d'en sortir , &c.
Je vous dirai d'abord , Monsieur , que
j'ai écrit très sérieusement sur le sujet en
question , que je ne crois pas avoir rien
exageré et que je n'ai rien avancé sans
autorité , sur quoi je vous renvoye à ma
Lettre même du Mercure , sans préjudice
des autres autoritez que je puis encore
vous alleguer.
J'ajoûterai à cette affirmation que ce
n'est pas mon Voyage du Levant seul
qui m'a détrompé sur la prétendue ignorance
des Turcs ; je suis allé dans l'Orient
presque avec le même Préjugé où
vous êtes aujourd'hui , et que plusieurs
années de séjour n'ont pas encore détruit
chez vous , Préjugé , pour le dire
en passant , qui empêche , qui ôte l'envie
de s'instruire et de parvenir à la découverte
de la verité.
DECEMBRE . 1733. 2827
Mon voyage ne m'a donné là - dessus
qu'une premiere lueur , mais cette lueur
est devenue lumiere et certitude par les
lectures que j'ai faites depuis mon retour
des ouvrages des Mahometans Anciens et
Modernes , qui fe trouvent dans la Bibliotheque
du Roy et ailleurs , et par le
long commerce que j'ai eû avec plusieurs
sçavans d'élite en érudition orientale ,
qui ont passé une partie de leur vie dans
le Levant et qui sont morts à Paris dans
une haute réputation de vertu , et d'amour
pour la verité. Je n'en nommerai
ici que deux , sçavoir.
François Peris de la Croix Parisien
Sécretaire , Interprete du Roy pour les
Langues Orientales , Professeur en Arabe
au Collège Royal , mort sur la fin de
l'année 1713. M. Colbert le fit passer
dans fa jeunesse et séjourner fuccessivement
à Alep , à Hispaham , à Constantinople
, pour apprendre en perfection les
trois principales Langues , l'Histoire , les
Coutumes & c . des Nations du Levant.
Dans son instruction , dont j'ai une copie,
cette habile Ministre lui ordonne de
s'instruire particulierement à l'égard des
Sciences et des Arts cultivez dans ces differens
Pays. M. Petis en rapporta beaucoup
de doctrine Orientale , dequoi il a
?
11, Vol. donné
822 MERCURE DE FRANCE
·
donné des preuves toute sa vie , et plusieurs
Manuscrits utiles , dont il a tra
duit une bonne partie , entre lesquels est
la curieuse Bibliotheque de Hadgi Calfa,
Turc moderne de Constantinople , * qui
feule est capable de détruire le Préjugé
commun de la prétendue ignorance des
Mahometans & c .
Et Antoine Galland de Noyon , de
PAcadémie Royale des Inscriptions et
des Belles Lettres associé à celle des
Ricovrati de Padoue , Antiquaire du Roy,
Professeur en Arabe au Collège Royal ,
mort au mois de Février 1715 Il suivie
le Marquis de Nointel dans fon Ambassade
de Constantinople , dans son voyage
de la Palestine,et dans sa visite des Echelles
du Levant. De retour en France il fit
encore dux voyages à Constantinople
et au Levant par les ordres de M M. Col
* Ce seul Ouvrage peut détromper bien des gens,
et même quelques Sçavans , qui croyent que les
Turcs et autres Mahometans négligent les Sciences ,
trompez par des Voyageurs , qui ne sçackant pas les
Langues , n'ont pas på conferer avec les Sçavans
des l'ays qu'ils ont parcourus . Cette Bibliotheque
est une veritable Encyclopedie de toutes les Sciences
et de tous les Arts chez les Orientaux . Préface de
P'Histoire de Tamerlan , traduite du Persan pat
M. Peus de la Croix, et donnée au Public après
sa mort. 4. vol. 1 12. Paris 1722.
11. Vol. bert
DECEMBRE . 1733. 2823
1
bert er de Louvois , pour la recherche
des Medalles et des Manuscrits . ce qui
acheva de le perf.ctionner dans l'intelligence
des Langues , et dans la connoissance
de l'Histoire et de tout ce qui concerne
les Orientaux . Il étoit d'ailleurs bon
Critique , excellent Antiquaire et naturellement
Philofophe. Il a composé plusieurs
Ouvrages , dont quelques uns ont
été imprimez. De ses Manuscrits ceux
qui regardent l'Orient ont passé dans la
Bibliotheque du Roy. On lui doit l'Edition
de la Bibliotheque Crientale de
M. d'He belot , faite à Paris en 1697 ,
grand in fol.de 106 pag. et la belle Préface
qui est à la tête . a Preface dont la
(a) On fait quelque grace aux Arabes , et ils
passent pour avoir autrefois cult vé les Sciences aves
grande application. On attribue de la politesse aux
Per ans et on leur rend justice .Mais , par leur nom
seul , les Turcs sont tellement décriez , qu'il suffit
ordinairement de les nommer pour signifier une
Nation grossiere , barbare et d'une ignorance achevée
, et sous leur nom on entend parler de ceux qui
sont sous la domination de l'Empire Ottoman . Cependant
on leur fait injustice ; car sans s'arréter à
Les justifier ici de barbarie et de grossiereté , ce qui
demanderoit un détail .... On peut dire à l'égard
de l'ignorance , qu'ils ne cedent ni aux Arabės ni
aux Iersans dans les Sciences et dans les Belles- Lettrer
, communes à ces trois at.ons , et qu'ils les
cultivent presque dès le commencement de lcur Em-
II. Vol.
scule
2824 ME RCURE DE FRANCE
seule lecture est capable de détruire l'erreur
des Européens qui excluent la cul
ture des Sciences et des beaux Arts de
tout le Mahométisme.
Je pourrois , Monsieur , m'en tenir à
ces autoritez , persuadé qu'elles sont plus
que suffisantes pour confirmer tout ce
que j'ai avancé dans ma premiere Lettres
mais je ne puis omettre un troisiéme Témoin
qui se presente icy bien naturelle.
ment ; Témoin illustre et des plus recevables
sur le sujet qui est en question ;
c'est le fameux Comte de Marsigli, dort
on vient de publier un bel Ouvrage sur
l'Etat (a ) Militaire de l'Empire Ottoman ,
& c.
Ce Seigneur vint à Constantinople avec
pire. La Bibliotheque Orientale en fait foi, et observe
dans leur Histoire une suite continuelle de Docteurs
de leur Religion et de leur Loy , très fameux et
très estimez parmi eux , tant pa . leur Doctrine que
par leurs Ecrits. Ils ont aussi des Historiens trèscelebres
e: très - exacts des Actions de leurs Sultans ,
et on peut compter comme une marque de la délicatesse
de leur esprit le nombre considerable de leurs
Poëtes , qui montoit à 590. vers la fin du siecle
passé , & c. A. Galland , dans son Discours pour
servir de Préface à la Bibliotheque Orientale de
B. d'Herbelot.
(a ) STATO MILITARE dell' Imperio Ottomano
, &c. 1. vol . fol. A la Haye et à Amsterdam
1732.
11. Vol.
DECEM DK E. 1733. 2825
an Ambassadeur de la République de
Venise , n'étant encore âgé que de vingt
ans , dans le dessein de s'instruire à fond,
principalement sur le sujet que je viens
que
de dire , rempli auparavant des préjugez
ordinaires , & c . Il servit ensuite l'Empereur
dans les Guerres de Hongrie . Pris
par les Tartares,qui le vendirent au Pacha
de Témiswar , &c. il sçut mettre à profit
son infortune , pour acquerir toutes les
connoissances qui lui manquoient. Après
avoir recouvré sa liberté , il reprit ses
Emplois dans l'Armée Impériale , et il les
conserva jusqu'à la Paix de Carlowits
à laquelle il servit même utilement ; et ,
après la Paix il fut établi Commissaire
Général pour le Reglement des Limites.
Dans l'Ouvrage qui vient de paroître ,
où il ne s'agit rien moins que de Science
et de Litterature , l'Auteur n'a pû
s'empêcher de rendre là - dessus un témoignage
à la verité. Après avoir dépeint
les Turcs , qu'il dégrade tant qu'il
peut , indolens , mous , oisifs , sur tout
les Asiatiques , n'agissant que par nécessité
, &c. il se récrie contre nos préjugez
sur le point de leurs Etudes. Il par
fe de Constantinople et des autres grandes
Villes , » comme étant remplies de
Personnes instruites dans le Mahome-
II. Vol. Ꭰ tisme
2020 TRANCE
» tisme , qui sçavent au moins les trois
» Langues , le Turc , le Persan et l'A-
» rabe : Esprits cultivez en plus d'un gen-
» re de Litterature , Poëtes délicats , His-
» toriens polis , mais d'une exactitude ,
» scrupuleuse , et par là un peu ennuyeuxs
Dialecticiens subtils , Moralistes pro-
» fonds , Géomêtres , Astronomes , Géographes
, et par dessus tout grands Alchymistes
; ce qu'il a été en état , de :
» prouver par un Catalogue de plus de
» 86000 Ecrivains du dernier siécle , re
>> cueillis dans sa Bibliotheque de Boulogne
, et dont il à fourni une Copie:
» pour celle du Vatican . Si les Turcs
n'impriment pas , ce n'est pas , dit il ,
» qu'il ne leur soit libre de le faire ; leur
» motif est de ne pas empêcher une mul-
>> titude innombrable de Copistes de ga
» gner leur vie. On en comptoit 90009
>> pendant son séjour à Constantinople..
» Une autre sorte d'Etude , selon le mê
» me Auteur , c'est que nul Gouverne,
ment au monde n'est plus appliqué et
plus ponctuel que le Gouvernement
Turc , pour conserver des Registres
A
* Le Comte de Marsigli est de Boulogne , et y a
fondé une Académie . Il est des Académies Royales
des Sciences de Paris et de Montpellier , et de la
Societé Royale de Londres,
II. Vol exacts
DECEM DN E. 1733• 2027
exacts en tout ce qui regarde les Trai-,
a tez avec les Puissances Etrangeres , le..
» Domaine , le Cérémonial , l'Expédi
tion des Ordres , celles des Arrêts ou
Ordonnances et Commandemens ; l'E-
>> tat des Officiers en service , et singulie
☐rement les Finances.
Au reste , Monsieur , je vous connois
un si bon esprit , tant d'amour et de vénération
pour la vérité , pour me servir
de vos termes sur ce sujet , que je ne désespere
pas de vous voir changer un jour
de sentiment , sur tout si vous voulez
vous donner la peine d'apprendre seulement
le Turc , qui n'est pas une Langue
fort difficile, et dans laquelle je vous crois
déja initié;cela vous mettroit en état d'entrer
plus souvent dans cette grande Ville,
de laquelle vous êtes peut - être autant separé
par le préjugé , que par un petit bras
de Mer , et de vous instruire par vousmême
, en conferant avec les Gens de Lettres
, & c. Je ne doute pas que vous
in'ayez trouvé des Turcs d'une ignorance
crasse , et comme vous dites , tres- peu
curieux d'en sortir ; mais ce n'est pas
assez pour affirmet la même chose de
toute la Nation . Où ne trouve- t-on pas
dans l'Europe même , de la rusticité et de
l'ignorance ? On trouve aussi du goûr
II. Vol. Dij de
2808 MENCURE
de la Politesse , et de l'Erudition , quand
rien n'empêche d'en chercher. Mais en
voilà asez sur ce sujet.
Rien n'est plus sensé et plus dans le
vrai que ce que vous me dites , Monsieur,
sur l'impropriété du mot de Sophi , par
lequel les Ecrivains Européens , suivis en
dernier lieu par le a P. du Cerceau , désignent
le Roy de Perse. Vous convenez
qu'à ne consulter que la raison , cette
expression est tout- à fait vicieuse , comme
je l'ai prouvé dans un article de mes
Lettres , auquel votre politesse donne le
nom de Dissertation. La verité est qu'on
n'a point encore décidé dans les formes
que ce terme doive être proscrit parmi
ceux qui se piquent de parler correcte
ment mais en attendant cette décision ,
et malgré la continuation du mauvais
usage par des Ecrivains mal instruits , ou
entêtez , ibn'est pas moins certain qu'on
-he prescrit jamais contre la vérité et contre
la raison , et qu'il est toujours temps
de reclamer en leur faveur. L'usage ,j'en
-conviens ; décide le plus souvent en fait
de langue , au préjudice du bon sens et
des régles, mais c'est quand il ne s'agit
précisément que de la Grammaire. Icy il
( a ) Hissoire de la derniere Révolution de Perse
2 vol . in 12. Paris. 1728,
M. Vel.
s'agie
DECEMBRE . 1733. 2829
s'agit d'un point d'Histoire et de Critique.
J'espere m'étendre davantage sur
ce sujet dans un Ecrit que je prépare , et
qui soutiendra peut- être le titre que vous
voulez bien lui donner par avance .
J'ai enfin reçu depuis peu le beau Jusdam
, ou le Porte Lettres de fabrique
Turque , que vous m'aviez annoncé, orné
d'une broderie parlante ; et si cela se
peut dire , bien obligeante de la part de
ceux qui me font l'honneur de me l'envoyer.
Ils devoient en envoyer aussi l'interprétation
; car je ne sçai si nous aurons
bien réussi à expliquer les deux Vers Persans
qui sont si artistement brodez dessus.
C'est ce que vous pourrez faire examiner
par vos Experts . Voici comment
on a lû et interpreté icy cette galanterie
orientale.
Djah toй hemtchou ni i met ferdaous bi zevăl ,
Felicitas tua sicut gratia Paradisi sine defectu
Umr toй hemtchou middet eflāk bi chumăr,
Atas tua sicut spatium sæculorum sine numero.
On s'est servi de la Langue latine pour
mieux rendre l'original Persan , auquel
les Vers suivans , ajoutez par l'Autheur
ême de la Traduction , pourront servir
de Paraphrase :
II. Vol. Djij N...
2830 MERCURE DE FRANCE
N... qu'un bonheur durable
Soit compagnon de tes travaux ,
Qu'il soit exempt de tous les maux ,
Qu'aux biens du ciel il soit semblable.
Que des jours longs et gracieux
Rendenr ton sort digne d'envie ,
Que le terme du cours des Cieux
Soit aussi celui de ta vie.
J'ai reçu presque en même- tems et da
-même Païs , une très- belle Cornaline ,
qui à, sans doute, servi de Cachet à quelque
dévot Musulman de distinction , car
on y lit ces mots Arabes , tres-bien gravez
en caracteres Persans : Mazhar ila
faiz Aichay , c'est- à-dire , protegé par les
faveurs d'Aichay.
Aichay ou Aischah est une Personne
des plus respectables du Mahométisme
en qualité de troisiéme Femme de Mahomet
, et de Fille d'Abdallah , surnommé
depuis a Abubekre ou Pere de la Pudelle
, parce qu'à son exception , ce faux
Prophete n'a épousé que des Veuves . S'il
y a jamais eu des Héroïnes et des Femmes
sçavantes chez les Musulmans , cel
(a ) Abubckre , successeur immédiat de Mabomet
, et le premier des Califes.
11. Kola
k.
DECEMBRÉ . 1933 . 2831
le-cy doit être considérée comme la plus
celebre et la plus ancienne. Son autorité
dans la Religion fut grande de tout tems
parmi les Sunnites , ou les Orthodoxes
pour avoir retenu et transmis ce grand.
nombre de Paroles prétendues Remarquables
de Mahomet , et de Traditions ,
qui ont fait depuis un corps de Doctrine
appellé la Sunna. Aischah par cette raison
est souvent qualifiée de Nabiah ơs
de Prophétesse , et de Seddika , ou de témoin
fidele et authentique. Ils l'appel
lent aussi la Mere des Fidelles .
Sa renommée n'est gueres moins grande
dans l'Histoire du côté de la Politique
et du Gouvernement , et par la valeur
qu'elle fit enfin paroître à la fatale journée
du (a ) Chameau, dans la Bataille qu'elle
donna contre l'Armée d'Ali , pour vanger
la mort du Kalife - Othman , donnant
par sa présence et par son exemple le
mouvement et le courage à ses Troupes.
Bataille sanglante dans laquelle il y eut
près de zo mille Arabes de tuez sur la
place ; qu'elle perdit cependant avec sa
: ( a ) Ainsi nommée par les Historiens , à cause
du Chameau que montoit Aischah , lequel on ne
put jamais arrêter dans la mêlée , qu'en lui coupant
les Jarrets , ce qui donna lieu à la prise de la
Princesse , et à la déroute de son armée , c. )
II. Vol. D iiij.li2832
MERCURE DE FRANCE
liberté. Ali la lui rendit depuis , en la
renvoyant à Médine, où elle mourut l'an
58 de l'Hégire (a) , c'est à.dire fort âgée,
et fut inhumée auprès de Mahomet son
Epoux.
Je vous envoye avec plaisir, le Plan de
la Principale Face de la Mosquée de sainte
Sophie de Constantinople , gravé icy
par le Sr Surugue , Graveur du Roy , à
l'occasion duquel on a fait en peu de
mots la Description et l'Histoire de ce
fameux Temple, dans le II.Vol.du Mercure
de Juin 1732. Cette Description a
donné lieu à une Critique . M. A .. . de
Marseille , qui a séjourné à Constantinople
, soutient que l'eau de la Mer entre
dans les voutes souterraines , sur les
quelles tout l'Edifice est bâti , et qu'on
peut y aller en Batteau ; circonstance
qu'il ne falloit pas , dit-il , omettre dans
cette Description ; promettant de don
ner là-dessus un Ecrit , qu'il ne donne ce
pendant point.
J'admire , Monsieur , votre complaisance
, laquelle , quoique persuadé du
contraire , par la haute situation où se
trouve cette Mosquée , et par son grand
éloignement du Niveau de la Mer , vous
a porté à vouloir éclaircir ce fait extraor
(a ) 677 de JESUS -CHRIS T.
1x 11. Vol.
diDECEMBRE.
1733. 2833
'dinaire. Cet article de votre Lettre est
réjouissant ; il me semble vor ce vieux
Officier de la Mosquée , chargé du soin
de conduire par tout les Etrangers de
distinction , que vous avez consulté,douter
d'abord , si on lui parloit sérieusement
, puis hausser les épaules , éclater
de rire , et enfin après avoir repris son
sérieux , et bien promené sa main sur sa
barbe , vous assurer gravement qu'il n'y
avoit point d'autre Eau sous Sainte Sophie
, que celle d'une Citerne tres - spacieuse
, d'où on la tire pour l'usage des
Gens attachez au service de la Mosquée ,
par un Puits , dont l'ouverture est dans
le Temple même , et que le reste de ces
Voutes souterraines est divisé en plusieurs
Magazins remplis de Munitions de
Guerre , &c. Cet article mérite d'être
communiqué à M. A... si ses autres Mémoires
sur Constantinople ne sont pas
plus exacts , on ne lui conseille pas de les
mettre au jour.
