Résultats : 14606 texte(s)
Détail
Liste
7701
p. 987
ESPAGNE.
Début :
Le Gouvernement a ordonné qu'on retint cent mille Piastres outre l'Indult ordinaire [...]
Mots clefs :
Château Sant'Elmo, Indult, Fort de Baye
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Gouvernement a ordonné qu'on retint
cent mille Piastres outre l'Indult ordinaire
sur l'argent qui est venu à bord du Vaisseau l'Incendie.
On a commencé le 1o . du mois passé à
distribuer les sommes que ce Bâtiment a apportées
, à ceux à qui elles appartiennent.
Par le Courrier dépêché au Roy par Dom
Carlos , on a reçû avis de la Prise du Fort de
Baye et de celle du Château Saint Elme ; la
que
Garnison de Baye , qui s'est renduë à discretion ,
étoit composée d'environ 400. hommes, et qu'on
a fait dans le Château Saint Elme 250. prisonniers
de guerre , sans compter le Commandant
ér les Officiers.
E Gouvernement a ordonné qu'on retint
cent mille Piastres outre l'Indult ordinaire
sur l'argent qui est venu à bord du Vaisseau l'Incendie.
On a commencé le 1o . du mois passé à
distribuer les sommes que ce Bâtiment a apportées
, à ceux à qui elles appartiennent.
Par le Courrier dépêché au Roy par Dom
Carlos , on a reçû avis de la Prise du Fort de
Baye et de celle du Château Saint Elme ; la
que
Garnison de Baye , qui s'est renduë à discretion ,
étoit composée d'environ 400. hommes, et qu'on
a fait dans le Château Saint Elme 250. prisonniers
de guerre , sans compter le Commandant
ér les Officiers.
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Résumé : ESPAGNE.
Le gouvernement espagnol a ordonné la rétention de cent mille piastres supplémentaires sur les fonds du vaisseau l'Incendie. La distribution a commencé le 1er du mois précédent. Dom Carlos a annoncé la prise du Fort de Baye et du Château Saint Elme. La garnison de Baye s'est rendue sans condition, et 250 prisonniers ont été faits au Château Saint Elme.
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7702
p. 987-988
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
Le 7. de ce mois, à dix heures du matin, le Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Princesse d'Orange, Yacht
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BAS.
E 7. de ce mois , à dix heures du matin , Ic
Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant
la Ville de Rotterdam , à bord du Yacht le
Fubbs , et ils furent saluez par une décharge gémerale
de l'Artillerie de la Ville et de celle de tous
les Vaisseaux qui étoient sur la Riviere , Les Ma-
Gvi gistrat,
988 MERCURE DE FRANCE
3
gistrats allerent complimenter le Prince et la
Princesse , qui passerent le reste du jour et la
nuit suivante dans leur Yacht , et qui n'en descendirent
le lendemain que pour prendre la route
de Delft et se rendre de- là à Amsterdam ; ils y
arriverent le même jour à cinq heures du soir,
et ils en partirent sur le champ pour la Frise.
E 7. de ce mois , à dix heures du matin , Ic
Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant
la Ville de Rotterdam , à bord du Yacht le
Fubbs , et ils furent saluez par une décharge gémerale
de l'Artillerie de la Ville et de celle de tous
les Vaisseaux qui étoient sur la Riviere , Les Ma-
Gvi gistrat,
988 MERCURE DE FRANCE
3
gistrats allerent complimenter le Prince et la
Princesse , qui passerent le reste du jour et la
nuit suivante dans leur Yacht , et qui n'en descendirent
le lendemain que pour prendre la route
de Delft et se rendre de- là à Amsterdam ; ils y
arriverent le même jour à cinq heures du soir,
et ils en partirent sur le champ pour la Frise.
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Résumé : HOLLANDE, PAYS-BAS.
Le 7 du mois, le Prince et la Princesse d'Orange sont arrivés à Rotterdam à bord du yacht le Fubbs. Ils ont été accueillis par une salve d'artillerie. Les magistrats les ont complimentés à bord. Ils ont passé la nuit sur le yacht, puis se sont rendus à Delft et Amsterdam avant de partir pour la Frise.
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7703
p. 988-991
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 22. du mois dernier, la Populace s'étant assemblée tumultueusement dans divers endroits [...]
Mots clefs :
Peuple, Parlement, Droits, Roi, Intérêt, Chambre des communes, Établissement
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 22 du mois précédent, la population de Londres a célébré le rejet par la Chambre des Communes d'un projet de loi visant à augmenter les droits sur les boissons fortes et à modifier leur perception. Cette célébration s'est manifestée par des feux dans les rues et des bris de vitres chez ceux refusant de mettre des lumières à leurs fenêtres. Les efforts de la police pour rétablir l'ordre ont été inutiles. Le 27 avril, le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour donner son consentement à divers projets de loi. Dans son discours, il a remercié les parlementaires pour leur promptitude et leur unanimité dans la gestion des affaires publiques. Il a souligné l'importance de maintenir l'honneur et l'intérêt de la Grande-Bretagne, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume. Le roi a également reconnu les efforts des Communes pour lever les subsides nécessaires et acquitter une partie des dettes de la Marine. Le roi a annoncé la dissolution du Parlement et la convocation d'un nouveau Parlement pour éviter les inconvénients des élections générales. Il a exprimé sa gratitude pour l'attachement et les égards constants du Parlement envers sa personne et le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de conserver les droits et privilèges légitimes du peuple et de maintenir l'observation des lois pour la sécurité mutuelle du souverain et des sujets. Le Duc de Buckingham est parti le 28 du mois précédent pour servir dans l'armée française sur le Rhin. Le Prince et la Princesse d'Orange ont quitté Londres pour la Hollande, escortés par des vaisseaux de guerre. À ce jour, 350 membres du nouveau Parlement ont été élus, dont plus de 200 étaient membres du dernier Parlement. Plusieurs habitants de Douvres ont été accusés de corruption lors des élections et doivent être poursuivis en justice.
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7704
p. 992-993
ARMÉE D'ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Duc de Berwick, qui avoit quitté avec une partie de l'Armée le Camp [...]
Mots clefs :
Maréchal de Berwick, Armée d'Allemagne, Bataillons, Troupes, Lieutenant, Lignes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
AR ME'E D'ALLEMAGNE.
E Maréchal Duc de Berwick , qui avoit
Lquitté avec une partie de l'armée le Carne
de Spire pour se raprocher du Fort - Louis , y
ayant été joint par le corps de troupes qui étoit
sous les ordres du Duc de Noailles , il fit passer
le Rhin à son Armée au Fort-Louis et au Fort
de Kehl.
Le 4 de ce mois vers les 6 heures du matin ,
le Duc de Noailles qui avoit été détaché avec ri
Bataillons , deux Regiments de Dragons , et 100
Carabiniers de la Maison du Roy , attaqua les
Lignes d'Ettlingen , par la Montagne , et il força
les Ennemis dans leurs retranchements .
L'après midy le Prince de Tingry , que lè
Maréchal de Berwick avoit fait avancer à une
portée de mousquet des Lignes vis - à- vis d'Ettlingen
, s'empara d'un Fort qui les couvroit dans
cette partie, et il y entra avec 10Bataillons composez
de la Brigade des Gardes et de celle de la
Marine , et il fut suivi des cinq Bataillons de l'a
Brigade de Gondrin et des sept Escadrons qui
avoient marché sous les ordres de M. de la Billarderie
, Lieutenant General .
Le même jour , le Marquis d'Asfeldt avec-les
30 Bataillons qu'il commande passa le Rhin à
l'Isle de Neckerau ..
Les le Maréchal de Berwick marcha avec 6
Bataillons ,.et 42 Escadrons à Mulberg , où toute
son Armée s'est rassemblée .
Le Prince Eugene , qui étoit arrivé au Camp
près de Philisbourg le 27 du mois dernier, s'étoit
avancé à Mulberg , et il y étoit encore le 4 de
ce mois , mais aussi- tôt qu'il eut été informé
que les Lignes d'Ettl ingen avoiene été forcées et
que
MAY.
1734 993
que le Marquis d'Asfeldt qui étoit dans l'Isle de
Neckerau se dispósoit à passer le petit bras qui
sépare cette Isle de la Plaine de Manheim , il
prit le parti de faire marcher une partie de son
Armée vers Phortsheim , et l'autre à Hailbron,
Le 7 , le Maréchal de Berwick fut camper
Graben.
Il y a eû à l'attaque des Lignes d'Ettlingen ;
environ 60 Soldats tuez ou blessez ; M. de
Chenelette Brigadier et Lieutenant Colonel du
Regiment de Piémont y a été blessé ; et M. Du
bois , Lieutenant Colonel du Regiment de Boulonois
, très dangereusement.
1
Le Maréchal de Berwick , après avoir laissé
un Corps de Troupes à Graben et à Roussen ,
pour la sureté du Pont et pour conserver la communication
avec l'Alsace , alla camper le 10 , la
droite à Obstatt , et la gauche à Bruchsall.
Le Marquis d'Asfeldt , y arriva le lendemain
avec les Troupes qu'il commandoit. Il est venu
joindre l'Armée du Maréchal de Berwick par le
Spirback et par le Pont de Roussen et il a
brulé en passant un magazin de fourages que les
Ennemis avoient auprès de Philisbourg .
>
Le 12 , M. de Quadt , Lieutenant General a
été détaché avec 6 Bataillons et 12 Escadrons
pour aller soumettre le Wirtemberg à la contribution.
Le Prince Eugene , qui avoit décampé d'Obsratt
le 7. pour prendre la route de Sintzen, étoit
le II à Hailbron ; mais il en est parti le lendemain
, et il a marché vers Rottembourg.
Le Comte de Belleisle ; qui étoit resté près de
Traërbach depuis la prise du Château , a dû marcher
le 16 avec les Troupes qui sont sous ses
ordres , pour se rendre à Landau , d'où il ira
joindre le Maréchal de Berwick.
E Maréchal Duc de Berwick , qui avoit
Lquitté avec une partie de l'armée le Carne
de Spire pour se raprocher du Fort - Louis , y
ayant été joint par le corps de troupes qui étoit
sous les ordres du Duc de Noailles , il fit passer
le Rhin à son Armée au Fort-Louis et au Fort
de Kehl.
Le 4 de ce mois vers les 6 heures du matin ,
le Duc de Noailles qui avoit été détaché avec ri
Bataillons , deux Regiments de Dragons , et 100
Carabiniers de la Maison du Roy , attaqua les
Lignes d'Ettlingen , par la Montagne , et il força
les Ennemis dans leurs retranchements .
L'après midy le Prince de Tingry , que lè
Maréchal de Berwick avoit fait avancer à une
portée de mousquet des Lignes vis - à- vis d'Ettlingen
, s'empara d'un Fort qui les couvroit dans
cette partie, et il y entra avec 10Bataillons composez
de la Brigade des Gardes et de celle de la
Marine , et il fut suivi des cinq Bataillons de l'a
Brigade de Gondrin et des sept Escadrons qui
avoient marché sous les ordres de M. de la Billarderie
, Lieutenant General .
Le même jour , le Marquis d'Asfeldt avec-les
30 Bataillons qu'il commande passa le Rhin à
l'Isle de Neckerau ..
Les le Maréchal de Berwick marcha avec 6
Bataillons ,.et 42 Escadrons à Mulberg , où toute
son Armée s'est rassemblée .
Le Prince Eugene , qui étoit arrivé au Camp
près de Philisbourg le 27 du mois dernier, s'étoit
avancé à Mulberg , et il y étoit encore le 4 de
ce mois , mais aussi- tôt qu'il eut été informé
que les Lignes d'Ettl ingen avoiene été forcées et
que
MAY.
1734 993
que le Marquis d'Asfeldt qui étoit dans l'Isle de
Neckerau se dispósoit à passer le petit bras qui
sépare cette Isle de la Plaine de Manheim , il
prit le parti de faire marcher une partie de son
Armée vers Phortsheim , et l'autre à Hailbron,
Le 7 , le Maréchal de Berwick fut camper
Graben.
Il y a eû à l'attaque des Lignes d'Ettlingen ;
environ 60 Soldats tuez ou blessez ; M. de
Chenelette Brigadier et Lieutenant Colonel du
Regiment de Piémont y a été blessé ; et M. Du
bois , Lieutenant Colonel du Regiment de Boulonois
, très dangereusement.
1
Le Maréchal de Berwick , après avoir laissé
un Corps de Troupes à Graben et à Roussen ,
pour la sureté du Pont et pour conserver la communication
avec l'Alsace , alla camper le 10 , la
droite à Obstatt , et la gauche à Bruchsall.
Le Marquis d'Asfeldt , y arriva le lendemain
avec les Troupes qu'il commandoit. Il est venu
joindre l'Armée du Maréchal de Berwick par le
Spirback et par le Pont de Roussen et il a
brulé en passant un magazin de fourages que les
Ennemis avoient auprès de Philisbourg .
>
Le 12 , M. de Quadt , Lieutenant General a
été détaché avec 6 Bataillons et 12 Escadrons
pour aller soumettre le Wirtemberg à la contribution.
Le Prince Eugene , qui avoit décampé d'Obsratt
le 7. pour prendre la route de Sintzen, étoit
le II à Hailbron ; mais il en est parti le lendemain
, et il a marché vers Rottembourg.
Le Comte de Belleisle ; qui étoit resté près de
Traërbach depuis la prise du Château , a dû marcher
le 16 avec les Troupes qui sont sous ses
ordres , pour se rendre à Landau , d'où il ira
joindre le Maréchal de Berwick.
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Résumé : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
En mai 1734, le Maréchal Duc de Berwick rejoignit le Duc de Noailles près des forts de Louis et de Kehl. Le 4 mai, le Duc de Noailles attaqua et força les lignes d'Ettlingen. Le Prince de Tingry captura un fort couvrant ces lignes. Le Marquis d'Asfeldt traversa le Rhin avec 30 bataillons. Le Maréchal de Berwick rassembla son armée à Mulberg, où le Prince Eugène était présent. Informé des mouvements ennemis, le Prince Eugène déplaça une partie de son armée vers Phortsheim et l'autre vers Hailbron. Le 7 mai, le Maréchal de Berwick campa à Graben, subissant des pertes. Le 10 mai, il campa à Obstatt et Bruchsall après avoir sécurisé le pont vers l'Alsace. Le Marquis d'Asfeldt rejoignit l'armée de Berwick après avoir détruit un magasin de fourrages ennemi. Le 12 mai, M. de Quadt fut envoyé soumettre le Wurtemberg à la contribution. Le Prince Eugène se déplaça vers Rottembourg, tandis que le Comte de Belleisle marcha vers Landau pour rejoindre le Maréchal de Berwick.
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7705
p. 994
PRISE DE TRAERBACK.
Début :
L[']Artillerie nécessaire pour faire le Siége du Château de Traerback étant arrivée de Sarre-Loüis [...]
Mots clefs :
Prise de Trarbach, Comte d'Aubigné, Tranchée, Brigadier, Chevalier de Belle-Isle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRISE DE TRAERBACK.
PRISE DE TRAERBACK.
Artillerie nécessaire pour faire le Siége du
Chateau de Tracerback tant arrivée de Sarre-
Louis le 24 du mois dernier , le Comte de Belleisle
la fit placer sur le champ dans les Batteries
qu'il avoit fait préparer et le lendemain au soir
il fit ouvrir la tranchée par le Comte d'Aubigné,
Maréchal de Camp , par M. de Mainville Brigadier
, et par le Marquis de Croissy , Colonel du
Regiment Royal , avec quatre Compagnies de
Grenadiers, trois Piquets de so hommes chacun,
et un détachement de 100 Dragons , lequel sous
les ordres du Chevalier de Belleisle , Brigadier ,
fut placé à la droite de l'attaque vers les hauteurs
du Château .
Le 27 et les jours suivants la Tranchée fut re-
Jevée avec un pareil nombre de Troupes.
Le premier de ce inois , le Comte d'Aubigné ,
et le Duc de Luxembourg , Brigadier , étant de
tranchée , on attaqua un Ouvrage avancé que les
Grenadiers du Regiment de la Couronne empor
terent et au moyen du feu continuel qu'on fit sur
P'enceinte crenclée qui soutenoit cet ouvrage , on
s'y logea .
Le 2 , les Ennemis s'étant apperçu qu'on avoit
attaché le Mineur à un Ouvrage qui couvroit le
corps du Donjon , demanderent à capituler , et ils
obtintent les honneurs de la Guerre.
La Garnison qui sortit le 4 pour se retirer à
Coblentz n'étoit plus composée que de 14 Officiers
, d'environ 300 Soldats , y en ayant eû so
de tuez ou de blessez . Les assiegeants ont eû s
Officiers blessez , 24 hommes de tuez et 80 de
blessez.
Artillerie nécessaire pour faire le Siége du
Chateau de Tracerback tant arrivée de Sarre-
Louis le 24 du mois dernier , le Comte de Belleisle
la fit placer sur le champ dans les Batteries
qu'il avoit fait préparer et le lendemain au soir
il fit ouvrir la tranchée par le Comte d'Aubigné,
Maréchal de Camp , par M. de Mainville Brigadier
, et par le Marquis de Croissy , Colonel du
Regiment Royal , avec quatre Compagnies de
Grenadiers, trois Piquets de so hommes chacun,
et un détachement de 100 Dragons , lequel sous
les ordres du Chevalier de Belleisle , Brigadier ,
fut placé à la droite de l'attaque vers les hauteurs
du Château .
Le 27 et les jours suivants la Tranchée fut re-
Jevée avec un pareil nombre de Troupes.
Le premier de ce inois , le Comte d'Aubigné ,
et le Duc de Luxembourg , Brigadier , étant de
tranchée , on attaqua un Ouvrage avancé que les
Grenadiers du Regiment de la Couronne empor
terent et au moyen du feu continuel qu'on fit sur
P'enceinte crenclée qui soutenoit cet ouvrage , on
s'y logea .
Le 2 , les Ennemis s'étant apperçu qu'on avoit
attaché le Mineur à un Ouvrage qui couvroit le
corps du Donjon , demanderent à capituler , et ils
obtintent les honneurs de la Guerre.
La Garnison qui sortit le 4 pour se retirer à
Coblentz n'étoit plus composée que de 14 Officiers
, d'environ 300 Soldats , y en ayant eû so
de tuez ou de blessez . Les assiegeants ont eû s
Officiers blessez , 24 hommes de tuez et 80 de
blessez.
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Résumé : PRISE DE TRAERBACK.
Le siège du château de Traerback a commencé le 24 du mois précédent avec l'arrivée de l'artillerie depuis Sarre-Louis. Le Comte de Belleisle a positionné les canons dans les batteries préparées. Le 25, la tranchée a été ouverte par le Comte d'Aubigné, Maréchal de Camp, M. de Mainville, Brigadier, et le Marquis de Croissy, Colonel du Régiment Royal, soutenus par des grenadiers, des piquets et des dragons sous le commandement du Chevalier de Belleisle. Les travaux ont continué avec le même effectif. Le 1er du mois, le Comte d'Aubigné et le Duc de Luxembourg ont dirigé une attaque sur un ouvrage avancé, pris par les grenadiers du Régiment de la Couronne. Le 2, les défenseurs, ayant remarqué les préparatifs de mine sous le donjon, ont demandé à capituler et ont obtenu les honneurs de la guerre. La garnison, réduite à 14 officiers et environ 300 soldats, s'est retirée à Coblentz le 4, après avoir subi des pertes. Les assiégeants ont également subi des pertes, avec 5 officiers blessés, 24 hommes tués et 80 blessés.
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7706
p. 995-1001
ATTAQUE des Lignes d'Ettlingen, forcées par l'Armée du Roy, le 4 May.
Début :
Le Maréchal Duc de Berwick ayant quitté son Camp de Spire, où il laissa une grande partie [...]
Mots clefs :
Duc de Noailles, Ettlingen, Troupes, Ennemis, Lignes, Comte de Saxe, Montagnes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ATTAQUE des Lignes d'Ettlingen, forcées par l'Armée du Roy, le 4 May.
ATTAQUE des Lignes d'Ettlingen ,
forcées par l'Armée du Roy , le 4 May.
L
>
E Maréchal Duc de Berwick ayant quitté
son Camp de Spire, où il laissa une grande partie
de ses Troupes , aux ordres du Marquis d'Asfeld
, arriva au Fort - Louis le premier May
toutes celles qui le suivoient ou qui étoient répandues
en differents endroits de l'Alsace , y vinrent
canfper le même jour , et le Duc de Noailles s'y
rendit aussi avec le Corps qu'il commandoit du
côté de Hombourg , et de Keserlouter pour couvrir
le Siége de Traerback.
Le lendemain toute l'Armée passa le Rhin sur
un Pont qu'on avoit achevé pendant la nuit. Le
Maréchal de Berwick détacha le Duc de Noailles
avec 15 Compagnies de Grenadiers , 100 Carabiniers
des Gardes du Corps , et 2 Regiments de
Dragons d'Orleans , et de Vitry . Le Comte de
Saxe , Maréchal de Camp fut commandé avec
lui , l'Armée alla camper la droite à Iretzheim,
et la gauche à Santwir.
Le 3 , le Duc de Noailles se mit en marche par
Te grand Chemin qui va de Rastat à Dourlach ,
et qui passe au milleu des Lignes . Il plaça sa
gauche à la hauteur du Village de Mursch , et sa
droite à une grosse Cense , où il posta ses Grenadiers
; cette Cense située dans une Plaine , à
une petite demie lieue d'un bois , nous séparoit
des Lignes et en déroboit une bonne partie à
notre vûë .
Avant que d'arriver en cet endroit on fit plu
sieurs fois alte en Bataille , pour donner à la tête
de l'Armée le temps d'y déboucher et de le soutenir
; en cas qu'on fut attaqué par des Troupes
que
995 MERCURE DE FRANCE
que les Ennemis auroient dû naturellement faire
sortir pour reconnoître les nôtres.
Comme ils nous laissoient avancer tranquillement
jusqu'à une demie licüe de leurs Lignes ,
on auroit pû croire ou qu'elles étoient abandonnées
, ou qu'elles le seroient bien - tôt , mais le
Duc de Noailles ayant envoyé battre les bois par
une trentaine de Hussarts , soutenus de quelques
petits détachements de Dragons , on découvrit
que les Ennemis ne songeoient à rien moins qu'à
les quitter , et qu'au contraire ils se préparoient
à les deffendre , car on las vit travailler en chemise
à faire des embrazures , et mettre leurs Pa-
Tapets en état.
Ce fut dans cette occasion que nos Hussards
prirent environ 900 moutons qui passoient auprès
d'une redoute ; les Ennemis tirerent quel
ques coups de fusil et 3 coups de Canon qui ne
blessérent personne , et qui n'empêcherent pas les
Hussarts d'emmener leur proye.
Il suffisoit d'envisager la force et la bonté des
Lignes , pour juger que les Ennemis ne les abandonneroient
pas sans coup ferir , jamais ouvra
ge de cette nature ne fut construit avec plus de
soin , ni disposé avec plus d'art ; on sçait qu'ils
y ont employé près de 6 mois , tant d'appareil
annonçoit leur confiance , et montroit qu'ils se
flattoient de nous fermer l'entrée de l'Allemagne,
par une Barriere qu'ils regardoient comme insurmontable.
Ces Lignes qui prennent leur nom d'Ettlingen,
petite Ville dépendante du Prince de Bade Baden,
étoient appuyées par un bout à la montagne de
Keppelensberg , d'où après avoir serpenté tantôt
sur la crête , tantôt sur la croupe de plusieurs autres
Montagnes noires , elles descendoient dans
la
MAY 1734. 997
la Plaine qui s'étend au pied du Sommerberg , et
finissoient au bord du Rhin , dans le voisinage
de Taxelande , ainsi en comptant leurs sinuosités
, elles avoient au moins 10 lieues de longueur.
La partie qui regnoit depuis la Montagne de
Keppelensberg jusqu'au conmencement de la
Plaine étoit un retranchement à la Turque , les
Ennemis donnent à cette espece d'Ouvrage le nom
de Palanques ; ce sont de gros arbres posez en
Echiquier et entrelassez les uns dans les autres
avec leurs branches ; tout cela formoit un rempart
d'environs toises d'épaisseur , qui paroissoit
presqu'impénétrable.
L'autre partie qui couvroit la Plaine , étoit un
Prrapet avec sa Banquete et son fossé , on y avoit
pratiqué en differents endroits plusieurs inondations
qui venoient de la Riviere d'Albe , et d'un
ruisseau qui baigne le village de Malsche. Enfin
le long de ce vaste retranchement on trouvoit des
places d'Armes , des Redoutes , des demi- Lunes,
une queue d'Aronde et un ouvrage à corne.
Le Duc de Noailles après avoir attentivement
observé le fort et le foible des Lignes , en alla
rendre compte vers les 4 heures après midy au
Maréchal de Berwick, Il fut résolu de les attaquer
par les hauteurs , et le Duc de Noailles char
gé de l'exécution , se rendit dans le Village de
Malsche , situé au pied des Montagnes noires , et
pendant qu'il faisoit ses premieres dispositions ,
il envoya reconnoître les chemins par où il pourroit
prendre sa route ; le Comte de Saxe qui
connoit beaucoup le Pays, alla d'un côté et M. Galeau
, Partisan alla d'un autre ,
Le lendemain dès la pointe du jour le Duc de
Noailles partit avec 100 Carabiniers des Gardes
du Corps , et les deux Regiments de Dragons
d'or998
MERCURE DE FRANCE
d'Orleans et de Vitry ; pendant qu'il prenoit sa
route sur la droite par un chemin bordé de bois
et de précipices , le Comte de Saxe conduisoit sur
la gauche par un autre sentier la Colonne de
l'Infanterie , à la tête de laquelle marchoient tous
les Grenadiers , commandez par le Chevalier de
Marcieux , et les Piquets soutenus de la Brigade
de Piémont ; ensuite venoit celle des Vaisseaux ,
commandée par M. d'Herouville , Maréchal de
Camp , toutes ces Troupes composoient 11 Bataillons
et 6 Escadrons , non compris les 100 Carabiniers
des Gardes du Corps.
Les 2 Colonnes arriverent en même tems sur.
le sommet de la Montagne , où l'on trouva une
petite Plaine pour se mettre en Bataille , nous y
essuyâmes un orage ' qni dura plus de deux heures
, et qui fut suivi d'un brouillard si épais ,
qu'à peine pouvoit - on se voir à quatre pas ; dès
qu'il fut dissipé on alla encore reconnoître les
Ennemis et voir si leurs retranchements avoient
des fossez pour donner ordre à dies fascines ; lorsqu'on
fut assuré qu'il n'en falloit pas , le Duc de
Noailles fit sa disposition pour l'attaquer.
Il mit 6 Compagnies de Grenadiers de front ,
soutenues par s autres , après lesquelles marchoient
les Piquets dans le même ordre ,suivis des
11 Bataillons qui soutenoient cette tête , et marchoient
en Colonnes à une distance raisonnable
pour éviter la confusion.
Sur la droite et sur la gauche de l'Infanterie
marchoieut les 100 Carabiniers des Gardes du
Corps et les Dragons ; cette disposition fut generalement
approuvée. Comme nous passions au
travers d'un Bois de haute fataye , les Ennemis
ne nous apperçûrent qu'au débouché qui n'étoit
qu'environ à fco pas des retranchements. Le Duc
MAY. 1734 999
de Noailles qui marchoit à la tête du premier
Bataillon de Piémont , fit battre la charge , les
Soldats se mirent à crier vive le Roy , et l'action
commença.
:
Les Imperiaux avoient à leur tête un Officier
qui témoigna beaucoup de sang froid ; on entendit
distinctement ces paroles : Mes Enfans ne
vous étonnez point , Dieu sera pour nous . Ils nous
laissérent approcher , et firent sur nous presque
à bout touchant trois décharges ; le feu fut fort
vif de part et d'autre enfin nos Grenadiers montérent
sur le retranchement ; alors les Ennemis
prirent la fuite , et se jetterent dans un Bois situé
auprès ; leur retraite nous laissa entierement les
maîtres des Lignes ; on travailla aussi - tôt à y
faire les ouvertures nécessaires pour donner un
passage libre à la Cavalerie et au reste des Troupes
; nous n'avons eû dans cette occasion que 75
hommes cant tuez que blessez ; les Allemans en
ont moins perdu, parce que leurs retranchements
les mettoient à couvert.
Pour deffendre cette partie des Lignes , les En
nemis qui ne s'attendoient pas qu'on put les y
attaquer , n'avoient qu'environ 5 à 600 hommes,
soutenus d'une centaine de Cavaliers ; le reste de
leurs Troupes dont le nombre approchoit de
10000 hommes , se trouvoit répandû et dispersé
sur tout dans les principaux Ouvrages ; aussi - tôt
qu'ils apprirent que nous avions forcé leurs retranchements
, ils ne penserent plus qu'à la re
traite et dès les 4 heures après midy ils prirent
le parti d'abandonner entieremenr leurs Lignes,
quoiqu'ils eussent des Ouvrages très forts et dont
on ne pouvoit se rendre maître qu'avec du Canon.
Le Prince Eugene dînoit ce jour - là dans les
Lignes
tooo MERCURE DE FRANCE
Lignes à Carlesrouch . Maison de Plaisance du
Prince de Dourlach , où il attendoit la plus grande
partie de ses Troupes ; il y avoit déja en marche
pour s'y rendre 14. Baraillons et 7. Regimens
de Cavalerie qui font plus de 42. Escadrons;
on vint lui annoncer que nous avions forcé les
retranchemens les hauteurs des Montagnes
par
Noires.
A l'instant même il envoya l'ordre de se reti
rer , et contremanda les Troupes qui venoient
le joindre , ainsi nous demeurâmes les Maîtres
absolus de toutes ces Lignes que les Imperiaux
avoient construits avec tant de soin , et sur les
quelles ils fondoient tant d'esperance.
On doit cet avantage à la prudence du Maréchal
de Berwich , jamais projet ne fut concerté
avec plus d'art , ni executé avec plus de conduiie ;
car pendant qu'il faisoit attaquer les Lignes par
les hauteurs , et qu'il étendoit son Armée dans
la Plaine pour les attaquer de front , le Marquis
d'Asfeldt passoit le Rhin dans le même instant
par son ordre à l'Isle de Nekerlau , auprès de,
Manheim , avec 32. Bataillons et 40. Escadrons;
ainsi les Imperiaux se voyoient pressés de toutes
parts , et les mesures que le General avoit
prises pour les deposter , ne pouvoient manquer
d'avoir leur effet. A l'égard de l'attaque
particuliere dont le Duc de Noailles été charde
sang
gé , on peut dire qu'il a montré autant
froid dans le péril , que de prévoyance et d'activité
dans les dispositions ; son fils le Comte de
Noailles s'est fort distingué , ainsi que plusieurs
autres jeunes Seigneurs , qui sont aydes de Camp
du Duc de Noailles , comme le Duc de Caumont
, le Comte de Lauzun , le Maiquis de Montmirel
&c.*
>
Le
MAY. 1734. Icof
Le Comte de Saxe ne doit pas être oublié dans
ce Memoire , ayant eu beaucoup de part au succès
de cette expedition , de même que le Chevalier
de Marcieux , M.d'Herouville et plusieurs
autres Officiers, qu'il seroit trop long de nommer
ici , et en general toutes les Troupes , ont mar
qué autant de zele que de valeur.
forcées par l'Armée du Roy , le 4 May.
L
>
E Maréchal Duc de Berwick ayant quitté
son Camp de Spire, où il laissa une grande partie
de ses Troupes , aux ordres du Marquis d'Asfeld
, arriva au Fort - Louis le premier May
toutes celles qui le suivoient ou qui étoient répandues
en differents endroits de l'Alsace , y vinrent
canfper le même jour , et le Duc de Noailles s'y
rendit aussi avec le Corps qu'il commandoit du
côté de Hombourg , et de Keserlouter pour couvrir
le Siége de Traerback.
Le lendemain toute l'Armée passa le Rhin sur
un Pont qu'on avoit achevé pendant la nuit. Le
Maréchal de Berwick détacha le Duc de Noailles
avec 15 Compagnies de Grenadiers , 100 Carabiniers
des Gardes du Corps , et 2 Regiments de
Dragons d'Orleans , et de Vitry . Le Comte de
Saxe , Maréchal de Camp fut commandé avec
lui , l'Armée alla camper la droite à Iretzheim,
et la gauche à Santwir.
Le 3 , le Duc de Noailles se mit en marche par
Te grand Chemin qui va de Rastat à Dourlach ,
et qui passe au milleu des Lignes . Il plaça sa
gauche à la hauteur du Village de Mursch , et sa
droite à une grosse Cense , où il posta ses Grenadiers
; cette Cense située dans une Plaine , à
une petite demie lieue d'un bois , nous séparoit
des Lignes et en déroboit une bonne partie à
notre vûë .
Avant que d'arriver en cet endroit on fit plu
sieurs fois alte en Bataille , pour donner à la tête
de l'Armée le temps d'y déboucher et de le soutenir
; en cas qu'on fut attaqué par des Troupes
que
995 MERCURE DE FRANCE
que les Ennemis auroient dû naturellement faire
sortir pour reconnoître les nôtres.
Comme ils nous laissoient avancer tranquillement
jusqu'à une demie licüe de leurs Lignes ,
on auroit pû croire ou qu'elles étoient abandonnées
, ou qu'elles le seroient bien - tôt , mais le
Duc de Noailles ayant envoyé battre les bois par
une trentaine de Hussarts , soutenus de quelques
petits détachements de Dragons , on découvrit
que les Ennemis ne songeoient à rien moins qu'à
les quitter , et qu'au contraire ils se préparoient
à les deffendre , car on las vit travailler en chemise
à faire des embrazures , et mettre leurs Pa-
Tapets en état.
Ce fut dans cette occasion que nos Hussards
prirent environ 900 moutons qui passoient auprès
d'une redoute ; les Ennemis tirerent quel
ques coups de fusil et 3 coups de Canon qui ne
blessérent personne , et qui n'empêcherent pas les
Hussarts d'emmener leur proye.
Il suffisoit d'envisager la force et la bonté des
Lignes , pour juger que les Ennemis ne les abandonneroient
pas sans coup ferir , jamais ouvra
ge de cette nature ne fut construit avec plus de
soin , ni disposé avec plus d'art ; on sçait qu'ils
y ont employé près de 6 mois , tant d'appareil
annonçoit leur confiance , et montroit qu'ils se
flattoient de nous fermer l'entrée de l'Allemagne,
par une Barriere qu'ils regardoient comme insurmontable.
Ces Lignes qui prennent leur nom d'Ettlingen,
petite Ville dépendante du Prince de Bade Baden,
étoient appuyées par un bout à la montagne de
Keppelensberg , d'où après avoir serpenté tantôt
sur la crête , tantôt sur la croupe de plusieurs autres
Montagnes noires , elles descendoient dans
la
MAY 1734. 997
la Plaine qui s'étend au pied du Sommerberg , et
finissoient au bord du Rhin , dans le voisinage
de Taxelande , ainsi en comptant leurs sinuosités
, elles avoient au moins 10 lieues de longueur.
La partie qui regnoit depuis la Montagne de
Keppelensberg jusqu'au conmencement de la
Plaine étoit un retranchement à la Turque , les
Ennemis donnent à cette espece d'Ouvrage le nom
de Palanques ; ce sont de gros arbres posez en
Echiquier et entrelassez les uns dans les autres
avec leurs branches ; tout cela formoit un rempart
d'environs toises d'épaisseur , qui paroissoit
presqu'impénétrable.
L'autre partie qui couvroit la Plaine , étoit un
Prrapet avec sa Banquete et son fossé , on y avoit
pratiqué en differents endroits plusieurs inondations
qui venoient de la Riviere d'Albe , et d'un
ruisseau qui baigne le village de Malsche. Enfin
le long de ce vaste retranchement on trouvoit des
places d'Armes , des Redoutes , des demi- Lunes,
une queue d'Aronde et un ouvrage à corne.
Le Duc de Noailles après avoir attentivement
observé le fort et le foible des Lignes , en alla
rendre compte vers les 4 heures après midy au
Maréchal de Berwick, Il fut résolu de les attaquer
par les hauteurs , et le Duc de Noailles char
gé de l'exécution , se rendit dans le Village de
Malsche , situé au pied des Montagnes noires , et
pendant qu'il faisoit ses premieres dispositions ,
il envoya reconnoître les chemins par où il pourroit
prendre sa route ; le Comte de Saxe qui
connoit beaucoup le Pays, alla d'un côté et M. Galeau
, Partisan alla d'un autre ,
Le lendemain dès la pointe du jour le Duc de
Noailles partit avec 100 Carabiniers des Gardes
du Corps , et les deux Regiments de Dragons
d'or998
MERCURE DE FRANCE
d'Orleans et de Vitry ; pendant qu'il prenoit sa
route sur la droite par un chemin bordé de bois
et de précipices , le Comte de Saxe conduisoit sur
la gauche par un autre sentier la Colonne de
l'Infanterie , à la tête de laquelle marchoient tous
les Grenadiers , commandez par le Chevalier de
Marcieux , et les Piquets soutenus de la Brigade
de Piémont ; ensuite venoit celle des Vaisseaux ,
commandée par M. d'Herouville , Maréchal de
Camp , toutes ces Troupes composoient 11 Bataillons
et 6 Escadrons , non compris les 100 Carabiniers
des Gardes du Corps.
Les 2 Colonnes arriverent en même tems sur.
le sommet de la Montagne , où l'on trouva une
petite Plaine pour se mettre en Bataille , nous y
essuyâmes un orage ' qni dura plus de deux heures
, et qui fut suivi d'un brouillard si épais ,
qu'à peine pouvoit - on se voir à quatre pas ; dès
qu'il fut dissipé on alla encore reconnoître les
Ennemis et voir si leurs retranchements avoient
des fossez pour donner ordre à dies fascines ; lorsqu'on
fut assuré qu'il n'en falloit pas , le Duc de
Noailles fit sa disposition pour l'attaquer.
Il mit 6 Compagnies de Grenadiers de front ,
soutenues par s autres , après lesquelles marchoient
les Piquets dans le même ordre ,suivis des
11 Bataillons qui soutenoient cette tête , et marchoient
en Colonnes à une distance raisonnable
pour éviter la confusion.
Sur la droite et sur la gauche de l'Infanterie
marchoieut les 100 Carabiniers des Gardes du
Corps et les Dragons ; cette disposition fut generalement
approuvée. Comme nous passions au
travers d'un Bois de haute fataye , les Ennemis
ne nous apperçûrent qu'au débouché qui n'étoit
qu'environ à fco pas des retranchements. Le Duc
MAY. 1734 999
de Noailles qui marchoit à la tête du premier
Bataillon de Piémont , fit battre la charge , les
Soldats se mirent à crier vive le Roy , et l'action
commença.
:
Les Imperiaux avoient à leur tête un Officier
qui témoigna beaucoup de sang froid ; on entendit
distinctement ces paroles : Mes Enfans ne
vous étonnez point , Dieu sera pour nous . Ils nous
laissérent approcher , et firent sur nous presque
à bout touchant trois décharges ; le feu fut fort
vif de part et d'autre enfin nos Grenadiers montérent
sur le retranchement ; alors les Ennemis
prirent la fuite , et se jetterent dans un Bois situé
auprès ; leur retraite nous laissa entierement les
maîtres des Lignes ; on travailla aussi - tôt à y
faire les ouvertures nécessaires pour donner un
passage libre à la Cavalerie et au reste des Troupes
; nous n'avons eû dans cette occasion que 75
hommes cant tuez que blessez ; les Allemans en
ont moins perdu, parce que leurs retranchements
les mettoient à couvert.
Pour deffendre cette partie des Lignes , les En
nemis qui ne s'attendoient pas qu'on put les y
attaquer , n'avoient qu'environ 5 à 600 hommes,
soutenus d'une centaine de Cavaliers ; le reste de
leurs Troupes dont le nombre approchoit de
10000 hommes , se trouvoit répandû et dispersé
sur tout dans les principaux Ouvrages ; aussi - tôt
qu'ils apprirent que nous avions forcé leurs retranchements
, ils ne penserent plus qu'à la re
traite et dès les 4 heures après midy ils prirent
le parti d'abandonner entieremenr leurs Lignes,
quoiqu'ils eussent des Ouvrages très forts et dont
on ne pouvoit se rendre maître qu'avec du Canon.
Le Prince Eugene dînoit ce jour - là dans les
Lignes
tooo MERCURE DE FRANCE
Lignes à Carlesrouch . Maison de Plaisance du
Prince de Dourlach , où il attendoit la plus grande
partie de ses Troupes ; il y avoit déja en marche
pour s'y rendre 14. Baraillons et 7. Regimens
de Cavalerie qui font plus de 42. Escadrons;
on vint lui annoncer que nous avions forcé les
retranchemens les hauteurs des Montagnes
par
Noires.
A l'instant même il envoya l'ordre de se reti
rer , et contremanda les Troupes qui venoient
le joindre , ainsi nous demeurâmes les Maîtres
absolus de toutes ces Lignes que les Imperiaux
avoient construits avec tant de soin , et sur les
quelles ils fondoient tant d'esperance.
On doit cet avantage à la prudence du Maréchal
de Berwich , jamais projet ne fut concerté
avec plus d'art , ni executé avec plus de conduiie ;
car pendant qu'il faisoit attaquer les Lignes par
les hauteurs , et qu'il étendoit son Armée dans
la Plaine pour les attaquer de front , le Marquis
d'Asfeldt passoit le Rhin dans le même instant
par son ordre à l'Isle de Nekerlau , auprès de,
Manheim , avec 32. Bataillons et 40. Escadrons;
ainsi les Imperiaux se voyoient pressés de toutes
parts , et les mesures que le General avoit
prises pour les deposter , ne pouvoient manquer
d'avoir leur effet. A l'égard de l'attaque
particuliere dont le Duc de Noailles été charde
sang
gé , on peut dire qu'il a montré autant
froid dans le péril , que de prévoyance et d'activité
dans les dispositions ; son fils le Comte de
Noailles s'est fort distingué , ainsi que plusieurs
autres jeunes Seigneurs , qui sont aydes de Camp
du Duc de Noailles , comme le Duc de Caumont
, le Comte de Lauzun , le Maiquis de Montmirel
&c.*
>
Le
MAY. 1734. Icof
Le Comte de Saxe ne doit pas être oublié dans
ce Memoire , ayant eu beaucoup de part au succès
de cette expedition , de même que le Chevalier
de Marcieux , M.d'Herouville et plusieurs
autres Officiers, qu'il seroit trop long de nommer
ici , et en general toutes les Troupes , ont mar
qué autant de zele que de valeur.
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Résumé : ATTAQUE des Lignes d'Ettlingen, forcées par l'Armée du Roy, le 4 May.
Le 4 mai 1734, l'Armée du Roi força les Lignes d'Ettlingen. Le Maréchal Duc de Berwick, ayant quitté son camp de Spire, rassembla ses troupes au Fort-Louis. Le 2 mai, l'armée traversa le Rhin et campa à Iretzheim et Santwir. Le Duc de Noailles, à la tête de 15 compagnies de grenadiers, 100 carabiniers et deux régiments de dragons, avança vers les Lignes d'Ettlingen. Le 3 mai, il découvrit que les ennemis préparaient la défense des lignes. Le 4 mai, malgré des conditions météorologiques défavorables, le Duc de Noailles attaqua les lignes par les hauteurs. Les troupes françaises forcèrent les retranchements ennemis, causant peu de pertes. Les ennemis, commandés par le Prince Eugène, abandonnèrent les lignes, permettant aux Français de prendre le contrôle des fortifications. Cette victoire fut attribuée à la prudence du Maréchal de Berwick et à la stratégie coordonnée avec le Marquis d'Asfeld. Plusieurs officiers, dont le Comte de Noailles et le Comte de Saxe, se distinguèrent par leur bravoure et leur compétence.
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7707
p. 1001-1003
ARMÉE D'ITALIE,
Début :
On apprend du Camp de Gazolo, que la nuit du premier au deux de ce mois les ennemis [...]
Mots clefs :
Gazzolo, Ennemis, Troupes, Roi de Sardaigne, Maréchal de Villars, San Benedetto, Borgo
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE,
ARMEE
ON
D'ITALIE ,
N apprend du Camp de Gazolo , que la
nuit du premier au deux de ce mois lès ennemis
jetterent deux Ponts sur le Po , vis - à - vis
de Portiolo,entre Borgo - Forte et San Benedetto ,
is trouverent devant eux le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , qui ayant fait quelques Prison-.
niers , et prévoyant qu'il ne pourroit tenir contre
le grand nombre , se retira sans perte du côté
de Guastalla .
Le Marquis de Coigni , qui étoit campé à Mirásola
avec six Bataillons et quatre Regimens de
Dragons , ayant été averti du passage des Enneinis
, envoya les reconnoître , et ayant sçû qu'ils
étoient postés trop avantageusement pour qu'il
lui fût possible de les attaquer , il prit le parti de
marcher du côté de Guastalla ,où toutes les Troupes,
qui avoient été distribuées dans differens pos.
tes à la droite du Po , se trouverent rassemblées,
à l'exception de 20. Escadrons et d'un Bataillon
du Regiment du Maine qui étoient à Revere , et
dans d'autres postes avancés , sous les ordres du
Marquis de Maillebois et du Comte de Chatillon
, et qui n'ont réjoint que deux jours après..
Le le Maréchal de Villars 3. , qui avoit appris
à Colorno le passage des Ennemis , alla coucher
à Bozolo,où le Roi de Sardaigne se rendit le
H len
1002 MERCURE DE FRANCE
lendemain à la pointe du jour ; on y rassembla ce
qu'il y avoit de Troupes à portée , consistant
en 18. Bataillons et 19 Escadrons , du nombre
desquels étoient le Regiment des Gardes , et un
Regiment de Dragons des Troupes du Roi de
Sardaigne. Ces Troupes passerent l'Oglio sur
trois colones par les Fonts de Marcaria et de Ga
zolo , et elles marcherent vers le Seraglio pour
se rendre à la tête du Pont des Ennemis , et être
en état de les attaquer .
La premiere colonne alla à Curtaton , où les Ennemis
avoient un poste de 200. hommes qui fut
emporté sur le champ par M. de Rattski Brigadier
; les Ennemis y perdirent 100. hommes , et
' on leur fit 60. prisonniers , parmi lesquels il y
a des Officiers de distinction.
La seconde colonne à la tête de laquelle étoient
le Roi de Sardaigne et le Maréchal de Villars ,
marcha au Village de Martinara.
Le Roi de Sardaigne et le Maréchal de Villars ,
s'étant éloignés à quelque distance de l'Infanterie
, et n'ayant avec eux qu'un détachement de
80. Grenadiers et les Gardes du Corps du Roi ,
rencontrerent un parti de zoo. hommes qui firent
feu sur eux ; les Gardes du Corps s'avancerent
pour soutenir les Grenadiers , et quelques
corps de Cavalerie s'étant joints à eux les Ennemis
abandonnerent le terrain , après avoir eu
30. hommes de tués et quelques uns de prisonniers.
La troisiéme colonne qui n'étoit composée que
de Cavalerie , attaqua Borgo Forte , que les Cuirassiers
de l'Empereur abandonnerent, après avoir
perdu assez de monde.
Les trois colonnes des Troupes s'étant réjointes
ce jour - là à Borgo- Forte , le Marquis de l'Isle,
MaMAY.
1734. 1003
Maréchal de Camp , fut détaché le lendema.n
avec les Grenadiers pour aller à l'endroit où les
Ennemis avoient jetté leurs Ponts , et il trouva
qu'ils les avoient fait descendre vis - à- vis de
San-Benedetto.
On apprend par les Lettres du 10. Mai que
les Ennemis ,qui après avoir passé le Po , s'étoient
avancés jusqu'à Luzara , n'ont fait depuis aucun
mouvement pour penetrer dans le Pays , qu'ils
se sont raprochés de San - Benedetto , et que leur
Pont est actuellement près de Gouvernolo audelà
du Mincio.
Une partie des Troupes du Roi, et de celles du
Roi de Sardaigne , est campée au - delà du Po ,
la droite du côté deParme et la gauche au Po , sur
lequel notre Armée à deux Ponts à Casal Maggior
, et un troisième à Crémone , et la tête de
ces Ponts est soutenue par des Camps retranchés , "
l'autre partie de l'Armée est campée sur l'Oglio,
d'où elle est en état de communiquer avec les
Troupes qui sont de l'autre côté du Po .
ON
D'ITALIE ,
N apprend du Camp de Gazolo , que la
nuit du premier au deux de ce mois lès ennemis
jetterent deux Ponts sur le Po , vis - à - vis
de Portiolo,entre Borgo - Forte et San Benedetto ,
is trouverent devant eux le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , qui ayant fait quelques Prison-.
niers , et prévoyant qu'il ne pourroit tenir contre
le grand nombre , se retira sans perte du côté
de Guastalla .
Le Marquis de Coigni , qui étoit campé à Mirásola
avec six Bataillons et quatre Regimens de
Dragons , ayant été averti du passage des Enneinis
, envoya les reconnoître , et ayant sçû qu'ils
étoient postés trop avantageusement pour qu'il
lui fût possible de les attaquer , il prit le parti de
marcher du côté de Guastalla ,où toutes les Troupes,
qui avoient été distribuées dans differens pos.
tes à la droite du Po , se trouverent rassemblées,
à l'exception de 20. Escadrons et d'un Bataillon
du Regiment du Maine qui étoient à Revere , et
dans d'autres postes avancés , sous les ordres du
Marquis de Maillebois et du Comte de Chatillon
, et qui n'ont réjoint que deux jours après..
Le le Maréchal de Villars 3. , qui avoit appris
à Colorno le passage des Ennemis , alla coucher
à Bozolo,où le Roi de Sardaigne se rendit le
H len
1002 MERCURE DE FRANCE
lendemain à la pointe du jour ; on y rassembla ce
qu'il y avoit de Troupes à portée , consistant
en 18. Bataillons et 19 Escadrons , du nombre
desquels étoient le Regiment des Gardes , et un
Regiment de Dragons des Troupes du Roi de
Sardaigne. Ces Troupes passerent l'Oglio sur
trois colones par les Fonts de Marcaria et de Ga
zolo , et elles marcherent vers le Seraglio pour
se rendre à la tête du Pont des Ennemis , et être
en état de les attaquer .
La premiere colonne alla à Curtaton , où les Ennemis
avoient un poste de 200. hommes qui fut
emporté sur le champ par M. de Rattski Brigadier
; les Ennemis y perdirent 100. hommes , et
' on leur fit 60. prisonniers , parmi lesquels il y
a des Officiers de distinction.
La seconde colonne à la tête de laquelle étoient
le Roi de Sardaigne et le Maréchal de Villars ,
marcha au Village de Martinara.
Le Roi de Sardaigne et le Maréchal de Villars ,
s'étant éloignés à quelque distance de l'Infanterie
, et n'ayant avec eux qu'un détachement de
80. Grenadiers et les Gardes du Corps du Roi ,
rencontrerent un parti de zoo. hommes qui firent
feu sur eux ; les Gardes du Corps s'avancerent
pour soutenir les Grenadiers , et quelques
corps de Cavalerie s'étant joints à eux les Ennemis
abandonnerent le terrain , après avoir eu
30. hommes de tués et quelques uns de prisonniers.
