AVIS INTERESSANT ,
Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée
, Chymifte , demeurant à Paris , fauxbourg
S. Honoré , rue de la Ville - l'Evêque.
R.
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M'effets fuivis de fon remede , & c'eft par des Mollée rend compte dans fa lettre des
faits exposés avec exactitude qu'il parvient
prouver ,
1°. Que fon remede guérit fans retour.
2°. Qu'il guérit commodément & fans caufer
aucunes fortes d'accidens.
3°. Que dans les tems qui ne font pas extrê
mement rudes , les pauvres en peuvent faire uſage
fans difcontinuer leurs travaux.
4° . Qu'il eft fi analogue à la nature , que les
femmes enceintes & les enfans à la mammelle
peuvent en ufer fans aucun rifque , & que tous les
malades qui l'emploient jouiffent d'une fanté par,
faite à la fin du traitement.
Mais M. Mollée ne propofe fon remede que
pour le mal vénérien. Il exige de plus qu'on fuive
fcrupuleufement fa méthode dans les préparations
& l'adminiftration de ce remede : en conféquence
il confeille aux malades de fe faire toujours aider
par quelques perfonnes de l'art. C'eſt en 1751
que les premieres épreuves en ont été faites à
Bordeaux , fous les yeux des Médecins & des Chirurgiens
habiles de cette ville. On en peut voir
le détail chez Barbou , rue S. Jacques , aux Cigognes.
Il a fait fucceffivement de nouvelles épreuves
à Verfailles & à Paris , fous les yeux des preJUIN..
1753: 233
miers Médecins duRoi , & fous l'infpection de M.
Malouin ; elles ont été également fuivies d'un
heureux fuccès . Depuis l'obtention de fon privilege
il a continué à faire fes cures publiques
avec les mêmes précautions & la même réuffite ,
tant à Paris que dans les provinces. Pour en mieux
conftater le fuccès , il rapporte dans fa lettre l'état
de plufieurs malades qu'il a traités , avec les
certificats de leur guérifon.
Sur ce qu'il a été dit dans le Mercure de Now
vembre 1754 , que M. Baron , Doyen de la Fa
culté de Paris , à déclaré que ladite Faculté n'a
aucune connoiffance du remede du fieur Mollée ,
qui s'autorife auffi fauffement de l'approbation
de l'Académie de Chirurgie ; l'auteur fe juftifie ,
en difant que cette erreur vient de ce qu'il a pris
le fuffrage de plufieurs Docteurs de la Faculté
pour celui du corps même. Il affure que M. Mar
thaud , Docteur de cette Faculté , a fait aux écoles
l'éloge de fon remede , ainfi que M. Hervin , pre
mier Chirurgien de Madame laDauphine , dans l'E
cole de Chirurgie , où il y a fix ou ſept cens Eco
liers. Depuis il a invité deux fois M. Baron & une
fois M. Morand à être les témoins du traitement
qu'il fait tous les mois à un pauvre malade gratis ;
il a même offert à ce dernier gratuitement tout ce
qu'il faudroit de fon remede pour traiter aux invalides.
Ces Meffieurs n'ayant pas eu le tems d'en voir
& d'en fuivre les effets , ce n'eft pas la faute de M.
Mollée s'ils les ignorent . Sa charité ne s'eft point
bornée aux pauvres malades de Paris , elle s'eft
étendue fur ceux des provinces : il exerce fon art en
citoyen , & la réuffite couronne les bienfaits . I
M. Mollée avertit le public qu'il vient de faire
imprimer une nouvelle méthode pour la prépara
tion des malades avant l'adminiftration de fon re236
MERCURE DE FRANCE.
mede ; on la trouvera chez lui , où il la délivre
gratis.