Au reste j'ai été ravi de voir confirmer
par votre Officier de Sainte Sophie , tout
ce que Guillaume-Joseph Grelor, fameux
Ingénieur François , avoit déja dit de
Eaux souterraines de cette Mosquée
presque dans les mêmes termes , en mar
quant dans ses Plans , la Place précise
II. Vol Dv P
2834 MERCURE DE FRANCE
Puits , de la Citerne , des dégrez pour
descendre aux différens Robiners , & c,
Ce qui marque la grande exactitude de
ce Voyageur , envoyé exprès dans le Levant
par le feu Roy , et dont nous avons
un excellent Ouvrage sur Constantino
ple. Je suis , Monsieur , & c.
A Paris , ce fuillet 1733 .
Fermer
Résumé : SECONDE Lettre de M. D. L. R. sur la Litterature des Mahometans, et sur celle des Turcs en particulier.
La lettre de M. D. L. R., datée de 1732, répond à une missive reçue de Constantinople le 30 mars 1732, qui interrogeait la véracité de ses propos sur la littérature des Mahometans et des Turcs, publiés dans le Mercure de Septembre 1732. L'auteur affirme avoir écrit sérieusement et sans exagération, s'appuyant sur des autorités et ses propres lectures. Il mentionne que son voyage au Levant et ses lectures des ouvrages orientaux, ainsi que ses échanges avec des savants comme François Pétis de la Croix et Antoine Galland, l'ont détrompé sur l'ignorance supposée des Turcs. Ces savants ont rapporté des connaissances orientales et des manuscrits précieux, comme la Bibliothèque de Hadji Calfa, qui démontre la culture scientifique et artistique des Orientaux. L'auteur cite également le Comte de Marsigli, dont l'ouvrage sur l'État militaire de l'Empire Ottoman atteste de la culture et des études des Turcs. Il encourage son correspondant à apprendre le turc pour se rendre compte par lui-même de la richesse littéraire et scientifique de cette nation. La lettre se termine par une discussion sur l'impropriété du terme 'Sophi' pour désigner le roi de Perse et l'annonce de la réception d'un porte-lettres turc brodé. Le texte traite également de divers sujets historiques et culturels. Il commence par une traduction en vers français d'un texte persan souhaitant un bonheur durable et exempt de maux. Il mentionne une cornaline gravée en caractères persans, appartenant à un dévot musulman, avec l'inscription 'Mazhar ila faiz Aichay', signifiant 'protégé par les faveurs d'Aichay'. Aichay, ou Aïcha, est identifiée comme la troisième femme de Mahomet et la fille d'Abdallah, surnommé Abou Bakr. Elle est respectée pour son savoir et son rôle dans la transmission des paroles de Mahomet, ce qui lui vaut le titre de 'Mère des Fidèles'. Aïcha est également célèbre pour son intervention dans la bataille du Chameau contre l'armée d'Ali, après l'assassinat du calife Othman. Elle fut capturée et plus tard libérée par Ali, retournant à Médine où elle mourut à un âge avancé. Le texte aborde également la mosquée Sainte-Sophie à Constantinople, en mentionnant une critique de M. A... de Marseille, qui affirme que l'eau de la mer pénètre dans les voûtes souterraines de la mosquée. Cette affirmation est contestée par un officier de la mosquée et confirmée par les observations de Guillaume-Joseph Grelot, un ingénieur français. Le texte se termine par une confirmation de l'exactitude des descriptions de Grelot concernant les eaux souterraines et les installations de la mosquée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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130
p. 180-182
Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet un Mandement, dont voici la teneur. [...]
Mots clefs :
Paix, Archevêque, Mandement, Paris, Roi, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
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Résumé : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12 janvier 1734, l'Archevêque de Paris, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, a publié un mandement célébrant la prise du Château de Milan. Ce succès est attribué à la Providence divine plutôt qu'aux efforts humains. Le Roi exprime sa gratitude envers Dieu et son désir de paix, malgré les victoires militaires. L'Archevêque appelle les fidèles à reconnaître les bienfaits de Dieu et à prier pour une paix rapide. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine le 14 janvier et dans toutes les églises du diocèse le dimanche suivant la réception du mandement. Les archiprêtres et les doyens ruraux doivent notifier ce mandement à tous les ecclésiastiques et communautés religieuses pour assurer son observation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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131
p. 188-195
MORTS[,] NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Le nommé Nicolas-François Petit, Gagne deniers, mourut à Paris, ruë [...]
Mots clefs :
Dame, Âge, Seigneur, Maison, Paris, Roi, Mestre de camp de cavalerie, Parlement de Metz, Thomas Honoré de Francini, Louis-Christophe de La Rochefoucauld de Lascaris, Bernard du Mas de La Vergne, Armand François de Bretagne, Louise de Montguillon, William Stafford-Howard, Joseph Hyacinthe de Kersulguen, Marie Hélène Moreau de Séchelles
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texteReconnaissance textuelle : MORTS[,] NAISSANCES, et Mariages.
MORTS NAISSANCES
311
et Mariages.
E nommé Nicolas - François Petit
Gagne deniers ,mourut à Paris , rue
Cadet , le 2. Novembre 1733. dans la
centiéme année de son âge , et fit inhumé
dans le cimetiere de S. Joseph , annexe
de la Paroisse S. Eustache,
M. Thomas Honoré de Francini , Prê
tre- Docteur en Theologie de la Faculté de
Paris , de la Maison Royale de Navarre
et Doyen de la même Faculté , mourut le
5. Janvier 1734 au College de Boncours ,
dans la 78. année de son âge. Son corps
fût transporté à S. Germain en Laye pour
être inhumé dans l'Eglise des Recollets Y
lieu de la sépulture de sa famille , qui est
originaire de la Ville de Florence , et com
prise au nombre de celles qui étoient admises
aux dignitez de la République dès
l'an 1318. Elle vint s'établir en France
sous le regne de Henry IV. et fut naturalisée
en 1500. Jean Nicolas de Francini,
ancien Maître d'Hôtel du Roy qui
avoit épousé en 1684. Magdelaine Catherine
de Lully , morte en 1703. fille du
celebre Jean- Baptiste Lulli , est de cette
>
famille.
JANVIER. 1734. 189
famille. Francini porte d'Azur à une main
gantelée d'argent mouvante du flanc seneftre
de l'Ecu , tenant une pomme de pin d'or surmontée
d'une étoile de même , & accompagnée
de trois fleurs de Lys d'or, deux en chef
une en pointe.
Louis- Christophe de la Rochefoucaud
de Lascaris , Marquis d'Urfé , Grand Bailly
du Pays et Comté de Forez , Mestre de
Camp de Cavalerie , mourut le 7. Janvier
près de Tortonne dans le Milanez , dans
la trentiéme année de son âge . Il étoit fils
aîné de Jean Antoine de la Rochefou
caud , Marquis de Langheac , & c. et
de Dame Marie-Therese de Guerin de Lugeac.
Il avoit succedé aux biens de la Maison
d'Urfé en vertu d'anciennes substitutions
, par la mort de Joseph Marie de
Lascaris , Marquis d'Urfé , le dernier de
cette illustre Maison , arrivé le 13. Octobre
1724. celui qui vient de mourir avoit
été marié le 11. Septembre 1724. avec.
Dame Jeanne Camus de Pontcarré , fille
de Nicolas- Pierre Camus , Seigneur de
Pontcarré Premier Président du Parlement
de Normandie , et de feuë Dame
Marie -Michelle de Bragelongne sa scconde
femme . Il en a laissé des enfans.
Bernard du Mas de la Vergne , Maréchal
190 MERCURE DE FRANCE
chal des Logis de la premiere Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du Roy ,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de S. Louis , mourut le 16. Janvier
âgé d'environ 76. ans Il avoit été marié
le 30. Avril 1697. avec Anne Geneviève
Portier , fille de François Portier , Ecuyer
sieur de Compiegne et de Maillezais , Secretaire
des Commandemens , et Intendant
des Maisons et affaires du Duc de
Longueville , et de Catherine Cantot.
Armand François de Bretagne , premier
Baron de Bretagne , Baron d'Avangour ,
Comte de Vertus et de Goello , &c. Maréchal
des Camps et Armées du Roy ,
Chevalier de S. Louis , mourut à Paris le
12. Janvier , âgé de 52. ans . Il avoit été
successivement Guidon et Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde dur
Roy . Il n'a point été marié , laissant seulement
un frere et une soeur , qui sont
Henry François de Bretagne , Colonel
d'Infanterie , qu'il a institué son légataire
universel , et Dame Marie-Claire - Geneviéve
de Bretagne , veuve de Charles Roger
, Prince de Courtenay , mort en
1730.
Dame Louise de Montguillon , veuve
en premieres nôces d'Alexandre leMazier,
Auditeur en la Chambre des Comtes ; et
en
JANVIER 1734 191
en secondes de Claude- Auguste Vitart de
Passy , Ecuyer , Seigneur de Barzy , Capitaine
de Dragons , mourut le 14. Janvier
dans un âge avancé , laissant des enfans
de ses deux mariages.
M. Pierre Renard , Prêtre Superieur de
la Maison et Hôpital Royal de la Trinité
à Paris , mourut le même jour 14. âgé de
85. ans.
Dame Marie Angelique Cadeau , veuve
de Guillaume Fremin , Comte de Moras,
et Président à Mortier au Parlement de
Metz , mourut le 16. âgée de 87. ans . Elle
a laissé pour fille unique Marie Angelique
Fremin de Moras , qui a été mariée
le 17. Décembre 1709. avec Louis Antoine
de Brancas , Duc de Villars , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roy' ,
& c.
Guillaume Stafford Howard , Comte
de Stafford , Pair de la Grande Bretagne ,
mourut le 18. Janvier en la Maison des
Religieuses Chanoinesses Angloises , ruë
des Fossez S. Victor , d'une apoplexie
dont il fût attaqué étant à la grille . Il
étoit âgé d'environ 49. ans. Ses obseques
ont été celebrées le 20. dans l'Eglise Paroissiale
de S. Nicolas du Chardonnet ,
et il a été inhumé dans l'Eglise des mêmes
Chanoinesses Angloises, La Maison Howard
192 MERCURE DE FRANCE
ward est une des plus anciennes et des
plus illustres d'Angleterre. Guillaume
Howard , ayeul de celui qui vient de
mourir , étoit cadet des Ducs de Norfolck
, Aînez de toute la Maison Howard,
qui est fort nombreuse. Il prit le nom de
Stafford ; dont il avoit épousé l'heritiere.
Ce Seigneur , qui avoit embrassé la Religion
Catholique , ayant été accusé faussement
par deux scelerats de tremper dans
une prétendue conspiration des Catholiques
contre le Roy Charles II. eût la tête
tranchée à Londres le 8. Janvier 1681 .
à l'âge de 70. ans . Son fils , pere de celui
qui donne lieu à cet article , avoit suivi la
fortune du Roy Jacques II . en France , et
faisoit aussi profession de la Religion Catholique.
>
Charles de Creil , ancien Capitaine de
Cavalerie , ci devant Gentilhomme ordinaire
de la Maison du Roy , mourut le
24. Janvier âgé de 68. ans . Il étoit Fils de
feu Pierre de Creil , Seigneur de Grand-
Mesnil , Maître ordinaire en la Chambre
des Comtes , et de Jeanne Crié sa seconde
femme .
On apprend de Bretagne que Messirǝ
Jofeph- Hyacinte de Kersulguen , Chevalier
Seigneur , Marquis de Klorec , mourut le
19. de ce mois , en son Chasteau de Chefdu-
Bois
JANVIER 1734 193
du- Bois , où il avoit fixé depuis long- tems
sa demeure , mais où il ne s'est pas moins
rendu utile aux interêts du Roy , qu'à ceux
de sa Province ; tous les Officiers Generaux
qu'il recevoit chez lui avec une magnificence
et une noblesse qui l'auroient
distingué à la Cour , l'honoroient de leur
confiance et de leur amitié , et abandon
noient entierement à sa prudence ce qu'ils
ne pouvoient ou connoître ou executer
par eux mêmes , et l'associoient toûjours
à leur conseil . Il fut sur tout l'ami intime
du feu Maréchal de Vauban .
Egalement estimé de la Noblesse de
Bretagne , et connu par son zele pour les
interêts de la Province. Il fût élu deux
fois d'une voix unanime Président de
l'Assemblée des Etats de 1731. en l'absen
ce du Duc de la Tremouille .
Outre un esprit élevé , pénétrant , vif
plein d'un enjoüement noble et délicat ; il
possedoit à un si haut dégré le don de la
parole , qu'on le regardoit comme l'oracle
de la Province. Le caractere de son
coeur honoroit encore les qualitez supé
rieures de son esprit. Il alloit au- levant de
tous lei démêlez . Il calmoit toutes les querelles
, et la décision de tous les interêts
lui étoit confiée , sans que qui que ce soit.
ait jamais été tenté d'en appeller à un autie
Tribunal. Sa
194 MERCURE DE FRANCE.
ne
Sa tendresse pour les
pauvres , et sur
tout , pour les pauvres de ses terres ,
peut être mieux publiée que par les larmes
qu'ils ont répandues à sa mort ; moment
qu'il a rendu précieux aux hommes
et aux yeux de Dieu , par les sentimens
de religion , de paix , et de tranquillité ,
que le témoignage seul de la bonne conscience
peut donner.
,
Il laissa deux fils , l'aisné aujourd'hui
Marquis de Klorec , que la longue interruption
de la guerre où il s'étoit distingué
dans le service de la Marine , a fixé à la
tête de sa famille , et le Chevalier de
Klorec , Lieutenant de Vais eaux , fort
connu par ses services et son mérit . personnel
, l'un et l'autre Chevaliers de Saint
Louis .
Cet illustre Mort étoit de la Maison
de Kersulguen , l'une des plus anciennes
Maisons de Bretagne , et alliée de tout
tems à ce qu'il y a de plus considerable.
Jamais homme ne fut plus aimé
pendant sa vie , ni plus regretté après sa
mort.
Dame Marie-Helene Moreau de Se
chelles , épouse de M. René Herault
Chevalier , Seigneur de Fontaine- Labbé,
et de Vaucresson , Conseiller d'Etat , et
Lieutenant
JANVIER 1734. 195
> Lieutenant General de Police de la Ville
Prévôté et Vicomté de Paris , mariez le
30. Décembre 1732., accoucha le 23. Janvier
d'un fils , son premier enfant ,
quifut
nommé Jean René , ayant été tenu șur
les Fonts par M. Jean Moreau , Cheva
lier , Seigneur de Sechelles , Maistre des
Requestes , et Intendant du Haynault ,
son ayeul maternel , et par Dame Jeanne-
Charlotte Guillard , veuve de Louis Herault
, Seigneur d'Epone , et Mazieres , da
grande belle-mere paternelle.
Guy de Chartraire , Seigneur de Rugny
, de Montreal , & c. fils d'Emilien de
Chartraire de Romilly , Conseiller honofaire
au Parlement de Metz , et de Dame
Jeanne- Marie Girard , épousa le 20. Janvier
Dame Marie- Reine Chauvelin , fille
de M. Chauvelin , Seigneur de Beausejour
, &c. Conseiller d'Etat , et de Dame
Catherine Martin .
311
et Mariages.
E nommé Nicolas - François Petit
Gagne deniers ,mourut à Paris , rue
Cadet , le 2. Novembre 1733. dans la
centiéme année de son âge , et fit inhumé
dans le cimetiere de S. Joseph , annexe
de la Paroisse S. Eustache,
M. Thomas Honoré de Francini , Prê
tre- Docteur en Theologie de la Faculté de
Paris , de la Maison Royale de Navarre
et Doyen de la même Faculté , mourut le
5. Janvier 1734 au College de Boncours ,
dans la 78. année de son âge. Son corps
fût transporté à S. Germain en Laye pour
être inhumé dans l'Eglise des Recollets Y
lieu de la sépulture de sa famille , qui est
originaire de la Ville de Florence , et com
prise au nombre de celles qui étoient admises
aux dignitez de la République dès
l'an 1318. Elle vint s'établir en France
sous le regne de Henry IV. et fut naturalisée
en 1500. Jean Nicolas de Francini,
ancien Maître d'Hôtel du Roy qui
avoit épousé en 1684. Magdelaine Catherine
de Lully , morte en 1703. fille du
celebre Jean- Baptiste Lulli , est de cette
>
famille.
JANVIER. 1734. 189
famille. Francini porte d'Azur à une main
gantelée d'argent mouvante du flanc seneftre
de l'Ecu , tenant une pomme de pin d'or surmontée
d'une étoile de même , & accompagnée
de trois fleurs de Lys d'or, deux en chef
une en pointe.
Louis- Christophe de la Rochefoucaud
de Lascaris , Marquis d'Urfé , Grand Bailly
du Pays et Comté de Forez , Mestre de
Camp de Cavalerie , mourut le 7. Janvier
près de Tortonne dans le Milanez , dans
la trentiéme année de son âge . Il étoit fils
aîné de Jean Antoine de la Rochefou
caud , Marquis de Langheac , & c. et
de Dame Marie-Therese de Guerin de Lugeac.
Il avoit succedé aux biens de la Maison
d'Urfé en vertu d'anciennes substitutions
, par la mort de Joseph Marie de
Lascaris , Marquis d'Urfé , le dernier de
cette illustre Maison , arrivé le 13. Octobre
1724. celui qui vient de mourir avoit
été marié le 11. Septembre 1724. avec.
Dame Jeanne Camus de Pontcarré , fille
de Nicolas- Pierre Camus , Seigneur de
Pontcarré Premier Président du Parlement
de Normandie , et de feuë Dame
Marie -Michelle de Bragelongne sa scconde
femme . Il en a laissé des enfans.
Bernard du Mas de la Vergne , Maréchal
190 MERCURE DE FRANCE
chal des Logis de la premiere Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du Roy ,
Mestre de Camp de Cavalerie , et Chevalier
de S. Louis , mourut le 16. Janvier
âgé d'environ 76. ans Il avoit été marié
le 30. Avril 1697. avec Anne Geneviève
Portier , fille de François Portier , Ecuyer
sieur de Compiegne et de Maillezais , Secretaire
des Commandemens , et Intendant
des Maisons et affaires du Duc de
Longueville , et de Catherine Cantot.