La troisiéme colonne qui n'étoit composée que
de Cavalerie , attaqua Borgo Forte , que les Cuirassiers
de l'Empereur abandonnerent, après avoir
perdu assez de monde.
Les trois colonnes des Troupes s'étant réjointes
ce jour - là à Borgo- Forte , le Marquis de l'Isle,
MaMAY.
1734. 1003
Maréchal de Camp , fut détaché le lendema.n
avec les Grenadiers pour aller à l'endroit où les
Ennemis avoient jetté leurs Ponts , et il trouva
qu'ils les avoient fait descendre vis - à- vis de
San-Benedetto.
On apprend par les Lettres du 10. Mai que
les Ennemis ,qui après avoir passé le Po , s'étoient
avancés jusqu'à Luzara , n'ont fait depuis aucun
mouvement pour penetrer dans le Pays , qu'ils
se sont raprochés de San - Benedetto , et que leur
Pont est actuellement près de Gouvernolo audelà
du Mincio.
Une partie des Troupes du Roi, et de celles du
Roi de Sardaigne , est campée au - delà du Po ,
la droite du côté deParme et la gauche au Po , sur
lequel notre Armée à deux Ponts à Casal Maggior
, et un troisième à Crémone , et la tête de
ces Ponts est soutenue par des Camps retranchés , "
l'autre partie de l'Armée est campée sur l'Oglio,
d'où elle est en état de communiquer avec les
Troupes qui sont de l'autre côté du Po .
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE,
Le 1er mai, les ennemis établirent deux ponts sur le Pô près de Portiolo. Ils affrontèrent le Régiment Royal Piémont Cavalerie, qui captura quelques prisonniers avant de se retirer vers Guastalla. Le Marquis de Coigni, positionné à Mirásola avec six bataillons et quatre régiments de dragons, se dirigea vers Guastalla. Le Maréchal de Villars, informé du passage des ennemis, se rendit à Bozolo, où le Roi de Sardaigne arriva le lendemain. Ils rassemblèrent 18 bataillons et 19 escadrons, incluant le Régiment des Gardes et un régiment de dragons du Roi de Sardaigne. Ces troupes traversèrent l'Oglio et marchèrent vers le Seraglio pour attaquer les ennemis. La première colonne captura un poste ennemi à Curtaton, faisant 60 prisonniers. La deuxième colonne, dirigée par le Roi de Sardaigne et le Maréchal de Villars, repoussa un parti ennemi près de Martinara. La troisième colonne attaqua Borgo Forte, forçant les cuirassiers de l'Empereur à se retirer. Les trois colonnes se rejoignirent à Borgo Forte. Les ennemis, après avoir traversé le Pô, s'avancèrent jusqu'à Luzara mais ne firent aucun mouvement ultérieur. Une partie des troupes du Roi et du Roi de Sardaigne campait au-delà du Pô, avec des ponts à Casal Maggiore et Crémone, tandis que l'autre partie de l'armée était campée sur l'Oglio.
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7708
p. 1003-1006
« Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Début :
Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement de Paris, Prince des Asturies, Dauphin, Rougeole, Maître des requêtes, Chevalier de Belle-Isle, Antoine-Arnaud de Labriffe, Petit, Opération
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Onseigneur le Dauphin se trouva
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
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Résumé : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
En début de mois, le Dauphin a contracté la rougeole le 3 et s'est rétabli le 7, récupérant entièrement quelques jours plus tard. Le Chevalier de Bellisle a informé le Roi de la prise du Château de Traerback le 5. Le Roi a nommé le Comte de Broglio Gouverneur de Bergue. Antoine Arnaud de la Briffe, né à Paris en 1699, a été nommé premier Président du Parlement de Bretagne en mai 1734. Il a occupé divers postes judiciaires et est issu d'une famille noble. Le 25 du mois, le chirurgien Sieur Petit est revenu d'Espagne, où il avait opéré avec succès le Prince des Asturies. Le Roi, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies lui ont témoigné leur gratitude par des présents considérables.
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7709
p. 1006-1007
BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
Début :
L'Evêché de Langres à M. de Montmorin de Saint Herem, Evêque [...]
Mots clefs :
Diocèse, Abbé, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy , le 23. Mai.
L'
'Evêché de Langres à M. de Montmorin
de Saint Herem Evêque
d'Aire.
,
L'Evêché de Blois à l'Abbé de Pontchartrain
, Grand- Vicaire de Bourges .
L'Evêché de Die à l'Abbé Cosnac ,
Grand-Vicaire de Paris , et Maître de
l'Oratoire du Roi .
L'Abbaye de Saint Benoit sur Loire,
Ordre de S. Benoit , Diocèse d'Orleans,
au même Abbé de Cosnac.
Celle de Lyre , Diocèse d'Evreux , Ordre
de S. Benoit , au Frince Constantin
de Rohan .
Celle de Long- Pont , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Soissons , à l'Abbé de Rosset
de Rocozel.
Celle de Conques Seculiere , Diocèse
de
MAY. 1734. 1007
de Rodez , à l'Abbé de Durefort d'Eyme.
Celle de Bonrepos , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Quimper,à l'Abbé de Menou ,
Grand- Vicaire de Nantes.
L'Abbaye d'Aiguebelle , Ordre de Citeaux
, Diocèse de S. Paul- Trois Châteaux
, àl'Abbé Gallet de Coulanges ,
Grand Vicaire de ce Diocèse .
>
, Celle de Candeil , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Alby , à l'Abbé de Toulouze
de Lautrec.
Celle de S. Thiers de Laon , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Valence à
l'Abbé de Castelane , Chanoine de Grignan
Celle de Font, Douce , Ordre de S. Be-.
noit , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Bonyoust.
›
Celle de la Caze- Dieu , Ordre de Prémontré,
Diocèse d'Auch , à l'Abbé Palerne
, Chanoine de S. Just de Lyon.
,
Celle de Fenieres , Ordre de S. Benoit,
Diocèse de Poitiers , à l'Abbé de Montaigu.
L'Abbaye Reguliere de la Charmoye ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Châlons
sur Marne , à Dom le Masson , Prieur
de Tyronneau.
par le Roy , le 23. Mai.
L'
'Evêché de Langres à M. de Montmorin
de Saint Herem Evêque
d'Aire.
,
L'Evêché de Blois à l'Abbé de Pontchartrain
, Grand- Vicaire de Bourges .
L'Evêché de Die à l'Abbé Cosnac ,
Grand-Vicaire de Paris , et Maître de
l'Oratoire du Roi .
L'Abbaye de Saint Benoit sur Loire,
Ordre de S. Benoit , Diocèse d'Orleans,
au même Abbé de Cosnac.
Celle de Lyre , Diocèse d'Evreux , Ordre
de S. Benoit , au Frince Constantin
de Rohan .
Celle de Long- Pont , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Soissons , à l'Abbé de Rosset
de Rocozel.
Celle de Conques Seculiere , Diocèse
de
MAY. 1734. 1007
de Rodez , à l'Abbé de Durefort d'Eyme.
Celle de Bonrepos , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Quimper,à l'Abbé de Menou ,
Grand- Vicaire de Nantes.
L'Abbaye d'Aiguebelle , Ordre de Citeaux
, Diocèse de S. Paul- Trois Châteaux
, àl'Abbé Gallet de Coulanges ,
Grand Vicaire de ce Diocèse .
>
, Celle de Candeil , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Alby , à l'Abbé de Toulouze
de Lautrec.
Celle de S. Thiers de Laon , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Valence à
l'Abbé de Castelane , Chanoine de Grignan
Celle de Font, Douce , Ordre de S. Be-.
noit , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Bonyoust.
›
Celle de la Caze- Dieu , Ordre de Prémontré,
Diocèse d'Auch , à l'Abbé Palerne
, Chanoine de S. Just de Lyon.
,
Celle de Fenieres , Ordre de S. Benoit,
Diocèse de Poitiers , à l'Abbé de Montaigu.
L'Abbaye Reguliere de la Charmoye ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Châlons
sur Marne , à Dom le Masson , Prieur
de Tyronneau.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
Le 23 mai 1734, le roi a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'Évêché de Langres a été attribué à M. de Montmorin Saint-Herem, Évêque d'Aire. L'Évêché de Blois a été donné à l'Abbé de Pontchartrain, Grand-Vicaire de Bourges. L'Évêché de Die a été attribué à l'Abbé Cosnac, Grand-Vicaire de Paris et Maître de l'Oratoire du Roi. Plusieurs abbayes ont également été attribuées : l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire à l'Abbé de Cosnac, celle de Lyre à Constantin de Rohan, celle de Long-Pont à l'Abbé de Rosset de Rocozel, celle de Conques à l'Abbé de Durefort d'Eyme, celle de Bonrepos à l'Abbé de Menou, celle d'Aiguebelle à l'Abbé Gallet de Coulanges, celle de Candeil à l'Abbé de Toulouze de Lautrec, celle de Saint-Thiers de Laon à l'Abbé de Castelane, celle de Font-Douce à l'Abbé de Bonyoust, celle de la Caze-Dieu à l'Abbé Palerne, celle de Fenieres à l'Abbé de Montaigu, et l'Abbaye Régulière de la Charmoye à Dom le Masson.
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7710
p. 1008-1024
Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Début :
N.... de Maillane, Marquis de S. Sernin, il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de [...]
Mots clefs :
Brigadier, Régiment de cavalerie, Mestre de camp, Régiment d'infanterie, Marquis, Comte, Colonel de régiment, Chevalier, Compagnie, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Maréchaux de Camp de la Promotion du
20. Février.
N.... de Maillane , Marquis de S. Sernin ,
il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment do
Dragons , par commission du 23. Avril 1702 .
réformé en 1714. après la Paix d'Utrecht , et
créé Brigadier le 29. Mars 1710.
Conrad Alexandre , Comte de Rottembourg ;
Seigneur de Moissevaux , de Rougemont , de
Keivenheim , de Seintein et d'Orderbruck. Il a
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
Allemande du Comte de Rosen Son On
cle , sur la démission duquel il en fut fait Mestre
de Camp par Commission du 22. Mars 1709.
Il fut créé Brigadier des Armées du Roy le 20 .
Octobre 1716. et reçû Conseiller et Chevalier
d'honneur d'Epée au Conseil Souverain d'Alsace,
le 27. Août 1717. et Chevalier des Ordres de
N. D. du Montcarmel et de S. Lazare de Jerusale
25. Février 1731. Il a été aussi successio
vement EnvoyéExtraordinaire auprès du Roy de
Prusse , Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire
au Congrès de Cambray ; Ministre Plénipotentiaire
en Espagne en 1727. et nommé en
dernier lieu au mois d'Octobre 1730. Ambassadeur
Extraordinaire en la même Cour , où il réside
actuellement en cette qualité. Le Roy la
proposa le premier Janvier 1732. pour être Chevalier
de ses Ordres , et l'admit le 13. May
suivant.
Jem,
Paul- Hippolite de Beauvillier , Duc de Saint
Aignan , Pair de France ; il fut fait Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie par Commis
sion du 5. Novembre 1706. et le Duc de Beauvillier,
MAY. 1734. 1009
2. Dé- villier , son frere , lui ceda son Duché le
cembre suivant . Il demeura prisonnier au Combat
d'Oudenarde , le 11. Juillet 1708. fut blessé à
la Bataille de Malplaquet le 11. Septembre 1709.
prêta serment et prit séance au Parlement de Paris
, en qualité de Pair de France , le 22. Janvier
1711. fut fait Premier Gentilhomme de la Chambre
du Duc de Berry , au mois de Mars suivant .
Fut nommé en 1714. pour aller complimenter
la Reine d'Espagne à son passage en France , l'accompagna
jusqu'à Madrid , où il fut fait en
1715. Ambassadeur Extraordinaire ; tint en cette
qualité sur les Fonts de Baptême au nom du Roy
D. Philippe , Infant d'Espagne , le 25. Août
1716 il fut fait Brigadier des Armées du Roy, le
premier Juillet 1717. avec permission de vendre
son Régiment , dont il envoya sa démission aut
mois d'Octobre suivant ; fut nommé au mois de
Juillet 1718. Plénipotentiaire pour négocier latranquillité
de l'Europe , étant arrivé d'Espagne
à Paris le 6. Janvier 1719. il fut déclaré Conseiller
au Conseil de Régence et y prit séance le 22 .
du même mois ; reçut la Croix de l'Ordre de
S. Louis , le 14. May suivant , prêta serment pour
le Gouvernement du Havre le 23. Septembre de
la même année ; fut fait Chevalier des Ordres
du Roy le 3. Juin 1724 et reçû l'un des 40. de '
l'Académie Françoise le 16. Janvier 1727. et a
été nommé en dernier lieu au mois d'Octobre
1730. Ambassadeur Extraordinaire à Rome , ou
il est arrivé le 13. Mars 1632:
N.... Machet de Soleure , Capitaine d'une Com--
pagnie , et Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes Suisses, et Chevalier de S.Louis , Brigadier
d'Infanterie du premier Février 1719. Il eut la¹
Lieutenance Colonelle au mois de Septem. 17265 .
H.y. N..
1010 MERCURE DE FRANCE
1
N.... d'Erlach de Fribourg , Capitaine au
Régiment des Gardes Suisses , Chevalier de saint
Louis , créé Brigadier d'Infanterie le premier
Fevrier 1719.
Philippe - Claude de Montboisier de Canillac , appellé
le Marquis de Montboissier. Il fut d'abord
Capitaine de Cavalerie , puis successivement Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 16. Janvier 1702. et du Régiment de
Condé , au mois d'Avril 1710. Il fut fait au .
mois de Mars 1712. Cornette de la seconde
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , dont étant Sous- Lieutenant il fut créé Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719.Il fut nommé le 10 Avril 1729.à la Charge
de Capitaine- Lieutenant de la même Compagnie,
à la tête de laquelle il fut reçû par le Roy le 19.
May suivant.
N.... Baron d'Eltz , étant Capitaine dans le
Régiment de Sillery , cy - devant Catinat , il eut
une Commission de Colonel d'Infanterie après
le Siege de Bonn , et fut depuis réformé à la suite
du Régiment de Saxe Allemand , fait Brigadier
le premier Février 1719. et depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis.
N.... de la Cassagne, de S. Pau, successivemen
Exempt , Enseigne et Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy , ayant eu Brevet de Mestre de
Camp dès le mois de Février 1702. fut fait Brigadier
le premier Février 1719.
Jean-Hector de Fay , Marquis de laTour Maubourg,
Seigneur de Fay , sainte Sigolaine , Labatie
, Clessy , Chassy , &c. il fut fait en 1706.
Colonel du Régiment de Ponthieu , et le 15 .
May 1718. Inspecteur General d'Infanterie ,
ayant eu la permission de se défaire de son Régiment
MAY. 1734. IOII
giment , il obtint sa réforme dans le Régiment
de la Marine , et il fut fait Brigadier le premier
Février 1719.
N.... de Berniere , de Louvigny , il fut fait
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commission
du 14. May 1702. ce Régiment ayant
été réformé en 1714. il eut celui de Lannoy
auparavant Crussol , S. Sulpice , et, il fut déclaré
Brigadier le premier Février 1719 .
Charles-François , Comte de Froulay et de Montfaux
, Lieutenant de Roy en la Province du
Maine et Comté de Laval . Il fut d'abord Major
du Régiment de Dragons de Senneterre , puis
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commis
sion du 21. May 1702. et ensuite du Régiment
Royal Comtois , et fait Brigadier le premier Février
1719. il fut nommé au mois de Décembre
1732. Ambassadeur Ordinaire à Venise , où ilarriva
le 25. Novembre 1733.
N .... Baron de Bezenval , de Soleure , cydevant
Major du Régiment des Gardes Suisses ,
Brigadier d'Infanterie du premier Février 1719.
Chevalier de S. Louis , il fut fait Colonel d'un Régiment
de sa Nation , cy - devant Hemel , le 15 .
de May 1729.
N .... de Biados , Marquis de Casteja , Gouverneur
de la Ville de Toul . Il fut fait Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission du
3 Septembre 1702. puis du Régiment de Tournesis
, au mois de Février 1705. et créé Brigadier
le premier Février 1719. Il est frere aîné du
Comte de Casteja , Ministre Plénipotentiaire en
Suede , qui vient d'être fait Brigadier.
Charles , Marquis de Houdetot, Il fut fait Co- ,
lonel d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 10. Décembre 1702. et fut réformé dans
Hvj le
1012 MERCURE DE FRANCE
le Régiment de Pons en 1714. il fut créé Briga
dier le premier Février 1719. et pourvû de la
Charge de Lieutenant de Roy en Picardie au Dé- .
partement du Boulonnois et Pays reconquis , lé
25. Juillet suivant. Il eut le 11. du mois d'Août
1726, le Régiment d'Artois , vacant par la mort
de Louis- Pietre , Comte de Houdetot , son frere
puisné.
Scipion Comte de Bozelli , Italien. Il fut fait
Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par Commission du 15. May 1702. réformé
dans Sommery en 1714. et créé Brigadier le pre
mier Février 1719,.
N .... d'Haremberg , Premier Lieutenant-
Colonel du Régiment Royal Allemand , Cavalerie
, Mestre de Camp par Brevet du 16. Avril
1704. Chevalier de S. Louis en 1705. et Briga
dier d'Armée du premier Février 1719.
N .... Magon de Terlay. Il entra dans le Régiment
des Gardes Françoises en 1694 où il fue
successivement Enseigne , Sous- Lieutenant, Lieutenant
en 1698. et enfin Capitaine en 1703. il
fut créé Brigadier le premier Février 1719 .
N .... de Gensac Loumagne. Il fut fait le 11.
de Novembre 1703. Colonel d'un nouveau Régiment
d'Infanterie , dont il étoit Capitaine do
Grenadiers , et qui étoit vacant par la mort de
son frere , tué au Siege de Landau le 2. du mê
me mois. Il eut depuis un ancien Régiment d'In->
fanterie , qu'avoit cy - devant le Marquis de Mirabeau
, eut le poignet cassé à la déroute des En-:
nemis à Denain le 24. Juillet 1712. et il fut fait
Brigadier le premier Février 1719 ..
Jean- Baptiste Comte de Polastron , Gouverneurs
de Castillon de Castillonet en Périgord. Il fut
Colonel du Régiment de Forêt , Infanterie , le
400
MAY 1734. 1013'
4. Février 1704. et ensuite de celui de la Couron
ne au mois de Février 1712 et Inspecteur General
d'Infanterie le 25. de Septembre 1714. à la
prise de Barcelone , il fut blessé à l'attaque du
Bastion de sainte Claire , et fut fait Brigadier lo
premier Février 1719.
N.... Magon de la Gervasais , Colonel du
Régiment de Berry , Infanterie par Commission
du 17. Eévrier 1704. puis d'un autre plus ancien
, vacant par la mort du Marquis de Gondrin
, au mois de Février 1712. et Brigadier du
premier Février 1719.
Jacques - Antoine de Ricoüart d'Hérouville , fait
Colonel du Régiment de Vosges au mois de
Mars 1704. à la tête duquel il reçut une grande.
blessure au Combat de Castiglione , dans le Mantouan
, le 9. Septembre 1706, fut réformé à la
suite du Régiment de Champagne , en 1714. depuis
fut fait Chevalier de S. Louis , et Brigadier
le premier Février 1719. Il eut le 17. de Septembre
1728. le Régiment de Bourgogne , Infanterie
, comme plus ancien Colonel à remplacer..
Jacques de Chabannes , Marquis de Curton ,.
Comte de Rochefort. Il fut fait Mestre de Camp
du Régiment d'Anjou , Cavalerie , par Commission
du 11..May 1704. puis du Régiment Royali
des Cravates en 1707. et Brigadier le premier Fé-.
wrier, 1719. Il commanda la même année la Cavalerie
dans l'Armée du Roy en Roussillon , et ,
sé défit de son Régiment au mois de Septembre
1720.
Paul Edouard Colbert , Comte de Creilly , Baron
de la Luthumiere , Seigneur d'Hérouville , a.
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cham +
pagne , puis Mestre de Camp du Régiment Royal
Dragons , par Commission. du 12. May 1794
et
1014 MERCURE DE FRANCE
et fait Brigadier le premier Février 1719.
Melchior - Esprit de la Baume 13e Comte de
la Monrevel. Il fut fait Mestre de Camp d'un
nouveau Régiment de Cavalerie , sur la démission
du Chevalier de Montrevel , son oncle , par
Commission du 3. Juin 1704. réformé en 1714.
et fait Brigadier et Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , conservé , cy- devant Marcillac
, le premier Février 1719 .
Louis Marie-Victoire , Comte de Béthune , de la
Branche de Selles , neveu de feu Marie Casimire
de la Grange d'Arquien , Reine de Pologne. Il
eut un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
en 1704. et fut fait Chevalier de S. Louis , Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719. et Mestre de Camp d'un Régiment de Cas
valerie,vacant par la mort du Marquis de Cour
cillon , au mois de Septembre suivant.
Etienne le Menestrel de Hauguel , Seigneur dé
Luteaux , frere de la Maréchale de Besons , et de
la Marquise de Neufchelles. Il fut d'abord Capitaine
de Cavalerie , puis le 20. de Juillet 1704.
Colonel du Régiment de Beaujolois , Infanterie ,
vacant par la mort de Jacques le Menestrel de
Huguel , des Granges , son frere , tué d'un coup
de Mousquet le 2. du même mois au Siege de
Verceil en Piemont. Il a été nommé Brigadier le
premier Février 1719. et Chevalier de S. Louis.
Alexandre - Maximilien - Balthasar Dominique
Villain de Gand , de Merode et de Montmorency ,
Comte de Middelbourg , frere puîné du Prince
d'Isenghien . Il fut fait Colonel du Régiment
Infanterie des Landes le 3. d'Août 1704. et de
celui de la Marine en 1716. Brigadier le premier
Février 1719. et Gouverneur de la Ville de Bouchain
en Hainaut , en 1724. On a rapporté son
3
mariage
MAY . 17 : 4
1015
mariage avec une Dlle de la Rochefoucault de
Roye , dans le Mercure d'Août 1735. P. 197 .
Charles- Gabriel de Belsunce , Marquis de Cas
telmoron , Seigneur de Montpont. Il fut nommé
le 17. Septembre 1704. Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , cy-devant Livry , fait Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Bourguignons le 18. Avril 1714. Sénéchal et
Gouverneur des Sénéchaussées d'Agenois et Condomois
en 1717. Chevalier de S. Louis , Brigadier
de Cavalerie le premier Février 1719. et
Inspecteur de la Gendarmerie le 11. Octobre
1730.
N.... Phelippes , d'abord Capitaine de Cavalerie
, puis Colonel d'un nouveau Régiment d'Infanterie
, cy - devant d'Aubigné le 14. Janvier .
1705. eut depuis celui de Limosin , et fut fait
Brigadier le premier Février 1719. Il est fils de
feu Nicolas Phelippes de la Houssaye , Lioutenant
de Roy , au Gouvernement de Thionville ,
et Commandant dans les Villes et Citadelles de
Mesieres et de Charleville , mort en 1694. et de
Marie Pajot.
Henry Louis de Choiseul , Marquis de Meuse
fut fait Colonel du Régiment d'Agenois en 1705.
fut blessé dangereusement au combat de Denain,
le 24. Juillet 1712. eut au mois d'Août suivant,
un ancien Régiment d'Infanterie , vacant par la
mort du Marquis de Tourville , tué dans le mê -
me Combat, et fut créé Brigadier le premier Février
1719.
N...... de Cherisey , Exempt des Gardes
Corps du Roy, et Mestre de Camp par brevet
du 12 Mars 1705 . ensuite Mestre de Camp d'un
Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Ourches ,
pus Enseigne des Gardes du Corps au mois de
May
1016 MERCURE DE FRANCE
le May 1711. Brigadier des Armées du Roy ,
premier Fevrier 1719. monta depuis à une Lieutenance
des Gardes,
Jean- François de Creil , Seigneur de Soisy et de
Chémault , Marquis de Nancré. Il fut fait Colonel'du
Regiment de Bassigny , par commission
du 15. Mars 1705. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
de la Compagnie desGrenadiers àCheval du Roy,
le 17 Septembre 1730 .
Jean- Charles de Senacterre , Comte de S Victour
, Seigneur de la Touche , Brisillac , Usson ,
& c. et connu sous le nom de Comte de Senecterre.
Il fut fait Colonel d'un nouveau Regiment
d'Infanterie ci- devant Eaval , au mois d'Avril
1705. reformé après la Paix en 1714. et créé
Brigadier le premier Fevrier 1719. Il fut fait
Colonel du Regiment de la Marche par la démission
du Marquis de la Ferté- la - Carte en
1730.
N..... Dauger , appellé le Chevalier Dauger
, étant Exempt des Gardes du Corps du Roy,
eut un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
au mois de May 1705. et fut fait Brigadier le
premier Fevrier 1719. Enseigne au mois d'Août
1720. et depuis Lieutenant des Gardes.
Charles-Theodore des Forges , Seigneur de Germinon
, Pringy , Villenaux , &c . fait Mestre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie , ci - devant de
Vienne , par commission du 7 Septembre 1705 ,
et Brigadier le premier Février 1719. obtint au
mois d'Octobre 1723. le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , dont il se défit avec permission
au mois d'Avril 1725 .
Louis- Charles . Comte de la Mothe Houdancourt,
Bé le 21 Decembre 1637 , fait Mestre de Camp
MAY. 1734 1917
d'un Regiment de Cavalerie , par commission
du premier Novembre 1705. reformé en 1714.
après la Paix , créé. Brigadier le premier Fevrier
1719. obtint au mois de Novembre 1723.le Regiment
de Cavalerie , vacant par la mort du Duc
d'Aumont , et le 27 Mars 1728. le Gouverne
ment de la Ville et Citadelle de Mezieres en
Champagne.
Jean Joachim Rouault , Marquis de Cayeu . Il
fut fait Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie
dans le Regiment Royal des Cravates , au mois
de Juin 1704 , et Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , par commission du 20 Novembre
170f. eut au mois de May 1711. un autre Regiment
de Cavalerie , ci devant de Cherisey , qui
fut reformé en 1714, fut nommé Brigadier le
premier Fevrier 1719. et obtint en même temps
le Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Aubusson.
Jean-Nicolas de Montmorency , Seigneur de
Chasteaubrun, de la Branche de Fosseux , reçu
Chevalier des Ordres de N. D. de Montcarmel ,
et de S. Lazare de Jerusalem , le 25 Mars 1697>
Il fut successivement Mousquetaire du Roy
Cornette dans le Regiment , Commissaire General
de la Cavalerie , Capitaine d'une Gompagnie
de Chevaux , qu'il leva et qui fut incorporée dans
le Regiment de Duras , Mestre de Camp à la
suite de ce Regiment depuis Villequier , par brevet
du 22 Novembre 1705. Chevalier de S.Louis,
fait Mestre de Camp du Regiment du Maine
Cavalerie en 1712. Brigadier du premier Fevrier
1719.
Gaspard-Magdelon - Hubert de Vintimille , des
Comtes de Marseille , Marquis du Luc et de la
Marthe , né le 9 Mars 1687. servit d'abord dans
les
to18 MERCURE DE FRANCE
les Mousquetaires du Roy , Puis fut Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment de Montrevel , reçut
2 grandes blessures à la Bataille d'Hochstet en
1704. eut le 22 Novembre 1705. la commission
de Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
reformé en 1714. fut nommé Brigadier le premier
Fevrier 1719. et obtint au mois de Fevrier
1725. un Regiment de Cavalerie , vacant par là
mort du Comte de Roye , et depuis le Gouver
nement des Isles de Porquerolles , par la démission
du Comte du Luc , son pere.
François Bernardin du Chastelet Comte de Clés
mont , Marquis d'Aubigny , Baron de Thons ;
Gouverneur du Château de Vincennes. Il eut le
22 Novembre 1705. un Regiment de Cavalerie,
reformé en 1714. Il fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et le Regiment de Cavalerie vacant
par la mort du Marquis d'Urfé lui fut donné au
mois de Janvier 1734 .
N....de Montfrain , Marquis de Fournez ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment du
Roy Cavalerie , par commission du 24 Novembre
170r. et Brigadier du premier Fevrier 1719.
François d'Espinay , Marquis de Boisgueroult
Espinay , Comte de Rosendal , Seigneur et Patron
de S. Paët , Châtelain de Toubleville , Seigneur
haut-Justicier de Franvilliers , Bulton & c . Mestre
de Camp d'un Regiment de Dragons , par commission
du 26 Novembre 1705. et d'un autre
ancien ci- devant Vassé au mois de May 1710.
créé Brigadier le premier Fevrier 1719. et nommé
Inspecteur General de Cavalerie , et de Dra.
gons , le 21 May 1732 .
N....d'Armand de Laurencin , Marquis de
Mison , Colonel du Regiment de Flandres Infanterie
, par commission du 6 Decembre 1705. fait
BriMAY.
1734. 1019
Brigadier le premier Fevrier 1719. et depuis aussi
Inspecteur General d'Infanterie.
N.... Beulkley , Irlandois , frere de la Maréchale
Duchesse de Berwick , ayant été dépêché
par le Duc de Berwick pour porter au Roy le
détail de la capitulation du Château de Nice , il
eut un brevet de Colonel , au mois de Janvier
1706. Il fut encore dépêché par le Maréchal de
Berwick pour porter au Roy le détail de la Bataille
d'Almansa , et étant arrivé à la Cour le 8
May 1707. le Roy lui donna un Regiment d'Infanterie
de la création de 1702. vacant la
promotion du Chevalier de Tessé à celui de la
Couronne. Il fut reformé à la suite de celui de
Berwick en 1714. et fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et eut au mois de Septembre 1733 .
un Regiment d'Ifanterie de sa nation , vacant par
la démission du Lieutenant General de Lée.
par
Charles- François d'Estaing , Marquis de Saillans
, appellé le Marquis d'Estaing , fait Colonel
d'un Regiment d'Infanterie , par commission du
4 Fevrier 1706. eut depuis un ancien Regiment
ci-devant Charost , et fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719 .
Louis - Benigue de Beauffremont , Marquis de
Clairvaulx , Comte de Poligny , Randunes , Baron
de Traves , Ressin , Montsogeon & c. Il fut
fait Capitaine de Dragons dans le Regiment de
Listenay en 1704 Enseigne de la Compagnie des
Gensdarmes de Bourgogne , le 6 Fevrier 1706.
avec un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie,
Sous- Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
, le 23. du même mois de Fevrier 1706 .
et enfin Mestre de Camp d'un Regiment de Diagons
par commission du premier Novembre 1710 .
ce Regiment étant devenu vacant par la mort de
Jac
1020 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Antoine de Bauffremont , Marquis de
Listenay son frere aîné , tué le 23 Octobre précedent
au Siége d'Aire le Roy d'Espagne le
nomma Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or,
au mois de Fevrier 1711. et il fut declaré Brigadier
des Armées du Roy au mois de Juillet 17 19.
avec rang du premier Fevrier précedent.
Jean-Henri de Mainville , Comte dudit lieu ,
fait Sous- Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
d'Orleans , et Mestre de Camp de Cavalerie
au mois d'Avril 1706. Brigadier d'Armée
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
des Chevaux Legers d'Orleans , le 15 Octobre
1725.
Pierre Gaspard , Marquis de Clermont Galle
rande , Seigneur de Loudon , de Meru & c . 11 fut
successivement Mestre de Camp d'un nouveau
Regiment de Dragons , ci- devant Brossia , en
1706. Capitaine des Gardes de feu Charles de
France , Duc de Berii , par lettres du 27 Janvier
1711. Chevalier de S. Louis , reformé à la suite
du Regiment Royal Dragons en 1714. Brigadier
à la promotion du premier Fevrier 1719.
Capitaine des Gardes de Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , Gouverneur du Dauphiné, en la
même année 1719. reçu Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont- Carmel et de S. Lazare , de Jerusalem
le 22 Mars 1722. institué Bailli de
Dole au mois de May suivant , premier Ecuyer
du Duc d'Orleans , au mois de Decembre 1723 .
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 3 Juin 1714.
et enfin Mestre. de Camp Lieutenant du Regiment
de Dragons d'Orleans , au mois de Juillet
.172.6.
>
Joseph Lamoureulx , Seigneur de la Javelliere ,
et la Roulliere , Colonel d'Infanterie reformé à la
suite
MA Y. 1734.
1021
suite du Regiment de Gensac , créé Brigadier
d'Armée le premier Fevrier 1719. depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et
Major General des Armées du Roy.
Nicolas-Joseph-Baltazart de Langlade,Marquis
du Chayla , fait Cornette de la Compagnie des
Chevaux Legers de la Garde du Roy , au mois
d'Avril 1705. Mestre de Camp par brevet du 8
Avril 1706. Brigadier le premier Fevrier 1719.
et depuis Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Conti , dont après la mort du Prince de
ce nom , il fut fait Mestte de Camp en chef le
premier Juin 1727 .
N.... de Marnais de S. André de la Bastie
Gouverneur de Die , Lieutenant Colonel du Regiment
Dauphin Cavalerie, fut fait Maréchal des
Logis de la Cavalerie de l'Armée d'Italie en 1705.
et Mestre de Camp par brevet du mois de Fevrier
1706. puis Brigadier des Armées du Roy le premier
Fevrier 1719. Inspecteur General de Cavalerie
le 9 Septembre 1729. et Lieutenant de Roy
de l'Hôtel Royal des Invalides , le premier Juin
1730.
Louis Comte de Grammont, frere du Duc de ce
nom , il fut reçu Enseigne dans la Compagnie
Colonelle du Regiment des Gardes Françoises ,
le 13 May 1705. eut au mois de May 1706. un
Regiment de Dragons , vacant par la mort du
Comte d'Aubigné , tué à la Bataille de Ramilies,
et fut fait Colonel du Regiment de Bourbonnois
au mois de Janvier 1709. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Gouverneur de Ham
au mois de May 1721. par la mort du Comté
de Serignan , dont il étoit Survivancier , il fut
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 2 Fevrier
1728, et s'étant démis au mois de Juin 1727.
da
1022 MERCURE DE FRANCE
du Regiment de Bourbonnois , il fut fait Colonel
de celui de Vermandois au mois d'Août
1733.
N.... Comte de Vaudrey , Mestre de Camp
d'un Regiment de Cavalerie , ci-devant Sully ,
par commission du 6 Juin 1706. et Brigadier
des Armées du Roy de la promotion du premier
Fevrier 1719.
,
›
N..... de Vassal Chevalier de Montviel
frere de celui qui vient d'être fait Lieutenant General
. Il fut d'abord Capitaine et ensuite Major
• du Regiment de la vieille Mafine aussi Major
General de l'Armée en Lombardie , puis Colonel
da Regiment de Dauphiné , par commission du
5 Septembre 1706. Inspecteur General d'Infanterie
, le 25 May 1716. et Brigadier d'Armée le
premier Fevrier 1719 .
> François de Baschis de Saussan appellé le
Marquis du Caila , Il eut le 22 Septembre 1706.
le Regiment de la Reine Cavalerie vacant par
la mort de Jean- Louis de- Baschis de Pignan du
Caila son frere , tué le 9 du mois au combat de
Castiglione dans le Mantoüan . Il fut fait Brigadier
le premier Fevrier 1719.
Henry-François , Marquis de Segur. Il fut Colonel
d'un Regiment d'Infanterie en 1706. puis
Guidon de la Compagnie des Gendarmes Anglois
en 1709. et Mestre de Camp de Cavalerie ,
par brevet du 26 Septembre de la même année ,
obtint le 11 Septembre 1718. le Gouvernement
de la Province de Foix et la Lieutenance generale
au Gouvernement de Champagne , en Survivance
de son pere , et fut fait Brigadier le premier Février
1719. et Mestre de Camp Lieutenant du
Regiment d'Orleans Cavalerie , le 6 Mars suivant.
Louis
MAY.
1523 1734.
Louis de Fretat , Comte de Boissieux , fut fait
Colonel d'un Regiment d'Infanterie ci - devant de
Tarnault , par commission du 16 Fevrier 1707.
reformé en 1714.eut le Regiment des Landes en
1716. et fut nommé Brigadier d'Infanterie le
premier Fevrier 1719. Il fut fait Mestre de Camp
du Regiment de la Saarre par commission du
19 Septembre 1730. puis Colonel par autre du
15 Decembre suivant , après l'extinction de la
Charge de Colonel General de l'Infanterie . Il est
neveu par sa mere du Maréchal Duc de Villars .
Louis de Bannes , Comte d'Avejan , Baron de
Fereirolles , Seigneur de Langerolles , Montjardin
, &c. Il fut successivement Enseigne , Sous-
Lieutenant , Lieutenant au mois de May 1705 .
et enfin Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, au mois de Septembre 1707. puis second
Sous - Lieutenant de la premiere Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roy , au mois de,
Mars 1716. et Brigadier de ses Armées le premier
Fevrier 1719. devint premier Sous - Lieutenant
de la premiere Compagnie des Mousquetaires
, au mois de Septembre 1722. et fut nommé
Capitaine Lieutenant Commandant le 5 Janvier
1729. et fut reçu en cette qualité par le Roy à la
tête de la Compagnie le 15 Mars suivant .
Emanuel-François -Joseph , Comte de Baviere ,
Grand d'Espagne , dignité dont il prit possession
à Madrid , le 14 Mars 1733. Il fut fait Colonel
d'unRegiment d'Infanterie appelléRoyal Baviere,
par commission du premier Janvier 1709. et
nommé Brigadier au mois de Juillet 1719. avec
rang du premier Fevrier précédent .
N..... de la Rerye , Ingénieur , Brigadier
d'Armée du 29 Juillet 1710.
N....de Boislogé , Lieutenant General d'Artillerie
To24 MERCURE DE FRANCE
tillerie , Brigadier des Armées du Roy , du 31
Janvier 1713.
20. Février.
N.... de Maillane , Marquis de S. Sernin ,
il fut fait Mestre de Camp d'un Régiment do
Dragons , par commission du 23. Avril 1702 .
réformé en 1714. après la Paix d'Utrecht , et
créé Brigadier le 29. Mars 1710.
Conrad Alexandre , Comte de Rottembourg ;
Seigneur de Moissevaux , de Rougemont , de
Keivenheim , de Seintein et d'Orderbruck. Il a
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
Allemande du Comte de Rosen Son On
cle , sur la démission duquel il en fut fait Mestre
de Camp par Commission du 22. Mars 1709.
Il fut créé Brigadier des Armées du Roy le 20 .
Octobre 1716. et reçû Conseiller et Chevalier
d'honneur d'Epée au Conseil Souverain d'Alsace,
le 27. Août 1717. et Chevalier des Ordres de
N. D. du Montcarmel et de S. Lazare de Jerusale
25. Février 1731. Il a été aussi successio
vement EnvoyéExtraordinaire auprès du Roy de
Prusse , Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire
au Congrès de Cambray ; Ministre Plénipotentiaire
en Espagne en 1727. et nommé en
dernier lieu au mois d'Octobre 1730. Ambassadeur
Extraordinaire en la même Cour , où il réside
actuellement en cette qualité. Le Roy la
proposa le premier Janvier 1732. pour être Chevalier
de ses Ordres , et l'admit le 13. May
suivant.
Jem,
Paul- Hippolite de Beauvillier , Duc de Saint
Aignan , Pair de France ; il fut fait Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie par Commis
sion du 5. Novembre 1706. et le Duc de Beauvillier,
MAY. 1734. 1009
2. Dé- villier , son frere , lui ceda son Duché le
cembre suivant . Il demeura prisonnier au Combat
d'Oudenarde , le 11. Juillet 1708. fut blessé à
la Bataille de Malplaquet le 11. Septembre 1709.
prêta serment et prit séance au Parlement de Paris
, en qualité de Pair de France , le 22. Janvier
1711. fut fait Premier Gentilhomme de la Chambre
du Duc de Berry , au mois de Mars suivant .
Fut nommé en 1714. pour aller complimenter
la Reine d'Espagne à son passage en France , l'accompagna
jusqu'à Madrid , où il fut fait en
1715. Ambassadeur Extraordinaire ; tint en cette
qualité sur les Fonts de Baptême au nom du Roy
D. Philippe , Infant d'Espagne , le 25. Août
1716 il fut fait Brigadier des Armées du Roy, le
premier Juillet 1717. avec permission de vendre
son Régiment , dont il envoya sa démission aut
mois d'Octobre suivant ; fut nommé au mois de
Juillet 1718. Plénipotentiaire pour négocier latranquillité
de l'Europe , étant arrivé d'Espagne
à Paris le 6. Janvier 1719. il fut déclaré Conseiller
au Conseil de Régence et y prit séance le 22 .
du même mois ; reçut la Croix de l'Ordre de
S. Louis , le 14. May suivant , prêta serment pour
le Gouvernement du Havre le 23. Septembre de
la même année ; fut fait Chevalier des Ordres
du Roy le 3. Juin 1724 et reçû l'un des 40. de '
l'Académie Françoise le 16. Janvier 1727. et a
été nommé en dernier lieu au mois d'Octobre
1730. Ambassadeur Extraordinaire à Rome , ou
il est arrivé le 13. Mars 1632:
N.... Machet de Soleure , Capitaine d'une Com--
pagnie , et Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes Suisses, et Chevalier de S.Louis , Brigadier
d'Infanterie du premier Février 1719. Il eut la¹
Lieutenance Colonelle au mois de Septem. 17265 .
H.y. N..
1010 MERCURE DE FRANCE
1
N.... d'Erlach de Fribourg , Capitaine au
Régiment des Gardes Suisses , Chevalier de saint
Louis , créé Brigadier d'Infanterie le premier
Fevrier 1719.
Philippe - Claude de Montboisier de Canillac , appellé
le Marquis de Montboissier. Il fut d'abord
Capitaine de Cavalerie , puis successivement Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 16. Janvier 1702. et du Régiment de
Condé , au mois d'Avril 1710. Il fut fait au .
mois de Mars 1712. Cornette de la seconde
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , dont étant Sous- Lieutenant il fut créé Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719.Il fut nommé le 10 Avril 1729.à la Charge
de Capitaine- Lieutenant de la même Compagnie,
à la tête de laquelle il fut reçû par le Roy le 19.
May suivant.
N.... Baron d'Eltz , étant Capitaine dans le
Régiment de Sillery , cy - devant Catinat , il eut
une Commission de Colonel d'Infanterie après
le Siege de Bonn , et fut depuis réformé à la suite
du Régiment de Saxe Allemand , fait Brigadier
le premier Février 1719. et depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis.
N.... de la Cassagne, de S. Pau, successivemen
Exempt , Enseigne et Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy , ayant eu Brevet de Mestre de
Camp dès le mois de Février 1702. fut fait Brigadier
le premier Février 1719.
Jean-Hector de Fay , Marquis de laTour Maubourg,
Seigneur de Fay , sainte Sigolaine , Labatie
, Clessy , Chassy , &c. il fut fait en 1706.
Colonel du Régiment de Ponthieu , et le 15 .
May 1718. Inspecteur General d'Infanterie ,
ayant eu la permission de se défaire de son Régiment
MAY. 1734. IOII
giment , il obtint sa réforme dans le Régiment
de la Marine , et il fut fait Brigadier le premier
Février 1719.
N.... de Berniere , de Louvigny , il fut fait
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commission
du 14. May 1702. ce Régiment ayant
été réformé en 1714. il eut celui de Lannoy
auparavant Crussol , S. Sulpice , et, il fut déclaré
Brigadier le premier Février 1719 .
Charles-François , Comte de Froulay et de Montfaux
, Lieutenant de Roy en la Province du
Maine et Comté de Laval . Il fut d'abord Major
du Régiment de Dragons de Senneterre , puis
Colonel d'un Régiment d'Infanterie par Commis
sion du 21. May 1702. et ensuite du Régiment
Royal Comtois , et fait Brigadier le premier Février
1719. il fut nommé au mois de Décembre
1732. Ambassadeur Ordinaire à Venise , où ilarriva
le 25. Novembre 1733.
N .... Baron de Bezenval , de Soleure , cydevant
Major du Régiment des Gardes Suisses ,
Brigadier d'Infanterie du premier Février 1719.
Chevalier de S. Louis , il fut fait Colonel d'un Régiment
de sa Nation , cy - devant Hemel , le 15 .
de May 1729.
N .... de Biados , Marquis de Casteja , Gouverneur
de la Ville de Toul . Il fut fait Colonel
d'un Régiment d'Infanterie , par Commission du
3 Septembre 1702. puis du Régiment de Tournesis
, au mois de Février 1705. et créé Brigadier
le premier Février 1719. Il est frere aîné du
Comte de Casteja , Ministre Plénipotentiaire en
Suede , qui vient d'être fait Brigadier.
Charles , Marquis de Houdetot, Il fut fait Co- ,
lonel d'un Régiment d'Infanterie , par Commission
du 10. Décembre 1702. et fut réformé dans
Hvj le
1012 MERCURE DE FRANCE
le Régiment de Pons en 1714. il fut créé Briga
dier le premier Février 1719. et pourvû de la
Charge de Lieutenant de Roy en Picardie au Dé- .
partement du Boulonnois et Pays reconquis , lé
25. Juillet suivant. Il eut le 11. du mois d'Août
1726, le Régiment d'Artois , vacant par la mort
de Louis- Pietre , Comte de Houdetot , son frere
puisné.
Scipion Comte de Bozelli , Italien. Il fut fait
Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par Commission du 15. May 1702. réformé
dans Sommery en 1714. et créé Brigadier le pre
mier Février 1719,.
N .... d'Haremberg , Premier Lieutenant-
Colonel du Régiment Royal Allemand , Cavalerie
, Mestre de Camp par Brevet du 16. Avril
1704. Chevalier de S. Louis en 1705. et Briga
dier d'Armée du premier Février 1719.
N .... Magon de Terlay. Il entra dans le Régiment
des Gardes Françoises en 1694 où il fue
successivement Enseigne , Sous- Lieutenant, Lieutenant
en 1698. et enfin Capitaine en 1703. il
fut créé Brigadier le premier Février 1719 .
N .... de Gensac Loumagne. Il fut fait le 11.
de Novembre 1703. Colonel d'un nouveau Régiment
d'Infanterie , dont il étoit Capitaine do
Grenadiers , et qui étoit vacant par la mort de
son frere , tué au Siege de Landau le 2. du mê
me mois. Il eut depuis un ancien Régiment d'In->
fanterie , qu'avoit cy - devant le Marquis de Mirabeau
, eut le poignet cassé à la déroute des En-:
nemis à Denain le 24. Juillet 1712. et il fut fait
Brigadier le premier Février 1719 ..
Jean- Baptiste Comte de Polastron , Gouverneurs
de Castillon de Castillonet en Périgord. Il fut
Colonel du Régiment de Forêt , Infanterie , le
400
MAY 1734. 1013'
4. Février 1704. et ensuite de celui de la Couron
ne au mois de Février 1712 et Inspecteur General
d'Infanterie le 25. de Septembre 1714. à la
prise de Barcelone , il fut blessé à l'attaque du
Bastion de sainte Claire , et fut fait Brigadier lo
premier Février 1719.
N.... Magon de la Gervasais , Colonel du
Régiment de Berry , Infanterie par Commission
du 17. Eévrier 1704. puis d'un autre plus ancien
, vacant par la mort du Marquis de Gondrin
, au mois de Février 1712. et Brigadier du
premier Février 1719.
Jacques - Antoine de Ricoüart d'Hérouville , fait
Colonel du Régiment de Vosges au mois de
Mars 1704. à la tête duquel il reçut une grande.
blessure au Combat de Castiglione , dans le Mantouan
, le 9. Septembre 1706, fut réformé à la
suite du Régiment de Champagne , en 1714. depuis
fut fait Chevalier de S. Louis , et Brigadier
le premier Février 1719. Il eut le 17. de Septembre
1728. le Régiment de Bourgogne , Infanterie
, comme plus ancien Colonel à remplacer..
Jacques de Chabannes , Marquis de Curton ,.
Comte de Rochefort. Il fut fait Mestre de Camp
du Régiment d'Anjou , Cavalerie , par Commission
du 11..May 1704. puis du Régiment Royali
des Cravates en 1707. et Brigadier le premier Fé-.
wrier, 1719. Il commanda la même année la Cavalerie
dans l'Armée du Roy en Roussillon , et ,
sé défit de son Régiment au mois de Septembre
1720.
Paul Edouard Colbert , Comte de Creilly , Baron
de la Luthumiere , Seigneur d'Hérouville , a.
été d'abord Capitaine dans le Régiment de Cham +
pagne , puis Mestre de Camp du Régiment Royal
Dragons , par Commission. du 12. May 1794
et
1014 MERCURE DE FRANCE
et fait Brigadier le premier Février 1719.
Melchior - Esprit de la Baume 13e Comte de
la Monrevel. Il fut fait Mestre de Camp d'un
nouveau Régiment de Cavalerie , sur la démission
du Chevalier de Montrevel , son oncle , par
Commission du 3. Juin 1704. réformé en 1714.
et fait Brigadier et Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , conservé , cy- devant Marcillac
, le premier Février 1719 .
Louis Marie-Victoire , Comte de Béthune , de la
Branche de Selles , neveu de feu Marie Casimire
de la Grange d'Arquien , Reine de Pologne. Il
eut un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
en 1704. et fut fait Chevalier de S. Louis , Brigadier
des Armées du Roy , le premier Février
1719. et Mestre de Camp d'un Régiment de Cas
valerie,vacant par la mort du Marquis de Cour
cillon , au mois de Septembre suivant.
Etienne le Menestrel de Hauguel , Seigneur dé
Luteaux , frere de la Maréchale de Besons , et de
la Marquise de Neufchelles. Il fut d'abord Capitaine
de Cavalerie , puis le 20. de Juillet 1704.
Colonel du Régiment de Beaujolois , Infanterie ,
vacant par la mort de Jacques le Menestrel de
Huguel , des Granges , son frere , tué d'un coup
de Mousquet le 2. du même mois au Siege de
Verceil en Piemont. Il a été nommé Brigadier le
premier Février 1719. et Chevalier de S. Louis.
Alexandre - Maximilien - Balthasar Dominique
Villain de Gand , de Merode et de Montmorency ,
Comte de Middelbourg , frere puîné du Prince
d'Isenghien . Il fut fait Colonel du Régiment
Infanterie des Landes le 3. d'Août 1704. et de
celui de la Marine en 1716. Brigadier le premier
Février 1719. et Gouverneur de la Ville de Bouchain
en Hainaut , en 1724. On a rapporté son
3
mariage
MAY . 17 : 4
1015
mariage avec une Dlle de la Rochefoucault de
Roye , dans le Mercure d'Août 1735. P. 197 .
Charles- Gabriel de Belsunce , Marquis de Cas
telmoron , Seigneur de Montpont. Il fut nommé
le 17. Septembre 1704. Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , cy-devant Livry , fait Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Bourguignons le 18. Avril 1714. Sénéchal et
Gouverneur des Sénéchaussées d'Agenois et Condomois
en 1717. Chevalier de S. Louis , Brigadier
de Cavalerie le premier Février 1719. et
Inspecteur de la Gendarmerie le 11. Octobre
1730.
N.... Phelippes , d'abord Capitaine de Cavalerie
, puis Colonel d'un nouveau Régiment d'Infanterie
, cy - devant d'Aubigné le 14. Janvier .