Armand François de Bretagne , premier
Baron de Bretagne , Baron d'Avangour ,
Comte de Vertus et de Goello , &c. Maréchal
des Camps et Armées du Roy ,
Chevalier de S. Louis , mourut à Paris le
12. Janvier , âgé de 52. ans . Il avoit été
successivement Guidon et Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de la Garde dur
Roy . Il n'a point été marié , laissant seulement
un frere et une soeur , qui sont
Henry François de Bretagne , Colonel
d'Infanterie , qu'il a institué son légataire
universel , et Dame Marie-Claire - Geneviéve
de Bretagne , veuve de Charles Roger
, Prince de Courtenay , mort en
1730.
Dame Louise de Montguillon , veuve
en premieres nôces d'Alexandre leMazier,
Auditeur en la Chambre des Comtes ; et
en
JANVIER 1734 191
en secondes de Claude- Auguste Vitart de
Passy , Ecuyer , Seigneur de Barzy , Capitaine
de Dragons , mourut le 14. Janvier
dans un âge avancé , laissant des enfans
de ses deux mariages.
M. Pierre Renard , Prêtre Superieur de
la Maison et Hôpital Royal de la Trinité
à Paris , mourut le même jour 14. âgé de
85. ans.
Dame Marie Angelique Cadeau , veuve
de Guillaume Fremin , Comte de Moras,
et Président à Mortier au Parlement de
Metz , mourut le 16. âgée de 87. ans . Elle
a laissé pour fille unique Marie Angelique
Fremin de Moras , qui a été mariée
le 17. Décembre 1709. avec Louis Antoine
de Brancas , Duc de Villars , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roy' ,
& c.
Guillaume Stafford Howard , Comte
de Stafford , Pair de la Grande Bretagne ,
mourut le 18. Janvier en la Maison des
Religieuses Chanoinesses Angloises , ruë
des Fossez S. Victor , d'une apoplexie
dont il fût attaqué étant à la grille . Il
étoit âgé d'environ 49. ans. Ses obseques
ont été celebrées le 20. dans l'Eglise Paroissiale
de S. Nicolas du Chardonnet ,
et il a été inhumé dans l'Eglise des mêmes
Chanoinesses Angloises, La Maison Howard
192 MERCURE DE FRANCE
ward est une des plus anciennes et des
plus illustres d'Angleterre. Guillaume
Howard , ayeul de celui qui vient de
mourir , étoit cadet des Ducs de Norfolck
, Aînez de toute la Maison Howard,
qui est fort nombreuse. Il prit le nom de
Stafford ; dont il avoit épousé l'heritiere.
Ce Seigneur , qui avoit embrassé la Religion
Catholique , ayant été accusé faussement
par deux scelerats de tremper dans
une prétendue conspiration des Catholiques
contre le Roy Charles II. eût la tête
tranchée à Londres le 8. Janvier 1681 .
à l'âge de 70. ans . Son fils , pere de celui
qui donne lieu à cet article , avoit suivi la
fortune du Roy Jacques II . en France , et
faisoit aussi profession de la Religion Catholique.
>
Charles de Creil , ancien Capitaine de
Cavalerie , ci devant Gentilhomme ordinaire
de la Maison du Roy , mourut le
24. Janvier âgé de 68. ans . Il étoit Fils de
feu Pierre de Creil , Seigneur de Grand-
Mesnil , Maître ordinaire en la Chambre
des Comtes , et de Jeanne Crié sa seconde
femme .
On apprend de Bretagne que Messirǝ
Jofeph- Hyacinte de Kersulguen , Chevalier
Seigneur , Marquis de Klorec , mourut le
19. de ce mois , en son Chasteau de Chefdu-
Bois
JANVIER 1734 193
du- Bois , où il avoit fixé depuis long- tems
sa demeure , mais où il ne s'est pas moins
rendu utile aux interêts du Roy , qu'à ceux
de sa Province ; tous les Officiers Generaux
qu'il recevoit chez lui avec une magnificence
et une noblesse qui l'auroient
distingué à la Cour , l'honoroient de leur
confiance et de leur amitié , et abandon
noient entierement à sa prudence ce qu'ils
ne pouvoient ou connoître ou executer
par eux mêmes , et l'associoient toûjours
à leur conseil . Il fut sur tout l'ami intime
du feu Maréchal de Vauban .
Egalement estimé de la Noblesse de
Bretagne , et connu par son zele pour les
interêts de la Province. Il fût élu deux
fois d'une voix unanime Président de
l'Assemblée des Etats de 1731. en l'absen
ce du Duc de la Tremouille .
Outre un esprit élevé , pénétrant , vif
plein d'un enjoüement noble et délicat ; il
possedoit à un si haut dégré le don de la
parole , qu'on le regardoit comme l'oracle
de la Province. Le caractere de son
coeur honoroit encore les qualitez supé
rieures de son esprit. Il alloit au- levant de
tous lei démêlez . Il calmoit toutes les querelles
, et la décision de tous les interêts
lui étoit confiée , sans que qui que ce soit.
ait jamais été tenté d'en appeller à un autie
Tribunal. Sa
194 MERCURE DE FRANCE.
ne
Sa tendresse pour les
pauvres , et sur
tout , pour les pauvres de ses terres ,
peut être mieux publiée que par les larmes
qu'ils ont répandues à sa mort ; moment
qu'il a rendu précieux aux hommes
et aux yeux de Dieu , par les sentimens
de religion , de paix , et de tranquillité ,
que le témoignage seul de la bonne conscience
peut donner.
,
Il laissa deux fils , l'aisné aujourd'hui
Marquis de Klorec , que la longue interruption
de la guerre où il s'étoit distingué
dans le service de la Marine , a fixé à la
tête de sa famille , et le Chevalier de
Klorec , Lieutenant de Vais eaux , fort
connu par ses services et son mérit . personnel
, l'un et l'autre Chevaliers de Saint
Louis .
Cet illustre Mort étoit de la Maison
de Kersulguen , l'une des plus anciennes
Maisons de Bretagne , et alliée de tout
tems à ce qu'il y a de plus considerable.
Jamais homme ne fut plus aimé
pendant sa vie , ni plus regretté après sa
mort.
Dame Marie-Helene Moreau de Se
chelles , épouse de M. René Herault
Chevalier , Seigneur de Fontaine- Labbé,
et de Vaucresson , Conseiller d'Etat , et
Lieutenant
JANVIER 1734. 195
> Lieutenant General de Police de la Ville
Prévôté et Vicomté de Paris , mariez le
30. Décembre 1732., accoucha le 23. Janvier
d'un fils , son premier enfant ,
quifut
nommé Jean René , ayant été tenu șur
les Fonts par M. Jean Moreau , Cheva
lier , Seigneur de Sechelles , Maistre des
Requestes , et Intendant du Haynault ,
son ayeul maternel , et par Dame Jeanne-
Charlotte Guillard , veuve de Louis Herault
, Seigneur d'Epone , et Mazieres , da
grande belle-mere paternelle.
Guy de Chartraire , Seigneur de Rugny
, de Montreal , & c. fils d'Emilien de
Chartraire de Romilly , Conseiller honofaire
au Parlement de Metz , et de Dame
Jeanne- Marie Girard , épousa le 20. Janvier
Dame Marie- Reine Chauvelin , fille
de M. Chauvelin , Seigneur de Beausejour
, &c. Conseiller d'Etat , et de Dame
Catherine Martin .
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Résumé : MORTS[,] NAISSANCES, et Mariages.
En janvier 1734, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Nicolas-François Petit, âgé de 100 ans, est décédé à Paris et inhumé dans le cimetière de Saint-Joseph. M. Thomas Honoré de Francini, Prêtre et Docteur en Théologie, est mort à 78 ans au Collège de Boncours et inhumé à Saint-Germain-en-Laye. La famille Francini, originaire de Florence, s'était établie en France sous le règne de Henri IV et avait été naturalisée en 1500. Louis-Christophe de La Rochefoucauld de Lascaris, Marquis d'Urfé, est décédé à 30 ans près de Tortonne. Bernard du Mas de La Vergne, Maréchal des Logis des Mousquetaires du Roi, est mort à 76 ans. Armand-François de Bretagne, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédé à 52 ans à Paris. Parmi les autres décès notables, on compte Dame Louise de Montguillon, M. Pierre Renard, Prêtre Supérieur de la Maison de la Trinité, et Dame Marie-Angélique Cadeau, veuve du Comte de Moras. Guillaume Stafford Howard, Comte de Stafford, est mort à 49 ans à Paris. Charles de Creil, ancien Capitaine de Cavalerie, est décédé à 68 ans. Joseph-Hyacinte de Kersulguen, Marquis de Klorec, est mort à 62 ans en Bretagne. Du côté des naissances et mariages, Dame Marie-Hélène Moreau de Séchelles a accouché d'un fils nommé Jean-René le 23 janvier 1734. Guy de Chartraire a épousé Dame Marie-Reine Chauvelin le 20 janvier 1734.
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132
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux . Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS..
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie Francoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux . Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS..
Fermer
Résumé : AVIS.
Le texte décrit la distribution et la réception du 'Mercure', une publication. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure est de trente sols.
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133
p. 244-250
ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
Début :
Joachim le Grand, nâquit à Saint Lo, Diocèse de Coutances, en Basse Normandie, [...]
Mots clefs :
Histoire, Joachim Legrand, Oratoire, Éloge, Abbé, Roi, Paris, Docteur, Succession, Espagne, Mort
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texteReconnaissance textuelle : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
ELOGE Historique de M. l'Abbé le
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
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Résumé : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
L'abbé Joachim le Grand naquit à Saint-Lô, en Basse-Normandie, le 6 février 1653. Il étudia la philosophie à Caen sous la direction de Pierre Cailly et entra dans la Congrégation de l'Oratoire en 1671. Après des études en Belles-Lettres et en Théologie, il se consacra à l'histoire grâce au conseil du Père le Cointe et à l'accès aux manuscrits de la Bibliothèque du Roi. En 1681, il écrivit des éloges pour le Père le Cointe et l'abbé de Maroles, publiés dans le *Journal des Sçavans*. Il fut ensuite chargé de l'éducation du Marquis de Vins et du Duc d'Etrées, tout en poursuivant ses recherches historiques. En 1685, il eut une conférence avec le Docteur Burnet sur l'*Histoire de la Réformation d'Angleterre*, ce qui le conduisit à écrire *Histoire du Divorce d'Henry VIII*. En 1689, il publia trois lettres en réponse aux critiques de Burnet sur son ouvrage. En 1690, il devint secrétaire de l'ambassade en Portugal, puis en Espagne de 1702 à 1704. De retour en France, il fut nommé secrétaire général des Ducs et Pairs de France et travailla aux Affaires Étrangères à partir de 1705. Ses écrits incluent des mémoires sur la succession à la Couronne d'Espagne et des réflexions sur la monarchie. En 1726, il travailla à l'inventaire du Trésor des Chartes et acheva l'*Histoire de Louis XI*. Il publia également des traductions et des ouvrages sur la succession à la Couronne de France. L'abbé le Grand mourut le 1er mai 1733 à l'âge de 80 ans et fut inhumé simplement au cimetière de Saint-Joseph. Il était reconnu pour son honneur, sa probité, sa religion et son érudition en droit public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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134
p. 279-283
ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
Début :
Louis du Four de Longueruë nâquit à Charleville en 1652. de Pierre du [...]
Mots clefs :
Louis Dufour de Longuerue, Ouvrage, Abbé, Réputation, Paris, Charleville, Annales, Histoire, Instruction, Normandie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
ELOGE de M. l'Abbé de Longuernë.
Ouis du Four de Longueruë nâquit
La Charleville en 1692. de Pierre du
n'a-
Four , Se gneur de Longuerue et de Goisel
, Gentilhomme de Normandie , Lieutenant
pour le Roy au Gouvernement de
Charleville et de Montolimpe , et de Dame
Barbe le Blanc de Clois. Son
pere
voit rien épargné pour son éducation , il
lui donna Richelet pour Précepteur ; et
Perrot d'Ablancourt , si connu dans le
monde litteraire , lequel étoit son parent ;
voulut aussi contribuer à l'instruction
d'un Enfant qui étoit un prodige à l'âge de
quatre ans. La réputation de cet Enfant
Dvj étoit
204
étoit si grande , que le feu Roy passant à
Charleville demanda à le voir , et le jeune
Longuerue présenté à S. M. augmenta
encore par ses réponses aux diverses questions
qui lui furent faites , la grande idée
qu'on avoit déja de lui.
Son ardeur pour l'étude dès l'âge de
quinze ans , étoit si grande qu'à peine se
donnoit- il le temps de manger et de dormir.
Il ne connois oit d'autre recréation
que le changement de travail ; aussi fit - il
des progrès si surprenans , qu'il se trouva
bien- tôt en état d'être consulté par
tous les Sçavans , et en tout genre de Littérature
.
•
Il étudia à fond les Langues , tant
les mortes que les vivantes , et il n'y
en a eu aucune qu'il n'ait sçu parfaitement.
Avec ce secours il avoit penetré
dans l'Histoire de tous les Peuples , et de
tous les siecles . Il étoit si heureusement
servi par sa Memoire , que rarement il se
méprenoit d'une date , il ne confondoit
presque jamais un fait avec un autre.
L'Histoire étoit la partie de la Litterature
à laquelle il s'étoit le plus particulierement
appliqué , mais il n'avoit pas négligé
pour cela la Theologie , la Philosophie
ancienne et moderne , la Geographie,
la Chronologie , les Antiquitez et les Bel-
Lettres. Cette
FEVRIER. 1734. 281
Cette vaste étenduë de connoissance ne
l'énorgueillissoit point. Il étoit extrêmement
communicatif , et son sçavoir étoit
sans ostentation . Il est vrai qu'il n'aimoit
point à être contredit , et que son amour
pour la verité ne le rendoit pas toûjours
maître de ses expressions dans la chaleur
de la dispute ; mais quand on étoit accoutumé
à lui , sa franchise n'avoit plus rien
de rebutant , et on ne lui sçavoit aucun
mauvais gré de ses vivacitez.
Il a composé une infinité d'ouvrages qui
n'ont point été imprimez . Il avoit extrêmement
aidé le R. P. Pagi dans sa Critique
des Annales de Baronius Il a com-
Folé un grand nombre de Dissertations
tant sur l'Histoire Ecclesiastique que suz
celles de France , d'Espagne , des Arabes
& c.
Le seul Ouvrage qu'il a donné sous son
nom est la Description Historique et
Geographique de la France ancienne et
moderne , en deux Parties , imprimée à
Paris chez Jacques- Henry Praflard en
1719. Ce Livre , qui dans sa premiere
destination n'avoit été fait que pour l'instruction
d'un de ses amis , n'avoit pas acquis,
quand il fut rendu public , le dégré
de perfection que la réputation de son
Auteur sembloit exiger, L'Abbé de Longuerue
282 MERCURE DE FRANCE
gueruë n'avoit pû résister aux pressantes
sollicitations de gens plus occupez de leur
propre interêt , que de ce qui pouvoit
contribuer ou nuire à la réputation de ce
sçavant Homme. La complaisance qu'il
cût de livrer trop tôt son Ouvrage , lui a
causé des chagrins qu'il a ressentis jusqu'à
la fin de sa vie .
Le Journal des Sçavans du mois de Jan-
» vier 1733 m'apprend page 61. » Que M.
» Schoepflin a publié à Strasbourg chez
» Doulssecker , pere ; une édition in - 4°..
» ds Annales des Arsacides dont M.
» l'Abbé de Longueruë est , ( dit le Jour-
» nal ) l'Auteur , Annales Arsacidarum
» Auctore Ludovico du Four de Longueruë ,
"
Abbate S. Joann . de Jardo , & c. 1732 .
» On ajoute que cette Edition est préfera-
» ble à celle du même Ouvrage qui a été
imprimé à Paris il y a long -temps , en
» ce que M. Schoepflin l'a donné sur
» un Exemplaire corrigé et augmenté par
l'Illustre Aureur , qui a bien voulu le
» lui communiquer et en permettre l'im-
» pression. C'est tout ce que je puis dire
ici de cet Ouvrage , que je ne connoîs
point d'ailleurs.
>
Mais l'amour de la verité , et la reconnoissance
m'engagent à profiter de cette
occasion , pour déclarer qu'un autre Ou.
vrage
FEVREK 1734. 203
vrage rempli de Recherches historiques , et
d'une solide érudition , dont j'ai enrichi
ma dixiéme et onzième Lettre du Voyage
de Normandie , inserées dans le Mercure
de France des mois d'Avril et May
derniers , que cet Ouvrage , dis je , est
tout entier du sçavant Abbé de Longueruë.
Il joüissoit pour tout bien de deux Abbayes
, sçavoir Sept Fontaines , Diocèse
de Kheims depuis 1674. et le Jard ,-Diocèse
de Sens , depuis 1684. cependant
avec un revenu mediocre , il avoit sçû
former une Bibliotheque très - bien choisie,
qui seroit fâcheux de voir disperser,
L'Abbé de Longuerue mourut à Paris
le 22. Novembre 1733. laissant un Frere
qui est Mestre de Camp de Cavalerie , et
Chevalier de Saint Louis . Il avoit eu un
autre Frere qui fut tué à la Bataille de
Ramilliez le 23. May 1796. et qui étoit
Lieutenant des Gardes du Corps , Maréchal
de Camp , et Chevalier de Saint
Loüis.
Ouis du Four de Longueruë nâquit
La Charleville en 1692. de Pierre du
n'a-
Four , Se gneur de Longuerue et de Goisel
, Gentilhomme de Normandie , Lieutenant
pour le Roy au Gouvernement de
Charleville et de Montolimpe , et de Dame
Barbe le Blanc de Clois. Son
pere
voit rien épargné pour son éducation , il
lui donna Richelet pour Précepteur ; et
Perrot d'Ablancourt , si connu dans le
monde litteraire , lequel étoit son parent ;
voulut aussi contribuer à l'instruction
d'un Enfant qui étoit un prodige à l'âge de
quatre ans. La réputation de cet Enfant
Dvj étoit
204
étoit si grande , que le feu Roy passant à
Charleville demanda à le voir , et le jeune
Longuerue présenté à S. M. augmenta
encore par ses réponses aux diverses questions
qui lui furent faites , la grande idée
qu'on avoit déja de lui.
Son ardeur pour l'étude dès l'âge de
quinze ans , étoit si grande qu'à peine se
donnoit- il le temps de manger et de dormir.
Il ne connois oit d'autre recréation
que le changement de travail ; aussi fit - il
des progrès si surprenans , qu'il se trouva
bien- tôt en état d'être consulté par
tous les Sçavans , et en tout genre de Littérature
.
•
Il étudia à fond les Langues , tant
les mortes que les vivantes , et il n'y
en a eu aucune qu'il n'ait sçu parfaitement.
Avec ce secours il avoit penetré
dans l'Histoire de tous les Peuples , et de
tous les siecles . Il étoit si heureusement
servi par sa Memoire , que rarement il se
méprenoit d'une date , il ne confondoit
presque jamais un fait avec un autre.