1705. eut depuis celui de Limosin , et fut fait
Brigadier le premier Février 1719. Il est fils de
feu Nicolas Phelippes de la Houssaye , Lioutenant
de Roy , au Gouvernement de Thionville ,
et Commandant dans les Villes et Citadelles de
Mesieres et de Charleville , mort en 1694. et de
Marie Pajot.
Henry Louis de Choiseul , Marquis de Meuse
fut fait Colonel du Régiment d'Agenois en 1705.
fut blessé dangereusement au combat de Denain,
le 24. Juillet 1712. eut au mois d'Août suivant,
un ancien Régiment d'Infanterie , vacant par la
mort du Marquis de Tourville , tué dans le mê -
me Combat, et fut créé Brigadier le premier Février
1719.
N...... de Cherisey , Exempt des Gardes
Corps du Roy, et Mestre de Camp par brevet
du 12 Mars 1705 . ensuite Mestre de Camp d'un
Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Ourches ,
pus Enseigne des Gardes du Corps au mois de
May
1016 MERCURE DE FRANCE
le May 1711. Brigadier des Armées du Roy ,
premier Fevrier 1719. monta depuis à une Lieutenance
des Gardes,
Jean- François de Creil , Seigneur de Soisy et de
Chémault , Marquis de Nancré. Il fut fait Colonel'du
Regiment de Bassigny , par commission
du 15. Mars 1705. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
de la Compagnie desGrenadiers àCheval du Roy,
le 17 Septembre 1730 .
Jean- Charles de Senacterre , Comte de S Victour
, Seigneur de la Touche , Brisillac , Usson ,
& c. et connu sous le nom de Comte de Senecterre.
Il fut fait Colonel d'un nouveau Regiment
d'Infanterie ci- devant Eaval , au mois d'Avril
1705. reformé après la Paix en 1714. et créé
Brigadier le premier Fevrier 1719. Il fut fait
Colonel du Regiment de la Marche par la démission
du Marquis de la Ferté- la - Carte en
1730.
N..... Dauger , appellé le Chevalier Dauger
, étant Exempt des Gardes du Corps du Roy,
eut un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie
au mois de May 1705. et fut fait Brigadier le
premier Fevrier 1719. Enseigne au mois d'Août
1720. et depuis Lieutenant des Gardes.
Charles-Theodore des Forges , Seigneur de Germinon
, Pringy , Villenaux , &c . fait Mestre de
Camp d'un Regiment de Cavalerie , ci - devant de
Vienne , par commission du 7 Septembre 1705 ,
et Brigadier le premier Février 1719. obtint au
mois d'Octobre 1723. le Regiment Royal Piémont
Cavalerie , dont il se défit avec permission
au mois d'Avril 1725 .
Louis- Charles . Comte de la Mothe Houdancourt,
Bé le 21 Decembre 1637 , fait Mestre de Camp
MAY. 1734 1917
d'un Regiment de Cavalerie , par commission
du premier Novembre 1705. reformé en 1714.
après la Paix , créé. Brigadier le premier Fevrier
1719. obtint au mois de Novembre 1723.le Regiment
de Cavalerie , vacant par la mort du Duc
d'Aumont , et le 27 Mars 1728. le Gouverne
ment de la Ville et Citadelle de Mezieres en
Champagne.
Jean Joachim Rouault , Marquis de Cayeu . Il
fut fait Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie
dans le Regiment Royal des Cravates , au mois
de Juin 1704 , et Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , par commission du 20 Novembre
170f. eut au mois de May 1711. un autre Regiment
de Cavalerie , ci devant de Cherisey , qui
fut reformé en 1714, fut nommé Brigadier le
premier Fevrier 1719. et obtint en même temps
le Regiment de Cavalerie , ci - devant d'Aubusson.
Jean-Nicolas de Montmorency , Seigneur de
Chasteaubrun, de la Branche de Fosseux , reçu
Chevalier des Ordres de N. D. de Montcarmel ,
et de S. Lazare de Jerusalem , le 25 Mars 1697>
Il fut successivement Mousquetaire du Roy
Cornette dans le Regiment , Commissaire General
de la Cavalerie , Capitaine d'une Gompagnie
de Chevaux , qu'il leva et qui fut incorporée dans
le Regiment de Duras , Mestre de Camp à la
suite de ce Regiment depuis Villequier , par brevet
du 22 Novembre 1705. Chevalier de S.Louis,
fait Mestre de Camp du Regiment du Maine
Cavalerie en 1712. Brigadier du premier Fevrier
1719.
Gaspard-Magdelon - Hubert de Vintimille , des
Comtes de Marseille , Marquis du Luc et de la
Marthe , né le 9 Mars 1687. servit d'abord dans
les
to18 MERCURE DE FRANCE
les Mousquetaires du Roy , Puis fut Capitaine de
Cavalerie dans le Regiment de Montrevel , reçut
2 grandes blessures à la Bataille d'Hochstet en
1704. eut le 22 Novembre 1705. la commission
de Mestre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
reformé en 1714. fut nommé Brigadier le premier
Fevrier 1719. et obtint au mois de Fevrier
1725. un Regiment de Cavalerie , vacant par là
mort du Comte de Roye , et depuis le Gouver
nement des Isles de Porquerolles , par la démission
du Comte du Luc , son pere.
François Bernardin du Chastelet Comte de Clés
mont , Marquis d'Aubigny , Baron de Thons ;
Gouverneur du Château de Vincennes. Il eut le
22 Novembre 1705. un Regiment de Cavalerie,
reformé en 1714. Il fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et le Regiment de Cavalerie vacant
par la mort du Marquis d'Urfé lui fut donné au
mois de Janvier 1734 .
N....de Montfrain , Marquis de Fournez ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment du
Roy Cavalerie , par commission du 24 Novembre
170r. et Brigadier du premier Fevrier 1719.
François d'Espinay , Marquis de Boisgueroult
Espinay , Comte de Rosendal , Seigneur et Patron
de S. Paët , Châtelain de Toubleville , Seigneur
haut-Justicier de Franvilliers , Bulton & c . Mestre
de Camp d'un Regiment de Dragons , par commission
du 26 Novembre 1705. et d'un autre
ancien ci- devant Vassé au mois de May 1710.
créé Brigadier le premier Fevrier 1719. et nommé
Inspecteur General de Cavalerie , et de Dra.
gons , le 21 May 1732 .
N....d'Armand de Laurencin , Marquis de
Mison , Colonel du Regiment de Flandres Infanterie
, par commission du 6 Decembre 1705. fait
BriMAY.
1734. 1019
Brigadier le premier Fevrier 1719. et depuis aussi
Inspecteur General d'Infanterie.
N.... Beulkley , Irlandois , frere de la Maréchale
Duchesse de Berwick , ayant été dépêché
par le Duc de Berwick pour porter au Roy le
détail de la capitulation du Château de Nice , il
eut un brevet de Colonel , au mois de Janvier
1706. Il fut encore dépêché par le Maréchal de
Berwick pour porter au Roy le détail de la Bataille
d'Almansa , et étant arrivé à la Cour le 8
May 1707. le Roy lui donna un Regiment d'Infanterie
de la création de 1702. vacant la
promotion du Chevalier de Tessé à celui de la
Couronne. Il fut reformé à la suite de celui de
Berwick en 1714. et fait Brigadier le premier
Fevrier 1719. et eut au mois de Septembre 1733 .
un Regiment d'Ifanterie de sa nation , vacant par
la démission du Lieutenant General de Lée.
par
Charles- François d'Estaing , Marquis de Saillans
, appellé le Marquis d'Estaing , fait Colonel
d'un Regiment d'Infanterie , par commission du
4 Fevrier 1706. eut depuis un ancien Regiment
ci-devant Charost , et fut fait Brigadier le premier
Fevrier 1719 .
Louis - Benigue de Beauffremont , Marquis de
Clairvaulx , Comte de Poligny , Randunes , Baron
de Traves , Ressin , Montsogeon & c. Il fut
fait Capitaine de Dragons dans le Regiment de
Listenay en 1704 Enseigne de la Compagnie des
Gensdarmes de Bourgogne , le 6 Fevrier 1706.
avec un brevet de Mestre de Camp de Cavalerie,
Sous- Lieutenant de celle des Gendarmes Bourguignons
, le 23. du même mois de Fevrier 1706 .
et enfin Mestre de Camp d'un Regiment de Diagons
par commission du premier Novembre 1710 .
ce Regiment étant devenu vacant par la mort de
Jac
1020 MERCURE DE FRANCE
Jacques- Antoine de Bauffremont , Marquis de
Listenay son frere aîné , tué le 23 Octobre précedent
au Siége d'Aire le Roy d'Espagne le
nomma Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or,
au mois de Fevrier 1711. et il fut declaré Brigadier
des Armées du Roy au mois de Juillet 17 19.
avec rang du premier Fevrier précedent.
Jean-Henri de Mainville , Comte dudit lieu ,
fait Sous- Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
d'Orleans , et Mestre de Camp de Cavalerie
au mois d'Avril 1706. Brigadier d'Armée
le premier Fevrier 1719. et Capitaine Lieutenant
des Chevaux Legers d'Orleans , le 15 Octobre
1725.
Pierre Gaspard , Marquis de Clermont Galle
rande , Seigneur de Loudon , de Meru & c . 11 fut
successivement Mestre de Camp d'un nouveau
Regiment de Dragons , ci- devant Brossia , en
1706. Capitaine des Gardes de feu Charles de
France , Duc de Berii , par lettres du 27 Janvier
1711. Chevalier de S. Louis , reformé à la suite
du Regiment Royal Dragons en 1714. Brigadier
à la promotion du premier Fevrier 1719.
Capitaine des Gardes de Louis d'Orleans , Duc
de Chartres , Gouverneur du Dauphiné, en la
même année 1719. reçu Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont- Carmel et de S. Lazare , de Jerusalem
le 22 Mars 1722. institué Bailli de
Dole au mois de May suivant , premier Ecuyer
du Duc d'Orleans , au mois de Decembre 1723 .
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 3 Juin 1714.
et enfin Mestre. de Camp Lieutenant du Regiment
de Dragons d'Orleans , au mois de Juillet
.172.6.
>
Joseph Lamoureulx , Seigneur de la Javelliere ,
et la Roulliere , Colonel d'Infanterie reformé à la
suite
MA Y. 1734.
1021
suite du Regiment de Gensac , créé Brigadier
d'Armée le premier Fevrier 1719. depuis Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et
Major General des Armées du Roy.
Nicolas-Joseph-Baltazart de Langlade,Marquis
du Chayla , fait Cornette de la Compagnie des
Chevaux Legers de la Garde du Roy , au mois
d'Avril 1705. Mestre de Camp par brevet du 8
Avril 1706. Brigadier le premier Fevrier 1719.
et depuis Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Conti , dont après la mort du Prince de
ce nom , il fut fait Mestte de Camp en chef le
premier Juin 1727 .
N.... de Marnais de S. André de la Bastie
Gouverneur de Die , Lieutenant Colonel du Regiment
Dauphin Cavalerie, fut fait Maréchal des
Logis de la Cavalerie de l'Armée d'Italie en 1705.
et Mestre de Camp par brevet du mois de Fevrier
1706. puis Brigadier des Armées du Roy le premier
Fevrier 1719. Inspecteur General de Cavalerie
le 9 Septembre 1729. et Lieutenant de Roy
de l'Hôtel Royal des Invalides , le premier Juin
1730.
Louis Comte de Grammont, frere du Duc de ce
nom , il fut reçu Enseigne dans la Compagnie
Colonelle du Regiment des Gardes Françoises ,
le 13 May 1705. eut au mois de May 1706. un
Regiment de Dragons , vacant par la mort du
Comte d'Aubigné , tué à la Bataille de Ramilies,
et fut fait Colonel du Regiment de Bourbonnois
au mois de Janvier 1709. Brigadier d'Infanterie
le premier Fevrier 1719. et Gouverneur de Ham
au mois de May 1721. par la mort du Comté
de Serignan , dont il étoit Survivancier , il fut
reçu Chevalier des Ordres du Roy le 2 Fevrier
1728, et s'étant démis au mois de Juin 1727.
da
1022 MERCURE DE FRANCE
du Regiment de Bourbonnois , il fut fait Colonel
de celui de Vermandois au mois d'Août
1733.
N.... Comte de Vaudrey , Mestre de Camp
d'un Regiment de Cavalerie , ci-devant Sully ,
par commission du 6 Juin 1706. et Brigadier
des Armées du Roy de la promotion du premier
Fevrier 1719.
,
›
N..... de Vassal Chevalier de Montviel
frere de celui qui vient d'être fait Lieutenant General
. Il fut d'abord Capitaine et ensuite Major
• du Regiment de la vieille Mafine aussi Major
General de l'Armée en Lombardie , puis Colonel
da Regiment de Dauphiné , par commission du
5 Septembre 1706. Inspecteur General d'Infanterie
, le 25 May 1716. et Brigadier d'Armée le
premier Fevrier 1719 .
> François de Baschis de Saussan appellé le
Marquis du Caila , Il eut le 22 Septembre 1706.
le Regiment de la Reine Cavalerie vacant par
la mort de Jean- Louis de- Baschis de Pignan du
Caila son frere , tué le 9 du mois au combat de
Castiglione dans le Mantoüan . Il fut fait Brigadier
le premier Fevrier 1719.
Henry-François , Marquis de Segur. Il fut Colonel
d'un Regiment d'Infanterie en 1706. puis
Guidon de la Compagnie des Gendarmes Anglois
en 1709. et Mestre de Camp de Cavalerie ,
par brevet du 26 Septembre de la même année ,
obtint le 11 Septembre 1718. le Gouvernement
de la Province de Foix et la Lieutenance generale
au Gouvernement de Champagne , en Survivance
de son pere , et fut fait Brigadier le premier Février
1719. et Mestre de Camp Lieutenant du
Regiment d'Orleans Cavalerie , le 6 Mars suivant.
Louis
MAY.
1523 1734.
Louis de Fretat , Comte de Boissieux , fut fait
Colonel d'un Regiment d'Infanterie ci - devant de
Tarnault , par commission du 16 Fevrier 1707.
reformé en 1714.eut le Regiment des Landes en
1716. et fut nommé Brigadier d'Infanterie le
premier Fevrier 1719. Il fut fait Mestre de Camp
du Regiment de la Saarre par commission du
19 Septembre 1730. puis Colonel par autre du
15 Decembre suivant , après l'extinction de la
Charge de Colonel General de l'Infanterie . Il est
neveu par sa mere du Maréchal Duc de Villars .
Louis de Bannes , Comte d'Avejan , Baron de
Fereirolles , Seigneur de Langerolles , Montjardin
, &c. Il fut successivement Enseigne , Sous-
Lieutenant , Lieutenant au mois de May 1705 .
et enfin Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, au mois de Septembre 1707. puis second
Sous - Lieutenant de la premiere Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roy , au mois de,
Mars 1716. et Brigadier de ses Armées le premier
Fevrier 1719. devint premier Sous - Lieutenant
de la premiere Compagnie des Mousquetaires
, au mois de Septembre 1722. et fut nommé
Capitaine Lieutenant Commandant le 5 Janvier
1729. et fut reçu en cette qualité par le Roy à la
tête de la Compagnie le 15 Mars suivant .
Emanuel-François -Joseph , Comte de Baviere ,
Grand d'Espagne , dignité dont il prit possession
à Madrid , le 14 Mars 1733. Il fut fait Colonel
d'unRegiment d'Infanterie appelléRoyal Baviere,
par commission du premier Janvier 1709. et
nommé Brigadier au mois de Juillet 1719. avec
rang du premier Fevrier précédent .
N..... de la Rerye , Ingénieur , Brigadier
d'Armée du 29 Juillet 1710.
N....de Boislogé , Lieutenant General d'Artillerie
To24 MERCURE DE FRANCE
tillerie , Brigadier des Armées du Roy , du 31
Janvier 1713.
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Résumé : Maréchaux de Camp de la Promotion du 20. Février.
Le document présente une liste de maréchaux de camp promus en février 1734, détaillant leurs carrières militaires et distinctions. Parmi les personnalités notables, Jean-François de Creil, Marquis de Nancré, fut Colonel du Régiment de Bassigny en 1705, Brigadier d'Infanterie en 1719, et Capitaine Lieutenant des Grenadiers à Cheval du Roi en 1730. Jean-Charles de Senacterre, Comte de Saint-Victour, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et Colonel du Régiment de la Marche en 1730. Nicolas Dauger fut Mestre de Camp de Cavalerie en 1705, Brigadier en 1719, et Lieutenant des Gardes. Charles-Théodore des Forges, Seigneur de Germinon, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1705, Brigadier en 1719, et obtint le Régiment Royal Piémont Cavalerie en 1723. Louis-Charles, Comte de la Mothe Houdancourt, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1723. Il devint également Gouverneur de Mézières en 1728. Jean Joachim Rouault, Marquis de Cayeu, fut Capitaine d'une Compagnie de Cavalerie en 1704, Mestre de Camp en 1705, et Brigadier en 1719. Jean-Nicolas de Montmorency, Seigneur de Chasteaubrun, eut une carrière variée, devenant Mestre de Camp en 1705 et Brigadier en 1719. Gaspard-Magdelon-Hubert de Vintimille, Comte de Marseille, fut Mestre de Camp en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1725. François Bernardin du Chastelet, Comte de Clésmont, fut Mestre de Camp en 1705, réformé en 1714, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment de Cavalerie en 1734. Nicolas de Montfrain, Marquis de Fournez, fut Mestre de Camp et Lieutenant du Régiment du Roi Cavalerie en 1705 et Brigadier en 1719. François d'Espinay, Marquis de Boisgueroult, fut Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons en 1705, d'un autre en 1710, Brigadier en 1719, et Inspecteur Général de Cavalerie et de Dragons en 1732. Nicolas d'Armand de Laurencin, Marquis de Mison, fut Colonel du Régiment de Flandres Infanterie en 1705, Brigadier en 1719, et Inspecteur Général d'Infanterie. Nicolas Beulkley, Irlandais, fut Colonel en 1706, Brigadier en 1719, et obtint un Régiment d'Infanterie en 1733. Charles-François d'Estaing, Marquis de Saillans, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en 1706 et Brigadier en 1719. Louis-Benigue de Beauffremont, Marquis de Clairvaux, fut Capitaine de Dragons en 1704, Enseigne des Gensdarmes de Bourgogne en 1706, Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons en 1710, et Brigadier en 1719.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7711
p. 1024-1037
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 18 Avril dernier, Marc-Antoinne Bosc de Boucher, Maître des Requêtes Honoraire [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Paris, Marquis, Duc, Chevalier, Lieutenant général, Veuve, Épouse, Conseiller au Parlement, Chambre des comptes de Paris, Marc-Antoine de Bosc de Bouchet, Nicolas de Neufville de Villeroy, François-Camille de Neufville de Villeroy, François-Théodore des Vignes, Charles-Eugène de Lévis-Charlus
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En avril 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent à Paris et dans d'autres régions. Marc-Antoine Bosc du Boucher, Maître des Requêtes Honoraire, ancien Surintendant des finances et Intendant de Limoges, mourut à Paris le 18 avril à l'âge de 63 ans. Il avait épousé Grace Angélique Françoise Arazola d'Ognate et eut trois enfants, dont Jeanne Grace Bosc. Le 19 avril, Dame Marie-Gabrielle Le Clerc, veuve de François Baillet, Chevalier Marquis de Vaugrenant, décéda sans postérité à l'âge de 78 ans. Le 20 avril, Dame Claude Douet, épouse de François Boucot, Conseiller du Roi, mourut sans enfants. Le 21 avril, Dom Louis Le Roy, Général de l'Ordre des Feuillants, décéda à Paris à l'âge de 67 ans. Le 22 avril, Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général des Armées et Gouverneur des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolais, mourut subitement d'une attaque d'apoplexie à Paris à l'âge de 71 ans. Il avait une carrière militaire distinguée et était père de quatre enfants, dont Louis François Anne de Neufville, Duc de Retz. Le 24 avril, Amable Baisle, Chapelain Ordinaire du Roi, mourut à Paris à l'âge de 94 ans. Le 27 avril, Mademoiselle Noblet de Romery, âgée d'environ 18 ans, décéda de la petite vérole. En avril 1734, le Comte de Vertillac mourut en Périgord à l'âge de 85 ans, laissant des enfants. La Dame Le Boulanger, femme de Maître des Comptes, mourut en couches à Paris. Dame Anne Angélique de la Barre, veuve de Nicolas Charpy, décéda à l'âge de 52 ans. François-Théodore des Vignes, Chevalier et Gentilhomme de la Chambre du Roi de Pologne, mourut à son château de Chuffort à l'âge d'environ 71 ans, laissant deux enfants. Le 7 mai, Dame Jeanne Gallon, veuve de l'Intendant Général de la Marine Antoine-François Phélypeaux, décéda à Paris, laissant deux enfants. Le même jour, Pierre Paulmier de La Buccaille, Seigneur de Prestreval, mourut à Rouen. Charles Eugène de Lévis, Duc de Lévis, Pair de France, décéda à Paris à l'âge de 65 ans. Il a servi dans l'armée dès 1688, participant à de nombreuses batailles et sièges, et a atteint le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. Il a également été Gouverneur de plusieurs provinces et a été fait Chevalier des Ordres du Roi. Il laisse deux filles, Geneviève Paulmier de la Bucaille et Charlotte Paulmier de la Bucaille, toutes deux mariées à des nobles. Philippe Langlois, Seigneur de Pommeuse, Conseiller du Roi et Grand-Auditeur de France, décéda à l'âge d'environ 73 ans. Il avait épousé Louise Sandrier en 1701 et, après son décès en 1715, s'est remarié avec Charlotte de Ricoüart en 1718. Il laisse trois fils de son premier mariage. Françoise Le Tellier, veuve de Pierre Vallée, fut inhumée à l'âge de 95 ans. Noël Falconnet, célèbre Docteur en Médecine et Doyen du Collège des Médecins de Lyon, décéda à l'âge de 90 ans. Il laisse un fils, Camille Falconnet, qui lui succède dans ses charges. Jules-Louis Jean-Claude de la Marck, Colonel d'un régiment d'infanterie allemand au service du Roi, décéda à l'âge de 2 ans et 7 mois. Dame Anne-Victoire de Saint Chamant, épouse de Robert de Pierrepont, décéda à l'âge de 38 ans sans avoir eu d'enfant. Anne-François-Joseph, Marquis de Bassompierre, Capitaine dans le Régiment du Roi Infanterie, décéda à l'âge d'environ 48 ans. Il était marié à Marie-Éléonor d'Oglethorp et laisse deux sœurs comme héritières.
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7712
p. 1037-1039
Mort de Mlle de Beaujolois, Discours, [titre d'après la table]
Début :
Mademoiselle de Beaujolois, Princesse du Sang, mourut de la petite verole à Bagnolet près de cette [...]
Mots clefs :
Philippine-Élisabeth d'Orléans, Princesse de sang, Altesse royale, Fils de France
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Mlle de Beaujolois, Discours, [titre d'après la table]
Mademoiselle de Beaujolois , Princesse du Sang,
mourut de la petite verole à Bagnolet près de cetre
Ville , le 21. de ce mois à une heure après
midi , âgée de 19. ans , cinq mois et trois jours;
elle avoit reçu le matin ses Sacremens avec la pieté
qui accompagnoit en elle les qualités du coeur
et de l'esprit , les plus propres à former le caractere
d'une Princesse. Mademoiselle de Baujolois
née à Versailles le 18. Decembre 1714. se
nommoit Philippe - Elizabeth d'Orleans , et étoit
fille de feu Monsieur le Duc d'Orleans , petit
Fils de France , Regent du Royaume , mort le
2. Decembre 1723. et de Son Altesse Royale.
La maladie dont Mademoiselle de Beaujolois esc
morte n'ayant pas permis de lui rendre les honneurs
1038 MERCURE DE FRANCE
deson
neurs funebres convenables aux personnes
rang , son corps fut porté la nuit du 21. au 22.
sans aucune ceremonie , à l'Abbaye Royale du
Val- de- Grace , où il fut mis dans le caveau de
la Chapelle de la Reine Anne d'Autriche. 11 fut
presenté par l'Abbé Ragon , qui prononça le
Discours suivant.
MADAM ES,
Nous avons l'honneur de vous presenter le Corps
de Son Altesse Sereniffime Très - Haute , Très-
Puissante et Très-Excellente Princesse P. E. d'Orleans
, fille de feu Son Altesse Royale Très Haut,
Très-Puissant et Très-Excellent Prince Monseigneur
Philippe d'Orleans Petit- Fils de France et de
Son Altesse Royale Très - Haute , Très-Puissante et
Très - Excellente Princesse Marie - Françoise de
Bourbon. Les larmes que vous voyez ici répandre ,
et dont je puis à peine me défendre moi- même , attestent
ouvertement les qualités et les vertus éminentes
de celle qui les fait couler ; elles disent , mais
avec une éloquence où l'Orateur le plus disert ne
fçauroit atteindre, combien est grande la perte qu'un
chacun de nous ou plutôt que la France entiere
vient defaire . L'Illustre Princesse que nous pleurons
paroissoit néepar les charmes de sa personne,pour être
Pornement de son siecle, et par ses inclinations,bienfaisantes
pour en être les délices. Une mort prématu
rée l'a fait disparoître subitement à nos regards; mais
cette mort toute prématurée qu'elle soit n'a point été
imprévûë pour elle . Toujours elle fut pénétrée des
sentimens les plus vifs de la Religion,ainsi elle a eu
soin de prévenir ses derniers momens par les actes
les plus marqués de la pieté la plus sincere et la plus
fervente. De pareilles preuves nous donnent lieu de
présumer que le Cielretentit actuellement de Cantiques
'MAY. 1734. 1039
ques d'allegresse , tandis que la terre est plongée
dans la douleur : Cependant comme nous ignorons
à quel point la Justice Divine s'exerce sur les Ames
mêmes que nous croyons les plus épurées , nous vous
prions , Madame , d'unir vos fuffrages et ceux de
votre Sainte Communauté, aux prieres que P'Eglise
ne manquera pas d'adresser en sa faveur au Dien.
des misericordes.
mourut de la petite verole à Bagnolet près de cetre
Ville , le 21. de ce mois à une heure après
midi , âgée de 19. ans , cinq mois et trois jours;
elle avoit reçu le matin ses Sacremens avec la pieté
qui accompagnoit en elle les qualités du coeur
et de l'esprit , les plus propres à former le caractere
d'une Princesse. Mademoiselle de Baujolois
née à Versailles le 18. Decembre 1714. se
nommoit Philippe - Elizabeth d'Orleans , et étoit
fille de feu Monsieur le Duc d'Orleans , petit
Fils de France , Regent du Royaume , mort le
2. Decembre 1723. et de Son Altesse Royale.
La maladie dont Mademoiselle de Beaujolois esc
morte n'ayant pas permis de lui rendre les honneurs
1038 MERCURE DE FRANCE
deson
neurs funebres convenables aux personnes
rang , son corps fut porté la nuit du 21. au 22.
sans aucune ceremonie , à l'Abbaye Royale du
Val- de- Grace , où il fut mis dans le caveau de
la Chapelle de la Reine Anne d'Autriche. 11 fut
presenté par l'Abbé Ragon , qui prononça le
Discours suivant.
MADAM ES,
Nous avons l'honneur de vous presenter le Corps
de Son Altesse Sereniffime Très - Haute , Très-
Puissante et Très-Excellente Princesse P. E. d'Orleans
, fille de feu Son Altesse Royale Très Haut,
Très-Puissant et Très-Excellent Prince Monseigneur
Philippe d'Orleans Petit- Fils de France et de
Son Altesse Royale Très - Haute , Très-Puissante et
Très - Excellente Princesse Marie - Françoise de
Bourbon. Les larmes que vous voyez ici répandre ,
et dont je puis à peine me défendre moi- même , attestent
ouvertement les qualités et les vertus éminentes
de celle qui les fait couler ; elles disent , mais
avec une éloquence où l'Orateur le plus disert ne
fçauroit atteindre, combien est grande la perte qu'un
chacun de nous ou plutôt que la France entiere
vient defaire . L'Illustre Princesse que nous pleurons
paroissoit néepar les charmes de sa personne,pour être
Pornement de son siecle, et par ses inclinations,bienfaisantes
pour en être les délices. Une mort prématu
rée l'a fait disparoître subitement à nos regards; mais
cette mort toute prématurée qu'elle soit n'a point été
imprévûë pour elle . Toujours elle fut pénétrée des
sentimens les plus vifs de la Religion,ainsi elle a eu
soin de prévenir ses derniers momens par les actes
les plus marqués de la pieté la plus sincere et la plus
fervente. De pareilles preuves nous donnent lieu de
présumer que le Cielretentit actuellement de Cantiques
'MAY. 1734. 1039
ques d'allegresse , tandis que la terre est plongée
dans la douleur : Cependant comme nous ignorons
à quel point la Justice Divine s'exerce sur les Ames
mêmes que nous croyons les plus épurées , nous vous
prions , Madame , d'unir vos fuffrages et ceux de
votre Sainte Communauté, aux prieres que P'Eglise
ne manquera pas d'adresser en sa faveur au Dien.
des misericordes.
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Résumé : Mort de Mlle de Beaujolois, Discours, [titre d'après la table]
Mademoiselle de Beaujolois, Princesse du Sang, est décédée de la variole le 21 mai 1734 à Bagnolet, près de Paris, à l'âge de 19 ans, 5 mois et 3 jours. Née à Versailles le 18 décembre 1714, elle se nommait Philippe-Élisabeth d'Orléans et était la fille du Duc d'Orléans, petit-fils de France et Régent du Royaume, et de Son Altesse Royale. La princesse a reçu les sacrements avec piété le matin de sa mort, démontrant des qualités de cœur et d'esprit remarquables. En raison de la rapidité de sa maladie, les honneurs funèbres habituels n'ont pas pu lui être rendus. Son corps a été transporté de nuit à l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce et inhumé dans le caveau de la Chapelle de la Reine Anne d'Autriche. L'Abbé Ragon a prononcé un discours soulignant les vertus et les qualités de la princesse, et a appelé à des prières en sa faveur.
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7713
p. 1039-1041
« Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Début :
Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...]
Mots clefs :
Colonel, Régiment d'infanterie, Épouse, Veuve, Fils, Lieutenant général, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Le 28. Avril , Louis de Guillier de la Platiere ,
Seigneur de Toussieu , fils de feu Jacques- Joseph
de Guillet , Seigneur de la Platiere , du Bouchet,
Moidieres , Toussieu et la Verriere , Lieutenant
Colonel du Regiment de Gatinois , et de Sibille
Piechon sa veuve , épousa Dlle Benoît du Sauzey,
petite-fille de Marc- Antoine du Sauzey , Seigneur
de Jarnosse et de la Moliere , Prévôt des
Marchands de la Ville de Lyon en 1662.
La nuit du 6. au 7. Avril 1724. a été celebré
au Château de Montjeu en Bourgogne , le mariage
de Louis - François- Armand de Vignerot du
Plessis , Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Colonel
d'un Regiment d'Infanterie petit vieux Corps, et
Brigadier des armeés de S. M. de la derniere Promotion
, et veuf de Dame Anne Catherine de
Noailles, morte sans enfans le 7. Novembre 1716.
avec la seconde fille d'Anne- Marie- Joseph de
Lorraine , Prince de Guise , Comte d'Harcourt ,
et de Dame Marie - Louise - Christine de Castille
de Monjeu , son épouse .
La nuit du 7. au 8. du même mois, Louis Marquis
de Cambray , né le 16. Juin 1713. qui a
fait la Campagne derniere en Italie , auprès du
Prince Charles de Lorraine , Grand - Ecuyer de
France , en qualité de Page du Roi , et qui depuis
son retour a été fait Officier au Regiment des
Gardes
1040 MERCURE DE FRANCE
>
?
Gardes Françoises , seul fils de François Nicolas,
Seigneur, Marquis de Chambray sur Iton , Diocese
d'Evreux , ci- devant Colonel d'un Regiment
d'Infanterie de son nom et de Dame Marie-
Louise de Folleville de Manancourt , son épouse,
a été marié à Paris avec Dlle Marie-Elizabeth-
Françoise de Bonigalle , née le 9., Mars 1722 .
fille unique et seule heritiere de feu Simon -Charles
de Bonigalle , Conseiller du Roi , Maître ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris ,
mort le 26. Juin 1728. âgé de 47. ans , et de
Dame Marie Elizabeth de Vigni sa veuve, fille de
feu Jean- Baptiste de Vigni , Seigneur de Cour
quetaine , Marechal de Camp des Armées du
Roi, Lieutenant General d'Artillerie , Colonel et
Capitaine General des Bombardiers de France . ,
et Chevalier de S. Louis. Le marié est neveu de
Jacques de Cambrai , Chevalier , Grand- Croix
de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Lieutenant
General , commandant les Vaisseaux de Malte ,
Commandeur de la Commanderie Magistrale de
Metz , et de celle de Virecourt , qui s'est acquis
une grande réputation dans les Mers du Levant,
par ses combats , et par les differentes prises qu'il
a faites sur les Turcs ..
Dame Eleonor Gabriel- Lauise- Françoise de
Crux , épouse de Louis - Victor de Rochechouart,
Comte de Mortemart , Colonel du Regiment de
Dauphiné , accoucha le 21. Mai d'un Fils , qui a
été tenu sur les Fonts , et nommé Victor - Ga◄
briel par Armand - Gabriel , Marquis de Crux,
de Montaigu , & c . et par D. Anne Colbert , veuve
de Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Prince de Tonnay Charente
, General des Galeres et Lieutenant Ge-
2
neral
MAY. 1734: 1041
neral des Armées Navales de France .
Dame Marie- Victoire- Antoine de Gontaut de
Biron , épouse de Louis- Claude Scipion de Grimouard
, Comte du Roure , premier Enseigne de
la premiere Compagnie des Mousquetaires du
Roi , accoucha le 28. Mai d'un Fils , qui a été
nommé Melchior Scipion Louis , par S. E. M.
Melchior de Polignac , Cardinal , Prêtre de la
Sainte Eglise Romaine , Commandeur des Ordres
du Roi , Grand- Maître de l'Ordre Hospi
talier du 5. Esprit de Montpellier , Archevêque
d'Auch , Primat d'Aquitaine , de la Novempo
pulaire et du Royaume de Navarre , Abbé Comte
de Corbie , et par D. Louise de Nointel , épouse
d'Artus Thimoleon de Cossé , Duc de Brissac
Pair de France.
Seigneur de Toussieu , fils de feu Jacques- Joseph
de Guillet , Seigneur de la Platiere , du Bouchet,
Moidieres , Toussieu et la Verriere , Lieutenant
Colonel du Regiment de Gatinois , et de Sibille
Piechon sa veuve , épousa Dlle Benoît du Sauzey,
petite-fille de Marc- Antoine du Sauzey , Seigneur
de Jarnosse et de la Moliere , Prévôt des
Marchands de la Ville de Lyon en 1662.
La nuit du 6. au 7. Avril 1724. a été celebré
au Château de Montjeu en Bourgogne , le mariage
de Louis - François- Armand de Vignerot du
Plessis , Duc de Richelieu et de Fronsac , Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Colonel
d'un Regiment d'Infanterie petit vieux Corps, et
Brigadier des armeés de S. M. de la derniere Promotion
, et veuf de Dame Anne Catherine de
Noailles, morte sans enfans le 7. Novembre 1716.
avec la seconde fille d'Anne- Marie- Joseph de
Lorraine , Prince de Guise , Comte d'Harcourt ,
et de Dame Marie - Louise - Christine de Castille
de Monjeu , son épouse .
La nuit du 7. au 8. du même mois, Louis Marquis
de Cambray , né le 16. Juin 1713. qui a
fait la Campagne derniere en Italie , auprès du
Prince Charles de Lorraine , Grand - Ecuyer de
France , en qualité de Page du Roi , et qui depuis
son retour a été fait Officier au Regiment des
Gardes
1040 MERCURE DE FRANCE
>
?
Gardes Françoises , seul fils de François Nicolas,
Seigneur, Marquis de Chambray sur Iton , Diocese
d'Evreux , ci- devant Colonel d'un Regiment
d'Infanterie de son nom et de Dame Marie-
Louise de Folleville de Manancourt , son épouse,
a été marié à Paris avec Dlle Marie-Elizabeth-
Françoise de Bonigalle , née le 9., Mars 1722 .
fille unique et seule heritiere de feu Simon -Charles
de Bonigalle , Conseiller du Roi , Maître ordinaire
en sa Chambre des Comptes de Paris ,
mort le 26. Juin 1728. âgé de 47. ans , et de
Dame Marie Elizabeth de Vigni sa veuve, fille de
feu Jean- Baptiste de Vigni , Seigneur de Cour
quetaine , Marechal de Camp des Armées du
Roi, Lieutenant General d'Artillerie , Colonel et
Capitaine General des Bombardiers de France . ,
et Chevalier de S. Louis. Le marié est neveu de
Jacques de Cambrai , Chevalier , Grand- Croix
de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem , Lieutenant
General , commandant les Vaisseaux de Malte ,
Commandeur de la Commanderie Magistrale de
Metz , et de celle de Virecourt , qui s'est acquis
une grande réputation dans les Mers du Levant,
par ses combats , et par les differentes prises qu'il
a faites sur les Turcs ..
Dame Eleonor Gabriel- Lauise- Françoise de
Crux , épouse de Louis - Victor de Rochechouart,
Comte de Mortemart , Colonel du Regiment de
Dauphiné , accoucha le 21. Mai d'un Fils , qui a
été tenu sur les Fonts , et nommé Victor - Ga◄
briel par Armand - Gabriel , Marquis de Crux,
de Montaigu , & c . et par D. Anne Colbert , veuve
de Louis de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Prince de Tonnay Charente
, General des Galeres et Lieutenant Ge-
2
neral
MAY. 1734: 1041
neral des Armées Navales de France .
Dame Marie- Victoire- Antoine de Gontaut de
Biron , épouse de Louis- Claude Scipion de Grimouard
, Comte du Roure , premier Enseigne de
la premiere Compagnie des Mousquetaires du
Roi , accoucha le 28. Mai d'un Fils , qui a été
nommé Melchior Scipion Louis , par S. E. M.
Melchior de Polignac , Cardinal , Prêtre de la
Sainte Eglise Romaine , Commandeur des Ordres
du Roi , Grand- Maître de l'Ordre Hospi
talier du 5. Esprit de Montpellier , Archevêque
d'Auch , Primat d'Aquitaine , de la Novempo
pulaire et du Royaume de Navarre , Abbé Comte
de Corbie , et par D. Louise de Nointel , épouse
d'Artus Thimoleon de Cossé , Duc de Brissac
Pair de France.
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Résumé : « Le 28. Avril, Louis de Guillier de la Platiere, Seigneur de Toussieu, fils de feu Jacques-Joseph [...] »
Le texte décrit plusieurs événements familiaux et mariages de la noblesse française au XVIIIe siècle. Le 28 avril, Louis de Guillier de la Platière, Seigneur de Toussieu et Lieutenant Colonel du Régiment de Gatinois, épousa Mlle Benoît du Sauzey, petite-fille de Marc-Antoine du Sauzey, Seigneur de Jarnosse et Prévôt des Marchands de Lyon en 1662. La nuit du 6 au 7 avril 1724, Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu et Pair de France, se maria avec la seconde fille d'Anne-Marie-Joseph de Lorraine, Prince de Guise, au Château de Montjeu en Bourgogne. La nuit du 7 au 8 avril, Louis Marquis de Cambray, officier au Régiment des Gardes Françaises, épousa à Paris Mlle Marie-Élisabeth-Françoise de Bonigalle, fille unique et héritière de Simon-Charles de Bonigalle, Conseiller du Roi. Le 21 mai, Dame Éléonore Gabriel-Louise-Françoise de Crux, épouse de Louis-Victor de Rochechouart, Comte de Mortemart, accoucha d'un fils nommé Victor-Gabriel. Le 28 mai, Dame Marie-Victoire-Antoine de Gontaut de Biron, épouse de Louis-Claude Scipion de Grimouard, Comte du Roure, accoucha d'un fils nommé Melchior Scipion Louis.
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7714
p. 1041-1046
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 10. Février, concernant les Compagnies franches [...]
Mots clefs :
Troupes, Logis, Logements, Roi, Compagnies, Livres, Rentes, Maisons, Troupes de la Maison de Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le texte présente diverses ordonnances et arrêts royaux émanant du roi de France. Le 10 février, une ordonnance royale accorde trois mois de paye supplémentaires aux capitaines dont les compagnies seront complètes au 1er mars, avec un délai supplémentaire d'un mois pour ceux dont les compagnies doivent partir pour relever d'autres unités. Le 16 février, plusieurs arrêts sont promulgués : l'un interdit aux capitaines de bâtiments de pêche et à leurs équipages de traiter avec les Esquimaux, un autre ordonne aux préposés des commissaires de recouvrer le dixième des rentes et de payer les montants en quartiers, tout en les exemptant de certaines charges et taxes. Un autre arrêt du même jour oblige les détenteurs d'héritages et de maisons de campagne à déclarer les revenus et à payer le dixième des rentes. Le 10 mai 1734, un édit royal réunit la juridiction de la prévôté de la ville du Mans à celle de la sénéchaussée. Le 10 mars, une ordonnance royale régit le logement des troupes royales lors des déplacements du roi, sous les ordres du Grand-Maréchal des Logis. Le 15 mai 1731, une ordonnance de police ordonne la visite des puits pour vérifier la présence d'eau et en faire creuser de nouveaux si nécessaire. Le 16 mars, un arrêt exonère les biens de la Flandre Maritime du dixième en échange d'un paiement annuel et confirme l'exécution de neuf articles en faveur des habitants d'Avignon et du Comtat Venaissin. Le 20 mars, un arrêt réduit le taux de la retaxe sur les marchandises en pacotille. Le 23 mars, un arrêt régit les droits perçus sur les lins étrangers et exonère les biens du Hainaut du dixième en échange d'un paiement annuel. Enfin, des lettres patentes approuvent les délibérations du clergé pour emprunter douze millions de livres.
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7715
p. 1046
« On donnera le mois prochain deux Volumes du Mercure de France, pour pouvoir employer diverses [...] »
Début :
On donnera le mois prochain deux Volumes du Mercure de France, pour pouvoir employer diverses [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera le mois prochain deux Volumes du Mercure de France, pour pouvoir employer diverses [...] »
On donnera le mois prochain deux Volumes du
Mercure de France , pour pouvoir employer diverses
Pieces qui méritent l'impression et qui n'ont point
pú trouver place dans le cours des six premiers mois
de cette année.
Mercure de France , pour pouvoir employer diverses
Pieces qui méritent l'impression et qui n'ont point
pú trouver place dans le cours des six premiers mois
de cette année.
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7716
p. 1046-[1048]
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. Andromede, Cantate, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
838
Ieces Fugitives. Andromede , Cantate , 835
Lettre sur la Sépulture de S. Agnan ,
Réponse à l'Apothéose de Mlle de Malcrais , 849
Lettre sur les Horloges ,
Le Cocq et le Limaçon , Fable ,
Lettre sur l'origine de la Musique ,
851
860
861.
Réponse à 'Epitre de M. Destouches , par
Mlle de Malcrais ,
870
Réponse
Réponse de M. de S. Aubin , sur l'Essence de la
Matiere ,
La Nature et l'Art , Fable ,
872
879
882
Lettre de M. Capperon , sur des Champignons
formez dans l'estomach d'une femme ,
Réponse sur le Manteau bleu de M. Ferré , 888
Lettre de D. Calmet , sur la Prophetie attribuée
au Roy David ,
Stances ,
891
991
Dissertation sur les differences des trois Systêmes
Chronologiques , & c.
Enigmes , Logogryphes , & c.
903
911
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts ,
&c.
914
918
926
931
Histoire Naturelle de l'Univers , &c.
Causes celebres et interessantes ,
Les Avantages des Ecoles publiques , & c.
Traité du Mérite , Remerciement en Vers , 932
Lettres de la Marquise de Sévigné , &c.
Assemblées publiques des Académies des Sciences
et Belles-Lettres ,
933
934
Programme pour le Prix de l'Académie des Belles
Lettres ,
These de Chirurgie ,
Prix de la Societé des Arts ,
Morts d'Hommes Illustres ,
936
937
ibid.
938
Le Château de Milan , Tableau présenté au
Roy , 939
Estampes nouvelles , 940
Chansons.notées , 944
Le Sage du Temps , Vaudeville , ibid.
Spectacles , Discours , & c.
946
La Grondeuse , Comédie , Extrait ,
948 La Nouveauté , Comédie , 958
Nouvelle Actrice ,
L'Apologie du Siecle ou Momus corrigé , Exibid.
trait ,
960
Nouvelles Etraugeres , de Russie et Pologne , 968
D'Allemagne. Protocole de la Diette de l'Empire
, &c. Kaisons des Ministres de Baviere ,
&c .
D'Italie , de Naples et Sicile , &c.
Lettre du Roy d'Espagne à Don Carlos ,
972
979
981
D'Espagne , Hollande et Pays- Bas , 987
"Grande Bretagne , Discours , &C. 988
'Armée d'Allemagne. , &c. 992
Prise de Traerback , &c.
994
Attaque des Lignes d'Etlinghen , 995
Armée d'Italie 1001
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1003
Benefices donnez , 1006
Maréchaux de Camp , '&c. 1008
Morts , Mariages , &c .
1024
Mort de Mlle de Beaujolois , Discours , 1037
Arrêts Notables , 1041
838
Ieces Fugitives. Andromede , Cantate , 835
Lettre sur la Sépulture de S. Agnan ,
Réponse à l'Apothéose de Mlle de Malcrais , 849
Lettre sur les Horloges ,
Le Cocq et le Limaçon , Fable ,
Lettre sur l'origine de la Musique ,
851
860
861.
Réponse à 'Epitre de M. Destouches , par
Mlle de Malcrais ,
870
Réponse
Réponse de M. de S. Aubin , sur l'Essence de la
Matiere ,
La Nature et l'Art , Fable ,
872
879
882
Lettre de M. Capperon , sur des Champignons
formez dans l'estomach d'une femme ,
Réponse sur le Manteau bleu de M. Ferré , 888
Lettre de D. Calmet , sur la Prophetie attribuée
au Roy David ,
Stances ,
891
991
Dissertation sur les differences des trois Systêmes
Chronologiques , & c.
Enigmes , Logogryphes , & c.
903
911
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts ,
&c.
914
918
926
931
Histoire Naturelle de l'Univers , &c.
Causes celebres et interessantes ,
Les Avantages des Ecoles publiques , & c.
Traité du Mérite , Remerciement en Vers , 932
Lettres de la Marquise de Sévigné , &c.
Assemblées publiques des Académies des Sciences
et Belles-Lettres ,
933
934
Programme pour le Prix de l'Académie des Belles
Lettres ,
These de Chirurgie ,
Prix de la Societé des Arts ,
Morts d'Hommes Illustres ,
936
937
ibid.
938
Le Château de Milan , Tableau présenté au
Roy , 939
Estampes nouvelles , 940
Chansons.notées , 944
Le Sage du Temps , Vaudeville , ibid.
Spectacles , Discours , & c.
946
La Grondeuse , Comédie , Extrait ,
948 La Nouveauté , Comédie , 958
Nouvelle Actrice ,
L'Apologie du Siecle ou Momus corrigé , Exibid.
trait ,
960
Nouvelles Etraugeres , de Russie et Pologne , 968
D'Allemagne. Protocole de la Diette de l'Empire
, &c. Kaisons des Ministres de Baviere ,
&c .
D'Italie , de Naples et Sicile , &c.
Lettre du Roy d'Espagne à Don Carlos ,
972
979
981
D'Espagne , Hollande et Pays- Bas , 987
"Grande Bretagne , Discours , &C. 988
'Armée d'Allemagne. , &c. 992
Prise de Traerback , &c.
994
Attaque des Lignes d'Etlinghen , 995
Armée d'Italie 1001
France, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 1003
Benefices donnez , 1006
Maréchaux de Camp , '&c. 1008
Morts , Mariages , &c .
1024
Mort de Mlle de Beaujolois , Discours , 1037
Arrêts Notables , 1041
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Résumé : TABLE
Le document énumère diverses œuvres littéraires, correspondances et événements historiques. Les œuvres littéraires incluent des cantates, fables, lettres, dissertations, énigmes et pièces de théâtre, telles que 'Ieces Fugitives', 'Andromede' et 'Lettre sur la Sépulture de S. Agnan'. Le texte mentionne également des réponses à des épîtres et des lettres sur des sujets variés comme les horloges, l'origine de la musique et des phénomènes naturels. Des correspondances avec des figures notables, comme la Marquise de Sévigné et des membres des académies des sciences et belles-lettres, sont listées. Le document traite aussi d'événements historiques et militaires, tels que les nouvelles des armées d'Allemagne, d'Italie et de Grande-Bretagne, ainsi que des prises de villes comme Traerback et des attaques des lignes d'Etlinghen. Des informations sur des décès, mariages et promotions, comme les maréchaux de camp, sont également incluses. Enfin, le texte mentionne des discours, des spectacles et des extraits de comédies comme 'La Grondeuse' et 'La Nouveauté'.
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7717
s. p.
Errata d'Avril.
Début :
Page 685. ligne 20. Description, lisez Inscription. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata d'Avril.
Errata d'Avril.
PAge 686. ligne 20. Description , lisez Inscription.
PAge 686. ligne 20. Description , lisez Inscription.
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7718
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 883. ligne 17. jette, lisez rendit. P. 884. l. 4. est, l. et. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
PAge 883. ligne 17. jette , lisø%, rendit.
P.
884. 1. 4. est , 1. et.
1. ou.
P. 895. 1. 10. ont ,
P.
905. 1. 16. le l. la.
P. 938. 1. 29. achever , l. acheter.
l. P. 956. 1. 24 pourrois , . pourrai .
P. 969. 1. 8. de la , l, et la .
P. 996. l. 16. passoient , 1. paissoient.
PAge 883. ligne 17. jette , lisø%, rendit.
P.
884. 1. 4. est , 1. et.
1. ou.
P. 895. 1. 10. ont ,
P.
905. 1. 16. le l. la.
P. 938. 1. 29. achever , l. acheter.
l. P. 956. 1. 24 pourrois , . pourrai .
P. 969. 1. 8. de la , l, et la .
P. 996. l. 16. passoient , 1. paissoient.
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7719
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 944 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 944 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 944 [...] »
La Chanson notée doit regarder la page
944
944
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7720
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
,
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis- à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fansperte
de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
,
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU Commis au
Mercure vis- à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardė
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fansperte
de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le document est une adresse générale destinée à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Il informe les lecteurs qu'ils peuvent remettre leurs paquets cachetés aux libraires qui vendent le Mercure à Paris pour une livraison facilitée. Il est fortement recommandé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte potentielle des ouvrages. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7721
p. 1053-1065
SUITE de la Disser[t]ation sur les trois Systêmes Chronologiques &c. SECONDE PARTIE. Preuves de la verité du Systême de Caton.
Début :
Je dis donc d'abord que l'autorité de Caton, en cette matiere de Chronologie [...]
Mots clefs :
Système chronologique, Dissertation, Année, Rome, Varron, Caton, Années, Nombre, Raison, Fastes, Romulus, Erreur, Fondation, Polybe, Denys d'Halicarnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Disser[t]ation sur les trois Systêmes Chronologiques &c. SECONDE PARTIE. Preuves de la verité du Systême de Caton.
SUITE de la Dissersation sur les trois
Systêmes Chronologiques &c.
SECONDE PARTIE.
Preuves de la verité du Systême de Caton :
E dis donc d'abord que l'autorité de
Caton , en cette matiere de Chronologie
Romaine , me paroît de beaucoup
préferable à celle de Varron , soit parce
que Caton est de plus de cent ans plus
ancien que Varron , soit parce qu'au raport
de Cornelius - Nepos , il avoit composé
des Livres d'Histoires , où il recherchoit
soigneusement et en détail l'Antiquité
et les origines de chaque Républi-
J en catre
: Varron au contraire étoit plus moderne
, et par conséquent plus éloigné
des sources , où l'on peut puiser ces sortes
de connoissances ; et s'il étoit le plus
Sçavant desRomains,c'étoit dans un autre
genre, comme dans la Grammaire et dans
IVol A v la
1054 MERCURE DE FRANCE
la Philosophie , plutôt que dans l'Histoire;
et les 50 volumes qu'on dit avoir été
composez par lui sur ces Sciences , ne forment
pas un trop heureux préjugé en faveur
de son exactitude.
Ajoutez pour seconde raison que l'au
torité de Caton est suivie , appuyée et
extrémement fortifiée par celle de Tite-
Live , de Polybe qui étoit à peu près du
même tems que Caton et de celle de Denis
d'Halicarnasse , qui passe avec raison pour
le plus judicieux , le plus exact Ecrivain ,
et pour le plus curieux , le plus fidele et
le plus détailléChronologiste de l'Histoire
Romaine.
Une troisiéme raison , c'est que les Auteurs
qui ont suivi Varron , l'ont fait par
la bonne opinion et la grande idée qu'ils
s'étoient formée de lui et de sa science ,
plutôt que par aucune raison solide. Le
P. Petau , qu'on regarde comme le Prince
des Chronologistes modernes , ne dir- il
pas , ( Rat. part. 3. 3. 2. ) qu'il est difficile
de décider laquelle des deux opinions
deVarron ou de Vesrius est la plus véritable
? et néanmoins sans séulement mettre
celle deCaton en parallele avec elles , etsans
apporter la moindre raison , ne se déclaret-
il
pas ouvertement pour Varronensuite
par une manifeste petition de prin-
I Vol.
cipe ,
JUIN. 1734. - 1055
pe , et en supposant par tout que cet
Auteur qu'il lui a plu d'adopter , est infaillible
, ne fait- il pas le procès aux plus
grands Historiens de l'Antiquité , aux
Polybes et aux Denis d'Halicarnasse , et
ne les condamne- t- il pas , comme on dit,
sur l'étiquette du sac , et se contentant de
mettre à la marge ( part. 3.11 . 3. ) erreur
de Polybe et de Denis d'Halicarnasse ,
sans se soucier de le prouver dans le texte?
Une quatrième preuve de la verité du
calcul de Caton , et par conséquent de la
fausseté de celui de Varron , preuve qui
ne me paroît pas à rejetter , c'est que
Caton ne suppose que des faits certains
et attestez par tous les Auteurs , quand
il marque les années de Rome par les
Consuls , les Tribuns consulaires & c :
Varron au contraire est le premier des
Anciens qui ait ainsi compté des Dictatures
pour desannées séparées : il en est le seul
créateur , elles sont de sa pure invention,
et il les a controuvées au besoin pour appuyer
le sentiment de son bon ami , le
faiseur d'Horoscopes, TarritiusFitmianus,
qu'il avoit chargé et prié de rechercher
exactement le jour précis où Rome fut
fondée . Celui - ci , plutôt que de demeurer
court en si beau chemin , d'avouer
l'insuffisance et la vanité de son Art , sur
1. Vol. A vj tout
1056 MERCURE DE FRANCE
tout pour une pareille recherche, crut au
contraire devoir saisir l'occasion de se distinguer
et de se faire valoir en s'élevant
au- dessus de tous les autres Sçavans qui
l'avoient precedé.
Il tira donc l'horoscope de Rome , et
assura que l'année de sa fondation répondoit
à la troisième année de la sixième
Olympiade ; et pour jetter du merveilleux
dans cette époque , non content de l'éclipse
de Soleil , que plusieurs Auteurs
très dignes de foi rapportent être arrivée
vers le temps de la mort de Romulus
et qu'on trouve dans les Tables Astronomiques
, il en marque encore deux autres
de son autorité privée , l'une au moment
de la naissance de Romulus , l'autre à
celui de la fondation de Rome et apparemment
lorsqu'on mettoit la premiere
pierre. Mais comme il étoit plus Astrologue
qu'Astronome il n'a pas eu le
bonheur de rencontrer juste ; et le calcul
Astronomique n'a point encore fait découvrir
ces deux éclipses de la création
de Tarrutius.
"
C'est pourtant pour donner la vogue
à cette opinion , que Varron s'est vû oblid'ajoûter
deux années au nombre de
celles que comptoit Caton. Mais Varron
voyant qu'il étoit regardé comme un Sça-
I. Vol. vant
JUIN. 1734.
1057
vant du premier ordre,n'a pas voulu faire
regner Romulus ou quelqu'un des autres
Rois deux ans de plus qu'ils n'ont regné :
il auroit été refuté trop facilement par le
témoignage constant et unanime des Historiens.
Il s'est aussi bien donné de garde
d'augmenter de deux Consulats la liste des
Consuls : cette supercherie eut été grossiere
et n'auroit induit personne en erreur .
Taillant donc en pleine étoffe , pour ainsi
parler , et espérant se cacher dans l'obscurité
des années chargées d'évenemens
il a choisi la 305º de Rome , la 3 * du Décemvirat
et les 430 , 444 et 451 : et comme
il ne lui falloit que deux ans pour remplir
son systême , chose assez singuliere ,
et qui fait peu d'honneur à son jugement!
dans la même année 305 la plus remplie
de faits , il a confondu le Consulat d'Horatius
et de Valerius avec le Décemvirat
d'Appius et des neuf autres Décemvirs
et n'a ainsi donné à ces deux illustres
Protecteurs du peuple opprimé qu'un petit
reste d'année contre toute verité et
toute vraisemblance , tandis qu'il a libéralement
accordé des années entieres à des
Dictateurs qu'on ne créoit souvent que
pour un tems très- court et jamais pour
plus de six mois.
La Dictature même étoit une Magistra-
1. Vol. ture
1058 MERCURE DE FRANCE
ture extraordinaire , qui bien que supérieure
aux autres ne les anéantissoit pas,
et n'empêchoit pas la création des autres
Magistratures annuelles et ordinaires
comme il paroît évidemment par lesDictatures
de Sylla et de César , pendant la
durée desquelles il y eut toujours à Rome
des Consuls nommés même dans lesFastes
Capitolins.
Je conclus donc cette preuve , sur laquelle
j'ai cru devoir m'étendre un peu
plus que sur les autres , et je dis que Varron
,sans exemple , et contre toutes les coutumes
des Romains et le témoignage de
tous les Historiens qui assurent le con-
,traire , a placé de son chef trois Dictatures
entre des Consulats , dont il les a séparées
sans aucune raison .
Voilà assez de preuves tirées de l'autorité
et du témoignage des Auteurs dignes
de toute créance : il est temps présente
ment de passer aux démonstrations puisées
dans les principes de l'Astronomie . Elles
prouvent avec encore plus d'évidence et
de certitude , que Caton et ceux qui le
suivent ont raison et qu'au contraire
Varron et ses Sectateurs ont tort. Pour
ne pas ennuyer et accabler mes Lecteurs,
je réduirai à un petit nombre ces sortes
de démonstrations.
و
1. Vol.
La
14. 1754° 1039
"
La premiete qui se présente et qui est
des plus simples et des plus claires , se prend
de l'année de la mort de Romulus marquée
par une éclipse de Soleil ,que le Pere
Petau ( 3. 3. 186. ) rapporte au 26 May
715. avant J. C. or selon tous les Historiens
et selon Varon même et les Fastes
ainsi que nous l'avons démontré dans la
premiere partie de cette Dissertation , l'année
de cette mort de Romulus est la 37
de la fondation de Rome : car il n'y a
personne qui ne fasse commencer le regne
de Romulus au moment de cette fonda-
-
tion , et qui le prolonge au delà de 37
ans. Tout le monde convient donc que
l'année 37. de Rome est la derniere de
Romulus on dispute seulement si la
premiere année de cette fondation est la
3 de la 6 Olympiade , 753 avant . J. C.
comme le veut Varron , ou la 4 de cette
6 Olympiade , 752 avant J. C. comme
le marquent les Fastes ou les Marbres
Capitolins et Verrius Flaccus ; ou enfin
si elle est la premiere année de la 7Olympiade
, 751 avant J. C. comme le soutiennent
Caton , Polybe , Titc- Live Tite- Live ,
Denis d'Halicarnasse et nous aussi avec
ces illustres Auteurs. Une petite addition
qui est de toutes les opérations d'Arithmétique
la plus facile et la moins composée ,
I. Vol.
va
1060 MERCURE DE FRANCE
va vuider la question et terminer cette
importante dispute. Ajoûtez 36 à l'an
715 avant J. C. qui correspond à la 37.
de la fondation de Rome , et vous aurez
pour la premiere année de Rome non pas
753 avant J. C. comme Varron , ni 752
comme les Fastes , mais 751 comme Caton.
Une seconde preuve de même genre
que celle-ci , se tire de la comparaison de
deux éclipses , l'une de Soleil dont on
vient de parler , arrivée le 26 May 715.
avant J. C. l'autre de Lune marquée aussi
par le même Pere Petau , ( 3. 2. 175. ) et
arrivée le 22 Juin 168. la veille du jour
de la Bataille , où le Consul Paul Emile
défit Persée dernier Roy de Macédoine.
Cette année 168. avant J. C. est selon
Caton 84 de Rome , selon les Fastes
585 et selon Varron 586 : de sorte que
de l'une à l'autre éclipse , c'est-à- dire depuis
168. jusqu'à 715. avant J. C. il y a
547 ans. Mais selon Varron depuis l'année
37 de Rome jusqu'à la 586. il y a 549
ans , deux de trop selon les Fastes , jusqu'à
l'an 585. il y en a 548. un plus qu'il
ne faut ; selon Caton jusqu'à la 584. il y
en a 547 tout juste. C'est donc le systême
de Caton qui est le seul véritable , puisqu'il
s'accorde parfaitement avec le cal-
I. Vol. cul
JUIN. 1734 1061
cul Astronomique qui est sûr et invariable
3 et tous les autres systêmes sont faux
puisqu'ils sont contraires au mouvement
des Astres si certain , si reglé et si familier
à nos Astronomes , qu'à une minute
près ils nous prédisent d'avance les éclipses
de Soleil et de Lune pour tous les siecles
suivans , et que pour tous les précédens
ils nous les calculent avec une entiere
exactitude en rétrogradant.
:
Je pourrois,si je n'appréhendois d'être
trop long , me servir encore des éclipses
tant de Soleil que de Lune des années 217.
190. 104. 63. 51. 5o . et autres années
avant J. C. et en former des démonstrations
pareilles à celles que je viens d'apporter
mais je finis et je me contente de
tirer de tous les principes que j'ai établis
quelques conséquences de pratique , qui
serviront à ne se point tromper en lisant
les Auteurs qui ont suivi les faux systêmes
de Varron et des Fastes ou d'autres encore
plus mauvais , et à trouver sans peine
f'année véritable avant J. C. à laquelle
répondent les différentes supputations des
années de Rome.
,
Premiere conséquence ' ; le systême de
Caton étant le seul vrai ainsi que nous
l'avons démontré , il est clair que pour
avoir l'année véritable avant J. C. qui
I. Vol. ré1062.
MERCURE DE FRANCE
répond à la Catonienne , il ne faut que
prendre le nombre , qui ajouté à celui de
Caton fasse la somme de 752. Je veux
sçavoir, par exemple , combien d'années
avant J. C. est la 245. de Rome , pre-
- miere année du Consulat, je prends 507.
qui ajouté à 245. fait 752. ainsi ce nombre
507. marque l'année d'avant J. C.
qui répond à la 245 de Rome.
La deuxième conséquence qui est encore
plus importante que la premiere
c'est que pour rectifier les années Varroniennes
et avoir l'année d'avant J. C.
qui leur réponde dans la verité , on doit
leur ajouter un nombre , qui depuis la
premiere jusqu'à la 305. fasse 752. depuis
la même année 305. jusqu'à la 429. fasse
751. depuis la 430. jusqu'à la 444. fasse
752. depuis la 445 jusqu'à la 452. fasse
753. enfin depuis la 453. jusqu'à la fin
fasse 754. Voilà pour les années de Varron
. Quant à celles des Fastes , ajoutez un
nombre , qui jusqu'à 243. donne 752.
depuis 243. donne 751. depuis 304 donne
750. depuis 429. donne 751. depuis 444 .
donne 752. enfin depuis 452. donne 753 .
Je rends ceci sensible et palpable par
quelques exemples.
On demande la véritable année d'avant
J. C. qui réponde à la 364. de Rome
I Vol. qui
JUIN. 1734.
1063
qui est celle de la prise de Rome selon
Varron . Comme cette année 364. est entre
305. et 429. je n'ajoute que 387. qui
avec 364. fait 751. et ce nombre 387.
marque l'année juste et précise avant J.
C. où Rome a été prise . La raison de ceci
est évidente , puisque Varron ayant manqué
mal - à-propos de compter l'année
306. qui est celle du Consulat d'Horace
et Valere , et n'en ayant fait qu'une même
année avec la 3. du Décemvirat , il doit
avoir dans la suite sur les années de la
fondation de Rome une unité de moins
que Caton , jusqu'à ce qu'en 430. en insérant
la Dictature de Papirius , et corrigeant
cette erreur par une autre erreur
contraire , il revienne à l'égalité du nombre
des années de Rome avec Caton . Dans
cc: entre-deux il faut donc , pour corriger
l'expression des années Varroniennes ,
leur ajouter , 1 ° . Cette unité qu'elles ont
de moins que les Catoniennes, afin de les
leur égaler ; 2 ° .. Un nombre qui avec
elles augmentées ainsi de l'unité , fasse
752. ou , ce qui revient au même , ajouter
seulement un nombre , qui joint à
elles ne donne que 751.
·
Par cette regle on trouve que Varron
met la prise de Rome par les Gaulois trois
ans plûtôt qu'il ne faut, en la plaçant l'an
I Vol. 364.
1664 MERCURE DE FRANCE
>
364. de Rome , qui selon lui est la 390
avant J. C. Polybe au contraire qui
étoit cent ans environ plus proche de ce
temps- là que Varron , qui d'ailleurs est
un Ecrivain tout autrement exact et bien
plus croyable que lui en matiere d'Histoire
, et dont enfin le poids et le témoignage
mis dans une juste balance , l'em-,
porte de beaucoup sur celui de Varron ;
Polybe , dis-je , marque cette année de la
prise de Rome par des caractéres si précis
et si distinctifs , ( la 22. année de la
98. Olympiade ; la 19. après la défaite des
Athéniens par Lysandre , 405. avant J.
C. la 16 avant la Bataille de Leuctres
371. avant J. C. ) qu'il faut absolument
vouloir se tromper et ne voir goute en
plein midi , pour ne pas reconnoître ici
l'an 387. avant J. C. A la marge donc de
l'endroit du Rationarium, cité plus haut à
la fin de la troisiéme preuve , mettez en
lettres italiques ce titre- ci : Erreur de Varron
et du Pere Petau , au lieu de celui - ci
qu'on y trouve ; Erreur de Polybe et de
Denis d'Halicarnasse. Cette remarque peut
très - bien être placée au nombre des preuves
du premier ou du second genre que
nous avons alleguées plus haut.
Encore un exemple et je finis . A quelle
année avant J.C. doit-on rapporter la 243
1Vol. de
JUIN. 1734 1965
de Rome selon les Fastes ? il faut distinguer
si c'est la 143 et derniere des Rois ,
elle a rapport à la 509. avant J. C. qui
avec elle fait 752. mais si c'est la 243 et
premiere du Consulat , elle ne se rapporte
qu'à la 508.qui jointe à 243. ne donne
751.Voïez.en la régle et la raison plushaut.
Systêmes Chronologiques &c.
SECONDE PARTIE.
Preuves de la verité du Systême de Caton :
E dis donc d'abord que l'autorité de
Caton , en cette matiere de Chronologie
Romaine , me paroît de beaucoup
préferable à celle de Varron , soit parce
que Caton est de plus de cent ans plus
ancien que Varron , soit parce qu'au raport
de Cornelius - Nepos , il avoit composé
des Livres d'Histoires , où il recherchoit
soigneusement et en détail l'Antiquité
et les origines de chaque Républi-
J en catre
: Varron au contraire étoit plus moderne
, et par conséquent plus éloigné
des sources , où l'on peut puiser ces sortes
de connoissances ; et s'il étoit le plus
Sçavant desRomains,c'étoit dans un autre
genre, comme dans la Grammaire et dans
IVol A v la
1054 MERCURE DE FRANCE
la Philosophie , plutôt que dans l'Histoire;
et les 50 volumes qu'on dit avoir été
composez par lui sur ces Sciences , ne forment
pas un trop heureux préjugé en faveur
de son exactitude.
Ajoutez pour seconde raison que l'au
torité de Caton est suivie , appuyée et
extrémement fortifiée par celle de Tite-
Live , de Polybe qui étoit à peu près du
même tems que Caton et de celle de Denis
d'Halicarnasse , qui passe avec raison pour
le plus judicieux , le plus exact Ecrivain ,
et pour le plus curieux , le plus fidele et
le plus détailléChronologiste de l'Histoire
Romaine.
Une troisiéme raison , c'est que les Auteurs
qui ont suivi Varron , l'ont fait par
la bonne opinion et la grande idée qu'ils
s'étoient formée de lui et de sa science ,
plutôt que par aucune raison solide. Le
P. Petau , qu'on regarde comme le Prince
des Chronologistes modernes , ne dir- il
pas , ( Rat. part. 3. 3. 2. ) qu'il est difficile
de décider laquelle des deux opinions
deVarron ou de Vesrius est la plus véritable
? et néanmoins sans séulement mettre
celle deCaton en parallele avec elles , etsans
apporter la moindre raison , ne se déclaret-
il
pas ouvertement pour Varronensuite
par une manifeste petition de prin-
I Vol.
cipe ,
JUIN. 1734. - 1055
pe , et en supposant par tout que cet
Auteur qu'il lui a plu d'adopter , est infaillible
, ne fait- il pas le procès aux plus
grands Historiens de l'Antiquité , aux
Polybes et aux Denis d'Halicarnasse , et
ne les condamne- t- il pas , comme on dit,
sur l'étiquette du sac , et se contentant de
mettre à la marge ( part. 3.11 . 3. ) erreur
de Polybe et de Denis d'Halicarnasse ,
sans se soucier de le prouver dans le texte?
Une quatrième preuve de la verité du
calcul de Caton , et par conséquent de la
fausseté de celui de Varron , preuve qui
ne me paroît pas à rejetter , c'est que
Caton ne suppose que des faits certains
et attestez par tous les Auteurs , quand
il marque les années de Rome par les
Consuls , les Tribuns consulaires & c :
Varron au contraire est le premier des
Anciens qui ait ainsi compté des Dictatures
pour desannées séparées : il en est le seul
créateur , elles sont de sa pure invention,
et il les a controuvées au besoin pour appuyer
le sentiment de son bon ami , le
faiseur d'Horoscopes, TarritiusFitmianus,
qu'il avoit chargé et prié de rechercher
exactement le jour précis où Rome fut
fondée . Celui - ci , plutôt que de demeurer
court en si beau chemin , d'avouer
l'insuffisance et la vanité de son Art , sur
1. Vol. A vj tout
1056 MERCURE DE FRANCE
tout pour une pareille recherche, crut au
contraire devoir saisir l'occasion de se distinguer
et de se faire valoir en s'élevant
au- dessus de tous les autres Sçavans qui
l'avoient precedé.
Il tira donc l'horoscope de Rome , et
assura que l'année de sa fondation répondoit
à la troisième année de la sixième
Olympiade ; et pour jetter du merveilleux
dans cette époque , non content de l'éclipse
de Soleil , que plusieurs Auteurs
très dignes de foi rapportent être arrivée
vers le temps de la mort de Romulus
et qu'on trouve dans les Tables Astronomiques
, il en marque encore deux autres
de son autorité privée , l'une au moment
de la naissance de Romulus , l'autre à
celui de la fondation de Rome et apparemment
lorsqu'on mettoit la premiere
pierre. Mais comme il étoit plus Astrologue
qu'Astronome il n'a pas eu le
bonheur de rencontrer juste ; et le calcul
Astronomique n'a point encore fait découvrir
ces deux éclipses de la création
de Tarrutius.
"
C'est pourtant pour donner la vogue
à cette opinion , que Varron s'est vû oblid'ajoûter
deux années au nombre de
celles que comptoit Caton. Mais Varron
voyant qu'il étoit regardé comme un Sça-
I. Vol. vant
JUIN. 1734.
1057
vant du premier ordre,n'a pas voulu faire
regner Romulus ou quelqu'un des autres
Rois deux ans de plus qu'ils n'ont regné :
il auroit été refuté trop facilement par le
témoignage constant et unanime des Historiens.
Il s'est aussi bien donné de garde
d'augmenter de deux Consulats la liste des
Consuls : cette supercherie eut été grossiere
et n'auroit induit personne en erreur .
Taillant donc en pleine étoffe , pour ainsi
parler , et espérant se cacher dans l'obscurité
des années chargées d'évenemens
il a choisi la 305º de Rome , la 3 * du Décemvirat
et les 430 , 444 et 451 : et comme
il ne lui falloit que deux ans pour remplir
son systême , chose assez singuliere ,
et qui fait peu d'honneur à son jugement!
dans la même année 305 la plus remplie
de faits , il a confondu le Consulat d'Horatius
et de Valerius avec le Décemvirat
d'Appius et des neuf autres Décemvirs
et n'a ainsi donné à ces deux illustres
Protecteurs du peuple opprimé qu'un petit
reste d'année contre toute verité et
toute vraisemblance , tandis qu'il a libéralement
accordé des années entieres à des
Dictateurs qu'on ne créoit souvent que
pour un tems très- court et jamais pour
plus de six mois.
La Dictature même étoit une Magistra-
1. Vol. ture
1058 MERCURE DE FRANCE
ture extraordinaire , qui bien que supérieure
aux autres ne les anéantissoit pas,
et n'empêchoit pas la création des autres
Magistratures annuelles et ordinaires
comme il paroît évidemment par lesDictatures
de Sylla et de César , pendant la
durée desquelles il y eut toujours à Rome
des Consuls nommés même dans lesFastes
Capitolins.
Je conclus donc cette preuve , sur laquelle
j'ai cru devoir m'étendre un peu
plus que sur les autres , et je dis que Varron
,sans exemple , et contre toutes les coutumes
des Romains et le témoignage de
tous les Historiens qui assurent le con-
,traire , a placé de son chef trois Dictatures
entre des Consulats , dont il les a séparées
sans aucune raison .
Voilà assez de preuves tirées de l'autorité
et du témoignage des Auteurs dignes
de toute créance : il est temps présente
ment de passer aux démonstrations puisées
dans les principes de l'Astronomie . Elles
prouvent avec encore plus d'évidence et
de certitude , que Caton et ceux qui le
suivent ont raison et qu'au contraire
Varron et ses Sectateurs ont tort. Pour
ne pas ennuyer et accabler mes Lecteurs,
je réduirai à un petit nombre ces sortes
de démonstrations.
و
1. Vol.
La
14. 1754° 1039
"
La premiete qui se présente et qui est
des plus simples et des plus claires , se prend
de l'année de la mort de Romulus marquée
par une éclipse de Soleil ,que le Pere
Petau ( 3. 3. 186. ) rapporte au 26 May
715. avant J. C. or selon tous les Historiens
et selon Varon même et les Fastes
ainsi que nous l'avons démontré dans la
premiere partie de cette Dissertation , l'année
de cette mort de Romulus est la 37
de la fondation de Rome : car il n'y a
personne qui ne fasse commencer le regne
de Romulus au moment de cette fonda-
-
tion , et qui le prolonge au delà de 37
ans. Tout le monde convient donc que
l'année 37. de Rome est la derniere de
Romulus on dispute seulement si la
premiere année de cette fondation est la
3 de la 6 Olympiade , 753 avant . J. C.
comme le veut Varron , ou la 4 de cette
6 Olympiade , 752 avant J. C. comme
le marquent les Fastes ou les Marbres
Capitolins et Verrius Flaccus ; ou enfin
si elle est la premiere année de la 7Olympiade
, 751 avant J. C. comme le soutiennent
Caton , Polybe , Titc- Live Tite- Live ,
Denis d'Halicarnasse et nous aussi avec
ces illustres Auteurs. Une petite addition
qui est de toutes les opérations d'Arithmétique
la plus facile et la moins composée ,
I. Vol.
va
1060 MERCURE DE FRANCE
va vuider la question et terminer cette
importante dispute. Ajoûtez 36 à l'an
715 avant J. C. qui correspond à la 37.
de la fondation de Rome , et vous aurez
pour la premiere année de Rome non pas
753 avant J. C. comme Varron , ni 752
comme les Fastes , mais 751 comme Caton.
Une seconde preuve de même genre
que celle-ci , se tire de la comparaison de
deux éclipses , l'une de Soleil dont on
vient de parler , arrivée le 26 May 715.
avant J. C. l'autre de Lune marquée aussi
par le même Pere Petau , ( 3. 2. 175. ) et
arrivée le 22 Juin 168. la veille du jour
de la Bataille , où le Consul Paul Emile
défit Persée dernier Roy de Macédoine.
Cette année 168. avant J. C. est selon
Caton 84 de Rome , selon les Fastes
585 et selon Varron 586 : de sorte que
de l'une à l'autre éclipse , c'est-à- dire depuis
168. jusqu'à 715. avant J. C. il y a
547 ans. Mais selon Varron depuis l'année
37 de Rome jusqu'à la 586. il y a 549
ans , deux de trop selon les Fastes , jusqu'à
l'an 585. il y en a 548. un plus qu'il
ne faut ; selon Caton jusqu'à la 584. il y
en a 547 tout juste. C'est donc le systême
de Caton qui est le seul véritable , puisqu'il
s'accorde parfaitement avec le cal-
I. Vol. cul
JUIN. 1734 1061
cul Astronomique qui est sûr et invariable
3 et tous les autres systêmes sont faux
puisqu'ils sont contraires au mouvement
des Astres si certain , si reglé et si familier
à nos Astronomes , qu'à une minute
près ils nous prédisent d'avance les éclipses
de Soleil et de Lune pour tous les siecles
suivans , et que pour tous les précédens
ils nous les calculent avec une entiere
exactitude en rétrogradant.
:
Je pourrois,si je n'appréhendois d'être
trop long , me servir encore des éclipses
tant de Soleil que de Lune des années 217.
190. 104. 63. 51. 5o . et autres années
avant J. C. et en former des démonstrations
pareilles à celles que je viens d'apporter
mais je finis et je me contente de
tirer de tous les principes que j'ai établis
quelques conséquences de pratique , qui
serviront à ne se point tromper en lisant
les Auteurs qui ont suivi les faux systêmes
de Varron et des Fastes ou d'autres encore
plus mauvais , et à trouver sans peine
f'année véritable avant J. C. à laquelle
répondent les différentes supputations des
années de Rome.
,
Premiere conséquence ' ; le systême de
Caton étant le seul vrai ainsi que nous
l'avons démontré , il est clair que pour
avoir l'année véritable avant J. C. qui
I. Vol. ré1062.
MERCURE DE FRANCE
répond à la Catonienne , il ne faut que
prendre le nombre , qui ajouté à celui de
Caton fasse la somme de 752. Je veux
sçavoir, par exemple , combien d'années
avant J. C. est la 245. de Rome , pre-
- miere année du Consulat, je prends 507.
qui ajouté à 245. fait 752. ainsi ce nombre
507. marque l'année d'avant J. C.
qui répond à la 245 de Rome.
La deuxième conséquence qui est encore
plus importante que la premiere
c'est que pour rectifier les années Varroniennes
et avoir l'année d'avant J. C.
qui leur réponde dans la verité , on doit
leur ajouter un nombre , qui depuis la
premiere jusqu'à la 305. fasse 752. depuis
la même année 305. jusqu'à la 429. fasse
751. depuis la 430. jusqu'à la 444. fasse
752. depuis la 445 jusqu'à la 452. fasse
753. enfin depuis la 453. jusqu'à la fin
fasse 754. Voilà pour les années de Varron
. Quant à celles des Fastes , ajoutez un
nombre , qui jusqu'à 243. donne 752.
depuis 243. donne 751. depuis 304 donne
750. depuis 429. donne 751. depuis 444 .
donne 752. enfin depuis 452. donne 753 .
Je rends ceci sensible et palpable par
quelques exemples.
On demande la véritable année d'avant
J. C. qui réponde à la 364. de Rome
I Vol. qui
JUIN. 1734.
1063
qui est celle de la prise de Rome selon
Varron . Comme cette année 364. est entre
305. et 429. je n'ajoute que 387. qui
avec 364. fait 751. et ce nombre 387.
marque l'année juste et précise avant J.
C. où Rome a été prise . La raison de ceci
est évidente , puisque Varron ayant manqué
mal - à-propos de compter l'année
306. qui est celle du Consulat d'Horace
et Valere , et n'en ayant fait qu'une même
année avec la 3. du Décemvirat , il doit
avoir dans la suite sur les années de la
fondation de Rome une unité de moins
que Caton , jusqu'à ce qu'en 430. en insérant
la Dictature de Papirius , et corrigeant
cette erreur par une autre erreur
contraire , il revienne à l'égalité du nombre
des années de Rome avec Caton . Dans
cc: entre-deux il faut donc , pour corriger
l'expression des années Varroniennes ,
leur ajouter , 1 ° . Cette unité qu'elles ont
de moins que les Catoniennes, afin de les
leur égaler ; 2 ° .. Un nombre qui avec
elles augmentées ainsi de l'unité , fasse
752. ou , ce qui revient au même , ajouter
seulement un nombre , qui joint à
elles ne donne que 751.
·
Par cette regle on trouve que Varron
met la prise de Rome par les Gaulois trois
ans plûtôt qu'il ne faut, en la plaçant l'an
I Vol. 364.
1664 MERCURE DE FRANCE
>
364. de Rome , qui selon lui est la 390
avant J. C. Polybe au contraire qui
étoit cent ans environ plus proche de ce
temps- là que Varron , qui d'ailleurs est
un Ecrivain tout autrement exact et bien
plus croyable que lui en matiere d'Histoire
, et dont enfin le poids et le témoignage
mis dans une juste balance , l'em-,
porte de beaucoup sur celui de Varron ;
Polybe , dis-je , marque cette année de la
prise de Rome par des caractéres si précis
et si distinctifs , ( la 22. année de la
98. Olympiade ; la 19. après la défaite des
Athéniens par Lysandre , 405. avant J.
C. la 16 avant la Bataille de Leuctres
371. avant J. C. ) qu'il faut absolument
vouloir se tromper et ne voir goute en
plein midi , pour ne pas reconnoître ici
l'an 387. avant J. C. A la marge donc de
l'endroit du Rationarium, cité plus haut à
la fin de la troisiéme preuve , mettez en
lettres italiques ce titre- ci : Erreur de Varron
et du Pere Petau , au lieu de celui - ci
qu'on y trouve ; Erreur de Polybe et de
Denis d'Halicarnasse. Cette remarque peut
très - bien être placée au nombre des preuves
du premier ou du second genre que
nous avons alleguées plus haut.
Encore un exemple et je finis . A quelle
année avant J.C. doit-on rapporter la 243
1Vol. de
JUIN. 1734 1965
de Rome selon les Fastes ? il faut distinguer
si c'est la 143 et derniere des Rois ,
elle a rapport à la 509. avant J. C. qui
avec elle fait 752. mais si c'est la 243 et
premiere du Consulat , elle ne se rapporte
qu'à la 508.qui jointe à 243. ne donne
751.Voïez.en la régle et la raison plushaut.
Fermer
Résumé : SUITE de la Disser[t]ation sur les trois Systêmes Chronologiques &c. SECONDE PARTIE. Preuves de la verité du Systême de Caton.
Le texte compare les systèmes chronologiques romains de Caton et de Varron. L'auteur privilégie le système de Caton pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Caton est antérieur à Varron et a rédigé des ouvrages historiques en recherchant minutieusement l'antiquité et les origines de la République romaine. Varron, bien que savant en grammaire et philosophie, est jugé moins fiable en matière d'histoire. Ensuite, l'autorité de Caton est soutenue par des historiens tels que Tite-Live, Polybe et Denis d'Halicarnasse. De plus, les auteurs qui suivent Varron le font par admiration plutôt que par des raisons solides. Enfin, Caton se base uniquement sur des faits certains, tandis que Varron a inventé des dictatures pour appuyer l'horoscope d'un ami astrologue. L'auteur critique Varron pour avoir ajouté deux années au calcul de Caton afin de correspondre à cet horoscope. Varron a placé des dictatures entre des consulats sans raison valable, ce qui contredit les coutumes romaines et les témoignages historiques. L'auteur conclut que le système de Caton est plus fiable, appuyé par des preuves astronomiques et des éclipses historiques. Il fournit des méthodes pour convertir les années de Rome selon les systèmes de Caton et de Varron en années avant J.-C. Le texte aborde également la datation de la prise de Rome par les Gaulois, en comparant les opinions de Varron et de Polybe. Varron situe cet événement trois ans trop tôt, en 364 avant J.-C. Polybe, considéré comme plus fiable, place la prise de Rome en 387 avant J.-C., en se basant sur des références précises telles que la 22e année de la 98e Olympiade et la 19e année après la défaite des Athéniens par Lysandre. Le texte recommande de corriger une note marginale pour indiquer l'erreur de Varron et du Père Petau, plutôt que celle de Polybe et de Denis d'Halicarnasse. De plus, il distingue entre la 143e et dernière année des rois, correspondant à 509 avant J.-C., et la 243e et première année du consulat, correspondant à 508 avant J.-C.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7722
p. 1074-1081
EPITRE A M.... sur le danger de produire ses Ouvrages.
Début :
Donneurs d'avis sont toujours indiscrets, [...]
Mots clefs :
Ouvrages, Ami, Auteur, Goût, Public, Sens, Écrire, Sujet, Gloire, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A M.... sur le danger de produire ses Ouvrages.
EPITRE
A M.... sur le danger de produire
ses Ouvrages.
D Onneurs d'avis sont toujours indiscrets ,
Et sur ce ton l'on prône sans succès ;
Mais ne m'en chaut , et sans craindre votre ire
I. Vol. Vous
JUIN. 1075 1734.
Vous dirai net que faites mal , beau Sire ,
De vous livrer à l'attrait séducteur ,
Que vous présente un dangereux honneur.
Du bel esprit la brillante carriere ,
Vous éblouit ; un jeune témeraire ,
De gloire avide , affronteur de dangers ,
Jà d'Hélicon moissonnez les Lauriers ;
Puis tout d'un trait , près d'Ovide et d'Horace ,
Modestement assignez votre place.
Moi , direz- vous , quoi ! d'un projet si vain .. ↓
Je vous entends , ne disputons en vain .
Eh bien ! je veux , que content de la gloire ,
Qui suit l'aveu des Filles de mémoire ,
N'ayez pour but que de vous faire un nom ;
Et de loger sur le penchant de Mont.
C'est sur ce plan que consentez d'écrire ;
Mais vous voulez que toujours on admire ;
Ou qu'on se taise ? ami , ne croyez point
Que le Public vous accorde ce point.
Oui , le Public , ce Juge si severe ,
Qui rit par fois du siflet du Parterre ,
A sa balance ajustant vos Ecrits ,
'Verra vos soins peut - être avec mépris.
Si ne craignez un revers si funeste ,
Craignez du moins la dangereuse peste
Des Calotins , qui par monts et par vaux ,
S'en vont semant leurs quolibets brutaux
Sur tout Auteur qui n'a l'art de leur plaire ;
1. Vol. B iiij Trou076
MERCURE DE FRANCE
Troupe félonne , engeance de Vipere ,
Sont le poison plus caustique et plus noir
Alambiqué dans leur obscur manoir ,
A la Vertu , non moins qu'à la Science ,
A tant de fois fait sentir sa puissance.
Heureux encor si n'aviez pour Censeurs
Que cet amas d'intraitables Rimeurs !
Mais par méchef si d'humeur satyrique ,
Quelque Sçavant , à vous tancer s'applique ,
( Car il en est qui traitent en Rival ,
Quiconque a l'heur d'écrire un peu moins mal
Que le commun , ) lors verrez , pauvre haire ,
Tantôt traité d'indigne plagiaire ,
De mince Auteur d'antithèse cousu
Tantôt taxé de style morfondu ,
Vuide de sens , abondant en paroles ,
Farci sans goût de flasques hyperboles ,
Bref , piece à piece épluché , contredit , ;
Ce que l'on gagne à produire un Ecrit .
Vous aurez beau crier à l'injustice ,
Moins écouté qu'en Chapitre un Novice ,
Serez réduit à ronger votre frein ;
Lors des Grimauds le fanatique Essain ,
Tombant sur vous avec brusque incartade ,
Vous portera mainte et mainte estocade .
Quel Ecrivain ! diront - ils à l'instant ;
Concevez- vous rien de plus rebutant ?
Informe amas de preuves surannées ,
I. Vol.
Tant
JUIN. 1734. 1977
Tant bien que mal au sujet aménées ;
Exorde sec , dessein embarassé :
Le pauvre Auteur , pour fuir le ton glacé ,
Sans cesse court après la métaphore ,
Prêt à changer Méduse en Terpsicore
Puis , remarquez de ces transitions ,
Le peu d'adresse , et des refléxions ,
Le vuide affreux . Voila pour votre Prose.
Venons aux Vers , verrez bien autre chose.
Oh ! pour le coup eussiez - vous d'Apollon ,
Surpris la Lyre et saisi le vrai ton ,
Tout d'une voix la Troupe pédantesque ,
Vous renverroit par un Arrêt burlesque ;
Pour n'avoir pris la route de Breboeuf ,
A vous louer aux Chantres du Pont-Neuf.
Eh ? d'où nous vient cet énervé Poëte ?
Onc sur le Pinde on n'a vû tel Athlete ,
De ces Gloseurs c'est le commun Roller ;
Mais ne sçavez peut - être le sujet ,
Qui de fureur contre vous les anime ?
'De traits malins s'accomode la Rime.
Ecoutez-les dans le pressant danger ,
C'est fait de nous , si, lents à nous venger ,
Nous attendons que sa verve insolente ,
A nous pincer en secret se tourmente ,
Ou si gardant un silence niais ,
De son Essai couronnons le succès.
Qu'ainsi ne soit , avares de loüange ,
I. Vol
BV Quand
1078 MEKUUKE DE FRANCE
Quand un Auteur , jusqu'aux rives du Gange →
Auroit porté la gloire de son nom ,
€
Ne craignons point de flétrir son renom .
Sur tout aux Vers faisons mortelle guerre ;
Car d'un Rimeur dangereuse est la serre :
Si que par fois le croyez déconfit,
Honni , berné , tandis qu'en son réduit ,
Il vous asséne riant dans son ame ,
Couplet mordant ou traitresse Epigramme
Puis les Rieurs désertant vos Drapeaux ,
Vous font payer les frais de vos bons mots.
Allons , amis , sauvons notre Guirlande ;
A ce Rimeur donnons la sarabande
Tant que lassé d'essuyer nos rebuts
Force lui soit de ne rimailler plus.
Pour ce ne faut que matiere à critique
Si peu que rien , un Vers qui soit étique
Nous suffira . Bon un , deux , quatre ,
C'en est assez , le reste est encor pis.
Nulle cadence , ici vrai pleonasme ;
Froide épithete , aucun entousiasme ;
2 2 ..
Par tout où trouve un sens entortillé ,
Et pas un Vers qui ne soit chevillé .
Mais , direz vous , craindrai je le murmure
Des Idiots ? Eh , que peut leur censure è
Vit- on jamais un Ouvrage applaudi
Des gens de goût demeurer dans l'oubli
Par les clameurs de ces esprits obliques ?
I. Vol
Mais
JUIN. 1734. 1079
Bien plus craindrois leurs éloges rustiques
S'ils en donnoient. Qu'ils jasent , j'y consens.
Pour le Public , qui , toujours des Sçavans
Prend le ton , soit , vous avourai sans peine ,
Que sa rigueur engourdiroit ma veine ,
Si ne sçavois , qu'ami de l'équité ,
Jamais du bon il ne fut irrité.
Heureux , qui peut meriter le suffrage
D'un Tribunal si respecté , si sage!
C'est-là le point. Noble est votre projet :
Mais , entre nous , êtes- vous un sujet
Propre à remplir son immense étendue ?
Tenez , lisez , la liste est répanduë .
Tout bel esprit , sera Grammairien ,
Bon Orateur , Poëte , Historien.
Item , sçaura les calculs de l'Algébre
pour compasser une Oraison Funebre.
Item , dita de chaque région
Les qualités , moeurs et Religion.
Item , il doit user du télescope ,
Pour au besoin tirer une horoscope.
Item , sera nouveau Physicien ,
Sans ignorer nul systême ancien,
Item , sera sçavant Chronologiste ,
Bon Géographe , Antiquaire , Chimiste:
Item , des loix percera le cahos
Pour policer les Auteurs Ostrogots,
Item , sçaura Fable , Mythologie ,
I.Vol. B vj Pour
1080 MERCURE DE FRANCE
Pour dévoiler d'Homere la Magie.
Item , sçaura le Grec et le Latin ,
L'Hebreu bien plus que n'en sçût Calepin .'
Enfin sçaura de tout Art et Science
Le vrai , le fin , telle est notre ordonnance.
La tâche est bonne , Ami, qu'en pensez- vous
Et si pourtant sans entrer en couroux ,
Dût cet avis vous glacer vous abattre ,
Tenez pour sûr , qu'on n'en veut rien rabattre
A rire d'eux , comme vous , je suis prêt ,
Et cependant concluez de l'arrêt ,
Que telles gens , toujours sur le qui vive ;
Pour vos Ecrits n'auront , quoiqu'il arrive ,
Que du dégoût. Soyez loyal et franc ,
Juste , pieux , genereux , complaisant ;
De douces moeurs , ami tendre et sincere ,
Officieux , d'aimable caractere ;
Diront , soit fait , sans trop vous chicanner.
Mais , pour l'esprit , il y faut renoncer.
Et la raison ? La voici très- solide.
Hors leur cerveau , le bon sens ne reside:
Aussi voyons , sans cesse , à leur tripot ,
Que tout Auteur est inepte et fallot .
Et ne prenez ceci pour badinage.
Qui dit jaloux , dit pis qu'Antropophage.
Or il n'est rien qui fasse des jaloux ,
Plus furieux , plus forcenés , plus foux ,
Que de briguer la faveur de Minerve .
I. Vol.
JUIN. 1734. 108 1
Or sus , Ami , réprimez votre verve ,
Ou bien comptez , si pouvez , les brocards
Qui vont pleuvoir sur vous de toutes parts.
Je ne dis rien de tant d'autres Illustres ,
Si reverés depuis plus de dix lustres ,
Que , maintenant , on proscrit sans pudeur ;
L'allusion vous feroit trop d'honneur.
Qu'esperez- vous , d'un goût si difficile ,
Qui , pour un rien , dégraderoit Virgile ?
Non , qu'après tout le nouveau goût si fin ;
A nos neveux ne paroisse mutin ;
Mais toujours. Quoi ? faut- il donc vous le direș
Pour n'être lû , n'est la peine d'écrire.
A M.... sur le danger de produire
ses Ouvrages.
D Onneurs d'avis sont toujours indiscrets ,
Et sur ce ton l'on prône sans succès ;
Mais ne m'en chaut , et sans craindre votre ire
I. Vol. Vous
JUIN. 1075 1734.
Vous dirai net que faites mal , beau Sire ,
De vous livrer à l'attrait séducteur ,
Que vous présente un dangereux honneur.
Du bel esprit la brillante carriere ,
Vous éblouit ; un jeune témeraire ,
De gloire avide , affronteur de dangers ,
Jà d'Hélicon moissonnez les Lauriers ;
Puis tout d'un trait , près d'Ovide et d'Horace ,
Modestement assignez votre place.
Moi , direz- vous , quoi ! d'un projet si vain .. ↓
Je vous entends , ne disputons en vain .
Eh bien ! je veux , que content de la gloire ,
Qui suit l'aveu des Filles de mémoire ,
N'ayez pour but que de vous faire un nom ;
Et de loger sur le penchant de Mont.
C'est sur ce plan que consentez d'écrire ;
Mais vous voulez que toujours on admire ;
Ou qu'on se taise ? ami , ne croyez point
Que le Public vous accorde ce point.
Oui , le Public , ce Juge si severe ,
Qui rit par fois du siflet du Parterre ,
A sa balance ajustant vos Ecrits ,
'Verra vos soins peut - être avec mépris.
Si ne craignez un revers si funeste ,
Craignez du moins la dangereuse peste
Des Calotins , qui par monts et par vaux ,
S'en vont semant leurs quolibets brutaux
Sur tout Auteur qui n'a l'art de leur plaire ;
1. Vol. B iiij Trou076
MERCURE DE FRANCE
Troupe félonne , engeance de Vipere ,
Sont le poison plus caustique et plus noir
Alambiqué dans leur obscur manoir ,
A la Vertu , non moins qu'à la Science ,
A tant de fois fait sentir sa puissance.
Heureux encor si n'aviez pour Censeurs
Que cet amas d'intraitables Rimeurs !
Mais par méchef si d'humeur satyrique ,
Quelque Sçavant , à vous tancer s'applique ,
( Car il en est qui traitent en Rival ,
Quiconque a l'heur d'écrire un peu moins mal
Que le commun , ) lors verrez , pauvre haire ,
Tantôt traité d'indigne plagiaire ,
De mince Auteur d'antithèse cousu
Tantôt taxé de style morfondu ,
Vuide de sens , abondant en paroles ,
Farci sans goût de flasques hyperboles ,
Bref , piece à piece épluché , contredit , ;
Ce que l'on gagne à produire un Ecrit .
Vous aurez beau crier à l'injustice ,
Moins écouté qu'en Chapitre un Novice ,
Serez réduit à ronger votre frein ;
Lors des Grimauds le fanatique Essain ,
Tombant sur vous avec brusque incartade ,
Vous portera mainte et mainte estocade .
Quel Ecrivain ! diront - ils à l'instant ;
Concevez- vous rien de plus rebutant ?
Informe amas de preuves surannées ,
I. Vol.
Tant
JUIN. 1734. 1977
Tant bien que mal au sujet aménées ;
Exorde sec , dessein embarassé :
Le pauvre Auteur , pour fuir le ton glacé ,
Sans cesse court après la métaphore ,
Prêt à changer Méduse en Terpsicore
Puis , remarquez de ces transitions ,
Le peu d'adresse , et des refléxions ,
Le vuide affreux . Voila pour votre Prose.
Venons aux Vers , verrez bien autre chose.
Oh ! pour le coup eussiez - vous d'Apollon ,
Surpris la Lyre et saisi le vrai ton ,
Tout d'une voix la Troupe pédantesque ,
Vous renverroit par un Arrêt burlesque ;
Pour n'avoir pris la route de Breboeuf ,
A vous louer aux Chantres du Pont-Neuf.
Eh ? d'où nous vient cet énervé Poëte ?
Onc sur le Pinde on n'a vû tel Athlete ,
De ces Gloseurs c'est le commun Roller ;
Mais ne sçavez peut - être le sujet ,
Qui de fureur contre vous les anime ?
'De traits malins s'accomode la Rime.
Ecoutez-les dans le pressant danger ,
C'est fait de nous , si, lents à nous venger ,
Nous attendons que sa verve insolente ,
A nous pincer en secret se tourmente ,
Ou si gardant un silence niais ,
De son Essai couronnons le succès.
Qu'ainsi ne soit , avares de loüange ,
I. Vol
BV Quand
1078 MEKUUKE DE FRANCE
Quand un Auteur , jusqu'aux rives du Gange →
Auroit porté la gloire de son nom ,
€
Ne craignons point de flétrir son renom .
Sur tout aux Vers faisons mortelle guerre ;
Car d'un Rimeur dangereuse est la serre :
Si que par fois le croyez déconfit,
Honni , berné , tandis qu'en son réduit ,
Il vous asséne riant dans son ame ,
Couplet mordant ou traitresse Epigramme
Puis les Rieurs désertant vos Drapeaux ,
Vous font payer les frais de vos bons mots.
Allons , amis , sauvons notre Guirlande ;
A ce Rimeur donnons la sarabande
Tant que lassé d'essuyer nos rebuts
Force lui soit de ne rimailler plus.
Pour ce ne faut que matiere à critique
Si peu que rien , un Vers qui soit étique
Nous suffira . Bon un , deux , quatre ,
C'en est assez , le reste est encor pis.
Nulle cadence , ici vrai pleonasme ;
Froide épithete , aucun entousiasme ;
2 2 ..
Par tout où trouve un sens entortillé ,
Et pas un Vers qui ne soit chevillé .
Mais , direz vous , craindrai je le murmure
Des Idiots ? Eh , que peut leur censure è
Vit- on jamais un Ouvrage applaudi
Des gens de goût demeurer dans l'oubli
Par les clameurs de ces esprits obliques ?
I. Vol
Mais
JUIN. 1734. 1079
Bien plus craindrois leurs éloges rustiques
S'ils en donnoient. Qu'ils jasent , j'y consens.
Pour le Public , qui , toujours des Sçavans
Prend le ton , soit , vous avourai sans peine ,
Que sa rigueur engourdiroit ma veine ,
Si ne sçavois , qu'ami de l'équité ,
Jamais du bon il ne fut irrité.
Heureux , qui peut meriter le suffrage
D'un Tribunal si respecté , si sage!
C'est-là le point. Noble est votre projet :
Mais , entre nous , êtes- vous un sujet
Propre à remplir son immense étendue ?
Tenez , lisez , la liste est répanduë .
Tout bel esprit , sera Grammairien ,
Bon Orateur , Poëte , Historien.
Item , sçaura les calculs de l'Algébre
pour compasser une Oraison Funebre.
Item , dita de chaque région
Les qualités , moeurs et Religion.
Item , il doit user du télescope ,
Pour au besoin tirer une horoscope.
Item , sera nouveau Physicien ,
Sans ignorer nul systême ancien,
Item , sera sçavant Chronologiste ,
Bon Géographe , Antiquaire , Chimiste:
Item , des loix percera le cahos
Pour policer les Auteurs Ostrogots,
Item , sçaura Fable , Mythologie ,
I.Vol. B vj Pour
1080 MERCURE DE FRANCE
Pour dévoiler d'Homere la Magie.
Item , sçaura le Grec et le Latin ,
L'Hebreu bien plus que n'en sçût Calepin .'
Enfin sçaura de tout Art et Science
Le vrai , le fin , telle est notre ordonnance.