L'Histoire étoit la partie de la Litterature
à laquelle il s'étoit le plus particulierement
appliqué , mais il n'avoit pas négligé
pour cela la Theologie , la Philosophie
ancienne et moderne , la Geographie,
la Chronologie , les Antiquitez et les Bel-
Lettres. Cette
FEVRIER. 1734. 281
Cette vaste étenduë de connoissance ne
l'énorgueillissoit point. Il étoit extrêmement
communicatif , et son sçavoir étoit
sans ostentation . Il est vrai qu'il n'aimoit
point à être contredit , et que son amour
pour la verité ne le rendoit pas toûjours
maître de ses expressions dans la chaleur
de la dispute ; mais quand on étoit accoutumé
à lui , sa franchise n'avoit plus rien
de rebutant , et on ne lui sçavoit aucun
mauvais gré de ses vivacitez.
Il a composé une infinité d'ouvrages qui
n'ont point été imprimez . Il avoit extrêmement
aidé le R. P. Pagi dans sa Critique
des Annales de Baronius Il a com-
Folé un grand nombre de Dissertations
tant sur l'Histoire Ecclesiastique que suz
celles de France , d'Espagne , des Arabes
& c.
Le seul Ouvrage qu'il a donné sous son
nom est la Description Historique et
Geographique de la France ancienne et
moderne , en deux Parties , imprimée à
Paris chez Jacques- Henry Praflard en
1719. Ce Livre , qui dans sa premiere
destination n'avoit été fait que pour l'instruction
d'un de ses amis , n'avoit pas acquis,
quand il fut rendu public , le dégré
de perfection que la réputation de son
Auteur sembloit exiger, L'Abbé de Longuerue
282 MERCURE DE FRANCE
gueruë n'avoit pû résister aux pressantes
sollicitations de gens plus occupez de leur
propre interêt , que de ce qui pouvoit
contribuer ou nuire à la réputation de ce
sçavant Homme. La complaisance qu'il
cût de livrer trop tôt son Ouvrage , lui a
causé des chagrins qu'il a ressentis jusqu'à
la fin de sa vie .
Le Journal des Sçavans du mois de Jan-
» vier 1733 m'apprend page 61. » Que M.
» Schoepflin a publié à Strasbourg chez
» Doulssecker , pere ; une édition in - 4°..
» ds Annales des Arsacides dont M.
» l'Abbé de Longueruë est , ( dit le Jour-
» nal ) l'Auteur , Annales Arsacidarum
» Auctore Ludovico du Four de Longueruë ,
"
Abbate S. Joann . de Jardo , & c. 1732 .
» On ajoute que cette Edition est préfera-
» ble à celle du même Ouvrage qui a été
imprimé à Paris il y a long -temps , en
» ce que M. Schoepflin l'a donné sur
» un Exemplaire corrigé et augmenté par
l'Illustre Aureur , qui a bien voulu le
» lui communiquer et en permettre l'im-
» pression. C'est tout ce que je puis dire
ici de cet Ouvrage , que je ne connoîs
point d'ailleurs.
>
Mais l'amour de la verité , et la reconnoissance
m'engagent à profiter de cette
occasion , pour déclarer qu'un autre Ou.
vrage
FEVREK 1734. 203
vrage rempli de Recherches historiques , et
d'une solide érudition , dont j'ai enrichi
ma dixiéme et onzième Lettre du Voyage
de Normandie , inserées dans le Mercure
de France des mois d'Avril et May
derniers , que cet Ouvrage , dis je , est
tout entier du sçavant Abbé de Longueruë.
Il joüissoit pour tout bien de deux Abbayes
, sçavoir Sept Fontaines , Diocèse
de Kheims depuis 1674. et le Jard ,-Diocèse
de Sens , depuis 1684. cependant
avec un revenu mediocre , il avoit sçû
former une Bibliotheque très - bien choisie,
qui seroit fâcheux de voir disperser,
L'Abbé de Longuerue mourut à Paris
le 22. Novembre 1733. laissant un Frere
qui est Mestre de Camp de Cavalerie , et
Chevalier de Saint Louis . Il avoit eu un
autre Frere qui fut tué à la Bataille de
Ramilliez le 23. May 1796. et qui étoit
Lieutenant des Gardes du Corps , Maréchal
de Camp , et Chevalier de Saint
Loüis.
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Résumé : ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
L'abbé de Longuerue, né en 1692 à Charleville, était le fils de Pierre du Four, seigneur de Longuerue et de Goisel, et de Dame Barbe le Blanc de Clois. Son éducation fut soutenue par son père et son parent Perrot d'Ablancourt, et le roi remarqua son prodige à l'âge de quatre ans. À quinze ans, Longuerue démontra une passion exceptionnelle pour l'étude, maîtrisant rapidement diverses disciplines littéraires telles que les langues mortes et vivantes, l'histoire, la théologie, la philosophie, la géographie, la chronologie, les antiquités et les belles-lettres. Sa mémoire était remarquable, lui permettant de ne presque jamais se tromper sur les dates ou les faits historiques. Longuerue était connu pour partager ses connaissances sans ostentation, bien qu'il puisse être franc et vif dans les disputes. Il composa de nombreux ouvrages non imprimés et aida le père Pagi dans sa critique des Annales de Baronius. Son unique ouvrage publié est la 'Description Historique et Géographique de la France ancienne et moderne' (1719), publié malgré ses réticences. Il possédait deux abbayes et avait constitué une bibliothèque bien choisie. Longuerue mourut à Paris le 22 novembre 1733. Il laissait un frère, maître de camp de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, et un autre frère mort à la bataille de Ramillies en 1706.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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135
p. 384-388
LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
Début :
Nous sommes ici M. entourez de Montagnes fort hautes, et sur le bord d'un Lac, où [...]
Mots clefs :
Grandeur, Loges, Théâtre, Dames, Paris, Temps, Pièce, Orchestre, Pittoresque, Chant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
LETTRE d'un Officier de l'Armée
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
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Résumé : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
La lettre d'un officier de l'armée d'Italie, datée du 27 janvier, décrit la situation des soldats à Côme, une ville entourée de montagnes et bordée par un lac. Malgré un froid intense, les soldats disposent de bois pour se chauffer et de nourriture abondante, bien que coûteuse. Les poissons locaux, tels que les brochets et les agons, sont particulièrement appréciés. La viande de boucherie est de bonne qualité, mais les vins locaux sont jugés de mauvaise qualité. Les soldats sont bien logés et côtoient des dames raisonnables, tandis que les religieuses sont confinées dans leurs couvents sur ordre de l'évêque. L'officier mentionne également la beauté et la richesse des assemblées à Milan, où les Italiens se familiarisent avec les Français. Milan est décrite comme une grande ville, plus vaste qu'un tiers de Paris mais moindre que sa moitié. L'Opéra de Milan attire par son éclat et sa durée, commençant à sept heures du soir et se terminant après minuit. La salle de l'Opéra est comparée à celles du Château des Tuileries, avec des loges profondes et ornées. Les représentations incluent des prologues, des actes et des intermèdes, avec des décors changeants et une musique orchestrale riche. Cependant, les récits sont jugés longs et les ariettes répétitives. Les acteurs et actrices sont souvent français, et les costumes sont simples pour les ballets mais beaux pour les rôles tragiques. L'officier critique certains aspects de la représentation mais admire le maintien naturel d'un vieil eunuque, grand acteur et maître du théâtre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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136
p. 395-405
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le dix-neuf Janvier Dame Marie-Magdelene Baudin, Epouse de Mathias Goudin, Conseiller [...]
Mots clefs :
Paris, France, Mort, Seigneur, Âge, Conseiller au Parlement, Dame, Roi, Fille, Chevalier, Secrétaire, Marquis, Comte, Président, Louis Milon de Rigny, Pierre de Brilhat, Pierre-Maurille Boulard, René-Charles-Elisabeth de Coëtlogon, Marie-Celse-Antoinette de Cugnac, Louis-Charles de Gouffier, Catherine-Angélique d'Albert de Luynes
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1734, plusieurs décès, naissances et mariages ont été enregistrés. Le 9 janvier, Dame Marie-Magdeleine Baudin, épouse de Mathias Goudin, est décédée en couches à l'âge de 27 ans. Elle avait été mariée le 18 février 1732. Le 24 janvier, M. Louis Milon, évêque et seigneur de Condom, est mort à son château à l'âge d'environ 76 ans. Il avait été nommé à l'évêché de Condom en 1693 et avait fondé un hôpital à Condom ainsi qu'une école pour les jeunes filles protestantes à Nérac. Il avait également rétabli des églises et achevé son palais épiscopal. Le même jour, M. Pierre de Brilhat, vicomte de Geneay en Poitou, seigneur de Nouzières en Angoumois, et premier président au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris à l'âge de 67 ans. Le 26 janvier, Gabriel-Jean Nicolas, seigneur de la Reyre et de Tralage, est mort à Rome à l'âge de 60 ans. Le 28 janvier, Dame Marie-Thérèse Poyrel de Grandval, veuve de Jean du Puis, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Le même jour, Dame Anne-Magdeleine Adélaïde de Maupeou, épouse de François-Louis de Louvet de Murat, est morte en couches à l'âge de 19 ans. La nuit du 30 au 31 janvier, Charles-Hercule d'Albert, chevalier de Luynes et chef d'escadre, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Le 1er février, Louis le Gendre, prêtre et chanoine de Paris, est mort à l'âge de 78 ans. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages historiques. Le même jour, Jean-Baptiste du Moustier, abbé commandataire de l'abbaye de la Victoire, est décédé à l'Hôtel de Condé après une longue maladie. Le 9 février, Dame Marguerite-Charlotte de la Roche de Fontenilles, épouse de Simon-Joseph de Raousset, marquis de Seillon, est morte en couches à l'âge d'environ 33 ans. Le 10 février, Dame Marie-Anne le Bault de Langy est décédée à Saint-Saulge à l'âge d'environ 30 ans. Le 18 janvier, M. Pierre-Maurice Boulard, secrétaire général et greffier de l'Ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est mort à l'âge d'environ 62 ans. Le 19 février, René-Charles-Élisabeth de Coëtlogon, comte de Loyat, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Il était syndic général des États de la province de Bretagne et avait épousé Anne Auvril. Enfin, Jean Coquelay, un habitant du village de Presle en Bourgogne, est décédé à l'âge de 106 ans. Le 25 février, Marie-Celse-Antoinette, fille de Jean-Baptiste-François de Cugnac, Marquis de Dampierre, et de Françoise-Charlotte de Langhac, a été baptisée à Saint-Sulpice. Le 13 janvier, Louis-Charles de Gouffier, Marquis d'Heilly, a épousé Dile Marie-Catherine Phelypeaux dans la chapelle de l'Hôtel de Pontchartrain. Le 26 janvier, Angelique-François de Renouard, Chevalier et Comte de Villayer, a épousé Dame Angelique-Claude de Marescot.
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137
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A V I S.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
L4
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
les
pour
On prie quand on adreffe
des on Paquets par
la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de cie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main, & plus . promptement , n'auront
qu'à
donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte
de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
L4
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
les
pour
On prie quand on adreffe
des on Paquets par
la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de cie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la
premiere
main, & plus . promptement , n'auront
qu'à
donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte
de temps , & de les faire porterfur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
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Résumé : AVIS.
L'avis concerne les Astor, Lenox et Tilden Foundations et fournit l'adresse de Monsieur Moreau, commis au Mercure, située en face de la Comédie Française à Paris. Pour envoyer des paquets, il est recommandé de les adresser à Monsieur Moreau ou de les remettre aux libraires vendant le Mercure à Paris. Il est conseillé d'affranchir les paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix pour ce service est fixé à trente sols.
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138
p. 539-541
Eloge de Mlle l'Heritier de Villandon, [titre d'après la table]
Début :
MARIE-JEANNE L'HERITIER DE VILLANDON, reçuë à l'Académie des Jeux [...]
Mots clefs :
Marie-Jeanne L'Héritier de Villandon, Ouvrages, Prose, Paris, Traduction, Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge de Mlle l'Heritier de Villandon, [titre d'après la table]
MARIE - JEANNE L'HERITIER DE VILLANDON
, reçue à l'Académie des Jeux
Floraux de Toulouse , en 1696.ct à celle
des Ricovrati de Padouë , en 1697. née à
Paris,y mourut le 25 Février , âgée d'environ
70 ans , et elle fut inhumée dans
l'Eglise de S. Nicolas des Champs , sa
Paroisse.
Cette illustre Fille a honoré son sexe
par son bon caractere , par son sçavoir ,
par ses talens pour la Poësie et par quan
tité d'Ouvrages qu'elle a donnez au Public.
Elle étoit bienfaisante , l'humeur douce
et complaisante , amie solide et genereuse
; sa conversation étoit aisée , agréable
, modeste et retenue sur ce qui pouvoit
lui attirer des loüanges.
Tous les Dimanches et les Mercredis
de chaque semaine , il se formoit chez
elle de petites assemblées de Gens d'esprit
et de mérite , qui charmez de son caractere
et de ses lumieres , se faisoient un
plaisir de cultiver son amitié . Elle étoit ,
honorable et quoiqu'assez mal partagée
des biens de la fortune , elle ne laissoit
de donner ces jours la une petite pas
F vj
Col340
MERCURE DE FRANCE
Collation , dont la propreté , l'ordre et
les manieres gracieuses faisoient toute la
magnificence.
Mlle l'Héritier étoit amie particuliere
de l'Illustre Mlle Scudery. Elle fit après
sa mort son Apothéose : Ouvrage en Prose
, mêlé de Vers , et imprimé en 1702 .
en un vol. in 12.
Elle avoit donné en 1698. un vol . in
12. d'Oeuvres mêlées , en Vers et en Prose.
Ses autres Ouvrages sont , La Tour té-
Hébreuse , ou l'Histoire de Richard I. Roy
d'Angleterre , surnommé, Coeur de Lion ;
Contes Anglois. vol. in 12. 1705.
La Pompe Dauphine; Ouvrage en Prose,
et en Vers , vol. in 12. 1711 .
Le Tombeau de M. le Dauphin , Duc de
Bourgogne , en Vers , brochure in 4.17 12 .
Les Caprices du Destin, vol. in 12. 718 .
Traduction des Epîtres Héroïques d'Ovide
; sçavoir , seize traduites en Vers , et
cinq en Prose, vol . in 12. 1732. Tous ses
Ouvrages ont été imprimez à Paris.
Mlle l'Héritier étoit fille de Nicolasl'Héritier,
Parisien , Seigneur de Nouvellon
et de Villandon , Historiographe du
Roy , mort au mois d'Août 1680. Auteur
de la Tragédie d'Hercule furieux , et de
celle de S. Louis , et de quelques autres
Piéces de Poësies : Nous avons de lui
une
MARS. 1734.
54F
A
une Traduction des Annales de Grotius
vol. in fol. imprimée à Amsterdam. Il a
donné aussi un Livre , sous ce Titre : Tableau
Historique des prinoipaux Evenemens
de la Monarchie Françoise , vol. in 12. Paris ,
1669. et a laissé d'autres Ouvrages Ma
nuscrits,
Le Sr des Roches a gravé le Portrait
de Mlle l'Heritier et celui de son Pere
en Buste ovale , avec des Vers au bas .
, reçue à l'Académie des Jeux
Floraux de Toulouse , en 1696.ct à celle
des Ricovrati de Padouë , en 1697. née à
Paris,y mourut le 25 Février , âgée d'environ
70 ans , et elle fut inhumée dans
l'Eglise de S. Nicolas des Champs , sa
Paroisse.
Cette illustre Fille a honoré son sexe
par son bon caractere , par son sçavoir ,
par ses talens pour la Poësie et par quan
tité d'Ouvrages qu'elle a donnez au Public.
Elle étoit bienfaisante , l'humeur douce
et complaisante , amie solide et genereuse
; sa conversation étoit aisée , agréable
, modeste et retenue sur ce qui pouvoit
lui attirer des loüanges.
Tous les Dimanches et les Mercredis
de chaque semaine , il se formoit chez
elle de petites assemblées de Gens d'esprit
et de mérite , qui charmez de son caractere
et de ses lumieres , se faisoient un
plaisir de cultiver son amitié . Elle étoit ,
honorable et quoiqu'assez mal partagée
des biens de la fortune , elle ne laissoit
de donner ces jours la une petite pas
F vj
Col340
MERCURE DE FRANCE
Collation , dont la propreté , l'ordre et
les manieres gracieuses faisoient toute la
magnificence.
Mlle l'Héritier étoit amie particuliere
de l'Illustre Mlle Scudery. Elle fit après
sa mort son Apothéose : Ouvrage en Prose
, mêlé de Vers , et imprimé en 1702 .
en un vol. in 12.
Elle avoit donné en 1698. un vol . in
12. d'Oeuvres mêlées , en Vers et en Prose.
Ses autres Ouvrages sont , La Tour té-
Hébreuse , ou l'Histoire de Richard I. Roy
d'Angleterre , surnommé, Coeur de Lion ;
Contes Anglois. vol. in 12. 1705.
La Pompe Dauphine; Ouvrage en Prose,
et en Vers , vol. in 12. 1711 .
Le Tombeau de M. le Dauphin , Duc de
Bourgogne , en Vers , brochure in 4.17 12 .
Les Caprices du Destin, vol. in 12. 718 .
Traduction des Epîtres Héroïques d'Ovide
; sçavoir , seize traduites en Vers , et
cinq en Prose, vol . in 12. 1732. Tous ses
Ouvrages ont été imprimez à Paris.
Mlle l'Héritier étoit fille de Nicolasl'Héritier,
Parisien , Seigneur de Nouvellon
et de Villandon , Historiographe du
Roy , mort au mois d'Août 1680. Auteur
de la Tragédie d'Hercule furieux , et de
celle de S. Louis , et de quelques autres
Piéces de Poësies : Nous avons de lui
une
MARS. 1734.
54F
A
une Traduction des Annales de Grotius
vol. in fol. imprimée à Amsterdam. Il a
donné aussi un Livre , sous ce Titre : Tableau
Historique des prinoipaux Evenemens
de la Monarchie Françoise , vol. in 12. Paris ,
1669. et a laissé d'autres Ouvrages Ma
nuscrits,
Le Sr des Roches a gravé le Portrait
de Mlle l'Heritier et celui de son Pere
en Buste ovale , avec des Vers au bas .