La tâche est bonne , Ami, qu'en pensez- vous
Et si pourtant sans entrer en couroux ,
Dût cet avis vous glacer vous abattre ,
Tenez pour sûr , qu'on n'en veut rien rabattre
A rire d'eux , comme vous , je suis prêt ,
Et cependant concluez de l'arrêt ,
Que telles gens , toujours sur le qui vive ;
Pour vos Ecrits n'auront , quoiqu'il arrive ,
Que du dégoût. Soyez loyal et franc ,
Juste , pieux , genereux , complaisant ;
De douces moeurs , ami tendre et sincere ,
Officieux , d'aimable caractere ;
Diront , soit fait , sans trop vous chicanner.
Mais , pour l'esprit , il y faut renoncer.
Et la raison ? La voici très- solide.
Hors leur cerveau , le bon sens ne reside:
Aussi voyons , sans cesse , à leur tripot ,
Que tout Auteur est inepte et fallot .
Et ne prenez ceci pour badinage.
Qui dit jaloux , dit pis qu'Antropophage.
Or il n'est rien qui fasse des jaloux ,
Plus furieux , plus forcenés , plus foux ,
Que de briguer la faveur de Minerve .
I. Vol.
JUIN. 1734. 108 1
Or sus , Ami , réprimez votre verve ,
Ou bien comptez , si pouvez , les brocards
Qui vont pleuvoir sur vous de toutes parts.
Je ne dis rien de tant d'autres Illustres ,
Si reverés depuis plus de dix lustres ,
Que , maintenant , on proscrit sans pudeur ;
L'allusion vous feroit trop d'honneur.
Qu'esperez- vous , d'un goût si difficile ,
Qui , pour un rien , dégraderoit Virgile ?
Non , qu'après tout le nouveau goût si fin ;
A nos neveux ne paroisse mutin ;
Mais toujours. Quoi ? faut- il donc vous le direș
Pour n'être lû , n'est la peine d'écrire.
Fermer
Résumé : EPITRE A M.... sur le danger de produire ses Ouvrages.
L'épître met en garde contre les dangers de publier des œuvres littéraires. L'auteur avertit son destinataire des risques associés à la quête de gloire littéraire, soulignant que le public et les critiques peuvent être sévères et injustes. Il mentionne les 'Calotins' et les 'Sçavans' qui critiquent sans merci, taxant les auteurs de plagiat, de style médiocre ou de manque de sens. L'auteur décrit également les attaques personnelles et les moqueries auxquelles un écrivain peut être soumis, même si son œuvre est acclamée par des gens de goût. Il liste les nombreuses compétences requises pour être un 'bel esprit', allant de la grammaire à la poésie, en passant par l'astronomie et la chimie. L'épître se conclut par un avertissement sur la jalousie des rivaux littéraires et la difficulté de plaire à un public exigeant et critique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7723
p. 1092-1104
L'INSTALLATION du Comte d'Albon, Prince d'Yvetot, dans la Charge de Lieutenant de Roi de la Province de Foretz.
Début :
La Maison d'Albon est connuë pour une des plus anciennes du Royaume, [...]
Mots clefs :
Maison d'Albon, Forez, Lieutenant du roi, Ville, Comte d'Albon, Roanne, Officiers, Montbrison, Compliment, Noblesse, Seigneur, Ordre, Échevins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'INSTALLATION du Comte d'Albon, Prince d'Yvetot, dans la Charge de Lieutenant de Roi de la Province de Foretz.
L'INSTALLATION du Comte d'Albon
, Prince d'Yvetot , dans la Charge
de Lieutenant de Roi de la Province de
Foretz.
L
A Maison d'Albon est connue pour
une des plus anciennes du Royaume ,
et ceux qui connoissent particulierement
M. le Comte d'Albon avoue que ses qualités
personnelles sont encore au- dessus
de sa naissance . Le Roi vient de lui accorder
des Provisions pour la Lieutenan
ce de Roi de la Proviuce de Foretz , va
cante par le décès du Comte de Verdun .
La Ville de Roanne , Capitale de la pe
tite Province de Roannois , qui fait partie
du Foretz , se felicite d'avoir vû naître
le Comte d'Albon , qui s'y rendit au
commencement de l'hyver dernier , et
voyant la Noblesse et les Corps disposés
à lui rendre les honneurs dûs à la Digni
té pour laquelle il venoit de prêter serment
entre les mains de Sa Majesté , sa
modestie lui fit differer de les recevoir
jusqu'après son installation ; cependant
il donna aux Dames pendant le Carna
val plusieurs Fêtes galantes, dont la der-
1. Vola
niere
JUIN. €734- 1079 ,
niere fut distinguée par l'abondance et la
somptuosité. Cent dix- huit personnes invitées
à un grand répas , furent servies
avec autant d'ordre et de propreté, que de
délicatesse et de goût .
Les R. P. Jesuites , pour contribuer à
la joye publique , firent représenter par
leurs Ecoliers la Tragedie du Sacrificce
d'Abraham , de la composition du P. Brumoy.
Les Acteurs surpasserent les talens
ordinaires des Enfans de leur âge , par l'intelligence
et la précision de leur déclamation
, et cette Représentation procura à
M. le Comte d'Albon les premiers complimens
publics. Ces mêmes Peres prépa -1
rent actuellement un jeune Ecolier à soutenir
une These publique de Litterature
qui lui sera dédiée, et qui terminera tout
ce qui se sera passé à cette occasion .
s ,
Dès les premiers jours d'Avril le Comte
d'Albon ayant fait sçavoir à la Ville
de Monbrison le jour qu'il y arrivercit
pour l'enregistremsnt de ses Provisions
et pour prendre possession de sa nouvelle
Dignité, il partit de Roinne, accompagné
de la plus grande partie de la Noblesse de
la Ville et du voisinage , de la Maréchaussée
, de ses Gardes , et d'un grand nombre
d'Officiers et de Domestiques de sa
Maison ; la Bourgeoise des petites Villes
I. Vol.
qiu
C
1994 MERCURE DE FRANCE
qui sont sur la route vint à cheval audevant
de lui , le complimenta et l'accompagna
de Ville en Ville.
Il alla coucher de Roanne à Leigneux ,
Maison et Chapitre de Chanoinesses de
la premiere distinction ; il fut reçû avec
les marques du plus vif empressement ,
complimenté par le Chapitre et par la Noblesse
du voisinage qui s'y étoient rendus
en grand concours . Il en partit le lende
main avec le même cortege , et la Noblesse
qui l'avoit accompagné de Roanne ,
se trouva encore augmentée par celle
qui s'étoit rendue à Leigneux. Le Lieutenant
du Prévôt de la Maréchaussée de.
Monbrison, à la tête de ses Brigades, vint
jusques près de Leigneux, le complimenta
, et l'accompagna jusqu'à Monbrison .
Sur les limites de la banlieuë de cette
Ville , le Lieutenant General du Bailliage
avec la Noblesse de la Ville et des environs
, plusieurs Officiers de ce Siege ,
de l'Election , et des autres Corps vinrent
à cheval au devant de lui .
A son entrée dans la Ville , on fit une
décharge de Fauconneaux et de Boëtes ,
dans le tems que les Echevins firent leur
compliment. La Milice Bourgeoise sous
les Armes , Tambours battans , Enseignes
déployées , formant une double haye de-
1. Vol.
puis
JUIN.
1095
1734.
puis les Portes de la Ville jusqu'à l'Hôtel
qui lui avoit été préparé . Il s'y rendit aux
acclamations du Peuple et au bruit de la
mousqueterie , entouré de huit Drapeaux
de la Bourgeoisie , les Dames magnifiquement
parées étant aux fenêtres. Il trouva
à son Hôtel une infinité de personnes de
distinction , que l'âge ou les infirmités
empêchoient de donner des marques plus
vives de leur zele. Le soir on alluma des
feux dans les rues et dans les Places
bliques , et presque toutes les maisons curent
des illuminations ; on y vit sur tout
quantité de lanternes ingenieusement
faites et peintes aux Armes de la Maison
d'Albon .
pu-
Le lendemain la Milice Bourgeoise se
mit en double haye depuis l'Hôtel du
Comte d'Albon jusqu'au Palais . Les Echovins
, en habit de ceremonie , avec les
Officiets de la Ville , le vinrent prendre;
il étoit précedé dans sa marche par une
Compagnie Franche de 30. hommes d'élite
, en habits uniformes , d'un grand
nombre de Gentilshommes , d'Officiers
Militaires, et d'une infinité de personnes
disringuées ; ses Gardes marchoient immediatement
devant lui , et les Echevins
à ses côtés. La marche étoit fermée par
un nombre égal de trente hommes de la
I. Vol. Cij même
1096 MERCURE DE FRANCE
même Compagnie Franche ;, il fut ainsi
conduit au bruit des Fauconneaux , des
Boëtes , de la Mousqueterie et des Tambours
.A la Porte duPalais il reçut un compliment
du Doyen du Bailliage , qui l'ac
compagna jusqu'au fauteuil qui lui étoit
préparé au milieu du Parquet , et dans
lequel il se plaça , ayant à ses côtés les
Echevins et les Officiers de Ville sur des
chaises ordinaires. La salle d'Audiance
étoit extrêmément ornée , les Dames richement
parées , et beaucoup de personnes
s'y étoient rendues pour assister à la
ceremonie.
L'Huissier Audiancier ayant donné le
signal , le Sieur de Pomerolle , celcbre
Avocat, prononça un três - beau Discours
sur le sujet de la Séance ; il s'étendit sur
l'ancienne origine de la Maison d'Albon
, que l'Histoire assûre être sortie des
Dauphins de Viennois , sur le nombre des
Illustres personnages qu'elle a donnés à
l'Eglise de Lyon depuis l'onziéme siecle.
L'éloge de M. l'Abbé Comte d'Albon
qui est le quatriéme Archidiacre de cette
Eglise de son nom , ne fut point oublié;
ses grandes qualités le rapprochent si fort
de M. son Frere, qu'il semble ne lui ceder
que par la seule circonstance d'être son
puîné.
3
I. Vol. L'OraJUIN.
1734. 1097
L'Orateur rappella la memoire du fameux
Antoine d'Albon , Archevêque de
Lyon , et Commandant pour le Roi dan's
le Gouvernement ; il fit mention de tous
ceux de cette Maison qui avoient rempli
les Dignités de cette Eglise , ainsi que
des quatorze Abbés de Savigny , de plusieurs
Chevaliers et Commandeurs de
Malthe , de deux Gouverneurs du Lyonnois
, Jean et Jacques d'Albon ;, ce dernier
étoit Chevalier des Ordres du Roi
et de la Jarretiere, Favori des trois Rois ;
et si connu dans l'Histoire sous le nom
de Maréchal de Saint André. Il parla de
plusieurs autres Illustres Guerriers , et cafin
du fameux Gosselin d'Albon , Marquis
de Saint Forgeux , duquel M. le Comte
d'Albon décend de Pere en Fils , lequel
se rendit si recommandable dans les premieres
Croizades , et qui rapporta de la
Tetre Sainte le Corps de S. Antoine
dont il fit present à l'Abbaye de cet Ordre.
Il parla aussi de la Transaction faire
entre Jean d'Albon et Humbert Dauphin
de Viennois , qui regle la legitime du premier
. Et en retraçant les differentes Alliances
de cette Maison , il finit par celle
de Camille d'Albon , Marquis de S. Forgeux
, avec Françoise - Julie de Crévant ,
qui a fait entrer dans cette Maison la Prin-
1. Vol. Ciij cipauté
1098 MERCURE DE FRANCE
cipauté Souveraine d'Yvetot en Normandie.
L'Orateur fut particulierement applaudi
lorsqu'il parla des qualités personnelles
de M.le Comte d'Albon , c'est-a- dire
, sa generosité , sa magnificence ,sa pieté,
sa charité, qui lui a merité le titre précieux
de Pere des Pauvres , sa douceur,
son équité , sa politesse , son esprit de
paix qui lerend arbitre des differens , & c.
Ce Discours fut suivi de celui de M.
Thoynet , Procureur du Roi , qui ne
parla pas avec moins d'Eloquence et de
dignité sur le même sujet , et plut infiniment
par sa netteté et par sa précision .
Ensuite M. Demaux , Lieutenant General
, ayant recueilli les voix , prononça
l'enregistrement des Lettres et de l'Acte
d'Installation .
M. le Comte d'Albon s'étant levé et
ayant salué la Compagnie , se remit en
marche dans le même ordre. Le Peuple
fut regalé de plusieurs tonneaux de vin
qui coulerent avec profusion .
Arrivé chez lui il reçût les complimens
de tous les Députés des Corps de la Ville
de Monbrison , et des autres Corps du
département de Forez , ausquels il répondit
avec l'esprit et la politesse qui lui
sont si naturels , et sur tout avec une bonté
de coeur que personne ne se lasse d'admirer.
PenJUIN.
1734 1099
Pendant cinq jours que le Comte d'Albon
a passés à Monbrison , il a tenu deux
tables de vingt- cinq couverts chacune
servies avec la même magnificence , le
même ordre et la même profusion , ce qui
ne l'a pas empêché de faire sentir aux malheureux
que sa generosité et sa charité
étoient inépuisables . Les accommodemens
qu'il a faits ont annoncé que la paix
et l'union ont été ses premieres vûës dans
l'exercice de sa Charge.
Avant son départ les Officiers de Monbrison
lui donnerent uneFête magnifique.
Son retout à Roanne fut celebré par les
mêmes honneurs ; les principales Dames ,
très- parées , allerent dans leurs carosses
au devant de lui à plus d'une lieuë. Une
troupe de plus de cinquante Cavaliers formée
par les principaux de la Ville , propre
ment vêtus et très - bien montés sur des
chevaux richement harnachés , avoit précedé
le carosse des Dames , et étoient
allés à plus de trois lieuës au- devant du
nouveau Lieutenant de Roi . Un Trompette
marchoit à la tête de la Troupe ;
celui qui la commandoit le salua de Fépée
, et lui fit un compliment militaire
qui fut très- goûté et parfaitement bien
reçû.
Le Lieutenant de la Maréchaussée de
1. Vol. Ciiij Roanne
1100 MERCURE DE FRANCE
Roanne fut aussi à la tête de ses Brigades
à quatre ou cinq lieuës au devant de lui;
mais ce qui parut le plus remarquable fut
uneCompagnie de douze jeunes Demoiselles
des plus distinguées et des plus brillantes
, une Dame à leur tête , toutes en habit
d'Amazones , escortées par un pareil
nombre de jeunes Cavaliers , parfaitement
bien montés , qui furent aussi audevant
de lui à près de deux lieuës ; et
après le compliment que lui fit la Dame
qui les conduisoit , elles lui firent cortege
jusqu'a son Hôtel . Son arrivée à Roanne
fut annoncée comme à Monbrison ,
par le bruit des boëtes , de la Mousqueteric
, des Tambours , & c.
La Bourgeoisie sous les Armes forme
une double haye depuis l'entrée de la Ville
jusques chez lui , où il reçût le compli
ment des Echevins et des Officiers du
Corps de la Ville . Il reçut ensuite les
complimens de tous les Corps Ecclesiastiques
, Seculiers et Reguliers , des Officiers
du Bailliage , de l'Election , et des
autres Compagnies .
Les Jesuites y conduisirent un nombre
chosi de leurs Ecoliers , qui firent leurs
complimens en Prose et en Vers François
, en Latin et en Grec. Il retint plus
de soixante personnes à souper ; il y eut
I. Vol. trois
JUIN. 1734. ΙΙΟΙ
trois tables de vingt couverts chacune
servies avec la même magnificence et le
même ordre.
Le lendemain une troupe de jeunes
Garçons de distinction , de l'âge de sept
à huit ans , un des Fils du Lieutenant general
du Baillage à leur tête , et portant la
parole , lui vint faire un compliment en
vers qui lui plut beaucoup. Ce Seigneur
eut la bonté de lui faire present et de le
ceindre d'une magnifique épée, en répondant
à son compliment avec la derniere
politesse.Le jeune Enfant sensible au-delà
de l'expression à l'honneur qu'il avoit
reçû , pressa vivement M. son Pere de
lui composer un remerciement qu'il apprit
toute la nuit , et qu'il alla reciter le
endemain.
Le surlendemain le Comte d'Albon fit
inviter à dîner tous les Corps , au nombre
de plus de 60. personnes , ainsi que
les Officiers Militaires ; la même délicatesse
et la même abondance s'y firent
remarquer.
Une partie des jeunes Cavaliers et des
Amazones qui allerent au devant de lui,
pour terminer toutes ces fêtes parun spectacle
vif et brillant,a fait dresser un Théâtre
magnifique dans le jeu de Palme de
la Ville , sur lequel ils ont represent la
I. Vol. Cy Tra1102
MERCURE DE FRANCE
Tragedie d'Andromaque , suivie de la petite
Piece des Vendanges de Surenne , avec
tous les ornemens , mêlés de danses. Les
Acteurs ont passé l'attente desSpectateus ;
et le Marquis de C .... qui s'est chargé
de les exercer , doit s'applaudir de ses
soins , encore plus de ses talens pour la
déclamation .
On peut dire que dans toutes ces Fêtes
rien n'a manqué de la part de la Province,
pour prouver à M. le Comte d'Albon
combien les coeurs lui sont dévoüés ; et
de la part de ce Seigneur , combien il a
été sensible aux empressemens qu'on lui
a témoignés.
Voici le compliment du Fils de M. Huť
de la Curée , Lieutenant General au
Bailliage de Roanne.
SEigneur , les jeux , les ris , les fêtes , l'allo
gresse ,
Ont été de tout tems amis de la jeunesse ;
Permets donc qu'Apollon secondant nos transports ,
Pour les mieux exprimer nous prête ses accords.
› Ta Noblesse, ton Sang , ton coeur ton caractere
T'acquirent de tout tems le doux talent de plaire ;
Et de tes qualités sincere admirateur ,
Chacun t'ofre à l'envi l'hommage de son creur.
Nos braves Citoyens par leur ardeur guerriere ,
I. Vol.
Sem17'
4. 1103
Semblent aux champs de Mars s'ouvrir une car◄
riere ;
Au bruit de leurs Tambours , au son de leurs Clairons
"
¿
On voit à chaque instant grossir leurs Bataillons
Et d'une double file honorant ton passage,
De leur filelité leur ardeur est le gage ,
Empressés de prouver que sous tes étendarts
Leur valeur défendra leurs antiques remparts.
Des Echevins zelés à leur devoir dociles ,
T'ofrent les clefs des coeurs avec celles des Villes.
Et vientnent t'assûrer de leur attachement ,
Par la solemnité d'un auguste serment ;
De toute part l'écho de la voix populaire ,
Benit l'heureux instant où tu vis la lumiere.
Mille et mille soukaits portés jusques aux Cieux
pour toi des jours sains et nom- Leur demandent
breux .
Resterons- nous muets, tandis que tout s'anime ?
Non , non >
nous allons tous d'une voix unanime
Crier dans nos transports longissimè vivat ;
Voilà nos voeux , Seigneur , Deus exaudiat.
Suit le Remerciement du même jeune
Homme , sur l'épée dont M.d'Albon
lui a fait present.
SEigneur , mon coeur reçoit avec reconnoissance
Ce present que je dois à ta magnificence .
1.Vol. Cvj Tu
1104 MERCURE DE FRANCE
Tu m'armes Chevalier : Ceux des siecles passés
Vont voir par mes exploits tous les leurs effacés..
Je sens avec mon sang circuler le courage ,
Et mon ardeur prévient les forces de mon âge ;
Les Renauds , les Rollands , et les deux Amadis,
Instruits de mes projets en feroient interdits.
Le trait n'est point Gascon ; car aux ames bien
nées
La valeur n'atsend pas le nombre des années ;
Et quand par toi , Seigneur , on voit armer son
bras,
On brave les périls et l'horreur du trépas.
Paroissez , fier Germain , paroissez , Moscovite,
Je fçaurai vous dompter , vous réduire à lafuite
J'enjure par ce fer que j'ai reçû de toi ,
Par lafidelité que je dois à mon Roi,
Par l'amour paternel , par celui de la gloire ,
Enfin par le désir de vivre dans l'histoire.
Mais ce fer me seroit encor plus précieux
Si pour toi je pouvois l'employer à tes yeux.
, Prince d'Yvetot , dans la Charge
de Lieutenant de Roi de la Province de
Foretz.
L
A Maison d'Albon est connue pour
une des plus anciennes du Royaume ,
et ceux qui connoissent particulierement
M. le Comte d'Albon avoue que ses qualités
personnelles sont encore au- dessus
de sa naissance . Le Roi vient de lui accorder
des Provisions pour la Lieutenan
ce de Roi de la Proviuce de Foretz , va
cante par le décès du Comte de Verdun .
La Ville de Roanne , Capitale de la pe
tite Province de Roannois , qui fait partie
du Foretz , se felicite d'avoir vû naître
le Comte d'Albon , qui s'y rendit au
commencement de l'hyver dernier , et
voyant la Noblesse et les Corps disposés
à lui rendre les honneurs dûs à la Digni
té pour laquelle il venoit de prêter serment
entre les mains de Sa Majesté , sa
modestie lui fit differer de les recevoir
jusqu'après son installation ; cependant
il donna aux Dames pendant le Carna
val plusieurs Fêtes galantes, dont la der-
1. Vola
niere
JUIN. €734- 1079 ,
niere fut distinguée par l'abondance et la
somptuosité. Cent dix- huit personnes invitées
à un grand répas , furent servies
avec autant d'ordre et de propreté, que de
délicatesse et de goût .
Les R. P. Jesuites , pour contribuer à
la joye publique , firent représenter par
leurs Ecoliers la Tragedie du Sacrificce
d'Abraham , de la composition du P. Brumoy.
Les Acteurs surpasserent les talens
ordinaires des Enfans de leur âge , par l'intelligence
et la précision de leur déclamation
, et cette Représentation procura à
M. le Comte d'Albon les premiers complimens
publics. Ces mêmes Peres prépa -1
rent actuellement un jeune Ecolier à soutenir
une These publique de Litterature
qui lui sera dédiée, et qui terminera tout
ce qui se sera passé à cette occasion .
s ,
Dès les premiers jours d'Avril le Comte
d'Albon ayant fait sçavoir à la Ville
de Monbrison le jour qu'il y arrivercit
pour l'enregistremsnt de ses Provisions
et pour prendre possession de sa nouvelle
Dignité, il partit de Roinne, accompagné
de la plus grande partie de la Noblesse de
la Ville et du voisinage , de la Maréchaussée
, de ses Gardes , et d'un grand nombre
d'Officiers et de Domestiques de sa
Maison ; la Bourgeoise des petites Villes
I. Vol.
qiu
C
1994 MERCURE DE FRANCE
qui sont sur la route vint à cheval audevant
de lui , le complimenta et l'accompagna
de Ville en Ville.
Il alla coucher de Roanne à Leigneux ,
Maison et Chapitre de Chanoinesses de
la premiere distinction ; il fut reçû avec
les marques du plus vif empressement ,
complimenté par le Chapitre et par la Noblesse
du voisinage qui s'y étoient rendus
en grand concours . Il en partit le lende
main avec le même cortege , et la Noblesse
qui l'avoit accompagné de Roanne ,
se trouva encore augmentée par celle
qui s'étoit rendue à Leigneux. Le Lieutenant
du Prévôt de la Maréchaussée de.
Monbrison, à la tête de ses Brigades, vint
jusques près de Leigneux, le complimenta
, et l'accompagna jusqu'à Monbrison .
Sur les limites de la banlieuë de cette
Ville , le Lieutenant General du Bailliage
avec la Noblesse de la Ville et des environs
, plusieurs Officiers de ce Siege ,
de l'Election , et des autres Corps vinrent
à cheval au devant de lui .
A son entrée dans la Ville , on fit une
décharge de Fauconneaux et de Boëtes ,
dans le tems que les Echevins firent leur
compliment. La Milice Bourgeoise sous
les Armes , Tambours battans , Enseignes
déployées , formant une double haye de-
1. Vol.
puis
JUIN.
1095
1734.
puis les Portes de la Ville jusqu'à l'Hôtel
qui lui avoit été préparé . Il s'y rendit aux
acclamations du Peuple et au bruit de la
mousqueterie , entouré de huit Drapeaux
de la Bourgeoisie , les Dames magnifiquement
parées étant aux fenêtres. Il trouva
à son Hôtel une infinité de personnes de
distinction , que l'âge ou les infirmités
empêchoient de donner des marques plus
vives de leur zele. Le soir on alluma des
feux dans les rues et dans les Places
bliques , et presque toutes les maisons curent
des illuminations ; on y vit sur tout
quantité de lanternes ingenieusement
faites et peintes aux Armes de la Maison
d'Albon .
pu-
Le lendemain la Milice Bourgeoise se
mit en double haye depuis l'Hôtel du
Comte d'Albon jusqu'au Palais . Les Echovins
, en habit de ceremonie , avec les
Officiets de la Ville , le vinrent prendre;
il étoit précedé dans sa marche par une
Compagnie Franche de 30. hommes d'élite
, en habits uniformes , d'un grand
nombre de Gentilshommes , d'Officiers
Militaires, et d'une infinité de personnes
disringuées ; ses Gardes marchoient immediatement
devant lui , et les Echevins
à ses côtés. La marche étoit fermée par
un nombre égal de trente hommes de la
I. Vol. Cij même
1096 MERCURE DE FRANCE
même Compagnie Franche ;, il fut ainsi
conduit au bruit des Fauconneaux , des
Boëtes , de la Mousqueterie et des Tambours
.A la Porte duPalais il reçut un compliment
du Doyen du Bailliage , qui l'ac
compagna jusqu'au fauteuil qui lui étoit
préparé au milieu du Parquet , et dans
lequel il se plaça , ayant à ses côtés les
Echevins et les Officiers de Ville sur des
chaises ordinaires. La salle d'Audiance
étoit extrêmément ornée , les Dames richement
parées , et beaucoup de personnes
s'y étoient rendues pour assister à la
ceremonie.
L'Huissier Audiancier ayant donné le
signal , le Sieur de Pomerolle , celcbre
Avocat, prononça un três - beau Discours
sur le sujet de la Séance ; il s'étendit sur
l'ancienne origine de la Maison d'Albon
, que l'Histoire assûre être sortie des
Dauphins de Viennois , sur le nombre des
Illustres personnages qu'elle a donnés à
l'Eglise de Lyon depuis l'onziéme siecle.
L'éloge de M. l'Abbé Comte d'Albon
qui est le quatriéme Archidiacre de cette
Eglise de son nom , ne fut point oublié;
ses grandes qualités le rapprochent si fort
de M. son Frere, qu'il semble ne lui ceder
que par la seule circonstance d'être son
puîné.
3
I. Vol. L'OraJUIN.
1734. 1097
L'Orateur rappella la memoire du fameux
Antoine d'Albon , Archevêque de
Lyon , et Commandant pour le Roi dan's
le Gouvernement ; il fit mention de tous
ceux de cette Maison qui avoient rempli
les Dignités de cette Eglise , ainsi que
des quatorze Abbés de Savigny , de plusieurs
Chevaliers et Commandeurs de
Malthe , de deux Gouverneurs du Lyonnois
, Jean et Jacques d'Albon ;, ce dernier
étoit Chevalier des Ordres du Roi
et de la Jarretiere, Favori des trois Rois ;
et si connu dans l'Histoire sous le nom
de Maréchal de Saint André. Il parla de
plusieurs autres Illustres Guerriers , et cafin
du fameux Gosselin d'Albon , Marquis
de Saint Forgeux , duquel M. le Comte
d'Albon décend de Pere en Fils , lequel
se rendit si recommandable dans les premieres
Croizades , et qui rapporta de la
Tetre Sainte le Corps de S. Antoine
dont il fit present à l'Abbaye de cet Ordre.
Il parla aussi de la Transaction faire
entre Jean d'Albon et Humbert Dauphin
de Viennois , qui regle la legitime du premier
. Et en retraçant les differentes Alliances
de cette Maison , il finit par celle
de Camille d'Albon , Marquis de S. Forgeux
, avec Françoise - Julie de Crévant ,
qui a fait entrer dans cette Maison la Prin-
1. Vol. Ciij cipauté
1098 MERCURE DE FRANCE
cipauté Souveraine d'Yvetot en Normandie.
L'Orateur fut particulierement applaudi
lorsqu'il parla des qualités personnelles
de M.le Comte d'Albon , c'est-a- dire
, sa generosité , sa magnificence ,sa pieté,
sa charité, qui lui a merité le titre précieux
de Pere des Pauvres , sa douceur,
son équité , sa politesse , son esprit de
paix qui lerend arbitre des differens , & c.
Ce Discours fut suivi de celui de M.
Thoynet , Procureur du Roi , qui ne
parla pas avec moins d'Eloquence et de
dignité sur le même sujet , et plut infiniment
par sa netteté et par sa précision .
Ensuite M. Demaux , Lieutenant General
, ayant recueilli les voix , prononça
l'enregistrement des Lettres et de l'Acte
d'Installation .
M. le Comte d'Albon s'étant levé et
ayant salué la Compagnie , se remit en
marche dans le même ordre. Le Peuple
fut regalé de plusieurs tonneaux de vin
qui coulerent avec profusion .
Arrivé chez lui il reçût les complimens
de tous les Députés des Corps de la Ville
de Monbrison , et des autres Corps du
département de Forez , ausquels il répondit
avec l'esprit et la politesse qui lui
sont si naturels , et sur tout avec une bonté
de coeur que personne ne se lasse d'admirer.
PenJUIN.
1734 1099
Pendant cinq jours que le Comte d'Albon
a passés à Monbrison , il a tenu deux
tables de vingt- cinq couverts chacune
servies avec la même magnificence , le
même ordre et la même profusion , ce qui
ne l'a pas empêché de faire sentir aux malheureux
que sa generosité et sa charité
étoient inépuisables . Les accommodemens
qu'il a faits ont annoncé que la paix
et l'union ont été ses premieres vûës dans
l'exercice de sa Charge.
Avant son départ les Officiers de Monbrison
lui donnerent uneFête magnifique.
Son retout à Roanne fut celebré par les
mêmes honneurs ; les principales Dames ,
très- parées , allerent dans leurs carosses
au devant de lui à plus d'une lieuë. Une
troupe de plus de cinquante Cavaliers formée
par les principaux de la Ville , propre
ment vêtus et très - bien montés sur des
chevaux richement harnachés , avoit précedé
le carosse des Dames , et étoient
allés à plus de trois lieuës au- devant du
nouveau Lieutenant de Roi . Un Trompette
marchoit à la tête de la Troupe ;
celui qui la commandoit le salua de Fépée
, et lui fit un compliment militaire
qui fut très- goûté et parfaitement bien
reçû.
Le Lieutenant de la Maréchaussée de
1. Vol. Ciiij Roanne
1100 MERCURE DE FRANCE
Roanne fut aussi à la tête de ses Brigades
à quatre ou cinq lieuës au devant de lui;
mais ce qui parut le plus remarquable fut
uneCompagnie de douze jeunes Demoiselles
des plus distinguées et des plus brillantes
, une Dame à leur tête , toutes en habit
d'Amazones , escortées par un pareil
nombre de jeunes Cavaliers , parfaitement
bien montés , qui furent aussi audevant
de lui à près de deux lieuës ; et
après le compliment que lui fit la Dame
qui les conduisoit , elles lui firent cortege
jusqu'a son Hôtel . Son arrivée à Roanne
fut annoncée comme à Monbrison ,
par le bruit des boëtes , de la Mousqueteric
, des Tambours , & c.
La Bourgeoisie sous les Armes forme
une double haye depuis l'entrée de la Ville
jusques chez lui , où il reçût le compli
ment des Echevins et des Officiers du
Corps de la Ville . Il reçut ensuite les
complimens de tous les Corps Ecclesiastiques
, Seculiers et Reguliers , des Officiers
du Bailliage , de l'Election , et des
autres Compagnies .
Les Jesuites y conduisirent un nombre
chosi de leurs Ecoliers , qui firent leurs
complimens en Prose et en Vers François
, en Latin et en Grec. Il retint plus
de soixante personnes à souper ; il y eut
I. Vol. trois
JUIN. 1734. ΙΙΟΙ
trois tables de vingt couverts chacune
servies avec la même magnificence et le
même ordre.
Le lendemain une troupe de jeunes
Garçons de distinction , de l'âge de sept
à huit ans , un des Fils du Lieutenant general
du Baillage à leur tête , et portant la
parole , lui vint faire un compliment en
vers qui lui plut beaucoup. Ce Seigneur
eut la bonté de lui faire present et de le
ceindre d'une magnifique épée, en répondant
à son compliment avec la derniere
politesse.Le jeune Enfant sensible au-delà
de l'expression à l'honneur qu'il avoit
reçû , pressa vivement M. son Pere de
lui composer un remerciement qu'il apprit
toute la nuit , et qu'il alla reciter le
endemain.
Le surlendemain le Comte d'Albon fit
inviter à dîner tous les Corps , au nombre
de plus de 60. personnes , ainsi que
les Officiers Militaires ; la même délicatesse
et la même abondance s'y firent
remarquer.
Une partie des jeunes Cavaliers et des
Amazones qui allerent au devant de lui,
pour terminer toutes ces fêtes parun spectacle
vif et brillant,a fait dresser un Théâtre
magnifique dans le jeu de Palme de
la Ville , sur lequel ils ont represent la
I. Vol. Cy Tra1102
MERCURE DE FRANCE
Tragedie d'Andromaque , suivie de la petite
Piece des Vendanges de Surenne , avec
tous les ornemens , mêlés de danses. Les
Acteurs ont passé l'attente desSpectateus ;
et le Marquis de C .... qui s'est chargé
de les exercer , doit s'applaudir de ses
soins , encore plus de ses talens pour la
déclamation .
On peut dire que dans toutes ces Fêtes
rien n'a manqué de la part de la Province,
pour prouver à M. le Comte d'Albon
combien les coeurs lui sont dévoüés ; et
de la part de ce Seigneur , combien il a
été sensible aux empressemens qu'on lui
a témoignés.
Voici le compliment du Fils de M. Huť
de la Curée , Lieutenant General au
Bailliage de Roanne.
SEigneur , les jeux , les ris , les fêtes , l'allo
gresse ,
Ont été de tout tems amis de la jeunesse ;
Permets donc qu'Apollon secondant nos transports ,
Pour les mieux exprimer nous prête ses accords.
› Ta Noblesse, ton Sang , ton coeur ton caractere
T'acquirent de tout tems le doux talent de plaire ;
Et de tes qualités sincere admirateur ,
Chacun t'ofre à l'envi l'hommage de son creur.
Nos braves Citoyens par leur ardeur guerriere ,
I. Vol.
Sem17'
4. 1103
Semblent aux champs de Mars s'ouvrir une car◄
riere ;
Au bruit de leurs Tambours , au son de leurs Clairons
"
¿
On voit à chaque instant grossir leurs Bataillons
Et d'une double file honorant ton passage,
De leur filelité leur ardeur est le gage ,
Empressés de prouver que sous tes étendarts
Leur valeur défendra leurs antiques remparts.
Des Echevins zelés à leur devoir dociles ,
T'ofrent les clefs des coeurs avec celles des Villes.
Et vientnent t'assûrer de leur attachement ,
Par la solemnité d'un auguste serment ;
De toute part l'écho de la voix populaire ,
Benit l'heureux instant où tu vis la lumiere.
Mille et mille soukaits portés jusques aux Cieux
pour toi des jours sains et nom- Leur demandent
breux .
Resterons- nous muets, tandis que tout s'anime ?
Non , non >
nous allons tous d'une voix unanime
Crier dans nos transports longissimè vivat ;
Voilà nos voeux , Seigneur , Deus exaudiat.
Suit le Remerciement du même jeune
Homme , sur l'épée dont M.d'Albon
lui a fait present.
SEigneur , mon coeur reçoit avec reconnoissance
Ce present que je dois à ta magnificence .
1.Vol. Cvj Tu
1104 MERCURE DE FRANCE
Tu m'armes Chevalier : Ceux des siecles passés
Vont voir par mes exploits tous les leurs effacés..
Je sens avec mon sang circuler le courage ,
Et mon ardeur prévient les forces de mon âge ;
Les Renauds , les Rollands , et les deux Amadis,
Instruits de mes projets en feroient interdits.
Le trait n'est point Gascon ; car aux ames bien
nées
La valeur n'atsend pas le nombre des années ;
Et quand par toi , Seigneur , on voit armer son
bras,
On brave les périls et l'horreur du trépas.
Paroissez , fier Germain , paroissez , Moscovite,
Je fçaurai vous dompter , vous réduire à lafuite
J'enjure par ce fer que j'ai reçû de toi ,
Par lafidelité que je dois à mon Roi,
Par l'amour paternel , par celui de la gloire ,
Enfin par le désir de vivre dans l'histoire.
Mais ce fer me seroit encor plus précieux
Si pour toi je pouvois l'employer à tes yeux.
Fermer
Résumé : L'INSTALLATION du Comte d'Albon, Prince d'Yvetot, dans la Charge de Lieutenant de Roi de la Province de Foretz.
Le Comte d'Albon, Prince d'Yvetot, issu d'une des plus anciennes maisons du Royaume, a été nommé Lieutenant du Roi de la Province de Foretz après le décès du Comte de Verdun. La ville de Roanne, capitale du Roannois, a célébré sa nomination et ses qualités personnelles. Le Comte d'Albon a organisé plusieurs fêtes à Roanne, dont la dernière a été particulièrement somptueuse avec 118 invités. Les Jésuites ont contribué à la joie publique en représentant la tragédie du Sacrifice d'Abraham. Le Comte d'Albon s'est ensuite rendu à Monbrison pour l'enregistrement de ses provisions et la prise de possession de sa nouvelle dignité. Il a été accompagné par la noblesse, la maréchaussée, et un grand nombre d'officiers et de domestiques. À Monbrison, il a été accueilli avec des honneurs militaires et des illuminations. L'enregistrement des lettres et de l'acte d'installation a été suivi de discours élogieux sur la Maison d'Albon et les qualités personnelles du Comte. Pendant son séjour à Monbrison, le Comte d'Albon a tenu des tables somptueuses et a fait preuve de générosité envers les pauvres. Son retour à Roanne a été célébré par des honneurs similaires, avec des fêtes et des spectacles organisés par la jeunesse locale. Les Jésuites ont présenté des compliments en prose et en vers. Le Comte d'Albon a reçu des compliments de divers corps ecclésiastiques et militaires, et a offert des présents, notamment une épée à un jeune garçon. Les fêtes se sont conclues par une représentation théâtrale. Le texte est également un poème célébrant le courage et la loyauté des citoyens et d'un jeune homme en particulier. Les citoyens, animés par une ardeur guerrière, proclament leur fidélité et leur valeur sous les étendards de leur seigneur. Les échevins offrent les clés des cœurs et des villes, assurant leur attachement par un serment solennel. La voix populaire bénit l'instant de la naissance du seigneur et souhaite pour lui des jours sains et nombreux. Le jeune homme remercie son seigneur pour le présent d'une épée, symbole de son armement en chevalier. Il exprime sa reconnaissance et sa détermination à accomplir des exploits qui effaceront ceux des siècles passés. Il affirme que le courage circule dans son sang et que son ardeur dépasse les forces de son âge. Il se compare aux héros légendaires comme Renaud, Roland et les deux Amadis, et se prépare à affronter les Germains et les Moscovites. Il jure par l'épée reçue, sa fidélité au roi, l'amour paternel, la gloire et le désir de vivre dans l'histoire. Il exprime enfin le souhait d'utiliser cette épée pour son seigneur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7724
p. 1121-1128
REFLEXIONS.
Début :
Nihil veritas erubescit, nisi solummodò abscondi. Il y a à [...]
Mots clefs :
Réflexions, Vertu, Vertus, Vol, Vérité, Moquer, Engendrer, Perfection, Épreuve, Raisons
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS.
REFLEXIONS.
'hil veritas erubescit , nisi solummo
To abscondi.
Il y a à la Cour quatre bonnes Meres ,
qui ont quatre fort mauvais enfans ; sçavoir
, la Verité , qui engendre la haine s
la Prosperité , qui engendre , l'orgueil 3
la Séverité , qui engendre le périls et la
Familiarité qui engendre le mépris .
Amant veritatem lucentem , non redar
gueniem.
Le salaire des menteurs est de n'être
point crûs quand ils disent la verité.
Mendaci etiam verum dicenti non creditur.
Phédre.
Les raisons simples et foibles de ceux
qui deffendent la verité , font souvent
un meilleur effet que de plus fortes et
plus recherchées , en découvrant à quelles
extremitez sont réduits ceux qui veulent
la combattre . Il faut avouer cependant
qu'on fait quelquefois tort à la veẻ
par la maniere de la deffendre .
I. Vol. D iij
rité
Une
1122 MERCURE DE FRANCE
Une trop grande confiance d'avoir
trouvé la verité, et la persuasion qu'on en
a , empêchent souvent de la trouver en
effet.
Il faut proportionner les veritez
Saintes à l'intelligence humaine ; il est
de la prudence de ne pas exposer le
langage divin à l'insulte des prophanes ,
et au mépris de ceux qui condamnent
et blasphement tout ce qu'ils ignorent,
et qui , devenus semblables à des animaux
sans raison , corrompent tellement
leur esprit , qu'ils ne connoissent rien
que par le seul interêt de la Nature.
C'est souvent rendre la verité douteuse
et en prophaner la simplicité , que d'em
ployer trop d'éloquence pour l'établir.
Dans les Narrations , un Auteur qui
veut être crû , doit moins s'appliquer à
dire la verité , qu'à rendre croyable co
qu'il dit.
Les gens de bien ne disent rien de
vrai mollement , ni de faux hardiment.
Nequid falsi dicere audeat , nequid veri
non audeat.
Il n'y a rien de si aigu qui ne rebrousse
contre le bouclier de la verité.
I. Vol. Veritati
JUI N. 1734: 1123
Veritati præscribere nemo potest , non spas
tium temporum , non patrocinia personarum
, non privilegium nationum . Tertul.
Les Vertus chrétiennes n'étant pas
apposées entr'elles , la charité qu'on doit
à son prochain ne doit pas arrêter la
justice qu'on se doit à soi- même.
L'art de la dépravation ne se doit apprendre
nulle part. Les loix de l'honnêteté
doivent être scrupuleusement gar
dées par tout. Il ne faut point imprimer
de dangereuses pensées dans les esprits ,
sous prétexte de rendre le vice plus abominable
, ni les remplir de honteuses.
idées , lorsqu'il n'est question que de les
animer à la recherche de la gloire , en leur
représentant les plus éminentes vertus.
Quand on ne veut faire que ce qui
est permis , il est permis de faire tout
ce qu'on veut.
Le comble de la vertu c'est d'élever
son esprit au -dessus des promesses et des
menaces de la fortune.
On est parvenu à une extrême , vertu
quand on pardonne tout aux autres ,
D iiij comme I. Vol
1124 MERCURE DE FRANCE
comme si on faisoit tous les jours des
fautes, et qu'on s'abstint d'en faire, comme
si on ne pardonnoit rien à personne.
C'est un grand Art dans certaines occasions
, que de sçavoir soutenir la vertu
sans offenser ceux qui l'attaquent.
Combien de choses sont l'effet du dégoût
, de la bienséance ou de l'amour
de la santé , dont on fait honneur à la
Vertu .
On n'a que trop de penchant à fonder
son opposition à la pratique des vertus
chrétiennes sur l'impossibilité d'ar
teindre à la perfection des Saints ; et
l'on s'autorise à ne pas les imiter quand
leurs actions paroissent trop au dessus
des efforts ordinaires de la Nature .
On ne manque jamais d'occasion de
pratiquer la vertu . Nunquam potest nom
esse virtuti locus. Seneq. Medee.
Pour juger de la vertu d'un homme ,"
il faudroit lire dans le fond de son coeur
pour y découvrir les causes qui le font
agir , car ce sont les causes qui font la
vertu , et non pas les actions exterieures.
1. Vol.
Souvent
"
JUIN. 1734
1125
Souvent les plus grandes vertus des
Hommes ne sont que le triomphe d'une
passion moins criminelle sur une passion
plus criminelle ; ensorte que ceux
qu'on croit si vertueux , ne different des
autres que par le choix de certains deffauts
qui sont moins condamnez dans
le Monde.
De- même qu'il est plus aisé de pren
dre la maladie d'un autre , que de lui
donner la santé dont nous jouissons , nous
avons plus de facilité à contracter les
vices d'autrui , qu'à communiquer notre
vertu. Facilius est vitium contrahere quam
virtutem impertiri : quem admodum facilius
est morbo alieno infici , quàm sanitatem lar:
giri. S. Greg. de Nazianze.
La pauvreté n'ête pas les vertus , et les
riches ses ne les donnent point.
Avec de la vertu , de la capacité et
une bonne conduite , on peut être insupportable;
les manieres que l'on néglige
comme de petites choses , sont souvent
ce qui fait que les hommes décident
de nous en bien ou en mal. Une
legere attention à les avoir douces et
polies , prévient leurs jugemens. Il ne
I. Vol.
faut D v
116 MERCURE DE FRANCE
faut presque rien pour être crû fier , incivil
, méprisant , désobligeant. I fiut
encore moins pour être estimé tout le
con raire.
C'est une vertu bien legere que celle
qui n'a jamais été à l'épreuve.,
Il est beaucoup plus aisé de conserver
toute sa vertu , que de revenir à
elle , dès que nous avons fait un pas
qui nous en éloigne.
Ceux qui prétendent s'attirer des dé
ferences par de fausses vertus , se mocquent
de ceux de qui ils les prétendent ;
et ceux- cy , à leur tour , se mocquent
de ceux- là en leur rendant des respects
apparens , au lieu des véritables qu'ils
esperent.
le
La haute vertu imprime dans tous
les coeurs certains caracteres de veneration
que temps n'efface jamais . On
admirera toujours l'action de Camille ,
qui renvoya aux Siliques , leur Maître
d'Ecole , fouetté par la Jeunesse de leur
Ville qu'il avoit voulu livrer ; et celle
de Fabrice , qui avertit Pyrrhus , son Ennemi
, que son Medecin offroit de l'empoisonner.
I. Vol La
JUIN. 1734. 1127
La plupart des hommes ont mons
d'empressement à être vertueux , qu'à ,
le paroître.
Tanto major fama satis est , quàm
Virtutis : quis enim virtutem amplectitur ipsam ;
Pramia si tollas ? Juven. Sat 10. ,
Les vertus mêmes sont quelquefois dangereuses
dans un homme sans jugement.
Quand on conseille la vertu aux au
tres , on augmente les raisons que l'on
a de la pratiquer..
Dicta , factis de facientibus erubescunt.
Il est bien plus difficile de se soutenir
dans la perfection , que d'y atteindre.
peu
Il y a bien
de vertu de bon aloy;
parmi les plus sinceres
il y a toujours
un certain
exterieur
sévere et rebutant
, très utile à la vertu.
Il en est de la veritable vertu comme
des bons Parfums , qui n'ont jamais plus
d'odeur que quand on les pile ou qu'on
les brule. La vertu a besoin d'épreuve .
Marcet sine adversario virtus. Seneque .
La vertu, doit être sans excès , et la
La Vol D vj per116
MERCURE DE FRANCE
faut rien presque pour être crû fier , incivil
, méprisant , désobligeant. I fiue
encore moins pour être estimé tout le
con raire.
C'est une vertu bien legere que celle
qui n'a jamais été à l'épreuve.,
Il est beaucoup plus aisé de conserver
toute sa vertu , que de revenir à
elle , dès que nous avons fait un pas
qui nous en éloigne .
Ceux qui prétendent s'attirer des dé
ferences par de fausses vertus , se mocquent
de ceux de qui ils les prétendent s
et ceux - cy , à leur tour , se mocquent
de ceux - là en leur rendant des respects
apparens , au lieu des véritables qu'ils
esperent.
La haute vertu imprime dans tous
les coeurs certains caracteres de veneration
que le temps
n'efface jamais. On
admirera toujours l'action de Camille ,
qui renvoya aux Saliques , leur Maître
d'Ecole , fouetté par la Jeunesse de leur
Ville qu'il avoit voulu livrer ; et celle
de Fabrice , qui avertit Pyrrhus , son Ennemi
, que son Medecin offroit de l'empoisonner.
I. Vol
La
JUIN. 1734. 1127
La plupart des hommes ont mons
d'empressement à être vertueux , qu'à,
le paroître.
Tanto major fama satis est , quàm
Virtutis : quis enim virtutem amplectitur ipsam ;
Pramia si tollas ? Juven. Sat 10 .
Les vertus mêmes sont quelquefois dangereuses
dans un homme sans jugement.
Quand on conseille la vertu aux au
tses , on augmente les raisons que l'on
a de la pratiquer..
Dicta , factis de facientibus erubescunt.
Il est bien plus difficile de se soutenir
dans la perfection , que d'y atteindre .
Il y a bien peu de vertu de bon aloy;
parmi les plus sinceres il y a toujours
un certain exterieur sévere et rebutant,
très utile à la vertu.
Fl en est de la veritable vertu comme
des bons Parfums , qui n'ont jamais plus
d'odeur que quand on les pile ou qu'on
les brule. La vertu a besoin d'épreuve .
Marcet sine adversario virtus . Seneque .
La vertu doit être sans excès , et la
L Vol D vj per1128
MERCURE DE FRANCE
perfection même doit avoir ses bornes.
Oportet sapere usque ad sobrietatem. S. Paul.
Les richesses sont à la vertu ce que
le bagage est à une armée , qui quelque
fois l'empêche d'avancer , et d'autres fois
la fait aller bien loin. Bacon.
L'amour de la gloire et la crainte du
blâme , sont presque toujours les vrais
motifs de la vertu .
Non basta la Fortuna per ingrandire
gl'homini , senon vi concorre la virtùs ed è
vana la virtù dove manca la fortuna .
Il vitio non è sicuro , nemeno nel mez
delle virtù , per che contamina la virtù.
'hil veritas erubescit , nisi solummo
To abscondi.
Il y a à la Cour quatre bonnes Meres ,
qui ont quatre fort mauvais enfans ; sçavoir
, la Verité , qui engendre la haine s
la Prosperité , qui engendre , l'orgueil 3
la Séverité , qui engendre le périls et la
Familiarité qui engendre le mépris .
Amant veritatem lucentem , non redar
gueniem.
Le salaire des menteurs est de n'être
point crûs quand ils disent la verité.
Mendaci etiam verum dicenti non creditur.
Phédre.
Les raisons simples et foibles de ceux
qui deffendent la verité , font souvent
un meilleur effet que de plus fortes et
plus recherchées , en découvrant à quelles
extremitez sont réduits ceux qui veulent
la combattre . Il faut avouer cependant
qu'on fait quelquefois tort à la veẻ
par la maniere de la deffendre .
I. Vol. D iij
rité
Une
1122 MERCURE DE FRANCE
Une trop grande confiance d'avoir
trouvé la verité, et la persuasion qu'on en
a , empêchent souvent de la trouver en
effet.
Il faut proportionner les veritez
Saintes à l'intelligence humaine ; il est
de la prudence de ne pas exposer le
langage divin à l'insulte des prophanes ,
et au mépris de ceux qui condamnent
et blasphement tout ce qu'ils ignorent,
et qui , devenus semblables à des animaux
sans raison , corrompent tellement
leur esprit , qu'ils ne connoissent rien
que par le seul interêt de la Nature.