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Résumé : Eloge de Mlle l'Heritier de Villandon, [titre d'après la table]
Marie-Jeanne L'Héritier de Villandon, née à Paris, fut reçue à l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse en 1696 et à celle des Ricovrati de Padoue en 1697. Elle décéda à environ 70 ans et fut inhumée dans l'église de Saint-Nicolas-des-Champs. L'Héritier se distingua par son bon caractère, son savoir et ses talents pour la poésie. Elle publia plusieurs ouvrages, dont 'L'Apothéose' en 1702, 'Œuvres mêlées' en 1698, 'La Tour té-Hébreuse' en 1705, 'La Pompe Dauphine' en 1711, 'Le Tombeau de M. le Dauphin' en 1712, 'Les Caprices du Destin' en 1718, et la traduction des 'Épîtres héroïques d'Ovide' en 1732. Bienfaisante, douce et généreuse, elle recevait régulièrement des assemblées de personnes d'esprit chez elle. Elle était amie avec Mlle Scudéry et fille de Nicolas L'Héritier, historiographe du roi, auteur de tragédies, de poèmes et d'une traduction des 'Annales de Grotius'. Les portraits de L'Héritier et de son père furent gravés par le Sr des Roches.
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139
p. 552-555
SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
Début :
Voici, Monsieur, l'Extrait d'une Lettre écrite de Leipzig le 21. Janvier 1734. [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Enfants, Professeur, Lettres, Langue, Premiers éléments, Instruction des enfants, Paris, Chompré, Université de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
SUITE des Nouvelles touchant le
Systême du Bureau Tipograpique.
Voici , Monsieur , l'Extrait d'une Lettre écrite
de Leipzig le 21. Janvier 1734.
Nous avons vu dans les Mercures de France
Finvention d'un Bureau Typographique qui nous
paroît être de grande utilité pour l'instruction des
Enfans; un de nos Professeurs a entrepris de traduire
ce qui a parû jusquiei à ce sujet , et je vous
prieⓇ
MARS . 1774. 553
que
prie de m'envoyer un Exemplaire de chaque Livre
l'Auteur de cette ingenieuse Machine donnera
aujour; nous tâcherons de l'ajuster à notre Langue
pour l'utilité publique , &c .
Lequel est le plus surprenant de trouver un
tel Professeur à Leipzig , ou de trouver un Professeur
contre le Systême du Bureau Tipographique
dans l'Université de Paris ? M. Gr ...
Professeur de Philosophie au College Royal de
Navarre a d'avance décidé la question en faveur
du nouveau Systême ; et M. l'Abbé Rollin n'a
point trouvé de meilleure Méthode pour la premiere
instruction de l'enfance.
Par des Lettres de Toulouse , de Besançon et
d'Arles , il paroît qu'on voudroit y pratiquer la
nouvelle maniere de montrer aux enfans les premiers
Elémens des Lettres. Voici le prix des Livres
qui enseignent le Sistême.
Le vol. contenant le Systême.
Le 2 vol . ou le nouvel A , B ,
latin.
C , in quarto
et en blanc
11 livres. Le 3 vol . ou le nouvel A , B , C ,
françois.
Le 4 vol. ou le Rudiment Pratique de la Langue.
Françoise et de la Langue Latine , pour les
Garçons et pour les Filles , in 4. en blanc, 2 liv.
Ces quatre volumes reliez ensemble pour les
gens de Lettres ou de Bibliotheque ; et reliez séparément
pour les Maîtres et pour les Enfans riches
, contiennent tous l'élémentaire du nouveau
Sistême.
A l'égard des enfans et des petites Ecoles , qui
sans faire usage du Bureau , voudront suivre la
Nouvelle dénomination des Lettres . On a fait
G im554
MERCURE DE FRANCE
imprimer séparément et en petite forme les trois
derniers volumes de cet Ouvrage ; sçavoir ,
Le petit A , B , C , latin , in 12. en blanc ,
L'A , B , C , françois , in 8. en blanc ,
Le Rudiment pratique , in 8. en blanc ,
9 f.
24 f.
40
f On trouvera chez les mêmes Libraires,P.Witte
et P. Simon , la Réponse de M. Perquis , à la tête
d'un Professeur anonime de l'Université de Paris
insérée dans le Mercure du mois de Février, 1731.
1
I
•
Isic.
in 12.
On trouvera
dans
l'article
XXIV
. du 1 vol.
pag. 214, le prix
de chaque
Classe
du Bureau
Typografique
; la seconde
contient
la premiere
,
la troisiéme
contient
les deux
précédentes
, et la
quatriéme
les contient
toutes
. Les parens
qui auront
chez
eux le Livre
complet
de la Biblioteque
des enfans
, verront
facilement
si les Maîtres
de Tipographie
se négligent
, au lieu
de suivre
exactement
le sistème
.
Les personnes curieuses de voir la pratique du
Bureau , prendront la peine d'aller dans la ruë
S. Jean de Beauvais , chez M. Chompré l'aîné ,
Maître de pension, quia cinq Bureaux en exercice
; chez M. Chompré le cadet , Maître de petite
Ecole ; à l'entrée de la ruë S. Louis du Palais
, au bas du Pont S. Michel ; le Maître qui
fait pratiquer toutes les Classes du sistême ;
chez M. Darras et Madame de Nanriat , ruë
S. Martin , du côté de la ruë Venise , pour voir
les exercices du petit Lorin; et d'aller dans la ruë
S. Denis , derriere S. Oportune , vis - à- vis Sainte
Catherine , chez M.Henry , Marchand de Soye ,
au Bras d'or ; on trouvera chez ce Marchand
une petite Demoiselle de 5 à 6 ans , assez avancée
sur l'ortografe, et sur la Gramaire françoise,
›
lisanc
MARS 17 4.
555
fisant bien le Latin le François , le Manuscrit et
les Chifres ...
Chaque mois on tâchera , 1º de donner les
instructions necessaires pour éclaircir les articles
qui regardent la pratique du nouveau sistème .
2. De répondre aux objections qui auront été
faites . 3. De donner les nouvelles Litteraires qui
auront quelque rapport à cette maniere d'enseigner
les enfans ; en voici une : Le R. P. Charles
de Dourlan , Capucin , nommé pour l'instruction
des Enfans de Langue , que le Roy entretient
à Constantinople , ayant entendu parler du
Sistème Tipografique à M. Duhamel , et à quelques
autres Membres de l'Académie des Sciences,
prit la peine d'aller voir travailler des enfans Tipografes
, chez M. Chompré l'aîné, ruë des Carmes
, qui a plusieurs Bureaux en exercice.
Ce zélé Missionnaire au dessus des préjugez ,
en fait d'institution Litteraire , se munit d'abord
de la Biblioteque dos Enfans , &c. et après la lec
ture de ce Livre , bien loin de rougir du nouvel
A , B, C , résolut d'en faire usage dans le Levant.
Ce Pere comprit bien- tôt qu'on pouvoit
ajuster ce Sistème à toutes les Langues dont on
vouloit montrer les Caracteres , les Combinaisons
des Lettres , les Sons et les premiers Elemens
de la Grammaire. Ce Religieux âgé de 27
ans , partit le premier de ce mois de Mars , pour
s'iller embarquer à Marseille , nouvelle qui sans
doute , fera plaisir au digne Professeur de Leipsic
, et aux Esprits Philosophes , Partisans du
Bureau. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , ce S Mars 1734.
Systême du Bureau Tipograpique.
Voici , Monsieur , l'Extrait d'une Lettre écrite
de Leipzig le 21. Janvier 1734.
Nous avons vu dans les Mercures de France
Finvention d'un Bureau Typographique qui nous
paroît être de grande utilité pour l'instruction des
Enfans; un de nos Professeurs a entrepris de traduire
ce qui a parû jusquiei à ce sujet , et je vous
prieⓇ
MARS . 1774. 553
que
prie de m'envoyer un Exemplaire de chaque Livre
l'Auteur de cette ingenieuse Machine donnera
aujour; nous tâcherons de l'ajuster à notre Langue
pour l'utilité publique , &c .
Lequel est le plus surprenant de trouver un
tel Professeur à Leipzig , ou de trouver un Professeur
contre le Systême du Bureau Tipographique
dans l'Université de Paris ? M. Gr ...
Professeur de Philosophie au College Royal de
Navarre a d'avance décidé la question en faveur
du nouveau Systême ; et M. l'Abbé Rollin n'a
point trouvé de meilleure Méthode pour la premiere
instruction de l'enfance.
Par des Lettres de Toulouse , de Besançon et
d'Arles , il paroît qu'on voudroit y pratiquer la
nouvelle maniere de montrer aux enfans les premiers
Elémens des Lettres. Voici le prix des Livres
qui enseignent le Sistême.
Le vol. contenant le Systême.
Le 2 vol . ou le nouvel A , B ,
latin.
C , in quarto
et en blanc
11 livres. Le 3 vol . ou le nouvel A , B , C ,
françois.
Le 4 vol. ou le Rudiment Pratique de la Langue.
Françoise et de la Langue Latine , pour les
Garçons et pour les Filles , in 4. en blanc, 2 liv.
Ces quatre volumes reliez ensemble pour les
gens de Lettres ou de Bibliotheque ; et reliez séparément
pour les Maîtres et pour les Enfans riches
, contiennent tous l'élémentaire du nouveau
Sistême.
A l'égard des enfans et des petites Ecoles , qui
sans faire usage du Bureau , voudront suivre la
Nouvelle dénomination des Lettres . On a fait
G im554
MERCURE DE FRANCE
imprimer séparément et en petite forme les trois
derniers volumes de cet Ouvrage ; sçavoir ,
Le petit A , B , C , latin , in 12. en blanc ,
L'A , B , C , françois , in 8. en blanc ,
Le Rudiment pratique , in 8. en blanc ,
9 f.
24 f.
40
f On trouvera chez les mêmes Libraires,P.Witte
et P. Simon , la Réponse de M. Perquis , à la tête
d'un Professeur anonime de l'Université de Paris
insérée dans le Mercure du mois de Février, 1731.
1
I
•
Isic.
in 12.
On trouvera
dans
l'article
XXIV
. du 1 vol.
pag. 214, le prix
de chaque
Classe
du Bureau
Typografique
; la seconde
contient
la premiere
,
la troisiéme
contient
les deux
précédentes
, et la
quatriéme
les contient
toutes
. Les parens
qui auront
chez
eux le Livre
complet
de la Biblioteque
des enfans
, verront
facilement
si les Maîtres
de Tipographie
se négligent
, au lieu
de suivre
exactement
le sistème
.
Les personnes curieuses de voir la pratique du
Bureau , prendront la peine d'aller dans la ruë
S. Jean de Beauvais , chez M. Chompré l'aîné ,
Maître de pension, quia cinq Bureaux en exercice
; chez M. Chompré le cadet , Maître de petite
Ecole ; à l'entrée de la ruë S. Louis du Palais
, au bas du Pont S. Michel ; le Maître qui
fait pratiquer toutes les Classes du sistême ;
chez M. Darras et Madame de Nanriat , ruë
S. Martin , du côté de la ruë Venise , pour voir
les exercices du petit Lorin; et d'aller dans la ruë
S. Denis , derriere S. Oportune , vis - à- vis Sainte
Catherine , chez M.Henry , Marchand de Soye ,
au Bras d'or ; on trouvera chez ce Marchand
une petite Demoiselle de 5 à 6 ans , assez avancée
sur l'ortografe, et sur la Gramaire françoise,
›
lisanc
MARS 17 4.
555
fisant bien le Latin le François , le Manuscrit et
les Chifres ...
Chaque mois on tâchera , 1º de donner les
instructions necessaires pour éclaircir les articles
qui regardent la pratique du nouveau sistème .
2. De répondre aux objections qui auront été
faites . 3. De donner les nouvelles Litteraires qui
auront quelque rapport à cette maniere d'enseigner
les enfans ; en voici une : Le R. P. Charles
de Dourlan , Capucin , nommé pour l'instruction
des Enfans de Langue , que le Roy entretient
à Constantinople , ayant entendu parler du
Sistème Tipografique à M. Duhamel , et à quelques
autres Membres de l'Académie des Sciences,
prit la peine d'aller voir travailler des enfans Tipografes
, chez M. Chompré l'aîné, ruë des Carmes
, qui a plusieurs Bureaux en exercice.
Ce zélé Missionnaire au dessus des préjugez ,
en fait d'institution Litteraire , se munit d'abord
de la Biblioteque dos Enfans , &c. et après la lec
ture de ce Livre , bien loin de rougir du nouvel
A , B, C , résolut d'en faire usage dans le Levant.
Ce Pere comprit bien- tôt qu'on pouvoit
ajuster ce Sistème à toutes les Langues dont on
vouloit montrer les Caracteres , les Combinaisons
des Lettres , les Sons et les premiers Elemens
de la Grammaire. Ce Religieux âgé de 27
ans , partit le premier de ce mois de Mars , pour
s'iller embarquer à Marseille , nouvelle qui sans
doute , fera plaisir au digne Professeur de Leipsic
, et aux Esprits Philosophes , Partisans du
Bureau. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , ce S Mars 1734.
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Résumé : SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
Le document est une lettre datée du 21 janvier 1734, provenant de Leipzig, qui traite de l'invention d'un Bureau Typographique conçu pour l'instruction des enfants. Un professeur de Leipzig a entrepris de traduire les publications sur ce système afin de l'adapter à la langue locale. À Paris, le système est soutenu par M. Gr..., professeur de philosophie au Collège Royal de Navarre, et par l'Abbé Rollin. Des lettres provenant de Toulouse, Besançon et Arles montrent un intérêt croissant pour ce nouveau système d'enseignement des lettres. Le texte énumère les prix des ouvrages relatifs au système typographique, incluant des volumes en latin et en français, ainsi que des rudiments pratiques destinés aux garçons et aux filles. Ces ouvrages sont disponibles en différentes formes et reliures, adaptées aux besoins des lecteurs et des écoles. Des informations pratiques sont fournies pour observer le système en action chez divers maîtres de pension et d'écoles à Paris. Chaque mois, des instructions et des réponses aux objections concernant le système seront publiées, ainsi que des nouvelles littéraires pertinentes. Le Père Charles de Dourlan, un capucin, a visité des enfants utilisant le système typographique et a décidé de l'adopter pour l'instruction des enfants de langue à Constantinople. Il a compris que le système pouvait être adapté à diverses langues. Le Père de Dourlan, âgé de 27 ans, s'est rendu à Marseille afin de s'embarquer pour Constantinople, une nouvelle qui sera appréciée par les partisans du Bureau Typographique.
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140
p. 609-612
Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
Début :
Le 22 Février, l'Assemblée Générale du Clergé, après avoir élu pour Président [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Roi, Évêque, Cardinal de Fleury, Archevêque, Clergé, Paris, Prélats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
E 22 Février, l'Assemblée Générale du
Clergé , après avoir élu pour Président
l'Archevêque de Paris , l'Archevêque
de Vienne , l'Evêque de Châlons sur
Saone , et l'Evêque de Vabres; l'Abbé de
Brissac , pour Secretaire , et l'Abbé de
Chabannes pour Promoteur; choisit pour
premier Président le Cardinal de Fleury ,
Ministre d'Etat , et le même jour l'Assemblée
lui envoya des Députez pour
le prier d'accepter ce choix .
Le
24 les Prélats et autres Députez ,
I v qui
10 MERCURE DE FRANCE
qui composent l'Assemblée Générale du
Clergé , allerent à Marly , rendre leurs
respects au Roy ; ils s'assemblerent dans
l'appartement du Château qui leur avoit
été destiné , et le Comte de Maurepas ;
Sécretaire d'Etat , étant venu les prendre
pour les présenter au Roy,ils furent con
duits à l'Audience de Sa Majesté par le
Marquis de Brézé, Grand - Maître des Cé
rémonies , et par M. Desgranges , Maître
des Cérémonies , avec les honneurs qui
se rendent au Clergé lorsqu'il est en
Corps ; les Gardes du Corps étant en
haye et sous les Armes , et les deux Batans
des Portes étans ouverts, le Cardinal
de Fleury , Premier Président de l'Assemblée
, alla se joindre aux Députez
dans l'appartement où ils s'étoient assemblez
, et il marcha à leur tête, à la droite
des Archevêques de Paris et de Vienne.
L'Archevêque de Paris fit au Roy un
Discours tres éloquents et lorsque Sa
Majesté y cut répondu , le Cardinal de
Fleury présenta au Roy chaque Député
en particulier.
Après l'Audience du Roy , les mêmes
Députez , ayant le Cardinal de Fleury à
leur tête , eurent l'honneur de complimenter
la Reine et ils allerent le même
jour à Versailles rendre leurs respects
Monsigncur k Dauphin.
MARS. 1734. 611
Le 27 , M. Fagon , Conseiller d't tat
Ordinaire et du Conseil Royal des Finances
; le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat ; M. de Courson , Conseiller
d'Etat Ordinaire et du Conseil Royal des
Finances ; M. d'Ormesson , Conseiller
d'Etat et Intendant des Finances , et M.
Orry , Contrôleur General des Finances,
Commissaires du Roy , allerent à l'Assemblée
Generale du Clergé , où ils furent
reçus avec les cérémonies ordinaires
; ils demanderent aux Députez , au
nom de Sa Majesté , un secours de douza
millions de livres , qui fut unanimement
accordé .
Le 4 de ce mois , le Cardinal de Fleury,
Ministre d'Etat , alla présider à l'Assemblée
du Clergé , qui ayant été informée
de son arrivée dans l'Eglise des Grands
Augustins , députa pour aller le recevoir,
l'Archevêque de Rouen , l'Evêque de
Vabres , l'Evêque de S. Paul trois Châteaux
, l'Evêque de Glandeve , l'Evêque
de B zas l'Evêque Comte de Beauvais , et
les Abbez de Bouillé , de Crussol , de Sades ,
de S. Aulaire, de la Farre, et de Montiller.
Ces Députez allérent audevant du Cardinal
de Fleury jusqu'à l'Eglise , d'où
ils le conduisirent dans la Salle de l'Assemblée.
Il y prit sa place de Premier Fré
I vj sident
612 MERCURE DE FRANCE
sident, et il fit un Discours très éloquent,
auquel l'Archevêque de Paris répondit
au nom de l'Assemblée. Le Cardinal de
Fleury tint la Séance , et lorsqu'elle fut
finie , il fut reconduit par plusieurs des
Prélats de l'Assemblée.
L'Assemblée ayant fini ses Séances , les
Prélats et les autres Députez qui la composent
, se rendirent à Versailles le 19
de ce mois , et ils eurent audience du
Roy avec les cérémonies observées le 24
du mois dernier , dont on vient de parler.
L'Archevêque de Tours , à la tête des
Prélats , harangua le Roy avec beaucoup
d'Eloquence.
Clergé , après avoir élu pour Président
l'Archevêque de Paris , l'Archevêque
de Vienne , l'Evêque de Châlons sur
Saone , et l'Evêque de Vabres; l'Abbé de
Brissac , pour Secretaire , et l'Abbé de
Chabannes pour Promoteur; choisit pour
premier Président le Cardinal de Fleury ,
Ministre d'Etat , et le même jour l'Assemblée
lui envoya des Députez pour
le prier d'accepter ce choix .