C'est souvent rendre la verité douteuse
et en prophaner la simplicité , que d'em
ployer trop d'éloquence pour l'établir.
Dans les Narrations , un Auteur qui
veut être crû , doit moins s'appliquer à
dire la verité , qu'à rendre croyable co
qu'il dit.
Les gens de bien ne disent rien de
vrai mollement , ni de faux hardiment.
Nequid falsi dicere audeat , nequid veri
non audeat.
Il n'y a rien de si aigu qui ne rebrousse
contre le bouclier de la verité.
I. Vol. Veritati
JUI N. 1734: 1123
Veritati præscribere nemo potest , non spas
tium temporum , non patrocinia personarum
, non privilegium nationum . Tertul.
Les Vertus chrétiennes n'étant pas
apposées entr'elles , la charité qu'on doit
à son prochain ne doit pas arrêter la
justice qu'on se doit à soi- même.
L'art de la dépravation ne se doit apprendre
nulle part. Les loix de l'honnêteté
doivent être scrupuleusement gar
dées par tout. Il ne faut point imprimer
de dangereuses pensées dans les esprits ,
sous prétexte de rendre le vice plus abominable
, ni les remplir de honteuses.
idées , lorsqu'il n'est question que de les
animer à la recherche de la gloire , en leur
représentant les plus éminentes vertus.
Quand on ne veut faire que ce qui
est permis , il est permis de faire tout
ce qu'on veut.
Le comble de la vertu c'est d'élever
son esprit au -dessus des promesses et des
menaces de la fortune.
On est parvenu à une extrême , vertu
quand on pardonne tout aux autres ,
D iiij comme I. Vol
1124 MERCURE DE FRANCE
comme si on faisoit tous les jours des
fautes, et qu'on s'abstint d'en faire, comme
si on ne pardonnoit rien à personne.
C'est un grand Art dans certaines occasions
, que de sçavoir soutenir la vertu
sans offenser ceux qui l'attaquent.
Combien de choses sont l'effet du dégoût
, de la bienséance ou de l'amour
de la santé , dont on fait honneur à la
Vertu .
On n'a que trop de penchant à fonder
son opposition à la pratique des vertus
chrétiennes sur l'impossibilité d'ar
teindre à la perfection des Saints ; et
l'on s'autorise à ne pas les imiter quand
leurs actions paroissent trop au dessus
des efforts ordinaires de la Nature .
On ne manque jamais d'occasion de
pratiquer la vertu . Nunquam potest nom
esse virtuti locus. Seneq. Medee.
Pour juger de la vertu d'un homme ,"
il faudroit lire dans le fond de son coeur
pour y découvrir les causes qui le font
agir , car ce sont les causes qui font la
vertu , et non pas les actions exterieures.
1. Vol.
Souvent
"
JUIN. 1734
1125
Souvent les plus grandes vertus des
Hommes ne sont que le triomphe d'une
passion moins criminelle sur une passion
plus criminelle ; ensorte que ceux
qu'on croit si vertueux , ne different des
autres que par le choix de certains deffauts
qui sont moins condamnez dans
le Monde.
De- même qu'il est plus aisé de pren
dre la maladie d'un autre , que de lui
donner la santé dont nous jouissons , nous
avons plus de facilité à contracter les
vices d'autrui , qu'à communiquer notre
vertu. Facilius est vitium contrahere quam
virtutem impertiri : quem admodum facilius
est morbo alieno infici , quàm sanitatem lar:
giri. S. Greg. de Nazianze.
La pauvreté n'ête pas les vertus , et les
riches ses ne les donnent point.
Avec de la vertu , de la capacité et
une bonne conduite , on peut être insupportable;
les manieres que l'on néglige
comme de petites choses , sont souvent
ce qui fait que les hommes décident
de nous en bien ou en mal. Une
legere attention à les avoir douces et
polies , prévient leurs jugemens. Il ne
I. Vol.
faut D v
116 MERCURE DE FRANCE
faut presque rien pour être crû fier , incivil
, méprisant , désobligeant. I fiut
encore moins pour être estimé tout le
con raire.
C'est une vertu bien legere que celle
qui n'a jamais été à l'épreuve.,
Il est beaucoup plus aisé de conserver
toute sa vertu , que de revenir à
elle , dès que nous avons fait un pas
qui nous en éloigne.
Ceux qui prétendent s'attirer des dé
ferences par de fausses vertus , se mocquent
de ceux de qui ils les prétendent ;
et ceux- cy , à leur tour , se mocquent
de ceux- là en leur rendant des respects
apparens , au lieu des véritables qu'ils
esperent.
le
La haute vertu imprime dans tous
les coeurs certains caracteres de veneration
que temps n'efface jamais . On
admirera toujours l'action de Camille ,
qui renvoya aux Siliques , leur Maître
d'Ecole , fouetté par la Jeunesse de leur
Ville qu'il avoit voulu livrer ; et celle
de Fabrice , qui avertit Pyrrhus , son Ennemi
, que son Medecin offroit de l'empoisonner.
I. Vol La
JUIN. 1734. 1127
La plupart des hommes ont mons
d'empressement à être vertueux , qu'à ,
le paroître.
Tanto major fama satis est , quàm
Virtutis : quis enim virtutem amplectitur ipsam ;
Pramia si tollas ? Juven. Sat 10. ,
Les vertus mêmes sont quelquefois dangereuses
dans un homme sans jugement.
Quand on conseille la vertu aux au
tres , on augmente les raisons que l'on
a de la pratiquer..
Dicta , factis de facientibus erubescunt.
Il est bien plus difficile de se soutenir
dans la perfection , que d'y atteindre.
peu
Il y a bien
de vertu de bon aloy;
parmi les plus sinceres
il y a toujours
un certain
exterieur
sévere et rebutant
, très utile à la vertu.
Il en est de la veritable vertu comme
des bons Parfums , qui n'ont jamais plus
d'odeur que quand on les pile ou qu'on
les brule. La vertu a besoin d'épreuve .
Marcet sine adversario virtus. Seneque .
La vertu, doit être sans excès , et la
La Vol D vj per116
MERCURE DE FRANCE
faut rien presque pour être crû fier , incivil
, méprisant , désobligeant. I fiue
encore moins pour être estimé tout le
con raire.
C'est une vertu bien legere que celle
qui n'a jamais été à l'épreuve.,
Il est beaucoup plus aisé de conserver
toute sa vertu , que de revenir à
elle , dès que nous avons fait un pas
qui nous en éloigne .
Ceux qui prétendent s'attirer des dé
ferences par de fausses vertus , se mocquent
de ceux de qui ils les prétendent s
et ceux - cy , à leur tour , se mocquent
de ceux - là en leur rendant des respects
apparens , au lieu des véritables qu'ils
esperent.
La haute vertu imprime dans tous
les coeurs certains caracteres de veneration
que le temps
n'efface jamais. On
admirera toujours l'action de Camille ,
qui renvoya aux Saliques , leur Maître
d'Ecole , fouetté par la Jeunesse de leur
Ville qu'il avoit voulu livrer ; et celle
de Fabrice , qui avertit Pyrrhus , son Ennemi
, que son Medecin offroit de l'empoisonner.
I. Vol
La
JUIN. 1734. 1127
La plupart des hommes ont mons
d'empressement à être vertueux , qu'à,
le paroître.
Tanto major fama satis est , quàm
Virtutis : quis enim virtutem amplectitur ipsam ;
Pramia si tollas ? Juven. Sat 10 .
Les vertus mêmes sont quelquefois dangereuses
dans un homme sans jugement.
Quand on conseille la vertu aux au
tses , on augmente les raisons que l'on
a de la pratiquer..
Dicta , factis de facientibus erubescunt.
Il est bien plus difficile de se soutenir
dans la perfection , que d'y atteindre .
Il y a bien peu de vertu de bon aloy;
parmi les plus sinceres il y a toujours
un certain exterieur sévere et rebutant,
très utile à la vertu.
Fl en est de la veritable vertu comme
des bons Parfums , qui n'ont jamais plus
d'odeur que quand on les pile ou qu'on
les brule. La vertu a besoin d'épreuve .
Marcet sine adversario virtus . Seneque .
La vertu doit être sans excès , et la
L Vol D vj per1128
MERCURE DE FRANCE
perfection même doit avoir ses bornes.
Oportet sapere usque ad sobrietatem. S. Paul.
Les richesses sont à la vertu ce que
le bagage est à une armée , qui quelque
fois l'empêche d'avancer , et d'autres fois
la fait aller bien loin. Bacon.
L'amour de la gloire et la crainte du
blâme , sont presque toujours les vrais
motifs de la vertu .
Non basta la Fortuna per ingrandire
gl'homini , senon vi concorre la virtùs ed è
vana la virtù dove manca la fortuna .
Il vitio non è sicuro , nemeno nel mez
delle virtù , per che contamina la virtù.
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Résumé : REFLEXIONS.
Le texte examine les concepts de vérité et de vertu, en soulignant leurs implications et leurs manifestations. À la cour, quatre figures maternelles sont identifiées : la Vérité, la Prosperité, la Sévérité et la Familiarité, chacune engendrant respectivement la haine, l'orgueil, les périls et le mépris. La défense de la vérité peut parfois être nuisible, et une confiance excessive en elle peut empêcher de la découvrir. Il est recommandé de doser les vérités divines selon l'intelligence humaine et d'éviter de les exposer à ceux qui les méprisent. Dans les récits, un auteur doit privilégier la crédibilité plutôt que la stricte vérité. Les personnes vertueuses ne disent rien de vrai timidement ni de faux audacieusement. La vérité est indépendante du temps, des personnes ou des nations. Les vertus chrétiennes doivent être pratiquées sans compromettre l'honnêteté. Il est crucial de ne pas diffuser des idées dangereuses sous prétexte de dénoncer le vice. La véritable vertu élève l'esprit au-dessus des influences de la fortune. Pardonner et éviter les fautes sont des signes de grande vertu. Il est important de défendre la vertu sans offenser ses détracteurs. Souvent, les grandes vertus résultent du triomphe d'une passion moins criminelle sur une autre plus criminelle. La pauvreté n'enlève pas les vertus, et les richesses ne les confèrent pas. Les manières et les attentions aux détails influencent la perception des autres. La vraie vertu est celle qui a été éprouvée et il est plus facile de la conserver que de la retrouver après l'avoir perdue. Les fausses vertus attirent moqueries et respects apparents. Le texte met en garde contre ceux qui cherchent davantage à paraître vertueux qu'à l'être réellement. Les vertus peuvent être dangereuses sans discernement, et il est plus difficile de maintenir la perfection que de l'atteindre. La véritable vertu se révèle dans les épreuves et doit être modérée pour éviter les excès. Les richesses peuvent soit entraver, soit favoriser la vertu. L'amour de la gloire et la crainte du blâme sont souvent les moteurs de la vertu. Deux exemples historiques illustrent ces principes : Camille, qui renvoya un maître d'école fouetté, et Fabrice, qui avertit son ennemi Pyrrhus d'un complot d'empoisonnement.
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7725
p. 1140
SONNET Sur le bonheur de la Solitude.
Début :
N'applique, ambitieux, tes soins et ton étude, [...]
Mots clefs :
Solitude, Mort, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET Sur le bonheur de la Solitude.
SONNE T.
Sur le bonheur de la Solitude.
N'Appliq *Applique, ambitieux, tes soins et ton étude,
Qu'à briguer quelque Charge , où tu sois respecté
;
Pour moi foulant aux pieds , et rang et dignité,
J'aime à vivre inconnu dans une Solitude ,
Là , content de mon sort , rien ne m'y` paroît
rude ;
J'y pense
à mon salut en toute liberté ,
Convaincu qu'ici bas tout n'est que
vanité ;
J'attens la mort sans peine et sans inquietude,
Cer objet , quoiqu'affreux , ne cause de terreur
Qu'à celui qui charmé de ce monde trompeur
Fait son souverain bien d'une vaine chimere.
Celui qui , retiré , sert Dieu fidelement ,
Lui donne tout son coeur , ne cherche qu'à lui
plaire ,
Loin de craindre la mort, la desire ardemment.
Sur le bonheur de la Solitude.
N'Appliq *Applique, ambitieux, tes soins et ton étude,
Qu'à briguer quelque Charge , où tu sois respecté
;
Pour moi foulant aux pieds , et rang et dignité,
J'aime à vivre inconnu dans une Solitude ,
Là , content de mon sort , rien ne m'y` paroît
rude ;
J'y pense
à mon salut en toute liberté ,
Convaincu qu'ici bas tout n'est que
vanité ;
J'attens la mort sans peine et sans inquietude,
Cer objet , quoiqu'affreux , ne cause de terreur
Qu'à celui qui charmé de ce monde trompeur
Fait son souverain bien d'une vaine chimere.
Celui qui , retiré , sert Dieu fidelement ,
Lui donne tout son coeur , ne cherche qu'à lui
plaire ,
Loin de craindre la mort, la desire ardemment.
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Résumé : SONNET Sur le bonheur de la Solitude.
Le texte 'Sur le bonheur de la Solitude' de SONNE T. oppose deux visions de la vie. Il critique ceux qui recherchent des charges respectées et des dignités, et exalte la solitude où l'on peut vivre inconnu et content. Dans cette solitude, l'individu réfléchit à son salut, convaincu que tout sur terre est vanité. La mort, perçue comme affreuse, n'effraie pas celui qui est détaché des illusions du monde.
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7726
p. 1141-1144
EXTRAIT du Mémoire lû par M. d'Onsenbray, à la rentrée de l'Académie, du 5 May dernier.
Début :
M. d'Onsenbray a lû un Memoire touchant la Description et les usages [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, M. d'Ons-en-Bray, Vents, Machine, Vent, Heure, Pendule, Papier
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Mémoire lû par M. d'Onsenbray, à la rentrée de l'Académie, du 5 May dernier.
EXTRAIT du Mémoire lû par
M. d'Onsenbray , à la rentrée de l'Académie
, dus May dernier.
D'Onsenbray a lû un Memoire
M. touchant la Description et les usages
d'une Machine qui marque continuellement
sur le papier non seulement
les vents qu'il a fait , et à quelle heure
chacun a commencé et fini , mais aussi
leurs differentes vitesses ou forces relatives.
Après avoir exposé brièvement les
avantages qu'on retireroit de la connoissance
des impulsions du vent tant pour
la navigation que pour les Moulins ;
M. d'Onsenbray ajoute , que le plus sûr
moyen qui lui ait paru pour parvenir à
cette connoissance , étoit d'imaginer des
Machines propres à faire toutes les expériences
nécessaires sur les vents.
Entre cinq Machines differentes que
M.d'Onsenbray a imaginées et fait exécuter
pour déterminer les forces absoluës et
relatives des vents , et connoître toutes
- leurs varietez , il s'est contenté d'annoncer
les quatre premieres , se réservant
d'en donner les Descriptions dans les as-
. 1Vol. I E sem1142.
MERCURE DE FRANCE
semblez particulieres de l'Académie pour
ne décrire que la cinquiéme Machine
comme la plus complette , et à laquelle il
a donné le nom d'Anemometre à Pendule.
"
Entre plusieurs Auteurs qui ont travaillé
et écrit sur les vents , M. d'Onsenbray
parle de deux Anemometres décrits
par M. Wolf et par Georges Leutman
il ajoute que le Chancelier Bacon a fait
connoître dans son Histoire des vents les
avantages qu'on retireroit d'avoir des observations
et des expériences suivies sur
les varietez des vents et faires par diffe-
Lens observateurs dans differens pays ;
Enfin il cite à cette occasion plusieurs autres
Auteurs qui ont écrit sur les vents
et entre autres la dissertation du Pere
Sarrabat Jesuite , sur les causes et les variations
des vents , ouvrage qui a remporté
le prix de l'Académie de Bordeaux
en 1730.
,
L'Anemometre décrit par M. d'Onsenbray
est nommé à Pendule , étant composé
de deux parties principales qui sont
menées par la roue des heures d'une Pendule
placée entre les deux ; chaque partie
devide sur des bobines une bande de
papier.
M. d'Onsenbray distingue trois moteurs
pour
faire aller toute la Machine ; le pre-
1 Vol, mier
JUIN. 1734 1143
mier est la Pendule dont nous venons de
parler , le second est l'action du vent sur
une girouette dont le bas de la tige porte
un Čilindre qui a 32 pointes placez en
forme d'Helice pour les 32 rumbs ou airs
de vent. Ces pointes servent de crayon et
marquent par des traits sur le papier de
la partie à droite de la Pendule les vents
qui ont regné et leur durée. Le troisiéme
Moteur est l'action du vent sur les îles
d'un Moulin horisontal dont le nombre
des tours se trouve marqué par des points
de 400 en 400. tours sur le papier de la
partie à gauche de la Machine ; ainsi on
connoît sur cette partie les differentes viresses
ou forces relatives des vents par le
plus ou le moins de tours du Moulin
pendant chaque quart d'heure.
Enfin nous ajouterons seulement encore
car il n'est pas possible de faire sentir
tout leMechanisme de cette Machine sans
figure , ) que les papiers des deux parties
se trouvent divisez par des points de
quart d'heure en quart d'heure , pour
connoître l'heure des changements de
direction et de force du vent.
Ce qu'il y a de plus singulier à cet Anemometre
, c'est qu'on n'a pas besoin de
se tenir auprès pour observer , et qu'on
trouvera marqué sur les papiers tous les
I Vol.
E ij
chan
1144 MERCURE DE FRANCE
•
changements qui seront arrivez pendant
les 24 heures , soit de direction , soit de
vitesse du vent , l'heure de ces changements
et la durée de chaque vent ; on
verra, par exemple,à quelle heure un vent
a commencé à souffler son nom ou sa
direction , sa vitesse relative , combien il
aura continué , et combien se sera passé
de temps sans qu'il y ait eu de vent.
,
M. d'Onsenbray a tâché dans la construction
de son Anemometre de le rendre
tel , qu'il instruise de tout ce qu'on
peut avoir besoin et envie de sçavoir par
raport aux vents ; il se placera dans une
Chambre ou un Cabinet où il fera ornement,
sans qu'on soit obligé de le tenir à
l'air , en conduisant comme aux Cadrans
à vent ordinaires la tige de la Giroüete et
le cordon du Moulin le long du mur
le toît .
M. d'Onsenbray , à la rentrée de l'Académie
, dus May dernier.
D'Onsenbray a lû un Memoire
M. touchant la Description et les usages
d'une Machine qui marque continuellement
sur le papier non seulement
les vents qu'il a fait , et à quelle heure
chacun a commencé et fini , mais aussi
leurs differentes vitesses ou forces relatives.
Après avoir exposé brièvement les
avantages qu'on retireroit de la connoissance
des impulsions du vent tant pour
la navigation que pour les Moulins ;
M. d'Onsenbray ajoute , que le plus sûr
moyen qui lui ait paru pour parvenir à
cette connoissance , étoit d'imaginer des
Machines propres à faire toutes les expériences
nécessaires sur les vents.
Entre cinq Machines differentes que
M.d'Onsenbray a imaginées et fait exécuter
pour déterminer les forces absoluës et
relatives des vents , et connoître toutes
- leurs varietez , il s'est contenté d'annoncer
les quatre premieres , se réservant
d'en donner les Descriptions dans les as-
. 1Vol. I E sem1142.
MERCURE DE FRANCE
semblez particulieres de l'Académie pour
ne décrire que la cinquiéme Machine
comme la plus complette , et à laquelle il
a donné le nom d'Anemometre à Pendule.
"
Entre plusieurs Auteurs qui ont travaillé
et écrit sur les vents , M. d'Onsenbray
parle de deux Anemometres décrits
par M. Wolf et par Georges Leutman
il ajoute que le Chancelier Bacon a fait
connoître dans son Histoire des vents les
avantages qu'on retireroit d'avoir des observations
et des expériences suivies sur
les varietez des vents et faires par diffe-
Lens observateurs dans differens pays ;
Enfin il cite à cette occasion plusieurs autres
Auteurs qui ont écrit sur les vents
et entre autres la dissertation du Pere
Sarrabat Jesuite , sur les causes et les variations
des vents , ouvrage qui a remporté
le prix de l'Académie de Bordeaux
en 1730.
,
L'Anemometre décrit par M. d'Onsenbray
est nommé à Pendule , étant composé
de deux parties principales qui sont
menées par la roue des heures d'une Pendule
placée entre les deux ; chaque partie
devide sur des bobines une bande de
papier.
M. d'Onsenbray distingue trois moteurs
pour
faire aller toute la Machine ; le pre-
1 Vol, mier
JUIN. 1734 1143
mier est la Pendule dont nous venons de
parler , le second est l'action du vent sur
une girouette dont le bas de la tige porte
un Čilindre qui a 32 pointes placez en
forme d'Helice pour les 32 rumbs ou airs
de vent. Ces pointes servent de crayon et
marquent par des traits sur le papier de
la partie à droite de la Pendule les vents
qui ont regné et leur durée. Le troisiéme
Moteur est l'action du vent sur les îles
d'un Moulin horisontal dont le nombre
des tours se trouve marqué par des points
de 400 en 400. tours sur le papier de la
partie à gauche de la Machine ; ainsi on
connoît sur cette partie les differentes viresses
ou forces relatives des vents par le
plus ou le moins de tours du Moulin
pendant chaque quart d'heure.
Enfin nous ajouterons seulement encore
car il n'est pas possible de faire sentir
tout leMechanisme de cette Machine sans
figure , ) que les papiers des deux parties
se trouvent divisez par des points de
quart d'heure en quart d'heure , pour
connoître l'heure des changements de
direction et de force du vent.
Ce qu'il y a de plus singulier à cet Anemometre
, c'est qu'on n'a pas besoin de
se tenir auprès pour observer , et qu'on
trouvera marqué sur les papiers tous les
I Vol.
E ij
chan
1144 MERCURE DE FRANCE
•
changements qui seront arrivez pendant
les 24 heures , soit de direction , soit de
vitesse du vent , l'heure de ces changements
et la durée de chaque vent ; on
verra, par exemple,à quelle heure un vent
a commencé à souffler son nom ou sa
direction , sa vitesse relative , combien il
aura continué , et combien se sera passé
de temps sans qu'il y ait eu de vent.
,
M. d'Onsenbray a tâché dans la construction
de son Anemometre de le rendre
tel , qu'il instruise de tout ce qu'on
peut avoir besoin et envie de sçavoir par
raport aux vents ; il se placera dans une
Chambre ou un Cabinet où il fera ornement,
sans qu'on soit obligé de le tenir à
l'air , en conduisant comme aux Cadrans
à vent ordinaires la tige de la Giroüete et
le cordon du Moulin le long du mur
le toît .
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Résumé : EXTRAIT du Mémoire lû par M. d'Onsenbray, à la rentrée de l'Académie, du 5 May dernier.
M. d'Onsenbray a soumis un mémoire à l'Académie détaillant une invention appelée 'Anémomètre à Pendule', conçue pour enregistrer les vents, leurs directions, leurs durées et leurs forces relatives. Cet appareil se compose de deux parties principales, toutes deux actionnées par une pendule. La première partie utilise une girouette équipée d'un cylindre à 32 pointes pour enregistrer les directions des vents. La seconde partie mesure les forces des vents grâce à un moulin horizontal. Les données sont marquées sur des bandes de papier divisées en quarts d'heure, permettant ainsi de suivre les variations de direction et de force des vents sans nécessiter une observation continue. M. d'Onsenbray cite plusieurs auteurs ayant travaillé sur les vents, tels que M. Wolf, Georges Leutman et le Chancelier Bacon. L'Anémomètre peut être installé dans une chambre ou un cabinet, avec les éléments sensibles exposés à l'extérieur pour capter les vents.
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7727
p. 1144-1145
RONDEAU.
Début :
Voir un Phenix n'est pas chose ordinaire, [...]
Mots clefs :
Voir, Phénix, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
RONDE A U.
Voir un Phenix'n'est pas chose ordinaire ↓
Maint grand Auteur en a pourtant écrit ;
Mais en ce point il paroît tant d'esprit ,
Que le Portrait m'en semble imaginaire.
Į Vol.
Pour
JUIN:
1141 1734.
Pour moi j'irois de Paris jusqu'au Caire ,
Du Monde entier je ferois le circuit
Si je croyois de mes soins pour tout fruit ,
Dans ces climâts nouveau Missionaire ,
Voir un Phénix .
Mais parlons mieux : sous ce rare animal ,
Ces anciens Clercs qui ne pensoient pas mal ,
Ont , selon moi , peint une femme sage .
Et c'est raison ; car qui sur Terre a vû
Femme fidelle et chaste en son ménage ,
Peut , à bon droit , se vanter d'avoir pû
Voir un Phénix .
Voir un Phenix'n'est pas chose ordinaire ↓
Maint grand Auteur en a pourtant écrit ;
Mais en ce point il paroît tant d'esprit ,
Que le Portrait m'en semble imaginaire.
Į Vol.
Pour
JUIN:
1141 1734.
Pour moi j'irois de Paris jusqu'au Caire ,
Du Monde entier je ferois le circuit
Si je croyois de mes soins pour tout fruit ,
Dans ces climâts nouveau Missionaire ,
Voir un Phénix .
Mais parlons mieux : sous ce rare animal ,
Ces anciens Clercs qui ne pensoient pas mal ,
Ont , selon moi , peint une femme sage .
Et c'est raison ; car qui sur Terre a vû
Femme fidelle et chaste en son ménage ,
Peut , à bon droit , se vanter d'avoir pû
Voir un Phénix .
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Résumé : RONDEAU.
Le texte explore la rareté et la symbolique du Phénix, une créature décrite de manière irréelle par plusieurs auteurs. L'auteur exprime son désir de voir un Phénix, tout en doutant de son existence. Il suggère que les anciens érudits parlaient en réalité d'une femme sage, fidèle et chaste, aussi rare que le Phénix.
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7728
p. 1151-1152
« Les Enigmes du mois de May doivent s'expliquer par l'Oye qu'on tire à Paris, [...] »
Début :
Les Enigmes du mois de May doivent s'expliquer par l'Oye qu'on tire à Paris, [...]
Mots clefs :
Oie, Horloge, Remi, Coucou, Porc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Enigmes du mois de May doivent s'expliquer par l'Oye qu'on tire à Paris, [...] »
Les Enigmes du mois de May doivent
s'expliquer par l'Oye qu'on tire à Paris ,
E vj et I. Vol.
1152 MERCURE DE FRANCE
et l'Horloge ; et les Logogryphes par Remi,
qui contient Rime , Mer , Ré , Mi ; et
Coucou , et Porc.
s'expliquer par l'Oye qu'on tire à Paris ,
E vj et I. Vol.
1152 MERCURE DE FRANCE
et l'Horloge ; et les Logogryphes par Remi,
qui contient Rime , Mer , Ré , Mi ; et
Coucou , et Porc.
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7729
p. 1152
ENIGME.
Début :
J'ay la tête pesante et dure, [...]
Mots clefs :
Marteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J' Ay la tête pesante et dure ,
Je suis fort peu subtil ; cependant l'Univers
Admire , avec raison , mes ouvrages divers ,
Où l'Art surpasse la Nature ;
Mais s'il n'est presque rien dont je ne vienne
à bout ,
Je puis aussi détruire tout.
J' Ay la tête pesante et dure ,
Je suis fort peu subtil ; cependant l'Univers
Admire , avec raison , mes ouvrages divers ,
Où l'Art surpasse la Nature ;
Mais s'il n'est presque rien dont je ne vienne
à bout ,
Je puis aussi détruire tout.
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7730
p. 1152
AUTRE.
Début :
Lecteur, il est bon d'avertir [...]
Mots clefs :
Adam et Ève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
L
Ecteur , Ecteur , il est bon d'avertir
Que cette Enigme est une Enigme double ,
Afin que ton effort redouble ,
Si pour me deviner tu veux te divertir ,
Peut-on s'imaginer plus plaisante Famille ?
Il s'agit de sçavoir qui peut être la Filke ,
Le récit n'est point fabuleux ,,
Qu'on a vue épouser sa Mere ?
Cette Mere étoit mâle et n'eut jamais de Pere,
Devine , Lecteur , si tu peux,
L
Ecteur , Ecteur , il est bon d'avertir
Que cette Enigme est une Enigme double ,
Afin que ton effort redouble ,
Si pour me deviner tu veux te divertir ,
Peut-on s'imaginer plus plaisante Famille ?
Il s'agit de sçavoir qui peut être la Filke ,
Le récit n'est point fabuleux ,,
Qu'on a vue épouser sa Mere ?
Cette Mere étoit mâle et n'eut jamais de Pere,
Devine , Lecteur , si tu peux,
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7731
p. 1153-1154
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour deviner ce que je suis, [...]
Mots clefs :
Chiffre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Our deviner ce que je suis ,
Lecteur , sur du papier , arrange
1 2 3 4 5 et 6 .
Et ne va pas trouver étrange
La façon dont je te conduis ,
Elle est bonne à present , pose , mets une lettre
Sous chaque chifre , mais avant que de la mettre
Songe que le tout fasse un mot
Qui dénote sur tout , qu'au Sage ,
Je suis d'un nécessaire usage ,
Que c'est par mon secours qu'il découvre aussi
-tôt
Qu'il desire de le connoître ,
Si sa caisse est en ordre ou si mieux pourroit
P'être.
Sĩ mon nom t'est connu , profites - en , Lecteur ,
Car c'est par moi qu'Auteur Logoguphique:
S'explique , et c'est par moi qu'à son tour on
l'explique.
Cinq , trois , un ,
deux et six , un celebre Rimeur
Dir qu'avec moi sans sagesse on est sage ,
Qu'on a sans le sçavoir la science en partage ;
Enfin il dit qu'avec moi l'on est tout.
Un , deux , trois , six et cinq , je l'ai fait dans,
ma vie
Lion Voli Biens
154 MERCURE DE FRANCE
Bien des fois , mais jamais je n'ai voulu debour
L'entreprendre , je me défie
De mon habileté , je laisse un si beau
coup
A quiconque a la peau d'un endroit endurcie,
Quatre , trois , six et cinq , de sot
Est à mon sens le parfait Synonyme.
Ah ! s'il étoit permis d'en dire un petit mot,.
Que j'en sçai dont les noms enrichiroient me
rime !
Quatre, cinq, trois , un', deux et six ,
A souvent vu de deux coeurs attendris
Finir la peine et naître les délices :
Trois , cinq et six , est le plus grand des vices ;
Quatre , trois , un , deux , six , je suis utile au jeug
Un, trois, cinq, six, quand on me met au fer
On fait de moi tout ce que l'on veut faire :
Dans mon tout pris de diverse maniere ,
On peut s'étendre encor, car je n'ai pas tout dit,
Mais , serviteur , je vais m'étendre dans mon lis
V. J. A. L.
Our deviner ce que je suis ,
Lecteur , sur du papier , arrange
1 2 3 4 5 et 6 .
Et ne va pas trouver étrange
La façon dont je te conduis ,
Elle est bonne à present , pose , mets une lettre
Sous chaque chifre , mais avant que de la mettre
Songe que le tout fasse un mot
Qui dénote sur tout , qu'au Sage ,
Je suis d'un nécessaire usage ,
Que c'est par mon secours qu'il découvre aussi
-tôt
Qu'il desire de le connoître ,
Si sa caisse est en ordre ou si mieux pourroit
P'être.
Sĩ mon nom t'est connu , profites - en , Lecteur ,
Car c'est par moi qu'Auteur Logoguphique:
S'explique , et c'est par moi qu'à son tour on
l'explique.
Cinq , trois , un ,
deux et six , un celebre Rimeur
Dir qu'avec moi sans sagesse on est sage ,
Qu'on a sans le sçavoir la science en partage ;
Enfin il dit qu'avec moi l'on est tout.
Un , deux , trois , six et cinq , je l'ai fait dans,
ma vie
Lion Voli Biens
154 MERCURE DE FRANCE
Bien des fois , mais jamais je n'ai voulu debour
L'entreprendre , je me défie
De mon habileté , je laisse un si beau
coup
A quiconque a la peau d'un endroit endurcie,
Quatre , trois , six et cinq , de sot
Est à mon sens le parfait Synonyme.
Ah ! s'il étoit permis d'en dire un petit mot,.
Que j'en sçai dont les noms enrichiroient me
rime !
Quatre, cinq, trois , un', deux et six ,
A souvent vu de deux coeurs attendris
Finir la peine et naître les délices :
Trois , cinq et six , est le plus grand des vices ;
Quatre , trois , un , deux , six , je suis utile au jeug
Un, trois, cinq, six, quand on me met au fer
On fait de moi tout ce que l'on veut faire :
Dans mon tout pris de diverse maniere ,
On peut s'étendre encor, car je n'ai pas tout dit,
Mais , serviteur , je vais m'étendre dans mon lis
V. J. A. L.
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7732
p. 1154-1155
AUTRE.
Début :
Par mon emploi j'embellis des ouvrages [...]
Mots clefs :
Nacre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Ar mon emploi j'embellis dès ouvrages
Qui servent à divers usages ,
Je forme encore en me bouleversant
Un angle et fais paroítre l'écriture ,,
l'arrête même un Bâtiment ;
1. Vol
LE
JUIN
T155 1734:
Le Créateur à l'humaine nature ,
M'a posé pour cacher le lieu du Jugement ,
Contre l'ardeur et la bruiure ,
Je suis d'un grand soulagement ;
En veux - tu sçavoir davantage ,
D'un de mes pieds fais l'amputation ,
Qu'il m'en reste deux moins qu'il n'en faut em
voyage ,
Ensuite fais refléxion
A chaque permutation ;
Je sers à lever ou descendre ,
Je puis contre les chiens t'aider à te deffendre ,,
On me met dessus un panier ,
Dans le Pays de Normandie ,
Les terres qu'on amodie ,
Par moi se comptent au fermier
Je nomme des Rois l'origine ;
Un animal aquatique et commun ,
Dont le milieu, si l'on devine,
Quand il arrive , alors chacun
En dit beaucoup plus qu'il ne pense
Mais c'en est trop , restons dans le silence ,
Puisque tu trouveras enfin
Du fameux Amilcar la veritable fin ,
Laquelle changeant de structure ,
D'Iris emprunte la figure.
Ar mon emploi j'embellis dès ouvrages
Qui servent à divers usages ,
Je forme encore en me bouleversant
Un angle et fais paroítre l'écriture ,,
l'arrête même un Bâtiment ;
1. Vol
LE
JUIN
T155 1734:
Le Créateur à l'humaine nature ,
M'a posé pour cacher le lieu du Jugement ,
Contre l'ardeur et la bruiure ,
Je suis d'un grand soulagement ;
En veux - tu sçavoir davantage ,
D'un de mes pieds fais l'amputation ,
Qu'il m'en reste deux moins qu'il n'en faut em
voyage ,
Ensuite fais refléxion
A chaque permutation ;
Je sers à lever ou descendre ,
Je puis contre les chiens t'aider à te deffendre ,,
On me met dessus un panier ,
Dans le Pays de Normandie ,
Les terres qu'on amodie ,
Par moi se comptent au fermier
Je nomme des Rois l'origine ;
Un animal aquatique et commun ,
Dont le milieu, si l'on devine,
Quand il arrive , alors chacun
En dit beaucoup plus qu'il ne pense
Mais c'en est trop , restons dans le silence ,
Puisque tu trouveras enfin
Du fameux Amilcar la veritable fin ,
Laquelle changeant de structure ,
D'Iris emprunte la figure.
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7733
p. 1156-1157
« TRAITÉ DU VRAI MERITE DE L'HOMME, consideré dans tous [...] »
Début :
TRAITÉ DU VRAI MERITE DE L'HOMME, consideré dans tous [...]
Mots clefs :
Traité du vrai mérite, Saint Augustin, Congrégation de Saint-Maur, L'Espion dans les cours des princes chrétiens, Caractères des hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ DU VRAI MERITE DE L'HOMME, consideré dans tous [...] »
RAITE DU VRAI MERITE
DE L'HOMME considéré dans
tous les âges et dans toutes les conditions,
avec les principes d'éducation propres à
former les jeunes gens à la vertu. A Paris,
grande Sale du Palais , chez Saugrain
1734. in 12. de 514. pages .
DEUX LETTRES DE S. AUGUSTIN,
nouvellement trouvées en Allemagne
accompagniées des Notes Critiques
Historiques & Chronologiques , et imprimées
dans la même forme و etavec
le même soin que la derniere Edition de
tous les Ouvrages du Saint Docteur , la
quelle est le fruit du travail des Peres Benedictins
de la Congrégation de Saint
Maur. Par D. *** Prêtre de la même
Congrégation . A Paris , chez la veuve d'e
Raymond Mazieres et Jean- Baptiste Garnier
Brochure in fol . de 30 pages , sans
compter l'Epître dédicatoire , la Préface
et la Table. L'Ouvrage est en Latin..
L'ESPION DANS LES COURSE
DES PRINCES CHRE' TIENS
>
ou!
Lit. Volo
ket
JUIN. 1734. 7157
Lettres et Memoires d'un Envoyé secret
de la Porte dans les Cours de l'Europe
où l'on voit les Découvertes qu'il a faites
dans toutes les Cours où il s'est trouvé
avec une Dissertation curieuse de
leurs Forces , Politique et Religion , par
M. *** Nouvelle Edition , augmentée
'dans le corps de l'Ouvrage , enrichies de
Figures et de Planches en Taille- douce
rue Saint Jacques , chez le Mercier , 1732 .
6 vol. in 12. prix 15 liv.
,
LES OEUVRES de l'Abbé de Saint
REAL, chez le même 1732.5 volumes in I 2 .
LA CONSTANCE DES PROPRES
AMOURS, avec le jouet de l'Amour . A Paris
chez Nyon fils, Quay de Conti 1733. in 12 .
LES AVANTURES DE CLAMADE'S
et de Clarmende , in 12. chez le même.
LES MILLE ET UNE HEURE
Contes Peruviens. Chez Huart et Clousier,
2 vol. in 12 .
CARACTERES DES HOMMES , de leurs
moeurs , de leurs opinions et des siècles
differens ; ou divers Traitez de Morale .
Par Mylord Aslhei Cooper , Marquis de
Shasterburysec. A Londres, &c . cinquiéme
Edition . Cet Ouvrage est en Anglois et
generalement approuvé.
DE L'HOMME considéré dans
tous les âges et dans toutes les conditions,
avec les principes d'éducation propres à
former les jeunes gens à la vertu. A Paris,
grande Sale du Palais , chez Saugrain
1734. in 12. de 514. pages .
DEUX LETTRES DE S. AUGUSTIN,
nouvellement trouvées en Allemagne
accompagniées des Notes Critiques
Historiques & Chronologiques , et imprimées
dans la même forme و etavec
le même soin que la derniere Edition de
tous les Ouvrages du Saint Docteur , la
quelle est le fruit du travail des Peres Benedictins
de la Congrégation de Saint
Maur. Par D. *** Prêtre de la même
Congrégation . A Paris , chez la veuve d'e
Raymond Mazieres et Jean- Baptiste Garnier
Brochure in fol . de 30 pages , sans
compter l'Epître dédicatoire , la Préface
et la Table. L'Ouvrage est en Latin..
L'ESPION DANS LES COURSE
DES PRINCES CHRE' TIENS
>
ou!
Lit. Volo
ket
JUIN. 1734. 7157
Lettres et Memoires d'un Envoyé secret
de la Porte dans les Cours de l'Europe
où l'on voit les Découvertes qu'il a faites
dans toutes les Cours où il s'est trouvé
avec une Dissertation curieuse de
leurs Forces , Politique et Religion , par
M. *** Nouvelle Edition , augmentée
'dans le corps de l'Ouvrage , enrichies de
Figures et de Planches en Taille- douce
rue Saint Jacques , chez le Mercier , 1732 .
6 vol. in 12. prix 15 liv.
,
LES OEUVRES de l'Abbé de Saint
REAL, chez le même 1732.5 volumes in I 2 .
LA CONSTANCE DES PROPRES
AMOURS, avec le jouet de l'Amour . A Paris
chez Nyon fils, Quay de Conti 1733. in 12 .
LES AVANTURES DE CLAMADE'S
et de Clarmende , in 12. chez le même.
LES MILLE ET UNE HEURE
Contes Peruviens. Chez Huart et Clousier,
2 vol. in 12 .
CARACTERES DES HOMMES , de leurs
moeurs , de leurs opinions et des siècles
differens ; ou divers Traitez de Morale .
Par Mylord Aslhei Cooper , Marquis de
Shasterburysec. A Londres, &c . cinquiéme
Edition . Cet Ouvrage est en Anglois et
generalement approuvé.
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Résumé : « TRAITÉ DU VRAI MERITE DE L'HOMME, consideré dans tous [...] »
Le document répertorie des publications et ouvrages parus en 1734 et les années précédentes. Parmi les titres notables, 'Raite du vrai mérite de l'homme' est un ouvrage de 514 pages publié à Paris en 1734, qui aborde l'éducation des jeunes à la vertu. 'Deux lettres de S. Augustin' ont été découvertes en Allemagne et sont accompagnées de notes critiques historiques et chronologiques, imprimées par les Pères bénédictins de la Congrégation de Saint Maur. Cet ouvrage en latin compte 30 pages, sans inclure l'épître dédicatoire, la préface et la table. 'L'Espion dans les cours des princes chrétiens' est un recueil de lettres et mémoires d'un envoyé secret de la Porte dans les cours d'Europe, enrichi de figures et de planches. Il s'agit d'une nouvelle édition augmentée, publiée en 1732. D'autres ouvrages mentionnés incluent 'Les œuvres de l'Abbé de Saint Real', 'La constance des propres amours', 'Les aventures de Clamadès et de Clarmende', 'Les mille et une heure contes peruviens', et 'Caractères des hommes' de Mylord Aslhei Cooper, Marquis de Shasterbury, publié en anglais et approuvé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7734
p. 1158
Les Poësies de M. G. [titre d'après la table]
Début :
LES POESIES de M. G. 1. vol. in 12. A Blois chez Philbert-Joseph Masson, [...]
Mots clefs :
Églogues de Virgile, Poésie, Blois, Code
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Poësies de M. G. [titre d'après la table]
LES POESIE s de M.G. I. vol. in 12 .
A Blois chez Philbert Joseph Masson
M. DCC.XXXIV. et à Paris chez Rollin,
Quay des Augustins , à S. Athanase , de
200 pag.
Les Poësies qui entrent dans ce Recueil,
quoiqu'imprimées à Blois , ont été composées
à Paris , suivant un Avis qui est à
la tête du Livre. Il est dédié au Roy par
une belle Ode sur la Guere présente.
On trouvera ensuite une Ode à Virgile
sur la Poësie Champêtre , et une Idylle
sur le siécle Pastoral. Suivant les dix
Eglogues de Virgile en vers François . Cet
Ouvrage , dit l'Auteur , dans un court
Avertissement
Traduction qu'une Imitation hardie des
Eglogues de Virgile , fondé en cela sur
ce précepte d'Horace. Nec verbum verbo
curabis reddere. Le Recueil finit par plusieurs
Odes dont la premiere est sur l'Amour
de la Patrie. Quelques unes de ces
Piéces avoient déja paru dans le Mercure,
et y ont paru avec succès.
A Blois chez Philbert Joseph Masson
M. DCC.XXXIV. et à Paris chez Rollin,
Quay des Augustins , à S. Athanase , de
200 pag.
Les Poësies qui entrent dans ce Recueil,
quoiqu'imprimées à Blois , ont été composées
à Paris , suivant un Avis qui est à
la tête du Livre. Il est dédié au Roy par
une belle Ode sur la Guere présente.
On trouvera ensuite une Ode à Virgile
sur la Poësie Champêtre , et une Idylle
sur le siécle Pastoral. Suivant les dix
Eglogues de Virgile en vers François . Cet
Ouvrage , dit l'Auteur , dans un court
Avertissement
Traduction qu'une Imitation hardie des
Eglogues de Virgile , fondé en cela sur
ce précepte d'Horace. Nec verbum verbo
curabis reddere. Le Recueil finit par plusieurs
Odes dont la premiere est sur l'Amour
de la Patrie. Quelques unes de ces
Piéces avoient déja paru dans le Mercure,
et y ont paru avec succès.
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Résumé : Les Poësies de M. G. [titre d'après la table]
Le recueil 'Les Poësies' de M.G. I., publié en 1734 à Blois et Paris, contient 200 pages. Il est dédié au roi et inclut des odes sur la guerre actuelle, Virgile et le siècle pastoral. Il comprend des traductions en vers français des églogues de Virgile et se termine par des odes, dont une sur l'amour de la patrie. Certaines pièces avaient déjà été publiées dans le Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7735
p. 1158-1159
« EPHEMERIES DES MOUVEMENS CELESTES, pour les années 1735. jusqu'en [...] »
Début :
EPHEMERIES DES MOUVEMENS CELESTES, pour les années 1735. jusqu'en [...]
Mots clefs :
Éphémérides, Années
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EPHEMERIES DES MOUVEMENS CELESTES, pour les années 1735. jusqu'en [...] »
EPHEMERIDES DES MOUVEMENS
CELESTES
pour les années 1735 .
jusqu'en 1745. où l'on trouve les mouvements
diurnes des Planétes en longitudes
, leurs latitudes , aspects et média-
I. Vol.
tions
JUIN. 1734.
1199
" tions ; celles des Etoiles , leur lever
coucher , apparitions et occultations ;
les immersions et émersions du premier
Satellite de Jupiter pour les mêmes années.
Avec la situation de plusieurs lieux
dont la longitude et la latitude ont été
observées par plusieurs habiles Astronomes
et plusieurs problêmes Geographiques.
Pour le Méridien de la Ville de
Paris. Par M. Desplaces. Tom. III, ch.
Jacques Colombat , rue S. Jacques 1734.
in 4.
CELESTES
pour les années 1735 .
jusqu'en 1745. où l'on trouve les mouvements
diurnes des Planétes en longitudes
, leurs latitudes , aspects et média-
I. Vol.
tions
JUIN. 1734.
1199
" tions ; celles des Etoiles , leur lever
coucher , apparitions et occultations ;
les immersions et émersions du premier
Satellite de Jupiter pour les mêmes années.
Avec la situation de plusieurs lieux
dont la longitude et la latitude ont été
observées par plusieurs habiles Astronomes
et plusieurs problêmes Geographiques.
Pour le Méridien de la Ville de
Paris. Par M. Desplaces. Tom. III, ch.
Jacques Colombat , rue S. Jacques 1734.
in 4.
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Résumé : « EPHEMERIES DES MOUVEMENS CELESTES, pour les années 1735. jusqu'en [...] »
Le document 'Éphémérides des Mouvemens Célestes' couvre les années 1735 à 1745. Il détaille les mouvements des planètes, des étoiles et du premier satellite de Jupiter. Il inclut des observations de divers astronomes et aborde des problèmes géographiques. Rédigé pour le méridien de Paris par M. Desplaces, il est publié par Jacques Colombat en 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7736
p. 1159-1174
LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
Début :
J'ai à vous parler ici, Monsieur, du XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires [...]
Mots clefs :
Jérôme Bignon, Paris, Louis XIII, Mémoires, Avocat, Homme, Ouvrages, Fils, Ans, Temps, Voyage, Faveur, Jean-Pierre Niceron, Emmius, Mérite, Cardinal, Savants, Érudition, Roland Bignon, Thomas Browne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
LETTRE de M.... sur la Continuation
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
des Memoires du R. P. Niceron.
J'ai à vous parler ici , Monsieur , du
XXIII. et du XXIV. volumes des Memoires
pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres dans la République des Lettres que
le Sr Briasson , Libraire rue S. Jacques ',
continuë de publier avec succè . Voici
les noms des Scavans dont il est parlé
dans le premier de ces deux Volumes.
Rodolphe Agricola , Jean- Louis Guez
de Balzac, François Bernier, Jean Bernier,
Jerome Bignon , Henri Blount , Denis de
Salvaing de Boissieu , Thomas Brovvne le
Médecin , Thomas Brovvne le Théologien,
Guillaume Camden , Marc- Antoine Ca-
1 Vol.
pelli
1160 MERCURE DE FRANCE
pelli , Thomas Corneille , Robert Creyghton,
Cristophe Davenport , Louis Duret , Ubo
Emmius,Guillaume Estius, Gabriel Fano,
Nicolas Faret, Pierre Gilles , George- Henri
Goetze , Louise Labé , Adam Littleton
Nicolas Lloyd , Olivier Maillard , Jean
Maldonat ,Pierre - Martyr d'Anghiera
Pierre- Martyr Vermilio , Etienne Pavillon,
Alexandre Piccolomini , François Piccolo
mini , Jean Price , Jules - Cesar Scaliger ;
Joseph-Juste Scaliger , Jean- Ginés de Sepulveda
, Antoine Sherley , Thomas Sher-
Ley , et André Thevet.
Entre tous ces Sçavants je n'en trouve
aucun de plus distingué et de plus Illustre
, que notre célébre Jerôme Bignon,
dont l'article par conséquent soit et plus
curieux & plus agréable à lire. Vous nie
sçaurez sans doute bon gré de l'avoir
choisi par préférence , et de le voir ici
tel qu'on le trouve dans nôtre Auteur,
JEROME BIGNon.
Jerôme Bignon , nâquit à Paris , l'an
1590. de Rolland Bignon , Avocat au
Parlement , d'une ancienne Famille originaire
d'Anjou , et de Marie Ogier ,
fille de Christophe Ogier aussi Avocat au
Parlement.
Rolland Bignon , qui est mal appellé
t
1
I Vol.
JcJUIN.
1734- 1161
Jerôme dans les opuscules de Loysel
page 582. né au mois de Fevrier de l'an
15. fut un des plus Sçavans hommes
de son siècle. Il avoit été Disciple de
Mrs Roaldés et Maran , fameux Jurisconsultes
de l'Université de Toulouze ;
et lorsque le premier se retira dans celle
de Cahors il laissa sa Chaire de Professeur
en Droit à Rolland Bignon, qui , comme
cetteProfession étoit alors très honorable,
y enseigna publiquement pendant une
année , et dicta d'excellents Paratitles sur
les 5 Livres des Décretales ; étant ensuite
venu à Paris il exerça avec beaucoup
de réputation la Profession d'Avocat ,
laquelle se bornoient alors plusieurs personnes
de naissance et de merite , qui
conservoient la modération des anciennes
Moeurs , et qui étoient prévenus d'une
espece d'aversion contre la validité des
charges introduite depuis peu . Après
avoir brillé dans le Bareau il devint celébre
dans les Consultations, et fut generalement
estimé comme un homme d'une
rare suffisance, etd'une probité singuliere .
Persuadé qu'il étoit plus redevable à
son fils qu'à tout autre il ne voulut confier
son éducation qu'à lui - même. Jerôme
Bignon n'eût pas besoin d'aller chercher
une autre Ecole pour aprendre les Lan
1Vol.
gues
1162 MERCURE DE FRANCE
gues , les Humanitez , l'Eloquence , la
Philosophie , les Mathematiques , l'Histoire
, la Jurisprudence , & la Theologie .
Il aprit sous un si excellent Maître toutes
ces Sciences avec une rapidité extraordinaire
, et se vit presque à la fin de ses
Etudes dans un âge où l'on ne commence.
gueres qu'à délibérer sur les
faire étudier les Enfans .
V
moyens
dev
Dès l'âge de dix ans il donna au Public
un essai de son Erudition qui lui fit dèslors
mériter la qualité d'Auteur . C'est
une Chorographie on Description de la Terre
Sainte , qui fût une preuve des conroissances
qu'il avoit déja acquises dans l'Histoire
, la Geographie et l'Ecriture Sainte,
il n'en demeura pas là , et on fût encore
surpris de voir trois ans après paroître
deux autres Ouvrages de sa composition ,
Ouvrages qui le firent connoître à tout
ce qu'il y avoit de personnes habiles et
considerables dans la France .
Le Roy Henry IV. ayant entendu
patler de lui voulut le voir , et le choisit
pour être en qualité d'Enfant d'Honneur
auprès du Dauphin qui fut depuis
le Roy Louis XIII .
Le jeune Bignon parût à la Cour avec
des manieres tout à fait aisées et polies.
L'austerité d'une Etude assidue n'avoit
I Vol. point
JUIN 1734.
1163
" 2
point obscurci les dispositions naturelles
qu'il avoit pour paroître dans le grand
monde , et le Tumulte et les Engagements
de la Cour ne fû ent point capables
d'affoiblir l'inclination qu'il se sentoit
pour les Sciences.
Il composa en ce tems- là un Traité de
l'Excellence des Rois et du Royaume de
France , pour prouver que les Rois de
France doivent avoir la préséance sur
tous les autres Rois , qui lui attira bien
des aplaudissements. Il le dédia au Roy
Henry IV. qui l'engagea par ordre exprès
à pousser plus loin ses recherches
sur cette matiere .
Mais la Mort funeste de ce Prince arrivée
peu de tems après interrompit ce.
Projet , et détermina même M.Bignon à se
retirer de la Cour. Ce ne fut pas cependant
pour long tems , il y fut bien tôt
rapellé à la sollicitation de Nicolas le
Fevre , nouveau Précepteur du Roy Louis
XIII. et ne put se défendre d'y demeufer
jusqu'à la mort de cet ami, Il travailla
dans cet intervale à l'Edition des Formules
de Marculphe.
En 1614. il fir un voyage en Italie ;
et y visita par tout les plus Illustres d'entre
les Sçavants , qu'il convainquit par
sa présence de ce que la Renommée leur
1. Vol. avoit
1164 MERCURE DE FRANCE
avoit apris de plus incroyable en sa faveur.
Le Pape Paul V. lui donna des marques
singulieres de son estime ; le Cardinal
de Sainte Suzanne , qui n'étoit alors
qne Sécretaire des Brefs , établit avec lui
un commerce d'amitié très étroit , et le
célébre Fra - Paolo charmé de sa conver
sation , l'arrêta quelque tems à Venise
pour en profiter.
Au retour de ce voyage M. Bignon se
donna tout entier aux exercices du Barreau
, où ses premieres actions eûrent un
grand succès .
Son pere le fit pourvoir en 16 20. d'une
Charge d'Avocat General au Grand Conseil
, dans les fonctions de laquelle il surpassa
tout ce qu'on pouvoit attendre de
lui , et il s'acquit une si grande réputation
, que le Roy quelque tems après lo
nomma Conseiller d'Etat , et enfin Avocat
General au Parlement à la place de
M. Servin sur la fin de l'année 1625 .
3
Tout le monde aplaudit à ce choix . Le
Clergé même qui avoit nommé des Députez
pour prier le Roy de faire revivre
en sa faveur l'Ancien Droit , suivant lequel
un des Avocats Generaux devoit
être Clerc , ayant sçû le choix que le
Roy avoit fait de M. Bignon , ne se
I Vol.
conJUIN.
1734. 1165
Contenta pas de renoncer à ses prétentions
on faveur de cet Illustre Magistrat , mais
députa encore vers Sa Majesté pour lui
en faire des remerciments, et vers M. Bignon
pour l'en féliciter.
En effet jamais cette importante place
n'avoit été remplie plus dignement 3 car
sans parler de ses talents naturels qu'on y
vit briller dans toute leur étendue, il signala
en mille occasions sa vigueur à soutenir
les interêts du Parlement , son zele inviolable
pour la justice et sa fermeté inébranlable
contre toutes les attaques de la
faveur. Vertus dont ses envieux entrepri
rent de lui faire des crimes ; après la harangue
sincere , quoique respectueuse
qu'il prononça devant le Roy Louis XIII.
séant en son Lit de Juftice pour la vérification
de quelques Edits . Mais ce Prince
justement prévenu en sa faveur , oposa
la parfaite connoissance qu'il avoit de ses
bonnes intentions aux complots et à l'avidité
des gens d'affaires déchaînez contre
sa trop grande probité.
En 1641. résolu de ne plus vaquer
qu'aux Emplois qu'il occupoit dans le
Conseil d'Etat , il céda sa Chargé d'Avocat
General à M. Briquet son Gendre .
L'année suivante le Cardinal de Richelieu
, quoiqu'assez mal intentionné à son
égard
1. Vol. F
1165 MERCURE DE FRANCE
que
égard , le fit nommer Grand- Maître de
la Bibliothéque duRoy , dans la persuasion
le Public le destinoit par avance à
cette Charge , et seroit choqué qu'elle
fut remplie par un autre. L'amour que
M. Bignon avoit pour les Lettres la lui
fit accepter , et son désinteressement lui
fit refuser dans la suite celle de Sur - Intendant
des Finances.
M. Briquet son Gendre étant mort en
1645. il fut obligé de reprendre sa Charge
pour la conserver à son fils , et continua
de l'exercer jusqu'à sa mort , quoique
de Premier Avocat General,il fut des
venu le second.
Il fut outre cela employé à d'autres
Affaires importantes pour l'Etat ; on sçait
combien il eût de part à l'Ordonnance
de 1639. et avec combien d'équité il
exerça les Commissions de l'Arriereban ,
des Amortissemens et du Domaine , qui
lui furent confiées en differents temps.
La Reine Anne d'Autriche l'apella pen
dant sa Regence aux Conseils les plus
importants.
Ce fut lui qui accommoda, les differends
de Mrs d'Avau et Servien , Plenipotentiaires
à Munster , et qui travailla
avec Mrs de Brienne et d'Emery au
Traité d'Alliance avec la Hollande en
IVol. 1649.
JUIN 1734. 1167
1649. Il fut aussi choisi en l'année 1651 .
pour regler la grande Affaire de la Succession
de Mantoüe , et en 1654. pour
conclure le Traité avec les Villes Anseatiques.
Enfin ce grand Homme qui avoit
toujours fait servir la pieté de baze aux
autres vertus qu'il avoit constamment
pratiqué , finit par une mort précieuse
devant Dieu , le cours d'une vie si glo-.
rieuse aux yeux des hommes. Il mourut
le 7 Avril 1656. d'un Asthme dont il
avoit été attaqué dès l'Automne précédent
, mais qui ne lui fit point cesser
ses fonctions ordinaires . Il étoit alors dans
sa 67, année. Il fut enterré à S. Nicolas
du Chardonnet , où vous avez vû son
Buste de Marbre , fait de la main de Gi
rardon , avec une longue Epitaphe qui
^ commence par ces mots : Hieronimus Bignon
,sui sæculi Amor , Decus , Exemplum,
Miraculum & c.
Iln'avoitjamais voulu permettre qu'on
fit son portrait , mais on le tira pendant
qu'il portoit la parole à la grand- Chambre
; c'est pour cela que Lochon qui l'a
gravé , a mis au bas ces mots. R. Lochon
ad vivumfurtim delineavit.
Voici le Catalogue de ses Ouvrages.
1. Chorographie on Description de la
Terre Sainte, Paris 1600. Cette Description-
A. 1 Vol. Fij . qu'il
1168 MERCURE DE FRANCE
qu'il publia à l'âge de 10 ans , est plus
exacte que toutes celles qui avoient paru
auparavant.
2. Discours de la Ville de Rome Prin
cipales Antiquitez , et singularitez d'icelle.
Paris 1604. in 8. Livre peu commun , dit
l'Abbé Lenglet , et qui vient d'une personne
qui joignoit à un grand goût une
extrême exactitude.
3. Traité Sommaire de l'Election des Pa
pes. Plus le Plan du Conclave. Paris 1605,
in 8. Il y a bien de l'érudition dans ce
petit Ouvrage.
4. De l'Excellence des Rois et du Royaume
de France , traitant de la Preséance et des
Prérogatives des Rois de France par dessus
tous les autres , et des causes d'icelles.
Paris 161c . in 8. Cet Ouvrage a été fait
pour refuter celui que Diego Valdès Con
seiller de la Chambre
Royale de Grenade
,
avoit publié pour soutenir
la Preséance
des Rois d'Espagne
, sous ce Titre : de
Dignitate
Regum Hispania. Granata 1602 . in fol
5. Marculfi Monachi Formula ex Biblioteca
Regia Hier. Bignonius edidit , es
Notis illustravit . Paris 1613. in 8.Idem Are.
gentorati.1655 in 4.Id. Editio.auctior. Accessit
Liber Legis Salica, a. f. R. Pithao , et
calem BignonisNotis illustratus.Paris 1666,
I Vol.
ink
JUIN. 1734- 1189
in 4. Cette seconde Edition qui est con
sidérablement augmentée , a paru par les
soins de ses Fils . Les Notes de M.Bignon
sont si remplies d'érudition et si justes
qu'elles font encore l'admiration des
Sçavants cependant il n'avoit que 23
ans lorsqu'il les donna pour la premiere
fois.
6.Voyage de François Pyrard de Laval,
contenant sa navigation aux Indes Orien
tales , Maldives , Moluques et au Brezil
Paris 1615. in 8. Id. nouvelle Edition augmentée
de divers Traitez. Paris 1679.in 8.
C'est à Jerôme Bignon que nous sommes
redevables de la publication de ce Voyage.
Les Découvertes de Pyrard , homme de
bon sens, mais incapable de s'énoncer par
écrit , seroient demeurées ensevelies dans
l'oubli , si M. Bignon ne l'eût attiré chez
lui , l'invitant même à sa table , et n'eût
pris soin de mettre tous les soirs sur le
papier , ce qu'il tiroit à différentes reprises
de ses entretiens.
Ubbo Emmius , Sçavant Hollandois du
XVI. siécle , fait encore une très bonne
figure dans ce 23. vol. desMem . du P.Niceron,
et l'article mérite d'être lû avec attention
. Il mourut à Groningue le 9 Decem
. 1625. dans sa 79 année. Il a composé
plusieurs bons Ouvrages , dont le plus
Fiij im- I. Vol.
170 MERCURE DE FRANCE
important est celui qui concerne l'An
cienne Grece , et dont voici le titre Vetus
Gracia illustrata complectens Descriptionem
Gracia , res gestas Græcorum, statum Rerumpublicarum
Græcarum. Lugd. Bat. Elzevir.
1626. 3. vol. 8.
>
, Emmius , dit l'Auteur des Memoires ,
qui vit commencer et peut- être finir cette
Edition mit écrit le 6 Decembre
par
1625. trois jours avant sa mort ce qu'il
en pensoit. L'Imprimeur , dit- il , a fait
deux fautes. 1. İl a mis mon Ouvrage
in 8. contre la promesse qu'il m'avoit
faite de l'imprimer in folio , et a rendu
ainsi inutiles des Tables Chorographiques
que j'avois dressées avec beaucoup de soin
en cette forme , pour y être inserées et
dont le Livre a indispensablement besoin,
2º. Il a fait traîner si fort en longueur
l'impression , que le chagrin qui m'est
survenu par la mort de mon fils Egbert,
et ensuite mes infirmitez m'ont empêché
de travailler à une ample Préface que
j'avois dessein de composer lorsque le
Livre seroit prêt à paroître , et dans laquelle
j'aurois fait une comparaison entre
les anciennes Republiques Grecques [ et
celles d'à- présent , montrant ce qu'il y a
* Ce Fils mourut à Orleans
Epitaphe que son Pere lui fit &c.
et on rapporte
1Vol. de
JUIN. 1734 7171
de bon et de mauvais dans les unes et
les autres.
L'Ouvrage d'Emmius a été inseré dans
les Antiquitez Grecques de Gronovius ,
tome 4. page 85. avec des additions
Anecdotes de sa façon . Le troisiéme tome
qui contient l'Etat des principales Republiques
de la Grece , a été imprimé séparement
l'an 1632. à Leyde , chez Elzevir
en 2 vol. in 24. pour être joint au corps
des petites Républiques .
Quand ce Sçavant Homme mourut il
travailloit à l'Histoire de Philippe Roy
de Macédoine et son dessein étoit d'y
montrer pour l'usage des Provinces unies,
par quels moyens ce Prince avoit opprimé
la liberté de la Grece. Il avoit déja
conduit l'Histoire jusqu'à la 15. année du
Regne de ce Monarque.
Au reste on doit sçavoir gré au P. Niceron
d'avoir donné à cet Auteur une/
place dans ces Memoires ; car je trouve
que malgré tout son mérite il n'est guere
connu du commun des Gens de Lettres ,
sur tout dans les Provinces. L'Auteur de
la * Dissertation Historique sur l'ancienne
* Cette Dissertation est dans le Recueil des
Piéces présentées à l'Académie de Marseille pour le
Prix de l'année 1727. avec les Distours prononcez
&c. A Marseille chez Jean- Baptiste Boy , e.
$727. Fiij Aca→
172 MERCURE DE FRANCE
Académie de Marseille, n'avoit sans doute
jamais rien vû par lui même de notre
Ubbe Emmins , puisqu'en le citant il fait
du même homme deux Auteurs différents.
C'est dans la même citation que du Boulay
en latin Bullaus , Auteur de l'Histoire Latine
de l'Université de Paris , est nommé
Bouilland , par une assez plaisante méprise.
>
Passons au XXIV. Tome des Memoires.
De trente-sept Articles de Sçavans
qui le composent , je ne vous nommerai
que ceux pour lesquels je prévois que vous
vous interesserez , tels sont Juste Lipse
Pierre Belon , Pierre Patrix on Patris de
Caën , Provençal d'origine , Honorat de
Beuil de Racan , Nicolas Boileau Despreaux
et Jean Baptiste- Henri du Trousset de Valincourt.
Les autres Articles ont aussi le
mérite d'instruire agréablement , et par
conséquent leur utilité .
J'avois dessein d'insérer ici celui de
Pierre Belon du Mans , le plus grand et
le plus curieux voyageur de son temps ,
mais j'aurois excedé les bornes d'une Lettre.
Deux ou trois Remarques que je ferai
sur son sujet suffiront ici. Belon étoit
grand Physicien , bon Médecin et habile
Botaniste mais il faut convenir qu'il
n'étoit ni Geographe ni Antiquaire , ni
I Vol.
bon
JUIN. 1734. 1173**
bon Critique , cela paroît par les differentes
méprises dans lesquelles il est tombé
à cet égard, et dont j'ai donné des preuve
ailleurs , dans le Livre de ses Observations
de plusieurs singularitez et choses memorables
trouvées en Grece , Asie , Judée ,
Egypte , Arabie et autres Pays étrangers
redigees en trois Livres , avec des Figures ,
imprimé pour la premiere fois à Paris
1553. in 4. C'est cependant un bon Livre
P'exactitude de l'Auteur et par sa capacité
dans tout ce qui concerne l'Histoire
naturelle des Pays qu'il a parcourus. Il a
été traduit en latin par Charles Clusius
d'Arras et imprimé à Anvers.en 1589 .
1. vol. 8 .
par
Belon étoit l'Eleve de Pierre Gilles
attaché au Cardinal d'Armagnac , lequel
a fait deux beauxOuvrages sur le Bosphore
de Thrace , et sur la Ville de Constantinople
, mais on prétend qu'il avoit
péu profité sous un si bon Maître pour
les autres connoissances qui lui manquoient.
De retour de ses voyages , il se
retira à l'Abbaye de S. Germain des Prez,
dont étoit alors Abbé le Cardinal de
Tournon , à qui il étoit fort étroitement
* P. Gilles a aussi écrit sur d'autres sujets . Son
Article est curieux dans le XXIII . T. des Memoires
p. 403.
: I. Vol. Fv attaché
174 MERCURE DE FRANCE
attaché. Suivant les Memoires du P. Niceron
, Belon fut assassiné près de Paris)
par un de ses ennemis , l'an 1564. étant
âgé d'environ 47. ans .
Outre son Voyage du Levant , sous
le nom d'Observations , & c. nous avons
du même Auteur plusieurs autres bons
Ouvrages sur differens sujets de l'Histoire
Naturelle , qui ont été publiés de son
vivant , les uns en Latin , les autres en
François.
Fermer
Résumé : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
La lettre traite des volumes XXIII et XXIV des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', publiés par le libraire Briasson. Elle met en lumière plusieurs savants, notamment Jérôme Bignon, né à Paris en 1590. Fils de Rolland Bignon, avocat au Parlement, et de Marie Ogier, Jérôme Bignon reçut une éducation complète incluant les langues, les humanités, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques, l'histoire, la jurisprudence et la théologie. À dix ans, il publia une 'Chorographie ou Description de la Terre Sainte', suivie de deux autres ouvrages à treize ans. Le roi Henri IV, impressionné par son érudition, le nomma Enfant d'Honneur auprès du Dauphin. Bignon composa un traité sur l'excellence des rois de France, dédié à Henri IV. Après la mort du roi, il se retira temporairement de la cour avant d'y revenir à la demande de Nicolas Le Fèvre, précepteur de Louis XIII. En 1614, il voyagea en Italie, où il rencontra plusieurs savants illustres et reçut des marques d'estime du pape Paul V et du cardinal de Sainte Suzanne. De retour en France, Bignon reprit ses activités au barreau et fut nommé avocat général au Grand Conseil en 1620. En 1625, il devint conseiller d'État et avocat général au Parlement. Il céda sa charge d'avocat général en 1641 et fut nommé grand-maître de la Bibliothèque du Roi par le cardinal de Richelieu en 1642. Bignon fut impliqué dans plusieurs affaires importantes pour l'État, notamment l'ordonnance de 1639 et les traités de Munster et d'Alliance avec la Hollande. Il mourut le 7 avril 1656 à l'âge de 67 ans. Ses œuvres incluent la 'Chorographie de la Terre Sainte', des discours sur Rome, un traité sur l'élection des papes, et des éditions de textes juridiques. La lettre mentionne également Ubbo Emmius, un savant hollandais du XVIe siècle, connu pour son ouvrage sur l'ancienne Grèce. L'auteur exprime sa gratitude au Père Niceron pour avoir donné une place à cet auteur dans ses mémoires, notant qu'Emmius est peu connu parmi les gens de lettres. Le texte évoque également l'œuvre d'Emmius, insérée dans les 'Antiquités Grecques' de Gronovius, et mentionne ses travaux sur les républiques grecques et l'histoire de Philippe II de Macédoine. Le texte traite également de Pierre Belon, un grand voyageur, physicien, médecin et botaniste. Bien que ses compétences en géographie, antiquités et critique soient jugées insuffisantes, Belon a rédigé plusieurs ouvrages sur l'histoire naturelle des pays qu'il a visités, traduits en latin par Charles Clusius. Le texte mentionne également Pierre Gilles, maître de Belon, et ses œuvres sur le Bosphore de Thrace et Constantinople. Belon a été assassiné près de Paris en 1564 à l'âge d'environ 47 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7737
p. 1174-1175
« RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
Début :
RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...]
Mots clefs :
Rituel du diocèse de Clermont, Maladie anglaise, Histoire d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT :
renouvellé et augmenté par Monseigneur
Illustrissime et Reverendissime Jean-
Baptiste Massillon , Evêque de Clermont,
et publié par son ordre . A Clermont, chez
Boutandon , Imprimeur du Roi , et de Mona
seigneur l'Evêque , 2. vol . in- 4.
Ce Rituel est aussi curieux , qu'utile
et necessaire aux Curés.
LA MALADIE ANGLOISE , ou Traité
des Maladies des Nerfs de toute espece ,
comme le mal de Rate , les Vapeurs
l'Abattement , les maladies Hypocondriaques
et Hysteriques , &c. Par M. Georges
Cheyne , Docteur en Medecine , membre
du College des Medecins d'Edimbourg,
et de la Societé Royale. A Londres , chez
1. Vol. Straban
JUFN. 1734- 1175
Strahan et J. Leake 1733. in- 8 . l'Ouvrage
est en Anglois.
HISTOIRE d'ESPAGNE , divisée en z3oǝ.
Livres , par le Pere Jean Mariana , de la
Compagnie de Jesus , avec la continuation,
par le R.P.Joseph- Emmanuel Miniana
, de l'Ordre de la très- Sainte Trinité
de la Redemption des Captifs , en 10.
Livres , fol . 4. vol . A la Haye , chez
Pierre Hondt 1733. pages 428. 439. 378 .
416. sans la Table generale , et à Paris ,
chez Mercier , rue S. Jacques : l'Ouvrage
est en Latin
renouvellé et augmenté par Monseigneur
Illustrissime et Reverendissime Jean-
Baptiste Massillon , Evêque de Clermont,
et publié par son ordre . A Clermont, chez
Boutandon , Imprimeur du Roi , et de Mona
seigneur l'Evêque , 2. vol . in- 4.
Ce Rituel est aussi curieux , qu'utile
et necessaire aux Curés.
LA MALADIE ANGLOISE , ou Traité
des Maladies des Nerfs de toute espece ,
comme le mal de Rate , les Vapeurs
l'Abattement , les maladies Hypocondriaques
et Hysteriques , &c. Par M. Georges
Cheyne , Docteur en Medecine , membre
du College des Medecins d'Edimbourg,
et de la Societé Royale. A Londres , chez
1. Vol. Straban
JUFN. 1734- 1175
Strahan et J. Leake 1733. in- 8 . l'Ouvrage
est en Anglois.
HISTOIRE d'ESPAGNE , divisée en z3oǝ.
Livres , par le Pere Jean Mariana , de la
Compagnie de Jesus , avec la continuation,
par le R.P.Joseph- Emmanuel Miniana
, de l'Ordre de la très- Sainte Trinité
de la Redemption des Captifs , en 10.
Livres , fol . 4. vol . A la Haye , chez
Pierre Hondt 1733. pages 428. 439. 378 .
416. sans la Table generale , et à Paris ,
chez Mercier , rue S. Jacques : l'Ouvrage
est en Latin
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Résumé : « RITUEL DU DIOCESE DE CLERMONT, renouvellé et augmenté par Monseigneur [...] »
Le document présente trois ouvrages distincts. Le premier est le 'Rituel du Diocèse de Clermont', renouvelé et augmenté par Monseigneur Jean-Baptiste Massillon, Évêque de Clermont. Imprimé à Clermont par Boutandon, imprimeur du Roi et de Monseigneur l'Évêque, cet ouvrage en deux volumes in-4 est décrit comme curieux, utile et nécessaire aux curés. Le second ouvrage est 'La Maladie Anglaise', un traité sur les maladies des nerfs écrit par Georges Cheyne, Docteur en Médecine, membre du Collège des Médecins d'Édimbourg et de la Société Royale. Publié à Londres en 1733 par Strahan et J. Leake, cet ouvrage en un volume in-8 traite des maladies telles que le mal de rate, les vapeurs, l'abattement, les maladies hypocondriaques et hystériques. Le troisième ouvrage est l''Histoire d'Espagne', divisée en 33 livres, écrite par le Père Jean Mariana de la Compagnie de Jésus, avec une continuation par le Père Joseph-Emmanuel Miniana de l'Ordre de la très-Sainte Trinité de la Rédemption des Captifs. Publié en 1733 à La Haye par Pierre Hondt et à Paris par Mercier, cet ouvrage en quatre volumes in-folio est écrit en latin et contient respectivement 428, 439, 378 et 416 pages, sans la table générale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7738
p. 1175-1182
Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE, &c. Année M. DCC. XXIX. Tome XVII. et [...]
Mots clefs :
Édition, Enfant, Temps, Ouvrage, Dessein, Allemand, Relation, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE GERMANIQUE , & c. Année
M. DCC . XXIX . Tome XVII . et
XVIII. 1. vol . 12. A Amsterdam , chez
Pierre Humbert M. DCC . XXIX .
On trouve dans le III . Article du premier
de ces deux Tomes , dequoi se dedommager
de la secheresse et du peu d'interêts
qui règne dans la plupart des autres
Articles . On y rend compte d'un Livre
Allemand , dont le Titre rendu François
, est RELATION d'un Enfant extraordinairement
avancé pour son âge , &c. vol.
in 4. A Leipsic , 1728. Cette Relation
contient aussi d'autres exemples d'Enfans
extraordinaires et distingués par leur sça-
F vj voit 1Vol.
T176 MERCURE DE FRANCE
voir , et des observations utiles et inte
ressantes sur le même sujet.
Jean - Philippe Baratier , Fils de M. Baratier
, Pasteur de la R. P. R. de Schwabach
, dans le Marquisat d'Anspach , est
le principal sujet de la Relation dont le
Pere même est l'Auteur ; mais comme
il a déja été parlé de cet Enfant dans notre
Mercure , nous passerons à un autre
qui paroîtra encore plus extraordinaire.
,
C'est Chrétien Henri Heinecken , fils
d'un Peintre de Lubeck , lequel nâquit
dans cette Ville- là le 6. Fevrier 1721.et
mourut le 27. Juin 1725. Dans ce court
espace de quatre ans et près de cinq mois ,
il donna des preuves si extraordinaires de
son esprit et de sa memoire , qu'on ne
pourroit presque se resoudre à les croire
si elles n'étoient pas attestées par unghd
nombre de témoins éclairés qui ont
eux-mêmes vû et admiré cet Enfant. Ce
fut à dix mois qu'il commença à parler ,
et cela à l'occasion de diverses figures
dont il parut souhaiter l'explication ; on
la lui donna , et tout d'un coup on remarqua
qu'il observoit avec une attention
fixe les mouvemens des levres de ceux
qui lui parloient , et il vint à bout , non
sans effort , de prononcer syllabe après
syllabe ce qu'on lui disoit. Ces progrès
IVol.
furent
JUI N. 1734 1177
furent depuis ce tems - là très- rapides ,
puisqu'à un an il sçavoit les principaux
évenemens du Pentateuque; à treize mois,
l'Histoire de l'Ancien Testament ,
quatorze celle du Nouveau .
et à
Au mois de Septembre 1723. le petit
Heinecken avoit acquis une connoissance
si exacte de l'Histoire ancienne et moderne
, et de la Géographie , qu'il répondoit
pertinemment aux questions qu'on lui
faisoit sur des sujets diversifiés. Il chargea
aussi sa memoire d'une grande quantité de
mots Latins , de sorte qu'il parvint à parler
cette Langue avec facilité , et il apprit
parcoeur en cette Langue les Institutes de
Justinien. Quelque tems après il apprit
aussi passablement le François , et avant
sa quatrième année il étoit bien avancé
dal connoissance de la Genealogie des
principales Maisons de l'Europe. Jamais
onne vit plus d'ardeur à acquerir de nouvelles
connoissances , et cela même est une
preuve du genie de cet Enfant. L'Auteur
de sa vie rapporte d'ailleurs un assez bon
nombre de traits qui marquent et de l'esprit
et du jugement ; l'un et l'autre paroissent
sur tout dans l'application qu'il
faisoit des Sentences et des Passages de
Ecriture Sainte qu'il avoit appris , aux
diverses circonstances où il se trouvoit.
1. Vol. Une
1178 MERCURE DE FRANCE
Une bonne partie de sa quatrième année
fut employée au voyage de Danemarck,
où il fut admiré de toute la Cour ; il harangua
de fort bonne grace le Roi et les
Princes du Sang . De retour à Lubeck il
y apprit à écrire en fort peu de tems ,
quoiqu'il eût à peine la force de tenir sa
plume. Enfin après avoir langui quelques
mois il mourut dans le tems marqué cidessus.
C'est une chose remarquable que cet
Enfant si extraordinaire , par rapport aux
talens de son esprit , fût en même - tems
d'une complexion très - délicate. Il est
d'autant plus étonnant qu'il sçût tant de
choses que des maladies très-fâcheuses qui
se suivirent de près , lui auroient dû ,
ce semble , ôter presque tout moyen de
bien apprendre. L'Auteur de sa vie attri
bue ses infirmités presque continuelles
et sa mort prématurée à sa délicatesse natutelle
, et aux passions de sa Nourrice ,
qui eurent plus d'influences sur lui qu'elles
n'en auroient eu sur un autre , parce
qu'il ne fut sevré que quelques mois avant
sa mort , ayant témoigné beaucoup de répugnance
pour toutes sortes d'alimens
excepté le lait , et en particulier celui
de cette Nourrice . Cette repugnance fut
cause qu'il ne mâchoit qu'avec une extrê
me difficulté. Au
JUIN. 1734
1179
Au reste , la maniere sage et chrétienne
dont le petit Heincken envisagea la
mort , est à proportion aussi extraordi
naire pour son âge , que le sont les connoissances
qu'il avoit acquises pendant sa
vie.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVII. Tome.
fille
De Strasbourg. Madame Linck
et femme de deux Professeurs en Droit
de cette Ville , a publié une Traduction
du Polyeucte de Corneille , en vers Allemands.
De Nuremberg. On débite une Brochu
re en forme de Dictionnaire , qui contient
la liste de tous les Bains et des Eaux
Minerales , sous le titre de Bibliotheca
cum Lexico Hydrologico.
M. Frederic Bothscholtz a formé le
projet de rassembler en deux Volumes in
folio , tous les Ouvrages qui traitent de
la Librairie et de l'Imprimerie. Chacun
paroîtra tel qu'il est , et même dans la
Langue où il a été imprimé , ou si c'est
un Ouvrage Manuscrit , dans celle où il
aura été composé.
D'Altorf.M. le Professeur Koehler, publie
toutes les semaines une Feuille qui
contient, l'explication et le dessein de
I. Vol. quel1180MERCURE
DE FRANCE
quelque Medaille. C'est à Nuremberg
que s'imprime ce nouvel Ouvrage Periodique
en Allemand .
De Goettingen. M. le Docteur Heumaun ,
Inspecteur du College de cette Ville , publiera
incessamment l'Ouvrage de Charlemagne
contre le second Concile de Nicée
, sur l'Edition que Jean du Tillet Evêque
de Meaux publia à Paris en 1549.
sans nom d'Auteur , et sans marquer le
lieu de l'impression . Cette Edition étoit
devenue extrêmement rare . M. Heumaun
joindra ses propres remarques aux corrections
de du Tillet et de Goldstat , et le
tout sera précedé d'une Dissertation dont
le dessein est de prouver que ce Traité
est de Charlemagne , et contient ses veritables
sentimens , tout au moins de la même
maniere que la Confession d'Ausbourg
doit être attribuée aux Princes qui la fignerent.
De Leipsic DISSERTATIO Epistolica ad
Eminentissimam atque Reverendissimum
Dominum Christianum Wormium , Diaceseos
Sialandica in Danuâ Episcopum, &c.
de scriptis quibusdam integris , fragmentisque
hactenus ineditis , que in itinere Gallico-
Anglico, atque Germanico reperire contigit et
nunc in lucem publicam edenda parat, virosque
eruditos insimul ad conferendas symbolas
IVol. humanisJUIN.
1734: 1181
humanissimè invitat Magnus Crusius Sles-
Wicensis V. D. M.
C'est le titre d'une Brochure de neuf
feuilles que
Gleditsch a imprimé . On
voit par ce titre que M. Crusius , ci- devant
Chapelain de l'Ambassade Danoise
en France et connu par la vie de Duplessis
Mornay qu'il a mis au jour sous ce titre:
Memorabilia Plessiaca , a ramassé de bons
materiaux dans ces voyages , et qu'il a
dessein de les communiquer au Public.
Le détail de ses acquisitions et de ses projets
se trouve dans la Lettre même . Il y
parle , entr'autres , d'une continuation
du Spicilegium Patrum de Grabe ; d'une
nouvelle Edition de S. Irenée , recommandable
par plusieurs Pieces , non imprimées
, de cet ancien Docteur , et par
des Remarques nouvelles de Thomas Aisler
, d'Edouard Bernard , de François du
Jon ou Junius , de Daniel Heinsius , et
de quelques autres Sçavans. M. Crusius
nous promet encore une Edition beaucoup
plus ample que les précedentes , des
Annales de Nicetas Choniate ; une Edition
d'Arnobe contre les Gentils , avec
'des notes de plusieurs Sçavans , lesquelles
n'ont point encore vû le jour ; et une
Histoire du Lutheranisme en France .
De Dresde. M. Mathieu Daniel Poep-
I. Vol.
pelmaun
1182 MERCURE DE FRANCE
pelmaun , Architecte du Roi de Pologne
, a publié une Description de divers
Bâtimens magnifiques de cette Ville et
des environs appartenans à Sa Majesté .
La Description est en Allemand et en
François , accompagnée de quantité de
figures qui font le principal de cet Ouvrage.
On y voit aussi le dessein de la
grande Cuve qu'on a placée depuis peu
à Koenigstein , et qui tient environ deux
cens Bariques de plus que celle de Heidelberg.
>
De Crossen. M. Samuel Ledel , Docteur
en Medecine , travaille à une Histoire de
Monstres. Il a aussi considerablement augmenté
la Centauriologia curiosa Ouvrage
que feu M. son Pere fit imprimer en
1694. à Francfort sur le Mein , et il a
dessein d'en publier une nouvelle Edition
,
M. DCC . XXIX . Tome XVII . et
XVIII. 1. vol . 12. A Amsterdam , chez
Pierre Humbert M. DCC . XXIX .
On trouve dans le III . Article du premier
de ces deux Tomes , dequoi se dedommager
de la secheresse et du peu d'interêts
qui règne dans la plupart des autres
Articles . On y rend compte d'un Livre
Allemand , dont le Titre rendu François
, est RELATION d'un Enfant extraordinairement
avancé pour son âge , &c. vol.
in 4. A Leipsic , 1728. Cette Relation
contient aussi d'autres exemples d'Enfans
extraordinaires et distingués par leur sça-
F vj voit 1Vol.
T176 MERCURE DE FRANCE
voir , et des observations utiles et inte
ressantes sur le même sujet.
Jean - Philippe Baratier , Fils de M. Baratier
, Pasteur de la R. P. R. de Schwabach
, dans le Marquisat d'Anspach , est
le principal sujet de la Relation dont le
Pere même est l'Auteur ; mais comme
il a déja été parlé de cet Enfant dans notre
Mercure , nous passerons à un autre
qui paroîtra encore plus extraordinaire.
,
C'est Chrétien Henri Heinecken , fils
d'un Peintre de Lubeck , lequel nâquit
dans cette Ville- là le 6. Fevrier 1721.et
mourut le 27. Juin 1725. Dans ce court
espace de quatre ans et près de cinq mois ,
il donna des preuves si extraordinaires de
son esprit et de sa memoire , qu'on ne
pourroit presque se resoudre à les croire
si elles n'étoient pas attestées par unghd
nombre de témoins éclairés qui ont
eux-mêmes vû et admiré cet Enfant. Ce
fut à dix mois qu'il commença à parler ,
et cela à l'occasion de diverses figures
dont il parut souhaiter l'explication ; on
la lui donna , et tout d'un coup on remarqua
qu'il observoit avec une attention
fixe les mouvemens des levres de ceux
qui lui parloient , et il vint à bout , non
sans effort , de prononcer syllabe après
syllabe ce qu'on lui disoit. Ces progrès
IVol.
furent
JUI N. 1734 1177
furent depuis ce tems - là très- rapides ,
puisqu'à un an il sçavoit les principaux
évenemens du Pentateuque; à treize mois,
l'Histoire de l'Ancien Testament ,
quatorze celle du Nouveau .
et à
Au mois de Septembre 1723. le petit
Heinecken avoit acquis une connoissance
si exacte de l'Histoire ancienne et moderne
, et de la Géographie , qu'il répondoit
pertinemment aux questions qu'on lui
faisoit sur des sujets diversifiés. Il chargea
aussi sa memoire d'une grande quantité de
mots Latins , de sorte qu'il parvint à parler
cette Langue avec facilité , et il apprit
parcoeur en cette Langue les Institutes de
Justinien. Quelque tems après il apprit
aussi passablement le François , et avant
sa quatrième année il étoit bien avancé
dal connoissance de la Genealogie des
principales Maisons de l'Europe. Jamais
onne vit plus d'ardeur à acquerir de nouvelles
connoissances , et cela même est une
preuve du genie de cet Enfant. L'Auteur
de sa vie rapporte d'ailleurs un assez bon
nombre de traits qui marquent et de l'esprit
et du jugement ; l'un et l'autre paroissent
sur tout dans l'application qu'il
faisoit des Sentences et des Passages de
Ecriture Sainte qu'il avoit appris , aux
diverses circonstances où il se trouvoit.
1. Vol. Une
1178 MERCURE DE FRANCE
Une bonne partie de sa quatrième année
fut employée au voyage de Danemarck,
où il fut admiré de toute la Cour ; il harangua
de fort bonne grace le Roi et les
Princes du Sang . De retour à Lubeck il
y apprit à écrire en fort peu de tems ,
quoiqu'il eût à peine la force de tenir sa
plume. Enfin après avoir langui quelques
mois il mourut dans le tems marqué cidessus.
C'est une chose remarquable que cet
Enfant si extraordinaire , par rapport aux
talens de son esprit , fût en même - tems
d'une complexion très - délicate. Il est
d'autant plus étonnant qu'il sçût tant de
choses que des maladies très-fâcheuses qui
se suivirent de près , lui auroient dû ,
ce semble , ôter presque tout moyen de
bien apprendre. L'Auteur de sa vie attri
bue ses infirmités presque continuelles
et sa mort prématurée à sa délicatesse natutelle
, et aux passions de sa Nourrice ,
qui eurent plus d'influences sur lui qu'elles
n'en auroient eu sur un autre , parce
qu'il ne fut sevré que quelques mois avant
sa mort , ayant témoigné beaucoup de répugnance
pour toutes sortes d'alimens
excepté le lait , et en particulier celui
de cette Nourrice . Cette repugnance fut
cause qu'il ne mâchoit qu'avec une extrê
me difficulté. Au
JUIN. 1734
1179
Au reste , la maniere sage et chrétienne
dont le petit Heincken envisagea la
mort , est à proportion aussi extraordi
naire pour son âge , que le sont les connoissances
qu'il avoit acquises pendant sa
vie.
Extrait des Nouvelles Litteraires
du XVII. Tome.
fille
De Strasbourg. Madame Linck
et femme de deux Professeurs en Droit
de cette Ville , a publié une Traduction
du Polyeucte de Corneille , en vers Allemands.
De Nuremberg. On débite une Brochu
re en forme de Dictionnaire , qui contient
la liste de tous les Bains et des Eaux
Minerales , sous le titre de Bibliotheca
cum Lexico Hydrologico.
M. Frederic Bothscholtz a formé le
projet de rassembler en deux Volumes in
folio , tous les Ouvrages qui traitent de
la Librairie et de l'Imprimerie. Chacun
paroîtra tel qu'il est , et même dans la
Langue où il a été imprimé , ou si c'est
un Ouvrage Manuscrit , dans celle où il
aura été composé.
D'Altorf.M. le Professeur Koehler, publie
toutes les semaines une Feuille qui
contient, l'explication et le dessein de
I. Vol. quel1180MERCURE
DE FRANCE
quelque Medaille. C'est à Nuremberg
que s'imprime ce nouvel Ouvrage Periodique
en Allemand .
De Goettingen. M. le Docteur Heumaun ,
Inspecteur du College de cette Ville , publiera
incessamment l'Ouvrage de Charlemagne
contre le second Concile de Nicée
, sur l'Edition que Jean du Tillet Evêque
de Meaux publia à Paris en 1549.
sans nom d'Auteur , et sans marquer le
lieu de l'impression . Cette Edition étoit
devenue extrêmement rare . M. Heumaun
joindra ses propres remarques aux corrections
de du Tillet et de Goldstat , et le
tout sera précedé d'une Dissertation dont
le dessein est de prouver que ce Traité
est de Charlemagne , et contient ses veritables
sentimens , tout au moins de la même
maniere que la Confession d'Ausbourg
doit être attribuée aux Princes qui la fignerent.
De Leipsic DISSERTATIO Epistolica ad
Eminentissimam atque Reverendissimum
Dominum Christianum Wormium , Diaceseos
Sialandica in Danuâ Episcopum, &c.
de scriptis quibusdam integris , fragmentisque
hactenus ineditis , que in itinere Gallico-
Anglico, atque Germanico reperire contigit et
nunc in lucem publicam edenda parat, virosque
eruditos insimul ad conferendas symbolas
IVol. humanisJUIN.
1734: 1181
humanissimè invitat Magnus Crusius Sles-
Wicensis V. D. M.
C'est le titre d'une Brochure de neuf
feuilles que
Gleditsch a imprimé . On
voit par ce titre que M. Crusius , ci- devant
Chapelain de l'Ambassade Danoise
en France et connu par la vie de Duplessis
Mornay qu'il a mis au jour sous ce titre:
Memorabilia Plessiaca , a ramassé de bons
materiaux dans ces voyages , et qu'il a
dessein de les communiquer au Public.
Le détail de ses acquisitions et de ses projets
se trouve dans la Lettre même . Il y
parle , entr'autres , d'une continuation
du Spicilegium Patrum de Grabe ; d'une
nouvelle Edition de S. Irenée , recommandable
par plusieurs Pieces , non imprimées
, de cet ancien Docteur , et par
des Remarques nouvelles de Thomas Aisler
, d'Edouard Bernard , de François du
Jon ou Junius , de Daniel Heinsius , et
de quelques autres Sçavans. M. Crusius
nous promet encore une Edition beaucoup
plus ample que les précedentes , des
Annales de Nicetas Choniate ; une Edition
d'Arnobe contre les Gentils , avec
'des notes de plusieurs Sçavans , lesquelles
n'ont point encore vû le jour ; et une
Histoire du Lutheranisme en France .
De Dresde. M. Mathieu Daniel Poep-
I. Vol.
pelmaun
1182 MERCURE DE FRANCE
pelmaun , Architecte du Roi de Pologne
, a publié une Description de divers
Bâtimens magnifiques de cette Ville et
des environs appartenans à Sa Majesté .
La Description est en Allemand et en
François , accompagnée de quantité de
figures qui font le principal de cet Ouvrage.
On y voit aussi le dessein de la
grande Cuve qu'on a placée depuis peu
à Koenigstein , et qui tient environ deux
cens Bariques de plus que celle de Heidelberg.
>
De Crossen. M. Samuel Ledel , Docteur
en Medecine , travaille à une Histoire de
Monstres. Il a aussi considerablement augmenté
la Centauriologia curiosa Ouvrage
que feu M. son Pere fit imprimer en
1694. à Francfort sur le Mein , et il a
dessein d'en publier une nouvelle Edition
,
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Résumé : Bibliotheque Germanique, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un compte rendu de la Bibliothèque Germanique, publié en 1729 à Amsterdam. Le troisième article du premier tome mentionne un livre allemand intitulé 'Relation d'un Enfant extraordinairement avancé pour son âge', publié à Leipzig en 1728. Ce livre relate les exploits de Jean-Philippe Baratier et de Chrétien Henri Heinecken, deux enfants prodiges. Chrétien Henri Heinecken, né à Lübeck le 6 février 1721 et décédé le 27 juin 1725, a démontré des capacités intellectuelles exceptionnelles. À dix mois, il a commencé à parler et a rapidement acquis des connaissances en histoire, géographie, et langues (latin et français). À quatre ans, il maîtrisait les Institutes de Justinien en latin et avait des connaissances en généalogie européenne. Malgré une santé fragile, il a continué à apprendre et à impressionner par son esprit et son jugement. Heinecken est décédé à l'âge de quatre ans et demi, après avoir été admiré par la cour danoise et avoir appris à écrire. Le texte mentionne également diverses publications et projets littéraires, notamment une traduction du 'Polyeucte' de Corneille en allemand par Madame Linck, un dictionnaire des bains et eaux minérales, et plusieurs ouvrages académiques et historiques en préparation ou récemment publiés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7739
p. 1182-1183
« On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
Début :
On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...]
Mots clefs :
Londres, Shakespeare, Histoire byzantine, Marbres d'Arundel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
On apprend de Venise , que J. B. Pasqualini
, a achevé d'imprimer la nouvelle
Edition de l'Histoire Bizantine , en 22 .
vol. in -fol. et qu'il commence à debiter
le 23. vol. de cet ample Recueil .
On écrit de Londres , que Guillaume
Bowyer y a imprimé le Supplement aux
Marbres d' Arundel ou d'Oxfort , que M.
Maittaire a publié depuis peu sous ce ti-
· I. Vol. tre,
JUIN. 1734. 1183
tre : Appendix ad Marmora Academia
Oxionensis , sive graca trium Marmorum
recens repertorum Inscriptiones , cum Latina
Versione et Notis 1733 .
On a fait depuis peu à Londres une
Edition complette de Pieces de Theatre
de Shakespear, avec des Notes de M.
7heobald , en 7. vol . in 8. en Anglois.
, a achevé d'imprimer la nouvelle
Edition de l'Histoire Bizantine , en 22 .
vol. in -fol. et qu'il commence à debiter
le 23. vol. de cet ample Recueil .
On écrit de Londres , que Guillaume
Bowyer y a imprimé le Supplement aux
Marbres d' Arundel ou d'Oxfort , que M.
Maittaire a publié depuis peu sous ce ti-
· I. Vol. tre,
JUIN. 1734. 1183
tre : Appendix ad Marmora Academia
Oxionensis , sive graca trium Marmorum
recens repertorum Inscriptiones , cum Latina
Versione et Notis 1733 .
On a fait depuis peu à Londres une
Edition complette de Pieces de Theatre
de Shakespear, avec des Notes de M.
7heobald , en 7. vol . in 8. en Anglois.
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Résumé : « On apprend de Venise, que J. B. Pasqualini, a achevé d'imprimer la nouvelle [...] »
À Venise, J. B. Pasqualini a publié une nouvelle édition de l'Histoire Byzantine en 22 volumes, avec un 23e en distribution. À Londres, Guillaume Bowyer a imprimé un supplément aux Marbres d'Arundel, contenant des inscriptions grecques traduites en latin, publié en 1733. Londres a également vu la parution des œuvres complètes de Shakespeare en 7 volumes, annotées par M. Theobald.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7740
p. 1183-1186
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçu le noble [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Prix, Devise, Secrétaire, Récépissé, Testament, Orbites des planètes, Sentence, Système général du monde, Astronomie physique, Pièces
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
des Sciences pour l'année 1736.
Eu M. Rouillé de Melay , ancien Conseiller
Fu Marement de Paris , ayant no
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences
, et à l'utilité que le Public en pouvoit reti
ter, a legué à l'Académie Royale des Sciences
un fonds pour deux Prix , qui seront distribucz
à ceux qui , au jugement de cette Compagnie
auront le mieux réussi sur deux differentes sorrés
de Sujets , qu'il a indiquez dans son Testament
, et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Syste
me general du Monde; et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans,
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne
le donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 1500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce .
Il ne se donnera que tous les deux ans , et scra
de 2000. livres .
L'Académie , lorsqu'elle proposa la question
sur l'Inclinaison des Plans des Orbites des Pla-
1. Vol. netes
1184 MERCURE DE FRANCE
netes , en désiroit la solution plus qu'elle ne l'est
peroit ; aucun des ouvrages qui lui furent envoyez
ne lui parut mériter le Prix de l'annéc
1732. et elle laissa encore pour deux ans la même
matiere proposée aux recherches des Sçavans
avec un Prix double . L'Académie voit aujourd'hui
le succès de son délai ; parmi les Pieces
qu'elle a reçûës , elle en a trouvé deux qui méritent
le Prix et qui , par des beautez differentes ,
lui ont paru chacune y avoir un droit égal .
Dans ce cas , où l'égalité ne permet pas de
choisir , et semble d'elle - même établir la loi
de récompenser également des mérites égaux
l'Académie est encore authorisée par l'Arrêt du
Parlement qui a expliqué le Testament de M.de
Meflay ; elle a donc jugé que le Prix double de
cette année seroit partagé également entre les
deux Auteurs des Pieces dont les ' numeros sont
19. et 20. * la Devise de celle- cy est ,
Felices anima quibus hac cognoscere primùm.
Inque domos superas scandere cura fuit.
Et celle de la Piece 19. Virtutum pretium in ipais
est , et rectè facti merces est, fecisse.
Cependant l'Académie avant que de prononcer
son jugement avoit ré olu de renouveller dans
cette occasion un avertissement qu'elle à déja
fait autrefois : Comme elle ne restraint à aucun
Sistême les explications qu'elle demande des Phénomenes
, le suffrage aussi qu'elle donne à ces explications
n'est point une adoption des principes sur
lesquels elles sont fondées , ni de toutes les conséquences
qu'on en tire.
Les trois Pieces qui ont le plus approché du
* Les Numeros marquent seulement l'ordre dans
lequel les Pieces ont été reçûës.
I. Vol.
Prix
JUIN, 1714. 1185.
Prix , sont la Piece 26. dont la Devise est , Deus
autem noster in coelo omnia quacumque voluit , fecit
, la Piece 17. dont la Devise est , Emendantur
priora posterioribus , et la Piece 28 dont la Devise
inclinavit cælos , et descendit , et caligo sub
est ,
pedibus ejus.
M. Jean Bernoulli , Professeur en Mathématique
à Bâle , et M. Daniel Bernoulli , son fils ,
qui l'a été à Petersbourg , ont remporté le Prix
de 1734-
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour sujet du
premier Prix qui tombe dans l'année 1736 .
Comment se fait la Propagation de la Lumiere.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sajets , et même les Associez
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de piétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algebre .
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Onvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise.
Ils pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront ,
avec cette même Sentence, leur nom , leurs qualitez
et leur adresse ; et ce Billet ne sera ouvert
par l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe-
I. Vol. tuel
1186 MERCURE DE FRANCE
ruel de l'Académie , ou les lui feront remettre
entre les mains. Dans ce second cas le Secretaire
en donnera en même- temps à celui qui les fui`
aura remis son Récepissé , où sera marquée la
Sentence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1735. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1736.proclamera la Piece qui aura ce Prix.
S'il y a un Récepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Récepissé. Il n'y aura à ce
la nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Récepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1736.