Le
24 les Prélats et autres Députez ,
I v qui
10 MERCURE DE FRANCE
qui composent l'Assemblée Générale du
Clergé , allerent à Marly , rendre leurs
respects au Roy ; ils s'assemblerent dans
l'appartement du Château qui leur avoit
été destiné , et le Comte de Maurepas ;
Sécretaire d'Etat , étant venu les prendre
pour les présenter au Roy,ils furent con
duits à l'Audience de Sa Majesté par le
Marquis de Brézé, Grand - Maître des Cé
rémonies , et par M. Desgranges , Maître
des Cérémonies , avec les honneurs qui
se rendent au Clergé lorsqu'il est en
Corps ; les Gardes du Corps étant en
haye et sous les Armes , et les deux Batans
des Portes étans ouverts, le Cardinal
de Fleury , Premier Président de l'Assemblée
, alla se joindre aux Députez
dans l'appartement où ils s'étoient assemblez
, et il marcha à leur tête, à la droite
des Archevêques de Paris et de Vienne.
L'Archevêque de Paris fit au Roy un
Discours tres éloquents et lorsque Sa
Majesté y cut répondu , le Cardinal de
Fleury présenta au Roy chaque Député
en particulier.
Après l'Audience du Roy , les mêmes
Députez , ayant le Cardinal de Fleury à
leur tête , eurent l'honneur de complimenter
la Reine et ils allerent le même
jour à Versailles rendre leurs respects
Monsigncur k Dauphin.
MARS. 1734. 611
Le 27 , M. Fagon , Conseiller d't tat
Ordinaire et du Conseil Royal des Finances
; le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat ; M. de Courson , Conseiller
d'Etat Ordinaire et du Conseil Royal des
Finances ; M. d'Ormesson , Conseiller
d'Etat et Intendant des Finances , et M.
Orry , Contrôleur General des Finances,
Commissaires du Roy , allerent à l'Assemblée
Generale du Clergé , où ils furent
reçus avec les cérémonies ordinaires
; ils demanderent aux Députez , au
nom de Sa Majesté , un secours de douza
millions de livres , qui fut unanimement
accordé .
Le 4 de ce mois , le Cardinal de Fleury,
Ministre d'Etat , alla présider à l'Assemblée
du Clergé , qui ayant été informée
de son arrivée dans l'Eglise des Grands
Augustins , députa pour aller le recevoir,
l'Archevêque de Rouen , l'Evêque de
Vabres , l'Evêque de S. Paul trois Châteaux
, l'Evêque de Glandeve , l'Evêque
de B zas l'Evêque Comte de Beauvais , et
les Abbez de Bouillé , de Crussol , de Sades ,
de S. Aulaire, de la Farre, et de Montiller.
Ces Députez allérent audevant du Cardinal
de Fleury jusqu'à l'Eglise , d'où
ils le conduisirent dans la Salle de l'Assemblée.
Il y prit sa place de Premier Fré
I vj sident
612 MERCURE DE FRANCE
sident, et il fit un Discours très éloquent,
auquel l'Archevêque de Paris répondit
au nom de l'Assemblée. Le Cardinal de
Fleury tint la Séance , et lorsqu'elle fut
finie , il fut reconduit par plusieurs des
Prélats de l'Assemblée.
L'Assemblée ayant fini ses Séances , les
Prélats et les autres Députez qui la composent
, se rendirent à Versailles le 19
de ce mois , et ils eurent audience du
Roy avec les cérémonies observées le 24
du mois dernier , dont on vient de parler.
L'Archevêque de Tours , à la tête des
Prélats , harangua le Roy avec beaucoup
d'Eloquence.
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Résumé : Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
Le 22 février, l'Assemblée Générale du Clergé élit plusieurs membres pour des postes clés, dont le Cardinal de Fleury comme premier Président. Des députés sont envoyés pour le prier d'accepter ce choix. Le 24 février, les prélats et députés se rendent à Marly pour rendre hommage au roi, conduits par le Marquis de Brézé et M. Desgranges. L'Archevêque de Paris prononce un discours, et le Cardinal de Fleury présente chaque député au roi. Après l'audience, les députés complimentent la reine et le Dauphin à Versailles. Le 27 février, des commissaires du roi demandent un secours de douze millions de livres à l'Assemblée Générale du Clergé, qui l'accorde unanimement. Le 4 mars, le Cardinal de Fleury préside une séance de l'Assemblée, où il prononce un discours auquel l'Archevêque de Paris répond. Le 19 mars, les prélats et députés se rendent à Versailles pour une audience royale, où l'Archevêque de Tours harangue le roi avec éloquence.
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141
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
LA
و
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir..
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Quvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiterent
avoir le Mercure de France dela premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
Phoure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXY Sois.
LA
و
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure
, à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour les faire tenir..
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Quvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiterent
avoir le Mercure de France dela premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreſſes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porterfur
Phoure à la Pofte , on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXY Sois.
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Résumé : AVIS.
Le document détaille les instructions pour l'envoi de lettres ou de paquets destinés à la publication dans le Mercure de France. L'adresse générale est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les expéditeurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires vendeurs du Mercure à Paris. Il est conseillé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés, ce qui pourrait entraîner la perte des ouvrages si aucune copie n'est conservée. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France dès sa parution, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Celui-ci se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix de cette prestation est de vingt-cinq sous.
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142
p. 706-714
LETTRE écrite à M. *** sur l'Edition du Dictionnaire de Moreri, faite à Basle.
Début :
Vous me demandez, Monsieur, ce que je pense de l'Edition du Dictionnaire [...]
Mots clefs :
Moréri, Édition, Genève, Bâle, Titon du Tillet, Paris, Supplément, Savoie, Dictionnaire, Article
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. *** sur l'Edition du Dictionnaire de Moreri, faite à Basle.
LETTRE écrite à M. *** sur
P'Edition du Dictionnaire de Moreri ,
faite à Basle.
V
Ous me demandez , Monsieur , ce
que je pense de l'Edition du Dictionnaire
Historique , connu sous le nom
de Dictionnaire de Moreri , que Jean
Brandmuller a publiée depuis peu à Basle .
Vous connoissez ma sincerité , je ne puis
louer ce qui ne mérite pas de l'être . De
toutes les Editions du Moreri faites depuis
1712. la moins estimable , au jugement
AVRIL. 1734 707
gement de tout Critique un peu éclairé ,
est celle de 1725. et ce n'est pas sans
raison que le Public s'est obstiné à lui
préferer celle de 1718. avant la derniere.
qui a paru à Paris en 1732. Outre que
la plupart des Génealogies ne sont que
de petits Romans dans l'Edition de 1725 .
on en avoit retranché bien des faits importants
; il est vrai qu'on a ajoûté dans
cette même Edition quantité d'articles
nouveaux . Mais la plupart ne sont que
traduits , et quelquefois peu correctement
, du Bibliothecaire Konig , l'Auteur
le moins judicieux et le moins exact
en ce genre que je connoisse . C'est neanmoins
sur cette Edition de 1725. que
l'on a donné , même avec les fautes
d'impression , celle de Basle ; les Additions
qu'on a faites à celle- cy ne servant,
pour la plupart , qu'à tirer de l'obscurité
quantité de Ministres Luthériens ,
Calvinistes et Sociniens , que ceux même
de leur Secte avoient oubliés depuis
long temps. Les articles amplifiez ne regardent
que des Auteurs du caractere
de ceux dont je viens de vous parler ;
consultez cette Edition de Basle et vous
trouverez presque à chaque page de quoi
vous en convaincre. Ce n'est pas - là ce
que Brandmuller , ou celui qui a conduit
708 MERCURE DE FRANCE
duit son Edition , avoient promis ; leur
projet nous annonçoit une Edition corrigée
et augmentée , et c'étoit plus le
premier avantage que le second que l'on
avoit lieu d'attendre. Cependant la plupart
des augmentations étant telles que
je viens de vous le dire , ne méritoient
pas d'être tant vantées , et à l'égard des
corrections , on les y cherche presque
toujours envain . L'article de Genève ,
par exemple , n'étoit- il pas un de ceux
que des Editeurs de Basle auroient dû
réformer , préferablement même à d'autres
; cependant tout ce qui regarde dans
cet article les Comtes de Genève est rempli
de fautes grossieres.
10. On y dit que Gerard ou Gerold I.
prit alliance avec Cisele , qui est nommé
, ajoûte- t'on , dans un Titre de l'Eglise
de Genève ; tout cela est faux ; Gerard
prit alliance avec Berthe , non avec
Cisele , et ce n'est point dans un Titre
de l'Eglise de Genève , que celle- cy est
nommée , mais dans une Lettre de Renaud
, Comte de Porceau , écrite à Guy
Geoffroy , Comte de Guyenne , après l'an
1060.2°. On nomme Amé II. Comte
de Savoye , au lieu de dire Comte de Maurienne..
Après Gérold II. on oublie
Chimoin II . Ebal étant neveu de
GuilAVRIL.
1734 709
Guillaume II. et souvent nommé Ebles
par les Historiens , il falloit le faire remarquer
de peur d'induire en erreur.
5°. En parlant d'Alise , on a tort de
l'appeller seulement Alise de la Tour ,
il falloit dire Alise de la Tour du Pin .
6º. On fait vivre Rodolphe jusqu'en
1285. il est sûr qu'il étoit mort avant
1275-7°. On donne deux femmes à
Guillaume III. Agnès de Savoye , et
Emeraude de la Frasse , la seconde cependant
n'a jamais été qu'une Concubine .
Guillaume n'eut pour femme légitime
qu'Agnès de Savoye , et il n'en eut qu'un
Enfant , et non deux , comme on l'a encore
dit , et cet Enfant fut Amé III.
Ioland , qu'on donne pour soeur à celuicy,
est supposée gratuitement.Pierre, qui
fut la Tige des Marquis de Lullin , et
non de Lullins , n'étoit que fils naturel
de Guillaume, Il eut cet Enfant d'Emeraude
de la Frasse , sa Maîtresse 8 °. Mahaud
n'étoit pas fille de Robert VIII.
Mais de Robert VII.9°. Aimoin , Seigneur
d'Anton , devoit être appellé Aimoin
IV. et non Aimoin III. Il n'est
pas vrai non plus qu'il mourut avant son
Pere vers l'an 1366. il est constant qu'il
lui succeda dans le Comté de Genève et
qu'il ne mourut qu'après le 30. d'Août
1367. 10°
710 MERCURE DE FRANCE
10°. On ne marque pas la mort de
Pierre , Comte de Genève ; on voit cependant
par les Historiens qu'on auroit
dû consulter , qu'il mourut peu après le
23. de Mars 1393 .
›
11º. On ne désigne pas suffisamment
les deux Epoux que Marie eut successivement
en disant qu'elle épousa , 1 °.
Jean de Challon , et 20. Humbert ; il
falloit dire Jean de Chalon II . du nom ,
et Humbert VII . du nom . Pareille faute
en parlant de Raimond de Baux ; on devoit
ajoûter IV. du nom , Prince d'Orange
; dans le même endroit , on dit
que Jeanne sa femme n'en eut point
Enfans , elle en eut neanmoins une Fille.
12º. Pierre de Genève , qui fut la Tige
des Marquis de Lullin , est dit l'un des
fils de Guillaume III. c'est fort mal s'exprimer.
Un Historien correct auroit dit,
quant à la Branche de Lullin , sortie de
Pierre de Genève , fils naturel de Guillaume
III . du nom , et d'Emeraude de
la Frasse , Dame de Montjoie , sa Maîtresse
, &c. On a tort aussi de dire que
Thomas , fils de ce Pierre , fut Seigneur
de Laix et d'Espagnies , au lieu de dire ,
Seigneur d'Aix , d'Espagne , &c.
13 °. On fait vivre Guillaume de Geneve
vers 1380. et on le dit Grand- Maître
AVRIL 1734. 71 1
tre d'Hôtel de Savoye ; ce sont en deux
lignes deux fautes grossieres . Guillaume
ne fut que Chambellan du Duc de Savoye
, Gouverneur du Pays de Vaud , et
Chevalier de l'Ordre , et il vivoit encore
en 1472.
14°. Albert Eugene de Genève , vivoit,
dit-on , en 1654. pourquoi ne pas dire
qu'il mourut sans posterité en 1663 ? Il
y a encore d'autres fautes dans cet article
, que je laisse à relever à l'Auteur
du Supplement au Dictionnaire Historique
que l'on imprime . Celles- cy suffi
sent pour vous faire connoître quelle est
l'exactitude de l'Edition de Basle.
N'est- il pas encore ridicule de faire
vivre le Pape Gregoire XIV . en 1391 .
c'est- à- dire , un siecle plutôt qu'il n'a
vécu . Cette faute se trouve avec plusieurs
autres dans l'article de Genebrard.
Dans l'Edition de Paris 1725. article
Gemma ( Corneille ) on avoit dit que cet
habile homme pensoit que depuis la
Naissance de J. C. on n'avoit point vû
de Phénomene comparable à celui qui
parut en 1572. pour sa dureté; il falloit dire
pour sa durée ; mais les Editeurs de Basle
fideles Copistes de toutes les fautes même
d'impression de l'Edition de Paris ,
n'ont pas non-plus oublié celle - là. Je ferois
712 MERCURE DE FRANCE
rois un gros volume si je voulois en relever
touses les bévûës. Ce n'est pas
mon dessein , et vous ne l'exigez pas de
moi ; que ces échantillons vous suffisent.
A quelle Edition faut- il donc s'arrê
ter , me direz - vous ? A celle de Paris de
1732. C'est celle , au moins que je préfere
à toutes les autres , mais je ne prétends
pas que mon jugement fasse loi .
Les motifs de préference m'ont parû
décisifs ; vous êtes assez judicieux pour
ne les pas rejetter ; les voici toutes refléxions
faites. J'ai trouvé que la plupart
des Génealogies fautives étoient rectifiées ;
qu'un grand nombre de dattes fausses
étoient remplacées par d'autres , qui sont
justes , que beaucoup de Citations peu
correctes, avoient acquis le point de justesse
qui leur est nécessaire pour ne point
égarer un Lecteur , qui veut verifier dans
les sources ; que beaucoup de noms estropiez
ou mis pour d'autres y étoient donnez
comme ils devoient l'être ; que d'ailleurs
on avoit ajoûté les dates de la mort
des Personnes qui avoient été enlevées
de ce Monde depuis 1725. qu'on avoit
parlé des Ouvrages qu'ils avoient plubliés
depuis la même année jusqu'en 1731
J'ai trouvé de plus que ce que le Public
avoit recherché dans l'Edition de 1718.
ct
AVRIL 173.4. 713
et qu'on avoit supprimé mal à propos
dans celle de 1725. se trouvoit presqu'en
tout dans celle de 1732. et quelquefois
même , tantôt avec quelques mots , tantôr
avec quelques lignes , que je n'étois
pas fâché d'y voir.
L'Edition de Paris de 1732. auroit pû
être encore plus correcte , si avant que
de la mettre sous presse , les Imprimeurs
essent laissé leur Dictionnaire entre les
mains de plusieurs Sçavans pendant quelques
années , pour leur donner le temps
de tout verifier ; mais on doit toujours
leur sçavoir beaucoup de gré d'en avoir
êté tous les deffauts qui ne s'y trouvent
plus ; its suppléent même en quelque sorte
à ceux que l'on y trouve encore , par
le Supplément qu'ils ont annoncé en
plusieurs endroits de cette nouvelle Edition
et qu'ils impriment actuellement
quoiqu'en dise l'Editeur de Basle , qui
paroît douter de ce Supplement et qui
le renvoye au moins à un temps fort
incertain. Pour moi qui ai été sur les
Lieux , je puis vous assurer que l'impression
de ce Supplément avance beaucoup,
J'en connois d'ailleurs l'Auteur et je
pourrai vous le nommer un jour . Pour
lui il ne cherche gueres à être connû ;
nous en avons déja plusieurs Ouvrages ,
auxquels
714 MERCURE DE FRANCE
auxquels il n'a jamais voulu qu'on mît
son nom. Il m'a montré plusieurs articles
de son Supplément , et j'y ai vû
qu'il corrigeoit l'Edition même de Moreri
de 1732. en quantité d'Endroits importants.
Son dessein capital est de denner
des Articles nouveaux et il m'en a
lû de fort curieux , les Relations qu'il
a lui ont été d'un grand secours. Il a
consulté l'Edition de Basle , dont il m'a
assuré n'avoir pas tiré grande utilité ; il
s'est servi de même que l'Editeur de
Basle , des curieux Mémoires du P. Niceron
, du Parnasse Francois de M. Titon
du Tillet , &c . mais il redresse ces
Auteurs , quand il s'apperçoit qu'ils se
sont trompez : il travaille à ce Supplément
depuis quelques années , et je crois
qu'il pourra être publié vers les Vacances
prochaines, au moins il l'espere,je le desire
aussi ,et je ne doute point que les Libraires
de Paris ne l'annoncent bientôt ; quand
j'en aurai des nouvelles positives je vous
en ferai part. Aimez - moi toujours et
croyez-moi le plus humble de vos serviteurs.
Ce premier Février · 1734 .
P'Edition du Dictionnaire de Moreri ,
faite à Basle.
V
Ous me demandez , Monsieur , ce
que je pense de l'Edition du Dictionnaire
Historique , connu sous le nom
de Dictionnaire de Moreri , que Jean
Brandmuller a publiée depuis peu à Basle .
Vous connoissez ma sincerité , je ne puis
louer ce qui ne mérite pas de l'être . De
toutes les Editions du Moreri faites depuis
1712. la moins estimable , au jugement
AVRIL. 1734 707
gement de tout Critique un peu éclairé ,
est celle de 1725. et ce n'est pas sans
raison que le Public s'est obstiné à lui
préferer celle de 1718. avant la derniere.
qui a paru à Paris en 1732. Outre que
la plupart des Génealogies ne sont que
de petits Romans dans l'Edition de 1725 .
on en avoit retranché bien des faits importants
; il est vrai qu'on a ajoûté dans
cette même Edition quantité d'articles
nouveaux . Mais la plupart ne sont que
traduits , et quelquefois peu correctement
, du Bibliothecaire Konig , l'Auteur
le moins judicieux et le moins exact
en ce genre que je connoisse . C'est neanmoins
sur cette Edition de 1725. que
l'on a donné , même avec les fautes
d'impression , celle de Basle ; les Additions
qu'on a faites à celle- cy ne servant,
pour la plupart , qu'à tirer de l'obscurité
quantité de Ministres Luthériens ,
Calvinistes et Sociniens , que ceux même
de leur Secte avoient oubliés depuis
long temps. Les articles amplifiez ne regardent
que des Auteurs du caractere
de ceux dont je viens de vous parler ;
consultez cette Edition de Basle et vous
trouverez presque à chaque page de quoi
vous en convaincre. Ce n'est pas - là ce
que Brandmuller , ou celui qui a conduit
708 MERCURE DE FRANCE
duit son Edition , avoient promis ; leur
projet nous annonçoit une Edition corrigée
et augmentée , et c'étoit plus le
premier avantage que le second que l'on
avoit lieu d'attendre. Cependant la plupart
des augmentations étant telles que
je viens de vous le dire , ne méritoient
pas d'être tant vantées , et à l'égard des
corrections , on les y cherche presque
toujours envain . L'article de Genève ,
par exemple , n'étoit- il pas un de ceux
que des Editeurs de Basle auroient dû
réformer , préferablement même à d'autres
; cependant tout ce qui regarde dans
cet article les Comtes de Genève est rempli
de fautes grossieres.
10. On y dit que Gerard ou Gerold I.
prit alliance avec Cisele , qui est nommé
, ajoûte- t'on , dans un Titre de l'Eglise
de Genève ; tout cela est faux ; Gerard
prit alliance avec Berthe , non avec
Cisele , et ce n'est point dans un Titre
de l'Eglise de Genève , que celle- cy est
nommée , mais dans une Lettre de Renaud
, Comte de Porceau , écrite à Guy
Geoffroy , Comte de Guyenne , après l'an
1060.2°. On nomme Amé II. Comte
de Savoye , au lieu de dire Comte de Maurienne..
Après Gérold II. on oublie
Chimoin II . Ebal étant neveu de
GuilAVRIL.
1734 709
Guillaume II. et souvent nommé Ebles
par les Historiens , il falloit le faire remarquer
de peur d'induire en erreur.
5°. En parlant d'Alise , on a tort de
l'appeller seulement Alise de la Tour ,
il falloit dire Alise de la Tour du Pin .
6º. On fait vivre Rodolphe jusqu'en
1285. il est sûr qu'il étoit mort avant
1275-7°. On donne deux femmes à
Guillaume III. Agnès de Savoye , et
Emeraude de la Frasse , la seconde cependant
n'a jamais été qu'une Concubine .
Guillaume n'eut pour femme légitime
qu'Agnès de Savoye , et il n'en eut qu'un
Enfant , et non deux , comme on l'a encore
dit , et cet Enfant fut Amé III.
Ioland , qu'on donne pour soeur à celuicy,
est supposée gratuitement.Pierre, qui
fut la Tige des Marquis de Lullin , et
non de Lullins , n'étoit que fils naturel
de Guillaume, Il eut cet Enfant d'Emeraude
de la Frasse , sa Maîtresse 8 °. Mahaud
n'étoit pas fille de Robert VIII.
Mais de Robert VII.9°. Aimoin , Seigneur
d'Anton , devoit être appellé Aimoin
IV. et non Aimoin III. Il n'est
pas vrai non plus qu'il mourut avant son
Pere vers l'an 1366. il est constant qu'il
lui succeda dans le Comté de Genève et
qu'il ne mourut qu'après le 30. d'Août
1367. 10°
710 MERCURE DE FRANCE
10°. On ne marque pas la mort de
Pierre , Comte de Genève ; on voit cependant
par les Historiens qu'on auroit
dû consulter , qu'il mourut peu après le
23. de Mars 1393 .
›
11º. On ne désigne pas suffisamment
les deux Epoux que Marie eut successivement
en disant qu'elle épousa , 1 °.
Jean de Challon , et 20. Humbert ; il
falloit dire Jean de Chalon II . du nom ,
et Humbert VII . du nom . Pareille faute
en parlant de Raimond de Baux ; on devoit
ajoûter IV. du nom , Prince d'Orange
; dans le même endroit , on dit
que Jeanne sa femme n'en eut point
Enfans , elle en eut neanmoins une Fille.
12º. Pierre de Genève , qui fut la Tige
des Marquis de Lullin , est dit l'un des
fils de Guillaume III. c'est fort mal s'exprimer.
Un Historien correct auroit dit,
quant à la Branche de Lullin , sortie de
Pierre de Genève , fils naturel de Guillaume
III . du nom , et d'Emeraude de
la Frasse , Dame de Montjoie , sa Maîtresse
, &c. On a tort aussi de dire que
Thomas , fils de ce Pierre , fut Seigneur
de Laix et d'Espagnies , au lieu de dire ,
Seigneur d'Aix , d'Espagne , &c.
13 °. On fait vivre Guillaume de Geneve
vers 1380. et on le dit Grand- Maître
AVRIL 1734. 71 1
tre d'Hôtel de Savoye ; ce sont en deux
lignes deux fautes grossieres . Guillaume
ne fut que Chambellan du Duc de Savoye
, Gouverneur du Pays de Vaud , et
Chevalier de l'Ordre , et il vivoit encore
en 1472.
14°. Albert Eugene de Genève , vivoit,
dit-on , en 1654. pourquoi ne pas dire
qu'il mourut sans posterité en 1663 ? Il
y a encore d'autres fautes dans cet article
, que je laisse à relever à l'Auteur
du Supplement au Dictionnaire Historique
que l'on imprime . Celles- cy suffi
sent pour vous faire connoître quelle est
l'exactitude de l'Edition de Basle.
N'est- il pas encore ridicule de faire
vivre le Pape Gregoire XIV . en 1391 .
c'est- à- dire , un siecle plutôt qu'il n'a
vécu . Cette faute se trouve avec plusieurs
autres dans l'article de Genebrard.
Dans l'Edition de Paris 1725. article
Gemma ( Corneille ) on avoit dit que cet
habile homme pensoit que depuis la
Naissance de J. C. on n'avoit point vû
de Phénomene comparable à celui qui
parut en 1572. pour sa dureté; il falloit dire
pour sa durée ; mais les Editeurs de Basle
fideles Copistes de toutes les fautes même
d'impression de l'Edition de Paris ,
n'ont pas non-plus oublié celle - là. Je ferois
712 MERCURE DE FRANCE
rois un gros volume si je voulois en relever
touses les bévûës. Ce n'est pas
mon dessein , et vous ne l'exigez pas de
moi ; que ces échantillons vous suffisent.
A quelle Edition faut- il donc s'arrê
ter , me direz - vous ? A celle de Paris de
1732. C'est celle , au moins que je préfere
à toutes les autres , mais je ne prétends
pas que mon jugement fasse loi .
Les motifs de préference m'ont parû
décisifs ; vous êtes assez judicieux pour
ne les pas rejetter ; les voici toutes refléxions
faites. J'ai trouvé que la plupart
des Génealogies fautives étoient rectifiées ;
qu'un grand nombre de dattes fausses
étoient remplacées par d'autres , qui sont
justes , que beaucoup de Citations peu
correctes, avoient acquis le point de justesse
qui leur est nécessaire pour ne point
égarer un Lecteur , qui veut verifier dans
les sources ; que beaucoup de noms estropiez
ou mis pour d'autres y étoient donnez
comme ils devoient l'être ; que d'ailleurs
on avoit ajoûté les dates de la mort
des Personnes qui avoient été enlevées
de ce Monde depuis 1725. qu'on avoit
parlé des Ouvrages qu'ils avoient plubliés
depuis la même année jusqu'en 1731
J'ai trouvé de plus que ce que le Public
avoit recherché dans l'Edition de 1718.
ct
AVRIL 173.4. 713
et qu'on avoit supprimé mal à propos
dans celle de 1725. se trouvoit presqu'en
tout dans celle de 1732. et quelquefois
même , tantôt avec quelques mots , tantôr
avec quelques lignes , que je n'étois
pas fâché d'y voir.
L'Edition de Paris de 1732. auroit pû
être encore plus correcte , si avant que
de la mettre sous presse , les Imprimeurs
essent laissé leur Dictionnaire entre les
mains de plusieurs Sçavans pendant quelques
années , pour leur donner le temps
de tout verifier ; mais on doit toujours
leur sçavoir beaucoup de gré d'en avoir
êté tous les deffauts qui ne s'y trouvent
plus ; its suppléent même en quelque sorte
à ceux que l'on y trouve encore , par
le Supplément qu'ils ont annoncé en
plusieurs endroits de cette nouvelle Edition
et qu'ils impriment actuellement
quoiqu'en dise l'Editeur de Basle , qui
paroît douter de ce Supplement et qui
le renvoye au moins à un temps fort
incertain. Pour moi qui ai été sur les
Lieux , je puis vous assurer que l'impression
de ce Supplément avance beaucoup,
J'en connois d'ailleurs l'Auteur et je
pourrai vous le nommer un jour . Pour
lui il ne cherche gueres à être connû ;
nous en avons déja plusieurs Ouvrages ,
auxquels
714 MERCURE DE FRANCE
auxquels il n'a jamais voulu qu'on mît
son nom. Il m'a montré plusieurs articles
de son Supplément , et j'y ai vû
qu'il corrigeoit l'Edition même de Moreri
de 1732. en quantité d'Endroits importants.
Son dessein capital est de denner
des Articles nouveaux et il m'en a
lû de fort curieux , les Relations qu'il
a lui ont été d'un grand secours. Il a
consulté l'Edition de Basle , dont il m'a
assuré n'avoir pas tiré grande utilité ; il
s'est servi de même que l'Editeur de
Basle , des curieux Mémoires du P. Niceron
, du Parnasse Francois de M. Titon
du Tillet , &c . mais il redresse ces
Auteurs , quand il s'apperçoit qu'ils se
sont trompez : il travaille à ce Supplément
depuis quelques années , et je crois
qu'il pourra être publié vers les Vacances
prochaines, au moins il l'espere,je le desire
aussi ,et je ne doute point que les Libraires
de Paris ne l'annoncent bientôt ; quand
j'en aurai des nouvelles positives je vous
en ferai part. Aimez - moi toujours et
croyez-moi le plus humble de vos serviteurs.
Ce premier Février · 1734 .
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Résumé : LETTRE écrite à M. *** sur l'Edition du Dictionnaire de Moreri, faite à Basle.
La lettre discute de l'édition du Dictionnaire Historique de Moreri, publiée par Jean Brandmuller à Bâle. L'auteur critique cette édition, la jugeant inférieure à celles de 1718 et 1732 publiées à Paris. Il souligne que l'édition de Bâle est basée sur celle de 1725, qui contient des erreurs et des omissions importantes, notamment dans les généalogies. Les ajouts réalisés dans l'édition de Bâle sont souvent des traductions incorrectes du Bibliothécaire Konig et mettent en avant des figures religieuses oubliées. L'auteur mentionne plusieurs erreurs factuelles spécifiques, telles que des dates incorrectes et des erreurs dans les généalogies des Comtes de Genève. Il préfère l'édition de Paris de 1732, qui corrige de nombreuses erreurs et ajoute des informations actualisées. L'auteur mentionne également un supplément en préparation, destiné à corriger et améliorer l'édition de 1732, qui devrait être publié prochainement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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143
p. 741-742
Mémoires pour l'Histoire des Sciences et des Beaux-Arts, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour l'Histoire des Sciences et des Beaux-Arts, commencez d'être [...]
Mots clefs :
Mémoires de Trévoux, Partialité, Paris, Ouvrages, Auteurs, Journal, Journalistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires pour l'Histoire des Sciences et des Beaux-Arts, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES pour l'Histoire des Sciences
et des Beaux - Arts , commencez d'être
imprimez l'an 1701. à Trévoux , et
dédiez à S. A. S. M. le Duc du Maine .
Janvier 1734. A Paris , Quay des Augustins
, chez Chaubert , in 12. de 175 .
pages.
Ce Journal , connu sous le titre de
Memoires de Trévoux , &c. s'imprime à
présent à Paris à l'adresse qu'on vient
de lire. A la tête de ce premier Volume
est un Avertissement , dans lequel on lit
à la troisiéme page cette Leçon importante.
L'esprit de partialité est un Ecueil dangereux
où bien des Journalistes ont échoué.
Le reproche qu'on fait encore à quelquesuns
d'entre eux de juger des Ouvrages d'autrui
sur le rapport de la passion et des pré-
F jugez
742 MERCURE DE FRANCE
4
jugez , n'est que trop bien fondé ; on nous
sçaura gré , sans doute , des précautions que
nous sommes résolus de prendre pour ménager
la délicatesse des Auteurs. Le devoir
d'un Journaliste se borne à rendre un compte
fidele des Livres dont il est chargé de faire
Panalyse. S'il lui faut emprunter le secours
de la Critique , la politesse , la probité et la
Religion lui prescrivent des regles dont il
ne doit jamais se départir. Affecter les airs et
le ton de Censeur ou de Juge , c'est usurper
un droit qui n'appartient qu'au Public , Arbitre
souverain de la réputation des Auteurs
et du mérite de leurs Ouvrages.
Avec de telles dispositions , on ne peut
que se promettre un heureux succès de
la composition de ce Journal.
et des Beaux - Arts , commencez d'être
imprimez l'an 1701. à Trévoux , et
dédiez à S. A. S. M. le Duc du Maine .
Janvier 1734. A Paris , Quay des Augustins
, chez Chaubert , in 12. de 175 .
pages.
Ce Journal , connu sous le titre de
Memoires de Trévoux , &c. s'imprime à
présent à Paris à l'adresse qu'on vient
de lire. A la tête de ce premier Volume
est un Avertissement , dans lequel on lit
à la troisiéme page cette Leçon importante.
L'esprit de partialité est un Ecueil dangereux
où bien des Journalistes ont échoué.
Le reproche qu'on fait encore à quelquesuns
d'entre eux de juger des Ouvrages d'autrui
sur le rapport de la passion et des pré-
F jugez
742 MERCURE DE FRANCE
4
jugez , n'est que trop bien fondé ; on nous
sçaura gré , sans doute , des précautions que
nous sommes résolus de prendre pour ménager
la délicatesse des Auteurs. Le devoir
d'un Journaliste se borne à rendre un compte
fidele des Livres dont il est chargé de faire
Panalyse. S'il lui faut emprunter le secours
de la Critique , la politesse , la probité et la
Religion lui prescrivent des regles dont il
ne doit jamais se départir. Affecter les airs et
le ton de Censeur ou de Juge , c'est usurper
un droit qui n'appartient qu'au Public , Arbitre
souverain de la réputation des Auteurs
et du mérite de leurs Ouvrages.
Avec de telles dispositions , on ne peut
que se promettre un heureux succès de
la composition de ce Journal.
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Résumé : Mémoires pour l'Histoire des Sciences et des Beaux-Arts, &c. [titre d'après la table]
Les 'Mémoires pour l'Histoire des Sciences et des Beaux-Arts' ont été imprimés pour la première fois en 1701 à Trévoux et dédiés au Duc du Maine. En janvier 1734, ce journal, désormais connu sous le nom de 'Mémoires de Trévoux', a été imprimé à Paris chez Chaubert, au Quai des Augustins, en un volume de 175 pages. L'avertissement du premier volume met en garde contre l'esprit de partialité, un écueil fréquent parmi les journalistes. Il souligne que certains jugent les œuvres en fonction de la passion plutôt que de l'objectivité. Le journal s'engage à ménager la délicatesse des auteurs et à rendre un compte fidèle des livres analysés. Les critiques doivent être menées avec politesse, probité et respect, sans usurper le rôle de censeur ou de juge, car ce droit appartient au public. Avec ces dispositions, le journal vise à garantir un succès heureux à sa composition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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144
p. 742-744
Les Souverains du Monde, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît chez G. Cavelier, Libraire à Paris, ruë S. Jacques, près la Fontaine S. Severin, au [...]
Mots clefs :
Empire, Souverains, Paris, Princes, Souverains du monde, Nouvelle édition, Traduction, Édition allemande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Souverains du Monde, &c. [titre d'après la table]
Il paroît chez G. Cavelier , Libraire à Paris ,
rue S. Jacques , près la Fontaine S. Severin , au
Lis d'or , une nouvelle Edition d'un Ouvrage qui
a pour titre : LES SOUVERAINS DU MONDE ,
en s . volumes in 12. Paris , 1734. C'est la Traduction
d'un Ouvrage imprimé en Allemand ,
dont il y a eu trois Editions . La Traduction Françoise
a été faite sur l'Edition Allemande de l'année
1712. et a été inprimée pour la premiere
fois à Paris en 1718. en 4. vol . in 12.
La nouvelle Edition Françoise est augmentée
d'un cinquiéme volume , par plusieurs Additions
que l'Editeur a jugé nécessaires pour la rendre
plus parfaire ; il a conduit le tout jusqu'à la fin
de l'année 1733. Les corrections qu'on y trouvera
AVRIL. 1734. 743
vera , sont faites d'après les meilleurs Historiens ,
Généalogistes et Géographes anciens et modernes
, et pour ce qui regarde les Maisons Souveraines
d'Allemagne , l'Editeur a consulté sur tout
la derniere Edition Allemande des Souverains du
Monde , de l'année 1730. qui lui a paru travaillée
avec beaucoup de soin.
L'objet de cet Ouvrage est de donner une idée
certaine et précise de tous les Souverains du
Monde et des principales Parties qui composent
leurs Etars ; on commence d'abord par leur Généalogie
et l'origine de leur Maison , avec un
abregé des Evenemens les plus considerables qui
y sont arrivez ; de - là on passe à leurs Gouvernemens
, Conseils et Tribunaux Souverains ; on
fait connoître ensuite en quoi consistent leurs
revenus , leurs forces , tant par Mer que par Terre,
le nombre de leurs Troupes , de leurs Forteresses
et des Provinces et Villes principales qui
sont sujettes à leur domination ; puis on parle
des droits et prétentions qu'ils forment sur d'au
tres Etats ; ensuite de quoi on trouve leurs Armoiries
gravées en taille- douce , que l'on blasonne
historiquement , et on finit chaque artile
Titre du Souverain dont il traite , par
la Religion qui domine dans ses Etats , le Lieu
de sa résidence , les Universitez et Académies qui
y sont fondées , et enfin par un petit Catalogue
des Auteurs du Pays qui ont écrit sur chaque
sujet.
cle par
Suivant cet ordre , on traite dans le premier
Volume , de l'Empire d'Allemagne , des Electeurs
, tant Ecclesiastiques que Séculiers et des
auttes Princes Ecclesiastiques de l'Empire. Dans
le II. Volume , de tous les Princes Séculiers de
l'Empire. Dans le III . Volume , des Comtes de
Fij l'Em744
MERCURE DE FRANCE
P'Empire et des Villes libres et Imperiales, Dans
le IV . des Princes d'Italie , des differentes Républiques
situées en Europe , et des Royaumes
de Portugal , d'Espagne , de France , de la Gran.
de Bretagne , de Dannemarc et de Suede , dans
ce Volume on traite aussi du Duché de Lorrai
ne. Dans le V. Volume , de la Russie , de la
Prusse , de la Curlande , de la Pologne , des Etats
de la Maison d'Autriche , de l'Empire des Turcs,
des Souverainetez situées hors de l'Europe , et
des Ordres de Chevalerie ; le tout conformement
aux Cartes Géographiques.
rue S. Jacques , près la Fontaine S. Severin , au
Lis d'or , une nouvelle Edition d'un Ouvrage qui
a pour titre : LES SOUVERAINS DU MONDE ,
en s . volumes in 12. Paris , 1734. C'est la Traduction
d'un Ouvrage imprimé en Allemand ,
dont il y a eu trois Editions . La Traduction Françoise
a été faite sur l'Edition Allemande de l'année
1712. et a été inprimée pour la premiere
fois à Paris en 1718. en 4. vol . in 12.