En 1736, l'Académie Royale des Sciences a institué deux prix grâce à un legs de M. Rouillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris. Le premier prix, d'une valeur de 1500 livres, concerne le système général du monde et l'astronomie physique, et est attribué tous les deux ans. Le second prix, de 2000 livres, porte sur la navigation et le commerce, également attribué tous les deux ans. Pour l'année 1732, l'Académie avait proposé une question sur l'inclinaison des plans des orbites planétaires, mais aucun ouvrage n'avait mérité le prix. En 1734, deux œuvres ont été jugées dignes du prix double, partagé entre les auteurs des pièces numéros 19 et 20. Les devises des œuvres lauréates étaient 'Felices anima quibus hac cognoscere primum' et 'Virtutum pretium in ipsis est, et rectè facti merces est, fecisse'. L'Académie a renouvelé un avertissement précisant que son suffrage sur les explications des phénomènes n'implique pas l'adoption des principes sur lesquels elles sont fondées. Les pièces les plus proches du prix étaient les numéros 26, 17 et 28. Pour le prix de 1736, l'Académie propose le sujet 'Comment se fait la propagation de la lumière'. Les savants de toutes les nations sont invités à soumettre leurs travaux en français ou en latin, ou dans toute autre langue de leur choix. Les œuvres doivent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1735. Le prix sera proclamé lors de l'assemblée publique d'après Pâques 1736.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7741
p. 1186-1187
Prix de l'Acad. de Soissons, [titre d'après la table]
Début :
M. de Laubriere, Evêque de Soissons, dont on connoît l'amour pour les Lettres, ayant établi [...]
Mots clefs :
Académie de Soissons, Prix, Programme, Ouvrages, Soissonnais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Acad. de Soissons, [titre d'après la table]
M. de Laubriere , Evêque de Soissons , dont
on connoît l'amour pour les Lettres , ayant établi
un Prix pour l'Académie de Soissons , on
avertit le Public dans un Programme imprimé ,
que l'année prochaine 1735. le Lundi d'après le
Dimanche de Quasimodo , cette Académie adjugera
un Prix proposé par ce Prélat , lequel sera
une Médaille d'or de la valeur de 300. livres , 2
'une Dissertation Historique d'une demie heure
de lecture ou de trois quarts d'heure au plus , sur
l'Etat des anciens Habitans du Soissonnois avant
la conquête des Gaules par les Francs , la situation
et l'étendue du Pays qu'ils habitoient , le nom et
L'antiquité de leurs Villes et Châteaux , leurs forces
et les Armes dont ils se servoient , leurs moeurs
leur Gouvernement et leur Religion.
1
1
1. Vol. Dans
JUIN. 1734.
1187
Dans l'examen qu'on fera des Ouvrages , selon
le Programme , on aura égard , tant au nombre
et à l'étendue des recherches , qu'à la beauté du
stile et à la pureté du langage.
Les Auteurs sont avertis de mettre à la marge
ou à la suite de leur Ouvrage , les preuves des
faits qu'ils auront avancez , et les sources où ils
les auront prises.
Les Ouvrages seront adressez francs de port ,
à M. le President de Beyne , Secretaire perpetuel de
l'Académie de Soissons , et ils ne seront reçûs que
jusqu'au premier Février de l'année prochaine.
on connoît l'amour pour les Lettres , ayant établi
un Prix pour l'Académie de Soissons , on
avertit le Public dans un Programme imprimé ,
que l'année prochaine 1735. le Lundi d'après le
Dimanche de Quasimodo , cette Académie adjugera
un Prix proposé par ce Prélat , lequel sera
une Médaille d'or de la valeur de 300. livres , 2
'une Dissertation Historique d'une demie heure
de lecture ou de trois quarts d'heure au plus , sur
l'Etat des anciens Habitans du Soissonnois avant
la conquête des Gaules par les Francs , la situation
et l'étendue du Pays qu'ils habitoient , le nom et
L'antiquité de leurs Villes et Châteaux , leurs forces
et les Armes dont ils se servoient , leurs moeurs
leur Gouvernement et leur Religion.
1
1
1. Vol. Dans
JUIN. 1734.
1187
Dans l'examen qu'on fera des Ouvrages , selon
le Programme , on aura égard , tant au nombre
et à l'étendue des recherches , qu'à la beauté du
stile et à la pureté du langage.
Les Auteurs sont avertis de mettre à la marge
ou à la suite de leur Ouvrage , les preuves des
faits qu'ils auront avancez , et les sources où ils
les auront prises.
Les Ouvrages seront adressez francs de port ,
à M. le President de Beyne , Secretaire perpetuel de
l'Académie de Soissons , et ils ne seront reçûs que
jusqu'au premier Février de l'année prochaine.
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Résumé : Prix de l'Acad. de Soissons, [titre d'après la table]
En 1734, M. de Laubriere, Évêque de Soissons, a créé un prix pour l'Académie de Soissons. Le prix, attribué le lundi suivant le Dimanche de Quasimodo en 1735, comprend une médaille d'or valant 300 livres et une dissertation historique. Cette dissertation doit traiter des anciens habitants du Soissonnois avant la conquête des Gaules par les Francs, incluant leur situation géographique, leurs villes et châteaux, leurs forces et armes, leurs mœurs, leur gouvernement et leur religion. La durée de la dissertation est limitée à une demi-heure de lecture, avec un maximum de trois quarts d'heure. L'Académie évaluera les œuvres en fonction des recherches, du style et de la pureté du langage, ainsi que des preuves et sources fournies. Les dissertations doivent être envoyées à M. le Président de Beyne, secrétaire perpétuel de l'Académie, avant le 1er février 1735.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7742
p. 1187
« Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Début :
Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...]
Mots clefs :
Thomas Fantel de Lagny, James Thornhill, Société royale de Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel
de Lagny , Avocat en Parlement , Pensionnaire .
veteran de l'Académie Royale des Sciences de
Paris pour la Géométrie , reçû en/1696. Membre
de la Societé Royale de Londres , et Commis à
la Bibliotheque du Roy pour la recherche des
Livres de Mathématique , connu par plusieurs
Ouvrages de Mathématiques , dont les titres sont
rapportez dans la Liste Chronologique de l'Aca
démie des Sciences de Paris , p. 374. tom. 2. de
l'Histoire de cette Académie.
On a appris de Londres , que le Chevalier
Thomas Thornhill , le meilleur Peintre d'Histoire
que l'Angleterre ait produit , mourut le
15. du mois dernier à sa Terre dans le Comté
de Dorset , âgé d'environ 57. ans.
de Lagny , Avocat en Parlement , Pensionnaire .
veteran de l'Académie Royale des Sciences de
Paris pour la Géométrie , reçû en/1696. Membre
de la Societé Royale de Londres , et Commis à
la Bibliotheque du Roy pour la recherche des
Livres de Mathématique , connu par plusieurs
Ouvrages de Mathématiques , dont les titres sont
rapportez dans la Liste Chronologique de l'Aca
démie des Sciences de Paris , p. 374. tom. 2. de
l'Histoire de cette Académie.
On a appris de Londres , que le Chevalier
Thomas Thornhill , le meilleur Peintre d'Histoire
que l'Angleterre ait produit , mourut le
15. du mois dernier à sa Terre dans le Comté
de Dorset , âgé d'environ 57. ans.
Fermer
Résumé : « Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Le 12 avril, Thomas Fantel de Lagny, avocat et membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris, décéda à Paris. Il était également membre de la Société Royale de Londres et chargé de la recherche de livres de mathématiques à la Bibliothèque du Roi. Le chevalier Thomas Thornhill, peintre d'histoire, est décédé le 15 du mois précédent à l'âge de 57 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7743
p. 1187-1189
« M. Campion, Professeur-Maître de Théorbe et de Guitare, de l'Académie Royale de Musique, [...] »
Début :
M. Campion, Professeur-Maître de Théorbe et de Guitare, de l'Académie Royale de Musique, [...]
Mots clefs :
François Campion, Théorbe, Musique, Règle de l'octave, Accords extraordinaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Campion, Professeur-Maître de Théorbe et de Guitare, de l'Académie Royale de Musique, [...] »
M. Campion , Professeur- Maître de Théorbe
et de Guitare , de l'Académie Royale de Musique
, a mis cy devant au jour la Regle de l'Octave
, Sistême generalement reçû , non- seulement
des Eleves , mais encore des Maîtres , qui , gué-
I. Vol. ris
1188 MERCURE DE FRANCE
ris de la prévention de leurs anciennes conjectures
, veulent promptement donner une idée génerale
de la Musique vocale et instrumentale
pour l'accompagnement et la composition en
deux lignes , puisque par son Traité il fait voir
clairement que tout le mystere et l'abregé de la
Musique est conçu par le ton majeur et le ton
mineur ; et que toutes les autres Octaves , comprises
dans le Tableau de son Trané , ne sont
que des répliques , lesquelles il faut pratiquer sur
les Instrumens d'harmonie une à une. C'est par
cette étude que l'on parvient à connoître la Note
favorite ou sensible de chaque Octave , qui fait
dans toute sorte de Musique entrer et sortir de
l'une à l'autre.
Cet Auteur , toujours rempli de sa Regle ,.
dont il donne la pratique en six mois sur le
Théorbe et sur la Guitare , par un Systême particulier
qu'il a donné dans l'Addition à son Traité
, vient de donner son cinquiéme OEuvre , qui ,
est un second Recueil d'Airs , au commencement
duquel il a affecté de placer deux petits Airs qui
sont les modeles ou les catégories des tons mineur
et majeur .
La transposition de ces deux Airs dans les autres
Octaves , est absolument necessaire pour
l'intelligence generale de l'harmonie , ont la
pratique nourrit et dirige l'oreille au point de la
rendre immanquable.
Sous le troisiéme Air est compris un point
d'Orgue de Basse- continue , pour apprendre les
accords extraordinaires qui se mettent par élegance
dans le courant d'une Musique , laquelle
ne suit pas toujours la simplicité de la regle de
l'Octave renfermée dans les deux premiers Airs.
Il y a une ample explication de l'endroit de
SL Vol. l'acJUIN.
1189 1724.
POctave , où ces accords extraordinaires se trouvent,
et de quoi on doit les accompagner.
Ces Oeuvres se vendent chez l'Auteur , ruë des
Fossez Montmartre , à la Croix d'Or , ruë du
Roule , et à la Regle d'or , rue S. Honoré , 1734.
prix 5. livres.
et de Guitare , de l'Académie Royale de Musique
, a mis cy devant au jour la Regle de l'Octave
, Sistême generalement reçû , non- seulement
des Eleves , mais encore des Maîtres , qui , gué-
I. Vol. ris
1188 MERCURE DE FRANCE
ris de la prévention de leurs anciennes conjectures
, veulent promptement donner une idée génerale
de la Musique vocale et instrumentale
pour l'accompagnement et la composition en
deux lignes , puisque par son Traité il fait voir
clairement que tout le mystere et l'abregé de la
Musique est conçu par le ton majeur et le ton
mineur ; et que toutes les autres Octaves , comprises
dans le Tableau de son Trané , ne sont
que des répliques , lesquelles il faut pratiquer sur
les Instrumens d'harmonie une à une. C'est par
cette étude que l'on parvient à connoître la Note
favorite ou sensible de chaque Octave , qui fait
dans toute sorte de Musique entrer et sortir de
l'une à l'autre.
Cet Auteur , toujours rempli de sa Regle ,.
dont il donne la pratique en six mois sur le
Théorbe et sur la Guitare , par un Systême particulier
qu'il a donné dans l'Addition à son Traité
, vient de donner son cinquiéme OEuvre , qui ,
est un second Recueil d'Airs , au commencement
duquel il a affecté de placer deux petits Airs qui
sont les modeles ou les catégories des tons mineur
et majeur .
La transposition de ces deux Airs dans les autres
Octaves , est absolument necessaire pour
l'intelligence generale de l'harmonie , ont la
pratique nourrit et dirige l'oreille au point de la
rendre immanquable.
Sous le troisiéme Air est compris un point
d'Orgue de Basse- continue , pour apprendre les
accords extraordinaires qui se mettent par élegance
dans le courant d'une Musique , laquelle
ne suit pas toujours la simplicité de la regle de
l'Octave renfermée dans les deux premiers Airs.
Il y a une ample explication de l'endroit de
SL Vol. l'acJUIN.
1189 1724.
POctave , où ces accords extraordinaires se trouvent,
et de quoi on doit les accompagner.
Ces Oeuvres se vendent chez l'Auteur , ruë des
Fossez Montmartre , à la Croix d'Or , ruë du
Roule , et à la Regle d'or , rue S. Honoré , 1734.
prix 5. livres.
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Résumé : « M. Campion, Professeur-Maître de Théorbe et de Guitare, de l'Académie Royale de Musique, [...] »
Le texte présente M. Campion, Professeur-Maître de Théorbe et de Guitare à l'Académie Royale de Musique, qui a publié la 'Règle de l'Octave', un système accepté par les élèves et les maîtres. Cette règle permet de comprendre la musique vocale et instrumentale pour l'accompagnement et la composition en deux lignes. Campion explique que le mystère et l'abrégé de la musique résident dans le ton majeur et le ton mineur, les autres octaves étant des répliques à pratiquer sur les instruments d'harmonie. Il propose une méthode pour connaître la note sensible de chaque octave, essentielle pour passer d'une octave à une autre. Campion a également publié un second recueil d'airs, incluant des modèles des tons mineur et majeur. La transposition de ces airs dans les autres octaves est cruciale pour la compréhension générale de l'harmonie et pour former l'oreille. Le troisième air du recueil contient un point d'orgue de basse continue pour apprendre les accords extraordinaires, qui ne suivent pas toujours la simplicité de la règle de l'octave. Les œuvres de Campion sont disponibles à la vente à plusieurs adresses à Paris, au prix de cinq livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7744
p. 1189-1190
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Hecquet, Graveur et Marchand Imager, informé que plusieurs personnes, soit Professeurs [...]
Mots clefs :
Sujets, Paris, Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Hecquet, Moyreau, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet , Graveur et Marchand Imainformé
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet, graveur et marchand d'estampes, signale que des professeurs de collège et des marchands d'estampes en province rencontrent des difficultés à trouver des sujets de thèses appropriés à Paris. Il propose ses services, disposant de nombreuses planches de diverses tailles et d'une belle exécution, adaptées aux sujets de thèses tirés de l'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il offre également des passe-partout pour les dédicaces, accompagnés d'ornements gracieux. Hecquet a récemment publié une planche de dédicace au Roi, acclamée à la Cour et à Paris, représentant le portrait du Roi entouré des principales vertus du monarque. La dédicace met en avant l'amour du Roi pour les lettres et les beaux-arts. Hecquet propose d'envoyer des épreuves de ces sujets avec les prix correspondants et assure une attention particulière aux demandes de fournitures. Son adresse est à l'Image Saint-Maur, sur la Place de Cambray, proche la Fontaine Saint-Benoît, à Paris. Par ailleurs, le sieur Moyreau, graveur de l'œuvre de Wauvermans, a publié la 13e estampe intitulée 'La petite Chasse du Cerf', d'après un tableau du cabinet de la Comtesse de Verrue. Moyreau grave actuellement le pendant de cette estampe. Toutes ces estampes sont disponibles chez l'auteur, rue Galande, vis-à-vis Saint-Blaise.
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7745
p. 1190-1191
« Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Début :
Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...]
Mots clefs :
Public, Hernies, Avis, Guérison, Provinces, Incommodité, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Le sieur Bibiena , Italien , demeurant à Paris .
rue des Prouvaires , prés S. Eustache , chez la
veuve Saliere , à la Croix blanche , donne avis au
Public , qu'il y professe depuis plus d'un an avec
succès , la qualité de Maître de Langues; il montre
l'Italienne aux François , et la Françoise aux
Italiens et aux Etrangers qui veulent apprendre
Pune et l'autre , le tout par des principes nous
courts et faciles .
veaux ,
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû à S. Côme ,
Expert pour la guérison des Hernies ou Des
1. Vol.
centes ,
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
TIL
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND. TILDEN
FOUNDATIONS
.
JUIN. 1734 Y191
entes , demeurant au Coq d'or , rue Dauphine
à Paris , traite ces sortes de Maladies d'une façon
particuliere et sans que le Malade soit empêché
de vacquer à ses affaires :
Il donne aussi son avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage les Hernies
les plus inveterées , rend cette incommodité supportable
et en empêche les mauvaises suites .
Il a aussi inventé de nouveaux Bendages pour
Fun et l'autre sexe , d'une façon et méchanique
toute singuliere et la plus propre pour retenir
les Parties et en faciliter la guérison , sans embarras
ni incommodité , tant ils sont légers ,
minces et aisez à porter, Et même sans avoir de
Descentes , toutes personnes qui font des exercices
violens , comme de courir la poste à cheval
ou en Chaise , d'aller à la Chasse , &c . auroient
besoin de ces Bandages pour se garantir
de pareils accidents . Ceux qui en auront besoin
dans les Provinces , pourront envoyer leur mèsure.
Il faut la prendre précisément au dessus
de l'os Pubis , et s'ils ont des Hernies ou Descentes
, marquer de quel côté , et s'ils l'ont des
deux côtez, indiquer celui qui est le plus malade .
Il ne reçoit point de Lettres sans que le port
en soit payé.
rue des Prouvaires , prés S. Eustache , chez la
veuve Saliere , à la Croix blanche , donne avis au
Public , qu'il y professe depuis plus d'un an avec
succès , la qualité de Maître de Langues; il montre
l'Italienne aux François , et la Françoise aux
Italiens et aux Etrangers qui veulent apprendre
Pune et l'autre , le tout par des principes nous
courts et faciles .
veaux ,
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû à S. Côme ,
Expert pour la guérison des Hernies ou Des
1. Vol.
centes ,
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
TIL
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND. TILDEN
FOUNDATIONS
.
JUIN. 1734 Y191
entes , demeurant au Coq d'or , rue Dauphine
à Paris , traite ces sortes de Maladies d'une façon
particuliere et sans que le Malade soit empêché
de vacquer à ses affaires :
Il donne aussi son avis et ses Remedes à ceux
qui sont dans les Provinces , soulage les Hernies
les plus inveterées , rend cette incommodité supportable
et en empêche les mauvaises suites .
Il a aussi inventé de nouveaux Bendages pour
Fun et l'autre sexe , d'une façon et méchanique
toute singuliere et la plus propre pour retenir
les Parties et en faciliter la guérison , sans embarras
ni incommodité , tant ils sont légers ,
minces et aisez à porter, Et même sans avoir de
Descentes , toutes personnes qui font des exercices
violens , comme de courir la poste à cheval
ou en Chaise , d'aller à la Chasse , &c . auroient
besoin de ces Bandages pour se garantir
de pareils accidents . Ceux qui en auront besoin
dans les Provinces , pourront envoyer leur mèsure.
Il faut la prendre précisément au dessus
de l'os Pubis , et s'ils ont des Hernies ou Descentes
, marquer de quel côté , et s'ils l'ont des
deux côtez, indiquer celui qui est le plus malade .
Il ne reçoit point de Lettres sans que le port
en soit payé.
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Résumé : « Le sieur Bibiena, Italien, demeurant à Paris, ruë des Prouvaires, prés S. Eustache, chez la [...] »
Le texte présente deux annonces distinctes. La première concerne le sieur Bibiena, un Italien résidant à Paris, rue des Prouvaires, près de Saint-Eustache, chez la veuve Saliere, à la Croix blanche. Bibiena enseigne avec succès les langues depuis plus d'un an et propose d'apprendre l'italien aux Français et le français aux Italiens et aux étrangers, en utilisant des méthodes courtes et faciles. La seconde annonce concerne le sieur Neilson, un Écossais reçu à Saint-Côme, expert dans le traitement des hernies et des descentes. Neilson réside au Coq d'or, rue Dauphine à Paris. Il traite ces maladies de manière particulière, permettant aux patients de continuer leurs activités quotidiennes. Il offre également des conseils et des remèdes aux personnes résidant en province, soulageant même les hernies les plus anciennes et empêchant les complications. Neilson a inventé de nouveaux bandages pour les deux sexes, légers et faciles à porter, adaptés aux personnes pratiquant des exercices violents comme la course à cheval ou la chasse. Les intéressés peuvent envoyer leurs mesures pour obtenir ces bandages, en précisant la localisation de la hernie ou de la descente. Neilson ne reçoit pas de lettres dont le port n'est pas payé.
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7746
p. 1191-1192
AIR.
Début :
Ciel ! quel orage affreux ! quel horrible Tonnerre ! [...]
Mots clefs :
Onde, Trembler
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texteReconnaissance textuelle : AIR.
AIR.
Clell quel orage affreux ! quel horrible Ton-
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre ..
Quel péril menaçant ! les Cieux fond.nt en eau.
1 Vol,
Gi
Prêt
1192 MERCURE DE FRANCE
Prête à nous écraser, dans l'Air la Foudre gronde.
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde.
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Four le braver ,je veux que Bacchus me seconde;
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau
?
Que l'Aquilon le berce et qu'il flote sur l'Onde.
Clell quel orage affreux ! quel horrible Ton-
L'Onde s'unit aux vents pour ravager la Terre ..
Quel péril menaçant ! les Cieux fond.nt en eau.
1 Vol,
Gi
Prêt
1192 MERCURE DE FRANCE
Prête à nous écraser, dans l'Air la Foudre gronde.
Tremblez , Mortels , tremblez , un Déluge nouveau
,
Dans l'éternelle nuit ensevelit le Monde.
Mais je crains peu sa rage , Amis , dans mon
Caveau ,
Four le braver ,je veux que Bacchus me seconde;
Je veux , quand j'aurai fait de mon ventre un
tonneau
?
Que l'Aquilon le berce et qu'il flote sur l'Onde.
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Résumé : AIR.
Une tempête violente ravage la Terre, avec des vents puissants et des pluies torrentielles. La foudre menace et un déluge ensevelit le monde. Le narrateur souhaite être protégé dans son caveau et demande à Bacchus de transformer son ventre en tonneau pour flotter, bercé par le vent du nord.
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7747
p. 1192-1201
Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Début :
Sur les plaintes qu'on a faites, de n'avoir fait qu'annoncer la Tragedie [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Adélaïde du Guesclin, Duc de Nemours, Coucy, Frère, Amour, Gardes, Mort, Prison, Vengeance, Voltaire
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texteReconnaissance textuelle : Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Ur les plaintes qu'on a faites , de n'avoir
fait qu'annoncer la Tragedie
d'Adelaide de M. de Voltaire , après
avoir promis d'en parler plus au long :
nous avons composé l'Extrait qu'on va
lire , avec le plus de soin qu'il nous a été
possible.
Adelaïde du Guesclin , niéce du Conétable
de ce nom , est l'Heroine de ce Poëme.
L'époque de l'action Theatrale , est
le tems des guerres de Charles VII . contre
les Anglois , et la Ville de Lille est
le lieu de la Scene .
.
Adelaide commence la Piece avec le
1. Vol -Sire
JUIN. 1734. 1193
-
Sire de Coucy , Seigneur François . Ce der
nier a aimé Adelaïde avant qu'elle fût
aimée du Duc de Vendôme ; son amitié
pour ce Prince du Sang des Bourbons le
porte non seulement à sacrifier son
amour , mais encore à parler en faveur
de son Rival . Quelques Critiques auroient
souhaité que son amitié ne fut pas allée
plus loin , et jusqu'à lui fire prendre les
armes contre son Maître legitime. Adelaïde
lui fait presser.tir qu'elle ne sçauroit
donner ni son coeur , ni sa main au
Duc de Vendôme , et le prie de détourner
son Ami d'une passion qui le rendroit
malheureux ; Coucy se refuse à ce
bon office , sous prétexte
, sous prétexte qu'il ne veut
pas affliger Vendôme.
Adelaïde allarmée d'un faux bruit qui
court sur la mort du Duc de Nemours ,
Frere du Duc de Vendôme , fait connoî
tre par sa frayeur qu'elle aime Nemours,
elle l'avoue même à Jaise d'Aglure , sa
confidente.
Vendôme vient , il parle d'amour à
Adelaide ; elle lui demande si Coucy ne
lui a point parlé ; le nom de Nemours
lui échappe elle n'en dit pas davantage
, ou plutôt elle pallie ce demi aveu
par une feinte ingenieuse , en lui disant
que le bruit de la mort d'un frere si cher
1.Vol.
Giij ne
194 MERCURE DE FRANCE
ne lui permet pas de parler d'Hymen .
Heureusement pour elle Coucy vient annoncer
à Vendôme que les Troupes du
Dauphin s'avancent à grand pas . Vendôme
est obligé de partir incertain de son
sort.
Adelaïde , ayant appris dans la Scene
précedente , que non- seulement son cher
Nemours n'est pas mort , mais qu'il est
à la tête des Troupes qui s'avancent vers
Lille , flotte entre l'esperance et la crainte .
Vendôme et Coucy ouvrent la Scene
du II . Acre , et font entendre que les
Assiegeans ont été repoussez vigoureusement.
Vendôme rend justice à la valeur
d'un de leurs Chefs qu'il n'a fait prisonnier
qu'après l'avoir blessé ; il dit même
qu'en le combattant il a senti des mouvemens
de pitié qu'il attribuë à l'amour
qu'il sent pour Adelaide , qui ne lui permet
plus cette ferocité qu'il avoit autrefois
dans les combats .
On amene le Prisonnier blessé , c'est
Nemours lui même;Vendôme court l'embrasser
; Nemours se refuse à ses caresses ;
il lui reproche sa rebellion contre son
Prince , et son union avec les Ennemis.
de sa Patrie ; Vendôme ne peut entendre
ces reproches sans colere , et prie son Frere
de les lui épargner ; il l'invite à la fêre
I. Vol.
qui ..
JUIN. 1734.
1195
qui se prépare pour son Hymen avec Ade
laïde. Nemours lui reproche son amour
comme violent et même effrené ; Vendô
me lui répond que la vûë de cet aimable
objet va suffire pour justifier la violence
de sa passion : Il ordonne qu'on fasse venir
Adelaïde.
A la vûë d'Adelaïde , la blessure de
Nemours se rouvre , Vendôme en est allarmé
, il suit ce malheureux Frere qu'on
em porte.
Adelaïde se plaint au Ciel de ce qu'il
ne lui rend son Amant que pour le lui
faire perdre une seconde fois .
Vendôme revient , Adelaïde lui demande
avec empressement des nouvelles de
Nemours ; il lui répond qu'il a arrêté son
sang et Ini reparle d'Amour et d'Hymen.
Adelaïde lui répond fierement
qu'elle ne donnera jamais ni sa main , ni
son coeur à un Prince armé contre son
Roi Vendôme éclate de colere contre
elle. Adelaide le quitte avec une noble
intrépidité , et en l'assurant qu'elle sera
toujours la même. Vendôme ne sçait à
quoi attribuer la resolution d'Adelaïde ,
il en soupçonne quelque secrette inclination;
le silense que Coucy a gardé depuis
qu'il l'a prié de disposer le coeur d'Adelaïde
en sa faveur , lui fait croire qu'il est
I. Vol.
Giljson
1198 MERCURE DE FRANCE
sa parole , il ne peut la suivre sans se deshonorer
; elle lui dit tendrement que la
fortune jalouse lui a toujours envié le nom
de son Epouse ; Nemours lui dir que la
foi qu'il a donnée n'a pas besoin de l'appareil
pompeux qui ne sert qu'à la rendre
plus éclatante sans la rendre plus sûre`s
il atteste les Manes des Rois ses Ayeux ,
et l'ombre du Grand - du Guesclin
dont la cendre repose avec celle de ses
Maîtres ; et c'est sur de si Illustres Garans
qu'il lui jure une foi immortelle.
Adelaide rassurée par de si augustes sermens
, se resout à partir d'un lieu qui
peut lui devenir fatal...
>
Vendôme entre sur le champ , et il
ordonne à ses Gardes de saisir Nemours : *
c'est alors que Nemours croit n'avoir plus
rien à dissimuler ; il brave la colere de
son Frere , le traite d'infidele à son Roi
et à sa Patrie ; Vendôme ordonne à ses
Gardes de le conduire en lien de sûreté
Nemours continuëà le braver , et renouvellant
son serment à Adélaïde , il dit fiement
à leur commun Tyran , qu'il l'en
rend témoin malgré lui. Adelaïde en
pleurs n'oublie rien pour desarmer son fu
bon
que
Vendo
* Les Critiques ne trouvent pas
me ne dise rien aux Spectateurs , de ce qu'il a appris
dans l'entr Acte.
1. Vel. rieux
JUIN. 1734 1199
rieux Amant ; il lui répond que la grace
de Nemours est à l'Autel , et que si elle
balance à l'y suivre , c'est fait de ce trop
heureux Rival.
Un Officier lui vient annoncer qu'on
le trahit , et que c'est le Duc de Nemours
qui est l'Auteur de la trahison
Coucy vient l'inviter à se défendre , il
répond à Coucy qu'il n'est présentement
Occupé que de sa vengeance contre son
Rival , et que dès qu'il l'aura remplie ',
il ira chercher la mort parmi ses ennemis ;
Coucy fremit de cette resolution ; Vendôme
lui dit qu'il n'attend pas ce service
de sa main , et qu'il en trouvera de plus
sûres ; Coucy craignant d'être prévenu
lui promet de lui donner des preuves de
sou zele dont il n'aura plus à douter .
Vendôme le reconnoît pour son veritable
Ami , et lui dit de l'avertir par un
coup de canon de l'execution de sa promesse.
Au V. Acte , Vendôme , tout plein de
sa vengeance dont il n'a pas voulu se reposer
sur un Ami aussi vertueux que
Coucy , demande à un de ses gardes si le
Soldat qu'il a choisi pour tuer Nemours
est prêt à executer ses ordres ; ce Garde
lui répond qu'il n'en doit point douterjet
qu'on a vû ce Soldat s'avancer vers
1. Vol.
G vj la
1200 MERCURE DE FRANCE
la prison ; Vendôme ordonne qu'on se
retire .
C'est ici le premier moment où la nature
lui fait sentir des remords , il flotte assez
long tems entre la haine et l'amitié. Il
se détermine enfin en faveur du sang ; il
appelle ses Gardes, un Officier vient; Vendôme
lui ordonne d'aller faire revoquer
l'ordre sanglant qu'il a donné contre son
Frere ; cet Officier lui fait connoître qu'il
craint qu'ikn'en soit plus tems , et qu'on
vient de transporter un Cadavre de la
Prison par l'ordre de Coucy. Vendôme
ne doute point que Coucy ne l'ait trop
bien servi ; un coup de canon qu'il entend
, ou qu'il croit entendre ne lui permet
plus de douter de l'assassinat ; il se
livre tout entier aux plus vifs remords .
Adelaïde , qui ignore ce qui peut s'être
passé , vient le trouver prête à le suivre à
'Autel , puisque la vie de son Amant
est à ce prix ; Vendôme ne lui répond que
par des gemissemens , et lui dit enfin que
Nemours n'est plus . Adelaide l'accable
de reproches et d'injures ; il veut se donner
la mort ; Coucy arrive et lui retient
le bras ; Vendôme lui reproche d'avoir
exccuté un Arrêt dicté par la jalousie s
Coucy lui répond que le crime n'en auroit
pas été moins commis , puisqu'une
1. Vola autre
JUIN. 1734. 1201
autre main en alloit être chargée. Adelaide
fait des reproches très touchans à
Coucy , dont elle n'auroit jamais soupçonné
qu'un coup si funeste pût partir.
Coucy se justifie enfin envers tous les
il déclare que le corps qu'on a vû
deux ,
sortir de la Prison est celui du Soldat qui
avoit déja le bras levé pour le poignarder
, et qui auroit achevé le crime s'il
n'avoit pas été poignardé lui même . Il ordonne
qu'on fasse venir Nemours ; ce
Prince vient , son Frere le reçoit à bras
ouverts ; il se punit des ordres cruels
qu'il avoit donnés , en se privant d'Adelaïde
, et se reconcilie avec son Frere , en
lui cedant cet objet de son Amour. La
Tragedie finit par une ferme resolution
que Vendôme fait de faire oublier ses égaremens
à force de vertus ; il consent à
rentrer sous l'obéissance de son Maître.
La fin de cette Piece à paru très- touchante.
Les principaux Roles qui sont celui
de Vendôme , d'Adelaïde , de Nemours,
et de Coucy , ont été patfaitement bien
remplis , par le sieur du Frêne , la Dlle
Gossin , le sieur Grandval , et le sieur le
Grand.
fait qu'annoncer la Tragedie
d'Adelaide de M. de Voltaire , après
avoir promis d'en parler plus au long :
nous avons composé l'Extrait qu'on va
lire , avec le plus de soin qu'il nous a été
possible.
Adelaïde du Guesclin , niéce du Conétable
de ce nom , est l'Heroine de ce Poëme.
L'époque de l'action Theatrale , est
le tems des guerres de Charles VII . contre
les Anglois , et la Ville de Lille est
le lieu de la Scene .
.
Adelaide commence la Piece avec le
1. Vol -Sire
JUIN. 1734. 1193
-
Sire de Coucy , Seigneur François . Ce der
nier a aimé Adelaïde avant qu'elle fût
aimée du Duc de Vendôme ; son amitié
pour ce Prince du Sang des Bourbons le
porte non seulement à sacrifier son
amour , mais encore à parler en faveur
de son Rival . Quelques Critiques auroient
souhaité que son amitié ne fut pas allée
plus loin , et jusqu'à lui fire prendre les
armes contre son Maître legitime. Adelaïde
lui fait presser.tir qu'elle ne sçauroit
donner ni son coeur , ni sa main au
Duc de Vendôme , et le prie de détourner
son Ami d'une passion qui le rendroit
malheureux ; Coucy se refuse à ce
bon office , sous prétexte
, sous prétexte qu'il ne veut
pas affliger Vendôme.
Adelaïde allarmée d'un faux bruit qui
court sur la mort du Duc de Nemours ,
Frere du Duc de Vendôme , fait connoî
tre par sa frayeur qu'elle aime Nemours,
elle l'avoue même à Jaise d'Aglure , sa
confidente.
Vendôme vient , il parle d'amour à
Adelaide ; elle lui demande si Coucy ne
lui a point parlé ; le nom de Nemours
lui échappe elle n'en dit pas davantage
, ou plutôt elle pallie ce demi aveu
par une feinte ingenieuse , en lui disant
que le bruit de la mort d'un frere si cher
1.Vol.
Giij ne
194 MERCURE DE FRANCE
ne lui permet pas de parler d'Hymen .
Heureusement pour elle Coucy vient annoncer
à Vendôme que les Troupes du
Dauphin s'avancent à grand pas . Vendôme
est obligé de partir incertain de son
sort.
Adelaïde , ayant appris dans la Scene
précedente , que non- seulement son cher
Nemours n'est pas mort , mais qu'il est
à la tête des Troupes qui s'avancent vers
Lille , flotte entre l'esperance et la crainte .
Vendôme et Coucy ouvrent la Scene
du II . Acre , et font entendre que les
Assiegeans ont été repoussez vigoureusement.
Vendôme rend justice à la valeur
d'un de leurs Chefs qu'il n'a fait prisonnier
qu'après l'avoir blessé ; il dit même
qu'en le combattant il a senti des mouvemens
de pitié qu'il attribuë à l'amour
qu'il sent pour Adelaide , qui ne lui permet
plus cette ferocité qu'il avoit autrefois
dans les combats .
On amene le Prisonnier blessé , c'est
Nemours lui même;Vendôme court l'embrasser
; Nemours se refuse à ses caresses ;
il lui reproche sa rebellion contre son
Prince , et son union avec les Ennemis.
de sa Patrie ; Vendôme ne peut entendre
ces reproches sans colere , et prie son Frere
de les lui épargner ; il l'invite à la fêre
I. Vol.
qui ..
JUIN. 1734.
1195
qui se prépare pour son Hymen avec Ade
laïde. Nemours lui reproche son amour
comme violent et même effrené ; Vendô
me lui répond que la vûë de cet aimable
objet va suffire pour justifier la violence
de sa passion : Il ordonne qu'on fasse venir
Adelaïde.
A la vûë d'Adelaïde , la blessure de
Nemours se rouvre , Vendôme en est allarmé
, il suit ce malheureux Frere qu'on
em porte.
Adelaïde se plaint au Ciel de ce qu'il
ne lui rend son Amant que pour le lui
faire perdre une seconde fois .
Vendôme revient , Adelaïde lui demande
avec empressement des nouvelles de
Nemours ; il lui répond qu'il a arrêté son
sang et Ini reparle d'Amour et d'Hymen.
Adelaïde lui répond fierement
qu'elle ne donnera jamais ni sa main , ni
son coeur à un Prince armé contre son
Roi Vendôme éclate de colere contre
elle. Adelaide le quitte avec une noble
intrépidité , et en l'assurant qu'elle sera
toujours la même. Vendôme ne sçait à
quoi attribuer la resolution d'Adelaïde ,
il en soupçonne quelque secrette inclination;
le silense que Coucy a gardé depuis
qu'il l'a prié de disposer le coeur d'Adelaïde
en sa faveur , lui fait croire qu'il est
I. Vol.
Giljson
1198 MERCURE DE FRANCE
sa parole , il ne peut la suivre sans se deshonorer
; elle lui dit tendrement que la
fortune jalouse lui a toujours envié le nom
de son Epouse ; Nemours lui dir que la
foi qu'il a donnée n'a pas besoin de l'appareil
pompeux qui ne sert qu'à la rendre
plus éclatante sans la rendre plus sûre`s
il atteste les Manes des Rois ses Ayeux ,
et l'ombre du Grand - du Guesclin
dont la cendre repose avec celle de ses
Maîtres ; et c'est sur de si Illustres Garans
qu'il lui jure une foi immortelle.
Adelaide rassurée par de si augustes sermens
, se resout à partir d'un lieu qui
peut lui devenir fatal...
>
Vendôme entre sur le champ , et il
ordonne à ses Gardes de saisir Nemours : *
c'est alors que Nemours croit n'avoir plus
rien à dissimuler ; il brave la colere de
son Frere , le traite d'infidele à son Roi
et à sa Patrie ; Vendôme ordonne à ses
Gardes de le conduire en lien de sûreté
Nemours continuëà le braver , et renouvellant
son serment à Adélaïde , il dit fiement
à leur commun Tyran , qu'il l'en
rend témoin malgré lui. Adelaïde en
pleurs n'oublie rien pour desarmer son fu
bon
que
Vendo
* Les Critiques ne trouvent pas
me ne dise rien aux Spectateurs , de ce qu'il a appris
dans l'entr Acte.
1. Vel. rieux
JUIN. 1734 1199
rieux Amant ; il lui répond que la grace
de Nemours est à l'Autel , et que si elle
balance à l'y suivre , c'est fait de ce trop
heureux Rival.
Un Officier lui vient annoncer qu'on
le trahit , et que c'est le Duc de Nemours
qui est l'Auteur de la trahison
Coucy vient l'inviter à se défendre , il
répond à Coucy qu'il n'est présentement
Occupé que de sa vengeance contre son
Rival , et que dès qu'il l'aura remplie ',
il ira chercher la mort parmi ses ennemis ;
Coucy fremit de cette resolution ; Vendôme
lui dit qu'il n'attend pas ce service
de sa main , et qu'il en trouvera de plus
sûres ; Coucy craignant d'être prévenu
lui promet de lui donner des preuves de
sou zele dont il n'aura plus à douter .
Vendôme le reconnoît pour son veritable
Ami , et lui dit de l'avertir par un
coup de canon de l'execution de sa promesse.
Au V. Acte , Vendôme , tout plein de
sa vengeance dont il n'a pas voulu se reposer
sur un Ami aussi vertueux que
Coucy , demande à un de ses gardes si le
Soldat qu'il a choisi pour tuer Nemours
est prêt à executer ses ordres ; ce Garde
lui répond qu'il n'en doit point douterjet
qu'on a vû ce Soldat s'avancer vers
1. Vol.
G vj la
1200 MERCURE DE FRANCE
la prison ; Vendôme ordonne qu'on se
retire .
C'est ici le premier moment où la nature
lui fait sentir des remords , il flotte assez
long tems entre la haine et l'amitié. Il
se détermine enfin en faveur du sang ; il
appelle ses Gardes, un Officier vient; Vendôme
lui ordonne d'aller faire revoquer
l'ordre sanglant qu'il a donné contre son
Frere ; cet Officier lui fait connoître qu'il
craint qu'ikn'en soit plus tems , et qu'on
vient de transporter un Cadavre de la
Prison par l'ordre de Coucy. Vendôme
ne doute point que Coucy ne l'ait trop
bien servi ; un coup de canon qu'il entend
, ou qu'il croit entendre ne lui permet
plus de douter de l'assassinat ; il se
livre tout entier aux plus vifs remords .
Adelaïde , qui ignore ce qui peut s'être
passé , vient le trouver prête à le suivre à
'Autel , puisque la vie de son Amant
est à ce prix ; Vendôme ne lui répond que
par des gemissemens , et lui dit enfin que
Nemours n'est plus . Adelaide l'accable
de reproches et d'injures ; il veut se donner
la mort ; Coucy arrive et lui retient
le bras ; Vendôme lui reproche d'avoir
exccuté un Arrêt dicté par la jalousie s
Coucy lui répond que le crime n'en auroit
pas été moins commis , puisqu'une
1. Vola autre
JUIN. 1734. 1201
autre main en alloit être chargée. Adelaide
fait des reproches très touchans à
Coucy , dont elle n'auroit jamais soupçonné
qu'un coup si funeste pût partir.
Coucy se justifie enfin envers tous les
il déclare que le corps qu'on a vû
deux ,
sortir de la Prison est celui du Soldat qui
avoit déja le bras levé pour le poignarder
, et qui auroit achevé le crime s'il
n'avoit pas été poignardé lui même . Il ordonne
qu'on fasse venir Nemours ; ce
Prince vient , son Frere le reçoit à bras
ouverts ; il se punit des ordres cruels
qu'il avoit donnés , en se privant d'Adelaïde
, et se reconcilie avec son Frere , en
lui cedant cet objet de son Amour. La
Tragedie finit par une ferme resolution
que Vendôme fait de faire oublier ses égaremens
à force de vertus ; il consent à
rentrer sous l'obéissance de son Maître.
La fin de cette Piece à paru très- touchante.
Les principaux Roles qui sont celui
de Vendôme , d'Adelaïde , de Nemours,
et de Coucy , ont été patfaitement bien
remplis , par le sieur du Frêne , la Dlle
Gossin , le sieur Grandval , et le sieur le
Grand.
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Résumé : Tragédie d'Adelaïde, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un résumé de la tragédie 'Adelaïde' de Voltaire. L'action se déroule durant les guerres de Charles VII contre les Anglais, à Lille, et met en scène Adelaïde du Guesclin, nièce du Conétable du Guesclin. La pièce commence avec le sire de Coucy, François, qui aime Adelaïde mais renonce à elle pour le duc de Vendôme, son ami et rival. Adelaïde, alarmée par une fausse rumeur sur la mort du duc de Nemours, frère de Vendôme, avoue son amour pour Nemours à sa confidente. Vendôme, ignorant ces sentiments, déclare son amour à Adelaïde, qui lui demande s'il a parlé à Coucy. Nemours, blessé, est capturé et amené devant Vendôme, qui organise un mariage avec Adelaïde. Nemours, gravement blessé, est soigné, et Adelaïde refuse Vendôme, révélant son amour pour Nemours. Vendôme, jaloux, ordonne l'assassinat de Nemours, mais Coucy empêche l'exécution. Nemours survit, et Vendôme, rongé par les remords, se réconcilie avec son frère en lui cédant Adelaïde. La pièce se termine par la résolution de Vendôme de se racheter par des vertus et de se soumettre à son maître. Les rôles principaux ont été interprétés par le sieur du Frêne, la Dlle Gossin, le sieur Grandval, et le sieur le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7748
p. 1201-1202
« La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
Début :
La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Connell, Agathe, École des femmes, Tragédie, Didon, La Pupille
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texteReconnaissance textuelle : « La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
La Dlle Conel , nouvelle Actrice , dont
on a parlé dans le dernier Mercure , a re-
I. Vol. paru
1202 MERCURE DE FRANCE
•
paru sur la Scene au commencement de
cc mois et a rempli avec succès les
Rôles d'Agnés , dans l'Ecole des Femmes ;
d'Agathe, dans les Folies Amoureuses ; de
Monime , dans Mithridate ; d'Isabelle
dans l'Ecole des Maris ; d'Andromaque ,
dans la Tragedie de ce nom ; d'Aricie ,
dans le Phedre ; d'Agathe , dans Attendezmoi
sous l'Orme ; d'Irene , dans Andronic
, et de Chimene , dans le Cid.
On a donné le Lundi 21. de ce mois, la
premiereReprésention d'Enée et de Didon,
Tragedie que le Puplic a reçûë avec de
très grands applaudissemens ; nous en
parlerons plus au long.
On doit donner sur le même Théatre
une petite Comédie en Prose , en un Acte ,
intitulée , La Pupile , dont nous rendrons
compte.
on a parlé dans le dernier Mercure , a re-
I. Vol. paru
1202 MERCURE DE FRANCE
•
paru sur la Scene au commencement de
cc mois et a rempli avec succès les
Rôles d'Agnés , dans l'Ecole des Femmes ;
d'Agathe, dans les Folies Amoureuses ; de
Monime , dans Mithridate ; d'Isabelle
dans l'Ecole des Maris ; d'Andromaque ,
dans la Tragedie de ce nom ; d'Aricie ,
dans le Phedre ; d'Agathe , dans Attendezmoi
sous l'Orme ; d'Irene , dans Andronic
, et de Chimene , dans le Cid.
On a donné le Lundi 21. de ce mois, la
premiereReprésention d'Enée et de Didon,
Tragedie que le Puplic a reçûë avec de
très grands applaudissemens ; nous en
parlerons plus au long.
On doit donner sur le même Théatre
une petite Comédie en Prose , en un Acte ,
intitulée , La Pupile , dont nous rendrons
compte.
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Résumé : « La Dlle Conel, nouvelle Actrice, dont on a parlé dans le dernier Mercure a reparu [...] »
Le texte mentionne la Dlle Conel, nouvelle actrice dont la carrière a été présentée dans le Mercure de France. Elle a interprété plusieurs rôles, dont Agnès dans 'L'École des Femmes' et Chimène dans 'Le Cid'. Le 21 du mois, la tragédie 'Enée et Didon' a été applaudie. La comédie 'La Pupille' est également prévue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7749
p. 1203-1204
« L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Ballet des Éléments, Comédiens-Italiens, Petit Maître amoureux, Ballet, Musique, Succès, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
L'Académie Royale de Musique , continue
toujours avec succès les Représentations
du Ballet des Elemens ; c'est le même
qui fut dansé par le Roi en son Château
des Thuilleries au mois de Decembre
1721. Nous avons déja donné un Extrait
du Poëme , de la composition de
M.Roy, qu'on peut voir dans le Mercure
de Janvier 1722. Ce Ballet qui fut remis
ensuite au Theatre de l'Opera en Mai
1625. et en Fevrier 1727. est toujours
composé d'un Prologue , dont le sujet est.
·le Cabos, et de quatre differentes Entrées ,
l'Air , le Feu , l'Eau , et laTerre . Les Dlles
Antier , le Maure et Petitpas remplissent
parfaitement bien les principaux Rôles
les Sieurs Dun ,
que
Tribou et Jeliot. Le Ballet composé par le
Sr. Blondi , fait beaucoup de plaisir , et
les danses en particulier sont très- bien cade
même
I. Vol.
Chassé ,
racte1204
MERCURE DE FRANCE
racterisées , distribuées avec art et parfaitement
executées par les meilleurs Sujets
de l'Académie.Cet Opera a un fort grand
succès , la Musique est de M. Destouches .
Les Comediens Italiens préparent une
Comedie nouvelle , sous le titre du Petit
Maître Amoureux , dont on parlera en
son tems.
toujours avec succès les Représentations
du Ballet des Elemens ; c'est le même
qui fut dansé par le Roi en son Château
des Thuilleries au mois de Decembre
1721. Nous avons déja donné un Extrait
du Poëme , de la composition de
M.Roy, qu'on peut voir dans le Mercure
de Janvier 1722. Ce Ballet qui fut remis
ensuite au Theatre de l'Opera en Mai
1625. et en Fevrier 1727. est toujours
composé d'un Prologue , dont le sujet est.
·le Cabos, et de quatre differentes Entrées ,
l'Air , le Feu , l'Eau , et laTerre . Les Dlles
Antier , le Maure et Petitpas remplissent
parfaitement bien les principaux Rôles
les Sieurs Dun ,
que
Tribou et Jeliot. Le Ballet composé par le
Sr. Blondi , fait beaucoup de plaisir , et
les danses en particulier sont très- bien cade
même
I. Vol.
Chassé ,
racte1204
MERCURE DE FRANCE
racterisées , distribuées avec art et parfaitement
executées par les meilleurs Sujets
de l'Académie.Cet Opera a un fort grand
succès , la Musique est de M. Destouches .
Les Comediens Italiens préparent une
Comedie nouvelle , sous le titre du Petit
Maître Amoureux , dont on parlera en
son tems.
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Résumé : « L'Académie Royale de Musique, continuë toujours avec succès les Représentations [...] »
L'Académie Royale de Musique présente avec succès le Ballet des Éléments, initialement dansé par le Roi au Château des Tuileries en décembre 1721. Un extrait du poème de M. Roy a été publié dans le Mercure de janvier 1722. Ce ballet a été repris au Théâtre de l'Opéra en mai 1625 et en février 1727. Il comprend un prologue sur le Chaos et quatre entrées représentant l'Air, le Feu, l'Eau et la Terre. Les rôles principaux sont interprétés par les demoiselles Antier, le Maure et Petitpas, ainsi que par les sieurs Dun, Tribou et Jeliot. Le ballet, chorégraphié par M. Blondi, est apprécié pour ses danses bien exécutées par les meilleurs sujets de l'Académie. La musique est composée par M. Destouches. Par ailleurs, les Comédiens Italiens préparent une nouvelle comédie intitulée 'Le Petit Maître Amoureux'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7750
p. 1204-1211
POLOGNE.
Début :
On apprend de Dantzig que la nuit du 7. au 8. Mai, les Moscovites pousserent leurs [...]
Mots clefs :
Troupes, Gdańsk, Siège de Dantzig, Fort de Wechselmunde, Pièces de canon, Ennemis, Roi, Ville, Moscovites, Camp, Attaque, Feu, Comte de Munich
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
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Résumé : POLOGNE.
En mai 1734, les Moscovites avancèrent jusqu'au Fort de Wechselmunde et commencèrent à couper ses communications terrestres. Les défenseurs ripostèrent par un feu intense, forçant les Moscovites à abandonner leurs travaux. Le 8 mai, des officiers, dont le Comte de Munich, reconnurent les fortifications ennemies. Les Moscovites décidèrent d'attaquer par le côté gauche, moins fortifié. Le 9 mai, 3000 hommes attaquèrent les ouvrages mais furent repoussés après avoir pris une batterie de canons, subissant de lourdes pertes, y compris de nombreux officiers. Des troupes françaises arrivèrent à Dantzick mais retournèrent à Coppenhague faute de nombre suffisant. Elles repartirent le 21 mai sous escorte navale. Le Comte de Munich mobilisa ses troupes pour empêcher leur entrée dans la ville. Les Moscovites continuèrent leurs travaux de siège, construisant des redoutes et des lignes de communication. Le 27 mai, les troupes françaises attaquèrent les retranchements moscovites mais furent repoussées, et le Comte de Plelo fut tué. En juin, des troupes saxonnes arrivèrent à Langefurt pour renforcer les assiégeants. Le roi de Pologne visita régulièrement les postes et anima les troupes. Pendant une suspension d'armes, les magistrats de Dantzick nettoyèrent la ville et eurent des conférences avec un ministre prussien. Les Moscovites renforcèrent leurs retranchements autour du Fort de Wechselmunde. Le 3 juin, un détachement de Dantzick attaqua les ouvrages moscovites, causant des dégâts et faisant des prisonniers. Les troupes françaises se préparaient à une nouvelle tentative pour forcer les retranchements. Le Comte Potocki, avec une armée de 40 000 hommes, empêcha les renforts moscovites d'atteindre le camp ennemi. Le Comte de Munich renforça les retranchements et rappela les troupes de Thorn et Elbing.
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