La nouvelle Edition Françoise est augmentée
d'un cinquiéme volume , par plusieurs Additions
que l'Editeur a jugé nécessaires pour la rendre
plus parfaire ; il a conduit le tout jusqu'à la fin
de l'année 1733. Les corrections qu'on y trouvera
AVRIL. 1734. 743
vera , sont faites d'après les meilleurs Historiens ,
Généalogistes et Géographes anciens et modernes
, et pour ce qui regarde les Maisons Souveraines
d'Allemagne , l'Editeur a consulté sur tout
la derniere Edition Allemande des Souverains du
Monde , de l'année 1730. qui lui a paru travaillée
avec beaucoup de soin.
L'objet de cet Ouvrage est de donner une idée
certaine et précise de tous les Souverains du
Monde et des principales Parties qui composent
leurs Etars ; on commence d'abord par leur Généalogie
et l'origine de leur Maison , avec un
abregé des Evenemens les plus considerables qui
y sont arrivez ; de - là on passe à leurs Gouvernemens
, Conseils et Tribunaux Souverains ; on
fait connoître ensuite en quoi consistent leurs
revenus , leurs forces , tant par Mer que par Terre,
le nombre de leurs Troupes , de leurs Forteresses
et des Provinces et Villes principales qui
sont sujettes à leur domination ; puis on parle
des droits et prétentions qu'ils forment sur d'au
tres Etats ; ensuite de quoi on trouve leurs Armoiries
gravées en taille- douce , que l'on blasonne
historiquement , et on finit chaque artile
Titre du Souverain dont il traite , par
la Religion qui domine dans ses Etats , le Lieu
de sa résidence , les Universitez et Académies qui
y sont fondées , et enfin par un petit Catalogue
des Auteurs du Pays qui ont écrit sur chaque
sujet.
cle par
Suivant cet ordre , on traite dans le premier
Volume , de l'Empire d'Allemagne , des Electeurs
, tant Ecclesiastiques que Séculiers et des
auttes Princes Ecclesiastiques de l'Empire. Dans
le II. Volume , de tous les Princes Séculiers de
l'Empire. Dans le III . Volume , des Comtes de
Fij l'Em744
MERCURE DE FRANCE
P'Empire et des Villes libres et Imperiales, Dans
le IV . des Princes d'Italie , des differentes Républiques
situées en Europe , et des Royaumes
de Portugal , d'Espagne , de France , de la Gran.
de Bretagne , de Dannemarc et de Suede , dans
ce Volume on traite aussi du Duché de Lorrai
ne. Dans le V. Volume , de la Russie , de la
Prusse , de la Curlande , de la Pologne , des Etats
de la Maison d'Autriche , de l'Empire des Turcs,
des Souverainetez situées hors de l'Europe , et
des Ordres de Chevalerie ; le tout conformement
aux Cartes Géographiques.
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Résumé : Les Souverains du Monde, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une nouvelle édition de l'ouvrage 'LES SOUVERAINS DU MONDE' en cinq volumes in-12, imprimée à Paris en 1734. Cet ouvrage est la traduction d'un texte allemand, dont la première édition française date de 1718 en quatre volumes. La nouvelle édition inclut un cinquième volume, complétant les informations jusqu'à la fin de l'année 1733. Les corrections ont été réalisées en consultant des historiens, généalogistes, géographes et la dernière édition allemande de 1730. L'ouvrage décrit les souverains du monde et leurs États, couvrant la généalogie, les événements marquants, les gouvernements, les revenus, les forces militaires, les provinces et villes principales, les droits et prétentions, les armoiries, la religion dominante, les résidences des souverains, les universités, et un catalogue des auteurs du pays. Les volumes sont organisés par régions et types de souverainetés, couvrant l'Empire d'Allemagne, les princes ecclésiastiques et séculiers, les comtes, les villes libres, les princes d'Italie, les républiques européennes, divers royaumes, la Russie, la Prusse, la Pologne, l'Empire des Turcs, et les ordres de chevalerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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145
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
TILDEN BUNDAS ESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , ..fin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrage mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte, on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
TILDEN BUNDAS ESSE generale est à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure vis - à - vis la Comedie Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventſe ſervir de cette voye
pour lesfaire tenir.
On prie très- inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , ..fin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrage mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte, on aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document traite de la distribution du Mercure, une publication. Le général Tilden Bundas Essé recommande de remettre les paquets cachetés aux libraires parisiens vendant le Mercure ou de les envoyer directement à Monsieur Moreau, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste pour éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier préparera et expédiera les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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146
p. 1024-1037
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 18 Avril dernier, Marc-Antoinne Bosc de Boucher, Maître des Requêtes Honoraire [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Paris, Marquis, Duc, Chevalier, Lieutenant général, Veuve, Épouse, Conseiller au Parlement, Chambre des comptes de Paris, Marc-Antoine de Bosc de Bouchet, Nicolas de Neufville de Villeroy, François-Camille de Neufville de Villeroy, François-Théodore des Vignes, Charles-Eugène de Lévis-Charlus
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En avril 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent à Paris et dans d'autres régions. Marc-Antoine Bosc du Boucher, Maître des Requêtes Honoraire, ancien Surintendant des finances et Intendant de Limoges, mourut à Paris le 18 avril à l'âge de 63 ans. Il avait épousé Grace Angélique Françoise Arazola d'Ognate et eut trois enfants, dont Jeanne Grace Bosc. Le 19 avril, Dame Marie-Gabrielle Le Clerc, veuve de François Baillet, Chevalier Marquis de Vaugrenant, décéda sans postérité à l'âge de 78 ans. Le 20 avril, Dame Claude Douet, épouse de François Boucot, Conseiller du Roi, mourut sans enfants. Le 21 avril, Dom Louis Le Roy, Général de l'Ordre des Feuillants, décéda à Paris à l'âge de 67 ans. Le 22 avril, Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général des Armées et Gouverneur des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolais, mourut subitement d'une attaque d'apoplexie à Paris à l'âge de 71 ans. Il avait une carrière militaire distinguée et était père de quatre enfants, dont Louis François Anne de Neufville, Duc de Retz. Le 24 avril, Amable Baisle, Chapelain Ordinaire du Roi, mourut à Paris à l'âge de 94 ans. Le 27 avril, Mademoiselle Noblet de Romery, âgée d'environ 18 ans, décéda de la petite vérole. En avril 1734, le Comte de Vertillac mourut en Périgord à l'âge de 85 ans, laissant des enfants. La Dame Le Boulanger, femme de Maître des Comptes, mourut en couches à Paris. Dame Anne Angélique de la Barre, veuve de Nicolas Charpy, décéda à l'âge de 52 ans. François-Théodore des Vignes, Chevalier et Gentilhomme de la Chambre du Roi de Pologne, mourut à son château de Chuffort à l'âge d'environ 71 ans, laissant deux enfants. Le 7 mai, Dame Jeanne Gallon, veuve de l'Intendant Général de la Marine Antoine-François Phélypeaux, décéda à Paris, laissant deux enfants. Le même jour, Pierre Paulmier de La Buccaille, Seigneur de Prestreval, mourut à Rouen. Charles Eugène de Lévis, Duc de Lévis, Pair de France, décéda à Paris à l'âge de 65 ans. Il a servi dans l'armée dès 1688, participant à de nombreuses batailles et sièges, et a atteint le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. Il a également été Gouverneur de plusieurs provinces et a été fait Chevalier des Ordres du Roi. Il laisse deux filles, Geneviève Paulmier de la Bucaille et Charlotte Paulmier de la Bucaille, toutes deux mariées à des nobles. Philippe Langlois, Seigneur de Pommeuse, Conseiller du Roi et Grand-Auditeur de France, décéda à l'âge d'environ 73 ans. Il avait épousé Louise Sandrier en 1701 et, après son décès en 1715, s'est remarié avec Charlotte de Ricoüart en 1718. Il laisse trois fils de son premier mariage. Françoise Le Tellier, veuve de Pierre Vallée, fut inhumée à l'âge de 95 ans. Noël Falconnet, célèbre Docteur en Médecine et Doyen du Collège des Médecins de Lyon, décéda à l'âge de 90 ans. Il laisse un fils, Camille Falconnet, qui lui succède dans ses charges. Jules-Louis Jean-Claude de la Marck, Colonel d'un régiment d'infanterie allemand au service du Roi, décéda à l'âge de 2 ans et 7 mois. Dame Anne-Victoire de Saint Chamant, épouse de Robert de Pierrepont, décéda à l'âge de 38 ans sans avoir eu d'enfant. Anne-François-Joseph, Marquis de Bassompierre, Capitaine dans le Régiment du Roi Infanterie, décéda à l'âge d'environ 48 ans. Il était marié à Marie-Éléonor d'Oglethorp et laisse deux sœurs comme héritières.
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147
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
,
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis- à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fansperte
de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
,
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis- à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fansperte
de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document est une adresse générale destinée à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Il informe les lecteurs qu'ils peuvent remettre leurs paquets cachetés aux libraires qui vendent le Mercure à Paris pour une livraison facilitée. Il est fortement recommandé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte potentielle des ouvrages. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
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148
p. 1089-1090
A Madlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Claville, Trésorier de France à Rouen ; en lui envoyant son Traité du vrai Merite, qu'il vient de donner au Public, qui s'imprime chez Saugrin, à Paris.
Début :
La fine fleur des beaux esprits, [...]
Mots clefs :
Paris, Traité du vrai mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Claville, Trésorier de France à Rouen ; en lui envoyant son Traité du vrai Merite, qu'il vient de donner au Public, qui s'imprime chez Saugrin, à Paris.
A Madlle de Malerais de la Vigne , par
M. de Claville , Trésorier de France à
Rouen ; en lui envoyant son Traité du
vrai Merite , qu'il vient de donner an
Public , qui s'imprime chez Sangrin , à
Paris.
LA fine fleur des beaux esprits ;
Dont les talens divins font honneur au Parnasse,
De qui les sublimes Ecrits ,
Vol. Plei
roso MERCURE DE FRANCE
Pleins de force , de feu , de justesse et de grace ,
Ont enlevé la Cour , la Province et Paris ;
Enfin cette Sapho qui fait revivre Horace ,
Trouvera t'elle un jour , c'est trop dire , un mo
ment ,
A vouloir s'amuser de mon amusement ?
Je lui dois , et je m'acquitte ;
Non un respect hypocrite
Pour m'en faire préconiser ;
Prétens-je m'immortaliser
Le sot orgueil n'est pas ma vertu favorite ;
Et sur ce qui me manque on doit bien m'excu
ser .
Loin du Croisic peut- on puiser
A la source du vrai merite
Vîte donc , parlez mon Traité .
Sans espoir, sans timidité ,
Montrez-vous à Malcrais d'un air modeste er
sage ;
Vous recevrez pour prix d'un tendre hommage
Du moins des marques de bonté ;
Mais ne volez pas son suffrage ,
On me soupçouneroit de trop de vanité.
M. de Claville , Trésorier de France à
Rouen ; en lui envoyant son Traité du
vrai Merite , qu'il vient de donner an
Public , qui s'imprime chez Sangrin , à
Paris.
LA fine fleur des beaux esprits ;
Dont les talens divins font honneur au Parnasse,
De qui les sublimes Ecrits ,
Vol. Plei
roso MERCURE DE FRANCE
Pleins de force , de feu , de justesse et de grace ,
Ont enlevé la Cour , la Province et Paris ;
Enfin cette Sapho qui fait revivre Horace ,
Trouvera t'elle un jour , c'est trop dire , un mo
ment ,
A vouloir s'amuser de mon amusement ?
Je lui dois , et je m'acquitte ;
Non un respect hypocrite
Pour m'en faire préconiser ;
Prétens-je m'immortaliser
Le sot orgueil n'est pas ma vertu favorite ;
Et sur ce qui me manque on doit bien m'excu
ser .
Loin du Croisic peut- on puiser
A la source du vrai merite
Vîte donc , parlez mon Traité .
Sans espoir, sans timidité ,
Montrez-vous à Malcrais d'un air modeste er
sage ;
Vous recevrez pour prix d'un tendre hommage
Du moins des marques de bonté ;
Mais ne volez pas son suffrage ,
On me soupçouneroit de trop de vanité.
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Résumé : A Madlle de Malcrais de la Vigne, par M. de Claville, Trésorier de France à Rouen ; en lui envoyant son Traité du vrai Merite, qu'il vient de donner au Public, qui s'imprime chez Saugrin, à Paris.
M. de Claville, Trésorier de France à Rouen, adresse une lettre à Mademoiselle de Malerais de la Vigne pour lui envoyer son ouvrage 'Traité du vrai Mérite', publié chez Sangrin à Paris. Il admire les écrivains talentueux dont les œuvres ont conquis la Cour, la Province et Paris, comparant l'un d'eux à Sapho et Horace. Claville reconnaît humblement ses propres limites et espère que son traité sera bien accueilli. Il demande à Mademoiselle de Malerais de le présenter avec modestie et sagesse, sans chercher à obtenir son approbation pour éviter toute accusation de vanité.
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149
p. 1159-1174
LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
Début :
J'ai à vous parler ici, Monsieur, du XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires [...]
Mots clefs :
Jérôme Bignon, Paris, Louis XIII, Mémoires, Avocat, Homme, Ouvrages, Fils, Ans, Temps, Voyage, Faveur, Jean-Pierre Niceron, Emmius, Mérite, Cardinal, Savants, Érudition, Roland Bignon, Thomas Browne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
LETTRE de M.... sur la Continuation
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
Fermer
Résumé : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
La lettre traite des volumes XXIII et XXIV des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', publiés par le libraire Briasson. Elle met en lumière plusieurs savants, notamment Jérôme Bignon, né à Paris en 1590. Fils de Rolland Bignon, avocat au Parlement, et de Marie Ogier, Jérôme Bignon reçut une éducation complète incluant les langues, les humanités, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques, l'histoire, la jurisprudence et la théologie. À dix ans, il publia une 'Chorographie ou Description de la Terre Sainte', suivie de deux autres ouvrages à treize ans. Le roi Henri IV, impressionné par son érudition, le nomma Enfant d'Honneur auprès du Dauphin. Bignon composa un traité sur l'excellence des rois de France, dédié à Henri IV. Après la mort du roi, il se retira temporairement de la cour avant d'y revenir à la demande de Nicolas Le Fèvre, précepteur de Louis XIII. En 1614, il voyagea en Italie, où il rencontra plusieurs savants illustres et reçut des marques d'estime du pape Paul V et du cardinal de Sainte Suzanne. De retour en France, Bignon reprit ses activités au barreau et fut nommé avocat général au Grand Conseil en 1620. En 1625, il devint conseiller d'État et avocat général au Parlement. Il céda sa charge d'avocat général en 1641 et fut nommé grand-maître de la Bibliothèque du Roi par le cardinal de Richelieu en 1642. Bignon fut impliqué dans plusieurs affaires importantes pour l'État, notamment l'ordonnance de 1639 et les traités de Munster et d'Alliance avec la Hollande. Il mourut le 7 avril 1656 à l'âge de 67 ans. Ses œuvres incluent la 'Chorographie de la Terre Sainte', des discours sur Rome, un traité sur l'élection des papes, et des éditions de textes juridiques. La lettre mentionne également Ubbo Emmius, un savant hollandais du XVIe siècle, connu pour son ouvrage sur l'ancienne Grèce. L'auteur exprime sa gratitude au Père Niceron pour avoir donné une place à cet auteur dans ses mémoires, notant qu'Emmius est peu connu parmi les gens de lettres. Le texte évoque également l'œuvre d'Emmius, insérée dans les 'Antiquités Grecques' de Gronovius, et mentionne ses travaux sur les républiques grecques et l'histoire de Philippe II de Macédoine. Le texte traite également de Pierre Belon, un grand voyageur, physicien, médecin et botaniste. Bien que ses compétences en géographie, antiquités et critique soient jugées insuffisantes, Belon a rédigé plusieurs ouvrages sur l'histoire naturelle des pays qu'il a visités, traduits en latin par Charles Clusius. Le texte mentionne également Pierre Gilles, maître de Belon, et ses œuvres sur le Bosphore de Thrace et Constantinople. Belon a été assassiné près de Paris en 1564 à l'âge d'environ 47 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
150
p. 1189-1190
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Hecquet, Graveur et Marchand Imager, informé que plusieurs personnes, soit Professeurs [...]
Mots clefs :
Sujets, Paris, Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Hecquet, Moyreau, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet , Graveur et Marchand Imainformé
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet, graveur et marchand d'estampes, signale que des professeurs de collège et des marchands d'estampes en province rencontrent des difficultés à trouver des sujets de thèses appropriés à Paris. Il propose ses services, disposant de nombreuses planches de diverses tailles et d'une belle exécution, adaptées aux sujets de thèses tirés de l'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il offre également des passe-partout pour les dédicaces, accompagnés d'ornements gracieux. Hecquet a récemment publié une planche de dédicace au Roi, acclamée à la Cour et à Paris, représentant le portrait du Roi entouré des principales vertus du monarque. La dédicace met en avant l'amour du Roi pour les lettres et les beaux-arts. Hecquet propose d'envoyer des épreuves de ces sujets avec les prix correspondants et assure une attention particulière aux demandes de fournitures. Son adresse est à l'Image Saint-Maur, sur la Place de Cambray, proche la Fontaine Saint-Benoît, à Paris. Par ailleurs, le sieur Moyreau, graveur de l'œuvre de Wauvermans, a publié la 13e estampe intitulée 'La petite Chasse du Cerf', d'après un tableau du cabinet de la Comtesse de Verrue. Moyreau grave actuellement le pendant de cette estampe. Toutes ces estampes sont disponibles chez l'auteur, rue Galande, vis-à-vis Saint-Blaise.
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